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  • Bahamas -3- le Nord des Exuma

    Bahamas -3- le Nord des Exuma

    Nous naviguons depuis déjà 10 jours dans l’archipel des Exuma, et continuons notre progression vers le Nord en direction du «  Exuma Land and Sea Park », qui s’annonce encore plus spectaculaire que ce que nous avons vu. Nous sommes déjà sous le charme  de cette navigation entre îlots et bancs de sable, que nous pratiquons en mode «  exploration », nous arrêtant jusqu’à 4 fois par jour pour visiter une grotte, une plage, ou faire un snorkeling.

    Vue sur les Rocky Dundas, où se trouvent les grottes
    Nous prenons un mouillage de jour dans la toute petite baie de Fowl Cay : à un jet d’annexe se trouvent en effet deux grottes qui sont parait-il au moins aussi remarquables que celle de Thunderball.

    Il nous tarde d’aller vérifier cela.

    A Fowl Cay, nous sommes tout seul au mouillage. Inhabituel, une épave d’avion trône sur la plage. La piste n’est pas loin.

    l’épave sur la plage

    Les îles des Bahamas sont souvent équipées de petites pistes privées. C’est aussi que les propriétaires vont et viennent, à bord de leurs avions, ou d’avions taxis, qui offrent également les services de livraison de nourriture, pièces détachées etc….

     
    Curieux, nous allons sur la plage examiner ce qui reste de la carlingue.

    Loïc penche pour un décollage raté.
    La plage est un petit bijou :  une eau turquoise calme, de petites vaguelettes, du sable fin…
    Le mouillage est paradisiaque

    A midi, Loïc envoie le drone, pour voir île d’en haut : pas de luxueuse villa, mais de petites maisonnettes, un ponton, et la piste, vraiment toute petite.

    vue aérienne de Fowl Cay
    Après le déjeuner, nous filons explorer les grottes. La première n’est pas évidente d’accès : il faut plonger, pas très profond, mais sur 3 mètre de long. Anna n’a pas peur, et nous suit, c’est la première fois qu’elle plonge dans ces conditions!

    Une fois à l’intérieur, c’est majestueux, de très nombreux stalactites, et un grand puit de lumière
     
    La seconde est plus facile d’accès, pas besoin de plonger car on y accède par une étroite ouverture en surface, comme un boyau au-dessus de l’eau.
    Elle est encore plus impressionnante : une fois à l’intérieur, un seuil, puis une petite plage, une caverne en hauteur qui ravit les enfants, un puit de lumière, des stalactites….
     

    En fin de journée, nous mettons cap sur Compass Cay,

    le chenal d’accès à Compass Key

    et  mouillons pour la nuit sur un banc de sable devant la marina, réputée pour ses requins nourrice semi-apprivoisés. Nous filons en annexe voir à quoi ressemblent les installations :

    C’est très coquet, mais le sens de l’accueil est comment dire….axé sur le porte-monnaie : on nous réclame pour débarquer une taxe de « landing fee » de 10 dollars… par personne! Et pas de discount pour les enfants…. Nous observons quelques minutes, depuis l’annexe, les requins nourrice tourner et virer dans une eau limpide puis faisons poliment demi-tour.
    Le lendemain, nous mettons cap sur Cambridge Cay, où nous retrouvons Luna Bay 2 et Penn Gwen. C’est officiel, nous venons de franchir les frontières du parc naturel.
    Nous décidons d’organiser un apéro-dinatoire de dernière minute sur la plage : nous repartirons sans doute chacun de notre côté d’ici quelques jours, il faut donc saisir l’occasion d’une soirée tous ensemble.
    Jennifer a repéré un petit îlot d’où le coucher de soleil devrait être superbe pour ce pic-nic du soir improvisé.Les 3 familles arrivent en annexe, dans ce joli coin de paradisLa soirée est fort agréable, la marmaille joue aux Robinsons en se gavant de chips, de crackers au fromage et de pâté de campagne…
    La nuit est moins sympa :  les orages grondent pendant des heures, nous sommes sur le pont, aux aguets, à guetter le vent et les éclairs. Il y a tellement d’éclairs qu’on y voit comme en plein jour, et la foudre nous assomme les oreilles.
    Nous mettons les ipads/ordis et téléphone à l’abri dans le four, qui servira si besoin de cage de Faraday.
    Au plus près, l’orage approchera à moins d’un mille. A 5h du matin, nous retournons nous coucher, plus de peur que de mal. Ce sera le premier d’une longue série d’orages de nuit que nous subirons dans les 15 prochains jours.
    Nous passons la journée du lendemain à Cambridge Cay. Sans être totalement dégagé, le temps s’est remis au beau. Le matin, c’est école pour tout le monde, mais dans l’après-midi, nous partons à terre avec nos équipements de snorkeling explorer la plage de « Honeymoon’s Beach », sur la côte sud de l’île.

     Nous traversons l’île à pied avant d’accéder au site pour un beau et sportif snorkeling avec la marmaille. 
    Une belle soirée s’annonce….Mais la nuit est tout aussi orageuse que la précédente. Là encore, les éclairs sont très proches, et grondent.

    Nous craignons le foudroiement bien sûr, et vérifions l’avancement de l’orage, mais aussi le vent qui tourne, qui forcit. Heureusement, la foudre tombe à environ 1km de là-et les appareils électroniques sont encore une fois dans le four!
     
    L’avantage, c’est que nous récupérons l’eau de pluie, grâce à notre bimini pourvu de rigoles, et à un circuit de tuyaux, qui va direct dans les réservoirs, qui sont pleins. Nous remplissons alors les carafes et les bidons. 

    Au petit matin, nous allons dire au-revoir à Luna Bay 2,

    Bye Bye les amis : Luna Bay 2, Penn Gwen et Moby réunis!

    Ils repartent vers Nassau préparer leur bateau pour la transat retour en France.De notre côté, nous nous donnons 8 à 10 jours de plus pour explorer les Bahamas.

    Nous appareillons également, juste à temps, car une série de 3 speed boats arrivent vers nous-il est vrai que nous sommes dans un chenal-, et foncent à 25 noeuds au moins, créant 3 sillages qui nous chahutent.

    Nous longeons Hall’s Pond Cay, peu accueillante, avec ce panneau explicite : pas d’annexe! Il semble que la cohabitation entre les voiliers et les riches résidents des îles se passe mal. La loi aux Bahamas est claire : l’accès aux plages est libre jusqu’à la laisse de haute mer. Par ailleurs, il ne me semble pas anormal que les propriétaires de ces îles jouissent de la tranquillité qu’ils recherchent. Alors, pour notre part, nous ne nous empêchons pas de nager sur les plages, voir d’y mettre le pied, mais n’y débarquons jamais en annexe.
     
    Nous mouillons sur un banc de sable près du chenal, car il y a sur zone deux sites de snorkeling d’interêt :

    Le premier, c’est un petit avion bimoteur coulé par 3m de fond. Il git nez dans le sable, queue en l’air. Nous prenons grand plaisir à virevolter autour, dans 3 mètres d’eau à peine, même Anna se régale ; je n’ai malheureusement pas d’image de la scène….
     
    Non plus du magnifique jardin de corail au Nord d’ Obrian’s Cay. Les  coraux sont sublimes, visibles dans 2 à 3mètres d’eau à peine : des gorgones multicolores y côtoient des éponges vertes, beige, rose, de toutes tailles et de toute formes, c’est vraiment un délice pour les yeux. C’est en plus un site très accessible pour les débutant, le genre d’endroit où on pourrait amener sa grand-mère!
     

    Le lendemain, la journée commence sous des trombes d’eau : le temps n’est pas au beau fixe, depuis quelques jours, nous subissons orages et grains au moins une fois par jour. Nous quittons Compass Cay en bordure de grain, il y a plus de 20 noeuds de vent, et Loïc nous montre sa dextérité à piloter Moby :  car pour aller du nord de Hall’s Ponds Cay au mouillage sud de Warderick’s Wells, un chenal  sinueux nous fait passer entre de petites îles. Victor et moi surveillons la nav’ chacun dans une des étraves. A peine avons-nous pris la seule bouée disponible, qu’un rideau d’eau s’abat sur nous.

    le grain approche
    Arthur prend sa douche en plein air

    C’est plutôt une bonne nouvelle, nous allons pouvoir remplir les réservoirs, s’offrir des douches en plein air, et boire de l’eau de pluie, la meilleure de toutes. Nous avons même de l’eau courante pendant quelques minutes!

     
    Aujourd’hui, 28 avril, c’est le grand jour : notre capt’ain fête ses 50 ans! Happy Birthday Captain!

    Nous passons cette journée seuls tous les 5 dans ce mouillage de rêve : une fois le grain passé, le site se découvre, avec des couleurs, comme toujours, sublimes sous le soleil.
    Le petit dej était copieux ce matin, puisque nous avons commencé par souffler les bougies… et manger le gâteau. Comme le dit le dicton d’un restau italien que Loïc aime bien  : « Life is short, eat desert first! ». Autrement dit : « Comme la vie est courte, autant manger le dessert d’abord »
    Loïc avait passé sa commande la veille, et je lui avais préparé un gâteau breton : la plaquette de beurre y est passée.… Et à 10h, il n’en reste pas une miette…
    En début d’après-midi, nous allons explorer la plage,

     et nous offrir une belle baignade. Puis partons à la recherche du «  Pirate’s Lair » , le «  Repaire des pirates » un peu plus loin dans les terres. Le site était en effet  parfait pour attendre les proies s’apprêtant à entrer dans le banc des Bahamas par le « Wide Opening », cette large passe facile d’accès à la voile par tous les vents,  située à quelques milles au nord de Warderick Wells. On s’imagine facilement les bateaux de pirates cachés entre les îlots, les hommes guettant les navires de commerces.

    Moby au mouillage de Warderick’s Wells sud
    Avec les dernières pluies, le camps des pirates n’est plus qu’un bourbier… c’est pourtant là, au bord d’une source et à l’abri de ces grands palmiers auxquels ils pouvaient attacher leurs hamacs qu’ils se reposaient entre deux raids.
    Au retour, une belle baignade,

     et de moments très simples de partage en famille.Arthur et Anna restent jouer à la plage : ils creusent le sable pour y trouver des vers, puis ensuite nourrir les petits poissons du bord. Loïc et Victor partent explorer le tunnel qui perce l’îlot d’en face : long de 30m, il traverse spectaculairement l’îlot, et peut se pratiquer à la nage, par temps très calme et à l’étale. Avec le vent actuel et les fortes marées, il n’en est pas question. Dommage, car ça doit être pourtant génial de le parcourir à la nage :  il est percé de plusieurs ouvertures par le dessus, partiellement à l’air, et partiellement sous-marin.
    J’en profite pour rester à bord, pour bouquiner tranquillement.
    Ce 28 avril 2018 fut une journée enchantée, où nous aurons tout eu : de l’action, du mauvais temps, du soleil, de l’exploration, de la découverte, des jeux, des baignades, du temps calme, un bon gâteau…
    Le lendemain, nous contournons les îles pour entrer dans les Warderick Wells, le coeur du Park des Exuma, où se trouvent les rangers.
    Le site est époustouflant, avec ses bancs de sable, et ce chenal circulaire et profond où des corps-morts sont à disposition.

    Les photos qui suivent sont garanties sans amélioration, ni retouche de couleurs….

    Elles sont prise d’en haut du mat par Loïc qui inspecte le gréement. Il profite d’être au corps-mort et par un temps très calme pour monter vérifier cette partie-là du gréement. Nous partons d’ici 2 à 3 semaines en transat : il nous reste encore plus de 3000 NM à parcourir avant de rentrer en Bretagne.

    D’en haut les bancs de sable sont majestueux, comme des rubans de dégradés.

    Loïc lance le drone pour immortaliser le site, sous un beau soleil;

    vue vers l’île de Warderick Wells et les maisons des rangers
    Vue vers le sud de Warderick Wells et les mouillages de Emerald Rock
    Après l’école, nous préparons un picnic pour aller déjeuner à terre… et emmenons le reste du champagne que nous n’avons pas fini hier

    : nous célébrons encore une fois les 50 ans de Loïc.Pendant que nous savourons cet apéro du dimanche, les enfants vont explorer sur la plage le squelette d’un cachalot reconstitué là par les bénévoles de l’association du Park.
    Puis l’envie nous prend d’aller nous promener sur les bancs de sable à marée basse. Anna et moi nous élançons, les garçons nous rejoignent en annexe.
    Vu d’ici, ce banc de sable ressemble à un coeur.
    La beauté de ces différents dégradés de turquoise tient aux marées,

    aux dénivellés sous-marin de dunes et aux méandres créés par les courants.
     
    Nous partons en snorkeling explorer les lieux, puis terminons par une ballade à terre, vers les hauteurs de Boo Boo Hill, point culminant des Warderick Wells. Ce que nous apprécions aussi aux Bahamas en cette fin Avril, c’est la longueur des journées. Le soleil ne se couche que vers 19h30, contre 18h aux Antilles : cela laisse de belles soirées encore actives.
    La colline de Boo Boo Hill est réputé hantée :  par les nuits de pleine lune, on entendrait les voix des pauvres âmes ayant péri dans le naufrage d’un navire au large de Warderick wells.
     
    Nous traversons la mangrove, longeons de nombreux trous, des grottes,

    Nous grimpons la colline, et regardons avec consternation les débris de bois flottés que les voiliers de passage s’évertuent à déposer…. créant cet amas, qui s’éparpillera et repartira sur les flots au prochain cyclone.
     
    Je remarque combien l’homme a besoin de marquer son territoire en laissant une trace visible de son passage. C’est particulièrement flagrant aux Bahamas : peut-être une tradition du Nouveau Monde?  Vieux T-shirts suspendus au plafond du bar Chat’n’Chill à Stocking Island,  panneaux de bois flottés gravés en haut de Boo Boo Hill (Warderick Wells), totem de pierres à Cambridge Cay. Ce qui avait sans doute du sens il y a quelques dizaines d’années encore quand ces endroits étaient peu fréquentés et difficilement accessibles, avant l’avènement du tourisme de masse, me semble aujourd’hui vain et irresponsable. A l’heure où l’on voyage partout en avion, et au vu du nombre d’humains que nous sommes sur terre, continuer à mettre en oeuvre ces « traditions » polluantes me dépasse. Je préfère de loin une autre devise, que nous avons souvent lue sur des panneaux de parc naturels : « En visitant ces lieux, la seule chose que vous laisserez derrière vous seront vos empreintes de pas » .
     
    Nous admirons le soleil qui descend sur l’horizon, puis rentrons via un gué, puis un petit pont, à travers la mangrove. Nous découvrons l’hélipad fait de pierres et coquillages concassés.
     
    En rentrant au bateau au coucher du soleil, quelle n’est pas notre stupeur : nos amis du catamaran Cool Running sont ont fait la surprise de venir à notre rencontre. Nous les attendions il est vrai d’un jour à l’autre, en provenance de Georgetown … Ils ont parcouru les 70 NM d’une traite pour nous voir. 
     

    Nos routes se sont croisées pour la première fois dans le Pacifique, à Rangiroa, puis à Papeete, et enfin c’est pendant un séjour prolongé à Maupiti que nous avons mieux fait connaissance.

    Dave, Gudrun, Gaby et Ben à Maupiti

    Nous nous sommes revus en Nouvelle-Zélande, et avons partagé des moments inoubliables dans l’Océan Indien, à Cocos (Keeling) puis aux Chagos.

    feu de camp aux Chagos

    La dernière fois que nous nous sommes vus c’est en décembre dernier en Afrique du sud, à Cape Town.

    les enfants de Moby et de Cool Runnings à l’aquarium de Capetown

    Depuis, nos routes se sont suivies sans se croiser. Leurs deux ados, Ben et Gaby sont les grands amis de Victor, et il leur doit aujourd’hui son beau niveau d’anglais ;-).

    Nous avons ensemble parcourus 3 océans, et bouclé chacun notre tour du monde. Nous sommes d’autant plus fiers d’eux qu’ils réalisent à peu de chose près le même parcours que nous, mais sur un bateau de grande série, un Lagoon 400, plus petit et moins rapide que le notre. 
    Dans un mois, quand nous traverserons l’Atlantique direction la France, ils mettrons cap sur la Floride, leur port d’attache.
     
    Alors ce sont de belles retrouvailles, intenses, car les au-revoir sont proches!
     
    Nous appareillons ensemble pour une île un peu plus au nord, Hawksbill Cay, réputée comme une des plus belles des Exuma. C’est l’occasion de se prendre mutuellement en photo sous voiles, dans ce beau turquoise.
    La nous sommes tous les 5 sur le pont!

    Je me fais la réflexion, que la vue est décidément magnifique depuis ma cuisine!Dans quelques longueurs nous entrons dans du turquoise clair signe que nous n’aurons plus que 2m d’eau sous les coques!

    C’est grisant de naviguer dans si peu d’eau.
     
    Nous voilà au mouillage!
     
    La plage est en effet superbe,

    et nous passons notre première journée à simplement profiter de la baignade, savourant nos retrouvailles avec nos amis : il y a tant à se raconter depuis 4 mois que nous nous sommes vus. Nous tirons le premier bilan de nos circumnavigations, et évoquons aussi notre retour à la vie de terriens qui approche. 
     
    Le soir, la lune nous sourit.
    Le lendemain, le vent est annoncé est bien là. Loic et Victor sortent les planches, puis le kitesurf.

     

    Victor en planche
    Loïc en kitesurf

    Je tente quelques bords en planche, mais le vent est décidément irrégulier avec le relief de l’île.

    J’ai aussi un début d’otite qui peine se résorber, aussi suis-je prudente avec les sports nautiques.
     
    Nous allons visiter la grotte dite des « contrebandiers ».
    Elle est tout juste au-dessus du niveau de l’eau, et assez impressionnante avec son plafond rose,

    et le goulot qui sépare les deux chambres.
    Puis nous poussons vers la plage adjacente, qui abrite un chemin menant vers des ruines et à la plage côté océan.
    Nous devinons les ruines, des murs de maisonnettes datant de 1785. Occupées par les loyalistes, ces réfugiés pro-anglais de la guerre civile américaine : refusant la tutelle des séparationnistes, et gardant allégeance à la couronne britannique, nombreux sont les Loyalistes qui ont fui aux Bahamas, implantant des champs de coton, de tabac ou de l’élevage.
    Elles étaient vraiment étroites ces maisons.
    La balade est sympa aussi pour observer les plantes, comme ces petites épiphytes, mais aussi pour la vue d’en haut.

    A mi-chemin, inattendu, cet étang, source d’eau douce.
     
    Et de l’autre côté de l’île, la plage au vent :

    Dommage que nous n’ayons pas les bodyboards!
    Ca déferle, et rejette sur la plage de la mousse, des algues, des éponges… et des débris de toutes sortes.
    Sur la route du retours, nous sommes surpris par toutes ces grottes, cavernes et trous qui jonchent le sol : un vrai gruyère!
     
    Ce soir, j’ai proposé à Gudrun d’initier sa famille aux crêpes bretonnes, en remerciement du paquet de farine de blé noir qu’elle m’a rapporté des Saintes.
    Pendant que je suis aux fourneaux sur le Lagoon, Loïc débriefe à Dave nos 2 semaines passées dans les Exuma, et lui donne les bon tuyaux, des mouillages et activités sympas avec les enfants.Il y a en effet beaucoup à faire aux Exuma entre le snorkeling, les épaves, les ballades à terre, les grottes….
    Les enfants apprécient les crêpes,

    et de cette rencontre américano-bretonne sort une création que je dois à Ben : une intéressante crêpe blé noir/beurre/sucre/cannelle!

    Je la nomme « la Cool Runnings », du nom du bateau de nos copains américains.
    Apprenant que nous n’avions plus de Nutella à bord, Gudrun nous offre ce petit pot, qui rejoint le tableau de bord de Moby, et les « trophées » offerts par nos amis, ou glanés au fil des rencontres….
     
    Le lendemain, le temps n’est pas au beau fixe, et c’est sous un ciel plombé que nous montons sur Shroud Cay, un dédale de rivières salées dans la mangrove. Quel dommage qu’il fasse ce temps pourri, ce doit être tellement beau sous le soleil. Mais il ne fait pas froid et nous ne sommes pas en sucre, alors nous partons sous la pluie, et avec la marée, qui est encore haute pendant une heure ou deux.
    Nous voilà en annexe dans les méandres de la mangrove.

     Après 30 mn, nous arrivons à destination :

    Nous avons traversé Shroud Cay d’Ouest en Est, et nous voilà sur la côte au vent.
    Le sable est d’une douceur incomparable,

    et nos pieds s’enfonçent profondément dans le sable tellement il est fin.
    En haut de la colline, les vestiges de CampDriftwood, où un genre d’ermite avait construit un camp de fortune dans les années 60. En haut du camp Driftwood, la vue sur Shroud Cay. 
     
    Nous quittons Shroud Cay pour Norman’s Cay, toujours sous les nuages, mais sans la pluie, ouf! 
    L’île a une histoire savoureuse : elle a été pendant quelques années le repaire d’un célèbre trafiquant de drogue. Carlos Lehder, d’origine Colombienne, faisait originellement partie du cartel de Medellin. Il a acquis Norman Cay en 1979 : ses maisons, ses commerces, sa piste d’aviation etc….afin de s’en servir comme un hub, une zone de transit entre l’Amérique Centrale et les USA. Témoin de cette vie antérieure : l’un des DC3 de Carlos git sur un banc de sable à l’entrée de Norman’s Cay.
    Les Stups américains (la D.E.A.) qui surveillaient la zone, ont finit par démanteler et faire vaciller l’empire de Lehder entre 1981 et 1983, alors que le gouvernement bahaméen, largement corrompu, protégeait Lehder et ses hommes. L’homme a été arrêté en Colombie en 1987, et extradé puis jugé aux USA où il purge 135 années de prison….
    Nous sommes mouillés juste devant la piste,
    et c’est un défilé d’avions
     

    Nous sommes aussi régulièrement survolés par des hydravions. Nous allons plonger sur le DC3 -enfin, pas vraiment en profondeur, car l’épave est posée sur un banc de sable et émerge, même à marée haute. Loïc explore l’épave, regarde à travers les hublots,

    .

    et fait mine de se mettre aux commandes! 

    Les coraux ont bien colonisé l’avion! Victor continue l’exploration,

    passe à travers les hublots!

     
    Plus tard dans la journée, nous partons avec l’annexe des Cool Runnings explorer l’intérieur du Cay, et en particulier sa mangrove et ses « flats ». Nous passons devant les lodges, et le restaurant, fermé ce soir. Puis allons nous rendre compte des travaux, de grande ampleur de la marina. Nous sommes surpris par le nombre de marinas aux Bahamas dont les travaux semblent terminés et qui n’ont jamais ouvert. Traffic? Blanchiment ou détournement d’argent?

    Puis nous nous arrêtons marcher le long de la mangrove.
    Arbustes, coquillages, oiseaux, nous sommes en pleine nature sauvage.  Ces traces, dans le sable, ce sont des raies, qui nichaient dans ce trou à marée haute. Il y a si peu d’eau que nous rentrons à la rame.
    Ce soir, nous faisons  nos les adieux à nos amis de Cool Runnings, qui s’en vont demain, et reprennent leur exploration des Exuma vers le sud, alors que nous continuons vers le Nord. Bye-Bye les amis! Nous nous reverrons certainement un jour, je ne sais quand, je ne sais où….
    Le temps est tellement mauvais et les vents contraires (de nord) que nous restons 24h de plus à Norman. L’occasion d’aller nous offrir un bon hamburger au restaurant. En dessert, je tente le traditionnel Guava Duff, sorte de pudding arrosé de sauce à la goyave, typique des Bahamas… C’est moins mauvais que ça en a l’air : très sucré et roboratif, je peine tout de même à avaler plus de 3 bouchées après mon hamburger…
    Nous serions bien restés explorer les îlots du Nord de l’archipel : Highbourne, Ship Channel, Leaf Cay….Mais le mauvais temps s’installe durablement sur les Bahamas. Or nous sommes le 3 mai, et avons prévu de traverser vers le 15 : il est temps pour nous de quitter les Exuma et d’aller préparer notre transat. Nous avons choisi pour cela de faire escale à Spanish Wells, petit village d’Eleuthera, distant d’une cinquantaine de milles.
     
    A très vite pour la toute dernière partie du récit de notre séjour aux Bahamas. 
  • Bahamas -1- Les îles du Sud

    Bahamas -1- Les îles du Sud

    Nous y voilà, aux Bahamas, dernière escale tropicale de notre tour du monde, et dont nous attendons beaucoup. Nous avons en effet rushé en remontant l’arc Antillais, afin de préserver au moins 6 semaines pour la découverte de l’archipel :  700 îles, dont seulement 20 sont habitées toute l’année. Les voiliers canadiens viennent y passer l’hiver en quête de soleil et de chaleur, un peu aussi les américains, mais très peu d’autres nationalités qui naviguent plutôt dans les Antilles. Cela nous intrigue un peu, et nous avons hâte de nous faire une idée sur ce bassin de navigation dont nous soupçonons qu’il soit largement méconnu des Européens.
     
    A l’entrée dans les Bahamas, notre premier contact avec la civilisation sera le survol de Moby par l’hélicoptère des US Coast Guards Cela donne le ton : les Bahamas sont sous la coupe des USA, en ce qui concerne au moins la surveillance de leurs frontières!
    Nous avons fait notre clearance tôt le matin à Mayaguana, et sommes repartis aussitôt vers Crooked Island où nous attendent mes parents, qui ont loué un Lagoon au départ de Marsh Harbour (Abacos), skippé par Sylvain.

    Nous avons prévu une navigation en tandem de 2 semaines dans les iles du sud des Bahamas. En fin de journée, nous traversons un petit détroit entre les « Plana Cays » : ces îles ne sont guère plus que de longs bancs de roches et de sable plantés de tout petits palmiers. 
    la variété : le Thatch Silver Palm, qui ressemble en miniature au Vacoa des Mascareignes. Endémique des Bahamas, il est  utilisé pour faire des toit de palme, comme son nom l’indique, mais aussi pour divers objets de vannerie, ceintures, paniers, objets de décoration….
    Sur l’horizon, de très haut souffles montent dans les airs. Nous pensons tout d’abord à des baleines, mais ce sont en fait des rochers « souffleurs ».  
    Nous visons une arrivée de nuit à Landrail Point, au Nord-Ouest de Crooked Island, l’île principale des Atcklins. Un phare yest censé baliser l’entrée, mais il n’est pas en opération…
    Mais la baie offre une entrée franche, et nos cartes Transas (i-sailor) sont comme toujours très précises, nous donnant une large zone de fond sablonneux dans 5m d’eau…juste à côté du bateau de mes parents.

     

    Au réveil, nous découvrons des fonds d’une clarté incroyable, et d’une couleur turquoise à nulle autre pareille.

    Il fait chaud, très chaud : nous installons la voile d’ombrage les enfants s’y installent … pour travailler! Je vous assure, Victor bosse son français, et Anna fait de la lecture.

    Loïc lance le drone, et nous découvrons l’île de Crooked vue d’en haut,

    la mouillage de Landrail

    C’est vraiment magique de pouvoir visiter l’arrière pays par les airs!

    le mouillage de Landrail, et le phare de Bird Rock au loin
    Pour fêter nos retrouvailles familiales, nous allons tous au resto! Les enfants se sont mis sur leur 31 pour les retrouvailles avec leurs grands-parents.
    Nous accostons dans un petit port creusé dans la roche. 
    A Landrail, nous découvrons une petite communauté Bahaméenne fort restreinte : une épicerie, un resto, un poste de police…
    En marchant vers le restaurant, nous découvrons le « village ».
    L’île a été ravagée par le cyclone Joaquim, en octobre 2015, qui a inondé 75% des habitations, détruit la centrale électrique, et ravagé une cinquantaine de maisons… Aujourd’hui, il reste moins de 200 habitants, répartis dans plusieurs petits « settlements »;  les autres ont fui pour trouver travail et habitation ailleurs.
    La reconstruction est longue, très longue, et les dégâts encore très nombreux :
    L’ancienne station service est inutilisable : dommage car elle était pratique aussi pour les bateaux.Il y a un projet de reconstruction à quelques mètres de là, mais à l’arrêt.
    la dalle de la future station service 
    Les maisons qui sont encore habitées sont par contre particulièrement pimpantes. 
    Au resto, nous nous régalons et découvrons les spécialités locales : langouste rôtie, thazard en légère friture,  l’incontournable « mac’n’cheese » (gratin de macaroni, prononcer « maquenne-tchise »), poulet mariné, riz aux haricots, salade de haricots verts : tout est frais, délicieux, fait-maison et local!
    En marchant sur la route, nous sommes survolés par un tout petit avion : il nous faudra aller visiter la piste qui se trouve non loin du village; 
     
    En fin d’après-midi, Loïc part avec Victor et Arthur plonger en apnée sur le tombant, qui descend de 5 à 200m en quelques mètres seulement. 
    Là, ils se font surprendre par un requin particulièrement agressif qui les charge à 3 reprises, visiblement mécontent de voir des humains sur son terrain de chasse. Heureusement, il n’a pas idée de les croquer, seulement de les intimider : sans doute les prend-il pour des prédateurs concurrents, ce qui fâche, non? Tous 3 se replient avec calme et rapidité, palmant à reculons vers l’annexe, en restant groupés serrés. Ils se souviendront longtemps de cette charge inopinée.Des émotions pareilles, ca soude une famille!

    En toute fin de journée, nous allons explorer la plage, très sauvage. Tout le long, nous observons des maisons, dont presque toutes sont détruites et à l’abandon. 
    Au nord de l’île, sur un ilot, le phare de Bird Rock est impressionnant de stature, il date de 1876. 

    Tout au bout de la plage, la piste d’aviation! Fréquentée par des pilotes-propriétaires américains et canadiens, qui viennent pour la pêche, en particulier la très confidentielle et très select pêche au « Bone fish » sur les « flats », ces grandes étendues d’eau sablonneuses et peu profondes dont Crooked Island regorge. C’est une pêche à la mouche sportive de « catch and release » (le bone fish n’est pas réputé pour la finesse de sa chair, il est très difficile à préparer), très populaire chez les américains du sud.

    Deux pêcheurs à la mouche en route vers les Flats, dans leur tenue typique « camouflage des sables »

    Un jeune homme vient nous accueillir et nous propose de faire avec lui le tour du propriétaire. L’occasion pour nous de nous familiariser avec l’accent Bahaméen qui est très particulier. Les installations aéroportuaires sont sommaires :

     un beach bar, particulièrement bien placé,quelques quelques bungalows dotés de chambres, une salle de restaurant et c’est tout!
    Plus loin, un projet de marina a été abandonné : la maison du propriétaire, un américain, a été détruite,et la reconstruction n’a pas encore eu lieu…. quand à parler de développement, ce n’est surement pas pour tout de suite. L’île de Crooked est très basse sur l’eau, et particulièrement vulnérable aux cyclones : la montée des eaux barométrique y fait des dégâts impressionnants.
    En longeant la plage au retour, nous passons devant la ruine de cette jolie maison.
    L’arbre à coté, qui ressemble fort à un filaos n’est pas en meilleur état…
    Anna et moi ramassons des gorgones, qui jonchent la plage par centaines : vertes, roses, violettes, jaunes, marron….
    Une fin de journée paisible à profiter de la plage, de la nature

    et du soleil qui se couche. 
     
    Nous appareillons pour French Wells, un mouillage tout au sud de Crooked.Nous passons sur un banc de sable peu profond. Les garçons surveillent le fond. Difficile d’évaluer à vue d’oeil la profondeur tant l’eau est claire!
    Nous sommes tous sous le charme de ce « turquoise » si particulier des Bahamas. Je mitraille, et me donne comme objectif de « capturer » les 50 nuances de turquoise. 
    Le Lagoon 42 loué par mes parents a un peu plus de tirant d’eau que nous, nous lui avons ouvert la route 
     
    Ils sont très contents de leur bateau,qui bien que petit, est remarquablement habitable, en particulier la cabine propriétaire,

    et dispose d’espaces à vivre particulièrement réussis. En terme de performance, ca n’est évidement pas une bombe… mais il a de bons moteurs! ll faut bien ça pour pouvoir suivre Moby, véloce dans le petit temps….
    Nous mouillons dans des eaux cristallines.
    La plage est très belle et le sable d’une douceur….
    Le site est très sauvage, inhabité, les eaux turquoises,Petite curiosité : un vieux puit, toujours praticable! De l’eau douce donc, venant de nappes phréatiques. Ces puits sont très courants aux Bahamas, pratiques pour le ravitaillement des bateaux, ils étaient dans l’ancien temps des étapes incontournables. J’apporte ma bassine et en profite pour faire des lessives de serviettes!
    Et derrière la plage,

     la mangrove s’avère accessible en annexe via un canal naturel.Nous partons pour une belle ballade naturaliste

    au coeur de la mangrove,
     
    L’eau est peu profonde, mais d’une clareté….
    Nous dérangeons un petit requin nourrice venu trouver refuge dans les méandres. 
    Le coucher de soleil est hypnotisant, la plage magnifique, il n’y a pas de vent : c’est le site idéal pour faire un feu!
    Papily et les enfants ont préparé les branchages avec l’aide précieuse de SylvainNous prenons l’apéro sur la plage. Les enfants nous ont aussi fabriqué une table en pierre et Sylvain des sièges en vieux cordage de marine
    Les enfants sont tellement heureux de pouvoir partager avec leurs grands parents cette vie de plein air qui leur plait tant. Le lendemain, nous partons un peu plus au sud pour Long Cay. 
    Au petit déjeuner, nous faisons des crêpes! Je n’ai pas emporté mon Bilig (nom breton de la crêpière traditionnelle en fonte électrique), il est resté à la maison…  mais une simple poêle à crêpe anti-adhésive dépanne. Nous faisons aussi des crêpes blé noir, le repas préféré des enfants, quand nous trouvons du sarrasin, que j’ai bizarrement eu un mal fou à trouver aux Antilles françaises, alors qu’en Polynésie et à la Réunion, sans problème!

    Côté pêche, ca n’est pas un succès : dès que nous attrapons un poisson, il sert d’appât aux requins, qui le croquent d’un coup de dent…

    ce qu’il reste de sa bécune dans les mains de Sylvain…
    Loïc lance le drone, et cette fois, c’est Anna qui pilote! Très concentrée… 
    Nous voulons prendre de belles photos de Moby, car c’est décidé, nous le mettons en vente. Sans regret, car il nous aura permis de réaliser notre rêve : un tour du monde à la voile en famille. Mais d’ici quelques mois, nous reprendrons nos vies de terriens, le travail, l’école, le jardin, et n’aurons pas usage d’un bateau de grand voyage. Nous espérons que Moby aura un nouveau propriétaire qui continue à naviguer longtemps…
    Nous continuerons bien sur à naviguer sur les bateaux de la famille, les enfants à faire de la voile légère, et nous aurons peut-être un day-boat pour profiter des beaux jours en famille?
    Mais le virus du voyage nous a piqué, et nous repartirons un jour en bateau, pour continuer à explorer à la voile cette planète qui est si belle, à la découverte de ses habitants, nos frères humains : « Tous pareils, tous différents! »
     
     

    A Long Cay, nous sommes mouillés tout proches du village d’Albert Town.

    Vers le Sud de Long cay
    vers le Nord de Long Cay

    Là encore, c’est une longue plage de sable blanc, de l’eau turquoise, mais on ne s’en lasse pas….

    Albert Town a été un des plus gros villages des Bahamas du temps de la marine à la voile, jusqu’au milieu du 19ème siècle  avec près de 2000 habitants : c’était en effet un port d’entrée aux Bahamas, stop idéal pour les voiliers, le port disposant d’un accès aisé à la voile, d’une rade abritée sous le vent de l’île et d’une bonne profondeur.
    Du jour au lendemain, avec l’avènement de la marine à vapeur, le village est devenu fantomatique, puis carrément désert avec aujourd’hui seulement… 12 habitants.
     
    Albert, c’est aussi le nom de mon papa : il FAUT aller à terre y faire un tour.
    Nous débarquons sur la plage, le quai est impraticable. 
    Nous croisons nombre de ruines, de maison abandonnées, les ruelles sont désertes…
    Une habitante qui était sur le pas de sa porte nous aperçoit, et nous salue. Les visiteurs sont rares, et elle nous fait les honneurs de l’église : détruite par un cyclone…. Curiosité : elle n’a été reconstruite que partiellement :

     seul un des bas-côtés a été rebâti
    Nous nous enquerrons du prêtre : il ne vient que très rarement officier.

    Un autre habitant vient à notre rencontre. Justin veut que nous immortalisions la rencontre,en particulier avec Albert, en visite à Albert Town!

    Justin et Albert

    Il nous offre des vestiges du temps passé : d’anciennes bouteilles en verre.

    En rentrant au bateau en annexe, nous longeons encore quelques maisonnettes en ruines : quelle tristesse de savoir que tous ces habitants ne reviendront plus. C’est une des tristes réalités des îles extérieures des Bahamas : quand elles sont touchées par un cyclone, de très nombreux habitants décident de ne pas reconstruire, et d’aller plutôt tenter leur chance ailleurs, dans le nord, sur des îles plus touristiques et densément peuplées. Ainsi, les « Outer Islands » se dépeuplent inexorablement au gré des cyclones.
    Le soleil se couche sur Albert Town….
    Nous quittons le groupe des Atcklins pour rejoindre Long Island, via le Crooked Passage. Nous atterrissons à Little Harbour, un curieux petit port naturel de la côte au vent : une échancrure rectangulaire parfaite dans les terres, fermée par deux petites îles, et ouverte sur une passe. Nous n’avons que l’embarras du choix côté plages, et nous décidons pour le tout petit banc de sable qui borde l’îlot fermant la baie. Ce sera notre plage « privée » pour la journée. Skimboard, snorkeling,

    chateaux de sable…..
    Quand nous appareillons le lendemain, nous apercevons drossé à la côte une ancienne épave, de ce qui a dû être un très grand bateau.
    Nous faisons escale à Clarence Town, qui sur la carte ressemble à un gros village et où nous espérons faire un avitaillement de produits frais. Papily et Mamily partent à terre avec leurs sacs…. et ne reviennent à la nuit que plusieurs heures plus tard. Nous commencions à être inquiets. N’ayant pas trouvé ce qu’ils voulaient dans la boutique du village, la patronne leur propose de faire le « taxi » pour eux jusqu’au supermarché le plus proche….. Tope-là! Sauf que le commerce se trouve en réalité à une petite demi-heure de distance en pick-up sur une route défoncée….Le dos de Papily se souvient encore des cahots de la route et de la conduite sportive de sa conductrice… Ils reviennent 2 heure trente plus tard chargés de victuailles, produits frais et savoureux, encore sous le charme de l’hospitalité et de la gentillesse des Bahaméens.
    Pendant ce temps-là, nous sommes à la plage avec les enfants
     ballade en amoureux, skimboard, chateaux de sable…

    Nous retrouvons nos amis de Luna Bay II, Un Outremer 45 avec 3 enfants à bord : Théotime, Charline et Léonie ont à peu de chose près le même âge que Victor, Arthur et Anna. Nous les avons croisés plusieurs fois, et avons enfin le temps de bien sympathiser autour d’un apéro : les parents dans le cockpit autour d’un ti-punch, et les enfants sur le trampoline à faire les fous!
    Au petit dèj du lendemain, un bon pain de mie grillé, fait maison dans notre machine à pain. Nous en sommes très contents, depuis qu’ Alexandre nous l’a offerte à l’île Maurice. Nous y faisons du pain, du pain de mie, des brioches, mais aussi des cakes au chocolat, au yaourt, aux pommes, des financiers…. et même du gateau breton!
    Cette fois-ci, c’est Arthur qui pilote le drone : décollage, vol, et atterrissage. Il n’a pas voulu faire de photos, seulement un film!
    Nous sommes à Rum Cay, dans la baie de Flamingo, une superbe plage, et encore une fois, nous ne sommes que 2 bateaux au mouillage; Après avoir exploré presque toute la baie à la recherche d’un bon mouillage, nous revenons mouiller près de la passe : c’est le seul endroit sans patate de corail. Le snorkeling en revanche est très prometteur, avec tout ce corail. 
    Là encore, sable blanc fin comme de la farine, des kilomètres de plage où nous prenons l’habitude de nous balader en fin de journée, du skim pour les garçons,

    on ne s’en lasse pas.
    Nous partons faire un snorkeling dans le nord du récif,près d’une épave.

    Les coraux  Elkorn sont majestueux.
    Nous croisons quelques gros spécimens, de mérou, de requin nourrice aussi…mais l’animal est craintif, et nous tourne le dos.
    Puis nous retournons le lendemain à Long Island, tout au nord, dans la jolie baie de Stella Maris. Nous nous arrêtons en mouillage de jour dans une petite baie adjacente, très sauvage. Nous déposons Papily et Mamily sur leur petite plage personnelle. C’est merveilleux de profiter de ces plages calmes et peu fréquentées. Encore du bleu turquoise intense, du sable blanc à faire mal aux yeux, et de petites grottes.
    Nous irons en fin d’après-midi explorer Galliot Cay, et en particulier le petit village de Seymours, à travers un méandre de mangrove,
    que l’on parcourt en annexe, le long de grottes, jusqu’à un petit pont  doté d’un ponton
    En fait de village, il ne s’agit que d’un « settlement » comme on appelle ici ces regroupements de maison. Pas vraiment de commerces : un barbier, une location de « cottages », et c’est tout. Une vieille dame sort de sa maison pour nous saluer, et papoter. Ancienne postière à Nassau, elle est revenue passer sa retraite dans la maison familiale, et améliore ses fins de mois en tressant des feuilles de palme pour en faire des paniers, des ceintures, typiques de l’artisanat Bahaméen.
    Demain, nous quittons les Bahamas du Sud pour entrer dans les Exumas, chapelet d’îles et d’îlot magnifiques, où la navigation se fera par sauts de puces, et où nous attendent de magnifiques snorkeling, des centaines de petites plages, des épaves d’avions et de bateaux, des grottes sous-marines, des cavernes semi-immergées, des iguanes, des cochons nageurs….à suivre….
  •  Sur les traces d’Irma à St Barth, St-Martin, aux B.V.I.  

     Sur les traces d’Irma à St Barth, St-Martin, aux B.V.I.  

    Nous continuons notre remontée de l’arc antillais, et nous dirigeons vers des îles durement touchées en septembre dernier par le cyclone Irma. Nous avons suivi le désastre de très près, par l’intermédiaire de nos amis Pierre et Marie, installés à St-Martin depuis quelques années, avec leurs 3 enfants. Ils ont vécu le cataclysme, et s’en sont sortis indemnes, mais secoués.
    Beaucoup de plaisanciers et de touristes cette saison éviteront ces îles, leur préférant des escales plus paisibles.
    Irma, le 06 septembre 2017, au plus fort

    Nous-même ne devions pas nous y arrêter cette année, car nous y avons fait de longues escales il y a deux ans, lors de notre passage aux Antilles. Mais nous avons finalement décidé d’y passer, même rapidement, pour plusieurs raisons :

    • tout d’abord parce que ces îles sont désertées par les touristes, et que nous souhaitons apporter notre petite contribution, si modeste soit-elle, à la reconstruction
    • pour témoigner aussi, via notre blog, montrer les dégâts, et aussi la reconstruction en cours
    • pour y voir Pierre et Marie bien sûr!
    • mais aussi car c’est là, entre St-Barth et St-Martin que nous bouclons notre tour du monde. Un symbole fort, qu’il nous tient à coeur de célébrer avec nos amis.
     
    Nous n’avons qu’une semaine en tout à consacrer à ces 3 escales, car nous sommes attendus dans moins de deux semaines aux Bahamas, que nous avons prévu d’explorer pendant 1 mois et demi, avant avant notre transat retour en France.
     

    SAINT-BARTHELEMY

    Nous arrivons à St-Barth en fin de journée, après une petite nav’ de jour bien agréable.
    L’émotion est là, nous recoupons à l’instant notre sillage, et bouclons ici, à St-Barth, devant ce rocher des Gros Ilets, notre tour du monde en famille.

    Partis de la Grande Motte en février 2016, nous sommes arrivés aux Antilles en mars 2016. Aujourd’hui, le 27 mars 2018, 2 ans et 9 jours nous séparent de ces deux photos.

    Moby au mouillage à St-Barth, mars 2016

    Nous fêtons cela par un bon repas en famille, et une bouteille de champagne, mise au frais pour l’occasion!

    Nous sommes tous les 5 très émus, en réalisant le temps et les milles passés en 739 jours et 41 800 NM. 
    Le matin, nous observons les dégâts : si le centre ville et les commerces semblent reconstruits, de nombreuses maisons sont encore en ruines, et surtout, la végétation a grise mine.

    En revanche, les méga yachts sont de retour, tel celui du milliardaire russe Ibrahamovitch, propriétaire d’une villa sur l’île. Son yacht, Eclipse, fut pendant quelques années le plus grand yacht privé du monde, avec ses 163m, 2 piscines, deux héliports, un mini sous-marin, un bouclier de défense anti-missile, un pont blindé et des fenêtres pare-balles. Nous immortalisons la trappe latérale à joujoux, où se rangent les annexes. 
     
    Nous ne restons malheureusement pas à St-Barth, car nous sommes attendus à St-Martin pour le week-end.
     

    SAINT-MARTIN

    A l‘approche des côtes, nous sommes un peu fébriles, car nous aurons bientôt sous le yeux les dégâts d’Irma, ce cyclone de classe 5 qui a ravagé le nord des Antilles en septembre 2017. Ce fut le plus puissant cyclone enregistré en Atlantique depuis 1980. Il aura causé de nombreuses victimes, et des dégâts matériels colossaux à Barbuda, St-Barth, St-Martin, Anguilla, les îles Vierges , les îles les plus durement touchées, mais aussi Porto Rico, la république Dominicaine, Haïti, Cuba et la Floride.
     
    Lorsque nous arrivons à Saint-Martin, c’est un paysage de désolation qui s’offre à nous. 
     
    L’île est rasée, la végétation qui a survécu est terne, affaiblie, les collines arides. 
    Les hotels et résidences de la côte sont éventrées, il ne subsiste aucune fenêtre. 
    Les restaurants de plage ont été rayés de la carteet la baie Orientale offre un paysage inédit : une large bande de sable, là où s’alignaient les restaurants….

    6 mois après le passage du dévastateur cyclone Irma, les plages ont été nettoyées, et réinvesties par les habitants qui viennent y passer leurs week-end et leurs soirées ;Les touristes par contre ne sont pas revenus cette année. Les tour opérateurs américains et canadiens ont blacklisté la destination. Les habitants pourtant sont là, les plages aussi, mais puisque «  l’offre touristique » a disparu, le touriste déserte aussi… Plus de bars de plages, de petites boutiques, de location de jetski ou de plongée bouteille.
     
    En quelques mois, la vie a repris sur l’île : les routes, aéroports et marinas sont praticables, les stations services, supermarchés, pharmacies etc…. sont opérationnelles à 100%.
    Les restaurants de quartier et les sociétés de service rouvrent petit à petit. Tous n’ont en effet pas encore touché l’argent de leur assurance, et les autorisation de réouverture préfectorales sont données au compte-goutte. Les autorités sont en effet soucieuses de la qualité de la reconstruction, qui nécessite un bon assainissement, des canalisations en état, un traitement des déchets etc…

    C’est ainsi qu’à Grand Case, haut lieu de la vie nocturne de St-Martin, seul un restaurant a réouvert….

    Un seul restaurant ouvert à Grand Case

    La rue principale, qui était bordée de restaurants, bars et boutiques le long de la plage sur plus d’un kilomètre n’est que ruines.AVANT

    Grand Case avant le cyclone, en mars 2016

    APRES

    Grand Case après le cyclone, en mars 2018
    Beaucoup ont tout perdu à Grand Case, et tous ne vont pas reconstruire ni réouvrir leurs commerces.
     
    Nos amis Pierre et Marie ont vécu le cyclone, avec leurs 3 enfants et une autre famille amie, à l’abri dans une maison disposant d’un plafond en dur, et qui a bien résisté. Ils ont eu très peur, et s’en sont sortis indemnes mais marqués. La bonne nouvelle est que leur propre maison, malgré son traditionnel toit en bois et tôle, n’a pas subi de gros dégâts. Mais le réveil a été rude. Les dégâts et les pillages qui s’en sont suivis étaient tels qu’ils ont du se résoudre à rentrer passer quelques mois en France : sans eau, ni électricité, ni gaz pour cuisiner, sans nourriture et sans carburant pour se déplacer, sans travail et sans école, il était raisonnable de se rapatrier, en attendant que les activités reprennent. L’ironie est qu’il ont passé une partie de leur hiver breton… dans notre maison, que nous leur avions prêtée, car elle  était inoccupée l’hiver. Et mon petit doigt me dit qu’ils ont vécu là encore, quelques grosses tempêtes…
    Toute la famille est rentrée à St-Martin début janvier, pour y reprendre le travail et le chemin de l’école!
     
    Quand nous arrivons à la Baie Orientale (B.O.),

    Pierre arrive nous accueillir en SUP.
    Nous passons le week-end à nous raconter ces deux années passées, intenses pour les uns comme pour les autres, et à penser l’avenir : pour eux la reconstruction à St-Martin, pour nous le retour à la vie de terriens.
     
    Nos enfants ont tous les 6 des âges comparables, se connaissent et ont plaisir à se retrouver. 
     

    Anna et Rose s’apprêtent à aller explorer les fonds sous-marin de la baie Orientale.

    Anna et Rose

    Après le cyclone, toutes sortes de débris s’y retrouvent, comme ce tracteur, inhabituelle épave, qui prouve les forces du cataclysme!

    Un peu plus loin, je trouve un conteneur à poubelles. Mais aussi beaucoup de débris, morceaux de toit, chaises longues, parasols….

     

    Nous dégotons aussi quelques bouteilles : whisky, Jet 27, champagne, rosé, vin blanc….. car  la plage de la B.O. était jalonnée de restaurants de plage, paillotes etc… tous disparus. Pas sur que tout cela soit buvable, il va falloir faire une soirée dégustation!

    la « pêche » du week-end
     
    Ce soir, nous fêtons nos retrouvailles,

     mais aussi notre tour du monde, que nous avons bouclé la veille à St-Barthélémy.

    Moby arrivant à la Baie Orientale, 2 ans après notre premier passage à St-Martin

    Il y a deux ans, c’est aussi avec Pierre et Marie que nous fêtions l’arrivée de notre transat : Lanzarote-St-Martin en 14 jours.

    En mars 2016, nous fêtons notre arrivée de transat à Tintamarre avec Pierre et Marie

    Lundi matin, nous appareillons à l’aube pour Marigot, afin d’effectuer un gros avitaillement.

    2 gros caddies remplis au Super U
    En effet, nous mettons cap sur les Bahamas pour 6 semaines de navigation dans des îles souvent sauvages, peu habitées, où l’avitaillement sera problématique.
     
    Là encore, le cyclone a laissé des marques : de nombreux bateaux sont démâtés, d’autres coulés, y compris des yachts de plus de 30m, retournés comme des crêpes dans le port. Les chiffres de l’industrie nautique ont annoncé pour St-Martin 1000 bateaux lourdement endommagés, et 500 réduits à l’état d’épave. Les travaux de renflouement se poursuivent.
     
    La marina de Fort Louis est de nouveau opérationnelle. 
    En ville, à Marigot, beaucoup de commerces sont encore fermés, en particulier dans les petites rues.
    Nous sommes aussi interpellés par l’état des voitures qui circulent,

     cabossées, bringuebalantes…. Il apparait que les experts sont débordés.
     
    En quittant St-Martin, nous ne pouvons nous empêcher de faire un comparatif avant-après, avec les photos d’il y a 2 ans :
    • celles de la décharge sont explicites
      la décharge en mars 2016

      la décharge en mars 2018,

      Le volume des déchets a au moins été multiplié par 5, si ce n’est plus.

    • cette baie aussi, qui était bordée de magnifiques villas:
      Les 6 villas noyées dans la végétation, en mars 2016

      n’est plus que l’ombre d’elle-même.

      les mêmes villas en mars 2018, après le passage d’Irma,
     
    Nous quittons St-Martin un peu tristes en nous disant que l’on est peu de chose face à la force des éléments. La nature se remet vite, mais les oeuvres des hommes beaucoup moins. 
     
    Notre prochaine escale aux îles Vierges Britanniques nous le confirmera.
     

    Les British Virgin Islands (B.V.I.)

     
    L’archipel est lui aussi dévasté, mais la reconstruction bat son plein. Il faut dire qu’ici, le tourisme est plutôt haute gamme, avec des villas de propriétaires et peu de grands ensembles.
    Nous sommes même étonnés de voir autant de belles maisons, comme neuves : elles viennent sans doute d’être rénovées.
    D’autres sont comme soufflées, ne restent que les murs,
     
    Et certaines sont réduites en débris.

    Nous arrivons en vue de Necker Island, l’île de Richard Branson,

    qui met les moyens de la reconstruction.
    Loïc va faire les formalités à Spanish Harbour, et remarque tous ces bateaux aux secs : certains sont très endommagés, d’autres simplement posés sur leur coque, sans ber.

     
    Les enfants attendent avec impatience d’aller se baigner aux Baths, la mythique plage de Virgin Gorda. Nous sommes déçus d’apprendre que le débarquement à terre est interdit, à cause de fortes houles attendues dans la nuit et le lendemain.
    Nous n’aurons pas accès au parcours aquatique que nous aimons tant, entre roches et mer, et qui est sans doute dangereux ces jours-ci.
    Nous irons nous faufiler tout de même par la plage la plus éloignée

    et nous balader à terre sur la plage.

    Comme partout ailleurs, les villas sont soit très pimpantes, et donc récemment réparées, soit ravagées,


    ou en pleine reconstructionLa végétation a elle aussi souffert.

     
    Plage et roches n’ont pas bougé….Les garçons s’amusent en Skim.
     
    Anna et Arthur ont trouvé un filon de sable volcanique noir et fin comme de la suie!
     
    Les petits cactus ont survécu. les gros aussi
     
    La houle permet à Victor de belles acrobaties. Il faut dire que les conditions de houle sont au top.
     
    Loïc, prévoyant, nous a apporté l’apéro à la plage.
     
    Nous partons le lendemain pour White Bay, à Guana Island.
     
    En route, nous ne croisons que peu de voiliers : quel contraste avec il y a 2 ans, où le plan d’eau était sillonné de centaines de bateaux de charter. Depuis, les BVI ont perdu 80% de leur flotte de location. Seuls quelques cata à moteurs sillonnent la zone. C’est l’année ou jamais pour naviguer tranquille aux B.V.I.!
    Quelque bateaux de propriétaires sont là. Quelle classe!

    Ce magnifique yacht à l’ancienne navigue avec… son petit day-boat quillard, pour la balade. Comme il doit être agréable de se balader ainsi à la voile au mouillage!
     
    En longeant la piste, nous découvrons de très nombreuses épaves, signe que tout n’a pas été renfloué.
    Une plage a été aménagée pour les touristes, avec des installations provisoires : paillottes, roulottes, bars de plage, transats et parasols…. 
    Nous restons dans les îles extérieures, car nous attendons une fenêtre météo pour naviguer vers les Bahamas.

    Nous arrivons à Guana Bay.
    La plage est sublime, et les pélicans chassent devant nos yeux.
     
    Les garçons glissent en skim pendant des heures, et ne s’arrêteront qu’épuisés de fatigue.
    Derrière la plage, le terrain est en friche, les habitations ont été rasées et la reconstruction a commencé.
     

    Nous appareillons le lendemain pour les Turks & Caicos puis les Bahamas, qu’il nous tarde d’explorer!

    Victor aide à hisser la grand voile

    Dès les premiers milles en mer, les dauphins nous accompagnent,

    Ils jouent autour de Moby, particulièrement bondissants! C’est leur façon de nous dire au revoir et à bientôt…

     
  • Escale aux Mascareignes / 2 : Saint-Brandon

    Escale aux Mascareignes / 2 : Saint-Brandon

    St-Brandon fait rêver beaucoup de Mauriciens :

    la plage de Chaloupe

    des plages de carte postale, un archipel d’îlots poissonneux distant de 240NM de l’île Maurice. Mais les vents sont rarement portant, au mieux travers à l’aller comme au retour, et bien souvent contre le vent et le courant, rendant les traversées souvent inconfortables. Si bien que les récits de traversées mouvementées sont nombreux, et que beaucoup se découragent d’ affronter l’Océan Indien hors des lagons protégés.

    L’avantage est que la destination est encore très préservée, la pêche y est très bonne, et les plages désertes. Les amateurs de kitesurf, de pêche et de plongée se régalent….

    Arnaud et Laetitia

    C’est le cas de nos amis Arnaud et Laetitia, que nous avons embarqués avec nous à Maurice.
    Quand Arnaud habitait, enfant à l’île de la Réunion, il entendait son père, son frère, et leurs amis vanter St-Brandon, sans jamais avoir pu faire partie de l’équipage. Alors voilà, Arnaud, pour tes 50 ans, nous t’emmenons à St-Brandon!

    Je suis tout autant emballée, et pour les mêmes raisons : Loïc a pu y aller à deux reprises avec notre ancien voilier, Nomade, et je n’ai jamais pu faire partie du voyage non plus. Alors merci Loïc, de m’emmener découvrir ce petit paradis.

    Bénédicte et Loïc

    Avec Moby, nous avalons facilement les 240NM de trajet, et jetons l’ancre devant l’ilot Coco à 19h, après avoir quitté Port Louis à 15h la veille.

    Arnaud et Laeti prennent leurs marques sur Moby : nous avons la chance d’avoir à bord des amis qui naviguent beaucoup en Bretagne sur leur Fist 31.7. Le compteur sur Moby annonce 30 000 NM de puis notre départ de La Grande Motte il y a 20 mois. 

    Nous ne sommes pas seuls : outre les pêcheurs de Raphaël Fishing, il y a un autre catamaran,Cheers, qui repart le lendemain.

    Ca n’est donc pas la foule à St-Brandon, et pourtant, nous sommes en pleine saison. Les mi-saisons sont en effet les meilleurs périodes : l’été reste toujours périlleux avec les dépressions tropicales et cyclones, l’hiver a l’inconvénient d’offrir un alizé souvent très musclé et une mer grosse, rendant pénibles les traversées. Octobre/novembre et avril/mai sont donc les 2 meilleurs fenêtres.

    Pendant la traversée, la pêche a été très active, mais pas fructueuse : nous aurons de nombreuses touches, et ferrons une bonite et une superbe dorade, qui toutes deux se décrocheront à la remontée à bord. Le poisson a sa chance, et c’est aussi bien comme ça! Il faut dire que nous n’avons pas de véritable gaffe à bord, un objet à rajouter sans doute sur la liste de courses, qui élèverait grandement notre rendement.

    Au petit matin, nous savourons le premier petit dèj,

    et découvrons le paysage.

    Impatients, Arnaud et Loïc partent très vite chercher des langoustes, la valeur sûre de St-Brandon! En 2 heures de pêche ils nous rapportent 7 ou 8 jolis spécimens.La technique du bord pour les conserver sans prendre trop de place dans le frigo, c’est de les ébouillanter une minute, puis de les décortiquer : ensuite, il est facile de les cuisiner : poêlés, en carpaccio, en salade, en sauce, en cari….

    Il nous tarde de descendre à terre

    : la plage est sublime, le sable a l’air très fin, et le spot super pour le kite. Après la séance de pêche du matin, les 2h d’école réglementaires, et un rapide picnic, nous descendons gréer le matos
    : nous aurons à l’eau en permanence 2 kites et 1 windsurf, à partager entre 4 adultes et un ado!

    Ca tombe bien, tout le monde est polyvalent : windsurf, kitesurf , twin-tip ou directionnelle … Seul Victor n’est pas encore autonome en kitesurf, et préfère se consacrer à ses progrès en planche. 

    Anna na pas le droit de se baigner, la pauvre, avant d’avoir ôté les fils de sa suture d’ici  8 jours. 

    Arthur court après Arnaud le long de la plage… qui est le plus rapide?

    Tout le monde se régale sur l’eau :

    Arnaud en Kite, et moi en planche
    Loïc emmène Arthur faire un tour 
    Loïc
    Laetitia prend le relai d’Arnaud

    Après 2 bonnes heures de nav, nous laissons les garçons sur l’eau et partons entre filles explorer Coco : 

     

    Nous découvrons de très beaux oiseaux blancs, les fameuses goëlettes blanches de St-Brandon

    (White stern en anglais, ou Gygis Alba) qui nichent dans les arbustes, essentiellement des veloutiers.C’est d’ailleurs la pleine période de nidification aussi somme-nous attentifs à ne pas déranger leurs nids et leurs oisillons. 

    Impossible de se lasser de leur vol si particulier, vif, agile, mais aussi souvent stationnaire. 

    Aux deux extrémités de l’île, des bancs de sable

    et de l’autre côté,

    nous découvrons des sternes grises, elles aussi en pleine couvaison de leurs oisillons. 

    Le matin Loïc emmène nos amis pêcher et plonger pendant que je fais travailler les enfants : pas question de prendre trop de retard sur le programme si nous voulons prendre des vacances à Noël. 2/3h d’école par jour c’est peu, mais en s’y tenant 7j/7j, sans vacances ni week-end, c’est un rythme qui nous convient bien à tous, élèves et parents/professeurs : c’est rythmé, régulier, et cela nous laisse du temps pour partager de nombreuses activités en famille.

    la pêche du jour

    L’après-midi ressemble à celui de la veille :  déchargement sur la plage des planche, kitesurf, windsurf, rekisteurf, skim board…

    les amateurs de glisse que nous sommes tous se régalent!

    Il semble aussi que la qualité du sable soit au TOP pour les boules et les chateaux de sable

    Ce soir

    c’est cari de langouste! fameux!

    Les journées se suivent et se ressemblent un peu…à la variante près que à J+3, personne n’ira chercher de langouste, nous en mangeons depuis 2 jours, il est temps de faire un break!

    Nous avons un nouveau voisin : Dominic est arrivé la veille avec son fils et 2 amis, pour kitesurfer et, pêcher.

    Ce matin, deux tortues nous régalent d’un ballet : sans doute une parade nuptiale, un accouplement, car elles se tournent autour de puis quelques minutes.

    Arnaud, Loïc et Laeti partent faire un petit coup de traine dans le lagon 

    Puis nous continuons à nous régaler des sports de glisse

    Laetitia

    Arnaud  lance quelques sauts . 

    Arnaud et Laeti ont plaisir à naviguer côte à côte. 

    Et nous aussi!

    Loïc en kitesurf, et moi en planche
    Loïc
    Bénédicte

    L’eau est glassy près de la plage, le vent parfaitement orienté, c’est un régal de glisse!

    Arthur en skim

     Quelle journée! Quelle famille heureuse!

    Tôt le lendemain matin, nous changeons de mouillage, pour aller au nord  de l’archipel à l’île Tortue.

    Nous passons devant l’île Rafaël,

    siège des garde-côte et base de pêcheurs de Raphaël Fishing. Nous nous serions bien arrêtés pour rendre visite aux « habitants », mais le mouillage est agité, et les fonds peu engageants, bourrés de corail.

    Les garde-côtes nous contactent par VHF pour vérifier notre permis de séjour, bien en règle :Nous en avons fait la demande à Port-Louis au tout début de notre séjour mauricien. Il faut se rendre sur place, au bureau de l’OIDC :  Outer Island Developpment Company, faire une demande, s’acquitter des droits de passage (5 000 RS par personne, à payer cash). La réponse, positive, est arrivée 10 jours plus tard.

    Il se dit que seules 200 autorisations par an sont données aux non-mauriciens. Pour les mauriciens, l’accès y est libre.

    L’îlot Tortue! Nous y sommes : 2 aller-retour en annexe pour amener planches et gréements à terre.

    Le spot est encore plus sauvage que Cocos : un seul petit ilot de sable, une végétation très rase, pas un seul arbre, et des milliers d’oiseaux.

    L’îlot est au milieu d’un lagon, entouré de récifs,

    prolongé par une autre virgule de sable

    Le cadre est idyllique, nous sommes le seul bateau à l’horizon, et ne côtoyons plus que des sternes. Les enfants nous réclamaient un feu de camp depuis longtemps, je crois que nous avons le spot idéal!

    Nous partons récolter du bois pour le feu de ce soir. Le menu est déjà en tête : brochette de poissons. Nous avons en effet ramené un « Tuna Macquerel » , sorte de bonite allongée; Sa chair n’est pas très prisée, mais j’ai des recettes de marinades qui conviennent bien :

    • marinade méditerranéenne : jus de citron + ail + huile d’olive + herbes de provence (idéalement thym et romarin frais)
    • marinade asiatique  : sauce soja + ail + gingembre+ huile d’olive
    • marinade sucré-salé : sauce soja + moutarde + miel + ail

    J’avais mis au point ces marinades lors de nos période de faste pêche à Maurice au début du siècle. Car si nous pêchions beaucoup de poissons à chair fine (thon « yellow fin » , thon dent de chien, daurade coryphène), nous ramenions aussi pas mal de bonites et de carangues dont les chairs gagnent à être accommodées. Dans la pratique, pour les petits frigos des bateaux : préparer la marinade directement dans un sac congélation zippé, y mettre les filets de poissons coupés dans la longueur tels des aiguillettes de volaille, puis fermer le tout sous vide, et mettre au frais dans le bac à légumes. Quelques heures plus tard, ne reste qu’à les enfiler, sur la plage, sur des piques à brochette.

    Là aussi les oiseaux couvent,

    Si les sternes grises font des nids, les blanches se contentent de poser leur oeuf entre 2 branches. Les petits se cramponnent à la naissance.

    Le paysage appelle à la méditation.

    Et au kite surf!Le spot est parfait : le vent n’est pas arrêté par le banc de sable étroit de la plage, et la mer est lisse sous nos pieds

    Victor et Laeti se relaient avec la planche

    Victor
    Laetitia

    Arthur  a trouvé un super spot de skimboard

    Il n’a pas peur des chutes!

    Et c’est comme ca qu’on progresse!

    Loïc et Arnaud partent faire le tour de l’îlot, et se retrouvent à naviguer dans une nuée d’oiseaux

    Le vent baisse, et devient un peu léger pour les garçons Pendant qu’ils font la pause, c’est donc à notre tour, Laeti et moi d’aller sur l’eau!

    Laetitia
    Laetitia

    Cela faisait 6 ans que je n’avais pas fait de kitesurf : idem pour Laetitia, qui reprend après quelques années d’interruption. La bonne nouvelle c’est que ca ne s’oublie pas, c’est comme le vélo!

    Le plaisir de glisse est jubilatoire! Le cadre est grandiose, je mesure ma chance d’évoluer sur l’eau et dans les airs dans un tel environnement.

    Give me 5! Pendent ce temps, les enfants préparent notre camp pour le soir : collecte du bois, décoration, installation de sièges,

    sous les yeux des sternes qui rapportent à manger à leurs petits

    Les petits attendent sagement….. Et d’autres parents couvent

    En fin de journée, nous partons faire le tour l’île.

    Tous ces plastique et ces déchets, c’est bien triste; c’est le sort de tous les îlots isolés que nous visitons.

    à 18h, fin de journée, la bière est bien méritée après cet après-midi de glisse, le feu ronronne,les enfants sont comblés, 

    et à 19h, les brochettes sont délicatement dorées

    Le lendemain, Arnaud installe la gopro sur le casque, pour faire quelques films.

    Loïc sort aussi son drone .

    C’est de nouveau parti pour une journée de glisse. Nous sommes gâtés par la météo depuis quelques jours : du vent, et du soleil.

    Première session du matin pour Arnaud et Laerti : croisement réussi!

    Victor prend sa pause-récré entre 2 évaluations du CNED.

    Pour changer du poisson, ce midi, ca sera salade d’ourites, et ce soir, cari de langouste! Je m’inspire pour cela du légendaire ragout de homard de l’île de Sein, dont le café «Chez Brigitte » garde jalousement la recette ancestrale. Ici, je le prépare à ma manière : des darnes de langoustes, pas trop cuites, mais surtout une merveilleuse sauce épicée, aux saveurs iodées de retour des Indes, teintée d’aromates européens, qui nappent des pommes de terres fondantes. Car au final, le meilleur dans le cari de langouste, c’est la sauce!

    En fin de matinée, nous prenons la mer direction Coco où nous dormirons, avant de remonter le lendemain matin sur Chaloupe, distante de quelques milles seulement.

    Pas question de rentrer de nuit à Chaloupe, de plus avec la houle actuelle.

    Tôt le matin, nous rebroussons chemin, direction Chaloupe, célèbre pour la douceur de son sable. C’est un pur ilot de sable étincelant 

    et d’une finesse telle qu’on s’y enfonce jusqu’à la cheville!
    Nous n’aurions pas voulu manquer cette expérience.

     

    Du sable, presque à perte de vue!

    Difficile de courir en effet!

    Sur ce sable blanc, le turquoise est grand gagnant.

    On y trouve tout : un bloc de corail, mais aussi des déchets échoués, que les oiseaux utilisent pour fair leur nid, protéger leurs petits, sur un ilot exempt de végétation.

    Un petit rafraîchissement s’impose. 1, 2, 3, GO!

    PLOUF!Les enfants s’amusent de la texture du sable

    Anna s’accommode toujours de son pansement étanche qui lui permet non pas de se baigner, mais au moins d’éviter le sable et les embruns qui entacheraient le processus de cicatrisation.

    Est-ce un masque maori? De la calligraphie japonaise? ou un tigre stylisé?

    devinette…

    Tout simplement l’ombre du drone et des vaguelettes dans quelques centimètres d’eau.

    La houle est toujours forte, et ne nous permet pas de dormir à Chaloupe. Dominic, qui a dormi là hier soir, fait le meme constat et quitte les lieux pour se mettre à l’abri plus au fond du lagon.

    En sortant par la passe, Victor repère une magnifique vague, qu’il se verrait bien surfer.

    Bye-byre Chaloupe!

    Nous mettons cap sur l’île du Sud, que nous n’avons pas encore explorée.C’est là que 2 campements assez sommaires ont été construits il y a quelques années pour accueillir pêcheurs à la mouche, amoureux de la nature ou ornithologues.

    A terre, nous croisons les 3 garde-côtes installés là pour 4 mois, quelques pêcheurs, et remontons cette allée incongrue : l’artère principale de l’île qui la coupe en 2.
    Finalement, nous décidons d’appareiller le soir-même, après dîner, car nous avons 360NM à parcourir pour rallier la Réunion, notre prochaine étape.
    Des calmes sont attendus dans les jours qui viennent, suivis de forts vents de Sud-est, ce qui  nous fait avancer notre départ de 24H.

    une intrigante et grosse épave en plein lagon à l’île du Sud

    Nous avons tous fait le plein de turquoise, de bruits d’oiseaux, de nature sauvage, de sensations de glisse, de sable nacré, de langouste, et d’isolement. La Réunion nous attire aussi beaucoup, il nous tarde d’aller randonner dans ses forêt tropicales d’altitude.

    Cela nous prend à peine une petite heure de préparer Moby : ranger le matos de glisse de la semaine, remonter l’annexe, préparer les voiles, mettre un peu d’ordre à l’intérieur, fermer les capots, descendre la table du cockpit en tatami, préparer un repas rapide.

    Ce sont les filles qui prennent le premier quart de nuit : quand on est 4 adultes, quel confort de se partager la nuit en 4 et non en 2!

    A très vite pour la suite!

  • Viaduct Marina, au coeur d’Auckland

    Viaduct Marina, au coeur d’Auckland

    Avant de quitter la Nouvelle-Zélande, nous nous offrons quelques jours à la marina du Viaduct, en plein coeur d’Auckland.
    Pour une fois, Marina ne rimera pas avec lessives, nettoyage, courses, bricolage, entretien… Nous allons passer 4 jours et 4 soirées à profiter de la ville et des copains!

    D’abord Bruce et sa famille, avec qui nous avons navigué 3 semaines en janvier et  qui nous convient à leur yacht-club de Half-Moon Bay pour une dernière soirée. Ses parents Toni et Peggy sont aussi de la soirée, septuagénaires resplendissants qui naviguent 6 mois par ans, fidèles à leur voilier depuis 40 ans : une belle source d’inspiration!

    Nicole, Tobi , Marlene et Juliana sur Invictus, avec qui nous naviguons depuis un an et qui sont pour l’occasion nos voisins de pontons pour quelques jours. Les enfants sont devenus inséparables, et communiquent on ne sait comment, en francais, anglais, allemand…Autant dire que l’école est réduite au plus strict minimum : on sait au moins qu’ils pratiquent leurs langues étrangères…

    Pic-nic à bord de Moby

    Les filles font l’animation sur le ponton pour les touristes qui passent…!

    Nous découvrons un peu mieux ce nouveau quartier de Viaduct, bourré de bonnes idées d’aménagement urbain. Comme ce toboggan, cette piscine-bassin pour les petits, ces chaises longues pour regarder la ville la nuit, et ce vieux quartier des silos qui se transforme le week-end en rendez-vous branché et pas cher : food-trucks, musique, ciné gratuit en plein air, basket-ball by night…..

    L’architecture est aussi très variée

    Immeuble ou paquebot?

    A 50m de Moby, c’est le Musée Maritime, que nous n’avions pas encore visité. Nous pension y faire un rapide passage d’une grosse heure, curieux de voir la planche à voile avec laquelle Bruce avait gagné sa médaille aux jeux olympiques de Los Angeles… Nous y sommes restés finalement  plus de 3h tellement il y avait à voir et à faire.

    Les voiles maories bien sûr, et les première heures de la colonisation polynésienne de la nouvelle-Zélande. Passionnante, l’histoire méconnue de ces  exceptionnels marins polynésiens qui traversaient des océans dès le 12ème siècle, sillonnant et découvrant l’immensité de l’Océan Pacifique.

    Puis celle de premiers explorateurs européens, comme  James Cook, grand découvreur de la Nouvelle-Zélande, aux prémices de la colonisation européenne.

    Mais plus encore l’histoire de l’immigration en Nouvelle-Zélande, à qui est consacré un très émouvant département, qui reconstitue notamment l’ambiance à bord de ces bateaux qui traversaient 2 océans avant de débarquer les nouveaux arrivants : chinois, européens de l’est, américains, irlandais…. C’est leur histoire personnelle et celle de tout un peuple qui nous est contée, comme si nous y étions. Je rêve en France d’un musée de l’immigration, qui nous montre les émouvantes histoires de ces individus qui depuis des siècles ont franchi les frontières d’un côté ou de l’autre. Et qui nous montre combien nous sommes tous issus de populations migrantes, voyageurs, marins, travailleurs étrangers….car de tous temps les hommes ont voyagé pour quitter la misère, travailler, ou offrir à leur descendance un avenir meilleur. Et pourquoi pas aussi, au musée de la Marine de Brest, que j’affectionne particulièrement, l’histoire de ces Bretons du bout du monde, qui ont quitté leur pauvre terre pour voir ailleurs, et sont installés aux quatre coins du monde?

    la planche Olympique de Bruce

    Puis, nous passons au temps des chasseurs de baleine, le 20ème siècle avec les congés payés, les cabanons de vacances (les Bachs »), les moteurs hors-bords qui auraient passionné Papi et son âme de mécano!, et enfin les temps modernes, avec les marins célèbres. Nous nous arrêtons en particulier pour relire l’histoire de notre ami Bruce Kendal , et de sa soeur Barbara, planchistes au parcours sportif exemplaire, détenteurs à eux deux de 5 médailles olympiques, dont une d’or chacun

    La planche Olympique de Bruce

    les médailles de Barbara

    Puis les enfants découvrent la maquette d’Enza, bateau skippé par Peter Blake qui a remporté le en 1994 Trophée Jules Vernes, bien connu des brestois.

    Le parcours du trophée Jules Vernes

    A l’époque, Loïc était allé survoler le bateau avant qu’il ne franchisse la ligne du côté de Ouessant, et mon père était allé à sa rencontre en bateau par gros mauvais temps à l’arrivée, sur le canot de sauvetage Jean Cam : je vois encore qui trône dans son bureau, la photo d’Enza au coeur de la tempête.

    Aujourd’hui le trophée, que l’on peut voir au musée de la Marine à Paris, est à Francis Joyon et son équipage!

    Puis nous nous attardons sur l’histoire du regretté Peter Blake, marin et sportif au parcours impressionnant : vainqueur de la Volvo Ocean Race, du trophée Jules Vernes, à 2 reprises de la prestigieuse  coupe de l’America, héro dans son pays, anobli par le reine d’Angleterre, et qui décide en pleine force de l’âge de raccrocher de la course pour consacrer plus de temps à sa famille et à des voyages d’exploration-sur Seamaster (devenu après Antactica Tara-Exploration).  Nous sommes très touchés par son parcours, ses interrogations, et les témoignages de ses enfants, très courageux, et fortement inspirés par le parcours de leur père, disparu trop tôt sous le feu de pirates en Amazonie.

    Dans quelques semaines nous allons suivre la Coupe de l’América qui court aux Bermudes : voici l’équipement des équipiers- ca ressemble de plus en plus à de la Formule un…

    Nos dernières soirées à Auckland :  nous partageons une bière sur le port avec Angie et son mari, croisés à Maupiti et récemment installés à Wahieke; passons une soirée avec Maya, Mira et Ivo, de Fata Morgana, et avec qui nous naviguons depuis les Marquises. Les enfants sont aussi très heureux de se retrouver. 

    Puis allons fêter l’anniversaire de Nicole dans un restau chinois.

     Les enfants découvrent la vraie nourriture chinoise, usent et abusent du tourniquet, 

    et se débrouillent pas mal avec des baguettes!

    Merci Tobi et Nicole pour ce dernier repas de fête. Il est temps de dire au-revoir à nos amis de bateau, qui (presque) tous restent naviguer encore une année dans  Pacifique,  alors que  nous continuons notre circumnavigation, en route vers l’Océan Indien….

  • Noël à Auckland

    Noël à Auckland

    Nous arrivons sous la grisaille à Auckland,

    le phare qui marque l’entrée de la rade d’Auckland

    mais nous sommes tout de même séduits et impressionnés par la ville.

    le port de commerce

    Il est vrai qu’en tant que brestois, les villes portuaires auront toujours du charme à nos yeux : porte-containeurs, grues, paquebots, ponts…

    le musée de la marine dans le quartier de Wynyard

    mélange d’immeubles modernes et anciens, de docks et de promenades touristique…

    l’ancienne gare ferroviaire transformée … en gare maritime!

    tout cela nous parle et rend la ville plus vivante.

    la Sky Tower

    Quel accueil : nous assistons à quelques bord du bateau de la team New Zealand qui s’entraine pour la coupe de l’América : il plane sur ses foils à plus de 40 noeuds!!!

    Et encore, plus original : des hydravions décollent en face du centre-ville.

    Juste au-dessus de nos têtes…

    Nous découvrons notre place au ponton de la marina de Westhaven, face aux super-yachts, au centre ville…. et à la Team New Zealand de l’America’s Cup sponsorisée par Emirates. 

    Nous partons en fin de journée nous balader sur les quais, très animés et pour fêter les vacances scolaires, nous dînons tous au restaurant : d’huitres de Wahieke et de saumon de l’île du Sud, quel délice. 

    Le soir, c’est le spectacle scintillant d’une ville illuminée, nous savourons un bon irish coffe sur le trampoline, face aux lumières des gratte-ciels. 

    Le lendemain, au matin, nous découvrons la ville sous le soleil, whaou!

    Nous partons en repérage explorer le quartier du Wynyard, anciens docks rénovés en bureaux, appartements, restaus chics mais aussi shipchandlers, atelelier de réparation nautiques, librairie maritime…

    Pour accéder au centre ville, il faut longer la Westhaven walk, promenade bordée de Pohutukawas, merveilleusement en fleur à Auckland en ce moment. 

    puis traverser le Wynyard, et enfin passer par la marina de Viaduct, la plus centrale de toutes : nous aurions bien aimé y amarrer Moby, mais les places sont rares. On y trouve un  mix sympa de bateaux : pêcheurs, vieux gréement baladant les touristes, anciens bateau de la coupe américa,
    mais aussi super yachts, à voile ou à moteur,

    Pour arriver en centre ville, ce qui guide nos pas, c’est la Sky Tower, que nous apercevons sur l’horizon depuis 2 jours, du haut de ses 328m de hauteur. Les enfants sont impressionnés par son design et nous tannent pour la voir de plus près. Ils sont tellement fascinés, que nous y passerons le reste de la journée….

    Anna, Arthur et Loïc montent en haut par l’ascenseur de verre, et se régalent de la vue panoramique à 220m de haut. Victor veut de l’adrénaline et casse sa tirelire d’anniversaire pour s’offrir un saut en élastique et une promenade circulaire en haut de la tour. Je l’accompagne sur cette dernière, car la vue doit être sublime!

    En effet nous passons près d’une heure harnachés sur une plateforme de 1m20 de large à 328m de haut! Le port d’Auckland, les marinas, mais aussi les banlieues, et on devine aussi très bien le passé volcanique de la zone, avec les cones qui parsèment la cité, petits ilôts de verdure noyés dans les constructions.

    Je me régale de la vue, pendant que Victor se prend des shoots d’adrénaline à faire des acrobaties dans le vide…

    Puis c’est au tour de Victor de se préparer pour son saut  depuis 192m de haut :

    Combinaison de superhéro, harnachement d’alpiniste : cette Skytower est un super business qui draine des centaines de touristes tous les jours à Auckland, mais aussi dans 5 grandes villes australiennes, et même à Shanghaï m’en informe la jeune chinoise en vacances qui nous accompagne.

    Un accompagnateur le coache en haut pour les aspects techniques et de sécurité.

    Prêt à sauter?!

    Pendant ce temps, je l’attend en bas….

    il va atterrir sur cette cible :

    Et ca y est, quelques 15 secondes plus tard, le voilà, un peu secoué, mais heureux! Il vient de descendre à 23,6m/s

    La  visite du centre ville est donc repoussée au lendemain : nous laissons l’annexe dans la marina de Viaduct, , longeons les quais

    bordés de paquebots… et d’immeubles en forme de paquebots

    et partons faire un peu de shopping dans Queen Street, la rue principale : cartes sim néo-zélandaises, chaussures de marche pour tout le monde, papeterie variée pour l’école et le bricolage, et la fin des préparatifs de Noël.

    Mais le vrai but de cette promenade citadine, c’est l’arbre de Noël en Légo exhibé sur la place de l’hôtel de ville. Nous sommes ébahis par le temps et la quantités de briques nécessaires à cette gigantesque construction.

    L’arbre mesure près de 10m de haut

    Le père Noël surfer nous faire bien sourire

    Les enfants trouvent également ce légo-hélico dans une banque!

    Nous retrouvons en fin de journée nos amis d’Excallibur, et partons boire une bière sur le quai : le quartier est très sympa et animé. Et comme tous les mercredis dans les ports de nouvelle-Zélande, c’est les régates du soir! Nous avions pu le constater à Opua, mais à Auckland, ca en jette : mats carbones, voiles de compète, c’est du sérieux.

    Nous rentrons en annexe sur Moby, qui a quitté la marina et se trouve au mouillage dans la baie de Bayswater, face à Auckland

    il nous faut pour cela traverser un bras de mer silloné par les ferrys, les voiliers en régate, les paquebots, les bacs…..

    C’est un peu le stress, d’autant que contre le vent et le clapot, avec notre moteur 10CV, nous ne pouvons pas planer ….Mais que la vue est belle de là-bas!

    Nous partons le lendemain pour Wahieke passer Noël. Cette petite ile qui fait à peu près la taille de Belle-île n’est qu’à une vingtaine de milles d’Auckland : c’est un des rdv préféré des citadins pour le week-end : jolies plages, vignobles et bars à vin, balades familiales, producteurs d’huîtres, petits restaus et boutiques à la mode : ca nous plait bien.

    Les maisons ont beaucoup de charme, et l’immobilier est très prisé.

    La cadre est malgré tout très sauvage, avec ces canards 

    et ces mouettes qui viennent nous voir dans la jupe

    Nous partons réveillonner le 24 au soir sur Excallibur, qui avec son grand carré en boiserie va pouvoir accueillir nos deux familles confortablement pour un dîner à l’intérieur. Anne-Marie et moi avons concocté un menu savoureux mais simple qui nous permet de passer l’après-midi à la plage plutôt qu’en cuisine :

    en entrée, salade de saumon des Marlboroug, en pavé  juste fumé pour les grands, et en tranchinettes pour les enfants. Ce saumon fumé en gros pavés très moelleux est un régal, je n’en ai rarement mangé d’aussi savoureux!

    En plat principal : gigot de Nouvelle Zélande, merveilleusement cuit par Nico et Anne-marie, accompagné de légumes-racines : pommes de terres et Kumaras orange et rouge (la patate douce Maorie)

    En dessert, deux énooormes Pavlovas aux fruits rouges dont nous nous régalons. Nous testons également les champagnes néo-zélandais, en particulier le Deutz-eh oui! la célèbre Maison Francaise de Champagne a investi ici, et le résultat est bluffant : de fines bulles, un vrai goût de champagne très sec, c’est bluffant.

    Le lendemain, à bord de Moby, c’est l’heure d’ouvrir les cadeaux : des légos pour les petits, et quelques cadeaux « locaux » : gourdes en métal pour aller en balade,
    casquette pour Victor (qui va enfin arrêter de chiper les miennes), sac à dos-mouton pour Anna, Kiwi en peluche pour Arthur, et quelques livres en anglais pour tout le monde.

    les baleines
    Tintin sur la lune
    Tours de magie

    Le père Noêl m’a aussi apporté des maillots de bain (il était temps de renouveller le stock, car la Polynésie, ca use les bikinis!!!). Je me dois donc de les essayer… j’avoue, c’est ma toute 1ere baignade en Nouvelle-Zélande, et j’enfile mon petit shorti…. Anna m’accompagne, et en combi, ca passe très bien; le ciel est couvert, mais la plage est abritée, et l’eau doit avoisiner les 20°.

    Sur les hauteurs, les maisons sont toutes plus belles les unes que les autres :  du cabanon de pêcheur.. 

    à la villa de charme, 

    villas design

    cadre grandiose

    Après un 25 décembre bien tranquille à bord, nous changeons de mouillage et partons en direction de Man’O War, à l’extrémité Est de Wahieke, la partie la plus sauvage de l’île. Les petits motor-yachts à l’ancienne ont un charme indéniable.


    Nous sommes séduits par la baie, bordée de Puhutakawas en fleurs, et où se niche une petite église et l’atelier de dégustation du vignoble « ManOWar » . Des hydravions embarquent et débarquent des passagers venus pour quelques heures déguster le vin réputé pour son Chardonnay.

    Cet hydravion a retenu notre attention avec ses couleurs flashy et son look rétro!

    Nous laissons l’annexe sur la plage

    La balade se fait sur une route gravillonnée : heureusement, elle n’est pas trop fréquentée par les voitures. mais pas mal de mouton par contre!

    Nous longeons des pans de forêts de Nikau, le palmier le plus austral du monde, et endémique de nouvelle Zélande. IL a un port très altier, et un haut plumet de courtes feuilles. Ici, les troncs sont couverts de mousse.

    Les enfants repèrent un petit weka  (sorte de poule des forêts) sous des troncs en décomposition :  Avec son long bec, il farfouille sous les feuilles en quête de nourriture : vers de terre, insectes, petites baies. Ces cousins du kiwi ne sont pas farouches, et se laissent facilement approcher photographier, contrairement au kiwi, qui en plus d’être un animal nocturne difficile à rencontrer, est très craintif.

    Arrivés à Stony Batter, le cadre est assez grandiose, avec d’énormes rochers volcaniques, vestige d’explosion  de lave. Des centaines d’hommes étaient massé dans ce site secret pendant la seconde guerre mondiale afin de défendre l’accès à la ville d’Auckland.

    L’essentiel des batteries et des baraquement étaient camouflés, et des centaines de mètres de tunnel courent sous ces collines artificielles. Malheureusement, le site est fermé pour la deuxième année consécutive, les enfants sont décus. Les autorités ont jugé le site dangereux, et sont à la recherche d’un opérateur sérieux pour le transformer en attraction touristique payante. Qu’il est dommage de voir ce site à l’abandon, les collectivités locale s’en désintéresser et tenter de faire appel à des opérateurs privés. Le site est tellement isolé et étendu qu’on imagine mal que l’exploitation d’un tel site soit rentable un jour.

    Au retour, quel dommage, l’atelier de dégustation de vin est fermé…Il nous faudra revenir un autre jour.

    Le lendemain, nous accueillons à bord de Moby d’anciens collègues de Loïc, pilotes chez Emirates et en escale à Auckland : Yorg, François, Stéphane et Peter.

     Voilà le moments précieux du voyage : celles de retrouvailles inopinées entre amis-voyageurs.

    Nous picniquons à bord, échangeons sur nos vies, leur faisant partager notre aventure, refaisant le monde. A 16h, il est temps de hisser les voiles, hisse-et-ho les gars! pour ramener nos invités  à Auckland en tirant quelques bords.

    Au fur et à mesure que l’on se rapproche d’Auckland, certaines maisons deviennet assez exceptionnelles,

    Celles-ce me plaisent bien : elles n’ont pas d’accès par la route, et ne sont accessibles qui via un grand escalier et un monte-charge.

    Nous longeons des îlots inhabités également

    On apercoit Auckland au loinpuis de plus en plus prèsainsi que les beaux quartiers!
    Demain, nous prendrons le chemin de Coromandel pour y passer les fêtes de fin d’année .