Étiquette : randonnée

  • Acores – 3 – Graciosa

    Acores – 3 – Graciosa

    Nous quittons Sao Jorge sous des abords lugubres : des lambeaux de nuages accrochés aux sombres falaises, donnent à la pointe de Rosais une allure fantomatique.

    Graciosa, apparait tout de suite plus douce et rieuse : Ce grand bâtiment, au sud de l’ile, ce sont les Thermes de Carapacho, zone balnéaire réputée pour sa source d’eau chaude soufrée et ses piscines naturelles. 
    Puis le phare de Carapacho, les iles de Baixa et Comprido, réserves naturelles, les flancs de la Caldeira, habillés de pâturages pixelisés,

     des maisons anciennes, traditionnelles, des champs…et enfin, le village de Praia, qui comme son nom l’indique, abrite la plus jolie plage de l’île. 
    Les moulins rénovés, témoignent du passé agricole de l’île : on les prendrait facilement pour les tourelles bâbord d’entrée du port!
    Aujourd’hui, petite journée de navigation entre Faial et Graciosa, nous avions une mission : terminer le dernier des 74 devoirs de Victor, à rendre au CNED au plus tard le 15 juin-dans 2 jours donc…! Comme le sujet d’art plastique ne l’inspirait pas, nous nous y sommes tous mis en famille :
    SUJET : « Construire, avec des matériaux de récupération, une maquette d’une construction, pour des hommes qui vivraient sur une planète où les intempéries n’existent pas, et où leur seule quête est celle du bonheur…. » Gloups, le sujet est un peu intimidant pour un ado qui bosse tout seul.
    Nous voilà tous les 4 (Loic se concentrait sur la navigation…), à lancer nos idées, et les mettre sur papier sous la forme d’un mindmapping. Puis à imaginer les différents éléments du projet, les matériaux à notre disposition, limités à la « poubelle de recyclables » du bord, et la caisse de bricolage des enfants.
    Au final, en 5 à 6 heures de travail collectif, sous la supervision de Victor, voilà notre résultat :
    • Une maison assez simple, pour s’isoler, s’instruire, avec une bibliothèque et une terrasse pour regarder les étoiles.  En brique de lait, batonnets de bois, cure-dent, pâte à modeler
    • un grand jardin en pleine nature, avec un verger pour les fruits, un potager, en pâte à modeler, papier de soie, bouchon de liège, 
    • une cascade pour se laver, un bassin pour l’agrément, des tables, un feu de camp et un BBQ pour cuisiner avec convivialité, des hamacs pour se reposer, avec des arbres pour attirer les oiseaux, en boite de récup’ en métal, flacon de crème, carton, papier de soie….
    • une plage de surf pour être au plus près des éléments, quelques animaux d’élevage, chats et chiens pour la compagnie : voilà pour Victor le concept du bonheur!
     
    Quelques jours plus tard, le résultat tombe : 17/20, on peut être fiers! L’enseignant n’a visiblement pas sanctionné Victor pour le travail collectif réalisé en famille, mais a souligné l’engagement dans le travail et l’effort de mise en forme.
    L’année de CNED se termine, après 8 mois de travail sans discontinuer, 84 devoirs rendus dans 11 matières. Un vrai marathon dont il se tire avec les honneurs, sans une seule impasse, avec de bons résultats dans toutes les matières, et surtout de solides bagages pour entrer en seconde au lycée l’année prochaine.
     

    En fin d’après-midi, je descend à terre avec Loïc pour les formalités. La réglementation aux Açores exige de se présenter dans chaque nouvelle île aux gendarmes : c’est fastidieux certes, mais l’accueil est sympathique.

    la Gendarmerie de Praia

    Je rapproche cela des traditions polynésiennes, de la « coutume », qui veut qu’à Fidji, en Nouvelle-Calédonie, ou au Tonga, il faille se présenter au chef du village pour y faire un cadeau, ou simplement dire qui nous sommes, d’où nous venons, où nous allons. En tant que voyageur, il me semble que c’est la moindre des politesses.

    Il faut dire qu’aux Acores, la paperasse est réduite, et c’est le gendarme qui s’en charge. Dans d’autres pays, les formalités sont interminables (Afrique du Sud), le douanier particulièrement revêche (Antigua), on nous trimbale de bureau en bureau (Bali), le contrôle sanitaire est une épreuve de stress (Nouvelle-Zélande), encore plus quand les plongeurs inspectent la coque à la recherche de coquillages indésirables (Galapagos)…. Oserais-je extrapoler et dire que le degré de civilisation d’un pays est proportionnel à la qualité de son accueil? On verrait dans ce cas Antigua et l’Afrique du Sud tout en bas de la liste, et la Polynésie Française, tout en haut, avec une mention spéciale pour les îles des Antilles françaises où les formalités d’entrées peuvent se faire via un ordinateur chez un commerçant!! Une des raisons pour lesquelles nos îles d’outre-mer sont si prisées par les navigateurs étrangers.
     
    Nous profitons d’être à terre pour faire un rapide tour du front de mer : la plage publique est équipée comme celle d’un hôtel 4*le port de pêche, 

    Le lendemain, il fait très beau!

    Moby mouillé au pied de la Caldeira

    Nous partons à l’assaut de la caldeira, ce cratère qui domine l’île de Graciosa.
    Avant d’y accéder, nous devons marcher 2km sur les petites routes, à travers les hameaux d’un quartier très rural :
    chacun cultive son potager, ses vignes, et élève vaches ou chèvres.

    Graciosa fut pendant quelques siècles le grenier à blé – et à maïs- des Açores, en témoignent ici ces anciennes meules de pierre, et les moulins, que l’on trouve massés tout près du port. Partout, des fleurs, des plantes aromatiques devenues sauvages, l’air embaume, et des oiseaux pépient constamment, il n’y a pas un instant de silence, malgré le calme des lieux. 

    Nous y voilà, tout près du « gouffre au souffre », curiosité naturelle et géologique qui se visite.

    Nous découvrons avec étonnement que l’accès se fait via une route et… un tunnel! Cet ouvrage d’art des années 50 a voulu faciliter l’accès au site aux touristes. Nous sommes un peu déçus car nous préférons marcher sur des sentiers pédestres que sur des routes. Mais les lieux sont très calmes, nous ne croiserons que 2 voitures pendant tout le trajet, et pas un seul car.
    Nous nous arrêtons déjeuner dans cette clairière, magnifiquement ombragée, qui déroule sous nos pieds un tapis de menthe sauvage, doux et odorant. Nous sommes au fond du cratère : quel panorama!Un peu plus bas, les hortensias commencent à fleurir. Ca y est, nous entamons la descente vers le gouffre.
    Anna a trouvé en chemin, ces siège taillés dans des souches, malin!
     
    Le bâtiment du parc détonne dans le cadre, avec son look résolument moderniste, mais qui se fond finalement assez bien dans le paysage, avec ses grandes baies vitrées, sa plate-forme d’observation en porte à faux, 
    Nous longeons un premier gouffre, et descendons vers les lieux…L’accès se fait via une tour maçonnée de 180 marches, 6 étages, l’équivalent du phare de St-Matthieu!
    Le site est spectaculaire, une immense grotte,accessible par 2 gouffres,

    avec à son extrémité une source de soufre qui fait des bulles et des gargouillis odorants, et en contrebas, comme une plage… et un petit lac baptisé fort opportunément : le lac du Styx!
    Arrivés en bas, l’odeur de souffre, forte, nous cueille à la gorge ; des capteurs de CO2 surveillent la zone. Elle est sans danger aux abords de la promenade guidée, mais beaucoup plus hasardeuse pour les malheureux qui s’en éloigneraient. Près du lac-là où se trouve la barque, un humain n’aurait que 10 à 15mn d’autonomie, à cause des fortes concentrations de gaz
    Nous remontons le gouffre, puis les pentes de l’intérieur de la caldeira , avant de redescendre vers Praia. L’ambiance est toujours aussi agréablement champêtre,et fleurie.

     Nous remplissons nos gourdes à la fontaine d’un des hameaux. 
    Il est 17h, à Praia, la plage est animée en cette fin de journéePas de touristes, mais des habitants, des familles, des jeunes venus profiter de la plage, de la baignade. Le lieu est éminemment social, avec ses transats, son bar, le quai…Nous en profitons pour nous relaxer sur les chaises longues après un arrêt au bar : la première gorgée de bière est exquise! Puis je vais gouter l’eau avec Anna, pour détendre nos pieds après cette longue marche. Elle a chauffé toute la journée sur le sable gris, atteignant 22° à 23° je dirais : nous tentons la baignade, elle est bonne!

    De retour à bord, nous savourons la vue sur la caldeira, celle que nous avons gravi à pied aujourd’hui, elle est désormais recouverte de nuages. 
    Le lendemain matin, le programme est moins sportif, car nous avons loué une voiture, pour faire le tour de île. Les enfants, qui aiment marcher, et en particulier gravir les sommets, apprécient aussi alterner une journée de marche avec une journée moins sportive. En quittant le port, direction Santa Cruz, nous découvrons cette fabrique de plots en béton. : une marina est en effet en construction quelques part ente Praia et Santa Cruz, la ville principale, de Graciosa.

    Nous nous mettons à la recherche du site. Nous savons aussi qu’une marina doit ouvrir dans le courant de l’année 2018, très prochainement donc.
    Nous nous attardons quelques instants sur les moulins qui s’alignent à proximité du port de Praia. Il était sans doute pratique de moudre le grain tout proche des sites d’expédition de la précieuse farine, devant alimenter toutes les Açores.
    Nous prenons un peu de hauteur et apercevons d’un côté l’usine à Praia,
    et de l’autre, la nouvelle marina, à Santa Cruz. Les travaux sont en effet en cours, et bien avancés. Un peu plus loin, la ville de Santa Cruz
    Et derrière nous, la caldeira et les champs. 
    Nous nous arrêtons à Santa Cruz jeter à oeil au front de mer: pas de véritable port, mais une cale de mise à l’eau,

    et une piscine naturelle, où les jeunes de l’île se retrouvent :Le soleil chauffe les pierres de basalte noires, réchauffant l’eau peu profonde. Un peu plus loin sur la côte c’est un aménagement d’une autre ampleur : la piscine naturelle de Barro Vermelho, aménagée de docks en bois, zones de BBQ, camping : c’est un espace de villégiature estival pour les habitants. Déserte à cette heure, on l’imagine animée les vacances et fins de semaines. 
    Puis au nord de l’île, le phare de Punta da Barca,

    sur les hauteurs, qui nous offre une vue sur des îlots déchiquetés par l’érosion.
    Cap à l’Ouest, nous sommes dans les nuages : la côte au vent, est souvent plus nuageuse que la cote sous le vent.

    Cette scène champêtre n’est pas inhabituelle : l’éleveur n’est pas loin et surveille. 

    Et toujours, les hortensias….qui font particulièrement bon ménage avec les vieilles pierres. Toujours aussi les hibiscus, libres comme ici ou en ville, taillés en haies touffues.

    Graciosa mérite amplement son surnom de « Grenier à blé des Acores » : elle est véritablement agricole et traditionnelle, comme en témoignant ces épis de mais qui sèchent, et cet âne qui porte son barda. Nous revoilà en bord de mer, au port de Folga, avec sa cale de mise à l’eau et sa grue. Puis quelques kilomètres plus loin, nous retrouvons les thermes de Carapacho, que nous avions vus de la mer en arrivant à la Graciosa. Des piscines naturelles et aménagées, et à l’arrière, de véritables thermes alimentés par une source d’eau chaude soufrée : l’accès à la piscine intérieure est possible, pour 30mn maximum, l’eau est très chaude et avoisine les 40°!!

    Nous déjeunons sur les hauteurs de Carapacho, dans un petit snack-bar qui ne paie pas de mine, et c’est délicieux, traditionnel : une cuisine à l’ail et au beurre, comme celle que faisait ma grand-mère… je me régale d’un poulpe grillé au four (qui nage dans une demi-livre de beurre salé), et Loïc d’énormes gambas grillées tout juste parfaites. accompagné d’une bière Sagres. 
    Jouxtant les thermes, un petit camping ravissant, vue mer, équipé comme toujours d’immenses BBQ en pierre de lave, et de grandes tables conviviales : on imagine sans peine les longues soirées d’été, relaxantes, après les journées passées à lézarder au soleil et se rafraîchir dans la mer, les virées dans la lande. Des plaisirs simples, mais bons!

    Je remarque partout sur l’île ces arbres aux floraisons rouges si caractéristiques :

    des « pohutukawas » de Nouvelle-Zélande!

    Je reconnais formellement les Pohutukawas, arbres endémiques de Nouvelle-Zélande, que l’on partout là-bas en bord de mer, en particulier dans l’ile du Nord. Ils semblent s’acclimater particulièrement bien aux Acores. Je suis tout à coup nostalgique de ce pays qui m’a énormément séduit, et me rend compte que le climat de la Nouvelle-Zélande et des Acores est très similaire : un soleil intense, des étés chauds mais tempérés par des apports océaniques ; des hivers doux. Je réalise que la latitude des Acores correspond à celle d’Auckland, et du Golfe d’Hauraki, l’un des bassins de navigation que nous avons le plus fréquenté en Nouvelle-Zélande. Autres similitudes : la gentillesse et la simplicité des habitants, relativement détachés du mode de vie consumériste occidental, les espaces naturels – nombreux, la mer – très présente, la nature – généreuse, le mode de vie simple : petites maison, vie de plein air, nombreux espaces verts aménagés pour la population….Ajouterais-je : du bon vin, du fromage, et des fraises, c’est  le paradis!

    Voilà pourquoi les Acores me plaisent tant!
     
    Nous remontons sur les hauteurs du phare de Carapacho; qui nous offre une belle vue sur les roches, et sur le petit quartier de villégiature des thermes en contrebas. 
     
    Sur la route du retour, nous faisons un stop à la caldeira, que nous avons grimpé hier ; mais de nombreuses autres routes et chemins sillonnent le cratère; nous décidons d’emprunter la route circulaire qui devrait donner une très belle vue panoramique sur l’île, toujours aussi fleurie.
    En effet : vue sur le phare de Carapacho,

     puis sur Luz, un village de l’intérieur des terres,

    enfin, sur la caldeira elle-même. Nous tombons aussi un peu par hasard sur un sentier qui amène à un tunnel de lave, puis à un sentier sur la crête du cratère, qui dessert une tourelle de point de vue.Panoramique, la vue :  nous devinons le volcan de Pico, sur l’île voisine, qui pointe son sommet derrière les nuages. 
    La vue est plongeante sur l’un des gouffres de la caldeira : Il parait que ces cavités, visitées uniquement pas des spéléologues confirmés, sont dignes du« Voyage au Centre de la Terre! » de Jules Vernes : Arthur se voit déjà revenir dans quelques années en spéléologue… 
    Nous croisons beaucoup de ronces en fleurs, ce doit être le paradis des mûres en fin d’été!
    Côté extérieur, c’est une vue sur les villages du plateau central.
    De retour sur la route circulaire, nous avons un joli point de vue sur le port de Praia, et Moby au mouillage.
    Nous redescendons par là où nous sommes arrivés, entre les vaches et les champs.

    Puis nous voilà de retour au port de Praia, où Moby nous attend sagement au mouillage, aux côtés de Skoiern, vieux gréement norvégien, battant pavillon français : ses propriétaires Patrick et Anne-Marie naviguent dessus depuis 40 ans, privilégiant les eaux froides des latitudes tempérées : Alaska, Patagonie, Europe du Nord… ils rentrent en Bretagne puis en Norvège fêter les 100 ans de leur bateau, mis à l’eau en 1918!
    Nous passons une dernière soirée à la Graciosa, en nous régalant comme tous les jours de fraises locales, accompagnée de délicieuse crème fouettée.
    En milieu de nuit, nous appareillons pour l‘Irlande, notre toute dernière escale avant Brest!
    Les prévisions météos ne sont pas folichonnes, et nous poussent à partir au plus vite ; nous serions bien restés quelques jours de plus pour visiter Terceira, dernière petite ile du groupe du Centre (avec Faïal, Pico, Sao Jorge et la Graciosa), mais plus nous tardons, plus nous prenons de le risque de rester « piégés » aux Acores, 8-10 jours, voir plus….Or nous avons rendez-vous à la Pointe du Finistère tout début juillet, pour y fêter en famille les 80 ans de Louis, le Papa de Loïc, notre plus fidèle supporter, qui nous pointe tous les jours depuis 2 ans et demi sur ses cartes et son journal de bord….Vivement les retrouvailles.
  • Açores – 2 – Sao Jorge

    Açores – 2 – Sao Jorge

    Nous arrivons à Sao Jorge en fin d’après-midi, au village de Velas, qui dispose d’une petite marina où nous avons une place à quai :
    seul moyen de caser Moby avec ses 8m de large dans cette petite marina des Acores…

    Nous déambulons en ville, et allons faire quelques courses,

    à la recherche en particulier du célèbre fromage de Sao Jorge, affiné 7 mois…. un régal!
    Le maitre du port nous accueille avec une gentillesse désarmante, et se plie en quatre pour nous faire plaisir. Il nous trouve une voiture de location pour le lendemain et nous donne mille conseils sur les sites à visiter avec les enfants, les marches sympas, les restaurants, les randos en paddle…..  Il nous faudrait 8 jours de plus tant il y a à faire!
    L’eau du port est d’une limpidité, qui donnerait envie de piquer une tête!A travers les hublots de la salle de bain, je vois les poissons et le fond.

    Nous ne pourrons faire le tour de l’ile en voiture dans la journée : l’île fait 50km de long, dont la moitié de petites routes sinueuses en terre. La curiosité géologique de Sao Jorge, ce sont les « Fajas », sorte de plateaux de bord de mer formés il y a des siècles par des coulées de lave qui se sont refroidies au contact avec la mer.

    Faja de Norte Grande

    Ces Fajas sont plus souvent construites de villages, plats, au pied de falaises escarpées, et ont une vocation agricole avec leurs terres très fertiles.

    Elles contrastent avec le corps de l’île, assez massif et élevé de falaises abruptes. Certaines fajas ne sont accessibles qu’à pied, et me font penser aux « îlets » réunionnais : ces plateaux isolés dans les cirques, portant un hameau ou un village, qu’on atteint par des chemins ou des routes en lacets interminables.

    Des que nous quittons Velas pour les hauteurs, nous remarquons cette physionomie si particulière des fajas.

    la faja de Velas
    Nous nous rendons à la faja de Vimes, où l’on cultive du café. La route qui descend au village est spectaculaire : l’à-pic d’un côté,

    la forêt de l’autre. La route est émaillée de points de vue sur la côte,

    et merveilleusement fleurie, d’hortensias, mais aussi d’amaryllis sauvages. Nous sommes accueillis chez un producteur : sa maison tient lieu de café.

    Nous visitons ses plantations, et dégustons bien sûr un expresso, accompagné de délicieuses pâtisseries maison : flans au café, et tartelettes aux épices douces. Leur jardin est un bonheur des yeux en ce début d’été : les vignes sont florissantes, les fruits de la passion déjà gros, 

    fleur de passion

    le potager dimensionné pour nourrir la famille toute l’année : il semble que tout pousse ici!

    Les enfants découvrent le caféier, et ses différents stades de récolte et de séchage.

    A l’étage, donnant sur la terrasse avec vue sur Pico, son épouse tient un atelier de tissage à l’ancienne, et confectionne des dessus de lit colorés traditionnels. Nous sommes très impressionnés par les machines à tisser, actionnées à la main, qui demandent à la fois force et dextérité. Nous restons un bon quart d’heure à observer leur technique ancestrale : leurs bras forment un ballet à 4 mains hypnotique, la navette se faufilant dessus, dessous, quelques petits mouvements de crochet de temps à autre, puis les battements bruyants et assourdissants du métier : le sol en tremble!!!
    A deux sur un métier, elles mettent une semaine à confectionner un grand couvre-lit.

    Notre second stop est sur la côte nord, moins ensoleillée; Nous garons la voiture à la faja dos Cubres ….,

    la faja dos Cubres

    pour une marche d’une heure environ, qui nous mènera à la Faja de Santo Christo, accessible uniquement à pied,comme toutes les fajas de la côte nord-Est, et où subsiste un mode de vie très traditionnel.

    C’est parti!
    Nous traversons un premier hameau, en rénovation, la faja do Belo. 
    Et comme toujours, une fontaine à la sortie du village.
    Nous continuons, encore quelques kilomètres, et nous voilà en vue de la Faja do Caldeira do Santo Christo, qui a ceci de particulier : une lagune, accessible par la mer, qui en fait un petit port naturel abrité.On y arrive seulement par cette piste, à pied ou en quad. On y pêche des coquillages, c’est aussi un spot de surf réputé. La preuve, cette maison des surfeurs, à louer en groupe! J’imagine en saison, des stage de surf, des bandes de copains…
    Les allées sont bordées d’aloès, d’hortensias,de cannas, d’agapantes,ou d’iris…
    et comme partout, une fontaine en bordure de village. 
    Voici l’église bien sûr, incontournable, et on devine que ce bâtiment qui la jouxte est l’ancienne école, avec sa cour, son muret.…Le sentier continue vers l’Est, et la Serra di Topo.

    Mais nous devons rebrousser chemin, et récupérer notre voiture de location. Un petit détour par le lagon : 
    J’aurais bien tenté une baignade, mais le reste de la troupe vote pour un retour au bercail! Alors après quelque ricochets, nous rentrons. Sur le chemin du retour, nous apercevons l’île de Terceira au Nord,

     et celle de Pico, au sud. Demain, nous appareillons pour La Graciosa, une autre île toute proche.
  • Escale Mascareignes / 3 : l’île de la Réunion

    Escale Mascareignes / 3 : l’île de la Réunion

    Nous arrivons en vue de l’île de la Réunion en fin de matinée, après une journée et 2 nuits en mer. L’île est coiffée de son habituel petit nuage, aussi n’apercevons-nous pas ses hautes montagnes : et pourtant elle culmine avec son Piton des neiges à plus de 3071m!

    Laetitia me prête son guide de randonnées :Nos deux vacanciers vont partir en amoureux 3 jours faire le tour du cirque de Mafate, en dormant le soir dans des gites et chambres d’hôtes. De notre côté, nous n’avons encore rien organisé, et attendons de savoir où nous pourrons laisser le bateau quelques jours.

    Il nous tarde de faire découvrir cette belle ile tropicale et montagnarde aux enfants. Ils ont pris goût aux randonnées depuis que nous sommes partis en grand voyage, et je sens que nous allons nous régaler sur ce magnifique terrain jeu. Il y a une quinzaine d’année, Loïc et moi avions effectué le tour des cirques de Salarie, Mafate et Cilaos à pied, en terminant par le Piton des Neiges : une randonnée de 6 jours et de 5 nuits en gite. Nous en gardons un magnifique souvenir, de paysages, de végétation variée, tropicale et montagnarde, d’une île accueillante à la  gastronomie unique, mélange de cuisines créole, chinoise, indiennes, tropicale et française.

    En mer, nous longeons des ouvrages d’art impressionnants : la nouvelle route du littoral, en construction, est posée sur des piliers ancrés dans la  mer.

    Nous arrivons pour les formalités au Port des Galets, seule  » marina  » de l’île, qui dispose par ailleurs de petits ports. L’inconvénient est que Port des Galets est isolé, et offre peu de service. Nous espérons n’y rester que le temps des formalités, qui ne peuvent se faire que demain matin.

    Le soleil se couche sur les remparts de île, et nous nous réjouissons d’une bonne nuit de sommeil au quai.

    Le lendemain, une fois les gendarmes et douaniers passés, nous appareillons pour St-Pierre, seconde ville du pays, offrant un petit port animé et touristique. Nous n’avons pas de place réservée-il n’y en a d’ailleurs pas pour les catamarans comme le notre, mais nous voulons tout de même tenter notre chance. Nous savons que l’un des catas qui y réside à l’année, Moukataï est à l’île Maurice, (nous y avions rencontré ses propriétaires à Grand Baie, Nicole et Jean-Louis) et pensons lui emprunter sa place….. Alors, HOP, une Bourbon bien fraiche à midi, et nous appareillons, sans avoir encore mis pied à terre.

    La côte défile, changeante, les ponts, tunnels  et viaducs sont impressionnants pas leur variété et leur quantité! Nous longeons St-Paul, Boucan-Canot,où nous retrouvons sans peine la maison où habitaient nos amis Philippe et Valérie lors de leurs séjour de 3 ans à la Réunion. A l’époque,  ils avaient accès à la plage et à un chouette spot de surf.

    Plus loin, la petite ville balnéaire de St-Gilles,

    Depuis, la « crise requin » est passée par là, et les plages non protégées par un lagon sont désertes. Certains spots de surf restent tout de même fréquentés, mais l’île se tourne résolument vers la terre et les montagnes.

    A juste titre ailleurs, car ses terres sont fascinantes, d’une grande diversité, et accessibles à tous les niveaux : balades familiales, randonnées de plusieurs jours avec nuits en gite, crapahute sportive au volcan, trail et ultra-trail avec le Grand Raid (plus connu sous le nom de Diagonale des Fous ).

    Sous le pont, l’opération « otage de fils est en cours ». Rappelez-vous, dans l’épisode 1-Mascareignes, Anna s’ouvrait le menton à Grand Baie! Anna a préféré que cela soit maman qui les retire (pour moi c’est une première!), plutôt que d’attendre ce soir de voir une infirmière. Opération laborieuse, car il y a de l’appréhension de part et d’autre-Heureusement que j’ai pu réviser mon tutoriel YOUTUBE! 8 fils à enlever, plein de croute, ca n’est pas si facile que ça, d’autant qu’il y a un peu de houle. Mais  Anna est bien courageuse, se tient tranquille, et Laetitia, sa marraine, coache, rassure, et lui tient les mains. En 20 mn c’est fini, voilà un menton tout neuf, qui va pouvoir aller barboter dans l’eau du lagon.

    Une vraie cicatrice de piratesse!

    Les filles se relaxent à l’avant : séance de manucure-pédicure : nos pieds le méritent bien d’autant qu’ils vont souffrir très bientôt dans les chaussures de randonnées!

    Plus loin sur la côte, les vestiges de coulées de lave anciennes déversées dans la mer, créant des « souffleurs », trous par lesquels  s’engouffre la houle qui vaporise et canalise l’eau en hauteur.

    Puis l’étang du Gol, et ses plages de sable noir.

    Nous arrivons enfin en vue de St-Pierre.

    Arnaud est ému : c’est ici qu’il a vécu une partie de son enfance, sur les hauteurs de St-Pierre, à la ville du Tampon. C’est la première fois qu’il revient à la Réunion depuis, l’occasion de vacances en forme de « pèlerinage ».

    St-Pierre, avec sa plage, très fréquentée en ce beau dimanche,

    son minaret, sa pagode chinoise, ses églises

    ce qui augure de la diversité des cultures réunionnaises.

    Quelques surfeurs sont à l’eau, bravant les interdits préfectoraux.

    Une vedette SNSM nous salue : elle quitte le Port où se déroule les festivités des 50 ans de la station de sauvetage.

    Nous nous faufilons dans le port, la passe est étroite, mais aisément praticable aujourd’hui : par plus de 2m de houle, s’abstenir! Nous prenons la place de Moukataï, et descendons à terre fêter notre arrivée.Chaque arrivée est un plaisir, celui de la découverte d’un nouveau lieu, vierge d’habitudes : ce sont des sensations d’autant plus délicieuses à savourer que ça n’arrive qu’une fois!.

    C’est dimanche, il y a du monde sur la plage de St-Pierre.

    La fête de la SNSM est terminée.

    Un nouveau bas à cocktail a ouvert il y a quelques jours, sur un ponton flottant : allons l’essayer!

    Le lendemain matin, Arnaud a fait le tour les boulangerie et vous rapporte ce qu’il y a de meilleur!

    Puis les amoureux partent pour une virée de 48h : d’abord au  Tampon  : Il y retrouve son ancienne maison,son école, son collège!

    Puis ils partent direction Grand Bassin, pour 24h de plein air : on atteint le lac et ses cascades en descendant au fond d’une vallée très encaissée. En 2h de marche, les voilà « dans les hauts » de la Réunion, isolés, et dormant chez l’habitant. Au réveil, le village est charmant, très fleuri, et la cascade ruisselante toujours aussi pleine de charme. Les habitants sont ravitaillés par les airs, ou par une tyrolienne qui livre les courses.

    La remontée, très raide de 2h est éprouvante, mais ca valait le détour!

    Ensuite, ils ont prévu 3 jours de randonnées dans le cirque de Mafate. Nous les rejoindrons pour 24h à Cilaos, leur point de départ.

    Entre temps, nous avons exploré rapidement St-Pierre, abattu un peu d’école, rangé et nettoyé Moby, loué une voiture pour 10 jours, préparé les sacs à dos, fait quelques courses pour compléter notre équipement de randonnée au Décathlon de St-Pierre, et c’est parti!

    Nous rejoignons ce soir Arnaud et Laetitia à Cilaos, village d’altitude perché à plus de 1200m dans le cirque éponyme,

    La route de Cilaos, dite « aux 400 virages » (pour 32km) est une vraie route de montagne, escarpée, étroite, sinueuse que je négocie parfois péniblement avec la pesante berline manuelle et sous-motorisée  que j’ai pu trouver à louer-  en pleines vacances scolaires, c’était la pénurie. Alors je compose et grimpe l’essentiel en première!

    Nous retrouvons nos amis avec plaisir et passons une soirée fort dépaysante à l’hôtel des Neiges de Cilaos, dans des chambres lambrissées, couettes chaudes, ambiance montagnarde garantie, avec feu de bois et rhum arrangé. En 2 heures de route, nous sommes transportés des langueurs du littoral tropical dans un autre monde, celui de la haute montagne.

    Le matin, après un vrai petit dèj d’hôtel bien roboratif, nous nous scindons en 2 groupes : Arnaud, Laeti, Loïc, Arthur et Victor partent les premiers, et traversent Cilaos pour rallier le col du Taïbit, une marche ambitieuse de 7h. Anna et moi les rejoindrons d’ici 2-3h un peu plus haut  en passant par la route. Nous profitons de la piscine de l’hôtel et flanons dans le village. Ils verrons une belle cascade à Bras-Rouge.

    Nous les rejoignons à Ilet Bleu, et c’est parti pour l’ascension du Taïbit!

    Nous faisons un premier stop à îlet des Salazes, près d‘une charmante tisanerie. Un petit cheminement à travers les plantes explique leurs cultures. Nous pic-niquons,
    nous abreuvons,

    observons un petit Tenrec

    et repartons vers les hauts! Le chemin est très fleuri, et tapissé de fraises des bois. Nous traversons une allée de Tamarins de hauts, ces arbres endémiques de la Réunion, souvent vêtus de lichens,et à l’acore si spécifique : spongieuse et molle, un peu comme du liège.

    Voilà Cilaos au fond!

    le paysage change, arbres nus et lichens donnent un air lugubre aux lieux…

    Les garçons ont pris de l’avance, et sont déjà en haut, après 5 heures de marche, bravo!

    Anna peine un peu plus bas, nous faisons demi-tour à 20mn du but : il est déjà 15h, les nuages ont gagné les hauts, la nuit tombe dans 3h, et il nous faudra au moins 2h pour redescendre jusqu’à la voiture. Je pense aussi à l’heure de route en voiture jusqu’au littoral, et mes 400 virages que je préfèrerais négocier de jour.

    Pendant que nous rebroussons chemin, Arnaud et Laeti  franchissent le col du Taïbit et descendent vers Mafate, direction le village de  Marla qu’ils atteindront dans une heure. Ils vont rester encore 48h dans ce havre de pays qu’est le cirque de Mafate, accessible seulement à pied, 6h de marche au minimum…. Le beau temps les cueille le lendemain et leur permet d’explorer le cirque sous son meilleur jour.

    Les cascades et chutes des 3 ruches, près de la Rivière des galets.

    Puis le village de La Nouvelle,

    De retour au port de St-Pierre, nous explorons le littoral   : la plage, est très fréquentée, même en semaine, comme ce matin avec les collégiens qui prennent un cours de natation. La plage est  bordée un sentier piéton fort agréable, ombragé,

    et semé de nombreuses petites chopes où l’on mange bien pour pas très cher : ce que l’on préfère, ce sont les dim-sum, ces bevapeurs chinois au porc ou au poulet.

    Et en dessert, le merveilleux glacier italien Amarino propose ces créations en forme de fleurs, aux sorbets d’une intensité, hmmmm.

    Dans l’après-midi, nous  faisons route vers St-Joseph à l’Est, et remontons le lit de la Rivière Langevin, cours d’eau connu pour ses cascades, et fréquenté par les amateurs de canyoning : finalement nous arrêtons à Grand galet, plutôt qu’à Trou Noir, tout aussi joli mais plus facile d’accès. Peu tentés par la baignade, car elle est très fraiche, nous passons quelques minutes à savourer le cadre enchanteur, nous explorons les berges, les enfants lancent des feuilles et suivent leur parcours dans les chutes.

    Ce soir, tout le monde savoure notre création dessert «   trilogie des mascareignes » :

    un volcan de chantilly d’Ysigny à la vanille de Madagascar, saupoudré de muscovado brun de l’île Maurice, et agrémenté de fraise de la Réunion.

    Ce soir,  Arnaud et Laetitia passent la nuit à la Nouvelle dans un ravissant gite en peine nature, cernés par les chèvres, et repartent le lendemain matin par où ils sont arrivés, via le col du Taïbit puis Cilaos. En chemin, ils quittent La Nouvelle sous un ciel toujours aussi bleu, et empruntent le sentier de la la plaine des tamarins, tellement emblématique de la Réunion et font un détour par la passerelle Ethève pour se rafraîchir.

    En nous réveillant ce matin sur Moby, nous avions le même ciel bien bleu, parfaitement dégagé, avec une vue imprenable sur les remparts du Dimitile et le Piton des Neiges.

    L’école a repris ce matin sur Moby, intensément, mais pour une courte durée, car demain c’est le grand jour, nous marchons au volcan.

    Le Piton de la Fournaise est un des volcans les plus actifs de la planète, il « éructe » 3 à 4 fois par ans, de la lave uniquement, effusive, fluide, et donc sans danger.

    Il faut se lever très tôt pour être sûr d’avoir une belle vue, et pour gagner du temps, nous dormons dans les hauts, à la Plaine des Caffres, rejoints par Arnaud et Laetitia qui ont quitté Cilaos en début d’après-midi .

    Nos chalets de bois surplombent un haras, le cadre est bucolique à souhait,

    et les grillades de viande locale proposées par le chef délicieuses.

    Au coucher du soleil, la lune fait son apparition, elle est pleine ce soir, et nous accompagnera demain matin, car le réveil sera matinal…..

    le réveil sonne à 4h45; à 5h30 nous sommes en route, c’est parti pour la plaine des sables… Incroyable, il fait déjà jour!

    à 6h, nous sommes arrivés à la plaine des sables, l’antichambre du Volcan.Le paysage est lunaire; c’est vraiment spectaculaire.

    Nous en profitons pour faire un rapide stop petit-dèj; et c’est reparti pour 30mn de route en lacet et de grandes étendues de sable noir.

    à 6h30, nous sommes au parking du pas de Bellecombe, qui surplombe du haut de ses remparts de 150m,  l’enclos Fouqué, nom de la caldeira en forme de fer à cheval que nous observons.

    Nous partons pour le cratère Dolomieu, une randonnée de 6 heures, 11km et « seulement « 530m de dénivelé, mais sur un terrain particulièrement difficile de lave, scories, fissures, qui mettront nos genoux et chevilles à rude épreuve.

    La marche commence par une descente de150m en escalier le long des remparts de l’enclos Fouqué.

    en face de nous, le cratère Dolomieu, qui culmine à 2522m.

    et en contrebas, le Formica Léo, un petit cone strombolien de couleur ocre.

    Nous voilà debout sur le formica Léo!Pas facile car ses pentes sont composées de ratons, de la lave en scories.

    Mais nous n’en sommes qu’au début de la marche.

    Nous observons de la lave « cordée »

    Puis nous arrivons à la Chapelle Rosemont, sort de grotte naturelle formée lors d’un dégazage

    Délicate attention, un message gravé en créole dans la pierre : « c’est fait pour prier, pas pour pisser »

    Nous sommes en effet stupéfaits de voir le nombre de morceaux de papier par terre, tout au long de la rando, de marcheurs qui laissent leurs déchets derrière eux.

    De la lave en graton

    Nous observons émerveillés toutes sortes de laves aux couleurs, textures toutes différentes.

    Les nuages commencent  arriver dans l’enclos, il faut nous dépêcher.

    Nous augmentons le pas et nous séparons en 2 groupes : les plus rapides, Victor et Arnaud en tête, suivis de Loïc, Laetitia et Arthur, puis Anna et moi derrière.

    un petit tunnel de lave effondré.Et voilà, après 3 bonnes heures d’effort, nous arrivons au sommet,

    devant le cratère,

    C’est grandiose de voir ce trou vivant, de fumerolles au fond, gigantesque cone effondré, en 2007, lors de la dernière grosse éruption. A chaque évènement éruption, le paysage volcanique change : un nouveau piton se forme, un autre s’effondre une fois sa chambre magmatique vide, formant ces immenses cratères ou caldeiras. On se sent tout petit….

    C’est un bonheur simple mais intense que de comptempler un paysage gagné à la force des mollets.

    9h30, c’est l’heure de la pause déjeuner-eh oui, le petit dèj est déjà 3h30 derrière nous!

    le temps se voile, les nuages vont, viennent et disparaissent comme ils sont apparus.

    Puis soudain ca se bouche complètement,

    le temps se refroidit vite, il pleut, et nous décidons de rentrer, après avoir passé une bonne demi-heure au sommet.

    Nous y sommes après 2 heures, de retour dans l’enclos Fouqué, en bas du pas de Bellecombe.La fatigue, l’inattention me font trébucher, je chute, me rape le genou et me tors la cheville : c’est une entorse.La douleur est forte, mais sourde, je nous bénis d’avoir eu l’idée d’acheter des batons de marche; avec 2 batons, je vais pouvoir rentrer sans difficultés.

    Le café que nous prenons au refuge est savouré. Nous prenons la route  :

    •  1h à travers le paysage lunaire de la plaine des sables,et du cratère Commerson, 
    • puis encore une heure de petite route pour descendre jusqu’au littoral. A l’arrière, tout le monde dort, heureux de sa journée. Nous avons été gâtés par le temps, qui nous a permis de marcher sous le soleil les 3/4 du temps, et de profiter de la vue au sommet.

    Arnaud et Laetitia repartent demain pour la France.

    Nicole et Jean-Louis, du catamaran Moukataï viennent saluer Arnaud, qu’ils ont connu enfant, à la Réunion, car ils étaient amis avec les parents d’Arnaud : que le monde est petit!

    Comme beaucoup de réunionnais en ce dimanche midi ensoleillé, nous déjeunons de bouchons, piments farcis, samoussas….. et partons à la plage faire un petit snorkeling et nous dorer au soleil. Après quelques journées de marche intense, c’est bien mérité!

    Nous amenons Arnaud et Laetitia au car qui les emportera vers St-Denis, l’aéroport : ils s’envolent pour Paris ce soir.

    Ils vont nous manquer!

    Mais notre séjours réunionnais ne s’arrête pas là. Nous sommes en attente d’une bonne fenêtre météo qui nous permettra de traverser le reste de l’Océan indien jusqu’en Afrique du sud. Les quelques jours à venir ne présentent pas de bonne opportunité, mais nous sommes très contents de prolonger notre séjour. Nous sommes bien installés à St-Pierre, continuons à profiter de la ville

    l’hôtel de ville
    le parc de l’hôtel de ville
    case créole
    les jeux de plage

    et de la gastronomie locale : je copie la recette du thon au combava, goûté à Cilaos, accompagné d’achards, dont j’ai fait une grande provision!

    • Citron confit/piment,
    • ti-jac, ananas/piment,
    • légumes variés,
    • piment vert/combava,
    • mangue/piment rouge

    Nous avons encore quelque envies de randonnées. Le piton des Neiges semble fastidieux pour les enfants, et nécessiterait une nuit en refuge. Nous opterons pour une autre marche, un petit peu moins exigeante mais au point de vue encore plus spectaculaire que celui du Piton des Neiges : le Grand Bénare. C’est le second plus haut sommet de l’île après le Piton des Neiges : ce rempart surplombe d’un côté le Cirque de Cilaos, et de l’autre celui de Mafate, reliés par le Col du Taïbit.

    Nous scrutons la météo, car il faut impérativement une matinée sans nuage pour profiter de la vue, le long du « Grand Bord » qui surplombe Mafate, et compose les 3/4 de ce difficile parcours.

    le Grand Benare, en arrière plan

    Ca sera le mercredi 8 novembre. Nous mettons le réveil à 3h45. Nous sommes en route à 4h30, partis pour 2 bonnes heures de route…. sans embouteillage heureusement! Après un stop essence/café, encore quelques centaines de virages…. nous arrivons au Maïdo, point de départ de la marche. A 7h, nous nous mettons en marche, en 2 groupes : les garçons partent devant, direction le Grand Benare. Anna et moi qui sommes plus lentes (mon entorse ne m’empêche pas de marcher, mais je reste prudente…) n’irons pas jusqu’au sommet, mais allons profiter de la vue le long du grand bord qui est un sentier accidenté et difficile, et redescendrons par la Glacière via le chemin forestier, réputé plus facile.

    Le ciel est limpide, quelle joie, c’est une belle journée, nous ne regrettons pas de nous être levés si tôt.

    J’apprécie de marcher à notre rythme toutes les deux. Nous commençons par un stop p’tit dej, avec vue sur Mafate. C’est grandiose.

    On distingue parfaitement les différents ilets, ces petits villages d’altitude, posés comme des ilots dans les cirques.

    Nous savourons notre thé.

    Devant nous l’îlet de la Nouvelle, au fond, celui de Marla et la Rivière des Galets

    en contrebas, celui de Roche Plate, et à gauche Cayenne

    Un peu de lecture pour Anna

    Le village de Marla.

    Le sentier est parfois très escarpé, nous sommes prudentes et prenons notre temps : il ne s’agirait pas de se fouler la seconde cheville! Avec Anna, nous faisons des pauses de 3-4mn pas plus toutes les 20 à 30 mn : pour boire, manger un petit morceau. Plus les pauses-photo!
    Encore 1h40 jusqu’au Grand Benare,

    Nous bifurquons vers la Glacière, et rejoignons vite le sentier forestier. Nous visitons les lieux :

    des cavités ont été creusées dans la roche, pour y conserver de la glace. Cette glace formée dans les bassins proches de là étaient stockée dans ces puits, puis transportée à dos d’homme pendant 60 km! Tout cela pour que la propriétaire puisse servir des sorbets à ses invités….

    Pendant ce temps, les garçons ont fait vite, ils grimpent comme des cabris, et sont en haut du Grand Bénare!

    La vue là-haut est spectaculaire : ils sont à l’aplomb du col du Taïbit, qu’ils ont  franchi la semaine précédente.

    A gauche, le Cirque de Mafate, et à droite, celui de Cilaos.

    Ils redescendent comme nous, par la Glacière, et nous les retrouvons au parking du Maïdo vers 13h, après une marche de 6h, aux panoramas à couper le souffle.

    La récompense :  un stop au refuge du Maïdo, pour un petit café « péï » à la vanille, assorti d’un cake au géranium-une tuerie, spécialité familiale dont le patron ne voudra pas  me dévoiler la recette….

    Nous rentrons au bateau avec des kilomètres plein les gambettes et de belle images plein la tête. Arthur est super fier d’avoir gravi le second plus haut sommet de l’île, et surtout le point depuis lequel on a sans doute le plus beau panorama!

    De retour sur Moby, nous découvrons le lendemain toute une équipe de BTP au travail, qui construit des ralentisseurs sur l’esplanade du port. Cela atténuera nous l’espérons les rodéos nocturnes de voitures et de motos… Les nuits à St-Pierre sont parfois agitées, rien de très méchant, mais c’est festif, bruyant, et parfois sans-gène. En journée Moby fait un peu l’attraction : en effet très rares sont les bateaux de grand voyage à s’arrêter à St-Pierre, deux à trois par an tout au plus, alors on nous pose beaucoup de questions, on nous regarde : c’est parfois un peu déroutant de se voir interpellés, mais les échanges sont toujours sympathiques!

    C’est d’ailleurs ainsi que nous rencontrons les sympathiques Daniel et An-So, jeunes retraités réunionnais qui auront la chance de bientôt partir en transat sur le tout nouvel Outremer 51 d’un de leurs amis! Nous sympathisons, et nous rendons mutuellement service : ils nous feront du  « bateau-sitting »  lors de notre  escapade au volcan, en dormant à bord, et nous leur donnerons en échange pas mal d’infos et de conseils pour leur transat, ainsi que quelques centaines de films, livres, et BD numérisés qui leur tiendront compagnie pendant leur traversée!

    Nous rendons la voiture de location dans 2 jours, et commençons à préparer notre départ pour l’Afrique du Sud. La dernière balade sera pour nous en bord de mer, à St-Philippe, connu pour son littoral basaltique et ses sentiers de randonnée côtiers.

    Le littoral est étonnant, à la fois minérale et végétal, avec cette foret de vacoas qui a  pris racine dans la lave.

    Comme partout ailleurs, la baignade est interdite

    les coulées sur lesquelles nos marchons ont 3 siècles.

    Tout comme ces orgues basaltiques

    mais les coulées que nos allons rencontrer plus haut ont seulement 30 ans, et sont exceptionnelles!

    Tout a commencé par une éruption « classique »,  dans l’enclos du Piton de la Fournaise, à une altitude de 2000 m environ

    puis par une seconde, hors de l’enclos, altitude 1000m, donc beaucoup plus bas, au Piton Takamaka.

    Puis du jamais vu : de la lave sortant des entrailles de la terre à une altitude de 30m au-dessus de la mer seulement!

    Les coulées vont jusqu’à la mer, et coulent pendant 5 jours : la Réunion grandit de 50 ha!

    Voilà les fameuses coulées! Elles forment un fleuve de lave ; Il faut les imaginer rougeoyantes!

    La coulée forme une petite vallée. Depuis, la végétation a pris place, comme ces bébés filaos.

    cascades de lave,

    fissures,

    grottes, tunnels, la lave prend des formes très variées

    Qui saura être le plus créatifs avec ce morceau de lave triangulaire?

    Il est temps de rentrer de cette balade fort instructive. Nous avons pris beaucoup de données sur le volcanisme pendant ce séjours réunionnais. Quelle chance de pouvoir côtoyer de près un volcan aussi actif!

    Le lendemain, samedi, c’est jour de marché à St-Pierre, un des plus beaux de l’île parait-il. En effet, nous sommes éblouis de couleurs, de saveurs, d’odeurs. Herbes fraiches, tisanes, salades préparées, achards frais-qu’on appelle ici rougail, ou en conserve (ici de la papaye rapée pour des salades ou rougails) Il y a aussi tous les fruits et légumes tropicaux bien sûr, des mangues, du palmiste, mais je suis surprise de retrouver des fraises délicieuses, des artichauts, du fenouil, produits typiquement de pays tempéré.

    L’altitude à la Réunion permet tous les climats, tous les terroirs, et nous rencontrons des petits producteurs soucieux de leurs produits, le tout très bon marché étant donné la qualité.

    Ici du jus de cane fraichement pressé à la demande, un peu plus loin des rôtisseurs de porc,proposant cette spécialité sino-réunionnaise délicieuse : les sarcines, sorte de longe de porc laquée, sucrée-salé et tellement fondante.

    Ce marché est un régal des yeux et du palais!

    De retour, le plein de vitamines est fait en vue de notre prochaine traversée, qui ne devrait pas durer plus de 7 ou 8 jours.

    Le week-end se passe tranquillement sur Moby, à préparer, ranger, nettoyer, et avancer sur le programme d’école comme tous les matins.

    Les samedis et dimanches, c’est animé ici à St-Pierre! Pour le 11 Novembre, les paras font une démo de saut en parachute sur la plage.

    Puis cette charmante demoiselle enterre sa vie de jeune fille avec ses copines : elle nous a gentiment demandé de faire des photos sur notre trampoline!

    La SNSM fait une opération  « porte-ouvertes »

    Arthur à la barre du canot de sauvetage

    et assure l’entrainement de ses volontaires

    Un concours de pêche a lieu : c’est peut-être lui le gagnant, qui remorque ce très gros requin.

    Nous aurons aussi le temps de faire la rencontre de cette famille qui vit à bord de son catamaran, un Bahia 46, à St-Pierre depuis 4 ans, Greg, Morgane, et leurs 2 enfants Malo et Lou qui ont exactement l’âge d’Arthur et Anna.

    Greg et Malo

    Quelques années à terre les attendent, mais ils repartiront un jour, comme tous ceux qui ont pris le virus du voyage à la voile.

    Bye-bye Réunion, une très belle escale, comme toujours émaillée de rencontres, et qui compte parmi celles que nous reviendrons visiter un jour, par la mer ou par les airs.

    La Réunion, Maurice, St-Brandon : ces perles des Mascareignes nous ont offert un séjour de 2 mois d’une incroyable diversité, de cultures, de paysages, de saveurs. Nous aurions aussi aimé faitre escale à Rodriques, la plus créole de toutes les îles des Mascareignes, que nous connaissons bien pour y avoir séjourné plusieurs fois. Une prochaine fois ;-).

  • A la recherche des Wallabies

    A la recherche des Wallabies

    Dimanche, nous partons en virée vers les « Tablelands », ce plateau d’altitude situé à une heure de route à l’Ouest de Cairns, et qui abrite une agriculture florissante et d’une incroyable variété :  caféiers, cacaoiers, théiers, canne à sucre, avocatiers, fraisiers, framboisiers, bananiers, manguiers , fruits de la passion, raisin… cotoyent de nombreux troupeaux de vaches vaches laitières produisant du lait depuis plus de 100 ans (c’est vieux, pour l’Australie!) Les paysages sont  contrastés :  cascades, lacs, foret tropicale, champs…

    Scott, travaillant au chantier, accueille souvent chez lui des étudiants étrangers, et m’a donné quelques conseils de balade. Nous prenons la route pittoresque de  la « Gillies Range » (prononcer « guilize »), qui donne accès au plateau central des « Tablelands » via 20km de route escarpée et sinueuse. Tous les 2-3 km, des panneaux nous indiquent de ralentir, que la route est sinueuse, dangereuse, la visibilité mauvaise etc….

    Sur la Gillies Range

    La route est belle, et franchement plutôt moins raide que nos petites routes des alpes.

     

    Nous nous arrêtons dans un des « Crater Lakes » , lacs formés dans d’anciens cratères de volcans.

    La lac Barrine, ancien cratère de volcan

    La balade est sympa, il fait frais : en montant de 600m, altitude moyenne des « Tablelands », nous avons perdu 4-5 degrés….Et les arbres nous masquent presque totalement le soleil.La marche est un peu décevante, la vue sur le lac quasi inexistante, et nous ne croiserons aucun animal intéressant (pas de perroquet, ni de Wallaby, ni d’ornythorinque…). Les enfants me notente un 5/10 pour le choix de cette sortie… :-(.

    Mais les arbres sont très impressionnants! En particulier ces deux Kaoris géants.

    Deux Kaoris géants

    Ces spécimens font chacun 45m de haut et 6 mètres de circonférence. Ces Kaoris sont de la même famille que ceux que nous vons rencontré en Nouvelle-Zélande et en Nouvelle-Calédonie. On les reconnait à leur écorce crouteuse qui part en écailles, à leur tronc très rectiligne, et à leurs larges feuilles-inhabituel pour un conifère!

    Nous sommes aussi très imressionnés par les lianes, immense, mais aussi grosses comme le poing, elles doivent être très solides.Les enfants ne peuvent s’empêcher de les essayer!

    Jane de la jungle

    Certaines semblent inextricables. d’autres forment des circuits improbables, comme ce 8, très peu naturel tout de même.

    ou qui s’enroulent autour d’un arbre, s’en servant comme support.

    Nous observons aussi toutes sortes de champignons aux couleurs étranges….

    Les ficus étrangleurs, (appelés ici Fig Tree) sont très communs, et poussent d’une manière inhabituelle : ces plantes épiphytes germent dans le creu d’une branche ou d’un tronc, se servant de leur hôte comme support de croissance,  laissent tomber leurs lianes vers le sol, qui s’enracinent etc…. après quelques années, les lianes devenues « tronc »  forment comme un rideau.

    les racines-lianes du Fig Tree

    Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’aller observer l’un de ces ficus remarquables : celui-là est un des plus grands d’Australie! Ses racines mesurent plus de 15m de haut.

    les lianes devenues racines

    Il a commencé à pousser dans le creux d’une branche d’un autre arbre, servant de support; puis l’arbre-support est tombé car étranglé, et le ficus « étrangleur » a continué de croitre.

    Après quelques dizaines d’années, il développe un véritable tronc et une couronne de branches et de feuilles finalement très traditionnelle!

    Le seul animal que nous apercevrons, c’est une serpent, noir recroquevillé sur lui-même.

    Un serpent noir lové dans les feuilles

    Il apparait inoffensif, mais des marcheurs croisés en chemin nous apprennent qu’il fait partie des espèce particulièrement venimeuses. Tout cela est un peu maigre en faune…

    Les enfants sont déçus : nous n’avons pas vu de wallaby ni de kangourou sur la route. Nous mettons donc le cap sur le parc de Granite Gorge, où des wallabies vivent en semi-liberté.

    Les wallabies du parc de Granite Gorge.

    Ils ont en fait la complète liberté d’aller et venir, il n’y a pas de barrière dans ce parc. Les animaux sauvages restent dans leur habitat naturel, ces larges roches de granite entre lesquelles coule une petite rivière.
    Ils sont « acclimatés » à l’homme, car nourris de petites croquettes tous les jours par les clients du parc qui louent des bungalows, ou des emplacement de tente. Cette race de wallaby est le « Wild Rock Wallaby », une des plus petites espèces de wallabies, endémique de cette région de Mareeba.

    Ces petits ruminants se nourrissent par ailleurs de plantes, feuilles, racines, écorces, fruits qu’ils trouvent à proximité, à l’instar de cette écorce d’eucalyptus dont le tronc a été mis à nu…

    un tronc d’eucalyptus

    Les animaux sont très attachants, à mi-chemin entre des kangourous et de grands lièvres. 

    Les enfants sont aux anges : pouvoir approcher de si près des animaux sauvages, ce n’est pas si courant!


    Ils ont pu étudier leur comportement. Certains sautent pour obtenir des croquettes!

    D’autres attendent sagement.

    Attentions, ils ont des griffent et s’en servent!

    ce wallaby sort ses griffes pour bien agripper la main de Victor

    Victor, toujours très à l’aise instinctivement avec les animaux ne perd pas son calme, et les laisse approcher.

    Un tout autre paysage s’offre un nous : une savane, sèche, qui nous fait beaucoup penser à des paysages sud-africains,

    un paysage de savane

    si ce n’étaient ces énormes roches granitiques.

    Le site est magnifique, les roches impressionnantes,

    Un peu de crapahute, 

    Anna ne s’en sort pas trop mal, mais la marche qui s’apparente plus à de l’escalade est objectivement difficile.

    D’ailleurs, on nous le rappelle à intervalle régulier :

    Comme partout en Australie, l’injonction « danger » visant à prévenir de tous les risques

    En chemin, nous nous arrêtons observer de « soi-disant » empreintes de dinosaures,

    Empreintes de dinosaures?

    Je ne suis pas très convaincue; si elles étaient réelles, le site serait plus documenté sur la question (quel animal, quelle date etc…)

    mais Arthur veut y croire!

    Le soleil baisse sur l’horizon, il est temps de faire demi-tour,

    D’autant que nous sommes arrivés au terme de la ballade.

    le rocher-baleine

    Nous prenons le chemin du retour, les enfants sont impatients de retrouver les wallabies.

    Les voilà!

    Les enfants sont moins craintifs, même Anna est très à l’aise, et parvient à les caresser.

     Ca y est, nous sommes de retour à la cabane!

    Nous donnons nos dernières croquettes aux wallabies, 

    croisons quelques drôles de volailles se baladant en liberté…

    et deux perroquets se disputent des clés!

    Tout cela nous plonge dans une ambiance de brousse, et nous donne hâte à l’escale sud-africaine, dans quelques mois, qui devrait être magnifique à cet égard.

    Nous prenons la route de Cairns. Au sortir du campement, ces monticules intriguent les enfants : ce sont des ….  termitières.

    des termitières!

    Le soleil est presque couché, donnant une superbe lumière quand il s’agit de redescendre vers le littoral.

    Vue depuis les Tablelands sur la plaine de Cairns

    Demain, c’est lundi, les travaux commencent sur Moby, nous avons hâte de pouvoir y voir plus clair.

  • La mythique île des Pins, plus belle île du monde?

    La mythique île des Pins, plus belle île du monde?

    Bye-bye la Grande Terre! Nous mettons cap sur l’île des Pins, qui recèle une petite dizaine de mouillages tous plus paradisiaques les uns que les autres. Nous avons hâte de nous confronter au mythe!

    Nous commençons par explorer la sauvage baie de Gadji, difficile d’accès, et recommandée par plusieurs de nos amis Néo-Calédoniens, et aussi par Cool Runnings qui ont exploré l’île des Pins en Novembre dernier avant de rejoindre l’Australie. 

    Les premiers abords, ce sont de petits motus, au sable si blanc qu’il pique les yeux, et le pic N’ga qui se dessine au fond. 

    Nous nous arrêtons pour la nuit à Gadji, mais pas tout à fait dans le mouillage désiré : celui-ci n’est accessible qu’à marée haute, et idéalement en milieu de journée, quand le soleil est haut dans le ciel : il faut en effet slalomer à vue entre les bancs de sable et les patates de corail.

    La nuit tombe sur l’île des Pins, nous découvrons les pittoresques pins Colonaires, si photogéniques dans le soleil couchant. 

    Le lendemain, le ciel est dégagé : la marée n’est haute qu’en fin de journée, ou en tout début de matinée . Nous n’aurons donc jamais la combinaison idéale marée haute/soleil haut dans le ciel.Nous décidons alors de lancer le drone pour repérer notre future trace. Nous appareillons, le soleil dans le dos, pendant que Victor garde le drone opérationnel en vol lors ce petit trajet d’à peine 1 NM. Victor va le positionner à l’aplomb du passage le plus étroit, et nous précède de quelques mètres, nous donnant une belle image zénitale de la zone la plus étroite à passer.

    Nous découvrons un mouillage splendide, une piscine d’eau turquoise, des plages de sable blanc,

    quelques Pins colonaires,  des rochers photogéniques qui nous entourent. 

    des tortues,

    tortue

    Un peu plus loin, de grands bancs de sable bordent le rivage, 

    et le récif de l’île des Pins se poursuit au Nord.

     Nous sommes toujours tout seuls au mouillage, à part un bateau de plongée qui  s’arrête une fois par jour devant le même rocher pour laisser ses clients faire un plouf dans une eau couleur de piscine… Ou bien sont-ce les picines qui ont la couleur des fonds de l’île des Pins?

    En fin de matinée, nous partons explorer en snorkeling le récif, vers la fausse passe. Nous longeons à la surface un jardin de coral composé de curieux canyons, que nous avions repérés avec le drone. 

    le récif

    Les coraux sont plutôt jolis, les poissons pas très gros, mais nombreux. Nous croisons un assez gros requin de récif, un pointe blanche, curieux, qui vient nous voir, nous regarde en approchant à quelques mètres,

     

    puis repart tranquillement.

    Nous le reverrons à deux reprises pendant notre snorkeling. 

    Luxe inouï : nous bénéficions de notre plage personnelle! Les enfants se défoulent, et je pars en paddle longer le rivage. 

    Ajourd’hui est une journée spéciale : nous fêtons les 20 000 mille de Moby! Il nous en reste autant à parcourir, en 15 mois, pour boucler notre tour du monde!

    Anna a dessiné un plan du mouillage, et maman en short avec notre chien Lucky, qui lui manque tant!

    Le lendemain est encore plus spécial : c’est l’anniversaire du captain! 49 ans. Son cadeau, c’est un cheesecake citron vert, gelée de pamplemousse au combava, réalisé à sa demande par le chef cuistot!On se régale! Il déballe ses autres cadeaux : des dessins des enfants.

    Anna a dessiné un plan du mouillage de Gadji, et Maman en short avec notre chien Lucky, resté en Bretagne, et qui nous manque tant!

    Nous quittons Gadji le lendemain, car du vent est attendu, et qu’on ne peut rester dans ce mouillage que par très beau temps.

    Bye-bye Gadji!

    Nous ne perdons pas au change : dans la baie de Kuto, la plus touristique et la plus fréquentée de l’île des Pins, nous choisissons de mouiller devant la plage de Kutema. Nous sommes encore un fois tout seuls au mouillage et sur la plage, malgré le paquebot qui a mouillé pour la journée.

    A bord, des australiens, partis de Sydney ou Brisbane pour la semaine avec un programme serré : 2 nuits en mer, une nuit à Nouméa, une autre à l’île des Pins, et une autre aux ïles Loyauté.

    Nous débarquons et découvrons un sable d’une blancheur qui pique les yeux, fin comme de la farine…

    Les enfants s’éclatent dans les vagues du shore-break, Loïc et moi partons pour une grande balade à longer la plage, de plus d’un km de long. Les enfants ne veulent plus partir et ils décrètent l’endroit « LA PLUS BELLE PLAGE DU MONDE! »sable blanc, doux comme de la soie, jolis rouleaux pour se baigner, idéal pour le skim, végétation photogénique et personne d’autre que nous!!!

    Et les fins de journées sont tout aussi magiques.

    Après 2 jours de plage-baignade chateaux de sable, nous poussons 2 NM plus loin vers Kuto. Enfin un peu de monde! Il y a un hôtel, 5-6 voiliers de passage, et pour le we du 8 mai, à peine 3-4 bateaux de plus, venus de Nouméa.

    Ce n’est pas vraiment la foule non plus: nous avons au moins 200m de plage pour nous tout seuls. Les couchers de soleils sont très beaux. Je sais, c’est cliché, mais on ne s’en lasse pas. Alors j’en remet une, juste pour le plaisir…

    IL faut dire que ces pins colonaires sont très graphiques.

    Nous sommes très étonnés de croiser aussi peu de bateaux, alors qu’ils sont des centaines dans les marinas et mouillages de Nouméa. Mais ces bateaux sont essentiellement utilisés le week-end, par des résidents, ou des gends arrivés comme nous en bateau, et restés vivre à bord à Nouméa. C’est en effet un bon endroit pour scolariser les enfants tout en vivant confortablement à bord, et en travaillant, quand on est francais. La ville de Nouméa est de taille moyenne, les lycées et collèges sont à 2 pas, idem pour les commerces, on y vit facilement sans voiture, et les salaires sont plutôt bons comparés à d’autres îles du Pacifique. En contrepartie, la vie y est chère, nombre de produits sont importés.

    Autre raison du faible nombre de bateaux : ils sont encore très peu nombreux, une poignée, pas plus, à avoir effectué la traversée depuis la Nouvelle-Zélande ou l’Australie : le cyclone Cook a freiné bien des volontaires, et la dépression tropicale positionnée sur le Vanuatu en ce moment n’inspire pas la confiance des candidats au départ vers les eaux tropicales

    Le ferry qui dessert l’île des Pins est au quai depuis 2 jours, il ne fait visiblement qu’un aller-retour par week-end, et un autre en semaine.

    Les enfants nous réclament la plage, jouer, se baigner, faire des chateaux de sable. Ils ne sont pas encore rassasiés. Il faut dire que le sable est incroyablement fin, doux, et fait de très belles forteresses, permettant de façonner tunnels interieurs et puits.

    Tout de même, j’arrive à motiver ma petite troupe pour aller marcher jusqu’en haut du Nga, le plus haut sommet de l’île : 1h30 de marche à l’aller, 45mn au retour. Deux bons arguments pour cette petite rando  : l’énorme paquebot arrivé ce matin, qui devrait déverser ses flots de touristes sur la plage, et nous devrions avoir d’en haut une vue panoramique sur la côte. Si j’ajoute à cela un décret spécial « journée sans école : rando+picnic+plage l’après-midi….. les enfants sont conquis. C’est parti! Nous longeons la route sur 500m : ici les clotures sont tout simplement faites de troncs de filaos!

    A l’entrée du sentier, des totems de bienvenue. 

    Le sentier début dans ce qui semble être le lit d’un ruisseau. Puis un sentier bien raide monte à l’assaut du pic : 

    terre rouge, forêt émeraude : voilà les couleurs de la Calédonie .D’en haut en effet la vue est panoramique :

    de droite à gauche : l’ilôt Moro, les très belles plages de Kutema et de Vao, devant lesquelles est mouillé le paquebot. Puis le port de Vao et l’entrée du très touristique  Golfe d’Oro, l’ilôt Alcmede en second plan, puis la baie Koruru.

    De nombreux petits cairns jalonnent la marche : Anna tient à laisser sa contribution.

    Le senter redescend vers la forêt ombragée : ouf : il est 10h, il commence à faire très chaud.

    Encore un peu de crapahute pour traverser le lit du ruisseau.Un dernier après-midi à la plage pour les kids. 

    Une dernière forteresse à bâtir :

    Bye-bye Kuto, nous allons prendre nos quartiers  pour 48h à l’ilot Alcmede : 

    c’est là que nous verrons les plus beaux pins colonnaires, vraiment majestueux, et très graphiques, quand il se découpent dans le ciel bleu.

    Nous partons marcher le long des plages.
    Les enfants découvrent mille trésors, comme toujours. La ce sont des pierres ponces : volcanique, incroyablement légères en main. test grandeur réelle : elles flottent!!

    En fin de journée, la mer est bien basse, le platier se découvre.

    et au bout de la dernière plage, dans les roches, des serpents, les fameux tricots rayés nichent!

    Sisi, on les voit bien, dans les trous de roche, lovés. Nous rentrons au bateau. Les derniers touristes rentrent à l’hôtel

    à cette heure, les enfants aiment faire un peu de chaise dans le mat. Et pour les parents c’est l’apéro!

    Les lumières sont souvent très belles.

    Le lendemain, le vent se lève, nous allons nous abriter à la Pointe de Vao, en face du village. 

    Depuis quelques jours, ca souffle. Mais quel dommmage, la coutume interdit la pratique de la planche à voile à l’île des Pins.

    Nous partons alors explorer les plages. Mais je sens que mon captain, bien que séduit par la beauté des paysages, sent monter la frustration de ne pas pouvoir pratiquer ses sports nautiques favoris.

    Au retour, Arthur veut tester son catamaran Playmobil

    Nous le trouvons mal équilibré : il enfourne!

    Le lendemain, Loïc et moi laissons les enfants travailler à bord et partons à Vao, le village principal, situé en face du mouillage. Nous accostons à la plage de St-Maurice.

    Partis de Nouméa il y a plus de 10 jours, Il devient temps de se ravitailler en produits frais. Nous trouvons au marché quelques fruits et légumes : avocats, pamplemousses, citrons, oranges. Et à l’épicerie un peu de fromages et des légumes importés depuis la grande terre. Du saucisson également!! Il semblerait qu’en Nouvelle-Calédonie, la moindre petite épicerie de village dispose de saucisson et de camembert… la touche française ;-).L’après-midi, Loïc lance le drone pour aller en reconnaissance : Tous nos amis ont insisté pour que nous allions visiter la très célèbre baie d’Upi.

    La presqu’île de Kutomo et la baie de Kororu

    Moby est mouillé devant la presqu’île de Kutomo,  on devine à gauche l’embouchure d’un étroit détroit, menant à la fameuse baie d’Upi et ses rochers aux formes si caractéristiques.

    Koruru à droite, et à gauche, le petit détroit menant vi le village St-Joseph à la Baie d’Upi

    Nous en sommes pas sûrs qu’elle soit praticable en annexe. Nous savons par contre qu’elle l’est depuis le village de St-Joseph, dernier bastion des constructeurs de pirogue traditionelles.

    Le lendemain, il en fait pas très beau, le soleil peine à se montrer, tant pis, nous partons tout de même en reconnaissance vers la baie d’Upi.

    Nous passons devant le village St Joseph et découvrons les fameuses pirogues, très rustiques en effet. Il y a très peu d’eau dans ce détroit, il nous faut être prudents. Le manque de soleil gène aussi la visibilité.

    le détroit

    Encore une fois, ce n’est pas une image de carte postale que nous garderons de ce lieu, le temps était couvert,venté, à ne pas mettre un touriste dehors!! Nous n’avons d’ailleurs vu personne…. Mais ca nous va, nous explorons plus que nous visitons.

    Le site doit être fort différent sous le soleil, avec une eau turquoise…. De très beaux rochers sortent de l’eau, c’est pittoresque.

    Pour rentrer, il y a si peu d’eau que nous devons relever le moteur, nous nous trainons… Loïc a alors l’idée de mettre une voile : mon paréo fera l’affaire, nous sommes plein vent arrière!

    Le temps ne va pas s’améliorer dans les jours qui viennent, au contraire. Nous sommes même inquiets de la dépression tropicale qui a été nommée en cyclone ces derniers jours : Donna  se dirige vers le Vanuatu.

    Il est encore trop tôt pour s’inquiéter, mais ca nous intéresse d’aller jeter un oeil à la baie de Prony, dont le trou à cyclone est réputé être un excellent abri en cas de mauvais temps. L’avenir nous dira vite que ca n’était pas un mauvaise idée!

    Nous décidons alors de quitter l’île des Pins, tant pis pour la baie d’Upi que nous n’avons pas vu sous son meilleur jour, ni le mouillage d’Oro avec son extraodinaire « piscine » naturelle,  ou le  village de Uapan et son superbe snorkeling. Voyager en bateau, c’est composer avec les contraintes, y compris météo, et donc de savoir renoncer…

     

  • Nos 10 plus belles ballades en Nouvelle-Zélande

    Nos 10 plus belles ballades en Nouvelle-Zélande

    Après s’être penché sur les plus beaux mouillage, nous voulions partager avec vous nos ballades préférées, randos pédestres ou aquatiques, toujours dans l’ordre chronologique.

    Russel : remontée dans le temps

    le village de Russel

    Ses jolies maisons anciennes,

    L’hôtel Duke of Marlborough

    Un intéressant petit musée,

    un kiwi naturalisé

    au temps des baleiniers et de la pêche au requin

    langouste

    et une rando sur les hauteurs jusqu’au Flagstaff, symbole d’une paix négociée entre Maoris et colon Britanniques

    le Flagstaff
    Vue depuis le flagstaff

    le village de Russel vu d’en haut

    un weka!

    fougère arborescente

    Stele présentant le Flagstaff et le traité de Waitangi

    Whangaroa : remontée de la rivière en annexe

    Waiwhapuku, Moturua Island, Bay of Islands : une magnifique marche traverse l’île de part en part

    Moby au mouillage de Waiwhapuku

    de l’autre côté de l’île une plage très sauvage

    une allée de tamaris

    Whooley’s Bay to Matapouri track

    La légendaire plage de Wooley’s bay, bordée de Pohutukawas

    la péninsule de Matapouri

    la plage du village de Matapouri

    retour à la plage de Wooley’s bay

    PeachGrove, Mercuri Islands : remontée du ruisseau en paddle, balade et baignade dans une piscine naturelle

    Moby au mouillage à Peachgrove Bay

    remontée de la rivière en paddle

    baignade dans une piscine naturelle d’eau douce

    retour à la plage en bodyboard

    et baignade dans le ruisseau

    Forestry Bay, Great Barrier : ballade en remontant le lit du ruisseau

    nous longeons le lit du ruisseau

    un sentier aménagé serpente le long d’une forêt de Kauris et de fougères arborescentes

    piscines naturelles

    Pont suspendu

    retour au mouillage de Forestry bay

    à Forestry Bay, le lit de la rivière

    Anchorage Island, Abel Tasman National Park : remontée de la lagune en annexe

    départ depuis la plage de Anchorage Bay

    l’embouchure de l’aber

    le fond de la lagune

    les rives bordées de fougères arborescentes et de manukas

    Resolution Bay to Ship Cove track, Queen Charlotte Sounds, Marlborough : 

    Moby au mouillage à Resolution Bay

    sur le chemin

    forêt native de Manuka (myrthe sauvage) et Nikau (palmiers endémiques)

    Vue sur le Queen Charlotte Sound à travers les palmiers Nikau

    Vue sur Resolution Bay, Lancewood tree.

    Vue du sommet vers Ship Cove, la baie préférée du Capitaine Cook

    Rangitoto Island, Haukaki Gulf : ascension du cone volcanique et visite des grottes et tunnels de lave

    Moby au mouilage d’Islington

    le sentier en pierres volcaniques

    « Saddleback », oiseau endémique et rare

    à travers la forêt

    dans les tunnels de lave

    l’entrée du tunnel

    au fond de la grotte, un étroit boyau

    retour par la mangrove

  • Rando à Rangitoto, l’île-volcan

    Rando à Rangitoto, l’île-volcan

    Cet îlot situé à 20mn en ferry de la capital économique est l’un des cones volcaniques les plus intéressants de la région : c’est le plus grand, mais aussi le plus jeune – à peine 600 ans depuis sa dernière éruption, et depuis son sommet à 259 m, la vue sur Auckland et le Golfe d’Hauraki y est juste spectaculaire!

    Nous mouillons Moby dans la baie d’Islington, aussi connue sous le nom de « the Drunk bay ». Elle  doit son nom à l’habitude prise par les capitaines de navires au long cours en partance d’Auckland de relacher la nuit en quittant le port, pour laisser aux marins du bord le temps de cuver….

    Moby au mouilage d’Islington

    Nous laissons l’annexe sur le quai et partons à l’assaut de ses routes et chemins de roche volcaniques. 

    La route se transforme vite en chemin ombragé, ce qui est agréable au vu de la chaleur. A quelques dizaines de mètres du sommet, la bifurcation vers des grottes et tunnels de lave est un must!

    Les enfants ont bien sûr pensé aux lampes frontales et aux torches torches. 

    Ils explorent une première grotte, puis un petit tunnel, et enfin un grand boyau très étroit où nous adultes aurions du mal à nous introduire.

    Puis nous rejoignons le sommet pour savourer la vue.

    Vue sur le Golfe d’Hauraki
    Vue sur Auckland

    Pour redescendre, un très bel escalier de bois, que nous n’avons pas eu à monter heureusement…Rangitoto est classée réserve naturelle, en particulier pour les oiseaux , car tous les petits rongeurs (hérissons, rats, hermines, etc…) venus d’Europe ont été éradiqués depuis 2011 : l’île est désormais « pest-free » permettant à ces fragiles oiseaux de se reproduire ranquillement : on y trouve des Kiwis bien sûr, mais aussi wekas, et nombre d’autres oiseaux endémiques récemment réintroduits.

    De retour au bord du rivage

    Nous avons tellement aimé cette balade que nous y retournerons quelques jours plus tard avec nos amis néo-zélandais, Bruce et Stéphanie, ainsi que tout une bande de leurs amis. 

    Une ballade finalement très différente, puisque nous empruntons cette fois-ci le chemin sud et non la route est.

    il fait chauuuuud

    Et une série de petites haltes en chemin nous expliquent la naissance de Rangito il y a 600 ans.

    Peu de chance qu’il n’y ait de nouveau une éruption sur l’île. En revanche, il est fort probable qu’un jour, une autre île similaire surgisse dans les environs d’Auckland!

    Voilà donc le processus qui donne 600 ans plus tard cette terre volcanique si fertile et chaude.

    Arrivés en haut, Bruce nous montre une seconde série de tunnels que nous n’avions pas vu, encore plus impressionnnants en taille!

    l’entrée du tunnel
    il y fait bien noir

    en route vers la sortie….

    Stéphanie me montre les oiseaux : ces petites cailles adorables se trémoussent pour récupérer des miettes de sandwiches. Et cette autre oiseau rare, le saddleback, un passereau au dos orangé, qui fut un temps en voie d’extinction et est maintenant réintroduit avec succès

    Nous prenons un autre chemin plus court, mais aussi plus pittoresque. 

    Une espèce de fougère endémique de Nouvelle-Zélande s’y trouve également : la « kidney fern », qui doit son nom à sa forme en haricot. Elle se replie pour mieux lutter contre la chaleur, très intense ici à cause des pierres volcaniques. 

    Une fois en haut, la vue est toujours aussi belle. 

    Ce samedi a lieu la plus grande régate de toute l’année en baie d’Auckland. Moby et Trio sont mouillés juste devant!

    vue sur Auckland

    Après un pic-nic revigorant, il est temps de redescendre. Près du débarcadère, des vestiges d’une prison… et un ponton de bois traverse la mangrove. Qu’y vois-je? De la salicorne, petite plante de marais salé qu’on trouve en Bretagne, en particulier dans le Golfe du Morbihan! J’adore ça. Ma copine Laeti en fait des pickles. Celle-ci est un peu amère, les jeunes pousses de l’été seraient sans doute plus savoureuses.

     

  • Marlborough Sounds

    Marlborough Sounds

    En quittant l’Abel Tasman National Park, nous nous dirigeons vers la destination ultime de notre périple Néo-zélandais : les Marlborough Sounds. Ce dédale de bras de mer et de péninsules déchiquetées offre des paysages de toute beauté. Pas tout à fait des Fjords, puisqu’il ne s’agit pas d’anciennes vallées glaciaires, mais plutôt des vallées, montagnes et lits de rivière tout simplement affaissées, c’est un des lieux les plus ensoleillés de Nouvelle-Zélande-ca tombe bien, car nous avons perdu quelques degrés de température en mettant cap au sud! 

    Nous faisons route avec Wasco, un Outremer 50, ancienne génération,

    Il avance drôlement bien avec son « code delta », voile d’avant plus creuse qu’un gennaker, en tissu très léger. 

    A l’approche des Marlborough Sounds, il faut être très vigilant à la veille et parer les troncs d’arbres qui flottent. Il y a de nombreuses exploitations forestières alentours. 

    Nous approchons le « French pass », détroit entre l’île d’Urville, (du nom de ce Capitaine -explorateur français, découvreur notamment de la terre Adélie) et le continent :

    C’est le genre de raccourcis que Loïc adore prendre. Mais pas question de louper la marée et de passer à contre courant. Les tourbillons sont impressionnants. 

    Derrière, c’est un lac, pas une ride sur la mer. Nous mouilllons à Port Gore, une grande anse qui nous semble suffisamment abritée pour y passer les 2 jours suivants, où pluie et mauvais temps vont se succéder. 

    17 février 2017 : c’est l’anniversaire d’Arthur : 8 ans aujourd’hui comme l’indiquent les pancakes du petit dèj… !

    La journée commence avec un email de Papi et Mamie recu via l’iridium.

    Puis un appel toujours Iridium de Papily et Mamily – car le réseau téléphonique ne passe pas dans le mouillage….

    La belle surprise, c’est ce petit avion qui n’arrête pas de décoller et atterrir sous nos yeux! La piste privée de Port Gore est en bord de plage, quel chanceux ce pilote, d’avoir sa piste et son avion, au pied de sa maison!

    Derrière les buissons, un lodge accueille les randonneurs du Queen Charlotte track, ce sentier de randonnée qui longe le rivage nord du Queen Charlotte Sound.

    Dehors il fait un temps de cochon : vent, pluie, brume…. nous passerons la journée enfermés! Heureusement, j’ai sous le coude quelques projets pour apprendre en s’amusant. Nous commençons par un atelier de géographie  appliquée :

    Arthur choisit de modeler une péninsule…. et un golfe. Anna découpe dans la terre glaise une île….  qui deviendra (en négatif)….. un lac!

    Ces ateliers Montessori sont tirés d’un des cahiers d’Anna. Les enfants s’amusent avec grand sérieux, mettent la main à la pâte, ajoutant là une rivière, une colline, etc…. Une fois modelés, nous versons de l’eau colorée pour simuler l’océan!

    Victor se son côté s’est lancé dans la fabrication d’une maquette de catamaran qui puisse naviguer réellement. Il se creuse la tête pour trouver un matériau facile à modeler et étanche : et opte pour du carton recouvert de « greytape » (scotch très résistant). Voici la première coque.

    Dans le prolongement de l’atelier géographie, j’avais promis à Arthur que nous ferions ensemble un volcan- activité qu’il avait réalisé l’année dernière dans les ateliers Montessori de Karine à St-Renan!

    Chacun crée son volcan avec de la terre glaise, autour d’un cratère-réservoir rempli d’un mélange de vinaigre, de liquide vaisselle et de colorant. Ne reste qu’à verser du bicarbonate de soude, 

    et la « lave » jaillit!

    Les enfants répètent l’opération inlassablement..

    Il est déjà midi, nous déjeunons et allons souffler les bougies.

    Joyeux anniversaire Arthur!

    Nous dégustons le cake au chocolat qu’Arthur et Anna m’ont aidé à préparer ce matin.

    C’est l’ouverture des cadeaux : Génial, le jeu de « Carcassone «  dont Arthur rêvait! Déjà une bonne dizaine d’années que nous y jouons dans la version « préhistoire », les enfants adorent, c’est notre jeu familial de prédilection.

    Le livre des records 2017 en anglais! et le bazooka à eau offert par Bruce et Stefanie.

    Le soir et le lendemain, nous continuons les maquettes : pistolet à colle pour l’assemblage, batonnets de bois, sacs plastique pour les voiles, galets pour la quille. Arthur se lance dans un monocoque.

    Le temps s’est calmé, nous allons à terre nous dégourdir les jambes, et repérer la piste!

    La manche à air donne le repère de l’entrée de piste

    Les enfants ramassent des galets, coquillages et algues pour notre projet de sciences naturelles.

    La maison est ravissante, 

    mais que le lieu est sauvage!

    En fin de journée, nous quittons Port Gore

    et appareillons pour le Queen charlotte Sound.

    Une petite nav que nous commencons par 20 noeuds de vent, qui monte rapidement à 30, nous prenons 3 ris pour contourner le Cape Jackson, tout au bout de la peninsule bordant le Queen Charlotte sound.

    Une fois le cap passé, le vent baisse, puis s’éteint : nous finirons au moteur! Nous découvrirons bientôr que c’est une nav’ typique des Sounds : ici le vent tourne, forcit et se calme en quelques minutes, à cause du relief qui canalise et bloque les forces en puissance. Nous allons donc beaucoup manoeuvrer, pester contre le vent  et aussi contre les prévisionnistes météo!!!

    Nous jetons notre dévolu sur l’Endeavour Inlet, la premiere grande baie du Queen Charlotte.
    Le Punga Cove Lodge outre d’offrir offre des bungalows aux randonneurs, propose des bouées de corps mort : nous allons pouvoir dormir tranquille. Car il est imprudent de mouiller ici : les fonds sont profonds, les vents tournent sans cesse. Il nous tarde d’ailleurs d’aller à Waikawa, la marina de Picton, pour prendre une carte de membre du Club nautique, qui nous donnera accès à plus de 100 bouées de mouillages dans les Pelorus et Queen Charlotte Sounds.

    Nous nous réveillons sous des bandes de brume, c’est assez irréél comme paysage!

    Anna et Loïc vont s’offrir en jus et un café au bar pendant que je travaille avec les garçons.
    Quand les maths et le français sont finis, j’enchaine avec Anna et Arthur sur notre projet de sciences-naturelles : répertorier les plantes et animaux marins de l’estran néo-zélandais. Après avoir récolté quelques spécimens sur la plage l’autre jour, nous les dessinons, puis recherchons leur nom et descriptif dans nos différents livres et dépliants sur la faune et la flore du pays.

    A midi, nous descendons déjeuner dans le snack sur pilotis;

    Ici le très traditionnel fish’n’chips! – j’ai ma dose d’huile pour le mois!!

    Après le déjeuner, nous quittons Punga Cove, et croisons un banc de globicéphales, cétacés appellés ici « Pilot Whales ». Ces sortes de très gros dauphins noirs se déplacent le plus souvent en bancs de dizaines d’individus.

    Autre plaisir des yeux ici, ce sont les maisons, toutes en bois et verre, anciennes ou récentes, simples maisonnettes ou luxueuses résidences :  elles ont un charme indéniable, croisement entre le cottages de charme de nouvelle-angleterre et la cabane au canada.

    Après 4 jours de pluie et de vent, nous apprécions cette navigation sous le soleil!

    Et quittons Punga Cove pour Waikawa,

    A Waikawa, nous voyons de loin les ferrys reliant Picton à Wellington 4 à 6 fois par jour, via le détroit de Cook.On ne se lasse pas de ce ballet.

    La lumière des fins de journée est toujours superbe.

    Et les couchers de soleil en apothéose.

    Demain, nous avons rendez-vous avec nos amis américains du catamaran Cool Runnings, rencontrés à Maupiti en septembre dernier : Gudrun, Dave, avec leurs enfants Benjamin et Gaby viennent passer la journée à bord de Moby. Ils sont actuellement en escale en Australie, et font un voyage de découverte de la Nouvelle-Zélande en Camping-car.

    L’autre bonne nouvelle c’est qu’ils continuent leur tour du monde comme nous en mettant le cap sur l’Océan Indien à partir de mai/juin. Nous allons donc essayer de nous retrouver sur quelques escales, comme Bali en Indonésie, Cocos-Keeling, Christmas Island et les Chagos.Les enfants s’entendent tous les 5 très bien, c’est l’occasion pour mes petits « frenchies » d’améliorer leur anglais sans effort!

    Les enfants ont repéré un phoque se prélassant sur un rocher.

    Ben adore notre chaise de mat.

    Suis ravie de retrouver Gudrun, qui a été institutrice pendant 10 ans, et avec qui nous prenons plaisir à partager nos expériences de maman à bord.

    Hier c’était l’anniversaire de Gudrun! Ceux d’Arthur et d’Anna n’étaient pas si loin…nous ressortons donc les bougies en ce mois de février décidément très festif! En l’honneur de Gudrun qui est originaire d’Afrique du Sud, j’ai préparé une Pavlova, dessert emblématique des anglophones de l’hémisphère sud (Australiens, Néo-zélandais, Sud-africains…)

    Le lendemain, nous irons récupérer au yacht club quelques colis…. dont le drone de Loïc! Le Père Noël a un peu de retard cette année… Le frabriquant a visiblement eu des soucis de production et du mal à honorer toutes ses commandes de fin d’année sur le tout nouveau Mavic Pro.

    Nos sommes ébahis par sa taille, son très faible encombrement : il tient dans un tout petit sac!

    Loïc fait ses premiers essais, peste un peu contre le logiciel trop sophistiqué à son goût, et le manque de poignée pour le saisir à la main à l’atterrissage (moment qui peut être galère sur un bateau qui bouge!!) mais les photos sont sublimes!

    Les premier clichés du drone : Moby à Waikawa.

    Ici c’est le week-end, la cale de la marina s’active : pas moins de 3 bateaux peuvent être mis à l’eau de front!

    Ce soir nous dégustons un fameux Chardonnay des Marlbourough, de la maison Hunters, offert par Dave et Gudrun. Les Marlborough sont une zone de vignoble très réputée pour ses vins blancs, en particulier le Sauvignon , minéral et fruité, mais aussi le Chardonnay et le Pinot Gris. Nous profitons donc de notre séjour au coeur même du vignoble pour faire nos bancs d’essais!

    L’avitaillement est fait, les colis sont récupérés, nous avons réglé notre cotisation au yachtclub :  plus rien ne nous retient à Waikawa : nous partons donc explorer le Queen Charlotte Sound.

    notre carte des Marlborough Sounds

    C’est le sound le plus connu, le plus fréquenté également, en particulier son track de randonnée :  70km à faire à pied ou en VTT, avec la possibilité de faire certaines portions en bateau-taxi, et de dormir dans des campings ou des lodges.

    Moby au mouillage à Double Cove

    Nous commencons l’exploration par la baie la plus proche : Double Cove.

    Double Cove, Queen Charlotte Sound
    Moby sur bouée à Double Cove

    Nous profitons de la vue, bucolique,

    et rejoignons en annexe la baie adjacente de Torea pour une petite ballade sur le Queen Charlotte track!

    Vue sur le Queen Charlotte Sound

    Le sentier serpente le long de la côte, en direction de Kaipakiripiri

    et grimpe, grimpe, grimpe…
    ce qui nous donne une jolie vue au fur et à mesure de notre progression

    Nous longeons une végétation d’une grande diversité :

    plantes épiphytes colinisant un arbre

    Mousses,

    mousses

    lichens,

    lichen

    fougères arborescentes, lianes, manuka (myrthe en arbre), connu aussi par les herboristes et homéopathes sous le nom de tea-tree,  et ce très curieux « Lancewood » ou Horoeka, (ou arbre-arête de poison) : dans sa forme juvenile, un tronc avec de curieuses feuilles ultra-fines logues et rigides comme des lames, accrochées directement au tronc.

    Lancewood

    Nous trouvons aussi de nombreuses carcasses de cigales qui font bruisser leurs ailes et font un bruit assourdissant toute la journée.

    Arrivés en haut c’est la récompense

    Mais le sentier était photogénique du début jusqu’à la fin

    En redescendant, nous reconnaissons la baie de départ…et la plage sur laquelle nous avons laissé notre annexe.  

    C’est le week-end! Nous partons explorer la Bay of Many Coves, qui comme son nom l’indique est forme de plusieurs petites baies reliées les unes aux autres.

    Bay of Many Coves, Queen Charlotte Sound

    Nous prenons un mouillage devant une superbe propriété,

    au mouillage devant Milton Bay, Bay of Many Coves

    la plage est jolie,
    et oh surprise, nous y faisons connaissance d’une famille néo-zélandaise venue y passer 10 jours de vacances!

    Le grand-père de Greg a fait construire il y a 60 ans la seconde maison de la baie. Depuis, lui et ses cousins se relaient  pour l’occuper pour les vacances : il a fait la route depuis Christchurch (11h de voiture…) avec sa femme, ses 3 enfants et son bateau sur une remorque pour profiter de ce bel endroit sauvage.

    Anna me dépose sur la plage en paddle.
    Nous croisons une raie en chemin
    Les garçons nous rejoignent en annexe.


    Greg propose à Victor un tour  en ski nautique! Il reprend ses marques en faisant un petit tour de surf tracté,  puis c’est parti pour du vrai ski nautique, une grande première!

    Départ réussi!

    Bravo Victor!

    Pendant ce temps, Arthur prend le paddle pour suivre les tests de son bateau-maquette

    En rentrant au bateau, je m’arrête avec Anna récolter des moules pour le dîner de ce soir : elles sont énormes et sauvages!Je me suis bien sûr renseignée auprès de Rachel sur la plage quelques minutes auparavant et oui, elles sont comestibles, même si les locaux n’en sont pas très friands…

    Pour une première, je fais simple : Moules Marinière (les oignons rouges lui donnnent cette drôle de couleur orangée), accompagnée d’un très bon sauvigon blanc de chez Wither’s Hills, toujours en provenance des Marlborough. Et en dessert, j’ai voulu m’essayer à cette autre tradition néo-zélandaise : le « Brandy Snap ».  Sorte de cigarette russe caramélisée au gingembre, fourrée avec une chantilly aromatisée au whisky : un délice!

    Arthur part essayer son modèle réduit par temps fort! Comme il y a trop de vent pour pagayer et suivre son bateau en SUP, Loïc lui attache la maquette au bout de la canne : il n’y a qu’à la dévider pour laisser naviguer le bateau, et à mouliner pour le faire revenir : malin, non?

    Un nouvel essai est indispensable le lendemain matin pour essayer la nouvelle quille : Loïc, courageux, s’y colle : il fait à peine 15°, heureusement le soleil pointe son nez!

    En effet, la journée est magnifique, mais du vent fort est annoncé : nous allons nous abriter dans le Tory channel à Opua Bay.

    Au final, après quelques heures, nous ne sommes pas satisfaits de la protection offerte par ce mouillage et quittons le Tory Channel pour Double Bay, à Arapawa island.

    Nos ne sommes pas tout seuls, mais presque!

    Avec une jolie petite plage.

    Le temps s’est calmé, et après un rapide déjeuner picnic, nous partons naviguer en direction de Cooks Bay. 

    Loïc teste pour la première fois son nouveau drone en mer!

    Moby sous voile dans le Queen Charlotte track

    Nous arrivons à Cook Bay, à qui le capitaine Cook a donné son nom, mais tous les mouillages sont pris. Nos repartons donc de l’autre côté de la péninsule, à Resolution Bay.

    Resolution Bay

    Et plus précisément à School House Bay Campsite. C’est de là que débute l’une des plus belles marches du Queen Charlotte Track, reliant Resolution Bay à Ship Cove :  la végétation est 100% « Native bush », c’est à dire que la main de l’homme ne l’a ni défriché ni planté. 

    Nous recensons de nombreuses variété de fougères, plantes qui me fascinent par leur graphisme et leur aspect ancestral : elles ont cotoyé les dinosaures!

    Nous prélevons quelques échantillons pour notre herbier de Nouvelle-Zélande. Le sentier grimpe, et plus on monte, plus les vues sont belles.

    Tout en haut : vue sur Resolution bay et le Queen Charlotte Sound d’un côté

    Vue sur Motuara Island, sanctuaire refuge des « yellow -crowned Parakeet » , et Ship’s bay en contrebas.

    Arrivés en haut, un petit weka vient inspecter les miettes de la collation que nous venons de prendre.

    Un panneau explique comment le DOC (Departement of Conservation) s’y prend pour préserver ce site historique et de biodiversité unique. Le programme a commencé en 2014 par l’éradication de tous les petits mammifères non-endémiques tels que les hermines, rats, et opossums qui sont une menace pour les animaux endémiques tels le weka, le kiwi et d’autres oiseaux.

    Depuis, des lignes de défense à multiples actions ont été mises en place : pièges, capteurs et émetteurs préviennent de l’intrusion d’une prédateur; des équipes sont sur place, nous les avons croisés, qui viennent tous le jours relever les pièges.

    Ce programme nommé ZIP pour Zero Invasive Pretator est en test, et s’il est prouvé efficace, pourra être répliqué à d’autres zones de biodiversité sensibles de Nouvelle-Zélande.

    Le retour est l’occasion de profiter de nouveau de la vue, mais surtout du calme et de la sérénité de cette zone de foret native. On comprend bien combien les polynésiens qui ont débarqué ici vers le 12ème siècle ont été conquis pas cette terre si inspirante, riche en ressources et à la nature hospitalière.Les enfants prennent du goût à la marche en tant qu’activité, qui se prête à la contemplation, à la méditation, mais aussi au papotage! Mais ce qui leur plait le plus c’est de cotoyer une nature si préservée.  

    Nous retrouvons Moby qui nous attend sagement au mouillage.

    Ce soir, pas un souffle d‘air, la baie est un lac. Je pars faire un tour en paddle pour récolter des moules pour le dîner.

    la récolte de moules

    C’est si facile, il faut juste se baisser pour les ramasser à marée basse. … et de les accommoder. Certaines sont énormes!

    Ce soir je les cuisinerai en curry rouge avec de la citrouille.

    Puis je pars avec Anna faire un tour de la côte.

    Nous croisons de nombreuses raies qui se nourrissent de coquillages.

    Le lendemain matin, la lumière est très belle, la mer telle un lac se ride tout à coup : des dizaines de dauphins entrent dans la baie. Je passe direct du pyj au shorti, jette le SUP à l’eau, et file en direction des cétacés, avec Anna qui entre temps a aussi enfilé son shorti. 

    En 5mn nous les approchons, et sommes entourés de dauphins, moment vraiment magique.Tandis que le banc de ces dizaines de dauphins tourne et vire, deux d’entre eux restent près de nous, curieux, virevoltant sous le SUP. Je reste au début prudente, ce sont de volumineux Tursiops (des grands dauphin gris) de 3 à 4m de long et qui pèsent chacun une demi-tonne. Mais ils sont tellement gracieux et délicats en nous approchant…

    Nous passons une demi-heure magique au milieu de la beauté sauvage du monde, quel privilège!

    Nous quittons ce matin le Queen Charlotte Sound pour le Pelorus Sound, autre dédale de baies et voies navigable bordées de forêts.

     

  • Début 2017 à Great Barrier et Mercury Islands

    Début 2017 à Great Barrier et Mercury Islands

    Nous arrivons à Great Barrier en provenance de Coromandel et choisissons de nous arrêter au plus proche à Port Fitzroy, sur la côte protégée de l’île : au sein de cette rade, plusieurs petites baies en forme de doigts, protégées par l’ilôt de Kaikoura qui en fait un abri très sûr.

    Loïc nous fait prendre le passage du « Man of War » , petit détroit entre Great Barrier et Kaikoura.

    Je suis à la barre, à la voile, mais avec le moteur embrayé, sur le point d’emprunter cet étroit couloir de 40m de large… quand j’apercoit sur la cartographie grâce à l’AIS un navire se diriger à 12 noeuds à travers le détroit en face de nous…. Sans le voir, je devine qu’il s’agit d’un ferry ,qui dessert sans doute Great Barrier, et me dis que je ferais mieux de ralentir….

    Quelques secondes plus tard, nous apercevons le ferry qui sort du chenal : j’ai bien fait de le laisser passer, il y aurait tout juste eu de la place pour nous deux!

    Original en entrant dans la rade de Port Fitzroy, on tombe sur une barge-poubelles de tri : les néozélandais sont décidément très pragmatiques.  Nous décidons d’aller voir le réputé très beau mouillage de Wairahi Bay. 

    Le mouillage est littéralement bondé. Nous comptons pas loin de 200 bateaux dans l’anse de Wairahi, on se croirait à Ibiza au mois d’août!

    Toute cette promiscuité nous gâche le plaisir d’aborder cette île si sauvage qui nous a pourtant été recommandée par nos amis Neo-Zélandais…. mais eux évitent la côte Ouest de Great Barrier et se réfugient en été sur la côte Est. Fatigués de la traversée, nous mouillons tout de même, et décidons d’apareiller le lendemain matin.

    Nous longeons Little Barrier, réserve naturelle sur laquelle il est interdit de débarquer, puis passons le cap des Aiguilles :

    Les Needles (aiguilles en anglais) sont impressionnantes.

    Nous arrivons devant un mouillage sublime, la plage de Whangapoua.

    Cette immense baie recèle plusieurs autres petites plages que nous découvrirons au fil des jours, propices aux abris des vents de Nord-Ouest comme ce soir à Tapouvaï.

    Pour le moment, nous filons à terre à la découverte de la partie nord de la plage, interminable….

    les enfants courent à perdre haleine,

    et découvrent sous le Pohutukawa, 

    une balancoire!

    Oh surprise : cette partie de l’île est à vendre!

    Et ne trouve apparemment pas prenenur depuis 2 ans, bien que sa situation soit exceptionnellement belle.

    Mais les terres agricoles sont peu fertiles, arides et difficiles  à exploiter car faites de collines arides.

    Nous retrouvons avec grand plaisir notre ami Bruce sur son trimaran Trio, 

    avec ses enfants Alex et Katie qui ont l’âge d’Arthur et d’Anna, et faisons la connaissance de Stephanie, sa femme.

    Ca tombe bien, aujourd’hui, c’est L’Epiphanie et nous venons de cuire une galette des rois-gâteau breton! Ils sont ravis de partager avec nous cette tradition française aux lointaines origines chrétiennes.

    Le lendemain, nous prenons un jour off sans école pour passer la journée à la plage avec nos amis. Baignade, pic-nic,

    farniente sous le soleil, crapahute dans les rochers, balade en SUP,acrobaties dans les branches de Pahukahutas, exploration de la plage, recherche de trésors comme ce crâne de piaf, 

    écriture au charbon…., hmmm, qu’ils sont sales ces enfants!

    …..et terminons la journée par un feu de camp,

    pour y griller des chamallows dans la grande tradition anglo-saxonne.

    Un autre jour, nous irons explorer les dunes. Les enfants se jettent en roulé-boulé dans les pentes, et regrettent de ne pas avoir apporté de quoi glisser…

    Le lendemain, les garcons tentent de surfer sur le sable avec un body-board… C’est parti!
    Les débuts sont un peu acrobatiques…

    premiers essais à plat ventre,

    puis debout.

    C’est encore mieux avec plus de pente.

    Et voilà, très stylé, Arthur!

    sans oublier le finish’.

    Une autre fois, nous  allons à marée haute en annexe dans la lagune. L’avantage c’est que nous pouvons emporter plus de matos = body-boards, skim, cerf volant de traction….

    Arthur tente le coup allongé sur le body-board, tracté par le kite…

    Victor s’y essaie aussi, mais il est trop lourd.

    La sieste sur le sable chaud, c’est bien aussi, surtout pour le papa coach de sport qui court depuis 2h après le cerf-volant…

    Sur la partie sud de la plage, il y a un spot de surf fantastique pour les enfants et les débutants comme moi.mais aussi très agréable pour les surfers confirmés.Une lagune se vide et se remplit à chaque marée, provoquant des vagues de sable faciles et accessibles : côté plage, les enfants ont pied et peuvent remonter les vagues sans problème.

    Arthur prépare sa planche et la waxe. Il prend ca très au sérieux… Il faut dire que notre petit bonhomme de bientôt 8 ans est accro à la glisse, il dort même avec sa planche dans sa cabine…J’ajouterais que son tempérament volcanique s’adoucit après une bonne session de surf….

    De mon côté, je suis impatiente d’essayer la toute nouvelle planche de Victor : une 130l Exocet, qui devrait également me convenir!

    C’est Victor qui la ramène à bord :

    Il n’est pas loin de planer.

    Sur la plage, nous croisons des huitriers-pie, qui nous pépient dessus, de plus en plus fort.. nous comprenons vite que le nid n’est pas loin, mais mettrons quelques minutes à le repérer!

    L’oeuf est incroyablement camouflage, couleur de sable. Qui l’a repéré?

    En fin de journée, c’est le repos des sportifs, et séchage des néoprène pour le lendemain. Nous avons ressorti notre équipement breton : combis intégrales pour les enfants, intégrale manche courte pour Loïc et long john pour moi.
    Dans la nuit, le vent s’est levé, Loïc est ravi d’essayer la nouvelle planche de Victor par 20 noeuds de vent.
    Il s’éclate.
    La planche est apparemment très rapide, et finalement très maniable dans les vagues malgré son volume.
    Au bout de quelques jours, nous croisons Barbara, la soeur de notre ami Bruce, sur son trimaran Trilogy. Nous avions rencontré Barbara au Fidji, alors qu’elle représentait le Fédération internationale de Surf pendant la compète de SUP Surf de Cloud Break. Nous nous étions donné rdv en ce début d’année à Great Barrier, et sommes ravis de faire la connaissance de son mari Shane et de ses filles Amy et Samantha. Dans les traces de la maman et de l’oncle champions olympiques, toute la famille fait du surf, de la planche, de la voile….On connait le terme de « watermen »  et de « waterwomen », consacrant les sportifs brillant dans les sports de glisse, mais « waterfamily »  serait plus approprié pour les Kendall!
    Dans l’après-midi, en début de marée montante, nous partons surfer en famille. Barbara est déjà à l’eau avec ses filles.
    Loïc est en SUP, et surveille Arthur et Victor en surf ; Anna et moi nous amusons dans un mètre d’eau en bodyboard .
    Après avoir passé 2h à coacher les enfants dans l’eau, nous les ramenons à bord  et repartons tous les deux en SUP surf.
     
    Après le dîner, Barbara et Shane nous apportent des ormeaux pêchés un peu plus tôt dans l’après-midi, Bruce et Steph du vin blanc, il nous reste une galette des rois : voilà une fin de soirée improvisée  comme on les aime.
    Le courant passe bien entre les 7 enfants, Victor servant d’interprète franco-anglais.
    Le lendemain, Bruce (en kitesurf), Loïc et Shane tous deux en planche tirent des bords le long de la plage,
    pendant que Barbara navigue en  planche, aux côtés de sa fille ainée Sam en optimiste.
    Nous sommes gâtés par le temps, venté et ensoleillé, les couchers de soleil sont superbes, les levers aussi
    et la lune bientôt pleine.
    La faune nous surprend toujours : ici un petit pingouin
     
    Les « Blue Pinguins » sont les plus petits pingouins du monde : très rondouillards , ils peuvent à peine tenir debout à terre, et se déplacent surtout à plat ventre… ou en nageant!
     
    Déjà 8 jours que nous sommes à Whangapoua, sans avoir vu le temps passer. Bruce nous propose de l’accompagner à Mercury Island.
    Nous profitons de la nav matinale pour avancer sur le programme de l’école : ca n’est pas toujours facile de travailler pendant que les petits copains sont en vacances. Alors nous tentons de rester ludiques et motivants dans les apprentissages. Un matin Loïc donne une leçons de navigation aux garcons, y incluant, chacun à son niveau, calculs, vocabulaire technique, et problèmes pratiques à résoudre.
    De mon côté, pour les maths, je suis ravie de pouvoir utiliser au quotidien les barrette Cuisenaire (du nom de son génial inventeur il y a près d’un siècle) pour rendre concret le dénombrement et les grandeurs (pour Anna 4 ans),
    les compléments à 10, les multiplications, la résolution de problèmes
    pour Arthur 7 ans,
    les équations, les proportions et le théorème de Pythagore pour Victor 13 ans. Et en plus, les enfants y jouent comme avec des Kapla (que nous avons laissé à la maison  : trop lourd et trop volumineux).
    Nous arrivons à Mercury Island vers midi,
     suivis de près par Trio.
    Le contraste des falaises crayeuses, des collines roussies par le soleil, des bois veloutés de verts et des plages immaculées est saisissant.
    On nous avait vanté la beauté de « Coralie Bay », et nous sommes charmés.
    Anna et moi explorons une première plage en paddle, puis grimpons la colline.
    En explorant la seconde baie, nous retrouvons Stéphanie, Katie, Alex et leurs grands-parents Tony et Peggy, avec qui nous faisons agréablement connaissance. Ils naviguent sur leur voilier Sunlight depuis…. plus de 40 ans! Sunlight est donc le voilier sur lequel  Bruce, Barbara et Wendy ont leurs souvenirs d’enfance…..
    Les filles s’approprient cette incroyable hutte en forme de coque retournée.
    Nous admirons la construction 100% bois flottés!
    Le coucher de soleil promet d’être très beau,
    sur cette île aux milliers de moutonsEffectivement, le dégradé de couleurs est subtil
    Mais le lever de lune est encore plus impressionnant!
    Après 24h d’un aller-retour infructueux à Whitianga pour remplir nos bouteilles de gaz, nous remettons cap vers Mercury Islands. Le reste de la « croisière »   se fera au camping-gaz!
     
    En attendant, le midi, ça sera salade, sandwichs, chips et crackers;
    Le soir soupe ou pasta au thermomix; et le matin, fini les pancakes et brioches faits par maman,  bonjour les céréales ou le pain de mie!
    Nous nous alignons en cela sur nos amis de Trio et Trilogy, pour qui le confort à bord de leurs trimarans de 32 pieds rime plutôt avec camping.
     
    Le second mouillage que nous visiterons est celui de Peachgrove.
    Très fréquenté en ce samedi de week-end ensoleillé, le mouillage sera bizarrement désert le lendemain…
     
    Victor a sorti son skim board, les conditions sont idéales. 
    En cette fin de séjours, les réserves de nourriture de nos amis sont au plus bas : nous les accompagnons à la pêche à pied!
     
    Bruce trouve quelques ormeaux, appelés Paua en Maori (prononcer pawa), et des oursins également.
     
    Moi je préfère les bigorneaux. J’en teste 2 sortes : des gris, de taille moyenne qui ressemblent  à nos bigorneaux, et des noirs plus gros, appelé « cat’s eyes », et qui s’ornent d’un magnifique opercule en nacre, irisé comme un oeil.
    Une fois cuit, ça ressemble vraiment au bigorneau de chez nous, en un peu plus caoutchouteux. 
    Arthur, à marée basse construit un barrage sur le ruisseau.
    Le lendemain, avec les paddles, nous allons remonter le ruisseau :
     Bruce et Alex sur une Mistral One Design,
    Steph et Katie en SUP,
    Loïc prend Arthur, et j’embarque Anna.
     et c’est parti!
    Nous longeons des berges foisonnantes de plantes, avant d’arriver après 10mn de glisse et 3 mn de marche à une cascade!
    Les enfants se jettent à l’eau (facile, ils sont en combi intégrale, les veinards!)
    J’enfile ma mini combi néoprène, acheté pour le SUP l’été en Bretagne,  etqui convient parfaitement pour la natation en Nouvelle-Zélande.
    Plus courageux, Steph et Bruce y vont en maillot
    ce fut un chouette moment à partager en famille
    et entre amis
    Anna ramène au bord Alex, qui fait semblant d’être un peu fatigué… merci l’apprentie-sauveteuse!
     Le retour se fait avec le courant,
    Anna rentre à la nage avec son body-board!
    Ca y est, nous arrivons à l’embouchure de la rivière,
    la plage n’est pas loin
    Ca y est!
    Les enfants referont 10 fois la descente de l’embouchure, c’est trop bien!!!! C’est comme du rafting, en eau peu profonde.
     
    Victor est resté courageusement bosser son francais à bord de Moby nous rejoint en paddle
     pour un pic-nic.
    Le lendemain, au vu du vent qui s’est levé assez fort, nous nous décidons de rentrer en 2 étapes à Great Barrier : 1ére étape pour la nuit à Mercury Harbour. La mer est agitée pour Moby, et que dire pour Trio!
    Sur le chemin, des dauphins nous accompagnent quelques minutes dans le sillage de Moby. 
    Notre second stop se fait à Stony Bay.
    Nous allons à terre en annexe pour explorer la crique adjacente : Shag bay. Arthur a trouvé un nouveau mode de relaxation original… La première crique de galet propose une petite marche longeant le ruisseau….
    Mais qui s’avère impraticable.

    Sur la seconde crique, une balançoire permet de traverser le petit bras d’eau : les garçons s’y risquent… avec plus ou moins de réussite!

    Nous parcourons la plage de galets à pied, à la recherche quelques trouvailles naturalistes :
    une pousse de « flax »  (ou harakeke en Maori), cette plante versatile  utilisée tressée pour confectionner toutes sortes d’objets utilitaires : une grande variété de vêtements, des sandales, de la vaisselle, le toit de huttes, des tapis, matelas, des jouets , des flutes.…
    OU filée pour faire des cordages, lignes et filets de pêche , échelles de corde. On l’appelle aussi Lin natif néo-zélandais, car elle s’apparente par ses qualités au lin européen. Elle pousse partout, et même sur la plage!
     
    des coquillages… qui font le bruit de la mer
     
    des arbres aux branches si tortueuses que celle-ci forme un cercle parfait!
    Arrivés à Port Fitzroy le lendemain, Stéphanie propose de venir à bord peindre le visage des enfants. Après de longues études en psychologie, archéologie, avoir travaillé pour des instituts de recherche et des musées, Stéphanie se consacre depuis 2 ans au « Body Painting », avec grand succès! IL faut dire que son travail est impressionnant.
     Anna choisit le papillon et l’arc en ciel
    Arthur choisit d’être peint en requin!
    et Victor…. en Zombie!
    Très réussi, on s’y croirait.
     
    Nous apercevons Trilogy arriver au mouillage, ils viennent à bord nous faire un petit coucou.
    Les enfants nous préparent une blague…Bouh!
     Les enfants jouent à l’avant,
    pendant que les garçons vont aider Tony à retrouver son hélice, perdue par 5m de fond vaseux… Loïc sort son matos de plongée, suivi de Shane, avec Bruce qui organise un périmètre de recherche.
    Au but d’une heure de recherches, Shane remonte victorieux avec l’hélice!
     
    Nous improvisons un apéro-dinatoire à bord de Moby pour fêter la bonne nouvelle! Scruffy, le chien de Barbara et Shane est d’accord! Great Barrier est très réputé pour ses trails, il est temps d’aller y goûter!
    Nous décidons le lendemain d’aller marcher  avec l’équipage de TRio :  Je rêve de monter jusqu’en haut du Mont Hobson, la vue y est spectaculaire parait-il. ais c’est une trop longue marche pour Anna et Alex.
    Nous prenons un pic nic, et empruntons le Kiwiriri Track menant au Mont Hobson : nous ferons demi-tour après la pause déjeuner.
     
    Pour entrer dans la foret, il faut se désinfecter les semelles, afin d’éviter de transmettre une maladie aux Kauris, ces majestueux arbres aux troncs épais et élancés.
    Le « Kauri Dieback » sévit partout ailleurs en Nouvelle-Zélande, mais pas encore à Great Barrier.
    Il faut dire que le Conservatoire du Littoral met de gros moyens en oeuvre, comme ce chemin partiellement pavé de bois.  
    Nous rencontrons en chemin une autre famille francaise  de Nouvelle-Calédonie apparentée à Bruce et faisons le chemin avec eux : Victor est heureux d’avoir trouvé un ado de son âge.
    C’est passionnant de faire cette marche aux côtés de Stéphanie et de Bruce qui connaissent très bien l’île, (c’est là qu’ils ses son rencontrés, et mariés!), et ses plantes : tel cette feuille « Toilet Paper »! eh oui, sa face antérieure est si douce que les bushmen s’essuyaient avec…Bruce et Stéphanie voulaient s’arrêter pic-niquer devant une petite piscine d’eau où ils avaient leurs habitudes; mais ils semble qu’elle ait disparu. Les pluies ont été rares ces derniers mois, et une grosse tempête a endommagé le trail il y a 2 ans et demi, transformant le lit de la rivière, créant éboulis et barrages de troncs d’arbres.
    Nous nous arrêtons finalement pour déjeuner, puis empruntons un pont de singe. Malheureusement, je me blesse en remontant le lit de la rivière : le bruit est net :  un CLAC dans mon mollet gauche, c’est une déchirure musculaire. Je vais devoir rentrer en claudiquant. La famille de calédoniens continue jusqu’au Mont Hobson et se propose de garder avec eux Arthur et Vicor qui sont ravis!
    Je redescends tranquillement avec Loïc, Anna, Bruce et sa famille.
    J’ai déjà connu ce genre de bobos : une semaine de douleur vive, à se déplacer en boitant, un mois de repos sans sport pour bien se remettre, et d’ici 6 semaines, la reprise en douceur étalé sur 2-3 semaines…
     
    Entre les petits qui jouent, et moi qui claudique, nous sommes très lents… c’est l’occasion de passer du temps à regarder les plantes, quelles merveilles!
     comme certaines fougères, très géométriques
     ou le Kauri, cet arbre au tronc massif, le plus haut de nouvelle Zélande, qui monte jusqu’à 60m, avec un tronc lisse de toute branche jusqu’à 30m de haut et donne des circonférence de 11m! Ce bois était très réputé pour ses qualités, et réputé meilleur que n’importe quel variété de pin. Le Capitaine Cook lui -même, premier grand explorateur de la Nouvelle-Zélande, le recommandait pour la fabrication de mats et d’espar de navires. Il est été très exploité, trop, et s’en suit un programme aujourd’hui de reforestation comme ici à Great Barrier, on l’on trouve beaucoup de juvéniles. Sa croissance est très lente, il va vieillir jusqu’à 1500 ans!;
     
    et les Nikau, palmiers endémiques de Nouvelle Zélande : les palmiers les plus austraux du monde! Et leurs feuilles imperméables étaient utilisées autrefois pour les toit des huttes.
    A l’arrivée, nous apercevons l’estuaire encombré des arbres morts charriés par la tempête des années précédentes.
    Voilà le parking à annexes!
    Nous restons une heure à la plage, les enfants s’amusent à faire des réseaux fluviaux. Nous savourons cette dernière escapade « nature » avant une période de 2 semaines de travaux entre Auckland ou nous passerons la semaine prochaine à la marina et Wangarei, où nous sortirons le bateau de l’eau fin janvier pour une semaine à sec.