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  • Afrique du Sud – 2 : Le parc Kruger

    Afrique du Sud – 2 : Le parc Kruger

    Cette année, notre cadeau de Noël à tous, c’est un safari en famille au parc Kruger ! Il nous semblait en effet incontournable lors de notre séjour sud-africain d’aller passer quelques jours en immersion dans la savane africaine.  Mes parents et mon frère, venus passer les fêtes de fin d’année avec nous, font partie du voyage.

     

    La faune, la flore et les paysages sont en effet l’une des grandes richesses de l’Afrique du Sud. Participer aux activités touristiques, c’est aussi faire vivre le pays, et contribuer à la protection de ces espaces naturel protégés. 

    Nous avons choisi le Mopaya Resort, un des seuls lodge francophone du Kruger, ce qui permettra aux enfants de profiter pleinement du savoir des guides qui nous accompagnent. Le parc Kruger est unique en son genre, de par sa taille, grand comme la Bretagne, son ancienneté aussi, et sa popularité, y compris auprès des sud-africains eux-même qui le fréquentent beaucoup pendant les vacances.
    C’est une réserve « BIG 5 », du nom des 5 animaux les plus dangereux pour l’homme :
    le Buffle,le Lion,

    Le Léopard,
    L’Eléphant

    et le Rhinocéros.Curieusement, sur ces 5 animaux, 3 sont herbivores…. (le buffle, le rhino et l’éléphant…).

     

     
    Ce terme de « BIG 5″ a été créé à la grande époque de la chasse « loisirs » en Afrique, du nom de 5 animaux les plus dangereux pour le chasseur se déplaçant à pied. Le terme est resté, et désigne maintenant les réserves détenant ces animaux.
    Aujourd’hui, le safari prend le pas sur la chasse, fort heureusement, mais de nombreux  propriétaires proposent toujours des chasses, tout à fait légales, sur leurs terrains privés. Le business est très lucratif : pour un lion, un rhino ou un éléphant, les riches américains ou émiratis (les deux nations les plus avides de cette activité), n’hésitent pas à débourser 5 à 10 000 dollars par tête abattue. Il faut savoir que si la réglementation des parcs nationaux est très stricte (aucune chasse n’est autorisée, et le braconnage fortement réprimé), sur les réserves privées, tout est permis, même la chasse d’animaux en voie de disparition comme le rhinocéros ou le guépard. Cela génère d’ailleurs un traffic : des animaux sont braconnés, volés dans des reserves, puis relâchés sur des terrains privés. D’autres sont tout simplement élevés au contact de l’homme, puis abattus par les clients, sans avoir jamais vécu leur vie d’animal « sauvage ». Les « pigeons » pensent voir tué un lion sauvage : ce n’était qu’une bête apprivoisée, nourrie depuis des années de la main de l’homme.
     
     
    Le Lodge Mopaya est 100% ouvert sur le Kruger, et nous sommes logés dans des tentes ouvertes sur la savane.
    Surprise : au contraire de la plupart des lodges de la région, celui-ci n’est pas protégé par une clôture : les animaux circulent donc librement. C’est à la fois grisant de sentir les animaux si proches, de se réveiller en pleine nature, mais c’est aussi un peu flippant, car les fauves peuvent littéralement approcher à toucher les tentes… En particulier les lions et les éléphants, nombreux sur cette parcelle.
     
    Quelques règles simples nous mettent à l’abri des dangers : la nuit, ne pas rester sur la terrasse, et ne JAMAIS circuler à pied. Un 4×4 nous fait faire les trajets nécessaires entre les tentes et le bâtiment principal.
     
     
    Mopaya, c’est une entreprise familiale, gérée par Oscar, l’un des rangers, Michel, son papa, et sa maman qui gère en France les réservations. Cela fait 20 ans qu’ils oeuvrent en famille aux portes du Kruger, accueillant des touristes essentiellement francophones. L’équipe rangers-stagiaires est aussi 100% française, composée de jeunes étudiants d’origines variées, tous absolument passionnés par la savane et les animaux sauvages, qui viennent passer 3 mois au lodge pour se former. Tous sont une mine de renseignements sur la faune et la flore locale.

     
    A peine arrivés en début d’après-midi que nous partons déjà en safari, dans la réserve privée de Balulé.
    Jean-Baptiste, notre ranger pour l’après-midi est sur la piste des lions. Il y a une coalition de 6 lions mâle en ce moment sur le domaine, qui sont en mode « conquête de territoire », soumettant les femelles, et chassant. Ils sont très actifs, nous les entendrons souvent feuler pendant la nuit, et nous espérons avoir la chance de les croiser bientôt.
     
    Très vite, nous croisons sur notre route un éléphant de retour du bain. Ces mastodontes ont besoin de beaucoup d’eau, et viennent au moins 2 fois par jour s’abreuver aux points d’eau.
    Nous roulons en voiture ouverte, pour profiter un maximum de la vue.
    Nous croisons de nombreux animaux :
    des vervet,ces adorables singes

    des phacochères,
    des buffles
    un chacal
    et des girafes.
    Nous croiserons aussi des restes d’animaux: ici, chacun a sa place sur la chaine alimentaire,
    un patte d’impala, ces gracieuses petites antilopes que l’on croise par centaines

    une colonne vertebrale

     et une machoire de Kudu
    Au soleil couchant, nous nous arrêtons boire une bière devant la rivière Oliphant. Rien de très spectaculaire en terme de faune : des zèbres
    un waterbuck au loin

    Mais la vue est sublime, les lumières du soir envoutantes, on comprend la passion que beaucoup entretiennent avec ce continent!!

    Le lendemain, nous partons très tôt pour un point d’eau, proche d’une habitation. En chemin, gracieux, deux Kudus traversent, une femelle

    et un mâle avec ses cornes. Les rayures verticales qu’ils portent sur l’abdomen les aident à se camoufler des prédateurs dans la savane.
     
    Nous sommes en bordure du Kruger, dans une zone habitée : chaque propriétaire terrien a le choix de rester en privé et terrain clos, ou d’ouvrir son terrain sur le Kruger (ce qu’ont fait nos hôtes de Mopaya).
    Cela permet une libre circulation des animaux, mais oblige à respecter les règles du parc Kruger : pas de chasse, une libre-circulation des animaux, pas d’intervention humaine etc.;…
    On trouve donc dans ces terrains limitrophes toutes sortes de propriétaires : exploitants de Lodge type safari, mais aussi des lodges de chasse, activité encore terriblement populaire parmi les sud-africain et les riches étrangers, des particuliers retraités venus chercher la nature et le calme, …
     
    Quelle chance : c’est tout un groupe d’éléphants qui s’abreuvent! Quel spectacle!
    Le ranger se positionne sur leur chemin  : nous sommes aux premières loges.

     

     

    Dans le groupe, un tout petit de quelques semaines à peine.Il se cache entre les pattes de sa maman ou d’autres adultes.

     Toutes les femelles de la troupe le protègent et font masse autour de lui.
    Les voilà qui repartent,

     

    Toujours groupés,

    Une pause café à la rivière Olifant de nouveau.
    Les enfants sont captivés par le safari,

    et boivent les paroles de nos guides rangers.
     
    Oscar et Jean-Baptiste sont passionnés : Oscar  a grandi dans cette ambiance de safaris pendant toute son enfance. Jean-Baptiste vient en Afrique depuis qu’il est très jeune avec son papa guide ranger. Ils ont tout deux la savane dans le sang, et illustrent le dicton africain : « You can take the Man out of the bush, but you can’t take the bush out of the man ».
     
    Nous rentrons déjeuner au lodge et repartons à 14h00 pour une réserve privée, adjacente du Kruger mais clôturée.
    Nous commençons par observer au point d’eau un groupe d’éléphants qui arrivent.

    Ils se baignent

    puis repartent

    un tout petit tête sa mère

    la troupe s’éloigne

     

    une femelle adulte ferme la marche, et s’assure d’un regard dissuasif que nous ne les suivons pas…

    Au creux d’une rivière asséchée, nous croisons un groupe de kudus.

    Et quelle chance! Derrière un buisson, 3 lions à la sieste.
    Il s’agit d’une femelle et de ses deux « petits » de 2/3 ans. Sans doute de la même portée.
     
    au premier plan, une jeune femelle  :
    plus loin, la mère et son fils.
    Chez le jeune mâle, la tête est plus carrée, et sa crinière commence à pousser.
    on dirait vraiment de gros chats, qui s’étirent.
    Dans la voiture, nous ne craignons rien, mais seul à pied, un homme serait très vulnérable.
    Les lions chassent volontiers en groupe, surtout les femelles, qui élèvent leurs petits.  Les mâles sont plus solitaires et passent une grande partie de leur temps à défendre et à marquer leur territoire;
    Nous faisons un dernier stop pour profiter du coucher du soleil sur un très beau panorama,
    savourons un rafraîchissement avec nos guides,
    le soleil tombe sur l’horizon
    Le soir au Lodge, nous dînerons sur la terrasse en plein air,  au son du feulement des les lions qui rodent…Et au bar, chacun raconte se remémore les moments les plus forts de la journée.

    Une coalition de mâles sévit depuis quelques semaines, et se bat pour conquérir le territoire, et les femelles de la zone, de quoi mettre un peu d’animation dans la savane.
    Au point que l’un d’eux dormait ce matin sur la parking de la maison d’un des rangers!
    Jean-Baptiste tient à les retrouver et se donne beaucoup mal pour les pister. Sans succès.
    C’est un éléphant en rut que nous croiserons. Son état est reconnaissable à ses glandes temporales qui sécrètent un must : ce liquide particulièrement odorant s’écoule en permanence. Il est sous une décharge hormonale forte, et cherche une femelle.
    Arthur est un peu impressionné de voir cette grosse bête de si près.
    Le guide très est attentif aux mouvements de l’animal, lui parle, le rassure, nous ne l’intéressons guerre, il semble indifférent, et repart.
     Nous l’aurons vu de très très près!
    Ce matin, Oscar  nous présente le programme de repeuplement des Guépards, initié par son père et un ami vétérinaire français, il y a de cela une dizaine d’année. Après avoir assisté à une conférence en Afrique du Sud sur le dépeuplement de la faune sauvage, et en particulier l’extinction quasi inévitable d’espèces comme le rhinocéros et le guépard, les deux hommes se sont demandé comment ils pourraient apporter leur aide. Après quelques recherches, il s’est avéré que les guépards étaient largement sous-représentés dans le Kruger, avec une population de seulement quelques centaines d’individus, et que certaines femelles, sans qu’on en connaisse la raison, n’avait jamais eu de petits. Stérilité? En fait non! Il s’avère qu’elles ne s’accouplent qu’avec des mâles étrangers à leur lignée, et venant d’une autre territoire. et comme les guépards ont besoin d’un très grand territoire pour chasser, il faut des territoire encore plus grands pour qu’ils puissent se reproduire?
     
    Les deux hommes se disent qu’un petit coup de pouce de la science pourrait aider les femelles à avoir leurs chaleur, et à s’accoupler, voir même à les inséminer avec de la semence venue de plus loin. Aujourd’hui, le protocole scientifique est au point, a été testé sur quelques femelles en Afrique, et sur plusieurs autres à l’étranger. Il ne reste plus qu’à convaincre l’un des grands parcs privés clos de tenter l’expérience.
     
    Dans l’après-midi, nous nous rendons non loin de là à Mopaya 1, l’ancien resort des parents d’Oscar, aujourd’hui fermé.  Sur la route, nous croisons un très élégant hippotrague.
     
    Clos, et sans accès direct au parc Kruger, n’y a aucun des « BIG 5 » au Mopaya 1, ce qui permettait aux clients de circuler librement sans danger.
    Les strictes règles du Kruger ne s’appliquent pas, et les propriétaires peuvent donc traiter leurs animaux comme ils l’entendent.
    Les points d’eau sont alimentés artificiellement, et les animaux ont 2 fois par semaine droit à un apport de nourriture de la main de l’homme. Cela permet de les approcher de vraiment très près;

     Les enfants sont fascinés par ce jeune gnou et cette jeune femelle zèbre. Il faut dire que la tête des gnous est très amusante,

    et que  la robe des zèbres est tout proprement hypnotique.

    Nous faisons le tour des points d’eau :
    voici des phacochères,
    puis une famille de gnous, puis des zèbres.
    Très vitre, les singes vervet arrivent, ainsi que les pintades.
    C’est amusant de voir comment ils trimballent leurs petits, accrochés sous leur ventre.
    le mâle dominant de la troupe arrive sur le capot de la LandRover.

    Son afflux de testostérone lui donne des testicule d’un bleu turquoise étonnant!

    Ils ne se battent étonnamment pas pour la nourriture.
     
    Oscar  profite pour nous parler des plantes et Inès des  autres animaux moins spectaculaires, Comme ces termites, absolument indispensables au biome car elles décomposent les feuilles en humus, donnant de l’engrais naturel. Les termitières sont des habitats incroyablement sophistiqués, abritant des réseaux de galeries maintenant températures et hygrométrie savamment calculées pour y faire pousser … des champignons! Certaines sont colossales, mais on n’en perçoit que la partie aérienne, qui représentant selon le cas 30% du volume total!
    Et en fin de vie, les vieilles termitières abandonnées servent d’abris aux phacochères, fourmiliers et autres petits mammifères.
    Là, cette plante épiphyte accrochée a des racine aériennes; c’est une orchidée.
    Et cet arbre aux racines plongées dans la pierre; c’est le mopaya, un figuier, qui ne germe que quand la graine atteint 60°, donc uniquement sur la pierre brûlée par le soleil d’été!
    Nous croisons un groupe de zèbre, à la robe hypnotisante, d’une rare élégance.
    Puis un Kalao,
    En fin de journée, c’est la pause apéro à la tour de guet, avec la vue au soleil couchant  sur le Kruger

     et ses cônes volcaniques si caractéristiques.
    Sur la route, nous avions trouvé à terre des cornes de kudu. On se demande quoi en faire?
    Nous repartons finalement avec les cornes du Kudu plantées devant le réservoir,l’occasion d’une petite leçon de mécanique aux enfants.
    Ils sont emballé par le safari, suspendus aux commentaires de rangers, et surtout, l’oeil affuté, leurs jumelles autour du cou, prompts à spotter un animal. Parfois, les heures de voiture leur semblent longues, mais l’effort est à la hauteur de la récompense de voir un bel animal évoluer dans une nature si préservée.
     
    Le lendemain, nous partons vers une réserve privée tenue par des amis de la famille. C’est précisément sur une des femelles guépard de ce parc qu’a été tenté l’expérience de l’insémination artificielle, qui a réussi! 3 petits sont nés. Malheureusement, la mère a été tuée en s’interposant avec des lions. Les 3 petits ont survécus, protégés et nourris par les propriétaires. Aujourd’hui, ces 3 jeunes adultes guépards vivent dans la nature, se nourrissent comme de vrais animaux sauvages ; mais ayant été « acclimatés »  à l’homme », ils se laissent approcher. Ce matin, nous croisons les deux mâles qui vivent tous deux en coalition : ils chassent ensemble, et ne sont jamais loin l’un de l’autre.
    L’un des deux mâles est équipé d’un émetteur radio, qui permet au ranger de le repérer à distance.
    Aujourd’hui, le ranger nous confirme que les deux guépard sont apparemment dans de bonnes dispositions pour se laisser approcher, et même caresser!!
    Nous sommes surpris de pouvoir approcher (sans danger, on nous l’a assuré!!) ces animaux sauvages
     
    Les enfants sont ébahis, et ne se lassent pas de caresser ces gros chats.
    Attention cependant au coup de patte, même involontaire : leurs griffes ne sont pas rétractables ,contrairement aux autres fauves.
     
    Le guépard a cela d’unique en ce que ce grand fauve n’est pas du tout un prédateur de l’homme, contrairement à son cousin le léopard.
    Souvent confondus, ils sont en fait très différents :

    Le guépard est très fin, léger, ne vit que dans la savane, est vulnérable et une proie pour les autres fauves. Alors que le léopard, cousin des tigres, panthères et du lion, est massif, immensément adaptable, vit dans les forets, la savane, les villes, en climat sec, tempéré ou humide. Il a des cousins partout dans le monde sur tous les continents, des savanes sèches aux forets tropicales, des steppes d’Asie aux contreforts de l’himalayens. Dans le Kruger, sa population est en expansion.
     
     
    Pauvre guépard : non seulement sa population diminue, mais il est en plus braconné, chassé pour une raison tout à fait ahurissante :  les jeune sont capturés vivants et envoyés dans les pays du Golfe comme animaux de compagnie, c’est parait-il très chic de promener son fauve en laisse…
    Cette « mode » génère un ignoble traffic de guépard, en particulier de jeunes animaux, et menace l’espère qui risque l’extinction à quelques dizaines d’années.
    Espérons que le programme de Mopaya portera ses fruits. Et que cette stupide mode cessera.
    Il faut dire que le braconnage et la chasse génère des revenus considérables en Afrique, avec bien souvent la complaisance des états, et la corruption de certaines administrations et responsables de parcs.
    La situation des rhinocéros est dramatique, il n’en reste que très peu dans le Kruger, et leur population est à la limite de l’extinction, prévue pour d’ici quelques années, si le rythme du braconnage n’est pas endigué. Plus de mille animaux sont braconné tous les ans, c’est beaucoup plus que leur capacité de reproduction. Les pauvres animaux sont tués pour leur corne, à pouvoir soi-disant aphrodisiaque pour certains asiatiques.  (le coït du Rhinocéros est l’un des plus longs du règne des mammifères, et cela fait des envieux ….)
    D’autres rêvent de voir le trophée dans leur salon. Au Kénya, ce sont les éléphants qui sont braconnés, et en voie de disparition.
    La chasse au « BIG 5 » reste aussi un très lucratif (et légal) business en Afrique du Sud, qui au-delà de sa cruauté, est générateur de traffic et de braconnage illégal.  Le Botswana est l’un des rares pays sub-sahariens à avoir légalement interdit la chasse aux animaux sauvages, et à la faire respecter. Mais en Afrique du Sud, on peut sans problème passer commande d’un lion ou d’un léopard à chasser.
    Certains parcs sont bien connus pour cela, et « élèvent «  même les animaux sauvages dans ce but. Plus dociles, et habitués à l’homme, ils sont ainsi plus faciles à chasser.
     
    Nous croisons d’ailleurs l’un des rhinocéros de cette réserve privée, à qui préventivement on coupe les cornes régulièrement (elles repoussent!!).

     Que c’est triste de voir cet animal mutilé de la sorte, pour sa protection justement.
    Un peu plus loin, ce sont les hippopotames que nous sommes très heureux d’apercevoir pour la première fois. Leur peau est très fragile, et ne supporte pas le soleil, aussi passent-ils l’essentiel de leur temps à barboter dans l’eau.

    Très agressifs et territoriaux, ce sont eux les responsables du plus grand nombre de morts par an en Afrique! Après le moustique (véhicule de la malaria), bien sûr, me fait remarquer Arthur, qui connait ses statistiques .
     
    Nous nous arrêtons quelques minutes prendre le goûter devant un point d’eau

    : quelle chance : un crocodile!
     Et des rapaces, 
    Près de l’accueil du parc, les enfants trouvent des trésors :
    et repèrent un phasme, toujours aussi intriguant. Quelle journée! Et en rentrant au lodge, nous avons la chance d’apercevoir l’unique Rhinocéros de Balulé, avec une très belle corne lui!
     
    Pendant que mes parents partent pour une dernière balade nature avec les enfants, je reste lézarder avec mon frère Thomas au lodge. Nous profitons de la vue, du silence, des bruits des oiseaux et de la piscine pendant quelques heures, loin des enfants, du bruit des 4X4. Les femmes travaillent, les animaux font la sieste ou passent au point d’eau se désaltérer.
    Certains animaux s’approchent de très près
    Et nous prenons le temps d’observer de simples nidsNous mesurons la chance qui nous a été de découvrir la savane avec des guides passionnés et passionnants, dans un cadre préservé et respectueux des animaux.
     
    Nous nous sommes parfois sentis gênés par l’intrusion de ces grosses voitures 4X4 dans la nature : bruyantes, massives, elles sont l’efficace rempart de l’homme contre les animaux dangereux : les éléphants lions, rhinos y sont habitués, et nous ne semblons pas les déranger. Je rêve cependant d’un véhicule plus silencieux, moins intrusif et moins polluant pour approcher les animaux.
    Autant d’heures de voitures, pas loin de 5 à 6 h par jour, nous  a semblé pesant, nous qui n’avons perdu l’habitude justement de conduire, et qui voyageons portés par nos voiles. Mais c’est sans doute le prix à payer pour approcher les BIG5 en toute sécurité.
     
    Les enfants se souviendront toute leur vie de cette nuit où les éléphants se sont approchés à moins d’un mètre de notre tente, pour manger, dans un bruyant concert de branches cassées et de feuilles broyées, … et de pas d’éléphants faisant sembler le sol. J’avoue que je n’étais pas fière de savoir les défenses de ce molosse à un mètre du lit de Victor, séparé du mastodonte par une fine toile de tente et une moustiquaire… Heureusement, les tentes sont posées sur des fondations en béton, donc inattaquables, mais tout de même….
    Bref, ce fut un séjour inoubliable, et qui nous a marqué profondément : les animaux bien sûr, mais aussi le terroir, les paysages, la chaleur étouffante et sèche, les odeurs, les bruits de la savane, les nuits fraiches, les journée cuisantes de soleil.
    Et merci encore à Oscar et Jean-Baptiste, les rangers qui nous ont guidés, à Inès et Iris, nos jeunes guides stagiaires, si chaleureuses et enthousiastes, elles aussi passionnantes et passionnées par la savane. Nous avons le sentiment d’avoir vécu en immersion dans un écosystèmes unique, que nous ont fait partagé toute une équipe qui oeuvre à sa manière et avec sincérité à sa préservation.

  • Afrique du Sud – 1 : Richard’s Bay et le parc iMfolozi

    Afrique du Sud – 1 : Richard’s Bay et le parc iMfolozi

    A l’aube, les côtes africaines se dessinent : des dunes de sable ocre, derrière un tiède ciel d’azur. Nous devons attendre une bonne heure à l’entrée du port, en pleine mer, car le traffic nous ordonne de patienter, le temps qu’un cargo sorte…. Nous nous faisons chahuter à faire des ronds dans l’eau, un peu moins que le monocoque qui est à côté de nous, le pauvre est à la peine…Mais c’est ainsi, priorité aux navires commerciaux, Richard’s Bay est le premier port mondial de charbon!

    Les sensations sont étranges : en mer, l’air est frais, vif, salin, nous supportons une polaire malgré le grand soleil.  Dès que nous franchissons la barre de Richard’s bay, la chaleur nous cueille, le vent est chaud, sec, nous avons gagné une bonne dizaine de degrés en quelques minutes. Arthur a le mot juste : on se croirait dans un sèche-neveux!

    Nous arrivons au quai des douanes et de l’immigration à Richard’s Bay : c’est rempli de voiliers en grand voyage! Nous retrouvons des amis, Shuti, la famille d’israéliens que nous croisons depuis Panama, qui ont mis leur bateau au sec à la marina, puis Erik et Birgitta, couple de suédois sur Arial 4, rencontrés à Cocos. Nous faisons aussi connaissance avec une famille de français de Lorient avec 2 garçons de 11 et 16 ans, sur Toumaï, un Sun Kiss.

    Les enfants s’en réjouissent : cela fait bien 7 ou 8 mois que nous n’avons pas croisé d’enfants français!

    Nous nous reposons, et engrangeons pas mal d’heures d’école, pour prendre de l’avance et pouvoir se prendre 2 semaines de vraies vacances à Noël!

    Le quai des douanes n’est pas très glamour, mais nous nous en accommodons. Les enfants en profitent pour sortir les trottinettes et skateboards. Il y a quelques restaurants et commerces, le lieu est très populaire le soir et les week-end. Notre voisin de quai est une épave en férrociment, abandonnée là depuis au moins 10 ans, et squattée par 2 hommes un peu louches. Les deux bougres ne sont pas bien méchants, mais leur bateau est sale, plein de vermine, de trous, et dangereux à traverser. 

    Nous ne souhaitons pas rester trop longtemps à Richard’s Bay, et voulons rallier cape Town début décembre, qui est pour nous une escale technique importante avant la remontée de l’Atlantique sud en janvier : un nouveau four, la révision des voiles chez le voilier, le remplacement d’une pompe de cale fatiguée etc… Nous scrutons donc la météo tous les jours dans l’attente d’une belle fenêtre.

    La navigation est délicate sur la côte sud de l’Afrique : d’abord car nous ne sommes plus en régime d’alizé, nous alternons donc les coups de vents d’ouest et les régimes de vents d’est,  un peu comme chez nous en Bretagne.

    Et surtout, il y a le très célèbre courant des Aiguilles, qui suit la cote sur plusieurs centaines de kilomètres, avec une vitesse de 4 à 6 noeuds. La bonne nouvelle, c’est qu’il est dans le bon sens, et nous servira de « tapis roulant » pour aller jusqu’à Capetown où nous passerons les fêtes de fin d’année en famille. Le problème est qu’il faut à tous prix éviter cette zone par coup de vent d’Ouest  : car le vent contre le courant génère une mer forte et particulièrement dangereuse. Il est illusoire de trouver une fenêtre de 3 jours de vents d’Est à cette période. Il nous restera donc  à faire des sauts de puce en nous arrêtant tous les 100 à 200NM sur la côte : Durban, East London, Port Elisabeth sont des escales possibles, ou tenter se faufiler entre des bascules de vent faibles.

    La très bonne surprise de cette escale, c’est que nous sommes à une heure trente de route de la plus ancienne réserve sauvage d’Afrique du Sud : le Parc d’iMfolozi a été créé dans les années 50 par des rangers visionnaires, qui voyaient les espaces sauvages de leur pays se dégrader, notamment sous la pression de la chasse. Leur volonté : sanctuariser une partie des terres Zulus, pour que subsiste pour les générations à venir un territoire intacte peuplés de ses animaux endémiques. iMfolozi est né, premier du genre en Afrique du sud, inspiré de grandes réserves américaines, suivi de bien d’autres parcs. Dans 2 semaines, nous irons avec mes parents et mon frère passer quelques jours dans le  célèbre Parc Kruger, la plus grande réserve naturelle d’Afrique du Sud. En attendant, nous avons loué une voiture pour le week-end, et nous profitons d’un beau dimanche ensoleillé pour aller faire découvrir aux enfants les animaux d’Afrique dans cette « petite » réserve pas trop touristique.

    Nous voilà donc dimanche matin à 5h sur les routes, direction les territoires Zulus.
    Nous nous sommes levés tôt pour bien profiter de la journée et des animaux qui sortent plutôt le matin et le soir, évitant les heures chaudes.

    7h : nous prenons un rapide petit déjeuner à l’entrée du parc, et c’est parti!

    Nous dominons d’immenses étendues de savane, et aperçevons de très loin des girafes, des rhinocéros.
    C’est très émouvant de contempler cette nature sauvage, intacte, que l’homme ne fait que brièvement traverser. Sachons rester discrets : les animaux sont chez eux, nous essayerons d’avoir le moins d’impact possible lors de notre passage.

    Le premier animal que nous apercevons, c’est un phacochère, sorte de gros cochon sauvage. Nous en croiserons à plusieurs reprises,

    notamment de très près, maman et bébé , à quelques mètres des tables de picnic du M’pila Resort.Dans le parc, plusieurs hébergements sont possibles, dans toutes les gammes de prix et de service : de l’hotel 4* aux tentes  aménagées, en passant par de petits lodges privés type bed&breakfast, tout est possible.

    Puis voilà des singes : ceux-là sont des babouins, qui traversent la route.
    Ils sont amusants à regarder, tellement humains dans leurs attitudes. A moins que ce ne soient nous les humains, qui soyons simiesques?!

    Enfin, grandioses, les girafes ; avec leur long cou gracile, leur tête inclinée, quelle élégance!

    Mais aussi, quelle musculature : le cou est immense, mais trapu à la base, tellement musclé.

    Voici des impala, il y en a des milliers dans le parc, peu farouches, elles nous tournent souvent le dos.

    Nous traversons rapidement le M’pila Resort,

    qui expose d’intéressants trophée de cornes d’antilopes.

    En chemin, nous croisons des gardes, qui remontent à dos d’âne le matériel qui aura servi la veille au soir au campement de la rivière White Umfolosi. Deux fois par semaines sont organisés des mini-safaris à pied, avec nuits sous tente, en bord de rivière.

    Plus loin, des zèbres paissent tranquillement le long de la route Nous arrêtons la voitures quelques minutes pour les observer. Quelle grâce! Leur pelage est sublime : de base crème, beige ou franchement marron, rayé de noir.

    La crinière se dresse le long de l’encolure telle une crete d’iroquois, vraiment, quel panache! Un peu plus loin, cette femelle, sans doute pleine, son ventre est distendu par le gros bébé à venir.

    Quelques minutes plus tard, c’est un énorme rhinocéros qui nous coupe la route! Le premier d’une longue série : impressionnant, sont corps fait en longueur presque toute la largeur de la piste.

    Dans le ciel, beaucoup de rapaces, à la recherche de proies et de carcasses.

    Nous longeons la rivière, à la recherche des points d’eau auxquels les animaux viendraient s’abreuver. Nous n’aurons que peu de chance et n’apercevrons que quelques antilopes et un buffle au bord de l’eau : pas de panthère, ni de lion, ni de guépard. Mais en revanche, des paysages inspirants, peuplés d’oiseaux et de grands animaux .

    Nous nous arrêtons pour déjeuner sur une are de picnic spécialement aménagées, et sans danger. En effet, partout ailleurs dans le parc, il est interdit de sortir de son véhicule. Nous déjeunons sous un arbre. Le vue sur la rivière est magnifique.

    Les enfants découvrent des traces de pas, dans de la boue séchée. Elles sont énormes! C’était un éléphant! Nous remontons la piste : l’éléphant a longé toute l’aire de picnic sur 100M avant de redescendre vers la rivière.

    Nous reprenons le sentier qui longe les berges de la rivière, et tombons sur un groupe de rhinos. Cette fois-ci, ils sont paisibles , ils broutent et nous avons tout le temps de le observer.Ces animaux sont véritablement impressionnants.

    De taille colossale, trapus, mais également très longs et courts sur pattes, leur crane et leur tête a des allures véritablement préhistorique : il y a du dinosaure en eux!

    Nous sommes très impressionnés par la taille de leur corne avant, longuet effilée, quelle arme ce doit être.

    En même temps, ces mammifère sont des ruminants,  végétariens donc, comme, nos bonnes grosses vaches!Ils ont cependant un caractère ombrageux, et il ne faut pas les approcher de trop près.

    10 minutes plus tard, nous tombons sur papa et  maman broutant paisiblement. Nous les apercevons de dos, quel postérieur!!

    Puis ils viennent vers nous, quel tronche!

    Ce sont des rhinocéros noirs, plus communs que les blancs, et qui abondent dans ce parc. Ils n’ont de prédateur que l’homme, et ne doivent leur phénomène d’extinction qu’à la sur-chasse dont ils sont toujours victime-leur corne est en effet un trophée inestimable pour certains, et a surtout la malheureuse réputation d’être aphrodisiaque en Asie. Certains parcs victime de braconnage en sont rendus à couper et détruire préventivement les cornes de leurs animaux pour les protéger…

    A titre de comparaison, pour leur taille, voici Anna devant une sculpture grandeur nature

    Plus loin, le paysage vallonné s’offre au regard, peuplé d’Impalas . Ici c’est la station de nettoyage : des oiseaux, sur leur dos, les débarrassent des parasites.

    On reconnait les mâles plus âgés à leur cornes de talle moyenne, élégamment torsadées

    Embouteillage sur la route! Deux voitures sont stationnées pour laisser passer des éléphants.  Nous restons prudemment en retrait, et les observons.Ils sont en train de se nourrir. Ils sont 4 : deux mâles, une femelle et son petit. Le premier male part sur le côté avec la femelle et le petit. Mais un gros male reste, se plante juste devant nous, entre les deux voitures. Il vient se nourrir et avait repéré un arbuste bien feuillu juste à côté de notre voiture.

    Je recule un peu, pour le laisser passer, puis reste immobile, comme il est recommandé dans ce cas : ne pas bouger, ne pas faire de bruit. IL n’est visiblement pas agressif. Nous sommes tous les 5 très impressionnés de voir l’animal de si près. L’autre mâle est parti sur le côté, il suit sa femelle de près, et tente une saillie!Le membre que vous voyez trainer entre ses pattes arrières n’est pas un cinquième pied, mais bien son penis!

    OUF, notre vieux mâle fait demi-tour, rassasié, nous ne l’intéressons visiblement pas ce qui nous soulage beaucoup : nous ne ferions décidément pas le poids devant un tel mastodonte.

    10 minutes plus tard, c’est une girafe qui avance tranquillement vers un arbre pour y brouter des feuilles.

    Partis à la recherche des hippopotames au bord de la rivière, nous n’apercevons que ce type de tortues.

    Nous continuons notre quête, surement un peu vaine, car il n’y en a que 25 dans tous le parc (contre 700 éléphants, et des milliers de rhinocéros!)

    Sur la route retour, un rhino(encore!!) nous bloque le passage : il est colossal : son corps en travers fait toute la largeur de la piste!

    Notre dernier arrêt avant de sortir de la réserve  : ce très beau point de vue sur la rivière; pas de lion ni de guépard, mais un buffle, de très beaux oiseaux, et ce grand Kudu qui  nous attend à la sortie.

    Le soleil va bientôt se coucher, il est temps de prendre la route, des souvenirs pleins la tête, avec l’envie de très vite repartir en savane, contempler ces animaux sauvages.

    Après 10 jours passés à Richard’s bay, une fenêtre météo s’annonce enfin pour rallier CapeTown. Nous sommes impatients d’y arriver!