Les îles de Turks et Caïcos sont sur notre route entre les Iles Vierges et les Bahamas : il serait dommage de ne pas s’y arrêter quelques jours. Géologiquement, elles font partie du même ensemble que les Bahamas, avec des îles basses, de formation calcaire, aux petites falaises blanches, et aux roches volcaniques, semées de grottes, plantées de mangroves et regorgeant de bancs de sables. Turks et Caïcos forment désormais un état indépendant, peuplé de descendants de pirates, d’esclaves et de loyalistes, ces américains restés fidèles à la couronne britannique au XVIIIème siècle. Le tourisme s’est beaucoup développé au nord de l’île de Providenciales, dans les Caïcos, avec une dizaine de grands resorts comme le Club Med, le Méridien…et plusieurs marinas. La plongée est l’activité la plus prisée.

Pour notre part, il nous tarde surtout de naviguer sur le banc des Caïcos, et de découvrir son légendaire bleu turquoise : nous sommes aux portes des Bahamas!


Nos mouillons devant un bâtiment qui semble tout neuf :
Il s’agit en fait du marché, dont le toit est surmonté d’un cactus ces fameux « Turk’s heads », dont la pays tire son nom : Turcs (pour les cactus « turk’s heads » ) et Caïcos (pour caya-hico, qui désignait en Lucayen, la langue des indiens indigènes «un chapelet d’îles).
Nous descendons à terre à la recherche d’un marchand de glace pour les enfants.
Les rues sont quasi-désertes,
les magasins fermés

Nous avons l’impression de nous promener dans une île-fantôme. Ce qui subsiste du « jardin botanique » est fermé,
le musée aussi…
C’est dommage, car il expose plus de 2000 objets provenants du naufrage du « Molasses » la plus vieille épave du nouveau monde, une caravelle qui date de plus de 400 ans, antérieure à 1513 en tous cas. Nous aurions tous beaucoup aimé pouvoir observer ces objets, l’ancre, les armes, poteries, etc….
Quelques petites maison de bois subsistent de l’ancien temps,
et derrière le bord de mer, des étangs salés s’étirent sur une longue distance, donnant à la ville un air de village du Far-Ouest abandonné…

C’est l’heure de l’apéro!
Demain, nous serons le dimanche de Pâques.
IIs sont partout : sur l’hydro-générateur,




des marchands de sel qui, lassés de voir leur maison détruite cyclone après cyclone, ont décidé de la reconstruire originalement dans les années 1830’ : une structure en forme de coque de bateau, un peu arrondie, comme une proue de bateau.
Les entrepôts se situaient en bas, et les habitations à l’étage. Une réussite, car la maison tient toujours debout! Un bon coup de peinture, des réparations sur le toit, et elle sera de nouveau pimpante. Nous ne nous arrêtons finalement pas, car le mouillage n’est pas très clair, beaucoup de têtes de corail affleurent, et l’île a l’air encore plus morose que sa grande soeur.

Nous passons le reste du week-end à nager, jouer, nous promener…
Nous nous éclatons dans les vagues, en bodyboard et body-surf,
Puis les garçons sortent leurs skimboards,
Victor ride les vagues sur l’un des meilleurs spots de skimboard qu’il ait vu!

Anna et moi observons avec attention les débris laissés par les vagues : de très nombreuses gorgones,
des coraux
des coquillages
des éponges de toutes formes
et de densités différentes.
qui lézardent justement au soleil.
Nous avions aussi remarqué les traces laissées sur le sable.


Le petit phare semble détruit.


Nous appareillons à 2h du matin pour contourner le banc de Caïcos par le Sud : pas question pour nous de naviguer de nuit dans ce dédale de bancs de sable et de coraux. Nous sommes toujours heureux de naviguer sous une belle lune qui éclaire les voiles, la mer, les côtes….
Au petit matin, la lune est toujours là!

Depuis quelques jours, Anna se lance sous l’eau en apnée.
Ses progrès sont rapides, et la voilà qui plonge à 3m de profondeur.

Les éponges aussi
De nombreux barracudas rodent, mais nous ne les intéressons pas.

Nous venons de repérer ce qu’on appelle un « blue hole »,
sorte de cavité profonde toute ronde.
Une fois n’est pas coutume, les vents sont légers en ce moment, nous naviguons grande voile haute

Ca nous change du régime d’alizé que nous avons connu pendant les trois quarts de notre tour du monde, où nous naviguions le plus souvent dans 15 à 25 noeuds de vent, par 2m de creux!
Les sensations sont grisantes, et Loïc lance son drone en navigation.

C’est chouette d’immortaliser de telles images

Nous arrivons en fin d’après-midi à Providenciales Island, appelée « Provo » par les initiés.
Nous partons à terre faire notre approvisionnement. C’est important, car les Bahamas, notre prochaine escale pour un mois, n’ont pas très bonne réputation en ce qui concerne les appros : très chers, peu de produits frais et de variété. Notre guide (Edition mise à jour en 2015) parle d’une supérette tout proche, nous tentons de l’atteindre pied. Après 20mn de marche en plein soleil, nous doutons… En effet, elle a fermé, et déménagé… en ville, à 5km de là! Heureusement, un automobiliste s’arrête et nous prend en stop. Comme nous l’apprendrons plus tard, c’est très courant ici aux Turks et aux Bahamas de prendre en stop des passants, car les distances sont souvent grandes entre les villages et les commerces, et l’entraide est de rigueur! Il nous dépose en ville et nous explique comment trouver un vrai » faux » taxi qui nous ramènera pour 10 dollars à notre bateau au retour. Il suffit d’attendre devant le supermarché avec notre caddie, d’attendre qu’une voiture banalisée nous fasse un discret signe, et hop. En moins de 5mn, nous avons notre « taxi », une sorte de « UBER » à l’ancienne! Nous revenons les bras chargés de beaux fruits frais-tous importés, mais là, il n’y a pas le choix, il semble qu’ici rien ne pousse!

En longeant la plage, nous découvrons médusés un immense complexe touristique à l’abandon
villas,appartement, nous comptons pas loin de 200 baies vitrées (200 chambres?)
Tout est à l’abandon.
Nous apprendrons plus tard qu’il s’agit d’un investissement du prestigieux Ritz-Carlton, que la crise financière de 2008 aura stoppé de plein fouet dans son développement.

Il y a même une petite piste d’aviation. 
Nous faisons nos curieux et entrons. Le gardien, très gentil, nous propose même de nous amarrer à son ponton. Il a l’air content d’avoir de la compagnie!

Il y fait un calme plat, et nous nous offrons un snorkeling superbe sur le tombant et dans des grottes
.
sur un ciel un peu chargé
Nous allons nous mettre au lit quelques heures, et appareillons à 2h du matin pour Mayaguana, notre port d’entrée des Bahamas, où nous arriverons de bonne heure le lendemain.









