Nous naviguons depuis déjà 10 jours dans l’archipel des Exuma, et continuons notre progression vers le Nord en direction du « Exuma Land and Sea Park », qui s’annonce encore plus spectaculaire que ce que nous avons vu. Nous sommes déjà sous le charme de cette navigation entre îlots et bancs de sable, que nous pratiquons en mode « exploration », nous arrêtant jusqu’à 4 fois par jour pour visiter une grotte, une plage, ou faire un snorkeling.


A Fowl Cay, nous sommes tout seul au mouillage.
Inhabituel, une épave d’avion trône sur la plage. La piste n’est pas loin.

Les îles des Bahamas sont souvent équipées de petites pistes privées. C’est aussi que les propriétaires vont et viennent, à bord de leurs avions, ou d’avions taxis, qui offrent également les services de livraison de nourriture, pièces détachées etc….



A midi, Loïc envoie le drone, pour voir île d’en haut : pas de luxueuse villa, mais de petites maisonnettes, un ponton, et la piste, vraiment toute petite.

La première n’est pas évidente d’accès : il faut plonger, pas très profond, mais sur 3 mètre de long. Anna n’a pas peur, et nous suit, c’est la première fois qu’elle plonge dans ces conditions!


une caverne en hauteur qui ravit les enfants,
un puit de lumière,
des stalactites….
En fin de journée, nous mettons cap sur Compass Cay,

et mouillons pour la nuit sur un banc de sable devant la marina, réputée pour ses requins nourrice semi-apprivoisés.
Nous filons en annexe voir à quoi ressemblent les installations :

mais le sens de l’accueil est comment dire….axé sur le porte-monnaie : on nous réclame pour débarquer une taxe de « landing fee » de 10 dollars… par personne! Et pas de discount pour les enfants…. Nous observons quelques minutes, depuis l’annexe, les requins nourrice tourner et virer dans une eau limpide puis faisons poliment demi-tour.

C’est officiel, nous venons de franchir les frontières du parc naturel.

Les 3 familles arrivent en annexe,
dans ce joli coin de paradis
La soirée est fort agréable,
la marmaille joue aux Robinsons en se gavant de chips, de crackers au fromage et de pâté de campagne…
Il y a tellement d’éclairs qu’on y voit comme en plein jour, et la foudre nous assomme les oreilles.
Le matin, c’est école pour tout le monde, mais dans l’après-midi, nous partons à terre avec nos équipements de snorkeling explorer la plage de « Honeymoon’s Beach », sur la côte sud de l’île.

Mais la nuit est tout aussi orageuse que la précédente. Là encore, les éclairs sont très proches, et grondent.

Au petit matin, nous allons dire au-revoir à Luna Bay 2,

Ils repartent vers Nassau préparer leur bateau pour la transat retour en France.
De notre côté, nous nous donnons 8 à 10 jours de plus pour explorer les Bahamas.
Nous appareillons également, juste à temps, car une série de 3 speed boats arrivent vers nous-il est vrai que nous sommes dans un chenal-, et foncent à 25 noeuds au moins, créant 3 sillages qui nous chahutent.
Il semble que la cohabitation entre les voiliers et les riches résidents des îles se passe mal. La loi aux Bahamas est claire : l’accès aux plages est libre jusqu’à la laisse de haute mer. Par ailleurs, il ne me semble pas anormal que les propriétaires de ces îles jouissent de la tranquillité qu’ils recherchent. Alors, pour notre part, nous ne nous empêchons pas de nager sur les plages, voir d’y mettre le pied, mais n’y débarquons jamais en annexe.
Le lendemain, la journée commence sous des trombes d’eau : le temps n’est pas au beau fixe, depuis quelques jours, nous subissons orages et grains au moins une fois par jour.
Nous quittons Compass Cay en bordure de grain, il y a plus de 20 noeuds de vent, et Loïc nous montre sa dextérité à piloter Moby : car pour aller du nord de Hall’s Ponds Cay au mouillage sud de Warderick’s Wells, un chenal sinueux nous fait passer entre de petites îles. Victor et moi surveillons la nav’ chacun dans une des étraves.
A peine avons-nous pris la seule bouée disponible, qu’un rideau d’eau s’abat sur nous.


C’est plutôt une bonne nouvelle, nous allons pouvoir remplir les réservoirs, s’offrir des douches en plein air, et boire de l’eau de pluie, la meilleure de toutes. Nous avons même de l’eau courante pendant quelques minutes!
Happy Birthday Captain!

Comme le dit le dicton d’un restau italien que Loïc aime bien : « Life is short, eat desert first! ». Autrement dit : « Comme la vie est courte, autant manger le dessert d’abord »


et nous offrir une belle baignade.
Puis partons à la recherche du « Pirate’s Lair » , le « Repaire des pirates » un peu plus loin dans les terres.
Le site était en effet parfait pour attendre les proies s’apprêtant à entrer dans le banc des Bahamas par le « Wide Opening », cette large passe facile d’accès à la voile par tous les vents, située à quelques milles au nord de Warderick Wells. On s’imagine facilement les bateaux de pirates cachés entre les îlots, les hommes guettant les navires de commerces.



Arthur et Anna restent jouer à la plage : ils creusent le sable pour y trouver des vers, puis ensuite nourrir les petits poissons du bord.
Loïc et Victor partent explorer le tunnel qui perce l’îlot d’en face : long de 30m, il traverse spectaculairement l’îlot, et peut se pratiquer à la nage, par temps très calme et à l’étale.
Avec le vent actuel et les fortes marées, il n’en est pas question. Dommage, car ça doit être pourtant génial de le parcourir à la nage : il est percé de plusieurs ouvertures par le dessus, partiellement à l’air, et partiellement sous-marin.





Loïc lance le drone pour immortaliser le site, sous un beau soleil;



Pendant que nous savourons cet apéro du dimanche, les enfants vont explorer sur la plage le squelette d’un cachalot reconstitué là par les bénévoles de l’association du Park.

Anna et moi nous élançons, les garçons nous rejoignent en annexe.


et aux méandres créés par les courants.
puis terminons par une ballade à terre, vers les hauteurs de Boo Boo Hill, point culminant des Warderick Wells.
Ce que nous apprécions aussi aux Bahamas en cette fin Avril, c’est la longueur des journées. Le soleil ne se couche que vers 19h30, contre 18h aux Antilles : cela laisse de belles soirées encore actives.

puis rentrons via un gué, puis un petit pont, à travers la mangrove.
Nous découvrons l’hélipad fait de pierres et coquillages concassés.

Nos routes se sont croisées pour la première fois dans le Pacifique, à Rangiroa, puis à Papeete, et enfin c’est pendant un séjour prolongé à Maupiti que nous avons mieux fait connaissance.

Nous nous sommes revus en Nouvelle-Zélande,
et avons partagé des moments inoubliables dans l’Océan Indien, à Cocos (Keeling)
puis aux Chagos.

La dernière fois que nous nous sommes vus c’est en décembre dernier en Afrique du sud, à Cape Town.

Depuis, nos routes se sont suivies sans se croiser. Leurs deux ados, Ben et Gaby sont les grands amis de Victor, et il leur doit aujourd’hui son beau niveau d’anglais ;-).




Dans quelques longueurs nous entrons dans du turquoise clair signe que nous n’aurons plus que 2m d’eau sous les coques!





Loic et Victor sortent les planches, puis le kitesurf.


Je tente quelques bords en planche, mais le vent est décidément irrégulier avec le relief de l’île.

et assez impressionnante avec son plafond rose,

Puis nous poussons vers la plage adjacente, 
qui abrite un chemin menant vers des ruines et à la plage côté océan.
Occupées par les loyalistes, ces réfugiés pro-anglais de la guerre civile américaine : refusant la tutelle des séparationnistes, et gardant allégeance à la couronne britannique, nombreux sont les Loyalistes qui ont fui aux Bahamas, implantant des champs de coton, de tabac ou de l’élevage.





des algues,
des éponges… et des débris de toutes sortes.

Il y a en effet beaucoup à faire aux Exuma entre le snorkeling, les épaves, les ballades à terre, les grottes….


Quel dommage qu’il fasse ce temps pourri, ce doit être tellement beau sous le soleil. Mais il ne fait pas froid et nous ne sommes pas en sucre, alors nous partons sous la pluie, et avec la marée, qui est encore haute pendant une heure ou deux.





En haut du camp Driftwood, la vue sur Shroud Cay. 


et c’est un défilé d’avions

Nous sommes aussi régulièrement survolés par des hydravions.
Nous allons plonger sur le DC3 -enfin, pas vraiment en profondeur, car l’épave est posée sur un banc de sable et émerge, même à marée haute. Loïc explore l’épave,
regarde à travers les hublots,

et fait mine de se mettre aux commandes!

Les coraux ont bien colonisé l’avion!
Victor continue l’exploration,
passe à travers les hublots!

Nous passons devant les lodges, et le restaurant, fermé ce soir.
Puis allons nous rendre compte des travaux, de grande ampleur de la marina.
Nous sommes surpris par le nombre de marinas aux Bahamas dont les travaux semblent terminés et qui n’ont jamais ouvert. Traffic? Blanchiment ou détournement d’argent?


Ces traces, dans le sable, ce sont des raies, qui nichaient dans ce trou à marée haute.
Il y a si peu d’eau que nous rentrons à la rame.

L’occasion d’aller nous offrir un bon hamburger au restaurant.
En dessert, je tente le traditionnel Guava Duff, sorte de pudding arrosé de sauce à la goyave, typique des Bahamas…
C’est moins mauvais que ça en a l’air : très sucré et roboratif, je peine tout de même à avaler plus de 3 bouchées après mon hamburger…





Mais les vents sont rarement portant, au mieux travers à l’aller comme au retour, et bien souvent contre le vent et le courant, rendant les traversées souvent inconfortables. Si bien que les récits de traversées mouvementées sont nombreux, et que beaucoup se découragent d’ affronter l’Océan Indien hors des lagons protégés.
Les amateurs de kitesurf, de pêche et de plongée se régalent….


et jetons l’ancre devant l’ilot Coco à 19h, après avoir quitté Port Louis à 15h la veille.
nous avons la chance d’avoir à bord des amis qui naviguent beaucoup en Bretagne sur leur Fist 31.7.
Le compteur sur Moby annonce 30 000 NM de puis notre départ de La Grande Motte il y a 20 mois. 
il y a un autre catamaran,Cheers, qui repart le lendemain.
mais pas fructueuse : nous aurons de nombreuses touches, et ferrons une bonite
et une superbe dorade,
qui toutes deux se décrocheront à la remontée à bord. Le poisson a sa chance, et c’est aussi bien comme ça! Il faut dire que nous n’avons pas de véritable gaffe à bord, un objet à rajouter sans doute sur la liste de courses, qui élèverait grandement notre rendement.


La technique du bord pour les conserver sans prendre trop de place dans le frigo, c’est de les ébouillanter une minute, puis de les décortiquer :
ensuite, il est facile de les cuisiner : poêlés, en carpaccio, en salade, en sauce, en cari….
le sable a l’air très fin, et le spot super pour le kite. Après la séance de pêche du matin, les 2h d’école réglementaires, et un rapide picnic, nous descendons gréer le matos
: nous aurons à l’eau en permanence 2 kites et 1 windsurf, à partager entre 4 adultes et un ado!
Seul Victor n’est pas encore autonome en kitesurf, et préfère se consacrer à ses progrès en planche. 








C’est d’ailleurs la pleine période de nidification
aussi somme-nous attentifs à ne pas déranger leurs nids et leurs oisillons. 




pas question de prendre trop de retard sur le programme si nous voulons prendre des vacances à Noël. 2/3h d’école par jour c’est peu, mais en s’y tenant 7j/7j, sans vacances ni week-end, c’est un rythme qui nous convient bien à tous, élèves et parents/professeurs : c’est rythmé, régulier, et cela nous laisse du temps pour partager de nombreuses activités en famille.
déchargement sur la plage des planche, kitesurf, windsurf, rekisteurf, skim board…






sans doute une parade nuptiale, un accouplement, car elles se tournent autour de puis quelques minutes.











Quelle journée! Quelle famille heureuse!



Nous en avons fait la demande à Port-Louis au tout début de notre séjour mauricien. Il faut se rendre sur place, au bureau de l’OIDC : Outer Island Developpment Company, faire une demande, s’acquitter des droits de passage (5 000 RS par personne, à payer cash). La réponse, positive, est arrivée 10 jours plus tard.
Nous y sommes : 2 aller-retour en annexe pour amener planches et gréements à terre.
: un seul petit ilot de sable,
une végétation très rase,
pas un seul arbre, et des milliers d’oiseaux.


nous sommes le seul bateau à l’horizon,
et ne côtoyons plus que des sternes.
Les enfants nous réclamaient un feu de camp depuis longtemps, je crois que nous avons le spot idéal!
Nous partons récolter du bois pour le feu de ce soir.
Le menu est déjà en tête : brochette de poissons. Nous avons en effet ramené un « Tuna Macquerel » , sorte de bonite allongée;
Sa chair n’est pas très prisée, mais j’ai des recettes de marinades qui conviennent bien :
Les petits se cramponnent à la naissance.

Le spot est parfait :
le vent n’est pas arrêté par le banc de sable étroit de la plage, et la mer est lisse sous nos pieds



Il n’a pas peur des chutes!


et se retrouvent à naviguer dans une nuée d’oiseaux

Pendant qu’ils font la pause, c’est donc à notre tour, Laeti et moi d’aller sur l’eau!

La bonne nouvelle c’est que ca ne s’oublie pas, c’est comme le vélo!
Le cadre est grandiose, je mesure ma chance d’évoluer sur l’eau et dans les airs dans un tel environnement.
Pendent ce temps, les enfants préparent notre camp pour le soir : collecte du bois, décoration, installation de sièges,



Et d’autres parents couvent
En fin de journée, nous partons faire le tour l’île.

le feu ronronne,
les enfants sont comblés, 




Nous sommes gâtés par la météo depuis quelques jours : du vent, et du soleil.


et ce soir, cari de langouste!
Je m’inspire pour cela du légendaire ragout de homard de l’île de Sein, dont le café «Chez Brigitte » garde jalousement la recette ancestrale. Ici, je le prépare à ma manière : des darnes de langoustes, pas trop cuites, mais surtout une merveilleuse sauce épicée, aux saveurs iodées de retour des Indes, teintée d’aromates européens, qui nappent des pommes de terres fondantes. Car au final, le meilleur dans le cari de langouste, c’est la sauce!
où nous dormirons, avant de remonter le lendemain matin sur Chaloupe, distante de quelques milles seulement.
C’est un pur ilot de sable étincelant 
et d’une finesse telle qu’on s’y enfonce jusqu’à la cheville!
Nous n’aurions pas voulu manquer cette expérience.


On y trouve tout : un bloc de corail,
mais aussi des déchets échoués,
que les oiseaux utilisent pour fair leur nid, protéger leurs petits, sur un ilot exempt de végétation.
Les enfants s’amusent de la texture du sable







que nous n’avons pas encore explorée.C’est là que 2 campements assez sommaires ont été construits il y a quelques années pour accueillir pêcheurs à la mouche, amoureux de la nature ou ornithologues.
et remontons cette allée incongrue : l’artère principale de l’île qui la coupe en 2.

A très vite pour la suite!





































Côté activités, c’est tout autant sympa : Loïc kite avec son ami Ivo,




























Pas facile de dénicher le bon coin, qui ne gênera pas les riverains…. je sillonne la baie l’après-midi en annexe avec les enfants à la recherche d’une portion de plage inhabité : le premier spot identifié ne convient pas : un panneau « TABU » nous indique qu’il ne faut pas débarquer. Nous n’irons certainement pas braver cette interdiction, les croyances sont encore bien ancrées. Plus loin, ils y trop de maisons, mais au milieu, ce bout de terrain abandonné nous semble convenir.







La propriétaire sort de sa tanière pour nous dire combien nous dérangeons : la planche des enfants qui empiète sur son terrain, les saletés que nous allons faire avec notre apéro….










Les pleins d’eau faits au Yacht Club
et un dernier approvisionnement de produits frais et surgelés.



















































































Nous avons passé 2 jours enfermés dans le bateau, dans le mouillage inconfortable de la passe, en mode « comme un dimanche pluvieux en Bretagne » : faire des jeux de société, regarder des films et faire des gâteaux – tout en étant un peu nerveux sur la tenue du mouillage.

















