Catégorie : Océan Pacifique

  • Clémentine Aplati en Nouvelle-Zélande

    Clémentine Aplati en Nouvelle-Zélande

    En début d’année scolaire, Monique, l’ancienne institutrice d’Anna nous a proposé de participer à l’aventure de Clémentine Aplati :

    « Voici Clémentine Aplati !
    Dans notre classe de PS/MS, notre maîtresse (Monique) nous a raconté ses aventures : une nuit, alors qu’elle dormait profondément, le tableau qui était accroché au-dessus de son lit, est tombé et la pauvre Clémentine s’est retrouvée toute aplatie !
    C’est alors qu’elle a décidé d’en profiter pour voyager tout autour du monde en se glissant dans des enveloppes. »

    Voici le travail d’Anna :

  • Ma petite bibliothèque du bord : le Pacifique

    Ma petite bibliothèque du bord : le Pacifique

    Pour ceux qui connaissent mon addiction aux livres, le choix a été difficile : n’emporter que l’essentiel, sur un catamaran performant où les kilos superflus sont traqués….D’autant que la bibliothèque de la maison, je m’en suis rendue compte, est très bien fournie en livres maritimes, de voyage, récits de navigateurs, guides nautiques et autre romans d’aventures. Il est vrai que depuis 20 ans, les livres ont nourri notre soif de voyage et d’aventure nautique.  Comment donc faire ma sélection, le skipper étant sévère sur le poids emporté…

    1- Ma priorité, c’était de profiter de ce tour du monde pour lire et relire des ouvrages en lien direct avec les pays et océans traversés : voilà  ce que serait le coeur de ma petite bibliothèque de voyage. Littérature, récits de voyage, biographies, contes…  Pour ne pas trop me surcharger, je n‘ai pris que les ouvrages touchant au Pacifique et l’Indien. Pour l’Atlantique, je verrai plus tard à me faire expédier quelques ouvrages…. D’autant que quelques bonnes librairies jalonneront sans doute notre parcours, et que je ne manquerai pas de m’approvisionner en littérature locale ;-).

    Dans la pratique :  j’ai lu (presque) tous les livres emportés, en ai fait la lecture aussi par passages aux enfants pendant les traversées, et n’ai pas pu résister à l’envie d’en acheter quelques uns  :  Les librairies de Papeete ont été une mine, m’ont vue flâner quelques heures au milieu des rayons, et repartir avec quelques kilos de papier…

    Retour de courses à Papeete, à librairie Odyssey

    2- Concernant les livres de pure littérature, je décidai d’en emporter un nombre limité, une douzaine, puis de les échanger au fur et à mesure du voyage. J’ai aussi apporté une liseuse Kindle et une Kobo étanche avec quelques lives récents achetés, et quelques classiques téléchargés gratuitement. Pas vraiment convaincue par les livres numériques, je me suis tout de même dit que ca pourrait être pratique en cas de pénurie (plus rien à lire, un cauchemar pour moi…), et pour se faire un petit plaisir en téléchargeant une nouveauté de la rentrée littéraire!

    Dans la pratique : Les échanges de livres, ca marche très bien, aussi bien en pays francophones qu’anglophones. La qualité est inégale, mais les bonnes surprises sont souvent au rdv. Dans chaque marina, il y a un petit stock de livres en français mis à disposition pour les échanges, mais aussi dans les laveries, les sociétés de service, les restaus, hotels,  etc…. Comme à Fidji où j’ai mis la main sur une vieille édition du « Catalogue d’objets introuvables » de Carelman, livre mythique de ma jeunesse que j’ai eu beaucoup de plaisir à feuilleter avec les enfants. Ou à Cairns en Australie, où j’ai trouvé quelques livres récents d’Eric-Emmanuel Schmitt, toujours original et plaisant à lire.

    Le Catalogue des objets introuvables
    Le Catalogue des objets introuvables

    Victor s’est approprié le Kindle assez vite, car la liseuse lui a permis de télécharger les livres à étudier pour son programme de français du CNED : des ouvrages classiques pour la plupart, téléchargeables gratuitement. La liseuse nous a sauvé, car comment se procurer au beau milieu du Pacifique les livres du programme, sachant que nous n’avons reçu les cours papier du CNED que le 22 septembre, pour une rentrée qui  avait commencé le 2 septembre….grrrr, sachant que la prochaine librairie francophone sur notre route se trouverait à Nouméa, en avril de l’année d’après!!!! Nous avons aussi téléchargé à Victor quelques uns de ses livres préférés (série des Cherub).

    Ce n’est que récemment que je suis devenue accro à mon Kobo, grace à un bateau-copain qui nous a donné un fichier de plus de 10 000 livres! Beaucoup de science fiction et de thrillers sanglants que je n’apprécie guère, mais aussi de la belle littérature qui m’a permis de relire Gabriel Garcia Marquès, Romain Gary, Laurent Gaudé, Paul Auster,  Tristan Garcia, Houellebecq, Pierre Desproges etc….

    Loïc a découvert les joies du Kindle, depuis que je lui ai offert le jour de son anniversaire, dans un petit mouillage sauvage de l’île des Pins,  le tout dernier ouvrage autobiographique de Mike Birch « J’ai chevauché les Océans », téléchargé en 3mn via Amazon.

    J’ai chevauché les océans

    Une belle surprise d’anniversaire, d’autant plus quand on est à l’autre bout du monde. Il a ainsi dégusté avec plaisir l’autobiographie du marin qui fut l’un des héros de son enfance. Et depuis, il se régale de classiques à lire et relire : St-Exupéry, Hugo, Stevenson, London…

    Autre avantage de ces liseuses, elles permettent de lire la nuit sans se faire mal aux yeux, et sans déranger l’autre, sans s’éblouir les yeux, utile pendant les quarts où il est important que les yeux restent vivaces dans le noir de la nuit.

    Donc tout va bien à bord, pas de pénurie en vue!

    3- les ouvrages pratiques et utilitaires guides nautiques, culinaires, santé, dictionnaires etc….  la difficulté encore une fois c’est de faire le tri entre le l’essentiel et le superflu.

    J’ai longtemps hésité à acheté un dico, en me disant que c’était lourd, et qu’un ouvrage numérique suffirait. Mais il est tout de même important notamment pour les enfants de manipuler et feuilleter régulièrement un dictionnaire. J’en ai donc acheté un à Papeete.

    Il n’y a que 2 livres de cuisine que j’ai apporté en version papier, car ce sont aussi 2 livres à utiles à lire, 100% nautiques et bourrés d’anecdotes et de conseils pratique.

    « La cuisine des Flibustiers »de Melani Le Bris, fille du grand Michel Le Bris, fondateur du festival Etonnants Voyageurs de St-Malo : de véritables recettes des îles, via un retour aux sources historique, pimentades, boucans, et autre douceurs sont détaillés et mêlés à des récits historiques savoureux sur l’histoire de la flibuste, essentiellement antillaise.

    la cuisine des flibustiers

    « Tropiques, Archipels et Marmites », de Lise Claris-Fourcade, éditions Loisirs Nautiques. Acheté il y a une quinzaine d’années au salon nautique de Paris, ce livre m’a permis d’apprendre à cuisiner les produits tropicaux. Il est très utile, car il reprend  par destination les produits que l’on trouve dans chaque pays, ceux que l’on ne trouve pas également, les produits locaux, et la manière de les cuisiner, à la locale ou « européanisée », avec de nombreuses recettes, des conseils d’avitaillement etc….. Un peu datée, cette édition 2001, car entre temps la mondialisation a eu ses effets en particulier dans l’approvisionnement des supérettes et la variété des produits rencontrés, il reste tout de même un MUST de la bibliothèque de bord.

    Tropiques, archipels et marmites

    Pour mes autres livres de recette, il m’a été impossible de tous les prendre! J’ai donc pris le temps, avant de partir, de numériser mes meilleurs recettes, celles que j’utilise au quotidien  : mes recettes spécifiquement thermomix, mes meilleures recettes de pain, de gâteaux et de crêpes.

    Dans la pratique, je regarde mes recettes sur mon ordinateur à bord, ou sur mon ipad

    Les guides de voyage : nous n’en avons emmené très peu, et plutôt généralistes. Nous avons souhaité effectué ce grand voyage autour du monde sans guide touristique : pas de petit Futé ni de Lonely Planet à bord, pour sortir des sentiers battus et laisser la place à l’imprévu. Car les guides, à force de nous pré-mâcher le voyage, le formatent. Dans la pratique, nous nous sentons beaucoup plus libre sans cette obligation à laquelle nous conforment les guides d’aller voir tel lieu, de consommer telle attraction, ou de manger dans tel restaurant. Nous n’hésitons pas à demander conseil autour de nous, mais surtout nous ouvrons nos yeux, nous nous laissons guider par nos envies et notre instinct. Le plus souvent, il n’y a que des bonnes surprises, parfois des moins bonnes, mais c’est ce que nous sommes venus chercher lors de ce grand voyage : nous laisser surprendre par l’imprévu plutôt que de nous conformer à ce qui a été organisé.

    En pratique : Le bouche-à oreille (appelé aussi Radio-cocotier 😉 ), fonctionne très bien, et les bons mouillages et les bonnes adresses se refilent entre bateaux-copains. Quand nous descendons à terre, nous demandons souvent notre chemin ou les bonnes adresses aux populations locales, l’occasion aussi de nouer un premier contact. Nous aimons aussi flâner, nous laisser surprendre, découvrir les escales au gré de nos envies, sans prejugé. Et si nous avons besoin d’un renseignement très spécifique, à l’heure d’internet et de la démocratisation du 3G, ca n’est  pas difficile!

    Seule exception à la règle :  le guide Lonely Planet de Nouvelle Zélande que j’ai acheté dans l’optique de notre séjour de  4 mois en Nouvelle-Zélande. Il a finalement peu servi, car nous n’avons visité le pays qu’en bateau, et n’avons pas loué de camping-car comme nous l’avions un moment envisagé.

    l’essentiel de la Nouvelle-Zélande

    Finalement, voilà ce que j’emportai avec moi :

    OUVRAGES GENERALISTES :

    « La grande aventure des Océans » éditions Omnibus : un ouvrage anthologique passionnant, facile à lire, il ambitionne de faire un tour du monde des océans, racontant pour chacun son histoire, les personnages célèbres et les grandes aventures qui ont fait sa réputation.  Pour l’Océan Pacifique, de Cook à Bougainville, en passant par l’histoire des mélanésiens navigateurs qui ont peuplé le Pacifique et la mutinerie de la Méduse, nous avons appris beaucoup de choses passionnantes.

    La Grande aventure des Océans

    « Le dictionnaire amoureux des Explorateurs », de Michel le Bris, le fondateur du festival Etonnants Voyageurs de St-Malo. Acheté lors de notre passage à Papeete, je ne regrette pas cette petite folie  (en prix et en en poids…)Ce pavé de plus de mille pages recense les vies d’explorateurs plus ou moins célèbres, porteurs d’histoire héroïques et fantastiques, sous le regard truculent de Michel le Bris. Je me délecte!

    Le dictionnaire amoureux des explorateurs

    LITTERATURE : 

    « Polynésie, les archipels du rêve », éditions Omnibus : une anthologie de la littérature polynésienne, essentiellement d’origine européenne. Qui m’a permis de relire Loti, Melville, London etc….une première approche intéressante et chronologique de la littérature prenant pour cadre la Polynésie, avec ses fantasmes et ses réalités.

    « Contes des Mers du Sud », de Jack London, chez Libretto : mythique ouvrage reprenant les nouvelles de London écrites sur et en Polynésie. Concerne surtout les îles Ouest : Cook, Salomon, PNG etc…. Des textes courts, poignants, où il met en scène l’homme blanc aux prises avec les éléments en furie, les coutumes étranges, et une société polynésienne dans laquelle il ne trouve pas sa place.  Ma préférée : « La case de Mapuhi »

    Contes des mers du Sud

    « Touriste de bananes », de Georges Simenon chez Folio policier : Avec notre héros palot, on plonge dans le miroir aux alouettes que la Polynésie reflète au siècle dernier, après-guerre. Tous ces jeunes gens européens, venus chercher amour et fortune dans les îles, et qui finissent par s’y perdre : ce sont les « touristes de bananes » .

    Touriste de Banane

    « Le parfum des îles », de Françoise Sylverstre : pérégrinations d’une nomade des îles, d’une inconditionnelle ilienne : l’auteure nous raconte ses joies et se peines, et combien les îles ont compté dans sa vie. Un joli petit récit virevoltant, qui nous fait voyager au gré des océans et de ces petits morceaux de cailloux oubliés, des Kerguelens à l’ile aux Moine en passant par le Spitsberg. Merci Catherine pour ton cadeau!

    Le parfum des îles

    « Contes des sages de Polynésie » : recueil de contes hawaiens, samoens, marquisiens, tuamotus etc…. Et rappelez-vous, les contes, ce n’est pas que pour les enfants ;-), car ils nous offrent souvent une lecture à plusieurs niveaux.

    Contes des sages de Polynésie

    « Taïpi, un paradis cannibale » : un roman illustré en BD, c’est le pari de cette collection, qui transforme le « Taïpi » de Melville (qui faisait partie de l’anthologie polynésienne ci-dessus nommée) en roman graphique. Nous voilà embarqués en images dans le récit autobiographique de son séjour aux ïles Marquises, quand, simple matelot à bord d’un baleinier mené par un capitaine tyrannique,  il s’échappe avec un compagnon, pour se retrouvé captif et bléssé dans une tribu de cannibales des l’ile d’Hiva Oa. Où situer ce peuple de Taïpivaï, entre douceur polynésienne et terreur cannibale?

    Taïpi, un paradis cannibale

    Haka, de Caryl Ferey , éditions Folio Policier: Le premier ouvrage de cet écrivain-voyageur auteur de polar que j’aime beaucoup (notamment Zoulou qui se passe en Afrique du Sud  et Mapuche en Argentine). La cadre c’est Auckland et sa région, le héro un flic aux origines Maories, aux prises avec le meurtre ignoble d’un jeune femme. Comme dans tous les ouvrages de Caryl Ferey, on plonge dans la culture locale, en visitant des lieux emblématiques toujours bien choisis, avec un suspense et un dénouement haletant. Les tensions ethniques sont particulièrement bien décrites et subtiles, je me suis régalée à lire ce polar.

    Haka

    « L’âme des Guerriers », de Allan Duff, aux éditions Babel : un roman d’une noirceur et d’une dureté qui fait mal, au point qu’il a failli me tomber des mains. L’auteur nous embarque dans les bas-fonds de la société Maorie de Nouvelle-Zélande : ils sont laissés pour compte, parqués dans des guettos, au coeur d’une misère sociale, économique et culturelle . Soudain, après la tragédie, une lueur se dresse dans les ténèbres, et traverse le roman, incarnée par une femme, une mère qui veut que les choses changent, donnant l’espoir d’une vie meilleure. Poignant. Le roman a été porté à l’écran dernièrement.

    L’âme des guerriers

    GUIDES NAUTIQUES

    Concernant les guides nautiques, à part le très célèbre « Guide Patuelli des Antilles », que nous avions acheté il y a 20 ans pour notre voyage de noces aux Grenadines, nous n’avons emporté aucun guide nautique papier.

    En pratique, nous nous sommes servis des versions numériques de guides plus ou moins récents glanés au fur et à mesure des bateaux rencontrés : l’échange est une pratique très répandue chez les gens de bateaux. Nous disposons par contre de toutes les cartes nautiques nécessaires, en provenance de plusieurs éditeurs (les excellentes cartes Transas et celles un peu moins bonnes de Navionics), pour les choix des mouillages, ce qui s’avère le plus souvent suffisant. Il nous arrive aussi d’acheter sur place des guides nautiques régionaux, comme en Nouvelle-Zélande, et de télécharger des vues satellites des côtes et des mouillages avec Ovitalmap.

    « Destinations de grande croisière » : LA Bible condensée du grand Voyage, qui nous a permis à terre de préparer notre périple : le très célèbre Jimmy Cornell nous détaille par zone de navigation chacun des pays où il est possible de faire escale : en 2 à 4/5 pages, une fiche signalétique par pays des pré-requis administratifs (visas, et obligations variées), port d’entrée, coutumes, zones de navigation, drapeau etc….. En pratique, nous nous en servons souvent, à chaque nouveau pays, il est feuilleté pour nous remémorer les formalités, mais aussi pour valider des changements d’escales dans notre programme. Et enfin pour continuer à rêver aux futures destinations de notre prochain voyage, un jour….

    Destinations de grande croisière

    Le second ouvrage « Voyages de grande croisière »  du même auteur, détaille les grandes routes de voyage à la voile, les meilleures saison, la météo, les vents, les routages etc…

    Voyages de grande croisière

    Les 2 tomes du récit de « Voyage autour du monde » en famille d’Olivier Mesnier : 3 ans, 3 océans, 36 000milles, sur un cata de 15m : c’est peu ou prou le même programme de navigation que nous, et nous l’avions acheté au salon nautique de Paris l’année où nous avons décidé de partir en Grand Voyage. Ses deux livres sont très détaillés, en particulier sur l’histoire des pays, et les questions administratives, les sites intéressants à visiter, nous nous y référons parfois. En pratique : nous relisons chaque chapitre au fur et à mesure de notre progression, parfois avant, parfois après l’escale. C’est amusant de comparer nos escales et nos impressions qui sont souvent bien différentes, chacun effectuant un voyage à son image, au gré des rencontres, des escales, et de la météo, toujours différentes.

    GUIDES faune/flore

    Nous sommes partis avec à bord un guide de reconnaissance des cétacés, pratique pour reconnaitre baleines, dauphins, gobicéphales etc…., que nous avions depuis des années dans notre bibliothèque,

    Guides pratique de reconnaissance des cétacés

    ainsi qu’un guide du récif corallien de l’Océan Indien, très complet acheté en Egypte il y a plus de 20 ans!

    Mer Rouge

    En pratique, nous avons complété avec un guide des requins raies du monde entier,

    raies et requins du monde entier

    et par un petit guide marine-pictolife étanche : pratique, il recense les poissons, mais aussi les coraux, éponges, anémones, algues mammifères etc….

    Guide picto des animaux marins

    Nous avons acheté en arrivant aux île Marquises un guide qui me semble indispensable à tout navigateur dans pacifique Sud : le « Guide de la faune marine dangereuse d’Océanie », par Yves Lefevre et Claude Maillaud. Passionnant, et surtout pratique, chacun des animaux dangereux est expliqué en détail, photos à l’appui, ainsi que ses dangers, les descriptions des lésions, des symptômes, et des traitements en cas de blessure. C’est aussi un ouvrage essentiel pour pratiquer une bonne prévention des accidents. Nous avons eu l’occasion de l’utiliser avec succès aux Marquises lorsque Gautier, le Filleul de Loïc a été brûlé par une méduse Blue Bottle, terriblement venimeuse. En plus de détailler les soins, l’ouvrage a été très rassurant pour l’ado, qui a vu qu’il était entre de bonnes mains et bien soigné!

    Guide de la faune marine dangereuse d’Océanie

    J’ai aussi acheté aux Galapagos :  a Natural History Guide : passionnant ouvrage très complet reprenant toute l’histoire de cet archipel incroyable, sous les angles géologique, naturaliste mais également, historique, et donnant des descriptions détaillées de la faune et de la flore rencontrées dans les différentes iles et îlots.

    A natural History Guide, Galapagos

    Idem pour la Nouvelle-Zélande : la longueur du séjour et la nature endémique de beaucoup d’espèces justifiait l’achat de guides sur les oiseaux, un autre sur les plantes et animaux de bord de mer, et un autre sur les arbres.

    Dans chaque pays/région traversée, j’achète aussi une planche contact plastifiée reprenant les poissons et animaux marins observés sous l’eau : pratique à apporter avec nous en plongée, nous aurons à la fin du voyage une belle collection de ces planches d’animaux marins!

    Planche contact plastifiée

    RECITS HISTORIQUES et BIOGRAPHIES : 

    Ce que j’emmenai avec moi en provenance de ma bibliothèque : 

    « Voyage autour du Monde » de Bougainville, chez Folio : Le récit du tour du monde du célèbre navigateur Francais, avec  sa frégate la Boudeuse, et à son bord le botaniste Commerson et l’astronome Veron qui améliora le calcul des longitudes. Contemporain du capitaine Cook, il fut le 16ème navigateur à boucler une circumnavigation. On retient de son périple, non pas de grandes découvertes scientifiques ni de nouvelles terres conquises, mais le récit des idylliques  moeurs polynésiennes : son récit de voyage, publié en 1771 fut un véritable best-seller en son temps, et un formidable écho à la mode rousseauiste du « bon sauvage », très à la mode à l’époque.

    Voyage autour du Monde, Bougainville

    « La fabuleuse histoire des Plantes », de Lucile Allorge, aux éditions JC Lattès : passionnante histoire des plantes, leurs origines, leur « peuplement », leurs « migrations », leur pouvoir. C’est surtout un merveilleux ouvrage, passionnant comme un roman d’aventures, retracant la vie des botanistes-explorateurs des 17ème, 18eme et 19ème siècles, aventuriers souvent méconnus et auteurs d’herbiers de grande valeur toujours aujourd’hui.

    La fabuleuse odyssée des plantes

    « Voyage d’un naturaliste autour du Monde », de Charles Darwin, aux éditions la Découverte : Le célèbre inventeur de la théorie de l’évolution embarque, à peine âgé de 22 ans en tant que naturaliste pour un tour du monde de 5 années et analyse plantes et animaux rencontrés. IL mettra 20 ans à digérer toutes ces trouvailles qui donneront naissance à son ouvrage fondateur et révolutionnaire à l’époque: De l’origine des Espèces. Nous nous intéressons en particulier à son séjour aux Galapagos, et à la seconde partie du voyage, qui passe par Tahiti la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’île Cocos et l’île Maurice.

    Voyage d’un naturaliste au tour du monde

    « Les trois voyages du Capitaine Cook », de Jules Vernes, aux éditions Magellan et Cie, dont on sait peu qu’il publia chez Hetzel un ouvrage consacré aux « Grand navigateurs du XVIIIème siècle » . .. Il me tarde d’ailleurs de me procurer les autres : Colomb, La Pérouse, Marco Polo, Magellan. Ici, son ouvrage très pédagogique expose les plus grands moments des 3 circumnavigations de ce découvreur hors du commun , émaillé de notes originales de Cook et d’illustrations. On retient surtout que le grand navigateur britannique a exploré en profondeur la Nouvelle-Zélande, cartographié et relevé les fonds de Tahiti, ainsi que  Hawaï et la côte occidentale de l’Amérique.

    Les trois voyages du capitaine Cook

    ce que j’achetai en cours de route : 

    « Des nouvelles de Monsieur de La Pérouse » de Jean-Jacques Vayssières aux éditions Grand Sud : un récit agréablement illustré de l’Expédition de Lapérouse à bord de l’Astrolabe et de la Boudeuse, mandaté par Louis XVI pour exécuter la plus grande expédition scientifique de l’époque, emmenant à son bord scientifiques, botanistes, astronomes. Tous disparurent tragiquement à Vanikoro, aux îles Salomon, victimes d’une tempête qui les jeta sur les récifs. L’originalité de ce récit est d’y inclure celui du jeune De Lesseps (neveu de Ferdinand) qui débarque de l’expédition au Kamtchatka, avec des caisses et des caisses de materiau scientifique,  et traverse en un an à traineau l’immensité de la Russie pour rejoindre la cour du Roi de France. Et troisième récit dans le récit, celui d’Entrecasteau, mandaté par Louis XVI pour aller à la recherche de l’expédition Lapérouse disparue, dont personne n’a de nouvelles… Une aventure tragique qui aujourd’hui mobilise des dizaines d’explorateurs et archéologues à Vanikoro sur les vestiges des épaves, à la recherche des raisons de ce naufrage dramatique.

    Des nouvelles de Monsieur de La Pérouse

    «  Jacques BREL, L’aventure commence à l’Aurore », de Fred Hidalgo, aux éditions de l’Archipel : le récit de la dernière partie de la vie de Jacques Brel, après qu’il abandonne définitivement la scène, faisant un break dans sa carrière de chanteur. Il réalise l’un de ses rêves : il achète l’Askoy, magnifique voilier, et part autour du monde  à la voile. Il quitte l’Europe pour les Antilles puis la Polynésie, et s’arrêtera aux Marquise, fatigué d’avoir mené en couple  son trop gros bateau, diminué par la maladie, mais surtout amoureux de cette terre et de ces hommes qui ne le connaissent pas comme personnage public. Loin des médias et du show biz, il renait…Tranche de vie d’un très grand artiste qui était aussi un Grand Monsieur.

    Jacques Brel, L’aventure commence à l’aurore

    CULTURE ET HISTOIRE : 

    « Race et Histoire », de Levi-Strauss, chez Folio : célèbrissime petit ouvrage d’anthropologie moderne, accessibles et toujours d’actualité.

    Race et histoire

    « Le Papalagui » aux éditions Pocket : Offert bien à propos par mon amie Annick, c’est un étonnant récit à caractère hautement ethnographique, d’un allemand ayant séjourné au Samoa au début du siècle dernier. Celui-ci retranscrit les propos d’un sage Samoen, ayant en son temps séjourné eu Europe, et découvert avec surprise le mode de vie Européen. Il décrit à son peuple en ses termes qui sont les européens, les Papalagui,  et comment vivent les hommes blanc. Le propos est savoureux, souvent drôle, parfois grincant, terriblement imagé, et d’une rare modernité. Je l’ai lu en partie aux enfants qui ont adoré!

    Le Papalagui

    Traditions et coutumes de Nouvelle-Zélande : joli petit livre qui reprend par ordre alphabétique les us et coutumes des maoris, très proches de celles des polynésiens. Arthur nous en a fait la lecture tous les jours pendant 2 mois, à raison d’un ou deux petits chapitres quotidiens.

    Traditions et coutumes de Nouvelle-Zélande

     «  People people, people : a brief history of New-Zealand »  : Original, ce court ouvrage historique destiné aux jeunes étudiants et aux étrangers est  très visuel :  illustré par des tableaux et oeuvres d’arts originales néo-zélandaises, l’iconograhie donne une grande force aux textes, et les remet dans leur contexte historique et géographique.

    A brief history of New Zealand

    «  L’île de la fin du Monde, la véritable énigme de l’île de Pâques » , ouvrage collectif aux éditions Bibliomnibus. Bien que nous ne nous soyons pas arrêtés à l’île de Pâques, qui n’était pas sur notre route, je suis curieuse du destin réservé à cette île étrange, connue pour ses Moaï, gigantesques statues de pierre énigmatiques. De fait, elle sont aujourd’hui beaucoup moins énigmatiques, depuis que des archéologues ont répondu à (presque) toutes nos questions : pourquoi ce gigantisme,  comment ont-elles été érigées, et dans quel but? Car le véritable mystère de l’île de Paques est plutôt de savoir comment une civilisation si développée, une île si peuplée au milieu du second millénaire de notre ère a pu péricliter en 2-3 siècles : une catastrophe écologique, causant des guerres tribales, puis une hécatombe démographique, complétée d’une extermination sociale et culturelle du colonisateur, sont les causes plurielles de l’extinction de la langue pascuane et du savoir-faire de taille de pierre. Passionnant et tragique.

    L’île de la fin du Monde

    Depuis quelques jours nous sommes entrés dans l’Océan Indien, qui ouvre un nouveau chapitre de notre voyage. J’inaugure donc ma petite bibliothèque de l’Indien, et la partagerai avec vous dans quelques mois. N’hésitez pas entre temps à partager avec moi vos conseils de lecture!

  • Navigation à l’intérieur de la Grande Barrière de Corail

    Navigation à l’intérieur de la Grande Barrière de Corail

    Remis à l’eau vendredi 9 juin, après 2 semaines à sec pour les réparations, nous avons expédié les préparatifs pour reprendre la mer au plus vite. Alors que Bénédicte s’occupe de l’approvisionnement, je fais le tour des équipements et remets un coup de propre au bateau.

    Carte du nord du Queensland et sa Grande Barrière de Corail

    Dimanche 11 juin, à 7 heures, nous quittons la marina de Cairns, en direction de Thursday Island, dans le détroit de Torres, où nous prévoyons d’effectuer les formalités de départ d’Australie.

    Cette navigation est assez différente des autres. C’est une navigation cotière de 470 milles, à l’intérieur de la grande barriere de corail, en direction de la pointe nord de l’Australie, le cap York puis Thursday Island. La Grande Barrière de corail s’étend sur un millier de milles au total, nous n’en parcourons donc qu’un peu moins de la moité, mais assez pour se rendre compte de la taille que forme la plus grande structure vivante du monde.

    Du départ à l’arrivée, des centaines de récifs coralliens à éviter, heureusement, les cartes sont d’excellente qualité et leur précision irréprochable. C’est une zone où les courants sont forts et leur direction est très changeante en fonction des fonds et récifs alentours. Nous avons décidé de fractionner cette navigation afin de nous laisser suffisament de repos récupérateur.

    Pour la première journée, notre objectif est Lizard Island, une île située à 135NM de Cairns. Ses coraux sont réputés pour leur beauté et c’est en montant sur son sommet que le capitaine Cook a pu repérer et cartographier son chemin pour sortir de la Grande Barrière.

    Le temps est couvert et le vent, orienté au sud-sud-est souffle à une quinzaine de noeuds, il est prévu de forcir graduellement au long de cette journée pour finir à 25 noeuds en soirée. Ce sont de belles conditions pour une reprise ; tout l’équipage est heureux d’être en mer et de reprendre ses marques à bord.

    Temps couvert au départ de Cairns
    Belles lumières le long de la côte

    Les paysages sont grandioses, nous longeons le parc National de Daintree et ses montagnes couvertes de forêts tropicales, dommage que le soleil manque pour augmenter les contrastes. Port Douglas, Cape Tribulation, Cooktown, Cape Bedford, Cape Flattery, pour ne citer que quelques uns des lieux connus qui défilent. Puis la nuit tombe et nous arrivons de nuit au mouillage de Lizard Island. Nous mouillons assez loin du rivage, sur fond de sable blanc, car un grain de pluie nous accueille, juste au moment de manoeuvrer et ainsi privés du clair de lune, nous préférons garder nos distances de la côte.

    Une belle moyenne pour cette navigation, et le record de vitesse de Moby, qui était de 24,10 noeuds est battu : 24,55!

    En nous levant le lundi matin tôt, le temps est gris, avec de fortes averses et du vent fort. Nous qui pensions profiter de l’endroit, et faire une excursion et rando à terre, c’est plutôt mal parti. Le sommet de l’ile, à 358m est complètement dans les nuages. La mer est agitée, le courant fort dans le mouillage ; les conditions ne permettent donc pas d’aller nager sur les nombreuses patates de corail. Les prévisions ne voyant pas d’amélioration dans la journée, nous décidons de quitter Lizard et poursuivre notre route vers le nord-ouest.

    Eclaicie de coute durée sur Lizard Island

    Sous GV 2ris et solent, nous filons bon train, à plus de 10 noeuds de moyenne. Nous longeons de nombreux récifs, mais contrairement à hier n’avons pas trop à manoeuvrer. Nous apprécions le balisage du lagon ; à défaut d’être beaux, les nombreux phares et amers implantés sur les ilôts facilitent la tâche au navigateur. Notre route est trop éloignée de la côte pour l’apercevoir le matin, surtout avec cette météo mitigée, mais il ne se passe pas plus de 15 minutes sans que nous apercevions un récif corallien, une ile ou un rocher. Le lagon est assez peu profond, une vingtaine de mètres en moyenne et l’alarme du sondeur, réglée sur 15m retentit fréquemment.

    Balisage des récifs : cela n’a pas le charme des phares bretons, mais c’est efficace

    Dans l’après-midi, le ciel se dégage et comme nous nous sommes rapprochés de la terre, nous profitons des paysages des caps Barrow et Melville. Par beau temps, nous aurions certainement relaché au pied du cap Melville, ou de belles plages de sable blanc cotoient des blocs de granite gigantesques, faisant penser au mouillage des Baths aux BVI, mais en beaucoup plus grand.

    Pour la nuit, nous avons repéré une baie abritéé, Stokes Bay, sur la côte ouest de l’ile Stanley. Nous y accédons par un chenal assez étroit passant au milieu de cet archipel composé de 5 îles. Le mouillage est tranquille, avec une belle plage de sable bordée de mangrove et un relief marqué.

    Arrivée sur Stanley et passage dans le Fly channel, au sud de Flinders island
    Petite journée de mer, mais nous avons bien avancé et la moyenne est belle

    Après une bonne nuit à l’ancre, nous appareillons à l’aube mardi matin. Nous sommes encore à 270 milles en direct de Thursday island. Aussi nous avons décidé de ne pas nous arrêter ce soir, pour gagner du temps certes, mais aussi car il n’y a pas ou peu d’abri correct sur ce tronçon, surtout par le vent de sud-est fort qui souffle aujourd’hui.

    Stanley island, déjà loin dans notre sillage

    En faisant route à l’ouest, nous traversons la Princess Charlotte Bay, puis notre route s’incurve vers le nord. Les courants de marées sont bien ressentis dans la zone, et en particulier lorsque nous passons devant  ces bras de mer séparant d’immenses récifs de coraux longs de plus de 15 milles. L’état de la mer change radicalement sous les effets combinés du courant et du vent, levant par endroit un fort clapot. En revanche, la trentaine de milles de lagon parsemé de récifs à fleur d’eau arrête entièrement la houle du large.

    Le temps se couvre dans l’après-midi, mais la visibilité reste bonne. Le paysage est beau, mais reste le même au fil des milles. Des plages, des rivières, de la mangrove, des montagnes…sur des milles et des milles. Pas d’abri des vents d’est, pas de port, pas de village ; la côte est sauvage et n’a certainement pas beaucoup changé depuis la découverte du continent. La nuit tombe en passant le cap Direction, puis nous passons Cape Weymouth. Au niveau de Temple Bay, les chenaux de navigation se rétrécissent et certains passages font moins d’un mille de large. C’est bien sûr dans ces endroits que nous croiserons le plus de trafic.

    Ces cargos empruntent aussi les chenaux de la grande barrière
    Croisement sur l’autoroute, l’AIS est une aide précieuse, mais aucun bateau de pêche croisé n’en était équipé! Les connaisseurs apprécieront que Bénédicte soigne ses laylines, même en pleine nuit dans cet environnement…

     

    Il est assez étonnant de voir que de nombreux cargos empruntent ces chenaux du lagon, nous en avons croisé qui mesuraient 250m de long. La réglementation impose cependant la présence d’un pilote à leur bord pour tout le transit. Nous avons aussi rencontrés  beaucoup de bateaux de pêche équipés de drague ou chalut.

    Au lever du jour, nous ne sommes plus qu’à une trentaine de milles du Cap York
    Encore une belle moyenne sur 24 heures, d’autant plus que nous avons un peu sous-toilé pour faciliter les nombreuses manoeuvres

    Quand le jour se lève mercredi matin, nous ne sommes plus qu’à une cinquantaine de milles de l’arrivée. Nous avons réalisé une belle moyenne toute la nuit, mais pour le franchissement du Cap York, il va falloir lutter contre le courant qui en ce matin de vives-eaux dépasse 2 noeuds. Le vent contre le courant donne une mer courte qui déferle par endroit. Encore quelques manoeuvres et nous pourrons filer en ligne droite vers le chenal d’accès à Thursday island.

    Passage de l’Albany Rock
    Passage du Cap York

    Nous mouillons à 13h après une navigation de 584 milles dans le lagon, pas moins de 23 empanages en 3 journées et une nuit de mer. Une navigation très intéressante, mais nous apprécierons certainement la prochaine étape qui devrait être plus rectiligne!

    Un peu de repos, visite à terre et courses de produits frais, et nous remettons les voiles pour l’Indonésie. Le chapitre de l’Océan Pacifique se referme, et celui de l’Océan Indien s’ouvre, avec la Mer d’Arafura comme prologue.

     

     

     

  • 2 semaines à Cairns : vélo, boulot, crocos…

    2 semaines à Cairns : vélo, boulot, crocos…

    Nous prenons vite le rythme : Loïc part au chantier tous les matins en vélo suivre l’avancement des travaux, attention, au chantier, l’équipement est réglementaire!

    équipement de prêt à l’entrée du chantier

    Pendant ce temps, nous restons à l’appartement travailler : Victor doit rendre tous ses devoirs du CNED pour le 16 juin, alors on cravache!

    En fin de journée, nous nous octroyons une pause, et sortons nous balader : la piscine « lagoon » est à quelques minutes en trottinette,

    en route pour la piscine
    la piscine lagon
    la plage en plein centre ville
    vue de la piscine sur l’Esplanade

    idem pour le skate park, et l’aire d’escalade.

    A 5mn de notre appartement, il y a aussi la piscine municipale.

    le bassin olympique

    Son équipement est assez extraordinaire : un bassin de taille olympique, un second bassin de 25m chauffé à 32°!!!,  des jeux d’eau pour les petits, un café, et surtout, un stand de glisse!

    le stand de glisse

    Ca n’est pas vraiment une piscine à vague, mais un jet d’eau propulsé sur un liner incliné, que l’on surfe, soit avec un boogie board,

    Arthur tente le premier, en boogie board
    pour se diriger, c’est avec les jambes

    soit debout avec une planche style skate.

    Le samedi après-midi les garçons s’y essaient, et c’est plutôt fun ! Premiers essais à plat ventre, puis debout pour Victor

    Victor en action

    et Loïc.

    Loïc

    Nous avons attendu toute la journée de samedi que le soleil se lève : il nous faut aller passer une seconde couche d’anti-fouling. Finalement, à 16h30, c’est bon, le ciel se découvre, nous allons pouvoir peindre!

    Nous profitons que le bateau soit sorti de l’eau pour ajouter 2 couches supplémentaire. Moby n’en a pas vraiment besoin, car l’anti-fouling a été fait en Nouvelle-Zélande il y a 4 mois, mais 2 couches de plus nous permettrons peut-être de tenir encore un an!

    Dimanche nous nous accordons tous une journée de repos : pas de travail au chantier pour Loïc, ni d’école pour les enfants. Direction Port Douglas au Nord de Cairns, où nous avons booké une sortie en bateau à la recherche des crocodiles… Nous avons tous très envie de découvrir ces « Salties », crocodiles d’eau de mer nombreux dans cette région d’Australie.

    Le Lady Douglas nous balade pendant 1h30 dans le bras de rivière du « Dickson Inlet ».

    embarqués à bord du lady Douglas

    Nous scrutons les berges boueuses de la rivière, où les crocodiles d’eau de mer se réchauffent au soleil.

    En principe, le moment est propice. Nous sommes l’hiver, l’eau est à 25° : c’est un peu peu frais pour les crocodiles, reptiles marins qui cherchent la chaleur pour maintenir leur température corporelle. Il est midi, la mer est basse : les berges de la mangrove sont donc largement découvertes, les crocos devraient être là à se réchauffer au soleil.

    En regardant bien, nous en voyons un petit ;

    un petit croco

    Il mesure un mètre, il est très mince : il doit avoir dans les 18 mois/2 ans. Nous le laissons tranquille et allons un peu plus loin à l’intérieur de l’inlet voir si on y trouve ses grands frères et soeurs….

    Mais nous n’en verrons pas d’autre, c’est un peu décevant : j’aurais bien aimé voir en grand ces grands prédateurs. Cela dit, les enfants sont contents, ils sont rassurés de n’en avoir croisé qu’un petit, et vont l’observer en pleine action : au retour, nous nous arrêtons en effet revoir le petit animal,  qui descend de la berge :il a repéré de curieux poissons qui avancent au sec sur leurs nageoires pectorales.

    Notre croco les approche, puis se glisse à l’eau et rode à la surface : on ne voit que ses yeux….

    Ces prédateurs sont impressionnants. Les grands adultes ne bougent pratiquement pas de la journée, sont capables de jeûner pendant une année entière, et de tout à coup se ruer sur un mammifère gros comme une vache pour l’engloutir tranquillement… Les attaques sur les humains sont rares, mais quand elles ont lieu, elles sont toujours mortelles. La technique de chasse est en effet imparable : hyper rapides à l’attaque, leur grande gueule attrape la proie et l’amène sous l’eau pour la noyer. Le prédateur a alors tout son temps pour la déguster…

    Même sans gros spécimen, la balade était sympa. La mangrove abrite de nombreux oiseaux,
    et beaucoup d’épaves aussi, coulées par les pluies diluviennes qui s’abattent l’été sur la région. La municipalité vient de voter le budget pour les renflouer, car une telle quantité de bateaux coulés, ça fait mauvais genre.

    Avant de rentrer au port, petit détour par le village, avec sa charmante église de bardeaux, qui accueille près de 300 mariages par an (presque un mariage par jour, sauf le dimanche bien sûr!)

    L’église du village

    La cérémonie se fait dans l’église, les photos sur la plage, et la fête sur le ponton, au « boatshed » : tout cela doit être très photogénique.

    le boatshed

    Nous déjeunons à la marina

    Resto sur pilotis

    et faisons route à 20km de là vers la foret de Daintree, la véritable « tropical Rainforest » du Queensland. Là, au coeur d’une réserve a été créé par les aborigène eux-mêmes un centre d’interprétation de la forêt. Comme partout en Australie, le centre est très moderne, et bien organisé (trop même…), parking, resto et boutique…. un service de minibus fait la navette et nous emmène au coeur de la foret. Là, nous sommes (enfin!!!) libre de nous balader en liberté… sur sentier balisé uniquement.

    sur le sentier

    Ce qui surprend le plus, c’est la quantité de plantes épiphytes  et de lianes.Arbres et plantes semblent avoir un destin inextricablement lié. les arbres sont comme colonisés par les plantes.

    La taille des arbres nous épate : ils nous masquent presque totalement le soleil. Certains de ces arbres ont des racines gros comme des troncs, qui serpentent sur le sol pendant des dizaines de mètres.

    la taille des racines!
    et leur longueur, qui coure sur plusieurs dizaines de mètres

    Nous croisons plusieurs fois le cours d’eau, se jetant en cascade sauvage ou en sage bassin de nage.

    La température n’est pas vraiment engageante pour la baignade, 23-24° max, et sans soleil.

    On imagine l’endroit désaltérant en plein été.

    Nous scrutons les sous-bois à la recherche des « Cassowary », appellés Casoars en français : de curieux volatiles de plus d’un mètre de haut, sortes de gros dindons de la famille des émus, à la tête blanche dotée d’un casque noir, d’un goitre bleu et de barbillons rouges.

    voilà à quoi ressemble un cassowary

    Nous n’en verrons pas, mais plusieurs sortes de petites poules sauvages fouillant le sol nous approchent. Les enfants sont enchantés de leur balade en forêt, le pont de singe était trop bien,  les oiseaux rigolos,

    drôle d’oiseau sur le parking…

    , et les arbres impressionnants Je récolte une note de  8/10 pour la journée!

    Une première semaine est passé, et il nous semble que les travaux avancent, mais toujours trop  lentement à notre goût… Le moteur a été enlevé, le travail de stratification a lui aussi commencé. Cette semaine, nous espérons remettre à l’eau au plus tard vendredi matin, marée oblige. Cela implique que le moteur soit réinstallé jeudi, et donc le travail de stratification terminé mardi.

    La semaine est intense. Nous changeons pour la troisième fois d’appartement-dans la même résidence, certes… au fur et à mesure que notre séjour se prolonge, nous gagnons en confort et en vue!Les derniers jours, nous terminons au 5 ème étage, avec vue!

    Nous avons aussi vite compris pourquoi les tarifs de cette résidence bien placée étaient si compétitifs : l’immeuble voisin est en travaux pour plus d’un an…. c’est donc un chantier très bruyant de 7h du matin à 16h l’après-midi, 6 jours sur 7. Heureusement, l’immeuble est bien insonorisé : et comme nous bossons à l’intérieur et sortons les après-midis, ca n’est pas trop gênant.

    vue depuis la terrasse, sur les travaux de l’immeuble voisin
    le skeg est finalement recolllé
    le berceau du moteur aussi

     

    Moby est presque prêt

    Quand le chantier nous avait indiqué qu’il y en avait pour une semaine de travail, cela n’incluait pas le temps morts, ni le séchage ni les week-end et jours fériés…

    les travel-lifts du chantier
    le travel-lift arrive soulever Moby
    prêt à flotter de nouveau

    Nous finissons par remettre à l’eau à l’arrache vendredi matin, 15 jours exactement après la sortie de l’eau.

    Nous sommes très heureux de retrouver notre bateau,

    Merci à toute l’équipe de Norsand pour leur travail

    Nous nous donnons 48h pour le préparer : un grand ménage, un petit approvisionnement, et nous appareillons sans tarder pour Thursday Island, île septentrionale de l’Australie, à l’entrée du détroit de Torrès.

  • A la recherche des Wallabies

    A la recherche des Wallabies

    Dimanche, nous partons en virée vers les « Tablelands », ce plateau d’altitude situé à une heure de route à l’Ouest de Cairns, et qui abrite une agriculture florissante et d’une incroyable variété :  caféiers, cacaoiers, théiers, canne à sucre, avocatiers, fraisiers, framboisiers, bananiers, manguiers , fruits de la passion, raisin… cotoyent de nombreux troupeaux de vaches vaches laitières produisant du lait depuis plus de 100 ans (c’est vieux, pour l’Australie!) Les paysages sont  contrastés :  cascades, lacs, foret tropicale, champs…

    Scott, travaillant au chantier, accueille souvent chez lui des étudiants étrangers, et m’a donné quelques conseils de balade. Nous prenons la route pittoresque de  la « Gillies Range » (prononcer « guilize »), qui donne accès au plateau central des « Tablelands » via 20km de route escarpée et sinueuse. Tous les 2-3 km, des panneaux nous indiquent de ralentir, que la route est sinueuse, dangereuse, la visibilité mauvaise etc….

    Sur la Gillies Range

    La route est belle, et franchement plutôt moins raide que nos petites routes des alpes.

     

    Nous nous arrêtons dans un des « Crater Lakes » , lacs formés dans d’anciens cratères de volcans.

    La lac Barrine, ancien cratère de volcan

    La balade est sympa, il fait frais : en montant de 600m, altitude moyenne des « Tablelands », nous avons perdu 4-5 degrés….Et les arbres nous masquent presque totalement le soleil.La marche est un peu décevante, la vue sur le lac quasi inexistante, et nous ne croiserons aucun animal intéressant (pas de perroquet, ni de Wallaby, ni d’ornythorinque…). Les enfants me notente un 5/10 pour le choix de cette sortie… :-(.

    Mais les arbres sont très impressionnants! En particulier ces deux Kaoris géants.

    Deux Kaoris géants

    Ces spécimens font chacun 45m de haut et 6 mètres de circonférence. Ces Kaoris sont de la même famille que ceux que nous vons rencontré en Nouvelle-Zélande et en Nouvelle-Calédonie. On les reconnait à leur écorce crouteuse qui part en écailles, à leur tronc très rectiligne, et à leurs larges feuilles-inhabituel pour un conifère!

    Nous sommes aussi très imressionnés par les lianes, immense, mais aussi grosses comme le poing, elles doivent être très solides.Les enfants ne peuvent s’empêcher de les essayer!

    Jane de la jungle

    Certaines semblent inextricables. d’autres forment des circuits improbables, comme ce 8, très peu naturel tout de même.

    ou qui s’enroulent autour d’un arbre, s’en servant comme support.

    Nous observons aussi toutes sortes de champignons aux couleurs étranges….

    Les ficus étrangleurs, (appelés ici Fig Tree) sont très communs, et poussent d’une manière inhabituelle : ces plantes épiphytes germent dans le creu d’une branche ou d’un tronc, se servant de leur hôte comme support de croissance,  laissent tomber leurs lianes vers le sol, qui s’enracinent etc…. après quelques années, les lianes devenues « tronc »  forment comme un rideau.

    les racines-lianes du Fig Tree

    Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’aller observer l’un de ces ficus remarquables : celui-là est un des plus grands d’Australie! Ses racines mesurent plus de 15m de haut.

    les lianes devenues racines

    Il a commencé à pousser dans le creux d’une branche d’un autre arbre, servant de support; puis l’arbre-support est tombé car étranglé, et le ficus « étrangleur » a continué de croitre.

    Après quelques dizaines d’années, il développe un véritable tronc et une couronne de branches et de feuilles finalement très traditionnelle!

    Le seul animal que nous apercevrons, c’est une serpent, noir recroquevillé sur lui-même.

    Un serpent noir lové dans les feuilles

    Il apparait inoffensif, mais des marcheurs croisés en chemin nous apprennent qu’il fait partie des espèce particulièrement venimeuses. Tout cela est un peu maigre en faune…

    Les enfants sont déçus : nous n’avons pas vu de wallaby ni de kangourou sur la route. Nous mettons donc le cap sur le parc de Granite Gorge, où des wallabies vivent en semi-liberté.

    Les wallabies du parc de Granite Gorge.

    Ils ont en fait la complète liberté d’aller et venir, il n’y a pas de barrière dans ce parc. Les animaux sauvages restent dans leur habitat naturel, ces larges roches de granite entre lesquelles coule une petite rivière.
    Ils sont « acclimatés » à l’homme, car nourris de petites croquettes tous les jours par les clients du parc qui louent des bungalows, ou des emplacement de tente. Cette race de wallaby est le « Wild Rock Wallaby », une des plus petites espèces de wallabies, endémique de cette région de Mareeba.

    Ces petits ruminants se nourrissent par ailleurs de plantes, feuilles, racines, écorces, fruits qu’ils trouvent à proximité, à l’instar de cette écorce d’eucalyptus dont le tronc a été mis à nu…

    un tronc d’eucalyptus

    Les animaux sont très attachants, à mi-chemin entre des kangourous et de grands lièvres. 

    Les enfants sont aux anges : pouvoir approcher de si près des animaux sauvages, ce n’est pas si courant!


    Ils ont pu étudier leur comportement. Certains sautent pour obtenir des croquettes!

    D’autres attendent sagement.

    Attentions, ils ont des griffent et s’en servent!

    ce wallaby sort ses griffes pour bien agripper la main de Victor

    Victor, toujours très à l’aise instinctivement avec les animaux ne perd pas son calme, et les laisse approcher.

    Un tout autre paysage s’offre un nous : une savane, sèche, qui nous fait beaucoup penser à des paysages sud-africains,

    un paysage de savane

    si ce n’étaient ces énormes roches granitiques.

    Le site est magnifique, les roches impressionnantes,

    Un peu de crapahute, 

    Anna ne s’en sort pas trop mal, mais la marche qui s’apparente plus à de l’escalade est objectivement difficile.

    D’ailleurs, on nous le rappelle à intervalle régulier :

    Comme partout en Australie, l’injonction « danger » visant à prévenir de tous les risques

    En chemin, nous nous arrêtons observer de « soi-disant » empreintes de dinosaures,

    Empreintes de dinosaures?

    Je ne suis pas très convaincue; si elles étaient réelles, le site serait plus documenté sur la question (quel animal, quelle date etc…)

    mais Arthur veut y croire!

    Le soleil baisse sur l’horizon, il est temps de faire demi-tour,

    D’autant que nous sommes arrivés au terme de la ballade.

    le rocher-baleine

    Nous prenons le chemin du retour, les enfants sont impatients de retrouver les wallabies.

    Les voilà!

    Les enfants sont moins craintifs, même Anna est très à l’aise, et parvient à les caresser.

     Ca y est, nous sommes de retour à la cabane!

    Nous donnons nos dernières croquettes aux wallabies, 

    croisons quelques drôles de volailles se baladant en liberté…

    et deux perroquets se disputent des clés!

    Tout cela nous plonge dans une ambiance de brousse, et nous donne hâte à l’escale sud-africaine, dans quelques mois, qui devrait être magnifique à cet égard.

    Nous prenons la route de Cairns. Au sortir du campement, ces monticules intriguent les enfants : ce sont des ….  termitières.

    des termitières!

    Le soleil est presque couché, donnant une superbe lumière quand il s’agit de redescendre vers le littoral.

    Vue depuis les Tablelands sur la plaine de Cairns

    Demain, c’est lundi, les travaux commencent sur Moby, nous avons hâte de pouvoir y voir plus clair.

  • A Cairns pour les réparations

    A Cairns pour les réparations

    Nous voilà donc en Australie, pays dans lequel nous avions longtemps hésité à faire escale : un territoire si grand et si riche en découvertes et activités nous semblait difficile d’appréhender en quelques semaines. Nous avions donc opté pour des escales en Nouvelle-Zélande/Nouvelle-Calédonie/Indonésie.

    Chenal de Cairns

    Mais tant qu’à y être, nous sommes décidés à profiter au mieux de cette escale forcée.

    Moby au ponton de Marlin Marina, Cairns

    Priorité numéro 1, c’est sortir le bateau de l’eau, réparer, pour repartir au plus vite! Cette partie-là, c’est Loïc qui gère. Il est relation avec les chantiers de Cairns depuis 48h.

    Nous devrons attendre 3 jours et 4 nuits dans la marina de Cairns pour bénéficier d’un créneau de sortie de l’eau. Il a d’abord fallu sélectionnier le chantier. Cairns est réputé pour sa réparation navale, et pour cause : c’est la plus grande base touristique pour visiter la célèbre Grande Barrière de Corail, mythique zone corallienne, le plus grand et plus célèbre récif corallien du Monde!

    Il y a donc pléthore de professionnels, et 3 grands chantiers.

    l’entrée de la rivière, où sont installés les chantiers nautiques de Cairns

    Deux d’entre eux sont clairement sur-dimensionnés pour nous lever  : ils disposent pour sortir les bateaux de slipways jusqu’à 3500t, adaptés pour  des navires de 50 à 100M et pesant jusqu’à 3500t …. (à titre de comparaison, Moby mesure 15m et pèse 12 tonnes….)

    la cale du chantier BSE

    Ce qu’il nous faut c’est un travel-lift, sorte d’ascenseur à bateau ; c’est l’idéal pour les catamarans comme nous, et le seul chantier à en avoir un à notre taille, c’est Norship.

    le travel-Lift de Norship

    Loïc leur arrache péniblement un créneau de levage le vendredi qui suit notre arrivée : le chantier est situé dans un bras de rivière, et comme le marnage est important en cette période de nouvelle lune, le travel-lift n’est opérationnel que 2h par jour, tôt le matin. Il nous reste donc à attendre 3 jours à la marina.

    Pour être honnête, nous sommes plutôt bien tombés en ayant choisi Cairns comme zone d’atterrissage! La marina est en coeur de ville. Nous découvrons une station balnéaire touristique franchement sympathique, dotée d’infrastructures urbaines et touristiques géniales : une très grande promenade arborée de 5km longe la ville, parsemée à intervalles réguliers d’activités pour petits et grands :

    promenade arborée

    La plus incroyable est cette piscine-lagon en pleine ville! C’est une piscine d’eau de mer (l’eau est pompée du Trinity Water Inlet), mais c’est aussi une plage (avec du vrai sable sur les berges et au fond), où les enfants peuvent jouer et s’asperger comme à la plage, et les grands faire des longueur, et profiter du plein air

    la piscine « Lagoon » du centre vile de Cairns

    la vue sur la mer au soleil couchant offre une belle perspective.

    soleil couchant sur la piscine « lagoon »
    la plage de Cairns à grande marée basse

    Il faut dire que le bord de mer n’est pas vraiment praticable, c’est une vasière-mangrove qui découvre à marée basse,

    le front de mer, et la Marina en arrière plan

    et peuplée potentiellement de méduses dangereuse en été (les mortelles Box Jellyfishes et les Irukandji…), et de crocodiles d’eau de mer toute l’année  : ces géants carnassiers font partie des prédateurs les plus rapides et dangereux pour l’homme, mais soyons rassurés, il est rarissime de les retrouver en pleine ville, préférant les estuaires et les méandres des fleuves.

     

    Il y a aussi ces pistes cyclables qui longent toute la ville, accessibles aux trottinettes et aux skate-boards.

    pistes cyclable du front de mer

    Le soir, les éclairages mettent en valeur la végétation.  Habitants et touristes investissent en soirée les parcs, aires de picnic et de barbecue. C’est très populaire en effet de manger dehors, et le climat tropical participe de beaucoup à ce style de vie de plein air.

    aire publique de BBQ

    Le week-end, de nombreux groupe pic-niquent sous les arbres pour fêter un anniversaire, se regrouper en famille ou au sein d’un club sportif.

    des tables de pic-nic tous les 100m

    Beaucoup de sportifs aussi sur le front de mer : qui courrent, font du vélo, mais aussi du yoga, de la gym, des étirements…

    Salle de gym en plein air

    En plus de tout cela, des restaurants, cafés, une incroyable concentration de marchands de glace et des aires de jeu particulièrement bien pensées :

    • Le « FigTree », cabane dans un véritable arbre
    • le skate park
    • Le Muddy’s water playground Les enfants sont aux anges, ca leur change des îles!

    Autre curiosité sympa de la marina : au bout de notre ponton, un ancien petit bateau de pêche reconverti en resto/take-away : des fruits de mers, simplement cuits à l’étuve come on les aime et ultra-frais bien sûr : crabe, langouste, crevettes, huitres….Mon papa serait leur meilleur client!  Nous ce qu’on préfère, ce sont les crevettes, que l’on ramène à bord pour faire des pâtes aux fruits de mer, des salades aux crevettes, des poélées , des flambées….

    Le lendemain, nous partons en ville acheter des cartes téléphoniques locales. Nous découvrons beaucoup d’espaces verts et de lieux ombragés. Et encore tout plein de place pour les engins à roulette. Nous décidons d’investir dans des trotinettes pour Arthur et Anna, et un skate pour Victor. Ils vont avoir 2 semaines devant eux pour s’entrainer et pratiquer les sports urbains de glisse.

    Nous sortons Moby de l’eau vendredi matin, sur le travel-lift.

    A l’entrée de la rivière, il nous faut patienter, car un gros navire sort de chantier et nous devons le laisser manoeuvrer.

     Une grosse unité en effet. 

    Nous sommes très impatients de voir les dégats.

    sortie sur le travel-lift

    Ca y est, Moby est sorti de l’eau.

    Finalement, il n’y a aucun impact ni fissure sur la coque.

    inspection de la coque babord

    Ouf, cela veut dire qu’il n’y a pas de dommage structurel. Il semble que la bille de bois ait glissé sous la coque, puis tapé le skeg, qui sous la force a cédé, puis touché l’embase du moteur, soulevant dans un mouvement vertical le chassis du moteur, qui s’est décollé partiellement, laissant l’eau rentrer.

    Pour réparer, l’équipe du chantier nous a indiqué sa procédure :

    Il faudra d’abord enlever le moteur et le sail-drive-c’est la première grosse partie du travail, effectuée par un motoriste.

    Ensuite, c’est le travail de fibre qui commence : d’abord enlever le bati moteur, préparer les surfaces, stratifier, enduire, poncer…

    Pendant les travaux, Loïc passe de longues heures au chantier pour surveiller et coordonner les travaux.

    le port du casque et du gilet est obligatoire! on ne plaisante pas avec la prévention..

    Il nous faudra compter encore une à deux semaine d’immobilisation de Moby ces étapes étant réalisées les unes après les autres, et demandant du séchage- nous croisons les doigts pour que le temps reste sec.

    Moby sur son ber

    Comme nous ne pouvons pas rester vivre à bord- ce chantier n’autorise pas la présence d’enfants sur la chantier… il nous faut louer un appartement…

    Je me met donc en recherche d’un logement. Ca n’est pas très difficile, car Cairns est un lieu éminement touristique : la porte d’entrée vers la Grande barrière de Corail, mais également vers les forêts tropicales du Queensland : en effet le « Queensland Wet Forest » est classé au Partimoine Mondial de l’Unesco, c’est l’une des plus ancienne forêts tropicales du monde, datant de plusieurs dizaines de millions d’années, antérieur en âge aux dinosaures et sans doute reminiscente du continent unique, le Gondwana. Son isolation du reste du monde en fait l’une des forêts la plus concentrée en plantes uniques et endémiques, comparable en cela aux forêts de Madagascar et de la Nouvelle-Calédonie.

    C’est donc sans difficulté que nous nous trouvons un petit appart’ bien placé sur l’Esplanade, à 2 pas du centre ville, et à 5mn du skate park. Cela nous évite d’avoir à louer une voiture; Loïc pourra aller en vélo au chantier tous les matins, et avec les enfants, nous nous déplacerons à pied et à roulettes!

    Nous nous offrons tout de même 2 jours de détente pendant le week-end , histoire de décompresser de cette semaine un peu stressante. Cap sur les Tablelands, à la rencontre des Wallabies!

  • En route vers l’Indonésie, l’imprévu s’invite à bord…

    En route vers l’Indonésie, l’imprévu s’invite à bord…

    Dimanche 14 mai :

    Devant les étraves de Moby, plus de 2600 milles de navigation vers Kupang, dans la province du Timor Occidental, en Indonésie. Les prévisions météo sont bonnes pour la première semaine de mer et la traversée de la Mer de Corail vers le détroit de Torres. Depuis le passage de Donna en début de semaine, le temps s’est remis à un bon régime d’alizés, généré par un bel anticyclone sur la mer de Tasman. Du vent arrière donc, mais suffisament fort pour bien avancer en tirant des bords de grand largue vers notre but.

    Photo satellite de la Mer de Corail la veille du départ. Donna s’évacue au sud-est et Ella, en route vers Vanuatu se comble lentement

    Nous quittons Nouméa comme prévu à 9h du matin. Dans le grand lagon du sud de la Nouvelle Calédonie, le vent de sud-est forcit à mesure que nous nous éloignons de la côte. Nous glissons sur l’eau plate du lagon en direction de la passe de Dumbéa. Le lagon est superbe, avec ses nombreux ilôts, nous aurions bien aimé pouvoir rester quelques semaines de plus. Juste avant la passe, nous doublons de près un dugong, qui nous gratifie d’un fort battement de queue en guise d’au revoir.

     

    Sortie du lagon en approchant de la passe de Dumbéa

    Une fois en mer, l’alizé souffle à une vingtaine de noeuds et nous filons vers l’ouest, babord amure à 10 noeuds de vitesse. Le logiciel de routage prévoit une série d’empannages  à intervalle assez régulier pour les 3-4 jours prochains. Pas d’options franche, mais plutôt rester assez proche de la route directe en zig-zagant afin de tirer au mieux parti des petites variations dans la direction du vent. Trois empannages donc, en ce premier après-midi de mer, histoire de reprendre les bonnes habitudes de manoeuvres.

    Repos pour Bénédicte, en ce début de traversée
    Moby (point bleu) prend un peu d’avance sur le routage (bateau vert) le point rouge représente un bateau allant en route directe

    A la tombée de la nuit, le solent vient remplacer le code 0, Moby perd donc un peu de sa vitesse, mais la route est longue et le confort et la tranquilité sont une grande priorité la nuit.

    Premier coucher de soleil de la traversée, la code 0 a laissé sa place au solent

    Lundi 15 mai :

    Le vent à bien mollit en milieu de nuit, au petit matin nous renvoyons le code 0 et larguons le ris dans la grand-voile. Le vent tourne tranquillement à l’est, ce qui nous permet de faire route directe. Vers midi, le vent forcit un peu et tourne nord-est. Le solent vient remplacer le code 0, puis une heure après, prise du 1° ris.

    Premières 24h : moyenne honorable avec une belle pointe en surf

    De nombreux grains apparaissent sur notre route, la masse nuageuse se soude en fin d’après midi. Un peu avant la nuit les grains nous encerclent, la pluie est violente, peut-être une des plus grosses averses rencontrée jusqu’ici. En revanche très peu de vent associé à ce grain, jamais plus de 15 noeuds, mais il tourne dans tous les sens, m’obligeant à régler les voiles en permanence. Pour moi, c’est la grosse douche du soir. Quand nous sortons de cette zone de grains, vers 20h, les réservoirs d’eau douce sont remplis et le bateau parfaitement rincé.

    Grain en vue
    Temps à grains
    Pluie battante sous grain
    Trace des premières 48h

    Mardi16 mai :

    Le vent reste assez faible toute la nuit, environ une dizaine de noeuds, soit une bonne force Beaufort de moins que la prévision. Le ciel est nuageux, aussi nous préférons naviguer sous-toilé au cas où un grain ne nous surprenne dans la nuit noire. A 4h du matin, le ciel se dégage et le dernier quartier de lune nous rassure qu’il n’y a plus de grains autour. Le ris est donc largué et nous envoyons le gennaker. Quand le jour se lève, nous avons paré les récifs Nereus, haut-fonds de plus de 30 milles dont 12 affleurants.

    Passage au nord de Chesterfield et Bampton reefs

    Il n’y a plus de nuages, et le vent se renforce légèrement. Les conditions de navigations sont agréables, la mer qui était agitée depuis notre départ dimanche s’est maintenant calmée, tout l’équipage apprécie. Ce soir, sur notre route, se trouvent les récifs et les iles Chesterfield, il me faut donc anticiper dès le matin de quel coté nous les contournerons, car cette zone fait tout de même 70 milles de long et barre notre route directe. Après consultation des fichiers météo, il apparait que le contournement par le nord soit plus favorable, nous empannons donc à 11h pour faire route vers le nord des récifs Bampton.

    En milieu d’après-midi, nouvel empannage pour parer ce que nous appelons le récif fantôme. Je m’explique : nous disposons de plusieurs sources pour la cartographie à bord. Les cartes électroniques des traceurs B&G sont d’origine Navionics, sur mon iPad je dispose de l’application iSailor, excellente et précise jusqu’ici, avec des cartes de Transas, filiale marine de Jeppesen, leader mondial de la cartographie electronique aviation et marine. Nous avons aussi les cartes papier du SHOM pour l’ensemble des routiers du voyage. Pour compléter ces 3 sources, une application iPad OvitalMap, sorte de GoogleEarth mais qui se consulte sans connection internet. Donc de ces 4 sources, 2 n’indiquent rien de plus qu’une sonde à 1474m (Transas et SHOM) et Navionics, en zoomant au maximum fait apparaitre un récif de 5 milles de long, et l’image sattellite d’OvitalMap, bien qu’avec une définition médiocre, semble montrer un ilot ou récif. Face à ces contradictions, je n’hésite pas un instant et laisse la zone douteuse à 10 milles dans notre Est. Les enfants sont déçus, ils se voyaient déjà découvrir une ile inconnue et y planter leur drapeau!

    C’est la journée des manoeuvres, encore 3 empannages à 16h30, 19h45 et 22h, puis le vent fraichissant prise du 1° ris à 22h30. Babord amure, nous parons la caye du nord-est de Bampton, la laissant à 5 milles dans notre sud peu avant minuit.

    Trace de la journée du Mardi 16. Les récifs de la Mer de Corail à éviter
    Coucher du soleil du mardi 16 mai

    Mercredi 17 mai :

    De belles conditions pour la nuit, le bateau file à 150° du vent, parfaitement équilibré ; la lune, dont il ne reste qu’un croissant se lève vers 2h du matin et nous tient compagnie jusqu’au lever du soleil. Pour profiter d’une petite bascule du vent, nous empannons une fois de plus à 7h. Le vent forcit graduellement le matin et nous prenons le 2° ris dans la GV à 11h. Les milles défilent régulièrement et notre vitesse moyenne surface est d’un peu plus de 10 noeuds, avec un VMG de 8,3 ce qui nous donne nos 200 milles de gain sur la route par 24h. Tout cela sans forcer et dans le plus grand confort. Un empannage de plus à 14h, c’est le 9° depuis notre départ de Nouméa.

    Le gennaker est déporté sur l’étave au vent permettant de gagner un peu de VMG
    La nuit arrive- mercredi 17 mai

    Un peu avant minuit nous passons au sud du récif Mellish, petit atoll de 6 milles orienté nord-sud et le dernier directement sur notre route avant l’entrée du détroit de Torres. Nous pouvons donc à nouveau empanner et profitons d’un passage du vent à l’est pour faire route directe vers Torres, tribord amure.

    Jeudi 18 mai :

    Les conditions sont optimales. Pour la première fois depuis le départ, l’orientation du vent nous permet d’être en route directe vers le phare d’East Cay, qui balise l’entrée Est du passage du détroit de Torres. Pas une manoeuvre de toute la journée. Seul l’état de la mer a changé au fil des heures, conformément aux prévisions, nous subissons une houle d’est, qui a été générée par la tempête tropicale Ella, qui est passé au nord des Fiji puis à fait route à l’ouest pour s’éteindre au nord des Vanuatu il y a 2 jours. Nous avons aussi croisé 2 cargos en provenance du Japon qui faisaient route vers Brisbane. Il faut attendre 20h et un vent fraichissant pour que nous décidions d’affaler le gennaker et le remplacer par le solent pour la nuit. Sous 2 ris et solent, nous serons un peu sous-toilé pour la nuit, mais le gain en confort le justifie bien.

    GV 2 ris, Gennaker
    Tribord amure, gennaker déporté
    Sunset le 18 mai

    Vendredi 19 mai :

    Le vent est resté soutenu toute la nuit, puis a molli au matin, avec une mer toujours un peu confuse. En mollissant, le vent est revenu au sud-est. Le 2°ris a donc été largué, puis nous avons renvoyé le gennaker à 8h.

    Temps à grains dans l’alizé

    A 11h, le premier ris est largué, puis nous empannons à 14h car le retour du vent au sud-est nous permet de mieux gagner sur la route en étant babord amure. Dans l’après-midi, le vent mollit encore un peu et le ciel se couvre. Quelques grains apparaissent au nord, mais ne semblent pas très actifs. Il faut attendre 20h pour que le vent reviennent franchement. Tout comme la veille, nous réduisons la toile. D’abord le solent pour remplacer le gennaker, 1° ris puis le 2° une heure après, nous voilà en mode safe pour éviter d’autres maneuvres de voile en cours de nuit.

    Samedi 20 mai :

    Nous n’avons pas regretté l’anticipation de réduction de voilure, car durant la nuit le vent est monté à plus de 25 noeuds à 2 reprises, lors de passages de grains. Entre ces grains nous étions certes sous-toilé, mais la vitesse n’est jamais descendue sous 7 noeuds, pas de quoi se plaindre, d’autant plus que la direction du vent permettait d’être assez proche de notre route. Vers 5h du matin, le vent bascule suffisament pour justifier d’empanner, puis comme il mollit, nous larguons les ris et remettons le gennaker. La baisse du vent continue pour passer entre 8 et 10 noeuds à partir de 11h. L’état de la mer ne s’est en revanche pas arrangé, ce qui nous oblige à naviguer à 120°-130° du vent au lieu des 150° habituels, afin de maintenir assez de pression dans les voiles et éviter qu’elles ne déventent, pénalisant la vitesse et source d’usure du gréement.

    Nous sommes tribord amure et faisons route au 340°. Les côtes de la Papouasie-Nouvelle Guinée sont à 130 nautiques devant. D’après le routage émanant des dernières prévisions météo, la route à temps optimal nous ferait poursuivre sur ce bord jusqu’à proximité des côtes de PNG, pour empanner en milieu de nuit et faire route vers l’ouest le long des côtes de Papouasie.

    Ce routage ne représente que 2 heures de gain sur les 36h de mer qu’il nous reste avant le détroit de Torres. En revanche, il nous ferait naviguer de nuit, sans lune ou presque, à proximité des côtes de PNG, potentiellement fréquentées d’embarquations de pêche locale, pirogues mal ou pas éclairées et ne disposant certainement pas d’AIS. Je décide donc d’empanner et faire route vers l’ouest à partir de midi. Ainsi nous resterons au moins à 100 milles des côtes et limiterons ainsi les risques liés à ces traffics de bateaux de pêche et aux nombreux cargos venant de l’est et allant vers le détroit de Torres.

    L’après-midi est tranquille, la mer a tendance à se calmer, et bien que le vent soit toujours inférieur à 10 noeuds, nous progressons gentillement entre 6 et 7 noeuds.

    16h20, c’est l’heure du thé, que nous prenons dans le cockpit. Le soleil est déjà assez bas sur l’horizon en ce début d’hiver austral, quand soudain nous entendons un bruit surprenant assez difficile à définir. Cela ressemble un peu au bruit que peut faire une crête de vague contre le dessous de la nacelle lorsque le bateau est lancé à grande vitesse, mais ça ne peut être le cas car nous sommes à moins de 7 noeuds. Nous pensons donc de suite à une collision avec un OFNI. Nous regardons derrière dans notre sillage. Rien dans un premier temps, puis au bout de quelques secondes, peut-etre 15 ou 20s après le choc, nous apercevons un objet blanchatre qui apparait rectangulaire à un peu plus de 50m derrière nous. Est-ce ce que nous venons de heurter, ou cela est-il un morceau du bateau? Impossible à dire!

    Je décide de rouler le gennaker et de faire demi-tour pour aller voir et éventuellement récuperer cet objet flottant. Comme pour une manoeuvre d’homme à la mer, nous manoeuvrons vite.  Arthur, avec ses jumelles, est chargé de ne pas quitter l’objet des yeux. Les moteurs sont mis en route sans être embrayé avant que Bénédicte et Victor ne se soient assuré qu’aucun bout ne traine dans l’eau. Je loffe, puis effectue le virement de bord qui nous permet de faire route vers l’objet flottant. Cela nous a pris moins de 2 minutes pour faire demi-tour. Nous approchons ensuite prudemment de l’endroit de la collision. A une longueur de bateau, nous identifions l’objet flottant blanc, il s’agit d’un de nos skegs de protection, appendice placé devant l’embase du moteur et chargé de le protéger. Nous apercevons aussi à moins de 20m du skeg, 2 billes de bois de près d’un mètre de diamètre, faisant l’une  5m et l’autre 8m environ, qui sont à l’origine de la collision.

    trace de la manoeuvre de récupération du skeg

    Je positionne le bateau au mieux afin de récupérer le skeg à partir de la jupe arrière tribord. Bénédicte et Victor sont à la récupération dans la jupe, avec gaffe et bout. Arthur à l’avant surveille les billes de bois qui sont très proches des étraves et m’informe de leur distance. Elles flottent entre deux eaux, affleurant à peine à la surface. Le skeg échappe une première fois des mains de Bénédicte; je me repositionne et la seconde tentative est la bonne. Le skeg est à bord. Nous nous éloignons vite des billes de bois et remettons le cap à l’ouest.

    La priorité est à l’évaluation des dommages. Les cales sont inspectées. Pas d’eau dans la partie centrale des coques. Reste à inspecter les cales moteurs situées à l’arrière et dont l’accès se fait par un capot dans la jupe. Les moteurs ont été éteints après la manoeuvre. Je commence par le coté babord, car il nous a semblé que c’était le côté touché. Effectivement, en ouvrant le capot, je vois une vingtaine de centimètres d’eau dans la cale. La pompe de cale semble étaler car le niveau ne semble pas monter. Je descends dans la cale, cherche du regard l’entrée d’eau. Puis je passe la main à l’endoit où des remous me semblent indiquer la source de la fuite et découvre ce qui ressemble à une fissure ou un décollement sur le coté gauche et l’avant du bâti moteur. L’entrée d’eau, que j’évalue à 3-4 litres par minute est bien étalée par la pompe de cale mais je décide de tenter de la colmater avec du mastic époxy à prise rapide, même dans l’eau. Une fois la pâte préparée, je l’étale au mieux le long de la fissure. L’effet est assez miraculeux, en 5 minutes je pense avoir réduit la fuite aux 3/4. Seul un endroit situé sous le support de l’échappement moteur ne m’est pas accessible.

    Partie visible de la fissure d’où rentre l’eau

    Pour l’heure je suis satisfait, la situation n’est pas critique du point de vue de la navigabilité, dans le pire des cas, si la brèche visible venait à s’élargir et que la pompe de cale n’étalait pas, le niveau ne monterait pas à plus de 30 ou 40cm car la cale moteur est parfaitement étanche dans toute sa partie inférieure.

    Je renonce à une inspection sous marine de la coque, car les conditions ne permettraient pas de le faire en toute sécurité. Je fait le bilan de la situation, car il va falloir prendre une décision pour la suite. C’est donc le moment d’appliquer la petite matrice décisionnelle dont j’avais l’habitude dans mon métier et qui a tout autant sa place en mer que dans l’air: FORDEC ( Facts-Options-Risks/Rewards-Decision-Execution-Crosscheck). J’ai copié collé ci-dessous le détail de cette matrice pour ceux que ça intéresse, car elle s’applique très bien à toute prise de décision quel que soit le domaine.

    FORDEC is an acronym for decision making. It is the model used by the EU/EASA/JAR NOTECHS (non-technicals) Behaviour Marker CRM Skills measurement system and is required to be assessed during recurrent simulator training (LPC/OPC) as part of CRM.

    F – Facts (what is the problem)
    O – Options (hold, divert, immediate landing etc.)
    R – Risks/(Benefits sometimes included) (what is the downside of each option, what is the upside, i.e. a runway may be further away but is longer)
    D – Decide (which option)
    E – Execute (carry out selected option)
    C – Check (did everything work/go to plan, what else needs to be done)

    Facts is the first step to solve a problem or make a decision. It is necessary to find out what is has happened, what is wrong (i.e. define the problem) and if possible what causes it. Often an aircraft’s computers (EICAS – Boeing, ECAM – Airbus) will diagnose the fault but it is important to confirm and to avoid “confirmation bias”. The Facts stage involves determining and confirming the problem.

    Options is determining what choices you have given the problem and circumstances. Not all faults are urgent or require immediate action. If action is required, such as a diversion there may be choices in airfields such as one where there is engineering or company support, length of runway given the fault(s).

    Risks is assessing the potential downsides and benefits of each viable option. Often there are several choices available and there needs to be a reasonable decision made. This is normally associated with airport and runway choice but there are other scenarios as well. Even the act of diverting requires risk assessment and it may be less risk adverse to continue (short runways, bad weather etc.) When all options are equally safe, an airport with maintenance or company support has greater benefit.

    Decide is choosing the best option available to you. In a modern cockpit environment this should be discussed with both crew members.

    Execution is carrying out the appropriate action and to assign tasks to people who are to execute them.

    Check is a constant process, not solely when the actions are complete. It is needed to ensure that everything is proceeding according to plan, and the desired safe outcome is likely. If this is not the case the process can be started again to fact check what has changed or what is not working and then adapt as necessary.
    There is also time critical FORDEC and non-time critical FORDEC. The difference is when evaluating the risks and benefits you are looking for the best option with no time constraints. When you have time constraints you need to choose the quickest suitable option, which may not be the most desirable.

    Donc dans le cas qui nous concerne, voici l’aperçu de la situation:

    Facts : Voie d’eau, maitrisée mais pas complètement colmatée-Skeg arraché-La sécurité ne semble pas en jeu mais une inspection approfondie est indispensable dans les meilleurs délais.

    Option 1 déroutement vers Cairns

    Option 2 déroutement vers Thursday Island

     

    Risks / Rewards

    1-Déroutement vers Cairns, Australie (+)Port le plus proche (320NM) ayant les infrastructures pour sortir Moby de l’eau et des pros à même d’effectuer un grand nombre de réparations. (-) C’est du près serré pour rejoindre Cairns dans un alizé modéré à fort et de la mer.

    2-Continuer vers le détroit de Torres et relacher à Thursday Island afin d’inspecter la coque en plongée. (+) C’est sur notre route à 380NM mais au portant pour y aller. (+) Si une réparation provisoire est possible nous pourrons continuer vers l’Océan Indien et sortir de l’eau aux Seychelles ou à Maurice(-) Si une sortie de l’eau s’impose, il nous faudra soit faire route vers Cairns (420NM au louvoyage) ou Darwin (700NM au portant mais avec des infrastructures bien plus limitées)

    Decision

    Les options ne sont pas nombreuses, et afin de minimiser les risques, le déroutement sur Cairns semble la meilleure. J’appelle par téléphone nos amis américains Dave et Gudrun sur le catamaran Cool Runnings, qui se trouvent en ce moment à Thursday Island. J’expose les faits à Dave et lui demande de rechercher sur internet des compléments d’infos sur les infrastructures dont dispose la cote nord de l’Australie. Il me rappelle moins de trente minutes plus tard et me confirme que Cairns est le port le plus proche avec les services requis. Darwin est très mal équipé et ensuite il n’y a simplement plus rien!  Nous décidons donc de faire route sur Cairns.

    Execute

    La route vers Cairns est au 210° et le vent est au 150°. Cela n’est pas si mal, si le vent se maintient  en direction le près ne sera pas trop serré, à 60° du vent. Pour ce qui est de sa force, la prévision de renforcement du vent en soirée de samedi se confirme, et le changement de cap de 90° a pour effet immédiat d’augmenter considérablement le vent apparent qui passe à une vingtaine de noeuds. Je prends un ris initialement, puis ne tarde pas à prendre le 2° ris quelques minutes plus tard. Nous avançons bien, en revanche, nous avons beaucoup perdu en confort. Il va falloir faire avec.

    Après m’être bien occupé du bateau vient le temps de la communication : j’appelle par téléphone satellite le MRCC (Maritime Rescue Coordination Centre) de Brisbane pour les mettre simplement au courant de notre avarie, leur signaler que tout va bien à bord et que nous faisons route vers Cairns avec une ETA lundi matin. Nous convenons d’un compte-rendu de position et situation toutes les 12h, par liaison satellite. Je rentre également en contact avec le Border control, les Services des Douanes et Immigration d’Australie pour leur signifier notre arrivée. Heureusement, je les avais déjà notifié de notre transit dans les eaux territoriales australiennes avant de partir de Nouméa, ce qui me simplifie grandement la tâche. Nous passons aussi un coup de téléphone à la famille, pour les informer  mais surtout les rassurer car notre changement de trajectoire, qu’ils verront bientôt via le tracking sattellite, ne leur passera pas inaperçu. Enfin un e-mail à notre assureur, pour l’informer au plus tôt, car nous aimerions bien sûr que les réparations se fassent dans les meilleurs délais.

    Il est presque 20h dimanche lorsque je prends le temps de soufler un peu. Depuis la survenue de l’avarie, je suis allé inspecter la cale moteur une dizaine de fois, tout va bien, la pompe de cale étale parfaitement. Nous avons déjà fait 25NM et il nous reste 275NM pour rejoindre le Grafton Passage, passe dans la grande Barrière de Corail qui conduit à Cairns ; il restera ensuite 30 milles à faire à l’intérieur de la Grande Barrière pour rejoindre le port.

    Dimanche 21 mai :

    Le vent à forci sensiblement dans la nuit, j’ai donc réduit la surface du solent en le roulant de 3 tours. Comme toujours en navigation au près sur un catamaran comme Moby, le jeu consiste à maintenir la vitesse qui donne le passage le plus doux et confortable dans les vagues. En général entre 8 et 9 noeuds, le passage dans la mer se fait bien, au delà on prend le risque de taper assez fort en retombant dans les creux, ça tire sur le bateau et c’est inconfortable, donc on ralentit. Le pilote automatique fait son travail à merveille, dans les conditions de la nuit, il est réglé sur un maintien de l’angle de vent apparent à 43°, cela nous permet de gagner quelques degrés au vent de la route directe, sans aller moins vite que la mer ne le permet, ce sera toujours ça de pris si le vent se met à refuser plus tard.

    Les conditions restent stables au cours de la journée, notre vitesse sur le fond n’est jamais inférieure à 8 noeuds. Les milles défilent, c’est bon pour le moral du bord. Bénédicte et moi sommes bien sûr déçus de voir notre programme contrarié après 2200 milles sans soucis, mais nous nous disons que cela fait un peu partie de l’aventure. Décue aussi de devoir dire à son frère de faire machine arrière et de ne pas réserver son billet vers l’Indonésie : les 3 semaines que nous avions prévues pour explorer le chapelet d’îles entre Florès et Bali sont fortement compromises.  Les enfants, d’une bonne humeur inébranlable sont contents de faire escale en Australie, à l’idée de voir des kangourous et autre crocodiles de mer.

    En route vers Cairns contre l’alizé- Plus que 130NM avant d’arriver au but!
    Dernier coucher de soleil sur cette traversée

    Vers 20h, nous passons au vent du minuscule atoll Bougainville reef, dont nous voyons bien le feu à éclats blancs. A 21h30 le vent forcit de quelques noeuds, dans les rafales le vent apparent approche 30 noeuds, nous prenons donc le troisième ris, ce qui n’a aucune conséquence sur la vitesse et améliore le confort, tout en soulageant les efforts sur le gréement.

    Vendredi 19, Samedi 20 Dimanche 21 et arrivée Lundi 22 mai

    Lundi 22 mai :

    L’augmentation de la force du vent n’aura été que de courte de durée, vers 2h du matin le vent est revenu à 20 noeuds, mais nous attendons le lever du jour pour larguer le 3° ris. A 7h30, nous apercevons la tour phare batie sur l’Euston reef, balisant l’est du Grafton Passage.

    J’appelle la marina, les douanes et l’immigration, le MRCC pour leur donner une ETA précise. Je me donne un peu de marge et leur dis que nous accosterons à 13h30. Autant laisser à chacun sa pose déjeuner, et cela nous permettra de mettre le bateau en ordre avant l’arrivée.

    Nous pénétrons à l’intérieur de la Grande barrière de Corail à 8h, la houle d’Est s’estompe, en revanche, sous l’effet des forts courants, la mer est incroyablement hachée. Le vent refuse franchement et nous nous retrouvons au près serré pour parer Green Island, spot de plongée très réputé. Ensuite nous pourrons laisser porter vers Cairns.

    Sur l’AIS apparaissent des dizaines de cibles, c’est l’armada de bateaux de charters de plongée partant à la journée sur la Grande Barrière de Corail. Le développement de cette industrie touristique est impressionnante, je crois que nous n’avons encore jamais vu ça!

    Après avoir contourné Green island, nous faisons route vers Mission Bay, située à 5 milles  du port de Cairns. Nous affalons les voiles et mettons de l’ordre dans le bateau. Je rince même tout le cockpit à l’eau douce, car ces 2 jours de près dans l’alizé ont apponté leur dose de sel. Nous déjeunons rapidement et nous nous engageons dans l’étroit chenal d’accès au port de Cairns.

    Le Cap Grafton
    Arrivée dans le chenal d’entrée de Cairns
    Chenal de Cairns

    Nous accostons exactement à l’heure prévue, avec un excellent service de la marina pour nous prendre les amarres. Les services des douanes, immigration et quarantaine sont là. Les formalités se passent vite et bien, il y a certes beaucoup de paperasse, mais ils sont très pros et en moins d’une heure tout est réglé.

    C’est maintenant que va commencer un nouveau challenge : organiser la sortie de l’eau, l’expertise et les réparations dans les meilleurs délais.

    A très bientôt

    Moby au ponton de Marlin Marina, Cairns

     

     

     

     

  • A l’abri du cyclone Donna en baie de Prony

    A l’abri du cyclone Donna en baie de Prony

    Cela fait plusieurs jours que nous surveillons de loin la tempête tropicale formée le premier mai au nord-Est des Fiji. Elle est inhabituellement tardive, la saison cyclonique étant censé se terminer…. début avril-et nous sommes début mai! Cela est d’autant plus étonnant qu’un cyclone, COOK,  est déjà passé tardivement sur le Vanuatu et la Nouvelle Calédonie il y a moins d’un mois :

    Le cyclone Cook, passé sur le Vanuatu et la Nouvelle Calédonie, les 8 et 11 avril derniers

    Le 3 mai, la tempête tropicale pend la forme d’un cyclone, et est nommée : Donna devient une menace sérieuse pour la région.

    Dans l’expectative d’un cyclone, il y a deux solutions : s’abriter dans une marina, ou dans un trou à cyclone. Les marinas de Nouméa étant bondées, nous pensons au trou à cyclone de la Baie de Prony, distante de 35 NM de l’île des Pins où nous nous trouvons.

    à Prony, la baie des Kaoris et la baie du Carénage

    Le plus souvent niché au coeur de mangrove et au fond d’estuaires, un trou à cyclone permet de s’abriter du mauvais temps, en particulier de vents cycloniques qui peuvent tourner de 360° en quelques heures, et aussi de la mer qui ne peut rentrer grâce aux méandres de la rivière. La végétation très résistante des mangliers (connus aussi sous le nom de palétuviers), qui plantent solidement leurs racines mi-aériennes/ mi-aquatiques dans les fonds, permet qu’on s’y amarre si nécessaire, et fera protection en cas de montée des eaux barométrique. Les fonds sont en général d’excellente tenue.

    Cependant, nous ne sommes pas trop inquiets pour nous même ni pour Moby, car les eaux autour du sud de la Nouvelle Calédonie sont « froides », pas plus de 25°. Or un cyclone a besoin d’eau chaude pour puiser son énergie : à moins de 26°-27°, il perd de sa puissance.

    Après avoir vécu plusieurs années à l’île Maurice, où nous habitions en bord de mer et avions aussi un bateau, nous avons connu de très nombreuses alertes cycloniques, et un seul cyclone nous a véritablement touché avec des vents supérieurs à 200km/h : Dina, en janvier 2001, qui avait fait beaucoup de dégâts, matériels et humains. Ce sont donc des phénomènes que nous connaissons, en particulier Loïc par son métier de pilote de ligne. Nous savons qu’il faut toujours se préparer au pire, car au delà de la force d’un cyclone, c’est sa trajectoire qui dira la force et la direction des vents à un point précis. Il existe aussi une part d’incertitude quand à la trajectoire exacte de ces phénomènes.

    Loïc suit donc de très près la météo sur les sites spécialisés, et nous décidons le 5 mai de quitter notre mouillage de l’île des Pins pour la baie de Prony, où se trouve l’un des meilleurs trou à cyclones de la région.

    La baie de Kaori

    Le cyclone Donna est encore loin, mais nous venons de passer 8 jours très tranquilles à l’île des Pins : nous sommes contents de bouger, et avons l’idée de tester le mouillage cyclonique de Kaori Baie ou du Carenage, « au cas où » , puis d’aller explorer le reste de la baie de Prony qui offre de nombreux mouillages, balades à terre dans des lieux historiques de peuplement, des point de vue en hauteur, des cascades et baignades en rivière etc….

    vestiges de l’exploitation minière

    Prony est surtout un terminal de minerai, avec un très grand port, d’où vont et viennent les chargement de minerai, en particulier de nickel.

    A notre arrivée, déjà 4-5 bateaux sont au mouillage, un dans le bras de rivière de la Baie des Kaori, les autres dans celui du Carenage.

    la baie du Carénage

    La couverture gsm n’est pas bonne, alors pour récupérer la météo,  nous avons trouvé la parade : 2 fois par jour, j’active le partage de connexion de mon iphone, je l’enrobe dans un petit sac, et nous le montons en haut du mat pour une meilleure réception : et ca fonctionne!

    Nous avons aussi toujours notre téléphone satellite avec lequel nous prenons les fichiers GRIB.

    Finalement, le lendemain, 6 mai, nous décidons de rester dans la baie de Kaori. En effet, le cyclone s’intensifie, passe en catégorie 4 et sa trajectoire s’infléchit vers la Nouvelle-Calédonie.

    Le cyclone Donna, le 6 mai, au nord-Est du Vanuatu

    Rester à Kaori nous permet de plus de « sécuriser » notre mouillage : étant arrivés les premiers, nous avons choisi ce qui nous semble être le meilleur emplacement, à l’embouchure même de la rivière.

    ou mouillage à Kaori Baie

    La situation météo est particulièrement inhabituelle pour un début mai : il s’avérera que Donna est le cyclone le plus fort jamais enregistré au mois de Mai dans la zone  SW Pacifique. Il passera brièvement en catégorie 5 dans la journée du 8 mai!

    Nous prenons notre mal en patience pendant ces quelques jours d’attente avant de savoir quelle trajectoire et quelle force aura le phénomène, et s’il nous touchera ou pas.

    la trajectoire prévue pour Donna , datée du 7 mai

    Le matin nous commençons par un bon petit-dèj qui traine un peu, puis nous montons l’iphone en haut du mat pour récupérer de la météo, et prendre des nouvelles de la France : nous sommes en en effet en pleine campagne présidentielle, entre les deux tours!

    Puis nous continuons avec 2 heures d’école, histoire de prendre un peu d’avance.

    Après le déjeuner, c’est relax, nous bouquinons, regardons des films parmi le millier de notre médiathéque.

    En fin de journée, nous allons aussi aux bains des Kaoris, accessibles seulement à marée haute : c’est une source d’eau chaude naturelle. Il y a des restes de volcanisme en Nouvelle-Calédonie!

    vers les sources d’eau chaude

    A 5mn en annexe, en amont de notre mouillage, il nous faut zig-zaguer entre les méandres de la rivière,

    et les bancs de sable

    jusqu’à atteindre un ponton.

    C’est par là!

    Nous sommes impressionnés par l’aménagement de la source.

    Un véritable jacuzzi naturel! Bon, l’eau est plutôt à 32-33° qu’à 35-36°, mais c’est quand même sympa pour se délasser en fin de journée,Les enfants se défoulent en perfectionnant leurs roulades sous-marines et nous restons une bonne heure à barboter .

    Nous remontons aussi un peu plus haut observer les chutes d’eau. Tout cela serait encore plus spectaculaire sous le soleil, mais nous n’aurons pas cette chance : en 7 jours à Prony, et nous ne verrons pas un seul coin de ciel bleu!

    Le 8 mai, Donna est à son pic d’intensité : cyclone de classe 5,avec une trajectoire qui nous passe droit dessus.

    Prévisions de trajectoire le 8 mai

    Il a une forme assez parfaite de cyclone, avec un oeil bien marqué.

    Donna le 8 mai
    la situation du phénomène à échelle régionale

    Mais il reste encore 48h avant l’arrivée du phénomène, qui devrait diminuer en intensité à mesure de sa descente dans le sud.

    Tous les jours, la pluie s’intensifie un peu plus, laissant au début 30mn de répit entre les grains, puis 15mn, puis seulement 5mn à la fin. Nous finissons donc pas aller et revenir de la source sous la pluie.

    Alors on s’équipe! Même sous la pluie, les enfants sont très motivés par le bain des Kaoris.

    Nous sommes aussi séduit par la beauté des lieux, sauvages à souhait.

    La mangrove est magnifique, même sous le ciel gris. 

    Ici, un petit bras de rivière caché…

    Et sur les mangliers et les rochers, on découvre des huîtres!

    Ici, un rayon de soleil qui transperce nous offre un mémorable arc-en ciel.

    Le 9 mai, Donna perd de sa puissance :  sur les images, son oeil a disparu.

    Donna, le 9 mai

    Sa trajectoire s’incurve vers le sud, et il accélère sa descente, droit sur le sud de la Nouvelle Calédonie, entre l’île des Pins et Prony où nous nous trouvons.

    Trajectoire prévue de Donna au 9 mai

    Heureusement, le phénomène va beaucoup faiblir, et repasser en « simple » tempête tropicale quand il va nous toucher.

    Côté cuisine, j’aimerais me dire : « Tiens, si on en profitait pour cuisiner un peu plus, faire des gâteaux? ».

    Mais non, car les réserves de produits frais s’amenuisent… je n’ai plus d’oeufs, presque plus de beurre, plus de fruits non plus, et quelques rares légumes esseulés…Nous n’avions pas prévu de rester si longtemps en baie de Prony, il nous faut donc «tenir» une grosse semaine sur des réserves de 3-4 jours.

    Alors je jongle avec la cuisine du placard, comme ces fougasses au fromage ou au chorizo qui permettent un plat unique de pic-nic avec de la farine, de l’eau, un filet d’huile d’olive, et une poignée de fromage râpé, de chorizo, de jambon de montagne, des câpres, d’olives ou de tomates séchées….

    Et pour changer des pâtes (au pesto, aux champignons, à la sauce tomate, ….), et de la pizza au thon/anchois/câpres/poivrons, j’ai aussi dans mon escarcelle :

    – la salade de pois chiches (avec un poivron, une tomate coupé en dés, et une vinaigrette au massala),

    – la salade de lentilles agrémentée d’une carotte râpée et d’un assaisonnement cumin-paprika

    A la fin de la semaine, le frigo vraiment vide…

    Et Donna dans tout ca? Cela fait 5 jours que nous attendons ; d’un jour à l’autre , les prévisions de trajectoire changent.

    La pluie s’intensifie, pour ne former qu’un rideau épais.

    Cela ne nous empêche toujours pas d’aller nous relaxer à la source des Kaoris… de plus en plus équipés!

    Le mercredi 10 mai, Donna est prévu de passer le lendemain sur les îles Loyauté, à l’Est de la Grande Terre.

    prévisions de trajectoire de Donna le 10 mai

    Nous nous préparons donc pour la nuit : les vestes, les lampes frontales, les gilets de sauvetage, les lampes de pont au cas où il nous faudrait manoeuvrer.Finalement, Donna va toucher de plein fouet les îles Loyauté,  en se désagrégeant au passage, revenant au stade de dépression tropicale intense, puis modérée.

     

    Bizzarement, dans la nuit, nous sommes réveillés vers 2h du matin, par… le silence. En effet, le vent est tombé, la tempête tropicale s’est essoufflée. Le lendemain, jeudi 11 mai le temps se découvre.

    Nous attendons la levée de l’alerte cyclonique pour lever l’ancre et nous diriger vers Nouméa. Que cela fait du bien de revoir le ciel bleu et le soleil!

    Nous nous donnons 3 jours pour préparer le bateau, récupérer les derniers colis, faire les appros et dire au-revoir aux copains : nous dînons à bord du bateau de Carole et Antoine, le lendemain, c’est un BBQ chez Michel et Peggy , et enfin, Nancy vient gentiment nous déposer un colis qu’elle a réceptionné pour nous.

    Nous reste tout juste le temps de faire un tour au marché pour faire le plein de fruits et légumes non réfrigérés, qui se conserveront donc bien, puis un gros plein au supermarché, en particulier des fromages : camemberts, fourme d’Ambert, buche de chèvre…. pas sûr que l’on trouve un si bel achalandage avant longtemps!

    Les cales sont bien remplies, les pleins d’eau et de gazoil sont faits!

    Nous restons sur notre faim, d’un séjour mitigé en Nouvelle-Calédonie. Notre départ tardif de Nouvelle-Zélande aura écourté un séjour que nous aurions aimé plus long : Loïc avait très envie de faire le tour complet de la Nouvelle-Calédonie  : 4-5 semaines eurent été nécessaires pour monter vers Belep via la côte Ouest, et redescendre vers l’île des Pins via les îles Loyauté et la côte oubliée. Nous n’avions que 3 semaines, qui finalement ont été bien tronquées par le cyclone Donna, qui nous aura immobilisé 8 jours à Prony.

    Ce sont là les aléas du voyage en bateau, qui nous rend tributaires de la météo! Il nous faudra donc un jour revenir en nouvelle-Calédonie, qui mérite bien 2 mois qu’on s’y arrête! La belle surprise aura été de revoir des amis de longue date comme Michel et son épouse Peggy, Carole et son mari Antoine, et de faire la connaissance de Nancy et Thomas, amis chers de mon frère.

    En quittant Nouméa, la providence nous fait trois beaux clins d’oeil :

    • Nous croisons notre ami Michel sur son JPK 10.80, qui passe la ligne d’arrivée en tête de la régate du week-end.
    Léon, le voilier de Michel

     

    • cette tortue qui sort sa tête comme pour nous dire au-revoir 
    • et dans la passe de Dumbéa, nous croisons la route d’un paisible lamentin, à quelques mètres de notre étrave, qui semble nous dire « Revenez, vous n’avez pas tout vu! »-désolé, pas de photo à vous montrer, la rencontre aura été furtive…

    Alors c’est décidé, un jour, nous reviendrons…

     

  • La mythique île des Pins, plus belle île du monde?

    La mythique île des Pins, plus belle île du monde?

    Bye-bye la Grande Terre! Nous mettons cap sur l’île des Pins, qui recèle une petite dizaine de mouillages tous plus paradisiaques les uns que les autres. Nous avons hâte de nous confronter au mythe!

    Nous commençons par explorer la sauvage baie de Gadji, difficile d’accès, et recommandée par plusieurs de nos amis Néo-Calédoniens, et aussi par Cool Runnings qui ont exploré l’île des Pins en Novembre dernier avant de rejoindre l’Australie. 

    Les premiers abords, ce sont de petits motus, au sable si blanc qu’il pique les yeux, et le pic N’ga qui se dessine au fond. 

    Nous nous arrêtons pour la nuit à Gadji, mais pas tout à fait dans le mouillage désiré : celui-ci n’est accessible qu’à marée haute, et idéalement en milieu de journée, quand le soleil est haut dans le ciel : il faut en effet slalomer à vue entre les bancs de sable et les patates de corail.

    La nuit tombe sur l’île des Pins, nous découvrons les pittoresques pins Colonaires, si photogéniques dans le soleil couchant. 

    Le lendemain, le ciel est dégagé : la marée n’est haute qu’en fin de journée, ou en tout début de matinée . Nous n’aurons donc jamais la combinaison idéale marée haute/soleil haut dans le ciel.Nous décidons alors de lancer le drone pour repérer notre future trace. Nous appareillons, le soleil dans le dos, pendant que Victor garde le drone opérationnel en vol lors ce petit trajet d’à peine 1 NM. Victor va le positionner à l’aplomb du passage le plus étroit, et nous précède de quelques mètres, nous donnant une belle image zénitale de la zone la plus étroite à passer.

    Nous découvrons un mouillage splendide, une piscine d’eau turquoise, des plages de sable blanc,

    quelques Pins colonaires,  des rochers photogéniques qui nous entourent. 

    des tortues,

    tortue

    Un peu plus loin, de grands bancs de sable bordent le rivage, 

    et le récif de l’île des Pins se poursuit au Nord.

     Nous sommes toujours tout seuls au mouillage, à part un bateau de plongée qui  s’arrête une fois par jour devant le même rocher pour laisser ses clients faire un plouf dans une eau couleur de piscine… Ou bien sont-ce les picines qui ont la couleur des fonds de l’île des Pins?

    En fin de matinée, nous partons explorer en snorkeling le récif, vers la fausse passe. Nous longeons à la surface un jardin de coral composé de curieux canyons, que nous avions repérés avec le drone. 

    le récif

    Les coraux sont plutôt jolis, les poissons pas très gros, mais nombreux. Nous croisons un assez gros requin de récif, un pointe blanche, curieux, qui vient nous voir, nous regarde en approchant à quelques mètres,

     

    puis repart tranquillement.

    Nous le reverrons à deux reprises pendant notre snorkeling. 

    Luxe inouï : nous bénéficions de notre plage personnelle! Les enfants se défoulent, et je pars en paddle longer le rivage. 

    Ajourd’hui est une journée spéciale : nous fêtons les 20 000 mille de Moby! Il nous en reste autant à parcourir, en 15 mois, pour boucler notre tour du monde!

    Anna a dessiné un plan du mouillage, et maman en short avec notre chien Lucky, qui lui manque tant!

    Le lendemain est encore plus spécial : c’est l’anniversaire du captain! 49 ans. Son cadeau, c’est un cheesecake citron vert, gelée de pamplemousse au combava, réalisé à sa demande par le chef cuistot!On se régale! Il déballe ses autres cadeaux : des dessins des enfants.

    Anna a dessiné un plan du mouillage de Gadji, et Maman en short avec notre chien Lucky, resté en Bretagne, et qui nous manque tant!

    Nous quittons Gadji le lendemain, car du vent est attendu, et qu’on ne peut rester dans ce mouillage que par très beau temps.

    Bye-bye Gadji!

    Nous ne perdons pas au change : dans la baie de Kuto, la plus touristique et la plus fréquentée de l’île des Pins, nous choisissons de mouiller devant la plage de Kutema. Nous sommes encore un fois tout seuls au mouillage et sur la plage, malgré le paquebot qui a mouillé pour la journée.

    A bord, des australiens, partis de Sydney ou Brisbane pour la semaine avec un programme serré : 2 nuits en mer, une nuit à Nouméa, une autre à l’île des Pins, et une autre aux ïles Loyauté.

    Nous débarquons et découvrons un sable d’une blancheur qui pique les yeux, fin comme de la farine…

    Les enfants s’éclatent dans les vagues du shore-break, Loïc et moi partons pour une grande balade à longer la plage, de plus d’un km de long. Les enfants ne veulent plus partir et ils décrètent l’endroit « LA PLUS BELLE PLAGE DU MONDE! »sable blanc, doux comme de la soie, jolis rouleaux pour se baigner, idéal pour le skim, végétation photogénique et personne d’autre que nous!!!

    Et les fins de journées sont tout aussi magiques.

    Après 2 jours de plage-baignade chateaux de sable, nous poussons 2 NM plus loin vers Kuto. Enfin un peu de monde! Il y a un hôtel, 5-6 voiliers de passage, et pour le we du 8 mai, à peine 3-4 bateaux de plus, venus de Nouméa.

    Ce n’est pas vraiment la foule non plus: nous avons au moins 200m de plage pour nous tout seuls. Les couchers de soleils sont très beaux. Je sais, c’est cliché, mais on ne s’en lasse pas. Alors j’en remet une, juste pour le plaisir…

    IL faut dire que ces pins colonaires sont très graphiques.

    Nous sommes très étonnés de croiser aussi peu de bateaux, alors qu’ils sont des centaines dans les marinas et mouillages de Nouméa. Mais ces bateaux sont essentiellement utilisés le week-end, par des résidents, ou des gends arrivés comme nous en bateau, et restés vivre à bord à Nouméa. C’est en effet un bon endroit pour scolariser les enfants tout en vivant confortablement à bord, et en travaillant, quand on est francais. La ville de Nouméa est de taille moyenne, les lycées et collèges sont à 2 pas, idem pour les commerces, on y vit facilement sans voiture, et les salaires sont plutôt bons comparés à d’autres îles du Pacifique. En contrepartie, la vie y est chère, nombre de produits sont importés.

    Autre raison du faible nombre de bateaux : ils sont encore très peu nombreux, une poignée, pas plus, à avoir effectué la traversée depuis la Nouvelle-Zélande ou l’Australie : le cyclone Cook a freiné bien des volontaires, et la dépression tropicale positionnée sur le Vanuatu en ce moment n’inspire pas la confiance des candidats au départ vers les eaux tropicales

    Le ferry qui dessert l’île des Pins est au quai depuis 2 jours, il ne fait visiblement qu’un aller-retour par week-end, et un autre en semaine.

    Les enfants nous réclament la plage, jouer, se baigner, faire des chateaux de sable. Ils ne sont pas encore rassasiés. Il faut dire que le sable est incroyablement fin, doux, et fait de très belles forteresses, permettant de façonner tunnels interieurs et puits.

    Tout de même, j’arrive à motiver ma petite troupe pour aller marcher jusqu’en haut du Nga, le plus haut sommet de l’île : 1h30 de marche à l’aller, 45mn au retour. Deux bons arguments pour cette petite rando  : l’énorme paquebot arrivé ce matin, qui devrait déverser ses flots de touristes sur la plage, et nous devrions avoir d’en haut une vue panoramique sur la côte. Si j’ajoute à cela un décret spécial « journée sans école : rando+picnic+plage l’après-midi….. les enfants sont conquis. C’est parti! Nous longeons la route sur 500m : ici les clotures sont tout simplement faites de troncs de filaos!

    A l’entrée du sentier, des totems de bienvenue. 

    Le sentier début dans ce qui semble être le lit d’un ruisseau. Puis un sentier bien raide monte à l’assaut du pic : 

    terre rouge, forêt émeraude : voilà les couleurs de la Calédonie .D’en haut en effet la vue est panoramique :

    de droite à gauche : l’ilôt Moro, les très belles plages de Kutema et de Vao, devant lesquelles est mouillé le paquebot. Puis le port de Vao et l’entrée du très touristique  Golfe d’Oro, l’ilôt Alcmede en second plan, puis la baie Koruru.

    De nombreux petits cairns jalonnent la marche : Anna tient à laisser sa contribution.

    Le senter redescend vers la forêt ombragée : ouf : il est 10h, il commence à faire très chaud.

    Encore un peu de crapahute pour traverser le lit du ruisseau.Un dernier après-midi à la plage pour les kids. 

    Une dernière forteresse à bâtir :

    Bye-bye Kuto, nous allons prendre nos quartiers  pour 48h à l’ilot Alcmede : 

    c’est là que nous verrons les plus beaux pins colonnaires, vraiment majestueux, et très graphiques, quand il se découpent dans le ciel bleu.

    Nous partons marcher le long des plages.
    Les enfants découvrent mille trésors, comme toujours. La ce sont des pierres ponces : volcanique, incroyablement légères en main. test grandeur réelle : elles flottent!!

    En fin de journée, la mer est bien basse, le platier se découvre.

    et au bout de la dernière plage, dans les roches, des serpents, les fameux tricots rayés nichent!

    Sisi, on les voit bien, dans les trous de roche, lovés. Nous rentrons au bateau. Les derniers touristes rentrent à l’hôtel

    à cette heure, les enfants aiment faire un peu de chaise dans le mat. Et pour les parents c’est l’apéro!

    Les lumières sont souvent très belles.

    Le lendemain, le vent se lève, nous allons nous abriter à la Pointe de Vao, en face du village. 

    Depuis quelques jours, ca souffle. Mais quel dommmage, la coutume interdit la pratique de la planche à voile à l’île des Pins.

    Nous partons alors explorer les plages. Mais je sens que mon captain, bien que séduit par la beauté des paysages, sent monter la frustration de ne pas pouvoir pratiquer ses sports nautiques favoris.

    Au retour, Arthur veut tester son catamaran Playmobil

    Nous le trouvons mal équilibré : il enfourne!

    Le lendemain, Loïc et moi laissons les enfants travailler à bord et partons à Vao, le village principal, situé en face du mouillage. Nous accostons à la plage de St-Maurice.

    Partis de Nouméa il y a plus de 10 jours, Il devient temps de se ravitailler en produits frais. Nous trouvons au marché quelques fruits et légumes : avocats, pamplemousses, citrons, oranges. Et à l’épicerie un peu de fromages et des légumes importés depuis la grande terre. Du saucisson également!! Il semblerait qu’en Nouvelle-Calédonie, la moindre petite épicerie de village dispose de saucisson et de camembert… la touche française ;-).L’après-midi, Loïc lance le drone pour aller en reconnaissance : Tous nos amis ont insisté pour que nous allions visiter la très célèbre baie d’Upi.

    La presqu’île de Kutomo et la baie de Kororu

    Moby est mouillé devant la presqu’île de Kutomo,  on devine à gauche l’embouchure d’un étroit détroit, menant à la fameuse baie d’Upi et ses rochers aux formes si caractéristiques.

    Koruru à droite, et à gauche, le petit détroit menant vi le village St-Joseph à la Baie d’Upi

    Nous en sommes pas sûrs qu’elle soit praticable en annexe. Nous savons par contre qu’elle l’est depuis le village de St-Joseph, dernier bastion des constructeurs de pirogue traditionelles.

    Le lendemain, il en fait pas très beau, le soleil peine à se montrer, tant pis, nous partons tout de même en reconnaissance vers la baie d’Upi.

    Nous passons devant le village St Joseph et découvrons les fameuses pirogues, très rustiques en effet. Il y a très peu d’eau dans ce détroit, il nous faut être prudents. Le manque de soleil gène aussi la visibilité.

    le détroit

    Encore une fois, ce n’est pas une image de carte postale que nous garderons de ce lieu, le temps était couvert,venté, à ne pas mettre un touriste dehors!! Nous n’avons d’ailleurs vu personne…. Mais ca nous va, nous explorons plus que nous visitons.

    Le site doit être fort différent sous le soleil, avec une eau turquoise…. De très beaux rochers sortent de l’eau, c’est pittoresque.

    Pour rentrer, il y a si peu d’eau que nous devons relever le moteur, nous nous trainons… Loïc a alors l’idée de mettre une voile : mon paréo fera l’affaire, nous sommes plein vent arrière!

    Le temps ne va pas s’améliorer dans les jours qui viennent, au contraire. Nous sommes même inquiets de la dépression tropicale qui a été nommée en cyclone ces derniers jours : Donna  se dirige vers le Vanuatu.

    Il est encore trop tôt pour s’inquiéter, mais ca nous intéresse d’aller jeter un oeil à la baie de Prony, dont le trou à cyclone est réputé être un excellent abri en cas de mauvais temps. L’avenir nous dira vite que ca n’était pas un mauvaise idée!

    Nous décidons alors de quitter l’île des Pins, tant pis pour la baie d’Upi que nous n’avons pas vu sous son meilleur jour, ni le mouillage d’Oro avec son extraodinaire « piscine » naturelle,  ou le  village de Uapan et son superbe snorkeling. Voyager en bateau, c’est composer avec les contraintes, y compris météo, et donc de savoir renoncer…

     

  • Nouméa et ses ilôts

    Nouméa et ses ilôts

    Quel bonheur de retrouver les tropiques après presque 5 mois de climat tempéré! L’heure n’est pas encore aux ploufs dans les eaux translucides, car nous avons prévu 3 jours à Nouméa pour régler les formalités d’entrée sur le territoire, réceptionner quelques colis, changer nos bouteilles de gaz, faire les lessives des vêtements d’hiver qui vont passer 7 mois à fond de cale….

    Pour l’heure, je me réjouis que nous ayons trouvé une place au ponton de la marina de port Moselle, tout proche du centre ville, et surtout du marché! La halle aux fruits et légumes est magnifique, quel plaisir de retrouver les produits tropicaux, ananas, fruits de la passion, mini-bananes, et les agrumes tropicaux qui m’emportent en quelques saveurs dans un autre bout du monde; les limons à Rodrigues, les qumkats en Espagne , les pamplemousses verts aux Marquises, et les combavas à l’île maurice…

    La halle aux poisson est aussi merveilleusement achalandée, et nous nous faisons une ventrée de crevette locales, croquantes et savoureuses.

    De nombreux petits producteurs proposent aussi fromages au lait cru affinés, saucissons de cerf, pain frais, achards, miel… On sent bien l’influence de la gastronomie francaise.

    Sans compter le stand de crêpes, tenue par Soizig, une véritable bretonne des côtes d’Armor avec qui nous devisons bilig et variétés de blé noir….! Il y a en effet tellement de bretons à Nouméa, qu’on trouve plusieurs marques de farine de blé noir….

    Anna se régale d’une véritable beurre sucre (on le reconnait à ce qu’il y a plus de beurre que de sucre….)

    Et je termine les dernières appros de fruits et légumes afin d’être autonomes 2 semaines pour aller découvrir l’île des Pins et les ilots du lagon sud-est.

    Sur notre ponton, nous avons le plaisir de retrouver Carole, Antoine et Gaspard, qui vivent sur leur bateau, et qui partent pour le week-end à l’ilot Maitre. Le grand sport des habitants de Nouméa, c’est d’aller le week-end en brousse à la chasse ou en bateau sur les ilots distant de quelques nautiques; îlot Maitre, Ile aux canards,  ilot Canard, ilot Ténia, ilot Amédée…..

    Nous les suivrons à l’ilôt Maitre, spot de kitesurf réputé à seulement 3NM de Nouméa. Il n’y a pas  assez de vent malheureusement pour le kite…

    Nous filons le lendemain vers l’ilôt Amédée, sur la route de l’île des pins. le coucher de soleil est au rendez-vous…


    L’île est assez touristique, mais la visite du phare vaut le déplacement, par son architecture originale et son point de vue sur le lagon.

    L’ilôt Amédée et son phare
    Moby au mouillage, Phare Amédée

    La vue d’en haut y est magnifique sur le lagon de Nouméa. Le phare est aussi un monument historique, contruit en plaques de métal, concu en France, puis assemblé en  Nouvelle-Calédonie il y a plus de 150 ans. C’est le second plus haut phare en métal du monde, qui de l’intérieur a un petit air de tour Eiffel!

    Nous passons 2 très belles journée, dans un lieu fréquenté de 9h à 15h, mais désert en début et fin de journée!

    Le snorkeling y est fabuleux. Nous y croisons des poissons de taille vraiment inhabituelle : loches géantes, une grosse tortue, d’énormes carangues, et même un napoléon. Pas d’images malheureusement, nous n’avions pas encore sorti la Go-pro de son hivernage… Mais tout de même ce cliché d’une tortue, elles sont nombreuses. 

    Reste ce gigantesque barracudas qui tourne autour de Moby le soir. Il mesure plus d’un mètre !

    Et que dire de ces rémoras qui nous suivent de près, et se jettent sur tout ce qui traine derrière le bateau, y compris le voilier d’Arthur.Haeureusement, ils n’arrivent pas à le couler!

    En revanche, nous avons pu immotaliser notre première rencontre avec les Tricots rayés,
    ces fameux serpents de mer au venin neurotoxique potentiellement mortel-sauf que leur bouche est tellement petite qu’ils ne peuvent mordre les humains…. On les garde quand même à distance!

    et observons leur déplacement, aussi agiles en mer qu’à terre.

    Nous faisons le tour de l’île le soir, quand les touristes sont partis, nous sommes seuls au monde…. et observons de loin les sternes Nereis, espèce protégée dont une dizaine de couples nichent à l’ilôt Amédée en hiver.

    Le lendemain, sur notre route pour l’île des Pins, nous faisons escale à l’île Ouen.

    l’île OUen

    La baie des tortues est une escale paisible pour la nuit, mais ne nous donne pas vraiment envie de nous baigner avec ses eaux troubles et rouges.

    Nous sommes tout proche de la célèbre baie de Prony, connue pour ses terres rouges, ses cascades, son trou à cyclone, et son port spécialisé dans le minerai, mais où ne nous arrêterons pas cette fois : les conditions sont parfaite pour rejoindre l’île des Pins, célèbre pour ses plages de sable fins, ses eaux turquoises et ses eaux poissonneuses, qui  nous font terriblement envie!

  • Viaduct Marina, au coeur d’Auckland

    Viaduct Marina, au coeur d’Auckland

    Avant de quitter la Nouvelle-Zélande, nous nous offrons quelques jours à la marina du Viaduct, en plein coeur d’Auckland.
    Pour une fois, Marina ne rimera pas avec lessives, nettoyage, courses, bricolage, entretien… Nous allons passer 4 jours et 4 soirées à profiter de la ville et des copains!

    D’abord Bruce et sa famille, avec qui nous avons navigué 3 semaines en janvier et  qui nous convient à leur yacht-club de Half-Moon Bay pour une dernière soirée. Ses parents Toni et Peggy sont aussi de la soirée, septuagénaires resplendissants qui naviguent 6 mois par ans, fidèles à leur voilier depuis 40 ans : une belle source d’inspiration!

    Nicole, Tobi , Marlene et Juliana sur Invictus, avec qui nous naviguons depuis un an et qui sont pour l’occasion nos voisins de pontons pour quelques jours. Les enfants sont devenus inséparables, et communiquent on ne sait comment, en francais, anglais, allemand…Autant dire que l’école est réduite au plus strict minimum : on sait au moins qu’ils pratiquent leurs langues étrangères…

    Pic-nic à bord de Moby

    Les filles font l’animation sur le ponton pour les touristes qui passent…!

    Nous découvrons un peu mieux ce nouveau quartier de Viaduct, bourré de bonnes idées d’aménagement urbain. Comme ce toboggan, cette piscine-bassin pour les petits, ces chaises longues pour regarder la ville la nuit, et ce vieux quartier des silos qui se transforme le week-end en rendez-vous branché et pas cher : food-trucks, musique, ciné gratuit en plein air, basket-ball by night…..

    L’architecture est aussi très variée

    Immeuble ou paquebot?

    A 50m de Moby, c’est le Musée Maritime, que nous n’avions pas encore visité. Nous pension y faire un rapide passage d’une grosse heure, curieux de voir la planche à voile avec laquelle Bruce avait gagné sa médaille aux jeux olympiques de Los Angeles… Nous y sommes restés finalement  plus de 3h tellement il y avait à voir et à faire.

    Les voiles maories bien sûr, et les première heures de la colonisation polynésienne de la nouvelle-Zélande. Passionnante, l’histoire méconnue de ces  exceptionnels marins polynésiens qui traversaient des océans dès le 12ème siècle, sillonnant et découvrant l’immensité de l’Océan Pacifique.

    Puis celle de premiers explorateurs européens, comme  James Cook, grand découvreur de la Nouvelle-Zélande, aux prémices de la colonisation européenne.

    Mais plus encore l’histoire de l’immigration en Nouvelle-Zélande, à qui est consacré un très émouvant département, qui reconstitue notamment l’ambiance à bord de ces bateaux qui traversaient 2 océans avant de débarquer les nouveaux arrivants : chinois, européens de l’est, américains, irlandais…. C’est leur histoire personnelle et celle de tout un peuple qui nous est contée, comme si nous y étions. Je rêve en France d’un musée de l’immigration, qui nous montre les émouvantes histoires de ces individus qui depuis des siècles ont franchi les frontières d’un côté ou de l’autre. Et qui nous montre combien nous sommes tous issus de populations migrantes, voyageurs, marins, travailleurs étrangers….car de tous temps les hommes ont voyagé pour quitter la misère, travailler, ou offrir à leur descendance un avenir meilleur. Et pourquoi pas aussi, au musée de la Marine de Brest, que j’affectionne particulièrement, l’histoire de ces Bretons du bout du monde, qui ont quitté leur pauvre terre pour voir ailleurs, et sont installés aux quatre coins du monde?

    la planche Olympique de Bruce

    Puis, nous passons au temps des chasseurs de baleine, le 20ème siècle avec les congés payés, les cabanons de vacances (les Bachs »), les moteurs hors-bords qui auraient passionné Papi et son âme de mécano!, et enfin les temps modernes, avec les marins célèbres. Nous nous arrêtons en particulier pour relire l’histoire de notre ami Bruce Kendal , et de sa soeur Barbara, planchistes au parcours sportif exemplaire, détenteurs à eux deux de 5 médailles olympiques, dont une d’or chacun

    La planche Olympique de Bruce

    les médailles de Barbara

    Puis les enfants découvrent la maquette d’Enza, bateau skippé par Peter Blake qui a remporté le en 1994 Trophée Jules Vernes, bien connu des brestois.

    Le parcours du trophée Jules Vernes

    A l’époque, Loïc était allé survoler le bateau avant qu’il ne franchisse la ligne du côté de Ouessant, et mon père était allé à sa rencontre en bateau par gros mauvais temps à l’arrivée, sur le canot de sauvetage Jean Cam : je vois encore qui trône dans son bureau, la photo d’Enza au coeur de la tempête.

    Aujourd’hui le trophée, que l’on peut voir au musée de la Marine à Paris, est à Francis Joyon et son équipage!

    Puis nous nous attardons sur l’histoire du regretté Peter Blake, marin et sportif au parcours impressionnant : vainqueur de la Volvo Ocean Race, du trophée Jules Vernes, à 2 reprises de la prestigieuse  coupe de l’America, héro dans son pays, anobli par le reine d’Angleterre, et qui décide en pleine force de l’âge de raccrocher de la course pour consacrer plus de temps à sa famille et à des voyages d’exploration-sur Seamaster (devenu après Antactica Tara-Exploration).  Nous sommes très touchés par son parcours, ses interrogations, et les témoignages de ses enfants, très courageux, et fortement inspirés par le parcours de leur père, disparu trop tôt sous le feu de pirates en Amazonie.

    Dans quelques semaines nous allons suivre la Coupe de l’América qui court aux Bermudes : voici l’équipement des équipiers- ca ressemble de plus en plus à de la Formule un…

    Nos dernières soirées à Auckland :  nous partageons une bière sur le port avec Angie et son mari, croisés à Maupiti et récemment installés à Wahieke; passons une soirée avec Maya, Mira et Ivo, de Fata Morgana, et avec qui nous naviguons depuis les Marquises. Les enfants sont aussi très heureux de se retrouver. 

    Puis allons fêter l’anniversaire de Nicole dans un restau chinois.

     Les enfants découvrent la vraie nourriture chinoise, usent et abusent du tourniquet, 

    et se débrouillent pas mal avec des baguettes!

    Merci Tobi et Nicole pour ce dernier repas de fête. Il est temps de dire au-revoir à nos amis de bateau, qui (presque) tous restent naviguer encore une année dans  Pacifique,  alors que  nous continuons notre circumnavigation, en route vers l’Océan Indien….

  • Nos 10 plus belles ballades en Nouvelle-Zélande

    Nos 10 plus belles ballades en Nouvelle-Zélande

    Après s’être penché sur les plus beaux mouillage, nous voulions partager avec vous nos ballades préférées, randos pédestres ou aquatiques, toujours dans l’ordre chronologique.

    Russel : remontée dans le temps

    le village de Russel

    Ses jolies maisons anciennes,

    L’hôtel Duke of Marlborough

    Un intéressant petit musée,

    un kiwi naturalisé

    au temps des baleiniers et de la pêche au requin

    langouste

    et une rando sur les hauteurs jusqu’au Flagstaff, symbole d’une paix négociée entre Maoris et colon Britanniques

    le Flagstaff
    Vue depuis le flagstaff

    le village de Russel vu d’en haut

    un weka!

    fougère arborescente

    Stele présentant le Flagstaff et le traité de Waitangi

    Whangaroa : remontée de la rivière en annexe

    Waiwhapuku, Moturua Island, Bay of Islands : une magnifique marche traverse l’île de part en part

    Moby au mouillage de Waiwhapuku

    de l’autre côté de l’île une plage très sauvage

    une allée de tamaris

    Whooley’s Bay to Matapouri track

    La légendaire plage de Wooley’s bay, bordée de Pohutukawas

    la péninsule de Matapouri

    la plage du village de Matapouri

    retour à la plage de Wooley’s bay

    PeachGrove, Mercuri Islands : remontée du ruisseau en paddle, balade et baignade dans une piscine naturelle

    Moby au mouillage à Peachgrove Bay

    remontée de la rivière en paddle

    baignade dans une piscine naturelle d’eau douce

    retour à la plage en bodyboard

    et baignade dans le ruisseau

    Forestry Bay, Great Barrier : ballade en remontant le lit du ruisseau

    nous longeons le lit du ruisseau

    un sentier aménagé serpente le long d’une forêt de Kauris et de fougères arborescentes

    piscines naturelles

    Pont suspendu

    retour au mouillage de Forestry bay

    à Forestry Bay, le lit de la rivière

    Anchorage Island, Abel Tasman National Park : remontée de la lagune en annexe

    départ depuis la plage de Anchorage Bay

    l’embouchure de l’aber

    le fond de la lagune

    les rives bordées de fougères arborescentes et de manukas

    Resolution Bay to Ship Cove track, Queen Charlotte Sounds, Marlborough : 

    Moby au mouillage à Resolution Bay

    sur le chemin

    forêt native de Manuka (myrthe sauvage) et Nikau (palmiers endémiques)

    Vue sur le Queen Charlotte Sound à travers les palmiers Nikau

    Vue sur Resolution Bay, Lancewood tree.

    Vue du sommet vers Ship Cove, la baie préférée du Capitaine Cook

    Rangitoto Island, Haukaki Gulf : ascension du cone volcanique et visite des grottes et tunnels de lave

    Moby au mouilage d’Islington

    le sentier en pierres volcaniques

    « Saddleback », oiseau endémique et rare

    à travers la forêt

    dans les tunnels de lave

    l’entrée du tunnel

    au fond de la grotte, un étroit boyau

    retour par la mangrove

  • Nos 10 plus beaux mouillages sauvages en Nouvelle-Zélande

    Nos 10 plus beaux mouillages sauvages en Nouvelle-Zélande

    Difficile de faire le tri, tant la Nouvelle-Zélande est photogénique et qu’il y fait bon vivre. Déjà 4 mois que nous naviguons, de Bay of Islands au Golfe d’Hauraki en passant par les Marlborough Sounds et la Bay of Plenty. C’est avec plaisir que nous nous sommes replongés dans nos pérégrinations pour sélectionner nos plus beaux mouillages de Nouvelle-Zélande-par ordre chronologique, à quelques jours de notre départ pour la Nouvelle-Calédonie!

    Motuarohia, (Roberton island), Bay of Islands

    Motukawanui, Cavalli Islands

    Cavalli islands

     

    Mimiwhangata Bay, Côte Est entre Opua et  Whangarei

    Whangamumu, Côte Est entre Opua et  Whangarei

    les kayakistes

    Rangiputea Island, Coromandel West Peninsula

    Wangapoua, Great Barrier

    Coralie Bay,  Mercury Island

    Onetahuti bay, Abel Tasman, South Island

    Alligator Head, Pelorus Sound

    Moby à Alligator’s Bay

    Resolution Bay, Queen Charlotte Sound, South Island

    Vue sur le Queen Charlotte Sound depuis Resolution bay

    Resolution Bay

  • Escale à Tauranga, entre porte-conteneurs et paquebots…

    Escale à Tauranga, entre porte-conteneurs et paquebots…

    Cette escale « météo » à Tauranga est en fait une bonne nouvelle car nous allons y retrouver nos amis d’Excallibur, avec qui nous avons sillonné Bay of Islands en décembre dernier.

    Tauranga n’a rien de glamour…. Une des plus grosses villes de Nouvelle-Zélande, un peu sur le déclin, qui fut il y a un temps la plus importante colonie du pays, et anciennement un haut lieu d’implantation maorie. La zone de mouillage est coincée entre l’aéroport et la 4 voies, les paquebots sur la rive droite, les porte-conteneurs et les pêcheurs sur la rive gauche….

    C’est d’ailleurs passionnant de voir le portique tourner 24h/24h, à 200m de Moby, déposant et déchargeant les conteneurs.


    Rien d’enchanteur à Tauranga, mais essayons d’en tirer le meilleur!

    Première mesure : je dépose les 3 garçons chez le barbier : il était temps de leur faire une bonne coupe, Victor et Arthur n’avaient pas vu un coiffeur depuis plus d’un an…. préférant s’en remettre à mes bons soins pour raffraichir tous les 2 mois une coupe qui n’en était plus une …

    Puis un petit tour au parc pour se défouler.

    Même en pleine ville Arthur trouve un brin de nature

    Imparable également, le très couru « Fish market », fréquenté par les touristes, croisiéristes, backpackers et locaux. Le concept est original : un magasin qui vend des produits d’une fraicheur impeccable  tout juste débarqués du bateau, et qui vous propose de les cuisiner sur place!

    Le soir-même, nous fêtons nos retrouvailles avec Nicolas, Anne-Marie, Charles, Eléonore et Paul. Nous avons quelques anniversaires de retard à fêter!

    Nous savons que nous allons être bloqués plusieurs jours à Tauranga à cause du mauvais temps, alors, autant profiter au maximum des copains!

    Le lendemain, le temps est pluvieux, mais se découvre en fin de journée : nous partons visiter le musée de l’aviation de Tauranga.

    Un biplan Bristol Scout de la première guerre mondiale

    Une grosse demi-heure de marche le long de la 4 voies pour rejoindre la zone aéroportuaire, mais ca vaut le coup! Quelques passionnés ont réuni de vieux avions.  Les enfants sont ébahis devant tous ces vieux appareils.

    le Curtiss Kittyhawk P40, avion de chasse américain de la seconde guerre mondiale

    Hawker Tempest, bombardier torpilleur de la RAF

    Grumman TBF Avenger, bombardier torpilleur américain, embarqué sur des porte-avions

    Plusieurs avions de légende sont rassemblés ici Le plus impressionnant pour eux est la carlingue d’un Catalina, qu’ils peuvent visiter de l’intérieur.

    Carlingue de Catalina

    L’intérieur du Catalina :

    Nous sommes arrivés un peu tard, et l’heure de la fermeture approche… plutôt que nous mettre dehors, deux passionnés, membres actifs et bénévoles du musée, viennent nous chercher pour nous montrer les merveilles qui trônent dans les hangars de restauration : ces avions-là volent!

    Nous avons même droit à une visite guidée personnalisée.

    C’est samedi soir : c’est la fête sur le pont supérieur!

    Le lendemain, nous changeons de mouillage pour parer au coup de vent d’Est annoncé, et allons nous mettre à l’abri du Mont Maunganui. L’occasion de longer le quai des paquebots de croisière,

    et de voir la statue qui marque l’entrée de la rade de Tauranga

    Un moyen très populaire de visiter la Nouvelle-Zélande, et assez pratique vu la taille importante du pays. Mais ca n’est bon que si on support  le tourisme de masse : à chaque escale, des centaines de touristes débarquent pour visiter en bandes organisées.

    Paquebot sortant de Tauranga

    N’oublions pas que le tourisme est le secteur économique n°1 en nouvelle-Zélande!

    De retour à Tauranga, nous emmenons les 6 enfants se défouler aux jeux : cela fait 2 jours qu’ils sont enfermés à cause du mauvais temps…

    Et déjà, il est temps de dire adieu à nos amis qui rentrent en France pour quelques mois. Depuis notre rencontre au Panama en Avril 2016, il y a 10 mois déjà, nous avons navigué de concert aux Galapagos et en Polynésie Française, et partagé tant de bons moments. Bon vent les amis!

    Bye-bye Tauranga

    Nous mettons le cap vers Great Barrier, et ferons escale en chemin  pour ne pas naviguer de nuit. La côte est en effet mal pavée, de multiples ilots, et roches émergentes le long de cette péninsule de Coromandel qui fait suite à la baie of Plenty.

    A 20h, nous jetons l’ancre devant l’île de Slipper island, ou Whakahau. Une ferme, un lodge, une petite piste d’aviation, c’est coquet.

    Ici, les fermiers insulaires ont toujours un bateau, et bien souvent un petit avion ou un hélico pour se transporter à terre.

    Le lendemain, nous savourons une magnifique journée de navigation comme on les aime : fraiche, mais ensoleillée, 

    à longer la presqu’ile de Coromandel, ses falaises escarpées, et paysages découpés.

    Les conditions sont idéales pour Moby, un vent de 3/4 arrière, bien abattu mais pas trop, nous filons à plus de 10 noeuds de moyenne, des pointes à 16-18 noeuds dans les surfs… pendant que les tartes aux pommes/poires qu’Anna m’a aidé à réaliser cuisent au four. Nous arrivons en vue de Great Barrier en début d’après-midi, dans le mouillage de Tryphéna, que nous n’avions  pas encore visité.

    3 baies se succèdent dans cette rade abritée

    Puriri Bay

    Vue de la plage à marée haute

    Puriri Bay

    Un petit tour à la supérette locale de Mulberrry Grove (qui fait aussi office de poste/bar/resto)….. pour un réapprovisionnement en produits frais. Nous tombons en arrêt devant cet hydravion « fait maison » en contreplaqué, réduit à l’état d’épave…Ce qui fait tout de même rêver pilote et apprentis-pilotes qui se verraient bien aux commandes d’un tel engin un jour. Nous longeons le trait de côte pour rejoindre la baie adjacente.

    Grottes, Puhataweka, le site est encore une fois très photogénique. Mais notre but est tout autre : Pukiki abrite un véritable pub Irlandais qu’il nous tarde de tester.

    Et surplombe une bien jolie baie. Nous rentrons avant le coucher du soleil

    Tellement sympa que nous reviendrons le lendemain diner avec nos amis de Fiuu, famille de français qui naviguent dans le Pacifique Ouest sur un Outremer 49.

    Moby et Fiuu au mouillage de Puriri

    Nous passons une excellent soirée, arrosée de Guiness et d’IPA (Indian Pale Ale, bière ambrée, très tendance en ce moment)  et dînons de spécialités irlando-néozélandaises :

    clam chowder très crémeuse

    Irish coffee

    Le pub est bien animé en cette veille de week-end de St-Patrick…Demain nous mettons cap sur Waiheke, île bien connue pour ses vignobles. Nous avons rendez-vous avec des amis pour une dégustation oenologique  : il faut bien supporter le commerce local, non?

  • Nouvelle Zélande : de l’ile du Sud à l’ile du Nord

    Nouvelle Zélande : de l’ile du Sud à l’ile du Nord

    Depuis 3 semaines que nous naviguions dans l’ile du Sud, nous avons globalement eu du beau temps grâce à un positionnement idéal des anticyclones qui se sont succédés, centrés environ sur la latitude 40°S. L’automne austral approchant, le centre des hautes pressions tend à remonter vers le nord, laissant aux dépressions la place pour balayer l’ile du Sud et le sud de l’ile du Nord.

    Lever de soleil sur Homewood Bay, Pelorus sound

    Comme d’habitude avant toute navigation conséquente, j’ai suivi de près la situation météo des derniers jours, guettant l’ouverture d’une fenêtre météo favorable pour avaler les 500 à 600 milles vers Auckland, en fonction de la route choisie.

    Une fois de plus, je suis surpris de constater autant de différences entre les fichiers météo successifs, les modèles semblant ne pas savoir anticiper la position d’un centre dépressionnaire prenant naissance aux abords de Sydney, et prévu de se mouvoir vers l’est. Le samedi 4, la prévision la voit passer sur le détroit de Cook tôt le mardi 7. Le dimanche 5 au matin, elle la voit passer au nord de l’ile du Nord le mardi 7 au soir. La prévi du dimanche soir voit un déplacement plus lent de la dépression, qui ferait route vers le sud-est avant d’arriver en Nouvelle-Zélande. Cette dernière situation générale serait donc très favorable à une remontée par le détroit de Cook, puis le long de la cote Est, contournant le cap Est, Bay of Plenty et passage du cap Colville avant de rentrer dans le Golfe d’Hauraki. En revanche, plus question avec cette météo de passer par l’ouest comme nous l’avions fait à la descente. Le choix est donc simple : par l’Est dès lundi matin ou on attend dans les Marlborough encore une bonne semaine la prochaine ouverture (ou pas!) de fenêtre météo. C’est donc avec impatience que j’attends la prévision du lundi matin.

    Lundi 6 mars 2017:

    Bonne nouvelle pour commencer la journée, la météo de ce matin conforte celle de la veille, et les prévisions à 3 jours des services météo NZ sont en accord avec les données brutes des fichiers grib sur l’ensemble des zones concernées.

    Je lance un routage qui aide à se projeter avec plus de précisions en temps et conditions sur la route prévue. En partant à 8h lundi, le routage nous met au Cap Colville mercredi soir vers minuit.

    Globalement les conditions prévues sont les suivantes: Lundi vent de nord-ouest à nord 15 noeuds fraichissant 20 puis 30 dans l’après-midi dans le détroit de Cook, avant de mollir en approchant du cap Palliser. Pour la première nuit, de l’ouest à nord-ouest entre 10 et 20 noeuds. Mardi 7, baisse du vent progressive le matin, calmes l’après-midi et vent revenant au sud 15kt en soirée, puis fraichissant sud-est 20-25 noeuds pendant la nuit. Mercredi matin est-sud-est 25kt, fraichissant 30kt en journée tournant  Est le soir.

    Nous quittons le mouillage d’Homewood Bay, dans le Pelorus sound un peu avant 8h. La première heure se fait au moteur, car le vent ne parvient pas à franchir les reliefs des Sounds. Nous profitons de la fin de la marée descendante et son courant portant. Vers 9 heures, en sortant de l’abri des collines, nous touchons le vent de nord-ouest attendu et Moby peut filer au travers sous GV et Solent dans une bonne dizaine de noeuds de vent. Nous pourrions envoyer le code zéro, mais je préfère attendre d’être encore plus dégagé des côtes pour bien évaluer la force du vent.

    Moby sous code 0 à la sortie du Pelorus sound

    Devant nous à 12 milles le cap Jackson. Le vent est stable, nous hissons le code 0 et apprécions ces jolis paysages des Sounds. La mer est belle et les conditions idéales pour amariner mon jeune équipage. Nous doublons le cap Jackson avant 11h et sommes bien content de bien glisser sur l’eau à près de 10kt, car la renverse à eu lieu et nous avons 3 noeuds de courant contre.

    The Brothers

    Nous avons droit devant « The Brothers », ilots rocheux connus pour être le 2° endroit le plus venté de Nouvelle Zélande avec près de 200 jours de force 8 ou plus par an! Le vent a fraichit à presque 20 noeuds, un temps de demoiselle pour les parages. A 12h45, alors que les « Brothers » ne sont qu’à une poignée de milles dans notre sillage, je pressens l’accélération du vent et décide d’affaler le code 0. Bien vu, quelque minutes plus tard c’est au tour du 1° ris puis le 2° à 13h et le 3° à 13h15 avec 5 tours dans le solent. Moby file grand largue à fond la caisse entre 15 et 21 noeuds.

    Flagrant délit d’excès de vitesse sur Marine Traffic 17,5k
    Le vent se lève sur le détroit de Cook
    Le vent accélère dans le détroit de Cook

    Une fois de plus les météos ont un peu sous-estimés le vent en prévoyant 20 à 30kt; notre anémomètre est stable entre 40 et 45kt et d’expérience, il n’a pas tendance à exagérer! La mer est courte, vent contre courant oblige, et Moby, calé entre 2 vagues à leur vitesses surfe sans jamais ralentir. C’est un plaisir pour tout l’équipage que de glisser aussi vite sur l’eau. A cette vitesse moyenne, les 30 milles de détroit de Cook sont vite avalés, nous passons devant Wellington et le vent commence alors à baisser un peu. En passant le cap Turakirae, le vent s’arrête net, nous sommes dans le dévent du relief, bien qu’à plus de 5 milles des côtes. Je renvoie toute la toile après quelques minutes à observer et m’être assuré que la baisse de vent s’était bien étendue. Il est 16h, le cap Palliser n’est qu’à 20 milles de nos étraves. J’aimerais le contourner avant la nuit, mais avec cette pétrole qui n’était pas du tout prévue, ça semble difficile. Ne souhaitant pas m’attarder dans ces parages pour un temps incertain, je mets un moteur en marche et en avant vers le cap Palliser, qui a la particularité d’être exactement aux antipodes de notre village de Plougonvelin.

    aux antipodes de PLougonvelin!

    Nous sommes accompagnés par de nombreux dauphins et croisons aussi quelques phoques en chasse de leur diner. L’eau, dont la température n’est que de 15°C, regorge de vie marine.

    Les dauphins interrompent leur chasse pour nous accompagner un peu
    Puis c’est au tour d’un phoque
    Un albatros décolle à nos côtés

    Nous doublons donc le cap Palliser vers 19h au moteur, notre route qui était au sud-est prend maintenant 90° sur bâbord pour pointer vers le nord-est. Presque 300 milles pour rallier le prochain point tournant que sera le « East Cape ». Cette côte de Nouvelle Zélande est assez inhospitalière, la bande côtière n’étant pas complètement cartographiée et ne propose que 2 ou 3 replis possible en cas de mauvais temps, tel Castle Point, Napier ou Gisborne.

    Le vent revient vers 20h et souffle du nord-ouest à 10 noeuds puis 15 à partir de 21h. Le premier ris est vite pris dans la GV et nous faisons route à 9 noeuds. La mer devient agitée.

    Mardi 7 mars 2017:

    Le vent se maintient en milieu de nuit, mais la mer croisée rend la navigation assez inconfortable. Nous prenons un 2° ris, histoire de ralentir un peu afin de passer plus souplement. En fin de nuit, le vent adonne un peu en mollissant. Le bateau passe mieux, ça tombe bien, c’est mon tour d’aller me reposer!

    un Albatros Royal nous suit

    La mer s’est bien calmée au matin, et à 10h toute la GV est renvoyée. Le vent continue sa rotation à l’ouest, tout cela colle bien aux prévisions et à 11h30, j’envoie le gennaker. Nous savons que nous allons vers une zone sans vent et que quand il reviendra, ce sera par le sud et il soufflera également de cette direction. Nous sommes à la mi-journée à une quarantaine de milles dans le sud-est de Napier, et faisons une route sensiblement parallèle à la côte.

    En début d’après-midi, les dernières prévisions météo disponibles montrent assez peu de changement avec les précédentes, à l’exception de la zone « Plenty »qui est est sous la menace d’un avis de grand frais à coup de vent. Je prends le temps d’analyser la situation. Ce vent fort prévu demain sur Plenty résulte du gradient de pression du thalweg qui s’étend au sud-est de la dépression se trouvant en mer de Tasmanie. Ce thalweg assez complexe se retrouve pris en étau entre deux zones de hautes pressions situées dans son nord et dans son sud, augmentant le gradient de pression sur une zone assez peu étendue mais néanmoins proche de notre route. Quelle décision prendre? Faire escale à Napier ou Gisborne, ou bien continuer vers East Cape? J’évalue tranquillement les faits dont je dispose, les avantages et inconvénients des différentes options. Si nous faisons escale, nous ne pourrons pas atteindre Napier avant le début de nuit, quand à Gisborne, ce serait en milieu de nuit. En poursuivant vers East Cape, compte tenu des prévisions, il conviendrait d’adapter notre vitesse pour y arriver le plus tard possible et laisser le gros du vent devant nous, mais quand même avant la rotation des vents à l’Est prévue pour le début d’après-midi de mercredi. Ce timing est très facile à tenir, il nous suffit de réduire la toile cette nuit pour se ralentir de manière à viser le passage d’East Cape en fin de matinée. Nous prenons donc la décision de poursuivre la route. L’après-midi de mardi se passe tranquillement, le vent est assez instable et capricieux, une légère houle de sud-est se lève.

    un peu avant le coucher de soleil, le ciel s’assombrit

    Un peu avant la tombée de la nuit, le vent s’établit entre 10 et 15 noeuds de secteur sud. Cela est conforme aux prévisions. Nous affalons le gennaker et très tôt je réduis la grand voile. Il reste 115 milles pour East Cape et nous voudrions y être dans 14-15 heures, soit 8 noeuds de moyenne maxi. Pour ne pas être trop rapide, je prends le 2° ris mais comme nous sommes encore trop vite, nous affalons complètement la grand-voile. Grand largue, le solent nous suffit à maintenir la vitesse voulue. Quand le vent va monter graduellement il sera très facile de le rouler un peu pour maintenir nos 8 noeuds max.

    Mercredi 8 mars 2017:

    La nuit est agréable, le bateau sous-toilé est bien confortable. Le vent se maintient jusqu’à l’aube aux alentours de 25 noeuds, le ciel s’est bien couvert dans la nuit et les averses de puis fines sont assez fréquentes. Quelques rafales à 30 noeuds, le solent a été un peu roulé. Nous croisons quelques cargos descendant vers le sud, et d’autres nous dépassent en remontant au nord. Au lever du jour, nous sommes à 25 milles du point tournant. Le vent à un peu mollit, entre 20 et 25 noeuds et nous commençons à ressentir les effets du courant à l’approche du Cap. Nous empannons à 11h, en passant à 3 milles au large d’East Island. Une brève éclaircie nous permet d’apercevoir la côte. Nous commençons la traversée de la « Bay of Plenty » et sommes maintenant bâbord amure, route au 300° vers le Colville channel, situé 170 milles devant, entre le cap Colville et le sud de Great Barrier island.

    Passage d’East Cape

    C’est toujours un bon moment à bord quand un cap ou autre passage remarquable est franchi. Cet East Cape n’a pas très bonne réputation, nous nous réjouissons de le savoir derrière. Le timing jusqu’ici est bon; le vent amorce sa rotation à l’est-sud-est. C’est quasi vent arrière, mais comme il doit forcir, tout va bien! Justement, à propos de forcir, le vent vient de prendre une dizaine de noeuds après le passage du cap. Peut-être l’effet de côte? Pas seulement je crois. Le bulletin VHF de 12h33 vient de revoir à la hausse ses prévisions: 45kt pour « Plenty » et pour « Colville ». Même si cela n’est que 5 noeuds de plus que ce qui était prévu au bulletin de ce matin, cette révision à la hausse ne me réjouis guère, et l’état de la mer est passé de « rough » à « very rough ». Le bulletin annonce ces conditions jusqu’en milieu de nuit, avant une baisse relative à 35 noeuds demain matin. Encore une fois, il vaudra mieux aller lentement et laisser le plus fort du vent qui est devant nous se tasser un peu.

    A 13h30, le vent rentre assez franchement entre 40 et 45kt. Je roule complètement le solent et nous filons à sec de toile. La mer est peu agitée, en fait assez belle comparée au vent. Moby file entre 8 et 16 noeuds, la force du vent dans le gréement est suffisante pour partir au surf sur les vagues. Il nous faudrait ralentir pour ne pas rattraper ce mauvais temps qui se trouve devant nous. Je décide d’essayer de laisser filer un trainard en boucle derrière nous. 6 aussières raboutées pour une longueur totale de 100m me permettent de former un U entre les deux coques. Je suis satisfait du résultat, la vitesse à diminué sensiblement, et le bateau ne part plus au surf comme avant, tout en gardant assez de vitesse pour bien répondre à la barre et rester bien calé sous pilote automatique.

    préparation des trainards
    Installation des trainards
    La mer se forme et les vagues commencent à déferler
    Tout va bien à bord

    La pluie refait son apparition en milieu d’après-midi. Le vent est assez irrégulier en force. Entre 35 et 50 noeuds. La mer se creuse au fil des heures et dès 16h, les vagues font un bon 3m moyen avec quelques unes à 5 ou 6m. Mais Moby se comporte à merveille; à l’intérieur les enfants et Bénédicte lisent et se divertissent comme d’habitude.

    Pour moi dans le cockpit, c’est un peu plus humide. La tendance est toujours à la hausse et l’anémomètre reste invariablement entre 48 et 52 noeuds. Comme il est paramétré à la valeur d’amortissement maximale de 9 secondes, c’est bien un force 10 que nous étalons depuis plus d’une heure. L’état de la mer ne trompe pas, avec de longues trainées blanches, l’écume des déferlantes suis se fait emporter et les embruns permanent. Le bruit du vent dans le mat, les haubans, les drisses. La pression du vent que je ressens dans mon dos. Je me rassure en me disant que tout va bien et que Moby se comporte parfaitement, mais je m’inquiète aussi de savoir jusqu’où ce vent va forcir, et comment la mer va grossir dans les heures qui viennent.

    Difficile d’apprécier l’état de la mer sur les photos, mais ça grossit toujours

    Le vent à pris un peu d’Est  depuis 16 heures, et je suis partagé entre la route directe et une route un peu plus à gauche, qui nous ferait rentrer un peu plus dans la Bay of Plenty. Le vent et la mer devrait y être un peu mieux, en revanche, en s’engageant dans la baie, nous diminuons notre marge de manoeuvre par rapport à la côte sous notre vent. Je choisis le compromis entre les 2, et évaluerai à nouveau ces deux options dans quelque temps, en fonction de l’évolution météo que je constaterai.

    Bulletin météo VHF de 17h33 : Et une couche de plus! Pour « Plenty » et « Colville », on nous prévoit maintenant 50kt et « High seas »!!! D’un côté, ça me rassure, car ce sont les conditions que nous avons déjà, mais ce qui me rassure moins, c’est de voir les prévisionnistes en retard d’une guerre à chaque bulletin successif.

    La nuit approche. Je profite des dernières lueurs du jour pour faire un tour d’horizon et jauger des conditions de mer tant que je peux encore voir les vagues. Je constate que leur hauteur moyenne à encore augmenté et dépasse facilement 4m. Les plus grosses, qui déferlent sur plus de 50m de large, dépassent 6m. En revanche, la longueur d’onde des vagues à nettement augmenté depuis cet après midi. Cette longueur augmentée rend leurs faces moins raides et je les trouve de ce fait moins impressionnantes et moins dangereuses. Cela laisse plus de marge en terme d’angle de route par rapport aux vagues. Je décide, avant qu’il ne fasse complètement nuit de faire un essai en les prenant  sur notre quart arrière bâbord, à environ 45° du bateau. Le résultat me convient, encore une fois Moby se comporte parfaitement et tient son cap avec une précision satisfaisante. J’opte donc pour aller chercher des conditions plus clémentes vers la côte.

    Bulletin  VHF de 20h33 : Cela se détériore encore plus, avec toujours 50kt pour « Plenty » mais  60kt maintenant pour « Colville ». Cette surenchère prouve une fois de plus que les prévisionnistes ont été surpris par l’évolution rapide du phénomène et tirent la sonnette d’alarme. Heureusement que lorsque tombe ce bulletin, nous avons déjà commencé à sentir l’effet positif de notre décalage de route. Les étraves pointent désormais vers Tauranga, 65 milles devant. Dans l’heure qui suit, la baisse du vent se confirme, il ne souffle plus qu’à 40 noeuds et cela nous donne l’impression relative de calme. Le vent a également continué sa rotation, il vient de l’ Est. Nous n’avons plus de raisons de nous freiner sur cette route, je remonte donc les trainards, puis déroule un peu de solent. Je ne peux pas savoir si la baisse que nous constatons est due à notre recalage plus au sud ou au fait que le plus gros soit désormais devant nous, comme les gribs le prévoyait la veille? Qu’importe, ce qui compte c’est de se sortir de ce mauvais temps et le plan fonctionne bien.

    Image satellite, toute la Nouvelle Zélande est sous les nuages

    Jeudi 9 mars 2017:

    Nous progressons bien dans la nuit, le vent soufflant de l’Est entre 30 et 35kt. Nous passons à une quinzaine de milles sous le vent de White Island, ile volcan qui laisse en permanence échapper un nuage de vapeur de soufre. Nous ne le voyons pas mais son odeur forte de soufre nous parvient, même si éloigné. Puis nous passons au nord de l’ile de Motiti. Nous arrivons à Tauranga en fin de nuit, le timing est bon, car nous nous pointons juste quelques minutes après l’étale de marée haute, vers 5h du matin. Le courant de marée à l’entrée du port de Tauranga peut être fort et il y est fortement conseillé de passer à l’étale ou avec un léger courant rentrant. Le port de commerce  est actif H24, un cargo en sort, un paquebot rentre. Nous rentrons dans son sillage et allons mouiller dans la rivière, en face de Bridge Marina. Nous sommes accueillis par nos amis Nico et Anne-marie d’Excallibur qui sont à nouveau à flot après un mois d’escale technique à Tauranga.

    Le goulet d’entrée à Tauranga est franchi
    Encore un mille et nous mouillerons derrière les docks. Le repos bien mérité est proche!
  • Rando à Rangitoto, l’île-volcan

    Rando à Rangitoto, l’île-volcan

    Cet îlot situé à 20mn en ferry de la capital économique est l’un des cones volcaniques les plus intéressants de la région : c’est le plus grand, mais aussi le plus jeune – à peine 600 ans depuis sa dernière éruption, et depuis son sommet à 259 m, la vue sur Auckland et le Golfe d’Hauraki y est juste spectaculaire!

    Nous mouillons Moby dans la baie d’Islington, aussi connue sous le nom de « the Drunk bay ». Elle  doit son nom à l’habitude prise par les capitaines de navires au long cours en partance d’Auckland de relacher la nuit en quittant le port, pour laisser aux marins du bord le temps de cuver….

    Moby au mouilage d’Islington

    Nous laissons l’annexe sur le quai et partons à l’assaut de ses routes et chemins de roche volcaniques. 

    La route se transforme vite en chemin ombragé, ce qui est agréable au vu de la chaleur. A quelques dizaines de mètres du sommet, la bifurcation vers des grottes et tunnels de lave est un must!

    Les enfants ont bien sûr pensé aux lampes frontales et aux torches torches. 

    Ils explorent une première grotte, puis un petit tunnel, et enfin un grand boyau très étroit où nous adultes aurions du mal à nous introduire.

    Puis nous rejoignons le sommet pour savourer la vue.

    Vue sur le Golfe d’Hauraki
    Vue sur Auckland

    Pour redescendre, un très bel escalier de bois, que nous n’avons pas eu à monter heureusement…Rangitoto est classée réserve naturelle, en particulier pour les oiseaux , car tous les petits rongeurs (hérissons, rats, hermines, etc…) venus d’Europe ont été éradiqués depuis 2011 : l’île est désormais « pest-free » permettant à ces fragiles oiseaux de se reproduire ranquillement : on y trouve des Kiwis bien sûr, mais aussi wekas, et nombre d’autres oiseaux endémiques récemment réintroduits.

    De retour au bord du rivage

    Nous avons tellement aimé cette balade que nous y retournerons quelques jours plus tard avec nos amis néo-zélandais, Bruce et Stéphanie, ainsi que tout une bande de leurs amis. 

    Une ballade finalement très différente, puisque nous empruntons cette fois-ci le chemin sud et non la route est.

    il fait chauuuuud

    Et une série de petites haltes en chemin nous expliquent la naissance de Rangito il y a 600 ans.

    Peu de chance qu’il n’y ait de nouveau une éruption sur l’île. En revanche, il est fort probable qu’un jour, une autre île similaire surgisse dans les environs d’Auckland!

    Voilà donc le processus qui donne 600 ans plus tard cette terre volcanique si fertile et chaude.

    Arrivés en haut, Bruce nous montre une seconde série de tunnels que nous n’avions pas vu, encore plus impressionnnants en taille!

    l’entrée du tunnel
    il y fait bien noir

    en route vers la sortie….

    Stéphanie me montre les oiseaux : ces petites cailles adorables se trémoussent pour récupérer des miettes de sandwiches. Et cette autre oiseau rare, le saddleback, un passereau au dos orangé, qui fut un temps en voie d’extinction et est maintenant réintroduit avec succès

    Nous prenons un autre chemin plus court, mais aussi plus pittoresque. 

    Une espèce de fougère endémique de Nouvelle-Zélande s’y trouve également : la « kidney fern », qui doit son nom à sa forme en haricot. Elle se replie pour mieux lutter contre la chaleur, très intense ici à cause des pierres volcaniques. 

    Une fois en haut, la vue est toujours aussi belle. 

    Ce samedi a lieu la plus grande régate de toute l’année en baie d’Auckland. Moby et Trio sont mouillés juste devant!

    vue sur Auckland

    Après un pic-nic revigorant, il est temps de redescendre. Près du débarcadère, des vestiges d’une prison… et un ponton de bois traverse la mangrove. Qu’y vois-je? De la salicorne, petite plante de marais salé qu’on trouve en Bretagne, en particulier dans le Golfe du Morbihan! J’adore ça. Ma copine Laeti en fait des pickles. Celle-ci est un peu amère, les jeunes pousses de l’été seraient sans doute plus savoureuses.

     

  • Le Pelorus Sound, un air de far West dans les Malborough

    Le Pelorus Sound, un air de far West dans les Malborough

    Après avoir passé 10 jours dans le Queen Charlotte Sound, il nous tarde d’explorer le Pelorus Sound, qui nous montre une facette tout autre des Marlborough : moins touristique, moins préservé, il est visiblement très exploité : les terres sont plantées de forêts de rapport, ou occupées par des moutons, les baies sont émaillées de fermes cultivant les moules ou élevant du saumon. Le tout est transporté à Havelock, la bourgade principale située au fond du sound, et où nous irons nous ravitailler.

    Eh chemin, nous passons par le Cape Jackson,
    lieu de forts courants.

    Whaou, un tourbillon se forme sous nos yeux!

    En chemin, nous croisons des pingouins : ces « blue penguins » sont les plus petits pingouins du monde! Très dodus, ils peinent à se tenir debout et sont plus à l’aise sous l’eau qu’à terre!

    Le temps est super calme, Loïc en profite pour lancer son drone en pleine mer…et filmer Moby en mer.

    Notre première étape est à Alligator’ Bay, où se niche un cabanon de vacances, cerné de collines abritant des troupeaux de vaches et de moutons.

    Alligator Head

    Loïc s’amuse beaucoup à tester le nouveau drone.

    Les lumières de milieu de journée offrent des couleurs tranchantes

    Nous profitons de ce calme pour nous balader en paddle, faire des essais de drone, dont le logiciel est équipé de nombreuses fonctions que Loïc veut tester par temps calme.

    Les enfants descendent jouer à la plage.

    La fin de journée est encore une récompense de belles lumières.

    Le paysage est aride.

    Et le coucher de soleil comme toujours magique. 

    Le lendemain, quelques rubans de nuages subsistents, napant les collines alentours.
    L’occasion de faire de nouvelles images aériennes.

    Il initie également Victor au pilotage, atterrissage et décollage du drone. 

    L’après-midi, nous partons en balade, nous avons repéré grâce au drone un sentier, sans doute utilisé par les bergers pour se rendre d’un paturage à l’autre. En fait, plus qu’un sentier, c’est une route, car les bergers modernes circulent en quad!

    Loïc et les enfants ont pour projet de lancer des avions en papier depuis le haut de la colline. Nous marchons une bonne demi-heure pour atteindre le sommet.

    C’est parti!
    L’idée est bonne mais à la réalisation, il y a de nombreux contre-courants à déplorer.

    Pour ne pas polluer ce bel environnement, il faut aussi aller récupérer tous les avions en contrebas
    …ce qui fait crapahuter les enfants!

    Les collines sont en fait des champs et enclos à moutons! Il faut parfois escalader les barrières. La preuve : ces poils accrochés aux barrières .

    On pourrait se croire en Irlande, avec tous ces moutons, et ces chardons! Nous redescendons sur Moby via un petit chemin qui mène à ce cottage, villégiature de vacances pour citadin stressé!

    Ici rien que des moutons et des boeufs, et 40km de piste rocailleuse avant d’atteindre le plus proche village, Havelock.

    Mais que les lumières sont belles!

    En particulier le soir.

    les garçons sont repartis en entrainement de vol de drone. Vol à basse altitude…

    Traditionnel portrait de Moby.

    Test de l’autoportrait.


    Havelock est aussi notre destination, car il va nous falloir ravitailler : les réserves de nourriture sont au plus bas.

    Il faut dire qu’à part la pêche au moule, on est moins doué que les phoques pour se nourrir!

    Celui-ci se bat depuis quelques minutes avec sa proie….

    Nous peinons à deviner ce qu’il a ingurgité…

    Une pieuvre!

    Nous naviguons vers Havelock, parmi ce dédale d’îlots, de détroits et de passages…Ici le « Allen Strait », 240m de large, et des câbles téléphonique à 50m de haut.

    Nous passons devant une colonie de cormorans.

    Nous nous arrêtons pour la nuit à Ketu bay. et prenons le lendemain le cap vers le Mahau Sound, à l’entrée d’Havelock.

    Le paysage change beaucoup :

    les îles sont plantées de forêts de pins, qui sont exploités, coupés puis transportés par bateau à Havelock.

    De même de très nombreuses fermes se succèdent, chaque baie est occupée de parcs à moules, et les Sounds sillonnés de bateaux de travail.

    Nous faisons escale à Putanui pour la nuit, dans le Mahau Sound. C’est une réserve naturelle, la seule de toute la zone….

    Il n’y a pas de vent du tout, Loïc et moi partons en ballade en paddle,

    et confions le drone à Victor :Il gère pour la première fois 100% du vol, décollage et atterrissage compris. Que c’est bon de voir ses enfants grandir et gagner de nouvelles compétences! Et quel luxe d’avoir autant de temps à leur consacrer, pour leur transmettre nos passions.  

    Au coin de la péninsule, une colonie de cormorans, vraiment pas farouches! Des raies également.

    Le lever de soleil est d’un calme!

    Nous observons les rubans de nuage s’accrochant aux collines

    C’est moins calme du côté des mouettes, qui s’activent à la pêche.

    Nous prenons le chemin d’Havelock, de jolies maisons parsèment l’embouchure de la rivière.

    On sent que la civilisation n’est plus très loin.

    Nous arrivons à Havelock, pas de mouillage possible, nous allons passer 24h à la marina. L’endroit a l’air sympa. 

    Son usage en est tout à fait mixte : plaisanciers et bateaux de travail se partagent les pontons .

    Celui qu’on nous alloue est visiblement plus utilisé par les oiseaux que par les plaisanciers.

    Nous venons ici essentiellement pour nous ravitailler, alors c’est parti pour les courses!

    Chacun participe!

    Arthur récupère en chemin une cigale! Nous passons quelques minutes à l’observer avant de la relâcher.

    Nous allons faire un petit tour du village en soirée : l’église, le pub, …. quelques B&B, et c’est tout!

    Nous nous offrons le lendemain matin un petit dej en amoureux au restaurant de la marina : un régal, ces oeufs Benedicte!

    Une fois les 3 tournées de lessive faite, nous repartons, vers des lieux plus sauvages. Que d’oiseaux autour de nous!

    Nous nous dirigeons vers Portage, au fond du très scénique Tenepuru Sound, où nous avons rendez-vous demain avec nos amis Allemands d’Invictus (Tobi, Nicole, Marlene et Juli), que nous avons connu au Panama, et avec qui nous avons navigué 6 mois dans le Pacifique. Ils ont laissé leur catamaran à Auckland et  sillonnent l’île du Sud en voiture.

    Le soleil se couche sur le Kenepuru Sound

    Hello les amis! Bienvenue dans les Marlborough Sounds!

    Hier c’était l’anniversaire de Juli, 5 ans, nous allons fêter ça! Anna et Marlene préparent des mini Pavlovas.

    Joyeux anniversaire Juli!

    La journée se finit trop vite…. il faut dire au-revoir-mais à bientôt les amis dans le Golfe d’Hauraki.

  • Marlborough Sounds

    Marlborough Sounds

    En quittant l’Abel Tasman National Park, nous nous dirigeons vers la destination ultime de notre périple Néo-zélandais : les Marlborough Sounds. Ce dédale de bras de mer et de péninsules déchiquetées offre des paysages de toute beauté. Pas tout à fait des Fjords, puisqu’il ne s’agit pas d’anciennes vallées glaciaires, mais plutôt des vallées, montagnes et lits de rivière tout simplement affaissées, c’est un des lieux les plus ensoleillés de Nouvelle-Zélande-ca tombe bien, car nous avons perdu quelques degrés de température en mettant cap au sud! 

    Nous faisons route avec Wasco, un Outremer 50, ancienne génération,

    Il avance drôlement bien avec son « code delta », voile d’avant plus creuse qu’un gennaker, en tissu très léger. 

    A l’approche des Marlborough Sounds, il faut être très vigilant à la veille et parer les troncs d’arbres qui flottent. Il y a de nombreuses exploitations forestières alentours. 

    Nous approchons le « French pass », détroit entre l’île d’Urville, (du nom de ce Capitaine -explorateur français, découvreur notamment de la terre Adélie) et le continent :

    C’est le genre de raccourcis que Loïc adore prendre. Mais pas question de louper la marée et de passer à contre courant. Les tourbillons sont impressionnants. 

    Derrière, c’est un lac, pas une ride sur la mer. Nous mouilllons à Port Gore, une grande anse qui nous semble suffisamment abritée pour y passer les 2 jours suivants, où pluie et mauvais temps vont se succéder. 

    17 février 2017 : c’est l’anniversaire d’Arthur : 8 ans aujourd’hui comme l’indiquent les pancakes du petit dèj… !

    La journée commence avec un email de Papi et Mamie recu via l’iridium.

    Puis un appel toujours Iridium de Papily et Mamily – car le réseau téléphonique ne passe pas dans le mouillage….

    La belle surprise, c’est ce petit avion qui n’arrête pas de décoller et atterrir sous nos yeux! La piste privée de Port Gore est en bord de plage, quel chanceux ce pilote, d’avoir sa piste et son avion, au pied de sa maison!

    Derrière les buissons, un lodge accueille les randonneurs du Queen Charlotte track, ce sentier de randonnée qui longe le rivage nord du Queen Charlotte Sound.

    Dehors il fait un temps de cochon : vent, pluie, brume…. nous passerons la journée enfermés! Heureusement, j’ai sous le coude quelques projets pour apprendre en s’amusant. Nous commençons par un atelier de géographie  appliquée :

    Arthur choisit de modeler une péninsule…. et un golfe. Anna découpe dans la terre glaise une île….  qui deviendra (en négatif)….. un lac!

    Ces ateliers Montessori sont tirés d’un des cahiers d’Anna. Les enfants s’amusent avec grand sérieux, mettent la main à la pâte, ajoutant là une rivière, une colline, etc…. Une fois modelés, nous versons de l’eau colorée pour simuler l’océan!

    Victor se son côté s’est lancé dans la fabrication d’une maquette de catamaran qui puisse naviguer réellement. Il se creuse la tête pour trouver un matériau facile à modeler et étanche : et opte pour du carton recouvert de « greytape » (scotch très résistant). Voici la première coque.

    Dans le prolongement de l’atelier géographie, j’avais promis à Arthur que nous ferions ensemble un volcan- activité qu’il avait réalisé l’année dernière dans les ateliers Montessori de Karine à St-Renan!

    Chacun crée son volcan avec de la terre glaise, autour d’un cratère-réservoir rempli d’un mélange de vinaigre, de liquide vaisselle et de colorant. Ne reste qu’à verser du bicarbonate de soude, 

    et la « lave » jaillit!

    Les enfants répètent l’opération inlassablement..

    Il est déjà midi, nous déjeunons et allons souffler les bougies.

    Joyeux anniversaire Arthur!

    Nous dégustons le cake au chocolat qu’Arthur et Anna m’ont aidé à préparer ce matin.

    C’est l’ouverture des cadeaux : Génial, le jeu de « Carcassone «  dont Arthur rêvait! Déjà une bonne dizaine d’années que nous y jouons dans la version « préhistoire », les enfants adorent, c’est notre jeu familial de prédilection.

    Le livre des records 2017 en anglais! et le bazooka à eau offert par Bruce et Stefanie.

    Le soir et le lendemain, nous continuons les maquettes : pistolet à colle pour l’assemblage, batonnets de bois, sacs plastique pour les voiles, galets pour la quille. Arthur se lance dans un monocoque.

    Le temps s’est calmé, nous allons à terre nous dégourdir les jambes, et repérer la piste!

    La manche à air donne le repère de l’entrée de piste

    Les enfants ramassent des galets, coquillages et algues pour notre projet de sciences naturelles.

    La maison est ravissante, 

    mais que le lieu est sauvage!

    En fin de journée, nous quittons Port Gore

    et appareillons pour le Queen charlotte Sound.

    Une petite nav que nous commencons par 20 noeuds de vent, qui monte rapidement à 30, nous prenons 3 ris pour contourner le Cape Jackson, tout au bout de la peninsule bordant le Queen Charlotte sound.

    Une fois le cap passé, le vent baisse, puis s’éteint : nous finirons au moteur! Nous découvrirons bientôr que c’est une nav’ typique des Sounds : ici le vent tourne, forcit et se calme en quelques minutes, à cause du relief qui canalise et bloque les forces en puissance. Nous allons donc beaucoup manoeuvrer, pester contre le vent  et aussi contre les prévisionnistes météo!!!

    Nous jetons notre dévolu sur l’Endeavour Inlet, la premiere grande baie du Queen Charlotte.
    Le Punga Cove Lodge outre d’offrir offre des bungalows aux randonneurs, propose des bouées de corps mort : nous allons pouvoir dormir tranquille. Car il est imprudent de mouiller ici : les fonds sont profonds, les vents tournent sans cesse. Il nous tarde d’ailleurs d’aller à Waikawa, la marina de Picton, pour prendre une carte de membre du Club nautique, qui nous donnera accès à plus de 100 bouées de mouillages dans les Pelorus et Queen Charlotte Sounds.

    Nous nous réveillons sous des bandes de brume, c’est assez irréél comme paysage!

    Anna et Loïc vont s’offrir en jus et un café au bar pendant que je travaille avec les garçons.
    Quand les maths et le français sont finis, j’enchaine avec Anna et Arthur sur notre projet de sciences-naturelles : répertorier les plantes et animaux marins de l’estran néo-zélandais. Après avoir récolté quelques spécimens sur la plage l’autre jour, nous les dessinons, puis recherchons leur nom et descriptif dans nos différents livres et dépliants sur la faune et la flore du pays.

    A midi, nous descendons déjeuner dans le snack sur pilotis;

    Ici le très traditionnel fish’n’chips! – j’ai ma dose d’huile pour le mois!!

    Après le déjeuner, nous quittons Punga Cove, et croisons un banc de globicéphales, cétacés appellés ici « Pilot Whales ». Ces sortes de très gros dauphins noirs se déplacent le plus souvent en bancs de dizaines d’individus.

    Autre plaisir des yeux ici, ce sont les maisons, toutes en bois et verre, anciennes ou récentes, simples maisonnettes ou luxueuses résidences :  elles ont un charme indéniable, croisement entre le cottages de charme de nouvelle-angleterre et la cabane au canada.

    Après 4 jours de pluie et de vent, nous apprécions cette navigation sous le soleil!

    Et quittons Punga Cove pour Waikawa,

    A Waikawa, nous voyons de loin les ferrys reliant Picton à Wellington 4 à 6 fois par jour, via le détroit de Cook.On ne se lasse pas de ce ballet.

    La lumière des fins de journée est toujours superbe.

    Et les couchers de soleil en apothéose.

    Demain, nous avons rendez-vous avec nos amis américains du catamaran Cool Runnings, rencontrés à Maupiti en septembre dernier : Gudrun, Dave, avec leurs enfants Benjamin et Gaby viennent passer la journée à bord de Moby. Ils sont actuellement en escale en Australie, et font un voyage de découverte de la Nouvelle-Zélande en Camping-car.

    L’autre bonne nouvelle c’est qu’ils continuent leur tour du monde comme nous en mettant le cap sur l’Océan Indien à partir de mai/juin. Nous allons donc essayer de nous retrouver sur quelques escales, comme Bali en Indonésie, Cocos-Keeling, Christmas Island et les Chagos.Les enfants s’entendent tous les 5 très bien, c’est l’occasion pour mes petits « frenchies » d’améliorer leur anglais sans effort!

    Les enfants ont repéré un phoque se prélassant sur un rocher.

    Ben adore notre chaise de mat.

    Suis ravie de retrouver Gudrun, qui a été institutrice pendant 10 ans, et avec qui nous prenons plaisir à partager nos expériences de maman à bord.

    Hier c’était l’anniversaire de Gudrun! Ceux d’Arthur et d’Anna n’étaient pas si loin…nous ressortons donc les bougies en ce mois de février décidément très festif! En l’honneur de Gudrun qui est originaire d’Afrique du Sud, j’ai préparé une Pavlova, dessert emblématique des anglophones de l’hémisphère sud (Australiens, Néo-zélandais, Sud-africains…)

    Le lendemain, nous irons récupérer au yacht club quelques colis…. dont le drone de Loïc! Le Père Noël a un peu de retard cette année… Le frabriquant a visiblement eu des soucis de production et du mal à honorer toutes ses commandes de fin d’année sur le tout nouveau Mavic Pro.

    Nos sommes ébahis par sa taille, son très faible encombrement : il tient dans un tout petit sac!

    Loïc fait ses premiers essais, peste un peu contre le logiciel trop sophistiqué à son goût, et le manque de poignée pour le saisir à la main à l’atterrissage (moment qui peut être galère sur un bateau qui bouge!!) mais les photos sont sublimes!

    Les premier clichés du drone : Moby à Waikawa.

    Ici c’est le week-end, la cale de la marina s’active : pas moins de 3 bateaux peuvent être mis à l’eau de front!

    Ce soir nous dégustons un fameux Chardonnay des Marlbourough, de la maison Hunters, offert par Dave et Gudrun. Les Marlborough sont une zone de vignoble très réputée pour ses vins blancs, en particulier le Sauvignon , minéral et fruité, mais aussi le Chardonnay et le Pinot Gris. Nous profitons donc de notre séjour au coeur même du vignoble pour faire nos bancs d’essais!

    L’avitaillement est fait, les colis sont récupérés, nous avons réglé notre cotisation au yachtclub :  plus rien ne nous retient à Waikawa : nous partons donc explorer le Queen Charlotte Sound.

    notre carte des Marlborough Sounds

    C’est le sound le plus connu, le plus fréquenté également, en particulier son track de randonnée :  70km à faire à pied ou en VTT, avec la possibilité de faire certaines portions en bateau-taxi, et de dormir dans des campings ou des lodges.

    Moby au mouillage à Double Cove

    Nous commencons l’exploration par la baie la plus proche : Double Cove.

    Double Cove, Queen Charlotte Sound
    Moby sur bouée à Double Cove

    Nous profitons de la vue, bucolique,

    et rejoignons en annexe la baie adjacente de Torea pour une petite ballade sur le Queen Charlotte track!

    Vue sur le Queen Charlotte Sound

    Le sentier serpente le long de la côte, en direction de Kaipakiripiri

    et grimpe, grimpe, grimpe…
    ce qui nous donne une jolie vue au fur et à mesure de notre progression

    Nous longeons une végétation d’une grande diversité :

    plantes épiphytes colinisant un arbre

    Mousses,

    mousses

    lichens,

    lichen

    fougères arborescentes, lianes, manuka (myrthe en arbre), connu aussi par les herboristes et homéopathes sous le nom de tea-tree,  et ce très curieux « Lancewood » ou Horoeka, (ou arbre-arête de poison) : dans sa forme juvenile, un tronc avec de curieuses feuilles ultra-fines logues et rigides comme des lames, accrochées directement au tronc.

    Lancewood

    Nous trouvons aussi de nombreuses carcasses de cigales qui font bruisser leurs ailes et font un bruit assourdissant toute la journée.

    Arrivés en haut c’est la récompense

    Mais le sentier était photogénique du début jusqu’à la fin

    En redescendant, nous reconnaissons la baie de départ…et la plage sur laquelle nous avons laissé notre annexe.  

    C’est le week-end! Nous partons explorer la Bay of Many Coves, qui comme son nom l’indique est forme de plusieurs petites baies reliées les unes aux autres.

    Bay of Many Coves, Queen Charlotte Sound

    Nous prenons un mouillage devant une superbe propriété,

    au mouillage devant Milton Bay, Bay of Many Coves

    la plage est jolie,
    et oh surprise, nous y faisons connaissance d’une famille néo-zélandaise venue y passer 10 jours de vacances!

    Le grand-père de Greg a fait construire il y a 60 ans la seconde maison de la baie. Depuis, lui et ses cousins se relaient  pour l’occuper pour les vacances : il a fait la route depuis Christchurch (11h de voiture…) avec sa femme, ses 3 enfants et son bateau sur une remorque pour profiter de ce bel endroit sauvage.

    Anna me dépose sur la plage en paddle.
    Nous croisons une raie en chemin
    Les garçons nous rejoignent en annexe.


    Greg propose à Victor un tour  en ski nautique! Il reprend ses marques en faisant un petit tour de surf tracté,  puis c’est parti pour du vrai ski nautique, une grande première!

    Départ réussi!

    Bravo Victor!

    Pendant ce temps, Arthur prend le paddle pour suivre les tests de son bateau-maquette

    En rentrant au bateau, je m’arrête avec Anna récolter des moules pour le dîner de ce soir : elles sont énormes et sauvages!Je me suis bien sûr renseignée auprès de Rachel sur la plage quelques minutes auparavant et oui, elles sont comestibles, même si les locaux n’en sont pas très friands…

    Pour une première, je fais simple : Moules Marinière (les oignons rouges lui donnnent cette drôle de couleur orangée), accompagnée d’un très bon sauvigon blanc de chez Wither’s Hills, toujours en provenance des Marlborough. Et en dessert, j’ai voulu m’essayer à cette autre tradition néo-zélandaise : le « Brandy Snap ».  Sorte de cigarette russe caramélisée au gingembre, fourrée avec une chantilly aromatisée au whisky : un délice!

    Arthur part essayer son modèle réduit par temps fort! Comme il y a trop de vent pour pagayer et suivre son bateau en SUP, Loïc lui attache la maquette au bout de la canne : il n’y a qu’à la dévider pour laisser naviguer le bateau, et à mouliner pour le faire revenir : malin, non?

    Un nouvel essai est indispensable le lendemain matin pour essayer la nouvelle quille : Loïc, courageux, s’y colle : il fait à peine 15°, heureusement le soleil pointe son nez!

    En effet, la journée est magnifique, mais du vent fort est annoncé : nous allons nous abriter dans le Tory channel à Opua Bay.

    Au final, après quelques heures, nous ne sommes pas satisfaits de la protection offerte par ce mouillage et quittons le Tory Channel pour Double Bay, à Arapawa island.

    Nos ne sommes pas tout seuls, mais presque!

    Avec une jolie petite plage.

    Le temps s’est calmé, et après un rapide déjeuner picnic, nous partons naviguer en direction de Cooks Bay. 

    Loïc teste pour la première fois son nouveau drone en mer!

    Moby sous voile dans le Queen Charlotte track

    Nous arrivons à Cook Bay, à qui le capitaine Cook a donné son nom, mais tous les mouillages sont pris. Nos repartons donc de l’autre côté de la péninsule, à Resolution Bay.

    Resolution Bay

    Et plus précisément à School House Bay Campsite. C’est de là que débute l’une des plus belles marches du Queen Charlotte Track, reliant Resolution Bay à Ship Cove :  la végétation est 100% « Native bush », c’est à dire que la main de l’homme ne l’a ni défriché ni planté. 

    Nous recensons de nombreuses variété de fougères, plantes qui me fascinent par leur graphisme et leur aspect ancestral : elles ont cotoyé les dinosaures!

    Nous prélevons quelques échantillons pour notre herbier de Nouvelle-Zélande. Le sentier grimpe, et plus on monte, plus les vues sont belles.

    Tout en haut : vue sur Resolution bay et le Queen Charlotte Sound d’un côté

    Vue sur Motuara Island, sanctuaire refuge des « yellow -crowned Parakeet » , et Ship’s bay en contrebas.

    Arrivés en haut, un petit weka vient inspecter les miettes de la collation que nous venons de prendre.

    Un panneau explique comment le DOC (Departement of Conservation) s’y prend pour préserver ce site historique et de biodiversité unique. Le programme a commencé en 2014 par l’éradication de tous les petits mammifères non-endémiques tels que les hermines, rats, et opossums qui sont une menace pour les animaux endémiques tels le weka, le kiwi et d’autres oiseaux.

    Depuis, des lignes de défense à multiples actions ont été mises en place : pièges, capteurs et émetteurs préviennent de l’intrusion d’une prédateur; des équipes sont sur place, nous les avons croisés, qui viennent tous le jours relever les pièges.

    Ce programme nommé ZIP pour Zero Invasive Pretator est en test, et s’il est prouvé efficace, pourra être répliqué à d’autres zones de biodiversité sensibles de Nouvelle-Zélande.

    Le retour est l’occasion de profiter de nouveau de la vue, mais surtout du calme et de la sérénité de cette zone de foret native. On comprend bien combien les polynésiens qui ont débarqué ici vers le 12ème siècle ont été conquis pas cette terre si inspirante, riche en ressources et à la nature hospitalière.Les enfants prennent du goût à la marche en tant qu’activité, qui se prête à la contemplation, à la méditation, mais aussi au papotage! Mais ce qui leur plait le plus c’est de cotoyer une nature si préservée.  

    Nous retrouvons Moby qui nous attend sagement au mouillage.

    Ce soir, pas un souffle d‘air, la baie est un lac. Je pars faire un tour en paddle pour récolter des moules pour le dîner.

    la récolte de moules

    C’est si facile, il faut juste se baisser pour les ramasser à marée basse. … et de les accommoder. Certaines sont énormes!

    Ce soir je les cuisinerai en curry rouge avec de la citrouille.

    Puis je pars avec Anna faire un tour de la côte.

    Nous croisons de nombreuses raies qui se nourrissent de coquillages.

    Le lendemain matin, la lumière est très belle, la mer telle un lac se ride tout à coup : des dizaines de dauphins entrent dans la baie. Je passe direct du pyj au shorti, jette le SUP à l’eau, et file en direction des cétacés, avec Anna qui entre temps a aussi enfilé son shorti. 

    En 5mn nous les approchons, et sommes entourés de dauphins, moment vraiment magique.Tandis que le banc de ces dizaines de dauphins tourne et vire, deux d’entre eux restent près de nous, curieux, virevoltant sous le SUP. Je reste au début prudente, ce sont de volumineux Tursiops (des grands dauphin gris) de 3 à 4m de long et qui pèsent chacun une demi-tonne. Mais ils sont tellement gracieux et délicats en nous approchant…

    Nous passons une demi-heure magique au milieu de la beauté sauvage du monde, quel privilège!

    Nous quittons ce matin le Queen Charlotte Sound pour le Pelorus Sound, autre dédale de baies et voies navigable bordées de forêts.

     

  • En ballade à Wellington

    En ballade à Wellington

    Victor et mois partons passer la journée à Wellington! Il nous faut en effet entamer le process de renouvellement des passeports des 3 enfants, et nous avons pour cela pris rendez-vous au Consulat Français de Wellington. Après avoir monté le dossier et déposé les empreintes de Victor, nous pourrons retirer les passeport… dans 3 à 6 semaines!!

    La capitale de la Nouvelle-Zélande n’est distante que d’une quarantaine de milles nautiques de Picton, dans les Marlborough, où se trouve Moby. La navigation n’est cependant pas des plus faciles, avec le détroit de Cook à négocier : ce bras de mer est l’un l’endroit les plus ventés de la nouvelle-Zélande, et l’un des plus dangereux à naviguer : la mer grossit très vite, le vents s’accélère naturellement, canalisé par les montagnes environnantes, et le détroit est sillonné de ferrys qui ne dévient pas de leur course.

    8h du matin : au départ de Picton

    Une navigation qui ne s’improvise pas : nous prendrons donc tous les deux le ferry, et ferons l’aller-retour dans la journée : 7 heures de mer en tout, dont 3 heures à longer le « Queene Charlotte Sound », spectaculaire fjord du nord de l’île du Sud.

    Sortie de Picton, au fond du « Queen Charlotte Sound »

    Nous longeons pendant une heure le Queen Charlotte Sound, émaillé de sentiers de randonnées comme le célèbre « Queen Charlotte track » au nord, mais aussi de petites criques, fermes d’élevages de moules…

    et finissons par approcher de l’embouchure du sound, via le « Tory Channel » qui signe l’entrée dans le détroit de Cook.

    Je me sens toute émue de franchir ce détroit, même si je l’avoue, en ferry, ça a moins d’impact que quand nous le ferons à la voile….

    C’est un site historique, découvert par le célèbre Captain Cook, le premier à avoir fait une circumnavigation de la Nouvelle-Zélande, îles du Nord et du Sud, et qui a souvent fait relâche dans les Sounds.

     

    Nous devrions l’emprunter d’ici 2 semaines avec Moby, quand il sera temps pour nous de mettre Cap au Nord.

    Une heure trente après, nous longeons les côtes de l’île du nord.

    Wellington n’est plus très loin, voici Pencarrow Head,  l’embouchure de la rade de Wellington

    Puis nous arrivons en vue de Wellington

    Un paquebot est au quai.

    Ce que je devine être le centre ville

    et les marinas du centre ville

    Nous descendons à terre, longeons les quais

    et repérons les restos pour ce midi…

    Les quais ont été récemment restaurés, entrepôts transformés en musées, galeries, restaurants, loueurs de paddle…

    Ici une expo nous explique comment le quartier a changé de visage, et a été rendu embelli aux habitants

    Franchement, nos sommes séduits!

    Plus loin sur les quais, le « Te Papa Museum », musée interactif sur la Nouvelle-Zélande, que j’aurai hâte de visiter lors de notre prochaine escale avec Moby.

    Aires de jeu, 

    Oeuvres d’arts géantes, 

    oeuvres d’urbanisme originales,

    jardins et bâtiments rénovés,ancien bateau de travail,

    Et ca y est : nous voici arrivés à l’ambassade de France!

    Nous mettons en route la fabrication des 3 passeports, plus une procuration pour les présidentielles! Une heure après nous ressortons sereins :  tout va bien, le dossier est complet, les passeports seront à retirer à Auckland d’ici 3 à 6 semaines.

    Il est temps de se faire plaisir, il est l’heure de déjeuner!  Pelée de « Toatoas et de diamond shells  » marinière, accompagnés d’un chardonnay des Marlborough, vin d’une délicatesse que je savoure. La réputation des vins blancs des Marlborough n’est pas volée, je me délecte de ses saveurs boisées et complexes.

    Il est temps de rentrer au ferry, 3 quarts d’heure de marche digestive le long des quais nous amènent à destination. Que j’ai hâte de revenir explorer plus encore cette capitale de bord de mer, une ville comme je les aime : vivifiante, inspirante, raffinée, artistique et populaire à la fois.

    De retour dans le détroit de Cook, ca souffle, au moins 30 noeuds : Wellington est réputée être la capitale la plus ventée du monde….

    Nous arrivons à Picton, ce sont les régates du soir!

     

    Nous repartons dès demain explorer les Marlborough Sounds!

  • Abel Tasman National Park

    Abel Tasman National Park

    Après la nav’ agitée qui nous a amenés dans l’île du Sud, nous passons encore 24h à bord : 35 noeuds de vent au mouillage, c’est trop pour débarquer, et surtout pour laisser MOBY tout seul au mouillage.

    Ce n’est que surlendemain de notre arrivée que nous mettons pied à terre sur la plage d’Onetahui.

    Le sable est curieusement ocre, et derrière la dune, nous découvrons une lagune.

    Beaucoup d’oiseaux également, des huitriers-pie, des sternes, des mouettes, des canards.

    Nous faisons le tour de la lagune à pied. Nous ne sommes pas le seul bateau au mouillage….

    mais c’est facile de faire croire le contraire!

    Un hélico nous tourne autour, incroyable , il semble vouloir atterrir sur la plage!

    Il s’agit de la sécurité civile, l’hélicoptère des secours/sauvetages. Nous sommes ici dans un parc national très fréquenté par les randonneurs. Une jambe cassée? Une crise d’asthme sévère?

    Finalement, il ne s’agit que d’un exercice, ouf, il n’y a pas de bléssé.  L’équipage est en training et redécolle après quelques minutes seulement

    Après notre picnic, nous partons marcher le long de la côte en direction de la plage de Tonga Quarry.

    Le parc Nation d’Abel Tasman est le plus petit de Nouvelle-Zélande, et et offre 70 km de côtes aux paysages magnifiques et au microclimat unique : Rivières, lagunes, plages aux couleurs ocre, et le plus fort taux d’ensoleillement de toute la Nouvelle-Zélande!

    Nous comprenons vite que que c’est aussi une industrie. Je me renseigne : 180 000 visiteurs par ans sur ce petit bout de terre de 225km2, c’est une des destinations les plus prisées du pays!

    La plupart des visiteurs viennent marcher tout ou partie des 55km de sentier côtier du parc, qui longe 5 à 6 très belles plages. L’originalité, c’est que l’on peut moduler à la carte suivant le temps et l’énergie que l’on a 24h ou une semaine, à pied, en kayac ou à bord de bateaux-taxi qui vous déposent où vous voulez. Pour dormir : la tente ou des lodges disséminés le long du parc…. qui n’est accessible qu’en bateau, pas de route : c’est à ce prix que la beauté naturelle du site et préservée.

    Nous sommes assez admiratifs de l’offre touristique complète, qui permet des vacances sportives, pittoresques et confortables dans un cadre sauvage. Cela donne des idées, que l’on pourrait développer le long de nos côtes bretonnes.

    Sur le chemin, les fougères arborescentes sont innombrables.

    Ci-dessous : une toute jeune pousse de fougère arborescente 

    Nous traversons un petit bras de rivière.

    Puis la plage ! C’est une ancienne carrière de granite :  les marches de la cathédrale de Nelson, la ville la plus proche, ont été construites de ces pierres, ainsi que certains batiments de Wellington, la capitale, distante à vol d’oiseau d’une centaine de km.

    Mais il est 16, les nonos attaquent… qu’on les appelles « sandflies » « nonos’ » (No-see-them), ou « yenyens », c’est la même plaie qui infeste toute l’île du sud (mais aussi l’Ecosse, la Norvège, l’Alaska etc…. l’été) : de minuscules moutiques résistants aux anti-moustiques et si petits qu’ils traversent les moustiquaires. Les morsures ont en plus tendacent  à être allergisantes, et à s’infecter….un vrai cauchemard….

    On évite donc d’aller à terre en fin de journée!

    Sur Moby, nos sommes tranquilles : ils sont si petits qu’ils ne peuvent voler contre le vent.

    Ce soir, c’est champagne! Un 14 février, jour de St-Valentin, je sais, c’est cliché! Mais c’est aussi l’anniversaire de mon papa, alors « Bon anniversaire Papa », et surtout l’anniversaire de notre rencontre! 22 ans pour Loïc et moi que nous nous sommes trouvés, puis plus quittés : ca se fête, non?

    Nous avons changé de mouillage hier pour la plage de Torrent Bay. Derrière le banc de sable, une immense lagune qui se visite à marée haute en kayak ou en annexe.

    Cela fait 2 jours qu’Arthur travaille sur sa maquette de catamaran : coques en barquette de gateau, mat en baguette, voile en papier… nous partons dans la lagune pour les essais en mer!

    Bonne nouvelle : il flotte, et il avance!

    Ca manque de stabilité dans les rafales! Un retour au chantier s’impose.

     

    Nous continuons en annexe de visiter les méandres de la lagune.

    De retour, nous partons mouiller quelques centaines de mètre plus au sud, à « the Anchorage ».La plage est très belle. 

    Et aménagée

    Nous découvrons l’ampleur de l’organisation touristique : la plage est très fréquentée, c’est le départ des kayakistes : un ballet incessants de bateaux-taxis, bateaux livreurs » de kayaks, et petits ferrys.

    Les kayakistes rentrent de ballade au portant avec de petites voiles.Certains dormiront ce soir à bord de l’Aquapackers.

    Un catamaran à moteur original transformé en auberge de jeunesse pour randonneurs : des cabines dortoir, un service de petit dèj et de BBQ pour le soir.

    Sur la plage, un groupe répète un « haka » cette danse guerrière maorie, devenue célèbre garce au rugby, mais qui est pratiquée ici au sein de groupe culturel, mais aussi dans les écoles, clubs de sports etc… Le volume sonore est impressionannt, et assister en direct à ces dances donne des frissons….

    Mais ce parc est un peu trop fréquenté et touristique à notre goût : demain, nous mettons cap au Sud, route vers les fameux « Marlborough Sounds », cette région vinicole réputée pour ses sauvignons minéraux, son micro-climat, ses moules, son saumon, et sa navigation dans des bras de mer étroits et escarpés, émaillés de minuscules criques.