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  • Bahamas -4- Préparatifs de transat entre Eleuthera et Cat Island

    Bahamas -4- Préparatifs de transat entre Eleuthera et Cat Island

    Après 1 mois de croisière dans le sud des Bahamas et les Exuma, nous arrivons à Spanish Wells, (petite ville du nord d’Eleuthera), pour peaufiner nos préparatifs de transat. Notre séjour aux Bahamas tire à sa fin, car nous avons en tête d’entamer notre traversée de l’Atlantique avant le 15 mai. En effet, le 1er Juin est le début officiel de la saison cyclonique dans l’hémisphère Nord.
    Nous avons quelques jours d’avance sur le planning, car nous venons de profiter des vents de sud pour remonter des Exuma vers le Nord des Bahamas, avalant en une demi-journée les 50NM qui séparent Norman Cay (au Nord des Exuma) de Egg Island.  (Ouest d’Eleuthera)
    Nous avions prévu de remonter jusqu’à Abaco, pour préparer Moby à proximité de Marsh Harbour, tout en continuant à explorer quelques îlots supplémentaires, mais les prévisions météo pour les jours à venir donnent des vents plus favorables pour traverser au départ d’Eleuthera ou de Cat Island.
    Bien nous en a pris : le village de Spanish Wells est charmant, et nous allons passer 3 jours agréables et efficaces à la marina de Yacht Haven.
    Au programme : grand nettoyage de Moby, intérieur et extérieur, approvisionnement, révisions des moteurs, changement de la pompe d’eau douce tribord, menus bricoles, et un grand rangement en prévision des 3500 NM de la transat.
    Nous entrons par la passe Nord,

    découvrons la plage,

    puis les maisons, très jolies, et typiques, avec leurs murs colorés et leurs toits blancs
    Nous empruntons le chenal Est,

    assez étroit et sinueux.
    Les enfants ont gonflé les pare-battages : c’est leur rôle!
    Les premières maisons de Spanish Wells apparaissent, très coquettes.

     Et le Must, ce sont ces pontons privés,

    au bout duquel on amarre SON bateau.

    C’est une île de pêcheurs, qui a gardé sa vocation malgré un indéniable développement touristique.
    Les riches plaisanciers américains ont colonisé l’île, mais elle garde une importante flottille de pêche traditionnelle

    Je décompte pas moins de 3 stations-service pour bateaux!
    Un peu plus loin, le quai des ferrys et les loueurs de voiturettes de golf : sympa, c’est ainsi que se déplace la moitié des habitants.
    La superette,

    Le chantier de réparation navale,
    La passe Sud
    toujours la flotte de bateaux de pêche
    et enfin la marina!
    Nous allons y rester 3 jours.
    C’est une des plus agréables petites marinas où nous avons séjourné. A taille humaine, elle donne sur le canal, très animé en journée. Un resto, des bungalows à louer,et… une piscine! Les enfants en font leur repaire, après l’école. Eux qui d’habitude s’ennuient à la marina sans copains, s’amusent bien ici : piscine, trottinette, et la cerise sur le gâteau, c’est cette voiturette que nous louons 24h pour faire les courses et nous balader.
    A tour de rôle, les enfants m’accompagnent dans les magasins
     
    La supérette est bien achalandée de produits frais, et offre un rayon de produits artisanaux très alléchants : confitures, pickles, achards,  condiments, pâtisseries et pain fait maison, quel régal! J’aime bien la formule, qui permet aussi à la population locale de se procurer un agréable complément de revenus, en particulier pendant la saison touristique. On se régale ainsi des pickles de Tante Anita, des cupcake de Mary-Rose,

     du Carrot Cake et de la Lime Pie de Lizzie, du pain de mie de John….Et de la salade de Conch achetée sur le bord de la route.
    Une première journée est consacrée aux lessives : un mois de linge, ça fait 6 grosses machines, et ça me prend toute la journée! Draps, alèses, vêtements, serviettes, tout y passe, y compris les vêtements « d’hiver », jeans, polaires, chaussettes, que nous avions remisés depuis l’Afrique du sud, et que nous allons ressortir avant l’arrivée aux Acores. Le lendemain, il fait vraiment un temps de cochon! Ca n’empêche pas de nettoyer, au contraire. Anna au balai-brosse, et Arthur à la raclette. Moby va bénéficier d’un dessalage intégral à l’eau de pluie, c’est idéal!
    Nous dînons le soir au restaurant avec de nouvelles connaissances : Michel et Christine, de Spica, un Outremer 45. Ces (presque) jeunes retraités profitent de leur bateau à mi-temps : 3 mois à bord, 3 mois en France. Ils sont fans des Bahamas, où ils ont déjà navigué plusieurs saisons, et remonteront cette année encore vers la côte Est des Etats-Unis, que nous aurions aussi aimé visiter.

    Ils nous recommandent en particulier la côte entre New-York et Boston : de Long Island à Cape Cod, en passant par Nantucket et Martha’s Vineyard : une succession de plages, de criques isolées, de calmes forêts, de villages typiques…. tout cela nous fait rêver.
    En attendant, il pleut à torrent, y compris dans le restaurant, mais l’ambiance est chaleureuse!
    Le lendemain, le temps s’est amélioré, et en allant faire les courses, nous en profitons pour nous balader un peu dans les petites rues de Spanish Town.
    Nous nous arrêtons acheter une langouste, la spécialité locale. Ici, ça n’est pas plus cher que le poisson.

    Les maisons sont ravissantes, parfaitement entretenues, les jardinets apprêtés.

    Derrière les rues, l’église,

    une ruelle,puis la plage,

    Nous revenons bien chargés ; Arthur m’a bien aidé,

    et m’a convaincu d’acheter … un trancheur de pommes! Beau et ludique, c’est aussi une bonne manière de partager des fruits…et comme nous sommes de gros mangeurs de pommes…..
    Ce matin, Michel et Christine quittent la marina, et continuent leur exploration des Bahamas, vers Abaco.
    Au bout de notre ponton, un nouvel arrivant, magnifique ancien vapeur en bois, aménagé pour le charter. Ca doit être très cosy à l’intérieur. Les vernis sont rutilants.
    Nous quittons Spanish Wells :

    Les pleins d’eau et de gasoil sont faits, le bateau est propre, et l’avitaillement nous permet de tenir 10 jours et plus. Nous sommes fin prêts à traverser et allons rester attendre la meilleure fenêtre météo possible pour rallier les Bermudes, distante de 750 NM. Nous allons en effet traverser l’Atlantique en 3 étapes : Bahamas-Bermudes, dans les jours qui viennent, puis  Bermudes -Acores avec une longue escale d’un mois aux Acores et enfin Acores-Brest, pour arriver en Bretagne début juillet.
    Nous ressortons de Spanish Wells par la passe Sud,puis nous dirigeons vers la pointe Sud-Ouest d’Eleuthera.

    Nous franchissons l’étroite passe qui sépare Eleuthera de Current Island.

    Un courant et des remous qui nous rappellent le bon temps des passes dans les Tuamotu.La mer est blanche et bouillonnante dans la passe.
    Nous naviguons toute la journée et arrivons de nuit dans le sud-Est d’Eleuthera à East End Point.

    A notre réveil le lendemain, nous découvrons un site enchanteur.Les falaises crayeuses sont impressionnantes et forment un décor inhabituel, très graphique.Des grottes, des cavernes se succèdent tout le long du littoral.

     
    Nous sommes mouillés devant une grande plage en arc de cercle.

    Mais à la pointe, une ravissante petit crique nous attend.Un chemin mène au vieux phare, que nous empruntons. La vue d’en haut est panoramique. Le phare est désaffecté, et en piètre état. Et de l’autre côté, la très grande plage.

    Nous revenons sur notre petite plage privée profiter de ce qui est sans doute notre dernière baignade en eaux chaudes turquoises et tropicales. Dans quelques heures ou quelques jours, nous aurons appareillé pour les latitudes tempérées d’Europe…Alors il faut en profiter!
     
    Batailles de boules de sable,

    skimboard, baignade….Nous savourons ces instants. Je remarque que le sable est… presque rose. Une célèbre plage d’Eleuthera vante sa couleur rose, nous n’en sommes peut-être pas très loin… les touristes en moins.
    Nous appareillons sans tarder car nous voulons être à Cat Island dans l’après-midi.
    Nous passons devant l’île de Little San Salvador, entièrement privée puisqu’elle a été achetée par une filiale de Carnival Cruise Ship : des croisières tout compris de 5 à 7 jours aux Bahamas, au départ des USA, L’escale est complètement aménagée pour accueillir des milliers de passagers, un peu comme un grand hôtel, (beach club, restaurants, excursions, sports….) mais sans les chambres.
     
    Nous arrivons sous un ciel bien morne a Orange Creek. Le temps n’est vraiment pas engageant, mais les fonds transparents : Loïc nettoie les coques, comme avant chaque grande traversée. Près de 3 heures dans l’eau à frotter les algues.

    Nous attendons toujours la meilleur fenêtre météo possible, qui tarde un peu à venir. Le lendemain, nous allons dans la baie d’à côté, à Arthur’s Town! Il nous faut bien sûr aller à terre visiter et immortaliser cela!

    Arthur à Arthur’s town

    Nous tombons par hasard sur le sculpteur et peintre de ce panneau!

    Le village est bien morne…Nous croisons peu de monde.Il faut dire qu’aucun commerce n’est ouvert : les habitants sont par ici tous des « Adventistes du 7ème jour », et ne travaillent ni le samedi ni le dimanche.
    L’école,

    le poste de police, le bar (qui est fermé),

     l’aire de jeu…

    et de nombreuses maisons abandonnéesNous nous mettons en quête de l’épicerie la plus proche, qui est à quelques kilomètres. Nous décidons d’y aller à pied….Assez vite, la solidarité bahaméenne fait son oeuvre, et nous sommes embarqués dans la benne d’un pick-up, qui nous dépose quelques kilomètres plus loin, à l’épicerie, où nous trouvons du pain, le dernier article frais qui nous manque. La météo est enfin parfaitement favorable, nous sommes fin prêts.
     
    Le soir-même, nous levons l’ancre, pour 4 jours de mer, direction les Bermudes! Nous quittons les Bahamas avec le sentiment d’avoir bien profité de cette longue escale de presque 6 semaines.

    Le temps n’y est pas très beau non plus depuis 8 jours et ne semble pas s’améliorer,

    alors nous sommes contents d’aller de l’avant, cap à l’EST pour retrouver le soleil!
     
  • Bahamas -3- le Nord des Exuma

    Bahamas -3- le Nord des Exuma

    Nous naviguons depuis déjà 10 jours dans l’archipel des Exuma, et continuons notre progression vers le Nord en direction du «  Exuma Land and Sea Park », qui s’annonce encore plus spectaculaire que ce que nous avons vu. Nous sommes déjà sous le charme  de cette navigation entre îlots et bancs de sable, que nous pratiquons en mode «  exploration », nous arrêtant jusqu’à 4 fois par jour pour visiter une grotte, une plage, ou faire un snorkeling.

    Vue sur les Rocky Dundas, où se trouvent les grottes
    Nous prenons un mouillage de jour dans la toute petite baie de Fowl Cay : à un jet d’annexe se trouvent en effet deux grottes qui sont parait-il au moins aussi remarquables que celle de Thunderball.

    Il nous tarde d’aller vérifier cela.

    A Fowl Cay, nous sommes tout seul au mouillage. Inhabituel, une épave d’avion trône sur la plage. La piste n’est pas loin.

    l’épave sur la plage

    Les îles des Bahamas sont souvent équipées de petites pistes privées. C’est aussi que les propriétaires vont et viennent, à bord de leurs avions, ou d’avions taxis, qui offrent également les services de livraison de nourriture, pièces détachées etc….

     
    Curieux, nous allons sur la plage examiner ce qui reste de la carlingue.

    Loïc penche pour un décollage raté.
    La plage est un petit bijou :  une eau turquoise calme, de petites vaguelettes, du sable fin…
    Le mouillage est paradisiaque

    A midi, Loïc envoie le drone, pour voir île d’en haut : pas de luxueuse villa, mais de petites maisonnettes, un ponton, et la piste, vraiment toute petite.

    vue aérienne de Fowl Cay
    Après le déjeuner, nous filons explorer les grottes. La première n’est pas évidente d’accès : il faut plonger, pas très profond, mais sur 3 mètre de long. Anna n’a pas peur, et nous suit, c’est la première fois qu’elle plonge dans ces conditions!

    Une fois à l’intérieur, c’est majestueux, de très nombreux stalactites, et un grand puit de lumière
     
    La seconde est plus facile d’accès, pas besoin de plonger car on y accède par une étroite ouverture en surface, comme un boyau au-dessus de l’eau.
    Elle est encore plus impressionnante : une fois à l’intérieur, un seuil, puis une petite plage, une caverne en hauteur qui ravit les enfants, un puit de lumière, des stalactites….
     

    En fin de journée, nous mettons cap sur Compass Cay,

    le chenal d’accès à Compass Key

    et  mouillons pour la nuit sur un banc de sable devant la marina, réputée pour ses requins nourrice semi-apprivoisés. Nous filons en annexe voir à quoi ressemblent les installations :

    C’est très coquet, mais le sens de l’accueil est comment dire….axé sur le porte-monnaie : on nous réclame pour débarquer une taxe de « landing fee » de 10 dollars… par personne! Et pas de discount pour les enfants…. Nous observons quelques minutes, depuis l’annexe, les requins nourrice tourner et virer dans une eau limpide puis faisons poliment demi-tour.
    Le lendemain, nous mettons cap sur Cambridge Cay, où nous retrouvons Luna Bay 2 et Penn Gwen. C’est officiel, nous venons de franchir les frontières du parc naturel.
    Nous décidons d’organiser un apéro-dinatoire de dernière minute sur la plage : nous repartirons sans doute chacun de notre côté d’ici quelques jours, il faut donc saisir l’occasion d’une soirée tous ensemble.
    Jennifer a repéré un petit îlot d’où le coucher de soleil devrait être superbe pour ce pic-nic du soir improvisé.Les 3 familles arrivent en annexe, dans ce joli coin de paradisLa soirée est fort agréable, la marmaille joue aux Robinsons en se gavant de chips, de crackers au fromage et de pâté de campagne…
    La nuit est moins sympa :  les orages grondent pendant des heures, nous sommes sur le pont, aux aguets, à guetter le vent et les éclairs. Il y a tellement d’éclairs qu’on y voit comme en plein jour, et la foudre nous assomme les oreilles.
    Nous mettons les ipads/ordis et téléphone à l’abri dans le four, qui servira si besoin de cage de Faraday.
    Au plus près, l’orage approchera à moins d’un mille. A 5h du matin, nous retournons nous coucher, plus de peur que de mal. Ce sera le premier d’une longue série d’orages de nuit que nous subirons dans les 15 prochains jours.
    Nous passons la journée du lendemain à Cambridge Cay. Sans être totalement dégagé, le temps s’est remis au beau. Le matin, c’est école pour tout le monde, mais dans l’après-midi, nous partons à terre avec nos équipements de snorkeling explorer la plage de « Honeymoon’s Beach », sur la côte sud de l’île.

     Nous traversons l’île à pied avant d’accéder au site pour un beau et sportif snorkeling avec la marmaille. 
    Une belle soirée s’annonce….Mais la nuit est tout aussi orageuse que la précédente. Là encore, les éclairs sont très proches, et grondent.

    Nous craignons le foudroiement bien sûr, et vérifions l’avancement de l’orage, mais aussi le vent qui tourne, qui forcit. Heureusement, la foudre tombe à environ 1km de là-et les appareils électroniques sont encore une fois dans le four!
     
    L’avantage, c’est que nous récupérons l’eau de pluie, grâce à notre bimini pourvu de rigoles, et à un circuit de tuyaux, qui va direct dans les réservoirs, qui sont pleins. Nous remplissons alors les carafes et les bidons. 

    Au petit matin, nous allons dire au-revoir à Luna Bay 2,

    Bye Bye les amis : Luna Bay 2, Penn Gwen et Moby réunis!

    Ils repartent vers Nassau préparer leur bateau pour la transat retour en France.De notre côté, nous nous donnons 8 à 10 jours de plus pour explorer les Bahamas.

    Nous appareillons également, juste à temps, car une série de 3 speed boats arrivent vers nous-il est vrai que nous sommes dans un chenal-, et foncent à 25 noeuds au moins, créant 3 sillages qui nous chahutent.

    Nous longeons Hall’s Pond Cay, peu accueillante, avec ce panneau explicite : pas d’annexe! Il semble que la cohabitation entre les voiliers et les riches résidents des îles se passe mal. La loi aux Bahamas est claire : l’accès aux plages est libre jusqu’à la laisse de haute mer. Par ailleurs, il ne me semble pas anormal que les propriétaires de ces îles jouissent de la tranquillité qu’ils recherchent. Alors, pour notre part, nous ne nous empêchons pas de nager sur les plages, voir d’y mettre le pied, mais n’y débarquons jamais en annexe.
     
    Nous mouillons sur un banc de sable près du chenal, car il y a sur zone deux sites de snorkeling d’interêt :

    Le premier, c’est un petit avion bimoteur coulé par 3m de fond. Il git nez dans le sable, queue en l’air. Nous prenons grand plaisir à virevolter autour, dans 3 mètres d’eau à peine, même Anna se régale ; je n’ai malheureusement pas d’image de la scène….
     
    Non plus du magnifique jardin de corail au Nord d’ Obrian’s Cay. Les  coraux sont sublimes, visibles dans 2 à 3mètres d’eau à peine : des gorgones multicolores y côtoient des éponges vertes, beige, rose, de toutes tailles et de toute formes, c’est vraiment un délice pour les yeux. C’est en plus un site très accessible pour les débutant, le genre d’endroit où on pourrait amener sa grand-mère!
     

    Le lendemain, la journée commence sous des trombes d’eau : le temps n’est pas au beau fixe, depuis quelques jours, nous subissons orages et grains au moins une fois par jour. Nous quittons Compass Cay en bordure de grain, il y a plus de 20 noeuds de vent, et Loïc nous montre sa dextérité à piloter Moby :  car pour aller du nord de Hall’s Ponds Cay au mouillage sud de Warderick’s Wells, un chenal  sinueux nous fait passer entre de petites îles. Victor et moi surveillons la nav’ chacun dans une des étraves. A peine avons-nous pris la seule bouée disponible, qu’un rideau d’eau s’abat sur nous.

    le grain approche
    Arthur prend sa douche en plein air

    C’est plutôt une bonne nouvelle, nous allons pouvoir remplir les réservoirs, s’offrir des douches en plein air, et boire de l’eau de pluie, la meilleure de toutes. Nous avons même de l’eau courante pendant quelques minutes!

     
    Aujourd’hui, 28 avril, c’est le grand jour : notre capt’ain fête ses 50 ans! Happy Birthday Captain!

    Nous passons cette journée seuls tous les 5 dans ce mouillage de rêve : une fois le grain passé, le site se découvre, avec des couleurs, comme toujours, sublimes sous le soleil.
    Le petit dej était copieux ce matin, puisque nous avons commencé par souffler les bougies… et manger le gâteau. Comme le dit le dicton d’un restau italien que Loïc aime bien  : « Life is short, eat desert first! ». Autrement dit : « Comme la vie est courte, autant manger le dessert d’abord »
    Loïc avait passé sa commande la veille, et je lui avais préparé un gâteau breton : la plaquette de beurre y est passée.… Et à 10h, il n’en reste pas une miette…
    En début d’après-midi, nous allons explorer la plage,

     et nous offrir une belle baignade. Puis partons à la recherche du «  Pirate’s Lair » , le «  Repaire des pirates » un peu plus loin dans les terres. Le site était en effet  parfait pour attendre les proies s’apprêtant à entrer dans le banc des Bahamas par le « Wide Opening », cette large passe facile d’accès à la voile par tous les vents,  située à quelques milles au nord de Warderick Wells. On s’imagine facilement les bateaux de pirates cachés entre les îlots, les hommes guettant les navires de commerces.

    Moby au mouillage de Warderick’s Wells sud
    Avec les dernières pluies, le camps des pirates n’est plus qu’un bourbier… c’est pourtant là, au bord d’une source et à l’abri de ces grands palmiers auxquels ils pouvaient attacher leurs hamacs qu’ils se reposaient entre deux raids.
    Au retour, une belle baignade,

     et de moments très simples de partage en famille.Arthur et Anna restent jouer à la plage : ils creusent le sable pour y trouver des vers, puis ensuite nourrir les petits poissons du bord. Loïc et Victor partent explorer le tunnel qui perce l’îlot d’en face : long de 30m, il traverse spectaculairement l’îlot, et peut se pratiquer à la nage, par temps très calme et à l’étale. Avec le vent actuel et les fortes marées, il n’en est pas question. Dommage, car ça doit être pourtant génial de le parcourir à la nage :  il est percé de plusieurs ouvertures par le dessus, partiellement à l’air, et partiellement sous-marin.
    J’en profite pour rester à bord, pour bouquiner tranquillement.
    Ce 28 avril 2018 fut une journée enchantée, où nous aurons tout eu : de l’action, du mauvais temps, du soleil, de l’exploration, de la découverte, des jeux, des baignades, du temps calme, un bon gâteau…
    Le lendemain, nous contournons les îles pour entrer dans les Warderick Wells, le coeur du Park des Exuma, où se trouvent les rangers.
    Le site est époustouflant, avec ses bancs de sable, et ce chenal circulaire et profond où des corps-morts sont à disposition.

    Les photos qui suivent sont garanties sans amélioration, ni retouche de couleurs….

    Elles sont prise d’en haut du mat par Loïc qui inspecte le gréement. Il profite d’être au corps-mort et par un temps très calme pour monter vérifier cette partie-là du gréement. Nous partons d’ici 2 à 3 semaines en transat : il nous reste encore plus de 3000 NM à parcourir avant de rentrer en Bretagne.

    D’en haut les bancs de sable sont majestueux, comme des rubans de dégradés.

    Loïc lance le drone pour immortaliser le site, sous un beau soleil;

    vue vers l’île de Warderick Wells et les maisons des rangers
    Vue vers le sud de Warderick Wells et les mouillages de Emerald Rock
    Après l’école, nous préparons un picnic pour aller déjeuner à terre… et emmenons le reste du champagne que nous n’avons pas fini hier

    : nous célébrons encore une fois les 50 ans de Loïc.Pendant que nous savourons cet apéro du dimanche, les enfants vont explorer sur la plage le squelette d’un cachalot reconstitué là par les bénévoles de l’association du Park.
    Puis l’envie nous prend d’aller nous promener sur les bancs de sable à marée basse. Anna et moi nous élançons, les garçons nous rejoignent en annexe.
    Vu d’ici, ce banc de sable ressemble à un coeur.
    La beauté de ces différents dégradés de turquoise tient aux marées,

    aux dénivellés sous-marin de dunes et aux méandres créés par les courants.
     
    Nous partons en snorkeling explorer les lieux, puis terminons par une ballade à terre, vers les hauteurs de Boo Boo Hill, point culminant des Warderick Wells. Ce que nous apprécions aussi aux Bahamas en cette fin Avril, c’est la longueur des journées. Le soleil ne se couche que vers 19h30, contre 18h aux Antilles : cela laisse de belles soirées encore actives.
    La colline de Boo Boo Hill est réputé hantée :  par les nuits de pleine lune, on entendrait les voix des pauvres âmes ayant péri dans le naufrage d’un navire au large de Warderick wells.
     
    Nous traversons la mangrove, longeons de nombreux trous, des grottes,

    Nous grimpons la colline, et regardons avec consternation les débris de bois flottés que les voiliers de passage s’évertuent à déposer…. créant cet amas, qui s’éparpillera et repartira sur les flots au prochain cyclone.
     
    Je remarque combien l’homme a besoin de marquer son territoire en laissant une trace visible de son passage. C’est particulièrement flagrant aux Bahamas : peut-être une tradition du Nouveau Monde?  Vieux T-shirts suspendus au plafond du bar Chat’n’Chill à Stocking Island,  panneaux de bois flottés gravés en haut de Boo Boo Hill (Warderick Wells), totem de pierres à Cambridge Cay. Ce qui avait sans doute du sens il y a quelques dizaines d’années encore quand ces endroits étaient peu fréquentés et difficilement accessibles, avant l’avènement du tourisme de masse, me semble aujourd’hui vain et irresponsable. A l’heure où l’on voyage partout en avion, et au vu du nombre d’humains que nous sommes sur terre, continuer à mettre en oeuvre ces « traditions » polluantes me dépasse. Je préfère de loin une autre devise, que nous avons souvent lue sur des panneaux de parc naturels : « En visitant ces lieux, la seule chose que vous laisserez derrière vous seront vos empreintes de pas » .
     
    Nous admirons le soleil qui descend sur l’horizon, puis rentrons via un gué, puis un petit pont, à travers la mangrove. Nous découvrons l’hélipad fait de pierres et coquillages concassés.
     
    En rentrant au bateau au coucher du soleil, quelle n’est pas notre stupeur : nos amis du catamaran Cool Running sont ont fait la surprise de venir à notre rencontre. Nous les attendions il est vrai d’un jour à l’autre, en provenance de Georgetown … Ils ont parcouru les 70 NM d’une traite pour nous voir. 
     

    Nos routes se sont croisées pour la première fois dans le Pacifique, à Rangiroa, puis à Papeete, et enfin c’est pendant un séjour prolongé à Maupiti que nous avons mieux fait connaissance.

    Dave, Gudrun, Gaby et Ben à Maupiti

    Nous nous sommes revus en Nouvelle-Zélande, et avons partagé des moments inoubliables dans l’Océan Indien, à Cocos (Keeling) puis aux Chagos.

    feu de camp aux Chagos

    La dernière fois que nous nous sommes vus c’est en décembre dernier en Afrique du sud, à Cape Town.

    les enfants de Moby et de Cool Runnings à l’aquarium de Capetown

    Depuis, nos routes se sont suivies sans se croiser. Leurs deux ados, Ben et Gaby sont les grands amis de Victor, et il leur doit aujourd’hui son beau niveau d’anglais ;-).

    Nous avons ensemble parcourus 3 océans, et bouclé chacun notre tour du monde. Nous sommes d’autant plus fiers d’eux qu’ils réalisent à peu de chose près le même parcours que nous, mais sur un bateau de grande série, un Lagoon 400, plus petit et moins rapide que le notre. 
    Dans un mois, quand nous traverserons l’Atlantique direction la France, ils mettrons cap sur la Floride, leur port d’attache.
     
    Alors ce sont de belles retrouvailles, intenses, car les au-revoir sont proches!
     
    Nous appareillons ensemble pour une île un peu plus au nord, Hawksbill Cay, réputée comme une des plus belles des Exuma. C’est l’occasion de se prendre mutuellement en photo sous voiles, dans ce beau turquoise.
    La nous sommes tous les 5 sur le pont!

    Je me fais la réflexion, que la vue est décidément magnifique depuis ma cuisine!Dans quelques longueurs nous entrons dans du turquoise clair signe que nous n’aurons plus que 2m d’eau sous les coques!

    C’est grisant de naviguer dans si peu d’eau.
     
    Nous voilà au mouillage!
     
    La plage est en effet superbe,

    et nous passons notre première journée à simplement profiter de la baignade, savourant nos retrouvailles avec nos amis : il y a tant à se raconter depuis 4 mois que nous nous sommes vus. Nous tirons le premier bilan de nos circumnavigations, et évoquons aussi notre retour à la vie de terriens qui approche. 
     
    Le soir, la lune nous sourit.
    Le lendemain, le vent est annoncé est bien là. Loic et Victor sortent les planches, puis le kitesurf.

     

    Victor en planche
    Loïc en kitesurf

    Je tente quelques bords en planche, mais le vent est décidément irrégulier avec le relief de l’île.

    J’ai aussi un début d’otite qui peine se résorber, aussi suis-je prudente avec les sports nautiques.
     
    Nous allons visiter la grotte dite des « contrebandiers ».
    Elle est tout juste au-dessus du niveau de l’eau, et assez impressionnante avec son plafond rose,

    et le goulot qui sépare les deux chambres.
    Puis nous poussons vers la plage adjacente, qui abrite un chemin menant vers des ruines et à la plage côté océan.
    Nous devinons les ruines, des murs de maisonnettes datant de 1785. Occupées par les loyalistes, ces réfugiés pro-anglais de la guerre civile américaine : refusant la tutelle des séparationnistes, et gardant allégeance à la couronne britannique, nombreux sont les Loyalistes qui ont fui aux Bahamas, implantant des champs de coton, de tabac ou de l’élevage.
    Elles étaient vraiment étroites ces maisons.
    La balade est sympa aussi pour observer les plantes, comme ces petites épiphytes, mais aussi pour la vue d’en haut.

    A mi-chemin, inattendu, cet étang, source d’eau douce.
     
    Et de l’autre côté de l’île, la plage au vent :

    Dommage que nous n’ayons pas les bodyboards!
    Ca déferle, et rejette sur la plage de la mousse, des algues, des éponges… et des débris de toutes sortes.
    Sur la route du retours, nous sommes surpris par toutes ces grottes, cavernes et trous qui jonchent le sol : un vrai gruyère!
     
    Ce soir, j’ai proposé à Gudrun d’initier sa famille aux crêpes bretonnes, en remerciement du paquet de farine de blé noir qu’elle m’a rapporté des Saintes.
    Pendant que je suis aux fourneaux sur le Lagoon, Loïc débriefe à Dave nos 2 semaines passées dans les Exuma, et lui donne les bon tuyaux, des mouillages et activités sympas avec les enfants.Il y a en effet beaucoup à faire aux Exuma entre le snorkeling, les épaves, les ballades à terre, les grottes….
    Les enfants apprécient les crêpes,

    et de cette rencontre américano-bretonne sort une création que je dois à Ben : une intéressante crêpe blé noir/beurre/sucre/cannelle!

    Je la nomme « la Cool Runnings », du nom du bateau de nos copains américains.
    Apprenant que nous n’avions plus de Nutella à bord, Gudrun nous offre ce petit pot, qui rejoint le tableau de bord de Moby, et les « trophées » offerts par nos amis, ou glanés au fil des rencontres….
     
    Le lendemain, le temps n’est pas au beau fixe, et c’est sous un ciel plombé que nous montons sur Shroud Cay, un dédale de rivières salées dans la mangrove. Quel dommage qu’il fasse ce temps pourri, ce doit être tellement beau sous le soleil. Mais il ne fait pas froid et nous ne sommes pas en sucre, alors nous partons sous la pluie, et avec la marée, qui est encore haute pendant une heure ou deux.
    Nous voilà en annexe dans les méandres de la mangrove.

     Après 30 mn, nous arrivons à destination :

    Nous avons traversé Shroud Cay d’Ouest en Est, et nous voilà sur la côte au vent.
    Le sable est d’une douceur incomparable,

    et nos pieds s’enfonçent profondément dans le sable tellement il est fin.
    En haut de la colline, les vestiges de CampDriftwood, où un genre d’ermite avait construit un camp de fortune dans les années 60. En haut du camp Driftwood, la vue sur Shroud Cay. 
     
    Nous quittons Shroud Cay pour Norman’s Cay, toujours sous les nuages, mais sans la pluie, ouf! 
    L’île a une histoire savoureuse : elle a été pendant quelques années le repaire d’un célèbre trafiquant de drogue. Carlos Lehder, d’origine Colombienne, faisait originellement partie du cartel de Medellin. Il a acquis Norman Cay en 1979 : ses maisons, ses commerces, sa piste d’aviation etc….afin de s’en servir comme un hub, une zone de transit entre l’Amérique Centrale et les USA. Témoin de cette vie antérieure : l’un des DC3 de Carlos git sur un banc de sable à l’entrée de Norman’s Cay.
    Les Stups américains (la D.E.A.) qui surveillaient la zone, ont finit par démanteler et faire vaciller l’empire de Lehder entre 1981 et 1983, alors que le gouvernement bahaméen, largement corrompu, protégeait Lehder et ses hommes. L’homme a été arrêté en Colombie en 1987, et extradé puis jugé aux USA où il purge 135 années de prison….
    Nous sommes mouillés juste devant la piste,
    et c’est un défilé d’avions
     

    Nous sommes aussi régulièrement survolés par des hydravions. Nous allons plonger sur le DC3 -enfin, pas vraiment en profondeur, car l’épave est posée sur un banc de sable et émerge, même à marée haute. Loïc explore l’épave, regarde à travers les hublots,

    .

    et fait mine de se mettre aux commandes! 

    Les coraux ont bien colonisé l’avion! Victor continue l’exploration,

    passe à travers les hublots!

     
    Plus tard dans la journée, nous partons avec l’annexe des Cool Runnings explorer l’intérieur du Cay, et en particulier sa mangrove et ses « flats ». Nous passons devant les lodges, et le restaurant, fermé ce soir. Puis allons nous rendre compte des travaux, de grande ampleur de la marina. Nous sommes surpris par le nombre de marinas aux Bahamas dont les travaux semblent terminés et qui n’ont jamais ouvert. Traffic? Blanchiment ou détournement d’argent?

    Puis nous nous arrêtons marcher le long de la mangrove.
    Arbustes, coquillages, oiseaux, nous sommes en pleine nature sauvage.  Ces traces, dans le sable, ce sont des raies, qui nichaient dans ce trou à marée haute. Il y a si peu d’eau que nous rentrons à la rame.
    Ce soir, nous faisons  nos les adieux à nos amis de Cool Runnings, qui s’en vont demain, et reprennent leur exploration des Exuma vers le sud, alors que nous continuons vers le Nord. Bye-Bye les amis! Nous nous reverrons certainement un jour, je ne sais quand, je ne sais où….
    Le temps est tellement mauvais et les vents contraires (de nord) que nous restons 24h de plus à Norman. L’occasion d’aller nous offrir un bon hamburger au restaurant. En dessert, je tente le traditionnel Guava Duff, sorte de pudding arrosé de sauce à la goyave, typique des Bahamas… C’est moins mauvais que ça en a l’air : très sucré et roboratif, je peine tout de même à avaler plus de 3 bouchées après mon hamburger…
    Nous serions bien restés explorer les îlots du Nord de l’archipel : Highbourne, Ship Channel, Leaf Cay….Mais le mauvais temps s’installe durablement sur les Bahamas. Or nous sommes le 3 mai, et avons prévu de traverser vers le 15 : il est temps pour nous de quitter les Exuma et d’aller préparer notre transat. Nous avons choisi pour cela de faire escale à Spanish Wells, petit village d’Eleuthera, distant d’une cinquantaine de milles.
     
    A très vite pour la toute dernière partie du récit de notre séjour aux Bahamas. 
  • Bahamas -2- Les Exumas

    Bahamas -2- Les Exumas

    Notre porte d’entrée pour les Exuma, c’est George Town, petite ville du sud de l’archipel, qui accueille en saison près de 200 voiliers, essentiellement des Canadiens et Américains venus passer la saison d’hiver et le printemps en eaux chaudes. Heureusement, les mouillages sont variés dans cette rade, formée par l’île de Great Exuma d’un côté, et par un chapelet de petites iles côté lagon : Stocking Island, Elisabeth Island, Pigeon Island…C’est heureux, car nous passons en moins de 24h à une zone de navigation isolée, où nous étions souvent les seuls bateaux au mouillage, à l’effervescence!
    C’est ici aussi que nous disons au revoir à Papily et Mamily, qui rentrent en France , et s’envolent depuis le petit aéroport de Georgetown vers Miami, puis Paris.
    Nous commençons par un mouillage de jour à Pigeon Cay, très beau mais inconfortable :

     Le vent souffle, la houle rentre, c’est génial pour le skim et la baignade sportive, mais pas pour le confort à bord!
    Nous filons donc nous abrite pour la nuit à Georgetown, et mouillons devant le village en compagnie de grosses vedettes,

     et d’un autre Outremer 51, de propriétaires américains!Signe d’arrivée en terres civilisées : cet hydravion, qui emmène les touristes survoler les Exuma, probablement au départ de Nassau. 
    L’archipel des Exuma (Exuma Cays) au coeur des Bahamas, est un ensemble d’îlots qui s’égrènent tel un collier de perles, distantes de quelques milles à peine les unes des autres, et qui abrite en son coeur un parc naturel, le « Exuma Land and Marine Park » : 
    Promesse de superbes plages, de navigation en eaux protégées, de passes à fort courant, de bancs de sable, de grottes, de magnifiques snorkelings, exploration d’épaves, de mangroves…..
    Il nous tarde d’y être.
    Mais pour l’instant, nous explorons George Town et en particulier Stocking Island qui abrite une curiosité : des trous à cyclones. Nombreux y laissent leur bateau y compris pendant la saison cyclonique (de juin à octobre), sur corps-mort, ou sur quelques pontons privés.
    A gauche, en entrant dans Gaviota Bay, on trouve un premier trou à Cyclone, en face du St-Francis Resort

    puis un second trou à cyclone abritant la marina Kevalli
    A droite, c’est  beaucoup moins profond et réservé aux très faibles tirants d’eau : Turtle Cove . 
    Nous remarquons un petit chemin de sable qui monte, et que nous partons explorer Il donne accès à la plage au vent. Nous revenons y passer l’après-midi avec les skims et les bodyboards.Que c’est bon de glisser sur les vagues!

    De retour à la civilisation, nous posons notre dinghy sur la plage de Chat’n’Chill,

    au coeur de la vie sociale des yachties de George Town, et partons déjeuner du traditionnel cochon rôti du dimanche. 
    Nous nous régalons de cochon, garni du désormais traditionnel mac’n’cheese (gratin de pâtes au fromage), de coleslow, de riz aux haricots, de carottes glacées au miel… Délicieux aussi, la « Conch salad », toute simple avec ses dés de lambis crus agrémentés de piments végétarien, de concombres et d’oignons doux: c’est frais, la chair est  presque sucrée, je me régale. 
    Nous testons aussi la bière locale , Kalik ou Sands, il faut choisir! Au bar de Chat’n’chill, les bateaux sont censés laisser un vieux t-shirt signé des membres d’équipage : premier signe d’une longue série, qui montre combien l’homme aime marquer son territoire. 
    Il faut dire que pour beaucoup d’Américains et de Canadiens, descendre aux Exuma, c’est un accomplissement, et je les comprend ; après tout, à chacun son Everest!
    Nous sommes moins emballés par l’ambiance de la plage, qui s’anime au fur et à mesure des heures qui passent, les annexes au touche-touche sur la plage, la musique à fond la caisse, les cadavres de bières qui s’amoncellent…. C’est LE rdv social du dimanche après-midi. Dans l’eau, les raies sont imperturbables. 
    Plus tard, nous irons mouiller devant « Monument Beach », la plus au Nord des plages de la zone. C’est la plus belle, et elle est bizarrement très peu fréquentée : nous sommes le plus souvent seuls sur la plage. 

    Lundi matin, nous allons « en ville », pour dire au-revoir à Papily et Mamily qui prennent leur avion à midi, et pour  faire un avitaillement de frais, le dernier datant d’il y a déjà 2 semaines aux Turks et Caïcos.

    le « Victoria Lake »

    L’entrée sur le « Victoria Lake » se fait via un petit pont. Nous découvrons un joli village bien organisé, avec une supérette bien fournie, un service de laverie… Nous en profitons pour nous balader un peu en ville,

    la mairie

    qui se met sur son 31 car elle accueillera d’ici 2 semaines d’importantes régates de pirogues locales. 

    Une fois les corvées effectuées, nous repartons mouiller devant la belle plage de Monument Beach. Nous partons à marée basse pour une grande ballade littorale, un longe-côte naturaliste parmi les oiseaux, tel ce couple de balbuzards (Ospreys en Anglais), que nous avons malencontreusement dérangé. Ils sont en pleine période de couvaison, et ne quittent par leurs majestueux nids

    un couple de balbuzards dans leur nid, dans les racines de filaos tombés à l’eau

    Au creux de la plage, des yachties se sont organisé un petit campque chacun peut user à sa guise, pour organiser un barbecue, un « potluck », ou simplement un apéro-plage comme ces deux couples de Canadiens dont nous faisons connaissance. Ils font partis de ces « oiseaux migrateurs  » fuyant leur Canada hivernal pour y chercher le soleil des tropiques (il fait -2 à Chicoutimi) Comme beaucoup, ils emportent leur chien avec eux. Nous n’avons jamais vu autant de chiens sur des bateaux qu’aux Bahamas! Tel ce magnifique chien blanc, que nous croiserons souvent, et avec qui les enfants auront plaisir à jouer sur la plage. Contrairement à beaucoup de pays, les formalités pour les chiens sont très faciles. 

    Nous quittons Georgetown sans regret, car nous aspirons à plus de nature et de vie sauvage en remontant l’archipel des Exuma.

    la côte Nord de Great Exuma

    Nous ne sommes pas spécialement emballés non plus par la vie sociale « à l’américaine » de ce genre d’endroit, régulée tous les matins par les annonces à la VHF du « Cruiser’s Net » : aquagym à 9h, karaoké le samedi, et bingo le vendredi, tournoi de volley-ball, BBQ … C’est amusant de voir comment, même loin de chez lui, l’homme ressent le besoin de se recréer une vie sociale avec ses codes et ses rituels.

    Nous naviguons une vingtaine de milles en dehors du lagon, et entrons par le «  Adderly Cut » , laissant Lee Stocking Island sur notre bâbord, puis Norman’s Pond Cay et Leaf Cay.

    Adderly Cut, vue vers le Sud, la piste de Lee Stocking Island en arrière plan

    Sur la petite plage de Leaf Cay, des formes noires s’approchent… ce sont des iguanes! 

    Il est midi passé, nous nous arrêtons déjeuner devant Norman’s Pond,

    au mouillage dans le Nord de Norman’s Pond

    puis repartons vers le Nord direction Rudder Cut Cay

    vers le Nord, la pointe Nord de Norman’s Pond, et la passe de Bock Out

    Il nous faut pour cela ressortir du lagon pour quelques milles, via le Bock Out, et rentrer dans le lagon via le Rudder Cut.

    le Rudder Cut, vers le Sud : le Sud De Rudder Cut Cay au premier plan, Little Darby et Darby Island au second plan

    Nous y voilà. 

    Nous observons tout juste la petite arche de Little Galliot Cay. Nous arrivons à Rudder Cut Cay, et découvrons une très jolie île, avec 2 petites plages charmantes, et surtout, un petit port, pas complètement naturel car une tranchée a été en fait creusée pour relier le bassin naturel à la mer. L’île, qui semble inhabitée, est privée et il est interdit de s’y promener. En annexe, par contre c’est permis!
    Nous entrons dans le port, curieux. 

    Plusieurs autres curiosité : une grotte ouverte sur l’extérieur, éclairée par un puit de lumière,

    et dotée à marée basse, d’une mini-plage. 

    des roches en forme de champignon…
    des raies…
    un beau snorkeling sur une … sculpture sous-marine en métal, commandée par David Copperfield (voisin et propriétaire des deux îles de Rudder Cut et de Musha Cay), qui a fait faire une statue grandeur réelle d’un piano à queue et d’une sirène, qu’il a immergé par 4m de fond. Quel dommage, ma GOPRO a rendu l’âme il y a 10 jours, j’ai chipé cette photo sur le net, elle n’est pas de moi.  J’aurais aimé vous montrer les enfants virevoltant de tous côtés autour de la sculpture, et vous montrer comment le corail repousse vite!

    C’est d’ailleurs dans la grotte voisine

    que notre drone va s’écraser dans l’eau, après qu’il a reculé de manière totalement inexpliqué, et se soit heurté à la roche. Une fois coulé, nous l’avons récupéré, rincé, séché, mais il n’a jamais pu re-décoller…

    Voici ses dernières images.

    Moby devant la funeste grotte

    Les plages au vent sont superbes,

    et le snorkeling doit l’être tout autant. 

    Puis nous continuons vers Musha Cay, et nous arrêtons en chemin à Little Lansing Cay, car il y a une épave d’avion sur un banc de sable. Nous nous approchons doucement, et mouillons carrément sur le banc de sable! Pas besoin de descendre l’annexe, nous y allons en palmes, masque et tuba. En effet, le petit bimoteur git par moins de 3m de fond, même Anna peut descendre le voir. Du corail pousse sous ses ailes.
    30 mn plus tard, nous levons l’ancre de nouveau, et passons devant Musha Cay
    Sur la carte, la zone est indiquée comme « swim area », et en effet, c’est la plus belle « piscine » que nous ayons jamais vue!

    Il s’agit d’un resort totalement privé qui se loue pour une famille ou un petit groupe d’amis, à 40 000$ la journée….Les constructions sont sublimes, 5 villas nichées dans une végétation tropicale superbe,  qui arrivent à Musha Cay en hélico,

    l’hélipad

    ou à Rudder Cut en avion. Ici, sans doute pas une maison, mais simplement la salle d’embarquement bateau. 

    Plus loin, le quai des fournisseurs.
    Bye-Bye Musha Cay, l’île de David Copperfield, paradis qui nous laisse songeur. 
    Nous longeons Cave Cay, qui semble inoccupée. 
    Nous sommes tentés de rentrer dans la marina, mais elle est fermée, peut-être désaffectée, et nous préférons ne pas prendre de risque.
    Nous passons donc notre chemin.

    les enfants s’organisent un petit « apéro-chips » sur le rouf,scrutant le relief pour découvrir les grottes dont cette île bien nommée est pourvue.

    Nous nous arrêtons finalement déjeuner au nord de Cave Cay, devant une minuscule plage et un petit étang. 
    Nous sommes mouillés en léger décalé par rapport à la piste, heureusement, car elle est tout près! La baignade est comme d’habitude merveilleuse, mais nous ne sommes pas tous seuls dans l’eau, sans doute un requin nourrice. Un petit tour à terre pour voir la piste

    l’étang, et la plage, puis nous repartons dans l’après-midi pour trouver un mouillage de nuit satisfaisant, à Little Farmer’s Cay.

    Nous empruntons pour cela le Galliot Cut et faisons route à l’extérieur des bancs.

    vue vers le Nord, et le Galliot Cut

    Curieuse maison octogonale sur Big Farmer’s Cay. 
    Nous mouillons en plein courant, Loïc et les enfants s’amusent une bonne heure à marcher sous l’eau dans le courant, à jouer avec les vagues de sable sous-marines. 
    Tous les soirs, nous étudions nos cartes, car les îles et îlots sont très nombreux, nous faisons en ce moment 2 à 3 stops par jours pour explorer épaves, plages, grottes ou autres curiosités Tout cela s’organise : il nous faut aussi trouver pour chaque soir un mouillage de nuit qui convienne, suffisamment protégé, suffisamment de fond, pas trop de courant, en évitant les chenaux, très fréquentés, de jour comme de nuit.
    Le coucher de soleil est comme toujours magnifique,et à l’heure de l’apéro, Anna elle aussi se prépare des cocktails….un demi-citron pressé, une orange, et un trait de Grenadine!

    Cette nuit Arthur et Loïc vont dormir à la belle étoile! Arthur en rêve depuis depuis longtemps, et Loïc l’accompagne dans son aventure. Ils sont bien couverts, en pyjama, et avec un bon duvet avec capuche et la nuit s’annonce dégagée, pleine d’étoiles. 

    Nous n’irons pas nous balader au village,

    le yacht Club de Little Farmer’s cay

    et appareillons à 9h, car il nous faut longer aujourd’hui la longue île de  Great Guana Cay. Nous commençons par contourner le Nord de Little Farmers Cay, et découvrons son bout de piste.Partout aux Bahamas, des épaves jonchent notre route. Le pays n’a sans doute pas les moyens de les déloger, alors elles restent là, à attendre l’épreuve du temps…

    Il y a de nombreux mouillages sous le vent de Great Guana Cay, que nous testons les uns à la suite des autres. 
    White Point d’abord, et sa longue plage de sable blanc. De l’autre côté des dunes, elle est tout aussi belle. Comme il n’y a pas de courant, nous allons tous à la plage en palmes, masque et tuba : cela nous évite de mettre l’annexe à l’eau (puis de la remonter quand nous partirons d’ici une heure ou deux). L’opération prend entre 5 et 10mn au total. Et nager fait faire un peu de sport!
    Nous trouvons des éponges échouées, et testons leur flottabilité.

    Après ce petit plouf matinal, l’école reprend, jusqu’au déjeuner. Nous nous arrêtons à Jack’s Bays Cove, minuscule plage, et petit mouillage pour un bateau tout seul.

    le drone de Loïc est mort… mais Victor nous prête le sien pour faire des images!

    Là encore, des grottes à explorer,

     du turquoise, du sable blanc, de la vie sauvage…

    une raie sur la sable

    Et après le déjeuner, nous mettons cap sur Black Point, une grande baie assez fréquentée, dotée d’un grand village, qui propose toutes sortes de services : laverie, pain frais, restos….
    Juste avant la baie, curieuse architecture que ce « chateau ». Destiné peut-être à résister aux cyclones?
    Nous croisons un de ces semi-rigides qui emmènent les touristes visiter les Exumas, lancés à 35 noeuds au moins Ils sont nombreux à sillonner les îles  en speedboat. 
    Nous arrivons à Black Point, et repérons Banana, un catamaran qui fait un tour du monde en famille en 7 ans avec 4 enfants, et dont nous avons lu les récits de voyage, publiés depuis 10 ans dans des magazines spécialisés. Depuis la famille a vendu leur bateau et vient de sortir un livre A bord il doit s’agir des nouveaux propriétaires!
    Nous avons rdv avec Luna Bay 2 et son équipage familial, avec lequel nous nous sommes promis de naviguer de concert quelques jours aux Exumas. Ce soir, c’est resto!
    Pendant que les enfants jouent aux cartes, les adultes dégustent la bière locale en se racontant leurs vies. Tous pareils, et tous différents : quand nous rencontrons des familles en grand voyage, c’est toujours passionnant d’écouter les trajectoires de vie qui font qu’un jour, un papa et une maman tout ce qu’il y a de plus raisonnables, entrainent leur smala dans une telle aventure…
    Pendant que dehors nous profitons de la soirée en terrasse (à se faire dévorer par les moustiques), à l’intérieur de ce resto type « diner » à l’américaine, c’est la clim à fond et la télé grand écran sur un match de basket! Culturellement parlant, nous sommes bien aux portes des US.

    Nous ne manquons pas le lendemain d’aller acheter notre pain (à prix d’or, mais il vaut bien ça, d’autant qu’il est important de faire tourner le commerce local!) chez Lorraine, la maman de la restauratrice d’hier.

    le pain de Lorraine

    Devant l’adresse indiquée, Loïc trouve porte fermée. Il toque, on lui dit d’entrer, et il trouve une dame bien âgée qui tricote dans son salon…. Elle le fait venir dans sa petite cuisine, et là, des miches dorées tout juste sorties du four attendent les gourmands : garanti « fait maison! » Pain nature, et pain fourré à la chair de coco, un régal au petit dèj!

    Nous quittons l’ile de Great Guana Cay, cap au Nord, et continuons à égrener les Exumas. Un petit stop à Gaulin Cay South, petit ilot anodin à la jolie plage. Au départ, nous nous y sommes arrêtés pour les grottes, annoncées sur la carte.
    Mais quelle n’est pas notre surprise de voir des iguanes pointer leur nez sur le sable!
    Nous mettons alors l’annexe à l’eau et filons explorer les lieux. 
    En effet, dès qu’ils entendent notre moteur, les iguanes sortent par dizaines de leurs cachettes.
    Ils attendent sans doute qu’on les nourrissent. C’est pourtant bien interdit, toujours pour les mêmes raison que beaucoup de touristes ont du mal à comprendre : en nourrissant un animal sauvage, on le coupe de ses capacités à se nourrir dans son propre environnement, et par là-même, on l’affaiblit. Pour aider et préserver les animaux sauvages, en particulier ceux qui sont en danger d’exctinction, il faut donc s’abstenir de les nourrir.

    Ces iguanes sont tellement peu craintifs que nous hésitons à marcher sur la plage, de peur qu’ils ne nous approchent de trop près Ces animaux ont de belles griffes, des dents acérées, et contrairement aux iguanes marins des Galapagos, ils ne sont pas végétariens!

    Nous passons une bonne heure à observer ces animaux, 

    Nous observons aussi un couples d’Osprey (Balbuzards en Français), ces rapaces marins, les seuls à pêcher dans les estuaires, les lagons ou les lacs. A notre arrivée, l’un des oiseaux s’est envolé, nous a survolé,

    inquiet, et est parti, peut-être pêcher.

    L’autre est resté à poste sur son nid : il doit y avoir des petits ou des oeufs.
    Nous partons à la recherche des grottes. 
    A notre retour, les iguanes sont toujours là. Sans doute un peu déçus que ne nous leur donnions pas de nourriture. Mais nous sommes stricts là-dessus, depuis que nous avons appris qu’un changement de régime alimentaire chez des animaux sauvages pouvait les rendre malades. Une équipe de scientifiques travaillant sur le jardin de corail de l’hôtel Taha’a Island Resort, en Polynésie Française a découvert que nourrir les poissons demoiselles avec du pain leur provoque un diabète. C’est pourtant une pratique que nous avons observé partout sous les tropiques.
    En rentrant au bateau, nous levons l’ancre, et découvrons médusés cette drôle de forme à 1 mètre derrière la jupe .Tout près des moteurs, alors que nous reculons, je pense d’abord voir un tuyau de plomberie en plastique : inquiète pour les moteurs qui tournent, je donne l’alerte. Nous prenons la forme en photo, et l’étudions de plus près en images. Il semble bien que ça soit un organisme vivant, peut-être un pyrosome, sorte d’organisme pluricellulaire.Je fais quelques recherches sur internet, et tombe sur DORIS, ce site des Données d’Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la Faune et de la Flore Sous-Marine.
    Ce formidable site recense une banque d’image très complète de ce qu’on peut observer sous l’eau, et propose même à ses membres de poser des questions d’identification. Comme nous avons de l’internet, je m’inscris, et poste donc la photo avec une question, … et reçois en moins de 24h une réponse!

    Il s’agit de tout autre chose : une ponte de grand calmar. Les petits oeufs (des boules bleues) sont reliés entre eux en spirale transparente, et flottent au gré des courants. Whaou, nous avons pris quelque chose aujourd’hui!

    Nous reprenons cap au Nord, visant d’être en fin de journée à Staniel Cay, le coeur d’activité des Exumas. Plusieurs raisons expliquent cette fréquentation : une marina, un yacht-club sympathique, quelques commerces, et de nombreux mouillages. Et en terme d’activités, de jolies petites plages, la célèbre grotte de Thunderball ( James Bond n°4) mais surtout l’attraction majeure, ce sont les cochons nageurs, qui sont sur touts les dépliants publicitaires des Bahamas. Nous sommes tous curieux de voir cela!

    Nous passons d’ailleurs notre première nuit à Big Major Spot.

    le mouillage de Big Majors Spot

    Effectivement, les cochons sont bien là! Mais c’est un défilé de hors-bord, d’annexes et de bateaux de charter. 

    Nous passons la nuit dans ce mouillage très fréquenté, en particulier par les super-yachts. 
    Nous changeons de mouillage le lendemain pour être au plus près des grottes et du Yacht-Club.
    La grotte se visite de préférence à l’étale de marée basse, pour avoir un accès plus aisé par ses deux entrées principales, et éviter le fort courant de marée. Nous finirons pas aller la visiter 3 fois tellement elle plait aux enfants. 
    Il faut dire que le site est impressionnant, et facile d’accès via la première entrée.

    La seconde est plus délicate, car elle n’offre qu’un mince filet aérien vers l’extérieur, et donne sur un fort courant traversier  : l’îlot se trouve en effet juste devant un chenal à fort courant.

    la seconde entrée

    La troisième sortie/entrée se fait par un passage sous-marin à 3m de fond, et la quatrième, par un étroit tunnel coudé sous-marin lui aussi. Il y a donc que quoi ravir les explorateurs sous-marins en herbe.
    La grotte dispose aussi d’ouvertures verticales qui laissent la lumière entrer à flots, ce qui a donné naissance à la célèbre scène du sauvetage de James Bond dans « Opération Tonnerre » (« Thunderball » en Anglais). Film que nous ne manquons pas de visionner le soir-même avec les enfants! La scène finale de bataille sous-marine avec fusils de chasse est plutôt originale pour l’époque ( 1966!)
    Nous explorons aussi la grotte vue d’en haut. 

    Le soir, nous avons la visite d’une famille française sur le voilier Penn Gwen :  j’avais croisé les parents Flora et Aurélien lors de la formation médicale ATMSI quelques mois avant notre grand départ. Ils ont suivi notre blog pendant les 6 premiers mois de notre voyage, puis sont partis pour un tour de l’Atlantique en 2 ans, avec de longues escales en Afrique et au Brésil. Nous avons presque le même programme en ce qui concerne la route retour, et allons donc naviguer ensemble quelques journaux Bahamas puis nous retrouver encore aux Acores. Ils ont 2 filles de 6 et 11 ans, Mélisse et Erell.

    l’équipage de Pen Gwenn

    Nous allons à terre explorer les infrastructures du Yacht-Clubune marina quelques charmants bungalows sur pilotis , un resto à la carte bien alléchante (et pas hors de prix pour une fois), un mini port pour les annexes, des petits Boston-Whalers à louer, et les célèbres requins nourrices « demi-apprivoisés ». 
    Nous déjeunons au resto le midi avec toute l’équipe de Luna Bay 2, et nous régalons d’un bon hamburger, dans une jolie salle de restaurant climatisé vue mer, c’est TOP!
    Puis nous partons tous ensemble nous balader sur l’île de Staniel, à la recherche des petits commerces. Nous rentrons bredouilles, avec seulement du main de mie, mais avons vu des jolies maisons typiquesdes jardinets un peu secsl’église du village, des bungalows à louer…
    Nous repartons pour Big Major Spot, les enfants nous ayant convaincus qu’il fallait aller rendre visite aux cochons. 
    C’est effectivement une attraction touristique. Les cochons ont été déposés là il y a quelques années, semi-sauvages, ils sont tout de même nourris par les habitants, mais surtout par les bateaux de passage, qui arrivent avec des légumes et du vieux pain. 
    Ils sont tous l’air paisibles,en particuliers les petits, très joueursmais dès que quelqu’un arrive avec de la nourriture, l’excitation monte…

    Comme ici, avec ces 3 imprudents qui arrivent à terre avec un grand sac de carottes. En moins d’une minute, une des dames est à terre, un des gros cochons lui a sauté dessus, ses deux pattes avant sur le buste et ba-da-boum… elle peine à se relever, pendant que les cochons lui boulottent sa nourriture….

    Puis Big Mama Karma sort de sa tanière. Des pancartes nous mettent en garde contre la grosse truie, sans doute chef de meute, réputée agressive, en particulier en présence de nourriture. 
    Ca y est « Mama Karma  » est à l’eau! Méfiants. nous nous replions tous dans les annexes, d’autant plus qu’un gros semi-rigide arrive avec des sacs de nourriture. Les cochons se précipitent, les plus gros mettent sur 2 pattes avant sur les boudin, moins pour monter à bord que pour accéder en primeur aux croutes de pain…
    Nous rentrons à bord, peux convaincus par les cochons-nageurs…cela dit, ils sont très propres!!
    Le lendemain, nous Quittons Staniel après y avoir passé 3 nuits, direction le Nord toujours : nous sommes aux portes du « Exumas Land and Marine Park », le parc naturel dont tout le monde vante la beauté.
    A suivre….
  • Bahamas -1- Les îles du Sud

    Bahamas -1- Les îles du Sud

    Nous y voilà, aux Bahamas, dernière escale tropicale de notre tour du monde, et dont nous attendons beaucoup. Nous avons en effet rushé en remontant l’arc Antillais, afin de préserver au moins 6 semaines pour la découverte de l’archipel :  700 îles, dont seulement 20 sont habitées toute l’année. Les voiliers canadiens viennent y passer l’hiver en quête de soleil et de chaleur, un peu aussi les américains, mais très peu d’autres nationalités qui naviguent plutôt dans les Antilles. Cela nous intrigue un peu, et nous avons hâte de nous faire une idée sur ce bassin de navigation dont nous soupçonons qu’il soit largement méconnu des Européens.
     
    A l’entrée dans les Bahamas, notre premier contact avec la civilisation sera le survol de Moby par l’hélicoptère des US Coast Guards Cela donne le ton : les Bahamas sont sous la coupe des USA, en ce qui concerne au moins la surveillance de leurs frontières!
    Nous avons fait notre clearance tôt le matin à Mayaguana, et sommes repartis aussitôt vers Crooked Island où nous attendent mes parents, qui ont loué un Lagoon au départ de Marsh Harbour (Abacos), skippé par Sylvain.

    Nous avons prévu une navigation en tandem de 2 semaines dans les iles du sud des Bahamas. En fin de journée, nous traversons un petit détroit entre les « Plana Cays » : ces îles ne sont guère plus que de longs bancs de roches et de sable plantés de tout petits palmiers. 
    la variété : le Thatch Silver Palm, qui ressemble en miniature au Vacoa des Mascareignes. Endémique des Bahamas, il est  utilisé pour faire des toit de palme, comme son nom l’indique, mais aussi pour divers objets de vannerie, ceintures, paniers, objets de décoration….
    Sur l’horizon, de très haut souffles montent dans les airs. Nous pensons tout d’abord à des baleines, mais ce sont en fait des rochers « souffleurs ».  
    Nous visons une arrivée de nuit à Landrail Point, au Nord-Ouest de Crooked Island, l’île principale des Atcklins. Un phare yest censé baliser l’entrée, mais il n’est pas en opération…
    Mais la baie offre une entrée franche, et nos cartes Transas (i-sailor) sont comme toujours très précises, nous donnant une large zone de fond sablonneux dans 5m d’eau…juste à côté du bateau de mes parents.

     

    Au réveil, nous découvrons des fonds d’une clarté incroyable, et d’une couleur turquoise à nulle autre pareille.

    Il fait chaud, très chaud : nous installons la voile d’ombrage les enfants s’y installent … pour travailler! Je vous assure, Victor bosse son français, et Anna fait de la lecture.

    Loïc lance le drone, et nous découvrons l’île de Crooked vue d’en haut,

    la mouillage de Landrail

    C’est vraiment magique de pouvoir visiter l’arrière pays par les airs!

    le mouillage de Landrail, et le phare de Bird Rock au loin
    Pour fêter nos retrouvailles familiales, nous allons tous au resto! Les enfants se sont mis sur leur 31 pour les retrouvailles avec leurs grands-parents.
    Nous accostons dans un petit port creusé dans la roche. 
    A Landrail, nous découvrons une petite communauté Bahaméenne fort restreinte : une épicerie, un resto, un poste de police…
    En marchant vers le restaurant, nous découvrons le « village ».
    L’île a été ravagée par le cyclone Joaquim, en octobre 2015, qui a inondé 75% des habitations, détruit la centrale électrique, et ravagé une cinquantaine de maisons… Aujourd’hui, il reste moins de 200 habitants, répartis dans plusieurs petits « settlements »;  les autres ont fui pour trouver travail et habitation ailleurs.
    La reconstruction est longue, très longue, et les dégâts encore très nombreux :
    L’ancienne station service est inutilisable : dommage car elle était pratique aussi pour les bateaux.Il y a un projet de reconstruction à quelques mètres de là, mais à l’arrêt.
    la dalle de la future station service 
    Les maisons qui sont encore habitées sont par contre particulièrement pimpantes. 
    Au resto, nous nous régalons et découvrons les spécialités locales : langouste rôtie, thazard en légère friture,  l’incontournable « mac’n’cheese » (gratin de macaroni, prononcer « maquenne-tchise »), poulet mariné, riz aux haricots, salade de haricots verts : tout est frais, délicieux, fait-maison et local!
    En marchant sur la route, nous sommes survolés par un tout petit avion : il nous faudra aller visiter la piste qui se trouve non loin du village; 
     
    En fin d’après-midi, Loïc part avec Victor et Arthur plonger en apnée sur le tombant, qui descend de 5 à 200m en quelques mètres seulement. 
    Là, ils se font surprendre par un requin particulièrement agressif qui les charge à 3 reprises, visiblement mécontent de voir des humains sur son terrain de chasse. Heureusement, il n’a pas idée de les croquer, seulement de les intimider : sans doute les prend-il pour des prédateurs concurrents, ce qui fâche, non? Tous 3 se replient avec calme et rapidité, palmant à reculons vers l’annexe, en restant groupés serrés. Ils se souviendront longtemps de cette charge inopinée.Des émotions pareilles, ca soude une famille!

    En toute fin de journée, nous allons explorer la plage, très sauvage. Tout le long, nous observons des maisons, dont presque toutes sont détruites et à l’abandon. 
    Au nord de l’île, sur un ilot, le phare de Bird Rock est impressionnant de stature, il date de 1876. 

    Tout au bout de la plage, la piste d’aviation! Fréquentée par des pilotes-propriétaires américains et canadiens, qui viennent pour la pêche, en particulier la très confidentielle et très select pêche au « Bone fish » sur les « flats », ces grandes étendues d’eau sablonneuses et peu profondes dont Crooked Island regorge. C’est une pêche à la mouche sportive de « catch and release » (le bone fish n’est pas réputé pour la finesse de sa chair, il est très difficile à préparer), très populaire chez les américains du sud.

    Deux pêcheurs à la mouche en route vers les Flats, dans leur tenue typique « camouflage des sables »

    Un jeune homme vient nous accueillir et nous propose de faire avec lui le tour du propriétaire. L’occasion pour nous de nous familiariser avec l’accent Bahaméen qui est très particulier. Les installations aéroportuaires sont sommaires :

     un beach bar, particulièrement bien placé,quelques quelques bungalows dotés de chambres, une salle de restaurant et c’est tout!
    Plus loin, un projet de marina a été abandonné : la maison du propriétaire, un américain, a été détruite,et la reconstruction n’a pas encore eu lieu…. quand à parler de développement, ce n’est surement pas pour tout de suite. L’île de Crooked est très basse sur l’eau, et particulièrement vulnérable aux cyclones : la montée des eaux barométrique y fait des dégâts impressionnants.
    En longeant la plage au retour, nous passons devant la ruine de cette jolie maison.
    L’arbre à coté, qui ressemble fort à un filaos n’est pas en meilleur état…
    Anna et moi ramassons des gorgones, qui jonchent la plage par centaines : vertes, roses, violettes, jaunes, marron….
    Une fin de journée paisible à profiter de la plage, de la nature

    et du soleil qui se couche. 
     
    Nous appareillons pour French Wells, un mouillage tout au sud de Crooked.Nous passons sur un banc de sable peu profond. Les garçons surveillent le fond. Difficile d’évaluer à vue d’oeil la profondeur tant l’eau est claire!
    Nous sommes tous sous le charme de ce « turquoise » si particulier des Bahamas. Je mitraille, et me donne comme objectif de « capturer » les 50 nuances de turquoise. 
    Le Lagoon 42 loué par mes parents a un peu plus de tirant d’eau que nous, nous lui avons ouvert la route 
     
    Ils sont très contents de leur bateau,qui bien que petit, est remarquablement habitable, en particulier la cabine propriétaire,

    et dispose d’espaces à vivre particulièrement réussis. En terme de performance, ca n’est évidement pas une bombe… mais il a de bons moteurs! ll faut bien ça pour pouvoir suivre Moby, véloce dans le petit temps….
    Nous mouillons dans des eaux cristallines.
    La plage est très belle et le sable d’une douceur….
    Le site est très sauvage, inhabité, les eaux turquoises,Petite curiosité : un vieux puit, toujours praticable! De l’eau douce donc, venant de nappes phréatiques. Ces puits sont très courants aux Bahamas, pratiques pour le ravitaillement des bateaux, ils étaient dans l’ancien temps des étapes incontournables. J’apporte ma bassine et en profite pour faire des lessives de serviettes!
    Et derrière la plage,

     la mangrove s’avère accessible en annexe via un canal naturel.Nous partons pour une belle ballade naturaliste

    au coeur de la mangrove,
     
    L’eau est peu profonde, mais d’une clareté….
    Nous dérangeons un petit requin nourrice venu trouver refuge dans les méandres. 
    Le coucher de soleil est hypnotisant, la plage magnifique, il n’y a pas de vent : c’est le site idéal pour faire un feu!
    Papily et les enfants ont préparé les branchages avec l’aide précieuse de SylvainNous prenons l’apéro sur la plage. Les enfants nous ont aussi fabriqué une table en pierre et Sylvain des sièges en vieux cordage de marine
    Les enfants sont tellement heureux de pouvoir partager avec leurs grands parents cette vie de plein air qui leur plait tant. Le lendemain, nous partons un peu plus au sud pour Long Cay. 
    Au petit déjeuner, nous faisons des crêpes! Je n’ai pas emporté mon Bilig (nom breton de la crêpière traditionnelle en fonte électrique), il est resté à la maison…  mais une simple poêle à crêpe anti-adhésive dépanne. Nous faisons aussi des crêpes blé noir, le repas préféré des enfants, quand nous trouvons du sarrasin, que j’ai bizarrement eu un mal fou à trouver aux Antilles françaises, alors qu’en Polynésie et à la Réunion, sans problème!

    Côté pêche, ca n’est pas un succès : dès que nous attrapons un poisson, il sert d’appât aux requins, qui le croquent d’un coup de dent…

    ce qu’il reste de sa bécune dans les mains de Sylvain…
    Loïc lance le drone, et cette fois, c’est Anna qui pilote! Très concentrée… 
    Nous voulons prendre de belles photos de Moby, car c’est décidé, nous le mettons en vente. Sans regret, car il nous aura permis de réaliser notre rêve : un tour du monde à la voile en famille. Mais d’ici quelques mois, nous reprendrons nos vies de terriens, le travail, l’école, le jardin, et n’aurons pas usage d’un bateau de grand voyage. Nous espérons que Moby aura un nouveau propriétaire qui continue à naviguer longtemps…
    Nous continuerons bien sur à naviguer sur les bateaux de la famille, les enfants à faire de la voile légère, et nous aurons peut-être un day-boat pour profiter des beaux jours en famille?
    Mais le virus du voyage nous a piqué, et nous repartirons un jour en bateau, pour continuer à explorer à la voile cette planète qui est si belle, à la découverte de ses habitants, nos frères humains : « Tous pareils, tous différents! »
     
     

    A Long Cay, nous sommes mouillés tout proches du village d’Albert Town.

    Vers le Sud de Long cay
    vers le Nord de Long Cay

    Là encore, c’est une longue plage de sable blanc, de l’eau turquoise, mais on ne s’en lasse pas….

    Albert Town a été un des plus gros villages des Bahamas du temps de la marine à la voile, jusqu’au milieu du 19ème siècle  avec près de 2000 habitants : c’était en effet un port d’entrée aux Bahamas, stop idéal pour les voiliers, le port disposant d’un accès aisé à la voile, d’une rade abritée sous le vent de l’île et d’une bonne profondeur.
    Du jour au lendemain, avec l’avènement de la marine à vapeur, le village est devenu fantomatique, puis carrément désert avec aujourd’hui seulement… 12 habitants.
     
    Albert, c’est aussi le nom de mon papa : il FAUT aller à terre y faire un tour.
    Nous débarquons sur la plage, le quai est impraticable. 
    Nous croisons nombre de ruines, de maison abandonnées, les ruelles sont désertes…
    Une habitante qui était sur le pas de sa porte nous aperçoit, et nous salue. Les visiteurs sont rares, et elle nous fait les honneurs de l’église : détruite par un cyclone…. Curiosité : elle n’a été reconstruite que partiellement :

     seul un des bas-côtés a été rebâti
    Nous nous enquerrons du prêtre : il ne vient que très rarement officier.

    Un autre habitant vient à notre rencontre. Justin veut que nous immortalisions la rencontre,en particulier avec Albert, en visite à Albert Town!

    Justin et Albert

    Il nous offre des vestiges du temps passé : d’anciennes bouteilles en verre.

    En rentrant au bateau en annexe, nous longeons encore quelques maisonnettes en ruines : quelle tristesse de savoir que tous ces habitants ne reviendront plus. C’est une des tristes réalités des îles extérieures des Bahamas : quand elles sont touchées par un cyclone, de très nombreux habitants décident de ne pas reconstruire, et d’aller plutôt tenter leur chance ailleurs, dans le nord, sur des îles plus touristiques et densément peuplées. Ainsi, les « Outer Islands » se dépeuplent inexorablement au gré des cyclones.
    Le soleil se couche sur Albert Town….
    Nous quittons le groupe des Atcklins pour rejoindre Long Island, via le Crooked Passage. Nous atterrissons à Little Harbour, un curieux petit port naturel de la côte au vent : une échancrure rectangulaire parfaite dans les terres, fermée par deux petites îles, et ouverte sur une passe. Nous n’avons que l’embarras du choix côté plages, et nous décidons pour le tout petit banc de sable qui borde l’îlot fermant la baie. Ce sera notre plage « privée » pour la journée. Skimboard, snorkeling,

    chateaux de sable…..
    Quand nous appareillons le lendemain, nous apercevons drossé à la côte une ancienne épave, de ce qui a dû être un très grand bateau.
    Nous faisons escale à Clarence Town, qui sur la carte ressemble à un gros village et où nous espérons faire un avitaillement de produits frais. Papily et Mamily partent à terre avec leurs sacs…. et ne reviennent à la nuit que plusieurs heures plus tard. Nous commencions à être inquiets. N’ayant pas trouvé ce qu’ils voulaient dans la boutique du village, la patronne leur propose de faire le « taxi » pour eux jusqu’au supermarché le plus proche….. Tope-là! Sauf que le commerce se trouve en réalité à une petite demi-heure de distance en pick-up sur une route défoncée….Le dos de Papily se souvient encore des cahots de la route et de la conduite sportive de sa conductrice… Ils reviennent 2 heure trente plus tard chargés de victuailles, produits frais et savoureux, encore sous le charme de l’hospitalité et de la gentillesse des Bahaméens.
    Pendant ce temps-là, nous sommes à la plage avec les enfants
     ballade en amoureux, skimboard, chateaux de sable…

    Nous retrouvons nos amis de Luna Bay II, Un Outremer 45 avec 3 enfants à bord : Théotime, Charline et Léonie ont à peu de chose près le même âge que Victor, Arthur et Anna. Nous les avons croisés plusieurs fois, et avons enfin le temps de bien sympathiser autour d’un apéro : les parents dans le cockpit autour d’un ti-punch, et les enfants sur le trampoline à faire les fous!
    Au petit dèj du lendemain, un bon pain de mie grillé, fait maison dans notre machine à pain. Nous en sommes très contents, depuis qu’ Alexandre nous l’a offerte à l’île Maurice. Nous y faisons du pain, du pain de mie, des brioches, mais aussi des cakes au chocolat, au yaourt, aux pommes, des financiers…. et même du gateau breton!
    Cette fois-ci, c’est Arthur qui pilote le drone : décollage, vol, et atterrissage. Il n’a pas voulu faire de photos, seulement un film!
    Nous sommes à Rum Cay, dans la baie de Flamingo, une superbe plage, et encore une fois, nous ne sommes que 2 bateaux au mouillage; Après avoir exploré presque toute la baie à la recherche d’un bon mouillage, nous revenons mouiller près de la passe : c’est le seul endroit sans patate de corail. Le snorkeling en revanche est très prometteur, avec tout ce corail. 
    Là encore, sable blanc fin comme de la farine, des kilomètres de plage où nous prenons l’habitude de nous balader en fin de journée, du skim pour les garçons,

    on ne s’en lasse pas.
    Nous partons faire un snorkeling dans le nord du récif,près d’une épave.

    Les coraux  Elkorn sont majestueux.
    Nous croisons quelques gros spécimens, de mérou, de requin nourrice aussi…mais l’animal est craintif, et nous tourne le dos.
    Puis nous retournons le lendemain à Long Island, tout au nord, dans la jolie baie de Stella Maris. Nous nous arrêtons en mouillage de jour dans une petite baie adjacente, très sauvage. Nous déposons Papily et Mamily sur leur petite plage personnelle. C’est merveilleux de profiter de ces plages calmes et peu fréquentées. Encore du bleu turquoise intense, du sable blanc à faire mal aux yeux, et de petites grottes.
    Nous irons en fin d’après-midi explorer Galliot Cay, et en particulier le petit village de Seymours, à travers un méandre de mangrove,
    que l’on parcourt en annexe, le long de grottes, jusqu’à un petit pont  doté d’un ponton
    En fait de village, il ne s’agit que d’un « settlement » comme on appelle ici ces regroupements de maison. Pas vraiment de commerces : un barbier, une location de « cottages », et c’est tout. Une vieille dame sort de sa maison pour nous saluer, et papoter. Ancienne postière à Nassau, elle est revenue passer sa retraite dans la maison familiale, et améliore ses fins de mois en tressant des feuilles de palme pour en faire des paniers, des ceintures, typiques de l’artisanat Bahaméen.
    Demain, nous quittons les Bahamas du Sud pour entrer dans les Exumas, chapelet d’îles et d’îlot magnifiques, où la navigation se fera par sauts de puces, et où nous attendent de magnifiques snorkeling, des centaines de petites plages, des épaves d’avions et de bateaux, des grottes sous-marines, des cavernes semi-immergées, des iguanes, des cochons nageurs….à suivre….
  •  Sur les traces d’Irma à St Barth, St-Martin, aux B.V.I.  

     Sur les traces d’Irma à St Barth, St-Martin, aux B.V.I.  

    Nous continuons notre remontée de l’arc antillais, et nous dirigeons vers des îles durement touchées en septembre dernier par le cyclone Irma. Nous avons suivi le désastre de très près, par l’intermédiaire de nos amis Pierre et Marie, installés à St-Martin depuis quelques années, avec leurs 3 enfants. Ils ont vécu le cataclysme, et s’en sont sortis indemnes, mais secoués.
    Beaucoup de plaisanciers et de touristes cette saison éviteront ces îles, leur préférant des escales plus paisibles.
    Irma, le 06 septembre 2017, au plus fort

    Nous-même ne devions pas nous y arrêter cette année, car nous y avons fait de longues escales il y a deux ans, lors de notre passage aux Antilles. Mais nous avons finalement décidé d’y passer, même rapidement, pour plusieurs raisons :

    • tout d’abord parce que ces îles sont désertées par les touristes, et que nous souhaitons apporter notre petite contribution, si modeste soit-elle, à la reconstruction
    • pour témoigner aussi, via notre blog, montrer les dégâts, et aussi la reconstruction en cours
    • pour y voir Pierre et Marie bien sûr!
    • mais aussi car c’est là, entre St-Barth et St-Martin que nous bouclons notre tour du monde. Un symbole fort, qu’il nous tient à coeur de célébrer avec nos amis.
     
    Nous n’avons qu’une semaine en tout à consacrer à ces 3 escales, car nous sommes attendus dans moins de deux semaines aux Bahamas, que nous avons prévu d’explorer pendant 1 mois et demi, avant avant notre transat retour en France.
     

    SAINT-BARTHELEMY

    Nous arrivons à St-Barth en fin de journée, après une petite nav’ de jour bien agréable.
    L’émotion est là, nous recoupons à l’instant notre sillage, et bouclons ici, à St-Barth, devant ce rocher des Gros Ilets, notre tour du monde en famille.

    Partis de la Grande Motte en février 2016, nous sommes arrivés aux Antilles en mars 2016. Aujourd’hui, le 27 mars 2018, 2 ans et 9 jours nous séparent de ces deux photos.

    Moby au mouillage à St-Barth, mars 2016

    Nous fêtons cela par un bon repas en famille, et une bouteille de champagne, mise au frais pour l’occasion!

    Nous sommes tous les 5 très émus, en réalisant le temps et les milles passés en 739 jours et 41 800 NM. 
    Le matin, nous observons les dégâts : si le centre ville et les commerces semblent reconstruits, de nombreuses maisons sont encore en ruines, et surtout, la végétation a grise mine.

    En revanche, les méga yachts sont de retour, tel celui du milliardaire russe Ibrahamovitch, propriétaire d’une villa sur l’île. Son yacht, Eclipse, fut pendant quelques années le plus grand yacht privé du monde, avec ses 163m, 2 piscines, deux héliports, un mini sous-marin, un bouclier de défense anti-missile, un pont blindé et des fenêtres pare-balles. Nous immortalisons la trappe latérale à joujoux, où se rangent les annexes. 
     
    Nous ne restons malheureusement pas à St-Barth, car nous sommes attendus à St-Martin pour le week-end.
     

    SAINT-MARTIN

    A l‘approche des côtes, nous sommes un peu fébriles, car nous aurons bientôt sous le yeux les dégâts d’Irma, ce cyclone de classe 5 qui a ravagé le nord des Antilles en septembre 2017. Ce fut le plus puissant cyclone enregistré en Atlantique depuis 1980. Il aura causé de nombreuses victimes, et des dégâts matériels colossaux à Barbuda, St-Barth, St-Martin, Anguilla, les îles Vierges , les îles les plus durement touchées, mais aussi Porto Rico, la république Dominicaine, Haïti, Cuba et la Floride.
     
    Lorsque nous arrivons à Saint-Martin, c’est un paysage de désolation qui s’offre à nous. 
     
    L’île est rasée, la végétation qui a survécu est terne, affaiblie, les collines arides. 
    Les hotels et résidences de la côte sont éventrées, il ne subsiste aucune fenêtre. 
    Les restaurants de plage ont été rayés de la carteet la baie Orientale offre un paysage inédit : une large bande de sable, là où s’alignaient les restaurants….

    6 mois après le passage du dévastateur cyclone Irma, les plages ont été nettoyées, et réinvesties par les habitants qui viennent y passer leurs week-end et leurs soirées ;Les touristes par contre ne sont pas revenus cette année. Les tour opérateurs américains et canadiens ont blacklisté la destination. Les habitants pourtant sont là, les plages aussi, mais puisque «  l’offre touristique » a disparu, le touriste déserte aussi… Plus de bars de plages, de petites boutiques, de location de jetski ou de plongée bouteille.
     
    En quelques mois, la vie a repris sur l’île : les routes, aéroports et marinas sont praticables, les stations services, supermarchés, pharmacies etc…. sont opérationnelles à 100%.
    Les restaurants de quartier et les sociétés de service rouvrent petit à petit. Tous n’ont en effet pas encore touché l’argent de leur assurance, et les autorisation de réouverture préfectorales sont données au compte-goutte. Les autorités sont en effet soucieuses de la qualité de la reconstruction, qui nécessite un bon assainissement, des canalisations en état, un traitement des déchets etc…

    C’est ainsi qu’à Grand Case, haut lieu de la vie nocturne de St-Martin, seul un restaurant a réouvert….

    Un seul restaurant ouvert à Grand Case

    La rue principale, qui était bordée de restaurants, bars et boutiques le long de la plage sur plus d’un kilomètre n’est que ruines.AVANT

    Grand Case avant le cyclone, en mars 2016

    APRES

    Grand Case après le cyclone, en mars 2018
    Beaucoup ont tout perdu à Grand Case, et tous ne vont pas reconstruire ni réouvrir leurs commerces.
     
    Nos amis Pierre et Marie ont vécu le cyclone, avec leurs 3 enfants et une autre famille amie, à l’abri dans une maison disposant d’un plafond en dur, et qui a bien résisté. Ils ont eu très peur, et s’en sont sortis indemnes mais marqués. La bonne nouvelle est que leur propre maison, malgré son traditionnel toit en bois et tôle, n’a pas subi de gros dégâts. Mais le réveil a été rude. Les dégâts et les pillages qui s’en sont suivis étaient tels qu’ils ont du se résoudre à rentrer passer quelques mois en France : sans eau, ni électricité, ni gaz pour cuisiner, sans nourriture et sans carburant pour se déplacer, sans travail et sans école, il était raisonnable de se rapatrier, en attendant que les activités reprennent. L’ironie est qu’il ont passé une partie de leur hiver breton… dans notre maison, que nous leur avions prêtée, car elle  était inoccupée l’hiver. Et mon petit doigt me dit qu’ils ont vécu là encore, quelques grosses tempêtes…
    Toute la famille est rentrée à St-Martin début janvier, pour y reprendre le travail et le chemin de l’école!
     
    Quand nous arrivons à la Baie Orientale (B.O.),

    Pierre arrive nous accueillir en SUP.
    Nous passons le week-end à nous raconter ces deux années passées, intenses pour les uns comme pour les autres, et à penser l’avenir : pour eux la reconstruction à St-Martin, pour nous le retour à la vie de terriens.
     
    Nos enfants ont tous les 6 des âges comparables, se connaissent et ont plaisir à se retrouver. 
     

    Anna et Rose s’apprêtent à aller explorer les fonds sous-marin de la baie Orientale.

    Anna et Rose

    Après le cyclone, toutes sortes de débris s’y retrouvent, comme ce tracteur, inhabituelle épave, qui prouve les forces du cataclysme!

    Un peu plus loin, je trouve un conteneur à poubelles. Mais aussi beaucoup de débris, morceaux de toit, chaises longues, parasols….

     

    Nous dégotons aussi quelques bouteilles : whisky, Jet 27, champagne, rosé, vin blanc….. car  la plage de la B.O. était jalonnée de restaurants de plage, paillotes etc… tous disparus. Pas sur que tout cela soit buvable, il va falloir faire une soirée dégustation!

    la « pêche » du week-end
     
    Ce soir, nous fêtons nos retrouvailles,

     mais aussi notre tour du monde, que nous avons bouclé la veille à St-Barthélémy.

    Moby arrivant à la Baie Orientale, 2 ans après notre premier passage à St-Martin

    Il y a deux ans, c’est aussi avec Pierre et Marie que nous fêtions l’arrivée de notre transat : Lanzarote-St-Martin en 14 jours.

    En mars 2016, nous fêtons notre arrivée de transat à Tintamarre avec Pierre et Marie

    Lundi matin, nous appareillons à l’aube pour Marigot, afin d’effectuer un gros avitaillement.

    2 gros caddies remplis au Super U
    En effet, nous mettons cap sur les Bahamas pour 6 semaines de navigation dans des îles souvent sauvages, peu habitées, où l’avitaillement sera problématique.
     
    Là encore, le cyclone a laissé des marques : de nombreux bateaux sont démâtés, d’autres coulés, y compris des yachts de plus de 30m, retournés comme des crêpes dans le port. Les chiffres de l’industrie nautique ont annoncé pour St-Martin 1000 bateaux lourdement endommagés, et 500 réduits à l’état d’épave. Les travaux de renflouement se poursuivent.
     
    La marina de Fort Louis est de nouveau opérationnelle. 
    En ville, à Marigot, beaucoup de commerces sont encore fermés, en particulier dans les petites rues.
    Nous sommes aussi interpellés par l’état des voitures qui circulent,

     cabossées, bringuebalantes…. Il apparait que les experts sont débordés.
     
    En quittant St-Martin, nous ne pouvons nous empêcher de faire un comparatif avant-après, avec les photos d’il y a 2 ans :
    • celles de la décharge sont explicites
      la décharge en mars 2016

      la décharge en mars 2018,

      Le volume des déchets a au moins été multiplié par 5, si ce n’est plus.

    • cette baie aussi, qui était bordée de magnifiques villas:
      Les 6 villas noyées dans la végétation, en mars 2016

      n’est plus que l’ombre d’elle-même.

      les mêmes villas en mars 2018, après le passage d’Irma,
     
    Nous quittons St-Martin un peu tristes en nous disant que l’on est peu de chose face à la force des éléments. La nature se remet vite, mais les oeuvres des hommes beaucoup moins. 
     
    Notre prochaine escale aux îles Vierges Britanniques nous le confirmera.
     

    Les British Virgin Islands (B.V.I.)

     
    L’archipel est lui aussi dévasté, mais la reconstruction bat son plein. Il faut dire qu’ici, le tourisme est plutôt haute gamme, avec des villas de propriétaires et peu de grands ensembles.
    Nous sommes même étonnés de voir autant de belles maisons, comme neuves : elles viennent sans doute d’être rénovées.
    D’autres sont comme soufflées, ne restent que les murs,
     
    Et certaines sont réduites en débris.

    Nous arrivons en vue de Necker Island, l’île de Richard Branson,

    qui met les moyens de la reconstruction.
    Loïc va faire les formalités à Spanish Harbour, et remarque tous ces bateaux aux secs : certains sont très endommagés, d’autres simplement posés sur leur coque, sans ber.

     
    Les enfants attendent avec impatience d’aller se baigner aux Baths, la mythique plage de Virgin Gorda. Nous sommes déçus d’apprendre que le débarquement à terre est interdit, à cause de fortes houles attendues dans la nuit et le lendemain.
    Nous n’aurons pas accès au parcours aquatique que nous aimons tant, entre roches et mer, et qui est sans doute dangereux ces jours-ci.
    Nous irons nous faufiler tout de même par la plage la plus éloignée

    et nous balader à terre sur la plage.

    Comme partout ailleurs, les villas sont soit très pimpantes, et donc récemment réparées, soit ravagées,


    ou en pleine reconstructionLa végétation a elle aussi souffert.

     
    Plage et roches n’ont pas bougé….Les garçons s’amusent en Skim.
     
    Anna et Arthur ont trouvé un filon de sable volcanique noir et fin comme de la suie!
     
    Les petits cactus ont survécu. les gros aussi
     
    La houle permet à Victor de belles acrobaties. Il faut dire que les conditions de houle sont au top.
     
    Loïc, prévoyant, nous a apporté l’apéro à la plage.
     
    Nous partons le lendemain pour White Bay, à Guana Island.
     
    En route, nous ne croisons que peu de voiliers : quel contraste avec il y a 2 ans, où le plan d’eau était sillonné de centaines de bateaux de charter. Depuis, les BVI ont perdu 80% de leur flotte de location. Seuls quelques cata à moteurs sillonnent la zone. C’est l’année ou jamais pour naviguer tranquille aux B.V.I.!
    Quelque bateaux de propriétaires sont là. Quelle classe!

    Ce magnifique yacht à l’ancienne navigue avec… son petit day-boat quillard, pour la balade. Comme il doit être agréable de se balader ainsi à la voile au mouillage!
     
    En longeant la piste, nous découvrons de très nombreuses épaves, signe que tout n’a pas été renfloué.
    Une plage a été aménagée pour les touristes, avec des installations provisoires : paillottes, roulottes, bars de plage, transats et parasols…. 
    Nous restons dans les îles extérieures, car nous attendons une fenêtre météo pour naviguer vers les Bahamas.

    Nous arrivons à Guana Bay.
    La plage est sublime, et les pélicans chassent devant nos yeux.
     
    Les garçons glissent en skim pendant des heures, et ne s’arrêteront qu’épuisés de fatigue.
    Derrière la plage, le terrain est en friche, les habitations ont été rasées et la reconstruction a commencé.
     

    Nous appareillons le lendemain pour les Turks & Caicos puis les Bahamas, qu’il nous tarde d’explorer!

    Victor aide à hisser la grand voile

    Dès les premiers milles en mer, les dauphins nous accompagnent,

    Ils jouent autour de Moby, particulièrement bondissants! C’est leur façon de nous dire au revoir et à bientôt…

     
  • Carte postale d’Antigua

    Carte postale d’Antigua

    Nous nous réjouissons de découvrir une nouvelle île des Antilles anglaises, que nous ne ne connaissons pas pour une fois, ou à peine, car j’y ai fait un rapide passage il y a quelques lustres… J’en garde un vague souvenir de dépaysement et de villages colorés. Nous arrivons comme toujours sans guide et sans a-priori, avec en tête ce que nous avons pu en apprendre par le bouche-à-oreilles : de belles plages de sable blanc, un tourisme plutôt haut de gamme, de magnifiques yachts… On nous a aussi donné les coordonnées d’un beau mouillage sauvage sur la côte au vent.
     
    Notre arrivée se fait par English Harbour, port naturel et site historique de la Royal Navy au XVIIIème siècle, d’ou les navires partaient attaquer la flotte française des Caraïbes.Nous ne nous attendions pas à un tableau aussi enchanteur! L’arrivée se fait via les « Colonnes d’Hercules », une curieuse formation géologique due à l’érosion. Nous découvrons également les ruines du fort Berkeley, sur une petite péninsule qui ferme le port. 
    En entrant, se dévoile une jolie petite plage, Free Man Bay. Le mouillage est assez encombré, mais nous sommes chanceux : deux bateaux partent, et nous laissent une belle place devant la plage.
     
    L’accueil à l’immigration n’est pas des plus chaleureux, c’est dommage, car la première impression, ça compte! Nous avons également la mauvaise surprise d’apprendre qu’en plus des taxes usuelles, nous aurons à nous acquitter à la sortie du territoire d’une somme de 60$ par enfant de moins de 12 ans, qui ne sont pas considérés comme des membres d’équipage, mais comme des passagers.
    C’est la seule escale de notre tour du monde qui pratique cette différence subtile : de là à croire que les enfants ne sont pas les bienvenus…
     
    Nous passons l’après-midi à explorer la plage en famille.
    En fin de journée, Loïc et moi partons en amoureux explorer la marina et le port naturel d’English Harbour : c’est un site étonnant, entre mangrove et chantier naval, restaurants chics
    et marina de super-yachts. 
    Notre regard croise aussi « Lucky Strike », ce très racé trimaran sur plan Newickde 49′ que Loïc trouve très joli, et qui lui rappelle « Fine Pitch », le plan Newick de notre ami Hervé sur lequel il avait eu la chance de naviguer à l’île Maurice.  Nous avons d’ailleurs passé une bonne partie de l’après-midi et de la soirée à regarder les yachts classiques entrer et sortir du port. Ils se préparent pour la semaine d’Antigua, qui a lieu fin avril et attire marins et bateaux du monde entier. 
    Certains sont vraiment fascinants d’élégance. Tel Svéa, le tout dernier Class J « moderne » produit, des lignes des années 30, gréé comme un maxi moderne, des matériaux nobles : nous venons de lire un grand article sur cette incroyable unité dans Supersail World.Nous laissons notre annexe au fond du port, et après 200m nous retrouvons de l’autre côté de la presqu’île, à Falmouth, la célèbre baie d’Antigua. 
    Ambiance British garantie
     
    La marina est encore plus impressionnante,

    avec son célèbre yacht clubses régates de monotype,

     et ses pontons pour mega-yachts. Nous nous arrêtons prendre un verre sur les docks et testons la spécialité locale : un cocktail à base de rhum et de « ginger beer », que nous sirotons en regardant les magnifiques bateaux. 
     
    Dans l’après-midi, nous avons fait la connaissance de deux familles françaises en tour de l’Atlantique : Pouplier et Punch Coco nous connaissent par notre blog, et viennent nous saluer. Nous avons en fait une connaissance en commun : Tamouré, catamaran de la famille plougonvelinoise que nous avons croisé aux Saintes.
    Les liens se nouent très vite, ils ont tous de jeunes enfants entre 2 et 10 ans.
    Nous passons la soirée à faire mieux connaissance au Nelson’s Dockyard, le site de l’ancien arsenal de la marine anglaise, et nommé en hommage à l’Amiral Nelson qui y a séjourné en début de carrière.
    Nous repartons déjà le lendemain, direction Green Island, qui nous a été recommandé comme étant l’un des mouillages incontournables et sauvages d’Antigua. C’est sur la côte au vent, nous contournons donc l’île par son Sud,

    et remontons la côte Est, longeant une côte rocheuse et semée de superbes maisons. 
    La côte est découpée, et émaillée de jolies petites plages. Nous arrivons à Green Island, devant une jolie crique sauvage, mais très fréquentée en journée :

    Les bateaux se succèdent qui déversent leurs touristes bruyants par dizaines. Il est de plus interdit de se promener à l’intérieur des terres, ou de passer d’une plage à l’autre à pied. Nous avons peine à profiter du site tellement il est fréquenté.
    Nous ne restons pas, et repartons le lendemain, contournant l’île par son nord, longeant les lagons : Là encore, villas et grands hotels.
    C’est en arrivant sur la côte Ouest, sous le vent, que nous retrouvons des plages sauvages et tranquilles,
    où nous serions bien restés.… Puis nous sommes rapidement à hauteur de la capitale, Saint-John, avec ses premiers signes de civilisation et d’industrie, mais aussi de beaux vestiges,de petits établissements sympathiques,et de nouveau, de grandes infrastructures,
    et d’autres plus modestesNous poussons jusqu’à Jolly Harbour, où nous passons la nuit et allons faire les formalités de départ le lendemain. Nous quittons Antigua avec le regret de n’avoir pas pu explorer plus l’île, en particulier ses petits villages, dans l’intérieur des terres. Mais nous sommes heureux d’avoir pu en faire le tour, et confortés dans notre choix d’avancer rapidement dans l’arc antillais.
  • Escale technique en Martinique

    Escale technique en Martinique

    Le Marin est une escale technique incontournable aux Caraïbes, d’autant plus depuis le passage du cyclone Irma qui a détruit une grande partie des infrastructures de St-Martin.

    Nous sommes tout de même surpris par le nombre de bateaux : entre la marina, les trous à cyclones, et la baie de Ste-Anne, plusieurs centaines de voiliers viennent faire escale pour quelques jours, quelques semaines ou plus.Il faut dire que le site offre dans un rayon de 2 milles nautiques tout ce qu’un plaisancier peut rechercher :
    • une grande marina avec services, laveries, commerces en tout genre, banque, poste…
    • une zone technique dotée de professionnels dans presque tous les métiers du nautisme
    • 2 trous à cyclones dans la mangrove, et pléthore de zones de mouillage
    • un spot de kite et de planche à la pointe des Boucaniers (où est installé de longue date Le Club Med)
    • une profusion de restaurants, bars, take-away, boulangerie etc…
    • 2 supermarchés : un qui livre à bord, et l’autre avec un ponton d’accès en annexe
    • la grande plage de Ste Anne, très fréquentée le week-end, mais agréable en semaine, parfaite pour la baignade et les jeux des enfants, avec ses « lolos » (restos de plage), ses vendeurs de glace et de maillots de bain
    • le petit village de Ste-Anne avec son marché artisanal du week-end, ses petits bars de plage, son épicerie, et ses restos branchés….
     
    Nous avions organisé quelques travaux, dont la révision des voiles et de l’enrouleur, avant la transat retour.
     
    Bref, un stop-technique inévitable comme nous en avons fait tous les 6 mois sur notre parcours, à St-Martin, à Papeete, en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Afrique du sud….
     
    Nous en profiterons pour explorer la zone.
     

    La plage de Sainte-Anne

    Nous commençons par mouiller devant la plage de Ste-Anne, un dimanche…..Pour notre petite famille de tourdumondiste habitués aux mouillages déserts de l’Océan Indien et de Polynésie, c’est un peu oppressant…. Nous parcourons la plage à pied, un peu sonnés par toute cette joyeuse agitation : il nous faudra quelque jours pour nous acclimater!
    Des jetskis par dizaines, la sono à fond,
    Les pirogues locales s’entrainent à régater
    Familles, touristes, groupe de retraités, tout le monde se retrouve le dimanche à la plage!
    Cette épave que nous avions repérée de loin nous intriguait; il parait qu’elle est là depuis des années…
    Le bar « tendance » de la plage, ambiance St-Trop : côté mer, on boit du rosé en maillot piedanlo sous les parasol, et côté plage, on se prélasse dans des transats
    Un peu plus loin, un groupe de plaisanciers anglo-saxons se retrouve pour une bière devant leurs annexes
     
    Nous reviendrons souvent dormir et nous baigner sur ce mouillage aux cours des 15 jours d’escale, pour profiter des superbes couchers de soleil du soir, et de la baignade du matin, à l’heure de la récré.
     
    Un soir, les enfants nous suivent en annexe au coucher du soleil, du Marin jusqu’à la plage.
     
    Les couchers de soleil sont magnifiques.
     

    Le village de Sainte-Anne 

    Pour nous mettre dans l’ambiance, nous partons au village de Ste-Anne fêter notre arrivée en Martinique avec un ti-punch bien local (sec et sans glaçons, hips!!) au coucher du soleil,  avec à l’horizon, le rocher du Diamant.
     
    Un petit détour par la supérette, par curiosité : le produit phare, en tête de gondole dès l’entrée du magasin, c’est le rhum en cubi!!
    Et il y a du choix!
     
    Samedi matin, c’est jour de marché au village de Ste-Anne : j’y vais pour les accras frits juste sous nos yeux, pour les fruits et légumes, mais aussi pour le punch fait maison vendu par les « doudous » très bonnes commerçantes! Après en avoir testé une bonne douzaine de différents ( à 11h30 du matin…. c’est tôt pour l’apéro), nous optons pour le punch-coco, aussi crémeux qu’un Bailey’s, et pour un « Shrub » , liqueur aux agrumes à la délicieuse amertume. Un petit café sur la plage finit de donner l’ambiance typiquement française sous les tropiques : c’est le meilleur des deux mondes!
     

    Le Marin

     
    Lundi matin première heure, nous sommes au mouillage au Marin, et déposons les voiles.
     
    Pour accéder à la zone technique il faut prendre un petit canal de mangrove, facilement accessible en annexe.
     
    Je profite de cette escale citadine pour faire le plein de fruits et légumes au marché, et d’épicerie au supermarché. Là, je suis surprise de voir que l’immense majorités des fruits et légumes « tropicaux » sont importés,
    •  de pays voisins ,
    • de partenaires commerciaux européens :
    • mais aussi de pays beaucoup plus lointains
      La mondialisation est passée par là. Et c’est récurrent tout le long de l’archipel antillais : les marchés sont correctement approvisionnés de produits locaux, vendus souvent plus cher qu’en grande surface, et les supermarchés importent tout, de loin, très loin, mais offrent des produits très compétitifs.
     
     
    Nous profitons de ces 2 semaines pour bosser tous les 5 à fond :
     
    • Loïc sur l’entretien de Moby : il répare lui-même les toilettes, la machine à laver, la pompe à eau, et d’autres menues bricoles .
    • De mon côté, je range et brique l’intérieur du bateau pour prendre des photos : nous préparons en effet la mise en vente de Moby, pour l’été prochain, après notre retour en France. Après 2 ans et demi de grand voyage autour de la planète, c’est sans regret que nous le verrons prendre la mer avec de nouveaux propriétaires ; notre vie de terriens reprendra son cours, avec d’autres projets. Et aussi l’envie de repartir, dans quelques années, quand les enfants seront grands pour un nouveau tour du monde!
     
    • Les enfants travaillent dur tous les matins, et même l’après-midi pour Victor : le programme du CNED de troisième est exigent et copieux. Pour Arthur et Anna, nous nous appliquons à travailler les fondamentaux : ici le jeu de la marchande, pour apprendre à additionner et à rendre la monnaie. Là, Arthur n’en a pas l’air, mais il révise ses tables de multiplication avec son papa…
     
    Nous croisons beaucoup de navigateurs arrivés de la « Transquadra ». Certains choisissent de faire rentrer leur bateau… en cargo!
     
    Jeudi soir au Marin, nous profitons du bateau-pizza qui est notre voisin de ponton ! Original : c’est un vrai restaurant avec son four à pizza installé à l’arrière du cockpit. Le bateau passe la semaine à grenouiller entre Le Marin et Ste-Anne, et assure même les livraisons au mouillage! Nous en profitons et nous régalons de lasagnes et pizzas.
     

    Trou à cyclones et Cirque marin

     
    En milieu de semaine, nous allons mouiller dans l’un des deux trous à cyclones du Marin, par curiosité, de découvrir ce site naturel, qui est très calme .
    C’est aussi parcequ’ il y a ce soir, au fond de la mangrove, un spectacle de cirque… sur l’eau!

    Une troupe menée par les équipages de 3 bateaux, qui se sont rencontrés au fil de l’eau, entre la Bretagne, les Canaries et les Antilles. Clowns, vidéastes, poètes, musiciens, acrobates, mimes… Nous découvrons le show avec plaisir!Et nous ne sommes pas tout seuls!
    C’est artisanal, et c’est leur première représentation! Nous sommes ravis de voir notre soirée illuminée par 2 heures de spectacle vivant, bon-enfant et tellement dépaysant!
     

    Les Salines

     
    Nous partons passer le week-end dans un site sauvage superbe, à 3 NM au sud de Ste-Anne : les Salines.
    Le temps est très calme, et nous mouillons en bordure de plage, derrière l’ilot Cabri. Nous passons un week-end enchanteur, à 30mn à peine du Marin. Tout seuls-ou presque.
    Nous explorons les 3 plages de la presqu’île :
    • Grande Terre, la plus sauvage,
    • Grand Anse, la plus animée, la plus aménagée aussi de restos, parking, jetskis etc…qui attire beaucoup de monde les week-end, et où nous ne restons pas,
    • et Petite Anse, une plage de naturistes, mais mixte, avec des touristes, des randonneurs qui dans la journée parcourent toute la presqu’île, de Ste-Anne à la Savane des pétrifications, en passant par les 3 plages des Salines.
     
    Nous quittons le Marin début mars, direction la Guadeloupe où nous rejoignons mon frère Thomas et son amie Sonia pour 8 jours de croisière en famille.
     
    Nous passons la nuit aux Anse d’Arlet, célèbres plages qui se trouvent sur notre route.
    Nous n’aurons pas le temps de nous arrêter comme prévu à la Dominique, ce que nous regrettons car l’île a une histoire à part aux Caraïbes et beaucoup à offrir : densément boisée, avec les plus hautes montagnes des Antilles, elle ne fut pas colonisée pendant les XVI et XVII eme siècle. Les indiens Caraïbes étaient trop agressifs, et l’île fut déclarée terrain neutre. Elle fut plus tard le refuge de nombreux esclaves « marrons », et finit par être occupée à tour de rôle par les français et les anglais, mais avec un peuple toujours très farouche et indépendant, qui obtint après l’abolition de l’esclavage en 1831 d’établir le premier gouvernement noir des Caraïbes. L’île obtint son indépendance en 1974, et reste à l’écart du développement touristique des Antilles ; elle a subi des cyclones ravageurs ces dernières années, mais offre des forêt primaires intactes, et de belles balades en rivière.
     
    Une autre fois…..
  • La mythique île des Pins, plus belle île du monde?

    La mythique île des Pins, plus belle île du monde?

    Bye-bye la Grande Terre! Nous mettons cap sur l’île des Pins, qui recèle une petite dizaine de mouillages tous plus paradisiaques les uns que les autres. Nous avons hâte de nous confronter au mythe!

    Nous commençons par explorer la sauvage baie de Gadji, difficile d’accès, et recommandée par plusieurs de nos amis Néo-Calédoniens, et aussi par Cool Runnings qui ont exploré l’île des Pins en Novembre dernier avant de rejoindre l’Australie. 

    Les premiers abords, ce sont de petits motus, au sable si blanc qu’il pique les yeux, et le pic N’ga qui se dessine au fond. 

    Nous nous arrêtons pour la nuit à Gadji, mais pas tout à fait dans le mouillage désiré : celui-ci n’est accessible qu’à marée haute, et idéalement en milieu de journée, quand le soleil est haut dans le ciel : il faut en effet slalomer à vue entre les bancs de sable et les patates de corail.

    La nuit tombe sur l’île des Pins, nous découvrons les pittoresques pins Colonaires, si photogéniques dans le soleil couchant. 

    Le lendemain, le ciel est dégagé : la marée n’est haute qu’en fin de journée, ou en tout début de matinée . Nous n’aurons donc jamais la combinaison idéale marée haute/soleil haut dans le ciel.Nous décidons alors de lancer le drone pour repérer notre future trace. Nous appareillons, le soleil dans le dos, pendant que Victor garde le drone opérationnel en vol lors ce petit trajet d’à peine 1 NM. Victor va le positionner à l’aplomb du passage le plus étroit, et nous précède de quelques mètres, nous donnant une belle image zénitale de la zone la plus étroite à passer.

    Nous découvrons un mouillage splendide, une piscine d’eau turquoise, des plages de sable blanc,

    quelques Pins colonaires,  des rochers photogéniques qui nous entourent. 

    des tortues,

    tortue

    Un peu plus loin, de grands bancs de sable bordent le rivage, 

    et le récif de l’île des Pins se poursuit au Nord.

     Nous sommes toujours tout seuls au mouillage, à part un bateau de plongée qui  s’arrête une fois par jour devant le même rocher pour laisser ses clients faire un plouf dans une eau couleur de piscine… Ou bien sont-ce les picines qui ont la couleur des fonds de l’île des Pins?

    En fin de matinée, nous partons explorer en snorkeling le récif, vers la fausse passe. Nous longeons à la surface un jardin de coral composé de curieux canyons, que nous avions repérés avec le drone. 

    le récif

    Les coraux sont plutôt jolis, les poissons pas très gros, mais nombreux. Nous croisons un assez gros requin de récif, un pointe blanche, curieux, qui vient nous voir, nous regarde en approchant à quelques mètres,

     

    puis repart tranquillement.

    Nous le reverrons à deux reprises pendant notre snorkeling. 

    Luxe inouï : nous bénéficions de notre plage personnelle! Les enfants se défoulent, et je pars en paddle longer le rivage. 

    Ajourd’hui est une journée spéciale : nous fêtons les 20 000 mille de Moby! Il nous en reste autant à parcourir, en 15 mois, pour boucler notre tour du monde!

    Anna a dessiné un plan du mouillage, et maman en short avec notre chien Lucky, qui lui manque tant!

    Le lendemain est encore plus spécial : c’est l’anniversaire du captain! 49 ans. Son cadeau, c’est un cheesecake citron vert, gelée de pamplemousse au combava, réalisé à sa demande par le chef cuistot!On se régale! Il déballe ses autres cadeaux : des dessins des enfants.

    Anna a dessiné un plan du mouillage de Gadji, et Maman en short avec notre chien Lucky, resté en Bretagne, et qui nous manque tant!

    Nous quittons Gadji le lendemain, car du vent est attendu, et qu’on ne peut rester dans ce mouillage que par très beau temps.

    Bye-bye Gadji!

    Nous ne perdons pas au change : dans la baie de Kuto, la plus touristique et la plus fréquentée de l’île des Pins, nous choisissons de mouiller devant la plage de Kutema. Nous sommes encore un fois tout seuls au mouillage et sur la plage, malgré le paquebot qui a mouillé pour la journée.

    A bord, des australiens, partis de Sydney ou Brisbane pour la semaine avec un programme serré : 2 nuits en mer, une nuit à Nouméa, une autre à l’île des Pins, et une autre aux ïles Loyauté.

    Nous débarquons et découvrons un sable d’une blancheur qui pique les yeux, fin comme de la farine…

    Les enfants s’éclatent dans les vagues du shore-break, Loïc et moi partons pour une grande balade à longer la plage, de plus d’un km de long. Les enfants ne veulent plus partir et ils décrètent l’endroit « LA PLUS BELLE PLAGE DU MONDE! »sable blanc, doux comme de la soie, jolis rouleaux pour se baigner, idéal pour le skim, végétation photogénique et personne d’autre que nous!!!

    Et les fins de journées sont tout aussi magiques.

    Après 2 jours de plage-baignade chateaux de sable, nous poussons 2 NM plus loin vers Kuto. Enfin un peu de monde! Il y a un hôtel, 5-6 voiliers de passage, et pour le we du 8 mai, à peine 3-4 bateaux de plus, venus de Nouméa.

    Ce n’est pas vraiment la foule non plus: nous avons au moins 200m de plage pour nous tout seuls. Les couchers de soleils sont très beaux. Je sais, c’est cliché, mais on ne s’en lasse pas. Alors j’en remet une, juste pour le plaisir…

    IL faut dire que ces pins colonaires sont très graphiques.

    Nous sommes très étonnés de croiser aussi peu de bateaux, alors qu’ils sont des centaines dans les marinas et mouillages de Nouméa. Mais ces bateaux sont essentiellement utilisés le week-end, par des résidents, ou des gends arrivés comme nous en bateau, et restés vivre à bord à Nouméa. C’est en effet un bon endroit pour scolariser les enfants tout en vivant confortablement à bord, et en travaillant, quand on est francais. La ville de Nouméa est de taille moyenne, les lycées et collèges sont à 2 pas, idem pour les commerces, on y vit facilement sans voiture, et les salaires sont plutôt bons comparés à d’autres îles du Pacifique. En contrepartie, la vie y est chère, nombre de produits sont importés.

    Autre raison du faible nombre de bateaux : ils sont encore très peu nombreux, une poignée, pas plus, à avoir effectué la traversée depuis la Nouvelle-Zélande ou l’Australie : le cyclone Cook a freiné bien des volontaires, et la dépression tropicale positionnée sur le Vanuatu en ce moment n’inspire pas la confiance des candidats au départ vers les eaux tropicales

    Le ferry qui dessert l’île des Pins est au quai depuis 2 jours, il ne fait visiblement qu’un aller-retour par week-end, et un autre en semaine.

    Les enfants nous réclament la plage, jouer, se baigner, faire des chateaux de sable. Ils ne sont pas encore rassasiés. Il faut dire que le sable est incroyablement fin, doux, et fait de très belles forteresses, permettant de façonner tunnels interieurs et puits.

    Tout de même, j’arrive à motiver ma petite troupe pour aller marcher jusqu’en haut du Nga, le plus haut sommet de l’île : 1h30 de marche à l’aller, 45mn au retour. Deux bons arguments pour cette petite rando  : l’énorme paquebot arrivé ce matin, qui devrait déverser ses flots de touristes sur la plage, et nous devrions avoir d’en haut une vue panoramique sur la côte. Si j’ajoute à cela un décret spécial « journée sans école : rando+picnic+plage l’après-midi….. les enfants sont conquis. C’est parti! Nous longeons la route sur 500m : ici les clotures sont tout simplement faites de troncs de filaos!

    A l’entrée du sentier, des totems de bienvenue. 

    Le sentier début dans ce qui semble être le lit d’un ruisseau. Puis un sentier bien raide monte à l’assaut du pic : 

    terre rouge, forêt émeraude : voilà les couleurs de la Calédonie .D’en haut en effet la vue est panoramique :

    de droite à gauche : l’ilôt Moro, les très belles plages de Kutema et de Vao, devant lesquelles est mouillé le paquebot. Puis le port de Vao et l’entrée du très touristique  Golfe d’Oro, l’ilôt Alcmede en second plan, puis la baie Koruru.

    De nombreux petits cairns jalonnent la marche : Anna tient à laisser sa contribution.

    Le senter redescend vers la forêt ombragée : ouf : il est 10h, il commence à faire très chaud.

    Encore un peu de crapahute pour traverser le lit du ruisseau.Un dernier après-midi à la plage pour les kids. 

    Une dernière forteresse à bâtir :

    Bye-bye Kuto, nous allons prendre nos quartiers  pour 48h à l’ilot Alcmede : 

    c’est là que nous verrons les plus beaux pins colonnaires, vraiment majestueux, et très graphiques, quand il se découpent dans le ciel bleu.

    Nous partons marcher le long des plages.
    Les enfants découvrent mille trésors, comme toujours. La ce sont des pierres ponces : volcanique, incroyablement légères en main. test grandeur réelle : elles flottent!!

    En fin de journée, la mer est bien basse, le platier se découvre.

    et au bout de la dernière plage, dans les roches, des serpents, les fameux tricots rayés nichent!

    Sisi, on les voit bien, dans les trous de roche, lovés. Nous rentrons au bateau. Les derniers touristes rentrent à l’hôtel

    à cette heure, les enfants aiment faire un peu de chaise dans le mat. Et pour les parents c’est l’apéro!

    Les lumières sont souvent très belles.

    Le lendemain, le vent se lève, nous allons nous abriter à la Pointe de Vao, en face du village. 

    Depuis quelques jours, ca souffle. Mais quel dommmage, la coutume interdit la pratique de la planche à voile à l’île des Pins.

    Nous partons alors explorer les plages. Mais je sens que mon captain, bien que séduit par la beauté des paysages, sent monter la frustration de ne pas pouvoir pratiquer ses sports nautiques favoris.

    Au retour, Arthur veut tester son catamaran Playmobil

    Nous le trouvons mal équilibré : il enfourne!

    Le lendemain, Loïc et moi laissons les enfants travailler à bord et partons à Vao, le village principal, situé en face du mouillage. Nous accostons à la plage de St-Maurice.

    Partis de Nouméa il y a plus de 10 jours, Il devient temps de se ravitailler en produits frais. Nous trouvons au marché quelques fruits et légumes : avocats, pamplemousses, citrons, oranges. Et à l’épicerie un peu de fromages et des légumes importés depuis la grande terre. Du saucisson également!! Il semblerait qu’en Nouvelle-Calédonie, la moindre petite épicerie de village dispose de saucisson et de camembert… la touche française ;-).L’après-midi, Loïc lance le drone pour aller en reconnaissance : Tous nos amis ont insisté pour que nous allions visiter la très célèbre baie d’Upi.

    La presqu’île de Kutomo et la baie de Kororu

    Moby est mouillé devant la presqu’île de Kutomo,  on devine à gauche l’embouchure d’un étroit détroit, menant à la fameuse baie d’Upi et ses rochers aux formes si caractéristiques.

    Koruru à droite, et à gauche, le petit détroit menant vi le village St-Joseph à la Baie d’Upi

    Nous en sommes pas sûrs qu’elle soit praticable en annexe. Nous savons par contre qu’elle l’est depuis le village de St-Joseph, dernier bastion des constructeurs de pirogue traditionelles.

    Le lendemain, il en fait pas très beau, le soleil peine à se montrer, tant pis, nous partons tout de même en reconnaissance vers la baie d’Upi.

    Nous passons devant le village St Joseph et découvrons les fameuses pirogues, très rustiques en effet. Il y a très peu d’eau dans ce détroit, il nous faut être prudents. Le manque de soleil gène aussi la visibilité.

    le détroit

    Encore une fois, ce n’est pas une image de carte postale que nous garderons de ce lieu, le temps était couvert,venté, à ne pas mettre un touriste dehors!! Nous n’avons d’ailleurs vu personne…. Mais ca nous va, nous explorons plus que nous visitons.

    Le site doit être fort différent sous le soleil, avec une eau turquoise…. De très beaux rochers sortent de l’eau, c’est pittoresque.

    Pour rentrer, il y a si peu d’eau que nous devons relever le moteur, nous nous trainons… Loïc a alors l’idée de mettre une voile : mon paréo fera l’affaire, nous sommes plein vent arrière!

    Le temps ne va pas s’améliorer dans les jours qui viennent, au contraire. Nous sommes même inquiets de la dépression tropicale qui a été nommée en cyclone ces derniers jours : Donna  se dirige vers le Vanuatu.

    Il est encore trop tôt pour s’inquiéter, mais ca nous intéresse d’aller jeter un oeil à la baie de Prony, dont le trou à cyclone est réputé être un excellent abri en cas de mauvais temps. L’avenir nous dira vite que ca n’était pas un mauvaise idée!

    Nous décidons alors de quitter l’île des Pins, tant pis pour la baie d’Upi que nous n’avons pas vu sous son meilleur jour, ni le mouillage d’Oro avec son extraodinaire « piscine » naturelle,  ou le  village de Uapan et son superbe snorkeling. Voyager en bateau, c’est composer avec les contraintes, y compris météo, et donc de savoir renoncer…

     

  • En route vers Auckland

    En route vers Auckland

    Nous sommes déjà le 9 décembre, et comme nous souhaitons arriver quelques jours avant Noël à Auckland, et passer la fin d’année dans le Golfe d’Hauraki, il est temps de mettre cap au sud. Il reste donc une dizaine de jours pour effectuer cette nav’ de 130 NM, en quelques petits saut.

    Nous comptons également nous arrêter quelques jours à Whangarei, zone portuaire bien connue pour ses chantiers de réparation navale, où nos souhaitons repérer les bons chantiers où sera fait l’entretien de Moby en fin de saison.

    La passe de Wangaparoa et toujours aussi spectaculaire, et la côte qui défile regorge de grottes, cavernes, et rochers aux formes originales :

    En arrivant dans la Bay of Island, nous faisons un détour par Moturoa Islands et le Kent Pass : le soleil est absent, mais la navigation est quand même très belle.

    Moturoa est une île privée émaillée de belles maisons, et de moutons!

    Nous stoppons à Pahia pour la nuit et en profitons pour faire l’avitaillement du bord : Pahia est petite ville balnéaire, départ des nombreuses balades dans la Bay of islands.

    Sur le ponton, notre ami le Cormoran, pas trop timide. Les néo-zélandais les appellent « shag »

    Puis nous regagnons Russel le lendemain, où nous attendent nos amis d’Excallibur : le temps est maussade, c’est parfait pour visiter le petit musée du village. Il abrite une reproduction du bateau de Cook, le célèbre navigateur britannique qui effectua le premier la circumnavigation de la Nouvelle-Zélande, iles du Sud et Ile du Nord.

    C’est aussi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la colonisation de la Nouvelle-Zélande, qui commença dans cette région hospitalière de « Bay of Islands,

    et sur les animaux endémiques de la région.

    le très célèbre Kiwi, emblème de la Nouvelle-Zélande

    Nous testons aussi les « fish & chips » locaux : celui-ci propose non seulement du poisson, mais des coquilles St-jacques de la Bay of Islands, des moules de Coromandel, des huîtres de Whangaroa….Pas mauvais tout ca, mais un peu gras pour nos petits estomacs….

    Notre dernier mouillage de Bay of Islands sera Whale Bay : nous sommes les seuls bateaux dans cette baie magnifique, mais un peu décevante car comme la presqu’ile est privée, nous ne pouvons descendre à terre pour marcher.


    Nous nous contentons de ballades en paddle : les cormorans nichent à 2 pas, et les fous de bassan pêchent à longueur de journée.

    Anna et moi partons ramasser des pommes de pins sur la plage pour réaliser notre couronne de Noël! Grâce au calendrier de l’avent de Balthazard, nous sommes en plein dans les préparatifs de Noël, chaque jour apportant une petite histoire de Noël ou une activité à réaliser avec les enfants. Aujourd’hui ca se passe en cuisine avec un pain d’épices à réaliser, et demain, ca sera la couronne de Noël!

    La maison qui surplombe la baie est spectaculaire.

    la maison qui surplombe la baie

    Le soir nous improvisons un dîner à bord de Moby avec Excallibur :

    Le 10 décembre, nous quittons Bay of Islands et contournons le célèbre Cape Brett, connu pour son « trou » dans le rocher : « Hole in the Rock » .

    Le fin du fin est de se faire photographier sous voile à travers le trou….

    Nous surprenons un chasse conjointe de fous de bassans et de dauphins, qui nagent en encerclant un banc de poisson.

    Les fous pêchent

    accompagnés des dauphins

    Nous relachons le soir à Whangamumu Harbour, qui abrite une ancienne station baleinière, bien sûre désaffectée depuis des années. Le ciel nous offre un coucher de soleil encore une fois mémorable.

    Le lendemain, nous partons en balade, au-delàs de la colline, vers Tangatapu, pour admirer la vue sur l’autre versant donnant sur la Bay of Islands.

    Le paysage est très champêtre.

    Nous allons également visiter l’ancienne « Whaling Station », et faisons la connaissance de kayakistes qui campent là depuis 2 jours.

    Ce couple de quinquas neozélandais s’est lancé dans une circum-navigation de Nouvelle-Zélande en kayak il y a deux ans! A la manière des pélerins de Compostelle qui effectuent leurs pèlerinage en plusieurs traites chaque année, ils terminent la troisième saison de leur périple par la côte Nord-Est. Nous sommes admiratifs de leur voyage autrement plus radical que le notre. Ils partent avec 2 semaines de vivres dans leur kayak, dorment sous la tente tous les soirs, se lavent dans le lit des rivières, et séchent leurs vetements au soleil.

    De retour de balade, les enfants jouent sur la plage, dans les arbres si majestueux, s’imaginant tous les  6 des armées, des territoires à conquerrir, des villages à défendre…

    Le lendemain, cap sur Mimiwhangata Bay, réputée pour ses eaux poissonneuses : et en effet : nous attrapons un « King Fish ». Ca ressemble à un lieu pour la peau argentée et la forme du corps, mais avec une queue et des nageoires jaunes vifs comme un thon albacore (yellow Fin), et une chair rouge de thonidé. Le goût est proche d’un « Tuna Macquerel » ou d’une bonite : je prépare donc des « nuggets » maison : petites filets roulés dans la farine, puis dans l’oeuf, et dans une chapelure agrémentée d’herbes fines.

    Encore une très belle plage. Les enfants sont lassé des balades à pied, qu’à cela ne tienne, nous les laissons tous les 6 sur la plage sous la garde de nos ados pendant une heure, et partons entre adultes se balader. Les paysages sont encore une fois sublimes.

    Du haut de la colline, nous apercevons des petits lacs en contrebas,

    et un cygne noir!

    Nous rentrons tranquillement à la plage par un sentier de randonnée.

    De retour sur la plages, les 4 plus jeunes se sont construit un totem, et nous expliquent leur technique pour le redresser, et consolider son assise-sans l’aide des grands.

    Avant la fin de la journée, nous appereillons pour Wooley’s bay, toujours avec Excallibur.

    Cette plage est très célèbre en Nouvelle Zélande, car l’une des rares à être toujours plantée de Pohutukawas descendant jusque la plage

    ces majestueux arbres en boule, tortueux à souhait et qui fleurissent en cette période de fin d’année en bouquets rouges  

    Le lieu est très populaire pour les tournages de films historiques.

    La plage est toute petite, mais très jolie, et très fréquentée aussi… il y a en effet un gros village balnéaire juste derrière : le prétexte d’emmener les enfants en balade : nous pourrons leur offrir une glace au retour!

    D’après les cartes, le village est à moins d’un km, en coupant à travers bois, …..mais nous ne trouverons jamais ce racourci, et finissons par longer la côte… c’est plus loin, mais c’est beauuuu! Et de l’autre coté de la presqu’île, le village de Matapouri, chic petite cité balnéaire.

    De retour au mouillage….

    Le lendemain matin, nous continuons notre descente vers Whangarei, par petites traites de 20 à 40NM. Nous stoppons à Smugler’s bay ( la baie des contrebandiers) : nous ne sommes plus qu’à quelques nautiques à vol d’oiseau de Whangarei, où nous nous arêterons quelques jours.
    En descendant à terre, nous découvrons 3 taureaux échappés de leur enclos…. ils sont très intéresés par notre annexe…

    Nous re-croisons ces taureaux échappés pendant la ballade sur la colline…

    Les enfants ne se lassent pas des plages, et sont assez inventifs…

    Une colonie de fous de bassan pêchent aux côtés de Moby.

    15 décembre : nous arrivons dans l’embouchure de Whangarei, port fluvial/et maritime bien connu pour ses activités portuaires, et notamment ses chantiers de réparation marine.


    Nous bookons 3 nuits à la marina de Marsden Cove, à l’embouchure de la rivière, et nous préparons pour 48h intenses

    Je consacre la première matinée aux lessives : une bonne quinzaine d’aller-retours entre la buanderie où s’enchainenet mes 4 lessives/séchages/pliage et le bateau où je supervise l’école à bord. Heureusement, Loïc coache les enfants à bord, en même temps qu’il bricole. En début d’après-midi, nous avons réservé une voiture de location pour visiter visiter les chantiers de Whangarei et choisir in situ celui dans lequel nous sortirons Moby de l’eau pour refaire son antifouling dans quelques mois, avant de quitter la Nouvelle-Zélande.

    C’est validé, ce sera Port Wangarei Marine Service, filiale de Oceania Marine, qui vient d’investir dans un travel lift pour bateaux jusqu’à 100T. Ils ne sont pas encore très implantés sur la zone, d’où des tarifs très compétitifs.  Nous sommes impressionnés par la propreté du chantier, impeccable aussi bien en extérieur que dans les bâtiments. Ce qui achève de nous décider, ce sont les parties communes réservées aux plaisanciers dont les bateaux sont au sec : une immense pièce de vie avec une très grande cuisine ouverte, deux frigos américains, une salle à manger/salle de jeux, un bureau pour s’isoler et travailler, un jardinet extérieur avec tables pour les BBQ, wifi à volonté…. et la voiture de courtoisie, disponible pour aller faire ses courses en ville, ainsi que des VTT. La vue est bien dégagées dans cette zone du port un peu éloignée de la ville : on y respire! Nous y reviendrons donc en février.

    Nous profitons de la voiture pour visiter un peu la ville de Whangarei, originale avec sa marina en plein coeur de ville, sur le fleuve.

    et surtout pour faire un gros plein dans un hypermarché : c’est le premier que nous fréquentons en Nouvelle-Zélande et whaou!!! Que de bons produits, ca nous change de la Polynésie francaise et de ses petites supérettes pas toujours bien achalandées : je suis en particulier bluffée par le rayon fruits et légumes : fraises, pêches, cerises, melon, mais aussi asperges, avocats, pommes de terres nouvelles, salades en tout genre, herbes….. la tête me tourne! Depuis 6 mois, trouver des fruits et légumes frais est un parcours du combattant, les petites épiceries des îles de Polynésie ne traitant que peu ou pas du tout la distribution des fruits et légumes. Et quand elles le font, on ne sait jamais ce que l’on va trouver, les livraisons se faisant au coup par coup, dépendant pour les légumes importés, du jour de passage de la « goelette » qui ravitaille les îles, ou du bon vouloir des petits producteurs locaux qui déposent leur marchandise au compte-goutte comme à Fakarava aux Tuamotus. Il faut donc dans chaque île trouver le bon circuit : commande directe au producteur comme à Anao à Nuku-Hiva,  achat auprès d’un restaurateur sympa comme à Isabella aux Galapagos, marché local hebdomadaire comme à Huahine : il ne faut donc pas louper le « bon » jour, se lever très tôt- 5h du mat’ à Taoiae aux Marquises!! et même  parfois faire des pré-commandes comme à Maupiti….

    Retour de courses à la marina, les enfants sont mis à contribution pour tirer les chariots : 

    Bref, ici c’est le retour à la vraie société de consommation. Ce qui n’est pas désagréable. Je retrouve également le dessert fétiche des néo-zéalandais : la Pavlova!

    Une merveille de meringue croustillante à l’extérieur, moelleuse à l’intérieur, que l’on achète ici tout fait, et que l’on « améliore » chez soi : nappée de crème fouettée, parsemée de fruits rouges, et arrosées d’un coulis, c’est une merveille! C’est ma chère amie mauricienne Marie-Laetitia qui m’avait fait découvrir ce merveilleux gateau, qu’elle faisait bien sûr elle-même de A à Z, aux fruits exotiques plutôt qu’aux fruits rouges puisque nous étions sous les tropiques.

    Notre carnivore du bord se régale d’un steak monstrueux…

    Le lendemain, nous passons la journée à bricoler et nettoyer le bateau : intérieur, extérieur, tout y passe : et quel bonheur de voir son bateau rutilant!

    Nous apareillons le lendemain matin : la vie de marina ca n’est pas ce que l’on préfère, les enfants s’y ennuient. Nous préférons de loin les mouillages sauvages.

    Whangarei

    Au sortir de Whangarei, nous apercevons une baleine!
    Assez différentes des baleines à bosse croisées en Polynésie : un dos très long, foncé, lisse et brillant, un tout petit aileron planté très bas sur le dos : après confirmation auprès de nos amis Néozélandais, il s’agit sans doute d’une Bryde’s Whale ou Sei Whale, mesurant jusqu’à 15 à 20m, et très commune en nouvelle-Zélande! Elle paresse à la surface sans doute.

    Encore une fois, c’est l’oeil expert de Loïc qui la repère!

    Nous retrouvons nos amis d’Excallibur à Kawau Island. 
    Nous entrons officiellement dans le célèbre Golfe d’Hauraki, qui est constellée de belles maisons et au fond de laquelle se niche la ville d’Auckland.

    Nous dinerons le soir-même au yacht club de Kawau.

    Et passerons devant la célèbre Mansion House, antique maison qui inspire le respect.

    Le lendemain, nous dormons à Waiheke, petite île située à quelques encablures d’Auckland, connue pour ses plages, ses vignobles et ses petites boutiques à la mode.

    Mais le temps est maussade, ciel couvert, bruine, et nous ne sommes pas d’humeur à faire du tourisme et nous balader à terre : nous avons hâte de découvrir Auckland! Pourtant, c’est sympa : un hydravion vient se poser non loin de nous. 

    Pendant cette journée pluvieuse, nous entamons l’atelier « crèche de Noël ».

    atelier crèche de Noël

    Il s’agit de personnages en carton à peindre, ce qui nous occupera tout l’après-midi! Reste à bricoler une crèche : une boite en plastique recouverte de papier craft  fera l’affaire.

    la crèche

    Vivement demain, à Auckland, dont nous apercevons les contours au loin…

  • Les îles Marquises : Hiva-Oa

    Les îles Marquises : Hiva-Oa

    Le relief est omniprésent, la moindre baie recèle un ruisseau et une petite vallée, abritant le plus souvent des exploitant de coprah : car on vit surtout de la noix de coco, parfois d’autres produits comme l’exquis pamplemousse ou le Nonni, arbuste recelant un fruits aux vertus pharmaceutiques. Toutes les 3 semaines, le paquebot mixte Aranui (qui transporte aussi une centaine de touristes venus explorer les îles par la mer)  fait escale dans ces petites vallées, chacune son tour, et récupère les sacs de noix de coco, de pamplemousses, les bidons de Nonni, ou des caisses de sculptures des artisans locaux qui seront exposés à Tahiti.

    Une semaine entière s’écoule à Atuona, second plus gros village de l’archipel et chef-lieu de Hivao-Oa. L’occasion de refaire le plein de produits frais, de se connecter à internet et mettre à jour le blog, de profiter des restos locaux, comme la roulotte du samedi soir, qui s’installe du le quai du petit port, attirant un mélange sympa de plaisanciers et population locale.

    Nous sommes mouillés tout au fond de la baie, à quelques brasses de la plage de sable noir. Malgré la couleur peu attirante qui rend les fonds opaques, les enfants sont ravis de jouer dans le ruisseau : après 2 semaines de mers, tout le monde est ravi d’aller se dégourdir les jambes!

    Malgré les fonds gris foncés peu engageants et l’eau particulièrement planctonique, nous nous baignons et observons les raie mantas qui viennent se nourrir en plein milieu de la baie. C’est en paddle que nous pouvons les approcher au mieux.IMG_5335

    Nous profitons également de cette escale forcée pour aller explorer l’île avec John Ozanne, le seul taxi de l’île, et figure locale. Son grand-père est arrivée aux Marquises au milieu du siècle dernier, a épousé une marquisienne et tenu la seule boutique de l’île, qui accueillait en son temps Gauguin venu peindre la douceur polynésienne. Son père a repris le commerce, et a côtoyé Brel, venu y passer les 3 dernières années de sa vie, conquis par le charme et la douceur de ses habitants.

    Le but principal de la journée, c’est le site archéologique de Paumau, abritant le plus complet marae de Polynésie , niché au pied d’un impressionnant  piton rocheux.

    Au passage, nous nous arrêtons chez Lucien O’Connor, dont le grand-père irlandais avait fait escale en voilier au début du siècle dernier, et n’en est jamais reparti. IL exploite avec ses 3 frères la vallée voisine, plantés de centaines de pamplemousses, bananiers, citronniers…. Les O’Connor sont des bosseurs nous dit John. En effet, non content d’exploiter sa ferme, Lucien s’est mis sérieusement au miel s’est formé auprès d’apiculteurs français, et produit une merveille de miel doré et parfumé.

    Nous ferons un stop pour découvrir le Tikki Souriant, unique au monde, tout les autres font le tête….

     

    Et terminons par un picnique sur la plage.

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    Impossible de ne pas s’arrêter visiter l’aéroport d’Hiva-Oa. Jacques Brel y avait son petit avion. Aujourd’hui, c’est Vincent, le mécano d’Air tahiti, et qui vient d’ouvrir un petit chantier de carénage bateau, qui a repris le hangar et  l’activité de l’aéroclub : pour l’instant, c’est le seul membre!

    Hiva-Oa acueile un centre de formation de l’armée pour apprendre aux jeunes des métiers. Nos les voyons s’entrainer le matin sur leurs pirogues.IMG_5448

    Le mythe de l’île providentielle sur laquelle tout pousse sans effort, et où l’on a qu’à se baisser pour se nourrir de coco, bananes, et Uru (fruit à pain) n’est pas complètement faux : tout abonde ici. Les ruisseaux coulent en cascade, la mer regorge de poissons, et ces latitudes ne connaissent pas les cyclones. Mais la langueur polynésienne est une légende : ici les pêcheurs sont en mer dès 2h du matin, les marquisiens se lèvent à l’aube, et travaillent dur sur leurs terres. Mais leur secret, c’est qu’il prennent le temps de vivre, de célébrer la nature, Nous avons rencontré plusieurs de ces retraités marquisiens qui après avoir travaillé à la ville, à Tahiti ou ailleurs, toute leur vie reviennent passer leur retraite à travailler sur le lopin de terre, vivant très simplement de leur pêche et de leurs cultures, à quelques heures de cheval du village le plus proche.

     

    Après une semaine d’escale  dans cette baie de sable noir, nous aspirons à du bleu turquoise, et appareillons pour le nord de Tahuata, l’île toute proche, au mouillage enchanteur.

     

    Les mouillages du Nord d’hava Oa sont aussi superbes, comme Hanamenu , et à Tanaeka où les enfants se régalent dans les vagues.

    Hanamenu
    Hanamenu

    La petite cascade d’eau douce est ravissante et rafraîchissante… mais gavée de nonos, ces minuscules moustiques très irritants.

    Le soir, nous organisons un feu sur la plage avec nos amis d’Invictus.

    Toujours avec eux, en route vers Nuku Hiva, nous faisons une escale de jour insolite  l’îlot de Fatu Huku.

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    avec Invictus à Fatu Huku

    Ce rocher perdu au milieu de l’archipel est spectaculaire, et la grotte traversante est incroyable!

    Nous nous arrêtons pour un snorkeling « sauvage », peu de coraux, mais des tonnes de poissons. Finalement, la mer est trop agitée pour rester y dormir, et nous mettons le cap pour une nav’ de nuit vers Taiohaé.

  • Isabella, Galapagos épisode3

    Isabella, Galapagos épisode3

    Juste avant d’arriver, nous faisons un petit crochet par,  Isla Tortuga, ancien cratère écroulé et éventré, le ressac y est impressionnant, et le paysage spectaculaire.

    Le mouillage de Puerto Villamil est charmant, bordé de kilomètres de plages sauvage à souhaits, de petites pensions de famille pieds dans le sable , et d’un port protégé par un archipel d’ilôt plats inhabités, mais très riches en faune marine.

    Nous commençons notre exploration du mouillage par une première petite balade en paddle autour de l’archipel de Tintoreas : toujours autant d’animaux, beaucoup de tortues marines, elles sont énormes, et toujours aussi craintives, c’est difficile de les approcher : un petit tour de tête hors de l’eau et hop, elles disparaissent.

    La nouveauté, ce sont les colonies de pingouins qui nagent par 2 semble-t-il.

    Un petit tour vers la plage en fin de journée, marée descendante, de petites vagues lèvent, et nous voilà partis en surf sur de jolies vaguelettes! Moi et Anna sur notre paddle, Loïc avec Arthur! Nous resterons finalement quasi jusqu’au coucher du soleil nous amuser dans 50cm d’eau sur un fond de sable, quelques raies passent sous nos planches, les pélicans nous survolent, c’est magique!

    Existe-t-il un autre endroit dans le monde oû l’on puisse en une heure de balade familiale : surfer des vagues de sable, croiser des raies, des tortues, des bébés requins, nager à côté des pingouins, des otaries, sous le vol gracile de pélicans?

    Nous décidons de revenir le lendemain explorer plus en détails cet archipel, sous l’eau avec nos masques, et à terre avec nos savates!

     

    Bien nous en prend, nous pouvons débarquer sur l’un des ilots, que nous atteignons en traversant un morceau de mangrove; une otarie très espiègle vient nous chercher. Elle ne demande qu’à jouer, qu’à cela ne tienne, Victor et moi sautons à l’eau, et nageons à ses côtés. Elle fait mille cabrioles, sur et sous l’eau, quelle virtuosité, et prend visiblement grand plaisir à nager avec les humains, nous fondant dessus, esquivant, sautant hors de l’eau.

    A terre, l’ilot nous offre une promenade circulaire splendide à travers un champ de lave, patrie des iguanes marins : d’ailleurs rien qu’à l’odeur puissante de fauve, ça se sent!

    Sur l’une des plages, nous trouvons des ossements et reste d’otaries et d’iguanes – les enfants voudraient ramener ce crâne à bord, mais je leur explique que nous n’avons le droit de ne rien emporter de naturel avec nous : 97% du territoire des  Galapagos est classifié  « parc National », et géré très strictement.

    Quelques centaines de mètres plus loin, une lagune abritant des tortues, et « las grietas », sorte de « grotte/fosse » en eau peu profonde accueillant pas moins de 70 requins en tout!, et quelques énormes raies également. Je n’ai malheureusement pas de photo à vos montrer – faute à la batterie qui s’est éteinte juste au mauvais moment… mais la concentration est étonnante!

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    Le lendemain, nous avons décidé de louer des vélos pour la journée et de pédaler : un super exercice pour notre bas du corps qui se ramollit après ces quelques semaines passées en bateau. La mer d’un côté avec ses rubans de sable blanc, déversant ses rouleaux et vaugues, et de l’autres une zone humide composée de marais, étangs, grotte et caves. La progression n’est pas toujours facile, il faut pédaler dans le sable, la chaleur du soleil équatorien est accablante, avant midi,nous faisons un plouf sur la ravissante playa del amor

    Le reste de la balade nous fait passer par mangroves, étangs, et coulées de lave…. et le centre d’élevage et de protection des tortues d’Isabella, très pédagogique.

    Nous entrons au village à 16 h, fourbus, mais heureux, et en récompense pour les sportifs : une glace chacun. IL faut dire que les marchands de glace ont à tous les coins de rue, une aubaine pour les enfants! J‘en profite pour sillonner le village en vélo, à la recherches de sources d’approvisionnement, car dans 3 jours, nous partons pour les Marquises, 15 jours de mer, il va falloir faire de bonnes courses!

    Le marché n’a qu’une échoppe ouverte, j’y trouve des Maracujas, ce n’est pas ça qui va nous nourrir 2 semaines… les étals des supérettes locales sont bien maigres en produits frais. Pour ce qui est des produits secs et conserves, j’ai fait le plein au Panama en prévision de 3 mois dans les iles du Pacifique, et il me reste encore quelques filets de bon boeuf Angus au congélateur…

    J’apprend au détour d’un chemin que des amis ont passé commande  de leurs oeufs/légumes auprès d’un restaurateur local (un allemand marié à une équatorienne) et qui se fournit dans mes montagnes auprès d’une ferme bio : c’est le bon plan!! Le grenier de l’ile c’est en effet la zone à mi-hauteur entre le volcan et la mer, 200 habitants qui produisent fruits, légumes, et élèvent quelques animaux.

    Le lendemain, nous avons prévu une grande journée au volcan avec nos amis du catamaran Invictus : Toby, Nicole et leur deux petites filles de 3 et 4 ans Juliana et Marlene.

     

    Au programme : 2h de randonnée à cheval sur les bords du cratère de la Sierra Negra, puis 3heures de randonnées à pied sur des coulées de lave. C‘est une rando qui se fait aussi 100% à pied, mais au vu des âges de nos enfants, nous avons pensé que d’effectuer la première moitié à cheval n’était pas du luxe!

    Au retour, nous faisons un stop dans un ferme qui cultive des fruits et passons notre commande pour le lendemain.

    Avant-dernier jours à Isabella, c’est le jour des approvisionnements. Nous nous sommes organisés à 3 bateaux pour prendre un taxi commun et nous rendre à la ferme pour récupérer nos fruits : 40 citrons, 40 oranges, 30 mandarines, 1/2 régime de banane, 30 maracujas, 3 ananas, 4 papayes, plus des herbes (basilic, origan, menthe,coriandre…) et autres bricoles cultivées par le fermier : aubergines, longanes, (sortes de haricots verts), tomates vertes….

    C’est aussi l’occasion d’amener les enfants à la ferme : en l’occurence, nous n’avons amené que les filles : Eleonore, Anna, Juliana et Marlene . L’avantage est qu’aucun de ces fruits n’est allé en chambre froide, et qu’ils ont été cueillis un peu verts : ils devraient se conserver longtemps.

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    retour de shopping en annexe

    Le soir, je récupère mes légumes au restaurant : 2kg de carottes, autant de pommes de terres et de poivrons et de tomates, un gros chou vert. Malheureusement, il n’a pas de ces délicieux avocats tropicaux ni de salades- qui ne se conservent d’ailleurs pas très longtemps, tant pis!

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    Le soir même il reste à tout laver, trier et bien ranger dans les filets (fruits) et dans les fonds (légumes) en veillant de ne pas les mélanger, surtout les bananes et les pommes de terre qui font tout murir très vite. L’avitaillement en protéine est réduit à zéro, je n’ai trouvé ni poulet ni viande ni poisson correct : il nous faudra donc pêcher!…

  • Galapagos, épisode 2 : Santa Cruz

    Galapagos, épisode 2 : Santa Cruz

    Dès le premier soir, nous allons à terre nous faire un poisson grillé  dans un foodcourt original : une ruelle bordée de gargotes, qui se transforme le soir en resto géant . La formule est sympa : ruelle est bouclée, les tables et chaises sont descendues dans la rue, et la cuisine se fait aux BBQ. Au débarcadère, dans les lumières du soir, bébé-raies et requins passent et repassent ; une vraie nurserie.IMG_4016

    Après avoir fait le tour de quelques tour opérateurs, et avoir tenté de négocier des tarifs de groupe pour une excursion à Santé Fé, l’île des gros iguanes terrestres, – nous sommes plusieurs bateaux : nous nous redons compte que ce genre de tourisme, ce n’est pas pour nous. 12 personnes par bateau (pas plus pas moins!), accompagné obligatoirement d’un guide du parc National, serrés comme de sardines et sanglés dans de gilets oranges pour toute la journée, non, vraiment non, à 100$ la journée (pas de réduction pour les enfants…)soit 500 USD à débourser!!, Tant pis pour les iguanes terrestres de Santa Fé, il y tant a découvrir, rien que dans la baie!!

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    Nous sommes en effet mouillés dans le  port de Puerto Ayora, et partons pour une balade en paddle  : en quelques coup de rame, nous approchons de très près la faune marine, tortues de mer, iguanes marins se prélassant sur les rochers, petits requins (1m50), les otaries sont bien moins nombreuses, ouf, nous dormirons mieux la nuit! Sur les roches, tout près du débarcadère, j’aperçois les fameux fous à pattes bleus nichant ;  leur cri est presque humain, c’est troublant.

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    Le lendemain, nous partons pour la balade des  Grietas, sortes de fissure dans la roche, abritant grottes et bassins naturels.

    Ici les fissures dans la roche sont impressionnantes, formant grottes, cavernes et bassins naturel.

    Nous traversons des marais sur un très joli parcours pavé, qui passe également par des plages de mangrove IMG_4021

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    P1000147L’occasion d’observer de près des bébés raies aigles. Les mangroves sont en effet une véritable nurserie pour les poissons. IMG_4033

    Depuis quelques jours, nous accueillons Laurent et Nicole, mes cousins qui sont de passage aux Galapagos avec leurs enfants, et qui nous avaient accueilli aux San Blas (Panama) sur Crazy Louise, un autre Outermer 51.

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    Après qu’ils aient passé quelques jours sur le cata de leurs amis de « Mercredi soir », nous sommes ravis de pouvoir à notre tour leur offrir l’hospitalité.

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    Et comme demain c’est l’anniversaire de Loïc, Laurent m’accompagne très gentiment faire les courses : ça sera Sashimi pour tout le monde! La visite au marché aux poisson n’est pas banale : tandis qu’une otarie attend sagement comme un chien bien élevé, que le poissonnier lui donne sa ration, les pélicans se battent pour les restes

    Une bien belle journée, passée à la plage, en compagnie de l’équipage d’Excallibur.P1000142

    Une grosse heure de marche en plein soleil, mais que cela valait le coup! IMG_4098et tout au bout de cette plage, après 45mn à marcher dans un sable doux comme de la farine, une lagune, de la mangrove, des iguanes.

    Victor s’éclate en skim et en bodyboard

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    Un iguane peu farouche sort de l’eau devant les enfants…

    Le 28 au soir, nous accueillons à bord les équipages de « Mercredi soir », « Invictus », « Excallibur » ainsi que Pascale et Pascal de l’organisation Pacific Odyssey pour déguster les inoubliables sashimis « sauce papa » de Laurent, suivi d’un bon gros cake coco-chocolat, afin de souffler les bougies.IMG_5086 IMG_5090

    Le lendemain c’est repos, les enfants sont épuisés de leur journée de la veille, pas loin de 4h de marche en tout, de longues baignades, des heures de skim pour Victor, et une soirée bien animée avec les copains à bord!

  • Galapagos épisode 1 : l’île de San Cristobal

    Galapagos épisode 1 : l’île de San Cristobal

    Archipel mythique, aujourd’hui rattaché à l’Equateur, les Galapagos sont un jalon important de notre tour du monde  : d’abord parceque idéalement situé à 1/3 du chemin entre Panama e mes marquises, ils offrent une escale intéressante, permettant de réaliser la traversée du pacifique en 2 étape de 5 jours et 15 jours, plutôt qu’en une seule de 3 semaines. Je rêvais d’observer par moi même l’extraordianaire diversité de sa faune marine, et de fouler la terre volcanique aux paysages torturés qui a servi de catalyseur à Darwin dans l’élaboration de sa théorie de l’évolution.

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    D’ailleurs, pendant les jours qui précèdent notre arrivée,  je lis quelques passages choisis du récit que Darwin a fait de son voyage autour du monde sur le Beagle, et notamment bien sûr , sur son escale désormais célèbre aux Galapagos. Jeune naturaliste débutant à l’époque, il a réalisé que les pinsons de cet archipel (mais aussi les iguanes, les tortues terrestres…)avaient tous développé des caractéristiques physiques différentes suivant leur ile d’attache, leur corps s’étant modifié pour s’adapter au mieux à leur environnement. A époque l’idée est plus que révolutionnaire, elle est hérétique!

    le buste de Darwin
    le buste de Darwin

    Depuis les années 50, l’Archipel autrefois désert et sans population autochtone, est devenu un haut lieu touristique, pour les riches américains essentiellement, venus passer 2 semaines sur des paquebots de luxe; backpachers et voiliers de passage sont par le fait de moins en moins les bienvenus dans cette course au dollar qu’est devenu le « tourisme à la Darwin ».

    Les première ligne de paysage se dessinent, relief volcanique, plages de sable immaculé, roches basaltiques, végétation luxuriante…IMG_4679

    Notre première étape est l’île de San Cristobal, à peine 2 000 habitants, mais le véritable centre administratif du pays.

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    Notre première impression est plutôt bonne : un petit port de pêche, quelques bateaux de tourisme, une jolie petite plage familiale, 2 spots de surf encadrant la baie, et des otaries par milliers : whaou!

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    Car Puerto Baquerizo est littéralement colonisé par les otaries, qui sont incontournables dans la baie, et certainement dix fois plus nombreuses que ses habitants humains!

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    Des les premiers pas à terre, nous les voyons envahir le front de mer : escaliers, bancs publics, trottoirs, elles sont partout, sauf sur la route… IMG_3709

    et en fin de journée, la plage est noire de monde…., nous passons une bonne heure à les observer. IMG_3766IMG_3774

    De retour à bord, et malgré les pare-battage mis en place pour empêcher les otaries de monter à bord, nos jupes arrières sont occupées… pour la nuit…en fait pour la semaine,IMG_3906

    mais seulement aux heures nocturnes…. à tribord, maman et bébé, qui tête la nuit dans un bruit de succion étonnant… et à bâbord  un gros mâle qui défend son territoire à grands coup de gueulantes sur les plus faibles. IMG_4906

    Sans compter les quelques jeunes blagueurs qui tentent de monter directement dans le cockpit depuis le côté  et que nous devons déloger en nous levant en pleine nuit-faute de quoi nous retrouverions notre cockpit colonisé le lendemain par ue horde de bestioles aux odeurs de poisson. Car les otaries, c’est mignon à regarder, mais ca sent aussi fort qu’un cheval qui reviendrait d’une journée dans une poissonnerie.

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    Le lendemain, sur les conseils d’un autre bateau arrivé avant nous, nous partons pour un tour de l’île en taxi : ce sera notre première et dernière tentative de « visite touristique ». La visite est calibrée, minutée, les sites d’intérêt immuables et faits toujours dans le même ordre par tout le monde! Cela dit, les sites visités sont intéressants.

     

    El ceibo : visite du plus vieil arbre d’Equateur, 300 ans selon ses « inventeurs ». Au-delà de la visite de l’arbre, le lieu est passionnant car il est au coeur du site historique de la première tentative de colonisation de l’île à la fin du 19ème siècle, par un ingénieur allemand venu y cultiver de la canne à sucre.

    A l’instar de plusieurs autres tentatives de colonisation de l’époque,  l’histoire se terminera mal, dans un cruel bain de sang ; en effet,  l’esclavage ayant été abolit, les colons de cette époque n’avaient pas trouvé mieux que d’importer de la main-d’œuvre pas cher : bagnards et autres repris de justice furent recrutés, qui avaient de méthodes de règlement de compte on ne peut plus expéditives….

    De manière générales, l’histoire des Galapagos est que ruines, tragédies en tous genres, naufrages, bains de sang  et prisons infâmes. Il faudra les années 50 et le début de l’activité touristique pour cet archipel se trouve une voie de rédemption et de développement plus noble;

    El Junco, ancien cratère devenu lac, où le frégates tournent.. une jolie balade en pleine nature, la vue est grandiose.

    La Galapaguera, centre d’élevage de tortues : en effet, le taux de fécondité « naturel » n’est plus suffisant aux tortues terrestres de l’archipel pour se reproduire et maintenir un nombre suffisant d’individus. Pour pallier à cela, les autorités du Parc National ont mis en place dans les 3 îles principales des centres de reproduction où les oeufs pondus sont ponctionnés dans les sites naturel, mis en incubation, puis traités afin de permettre suffisamment de naissances.  Les jeunes tortues restent 5 à 6 ans dans les centres avant d’y être relâchées dans la réserve naturelle, à un âge où leur subsistance ne pose plus de problème.

    Stop déjeuner dans l’unique restaurant de la zone, un délicieux ceviche, la spécialité locale partagée avec toute la côte ouest de l’Amérique du sud : du poisson cru mariné dans du jus de citrons, avec de la coriandre, quelques tomates, des oignons doux et servi avec des chips de banane plantain et des frites de yucca : un régal!! Je profite de cette escale dans la ferme/auberge pour montrer aux enfants comment poussent fruits et fleurs tropicales. IMG_3886

    Nous terminons la balade par la plage de Puerto Chino ,après 15mnn de marche dans un paysage semi-désertique, et nous retrouvons comme seuls aux monde sur cette plage, avec  pour seule compagnie un couple maman-bébé d’otaries, très touchants. Nous nous baignons dans les rouleaux, la mer est fraiche, le soleil cuisant, la brume de mer pas loin, quel drôle de climat.

    Une belle journée, intéressante, mais qui nous laisse cependant un goût d’amertume : nous nous rendons compte du profond décalage entre ce tourisme formaté et nos aspirations de grand voyage, qui ne peuvent s’accommoder d’être trimballés de site en site , montre en main,  par un taxi, pour à la fin de la journée avoir coché toutes les cases : « done that, been there… », et se voie réclamer un supplément de 10 USD pour avoir dépassé le temps imparti… c’est la course au dollar dans un pays pauvre, et l’on sent que le touriste n’est vu que comme une source de revenus, pas plus. Il nous manque ce supplément d’âme, qui vient aussi du fait que la population locale est peu – voir pas du tout – sensibilisée aux enjeux globaux écologiques et de protection de la nature.

    Il faut dire que le pays ne manque pas de contradiction :

    • un tri sélectifs obligatoire, mais pas de poubelle de tri à terre pour les déposer
    • une volonté affichée d’écotourisme « vert », mais un manque total de sensibilisation des touristes – ou de la population- à ce sujet. Très peu de sites accessibles sans être accompagné d’un guide officiel, peu de panneaux d’information notamment sur la réglementation du parc national et ou sur les animaux rencontrés et la manière de les aborder en respectant leur environnement
    • des contraintes de respect de l’environnement imposées aux voiliers de passages inapplicables (interdiction d’utiliser son annexe, réservoir d’eaux noires obligatoire, – et pas appliquées du tout par les gros yachts transportants des dizaines de touristes à la cabine, qui déversent leurs eaux noires à la sortie du port, et offrent un ballet incessant de gros semi-rigides transportants leurs passagers/avitaillement à terre)

    Nous ne nous laisserons plus prendre et découvrirons le reste des Galapagos à notre rythme et hors des circuits organisés – ce qui s’avère être un sacré challenge sachant que de nombreux sites sont interdits sans que l’on soit accompagné d’un guide officiel du parc Naturel, et que les annexes sont elle aussi interdites dans les sites naturels….

    Le lendemain après midi, avec toute une bande d’amis de 3 bateaux, nos partons  sur un super spot de surf : pour le coup, la « case nautique » de Moby est mise à contribution : 2 SUP de surf, un longboard, un skim et un bodyboard,

    2mn de  bateau-taxi, 10 mn de taxi 4×4,  et 15 mn de marche seront nécessaire, et nous y voilà!

    IMG_3966IMG_3939C’est notre premier contact avec les iguanes marins, qui ont des têtes et des corps impressionnants, très foncés de couleur, couverts d’écailles et d‘épines, avec un air patibulaire…. cependant, ils sont complètement inoffensifs puisque végétariens, et se nourrissant exclusivement d’algues : ils n’y a aucun risque de se faire croquer le pied! Ils sont en plus très lents, vraiment aucun risque donc!

    Dimanche, c’est notre dernier jours à San Cristobal, et comme de nombreux locaux, nous partons faire ce qui semble être la balade dominicale traditionnelle. Première étape, le «centre d’interprétation«  des Galapagos, sorte de musée expliquant les particularités géologiques et, naturels et de peuplement de l’archipel.

    Un sentier de 4km suit dans les terres afin de rejoindre une petite baie où le snorkeling est parait-il joli. Nous y croiserons une otarie et quelques gros poissons perroquets.P1000036 P1000049P1000069

    La chaleur est accablante, avec ce soleil équatorial et la mer terriblement rafraîchissante avec ses 22°. Le retour se fait par une jolie plage fréquentée par les habitants… et des otaries bien sûr.

     

    Encore quelques centaines de mètre, et nous abordons une dernière petite plage, très fréquentée, et bordée par des vendeurs de brochettes et de glace : récompense suprême, une glace pour tout le monde, les enfants ne l’ont pas volée, ils ont vaillamment marché sous le cagnard.

    Nous découvrons les glaces locale aux saveurs équatoriennes : coco, frutilla (fraise), manzanilla (???!!), pina (ananas) Mora ( mûre) : tout pousse dans ce pays!P1000118 P1000127

    Le soleil se couche, les pélicans se posent pour la nuit, et nous rentrons à bord de MobyP1000131

  • Victor s’est mis au Skim

    Victor s’est mis au Skim

    Parmi les planches que nous avons apporté sur Moby figurent 2 skims pour les enfants :  une première planche qui date de nos années « Ile Maurice » et que Victor utilisait à Poste Lafayette et une seconde que nous avions pris pour Arthur en Bretagne-pour la Plage des blancs Sablons. A notre arrivée sur les plages d’Anguilla, Victor a tout de suite vu le potentiel du spot :

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    En quelques jours, il a fait de gros progrès, il faut dire qu’il y passe tous ses après-midi- au prix de quelques bosses et de courbatures le lendemain. Arthur est moins accro, il faut dire qu’il s’est pris de très grosses gamelles sur sable mouillé, dur comme du béton….

     

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    Sur la plage de Road Harbour, Anguilla

    De retour à St-Martin, la plage de Grand Case est très bien elle aussi pour le skim, et Victor commence les backflip en sortie de vague : je vous promet des photos bientôt, mais en attendant,voici un petit aperçu de ses débuts :

    https://youtu.be/DJoyys0ATSQ

  • Anguilla

    Anguilla

    L’île d’Anguilla n’est qu’à 2 heures à peine de route de St-Martin, et recèle parait-il parmi les plus belles plages des Caraïbes. Elle est de plus dotée d’un parc naturel marin d’ilots sauvages, quasi-déserts et bien préservés.

    C’est une destination idéale pour quelque jours. Malheureusement le mauvais temps ne  nous permettra pas de profiter du parc marin et des nombreuse plages aux noms pourtant évocateurs : Crocus Bay, Prickly Pear, Seal Island : nous resterons bloqués 3 jours à Road Harbour, passage obligé pour y effectuer la clearance.

    Si Loïc et moi-même sommes un peu déçus de ne pas satisfaire notre soif d’exloration, ce furent 3 jours tout de même très agréables, reposants, dans un mouillage calme malgré le vent et la houle, et devant une très jolie plage, bordée de bars et resto très sympas. Une ambiance typiquement créole qui nous plait bien.

    Nous avons donc beaucoup profité des restos de plage, aussi bien pour leur bonne chère que pour leur reseau Wifi!!, qui nous  parmi de poster quelques nouvelles sur le blog et même pour Victor de skyper un mercredi après-midi ses copains du collège en direct de la plage!

    la terrasse du resto depuis lequel je publie le blog!
    la terrasse du resto depuis lequel je publie le blog!

    Les enfants et les grands-parents y trouvent leur compte : une longue plage, du beau sable doux, quelques rouleaux, de quoi faire un peu de skim et du morey, c’est le bonheur pour tout le monde.

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    Comme je vous l’expliquais dans un précédent Post, Victor ne descend plus à la plage sans son skim!

    En quittant Road Bay, nous passons à quelques encablures de Sandy Island … et percevons de loin Dog Island, et nous promettons d’aller y faire un tour dans 2 ans lors de notre prochain passage aux Caraïbes.