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  • Traversée Atlantique retour -1- des Bahamas aux Bermudes

    Traversée Atlantique retour -1- des Bahamas aux Bermudes

    Dans les grandes lignes de notre voyage, nous avions prévu un départ des Bahamas mi-mai, afin de nous laisser assez du temps pour profiter des escales aux Bermudes et Açores. Je commence donc à regarder la météo sur l’Atlantique Nord à partir du début du mois. Nous avions prévu de remonter jusqu’à Abaco, pour y faire l’avitaillement et partir de Marsh Harbour. Nous quittons les Exuma, Norman’s Cay le 5 mai pour Egg’s Cay, au Nord-Ouest d’Eleuthera et pensons poursuivre vers Abacco le lendemain. Voilà le plan initial ; mais la situation météo est venue changer les plans.

    Il faut dire que le temps a été chahuté sur les Bahamas depuis le début du mois de mai. Un front tropical est resté stationnaire sur la zone, créant un ciel perturbé, couvert et très orageux. Nous avons eu plus d’orages ici les 2 dernières semaines que sur le reste de notre tour du monde.

    orage en pleine nuit à Cambridge Cay

    Ce front tropical  s’étend du sud de la Floride vers les Bermudes, autant dire que l’intégralité de notre route est concernée. Il est quasi stationnaire pendant  plusieurs jours. Sur la ligne du front, des vents instables, orages et calmes, à l’ouest du front des vents de Nord-Est et à l’Est du front des vents faibles de Sud-Est.

    Il faut donc se positionner à l’Est afin de se mettre du bon coté du front. Nous décidons le 6 mai, de ne pas nous rendre à Abaco mais de privilégier un départ depuis Spanish Wells, au Nord d’Eleuthera. C’est là que nous effectuons l’avitaillement et mettons le bateau en ordre de traversée. A ce stade, un départ semble jouable le jeudi 10 mai. Nous quittons la marina de Spanish mercredi matin et allons nous mettre à l’ancre au Sud de Russel Island en attendant de partir. A peine ancré, les dernières prévisions arrivent et viennent une fois de plus changer les plans. La zone perturbée reprend de l’ampleur, s’élargit. Le départ n’est donc pas pour demain et probablement pas avant samedi ou dimanche.

    Nous décidons de partir sur le champ vers Cat Island, en profitant de la brise de Nord-est pour avaler les 90 milles vers le Sud-Est. Ce décalage du bon côté du front devrait nous permettre de partir 1 ou 2 jours plus tôt que si nous étions à Spanish Wells ou Abaco.

    Cette petite nav’ bonus dans les Bahamas nous permet de découvrir le Sud d’Eleuthera, car nous mouillons à East point avant d’aller à Arthur’s Town, sur Cat Island.

    le superbe mouillage de East Point

    Vendredi 11 mai, nous subissons au mouillage de violents orages, le mouillage devient vite inconfortable mais nous devons faire avec car il n’y a rien pas de meilleur abri alentour. La bonne nouvelle c’est que la météo est optimiste pour le lendemain, avec un retour des vents au Sud-Est.

    Samedi 12 mai le vent est bien passé au sud en fin de nuit et tous les voyants sont au vert pour un départ en soirée. Ce sera une route quasi-directe vers les Bermudes, tribord amure tout du long, dans un vent léger mais normalement suffisant pour bien marcher.

    Une semaine d’attente et des recollages de la position de départ ont donc été nécessaire avant qu’une fenêtre météo ne s’ouvre pour une belle traversée vers les Bermudes.

    Nous appareillons d’Arthur’s Town à 18h, afin de profiter des 2 dernières heures de Jour pour contourner les récifs du Nord de l’ile.

    Une fois dégagé, le vent s’établit à l’Est-Sud-Est à 10 noeuds. C’est donc du près, à 60° du vent, allure que Moby affectionne particulièrement, surtout dans cette force de vent. Sous GV et solent, nous sommes au dessus de 8 noeuds en permanence, la mer est belle et le bateau passe bien, c’est parfait pour la première nuit en mer. Les conditions restent stables toute la nuit et le vent adonne d’une dizaine de degrés.

    Lever de soleil le 13 mai

    Rougeur du matin…

    Dimanche 13 mai : le vent à forci un peu en fin de nuit, il souffle à 12-14 noeuds et nous conservons un angle au vent de 70°. La météo confirme le scénario de départ, c’est à dire que le front tropical s’évacue vers l’ouest, laissant de l’espace à l’anticyclone des Açores pour s’étendre jusqu’aux Bermudes et générer un flux de Sud-Est sur notre route. Le ciel est toujours chargé de nuages et nous nous prenons 2 grains consécutifs entre 12h et 15h, ce qui nous oblige à prendre un ris dans la grand voile.

    Dès 15h30, le ciel se dégage et le vent retombe, nous larguons le ris. Le vent semble globalement 2 kt plus fort que sur le routage, nous sommes donc en avance sur notre « lièvre » virtuel. En revanche la direction du vent oscille beaucoup, nécessitant de régler les voiles très souvent.

    La nuit de dimanche à lundi se passe bien, la température est un peu plus fraiche que la veille mais encore bien agréable. Le ciel reste couvert jusqu’à 2h du matin puis se découvre. Pas de lune mais un belle nuit étoilée, cela fait longtemps que je n’ai pas eu la possibilité de contempler les constellations de l’hémisphère Nord aussi bien.

    Lundi 14 mai : la mer s’est calmée en fin de nuit, il n’y plus aucun mouvement de tangage, nous progressons bien toute la journée sous GV et solent. La routine des traversée s’installe après deux jours. RAS, les milles défilent paisiblement. Nous croisons juste un cargo en fin d’après-midi.

    Croisement derrière ce cargo CMA-CGM en route vers Singapour

    Joli coucher de soleil, la nuit s’annonce bien tranquille.

    Coucher de soleil le 14 mai

    Un motor yacht (Dauntless) se trouve devant nous, également en route vers les Bermudes, nous le rattrapons légèrement et passons toute la nuit à portée visuelle. Le vent accuse quelques molles en milieu de nuit, mais la progression est toujours satisfaisante.

    Mardi 15 mai : Avec le lever du jour, le vent reprend un peu de souffle puis adonne en fin de matinée. Nous envoyons le code 0, et Moby passe à la vitesse supérieure. Des conditions parfaites avec un vent de 10-12 noeuds qui nous vient du travers tribord. Nous avançons tout l’après-midi à 10 noeuds, soit presque 2 noeuds de plus que prévu par notre routage. Si les conditions tiennent, nous serons aussi Bermudes demain!

    En milieu d’après-midi, une cible AIS apparait sur notre tribord, sur une route perpendiculaire à la notre. Le nom du bateau m’interpelle : « Léon », c’est le nom que portent les bateaux de Jean-Pierre Kelbert, constructeur des monocoques de course-croisière JPK.

    Léon croise derrière

    Nous nous connaissons depuis plus de trente ans car nous régations ensemble en planche open D2 dans les années 80 et Jean Pierre m’avait construit la planche de mon dernier championnat du monde, en 1988! Le numéro MMSI qui apparait me confirme qu’il s’agit d’un bateau français.

    Spi vert pour Léon

    Je l’appelle à la VHF, c’est bien le « Léon » de Jean-Pierre, mais avec ses nouveaux propriétaires, des  américains qui le ramènent à New York (Le bateau a été vendu après l’arrivée de J-P à la Transquadra cette année, dont il finit second). Nous nous croisons à moins de 2 milles en nous souhaitant »Bon vent ».

    Après ces belles heures de glisse, le vent vient à refuser en début de soirée, le code 0 est roulé, mais maintenu hissé car j’espère la variation de vent de courte durée. C’est en effet ce qui se passe et peu après minuit, le vent ayant repris sa direction au Sud-Sud-Est, le code 0 est déroulé. Malgré un vent très léger toute la nuit, entre 6 et 10 noeuds, les milles défilent.

    Lorsque le jour se lève, mercredi 16 mai,

    Lever de soleil le 16 mai

    il ne reste que 70 milles à parcourir, ce qui nous donne une arrivée vers le milieu d’après-midi.

    Toujours du beau temps

    A 10h, nous prenons contact avec Bermuda Radio, comme le veut la procédure.

    Bermudes en vue

    Peu de temps après, nous apercevons la terre, c’est à dire l’Ouest des Bermudes.

    Bermudes en vue, approches de St Georges

    Tout l’équipage se prépare à l’arrivée.

    gonflée des pare-battages

    Nous longeons ensuite la côte sud de l’île

    et nous dirigeons vers l’entrée du chenal menant au port de Saint George.

    Nous affalons les voiles à 15 heures et embouquons le « Town Cut », l’étroit chenal menant à Saint Georges.

    Saint George’s Cut

    Nous nous dirigeons vers le quai des douanes, où nous sommes accueillis par nos amis de Shuti, arrivés des BVI deux heures plus tôt.

    L’escale est charmante,

    avec beaucoup de bateaux venus des 4 coins de l’Atlantique Ouest, et qui comme nous, vont attendre tranquillement le moment propice pour continuer leur traversée de l’Atlantique vers les Açores ou l’Europe.

    la rade de St-Georges

    Nous sommes tous les 5 impatients de découvrir cette nouvelle île!

  • En escale à Saint-Barth

    En escale à Saint-Barth

    Découvrez St-Barth dans nos pages destination!

    Une escale de quelques jours hors du temps pendant la Bucket Regratta.

  • Bien arrivés de notre Transat!

    Bien arrivés de notre Transat!

    Quel bonheur que de voir la terre, après 2 semaines d’océan à perte de vue, et de savoir que nous sommes attendus par la famille et les copains de St-Martin.

    Nous ne sommes pas peu fiers d’avoir mené Moby à travers l’Atlantique en famille, avec l’aide de mon frère Thomas, et très heureux aussi de réaliser que nous avons tous les 5 pris beaucoup de plaisir à cette parenthèse hord du temps. Nous savions tous les 2 que nous aimions être en mer, et rêvions de faire partager cette expérience à nos enfants : ils ont eux aussi savouré ces moments en famille, avec papa et maman tout près d’eux, et à bord d’un cata spacieux et confortable.

    Les enfants nous ont surpris par leur capacité d’adaptation, qui se sont très vite sentis comme chez eux à bord. Certes, les 24 premières heures ont été rudes, surtout pour moi et les garçons : il faut dire que les conditions étaient difficiles avec une mer formée (4m de creux ) qui a malmené nos estomacs…. Anna est la plus vaillante, elle tient compagnie à Loïc pendant que nous somnolons tous, gagnés par le mal de mer…..

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    au départ de Lanzarote
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    père et fils
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    dernière terre en vue

    J’arrive tant bien que mal à faire mon premier quart malgré la mal de mer qui guette : nous nous sommes organisés à trois adultes de nous partager la nuit en 3 quarts de 4h chacun : Tom prend celui du soir, de 21h à 1h du matin, moi celui de 5h du mat’ à 8h, et Loïc très courageux celui de 1h à 5h du mat, sachant que c’est aussi lui qui se lève pour manoeuvrer avec nous si nécessaire.

    Dès le lendemain, tout le monde va mieux, et après 48h, toute la troupe est parfaitement amarinée, prête à reprendre les activités : ça commence tout les matins par l’école à bord!

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    Autre activité privilégiée : la cuisine, car c’est essentiel pour le moral du bord.

    Pain frais-(ou brioche, pancakes etc…) tous les matins, afin de démarrer la journée de bonne humeur. Quelques desserts aussi le soir, comme des mousse au chocolat, ou les petits pots de crème à la vanille. Le reste du temps c’est salade à midi, un peu de charcuterie, pâtes ou pizza  (fait maison) le soir, et parfois un rôti de boeuf ou un filet mignon de porc sorti du congélateur pour agrémenter l’ordinaire, agrémenté de délicieuses petites pommes de terre de Lanzarote…

    pain frais
    pain frais
    préparation de mousse au chocolat

    petit pot de crème au caramel

    Côté animaux marin, nous avons été déçus de n’en voir que rarement, alors que Loïc et Thomas voyaient des dauphins tous les jours en méditerranée. Tou de même, nous avons pu apercevoir de loin  un troupeau de dauphins surfant les grosse houle atlantique, un cachalot venu nous espionner, et une petite baleine Minke venue surfer notre vague de sillage.

    Plus curieux, l’arrivée 2 de papillons à bord au bout de 10 jours-et à 4 jours de toute terre…. des chenilles qui auraient éclos à bord? Nous leur offrons un peu de miel et d’eau et passons un peu de temps à les observer : l’occasion d’étudier les insectes en détail.

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    Nous profitons aussi du temps  que nous avons pour fair des jeux de société : Carcassonne bien sûr, c’est notre grand jeu préféré en famille, mais des petits jeux rapides comme le Dobble ou le trésor des Pirates,  des jeux collaboratifs comme le Trésor des Lutins ou Zombie….

    Comme nous sommes partis avec un disque dur de plus 1000 films en tous genres, Victor en profite pour parfaire ses connaissances cinématographique : il s’ingurgite pas moins de 3 films par jours, des Bronzés aux Marvel, en passant par les Jurassic Park, la série des Alien…

    Bref, le temps passe très vite, et c’est avec bonheur mais un peu de nostalgie de cette paisible vie en mer que nous touchons terre après 2 semaine, ravis de retrouver famille et amis.

    Il y a de beaux bateaux à St-Martin…..

    1, 2 ou 3 coques?
    1, 2 ou 3 coques?
    curieux voilier
    curieux voilier
    No-Limit, Outremer 5X customisé
    No-Limit, Outremer 5X

    Dès le lendemain, nous levons l’ancre pour Tintamarre, petit ilot à la très belle plage de sable blanc pour y passer la journée de dimanche en compagnie de nos amis du Conquet Pierre et Marie, installés depuis 2 ans à St-Martins avec leurs enfants Tim, Maël et Rose.

    Nous entamons 3 semaines de croisière aux Antilles en famille, avec Atao , le voilier de mes parents,qui navigue à nos côtés, ce qui ressemble déjà de là où je vous écris, à de bien belles vacances…. Maintenant que nous sommes de nouveau connectés, je vous promet des nouvelles plus régulières!

     

    mise à jour du blog à Anguilla sur la plage
    mise à jour du blog à Anguilla sur la plage
  • Moby sous voiles

    Moby sous voiles

    Les premiers bords de Moby au large de la Grande Motte, avec Jean-Pierre à la barre, de chez Grand Large Services, la filiale d’Outremer qui se charge de la mise au point des bateaux en sortie de chantier. Visiblement, le temps était couvert, »une journée typiquement bretonne » dixit Jean-Pierre!

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    Moby sous spi
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