Nous naviguons depuis déjà 10 jours dans l’archipel des Exuma, et continuons notre progression vers le Nord en direction du « Exuma Land and Sea Park », qui s’annonce encore plus spectaculaire que ce que nous avons vu. Nous sommes déjà sous le charme de cette navigation entre îlots et bancs de sable, que nous pratiquons en mode « exploration », nous arrêtant jusqu’à 4 fois par jour pour visiter une grotte, une plage, ou faire un snorkeling.


A Fowl Cay, nous sommes tout seul au mouillage.
Inhabituel, une épave d’avion trône sur la plage. La piste n’est pas loin.

Les îles des Bahamas sont souvent équipées de petites pistes privées. C’est aussi que les propriétaires vont et viennent, à bord de leurs avions, ou d’avions taxis, qui offrent également les services de livraison de nourriture, pièces détachées etc….



A midi, Loïc envoie le drone, pour voir île d’en haut : pas de luxueuse villa, mais de petites maisonnettes, un ponton, et la piste, vraiment toute petite.

La première n’est pas évidente d’accès : il faut plonger, pas très profond, mais sur 3 mètre de long. Anna n’a pas peur, et nous suit, c’est la première fois qu’elle plonge dans ces conditions!


une caverne en hauteur qui ravit les enfants,
un puit de lumière,
des stalactites….
En fin de journée, nous mettons cap sur Compass Cay,

et mouillons pour la nuit sur un banc de sable devant la marina, réputée pour ses requins nourrice semi-apprivoisés.
Nous filons en annexe voir à quoi ressemblent les installations :

mais le sens de l’accueil est comment dire….axé sur le porte-monnaie : on nous réclame pour débarquer une taxe de « landing fee » de 10 dollars… par personne! Et pas de discount pour les enfants…. Nous observons quelques minutes, depuis l’annexe, les requins nourrice tourner et virer dans une eau limpide puis faisons poliment demi-tour.

C’est officiel, nous venons de franchir les frontières du parc naturel.

Les 3 familles arrivent en annexe,
dans ce joli coin de paradis
La soirée est fort agréable,
la marmaille joue aux Robinsons en se gavant de chips, de crackers au fromage et de pâté de campagne…
Il y a tellement d’éclairs qu’on y voit comme en plein jour, et la foudre nous assomme les oreilles.
Le matin, c’est école pour tout le monde, mais dans l’après-midi, nous partons à terre avec nos équipements de snorkeling explorer la plage de « Honeymoon’s Beach », sur la côte sud de l’île.

Mais la nuit est tout aussi orageuse que la précédente. Là encore, les éclairs sont très proches, et grondent.

Au petit matin, nous allons dire au-revoir à Luna Bay 2,

Ils repartent vers Nassau préparer leur bateau pour la transat retour en France.
De notre côté, nous nous donnons 8 à 10 jours de plus pour explorer les Bahamas.
Nous appareillons également, juste à temps, car une série de 3 speed boats arrivent vers nous-il est vrai que nous sommes dans un chenal-, et foncent à 25 noeuds au moins, créant 3 sillages qui nous chahutent.
Il semble que la cohabitation entre les voiliers et les riches résidents des îles se passe mal. La loi aux Bahamas est claire : l’accès aux plages est libre jusqu’à la laisse de haute mer. Par ailleurs, il ne me semble pas anormal que les propriétaires de ces îles jouissent de la tranquillité qu’ils recherchent. Alors, pour notre part, nous ne nous empêchons pas de nager sur les plages, voir d’y mettre le pied, mais n’y débarquons jamais en annexe.
Le lendemain, la journée commence sous des trombes d’eau : le temps n’est pas au beau fixe, depuis quelques jours, nous subissons orages et grains au moins une fois par jour.
Nous quittons Compass Cay en bordure de grain, il y a plus de 20 noeuds de vent, et Loïc nous montre sa dextérité à piloter Moby : car pour aller du nord de Hall’s Ponds Cay au mouillage sud de Warderick’s Wells, un chenal sinueux nous fait passer entre de petites îles. Victor et moi surveillons la nav’ chacun dans une des étraves.
A peine avons-nous pris la seule bouée disponible, qu’un rideau d’eau s’abat sur nous.


C’est plutôt une bonne nouvelle, nous allons pouvoir remplir les réservoirs, s’offrir des douches en plein air, et boire de l’eau de pluie, la meilleure de toutes. Nous avons même de l’eau courante pendant quelques minutes!
Happy Birthday Captain!

Comme le dit le dicton d’un restau italien que Loïc aime bien : « Life is short, eat desert first! ». Autrement dit : « Comme la vie est courte, autant manger le dessert d’abord »


et nous offrir une belle baignade.
Puis partons à la recherche du « Pirate’s Lair » , le « Repaire des pirates » un peu plus loin dans les terres.
Le site était en effet parfait pour attendre les proies s’apprêtant à entrer dans le banc des Bahamas par le « Wide Opening », cette large passe facile d’accès à la voile par tous les vents, située à quelques milles au nord de Warderick Wells. On s’imagine facilement les bateaux de pirates cachés entre les îlots, les hommes guettant les navires de commerces.



Arthur et Anna restent jouer à la plage : ils creusent le sable pour y trouver des vers, puis ensuite nourrir les petits poissons du bord.
Loïc et Victor partent explorer le tunnel qui perce l’îlot d’en face : long de 30m, il traverse spectaculairement l’îlot, et peut se pratiquer à la nage, par temps très calme et à l’étale.
Avec le vent actuel et les fortes marées, il n’en est pas question. Dommage, car ça doit être pourtant génial de le parcourir à la nage : il est percé de plusieurs ouvertures par le dessus, partiellement à l’air, et partiellement sous-marin.





Loïc lance le drone pour immortaliser le site, sous un beau soleil;



Pendant que nous savourons cet apéro du dimanche, les enfants vont explorer sur la plage le squelette d’un cachalot reconstitué là par les bénévoles de l’association du Park.

Anna et moi nous élançons, les garçons nous rejoignent en annexe.


et aux méandres créés par les courants.
puis terminons par une ballade à terre, vers les hauteurs de Boo Boo Hill, point culminant des Warderick Wells.
Ce que nous apprécions aussi aux Bahamas en cette fin Avril, c’est la longueur des journées. Le soleil ne se couche que vers 19h30, contre 18h aux Antilles : cela laisse de belles soirées encore actives.

puis rentrons via un gué, puis un petit pont, à travers la mangrove.
Nous découvrons l’hélipad fait de pierres et coquillages concassés.

Nos routes se sont croisées pour la première fois dans le Pacifique, à Rangiroa, puis à Papeete, et enfin c’est pendant un séjour prolongé à Maupiti que nous avons mieux fait connaissance.

Nous nous sommes revus en Nouvelle-Zélande,
et avons partagé des moments inoubliables dans l’Océan Indien, à Cocos (Keeling)
puis aux Chagos.

La dernière fois que nous nous sommes vus c’est en décembre dernier en Afrique du sud, à Cape Town.

Depuis, nos routes se sont suivies sans se croiser. Leurs deux ados, Ben et Gaby sont les grands amis de Victor, et il leur doit aujourd’hui son beau niveau d’anglais ;-).




Dans quelques longueurs nous entrons dans du turquoise clair signe que nous n’aurons plus que 2m d’eau sous les coques!





Loic et Victor sortent les planches, puis le kitesurf.


Je tente quelques bords en planche, mais le vent est décidément irrégulier avec le relief de l’île.

et assez impressionnante avec son plafond rose,

Puis nous poussons vers la plage adjacente, 
qui abrite un chemin menant vers des ruines et à la plage côté océan.
Occupées par les loyalistes, ces réfugiés pro-anglais de la guerre civile américaine : refusant la tutelle des séparationnistes, et gardant allégeance à la couronne britannique, nombreux sont les Loyalistes qui ont fui aux Bahamas, implantant des champs de coton, de tabac ou de l’élevage.





des algues,
des éponges… et des débris de toutes sortes.

Il y a en effet beaucoup à faire aux Exuma entre le snorkeling, les épaves, les ballades à terre, les grottes….


Quel dommage qu’il fasse ce temps pourri, ce doit être tellement beau sous le soleil. Mais il ne fait pas froid et nous ne sommes pas en sucre, alors nous partons sous la pluie, et avec la marée, qui est encore haute pendant une heure ou deux.





En haut du camp Driftwood, la vue sur Shroud Cay. 


et c’est un défilé d’avions

Nous sommes aussi régulièrement survolés par des hydravions.
Nous allons plonger sur le DC3 -enfin, pas vraiment en profondeur, car l’épave est posée sur un banc de sable et émerge, même à marée haute. Loïc explore l’épave,
regarde à travers les hublots,

et fait mine de se mettre aux commandes!

Les coraux ont bien colonisé l’avion!
Victor continue l’exploration,
passe à travers les hublots!

Nous passons devant les lodges, et le restaurant, fermé ce soir.
Puis allons nous rendre compte des travaux, de grande ampleur de la marina.
Nous sommes surpris par le nombre de marinas aux Bahamas dont les travaux semblent terminés et qui n’ont jamais ouvert. Traffic? Blanchiment ou détournement d’argent?


Ces traces, dans le sable, ce sont des raies, qui nichaient dans ce trou à marée haute.
Il y a si peu d’eau que nous rentrons à la rame.

L’occasion d’aller nous offrir un bon hamburger au restaurant.
En dessert, je tente le traditionnel Guava Duff, sorte de pudding arrosé de sauce à la goyave, typique des Bahamas…
C’est moins mauvais que ça en a l’air : très sucré et roboratif, je peine tout de même à avaler plus de 3 bouchées après mon hamburger…




Les voiliers canadiens viennent y passer l’hiver en quête de soleil et de chaleur, un peu aussi les américains, mais très peu d’autres nationalités qui naviguent plutôt dans les Antilles. Cela nous intrigue un peu, et nous avons hâte de nous faire une idée sur ce bassin de navigation dont nous soupçonons qu’il soit largement méconnu des Européens.
Cela donne le ton : les Bahamas sont sous la coupe des USA, en ce qui concerne au moins la surveillance de leurs frontières!
En fin de journée, nous traversons un petit détroit entre les « Plana Cays » : ces îles ne sont guère plus que de longs bancs de roches et de sable plantés de tout petits palmiers. 






Les enfants se sont mis sur leur 31 pour les retrouvailles avec leurs grands-parents.

A Landrail, nous découvrons une petite communauté Bahaméenne fort restreinte : une épicerie, un resto, un poste de police…

Aujourd’hui, il reste moins de 200 habitants, répartis dans plusieurs petits « settlements »; les autres ont fui pour trouver travail et habitation ailleurs.
Il y a un projet de reconstruction à quelques mètres de là, mais à l’arrêt.




Tout le long, nous observons des maisons, dont presque toutes sont détruites et à l’abandon. 

Fréquentée par des pilotes-propriétaires américains et canadiens,
qui viennent pour la pêche, en particulier la très confidentielle et très select pêche au « Bone fish » sur les « flats », ces grandes étendues d’eau sablonneuses et peu profondes dont Crooked Island regorge. C’est une pêche à la mouche sportive de « catch and release » (le bone fish n’est pas réputé pour la finesse de sa chair, il est très difficile à préparer), très populaire chez les américains du sud.

quelques quelques bungalows dotés de chambres, une salle de restaurant et c’est tout!
nous passons devant la ruine de cette jolie maison. 




Nous passons sur un banc de sable peu profond.
Les garçons surveillent le fond.
Difficile d’évaluer à vue d’oeil la profondeur tant l’eau est claire!


En terme de performance, ca n’est évidement pas une bombe… mais il a de bons moteurs! ll faut bien ça pour pouvoir suivre Moby, véloce dans le petit temps….


Petite curiosité : un vieux puit, toujours praticable! De l’eau douce donc, venant de nappes phréatiques. Ces puits sont très courants aux Bahamas, pratiques pour le ravitaillement des bateaux, ils étaient dans l’ancien temps des étapes incontournables. J’apporte ma bassine et en profite pour faire des lessives de serviettes!

Nous partons pour une belle ballade naturaliste

Nous dérangeons un petit requin nourrice venu trouver refuge dans les méandres. 
la plage magnifique, il n’y a pas de vent : c’est le site idéal pour faire un feu!
Nous prenons l’apéro sur la plage. Les enfants nous ont aussi fabriqué une table en pierre et Sylvain des sièges en vieux cordage de marine
Le lendemain, nous partons un peu plus au sud pour Long Cay. 
Je n’ai pas emporté mon Bilig (nom breton de la crêpière traditionnelle en fonte électrique), il est resté à la maison… mais une simple poêle à crêpe anti-adhésive dépanne.
Nous faisons aussi des crêpes blé noir, le repas préféré des enfants, quand nous trouvons du sarrasin, que j’ai bizarrement eu un mal fou à trouver aux Antilles françaises, alors qu’en Polynésie et à la Réunion, sans problème!
Très concentrée… 
Sans regret, car il nous aura permis de réaliser notre rêve : un tour du monde à la voile en famille. Mais d’ici quelques mois, nous reprendrons nos vies de terriens, le travail, l’école, le jardin, et n’aurons pas usage d’un bateau de grand voyage. Nous espérons que Moby aura un nouveau propriétaire qui continue à naviguer longtemps…

de l’eau turquoise,
mais on ne s’en lasse pas….


de maison abandonnées,
les ruelles sont désertes…
Curiosité : elle n’a été reconstruite que partiellement :

Justin veut que nous immortalisions la rencontre,en particulier avec Albert, en visite à Albert Town!

C’est une des tristes réalités des îles extérieures des Bahamas : quand elles sont touchées par un cyclone, de très nombreux habitants décident de ne pas reconstruire, et d’aller plutôt tenter leur chance ailleurs, dans le nord, sur des îles plus touristiques et densément peuplées. Ainsi, les « Outer Islands » se dépeuplent inexorablement au gré des cyclones.
Nous atterrissons à Little Harbour,
un curieux petit port naturel de la côte au vent : une échancrure rectangulaire parfaite dans les terres, fermée par deux petites îles, et ouverte sur une passe. Nous n’avons que l’embarras du choix côté plages, et nous décidons pour le tout petit banc de sable qui borde l’îlot fermant la baie.
Ce sera notre plage « privée » pour la journée. Skimboard,
snorkeling,



skimboard, chateaux de sable…
Un Outremer 45 avec 3 enfants à bord : Théotime, Charline et Léonie ont à peu de chose près le même âge que Victor, Arthur et Anna.
Nous les avons croisés plusieurs fois, et avons enfin le temps de bien sympathiser autour d’un apéro : les parents dans le cockpit autour d’un ti-punch, et les enfants sur le trampoline à faire les fous!
Nous en sommes très contents, depuis qu’ Alexandre nous l’a offerte à l’île Maurice. Nous y faisons du pain, du pain de mie, des brioches, mais aussi des cakes au chocolat, au yaourt, aux pommes, des financiers…. et même du gateau breton!
Après avoir exploré presque toute la baie à la recherche d’un bon mouillage, nous revenons mouiller près de la passe : c’est le seul endroit sans patate de corail. Le snorkeling en revanche est très prometteur, avec tout ce corail. 
des kilomètres de plage où nous prenons l’habitude de nous balader en fin de journée,
du skim pour les garçons,

Nous croisons quelques gros spécimens, de mérou,
de requin nourrice aussi…
mais l’animal est craintif,
et nous tourne le dos.
Nous nous arrêtons en mouillage de jour dans une petite baie adjacente, très sauvage. Nous déposons Papily et Mamily sur leur petite plage personnelle.
C’est merveilleux de profiter de ces plages calmes et peu fréquentées. Encore du bleu turquoise intense,
du sable blanc à faire mal aux yeux, et de petites grottes.

jusqu’à un petit pont
doté d’un ponton





Partis de la Grande Motte en février 2016, nous sommes arrivés aux Antilles en mars 2016. Aujourd’hui, le 27 mars 2018, 2 ans et 9 jours nous séparent de ces deux photos.

de nombreuses maisons sont encore en ruines, et surtout, la végétation a grise mine.
Son yacht, Eclipse, fut pendant quelques années le plus grand yacht privé du monde, avec ses 163m, 2 piscines, deux héliports, un mini sous-marin, un bouclier de défense anti-missile, un pont blindé et des fenêtres pare-balles. Nous immortalisons la trappe latérale à joujoux, où se rangent les annexes. 
Ce fut le plus puissant cyclone enregistré en Atlantique depuis 1980. Il aura causé de nombreuses victimes, et des dégâts matériels colossaux à Barbuda, St-Barth, St-Martin, Anguilla, les îles Vierges , les îles les plus durement touchées, mais aussi Porto Rico, la république Dominicaine, Haïti, Cuba et la Floride.

il ne subsiste aucune fenêtre. 
et la baie Orientale offre un paysage inédit : une large bande de sable, là où s’alignaient les restaurants….
Les touristes par contre ne sont pas revenus cette année. Les tour opérateurs américains et canadiens ont blacklisté la destination. Les habitants pourtant sont là, les plages aussi, mais puisque « l’offre touristique » a disparu, le touriste déserte aussi… Plus de bars de plages, de petites boutiques, de location de jetski ou de plongée bouteille.
AVANT














Les chiffres de l’industrie nautique ont annoncé pour St-Martin 1000 bateaux lourdement endommagés, et 500 réduits à l’état d’épave. Les travaux de renflouement se poursuivent.


Il apparait que les experts sont débordés.

Le volume des déchets a au moins été multiplié par 5, si ce n’est plus.




mais la reconstruction bat son plein.
Il faut dire qu’ici, le tourisme est plutôt haute gamme, avec des villas de propriétaires et peu de grands ensembles.



l’île de Richard Branson,

certains sont très endommagés, d’autres simplement posés sur leur coque, sans ber.
la mythique plage de Virgin Gorda.
Nous sommes déçus d’apprendre que le débarquement à terre est interdit, à cause de fortes houles attendues dans la nuit et le lendemain.

soit ravagées,

La végétation a elle aussi souffert.



les gros aussi

Il faut dire que les conditions de houle sont au top.


C’est l’année ou jamais pour naviguer tranquille aux B.V.I.!
Quelle classe!
Comme il doit être agréable de se balader ainsi à la voile au mouillage!
nous découvrons de très nombreuses épaves, signe que tout n’a pas été renfloué.




et les pélicans chassent devant nos yeux.








Mais les vents sont rarement portant, au mieux travers à l’aller comme au retour, et bien souvent contre le vent et le courant, rendant les traversées souvent inconfortables. Si bien que les récits de traversées mouvementées sont nombreux, et que beaucoup se découragent d’ affronter l’Océan Indien hors des lagons protégés.
Les amateurs de kitesurf, de pêche et de plongée se régalent….


et jetons l’ancre devant l’ilot Coco à 19h, après avoir quitté Port Louis à 15h la veille.
nous avons la chance d’avoir à bord des amis qui naviguent beaucoup en Bretagne sur leur Fist 31.7.
Le compteur sur Moby annonce 30 000 NM de puis notre départ de La Grande Motte il y a 20 mois. 
il y a un autre catamaran,Cheers, qui repart le lendemain.
mais pas fructueuse : nous aurons de nombreuses touches, et ferrons une bonite
et une superbe dorade,
qui toutes deux se décrocheront à la remontée à bord. Le poisson a sa chance, et c’est aussi bien comme ça! Il faut dire que nous n’avons pas de véritable gaffe à bord, un objet à rajouter sans doute sur la liste de courses, qui élèverait grandement notre rendement.


La technique du bord pour les conserver sans prendre trop de place dans le frigo, c’est de les ébouillanter une minute, puis de les décortiquer :
ensuite, il est facile de les cuisiner : poêlés, en carpaccio, en salade, en sauce, en cari….
le sable a l’air très fin, et le spot super pour le kite. Après la séance de pêche du matin, les 2h d’école réglementaires, et un rapide picnic, nous descendons gréer le matos
: nous aurons à l’eau en permanence 2 kites et 1 windsurf, à partager entre 4 adultes et un ado!
Seul Victor n’est pas encore autonome en kitesurf, et préfère se consacrer à ses progrès en planche. 








C’est d’ailleurs la pleine période de nidification
aussi somme-nous attentifs à ne pas déranger leurs nids et leurs oisillons. 




pas question de prendre trop de retard sur le programme si nous voulons prendre des vacances à Noël. 2/3h d’école par jour c’est peu, mais en s’y tenant 7j/7j, sans vacances ni week-end, c’est un rythme qui nous convient bien à tous, élèves et parents/professeurs : c’est rythmé, régulier, et cela nous laisse du temps pour partager de nombreuses activités en famille.
déchargement sur la plage des planche, kitesurf, windsurf, rekisteurf, skim board…






sans doute une parade nuptiale, un accouplement, car elles se tournent autour de puis quelques minutes.











Quelle journée! Quelle famille heureuse!



Nous en avons fait la demande à Port-Louis au tout début de notre séjour mauricien. Il faut se rendre sur place, au bureau de l’OIDC : Outer Island Developpment Company, faire une demande, s’acquitter des droits de passage (5 000 RS par personne, à payer cash). La réponse, positive, est arrivée 10 jours plus tard.
Nous y sommes : 2 aller-retour en annexe pour amener planches et gréements à terre.
: un seul petit ilot de sable,
une végétation très rase,
pas un seul arbre, et des milliers d’oiseaux.


nous sommes le seul bateau à l’horizon,
et ne côtoyons plus que des sternes.
Les enfants nous réclamaient un feu de camp depuis longtemps, je crois que nous avons le spot idéal!
Nous partons récolter du bois pour le feu de ce soir.
Le menu est déjà en tête : brochette de poissons. Nous avons en effet ramené un « Tuna Macquerel » , sorte de bonite allongée;
Sa chair n’est pas très prisée, mais j’ai des recettes de marinades qui conviennent bien :
Les petits se cramponnent à la naissance.

Le spot est parfait :
le vent n’est pas arrêté par le banc de sable étroit de la plage, et la mer est lisse sous nos pieds



Il n’a pas peur des chutes!


et se retrouvent à naviguer dans une nuée d’oiseaux

Pendant qu’ils font la pause, c’est donc à notre tour, Laeti et moi d’aller sur l’eau!

La bonne nouvelle c’est que ca ne s’oublie pas, c’est comme le vélo!
Le cadre est grandiose, je mesure ma chance d’évoluer sur l’eau et dans les airs dans un tel environnement.
Pendent ce temps, les enfants préparent notre camp pour le soir : collecte du bois, décoration, installation de sièges,



Et d’autres parents couvent
En fin de journée, nous partons faire le tour l’île.

le feu ronronne,
les enfants sont comblés, 




Nous sommes gâtés par la météo depuis quelques jours : du vent, et du soleil.


et ce soir, cari de langouste!
Je m’inspire pour cela du légendaire ragout de homard de l’île de Sein, dont le café «Chez Brigitte » garde jalousement la recette ancestrale. Ici, je le prépare à ma manière : des darnes de langoustes, pas trop cuites, mais surtout une merveilleuse sauce épicée, aux saveurs iodées de retour des Indes, teintée d’aromates européens, qui nappent des pommes de terres fondantes. Car au final, le meilleur dans le cari de langouste, c’est la sauce!
où nous dormirons, avant de remonter le lendemain matin sur Chaloupe, distante de quelques milles seulement.
C’est un pur ilot de sable étincelant 
et d’une finesse telle qu’on s’y enfonce jusqu’à la cheville!
Nous n’aurions pas voulu manquer cette expérience.


On y trouve tout : un bloc de corail,
mais aussi des déchets échoués,
que les oiseaux utilisent pour fair leur nid, protéger leurs petits, sur un ilot exempt de végétation.
Les enfants s’amusent de la texture du sable







que nous n’avons pas encore explorée.C’est là que 2 campements assez sommaires ont été construits il y a quelques années pour accueillir pêcheurs à la mouche, amoureux de la nature ou ornithologues.
et remontons cette allée incongrue : l’artère principale de l’île qui la coupe en 2.

A très vite pour la suite!

avec qui nous naviguons depuis un an et qui sont pour l’occasion nos voisins de pontons pour quelques jours.
Les enfants sont devenus inséparables, et communiquent on ne sait comment, en francais, anglais, allemand…
Autant dire que l’école est réduite au plus strict minimum : on sait au moins qu’ils pratiquent leurs langues étrangères…

bourré de bonnes idées d’aménagement urbain. Comme ce toboggan,
cette piscine-bassin pour les petits,
ces chaises longues pour regarder la ville la nuit,
et ce vieux quartier des silos qui se transforme le week-end en rendez-vous branché et pas cher
: food-trucks,
musique, ciné gratuit en plein air, basket-ball by night…..


Nous pension y faire un rapide passage d’une grosse heure, curieux de voir la planche à voile avec laquelle Bruce avait gagné sa médaille aux jeux olympiques de Los Angeles… Nous y sommes restés finalement plus de 3h tellement il y avait à voir et à faire.
Passionnante, l’histoire méconnue de ces exceptionnels marins polynésiens qui traversaient des océans dès le 12ème siècle, sillonnant et découvrant l’immensité de l’Océan Pacifique.

C’est leur histoire personnelle et celle de tout un peuple qui nous est contée, comme si nous y étions. Je rêve en France d’un musée de l’immigration, qui nous montre les émouvantes histoires de ces individus qui depuis des siècles ont franchi les frontières d’un côté ou de l’autre.
Et qui nous montre combien nous sommes tous issus de populations migrantes, voyageurs, marins, travailleurs étrangers….car de tous temps les hommes ont voyagé pour quitter la misère, travailler, ou offrir à leur descendance un avenir meilleur. Et pourquoi pas aussi, au musée de la Marine de Brest, que j’affectionne particulièrement, l’histoire de ces Bretons du bout du monde, qui ont quitté leur pauvre terre pour voir ailleurs, et sont installés aux quatre coins du monde?

le 20ème siècle avec les congés payés, les cabanons de vacances (les Bachs »),
les moteurs hors-bords qui auraient passionné Papi et son âme de mécano!,
et enfin les temps modernes, avec les marins célèbres. Nous nous arrêtons en particulier pour relire l’histoire de notre ami Bruce Kendal , et de sa soeur Barbara, planchistes au parcours sportif exemplaire, détenteurs à eux deux de 5 médailles olympiques, dont une d’or chacun
bateau skippé par Peter Blake qui a remporté le en 1994 Trophée Jules Vernes, bien connu des brestois.

vainqueur de la Volvo Ocean Race, du trophée Jules Vernes, à 2 reprises de la prestigieuse coupe de l’America,
héro dans son pays, anobli par le reine d’Angleterre, et qui décide en pleine force de l’âge de raccrocher de la course pour consacrer plus de temps à sa famille et à des voyages d’exploration-sur Seamaster (devenu après Antactica Tara-Exploration). Nous sommes très touchés par son parcours, ses interrogations, et les témoignages de ses enfants, très courageux, et fortement inspirés par le parcours de leur père, disparu trop tôt sous le feu de pirates en Amazonie.

nous partageons une bière sur le port avec Angie et son mari, croisés à Maupiti et récemment installés à Wahieke;
passons une soirée avec Maya, Mira et Ivo, de Fata Morgana, et avec qui nous naviguons depuis les Marquises. Les enfants sont aussi très heureux de se retrouver. 
Les enfants découvrent la vraie nourriture chinoise, usent et abusent du tourniquet, 









Nous découvrons notre place au ponton de la marina de Westhaven, face aux super-yachts, au centre ville…. et à la Team New Zealand de l’America’s Cup sponsorisée par Emirates. 

nous savourons un bon irish coffe sur le trampoline, face aux lumières des gratte-ciels. 


promenade bordée de Pohutukawas, merveilleusement en fleur à Auckland en ce moment. 
On y trouve un mix sympa de bateaux : pêcheurs, vieux gréement baladant les touristes,
anciens bateau de la coupe américa,

Les enfants sont impressionnés par son design et nous tannent pour la voir de plus près. Ils sont tellement fascinés, que nous y passerons le reste de la journée….
Victor veut de l’adrénaline et casse sa tirelire d’anniversaire pour s’offrir un saut en élastique et une promenade circulaire en haut de la tour. Je l’accompagne sur cette dernière, car la vue doit être sublime!
Le port d’Auckland, les marinas, mais aussi les banlieues, et on devine aussi très bien le passé volcanique de la zone, avec les cones qui parsèment la cité, petits ilôts de verdure noyés dans les constructions.




il va atterrir sur cette cible :
Et ca y est, quelques 15 secondes plus tard, le voilà, un peu secoué, mais heureux! Il vient de descendre à 23,6m/s
La visite du centre ville est donc repoussée au lendemain : nous laissons l’annexe dans la marina de Viaduct,
, longeons les quais
bordés de paquebots…
et d’immeubles en forme de paquebots
et partons faire un peu de shopping dans Queen Street, la rue principale : cartes sim néo-zélandaises, chaussures de marche pour tout le monde, papeterie variée pour l’école et le bricolage, et la fin des préparatifs de Noël.
Nous sommes ébahis par le temps et la quantités de briques nécessaires à cette gigantesque construction.
Le père Noël surfer nous faire bien sourire
Les enfants trouvent également ce légo-hélico dans une banque!
le quartier est très sympa et animé.
Et comme tous les mercredis dans les ports de nouvelle-Zélande, c’est les régates du soir!
Nous avions pu le constater à Opua, mais à Auckland, ca en jette : mats carbones, voiles de compète, c’est du sérieux.
C’est un peu le stress, d’autant que contre le vent et le clapot, avec notre moteur 10CV, nous ne pouvons pas planer ….Mais que la vue est belle de là-bas!
Cette petite ile qui fait à peu près la taille de Belle-île n’est qu’à une vingtaine de milles d’Auckland : c’est un des rdv préféré des citadins pour le week-end : jolies plages,
vignobles et bars à vin, balades familiales, producteurs d’huîtres, petits restaus et boutiques à la mode : ca nous plait bien.
et l’immobilier est très prisé.

Nous partons réveillonner le 24 au soir sur Excallibur,
qui avec son grand carré en boiserie va pouvoir accueillir nos deux familles confortablement pour un dîner à l’intérieur.
Anne-Marie et moi avons concocté un menu savoureux mais simple qui nous permet de passer l’après-midi à la plage plutôt qu’en cuisine :
Ce saumon fumé en gros pavés très moelleux est un régal, je n’en ai rarement mangé d’aussi savoureux!
Nous testons également les champagnes néo-zélandais, en particulier le Deutz-eh oui! la célèbre Maison Francaise de Champagne a investi ici, et le résultat est bluffant : de fines bulles, un vrai goût de champagne très sec, c’est bluffant.
des légos pour les petits, 
et quelques cadeaux « locaux » : gourdes en métal pour aller en balade, 
sac à dos-mouton pour Anna,
Kiwi en peluche pour Arthur,
et quelques livres en anglais pour tout le monde.


j’avoue, c’est ma toute 1ere baignade en Nouvelle-Zélande, et j’enfile mon petit shorti….
Anna m’accompagne, et en combi, ca passe très bien;
le ciel est couvert, mais la plage est abritée, et l’eau doit avoisiner les 20°.




et où se niche une petite église et l’atelier de dégustation du vignoble « ManOWar » .
Des hydravions embarquent et débarquent des passagers venus pour quelques heures déguster le vin réputé pour son Chardonnay.
Nous laissons l’annexe sur la plage
La balade se fait sur une route gravillonnée : heureusement, elle n’est pas trop fréquentée par les voitures.
mais pas mal de mouton par contre!
Nous longeons des pans de forêts de Nikau, le palmier le plus austral du monde, et endémique de nouvelle Zélande.
IL a un port très altier, et un haut plumet de courtes feuilles. Ici, les troncs sont couverts de mousse.
Avec son long bec, il farfouille sous les feuilles en quête de nourriture : vers de terre, insectes, petites baies.
Ces cousins du kiwi ne sont pas farouches, et se laissent facilement approcher photographier, contrairement au kiwi, qui en plus d’être un animal nocturne difficile à rencontrer, est très craintif.
Des centaines d’hommes étaient massé dans ce site secret pendant la seconde guerre mondiale afin de défendre l’accès à la ville d’Auckland.
Malheureusement, le site est fermé pour la deuxième année consécutive, les enfants sont décus.
Les autorités ont jugé le site dangereux, et sont à la recherche d’un opérateur sérieux pour le transformer en attraction touristique payante. Qu’il est dommage de voir ce site à l’abandon, les collectivités locale s’en désintéresser et tenter de faire appel à des opérateurs privés.
Le site est tellement isolé et étendu qu’on imagine mal que l’exploitation d’un tel site soit rentable un jour.
Il nous faudra revenir un autre jour.
Voilà le moments précieux du voyage : celles de retrouvailles inopinées entre amis-voyageurs.




puis de plus en plus près
ainsi que les beaux quartiers!
Demain, nous prendrons le chemin de Coromandel pour y passer les fêtes de fin d’année .