Nous naviguons depuis déjà 10 jours dans l’archipel des Exuma, et continuons notre progression vers le Nord en direction du « Exuma Land and Sea Park », qui s’annonce encore plus spectaculaire que ce que nous avons vu. Nous sommes déjà sous le charme de cette navigation entre îlots et bancs de sable, que nous pratiquons en mode « exploration », nous arrêtant jusqu’à 4 fois par jour pour visiter une grotte, une plage, ou faire un snorkeling.
Vue sur les Rocky Dundas, où se trouvent les grottes
Nous prenons un mouillage de jour dans la toute petite baie de Fowl Cay : à un jet d’annexe se trouvent en effet deux grottes qui sont parait-il au moins aussi remarquables que celle de Thunderball.
Il nous tarde d’aller vérifier cela.
A Fowl Cay, nous sommes tout seul au mouillage. Inhabituel, une épave d’avion trône sur la plage. La piste n’est pas loin.
l’épave sur la plage
Les îles des Bahamas sont souvent équipées de petites pistes privées. C’est aussi que les propriétaires vont et viennent, à bord de leurs avions, ou d’avions taxis, qui offrent également les services de livraison de nourriture, pièces détachées etc….
Curieux, nous allons sur la plage examiner ce qui reste de la carlingue.
Loïc penche pour un décollage raté.
La plage est un petit bijou : une eau turquoise calme, de petites vaguelettes, du sable fin…
Le mouillage est paradisiaque
A midi, Loïc envoie le drone, pour voir île d’en haut : pas de luxueuse villa, mais de petites maisonnettes, un ponton, et la piste, vraiment toute petite.
vue aérienne de Fowl Cay
Après le déjeuner, nous filons explorer les grottes. La première n’est pas évidente d’accès : il faut plonger, pas très profond, mais sur 3 mètre de long. Anna n’a pas peur, et nous suit, c’est la première fois qu’elle plonge dans ces conditions!
Une fois à l’intérieur, c’est majestueux, de très nombreux stalactites, et un grand puit de lumière
La seconde est plus facile d’accès, pas besoin de plonger car on y accède par une étroite ouverture en surface, comme un boyau au-dessus de l’eau.
Elle est encore plus impressionnante : une fois à l’intérieur, un seuil, puis une petite plage, une caverne en hauteur qui ravit les enfants, un puit de lumière, des stalactites….
En fin de journée, nous mettons cap sur Compass Cay,
le chenal d’accès à Compass Key
et mouillons pour la nuit sur un banc de sable devant la marina, réputée pour ses requins nourrice semi-apprivoisés. Nous filons en annexe voir à quoi ressemblent les installations :
C’est très coquet, mais le sens de l’accueil est comment dire….axé sur le porte-monnaie : on nous réclame pour débarquer une taxe de « landing fee » de 10 dollars… par personne! Et pas de discount pour les enfants…. Nous observons quelques minutes, depuis l’annexe, les requins nourrice tourner et virer dans une eau limpide puis faisons poliment demi-tour.
Le lendemain, nous mettons cap sur Cambridge Cay, où nous retrouvons Luna Bay 2 et Penn Gwen. C’est officiel, nous venons de franchir les frontières du parc naturel.
Nous décidons d’organiser un apéro-dinatoire de dernière minute sur la plage : nous repartirons sans doute chacun de notre côté d’ici quelques jours, il faut donc saisir l’occasion d’une soirée tous ensemble.
Jennifer a repéré un petit îlot d’où le coucher de soleil devrait être superbe pour ce pic-nic du soir improvisé.Les 3 familles arrivent en annexe, dans ce joli coin de paradisLa soirée est fort agréable, la marmaille joue aux Robinsons en se gavant de chips, de crackers au fromage et de pâté de campagne…
La nuit est moins sympa : les orages grondent pendant des heures, nous sommes sur le pont, aux aguets, à guetter le vent et les éclairs. Il y a tellement d’éclairs qu’on y voit comme en plein jour, et la foudre nous assomme les oreilles.
Nous mettons les ipads/ordis et téléphone à l’abri dans le four, qui servira si besoin de cage de Faraday.
Au plus près, l’orage approchera à moins d’un mille. A 5h du matin, nous retournons nous coucher, plus de peur que de mal. Ce sera le premier d’une longue série d’orages de nuit que nous subirons dans les 15 prochains jours.
Nous passons la journée du lendemain à Cambridge Cay. Sans être totalement dégagé, le temps s’est remis au beau. Le matin, c’est école pour tout le monde, mais dans l’après-midi, nous partons à terre avec nos équipements de snorkeling explorer la plage de « Honeymoon’s Beach », sur la côte sud de l’île.
Nous traversons l’île à pied avant d’accéder au site pour un beau et sportif snorkeling avec la marmaille.
Une belle soirée s’annonce….Mais la nuit est tout aussi orageuse que la précédente. Là encore, les éclairs sont très proches, et grondent.
Nous craignons le foudroiement bien sûr, et vérifions l’avancement de l’orage, mais aussi le vent qui tourne, qui forcit. Heureusement, la foudre tombe à environ 1km de là-et les appareils électroniques sont encore une fois dans le four!
L’avantage, c’est que nous récupérons l’eau de pluie, grâce à notre bimini pourvu de rigoles, et à un circuit de tuyaux, qui va direct dans les réservoirs, qui sont pleins. Nous remplissons alors les carafes et les bidons.
Au petit matin, nous allons dire au-revoir à Luna Bay 2,
Bye Bye les amis : Luna Bay 2, Penn Gwen et Moby réunis!
Ils repartent vers Nassau préparer leur bateau pour la transat retour en France.De notre côté, nous nous donnons 8 à 10 jours de plus pour explorer les Bahamas.
Nous appareillons également, juste à temps, car une série de 3 speed boats arrivent vers nous-il est vrai que nous sommes dans un chenal-, et foncent à 25 noeuds au moins, créant 3 sillages qui nous chahutent.
Nous longeons Hall’s Pond Cay, peu accueillante, avec ce panneau explicite : pas d’annexe! Il semble que la cohabitation entre les voiliers et les riches résidents des îles se passe mal. La loi aux Bahamas est claire : l’accès aux plages est libre jusqu’à la laisse de haute mer. Par ailleurs, il ne me semble pas anormal que les propriétaires de ces îles jouissent de la tranquillité qu’ils recherchent. Alors, pour notre part, nous ne nous empêchons pas de nager sur les plages, voir d’y mettre le pied, mais n’y débarquons jamais en annexe.
Nous mouillons sur un banc de sable près du chenal, car il y a sur zone deux sites de snorkeling d’interêt :
Le premier, c’est un petit avion bimoteur coulé par 3m de fond. Il git nez dans le sable, queue en l’air. Nous prenons grand plaisir à virevolter autour, dans 3 mètres d’eau à peine, même Anna se régale ; je n’ai malheureusement pas d’image de la scène….
Non plus du magnifique jardin de corail au Nord d’ Obrian’s Cay. Les coraux sont sublimes, visibles dans 2 à 3mètres d’eau à peine : des gorgones multicolores y côtoient des éponges vertes, beige, rose, de toutes tailles et de toute formes, c’est vraiment un délice pour les yeux. C’est en plus un site très accessible pour les débutant, le genre d’endroit où on pourrait amener sa grand-mère!
Le lendemain, la journée commence sous des trombes d’eau : le temps n’est pas au beau fixe, depuis quelques jours, nous subissons orages et grains au moins une fois par jour. Nous quittons Compass Cay en bordure de grain, il y a plus de 20 noeuds de vent, et Loïc nous montre sa dextérité à piloter Moby : car pour aller du nord de Hall’s Ponds Cay au mouillage sud de Warderick’s Wells, un chenal sinueux nous fait passer entre de petites îles. Victor et moi surveillons la nav’ chacun dans une des étraves. A peine avons-nous pris la seule bouée disponible, qu’un rideau d’eau s’abat sur nous.
le grain approcheArthur prend sa douche en plein air
C’est plutôt une bonne nouvelle, nous allons pouvoir remplir les réservoirs, s’offrir des douches en plein air, et boire de l’eau de pluie, la meilleure de toutes. Nous avons même de l’eau courante pendant quelques minutes!
Aujourd’hui, 28 avril, c’est le grand jour : notre capt’ain fête ses 50 ans! Happy Birthday Captain!
Nous passons cette journée seuls tous les 5 dans ce mouillage de rêve : une fois le grain passé, le site se découvre, avec des couleurs, comme toujours, sublimes sous le soleil.
Le petit dej était copieux ce matin, puisque nous avons commencé par souffler les bougies… et manger le gâteau. Comme le dit le dicton d’un restau italien que Loïc aime bien : « Life is short, eat desert first! ». Autrement dit : « Comme la vie est courte, autant manger le dessert d’abord »
Loïc avait passé sa commande la veille, et je lui avais préparé un gâteau breton : la plaquette de beurre y est passée.… Et à 10h, il n’en reste pas une miette…
En début d’après-midi, nous allons explorer la plage,
et nous offrir une belle baignade. Puis partons à la recherche du « Pirate’s Lair » , le « Repaire des pirates » un peu plus loin dans les terres. Le site était en effet parfait pour attendre les proies s’apprêtant à entrer dans le banc des Bahamas par le « Wide Opening », cette large passe facile d’accès à la voile par tous les vents, située à quelques milles au nord de Warderick Wells. On s’imagine facilement les bateaux de pirates cachés entre les îlots, les hommes guettant les navires de commerces.
Moby au mouillage de Warderick’s Wells sud
Avec les dernières pluies, le camps des pirates n’est plus qu’un bourbier… c’est pourtant là, au bord d’une source et à l’abri de ces grands palmiers auxquels ils pouvaient attacher leurs hamacs qu’ils se reposaient entre deux raids.
Au retour, une belle baignade,
et de moments très simples de partage en famille.Arthur et Anna restent jouer à la plage : ils creusent le sable pour y trouver des vers, puis ensuite nourrir les petits poissons du bord. Loïc et Victor partent explorer le tunnel qui perce l’îlot d’en face : long de 30m, il traverse spectaculairement l’îlot, et peut se pratiquer à la nage, par temps très calme et à l’étale. Avec le vent actuel et les fortes marées, il n’en est pas question. Dommage, car ça doit être pourtant génial de le parcourir à la nage : il est percé de plusieurs ouvertures par le dessus, partiellement à l’air, et partiellement sous-marin.
J’en profite pour rester à bord, pour bouquiner tranquillement.
Ce 28 avril 2018 fut une journée enchantée, où nous aurons tout eu : de l’action, du mauvais temps, du soleil, de l’exploration, de la découverte, des jeux, des baignades, du temps calme, un bon gâteau…
Le lendemain, nous contournons les îles pour entrer dans les Warderick Wells, le coeur du Park des Exuma, où se trouvent les rangers.
Le site est époustouflant, avec ses bancs de sable, et ce chenal circulaire et profond où des corps-morts sont à disposition.
Les photos qui suivent sont garanties sans amélioration, ni retouche de couleurs….
Elles sont prise d’en haut du mat par Loïc qui inspecte le gréement. Il profite d’être au corps-mort et par un temps très calme pour monter vérifier cette partie-là du gréement. Nous partons d’ici 2 à 3 semaines en transat : il nous reste encore plus de 3000 NM à parcourir avant de rentrer en Bretagne.
D’en haut les bancs de sable sont majestueux, comme des rubans de dégradés.
Loïc lance le drone pour immortaliser le site, sous un beau soleil;
vue vers l’île de Warderick Wells et les maisons des rangersVue vers le sud de Warderick Wells et les mouillages de Emerald Rock
Après l’école, nous préparons un picnic pour aller déjeuner à terre… et emmenons le reste du champagne que nous n’avons pas fini hier
: nous célébrons encore une fois les 50 ans de Loïc.Pendant que nous savourons cet apéro du dimanche, les enfants vont explorer sur la plage le squelette d’un cachalot reconstitué là par les bénévoles de l’association du Park.
Puis l’envie nous prend d’aller nous promener sur les bancs de sable à marée basse. Anna et moi nous élançons, les garçons nous rejoignent en annexe.
Vu d’ici, ce banc de sable ressemble à un coeur.
La beauté de ces différents dégradés de turquoise tient aux marées,
aux dénivellés sous-marin de dunes et aux méandres créés par les courants.
Nous partons en snorkeling explorer les lieux, puis terminons par une ballade à terre, vers les hauteurs de Boo Boo Hill, point culminant des Warderick Wells. Ce que nous apprécions aussi aux Bahamas en cette fin Avril, c’est la longueur des journées. Le soleil ne se couche que vers 19h30, contre 18h aux Antilles : cela laisse de belles soirées encore actives.
La colline de Boo Boo Hill est réputé hantée : par les nuits de pleine lune, on entendrait les voix des pauvres âmes ayant péri dans le naufrage d’un navire au large de Warderick wells.
Nous traversons la mangrove, longeons de nombreux trous, des grottes,
Nous grimpons la colline, et regardons avec consternation les débris de bois flottés que les voiliers de passage s’évertuent à déposer…. créant cet amas, qui s’éparpillera et repartira sur les flots au prochain cyclone.
Je remarque combien l’homme a besoin de marquer son territoire en laissant une trace visible de son passage. C’est particulièrement flagrant aux Bahamas : peut-être une tradition du Nouveau Monde? Vieux T-shirts suspendus au plafond du bar Chat’n’Chill à Stocking Island, panneaux de bois flottés gravés en haut de Boo Boo Hill (Warderick Wells), totem de pierres à Cambridge Cay. Ce qui avait sans doute du sens il y a quelques dizaines d’années encore quand ces endroits étaient peu fréquentés et difficilement accessibles, avant l’avènement du tourisme de masse, me semble aujourd’hui vain et irresponsable. A l’heure où l’on voyage partout en avion, et au vu du nombre d’humains que nous sommes sur terre, continuer à mettre en oeuvre ces « traditions » polluantes me dépasse. Je préfère de loin une autre devise, que nous avons souvent lue sur des panneaux de parc naturels : « En visitant ces lieux, la seule chose que vous laisserez derrière vous seront vos empreintes de pas » .
Nous admirons le soleil qui descend sur l’horizon, puis rentrons via un gué, puis un petit pont, à travers la mangrove. Nous découvrons l’hélipad fait de pierres et coquillages concassés.
En rentrant au bateau au coucher du soleil, quelle n’est pas notre stupeur : nos amis du catamaran Cool Running sont ont fait la surprise de venir à notre rencontre. Nous les attendions il est vrai d’un jour à l’autre, en provenance de Georgetown … Ils ont parcouru les 70 NM d’une traite pour nous voir.
Nos routes se sont croisées pour la première fois dans le Pacifique, à Rangiroa, puis à Papeete, et enfin c’est pendant un séjour prolongé à Maupiti que nous avons mieux fait connaissance.
La dernière fois que nous nous sommes vus c’est en décembre dernier en Afrique du sud, à Cape Town.
les enfants de Moby et de Cool Runnings à l’aquarium de Capetown
Depuis, nos routes se sont suivies sans se croiser. Leurs deux ados, Ben et Gaby sont les grands amis de Victor, et il leur doit aujourd’hui son beau niveau d’anglais ;-).
Nous avons ensemble parcourus 3 océans, et bouclé chacun notre tour du monde. Nous sommes d’autant plus fiers d’eux qu’ils réalisent à peu de chose près le même parcours que nous, mais sur un bateau de grande série, un Lagoon 400, plus petit et moins rapide que le notre.
Dans un mois, quand nous traverserons l’Atlantique direction la France, ils mettrons cap sur la Floride, leur port d’attache.
Alors ce sont de belles retrouvailles, intenses, car les au-revoir sont proches!
Nous appareillons ensemble pour une île un peu plus au nord, Hawksbill Cay, réputée comme une des plus belles des Exuma. C’est l’occasion de se prendre mutuellement en photo sous voiles, dans ce beau turquoise.
La nous sommes tous les 5 sur le pont!
Je me fais la réflexion, que la vue est décidément magnifique depuis ma cuisine!Dans quelques longueurs nous entrons dans du turquoise clair signe que nous n’aurons plus que 2m d’eau sous les coques!
C’est grisant de naviguer dans si peu d’eau.
Nous voilà au mouillage!
La plage est en effet superbe,
et nous passons notre première journée à simplement profiter de la baignade, savourant nos retrouvailles avec nos amis : il y a tant à se raconter depuis 4 mois que nous nous sommes vus. Nous tirons le premier bilan de nos circumnavigations, et évoquons aussi notre retour à la vie de terriens qui approche.
Le soir, la lune nous sourit.
Le lendemain, le vent est annoncé est bien là. Loic et Victor sortent les planches, puis le kitesurf.
Victor en plancheLoïc en kitesurf
Je tente quelques bords en planche, mais le vent est décidément irrégulier avec le relief de l’île.
J’ai aussi un début d’otite qui peine se résorber, aussi suis-je prudente avec les sports nautiques.
Nous allons visiter la grotte dite des « contrebandiers ».
Elle est tout juste au-dessus du niveau de l’eau, et assez impressionnante avec son plafond rose,
et le goulot qui sépare les deux chambres.
Puis nous poussons vers la plage adjacente, qui abrite un chemin menant vers des ruines et à la plage côté océan.
Nous devinons les ruines, des murs de maisonnettes datant de 1785. Occupées par les loyalistes, ces réfugiés pro-anglais de la guerre civile américaine : refusant la tutelle des séparationnistes, et gardant allégeance à la couronne britannique, nombreux sont les Loyalistes qui ont fui aux Bahamas, implantant des champs de coton, de tabac ou de l’élevage.
Elles étaient vraiment étroites ces maisons.
La balade est sympa aussi pour observer les plantes, comme ces petites épiphytes, mais aussi pour la vue d’en haut.
A mi-chemin, inattendu, cet étang, source d’eau douce.
Et de l’autre côté de l’île, la plage au vent :
Dommage que nous n’ayons pas les bodyboards!
Ca déferle, et rejette sur la plage de la mousse, des algues, des éponges… et des débris de toutes sortes.
Sur la route du retours, nous sommes surpris par toutes ces grottes, cavernes et trous qui jonchent le sol : un vrai gruyère!
Ce soir, j’ai proposé à Gudrun d’initier sa famille aux crêpes bretonnes, en remerciement du paquet de farine de blé noir qu’elle m’a rapporté des Saintes.
Pendant que je suis aux fourneaux sur le Lagoon, Loïc débriefe à Dave nos 2 semaines passées dans les Exuma, et lui donne les bon tuyaux, des mouillages et activités sympas avec les enfants.Il y a en effet beaucoup à faire aux Exuma entre le snorkeling, les épaves, les ballades à terre, les grottes….
Les enfants apprécient les crêpes,
et de cette rencontre américano-bretonne sort une création que je dois à Ben : une intéressante crêpe blé noir/beurre/sucre/cannelle!
Je la nomme « la Cool Runnings », du nom du bateau de nos copains américains.
Apprenant que nous n’avions plus de Nutella à bord, Gudrun nous offre ce petit pot, qui rejoint le tableau de bord de Moby, et les « trophées » offerts par nos amis, ou glanés au fil des rencontres….
Le lendemain, le temps n’est pas au beau fixe, et c’est sous un ciel plombé que nous montons sur Shroud Cay, un dédale de rivières salées dans la mangrove. Quel dommage qu’il fasse ce temps pourri, ce doit être tellement beau sous le soleil. Mais il ne fait pas froid et nous ne sommes pas en sucre, alors nous partons sous la pluie, et avec la marée, qui est encore haute pendant une heure ou deux.
Nous voilà en annexe dans les méandres de la mangrove.
Après 30 mn, nous arrivons à destination :
Nous avons traversé Shroud Cay d’Ouest en Est, et nous voilà sur la côte au vent.
Le sable est d’une douceur incomparable,
et nos pieds s’enfonçent profondément dans le sable tellement il est fin.
En haut de la colline, les vestiges de CampDriftwood, où un genre d’ermite avait construit un camp de fortune dans les années 60. En haut du camp Driftwood, la vue sur Shroud Cay.
Nous quittons Shroud Cay pour Norman’s Cay, toujours sous les nuages, mais sans la pluie, ouf!
L’île a une histoire savoureuse : elle a été pendant quelques années le repaire d’un célèbre trafiquant de drogue. Carlos Lehder, d’origine Colombienne, faisait originellement partie du cartel de Medellin. Il a acquis Norman Cay en 1979 : ses maisons, ses commerces, sa piste d’aviation etc….afin de s’en servir comme un hub, une zone de transit entre l’Amérique Centrale et les USA. Témoin de cette vie antérieure : l’un des DC3 de Carlos git sur un banc de sable à l’entrée de Norman’s Cay.
Les Stups américains (la D.E.A.) qui surveillaient la zone, ont finit par démanteler et faire vaciller l’empire de Lehder entre 1981 et 1983, alors que le gouvernement bahaméen, largement corrompu, protégeait Lehder et ses hommes. L’homme a été arrêté en Colombie en 1987, et extradé puis jugé aux USA où il purge 135 années de prison….
Nous sommes mouillés juste devant la piste, et c’est un défilé d’avions
Nous sommes aussi régulièrement survolés par des hydravions. Nous allons plonger sur le DC3 -enfin, pas vraiment en profondeur, car l’épave est posée sur un banc de sable et émerge, même à marée haute. Loïc explore l’épave, regarde à travers les hublots,
.
et fait mine de se mettre aux commandes!
Les coraux ont bien colonisé l’avion! Victor continue l’exploration,
passe à travers les hublots!
Plus tard dans la journée, nous partons avec l’annexe des Cool Runnings explorer l’intérieur du Cay, et en particulier sa mangrove et ses « flats ». Nous passons devant les lodges, et le restaurant, fermé ce soir. Puis allons nous rendre compte des travaux, de grande ampleur de la marina. Nous sommes surpris par le nombre de marinas aux Bahamas dont les travaux semblent terminés et qui n’ont jamais ouvert. Traffic? Blanchiment ou détournement d’argent?
Puis nous nous arrêtons marcher le long de la mangrove.
Arbustes, coquillages, oiseaux, nous sommes en pleine nature sauvage. Ces traces, dans le sable, ce sont des raies, qui nichaient dans ce trou à marée haute. Il y a si peu d’eau que nous rentrons à la rame.
Ce soir, nous faisons nos les adieux à nos amis de Cool Runnings, qui s’en vont demain, et reprennent leur exploration des Exuma vers le sud, alors que nous continuons vers le Nord. Bye-Bye les amis! Nous nous reverrons certainement un jour, je ne sais quand, je ne sais où….
Le temps est tellement mauvais et les vents contraires (de nord) que nous restons 24h de plus à Norman. L’occasion d’aller nous offrir un bon hamburger au restaurant. En dessert, je tente le traditionnel Guava Duff, sorte de pudding arrosé de sauce à la goyave, typique des Bahamas… C’est moins mauvais que ça en a l’air : très sucré et roboratif, je peine tout de même à avaler plus de 3 bouchées après mon hamburger…
Nous serions bien restés explorer les îlots du Nord de l’archipel : Highbourne, Ship Channel, Leaf Cay….Mais le mauvais temps s’installe durablement sur les Bahamas. Or nous sommes le 3 mai, et avons prévu de traverser vers le 15 : il est temps pour nous de quitter les Exuma et d’aller préparer notre transat. Nous avons choisi pour cela de faire escale à Spanish Wells, petit village d’Eleuthera, distant d’une cinquantaine de milles.
A très vite pour la toute dernière partie du récit de notre séjour aux Bahamas.
Notre porte d’entrée pour les Exuma, c’est George Town, petite ville du sud de l’archipel, qui accueille en saison près de 200 voiliers, essentiellement des Canadiens et Américains venus passer la saison d’hiver et le printemps en eaux chaudes. Heureusement, les mouillages sont variés dans cette rade, formée par l’île de Great Exuma d’un côté, et par un chapelet de petites iles côté lagon : Stocking Island, Elisabeth Island, Pigeon Island…C’est heureux, car nous passons en moins de 24h à une zone de navigation isolée, où nous étions souvent les seuls bateaux au mouillage, à l’effervescence!
C’est ici aussi que nous disons au revoir à Papily et Mamily, qui rentrent en France , et s’envolent depuis le petit aéroport de Georgetown vers Miami, puis Paris.
Nous commençons par un mouillage de jour à Pigeon Cay, très beau mais inconfortable :
Le vent souffle, la houle rentre, c’est génial pour le skim et la baignade sportive, mais pas pour le confort à bord!
Nous filons donc nous abrite pour la nuit à Georgetown, et mouillons devant le village en compagnie de grosses vedettes,
et d’un autre Outremer 51, de propriétaires américains!Signe d’arrivée en terres civilisées : cet hydravion, qui emmène les touristes survoler les Exuma, probablement au départ de Nassau.
L’archipel des Exuma (Exuma Cays) au coeur des Bahamas, est un ensemble d’îlots qui s’égrènent tel un collier de perles, distantes de quelques milles à peine les unes des autres, et qui abrite en son coeur un parc naturel, le « Exuma Land and Marine Park » :
Promesse de superbes plages, de navigation en eaux protégées, de passes à fort courant, de bancs de sable, de grottes, de magnifiques snorkelings, exploration d’épaves, de mangroves…..
Il nous tarde d’y être.
Mais pour l’instant, nous explorons George Town et en particulier Stocking Island qui abrite une curiosité : des trous à cyclones. Nombreux y laissent leur bateau y compris pendant la saison cyclonique (de juin à octobre), sur corps-mort, ou sur quelques pontons privés.
A gauche, en entrant dans Gaviota Bay, on trouve un premier trou à Cyclone, en face du St-Francis Resort
puis un second trou à cyclone abritant la marina Kevalli
A droite, c’est beaucoup moins profond et réservé aux très faibles tirants d’eau : Turtle Cove .
Nous remarquons un petit chemin de sable qui monte, et que nous partons explorer Il donne accès à la plage au vent. Nous revenons y passer l’après-midi avec les skims et les bodyboards.Que c’est bon de glisser sur les vagues!
De retour à la civilisation, nous posons notre dinghy sur la plage de Chat’n’Chill,
au coeur de la vie sociale des yachties de George Town, et partons déjeuner du traditionnel cochon rôti du dimanche.
Nous nous régalons de cochon, garni du désormais traditionnel mac’n’cheese (gratin de pâtes au fromage), de coleslow, de riz aux haricots, de carottes glacées au miel… Délicieux aussi, la « Conch salad », toute simple avec ses dés de lambis crus agrémentés de piments végétarien, de concombres et d’oignons doux: c’est frais, la chair est presque sucrée, je me régale.
Nous testons aussi la bière locale , Kalik ou Sands, il faut choisir! Au bar de Chat’n’chill, les bateaux sont censés laisser un vieux t-shirt signé des membres d’équipage : premier signe d’une longue série, qui montre combien l’homme aime marquer son territoire.
Il faut dire que pour beaucoup d’Américains et de Canadiens, descendre aux Exuma, c’est un accomplissement, et je les comprend ; après tout, à chacun son Everest!
Nous sommes moins emballés par l’ambiance de la plage, qui s’anime au fur et à mesure des heures qui passent, les annexes au touche-touche sur la plage, la musique à fond la caisse, les cadavres de bières qui s’amoncellent…. C’est LE rdv social du dimanche après-midi. Dans l’eau, les raies sont imperturbables.
Plus tard, nous irons mouiller devant « Monument Beach », la plus au Nord des plages de la zone. C’est la plus belle, et elle est bizarrement très peu fréquentée : nous sommes le plus souvent seuls sur la plage.
Lundi matin, nous allons « en ville », pour dire au-revoir à Papily et Mamily qui prennent leur avion à midi, et pour faire un avitaillement de frais, le dernier datant d’il y a déjà 2 semaines aux Turks et Caïcos.
le « Victoria Lake »
L’entrée sur le « Victoria Lake » se fait via un petit pont. Nous découvrons un joli village bien organisé, avec une supérette bien fournie, un service de laverie… Nous en profitons pour nous balader un peu en ville,
la mairie
qui se met sur son 31 car elle accueillera d’ici 2 semaines d’importantes régates de pirogues locales.
Une fois les corvées effectuées, nous repartons mouiller devant la belle plage de Monument Beach. Nous partons à marée basse pour une grande ballade littorale, un longe-côte naturaliste parmi les oiseaux, tel ce couple de balbuzards (Ospreys en Anglais), que nous avons malencontreusement dérangé. Ils sont en pleine période de couvaison, et ne quittent par leurs majestueux nids
un couple de balbuzards dans leur nid, dans les racines de filaos tombés à l’eau
Au creux de la plage, des yachties se sont organisé un petit campque chacun peut user à sa guise, pour organiser un barbecue, un « potluck », ou simplement un apéro-plage comme ces deux couples de Canadiens dont nous faisons connaissance. Ils font partis de ces « oiseaux migrateurs » fuyant leur Canada hivernal pour y chercher le soleil des tropiques (il fait -2 à Chicoutimi) Comme beaucoup, ils emportent leur chien avec eux. Nous n’avons jamais vu autant de chiens sur des bateaux qu’aux Bahamas! Tel ce magnifique chien blanc, que nous croiserons souvent, et avec qui les enfants auront plaisir à jouer sur la plage. Contrairement à beaucoup de pays, les formalités pour les chiens sont très faciles.
Nous quittons Georgetown sans regret, car nous aspirons à plus de nature et de vie sauvage en remontant l’archipel des Exuma.
la côte Nord de Great Exuma
Nous ne sommes pas spécialement emballés non plus par la vie sociale « à l’américaine » de ce genre d’endroit, régulée tous les matins par les annonces à la VHF du « Cruiser’s Net » : aquagym à 9h, karaoké le samedi, et bingo le vendredi, tournoi de volley-ball, BBQ … C’est amusant de voir comment, même loin de chez lui, l’homme ressent le besoin de se recréer une vie sociale avec ses codes et ses rituels.
Nous naviguons une vingtaine de milles en dehors du lagon, et entrons par le « Adderly Cut » , laissant Lee Stocking Island sur notre bâbord, puis Norman’s Pond Cay et Leaf Cay.
Adderly Cut, vue vers le Sud, la piste de Lee Stocking Island en arrière plan
Sur la petite plage de Leaf Cay, des formes noires s’approchent… ce sont des iguanes!
Il est midi passé, nous nous arrêtons déjeuner devant Norman’s Pond,
au mouillage dans le Nord de Norman’s Pond
puis repartons vers le Nord direction Rudder Cut Cay
vers le Nord, la pointe Nord de Norman’s Pond, et la passe de Bock Out
Il nous faut pour cela ressortir du lagon pour quelques milles, via le Bock Out, et rentrer dans le lagon via le Rudder Cut.
le Rudder Cut, vers le Sud : le Sud De Rudder Cut Cay au premier plan, Little Darby et Darby Island au second plan
Nous y voilà.
Nous observons tout juste la petite arche de Little Galliot Cay. Nous arrivons à Rudder Cut Cay, et découvrons une très jolie île, avec 2 petites plages charmantes, et surtout, un petit port, pas complètement naturel car une tranchée a été en fait creusée pour relier le bassin naturel à la mer. L’île, qui semble inhabitée, est privée et il est interdit de s’y promener. En annexe, par contre c’est permis!
Nous entrons dans le port, curieux.
Plusieurs autres curiosité : une grotte ouverte sur l’extérieur, éclairée par un puit de lumière,
et dotée à marée basse, d’une mini-plage.
des roches en forme de champignon…
des raies…
un beau snorkeling sur une … sculpture sous-marine en métal, commandée par David Copperfield (voisin et propriétaire des deux îles de Rudder Cut et de Musha Cay), qui a fait faire une statue grandeur réelle d’un piano à queue et d’une sirène, qu’il a immergé par 4m de fond. Quel dommage, ma GOPRO a rendu l’âme il y a 10 jours, j’ai chipé cette photo sur le net, elle n’est pas de moi. J’aurais aimé vous montrer les enfants virevoltant de tous côtés autour de la sculpture, et vous montrer comment le corail repousse vite!
C’est d’ailleurs dans la grotte voisine
que notre drone va s’écraser dans l’eau, après qu’il a reculé de manière totalement inexpliqué, et se soit heurté à la roche. Une fois coulé, nous l’avons récupéré, rincé, séché, mais il n’a jamais pu re-décoller…
Voici ses dernières images.
Moby devant la funeste grotte
Les plages au vent sont superbes,
et le snorkeling doit l’être tout autant.
Puis nous continuons vers Musha Cay, et nous arrêtons en chemin à Little Lansing Cay, car il y a une épave d’avion sur un banc de sable. Nous nous approchons doucement, et mouillons carrément sur le banc de sable! Pas besoin de descendre l’annexe, nous y allons en palmes, masque et tuba. En effet, le petit bimoteur git par moins de 3m de fond, même Anna peut descendre le voir. Du corail pousse sous ses ailes.
30 mn plus tard, nous levons l’ancre de nouveau, et passons devant Musha Cay Sur la carte, la zone est indiquée comme « swim area », et en effet, c’est la plus belle « piscine » que nous ayons jamais vue!
Il s’agit d’un resort totalement privé qui se loue pour une famille ou un petit groupe d’amis, à 40 000$ la journée….Les constructions sont sublimes, 5 villas nichées dans une végétation tropicale superbe, qui arrivent à Musha Cay en hélico,
l’hélipad
ou à Rudder Cut en avion. Ici, sans doute pas une maison, mais simplement la salle d’embarquement bateau.
Plus loin, le quai des fournisseurs.
Bye-Bye Musha Cay, l’île de David Copperfield, paradis qui nous laisse songeur.
Nous longeons Cave Cay, qui semble inoccupée.
Nous sommes tentés de rentrer dans la marina, mais elle est fermée, peut-être désaffectée, et nous préférons ne pas prendre de risque.
Nous passons donc notre chemin.
les enfants s’organisent un petit « apéro-chips » sur le rouf,scrutant le relief pour découvrir les grottes dont cette île bien nommée est pourvue.
Nous nous arrêtons finalement déjeuner au nord de Cave Cay, devant une minuscule plage et un petit étang.
Nous sommes mouillés en léger décalé par rapport à la piste, heureusement, car elle est tout près! La baignade est comme d’habitude merveilleuse, mais nous ne sommes pas tous seuls dans l’eau, sans doute un requin nourrice. Un petit tour à terre pour voir la piste
l’étang, et la plage, puis nous repartons dans l’après-midi pour trouver un mouillage de nuit satisfaisant, à Little Farmer’s Cay.
Nous empruntons pour cela le Galliot Cut et faisons route à l’extérieur des bancs.
vue vers le Nord, et le Galliot Cut
Curieuse maison octogonale sur Big Farmer’s Cay.
Nous mouillons en plein courant, Loïc et les enfants s’amusent une bonne heure à marcher sous l’eau dans le courant, à jouer avec les vagues de sable sous-marines.
Tous les soirs, nous étudions nos cartes, car les îles et îlots sont très nombreux, nous faisons en ce moment 2 à 3 stops par jours pour explorer épaves, plages, grottes ou autres curiosités Tout cela s’organise : il nous faut aussi trouver pour chaque soir un mouillage de nuit qui convienne, suffisamment protégé, suffisamment de fond, pas trop de courant, en évitant les chenaux, très fréquentés, de jour comme de nuit.
Le coucher de soleil est comme toujours magnifique,et à l’heure de l’apéro, Anna elle aussi se prépare des cocktails….un demi-citron pressé, une orange, et un trait de Grenadine!
Cette nuit Arthur et Loïc vont dormir à la belle étoile! Arthur en rêve depuis depuis longtemps, et Loïc l’accompagne dans son aventure. Ils sont bien couverts, en pyjama, et avec un bon duvet avec capuche et la nuit s’annonce dégagée, pleine d’étoiles.
Nous n’irons pas nous balader au village,
le yacht Club de Little Farmer’s cay
et appareillons à 9h, car il nous faut longer aujourd’hui la longue île de Great Guana Cay. Nous commençons par contourner le Nord de Little Farmers Cay, et découvrons son bout de piste.Partout aux Bahamas, des épaves jonchent notre route. Le pays n’a sans doute pas les moyens de les déloger, alors elles restent là, à attendre l’épreuve du temps…
Il y a de nombreux mouillages sous le vent de Great Guana Cay, que nous testons les uns à la suite des autres.
White Point d’abord, et sa longue plage de sable blanc. De l’autre côté des dunes, elle est tout aussi belle. Comme il n’y a pas de courant, nous allons tous à la plage en palmes, masque et tuba : cela nous évite de mettre l’annexe à l’eau (puis de la remonter quand nous partirons d’ici une heure ou deux). L’opération prend entre 5 et 10mn au total. Et nager fait faire un peu de sport!
Nous trouvons des éponges échouées, et testons leur flottabilité.
Après ce petit plouf matinal, l’école reprend, jusqu’au déjeuner. Nous nous arrêtons à Jack’s Bays Cove, minuscule plage, et petit mouillage pour un bateau tout seul.
le drone de Loïc est mort… mais Victor nous prête le sien pour faire des images!
Là encore, des grottes à explorer,
du turquoise, du sable blanc, de la vie sauvage…
une raie sur la sable
Et après le déjeuner, nous mettons cap sur Black Point, une grande baie assez fréquentée, dotée d’un grand village, qui propose toutes sortes de services : laverie, pain frais, restos….
Juste avant la baie, curieuse architecture que ce « chateau ». Destiné peut-être à résister aux cyclones?
Nous croisons un de ces semi-rigides qui emmènent les touristes visiter les Exumas, lancés à 35 noeuds au moins Ils sont nombreux à sillonner les îles en speedboat.
Nous arrivons à Black Point, et repérons Banana, un catamaran qui fait un tour du monde en famille en 7 ans avec 4 enfants, et dont nous avons lu les récits de voyage, publiés depuis 10 ans dans des magazines spécialisés. Depuis la famille a vendu leur bateau et vient de sortir un livre A bord il doit s’agir des nouveaux propriétaires!
Nous avons rdv avec Luna Bay 2 et son équipage familial, avec lequel nous nous sommes promis de naviguer de concert quelques jours aux Exumas. Ce soir, c’est resto!
Pendant que les enfants jouent aux cartes, les adultes dégustent la bière locale en se racontant leurs vies. Tous pareils, et tous différents : quand nous rencontrons des familles en grand voyage, c’est toujours passionnant d’écouter les trajectoires de vie qui font qu’un jour, un papa et une maman tout ce qu’il y a de plus raisonnables, entrainent leur smala dans une telle aventure…
Pendant que dehors nous profitons de la soirée en terrasse (à se faire dévorer par les moustiques), à l’intérieur de ce resto type « diner » à l’américaine, c’est la clim à fond et la télé grand écran sur un match de basket! Culturellement parlant, nous sommes bien aux portes des US.
Nous ne manquons pas le lendemain d’aller acheter notre pain (à prix d’or, mais il vaut bien ça, d’autant qu’il est important de faire tourner le commerce local!) chez Lorraine, la maman de la restauratrice d’hier.
le pain de Lorraine
Devant l’adresse indiquée, Loïc trouve porte fermée. Il toque, on lui dit d’entrer, et il trouve une dame bien âgée qui tricote dans son salon…. Elle le fait venir dans sa petite cuisine, et là, des miches dorées tout juste sorties du four attendent les gourmands : garanti « fait maison! » Pain nature, et pain fourré à la chair de coco, un régal au petit dèj!
Nous quittons l’ile de Great Guana Cay, cap au Nord, et continuons à égrener les Exumas. Un petit stop à Gaulin Cay South, petit ilot anodin à la jolie plage. Au départ, nous nous y sommes arrêtés pour les grottes, annoncées sur la carte.
Mais quelle n’est pas notre surprise de voir des iguanes pointer leur nez sur le sable!
Nous mettons alors l’annexe à l’eau et filons explorer les lieux.
En effet, dès qu’ils entendent notre moteur, les iguanes sortent par dizaines de leurs cachettes.
Ils attendent sans doute qu’on les nourrissent. C’est pourtant bien interdit, toujours pour les mêmes raison que beaucoup de touristes ont du mal à comprendre : en nourrissant un animal sauvage, on le coupe de ses capacités à se nourrir dans son propre environnement, et par là-même, on l’affaiblit. Pour aider et préserver les animaux sauvages, en particulier ceux qui sont en danger d’exctinction, il faut donc s’abstenir de les nourrir.
Ces iguanes sont tellement peu craintifs que nous hésitons à marcher sur la plage, de peur qu’ils ne nous approchent de trop près Ces animaux ont de belles griffes, des dents acérées, et contrairement aux iguanes marins des Galapagos, ils ne sont pas végétariens!
Nous passons une bonne heure à observer ces animaux,
Nous observons aussi un couples d’Osprey (Balbuzards en Français), ces rapaces marins, les seuls à pêcher dans les estuaires, les lagons ou les lacs. A notre arrivée, l’un des oiseaux s’est envolé, nous a survolé,
inquiet, et est parti, peut-être pêcher.
L’autre est resté à poste sur son nid : il doit y avoir des petits ou des oeufs.
Nous partons à la recherche des grottes.
A notre retour, les iguanes sont toujours là. Sans doute un peu déçus que ne nous leur donnions pas de nourriture. Mais nous sommes stricts là-dessus, depuis que nous avons appris qu’un changement de régime alimentaire chez des animaux sauvages pouvait les rendre malades. Une équipe de scientifiques travaillant sur le jardin de corail de l’hôtel Taha’a Island Resort, en Polynésie Française a découvert que nourrir les poissons demoiselles avec du pain leur provoque un diabète. C’est pourtant une pratique que nous avons observé partout sous les tropiques.
En rentrant au bateau, nous levons l’ancre, et découvrons médusés cette drôle de forme à 1 mètre derrière la jupe .Tout près des moteurs, alors que nous reculons, je pense d’abord voir un tuyau de plomberie en plastique : inquiète pour les moteurs qui tournent, je donne l’alerte. Nous prenons la forme en photo, et l’étudions de plus près en images. Il semble bien que ça soit un organisme vivant, peut-être un pyrosome, sorte d’organisme pluricellulaire.Je fais quelques recherches sur internet, et tombe sur DORIS, ce site des Données d’Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la Faune et de la Flore Sous-Marine.
Ce formidable site recense une banque d’image très complète de ce qu’on peut observer sous l’eau, et propose même à ses membres de poser des questions d’identification. Comme nous avons de l’internet, je m’inscris, et poste donc la photo avec une question, … et reçois en moins de 24h une réponse!
Il s’agit de tout autre chose : une ponte de grand calmar. Les petits oeufs (des boules bleues) sont reliés entre eux en spirale transparente, et flottent au gré des courants. Whaou, nous avons pris quelque chose aujourd’hui!
Nous reprenons cap au Nord, visant d’être en fin de journée à Staniel Cay, le coeur d’activité des Exumas. Plusieurs raisons expliquent cette fréquentation : une marina, un yacht-club sympathique, quelques commerces, et de nombreux mouillages. Et en terme d’activités, de jolies petites plages, la célèbre grotte de Thunderball ( James Bond n°4) mais surtout l’attraction majeure, ce sont les cochons nageurs, qui sont sur touts les dépliants publicitaires des Bahamas. Nous sommes tous curieux de voir cela!
Nous passons d’ailleurs notre première nuit à Big Major Spot.
le mouillage de Big Majors Spot
Effectivement, les cochons sont bien là! Mais c’est un défilé de hors-bord, d’annexes et de bateaux de charter.
Nous passons la nuit dans ce mouillage très fréquenté, en particulier par les super-yachts.
Nous changeons de mouillage le lendemain pour être au plus près des grottes et du Yacht-Club.
La grotte se visite de préférence à l’étale de marée basse, pour avoir un accès plus aisé par ses deux entrées principales, et éviter le fort courant de marée. Nous finirons pas aller la visiter 3 fois tellement elle plait aux enfants.
Il faut dire que le site est impressionnant, et facile d’accès via la première entrée.
La seconde est plus délicate, car elle n’offre qu’un mince filet aérien vers l’extérieur, et donne sur un fort courant traversier : l’îlot se trouve en effet juste devant un chenal à fort courant.
la seconde entrée
La troisième sortie/entrée se fait par un passage sous-marin à 3m de fond, et la quatrième, par un étroit tunnel coudé sous-marin lui aussi. Il y a donc que quoi ravir les explorateurs sous-marins en herbe.
La grotte dispose aussi d’ouvertures verticales qui laissent la lumière entrer à flots, ce qui a donné naissance à la célèbre scène du sauvetage de James Bond dans « Opération Tonnerre » (« Thunderball » en Anglais). Film que nous ne manquons pas de visionner le soir-même avec les enfants! La scène finale de bataille sous-marine avec fusils de chasse est plutôt originale pour l’époque ( 1966!)
Nous explorons aussi la grotte vue d’en haut.
Le soir, nous avons la visite d’une famille française sur le voilier Penn Gwen : j’avais croisé les parents Flora et Aurélien lors de la formation médicale ATMSI quelques mois avant notre grand départ. Ils ont suivi notre blog pendant les 6 premiers mois de notre voyage, puis sont partis pour un tour de l’Atlantique en 2 ans, avec de longues escales en Afrique et au Brésil. Nous avons presque le même programme en ce qui concerne la route retour, et allons donc naviguer ensemble quelques journaux Bahamas puis nous retrouver encore aux Acores. Ils ont 2 filles de 6 et 11 ans, Mélisse et Erell.
l’équipage de Pen Gwenn
Nous allons à terre explorer les infrastructures du Yacht-Clubune marina quelques charmants bungalows sur pilotis , un resto à la carte bien alléchante (et pas hors de prix pour une fois), un mini port pour les annexes, des petits Boston-Whalers à louer, et les célèbres requins nourrices « demi-apprivoisés ».
Nous déjeunons au resto le midi avec toute l’équipe de Luna Bay 2, et nous régalons d’un bon hamburger, dans une jolie salle de restaurant climatisé vue mer, c’est TOP!
Puis nous partons tous ensemble nous balader sur l’île de Staniel, à la recherche des petits commerces. Nous rentrons bredouilles, avec seulement du main de mie, mais avons vu des jolies maisons typiquesdes jardinets un peu secsl’église du village, des bungalows à louer…
Nous repartons pour Big Major Spot, les enfants nous ayant convaincus qu’il fallait aller rendre visite aux cochons.
C’est effectivement une attraction touristique. Les cochons ont été déposés là il y a quelques années, semi-sauvages, ils sont tout de même nourris par les habitants, mais surtout par les bateaux de passage, qui arrivent avec des légumes et du vieux pain.
Ils sont tous l’air paisibles,en particuliers les petits, très joueursmais dès que quelqu’un arrive avec de la nourriture, l’excitation monte…
Comme ici, avec ces 3 imprudents qui arrivent à terre avec un grand sac de carottes. En moins d’une minute, une des dames est à terre, un des gros cochons lui a sauté dessus, ses deux pattes avant sur le buste et ba-da-boum… elle peine à se relever, pendant que les cochons lui boulottent sa nourriture….
Puis Big Mama Karma sort de sa tanière. Des pancartes nous mettent en garde contre la grosse truie, sans doute chef de meute, réputée agressive, en particulier en présence de nourriture.
Ca y est « Mama Karma » est à l’eau! Méfiants. nous nous replions tous dans les annexes, d’autant plus qu’un gros semi-rigide arrive avec des sacs de nourriture. Les cochons se précipitent, les plus gros mettent sur 2 pattes avant sur les boudin, moins pour monter à bord que pour accéder en primeur aux croutes de pain…
Nous rentrons à bord, peux convaincus par les cochons-nageurs…cela dit, ils sont très propres!!
Le lendemain, nous Quittons Staniel après y avoir passé 3 nuits, direction le Nord toujours : nous sommes aux portes du « Exumas Land and Marine Park », le parc naturel dont tout le monde vante la beauté.
A suivre….
Les îles de Turks et Caïcos sont sur notre route entre les Iles Vierges et les Bahamas : il serait dommage de ne pas s’y arrêter quelques jours. Géologiquement, elles font partie du même ensemble que les Bahamas, avec des îles basses, de formation calcaire, aux petites falaises blanches, et aux roches volcaniques, semées de grottes, plantées de mangroves et regorgeant de bancs de sables. Turks et Caïcos forment désormais un état indépendant, peuplé de descendants de pirates, d’esclaves et de loyalistes, ces américains restés fidèles à la couronne britannique au XVIIIème siècle. Le tourisme s’est beaucoup développé au nord de l’île de Providenciales, dans les Caïcos, avec une dizaine de grands resorts comme le Club Med, le Méridien…et plusieurs marinas. La plongée est l’activité la plus prisée.
Pour notre part, il nous tarde surtout de naviguer sur le banc des Caïcos, et de découvrir son légendaire bleu turquoise : nous sommes aux portes des Bahamas!
navigation dans le banc des Caïcos
Le soleil se lève, et nous arrivons dans la matinée à Turks, l’île principale administrativement parlant. Loic se dépêche d’aller à terre effectuer les formalités, car nous sommes samedi matin, en plein week-end de Pâques!
Coup de chance, un cargo vient d’effectuer sa livraison à South Base, le port d’entrée de Turks, et nous profitons de la disponibilité des agents de l’Etat. Nous sommes mouillés devant une jolie plage, bordée de petits bars et restaurants, et encadrée par le quai des cargos, et le quai des paquebots : l’ensemble est sympathique, mais nous apparait bien calme pour un samedi.
Une fois les formalités effectuées, nous allons à terre nous baigner et découvrons à notre grande surprise que tous les bars et restaurants sont fermés : ils n’ouvrent que lorsqu’un paquebot est en rade! Nous sommes en effet mouillés devant ce que l’on appelle un « cruise ship center » : bordant la plage, cela ressemble à un grand hôtel, avec des centaines de transats, des boutiques, des bars, restos etc….. qui n’ouvre que le jour de passage d’un paquebot.
Nous décidons de monter un peu plus au Nord vers Cockburn, la « ville » principale , et descendons à terre nous balader. Nos mouillons devant un bâtiment qui semble tout neuf : Il s’agit en fait du marché, dont le toit est surmonté d’un cactus ces fameux « Turk’s heads », dont la pays tire son nom : Turcs (pour les cactus « turk’s heads » ) et Caïcos (pour caya-hico, qui désignait en Lucayen, la langue des indiens indigènes «un chapelet d’îles). Nous descendons à terre à la recherche d’un marchand de glace pour les enfants. Les rues sont quasi-désertes, les magasins fermés
ou délabrés
le quai impraticable. Nous avons l’impression de nous promener dans une île-fantôme. Ce qui subsiste du « jardin botanique » est fermé,le musée aussi… C’est dommage, car il expose plus de 2000 objets provenants du naufrage du « Molasses » la plus vieille épave du nouveau monde, une caravelle qui date de plus de 400 ans, antérieure à 1513 en tous cas. Nous aurions tous beaucoup aimé pouvoir observer ces objets, l’ancre, les armes, poteries, etc….
Tout ici semble à la fois délabré et à l’abandon.
Nous réalisons alors que les ouragans Irma et Maria qui ont dévasté les Caraïbes en Septembre dernier sont aussi passés par les Turks et Caïcos, détruisant beaucoup des infrastructures de Turks, Salt Cay et Sandy Cay. Ce ne sont pas les îles les plus touristiques, à part South Base dont le Cruise Ship Center a été presque entièrement détruit, et reconstruit en un temps record, business oblige!!
A Turks, la moins touristique des îles on remarque que beaucoup de commerces n’ont pas rouvert,
et que de nombreux bâtiments sont très endommagés. Quelques petites maison de bois subsistent de l’ancien temps,
et derrière le bord de mer, des étangs salés s’étirent sur une longue distance, donnant à la ville un air de village du Far-Ouest abandonné…
Nous ne restons pas longtemps, attristés de ce qui semble être une ville hantée…et décidons de repartir passer la nuit à South Base : ce n’est pas glamour, avec pour voisin un cargo en plein déchargement, mais la baignade y est bonne!….et les eaux vraiment transparentes et turquoises!
Puis le soleil se couche… C’est l’heure de l’apéro!Demain, nous serons le dimanche de Pâques.
Au programme du petit dej : chasse aux oeufs! IIs sont partout : sur l’hydro-générateur,
dans l’enrouleur de solent,
sur le charriot de GV
… et même dans les pancakes, fourrés au chocolat ce matin.
Nous appareillons vite pour Salt Cay, qui s’avère être littéralement dévastée par les cyclones de septembre dernier,
y compris la célèbre « White House » de la famille Harriott, des marchands de sel qui, lassés de voir leur maison détruite cyclone après cyclone, ont décidé de la reconstruire originalement dans les années 1830’ : une structure en forme de coque de bateau, un peu arrondie, comme une proue de bateau. Les entrepôts se situaient en bas, et les habitations à l’étage. Une réussite, car la maison tient toujours debout! Un bon coup de peinture, des réparations sur le toit, et elle sera de nouveau pimpante. Nous ne nous arrêtons finalement pas, car le mouillage n’est pas très clair, beaucoup de têtes de corail affleurent, et l’île a l’air encore plus morose que sa grande soeur.
Nous poussons jusqu’à Big Sand Cay,
une réserve naturelle, paradis des oiseaux et des lézards.
Là, les dégâts des cyclones ne se laissent pas voir, la plage est intacte et sauvage à souhait. Nous passons le reste du week-end à nager, jouer, nous promener…
Comme l’île est classé réserve naturelle, nous ne nous aventurons pas plus loin que l’estran, qui offre un terrain de jeu magnifique. Nous nous éclatons dans les vagues, en bodyboard et body-surf,
Puis les garçons sortent leurs skimboards, Victor ride les vagues sur l’un des meilleurs spots de skimboard qu’il ait vu!
Quelques unes de ses acrobaties valent le coup d’oeil! Anna et moi observons avec attention les débris laissés par les vagues : de très nombreuses gorgones, des coraux des coquillagesdes éponges de toutes formes et de densités différentes.
Je croise aussi quelques lézards, qui lézardent justement au soleil.
Nous avions aussi remarqué les traces laissées sur le sable.
Et voici une drôle de plante, une herbacée, tout à fait ordinaire, si ce n’étaient ses fruits, sortes de petites boules équipées de piquants courbées et crochus redoutables pour les pieds nus.
Nous passons 24 heures merveilleuses dans ce petit paradis.
Après un après-midi sportif, Loïc envoie le drone pour explorer les terres.Le petit phare semble détruit.
Dans le petit lagon Est, une véritable nurserie de poissons s’organise.
Pas d’iguane en vue. Mais nous n’irons pas les débusquer, et les laissons en paix dans les buissons;
La nuit est belle et la lune nous accompagne. Nous appareillons à 2h du matin pour contourner le banc de Caïcos par le Sud : pas question pour nous de naviguer de nuit dans ce dédale de bancs de sable et de coraux. Nous sommes toujours heureux de naviguer sous une belle lune qui éclaire les voiles, la mer, les côtes….Au petit matin, la lune est toujours là!
Nous faisons une courte escale matinale à French Cay : sur la plage, une épave!
Nous partons pour un snorkeling sympa, le premier d’une longue série en eaux turquoises et transparentesDepuis quelques jours, Anna se lance sous l’eau en apnée. Ses progrès sont rapides, et la voilà qui plonge à 3m de profondeur.
L’eau turquoise et les fonds si transparents y sont certainement pour beaucoup : on a l’impression aux Caïcos de nager dans une piscine! Les coraux sont superbes.
Les éponges aussiDe nombreux barracudas rodent, mais nous ne les intéressons pas.
Victor s’amuse à marcher à l’envers sous l’annexe.
Après cette pause rafraîchissante, nous hissons de nouveau les voiles, pour une quinzaine de milles à de navigation sur le banc des Caïcos Nous venons de repérer ce qu’on appelle un « blue hole », sorte de cavité profonde toute ronde.Une fois n’est pas coutume, les vents sont légers en ce moment, nous naviguons grande voile haute
sur une mer lisse, quel bonheur!Ca nous change du régime d’alizé que nous avons connu pendant les trois quarts de notre tour du monde, où nous naviguions le plus souvent dans 15 à 25 noeuds de vent, par 2m de creux!
Ici, nous sommes grand largue, et marchons tout de même à 6-7 noeuds, dans 8-9 noeuds de vent, par moins de 3m de fond! Les sensations sont grisantes, et Loïc lance son drone en navigation.
Moby sous voile dans le banc des Caïcos
C’est chouette d’immortaliser de telles images
à la voile dans le banc des Caïcos
On se sent tout petit….Nous arrivons en fin d’après-midi à Providenciales Island, appelée « Provo » par les initiés.
Nous mouillons à Sapodilla Bay, qui ne nous emballe pas plus que cela. C’est très joli, une petite plage touristique, de belles villas qui se succèdent sur le bord de mer… Mais c’est aussi très résidentiel ; pas un commerce en vue, ni un bar ou resto de plage.
Les grandes belles plages, les petites îles et l’animation sont sur la côte nord de Provo; mais il nous faudrait faire un détour de plus de 40 NM vers le l’ouest, le Nord, puis l’Est, et revenir enfin pour effectuer notre clearance départ à Sapodilla….
Nous n’en avons malheureusement pas le temps, car nous sommes attendus au plus vite aux Bahamas, où mes parents ont loué un bateau, pour une navigation en tandem de 2 semaines, comme on les aime.
Nous partons à terre faire notre approvisionnement. C’est important, car les Bahamas, notre prochaine escale pour un mois, n’ont pas très bonne réputation en ce qui concerne les appros : très chers, peu de produits frais et de variété. Notre guide (Edition mise à jour en 2015) parle d’une supérette tout proche, nous tentons de l’atteindre pied. Après 20mn de marche en plein soleil, nous doutons… En effet, elle a fermé, et déménagé… en ville, à 5km de là! Heureusement, un automobiliste s’arrête et nous prend en stop. Comme nous l’apprendrons plus tard, c’est très courant ici aux Turks et aux Bahamas de prendre en stop des passants, car les distances sont souvent grandes entre les villages et les commerces, et l’entraide est de rigueur! Il nous dépose en ville et nous explique comment trouver un vrai » faux » taxi qui nous ramènera pour 10 dollars à notre bateau au retour. Il suffit d’attendre devant le supermarché avec notre caddie, d’attendre qu’une voiture banalisée nous fasse un discret signe, et hop. En moins de 5mn, nous avons notre « taxi », une sorte de « UBER » à l’ancienne! Nous revenons les bras chargés de beaux fruits frais-tous importés, mais là, il n’y a pas le choix, il semble qu’ici rien ne pousse!
retour de courses
Comme nous avons fait le check out ce matin, plus rien ne nous retient, nous sortons du lagon avant la nuit, et allons mouiller pour quelques heures à l’ouest de West Caïcos. En longeant la plage, nous découvrons médusés un immense complexe touristique à l’abandon villas,appartement, nous comptons pas loin de 200 baies vitrées (200 chambres?)
Tout est à l’abandon. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agit d’un investissement du prestigieux Ritz-Carlton, que la crise financière de 2008 aura stoppé de plein fouet dans son développement.
au premier plan, la marina, et le resort plus loin sur la côte
Il y a même une petite piste d’aviation.
Plus loin sur la côte nous trouvons la marina; elle aussi à l’arrêt.Nous faisons nos curieux et entrons. Le gardien, très gentil, nous propose même de nous amarrer à son ponton. Il a l’air content d’avoir de la compagnie!
La marina est tellement grande que nous pourrions même y mouiller!
L’idée est sympa, mais des orages passent à l’horizon, et nous ne voudrions pas être coincés sans pouvoir sortir. Nous observons même des débuts de trombes d’eau, avec des « tétines » qui descendent du ciel.
Nos décidons de mouiller pour quelques heures sous la côte de West Caïcos. Il y fait un calme plat, et nous nous offrons un snorkeling superbe sur le tombant et dans des grottes.
Le soleil se couche, sur un ciel un peu chargéNous allons nous mettre au lit quelques heures, et appareillons à 2h du matin pour Mayaguana, notre port d’entrée des Bahamas, où nous arriverons de bonne heure le lendemain.
Ce qui nous frappe dès que nous arrivons sur l’une de ces magnifiques plages des Seychelles c’est que le sport préféré des touristes est le Selfie : le plus souvent en couple (la destination est très prisée des jeunes mariés en voyage de noces et autres amoureux en vacances à deux), mais aussi en solo, pour instagrammer la toile de vues de dos (la grande tendance cet été, sisi!)J’en apprend beaucoup sur la manière de montrer une cuisse fuselée en image, de masquer son estomac en posant de côté…Je découvre des voyageurs très organisés qui remballent dans leur sac de plage des accessoires de pro : selfie-sticks étanches pour se photographier dans les vagues, pieds escamotables pour de vrais portraits de couple de pied, drone pour s’immortaliser comme seuls sur la plage, ou qui font des milliers de kilomètres avec des licornes ou des cygnes roses gonflables… Car quand on vient passer des vacances aux Seychelles, il faut aussi le montrer, il faut que sa se sache et que ça soit beau, quitte à se mettre en scène…
Selfie en marchant?eh non! : Monsieur filme madame qui avance à reculons…
Nous nous sentons… décalés… Depuis 18 mois que nous sommes partis en grand voyage, les Seychelles représentent sans doute la destination la plus touristique que nous ayons fréquentée. Touristique dans le sens « tourisme organisé » : pas un backpacker (à 300 euros la nuit dans un 2 étoiles, ça décourage…), ni un touriste local (le pays ne compte que 90 000 habitants) : il n’y a guère de place que pour un tourisme de couple haut de gamme dans des hôtels de luxe. Bien que ce soit les vacances scolaires en Europe et aux Seychelles, nous détonnons un peu avec notre marmaille …et croisons beaucoup de mariés…
mariage à Anse Volbert, Praslinphotos de mariés à Anse Georgette, Praslind’autres mariés à Anse Lazio
A part nos amis de COOL RUNNINGS et de SHUTI , qui nous ont suivi depuis les Chagos, nous ne croiserons pas UN SEUL autre voilier de grand voyage comme le notre : il semble que les navigateurs aient renoncé à cette destination, particulièrement bureaucratique et chère pour les yachties. Le pays sort tout juste de 40 années de régime autocratique et prend tranquillement le chemin de la démocratie. Cela reste un communiste très édulcoré , plutôt joyeux et accommodant : du travail pour tous, en particulier aux poste de contrôles (j’ai rarement vu autant de policiers, gardes, contrôleurs en tous genre, inspecteurs…..), une éducation pour tous, une médecine gratuite, un accès limités aux investisseurs étrangers….
Le revers de la médaille, c’est qu’après avoir pendant des années investi seulement dans le tourisme hôtelier haut de gamme, le dernier président a livré le pays aux investisseurs du Golfe Persique. Depuis, 40% de la compagnie Air Seychelles a été cédé à Etihad, de colossaux investissements ont été faits dans des villas et commerces de luxe, et petit à petit, une main-d’œuvre étrangère supplée les travailleurs Seychellois. Il faut dire que la jeunesse du pays est affreusement touchée par la drogue : il se dit que plus de la moitié des moins de 35 ans sont dépendants à l’héroïne. Engendrant des grossesses trop précoces, et de nombreux orphelins. Nous croiserons à la marina nombre de ces jeunes hommes shootés, venus chercher des petits boulots et ouvrant l’oeil sur les rapines possibles. Par ailleurs, les casinos vides pullulent : signe de blanchiment d’argent, essentiellement en provenance de Russie et du Golfe persique. En échange de cette main-mise économique, les investisseurs du golfe ont financé des services hospitaliers, des orphelinats, des éoliennes dernier-cri, une centrale thermique, un tout nouveau centre d’entraînement de gardes-côtes…
En haut de la montagne qui surplombe Victoria, celle immense bâtisse, qui détonne tellement avec l’architecture créole et les élégantes villas du bord de mer : la résidence du Sheik Khalifa d’Abu Dhabi, ….
Gageons que les Seychelles restent gagnantes dans ce rapport de force, gardant leur authenticité et leur style de vie si attachant.
Si nous avons choisi cette destination, c’est pour pouvoir facilement profiter de la famille et des amis, à seulement 10 heures d’avion de Paris, en vol direct : ça faisait bien longtemps que Moby n’avait été si accessible!
Les première formalités sont vite réglées dans la matinée de notre arrivée, et nous mettons cap sur la marina d’Eden Island,
la marina D’Eden island
immense complexe de villas haut de gamme à plusieurs millions d’Euros.
Le complexe d’Eden Isand
Plage artificielles, entrée sécurisée, déplacements en voiturette, place de ponton devant la maison, vie en autarcie avec supérette, restaurants, boutiques, médecins : ET ça plait!
la marina est toute neuve, super propre, et on y croise même des tortues!
Nous commençons par accueillir nos amis de longue date Anne et Erwan,
avec leurs filles Gwenn et Liz, ma filleule.
Erwan et GwennAnne et Liz
Plus que des amis, ils font presque partie de la famille : ils sont parrain et marraine des enfants, nous les avons souvent accueillis à Maurice quand nous y habitions, et avons déjà partagé de belles croisières aux Antilles il y a plus de 20 ans.
L’avitaillement est facile : le marché de Victoria est à 10mn en voiture.
au marché de Victoriacamarons rôtis, petsaï sauté au gingembre, achard de mangue au bilimbi
Je fais le plein de vitamines et retrouve avec plaisir les produits préférés de l’Océan Indien : limons, camarons, chatinis, bananes mamz’elle, ananas Victoria, cotomili, petsaï…
régime de mini-bananes « Lady Finger »
Les enfants s’activent aussi et participent : Arthur m’accompagne au supermarché : ses talents de pilote de caddie me sont précieux!
de retour du supermarché
Victor, avec ses épaules solides, revient du marché bien chargé
Anna m’aide à briquer la cabine de nos invités.
Les enfants sont heureux de se retrouver, ils se connaissent depuis toujours.
Et Anna est particulièrement excitée de se retrouver avec des grande filles : ça lui change de ses deux frères!
Gwen et Liz découvrent les plaisirs de la chaise de mat.
Le temps n’est pas au beau fixe, il pleut plusieurs fois par jour!
Enfin, nous quittons la marina pour un premier plouf à Ste-Anne!
Déjà quelques hôtels et chambres d’hôtes
Le lendemain, nous filons vers notre premier mouillage, et longeons la côte nord-est : les quartiers chics, et de belles maisons
spectaculaire demeure : on dirait une Malouinière croisée avec une maison créole!
Erwan est à la barre, serein! Holidays!
Non loin de Beauvallon, nous nous arrêtons sur une petite plage, pas touristique, secret bien gardé des locaux…
L’avantage de ce ciel partiellement couvert, c’est qu’il nous offre de très beaux couchers de soleil
Le lendemain, nous mettons cap sur l’île de Praslin, réputée pour ses plages si photogéniques.
Nous passons l’après-midi à l’Anse Georgette, qui jouxte le célèbre Hôtel Lémuria. Les enfant s’éclatent dans les vagues.
La descente en annexe est impossible, comme sur la plupart des plages des Seychelles, le shore-break est important.
En effet, ces iles granitiques ne sont pas protégées par une barrière de corail, et leur rivage laisse passer la houle, un peu comme aux île Marquises.
Nous dormons au mouillage de la fameuse anse Lazio,
le soleil de fin de journée est très beau. En l’honneur de nos invitées (qui voyagent léger mais ont tout de même apporté quelques jolies tenues), nous décrétons que Tous les soirs sur Moby, les robes seront de sortie!
Le lendemain matin, nous partons entre filles explorer en SUP les différentes criques de l’anse Lazio.
Les enfants reviennent d’une expédition…
Nous retournerons plusieurs fois à l’Anse Georgette, décidément notre plage préférée des Seychelles.
D’abord parce qu’elle est si photogénique,
de petite taille,
et accessible uniquement par la mer, par un chemins de randonnée, ou via l’hôtel Lémuria. Pas de route.
Les bateau de charter ne s’y arrêtent pas, et seuls quelques bare-boats (locations de cata sans skipper), s’y arrêtent quelques heures, mais jamais pour la nuit, ce qui fait que nous seuls au mouillage tous les soirs et tous les matins. La plage est déserte jusqu’à 9-10h, heure à laquelle apparaissent les premiers touristes.
L’exception c’est un matin où nous voyons dès 7h du matin une table être dressée sur la plage : ce sont des clients du très chic hôtel Lémuria venus en famille prendre le petit déjeuner sur la plage déserte!
Les vagues enchantent les enfants, qui s’éclatent en bodysurf, en bodyboard et en skimboard.
Sous les yeux d’Anne et Erwan en maître-nageurs/sauveteurs
Les enfants participent à la vie du bateau :
Arthur initie Liz au remplissage des bouteilles d’eau via le goutte à goutte du dessalinisteur, ou via les tuyaux de récupération d’eau de pluie
Gwenn assiste Erwan au mouillage de l’ancre.
Liz m’aide à la confectoin des pains pita. En effet le four est en panne, alors j’ai eu l’idée de tester ces petits pains que l’on cuit à la poèle. Parfait!
Nous continuons à explorer les îlots autours de Praslin; Félicité est particulièrement photogénique avec ses gros rochers granites et striés, et ses villas de luxe flanqués sur les coteaux. La clientèle arrive en hélicoptère : Son rivage est réputé pour son snorkeling. Nous sautons à l’eau en palmes, masque et tubas : en effet, les poissons sont superbes, très colorés,
Dory!
poisson-chirurgien « powderblue »
poisson-papillon
poisson chirurgien
poisson coffre
poisson napoléon
poisson perroquet
poisson ange-empereur
bone-fish
Sergent-major
Carangues Bleues
mais les coraux sont très décevants : ils ont été blanchis par les vagues successives de chaleur des années El Nino.
Je pars explorer la petite plage.
L’hôtel est très joliment décoré dans un style ethnic-chic
Les vagues déferlent sur la minuscule plage
Nous partons le lendemain explorer la Digue, la plus petite des 3 îles principales des Seychelles.
La manoeuvre d’arrivée dans le port est tout un art!Pas de quai, on s’amarre à la méditerranéenne, ancre devant et aussières à terre.
Les catas entrent au chausse-pied, se glissant les uns entre les autres en se poussant de côté, c’est folklorique!
Heureusement, nous nous sommes mis un peu à l’écart avec les monocoques, et n’avons pas de voisin pour l’instant.
Malheureusement , il y a pas mal de vent de travers, il nous faut aller mouiller une seconde ancre pour ne pas tomber sur notre voisin.
A la Digue, on ne circule qu’en 2 roues.
Il y a encore une dizaine d’année, on y trouvait des char à boeufs, mais ils ont été remplacés par des voiturettes électriques-certaines sont joliment customisées!!, ou de curieux petits camions aménagées en minibus.
Les enfants sont tout excités de faire du vélo. Je prend Anna en tandem, elle est ravie!
Ca me faire du sport : en effet les pédales sont bien trop loin pour elle, et je pédale pour 2.
Loïc reste à bord : en effet, le vent souffle, et il est probable que des nouveaux bateaux arrivent de part et d’autre de Moby : il vaudra mieux être à bord en cas de manoeuvres. Nous partons sur les petites routes de la Digue!
Les vélos ne sont pas chers mais d’une qualité médiocre! Arthur déraille 3 fois,
Erwan manque de chuter : sa roue est voilée et prête à se détacher. Mais le service après-location est au TOP, et on arrive nous dépanner en 5 minutes.
Nous arrivons tant bien que mal dans le sud de la Digue et ses plages sauvages!La mer est démontée, nous sommes sur la côte au vent. Nous arrivons à Grand Anse
traversons un gué, puis un petit col,
et nous voilà à Petite Anse
Le sable est fin comme de la farine, on s’enfonce jusqu’à la cheville!
le Beach Bar
Le chemin côtier fait presque tout le tour de l’île, et je serais bien restée l’explorer à pied, mais les enfants veulent se baigner sans se faire brasser…. Comme tous les touristes autour de nous, nous profitons de ce cadre majestueux pour faire quelques photos souvenir :
et faisons demi-tour : cap vers Anse Source d’Argent, la plus célèbre plage de La Digue.
Il nous faut passer par le parc qui abrite un petit jardin botanique
et des cultures de vanilleDevant l’enclos aux tortues, les enfants ne peuvent rester indifférents, et donnent quelques feuilles à ces gros reptiles ancestraux. Ces tortues sont endémiques des Seychelles, et préservées au sein de parc comme celui de l’île Curieuse où nous irons bientôt, ou comme sur l’île d’Aldabra, réserve naturelle protégée, et la plus grande concentration au monde de tortues terrestres.
Nous continuons, et arrivons à destination.Une première plage,
puis une autre crique : les enfants sautent à l’eau. Anne, Erwan et Gwenn se reposent et s’offrent un shooting photo dans ce cadre idyllique.
Je pars explorer la côte avec les plus jeunes. Nous passons par un dédales de roches,de passages secrets, de mini-criques,
de plages désertes,
et tout au bout, la fameuse plage de Source d’Argent avec son bar à cocktails vitaminés.
Au retour, en pédalant, nous profitons de la vue et du chemin,parsemé de charmantes maisons créoles,
chambre d’hôtes, petits hôtels,
chapelles,cases créoles colorées,
églises
et bars à jus….etc…
Ce soir, c’est pizza pour les enfants, et resto pour les grands. On nous a en effet recommandé le Fish Trap pour un dîner sur la plage.Déjà 8 jours que nous préparons 3 repas par jours pour 9 personnes : Anne et moi sommes ravies de nous faire servir!
Pour l’occasion, nous sortons les robes dos-nus.
Santé!
Bien souvent, en mer, nous observons plusieurs fois des ailerons à la surface. Les paris sont ouverts : dauphins, requins, ?? Ce sont en fait des raies aigle léopard.
Nous en croiserons très souvent.
Totalement inoffensives car très craintives, il est fort improbable qu’elles nous blessent de leur dard.Loïc en sauvera même une de l’asphyxie : la pauvre a sauté sur le ponton de la marina! Elle frappe le sol de ses ailes, mais ne parvient pas à rejoindre la mer.
Les enfants ébahis en profitent pour observer son corps massif et son bec de dauphin.
D’un coup de rame, Loïc la soulève et la fait glisser dans l’eau. Quelle coup de stress pour le pauvre animal.
J’ai rapporté de Bali des paréos pour les filles! Nous les essayons en jupe,
et DJ Erwan nous met la Zik! Ambiance « choré » à bord de Moby!
Nous sommes de retour à Georgette, sur Praslin, car le garçons veulent aller jouer le lendemain au Golf du Lémuria.
Encore une fois, c’est l’éclate dans les vagues, qui sont assez grosses ce soir.
Je profite d’un allez-retour au bateau pour ramener des bières : ce soir, nous prenons l’apéro sur la plage au coucher du soleil.
Tous le monde se lève tôt demain, car aller au golf depuis Moby, c’est tout une aventure! Loïc est allé chercher sur la plage s’il trouvait des balles perdues….
Pas moyen de descendre en annexe, les gars iront donc à la nage, avec leurs affaires dans un sac étanche.
Ils sont très organisés : une fois à terre, petit rinçage au bidon d’eau douce, habillage, et c’est parti!
C’est un très beau 18 trous, assez technique, plein de dénivelés et de plans d’eau :
Le clou du parcours, c’est le trou n’° 13, dont voici le départ surplombant la mer :
avec un dénivelé de 70m, et green…en contrebas. Ver-ti-gi-neux!
Pendant ce temps, nous préparons un pic-inc ;
Là non, plus, ce n’est pas une mince affaire que d’amener tout cela à terre.
Après le sport, et quelques heures en plein soleil, une petite sieste s’impose!
Nous faisons escale à Ste-Anne, et sommes accueillis dans la petite marina de Dream Yacht Charter, Parcequ’ il nous faut nous avitailler de nouveau, et que c’est aussi le moyen le plus pratique pour aller demain visiter la vallée de Mai.
En attendant, Valentine, une jeune femme de Praslin nous a proposé de cuisiner pour nous. Nous sautons sur l’aubaine : mieux qu’au restaurant, nous nous régalons d’un BBQ de babonne et poulet, de pommes de terres, d’un curry de poulet, avec achard de papaye, salade composée, riz aux légumes, le tout superbement préparé dans des barquettes fort pratiques et chaudes!
Génial, le take-away à la Seychelloise!
En général, le midi à bord de Moby, je cuisine vite fait, car le temps manque et que nous sommes actifs. J’assemble rapidement une salade composée, ici aux pois chiches, détaille des crudités, et sors du pain, du beurre, du fromage et de la charcuterie pour les sandwiches (buns, pain de mie, pita ou wraps etc…)
Ce matin nous partons pour la vallée de Mai, seule réserve naturelle terrestre des Seychelles avec l’île d’Aldabra. C’est aussi le plus petit territoire classé au Patrimoine Mondiale de l’Unesco. Sa particularité : abriter le célèbre Coco de mer (appelé aussi plus vulgairement Coco-fesse), palmier endémique de Praslin, dont la noix a une forme aussi évocatrice.
Nous partons avec Valentine, notre guide pour la matinée, à la rencontre des ces géants tropicaux, qui peuvent vivre plusieurs centaines d’années.
pied femelle chargé de petits ovulespied male avec ses longs cheveux
Il y a les pieds mâle et les pieds femelles.
pied femelle fécondé de noix
Il y a aussi les différents appendices que nous présente Valentina:
appendice mâlefruit : la noix du coco de mer
Cette visite est surtout l’occasion de déambuler dans une nature bucolique,
sous la fraîcheur des arbres dont la canopée monte à près de 30m!
Les enfants sont captivés par l’histoire du coco de Mer : la noix mature et pleine pèse pas loin de 25kg.
Nous découvrons aussi d’autres espèces et petits animaux endémiquesLe retour se fait comme l’aller : en bus! Il ne reste de places qu’à l’avant, et dans la vertigineuse descente en lacets qui nous mène des hauteurs de Praslin au port de Ste-Anne, je me crispe plus d’une fois aux poignées!
Nous quittons Praslin pour rejoindre Mahé. Erwan attend depuis 8 jours que la ligne fuse, et ça y est! C’est un thon blanc, (Abacore en Francais, Yellow Fin en anglais) d’une dizaine de kilos
: ce qui se fait de mieux pour les sashimis! Erwan ferre la bête, la remonte,
Loïc la gaffe, et je lève les filets
un vrai travail d’équipe.
J’ai déjà en tête le menu qui suivra : trilogie de thon : sashimis, makis et mi-cuit de thon.
Et pour les enfants : nuggets de thon aux herbes, ils en raffolent
Yellow : c’est la couleur du jour!
Nous arrivons à Mahé, nous passons devant les îles de St-Anne et de Cerf où l’on distingue hotels de luxe et villas sur la plage.
Encore une fois, Moby est envoyé sur le ponton des super-yachts : nos voisins sont ce yacht de surveillance et d’assistance du sheik disposant d’impressionnants systèmes de communication…, un catamaran de 25m, et des bateaux de pêche au gros rutilants de chrome.
la marina D’Eden island
Nous fêtons aujourd’hui l’arrivée de mon frère Thomas, son amie Sonia ainsi que mes parents. Ils ont affrété pour l’occasion un Lagoon 52 chez Dreamyacht, avec skipper et hôtesse pour une navigation en tandem.Un pied de plus que Moby, mais un volume et des espaces de vie bien plus importants.Chaque soir, nous nous retrouverons tous ensemble à bord de Colombo;
dîner des enfants
Nous profitons de ces 24h à la marina pour faire une petite toilette à Moby.
Erwan met la main à la pâte
Le soir les filles se font belles en l’honneur des nouveaux arrivants.
Les garçons ne sont pas mal non plus!
Nous partons pour les 5 jours qui viennent faire le tour de Mahé. Toujours, sur la côte, des villas toutes plus originales les unes que les autres; style créole ou moderniste, elles s’intègrent toujours parfaitement dans le paysage.
Port Launay fait l’unanimité! : et pourtant,ce n’est pas facile de plaire à tous. Nous sommes 13 en tout sur 2 bateaux, âgés de 5 à 70 ans,
le spot de surf, derrière la croix…
SUPers, surfers, amateurs de plages et de longues promenades au soleil couchant sont ravis.
La lagoon 52 offre une super plateforme de bain, et un cockpit immense qui peut tous nous accueillir.
La soirée commence bien, avec ce vendeur de plage, venu nous proposer de l’eau de coco fraiche.
Le lendemain, nous mettons cap sur l’île Thérèse, à quelques encablures de Port-Launay.
l’îlot Thérèse
L’île est déserte, merveilleusement photogénique et sauvage à souhaits. Nous sommes les seuls ce matin. Dans quelques heures, des touristes débarqueront pour y déjeuner de BBQ sous des abris de bois et de tôle. Nous savourons cette tranquillité : l’île est à nous le temps de la matinée!
Nous partons à pied explorer le rivage et découvrons les fleurs du Takamaka, très odorantes, typique des plages Seychelloise, au parfum mêlé de miel, d’ambre et d’embruns.
Nous découvrons d’étranges formations granitiques créées par l’érosion.
Après le sport du matin et un copieux déjeuner c’est l’heure du café/sieste à l’abri de la voile d’ombrage sur Moby.
Papily et Mamily descendent à la plage avec les enfants. Victor et Loïc ont repéré une jolie vague à surfer.
Ce soir sur Moby, c’est la fête! Nos amis partent demain après plus de deux semaines passées à nos côtés; ils vont nous manquer!
Le lendemain, c’est la dernière nav’ retour à Victoria avec Anne et Erwan ;
Anne
Thomas et Sonia sont venus naviguer avec nous pour l’occasion.
Nous faisons escale à l’Anse Soleil pour déjeuner et faire un dernier plouf. Là encore, les vagues ravissent les enfants.
En longeant la côte s’égrènent les noms d’hôtel prestigieux. Là, le Four Seasons, qui s’étend sur plusieurs coteaux. Ici, on est dans l’ultra-luxe, avec des villas individuelles exclusivement, pour 2, 4 ou 12 personnes!
Sur la route retour, nous remontons une jolie dorade coryphène Elle se débat comme un diable!
Mais le captain est lui aussi coriace et a raison de la bête!
Qui finira comme les autres : en filet, au four accompagnée de sauce aux fruits de la passion : une émulsion de jus de fruit de la passion frais, monté au fouet à feu très doux avec de l’huile d’olive, un peu de sel et de poivre : un véritable régal.
Il est temps de se dire au revoir, Anne, Erwan Gwenn et Liz rentrent en France reprendre le travail et le chemin de l’école : ils vont nous manquer!
bye-bye Liz!bye-bye Gwenn
Nous continuons encore une semaine de croisière en tandem avec mes parents et mon frère qui sont sur Colombo, le Lagoon 52 de Dreamyacht.
Nous longeons les iles de Cousine et Cousin. Encore de somptueuses demeures,
Le coucher de soleil sur l’Anse Lazio est magnifique.
Nous avons la surprise, le lendemain matin, de voir la plage défigurée par une zone de baignade à bouées jaunes. Il s’agit en fait d’un filet anti-requin. Il était absent la semaine dernière lors de notre passage, pour réparations, et là, il en manque encore la moitié! Les autorités en ont mis en place après les 2 attaques mortelles de 2011, et les ont laissés en place depuis.
Les vagues sont petites mais propices au skim et au bodyboard.
Ici, pas besoin de photoshoper les images, les couleurs sont sublimes!
Le touristes se sont d’ailleurs donné le mot, avec ce beau soleil, ils prennent tous des films et des photos.
Parfait aussi pour la grande balade pied sur la plage.
Nous testerons un autre mouillage, très très calme, et presque sans vagues, pour plaire à Mamily :
l’anse Volbert, qui sera notre QG pour la nuit pendant les jours à venir.
La encore les raies aigles forment un ballet incessant, c’est un plaisir de les voir le soir nager en surface.
De charmantes maisons créoles bordent la baie.
Juste en face de nous, 4 bungalows aux curieux toits inclinés en forme de pirogue attirent l’oeil. l’hôtel Archipel niché dans les cocotiers.
et l’île Curieuse à l’horizon
La plage est calme avec de petites vagues amusantes
Nous partons avec les enfants escalader ces roches sorties de nulle part, au milieu de l’Anse Volbert.
Nous passons donc nos nuits et fins de journées à l’Anse Volbert, mais partons à la journée explorer et profiter des plages voisines.
Anse Georgette et ses grosses vagues.
Thomas se met au skimboard!
et après une bonne heure de pratique, on voit les résultats!Arthur est heureux de pratiquer en même temps que son oncle. Il progresse beaucoup,
et prend beaucoup de risques :il glisse plutôt dans la catégorie freestyle!
La plage est à nous, le soleil est haut dans ce beau ciel bleu, et j’en profite pour immortaliser toute la famille!
Sonia et moi partons explorer le sentier qui mène à l’anse Georgette depuis l‘Anse Lazio. J’y avais repéré une balançoire;
Nous trouvons un joli point de vue en effet, « the lost tee », qui donne sur le trou n°13,
où de bien nombreuses balles ont dû être perdues
bodysurfbodyboard
Nous retournons à la plage profiter des vagues et des oiseaux.
L’île de Curieuse, est une réserve marine mais surtout réserve de tortues terrestres. Nous partons explorer le sentier côtier : il traverse la mangrove via un chemin,
des roches, puis une passerelle en bois.
Quel point de vue!
Autrefois, un barachois y a été construit, sorte de vivier géant fait des mains de l’homme pour y garder les poissons vivants: il suffit de pêcher quand on en a besoin.
Arrivés sur la plage, nous remarquons un enclos, non pas pour les tortues, qui vivent ici en liberté, mais pour les humains et leurs BBQ!
tortues en liberté
Voilà un signe de civilisation particulièrement avancée et qui a tout mon respect : ici c’est les hommes qu’on enferme, pas les animaux.
Les tortues jouent au foot et se promènent librement sur la plage. On voit qu’elles ont l’habitude des hommes, et se laissent approcher de très très près.
Sur la plage principale, au coucher du soleil, une tortue sort de sa tanière. Elle ne peut vivre avec les autres, les gardiens l’ont donc adoptée, et vit-elle à leurs côtés. Elle fait mine de vouloir se baigner, ou tout du moins se rafraîchir
A Curieuse, nous avons la visite de la Police, venue contrôler nos papiers. A bord de leur petit bateau « Playmobil »
Sur la route de retour,
nous longeons encore de bien jolies maisons
: pas vraiment luxueuses, mais elles ont un charme fou.
Nous faisons de nouveau escale à La Digue avec mes parents, qui ne connaissent pas l’endroit.
Nous reprenons avec plaisir la balade dans les roches de l’anse Source d’argent,
on ne se lasse pas de ces gros rochers comme tombés dans l’eau
dernier plouf à Anse la Farine, derrière l’île ronde
Notre dernière escale en famille sera sur Praslin, où mes parents rendent leur bateau de location, sur la base Dreamyacht.
A Sainte-Anne pour une dernière nuit! Nous ramenons mes parents à Mahé d’où ils décolleront demain pour Paris.
Bye-bye les Seychelles. Il nous tarde de quitter cet archipel, qui nous aura offert de délicieux souvenirs en famille et entre amis,
Ce qui nous a plu :
les plages superbes et un paysage particulièrement photogénique .
Le bassin de navigation entre Praslin, Mahé et la Digue, parfait pour naviguer avec des amis pas forcément amarinés : de faibles distances, et une variété des mouillages pour un séjour de 2/3 semaines, c’était parfait, ni trop ni trop peu, nous avons eu le plaisir d’explorer (presque) tous les mouillages.
la proximité de l’Europe, facilement accessible en vols direct depuis Paris
la facilité d’approvisionnement à Victoria, avec le marché quotidien et les supermarchés particulièrement bien achalandés
de très beaux poissons à voir sous l’eau, et à manger aussi, la pêche fut bonne!
la température de l’eau, à 28°, on y reste des heures!
Ce qui nous a moins plu :
la bureaucratie pesante de ce petit pays, les formalités d’arrivée et de départ parmi les plus lourdes rencontrées
les taxes incessantes sur tout et n’importe quoi, qui finissent pas plomber le porte-monnaie et l’ambiance ( on se sent racketté!). Nous avons du nous acquitter d’une taxe sur les bouteilles de gaz, d’une autre pour avoir le droit de naviguer, plus d’un droit de séjour à la fin calculé au pro-rata de la longueur du séjour. Enfin, dans chaque parc national ou réserve marine (nous les avons tous fait!!), un ticket d’entrée par personne de 150 à 200Rs (9 à 12 €, qui fait vite grimper la note quand on est 9 à bord)…
un tourisme élitiste et typé « couple », qui manque de variété et de diversité
une destination globalement très chère à tous point de vue : avitaillement, restaurants, services etc… sans véritable lien avec la qualité des produits.
le manque de contact avec la population
des fonds marins bien décevants ; le corail est presque totalement blanchi
Nous aurions aimé avoir le temps de visiter les Outer Islands : les Amirantes, mais aussi Agalega et Farquar qui doivent être des endroits merveilleux, et sans doute plus accueillants que les îles principales. Mais le temps nous manque, car nous avons choisi de faire escale à l’île Maurice, pays qui a vu naitre notre fils ainé Victor, et où nous avons passé près de 15 ans. Rendez-vous donc à Maurice d’ici 8-10 jours pour des retrouvailles qui s’annoncent riches en émotion!
Certaines escales sont plus mémorables que d’autres, et le séjour d’une semaine que nous avons fait au mouillage de Direction Island, à Cocos(Keeling) se range parmi les plus agréables de la catégorie « ile déserte ».
Direction Island
Cette escale est pour nous providentielle : dans l’Indien, peu de stops en effet sont possibles sur la route des Alizés qui nous mène de l’Indonésie à l’Afrique du Sud.
Cocos (Keeling) dans l’Océan Indien
Le mouillage destiné aux bateaux de passage, sous le vent du motu Direction Island, est absolument idyllique, et parfaitement aménagé. Nous nous reposons donc quelques jours avec bonheur, car nous sommes dans une période de navigation intense.
au mouillage à Direction Island
L’atoll de Cocos Islands compte plusieurs îles, dont 2 seulement sont habitées ;
L’atoll de Cocos(Keeling)
West Island
West Island au Sud-Ouest
et Home Island,
Direction Island et Home Island au nord
une troisième, Direction Island étant une destination de week-end pour les iliens, et le seul mouillage autorisé pour les bateux de passage.
le ponton flottant
Les habitants de West island ne viennent en ferry que 2 fois par semaine, le reste du temps, la plage est à nous! Le site a été aménagé pour recevoir les plaisanciers mais aussi les iliens de passage à la journée ou venus camper le w-e. Comme toujours, les australiens sont pragmatiques : tables ombragées, sites de bbq, ponton flottant, toilettes!!, et même une réserve d’au douce pour se rincer.
les voiliers de passage on aussi amélioré le confort : hamacs, balançoire, panier de basket…
La plage est tout simplement superbe, le sable fin, et la baignade vraiment agréable.
Et en plus nous sommes en famille, et entre amis! Mon frère Thomas nous a rejoint (avec sa guitare!) à Bali pour la traversée,
Seulement 4 bateaux au mouillage, dont deux catamarans d’amis qui naviguent aussi autour du monde et que nous retrouvons : nous naviguerons tous les 3 ensemble jusqu’aux Seychelles.
4 bateaux au mouillage de Direction Island (et un cinquième au milieu, inhabité…)
Une famille d’Israéliens sur Shuti , un lagoon 380 : Momi et Lilach naviguent avec leurs 3 garçons de 7, 10 et 12 ans, Dror, Eyal et Yoav. Nous les avions déjà croisé à Panama et à Fiji.
Moby devant, Shuti a gauche, et Cool Runnings à droite. Au milieu, un bateau abandonné.
et Cool Running, le cata (Lagoon 400) de Dave et Gudrun avec 2 ados à bord, Gaby 11 ans et Ben 13 ans, des américains d’origine sud-africaine avec qui nous avons navigué dans les Iles Sous le Vent et que nous avions retouvé à Bali.
Cool RunningsDave et Gaby venus nous accueillir à notre arrivée!
Nous faisons aussi la connaissance de Brigitta et Erik, sur Arial IV, un couple de suédois un peu plus agés, qui réalisent leur second tour du monde-: ils ont fait le premier il y a 20 ans avec leurs 3 garçons. Depuis, ils ont écrit 3 livres, navigué jusqu’au cercle arctique, et franchi le passage du Nord Ouest : ils sont célèbres en Suède parmis les gens de mer, et très inspirants pour nous!
les autorités sur Ariel IV pour les formalités d’arrivéeGudrun, Birgitta, Lilach et Helen, une ilienne de Cocos!
Les enfants ont tous été mis en vacances pour l’occasion- car chez les enfants de bateau, il n’y a pas vraiment de vacances scolaire, tout le monde travaillle quelques heures le matin, le plus souvent 6j/7j. Mais chez les petits francais abonnés au CNED, c’est différent : l’année scolaire est plus courte, 9 mois de septembre à juin, plus intense avec 3 à 4h de travail par jour, mais avec à la clé 2 mois de vraies grandes vacances en juillet/août!
Nous passons 8 jours à la fois actifs et reposants. Le spot est parfait pour la planche à voile,Loïc grée donc le matos pour toute la famille,et coache!
Mon frère Thomas qui nous a rejoint à Bali s’entraine au jibe,
Frère et soeurTom en action
moi je reprend mes marques et me remets facilement dans les straps et au harnais.
Bénédicte au planing
Arthur aussi fait un peu de planche. L’objectif : faire du travers.
Victor progresse tous les jours et finit par vraiment partir au planing en mettant le harnais et les pieds dans les straps !!! J’entend Loïc hurler « Yeahh » je ne sais qui est le plus heureux du papa ou du fils!
Loïc a gréé le matos sur Moby,
puis nous le laissons la nuit à poste sur l’île.Pour le fun, Tom se fait quelques bords de nuit sous la pleine lune!
nav’ de nuit
Dommage, les progrès de Victor vont être interrompus en pleine progression : il s’est fait mordre par un gros poisson alors qu’il nageait seul non loin du ponton et de ses camarades.
Rien de grave heureusement, la plaie est superficielle. La chance, c’est que nous avons un médecin dans le mouillage, Eric examine la plaie, il n’est pas inquiet, la blessure est superficielle. Nous désinfectons et mettons une crème antibiotique préventive, car il s’agit d’une morsure d’animal sauvage- c’est ce que recommande notre très pratique « Guide la faune marine dangereuse du Pacifique et d’Océanie». D’après la description que les enfants font du poisson qui leur tournait autour depuis un quart d’heure, il s’agit sans doute un gros mérou, peut-être agacé par les incessants aller-retour des enfants entre le quai et la plage.
Le snorkeling est sympa :
petit snorkeling entre filles, Anna adore ca!
déjà, derrière le bateau, quelques patates de corail recèlent des petits requins pointe noire, très curieux et territoriaux, ils ne nous lachent pas d’une semelle.
requin pointe noire à quelques mètres de Moby
Nous croiserons aussi un banc de poissons Napoléon, qui ressemblent à d’énormes poissons perroquet aux couleurs fade et bossus sur la tête.
banc de Napoléons
Mais le mieux, c’est le snorkeling dérivant sur le RIB,
C’est parti pour une plongée sur le RIB
sorte de fausse passe par laquelle entre des flots d’eau dans le lagon, et qui forme un petit canyon sous-marin.
Canyon sous-marin
Il n’y a pas moins de 3 à 4 noeuds de courant. Nous nous laissons dériver accrochés au bout de l’annexe, nous avons la sensation de voler au-dessus du corail!
Victor et Loïc préfèrent nous suivre derrière l’annexe
Les requins sont tapis au sol dans la journée, des colonies de poissons Napoléons habitent les lieux.
requins pointe noire tapis au sol
Les enfants passent des heures sur la plage avec leurs copains, il y a là une joyeuse bande :
Arthur teste son voilier
8 enfants entre 5 et 13 ans, qui passent leurs après-midi à jouer autour du ponton flottant, faisant d’incessants aller-retour à la plage avec les vieux longboard de sauvetage laissés par les habitants. Ils ne manquent pas d’idées : forteresse pour Bernard l’Ermite, chateaux de sable, batailles de pirates…
IL y a là une petite vie de communauté, où chaque bateau laisse sa trace : une balancoire, un siège en bois, des hamac en filet de pêche,
un panier de basket, ou plus prosaïquement, un panneau commémoratif .Moby n’échappe pas à la règle et voici notre « oeuvre d’art ». Rien de très artistique, mais c’est efficace : une planche de bois flottés peinte au gelcoat de nos noms : elle devrait rester en place quelques dizaines d’années!
Nos amis de Cool Runnings se sont donné beaucoup de mal en gravant une énorme planche de bois flotté.
Victor m’a réclamé une coupe de cheveux. Pas sûr qu’il y ait un coiffeur par ici, et dans tous les cas, ca nous prendrait la journée de nous y rendre, ce sera donc une coupe « fémézon » Comme nous l’avons promis aux enfants, nous organisons une soirée feu de camp sur la plage, sous le format « bring and share » anglo-saxon. Chacun apporte sa boisson et un plat que nous partageons ensemble.
Les enfants partent chercher du bois dans l’après-midi pendant que les garçons vont pêcher du poisson. Loïc nous ramène 3 jolis poissons perroquets, que nous les ferons en filets au BBQ, miam!
Nous allons lever les filets au bout de la plage.
Dave me donne un coup de main.Nous jetons les peaux et carcasses à l’eau dans le RIB, loin de la plage familiale ou se baignent les enfants. Les requins ne sont pas longs avant d’arriver. Et se jettent sur les restes, quitte à s’échouer!Les papas donnent un coup de main en apportant de gros morceaux de bois
magnifique feu!
Nous avions aussi prévu en plus des saucisses de boeufs australiennes et les traditionnels marshmallows à griller au bout d’une baguette!
On se régale!
Erik et Thomas sortent leur guitare. Re-belote quelques jours après.
Birgitta et Erik ont initié Ben à la fabrication de Pizza.
les pizzas de Ben
Moby arrive avec ses fougasses, et Shuti avec des focaccia
les fougasses de Mobyla focaccia de Shuti
Tout le monde se régale! : Soirée italienne, et encore un feu de camp, les enfants adorent!
Avec mon frère Thomas qui nous a rejoint à Bali et fait cette portion de chemin avec nous, nous partons faire le tour de l’île. Le sentier est assez monotone, la végétation n’est que cocotiers, et la faune se résume à des rats (fort craintifs) et des moustiques! Nous faisons donc la balade au pas de course, l’intéret résidant essentiellement dans le parcours historique aménagé sur l’îlot : une quarantaine de panneaux en métal nous retrace l’histoire de Cocos(Keeling). Et c’est passionnant!!
Il est incroyable qu’une si petite île apparemment insignifiante recelle une histoire aussi riche!
Tout d’abord, par sa colonisation :
Découverte par le Captaine britannique Keeling en 1609 , sa position fut gardée secrete, et n’apparait sur les cartes que 2 siècle plus tard en 1805.
Elle attire l’attention d’un riche armateur, Mr Hare, ancien gouverneur d’une colonie britannique de Bornéo, et à la recherche de comptoirs à développer et exploiter. Il y envoie le capitaine Clunies-Ross, en éclaireur inspecter Cocos en 1825 : celui-ci défriches des terres, plante des céréales et des légumes, sonde le lagon, et fait un rapport tout à fait positif. Le sieur Hare revient s’installer l’année suivante avec une centaine de travailleurs malais, pour la plupart musulmans et s’installe sur Home Island. Il pensait y vivre paisiblement entouré de son harem – ll parait en effet que l’homme n’avait rien contre la polygamie. C’était sans compter le sieur Clunies-Ross, qui barque en 1827 avec femme, enfants, belle-mère, une partie de sa famille écossaise, et de solides matelots pour y installer une colonie très organisée. Le dialogue tourne court, c’est rapidement le conflit ouvert, et c’est finament Hare qui plie bagages et rentre à Londres, laissant à la famille Clunies-Ross la mainmise sur l’île. 4 générations de Clunies-Ross vont faire prospérer l’atoll de Cocos(Keeling) et régner en dynastie sur l’île : plantation de cocotiers pour l’exploitation du coprah d’un côté, et un petit chantier naval de l’autre ; voilà de quoi assurer la subsistance de la colonie, ou plutôt de ce petit royaume féodal qui va persister pendant 150 ans! Finalement, c’est le gouvernement australien qui rachète à la famile ROSS-CLUNIES l’archipel en 1978, pour plus de 6 milions de dollars.
Autre visiteur de renom : le jeune Charles Darwin y fait escale en avec le navire d’Exploration le Beagle, en 1936 lors de son tour du monde en tant que naturaliste. Le jeune homme, qui deviendra l’un des plus grand scientifique de son époque, remarque que cette formation d’îles en couronne doté d’un lagon ressemble fort aux îles polynésienne. Il fait aussi le rapprochement avec les sondes qui donnent de très grandes profondeurs à quelques encablures seulement des côtes : l’ile serait le sommet d’une immense montagne sous-marine à forte déclivité. Il écrira à son retour en 1842 un taité sur la formation des atolls corallien qui a toujours cours aujourd’hui.
Autre fait historique : l’installation en 1901 de câbles télégraphiques sur Direction Island reliant l’Australie à l’Asie et au reste du monde!
Une véritable révolution des télécommunications pour le continent Australien, et l’établissement pendant plus de 60 ans sur Direction Island d’un véritable petit village britannique, avec fonctionnaires de la couronne, personnel de maison, costume colonial le soir, régates le dimanche et parties de tennis aux heures perdues.
Cocos Keeling fut enfin le théatre fin 1914 d’une bataille célèbre de la marine australienne, aboutissant au naufrage du navire le plus recherché de l’armée allemande en Asie : le cuirassé vapeur Emden mené par le capitaines Van Müller , que l’on tenait responsable depuis le début de la guerre quelques mois plus tôt du naufrage et l’arraisonnement de pas moins de 24 navires marchands alliés, de nombre de batiments militaires francais et russes, et de la destruction la station de carburant alliée de Madras en moins de 12 semaines de combat : cela valu à l’Emden et à son capitaine une réputation de »flibustier des mers », et d’être poursuivi et chassé par 60 bateaux alliés francais, japonais et russes, sans succès.
C’est finalement au terme d’une épique bataille navale entre North et South Cocos Keeling, où une équipe d’allemands avait réussi à détruire la station télégraphique britannique, que le Captaine Von Müller se rendit au SMS Sydney, non sans avoir échoué volontairement son navire sur les récifs de North Keeling pour le rendre inopérant. Entre temps, l’autre équipe déposée à terre précédemment, menée par le lieutenant Von Mücke s’empare d’une vieille goelette qui était au mouillage , et réussit à s’échapper avec ses hommes , ralliant l’île de Sumatra en 3 semaines, puis le Yemen à bord d’un jonque chinoise en bravant le blocus britannnique de la mer rouge, et enfin après 5 mois de traversée du désert d’Arabie, de la Turquie, en Allemagne où ils furent accueillis en héros!! Même les alliés à la fin de la guerre, saluèrent la bravoure du lieutenant Von Mücke, et la grande dignité et le courage du capitaine Von Mûller.
Aujourd’hui cet atoll qui ressemble fort aux atolls polynésiens des Tuamotu est passé sous la coupe des australiens, et abrite un demi-millier de malais habitant Home Island et vivotant du revenu mininum australien, et une centaine d’autochtones australiens, essentiellement des fonctionnaires assurant le minimum de services à l’atoll (cabinet médical, aéroport, services de douane et d’immigration, instituteurs, etc…) et installé sur le motu de West Island. Très peu de tourisme, aucune industrie, ni artisanat, ni agriculture pas même vivrière, ni pêche autre que vivrière : l’atoll est 100% sous perfusion australienne et dépend des importations… L’intérêt que porte l’Australie à cet atoll est certainement essentiellement géostratégique.
En conséquence, l’approvisionnement est cher, mais a le mérite d’exister. L’île est strictement musulmane, les femmes sont voilées,
la supérette
et le vin….. sans alcool!.
du jamais vu! du Chardonnay sans alcool.
Nous avons un peu d’internet pour mettre le blog à jour, un mouillage calme où il fait bon dormir la nuit, et une plage magnifique où les enfants passent leurs journées avec leurs amis : que demander de plus?!
Nous aurons l’occasion de visiter brièvement Home Island, pour y faire quelques courses, récupérer de l’internet. Nous prenons le même ferry qui amène les iliens à la plage le week-end!
le ponton d’accostage du ferryen attendant le ferry…des pointes noires passent…et toujours la grande préoccupation des australiens : la SECURITE!C’est parti pour Home Island, avec Birgitta et Erik.
Dommage, c’est samedi, le musée est fermé, ainsi que le restaurant et le café. Nous déambulons dans le village,
repérons l’épicerie,
pic-niquons dans l’herbe, faisons quelques courses et passons quelques heures sur internet : inscription de Victor au CNED, commande de matériel pour les Seychelles, consultation de la météo….
la meilleure connexion internet de l’île se trouve sous l’antenne principale, près du « Community Center »Bye-Bye Tom!
Quelques jours plus tard, j’accompagnerai Thomas à l’aéroport sur West Island, à 15mn de ferry de là.
le quai du ferry à West Island
Une village en forme de garnison militaire avec ses maison toutes identiques et ses bungalows à louer aux militaires de passage sur l’île, c’est à peu près tout. Là aussi ,il est tout juste 15h, et tout est fermé, restaurant, café, supérette…..
Petite curiosité, le terrain de golf de part et d’autre de la piste d’aviation qui longe le village.
le golf
Après un séjour de 8 jours très agréable, nous levons l’ancre pour les Chagos, à 1500NM de là : nous y serons dans une semaine.
Après avoir passé 10 jours dans le Queen Charlotte Sound, il nous tarde d’explorer le Pelorus Sound, qui nous montre une facette tout autre des Marlborough : moins touristique, moins préservé, il est visiblement très exploité : les terres sont plantées de forêts de rapport, ou occupées par des moutons, les baies sont émaillées de fermes cultivant les moules ou élevant du saumon. Le tout est transporté à Havelock, la bourgade principale située au fond du sound, et où nous irons nous ravitailler.
Eh chemin, nous passons par le Cape Jackson, lieu de forts courants.
Whaou, un tourbillon se forme sous nos yeux!
En chemin, nous croisons des pingouins : ces « blue penguins » sont les plus petits pingouins du monde! Très dodus, ils peinent à se tenir debout et sont plus à l’aise sous l’eau qu’à terre!
Le temps est super calme, Loïc en profite pour lancer son drone en pleine mer…et filmer Moby en mer.
Notre première étape est à Alligator’ Bay, où se niche un cabanon de vacances, cerné de collines abritant des troupeaux de vaches et de moutons.
Alligator Head
Loïc s’amuse beaucoup à tester le nouveau drone.
Les lumières de milieu de journée offrent des couleurs tranchantes
Nous profitons de ce calme pour nous balader en paddle, faire des essais de drone, dont le logiciel est équipé de nombreuses fonctions que Loïc veut tester par temps calme.
Les enfants descendent jouer à la plage.
La fin de journée est encore une récompense de belles lumières.
Le paysage est aride.
Et le coucher de soleil comme toujours magique.
Le lendemain, quelques rubans de nuages subsistents, napant les collines alentours. L’occasion de faire de nouvelles images aériennes.
Il initie également Victor au pilotage, atterrissage et décollage du drone.
L’après-midi, nous partons en balade, nous avons repéré grâce au drone un sentier, sans doute utilisé par les bergers pour se rendre d’un paturage à l’autre. En fait, plus qu’un sentier, c’est une route, car les bergers modernes circulent en quad!
Loïc et les enfants ont pour projet de lancer des avions en papier depuis le haut de la colline. Nous marchons une bonne demi-heure pour atteindre le sommet.
C’est parti! L’idée est bonne mais à la réalisation, il y a de nombreux contre-courants à déplorer.
Pour ne pas polluer ce bel environnement, il faut aussi aller récupérer tous les avions en contrebas …ce qui fait crapahuter les enfants!
Les collines sont en fait des champs et enclos à moutons! Il faut parfois escalader les barrières. La preuve : ces poils accrochés aux barrières .
On pourrait se croire en Irlande, avec tous ces moutons, et ces chardons! Nous redescendons sur Moby via un petit chemin qui mène à ce cottage, villégiature de vacances pour citadin stressé!
Ici rien que des moutons et des boeufs, et 40km de piste rocailleuse avant d’atteindre le plus proche village, Havelock.
Mais que les lumières sont belles!
En particulier le soir.
les garçons sont repartis en entrainement de vol de drone. Vol à basse altitude…
Traditionnel portrait de Moby.
Test de l’autoportrait.
Havelock est aussi notre destination, car il va nous falloir ravitailler : les réserves de nourriture sont au plus bas.
Il faut dire qu’à part la pêche au moule, on est moins doué que les phoques pour se nourrir!
Celui-ci se bat depuis quelques minutes avec sa proie….
Nous peinons à deviner ce qu’il a ingurgité…
Une pieuvre!
Nous naviguons vers Havelock, parmi ce dédale d’îlots, de détroits et de passages…Ici le « Allen Strait », 240m de large, et des câbles téléphonique à 50m de haut.
Nous passons devant une colonie de cormorans.
Nous nous arrêtons pour la nuit à Ketu bay.et prenons le lendemain le cap vers le Mahau Sound, à l’entrée d’Havelock.
Le paysage change beaucoup :
les îles sont plantées de forêts de pins, qui sont exploités, coupés puis transportés par bateau à Havelock.
De même de très nombreuses fermes se succèdent, chaque baie est occupée de parcs à moules, et les Sounds sillonnés de bateaux de travail.
Nous faisons escale à Putanui pour la nuit, dans le Mahau Sound. C’est une réserve naturelle, la seule de toute la zone….
Il n’y a pas de vent du tout, Loïc et moi partons en ballade en paddle,
et confions le drone à Victor :Il gère pour la première fois 100% du vol, décollage et atterrissage compris. Que c’est bon de voir ses enfants grandir et gagner de nouvelles compétences! Et quel luxe d’avoir autant de temps à leur consacrer, pour leur transmettre nos passions.
Au coin de la péninsule, une colonie de cormorans, vraiment pas farouches! Des raies également.
Le lever de soleil est d’un calme!
Nous observons les rubans de nuage s’accrochant aux collines
C’est moins calme du côté des mouettes, qui s’activent à la pêche.
Nous prenons le chemin d’Havelock, de jolies maisons parsèment l’embouchure de la rivière.
On sent que la civilisation n’est plus très loin.
Nous arrivons à Havelock, pas de mouillage possible, nous allons passer 24h à la marina. L’endroit a l’air sympa.
Son usage en est tout à fait mixte : plaisanciers et bateaux de travail se partagent les pontons .
Celui qu’on nous alloue est visiblement plus utilisé par les oiseaux que par les plaisanciers.
Nous venons ici essentiellement pour nous ravitailler, alors c’est parti pour les courses!
Chacun participe!
Arthur récupère en chemin une cigale! Nous passons quelques minutes à l’observer avant de la relâcher.
Nous allons faire un petit tour du village en soirée : l’église, le pub, …. quelques B&B, et c’est tout!
Nous nous offrons le lendemain matin un petit dej en amoureux au restaurant de la marina : un régal, ces oeufs Benedicte!
Une fois les 3 tournées de lessive faite, nous repartons, vers des lieux plus sauvages. Que d’oiseaux autour de nous!
Nous nous dirigeons vers Portage, au fond du très scénique Tenepuru Sound, où nous avons rendez-vous demain avec nos amis Allemands d’Invictus (Tobi, Nicole, Marlene et Juli), que nous avons connu au Panama, et avec qui nous avons navigué 6 mois dans le Pacifique. Ils ont laissé leur catamaran à Auckland et sillonnent l’île du Sud en voiture.
Le soleil se couche sur le Kenepuru Sound
Hello les amis! Bienvenue dans les Marlborough Sounds!
Hier c’était l’anniversaire de Juli, 5 ans, nous allons fêter ça! Anna et Marlene préparent des mini Pavlovas.
Joyeux anniversaire Juli!
La journée se finit trop vite…. il faut dire au-revoir-mais à bientôt les amis dans le Golfe d’Hauraki.
En quittant l’Abel Tasman National Park, nous nous dirigeons vers la destination ultime de notre périple Néo-zélandais : les Marlborough Sounds. Ce dédale de bras de mer et de péninsules déchiquetées offre des paysages de toute beauté. Pas tout à fait des Fjords, puisqu’il ne s’agit pas d’anciennes vallées glaciaires, mais plutôt des vallées, montagnes et lits de rivière tout simplement affaissées, c’est un des lieux les plus ensoleillés de Nouvelle-Zélande-ca tombe bien, car nous avons perdu quelques degrés de température en mettant cap au sud!
Nous faisons route avec Wasco, un Outremer 50, ancienne génération,
Il avance drôlement bien avec son « code delta », voile d’avant plus creuse qu’un gennaker, en tissu très léger.
A l’approche des Marlborough Sounds, il faut être très vigilant à la veille et parer les troncs d’arbres qui flottent. Il y a de nombreuses exploitations forestières alentours.
Nous approchons le « French pass », détroit entre l’île d’Urville, (du nom de ce Capitaine -explorateur français, découvreur notamment de la terre Adélie) et le continent :
C’est le genre de raccourcis que Loïc adore prendre. Mais pas question de louper la marée et de passer à contre courant. Les tourbillons sont impressionnants.
Derrière, c’est un lac, pas une ride sur la mer. Nous mouilllons à Port Gore, une grande anse qui nous semble suffisamment abritée pour y passer les 2 jours suivants, où pluie et mauvais temps vont se succéder.
17 février 2017 : c’est l’anniversaire d’Arthur : 8 ans aujourd’hui comme l’indiquent les pancakes du petit dèj… !
La journée commence avec un email de Papi et Mamie recu via l’iridium.
Puis un appel toujours Iridium de Papily et Mamily – car le réseau téléphonique ne passe pas dans le mouillage….
La belle surprise, c’est ce petit avion qui n’arrête pas de décoller et atterrir sous nos yeux! La piste privée de Port Gore est en bord de plage, quel chanceux ce pilote, d’avoir sa piste et son avion, au pied de sa maison!
Derrière les buissons, un lodge accueille les randonneurs du Queen Charlotte track, ce sentier de randonnée qui longe le rivage nord du Queen Charlotte Sound.
Dehors il fait un temps de cochon : vent, pluie, brume…. nous passerons la journée enfermés! Heureusement, j’ai sous le coude quelques projets pour apprendre en s’amusant. Nous commençons par un atelier de géographie appliquée :
Arthur choisit de modeler une péninsule…. et un golfe. Anna découpe dans la terre glaise une île…. qui deviendra (en négatif)….. un lac!
Ces ateliers Montessori sont tirés d’un des cahiers d’Anna. Les enfants s’amusent avec grand sérieux, mettent la main à la pâte, ajoutant là une rivière, une colline, etc…. Une fois modelés, nous versons de l’eau colorée pour simuler l’océan!
Victor se son côté s’est lancé dans la fabrication d’une maquette de catamaran qui puisse naviguer réellement. Il se creuse la tête pour trouver un matériau facile à modeler et étanche : et opte pour du carton recouvert de « greytape » (scotch très résistant). Voici la première coque.
Dans le prolongement de l’atelier géographie, j’avais promis à Arthur que nous ferions ensemble un volcan- activité qu’il avait réalisé l’année dernière dans les ateliers Montessori de Karine à St-Renan!
Chacun crée son volcan avec de la terre glaise, autour d’un cratère-réservoir rempli d’un mélange de vinaigre, de liquide vaisselle et de colorant. Ne reste qu’à verser du bicarbonate de soude,
et la « lave » jaillit!
Les enfants répètent l’opération inlassablement..
Il est déjà midi, nous déjeunons et allons souffler les bougies.
Joyeux anniversaire Arthur!
Nous dégustons le cake au chocolat qu’Arthur et Anna m’ont aidé à préparer ce matin.
C’est l’ouverture des cadeaux : Génial, le jeu de « Carcassone « dont Arthur rêvait! Déjà une bonne dizaine d’années que nous y jouons dans la version « préhistoire », les enfants adorent, c’est notre jeu familial de prédilection.
Le livre des records 2017 en anglais! et le bazooka à eau offert par Bruce et Stefanie.
Le soir et le lendemain, nous continuons les maquettes : pistolet à colle pour l’assemblage, batonnets de bois, sacs plastique pour les voiles, galets pour la quille. Arthur se lance dans un monocoque.
Le temps s’est calmé, nous allons à terre nous dégourdir les jambes, et repérer la piste!
La manche à air donne le repère de l’entrée de piste
Les enfants ramassent des galets, coquillages et algues pour notre projet de sciences naturelles.
La maison est ravissante,
mais que le lieu est sauvage!
En fin de journée, nous quittons Port Gore
et appareillons pour le Queen charlotte Sound.
Une petite nav que nous commencons par 20 noeuds de vent, qui monte rapidement à 30, nous prenons 3 ris pour contourner le Cape Jackson, tout au bout de la peninsule bordant le Queen Charlotte sound.
Une fois le cap passé, le vent baisse, puis s’éteint : nous finirons au moteur! Nous découvrirons bientôr que c’est une nav’ typique des Sounds : ici le vent tourne, forcit et se calme en quelques minutes, à cause du relief qui canalise et bloque les forces en puissance. Nous allons donc beaucoup manoeuvrer, pester contre le vent et aussi contre les prévisionnistes météo!!!
Nous jetons notre dévolu sur l’Endeavour Inlet, la premiere grande baie du Queen Charlotte. Le Punga Cove Lodge outre d’offrir offre des bungalows aux randonneurs, propose des bouées de corps mort : nous allons pouvoir dormir tranquille. Car il est imprudent de mouiller ici : les fonds sont profonds, les vents tournent sans cesse. Il nous tarde d’ailleurs d’aller à Waikawa, la marina de Picton, pour prendre une carte de membre du Club nautique, qui nous donnera accès à plus de 100 bouées de mouillages dans les Pelorus et Queen Charlotte Sounds.
Nous nous réveillons sous des bandes de brume, c’est assez irréél comme paysage!
Anna et Loïc vont s’offrir en jus et un café au bar pendant que je travaille avec les garçons. Quand les maths et le français sont finis, j’enchaine avec Anna et Arthur sur notre projet de sciences-naturelles : répertorier les plantes et animaux marins de l’estran néo-zélandais. Après avoir récolté quelques spécimens sur la plage l’autre jour, nous les dessinons, puis recherchons leur nom et descriptif dans nos différents livres et dépliants sur la faune et la flore du pays.
A midi, nous descendons déjeuner dans le snack sur pilotis;
Ici le très traditionnel fish’n’chips! – j’ai ma dose d’huile pour le mois!!
Après le déjeuner, nous quittons Punga Cove, et croisons un banc de globicéphales, cétacés appellés ici « Pilot Whales ». Ces sortes de très gros dauphins noirs se déplacent le plus souvent en bancs de dizaines d’individus.
Autre plaisir des yeux ici, ce sont les maisons, toutes en bois et verre, anciennes ou récentes, simples maisonnettes ou luxueuses résidences : elles ont un charme indéniable, croisement entre le cottages de charme de nouvelle-angleterre et la cabane au canada.
Après 4 jours de pluie et de vent, nous apprécions cette navigation sous le soleil!
Et quittons Punga Cove pour Waikawa,
A Waikawa, nous voyons de loin les ferrys reliant Picton à Wellington 4 à 6 fois par jour, via le détroit de Cook.On ne se lasse pas de ce ballet.
La lumière des fins de journée est toujours superbe.
Et les couchers de soleil en apothéose.
Demain, nous avons rendez-vous avec nos amis américains du catamaran Cool Runnings, rencontrés à Maupiti en septembre dernier : Gudrun, Dave, avec leurs enfants Benjamin et Gaby viennent passer la journée à bord de Moby. Ils sont actuellement en escale en Australie, et font un voyage de découverte de la Nouvelle-Zélande en Camping-car.
L’autre bonne nouvelle c’est qu’ils continuent leur tour du monde comme nous en mettant le cap sur l’Océan Indien à partir de mai/juin. Nous allons donc essayer de nous retrouver sur quelques escales, comme Bali en Indonésie, Cocos-Keeling, Christmas Island et les Chagos.Les enfants s’entendent tous les 5 très bien, c’est l’occasion pour mes petits « frenchies » d’améliorer leur anglais sans effort!
Les enfants ont repéré un phoque se prélassant sur un rocher.
Ben adore notre chaise de mat.
Suis ravie de retrouver Gudrun, qui a été institutrice pendant 10 ans, et avec qui nous prenons plaisir à partager nos expériences de maman à bord.
Hier c’était l’anniversaire de Gudrun! Ceux d’Arthur et d’Anna n’étaient pas si loin…nous ressortons donc les bougies en ce mois de février décidément très festif! En l’honneur de Gudrun qui est originaire d’Afrique du Sud, j’ai préparé une Pavlova, dessert emblématique des anglophones de l’hémisphère sud (Australiens, Néo-zélandais, Sud-africains…)
Le lendemain, nous irons récupérer au yacht club quelques colis…. dont le drone de Loïc! Le Père Noël a un peu de retard cette année… Le frabriquant a visiblement eu des soucis de production et du mal à honorer toutes ses commandes de fin d’année sur le tout nouveau Mavic Pro.
Nos sommes ébahis par sa taille, son très faible encombrement : il tient dans un tout petit sac!
Loïc fait ses premiers essais, peste un peu contre le logiciel trop sophistiqué à son goût, et le manque de poignée pour le saisir à la main à l’atterrissage (moment qui peut être galère sur un bateau qui bouge!!) mais les photos sont sublimes!
Les premier clichés du drone : Moby à Waikawa.
Ici c’est le week-end, la cale de la marina s’active : pas moins de 3 bateaux peuvent être mis à l’eau de front!
Ce soir nous dégustons un fameux Chardonnay des Marlbourough, de la maison Hunters, offert par Dave et Gudrun. Les Marlborough sont une zone de vignoble très réputée pour ses vins blancs, en particulier le Sauvignon , minéral et fruité, mais aussi le Chardonnay et le Pinot Gris. Nous profitons donc de notre séjour au coeur même du vignoble pour faire nos bancs d’essais!
L’avitaillement est fait, les colis sont récupérés, nous avons réglé notre cotisation au yachtclub : plus rien ne nous retient à Waikawa : nous partons donc explorer le Queen Charlotte Sound.
notre carte des Marlborough Sounds
C’est le sound le plus connu, le plus fréquenté également, en particulier son track de randonnée : 70km à faire à pied ou en VTT, avec la possibilité de faire certaines portions en bateau-taxi, et de dormir dans des campings ou des lodges.
Moby au mouillage à Double Cove
Nous commencons l’exploration par la baie la plus proche : Double Cove.
Double Cove, Queen Charlotte SoundMoby sur bouée à Double Cove
Nous profitons de la vue, bucolique,
et rejoignons en annexe la baie adjacente de Torea pour une petite ballade sur le Queen Charlotte track!
Vue sur le Queen Charlotte Sound
Le sentier serpente le long de la côte, en direction de Kaipakiripiri
et grimpe, grimpe, grimpe… ce qui nous donne une jolie vue au fur et à mesure de notre progression
Nous longeons une végétation d’une grande diversité :
plantes épiphytes colinisant un arbre
Mousses,
mousses
lichens,
lichen
fougères arborescentes, lianes, manuka (myrthe en arbre), connu aussi par les herboristes et homéopathes sous le nom de tea-tree, et ce très curieux « Lancewood » ou Horoeka, (ou arbre-arête de poison) : dans sa forme juvenile, un tronc avec de curieuses feuilles ultra-fines logues et rigides comme des lames, accrochées directement au tronc.
Lancewood
Nous trouvons aussi de nombreuses carcasses de cigales qui font bruisser leurs ailes et font un bruit assourdissant toute la journée.
Arrivés en haut c’est la récompense
Mais le sentier était photogénique du début jusqu’à la fin
En redescendant, nous reconnaissons la baie de départ…et la plage sur laquelle nous avons laissé notre annexe.
C’est le week-end! Nous partons explorer la Bay of Many Coves, qui comme son nom l’indique est forme de plusieurs petites baies reliées les unes aux autres.
Bay of Many Coves, Queen Charlotte Sound
Nous prenons un mouillage devant une superbe propriété,
au mouillage devant Milton Bay, Bay of Many Coves
la plage est jolie, et oh surprise, nous y faisons connaissance d’une famille néo-zélandaise venue y passer 10 jours de vacances!
Le grand-père de Greg a fait construire il y a 60 ans la seconde maison de la baie. Depuis, lui et ses cousins se relaient pour l’occuper pour les vacances : il a fait la route depuis Christchurch (11h de voiture…) avec sa femme, ses 3 enfants et son bateau sur une remorque pour profiter de ce bel endroit sauvage.
Anna me dépose sur la plage en paddle. Nous croisons une raie en chemin Les garçons nous rejoignent en annexe.
Greg propose à Victor un tour en ski nautique! Il reprend ses marques en faisant un petit tour de surf tracté, puis c’est parti pour du vrai ski nautique, une grande première!
Départ réussi!
Bravo Victor!
Pendant ce temps, Arthur prend le paddle pour suivre les tests de son bateau-maquette
En rentrant au bateau, je m’arrête avec Anna récolter des moules pour le dîner de ce soir : elles sont énormes et sauvages!Je me suis bien sûr renseignée auprès de Rachel sur la plage quelques minutes auparavant et oui, elles sont comestibles, même si les locaux n’en sont pas très friands…
Pour une première, je fais simple : Moules Marinière (les oignons rouges lui donnnent cette drôle de couleur orangée), accompagnée d’un très bon sauvigon blanc de chez Wither’s Hills, toujours en provenance des Marlborough. Et en dessert, j’ai voulu m’essayer à cette autre tradition néo-zélandaise : le « Brandy Snap ». Sorte de cigarette russe caramélisée au gingembre, fourrée avec une chantilly aromatisée au whisky : un délice!
Arthur part essayer son modèle réduit par temps fort! Comme il y a trop de vent pour pagayer et suivre son bateau en SUP, Loïc lui attache la maquette au bout de la canne : il n’y a qu’à la dévider pour laisser naviguer le bateau, et à mouliner pour le faire revenir : malin, non?
Un nouvel essai est indispensable le lendemain matin pour essayer la nouvelle quille : Loïc, courageux, s’y colle : il fait à peine 15°, heureusement le soleil pointe son nez!
En effet, la journée est magnifique, mais du vent fort est annoncé : nous allons nous abriter dans le Tory channel à Opua Bay.
Au final, après quelques heures, nous ne sommes pas satisfaits de la protection offerte par ce mouillage et quittons le Tory Channel pour Double Bay, à Arapawa island.
Nos ne sommes pas tout seuls, mais presque!
Avec une jolie petite plage.
Le temps s’est calmé, et après un rapide déjeuner picnic, nous partons naviguer en direction de Cooks Bay.
Loïc teste pour la première fois son nouveau drone en mer!
Moby sous voile dans le Queen Charlotte track
Nous arrivons à Cook Bay, à qui le capitaine Cook a donné son nom, mais tous les mouillages sont pris. Nos repartons donc de l’autre côté de la péninsule, à Resolution Bay.
Resolution Bay
Et plus précisément à School House Bay Campsite. C’est de là que débute l’une des plus belles marches du Queen Charlotte Track, reliant Resolution Bay à Ship Cove : la végétation est 100% « Native bush », c’est à dire que la main de l’homme ne l’a ni défriché ni planté.
Nous recensons de nombreuses variété de fougères, plantes qui me fascinent par leur graphisme et leur aspect ancestral : elles ont cotoyé les dinosaures!
Nous prélevons quelques échantillons pour notre herbier de Nouvelle-Zélande. Le sentier grimpe, et plus on monte, plus les vues sont belles.
Tout en haut : vue sur Resolution bay et le Queen Charlotte Sound d’un côté
Vue sur Motuara Island, sanctuaire refuge des « yellow -crowned Parakeet » , et Ship’s bay en contrebas.
Arrivés en haut, un petit weka vient inspecter les miettes de la collation que nous venons de prendre.
Un panneau explique comment le DOC (Departement of Conservation) s’y prend pour préserver ce site historique et de biodiversité unique. Le programme a commencé en 2014 par l’éradication de tous les petits mammifères non-endémiques tels que les hermines, rats, et opossums qui sont une menace pour les animaux endémiques tels le weka, le kiwi et d’autres oiseaux.
Depuis, des lignes de défense à multiples actions ont été mises en place : pièges, capteurs et émetteurs préviennent de l’intrusion d’une prédateur; des équipes sont sur place, nous les avons croisés, qui viennent tous le jours relever les pièges.
Ce programme nommé ZIP pour Zero Invasive Pretator est en test, et s’il est prouvé efficace, pourra être répliqué à d’autres zones de biodiversité sensibles de Nouvelle-Zélande.
Le retour est l’occasion de profiter de nouveau de la vue, mais surtout du calme et de la sérénité de cette zone de foret native. On comprend bien combien les polynésiens qui ont débarqué ici vers le 12ème siècle ont été conquis pas cette terre si inspirante, riche en ressources et à la nature hospitalière.Les enfants prennent du goût à la marche en tant qu’activité, qui se prête à la contemplation, à la méditation, mais aussi au papotage! Mais ce qui leur plait le plus c’est de cotoyer une nature si préservée.
Nous retrouvons Moby qui nous attend sagement au mouillage.
Ce soir, pas un souffle d‘air, la baie est un lac. Je pars faire un tour en paddle pour récolter des moules pour le dîner.
la récolte de moules
C’est si facile, il faut juste se baisser pour les ramasser à marée basse. … et de les accommoder. Certaines sont énormes!
Ce soir je les cuisinerai en curry rouge avec de la citrouille.
Puis je pars avec Anna faire un tour de la côte.
Nous croisons de nombreuses raies qui se nourrissent de coquillages.
Le lendemain matin, la lumière est très belle, la mer telle un lac se ride tout à coup : des dizaines de dauphins entrent dans la baie. Je passe direct du pyj au shorti, jette le SUP à l’eau, et file en direction des cétacés, avec Anna qui entre temps a aussi enfilé son shorti.
En 5mn nous les approchons, et sommes entourés de dauphins, moment vraiment magique.Tandis que le banc de ces dizaines de dauphins tourne et vire, deux d’entre eux restent près de nous, curieux, virevoltant sous le SUP. Je reste au début prudente, ce sont de volumineux Tursiops (des grands dauphin gris) de 3 à 4m de long et qui pèsent chacun une demi-tonne. Mais ils sont tellement gracieux et délicats en nous approchant…
Nous passons une demi-heure magique au milieu de la beauté sauvage du monde, quel privilège!
Nous quittons ce matin le Queen Charlotte Sound pour le Pelorus Sound, autre dédale de baies et voies navigable bordées de forêts.
Après une semaine à l’hôtel, quel plaisir de retrouver MOBY , notre « home sweet home ».
Les enfants retrouvent leurs affaires, Loïc et moi avons 24h pour le réarmer, nous préparer à 3 semaines de croisières dans les Yasawa et Mamanuca et rejoindre à Musket Cove mes parents, mon frère et son amie, venus nous rejoindre pour 3 semaines de vacances! Je passe l’après-midi à courir les magasins : laverie, boucherie, supermarché, marché aux légumes…
qui me rappelle un peu ceux de l’île Maurice, avec les pyramides de tomates et les légumes improbables…
comme les ribambelles de légumes racine : Dalo (taro), patates douces, Cassave (Manioc) … ou les légumes-feuilles comme la fougère ou les feuilles de dalo.
Notre première escale, c’est Musket Cove, que nous avons déjà visité il y a une semaine.
Tom et Sonia essaient les planches proposées en location sur la plage : c’est du matos d’époque!
Le soir, nous dînons d’un BBQ sur l’ilot-bar. La formule est sympa : chacun apporte sa nourriture, mais consomme ses boissons au bar. En contrepartie, nous avons l’usage de BBQ ultra-modernes, et de tables abritées sous un auvent.
Le lendemain, direction Sandy Cay (Nukuimana Reef) . Chouette il n’y a personne, le banc de sable est à nous!!
…. pendant une heure .
Un paquebot de croisière approche…. nous ne sommes plus tout seuls, l’ilot apparait moins désert tout a coup….
Il nous tarde de quitter ces lieux touristiques et d’aller découvrir les plages et mouillages plus isolés. Nous longeons de pittoresques ilots, comme Honeymon Island ou Modriki, où fut tourné « Castaway » (Seul au monde », en Francais), avec Tom hanks, sorte de Robinsonnade Moderne, que je recommande , à voir en famille.
Honeymoon Island
Nous allons donc désormais naviguer de concert avec Unique, un catamaran que mes parents ont loué pour 2 semaines, avec mon frère et Sonia.
Unique
C’est très compliqué de trouver un bateau à louer au Fiji. Tous les grands loueurs comme Sunsail ou Moorings ont quitté le pays il y a quelques années suite à un différents avec les autorités locales, qui obligeaient à employer une majorité de fidjiens sur les voiliers loués. Les loueurs ont préféré quitter la zone. Si on ajoute à cela une navigation très délicate dans un archipel constellé de récifs mal cartographié, on comprend qu’aucun « bareboat » ne soit disponible. Par ailleurs, les autorités ont rendu très difficile l’obtention de licences de charters pour les bateaux de moins de 25M. Beaucoup moins de difficultés avec les méga-yachts qui obtiennent leur licence en quelques semaines… moyennant de lourdes taxes. Seuls quelques courageux ont bravé les lourdeurs administratives et obtenu en un ou 2 ans leur sésame leur permettant d’exploiter un bateau en charter avec équipage. Les autres ont rendu les armes, ou font du charter « sauvage » en espérant ne pas se faire prendre…
Samedi 28 octobre : à bord de Moby, nous entamons les préparatifs d’Halloween!
Notre première beau mouillage, c’est Navadra, au nord des Mamanuca.
Mais le second est encore plus beau : Sur Waya, la baie de Nalauwaki.
L’Octopus Resort est très sympa, les clients dînent pied nuds dans le sable, et les cocktails du barman au top! Victor s’éclate en skim, Anna s’est fait des copines – 3 petites francaises de passage entre la Polynésie et la Micronésie.
Comme le veut la coutume, nous allons offrir le Kava au chef de village. Cette fois-ci le village est de l’autre côté de la colline, à peine 10mn de marche et nous voici!
le village en contrabas
l’eau courante
la cuisine
jolie vague, surfable!
terrasse de repos
le village
le tronc creux qui sert de gong
l’église
les cochons d’élevage
Cette racine de poivrier est utilisée quotidiennement aux Fiji pour fabriquer un breuvage aux vertus relaxantes, bue en communauté tous les soirs. C’est aussi l’occasion de se retrouver, de rire, de se lancer des vannes, de draguer….
Il est de tradition lorsqu’un voilier arrive dans une baie/un village, d’aller à terre offrir le kava, ou tout au moins d’aller se présenter, saluer le chef du village ou son représentant.
Si cette coutume peut patraitre fastidieuse, surtout quand on change de mouillage tous les jours ;-), elle est tout de même plutôt saine et empeinte de respect mutuelle. En pratique, il n’y a pas d’obligation, mais venir se présenter, dire qui on est, d’où on vient, ou on va… est bien vu, et ne représente rien moins que de la simple politesse.
Le petit-fils du chef du village nous fait visiter les lieux. Le village est très photogénique, niché au pied d’un piton rocheux
Le lendemain, nous avons une grosse journée de nav’ vers Viwa, petit atoll isolé à l’ouest de l’archipel. Peu de voiliers y vont, du fait de son isolement et de sa passe étroite. Ce fut une de nos escales préférées!
Tom et Sonia nous rejoignent pour la journée de nav’ sur Moby.
Effectivement l’arrivée dans la passe est impressionnante avec cette épave en plein milieu qui nous oblige à amorcer un virage serré!
Moby entre dans la passe
Puis à peine sommes-nous mouillés qu’un hydravion atterrit juste à côté de nous et fait son demi-tour tranquille devant MOBY! On a l’impression d’être mouillé sur la piste d’atterrissage…
Tranquille, le pilote débarque son passager devant Moby, puis redécolle entre les deux bateaux.
Le lendemain, il revient, ce qui nous vaudra après réparation aux traditionnels essais moteurs, et décollage/atterrissage pour le plaisir des yeux… et des oreilles!
A la plage enfin, les enfants du village tentent une timide approche… je leur jette un ballon de rugby….2mn après, nous voilà Arthur, moi et Papily à jouer au Rugby dans l’eau avec 40 enfants Fidjiens, la nation détentrice de la dernière médaille d’or au JO! (en Rugby à 7)
Anna et ses copines
Le snorkeling du jour se fait sur l’épave bien sûr!
mamily et Tom en snorkeling
Plus loins sur la côte un resort très paisible où nous allons dîner un soir, au son d’un fantastique groupe de guitaristes.
Le paysage est superbe. Quand à la pêche elles est miraculeuse, aussi bien du bateau que sur le récif, où Julian emmène tour à tour les garcons. Victor sortira sa carangue lui-mêe, et Arthur assistera à la pêche d’une Carangue Ignobilis de belle taille!!
Carangue géante pêchée par Julian
la carangue de Julian
la pêche d’Arthur
Victor a pêché une carangue
Prochaine destination : Drawaka, une petite ile au sud de Naviti .Nous mouillons dans un chenal entre 2 îles, le courant y est fort, et le snorkeling très joli.
Petit à petit, Mamily prend confiance et nous rejoint sur tous nos snorkeling.
mamily et Tom en snorkeling
coraux mous
étoile de mer
un Némo!
aussi connu sous le nom de poisson clown
Le soir, nous faisons de grandes promenades sur la plage, immense, les lumières sont magnifiques, et les retrouvailles en famille nous font passer de très bons moments.
Quelques milles plus au nord se trouve le mouillage de Blue Lagoon, ou fut tournée en son temps le célèbre film ponyme avec Shirley Temple. Pas de chance, il pleut, à notre arrivée, nous ne verrons pas les beaux turquoises…
Les garcons en profitent pour récolter de l’eau et faire le plein dans les réservoirs. Moby est en effet équipé de récupérateur d’eau sur son bimini, ce qui nous vaut de belles récoltes de la meilleure eau à boire qui soit.
Papily se fait plaisir et achète à des pêcheurs une magnifique langouste : il en est friand, et elle commencent à se faire rares dans l’archipel.
Nous quittons Blue Lagoon pour Yasawa Island, et ses grances plages de sable blanc.
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Namataya Bay : protégé de l’ilot Vama, c’est un mouillage magnifique, bordé de longues plages.
Nous y passons 2 belles journées, rythmées par des séances de planche à voile, des snorkeling, du SUP dans les vagues et de balades sur la plage : le spot est désert et ne manque pas d’atouts!
Séance de coiffeur pour Loïc, et pour Papily.Anna apprend avec Taï comment fabriquer des jouets avec des feuilles de cocotier :
Et soyons fous : en fin de journée, apéro au champagne sur la plage!
Apéro sur la plage
Tchin-tchin
Nanuya Balavu : Nous mouilons de nouveau devant l’hôtel paradise Cove,
mais passons la journée de l’autre côté de l’île, dans un mouillage enchanteur de Narara : nous mouillons pour la journée dans un trou turquoise : le snorkeling est superbe, et le surf très sympa.
la vague…
ca surfe!
Victor en SUP surf
Victor dans les vagues
Tom et Sonia….
Loïc en Sup surf
Nous disons adieu à l’équipage d’Unique : Julian, Tony et Taï, qui repartent à Denarau chercher d’autres clients . Mes parents Tom et Sonia embarquent demain sur un nouveu voilier : High Aspect, un monocoque de 18m.
Blue Lagoon : de retour dans ce beau mouillage, nous partons en balade vers le village, derrière le Nanuya Resort, et découvrons un charmant salon de thé sur la plage. Le retour se fait par la mangrove.
Pendant ce temps là, Papily et Mamily étaient à la plage avec les enfants.
Puis c’est l’heure de l’apéro sur Moby!
Après Blue Lagoon, direction Wayasewa, où Mamily est allée offrir le kava au chef de village : nous sommes conviés le soir même, à boire le Kava avec la tribu, en l’honneur de la « pleine lune du siècle » : après 4 bols de kava, nos lèvres sont comme anesthésiées, les langues se délient, les blagues fusent en l’anglais : nous faisons l’expérience de l’accueil si chaleureux et naturel des fijiens.
le Kava est broyé…
puis mis à macérer dans un sachet (un peu comme du thé)
et bu!
Nous avions passé un magnifique après-midi à la plage. Le lever de lever de lune, dont nous n’en vîment rien, car caché par les nuages!
en chemin vers Yawasewa
la place du village
Moby au mouillage
les enfants partant le matin pour l’école
Mais le coucher de soleil fut splendide, agrémenté d’un (furtif amis bien réél) rayon vert!
Après avoir levé l’ancre, nous faisons route au moteur vers le récif extérieur, distant de 2NM et réputé pour les requins pointe blanche du récif, plus connus en Polynésie francaise sous le nom de Tapete. Loïc reste à bord avec les enfants pendant j’emmène mon frère et son amie explorer le tombant : nous faisons plusieurs passage le long du récif avant de trouver le spot : un drop-off de 20m couvert de coraux, des poissons innombrables, des bancs de sardines, un peu de courant , tous les ingrédients sont là : c’est Sonia, pourtant novice en la matière qui aperçoit le premier requin, inimitable avec ses ailerons aux bouts d’un blanc bien brillant et son ventre clair. Il nage au fond, rapide, le petit-dèjeuner est sans doute fini pour lui…. Nous en apercevrons un second, tout aussi furtif : décicément, ils sont bien peu curieux de faire notre connaisance. Les Tapete des Tuamotus étaient bien plus amicaux avec les plongeurs, nous approchant à quelques mètres.
Quelques milles avant l’arrivée, le vent tombe progressivement, nous affalons et mettons le moteur pour une petite demi-heure : l’occasion de mettre en marche le dessalinisateur et fabriquer notre eau quotidienne.
Arrivés à Sandy Pit, la chaleur est écrasante en ce début d’été austral, la mer est d’huile : tout le monde saute à l’eau pour se rafraîchir, et les enfants partent conquérir le banc de sable isolé. Je tente un snorkeling sur le récif frangeant, sans conviction tellement le lieu est touristique et fréquenté…
Sandy Pit
Mais oh ravissement, j’aperçois des colonies de poissons clown! Je retourne à bord chercher de quoi immortaliser ces Némos qui se cachent en virevoltant dans leur anémone quand on les approche de trop près.
aussi connu sous le nom de poisson clown
un Némo!
Décidément, il ne se passe pas une journée sans une belle surprise, cadeau de la nature aux apprentis-explorateurs que nous sommes.
16 heures, il est l’heure de continuer la route. Le vent n’est pas revenu, c’est donc au moteur que nous naviguons à travers les récifs mal cartographiés des Mamanuca vers le mouillage de Liku-Liku, au nord de l’ile de Malolo, distant de seulement 4 milles.
Cette très jolie baie abrite un hôtel pour amoureux en voyage de noce : luxe, calme et volupté assurés, au point que ni les enfants ni les yachties ne sont les bienvenus.
C’est donc à bord de Moby que nous regardons le soleil se coucher en prenant l’apéro. Le ciel s’embrase, il y a quelques nuages sur l’horizon nous donc n’aurons pas de rayon vert ce soir, demain qui sait?
C’est le dernier jour complet de Papily et Mamily au Fiji : nous décidons d’aller tester le fameux « cloud 9 », resto-flottant branché à quelques milles de la côté, ancré en plein milieu du récif.
Il faut y aller plus pour l’ambiance que pour la gastronomie… car en fait , au grand désagréement de Papily, il n’y a pas de table, seulement de grandes banquettes pour manger allongé à l’ombre, ou dans des transats en plein soleil, avec la musique à fond dnas les oreilles.
DJ!
L’ambiance y est excellente, pour quelques heures de dépaysement, c’est rigolo de voir cette ambiance « St-Trop’ «
le speed boat qui file à plus de 40 noeuds
pizzas
Tom et Sonia
Loïc et bénédicte
Les enfants jouent des heures dans l’eau, Victor passe son temps à sauter de l’étage.
Déjà, la journée se termine, par un dernier magnifique soleil couchant à Musket Cove.
Pour la dernière matinée de mes parents, nous allons faire de belles photos de famille sur le banc de sable au large de Musket Cove.
Il nous faut dire au-revoir à notre famille, que nous ne reverrons que dans un an…. Mais nos coeurs sont remplis de merveilleux souvenir. Au revoir en Fijien se dit : MOTHE! (prononcer Mozé).
Suwarrow (ou Suvarov en français), nous a longtemps fait rêvé : c’est le petit ilot perdu choisi par Tom Neale pour y vivre heureux en naufragé volontaire, tel un Robinson moderne, pendant la dernière partie de sa vie.
C’est un privilège pour nous que de pouvoir toucher du doigt ce mythe de l’homme fuyant la civilisation pour y vivre seul, heureux, méditatif et proche de la nature.
L’atoll appartient aux îles Cook, petit état indépendant mais proche politiquement et géographiquement de la Nouvelle-Zélande et doté d’une quinzaine d’îlot habités : coralliens au nord, iles hautes au sud.
le Motu Anchorage
Suwarrow a un statut particulier : elle est inhabitée, et est devenue une réserve naturelle faisant partie du Parc National des iles Cook.
A ce titres, 2 rangers l’habitent 6 mois de l’année et accueillent (et surveillent) les navires de passages venus explorer ce petit bout de paradis préservé.
les rangers montent à bord des bateaux pour les formalités
Elle bien sûr aussi très connue des navigateurs, que Tom Neale accueillait bien volontiers à Suwarrow. Solitaire, mais pas si sauvage! A lire absolument : le récit de son séjour à Suwarrow « Robinson des mers du Sud » .
après les formalités d’usage, nous pouvons débarquer.
A ce titre, Harry et son fils Pi, les 2 rangers qui étaient à poste cette année de mai à octobre inclus n’ont pas une vie très différente de notre naufragé : aucun bateau ravitailleur ne vient les ravitailler pendant ces 6 mois : ils sont déposés en début de saison par un petit cargo avec leur stock de nourriture, puis rembarqués… 6 mois plus tard. Dans l’intervalle, ils auront reçu la visite de 50 à 100 voiliers en transit (150 dans les meilleures années, 20 seulement l’année dernière à cause d’El Nino).
Nos amis australien du catamaran Tika (un Outremer 55) qui sont passés à Suwarrow il a un mois nous ont prévenu : les gardiens sont un peu tatillons, mais sympas. Ils font tout simplement leur travail = formalités d’immigration, quarantaine pour tous les produits frais à bord, respect de la réglementation du parc, mais ils sont aussi très accueillants, offrent une petite bibliothèque de livres à échanger, nous parlent des coins sympas de l’atoll à visiter, des animaux et espèces protégées de l’atoll : ils sont de très agréable compagnie.
les 2 bateaux du mouillage : Moby et Andiamo
Rien que par le mouillage, nous sommes enchantés : 3 ou 4 requins nous montrent leur nez à notre arrivée, et resteront en permanence autour du bateau.
nos amis les requins pointe noire
rodent très près de l’annexe
très très près
leur aileron sort de l’eau
Dès que nous sautons à l’eau, nous vérifions d’ailleurs qu’il n’y a pas un requin en-dessous…. et nous interdisons aux petits d’aller nager tout seul, on ne sait jamais….
La nuit, c’est pire, il y en a plus d’une dizaine à roder…
Les fonds sont cristallins,
l’eau très chaude
les oiseaux omniprésents
la lumière fascinante
…et les couchers de soleil splendides.
Dès notre arrivée, Harry et Pi, père et fils, nous proposent du troc : poisson contre vivre. Ils n’ont plus de sel (leur réserve a été souillée par un crabe de cocotiers qui a percé le sac) ni de riz. Nous les dépannons bien sûr, même si nos réserves sur Moby sont au plus bas, car nous arrivons bientôt en Nouvelle Zélande où toute notre nourriture sera confisquée pour cause de quarantaine.
Donc je leur donne mon dernier paquet de riz, ainsi que notre sel de table (il nous reste le gros sel, à mettre dans un moulin et quelques poignées de riz japonais). En échange, nous aurons du poisson frais tous les jours!
Anchorage, lieu de Harry et Pi 6 mois de l’année
Nous descendons à terre, et à peine l’annexe est-elle amarrée que nos amis les requins viennent nous dire bonjour :
la petite plage est merveilleusement entretenue :
la plage
sac de sable pour s’entrainer au rugby
Arthur tente la boxe
le petit salon
la plage
Un petit chemin traverse le motu dit « Anchorage » en passant par l’abri des rangers :
La maison des Rangers :
des vertèbres de baleine servent de tabouret!
au nord, la petite plage où Tom Neale venait se baigner,
et où à marée basse les requins nagent dans 50cm d’eau : nous reviendrons tous les après-midi avec les enfants regarder ce beau spectacle.
Nous partons explorer la partie Est du motu, à la découverte de la faune et de la flore locale.
Bernards L’ermite
Bernards se nourissent de coco
épine d’oursin-crayon
empreinte de corail dans la lave
corail fossilisé
retour à Moby
Tristesse de découvrir une tortue mariné échouée et prisonnière de racines aériennes. Il est trop tard pour la sauver : les crabes de cocotier la dévorent déjà.
Curiosité : les enfants découvrent cette drôle de pierre…. qui flotte! Ils décident de la rapporter aux rangers qui pourraient l’utiliser comme pierre ponce.
drôle de pierre
elle flotte!
on la ramène aux rangers!
Tristesse également de découvrir tous ces déchets abandonnés par la mer.
radeau
balise argos
beaucoup de plastique traine
Le lendemain, nous continuerons nos découvertes naturalistes par la visite de la partie Ouest du motu, bordée d’un platier plein de vie.
Harry pêche au harpon dans le lagon
le platier
coquillage
anguille
le platier
Finalement, nous croisons de nombreux crabes de cocotiers, pas si farouches quand ils sont protégés comme ici.
Plus on avance, plus le platier devient sauvage et aride
le platier
banc de poissons perroquets
Pi a la pêche sur le récif
Harry et Pi nous parlent d’un superbe spot de raies mantas : elles passent à priori à leur « station de nettayage » vers 7h du matin. Une première fois, nous laissons les enfants à bord prendre leur petit déjeuner et filons : la rencontre est magique, 4 raies mantas sont au rdv : elles viennent en effet se faire nettoyer la mâchoire et les mandibules par de petits poissons , qui rentrent jusque dans leur bouche pour enlever les restes de nourritures.
Loïc attend une manta au fond, la rencontre est très belle.
A mon tour d’en croiser une première, puis de me retrouver au milieu du ballet…
Le lendemain, nous y retournons avec les enfants, qui ont très hâte de nager de nouveau avec ces majestueux animaux inoffensifs. Nous avons en effet croisé souvent les mantas, aux Marquises et aux îles sous le Vent, mais jamais dans un tel environnement, d’eau cristalline et de coraux préservés.
Nous aurons aussi l’occasion de faire de beaux snorkelings dans une eau très chaude : un matin, nous resterons près d’une heure et demie dans une l’eau à plus de 30°! Nous rencontrons de gros animaux : raies pastenagues, requins pointes noires, gros mérous, carangues….
c’est parti pour un snorkeling!
une épave sous l’eau
un requin au fond!
exercices d’apnée
un autre requin….
très curieux de nous voir…
une raie pastenague
Mais aussi de très jolis petits poissons de lagon, d’originales formations coralliennes :
des milliers de petits poissons
etoile de mer
recif à fleur d’eau
tunnel sous-marin
Arthur passe sous le tunnel
Il faut dire que les îles Cook enregistrent un pic historique de chaleur avec pas loin de 35° : notre nouvelle voile d’ombrage Odonata reçue à Bora-Bora prend tout son sens, et nous procure à la fois une belle zone d’ombre au vent sur le trampoline, et une excellente ventilation fraiche dans le carré.
Mais les escales, ce sont aussi les rencontres, avec nos rangers bien sûr, que nous passons voir à terre tous les jours, pour papoter, échanger des livres, des films, troquer un peu de nourriture. Je leur dépose une baguette fraichement sortie du four de Moby : Pi me raconte que Harrry, son papa est un ancien boulanger à Mahinitiki, qui ensuite s’est lancé dans l’élevage de la Perle : il a investi dans une ferme perlière il y a une vingtaine d’année, puis l’a revendue dernièrement : suite au réchauffement climatique, l’élevage de perle est devenu plus difficile et moins rentable : l’eau est trop chaude, il faut donc élever les naissons en profondeur, ce qui nécessite de les soigner sous l’eau en plongée bouteilles, là où une simple apnée suffisait.
Rencontre aussi avec Andiamo, innovant et inventif catamaran de plans Chris White, appartenant à Mickael et Debbie, un couple d’américains de Boston, très sympathiques. Original : il est gréé avec 2 mats ailes et focs bomés sur enrouleur qui lui permettent lui et sa femme, heureux jeunes retraités sexagénaires, de manoeuvrer seuls ce cata de 47 pied. Autre particularité : une porte donne accès du carré à un cockpit frontal, situé en arrière du mat, très agréable en navigation et au mouillage également. Nous prendrons plaisir à prendre l’apéro sur Andiamo et à échanger sur nos expériences de navigations et tranches de vie.
5 ème et dernier soir, nous nous organisons un petit apéro familial sur le trampoline, le coucher de soleil est exceptionnellement beau ce soir. Demain, le vent rentre, il sera temps de quitter Suwarrow, cap sur les Fijis où nous rejoignent Papily et Mamily : les enfants sont super heureux de retrouver leurs grands-parents!!!
Huahine est la première des île sous le vent que nous visitons fin août, après avoir passé près d’un mois aux Îles du Vent (Tahiti et Moorea). Nous quittons Moorea au coucher du soleil,
Moorea au coucher du soleil
pendant que la lune se lève à l’est sur Tahiti,
La lune se lève sur Tahiti
Nous partons donc pour une navigation de nuit de pleine lune : on adore! En effet, par nuit de pleine lune, la veille est plus facile, nous voyons les vagues arriver, mais surtout les nuages, les grains, et aussi les côtes qui se dessinent.
La faune est particulièrement riche dans les parages : nous croisons une baleine en quittant Tahiti,
et une bande de dauphins en arrivant à Huahine. Les enfants sont ravis du spectacle.
A l’arrivée au petit matin à Huahine, nous sommes d’emblée séduits par la douceur de vivre qui s’en dégage.
L’île apparait d’emblée très verte, peu de plages, de rares maisons et presque pas de motus sur le pourtour corallien : c’est une île « terrienne ».
Quelques jolies petites plages de sable jalonnent notre parcours, nous nous arrêterons sur l’une d’entre elle pour déjeuner, et dégourdir les pattes des enfants qui ont besoin de se dépenser après cette nuit et matinée de nav’.
La plage est sympa et le snorkeling parfait pour Anna : plein de petits poissons dans peu d’eau!
Victor sort son paddle pour rejoindre la plage.
Victor et Arthur s’éclatent à sauter d’un cocotier poussé à l’horizontale…. en fait déraciné lors d’une tempête….
Loïc lance son drone pour faire quelques clichés en altitude de Huahine : 2 îles reliées entre elles par un pont, et entourées par un même atoll corallien.
Le paysage est en effet grandiose, et sur la route, de jolies plages, quelques rares maisons.
La plus étonnante d’entre elles est ce « fare » flottant, dont nous avons déjà croisé plusieurs exemplaires à Tahiti.
la maison de vacances idéale!
Nos amis des bateaux Invictus et Excallibur nous attendent déjà depuis quelques jours dans un mouillage parait-il enchanteur tout au sud de l’atoll : la baie d’Avea.
La baie d’Avea
Nous y passerons quelques jours fort paisibles entre plage, baignade avec les raies, et happy hour au relai de Mahana.
bande de raies aigle nageant en formation
Le mouillage est très calme
Nos amis Nicole et Toby, du catamaran Invictus , un très beau lagoon 52, au mouillage.
Nous apprécierons encore plus le mouillage du village de Fare, proche de la passe Avamoa.
le village de Fare et la passe Avamoa
Nous sommes mouillés face au village, et juste à la sortie de la passe : Moby est le dernier catamaran sur la droite.
Les garçons nous réclament tous les jour du surf tracté : une bonne occasion de s’entraîner en l’absence de vagues de sables : ici, on ne surfe que dans les passes, sur le corail!
Arthur en pleine actionAnna elle aussi réclame du surf tracté!
Les journées s’écoulent doucement, la plage est belle, et les couchers de soleil superbes.
après-midi tardive à la plage….
Je profiterai aussi d’un après-midi pour aller faire un tour à vélo : les sites archéologiques du village de Maeva sur la lac du même nom sont superbes et valent le détour!
Le Marae de Maeva…
sur le lac…
le site de prière
Le marae principal
réplique de pirogue ancienne
Un peu plus loin, le lac sur lequel les pêcheurs ont construit leurs parcs et pièges à poisson.
pièges à poisson
parc a poisson
méandre du lagon
Au village de Pirae, sur la côte Est, des anguilles sacrée aux yeux bleus.
…aux yeux bleu clair
Autre curiosité locales : les enseignes et pancartes en bois, signe un peu désuet totalement disparu par chez nous, mais bien utile quand on circule en vélo ou à pied.
la côte nord…
brassée par le vent et la houle
Dev retour au village, Loïc a lancé son drone, pour prendre des images de la passe d’Avamoa
la passe d’Avamoale corail du récif
Nous sommes restés pas loin d’une semaine (un records pour nous qui avons sans cesse la bougeotte!) dans ce mouillage idyllique : la plage à 2 pas, les dauphins tous les jours dans la passe, de beaux couchers de soleil, et le village également avec toutes ses commodités : supérette, baguette fraiche quotidienne, marché la matin, poisson cru à emporter….. et la « yacht-Club » avec son « Happy Hour » pour l’apéro, son service de laverie, internet….
vers le village
Juste avant de partir, Anna a écrit une carte pour souhaiter une bonne rentrée scolaire à ses petits copains de maternelle de l’Ecole du sacré Coeur de Plougonvelin. Une question : « Maman, combien de temps va mettre la carte à arriver? » C’est Monique, sa maîtresse qui pourra nous répondre….une, deux, trois ou 4 semaines????
la carte postale écrite par Anna pour sa classe ….
mise dans la boite aux lettre en direction de plougonvelin!
Nous sommes en effet déjà le 23 août, la rentrée est pour bientôt, y compris sur Moby! En attendant, nous passerons nos 2 dernières semaines de vacances à Raïatea et Tahaa.
Puisque nous sommes à Tahiti pendant la Billabong Pro, c’est l’occasion ou jamais d’aller voir la vague de Teahupo’o (prononcer Téahoupoho, et non Tioupo , comme me l’expliquait un tahitien). Teahupo’o prononcé à la polynésienne signifie « tête dans le linceul » car les autochtone avaient pour coutume de décapiter leur ennemis et de garder leurs têtes en trophée dans un linge… Prononcé à l’américaine « Tiopou » signifie « la tête dans le cul », ce qui est tout de même moins élégant, avis à nos amis surfer….
Partis de Papeete, 6 heures de navigation contre le vent, pour rallier la presqu’île de Tahiti, beaucoup plus calme et sauvage que le reste de l’île.
Nous arrivons dans le lagon de Tahiti Iti par la passe de Tapuaeraha , et cherchons un mouillage non loin de Teahupo’o.
Dès l’entrée dans la passe, nous apercevons des surfeurs, des jetskis, l’ambiance de la presqu’île est déjà là!
Un peu plus loin, c’est le BBQ du week-end qui rassemble tout ce petit monde sur un minuscule Motu.
Nous longeons la côte par un chenal intérieur, dans le lagon.
un mariage!
le chenal vers Teahupo’o
faré flottant
Des dauphins nous accompagnent dans le chenal!
Nous voilà arrivés sur le site :
la plage de teahupo’o
le site de la compétition
les bateau de l’organisation dans la passe
Vue du ciel, c’est plus parlant :
la passe de Teahupo’o
On aperçoit en haut de l’image la tour des juges, et les bateaux accrédités par l’organisation pour emmener les touristes voir le spectacle.
la tour des juges
Avec Moby, nous allons rester 3 heures dans la passe, légèrement en retrait, mais perchés sur le roof, nous avons une vue magnifique sur la vague! On voit bien l’épaisseur de sa lèvre.
La compétition ne commence que le 19 août, soit dans une semaine, mais en amont de la compétition sont sélectionnés au cours de « Trials » les meilleurs amateurs, polynésiens et étrangers qui se joindront aux champions,
Ils sont 4 à s’affronter pendant 25 mn, seules les 2 meilleures vagues comptent!
Nous arrivons à avoir une belle vue sur le spot… entre les nombreux bateaux de l’orga.
La vague est vraiment belle, même si on l’espérerait un peu plus grosse : il y a tout juste 2m de houle. La vraie Teahupoo, avec un mètre ou deux de houle en plus doit être encore plus spectaculaire.
Mais le spectacle est tout de même là :
En cas de problème, des équipes de sauvetage en jetskis .
Nous rentrons au mouillage, après quelques heures de très beau spectacle.
Nous ne sommes pas sûrs de revenir pour la compétition qui commence en fin de semaine, car les prévisions de houle sont à la baisse.
Nous filerons plutôt en direction de Huahine et des îles sous le vent. Bye-Bye Tahiti!
Si vous avez aimé notre article précédent « Les Marquises vues du ciel, vous aimerez tout autant les Tuamotu pris en photo par Loïc avec son drone.
Nous avons passé un gros mois aux Tuamotus, et avons le plus souvent eu un alizé soutenu, qui a souvent empêché Loïc de sortir son drone. Nous n’avons pas d’images donc de tous les mouillages….
RANGIROA :
Ces images sont prises dans le sud de Rangiroa, un zone très isolée et peu fréquentée des bateaux de passage. Nous étions comme seuls au monde!
DCIM100MEDIADJI_0355.JPG
au mouillage
APATAKI
Dans le Nord d’Apataki, proche de la passe de Tehere, nous nous sommes arrêtés en journée pour profiter du merveilleux snorkeling, en bordure de plage.
FAKARAVA
Dans le sud de l’Atoll, près de la passe de Tumakua, les motus s’alignent, et se visitent à pieds, en passant de l’un à l’autre par de petits ponts ou gués.
vue vers le sud de la passe
vue vers le nord de la passe
en remontant vers le nord de Fakarava, nous nous arrêtons à Hirifa :
Mais nous ne sommes pas tout à fait seuls au monde, car nous tombons pas hasard sur un autre cata, jaune, dont le nom nous est bien connu : il s’agit de Banana Split, le bateau d’Antoine, le célèbre navigateur, carrément beaché sur la plage, amarré à des cocotiers!
Moby et Bananasplit au mouillage
Banana Split mouillé en tout bord de plage, amarré à des cocotiers
Plus tard, nous avons migré vers un autre motu isolé, et retrouvé nos amis d’Invictus, Mercredi Soir, Fata Morgana et Quatra pour un gros BBQ.
Rangiroa n’est éloignée d’Apataki que de 120NM, la distance idéale pour une navigation de nuit : nous quittons Toau à 17h , et arrivons devant la pass de Rangiroa au petit matin.
feu bâbordfeu tribord
Il est 5h du matin, un peu trop tôt pour envisager la passe, qui ne sera à l’étale que 2h après l’étale de marée haute, soit 9h30 du matin… Nous tirons quelques bords devant la pass en attendant, prenons notre petit dej, après notre second passage, la passe semble s’apaiser : nous décidons d’entrer!
Entrée dans la passe
un voilier arrive…
nous croisons un voilier dans la passe..
semi-rigide partant en plongée « courant sortant » dans la passe
La passe est agitée, mais rien qui ne perturbe Moby. Nous croisons un monocoque qui sort… et enfourne sérieusement!
Un fort alizé de Sud-Est est prévu, la seule zone abrité de Rangi sera le sud du lagon : nous nous apprêtons donc à tirer des bords pendant 6h en navigant à vue dans le lagon de Rangiroa, qui mesure pas loin de 80km du Nord au Sud.
A 15h, et après avoir cherché le mouillage idéal, nous jetons l’ancre aux « sables roses » , dans une zone bordée de bancs de sables et d’eau turquoise, et la nuit sera calme OUf, car nous sommes fatigués de la nav’ de ces derniers 24h.
Le lendemain, pas complètement satisfaits de ce mouillage des sables roses, (nous nous trouvons un peu loin des plages ), nous décidons de chercher un meilleur spot, plus proche du rivage, car les 3 jours à venir vous être ventés et nous voudrions en profiter pour continuer les initiations kitesurf et planches des garçons, natation pour Anna.
je scrute la surface à la recherche de hauts fonds
motu en plein milieu du lagon
Arthur dans les barres de flèche
zone de récif dans le lagon
les enfants surveillent à l’étrave
Arthur guette!
La zone est semée d’ilots et de patates de corail, il nous faut être très attentifs. Nous installons Arthur dans sa chaise en hauteur pour repérer les zones de coraux, et Victor sur l’une des coques. Je reste sur le rouf, et Loïc à la barre.
Nous trouvons le spot idéal et mouillons dans 3m d‘eau, sur un beau fonds de sale, entourés de patates de corail.
Moby au mouillageatterrissage du drone
Comme nous attendons un fort alizé, Loïc préfère vérifier doublement le mouillage : en allant plonger sur l’ancre, et vérifier qu’elle est pas prise dans le corail, et aussi en s’assurant avec le drone qu’aucune patate de corail ne se trouve trop près dans notre zone d’évitement.
vérification du mouillage avec le drone
Nous descendons à terre explore et repérons l’endroit idéal pour y faire un feu, d’autant que c’est la pleine lune! Victor et moi explorons le motu à la recherche de crabes de cocotiers, ou tout du moins de noix de cocos pour les apater, et non; hélas, tout est mangé par les rats, qui vivent carrément en haut des cocotiers, dans les arbres, et dévorent tout! Le sol est jonché de cadavres de cocos vidées et desséchées, de feuilles de palmes séchées, c’est désolant.
au mouillage
Arthur a trouvé un trident!
racines
l’intérieur du motu
notre ami Bernard, l’Ermite!
Nous l’avions promis aux enfants qui attendent les feux de camp avec impatience : ce soir, nous dinons au coin du feu!
Loïc poursuit avec Arthur son initiation planche à voile.
Et celle de Victor en kite.
préparatifs
mania
body drag
Pendant que je coache Anna, qui nage désormais sans brassards!
Pour célébrer à notre manière le Heiva, nous réalisons des couronnes de feuilles de palmiers,réalisons un « totem » en corail coco, racines de filaos, coquillages? Nous récoltons aussi du bois flotté et de jolis coraux mort pour fabriquer des rideaux décoratifs, comme en on voit beaucoup dans les maisons aux Tuamotus.
couronne en feuilles de palmiers
fabrication du totem
Loïc en profite pour sortir sa planche, et aussi tracter les enfants
Après 3 jours de ce rythme sportif et de mouillage au calme – nous étions encore une fois seuls au monde, nous décidons de rallier Tiputa, la passe nord.
Pendant la navigation, nous croisons des dauphins dans le lagon, incroyable, il n’y a qu 20m de fond maximum! ce sont de grands requins gris, des Tursiops, ils sont impressionnants. Allons-nous en rencontrer lors de nos plongées à Tiputa?
dauphins!
Village de Tiputa en vue
En effet, le spot de la passe de Tiputa est mondialement réputé. Notre ami Pierre, de TalithaKoum grand plongeur, nous recommande le Raie Manta Club club d’Yves Lefevre : c’est le premier à avoir ouvert un club de plongée aux Tuamotus en 1985, et c’est aussi l’auteur d’un ouvrage extrêmement utile que nous avons à bord : « le guide de la faune marine dangereuse d’Océanie », qui nous été d’une grande utilité lorsque Gautier a été piqué par une méduse Physalie aux Marquises il y a un mois.
Le CV d’Yves est aussi impressionnant que sa gentillesse : nous sommes ravis de plonger dans son club et de pouvoir apprendre autant à ses côtés. Car au-delà d’être un grand plongeur, Yves est un naturaliste, passionné des animaux qu’il côtoie au quotidien, par leur comportement, leurs habitudes ; chaque plongée est une surprise et un nouveau bonheur de rencontre et de découverte.
J’effectue 2 plongées avec Victor, dans le courant rentrant, dans 15m d’eau, à survoler le bord du récif de la passe : nous avons y croisé des dauphins, à chaque fois, mais aussi bien sûr un « mur » de requins pointe noire, quelques tapete (requins pointe blanche), un requin citron juvénile, des mérous, des napoléons chassant en association avec des carangues, des bancs de carangues, de barracudas, de thasards, un baracuda gigantesque gros et gras, des murènes, une méduse, des balistes énormes, des bancs de perroquets….. des tortues, qui se laisseront d’approcher de très près, et viendront nous voir.
Victor part plongée
Livia, notre instructive, compagne d’Yves
la passe… ça déferle un peu
La plongée de courant « rentrante » est fort impressionnante : nous y croiseront aussi des dauphins, et surtout un banc de raies aigles traversant le « mur » de requins : quelle majesté! La suite est fort impressionnante, puisque l’on survole à un mètre du plancher de la passe à peine, à une vitesse de 3-4 noeuds, une sensation de voler au-dessus du sol, de planer, c’est vertigineux…
C’est Mako, le marin qui pilote le semi-rigide du club qui nous initie à la langue polynésienne : « Iaorana » : bonjour, « Maruru » : Merci, « Nana » : au revoir. le secret de la bonne prononciation : en polynésien, toutes les lettres se prononcent distinctement.
le site de « l’aquarium »
Avec Arthur et Anna, nous allons tous les jours à l’aquarium, magnifique site de snorkeling, où dans 2m d’eau on aperçoit tous les poissons de lagon, de récif, y compris des requins pointe noire, des murènes, des poissons lion, poissons trompettes, ange, empereur, papillon, etc…
Hotel Kia Ora
Rangiroa est l’atoll le plus peuplée des Tuamotus, c’est aussi le point de départ de nombreuses croisières.
le snack du port et le quai de débarquementle petit cargo qui ravitaille les atolls
Nous y retrouvons David, (qui travaille l’hiver à St-Martin aux Antilles) sur un Eleuthera 60 qui fait découvrir le lagon de Rangiroa à ses clients de DreamYacht Charter ayant réservé à la cabine, mais aussi Jean-Marie et Fréderique, sur leur Sunreef Itemata, qui propose des croisières plongée dansa les Tuamotus. Nous y retrouvons également Pierre, Nathalie, Zoe, Julien et Yan, sur TalithaKoum, ainsi qu’Eric et Alice, avec leurs deux filles sur Suricate.
Rangiroa, c’est aussi les petits restos : Chez Lili, avec ses frites maison et son poisson à la vanille, quel délice, le snack du port avec le traditionnel thon cru au lait de coco dont je ne me lasse pas. Il offre en plus une vue plongeante sur else eaux du port, très poissonneuses!
vertebre de baleine
raie grise
requin pointe noire
et chez Joséphine, spot idéal pour l’apéro du soir ou le café du matin, : son incroyable terrasse sur pilotis surplombe la passe de Tiputa, plus ou moins calme selon les heures des marées et le vent! On y voit le ballet des semi-rigides des clubs de plongée déposer leur clients. Les enfants se régalent de sorbets locaux et de Magnum : c’est un vrai retour à la civilisation : cela fait 2 bons mois qu’on n’en avait pas vu!
semi-rigide partant en plongée « courant sortant » dans la passe
Victor se délecte d’un Magnum
Arthur devant la passe
la sortie par la passe Avatoru au Nord de Rangiroa
entrée de la passe d’Avatoru
le village d’Avatoru
pêcheur à l’extérieur
Après une semaine à Rangiroa, nous apercevons une fenêtre météo nous permettant de rejoindre Papeete rapidement, avec un angle au vent correct : la première partie de la navigation à contourner l’atoll se fera largement abattu sur une mer très calme, car à l’abri du récif, puis la seconde partie, de nuit, est plus agitée, avec du vent de travers. Nous arrivons en vue de Tahiti au lever du soleil, le vent mollit au fur et à mesure que nous nous rapprochons.
A nous Papeete, pour une semaine de shopping, travaux divers et réparations, et retrouvailles avec les copains d’Invictus et d’Excalibur, que nous n’avons pas recroisé depuis les Marquises.
Il reste moins de 2 mois avant le départ programmé de La Grande Motte. Dans la longue liste de choses à faire, réunir l’équipement photo et vidéo qui nous permettra de capturer les moments de notre voyage…
Après avoir visionné les superbes vidéos faites par le drone de notre cousin Michel, à bord de son Outremer 49 « Ilo2 », nous avons pensé à nous en équiper également.
Très vite notre choix s’est porté sur le DJI Phantom 3. Sa facilité de mise en œuvre est impressionnante et ce drone devrait nous permettre de faire de très belles images, d’apprécier les paysages et d’explorer vu du ciel.
Notre maison, ancien sémaphore de Créach Meur, vue du ciel.