Catégorie : Océan Atlantique

  • Retour aux Grenadines

    Retour aux Grenadines

    Il y a (presque) 20 ans, tout jeunes mariés, nous avions passé notre voyage de Noces aux Grenadines… 2 semaines de rêve à naviguer en duo sur un Sun Dance 36, dans cet archipel si propice au cabotage. Deux décennies plus tard, nous sommes impatients de revenir sur les lieux avec les enfants, et les grands-parents, et de les redécouvrir.

    Salt Whistle Bay, à Mayreau,
     
    Moustique, Béquia (prononcer Bécoué), Canouan, Union, et les Tobago Cays dépendent de St-Vincent, l’île principale. Les Grenadines sont un haut lieu du nautisme depuis une trentaine d’années : l’archipel permet en effet de sauter facilement d’îles en îles, et de plages en plages, dans un cadre qui reste naturel et sauvage. Chaque île a sa spécificité :
     
    • les Tobagos Cays sont inhabitées et offrent un terrain de jeu magnifique aux amateurs de nature sauvage et de lagons turquoises
      Tobag Cays
    •  l’île Moustique est privée et abrite un « lotissement » de villas exclusives (Mick Jagger, la Princesse Margaret, quelques grands industriels sont propriétaires…)
      île Moustique
    • Béquia reste typique avec ses plages, son village animé, et ses petites maisons, lieu de villégiature de nombreux marins venus poser leur sac dans cette île paisible
      Le mouillage principal de Bequia
    • Union, le centre touristique de l’archipel, qui abrite des commerces restaurants et une poignée de petits hôtels
      l’île d’Union
    • Canouan, qui se tourne vers le touriste de luxe avec un hôtel 5*, un golf et une marina, et des villas haut de gamme.
      Canouan
    • Mayreau, simplissime petite île dotée d’un village de poupée et d’une ravissante plage
    Mayreau
    En 20 ans, les îles ont un peu changé, et développé un tourisme raisonné : pas de grands hôtels ni de tourisme de masse -sauf à Canouan- mais un très grand  nombre de voiliers de location en provenance de Ste-Lucie et de Martinique. Les bases de charter DreamYacht et Moorings n’ont pas été affectées par les cyclones ces dernières années et sont florissantes dans le sud de la Caraïbe. Certains mouillages sont bondés : la destination est victime de son succès.
    Mais si l’on cherche un peu, il est aisé de trouver des endroits plus tranquilles…. et le charme opère toujours.
     

    Au départ de Martinique, où nous avons fait escale 24h à l’arrivée de notre traversée de l’Atlantique sud, nous mettons cap sur Ste-Lucie, distante d’à peine 25 miles nautiques, et à mi-chemin entre la Martinique et les Grenadines.

    arrivée sur Ste-Lucie

    Nous naviguons en tandem avec Papily et Mamily, qui ont loué pour l’occasion un Lagoon 45.

    le Lagoon 450 de location des grands-parents

     Rodney Bay sera notre première escale!

    Rodney bay

    C’est dépaysant, car l’île est aujourd’hui anglaise, après être passée aussi entre les mains des français il a quelques siècles….

    C’était le repère de l’amiral Rodney, à la tête de la flotte britannique du temps où britanniques et français se disputaient âprement les Antilles, de la fin du XVIII ème siècle au milieu du XIX. Il pouvait de son rocher surveiller parfaitement les mouvements de la flotte française basée en Martinique.
    Nous allons visiter le fort et ses dépendances sur l’île Pigeon, qui est en fait une presqu’île.
    Tout en bas, la cuisine des officiers,

    puis un peu plus haut, avec une vue magnifique sur le nord, le mess et les quartiers des officiers, dont une moitié a été rénovée pour y abriter un restaurant; l’autre moitié est en ruines.
    Encore plus haut, les baraquements des soldats,

    qui abritaient 120 hommes.
    Un peu plus de grimpette, sous un soleil de plomb, et nous y sommes!
    Il reste des canons.
     
    D’en haut, la vue est panoramique,

     un site parfait pour scruter les mouvements des bateaux dans l’arc antillais.
     
    Nous redescendons après avoir exploré les différentes batteries du site.
     
    En rentrant sur Moby, Arthur est intrigué par cette réplique de Galion, qui emporte des touristes pour des croisières de quelques heures au soleil couchant.
     
    Au petit matin, c’est le marchand de légumes itinérant qui passe!
     
    La baie est très touristique, et abrite une grande marina, des commerces, de très grands hôtels: nous ne resterons pas, et mettons cap au sud vers le somptueux mouillage des 2 Pitons.
     
    En route, nous découvrons la côte de Sainte-Lucie; constellée de grands hôtels, de résidences,

    Au port, on compte pas moins de trois énormes paquebots de passage!

    Mais en descendant vers le sud, nous retrouvons de charmants villages créoles,

    et des hôtels à taille humaine.
     
    Nous arrivons aux deux Pitons, au pied d’un parc naturel exceptionnel. Côté fréquentation, on est dans la démesure : les super-yachts se sont donné le mot… Arthur et Papily regardent l’hélicoptère de notre voisin de mouillage se poser sur le pont.
    Pendant que nous sirotons notre Pina Colada, la première de ces vacances, et la spécialité régionale!
    De nuit, c’est ambiance « sapin de Noël »
    Le lendemain, c’est l’approvisionnement d’un des super-yacht qui me laisser rêveuse…… Il y a de quoi nourrir un régiment!!!
    Puis le ballet des hélices reprend.
    Après 24h d’escales entre les méga-yachts, nous descendons au sud vers ST-Vincent-les Grenadines.

    Nous longeons l’île de St-Vincent mais ne nous y arrêterons pas.

     Quelques criques ont l’air pourtant bien agréables et sauvages.
    L’alizé est soutenu, mais portant pour nous, ce qui est pas le cas des bateaux qui remontent vers la Martinique….
     
    Nous arrivons à Bequia où nous faisons nos formalités d’entrée.
    La baie est grande, très fréquentée, mais suffisamment spacieuse pour que les bateaux ne soient pas mouillés trop près les uns des autres. Le village est sympathique avec sa promenade de front de mer sur pilotis, qui mène des plages au village,

    où nous pouvons nous ravitailler de beaux fruits et légumes frais.
    C’est aussi l’occasion de s’attabler et de goûter la bière locale : la Hairoun.

    Les plages sont aujourd’hui bondées : un paquebot est en effet au mouillage, et a déversé son flots de touristes américains (et sud-américains!). Demain sera plus calme.
    Nous nous baladons le long du rivage, où se succèdent bars,

     boutiques,

    services,

     et diveshops
     pour arriver au village, ses échoppes d’artisanatl’église,  l’administration…
    Originale, le bateau-boulangerie, qui livre toutes les matins du pain frais. Il y a aussi le bateau-laverie, et le bateau-fuel! Nous apprécions ces petits services, qui se monnaient bien sûr, mais qui permettent aussi de contribuer à l’économie locale, très axée sur les services.
    Voici le déjeuner typique sur Moby : salade, crudités, pain et croque-monsieur, fromage.
     
    Sur Moby, nous sommes en pleins préparatifs : nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire d’Anna! Dans 4 jours, ce sera celui de Papily, et dans une semaine celui d’Arthur!
    Anna nous a préparé des biscuits et nous les apporte sur la plage pour le goûter.
     
    Bon anniversaire Anna, 6 ans!
     
    MOUSTIQUE

    Nous repartons assez vite sur Moustique, l’île des milliardaires. L’histoire de cette île est tout à fait unique. Son propriétaire Colin Tennent, (Lord Glenconner),

    statue de Colin Tennent

    est un aristocrate anglais, fortuné, déjà propriétaire de terres à Ste-Lucie, magnat de l’industrie minière et qui après-guerre, acheta l’île Moustique avec une idée folle : en faire un lieu de villégiature unique au monde pour les riches et célèbres de la planète. A l’époque, dans les années 60, c’est visionnaire!

    île Moustique
    S’ensuivent quelques de vacances spartiate et de villégiature compliquée pour l’entrepreneur, qui peine à garder en état l’unique maison de l’île, Cotton House. Moustiques, cyclones, tempêtes, manque d’infrastructure, des hectares à défricher….. l’île est pendant des années un gouffre financier qui ne rapporte rien.
    Son idée de génie : offrir un terrain à la Princesse Margaret, en guise de cadeau de mariage! Il faut dire que son épouse est dame d’honneur au palais de Buckingham, et une amie proche de Margaret. L’idée fait son chemin, et un jour, entre deux déboires sentimentaux, la Princesse Margaret fait construire sa maison!
    Au fil des ans, avec le concours d’un architecte suédois et d’un entrepreneur en bâtiment déterminé doté d’un solide sens du marketing, il réussit son pari, et transforme le caillou en lotissement de luxe pour happy few. Un petit hotel sélect, un bar-restaurant de plage, une supérette, et c’est tout!
    Pas de tourisme de masse, pas de ferry, mais un aéroport, et un village où vivent les employés de l’île :  école,
    bibliothèque,

    station service

    …..

    Le charme de l’île est indéniable : des plages de tous côté,

    la célèbre page de Macaroni Beach

    on circule en voiturette électrique, pas de bling-bling, ici tout le monde se connait et reste discret. 90 lots sont construits, avec un plan d’urbanisme strict : il est interdit de diviser les parcelles.

    Quelle déception : le Basil’s bar, une institution dans l’île, est fermé pour rénovation, et ne réouvre que dans une semaine….et nous serons déjà partis. Mais une petite annexe sert les cocktails dans une petite maisonnette : la pina Colada est toujours aussi bonne!
    Pendant que nous sirotons, les enfants s’éclatent en skimboard sur la plage en contrebas du Basil’s bar en rénovation.

     
    Nous sommes les 14 février : c’est l’anniversaire de Papily, secondes festivités d’une semaine chargée en célébrations!
     
    TOBAGO CAYS :
    Bye-Bye Moustique, et en route pour les Tobago Cays, petit atoll dans l’archipel, composé de 4 petites îles aux noms de repères de pirates : Petit Bateau, Petit Rameau, Baradal et Jamesby.

    Ils sont entourés de récif, et forment un petit plan d’eau intérieur, parfait pour la planche et le kitesurf.Le site est toujours aussi photogénique,

     sauvage,non construit, et fréquenté! Des bateaux par dizaines, heureusement, il y a de la place pour tout le monde…. sur la plage à l’heure de pointe, le parking à annexes fait le plein!
     
     
    Sur Petit Bateau,

     les pêcheurs de Mayreau et leurs familles ont installé des tables

    et des BBQ

    créant un restaurant de plage provisoire
    : menu unique : langouste grillée!
    La recette fait carton plein, nul ne passe aux Tobago Cays sans manger la langouste locale. Il est aussi possible de se la faire livrer directement à bord en barquettes avec ses accompagnements : ça c’est du service!
    Victor continue son entrainement de planche à voile,

    coaché par Loïc.

    Ca plaaaaaane!

    Nous tentons aussi le snorkeling.

    Nous croisons de nombreuses tortues dans cet archipel des Grenadines, et nageons avec elles,

     elles sont peu farouches car interdites de pêche et protégées
     
     
    MAYEREAU
    Puis c’est Mayereau, et sa plage nonchalante de Salt Whistle Bay,
    Il fait très beau, peu de vent, nous prenons un mouillage tout près du bord. On pourrait se croire seul au monde, mais il y a des dizaines de bateaux derrière nous….
    Le plage est toujours aussi jolie,

    et bordée de ces deux cocotiers sur lequel il y a 15 ans, nous avions de pris de belles photos de groupe, avec nos amis.
    Les enfants l’adoptent.
    Le petit hotel est en cours de rénovation,

    dans un style rustique chic.

     Le site le mérite bien. Et la Pina Colada est excellente!Avec ce petit plus qu’on ne trouve nulle par qu’aux Grenadines : la noix de muscade râpée qui recouvre la mousse du cocktail. Il faut dire que la noix de muscade est un produit local, qui pousse et se récolte à St-Vincent : nous en avons fait le plein au marché de Bequia.
    Mamily apprécie les eaux translucides et calmes de la baie;
    Nous rencontrons un bateau hollandais qui a un joli projet : le nettoyage des plages des plastiques, avec un trio ingénieux :
    • collecte+broyage de bouteilles en lambeaux grâce à ce broyeur mécanique,
    • puis chauffage dans un four solaire, d’un matériau ensuite réutilisable.
    Le spot de kite derrière l’île est sympa.
     
    Et ce soir, 17 Février  re-re-rebeote : nous fêtons les 9 ans d’Arthur à bord du bateau des grands-parents : les petits ont organisé une pêche à la ligne, Papily est en charge de la musique « live »  :  carte, cadeaux, déco et gâteau, tout y est! Le  lendemain matin , le petit-déjeuner de préféré du moussaillon : un pancake géant au Nutella sur le trampoline, elle est pas belle la vie?
     

    Après l’école nous partons installer notre camps sur la plage : paddle, hamac, paréos….

    et…plouf!
    Puis nous quittons ce mouillage un peu surpeuplé pour Chatham Bay, une grande plage de l’île principale d’Union. 
     
    UNION
    La baie est très tranquille, et restée sauvage avec seulement quelques paillotes de plage d’un côté, et un petit hôtel de l’autre.
    Les garçons prennent leur skimboard et nous longeons la plage avec eux pour trouver le meilleur spot : pas facile, car il y a un platier sur une bonne longueur, et des petits coraux sur la plage.
    Arthur par à l’assaut du rocher.
    Nous découvrons quelques « têtes de turc », ces cactus si caractéristiques des Antilles
    Le petit hotel de charme semble particulièrement accueillant.
    De retour à l’autre bout de la plage, nous découvrons des petits colibris, qui viennent butiner les plantes grasses : c’est la première fois que j’observe ces drôles d’oiseaux de si près. Ils ont un vol très particulier, le champions du vol stationnaire!
     
     
    UNION, Fregate
    Puis nous contournons l’île d’Union, et mettons le lendemain cap sur Fregate,où nous retrouvons 3 Outremer 45, les « petits frères » de notre Outremer 51.

    Nous sympathisons avec Loustic, famille de belges avec 3 enfants à bord, en  année sabbatique autour de l’Atlantique.
     
    Nous passons l’après-midi à la plage avec les « Loustic ». Victor s’entraîne sur les water-starts avec succès, pendant qu’Arthur et Anna jouent dans les vagues. Nous partageons la plage du village avec des vaches
     
    Le spot est particulièrement fréquenté par les kitesurfers, et les planchistes. Loïc et Victor s’éclatent.
     
    MATEREAU :
    Nous retournons le lendemain à Mayereau. Nous passons devant le village de Clifton à Union, l’île principale des Grenadines, mais ne nous arrêtons pas : trop de monde!!!
    C’est un super spot de kitesurf, et c’est aussi l’endroit idéal pour faire un plein de courses avec de vrais supermarchés.
    Nous n’en avons pas besoin, car dans 2 jours, nous serons en Martinique! Bye-Bye Union,
     
    Nous nous dirigeons vers le mouillage de Saline,

    une grande baie ouverte qui accueille parfois les paquebots, mais qui est aujourd’hui quasi-déserte.L’accès au village est facile par la route, et la supérette offre une vue panoramique sur la mouillage. Nous poussons l’exploration de la rue principale du village un peu plus,

     car il parait que la vue d’en haut mérite le détour. Nous sommes surpris par le nombre de bars : pas loin d’une douzaines, soit une maison sur 4….
    Enfin, en haut, l’église, et la vue sur les Tobagos Cays d’un coté »,

     sur Union de l’autre, et Grenade au fond.
     
    Papily et Mamily nous quittent et rentrent en France après 2 semaines de croisière en duo, en terre bien connues : cela fait plus de 10 ans qu’ils viennent tous les hivers passer 2 à 3 semaines aux Grenadines!
     
    Leur mouillages préférés :
    • Salt Whistle Bay pour sa jolie plage aux eaux translucides, le bar « piedanlo »  au soleil couchant,
    • Admiral’s Bay à Béquia, pour son pittoresque village, ses  plages et ses petits restaus
    • les 2 pitons à Ste Lucie, pour son cadre enchanteur, au pied du volcan, le calme du mouillage, et l’accueil sympathique de l’hotel.
     
    Nos mouillage préférés aux Grenadines :
    • les Tobago cays, pour leur spot de planche et de kite, les nombreuses tortues, le snorkeling excellent sur le reef extérieur, les balades sur les ilots de Jamesby et Baradal avec les iguanes et la jolie vue d’en haut
    • Saline Bay, à Mayereau, l’un des mouillages les moins fréquentés qu’on ait connus-(à éviter bien sûr le jour de  passage des paquebots), pour la sensation d’enfin respirer au mouillage, car les bateaux sont espacés les uns des autres ; un super spot de skimboard et de bodyboard pour les enfants, la grande promenade sur la plage, et celle qui mène au village donne une vue panoramique de l’archipel
     
    TOBAGO :

    Nous retournons d’ailleurs aux Tobago Cays pour 24h, afin de profiter une dernière fois de ce mouillage qu’on adore et qui offre une telle diversité d’activités. Cette fois, nous allons mouiller au vent de Barradal, où nous retrouvons Mais Uma, avec qui nous achevons de sympathiser.

    En nous baladant  sur les hauteurs de Barradal,

    nous découvrons des iguanes , 
    Les plantes épiphytes sont incroyables.
    En redescendant, c’est embouteillage sur la zone de lancer d’ailes de kite.

    Nous tentons un snorkeling à l’extérieur de la barrière, en fin de journée, entre 16h et 17h, heures de pleine activité : nous rencontreons une tortue,

    des barracudas,
    et une vie marine très active!

     
    Puis direction Canouan : nous remontons l’archipel des Grenadines, car nous sommes attendus en Martinique pour une escale technique.
     
    Une nuit à Canouan,

    dans un mouillage très sauvage, puis une autre à Bequia où nous effectuons notre clearance de départ. Après un ultime stop à Rodney Bay, Ste-Lucie, nous arrivons en Martinique, au Marin le 25 février, pour une à deux semaines d’escale technique.
  • Stop Express au Brésil

    Stop Express au Brésil

    Le Brésil est sur notre route et représente une escale idéale pour se reposer et s’avitailler de frais. Rallier les Antilles depuis l’Afrique du Sud, c’est un gros morceau en terme de traversée, que nous décidons de découper en plusieurs étapes :
    • Capetown-Ste-Hélène : 1700 NM parcourus en 8 jours
    • Ste-Hélène – Cabedelo, Brésil : 1700 NM, en 9 jours
    • Il restera encore 2000 NM entre Cabedelo et le Brésil que nous espérons couvrir en 10 jours.
    Le compte à rebours du retour en France est entamé, et nous souhaitons passer les quelques mois qui nous restent à naviguer et profiter des eaux chaudes et turquoises des Antilles;
    Aussi décidons-nous de ne rester que le minimum au Brésil, immense pays qui mériterait bien plus! C’est en particulier bientôt Carnaval, celui de Salvador de Bahia est très réputé, et serait une escale géniale.
    Rio également, et surtout l’archipel de Isla Grande au sud du pain de sucre.
    Peut-être pour le prochain tour du monde? !
    En attendant, Cabedelo est l’escale idéale pour nous : une petite marina nichée dans un bras de rivière, au coeur d’un petit village de pêcheur, lui-même accolé à une station balnéaire atlantique pas trop touristique, à 5mn d’une grande ville de 1 millions d’habitants : Joao Pessoa.
    Au programme : du  repos, un avitaillement en produits frais, l’envoi des cours du CNED de Victor, le nettoyage du bateau….
     
    Les côtes du Brésil sont en vue…enfin, non pas les côtes elles-même, mais les gratte-ciels! C’est Joao Pessoa, « petite bourgade » d’un million d’habitant. La grande majorité des brésiliens vit sur la côte, dans des grandes villes hérissées d’immeubles de logement très hauts.
     
    Un peu plus loin sur la côte, la petite cité balnéaire de Cabedelo,

    et au bout de la péninsule : le terminal pétrolier. Nous embouquons la rivière, et voilà : bienvenue au Brésil s’exclame Anna!

    Bienvenue au Brésil!

    Derrière le terminal pétrolier, un village,  des cases de pêcheur, Mais toujours pas de marina….Nous ne sommes pas sûrs de son emplacement : elle n’est pas indiquée sur les cartes. Nous demandons notre route à un pêcheur, L’échange est savoureux, lui dans un brésilien très peu articulé, plein de bonne volonté, et nous en « franglaispagnol »….Mais il nous fait comprendre qu’il faut descendre le fleuve encore quelques nautiques jusqu’au village de Jacaré. Merci chef! Il circule en motogodille, comme toutes les pirogues locales, ce qui ne lasse pas d’étonner les garçons.

    Nous nous enfonçons dans le fleuve, qui n’est pas balisé, mais heureusement cartographié.
    Nous longeons la rive : des plages sauvages, 

    Puis de plus en plus civilisées,

    un homme baigne son cheval (ou son âne?)

    L’activité de pêche qui se devine,puis une cale de mise à l’eau, et nous y voilà! La marina Jacaré, 

    Plus loin la plage de rivière de Jacare

    d’où les touristes partent pour leur « sunset cruise » sur la rivière
    et au loin la ville de Joao Pessoa,

     
    Qu’il est bon d’arriver à bon port après 8 jours de mer! 
    Une bonne bière locale nous attend ce midi, ainsi qu’un délicieux plat brésilien : le feijoda.
    L’après-midi, nous partons nous balader au bord de la mer, curieux de découvrir le côté océan de ce conglomérat urbain. 
    Côté plage, c’est à la fois citadin et sauvage : les dunes sont non construites, et de l’autre coté, c’est la route, les restos, et les immeubles.Nous flânons en fin de journée, et c’est clairement le rdv des sportifs, promeneurs de chiens, adeptes du yoga sur la plage,

    du surf,

     de l’entrainement sportif…
    Un style de vie assez sympa, plus proche de Miami que des Tuamotus…
    Car nous profitons aussi de cette courte escale pour non pas visiter, mais pour prendre le pouls du pays.
    La bonne nouvelle c’est qu’avec mon espagnol castillan, je me fais assez bien comprendre. Ici en effet, personne ne parle anglais, ni espagnol, curieusement : après Bali en Indonésie, c’est le second pays de notre tour du monde dont nous ne parlons pas du tout la langue. A l’écrit, pas de problème, je déchiffre assez bien les cartes des restaurants et des bars! 
    La Caïpirina, je connais, et les verres sont vite vidés!
    Et vous, connaissez-vous la boisson nationale brésilienne?  A base de cachaça, c’est une sorte de ti-punch allongé, dans un grand verre rempli de garçons et de quartiers de citron vert. C’est notre première dégustation de caïpi, sur la plage de Cabedelo!
     
    Quand à la cachaça, ce n’est pas exactement du rhum, même si cet alcool partage avec le rhum le fait d’être issu de la canne à sucre. Le procédé de distillation est différent : la cachaça est plus rustique et plus parfumée, issue d’une distillation directe du jus de canne à sucre, alors que le rhum est issu d’une distillation d’un résidu de canne à sucre de l’industrie sucrière, la mélasse, le jus de canne étant utilisé pour faire du sucre. Autre différence : la cachaça titre 40°, alors que le rhum titre 70°, pour être ramené à un degré plus raisonnable d’alcool par adjonction d’eau.
    Là où ca se complique, c’est que le rhum agricole des Antilles (qui ne représente que 2 à 3% de la production de rhum), si réputé et particulièrement parfumé, est fabriqué directement à partir du jus de canne… De là à dire que le rhum agricole n’est qu’une cachaça antillaise…. je sens que je vais me faire taper sur les doigts?! En tous cas, le débat est lancé.
    Nous gouterons aussi à la feijoda, plat national à base de haricots rouge, riz, accompagné de légumes verts sautés, farine de manioc, tranches de fruits…. complet, savoureux, et revigorant!

    Ca me rappelle le riz « moros et christianos » des cubains.
    Nous gouterons aussi aux tapas locaux, à base de fritures et beignets de type empanadas, typiques d’Amérique du sud. On adore les frites d’igname, les beignets de poisson. 
    Une autre spécialité, en dessert, c’est les galettes de manioc, accompagnés de bananes en rondelles, sauce chocolat, coco râpée….
     
    Pendant les 3 jours restant, nous aurons un rythme soutenu de travail le matin pour les 3 enfants, et l’après-midi aussi pour Victor qui doit rendre ses cours du CNED pour la fin de semaine. 
    L’internet est poussif, je peine à mettre notre blog à jour, et c’est frustrant!
    Heureusement, l’ambiance est sympa à Jacaré Marina, un ensemble de pontons, d’un resto, de services et d’un chantier tenus par 3 amis francophones. La moitié des bateaux de passage sont d’ailleurs français, ce qui nous dépayse un peu.
    On y mange bien, les cafés sont excellents, et l’endroit est agréablement ombragé, frais, et abrité de la pluie : c’est très appréciable par ces fortes chaleurs.
    C’est là que les navigateurs que nous sommes tous travaillent, prenent leur météo, bricolent, cousent, appellent leur famille, mettent leur blog à jour, montent leurs vidéos, etc….

    Un petit jardin accueille plantes aromatiques et d’ornement locales :

    plante aromatique brésilienne
    ananas ornemental
    feuilles délicatement ourlées… de mini-feuilles
    quel graphisme!
    Loïc profite de l’abondance de l’eau du fleuve pour un nettoyage en grand de Moby ; il faut dire qu’après les sables rouges d’Afrique, les pénuries d’eau de Cape Town et le temps particulièrement sec que nous avons eu depuis, il était temps de donner un bon coup de jet d’eau.
    Le climat est chaud, très chaud. Les périodes de soleil cuisant alternent avec des périodes de temps couvert, humide, et à peine moins chaud.
    L’après-midi, je vais en ville faire les courses, et c’est un plaisir de voir l’abondance de fruits et légumes de tout genre : le Brésil est un grand pays agricole, et ça se voit! Nous faisons le plein de fruits de la passion gros comme des oranges, d’oranges grosses comme des pamplemousses, mais aussi de noix, noisettes, pistaches, amandes, graines de tournesol, noix du Brésil etc….
    Tous les climats ou presque co-existent, depuis les côtes tropicales du Nordeste, aux plaines verdoyantes et plus tempérées du Minas Gerais au sud.
     
    Le pays aussi est contrasté : d’un côté la plage, les gratte-ciels, les supermarchés, les cours de fitness, de l’autre, de modestes maisonnettes : et des charrettes tirées par des ânes sur la 4 voies,  On devine de grosses différences sociales entre les pêcheurs et les pauvres des favelas, et les citadins habitant leurs immeubles.
    Dans la soirée, nous allons nous promener à 5mn de là, sur la Praïa Jacaré, le marché artisanal local, rendez-vous des touristes locaux. 
    qui s’offrent une galette de manioc ou une eau de coco en regardant le coucher du soleil sur la rivière.Ici, les touristes ne sont pas des étrangers, mais des brésiliens, comme ces jeunes femmes qui me demandent mon chemin : elles viennes de Manaus, au coeur de l’Amazone, et viennent goûter à l’ambiance de la plage, de la fête, à moindre frais qu’à Rio.
    D’autres optent pour la « sunset cruise », avec musique à fond, danses de groupe, ambiance!!! Car c’est un des grands trait du brésil : la musique! Et ici, on l’écoute partout, toute la journée, et très très très très fort. Typique : cette petite voiture anodine qui stoppe le soir sur le bas-côté, et ouvre son coffre : rempli de baffles, une sono à en réveiller un mort, et c’est parti, le voilà qui sonorise tout le quartier!
    Nous prenons nos habitudes le soir à l’étage de ce bar : caïpirina et tapas. 
    Les enfants louchent sur les échoppes, l’anniversaire d’Arthur et Anna est proche, et ils se choisissent chacun un cadeau brésilien :
    Les garçons se font faire un t-shirt par un artiste local de peinture aérosol qui fait l’attraction!L’artiste affiche sa célébrité : il est passé à la télé. C’est vrai que c’est bluffant, en 1mn, il décore un t-shirt sur mesure : un cadeau unique et sympa!
    Les garçons sont ravis du résultat! Anna choisit une marionnette en papier mâché, et a très hâte de pouvoir jouer avec.. mais pas avant encore 3 semaines!
    Loïc et moi optons pour des Hawaïanas toutes neuves, de fabrication locale bien sûr!!
    Et ca y est, les vivres sont rangés, le bateau propre, les devoirs du CNED tous envoyés, nous larguons les amarres et quittons le Brésil sans trop de regret, car les eaux turquoises des Caraïbes nous tendent les bras.
    Il nous tarde de retrouver l’ambiance des îles, les sports nautiques, la plage et les alizés.

    A la sortie du port, nous saluons les jangadas, ces pirogues locales à voile.

    Il faut ouvrir l’oeil, il y en a beaucoup, ainsi que des bouées de casiers ou de filets. Un groupe de dauphins vient nous saluer, c’est toujours un bon présage!

     
  • Sainte-Hélène

    Sainte-Hélène

    Ste Hélène, mythique bout de rocher de l’Atlantique sud, escale incontournable des navires autour du monde depuis 400 ans… C’est la couronne britannique qui a mis la main sur le stratégique ilot, dont elle a sous-traité l’exploitation pendant près de 200 ans à la   «  East India Company » , chargée de veiller au ravitaillement des navires chargés d’épices, de retour des Indes… Depuis l’ouverture du canal de Suez en 1869, l’île n’est plus aussi stratégique pour l’Empire Britannique : l’activité va doucement décliner.

    Mais l’île est surtout connue pour y avoir accueilli l’un des plus célèbres prisonniers du monde, Napoléon Bonaparte, empereur envoyé en exil par la coalition royaliste européenne pour y vivre les 7 dernières années de sa vie, et y mourrir.
    Choisir pour l’exil du dangereux conquérant un lieu plus lointain, plus isolé, et plus austère aurait été difficile…..
    Nous sommes donc très impatients de faire connaissance avec Ste-Hélène et ses 4000 habitants, un métissage de descendants d’esclaves, de soldats britanniques, de travailleurs chinois, indiens et de prisonniers boers, donnant aux visages la belle couleur café de la chanson de Gainsbourg.
    L’île nous apparait sous les nuages, triste et sombre,

    ses falaises de roche volcanique nous semblent une forteresse imprenable.
    Des dauphins nous accompagnent, c’est toujours un grand bonheur de les voir nager entre les coques.
    Quelques encablures avant d’arriver à Jamestown, nous appercevons les premières fortifications, bien intégrées dans la falaise.

    Puis des bâtiments, comme un petit hameau accroché à la falaise.
    Il s’agit en fait du premier poste de télécommunications, anciennement télégraphique, qui reliait l’île au continent africain. Les bâtiments ont été désertés bien sûr, mais c’est toujours de là que partent et arrivent les cables sous-marins qui relient le caillou au reste du monde, par téléphone, et par internet.
    Dans la première baie, le port commercial, sa passerelle pour débarquer les passagers des paquebots, les entrepôts,

    Puis enfin, Jamestown, qui sous ce ciel plombé nous apparait un peu lugubre. Il ne s’agit en fait que du quartier de « Half Tree Hollow », perché au-dessus de la ville, que surplombe le fort High Knoll, et dont toutes les maisons jouissent d’une belle vue mer.

    AUSTERE, c’est le premier sentiment qui transparait.
     
    Nous descendons à terre pour les formalités, longeons les bâtiments du port : sous de sinistres falaises grillagées,

    beaucoup de bâtiments anciens, toujours en usage, mais modernisés, comme cette porte en bois dotée d’un loquet ancestral… et d’un digcode!! Voilà tout le paradoxe de Ste-Hélène : tradition, vestiges historiques, et modernité à la fois. Nous passons au bureau du port, puis aux douanes, enfin au poste de police pour l’immigration : nous sommes bien en territoire britannique, la photo de la Reine est dans tous les bureaux officiels! L’occasion de parler aux enfants de nos monarchies européennes encore en place et de disserter sur les différentes nuances entre monarchie, république, démocratie etc….Prélude à la riche histoire de l’île.
     
    Nous passons sous le porche, longeons la piscine (dommage, elle est fermée pour travaux), traversons les jardins du chateau, fort bien entretenus. 
    C’est dimanche, les rues de Jameston sont désertes, et l’ambience un peu triste-il faut dire que nous passons par hasard devant le centre de réhabilitation de la prison….
    Nous allons donc prendre un peu de hauteur et nous attaquer aux 699 marches de la Jacob’s Ladder.
    L’ancien plan incliné desservait la garnison militaire de Ladder Hill  située sur les hauteurs de la ville. Après un incendie, le plan incliné est devenu escalier. 
    Tous les ans, les habitants les plus sportifs s’affrontent pour battre le record de la montée des marches : pour le Jacob’s Ladder Challenge, le record est de moins de 7mn!
    Nous mettrons 15mn sans nous presser…
    Vue d’en haut, nous apercevons le port, le village est impressionnant, blotti au fond de la vallée, tel un village de montagne. 

    Jamestown est parait-il l’un des plus beaux exemples d’architecture géorgienne. Le bois est rare, car les chèvres importées sur l’île par la East India Company pour fournir les navires en viande fraiche au 17ème, ont décimé arbres et arbustes indigènes. Les maisons sont anciennes, en pierre, solides, et entretenues de génération en génération.

    Wellington House
    Nous prolongeons la balade vers le fort de Ladder Hill. L’essentiel des bâtiments est abandonné, mais tous ne tombent pas en ruines, et c’est aussi là qu’est installée la caserne des pompiers!
    Certains des baraquement ont aussi l’air d’être habitées.
    Un peu plus loin, des ruines, un cours de tennis abandonné, et des canons. La zone est en cours de réhabilitation pour en faire des équipements touristiques.
    Et de l’autre côté de la vallée, un champ de panneaux solaires. L’électricité est encore très chère sur l’île.
    Un peu plus haut, sur la colline, le quartier de « Half Tree Hollow », et en contrebas, les 22 corps-morts dédiés aux bateaux de plaisance repassage. 
    Un peu plus loin, le port et le mouillage réservé aux bateaux locaux
    Après cette petite marche vivifiante, nous redescendons les marches et prenons le temps de repérer les bâtiments de la ville :
    de gauche à droite : le port, puis les douves du chateau, dans lesquelles ont été aménagées la piscine , un stand de tir à l’arc, et des terrains de jeu pour les jeunes, puis le chateau, son chemin de ronde, et son jardin, et en contrebas, l’église, la prison, la police, le musée.
    Au centre, la rue principale, qui coupe la vallée en deux, longée de bâtiments géorgiens. Se détachent en particulier, au-dessus de l’église,  l’hotel Mantis, premier 4**** de l’île, qui vient d’ouvrir, et la maison Wellington, seule bâtisse brune et carrée, parms toutes ces maisons étroites aux murs de chaux et toits rouges.
     
    Nous  rentrons à bord via le service de « ferry », de petits caboteurs qui tournent toutes les heures dans le mouillage, pour emmener à terre ou déposer à leur bord pêcheurs et plaisanciers . 
    Il est en effet périlleux de débarquer avec son annexe ici, il n’y a surtout nulle part où l’amarrer. La houle atlantique brasse toute l’année le quai de débarquement, et il nous faut nous hisser à terre grâce à ces cordes à noeuds. Les enfants adorent jouer sérieusement pour une fois, les acrobates!!!
     
    Lundi matin, direction le poste de police et les services d’immigration pour y terminer nos formalités. L’occasion de passer devant l’église, austère, avec son clocher en tôles de cuivre,

     la (petite) prison.
    Ici, la voiture la plus courante, c’est une Land Rover, couronne britannique oblige, et de préférence la Defender.

     

    En ce lundi matin, la petite ville est animée, tout le monde va faire ses courses ou travailler, et s’arrête sur les trottoirs pour papoter. Les retraités squattent les nombreux bancs publics : je vois que ce petit pays a su conserver le précieux art de la conversation, à l’impromptu, dans la rue : tout le monde semble être capable de perdre 2 à 3mn (ou plus) de son temps pour papoter avec son voisin, sa vieille tante, ou même un inconnu.
    En effet tout le monde nous salue, se salue : j’aime cette marque de politesse et d’humanité qu’on ne retrouve guère que dans les petites îles, les petits villages ou sur les sentiers de randonnée. 
    Aujourd’hui, le soleil est de sortie, j’en profite pour prendre en photos certaines des maisons les plus anciennes de la ville
     

    Nous déjeunons d’un savoureux sandwich toasté à l’anglaise : croustillant et moelleux à souhaits,
    et prenons de l’internet chez « Anne’s place », haut lieu du nautisme de la ville depuis plusieurs décennies : c’est là , sur les hauteurs du jardin de chateau,

    que les yachties se donnent rendez-vous pour y déjeuner, récupérer leurs emails, échanger livres et revues, récupérer le linge de la laverie etc..… Aujourd’hui, ce n’est plus Anne qui tient la boutique, mais Sally, et c’est toujours aussi sympa! Les gâteaux, en particulier, sont succulents : apple crumble, shortbread, blueberry pie, carrot cake, brownies, et d’irrésistibles guimauves à la noix de coco: tout est fait maison, et délicieux.
    Certains équipements sont d’époque, comme ces interrupteurs de lumière que l’on actionne en tirant sur un bout : les enfants en raffolent! Amusant également, le lavabo encastré dans le muret.
    En rentrant au bateau, nous passons devant le palais de justice,
    Aujourd’hui, la houle n’est pas trop forte, et nous méditons sur la force des vagues qui se jettent sur le quai chaque seconde; 
    Arthur est ébahi de voir le numéro sur la plaque d’immatriculation : n°7! Il y a en vérité plus de 5000 voitures sur l’île, pour environs 4000 habitants….Nous chercherons pendant tout le séjour la n°1, sans succès…. mais nous avons repéré la voiture du Gouverneur, ou plutôt de « Madame » le Gouverneur, une anglaise bien sûr, avec une plaque couronnée. 
    Ce matin à bord de Moby, il y a école, comme (presque) tous les matins, mais il y aussi matière à digression : Loïc a besoin de d’aide de petites mains (surtout de petits doigts fins et forts) pour réparer le moteur électrique des toilettes tribord. Arthur et Victor se dévouent et prennent sur leurs temps d’école pour aider leur papa.
    Quelques heures plus tard, hourra!, les toilettes fonctionnement de nouveau!! Dans n’importe quel port du monde, nous aurions passé commande d’un nouveau moteur, attendu 48h tout au plus, fait l’échange et jeté le vieux… Ici, rien de tout cela : un peu d’huile de coude, de jugeote, de ténacité, de petits doigts agiles, le tout pendant plusieurs heures, et le tour est joué! Une belle leçon encore une fois pour les enfants, et qui nous fait tous réaliser combien l’obsolescence programmée de nos appareils pourrit et pollue nos vies.
     
    Pour fêter cela, nous tirons les rois! Puisque nous avons décidé de terminer notre tour du monde sans four-faute de réparateur et de pièces de rechange adéquates, je tente la cuisson dans la machine à pain. Après le pain de mie, les brioches, les cakes d’anniversaire, la galette des rois semble réussie. 

    IL faut dire que par chez nous, la galette des rois c’est un gateau breton et rien d’autre. Cette année, elle aura un petit air rectangulaire, la machine à pain ne permet pas d’autre forme. Dévorée en moins de 15mn, c’est un succès!

    le roi et sa reine
     
    Pour les gourmands voici ma recette, très simple, mais pour laquelle il faut impérativement respecter la texture du beurre :  en pommade, c’est à dire mou, mais pas fondu :

    Ingrédients : 

    §      250 g de beurre en pommade (eh oui, il faut ça, une plaquette entière y passe!!!!)

    §       250 g de farine

    §       100 g de sucre fin

    §       4 jaunes d’oeufs : 3 pour le gâteau plus un jaune d’oeuf pour le glaçage

    §       1 mesure de rhum

    §       1 gousse de vanille ou d’extrait de vanille ou un sachet de sucre vanillé

    Recette

    §       Battre le beurre et le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse et gonfle

    §       Ajouter le rhum, la vanille puis les 3 jaune d’oeufs un à un

    §       Verser dans un moule à manqué rond et haut

    §       Glacer avec le 4 ème jaune d’oeuf battu

    §       Décorer de croisillons avec la pointe du couteau

    §       Enfourner 40 mn à 180°

    §       Laisser refroidir. C’est encore meilleur le lendemain. Mais c’est très rare que l’on résiste à attendre autant….

     
    En tout début d’après-midi, nous prenons l’annexe

    et profitons du rayon de soleil pour aller plonger sur l’épave du Papanui ce vapeur transporteur de charbon qui, suite à une avarie en mer au large de Ste-Hélène, avait fait demi-tour, pour finalement s’échouer devant Jamestown. Tous les passagers avaient pu être évacués, et le bateau brula pendant plusieurs heures avec sa cargaison de charbon.
     
    La visibilité est excellente, et le soleil au rendez-vous. Le site est immense, le bateau en lui même faisait plus de 100m de long. Nous distinguons bien ses différentes parties. Le pont,les cuves à charbon,

     la proue

     

     
    Un peu plus tard dans l’après-midi, nous filons explorer la côte en annexe
    Nous laissons le mouillage de Jamestown dernière nous : nous avons repéré une petite anse accueillante, Lemon Valley, qu’il nous tarde d’explorer. Toute la côte de Sainte-Hélène est ponctuée par ces courtes vallées escarpées, où il est quasi impossible de débarquer : c’est pour ses qualités de forteresse naturelle que le lieu a été choisi pour y incarcérer Napoléon, que les Anglais, mortifiés, avaient déjà laissé s’échapper de l’île d’Elbe. L’homme, une fois libéré avait été rejoint par ses fidèles et une véritable armée, que les anglais et leur alliés des autres monarchies européennes devaient de nouveau combattre, jusqu’à la fatidique défaite de Waterloo. C’est suite à cette dernière bataille perdue que Napoléon se rend aux Anglais, qui décident de l’exiler à Sainte-Hélène. L’île était déjà lourdement fortifiée pour protéger les installations et les bateaux de la « East India Company » qui y faisant escale au retour des Indes, richement chargés de cargaisons exotique. Mais, en même temps que Napoléon dans l’Atlantique sud, pas loin de 2000 hommes furent envoyés. De nombreuses autres fortifications, bastions, canons et tour de guet furent érigées autour de l’île.
    Ce qui a attiré notre oeil, c’est un petit ponton,
    qui sera pratique pour débarquer, et une grotte servant de lieu de BBQ!

    Le lieu est très fréquenté parait-il l’été et les week-ends.
    Plus loin, nous longeons la plage et les fortifications, et apercevons un bâtiment : parfaitement restauré, l’ancien bâtiment servait de lieu de quarantaine pour les esclaves ; il est disponible à la location.
    Nous remontons le sentier qui serpente au fond de la vallée, et nous arrêtons prendre le thé sur les hauteurs.
    Au retour, nous remarquons des « souffleurs » à la côte. Ce sont des spray d’eau de mer, pulvérisés parfois plusieurs mètres au dessus de l’eau.

    C’est la combinaison de la houle, des marées et de roches trouées qui crée cet amusant phénomène. Là, nous nous faisons copieusement asperger!

     
    En fin de journée, les lumières sont sublimes

     Nous avons la visite de James et Hannah, avec leurs 3 enfants.Croisés brièvement à Maurice, nous n’avions pas pris le temps de faire connaissance. Ils bouclent leur tour du monde à la voile en famille, puisqu’il sont partis il y 5 ans, de Ste-Hélène justement!! Ils sont de retour sur leur île depuis à peine un mois, et commencent une activité de services aux bateaux de passage.
     

    Le lendemain, c’est une grosse journée d’excursion : nous avons réservé un guide qui va nous conduire tout autour de l’île, et en particulier sur les traces de Napoléon à Ste-Hélène. Harry est un ancien chauffeur de bus scolaire. Depuis sa retraite, il officie comme guide, et s’est fait une spécialité du récit historique. La visite commence au pavillon des « Briars » , anciennement propriété de la « sainte » famille Balcombe (« saint » et « sainte », c’est ainsi que se nomment les habitants de ST-hélène ;-)), et qui a hébergé Napoléon pendant quelques semaines à son arrivée le temps que son logement définitif de Longwood soit prêt : ce pavillon d’été n’était à l’époque une simple pièce dotée d’une terrasse, et il se dit que Napoléon y a vécu les plus agréables journées de sa détention.

    The Briars
    les jardins

     
    Depuis, les Balcombe ont offert le pavillon à la France, qui co-gère le site avec l’office du tourisme de Ste-Hélène. Derrière cette pièce, on trouve les appartement des amiraux! C’est donc là que logent les personnalités françaises de passage à Ste-Hélène.
    Nous avons droit à une visite guidée avec Magellan le guide officiel du site, et tout un groupe de chinois, venus passer la semaine à Ste-Hélène, et que nous croiserons régulièrement sur les sites d’intérêt.  Voici donc l’intérieur de the Briars, une simple pièce, très lumineuse. 
    Il pleut, le temps est maussade, mais le jardin, superbe tout de même.
    Nous quittons la vallée de The Briars, où s’est installé le consul de France, Mr Martineau, devenu LE spécialiste de l’époque napoléonienne à Ste-Hélène, et auteur de plusieurs ouvrages faisant autorité sur le sujet.

    Puis nous voilà quelques kilomètres plus loin à Longwood, la demeure où Napoléon séjourna plus de 5 années. Le temps s’est encore dégradé, il pleut dans discontinuer, comme du temps de Napoléon, qui se plaignait du climat humide et sinistre de Ste-Hélène.
    De l’extérieur, la maison ressemble étrangement à Créach’meur, notre maison en bretagne, un ancien sémaphore.
    C’est sans doute le style militaire de l’époque qui veut ca.

    La visite est fort interessante, on y découvre mille détails de la vie de l’empereur :
    • sa détestable relation avec Hudson Lowe, le général anglais en charge de sa captivité, qui refusait absolument d’appeler  Napoléon  « Empereur » , car Les anglais ont toujours refusé de le reconnaitre comme tel
    • la paranoïa maladive de Lowe ci qui craignait plus que tout une seconde évasion de Napoléon, qui rendit le séjour de Napoléon fort pénible
    • ses soucis de santé incessants : problèmes digestifs, maladies de peau, fièvres de malaria…. Il était à la fois très robuste, animé d’une volonté de fer, mais de santé finalement plutôt fragile.
    • Il a vécu à Longwood les 6 dernières années de sa vie, entouré d’une vingtaine de proches et de leur familles, fidèles et dévoués compagnons de route, prêtre, serviteurs….qui formaient comme une petite cour française. Ces hommes, femmes et leurs enfants étaient libre, eux, car c’est de leur propre gré qu’ils ont suivi Napoléon en exil, mais très surveillés;
    • 1500 hommes ont été dépêchés sur l’île pour le garder : il n’était donc pas libre de ses mouvements : la moindre promenade était surveillée, chaque visite à l’extérieur de Longwood devait être négociée, préparée et sérieusement encadrée : elles furent assez rares d’ailleurs.
    Dernière visite à thème : la tombe de Napoléon, dont la dépouille et le cercueil restèrent 20 ans sur le sol britannique, avant qu’elle ne soit rapatriée en grande pompe en 1840, pour reposer, selon sont souhait, à Paris, près des Français. Ses cendres sont aujourd’hui au Panthéon.
    Il avait lui-même choisi le lieu de sa sépulture, le fond d’une petite vallée non loin de Longwood où il aimait à se promener. L’endroit est charmant… et très humide!! Normal, il pleut vous me direz. Mais la qualité de la mousse, épaisse, spongieuse, sur les bas-côtés nous fait penser que ce chemin reçoit fort peu les rayons du soleil…

    Le site, particulièrement bien entretenu, est tout comme The Briars et Longwood, propriété des Domaines de France.
    Ces visites à caractère historique nous font réviser (un  peu) notre histoire de France, et nous pencher à tout le moins sur l’héritage laissé par Napoléon 1er : la Banque de France, le code Civil qui abolit les privilèges, les lycées d’état qui forment les élites, les préfets nommés à la tête de nouveaux départements et l’ordre de la Légion d’Honneur qui récompense les français méritants. Autant de réformes qui modernisent la France de l’époque.
    Nous continuons nos visites sous la pluie…
     
    Dernier stop de la journée : The Plantation, la résidence du Gouverneur, qui en l’occurence est en ce moment une femme. Elle est apparemment très aimée, et est particulièrement active dans la défense du droit des femmes, et l’aide aux nécessiteux.

    Ici les gouverneurs, un peu comme nos préfets, sont nommés pour une courte période, 2 années, renouvelable.
    Dans les jardins, des tortues offertes par les Seychelles se baladent en liberté.

    Nous redescendons vers Jamestown , ou il fait très beau, alors que nous avons passé la journée sous la pluie dans les hauts… grrr, c’est un peu rageant, mais typique du climat saint. 
    L’état de chargement des batteries du bord nous le confirme, en bord de mer, c’était grand soleil!!

    La visite du musée de Ste-Hélène nous confirmera que le climat est ici très lié au relief : les côtes sont sèches, arides et ensoleillées (type savane), puis plus on avance dans l’intérieur des terres, plus l’humidité et la couverture nuageuse augmentent, en gradients progressifs, jusqu’à atteindre dans les vallées boisées de l’intérieur de l’ile une hygrométrie parfaite pour les fougères, mousses et lichens qui ne voient jamais le soleil.

    aridité de la roche volcanique sur les côtes
    fleurs tropicales près du littoral
    savane côtière
    vertes vallées
    sous-bois moussus
    Le RMS (Royal mail Service) Ste Helena est arrivé la veille, c’est l’avant dernière rotation du célèbre navire affrété par la couronne britannique pour la dessertes des île Ste Hélène  et Ascension.

    En opération depuis les années 80, il est aujourd’hui mis en vente car l’aéroport de Ste-Hélène est enfin opérationnel! Cela fait 70 ans que les « Saints » attendent leur aéroport. Ascension, la petite voisine, qui n’est peuplée que de 900 personnes, et encore, tous travailleurs sous contrats (pas de famille ni d’enfants là-bas) en est équipée depuis … 1942!
    L’histoire de l’aéroport de Ste-Hélène, c’est un peu celle de Notre Dame des Landes : à l’exception notable de son volet écologique, et de son dénouement, puisqu’il est opérationnel depuis octobre dernier. Les lenteurs administratives, ajoutées aux tergiversation sur le choix technique de l’emplacement, à un coût pharamineux (plus de 300 millions d’euros) et de réelles contraintes météorologiques sont la raison de ces retards. Ajoutons à cela la crise financière de 2008 et les alternances politiques des décisionnaires, et on obtient pas moins de 70 ans d’attente pour obtenir l‘équipement tant attendu. Sans doute un record mondial…
    Alors, depuis octobre 2017, une desserte hebdomadaire depuis Johannesburg sort Ste-Hélène de son isolement.
     
    La moitié du traffic est ilien : des familles, des étudiants, des travailleurs, des malades partent vers l’Afrique du Sud et continuent le plus souvent vers Londres. L’autre moitié, c’est le tourisme qui l’apporte : 20 à 30 passagers par semaine.
    Car l’île à beaucoup à offrir : son isolement la rend attractive bien sûr, mais aussi son cadre de vie, son passé historique, sa faune (requins baleines, raies, dauphins, oiseaux endémiques), sa flore, sa géologie/géographie unique sont des atouts. Randonnée, VTT, plongée attireront les touristes, tout autant que le .
    Notre ferry n’est que dans 30 mn, nous nous offrons une pause café-gateaux à l’hôtel du Consulat. Là encore, les pâtisseries à l’anglaise sont délicieuses et joliment présentées  : carrot cake, cupcakes au gingembre, muffins triple chocolat, victorian sponge cake, lemon meringue pie….

    Le lendemain, c’est jeudi, jour de livraison de fruits et légumes par les maraichers locaux, nous partons à terre faire les courses.  Les différentes supérettes de Jamestown sont livrées une fois par semaine par les petits producteurs : il vaut mieux y aller tôt pour être bien servis. Comme souvent dans les petites iles, chaque commerçant a ses produits, phares, et je trouverai mon bonheur un peu partout :
    • à la coopérative, des fruits et légumes originaux  : physalis, calamanci (mini mandarines), fèves, courges butternut
    • chez First, des légumes locaux : carottes, choux-fleurs,  chou vert, brocolis, patate douce, igname
    • chez Queen Mary, les fruits d’importation (pommes et oranges à jus)
    • Chez Thorpe l’excellente viande locale : filet de porc, steak de boeuf, cotes d’agneau, et le pain de la boulangerie Solomon.
    • chez Tinkers, le beurre, importé congelé, au prix prohibitif de 14€ le kilo….GLOUPS.  Mais il est difficile pour nos petits bretons de s’en passer.
    A noter chez Queen Mary le tableau d’affichage indiquant les produits en stock, non montrés en rayon : cela va des matelas, aux tables de jardin, en passant par des extincteurs, des WC, de la chaine de mouillage…
     
    Heureusement, il existe un système original de « consigne » informelle : derrière les caisses, des étagères permettent de déposer ses provisions, une fois les courses payées, et d’aller les continuer ailleurs…. Comme la rue est en pente, en redescendant, on récupère à droite à gauche tout ses sacs…
     
    Notre prochaine traversée est d’une dizaine de jours, il nous faut donc un avitaillement conséquent et je suis ravie de ce que j’ai pu trouver dans les magasins, bien meilleur que ce à quoi je m’attendais : les légumes ont le même goût savoureux que le panier de légumes bio de Nicolas, mon maraicher en Bretagne. C’est en effet l’un des aléas du voyage : on se nourrit de ce que l’on trouve, et on fait ses courses au plus pratique et au plus proche pour l’embarquement des vivres, car il est rare que nous ayons un véhicule…
    Alors, les fruits et légumes ne sont le plus souvent ni bio, ni du marché.
    Mais la grande surprise de ce voyage et de voir que la qualité moyenne des produits est excellente, l’essentiel de ce qui est vendu est produit localement, et cette tendance va en s’accentuent, au profit de la qualité, du goût, et de la baisse des prix!
    Seule exception au tableau : l’île de Cocos (Keeling) dans l’Océan Indien, qui importe par avion 100% de sa consommation d’Australie : une aberration. D’autant que l‘on sait aujourd’hui, grâce aux progrès de la permaculture, que la production de légumes est possible même sur des atolls de sable sous les tropiques.
    A Sainte-Hélène, la viande est locale, et les infrastructures sont dimensionnées : l’abattoir traite une dizaine de bêtes par semaine. Seule ombre au tableau : pas de lait frais local, pour des raisons de réglementation : les anglais imposent le lait UHT! Grrrr. Pas de bon lait de vache fermier, ni de beurre, ni de fromage local.
    Mais globalement, ce petit territoire de 4000 âmes est assez exemplaire du point de vue de l’autosuffisance.
    De retour au bateau, nous longeons comme d’habitude le quai, qui en ce moment grouille d’opérations de déchargement du RMS St-Helena.

    Le port du casque est donc obligatoire sur les derniers 200m du quai.

    Vendredi matin, nous allons tous les 5 au poste de Police faire nos formalités de départ, puis en profitons pour faire un tour au musée voisin.
    Il est tout petit, mais passionnant de toute la richesse historique et stratégique de cette île. Les enfants sont emballés, et se passionnent pour toutes les vitrines, il est vrai très bien faites et richement illustrées d’objets du quotidien, maquettes, uniformes….
     
    Un premier pôle traite des bateaux qui ont relié l’île au continent Africain et à son territoire de rattachement, la Grande Bretagne.
    Une succession de caravelles, brigantines, frégates, goélettes… puis de navires modernes.

    Celle aussi des nombreux naufrages autour de l’île, qui font la joie des plongeurs, comme ici la photo du Papanui,  épave sur laquelle nous avons plongé. .
    On y découvre ausssi le destin du bois d’ébène local, que l’on croyait disparu, puis retrouvé par deux botanistes dans les années 80 sur les falaises abruptes, dont on a recommencé l’introduction par boutures dans plusieurs endroits de l‘île.
    Moins chanceux, le perce-oreille géant, disparu dans les années 60, et dont on déplore le pillage par des botanistes Belges…
    On découvre aussi le profil sous-marin de l’île, cone volcanique émergent
    L’uniforme d’apparat du gouverneur et son impressionnant chapeau de plumes blanches!!
    Le coffre d’écriture de la Reine Victoria : c’est là qu’elle stockait ses livres, journaux intimes, etc…
    En haut, Anna apprend à se servir des pavillons comme signaux.

    Un peu plus loin, des déguisements sont à disposition de petits et des grands! Marin ou pompier?
    On en apprend aussi un peu plus sur les moyens de subsistance des iliens tout au long des siècles : produire fruits et légumes, et les vendre aux navires de passage est une longue tradition.
    Pour les femmes, au siècle dernier, c’était la broderie, pour les hommes, les filatures de lin, grâce aux plantes importées de Nouvelle Zélande.
     
    En sortant du musée, nous assistons au départ du RMS St Helena, qui part ravitailler Ascension, autre île de la couronne Britannique. A son bord, une centaine de travailleurs, dans les telecom essentiellement et les services, car Ascension est une des bases importantes de télécommunication de la Nasa. Il n’y a pas de village, seulement des employés sous contrat.
    A bord également quelques dizaines de touristes qui voyagent par cargo, original, quand on a du temps!

     
    Nous partons aussi explorer le sentier côtier nord, qui mène à l’ancien poste de télécommunication de l’île : c’est là qu’était installé le  premier poste de télégraphie, dont le cable relie encore l’île à l’Afrique du Sud.

    Le site est intéressant. Nous découvrons un vrai petit village, avec un joli plant de coton

    la bogue du coton
    la fibre de coton, que les enfants commencent à filer
    la fleur de coton, aux douces pétales
    plus une garnison,

     des bunkers,

     

    des canons, des bureaux, un poste de commandement

    et la vue sur la ville et le port de Jamestown méritent les 20mn de grimpette!
    Nous déjeunons une dernière fois chez Anne’Place, envoyons nos derniers emails, postons les dernières cartes postales aux copains de l’école.
    Pendant que Loïc rentre au bateau avec les enfants préparer Moby pour le départ, je m’offre une petite escapade d’une heure le long du ruisseau qui traverse la ville. Cette promenade, dite « the Run », est originale, le long des berges citadines, entre potager,

     jardins,

     terrasses de maison….
    En fin d’après-midi, nous appareillons pour le Brésil.
     
    Bye-bye St-Hélène, qui fut une escale totalement unique sur notre parcours, loin des images des cartes postales d’eaux turquoises et de sables blancs, mais très attachante!
  • La remontée de L’Océan Atlantique

    La remontée de L’Océan Atlantique

    Après 5 semaines passées en Afrique du Sud, nous nous préparons à une remontée de l’Atlantique vers les Antilles. Cette navigation de 5500 milles peut facilement être fractionnée en étapes. La première, de Cape Town à Sainte-Hélène, fait 1700 milles. Il est ensuite possible de rallier le Nord-Est du Brésil directement (1800 NM)). Nous choisissons Cabedelo, proche de Recife pour faire escale. Il ne reste alors que 2100 milles pour atteindre la Martinique.

    Remontée de l’Atlantique, de Cape Town en Martinique

    De Cape Town à Sainte-Hélène :

    Ce passage a la bonne réputation d’être parmi les traversées océaniques les plus faciles. Il faut bien sûr quitter Le Cap avec une météo favorable afin de rejoindre le plus facilement la partie Est du célèbre Anticyclone de SainteHélène. Ensuite il n’y a plus qu’à le contourner par le Nord-Est en optimisant sa route au gré de l’évolution de la position du centre de haute pression. Dans l’ensemble, le courant est favorable sur l’ensemble du parcours et la mer belle la majorité du temps.

    Noël passé, nous sommes prêts au départ, et dès le 28 décembre une fenêtre météo s’ouvre. Comme la suivante ne se dessine pas avant le 6 ou le 7 janvier, nous n’hésitons pas et la saisissons.

    C’est donc en début d’après-midi du jeudi 28 décembre que nous quittons la marina du bassin Victoria & Alfred, franchissons les 2 ponts qui nous permettent d’accéder à la Baie de cape Town.

    Ouverture de la « Bascule » pour Moby

    Départ de V&A Marina

    Nous hissons les voiles dans le dévent de la « Table Mountain », et mettons le cap au 310°. En nous éloignant de quelques milles, le vent de Sud-Est se renforce tout en restant assez irrégulier, car le relief de la péninsule du Cap influe sur le vent pendant plus de trente mille.

    Au revoir Cape Town!

    La « Table Mountain » s’éloigne dans notre sillage

    Vers 16h, il s’est stabilisé entre 20 et 25 noeuds. Comme c’est une première journée de mer après quelques semaines d’escale, je ménage mon équipage et navigue paisiblement sous 2 ris et solent. Nous avançons tout de même à plus de 10 noeuds sur le fond. La côte défile sur notre tribord, le fond de l’air est frais. Sur le pont, c’est veste de quart, bottes et bonnet de rigueur.

    Le phare de Dasseneiland

    Pas chaud dehors!

    Arthur me tient compagnie sur le pont, nous apercevons une baleine à quelques longueurs sur notre avant bâbord. Le temps de saisir l’appareil photo elle se trouve à une trentaine de mètres sur bâbord et là stupeur, j’aperçois un baleineau droit devant à une longueur, pas le temps de s’écarter. Heureusement, il plonge juste avant et disparaît entre les coques! Moins d’une minute après, c’est un banc de baleines, comptant entre 30 et 50 individus, qui se trouve sur notre tribord à moins de 500m. Je me précipite sur la barre et me tiens prêt à effectuer une manoeuvre d’évitement. Nous passons à bonne distance et voyons le groupe plonger tour à tour sous la surface. Le spectacle est magique, mais la situation stressante, je m’en serais bien passé.

    Baleines en vue!

    Au coucher du soleil, nous croisons ce qui s’apparente à une plateforme de forage auto-propulsée, se déplaçant contre le vent à 3 noeuds. La mer se forme sous l’effet du vent. Les conditions sont un peu plus musclées que ne l’annonçait la météo, mais la tendance prévue est à l’amélioration en milieu de nuit.

    La nuit se passe bien, beaucoup de traffic car nous sommes sur la route des navire qui ont contourné l’Afrique et remontent vers l’Europe ou l’Afrique de l’Ouest. L’AIS m’indique leurs destinations : Rotterdam, Hambourg, Le Havre, Portsmouth, Abidjan, etc.

    Premières lueurs de l’aube

    Le vent ayant mollit, nous larguons le 2° ris  vendredi 29 au petit matin. La mer est maintenant peu agitée, aussi nous décidons d’envoyer le gennaker après le petit-déjeuner.

    Il est agréable de sentir les conditions s’adoucir au fil des heures ; la mer devient belle en début d’après-midi et le ris restant est largué à 15 heures. Quel plaisir de glisser ainsi à 10 noeuds de moyenne. Pour parfaire le tableau,  le soleil se montre de temps à autre et réchauffe agréablement l’air.

    La deuxième nuit en mer s’annonce bien confortable, toujours du trafic mais des conditions de veille idéales, avec un joli clair de lune, tamisé par une couche d’alto-cumulus.

    Le samedi 30 et le dimanche 31 décembre ressemblent à la veille. Toujours de belles conditions, assez peu de réglages car le vent est assez stable en force et direction. Dans la colonne « Observations » du livre de bord, je note « conditions parfaites », que demander de mieux pour terminer une belle année 2017? En cuisine, un bon diner se prépare et le Champagne est au frais!

    Le soleil se couche sur 2017

    Lundi 1er janvier 2018 : La nouvelle année commence avec les belles conditions de la veille. Les rayons du soleil viennent nous réchauffer et Moby glisse sur une mer parfaitement plate. Nous sommes en mer depuis 4 jours et avons très bien progressé. Nous remontons sur la face Est de l’anticyclone, en « rentrant » un peu dedans, comme le prouve l’augmentation régulière de la pression atmosphérique. De 1009 hPa au départ de Cape Town, elle est passée à 1018 hPa ce matin, soit 2 hPa de plus chaque jour.

    2018 commence bien, sous spinnaker!

    Neuf heures du matin, c’est le moment d’empanner et de continuer tribord amure vers le Nord-Nord-Ouest. Nous hissons le spinnaker à 10h et le gardons jusqu’à 18h30. Il nous permet un meilleur angle de descente au vent, et est d’une stabilité incroyable dans ces conditions stables de mer plate, ne demandant guère plus d’attention que le gennaker. Mais pour cette nuit de pleine lune, nous préférons revenir au gennaker, car il est prévu que le vent augmente un peu. Bien nous en a pris car le vent gagne une bonne force en milieu de nuit, mais surtout, pendant quelques heures, la mer devient agitée, croisée, certainement sous l’effet d’un changement des courants de surface. Au lever du jour, la mer se calme aussi rapidement qu’elle ne s’était formée. Nous conservons néanmoins le gennaker car le bateau est toujours à plus de 9 noeuds sur une route qui me satisfait.

    Le mercredi 3 et le jeudi 4 janvier, les conditions sont plus instables. Le vent présente des changement en force et en direction qui nécessitent quelques manoeuvres pour en tirer le meilleur parti. Sur ces 2 jours, nous empannons 5 fois et changeons le gennaker pour le spinnaker à 2 reprises.

    Vendredi 5 janvier, nous ne sommes plus qu’à 256 milles de Jamestown, mais les caprices du vent nous obligent encore à 2 empannages. Comme il est difficile de choisir une option au vu de la volatilité des fichiers GRIB successifs, je préfère ne pas trop m’écarter de la route directe, quitte à manoeuvrer davantage. L’arrivée est proche, les conditions sont bonnes, une fois n’est pas coutume, nous conservons le spinnaker toute la nuit jusqu’au matin, où c’est au tour du gennaker de nous emmener à bon port.

    Sous un ciel couvert de nuages gris et bas, nous apercevons l’ile de Saint Hélène à 11h. Nous la contournons par le Nord pour rejoindre le port de Jamestown. Nous prenons un des nombreux coffres dédiés aux bateaux de passage et filons à terre effectuer les formalités.

    Trace Cape Town-Saint Hélène

    Cette traversée est certainement la plus simple que nous ayons effectué à ce jour ; elle n’a pas failli à sa bonne réputation auprès des navigateurs. La suite de la navigation vers le Brésil sera, espérons-le aussi agréable!

    De Saint-Hélène au Brésil

    La semaine d’escale à Sainte-Hélène, dans cet espace un peu hors du temps, à été apprécié de tout l’équipage mais le voyage continue et il est temps de se remettre en route. Comme souvent à la voile, il faut savoir saisir la bonne météo quand elle est au rendez-vous, tout comme la marée, elle n’attend pas! Pour cette traversée, le vent devrait se maintenir entre 10 et 20 noeuds car nous évoluerons au nord de l’anticyclone de Saint Hélène, entre ses hautes pressions et la zone de basse pression au sud de l’équateur. Plus que la force, c’est le bon angle de vent qu’il va falloir aller chercher.

    Routage préalable de la traversée

    Départ de Saint-Hélène

    Nous appareillons un peu avant le coucher du soleil, le vendredi 12 janvier. Alors que nous n’avons presque pas vu le soleil de la semaine, il apparait au couchant, illuminant de ses rayons la côte Ouest et les hauteurs de l’ile. La silhouette de l’ile disparait dans la nuit mais les lumières des hauts restent visibles plusieurs heures. Il faut dire que nous n’allons pas bien vite en ce début de traversée et peinons à nous sortir du dévent de l’ile, qui court sur une grande distance, comme c’est le cas de toutes les iles hautes. Il nous faut attendre minuit pour que le vent s’établisse à l’Est-Sud-Est pour une quinzaine de noeuds.

    La nuit se passe, et au lever du jour, le 13, nous progressons vers l’Ouest entre 8 et 9 noeuds sous GV et gennaker. Le vent fraichit en fin de journée en prenant quelques degrés vers le Sud. Cela fait notre affaire et nous nous retrouvons à faire route directe vers Cabedelo. Le 1er ris est pris pour la nuit.

    Deuxième nuit en mer

    Même type de temps le dimanche 14, avec une tendance du vent à fraichir avant la nuit, qui nous décide à remplacer le gennaker par le solent pour la nuit. Le vent est assez instable jusqu’au matin, tant en force qu’en direction. Il se stabilise à nouveau au matin du 15, ce qui nous permet de renvoyer le gennaker à 8h. Pour quatre heures seulement car le vent se renforce vers midi, solent à nouveau et même un deuxième ris dans la grand-voile à 13h. Route à l’Ouest, Moby avance à près de 10 noeuds.

    Temps nuageux sur l’Atlantique Sud

    Le vent se maintient et nous gardons donc cette configuration de voiles jusqu’au lendemain (16) au matin. Le vent remonte vers l’Est, il va bientôt falloir empanner. Nous le faisons juste avant la tombée de la nuit. Comme le vent faiblit, nous larguons le 2° ris et hissons le gennaker, histoire de ne pas naviguer sous-toilé toute la nuit. Le vent reste soutenu toute la journée du 17 janvier, et nous progressons à plus de 10 noeuds de moyenne, en revanche notre route n’est plus directe vers la destination car le vent est passé au 105°. Notre gain sur la route reste malgré tout satisfaisant, avec 190 milles en 24h.

    Les jours se suivent, le ciel reste couvert

    Les jours se suivent et se ressemblent un peu lors d’une traversée sous régime d’alizé. Le soleil est enfin au rendez-vous le 18, 19 et le 20 janvier : quelques manoeuvres pour suivre les fluctuations du vent, trois empannages pour en tirer le meilleur parti, rien d’autre à signaler.

    3 jours de jolis couchers de Soleil :

    Le 21, le vent faiblit à l’approche des côtes brésiliennes. Sa direction varie entre l’Est et le Sud-Est. Pas moins de 4 empannages au compteur ce jour! Je me dis parfois que j’en fais un peu trop, on n’est pas en course certes, mais j’ai plaisir à exploiter au mieux les caprices du vent.

    A propos, pour les non-initiés, ça consiste en quoi un « empannage » sur Moby?

    En navigation à voile, empanner consiste pour un voilier à changer d’amure (côté duquel le voilier reçoit le vent) en passant par le vent arrière ; un autre terme utilisé pour l’empannage (action d’empanner) est virement de bord lof pour lof, les lofs étant échangés (tribord pour bâbord ou inversement).

    Concrètement, voici la procédure :

    1- Le mât (qui est pivotant sur Moby) est ramené dans l’axe du bateau

    2 – Le chariot de grand voile est également ramené au centre du bateau

    3 – L’écoute de grand voile est bordée, d’autant plus que le vent est fort,

    4 – Le changement de cap est amorcé au meilleur moment afin de minimiser le vent apparent, et de façon synchronisée, le gennaker ou le spinnaker sont choqués puis repris sur la nouvelle amure.

    5 – Le chariot de grand voile est déporté sous le vent

    6 – L’écoute de grand voile est choquée

    7 – Le mât est orienté pour la nouvelle amure

    La manoeuvre est terminée, il n’y a plus qu’à ajuster l’angle au vent, en fonction de la configuration de voiles, de la force du vent et de l’état de la mer, puis de régler les voiles. A deux, cela nous prend environ 5 minutes!

    Dernière nuit en mer avant le Brésil

    Malgré l’effort déployé à faire bien avancer le bateau, la baisse du vent a raison de notre vitesse. Nous ne parvenons pas à arriver avant la nuit et passons donc une nuit de plus en mer, à patienter en tirant des bords au large, avant de nous présenter au petit matin à l’entrée de Cabedelo.

    La ville de Joao Pessoa, près de Cabedelo

    L’entrée demande de l’attention car de nombreux récifs bordent le chenal d’accès à la lagune. Il nous faut faire ensuite plus d’une heure de moteur pour rejoindre la marina de Jacaré Village.

    Du Brésil en Martinique:

    Ce n’est normalement pas une traversée compliquée d’un point de vue stratégie météo. En fait, la navigation consiste à contourner le Nord-Est de l’Amérique du Sud, en longeant sensiblement le plateau continental, car c’est là que se trouve un courant favorable, plus ou moins régulier et qui court presque jusqu’aux Petites Antilles. Pour ce qui est du vent, avec le changement d’hémisphère, il faut traverser la zone de convergence intertropicale (ZCIT) entre les alizés de Sud-Est et ceux de Nord-Est. La bonne nouvelle, c’est que cette zone est bien moins étendue dans l’Ouest de l’Atlantique que plus à l’Est, où elle est plus connue sous le nom de Pot au Noir Cela n’empêche qu’il faut quand même la franchir avant de retrouver les alizés de Nord-Est.

    Départ de Cabadelo

    Nous quittons la marina Jacaré Village, à Cabedelo le vendredi 26 janvier un peu avant midi. Le vent léger d’Est- Sud-Est est propice à une sortie de la lagune à la voile, ce qui est très agréable. Le moteur est tout de même requis pour la dernière partie du chenal très étroit qui s’étend de la sortie de la lagune jusqu’au niveau de la ligne de sonde des 10m, marque d’eaux saines.

    Une fois dégagé de la côte, le vent souffle entre 10 et 12 noeuds, conditions idéales pour naviguer vers le Nord, sous grand voile haute et code 0. Nous croisons de nombreuses embarcations de pêche brésiliennes, les Jangadas. Ces bateaux traditionnels sont toujours utilisées par les pêcheurs. Les Jangadas sont très toilées et avancent vite avec élégance.

    Jangada, embarcation de pêche traditionnelle

    Nous avons au minimum 130 milles à parcourir vers le Nord avant le passage du Cabo Calcanhal. Nous avançons bien, près de 10 noeuds depuis le départ. Le solent a remplacé le code 0 vers 18h, car le vent est un un peu monté en refusant d’une vingtaine de degré. Nous croisons beaucoup de bateaux de pêche, parfois toutes les 5 à 10 minutes, il faut être vigilant. Nous passons  le Cap Calcanhal  de nuit, la zone de hauts-fonds s’étend bien au large, nous lui donnons donc un tour confortable avant de mettre le cap au Nord-Ouest.

    Samedi 27 janvier : manoeuvre de voiles, à commencer par le code 0 qui est à nouveau hissé à 1h du matin car le vent est remonté vers l’est après avoir franchi le cap Calcanhal. Le spinnaker lui a succédé à 8h30, puis empannage à 13h30 et 17h30. La zone de vent est très étroite et il n’est pas question de s’en écarter. Nous aborderons la ZCIT ce soir, c’est ce que nous dit le dernier fichier météo reçu et c’est confirmé par l’image satellite. Cela on s’y attendait depuis le départ, en revanche, la mauvaise nouvelle est qu’elle devrait se décaler vers le Nord pendant au moins 48h, ce qui signifie que sa traversée sera plus longue que prévu initialement. Je me prépare au pire, pour ne pas être déçu.

    Zone perturbée au NE du Brésil le 27

    Invité à bord!

    Dimanche 28 janvier : la nuit a été plus tranquille que je ne le pensais, pas de grain et un vent d’une dizaine de noeuds dont la tendance est de revenir vers le Sud-Est. Nous sommes donc toujours bien au sud de l’équateur météo, autre nom donné à la ZCIT. Nous manoeuvrons toujours beaucoup, empannage à 6h45, Spi à 8h45, empannage à 15h et 17h30. Nous conservons le spinnaker à la tombée de la nuit, car il nous tire bien sur la route, mais nous devons l’affaler à 22h car un grain se profile à quelques milles derrière nous. A peine le spinnaker descendu et le vent est à plus de 20 noeuds, et le grain glisse finalement derrière nous, sans que nous n’en subissions l’averse. Le vent retombe après le grain, nous hissons et déroulons le code 0 à minuit.

    ZCIT le 28 janvier

    Trace de notre navigation, empannages multiples

    Lundi 29 janvier : les prévisions et cartes météo confirment que la ZCIT s’est étendue vers le Nord, en tout cas la zone à fort développement nuageux s’étend jusqu’à 1° de latitude Nord, soit à peu près le niveau de l’embouchure de L’ Amazone. Le ciel est couvert ce matin, avec de nombreux grains. La bonne nouvelle du jour, c’est que la direction du vent a évolué au cours de la nuit, il semble s’établir entre le 080° et le 090°, l’angle au vent est donc parfait pour avaler les milles même si il ne souffle qu’à une dizaine de noeuds. Nous essuyons une demi-douzaine de grains dans la journée, avec beaucoup de pluie mais finalement peu de vent. Cela n’empêche que nous anticipons systématiquement leur arrivée et réduisons la toile au cas où. Toutes ces manoeuvres de voiles nous tiennent bien occupés.

    Joli lever de soleil

    Autre nouvelle du jour, nous franchissons l’équateur vers le Nord à 19h43. Nous naviguions depuis le 18 avril 2016 dans l’hémisphère austral.

    passage de l’équateur

    Mardi 30 janvier : les milles défilent à toute allure mais nous ne sommes pas encore vraiment dans un temps d’alizé. Encore de nombreux grains, avec plus de vent que la veille. La grand voile est réduite au 1° et devant c’est l’alternance entre le code 0 et le solent. La mer est agitée et se superpose à une houle de nord, ce qui ne fait pas l’affaire du confort à bord, mais avec une journée à 250 milles, on ne va pas se plaindre.

    Mardi 31 janvier : le vent est passé au Nord-Est, nous avons franchi la latitude 3°N. Le temps est toujours assez nuageux mais plus de trace de cumulonimbus à l’horizon. La route météo semble bien dégagée vers les Antilles. Nous évoquons un moment la possibilité de faire une courte escale en Guyane française, pour visiter au moins les iles du Salut et le centre spatial européen, car notre route nous fera passer devant demain. Finalement, nous décidons de continuer car le vent va beaucoup se renforcer les prochains jours et l’abri ne m’inspire pas trop. Peut-être aussi que je n’ai pas trop le coeur à pointer mes étraves dans les eaux côtières de l’Amazonie, riche en débris forestier en tout genre. Le souvenir de notre incident au sud de la Papouasie est encore bien ancré dans ma mémoire.

    Les courants le long du Brésil et de la Guyane

    C’est sous GV 2° ris et solent enroulé à 4 tours que nous abordons la nuit. Le vent moyen n’est que de 22 noeuds, mais la mer est très agitée.

    Lundi 1er février : c’est le cinquième jour de mer, nous sommes tous bien amarinés et heureusement, car c’est un peu le shaker à bord. J’ai beau réduire la vitesse, ça bouge dans tous les sens. Comme de coutume, Bénédicte assure le quart de début de nuit et je prends la relève à 1 heure du matin, jusqu’à l’heure du petit déjeuner.

    Vers 5h du matin, alors que j’effectue mon tour dans le cockpit, j’aperçois un feu clignotant à moins d’un mille dans notre sillage. Je suis surpris, car rien n’avait attiré mon attention devant dans les minutes précédentes alors que j’étais assis au poste de veille de la table à cartes, d’où j’ai une excellente vision vers l’avant. Je prends donc les jumelles pour observer cette lumière. Elle est blanche, clignotante, et j’aperçois une lueur orangé dans l’éclat. Que cela peut-il bien être? Je pense à une bouée de long-liner, une bouée océanographique ou pourquoi pas un radeau de sauvetage? Un coup d’oeil de plus à la carte confirme qu’il n’y a rien faisant état de bouée dans les parages. Dans le doute, nous ne pouvons pas continuer à faire route, il faut se dérouter et tirer cette affaire au clair. Je réveille Bénédicte et Victor et nous virons de bord. Nous nous rapprochons vite de l’objet à la dérive, tout en gardant nos distances, l’un l’éclaire avec notre puissante torche pendant que l’autre le scrute aux jumelles. Il fait toujours nuit, mais il ne fait bientôt aucun doute qu’il s’agit d’un radeau de sauvetage.

    Il nous faut maintenant nous rapprocher pour vérifier s’il y a ou non des personnes à bord. A bord de Moby, l’adrénaline a monté d’un cran, car nous nous lançons désormais dans ce qui s’apparente à une mission de sauvetage. Nous enfilons tous les 3 nos gilets de sauvetage, préparons les torches, prenons le 3° ris, roulons le solent, nous assurons qu’aucun bout ne traine à l’eau, avant de démarrer les moteurs. J’effectue une première approche, sous le vent du radeau, en gardant assez de distance car quelques bouts semblent flotter près du radeau. Dans le faisceau de nos projecteurs, nous éclairons le radeau, appelons en criant pour vérifier s’il y’a du monde à bord : pas de signe de vie. Nous nous rapprochons jusqu’à le toucher, et pouvons enfin inspecter l’intérieur, qui est vide. Le radeau semble en excellent état, il n’a visiblement pas été percuté il y a très longtemps. Nous scrutons l’horizon, dans les premières lueurs du jour, mais n’apercevons aucun bateau alentour.

    Il est désormais temps d’appeler les secours, et de savoir s’il y a un bateau en détresse dans les parages. Loïc consulte les numéros d’urgence que nous avions enregistrés pour la navigation Atlantique sud. Je n’appelle pas le MRCC Brésil, de crainte de galérer  à leur expliquer la situation. Le MRCC Guyane ne répond pas au téléphone. J’appelle donc le CROSS Gris Nez, qui centralise et assure la coordination des CROSS dépendants de la France dans le monde.

    En liaison avec le CROSS

    Je décris la situation et livre toutes les informations dont nous disposons. Le CROSS Gris Nez nous demande alors de faire une nouvelle approche du radeau pour y repérer un numéro de série. Entre temps, nous nous sommes laissé dériver, en maintenant un visuel sur le radeau.

    Le jour s’est levé, Arthur et Anna se sont réveillés et observent l’opération depuis la carré. C’est alors que nous entendons une petite voix disant : « Papa, maman, je crois que c’est notre radeau qui dérive, car je vois qu’il a disparu du trampoline! »

    En effet, notre radeau, qui est fixé dans son support, au niveau du trampoline, a disparu….. Grand moment de solitude dans nos esprits. Il ne fait aucun doute que c’est bien NOTRE radeau autour duquel nous tournons depuis 5h de matin…

    De nuit, nous n’avions pas pu nous en apercevoir, et c’est la petite Anna, 6 ans, qui a résolu le mystère!

    Nous sommes un peu ébahis, mais en même temps surtout soulagés de savoir qu’il ne s’agit pas de naufragés. Interloqués aussi de voir que dans l’enchainement des faits, nous n’avons pas pensé une seule seconde que ce pouvait être notre radeau.

    Il nous reste maintenant à appeler le CROSS Gris-Nez pour les prévenir que personne n’est en danger et que le radeau est identifié, car c’est le nôtre….

    Maintenant, tout n’est pas réglé, car le radeau est toujours à la dérive. La mer n’est pas belle, il y près de 2 mètres de creux.

    Nous décidons quand même de tenter de « sauver » notre radeau en le remontant à bord, pour plusieurs raisons :

    • la première, c’est qu’il nous apparait responsable de ne pas laisser un radeau dériver sur les mers :  n’importe-qui le croisant pourrait penser à un naufrage, et s’inquiéter comme nous l’avons fait…
    • la seconde, c’est que la mer est assez polluée pour ne pas y rajouter 60 kg de matière plastique, qui finiraient par s’échouer probablement sur les côtes sauvages d’Amazonie.
    • la troisième, c’est que nous imaginons en le récupérant pouvoir le faire réviser au Marin en Martinique –  ça nous éviterait d’en racheter un autre!

    Nous manoeuvrons pour amener Moby bout au vent près du radeau. Nous amarrons un bout à la ligne de vie du radeau, puis frappons la drisse de spi sur ce bout afin de hisser le radeau. Nous devons nous y reprendre à deux fois afin de pouvoir vider les quantités d’eau qui avaient envahi le radeau, ainsi que les poches de stabilisation qui servent à ballaster le radeau.

    Après 30 minutes, l’opération est un succès, le radeau est sur notre trampoline. Reste encore à le retourner, le vider complètement, et le stocker dans une des soutes.

    Trace GPS de la manoeuvre

    Je découvre la cause du problème : il est dû à la rupture de la soudure d’un des pontets en inox sur lequel se fixe la sangle d’amarrage du container de radeau.

    L’opération terminée, nous remettons le cap vers les Antilles. Le vent ayant encore un peu forci, nous sommes satisfaits de la vitesse de Moby et conservons le troisième ris. Assez manoeuvré pour le moment.

    Cet incident nous amène à modifier le plan de navigation. Au lieu de viser Tobago, nous préférons rallier la Martinique afin de déposer le radeau dans une station de révision. Nous pourrons en louer ou s’en faire prêter un et redescendre ensuite vers les Antilles du Sud.

    Mardi 2 février : nous avons encore engrangé plus de 240 milles dans la journée, malgré les 2 heures de stand-by à cause de l’épisode du radeau de survie. Sans cela, nous aurions dépassé les 260 milles et effectué notre meilleure journée de cette étape. Le temps typique d’alizés arrive aujourd’hui, le ciel se dégage et laisse  juste de petits cumulus dans le bleu du ciel. Le vent baisse également, nous larguons le 3° ris à 7h et le 2° à 15h. A 20h, le 1° ris est largué, puis repris à 22h. Le vent est irrégulier en force pendant la nuit, nous naviguons parfois un peu sous-toilé.

    Mercredi 3 février : le vent revient le matin et nous prenons le 2° ris que nous conserverons jusqu’à l’arrivée en Martinique. Les conditions sont agréables car la mer s’est bien ordonnée depuis 24 heures. Nous croisons quelques cargos, ainsi que des bateaux de pêche. Le compte à rebours est enclenché, à 21h nous ne sommes plus qu’à 233 milles du Port du Marin. Encore du traffic dans la nuit, dont un cablier qui nous demande de passer au minimum à 5 milles de lui, ça me parait beaucoup, mais je coopère naturellement.  Moins d’une heure plus tard, un navire sans AIS sur notre route, assez gros, qui éteint tous ses feux alors que nous passons environ à 2 milles de lui, bizarre!

    Jeudi 4 février : il ne reste plus que 125 milles à faire à 9h, l’arrivée est donc pour ce soir, à la nuit certes, mais cela ne pose pas de problème, nous irons passer la nuit au mouillage de Sainte-Anne. Nous passons au vent de la Barbade, croisons quelques bateaux de pêche.  Le temps passe vite la dernière journée, en particulier lorsque l’on se rapproche de l’arrivée à 10 noeuds de moyenne, comme c’est le cas.

    Trace de la navigation

    Joli coucher de soleil sous un grain à l’approche du canal de Sainte-Lucie, puis nous passons au sud de l’ilet Cabri et arrivons à 21 heures à l’entrée de Sainte-Anne.

    Nous gagnons le mouillage au moteur, à petite vitesse car l’accès est truffé de bouées de casiers, qu’il ne faudrait pas se prendre dans les hélices. Un gros grain de pluie, vient masquer la lune, mais procure à Moby un rinçage bien mérité, après tous ces milles parcourus sous les embruns.

    La baie de Sainte-Anne
  • Afrique du Sud -3 : Cape Town

    Afrique du Sud -3 : Cape Town

    Nous arrivons à Capetown après 5 jours d’une navigation côtière fatigante, avalant d’une traite les 800 NM qui nous séparent de Capetown, négociant courants, dépressions, bascules de vent, et les caprices des phénomène côtiers des abords montagneux du sud de l’Afrique.
     
    La dernière partie,  qui sépare l’Indien de l’Atlantique, après avoir passé le cap des Aiguilles, fut la plus pénible. Nous longeons la cote de nuit, au louvoyage, tirant des bords dans un couloir de 20 NM entre la côte, constellée de casiers de pêcheurs qui traquent le homard, et le rail des cargos. Loïc vous prépare prochainement un post sur la navigation dans l’Océan Indien, et en particulier sur la portion africaine de notre route.
     
    La plupart des voiliers effectuant cette route optent pour de petites étapes, et font escale en route à Durban,  East London, Port-Elisabeth, et Mossel Bay, car la météo est changeante et incertaine. Mais ces escales ne sont pas très agréables : le port de Durban vient d’être ravagé par une très grosse tempête qui a détruit beaucoup d’infrastructures, Port Elisabeth est un gros port commercial aux installations portuaires sales et peu commodes pour les plaisancier… A quoi il faut ajouter A CHAQUE ESCALE des formalités d’entrée et de sortie particulièrement pénibles et procédurières. Alors nous comptons sur la vitesse de Moby et un peu de chance dans les bascules météo pour faire le trajet d’une traite. Et ca passe : nous n’aurons pas à faire escale en route.
     
    Quel joie alors d’arriver au port de Cape Town, même sous le crachin! Très vite le ciel s’éclaircit et voilà le soleil!
    Nos amis de Cool Runnings nous offrent un beau comité d’accueil.

    L’arrivée est un spectacle en soi, car il nous faut négocier deux pont, l’un tournant, celui de la Clock Tower,

    le pont tournant, et la Clock Tower, et Signal Hill en Arrière plan

    et l’autre levant, celui du Alfred Basin. Deux fois par heure, les ponts s’articulent pour laisser entrer et sortir les bateaux des bassins. Les badauds, empêchés de passer, restent sur les quais à nous regarder…

     
    Nous connaissons bien la ville, Loïc y a fait de nombreux séjours pour raisons professionnelles, et nous nous réjouissons déjà de passer près d’un mois au ponton de la marina du Waterfront,
    Moby à la marina du Waterfront

    quartier portuaire touristique de Cape Town, largement plébiscité par ses habitants, qui en ont fait leur second centre ville.

    la table Mountain en arrière plan

    Nous adorons son ambiance animée, festive, cosmopolite et mélangée, dans un port qui a su faire se cotoyer activité économique, touristique et culturelle.

    L’aquarium de Capetown

    L’aquarium jouxte les cales de radoub, les hôtels de luxe surplombent les chantiers navals, le centre commercial suit les lignes du quai,

    restaurants, bateaux de charters, la Grande roue, et le centre commercial au fond

    qui accueille bateaux de pêche, navires d’exploration, et bateaux de course de passage

    La Volvo Ocean Race

    On adore aussi l’ambiance arty : des groupes musicaux de tous styles se relaient tout au long de la journée, pour des performances musicales en plein air, devant les bateaux de charter à la journée qui font découvrir la si photogénique « table Mountain ».

    le quai des pêcheurs, et la Table Mountain en arrière plan
    Nous nous sommes dépéchés d’arriver à Cape Town car elle accueille pour encore quelques jours encore une étape de la Volvo Ocean Race, la course autour du monde en équipage et en escale sur des bateaux de monotype. C’est l’occasion de montrer aux enfants l’organisation d’une course au large. Pendant 10 jours, nous gardons un rythme soutenu d’école le matin, et de détente l’après-midi, consacrée à la visite de la ville et ses alentours, aux paysages si grandioses et variés.
     
    Nous déposons aussi la GV et le code zéro pour de petites réparation et renforcement : nos voiles ont plus de 35 000 NM, et doivent encore nous porter quelques milliers de milles supplémentaires, pour nous rentrer à la maison, alors nous les bichonnons!
     
    Nous passons au moins une heure tous les après-midi sur le site de la Volvo. Il y a tous les jours quelques chose de nouveau à découvrir : nous assistons à la remise à l’eau des bateaux après leur période d’entretien,

    visitons l’intérieur d’une maquette grandeur réelle d’un bateau, participons au défi des winches, allons  assister au départ d’une course dans le port…
     
    Il n’y a pas de bateau portant pavillon français, mais nous décidons de soutenir DONGFENG, un bateau chinois,
    skippé par le talentueux finistérien Charles Caudrelier, avec un équipage en large majorité français, dont quelques noms bien connus de la course au large et de l’olympisme : Pascal Bidegorry, Jérémy Beyou, Marie Riou  .… L’ aventure de ce sponsoring, qui participation à sa seconde Volvo, et la création de cet l’équipage franco-chinois est une belle histoire humaine, que je vous engage à aller lire sur le site de Dongfeng. Lors de sa première participation à la Volvo, Charles l’outsider avait fait sensation en remportant un podium, avec un équipage de marins chinois débutants. Pour cette seconde participation, Dongfeng navigue pour gagner, en a tout le potentiel, et fait partie des 3 bateaux favoris pour la coupe, tout en contribuant à créer une émulation de course au large chez les chinois!
     
    Ce samedi justement, c’est la veille du départ de la Volvo dont les 9 équipages vont rallier Cape Town à Melbourne, pour leur première étape dans le grand sud. Nous décidons de sortir en mer sur Moby pour aller assister à la « in-port race », une petite régate dans la baie, qui permet aux équipages de régler leurs bateaux, avant de prendre la mer le lendemain pour la 3ème étape de leur tour du monde. C’est amusant, de croiser pendant notre tour du monde, des professionnels qui font la même chose, mais en sens inverse!
     

    Nous avons convié sur Moby nos amis américains de Cool Runnings. Ben et Gaby, les amis de Victor se passionnent pour la course, en particulier Gaby qui se verrait bien un jour naviguer sur ces bêtes de course en plein atlantique sud, et en faire son métier.

    Gaby, Ben et Gudrun, nos amis tourdumondistes!

    Loïc, en bon régatier sait approcher Moby aux premières loges, près de la ligne de départ.

    C’est parti, les 6 bateaux s’élancent.
    Dongfeng est en tête.
    Les bateaux vont virer une bouée vers la montagne du Lion.
    Ils reviennent
     

    A notre bord, Mariana, et le petit Bart, nommé en l’honneur de Bartolomeu Dias, le célèbre marin portugais. Le papa de Bart est navigateur sur Scallywag, il est donc sur la ligne de départ, et le seul marin portugais de la course. sa maman aussi navigue, mais pas en ce moment.

    Bart regarde le bateau de son papa
    Mariana et Bart avaient assisté au départ sur un semi-rigide de l’organisation : au bout d’une heure,  le petit Bart est frigorifié, on nous demande de les accueillir à bord : excellent choix, Moby, c’est le family boat, nous avons 6 enfants à bord cet après-midi!
    Sur l’eau, ca bataille sec, et nos 3 ados se passionnent pour la course!
    Les virements de bouées sont impressionants
    Et c’est aussi passionnant de voir les équipages manoeuvrer, rythmés, séquencés, en particulier pour nous qui naviguons en équipage réduit.  Nous observons avec attention tous les participants
    Et sommes heureux d’acclamer Dongfeng, vainqueur de la régate!
    Les enfants sont impatients de voir Noël approcher, synonyme de vacances, avec la famille qui arrive dans quelques jours.  Nous commençons à décorer Moby : les chaussettes et bonnets de Noël sont mis à aérer sur le trampoline,

     le calendrier de l’avant est sorti, bientôt la crèche à dépoussiérer, et un sapin à fabriquer!

    notre crêche en carton, agrémentée d’animaux d’Afrique
     
    Source de joie supplémentaire, deux nouveaux petits amis francophones pour Arthur et Anna! Alex et Ines sont suédois, mais parlent très bien le français, et font aussi le tour du monde avec leurs parents via la WORLD ARC, émanation du fameux rallye ARC créé par Jimmy Cornell, sur une monocoque de 41 pieds, Take Off. Tous les après-midi, après l’école, ils se retrouvent pour jouer. Le trampoline, la chaise de mat, ca défoule!! Mais pourquoi donc Moby est-il toujours le bateau préféré des enfants ?! ;-)))
     
    L’un des grands bonheurs de Cape Town, c’est de côtoyer des animaux en ville :  les phoques bien sûr, qui ont colonisé la marina et le bord de mer, ils sont partout, mais pas dans nos jupes tout de même, comme aux Galapagos.

    C’est toujours aussi amusant de les voir nager et se prélasser dans l’eau.
    Les cormorans sont tout aussi peu farouches, et s’étendent au soleil sur les pontons.
    Incroyable aussi cet aileron qui sort de l’eau, en pleine marina! Ce n’est pas un phoque, ni un dauphin bien sur, ni une raie… mais un incroyable poisson lune ou Mola-mola Fascinante créature.  Nous le verrons plusieurs fois sortir sa nageoire pendant les heures chaudes.

     
    Cape Town, ce sont les retrouvailles, en famille, mais aussi entre amis, avec Fred et Esmeralda, en escale à Cape Town. Loïc gravira la table Mountain avec eux-j’en suis privée, la faute à mon entorse réunionnaise qui peine à se rétablir…
    Nous ferons aussi la tournée des grands ducs un soir, jusqu’à pousser les portes du très « hype » bar de l’hôtel le Silo. Cet Hôtel a été aménagé en même temps que le MOCAA Zeitz, le plus grand musée d’Art Contemporaint d’Afrique, dans un ancien silo : L’architecture est ambitieuse, créative, et design.
    La déco du bar est rococo-chic, où nous prenons plaisir à essayer la carte des cocktail.
    Le joyau de l’hôtel,  c’est son roof-top bar avec sa piscine, qui ne se visite qu’en journée…

    mais le sourire persuasif d’Esmé aura raison du barman, qui nous fait visiter les lieux en douce…. La ville se déroule sous nos yeux, de nuit, c’est magique!
     
    Enfin, mes parents et mon frère sont arrivés!  Nous commencerons  un safari de 5 jours au Kruger, et continuerons à jouer aux touristes pendant une semaine à Cape Town : nous nous promenons autour de la  ville et de ses environs avec le bus rouge à étages, partons explorer le jardin botanique de Kirstenbosch, visitons avec beaucoup d’émotion Robben Island, l’île où fut emprisonné Nelson Mandela pendant 17 ans, emmenons les enfants voir à l’aquarium les espèces marines locales, puis au cinéma voir le dernier Star Wards en 4D , partons nous baigner par un jour de canicule sur les plages de Clifton…. Bref, une vraie vie de citadins et de touristes!
     
    La veille de Noël, nous partons pour la journée faire le tour de la péninsule du Cap. Nous longeons les très chics plages de Clifton et de Camps Bay, puis passons par Hout bay, autre quartier résidentiel très prisé.Ici, les maisons sont construites à flanc de colline, et protégées par un pare-feu naturel minéral.En effet la lande, doit bruler pour se régénérer tous les 5 à 10 ans. Alors, les autorités déclenchent régulièrement des feux maitrisés , comme ici, où tout un pan de la colline a brulé.

     
    Passé la plage de Nordhoek,

     nous  traversons la péninsule via le scénique Chapman’s peak drive, en direction de Simon’s town , qui abrite l’une des deux colonies continentales de « African penguins » d’Afrique du sud. Elle est en plus très facilement accessible, sur la petite plage de Boulder’s beach. Assez récente, puisqu’elle ne date d’il y a guère plus d’une trentaine d’années, cette colonie a prospéré, initialement au grand dam des riverains, qui se voient désormais sans accès à la plage…
     
    Pour canaliser le flot de touristes, et préserver les dunes et l’environnement, une promenade en bois au-dessus de la plage a été crée, particulièrement bien intégrée. Les pingouins sont vraiment très cocasses à observer. Nous sommes chanceux, car c’est la grande période de nidification. Nous avons la chance d’apercevoir à la fois des oeufs couvés, et des oisillons tout juste sortis de l’oeuf.

    Sur la plage, ça nage, ça se dandine, ça jacasse, caquète et ça sent le chien mouillé…
     
    Après une petite demi-heure passée à les observer sous toutes les coutures, nous mettons cap sur le parc naturel de la péninsule : le site abrite une somme incroyable de plantes endémiques, dans la lande appelée ici «  fynbos » (prononcer faïnboss). C’est aussi une réserve naturelle d’animaux, et nous ne serons pas en reste : très vite, nous devons nous arrêter sur la route pour laisser passer des singes! Des babouins de bonne taille, qui sont ici chez eux : on les voit jouer, s’épouiller, se courir après.

    Puis ce sont des autruches, avec leurs petits qui paissent tranquillement. La mère est vraiment énorme, on peine à croire que ce soit un véritable oiseau.

    Il est de plus en plus difficile de les observer en peine nature car les autruches sont braconnées pour leur chair, très à la mode-et il faut dire délicieuse, à mi-chemin entre le magret de canard et le filet d’agneau. Il faut donc prendre garde à n’acheter que des morceaux dont la provenance a une traçabilité irréprochable.
    Et un peu plus loin encore, plus haut sur le versant, une antilope ; Plus difficile à voir, heureusement, ces 5 jours de safari nous ont exercé l’oeil à spotter les animaux. Les enfants sont particulièrement bons, avec leurs yeux de lynx.
     
    Ca y est, nous voici arrivé, au cap de Bon Espérance! Très connu des marins, ce n’est ni le cap le plus austral- qui est celui de Cape Point-, ni celui qui effectue le partage des eaux entre Océan Atlantique et Indien-c’est le Cap de Aiguilles, à quelques dizaines de milles plus à l’est.
    Mais c’est le plus connu, car celui qui était viré le premier par les bateaux en provenance d’Europe et d’Afrique, signe que la route des Indes n’était plus très loin.
    Nous décidons justement de faire à pied le chemin qui sépare le cap de Bon Espérance du phare de Cape Point.
    Le paysage est spectaculaire : falaises vertigineuses, mer bleu cobalt, écume de neige, forets de laminaires à perte de vue, plages étincelantes,
    Je me régale de la variété de la  végétation endémique du fynbos; les plantes ont toutes un air plus ou moins préhistoriques.
    les plantes grasses sont amusantes;

    Certaines sont bien connues de nos cotes bretonnes, comme ces doigts de sorcières, qui sont une peste chez nous.
    Et que dire de ces étonnantes plantes rampantes aux allures de serpent
    Beaucoup de fleurs aussi en ce début d’été.
    Ceux que je préfère, ce sont les pincushions, cousins des Protéas
    Toutes forment un camaïeu extraordinaire.
     
    Nous peinons sou la chaleur du soleil africain, heureusement tempéré par l’air marin.
    En contrebas, la page de Dias, du nom du célèbre Bartolomeo Dias, le navigateur portugais qui fut le premier à contourner la pointe de l’Afrique; traçant une route qui deviendra si célèbre : la Route des Indes.
     
    Un couple de rapaces niche à flanc de falaise
    Ca y est, nous voilà en haut, au phare de Cape Point!

    Avec une vue 360° sur le cap de Bon Espérance à l’ouest, et sur False Bay au nord-est.

    Nous redescendons en passant par les dépendances
     
    Le lendemain, c’est Noël, que nous fêtons en famille. Après un très bon dîner au restaurant, nous allons voir si le père Noël est bien passé sur Moby?OUIIIIIII! Nous découvrons aussi les magnifiques carte de Noël individuelles que nous a créé et envoyé Sonia, la chérie de mon frère qui n’a pas pu prendre de vacances en cette période de fêtes. Merci Sonia de cette délicate  et artistique attention!
    Dès le lendemain de Noël, nous sommes en pleins préparatifs de départ : la fenêtre météo est idéale pour appareiller dès que possible pour Ste-Hélène, petite ile perdue au milieu de l’Atlantique sud, et qui nous permettra de faire un bon break dans cette longue traversée océanique.
    J’en profite comme toujours, en plus de l’avitaillement classique pour 10 jours de traversée, pour faire le plein d’excellents produits longue conservations locaux : les fruits secs sont délicieux, en particulier les demi-pêches et demi-poires, les mangues, et les pommes déshydratées. Le biltong aussi, cette viande de boeuf (ou de gibier comme l’autruche ou le kudu) séchée, et assaisonnée, qui se conserve des mois. Et du vin bien sûr! Le Champagne sud-africain n’arrive pas à la cheville de celui de Nouvelle-Zélande. Mais nous apprécions beaucoup certains vins rouges, en particulier les « pinotage », du nom de ce cépage typiquement sud-africain, qui donne un vin de caractère, mais pas tannique.

    Après 3 semaines d’escale en marina, très agréables par ailleurs, nous sommes heureux de larguer les marres, pour des horizons moins citadins.

    Bye-bye table Mountain
    Nous longeons Robben Island, et passons à raser un banc de baleines! Ouf!, nous n’avons pas touché, et Whaou!, nous n’en avons jamais observé autant d’aussi près.
     
    Bye-Bye Africa, nous voilà de retour dans l’Océan Atlantique, encore frais à cette époque, car la mer dépasse à peine les 16°! L’équipement douillet est de sortie : je suis heureuse d’étrenner mes toutes nouvelles bottes étanches, que je ne quitterai pas de la semaine.
     
     
  • En partance pour traverser le Canal de Panama

    En partance pour traverser le Canal de Panama

    Arrivés à la Marina de Shelter Bay il y a 8 jours pour préparer les formalités de passage du canal, nous avons hâte de traverser. Le séjour à la Marina était plutôt plaisant, car nous y avons retrouvé les 9 autres bateaux de la Pacific Odyssey, avec lesquels nous traversons le canal et allons aux Galapagos. Un mélange de Nationalités, Américains, Belges, Allemands, Britanniques, Israéliens, Australiens…. et une bonne quinzaine d’enfants de 4 à 15 ans, rendent l’ambiance très sympas, surtout en fin de journée vers 17H quand tout ce petit monde se retrouve à la piscine!

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    Vue depuis notre ponton, vers les Flats et l’entrée du Canal

    Nous avons donc eu 8 jours pour préparer le bateau, notamment par une révision du gréement et du moteur. photo 2photo 1

    Mais aussi faire un avitaillement sérieux de produits secs en prévisions des île du Pacifiques, des produits frais également pour tenir jusqu’au Galapagos, et un peu d’électronique.  Là encore le shopping est une expérience en elle-même. Nous avons passé la journée d’hier à sillonner la zone Franche en minibus avec 3 autres bateaux pour trouver : des boissons, des appareil photos, instruments de musique, vêtements, matériel de plongée…..on trouve tout à Panama grâce à la Zone France, véritable supermarché géant en plein air.

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    les rues de la Zone Franche, Colon
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    Entrepot du magasin de musique et de sport, Zone Franche Colon
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    préparation du mouillage supplémentaire chez le Shipchandler

    La Marina est à quelques encablures des écluses du Lac Gatun, que nous traversons pour aller faire les courses.

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    vue vers les Flats et l’entrée du canal
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    les portes de la première écluse du lac Gatun
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    La route traversant les écluses, pour aller de Shelter Bay à Colon

    Les formalités sont longues, chères et fastidieuses, mais Pascal (le responsable de la Pacific Odyssey) et Eric (notre agent Panaméen) nous sont d’une aide précieuse.

    Les grandes étapes de la traversée :

    J-1  : Les Ecluses du lac Gatun, côté Atlantique

    • Notre agent nous annonce les instructions de départ pour le lendemain et prend nos passeports pour effectuer la clearance départ
    • Il dépose les 4 aussières de 40m qui serviront à maintenir le bateau au niveau des chambres des écluses
    • Il dépose aussi 8 gros pare-battages supplémentaires en plus des 7 donc nous disposons déjà

    Jour  J : Le Lac Gatun

    • nos Handliners arrivent à midi de Colon : il est obligatoire d’avoir 4 adultes disponibles pour tenir les 4 amarres. Loïc étant à la barre, et moi seule disponible, il nous manquait 3 handliners que nous avons recruté sur les pontons de la Marina : Jean-Philippe, skipper de New Horizon, Gabrielle et Sebastian, un jeune couple de backpackers franco-chilien qui ont déjà traversé 3 fois le Canal.
    • a 12h30, nous quittons Shelter Bay pour le mouillage des Flats, au milieu des bateaux de commerce dans la rade de Colon
    • notre Advisor, (les Advisors sont des employés des ACP, les autorités du canal, et font office de « pilote » pour les plaisanciers) monte à bord dans l’après-midi
    • le passage des Ecluses montantes de Gatun se fera entre 17h et 21h. Vous pouvez d’ailleurs nous suivre sur www.pancanal.com , grâce aux webcam . Cependant, il fera sans doute nuit….
    • Nuit que nous passons au mouillage sur le lac Gatun. En ce moment, les corps-morts sont indisponibles, ce qui rend le mouillage obligatoire, dans ce réservoir aux fonds remplis de débris, arbres morts etc…. Plusieurs bateaux ont récemment dû abandonner leur ancre en partant, ce qui nous a poussé à nous munir d’un mouillage supplémentaire à sacrifier si-besoin car il est pas envisageable de nous séparer de notre mouillage principal dont nous aurons besoin par la suite.

    J+1 : les écluses de Pédro Miguel et Miraflores, côté Pacifique

    • départ entre 5 et 6 du matin pour le transit sur le Lac Gatun, une trentaine de mille à faire au moteur en suivant un chenal.
    • dans la matinée, passage des Ecluses de Pedro Miguel et Miraflores, à voir également sur les webcams de www.pancanal.com
    • débarquement de nos aussières et de nos 3 handliners au yacht-club de Balboa

    Et voilà, nous seront dans le Pacifique, prêt à partir pour les Galapagos, qui est notre destination suivante….

    Pour ceux qui voudraient des explications plus détaillées du passage du clan le site de Panama Line Handler est très complet.

    Et pour suivre les bateaux de la Pacific Odyssey, y compris « Mercredi soir » sur lequel navigue mon cousin Laurent, allez sur le site de Cornellsailing.

  • Les BVI (British Virgin Islands)

    Les BVI (British Virgin Islands)

    Les BVIs, c’était pour un nous un lieu mythique, où nous avions par deux reprises effectué des croisières entre amis … c’était il y a 15 ans nous n’avions pas encore d’enfants, souvenirs, souvenirs :

    de magnifiques snorkelings, des navigations courtes et variées entre iles et ilots, des beaux paysages, des bars sympas, le dépaysement des antilles britanniques. Nous rêvions d’y retourner en famille et de montrer ce lieu unique à nos enfants.

     

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    Vue sur le Drake channel depuis le restaurant « top of the Baths »

    15 ans après les paysages restent tout aussi somptueux :

    • la zone de navigation entre les îles est unique au monde, formant une baie intérieure protégée, nous permettant tous les jours de changer de mouillage au gré des envies, en 15 mn, une heure ou deux heures maximum de navigation
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      Navigation dans le Drake Channel
    • quelques passages à raser la côte entre 2 ilots dans le Gorda Sound, ou à l’Est de Tortola entre Guana Island et l’east end
    Entrée dans le Gorda Sound
    Entrée dans le Gorda Sound
    • des très belles lumières et couchers de soleil
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    Coucher de soleil sur le Gorda Sound
    • des lieux de snorkeling toujours aussi bien protégés, comme les Indians, ou la plongée sur l’épave du Rhône, les grottes de Privateer Bay (celles qui ont inspiré Stevenson pour l’île aux Trésor!)
    snorkeling aux grottes de Privateer bay
    snorkeling aux grottes de Privateer bay
    • le mythique mouillage des Baths et ses 4 plages idylliques recelant la plus incroyable promenade côtière  : Devil’s Bay avec ses grottes et cavernes sous-marine, ou  Spring Bay avec son ruban de sable blanc et ses gros rochers de granit. Entre les deux, 2 autres ravissantes plages recelants des trésors de recoins entre les rochers : c’est toujours aussi magique, nous y sommes retournées 3 fois en 15 jours, les enfants passant des heures à jouer dans ce dédale!!!!

    Au final nous sommes quand même un peu déçus des BVI’s, surtout par l’incroyable fréquentation du site et par  l’encombrement de mouillages  : un soir nous comptons pas pas, moins de 100 mat à Great Harbour sur Peter Island,

    Forêt de mats....
    Forêt de mats….

    Dès le premier jour également : arrivés de nuit de St-Martin, nous mouillons à 3h du matin devant les Baths, agréablement surpris de ne déceler à nos côtés que 4-5 bateaux. A notre réveil le lendemain, nous déchantons : pas moins de 30 bateaux sont déjà là!, le triple quelques heures plus tard. Bizarrement, tout ce petit monde s’éclipse vers 16h, laissant ce superbe mouillage à nous tout seul ou presque pour tout le reste de la soirée et de la nuit.

    Pour protéger les fonds marins et aussi rentabiliser l’occupation de l’espace, beaucoup de mouillage sont équipés de bouées, souvent payantes quand elles ont été installées par le bar/resto du coin. L’intention est bonne, sauf quand le tarif frise le racket (30$ la nuit à Gorda Sound) ou quand elles sont installées tellement proches les unes des autres que nous touchons un autre cata amarré à côté de nous (Peter Island), heureusement sans dommage car notre voisin était bardé de pare-battage… idem pour les bars et restos : la Pina-Colada à 15$, c’est bon, mais c’est un tarif digne de St-Trop!!

    Un lieu devenu très cher, très commercial, et très (trop)fréquenté, ce qui gâche parfois la beauté des lieux comme lors de notre seconde visite aux Caves du Diables, en plein milieu de journée, au milieu d’un groupe de touristes portoricains!

    Heureusement subissent quelques beaux sites peu fréquentés comme  :

    • Guana Island et sa magnifique plage,IMG_4013

     

    • l’île de Jost Van Dycke, ou j’ai fait mon dernier avitaillement, et dont le port reste un typique village créole

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    • A noter aussi que la côte reste merveilleusement préservée avec peu de constructions, toutes très bien intégrées dans le paysage et dans le style architectural créole, contrairement aux voisines américaines (les US Virgin Islands) que nous traverserons pour notre départ vers le Panama : côtes bétonnées, propriétés grandioses, immeubles et immenses résidences…

     

    • C’est aussi à Litte Jost Van Dyke que nous rencontrons Emmanuelle et Nicolas, en année sabbatique aux Caraïbes avec leurs 4 garçons de 5 à 9 ans sur un RM 44. Une belle rencontre un soir sur l’ilôt désert de Sandy Pit, où de 4h à 7h, les parents se racontent leurs aventures pendant que les enfants jouent comme s’ils s’étaient toujours connus : skim, château de sable, beach rugby, snorkeling, tour de l’île en course à pied chronométré, nul besoin les occuper….

    Nous ne croiserons plus cette sympathique famille, dommage, car demain nous  partons pour le Panama, et eux pour les Bahamas. Mais cette jolie rencontre augure je l’espère de nouveau « bateaux-copains » prochainement….

  • La Bucket Regatta- St-Barth

    La Bucket Regatta- St-Barth

    Nous devrons quitter St-Barth la veille du début des régates, mais avons pu profiter pendant quelques jours du spectacle de ces voiliers somptueux en entraînement.

     

    Ces régates sont un vrai régal pour les yeux, aussi bien pour admirer les participants que les magnifiques yachts venus faire leurs curieux. Pour cela, la plage de Shell Beach est un excellent spot d’observation.

    Le port de Gustavia est rempli de bateaux tous plus beaux les uns que les autres… On se sent tout petit….IMG_4547 IMG_4544 IMG_4516 IMG_4532

  • En escale à Saint-Martin

    En escale à Saint-Martin

    Premier repas au resto, que le steak a bon goût après 15 jours de mer! Mais ce que j’apprécie le plus, c’est le silence et le calme du bateau au mouillage. Je savoure le doux clapotis des vagues, le bruissement du vent, les légers mouvements de balancier des 2 coques. Car l’outremer étant un bateau véloce, 2 semaines de traversée, c’est un peu 2 semaines dans un shaker, ou comme dirait notre ami Bunny après avoir parcouru 2/3 de la planète à bord d’un MOD70 : « c’est 7 mois dans un sèche-linge »!!

    Saint-Martin est une escale obligée également pour l’opération « service après-vente d’Outre-mer ». En effet, nous avions convenu avec le chantier d’un stop aux Antilles, pour faire un dernier check avant la traversée vers le Pacifique.

     

    Nous avons identifié quelques soucis mineurs :

    • l’hydrogénérateur qui fonctionne mais nous semble produire moins d’énergie que prévu,
    • une fuite d’eau douce dans une cale,
    • une pompe de cale qui ne fonctionne pas,
     
    Rien de très grave, quelques cables électriques à changer, et des tuyaux à serrer, et d’autres bricoles : tout les problèmes seront résolus dans la semaine par David, le correspondant d’outre-mer à St-Martin, avec efficacité et bonne humeur.
     
    Nous oscillerons entre  :
    • le mouillage de Marigot, pratique avec la marina à 2 pas (pour les non-initiés, Marina ça veut dire : internet, machine à laver, local à poubelles… ), le supermarché, la pharmacie, la boulangerie etc…Contrepartie :  le mouillage est bondé de centaines de bateaux,le ballet es annexes est incessant et il n’y a pas de plage praticable, sans compter qu’il est risqué de se baigner tellement les annexes vont vite… Donc pour dsl enfants, le temps est un peu long….

    Au mouillage, des yachts tous plus extraordinaires les uns que les autres!!

    •  le mouillage de Grand Case, à 15mn de là, très sympa avec sa jolie plage et son front de mer animé de restos, bars de plage et de petites boutiques de vêtements. Donc dès que les opérations de maintenance sont terminées, c’est là que nous filons.
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    • c’est là aussi que nous retrouverons un soir Pierre, Marie, leurs enfants et un autre couple d’amis, pour tester l’ambiance du samedi soir à Grand Case! Pendant que les parents testent les cocktails de la carte, les enfants se font chouchouter par la patronne qui les installe au bar! Le retour à bord est plus sportif, les grains se succèdent sans discontinuer, nous rentrons donc sous une pluie battante en pleine nuit!!
    brochette de p'tits loups au bar
    brochette de p’tits loups au bar
    Mais le plus beaux mouillage est certainement ceux de Tintamarre, petit ilot au nord de St-Martin, où nous irons à 2 reprises passer la journée : c’est un repaire de tortues marines, qui viennent brouter l’herbier sous-marin. Nous sommes tous émerveillés d’en croiser autant en snorkeling, pour les enfants c’est une première!
     
    A quelques centaines de mètres, nous irons aussi voir l’épave d’un petit remorqueur qui git par 20m de fond. Il est colonisé par du corail et attire déjà pas mal de poissons. Les enfants s’exercent à l’apnée afin de l’explorer de plus près. Victor descend bientôt à 7-8 mètre, Arthur à 2-3m, c’est un excellent début!
    Autre curiosité, c’est d’aller visiter l’intérieur de île, ancien repaire de trafiquants de drogue qui, très organisés, y avaient installé un petit atelier doublé d’une piste d’atterrissage! Après leur démantèlement, subsiste quelques ruines de bâtiments et plus amusant, 4 blocs moteurs d’avion que nous tentons d’identifier : la plaque d’immatriculation du moteur est difficile à déchiffrer, usée par les intempéries, mais il s’agit sans aucun doute d’un Pratt et Whitney. Pierre nous promet de revenir une prochaine fois et de photographier les moteurs sous toutes leurs coutures pour identification : nous aimerions bien savoir sur quel avion il était monté.
     
    De retour à la plage, Maël et Victor rivalisent de glisse et de figures avec leurs skims : une nouvelle passion est née!
     
    Nous quitterons St-Martin à deux reprises, pour visiter Anguilla et St-Barth, puis après un dernier avitaillement pour les iles Vierges!

     

    Retour de courses avec Anna, dans la camionnette de notre mécano!
    Retour de courses avec Anna, dans la camionnette de notre mécano!
     
     
  • En escale à Saint-Barth

    En escale à Saint-Barth

    Découvrez St-Barth dans nos pages destination!

    Une escale de quelques jours hors du temps pendant la Bucket Regratta.

  • Anguilla

    Anguilla

    L’île d’Anguilla n’est qu’à 2 heures à peine de route de St-Martin, et recèle parait-il parmi les plus belles plages des Caraïbes. Elle est de plus dotée d’un parc naturel marin d’ilots sauvages, quasi-déserts et bien préservés.

    C’est une destination idéale pour quelque jours. Malheureusement le mauvais temps ne  nous permettra pas de profiter du parc marin et des nombreuse plages aux noms pourtant évocateurs : Crocus Bay, Prickly Pear, Seal Island : nous resterons bloqués 3 jours à Road Harbour, passage obligé pour y effectuer la clearance.

    Si Loïc et moi-même sommes un peu déçus de ne pas satisfaire notre soif d’exloration, ce furent 3 jours tout de même très agréables, reposants, dans un mouillage calme malgré le vent et la houle, et devant une très jolie plage, bordée de bars et resto très sympas. Une ambiance typiquement créole qui nous plait bien.

    Nous avons donc beaucoup profité des restos de plage, aussi bien pour leur bonne chère que pour leur reseau Wifi!!, qui nous  parmi de poster quelques nouvelles sur le blog et même pour Victor de skyper un mercredi après-midi ses copains du collège en direct de la plage!

    la terrasse du resto depuis lequel je publie le blog!
    la terrasse du resto depuis lequel je publie le blog!

    Les enfants et les grands-parents y trouvent leur compte : une longue plage, du beau sable doux, quelques rouleaux, de quoi faire un peu de skim et du morey, c’est le bonheur pour tout le monde.

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    Comme je vous l’expliquais dans un précédent Post, Victor ne descend plus à la plage sans son skim!

    En quittant Road Bay, nous passons à quelques encablures de Sandy Island … et percevons de loin Dog Island, et nous promettons d’aller y faire un tour dans 2 ans lors de notre prochain passage aux Caraïbes.

  • Bien arrivés de notre Transat!

    Bien arrivés de notre Transat!

    Quel bonheur que de voir la terre, après 2 semaines d’océan à perte de vue, et de savoir que nous sommes attendus par la famille et les copains de St-Martin.

    Nous ne sommes pas peu fiers d’avoir mené Moby à travers l’Atlantique en famille, avec l’aide de mon frère Thomas, et très heureux aussi de réaliser que nous avons tous les 5 pris beaucoup de plaisir à cette parenthèse hord du temps. Nous savions tous les 2 que nous aimions être en mer, et rêvions de faire partager cette expérience à nos enfants : ils ont eux aussi savouré ces moments en famille, avec papa et maman tout près d’eux, et à bord d’un cata spacieux et confortable.

    Les enfants nous ont surpris par leur capacité d’adaptation, qui se sont très vite sentis comme chez eux à bord. Certes, les 24 premières heures ont été rudes, surtout pour moi et les garçons : il faut dire que les conditions étaient difficiles avec une mer formée (4m de creux ) qui a malmené nos estomacs…. Anna est la plus vaillante, elle tient compagnie à Loïc pendant que nous somnolons tous, gagnés par le mal de mer…..

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    au départ de Lanzarote
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    père et fils
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    dernière terre en vue

    J’arrive tant bien que mal à faire mon premier quart malgré la mal de mer qui guette : nous nous sommes organisés à trois adultes de nous partager la nuit en 3 quarts de 4h chacun : Tom prend celui du soir, de 21h à 1h du matin, moi celui de 5h du mat’ à 8h, et Loïc très courageux celui de 1h à 5h du mat, sachant que c’est aussi lui qui se lève pour manoeuvrer avec nous si nécessaire.

    Dès le lendemain, tout le monde va mieux, et après 48h, toute la troupe est parfaitement amarinée, prête à reprendre les activités : ça commence tout les matins par l’école à bord!

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    Autre activité privilégiée : la cuisine, car c’est essentiel pour le moral du bord.

    Pain frais-(ou brioche, pancakes etc…) tous les matins, afin de démarrer la journée de bonne humeur. Quelques desserts aussi le soir, comme des mousse au chocolat, ou les petits pots de crème à la vanille. Le reste du temps c’est salade à midi, un peu de charcuterie, pâtes ou pizza  (fait maison) le soir, et parfois un rôti de boeuf ou un filet mignon de porc sorti du congélateur pour agrémenter l’ordinaire, agrémenté de délicieuses petites pommes de terre de Lanzarote…

    pain frais
    pain frais
    préparation de mousse au chocolat

    petit pot de crème au caramel

    Côté animaux marin, nous avons été déçus de n’en voir que rarement, alors que Loïc et Thomas voyaient des dauphins tous les jours en méditerranée. Tou de même, nous avons pu apercevoir de loin  un troupeau de dauphins surfant les grosse houle atlantique, un cachalot venu nous espionner, et une petite baleine Minke venue surfer notre vague de sillage.

    Plus curieux, l’arrivée 2 de papillons à bord au bout de 10 jours-et à 4 jours de toute terre…. des chenilles qui auraient éclos à bord? Nous leur offrons un peu de miel et d’eau et passons un peu de temps à les observer : l’occasion d’étudier les insectes en détail.

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    Nous profitons aussi du temps  que nous avons pour fair des jeux de société : Carcassonne bien sûr, c’est notre grand jeu préféré en famille, mais des petits jeux rapides comme le Dobble ou le trésor des Pirates,  des jeux collaboratifs comme le Trésor des Lutins ou Zombie….

    Comme nous sommes partis avec un disque dur de plus 1000 films en tous genres, Victor en profite pour parfaire ses connaissances cinématographique : il s’ingurgite pas moins de 3 films par jours, des Bronzés aux Marvel, en passant par les Jurassic Park, la série des Alien…

    Bref, le temps passe très vite, et c’est avec bonheur mais un peu de nostalgie de cette paisible vie en mer que nous touchons terre après 2 semaine, ravis de retrouver famille et amis.

    Il y a de beaux bateaux à St-Martin…..

    1, 2 ou 3 coques?
    1, 2 ou 3 coques?
    curieux voilier
    curieux voilier
    No-Limit, Outremer 5X customisé
    No-Limit, Outremer 5X

    Dès le lendemain, nous levons l’ancre pour Tintamarre, petit ilot à la très belle plage de sable blanc pour y passer la journée de dimanche en compagnie de nos amis du Conquet Pierre et Marie, installés depuis 2 ans à St-Martins avec leurs enfants Tim, Maël et Rose.

    Nous entamons 3 semaines de croisière aux Antilles en famille, avec Atao , le voilier de mes parents,qui navigue à nos côtés, ce qui ressemble déjà de là où je vous écris, à de bien belles vacances…. Maintenant que nous sommes de nouveau connectés, je vous promet des nouvelles plus régulières!

     

    mise à jour du blog à Anguilla sur la plage
    mise à jour du blog à Anguilla sur la plage
  • Escale aux Canaries

    Escale aux Canaries

    Nous venons de passer une semaine à Lanzarote entre retrouvailles, préparatifs de la traversée et (un peu) de tourisme. Loïc et Tom sont arrivés samedi dernier après 8 jours de convoyage entre la Grande-Motte et les Canaries, rincés par une descente sportive faite de coups de vent, de calmes, de nuits froides et de journées aussi fraîches! ….

    Le timing est parfait car notre vol en provenance de Brest arrivait le soir même, leur laissant le temps de briquer Moby. Nous savourons ces moments de retrouvailles, et après une première nuit à bord, nous découvrons un paysage étonnant, sec, volcanique, peu ou pas de verdure, dans des tons allant du beige à l’anthracite.

    Nous avons été séduit par cette île volcanique, aride et sauvage, mais aussi très touristique. Notre escale qui devait ne durer que 3-4 jours s’est prolongée en raison du mauvais temps, retardant notre départ pour la transat. C’est l’occasion de peaufiner encore les préparatifs, Moby est fin prêt, et son équipage impatient de quitter le port!

    Demain matin, 8h, c’est Hervé et Marielle, des amis de longue date connus à l’île Maurice, (eux-même arrivés à l’époque à la voile en famille de Marseille!) qui nous larguerons les marres, séquence émotion!

     

  • Vers les Canaries

    Vers les Canaries

    Jeudi 4 fevrier 2016
    13:20, la dernière amarre est larguée et Moby quitte le ponton de la zone technique du port de la grande motte.

    Deux semaines bien remplies se sont écoulées depuis la livraison du bateau, le dernier élément manquant, la table du cockpit vient d’être installée.

    La fenêtre météo qui depuis trois semaines permettait une descente comfortable vers Gibraltar est sur le point de se refermer et je m’étais fixé la limite de 16h pour être parti, fate de quoi il aurait fallu attendre plusieurs jours avant de pouvoir sortir du golfe du Lion.

    Mes équipiers Thomas et Marcus ont été briefés, la première nuit sera ventée, noire et la mer sera inconfortable jusqu’à l’aube. Les prévisions se sont avérées justes, et c’est un bon force 7, accompagnées de rafales et une mer mal rangée. Le bon coté c’est que nous avalons les milles vers le sud. Les Baléares sont en vue vendredi matin et le vent baisse. Le soleil est aussi au rendez vous et nous profitons de ses rayons pour déjeuner sur le trampoline, moment de détente bien apprécié.

    Nous devons maintenant passer au travers d’une faible dorsale de haute pression et attraper un flux de sud est qui nous permettra de faire rute vers la cote espagnogle pour trouver un abri avant un passage de grand frais de sud ouest prévu à partir de samedi soir sur la zone.

    Une nuit d’escale et Marcus qui débarque, car il souffre d’une bronchite sévère et il n’est pas prudent de rester en mer dans cet état.

    C’est donc à deux que nous repartons dimanche midi avec Gibraltar en ligne de mire. La navigation est agréable pendant 24 heures, puis devient plus compliquée en raison d’un flux modéré d’ouest sur la mer d’Alboran. Nous sommes contraints de longer les côtes pour nous éviter une mer courte et difficile à négocier. Mardi matin, le rocher de Gibraltar est en vue, nous faisons une courte escale et le plein de carburant et c’est reparti.

    Pasage du détroit dans des conditions assez inconfortables, mais nous sommes motivés car ce serait bien pire dans les trois ou quatre jours prochains. Comme les deux derniers jours, le salut est à la côte que nous longeons vers le nord-ouest avant de pouvoir faire route vers les Canaries. Un temps à grain toute la nuit, de multiples manœuvres et la traversée d’une zone de fort traffic maritime, de quoi nous tenir bien occupés avec Thomas.

    Au matin les conditions s’améliorent nettement, mais c’est encore du près, heureusement en route directe vers Lanzarote maintenant. Il nous faut attendre vendredi matin pour que le vent rentre en adonnant, les dernières 24h se font à une bonne vitesse et nous arrivons à Lanzarote à 7h du matin.

    Le timing est parfait, Bénédicte, Victor, Arthur et Anna arriveront de Brest par avion en fin d’après-midi!
    Quelques photos de cette étape:


      
      
      
      

  • C’est parti!

    C’est parti!

    Loïc était pressé de larguer les amarres, impatient de se retrouver en mer, et surtout d’éviter le coup de vent de sud-ouest qui arrive ce week-end.IMG_1181

    Dans les starting-blocks depuis 3 jours, nous attendions le montage de la table de cockpit qui se faisait désirer, bloquée en Italie…..La voilà, elle est belle et a l’air particulièrement fonctionnelle avec ses pieds rétractable qui transformeront le cockpit en tatami géant.

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    L’équipage de convoyage est au complet : Loïc le captain, mon frère Thomas qui le seconde à bord depuis 8 jours, et Marcus, franchement arrivé de la veille. IMG_1184

    A bord, un équipage 100% masculin, en mode convoyage, car je ne rejoins Loïc avec les enfants qu’aux Canaries, dans 10 jours, afin de leur éviter une semaine de mer en plein hiver. Il est vrai que sans chauffage à bord, en cette saison, c’est rustique… IMG_1188 IMG_1194

    Bon vent MOBY, rendez-vous dans 8 jours à Lanzarote.

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  • Neuvage dans le Golfe du Lion

    Neuvage dans le Golfe du Lion

    Déjà bientôt deux semaines que Moby nous a été livré par le chantier Outremer. Le temps est passé vite entre la prise en main du bateau, les listes en tout genre et bien sûr naviguer afin de compléter les tests de tous les systèmes en mer.
    Les contraintes liées à la météo hivernale ont fait que nous sommes restés dans un rayon d’eviron 100 milles de la Grande Motte, mais cela nous a permis de naviguer dans des conditions variées allant du calme plat à la force 8 de l’échelle de Beaufort.

    Au gré des vents très changeant, tant en direction qu’en force, nous avons fait escale aux Saintes-Maries de la Mer, Cadaquès en Catalogne, Collioure avant de revenir vers la Grande-Motte.

    Il nous reste à effectuer quelques contrôles et à attendre notre table de cockpit, qui arrive d’Italie le 3 février et sera aussitôt installée.

    Le départ se rapproche, et je commence à me pencher sur les fichiers météo des prochains jours…

    Quelques photos de ces quelques jours de navigation dans le Golfe du Lion

    Sète Agde
      
      Cap Creus
      
      Collioure