Catégorie : Mascareignes

  • Escale Mascareignes / 3 : l’île de la Réunion

    Escale Mascareignes / 3 : l’île de la Réunion

    Nous arrivons en vue de l’île de la Réunion en fin de matinée, après une journée et 2 nuits en mer. L’île est coiffée de son habituel petit nuage, aussi n’apercevons-nous pas ses hautes montagnes : et pourtant elle culmine avec son Piton des neiges à plus de 3071m!

    Laetitia me prête son guide de randonnées :Nos deux vacanciers vont partir en amoureux 3 jours faire le tour du cirque de Mafate, en dormant le soir dans des gites et chambres d’hôtes. De notre côté, nous n’avons encore rien organisé, et attendons de savoir où nous pourrons laisser le bateau quelques jours.

    Il nous tarde de faire découvrir cette belle ile tropicale et montagnarde aux enfants. Ils ont pris goût aux randonnées depuis que nous sommes partis en grand voyage, et je sens que nous allons nous régaler sur ce magnifique terrain jeu. Il y a une quinzaine d’année, Loïc et moi avions effectué le tour des cirques de Salarie, Mafate et Cilaos à pied, en terminant par le Piton des Neiges : une randonnée de 6 jours et de 5 nuits en gite. Nous en gardons un magnifique souvenir, de paysages, de végétation variée, tropicale et montagnarde, d’une île accueillante à la  gastronomie unique, mélange de cuisines créole, chinoise, indiennes, tropicale et française.

    En mer, nous longeons des ouvrages d’art impressionnants : la nouvelle route du littoral, en construction, est posée sur des piliers ancrés dans la  mer.

    Nous arrivons pour les formalités au Port des Galets, seule  » marina  » de l’île, qui dispose par ailleurs de petits ports. L’inconvénient est que Port des Galets est isolé, et offre peu de service. Nous espérons n’y rester que le temps des formalités, qui ne peuvent se faire que demain matin.

    Le soleil se couche sur les remparts de île, et nous nous réjouissons d’une bonne nuit de sommeil au quai.

    Le lendemain, une fois les gendarmes et douaniers passés, nous appareillons pour St-Pierre, seconde ville du pays, offrant un petit port animé et touristique. Nous n’avons pas de place réservée-il n’y en a d’ailleurs pas pour les catamarans comme le notre, mais nous voulons tout de même tenter notre chance. Nous savons que l’un des catas qui y réside à l’année, Moukataï est à l’île Maurice, (nous y avions rencontré ses propriétaires à Grand Baie, Nicole et Jean-Louis) et pensons lui emprunter sa place….. Alors, HOP, une Bourbon bien fraiche à midi, et nous appareillons, sans avoir encore mis pied à terre.

    La côte défile, changeante, les ponts, tunnels  et viaducs sont impressionnants pas leur variété et leur quantité! Nous longeons St-Paul, Boucan-Canot,où nous retrouvons sans peine la maison où habitaient nos amis Philippe et Valérie lors de leurs séjour de 3 ans à la Réunion. A l’époque,  ils avaient accès à la plage et à un chouette spot de surf.

    Plus loin, la petite ville balnéaire de St-Gilles,

    Depuis, la « crise requin » est passée par là, et les plages non protégées par un lagon sont désertes. Certains spots de surf restent tout de même fréquentés, mais l’île se tourne résolument vers la terre et les montagnes.

    A juste titre ailleurs, car ses terres sont fascinantes, d’une grande diversité, et accessibles à tous les niveaux : balades familiales, randonnées de plusieurs jours avec nuits en gite, crapahute sportive au volcan, trail et ultra-trail avec le Grand Raid (plus connu sous le nom de Diagonale des Fous ).

    Sous le pont, l’opération « otage de fils est en cours ». Rappelez-vous, dans l’épisode 1-Mascareignes, Anna s’ouvrait le menton à Grand Baie! Anna a préféré que cela soit maman qui les retire (pour moi c’est une première!), plutôt que d’attendre ce soir de voir une infirmière. Opération laborieuse, car il y a de l’appréhension de part et d’autre-Heureusement que j’ai pu réviser mon tutoriel YOUTUBE! 8 fils à enlever, plein de croute, ca n’est pas si facile que ça, d’autant qu’il y a un peu de houle. Mais  Anna est bien courageuse, se tient tranquille, et Laetitia, sa marraine, coache, rassure, et lui tient les mains. En 20 mn c’est fini, voilà un menton tout neuf, qui va pouvoir aller barboter dans l’eau du lagon.

    Une vraie cicatrice de piratesse!

    Les filles se relaxent à l’avant : séance de manucure-pédicure : nos pieds le méritent bien d’autant qu’ils vont souffrir très bientôt dans les chaussures de randonnées!

    Plus loin sur la côte, les vestiges de coulées de lave anciennes déversées dans la mer, créant des « souffleurs », trous par lesquels  s’engouffre la houle qui vaporise et canalise l’eau en hauteur.

    Puis l’étang du Gol, et ses plages de sable noir.

    Nous arrivons enfin en vue de St-Pierre.

    Arnaud est ému : c’est ici qu’il a vécu une partie de son enfance, sur les hauteurs de St-Pierre, à la ville du Tampon. C’est la première fois qu’il revient à la Réunion depuis, l’occasion de vacances en forme de « pèlerinage ».

    St-Pierre, avec sa plage, très fréquentée en ce beau dimanche,

    son minaret, sa pagode chinoise, ses églises

    ce qui augure de la diversité des cultures réunionnaises.

    Quelques surfeurs sont à l’eau, bravant les interdits préfectoraux.

    Une vedette SNSM nous salue : elle quitte le Port où se déroule les festivités des 50 ans de la station de sauvetage.

    Nous nous faufilons dans le port, la passe est étroite, mais aisément praticable aujourd’hui : par plus de 2m de houle, s’abstenir! Nous prenons la place de Moukataï, et descendons à terre fêter notre arrivée.Chaque arrivée est un plaisir, celui de la découverte d’un nouveau lieu, vierge d’habitudes : ce sont des sensations d’autant plus délicieuses à savourer que ça n’arrive qu’une fois!.

    C’est dimanche, il y a du monde sur la plage de St-Pierre.

    La fête de la SNSM est terminée.

    Un nouveau bas à cocktail a ouvert il y a quelques jours, sur un ponton flottant : allons l’essayer!

    Le lendemain matin, Arnaud a fait le tour les boulangerie et vous rapporte ce qu’il y a de meilleur!

    Puis les amoureux partent pour une virée de 48h : d’abord au  Tampon  : Il y retrouve son ancienne maison,son école, son collège!

    Puis ils partent direction Grand Bassin, pour 24h de plein air : on atteint le lac et ses cascades en descendant au fond d’une vallée très encaissée. En 2h de marche, les voilà « dans les hauts » de la Réunion, isolés, et dormant chez l’habitant. Au réveil, le village est charmant, très fleuri, et la cascade ruisselante toujours aussi pleine de charme. Les habitants sont ravitaillés par les airs, ou par une tyrolienne qui livre les courses.

    La remontée, très raide de 2h est éprouvante, mais ca valait le détour!

    Ensuite, ils ont prévu 3 jours de randonnées dans le cirque de Mafate. Nous les rejoindrons pour 24h à Cilaos, leur point de départ.

    Entre temps, nous avons exploré rapidement St-Pierre, abattu un peu d’école, rangé et nettoyé Moby, loué une voiture pour 10 jours, préparé les sacs à dos, fait quelques courses pour compléter notre équipement de randonnée au Décathlon de St-Pierre, et c’est parti!

    Nous rejoignons ce soir Arnaud et Laetitia à Cilaos, village d’altitude perché à plus de 1200m dans le cirque éponyme,

    La route de Cilaos, dite « aux 400 virages » (pour 32km) est une vraie route de montagne, escarpée, étroite, sinueuse que je négocie parfois péniblement avec la pesante berline manuelle et sous-motorisée  que j’ai pu trouver à louer-  en pleines vacances scolaires, c’était la pénurie. Alors je compose et grimpe l’essentiel en première!

    Nous retrouvons nos amis avec plaisir et passons une soirée fort dépaysante à l’hôtel des Neiges de Cilaos, dans des chambres lambrissées, couettes chaudes, ambiance montagnarde garantie, avec feu de bois et rhum arrangé. En 2 heures de route, nous sommes transportés des langueurs du littoral tropical dans un autre monde, celui de la haute montagne.

    Le matin, après un vrai petit dèj d’hôtel bien roboratif, nous nous scindons en 2 groupes : Arnaud, Laeti, Loïc, Arthur et Victor partent les premiers, et traversent Cilaos pour rallier le col du Taïbit, une marche ambitieuse de 7h. Anna et moi les rejoindrons d’ici 2-3h un peu plus haut  en passant par la route. Nous profitons de la piscine de l’hôtel et flanons dans le village. Ils verrons une belle cascade à Bras-Rouge.

    Nous les rejoignons à Ilet Bleu, et c’est parti pour l’ascension du Taïbit!

    Nous faisons un premier stop à îlet des Salazes, près d‘une charmante tisanerie. Un petit cheminement à travers les plantes explique leurs cultures. Nous pic-niquons,
    nous abreuvons,

    observons un petit Tenrec

    et repartons vers les hauts! Le chemin est très fleuri, et tapissé de fraises des bois. Nous traversons une allée de Tamarins de hauts, ces arbres endémiques de la Réunion, souvent vêtus de lichens,et à l’acore si spécifique : spongieuse et molle, un peu comme du liège.

    Voilà Cilaos au fond!

    le paysage change, arbres nus et lichens donnent un air lugubre aux lieux…

    Les garçons ont pris de l’avance, et sont déjà en haut, après 5 heures de marche, bravo!

    Anna peine un peu plus bas, nous faisons demi-tour à 20mn du but : il est déjà 15h, les nuages ont gagné les hauts, la nuit tombe dans 3h, et il nous faudra au moins 2h pour redescendre jusqu’à la voiture. Je pense aussi à l’heure de route en voiture jusqu’au littoral, et mes 400 virages que je préfèrerais négocier de jour.

    Pendant que nous rebroussons chemin, Arnaud et Laeti  franchissent le col du Taïbit et descendent vers Mafate, direction le village de  Marla qu’ils atteindront dans une heure. Ils vont rester encore 48h dans ce havre de pays qu’est le cirque de Mafate, accessible seulement à pied, 6h de marche au minimum…. Le beau temps les cueille le lendemain et leur permet d’explorer le cirque sous son meilleur jour.

    Les cascades et chutes des 3 ruches, près de la Rivière des galets.

    Puis le village de La Nouvelle,

    De retour au port de St-Pierre, nous explorons le littoral   : la plage, est très fréquentée, même en semaine, comme ce matin avec les collégiens qui prennent un cours de natation. La plage est  bordée un sentier piéton fort agréable, ombragé,

    et semé de nombreuses petites chopes où l’on mange bien pour pas très cher : ce que l’on préfère, ce sont les dim-sum, ces bevapeurs chinois au porc ou au poulet.

    Et en dessert, le merveilleux glacier italien Amarino propose ces créations en forme de fleurs, aux sorbets d’une intensité, hmmmm.

    Dans l’après-midi, nous  faisons route vers St-Joseph à l’Est, et remontons le lit de la Rivière Langevin, cours d’eau connu pour ses cascades, et fréquenté par les amateurs de canyoning : finalement nous arrêtons à Grand galet, plutôt qu’à Trou Noir, tout aussi joli mais plus facile d’accès. Peu tentés par la baignade, car elle est très fraiche, nous passons quelques minutes à savourer le cadre enchanteur, nous explorons les berges, les enfants lancent des feuilles et suivent leur parcours dans les chutes.

    Ce soir, tout le monde savoure notre création dessert «   trilogie des mascareignes » :

    un volcan de chantilly d’Ysigny à la vanille de Madagascar, saupoudré de muscovado brun de l’île Maurice, et agrémenté de fraise de la Réunion.

    Ce soir,  Arnaud et Laetitia passent la nuit à la Nouvelle dans un ravissant gite en peine nature, cernés par les chèvres, et repartent le lendemain matin par où ils sont arrivés, via le col du Taïbit puis Cilaos. En chemin, ils quittent La Nouvelle sous un ciel toujours aussi bleu, et empruntent le sentier de la la plaine des tamarins, tellement emblématique de la Réunion et font un détour par la passerelle Ethève pour se rafraîchir.

    En nous réveillant ce matin sur Moby, nous avions le même ciel bien bleu, parfaitement dégagé, avec une vue imprenable sur les remparts du Dimitile et le Piton des Neiges.

    L’école a repris ce matin sur Moby, intensément, mais pour une courte durée, car demain c’est le grand jour, nous marchons au volcan.

    Le Piton de la Fournaise est un des volcans les plus actifs de la planète, il « éructe » 3 à 4 fois par ans, de la lave uniquement, effusive, fluide, et donc sans danger.

    Il faut se lever très tôt pour être sûr d’avoir une belle vue, et pour gagner du temps, nous dormons dans les hauts, à la Plaine des Caffres, rejoints par Arnaud et Laetitia qui ont quitté Cilaos en début d’après-midi .

    Nos chalets de bois surplombent un haras, le cadre est bucolique à souhait,

    et les grillades de viande locale proposées par le chef délicieuses.

    Au coucher du soleil, la lune fait son apparition, elle est pleine ce soir, et nous accompagnera demain matin, car le réveil sera matinal…..

    le réveil sonne à 4h45; à 5h30 nous sommes en route, c’est parti pour la plaine des sables… Incroyable, il fait déjà jour!

    à 6h, nous sommes arrivés à la plaine des sables, l’antichambre du Volcan.Le paysage est lunaire; c’est vraiment spectaculaire.

    Nous en profitons pour faire un rapide stop petit-dèj; et c’est reparti pour 30mn de route en lacet et de grandes étendues de sable noir.

    à 6h30, nous sommes au parking du pas de Bellecombe, qui surplombe du haut de ses remparts de 150m,  l’enclos Fouqué, nom de la caldeira en forme de fer à cheval que nous observons.

    Nous partons pour le cratère Dolomieu, une randonnée de 6 heures, 11km et « seulement « 530m de dénivelé, mais sur un terrain particulièrement difficile de lave, scories, fissures, qui mettront nos genoux et chevilles à rude épreuve.

    La marche commence par une descente de150m en escalier le long des remparts de l’enclos Fouqué.

    en face de nous, le cratère Dolomieu, qui culmine à 2522m.

    et en contrebas, le Formica Léo, un petit cone strombolien de couleur ocre.

    Nous voilà debout sur le formica Léo!Pas facile car ses pentes sont composées de ratons, de la lave en scories.

    Mais nous n’en sommes qu’au début de la marche.

    Nous observons de la lave « cordée »

    Puis nous arrivons à la Chapelle Rosemont, sort de grotte naturelle formée lors d’un dégazage

    Délicate attention, un message gravé en créole dans la pierre : « c’est fait pour prier, pas pour pisser »

    Nous sommes en effet stupéfaits de voir le nombre de morceaux de papier par terre, tout au long de la rando, de marcheurs qui laissent leurs déchets derrière eux.

    De la lave en graton

    Nous observons émerveillés toutes sortes de laves aux couleurs, textures toutes différentes.

    Les nuages commencent  arriver dans l’enclos, il faut nous dépêcher.

    Nous augmentons le pas et nous séparons en 2 groupes : les plus rapides, Victor et Arnaud en tête, suivis de Loïc, Laetitia et Arthur, puis Anna et moi derrière.

    un petit tunnel de lave effondré.Et voilà, après 3 bonnes heures d’effort, nous arrivons au sommet,

    devant le cratère,

    C’est grandiose de voir ce trou vivant, de fumerolles au fond, gigantesque cone effondré, en 2007, lors de la dernière grosse éruption. A chaque évènement éruption, le paysage volcanique change : un nouveau piton se forme, un autre s’effondre une fois sa chambre magmatique vide, formant ces immenses cratères ou caldeiras. On se sent tout petit….

    C’est un bonheur simple mais intense que de comptempler un paysage gagné à la force des mollets.

    9h30, c’est l’heure de la pause déjeuner-eh oui, le petit dèj est déjà 3h30 derrière nous!

    le temps se voile, les nuages vont, viennent et disparaissent comme ils sont apparus.

    Puis soudain ca se bouche complètement,

    le temps se refroidit vite, il pleut, et nous décidons de rentrer, après avoir passé une bonne demi-heure au sommet.

    Nous y sommes après 2 heures, de retour dans l’enclos Fouqué, en bas du pas de Bellecombe.La fatigue, l’inattention me font trébucher, je chute, me rape le genou et me tors la cheville : c’est une entorse.La douleur est forte, mais sourde, je nous bénis d’avoir eu l’idée d’acheter des batons de marche; avec 2 batons, je vais pouvoir rentrer sans difficultés.

    Le café que nous prenons au refuge est savouré. Nous prenons la route  :

    •  1h à travers le paysage lunaire de la plaine des sables,et du cratère Commerson, 
    • puis encore une heure de petite route pour descendre jusqu’au littoral. A l’arrière, tout le monde dort, heureux de sa journée. Nous avons été gâtés par le temps, qui nous a permis de marcher sous le soleil les 3/4 du temps, et de profiter de la vue au sommet.

    Arnaud et Laetitia repartent demain pour la France.

    Nicole et Jean-Louis, du catamaran Moukataï viennent saluer Arnaud, qu’ils ont connu enfant, à la Réunion, car ils étaient amis avec les parents d’Arnaud : que le monde est petit!

    Comme beaucoup de réunionnais en ce dimanche midi ensoleillé, nous déjeunons de bouchons, piments farcis, samoussas….. et partons à la plage faire un petit snorkeling et nous dorer au soleil. Après quelques journées de marche intense, c’est bien mérité!

    Nous amenons Arnaud et Laetitia au car qui les emportera vers St-Denis, l’aéroport : ils s’envolent pour Paris ce soir.

    Ils vont nous manquer!

    Mais notre séjours réunionnais ne s’arrête pas là. Nous sommes en attente d’une bonne fenêtre météo qui nous permettra de traverser le reste de l’Océan indien jusqu’en Afrique du sud. Les quelques jours à venir ne présentent pas de bonne opportunité, mais nous sommes très contents de prolonger notre séjour. Nous sommes bien installés à St-Pierre, continuons à profiter de la ville

    l’hôtel de ville
    le parc de l’hôtel de ville
    case créole
    les jeux de plage

    et de la gastronomie locale : je copie la recette du thon au combava, goûté à Cilaos, accompagné d’achards, dont j’ai fait une grande provision!

    • Citron confit/piment,
    • ti-jac, ananas/piment,
    • légumes variés,
    • piment vert/combava,
    • mangue/piment rouge

    Nous avons encore quelque envies de randonnées. Le piton des Neiges semble fastidieux pour les enfants, et nécessiterait une nuit en refuge. Nous opterons pour une autre marche, un petit peu moins exigeante mais au point de vue encore plus spectaculaire que celui du Piton des Neiges : le Grand Bénare. C’est le second plus haut sommet de l’île après le Piton des Neiges : ce rempart surplombe d’un côté le Cirque de Cilaos, et de l’autre celui de Mafate, reliés par le Col du Taïbit.

    Nous scrutons la météo, car il faut impérativement une matinée sans nuage pour profiter de la vue, le long du « Grand Bord » qui surplombe Mafate, et compose les 3/4 de ce difficile parcours.

    le Grand Benare, en arrière plan

    Ca sera le mercredi 8 novembre. Nous mettons le réveil à 3h45. Nous sommes en route à 4h30, partis pour 2 bonnes heures de route…. sans embouteillage heureusement! Après un stop essence/café, encore quelques centaines de virages…. nous arrivons au Maïdo, point de départ de la marche. A 7h, nous nous mettons en marche, en 2 groupes : les garçons partent devant, direction le Grand Benare. Anna et moi qui sommes plus lentes (mon entorse ne m’empêche pas de marcher, mais je reste prudente…) n’irons pas jusqu’au sommet, mais allons profiter de la vue le long du grand bord qui est un sentier accidenté et difficile, et redescendrons par la Glacière via le chemin forestier, réputé plus facile.

    Le ciel est limpide, quelle joie, c’est une belle journée, nous ne regrettons pas de nous être levés si tôt.

    J’apprécie de marcher à notre rythme toutes les deux. Nous commençons par un stop p’tit dej, avec vue sur Mafate. C’est grandiose.

    On distingue parfaitement les différents ilets, ces petits villages d’altitude, posés comme des ilots dans les cirques.

    Nous savourons notre thé.

    Devant nous l’îlet de la Nouvelle, au fond, celui de Marla et la Rivière des Galets

    en contrebas, celui de Roche Plate, et à gauche Cayenne

    Un peu de lecture pour Anna

    Le village de Marla.

    Le sentier est parfois très escarpé, nous sommes prudentes et prenons notre temps : il ne s’agirait pas de se fouler la seconde cheville! Avec Anna, nous faisons des pauses de 3-4mn pas plus toutes les 20 à 30 mn : pour boire, manger un petit morceau. Plus les pauses-photo!
    Encore 1h40 jusqu’au Grand Benare,

    Nous bifurquons vers la Glacière, et rejoignons vite le sentier forestier. Nous visitons les lieux :

    des cavités ont été creusées dans la roche, pour y conserver de la glace. Cette glace formée dans les bassins proches de là étaient stockée dans ces puits, puis transportée à dos d’homme pendant 60 km! Tout cela pour que la propriétaire puisse servir des sorbets à ses invités….

    Pendant ce temps, les garçons ont fait vite, ils grimpent comme des cabris, et sont en haut du Grand Bénare!

    La vue là-haut est spectaculaire : ils sont à l’aplomb du col du Taïbit, qu’ils ont  franchi la semaine précédente.

    A gauche, le Cirque de Mafate, et à droite, celui de Cilaos.

    Ils redescendent comme nous, par la Glacière, et nous les retrouvons au parking du Maïdo vers 13h, après une marche de 6h, aux panoramas à couper le souffle.

    La récompense :  un stop au refuge du Maïdo, pour un petit café « péï » à la vanille, assorti d’un cake au géranium-une tuerie, spécialité familiale dont le patron ne voudra pas  me dévoiler la recette….

    Nous rentrons au bateau avec des kilomètres plein les gambettes et de belle images plein la tête. Arthur est super fier d’avoir gravi le second plus haut sommet de l’île, et surtout le point depuis lequel on a sans doute le plus beau panorama!

    De retour sur Moby, nous découvrons le lendemain toute une équipe de BTP au travail, qui construit des ralentisseurs sur l’esplanade du port. Cela atténuera nous l’espérons les rodéos nocturnes de voitures et de motos… Les nuits à St-Pierre sont parfois agitées, rien de très méchant, mais c’est festif, bruyant, et parfois sans-gène. En journée Moby fait un peu l’attraction : en effet très rares sont les bateaux de grand voyage à s’arrêter à St-Pierre, deux à trois par an tout au plus, alors on nous pose beaucoup de questions, on nous regarde : c’est parfois un peu déroutant de se voir interpellés, mais les échanges sont toujours sympathiques!

    C’est d’ailleurs ainsi que nous rencontrons les sympathiques Daniel et An-So, jeunes retraités réunionnais qui auront la chance de bientôt partir en transat sur le tout nouvel Outremer 51 d’un de leurs amis! Nous sympathisons, et nous rendons mutuellement service : ils nous feront du  « bateau-sitting »  lors de notre  escapade au volcan, en dormant à bord, et nous leur donnerons en échange pas mal d’infos et de conseils pour leur transat, ainsi que quelques centaines de films, livres, et BD numérisés qui leur tiendront compagnie pendant leur traversée!

    Nous rendons la voiture de location dans 2 jours, et commençons à préparer notre départ pour l’Afrique du Sud. La dernière balade sera pour nous en bord de mer, à St-Philippe, connu pour son littoral basaltique et ses sentiers de randonnée côtiers.

    Le littoral est étonnant, à la fois minérale et végétal, avec cette foret de vacoas qui a  pris racine dans la lave.

    Comme partout ailleurs, la baignade est interdite

    les coulées sur lesquelles nos marchons ont 3 siècles.

    Tout comme ces orgues basaltiques

    mais les coulées que nos allons rencontrer plus haut ont seulement 30 ans, et sont exceptionnelles!

    Tout a commencé par une éruption « classique »,  dans l’enclos du Piton de la Fournaise, à une altitude de 2000 m environ

    puis par une seconde, hors de l’enclos, altitude 1000m, donc beaucoup plus bas, au Piton Takamaka.

    Puis du jamais vu : de la lave sortant des entrailles de la terre à une altitude de 30m au-dessus de la mer seulement!

    Les coulées vont jusqu’à la mer, et coulent pendant 5 jours : la Réunion grandit de 50 ha!

    Voilà les fameuses coulées! Elles forment un fleuve de lave ; Il faut les imaginer rougeoyantes!

    La coulée forme une petite vallée. Depuis, la végétation a pris place, comme ces bébés filaos.

    cascades de lave,

    fissures,

    grottes, tunnels, la lave prend des formes très variées

    Qui saura être le plus créatifs avec ce morceau de lave triangulaire?

    Il est temps de rentrer de cette balade fort instructive. Nous avons pris beaucoup de données sur le volcanisme pendant ce séjours réunionnais. Quelle chance de pouvoir côtoyer de près un volcan aussi actif!

    Le lendemain, samedi, c’est jour de marché à St-Pierre, un des plus beaux de l’île parait-il. En effet, nous sommes éblouis de couleurs, de saveurs, d’odeurs. Herbes fraiches, tisanes, salades préparées, achards frais-qu’on appelle ici rougail, ou en conserve (ici de la papaye rapée pour des salades ou rougails) Il y a aussi tous les fruits et légumes tropicaux bien sûr, des mangues, du palmiste, mais je suis surprise de retrouver des fraises délicieuses, des artichauts, du fenouil, produits typiquement de pays tempéré.

    L’altitude à la Réunion permet tous les climats, tous les terroirs, et nous rencontrons des petits producteurs soucieux de leurs produits, le tout très bon marché étant donné la qualité.

    Ici du jus de cane fraichement pressé à la demande, un peu plus loin des rôtisseurs de porc,proposant cette spécialité sino-réunionnaise délicieuse : les sarcines, sorte de longe de porc laquée, sucrée-salé et tellement fondante.

    Ce marché est un régal des yeux et du palais!

    De retour, le plein de vitamines est fait en vue de notre prochaine traversée, qui ne devrait pas durer plus de 7 ou 8 jours.

    Le week-end se passe tranquillement sur Moby, à préparer, ranger, nettoyer, et avancer sur le programme d’école comme tous les matins.

    Les samedis et dimanches, c’est animé ici à St-Pierre! Pour le 11 Novembre, les paras font une démo de saut en parachute sur la plage.

    Puis cette charmante demoiselle enterre sa vie de jeune fille avec ses copines : elle nous a gentiment demandé de faire des photos sur notre trampoline!

    La SNSM fait une opération  « porte-ouvertes »

    Arthur à la barre du canot de sauvetage

    et assure l’entrainement de ses volontaires

    Un concours de pêche a lieu : c’est peut-être lui le gagnant, qui remorque ce très gros requin.

    Nous aurons aussi le temps de faire la rencontre de cette famille qui vit à bord de son catamaran, un Bahia 46, à St-Pierre depuis 4 ans, Greg, Morgane, et leurs 2 enfants Malo et Lou qui ont exactement l’âge d’Arthur et Anna.

    Greg et Malo

    Quelques années à terre les attendent, mais ils repartiront un jour, comme tous ceux qui ont pris le virus du voyage à la voile.

    Bye-bye Réunion, une très belle escale, comme toujours émaillée de rencontres, et qui compte parmi celles que nous reviendrons visiter un jour, par la mer ou par les airs.

    La Réunion, Maurice, St-Brandon : ces perles des Mascareignes nous ont offert un séjour de 2 mois d’une incroyable diversité, de cultures, de paysages, de saveurs. Nous aurions aussi aimé faitre escale à Rodriques, la plus créole de toutes les îles des Mascareignes, que nous connaissons bien pour y avoir séjourné plusieurs fois. Une prochaine fois ;-).

  • Escale aux Mascareignes / 2 : Saint-Brandon

    Escale aux Mascareignes / 2 : Saint-Brandon

    St-Brandon fait rêver beaucoup de Mauriciens :

    la plage de Chaloupe

    des plages de carte postale, un archipel d’îlots poissonneux distant de 240NM de l’île Maurice. Mais les vents sont rarement portant, au mieux travers à l’aller comme au retour, et bien souvent contre le vent et le courant, rendant les traversées souvent inconfortables. Si bien que les récits de traversées mouvementées sont nombreux, et que beaucoup se découragent d’ affronter l’Océan Indien hors des lagons protégés.

    L’avantage est que la destination est encore très préservée, la pêche y est très bonne, et les plages désertes. Les amateurs de kitesurf, de pêche et de plongée se régalent….

    Arnaud et Laetitia

    C’est le cas de nos amis Arnaud et Laetitia, que nous avons embarqués avec nous à Maurice.
    Quand Arnaud habitait, enfant à l’île de la Réunion, il entendait son père, son frère, et leurs amis vanter St-Brandon, sans jamais avoir pu faire partie de l’équipage. Alors voilà, Arnaud, pour tes 50 ans, nous t’emmenons à St-Brandon!

    Je suis tout autant emballée, et pour les mêmes raisons : Loïc a pu y aller à deux reprises avec notre ancien voilier, Nomade, et je n’ai jamais pu faire partie du voyage non plus. Alors merci Loïc, de m’emmener découvrir ce petit paradis.

    Bénédicte et Loïc

    Avec Moby, nous avalons facilement les 240NM de trajet, et jetons l’ancre devant l’ilot Coco à 19h, après avoir quitté Port Louis à 15h la veille.

    Arnaud et Laeti prennent leurs marques sur Moby : nous avons la chance d’avoir à bord des amis qui naviguent beaucoup en Bretagne sur leur Fist 31.7. Le compteur sur Moby annonce 30 000 NM de puis notre départ de La Grande Motte il y a 20 mois. 

    Nous ne sommes pas seuls : outre les pêcheurs de Raphaël Fishing, il y a un autre catamaran,Cheers, qui repart le lendemain.

    Ca n’est donc pas la foule à St-Brandon, et pourtant, nous sommes en pleine saison. Les mi-saisons sont en effet les meilleurs périodes : l’été reste toujours périlleux avec les dépressions tropicales et cyclones, l’hiver a l’inconvénient d’offrir un alizé souvent très musclé et une mer grosse, rendant pénibles les traversées. Octobre/novembre et avril/mai sont donc les 2 meilleurs fenêtres.

    Pendant la traversée, la pêche a été très active, mais pas fructueuse : nous aurons de nombreuses touches, et ferrons une bonite et une superbe dorade, qui toutes deux se décrocheront à la remontée à bord. Le poisson a sa chance, et c’est aussi bien comme ça! Il faut dire que nous n’avons pas de véritable gaffe à bord, un objet à rajouter sans doute sur la liste de courses, qui élèverait grandement notre rendement.

    Au petit matin, nous savourons le premier petit dèj,

    et découvrons le paysage.

    Impatients, Arnaud et Loïc partent très vite chercher des langoustes, la valeur sûre de St-Brandon! En 2 heures de pêche ils nous rapportent 7 ou 8 jolis spécimens.La technique du bord pour les conserver sans prendre trop de place dans le frigo, c’est de les ébouillanter une minute, puis de les décortiquer : ensuite, il est facile de les cuisiner : poêlés, en carpaccio, en salade, en sauce, en cari….

    Il nous tarde de descendre à terre

    : la plage est sublime, le sable a l’air très fin, et le spot super pour le kite. Après la séance de pêche du matin, les 2h d’école réglementaires, et un rapide picnic, nous descendons gréer le matos
    : nous aurons à l’eau en permanence 2 kites et 1 windsurf, à partager entre 4 adultes et un ado!

    Ca tombe bien, tout le monde est polyvalent : windsurf, kitesurf , twin-tip ou directionnelle … Seul Victor n’est pas encore autonome en kitesurf, et préfère se consacrer à ses progrès en planche. 

    Anna na pas le droit de se baigner, la pauvre, avant d’avoir ôté les fils de sa suture d’ici  8 jours. 

    Arthur court après Arnaud le long de la plage… qui est le plus rapide?

    Tout le monde se régale sur l’eau :

    Arnaud en Kite, et moi en planche
    Loïc emmène Arthur faire un tour 
    Loïc
    Laetitia prend le relai d’Arnaud

    Après 2 bonnes heures de nav, nous laissons les garçons sur l’eau et partons entre filles explorer Coco : 

     

    Nous découvrons de très beaux oiseaux blancs, les fameuses goëlettes blanches de St-Brandon

    (White stern en anglais, ou Gygis Alba) qui nichent dans les arbustes, essentiellement des veloutiers.C’est d’ailleurs la pleine période de nidification aussi somme-nous attentifs à ne pas déranger leurs nids et leurs oisillons. 

    Impossible de se lasser de leur vol si particulier, vif, agile, mais aussi souvent stationnaire. 

    Aux deux extrémités de l’île, des bancs de sable

    et de l’autre côté,

    nous découvrons des sternes grises, elles aussi en pleine couvaison de leurs oisillons. 

    Le matin Loïc emmène nos amis pêcher et plonger pendant que je fais travailler les enfants : pas question de prendre trop de retard sur le programme si nous voulons prendre des vacances à Noël. 2/3h d’école par jour c’est peu, mais en s’y tenant 7j/7j, sans vacances ni week-end, c’est un rythme qui nous convient bien à tous, élèves et parents/professeurs : c’est rythmé, régulier, et cela nous laisse du temps pour partager de nombreuses activités en famille.

    la pêche du jour

    L’après-midi ressemble à celui de la veille :  déchargement sur la plage des planche, kitesurf, windsurf, rekisteurf, skim board…

    les amateurs de glisse que nous sommes tous se régalent!

    Il semble aussi que la qualité du sable soit au TOP pour les boules et les chateaux de sable

    Ce soir

    c’est cari de langouste! fameux!

    Les journées se suivent et se ressemblent un peu…à la variante près que à J+3, personne n’ira chercher de langouste, nous en mangeons depuis 2 jours, il est temps de faire un break!

    Nous avons un nouveau voisin : Dominic est arrivé la veille avec son fils et 2 amis, pour kitesurfer et, pêcher.

    Ce matin, deux tortues nous régalent d’un ballet : sans doute une parade nuptiale, un accouplement, car elles se tournent autour de puis quelques minutes.

    Arnaud, Loïc et Laeti partent faire un petit coup de traine dans le lagon 

    Puis nous continuons à nous régaler des sports de glisse

    Laetitia

    Arnaud  lance quelques sauts . 

    Arnaud et Laeti ont plaisir à naviguer côte à côte. 

    Et nous aussi!

    Loïc en kitesurf, et moi en planche
    Loïc
    Bénédicte

    L’eau est glassy près de la plage, le vent parfaitement orienté, c’est un régal de glisse!

    Arthur en skim

     Quelle journée! Quelle famille heureuse!

    Tôt le lendemain matin, nous changeons de mouillage, pour aller au nord  de l’archipel à l’île Tortue.

    Nous passons devant l’île Rafaël,

    siège des garde-côte et base de pêcheurs de Raphaël Fishing. Nous nous serions bien arrêtés pour rendre visite aux « habitants », mais le mouillage est agité, et les fonds peu engageants, bourrés de corail.

    Les garde-côtes nous contactent par VHF pour vérifier notre permis de séjour, bien en règle :Nous en avons fait la demande à Port-Louis au tout début de notre séjour mauricien. Il faut se rendre sur place, au bureau de l’OIDC :  Outer Island Developpment Company, faire une demande, s’acquitter des droits de passage (5 000 RS par personne, à payer cash). La réponse, positive, est arrivée 10 jours plus tard.

    Il se dit que seules 200 autorisations par an sont données aux non-mauriciens. Pour les mauriciens, l’accès y est libre.

    L’îlot Tortue! Nous y sommes : 2 aller-retour en annexe pour amener planches et gréements à terre.

    Le spot est encore plus sauvage que Cocos : un seul petit ilot de sable, une végétation très rase, pas un seul arbre, et des milliers d’oiseaux.

    L’îlot est au milieu d’un lagon, entouré de récifs,

    prolongé par une autre virgule de sable

    Le cadre est idyllique, nous sommes le seul bateau à l’horizon, et ne côtoyons plus que des sternes. Les enfants nous réclamaient un feu de camp depuis longtemps, je crois que nous avons le spot idéal!

    Nous partons récolter du bois pour le feu de ce soir. Le menu est déjà en tête : brochette de poissons. Nous avons en effet ramené un « Tuna Macquerel » , sorte de bonite allongée; Sa chair n’est pas très prisée, mais j’ai des recettes de marinades qui conviennent bien :

    • marinade méditerranéenne : jus de citron + ail + huile d’olive + herbes de provence (idéalement thym et romarin frais)
    • marinade asiatique  : sauce soja + ail + gingembre+ huile d’olive
    • marinade sucré-salé : sauce soja + moutarde + miel + ail

    J’avais mis au point ces marinades lors de nos période de faste pêche à Maurice au début du siècle. Car si nous pêchions beaucoup de poissons à chair fine (thon « yellow fin » , thon dent de chien, daurade coryphène), nous ramenions aussi pas mal de bonites et de carangues dont les chairs gagnent à être accommodées. Dans la pratique, pour les petits frigos des bateaux : préparer la marinade directement dans un sac congélation zippé, y mettre les filets de poissons coupés dans la longueur tels des aiguillettes de volaille, puis fermer le tout sous vide, et mettre au frais dans le bac à légumes. Quelques heures plus tard, ne reste qu’à les enfiler, sur la plage, sur des piques à brochette.

    Là aussi les oiseaux couvent,

    Si les sternes grises font des nids, les blanches se contentent de poser leur oeuf entre 2 branches. Les petits se cramponnent à la naissance.

    Le paysage appelle à la méditation.

    Et au kite surf!Le spot est parfait : le vent n’est pas arrêté par le banc de sable étroit de la plage, et la mer est lisse sous nos pieds

    Victor et Laeti se relaient avec la planche

    Victor
    Laetitia

    Arthur  a trouvé un super spot de skimboard

    Il n’a pas peur des chutes!

    Et c’est comme ca qu’on progresse!

    Loïc et Arnaud partent faire le tour de l’îlot, et se retrouvent à naviguer dans une nuée d’oiseaux

    Le vent baisse, et devient un peu léger pour les garçons Pendant qu’ils font la pause, c’est donc à notre tour, Laeti et moi d’aller sur l’eau!

    Laetitia
    Laetitia

    Cela faisait 6 ans que je n’avais pas fait de kitesurf : idem pour Laetitia, qui reprend après quelques années d’interruption. La bonne nouvelle c’est que ca ne s’oublie pas, c’est comme le vélo!

    Le plaisir de glisse est jubilatoire! Le cadre est grandiose, je mesure ma chance d’évoluer sur l’eau et dans les airs dans un tel environnement.

    Give me 5! Pendent ce temps, les enfants préparent notre camp pour le soir : collecte du bois, décoration, installation de sièges,

    sous les yeux des sternes qui rapportent à manger à leurs petits

    Les petits attendent sagement….. Et d’autres parents couvent

    En fin de journée, nous partons faire le tour l’île.

    Tous ces plastique et ces déchets, c’est bien triste; c’est le sort de tous les îlots isolés que nous visitons.

    à 18h, fin de journée, la bière est bien méritée après cet après-midi de glisse, le feu ronronne,les enfants sont comblés, 

    et à 19h, les brochettes sont délicatement dorées

    Le lendemain, Arnaud installe la gopro sur le casque, pour faire quelques films.

    Loïc sort aussi son drone .

    C’est de nouveau parti pour une journée de glisse. Nous sommes gâtés par la météo depuis quelques jours : du vent, et du soleil.

    Première session du matin pour Arnaud et Laerti : croisement réussi!

    Victor prend sa pause-récré entre 2 évaluations du CNED.

    Pour changer du poisson, ce midi, ca sera salade d’ourites, et ce soir, cari de langouste! Je m’inspire pour cela du légendaire ragout de homard de l’île de Sein, dont le café «Chez Brigitte » garde jalousement la recette ancestrale. Ici, je le prépare à ma manière : des darnes de langoustes, pas trop cuites, mais surtout une merveilleuse sauce épicée, aux saveurs iodées de retour des Indes, teintée d’aromates européens, qui nappent des pommes de terres fondantes. Car au final, le meilleur dans le cari de langouste, c’est la sauce!

    En fin de matinée, nous prenons la mer direction Coco où nous dormirons, avant de remonter le lendemain matin sur Chaloupe, distante de quelques milles seulement.

    Pas question de rentrer de nuit à Chaloupe, de plus avec la houle actuelle.

    Tôt le matin, nous rebroussons chemin, direction Chaloupe, célèbre pour la douceur de son sable. C’est un pur ilot de sable étincelant 

    et d’une finesse telle qu’on s’y enfonce jusqu’à la cheville!
    Nous n’aurions pas voulu manquer cette expérience.

     

    Du sable, presque à perte de vue!

    Difficile de courir en effet!

    Sur ce sable blanc, le turquoise est grand gagnant.

    On y trouve tout : un bloc de corail, mais aussi des déchets échoués, que les oiseaux utilisent pour fair leur nid, protéger leurs petits, sur un ilot exempt de végétation.

    Un petit rafraîchissement s’impose. 1, 2, 3, GO!

    PLOUF!Les enfants s’amusent de la texture du sable

    Anna s’accommode toujours de son pansement étanche qui lui permet non pas de se baigner, mais au moins d’éviter le sable et les embruns qui entacheraient le processus de cicatrisation.

    Est-ce un masque maori? De la calligraphie japonaise? ou un tigre stylisé?

    devinette…

    Tout simplement l’ombre du drone et des vaguelettes dans quelques centimètres d’eau.

    La houle est toujours forte, et ne nous permet pas de dormir à Chaloupe. Dominic, qui a dormi là hier soir, fait le meme constat et quitte les lieux pour se mettre à l’abri plus au fond du lagon.

    En sortant par la passe, Victor repère une magnifique vague, qu’il se verrait bien surfer.

    Bye-byre Chaloupe!

    Nous mettons cap sur l’île du Sud, que nous n’avons pas encore explorée.C’est là que 2 campements assez sommaires ont été construits il y a quelques années pour accueillir pêcheurs à la mouche, amoureux de la nature ou ornithologues.

    A terre, nous croisons les 3 garde-côtes installés là pour 4 mois, quelques pêcheurs, et remontons cette allée incongrue : l’artère principale de l’île qui la coupe en 2.
    Finalement, nous décidons d’appareiller le soir-même, après dîner, car nous avons 360NM à parcourir pour rallier la Réunion, notre prochaine étape.
    Des calmes sont attendus dans les jours qui viennent, suivis de forts vents de Sud-est, ce qui  nous fait avancer notre départ de 24H.

    une intrigante et grosse épave en plein lagon à l’île du Sud

    Nous avons tous fait le plein de turquoise, de bruits d’oiseaux, de nature sauvage, de sensations de glisse, de sable nacré, de langouste, et d’isolement. La Réunion nous attire aussi beaucoup, il nous tarde d’aller randonner dans ses forêt tropicales d’altitude.

    Cela nous prend à peine une petite heure de préparer Moby : ranger le matos de glisse de la semaine, remonter l’annexe, préparer les voiles, mettre un peu d’ordre à l’intérieur, fermer les capots, descendre la table du cockpit en tatami, préparer un repas rapide.

    Ce sont les filles qui prennent le premier quart de nuit : quand on est 4 adultes, quel confort de se partager la nuit en 4 et non en 2!

    A très vite pour la suite!

  • Escale aux Mascareignes /1 : l’île Maurice

    Escale aux Mascareignes /1 : l’île Maurice

    L’île Maurice est une escale chère à notre coeur, nous y avons vécu près de 11 ans en famille et Loïc 4 ans de plus. Victor y est né. Nous avons habité aux quatre coins de l’île : Grand Gaube et Grand baie au Nord, à Poste Lafayette dans l’Est, Tamarin dans le sud pour Loïc; nous y avons des amis, des souvenirs, et y avons été très heureux.

    Alors quand à l’aube de ce matin de septembre, nous apercevons sur l’horizon les îlots du Nord de Maurice, l’émotion nous tient. Ce furent tout d’abord l’île Ronde (qui n’est pas ronde mais qui a des boas!) et l’île aux Serpents (où il n’y a pas de serpent…), que nous avons souvent longées lors de nos parties de pêche. Puis l’île Plate (qui est loin d’être plate!!) et le plus discret îlot Grabriel, qui accueillent sur leur plages des centaines de touristes chaque jour. Enfin le si picturesque Coin de Mire, où nous sommes si souvent allés faire du snorkeling, se dessinent à l’horizon.

    Bientôt, ce sont les crêtes dentelées de l’île Maurice qui se dessinent, et la côte, que nous abordons par le nord. A l’approche de Cap Malheureux, un bateau vient à notre rencontre : c’est Tobago, notre ancien bateau à moteur dont Yann et Elodie sont les heureux propriétaire depuis plus de 10 ans  ! Les larmes pointent au coin de mes yeux, mes copines Elo, Val et Valérie ont fait plusieurs milles en mer à 7h du matin pour venir à notre rencontre! Chapeau les filles. Nous sommes toutes les 4 hilares, quel accueil! Une arrivée par la mer ne peut se comparer à aucune autre : le temps se dilue, s’étire, l’arrivée se savoure, les paysages ne défilent pas mais s’affinent de minutes en minutes, c’est un bonheur lent et intense. Et cette arrivée à l’île Maurice aura une saveur pour nous inoubliable.

    La côte, découpée se dessine de mieux en mieux dans le ciel, j’avais oublié combien cette île est photogénique, avec ses lagons, sa côte et ses montagnes si escarpées en arrière plan.
    Nous préparons le bateau tout en nous délectant du paysage.

    L’arrivée  à Port-Louis est moins glamour, avec ces innombrables bateaux de pêche chinois.Maurice a en effet bradé des droits de pêches aux chinois, qui sur-pêchent en toute légalité les eaux mauriciennes, sans que le pays en récolte beaucoup d’avantages.

    Nous longeons le terminal sucrier,

    puis le CNOI, chantier de notre copain Franck.  Nous apercevons la Curieuse à quai que les TAAF affrètent la moitié de l’année pour ravitailler Les Kerguelen, et qui le reste du temps emmène des passagers à St-Brandon ou ailleurs…

    un peu plus loin, un méga-yacht attire notre attention.

    C’est un sloop, et son mat est immense!

    Il s’agit d’Anatta, que nous avons vu dans le magazine Yachting Wold!

    La silhouette de Port-Louis n’a pas changé d’un pouce.

     

    Les centres commerciaux du Caudan et de l’Astrolabe en premier plan, le silo toujours aussi magnifiquement décrépi, les buildings au fond et les collines pelées par l’érosion en arrière plan

    Nous faisons nos formalités au quai de la douane, puis irons passer 48h à quai, au Caudan.
    Nous hissons fièrement notre drapeau mauricien!

    Sans être une marina, (il n’y a pratiquement aucun service…), c’est tout de même un endroit très sympa pour prendre la mesure de cette île aux multiples facettes.

    la rue du Caudan

    Le food court du Caudan offre la grande variété des cuisines mauriciennes : grillades créoles, mines frites, thali indiens, dim-sum chinois, patisseries françaises, smoothies de fruits frais tropicaux….

    dim-sum en bouillon

    Puis derrière la route, c’est le centre ville, où l’on trouve encore une autre variété de street food : les faratas et rotis  (petites crêpes indiennes fourrées au cari), les lassis, les samoussas….  Nous ne prendrons pas le temps de flâner dans Port Louis cette fois-ci, mais la cité administrative mérite qu’on s’y balade quelques heures :  le jardin de la Compagnie, l’ambiance animées de son marché aux légumes, aux poissons et à l’artisanat, le front de mer entre le Caudan et l’Astrolabe, son petit musée d’histoire naturelle, le palais présidentiel, le vieux théâtre…

    Le soir même, les copains débarquent avec le kit parfait de l’apéro dinatoire! La marmaille est là au grand complet, et Victor retrouve ses copains d’enfance, avec qui nous avons gardé contact au long des années.Hugo, Victor, Ethan et Paul se connaissent depuis le jardin d’enfants, quand ils avaient à peine 2 ans, et les voilà ados, toujours complices!

    Anna se fait une nouvelle copine avec la petite soeur d’Hugo, elle deviendront inséparables pendant ce séjour d’un mois!

    Merci les copines d’avoir organisé ce bon moment de retrouvailles. 

    Le lendemain, c’est la rentrée officielle sur Moby! Nous avons récupéré hier les cours du CNED de Victor, et les manuels de français et de maths d’Anna et Arthur.

    Anna est en CP cette année, et commence à déchiffrer les sons simples.

    Après quelques courses en ville, nous mettons le cap sur Grand Baie, le mouillage incontournable de l’île Maurice, où se trouve aussi le « Grand Bay Yacht Club-GBYC », qui vient de fêter ses 75 ans . Mais ce que nous cherchons des yeux en arrivant c’est « Nomade », notre ancien voilier, que nous avions acheté en Thaïlande et convoyé tous les deux à Maurice en 2005. Séquence émotions, le « Copain d’abord », ancêtre des « Lévrier de mer » n’a pas pris une ride,

    et sa peinture de coque, d’un gris silver est toujours aussi brillante 12 ans plus tard! A quelques encablures de là, sur la côte, notre ancienne maison, où nous avons vécu 3 ans.

    Ce soir, nous mouillerons devant le GBYC, et nous replongerons avec plaisir dans notre vie mauricienne. Pipo, le commodore du GBYC, nous prépare une carte de membre temporaire : nous voilà tout fiers de hisser le drapeau officiel GBYC dont nous avons longtemps été membres.

    Hugo, l’un des copains de Victor, qui habite à 2 pas, reste dormir.

    Nous sommes conviés demain dimanche à un pic-inc à Cap Malheureux. La passe n’est pas évidente, Yann, le papa d’Hugo monte à bord pour nous guider.   Mathis et Alberto arrivent en éclaireurs

    Nous y voilà, à Cap Malheureux, village côtier célèbre par sa pittoresque église au toit rouge. C’est la même bande que vendredi soir, nous passons une super journée : dans l’eau, sur l’eau;

    à terre,

    Les enfants ont investi Moby, nous ne les verrons à peine de la journée, ils font des aller-retour en SUP ou à la nage, naviguent en laser, ou prennent les annexes ou les kayaks pour se balader. 

    En fin de journée, Nico vient nous saluer en voisin avec sa pirogue hawaïenne à voile. C’est lui  nous a initié au kitesurf en 2001, seul instructeur de l’île, à l’époque où ce sport était encore à ses tout débuts.

    Puis c’est au tour de Guillaume de venir nous voir avec sa pirogue polynésienne à rame.

    Le lendemain, direction, Bainboeuf, dans la baie d’à-côté, où nous dînons chez Stephanie et Guillaume, avec Nico et Andrea. Nous naviguons ces quelques milles à la voiles, Arthur, Victor et son copain Hugo nous suivent avec l’annexe.

    La vue sur le Coin de Mire est magique. Les belles maisons défilent, nous sommes dans les quartiers chics du nord mauricien.

    Les catamarans de charter rentrent des îles dans le soleil rasant.

    Le spot de bainboeuf est super pour le windsurf.

    Anna s’est installée sur le rouf pour me peindre ce Coin de Mire si photogénique.

    De retour à Grand Baie, nous avons la visite d’Ancheley, notre toute première employée de maison, qui est restée travailler chez nous plus de 10 ans malgré nos déménagements successifs. Elle fut surtout la nounou de Victor à Maurice, sa « nénène » come on dit ici en créole. Ancheley est visiblement très émue de revoir ce grand jeune homme. Je le suis tout autant : c’est Ancheley qui m’a appris les quelques mots de créole que je connais, à cuisiner créole, m’a accompagné dans les marchés, et s’est occupée de ma maison et de mes enfants pendant 10 ans!

    Autre visite, programmée, celle de Steph, ma copine coiffeuse à domicile : c’était pour elle une grande première de venir travailler sur un bateau!! Victor,Arthur et moi ressortons tout beaux, et Steph, même pas malade!

    La semaine est un défilé d’amis, comme ici Patrick, venu en bateau prendre un petit café à bord.

    Mais le week-end prochain, c’est une autre affaire : nous partons en navigation tandem avec un autre cata  : nous sommes  23 en tout (11 adultes et 12 enfants) sur 2 bateaux!!!

    Notre équipage arrive!

    Nous partons cap au sud vers Rivière Noire et Tamarin pour le week-end.Nous longeons la côte Ouest, sous le vent.

    La Navigation est idyllique : mer plate et alizé.

    La côte défile sous nos yeux

    Le phare d’Albion

    Nous accueillons à bord la moitié de la marmaille , en particulier les copains et copines de Victor : 7 ados de 12 à 14 ans!

    Le domaine sucrier de Médine,

    Les garçons scrutent le DCP à la recherche de poissons en surface…

    Gwenn, relax

    Loïc et Marc à la nav’

    Arrivés à Tamarin : les enfants s’interrogent : est-ce qu’il y a des vagues?!

    Gwen au pompage des SUP : tout les enfants vont sur l’eau prendre les vagues en surf, SUP, bodyboards….!

    Visite de Fred, le copain de surf de Loïc, qui vient en voisin, depuis la plage de Tamarin

    Les tortues montrent leur nez,

    le soir, les garçons dorment tous sur le tatami, dans le cockpit

    Le lendemain, cap sur le lagon du Morne,

    la marmaille
    la marmaille
    les copains

    pour un plouf en aux turquoises.

    Valérie
    Claire et Marc

    Nous naviguons de concert, bord à bord sur quelques milles, avant de  nous arrêter pour nous baigner. et faisons encore une fois le plein de copains

    les copains
    la marmaille

    Dimanche après-midi, il est temps de remonter vers le Nord, en longeant la côte Ouest toujours, direction  grand Baie.les garçons montent à bord du Catana.

    Nous avons les plus jeunes à bord de Moby : les deux Anna, Charlie et Arthur ont entre 5 et 8 ans, coachés par les plus grandes : Anaïs,  et nos deux Clara ont organisé un atelier dessin/peinture.

    Bye-Bye le Morne

    Bye-Bye Tamarin

    puis en chemin, les dauphins nous accompagnent

    Les jolies maisons défilent sur la côte,

    le phare d’Albion.La nav’ est sympa, 

    A bientôt les amis.

    Nous voilà de retour à Grand Baie!

    Mais sur un goût de trop peu, nous repartons le lendemain pour Rivière Noire et Tamarin. Voilà les paysages en chemin. 

    Nous voilà arrivés dans le sud.

    Moby au mouillage de vant la plage de tamarin

    Les lumières sont parfois à couper le souffle,

     

     

    coucher de soleil depuis la plage de Tamarin

     

    Le spot de surf de Tamarin est idéal en famille, il y en a pour tous les niveaux, et nous voulons tous en profiter tant que la houle est bonne. Je pars en SUP prendre les mousses sur la plage avec Anna, pendant que les garçons vont sur le spot de Dal. Celui de Blackstone, souvent excellent en SUP surf,  n’est pas praticable ce matin.

    sur le spot de Blackstone, pas une vague
    le spot de Blackstone vu du ciel

    Victor est rejoint par Victoria, la fille de nos amis Fred et Esmeralda. Cet après-midi, la vague sur Dal est belle mais petite, et donc fréquenté par les ados : Victor, Victoria et ses amis du collège.

    Nous restons une semaine entre Tamarin

    et Rivière Noire,

    Devant les Salines de Rivière Noire

    des escales peu fréquentées par les bateaux de passage et c’est bien dommage. Le Sud de l’île est plein d’attraits : les spots de surf, de Tamarin en particulier, les spots de kitesurf du Morne, mais surtout la nature sauvage des Gorges de Rivière noire, les rivières, cascades et forêts du sud etc…

    Pendant toute la semaine, nous recevrons à bord bord de nombreux amis et anciens collègues de Loïc tous pilotes chez Air Mauritius, en plein crise avec leur management.Alors les questions tournent autour de notre voyage bien sûr, mais aussi des rapports conflictuels entretenus entre la direction et les pilotes. François et son épouse, Christophe, mais aussi d’autres amis  :  Dominique, le frère de Christophe, que nous reverrons à St-Brandon, Jean-Jacques, J-C et Eric tous 3 kitesurfers, Jean-Luc et Catherine, amis d’amis.

    L’apéro avec Jean-Luc et Catherine
    Loïc avec Eric
    les bateaux équipés de moteurs jet de François

    Nous sommes aussi invités à terre, chez Fred et Esmeralda, chez Didier et Ingrid.

    Nous nous régalons des lumières du soir en particulier sur les montagnes de Tamarin.

    Nous profitons aussi de cette escale pour savourer nos plats préférés, comme la salade d’ourite (poulpe bouilli, découpé en petits morceaux, puis assaisonné de coriandre, gingembre et limon confit), en principe, spécialité rodrigaise.

    Une curiosité, ce semi-rigide amphibie, classe, non?

    Rivière Noire est un bon spot également, bien abrité, qui nous permet de passer de bonnes nuits à bord sur corps-mort. 

    Dominique nous propose de passer une nuit au ponton de JPH à la Balise Marina. Une infrastructure unique à Maurice. De nombreux bateaux sont amarrés devant les appartements,

    et Rivière Noire est devenue la base de nombreux catamarans de croisière, privés et Charter.

    la balise Marina vue du ciel

    Nous accueillons à bord pour le week-end Elodie, ses 3 enfants Hugo, Lola et Anna, ainsi que Paul un autre ami de Victor. Elodie est elle-même « enfant de bateau », elle a passé une année de son enfance en voyage en bateau autour de l’Atlantique avec ses parents, et comprend mieux que quiconque notre choix d’escapade.

    Nos enfants sont très heureux de recevoir des amis sur Moby. Victor part naviguer en planche dans le lagon du Morne avec Hugo et Paul, les kitesurfers Pendant ce temps Elo et moi partons explorer les rivages de l’îlot Coco.

    Le soir c’est ambiance Casino à bord : Blackjack, poker…

    Le lendemain matin, nous rentrons à Tamarin, cette petite nav’ est l’occasion de montrer à Hugo, Paul et Lola quelques manoeuvres, du matelotage, les winchs. Et au retour, les dauphins nous accueillent dans la baie : ce groupe de dauphins sédentaires est une véritable mine d’or pour l’industrie du tourisme.

    Elodie et moi partons explorer la rivière : le premier bras est assez court et ne nous permet que de remonter jusqu’au pont;

    Le second va jusqu’au Golf de Tamarina, à travers une nature encore préservée et bucolique.

    Le dimanche après-midi, la plage de Tamarin s’anime

    En fin de journée, nous avons la visite d’Olivier et Lara avec leurs enfants.

    Victor explique aux filles notre périple en particulier notre traversée du Pacifique via les iles Galapagos, Marquises, Tuamotu, iles sous le vent etc…. J’avait réalisé un bel album photo papier pour la famille, et nous en avons gardé un à bord : pratique pour raconter nos escales aux invités, ou tout simplement pour se remémorer les meilleurs moments, les bateaux-copains…

    Décidés à faire le tour de l’île, nous appareillons à l’aube un matin,  cap sur Mahébourg.

    bye bye Tamarin , Rivière Noire et le Morne,

    Il nous faut contourner le Morne Brabant,

    le Morne au petit matin

    puis longer la côte sud : le domaine sucrier St-Aubin, la côte découpée de roches volcaniques acérée,

    les souffleurs qui crachent leur écume, les filaos battus et couchés par les vents

    Les montagnes du Sud-Est apparaissent, puis l’aéroport de Plaisance devant lequel jouent les dériveurs des hôtels de Blue Bay.

    Arthur, un peu barbouillé prend son petit dèj dans le cockpit au chaud dans sa couverture polaire : le Pacha!

    L’ile aux Aigrettes en premier plan,

    Nous longeons la Pointe Desny,

    puis arrivons en vue la passe

    L’ile de la Passe

    puis de l’îlot Fouquet avec son ancien phare.

     

    Pour entrer dans le lagon jusqu’à la ville de Mahébourg, c’est assez simple, mais pour pousser plus loin, il vaut mieux connaitre. Nous sommes guidé par Jérôme, qui nous fait zigzaguer entre les bancs de corail

    La plage de la Pointe Desny

    Nous passons devant le yacht club de Pointe Desny. Plus tard, Jean-Pierre vient nous saluer en kitefoil!
    Il y a à peine 10 noeuds de vent, et il vole sur l’eau dans un grand silence.

    Ca y est, nous voilà arrivés à destination, devant l’îlot Aigrettes. L’eau est d’une transparence turquoise remarquable.

    Moby au mouillage devant l’île aux Aigrettes

    Nous faisons le tour de l’îlot en annexe,
    et avons la surprise de retrouver au retour 2 anciens collègues de Loïc, venus prendre l’apéro au coucher du soleil. Gavin, et Anton, en escale à Maurice avec l’ A380 d’Emirates ;

    Gavin en famille prenant l’apéro sur la plage

    Loïc avec Anton et Gavin
    Anton repart avec son équipage

    Le lendemain, décollage!Le soir, nous savourons une vue sublime sur la montagne du Lion, tout en prenant un verre avec Jean-Pierre et Outi, les locaux de l’étape.

     

    Le lendemain, c’est au tour de Patrick de nous rendre une visite en paddle, puis de Damela avec son fils, sa soeur, et sa nièce très intrigués de découvrir notre style de vie. Un autre Patrick, instructeur en cabine, vient aussi sur Moby. C’est très touchant de voir tous ces collègues qui viennent prendre des nouvelles de Loïc et de notre famille.

    Après 48 heures dans le lagon de Mahébourg, nous mettons cap au Nord vers Grande Rivière Sud-Est (GRSE), toujours dans ce même grand lagon.

    Nous passons devant le yacht Club,les hôtels,

    des barques de pêcheurs matinaux,

    en empruntant un chenal à peine plus profond que notre tirant d’eau. Jean-Pierre vient nous saluer une dernière fois en kitefoil.

    en route vers GRSE
    l’élevage piscicole

    Une fois arrivés à GRSE, les enfants souhaitent aller voir la cascade! Passage obligé, les Coast -guard encore une fois viennent nous contrôler. Après quelques minutes en annexe, la voilà, rien d’extraordinaire, mais la balade est agréable, boisée, et offre à son extrémité une brumisation fort  rafraîchissante.

    Ce soir, 2 couples d’amis (Jean-Marc, Carole, Jean-François et Brinda) nous rejoignent pour 24h à bord de Moby, pour la dernière branche de notre circumnavigation de l’île : de Grande-Rivière Sud-Est à Grand Baie, en longeant la côte Est et Nord.

    Jean-François a apporté son drone : pour une fois, les photos aériennes ne sont pas de Loïc.

    Jean-Marc et Loïc hissent le gennaker. Ca y est, nous voilà en mer!

    Quelle chance, nous apercevons 2 baleines, maman et bébé, qui font surface à plusieurs reprises, ne s’approchant pas trop, mais suffisamment pour bien les distinguer.

    La côte Est offre un visage plus monotone, moins escarpé, avec ses plaines étendues, et les montagnes au loin.

    Nous apercevons de loin Poste Lafayette, cette belle plage où nous avons vécu 3 ans. Nous ne pouvons malheureusement pas nous y arrêter, le lagon est trop peu profond pour Moby.

    Je distingue derrière les haies de filaos et les maisons jumelles au toit gris ! Notre ancienne maison est habitée par nos amis Alberto et Valérie, ce qui me permettra d’y dormir un soir, nostalgie…. et de faire une longue balade sur son ruban blanc de sable et noir de roches volcaniques.

    Nous passons devant Grand Gaube, petit village de pêcheur : c’est dans cette petite maison au toit rouge que nous avons passé nos 4 premières années à Maurice, profitant au maximum du lagon venté de Grand Gaube,  pour y pratiquer windsurf et  kitesurf.

    L’occasion aussi de faire coucou de loin à Ancheley, qui fut notre employée de maison pendant 10 ans, et la nounou des enfants. Son mari Riley est pêcheur à Grand Gaube, mais surtout connu pour ses exploits lors des grandes régates de pirogues locales, en particulier celle de la St-Michel.

    Déjà les îles du nord se dessinent : l’île Plate, puis le Coin de Mire : c’est là il y a une dizaine d’années que nous avons initié Victor au snorkeling, puis à la plongée bouteille l’année de ses 10 ans, avec Ludovic de chez Emperator Diving. . La baignade y est toujours aussi agréable, le snorkeling plutôt joli

    poissons papillon
    poisson-cocher

    et le ballet des paille-en queue ne me lasse pas….

    Nous arrivons à Grand Baie,

    Brinda

    la boucle est bouclée, nous somme revenus à notre point de départ d’il y a 8 jours. Merci à tous les amis, (et j’en oublie…) qui nous ont donné un coup de pouce :

    • Elodie et Carole pour le service de lingerie,
    • Alexandre qui nous offre sa machine à pain (notre four est cassé…),
    • Jean-Marc qui nous prête sa voiture,
    • Valérie qui joue les boites postale et nous livre les cours du CNED et les manuels scolaires,
    • Claire pour le stock de feuilles de caripoulé (indispensable pour un bon cari de poulet mauricien), les copines du book club pour avoir contribué à remettre à flots ma bibliothèque de bord,
    • les Kouzoupas (ils se reconnaitront) pour leur bonne humeur et leur joie de vivre,
    • Nico pour les cours de Kite de Victor et kitefoil de Loïc,
    • Carole pour sa formidable adresse de livraison de légumes bio,
    • Gwen pour les livres de filles et les torchons ;-),
    • Elo pour les chutes de tissu qui ont fait une heureuse,  …

    Nous profitons de la voiture pour nous balader, comme ce matin à l’Aventure du Sucre, musée incontournable à Maurice, qui retrace l’histoire du pays à travers la culture sucrière.
    L’idée est originale, : l’ancienne usine de Beau Plan, a été transformée en centre d’interprétation de l’histoire de l’île. Tout au long de la visite, les enfants se passionnent tour à tour pour la découverte de l’île, ses premières tentatives de colonisation, les pirates et corsaires des mers du Sud, l’histoire des esclaves et travailleurs chinois, malais, et indiens,

    machettes anciennes
    machettes « modernes »

    son développement agricole sucrier, et surtout par le process de fabrication du sucre!

    Anna en profite pour lire quelques mots simples.

    Coupe de la canne, pressage pour obtenir le jus, filtrage, chauffage puis évaporation, cuisson, cristallisation et centrifugeuse!

    Pour ma part, je suis aussi intéressée par le process de fabrication du rhum…. Celui de l’île Maurice n’est pas aussi réputé qu’aux Antilles, mais des efforts ont été fait depuis une dizaine d’année pour créer un rhum agricole (fait partir du jus de canne) de qualité, plus parfumé que le rhum de base (fait à partir de mélasse, le résidu de production de sucre).

    La visite se termine par une dégustation des sucres! Les enfants votent pour le muscovado brun (très foncé avec des parfums de vanille et de réglisse) et le coffee crystal, sorte de bonbon-cristallisé de la taille d’un grain de café, deux créations mauriciennes.

    Autre passage obligé : le dentiste! Nous avons pris rendez-vous avec notre ami Alain, pour un check-up général des garçons de la famille. J’en suis exemptée car je suis déjà passé chez le dentiste à Nouméa…. Je flâne avec plaisir dans son jardin, Alain travail dans un cadre enchanteur, celui des jardin du chateau de Labourdonnais.

    Alain a lui aussi a navigué quelques années entre les Antilles et la Nouvelle-Calédonie, jeune dentiste nomade à l’époque . Il se remémore avec nous la Polynésie, où sont nés ses enfants, et en particulier les mouillages des Tuamotu et des îles sous le vent.

    Loïc OK, Arthur OK, Victor OK.  Même Anna qui n’a pas encore perdu ses dents de lait, fait un tour de manège sur le fauteuil électrique!

    OUF, pas une carie à l’horizon!!

    Les journées journées passent, bien remplies : école le matin, courses et bricolages l’après-midi.

    Le mouillage devant GBYC

    Les soirées se succèdent, animées, avec les amis qui passent.

    Là une belle brochette de pilotes  : Isabelle et Patrick, Eric, Jean-Marc et Carole, Shehzaan.

    Et de copines : je suis entourée de Carole et des mes anciennes voisines Isabelle et Sophie.

    AU GBYC, Loïc renoue avec beaucoup d’anciens collègues : Dominique, Patrick, Pipo, John, André… ..

    Nous croisons aussi d’autres amis en mer; comme Justine et Hubert à bord de leur voilier, Jean-Louis et Nicole, des Réunionnais de passage à Maurice, sur Moukathaï,

    Nous préparons aussi notre intervention au Grand Baie Yacht Club : nous avons convié nos amis et les membres du Club à un apéro-conférence-photos de notre périple. C’est la première fois que nous prenons la parole en public à ce sujet, et nous réjouissons à l’avance de ce partage.

    Pour nous mettre en jambes, Laetitia m’a proposé d’inviter Anna et Arthur dans la classe de ses garçons Erwan et Alec, CP et CE2 à l’Ecole du Nord, afin de présenter notre voyage.

    Erwan et Alec

    Je découvre Arthur étonnamment à l’aise pour prendre la parole et très précis dans ses explications. Les enfants ont plein de questions : Quel animaux rencontrés? Qui fait l’école à bord? Est-ce que vous avez rencontré des pirates?  Qu’est-ce que vous mangez? Comment faites-vous les courses? Est-ce que l’école vous manque? Est-ce que vous êtes heureux de vivre sur un bateau, ou est-ce que vous préférez la vie à la maison? Comment vous pilotez le bateau la nuit?

    Nous savourons ces derniers jours à Grand baie, en particulier les soirées qui sont douces.

    le GBYC le soir
    la plage de la Cuvette

    Mercredi soir au Grand bay Yacht Club, plus de 70 amis et connaissances ont fait le déplacement pour nos écouter et échanger.

    Nous passons un très bon moment à répondre à leurs questions devant un verre de vin et des grillades.

    Merci à Pipo , commodore du GBYC pour son organistion au top. Leur seul bémol sera la chute d’Anna. Elle s’ouvre le menton, et je dois passer la soirée avec elle à la Clinique Darné, de Curepipe; un lieu que je nous connaissons bien car c’est là qu’est né Victor, il y a bientôt 14 ans!!

    Loïc reste au Yacht Club s’occuper de nos invités : simples curieux, marins aguerris, candidats au voyage, amis admiratifs, tous ont mille questions.

    Anna et moi sommes de retour vers minuit après 2 grosses heures de route, une heure d’attente et une heure de soins. IL faudra 11 points de sutures pour la demoiselle! La récompense : les lumières de Cure-Pipe et Floréal : ce soir c’est Divali, fête des lumières des Indous, et les maisons sont joliment éclairées.

    Merci à Gwen de m’avoir servi de chauffeur et aux copines qui m’ont attendue jusqu’à cette heure tardive pour me dire adieu. Nous partons en effet demain matin pour St-Brandon, avec Arnaud et Laetitia, nos amis tout juste arrivés de France le matin même, qui vont naviguer près de 3 semaines avec nous.

    Quelques minutes avant d’appareiller pour Port-Louis, Victor pose devant l’ancien catamaran de Bébert : c’est sur ce bateau qu’il a fait sa première sortie en mer, il avait tout juste 1 mois!

    Décidément, ce séjour d’un mois aura rallumé de merveilleux souvenirs, tissé  des échanges, et remplis nos yeux de paysages familiers et réconfortants qui feront toujours de l’île Maurice l’île de notre coeur.

    Nous faisons route vers Port-Louis pour les formalités et un dernier avitaillement de fruits et légumes au marché couvert.

    Arnaud qui prépare les brèdes

    Nous avons embarqué Arnaud et Laetitia pour 18 jours d’une navigation triangulaire Maurice-St-Brandon-Réunion. Arnaud voulait revoir l’île de son enfance, la Réunion, où il a vécu jusqu’à ses 15 ans;  il rêvait aussi (tout comme moi!)  de découvrir St-Brandon, dont depuis des années, ceux qui en reviennent, nous vantent ses plages de sable poudreux, ses spots de kite, et ses fonds poissonneux.

    Un dernier regard sur le Coin de Mire,

    puis sur l’île Plate

    Pigeon Rock

    dernières ombres chinoises sur les montagnes

    Nous savourons les retrouvailles avec nos amis.

    Bye-bye Maurice, cap Sur Saint-Brandon!