Le Brésil est sur notre route et représente une escale idéale pour se reposer et s’avitailler de frais. Rallier les Antilles depuis l’Afrique du Sud, c’est un gros morceau en terme de traversée, que nous décidons de découper en plusieurs étapes :
Capetown-Ste-Hélène : 1700 NM parcourus en 8 jours
Ste-Hélène – Cabedelo, Brésil : 1700 NM, en 9 jours
Il restera encore 2000 NM entre Cabedelo et le Brésil que nous espérons couvrir en 10 jours.
Le compte à rebours du retour en France est entamé, et nous souhaitons passer les quelques mois qui nous restent à naviguer et profiter des eaux chaudes et turquoises des Antilles;
Aussi décidons-nous de ne rester que le minimum au Brésil, immense pays qui mériterait bien plus! C’est en particulier bientôt Carnaval, celui de Salvador de Bahia est très réputé, et serait une escale géniale.
Rio également, et surtout l’archipel de Isla Grande au sud du pain de sucre.
Peut-être pour le prochain tour du monde? !
En attendant, Cabedelo est l’escale idéale pour nous : une petite marina nichée dans un bras de rivière, au coeur d’un petit village de pêcheur, lui-même accolé à une station balnéaire atlantique pas trop touristique, à 5mn d’une grande ville de 1 millions d’habitants : Joao Pessoa.
Au programme : du repos, un avitaillement en produits frais, l’envoi des cours du CNED de Victor, le nettoyage du bateau….
Les côtes du Brésil sont en vue…enfin, non pas les côtes elles-même, mais les gratte-ciels! C’est Joao Pessoa, « petite bourgade » d’un million d’habitant. La grande majorité des brésiliens vit sur la côte, dans des grandes villes hérissées d’immeubles de logement très hauts.
Un peu plus loin sur la côte, la petite cité balnéaire de Cabedelo,
et au bout de la péninsule : le terminal pétrolier. Nous embouquons la rivière, et voilà : bienvenue au Brésil s’exclame Anna!
Bienvenue au Brésil!
Derrière le terminal pétrolier, un village, des cases de pêcheur, Mais toujours pas de marina….Nous ne sommes pas sûrs de son emplacement : elle n’est pas indiquée sur les cartes. Nous demandons notre route à un pêcheur, L’échange est savoureux, lui dans un brésilien très peu articulé, plein de bonne volonté, et nous en « franglaispagnol »….Mais il nous fait comprendre qu’il faut descendre le fleuve encore quelques nautiques jusqu’au village de Jacaré. Merci chef! Il circule en motogodille, comme toutes les pirogues locales, ce qui ne lasse pas d’étonner les garçons.
Nous nous enfonçons dans le fleuve, qui n’est pas balisé, mais heureusement cartographié.
Nous longeons la rive : des plages sauvages,
Puis de plus en plus civilisées,
un homme baigne son cheval (ou son âne?)
L’activité de pêche qui se devine,puis une cale de mise à l’eau, et nous y voilà! La marina Jacaré,
Plus loin la plage de rivière de Jacare
d’où les touristes partent pour leur « sunset cruise » sur la rivière
et au loin la ville de Joao Pessoa,
Qu’il est bon d’arriver à bon port après 8 jours de mer!
Une bonne bière locale nous attend ce midi, ainsi qu’un délicieux plat brésilien : le feijoda.
L’après-midi, nous partons nous balader au bord de la mer, curieux de découvrir le côté océan de ce conglomérat urbain.
Côté plage, c’est à la fois citadin et sauvage : les dunes sont non construites, et de l’autre coté, c’est la route, les restos, et les immeubles.Nous flânons en fin de journée, et c’est clairement le rdv des sportifs, promeneurs de chiens, adeptes du yoga sur la plage,
du surf,
de l’entrainement sportif… Un style de vie assez sympa, plus proche de Miami que des Tuamotus…
Car nous profitons aussi de cette courte escale pour non pas visiter, mais pour prendre le pouls du pays.
La bonne nouvelle c’est qu’avec mon espagnol castillan, je me fais assez bien comprendre. Ici en effet, personne ne parle anglais, ni espagnol, curieusement : après Bali en Indonésie, c’est le second pays de notre tour du monde dont nous ne parlons pas du tout la langue. A l’écrit, pas de problème, je déchiffre assez bien les cartes des restaurants et des bars!
La Caïpirina, je connais, et les verres sont vite vidés!
Et vous, connaissez-vous la boisson nationale brésilienne? A base de cachaça, c’est une sorte de ti-punch allongé, dans un grand verre rempli de garçons et de quartiers de citron vert. C’est notre première dégustation de caïpi, sur la plage de Cabedelo!
Quand à la cachaça, ce n’est pas exactement du rhum, même si cet alcool partage avec le rhum le fait d’être issu de la canne à sucre. Le procédé de distillation est différent : la cachaça est plus rustique et plus parfumée, issue d’une distillation directe du jus de canne à sucre, alors que le rhum est issu d’une distillation d’un résidu de canne à sucre de l’industrie sucrière, la mélasse, le jus de canne étant utilisé pour faire du sucre. Autre différence : la cachaça titre 40°, alors que le rhum titre 70°, pour être ramené à un degré plus raisonnable d’alcool par adjonction d’eau.
Là où ca se complique, c’est que le rhum agricole des Antilles (qui ne représente que 2 à 3% de la production de rhum), si réputé et particulièrement parfumé, est fabriqué directement à partir du jus de canne… De là à dire que le rhum agricole n’est qu’une cachaça antillaise…. je sens que je vais me faire taper sur les doigts?! En tous cas, le débat est lancé.
Nous gouterons aussi à la feijoda, plat national à base de haricots rouge, riz, accompagné de légumes verts sautés, farine de manioc, tranches de fruits…. complet, savoureux, et revigorant!
Ca me rappelle le riz « moros et christianos » des cubains.
Nous gouterons aussi aux tapas locaux, à base de fritures et beignets de type empanadas, typiques d’Amérique du sud. On adore les frites d’igname, les beignets de poisson.
Une autre spécialité, en dessert, c’est les galettes de manioc, accompagnés de bananes en rondelles, sauce chocolat, coco râpée….
Pendant les 3 jours restant, nous aurons un rythme soutenu de travail le matin pour les 3 enfants, et l’après-midi aussi pour Victor qui doit rendre ses cours du CNED pour la fin de semaine.
L’internet est poussif, je peine à mettre notre blog à jour, et c’est frustrant!
Heureusement, l’ambiance est sympa à Jacaré Marina, un ensemble de pontons, d’un resto, de services et d’un chantier tenus par 3 amis francophones. La moitié des bateaux de passage sont d’ailleurs français, ce qui nous dépayse un peu.
On y mange bien, les cafés sont excellents, et l’endroit est agréablement ombragé, frais, et abrité de la pluie : c’est très appréciable par ces fortes chaleurs.
C’est là que les navigateurs que nous sommes tous travaillent, prenent leur météo, bricolent, cousent, appellent leur famille, mettent leur blog à jour, montent leurs vidéos, etc….
Un petit jardin accueille plantes aromatiques et d’ornement locales :
plante aromatique brésilienneananas ornementalfeuilles délicatement ourlées… de mini-feuillesquel graphisme!
Loïc profite de l’abondance de l’eau du fleuve pour un nettoyage en grand de Moby ; il faut dire qu’après les sables rouges d’Afrique, les pénuries d’eau de Cape Town et le temps particulièrement sec que nous avons eu depuis, il était temps de donner un bon coup de jet d’eau.
Le climat est chaud, très chaud. Les périodes de soleil cuisant alternent avec des périodes de temps couvert, humide, et à peine moins chaud.
L’après-midi, je vais en ville faire les courses, et c’est un plaisir de voir l’abondance de fruits et légumes de tout genre : le Brésil est un grand pays agricole, et ça se voit! Nous faisons le plein de fruits de la passion gros comme des oranges, d’oranges grosses comme des pamplemousses, mais aussi de noix, noisettes, pistaches, amandes, graines de tournesol, noix du Brésil etc…. Tous les climats ou presque co-existent, depuis les côtes tropicales du Nordeste, aux plaines verdoyantes et plus tempérées du Minas Gerais au sud.
Le pays aussi est contrasté : d’un côté la plage, les gratte-ciels, les supermarchés, les cours de fitness, de l’autre, de modestes maisonnettes : et des charrettes tirées par des ânes sur la 4 voies, On devine de grosses différences sociales entre les pêcheurs et les pauvres des favelas, et les citadins habitant leurs immeubles.
Dans la soirée, nous allons nous promener à 5mn de là, sur la Praïa Jacaré, le marché artisanal local, rendez-vous des touristes locaux.
qui s’offrent une galette de manioc ou une eau de coco en regardant le coucher du soleil sur la rivière.Ici, les touristes ne sont pas des étrangers, mais des brésiliens, comme ces jeunes femmes qui me demandent mon chemin : elles viennes de Manaus, au coeur de l’Amazone, et viennent goûter à l’ambiance de la plage, de la fête, à moindre frais qu’à Rio.
D’autres optent pour la « sunset cruise », avec musique à fond, danses de groupe, ambiance!!! Car c’est un des grands trait du brésil : la musique! Et ici, on l’écoute partout, toute la journée, et très très très très fort. Typique : cette petite voiture anodine qui stoppe le soir sur le bas-côté, et ouvre son coffre : rempli de baffles, une sono à en réveiller un mort, et c’est parti, le voilà qui sonorise tout le quartier!
Nous prenons nos habitudes le soir à l’étage de ce bar : caïpirina et tapas.
Les enfants louchent sur les échoppes, l’anniversaire d’Arthur et Anna est proche, et ils se choisissent chacun un cadeau brésilien :
Les garçons se font faire un t-shirt par un artiste local de peinture aérosol qui fait l’attraction!L’artiste affiche sa célébrité : il est passé à la télé. C’est vrai que c’est bluffant, en 1mn, il décore un t-shirt sur mesure : un cadeau unique et sympa!
Les garçons sont ravis du résultat!Anna choisit une marionnette en papier mâché, et a très hâte de pouvoir jouer avec.. mais pas avant encore 3 semaines!
Loïc et moi optons pour des Hawaïanas toutes neuves, de fabrication locale bien sûr!!
Et ca y est, les vivres sont rangés, le bateau propre, les devoirs du CNED tous envoyés, nous larguons les amarres et quittons le Brésil sans trop de regret, car les eaux turquoises des Caraïbes nous tendent les bras.
Il nous tarde de retrouver l’ambiance des îles, les sports nautiques, la plage et les alizés.
A la sortie du port, nous saluons les jangadas, ces pirogues locales à voile.
Il faut ouvrir l’oeil, il y en a beaucoup, ainsi que des bouées de casiers ou de filets. Un groupe de dauphins vient nous saluer, c’est toujours un bon présage!
Ste Hélène, mythique bout de rocher de l’Atlantique sud, escale incontournable des navires autour du monde depuis 400 ans… C’est la couronne britannique qui a mis la main sur le stratégique ilot, dont elle a sous-traité l’exploitation pendant près de 200 ans à la « East India Company » , chargée de veiller au ravitaillement des navires chargés d’épices, de retour des Indes… Depuis l’ouverture du canal de Suez en 1869, l’île n’est plus aussi stratégique pour l’Empire Britannique : l’activité va doucement décliner.
Mais l’île est surtout connue pour y avoir accueilli l’un des plus célèbres prisonniers du monde, Napoléon Bonaparte, empereur envoyé en exil par la coalition royaliste européenne pour y vivre les 7 dernières années de sa vie, et y mourrir. Choisir pour l’exil du dangereux conquérant un lieu plus lointain, plus isolé, et plus austère aurait été difficile…..
Nous sommes donc très impatients de faire connaissance avec Ste-Hélène et ses 4000 habitants, un métissage de descendants d’esclaves, de soldats britanniques, de travailleurs chinois, indiens et de prisonniers boers, donnant aux visages la belle couleur café de la chanson de Gainsbourg.
L’île nous apparait sous les nuages, triste et sombre,
ses falaises de roche volcanique nous semblent une forteresse imprenable.
Des dauphins nous accompagnent, c’est toujours un grand bonheur de les voir nager entre les coques.
Quelques encablures avant d’arriver à Jamestown, nous appercevons les premières fortifications, bien intégrées dans la falaise.
Puis des bâtiments, comme un petit hameau accroché à la falaise.
Il s’agit en fait du premier poste de télécommunications, anciennement télégraphique, qui reliait l’île au continent africain. Les bâtiments ont été désertés bien sûr, mais c’est toujours de là que partent et arrivent les cables sous-marins qui relient le caillou au reste du monde, par téléphone, et par internet.
Dans la première baie, le port commercial, sa passerelle pour débarquer les passagers des paquebots, les entrepôts,
Puis enfin, Jamestown, qui sous ce ciel plombé nous apparait un peu lugubre. Il ne s’agit en fait que du quartier de « Half Tree Hollow », perché au-dessus de la ville, que surplombe le fort High Knoll, et dont toutes les maisons jouissent d’une belle vue mer.
AUSTERE, c’est le premier sentiment qui transparait.
Nous descendons à terre pour les formalités, longeons les bâtiments du port : sous de sinistres falaises grillagées,
beaucoup de bâtiments anciens, toujours en usage, mais modernisés, comme cette porte en bois dotée d’un loquet ancestral… et d’un digcode!! Voilà tout le paradoxe de Ste-Hélène : tradition, vestiges historiques, et modernité à la fois. Nous passons au bureau du port, puis aux douanes, enfin au poste de police pour l’immigration : nous sommes bien en territoire britannique, la photo de la Reine est dans tous les bureaux officiels! L’occasion de parler aux enfants de nos monarchies européennes encore en place et de disserter sur les différentes nuances entre monarchie, république, démocratie etc….Prélude à la riche histoire de l’île.
Nous passons sous le porche, longeons la piscine (dommage, elle est fermée pour travaux), traversons les jardins du chateau, fort bien entretenus.
C’est dimanche, les rues de Jameston sont désertes, et l’ambience un peu triste-il faut dire que nous passons par hasard devant le centre de réhabilitation de la prison….
Nous allons donc prendre un peu de hauteur et nous attaquer aux 699 marches de la Jacob’s Ladder.
L’ancien plan incliné desservait la garnison militaire de Ladder Hill située sur les hauteurs de la ville. Après un incendie, le plan incliné est devenu escalier.
Tous les ans, les habitants les plus sportifs s’affrontent pour battre le record de la montée des marches : pour le Jacob’s Ladder Challenge, le record est de moins de 7mn!
Nous mettrons 15mn sans nous presser…
Vue d’en haut, nous apercevons le port, le village est impressionnant, blotti au fond de la vallée, tel un village de montagne.
Jamestown est parait-il l’un des plus beaux exemples d’architecture géorgienne. Le bois est rare, car les chèvres importées sur l’île par la East India Company pour fournir les navires en viande fraiche au 17ème, ont décimé arbres et arbustes indigènes. Les maisons sont anciennes, en pierre, solides, et entretenues de génération en génération.
Wellington House
Nous prolongeons la balade vers le fort de Ladder Hill. L’essentiel des bâtiments est abandonné, mais tous ne tombent pas en ruines, et c’est aussi là qu’est installée la caserne des pompiers!
Certains des baraquement ont aussi l’air d’être habitées.
Un peu plus loin, des ruines, un cours de tennis abandonné, et des canons. La zone est en cours de réhabilitation pour en faire des équipements touristiques.
Et de l’autre côté de la vallée, un champ de panneaux solaires. L’électricité est encore très chère sur l’île.
Un peu plus haut, sur la colline, le quartier de « Half Tree Hollow », et en contrebas, les 22 corps-morts dédiés aux bateaux de plaisance repassage.
Un peu plus loin, le port et le mouillage réservé aux bateaux locaux
Après cette petite marche vivifiante, nous redescendons les marches et prenons le temps de repérer les bâtiments de la ville :
de gauche à droite : le port, puis les douves du chateau, dans lesquelles ont été aménagées la piscine , un stand de tir à l’arc, et des terrains de jeu pour les jeunes, puis le chateau, son chemin de ronde, et son jardin, et en contrebas, l’église, la prison, la police, le musée.
Au centre, la rue principale, qui coupe la vallée en deux, longée de bâtiments géorgiens. Se détachent en particulier, au-dessus de l’église, l’hotel Mantis, premier 4**** de l’île, qui vient d’ouvrir, et la maison Wellington, seule bâtisse brune et carrée, parms toutes ces maisons étroites aux murs de chaux et toits rouges.
Nous rentrons à bord via le service de « ferry », de petits caboteurs qui tournent toutes les heures dans le mouillage, pour emmener à terre ou déposer à leur bord pêcheurs et plaisanciers .
Il est en effet périlleux de débarquer avec son annexe ici, il n’y a surtout nulle part où l’amarrer. La houle atlantique brasse toute l’année le quai de débarquement, et il nous faut nous hisser à terre grâce à ces cordes à noeuds. Les enfants adorent jouer sérieusement pour une fois, les acrobates!!!
Lundi matin, direction le poste de police et les services d’immigration pour y terminer nos formalités. L’occasion de passer devant l’église, austère, avec son clocher en tôles de cuivre,
la (petite) prison.
Ici, la voiture la plus courante, c’est une Land Rover, couronne britannique oblige, et de préférence la Defender.
En ce lundi matin, la petite ville est animée, tout le monde va faire ses courses ou travailler, et s’arrête sur les trottoirs pour papoter. Les retraités squattent les nombreux bancs publics : je vois que ce petit pays a su conserver le précieux art de la conversation, à l’impromptu, dans la rue : tout le monde semble être capable de perdre 2 à 3mn (ou plus) de son temps pour papoter avec son voisin, sa vieille tante, ou même un inconnu.
En effet tout le monde nous salue, se salue : j’aime cette marque de politesse et d’humanité qu’on ne retrouve guère que dans les petites îles, les petits villages ou sur les sentiers de randonnée.
Aujourd’hui, le soleil est de sortie, j’en profite pour prendre en photos certaines des maisons les plus anciennes de la ville
Nous déjeunons d’un savoureux sandwich toasté à l’anglaise : croustillant et moelleux à souhaits, et prenons de l’internet chez « Anne’s place », haut lieu du nautisme de la ville depuis plusieurs décennies : c’est là , sur les hauteurs du jardin de chateau,
que les yachties se donnent rendez-vous pour y déjeuner, récupérer leurs emails, échanger livres et revues, récupérer le linge de la laverie etc..… Aujourd’hui, ce n’est plus Anne qui tient la boutique, mais Sally, et c’est toujours aussi sympa! Les gâteaux, en particulier, sont succulents : apple crumble, shortbread, blueberry pie, carrot cake, brownies, et d’irrésistibles guimauves à la noix de coco: tout est fait maison, et délicieux.
Certains équipements sont d’époque, comme ces interrupteurs de lumière que l’on actionne en tirant sur un bout : les enfants en raffolent! Amusant également, le lavabo encastré dans le muret.
En rentrant au bateau, nous passons devant le palais de justice, Aujourd’hui, la houle n’est pas trop forte, et nous méditons sur la force des vagues qui se jettent sur le quai chaque seconde;
Arthur est ébahi de voir le numéro sur la plaque d’immatriculation : n°7! Il y a en vérité plus de 5000 voitures sur l’île, pour environs 4000 habitants….Nous chercherons pendant tout le séjour la n°1, sans succès…. mais nous avons repéré la voiture du Gouverneur, ou plutôt de « Madame » le Gouverneur, une anglaise bien sûr, avec une plaque couronnée.
Ce matin à bord de Moby, il y a école, comme (presque) tous les matins, mais il y aussi matière à digression : Loïc a besoin de d’aide de petites mains (surtout de petits doigts fins et forts) pour réparer le moteur électrique des toilettes tribord. Arthur et Victor se dévouent et prennent sur leurs temps d’école pour aider leur papa. Quelques heures plus tard, hourra!, les toilettes fonctionnement de nouveau!! Dans n’importe quel port du monde, nous aurions passé commande d’un nouveau moteur, attendu 48h tout au plus, fait l’échange et jeté le vieux… Ici, rien de tout cela : un peu d’huile de coude, de jugeote, de ténacité, de petits doigts agiles, le tout pendant plusieurs heures, et le tour est joué! Une belle leçon encore une fois pour les enfants, et qui nous fait tous réaliser combien l’obsolescence programmée de nos appareils pourrit et pollue nos vies.
Pour fêter cela, nous tirons les rois! Puisque nous avons décidé de terminer notre tour du monde sans four-faute de réparateur et de pièces de rechange adéquates, je tente la cuisson dans la machine à pain. Après le pain de mie, les brioches, les cakes d’anniversaire, la galette des rois semble réussie.
IL faut dire que par chez nous, la galette des rois c’est un gateau breton et rien d’autre. Cette année, elle aura un petit air rectangulaire, la machine à pain ne permet pas d’autre forme. Dévorée en moins de 15mn, c’est un succès!
le roi et sa reine
Pour les gourmands voici ma recette, très simple, mais pour laquelle il faut impérativement respecter la texture du beurre : en pommade, c’est à dire mou, mais pas fondu :
Ingrédients :
§ 250 g de beurre en pommade (eh oui, il faut ça, une plaquette entière y passe!!!!)
§250 g de farine
§100 g de sucre fin
§ 4 jaunes d’oeufs : 3 pour le gâteau plus un jaune d’oeuf pour le glaçage
§ 1 mesure de rhum
§1 gousse de vanille ou d’extrait de vanille ou un sachet de sucre vanillé
Recette
§Battre le beurre et le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse et gonfle
§Ajouter le rhum, la vanille puis les 3 jaune d’oeufs un à un
§Verser dans un moule à manqué rond et haut
§Glacer avec le 4 ème jaune d’oeuf battu
§Décorer de croisillons avec la pointe du couteau
§Enfourner 40 mn à 180°
§Laisser refroidir. C’est encore meilleur le lendemain. Mais c’est très rare que l’on résiste à attendre autant….
En tout début d’après-midi, nous prenons l’annexe
et profitons du rayon de soleil pour aller plonger sur l’épave du Papanui ce vapeur transporteur de charbon qui, suite à une avarie en mer au large de Ste-Hélène, avait fait demi-tour, pour finalement s’échouer devant Jamestown. Tous les passagers avaient pu être évacués, et le bateau brula pendant plusieurs heures avec sa cargaison de charbon.
La visibilité est excellente, et le soleil au rendez-vous. Le site est immense, le bateau en lui même faisait plus de 100m de long. Nous distinguons bien ses différentes parties. Le pont,les cuves à charbon,
la proue
Un peu plus tard dans l’après-midi, nous filons explorer la côte en annexe
Nous laissons le mouillage de Jamestown dernière nous : nous avons repéré une petite anse accueillante, Lemon Valley, qu’il nous tarde d’explorer. Toute la côte de Sainte-Hélène est ponctuée par ces courtes vallées escarpées, où il est quasi impossible de débarquer : c’est pour ses qualités de forteresse naturelle que le lieu a été choisi pour y incarcérer Napoléon, que les Anglais, mortifiés, avaient déjà laissé s’échapper de l’île d’Elbe. L’homme, une fois libéré avait été rejoint par ses fidèles et une véritable armée, que les anglais et leur alliés des autres monarchies européennes devaient de nouveau combattre, jusqu’à la fatidique défaite de Waterloo. C’est suite à cette dernière bataille perdue que Napoléon se rend aux Anglais, qui décident de l’exiler à Sainte-Hélène. L’île était déjà lourdement fortifiée pour protéger les installations et les bateaux de la « East India Company » qui y faisant escale au retour des Indes, richement chargés de cargaisons exotique. Mais, en même temps que Napoléon dans l’Atlantique sud, pas loin de 2000 hommes furent envoyés. De nombreuses autres fortifications, bastions, canons et tour de guet furent érigées autour de l’île.
Ce qui a attiré notre oeil, c’est un petit ponton,
qui sera pratique pour débarquer, et une grotte servant de lieu de BBQ!
Le lieu est très fréquenté parait-il l’été et les week-ends.
Plus loin, nous longeons la plage et les fortifications, et apercevons un bâtiment : parfaitement restauré, l’ancien bâtiment servait de lieu de quarantaine pour les esclaves ; il est disponible à la location.
Nous remontons le sentier qui serpente au fond de la vallée, et nous arrêtons prendre le thé sur les hauteurs.
Au retour, nous remarquons des « souffleurs » à la côte. Ce sont des spray d’eau de mer, pulvérisés parfois plusieurs mètres au dessus de l’eau.
C’est la combinaison de la houle, des marées et de roches trouées qui crée cet amusant phénomène. Là, nous nous faisons copieusement asperger!
En fin de journée, les lumières sont sublimes
Nous avons la visite de James et Hannah, avec leurs 3 enfants.Croisés brièvement à Maurice, nous n’avions pas pris le temps de faire connaissance. Ils bouclent leur tour du monde à la voile en famille, puisqu’il sont partis il y 5 ans, de Ste-Hélène justement!! Ils sont de retour sur leur île depuis à peine un mois, et commencent une activité de services aux bateaux de passage.
Le lendemain, c’est une grosse journée d’excursion : nous avons réservé un guide qui va nous conduire tout autour de l’île, et en particulier sur les traces de Napoléon à Ste-Hélène. Harry est un ancien chauffeur de bus scolaire. Depuis sa retraite, il officie comme guide, et s’est fait une spécialité du récit historique. La visite commence au pavillon des « Briars » , anciennement propriété de la « sainte » famille Balcombe (« saint » et « sainte », c’est ainsi que se nomment les habitants de ST-hélène ;-)), et qui a hébergé Napoléon pendant quelques semaines à son arrivée le temps que son logement définitif de Longwood soit prêt : ce pavillon d’été n’était à l’époque une simple pièce dotée d’une terrasse, et il se dit que Napoléon y a vécu les plus agréables journées de sa détention.
The Briarsles jardins
Depuis, les Balcombe ont offert le pavillon à la France, qui co-gère le site avec l’office du tourisme de Ste-Hélène. Derrière cette pièce, on trouve les appartement des amiraux! C’est donc là que logent les personnalités françaises de passage à Ste-Hélène.
Nous avons droit à une visite guidée avec Magellan le guide officiel du site, et tout un groupe de chinois, venus passer la semaine à Ste-Hélène, et que nous croiserons régulièrement sur les sites d’intérêt. Voici donc l’intérieur de the Briars, une simple pièce, très lumineuse.
Il pleut, le temps est maussade, mais le jardin, superbe tout de même.
Nous quittons la vallée de The Briars, où s’est installé le consul de France, Mr Martineau, devenu LE spécialiste de l’époque napoléonienne à Ste-Hélène, et auteur de plusieurs ouvrages faisant autorité sur le sujet.
Puis nous voilà quelques kilomètres plus loin à Longwood, la demeure où Napoléon séjourna plus de 5 années. Le temps s’est encore dégradé, il pleut dans discontinuer, comme du temps de Napoléon, qui se plaignait du climat humide et sinistre de Ste-Hélène.
De l’extérieur, la maison ressemble étrangement à Créach’meur, notre maison en bretagne, un ancien sémaphore.
C’est sans doute le style militaire de l’époque qui veut ca.
La visite est fort interessante, on y découvre mille détails de la vie de l’empereur :
sa détestable relation avec Hudson Lowe, le général anglais en charge de sa captivité, qui refusait absolument d’appeler Napoléon « Empereur » , car Les anglais ont toujours refusé de le reconnaitre comme tel
la paranoïa maladive de Lowe ci qui craignait plus que tout une seconde évasion de Napoléon, qui rendit le séjour de Napoléon fort pénible
ses soucis de santé incessants : problèmes digestifs, maladies de peau, fièvres de malaria…. Il était à la fois très robuste, animé d’une volonté de fer, mais de santé finalement plutôt fragile.
Il a vécu à Longwood les 6 dernières années de sa vie, entouré d’une vingtaine de proches et de leur familles, fidèles et dévoués compagnons de route, prêtre, serviteurs….qui formaient comme une petite cour française. Ces hommes, femmes et leurs enfants étaient libre, eux, car c’est de leur propre gré qu’ils ont suivi Napoléon en exil, mais très surveillés;
1500 hommes ont été dépêchés sur l’île pour le garder : il n’était donc pas libre de ses mouvements : la moindre promenade était surveillée, chaque visite à l’extérieur de Longwood devait être négociée, préparée et sérieusement encadrée : elles furent assez rares d’ailleurs.
Dernière visite à thème : la tombe de Napoléon, dont la dépouille et le cercueil restèrent 20 ans sur le sol britannique, avant qu’elle ne soit rapatriée en grande pompe en 1840, pour reposer, selon sont souhait, à Paris, près des Français. Ses cendres sont aujourd’hui au Panthéon.
Il avait lui-même choisi le lieu de sa sépulture, le fond d’une petite vallée non loin de Longwood où il aimait à se promener. L’endroit est charmant… et très humide!! Normal, il pleut vous me direz. Mais la qualité de la mousse, épaisse, spongieuse, sur les bas-côtés nous fait penser que ce chemin reçoit fort peu les rayons du soleil…
Le site, particulièrement bien entretenu, est tout comme The Briars et Longwood, propriété des Domaines de France.
Ces visites à caractère historique nous font réviser (un peu) notre histoire de France, et nous pencher à tout le moins sur l’héritage laissé par Napoléon 1er : la Banque de France, le code Civil qui abolit les privilèges, les lycées d’état qui forment les élites, les préfets nommés à la tête de nouveaux départements et l’ordre de la Légion d’Honneur qui récompense les français méritants. Autant de réformes qui modernisent la France de l’époque.
Nous continuons nos visites sous la pluie…
Dernier stop de la journée : The Plantation, la résidence du Gouverneur, qui en l’occurence est en ce moment une femme. Elle est apparemment très aimée, et est particulièrement active dans la défense du droit des femmes, et l’aide aux nécessiteux.
Ici les gouverneurs, un peu comme nos préfets, sont nommés pour une courte période, 2 années, renouvelable.
Dans les jardins, des tortues offertes par les Seychelles se baladent en liberté.
Nous redescendons vers Jamestown , ou il fait très beau, alors que nous avons passé la journée sous la pluie dans les hauts… grrr, c’est un peu rageant, mais typique du climat saint.
L’état de chargement des batteries du bord nous le confirme, en bord de mer, c’était grand soleil!!
La visite du musée de Ste-Hélène nous confirmera que le climat est ici très lié au relief : les côtes sont sèches, arides et ensoleillées (type savane), puis plus on avance dans l’intérieur des terres, plus l’humidité et la couverture nuageuse augmentent, en gradients progressifs, jusqu’à atteindre dans les vallées boisées de l’intérieur de l’ile une hygrométrie parfaite pour les fougères, mousses et lichens qui ne voient jamais le soleil.
aridité de la roche volcanique sur les côtesfleurs tropicales près du littoralsavane côtièrevertes valléessous-bois moussus
Le RMS (Royal mail Service) Ste Helena est arrivé la veille, c’est l’avant dernière rotation du célèbre navire affrété par la couronne britannique pour la dessertes des île Ste Hélène et Ascension.
En opération depuis les années 80, il est aujourd’hui mis en vente car l’aéroport de Ste-Hélène est enfin opérationnel! Cela fait 70 ans que les « Saints » attendent leur aéroport. Ascension, la petite voisine, qui n’est peuplée que de 900 personnes, et encore, tous travailleurs sous contrats (pas de famille ni d’enfants là-bas) en est équipée depuis … 1942!
L’histoire de l’aéroport de Ste-Hélène, c’est un peu celle de Notre Dame des Landes : à l’exception notable de son volet écologique, et de son dénouement, puisqu’il est opérationnel depuis octobre dernier. Les lenteurs administratives, ajoutées aux tergiversation sur le choix technique de l’emplacement, à un coût pharamineux (plus de 300 millions d’euros) et de réelles contraintes météorologiques sont la raison de ces retards. Ajoutons à cela la crise financière de 2008 et les alternances politiques des décisionnaires, et on obtient pas moins de 70 ans d’attente pour obtenir l‘équipement tant attendu. Sans doute un record mondial…
Alors, depuis octobre 2017, une desserte hebdomadaire depuis Johannesburg sort Ste-Hélène de son isolement.
La moitié du traffic est ilien : des familles, des étudiants, des travailleurs, des malades partent vers l’Afrique du Sud et continuent le plus souvent vers Londres. L’autre moitié, c’est le tourisme qui l’apporte : 20 à 30 passagers par semaine.
Car l’île à beaucoup à offrir : son isolement la rend attractive bien sûr, mais aussi son cadre de vie, son passé historique, sa faune (requins baleines, raies, dauphins, oiseaux endémiques), sa flore, sa géologie/géographie unique sont des atouts. Randonnée, VTT, plongée attireront les touristes, tout autant que le .
Notre ferry n’est que dans 30 mn, nous nous offrons une pause café-gateaux à l’hôtel du Consulat. Là encore, les pâtisseries à l’anglaise sont délicieuses et joliment présentées : carrot cake, cupcakes au gingembre, muffins triple chocolat, victorian sponge cake, lemon meringue pie….
Le lendemain, c’est jeudi, jour de livraison de fruits et légumes par les maraichers locaux, nous partons à terre faire les courses. Les différentes supérettes de Jamestown sont livrées une fois par semaine par les petits producteurs : il vaut mieux y aller tôt pour être bien servis. Comme souvent dans les petites iles, chaque commerçant a ses produits, phares, et je trouverai mon bonheur un peu partout :
à la coopérative, des fruits et légumes originaux : physalis, calamanci (mini mandarines), fèves, courges butternut
chez First, des légumes locaux : carottes, choux-fleurs, chou vert, brocolis, patate douce, igname
chez Queen Mary, les fruits d’importation (pommes et oranges à jus)
Chez Thorpe l’excellente viande locale : filet de porc, steak de boeuf, cotes d’agneau, et le pain de la boulangerie Solomon.
chez Tinkers, le beurre, importé congelé, au prix prohibitif de 14€ le kilo….GLOUPS. Mais il est difficile pour nos petits bretons de s’en passer.
A noter chez Queen Mary le tableau d’affichage indiquant les produits en stock, non montrés en rayon : cela va des matelas, aux tables de jardin, en passant par des extincteurs, des WC, de la chaine de mouillage…
Heureusement, il existe un système original de « consigne » informelle : derrière les caisses, des étagères permettent de déposer ses provisions, une fois les courses payées, et d’aller les continuer ailleurs…. Comme la rue est en pente, en redescendant, on récupère à droite à gauche tout ses sacs…
Notre prochaine traversée est d’une dizaine de jours, il nous faut donc un avitaillement conséquent et je suis ravie de ce que j’ai pu trouver dans les magasins, bien meilleur que ce à quoi je m’attendais : les légumes ont le même goût savoureux que le panier de légumes bio de Nicolas, mon maraicher en Bretagne. C’est en effet l’un des aléas du voyage : on se nourrit de ce que l’on trouve, et on fait ses courses au plus pratique et au plus proche pour l’embarquement des vivres, car il est rare que nous ayons un véhicule…
Alors, les fruits et légumes ne sont le plus souvent ni bio, ni du marché.
Mais la grande surprise de ce voyage et de voir que la qualité moyenne des produits est excellente, l’essentiel de ce qui est vendu est produit localement, et cette tendance va en s’accentuent, au profit de la qualité, du goût, et de la baisse des prix!
Seule exception au tableau : l’île de Cocos (Keeling) dans l’Océan Indien, qui importe par avion 100% de sa consommation d’Australie : une aberration. D’autant que l‘on sait aujourd’hui, grâce aux progrès de la permaculture, que la production de légumes est possible même sur des atolls de sable sous les tropiques.
A Sainte-Hélène, la viande est locale, et les infrastructures sont dimensionnées : l’abattoir traite une dizaine de bêtes par semaine. Seule ombre au tableau : pas de lait frais local, pour des raisons de réglementation : les anglais imposent le lait UHT! Grrrr. Pas de bon lait de vache fermier, ni de beurre, ni de fromage local.
Mais globalement, ce petit territoire de 4000 âmes est assez exemplaire du point de vue de l’autosuffisance.
De retour au bateau, nous longeons comme d’habitude le quai, qui en ce moment grouille d’opérations de déchargement du RMS St-Helena.
Le port du casque est donc obligatoire sur les derniers 200m du quai.
Vendredi matin, nous allons tous les 5 au poste de Police faire nos formalités de départ, puis en profitons pour faire un tour au musée voisin.
Il est tout petit, mais passionnant de toute la richesse historique et stratégique de cette île. Les enfants sont emballés, et se passionnent pour toutes les vitrines, il est vrai très bien faites et richement illustrées d’objets du quotidien, maquettes, uniformes….
Un premier pôle traite des bateaux qui ont relié l’île au continent Africain et à son territoire de rattachement, la Grande Bretagne.
Une succession de caravelles, brigantines, frégates, goélettes… puis de navires modernes.
Celle aussi des nombreux naufrages autour de l’île, qui font la joie des plongeurs, comme ici la photo du Papanui, épave sur laquelle nous avons plongé. .
On y découvre ausssi le destin du bois d’ébène local, que l’on croyait disparu, puis retrouvé par deux botanistes dans les années 80 sur les falaises abruptes, dont on a recommencé l’introduction par boutures dans plusieurs endroits de l‘île.
Moins chanceux, le perce-oreille géant, disparu dans les années 60, et dont on déplore le pillage par des botanistes Belges…
On découvre aussi le profil sous-marin de l’île, cone volcanique émergent
L’uniforme d’apparat du gouverneur et son impressionnant chapeau de plumes blanches!!
Le coffre d’écriture de la Reine Victoria : c’est là qu’elle stockait ses livres, journaux intimes, etc…
En haut, Anna apprend à se servir des pavillons comme signaux.
Un peu plus loin, des déguisements sont à disposition de petits et des grands! Marin ou pompier?
On en apprend aussi un peu plus sur les moyens de subsistance des iliens tout au long des siècles : produire fruits et légumes, et les vendre aux navires de passage est une longue tradition.
Pour les femmes, au siècle dernier, c’était la broderie, pour les hommes, les filatures de lin, grâce aux plantes importées de Nouvelle Zélande.
En sortant du musée, nous assistons au départ du RMS St Helena, qui part ravitailler Ascension, autre île de la couronne Britannique. A son bord, une centaine de travailleurs, dans les telecom essentiellement et les services, car Ascension est une des bases importantes de télécommunication de la Nasa. Il n’y a pas de village, seulement des employés sous contrat.
A bord également quelques dizaines de touristes qui voyagent par cargo, original, quand on a du temps!
Nous partons aussi explorer le sentier côtier nord, qui mène à l’ancien poste de télécommunication de l’île : c’est là qu’était installé le premier poste de télégraphie, dont le cable relie encore l’île à l’Afrique du Sud.
Le site est intéressant. Nous découvrons un vrai petit village, avec un joli plant de coton
la bogue du cotonla fibre de coton, que les enfants commencent à filerla fleur de coton, aux douces pétales
plus une garnison,
des bunkers,
des canons, des bureaux, un poste de commandement
et la vue sur la ville et le port de Jamestown méritent les 20mn de grimpette!
Nous déjeunons une dernière fois chez Anne’Place, envoyons nos derniers emails, postons les dernières cartes postales aux copains de l’école.
Pendant que Loïc rentre au bateau avec les enfants préparer Moby pour le départ, je m’offre une petite escapade d’une heure le long du ruisseau qui traverse la ville. Cette promenade, dite « the Run », est originale, le long des berges citadines, entre potager,
jardins,
terrasses de maison….
En fin d’après-midi, nous appareillons pour le Brésil.
Bye-bye St-Hélène, qui fut une escale totalement unique sur notre parcours, loin des images des cartes postales d’eaux turquoises et de sables blancs, mais très attachante!