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  • Bahamas -1- Les îles du Sud

    Bahamas -1- Les îles du Sud

    Nous y voilà, aux Bahamas, dernière escale tropicale de notre tour du monde, et dont nous attendons beaucoup. Nous avons en effet rushé en remontant l’arc Antillais, afin de préserver au moins 6 semaines pour la découverte de l’archipel :  700 îles, dont seulement 20 sont habitées toute l’année. Les voiliers canadiens viennent y passer l’hiver en quête de soleil et de chaleur, un peu aussi les américains, mais très peu d’autres nationalités qui naviguent plutôt dans les Antilles. Cela nous intrigue un peu, et nous avons hâte de nous faire une idée sur ce bassin de navigation dont nous soupçonons qu’il soit largement méconnu des Européens.
     
    A l’entrée dans les Bahamas, notre premier contact avec la civilisation sera le survol de Moby par l’hélicoptère des US Coast Guards Cela donne le ton : les Bahamas sont sous la coupe des USA, en ce qui concerne au moins la surveillance de leurs frontières!
    Nous avons fait notre clearance tôt le matin à Mayaguana, et sommes repartis aussitôt vers Crooked Island où nous attendent mes parents, qui ont loué un Lagoon au départ de Marsh Harbour (Abacos), skippé par Sylvain.

    Nous avons prévu une navigation en tandem de 2 semaines dans les iles du sud des Bahamas. En fin de journée, nous traversons un petit détroit entre les « Plana Cays » : ces îles ne sont guère plus que de longs bancs de roches et de sable plantés de tout petits palmiers. 
    la variété : le Thatch Silver Palm, qui ressemble en miniature au Vacoa des Mascareignes. Endémique des Bahamas, il est  utilisé pour faire des toit de palme, comme son nom l’indique, mais aussi pour divers objets de vannerie, ceintures, paniers, objets de décoration….
    Sur l’horizon, de très haut souffles montent dans les airs. Nous pensons tout d’abord à des baleines, mais ce sont en fait des rochers « souffleurs ».  
    Nous visons une arrivée de nuit à Landrail Point, au Nord-Ouest de Crooked Island, l’île principale des Atcklins. Un phare yest censé baliser l’entrée, mais il n’est pas en opération…
    Mais la baie offre une entrée franche, et nos cartes Transas (i-sailor) sont comme toujours très précises, nous donnant une large zone de fond sablonneux dans 5m d’eau…juste à côté du bateau de mes parents.

     

    Au réveil, nous découvrons des fonds d’une clarté incroyable, et d’une couleur turquoise à nulle autre pareille.

    Il fait chaud, très chaud : nous installons la voile d’ombrage les enfants s’y installent … pour travailler! Je vous assure, Victor bosse son français, et Anna fait de la lecture.

    Loïc lance le drone, et nous découvrons l’île de Crooked vue d’en haut,

    la mouillage de Landrail

    C’est vraiment magique de pouvoir visiter l’arrière pays par les airs!

    le mouillage de Landrail, et le phare de Bird Rock au loin
    Pour fêter nos retrouvailles familiales, nous allons tous au resto! Les enfants se sont mis sur leur 31 pour les retrouvailles avec leurs grands-parents.
    Nous accostons dans un petit port creusé dans la roche. 
    A Landrail, nous découvrons une petite communauté Bahaméenne fort restreinte : une épicerie, un resto, un poste de police…
    En marchant vers le restaurant, nous découvrons le « village ».
    L’île a été ravagée par le cyclone Joaquim, en octobre 2015, qui a inondé 75% des habitations, détruit la centrale électrique, et ravagé une cinquantaine de maisons… Aujourd’hui, il reste moins de 200 habitants, répartis dans plusieurs petits « settlements »;  les autres ont fui pour trouver travail et habitation ailleurs.
    La reconstruction est longue, très longue, et les dégâts encore très nombreux :
    L’ancienne station service est inutilisable : dommage car elle était pratique aussi pour les bateaux.Il y a un projet de reconstruction à quelques mètres de là, mais à l’arrêt.
    la dalle de la future station service 
    Les maisons qui sont encore habitées sont par contre particulièrement pimpantes. 
    Au resto, nous nous régalons et découvrons les spécialités locales : langouste rôtie, thazard en légère friture,  l’incontournable « mac’n’cheese » (gratin de macaroni, prononcer « maquenne-tchise »), poulet mariné, riz aux haricots, salade de haricots verts : tout est frais, délicieux, fait-maison et local!
    En marchant sur la route, nous sommes survolés par un tout petit avion : il nous faudra aller visiter la piste qui se trouve non loin du village; 
     
    En fin d’après-midi, Loïc part avec Victor et Arthur plonger en apnée sur le tombant, qui descend de 5 à 200m en quelques mètres seulement. 
    Là, ils se font surprendre par un requin particulièrement agressif qui les charge à 3 reprises, visiblement mécontent de voir des humains sur son terrain de chasse. Heureusement, il n’a pas idée de les croquer, seulement de les intimider : sans doute les prend-il pour des prédateurs concurrents, ce qui fâche, non? Tous 3 se replient avec calme et rapidité, palmant à reculons vers l’annexe, en restant groupés serrés. Ils se souviendront longtemps de cette charge inopinée.Des émotions pareilles, ca soude une famille!

    En toute fin de journée, nous allons explorer la plage, très sauvage. Tout le long, nous observons des maisons, dont presque toutes sont détruites et à l’abandon. 
    Au nord de l’île, sur un ilot, le phare de Bird Rock est impressionnant de stature, il date de 1876. 

    Tout au bout de la plage, la piste d’aviation! Fréquentée par des pilotes-propriétaires américains et canadiens, qui viennent pour la pêche, en particulier la très confidentielle et très select pêche au « Bone fish » sur les « flats », ces grandes étendues d’eau sablonneuses et peu profondes dont Crooked Island regorge. C’est une pêche à la mouche sportive de « catch and release » (le bone fish n’est pas réputé pour la finesse de sa chair, il est très difficile à préparer), très populaire chez les américains du sud.

    Deux pêcheurs à la mouche en route vers les Flats, dans leur tenue typique « camouflage des sables »

    Un jeune homme vient nous accueillir et nous propose de faire avec lui le tour du propriétaire. L’occasion pour nous de nous familiariser avec l’accent Bahaméen qui est très particulier. Les installations aéroportuaires sont sommaires :

     un beach bar, particulièrement bien placé,quelques quelques bungalows dotés de chambres, une salle de restaurant et c’est tout!
    Plus loin, un projet de marina a été abandonné : la maison du propriétaire, un américain, a été détruite,et la reconstruction n’a pas encore eu lieu…. quand à parler de développement, ce n’est surement pas pour tout de suite. L’île de Crooked est très basse sur l’eau, et particulièrement vulnérable aux cyclones : la montée des eaux barométrique y fait des dégâts impressionnants.
    En longeant la plage au retour, nous passons devant la ruine de cette jolie maison.
    L’arbre à coté, qui ressemble fort à un filaos n’est pas en meilleur état…
    Anna et moi ramassons des gorgones, qui jonchent la plage par centaines : vertes, roses, violettes, jaunes, marron….
    Une fin de journée paisible à profiter de la plage, de la nature

    et du soleil qui se couche. 
     
    Nous appareillons pour French Wells, un mouillage tout au sud de Crooked.Nous passons sur un banc de sable peu profond. Les garçons surveillent le fond. Difficile d’évaluer à vue d’oeil la profondeur tant l’eau est claire!
    Nous sommes tous sous le charme de ce « turquoise » si particulier des Bahamas. Je mitraille, et me donne comme objectif de « capturer » les 50 nuances de turquoise. 
    Le Lagoon 42 loué par mes parents a un peu plus de tirant d’eau que nous, nous lui avons ouvert la route 
     
    Ils sont très contents de leur bateau,qui bien que petit, est remarquablement habitable, en particulier la cabine propriétaire,

    et dispose d’espaces à vivre particulièrement réussis. En terme de performance, ca n’est évidement pas une bombe… mais il a de bons moteurs! ll faut bien ça pour pouvoir suivre Moby, véloce dans le petit temps….
    Nous mouillons dans des eaux cristallines.
    La plage est très belle et le sable d’une douceur….
    Le site est très sauvage, inhabité, les eaux turquoises,Petite curiosité : un vieux puit, toujours praticable! De l’eau douce donc, venant de nappes phréatiques. Ces puits sont très courants aux Bahamas, pratiques pour le ravitaillement des bateaux, ils étaient dans l’ancien temps des étapes incontournables. J’apporte ma bassine et en profite pour faire des lessives de serviettes!
    Et derrière la plage,

     la mangrove s’avère accessible en annexe via un canal naturel.Nous partons pour une belle ballade naturaliste

    au coeur de la mangrove,
     
    L’eau est peu profonde, mais d’une clareté….
    Nous dérangeons un petit requin nourrice venu trouver refuge dans les méandres. 
    Le coucher de soleil est hypnotisant, la plage magnifique, il n’y a pas de vent : c’est le site idéal pour faire un feu!
    Papily et les enfants ont préparé les branchages avec l’aide précieuse de SylvainNous prenons l’apéro sur la plage. Les enfants nous ont aussi fabriqué une table en pierre et Sylvain des sièges en vieux cordage de marine
    Les enfants sont tellement heureux de pouvoir partager avec leurs grands parents cette vie de plein air qui leur plait tant. Le lendemain, nous partons un peu plus au sud pour Long Cay. 
    Au petit déjeuner, nous faisons des crêpes! Je n’ai pas emporté mon Bilig (nom breton de la crêpière traditionnelle en fonte électrique), il est resté à la maison…  mais une simple poêle à crêpe anti-adhésive dépanne. Nous faisons aussi des crêpes blé noir, le repas préféré des enfants, quand nous trouvons du sarrasin, que j’ai bizarrement eu un mal fou à trouver aux Antilles françaises, alors qu’en Polynésie et à la Réunion, sans problème!

    Côté pêche, ca n’est pas un succès : dès que nous attrapons un poisson, il sert d’appât aux requins, qui le croquent d’un coup de dent…

    ce qu’il reste de sa bécune dans les mains de Sylvain…
    Loïc lance le drone, et cette fois, c’est Anna qui pilote! Très concentrée… 
    Nous voulons prendre de belles photos de Moby, car c’est décidé, nous le mettons en vente. Sans regret, car il nous aura permis de réaliser notre rêve : un tour du monde à la voile en famille. Mais d’ici quelques mois, nous reprendrons nos vies de terriens, le travail, l’école, le jardin, et n’aurons pas usage d’un bateau de grand voyage. Nous espérons que Moby aura un nouveau propriétaire qui continue à naviguer longtemps…
    Nous continuerons bien sur à naviguer sur les bateaux de la famille, les enfants à faire de la voile légère, et nous aurons peut-être un day-boat pour profiter des beaux jours en famille?
    Mais le virus du voyage nous a piqué, et nous repartirons un jour en bateau, pour continuer à explorer à la voile cette planète qui est si belle, à la découverte de ses habitants, nos frères humains : « Tous pareils, tous différents! »
     
     

    A Long Cay, nous sommes mouillés tout proches du village d’Albert Town.

    Vers le Sud de Long cay
    vers le Nord de Long Cay

    Là encore, c’est une longue plage de sable blanc, de l’eau turquoise, mais on ne s’en lasse pas….

    Albert Town a été un des plus gros villages des Bahamas du temps de la marine à la voile, jusqu’au milieu du 19ème siècle  avec près de 2000 habitants : c’était en effet un port d’entrée aux Bahamas, stop idéal pour les voiliers, le port disposant d’un accès aisé à la voile, d’une rade abritée sous le vent de l’île et d’une bonne profondeur.
    Du jour au lendemain, avec l’avènement de la marine à vapeur, le village est devenu fantomatique, puis carrément désert avec aujourd’hui seulement… 12 habitants.
     
    Albert, c’est aussi le nom de mon papa : il FAUT aller à terre y faire un tour.
    Nous débarquons sur la plage, le quai est impraticable. 
    Nous croisons nombre de ruines, de maison abandonnées, les ruelles sont désertes…
    Une habitante qui était sur le pas de sa porte nous aperçoit, et nous salue. Les visiteurs sont rares, et elle nous fait les honneurs de l’église : détruite par un cyclone…. Curiosité : elle n’a été reconstruite que partiellement :

     seul un des bas-côtés a été rebâti
    Nous nous enquerrons du prêtre : il ne vient que très rarement officier.

    Un autre habitant vient à notre rencontre. Justin veut que nous immortalisions la rencontre,en particulier avec Albert, en visite à Albert Town!

    Justin et Albert

    Il nous offre des vestiges du temps passé : d’anciennes bouteilles en verre.

    En rentrant au bateau en annexe, nous longeons encore quelques maisonnettes en ruines : quelle tristesse de savoir que tous ces habitants ne reviendront plus. C’est une des tristes réalités des îles extérieures des Bahamas : quand elles sont touchées par un cyclone, de très nombreux habitants décident de ne pas reconstruire, et d’aller plutôt tenter leur chance ailleurs, dans le nord, sur des îles plus touristiques et densément peuplées. Ainsi, les « Outer Islands » se dépeuplent inexorablement au gré des cyclones.
    Le soleil se couche sur Albert Town….
    Nous quittons le groupe des Atcklins pour rejoindre Long Island, via le Crooked Passage. Nous atterrissons à Little Harbour, un curieux petit port naturel de la côte au vent : une échancrure rectangulaire parfaite dans les terres, fermée par deux petites îles, et ouverte sur une passe. Nous n’avons que l’embarras du choix côté plages, et nous décidons pour le tout petit banc de sable qui borde l’îlot fermant la baie. Ce sera notre plage « privée » pour la journée. Skimboard, snorkeling,

    chateaux de sable…..
    Quand nous appareillons le lendemain, nous apercevons drossé à la côte une ancienne épave, de ce qui a dû être un très grand bateau.
    Nous faisons escale à Clarence Town, qui sur la carte ressemble à un gros village et où nous espérons faire un avitaillement de produits frais. Papily et Mamily partent à terre avec leurs sacs…. et ne reviennent à la nuit que plusieurs heures plus tard. Nous commencions à être inquiets. N’ayant pas trouvé ce qu’ils voulaient dans la boutique du village, la patronne leur propose de faire le « taxi » pour eux jusqu’au supermarché le plus proche….. Tope-là! Sauf que le commerce se trouve en réalité à une petite demi-heure de distance en pick-up sur une route défoncée….Le dos de Papily se souvient encore des cahots de la route et de la conduite sportive de sa conductrice… Ils reviennent 2 heure trente plus tard chargés de victuailles, produits frais et savoureux, encore sous le charme de l’hospitalité et de la gentillesse des Bahaméens.
    Pendant ce temps-là, nous sommes à la plage avec les enfants
     ballade en amoureux, skimboard, chateaux de sable…

    Nous retrouvons nos amis de Luna Bay II, Un Outremer 45 avec 3 enfants à bord : Théotime, Charline et Léonie ont à peu de chose près le même âge que Victor, Arthur et Anna. Nous les avons croisés plusieurs fois, et avons enfin le temps de bien sympathiser autour d’un apéro : les parents dans le cockpit autour d’un ti-punch, et les enfants sur le trampoline à faire les fous!
    Au petit dèj du lendemain, un bon pain de mie grillé, fait maison dans notre machine à pain. Nous en sommes très contents, depuis qu’ Alexandre nous l’a offerte à l’île Maurice. Nous y faisons du pain, du pain de mie, des brioches, mais aussi des cakes au chocolat, au yaourt, aux pommes, des financiers…. et même du gateau breton!
    Cette fois-ci, c’est Arthur qui pilote le drone : décollage, vol, et atterrissage. Il n’a pas voulu faire de photos, seulement un film!
    Nous sommes à Rum Cay, dans la baie de Flamingo, une superbe plage, et encore une fois, nous ne sommes que 2 bateaux au mouillage; Après avoir exploré presque toute la baie à la recherche d’un bon mouillage, nous revenons mouiller près de la passe : c’est le seul endroit sans patate de corail. Le snorkeling en revanche est très prometteur, avec tout ce corail. 
    Là encore, sable blanc fin comme de la farine, des kilomètres de plage où nous prenons l’habitude de nous balader en fin de journée, du skim pour les garçons,

    on ne s’en lasse pas.
    Nous partons faire un snorkeling dans le nord du récif,près d’une épave.

    Les coraux  Elkorn sont majestueux.
    Nous croisons quelques gros spécimens, de mérou, de requin nourrice aussi…mais l’animal est craintif, et nous tourne le dos.
    Puis nous retournons le lendemain à Long Island, tout au nord, dans la jolie baie de Stella Maris. Nous nous arrêtons en mouillage de jour dans une petite baie adjacente, très sauvage. Nous déposons Papily et Mamily sur leur petite plage personnelle. C’est merveilleux de profiter de ces plages calmes et peu fréquentées. Encore du bleu turquoise intense, du sable blanc à faire mal aux yeux, et de petites grottes.
    Nous irons en fin d’après-midi explorer Galliot Cay, et en particulier le petit village de Seymours, à travers un méandre de mangrove,
    que l’on parcourt en annexe, le long de grottes, jusqu’à un petit pont  doté d’un ponton
    En fait de village, il ne s’agit que d’un « settlement » comme on appelle ici ces regroupements de maison. Pas vraiment de commerces : un barbier, une location de « cottages », et c’est tout. Une vieille dame sort de sa maison pour nous saluer, et papoter. Ancienne postière à Nassau, elle est revenue passer sa retraite dans la maison familiale, et améliore ses fins de mois en tressant des feuilles de palme pour en faire des paniers, des ceintures, typiques de l’artisanat Bahaméen.
    Demain, nous quittons les Bahamas du Sud pour entrer dans les Exumas, chapelet d’îles et d’îlot magnifiques, où la navigation se fera par sauts de puces, et où nous attendent de magnifiques snorkeling, des centaines de petites plages, des épaves d’avions et de bateaux, des grottes sous-marines, des cavernes semi-immergées, des iguanes, des cochons nageurs….à suivre….
  • Escale aux Mascareignes / 2 : Saint-Brandon

    Escale aux Mascareignes / 2 : Saint-Brandon

    St-Brandon fait rêver beaucoup de Mauriciens :

    la plage de Chaloupe

    des plages de carte postale, un archipel d’îlots poissonneux distant de 240NM de l’île Maurice. Mais les vents sont rarement portant, au mieux travers à l’aller comme au retour, et bien souvent contre le vent et le courant, rendant les traversées souvent inconfortables. Si bien que les récits de traversées mouvementées sont nombreux, et que beaucoup se découragent d’ affronter l’Océan Indien hors des lagons protégés.

    L’avantage est que la destination est encore très préservée, la pêche y est très bonne, et les plages désertes. Les amateurs de kitesurf, de pêche et de plongée se régalent….

    Arnaud et Laetitia

    C’est le cas de nos amis Arnaud et Laetitia, que nous avons embarqués avec nous à Maurice.
    Quand Arnaud habitait, enfant à l’île de la Réunion, il entendait son père, son frère, et leurs amis vanter St-Brandon, sans jamais avoir pu faire partie de l’équipage. Alors voilà, Arnaud, pour tes 50 ans, nous t’emmenons à St-Brandon!

    Je suis tout autant emballée, et pour les mêmes raisons : Loïc a pu y aller à deux reprises avec notre ancien voilier, Nomade, et je n’ai jamais pu faire partie du voyage non plus. Alors merci Loïc, de m’emmener découvrir ce petit paradis.

    Bénédicte et Loïc

    Avec Moby, nous avalons facilement les 240NM de trajet, et jetons l’ancre devant l’ilot Coco à 19h, après avoir quitté Port Louis à 15h la veille.

    Arnaud et Laeti prennent leurs marques sur Moby : nous avons la chance d’avoir à bord des amis qui naviguent beaucoup en Bretagne sur leur Fist 31.7. Le compteur sur Moby annonce 30 000 NM de puis notre départ de La Grande Motte il y a 20 mois. 

    Nous ne sommes pas seuls : outre les pêcheurs de Raphaël Fishing, il y a un autre catamaran,Cheers, qui repart le lendemain.

    Ca n’est donc pas la foule à St-Brandon, et pourtant, nous sommes en pleine saison. Les mi-saisons sont en effet les meilleurs périodes : l’été reste toujours périlleux avec les dépressions tropicales et cyclones, l’hiver a l’inconvénient d’offrir un alizé souvent très musclé et une mer grosse, rendant pénibles les traversées. Octobre/novembre et avril/mai sont donc les 2 meilleurs fenêtres.

    Pendant la traversée, la pêche a été très active, mais pas fructueuse : nous aurons de nombreuses touches, et ferrons une bonite et une superbe dorade, qui toutes deux se décrocheront à la remontée à bord. Le poisson a sa chance, et c’est aussi bien comme ça! Il faut dire que nous n’avons pas de véritable gaffe à bord, un objet à rajouter sans doute sur la liste de courses, qui élèverait grandement notre rendement.

    Au petit matin, nous savourons le premier petit dèj,

    et découvrons le paysage.

    Impatients, Arnaud et Loïc partent très vite chercher des langoustes, la valeur sûre de St-Brandon! En 2 heures de pêche ils nous rapportent 7 ou 8 jolis spécimens.La technique du bord pour les conserver sans prendre trop de place dans le frigo, c’est de les ébouillanter une minute, puis de les décortiquer : ensuite, il est facile de les cuisiner : poêlés, en carpaccio, en salade, en sauce, en cari….

    Il nous tarde de descendre à terre

    : la plage est sublime, le sable a l’air très fin, et le spot super pour le kite. Après la séance de pêche du matin, les 2h d’école réglementaires, et un rapide picnic, nous descendons gréer le matos
    : nous aurons à l’eau en permanence 2 kites et 1 windsurf, à partager entre 4 adultes et un ado!

    Ca tombe bien, tout le monde est polyvalent : windsurf, kitesurf , twin-tip ou directionnelle … Seul Victor n’est pas encore autonome en kitesurf, et préfère se consacrer à ses progrès en planche. 

    Anna na pas le droit de se baigner, la pauvre, avant d’avoir ôté les fils de sa suture d’ici  8 jours. 

    Arthur court après Arnaud le long de la plage… qui est le plus rapide?

    Tout le monde se régale sur l’eau :

    Arnaud en Kite, et moi en planche
    Loïc emmène Arthur faire un tour 
    Loïc
    Laetitia prend le relai d’Arnaud

    Après 2 bonnes heures de nav, nous laissons les garçons sur l’eau et partons entre filles explorer Coco : 

     

    Nous découvrons de très beaux oiseaux blancs, les fameuses goëlettes blanches de St-Brandon

    (White stern en anglais, ou Gygis Alba) qui nichent dans les arbustes, essentiellement des veloutiers.C’est d’ailleurs la pleine période de nidification aussi somme-nous attentifs à ne pas déranger leurs nids et leurs oisillons. 

    Impossible de se lasser de leur vol si particulier, vif, agile, mais aussi souvent stationnaire. 

    Aux deux extrémités de l’île, des bancs de sable

    et de l’autre côté,

    nous découvrons des sternes grises, elles aussi en pleine couvaison de leurs oisillons. 

    Le matin Loïc emmène nos amis pêcher et plonger pendant que je fais travailler les enfants : pas question de prendre trop de retard sur le programme si nous voulons prendre des vacances à Noël. 2/3h d’école par jour c’est peu, mais en s’y tenant 7j/7j, sans vacances ni week-end, c’est un rythme qui nous convient bien à tous, élèves et parents/professeurs : c’est rythmé, régulier, et cela nous laisse du temps pour partager de nombreuses activités en famille.

    la pêche du jour

    L’après-midi ressemble à celui de la veille :  déchargement sur la plage des planche, kitesurf, windsurf, rekisteurf, skim board…

    les amateurs de glisse que nous sommes tous se régalent!

    Il semble aussi que la qualité du sable soit au TOP pour les boules et les chateaux de sable

    Ce soir

    c’est cari de langouste! fameux!

    Les journées se suivent et se ressemblent un peu…à la variante près que à J+3, personne n’ira chercher de langouste, nous en mangeons depuis 2 jours, il est temps de faire un break!

    Nous avons un nouveau voisin : Dominic est arrivé la veille avec son fils et 2 amis, pour kitesurfer et, pêcher.

    Ce matin, deux tortues nous régalent d’un ballet : sans doute une parade nuptiale, un accouplement, car elles se tournent autour de puis quelques minutes.

    Arnaud, Loïc et Laeti partent faire un petit coup de traine dans le lagon 

    Puis nous continuons à nous régaler des sports de glisse

    Laetitia

    Arnaud  lance quelques sauts . 

    Arnaud et Laeti ont plaisir à naviguer côte à côte. 

    Et nous aussi!

    Loïc en kitesurf, et moi en planche
    Loïc
    Bénédicte

    L’eau est glassy près de la plage, le vent parfaitement orienté, c’est un régal de glisse!

    Arthur en skim

     Quelle journée! Quelle famille heureuse!

    Tôt le lendemain matin, nous changeons de mouillage, pour aller au nord  de l’archipel à l’île Tortue.

    Nous passons devant l’île Rafaël,

    siège des garde-côte et base de pêcheurs de Raphaël Fishing. Nous nous serions bien arrêtés pour rendre visite aux « habitants », mais le mouillage est agité, et les fonds peu engageants, bourrés de corail.

    Les garde-côtes nous contactent par VHF pour vérifier notre permis de séjour, bien en règle :Nous en avons fait la demande à Port-Louis au tout début de notre séjour mauricien. Il faut se rendre sur place, au bureau de l’OIDC :  Outer Island Developpment Company, faire une demande, s’acquitter des droits de passage (5 000 RS par personne, à payer cash). La réponse, positive, est arrivée 10 jours plus tard.

    Il se dit que seules 200 autorisations par an sont données aux non-mauriciens. Pour les mauriciens, l’accès y est libre.

    L’îlot Tortue! Nous y sommes : 2 aller-retour en annexe pour amener planches et gréements à terre.

    Le spot est encore plus sauvage que Cocos : un seul petit ilot de sable, une végétation très rase, pas un seul arbre, et des milliers d’oiseaux.

    L’îlot est au milieu d’un lagon, entouré de récifs,

    prolongé par une autre virgule de sable

    Le cadre est idyllique, nous sommes le seul bateau à l’horizon, et ne côtoyons plus que des sternes. Les enfants nous réclamaient un feu de camp depuis longtemps, je crois que nous avons le spot idéal!

    Nous partons récolter du bois pour le feu de ce soir. Le menu est déjà en tête : brochette de poissons. Nous avons en effet ramené un « Tuna Macquerel » , sorte de bonite allongée; Sa chair n’est pas très prisée, mais j’ai des recettes de marinades qui conviennent bien :

    • marinade méditerranéenne : jus de citron + ail + huile d’olive + herbes de provence (idéalement thym et romarin frais)
    • marinade asiatique  : sauce soja + ail + gingembre+ huile d’olive
    • marinade sucré-salé : sauce soja + moutarde + miel + ail

    J’avais mis au point ces marinades lors de nos période de faste pêche à Maurice au début du siècle. Car si nous pêchions beaucoup de poissons à chair fine (thon « yellow fin » , thon dent de chien, daurade coryphène), nous ramenions aussi pas mal de bonites et de carangues dont les chairs gagnent à être accommodées. Dans la pratique, pour les petits frigos des bateaux : préparer la marinade directement dans un sac congélation zippé, y mettre les filets de poissons coupés dans la longueur tels des aiguillettes de volaille, puis fermer le tout sous vide, et mettre au frais dans le bac à légumes. Quelques heures plus tard, ne reste qu’à les enfiler, sur la plage, sur des piques à brochette.

    Là aussi les oiseaux couvent,

    Si les sternes grises font des nids, les blanches se contentent de poser leur oeuf entre 2 branches. Les petits se cramponnent à la naissance.

    Le paysage appelle à la méditation.

    Et au kite surf!Le spot est parfait : le vent n’est pas arrêté par le banc de sable étroit de la plage, et la mer est lisse sous nos pieds

    Victor et Laeti se relaient avec la planche

    Victor
    Laetitia

    Arthur  a trouvé un super spot de skimboard

    Il n’a pas peur des chutes!

    Et c’est comme ca qu’on progresse!

    Loïc et Arnaud partent faire le tour de l’îlot, et se retrouvent à naviguer dans une nuée d’oiseaux

    Le vent baisse, et devient un peu léger pour les garçons Pendant qu’ils font la pause, c’est donc à notre tour, Laeti et moi d’aller sur l’eau!

    Laetitia
    Laetitia

    Cela faisait 6 ans que je n’avais pas fait de kitesurf : idem pour Laetitia, qui reprend après quelques années d’interruption. La bonne nouvelle c’est que ca ne s’oublie pas, c’est comme le vélo!

    Le plaisir de glisse est jubilatoire! Le cadre est grandiose, je mesure ma chance d’évoluer sur l’eau et dans les airs dans un tel environnement.

    Give me 5! Pendent ce temps, les enfants préparent notre camp pour le soir : collecte du bois, décoration, installation de sièges,

    sous les yeux des sternes qui rapportent à manger à leurs petits

    Les petits attendent sagement….. Et d’autres parents couvent

    En fin de journée, nous partons faire le tour l’île.

    Tous ces plastique et ces déchets, c’est bien triste; c’est le sort de tous les îlots isolés que nous visitons.

    à 18h, fin de journée, la bière est bien méritée après cet après-midi de glisse, le feu ronronne,les enfants sont comblés, 

    et à 19h, les brochettes sont délicatement dorées

    Le lendemain, Arnaud installe la gopro sur le casque, pour faire quelques films.

    Loïc sort aussi son drone .

    C’est de nouveau parti pour une journée de glisse. Nous sommes gâtés par la météo depuis quelques jours : du vent, et du soleil.

    Première session du matin pour Arnaud et Laerti : croisement réussi!

    Victor prend sa pause-récré entre 2 évaluations du CNED.

    Pour changer du poisson, ce midi, ca sera salade d’ourites, et ce soir, cari de langouste! Je m’inspire pour cela du légendaire ragout de homard de l’île de Sein, dont le café «Chez Brigitte » garde jalousement la recette ancestrale. Ici, je le prépare à ma manière : des darnes de langoustes, pas trop cuites, mais surtout une merveilleuse sauce épicée, aux saveurs iodées de retour des Indes, teintée d’aromates européens, qui nappent des pommes de terres fondantes. Car au final, le meilleur dans le cari de langouste, c’est la sauce!

    En fin de matinée, nous prenons la mer direction Coco où nous dormirons, avant de remonter le lendemain matin sur Chaloupe, distante de quelques milles seulement.

    Pas question de rentrer de nuit à Chaloupe, de plus avec la houle actuelle.

    Tôt le matin, nous rebroussons chemin, direction Chaloupe, célèbre pour la douceur de son sable. C’est un pur ilot de sable étincelant 

    et d’une finesse telle qu’on s’y enfonce jusqu’à la cheville!
    Nous n’aurions pas voulu manquer cette expérience.

     

    Du sable, presque à perte de vue!

    Difficile de courir en effet!

    Sur ce sable blanc, le turquoise est grand gagnant.

    On y trouve tout : un bloc de corail, mais aussi des déchets échoués, que les oiseaux utilisent pour fair leur nid, protéger leurs petits, sur un ilot exempt de végétation.

    Un petit rafraîchissement s’impose. 1, 2, 3, GO!

    PLOUF!Les enfants s’amusent de la texture du sable

    Anna s’accommode toujours de son pansement étanche qui lui permet non pas de se baigner, mais au moins d’éviter le sable et les embruns qui entacheraient le processus de cicatrisation.

    Est-ce un masque maori? De la calligraphie japonaise? ou un tigre stylisé?

    devinette…

    Tout simplement l’ombre du drone et des vaguelettes dans quelques centimètres d’eau.

    La houle est toujours forte, et ne nous permet pas de dormir à Chaloupe. Dominic, qui a dormi là hier soir, fait le meme constat et quitte les lieux pour se mettre à l’abri plus au fond du lagon.

    En sortant par la passe, Victor repère une magnifique vague, qu’il se verrait bien surfer.

    Bye-byre Chaloupe!

    Nous mettons cap sur l’île du Sud, que nous n’avons pas encore explorée.C’est là que 2 campements assez sommaires ont été construits il y a quelques années pour accueillir pêcheurs à la mouche, amoureux de la nature ou ornithologues.

    A terre, nous croisons les 3 garde-côtes installés là pour 4 mois, quelques pêcheurs, et remontons cette allée incongrue : l’artère principale de l’île qui la coupe en 2.
    Finalement, nous décidons d’appareiller le soir-même, après dîner, car nous avons 360NM à parcourir pour rallier la Réunion, notre prochaine étape.
    Des calmes sont attendus dans les jours qui viennent, suivis de forts vents de Sud-est, ce qui  nous fait avancer notre départ de 24H.

    une intrigante et grosse épave en plein lagon à l’île du Sud

    Nous avons tous fait le plein de turquoise, de bruits d’oiseaux, de nature sauvage, de sensations de glisse, de sable nacré, de langouste, et d’isolement. La Réunion nous attire aussi beaucoup, il nous tarde d’aller randonner dans ses forêt tropicales d’altitude.

    Cela nous prend à peine une petite heure de préparer Moby : ranger le matos de glisse de la semaine, remonter l’annexe, préparer les voiles, mettre un peu d’ordre à l’intérieur, fermer les capots, descendre la table du cockpit en tatami, préparer un repas rapide.

    Ce sont les filles qui prennent le premier quart de nuit : quand on est 4 adultes, quel confort de se partager la nuit en 4 et non en 2!

    A très vite pour la suite!

  • Cocos(Keeling)

    Cocos(Keeling)

    Certaines escales sont plus mémorables que d’autres, et le séjour d’une semaine que nous avons fait au mouillage de Direction Island, à Cocos(Keeling) se range parmi les plus agréables de la catégorie « ile déserte ».

    Direction Island

    Cette escale est pour nous providentielle : dans l’Indien, peu de stops en effet sont possibles sur la route des Alizés qui nous mène de l’Indonésie à  l’Afrique du Sud.

    Cocos (Keeling) dans l’Océan Indien

    Le mouillage destiné aux bateaux de passage, sous le vent du motu Direction Island, est absolument idyllique, et parfaitement aménagé. Nous nous reposons donc quelques jours avec bonheur, car nous sommes dans une période de navigation intense.

    au mouillage à Direction Island

    L’atoll de Cocos Islands compte plusieurs îles, dont 2 seulement sont habitées ;

    L’atoll de Cocos(Keeling)

    West Island

    West Island au Sud-Ouest

    et Home Island,

    Direction Island et Home Island au nord

    une troisième, Direction Island étant une destination de week-end pour les iliens, et le seul mouillage autorisé pour les bateux de passage.

    le ponton flottant

    Les habitants de West island ne viennent en ferry que 2 fois par semaine, le reste du temps, la plage est à nous! Le site a été aménagé pour recevoir les plaisanciers mais aussi les iliens  de passage à la journée ou venus camper le w-e. Comme toujours, les australiens sont pragmatiques : tables ombragées, sites de bbq, ponton flottant, toilettes!!, et même une réserve d’au douce pour se rincer. 

    les voiliers de passage on aussi amélioré le confort : hamacs, balançoire, panier de basket…

    La plage est tout simplement superbe, le sable fin, et la baignade vraiment agréable.

    Et en plus nous sommes en famille, et  entre amis! Mon frère Thomas nous a rejoint (avec sa guitare!) à Bali pour la traversée,

    Seulement 4 bateaux au mouillage, dont deux catamarans d’amis qui naviguent aussi autour du monde et que nous retrouvons : nous naviguerons tous les 3 ensemble jusqu’aux Seychelles.

    4 bateaux au mouillage de Direction Island (et un cinquième au milieu, inhabité…)

    Une famille d’Israéliens sur Shuti , un lagoon 380 : Momi et Lilach naviguent avec leurs 3 garçons de 7, 10 et 12 ans,  Dror, Eyal et Yoav. Nous les avions déjà croisé à Panama et à Fiji.

    Moby devant, Shuti a gauche, et Cool Runnings à droite. Au milieu, un bateau abandonné.

    et Cool Running, le cata (Lagoon 400) de Dave et Gudrun avec 2 ados à bord, Gaby 11 ans  et Ben 13 ans, des américains  d’origine sud-africaine avec qui nous avons navigué dans les Iles Sous le Vent et que nous avions retouvé à Bali.

    Cool Runnings
    Dave et Gaby venus nous accueillir à notre arrivée!

    Nous faisons aussi la connaissance de Brigitta et Erik, sur Arial IV, un couple de suédois un peu plus agés, qui réalisent leur second tour du monde-: ils ont fait le premier il y a 20 ans avec leurs 3 garçons. Depuis, ils ont écrit 3 livres, navigué jusqu’au cercle arctique, et franchi le passage du Nord Ouest : ils sont célèbres en Suède parmis les gens de mer, et très inspirants pour nous!

    les autorités sur Ariel IV pour les formalités d’arrivée
    Gudrun, Birgitta, Lilach et Helen, une ilienne de Cocos!

    Les enfants ont tous été mis en vacances pour l’occasion- car chez les enfants de bateau, il n’y a pas vraiment de vacances scolaire, tout le monde travaillle quelques heures le matin,  le plus souvent 6j/7j. Mais chez les petits francais abonnés au CNED, c’est différent : l’année scolaire est plus courte, 9 mois de septembre à juin, plus intense avec 3 à 4h de travail par jour, mais avec à la clé 2 mois de vraies grandes vacances en juillet/août!

    Nous passons 8 jours à la fois actifs et reposants. Le spot est parfait pour la planche à voile,Loïc grée donc le matos pour toute la famille,et coache!

    Mon frère Thomas qui nous a rejoint à Bali s’entraine au jibe,

    Frère et soeur
    Tom en action

    moi je reprend mes marques et me remets facilement dans les straps et au harnais.

    Bénédicte au planing

    Arthur aussi fait un peu de planche. L’objectif :  faire du travers.

    Victor progresse tous les jours et finit par vraiment partir au planing en mettant le harnais et les pieds dans les straps !!! J’entend Loïc hurler « Yeahh » je ne sais qui est le plus heureux du papa ou du fils!

    Loïc a gréé le matos sur Moby,

    puis nous le laissons la nuit à poste sur l’île.Pour le fun, Tom se fait quelques bords de nuit sous la pleine lune!

    nav’ de nuit

    Dommage, les progrès de Victor vont être interrompus en pleine progression : il s’est fait mordre par un gros poisson alors qu’il nageait seul non loin du ponton et de ses camarades.

    Rien de grave heureusement, la plaie est superficielle. La chance, c’est que nous avons un médecin dans le mouillage, Eric examine la plaie, il n’est pas inquiet, la blessure est superficielle.  Nous désinfectons et mettons une crème antibiotique préventive, car il s’agit d’une morsure d’animal sauvage- c’est ce que recommande notre très pratique « Guide la faune marine dangereuse du Pacifique et d’Océanie».  D’après la description que les enfants font du poisson qui leur tournait autour depuis un quart d’heure, il s’agit sans doute un gros mérou, peut-être agacé par les incessants aller-retour des enfants entre le quai et la plage.

    Le snorkeling est sympa :

    petit snorkeling entre filles, Anna adore ca!

    déjà, derrière le bateau, quelques patates de corail recèlent des petits requins pointe noire, très curieux et territoriaux, ils ne nous lachent pas d’une semelle.

    requin pointe noire à quelques mètres de Moby

    Nous croiserons aussi un banc de poissons Napoléon, qui ressemblent à d’énormes poissons perroquet aux couleurs fade et bossus sur la tête.

    banc de Napoléons

    Mais le mieux, c’est le snorkeling dérivant sur le RIB,

    C’est parti pour une plongée sur le RIB

    sorte de fausse passe par laquelle entre des flots d’eau dans le lagon, et qui forme un petit canyon sous-marin.

    Canyon sous-marin

    Il n’y a pas moins de 3 à 4 noeuds de courant. Nous nous laissons dériver accrochés au bout de l’annexe, nous avons la sensation de voler au-dessus du corail!

    Victor et Loïc préfèrent nous suivre derrière l’annexe

    Les requins sont tapis au sol dans la journée, des colonies de poissons Napoléons habitent les lieux.

    requins pointe noire tapis au sol


    Les enfants passent des heures sur la plage avec leurs copains, il y a là une joyeuse bande :

    Arthur teste son voilier

    8 enfants entre 5 et 13 ans, qui passent leurs après-midi à jouer autour du ponton flottant, faisant d’incessants aller-retour à la plage avec les vieux longboard de sauvetage laissés par les habitants. Ils ne manquent pas d’idées : forteresse pour Bernard l’Ermite, chateaux de sable, batailles de pirates…

    IL y a là une petite vie de communauté, où chaque bateau laisse sa trace : une balancoire, un siège en bois, des hamac en filet de pêche,

    un panier de basket, ou plus prosaïquement, un panneau commémoratif . Moby n’échappe pas à la règle et voici notre « oeuvre d’art ». Rien de très artistique, mais c’est efficace : une planche de bois flottés peinte au gelcoat de nos noms  : elle devrait rester en place quelques dizaines d’années!

    Nos amis de Cool Runnings se sont donné beaucoup de mal en gravant une énorme planche de bois flotté.

    Victor m’a réclamé une coupe de cheveux. Pas sûr qu’il y ait un coiffeur par ici, et dans tous les cas, ca nous prendrait la journée de nous y rendre, ce sera donc une coupe « fémézon » Comme nous l’avons promis aux enfants, nous organisons une soirée feu de camp sur la plage, sous le format « bring and share » anglo-saxon. Chacun apporte sa boisson et un plat que nous partageons ensemble.

    Les enfants partent chercher du bois dans l’après-midi pendant que les garçons vont pêcher du poisson. Loïc nous ramène 3 jolis poissons perroquets, que nous les ferons en filets au BBQ, miam!

    Nous allons lever les filets au bout de la plage.

    Dave me donne un coup de main.Nous jetons les peaux et carcasses à l’eau dans le RIB, loin de la plage familiale ou se baignent les enfants. Les requins ne sont pas longs avant d’arriver. Et se jettent sur les restes, quitte à s’échouer!Les papas donnent un coup de main en apportant de gros morceaux de bois

    magnifique feu!

    Nous avions aussi prévu en plus des saucisses de boeufs australiennes et les traditionnels marshmallows à griller au bout d’une baguette!

    On se régale!

    Erik et Thomas sortent leur guitare. Re-belote quelques jours après. 

    Birgitta et Erik ont initié Ben à la fabrication de Pizza.

    les pizzas de Ben

    Moby arrive avec ses fougasses, et Shuti avec des focaccia

    les fougasses de Moby
    la focaccia de Shuti

    Tout le monde se régale!
    : Soirée italienne, et encore un feu de camp, les enfants adorent!

    Avec mon frère Thomas qui nous a rejoint à Bali et fait cette portion de chemin avec nous, nous partons faire le tour de l’île.
    Le sentier est assez monotone, la végétation n’est que cocotiers, et la faune se résume à des rats (fort craintifs) et des moustiques! Nous faisons donc la balade au pas de course, l’intéret résidant essentiellement dans le parcours historique aménagé sur l’îlot : une quarantaine de panneaux en métal nous retrace l’histoire de Cocos(Keeling). Et c’est passionnant!!

    Il est incroyable qu’une si petite île apparemment insignifiante recelle une histoire aussi riche!

    Tout d’abord, par sa colonisation :

    Découverte par le Captaine britannique Keeling en 1609 , sa position fut gardée secrete, et n’apparait sur les cartes que 2 siècle plus tard en 1805.

    Elle attire l’attention d’un riche armateur, Mr Hare, ancien gouverneur d’une colonie britannique de Bornéo, et à la recherche de comptoirs à développer et exploiter. Il y envoie le capitaine Clunies-Ross, en éclaireur inspecter Cocos en 1825 : celui-ci défriches des terres, plante des céréales et des légumes, sonde le lagon, et fait un rapport tout à fait positif. Le sieur Hare revient s’installer l’année suivante avec une centaine de travailleurs malais, pour la plupart musulmans et s’installe sur Home Island. Il pensait y vivre paisiblement entouré de son harem – ll parait en effet que l’homme n’avait rien contre la polygamie. C’était sans compter le sieur Clunies-Ross, qui barque en 1827 avec femme, enfants, belle-mère, une partie de sa famille écossaise, et de solides matelots pour y installer une colonie très organisée. Le dialogue tourne court, c’est rapidement le conflit ouvert, et c’est finament Hare qui plie bagages et rentre à Londres, laissant à la famille Clunies-Ross la mainmise sur l’île.  4 générations de Clunies-Ross vont faire prospérer l’atoll de Cocos(Keeling) et régner en dynastie sur l’île :  plantation de cocotiers pour l’exploitation du coprah d’un côté, et un petit chantier naval de l’autre ; voilà de quoi assurer la subsistance de la colonie, ou plutôt de ce petit royaume féodal qui va persister pendant 150 ans! Finalement, c’est le gouvernement australien qui rachète à la famile ROSS-CLUNIES l’archipel en 1978, pour plus de 6 milions de dollars.

    Autre visiteur de renom : le jeune Charles Darwin y fait escale en avec le navire d’Exploration le Beagle, en 1936 lors de son tour du monde en tant que naturaliste. Le jeune homme, qui deviendra l’un des plus grand scientifique de son époque, remarque que cette formation d’îles en couronne doté d’un lagon ressemble fort aux îles polynésienne. Il fait aussi le rapprochement avec les sondes qui donnent de très grandes profondeurs à quelques encablures seulement des côtes : l’ile serait le sommet d’une immense montagne sous-marine à forte déclivité. Il écrira à son retour en 1842 un taité sur la formation des atolls corallien qui a toujours cours aujourd’hui.

    Autre fait historique : l’installation en 1901 de câbles télégraphiques sur Direction Island reliant l’Australie à l’Asie et au reste du monde!

    Une véritable révolution des télécommunications pour le continent Australien, et l’établissement pendant plus de 60 ans sur Direction Island d’un véritable petit village britannique, avec fonctionnaires de la couronne, personnel de maison, costume colonial le soir,  régates le dimanche et parties de tennis aux heures perdues.

    Cocos Keeling fut enfin le théatre fin 1914 d’une bataille célèbre de la marine australienne, aboutissant au naufrage du navire le plus recherché de l’armée allemande en Asie : le cuirassé vapeur Emden mené par le capitaines Van Müller , que l’on tenait responsable depuis le début de la guerre quelques mois plus tôt du naufrage et l’arraisonnement de pas moins de 24 navires marchands alliés, de nombre de batiments militaires francais et russes, et de la destruction la station de carburant alliée de Madras en moins de 12 semaines de combat : cela valu à l’Emden et à son capitaine une réputation de »flibustier des mers », et d’être poursuivi et chassé  par 60 bateaux alliés francais, japonais et russes, sans succès.

    C’est finalement au terme d’une épique bataille navale entre North et South Cocos Keeling,  où une équipe d’allemands avait réussi à détruire la station télégraphique britannique, que le Captaine Von Müller se rendit au SMS Sydney, non sans avoir échoué volontairement son navire sur les récifs de North Keeling pour le rendre inopérant. Entre temps, l’autre équipe déposée à terre précédemment, menée par le lieutenant Von Mücke s’empare d’une vieille goelette qui était au mouillage , et réussit à s’échapper avec ses hommes , ralliant l’île de Sumatra en 3 semaines, puis le Yemen à bord d’un jonque chinoise en bravant le blocus britannnique de la mer rouge, et enfin après 5 mois de traversée du désert d’Arabie, de la Turquie, en Allemagne où ils furent accueillis en héros!! Même les alliés à la fin de la guerre, saluèrent la bravoure du lieutenant Von Mücke, et la grande dignité et le courage du capitaine Von Mûller.

    Aujourd’hui cet atoll qui ressemble fort aux atolls polynésiens des Tuamotu est passé sous la coupe des australiens, et abrite un demi-millier de malais habitant Home Island et vivotant du revenu mininum australien,  et une centaine d’autochtones australiens, essentiellement des fonctionnaires  assurant le minimum de services à l’atoll (cabinet médical, aéroport, services de douane et d’immigration, instituteurs,  etc…) et installé sur le motu de West Island. Très peu de tourisme, aucune industrie, ni artisanat, ni agriculture pas même vivrière, ni pêche autre que vivrière : l’atoll est 100% sous perfusion australienne et dépend des importations… L’intérêt que porte l’Australie à cet atoll est certainement essentiellement géostratégique.

    En conséquence, l’approvisionnement est cher, mais a le mérite d’exister. L’île est strictement musulmane, les femmes sont voilées,

    la supérette

    et le vin….. sans alcool!.

    du jamais vu! du Chardonnay sans alcool.

    Nous avons un peu d’internet pour mettre le blog à jour,  un mouillage calme où il fait bon dormir la nuit, et une plage magnifique où les enfants passent leurs journées avec leurs amis : que demander de plus?!

    Nous aurons l’occasion de visiter brièvement Home Island, pour y faire quelques courses, récupérer de l’internet. Nous prenons le même ferry qui amène les iliens à la plage le week-end!

    le ponton d’accostage du ferry
    en attendant le ferry…
    des pointes noires passent…
    et toujours la grande préoccupation des australiens : la SECURITE!
    C’est parti pour Home Island, avec Birgitta et Erik.

    Dommage, c’est samedi, le musée est fermé, ainsi que le restaurant et le café. Nous déambulons dans le village,

    repérons l’épicerie,

    pic-niquons dans l’herbe, faisons quelques courses et passons quelques heures sur internet : inscription de Victor au CNED, commande de matériel pour les Seychelles, consultation de la météo….

    la meilleure connexion internet de l’île se trouve sous l’antenne principale, près du « Community Center »
    Bye-Bye Tom!

    Quelques jours plus tard, j’accompagnerai Thomas à l’aéroport sur West Island, à 15mn de ferry de là.

    le quai du ferry à West Island

    Une village en forme de garnison militaire avec ses maison toutes identiques et ses bungalows à louer aux militaires de passage sur l’île, c’est à peu près tout. Là aussi ,il est tout juste 15h, et tout est fermé, restaurant, café, supérette…..

    Petite curiosité, le terrain de golf de part et d’autre de la piste d’aviation qui longe le village.

    le golf

    Après un séjour de 8 jours très agréable, nous levons l’ancre pour les Chagos, à 1500NM de là : nous y serons dans une semaine.

  • Bora-Bora, destination mythique

    Bora-Bora, destination mythique

    Il nous tarde de découvrir Bora-Bora dont la silhouette si caractéristique nous parle depuis le soleil couchant de Tahaa.

    coucher de soleil sur Bora-Bora
    coucher de soleil sur Bora-Bora

    Nos sommes curieux d’approcher cette île mythique, au physique de carte postale, peuplée d’hôtels de luxe, mais aussi terre d’élection d’aventuriers voyageurs comme Paul-Emile Victor ou Alain Gerbault? Vivement que nous nous fassions notre propre idée : Paradis Perdu ou île aux 2 visages?

    A l’aborder en voilier, rien ne distingue Bora-Bora de ses consœurs des îles sous le vent : la passe est très large, facile, et balisée, tout comme le chenal du lagon jour et nuit!

    Les premiers contacts à terre sont mitigés : l’île est  peu avenante en terme d’infrastructure, étonnant pour une île si touristique, à l’instar de la supérette locale, la moins pimpante de toutes celles que j’ai pu fréquenter en Polynésie, et dont la façade est bien le reflet de son état d’entretien intérieur ….

    le super U
    le super U

    Le yacht Club où nous faisons notre arrêt «  réapprovisionnement » est par contre très pimpant,

    img_1760

    On y mange très bien et les cocktails au soleil couchant inoubliables, dans une ambiance longe bar digne de St-Trop….

    img_2258
    coucher de soleil au Yacht Club

    Nous quittons vite Vaitape, (la ville) pour la côte Est de Bora : celle des cartes postales et de hôtels.

    La navigation dans le chenal est magique : les couleurs de ce lagon sont irréelles, nous survolons de la pure turquoise; à notre gauche, la montagne de Bora si photogénique capte tous les regards, et à notre gauche défilent les hôtels de luxe sur pilotis : Four Seasons, St-Regis, Meridien, Sofitel…. Tout cela est très beau, et plutôt bien intégré dans le paysage, « c’est grandiose » comme dirait Anna.

    L’hôtel Four Seasons

    Nous rejoignons tout au bout du lagon nos amis d’Invictus, Fata Morgana, Excalllibur et Cool Runnings, déjà là depuis 2 semaines pour certains : ils ont trouvé le mouillage idéal, une très grande baie sur un motu très peu habité et une vue imprenable sur le piton : nous y retrouvons l’ambiance des Tuamotus, le relief en plus!

    L’arrivée, avec Victor tracté par Moby!

    Le panorama est vraiment incroyablement beau, nous ne  nous lassons pas du spectacle du piton de Bora. img_7352

    Y compris au coucher du soleil

    img_7348Côté activités, c’est tout autant sympa : Loïc kite avec son ami Ivo,

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    Les enfants profitent de la plage sauvage,

    Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Ralph, en vacances sur Invictus ; les enfants lui confectionnent une carte anniversaire

    img_7319

    Victor fait plus ample connaissance avec ses amis américains Ben et Gaby ; ils ont une bouée tractée!!

    Le matin nous allons plonger sur le spot des raies mantas : c’est Toby et Nicole d’Invictus, du haut de leurs millers de plongées qui coachent les volontaires tous les matins : nous sommes tous équipés d’au moins un équipement de plongée par bateau (stab+bouteille), utile en cas de problème sur une ancre ou un travail prolongé sur une hélice.

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    La visibilité n’est pas toujours excellente, mais les raies sont au rendez-vous (presque) tous les jours. Elles nous offrent un vol majestueux, et la plongée permet de rester observer leur ballet de longues minutes.  capture-decran-2016-09-23-a-12-26-03

    Autre curiosité du coin : le jardin de corail, en effet gavé de poissons.

    Il faut dire qu’ils sont nourris au pain, par les (très) nombreux bateaux de touristes, ce à quoi nous nous refusons d’adhérer, depuis que nous avons appris que ces malheureux devenaient diabétiques à force de manger tant de pain, qui se transforme chez eux en sucre, que leur organisme ne sait traiter…

    Nous ne manquons pas non plus d’organiser un « Bon Fire » (expression de nos amis ange-saxons) sur la plage, histoire de se retrouver entre copains, comme à notre habitude. img_7356Pas facile de dénicher le bon coin, qui ne gênera pas les riverains…. je sillonne la baie l’après-midi en annexe avec les enfants à la recherche d’une portion de plage inhabité : le premier spot identifié ne convient pas : un panneau « TABU » nous indique qu’il ne faut pas débarquer.  Nous n’irons certainement pas braver cette interdiction, les croyances sont encore bien ancrées. Plus loin, ils y trop de maisons, mais au milieu, ce bout de terrain abandonné nous semble convenir.

    les ados sont chargés d'aller chercher du bois
    les ados sont chargés d’aller chercher du bois

    Tous les enfants…

    Un autre soir, nous aurons moins de chance : arrivés en annexe à la pointe de la plage pour y récupérer nos kitesurfers, Loïc improvise un cours de drone avec Toby, nouvellement équipé, une troisième famille débarque, les enfants jouent,

    les adultes papotent, le soleil tombe, une quatrième famille arrive avec des bières, nous voilà à savourer un apéro improvisé sur la plage….mais pas au bon endroit.

    img_1877La propriétaire sort de sa tanière pour nous dire combien nous dérangeons : la planche des enfants qui empiète sur son terrain, les saletés que nous allons faire avec notre apéro….

    Il est vrai que le style de vie que nous avons commencé à savourer aux marquises puis aux Tuamotus sur des motus déserts, est ici confronté à une surpopulation… touristique. Pas moins d’une vingtaine de bateaux sont à l’ancre ici, certains y habitent à l’année. Visiblement, la cohabitation est difficile.

    Puisque nous avons enfin réceptionné nos 5 colis, grâce à un très efficace transitaire  : les questions de dédouanement pour voiliers de transit est un casse-tête, réceptionner des colis est compliqué, très compliqué…et stressant! mais ça y est, nous avons tout récupéré : plus rien ne nous retient en Polynésie! Nous sommes en fin de saison, il nous faut avoir rejoint la Nouvelle-Zélande au plus tard fin novembre, ce qui nous laisse 2 petits mois (dont 5 semaines aux Fijis) .
    img_7740

    Un dernier mouillage de charme, niché entre 2 hôtels, une baie bien abritée, véritable piscine géante, avec nos amis d’Excallibur.

    Coucher et lever de soleil

    Paradisiaque… ou presque car les hordes de jetskis déboulant par groupe de 10 dans la baie, rasant nos bateaux et faisant des cercles devant nous à gros renfort de pétarades bruyantes, c’est tout juste insupportable : et ce, 10 fois dans la journée!!

    C’est là que nous nous préparons au départ de Polynésie : nettoyage des coques, rangement du bateau, baignades,  et demain, la clearance de sortie du territoire sera postée,

    img_2268Les pleins d’eau faits au Yacht Club

    img_2272 et un dernier approvisionnement de produits frais et surgelés.

    un dernier apéro sunset entre copainsimg_2261 img_2257

    Nous appareillons pour Suvarov, aux îles Cook, avant de relier les Fijis ou vous retrouverons Papily et Family pour un mois!

    A très vite pour de nouvelles aventures.

  • Les îles Marquises : Hiva-Oa

    Les îles Marquises : Hiva-Oa

    Le relief est omniprésent, la moindre baie recèle un ruisseau et une petite vallée, abritant le plus souvent des exploitant de coprah : car on vit surtout de la noix de coco, parfois d’autres produits comme l’exquis pamplemousse ou le Nonni, arbuste recelant un fruits aux vertus pharmaceutiques. Toutes les 3 semaines, le paquebot mixte Aranui (qui transporte aussi une centaine de touristes venus explorer les îles par la mer)  fait escale dans ces petites vallées, chacune son tour, et récupère les sacs de noix de coco, de pamplemousses, les bidons de Nonni, ou des caisses de sculptures des artisans locaux qui seront exposés à Tahiti.

    Une semaine entière s’écoule à Atuona, second plus gros village de l’archipel et chef-lieu de Hivao-Oa. L’occasion de refaire le plein de produits frais, de se connecter à internet et mettre à jour le blog, de profiter des restos locaux, comme la roulotte du samedi soir, qui s’installe du le quai du petit port, attirant un mélange sympa de plaisanciers et population locale.

    Nous sommes mouillés tout au fond de la baie, à quelques brasses de la plage de sable noir. Malgré la couleur peu attirante qui rend les fonds opaques, les enfants sont ravis de jouer dans le ruisseau : après 2 semaines de mers, tout le monde est ravi d’aller se dégourdir les jambes!

    Malgré les fonds gris foncés peu engageants et l’eau particulièrement planctonique, nous nous baignons et observons les raie mantas qui viennent se nourrir en plein milieu de la baie. C’est en paddle que nous pouvons les approcher au mieux.IMG_5335

    Nous profitons également de cette escale forcée pour aller explorer l’île avec John Ozanne, le seul taxi de l’île, et figure locale. Son grand-père est arrivée aux Marquises au milieu du siècle dernier, a épousé une marquisienne et tenu la seule boutique de l’île, qui accueillait en son temps Gauguin venu peindre la douceur polynésienne. Son père a repris le commerce, et a côtoyé Brel, venu y passer les 3 dernières années de sa vie, conquis par le charme et la douceur de ses habitants.

    Le but principal de la journée, c’est le site archéologique de Paumau, abritant le plus complet marae de Polynésie , niché au pied d’un impressionnant  piton rocheux.

    Au passage, nous nous arrêtons chez Lucien O’Connor, dont le grand-père irlandais avait fait escale en voilier au début du siècle dernier, et n’en est jamais reparti. IL exploite avec ses 3 frères la vallée voisine, plantés de centaines de pamplemousses, bananiers, citronniers…. Les O’Connor sont des bosseurs nous dit John. En effet, non content d’exploiter sa ferme, Lucien s’est mis sérieusement au miel s’est formé auprès d’apiculteurs français, et produit une merveille de miel doré et parfumé.

    Nous ferons un stop pour découvrir le Tikki Souriant, unique au monde, tout les autres font le tête….

     

    Et terminons par un picnique sur la plage.

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    Impossible de ne pas s’arrêter visiter l’aéroport d’Hiva-Oa. Jacques Brel y avait son petit avion. Aujourd’hui, c’est Vincent, le mécano d’Air tahiti, et qui vient d’ouvrir un petit chantier de carénage bateau, qui a repris le hangar et  l’activité de l’aéroclub : pour l’instant, c’est le seul membre!

    Hiva-Oa acueile un centre de formation de l’armée pour apprendre aux jeunes des métiers. Nos les voyons s’entrainer le matin sur leurs pirogues.IMG_5448

    Le mythe de l’île providentielle sur laquelle tout pousse sans effort, et où l’on a qu’à se baisser pour se nourrir de coco, bananes, et Uru (fruit à pain) n’est pas complètement faux : tout abonde ici. Les ruisseaux coulent en cascade, la mer regorge de poissons, et ces latitudes ne connaissent pas les cyclones. Mais la langueur polynésienne est une légende : ici les pêcheurs sont en mer dès 2h du matin, les marquisiens se lèvent à l’aube, et travaillent dur sur leurs terres. Mais leur secret, c’est qu’il prennent le temps de vivre, de célébrer la nature, Nous avons rencontré plusieurs de ces retraités marquisiens qui après avoir travaillé à la ville, à Tahiti ou ailleurs, toute leur vie reviennent passer leur retraite à travailler sur le lopin de terre, vivant très simplement de leur pêche et de leurs cultures, à quelques heures de cheval du village le plus proche.

     

    Après une semaine d’escale  dans cette baie de sable noir, nous aspirons à du bleu turquoise, et appareillons pour le nord de Tahuata, l’île toute proche, au mouillage enchanteur.

     

    Les mouillages du Nord d’hava Oa sont aussi superbes, comme Hanamenu , et à Tanaeka où les enfants se régalent dans les vagues.

    Hanamenu
    Hanamenu

    La petite cascade d’eau douce est ravissante et rafraîchissante… mais gavée de nonos, ces minuscules moustiques très irritants.

    Le soir, nous organisons un feu sur la plage avec nos amis d’Invictus.

    Toujours avec eux, en route vers Nuku Hiva, nous faisons une escale de jour insolite  l’îlot de Fatu Huku.

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    avec Invictus à Fatu Huku

    Ce rocher perdu au milieu de l’archipel est spectaculaire, et la grotte traversante est incroyable!

    Nous nous arrêtons pour un snorkeling « sauvage », peu de coraux, mais des tonnes de poissons. Finalement, la mer est trop agitée pour rester y dormir, et nous mettons le cap pour une nav’ de nuit vers Taiohaé.