Nous arrivons à Sao Jorge en fin d’après-midi, au village de Velas, qui dispose d’une petite marina où nous avons une place à quai :
seul moyen de caser Moby avec ses 8m de large dans cette petite marina des Acores…
Nous déambulons en ville, et allons faire quelques courses,
à la recherche en particulier du célèbre fromage de Sao Jorge, affiné 7 mois…. un régal!
Le maitre du port nous accueille avec une gentillesse désarmante, et se plie en quatre pour nous faire plaisir. Il nous trouve une voiture de location pour le lendemain et nous donne mille conseils sur les sites à visiter avec les enfants, les marches sympas, les restaurants, les randos en paddle….. Il nous faudrait 8 jours de plus tant il y a à faire!
L’eau du port est d’une limpidité, qui donnerait envie de piquer une tête!A travers les hublots de la salle de bain, je vois les poissons et le fond.
Nous ne pourrons faire le tour de l’ile en voiture dans la journée : l’île fait 50km de long, dont la moitié de petites routes sinueuses en terre. La curiosité géologique de Sao Jorge, ce sont les « Fajas », sorte de plateaux de bord de mer formés il y a des siècles par des coulées de lave qui se sont refroidies au contact avec la mer.
Faja de Norte Grande
Ces Fajas sont plus souvent construites de villages, plats, au pied de falaises escarpées, et ont une vocation agricole avec leurs terres très fertiles.
Elles contrastent avec le corps de l’île, assez massif et élevé de falaises abruptes. Certaines fajas ne sont accessibles qu’à pied, et me font penser aux « îlets » réunionnais : ces plateaux isolés dans les cirques, portant un hameau ou un village, qu’on atteint par des chemins ou des routes en lacets interminables.
Des que nous quittons Velas pour les hauteurs, nous remarquons cette physionomie si particulière des fajas.
la faja de Velas
Nous nous rendons à la faja de Vimes, où l’on cultive du café. La route qui descend au village est spectaculaire : l’à-pic d’un côté,
la forêt de l’autre. La route est émaillée de points de vue sur la côte,
et merveilleusement fleurie, d’hortensias, mais aussi d’amaryllis sauvages. Nous sommes accueillis chez un producteur : sa maison tient lieu de café.
Nous visitons ses plantations, et dégustons bien sûr un expresso, accompagné de délicieuses pâtisseries maison : flans au café, et tartelettes aux épices douces. Leur jardin est un bonheur des yeux en ce début d’été : les vignes sont florissantes, les fruits de la passion déjà gros,
fleur de passion
le potager dimensionné pour nourrir la famille toute l’année : il semble que tout pousse ici!
Les enfants découvrent le caféier, et ses différents stades de récolte et de séchage.
A l’étage, donnant sur la terrasse avec vue sur Pico, son épouse tient un atelier de tissage à l’ancienne, et confectionne des dessus de lit colorés traditionnels. Nous sommes très impressionnés par les machines à tisser, actionnées à la main, qui demandent à la fois force et dextérité. Nous restons un bon quart d’heure à observer leur technique ancestrale : leurs bras forment un ballet à 4 mains hypnotique, la navette se faufilant dessus, dessous, quelques petits mouvements de crochet de temps à autre, puis les battements bruyants et assourdissants du métier : le sol en tremble!!!
A deux sur un métier, elles mettent une semaine à confectionner un grand couvre-lit.
Notre second stop est sur la côte nord, moins ensoleillée; Nous garons la voiture à la faja dos Cubres ….,
la faja dos Cubres
pour une marche d’une heure environ, qui nous mènera à la Faja de Santo Christo, accessible uniquement à pied,comme toutes les fajas de la côte nord-Est, et où subsiste un mode de vie très traditionnel.
C’est parti!
Nous traversons un premier hameau, en rénovation, la faja do Belo.
Et comme toujours, une fontaine à la sortie du village.
Nous continuons, encore quelques kilomètres, et nous voilà en vue de la Faja do Caldeira do Santo Christo, qui a ceci de particulier : une lagune, accessible par la mer, qui en fait un petit port naturel abrité.On y arrive seulement par cette piste, à pied ou en quad. On y pêche des coquillages, c’est aussi un spot de surf réputé. La preuve, cette maison des surfeurs, à louer en groupe! J’imagine en saison, des stage de surf, des bandes de copains…
Les allées sont bordées d’aloès, d’hortensias,de cannas, d’agapantes,ou d’iris…
et comme partout, une fontaine en bordure de village.
Voici l’église bien sûr, incontournable, et on devine que ce bâtiment qui la jouxte est l’ancienne école, avec sa cour, son muret.…Le sentier continue vers l’Est, et la Serra di Topo.
Mais nous devons rebrousser chemin, et récupérer notre voiture de location. Un petit détour par le lagon :
J’aurais bien tenté une baignade, mais le reste de la troupe vote pour un retour au bercail! Alors après quelque ricochets, nous rentrons. Sur le chemin du retour, nous apercevons l’île de Terceira au Nord,
et celle de Pico, au sud. Demain, nous appareillons pour La Graciosa, une autre île toute proche.
Ste Hélène, mythique bout de rocher de l’Atlantique sud, escale incontournable des navires autour du monde depuis 400 ans… C’est la couronne britannique qui a mis la main sur le stratégique ilot, dont elle a sous-traité l’exploitation pendant près de 200 ans à la « East India Company » , chargée de veiller au ravitaillement des navires chargés d’épices, de retour des Indes… Depuis l’ouverture du canal de Suez en 1869, l’île n’est plus aussi stratégique pour l’Empire Britannique : l’activité va doucement décliner.
Mais l’île est surtout connue pour y avoir accueilli l’un des plus célèbres prisonniers du monde, Napoléon Bonaparte, empereur envoyé en exil par la coalition royaliste européenne pour y vivre les 7 dernières années de sa vie, et y mourrir. Choisir pour l’exil du dangereux conquérant un lieu plus lointain, plus isolé, et plus austère aurait été difficile…..
Nous sommes donc très impatients de faire connaissance avec Ste-Hélène et ses 4000 habitants, un métissage de descendants d’esclaves, de soldats britanniques, de travailleurs chinois, indiens et de prisonniers boers, donnant aux visages la belle couleur café de la chanson de Gainsbourg.
L’île nous apparait sous les nuages, triste et sombre,
ses falaises de roche volcanique nous semblent une forteresse imprenable.
Des dauphins nous accompagnent, c’est toujours un grand bonheur de les voir nager entre les coques.
Quelques encablures avant d’arriver à Jamestown, nous appercevons les premières fortifications, bien intégrées dans la falaise.
Puis des bâtiments, comme un petit hameau accroché à la falaise.
Il s’agit en fait du premier poste de télécommunications, anciennement télégraphique, qui reliait l’île au continent africain. Les bâtiments ont été désertés bien sûr, mais c’est toujours de là que partent et arrivent les cables sous-marins qui relient le caillou au reste du monde, par téléphone, et par internet.
Dans la première baie, le port commercial, sa passerelle pour débarquer les passagers des paquebots, les entrepôts,
Puis enfin, Jamestown, qui sous ce ciel plombé nous apparait un peu lugubre. Il ne s’agit en fait que du quartier de « Half Tree Hollow », perché au-dessus de la ville, que surplombe le fort High Knoll, et dont toutes les maisons jouissent d’une belle vue mer.
AUSTERE, c’est le premier sentiment qui transparait.
Nous descendons à terre pour les formalités, longeons les bâtiments du port : sous de sinistres falaises grillagées,
beaucoup de bâtiments anciens, toujours en usage, mais modernisés, comme cette porte en bois dotée d’un loquet ancestral… et d’un digcode!! Voilà tout le paradoxe de Ste-Hélène : tradition, vestiges historiques, et modernité à la fois. Nous passons au bureau du port, puis aux douanes, enfin au poste de police pour l’immigration : nous sommes bien en territoire britannique, la photo de la Reine est dans tous les bureaux officiels! L’occasion de parler aux enfants de nos monarchies européennes encore en place et de disserter sur les différentes nuances entre monarchie, république, démocratie etc….Prélude à la riche histoire de l’île.
Nous passons sous le porche, longeons la piscine (dommage, elle est fermée pour travaux), traversons les jardins du chateau, fort bien entretenus.
C’est dimanche, les rues de Jameston sont désertes, et l’ambience un peu triste-il faut dire que nous passons par hasard devant le centre de réhabilitation de la prison….
Nous allons donc prendre un peu de hauteur et nous attaquer aux 699 marches de la Jacob’s Ladder.
L’ancien plan incliné desservait la garnison militaire de Ladder Hill située sur les hauteurs de la ville. Après un incendie, le plan incliné est devenu escalier.
Tous les ans, les habitants les plus sportifs s’affrontent pour battre le record de la montée des marches : pour le Jacob’s Ladder Challenge, le record est de moins de 7mn!
Nous mettrons 15mn sans nous presser…
Vue d’en haut, nous apercevons le port, le village est impressionnant, blotti au fond de la vallée, tel un village de montagne.
Jamestown est parait-il l’un des plus beaux exemples d’architecture géorgienne. Le bois est rare, car les chèvres importées sur l’île par la East India Company pour fournir les navires en viande fraiche au 17ème, ont décimé arbres et arbustes indigènes. Les maisons sont anciennes, en pierre, solides, et entretenues de génération en génération.
Wellington House
Nous prolongeons la balade vers le fort de Ladder Hill. L’essentiel des bâtiments est abandonné, mais tous ne tombent pas en ruines, et c’est aussi là qu’est installée la caserne des pompiers!
Certains des baraquement ont aussi l’air d’être habitées.
Un peu plus loin, des ruines, un cours de tennis abandonné, et des canons. La zone est en cours de réhabilitation pour en faire des équipements touristiques.
Et de l’autre côté de la vallée, un champ de panneaux solaires. L’électricité est encore très chère sur l’île.
Un peu plus haut, sur la colline, le quartier de « Half Tree Hollow », et en contrebas, les 22 corps-morts dédiés aux bateaux de plaisance repassage.
Un peu plus loin, le port et le mouillage réservé aux bateaux locaux
Après cette petite marche vivifiante, nous redescendons les marches et prenons le temps de repérer les bâtiments de la ville :
de gauche à droite : le port, puis les douves du chateau, dans lesquelles ont été aménagées la piscine , un stand de tir à l’arc, et des terrains de jeu pour les jeunes, puis le chateau, son chemin de ronde, et son jardin, et en contrebas, l’église, la prison, la police, le musée.
Au centre, la rue principale, qui coupe la vallée en deux, longée de bâtiments géorgiens. Se détachent en particulier, au-dessus de l’église, l’hotel Mantis, premier 4**** de l’île, qui vient d’ouvrir, et la maison Wellington, seule bâtisse brune et carrée, parms toutes ces maisons étroites aux murs de chaux et toits rouges.
Nous rentrons à bord via le service de « ferry », de petits caboteurs qui tournent toutes les heures dans le mouillage, pour emmener à terre ou déposer à leur bord pêcheurs et plaisanciers .
Il est en effet périlleux de débarquer avec son annexe ici, il n’y a surtout nulle part où l’amarrer. La houle atlantique brasse toute l’année le quai de débarquement, et il nous faut nous hisser à terre grâce à ces cordes à noeuds. Les enfants adorent jouer sérieusement pour une fois, les acrobates!!!
Lundi matin, direction le poste de police et les services d’immigration pour y terminer nos formalités. L’occasion de passer devant l’église, austère, avec son clocher en tôles de cuivre,
la (petite) prison.
Ici, la voiture la plus courante, c’est une Land Rover, couronne britannique oblige, et de préférence la Defender.
En ce lundi matin, la petite ville est animée, tout le monde va faire ses courses ou travailler, et s’arrête sur les trottoirs pour papoter. Les retraités squattent les nombreux bancs publics : je vois que ce petit pays a su conserver le précieux art de la conversation, à l’impromptu, dans la rue : tout le monde semble être capable de perdre 2 à 3mn (ou plus) de son temps pour papoter avec son voisin, sa vieille tante, ou même un inconnu.
En effet tout le monde nous salue, se salue : j’aime cette marque de politesse et d’humanité qu’on ne retrouve guère que dans les petites îles, les petits villages ou sur les sentiers de randonnée.
Aujourd’hui, le soleil est de sortie, j’en profite pour prendre en photos certaines des maisons les plus anciennes de la ville
Nous déjeunons d’un savoureux sandwich toasté à l’anglaise : croustillant et moelleux à souhaits, et prenons de l’internet chez « Anne’s place », haut lieu du nautisme de la ville depuis plusieurs décennies : c’est là , sur les hauteurs du jardin de chateau,
que les yachties se donnent rendez-vous pour y déjeuner, récupérer leurs emails, échanger livres et revues, récupérer le linge de la laverie etc..… Aujourd’hui, ce n’est plus Anne qui tient la boutique, mais Sally, et c’est toujours aussi sympa! Les gâteaux, en particulier, sont succulents : apple crumble, shortbread, blueberry pie, carrot cake, brownies, et d’irrésistibles guimauves à la noix de coco: tout est fait maison, et délicieux.
Certains équipements sont d’époque, comme ces interrupteurs de lumière que l’on actionne en tirant sur un bout : les enfants en raffolent! Amusant également, le lavabo encastré dans le muret.
En rentrant au bateau, nous passons devant le palais de justice, Aujourd’hui, la houle n’est pas trop forte, et nous méditons sur la force des vagues qui se jettent sur le quai chaque seconde;
Arthur est ébahi de voir le numéro sur la plaque d’immatriculation : n°7! Il y a en vérité plus de 5000 voitures sur l’île, pour environs 4000 habitants….Nous chercherons pendant tout le séjour la n°1, sans succès…. mais nous avons repéré la voiture du Gouverneur, ou plutôt de « Madame » le Gouverneur, une anglaise bien sûr, avec une plaque couronnée.
Ce matin à bord de Moby, il y a école, comme (presque) tous les matins, mais il y aussi matière à digression : Loïc a besoin de d’aide de petites mains (surtout de petits doigts fins et forts) pour réparer le moteur électrique des toilettes tribord. Arthur et Victor se dévouent et prennent sur leurs temps d’école pour aider leur papa. Quelques heures plus tard, hourra!, les toilettes fonctionnement de nouveau!! Dans n’importe quel port du monde, nous aurions passé commande d’un nouveau moteur, attendu 48h tout au plus, fait l’échange et jeté le vieux… Ici, rien de tout cela : un peu d’huile de coude, de jugeote, de ténacité, de petits doigts agiles, le tout pendant plusieurs heures, et le tour est joué! Une belle leçon encore une fois pour les enfants, et qui nous fait tous réaliser combien l’obsolescence programmée de nos appareils pourrit et pollue nos vies.
Pour fêter cela, nous tirons les rois! Puisque nous avons décidé de terminer notre tour du monde sans four-faute de réparateur et de pièces de rechange adéquates, je tente la cuisson dans la machine à pain. Après le pain de mie, les brioches, les cakes d’anniversaire, la galette des rois semble réussie.
IL faut dire que par chez nous, la galette des rois c’est un gateau breton et rien d’autre. Cette année, elle aura un petit air rectangulaire, la machine à pain ne permet pas d’autre forme. Dévorée en moins de 15mn, c’est un succès!
le roi et sa reine
Pour les gourmands voici ma recette, très simple, mais pour laquelle il faut impérativement respecter la texture du beurre : en pommade, c’est à dire mou, mais pas fondu :
Ingrédients :
§ 250 g de beurre en pommade (eh oui, il faut ça, une plaquette entière y passe!!!!)
§250 g de farine
§100 g de sucre fin
§ 4 jaunes d’oeufs : 3 pour le gâteau plus un jaune d’oeuf pour le glaçage
§ 1 mesure de rhum
§1 gousse de vanille ou d’extrait de vanille ou un sachet de sucre vanillé
Recette
§Battre le beurre et le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse et gonfle
§Ajouter le rhum, la vanille puis les 3 jaune d’oeufs un à un
§Verser dans un moule à manqué rond et haut
§Glacer avec le 4 ème jaune d’oeuf battu
§Décorer de croisillons avec la pointe du couteau
§Enfourner 40 mn à 180°
§Laisser refroidir. C’est encore meilleur le lendemain. Mais c’est très rare que l’on résiste à attendre autant….
En tout début d’après-midi, nous prenons l’annexe
et profitons du rayon de soleil pour aller plonger sur l’épave du Papanui ce vapeur transporteur de charbon qui, suite à une avarie en mer au large de Ste-Hélène, avait fait demi-tour, pour finalement s’échouer devant Jamestown. Tous les passagers avaient pu être évacués, et le bateau brula pendant plusieurs heures avec sa cargaison de charbon.
La visibilité est excellente, et le soleil au rendez-vous. Le site est immense, le bateau en lui même faisait plus de 100m de long. Nous distinguons bien ses différentes parties. Le pont,les cuves à charbon,
la proue
Un peu plus tard dans l’après-midi, nous filons explorer la côte en annexe
Nous laissons le mouillage de Jamestown dernière nous : nous avons repéré une petite anse accueillante, Lemon Valley, qu’il nous tarde d’explorer. Toute la côte de Sainte-Hélène est ponctuée par ces courtes vallées escarpées, où il est quasi impossible de débarquer : c’est pour ses qualités de forteresse naturelle que le lieu a été choisi pour y incarcérer Napoléon, que les Anglais, mortifiés, avaient déjà laissé s’échapper de l’île d’Elbe. L’homme, une fois libéré avait été rejoint par ses fidèles et une véritable armée, que les anglais et leur alliés des autres monarchies européennes devaient de nouveau combattre, jusqu’à la fatidique défaite de Waterloo. C’est suite à cette dernière bataille perdue que Napoléon se rend aux Anglais, qui décident de l’exiler à Sainte-Hélène. L’île était déjà lourdement fortifiée pour protéger les installations et les bateaux de la « East India Company » qui y faisant escale au retour des Indes, richement chargés de cargaisons exotique. Mais, en même temps que Napoléon dans l’Atlantique sud, pas loin de 2000 hommes furent envoyés. De nombreuses autres fortifications, bastions, canons et tour de guet furent érigées autour de l’île.
Ce qui a attiré notre oeil, c’est un petit ponton,
qui sera pratique pour débarquer, et une grotte servant de lieu de BBQ!
Le lieu est très fréquenté parait-il l’été et les week-ends.
Plus loin, nous longeons la plage et les fortifications, et apercevons un bâtiment : parfaitement restauré, l’ancien bâtiment servait de lieu de quarantaine pour les esclaves ; il est disponible à la location.
Nous remontons le sentier qui serpente au fond de la vallée, et nous arrêtons prendre le thé sur les hauteurs.
Au retour, nous remarquons des « souffleurs » à la côte. Ce sont des spray d’eau de mer, pulvérisés parfois plusieurs mètres au dessus de l’eau.
C’est la combinaison de la houle, des marées et de roches trouées qui crée cet amusant phénomène. Là, nous nous faisons copieusement asperger!
En fin de journée, les lumières sont sublimes
Nous avons la visite de James et Hannah, avec leurs 3 enfants.Croisés brièvement à Maurice, nous n’avions pas pris le temps de faire connaissance. Ils bouclent leur tour du monde à la voile en famille, puisqu’il sont partis il y 5 ans, de Ste-Hélène justement!! Ils sont de retour sur leur île depuis à peine un mois, et commencent une activité de services aux bateaux de passage.
Le lendemain, c’est une grosse journée d’excursion : nous avons réservé un guide qui va nous conduire tout autour de l’île, et en particulier sur les traces de Napoléon à Ste-Hélène. Harry est un ancien chauffeur de bus scolaire. Depuis sa retraite, il officie comme guide, et s’est fait une spécialité du récit historique. La visite commence au pavillon des « Briars » , anciennement propriété de la « sainte » famille Balcombe (« saint » et « sainte », c’est ainsi que se nomment les habitants de ST-hélène ;-)), et qui a hébergé Napoléon pendant quelques semaines à son arrivée le temps que son logement définitif de Longwood soit prêt : ce pavillon d’été n’était à l’époque une simple pièce dotée d’une terrasse, et il se dit que Napoléon y a vécu les plus agréables journées de sa détention.
The Briarsles jardins
Depuis, les Balcombe ont offert le pavillon à la France, qui co-gère le site avec l’office du tourisme de Ste-Hélène. Derrière cette pièce, on trouve les appartement des amiraux! C’est donc là que logent les personnalités françaises de passage à Ste-Hélène.
Nous avons droit à une visite guidée avec Magellan le guide officiel du site, et tout un groupe de chinois, venus passer la semaine à Ste-Hélène, et que nous croiserons régulièrement sur les sites d’intérêt. Voici donc l’intérieur de the Briars, une simple pièce, très lumineuse.
Il pleut, le temps est maussade, mais le jardin, superbe tout de même.
Nous quittons la vallée de The Briars, où s’est installé le consul de France, Mr Martineau, devenu LE spécialiste de l’époque napoléonienne à Ste-Hélène, et auteur de plusieurs ouvrages faisant autorité sur le sujet.
Puis nous voilà quelques kilomètres plus loin à Longwood, la demeure où Napoléon séjourna plus de 5 années. Le temps s’est encore dégradé, il pleut dans discontinuer, comme du temps de Napoléon, qui se plaignait du climat humide et sinistre de Ste-Hélène.
De l’extérieur, la maison ressemble étrangement à Créach’meur, notre maison en bretagne, un ancien sémaphore.
C’est sans doute le style militaire de l’époque qui veut ca.
La visite est fort interessante, on y découvre mille détails de la vie de l’empereur :
sa détestable relation avec Hudson Lowe, le général anglais en charge de sa captivité, qui refusait absolument d’appeler Napoléon « Empereur » , car Les anglais ont toujours refusé de le reconnaitre comme tel
la paranoïa maladive de Lowe ci qui craignait plus que tout une seconde évasion de Napoléon, qui rendit le séjour de Napoléon fort pénible
ses soucis de santé incessants : problèmes digestifs, maladies de peau, fièvres de malaria…. Il était à la fois très robuste, animé d’une volonté de fer, mais de santé finalement plutôt fragile.
Il a vécu à Longwood les 6 dernières années de sa vie, entouré d’une vingtaine de proches et de leur familles, fidèles et dévoués compagnons de route, prêtre, serviteurs….qui formaient comme une petite cour française. Ces hommes, femmes et leurs enfants étaient libre, eux, car c’est de leur propre gré qu’ils ont suivi Napoléon en exil, mais très surveillés;
1500 hommes ont été dépêchés sur l’île pour le garder : il n’était donc pas libre de ses mouvements : la moindre promenade était surveillée, chaque visite à l’extérieur de Longwood devait être négociée, préparée et sérieusement encadrée : elles furent assez rares d’ailleurs.
Dernière visite à thème : la tombe de Napoléon, dont la dépouille et le cercueil restèrent 20 ans sur le sol britannique, avant qu’elle ne soit rapatriée en grande pompe en 1840, pour reposer, selon sont souhait, à Paris, près des Français. Ses cendres sont aujourd’hui au Panthéon.
Il avait lui-même choisi le lieu de sa sépulture, le fond d’une petite vallée non loin de Longwood où il aimait à se promener. L’endroit est charmant… et très humide!! Normal, il pleut vous me direz. Mais la qualité de la mousse, épaisse, spongieuse, sur les bas-côtés nous fait penser que ce chemin reçoit fort peu les rayons du soleil…
Le site, particulièrement bien entretenu, est tout comme The Briars et Longwood, propriété des Domaines de France.
Ces visites à caractère historique nous font réviser (un peu) notre histoire de France, et nous pencher à tout le moins sur l’héritage laissé par Napoléon 1er : la Banque de France, le code Civil qui abolit les privilèges, les lycées d’état qui forment les élites, les préfets nommés à la tête de nouveaux départements et l’ordre de la Légion d’Honneur qui récompense les français méritants. Autant de réformes qui modernisent la France de l’époque.
Nous continuons nos visites sous la pluie…
Dernier stop de la journée : The Plantation, la résidence du Gouverneur, qui en l’occurence est en ce moment une femme. Elle est apparemment très aimée, et est particulièrement active dans la défense du droit des femmes, et l’aide aux nécessiteux.
Ici les gouverneurs, un peu comme nos préfets, sont nommés pour une courte période, 2 années, renouvelable.
Dans les jardins, des tortues offertes par les Seychelles se baladent en liberté.
Nous redescendons vers Jamestown , ou il fait très beau, alors que nous avons passé la journée sous la pluie dans les hauts… grrr, c’est un peu rageant, mais typique du climat saint.
L’état de chargement des batteries du bord nous le confirme, en bord de mer, c’était grand soleil!!
La visite du musée de Ste-Hélène nous confirmera que le climat est ici très lié au relief : les côtes sont sèches, arides et ensoleillées (type savane), puis plus on avance dans l’intérieur des terres, plus l’humidité et la couverture nuageuse augmentent, en gradients progressifs, jusqu’à atteindre dans les vallées boisées de l’intérieur de l’ile une hygrométrie parfaite pour les fougères, mousses et lichens qui ne voient jamais le soleil.
aridité de la roche volcanique sur les côtesfleurs tropicales près du littoralsavane côtièrevertes valléessous-bois moussus
Le RMS (Royal mail Service) Ste Helena est arrivé la veille, c’est l’avant dernière rotation du célèbre navire affrété par la couronne britannique pour la dessertes des île Ste Hélène et Ascension.
En opération depuis les années 80, il est aujourd’hui mis en vente car l’aéroport de Ste-Hélène est enfin opérationnel! Cela fait 70 ans que les « Saints » attendent leur aéroport. Ascension, la petite voisine, qui n’est peuplée que de 900 personnes, et encore, tous travailleurs sous contrats (pas de famille ni d’enfants là-bas) en est équipée depuis … 1942!
L’histoire de l’aéroport de Ste-Hélène, c’est un peu celle de Notre Dame des Landes : à l’exception notable de son volet écologique, et de son dénouement, puisqu’il est opérationnel depuis octobre dernier. Les lenteurs administratives, ajoutées aux tergiversation sur le choix technique de l’emplacement, à un coût pharamineux (plus de 300 millions d’euros) et de réelles contraintes météorologiques sont la raison de ces retards. Ajoutons à cela la crise financière de 2008 et les alternances politiques des décisionnaires, et on obtient pas moins de 70 ans d’attente pour obtenir l‘équipement tant attendu. Sans doute un record mondial…
Alors, depuis octobre 2017, une desserte hebdomadaire depuis Johannesburg sort Ste-Hélène de son isolement.
La moitié du traffic est ilien : des familles, des étudiants, des travailleurs, des malades partent vers l’Afrique du Sud et continuent le plus souvent vers Londres. L’autre moitié, c’est le tourisme qui l’apporte : 20 à 30 passagers par semaine.
Car l’île à beaucoup à offrir : son isolement la rend attractive bien sûr, mais aussi son cadre de vie, son passé historique, sa faune (requins baleines, raies, dauphins, oiseaux endémiques), sa flore, sa géologie/géographie unique sont des atouts. Randonnée, VTT, plongée attireront les touristes, tout autant que le .
Notre ferry n’est que dans 30 mn, nous nous offrons une pause café-gateaux à l’hôtel du Consulat. Là encore, les pâtisseries à l’anglaise sont délicieuses et joliment présentées : carrot cake, cupcakes au gingembre, muffins triple chocolat, victorian sponge cake, lemon meringue pie….
Le lendemain, c’est jeudi, jour de livraison de fruits et légumes par les maraichers locaux, nous partons à terre faire les courses. Les différentes supérettes de Jamestown sont livrées une fois par semaine par les petits producteurs : il vaut mieux y aller tôt pour être bien servis. Comme souvent dans les petites iles, chaque commerçant a ses produits, phares, et je trouverai mon bonheur un peu partout :
à la coopérative, des fruits et légumes originaux : physalis, calamanci (mini mandarines), fèves, courges butternut
chez First, des légumes locaux : carottes, choux-fleurs, chou vert, brocolis, patate douce, igname
chez Queen Mary, les fruits d’importation (pommes et oranges à jus)
Chez Thorpe l’excellente viande locale : filet de porc, steak de boeuf, cotes d’agneau, et le pain de la boulangerie Solomon.
chez Tinkers, le beurre, importé congelé, au prix prohibitif de 14€ le kilo….GLOUPS. Mais il est difficile pour nos petits bretons de s’en passer.
A noter chez Queen Mary le tableau d’affichage indiquant les produits en stock, non montrés en rayon : cela va des matelas, aux tables de jardin, en passant par des extincteurs, des WC, de la chaine de mouillage…
Heureusement, il existe un système original de « consigne » informelle : derrière les caisses, des étagères permettent de déposer ses provisions, une fois les courses payées, et d’aller les continuer ailleurs…. Comme la rue est en pente, en redescendant, on récupère à droite à gauche tout ses sacs…
Notre prochaine traversée est d’une dizaine de jours, il nous faut donc un avitaillement conséquent et je suis ravie de ce que j’ai pu trouver dans les magasins, bien meilleur que ce à quoi je m’attendais : les légumes ont le même goût savoureux que le panier de légumes bio de Nicolas, mon maraicher en Bretagne. C’est en effet l’un des aléas du voyage : on se nourrit de ce que l’on trouve, et on fait ses courses au plus pratique et au plus proche pour l’embarquement des vivres, car il est rare que nous ayons un véhicule…
Alors, les fruits et légumes ne sont le plus souvent ni bio, ni du marché.
Mais la grande surprise de ce voyage et de voir que la qualité moyenne des produits est excellente, l’essentiel de ce qui est vendu est produit localement, et cette tendance va en s’accentuent, au profit de la qualité, du goût, et de la baisse des prix!
Seule exception au tableau : l’île de Cocos (Keeling) dans l’Océan Indien, qui importe par avion 100% de sa consommation d’Australie : une aberration. D’autant que l‘on sait aujourd’hui, grâce aux progrès de la permaculture, que la production de légumes est possible même sur des atolls de sable sous les tropiques.
A Sainte-Hélène, la viande est locale, et les infrastructures sont dimensionnées : l’abattoir traite une dizaine de bêtes par semaine. Seule ombre au tableau : pas de lait frais local, pour des raisons de réglementation : les anglais imposent le lait UHT! Grrrr. Pas de bon lait de vache fermier, ni de beurre, ni de fromage local.
Mais globalement, ce petit territoire de 4000 âmes est assez exemplaire du point de vue de l’autosuffisance.
De retour au bateau, nous longeons comme d’habitude le quai, qui en ce moment grouille d’opérations de déchargement du RMS St-Helena.
Le port du casque est donc obligatoire sur les derniers 200m du quai.
Vendredi matin, nous allons tous les 5 au poste de Police faire nos formalités de départ, puis en profitons pour faire un tour au musée voisin.
Il est tout petit, mais passionnant de toute la richesse historique et stratégique de cette île. Les enfants sont emballés, et se passionnent pour toutes les vitrines, il est vrai très bien faites et richement illustrées d’objets du quotidien, maquettes, uniformes….
Un premier pôle traite des bateaux qui ont relié l’île au continent Africain et à son territoire de rattachement, la Grande Bretagne.
Une succession de caravelles, brigantines, frégates, goélettes… puis de navires modernes.
Celle aussi des nombreux naufrages autour de l’île, qui font la joie des plongeurs, comme ici la photo du Papanui, épave sur laquelle nous avons plongé. .
On y découvre ausssi le destin du bois d’ébène local, que l’on croyait disparu, puis retrouvé par deux botanistes dans les années 80 sur les falaises abruptes, dont on a recommencé l’introduction par boutures dans plusieurs endroits de l‘île.
Moins chanceux, le perce-oreille géant, disparu dans les années 60, et dont on déplore le pillage par des botanistes Belges…
On découvre aussi le profil sous-marin de l’île, cone volcanique émergent
L’uniforme d’apparat du gouverneur et son impressionnant chapeau de plumes blanches!!
Le coffre d’écriture de la Reine Victoria : c’est là qu’elle stockait ses livres, journaux intimes, etc…
En haut, Anna apprend à se servir des pavillons comme signaux.
Un peu plus loin, des déguisements sont à disposition de petits et des grands! Marin ou pompier?
On en apprend aussi un peu plus sur les moyens de subsistance des iliens tout au long des siècles : produire fruits et légumes, et les vendre aux navires de passage est une longue tradition.
Pour les femmes, au siècle dernier, c’était la broderie, pour les hommes, les filatures de lin, grâce aux plantes importées de Nouvelle Zélande.
En sortant du musée, nous assistons au départ du RMS St Helena, qui part ravitailler Ascension, autre île de la couronne Britannique. A son bord, une centaine de travailleurs, dans les telecom essentiellement et les services, car Ascension est une des bases importantes de télécommunication de la Nasa. Il n’y a pas de village, seulement des employés sous contrat.
A bord également quelques dizaines de touristes qui voyagent par cargo, original, quand on a du temps!
Nous partons aussi explorer le sentier côtier nord, qui mène à l’ancien poste de télécommunication de l’île : c’est là qu’était installé le premier poste de télégraphie, dont le cable relie encore l’île à l’Afrique du Sud.
Le site est intéressant. Nous découvrons un vrai petit village, avec un joli plant de coton
la bogue du cotonla fibre de coton, que les enfants commencent à filerla fleur de coton, aux douces pétales
plus une garnison,
des bunkers,
des canons, des bureaux, un poste de commandement
et la vue sur la ville et le port de Jamestown méritent les 20mn de grimpette!
Nous déjeunons une dernière fois chez Anne’Place, envoyons nos derniers emails, postons les dernières cartes postales aux copains de l’école.
Pendant que Loïc rentre au bateau avec les enfants préparer Moby pour le départ, je m’offre une petite escapade d’une heure le long du ruisseau qui traverse la ville. Cette promenade, dite « the Run », est originale, le long des berges citadines, entre potager,
jardins,
terrasses de maison….
En fin d’après-midi, nous appareillons pour le Brésil.
Bye-bye St-Hélène, qui fut une escale totalement unique sur notre parcours, loin des images des cartes postales d’eaux turquoises et de sables blancs, mais très attachante!
Bali est une île dont nous percevons tout de suite la personnalité multiple, et dont nous n’aurons en seulement une semaine, pas le temps d’explorer toutes les facettes…..
Premier paradoxe :
L’île est à large majorité bouddhiste, dans le plus grand pays musulman du monde.
Mosquée au port de Benoa
Alors à Bali, chaque famille ou presque a son temple, au fond du jardin-
temple familial
on en trouve donc à chaque coin de rue.
Temple
Un peu plus grand : c’est un temple de quartier, partagé et entretenu par la communauté : les balinais vont jusqu’à dépenser un quart de leur salaire en offrandes!
Offrandes
Temple d’envergure!
Nous arrivons le lendemain de l’Eid, qui fête la fin du Ramadan : le pays entier est en vacances, mais à Bali, la vie continue. Seuls sont fermés les marchands de bois et de tapis, à majorité musulmans, et les administrations fonctionnent à semi-régime pendant ce long week-end férié.
le Bali des surfers :
Nombreuses sont les plages et spots de surf.
On le comprend vite, en arrivant à Bali, tout à coup, une longue houle se lève, qui brise sur les plages de sable gris.
arrivée sur Bali
Sur les plages, tous les 200m, des loueurs de surfs et de bodyboard , et dans les rues, des boutiques de surf tous les 500m!!
Surfshop
Et comme on circule beaucoup en scooter, voilà ce que ca donne!
Surfer en scooter!
Le Bali arty
celui d’Ubud, que nous n’aurons pas le temps de visiter. Les balinais ont développé un artisanat exemplaire : tissus brodés, poteries, boiseries, sculptures etc…. Nous n’en aurons à Denpasar qu’un bref aprecu, n’ayant pas pris le temps de visiter Ubud, la capitale artistique et artisanale de Bali.
sculpture à l’extérieur d’un surfshop
Tous les jours, nous passons en taxi devant les marchands meubles, des spécialiste de porte sculptées, menuisiers, meubles de jardin, vendant des bois pétrifiés, des totems sculptés, des jarre grosses comme des éléphants, des statues de pierres. Il vaut mieux pas s’arrêter : je me sens capable d’un coup de folie, en passant commande d’un éléphant en pierre pour mettre dans notre jardin en Bretagne!
Bali chic
la destination est très prisée des australiens : boutiques de marque et centres commerciaux de luxe pullulent,
tenue de sirène à vendre!
restaurants chics aussi classy qu’à St-TRopez mais au tarif abordables, night-clubs : voilà ce que vient chercher une clientèle avertie. A Seminyak, s’alignent les boutiques à la mode , des bars branchés
pour voir, ou être vu?
et des retaus tendance.
Il n’y a pas deux devantures qui se ressemblent d’où une réeelle originalité des lieux et des produits d’artisanat.
Bali et son tourisme de masse
En arrivant à Bali par la mer, on devine les gigantesques hotels en constuction, sur Nusa Dua, la péninsule sud de l’ile. Les batiments sont de taille colossale, offrant probablement plusieurs centaine de chambres. D’autres disposent de mini-club grands comme des parcs d’attraction! Puis en entrant dans le chenal d’accès au port, c’est la foule!!!
l’entrée du chenal
ce sont des dizaines de parachutes ascentionnels, de jetskis, speedboats tractant bouées et engin variés
dans le chenal même qui est fort encombré…Nous sommes tout simplement ébahis par le tumulte sur l’eau!… Le choc est d’autant plus grand lorsque l’on arrive de 9 jours de mer, dans le calme et la solitude de notre bateau-cocon.
Les abords du port de Benoa nous apprennent aussi combien l’île est densément peuplée.
maisons de pêcheurflotte de pêche localerefueling
Bali polluée, embouteillée :
Nous somme cueillis par la saletés des lieux dans le chenal d’accès au port : Loïc fait monter sur le pont l’intégralité de l’équipage pour veiller aux déchets : nous redoutons le sac de riz dans l’hélice, qui pourrait endommager le moteur. A la marina, ce n’est pas mieux, poissons crevés, plastique omniprésent ; la mer est une poubelle, et ca ne choque personne. Cela ne nous motive pas à explorer les mouillage alentours nous n’avons qu’une semaine d’escale, et optons de rester à la marina nous reposer, nettoyer et préparer Moby. Une fois n’est pas coutume, nous visiterons Bali par la terre pendant cette courte escale.
Tous les jours, nous empruntons des taxis pour nous balader et aller à la plage, et restons 15/20mn dans les embouteillages, matin, midi, le soir aussi!! Bali est surpeuplée, en particulier le sud, acueillant toujours plus de touristes. La solution, c’est le deux-roues : ils pullulent ici!
parking de scooters au terminal ferry
Les infrastructures routières plutôt de qualité mais sans doute insuffisantes, et les petites ruelles de Seminyak assaillies en permanence des voitures, taxis, scooters…..c’est l’Asie!
Bali populaire :
L’île est aussi une destination de vacances pour les indonésiens, et de week-end pour les javanais qui viennent en ferry depuis l’île voisine.
Très populaire, la plage de Jimbaran, avec son port de pêche,
son marché au poissons et ses innombrables restaurants de fruits de mer.
la plage de Jimbaran
Tous les soirs, des centaines de touristes débarquent en car sur la plage pour admirer le soleil couchant, et dîner les pieds dans le sable de poissons, coquillages et crustacés frais.
Populaire aussi, les cerf-volants qui sillonnent le ciel, en plein hiver balinais!
Un autre soir, nous nous retrouvons un peu par hasard devant le Festival de la Lumière;
le festival des Lumières
Partis pour dîner en amoureux sur la plage de Nusa Dua, nous nous retrouvons à devoir terminer notre chemin à pied, les rues sont bouclées, pour cause de festival. Qu’à cela ne tienne, nous changeons nos plans, et nous laissons guider par la foule et dînons d’un Nasi-Goreng non pas sur la plage, mais dans un food court local…
Le fameux Nasi-Goreng, plat national indonésien
Pourtant en plein dans le quartier des grands hôtels, sommes pratiquement les seuls européens à nous promener sur les lieux, fréquentés ce soir-là par des balinais et javanais en week-end. Nous arrivons sur la presqu’île, guidés par la foule.
l’entrée du festival des lumières
Le site est sauvage, une presqu’île battue par le vent et les embruns, un petit temple,
nous jouons avec nos ombres
des statues de lumière, aussi belles vues de loin, que de près!
Un peu plus loin, une forêt de lumières, très réussie!
devinez où je suis!
et une traditionelle fête foraine : brochettes, glaces, smoothies, et plats à emporter, toss-toss et voitures à pédales, les enfants auraient adoré!
roulottes en combi VW
Nous avons la chance d’y passer après dîner, les lieux se sont vidés, c’est magique.
Une semaine à Bali
Nous n’avions pas plus d’une semaine à passer à Bali : notre escale forcée australienne aura « mangé » le mois prévu pour visite l’Indonésie. Alors nous nous contentons de ces quelques jours d’escale.
Moby à la marina de Bali
Nous décidons de rester la semaine à la marina, et d’explorer Bali par la terre.
à la marina
Nous attendons aussi mon frère Thomas, qui nous rejoint d’ici quelques jours, et nous accompagne à Cocos.
Dès notre arrivée, nous nous lancons dans un programme de nettoyage du bateau : Victor et Loïc nettoient le pont,
nettoyage du bateau
Arthur Anna et moi nous occupons de lessiver les doudous, sacs de plage, hamacs etc…. qui en avaient bien besoin.
Nous prenons vite le rythme : la matin, c’est nettoyage, bricolage, rangement, réparations et l’après-midi, nous partons en vadrouille. En effet, les abords de la marina ne se prêtent pas trop à la détente : cette toute petite marina disposant d’à peine 10 places temporaires à louer, est située sur une presqu’île abritant le terminal ferry, bateaux de charter, les services d’immigration, la police, et différentes administrations liées au traffic maritime, rien de très glamour.
au sortir de la marina….un terrain vague
La marina n’est pas si calme non plus : les ferry arrivent et débarquent les passagers avec danses balinaises à l’appui
Les touristes viennent passer la journée sur des bateaux de charter
Nous sommes survolés par des avions en permanence
Pas un restau à l’horizon, ni une boutique. Le quartier est aussi très calme le soir heureusement.
Mon amie Anélie qui a travaillé à Bali il y a quelques années me donne rapidement quelques adresses : nous ferons de la plage de Seminyak et du restaurant Ku De Ta (prononcer « coup d’Etat », joli jeu de mot aux consonances franco-balinaises ;-), notre destination favorite des midis et après-midis .
le restaurant/bar KU DE TAl’entrée côté plage
Ambiance St-Ttrop : restaurant stylé à tarif plus qu’abordable, bar et DJ à partir de 16h, piscine, ambiance lounge autour de la piscine, chicken noodles au menu enfant
Anna ravie de voir son plat préféré au menu enfant!
et surtout : location de surf en contrebas!
location de surfsla plage de Seminyak
Nous avons trouvé notre SPOT pour la semaine, et y retournerons 3 fois…. Les enfants sont heureux de surfer;
c’est parti pour une session de surf/bodyboard!
les vagues ne sont pas exceptionnelles, mais les enfants sont HEU-REUX,
et le cocktail resto-piscine-plage-vague de surf-soleil couchant est idéal.
c’est parti pour une session de surf
Une fois n’est pas coutume, nous jouons aux vrais touristes quelques heures par jour.
Nous terminerons un après-midi dans un salon de massage : pure tradition balinaise!
au salon de massage
et un autre soir, nous restons sur la plage admirer le soleil couchant.
Tom et Anna à la guitare…
Plus, haut, au KU DE TA, l’ambiance lounge se transforme en ambiance DJ night-clubMais toujours, Surf, surf, surf!!!
Après réflexion, nous ne pousserons pas l’exploration de Bali plus avant : ce n’est plus la saison des belles rizières, bien vertes, étagées, celles qui donnent de Bali cette image idyllique… les récoltes ont eu lieu en fin d’été, et j’apprend que les seuls jolis champs de rizière visibles bien verts ont été maintenus pour les touristes, avec entrée payante…. BOF.
J’aurais aussi aimé aller à Ubud, la capitale artisanale et culturelle de Bali, découvrir l’école alternative et écologique créée par des américains, me bercer de l’ambiance hippie de Ahmed, petite ville balnéaire de la côte Est, visiter quelque temples. Mais ca sera pour un autre voyage. Le temps nous manque, et je sens les enfants plus passionnés par le surf que par les visites culturelles. J’ajouterais que si nous avions eu la chance de tomber au cours de la semaine sur un chauffeur sympa qui nous aurait agréablement guidé pour la journée, j’aurais sauté sur l’occasion, car l’île se prête particulièrement à un grand tour en voiture.
Mais non : chaque course est une tentative d’arnaque; ca en devient risible à la fin! Au cours de la semaine, nous arrivons à essayer tous les modes de transport :
les minibus locaux, ceux que l’on trouve en sortant de la marina :
taxi-minibus
particulièrement inconfortables, non climatisés mais dotés d’une ventilation naturelle (ici on roule portes ouvertes!!). Il nous faut âprement négocier à chaque fois les courses pour payer un tarif équitable. Et au final, ils sont plus chers que les autres taxis!
dans le bus-taxi : la ventilation naturelle via la porte ouverte!
Pour d’obscure raisons, ils ne nous déposent pas toujours à l’endroit de notre choix : plus d’une fois nous aurons à marcher pour arriver à notre destination!
dépités et fatigués, nous optons alors pour la compagnie « Bluebird », les seuls à être systématiquement équipés de taximètre. Bonne nouvelle : le tarif est raisonnable! Mais la seule fois où nous voudrons en commander un, il mettra plus d’une heure à arriver….. Et attention, ils n’ont pas le droit d’entrer dans les hôtels, ni à l’aéroport : là aussi, ils nous déposent souvent avant notre destination.
les taxis pour touristes : ceux là sont propres, spacieux, climatisés, mais 3 fois plus chers! Ils ont le monopole des dessertes de l’aéroport et des hôtels.
Uber : officiellement interdit à Bali, nous tentons tout de même l’expérience. Et ca marche!!! Formidable, le taxi arrive à la marina dans les 20mn, le prix est deux à trois fois moindre que les minibus, la voiture climatisée (dans les embouteillages, c’est appréciable), le chauffeur agréable de conversation et parlant un bon anglais, , OUF; nous voilà réconciliés avec les taxis balinais! On comprend pourquoi Uber dérange : dans un pays où se côtoient déjà 3 types de taxis différents qui ont chacun leur prérogatives, Uber donne un grand coup de pied dans la fourmilière en proposant une services de qualité à tarif imbattable : de quoi en énerver plus d’un!
Mon frère Thomas arrive demain, il m’accompagne faire les courses.
avalanche de fruits et légumes tropicaux!
Deux aller-retour au supermarché Carrefour nous permettent de refaire un plein d’épicerie et de produits frais.
fruits frais…et fruits confits
L’occasion aussi de féliciter le chef boulanger, évidemment!
Avec Didier, chef de la boulangerie/pâtisserie du Carrefour de Bali
Didier est français, et ses produits ont la beauté et la qualité d’une vraie boulangerie traditionnelle!!
le rayon boulangerie
L’avitaillement est une question très sérieuse, car nous nous apprêtons à passer 6 semaines loin de tout : une première escale à Cocos(Keeling) nous attend dans 6 jours, petit atoll australien perdu dans l’Océan Indien, habité à peine par 600 habitants : autant dire que les produits là-bas seront rares… et chers :10$ (soit 7 Euros) le kg de pommes australiennes, parait-il!!!
A l’escale suivante, aux Chagos, il n’y a tout simplement pas d’habitants! Nous allons devoir vivre un mois sur les réserves du bord, un challenge intéressant à relever.
Cet îlot situé à 20mn en ferry de la capital économique est l’un des cones volcaniques les plus intéressants de la région : c’est le plus grand, mais aussi le plus jeune – à peine 600 ans depuis sa dernière éruption, et depuis son sommet à 259 m, la vue sur Auckland et le Golfe d’Hauraki y est juste spectaculaire!
Nous mouillons Moby dans la baie d’Islington, aussi connue sous le nom de « the Drunk bay ». Elle doit son nom à l’habitude prise par les capitaines de navires au long cours en partance d’Auckland de relacher la nuit en quittant le port, pour laisser aux marins du bord le temps de cuver….
Moby au mouilage d’Islington
Nous laissons l’annexe sur le quai et partons à l’assaut de ses routes et chemins de roche volcaniques.
La route se transforme vite en chemin ombragé, ce qui est agréable au vu de la chaleur. A quelques dizaines de mètres du sommet, la bifurcation vers des grottes et tunnels de lave est un must!
Les enfants ont bien sûr pensé aux lampes frontales et aux torches torches.
Ils explorent une première grotte, puis un petit tunnel, et enfin un grand boyau très étroit où nous adultes aurions du mal à nous introduire.
Puis nous rejoignons le sommet pour savourer la vue.
Vue sur le Golfe d’HaurakiVue sur Auckland
Pour redescendre, un très bel escalier de bois, que nous n’avons pas eu à monter heureusement…Rangitoto est classée réserve naturelle, en particulier pour les oiseaux , car tous les petits rongeurs (hérissons, rats, hermines, etc…) venus d’Europe ont été éradiqués depuis 2011 : l’île est désormais « pest-free » permettant à ces fragiles oiseaux de se reproduire ranquillement : on y trouve des Kiwis bien sûr, mais aussi wekas, et nombre d’autres oiseaux endémiques récemment réintroduits.
De retour au bord du rivage
Nous avons tellement aimé cette balade que nous y retournerons quelques jours plus tard avec nos amis néo-zélandais, Bruce et Stéphanie, ainsi que tout une bande de leurs amis.
Une ballade finalement très différente, puisque nous empruntons cette fois-ci le chemin sud et non la route est.
il fait chauuuuud
Et une série de petites haltes en chemin nous expliquent la naissance de Rangito il y a 600 ans.
Peu de chance qu’il n’y ait de nouveau une éruption sur l’île. En revanche, il est fort probable qu’un jour, une autre île similaire surgisse dans les environs d’Auckland!
Voilà donc le processus qui donne 600 ans plus tard cette terre volcanique si fertile et chaude.
Arrivés en haut, Bruce nous montre une seconde série de tunnels que nous n’avions pas vu, encore plus impressionnnants en taille!
l’entrée du tunnelil y fait bien noir
en route vers la sortie….
Stéphanie me montre les oiseaux : ces petites cailles adorables se trémoussent pour récupérer des miettes de sandwiches. Et cette autre oiseau rare, le saddleback, un passereau au dos orangé, qui fut un temps en voie d’extinction et est maintenant réintroduit avec succès
Nous prenons un autre chemin plus court, mais aussi plus pittoresque.
Une espèce de fougère endémique de Nouvelle-Zélande s’y trouve également : la « kidney fern », qui doit son nom à sa forme en haricot. Elle se replie pour mieux lutter contre la chaleur, très intense ici à cause des pierres volcaniques.
Une fois en haut, la vue est toujours aussi belle.
Ce samedi a lieu la plus grande régate de toute l’année en baie d’Auckland. Moby et Trio sont mouillés juste devant!
vue sur Auckland
Après un pic-nic revigorant, il est temps de redescendre. Près du débarcadère, des vestiges d’une prison… et un ponton de bois traverse la mangrove. Qu’y vois-je? De la salicorne, petite plante de marais salé qu’on trouve en Bretagne, en particulier dans le Golfe du Morbihan! J’adore ça. Ma copine Laeti en fait des pickles. Celle-ci est un peu amère, les jeunes pousses de l’été seraient sans doute plus savoureuses.