Catégorie : Nouvelle-calédonie

  • A l’abri du cyclone Donna en baie de Prony

    A l’abri du cyclone Donna en baie de Prony

    Cela fait plusieurs jours que nous surveillons de loin la tempête tropicale formée le premier mai au nord-Est des Fiji. Elle est inhabituellement tardive, la saison cyclonique étant censé se terminer…. début avril-et nous sommes début mai! Cela est d’autant plus étonnant qu’un cyclone, COOK,  est déjà passé tardivement sur le Vanuatu et la Nouvelle Calédonie il y a moins d’un mois :

    Le cyclone Cook, passé sur le Vanuatu et la Nouvelle Calédonie, les 8 et 11 avril derniers

    Le 3 mai, la tempête tropicale pend la forme d’un cyclone, et est nommée : Donna devient une menace sérieuse pour la région.

    Dans l’expectative d’un cyclone, il y a deux solutions : s’abriter dans une marina, ou dans un trou à cyclone. Les marinas de Nouméa étant bondées, nous pensons au trou à cyclone de la Baie de Prony, distante de 35 NM de l’île des Pins où nous nous trouvons.

    à Prony, la baie des Kaoris et la baie du Carénage

    Le plus souvent niché au coeur de mangrove et au fond d’estuaires, un trou à cyclone permet de s’abriter du mauvais temps, en particulier de vents cycloniques qui peuvent tourner de 360° en quelques heures, et aussi de la mer qui ne peut rentrer grâce aux méandres de la rivière. La végétation très résistante des mangliers (connus aussi sous le nom de palétuviers), qui plantent solidement leurs racines mi-aériennes/ mi-aquatiques dans les fonds, permet qu’on s’y amarre si nécessaire, et fera protection en cas de montée des eaux barométrique. Les fonds sont en général d’excellente tenue.

    Cependant, nous ne sommes pas trop inquiets pour nous même ni pour Moby, car les eaux autour du sud de la Nouvelle Calédonie sont « froides », pas plus de 25°. Or un cyclone a besoin d’eau chaude pour puiser son énergie : à moins de 26°-27°, il perd de sa puissance.

    Après avoir vécu plusieurs années à l’île Maurice, où nous habitions en bord de mer et avions aussi un bateau, nous avons connu de très nombreuses alertes cycloniques, et un seul cyclone nous a véritablement touché avec des vents supérieurs à 200km/h : Dina, en janvier 2001, qui avait fait beaucoup de dégâts, matériels et humains. Ce sont donc des phénomènes que nous connaissons, en particulier Loïc par son métier de pilote de ligne. Nous savons qu’il faut toujours se préparer au pire, car au delà de la force d’un cyclone, c’est sa trajectoire qui dira la force et la direction des vents à un point précis. Il existe aussi une part d’incertitude quand à la trajectoire exacte de ces phénomènes.

    Loïc suit donc de très près la météo sur les sites spécialisés, et nous décidons le 5 mai de quitter notre mouillage de l’île des Pins pour la baie de Prony, où se trouve l’un des meilleurs trou à cyclones de la région.

    La baie de Kaori

    Le cyclone Donna est encore loin, mais nous venons de passer 8 jours très tranquilles à l’île des Pins : nous sommes contents de bouger, et avons l’idée de tester le mouillage cyclonique de Kaori Baie ou du Carenage, « au cas où » , puis d’aller explorer le reste de la baie de Prony qui offre de nombreux mouillages, balades à terre dans des lieux historiques de peuplement, des point de vue en hauteur, des cascades et baignades en rivière etc….

    vestiges de l’exploitation minière

    Prony est surtout un terminal de minerai, avec un très grand port, d’où vont et viennent les chargement de minerai, en particulier de nickel.

    A notre arrivée, déjà 4-5 bateaux sont au mouillage, un dans le bras de rivière de la Baie des Kaori, les autres dans celui du Carenage.

    la baie du Carénage

    La couverture gsm n’est pas bonne, alors pour récupérer la météo,  nous avons trouvé la parade : 2 fois par jour, j’active le partage de connexion de mon iphone, je l’enrobe dans un petit sac, et nous le montons en haut du mat pour une meilleure réception : et ca fonctionne!

    Nous avons aussi toujours notre téléphone satellite avec lequel nous prenons les fichiers GRIB.

    Finalement, le lendemain, 6 mai, nous décidons de rester dans la baie de Kaori. En effet, le cyclone s’intensifie, passe en catégorie 4 et sa trajectoire s’infléchit vers la Nouvelle-Calédonie.

    Le cyclone Donna, le 6 mai, au nord-Est du Vanuatu

    Rester à Kaori nous permet de plus de « sécuriser » notre mouillage : étant arrivés les premiers, nous avons choisi ce qui nous semble être le meilleur emplacement, à l’embouchure même de la rivière.

    ou mouillage à Kaori Baie

    La situation météo est particulièrement inhabituelle pour un début mai : il s’avérera que Donna est le cyclone le plus fort jamais enregistré au mois de Mai dans la zone  SW Pacifique. Il passera brièvement en catégorie 5 dans la journée du 8 mai!

    Nous prenons notre mal en patience pendant ces quelques jours d’attente avant de savoir quelle trajectoire et quelle force aura le phénomène, et s’il nous touchera ou pas.

    la trajectoire prévue pour Donna , datée du 7 mai

    Le matin nous commençons par un bon petit-dèj qui traine un peu, puis nous montons l’iphone en haut du mat pour récupérer de la météo, et prendre des nouvelles de la France : nous sommes en en effet en pleine campagne présidentielle, entre les deux tours!

    Puis nous continuons avec 2 heures d’école, histoire de prendre un peu d’avance.

    Après le déjeuner, c’est relax, nous bouquinons, regardons des films parmi le millier de notre médiathéque.

    En fin de journée, nous allons aussi aux bains des Kaoris, accessibles seulement à marée haute : c’est une source d’eau chaude naturelle. Il y a des restes de volcanisme en Nouvelle-Calédonie!

    vers les sources d’eau chaude

    A 5mn en annexe, en amont de notre mouillage, il nous faut zig-zaguer entre les méandres de la rivière,

    et les bancs de sable

    jusqu’à atteindre un ponton.

    C’est par là!

    Nous sommes impressionnés par l’aménagement de la source.

    Un véritable jacuzzi naturel! Bon, l’eau est plutôt à 32-33° qu’à 35-36°, mais c’est quand même sympa pour se délasser en fin de journée,Les enfants se défoulent en perfectionnant leurs roulades sous-marines et nous restons une bonne heure à barboter .

    Nous remontons aussi un peu plus haut observer les chutes d’eau. Tout cela serait encore plus spectaculaire sous le soleil, mais nous n’aurons pas cette chance : en 7 jours à Prony, et nous ne verrons pas un seul coin de ciel bleu!

    Le 8 mai, Donna est à son pic d’intensité : cyclone de classe 5,avec une trajectoire qui nous passe droit dessus.

    Prévisions de trajectoire le 8 mai

    Il a une forme assez parfaite de cyclone, avec un oeil bien marqué.

    Donna le 8 mai
    la situation du phénomène à échelle régionale

    Mais il reste encore 48h avant l’arrivée du phénomène, qui devrait diminuer en intensité à mesure de sa descente dans le sud.

    Tous les jours, la pluie s’intensifie un peu plus, laissant au début 30mn de répit entre les grains, puis 15mn, puis seulement 5mn à la fin. Nous finissons donc pas aller et revenir de la source sous la pluie.

    Alors on s’équipe! Même sous la pluie, les enfants sont très motivés par le bain des Kaoris.

    Nous sommes aussi séduit par la beauté des lieux, sauvages à souhait.

    La mangrove est magnifique, même sous le ciel gris. 

    Ici, un petit bras de rivière caché…

    Et sur les mangliers et les rochers, on découvre des huîtres!

    Ici, un rayon de soleil qui transperce nous offre un mémorable arc-en ciel.

    Le 9 mai, Donna perd de sa puissance :  sur les images, son oeil a disparu.

    Donna, le 9 mai

    Sa trajectoire s’incurve vers le sud, et il accélère sa descente, droit sur le sud de la Nouvelle Calédonie, entre l’île des Pins et Prony où nous nous trouvons.

    Trajectoire prévue de Donna au 9 mai

    Heureusement, le phénomène va beaucoup faiblir, et repasser en « simple » tempête tropicale quand il va nous toucher.

    Côté cuisine, j’aimerais me dire : « Tiens, si on en profitait pour cuisiner un peu plus, faire des gâteaux? ».

    Mais non, car les réserves de produits frais s’amenuisent… je n’ai plus d’oeufs, presque plus de beurre, plus de fruits non plus, et quelques rares légumes esseulés…Nous n’avions pas prévu de rester si longtemps en baie de Prony, il nous faut donc «tenir» une grosse semaine sur des réserves de 3-4 jours.

    Alors je jongle avec la cuisine du placard, comme ces fougasses au fromage ou au chorizo qui permettent un plat unique de pic-nic avec de la farine, de l’eau, un filet d’huile d’olive, et une poignée de fromage râpé, de chorizo, de jambon de montagne, des câpres, d’olives ou de tomates séchées….

    Et pour changer des pâtes (au pesto, aux champignons, à la sauce tomate, ….), et de la pizza au thon/anchois/câpres/poivrons, j’ai aussi dans mon escarcelle :

    – la salade de pois chiches (avec un poivron, une tomate coupé en dés, et une vinaigrette au massala),

    – la salade de lentilles agrémentée d’une carotte râpée et d’un assaisonnement cumin-paprika

    A la fin de la semaine, le frigo vraiment vide…

    Et Donna dans tout ca? Cela fait 5 jours que nous attendons ; d’un jour à l’autre , les prévisions de trajectoire changent.

    La pluie s’intensifie, pour ne former qu’un rideau épais.

    Cela ne nous empêche toujours pas d’aller nous relaxer à la source des Kaoris… de plus en plus équipés!

    Le mercredi 10 mai, Donna est prévu de passer le lendemain sur les îles Loyauté, à l’Est de la Grande Terre.

    prévisions de trajectoire de Donna le 10 mai

    Nous nous préparons donc pour la nuit : les vestes, les lampes frontales, les gilets de sauvetage, les lampes de pont au cas où il nous faudrait manoeuvrer.Finalement, Donna va toucher de plein fouet les îles Loyauté,  en se désagrégeant au passage, revenant au stade de dépression tropicale intense, puis modérée.

     

    Bizzarement, dans la nuit, nous sommes réveillés vers 2h du matin, par… le silence. En effet, le vent est tombé, la tempête tropicale s’est essoufflée. Le lendemain, jeudi 11 mai le temps se découvre.

    Nous attendons la levée de l’alerte cyclonique pour lever l’ancre et nous diriger vers Nouméa. Que cela fait du bien de revoir le ciel bleu et le soleil!

    Nous nous donnons 3 jours pour préparer le bateau, récupérer les derniers colis, faire les appros et dire au-revoir aux copains : nous dînons à bord du bateau de Carole et Antoine, le lendemain, c’est un BBQ chez Michel et Peggy , et enfin, Nancy vient gentiment nous déposer un colis qu’elle a réceptionné pour nous.

    Nous reste tout juste le temps de faire un tour au marché pour faire le plein de fruits et légumes non réfrigérés, qui se conserveront donc bien, puis un gros plein au supermarché, en particulier des fromages : camemberts, fourme d’Ambert, buche de chèvre…. pas sûr que l’on trouve un si bel achalandage avant longtemps!

    Les cales sont bien remplies, les pleins d’eau et de gazoil sont faits!

    Nous restons sur notre faim, d’un séjour mitigé en Nouvelle-Calédonie. Notre départ tardif de Nouvelle-Zélande aura écourté un séjour que nous aurions aimé plus long : Loïc avait très envie de faire le tour complet de la Nouvelle-Calédonie  : 4-5 semaines eurent été nécessaires pour monter vers Belep via la côte Ouest, et redescendre vers l’île des Pins via les îles Loyauté et la côte oubliée. Nous n’avions que 3 semaines, qui finalement ont été bien tronquées par le cyclone Donna, qui nous aura immobilisé 8 jours à Prony.

    Ce sont là les aléas du voyage en bateau, qui nous rend tributaires de la météo! Il nous faudra donc un jour revenir en nouvelle-Calédonie, qui mérite bien 2 mois qu’on s’y arrête! La belle surprise aura été de revoir des amis de longue date comme Michel et son épouse Peggy, Carole et son mari Antoine, et de faire la connaissance de Nancy et Thomas, amis chers de mon frère.

    En quittant Nouméa, la providence nous fait trois beaux clins d’oeil :

    • Nous croisons notre ami Michel sur son JPK 10.80, qui passe la ligne d’arrivée en tête de la régate du week-end.
    Léon, le voilier de Michel

     

    • cette tortue qui sort sa tête comme pour nous dire au-revoir 
    • et dans la passe de Dumbéa, nous croisons la route d’un paisible lamentin, à quelques mètres de notre étrave, qui semble nous dire « Revenez, vous n’avez pas tout vu! »-désolé, pas de photo à vous montrer, la rencontre aura été furtive…

    Alors c’est décidé, un jour, nous reviendrons…

     

  • La mythique île des Pins, plus belle île du monde?

    La mythique île des Pins, plus belle île du monde?

    Bye-bye la Grande Terre! Nous mettons cap sur l’île des Pins, qui recèle une petite dizaine de mouillages tous plus paradisiaques les uns que les autres. Nous avons hâte de nous confronter au mythe!

    Nous commençons par explorer la sauvage baie de Gadji, difficile d’accès, et recommandée par plusieurs de nos amis Néo-Calédoniens, et aussi par Cool Runnings qui ont exploré l’île des Pins en Novembre dernier avant de rejoindre l’Australie. 

    Les premiers abords, ce sont de petits motus, au sable si blanc qu’il pique les yeux, et le pic N’ga qui se dessine au fond. 

    Nous nous arrêtons pour la nuit à Gadji, mais pas tout à fait dans le mouillage désiré : celui-ci n’est accessible qu’à marée haute, et idéalement en milieu de journée, quand le soleil est haut dans le ciel : il faut en effet slalomer à vue entre les bancs de sable et les patates de corail.

    La nuit tombe sur l’île des Pins, nous découvrons les pittoresques pins Colonaires, si photogéniques dans le soleil couchant. 

    Le lendemain, le ciel est dégagé : la marée n’est haute qu’en fin de journée, ou en tout début de matinée . Nous n’aurons donc jamais la combinaison idéale marée haute/soleil haut dans le ciel.Nous décidons alors de lancer le drone pour repérer notre future trace. Nous appareillons, le soleil dans le dos, pendant que Victor garde le drone opérationnel en vol lors ce petit trajet d’à peine 1 NM. Victor va le positionner à l’aplomb du passage le plus étroit, et nous précède de quelques mètres, nous donnant une belle image zénitale de la zone la plus étroite à passer.

    Nous découvrons un mouillage splendide, une piscine d’eau turquoise, des plages de sable blanc,

    quelques Pins colonaires,  des rochers photogéniques qui nous entourent. 

    des tortues,

    tortue

    Un peu plus loin, de grands bancs de sable bordent le rivage, 

    et le récif de l’île des Pins se poursuit au Nord.

     Nous sommes toujours tout seuls au mouillage, à part un bateau de plongée qui  s’arrête une fois par jour devant le même rocher pour laisser ses clients faire un plouf dans une eau couleur de piscine… Ou bien sont-ce les picines qui ont la couleur des fonds de l’île des Pins?

    En fin de matinée, nous partons explorer en snorkeling le récif, vers la fausse passe. Nous longeons à la surface un jardin de coral composé de curieux canyons, que nous avions repérés avec le drone. 

    le récif

    Les coraux sont plutôt jolis, les poissons pas très gros, mais nombreux. Nous croisons un assez gros requin de récif, un pointe blanche, curieux, qui vient nous voir, nous regarde en approchant à quelques mètres,

     

    puis repart tranquillement.

    Nous le reverrons à deux reprises pendant notre snorkeling. 

    Luxe inouï : nous bénéficions de notre plage personnelle! Les enfants se défoulent, et je pars en paddle longer le rivage. 

    Ajourd’hui est une journée spéciale : nous fêtons les 20 000 mille de Moby! Il nous en reste autant à parcourir, en 15 mois, pour boucler notre tour du monde!

    Anna a dessiné un plan du mouillage, et maman en short avec notre chien Lucky, qui lui manque tant!

    Le lendemain est encore plus spécial : c’est l’anniversaire du captain! 49 ans. Son cadeau, c’est un cheesecake citron vert, gelée de pamplemousse au combava, réalisé à sa demande par le chef cuistot!On se régale! Il déballe ses autres cadeaux : des dessins des enfants.

    Anna a dessiné un plan du mouillage de Gadji, et Maman en short avec notre chien Lucky, resté en Bretagne, et qui nous manque tant!

    Nous quittons Gadji le lendemain, car du vent est attendu, et qu’on ne peut rester dans ce mouillage que par très beau temps.

    Bye-bye Gadji!

    Nous ne perdons pas au change : dans la baie de Kuto, la plus touristique et la plus fréquentée de l’île des Pins, nous choisissons de mouiller devant la plage de Kutema. Nous sommes encore un fois tout seuls au mouillage et sur la plage, malgré le paquebot qui a mouillé pour la journée.

    A bord, des australiens, partis de Sydney ou Brisbane pour la semaine avec un programme serré : 2 nuits en mer, une nuit à Nouméa, une autre à l’île des Pins, et une autre aux ïles Loyauté.

    Nous débarquons et découvrons un sable d’une blancheur qui pique les yeux, fin comme de la farine…

    Les enfants s’éclatent dans les vagues du shore-break, Loïc et moi partons pour une grande balade à longer la plage, de plus d’un km de long. Les enfants ne veulent plus partir et ils décrètent l’endroit « LA PLUS BELLE PLAGE DU MONDE! »sable blanc, doux comme de la soie, jolis rouleaux pour se baigner, idéal pour le skim, végétation photogénique et personne d’autre que nous!!!

    Et les fins de journées sont tout aussi magiques.

    Après 2 jours de plage-baignade chateaux de sable, nous poussons 2 NM plus loin vers Kuto. Enfin un peu de monde! Il y a un hôtel, 5-6 voiliers de passage, et pour le we du 8 mai, à peine 3-4 bateaux de plus, venus de Nouméa.

    Ce n’est pas vraiment la foule non plus: nous avons au moins 200m de plage pour nous tout seuls. Les couchers de soleils sont très beaux. Je sais, c’est cliché, mais on ne s’en lasse pas. Alors j’en remet une, juste pour le plaisir…

    IL faut dire que ces pins colonaires sont très graphiques.

    Nous sommes très étonnés de croiser aussi peu de bateaux, alors qu’ils sont des centaines dans les marinas et mouillages de Nouméa. Mais ces bateaux sont essentiellement utilisés le week-end, par des résidents, ou des gends arrivés comme nous en bateau, et restés vivre à bord à Nouméa. C’est en effet un bon endroit pour scolariser les enfants tout en vivant confortablement à bord, et en travaillant, quand on est francais. La ville de Nouméa est de taille moyenne, les lycées et collèges sont à 2 pas, idem pour les commerces, on y vit facilement sans voiture, et les salaires sont plutôt bons comparés à d’autres îles du Pacifique. En contrepartie, la vie y est chère, nombre de produits sont importés.

    Autre raison du faible nombre de bateaux : ils sont encore très peu nombreux, une poignée, pas plus, à avoir effectué la traversée depuis la Nouvelle-Zélande ou l’Australie : le cyclone Cook a freiné bien des volontaires, et la dépression tropicale positionnée sur le Vanuatu en ce moment n’inspire pas la confiance des candidats au départ vers les eaux tropicales

    Le ferry qui dessert l’île des Pins est au quai depuis 2 jours, il ne fait visiblement qu’un aller-retour par week-end, et un autre en semaine.

    Les enfants nous réclament la plage, jouer, se baigner, faire des chateaux de sable. Ils ne sont pas encore rassasiés. Il faut dire que le sable est incroyablement fin, doux, et fait de très belles forteresses, permettant de façonner tunnels interieurs et puits.

    Tout de même, j’arrive à motiver ma petite troupe pour aller marcher jusqu’en haut du Nga, le plus haut sommet de l’île : 1h30 de marche à l’aller, 45mn au retour. Deux bons arguments pour cette petite rando  : l’énorme paquebot arrivé ce matin, qui devrait déverser ses flots de touristes sur la plage, et nous devrions avoir d’en haut une vue panoramique sur la côte. Si j’ajoute à cela un décret spécial « journée sans école : rando+picnic+plage l’après-midi….. les enfants sont conquis. C’est parti! Nous longeons la route sur 500m : ici les clotures sont tout simplement faites de troncs de filaos!

    A l’entrée du sentier, des totems de bienvenue. 

    Le sentier début dans ce qui semble être le lit d’un ruisseau. Puis un sentier bien raide monte à l’assaut du pic : 

    terre rouge, forêt émeraude : voilà les couleurs de la Calédonie .D’en haut en effet la vue est panoramique :

    de droite à gauche : l’ilôt Moro, les très belles plages de Kutema et de Vao, devant lesquelles est mouillé le paquebot. Puis le port de Vao et l’entrée du très touristique  Golfe d’Oro, l’ilôt Alcmede en second plan, puis la baie Koruru.

    De nombreux petits cairns jalonnent la marche : Anna tient à laisser sa contribution.

    Le senter redescend vers la forêt ombragée : ouf : il est 10h, il commence à faire très chaud.

    Encore un peu de crapahute pour traverser le lit du ruisseau.Un dernier après-midi à la plage pour les kids. 

    Une dernière forteresse à bâtir :

    Bye-bye Kuto, nous allons prendre nos quartiers  pour 48h à l’ilot Alcmede : 

    c’est là que nous verrons les plus beaux pins colonnaires, vraiment majestueux, et très graphiques, quand il se découpent dans le ciel bleu.

    Nous partons marcher le long des plages.
    Les enfants découvrent mille trésors, comme toujours. La ce sont des pierres ponces : volcanique, incroyablement légères en main. test grandeur réelle : elles flottent!!

    En fin de journée, la mer est bien basse, le platier se découvre.

    et au bout de la dernière plage, dans les roches, des serpents, les fameux tricots rayés nichent!

    Sisi, on les voit bien, dans les trous de roche, lovés. Nous rentrons au bateau. Les derniers touristes rentrent à l’hôtel

    à cette heure, les enfants aiment faire un peu de chaise dans le mat. Et pour les parents c’est l’apéro!

    Les lumières sont souvent très belles.

    Le lendemain, le vent se lève, nous allons nous abriter à la Pointe de Vao, en face du village. 

    Depuis quelques jours, ca souffle. Mais quel dommmage, la coutume interdit la pratique de la planche à voile à l’île des Pins.

    Nous partons alors explorer les plages. Mais je sens que mon captain, bien que séduit par la beauté des paysages, sent monter la frustration de ne pas pouvoir pratiquer ses sports nautiques favoris.

    Au retour, Arthur veut tester son catamaran Playmobil

    Nous le trouvons mal équilibré : il enfourne!

    Le lendemain, Loïc et moi laissons les enfants travailler à bord et partons à Vao, le village principal, situé en face du mouillage. Nous accostons à la plage de St-Maurice.

    Partis de Nouméa il y a plus de 10 jours, Il devient temps de se ravitailler en produits frais. Nous trouvons au marché quelques fruits et légumes : avocats, pamplemousses, citrons, oranges. Et à l’épicerie un peu de fromages et des légumes importés depuis la grande terre. Du saucisson également!! Il semblerait qu’en Nouvelle-Calédonie, la moindre petite épicerie de village dispose de saucisson et de camembert… la touche française ;-).L’après-midi, Loïc lance le drone pour aller en reconnaissance : Tous nos amis ont insisté pour que nous allions visiter la très célèbre baie d’Upi.

    La presqu’île de Kutomo et la baie de Kororu

    Moby est mouillé devant la presqu’île de Kutomo,  on devine à gauche l’embouchure d’un étroit détroit, menant à la fameuse baie d’Upi et ses rochers aux formes si caractéristiques.

    Koruru à droite, et à gauche, le petit détroit menant vi le village St-Joseph à la Baie d’Upi

    Nous en sommes pas sûrs qu’elle soit praticable en annexe. Nous savons par contre qu’elle l’est depuis le village de St-Joseph, dernier bastion des constructeurs de pirogue traditionelles.

    Le lendemain, il en fait pas très beau, le soleil peine à se montrer, tant pis, nous partons tout de même en reconnaissance vers la baie d’Upi.

    Nous passons devant le village St Joseph et découvrons les fameuses pirogues, très rustiques en effet. Il y a très peu d’eau dans ce détroit, il nous faut être prudents. Le manque de soleil gène aussi la visibilité.

    le détroit

    Encore une fois, ce n’est pas une image de carte postale que nous garderons de ce lieu, le temps était couvert,venté, à ne pas mettre un touriste dehors!! Nous n’avons d’ailleurs vu personne…. Mais ca nous va, nous explorons plus que nous visitons.

    Le site doit être fort différent sous le soleil, avec une eau turquoise…. De très beaux rochers sortent de l’eau, c’est pittoresque.

    Pour rentrer, il y a si peu d’eau que nous devons relever le moteur, nous nous trainons… Loïc a alors l’idée de mettre une voile : mon paréo fera l’affaire, nous sommes plein vent arrière!

    Le temps ne va pas s’améliorer dans les jours qui viennent, au contraire. Nous sommes même inquiets de la dépression tropicale qui a été nommée en cyclone ces derniers jours : Donna  se dirige vers le Vanuatu.

    Il est encore trop tôt pour s’inquiéter, mais ca nous intéresse d’aller jeter un oeil à la baie de Prony, dont le trou à cyclone est réputé être un excellent abri en cas de mauvais temps. L’avenir nous dira vite que ca n’était pas un mauvaise idée!

    Nous décidons alors de quitter l’île des Pins, tant pis pour la baie d’Upi que nous n’avons pas vu sous son meilleur jour, ni le mouillage d’Oro avec son extraodinaire « piscine » naturelle,  ou le  village de Uapan et son superbe snorkeling. Voyager en bateau, c’est composer avec les contraintes, y compris météo, et donc de savoir renoncer…

     

  • Nouméa et ses ilôts

    Nouméa et ses ilôts

    Quel bonheur de retrouver les tropiques après presque 5 mois de climat tempéré! L’heure n’est pas encore aux ploufs dans les eaux translucides, car nous avons prévu 3 jours à Nouméa pour régler les formalités d’entrée sur le territoire, réceptionner quelques colis, changer nos bouteilles de gaz, faire les lessives des vêtements d’hiver qui vont passer 7 mois à fond de cale….

    Pour l’heure, je me réjouis que nous ayons trouvé une place au ponton de la marina de port Moselle, tout proche du centre ville, et surtout du marché! La halle aux fruits et légumes est magnifique, quel plaisir de retrouver les produits tropicaux, ananas, fruits de la passion, mini-bananes, et les agrumes tropicaux qui m’emportent en quelques saveurs dans un autre bout du monde; les limons à Rodrigues, les qumkats en Espagne , les pamplemousses verts aux Marquises, et les combavas à l’île maurice…

    La halle aux poisson est aussi merveilleusement achalandée, et nous nous faisons une ventrée de crevette locales, croquantes et savoureuses.

    De nombreux petits producteurs proposent aussi fromages au lait cru affinés, saucissons de cerf, pain frais, achards, miel… On sent bien l’influence de la gastronomie francaise.

    Sans compter le stand de crêpes, tenue par Soizig, une véritable bretonne des côtes d’Armor avec qui nous devisons bilig et variétés de blé noir….! Il y a en effet tellement de bretons à Nouméa, qu’on trouve plusieurs marques de farine de blé noir….

    Anna se régale d’une véritable beurre sucre (on le reconnait à ce qu’il y a plus de beurre que de sucre….)

    Et je termine les dernières appros de fruits et légumes afin d’être autonomes 2 semaines pour aller découvrir l’île des Pins et les ilots du lagon sud-est.

    Sur notre ponton, nous avons le plaisir de retrouver Carole, Antoine et Gaspard, qui vivent sur leur bateau, et qui partent pour le week-end à l’ilot Maitre. Le grand sport des habitants de Nouméa, c’est d’aller le week-end en brousse à la chasse ou en bateau sur les ilots distant de quelques nautiques; îlot Maitre, Ile aux canards,  ilot Canard, ilot Ténia, ilot Amédée…..

    Nous les suivrons à l’ilôt Maitre, spot de kitesurf réputé à seulement 3NM de Nouméa. Il n’y a pas  assez de vent malheureusement pour le kite…

    Nous filons le lendemain vers l’ilôt Amédée, sur la route de l’île des pins. le coucher de soleil est au rendez-vous…


    L’île est assez touristique, mais la visite du phare vaut le déplacement, par son architecture originale et son point de vue sur le lagon.

    L’ilôt Amédée et son phare
    Moby au mouillage, Phare Amédée

    La vue d’en haut y est magnifique sur le lagon de Nouméa. Le phare est aussi un monument historique, contruit en plaques de métal, concu en France, puis assemblé en  Nouvelle-Calédonie il y a plus de 150 ans. C’est le second plus haut phare en métal du monde, qui de l’intérieur a un petit air de tour Eiffel!

    Nous passons 2 très belles journée, dans un lieu fréquenté de 9h à 15h, mais désert en début et fin de journée!

    Le snorkeling y est fabuleux. Nous y croisons des poissons de taille vraiment inhabituelle : loches géantes, une grosse tortue, d’énormes carangues, et même un napoléon. Pas d’images malheureusement, nous n’avions pas encore sorti la Go-pro de son hivernage… Mais tout de même ce cliché d’une tortue, elles sont nombreuses. 

    Reste ce gigantesque barracudas qui tourne autour de Moby le soir. Il mesure plus d’un mètre !

    Et que dire de ces rémoras qui nous suivent de près, et se jettent sur tout ce qui traine derrière le bateau, y compris le voilier d’Arthur.Haeureusement, ils n’arrivent pas à le couler!

    En revanche, nous avons pu immotaliser notre première rencontre avec les Tricots rayés,
    ces fameux serpents de mer au venin neurotoxique potentiellement mortel-sauf que leur bouche est tellement petite qu’ils ne peuvent mordre les humains…. On les garde quand même à distance!

    et observons leur déplacement, aussi agiles en mer qu’à terre.

    Nous faisons le tour de l’île le soir, quand les touristes sont partis, nous sommes seuls au monde…. et observons de loin les sternes Nereis, espèce protégée dont une dizaine de couples nichent à l’ilôt Amédée en hiver.

    Le lendemain, sur notre route pour l’île des Pins, nous faisons escale à l’île Ouen.

    l’île OUen

    La baie des tortues est une escale paisible pour la nuit, mais ne nous donne pas vraiment envie de nous baigner avec ses eaux troubles et rouges.

    Nous sommes tout proche de la célèbre baie de Prony, connue pour ses terres rouges, ses cascades, son trou à cyclone, et son port spécialisé dans le minerai, mais où ne nous arrêterons pas cette fois : les conditions sont parfaite pour rejoindre l’île des Pins, célèbre pour ses plages de sable fins, ses eaux turquoises et ses eaux poissonneuses, qui  nous font terriblement envie!