Étiquette : marina

  • Petit détour par l’Irlande

    Petit détour par l’Irlande

    Partis des Açores mi-juin, nous avons dû nous résoudre à faire escale en Irlande, car une grosse bulle de calmes nous barrait le passage vers Brest.
    Les côtes irlandaises en vue!
     
    Nous passons devant le Fastnet et son célèbre phare au petit matin :
    C’est Loïc qui est de quart, et qui immortalise le fameux rocher, qu’il avait viré en juin 1998, il y a bientôt 20 ans jour pour jour, lors de la course en double Mini-Fastnet.
    Nous longeons la côte sud-ouest de l’Irlande, et passons vers 10h du matin le « Old Head of Kinsale », son phare, et sa presqu’île creusée d’une curieuse galerie sous-marine que l’on aperçoit au ras de l’eau.

    Il fait un temps de rêve pour les irlandais depuis un mois, tout le monde est sur l’eau

    le soleil cogne, mais la mer n’est qu’à 15°, gla-gla….

    et à la plage!!

    La côte est sauvage, semées de belles constructions, où le moderne côtoie le traditionnel,

    mais toujours bien intégrées au paysage.
    Nous arrivons dans l’embouchure de la rivière Bandon, qui crée une sorte d’Aber.
    Le site est majestueux, bordé de deux forteresses : l’imposant Fort Charles sur la rive gauche, avec ses bâtiments de garnison, ses tourelles de surveillance, et le fort James sur la rive droite, plus modeste.
    Nous entrons dans le port de Kinsale, et déjà, un premier pub, des demeures bourgeoises, fenêtres à meneaux, ouvertures à guillotine,des maisons de ville à bow-window, pas de doute, nous sommes en Irlande!!
    Nous allons rester 3 jours dans ce charmant port de pêche et de plaisance avec pour mission de nettoyer et de ranger le bateau, avant de rejoindre les côtes du Finistère.

    Le soleil et une chaleur inhabituelles pour l’Irlande : pas moins de 25° en journée, ce qui est plutôt plaisant pour nous, habitués aux chaleurs tropicales.

    Le douanier que nous avons accueilli à bord à notre arrivée n’était pas du même avis : le pauvre se plaignait de fatigue, affirmant que l’organisme des irlandais n’était pas habitué à ces chaleurs prolongées!
    Après une journée de nettoyage, rien ne vaut une ballade sur le port,suivie d’un Irish Coffee dans un pub,

    accompagnée de musique traditionnelle irlandaise,c’est un moment de détente assuré!

    J’apprécie beaucoup l’humour irlandais, et les petites phrases, à chaque coin de rue…
     
    Par l’un de ces très beaux après-midi, une équipe média vient nous voir, et demande à faire des photos sur Moby. Il s’avère que nous accueillons à bord la plus célèbre des « Fashion Icon » d’Irlande, Celia Holman Lee, ancien mannequin, créatrice de la plus ancienne agence de mannequin d’Irlande ; elle commente aussi la mode depuis 15 ans sur TV3 Irlande. Le magazine RSVP réalise un reportage sur elle. Prendre la pose, c’est tout un métier, non?C’est drôle de voir combien le fait de vivre en bateau nous fait rencontrer des gens de tous horizons.
     
    Le jour du départ, nous nous accordons une demi-journée de détente, pour aller visiter le « Fort Charles ». Il s’agit d’une forteresse imaginée par l’un des disciples de Vauban, James Archer, un temps ingénieur pour la couronne française, venu vendre ses talents aux irlandais. On reconnait bien sur ce plan, la « patte » de Vauban : une place centrale, gardée par 5 bastions en éventail.
    Le port de Kinsale était en effet une escale très stratégique pour la couronne britannique, accueillant en particulier les navires en provenance des Indes occidentales : chargés d’or et de produits des « indes » (les Amériques d’alors), leur cargaison était fort précieuse.
    Les canons postés sur les bastions, de part et d’autre de la rivière, devaient empêcher tout navire ennemi de prendre la place.
    Dans la forteresse, pas moins de 400 à 500 hommes étaient logés, dans des baraquements fort nombreux, mais surpeuplés : une vraie ville!!
     
    Une légère brise revient sur les côtes d’Irlande, qui va nous permettre de rallier Brest en 24h. Nous appareillons à 21h : qu’il est bon de profiter de ces longues soirées d’été!
    Nous quittons Kinsale sous la pleine lune  Une belle navigation vers Brest nous attend.
  • Bahamas -4- Préparatifs de transat entre Eleuthera et Cat Island

    Bahamas -4- Préparatifs de transat entre Eleuthera et Cat Island

    Après 1 mois de croisière dans le sud des Bahamas et les Exuma, nous arrivons à Spanish Wells, (petite ville du nord d’Eleuthera), pour peaufiner nos préparatifs de transat. Notre séjour aux Bahamas tire à sa fin, car nous avons en tête d’entamer notre traversée de l’Atlantique avant le 15 mai. En effet, le 1er Juin est le début officiel de la saison cyclonique dans l’hémisphère Nord.
    Nous avons quelques jours d’avance sur le planning, car nous venons de profiter des vents de sud pour remonter des Exuma vers le Nord des Bahamas, avalant en une demi-journée les 50NM qui séparent Norman Cay (au Nord des Exuma) de Egg Island.  (Ouest d’Eleuthera)
    Nous avions prévu de remonter jusqu’à Abaco, pour préparer Moby à proximité de Marsh Harbour, tout en continuant à explorer quelques îlots supplémentaires, mais les prévisions météo pour les jours à venir donnent des vents plus favorables pour traverser au départ d’Eleuthera ou de Cat Island.
    Bien nous en a pris : le village de Spanish Wells est charmant, et nous allons passer 3 jours agréables et efficaces à la marina de Yacht Haven.
    Au programme : grand nettoyage de Moby, intérieur et extérieur, approvisionnement, révisions des moteurs, changement de la pompe d’eau douce tribord, menus bricoles, et un grand rangement en prévision des 3500 NM de la transat.
    Nous entrons par la passe Nord,

    découvrons la plage,

    puis les maisons, très jolies, et typiques, avec leurs murs colorés et leurs toits blancs
    Nous empruntons le chenal Est,

    assez étroit et sinueux.
    Les enfants ont gonflé les pare-battages : c’est leur rôle!
    Les premières maisons de Spanish Wells apparaissent, très coquettes.

     Et le Must, ce sont ces pontons privés,

    au bout duquel on amarre SON bateau.

    C’est une île de pêcheurs, qui a gardé sa vocation malgré un indéniable développement touristique.
    Les riches plaisanciers américains ont colonisé l’île, mais elle garde une importante flottille de pêche traditionnelle

    Je décompte pas moins de 3 stations-service pour bateaux!
    Un peu plus loin, le quai des ferrys et les loueurs de voiturettes de golf : sympa, c’est ainsi que se déplace la moitié des habitants.
    La superette,

    Le chantier de réparation navale,
    La passe Sud
    toujours la flotte de bateaux de pêche
    et enfin la marina!
    Nous allons y rester 3 jours.
    C’est une des plus agréables petites marinas où nous avons séjourné. A taille humaine, elle donne sur le canal, très animé en journée. Un resto, des bungalows à louer,et… une piscine! Les enfants en font leur repaire, après l’école. Eux qui d’habitude s’ennuient à la marina sans copains, s’amusent bien ici : piscine, trottinette, et la cerise sur le gâteau, c’est cette voiturette que nous louons 24h pour faire les courses et nous balader.
    A tour de rôle, les enfants m’accompagnent dans les magasins
     
    La supérette est bien achalandée de produits frais, et offre un rayon de produits artisanaux très alléchants : confitures, pickles, achards,  condiments, pâtisseries et pain fait maison, quel régal! J’aime bien la formule, qui permet aussi à la population locale de se procurer un agréable complément de revenus, en particulier pendant la saison touristique. On se régale ainsi des pickles de Tante Anita, des cupcake de Mary-Rose,

     du Carrot Cake et de la Lime Pie de Lizzie, du pain de mie de John….Et de la salade de Conch achetée sur le bord de la route.
    Une première journée est consacrée aux lessives : un mois de linge, ça fait 6 grosses machines, et ça me prend toute la journée! Draps, alèses, vêtements, serviettes, tout y passe, y compris les vêtements « d’hiver », jeans, polaires, chaussettes, que nous avions remisés depuis l’Afrique du sud, et que nous allons ressortir avant l’arrivée aux Acores. Le lendemain, il fait vraiment un temps de cochon! Ca n’empêche pas de nettoyer, au contraire. Anna au balai-brosse, et Arthur à la raclette. Moby va bénéficier d’un dessalage intégral à l’eau de pluie, c’est idéal!
    Nous dînons le soir au restaurant avec de nouvelles connaissances : Michel et Christine, de Spica, un Outremer 45. Ces (presque) jeunes retraités profitent de leur bateau à mi-temps : 3 mois à bord, 3 mois en France. Ils sont fans des Bahamas, où ils ont déjà navigué plusieurs saisons, et remonteront cette année encore vers la côte Est des Etats-Unis, que nous aurions aussi aimé visiter.

    Ils nous recommandent en particulier la côte entre New-York et Boston : de Long Island à Cape Cod, en passant par Nantucket et Martha’s Vineyard : une succession de plages, de criques isolées, de calmes forêts, de villages typiques…. tout cela nous fait rêver.
    En attendant, il pleut à torrent, y compris dans le restaurant, mais l’ambiance est chaleureuse!
    Le lendemain, le temps s’est amélioré, et en allant faire les courses, nous en profitons pour nous balader un peu dans les petites rues de Spanish Town.
    Nous nous arrêtons acheter une langouste, la spécialité locale. Ici, ça n’est pas plus cher que le poisson.

    Les maisons sont ravissantes, parfaitement entretenues, les jardinets apprêtés.

    Derrière les rues, l’église,

    une ruelle,puis la plage,

    Nous revenons bien chargés ; Arthur m’a bien aidé,

    et m’a convaincu d’acheter … un trancheur de pommes! Beau et ludique, c’est aussi une bonne manière de partager des fruits…et comme nous sommes de gros mangeurs de pommes…..
    Ce matin, Michel et Christine quittent la marina, et continuent leur exploration des Bahamas, vers Abaco.
    Au bout de notre ponton, un nouvel arrivant, magnifique ancien vapeur en bois, aménagé pour le charter. Ca doit être très cosy à l’intérieur. Les vernis sont rutilants.
    Nous quittons Spanish Wells :

    Les pleins d’eau et de gasoil sont faits, le bateau est propre, et l’avitaillement nous permet de tenir 10 jours et plus. Nous sommes fin prêts à traverser et allons rester attendre la meilleure fenêtre météo possible pour rallier les Bermudes, distante de 750 NM. Nous allons en effet traverser l’Atlantique en 3 étapes : Bahamas-Bermudes, dans les jours qui viennent, puis  Bermudes -Acores avec une longue escale d’un mois aux Acores et enfin Acores-Brest, pour arriver en Bretagne début juillet.
    Nous ressortons de Spanish Wells par la passe Sud,puis nous dirigeons vers la pointe Sud-Ouest d’Eleuthera.

    Nous franchissons l’étroite passe qui sépare Eleuthera de Current Island.

    Un courant et des remous qui nous rappellent le bon temps des passes dans les Tuamotu.La mer est blanche et bouillonnante dans la passe.
    Nous naviguons toute la journée et arrivons de nuit dans le sud-Est d’Eleuthera à East End Point.

    A notre réveil le lendemain, nous découvrons un site enchanteur.Les falaises crayeuses sont impressionnantes et forment un décor inhabituel, très graphique.Des grottes, des cavernes se succèdent tout le long du littoral.

     
    Nous sommes mouillés devant une grande plage en arc de cercle.

    Mais à la pointe, une ravissante petit crique nous attend.Un chemin mène au vieux phare, que nous empruntons. La vue d’en haut est panoramique. Le phare est désaffecté, et en piètre état. Et de l’autre côté, la très grande plage.

    Nous revenons sur notre petite plage privée profiter de ce qui est sans doute notre dernière baignade en eaux chaudes turquoises et tropicales. Dans quelques heures ou quelques jours, nous aurons appareillé pour les latitudes tempérées d’Europe…Alors il faut en profiter!
     
    Batailles de boules de sable,

    skimboard, baignade….Nous savourons ces instants. Je remarque que le sable est… presque rose. Une célèbre plage d’Eleuthera vante sa couleur rose, nous n’en sommes peut-être pas très loin… les touristes en moins.
    Nous appareillons sans tarder car nous voulons être à Cat Island dans l’après-midi.
    Nous passons devant l’île de Little San Salvador, entièrement privée puisqu’elle a été achetée par une filiale de Carnival Cruise Ship : des croisières tout compris de 5 à 7 jours aux Bahamas, au départ des USA, L’escale est complètement aménagée pour accueillir des milliers de passagers, un peu comme un grand hôtel, (beach club, restaurants, excursions, sports….) mais sans les chambres.
     
    Nous arrivons sous un ciel bien morne a Orange Creek. Le temps n’est vraiment pas engageant, mais les fonds transparents : Loïc nettoie les coques, comme avant chaque grande traversée. Près de 3 heures dans l’eau à frotter les algues.

    Nous attendons toujours la meilleur fenêtre météo possible, qui tarde un peu à venir. Le lendemain, nous allons dans la baie d’à côté, à Arthur’s Town! Il nous faut bien sûr aller à terre visiter et immortaliser cela!

    Arthur à Arthur’s town

    Nous tombons par hasard sur le sculpteur et peintre de ce panneau!

    Le village est bien morne…Nous croisons peu de monde.Il faut dire qu’aucun commerce n’est ouvert : les habitants sont par ici tous des « Adventistes du 7ème jour », et ne travaillent ni le samedi ni le dimanche.
    L’école,

    le poste de police, le bar (qui est fermé),

     l’aire de jeu…

    et de nombreuses maisons abandonnéesNous nous mettons en quête de l’épicerie la plus proche, qui est à quelques kilomètres. Nous décidons d’y aller à pied….Assez vite, la solidarité bahaméenne fait son oeuvre, et nous sommes embarqués dans la benne d’un pick-up, qui nous dépose quelques kilomètres plus loin, à l’épicerie, où nous trouvons du pain, le dernier article frais qui nous manque. La météo est enfin parfaitement favorable, nous sommes fin prêts.
     
    Le soir-même, nous levons l’ancre, pour 4 jours de mer, direction les Bermudes! Nous quittons les Bahamas avec le sentiment d’avoir bien profité de cette longue escale de presque 6 semaines.

    Le temps n’y est pas très beau non plus depuis 8 jours et ne semble pas s’améliorer,

    alors nous sommes contents d’aller de l’avant, cap à l’EST pour retrouver le soleil!
     
  • Carte postale d’Antigua

    Carte postale d’Antigua

    Nous nous réjouissons de découvrir une nouvelle île des Antilles anglaises, que nous ne ne connaissons pas pour une fois, ou à peine, car j’y ai fait un rapide passage il y a quelques lustres… J’en garde un vague souvenir de dépaysement et de villages colorés. Nous arrivons comme toujours sans guide et sans a-priori, avec en tête ce que nous avons pu en apprendre par le bouche-à-oreilles : de belles plages de sable blanc, un tourisme plutôt haut de gamme, de magnifiques yachts… On nous a aussi donné les coordonnées d’un beau mouillage sauvage sur la côte au vent.
     
    Notre arrivée se fait par English Harbour, port naturel et site historique de la Royal Navy au XVIIIème siècle, d’ou les navires partaient attaquer la flotte française des Caraïbes.Nous ne nous attendions pas à un tableau aussi enchanteur! L’arrivée se fait via les « Colonnes d’Hercules », une curieuse formation géologique due à l’érosion. Nous découvrons également les ruines du fort Berkeley, sur une petite péninsule qui ferme le port. 
    En entrant, se dévoile une jolie petite plage, Free Man Bay. Le mouillage est assez encombré, mais nous sommes chanceux : deux bateaux partent, et nous laissent une belle place devant la plage.
     
    L’accueil à l’immigration n’est pas des plus chaleureux, c’est dommage, car la première impression, ça compte! Nous avons également la mauvaise surprise d’apprendre qu’en plus des taxes usuelles, nous aurons à nous acquitter à la sortie du territoire d’une somme de 60$ par enfant de moins de 12 ans, qui ne sont pas considérés comme des membres d’équipage, mais comme des passagers.
    C’est la seule escale de notre tour du monde qui pratique cette différence subtile : de là à croire que les enfants ne sont pas les bienvenus…
     
    Nous passons l’après-midi à explorer la plage en famille.
    En fin de journée, Loïc et moi partons en amoureux explorer la marina et le port naturel d’English Harbour : c’est un site étonnant, entre mangrove et chantier naval, restaurants chics
    et marina de super-yachts. 
    Notre regard croise aussi « Lucky Strike », ce très racé trimaran sur plan Newickde 49′ que Loïc trouve très joli, et qui lui rappelle « Fine Pitch », le plan Newick de notre ami Hervé sur lequel il avait eu la chance de naviguer à l’île Maurice.  Nous avons d’ailleurs passé une bonne partie de l’après-midi et de la soirée à regarder les yachts classiques entrer et sortir du port. Ils se préparent pour la semaine d’Antigua, qui a lieu fin avril et attire marins et bateaux du monde entier. 
    Certains sont vraiment fascinants d’élégance. Tel Svéa, le tout dernier Class J « moderne » produit, des lignes des années 30, gréé comme un maxi moderne, des matériaux nobles : nous venons de lire un grand article sur cette incroyable unité dans Supersail World.Nous laissons notre annexe au fond du port, et après 200m nous retrouvons de l’autre côté de la presqu’île, à Falmouth, la célèbre baie d’Antigua. 
    Ambiance British garantie
     
    La marina est encore plus impressionnante,

    avec son célèbre yacht clubses régates de monotype,

     et ses pontons pour mega-yachts. Nous nous arrêtons prendre un verre sur les docks et testons la spécialité locale : un cocktail à base de rhum et de « ginger beer », que nous sirotons en regardant les magnifiques bateaux. 
     
    Dans l’après-midi, nous avons fait la connaissance de deux familles françaises en tour de l’Atlantique : Pouplier et Punch Coco nous connaissent par notre blog, et viennent nous saluer. Nous avons en fait une connaissance en commun : Tamouré, catamaran de la famille plougonvelinoise que nous avons croisé aux Saintes.
    Les liens se nouent très vite, ils ont tous de jeunes enfants entre 2 et 10 ans.
    Nous passons la soirée à faire mieux connaissance au Nelson’s Dockyard, le site de l’ancien arsenal de la marine anglaise, et nommé en hommage à l’Amiral Nelson qui y a séjourné en début de carrière.
    Nous repartons déjà le lendemain, direction Green Island, qui nous a été recommandé comme étant l’un des mouillages incontournables et sauvages d’Antigua. C’est sur la côte au vent, nous contournons donc l’île par son Sud,

    et remontons la côte Est, longeant une côte rocheuse et semée de superbes maisons. 
    La côte est découpée, et émaillée de jolies petites plages. Nous arrivons à Green Island, devant une jolie crique sauvage, mais très fréquentée en journée :

    Les bateaux se succèdent qui déversent leurs touristes bruyants par dizaines. Il est de plus interdit de se promener à l’intérieur des terres, ou de passer d’une plage à l’autre à pied. Nous avons peine à profiter du site tellement il est fréquenté.
    Nous ne restons pas, et repartons le lendemain, contournant l’île par son nord, longeant les lagons : Là encore, villas et grands hotels.
    C’est en arrivant sur la côte Ouest, sous le vent, que nous retrouvons des plages sauvages et tranquilles,
    où nous serions bien restés.… Puis nous sommes rapidement à hauteur de la capitale, Saint-John, avec ses premiers signes de civilisation et d’industrie, mais aussi de beaux vestiges,de petits établissements sympathiques,et de nouveau, de grandes infrastructures,
    et d’autres plus modestesNous poussons jusqu’à Jolly Harbour, où nous passons la nuit et allons faire les formalités de départ le lendemain. Nous quittons Antigua avec le regret de n’avoir pas pu explorer plus l’île, en particulier ses petits villages, dans l’intérieur des terres. Mais nous sommes heureux d’avoir pu en faire le tour, et confortés dans notre choix d’avancer rapidement dans l’arc antillais.
  • Escale technique en Martinique

    Escale technique en Martinique

    Le Marin est une escale technique incontournable aux Caraïbes, d’autant plus depuis le passage du cyclone Irma qui a détruit une grande partie des infrastructures de St-Martin.

    Nous sommes tout de même surpris par le nombre de bateaux : entre la marina, les trous à cyclones, et la baie de Ste-Anne, plusieurs centaines de voiliers viennent faire escale pour quelques jours, quelques semaines ou plus.Il faut dire que le site offre dans un rayon de 2 milles nautiques tout ce qu’un plaisancier peut rechercher :
    • une grande marina avec services, laveries, commerces en tout genre, banque, poste…
    • une zone technique dotée de professionnels dans presque tous les métiers du nautisme
    • 2 trous à cyclones dans la mangrove, et pléthore de zones de mouillage
    • un spot de kite et de planche à la pointe des Boucaniers (où est installé de longue date Le Club Med)
    • une profusion de restaurants, bars, take-away, boulangerie etc…
    • 2 supermarchés : un qui livre à bord, et l’autre avec un ponton d’accès en annexe
    • la grande plage de Ste Anne, très fréquentée le week-end, mais agréable en semaine, parfaite pour la baignade et les jeux des enfants, avec ses « lolos » (restos de plage), ses vendeurs de glace et de maillots de bain
    • le petit village de Ste-Anne avec son marché artisanal du week-end, ses petits bars de plage, son épicerie, et ses restos branchés….
     
    Nous avions organisé quelques travaux, dont la révision des voiles et de l’enrouleur, avant la transat retour.
     
    Bref, un stop-technique inévitable comme nous en avons fait tous les 6 mois sur notre parcours, à St-Martin, à Papeete, en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Afrique du sud….
     
    Nous en profiterons pour explorer la zone.
     

    La plage de Sainte-Anne

    Nous commençons par mouiller devant la plage de Ste-Anne, un dimanche…..Pour notre petite famille de tourdumondiste habitués aux mouillages déserts de l’Océan Indien et de Polynésie, c’est un peu oppressant…. Nous parcourons la plage à pied, un peu sonnés par toute cette joyeuse agitation : il nous faudra quelque jours pour nous acclimater!
    Des jetskis par dizaines, la sono à fond,
    Les pirogues locales s’entrainent à régater
    Familles, touristes, groupe de retraités, tout le monde se retrouve le dimanche à la plage!
    Cette épave que nous avions repérée de loin nous intriguait; il parait qu’elle est là depuis des années…
    Le bar « tendance » de la plage, ambiance St-Trop : côté mer, on boit du rosé en maillot piedanlo sous les parasol, et côté plage, on se prélasse dans des transats
    Un peu plus loin, un groupe de plaisanciers anglo-saxons se retrouve pour une bière devant leurs annexes
     
    Nous reviendrons souvent dormir et nous baigner sur ce mouillage aux cours des 15 jours d’escale, pour profiter des superbes couchers de soleil du soir, et de la baignade du matin, à l’heure de la récré.
     
    Un soir, les enfants nous suivent en annexe au coucher du soleil, du Marin jusqu’à la plage.
     
    Les couchers de soleil sont magnifiques.
     

    Le village de Sainte-Anne 

    Pour nous mettre dans l’ambiance, nous partons au village de Ste-Anne fêter notre arrivée en Martinique avec un ti-punch bien local (sec et sans glaçons, hips!!) au coucher du soleil,  avec à l’horizon, le rocher du Diamant.
     
    Un petit détour par la supérette, par curiosité : le produit phare, en tête de gondole dès l’entrée du magasin, c’est le rhum en cubi!!
    Et il y a du choix!
     
    Samedi matin, c’est jour de marché au village de Ste-Anne : j’y vais pour les accras frits juste sous nos yeux, pour les fruits et légumes, mais aussi pour le punch fait maison vendu par les « doudous » très bonnes commerçantes! Après en avoir testé une bonne douzaine de différents ( à 11h30 du matin…. c’est tôt pour l’apéro), nous optons pour le punch-coco, aussi crémeux qu’un Bailey’s, et pour un « Shrub » , liqueur aux agrumes à la délicieuse amertume. Un petit café sur la plage finit de donner l’ambiance typiquement française sous les tropiques : c’est le meilleur des deux mondes!
     

    Le Marin

     
    Lundi matin première heure, nous sommes au mouillage au Marin, et déposons les voiles.
     
    Pour accéder à la zone technique il faut prendre un petit canal de mangrove, facilement accessible en annexe.
     
    Je profite de cette escale citadine pour faire le plein de fruits et légumes au marché, et d’épicerie au supermarché. Là, je suis surprise de voir que l’immense majorités des fruits et légumes « tropicaux » sont importés,
    •  de pays voisins ,
    • de partenaires commerciaux européens :
    • mais aussi de pays beaucoup plus lointains
      La mondialisation est passée par là. Et c’est récurrent tout le long de l’archipel antillais : les marchés sont correctement approvisionnés de produits locaux, vendus souvent plus cher qu’en grande surface, et les supermarchés importent tout, de loin, très loin, mais offrent des produits très compétitifs.
     
     
    Nous profitons de ces 2 semaines pour bosser tous les 5 à fond :
     
    • Loïc sur l’entretien de Moby : il répare lui-même les toilettes, la machine à laver, la pompe à eau, et d’autres menues bricoles .
    • De mon côté, je range et brique l’intérieur du bateau pour prendre des photos : nous préparons en effet la mise en vente de Moby, pour l’été prochain, après notre retour en France. Après 2 ans et demi de grand voyage autour de la planète, c’est sans regret que nous le verrons prendre la mer avec de nouveaux propriétaires ; notre vie de terriens reprendra son cours, avec d’autres projets. Et aussi l’envie de repartir, dans quelques années, quand les enfants seront grands pour un nouveau tour du monde!
     
    • Les enfants travaillent dur tous les matins, et même l’après-midi pour Victor : le programme du CNED de troisième est exigent et copieux. Pour Arthur et Anna, nous nous appliquons à travailler les fondamentaux : ici le jeu de la marchande, pour apprendre à additionner et à rendre la monnaie. Là, Arthur n’en a pas l’air, mais il révise ses tables de multiplication avec son papa…
     
    Nous croisons beaucoup de navigateurs arrivés de la « Transquadra ». Certains choisissent de faire rentrer leur bateau… en cargo!
     
    Jeudi soir au Marin, nous profitons du bateau-pizza qui est notre voisin de ponton ! Original : c’est un vrai restaurant avec son four à pizza installé à l’arrière du cockpit. Le bateau passe la semaine à grenouiller entre Le Marin et Ste-Anne, et assure même les livraisons au mouillage! Nous en profitons et nous régalons de lasagnes et pizzas.
     

    Trou à cyclones et Cirque marin

     
    En milieu de semaine, nous allons mouiller dans l’un des deux trous à cyclones du Marin, par curiosité, de découvrir ce site naturel, qui est très calme .
    C’est aussi parcequ’ il y a ce soir, au fond de la mangrove, un spectacle de cirque… sur l’eau!

    Une troupe menée par les équipages de 3 bateaux, qui se sont rencontrés au fil de l’eau, entre la Bretagne, les Canaries et les Antilles. Clowns, vidéastes, poètes, musiciens, acrobates, mimes… Nous découvrons le show avec plaisir!Et nous ne sommes pas tout seuls!
    C’est artisanal, et c’est leur première représentation! Nous sommes ravis de voir notre soirée illuminée par 2 heures de spectacle vivant, bon-enfant et tellement dépaysant!
     

    Les Salines

     
    Nous partons passer le week-end dans un site sauvage superbe, à 3 NM au sud de Ste-Anne : les Salines.
    Le temps est très calme, et nous mouillons en bordure de plage, derrière l’ilot Cabri. Nous passons un week-end enchanteur, à 30mn à peine du Marin. Tout seuls-ou presque.
    Nous explorons les 3 plages de la presqu’île :
    • Grande Terre, la plus sauvage,
    • Grand Anse, la plus animée, la plus aménagée aussi de restos, parking, jetskis etc…qui attire beaucoup de monde les week-end, et où nous ne restons pas,
    • et Petite Anse, une plage de naturistes, mais mixte, avec des touristes, des randonneurs qui dans la journée parcourent toute la presqu’île, de Ste-Anne à la Savane des pétrifications, en passant par les 3 plages des Salines.
     
    Nous quittons le Marin début mars, direction la Guadeloupe où nous rejoignons mon frère Thomas et son amie Sonia pour 8 jours de croisière en famille.
     
    Nous passons la nuit aux Anse d’Arlet, célèbres plages qui se trouvent sur notre route.
    Nous n’aurons pas le temps de nous arrêter comme prévu à la Dominique, ce que nous regrettons car l’île a une histoire à part aux Caraïbes et beaucoup à offrir : densément boisée, avec les plus hautes montagnes des Antilles, elle ne fut pas colonisée pendant les XVI et XVII eme siècle. Les indiens Caraïbes étaient trop agressifs, et l’île fut déclarée terrain neutre. Elle fut plus tard le refuge de nombreux esclaves « marrons », et finit par être occupée à tour de rôle par les français et les anglais, mais avec un peuple toujours très farouche et indépendant, qui obtint après l’abolition de l’esclavage en 1831 d’établir le premier gouvernement noir des Caraïbes. L’île obtint son indépendance en 1974, et reste à l’écart du développement touristique des Antilles ; elle a subi des cyclones ravageurs ces dernières années, mais offre des forêt primaires intactes, et de belles balades en rivière.
     
    Une autre fois…..
  • Stop Express au Brésil

    Stop Express au Brésil

    Le Brésil est sur notre route et représente une escale idéale pour se reposer et s’avitailler de frais. Rallier les Antilles depuis l’Afrique du Sud, c’est un gros morceau en terme de traversée, que nous décidons de découper en plusieurs étapes :
    • Capetown-Ste-Hélène : 1700 NM parcourus en 8 jours
    • Ste-Hélène – Cabedelo, Brésil : 1700 NM, en 9 jours
    • Il restera encore 2000 NM entre Cabedelo et le Brésil que nous espérons couvrir en 10 jours.
    Le compte à rebours du retour en France est entamé, et nous souhaitons passer les quelques mois qui nous restent à naviguer et profiter des eaux chaudes et turquoises des Antilles;
    Aussi décidons-nous de ne rester que le minimum au Brésil, immense pays qui mériterait bien plus! C’est en particulier bientôt Carnaval, celui de Salvador de Bahia est très réputé, et serait une escale géniale.
    Rio également, et surtout l’archipel de Isla Grande au sud du pain de sucre.
    Peut-être pour le prochain tour du monde? !
    En attendant, Cabedelo est l’escale idéale pour nous : une petite marina nichée dans un bras de rivière, au coeur d’un petit village de pêcheur, lui-même accolé à une station balnéaire atlantique pas trop touristique, à 5mn d’une grande ville de 1 millions d’habitants : Joao Pessoa.
    Au programme : du  repos, un avitaillement en produits frais, l’envoi des cours du CNED de Victor, le nettoyage du bateau….
     
    Les côtes du Brésil sont en vue…enfin, non pas les côtes elles-même, mais les gratte-ciels! C’est Joao Pessoa, « petite bourgade » d’un million d’habitant. La grande majorité des brésiliens vit sur la côte, dans des grandes villes hérissées d’immeubles de logement très hauts.
     
    Un peu plus loin sur la côte, la petite cité balnéaire de Cabedelo,

    et au bout de la péninsule : le terminal pétrolier. Nous embouquons la rivière, et voilà : bienvenue au Brésil s’exclame Anna!

    Bienvenue au Brésil!

    Derrière le terminal pétrolier, un village,  des cases de pêcheur, Mais toujours pas de marina….Nous ne sommes pas sûrs de son emplacement : elle n’est pas indiquée sur les cartes. Nous demandons notre route à un pêcheur, L’échange est savoureux, lui dans un brésilien très peu articulé, plein de bonne volonté, et nous en « franglaispagnol »….Mais il nous fait comprendre qu’il faut descendre le fleuve encore quelques nautiques jusqu’au village de Jacaré. Merci chef! Il circule en motogodille, comme toutes les pirogues locales, ce qui ne lasse pas d’étonner les garçons.

    Nous nous enfonçons dans le fleuve, qui n’est pas balisé, mais heureusement cartographié.
    Nous longeons la rive : des plages sauvages, 

    Puis de plus en plus civilisées,

    un homme baigne son cheval (ou son âne?)

    L’activité de pêche qui se devine,puis une cale de mise à l’eau, et nous y voilà! La marina Jacaré, 

    Plus loin la plage de rivière de Jacare

    d’où les touristes partent pour leur « sunset cruise » sur la rivière
    et au loin la ville de Joao Pessoa,

     
    Qu’il est bon d’arriver à bon port après 8 jours de mer! 
    Une bonne bière locale nous attend ce midi, ainsi qu’un délicieux plat brésilien : le feijoda.
    L’après-midi, nous partons nous balader au bord de la mer, curieux de découvrir le côté océan de ce conglomérat urbain. 
    Côté plage, c’est à la fois citadin et sauvage : les dunes sont non construites, et de l’autre coté, c’est la route, les restos, et les immeubles.Nous flânons en fin de journée, et c’est clairement le rdv des sportifs, promeneurs de chiens, adeptes du yoga sur la plage,

    du surf,

     de l’entrainement sportif…
    Un style de vie assez sympa, plus proche de Miami que des Tuamotus…
    Car nous profitons aussi de cette courte escale pour non pas visiter, mais pour prendre le pouls du pays.
    La bonne nouvelle c’est qu’avec mon espagnol castillan, je me fais assez bien comprendre. Ici en effet, personne ne parle anglais, ni espagnol, curieusement : après Bali en Indonésie, c’est le second pays de notre tour du monde dont nous ne parlons pas du tout la langue. A l’écrit, pas de problème, je déchiffre assez bien les cartes des restaurants et des bars! 
    La Caïpirina, je connais, et les verres sont vite vidés!
    Et vous, connaissez-vous la boisson nationale brésilienne?  A base de cachaça, c’est une sorte de ti-punch allongé, dans un grand verre rempli de garçons et de quartiers de citron vert. C’est notre première dégustation de caïpi, sur la plage de Cabedelo!
     
    Quand à la cachaça, ce n’est pas exactement du rhum, même si cet alcool partage avec le rhum le fait d’être issu de la canne à sucre. Le procédé de distillation est différent : la cachaça est plus rustique et plus parfumée, issue d’une distillation directe du jus de canne à sucre, alors que le rhum est issu d’une distillation d’un résidu de canne à sucre de l’industrie sucrière, la mélasse, le jus de canne étant utilisé pour faire du sucre. Autre différence : la cachaça titre 40°, alors que le rhum titre 70°, pour être ramené à un degré plus raisonnable d’alcool par adjonction d’eau.
    Là où ca se complique, c’est que le rhum agricole des Antilles (qui ne représente que 2 à 3% de la production de rhum), si réputé et particulièrement parfumé, est fabriqué directement à partir du jus de canne… De là à dire que le rhum agricole n’est qu’une cachaça antillaise…. je sens que je vais me faire taper sur les doigts?! En tous cas, le débat est lancé.
    Nous gouterons aussi à la feijoda, plat national à base de haricots rouge, riz, accompagné de légumes verts sautés, farine de manioc, tranches de fruits…. complet, savoureux, et revigorant!

    Ca me rappelle le riz « moros et christianos » des cubains.
    Nous gouterons aussi aux tapas locaux, à base de fritures et beignets de type empanadas, typiques d’Amérique du sud. On adore les frites d’igname, les beignets de poisson. 
    Une autre spécialité, en dessert, c’est les galettes de manioc, accompagnés de bananes en rondelles, sauce chocolat, coco râpée….
     
    Pendant les 3 jours restant, nous aurons un rythme soutenu de travail le matin pour les 3 enfants, et l’après-midi aussi pour Victor qui doit rendre ses cours du CNED pour la fin de semaine. 
    L’internet est poussif, je peine à mettre notre blog à jour, et c’est frustrant!
    Heureusement, l’ambiance est sympa à Jacaré Marina, un ensemble de pontons, d’un resto, de services et d’un chantier tenus par 3 amis francophones. La moitié des bateaux de passage sont d’ailleurs français, ce qui nous dépayse un peu.
    On y mange bien, les cafés sont excellents, et l’endroit est agréablement ombragé, frais, et abrité de la pluie : c’est très appréciable par ces fortes chaleurs.
    C’est là que les navigateurs que nous sommes tous travaillent, prenent leur météo, bricolent, cousent, appellent leur famille, mettent leur blog à jour, montent leurs vidéos, etc….

    Un petit jardin accueille plantes aromatiques et d’ornement locales :

    plante aromatique brésilienne
    ananas ornemental
    feuilles délicatement ourlées… de mini-feuilles
    quel graphisme!
    Loïc profite de l’abondance de l’eau du fleuve pour un nettoyage en grand de Moby ; il faut dire qu’après les sables rouges d’Afrique, les pénuries d’eau de Cape Town et le temps particulièrement sec que nous avons eu depuis, il était temps de donner un bon coup de jet d’eau.
    Le climat est chaud, très chaud. Les périodes de soleil cuisant alternent avec des périodes de temps couvert, humide, et à peine moins chaud.
    L’après-midi, je vais en ville faire les courses, et c’est un plaisir de voir l’abondance de fruits et légumes de tout genre : le Brésil est un grand pays agricole, et ça se voit! Nous faisons le plein de fruits de la passion gros comme des oranges, d’oranges grosses comme des pamplemousses, mais aussi de noix, noisettes, pistaches, amandes, graines de tournesol, noix du Brésil etc….
    Tous les climats ou presque co-existent, depuis les côtes tropicales du Nordeste, aux plaines verdoyantes et plus tempérées du Minas Gerais au sud.
     
    Le pays aussi est contrasté : d’un côté la plage, les gratte-ciels, les supermarchés, les cours de fitness, de l’autre, de modestes maisonnettes : et des charrettes tirées par des ânes sur la 4 voies,  On devine de grosses différences sociales entre les pêcheurs et les pauvres des favelas, et les citadins habitant leurs immeubles.
    Dans la soirée, nous allons nous promener à 5mn de là, sur la Praïa Jacaré, le marché artisanal local, rendez-vous des touristes locaux. 
    qui s’offrent une galette de manioc ou une eau de coco en regardant le coucher du soleil sur la rivière.Ici, les touristes ne sont pas des étrangers, mais des brésiliens, comme ces jeunes femmes qui me demandent mon chemin : elles viennes de Manaus, au coeur de l’Amazone, et viennent goûter à l’ambiance de la plage, de la fête, à moindre frais qu’à Rio.
    D’autres optent pour la « sunset cruise », avec musique à fond, danses de groupe, ambiance!!! Car c’est un des grands trait du brésil : la musique! Et ici, on l’écoute partout, toute la journée, et très très très très fort. Typique : cette petite voiture anodine qui stoppe le soir sur le bas-côté, et ouvre son coffre : rempli de baffles, une sono à en réveiller un mort, et c’est parti, le voilà qui sonorise tout le quartier!
    Nous prenons nos habitudes le soir à l’étage de ce bar : caïpirina et tapas. 
    Les enfants louchent sur les échoppes, l’anniversaire d’Arthur et Anna est proche, et ils se choisissent chacun un cadeau brésilien :
    Les garçons se font faire un t-shirt par un artiste local de peinture aérosol qui fait l’attraction!L’artiste affiche sa célébrité : il est passé à la télé. C’est vrai que c’est bluffant, en 1mn, il décore un t-shirt sur mesure : un cadeau unique et sympa!
    Les garçons sont ravis du résultat! Anna choisit une marionnette en papier mâché, et a très hâte de pouvoir jouer avec.. mais pas avant encore 3 semaines!
    Loïc et moi optons pour des Hawaïanas toutes neuves, de fabrication locale bien sûr!!
    Et ca y est, les vivres sont rangés, le bateau propre, les devoirs du CNED tous envoyés, nous larguons les amarres et quittons le Brésil sans trop de regret, car les eaux turquoises des Caraïbes nous tendent les bras.
    Il nous tarde de retrouver l’ambiance des îles, les sports nautiques, la plage et les alizés.

    A la sortie du port, nous saluons les jangadas, ces pirogues locales à voile.

    Il faut ouvrir l’oeil, il y en a beaucoup, ainsi que des bouées de casiers ou de filets. Un groupe de dauphins vient nous saluer, c’est toujours un bon présage!

     
  • Afrique du Sud -3 : Cape Town

    Afrique du Sud -3 : Cape Town

    Nous arrivons à Capetown après 5 jours d’une navigation côtière fatigante, avalant d’une traite les 800 NM qui nous séparent de Capetown, négociant courants, dépressions, bascules de vent, et les caprices des phénomène côtiers des abords montagneux du sud de l’Afrique.
     
    La dernière partie,  qui sépare l’Indien de l’Atlantique, après avoir passé le cap des Aiguilles, fut la plus pénible. Nous longeons la cote de nuit, au louvoyage, tirant des bords dans un couloir de 20 NM entre la côte, constellée de casiers de pêcheurs qui traquent le homard, et le rail des cargos. Loïc vous prépare prochainement un post sur la navigation dans l’Océan Indien, et en particulier sur la portion africaine de notre route.
     
    La plupart des voiliers effectuant cette route optent pour de petites étapes, et font escale en route à Durban,  East London, Port-Elisabeth, et Mossel Bay, car la météo est changeante et incertaine. Mais ces escales ne sont pas très agréables : le port de Durban vient d’être ravagé par une très grosse tempête qui a détruit beaucoup d’infrastructures, Port Elisabeth est un gros port commercial aux installations portuaires sales et peu commodes pour les plaisancier… A quoi il faut ajouter A CHAQUE ESCALE des formalités d’entrée et de sortie particulièrement pénibles et procédurières. Alors nous comptons sur la vitesse de Moby et un peu de chance dans les bascules météo pour faire le trajet d’une traite. Et ca passe : nous n’aurons pas à faire escale en route.
     
    Quel joie alors d’arriver au port de Cape Town, même sous le crachin! Très vite le ciel s’éclaircit et voilà le soleil!
    Nos amis de Cool Runnings nous offrent un beau comité d’accueil.

    L’arrivée est un spectacle en soi, car il nous faut négocier deux pont, l’un tournant, celui de la Clock Tower,

    le pont tournant, et la Clock Tower, et Signal Hill en Arrière plan

    et l’autre levant, celui du Alfred Basin. Deux fois par heure, les ponts s’articulent pour laisser entrer et sortir les bateaux des bassins. Les badauds, empêchés de passer, restent sur les quais à nous regarder…

     
    Nous connaissons bien la ville, Loïc y a fait de nombreux séjours pour raisons professionnelles, et nous nous réjouissons déjà de passer près d’un mois au ponton de la marina du Waterfront,
    Moby à la marina du Waterfront

    quartier portuaire touristique de Cape Town, largement plébiscité par ses habitants, qui en ont fait leur second centre ville.

    la table Mountain en arrière plan

    Nous adorons son ambiance animée, festive, cosmopolite et mélangée, dans un port qui a su faire se cotoyer activité économique, touristique et culturelle.

    L’aquarium de Capetown

    L’aquarium jouxte les cales de radoub, les hôtels de luxe surplombent les chantiers navals, le centre commercial suit les lignes du quai,

    restaurants, bateaux de charters, la Grande roue, et le centre commercial au fond

    qui accueille bateaux de pêche, navires d’exploration, et bateaux de course de passage

    La Volvo Ocean Race

    On adore aussi l’ambiance arty : des groupes musicaux de tous styles se relaient tout au long de la journée, pour des performances musicales en plein air, devant les bateaux de charter à la journée qui font découvrir la si photogénique « table Mountain ».

    le quai des pêcheurs, et la Table Mountain en arrière plan
    Nous nous sommes dépéchés d’arriver à Cape Town car elle accueille pour encore quelques jours encore une étape de la Volvo Ocean Race, la course autour du monde en équipage et en escale sur des bateaux de monotype. C’est l’occasion de montrer aux enfants l’organisation d’une course au large. Pendant 10 jours, nous gardons un rythme soutenu d’école le matin, et de détente l’après-midi, consacrée à la visite de la ville et ses alentours, aux paysages si grandioses et variés.
     
    Nous déposons aussi la GV et le code zéro pour de petites réparation et renforcement : nos voiles ont plus de 35 000 NM, et doivent encore nous porter quelques milliers de milles supplémentaires, pour nous rentrer à la maison, alors nous les bichonnons!
     
    Nous passons au moins une heure tous les après-midi sur le site de la Volvo. Il y a tous les jours quelques chose de nouveau à découvrir : nous assistons à la remise à l’eau des bateaux après leur période d’entretien,

    visitons l’intérieur d’une maquette grandeur réelle d’un bateau, participons au défi des winches, allons  assister au départ d’une course dans le port…
     
    Il n’y a pas de bateau portant pavillon français, mais nous décidons de soutenir DONGFENG, un bateau chinois,
    skippé par le talentueux finistérien Charles Caudrelier, avec un équipage en large majorité français, dont quelques noms bien connus de la course au large et de l’olympisme : Pascal Bidegorry, Jérémy Beyou, Marie Riou  .… L’ aventure de ce sponsoring, qui participation à sa seconde Volvo, et la création de cet l’équipage franco-chinois est une belle histoire humaine, que je vous engage à aller lire sur le site de Dongfeng. Lors de sa première participation à la Volvo, Charles l’outsider avait fait sensation en remportant un podium, avec un équipage de marins chinois débutants. Pour cette seconde participation, Dongfeng navigue pour gagner, en a tout le potentiel, et fait partie des 3 bateaux favoris pour la coupe, tout en contribuant à créer une émulation de course au large chez les chinois!
     
    Ce samedi justement, c’est la veille du départ de la Volvo dont les 9 équipages vont rallier Cape Town à Melbourne, pour leur première étape dans le grand sud. Nous décidons de sortir en mer sur Moby pour aller assister à la « in-port race », une petite régate dans la baie, qui permet aux équipages de régler leurs bateaux, avant de prendre la mer le lendemain pour la 3ème étape de leur tour du monde. C’est amusant, de croiser pendant notre tour du monde, des professionnels qui font la même chose, mais en sens inverse!
     

    Nous avons convié sur Moby nos amis américains de Cool Runnings. Ben et Gaby, les amis de Victor se passionnent pour la course, en particulier Gaby qui se verrait bien un jour naviguer sur ces bêtes de course en plein atlantique sud, et en faire son métier.

    Gaby, Ben et Gudrun, nos amis tourdumondistes!

    Loïc, en bon régatier sait approcher Moby aux premières loges, près de la ligne de départ.

    C’est parti, les 6 bateaux s’élancent.
    Dongfeng est en tête.
    Les bateaux vont virer une bouée vers la montagne du Lion.
    Ils reviennent
     

    A notre bord, Mariana, et le petit Bart, nommé en l’honneur de Bartolomeu Dias, le célèbre marin portugais. Le papa de Bart est navigateur sur Scallywag, il est donc sur la ligne de départ, et le seul marin portugais de la course. sa maman aussi navigue, mais pas en ce moment.

    Bart regarde le bateau de son papa
    Mariana et Bart avaient assisté au départ sur un semi-rigide de l’organisation : au bout d’une heure,  le petit Bart est frigorifié, on nous demande de les accueillir à bord : excellent choix, Moby, c’est le family boat, nous avons 6 enfants à bord cet après-midi!
    Sur l’eau, ca bataille sec, et nos 3 ados se passionnent pour la course!
    Les virements de bouées sont impressionants
    Et c’est aussi passionnant de voir les équipages manoeuvrer, rythmés, séquencés, en particulier pour nous qui naviguons en équipage réduit.  Nous observons avec attention tous les participants
    Et sommes heureux d’acclamer Dongfeng, vainqueur de la régate!
    Les enfants sont impatients de voir Noël approcher, synonyme de vacances, avec la famille qui arrive dans quelques jours.  Nous commençons à décorer Moby : les chaussettes et bonnets de Noël sont mis à aérer sur le trampoline,

     le calendrier de l’avant est sorti, bientôt la crèche à dépoussiérer, et un sapin à fabriquer!

    notre crêche en carton, agrémentée d’animaux d’Afrique
     
    Source de joie supplémentaire, deux nouveaux petits amis francophones pour Arthur et Anna! Alex et Ines sont suédois, mais parlent très bien le français, et font aussi le tour du monde avec leurs parents via la WORLD ARC, émanation du fameux rallye ARC créé par Jimmy Cornell, sur une monocoque de 41 pieds, Take Off. Tous les après-midi, après l’école, ils se retrouvent pour jouer. Le trampoline, la chaise de mat, ca défoule!! Mais pourquoi donc Moby est-il toujours le bateau préféré des enfants ?! ;-)))
     
    L’un des grands bonheurs de Cape Town, c’est de côtoyer des animaux en ville :  les phoques bien sûr, qui ont colonisé la marina et le bord de mer, ils sont partout, mais pas dans nos jupes tout de même, comme aux Galapagos.

    C’est toujours aussi amusant de les voir nager et se prélasser dans l’eau.
    Les cormorans sont tout aussi peu farouches, et s’étendent au soleil sur les pontons.
    Incroyable aussi cet aileron qui sort de l’eau, en pleine marina! Ce n’est pas un phoque, ni un dauphin bien sur, ni une raie… mais un incroyable poisson lune ou Mola-mola Fascinante créature.  Nous le verrons plusieurs fois sortir sa nageoire pendant les heures chaudes.

     
    Cape Town, ce sont les retrouvailles, en famille, mais aussi entre amis, avec Fred et Esmeralda, en escale à Cape Town. Loïc gravira la table Mountain avec eux-j’en suis privée, la faute à mon entorse réunionnaise qui peine à se rétablir…
    Nous ferons aussi la tournée des grands ducs un soir, jusqu’à pousser les portes du très « hype » bar de l’hôtel le Silo. Cet Hôtel a été aménagé en même temps que le MOCAA Zeitz, le plus grand musée d’Art Contemporaint d’Afrique, dans un ancien silo : L’architecture est ambitieuse, créative, et design.
    La déco du bar est rococo-chic, où nous prenons plaisir à essayer la carte des cocktail.
    Le joyau de l’hôtel,  c’est son roof-top bar avec sa piscine, qui ne se visite qu’en journée…

    mais le sourire persuasif d’Esmé aura raison du barman, qui nous fait visiter les lieux en douce…. La ville se déroule sous nos yeux, de nuit, c’est magique!
     
    Enfin, mes parents et mon frère sont arrivés!  Nous commencerons  un safari de 5 jours au Kruger, et continuerons à jouer aux touristes pendant une semaine à Cape Town : nous nous promenons autour de la  ville et de ses environs avec le bus rouge à étages, partons explorer le jardin botanique de Kirstenbosch, visitons avec beaucoup d’émotion Robben Island, l’île où fut emprisonné Nelson Mandela pendant 17 ans, emmenons les enfants voir à l’aquarium les espèces marines locales, puis au cinéma voir le dernier Star Wards en 4D , partons nous baigner par un jour de canicule sur les plages de Clifton…. Bref, une vraie vie de citadins et de touristes!
     
    La veille de Noël, nous partons pour la journée faire le tour de la péninsule du Cap. Nous longeons les très chics plages de Clifton et de Camps Bay, puis passons par Hout bay, autre quartier résidentiel très prisé.Ici, les maisons sont construites à flanc de colline, et protégées par un pare-feu naturel minéral.En effet la lande, doit bruler pour se régénérer tous les 5 à 10 ans. Alors, les autorités déclenchent régulièrement des feux maitrisés , comme ici, où tout un pan de la colline a brulé.

     
    Passé la plage de Nordhoek,

     nous  traversons la péninsule via le scénique Chapman’s peak drive, en direction de Simon’s town , qui abrite l’une des deux colonies continentales de « African penguins » d’Afrique du sud. Elle est en plus très facilement accessible, sur la petite plage de Boulder’s beach. Assez récente, puisqu’elle ne date d’il y a guère plus d’une trentaine d’années, cette colonie a prospéré, initialement au grand dam des riverains, qui se voient désormais sans accès à la plage…
     
    Pour canaliser le flot de touristes, et préserver les dunes et l’environnement, une promenade en bois au-dessus de la plage a été crée, particulièrement bien intégrée. Les pingouins sont vraiment très cocasses à observer. Nous sommes chanceux, car c’est la grande période de nidification. Nous avons la chance d’apercevoir à la fois des oeufs couvés, et des oisillons tout juste sortis de l’oeuf.

    Sur la plage, ça nage, ça se dandine, ça jacasse, caquète et ça sent le chien mouillé…
     
    Après une petite demi-heure passée à les observer sous toutes les coutures, nous mettons cap sur le parc naturel de la péninsule : le site abrite une somme incroyable de plantes endémiques, dans la lande appelée ici «  fynbos » (prononcer faïnboss). C’est aussi une réserve naturelle d’animaux, et nous ne serons pas en reste : très vite, nous devons nous arrêter sur la route pour laisser passer des singes! Des babouins de bonne taille, qui sont ici chez eux : on les voit jouer, s’épouiller, se courir après.

    Puis ce sont des autruches, avec leurs petits qui paissent tranquillement. La mère est vraiment énorme, on peine à croire que ce soit un véritable oiseau.

    Il est de plus en plus difficile de les observer en peine nature car les autruches sont braconnées pour leur chair, très à la mode-et il faut dire délicieuse, à mi-chemin entre le magret de canard et le filet d’agneau. Il faut donc prendre garde à n’acheter que des morceaux dont la provenance a une traçabilité irréprochable.
    Et un peu plus loin encore, plus haut sur le versant, une antilope ; Plus difficile à voir, heureusement, ces 5 jours de safari nous ont exercé l’oeil à spotter les animaux. Les enfants sont particulièrement bons, avec leurs yeux de lynx.
     
    Ca y est, nous voici arrivé, au cap de Bon Espérance! Très connu des marins, ce n’est ni le cap le plus austral- qui est celui de Cape Point-, ni celui qui effectue le partage des eaux entre Océan Atlantique et Indien-c’est le Cap de Aiguilles, à quelques dizaines de milles plus à l’est.
    Mais c’est le plus connu, car celui qui était viré le premier par les bateaux en provenance d’Europe et d’Afrique, signe que la route des Indes n’était plus très loin.
    Nous décidons justement de faire à pied le chemin qui sépare le cap de Bon Espérance du phare de Cape Point.
    Le paysage est spectaculaire : falaises vertigineuses, mer bleu cobalt, écume de neige, forets de laminaires à perte de vue, plages étincelantes,
    Je me régale de la variété de la  végétation endémique du fynbos; les plantes ont toutes un air plus ou moins préhistoriques.
    les plantes grasses sont amusantes;

    Certaines sont bien connues de nos cotes bretonnes, comme ces doigts de sorcières, qui sont une peste chez nous.
    Et que dire de ces étonnantes plantes rampantes aux allures de serpent
    Beaucoup de fleurs aussi en ce début d’été.
    Ceux que je préfère, ce sont les pincushions, cousins des Protéas
    Toutes forment un camaïeu extraordinaire.
     
    Nous peinons sou la chaleur du soleil africain, heureusement tempéré par l’air marin.
    En contrebas, la page de Dias, du nom du célèbre Bartolomeo Dias, le navigateur portugais qui fut le premier à contourner la pointe de l’Afrique; traçant une route qui deviendra si célèbre : la Route des Indes.
     
    Un couple de rapaces niche à flanc de falaise
    Ca y est, nous voilà en haut, au phare de Cape Point!

    Avec une vue 360° sur le cap de Bon Espérance à l’ouest, et sur False Bay au nord-est.

    Nous redescendons en passant par les dépendances
     
    Le lendemain, c’est Noël, que nous fêtons en famille. Après un très bon dîner au restaurant, nous allons voir si le père Noël est bien passé sur Moby?OUIIIIIII! Nous découvrons aussi les magnifiques carte de Noël individuelles que nous a créé et envoyé Sonia, la chérie de mon frère qui n’a pas pu prendre de vacances en cette période de fêtes. Merci Sonia de cette délicate  et artistique attention!
    Dès le lendemain de Noël, nous sommes en pleins préparatifs de départ : la fenêtre météo est idéale pour appareiller dès que possible pour Ste-Hélène, petite ile perdue au milieu de l’Atlantique sud, et qui nous permettra de faire un bon break dans cette longue traversée océanique.
    J’en profite comme toujours, en plus de l’avitaillement classique pour 10 jours de traversée, pour faire le plein d’excellents produits longue conservations locaux : les fruits secs sont délicieux, en particulier les demi-pêches et demi-poires, les mangues, et les pommes déshydratées. Le biltong aussi, cette viande de boeuf (ou de gibier comme l’autruche ou le kudu) séchée, et assaisonnée, qui se conserve des mois. Et du vin bien sûr! Le Champagne sud-africain n’arrive pas à la cheville de celui de Nouvelle-Zélande. Mais nous apprécions beaucoup certains vins rouges, en particulier les « pinotage », du nom de ce cépage typiquement sud-africain, qui donne un vin de caractère, mais pas tannique.

    Après 3 semaines d’escale en marina, très agréables par ailleurs, nous sommes heureux de larguer les marres, pour des horizons moins citadins.

    Bye-bye table Mountain
    Nous longeons Robben Island, et passons à raser un banc de baleines! Ouf!, nous n’avons pas touché, et Whaou!, nous n’en avons jamais observé autant d’aussi près.
     
    Bye-Bye Africa, nous voilà de retour dans l’Océan Atlantique, encore frais à cette époque, car la mer dépasse à peine les 16°! L’équipement douillet est de sortie : je suis heureuse d’étrenner mes toutes nouvelles bottes étanches, que je ne quitterai pas de la semaine.
     
     
  • Fiji : un tourisme éthique exemplaire

    Fiji : un tourisme éthique exemplaire

    Nous entamons notre séjour aux Fidji par une semaine de vacances à l’hôtel : une fois n’est pas coutume, nous allons jouer aux touristes et laisser Moby à la marina.

    img_2832C’est un moment de retrouvailles familiales, car mes parents nous rejoignent depuis l’autre bout du monde : quel bonheur pour eux de retrouver leurs petits enfants qu’ils n’ont pas vu depuis 6 mois!

    Je me réjouis d’avance de ces retrouvailles et aussi du confort de la vie à l’hôtel : pas de repas à préparer, pas d’école à faire pour la maitresse, ni de nav’ de nuit à assurer, mais de l’eau qui coule sans (trop) compter, des nuits complètes sans se réveiller pour cause de vent, de pluie, ou mer agitée etc… , du temps pour bouquiner, pour ne rien faire aussi et des petits dèj pantagruéliques….img_0801

    Côté petit dèj, j’ai une concurrente sérieuse…

    L’hôtel est situé sur Malolo Island, à une vingtaine de milles de la Marina de Denarau où nous avons laissé Moby pour la semaine.

    img_0804
    Originalité des îles Fiji : les hôtels sont de taille humaine, une quarantaine de chambres pas plus, et les villages y ont un droit de regard. Les tribus fidjiennes sont en effet propriétaires de leurs terres, et aussi du lagon qui l’entoure, et gèrent donc directement et collectivement leur patrimoine, en donnant concession pour une durée déterminée à des groupes hôteliers Fijiens ou le plus souvent étrangers, à la manière de nos AOT françaises ou des « baux emphytéotiques » mauriciens. Une manière pour la population de garder le contrôle.

    img_2828

    Autre particularité  ici comme partout ailleurs dans l’archipel des Mamanuca et des Yasawa, le staff est essentiellement constitué d’habitants du village. Un modèle économique exemplaire qui permet aux iliens de travailler et habiter dans leurs île, d’y élever leurs enfants et de vivre sur la terre de leurs ancêtres.img_2448

    L’ambiance est donc très familiale et chaleureuse puisque tout le monde se connait : on a l’impression de côtoyer une grande famille! Le mini-club propose comme activités d’apprendre les danses locales, à tresser des paniers de coco, mais aussi une visite de l’école du village, la découverte de la faune et de la flore locale etc…. Anna est fan, et pas du tout dérangée qu’on lui parle en Anglais ou en Fijien (personne en parle français ici!!). Elle reviendra enchantée de ses séances, et tressée à la rasta!!

    Ajoutons à cela un peuple fidjien éminemment chaleureux et accueillant (ils voleraient presque en cela la vedette aux mauriciens que nous connaissons bien ). Le terme « Bula »  (bonjour en Fidjien) résonne à nos oreilles des dizaines de fois par jour : il veut dire bonjour, mais aussi bienvenue, salut, comment vas-tu, content de te voir…etc

    Nous prenons le temps d’explorer les environs en palmes masque et tuba, ou en paddle.img_0933

    Une promenade d’une quinzaine de minute amène à une colline boisée, la seule partie de forêt endémique préservée de Malolo. Nous surplombons la baie : vue sur notre hôtel d’un côté..

    img_2904

    et sur Liku-Liku de l’autre :

    img_2901
    Liku-Liku Resort

    Le dimanche, on nous propose de nous rendre au village pour assister à la messe dans l’église méthodiste : une bonne occasion de découvrir le village et ses coutumes. La tradition ici est assez stricte en ce qui concerne la tenue vestimentaire : pas de chapeau ni de lunette de soleil au village (à la plage et au travail, c’est ok), et les femmes doivent avoir les épaules et les jambes couvertes : l’occasion pour moi de sortir mon sarong (jupe traditionnelle : sorte de tube en pareo, élastiquée et noué à la taille par une broche en bois. )img_0926

    Pas de route pour rejoindre le village, mais 15mn de bateau.img_2830

    Ici on se déplace sur les mers ou dans les airs… ou les deux, tels ces hydravions qui survolent l’archipel toute la journée, desservant les hôtels.

    img_2966

    Nous ferons aussi le tour de l’île de Malolo en bateau : 3 villages, 2 hôtels, une grand complexe en construction et un immense resort marina-hôtel sur l’ilot voisin de Malolo Lailai : la Marina de Musket Cove accueille des villas en timeshare, et 3 hôtels, une piste d’atterrissage, … et un banc de sable où l’on peut se baigner… ou se marier!

    La semaine passe très vite, et il est temps pour nous de rejoindre Moby à la Marina de Denarau : on nous a placé sur le pontons des super-yachts. Moby a l’air tout petit a côté de ses voisin. La semaine dernière, nous avons eu la surprise de voir le soir au bout du ponton notre nouveau voisin…. un mega-yacht équipé d’un hélico sur le pont supérieur!

    Au-delà d’une marina ultra-moderne, et une zone de chantiers et de services nautiques Denarau, c’est à la fois un centre commercial, des restaurants, des tour opérateurs, un hub de ferry desservant les Yasawas et Mamanucas, et une presqu’ile accueillant pas loin de 7 grands hôtels et 10 quartiers de villas de luxes  :  les Fidjis sont aux Australiens et aux Néo-zélandais, ce que le Maghreb et les Canaries sont eux européens : une destination de vacances où il fait beau toute l’année, à quelques heures de vols, (presque) sans décalage horaire et où tout le monde parle Anglais.

    Quand on vient comme nous des îles Cook et de Wallis, c’est le choc des cultures!

    D’autant que la première marina où nous avons fait notre clearance d’entrée aux Fiji était bien plus modeste mais pour autant très sympa : Vuda Point. Elle accueille surtout des voiliers à l’année, qui restent pendant la saison cyclonique, et apprécient l’ambiance familiale de cette petite structure. A noter les « Cyclone pit » proposés pour « hiverner » son bateau pour plusieurs mois : sorte de trous creusés dans la terre, le bateau est posé sur des pneus, et sanglé à 4 à 6 blocs de bétons posés sur la terre.

    Mais ca n’est pas pour nous : après 36h d’escale ravitaillement/lessive, nous rejoignons les Mamanuca (prononcer « Mamaduca » en Fijien), où nous attendent mes parents, mon frère Thomas et son amie Sonia pour 3 semaines de croisière dans les îles!!! à suivre……

    img_3208

  • Papeete, Tahiti

    Papeete, Tahiti

    Que d’émotion à l’arrivée à Tahiti, île de tous les désirs, de toutes les attentes après 3 mois de vadrouilles d’îlot en îlot.IMG_6383

    Heureux présage, des dauphins nous accueillent à l’arrivée au port.

    IMG_6385

    Le front de mer a l’air accueillant.

    IMG_6395

    Et la marina tout autant.

    IMG_0876

    Papeete est un port de commerce, les brestois ne sont pas dépaysés…

    IMG_6398

    Nous avons prévu de passer une semaine complète à la marina de Papeete, en plein centre ville, et dont on nous a dit beaucoup de bien. IMG_0893Tout le front de mer a été rénové l’an passé : la marina est superbe, les jardins bien aménagés : promenade, jeux pour les enfants, pistes cyclables. Le lieu est très fréquenté en début et fin de journée par les tahitiens : ados en skate board, jaune parents avec poussettes, enfants en vélo, tout le monde marche, court, fait du sport! Tout cela a un petit air de Floride…., Le week-end, on se retrouve sur le gazon à jouer au foot, faire du hip-hop, se promener. C’est très agréable. IMG_0875

    Autre agréable découverte de Papeete : les Roulottes!! La petite place devant les paquebots de croisière s’anime le soir à partir de 18h, des dizaines de camion-roulottes s’installent avec chaises et tables. Chacune a spécialité : cuisine chinoise, crêpes bretonnes, pizzas, mais surtout cuisine tahitienne : on se régale de thon cru au lait de coco, tartare de thon, carpaccio etc….

    IMG_0883
    tartare de thon

    Les enfants jouent sous le kiosque. Les plats sont excellents, pas très chers, nous dinons en plein air, sous les étoiles, un joyeux mélange de population locales et de touristes. IMG_0910

    Et dans la journée, il y a les paquebots de passage et les bateaux de pêche… au gros.
    IMG_0887

    Certains sont très équipés…IMG_0888

    Nous avons toute une liste de choses à faire pendant la semaine : il faut dire que le dernier endroit civilisé fréquenté était ….Panama, il y a déjà près 3 mois. Donc les listes de shopping/réparations sont longues. Pour occuper les enfants, nous avons inscrit Victor et Arthur à un stage de surf tous les matins : nous sommes assurés qu’ils vont prendre l’air et ne pas s’ennuyer!

    Pour Anna, quel chance; nous retrouvons avec grand plaisir les copains d’Excalibur (Eleonore, Paule et Charles) et Invictus (Juliana et Marlene).

    IMG_0881
    Anna et Eléonore
    IMG_0879
    Arthur et Paul

    Le matin, les filles passent de bateaux en bateaux, et l’après midi, c’est la troupe entière des 4 filles et 4 garçons qui courent entre les pontons et les bateaux…

     

    L’après-midi, nous nous relayons pour occuper les enfants : ciné, balade, parc….

    IMG_0896
    départ pour le ciné

    Nicole emmène les filles au Mac do déjeuner un midi, et Victor et Charles iront se faire un ciné entre ados. Bref, la vie citadine s’offre à nous pour une semaine, et c’est bien agréable.

    IMG_0920
    la mairie de Papeete

    Tous les matins, je sillonne les rues de Papeete, à la recherche de matériel scolaire, de bricolages, produits pharmaceutiques, papeterie, entrecoupé de RDV chez le dermato, le coiffeur, l’opticien…..

    Loïc emmène aussi les garçons en virée chez Billabong : razzias sur les soldes de short…. ils ramènent même un  surf, des palmes de morey!! Bon, plus de place dans les coffres, qu’à cela ne tienne, Arthur est ravi de dormir avec…. Moby commence à être bien équipé en matos de glisse…

    Pendant ce temps, Loïc gère la technique : rdv avec le voilier pour vérifier le gréement, réparation sur les voiles, vérifie les commandes de pièces de rechange que nous attendons, et il parcourt les shipchandlers en vélo.IMG_0941

    Nous profitons aussi de l’excellent connexion internet pour effectuer les inscriptions au CNED, mettre le blog à jour! (les 10 posts sur les marquises et les Tuamotu !!!), télécharger des recettes de cuisine, des  récupérer les bulletins de note de l’année de Victor, vérifier les comptes bancaires, etc….

    La marina de Papeete, c’est aussi le RDV des super yachts :

    IMG_1355

    Sea Hawk
    Sea Hawk

    A 2 jours du départ, nous louons avec mes 2 copines la dernière voiture disponible pour aller faire nos courses  : une seule voiture à 3 bateaux disponible de 8h du matin à 18 le soir,  : il faut s’organiser pour être efficace.

    IMG_0915
    retour du supermarché avec Nicole et Anne-Marie

     

    8h : première tournée dans la zone technique pour Loïc et moi le matin : il nous faut déposer nos bouteilles de gaz à remplir, puis aller chez le chaudronnier pour tenter de redresser notre ancre tordue aux Tuamotus!!

    à 10h, c’est direction le supermarché pour les 3 filles : Anne-Marie Nicole et moi. Ce a beau être un supermarché « français », on y trouve de drôles de choses :

    IMG_0914
    des veaux entiers au rayon surgelés…
    IMG_0913
    des bobines de 2000m…

    14h, Toby et Nico repartent faire le plein de boissons et d’outils

    16h :  c’est de nouveau à Nicole et moi de repartir pour sillonner les magasins de bricolage de la région à la recherche de diverses bricoles

    Samedi, les copains sont partis, nous avons loué une voiture pour faire un denier avitaillement et visiter la région

    de 7 à 8 : je vais au marché de Papeete, juste en face de la marina m’approvisionner en fruits et légumes frais et non réfrigérés  : ils se conserveront ainsi beaucoup mieux.

    à 8h, je récupère la voiture auprès du loueur et file au supermarché faire le plein de surgelés et produits réfrigérés. Et en début d’aprèm, nous filons finalement au nord, direction Mahina : les garçons ont tout juste fini leur stage de surf la veille, mais veulent de nouveau surfer, et nous montrer le spot des écoles de surf.

    Nous passerons aussi quelques jours au mouillage de Taïna, en face de la marina du même nom. Pour aller de papeete à Taïna, il faut longer la piste :

    Arrivés à Taïna, la vue sur Moorea est splendide :

    IMG_1262 Les fonds sont turquoises, la baignade très agréable pour un mouillage citadin.

    IMG_1264

    Quelques yachts au ponton :

    Et de curieux bateau-maisons :

    Puis nos filons sur Moorea, ile soeur de Tahiti, distante de seulement 25 NM : c’est là qu’habitait mon cousin Laurent avec Nicole Max et Jules.

    Soleil couchant sur Moorea depuis Tahiti
    Soleil couchant sur Moorea depuis Tahiti

    Nous partons donc en terrain connu, avec les bonnes adresses et les coordonnées d’amis à eux! Nous sommes en plus attendus par Invictus, Excalibur et Mercredi soir, mouillés tous les 3 dans un site parait-il paradisiaque…