Catégorie : Bahamas

  • Bahamas -4- Préparatifs de transat entre Eleuthera et Cat Island

    Bahamas -4- Préparatifs de transat entre Eleuthera et Cat Island

    Après 1 mois de croisière dans le sud des Bahamas et les Exuma, nous arrivons à Spanish Wells, (petite ville du nord d’Eleuthera), pour peaufiner nos préparatifs de transat. Notre séjour aux Bahamas tire à sa fin, car nous avons en tête d’entamer notre traversée de l’Atlantique avant le 15 mai. En effet, le 1er Juin est le début officiel de la saison cyclonique dans l’hémisphère Nord.
    Nous avons quelques jours d’avance sur le planning, car nous venons de profiter des vents de sud pour remonter des Exuma vers le Nord des Bahamas, avalant en une demi-journée les 50NM qui séparent Norman Cay (au Nord des Exuma) de Egg Island.  (Ouest d’Eleuthera)
    Nous avions prévu de remonter jusqu’à Abaco, pour préparer Moby à proximité de Marsh Harbour, tout en continuant à explorer quelques îlots supplémentaires, mais les prévisions météo pour les jours à venir donnent des vents plus favorables pour traverser au départ d’Eleuthera ou de Cat Island.
    Bien nous en a pris : le village de Spanish Wells est charmant, et nous allons passer 3 jours agréables et efficaces à la marina de Yacht Haven.
    Au programme : grand nettoyage de Moby, intérieur et extérieur, approvisionnement, révisions des moteurs, changement de la pompe d’eau douce tribord, menus bricoles, et un grand rangement en prévision des 3500 NM de la transat.
    Nous entrons par la passe Nord,

    découvrons la plage,

    puis les maisons, très jolies, et typiques, avec leurs murs colorés et leurs toits blancs
    Nous empruntons le chenal Est,

    assez étroit et sinueux.
    Les enfants ont gonflé les pare-battages : c’est leur rôle!
    Les premières maisons de Spanish Wells apparaissent, très coquettes.

     Et le Must, ce sont ces pontons privés,

    au bout duquel on amarre SON bateau.

    C’est une île de pêcheurs, qui a gardé sa vocation malgré un indéniable développement touristique.
    Les riches plaisanciers américains ont colonisé l’île, mais elle garde une importante flottille de pêche traditionnelle

    Je décompte pas moins de 3 stations-service pour bateaux!
    Un peu plus loin, le quai des ferrys et les loueurs de voiturettes de golf : sympa, c’est ainsi que se déplace la moitié des habitants.
    La superette,

    Le chantier de réparation navale,
    La passe Sud
    toujours la flotte de bateaux de pêche
    et enfin la marina!
    Nous allons y rester 3 jours.
    C’est une des plus agréables petites marinas où nous avons séjourné. A taille humaine, elle donne sur le canal, très animé en journée. Un resto, des bungalows à louer,et… une piscine! Les enfants en font leur repaire, après l’école. Eux qui d’habitude s’ennuient à la marina sans copains, s’amusent bien ici : piscine, trottinette, et la cerise sur le gâteau, c’est cette voiturette que nous louons 24h pour faire les courses et nous balader.
    A tour de rôle, les enfants m’accompagnent dans les magasins
     
    La supérette est bien achalandée de produits frais, et offre un rayon de produits artisanaux très alléchants : confitures, pickles, achards,  condiments, pâtisseries et pain fait maison, quel régal! J’aime bien la formule, qui permet aussi à la population locale de se procurer un agréable complément de revenus, en particulier pendant la saison touristique. On se régale ainsi des pickles de Tante Anita, des cupcake de Mary-Rose,

     du Carrot Cake et de la Lime Pie de Lizzie, du pain de mie de John….Et de la salade de Conch achetée sur le bord de la route.
    Une première journée est consacrée aux lessives : un mois de linge, ça fait 6 grosses machines, et ça me prend toute la journée! Draps, alèses, vêtements, serviettes, tout y passe, y compris les vêtements « d’hiver », jeans, polaires, chaussettes, que nous avions remisés depuis l’Afrique du sud, et que nous allons ressortir avant l’arrivée aux Acores. Le lendemain, il fait vraiment un temps de cochon! Ca n’empêche pas de nettoyer, au contraire. Anna au balai-brosse, et Arthur à la raclette. Moby va bénéficier d’un dessalage intégral à l’eau de pluie, c’est idéal!
    Nous dînons le soir au restaurant avec de nouvelles connaissances : Michel et Christine, de Spica, un Outremer 45. Ces (presque) jeunes retraités profitent de leur bateau à mi-temps : 3 mois à bord, 3 mois en France. Ils sont fans des Bahamas, où ils ont déjà navigué plusieurs saisons, et remonteront cette année encore vers la côte Est des Etats-Unis, que nous aurions aussi aimé visiter.

    Ils nous recommandent en particulier la côte entre New-York et Boston : de Long Island à Cape Cod, en passant par Nantucket et Martha’s Vineyard : une succession de plages, de criques isolées, de calmes forêts, de villages typiques…. tout cela nous fait rêver.
    En attendant, il pleut à torrent, y compris dans le restaurant, mais l’ambiance est chaleureuse!
    Le lendemain, le temps s’est amélioré, et en allant faire les courses, nous en profitons pour nous balader un peu dans les petites rues de Spanish Town.
    Nous nous arrêtons acheter une langouste, la spécialité locale. Ici, ça n’est pas plus cher que le poisson.

    Les maisons sont ravissantes, parfaitement entretenues, les jardinets apprêtés.

    Derrière les rues, l’église,

    une ruelle,puis la plage,

    Nous revenons bien chargés ; Arthur m’a bien aidé,

    et m’a convaincu d’acheter … un trancheur de pommes! Beau et ludique, c’est aussi une bonne manière de partager des fruits…et comme nous sommes de gros mangeurs de pommes…..
    Ce matin, Michel et Christine quittent la marina, et continuent leur exploration des Bahamas, vers Abaco.
    Au bout de notre ponton, un nouvel arrivant, magnifique ancien vapeur en bois, aménagé pour le charter. Ca doit être très cosy à l’intérieur. Les vernis sont rutilants.
    Nous quittons Spanish Wells :

    Les pleins d’eau et de gasoil sont faits, le bateau est propre, et l’avitaillement nous permet de tenir 10 jours et plus. Nous sommes fin prêts à traverser et allons rester attendre la meilleure fenêtre météo possible pour rallier les Bermudes, distante de 750 NM. Nous allons en effet traverser l’Atlantique en 3 étapes : Bahamas-Bermudes, dans les jours qui viennent, puis  Bermudes -Acores avec une longue escale d’un mois aux Acores et enfin Acores-Brest, pour arriver en Bretagne début juillet.
    Nous ressortons de Spanish Wells par la passe Sud,puis nous dirigeons vers la pointe Sud-Ouest d’Eleuthera.

    Nous franchissons l’étroite passe qui sépare Eleuthera de Current Island.

    Un courant et des remous qui nous rappellent le bon temps des passes dans les Tuamotu.La mer est blanche et bouillonnante dans la passe.
    Nous naviguons toute la journée et arrivons de nuit dans le sud-Est d’Eleuthera à East End Point.

    A notre réveil le lendemain, nous découvrons un site enchanteur.Les falaises crayeuses sont impressionnantes et forment un décor inhabituel, très graphique.Des grottes, des cavernes se succèdent tout le long du littoral.

     
    Nous sommes mouillés devant une grande plage en arc de cercle.

    Mais à la pointe, une ravissante petit crique nous attend.Un chemin mène au vieux phare, que nous empruntons. La vue d’en haut est panoramique. Le phare est désaffecté, et en piètre état. Et de l’autre côté, la très grande plage.

    Nous revenons sur notre petite plage privée profiter de ce qui est sans doute notre dernière baignade en eaux chaudes turquoises et tropicales. Dans quelques heures ou quelques jours, nous aurons appareillé pour les latitudes tempérées d’Europe…Alors il faut en profiter!
     
    Batailles de boules de sable,

    skimboard, baignade….Nous savourons ces instants. Je remarque que le sable est… presque rose. Une célèbre plage d’Eleuthera vante sa couleur rose, nous n’en sommes peut-être pas très loin… les touristes en moins.
    Nous appareillons sans tarder car nous voulons être à Cat Island dans l’après-midi.
    Nous passons devant l’île de Little San Salvador, entièrement privée puisqu’elle a été achetée par une filiale de Carnival Cruise Ship : des croisières tout compris de 5 à 7 jours aux Bahamas, au départ des USA, L’escale est complètement aménagée pour accueillir des milliers de passagers, un peu comme un grand hôtel, (beach club, restaurants, excursions, sports….) mais sans les chambres.
     
    Nous arrivons sous un ciel bien morne a Orange Creek. Le temps n’est vraiment pas engageant, mais les fonds transparents : Loïc nettoie les coques, comme avant chaque grande traversée. Près de 3 heures dans l’eau à frotter les algues.

    Nous attendons toujours la meilleur fenêtre météo possible, qui tarde un peu à venir. Le lendemain, nous allons dans la baie d’à côté, à Arthur’s Town! Il nous faut bien sûr aller à terre visiter et immortaliser cela!

    Arthur à Arthur’s town

    Nous tombons par hasard sur le sculpteur et peintre de ce panneau!

    Le village est bien morne…Nous croisons peu de monde.Il faut dire qu’aucun commerce n’est ouvert : les habitants sont par ici tous des « Adventistes du 7ème jour », et ne travaillent ni le samedi ni le dimanche.
    L’école,

    le poste de police, le bar (qui est fermé),

     l’aire de jeu…

    et de nombreuses maisons abandonnéesNous nous mettons en quête de l’épicerie la plus proche, qui est à quelques kilomètres. Nous décidons d’y aller à pied….Assez vite, la solidarité bahaméenne fait son oeuvre, et nous sommes embarqués dans la benne d’un pick-up, qui nous dépose quelques kilomètres plus loin, à l’épicerie, où nous trouvons du pain, le dernier article frais qui nous manque. La météo est enfin parfaitement favorable, nous sommes fin prêts.
     
    Le soir-même, nous levons l’ancre, pour 4 jours de mer, direction les Bermudes! Nous quittons les Bahamas avec le sentiment d’avoir bien profité de cette longue escale de presque 6 semaines.

    Le temps n’y est pas très beau non plus depuis 8 jours et ne semble pas s’améliorer,

    alors nous sommes contents d’aller de l’avant, cap à l’EST pour retrouver le soleil!
     
  • Bahamas -3- le Nord des Exuma

    Bahamas -3- le Nord des Exuma

    Nous naviguons depuis déjà 10 jours dans l’archipel des Exuma, et continuons notre progression vers le Nord en direction du «  Exuma Land and Sea Park », qui s’annonce encore plus spectaculaire que ce que nous avons vu. Nous sommes déjà sous le charme  de cette navigation entre îlots et bancs de sable, que nous pratiquons en mode «  exploration », nous arrêtant jusqu’à 4 fois par jour pour visiter une grotte, une plage, ou faire un snorkeling.

    Vue sur les Rocky Dundas, où se trouvent les grottes
    Nous prenons un mouillage de jour dans la toute petite baie de Fowl Cay : à un jet d’annexe se trouvent en effet deux grottes qui sont parait-il au moins aussi remarquables que celle de Thunderball.

    Il nous tarde d’aller vérifier cela.

    A Fowl Cay, nous sommes tout seul au mouillage. Inhabituel, une épave d’avion trône sur la plage. La piste n’est pas loin.

    l’épave sur la plage

    Les îles des Bahamas sont souvent équipées de petites pistes privées. C’est aussi que les propriétaires vont et viennent, à bord de leurs avions, ou d’avions taxis, qui offrent également les services de livraison de nourriture, pièces détachées etc….

     
    Curieux, nous allons sur la plage examiner ce qui reste de la carlingue.

    Loïc penche pour un décollage raté.
    La plage est un petit bijou :  une eau turquoise calme, de petites vaguelettes, du sable fin…
    Le mouillage est paradisiaque

    A midi, Loïc envoie le drone, pour voir île d’en haut : pas de luxueuse villa, mais de petites maisonnettes, un ponton, et la piste, vraiment toute petite.

    vue aérienne de Fowl Cay
    Après le déjeuner, nous filons explorer les grottes. La première n’est pas évidente d’accès : il faut plonger, pas très profond, mais sur 3 mètre de long. Anna n’a pas peur, et nous suit, c’est la première fois qu’elle plonge dans ces conditions!

    Une fois à l’intérieur, c’est majestueux, de très nombreux stalactites, et un grand puit de lumière
     
    La seconde est plus facile d’accès, pas besoin de plonger car on y accède par une étroite ouverture en surface, comme un boyau au-dessus de l’eau.
    Elle est encore plus impressionnante : une fois à l’intérieur, un seuil, puis une petite plage, une caverne en hauteur qui ravit les enfants, un puit de lumière, des stalactites….
     

    En fin de journée, nous mettons cap sur Compass Cay,

    le chenal d’accès à Compass Key

    et  mouillons pour la nuit sur un banc de sable devant la marina, réputée pour ses requins nourrice semi-apprivoisés. Nous filons en annexe voir à quoi ressemblent les installations :

    C’est très coquet, mais le sens de l’accueil est comment dire….axé sur le porte-monnaie : on nous réclame pour débarquer une taxe de « landing fee » de 10 dollars… par personne! Et pas de discount pour les enfants…. Nous observons quelques minutes, depuis l’annexe, les requins nourrice tourner et virer dans une eau limpide puis faisons poliment demi-tour.
    Le lendemain, nous mettons cap sur Cambridge Cay, où nous retrouvons Luna Bay 2 et Penn Gwen. C’est officiel, nous venons de franchir les frontières du parc naturel.
    Nous décidons d’organiser un apéro-dinatoire de dernière minute sur la plage : nous repartirons sans doute chacun de notre côté d’ici quelques jours, il faut donc saisir l’occasion d’une soirée tous ensemble.
    Jennifer a repéré un petit îlot d’où le coucher de soleil devrait être superbe pour ce pic-nic du soir improvisé.Les 3 familles arrivent en annexe, dans ce joli coin de paradisLa soirée est fort agréable, la marmaille joue aux Robinsons en se gavant de chips, de crackers au fromage et de pâté de campagne…
    La nuit est moins sympa :  les orages grondent pendant des heures, nous sommes sur le pont, aux aguets, à guetter le vent et les éclairs. Il y a tellement d’éclairs qu’on y voit comme en plein jour, et la foudre nous assomme les oreilles.
    Nous mettons les ipads/ordis et téléphone à l’abri dans le four, qui servira si besoin de cage de Faraday.
    Au plus près, l’orage approchera à moins d’un mille. A 5h du matin, nous retournons nous coucher, plus de peur que de mal. Ce sera le premier d’une longue série d’orages de nuit que nous subirons dans les 15 prochains jours.
    Nous passons la journée du lendemain à Cambridge Cay. Sans être totalement dégagé, le temps s’est remis au beau. Le matin, c’est école pour tout le monde, mais dans l’après-midi, nous partons à terre avec nos équipements de snorkeling explorer la plage de « Honeymoon’s Beach », sur la côte sud de l’île.

     Nous traversons l’île à pied avant d’accéder au site pour un beau et sportif snorkeling avec la marmaille. 
    Une belle soirée s’annonce….Mais la nuit est tout aussi orageuse que la précédente. Là encore, les éclairs sont très proches, et grondent.

    Nous craignons le foudroiement bien sûr, et vérifions l’avancement de l’orage, mais aussi le vent qui tourne, qui forcit. Heureusement, la foudre tombe à environ 1km de là-et les appareils électroniques sont encore une fois dans le four!
     
    L’avantage, c’est que nous récupérons l’eau de pluie, grâce à notre bimini pourvu de rigoles, et à un circuit de tuyaux, qui va direct dans les réservoirs, qui sont pleins. Nous remplissons alors les carafes et les bidons. 

    Au petit matin, nous allons dire au-revoir à Luna Bay 2,

    Bye Bye les amis : Luna Bay 2, Penn Gwen et Moby réunis!

    Ils repartent vers Nassau préparer leur bateau pour la transat retour en France.De notre côté, nous nous donnons 8 à 10 jours de plus pour explorer les Bahamas.

    Nous appareillons également, juste à temps, car une série de 3 speed boats arrivent vers nous-il est vrai que nous sommes dans un chenal-, et foncent à 25 noeuds au moins, créant 3 sillages qui nous chahutent.

    Nous longeons Hall’s Pond Cay, peu accueillante, avec ce panneau explicite : pas d’annexe! Il semble que la cohabitation entre les voiliers et les riches résidents des îles se passe mal. La loi aux Bahamas est claire : l’accès aux plages est libre jusqu’à la laisse de haute mer. Par ailleurs, il ne me semble pas anormal que les propriétaires de ces îles jouissent de la tranquillité qu’ils recherchent. Alors, pour notre part, nous ne nous empêchons pas de nager sur les plages, voir d’y mettre le pied, mais n’y débarquons jamais en annexe.
     
    Nous mouillons sur un banc de sable près du chenal, car il y a sur zone deux sites de snorkeling d’interêt :

    Le premier, c’est un petit avion bimoteur coulé par 3m de fond. Il git nez dans le sable, queue en l’air. Nous prenons grand plaisir à virevolter autour, dans 3 mètres d’eau à peine, même Anna se régale ; je n’ai malheureusement pas d’image de la scène….
     
    Non plus du magnifique jardin de corail au Nord d’ Obrian’s Cay. Les  coraux sont sublimes, visibles dans 2 à 3mètres d’eau à peine : des gorgones multicolores y côtoient des éponges vertes, beige, rose, de toutes tailles et de toute formes, c’est vraiment un délice pour les yeux. C’est en plus un site très accessible pour les débutant, le genre d’endroit où on pourrait amener sa grand-mère!
     

    Le lendemain, la journée commence sous des trombes d’eau : le temps n’est pas au beau fixe, depuis quelques jours, nous subissons orages et grains au moins une fois par jour. Nous quittons Compass Cay en bordure de grain, il y a plus de 20 noeuds de vent, et Loïc nous montre sa dextérité à piloter Moby :  car pour aller du nord de Hall’s Ponds Cay au mouillage sud de Warderick’s Wells, un chenal  sinueux nous fait passer entre de petites îles. Victor et moi surveillons la nav’ chacun dans une des étraves. A peine avons-nous pris la seule bouée disponible, qu’un rideau d’eau s’abat sur nous.

    le grain approche
    Arthur prend sa douche en plein air

    C’est plutôt une bonne nouvelle, nous allons pouvoir remplir les réservoirs, s’offrir des douches en plein air, et boire de l’eau de pluie, la meilleure de toutes. Nous avons même de l’eau courante pendant quelques minutes!

     
    Aujourd’hui, 28 avril, c’est le grand jour : notre capt’ain fête ses 50 ans! Happy Birthday Captain!

    Nous passons cette journée seuls tous les 5 dans ce mouillage de rêve : une fois le grain passé, le site se découvre, avec des couleurs, comme toujours, sublimes sous le soleil.
    Le petit dej était copieux ce matin, puisque nous avons commencé par souffler les bougies… et manger le gâteau. Comme le dit le dicton d’un restau italien que Loïc aime bien  : « Life is short, eat desert first! ». Autrement dit : « Comme la vie est courte, autant manger le dessert d’abord »
    Loïc avait passé sa commande la veille, et je lui avais préparé un gâteau breton : la plaquette de beurre y est passée.… Et à 10h, il n’en reste pas une miette…
    En début d’après-midi, nous allons explorer la plage,

     et nous offrir une belle baignade. Puis partons à la recherche du «  Pirate’s Lair » , le «  Repaire des pirates » un peu plus loin dans les terres. Le site était en effet  parfait pour attendre les proies s’apprêtant à entrer dans le banc des Bahamas par le « Wide Opening », cette large passe facile d’accès à la voile par tous les vents,  située à quelques milles au nord de Warderick Wells. On s’imagine facilement les bateaux de pirates cachés entre les îlots, les hommes guettant les navires de commerces.

    Moby au mouillage de Warderick’s Wells sud
    Avec les dernières pluies, le camps des pirates n’est plus qu’un bourbier… c’est pourtant là, au bord d’une source et à l’abri de ces grands palmiers auxquels ils pouvaient attacher leurs hamacs qu’ils se reposaient entre deux raids.
    Au retour, une belle baignade,

     et de moments très simples de partage en famille.Arthur et Anna restent jouer à la plage : ils creusent le sable pour y trouver des vers, puis ensuite nourrir les petits poissons du bord. Loïc et Victor partent explorer le tunnel qui perce l’îlot d’en face : long de 30m, il traverse spectaculairement l’îlot, et peut se pratiquer à la nage, par temps très calme et à l’étale. Avec le vent actuel et les fortes marées, il n’en est pas question. Dommage, car ça doit être pourtant génial de le parcourir à la nage :  il est percé de plusieurs ouvertures par le dessus, partiellement à l’air, et partiellement sous-marin.
    J’en profite pour rester à bord, pour bouquiner tranquillement.
    Ce 28 avril 2018 fut une journée enchantée, où nous aurons tout eu : de l’action, du mauvais temps, du soleil, de l’exploration, de la découverte, des jeux, des baignades, du temps calme, un bon gâteau…
    Le lendemain, nous contournons les îles pour entrer dans les Warderick Wells, le coeur du Park des Exuma, où se trouvent les rangers.
    Le site est époustouflant, avec ses bancs de sable, et ce chenal circulaire et profond où des corps-morts sont à disposition.

    Les photos qui suivent sont garanties sans amélioration, ni retouche de couleurs….

    Elles sont prise d’en haut du mat par Loïc qui inspecte le gréement. Il profite d’être au corps-mort et par un temps très calme pour monter vérifier cette partie-là du gréement. Nous partons d’ici 2 à 3 semaines en transat : il nous reste encore plus de 3000 NM à parcourir avant de rentrer en Bretagne.

    D’en haut les bancs de sable sont majestueux, comme des rubans de dégradés.

    Loïc lance le drone pour immortaliser le site, sous un beau soleil;

    vue vers l’île de Warderick Wells et les maisons des rangers
    Vue vers le sud de Warderick Wells et les mouillages de Emerald Rock
    Après l’école, nous préparons un picnic pour aller déjeuner à terre… et emmenons le reste du champagne que nous n’avons pas fini hier

    : nous célébrons encore une fois les 50 ans de Loïc.Pendant que nous savourons cet apéro du dimanche, les enfants vont explorer sur la plage le squelette d’un cachalot reconstitué là par les bénévoles de l’association du Park.
    Puis l’envie nous prend d’aller nous promener sur les bancs de sable à marée basse. Anna et moi nous élançons, les garçons nous rejoignent en annexe.
    Vu d’ici, ce banc de sable ressemble à un coeur.
    La beauté de ces différents dégradés de turquoise tient aux marées,

    aux dénivellés sous-marin de dunes et aux méandres créés par les courants.
     
    Nous partons en snorkeling explorer les lieux, puis terminons par une ballade à terre, vers les hauteurs de Boo Boo Hill, point culminant des Warderick Wells. Ce que nous apprécions aussi aux Bahamas en cette fin Avril, c’est la longueur des journées. Le soleil ne se couche que vers 19h30, contre 18h aux Antilles : cela laisse de belles soirées encore actives.
    La colline de Boo Boo Hill est réputé hantée :  par les nuits de pleine lune, on entendrait les voix des pauvres âmes ayant péri dans le naufrage d’un navire au large de Warderick wells.
     
    Nous traversons la mangrove, longeons de nombreux trous, des grottes,

    Nous grimpons la colline, et regardons avec consternation les débris de bois flottés que les voiliers de passage s’évertuent à déposer…. créant cet amas, qui s’éparpillera et repartira sur les flots au prochain cyclone.
     
    Je remarque combien l’homme a besoin de marquer son territoire en laissant une trace visible de son passage. C’est particulièrement flagrant aux Bahamas : peut-être une tradition du Nouveau Monde?  Vieux T-shirts suspendus au plafond du bar Chat’n’Chill à Stocking Island,  panneaux de bois flottés gravés en haut de Boo Boo Hill (Warderick Wells), totem de pierres à Cambridge Cay. Ce qui avait sans doute du sens il y a quelques dizaines d’années encore quand ces endroits étaient peu fréquentés et difficilement accessibles, avant l’avènement du tourisme de masse, me semble aujourd’hui vain et irresponsable. A l’heure où l’on voyage partout en avion, et au vu du nombre d’humains que nous sommes sur terre, continuer à mettre en oeuvre ces « traditions » polluantes me dépasse. Je préfère de loin une autre devise, que nous avons souvent lue sur des panneaux de parc naturels : « En visitant ces lieux, la seule chose que vous laisserez derrière vous seront vos empreintes de pas » .
     
    Nous admirons le soleil qui descend sur l’horizon, puis rentrons via un gué, puis un petit pont, à travers la mangrove. Nous découvrons l’hélipad fait de pierres et coquillages concassés.
     
    En rentrant au bateau au coucher du soleil, quelle n’est pas notre stupeur : nos amis du catamaran Cool Running sont ont fait la surprise de venir à notre rencontre. Nous les attendions il est vrai d’un jour à l’autre, en provenance de Georgetown … Ils ont parcouru les 70 NM d’une traite pour nous voir. 
     

    Nos routes se sont croisées pour la première fois dans le Pacifique, à Rangiroa, puis à Papeete, et enfin c’est pendant un séjour prolongé à Maupiti que nous avons mieux fait connaissance.

    Dave, Gudrun, Gaby et Ben à Maupiti

    Nous nous sommes revus en Nouvelle-Zélande, et avons partagé des moments inoubliables dans l’Océan Indien, à Cocos (Keeling) puis aux Chagos.

    feu de camp aux Chagos

    La dernière fois que nous nous sommes vus c’est en décembre dernier en Afrique du sud, à Cape Town.

    les enfants de Moby et de Cool Runnings à l’aquarium de Capetown

    Depuis, nos routes se sont suivies sans se croiser. Leurs deux ados, Ben et Gaby sont les grands amis de Victor, et il leur doit aujourd’hui son beau niveau d’anglais ;-).

    Nous avons ensemble parcourus 3 océans, et bouclé chacun notre tour du monde. Nous sommes d’autant plus fiers d’eux qu’ils réalisent à peu de chose près le même parcours que nous, mais sur un bateau de grande série, un Lagoon 400, plus petit et moins rapide que le notre. 
    Dans un mois, quand nous traverserons l’Atlantique direction la France, ils mettrons cap sur la Floride, leur port d’attache.
     
    Alors ce sont de belles retrouvailles, intenses, car les au-revoir sont proches!
     
    Nous appareillons ensemble pour une île un peu plus au nord, Hawksbill Cay, réputée comme une des plus belles des Exuma. C’est l’occasion de se prendre mutuellement en photo sous voiles, dans ce beau turquoise.
    La nous sommes tous les 5 sur le pont!

    Je me fais la réflexion, que la vue est décidément magnifique depuis ma cuisine!Dans quelques longueurs nous entrons dans du turquoise clair signe que nous n’aurons plus que 2m d’eau sous les coques!

    C’est grisant de naviguer dans si peu d’eau.
     
    Nous voilà au mouillage!
     
    La plage est en effet superbe,

    et nous passons notre première journée à simplement profiter de la baignade, savourant nos retrouvailles avec nos amis : il y a tant à se raconter depuis 4 mois que nous nous sommes vus. Nous tirons le premier bilan de nos circumnavigations, et évoquons aussi notre retour à la vie de terriens qui approche. 
     
    Le soir, la lune nous sourit.
    Le lendemain, le vent est annoncé est bien là. Loic et Victor sortent les planches, puis le kitesurf.

     

    Victor en planche
    Loïc en kitesurf

    Je tente quelques bords en planche, mais le vent est décidément irrégulier avec le relief de l’île.

    J’ai aussi un début d’otite qui peine se résorber, aussi suis-je prudente avec les sports nautiques.
     
    Nous allons visiter la grotte dite des « contrebandiers ».
    Elle est tout juste au-dessus du niveau de l’eau, et assez impressionnante avec son plafond rose,

    et le goulot qui sépare les deux chambres.
    Puis nous poussons vers la plage adjacente, qui abrite un chemin menant vers des ruines et à la plage côté océan.
    Nous devinons les ruines, des murs de maisonnettes datant de 1785. Occupées par les loyalistes, ces réfugiés pro-anglais de la guerre civile américaine : refusant la tutelle des séparationnistes, et gardant allégeance à la couronne britannique, nombreux sont les Loyalistes qui ont fui aux Bahamas, implantant des champs de coton, de tabac ou de l’élevage.
    Elles étaient vraiment étroites ces maisons.
    La balade est sympa aussi pour observer les plantes, comme ces petites épiphytes, mais aussi pour la vue d’en haut.

    A mi-chemin, inattendu, cet étang, source d’eau douce.
     
    Et de l’autre côté de l’île, la plage au vent :

    Dommage que nous n’ayons pas les bodyboards!
    Ca déferle, et rejette sur la plage de la mousse, des algues, des éponges… et des débris de toutes sortes.
    Sur la route du retours, nous sommes surpris par toutes ces grottes, cavernes et trous qui jonchent le sol : un vrai gruyère!
     
    Ce soir, j’ai proposé à Gudrun d’initier sa famille aux crêpes bretonnes, en remerciement du paquet de farine de blé noir qu’elle m’a rapporté des Saintes.
    Pendant que je suis aux fourneaux sur le Lagoon, Loïc débriefe à Dave nos 2 semaines passées dans les Exuma, et lui donne les bon tuyaux, des mouillages et activités sympas avec les enfants.Il y a en effet beaucoup à faire aux Exuma entre le snorkeling, les épaves, les ballades à terre, les grottes….
    Les enfants apprécient les crêpes,

    et de cette rencontre américano-bretonne sort une création que je dois à Ben : une intéressante crêpe blé noir/beurre/sucre/cannelle!

    Je la nomme « la Cool Runnings », du nom du bateau de nos copains américains.
    Apprenant que nous n’avions plus de Nutella à bord, Gudrun nous offre ce petit pot, qui rejoint le tableau de bord de Moby, et les « trophées » offerts par nos amis, ou glanés au fil des rencontres….
     
    Le lendemain, le temps n’est pas au beau fixe, et c’est sous un ciel plombé que nous montons sur Shroud Cay, un dédale de rivières salées dans la mangrove. Quel dommage qu’il fasse ce temps pourri, ce doit être tellement beau sous le soleil. Mais il ne fait pas froid et nous ne sommes pas en sucre, alors nous partons sous la pluie, et avec la marée, qui est encore haute pendant une heure ou deux.
    Nous voilà en annexe dans les méandres de la mangrove.

     Après 30 mn, nous arrivons à destination :

    Nous avons traversé Shroud Cay d’Ouest en Est, et nous voilà sur la côte au vent.
    Le sable est d’une douceur incomparable,

    et nos pieds s’enfonçent profondément dans le sable tellement il est fin.
    En haut de la colline, les vestiges de CampDriftwood, où un genre d’ermite avait construit un camp de fortune dans les années 60. En haut du camp Driftwood, la vue sur Shroud Cay. 
     
    Nous quittons Shroud Cay pour Norman’s Cay, toujours sous les nuages, mais sans la pluie, ouf! 
    L’île a une histoire savoureuse : elle a été pendant quelques années le repaire d’un célèbre trafiquant de drogue. Carlos Lehder, d’origine Colombienne, faisait originellement partie du cartel de Medellin. Il a acquis Norman Cay en 1979 : ses maisons, ses commerces, sa piste d’aviation etc….afin de s’en servir comme un hub, une zone de transit entre l’Amérique Centrale et les USA. Témoin de cette vie antérieure : l’un des DC3 de Carlos git sur un banc de sable à l’entrée de Norman’s Cay.
    Les Stups américains (la D.E.A.) qui surveillaient la zone, ont finit par démanteler et faire vaciller l’empire de Lehder entre 1981 et 1983, alors que le gouvernement bahaméen, largement corrompu, protégeait Lehder et ses hommes. L’homme a été arrêté en Colombie en 1987, et extradé puis jugé aux USA où il purge 135 années de prison….
    Nous sommes mouillés juste devant la piste,
    et c’est un défilé d’avions
     

    Nous sommes aussi régulièrement survolés par des hydravions. Nous allons plonger sur le DC3 -enfin, pas vraiment en profondeur, car l’épave est posée sur un banc de sable et émerge, même à marée haute. Loïc explore l’épave, regarde à travers les hublots,

    .

    et fait mine de se mettre aux commandes! 

    Les coraux ont bien colonisé l’avion! Victor continue l’exploration,

    passe à travers les hublots!

     
    Plus tard dans la journée, nous partons avec l’annexe des Cool Runnings explorer l’intérieur du Cay, et en particulier sa mangrove et ses « flats ». Nous passons devant les lodges, et le restaurant, fermé ce soir. Puis allons nous rendre compte des travaux, de grande ampleur de la marina. Nous sommes surpris par le nombre de marinas aux Bahamas dont les travaux semblent terminés et qui n’ont jamais ouvert. Traffic? Blanchiment ou détournement d’argent?

    Puis nous nous arrêtons marcher le long de la mangrove.
    Arbustes, coquillages, oiseaux, nous sommes en pleine nature sauvage.  Ces traces, dans le sable, ce sont des raies, qui nichaient dans ce trou à marée haute. Il y a si peu d’eau que nous rentrons à la rame.
    Ce soir, nous faisons  nos les adieux à nos amis de Cool Runnings, qui s’en vont demain, et reprennent leur exploration des Exuma vers le sud, alors que nous continuons vers le Nord. Bye-Bye les amis! Nous nous reverrons certainement un jour, je ne sais quand, je ne sais où….
    Le temps est tellement mauvais et les vents contraires (de nord) que nous restons 24h de plus à Norman. L’occasion d’aller nous offrir un bon hamburger au restaurant. En dessert, je tente le traditionnel Guava Duff, sorte de pudding arrosé de sauce à la goyave, typique des Bahamas… C’est moins mauvais que ça en a l’air : très sucré et roboratif, je peine tout de même à avaler plus de 3 bouchées après mon hamburger…
    Nous serions bien restés explorer les îlots du Nord de l’archipel : Highbourne, Ship Channel, Leaf Cay….Mais le mauvais temps s’installe durablement sur les Bahamas. Or nous sommes le 3 mai, et avons prévu de traverser vers le 15 : il est temps pour nous de quitter les Exuma et d’aller préparer notre transat. Nous avons choisi pour cela de faire escale à Spanish Wells, petit village d’Eleuthera, distant d’une cinquantaine de milles.
     
    A très vite pour la toute dernière partie du récit de notre séjour aux Bahamas. 
  • Bahamas -2- Les Exumas

    Bahamas -2- Les Exumas

    Notre porte d’entrée pour les Exuma, c’est George Town, petite ville du sud de l’archipel, qui accueille en saison près de 200 voiliers, essentiellement des Canadiens et Américains venus passer la saison d’hiver et le printemps en eaux chaudes. Heureusement, les mouillages sont variés dans cette rade, formée par l’île de Great Exuma d’un côté, et par un chapelet de petites iles côté lagon : Stocking Island, Elisabeth Island, Pigeon Island…C’est heureux, car nous passons en moins de 24h à une zone de navigation isolée, où nous étions souvent les seuls bateaux au mouillage, à l’effervescence!
    C’est ici aussi que nous disons au revoir à Papily et Mamily, qui rentrent en France , et s’envolent depuis le petit aéroport de Georgetown vers Miami, puis Paris.
    Nous commençons par un mouillage de jour à Pigeon Cay, très beau mais inconfortable :

     Le vent souffle, la houle rentre, c’est génial pour le skim et la baignade sportive, mais pas pour le confort à bord!
    Nous filons donc nous abrite pour la nuit à Georgetown, et mouillons devant le village en compagnie de grosses vedettes,

     et d’un autre Outremer 51, de propriétaires américains!Signe d’arrivée en terres civilisées : cet hydravion, qui emmène les touristes survoler les Exuma, probablement au départ de Nassau. 
    L’archipel des Exuma (Exuma Cays) au coeur des Bahamas, est un ensemble d’îlots qui s’égrènent tel un collier de perles, distantes de quelques milles à peine les unes des autres, et qui abrite en son coeur un parc naturel, le « Exuma Land and Marine Park » : 
    Promesse de superbes plages, de navigation en eaux protégées, de passes à fort courant, de bancs de sable, de grottes, de magnifiques snorkelings, exploration d’épaves, de mangroves…..
    Il nous tarde d’y être.
    Mais pour l’instant, nous explorons George Town et en particulier Stocking Island qui abrite une curiosité : des trous à cyclones. Nombreux y laissent leur bateau y compris pendant la saison cyclonique (de juin à octobre), sur corps-mort, ou sur quelques pontons privés.
    A gauche, en entrant dans Gaviota Bay, on trouve un premier trou à Cyclone, en face du St-Francis Resort

    puis un second trou à cyclone abritant la marina Kevalli
    A droite, c’est  beaucoup moins profond et réservé aux très faibles tirants d’eau : Turtle Cove . 
    Nous remarquons un petit chemin de sable qui monte, et que nous partons explorer Il donne accès à la plage au vent. Nous revenons y passer l’après-midi avec les skims et les bodyboards.Que c’est bon de glisser sur les vagues!

    De retour à la civilisation, nous posons notre dinghy sur la plage de Chat’n’Chill,

    au coeur de la vie sociale des yachties de George Town, et partons déjeuner du traditionnel cochon rôti du dimanche. 
    Nous nous régalons de cochon, garni du désormais traditionnel mac’n’cheese (gratin de pâtes au fromage), de coleslow, de riz aux haricots, de carottes glacées au miel… Délicieux aussi, la « Conch salad », toute simple avec ses dés de lambis crus agrémentés de piments végétarien, de concombres et d’oignons doux: c’est frais, la chair est  presque sucrée, je me régale. 
    Nous testons aussi la bière locale , Kalik ou Sands, il faut choisir! Au bar de Chat’n’chill, les bateaux sont censés laisser un vieux t-shirt signé des membres d’équipage : premier signe d’une longue série, qui montre combien l’homme aime marquer son territoire. 
    Il faut dire que pour beaucoup d’Américains et de Canadiens, descendre aux Exuma, c’est un accomplissement, et je les comprend ; après tout, à chacun son Everest!
    Nous sommes moins emballés par l’ambiance de la plage, qui s’anime au fur et à mesure des heures qui passent, les annexes au touche-touche sur la plage, la musique à fond la caisse, les cadavres de bières qui s’amoncellent…. C’est LE rdv social du dimanche après-midi. Dans l’eau, les raies sont imperturbables. 
    Plus tard, nous irons mouiller devant « Monument Beach », la plus au Nord des plages de la zone. C’est la plus belle, et elle est bizarrement très peu fréquentée : nous sommes le plus souvent seuls sur la plage. 

    Lundi matin, nous allons « en ville », pour dire au-revoir à Papily et Mamily qui prennent leur avion à midi, et pour  faire un avitaillement de frais, le dernier datant d’il y a déjà 2 semaines aux Turks et Caïcos.

    le « Victoria Lake »

    L’entrée sur le « Victoria Lake » se fait via un petit pont. Nous découvrons un joli village bien organisé, avec une supérette bien fournie, un service de laverie… Nous en profitons pour nous balader un peu en ville,

    la mairie

    qui se met sur son 31 car elle accueillera d’ici 2 semaines d’importantes régates de pirogues locales. 

    Une fois les corvées effectuées, nous repartons mouiller devant la belle plage de Monument Beach. Nous partons à marée basse pour une grande ballade littorale, un longe-côte naturaliste parmi les oiseaux, tel ce couple de balbuzards (Ospreys en Anglais), que nous avons malencontreusement dérangé. Ils sont en pleine période de couvaison, et ne quittent par leurs majestueux nids

    un couple de balbuzards dans leur nid, dans les racines de filaos tombés à l’eau

    Au creux de la plage, des yachties se sont organisé un petit campque chacun peut user à sa guise, pour organiser un barbecue, un « potluck », ou simplement un apéro-plage comme ces deux couples de Canadiens dont nous faisons connaissance. Ils font partis de ces « oiseaux migrateurs  » fuyant leur Canada hivernal pour y chercher le soleil des tropiques (il fait -2 à Chicoutimi) Comme beaucoup, ils emportent leur chien avec eux. Nous n’avons jamais vu autant de chiens sur des bateaux qu’aux Bahamas! Tel ce magnifique chien blanc, que nous croiserons souvent, et avec qui les enfants auront plaisir à jouer sur la plage. Contrairement à beaucoup de pays, les formalités pour les chiens sont très faciles. 

    Nous quittons Georgetown sans regret, car nous aspirons à plus de nature et de vie sauvage en remontant l’archipel des Exuma.

    la côte Nord de Great Exuma

    Nous ne sommes pas spécialement emballés non plus par la vie sociale « à l’américaine » de ce genre d’endroit, régulée tous les matins par les annonces à la VHF du « Cruiser’s Net » : aquagym à 9h, karaoké le samedi, et bingo le vendredi, tournoi de volley-ball, BBQ … C’est amusant de voir comment, même loin de chez lui, l’homme ressent le besoin de se recréer une vie sociale avec ses codes et ses rituels.

    Nous naviguons une vingtaine de milles en dehors du lagon, et entrons par le «  Adderly Cut » , laissant Lee Stocking Island sur notre bâbord, puis Norman’s Pond Cay et Leaf Cay.

    Adderly Cut, vue vers le Sud, la piste de Lee Stocking Island en arrière plan

    Sur la petite plage de Leaf Cay, des formes noires s’approchent… ce sont des iguanes! 

    Il est midi passé, nous nous arrêtons déjeuner devant Norman’s Pond,

    au mouillage dans le Nord de Norman’s Pond

    puis repartons vers le Nord direction Rudder Cut Cay

    vers le Nord, la pointe Nord de Norman’s Pond, et la passe de Bock Out

    Il nous faut pour cela ressortir du lagon pour quelques milles, via le Bock Out, et rentrer dans le lagon via le Rudder Cut.

    le Rudder Cut, vers le Sud : le Sud De Rudder Cut Cay au premier plan, Little Darby et Darby Island au second plan

    Nous y voilà. 

    Nous observons tout juste la petite arche de Little Galliot Cay. Nous arrivons à Rudder Cut Cay, et découvrons une très jolie île, avec 2 petites plages charmantes, et surtout, un petit port, pas complètement naturel car une tranchée a été en fait creusée pour relier le bassin naturel à la mer. L’île, qui semble inhabitée, est privée et il est interdit de s’y promener. En annexe, par contre c’est permis!
    Nous entrons dans le port, curieux. 

    Plusieurs autres curiosité : une grotte ouverte sur l’extérieur, éclairée par un puit de lumière,

    et dotée à marée basse, d’une mini-plage. 

    des roches en forme de champignon…
    des raies…
    un beau snorkeling sur une … sculpture sous-marine en métal, commandée par David Copperfield (voisin et propriétaire des deux îles de Rudder Cut et de Musha Cay), qui a fait faire une statue grandeur réelle d’un piano à queue et d’une sirène, qu’il a immergé par 4m de fond. Quel dommage, ma GOPRO a rendu l’âme il y a 10 jours, j’ai chipé cette photo sur le net, elle n’est pas de moi.  J’aurais aimé vous montrer les enfants virevoltant de tous côtés autour de la sculpture, et vous montrer comment le corail repousse vite!

    C’est d’ailleurs dans la grotte voisine

    que notre drone va s’écraser dans l’eau, après qu’il a reculé de manière totalement inexpliqué, et se soit heurté à la roche. Une fois coulé, nous l’avons récupéré, rincé, séché, mais il n’a jamais pu re-décoller…

    Voici ses dernières images.

    Moby devant la funeste grotte

    Les plages au vent sont superbes,

    et le snorkeling doit l’être tout autant. 

    Puis nous continuons vers Musha Cay, et nous arrêtons en chemin à Little Lansing Cay, car il y a une épave d’avion sur un banc de sable. Nous nous approchons doucement, et mouillons carrément sur le banc de sable! Pas besoin de descendre l’annexe, nous y allons en palmes, masque et tuba. En effet, le petit bimoteur git par moins de 3m de fond, même Anna peut descendre le voir. Du corail pousse sous ses ailes.
    30 mn plus tard, nous levons l’ancre de nouveau, et passons devant Musha Cay
    Sur la carte, la zone est indiquée comme « swim area », et en effet, c’est la plus belle « piscine » que nous ayons jamais vue!

    Il s’agit d’un resort totalement privé qui se loue pour une famille ou un petit groupe d’amis, à 40 000$ la journée….Les constructions sont sublimes, 5 villas nichées dans une végétation tropicale superbe,  qui arrivent à Musha Cay en hélico,

    l’hélipad

    ou à Rudder Cut en avion. Ici, sans doute pas une maison, mais simplement la salle d’embarquement bateau. 

    Plus loin, le quai des fournisseurs.
    Bye-Bye Musha Cay, l’île de David Copperfield, paradis qui nous laisse songeur. 
    Nous longeons Cave Cay, qui semble inoccupée. 
    Nous sommes tentés de rentrer dans la marina, mais elle est fermée, peut-être désaffectée, et nous préférons ne pas prendre de risque.
    Nous passons donc notre chemin.

    les enfants s’organisent un petit « apéro-chips » sur le rouf,scrutant le relief pour découvrir les grottes dont cette île bien nommée est pourvue.

    Nous nous arrêtons finalement déjeuner au nord de Cave Cay, devant une minuscule plage et un petit étang. 
    Nous sommes mouillés en léger décalé par rapport à la piste, heureusement, car elle est tout près! La baignade est comme d’habitude merveilleuse, mais nous ne sommes pas tous seuls dans l’eau, sans doute un requin nourrice. Un petit tour à terre pour voir la piste

    l’étang, et la plage, puis nous repartons dans l’après-midi pour trouver un mouillage de nuit satisfaisant, à Little Farmer’s Cay.

    Nous empruntons pour cela le Galliot Cut et faisons route à l’extérieur des bancs.

    vue vers le Nord, et le Galliot Cut

    Curieuse maison octogonale sur Big Farmer’s Cay. 
    Nous mouillons en plein courant, Loïc et les enfants s’amusent une bonne heure à marcher sous l’eau dans le courant, à jouer avec les vagues de sable sous-marines. 
    Tous les soirs, nous étudions nos cartes, car les îles et îlots sont très nombreux, nous faisons en ce moment 2 à 3 stops par jours pour explorer épaves, plages, grottes ou autres curiosités Tout cela s’organise : il nous faut aussi trouver pour chaque soir un mouillage de nuit qui convienne, suffisamment protégé, suffisamment de fond, pas trop de courant, en évitant les chenaux, très fréquentés, de jour comme de nuit.
    Le coucher de soleil est comme toujours magnifique,et à l’heure de l’apéro, Anna elle aussi se prépare des cocktails….un demi-citron pressé, une orange, et un trait de Grenadine!

    Cette nuit Arthur et Loïc vont dormir à la belle étoile! Arthur en rêve depuis depuis longtemps, et Loïc l’accompagne dans son aventure. Ils sont bien couverts, en pyjama, et avec un bon duvet avec capuche et la nuit s’annonce dégagée, pleine d’étoiles. 

    Nous n’irons pas nous balader au village,

    le yacht Club de Little Farmer’s cay

    et appareillons à 9h, car il nous faut longer aujourd’hui la longue île de  Great Guana Cay. Nous commençons par contourner le Nord de Little Farmers Cay, et découvrons son bout de piste.Partout aux Bahamas, des épaves jonchent notre route. Le pays n’a sans doute pas les moyens de les déloger, alors elles restent là, à attendre l’épreuve du temps…

    Il y a de nombreux mouillages sous le vent de Great Guana Cay, que nous testons les uns à la suite des autres. 
    White Point d’abord, et sa longue plage de sable blanc. De l’autre côté des dunes, elle est tout aussi belle. Comme il n’y a pas de courant, nous allons tous à la plage en palmes, masque et tuba : cela nous évite de mettre l’annexe à l’eau (puis de la remonter quand nous partirons d’ici une heure ou deux). L’opération prend entre 5 et 10mn au total. Et nager fait faire un peu de sport!
    Nous trouvons des éponges échouées, et testons leur flottabilité.

    Après ce petit plouf matinal, l’école reprend, jusqu’au déjeuner. Nous nous arrêtons à Jack’s Bays Cove, minuscule plage, et petit mouillage pour un bateau tout seul.

    le drone de Loïc est mort… mais Victor nous prête le sien pour faire des images!

    Là encore, des grottes à explorer,

     du turquoise, du sable blanc, de la vie sauvage…

    une raie sur la sable

    Et après le déjeuner, nous mettons cap sur Black Point, une grande baie assez fréquentée, dotée d’un grand village, qui propose toutes sortes de services : laverie, pain frais, restos….
    Juste avant la baie, curieuse architecture que ce « chateau ». Destiné peut-être à résister aux cyclones?
    Nous croisons un de ces semi-rigides qui emmènent les touristes visiter les Exumas, lancés à 35 noeuds au moins Ils sont nombreux à sillonner les îles  en speedboat. 
    Nous arrivons à Black Point, et repérons Banana, un catamaran qui fait un tour du monde en famille en 7 ans avec 4 enfants, et dont nous avons lu les récits de voyage, publiés depuis 10 ans dans des magazines spécialisés. Depuis la famille a vendu leur bateau et vient de sortir un livre A bord il doit s’agir des nouveaux propriétaires!
    Nous avons rdv avec Luna Bay 2 et son équipage familial, avec lequel nous nous sommes promis de naviguer de concert quelques jours aux Exumas. Ce soir, c’est resto!
    Pendant que les enfants jouent aux cartes, les adultes dégustent la bière locale en se racontant leurs vies. Tous pareils, et tous différents : quand nous rencontrons des familles en grand voyage, c’est toujours passionnant d’écouter les trajectoires de vie qui font qu’un jour, un papa et une maman tout ce qu’il y a de plus raisonnables, entrainent leur smala dans une telle aventure…
    Pendant que dehors nous profitons de la soirée en terrasse (à se faire dévorer par les moustiques), à l’intérieur de ce resto type « diner » à l’américaine, c’est la clim à fond et la télé grand écran sur un match de basket! Culturellement parlant, nous sommes bien aux portes des US.

    Nous ne manquons pas le lendemain d’aller acheter notre pain (à prix d’or, mais il vaut bien ça, d’autant qu’il est important de faire tourner le commerce local!) chez Lorraine, la maman de la restauratrice d’hier.

    le pain de Lorraine

    Devant l’adresse indiquée, Loïc trouve porte fermée. Il toque, on lui dit d’entrer, et il trouve une dame bien âgée qui tricote dans son salon…. Elle le fait venir dans sa petite cuisine, et là, des miches dorées tout juste sorties du four attendent les gourmands : garanti « fait maison! » Pain nature, et pain fourré à la chair de coco, un régal au petit dèj!

    Nous quittons l’ile de Great Guana Cay, cap au Nord, et continuons à égrener les Exumas. Un petit stop à Gaulin Cay South, petit ilot anodin à la jolie plage. Au départ, nous nous y sommes arrêtés pour les grottes, annoncées sur la carte.
    Mais quelle n’est pas notre surprise de voir des iguanes pointer leur nez sur le sable!
    Nous mettons alors l’annexe à l’eau et filons explorer les lieux. 
    En effet, dès qu’ils entendent notre moteur, les iguanes sortent par dizaines de leurs cachettes.
    Ils attendent sans doute qu’on les nourrissent. C’est pourtant bien interdit, toujours pour les mêmes raison que beaucoup de touristes ont du mal à comprendre : en nourrissant un animal sauvage, on le coupe de ses capacités à se nourrir dans son propre environnement, et par là-même, on l’affaiblit. Pour aider et préserver les animaux sauvages, en particulier ceux qui sont en danger d’exctinction, il faut donc s’abstenir de les nourrir.

    Ces iguanes sont tellement peu craintifs que nous hésitons à marcher sur la plage, de peur qu’ils ne nous approchent de trop près Ces animaux ont de belles griffes, des dents acérées, et contrairement aux iguanes marins des Galapagos, ils ne sont pas végétariens!

    Nous passons une bonne heure à observer ces animaux, 

    Nous observons aussi un couples d’Osprey (Balbuzards en Français), ces rapaces marins, les seuls à pêcher dans les estuaires, les lagons ou les lacs. A notre arrivée, l’un des oiseaux s’est envolé, nous a survolé,

    inquiet, et est parti, peut-être pêcher.

    L’autre est resté à poste sur son nid : il doit y avoir des petits ou des oeufs.
    Nous partons à la recherche des grottes. 
    A notre retour, les iguanes sont toujours là. Sans doute un peu déçus que ne nous leur donnions pas de nourriture. Mais nous sommes stricts là-dessus, depuis que nous avons appris qu’un changement de régime alimentaire chez des animaux sauvages pouvait les rendre malades. Une équipe de scientifiques travaillant sur le jardin de corail de l’hôtel Taha’a Island Resort, en Polynésie Française a découvert que nourrir les poissons demoiselles avec du pain leur provoque un diabète. C’est pourtant une pratique que nous avons observé partout sous les tropiques.
    En rentrant au bateau, nous levons l’ancre, et découvrons médusés cette drôle de forme à 1 mètre derrière la jupe .Tout près des moteurs, alors que nous reculons, je pense d’abord voir un tuyau de plomberie en plastique : inquiète pour les moteurs qui tournent, je donne l’alerte. Nous prenons la forme en photo, et l’étudions de plus près en images. Il semble bien que ça soit un organisme vivant, peut-être un pyrosome, sorte d’organisme pluricellulaire.Je fais quelques recherches sur internet, et tombe sur DORIS, ce site des Données d’Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la Faune et de la Flore Sous-Marine.
    Ce formidable site recense une banque d’image très complète de ce qu’on peut observer sous l’eau, et propose même à ses membres de poser des questions d’identification. Comme nous avons de l’internet, je m’inscris, et poste donc la photo avec une question, … et reçois en moins de 24h une réponse!

    Il s’agit de tout autre chose : une ponte de grand calmar. Les petits oeufs (des boules bleues) sont reliés entre eux en spirale transparente, et flottent au gré des courants. Whaou, nous avons pris quelque chose aujourd’hui!

    Nous reprenons cap au Nord, visant d’être en fin de journée à Staniel Cay, le coeur d’activité des Exumas. Plusieurs raisons expliquent cette fréquentation : une marina, un yacht-club sympathique, quelques commerces, et de nombreux mouillages. Et en terme d’activités, de jolies petites plages, la célèbre grotte de Thunderball ( James Bond n°4) mais surtout l’attraction majeure, ce sont les cochons nageurs, qui sont sur touts les dépliants publicitaires des Bahamas. Nous sommes tous curieux de voir cela!

    Nous passons d’ailleurs notre première nuit à Big Major Spot.

    le mouillage de Big Majors Spot

    Effectivement, les cochons sont bien là! Mais c’est un défilé de hors-bord, d’annexes et de bateaux de charter. 

    Nous passons la nuit dans ce mouillage très fréquenté, en particulier par les super-yachts. 
    Nous changeons de mouillage le lendemain pour être au plus près des grottes et du Yacht-Club.
    La grotte se visite de préférence à l’étale de marée basse, pour avoir un accès plus aisé par ses deux entrées principales, et éviter le fort courant de marée. Nous finirons pas aller la visiter 3 fois tellement elle plait aux enfants. 
    Il faut dire que le site est impressionnant, et facile d’accès via la première entrée.

    La seconde est plus délicate, car elle n’offre qu’un mince filet aérien vers l’extérieur, et donne sur un fort courant traversier  : l’îlot se trouve en effet juste devant un chenal à fort courant.

    la seconde entrée

    La troisième sortie/entrée se fait par un passage sous-marin à 3m de fond, et la quatrième, par un étroit tunnel coudé sous-marin lui aussi. Il y a donc que quoi ravir les explorateurs sous-marins en herbe.
    La grotte dispose aussi d’ouvertures verticales qui laissent la lumière entrer à flots, ce qui a donné naissance à la célèbre scène du sauvetage de James Bond dans « Opération Tonnerre » (« Thunderball » en Anglais). Film que nous ne manquons pas de visionner le soir-même avec les enfants! La scène finale de bataille sous-marine avec fusils de chasse est plutôt originale pour l’époque ( 1966!)
    Nous explorons aussi la grotte vue d’en haut. 

    Le soir, nous avons la visite d’une famille française sur le voilier Penn Gwen :  j’avais croisé les parents Flora et Aurélien lors de la formation médicale ATMSI quelques mois avant notre grand départ. Ils ont suivi notre blog pendant les 6 premiers mois de notre voyage, puis sont partis pour un tour de l’Atlantique en 2 ans, avec de longues escales en Afrique et au Brésil. Nous avons presque le même programme en ce qui concerne la route retour, et allons donc naviguer ensemble quelques journaux Bahamas puis nous retrouver encore aux Acores. Ils ont 2 filles de 6 et 11 ans, Mélisse et Erell.

    l’équipage de Pen Gwenn

    Nous allons à terre explorer les infrastructures du Yacht-Clubune marina quelques charmants bungalows sur pilotis , un resto à la carte bien alléchante (et pas hors de prix pour une fois), un mini port pour les annexes, des petits Boston-Whalers à louer, et les célèbres requins nourrices « demi-apprivoisés ». 
    Nous déjeunons au resto le midi avec toute l’équipe de Luna Bay 2, et nous régalons d’un bon hamburger, dans une jolie salle de restaurant climatisé vue mer, c’est TOP!
    Puis nous partons tous ensemble nous balader sur l’île de Staniel, à la recherche des petits commerces. Nous rentrons bredouilles, avec seulement du main de mie, mais avons vu des jolies maisons typiquesdes jardinets un peu secsl’église du village, des bungalows à louer…
    Nous repartons pour Big Major Spot, les enfants nous ayant convaincus qu’il fallait aller rendre visite aux cochons. 
    C’est effectivement une attraction touristique. Les cochons ont été déposés là il y a quelques années, semi-sauvages, ils sont tout de même nourris par les habitants, mais surtout par les bateaux de passage, qui arrivent avec des légumes et du vieux pain. 
    Ils sont tous l’air paisibles,en particuliers les petits, très joueursmais dès que quelqu’un arrive avec de la nourriture, l’excitation monte…

    Comme ici, avec ces 3 imprudents qui arrivent à terre avec un grand sac de carottes. En moins d’une minute, une des dames est à terre, un des gros cochons lui a sauté dessus, ses deux pattes avant sur le buste et ba-da-boum… elle peine à se relever, pendant que les cochons lui boulottent sa nourriture….

    Puis Big Mama Karma sort de sa tanière. Des pancartes nous mettent en garde contre la grosse truie, sans doute chef de meute, réputée agressive, en particulier en présence de nourriture. 
    Ca y est « Mama Karma  » est à l’eau! Méfiants. nous nous replions tous dans les annexes, d’autant plus qu’un gros semi-rigide arrive avec des sacs de nourriture. Les cochons se précipitent, les plus gros mettent sur 2 pattes avant sur les boudin, moins pour monter à bord que pour accéder en primeur aux croutes de pain…
    Nous rentrons à bord, peux convaincus par les cochons-nageurs…cela dit, ils sont très propres!!
    Le lendemain, nous Quittons Staniel après y avoir passé 3 nuits, direction le Nord toujours : nous sommes aux portes du « Exumas Land and Marine Park », le parc naturel dont tout le monde vante la beauté.
    A suivre….
  • Bahamas -1- Les îles du Sud

    Bahamas -1- Les îles du Sud

    Nous y voilà, aux Bahamas, dernière escale tropicale de notre tour du monde, et dont nous attendons beaucoup. Nous avons en effet rushé en remontant l’arc Antillais, afin de préserver au moins 6 semaines pour la découverte de l’archipel :  700 îles, dont seulement 20 sont habitées toute l’année. Les voiliers canadiens viennent y passer l’hiver en quête de soleil et de chaleur, un peu aussi les américains, mais très peu d’autres nationalités qui naviguent plutôt dans les Antilles. Cela nous intrigue un peu, et nous avons hâte de nous faire une idée sur ce bassin de navigation dont nous soupçonons qu’il soit largement méconnu des Européens.
     
    A l’entrée dans les Bahamas, notre premier contact avec la civilisation sera le survol de Moby par l’hélicoptère des US Coast Guards Cela donne le ton : les Bahamas sont sous la coupe des USA, en ce qui concerne au moins la surveillance de leurs frontières!
    Nous avons fait notre clearance tôt le matin à Mayaguana, et sommes repartis aussitôt vers Crooked Island où nous attendent mes parents, qui ont loué un Lagoon au départ de Marsh Harbour (Abacos), skippé par Sylvain.

    Nous avons prévu une navigation en tandem de 2 semaines dans les iles du sud des Bahamas. En fin de journée, nous traversons un petit détroit entre les « Plana Cays » : ces îles ne sont guère plus que de longs bancs de roches et de sable plantés de tout petits palmiers. 
    la variété : le Thatch Silver Palm, qui ressemble en miniature au Vacoa des Mascareignes. Endémique des Bahamas, il est  utilisé pour faire des toit de palme, comme son nom l’indique, mais aussi pour divers objets de vannerie, ceintures, paniers, objets de décoration….
    Sur l’horizon, de très haut souffles montent dans les airs. Nous pensons tout d’abord à des baleines, mais ce sont en fait des rochers « souffleurs ».  
    Nous visons une arrivée de nuit à Landrail Point, au Nord-Ouest de Crooked Island, l’île principale des Atcklins. Un phare yest censé baliser l’entrée, mais il n’est pas en opération…
    Mais la baie offre une entrée franche, et nos cartes Transas (i-sailor) sont comme toujours très précises, nous donnant une large zone de fond sablonneux dans 5m d’eau…juste à côté du bateau de mes parents.

     

    Au réveil, nous découvrons des fonds d’une clarté incroyable, et d’une couleur turquoise à nulle autre pareille.

    Il fait chaud, très chaud : nous installons la voile d’ombrage les enfants s’y installent … pour travailler! Je vous assure, Victor bosse son français, et Anna fait de la lecture.

    Loïc lance le drone, et nous découvrons l’île de Crooked vue d’en haut,

    la mouillage de Landrail

    C’est vraiment magique de pouvoir visiter l’arrière pays par les airs!

    le mouillage de Landrail, et le phare de Bird Rock au loin
    Pour fêter nos retrouvailles familiales, nous allons tous au resto! Les enfants se sont mis sur leur 31 pour les retrouvailles avec leurs grands-parents.
    Nous accostons dans un petit port creusé dans la roche. 
    A Landrail, nous découvrons une petite communauté Bahaméenne fort restreinte : une épicerie, un resto, un poste de police…
    En marchant vers le restaurant, nous découvrons le « village ».
    L’île a été ravagée par le cyclone Joaquim, en octobre 2015, qui a inondé 75% des habitations, détruit la centrale électrique, et ravagé une cinquantaine de maisons… Aujourd’hui, il reste moins de 200 habitants, répartis dans plusieurs petits « settlements »;  les autres ont fui pour trouver travail et habitation ailleurs.
    La reconstruction est longue, très longue, et les dégâts encore très nombreux :
    L’ancienne station service est inutilisable : dommage car elle était pratique aussi pour les bateaux.Il y a un projet de reconstruction à quelques mètres de là, mais à l’arrêt.
    la dalle de la future station service 
    Les maisons qui sont encore habitées sont par contre particulièrement pimpantes. 
    Au resto, nous nous régalons et découvrons les spécialités locales : langouste rôtie, thazard en légère friture,  l’incontournable « mac’n’cheese » (gratin de macaroni, prononcer « maquenne-tchise »), poulet mariné, riz aux haricots, salade de haricots verts : tout est frais, délicieux, fait-maison et local!
    En marchant sur la route, nous sommes survolés par un tout petit avion : il nous faudra aller visiter la piste qui se trouve non loin du village; 
     
    En fin d’après-midi, Loïc part avec Victor et Arthur plonger en apnée sur le tombant, qui descend de 5 à 200m en quelques mètres seulement. 
    Là, ils se font surprendre par un requin particulièrement agressif qui les charge à 3 reprises, visiblement mécontent de voir des humains sur son terrain de chasse. Heureusement, il n’a pas idée de les croquer, seulement de les intimider : sans doute les prend-il pour des prédateurs concurrents, ce qui fâche, non? Tous 3 se replient avec calme et rapidité, palmant à reculons vers l’annexe, en restant groupés serrés. Ils se souviendront longtemps de cette charge inopinée.Des émotions pareilles, ca soude une famille!

    En toute fin de journée, nous allons explorer la plage, très sauvage. Tout le long, nous observons des maisons, dont presque toutes sont détruites et à l’abandon. 
    Au nord de l’île, sur un ilot, le phare de Bird Rock est impressionnant de stature, il date de 1876. 

    Tout au bout de la plage, la piste d’aviation! Fréquentée par des pilotes-propriétaires américains et canadiens, qui viennent pour la pêche, en particulier la très confidentielle et très select pêche au « Bone fish » sur les « flats », ces grandes étendues d’eau sablonneuses et peu profondes dont Crooked Island regorge. C’est une pêche à la mouche sportive de « catch and release » (le bone fish n’est pas réputé pour la finesse de sa chair, il est très difficile à préparer), très populaire chez les américains du sud.

    Deux pêcheurs à la mouche en route vers les Flats, dans leur tenue typique « camouflage des sables »

    Un jeune homme vient nous accueillir et nous propose de faire avec lui le tour du propriétaire. L’occasion pour nous de nous familiariser avec l’accent Bahaméen qui est très particulier. Les installations aéroportuaires sont sommaires :

     un beach bar, particulièrement bien placé,quelques quelques bungalows dotés de chambres, une salle de restaurant et c’est tout!
    Plus loin, un projet de marina a été abandonné : la maison du propriétaire, un américain, a été détruite,et la reconstruction n’a pas encore eu lieu…. quand à parler de développement, ce n’est surement pas pour tout de suite. L’île de Crooked est très basse sur l’eau, et particulièrement vulnérable aux cyclones : la montée des eaux barométrique y fait des dégâts impressionnants.
    En longeant la plage au retour, nous passons devant la ruine de cette jolie maison.
    L’arbre à coté, qui ressemble fort à un filaos n’est pas en meilleur état…
    Anna et moi ramassons des gorgones, qui jonchent la plage par centaines : vertes, roses, violettes, jaunes, marron….
    Une fin de journée paisible à profiter de la plage, de la nature

    et du soleil qui se couche. 
     
    Nous appareillons pour French Wells, un mouillage tout au sud de Crooked.Nous passons sur un banc de sable peu profond. Les garçons surveillent le fond. Difficile d’évaluer à vue d’oeil la profondeur tant l’eau est claire!
    Nous sommes tous sous le charme de ce « turquoise » si particulier des Bahamas. Je mitraille, et me donne comme objectif de « capturer » les 50 nuances de turquoise. 
    Le Lagoon 42 loué par mes parents a un peu plus de tirant d’eau que nous, nous lui avons ouvert la route 
     
    Ils sont très contents de leur bateau,qui bien que petit, est remarquablement habitable, en particulier la cabine propriétaire,

    et dispose d’espaces à vivre particulièrement réussis. En terme de performance, ca n’est évidement pas une bombe… mais il a de bons moteurs! ll faut bien ça pour pouvoir suivre Moby, véloce dans le petit temps….
    Nous mouillons dans des eaux cristallines.
    La plage est très belle et le sable d’une douceur….
    Le site est très sauvage, inhabité, les eaux turquoises,Petite curiosité : un vieux puit, toujours praticable! De l’eau douce donc, venant de nappes phréatiques. Ces puits sont très courants aux Bahamas, pratiques pour le ravitaillement des bateaux, ils étaient dans l’ancien temps des étapes incontournables. J’apporte ma bassine et en profite pour faire des lessives de serviettes!
    Et derrière la plage,

     la mangrove s’avère accessible en annexe via un canal naturel.Nous partons pour une belle ballade naturaliste

    au coeur de la mangrove,
     
    L’eau est peu profonde, mais d’une clareté….
    Nous dérangeons un petit requin nourrice venu trouver refuge dans les méandres. 
    Le coucher de soleil est hypnotisant, la plage magnifique, il n’y a pas de vent : c’est le site idéal pour faire un feu!
    Papily et les enfants ont préparé les branchages avec l’aide précieuse de SylvainNous prenons l’apéro sur la plage. Les enfants nous ont aussi fabriqué une table en pierre et Sylvain des sièges en vieux cordage de marine
    Les enfants sont tellement heureux de pouvoir partager avec leurs grands parents cette vie de plein air qui leur plait tant. Le lendemain, nous partons un peu plus au sud pour Long Cay. 
    Au petit déjeuner, nous faisons des crêpes! Je n’ai pas emporté mon Bilig (nom breton de la crêpière traditionnelle en fonte électrique), il est resté à la maison…  mais une simple poêle à crêpe anti-adhésive dépanne. Nous faisons aussi des crêpes blé noir, le repas préféré des enfants, quand nous trouvons du sarrasin, que j’ai bizarrement eu un mal fou à trouver aux Antilles françaises, alors qu’en Polynésie et à la Réunion, sans problème!

    Côté pêche, ca n’est pas un succès : dès que nous attrapons un poisson, il sert d’appât aux requins, qui le croquent d’un coup de dent…

    ce qu’il reste de sa bécune dans les mains de Sylvain…
    Loïc lance le drone, et cette fois, c’est Anna qui pilote! Très concentrée… 
    Nous voulons prendre de belles photos de Moby, car c’est décidé, nous le mettons en vente. Sans regret, car il nous aura permis de réaliser notre rêve : un tour du monde à la voile en famille. Mais d’ici quelques mois, nous reprendrons nos vies de terriens, le travail, l’école, le jardin, et n’aurons pas usage d’un bateau de grand voyage. Nous espérons que Moby aura un nouveau propriétaire qui continue à naviguer longtemps…
    Nous continuerons bien sur à naviguer sur les bateaux de la famille, les enfants à faire de la voile légère, et nous aurons peut-être un day-boat pour profiter des beaux jours en famille?
    Mais le virus du voyage nous a piqué, et nous repartirons un jour en bateau, pour continuer à explorer à la voile cette planète qui est si belle, à la découverte de ses habitants, nos frères humains : « Tous pareils, tous différents! »
     
     

    A Long Cay, nous sommes mouillés tout proches du village d’Albert Town.

    Vers le Sud de Long cay
    vers le Nord de Long Cay

    Là encore, c’est une longue plage de sable blanc, de l’eau turquoise, mais on ne s’en lasse pas….

    Albert Town a été un des plus gros villages des Bahamas du temps de la marine à la voile, jusqu’au milieu du 19ème siècle  avec près de 2000 habitants : c’était en effet un port d’entrée aux Bahamas, stop idéal pour les voiliers, le port disposant d’un accès aisé à la voile, d’une rade abritée sous le vent de l’île et d’une bonne profondeur.
    Du jour au lendemain, avec l’avènement de la marine à vapeur, le village est devenu fantomatique, puis carrément désert avec aujourd’hui seulement… 12 habitants.
     
    Albert, c’est aussi le nom de mon papa : il FAUT aller à terre y faire un tour.
    Nous débarquons sur la plage, le quai est impraticable. 
    Nous croisons nombre de ruines, de maison abandonnées, les ruelles sont désertes…
    Une habitante qui était sur le pas de sa porte nous aperçoit, et nous salue. Les visiteurs sont rares, et elle nous fait les honneurs de l’église : détruite par un cyclone…. Curiosité : elle n’a été reconstruite que partiellement :

     seul un des bas-côtés a été rebâti
    Nous nous enquerrons du prêtre : il ne vient que très rarement officier.

    Un autre habitant vient à notre rencontre. Justin veut que nous immortalisions la rencontre,en particulier avec Albert, en visite à Albert Town!

    Justin et Albert

    Il nous offre des vestiges du temps passé : d’anciennes bouteilles en verre.

    En rentrant au bateau en annexe, nous longeons encore quelques maisonnettes en ruines : quelle tristesse de savoir que tous ces habitants ne reviendront plus. C’est une des tristes réalités des îles extérieures des Bahamas : quand elles sont touchées par un cyclone, de très nombreux habitants décident de ne pas reconstruire, et d’aller plutôt tenter leur chance ailleurs, dans le nord, sur des îles plus touristiques et densément peuplées. Ainsi, les « Outer Islands » se dépeuplent inexorablement au gré des cyclones.
    Le soleil se couche sur Albert Town….
    Nous quittons le groupe des Atcklins pour rejoindre Long Island, via le Crooked Passage. Nous atterrissons à Little Harbour, un curieux petit port naturel de la côte au vent : une échancrure rectangulaire parfaite dans les terres, fermée par deux petites îles, et ouverte sur une passe. Nous n’avons que l’embarras du choix côté plages, et nous décidons pour le tout petit banc de sable qui borde l’îlot fermant la baie. Ce sera notre plage « privée » pour la journée. Skimboard, snorkeling,

    chateaux de sable…..
    Quand nous appareillons le lendemain, nous apercevons drossé à la côte une ancienne épave, de ce qui a dû être un très grand bateau.
    Nous faisons escale à Clarence Town, qui sur la carte ressemble à un gros village et où nous espérons faire un avitaillement de produits frais. Papily et Mamily partent à terre avec leurs sacs…. et ne reviennent à la nuit que plusieurs heures plus tard. Nous commencions à être inquiets. N’ayant pas trouvé ce qu’ils voulaient dans la boutique du village, la patronne leur propose de faire le « taxi » pour eux jusqu’au supermarché le plus proche….. Tope-là! Sauf que le commerce se trouve en réalité à une petite demi-heure de distance en pick-up sur une route défoncée….Le dos de Papily se souvient encore des cahots de la route et de la conduite sportive de sa conductrice… Ils reviennent 2 heure trente plus tard chargés de victuailles, produits frais et savoureux, encore sous le charme de l’hospitalité et de la gentillesse des Bahaméens.
    Pendant ce temps-là, nous sommes à la plage avec les enfants
     ballade en amoureux, skimboard, chateaux de sable…

    Nous retrouvons nos amis de Luna Bay II, Un Outremer 45 avec 3 enfants à bord : Théotime, Charline et Léonie ont à peu de chose près le même âge que Victor, Arthur et Anna. Nous les avons croisés plusieurs fois, et avons enfin le temps de bien sympathiser autour d’un apéro : les parents dans le cockpit autour d’un ti-punch, et les enfants sur le trampoline à faire les fous!
    Au petit dèj du lendemain, un bon pain de mie grillé, fait maison dans notre machine à pain. Nous en sommes très contents, depuis qu’ Alexandre nous l’a offerte à l’île Maurice. Nous y faisons du pain, du pain de mie, des brioches, mais aussi des cakes au chocolat, au yaourt, aux pommes, des financiers…. et même du gateau breton!
    Cette fois-ci, c’est Arthur qui pilote le drone : décollage, vol, et atterrissage. Il n’a pas voulu faire de photos, seulement un film!
    Nous sommes à Rum Cay, dans la baie de Flamingo, une superbe plage, et encore une fois, nous ne sommes que 2 bateaux au mouillage; Après avoir exploré presque toute la baie à la recherche d’un bon mouillage, nous revenons mouiller près de la passe : c’est le seul endroit sans patate de corail. Le snorkeling en revanche est très prometteur, avec tout ce corail. 
    Là encore, sable blanc fin comme de la farine, des kilomètres de plage où nous prenons l’habitude de nous balader en fin de journée, du skim pour les garçons,

    on ne s’en lasse pas.
    Nous partons faire un snorkeling dans le nord du récif,près d’une épave.

    Les coraux  Elkorn sont majestueux.
    Nous croisons quelques gros spécimens, de mérou, de requin nourrice aussi…mais l’animal est craintif, et nous tourne le dos.
    Puis nous retournons le lendemain à Long Island, tout au nord, dans la jolie baie de Stella Maris. Nous nous arrêtons en mouillage de jour dans une petite baie adjacente, très sauvage. Nous déposons Papily et Mamily sur leur petite plage personnelle. C’est merveilleux de profiter de ces plages calmes et peu fréquentées. Encore du bleu turquoise intense, du sable blanc à faire mal aux yeux, et de petites grottes.
    Nous irons en fin d’après-midi explorer Galliot Cay, et en particulier le petit village de Seymours, à travers un méandre de mangrove,
    que l’on parcourt en annexe, le long de grottes, jusqu’à un petit pont  doté d’un ponton
    En fait de village, il ne s’agit que d’un « settlement » comme on appelle ici ces regroupements de maison. Pas vraiment de commerces : un barbier, une location de « cottages », et c’est tout. Une vieille dame sort de sa maison pour nous saluer, et papoter. Ancienne postière à Nassau, elle est revenue passer sa retraite dans la maison familiale, et améliore ses fins de mois en tressant des feuilles de palme pour en faire des paniers, des ceintures, typiques de l’artisanat Bahaméen.
    Demain, nous quittons les Bahamas du Sud pour entrer dans les Exumas, chapelet d’îles et d’îlot magnifiques, où la navigation se fera par sauts de puces, et où nous attendent de magnifiques snorkeling, des centaines de petites plages, des épaves d’avions et de bateaux, des grottes sous-marines, des cavernes semi-immergées, des iguanes, des cochons nageurs….à suivre….