Cet îlot situé à 20mn en ferry de la capital économique est l’un des cones volcaniques les plus intéressants de la région : c’est le plus grand, mais aussi le plus jeune – à peine 600 ans depuis sa dernière éruption, et depuis son sommet à 259 m, la vue sur Auckland et le Golfe d’Hauraki y est juste spectaculaire!
Nous mouillons Moby dans la baie d’Islington, aussi connue sous le nom de « the Drunk bay ». Elle doit son nom à l’habitude prise par les capitaines de navires au long cours en partance d’Auckland de relacher la nuit en quittant le port, pour laisser aux marins du bord le temps de cuver….
Moby au mouilage d’Islington
Nous laissons l’annexe sur le quai et partons à l’assaut de ses routes et chemins de roche volcaniques.
La route se transforme vite en chemin ombragé, ce qui est agréable au vu de la chaleur. A quelques dizaines de mètres du sommet, la bifurcation vers des grottes et tunnels de lave est un must!
Les enfants ont bien sûr pensé aux lampes frontales et aux torches torches.
Ils explorent une première grotte, puis un petit tunnel, et enfin un grand boyau très étroit où nous adultes aurions du mal à nous introduire.
Puis nous rejoignons le sommet pour savourer la vue.
Vue sur le Golfe d’HaurakiVue sur Auckland
Pour redescendre, un très bel escalier de bois, que nous n’avons pas eu à monter heureusement…Rangitoto est classée réserve naturelle, en particulier pour les oiseaux , car tous les petits rongeurs (hérissons, rats, hermines, etc…) venus d’Europe ont été éradiqués depuis 2011 : l’île est désormais « pest-free » permettant à ces fragiles oiseaux de se reproduire ranquillement : on y trouve des Kiwis bien sûr, mais aussi wekas, et nombre d’autres oiseaux endémiques récemment réintroduits.
De retour au bord du rivage
Nous avons tellement aimé cette balade que nous y retournerons quelques jours plus tard avec nos amis néo-zélandais, Bruce et Stéphanie, ainsi que tout une bande de leurs amis.
Une ballade finalement très différente, puisque nous empruntons cette fois-ci le chemin sud et non la route est.
il fait chauuuuud
Et une série de petites haltes en chemin nous expliquent la naissance de Rangito il y a 600 ans.
Peu de chance qu’il n’y ait de nouveau une éruption sur l’île. En revanche, il est fort probable qu’un jour, une autre île similaire surgisse dans les environs d’Auckland!
Voilà donc le processus qui donne 600 ans plus tard cette terre volcanique si fertile et chaude.
Arrivés en haut, Bruce nous montre une seconde série de tunnels que nous n’avions pas vu, encore plus impressionnnants en taille!
l’entrée du tunnelil y fait bien noir
en route vers la sortie….
Stéphanie me montre les oiseaux : ces petites cailles adorables se trémoussent pour récupérer des miettes de sandwiches. Et cette autre oiseau rare, le saddleback, un passereau au dos orangé, qui fut un temps en voie d’extinction et est maintenant réintroduit avec succès
Nous prenons un autre chemin plus court, mais aussi plus pittoresque.
Une espèce de fougère endémique de Nouvelle-Zélande s’y trouve également : la « kidney fern », qui doit son nom à sa forme en haricot. Elle se replie pour mieux lutter contre la chaleur, très intense ici à cause des pierres volcaniques.
Une fois en haut, la vue est toujours aussi belle.
Ce samedi a lieu la plus grande régate de toute l’année en baie d’Auckland. Moby et Trio sont mouillés juste devant!
vue sur Auckland
Après un pic-nic revigorant, il est temps de redescendre. Près du débarcadère, des vestiges d’une prison… et un ponton de bois traverse la mangrove. Qu’y vois-je? De la salicorne, petite plante de marais salé qu’on trouve en Bretagne, en particulier dans le Golfe du Morbihan! J’adore ça. Ma copine Laeti en fait des pickles. Celle-ci est un peu amère, les jeunes pousses de l’été seraient sans doute plus savoureuses.
Nous sommes déjà le 9 décembre, et comme nous souhaitons arriver quelques jours avant Noël à Auckland, et passer la fin d’année dans le Golfe d’Hauraki, il est temps de mettre cap au sud. Il reste donc une dizaine de jours pour effectuer cette nav’ de 130 NM, en quelques petits saut.
Nous comptons également nous arrêter quelques jours à Whangarei, zone portuaire bien connue pour ses chantiers de réparation navale, où nos souhaitons repérer les bons chantiers où sera fait l’entretien de Moby en fin de saison.
La passe de Wangaparoa et toujours aussi spectaculaire, et la côte qui défile regorge de grottes, cavernes, et rochers aux formes originales :
En arrivant dans la Bay of Island, nous faisons un détour par Moturoa Islands et le Kent Pass : le soleil est absent, mais la navigation est quand même très belle.
Moturoa est une île privée émaillée de belles maisons, et de moutons!
Nous stoppons à Pahia pour la nuit et en profitons pour faire l’avitaillement du bord : Pahia est petite ville balnéaire, départ des nombreuses balades dans la Bay of islands.
Sur le ponton, notre ami le Cormoran, pas trop timide. Les néo-zélandais les appellent « shag »
Puis nous regagnons Russel le lendemain, où nous attendent nos amis d’Excallibur : le temps est maussade, c’est parfait pour visiter le petit musée du village. Il abrite une reproduction du bateau de Cook, le célèbre navigateur britannique qui effectua le premier la circumnavigation de la Nouvelle-Zélande, iles du Sud et Ile du Nord.
C’est aussi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la colonisation de la Nouvelle-Zélande, qui commença dans cette région hospitalière de « Bay of Islands,
et sur les animaux endémiques de la région.
le très célèbre Kiwi, emblème de la Nouvelle-Zélande
Nous testons aussi les « fish & chips » locaux : celui-ci propose non seulement du poisson, mais des coquilles St-jacques de la Bay of Islands, des moules de Coromandel, des huîtres de Whangaroa….Pas mauvais tout ca, mais un peu gras pour nos petits estomacs….
Notre dernier mouillage de Bay of Islands sera Whale Bay : nous sommes les seuls bateaux dans cette baie magnifique, mais un peu décevante car comme la presqu’ile est privée, nous ne pouvons descendre à terre pour marcher.
Nous nous contentons de ballades en paddle : les cormorans nichent à 2 pas, et les fous de bassan pêchent à longueur de journée.
Anna et moi partons ramasser des pommes de pins sur la plage pour réaliser notre couronne de Noël! Grâce au calendrier de l’avent de Balthazard, nous sommes en plein dans les préparatifs de Noël, chaque jour apportant une petite histoire de Noël ou une activité à réaliser avec les enfants. Aujourd’hui ca se passe en cuisine avec un pain d’épices à réaliser, et demain, ca sera la couronne de Noël!
le calendrier de Balthazard
pain d’épice
puzzle de la Nouvelle-Zélande
La maison qui surplombe la baie est spectaculaire.
la maison qui surplombe la baie
Le soir nous improvisons un dîner à bord de Moby avec Excallibur :
Le 10 décembre, nous quittons Bay of Islands et contournons le célèbre Cape Brett, connu pour son « trou » dans le rocher : « Hole in the Rock » .
Le fin du fin est de se faire photographier sous voile à travers le trou….
Nous surprenons un chasse conjointe de fous de bassans et de dauphins, qui nagent en encerclant un banc de poisson.
Les fous pêchent
accompagnés des dauphins
Nous relachons le soir à Whangamumu Harbour, qui abrite une ancienne station baleinière, bien sûre désaffectée depuis des années. Le ciel nous offre un coucher de soleil encore une fois mémorable.
Le lendemain, nous partons en balade, au-delàs de la colline, vers Tangatapu, pour admirer la vue sur l’autre versant donnant sur la Bay of Islands.
Le paysage est très champêtre.
pousse de fougère arborescente
Whangamumu
pause-goûter
carte de la presqu’île
Nous allons également visiter l’ancienne « Whaling Station », et faisons la connaissance de kayakistes qui campent là depuis 2 jours.
les kayakistes
les vestiges
plan du site
le bras de ruisseau
Ce couple de quinquas neozélandais s’est lancé dans une circum-navigation de Nouvelle-Zélande en kayak il y a deux ans! A la manière des pélerins de Compostelle qui effectuent leurs pèlerinage en plusieurs traites chaque année, ils terminent la troisième saison de leur périple par la côte Nord-Est. Nous sommes admiratifs de leur voyage autrement plus radical que le notre. Ils partent avec 2 semaines de vivres dans leur kayak, dorment sous la tente tous les soirs, se lavent dans le lit des rivières, et séchent leurs vetements au soleil.
De retour de balade, les enfants jouent sur la plage, dans les arbres si majestueux, s’imaginant tous les 6 des armées, des territoires à conquerrir, des villages à défendre…
omoplate ???de …!!!
Le lendemain, cap sur Mimiwhangata Bay, réputée pour ses eaux poissonneuses : et en effet : nous attrapons un « King Fish ». Ca ressemble à un lieu pour la peau argentée et la forme du corps, mais avec une queue et des nageoires jaunes vifs comme un thon albacore (yellow Fin), et une chair rouge de thonidé. Le goût est proche d’un « Tuna Macquerel » ou d’une bonite : je prépare donc des « nuggets » maison : petites filets roulés dans la farine, puis dans l’oeuf, et dans une chapelure agrémentée d’herbes fines.
Encore une très belle plage. Les enfants sont lassé des balades à pied, qu’à cela ne tienne, nous les laissons tous les 6 sur la plage sous la garde de nos ados pendant une heure, et partons entre adultes se balader. Les paysages sont encore une fois sublimes.
Du haut de la colline, nous apercevons des petits lacs en contrebas,
et un cygne noir!
Nous rentrons tranquillement à la plage par un sentier de randonnée.
des oies sauvages
De retour sur la plages, les 4 plus jeunes se sont construit un totem, et nous expliquent leur technique pour le redresser, et consolider son assise-sans l’aide des grands.
Avant la fin de la journée, nous appereillons pour Wooley’s bay, toujours avec Excallibur.
Anne-Marie sur Excallibur
Cette plage est très célèbre en Nouvelle Zélande, car l’une des rares à être toujours plantée de Pohutukawas descendant jusque la plage
ces majestueux arbres en boule, tortueux à souhait et qui fleurissent en cette période de fin d’année en bouquets rouges
Le lieu est très populaire pour les tournages de films historiques.
La plage est toute petite, mais très jolie, et très fréquentée aussi… il y a en effet un gros village balnéaire juste derrière : le prétexte d’emmener les enfants en balade : nous pourrons leur offrir une glace au retour!
une mante religieuse
Anne-marie et Nicolas, d’Excallibur, nos compagnons de route
D’après les cartes, le village est à moins d’un km, en coupant à travers bois, …..mais nous ne trouverons jamais ce racourci, et finissons par longer la côte… c’est plus loin, mais c’est beauuuu! Et de l’autre coté de la presqu’île, le village de Matapouri, chic petite cité balnéaire.
De retour au mouillage….
Le lendemain matin, nous continuons notre descente vers Whangarei, par petites traites de 20 à 40NM. Nous stoppons à Smugler’s bay ( la baie des contrebandiers) : nous ne sommes plus qu’à quelques nautiques à vol d’oiseau de Whangarei, où nous nous arêterons quelques jours.
En descendant à terre, nous découvrons 3 taureaux échappés de leur enclos…. ils sont très intéresés par notre annexe…
Nous re-croisons ces taureaux échappés pendant la ballade sur la colline…
Les enfants ne se lassent pas des plages, et sont assez inventifs…
étonnant, le Spinifex…
…graminée de bord de mer
Une colonie de fous de bassan pêchent aux côtés de Moby.
15 décembre : nous arrivons dans l’embouchure de Whangarei, port fluvial/et maritime bien connu pour ses activités portuaires, et notamment ses chantiers de réparation marine.
stockage de bois
embarquement de bois
les stocks sont impressionnnants
Nous bookons 3 nuits à la marina de Marsden Cove, à l’embouchure de la rivière, et nous préparons pour 48h intenses
Je consacre la première matinée aux lessives : une bonne quinzaine d’aller-retours entre la buanderie où s’enchainenet mes 4 lessives/séchages/pliage et le bateau où je supervise l’école à bord. Heureusement, Loïc coache les enfants à bord, en même temps qu’il bricole. En début d’après-midi, nous avons réservé une voiture de location pour visiter visiter les chantiers de Whangarei et choisir in situ celui dans lequel nous sortirons Moby de l’eau pour refaire son antifouling dans quelques mois, avant de quitter la Nouvelle-Zélande.
C’est validé, ce sera Port Wangarei Marine Service, filiale de Oceania Marine, qui vient d’investir dans un travel lift pour bateaux jusqu’à 100T. Ils ne sont pas encore très implantés sur la zone, d’où des tarifs très compétitifs. Nous sommes impressionnés par la propreté du chantier, impeccable aussi bien en extérieur que dans les bâtiments. Ce qui achève de nous décider, ce sont les parties communes réservées aux plaisanciers dont les bateaux sont au sec : une immense pièce de vie avec une très grande cuisine ouverte, deux frigos américains, une salle à manger/salle de jeux, un bureau pour s’isoler et travailler, un jardinet extérieur avec tables pour les BBQ, wifi à volonté…. et la voiture de courtoisie, disponible pour aller faire ses courses en ville, ainsi que des VTT. La vue est bien dégagées dans cette zone du port un peu éloignée de la ville : on y respire! Nous y reviendrons donc en février.
Nous profitons de la voiture pour visiter un peu la ville de Whangarei, originale avec sa marina en plein coeur de ville, sur le fleuve.
Ca sent Noël!
le père Noël n’est pas loin….
oiseaux de paradis
et surtout pour faire un gros plein dans un hypermarché : c’est le premier que nous fréquentons en Nouvelle-Zélande et whaou!!! Que de bons produits, ca nous change de la Polynésie francaise et de ses petites supérettes pas toujours bien achalandées : je suis en particulier bluffée par le rayon fruits et légumes : fraises, pêches, cerises, melon, mais aussi asperges, avocats, pommes de terres nouvelles, salades en tout genre, herbes….. la tête me tourne! Depuis 6 mois, trouver des fruits et légumes frais est un parcours du combattant, les petites épiceries des îles de Polynésie ne traitant que peu ou pas du tout la distribution des fruits et légumes. Et quand elles le font, on ne sait jamais ce que l’on va trouver, les livraisons se faisant au coup par coup, dépendant pour les légumes importés, du jour de passage de la « goelette » qui ravitaille les îles, ou du bon vouloir des petits producteurs locaux qui déposent leur marchandise au compte-goutte comme à Fakarava aux Tuamotus. Il faut donc dans chaque île trouver le bon circuit : commande directe au producteur comme à Anao à Nuku-Hiva, achat auprès d’un restaurateur sympa comme à Isabella aux Galapagos, marché local hebdomadaire comme à Huahine : il ne faut donc pas louper le « bon » jour, se lever très tôt- 5h du mat’ à Taoiae aux Marquises!! et même parfois faire des pré-commandes comme à Maupiti….
Retour de courses à la marina, les enfants sont mis à contribution pour tirer les chariots :
Bref, ici c’est le retour à la vraie société de consommation. Ce qui n’est pas désagréable. Je retrouve également le dessert fétiche des néo-zéalandais : la Pavlova!
la meringue…
les fruits au dessus
la crème au milieu
intérieur de meringue moelleux
Une merveille de meringue croustillante à l’extérieur, moelleuse à l’intérieur, que l’on achète ici tout fait, et que l’on « améliore » chez soi : nappée de crème fouettée, parsemée de fruits rouges, et arrosées d’un coulis, c’est une merveille! C’est ma chère amie mauricienne Marie-Laetitia qui m’avait fait découvrir ce merveilleux gateau, qu’elle faisait bien sûr elle-même de A à Z, aux fruits exotiques plutôt qu’aux fruits rouges puisque nous étions sous les tropiques.
Notre carnivore du bord se régale d’un steak monstrueux…
Le lendemain, nous passons la journée à bricoler et nettoyer le bateau : intérieur, extérieur, tout y passe : et quel bonheur de voir son bateau rutilant!
Nous apareillons le lendemain matin : la vie de marina ca n’est pas ce que l’on préfère, les enfants s’y ennuient. Nous préférons de loin les mouillages sauvages.
Whangarei
Au sortir de Whangarei, nous apercevons une baleine! Assez différentes des baleines à bosse croisées en Polynésie : un dos très long, foncé, lisse et brillant, un tout petit aileron planté très bas sur le dos : après confirmation auprès de nos amis Néozélandais, il s’agit sans doute d’une Bryde’s Whale ou Sei Whale, mesurant jusqu’à 15 à 20m, et très commune en nouvelle-Zélande! Elle paresse à la surface sans doute.
Encore une fois, c’est l’oeil expert de Loïc qui la repère!
Nous retrouvons nos amis d’Excallibur à Kawau Island.
Nous entrons officiellement dans le célèbre Golfe d’Hauraki, qui est constellée de belles maisons et au fond de laquelle se niche la ville d’Auckland.
Nous dinerons le soir-même au yacht club de Kawau.
Et passerons devant la célèbre Mansion House, antique maison qui inspire le respect.
Le lendemain, nous dormons à Waiheke, petite île située à quelques encablures d’Auckland, connue pour ses plages, ses vignobles et ses petites boutiques à la mode.
Mais le temps est maussade, ciel couvert, bruine, et nous ne sommes pas d’humeur à faire du tourisme et nous balader à terre : nous avons hâte de découvrir Auckland! Pourtant, c’est sympa : un hydravion vient se poser non loin de nous.
Pendant cette journée pluvieuse, nous entamons l’atelier « crèche de Noël ».
atelier crèche de Noël
Il s’agit de personnages en carton à peindre, ce qui nous occupera tout l’après-midi! Reste à bricoler une crèche : une boite en plastique recouverte de papier craft fera l’affaire.
la crèche
Vivement demain, à Auckland, dont nous apercevons les contours au loin…