Nous avons fini par mettre la main sur notre Gopro, qui était bien cachée dans une boite quelque part….Il était temps, car les fonds marins des Tuamotu valent le détour.
Nous demandons votre indulgence, les photos ne sont pas extraordinaires, et certainement pas à la hauteur des images aériennes de Loïc. Mais enfin, cela nous fait de beaux souvenirs!
Apataki,
Notamment de nos premiers snorkeling en drift (en dérivante). En pratique, nous partons en annexe dans une passe, attendons le courant rentrant et nous laissons dériver dans le courant, en restant accrochés à l’annexe.
retour d’une sortie dérivante à Apataki
C’est au nord d’Apataki que nous avons trouvé une magnifique « patate de corail » de 20 bons mètres de diamètre en plein lagon. Les fonds sont très poissonneux, et la luminosité excellente.
Ces sortie de snorkeling quasi-quotidiens au Tuamotu ont permis aux enfants de bien progresser : Anna nage désormais sans gilet, Arthur plonge à 4/5m de profondeur, et Victor a augmenté son temps d’immersion.
Arthur descend facilement à 4m
et fait des cabrioles
Arthur
anna nage sans brassard, en shorti
puis sans aucune flottabilité!
Victor s’entraine en apnée
free-style
Nos sorties sont toujours également à objectif naturaliste, avec reconnaissance des poissons et animaux marins.
Loche marbrée
Poisson Picasso
Baliste Titan
Arthur observe un requin de loin
requin pointe noire
bénitier
murène
concombre de mer
poissons papillon
demoiselles
A très bientôt pour de nouvelles aventures sous-marines!
Si vous avez aimé notre article précédent « Les Marquises vues du ciel, vous aimerez tout autant les Tuamotu pris en photo par Loïc avec son drone.
Nous avons passé un gros mois aux Tuamotus, et avons le plus souvent eu un alizé soutenu, qui a souvent empêché Loïc de sortir son drone. Nous n’avons pas d’images donc de tous les mouillages….
RANGIROA :
Ces images sont prises dans le sud de Rangiroa, un zone très isolée et peu fréquentée des bateaux de passage. Nous étions comme seuls au monde!
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au mouillage
APATAKI
Dans le Nord d’Apataki, proche de la passe de Tehere, nous nous sommes arrêtés en journée pour profiter du merveilleux snorkeling, en bordure de plage.
FAKARAVA
Dans le sud de l’Atoll, près de la passe de Tumakua, les motus s’alignent, et se visitent à pieds, en passant de l’un à l’autre par de petits ponts ou gués.
vue vers le sud de la passevue vers le nord de la passe
en remontant vers le nord de Fakarava, nous nous arrêtons à Hirifa :
Mais nous ne sommes pas tout à fait seuls au monde, car nous tombons pas hasard sur un autre cata, jaune, dont le nom nous est bien connu : il s’agit de Banana Split, le bateau d’Antoine, le célèbre navigateur, carrément beaché sur la plage, amarré à des cocotiers!
Moby et Bananasplit au mouillageBanana Split mouillé en tout bord de plage, amarré à des cocotiers
Plus tard, nous avons migré vers un autre motu isolé, et retrouvé nos amis d’Invictus, Mercredi Soir, Fata Morgana et Quatra pour un gros BBQ.
Rangiroa n’est éloignée d’Apataki que de 120NM, la distance idéale pour une navigation de nuit : nous quittons Toau à 17h , et arrivons devant la pass de Rangiroa au petit matin.
feu bâbordfeu tribord
Il est 5h du matin, un peu trop tôt pour envisager la passe, qui ne sera à l’étale que 2h après l’étale de marée haute, soit 9h30 du matin… Nous tirons quelques bords devant la pass en attendant, prenons notre petit dej, après notre second passage, la passe semble s’apaiser : nous décidons d’entrer!
Entrée dans la passe
un voilier arrive…
nous croisons un voilier dans la passe..
semi-rigide partant en plongée « courant sortant » dans la passe
La passe est agitée, mais rien qui ne perturbe Moby. Nous croisons un monocoque qui sort… et enfourne sérieusement!
Un fort alizé de Sud-Est est prévu, la seule zone abrité de Rangi sera le sud du lagon : nous nous apprêtons donc à tirer des bords pendant 6h en navigant à vue dans le lagon de Rangiroa, qui mesure pas loin de 80km du Nord au Sud.
A 15h, et après avoir cherché le mouillage idéal, nous jetons l’ancre aux « sables roses » , dans une zone bordée de bancs de sables et d’eau turquoise, et la nuit sera calme OUf, car nous sommes fatigués de la nav’ de ces derniers 24h.
Le lendemain, pas complètement satisfaits de ce mouillage des sables roses, (nous nous trouvons un peu loin des plages ), nous décidons de chercher un meilleur spot, plus proche du rivage, car les 3 jours à venir vous être ventés et nous voudrions en profiter pour continuer les initiations kitesurf et planches des garçons, natation pour Anna.
je scrute la surface à la recherche de hauts fonds
motu en plein milieu du lagon
Arthur dans les barres de flèche
zone de récif dans le lagon
les enfants surveillent à l’étrave
Arthur guette!
La zone est semée d’ilots et de patates de corail, il nous faut être très attentifs. Nous installons Arthur dans sa chaise en hauteur pour repérer les zones de coraux, et Victor sur l’une des coques. Je reste sur le rouf, et Loïc à la barre.
Nous trouvons le spot idéal et mouillons dans 3m d‘eau, sur un beau fonds de sale, entourés de patates de corail.
Moby au mouillageatterrissage du drone
Comme nous attendons un fort alizé, Loïc préfère vérifier doublement le mouillage : en allant plonger sur l’ancre, et vérifier qu’elle est pas prise dans le corail, et aussi en s’assurant avec le drone qu’aucune patate de corail ne se trouve trop près dans notre zone d’évitement.
vérification du mouillage avec le drone
Nous descendons à terre explore et repérons l’endroit idéal pour y faire un feu, d’autant que c’est la pleine lune! Victor et moi explorons le motu à la recherche de crabes de cocotiers, ou tout du moins de noix de cocos pour les apater, et non; hélas, tout est mangé par les rats, qui vivent carrément en haut des cocotiers, dans les arbres, et dévorent tout! Le sol est jonché de cadavres de cocos vidées et desséchées, de feuilles de palmes séchées, c’est désolant.
au mouillage
Arthur a trouvé un trident!
racines
l’intérieur du motu
notre ami Bernard, l’Ermite!
Nous l’avions promis aux enfants qui attendent les feux de camp avec impatience : ce soir, nous dinons au coin du feu!
Loïc poursuit avec Arthur son initiation planche à voile.
Et celle de Victor en kite.
préparatifs
mania
body drag
Pendant que je coache Anna, qui nage désormais sans brassards!
Pour célébrer à notre manière le Heiva, nous réalisons des couronnes de feuilles de palmiers,réalisons un « totem » en corail coco, racines de filaos, coquillages? Nous récoltons aussi du bois flotté et de jolis coraux mort pour fabriquer des rideaux décoratifs, comme en on voit beaucoup dans les maisons aux Tuamotus.
couronne en feuilles de palmiers
fabrication du totem
Loïc en profite pour sortir sa planche, et aussi tracter les enfants
Après 3 jours de ce rythme sportif et de mouillage au calme – nous étions encore une fois seuls au monde, nous décidons de rallier Tiputa, la passe nord.
Pendant la navigation, nous croisons des dauphins dans le lagon, incroyable, il n’y a qu 20m de fond maximum! ce sont de grands requins gris, des Tursiops, ils sont impressionnants. Allons-nous en rencontrer lors de nos plongées à Tiputa?
dauphins!
Village de Tiputa en vue
En effet, le spot de la passe de Tiputa est mondialement réputé. Notre ami Pierre, de TalithaKoum grand plongeur, nous recommande le Raie Manta Club club d’Yves Lefevre : c’est le premier à avoir ouvert un club de plongée aux Tuamotus en 1985, et c’est aussi l’auteur d’un ouvrage extrêmement utile que nous avons à bord : « le guide de la faune marine dangereuse d’Océanie », qui nous été d’une grande utilité lorsque Gautier a été piqué par une méduse Physalie aux Marquises il y a un mois.
Le CV d’Yves est aussi impressionnant que sa gentillesse : nous sommes ravis de plonger dans son club et de pouvoir apprendre autant à ses côtés. Car au-delà d’être un grand plongeur, Yves est un naturaliste, passionné des animaux qu’il côtoie au quotidien, par leur comportement, leurs habitudes ; chaque plongée est une surprise et un nouveau bonheur de rencontre et de découverte.
J’effectue 2 plongées avec Victor, dans le courant rentrant, dans 15m d’eau, à survoler le bord du récif de la passe : nous avons y croisé des dauphins, à chaque fois, mais aussi bien sûr un « mur » de requins pointe noire, quelques tapete (requins pointe blanche), un requin citron juvénile, des mérous, des napoléons chassant en association avec des carangues, des bancs de carangues, de barracudas, de thasards, un baracuda gigantesque gros et gras, des murènes, une méduse, des balistes énormes, des bancs de perroquets….. des tortues, qui se laisseront d’approcher de très près, et viendront nous voir.
Victor part plongée
Livia, notre instructive, compagne d’Yves
la passe… ça déferle un peu
La plongée de courant « rentrante » est fort impressionnante : nous y croiseront aussi des dauphins, et surtout un banc de raies aigles traversant le « mur » de requins : quelle majesté! La suite est fort impressionnante, puisque l’on survole à un mètre du plancher de la passe à peine, à une vitesse de 3-4 noeuds, une sensation de voler au-dessus du sol, de planer, c’est vertigineux…
C’est Mako, le marin qui pilote le semi-rigide du club qui nous initie à la langue polynésienne : « Iaorana » : bonjour, « Maruru » : Merci, « Nana » : au revoir. le secret de la bonne prononciation : en polynésien, toutes les lettres se prononcent distinctement.
le site de « l’aquarium »
Avec Arthur et Anna, nous allons tous les jours à l’aquarium, magnifique site de snorkeling, où dans 2m d’eau on aperçoit tous les poissons de lagon, de récif, y compris des requins pointe noire, des murènes, des poissons lion, poissons trompettes, ange, empereur, papillon, etc…
Hotel Kia Ora
Rangiroa est l’atoll le plus peuplée des Tuamotus, c’est aussi le point de départ de nombreuses croisières.
le snack du port et le quai de débarquementle petit cargo qui ravitaille les atolls
Nous y retrouvons David, (qui travaille l’hiver à St-Martin aux Antilles) sur un Eleuthera 60 qui fait découvrir le lagon de Rangiroa à ses clients de DreamYacht Charter ayant réservé à la cabine, mais aussi Jean-Marie et Fréderique, sur leur Sunreef Itemata, qui propose des croisières plongée dansa les Tuamotus. Nous y retrouvons également Pierre, Nathalie, Zoe, Julien et Yan, sur TalithaKoum, ainsi qu’Eric et Alice, avec leurs deux filles sur Suricate.
Rangiroa, c’est aussi les petits restos : Chez Lili, avec ses frites maison et son poisson à la vanille, quel délice, le snack du port avec le traditionnel thon cru au lait de coco dont je ne me lasse pas. Il offre en plus une vue plongeante sur else eaux du port, très poissonneuses!
vertebre de baleine
raie grise
requin pointe noire
et chez Joséphine, spot idéal pour l’apéro du soir ou le café du matin, : son incroyable terrasse sur pilotis surplombe la passe de Tiputa, plus ou moins calme selon les heures des marées et le vent! On y voit le ballet des semi-rigides des clubs de plongée déposer leur clients. Les enfants se régalent de sorbets locaux et de Magnum : c’est un vrai retour à la civilisation : cela fait 2 bons mois qu’on n’en avait pas vu!
semi-rigide partant en plongée « courant sortant » dans la passe
Victor se délecte d’un Magnum
Arthur devant la passe
la sortie par la passe Avatoru au Nord de Rangiroa
entrée de la passe d’Avatoru
le village d’Avatoru
pêcheur à l’extérieur
Après une semaine à Rangiroa, nous apercevons une fenêtre météo nous permettant de rejoindre Papeete rapidement, avec un angle au vent correct : la première partie de la navigation à contourner l’atoll se fera largement abattu sur une mer très calme, car à l’abri du récif, puis la seconde partie, de nuit, est plus agitée, avec du vent de travers. Nous arrivons en vue de Tahiti au lever du soleil, le vent mollit au fur et à mesure que nous nous rapprochons.
A nous Papeete, pour une semaine de shopping, travaux divers et réparations, et retrouvailles avec les copains d’Invictus et d’Excalibur, que nous n’avons pas recroisé depuis les Marquises.
Du 20 au 22 juin, un temps très instable avec un vent fort d’est et des pluies torrentielles a balayé les Marquises. Les moments de répit étaient rares et de courtes durée. Nous restons donc au mouillage à Taiohae et dans la baie voisine de Taipivei. Difficile dans ces conditions de préparer le départ vers les Tuamotu car il serait dommage d’avoir toutes les courses trempées avant d’être à bord, idem pour les pleins en gasoil: trop de risque d’avoir de l’eau à rentrer dans les réservoirs pendant le remplissage. Partie remise pour les préparatifs donc.
Le 23 au matin, le temps est revenu au beau, avec toujours un bon vent d’est-sud-est. Les prévisions pour les prochains jours sont assez favorables pour naviguer vers les Tuamotu. Une orientation du vent à l’est-sud-est entre 10 et 15 noeuds pour les 23 et 24, tournant progressivement vers le sud-est en fraichissant 15 à 20 noeuds le 25 juin et 25 noeuds le 26. Les 27 et 28 il est prévu de souffler fort, entre 25 et 30 noeuds, toujours du sud-est avant de mollir progressivement et remonter vers l’est le 29 et ensuite vent faibles de nord-est pour la période du 30 juin au 3 juillet, fin de prévision des fichiers.
Ces prévisions sont assez en accord avec celles de jours précédant à la nuance près que le vent fort de sud-est est prévu d’arriver presque 24h plus tôt, ce qui réduit d’autant la fenêtre de temps favorable pour la traversée.
A la vue de ces dernières prévisions, au matin du 23, deux possibilités s’offrent à nous: expédier les préparatifs au plus vite et lever l’ancre en fin de journée ou au plus tard aux premières heures du 24, un appareillage de nuit étant possible de la baie bien ouverte de Taiohae à Nuku Hiva, ou prendre notre temps et attendre mardi 28 pour appareiller.
Nous décidons de privilégier la première option et de prendre notre décision finale en fin de journée.
Bonne surprise, les courses se font bien plus vite que prévu, les produits frais nous étant finalement livrés sur le port.
Les pleins de gasoil, opération assez délicate car la houle qui rentre dans la baie rend l’accostage impossible. Il faut mouiller à 70m du quai puis reculer sur la chaine et s’amarrer cul à quai en gardant au moins 3 mètres de distance en raison du fort ressac. Une fois le plein effectué, Bénédicte utilise l’annexe pour faire les 10m qui nous séparent de l’échelle de quai, opération assez délicate également, afin d’aller payer le gasoil. Au final, toute cette manip ne nous prend pas plus de une heure, c’est moins que nous l’avions imaginé.
Quai d’avitaillement en carburant
Retour au mouillage, Bénédicte et Victor vont à terre, profiter d’une connexion wifi car elle veut publier l’escale aux Marquises sur le blog, cela lui prendra 2 heures et le résultat est nul, la connexion ne permettant pas le chargement des photos! Je mets ce temps à profit pour mettre le bateau en ordre de navigation, vérification des moteurs, inspection des cales, etc. A 17h, ils sont de retour, plus que l’annexe à saisir sur les bossoirs et ranger le moteur hors-bord sur son support dans la soute avant, opération un peu physique mais que je prends la peine d’effectuer pour toute nav de plus de 24h ou quand une mer agitée est prévue.
Jeudi 23 juin: Le soleil est déjà couché et nous levons l’ancre aux dernières lueurs du jour, hissons les voiles (Grand Voile 1 ris et solent) et mettons le cap vers les Tuamotu. L’archipel des Tuamotu est si étendu (près de 800 milles), qu’au départ de Nuku Hiva viser l’Est des Tuamotu demande une route au 160, alors que pour rejoindre les iles de l’Ouest, c’est une route au 235!
Notre objectif initial est de rejoindre Fakarava, le deuxième atoll des Tuamotus par sa taille. C’est donc une route au 215 pour 550 milles en partant de Taiohae. Mais en fonction des conditions météo, un changement vers Raroia, Makemo ou Tahanéa est aussi envisagé.
Dès que nous nous éloignons de l’abri de l’ile, nous constatons que le vent est un peu plus fort que nous le pensions, et que le ris pris dans la GV à titre préventif tombe à point, nous avons en fait la toile adéquate pour les conditions. Moby file ses 10 noeuds au vent de travers dans un vent d’est qui permet de faire route au sud confortablement, et donc de prendre une marge au vent, qui nous sera bien utile quand le vent tournera au Sud-est en forcissant demain soir.
Vers 22h, la lune se lève, nous passons à une douzaine de milles sous le vent de l’ile d’Ua Pou et ressentons le dévent causé par ses sommet de plus de 1000 mètres de hauteur. Sorti de ce dévent, le vent se renforce et nous prenons un deuxième ris. Le bateau file toujours à près de 10 noeuds dans un confort bien apprécié de tout l’équipage. Au lever du soleil le vendredi 24, nous avons parcouru 120 milles depuis le départ, exactement 10 noeuds de moyenne dans la nuit. La journée se déroule dans les même conditions, le vent constant en force amorçant une rotation progressive vers le sud-est. 245 milles en 24 heures. En faisant tourner un routage je réalise qu’on pourrait arriver aux alentours de minuit le lendemain, soit en plein milieu de la nuit. Comme il est impensable d’accélérer assez pour arriver avant le coucher du soleil, et que la marée basse sera vers 8 heures du matin le dimanche matin (heure pour se présenter à l’entrée de la passe), je décide de ralentir le bateau en diminuant sensiblement le solent et en choquant un peu de GV. Dans ces conditions, la seconde nuit en mer est des plus confortable, Moby progressant paisiblement vers le sud.
Ciel chargé au petit matinGrain du matin, Victor recueille l’eau de pluie tombée sur le bimini
Samedi 25 au matin, le vent a molli en fin de nuit et à viré au sud-est, des lignes de grains assez gros sont visibles au sud et à l’est; Cela semble difficile de les contourner, ils se déplacent vers l’ouest à une assez grande vitesse. Nous passons donc toute la matinée dans un temps très changeant, de grosses averses et un vent variant de moins de 5 noeuds à 25 noeuds deux fois par heures. La moyenne chute immanquablement et j’en viens à regretter mon choix de la veille au soir d’avoir ralenti volontairement si tôt.
Temps à grain
Le vent va certainement revenir, les prévisions météo annoncent 20 noeuds, alors qu’on en a que 10! En milieu d’après-midi, la zone de grains s’éloigne et le vent revient à l’est-sud-est 20 noeuds, et la tendance est définitivement à la hausse. Au coucher du soleil, nous sommes dans l’ouest de Raroia, à une quinzaine de milles. Nous sommes donc très à l’est de la route directe vers Fakarava, mais cela est voulu, car quand je vois une prévision gris de Sud-Est pour 25kt rafales à 30, j’essaye d’envisager une route permettant toujours de naviguer confortablement si les conditions sont plus musclées que prévu. C’est toujours plus facile de naviguer dans le vent fort au portant qu’au près. En plus, ce décalage me donne le choix des options d’arrivées pour choisir la passe la mieux orientée. Dans la nuit de samedi à dimanche, le vent fraichît encore et le 3e ris est pris à 22h. Nous passons sous le vent de Makemo, à moins de 2 milles de son extrémité ouest. Un bon grain nous cueille, mais la toile est déjà réduite et comme la mer s’est calmé net sous le vent de l’ile, c’est un moment de belle glisse. La lune se lève entre les nuages et nous permet de bien distinguer les motu et leurs cocotiers. L’odeur de la végétation est bien perceptible aussi.
Nous filons vite, le vent est bien établi entre 25 et 30 noeuds, Moby se comporte à merveille dans ces conditions, le pilote automatique dévie rarement de plus de 5 degrés de sa route. Nous passons entre les atolls de Katiu et de Tuanake et compte tenu des conditions et du timing, je me dis que l’option de s’arrêter à Tahanéa est tentante, car par ce fort vent de sud-est, les 2 passes doivent être praticables et assez bien orientées car travers au vent. Cela permet de conserver au moins la GV en plus des moteurs pour la franchir avec la possibilité de marcher facilement à 8 noeuds ou plus.
Pour Fakarava en revanche, le vent sera en plein dans l’axe des passes qui seront très exposées. Si le vent venait à fraichir encore un peu plus dans les cinq heures de nav supplémentaires pour Fakarava, je me demande dans quel état la mer pourrait bien être.
Nous décidons donc de nous arrêter à Tahanéa, et dans le cas ou la passe serait impraticable, nous aurions encore le temps de filer vers Fakarava sud et même Faka nord avant la fin de l’après-midi.
En approchant Tahanéa
En approchant de Tahanéa, un joli grain nous accueille, les couleurs sont magnifiques au lever du soleil. Nous réduisons la vitesse pour le laisser nous distancer, afin d’avoir moins de vent et plus de lumière. En arrivant à 2 milles dans l’est-nord-est des passes de Teaaatapu et de Motupuapua, nous voyons assez bien l’état de la mer dans les passes. Le courant semble toujours sortant, nous sommes à marée basse mais la renverse n’intervient en général que une à deux heures après. Il apparait que la passe de Teavatapu es nettement plus calme que sa voisine de Motupuapua, située à seulement un mille dans son ouest.
Entée de la passe TeavatapuLe motu Teuakiri, bordant la passe
Nous nous présentons donc dans la première, sous GV 3ris et avec les moteurs au ralenti, notre vitesse sur le fond, initialement à 8 noeuds, chute à 4 noeuds au plus fort du courant. En moins de dix minutes nous nous retrouvons dans les eaux relativement abritées du lagon. Le temps se couvre à nouveau et de fortes pluies quasi-continues, accompagnées d’un vent moyen de près de 30 noeuds sévit. Nous mettons plus de une heure à trouver un endroit ou mouiller l’ancre. Finalement, nous trouvons un endroit sur fond de sable, dépourvu de patates de corail à proximité du motu de Hotupae. Nous y passerons 2 jours très ventés, et ne pouvons débarquer que le lundi en fin d’après-midi, profitant d’une accalmie temporaire. Bienvenue aux Tuamotu!
Nous dépassons un groupe de surfers, la vague de Totoro est réputée. Nous passons devant le village de Niutani , qui semble très accueillant, avec ses cabanes de pêcheurs sur pilotis.
La passe de Totoro
le village de Niutahi
petit port privé
cabanes de pêcheur et de fermes perlières
Notre premier stop est au lieu dit du « Carénage », chez Alfred et Pauline, qui tiennent depuis 2005 ce chantier de qui lève des bateaux jusqu’à 15 tonnes! Le site est impressionnant, perdu au milieu des Tuamotus, mais abritant jusqu’à 50 bateaux sur des bers au milieu de la cocoteraie, au sec pour la saison cyclonique, ou plus longtemps, au gré des désirs des propriétaires, qui peuvent rentrer chez eux à l’autre bout du monde, grâce au petit aéroport tout proche qui relie Papeete et le reste du monde.
le stockage des bateaux sur ber
Mise à l’eau d’un cata
mis à l’eau!
le lagon du Carénage
Le soir, la fête bat son plein, nous sommes 6 ou 7 bateaux (Mercredi Soir, Jambon Beurre, Thalithakoum, Suricate, Planète Ocean… ) plus la famille qui nous accueille si gentiment, pour fêter les anniversaires d’Olivier (Jambon-Beurre) et de « grand-mère « : le buffet est superbe, avec un succulent cochon grillé, nourris au lait de coco et au poisson, les cochons des Tuamotus sont un délice. L’ambiance est sympa, autour du BBQ, les musiciens nous régalent toute la soirée avec les chants polynésiens accompagnés de guitares et Ukulélés.
requin nourrice le soir au bord de laplage
le cochon grillé!
Joyeux anniversaire Olivier et Grand-Mère!
Ukulélés
buffet
En snorkeling, nous nous sommes régalés :
Le petit lagon intérieur du Carénage offrait une visibilité incroyable, dans 2-3m de fond, des quantités de poissons : chirurgiens, balistes, poissons cocher, poisson papillons….
Question « sensations », la passe de Pakaka était incroyable, avec des bancs de poissons-perroquet, de magnifique coraux et de nombreux requins, peu farouches, voir même curieux, ils s’approchent de très très près près. Dans ce genre de snorkeling dans la passe, nous nous calons (de préférence) sur la marée montante et partons nous laisser dériver dans la passe, accrochés tous les 5 à l’annexe. Un par un, nous nous autorisons à plonger sous l’annexe, à condition de suivre le courant, et de rejoindre vite l’annexe. Et si les requins se font trop pressants, en moins d’une minute, tout le monde est à bord!
de retour de la passe de Totoro
Nous n’avons pas testé la passe de Tehere au nord, car le snorkeling était suffisamment spectaculaire le long de la plage, avec une impressionnante tête de corail d’une bonne vingtaine de mètres de diamètre, regorgeant de petits et de gros poissons : énormes mérous de plus d’un mètre de long, perroquets par dizaines, et aussi jolis petits poissons coralliens, et bien sûr, un ou deux petits requins pointe noire qui trainent par là, on s’y fait! Pour l’occasion, nous avons ressorti la GOPRO du placard – il nous manquait le cable pour la charger!!
Anna sans brassards!
Victor
Arthur progresse en apnée
Bénédicte
Le soir, nous descendons à terre au village de Niutahi, qui a commencé ses festivité du Heiva la veille, le 14 juillet. Le Heiva, c’est, le festival traditionnel polynésien, qui a lieu tous les ans dans chaque village, avec des concours, des danses traditionnelles, des chants, des musiciens,qui rivalisent tous pour être élus le meilleur groupe! Pas de chance, nous arrivons entre 2 festivités : les concours de noix de coco et de tressage ont eu lieu dans l’après-midi, et l’élection de Miss et Mister Apataki auront lieu ce soir.
pomme d’amour artisanale
décoration des restos
glace bleu-schtroumph
Mais sans nous, tant pis car nous ne sommes pas très à l’aise avec le mouillage où nous sommes : gavé de patates de corail et mouillés juste devant un récif, c’est une configuration inconfortable.
En effet, le vent se lève dans la nuit, Loïc est sur le pont, prêt à démarrer les moteurs si nécessaire. Finalement, c’est le lendemain en levant l’ancre que nous aurons des difficultés, elle croche dans une grosse patate, il nous faut être très prudent pour manoeuvrer : Loïc est dans l’eau à tirer sur l’ancre auringuée, je suis au moteur, et Victor au guideau. La moindre erreur et nous nous retrouvons sur le récif/ou dans les nasses des fermes perlière…..
Finalement nous nous en tirons après 30mn de manoeuvres, et mettons le cap sur la passe de Tehere au nord, via un chenal qui ne nous dispense pas d’une veille attentive, car il est jonché de bouées de fermes perlières….
récifs à fleur d’eau dans le lagon
Nous sommes tous les deux sur le rouf pendant les 2 heures, a scruter la mer, le soleil dans les yeux. A 2 reprises, nous devons dévier notre trajectoire pour éviter ce qui se présente sous forme de lignes.
Nous arrivons dans le très beau mouillage de Rotoana, près de la passe nord d’Apataki :
au mouillage à Rotoana
Le snorkeling est encore une fois superbe, nous nageons au bord de la plage, dans moins de 2 à 4m d’eau.
DCIM100GOPRO
Victor
Arthur fait des cabrioles
Victor joue avec es bulles
Arthur et Moby
poissons papillon
Anna
poissons papillon
bénitiers
Le soir, nous appareillons en direction de Rangiroa, en empruntant la passe de Tehere.
l’eau bouillonne dans la passe
les enfants sont impressionnés par le courant sortant
nous avons près de 4 noeuds de courant avec nous!
le soleil se couche bientôt
Nous aurons une nav’ de nuit et devrions arriver au petit matin à Rangi!
Victor se souviendra longtemps de Toau comme de l’endroit où il a pour la première fois fléché un poisson : un mérou, appelé ici loche marbrée et réputé pour sa chair!
Aussitôt, nous l’apportons à terre : à chaque atoll, nous prenons soin de demander aux pêcheurs locaux quel poissons sont mangeables. Le récif en effet est malade aux Tuamotus, et les poissons sont à risque de Ciguatera, toxine qui si elle est ingérée par l’homme donne des symptômes neurologique potentiellement graves. Là c’est ok, loches marbrées, perroquets, chirurgiens sont consommables. Gaston nous le découpe, il sera sur le BBQ de ce soir!
Il faut dire que cela fait 2 semaines que Loïc et victor d’entrainent à la chasse sous marine, ici c’est le spot idéal. Sauf que les requins rodent…A peine le poisson est-il fléché qu’il faut le remonter au bateau. En moins d’une minute, un requin apparait, tournant et virant, cherchant la proie. Le pire encore est quand on flèche un poisson qui s’échappe, blessé : c’est ce qui arrive à Loïc, son gros merou, blessé à l’abdomen se réfugie sous un rocher : un gros requin arrive, tout énervé, tournant autour du rocher, en mode « chasse ». C’est le signal pour nous du repli vers l’annexe, tout le monde sort de l’eau.
Il nous arrive la même mésaventure à Arthur et moi, qui nous entrainons quelques longueurs plus loin avec un simple harpon à élastique dans 3m d’eau : je ne pensais pas réussir à harponner un poisson et pourtant si : whaou!! un mérou!, je le tiens au bout de mes pics, mais comme je l’ai coincé sous un corail, j’ai du mal à le déloger, et il se détache tout seul, file, et un requin se pointe, à la recherche du blessé, il repart, il peur de nous, mais nous aussi on a un peu peur de lui….. autant vous dire que nous sommes remontés dare-dare à l’annexe, fin de la balade sous-marine pour tout le monde. Et au milieu de toute cette action, notre petite Anna, 4 ans et demi, un peu impressionnée mais confiante, et qui nage depuis quelques jours sans brassard, avec son masque et ses palmes : à 4 ans et demi, bravo, nous sommes très fiers de toi!
Bon, pour se nourrir , le mieux finalement, c’est d’aller au resto .
Gaston prépare le cochon,
et nous reçoit avec Valentine, la soeur de Leiza (de Hirifa-sur l’atoll de Fakarava). Ils nous a préparent une belle fête pour les bateaux de passage : (Moby, Mercredi Soir, TalithaKoum, Jambon-Beurre, Invictus) Langouste, cochon grillé et poisson au lait de coco, un vrai festin,
suivi d’un petit récital de Ukulélé avec Grand Père et Gaston son mari.
Tout comme sa soeur Leiza, Valentine tient avec son mari Gaston une table d’hôtes réputée auprès des bateaux de passage. Nous sommes accueillis comme des princes, d’autant que l’un des bateaux avec qui nous arrivons est celui d’un de leurs amis, Pierre et sa famille sur Talithakoum. Le lieu est accueillant : terrain de pétanque, bar ouvert toute la journée, mouillage sur bouée (donc pas de problème que nous repartirons pour lever notre ancre), bibliothèque d’échange de livre…
Les enfants jouent aux boules, passent leur temps à caresser les 3 petits chiots de la maison, se baignent, ramassent des coquillages,
Le fils de Leiza, (et le neveu de Valentine) tient pour sa part une charmante pension de famille à quelques mètres de là. IL nous accueille très gentiment pour regarder le foot dimanche matin en direct à la télé : avec les 12h de décalage horaire, c’est le matin pour nous! Nous sommes un peu déçus de voir la France perdre, mais ravis d’avoir pu suivre cet évènement à l’autre bout du monde.
Tout ce petit de vit sur un motu, élève ses cochons, et vit de la pêche et du tourisme : bateaux de passage pour Valentine et Gaston, touristes fans de pêche sous-marine et de nature sauvage pour Jean et sa femme, qui est institutrice à Fakarava, non loin de là.
les cochons dans leur enclos
maman cochon
nourris à la noix de coco et au poisson
potager
Après ces quelques jours plutôt sympas et festifs, rassasiés de snorkeling, de chasse au fusil, nous mettons le cap sur Apataki. IL semble que notre petit groupe se scinde en deux : Invictus et Mercredi Soir rejoignent Papeete directement, pour faire un avitaillement sérieux, des courses et réparer les systèmes défectueux. Ils y retrouveront Quatra et d’autres pour les fêtes de Heiva.
Nous préférons pour notre part continuer encore 10 jours sur les Tuamotus , accompagnant Jambon-Beurre et Talithakoum : Apataki et Rangiroa nous semblent être des escales qui vient le coup… Paeete attendra!
Une nuit en mer, et nous nous retrouvons face à la passe sud de Fakarava, à 7h du matin.
Fakarava Sud : passe de Tetamanu
La navigation dans l’archipel de Tumotu est tout une aventure : on ne rentre dans les lagons que par des passes, qui sont praticables à l’étale, c’est à dire 2 fois par jour pendant quelques heures seulement. Le reste du temps, ce sont des courants de 5-6 noeuds, parfois 9 à 10 noeuds dans certaines passes. Et pour couronner le tout, la navigation à l’intérieur des lagons se fait uniquement quand le soleil est haut, entre 10h et 14h, ou tout au moins quand le soleil est dans le dos, avec une personne à la veille. Car si certaines zones sont cartographie, en général, les abords des passes et des villages, l’immense majorité du lagon ne l’est pas? Et quand bien même, il faut surveiller les bouées des fermes perlières qui pullulent, y compris en plein milieu des chenaux!
patates de corail en plein milieu du lagon
Et je n’ai encore pas parlé du mouillage, compliqué par les patates de corail qui peuplent le lagon. Le choix du mouillages est toute une histoire, nous tournons, virons dans les mouillages, à la recherche d’une zone suffisamment sablonneuse et exempte de têtes de coraux pour y poser notre ancre et dévider notre chaine. Si nécessaire, nous auringuons l’ancre, et posons même une ou deux bouts sur la chaine pour la sur-élever pour en pas qu’elle se croche dans une patate.
Avant de relever l’ancre, Loïc plonge systématiquement pour vérifier comment se positionne lance et la chaine par rapport au corail, et nous manoeuvrons au mieux pour relever sans crocher, ce qui arrive tout de même!
Fakarava Sud
Arrivés à Fakarava Sud, nous apercevons dès l’arrivée un charmant petit resort accueillant les touristes : quelques farés traditionnels en guise de bungalow s’alignent sur les motus, un petit pont les séparent du bâtiment principal.
Près du restaurantes requins pointe noire s’agitent dans 50cm d’eau : le cuistot prépare le repas du midi, les peaux de poisson et de poulet sont jetées à l’eau, les requins se jettent littéralement dessus….
La passe sud de Fakarava est particulièrement réputée pour sa plongée : plus de 700 requins y « résident », pointes noire essentiellement, mais aussi pointes blanches du récif et pointe blanche du large ( appelés Tapete en polynésie), ainsi que quelques requins soyeux qui sont moins visibles car plus craintifs.
Nous décidons de ne pas rater cette expérience et de réserver une plongée pour tous les 3 avec Top Dive : Loïc, Victor et moi-même! Arthur et Anna iront pour l’occasion passer la matinée sur le bateau de nos copains d’Invictus : au programme bricolage avec Nicole, Marlene et Juliana : bricolage avec des boites d’oeufs et des rouleaux de Papier toilette de récupération …
Pour nous mettre dans l’ambiance, et faire un peu de repérage, nous partons nous faire un snorkeling dans la passe tous les 5, en début de marée montante, c’est le « rentrant », nous nos mettons à l’eau et nous laissons dériver accrochés à notre annexe. Dès le début, nous apercevons de très nombreux requins au fond dans une 12aine de mètre d’eau, ils ont plutôt paisibles, quasi immobiles face au courant, nous les observons très humblement ; ils sont dans leur élément, nous ne faisons que passer. Très rapidement, le décor change, nous survolons un magnifique jardin de corail, dans 3 à 4 noeuds de courant, c’est comme si nous volions au-dessus du corail, quelle sensation!!
Pour les enfants c’est leur premier « drift » ou « plongée dérivante », ils sont impressionnées, mais savourent le paysage qui défile sous leurs yeux, y compris Anna, qui voit des requins pour la première fois….
Pour nous 3, dans l’après-midi, ça sera une plongée inoubliable, limitée à 12m pour respecter les limites du Padi open water de Victor, qui, a 12 an et ne peut plonger plus profond. Nous descendons le long d’une corde, à l’entrée du « mur des requins ». Ils sont des dizaines, bientôt des centaines, tapissant le fond de la passe, dans un canyon d’une trentaine de mètre de profondeur, sur une longue de plusieurs centaines de mètres. Nous nous laissons dériver, puis notre instructrice nous demande de nous accrocher au dos du tombant à des coraux mort, pour regarder le spectacle : les requins nous passent devant, certains, très curieux, approchent à moins de 2m, mais n’ont jamais l’air agressif heureusement. De taille moyenne, 2 mètre environ, ils sont assez fins et finalement peu impressionnants individuellement : ce sont essentiellement des pointe noire, requins de récif connus pour n’être pas agressifs envers l’homme… tant qu’on ne le dérange pas, surtout en plein repas!
Plus tard, nous apprendrons que certains plongurs, y compris professionnels se sont risqués dernièrement à plonger la nuit pour les filmer et que certains son repartis après quelques minutes de plongée seulement avec des bleus et des blessures superficielles, et d’autres y ont perdu une camera! Car la nuit, c’est l’heure de chasser et de manger pour les requins, qui deviennent alors comme fous, se cognant les uns dans les autres, agressifs et belliqueux. On risque alors de subir des dommages collatéraux, coup de queue, de museau, arrachage du matériel ou rapage de peau (la peau du requin est très abrasive).
Comme dirait Victor avec sa sagesse habituelle et son humour pince-sans-rire : A-t-on idée de déranger les gens en plein repas ;-)?
Plus tard, nous allons nous balader à terre et visiter le village abandonné, ancienne capitale de Fakarava. D’adorables cochons trainent par là, nourris au poisson et à la noix de coco.
Du vent d’Est est attendu se renforcant, l’occasion idéale pour quitter le spot d plongée et aller s’abriter à Hirifa, réputé pour son spot de place/kitesurf.
Finalement, le vent est moins fort que prévu, il n’y a pas de quoi faire voler un kite : mais c’est tant mieux pour Arthur qui continue son initiation à la planche : il est mordu!
Et quand il n’y a pas de vent, nous partons en balade en paddle, le site est magnifique avec son lagon intérieur. Anna se fait une amie, et joue dans l’eau avec Hirinaki, le nièce de Leiza, propriétaire des lieux, qui propose une table d’hôte aux bateaux de passage.
Nous réservons donc la soirée pour toute la bande de bateaux-copains : Moby, Mercredi soir, Invictus, FataMorgana, et Quatra. Et reviendrons à 9h le lendemain matin pour regarder en direct la demi-finale de l’Euro : a l’affiche, France-Allemagne, de quoi mettre de l’ambiance au sein de l’assemblée avec nos amis Allemands d’Invictus!
Finalement, le vent ne se lève pas, inutile pour nous de rester plus longtemps à Hirifa, nous décidons de monter dans le nord de Fakarava , qui possède un gros village, où nous allons pouvoir faire un bel avitaillement de produits frais : déjà 2 semaines que nous avons quitté les Marquises, le frigo s’est bien vidé…
Oh bonheur, il y a même un resto-glacier près d’une petite plage, les enfants se régalent.
Malheureusement, l’internet n’est pas de très bonne qualité, c’est frustrant de ne pouvoir publier tous les articles du blog que nous écrivons.
le petit resto-café qui nous procure internet… et des glaces artisanales!
Astuce locale pour sortir les bateaux de l’eau : chaque faré a son ponton équipé d’un « ascenseur » à bateau!
Le soir même, le vent se lève, le mouillage est inconfortable, mal protégé des vents de sud-est, la mer est hachée, nous dormons mal et en plus, grrr, nous ne sommes même pas sur un bon spot de kite ni de planche! Dommage, Arthur avait même pris goût au gonflage des planches.
Ca sera notre dernier jour à Fakarava : cet après-midi, nous mettons le cap sur Toau, petit atoll situé à 20NM au nord-ouest de Fakarava.
3 nuits et 2 jours de nav, dont les dernieres 24h pas facile, du vent et des grains, Loïc n’a quasiement pas dormi, moi j’étais très fatiguée par cette traversée que nous avons faite travers au vent, allure moins confortable que les allures plus abattues dont nous avons l’habitude depuis notre traversée de l’Atlantique.
A l’arrivée, la passe était à l’étale, facile à aborder.
Nous avons passé 2 jours enfermés dans le bateau, dans le mouillage inconfortable de la passe, en mode « comme un dimanche pluvieux en Bretagne » : faire des jeux de société, regarder des films et faire des gâteaux – tout en étant un peu nerveux sur la tenue du mouillage.
brioche au miel et beurre salé
C’est un atoll inhabité, dans le sens où il n’y a pas de villages, seulement 2 familles plus ou moins itinérantes qui vont d’un motu à l’autre pour récolter le coprah.
Les eaux sont extrêmement poissonneuses : un petit bout de pain dans l’eau et voilà ce qu’on voit!
Dès que le temps a été meilleur, nous avons bougé dans un mouillage plus joli à l’autre bout du lagon, toujours assez venté, mais abrité du clapot cette fois-ci. Quelques bateaux étaient déjà là, nous trouvons tout de même un petit motu avec un seul bateau : un cata beaché, amarré à 2 cocotiers.
presque seuls au mouillage…
Nous descendons à terre pour une petite promenade de fin de journée, heureux de poser le pied après 5 jours enfermés bord passons devant le cata jaune que nous avions reconnu de loin : c’est le fameux Banana Split, le cata d’Antoine! Es-il toujours l’heureux propriétaire? Eh oui, il nous salue, nous papotons 5 mn. Quel heureux hasard pour notre premier motu de croiser l’un des navigateurs qui nous a inspiré, fait rêvé, et dont nous avons lu les livres (« Mettre les voiles » fut l’un de nos livres de chevets il y a 15 ans à Maurice).
Moby et Banana Split, le cata d’Antoine
Victor a pris son premier cours de kite avant- hier avec Loïc : mania sur la plage, puis body-drag dans le lagon qui n’est pas profond. Il s’est bien amusé, et s’est écoulé de fatigue à table le soir….Hier rebelote, body drag, je pense qu’l va bientôt lui mettre la panche aux pieds!
Arthur en profite pour faire du cerf-volant : excellent exercice de mania avant de des mettre au Kitesurf dans quelques années.
Et là, nous avons encore bougé hier pour un autre motu tout mignon, nous apprêtant le soir a faire un feu sur la plage comme promis aux enfant, quand nous avons recu un appel à a VHF : Nos amis d’Invictus étaient arrivés le matin même sur un motu un peu plus loin, avec Mercredi soir et Fata Morgana : nous décidons de les rejoindre, et avons passé une super soirée sur la plage, gros feu de camp, brochettes, rosé, whisky-ananas…. et capture de crabe de cocotier : notre 1er!! Les enfants étaient aux anges.
Victor tenant le crabe
Tom et le crabe
Le lendemain, nous repartons pour un nouveau Motu, un nouveau feu de camp et une chasse aux crabes, avec la même équipe, plus un autre cata arrivé des gambiers : nous sommes 5 catas amis, et amis d’amis au mouillage, 11 enfants en tout de 3 à 15 ans, c’est la fête!
Le lendemain matin, nous partons en annexe pour Bird Island, un petit ilot perdu au milieu du lagon : c’est le lieu de niche des oiseaux Tikkis. Nous explorons l’îlot à la recherche de leurs nids, et découvrons des coraux magnifiques, merveilleusement préservés, et un mini-lagon dans le lagon, quelques bébés requins qui passent, les enfants grimpent sur les roches pour les apercevoir.
Après une semaine d’exploration de ce lagon et de 3-4 motus, nous décidons de lever le camp pour Fakarava, un autre atoll un peu plus au nord, réputé pour ses passes poissonneuses et ses requins!