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  • Fiji : un tourisme éthique exemplaire

    Fiji : un tourisme éthique exemplaire

    Nous entamons notre séjour aux Fidji par une semaine de vacances à l’hôtel : une fois n’est pas coutume, nous allons jouer aux touristes et laisser Moby à la marina.

    img_2832C’est un moment de retrouvailles familiales, car mes parents nous rejoignent depuis l’autre bout du monde : quel bonheur pour eux de retrouver leurs petits enfants qu’ils n’ont pas vu depuis 6 mois!

    Je me réjouis d’avance de ces retrouvailles et aussi du confort de la vie à l’hôtel : pas de repas à préparer, pas d’école à faire pour la maitresse, ni de nav’ de nuit à assurer, mais de l’eau qui coule sans (trop) compter, des nuits complètes sans se réveiller pour cause de vent, de pluie, ou mer agitée etc… , du temps pour bouquiner, pour ne rien faire aussi et des petits dèj pantagruéliques….img_0801

    Côté petit dèj, j’ai une concurrente sérieuse…

    L’hôtel est situé sur Malolo Island, à une vingtaine de milles de la Marina de Denarau où nous avons laissé Moby pour la semaine.

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    Originalité des îles Fiji : les hôtels sont de taille humaine, une quarantaine de chambres pas plus, et les villages y ont un droit de regard. Les tribus fidjiennes sont en effet propriétaires de leurs terres, et aussi du lagon qui l’entoure, et gèrent donc directement et collectivement leur patrimoine, en donnant concession pour une durée déterminée à des groupes hôteliers Fijiens ou le plus souvent étrangers, à la manière de nos AOT françaises ou des « baux emphytéotiques » mauriciens. Une manière pour la population de garder le contrôle.

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    Autre particularité  ici comme partout ailleurs dans l’archipel des Mamanuca et des Yasawa, le staff est essentiellement constitué d’habitants du village. Un modèle économique exemplaire qui permet aux iliens de travailler et habiter dans leurs île, d’y élever leurs enfants et de vivre sur la terre de leurs ancêtres.img_2448

    L’ambiance est donc très familiale et chaleureuse puisque tout le monde se connait : on a l’impression de côtoyer une grande famille! Le mini-club propose comme activités d’apprendre les danses locales, à tresser des paniers de coco, mais aussi une visite de l’école du village, la découverte de la faune et de la flore locale etc…. Anna est fan, et pas du tout dérangée qu’on lui parle en Anglais ou en Fijien (personne en parle français ici!!). Elle reviendra enchantée de ses séances, et tressée à la rasta!!

    Ajoutons à cela un peuple fidjien éminemment chaleureux et accueillant (ils voleraient presque en cela la vedette aux mauriciens que nous connaissons bien ). Le terme « Bula »  (bonjour en Fidjien) résonne à nos oreilles des dizaines de fois par jour : il veut dire bonjour, mais aussi bienvenue, salut, comment vas-tu, content de te voir…etc

    Nous prenons le temps d’explorer les environs en palmes masque et tuba, ou en paddle.img_0933

    Une promenade d’une quinzaine de minute amène à une colline boisée, la seule partie de forêt endémique préservée de Malolo. Nous surplombons la baie : vue sur notre hôtel d’un côté..

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    et sur Liku-Liku de l’autre :

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    Liku-Liku Resort

    Le dimanche, on nous propose de nous rendre au village pour assister à la messe dans l’église méthodiste : une bonne occasion de découvrir le village et ses coutumes. La tradition ici est assez stricte en ce qui concerne la tenue vestimentaire : pas de chapeau ni de lunette de soleil au village (à la plage et au travail, c’est ok), et les femmes doivent avoir les épaules et les jambes couvertes : l’occasion pour moi de sortir mon sarong (jupe traditionnelle : sorte de tube en pareo, élastiquée et noué à la taille par une broche en bois. )img_0926

    Pas de route pour rejoindre le village, mais 15mn de bateau.img_2830

    Ici on se déplace sur les mers ou dans les airs… ou les deux, tels ces hydravions qui survolent l’archipel toute la journée, desservant les hôtels.

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    Nous ferons aussi le tour de l’île de Malolo en bateau : 3 villages, 2 hôtels, une grand complexe en construction et un immense resort marina-hôtel sur l’ilot voisin de Malolo Lailai : la Marina de Musket Cove accueille des villas en timeshare, et 3 hôtels, une piste d’atterrissage, … et un banc de sable où l’on peut se baigner… ou se marier!

    La semaine passe très vite, et il est temps pour nous de rejoindre Moby à la Marina de Denarau : on nous a placé sur le pontons des super-yachts. Moby a l’air tout petit a côté de ses voisin. La semaine dernière, nous avons eu la surprise de voir le soir au bout du ponton notre nouveau voisin…. un mega-yacht équipé d’un hélico sur le pont supérieur!

    Au-delà d’une marina ultra-moderne, et une zone de chantiers et de services nautiques Denarau, c’est à la fois un centre commercial, des restaurants, des tour opérateurs, un hub de ferry desservant les Yasawas et Mamanucas, et une presqu’ile accueillant pas loin de 7 grands hôtels et 10 quartiers de villas de luxes  :  les Fidjis sont aux Australiens et aux Néo-zélandais, ce que le Maghreb et les Canaries sont eux européens : une destination de vacances où il fait beau toute l’année, à quelques heures de vols, (presque) sans décalage horaire et où tout le monde parle Anglais.

    Quand on vient comme nous des îles Cook et de Wallis, c’est le choc des cultures!

    D’autant que la première marina où nous avons fait notre clearance d’entrée aux Fiji était bien plus modeste mais pour autant très sympa : Vuda Point. Elle accueille surtout des voiliers à l’année, qui restent pendant la saison cyclonique, et apprécient l’ambiance familiale de cette petite structure. A noter les « Cyclone pit » proposés pour « hiverner » son bateau pour plusieurs mois : sorte de trous creusés dans la terre, le bateau est posé sur des pneus, et sanglé à 4 à 6 blocs de bétons posés sur la terre.

    Mais ca n’est pas pour nous : après 36h d’escale ravitaillement/lessive, nous rejoignons les Mamanuca (prononcer « Mamaduca » en Fijien), où nous attendent mes parents, mon frère Thomas et son amie Sonia pour 3 semaines de croisière dans les îles!!! à suivre……

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  • Des Iles Marquises à l’archipel des Tuamotu

    Des Iles Marquises à l’archipel des Tuamotu

     

    Du 20 au 22 juin, un temps très instable avec un vent fort d’est et des pluies torrentielles  a balayé les Marquises. Les moments de répit étaient rares et de courtes durée. Nous restons donc au mouillage à Taiohae et dans la baie voisine de Taipivei. Difficile dans ces conditions de préparer le départ vers les Tuamotu car il serait dommage d’avoir toutes les courses trempées avant d’être à bord, idem pour les pleins en gasoil: trop de risque d’avoir de l’eau à rentrer dans les réservoirs pendant le remplissage. Partie remise pour les préparatifs donc.

    Le 23 au matin, le temps est revenu au beau, avec toujours un bon vent d’est-sud-est. Les prévisions pour les prochains jours sont assez favorables pour naviguer vers les Tuamotu. Une orientation du vent à l’est-sud-est entre 10 et 15 noeuds pour les 23 et 24, tournant progressivement vers le sud-est en fraichissant 15 à 20 noeuds le 25 juin et 25 noeuds le 26. Les 27 et 28 il est prévu de souffler fort, entre 25 et 30 noeuds, toujours du sud-est avant de mollir progressivement et  remonter vers l’est le 29 et ensuite vent faibles de nord-est pour la période du 30 juin au 3  juillet, fin de prévision des fichiers.

    Ces prévisions sont assez en accord avec celles de jours précédant à la nuance près que le vent fort de sud-est est prévu d’arriver presque 24h plus tôt, ce qui réduit d’autant la fenêtre de temps favorable pour la traversée.

    A la vue de ces dernières prévisions, au matin du 23, deux possibilités s’offrent à nous: expédier les préparatifs au plus vite et lever l’ancre en fin de journée ou au plus tard aux premières heures du 24, un appareillage de nuit étant possible de la baie bien ouverte de Taiohae à Nuku Hiva, ou prendre notre temps et attendre mardi 28 pour appareiller.

    Nous décidons de privilégier la première option et de prendre notre décision finale en fin de journée.

    Bonne surprise, les courses se font bien plus vite que prévu, les produits frais nous étant finalement livrés sur le port.

    Les pleins de gasoil, opération assez délicate car la houle qui rentre dans la baie rend l’accostage impossible. Il faut mouiller à 70m du quai puis reculer sur la chaine et s’amarrer cul à quai en gardant au moins 3 mètres de distance en raison du fort ressac. Une fois le plein effectué, Bénédicte utilise l’annexe pour faire les 10m qui nous séparent de l’échelle de quai, opération assez délicate également, afin d’aller payer le gasoil. Au final, toute cette manip ne nous prend pas plus de une heure, c’est moins que nous l’avions imaginé.

    Quai d'avitaillement en carburant
    Quai d’avitaillement en carburant

    Retour au mouillage, Bénédicte et Victor vont à terre, profiter d’une connexion wifi car elle veut publier l’escale aux Marquises sur le blog, cela lui prendra 2 heures et le résultat est nul, la connexion ne permettant pas le chargement des photos! Je mets ce temps à profit pour mettre le bateau en ordre de navigation, vérification des moteurs, inspection des cales, etc. A 17h, ils sont de retour, plus que l’annexe à saisir sur les bossoirs et ranger le moteur hors-bord sur son support dans la soute avant, opération un peu physique mais que je prends la peine d’effectuer pour toute nav de plus de 24h ou quand une mer agitée est prévue.

    Jeudi 23 juin: Le soleil est déjà couché et nous levons l’ancre aux dernières lueurs du jour, hissons les voiles (Grand Voile 1 ris et solent) et mettons le cap vers les Tuamotu. L’archipel des Tuamotu est si étendu (près de 800 milles), qu’au départ de Nuku Hiva viser l’Est des Tuamotu demande une route au 160, alors que pour rejoindre les iles de l’Ouest, c’est une route au 235!

    Notre objectif initial est de rejoindre Fakarava,  le deuxième atoll des Tuamotus par sa taille. C’est donc une route au 215 pour 550 milles en partant de Taiohae. Mais en fonction des conditions météo, un changement vers Raroia, Makemo ou Tahanéa est aussi envisagé.

    Dès que nous nous éloignons de l’abri de l’ile, nous constatons que le vent est un peu plus fort que nous le pensions, et que le ris pris dans la GV à titre préventif tombe à point, nous avons en fait la toile adéquate pour les conditions. Moby file ses 10 noeuds au vent de travers dans un vent d’est qui permet de faire route au sud confortablement, et donc de prendre une marge au vent, qui nous sera bien utile quand le vent tournera au Sud-est en forcissant demain soir.

    Vers 22h, la lune se lève, nous passons à une douzaine de milles sous le vent de l’ile d’Ua Pou et ressentons le dévent causé par ses sommet de plus de 1000 mètres de hauteur. Sorti de ce dévent, le vent se renforce et nous prenons un deuxième ris. Le bateau file toujours à près de 10 noeuds dans un confort bien apprécié de tout l’équipage. Au lever du soleil le vendredi 24, nous avons parcouru 120 milles depuis le départ, exactement 10 noeuds de moyenne dans la nuit. La journée se déroule dans les même conditions, le vent constant en force amorçant une rotation progressive vers le sud-est. 245 milles en 24 heures. En faisant tourner un routage je réalise qu’on pourrait arriver aux alentours de minuit le lendemain, soit en plein milieu de la nuit. Comme il est impensable d’accélérer assez pour arriver avant le coucher du soleil, et que la marée basse sera vers 8 heures du matin le dimanche matin (heure pour se présenter à l’entrée de la passe), je décide de ralentir le bateau en diminuant sensiblement le solent et en choquant un peu de GV. Dans ces conditions, la seconde nuit en mer est des plus confortable, Moby progressant paisiblement vers le sud.

    Ciel chargé au petit matin
    Ciel chargé au petit matin
    Grain du matin, Victor recueille l'eau de pluie tombée sur le bimini
    Grain du matin, Victor recueille l’eau de pluie tombée sur le bimini

    Samedi 25 au matin, le vent a molli en fin de nuit et à viré au sud-est, des lignes de grains assez gros sont visibles au sud et à l’est; Cela semble difficile de les contourner, ils se déplacent vers l’ouest à une assez grande vitesse. Nous passons donc toute la matinée dans un temps très changeant, de grosses averses et un vent variant de moins de 5 noeuds à 25 noeuds deux fois par heures. La moyenne chute immanquablement et j’en viens à regretter mon choix de la veille au soir d’avoir ralenti volontairement si tôt.

    Temps à grain
    Temps à grain

    Le vent va certainement revenir, les prévisions météo annoncent 20 noeuds, alors qu’on en a que 10! En milieu d’après-midi, la zone de grains s’éloigne et le vent revient à l’est-sud-est 20 noeuds, et la tendance est définitivement à la hausse. Au coucher du soleil, nous sommes dans l’ouest de Raroia, à une quinzaine de milles. Nous sommes donc très à l’est de la route directe vers Fakarava, mais cela est voulu, car quand je vois une prévision gris de Sud-Est pour 25kt rafales à 30, j’essaye d’envisager une route permettant toujours de naviguer confortablement si les conditions sont plus musclées que prévu. C’est toujours plus facile de naviguer dans le vent fort au portant qu’au près. En plus, ce décalage me donne le choix des options d’arrivées pour choisir la passe la mieux orientée. Dans la nuit de samedi à dimanche, le vent fraichît encore et le 3e ris est pris à 22h. Nous passons sous le vent de Makemo, à moins de 2 milles de son extrémité ouest. Un bon grain nous cueille, mais la toile est déjà réduite et comme la mer s’est calmé net sous le vent de l’ile, c’est un moment de belle glisse. La lune se lève entre les nuages et nous permet de bien distinguer les motu et leurs cocotiers. L’odeur de la végétation est bien perceptible aussi.

    Nous filons vite, le vent est bien établi entre 25 et 30 noeuds, Moby se comporte à merveille dans ces conditions, le pilote automatique dévie rarement de plus de 5 degrés de sa route. Nous passons entre les atolls de Katiu et de Tuanake et compte tenu des conditions et du timing, je me dis que l’option de s’arrêter à Tahanéa est tentante, car par ce fort vent de sud-est, les 2 passes doivent être praticables et assez bien orientées car travers au vent. Cela permet de conserver au moins la GV en plus des moteurs pour la franchir avec la possibilité de marcher facilement à 8 noeuds ou plus.

    Pour Fakarava en revanche, le vent sera en plein dans l’axe des passes qui seront très exposées. Si le vent venait à fraichir encore un peu plus dans les cinq heures de nav supplémentaires pour Fakarava, je me demande dans quel état la mer pourrait bien être.

    Nous décidons donc de nous arrêter à Tahanéa, et dans le cas ou la passe serait impraticable, nous aurions encore le temps de filer vers Fakarava sud et  même Faka nord avant  la fin de l’après-midi.

    En approchant Tahanéa
    En approchant Tahanéa

    En approchant de Tahanéa, un joli grain nous accueille, les couleurs sont magnifiques au lever du soleil. Nous réduisons la vitesse pour le laisser nous distancer, afin  d’avoir moins de vent et plus de lumière. En arrivant à 2 milles dans l’est-nord-est des passes de Teaaatapu et de Motupuapua, nous voyons assez bien l’état de la mer dans les passes. Le courant semble toujours sortant, nous sommes à marée basse mais la renverse n’intervient en général que une à deux heures après. Il apparait que la passe de Teavatapu es nettement plus calme que sa voisine de Motupuapua, située à seulement un mille dans son ouest.

    Entée de la passe Teavatapu
    Entée de la passe Teavatapu
    Le motu Teuakiri, bordant la passe
    Le motu Teuakiri, bordant la passe

    Nous nous présentons donc dans la première, sous GV 3ris et avec les moteurs au ralenti, notre vitesse sur le fond, initialement à 8 noeuds, chute à 4 noeuds au plus fort du courant. En moins de dix minutes nous nous retrouvons dans les eaux relativement abritées du lagon. Le temps se couvre à nouveau et de fortes pluies quasi-continues, accompagnées d’un vent moyen de près de 30 noeuds sévit. Nous mettons plus de une heure à trouver un endroit ou mouiller l’ancre. Finalement, nous trouvons un endroit sur fond de sable, dépourvu de patates de corail à proximité du motu de Hotupae. Nous y passerons 2 jours très ventés, et ne pouvons débarquer que le lundi en fin d’après-midi, profitant d’une accalmie temporaire. Bienvenue aux Tuamotu!

  • En partance pour traverser le Canal de Panama

    En partance pour traverser le Canal de Panama

    Arrivés à la Marina de Shelter Bay il y a 8 jours pour préparer les formalités de passage du canal, nous avons hâte de traverser. Le séjour à la Marina était plutôt plaisant, car nous y avons retrouvé les 9 autres bateaux de la Pacific Odyssey, avec lesquels nous traversons le canal et allons aux Galapagos. Un mélange de Nationalités, Américains, Belges, Allemands, Britanniques, Israéliens, Australiens…. et une bonne quinzaine d’enfants de 4 à 15 ans, rendent l’ambiance très sympas, surtout en fin de journée vers 17H quand tout ce petit monde se retrouve à la piscine!

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    Vue depuis notre ponton, vers les Flats et l’entrée du Canal

    Nous avons donc eu 8 jours pour préparer le bateau, notamment par une révision du gréement et du moteur. photo 2photo 1

    Mais aussi faire un avitaillement sérieux de produits secs en prévisions des île du Pacifiques, des produits frais également pour tenir jusqu’au Galapagos, et un peu d’électronique.  Là encore le shopping est une expérience en elle-même. Nous avons passé la journée d’hier à sillonner la zone Franche en minibus avec 3 autres bateaux pour trouver : des boissons, des appareil photos, instruments de musique, vêtements, matériel de plongée…..on trouve tout à Panama grâce à la Zone France, véritable supermarché géant en plein air.

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    les rues de la Zone Franche, Colon
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    Entrepot du magasin de musique et de sport, Zone Franche Colon
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    préparation du mouillage supplémentaire chez le Shipchandler

    La Marina est à quelques encablures des écluses du Lac Gatun, que nous traversons pour aller faire les courses.

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    vue vers les Flats et l’entrée du canal
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    les portes de la première écluse du lac Gatun
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    La route traversant les écluses, pour aller de Shelter Bay à Colon

    Les formalités sont longues, chères et fastidieuses, mais Pascal (le responsable de la Pacific Odyssey) et Eric (notre agent Panaméen) nous sont d’une aide précieuse.

    Les grandes étapes de la traversée :

    J-1  : Les Ecluses du lac Gatun, côté Atlantique

    • Notre agent nous annonce les instructions de départ pour le lendemain et prend nos passeports pour effectuer la clearance départ
    • Il dépose les 4 aussières de 40m qui serviront à maintenir le bateau au niveau des chambres des écluses
    • Il dépose aussi 8 gros pare-battages supplémentaires en plus des 7 donc nous disposons déjà

    Jour  J : Le Lac Gatun

    • nos Handliners arrivent à midi de Colon : il est obligatoire d’avoir 4 adultes disponibles pour tenir les 4 amarres. Loïc étant à la barre, et moi seule disponible, il nous manquait 3 handliners que nous avons recruté sur les pontons de la Marina : Jean-Philippe, skipper de New Horizon, Gabrielle et Sebastian, un jeune couple de backpackers franco-chilien qui ont déjà traversé 3 fois le Canal.
    • a 12h30, nous quittons Shelter Bay pour le mouillage des Flats, au milieu des bateaux de commerce dans la rade de Colon
    • notre Advisor, (les Advisors sont des employés des ACP, les autorités du canal, et font office de « pilote » pour les plaisanciers) monte à bord dans l’après-midi
    • le passage des Ecluses montantes de Gatun se fera entre 17h et 21h. Vous pouvez d’ailleurs nous suivre sur www.pancanal.com , grâce aux webcam . Cependant, il fera sans doute nuit….
    • Nuit que nous passons au mouillage sur le lac Gatun. En ce moment, les corps-morts sont indisponibles, ce qui rend le mouillage obligatoire, dans ce réservoir aux fonds remplis de débris, arbres morts etc…. Plusieurs bateaux ont récemment dû abandonner leur ancre en partant, ce qui nous a poussé à nous munir d’un mouillage supplémentaire à sacrifier si-besoin car il est pas envisageable de nous séparer de notre mouillage principal dont nous aurons besoin par la suite.

    J+1 : les écluses de Pédro Miguel et Miraflores, côté Pacifique

    • départ entre 5 et 6 du matin pour le transit sur le Lac Gatun, une trentaine de mille à faire au moteur en suivant un chenal.
    • dans la matinée, passage des Ecluses de Pedro Miguel et Miraflores, à voir également sur les webcams de www.pancanal.com
    • débarquement de nos aussières et de nos 3 handliners au yacht-club de Balboa

    Et voilà, nous seront dans le Pacifique, prêt à partir pour les Galapagos, qui est notre destination suivante….

    Pour ceux qui voudraient des explications plus détaillées du passage du clan le site de Panama Line Handler est très complet.

    Et pour suivre les bateaux de la Pacific Odyssey, y compris « Mercredi soir » sur lequel navigue mon cousin Laurent, allez sur le site de Cornellsailing.

  • Bien arrivés de notre Transat!

    Bien arrivés de notre Transat!

    Quel bonheur que de voir la terre, après 2 semaines d’océan à perte de vue, et de savoir que nous sommes attendus par la famille et les copains de St-Martin.

    Nous ne sommes pas peu fiers d’avoir mené Moby à travers l’Atlantique en famille, avec l’aide de mon frère Thomas, et très heureux aussi de réaliser que nous avons tous les 5 pris beaucoup de plaisir à cette parenthèse hord du temps. Nous savions tous les 2 que nous aimions être en mer, et rêvions de faire partager cette expérience à nos enfants : ils ont eux aussi savouré ces moments en famille, avec papa et maman tout près d’eux, et à bord d’un cata spacieux et confortable.

    Les enfants nous ont surpris par leur capacité d’adaptation, qui se sont très vite sentis comme chez eux à bord. Certes, les 24 premières heures ont été rudes, surtout pour moi et les garçons : il faut dire que les conditions étaient difficiles avec une mer formée (4m de creux ) qui a malmené nos estomacs…. Anna est la plus vaillante, elle tient compagnie à Loïc pendant que nous somnolons tous, gagnés par le mal de mer…..

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    au départ de Lanzarote
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    père et fils
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    dernière terre en vue

    J’arrive tant bien que mal à faire mon premier quart malgré la mal de mer qui guette : nous nous sommes organisés à trois adultes de nous partager la nuit en 3 quarts de 4h chacun : Tom prend celui du soir, de 21h à 1h du matin, moi celui de 5h du mat’ à 8h, et Loïc très courageux celui de 1h à 5h du mat, sachant que c’est aussi lui qui se lève pour manoeuvrer avec nous si nécessaire.

    Dès le lendemain, tout le monde va mieux, et après 48h, toute la troupe est parfaitement amarinée, prête à reprendre les activités : ça commence tout les matins par l’école à bord!

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    Autre activité privilégiée : la cuisine, car c’est essentiel pour le moral du bord.

    Pain frais-(ou brioche, pancakes etc…) tous les matins, afin de démarrer la journée de bonne humeur. Quelques desserts aussi le soir, comme des mousse au chocolat, ou les petits pots de crème à la vanille. Le reste du temps c’est salade à midi, un peu de charcuterie, pâtes ou pizza  (fait maison) le soir, et parfois un rôti de boeuf ou un filet mignon de porc sorti du congélateur pour agrémenter l’ordinaire, agrémenté de délicieuses petites pommes de terre de Lanzarote…

    pain frais
    pain frais
    préparation de mousse au chocolat

    petit pot de crème au caramel

    Côté animaux marin, nous avons été déçus de n’en voir que rarement, alors que Loïc et Thomas voyaient des dauphins tous les jours en méditerranée. Tou de même, nous avons pu apercevoir de loin  un troupeau de dauphins surfant les grosse houle atlantique, un cachalot venu nous espionner, et une petite baleine Minke venue surfer notre vague de sillage.

    Plus curieux, l’arrivée 2 de papillons à bord au bout de 10 jours-et à 4 jours de toute terre…. des chenilles qui auraient éclos à bord? Nous leur offrons un peu de miel et d’eau et passons un peu de temps à les observer : l’occasion d’étudier les insectes en détail.

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    Nous profitons aussi du temps  que nous avons pour fair des jeux de société : Carcassonne bien sûr, c’est notre grand jeu préféré en famille, mais des petits jeux rapides comme le Dobble ou le trésor des Pirates,  des jeux collaboratifs comme le Trésor des Lutins ou Zombie….

    Comme nous sommes partis avec un disque dur de plus 1000 films en tous genres, Victor en profite pour parfaire ses connaissances cinématographique : il s’ingurgite pas moins de 3 films par jours, des Bronzés aux Marvel, en passant par les Jurassic Park, la série des Alien…

    Bref, le temps passe très vite, et c’est avec bonheur mais un peu de nostalgie de cette paisible vie en mer que nous touchons terre après 2 semaine, ravis de retrouver famille et amis.

    Il y a de beaux bateaux à St-Martin…..

    1, 2 ou 3 coques?
    1, 2 ou 3 coques?
    curieux voilier
    curieux voilier
    No-Limit, Outremer 5X customisé
    No-Limit, Outremer 5X

    Dès le lendemain, nous levons l’ancre pour Tintamarre, petit ilot à la très belle plage de sable blanc pour y passer la journée de dimanche en compagnie de nos amis du Conquet Pierre et Marie, installés depuis 2 ans à St-Martins avec leurs enfants Tim, Maël et Rose.

    Nous entamons 3 semaines de croisière aux Antilles en famille, avec Atao , le voilier de mes parents,qui navigue à nos côtés, ce qui ressemble déjà de là où je vous écris, à de bien belles vacances…. Maintenant que nous sommes de nouveau connectés, je vous promet des nouvelles plus régulières!

     

    mise à jour du blog à Anguilla sur la plage
    mise à jour du blog à Anguilla sur la plage
  • Neuvage dans le Golfe du Lion

    Neuvage dans le Golfe du Lion

    Déjà bientôt deux semaines que Moby nous a été livré par le chantier Outremer. Le temps est passé vite entre la prise en main du bateau, les listes en tout genre et bien sûr naviguer afin de compléter les tests de tous les systèmes en mer.
    Les contraintes liées à la météo hivernale ont fait que nous sommes restés dans un rayon d’eviron 100 milles de la Grande Motte, mais cela nous a permis de naviguer dans des conditions variées allant du calme plat à la force 8 de l’échelle de Beaufort.

    Au gré des vents très changeant, tant en direction qu’en force, nous avons fait escale aux Saintes-Maries de la Mer, Cadaquès en Catalogne, Collioure avant de revenir vers la Grande-Motte.

    Il nous reste à effectuer quelques contrôles et à attendre notre table de cockpit, qui arrive d’Italie le 3 février et sera aussitôt installée.

    Le départ se rapproche, et je commence à me pencher sur les fichiers météo des prochains jours…

    Quelques photos de ces quelques jours de navigation dans le Golfe du Lion

    Sète Agde
      
      Cap Creus
      
      Collioure

     

     

  • Moby sous voiles

    Moby sous voiles

    Les premiers bords de Moby au large de la Grande Motte, avec Jean-Pierre à la barre, de chez Grand Large Services, la filiale d’Outremer qui se charge de la mise au point des bateaux en sortie de chantier. Visiblement, le temps était couvert, »une journée typiquement bretonne » dixit Jean-Pierre!

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    Moby sous spi
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    le Code 0 est de sortie

     

  • Mise à l’eau de Moby

    Mise à l’eau de Moby

    Séquence émotion aujourd’hui, avec la mise à l’eau de Moby à laquelle nous n’avons malheureusement pas pu assister, la faute aux avions pleins et aux obligations professionnelles…car nous ne sommes pas (encore) en grandes vacances!

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    Moby à l’eau!

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    Panneaux solaires et Iridium Pilot sur bossoirs

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    le mat

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    Aperçu de l’avant, trampoline et bout dehors

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    La table à cartes

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    côté salon

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    la coursive coque babord

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    la cabine avant tribord, celle d’Arthur

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    Cabinet de toilette tribord, pour les enfants

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    Moby au ponton pour les finitions

  • Il y a 10 ans déjà… traversée de l’Indien sur Nomade

    Il y a 10 ans déjà… traversée de l’Indien sur Nomade

    Nous avions acheté Nomade à Phuket en 2004 et lui avons fait faire un refit complet dans un chantier de la marina Boat Lagoon. Cet ancêtre du « Lévrier de Mer » construit par le chantier Leguen-Hémidy était un bateau léger, rapide et très marin, que nous avons convoyé à deux jusqu’à l’île Maurice. Notre projet de l’époque était (déjà!) un tour du monde par l’hémisphère sud, au départ de Maurice, avec notre fils ainé Victor qui n’avait que 3 ans à l’époque… Les aléas de la vie ont fait que nous avons renoncé à ce projet de grand voyage, et vendu notre voilier, en gardant l’espoir et le rêve de repartir un jour….

     

    https://www.youtube.com/watch?v=moUA-sPJ0Ek&list=PL9njTPcJKifP7N8cwQMu9_SNi3L_mZYOg

  • L’école à bord

    L’école à bord

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    Le cousin Jules dans sa cabine, modulable en bureau

     

    Mais non, nous ne partons pas pour 2 ans de vacances! Victor qui est en 5ème, va suivre les cours « collège » du CNED , comme son cousin Jules. 2 h par jour tous les matins, et le reste de la journée libre, c’est un rythme qui lui plait bien…

     

    Bosser dur quelques heures, puis du temps libre pour le sport, la découverte en escales, la pêche, la lecture, regarder l’horizon et rêver…

    Victor bouquine sur ILO2
    Victor bouquine sur ILO2

     

    Arthur est en CP l’année du départ, et suivra les cours du CNED en Math et Français. Les autres matières seront abordées au fur et à mesure des escales :

    • la géographie tout naturellement, au fil des pays visités : drapeaux, paysages, habitat, environnement : expérimenter de visu les atolls, volcans, récifs coralliens, le canal de Panama, et 3 océans…
    • les sciences, avec la marche du bateau, la gestion de l’énergie à bord, de l’eau, la météo, les communications, la voile et le moteur…
    • les sciences de la vie et de la terre, en observant les animaux marins et terrestres, les plantes, fleurs, légumes et fruits exotiques, qu’il faudra aussi cuisiner et goûter!
    • la musique et le dessin: enfin du temps pour écouter, partager et expérimenter
    • les langues : l’anglais et l’espagnol que nous pratiquons aisément, et que les enfants utiliseront naturellement pour se faire des copains en escale, sur les bateaux et à terre

    Et bien plus encore, car voyager en voilier, c’est une véritable école de la vie.

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    Un oursin atypique

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    Dessine-moi un bateau!

    Arthur et Hadrien hissent le gennaker sur ILO2
    Arthur et Hadrien hissent le gennaker sur ILO2

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    Dans un village côtier des Philippines

     

  • Les enfants visitent le chantier

    Les enfants visitent le chantier

    Pendant les vacances de la Toussaint, j’ai emmené les enfants visiter le chantier, voir les différentes étapes de la construction de MOBY. Ils ont pu voir leurs cabines!

    Arthur devant sa cabine, avant bâbord
    Arthur devant sa cabine, avant bâbord

    les garçons intrigués par le saildrive
    les garçons intrigués par le saildrive

    Victor dans sa cabine, arrière bâbord
    Victor dans sa cabine, arrière bâbord

    En nous promenant sur les pontons, nous avons aperçu Crazy Louise, le bateau de Laurent, Nicole, Jules et Max, sur lequel nous avons navigué au Panama pendant 2 semaines en Novembre 2015. Nous sommes un peu émus : après leur 2 années de périple Atlantique, il vient d’être vendu, puisque nos cousins sont partis vivre au Canada! Crazy-Louise-au sec crazy-louise-sec