Après 1 mois de croisière dans le sud des Bahamas et les Exuma, nous arrivons à Spanish Wells, (petite ville du nord d’Eleuthera), pour peaufiner nos préparatifs de transat. Notre séjour aux Bahamas tire à sa fin, car nous avons en tête d’entamer notre traversée de l’Atlantique avant le 15 mai. En effet, le 1er Juin est le début officiel de la saison cyclonique dans l’hémisphère Nord.
Nous avons quelques jours d’avance sur le planning, car nous venons de profiter des vents de sud pour remonter des Exuma vers le Nord des Bahamas, avalant en une demi-journée les 50NM qui séparent Norman Cay (au Nord des Exuma) de Egg Island. (Ouest d’Eleuthera)
Nous avions prévu de remonter jusqu’à Abaco, pour préparer Moby à proximité de Marsh Harbour, tout en continuant à explorer quelques îlots supplémentaires, mais les prévisions météo pour les jours à venir donnent des vents plus favorables pour traverser au départ d’Eleuthera ou de Cat Island.
Bien nous en a pris : le village de Spanish Wells est charmant, et nous allons passer 3 jours agréables et efficaces à la marina de Yacht Haven.
Au programme : grand nettoyage de Moby, intérieur et extérieur, approvisionnement, révisions des moteurs, changement de la pompe d’eau douce tribord, menus bricoles, et un grand rangement en prévision des 3500 NM de la transat.
Nous entrons par la passe Nord,
découvrons la plage,
puis les maisons, très jolies, et typiques, avec leurs murs colorés et leurs toits blancs
Nous empruntons le chenal Est,
assez étroit et sinueux.
Les enfants ont gonflé les pare-battages : c’est leur rôle!
Les premières maisons de Spanish Wells apparaissent, très coquettes.
Et le Must, ce sont ces pontons privés,
au bout duquel on amarre SON bateau.
C’est une île de pêcheurs, qui a gardé sa vocation malgré un indéniable développement touristique.
Les riches plaisanciers américains ont colonisé l’île, mais elle garde une importante flottille de pêche traditionnelle
Je décompte pas moins de 3 stations-service pour bateaux!
Un peu plus loin, le quai des ferrys et les loueurs de voiturettes de golf : sympa, c’est ainsi que se déplace la moitié des habitants.
La superette,
Le chantier de réparation navale,
La passe Sud
toujours la flotte de bateaux de pêche
et enfin la marina!
Nous allons y rester 3 jours.
C’est une des plus agréables petites marinas où nous avons séjourné. A taille humaine, elle donne sur le canal, très animé en journée. Un resto, des bungalows à louer,et… une piscine! Les enfants en font leur repaire, après l’école. Eux qui d’habitude s’ennuient à la marina sans copains, s’amusent bien ici : piscine, trottinette, et la cerise sur le gâteau, c’est cette voiturette que nous louons 24h pour faire les courses et nous balader.
A tour de rôle, les enfants m’accompagnent dans les magasins
La supérette est bien achalandée de produits frais, et offre un rayon de produits artisanaux très alléchants : confitures, pickles, achards, condiments, pâtisseries et pain fait maison, quel régal! J’aime bien la formule, qui permet aussi à la population locale de se procurer un agréable complément de revenus, en particulier pendant la saison touristique. On se régale ainsi des pickles de Tante Anita, des cupcake de Mary-Rose,
du Carrot Cake et de la Lime Pie de Lizzie, du pain de mie de John….Et de la salade de Conch achetée sur le bord de la route.
Une première journée est consacrée aux lessives : un mois de linge, ça fait 6 grosses machines, et ça me prend toute la journée! Draps, alèses, vêtements, serviettes, tout y passe, y compris les vêtements « d’hiver », jeans, polaires, chaussettes, que nous avions remisés depuis l’Afrique du sud, et que nous allons ressortir avant l’arrivée aux Acores. Le lendemain, il fait vraiment un temps de cochon! Ca n’empêche pas de nettoyer, au contraire. Anna au balai-brosse, et Arthur à la raclette. Moby va bénéficier d’un dessalage intégral à l’eau de pluie, c’est idéal!
Nous dînons le soir au restaurant avec de nouvelles connaissances : Michel et Christine, de Spica, un Outremer 45. Ces (presque) jeunes retraités profitent de leur bateau à mi-temps : 3 mois à bord, 3 mois en France. Ils sont fans des Bahamas, où ils ont déjà navigué plusieurs saisons, et remonteront cette année encore vers la côte Est des Etats-Unis, que nous aurions aussi aimé visiter.
Ils nous recommandent en particulier la côte entre New-York et Boston : de Long Island à Cape Cod, en passant par Nantucket et Martha’s Vineyard : une succession de plages, de criques isolées, de calmes forêts, de villages typiques…. tout cela nous fait rêver.
En attendant, il pleut à torrent, y compris dans le restaurant, mais l’ambiance est chaleureuse!
Le lendemain, le temps s’est amélioré, et en allant faire les courses, nous en profitons pour nous balader un peu dans les petites rues de Spanish Town.
Nous nous arrêtons acheter une langouste, la spécialité locale. Ici, ça n’est pas plus cher que le poisson.
Les maisons sont ravissantes, parfaitement entretenues, les jardinets apprêtés.
Derrière les rues, l’église,
une ruelle,puis la plage,
Nous revenons bien chargés ; Arthur m’a bien aidé,
et m’a convaincu d’acheter … un trancheur de pommes! Beau et ludique, c’est aussi une bonne manière de partager des fruits…et comme nous sommes de gros mangeurs de pommes…..
Ce matin, Michel et Christine quittent la marina, et continuent leur exploration des Bahamas, vers Abaco.
Au bout de notre ponton, un nouvel arrivant, magnifique ancien vapeur en bois, aménagé pour le charter. Ca doit être très cosy à l’intérieur. Les vernis sont rutilants.
Nous quittons Spanish Wells :
Les pleins d’eau et de gasoil sont faits, le bateau est propre, et l’avitaillement nous permet de tenir 10 jours et plus. Nous sommes fin prêts à traverser et allons rester attendre la meilleure fenêtre météo possible pour rallier les Bermudes, distante de 750 NM. Nous allons en effet traverser l’Atlantique en 3 étapes : Bahamas-Bermudes, dans les jours qui viennent, puis Bermudes -Acores avec une longue escale d’un mois aux Acores et enfin Acores-Brest, pour arriver en Bretagne début juillet.
Nous ressortons de Spanish Wells par la passe Sud,puis nous dirigeons vers la pointe Sud-Ouest d’Eleuthera.
Nous franchissons l’étroite passe qui sépare Eleuthera de Current Island.
Un courant et des remous qui nous rappellent le bon temps des passes dans les Tuamotu.La mer est blanche et bouillonnante dans la passe.
Nous naviguons toute la journée et arrivons de nuit dans le sud-Est d’Eleuthera à East End Point.
A notre réveil le lendemain, nous découvrons un site enchanteur.Les falaises crayeuses sont impressionnantes et forment un décor inhabituel, très graphique.Des grottes, des cavernes se succèdent tout le long du littoral.
Nous sommes mouillés devant une grande plage en arc de cercle.
Mais à la pointe, une ravissante petit crique nous attend.Un chemin mène au vieux phare, que nous empruntons. La vue d’en haut est panoramique. Le phare est désaffecté, et en piètre état. Et de l’autre côté, la très grande plage.
Nous revenons sur notre petite plage privée profiter de ce qui est sans doute notre dernière baignade en eaux chaudes turquoises et tropicales. Dans quelques heures ou quelques jours, nous aurons appareillé pour les latitudes tempérées d’Europe…Alors il faut en profiter!
Batailles de boules de sable,
skimboard, baignade….Nous savourons ces instants. Je remarque que le sable est… presque rose. Une célèbre plage d’Eleuthera vante sa couleur rose, nous n’en sommes peut-être pas très loin… les touristes en moins.
Nous appareillons sans tarder car nous voulons être à Cat Island dans l’après-midi.
Nous passons devant l’île de Little San Salvador, entièrement privée puisqu’elle a été achetée par une filiale de Carnival Cruise Ship : des croisières tout compris de 5 à 7 jours aux Bahamas, au départ des USA, L’escale est complètement aménagée pour accueillir des milliers de passagers, un peu comme un grand hôtel, (beach club, restaurants, excursions, sports….) mais sans les chambres.
Nous arrivons sous un ciel bien morne a Orange Creek. Le temps n’est vraiment pas engageant, mais les fonds transparents : Loïc nettoie les coques, comme avant chaque grande traversée. Près de 3 heures dans l’eau à frotter les algues.
Nous attendons toujours la meilleur fenêtre météo possible, qui tarde un peu à venir. Le lendemain, nous allons dans la baie d’à côté, à Arthur’s Town! Il nous faut bien sûr aller à terre visiter et immortaliser cela!
Arthur à Arthur’s town
Nous tombons par hasard sur le sculpteur et peintre de ce panneau!
Le village est bien morne…Nous croisons peu de monde.Il faut dire qu’aucun commerce n’est ouvert : les habitants sont par ici tous des « Adventistes du 7ème jour », et ne travaillent ni le samedi ni le dimanche.
L’école,
le poste de police, le bar (qui est fermé),
l’aire de jeu…
et de nombreuses maisons abandonnéesNous nous mettons en quête de l’épicerie la plus proche, qui est à quelques kilomètres. Nous décidons d’y aller à pied….Assez vite, la solidarité bahaméenne fait son oeuvre, et nous sommes embarqués dans la benne d’un pick-up, qui nous dépose quelques kilomètres plus loin, à l’épicerie, où nous trouvons du pain, le dernier article frais qui nous manque. La météo est enfin parfaitement favorable, nous sommes fin prêts.
Le soir-même, nous levons l’ancre, pour 4 jours de mer, direction les Bermudes! Nous quittons les Bahamas avec le sentiment d’avoir bien profité de cette longue escale de presque 6 semaines.
Le temps n’y est pas très beau non plus depuis 8 jours et ne semble pas s’améliorer,
alors nous sommes contents d’aller de l’avant, cap à l’EST pour retrouver le soleil!
Nous y voilà, aux Bahamas, dernière escale tropicale de notre tour du monde, et dont nous attendons beaucoup. Nous avons en effet rushé en remontant l’arc Antillais, afin de préserver au moins 6 semaines pour la découverte de l’archipel : 700 îles, dont seulement 20 sont habitées toute l’année. Les voiliers canadiens viennent y passer l’hiver en quête de soleil et de chaleur, un peu aussi les américains, mais très peu d’autres nationalités qui naviguent plutôt dans les Antilles. Cela nous intrigue un peu, et nous avons hâte de nous faire une idée sur ce bassin de navigation dont nous soupçonons qu’il soit largement méconnu des Européens.
A l’entrée dans les Bahamas, notre premier contact avec la civilisation sera le survol de Moby par l’hélicoptère des US Coast Guards Cela donne le ton : les Bahamas sont sous la coupe des USA, en ce qui concerne au moins la surveillance de leurs frontières!
Nous avons fait notre clearance tôt le matin à Mayaguana, et sommes repartis aussitôt vers Crooked Island où nous attendent mes parents, qui ont loué un Lagoon au départ de Marsh Harbour (Abacos), skippé par Sylvain.
Nous avons prévu une navigation en tandem de 2 semaines dans les iles du sud des Bahamas. En fin de journée, nous traversons un petit détroit entre les « Plana Cays » : ces îles ne sont guère plus que de longs bancs de roches et de sable plantés de tout petits palmiers.
la variété : le Thatch Silver Palm, qui ressemble en miniature au Vacoa des Mascareignes. Endémique des Bahamas, il est utilisé pour faire des toit de palme, comme son nom l’indique, mais aussi pour divers objets de vannerie, ceintures, paniers, objets de décoration….
Sur l’horizon, de très haut souffles montent dans les airs. Nous pensons tout d’abord à des baleines, mais ce sont en fait des rochers « souffleurs ».
Nous visons une arrivée de nuit à Landrail Point, au Nord-Ouest de Crooked Island, l’île principale des Atcklins. Un phare yest censé baliser l’entrée, mais il n’est pas en opération…
Mais la baie offre une entrée franche, et nos cartes Transas (i-sailor) sont comme toujours très précises, nous donnant une large zone de fond sablonneux dans 5m d’eau…juste à côté du bateau de mes parents.
Au réveil, nous découvrons des fonds d’une clarté incroyable, et d’une couleur turquoise à nulle autre pareille.
Il fait chaud, très chaud : nous installons la voile d’ombrage les enfants s’y installent … pour travailler! Je vous assure, Victor bosse son français, et Anna fait de la lecture.
Loïc lance le drone, et nous découvrons l’île de Crooked vue d’en haut,
la mouillage de Landrail
C’est vraiment magique de pouvoir visiter l’arrière pays par les airs!
le mouillage de Landrail, et le phare de Bird Rock au loin
Pour fêter nos retrouvailles familiales, nous allons tous au resto! Les enfants se sont mis sur leur 31 pour les retrouvailles avec leurs grands-parents.
Nous accostons dans un petit port creusé dans la roche.
A Landrail, nous découvrons une petite communauté Bahaméenne fort restreinte : une épicerie, un resto, un poste de police…
En marchant vers le restaurant, nous découvrons le « village ».
L’île a été ravagée par le cyclone Joaquim, en octobre 2015, qui a inondé 75% des habitations, détruit la centrale électrique, et ravagé une cinquantaine de maisons… Aujourd’hui, il reste moins de 200 habitants, répartis dans plusieurs petits « settlements »; les autres ont fui pour trouver travail et habitation ailleurs.
La reconstruction est longue, très longue, et les dégâts encore très nombreux :
L’ancienne station service est inutilisable : dommage car elle était pratique aussi pour les bateaux.Il y a un projet de reconstruction à quelques mètres de là, mais à l’arrêt.
la dalle de la future station service
Les maisons qui sont encore habitées sont par contre particulièrement pimpantes.
Au resto, nous nous régalons et découvrons les spécialités locales : langouste rôtie, thazard en légère friture, l’incontournable « mac’n’cheese » (gratin de macaroni, prononcer « maquenne-tchise »), poulet mariné, riz aux haricots, salade de haricots verts : tout est frais, délicieux, fait-maison et local!
En marchant sur la route, nous sommes survolés par un tout petit avion : il nous faudra aller visiter la piste qui se trouve non loin du village;
En fin d’après-midi, Loïc part avec Victor et Arthur plonger en apnée sur le tombant, qui descend de 5 à 200m en quelques mètres seulement.
Là, ils se font surprendre par un requin particulièrement agressif qui les charge à 3 reprises, visiblement mécontent de voir des humains sur son terrain de chasse. Heureusement, il n’a pas idée de les croquer, seulement de les intimider : sans doute les prend-il pour des prédateurs concurrents, ce qui fâche, non? Tous 3 se replient avec calme et rapidité, palmant à reculons vers l’annexe, en restant groupés serrés. Ils se souviendront longtemps de cette charge inopinée.Des émotions pareilles, ca soude une famille!
En toute fin de journée, nous allons explorer la plage, très sauvage. Tout le long, nous observons des maisons, dont presque toutes sont détruites et à l’abandon.
Au nord de l’île, sur un ilot, le phare de Bird Rock est impressionnant de stature, il date de 1876.
Tout au bout de la plage, la piste d’aviation! Fréquentée par des pilotes-propriétaires américains et canadiens,qui viennent pour la pêche, en particulier la très confidentielle et très select pêche au « Bone fish » sur les « flats », ces grandes étendues d’eau sablonneuses et peu profondes dont Crooked Island regorge. C’est une pêche à la mouche sportive de « catch and release » (le bone fish n’est pas réputé pour la finesse de sa chair, il est très difficile à préparer), très populaire chez les américains du sud.
Deux pêcheurs à la mouche en route vers les Flats, dans leur tenue typique « camouflage des sables »
Un jeune homme vient nous accueillir et nous propose de faire avec lui le tour du propriétaire. L’occasion pour nous de nous familiariser avec l’accent Bahaméen qui est très particulier. Les installations aéroportuaires sont sommaires :
un beach bar, particulièrement bien placé,quelques quelques bungalows dotés de chambres, une salle de restaurant et c’est tout!
Plus loin, un projet de marina a été abandonné : la maison du propriétaire, un américain, a été détruite,et la reconstruction n’a pas encore eu lieu…. quand à parler de développement, ce n’est surement pas pour tout de suite. L’île de Crooked est très basse sur l’eau, et particulièrement vulnérable aux cyclones : la montée des eaux barométrique y fait des dégâts impressionnants.
En longeant la plage au retour, nous passons devant la ruine de cette jolie maison. L’arbre à coté, qui ressemble fort à un filaos n’est pas en meilleur état…
Anna et moi ramassons des gorgones, qui jonchent la plage par centaines : vertes, roses, violettes, jaunes, marron….
Une fin de journée paisible à profiter de la plage, de la nature
et du soleil qui se couche.
Nous appareillons pour French Wells, un mouillage tout au sud de Crooked.Nous passons sur un banc de sable peu profond. Les garçons surveillent le fond. Difficile d’évaluer à vue d’oeil la profondeur tant l’eau est claire!
Nous sommes tous sous le charme de ce « turquoise » si particulier des Bahamas. Je mitraille, et me donne comme objectif de « capturer » les 50 nuances de turquoise.
Le Lagoon 42 loué par mes parents a un peu plus de tirant d’eau que nous, nous lui avons ouvert la route
Ils sont très contents de leur bateau,qui bien que petit, est remarquablement habitable, en particulier la cabine propriétaire,
et dispose d’espaces à vivre particulièrement réussis. En terme de performance, ca n’est évidement pas une bombe… mais il a de bons moteurs! ll faut bien ça pour pouvoir suivre Moby, véloce dans le petit temps….
Nous mouillons dans des eaux cristallines.
La plage est très belle et le sable d’une douceur….
Le site est très sauvage, inhabité, les eaux turquoises,Petite curiosité : un vieux puit, toujours praticable! De l’eau douce donc, venant de nappes phréatiques. Ces puits sont très courants aux Bahamas, pratiques pour le ravitaillement des bateaux, ils étaient dans l’ancien temps des étapes incontournables. J’apporte ma bassine et en profite pour faire des lessives de serviettes!
Et derrière la plage,
la mangrove s’avère accessible en annexe via un canal naturel.Nous partons pour une belle ballade naturaliste
au coeur de la mangrove,
L’eau est peu profonde, mais d’une clareté….
Nous dérangeons un petit requin nourrice venu trouver refuge dans les méandres.
Le coucher de soleil est hypnotisant, la plage magnifique, il n’y a pas de vent : c’est le site idéal pour faire un feu!
Papily et les enfants ont préparé les branchages avec l’aide précieuse de SylvainNous prenons l’apéro sur la plage. Les enfants nous ont aussi fabriqué une table en pierre et Sylvain des sièges en vieux cordage de marine
Les enfants sont tellement heureux de pouvoir partager avec leurs grands parents cette vie de plein air qui leur plait tant. Le lendemain, nous partons un peu plus au sud pour Long Cay.
Au petit déjeuner, nous faisons des crêpes! Je n’ai pas emporté mon Bilig (nom breton de la crêpière traditionnelle en fonte électrique), il est resté à la maison… mais une simple poêle à crêpe anti-adhésive dépanne. Nous faisons aussi des crêpes blé noir, le repas préféré des enfants, quand nous trouvons du sarrasin, que j’ai bizarrement eu un mal fou à trouver aux Antilles françaises, alors qu’en Polynésie et à la Réunion, sans problème!
Côté pêche, ca n’est pas un succès : dès que nous attrapons un poisson, il sert d’appât aux requins, qui le croquent d’un coup de dent…
ce qu’il reste de sa bécune dans les mains de Sylvain…
Loïc lance le drone, et cette fois, c’est Anna qui pilote! Très concentrée…
Nous voulons prendre de belles photos de Moby, car c’est décidé, nous le mettons en vente. Sans regret, car il nous aura permis de réaliser notre rêve : un tour du monde à la voile en famille. Mais d’ici quelques mois, nous reprendrons nos vies de terriens, le travail, l’école, le jardin, et n’aurons pas usage d’un bateau de grand voyage. Nous espérons que Moby aura un nouveau propriétaire qui continue à naviguer longtemps…
Nous continuerons bien sur à naviguer sur les bateaux de la famille, les enfants à faire de la voile légère, et nous aurons peut-être un day-boat pour profiter des beaux jours en famille?
Mais le virus du voyage nous a piqué, et nous repartirons un jour en bateau, pour continuer à explorer à la voile cette planète qui est si belle, à la découverte de ses habitants, nos frères humains : « Tous pareils, tous différents! »
A Long Cay, nous sommes mouillés tout proches du village d’Albert Town.
Vers le Sud de Long cayvers le Nord de Long Cay
Là encore, c’est une longue plage de sable blanc, de l’eau turquoise, mais on ne s’en lasse pas….
Albert Town a été un des plus gros villages des Bahamas du temps de la marine à la voile, jusqu’au milieu du 19ème siècle avec près de 2000 habitants : c’était en effet un port d’entrée aux Bahamas, stop idéal pour les voiliers, le port disposant d’un accès aisé à la voile, d’une rade abritée sous le vent de l’île et d’une bonne profondeur.
Du jour au lendemain, avec l’avènement de la marine à vapeur, le village est devenu fantomatique, puis carrément désert avec aujourd’hui seulement… 12 habitants.
Albert, c’est aussi le nom de mon papa : il FAUT aller à terre y faire un tour.
Nous débarquons sur la plage, le quai est impraticable.
Nous croisons nombre de ruines, de maison abandonnées, les ruelles sont désertes…
Une habitante qui était sur le pas de sa porte nous aperçoit, et nous salue. Les visiteurs sont rares, et elle nous fait les honneurs de l’église : détruite par un cyclone…. Curiosité : elle n’a été reconstruite que partiellement :
seul un des bas-côtés a été rebâti
Nous nous enquerrons du prêtre : il ne vient que très rarement officier.
Un autre habitant vient à notre rencontre. Justin veut que nous immortalisions la rencontre,en particulier avec Albert, en visite à Albert Town!
Justin et Albert
Il nous offre des vestiges du temps passé : d’anciennes bouteilles en verre.
En rentrant au bateau en annexe, nous longeons encore quelques maisonnettes en ruines : quelle tristesse de savoir que tous ces habitants ne reviendront plus. C’est une des tristes réalités des îles extérieures des Bahamas : quand elles sont touchées par un cyclone, de très nombreux habitants décident de ne pas reconstruire, et d’aller plutôt tenter leur chance ailleurs, dans le nord, sur des îles plus touristiques et densément peuplées. Ainsi, les « Outer Islands » se dépeuplent inexorablement au gré des cyclones.
Le soleil se couche sur Albert Town….
Nous quittons le groupe des Atcklins pour rejoindre Long Island, via le Crooked Passage. Nous atterrissons à Little Harbour, un curieux petit port naturel de la côte au vent : une échancrure rectangulaire parfaite dans les terres, fermée par deux petites îles, et ouverte sur une passe. Nous n’avons que l’embarras du choix côté plages, et nous décidons pour le tout petit banc de sable qui borde l’îlot fermant la baie. Ce sera notre plage « privée » pour la journée. Skimboard, snorkeling,
chateaux de sable…..
Quand nous appareillons le lendemain, nous apercevons drossé à la côte une ancienne épave, de ce qui a dû être un très grand bateau.
Nous faisons escale à Clarence Town, qui sur la carte ressemble à un gros village et où nous espérons faire un avitaillement de produits frais. Papily et Mamily partent à terre avec leurs sacs…. et ne reviennent à la nuit que plusieurs heures plus tard. Nous commencions à être inquiets. N’ayant pas trouvé ce qu’ils voulaient dans la boutique du village, la patronne leur propose de faire le « taxi » pour eux jusqu’au supermarché le plus proche….. Tope-là! Sauf que le commerce se trouve en réalité à une petite demi-heure de distance en pick-up sur une route défoncée….Le dos de Papily se souvient encore des cahots de la route et de la conduite sportive de sa conductrice… Ils reviennent 2 heure trente plus tard chargés de victuailles, produits frais et savoureux, encore sous le charme de l’hospitalité et de la gentillesse des Bahaméens.
Pendant ce temps-là, nous sommes à la plage avec les enfants
ballade en amoureux, skimboard, chateaux de sable…
Nous retrouvons nos amis de Luna Bay II, Un Outremer 45 avec 3 enfants à bord : Théotime, Charline et Léonie ont à peu de chose près le même âge que Victor, Arthur et Anna. Nous les avons croisés plusieurs fois, et avons enfin le temps de bien sympathiser autour d’un apéro : les parents dans le cockpit autour d’un ti-punch, et les enfants sur le trampoline à faire les fous!
Au petit dèj du lendemain, un bon pain de mie grillé, fait maison dans notre machine à pain. Nous en sommes très contents, depuis qu’ Alexandre nous l’a offerte à l’île Maurice. Nous y faisons du pain, du pain de mie, des brioches, mais aussi des cakes au chocolat, au yaourt, aux pommes, des financiers…. et même du gateau breton!
Cette fois-ci, c’est Arthur qui pilote le drone : décollage, vol, et atterrissage. Il n’a pas voulu faire de photos, seulement un film!
Nous sommes à Rum Cay, dans la baie de Flamingo, une superbe plage, et encore une fois, nous ne sommes que 2 bateaux au mouillage; Après avoir exploré presque toute la baie à la recherche d’un bon mouillage, nous revenons mouiller près de la passe : c’est le seul endroit sans patate de corail. Le snorkeling en revanche est très prometteur, avec tout ce corail.
Là encore, sable blanc fin comme de la farine, des kilomètres de plage où nous prenons l’habitude de nous balader en fin de journée, du skim pour les garçons,
on ne s’en lasse pas.
Nous partons faire un snorkeling dans le nord du récif,près d’une épave.
Les coraux Elkorn sont majestueux. Nous croisons quelques gros spécimens, de mérou, de requin nourrice aussi…mais l’animal est craintif, et nous tourne le dos.
Puis nous retournons le lendemain à Long Island, tout au nord, dans la jolie baie de Stella Maris. Nous nous arrêtons en mouillage de jour dans une petite baie adjacente, très sauvage. Nous déposons Papily et Mamily sur leur petite plage personnelle. C’est merveilleux de profiter de ces plages calmes et peu fréquentées. Encore du bleu turquoise intense, du sable blanc à faire mal aux yeux, et de petites grottes.
Nous irons en fin d’après-midi explorer Galliot Cay, et en particulier le petit village de Seymours, à travers un méandre de mangrove,
que l’on parcourt en annexe, le long de grottes, jusqu’à un petit pont doté d’un ponton
En fait de village, il ne s’agit que d’un « settlement » comme on appelle ici ces regroupements de maison. Pas vraiment de commerces : un barbier, une location de « cottages », et c’est tout. Une vieille dame sort de sa maison pour nous saluer, et papoter. Ancienne postière à Nassau, elle est revenue passer sa retraite dans la maison familiale, et améliore ses fins de mois en tressant des feuilles de palme pour en faire des paniers, des ceintures, typiques de l’artisanat Bahaméen.
Demain, nous quittons les Bahamas du Sud pour entrer dans les Exumas, chapelet d’îles et d’îlot magnifiques, où la navigation se fera par sauts de puces, et où nous attendent de magnifiques snorkeling, des centaines de petites plages, des épaves d’avions et de bateaux, des grottes sous-marines, des cavernes semi-immergées, des iguanes, des cochons nageurs….à suivre….
Nous continuons notre remontée de l’arc antillais, et nous dirigeons vers des îles durement touchées en septembre dernier par le cyclone Irma. Nous avons suivi le désastre de très près, par l’intermédiaire de nos amis Pierre et Marie, installés à St-Martin depuis quelques années, avec leurs 3 enfants. Ils ont vécu le cataclysme, et s’en sont sortis indemnes, mais secoués.
Beaucoup de plaisanciers et de touristes cette saison éviteront ces îles, leur préférant des escales plus paisibles.
Irma, le 06 septembre 2017, au plus fort
Nous-même ne devions pas nous y arrêter cette année, car nous y avons fait de longues escales il y a deux ans, lors de notre passage aux Antilles. Mais nous avons finalement décidé d’y passer, même rapidement, pour plusieurs raisons :
tout d’abord parce que ces îles sont désertées par les touristes, et que nous souhaitons apporter notre petite contribution, si modeste soit-elle, à la reconstruction
pour témoigner aussi, via notre blog, montrer les dégâts, et aussi la reconstruction en cours
pour y voir Pierre et Marie bien sûr!
mais aussi car c’est là, entre St-Barth et St-Martin que nous bouclons notre tour du monde. Un symbole fort, qu’il nous tient à coeur de célébrer avec nos amis.
Nous n’avons qu’une semaine en tout à consacrer à ces 3 escales, car nous sommes attendus dans moins de deux semaines aux Bahamas, que nous avons prévu d’explorer pendant 1 mois et demi, avant avant notre transat retour en France.
SAINT-BARTHELEMY
Nous arrivons à St-Barth en fin de journée, après une petite nav’ de jour bien agréable. L’émotion est là, nous recoupons à l’instant notre sillage, et bouclons ici, à St-Barth, devant ce rocher des Gros Ilets, notre tour du monde en famille.
Partis de la Grande Motte en février 2016, nous sommes arrivés aux Antilles en mars 2016. Aujourd’hui, le 27 mars 2018, 2 ans et 9 jours nous séparent de ces deux photos.
Moby au mouillage à St-Barth, mars 2016
Nous fêtons cela par un bon repas en famille, et une bouteille de champagne, mise au frais pour l’occasion!
Nous sommes tous les 5 très émus, en réalisant le temps et les milles passés en 739 jours et 41 800 NM.
Le matin, nous observons les dégâts : si le centre ville et les commerces semblent reconstruits, de nombreuses maisons sont encore en ruines, et surtout, la végétation a grise mine.
En revanche, les méga yachts sont de retour, tel celui du milliardaire russe Ibrahamovitch, propriétaire d’une villa sur l’île. Son yacht, Eclipse, fut pendant quelques années le plus grand yacht privé du monde, avec ses 163m, 2 piscines, deux héliports, un mini sous-marin, un bouclier de défense anti-missile, un pont blindé et des fenêtres pare-balles. Nous immortalisons la trappe latérale à joujoux, où se rangent les annexes.
Nous ne restons malheureusement pas à St-Barth, car nous sommes attendus à St-Martin pour le week-end.
SAINT-MARTIN
A l‘approche des côtes, nous sommes un peu fébriles, car nous aurons bientôt sous le yeux les dégâts d’Irma, ce cyclone de classe 5 qui a ravagé le nord des Antilles en septembre 2017. Ce fut le plus puissant cyclone enregistré en Atlantique depuis 1980. Il aura causé de nombreuses victimes, et des dégâts matériels colossaux à Barbuda, St-Barth, St-Martin, Anguilla, les îles Vierges , les îles les plus durement touchées, mais aussi Porto Rico, la république Dominicaine, Haïti, Cuba et la Floride.
Lorsque nous arrivons à Saint-Martin, c’est un paysage de désolation qui s’offre à nous.
L’île est rasée, la végétation qui a survécu est terne, affaiblie, les collines arides.
Les hotels et résidences de la côte sont éventrées, il ne subsiste aucune fenêtre.
Les restaurants de plage ont été rayés de la carteet la baie Orientale offre un paysage inédit : une large bande de sable, là où s’alignaient les restaurants….
6 mois après le passage du dévastateur cyclone Irma, les plages ont été nettoyées, et réinvesties par les habitants qui viennent y passer leurs week-end et leurs soirées ;Les touristes par contre ne sont pas revenus cette année. Les tour opérateurs américains et canadiens ont blacklisté la destination. Les habitants pourtant sont là, les plages aussi, mais puisque « l’offre touristique » a disparu, le touriste déserte aussi… Plus de bars de plages, de petites boutiques, de location de jetski ou de plongée bouteille.
En quelques mois, la vie a repris sur l’île : les routes, aéroports et marinas sont praticables, les stations services, supermarchés, pharmacies etc…. sont opérationnelles à 100%.
Les restaurants de quartier et les sociétés de service rouvrent petit à petit. Tous n’ont en effet pas encore touché l’argent de leur assurance, et les autorisation de réouverture préfectorales sont données au compte-goutte. Les autorités sont en effet soucieuses de la qualité de la reconstruction, qui nécessite un bon assainissement, des canalisations en état, un traitement des déchets etc…
C’est ainsi qu’à Grand Case, haut lieu de la vie nocturne de St-Martin, seul un restaurant a réouvert….
Un seul restaurant ouvert à Grand Case
La rue principale, qui était bordée de restaurants, bars et boutiques le long de la plage sur plus d’un kilomètre n’est que ruines.AVANT
Grand Case avant le cyclone, en mars 2016
APRES
Grand Case après le cyclone, en mars 2018
Beaucoup ont tout perdu à Grand Case, et tous ne vont pas reconstruire ni réouvrir leurs commerces.
Nos amis Pierre et Marie ont vécu le cyclone, avec leurs 3 enfants et une autre famille amie, à l’abri dans une maison disposant d’un plafond en dur, et qui a bien résisté. Ils ont eu très peur, et s’en sont sortis indemnes mais marqués. La bonne nouvelle est que leur propre maison, malgré son traditionnel toit en bois et tôle, n’a pas subi de gros dégâts. Mais le réveil a été rude. Les dégâts et les pillages qui s’en sont suivis étaient tels qu’ils ont du se résoudre à rentrer passer quelques mois en France : sans eau, ni électricité, ni gaz pour cuisiner, sans nourriture et sans carburant pour se déplacer, sans travail et sans école, il était raisonnable de se rapatrier, en attendant que les activités reprennent. L’ironie est qu’il ont passé une partie de leur hiver breton… dans notre maison, que nous leur avions prêtée, car elle était inoccupée l’hiver. Et mon petit doigt me dit qu’ils ont vécu là encore, quelques grosses tempêtes…
Toute la famille est rentrée à St-Martin début janvier, pour y reprendre le travail et le chemin de l’école!
Quand nous arrivons à la Baie Orientale (B.O.),
Pierre arrive nous accueillir en SUP.
Nous passons le week-end à nous raconter ces deux années passées, intenses pour les uns comme pour les autres, et à penser l’avenir : pour eux la reconstruction à St-Martin, pour nous le retour à la vie de terriens.
Nos enfants ont tous les 6 des âges comparables, se connaissent et ont plaisir à se retrouver.
Anna et Rose s’apprêtent à aller explorer les fonds sous-marin de la baie Orientale.
Anna et Rose
Après le cyclone, toutes sortes de débris s’y retrouvent, comme ce tracteur, inhabituelle épave, qui prouve les forces du cataclysme!
Un peu plus loin, je trouve un conteneur à poubelles. Mais aussi beaucoup de débris, morceaux de toit, chaises longues, parasols….
Nous dégotons aussi quelques bouteilles : whisky, Jet 27, champagne, rosé, vin blanc….. car la plage de la B.O. était jalonnée de restaurants de plage, paillotes etc… tous disparus. Pas sur que tout cela soit buvable, il va falloir faire une soirée dégustation!
la « pêche » du week-end
Ce soir, nous fêtons nos retrouvailles,
mais aussi notre tour du monde, que nous avons bouclé la veille à St-Barthélémy.
Moby arrivant à la Baie Orientale, 2 ans après notre premier passage à St-Martin
Il y a deux ans, c’est aussi avec Pierre et Marie que nous fêtions l’arrivée de notre transat : Lanzarote-St-Martin en 14 jours.
En mars 2016, nous fêtons notre arrivée de transat à Tintamarre avec Pierre et Marie
Lundi matin, nous appareillons à l’aube pour Marigot, afin d’effectuer un gros avitaillement.
2 gros caddies remplis au Super U
En effet, nous mettons cap sur les Bahamas pour 6 semaines de navigation dans des îles souvent sauvages, peu habitées, où l’avitaillement sera problématique.
Là encore, le cyclone a laissé des marques : de nombreux bateaux sont démâtés, d’autres coulés, y compris des yachts de plus de 30m, retournés comme des crêpes dans le port. Les chiffres de l’industrie nautique ont annoncé pour St-Martin 1000 bateaux lourdement endommagés, et 500 réduits à l’état d’épave. Les travaux de renflouement se poursuivent.
La marina de Fort Louis est de nouveau opérationnelle.
En ville, à Marigot, beaucoup de commerces sont encore fermés, en particulier dans les petites rues.
Nous sommes aussi interpellés par l’état des voitures qui circulent,
cabossées, bringuebalantes…. Il apparait que les experts sont débordés.
En quittant St-Martin, nous ne pouvons nous empêcher de faire un comparatif avant-après, avec les photos d’il y a 2 ans :
celles de la décharge sont explicites la décharge en mars 2016 la décharge en mars 2018,
Le volume des déchets a au moins été multiplié par 5, si ce n’est plus.
cette baie aussi, qui était bordée de magnifiques villas: Les 6 villas noyées dans la végétation, en mars 2016
n’est plus que l’ombre d’elle-même.
les mêmes villas en mars 2018, après le passage d’Irma,
Nous quittons St-Martin un peu tristes en nous disant que l’on est peu de chose face à la force des éléments. La nature se remet vite, mais les oeuvres des hommes beaucoup moins.
Notre prochaine escale aux îles Vierges Britanniques nous le confirmera.
Les British Virgin Islands (B.V.I.)
L’archipel est lui aussi dévasté, mais la reconstruction bat son plein. Il faut dire qu’ici, le tourisme est plutôt haute gamme, avec des villas de propriétaires et peu de grands ensembles.
Nous sommes même étonnés de voir autant de belles maisons, comme neuves : elles viennent sans doute d’être rénovées. D’autres sont comme soufflées, ne restent que les murs,
Et certaines sont réduites en débris.
Nous arrivons en vue de Necker Island, l’île de Richard Branson,
qui met les moyens de la reconstruction.
Loïc va faire les formalités à Spanish Harbour, et remarque tous ces bateaux aux secs : certains sont très endommagés, d’autres simplement posés sur leur coque, sans ber.
Les enfants attendent avec impatience d’aller se baigner aux Baths, la mythique plage de Virgin Gorda. Nous sommes déçus d’apprendre que le débarquement à terre est interdit, à cause de fortes houles attendues dans la nuit et le lendemain.
Nous n’aurons pas accès au parcours aquatique que nous aimons tant, entre roches et mer, et qui est sans doute dangereux ces jours-ci.
Nous irons nous faufiler tout de même par la plage la plus éloignée
et nous balader à terre sur la plage.
Comme partout ailleurs, les villas sont soit très pimpantes, et donc récemment réparées, soit ravagées,
ou en pleine reconstructionLa végétation a elle aussi souffert.
Plage et roches n’ont pas bougé….Les garçons s’amusent en Skim.
Anna et Arthur ont trouvé un filon de sable volcanique noir et fin comme de la suie!
Les petits cactus ont survécu. les gros aussi
La houle permet à Victor de belles acrobaties. Il faut dire que les conditions de houle sont au top.
Loïc, prévoyant, nous a apporté l’apéro à la plage.
Nous partons le lendemain pour White Bay, à Guana Island.
En route, nous ne croisons que peu de voiliers : quel contraste avec il y a 2 ans, où le plan d’eau était sillonné de centaines de bateaux de charter. Depuis, les BVI ont perdu 80% de leur flotte de location. Seuls quelques cata à moteurs sillonnent la zone. C’est l’année ou jamais pour naviguer tranquille aux B.V.I.!
Quelque bateaux de propriétaires sont là. Quelle classe!
Ce magnifique yacht à l’ancienne navigue avec… son petit day-boat quillard, pour la balade. Comme il doit être agréable de se balader ainsi à la voile au mouillage!
En longeant la piste, nous découvrons de très nombreuses épaves, signe que tout n’a pas été renfloué.
Une plage a été aménagée pour les touristes, avec des installations provisoires : paillottes, roulottes, bars de plage, transats et parasols….
Nous restons dans les îles extérieures, car nous attendons une fenêtre météo pour naviguer vers les Bahamas.
Nous arrivons à Guana Bay.
La plage est sublime, et les pélicans chassent devant nos yeux.
Les garçons glissent en skim pendant des heures, et ne s’arrêteront qu’épuisés de fatigue.
Derrière la plage, le terrain est en friche, les habitations ont été rasées et la reconstruction a commencé.
Nous appareillons le lendemain pour les Turks & Caicos puis les Bahamas, qu’il nous tarde d’explorer!
Victor aide à hisser la grand voile
Dès les premiers milles en mer, les dauphins nous accompagnent,
Ils jouent autour de Moby, particulièrement bondissants! C’est leur façon de nous dire au revoir et à bientôt…
Après une semaine à l’hôtel, quel plaisir de retrouver MOBY , notre « home sweet home ».
Les enfants retrouvent leurs affaires, Loïc et moi avons 24h pour le réarmer, nous préparer à 3 semaines de croisières dans les Yasawa et Mamanuca et rejoindre à Musket Cove mes parents, mon frère et son amie, venus nous rejoindre pour 3 semaines de vacances! Je passe l’après-midi à courir les magasins : laverie, boucherie, supermarché, marché aux légumes…
qui me rappelle un peu ceux de l’île Maurice, avec les pyramides de tomates et les légumes improbables…
comme les ribambelles de légumes racine : Dalo (taro), patates douces, Cassave (Manioc) … ou les légumes-feuilles comme la fougère ou les feuilles de dalo.
Notre première escale, c’est Musket Cove, que nous avons déjà visité il y a une semaine.
Tom et Sonia essaient les planches proposées en location sur la plage : c’est du matos d’époque!
Le soir, nous dînons d’un BBQ sur l’ilot-bar. La formule est sympa : chacun apporte sa nourriture, mais consomme ses boissons au bar. En contrepartie, nous avons l’usage de BBQ ultra-modernes, et de tables abritées sous un auvent.
Le lendemain, direction Sandy Cay (Nukuimana Reef) . Chouette il n’y a personne, le banc de sable est à nous!!
…. pendant une heure .
Un paquebot de croisière approche…. nous ne sommes plus tout seuls, l’ilot apparait moins désert tout a coup….
Il nous tarde de quitter ces lieux touristiques et d’aller découvrir les plages et mouillages plus isolés. Nous longeons de pittoresques ilots, comme Honeymon Island ou Modriki, où fut tourné « Castaway » (Seul au monde », en Francais), avec Tom hanks, sorte de Robinsonnade Moderne, que je recommande , à voir en famille.
Honeymoon Island
Nous allons donc désormais naviguer de concert avec Unique, un catamaran que mes parents ont loué pour 2 semaines, avec mon frère et Sonia.
Unique
C’est très compliqué de trouver un bateau à louer au Fiji. Tous les grands loueurs comme Sunsail ou Moorings ont quitté le pays il y a quelques années suite à un différents avec les autorités locales, qui obligeaient à employer une majorité de fidjiens sur les voiliers loués. Les loueurs ont préféré quitter la zone. Si on ajoute à cela une navigation très délicate dans un archipel constellé de récifs mal cartographié, on comprend qu’aucun « bareboat » ne soit disponible. Par ailleurs, les autorités ont rendu très difficile l’obtention de licences de charters pour les bateaux de moins de 25M. Beaucoup moins de difficultés avec les méga-yachts qui obtiennent leur licence en quelques semaines… moyennant de lourdes taxes. Seuls quelques courageux ont bravé les lourdeurs administratives et obtenu en un ou 2 ans leur sésame leur permettant d’exploiter un bateau en charter avec équipage. Les autres ont rendu les armes, ou font du charter « sauvage » en espérant ne pas se faire prendre…
Samedi 28 octobre : à bord de Moby, nous entamons les préparatifs d’Halloween!
Notre première beau mouillage, c’est Navadra, au nord des Mamanuca.
Mais le second est encore plus beau : Sur Waya, la baie de Nalauwaki.
L’Octopus Resort est très sympa, les clients dînent pied nuds dans le sable, et les cocktails du barman au top! Victor s’éclate en skim, Anna s’est fait des copines – 3 petites francaises de passage entre la Polynésie et la Micronésie.
Comme le veut la coutume, nous allons offrir le Kava au chef de village. Cette fois-ci le village est de l’autre côté de la colline, à peine 10mn de marche et nous voici!
le village en contrabas
l’eau courante
la cuisine
jolie vague, surfable!
terrasse de repos
le village
le tronc creux qui sert de gong
l’église
les cochons d’élevage
Cette racine de poivrier est utilisée quotidiennement aux Fiji pour fabriquer un breuvage aux vertus relaxantes, bue en communauté tous les soirs. C’est aussi l’occasion de se retrouver, de rire, de se lancer des vannes, de draguer….
Il est de tradition lorsqu’un voilier arrive dans une baie/un village, d’aller à terre offrir le kava, ou tout au moins d’aller se présenter, saluer le chef du village ou son représentant.
Si cette coutume peut patraitre fastidieuse, surtout quand on change de mouillage tous les jours ;-), elle est tout de même plutôt saine et empeinte de respect mutuelle. En pratique, il n’y a pas d’obligation, mais venir se présenter, dire qui on est, d’où on vient, ou on va… est bien vu, et ne représente rien moins que de la simple politesse.
Le petit-fils du chef du village nous fait visiter les lieux. Le village est très photogénique, niché au pied d’un piton rocheux
Le lendemain, nous avons une grosse journée de nav’ vers Viwa, petit atoll isolé à l’ouest de l’archipel. Peu de voiliers y vont, du fait de son isolement et de sa passe étroite. Ce fut une de nos escales préférées!
Tom et Sonia nous rejoignent pour la journée de nav’ sur Moby.
Effectivement l’arrivée dans la passe est impressionnante avec cette épave en plein milieu qui nous oblige à amorcer un virage serré!
Moby entre dans la passe
Puis à peine sommes-nous mouillés qu’un hydravion atterrit juste à côté de nous et fait son demi-tour tranquille devant MOBY! On a l’impression d’être mouillé sur la piste d’atterrissage…
Tranquille, le pilote débarque son passager devant Moby, puis redécolle entre les deux bateaux.
Le lendemain, il revient, ce qui nous vaudra après réparation aux traditionnels essais moteurs, et décollage/atterrissage pour le plaisir des yeux… et des oreilles!
A la plage enfin, les enfants du village tentent une timide approche… je leur jette un ballon de rugby….2mn après, nous voilà Arthur, moi et Papily à jouer au Rugby dans l’eau avec 40 enfants Fidjiens, la nation détentrice de la dernière médaille d’or au JO! (en Rugby à 7)
Anna et ses copines
Le snorkeling du jour se fait sur l’épave bien sûr!
mamily et Tom en snorkeling
Plus loins sur la côte un resort très paisible où nous allons dîner un soir, au son d’un fantastique groupe de guitaristes.
Le paysage est superbe. Quand à la pêche elles est miraculeuse, aussi bien du bateau que sur le récif, où Julian emmène tour à tour les garcons. Victor sortira sa carangue lui-mêe, et Arthur assistera à la pêche d’une Carangue Ignobilis de belle taille!!
Carangue géante pêchée par Julian
la carangue de Julian
la pêche d’Arthur
Victor a pêché une carangue
Prochaine destination : Drawaka, une petite ile au sud de Naviti .Nous mouillons dans un chenal entre 2 îles, le courant y est fort, et le snorkeling très joli.
Petit à petit, Mamily prend confiance et nous rejoint sur tous nos snorkeling.
mamily et Tom en snorkeling
coraux mous
étoile de mer
un Némo!
aussi connu sous le nom de poisson clown
Le soir, nous faisons de grandes promenades sur la plage, immense, les lumières sont magnifiques, et les retrouvailles en famille nous font passer de très bons moments.
Quelques milles plus au nord se trouve le mouillage de Blue Lagoon, ou fut tournée en son temps le célèbre film ponyme avec Shirley Temple. Pas de chance, il pleut, à notre arrivée, nous ne verrons pas les beaux turquoises…
Les garcons en profitent pour récolter de l’eau et faire le plein dans les réservoirs. Moby est en effet équipé de récupérateur d’eau sur son bimini, ce qui nous vaut de belles récoltes de la meilleure eau à boire qui soit.
Papily se fait plaisir et achète à des pêcheurs une magnifique langouste : il en est friand, et elle commencent à se faire rares dans l’archipel.
Nous quittons Blue Lagoon pour Yasawa Island, et ses grances plages de sable blanc.
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Namataya Bay : protégé de l’ilot Vama, c’est un mouillage magnifique, bordé de longues plages.
Nous y passons 2 belles journées, rythmées par des séances de planche à voile, des snorkeling, du SUP dans les vagues et de balades sur la plage : le spot est désert et ne manque pas d’atouts!
Séance de coiffeur pour Loïc, et pour Papily.Anna apprend avec Taï comment fabriquer des jouets avec des feuilles de cocotier :
Et soyons fous : en fin de journée, apéro au champagne sur la plage!
Apéro sur la plage
Tchin-tchin
Nanuya Balavu : Nous mouilons de nouveau devant l’hôtel paradise Cove,
mais passons la journée de l’autre côté de l’île, dans un mouillage enchanteur de Narara : nous mouillons pour la journée dans un trou turquoise : le snorkeling est superbe, et le surf très sympa.
la vague…
ca surfe!
Victor en SUP surf
Victor dans les vagues
Tom et Sonia….
Loïc en Sup surf
Nous disons adieu à l’équipage d’Unique : Julian, Tony et Taï, qui repartent à Denarau chercher d’autres clients . Mes parents Tom et Sonia embarquent demain sur un nouveu voilier : High Aspect, un monocoque de 18m.
Blue Lagoon : de retour dans ce beau mouillage, nous partons en balade vers le village, derrière le Nanuya Resort, et découvrons un charmant salon de thé sur la plage. Le retour se fait par la mangrove.
Pendant ce temps là, Papily et Mamily étaient à la plage avec les enfants.
Puis c’est l’heure de l’apéro sur Moby!
Après Blue Lagoon, direction Wayasewa, où Mamily est allée offrir le kava au chef de village : nous sommes conviés le soir même, à boire le Kava avec la tribu, en l’honneur de la « pleine lune du siècle » : après 4 bols de kava, nos lèvres sont comme anesthésiées, les langues se délient, les blagues fusent en l’anglais : nous faisons l’expérience de l’accueil si chaleureux et naturel des fijiens.
le Kava est broyé…
puis mis à macérer dans un sachet (un peu comme du thé)
et bu!
Nous avions passé un magnifique après-midi à la plage. Le lever de lever de lune, dont nous n’en vîment rien, car caché par les nuages!
en chemin vers Yawasewa
la place du village
Moby au mouillage
les enfants partant le matin pour l’école
Mais le coucher de soleil fut splendide, agrémenté d’un (furtif amis bien réél) rayon vert!
Après avoir levé l’ancre, nous faisons route au moteur vers le récif extérieur, distant de 2NM et réputé pour les requins pointe blanche du récif, plus connus en Polynésie francaise sous le nom de Tapete. Loïc reste à bord avec les enfants pendant j’emmène mon frère et son amie explorer le tombant : nous faisons plusieurs passage le long du récif avant de trouver le spot : un drop-off de 20m couvert de coraux, des poissons innombrables, des bancs de sardines, un peu de courant , tous les ingrédients sont là : c’est Sonia, pourtant novice en la matière qui aperçoit le premier requin, inimitable avec ses ailerons aux bouts d’un blanc bien brillant et son ventre clair. Il nage au fond, rapide, le petit-dèjeuner est sans doute fini pour lui…. Nous en apercevrons un second, tout aussi furtif : décicément, ils sont bien peu curieux de faire notre connaisance. Les Tapete des Tuamotus étaient bien plus amicaux avec les plongeurs, nous approchant à quelques mètres.
Quelques milles avant l’arrivée, le vent tombe progressivement, nous affalons et mettons le moteur pour une petite demi-heure : l’occasion de mettre en marche le dessalinisateur et fabriquer notre eau quotidienne.
Arrivés à Sandy Pit, la chaleur est écrasante en ce début d’été austral, la mer est d’huile : tout le monde saute à l’eau pour se rafraîchir, et les enfants partent conquérir le banc de sable isolé. Je tente un snorkeling sur le récif frangeant, sans conviction tellement le lieu est touristique et fréquenté…
Sandy Pit
Mais oh ravissement, j’aperçois des colonies de poissons clown! Je retourne à bord chercher de quoi immortaliser ces Némos qui se cachent en virevoltant dans leur anémone quand on les approche de trop près.
aussi connu sous le nom de poisson clown
un Némo!
Décidément, il ne se passe pas une journée sans une belle surprise, cadeau de la nature aux apprentis-explorateurs que nous sommes.
16 heures, il est l’heure de continuer la route. Le vent n’est pas revenu, c’est donc au moteur que nous naviguons à travers les récifs mal cartographiés des Mamanuca vers le mouillage de Liku-Liku, au nord de l’ile de Malolo, distant de seulement 4 milles.
Cette très jolie baie abrite un hôtel pour amoureux en voyage de noce : luxe, calme et volupté assurés, au point que ni les enfants ni les yachties ne sont les bienvenus.
C’est donc à bord de Moby que nous regardons le soleil se coucher en prenant l’apéro. Le ciel s’embrase, il y a quelques nuages sur l’horizon nous donc n’aurons pas de rayon vert ce soir, demain qui sait?
C’est le dernier jour complet de Papily et Mamily au Fiji : nous décidons d’aller tester le fameux « cloud 9 », resto-flottant branché à quelques milles de la côté, ancré en plein milieu du récif.
Il faut y aller plus pour l’ambiance que pour la gastronomie… car en fait , au grand désagréement de Papily, il n’y a pas de table, seulement de grandes banquettes pour manger allongé à l’ombre, ou dans des transats en plein soleil, avec la musique à fond dnas les oreilles.
DJ!
L’ambiance y est excellente, pour quelques heures de dépaysement, c’est rigolo de voir cette ambiance « St-Trop’ «
le speed boat qui file à plus de 40 noeuds
pizzas
Tom et Sonia
Loïc et bénédicte
Les enfants jouent des heures dans l’eau, Victor passe son temps à sauter de l’étage.
Déjà, la journée se termine, par un dernier magnifique soleil couchant à Musket Cove.
Pour la dernière matinée de mes parents, nous allons faire de belles photos de famille sur le banc de sable au large de Musket Cove.
Il nous faut dire au-revoir à notre famille, que nous ne reverrons que dans un an…. Mais nos coeurs sont remplis de merveilleux souvenir. Au revoir en Fijien se dit : MOTHE! (prononcer Mozé).
Dès le premier soir, nous allons à terre nous faire un poisson grillé dans un foodcourt original : une ruelle bordée de gargotes, qui se transforme le soir en resto géant . La formule est sympa : ruelle est bouclée, les tables et chaises sont descendues dans la rue, et la cuisine se fait aux BBQ. Au débarcadère, dans les lumières du soir, bébé-raies et requins passent et repassent ; une vraie nurserie.
Après avoir fait le tour de quelques tour opérateurs, et avoir tenté de négocier des tarifs de groupe pour une excursion à Santé Fé, l’île des gros iguanes terrestres, – nous sommes plusieurs bateaux : nous nous redons compte que ce genre de tourisme, ce n’est pas pour nous. 12 personnes par bateau (pas plus pas moins!), accompagné obligatoirement d’un guide du parc National, serrés comme de sardines et sanglés dans de gilets oranges pour toute la journée, non, vraiment non, à 100$ la journée (pas de réduction pour les enfants…)soit 500 USD à débourser!!, Tant pis pour les iguanes terrestres de Santa Fé, il y tant a découvrir, rien que dans la baie!!
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Nous sommes en effet mouillés dans le port de Puerto Ayora, et partons pour une balade en paddle : en quelques coup de rame, nous approchons de très près la faune marine, tortues de mer, iguanes marins se prélassant sur les rochers, petits requins (1m50), les otaries sont bien moins nombreuses, ouf, nous dormirons mieux la nuit! Sur les roches, tout près du débarcadère, j’aperçois les fameux fous à pattes bleus nichant ; leur cri est presque humain, c’est troublant.
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Le lendemain, nous partons pour la balade des Grietas, sortes de fissure dans la roche, abritant grottes et bassins naturels.
Ici les fissures dans la roche sont impressionnantes, formant grottes, cavernes et bassins naturel.
Nous traversons des marais sur un très joli parcours pavé, qui passe également par des plages de mangrove
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L’occasion d’observer de près des bébés raies aigles. Les mangroves sont en effet une véritable nurserie pour les poissons.
Depuis quelques jours, nous accueillons Laurent et Nicole, mes cousins qui sont de passage aux Galapagos avec leurs enfants, et qui nous avaient accueilli aux San Blas (Panama) sur Crazy Louise, un autre Outermer 51.
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Après qu’ils aient passé quelques jours sur le cata de leurs amis de « Mercredi soir », nous sommes ravis de pouvoir à notre tour leur offrir l’hospitalité.
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Et comme demain c’est l’anniversaire de Loïc, Laurent m’accompagne très gentiment faire les courses : ça sera Sashimi pour tout le monde! La visite au marché aux poisson n’est pas banale : tandis qu’une otarie attend sagement comme un chien bien élevé, que le poissonnier lui donne sa ration, les pélicans se battent pour les restes
Une bien belle journée, passée à la plage, en compagnie de l’équipage d’Excallibur.
Une grosse heure de marche en plein soleil, mais que cela valait le coup! et tout au bout de cette plage, après 45mn à marcher dans un sable doux comme de la farine, une lagune, de la mangrove, des iguanes.
Victor s’éclate en skim et en bodyboard
Un iguane peu farouche sort de l’eau devant les enfants…
Le 28 au soir, nous accueillons à bord les équipages de « Mercredi soir », « Invictus », « Excallibur » ainsi que Pascale et Pascal de l’organisation Pacific Odyssey pour déguster les inoubliables sashimis « sauce papa » de Laurent, suivi d’un bon gros cake coco-chocolat, afin de souffler les bougies.
Le lendemain c’est repos, les enfants sont épuisés de leur journée de la veille, pas loin de 4h de marche en tout, de longues baignades, des heures de skim pour Victor, et une soirée bien animée avec les copains à bord!
Archipel mythique, aujourd’hui rattaché à l’Equateur, les Galapagos sont un jalon important de notre tour du monde : d’abord parceque idéalement situé à 1/3 du chemin entre Panama e mes marquises, ils offrent une escale intéressante, permettant de réaliser la traversée du pacifique en 2 étape de 5 jours et 15 jours, plutôt qu’en une seule de 3 semaines. Je rêvais d’observer par moi même l’extraordianaire diversité de sa faune marine, et de fouler la terre volcanique aux paysages torturés qui a servi de catalyseur à Darwin dans l’élaboration de sa théorie de l’évolution.
D’ailleurs, pendant les jours qui précèdent notre arrivée, je lis quelques passages choisis du récit que Darwin a fait de son voyage autour du monde sur le Beagle, et notamment bien sûr , sur son escale désormais célèbre aux Galapagos. Jeune naturaliste débutant à l’époque, il a réalisé que les pinsons de cet archipel (mais aussi les iguanes, les tortues terrestres…)avaient tous développé des caractéristiques physiques différentes suivant leur ile d’attache, leur corps s’étant modifié pour s’adapter au mieux à leur environnement. A époque l’idée est plus que révolutionnaire, elle est hérétique!
le buste de Darwin
Depuis les années 50, l’Archipel autrefois désert et sans population autochtone, est devenu un haut lieu touristique, pour les riches américains essentiellement, venus passer 2 semaines sur des paquebots de luxe; backpachers et voiliers de passage sont par le fait de moins en moins les bienvenus dans cette course au dollar qu’est devenu le « tourisme à la Darwin ».
Les première ligne de paysage se dessinent, relief volcanique, plages de sable immaculé, roches basaltiques, végétation luxuriante…
Notre première étape est l’île de San Cristobal, à peine 2 000 habitants, mais le véritable centre administratif du pays.
Notre première impression est plutôt bonne : un petit port de pêche, quelques bateaux de tourisme, une jolie petite plage familiale, 2 spots de surf encadrant la baie, et des otaries par milliers : whaou!
Car Puerto Baquerizo est littéralement colonisé par les otaries, qui sont incontournables dans la baie, et certainement dix fois plus nombreuses que ses habitants humains!
Des les premiers pas à terre, nous les voyons envahir le front de mer : escaliers, bancs publics, trottoirs, elles sont partout, sauf sur la route…
et en fin de journée, la plage est noire de monde…., nous passons une bonne heure à les observer.
De retour à bord, et malgré les pare-battage mis en place pour empêcher les otaries de monter à bord, nos jupes arrières sont occupées… pour la nuit…en fait pour la semaine,
mais seulement aux heures nocturnes…. à tribord, maman et bébé, qui tête la nuit dans un bruit de succion étonnant… et à bâbord un gros mâle qui défend son territoire à grands coup de gueulantes sur les plus faibles.
Sans compter les quelques jeunes blagueurs qui tentent de monter directement dans le cockpit depuis le côté et que nous devons déloger en nous levant en pleine nuit-faute de quoi nous retrouverions notre cockpit colonisé le lendemain par ue horde de bestioles aux odeurs de poisson. Car les otaries, c’est mignon à regarder, mais ca sent aussi fort qu’un cheval qui reviendrait d’une journée dans une poissonnerie.
Le lendemain, sur les conseils d’un autre bateau arrivé avant nous, nous partons pour un tour de l’île en taxi : ce sera notre première et dernière tentative de « visite touristique ». La visite est calibrée, minutée, les sites d’intérêt immuables et faits toujours dans le même ordre par tout le monde! Cela dit, les sites visités sont intéressants.
El ceibo : visite du plus vieil arbre d’Equateur, 300 ans selon ses « inventeurs ». Au-delà de la visite de l’arbre, le lieu est passionnant car il est au coeur du site historique de la première tentative de colonisation de l’île à la fin du 19ème siècle, par un ingénieur allemand venu y cultiver de la canne à sucre.
A l’instar de plusieurs autres tentatives de colonisation de l’époque, l’histoire se terminera mal, dans un cruel bain de sang ; en effet, l’esclavage ayant été abolit, les colons de cette époque n’avaient pas trouvé mieux que d’importer de la main-d’œuvre pas cher : bagnards et autres repris de justice furent recrutés, qui avaient de méthodes de règlement de compte on ne peut plus expéditives….
De manière générales, l’histoire des Galapagos est que ruines, tragédies en tous genres, naufrages, bains de sang et prisons infâmes. Il faudra les années 50 et le début de l’activité touristique pour cet archipel se trouve une voie de rédemption et de développement plus noble;
El Junco, ancien cratère devenu lac, où le frégates tournent.. une jolie balade en pleine nature, la vue est grandiose.
La Galapaguera, centre d’élevage de tortues : en effet, le taux de fécondité « naturel » n’est plus suffisant aux tortues terrestres de l’archipel pour se reproduire et maintenir un nombre suffisant d’individus. Pour pallier à cela, les autorités du Parc National ont mis en place dans les 3 îles principales des centres de reproduction où les oeufs pondus sont ponctionnés dans les sites naturel, mis en incubation, puis traités afin de permettre suffisamment de naissances. Les jeunes tortues restent 5 à 6 ans dans les centres avant d’y être relâchées dans la réserve naturelle, à un âge où leur subsistance ne pose plus de problème.
Stop déjeuner dans l’unique restaurant de la zone, un délicieux ceviche, la spécialité locale partagée avec toute la côte ouest de l’Amérique du sud : du poisson cru mariné dans du jus de citrons, avec de la coriandre, quelques tomates, des oignons doux et servi avec des chips de banane plantain et des frites de yucca : un régal!! Je profite de cette escale dans la ferme/auberge pour montrer aux enfants comment poussent fruits et fleurs tropicales.
Nous terminons la balade par la plage de Puerto Chino ,après 15mnn de marche dans un paysage semi-désertique, et nous retrouvons comme seuls aux monde sur cette plage, avec pour seule compagnie un couple maman-bébé d’otaries, très touchants. Nous nous baignons dans les rouleaux, la mer est fraiche, le soleil cuisant, la brume de mer pas loin, quel drôle de climat.
Une belle journée, intéressante, mais qui nous laisse cependant un goût d’amertume : nous nous rendons compte du profond décalage entre ce tourisme formaté et nos aspirations de grand voyage, qui ne peuvent s’accommoder d’être trimballés de site en site , montre en main, par un taxi, pour à la fin de la journée avoir coché toutes les cases : « done that, been there… », et se voie réclamer un supplément de 10 USD pour avoir dépassé le temps imparti… c’est la course au dollar dans un pays pauvre, et l’on sent que le touriste n’est vu que comme une source de revenus, pas plus. Il nous manque ce supplément d’âme, qui vient aussi du fait que la population locale est peu – voir pas du tout – sensibilisée aux enjeux globaux écologiques et de protection de la nature.
Il faut dire que le pays ne manque pas de contradiction :
un tri sélectifs obligatoire, mais pas de poubelle de tri à terre pour les déposer
une volonté affichée d’écotourisme « vert », mais un manque total de sensibilisation des touristes – ou de la population- à ce sujet. Très peu de sites accessibles sans être accompagné d’un guide officiel, peu de panneaux d’information notamment sur la réglementation du parc national et ou sur les animaux rencontrés et la manière de les aborder en respectant leur environnement
des contraintes de respect de l’environnement imposées aux voiliers de passages inapplicables (interdiction d’utiliser son annexe, réservoir d’eaux noires obligatoire, – et pas appliquées du tout par les gros yachts transportants des dizaines de touristes à la cabine, qui déversent leurs eaux noires à la sortie du port, et offrent un ballet incessant de gros semi-rigides transportants leurs passagers/avitaillement à terre)
Nous ne nous laisserons plus prendre et découvrirons le reste des Galapagos à notre rythme et hors des circuits organisés – ce qui s’avère être un sacré challenge sachant que de nombreux sites sont interdits sans que l’on soit accompagné d’un guide officiel du parc Naturel, et que les annexes sont elle aussi interdites dans les sites naturels….
Le lendemain après midi, avec toute une bande d’amis de 3 bateaux, nos partons sur un super spot de surf : pour le coup, la « case nautique » de Moby est mise à contribution : 2 SUP de surf, un longboard, un skim et un bodyboard,
2mn de bateau-taxi, 10 mn de taxi 4×4, et 15 mn de marche seront nécessaire, et nous y voilà!
C’est notre premier contact avec les iguanes marins, qui ont des têtes et des corps impressionnants, très foncés de couleur, couverts d’écailles et d‘épines, avec un air patibulaire…. cependant, ils sont complètement inoffensifs puisque végétariens, et se nourrissant exclusivement d’algues : ils n’y a aucun risque de se faire croquer le pied! Ils sont en plus très lents, vraiment aucun risque donc!
Dimanche, c’est notre dernier jours à San Cristobal, et comme de nombreux locaux, nous partons faire ce qui semble être la balade dominicale traditionnelle. Première étape, le «centre d’interprétation« des Galapagos, sorte de musée expliquant les particularités géologiques et, naturels et de peuplement de l’archipel.
Un sentier de 4km suit dans les terres afin de rejoindre une petite baie où le snorkeling est parait-il joli. Nous y croiserons une otarie et quelques gros poissons perroquets.
La chaleur est accablante, avec ce soleil équatorial et la mer terriblement rafraîchissante avec ses 22°. Le retour se fait par une jolie plage fréquentée par les habitants… et des otaries bien sûr.
Encore quelques centaines de mètre, et nous abordons une dernière petite plage, très fréquentée, et bordée par des vendeurs de brochettes et de glace : récompense suprême, une glace pour tout le monde, les enfants ne l’ont pas volée, ils ont vaillamment marché sous le cagnard.
Nous découvrons les glaces locale aux saveurs équatoriennes : coco, frutilla (fraise), manzanilla (???!!), pina (ananas) Mora ( mûre) : tout pousse dans ce pays!
Le soleil se couche, les pélicans se posent pour la nuit, et nous rentrons à bord de Moby
Parmi les planches que nous avons apporté sur Moby figurent 2 skims pour les enfants : une première planche qui date de nos années « Ile Maurice » et que Victor utilisait à Poste Lafayette et une seconde que nous avions pris pour Arthur en Bretagne-pour la Plage des blancs Sablons. A notre arrivée sur les plages d’Anguilla, Victor a tout de suite vu le potentiel du spot :
En quelques jours, il a fait de gros progrès, il faut dire qu’il y passe tous ses après-midi- au prix de quelques bosses et de courbatures le lendemain. Arthur est moins accro, il faut dire qu’il s’est pris de très grosses gamelles sur sable mouillé, dur comme du béton….
Sur la plage de Road Harbour, Anguilla
De retour à St-Martin, la plage de Grand Case est très bien elle aussi pour le skim, et Victor commence les backflip en sortie de vague : je vous promet des photos bientôt, mais en attendant,voici un petit aperçu de ses débuts :
L’île d’Anguilla n’est qu’à 2 heures à peine de route de St-Martin, et recèle parait-il parmi les plus belles plages des Caraïbes. Elle est de plus dotée d’un parc naturel marin d’ilots sauvages, quasi-déserts et bien préservés.
C’est une destination idéale pour quelque jours. Malheureusement le mauvais temps ne nous permettra pas de profiter du parc marin et des nombreuse plages aux noms pourtant évocateurs : Crocus Bay, Prickly Pear, Seal Island : nous resterons bloqués 3 jours à Road Harbour, passage obligé pour y effectuer la clearance.
Si Loïc et moi-même sommes un peu déçus de ne pas satisfaire notre soif d’exloration, ce furent 3 jours tout de même très agréables, reposants, dans un mouillage calme malgré le vent et la houle, et devant une très jolie plage, bordée de bars et resto très sympas. Une ambiance typiquement créole qui nous plait bien.
la plage….
…bordée de restos et petites locations
Paille et Mamily en promenade sur la plage
idéal pour le skim
Anna a trouvé un beau corail éventail
Nous avons donc beaucoup profité des restos de plage, aussi bien pour leur bonne chère que pour leur reseau Wifi!!, qui nous parmi de poster quelques nouvelles sur le blog et même pour Victor de skyper un mercredi après-midi ses copains du collège en direct de la plage!
la terrasse du resto depuis lequel je publie le blog!
Les enfants et les grands-parents y trouvent leur compte : une longue plage, du beau sable doux, quelques rouleaux, de quoi faire un peu de skim et du morey, c’est le bonheur pour tout le monde.
En quittant Road Bay, nous passons à quelques encablures de Sandy Island … et percevons de loin Dog Island, et nous promettons d’aller y faire un tour dans 2 ans lors de notre prochain passage aux Caraïbes.