Nous arrivons à Capetown après 5 jours d’une navigation côtière fatigante, avalant d’une traite les 800 NM qui nous séparent de Capetown, négociant courants, dépressions, bascules de vent, et les caprices des phénomène côtiers des abords montagneux du sud de l’Afrique.
La dernière partie, qui sépare l’Indien de l’Atlantique, après avoir passé le cap des Aiguilles, fut la plus pénible. Nous longeons la cote de nuit, au louvoyage, tirant des bords dans un couloir de 20 NM entre la côte, constellée de casiers de pêcheurs qui traquent le homard, et le rail des cargos. Loïc vous prépare prochainement un post sur la navigation dans l’Océan Indien, et en particulier sur la portion africaine de notre route.
La plupart des voiliers effectuant cette route optent pour de petites étapes, et font escale en route à Durban, East London, Port-Elisabeth, et Mossel Bay, car la météo est changeante et incertaine. Mais ces escales ne sont pas très agréables : le port de Durban vient d’être ravagé par une très grosse tempête qui a détruit beaucoup d’infrastructures, Port Elisabeth est un gros port commercial aux installations portuaires sales et peu commodes pour les plaisancier… A quoi il faut ajouter A CHAQUE ESCALE des formalités d’entrée et de sortie particulièrement pénibles et procédurières. Alors nous comptons sur la vitesse de Moby et un peu de chance dans les bascules météo pour faire le trajet d’une traite. Et ca passe : nous n’aurons pas à faire escale en route.
Quel joie alors d’arriver au port de Cape Town, même sous le crachin! Très vite le ciel s’éclaircit et voilà le soleil!
Nos amis de Cool Runnings nous offrent un beau comité d’accueil.
L’arrivée est un spectacle en soi, car il nous faut négocier deux pont, l’un tournant, celui de la Clock Tower,
le pont tournant, et la Clock Tower, et Signal Hill en Arrière plan
et l’autre levant, celui du Alfred Basin. Deux fois par heure, les ponts s’articulent pour laisser entrer et sortir les bateaux des bassins. Les badauds, empêchés de passer, restent sur les quais à nous regarder…
Nous connaissons bien la ville, Loïc y a fait de nombreux séjours pour raisons professionnelles, et nous nous réjouissons déjà de passer près d’un mois au ponton de la marina du Waterfront,
Moby à la marina du Waterfront
quartier portuaire touristique de Cape Town, largement plébiscité par ses habitants, qui en ont fait leur second centre ville.
la table Mountain en arrière plan
Nous adorons son ambiance animée, festive, cosmopolite et mélangée, dans un port qui a su faire se cotoyer activité économique, touristique et culturelle.
L’aquarium de Capetown
L’aquarium jouxte les cales de radoub, les hôtels de luxe surplombent les chantiers navals, le centre commercial suit les lignes du quai,
restaurants, bateaux de charters, la Grande roue, et le centre commercial au fond
qui accueille bateaux de pêche, navires d’exploration, et bateaux de course de passage
La Volvo Ocean Race
On adore aussi l’ambiance arty : des groupes musicaux de tous styles se relaient tout au long de la journée, pour des performances musicales en plein air, devant les bateaux de charter à la journée qui font découvrir la si photogénique « table Mountain ».
le quai des pêcheurs, et la Table Mountain en arrière plan
Nous nous sommes dépéchés d’arriver à Cape Town car elle accueille pour encore quelques jours encore une étape de la Volvo Ocean Race, la course autour du monde en équipage et en escale sur des bateaux de monotype. C’est l’occasion de montrer aux enfants l’organisation d’une course au large. Pendant 10 jours, nous gardons un rythme soutenu d’école le matin, et de détente l’après-midi, consacrée à la visite de la ville et ses alentours, aux paysages si grandioses et variés.
Nous déposons aussi la GV et le code zéro pour de petites réparation et renforcement : nos voiles ont plus de 35 000 NM, et doivent encore nous porter quelques milliers de milles supplémentaires, pour nous rentrer à la maison, alors nous les bichonnons!
Nous passons au moins une heure tous les après-midi sur le site de la Volvo. Il y a tous les jours quelques chose de nouveau à découvrir : nous assistons à la remise à l’eau des bateaux après leur période d’entretien,
visitons l’intérieur d’une maquette grandeur réelle d’un bateau, participons au défi des winches, allons assister au départ d’une course dans le port…
Il n’y a pas de bateau portant pavillon français, mais nous décidons de soutenir DONGFENG, un bateau chinois,
skippé par le talentueux finistérien Charles Caudrelier, avec un équipage en large majorité français, dont quelques noms bien connus de la course au large et de l’olympisme : Pascal Bidegorry, Jérémy Beyou, Marie Riou .… L’ aventure de ce sponsoring, qui participation à sa seconde Volvo, et la création de cet l’équipage franco-chinois est une belle histoire humaine, que je vous engage à aller lire sur le site de Dongfeng. Lors de sa première participation à la Volvo, Charles l’outsider avait fait sensation en remportant un podium, avec un équipage de marins chinois débutants. Pour cette seconde participation, Dongfeng navigue pour gagner, en a tout le potentiel, et fait partie des 3 bateaux favoris pour la coupe, tout en contribuant à créer une émulation de course au large chez les chinois!
Ce samedi justement, c’est la veille du départ de la Volvo dont les 9 équipages vont rallier Cape Town à Melbourne, pour leur première étape dans le grand sud. Nous décidons de sortir en mer sur Moby pour aller assister à la « in-port race », une petite régate dans la baie, qui permet aux équipages de régler leurs bateaux, avant de prendre la mer le lendemain pour la 3ème étape de leur tour du monde. C’est amusant, de croiser pendant notre tour du monde, des professionnels qui font la même chose, mais en sens inverse!
Nous avons convié sur Moby nos amis américains de Cool Runnings. Ben et Gaby, les amis de Victor se passionnent pour la course, en particulier Gaby qui se verrait bien un jour naviguer sur ces bêtes de course en plein atlantique sud, et en faire son métier.
Gaby, Ben et Gudrun, nos amis tourdumondistes!
Loïc, en bon régatier sait approcher Moby aux premières loges, près de la ligne de départ.
C’est parti, les 6 bateaux s’élancent.
Dongfeng est en tête.
Les bateaux vont virer une bouée vers la montagne du Lion.
Ils reviennent
A notre bord, Mariana, et le petit Bart, nommé en l’honneur de Bartolomeu Dias, le célèbre marin portugais. Le papa de Bart est navigateur sur Scallywag, il est donc sur la ligne de départ, et le seul marin portugais de la course. sa maman aussi navigue, mais pas en ce moment.
Bart regarde le bateau de son papa
Mariana et Bart avaient assisté au départ sur un semi-rigide de l’organisation : au bout d’une heure, le petit Bart est frigorifié, on nous demande de les accueillir à bord : excellent choix, Moby, c’est le family boat, nous avons 6 enfants à bord cet après-midi!
Sur l’eau, ca bataille sec, et nos 3 ados se passionnent pour la course!
Les virements de bouées sont impressionants Et c’est aussi passionnant de voir les équipages manoeuvrer, rythmés, séquencés, en particulier pour nous qui naviguons en équipage réduit. Nous observons avec attention tous les participants
Et sommes heureux d’acclamer Dongfeng, vainqueur de la régate!
Les enfants sont impatients de voir Noël approcher, synonyme de vacances, avec la famille qui arrive dans quelques jours. Nous commençons à décorer Moby : les chaussettes et bonnets de Noël sont mis à aérer sur le trampoline,
le calendrier de l’avant est sorti, bientôt la crèche à dépoussiérer, et un sapin à fabriquer!
notre crêche en carton, agrémentée d’animaux d’Afrique
Source de joie supplémentaire, deux nouveaux petits amis francophones pour Arthur et Anna! Alex et Ines sont suédois, mais parlent très bien le français, et font aussi le tour du monde avec leurs parents via la WORLD ARC, émanation du fameux rallye ARC créé par Jimmy Cornell, sur une monocoque de 41 pieds, Take Off. Tous les après-midi, après l’école, ils se retrouvent pour jouer. Le trampoline, la chaise de mat, ca défoule!! Mais pourquoi donc Moby est-il toujours le bateau préféré des enfants ?! ;-)))
L’un des grands bonheurs de Cape Town, c’est de côtoyer des animaux en ville : les phoques bien sûr, qui ont colonisé la marina et le bord de mer, ils sont partout, mais pas dans nos jupes tout de même, comme aux Galapagos.
C’est toujours aussi amusant de les voir nager et se prélasser dans l’eau.
Les cormorans sont tout aussi peu farouches, et s’étendent au soleil sur les pontons.
Incroyable aussi cet aileron qui sort de l’eau, en pleine marina! Ce n’est pas un phoque, ni un dauphin bien sur, ni une raie… mais un incroyable poisson lune ou Mola-mola Fascinante créature. Nous le verrons plusieurs fois sortir sa nageoire pendant les heures chaudes.
Cape Town, ce sont les retrouvailles, en famille, mais aussi entre amis, avec Fred et Esmeralda, en escale à Cape Town. Loïc gravira la table Mountain avec eux-j’en suis privée, la faute à mon entorse réunionnaise qui peine à se rétablir…
Nous ferons aussi la tournée des grands ducs un soir, jusqu’à pousser les portes du très « hype » bar de l’hôtel le Silo. Cet Hôtel a été aménagé en même temps que le MOCAA Zeitz, le plus grand musée d’Art Contemporaint d’Afrique, dans un ancien silo : L’architecture est ambitieuse, créative, et design.
La déco du bar est rococo-chic, où nous prenons plaisir à essayer la carte des cocktail.
Le joyau de l’hôtel, c’est son roof-top bar avec sa piscine, qui ne se visite qu’en journée…
mais le sourire persuasif d’Esmé aura raison du barman, qui nous fait visiter les lieux en douce…. La ville se déroule sous nos yeux, de nuit, c’est magique!
Enfin, mes parents et mon frère sont arrivés! Nous commencerons un safari de 5 jours au Kruger, et continuerons à jouer aux touristes pendant une semaine à Cape Town : nous nous promenons autour de la ville et de ses environs avec le bus rouge à étages, partons explorer le jardin botanique de Kirstenbosch, visitons avec beaucoup d’émotion Robben Island, l’île où fut emprisonné Nelson Mandela pendant 17 ans, emmenons les enfants voir à l’aquarium les espèces marines locales, puis au cinéma voir le dernier Star Wards en 4D , partons nous baigner par un jour de canicule sur les plages de Clifton…. Bref, une vraie vie de citadins et de touristes!
La veille de Noël, nous partons pour la journée faire le tour de la péninsule du Cap. Nous longeons les très chics plages de Clifton et de Camps Bay, puis passons par Hout bay, autre quartier résidentiel très prisé.Ici, les maisons sont construites à flanc de colline, et protégées par un pare-feu naturel minéral.En effet la lande, doit bruler pour se régénérer tous les 5 à 10 ans. Alors, les autorités déclenchent régulièrement des feux maitrisés , comme ici, où tout un pan de la colline a brulé.
Passé la plage de Nordhoek,
nous traversons la péninsule via le scénique Chapman’s peak drive, en direction de Simon’s town , qui abrite l’une des deux colonies continentales de « African penguins » d’Afrique du sud. Elle est en plus très facilement accessible, sur la petite plage de Boulder’s beach. Assez récente, puisqu’elle ne date d’il y a guère plus d’une trentaine d’années, cette colonie a prospéré, initialement au grand dam des riverains, qui se voient désormais sans accès à la plage…
Pour canaliser le flot de touristes, et préserver les dunes et l’environnement, une promenade en bois au-dessus de la plage a été crée, particulièrement bien intégrée. Les pingouins sont vraiment très cocasses à observer. Nous sommes chanceux, car c’est la grande période de nidification. Nous avons la chance d’apercevoir à la fois des oeufs couvés, et des oisillons tout juste sortis de l’oeuf.
Sur la plage, ça nage, ça se dandine, ça jacasse, caquète et ça sent le chien mouillé…
Après une petite demi-heure passée à les observer sous toutes les coutures, nous mettons cap sur le parc naturel de la péninsule : le site abrite une somme incroyable de plantes endémiques, dans la lande appelée ici « fynbos » (prononcer faïnboss). C’est aussi une réserve naturelle d’animaux, et nous ne serons pas en reste : très vite, nous devons nous arrêter sur la route pour laisser passer des singes! Des babouins de bonne taille, qui sont ici chez eux : on les voit jouer, s’épouiller, se courir après.
Puis ce sont des autruches, avec leurs petits qui paissent tranquillement. La mère est vraiment énorme, on peine à croire que ce soit un véritable oiseau.
Il est de plus en plus difficile de les observer en peine nature car les autruches sont braconnées pour leur chair, très à la mode-et il faut dire délicieuse, à mi-chemin entre le magret de canard et le filet d’agneau. Il faut donc prendre garde à n’acheter que des morceaux dont la provenance a une traçabilité irréprochable.
Et un peu plus loin encore, plus haut sur le versant, une antilope ; Plus difficile à voir, heureusement, ces 5 jours de safari nous ont exercé l’oeil à spotter les animaux. Les enfants sont particulièrement bons, avec leurs yeux de lynx.
Ca y est, nous voici arrivé, au cap de Bon Espérance! Très connu des marins, ce n’est ni le cap le plus austral- qui est celui de Cape Point-, ni celui qui effectue le partage des eaux entre Océan Atlantique et Indien-c’est le Cap de Aiguilles, à quelques dizaines de milles plus à l’est.
Mais c’est le plus connu, car celui qui était viré le premier par les bateaux en provenance d’Europe et d’Afrique, signe que la route des Indes n’était plus très loin.
Nous décidons justement de faire à pied le chemin qui sépare le cap de Bon Espérance du phare de Cape Point.
Le paysage est spectaculaire : falaises vertigineuses, mer bleu cobalt, écume de neige, forets de laminaires à perte de vue, plages étincelantes,
Je me régale de la variété de la végétation endémique du fynbos; les plantes ont toutes un air plus ou moins préhistoriques.
les plantes grasses sont amusantes;
Certaines sont bien connues de nos cotes bretonnes, comme ces doigts de sorcières, qui sont une peste chez nous.
Et que dire de ces étonnantes plantes rampantes aux allures de serpent
Beaucoup de fleurs aussi en ce début d’été.
Ceux que je préfère, ce sont les pincushions, cousins des Protéas
Toutes forment un camaïeu extraordinaire.
Nous peinons sou la chaleur du soleil africain, heureusement tempéré par l’air marin.
En contrebas, la page de Dias, du nom du célèbre Bartolomeo Dias, le navigateur portugais qui fut le premier à contourner la pointe de l’Afrique; traçant une route qui deviendra si célèbre : la Route des Indes.
Un couple de rapaces niche à flanc de falaise
Ca y est, nous voilà en haut, au phare de Cape Point!
Avec une vue 360° sur le cap de Bon Espérance à l’ouest, et sur False Bay au nord-est.
Nous redescendons en passant par les dépendances
Le lendemain, c’est Noël, que nous fêtons en famille. Après un très bon dîner au restaurant, nous allons voir si le père Noël est bien passé sur Moby?OUIIIIIII!Nous découvrons aussi les magnifiques carte de Noël individuelles que nous a créé et envoyé Sonia, la chérie de mon frère qui n’a pas pu prendre de vacances en cette période de fêtes. Merci Sonia de cette délicate et artistique attention!
Dès le lendemain de Noël, nous sommes en pleins préparatifs de départ : la fenêtre météo est idéale pour appareiller dès que possible pour Ste-Hélène, petite ile perdue au milieu de l’Atlantique sud, et qui nous permettra de faire un bon break dans cette longue traversée océanique.
J’en profite comme toujours, en plus de l’avitaillement classique pour 10 jours de traversée, pour faire le plein d’excellents produits longue conservations locaux : les fruits secs sont délicieux, en particulier les demi-pêches et demi-poires, les mangues, et les pommes déshydratées. Le biltong aussi, cette viande de boeuf (ou de gibier comme l’autruche ou le kudu) séchée, et assaisonnée, qui se conserve des mois. Et du vin bien sûr! Le Champagne sud-africain n’arrive pas à la cheville de celui de Nouvelle-Zélande. Mais nous apprécions beaucoup certains vins rouges, en particulier les « pinotage », du nom de ce cépage typiquement sud-africain, qui donne un vin de caractère, mais pas tannique.
Après 3 semaines d’escale en marina, très agréables par ailleurs, nous sommes heureux de larguer les marres, pour des horizons moins citadins.
Bye-bye table Mountain
Nous longeons Robben Island, et passons à raser un banc de baleines! Ouf!, nous n’avons pas touché, et Whaou!, nous n’en avons jamais observé autant d’aussi près.
Bye-Bye Africa, nous voilà de retour dans l’Océan Atlantique, encore frais à cette époque, car la mer dépasse à peine les 16°! L’équipement douillet est de sortie : je suis heureuse d’étrenner mes toutes nouvelles bottes étanches, que je ne quitterai pas de la semaine.
Presque deux mois d’escale aux Mascareignes, où nous avons fait de belles navigations, et passé des moments forts. Nous aurions aimé en profiter encore un peu plus mais le temps passe et il nous faut quitter la zone avant le début de la saison cyclonique, qui débute officiellement le 1er décembre.
J’ai profité de cette escale pour faire le tour complet du bateau et rectifier les petites choses différées depuis quelques mois. Avec l’aide précieuse d’Hervé Laurent ( ancien Coureur de Vendée Globe maintenant installé à Maurice comme gréeur), le gréement à été inspecté en détail. J’ai aussi changé tous les chariots de rail de grand-voile, dont le jeu était devenu excessif après 30 000 milles. Je comptais déjà le faire aux Seychelles mais le colis s’était perdu en route entre la France et les Seychelles! J’ai aussi profité de notre escale pour revoir la liaison de 2 profils d’enrouleur de solent, qui pour la énième fois montraient des signes de faiblesse.
Moby est donc fin prêt pour cette traversée entre l’île de la Réunion et l’Afrique du Sud. Nous allons quitter les latitudes tropicales pour une région connue pour ses changements de météo rapides et pas toujours prévus. Un bateau techniquement à 100%, ça permet d’aborder plus sereinement la navigation!
C’est le printemps austral sur la zone. La température de l’eau dans la partie centrale de l’Indien est inférieure aux moyennes saisonnières, pas trop de risque donc de voir un système tropical se former. Plus au Sud, les anticyclones se succèdent, leurs centres aux alentours de 30°-35°Sud, se déplacent vers l’Est. Plus au Sud encore, les dépressions des 40ème et 50ème avancent aussi. Les fronts associés à ces perturbations, en particulier les fronts froids, remontent souvent vers les latitudes où nous allons naviguer vers l’Afrique du Sud. Même en étant rapide, il est fort probable d’avoir à traverser un de ces fronts sur ce parcours. Il convient donc de planifier le départ afin de négocier le front au mieux. Je ne m’étendrai pas sur un topo météo de la zone, ce serait assez long. Ceux que la météo intéresse trouveront matière à apprendre sur les sites météo de la zone. Un très bon résumé existe aussi dans l’ouvrage « Routes de grandes croisières » de Jimmy Cornell que je recommande vivement.
Le timing est donc essentiel pour cette traversée de 1 400 milles, contournant Madagascar par le Sud. L’impératif absolu est de ne pas arriver sur les côtes sud-africaines par vent fort de Sud-Ouest, car quand le vent s’oppose au courant des Aiguilles, les conditions de mer deviennent vite très dangereuses.
Cette note sur les cartes incite pour le moins à la prudence :
« Abnormal waves, up to 20 metres high, preceded by a deep trough, may be encountered off the east coast of South Africa between the latitudes 29°S and 33°30’S, mainly up to 20 miles seaward of the continental shelf; see Admiralty Sailing Directions » .
Mise en garde
Ceux qui ont déjà vu les effets d’un vent même modéré contre un fort courant pourront imaginer l’effet sur l’état de la mer d’un vent de seulement 25 à 30 noeuds soufflant contre le courant des Aiguilles qui dépasse souvent les 5 noeuds. La différence ici réside dans le fait que l’étendue de cette veine de courant permet la formation et la propagation des vagues, à la différence d’un raz par exemple qui est de taille limitée. Nous n’aborderons donc cette zone que dans des conditions satisfaisantes, quitte à devoir attendre loin au large, là ou le courant est plus faible.
A compter du 7 novembre, nous sommes en stand-by à Saint-Pierre, Réunion, et surveillons quotidiennement la situation météo, dans l’attente d’une fenêtre de départ. La navigation dans ces zones de transition entre le régime des vents du climat tropical et celui des latitudes plus tempérées est intéressante. Il s’agit de tirer le meilleur d’un système pour aborder la zone de transition à l’endroit et au moment optimum pour la traverser efficacement et confortablement. Les logiciels de routage sont d’une aide précieuse à la prise de décision, à condition bien sûr de connaitre les limites de ces systèmes dont les calculs se basent sur les performances théoriques du bateau, les prévisions météorologiques et mêmes les courants océaniques. Sur Moby, j’utilise les services de PredictWind, logiciel bien adapté et très simple d’utilisation. L’avantage de PredictWind par rapport à d’ autres logiciels, c’est qu’il ne requiert pas le téléchargement de gros fichiers grib, car le calcul de routage est effectué à distance par un ordinateur puissant relié à une base de données météo qu’il serait impossible de récupérer par liaison satellitaire. Pour cette traversée, j’ai pris la météo 2 fois par jour en moyenne et fait tourner un routage toutes les 6 heures. Nous sommes arrivés à Richard’s Bay avec 2 heures d’avance sur l’ETA du routage initial, calculé une semaine avant. Précision ou hasard? Un peu des deux certainement.
Tableau résumé des routages en fonction du moment de départ
A partir du 10-11 novembre, la situation générale laisse entrevoir une possible fenêtre de départ en milieu de semaine. Nous pourrions profiter de la fin du passage de l’anticyclone dans le Sud des Mascareignes pour filer jusqu’au Cap Sainte-Marie, au Sud de Madagascar. C’est là que nous traverserions le front puis pourrions continuer dans le canal du Mozambique et arriver à destination avec environ 24heures d’avance sur l’arrivée d’un front amenant de forts vents de Sud-Ouest. La marge n’est pas grande, compte tenu de la précision des prévis météo, mais je l’estime suffisante et attendre plus longtemps ne garantirait aucunement de meilleures conditions.
Mardi 14 Novembre
Mercredi 15 Novembre
Jeudi 16 Novembre
Vendredi 17 novembre
Samedi 18 Novembre
Dimanche 19 Novembre
Lundi 20 Novembre
Mardi 21 Novembre
Nous larguons les amarres de Saint-Pierre, Réunion, le 14 novembre en milieu d’après-midi. Le temps est couvert, avec un vent d’Est-Sud-Est de 20 noeuds et une mer agitée. La particularité de Saint-Pierre est que par vent de Sud-Est, à peine la jetée du port franchie, on se retrouve dans des conditions océaniques musclées, sans sas d’acclimatation. Sous GV-2ris et solent, nous marchons entre 9 et 10 noeuds sur le fond sur une route légèrement plus Sud que la route directe, en anticipation de la rotation des vents au Nord-Est prévue le lendemain. Nous reprenons vite nos habitudes de navigation au long cours.
Le vent faiblit sensiblement dans la nuit et au lever du jour le 2° ris est largué. Nous croisons un cargo d’assez près, cette route maritime est très fréquentée et nous avons presque constamment un navire ou deux sur notre écran AIS.
Croisement dans le soleil levant
A midi, le gennaker vient prendre le relais du solent devant, le ris est largué et le vent amorce sa bascule vers l’Est-Nord-Est. Notre trajectoire s’infléchit vers le Sud en attendant le moment optimum pour empanner. Nous sommes dans de belles conditions pour cette deuxième journée en mer, la soirée et la nuit sont agréables et nous profitons des tropiques pour quelques heures encore.
A 1 heure du matin, il nous faut empanner car nous pouvons désormais faire route vers le Sud de Madagascar tribord amures. A 150° du vent, nous progressons à environ 7 noeuds dans 10-12 noeuds de vent. Au matin du 3° jour, le vent de Nord-Est reprend un peu de force et nous glissons paisiblement vers le cap Sainte-Marie.
Tribord amure sous gennaker après la rotation du vent au Nord-Est
Il se renforce graduellement tout au long de la journée, nous obligeant à réduire un peu la toile. Nous attendons entre 20 et 25 noeuds pour la nuit, le gennaker est affalé en milieu d’après-midi, puis nous prenons successivement le 1° puis le 2° ris à 20h afin de ne plus devoir manœuvrer cette nuit.
Au lever du soleil le 17 novembre, nous sommes à une vingtaine de milles au sud de Tolanaro (Fort Dauphin), le vent est toujours avec nous pour quelques heures, aidés par un courant favorable, nous sommes constamment à plus de 11 noeuds sur le fond. Le temps est couvert de nuages bas, cette masse nuageuse est associée au front de la dépression passant dans notre Sud. Le baromètre, qui chutait régulièrement depuis 36 heures se stabilise, ce qui confirme le phénomène.
Bonne glisse à l’approche du Sud de Madagascar
Les Côtes élevées de Madagascar, région de Fort Dauphin, à 20 milles
Comme prévu par la météo, le vent se met à mollir rapidement vers 9h. Il se stabilise à moins de 5 noeuds, je n’hésite pas une minute et démarre un moteur pour continuer de progresser à 5-6 noeuds vers l’Ouest. En effet, quand le vent rentrera au passage du front, il s’établira au secteur Ouest-Sud-Ouest. Chaque mille gagné est important car nous serons alors au près serré bâbord amure et il nous faudra parer le cap Sainte Marie.
Image satellite montrant la dépression au sud et le font que nous allons traverser aujourd’hui
Les baleines sont fréquentes dans les parages, nous en voyons quelques-unes
Vers 14h, c’est l’arrivée du vent de Ouest-Sud-Ouest, la grand voile est réduite au 2° ris et quelques tours dans le solent nous permettent une route au 280° qui pare le Cap Sainte-Marie et ses dangers. La mer est très plate pour le vent qu’il y a, mais je sais que ça ne durera pas bien longtemps.
Bascule et augmentation rapide du vent au passage du front
La bonne nouvelle c’est que le vent s’oriente assez vite au Sud-Ouest et même de façon intermittente au Sud-Sud-Ouest. Cela nous permet de naviguer à 60°-70° du vent avec assez de puissance pour bien avancer. Nous sommes soulagés de passer à 15 milles dans le Sud du Cap Sainte-Marie, et de pouvoir continuer notre progression vers l’ouest. Encore une cinquantaine de mille et avant la fin de la nuit tous les dangers du Sud de Madagascar seront derrière nous. Le premier obstacle de cette traversée exigeante est passé. La météo à été d’une précision remarquable ces trois derniers jours, et les derniers fichiers reçus vont dans le sens des prévisions du départ. Avec 700 milles restant et un peu plus de trois jours avant Richard’s Bay, les différents routages associés aux modèles météo prévoient notre arrivée avec 6 à 20 heures d’avance sur le mauvais temps. Pour une fois nous allons mener Moby au maximum de ses possibilités, de jour comme de nuit.
Relevé de nos positions dans le canal du Mozambique
Au matin du 18 novembre, les nuages ont laissé la place à un joli ciel bleu. Les 2 ris sont largués successivement à 6h puis 8h. Le vent est au 200° pour 12 noeuds, puis baisse un peu et le code 0 est envoyé, pour deux heures seulement car le vent forcit un peu en début d’après midi. Le premier ris est pris un peu après, puis largué une heure plus tard. Chaque noeud de vitesse est à prendre et on ne rechigne pas à la manœuvre quand il le faut. Le vent continue sa lente rotation et est au Sud en fin d’après midi, à une quinzaine de noeuds. Moby file au vent de travers, la mer est très belle, avec une longue houle de Sud-Ouest qui nous arrive sur l’avant bâbord, ce sont des conditions idéales de navigation. Ce qu’il y a d’appréciable avec un vent de travers, c’est cette garantie de vitesse, même si le vent fluctue un peu en force et direction, ça avance toujours bien.
Coucher de soleil dans le canal du Mozambique
Dans la nuit, le vent continue sa rotation et s’établit au Sud-Est. Le gennaker est hissé dès les premières lueurs de l’aube et toute la journée du 19 novembre, nous nous battons contre le Moby virtuel de notre routage, avec un léger avantage pour le Moby réel. Le vent continue sa rotation vers l’Est, nous obligeant à nous éloigner de la route directe avant d’empanner. Je suis impressionné par la précision de la météo dans ce vent évolutif, aussi juste que la précision de mesure des instruments du bord. Le vent est prévu de continuer sa rotation vers le Nord-Est dans la nuit du 19 au 20, nous pourrons alors faire route tribord amure vers notre destination.
Victor est hissé dans le mât par repasser la drisse de pavillon
Détente après l’effort pour Victor
Il nous faut contourner la zone de calme et empanner assez près du centre de haute pression
Le 20 à 5h15, nous empannons. Le vent est au 060°/15KT. Nous commençons à sentir un courant traversier, c’est le début du courant des Aiguilles, même si nous sommes encore loin de son axe principal. Il nous reste 230 milles à parcourir. La météo prévoit le renforcement du vent en soirée et la nuit prochaine, du Nord-Nord-Est entre 30 et 35 noeuds. C’est en effet ce qui arrive à partir de 16 heures, le vent qui était stable à 15 noeuds depuis le matin forcit légèrement. Cette fois plus question de pousser Moby, car notre arrivée est assurée avant le passage du front et la bascule au Sud-Ouest du vent. Nous roulons et rangeons le gennaker, puis prenons le 1° ris. Puis c’est au tour du 2° ris puis du 3° ris lorsque le vent passe les 25 noeuds. Nous sommes prêts pour le sprint final vers Richard’s Bay.
Haut de Force 7 et 5 noeuds de courant traversier
Les conditions de la nuit, avec quelques rafales proches de 40 noeuds, nous confortent d’avoir anticipé la prise du 3° ris. Le courant est traversier pour 4 noeuds, dans le sens du vent, mais la mer est courte et grossit bien vite. J’imagine bien les conditions de mer extrême qu’un tel vent opposé au courant pourrait engendrer.
Conditions musclées à l’approche de l’Afrique du Sud
Le 21 à 8 heures, nous approchons de Richard’s Bay, le vent a baissé et souffle à un peu plus de 25 noeuds. Le trafic maritime est important et une trentaine de navires marchands sont à l’ancre devant l’entrée du port. Il nous faut patienter presque 2 heures avant d’obtenir l’autorisation du contrôle portuaire de nous engager dans le chenal d’entée menant à la marina de Tuzi Gazi.
Arrivés dans la lagune, le vent monte de 10°C de température, on se croirait dans le souffle d’un sèche-cheveux
Heureux d’arriver à temps!
Le vent de Nord-Est faiblit comme prévu dans la soirée et des orages annonciateurs du front arrivent par l’Ouest. Dans la nuit, je suis réveillé par les rafales du vent de Sud-Ouest qui souffle dans la mâture. Moby est bien amarré au quai, nous pouvons dormir tranquille.
Trace de la navigation Saint Pierre-Richard’s Bay
Richard’s Bay- Cape Town
Cette navigation de près de 900 milles le long de la côte d’Afrique du Sud n’est pas réputée facile pour 3 raisons principales : 1- Le manque d’abri où se réfugier par mauvais temps 2- Le courant des Aiguilles qui fait lever une mer dangereuse par vent de Sud-Ouest 3- La météo rapidement changeante, parfois violente par des phénomènes amplificateurs d’origines diverses : Caps, relief, orages…
Les fronts se succèdent à un rythme soutenu, parfois tous les 2 ou 3 jours seulement, entrainant une saute rapide du vent du NE au SW, en l’espace de très peu de temps. La façon la plus classique d’effectuer ce passage consiste donc à procéder par étapes en s’appuyant sur les 4 ports de replis possibles de Durban (85NM), East London (250NM), Port Elisabeth (120NM), Mossel Bay (200NM) avant de rejoindre Cape Town (240NM).
Comme tous les skippers qui effectuent ce passage réputé délicat, je me suis bien documenté et la littérature est abondante sur le sujet. La mauvaise réputation de cette zone invite à la prudence et je passe beaucoup de temps à étudier les informations météo de toutes les sources accessibles.
Il apparait que cette année, la fréquence de passage des fronts soit anormalement élevée pour la saison. Cela se traduit par des fenêtres de traversée plus courtes, de l’ordre de 24h environ, voire moins si on enlève le temps de la transition où le vent faible ne permet pas de bien avancer. Les fichiers de vent affichent également une volatilité élevée et il est surprenant de voir l’ampleur des variations à H+24 ou H+36 entre 2 fichiers issus à 6 heures d’intervalle.
Il y a près d’une vingtaine de voiliers à Richard’s Bay qui attendent comme nous le moment opportun pour se lancer. La météo est donc le sujet numéro 1 sur les quais et les pontons de Tuzi Gazi. Chacun a son idée, et beaucoup font appel aux services de routeurs météo pour cette navigation.
A ce jeu, à partir du 23 Novembre, j’entrevoie une possibilité de départ le mardi 28. Nous commençons donc à nous préparer pour saisir cette opportunité. Cela est vite fait car le bateau est à 100%, rien à faire donc de ce côté, juste quelques courses pour Bénédicte et les formalités pour moi, car en Afrique du Sud, c’est la totale niveau formalités à chaque escale : Bureau du Port, immigration, douane, santé et police, pas moins! Nous faisons tout cela le lundi matin.
La courte fenêtre qui s’entrouvre ne convainc pas tout le monde, nous ne sommes que 3 bateaux à y croire. Mon optimisme me dit dit que nous pouvons certainement rejoindre East London qui se trouve à 335 milles, les 2 autres espèrent juste rallier Durban et y attendre le prochain train météo.
Il fait toujours nuit quand nous quittons le Quai de Tuzi Gazi, un peu avant 5 heures du matin, le mardi 28 novembre. C’est un grand jour car Victor fête aujourd’hui ses 14 ans. Nous sortons du port et hissons la grand voile dans le long chenal qui mène à l’océan. Le temps est calme, il ne subsiste du mauvais temps de Sud-ouest de la veille qu’une longue houle venant se briser sur les jetées. Une fois dehors, la surface de l’eau se ride avec quelques noeuds de vent de Nord. Le courant nous est favorable, ce qui nous permet, sous GV et gennaker de progresser à plus de 6 noeuds.
Nous slalomons entre les nombreux cargos à l’ancre, si nombreux qu’ils s’étalent sur plus de 10 milles vers le Sud de Richard’s Bay. Nous distançons très vite les 2 monocoques partis avec nous. L’un d’entre eux n’est autre que ARIEL IV de nos amis suédois Erik et Birgitta, rencontrés en Indonésie et à Cocos Keeling.
Comme prévu, le vent se renforce graduellement en évoluant un peu vers le Nord-est. Il souffle à 14 noeuds à 8h, puis au fur et à mesure qu’il fraichit, nous adaptons la voilure. A midi, le vent est du Nord-est pour 25 noeuds. Le 1° ris est pris à 9h30, le gennaker rangé à 10h et la GV a été réduite à 2 ris à 11h30. Aidé par le courant des Aiguilles, Moby ne descend jamais à moins de 12 noeuds sur le fond. Les milles défilent et nous avons dépassé Durban avant 13h, soit plus de 10 noeuds de moyenne, malgré le temps calme des 3 premières heures.
Moby au large de Durban, traffic AIS important
Le ciel gris du matin a cédé la place au grand ciel bleu. J’ai repris une météo à midi, qui me conforte dans l’idée que le prochain front ne sera pas trop fort, en particulier à l’endroit visé pour le franchir, à environ soixante milles des côtes. Le but est donc d’aller le plus vite vers le Sud, pour 2 raisons : la première c’est que le front sera plus actif à mesure qu’il progresse vers le Nord, et deuxièmement, lors de son passage et de la bascule des vents au Sud-Sud-Ouest, plus on est au Sud et plus la côte s’incurve vers l’Ouest, facilitant la progression bâbord amure.
J’effectue un suivi précis du temps rencontré que je compare aux prévisions, ainsi que de notre progression par rapport au routage. Tout est en ordre, pas de décalage à signaler. En fin de journée, les nuages annonciateurs du front à venir sont visibles à l’horizon. Le vent commence à baisser lentement mais sûrement et amorce une rotation à gauche. A 20h il est au 035°/20KT, à minuit 000°/12KT. Les ris ont été largués, en revanche, nous conservons le solent et décidons de ne pas envoyer le gennaker car nous serons bientôt au près.
Le 29 novembre à 3 heures du matin, le vent a disparu, plus un souffle. Je démarre un moteur et fais route au 210°. A 4h, la bascule est bien là, vent au 230°/05KT et aux premières lueurs du jour il continue sa rotation à gauche et souffle au 230°/18KT. La mer est hachée, inconfortable, mais la bonne nouvelle c’est que le vent a une orientation plus favorable que prévu, de l’ordre de 20°, et il est aussi un peu moins fort de quelques noeuds. Cela nous permet de bien progresser, sous GV 2 ris et solent, presque en route directe vers East London. A midi, l’évolution favorable du vent se poursuit en passant au sud pour 12 noeuds.Le 2° ris est largué. La mer du matin s’en est allé plus loin et Moby passe en douceur, de plus le courant nous est favorable en nous accélérant et en nous dépalant au vent ; pas de quoi se plaindre. A 16h, nous sommes à 69 milles du port d’East London, le ris restant est largué. Le vent continuant d’adonner, le code 0 est envoyé à 21h. La nuit se déroule bien, les milles défilent à près de 10 à l’heure, seule une houle de face est à déplorer. La météo du soir est sans faille, nous pouvons continuer vers Port Elisabeth.
Trace des 3 premiers jours, le passage du front à lieu au large de la zone de courant fort
Le 30 novembre, au lever du jour, la brise a encore faiblit et vient de l’est pour moins de 10 noeuds. Le gennaker vient remplacer le code 0. La mer est particulièrement inconfortable lorsque nous passons devant Port Elisabeth vers 8 heures du matin et je m’acharne à essayer d’empêcher les voiles de battre. Malgré tout, grâce au courant, nous sommes à 9 noeuds sur le fond. Le vent doit se renforcer dans l’après-midi et remonter vers le nord-est, une étape supplémentaire est franchie et nous avons désormais Mossel Bay en ligne de Mire à 200 nautiques de nos étraves. Empannage TB à 15h30, 1°ris à 16h, encore un empannage BB à 17h30, gennaker affalé à 18h et un empannage de plus TB à 19h30, on ne s’ennuie pas à bord de Moby aujourd’hui.
La nuit arrive mais les manoeuvres ne s’arrêtent pas pour autant. Cette fois c’est pour éviter un cargo qu’il nous faut empanner, puis revenir sur l’amure de départ une fois le croisement effectué. Comme le vent mollit, nous hissons le gennaker à 3h du matin.
Le 1er décembre à 8h du matin, alors que nous ne sommes qu’à 38 milles de Mossel Bay, le vent tombe complètement, calme plat, plus une ride sur l’eau. Une zone de calme était bien prévue quelques milles plus au nord. Etant donné notre position, les prévisions auraient du nous donner quelques noeuds pour avancer. De plus, le courant des Aiguilles nous a lâché, il s’en est allé vers le Sud, assez loin de la côte. Il nous faut donc faire appel à notre code V, comprenez V comme Volvo, notre bon sauveur ce matin. Alors que nous avançons tranquillement au moteur vers Mossel Bay, j’en profite pour passer du temps sur la météo. Je lance plusieurs routages et je regarde en particulier quand nous pourrons repartir après le passage du front et des vents de SW prévus demain. Nous devrions rester au moins 36 heures, puis dès l’épisode de vents contraires, il faudra se dépêcher car les vents seront certes portants mais augmenteront très vite pour atteindre 50 noeuds à compter de lundi midi sur Cape Town, le très célèbre « South-Easter ». En plus cet épisode devrait durer quelques jours et s’étendre vers l’Est de la région, jusqu’à Port Elisabeth, avec des fichiers grib à 50 noeuds et des vagues de 5 mètres ou plus sur toute la zone!
Vers midi, nous ne sommes qu’à une quinzaine de mille de Mossel Bay quand un souffle d’air vent du Sud vient rider la mer d’huile de ce matin. En une trentaine de minute, cela devient une petite brise, probablement d’origine thermique, complètement inattendue. J’ignore combien de temps cela va durer, mais je me dis qu’on peut tenter d’en profiter, en faisant route vers le Cap des Aiguilles. Je me fixe un point de non retour (PNR) à une trentaine de milles devant nous, avant lequel il nous faudra nous engager dans l’une ou l’autre des options : Continuer vers Cape Town ou rebrousser chemin et revenir vers Mossel Bay.
Sous grand-voile et gennaker, notre progression est incroyable dans ce petit temps. Ce sont des conditions que Moby affectionne, une mer plate et une dizaine de noeuds de vent bien orienté. Nous sommes à 9 noeuds de moyenne sur le fond. Alors que nous approchons vite du PNR que je m’étais fixé, il ne fait pas de doute que l’option de continuer est possible. A 16h, Le Cap Agulhas est à 95 NM dans nos étraves.
Passage du Cap des Aiguilles
Nous décidons donc de poursuivre vers Cape Town avec le plan suivant en tête : avancer au plus vite en tirant parti de cette brise côtière. Lorsque qu’elle disparaitra, faire route au moteur et aller à la rencontre du front, que nous devrions atteindre samedi midi, et plus très loin de False Bay. J’ai aussi regardé avec soin les 2 petits ports de Stilbaai et Struisbaai, protégés des vents d’Ouest. Ils pourraient nous servir d’abris si le vent de Sud-Ouest arrivait plus tôt et plus fort que prévu.
C’est la troisième fois qu’un changement tactique intervient sur cette navigation. Il me semble que la flexibilité soit plutôt bienvenue dans cette région afin de s’adapter constamment à la météo changeante.
C’est vendredi, nous croisons beaucoup de petits navires de pêche côtière qui rentrent vers Mossel Bay. La zone est certainement très poissonneuse, si j’en juge pas l’activité constante des oiseaux et les nombreux phoques que nous croisons. La côte n’est pas très loin, seulement 2 milles par endroit. La bande de vent ne semble pas s’étendre très loin vers le large.
Le soleil se couche, je m’attends à voir le vent tomber d’un instant à l’autre mais même si il faiblit un peu, il reste suffisant pour nous mouvoir plus vite que nous le pourrions au moteur. En plus nous avons un joli clair de lune, c’est agréable. Seul bémol, la température commence à baisser, l’air et l’eau ne sont qu’à 16°C cette nuit. La légère brise nous accompagne jusqu’à 5 heures du matin et disparait complètement au lever du soleil. C’est donc au moteur que nous passons le Cap Agulhas le 2 décembre à 5h30 du matin. « Au revoir » l’Océan Indien, « Bonjour » l’Océan Atlantique, car c’est en effet ici que la séparation des géographes prend place.
Les calmes sont prévus de durer jusqu’à midi, il nous faut en profiter pour gagner un maximum de milles route plein Ouest. Cela nous écarte de la côte et nous place dans une bonne position pour l’arrivée du front. Il est 11h lorsque la mer se ride au Sud-Ouest. En l’espace de trente minutes il forcit à plus de 20 noeuds. Nous prenons le 1° puis le 2° ris assez vite. Lorsque le vent rentre, il ne sert à rien de retarder la réduction de voilure, c’est notre façon de faire. La direction nous surprend plus que la force. En effet, nous attendions un vent de Sud-ouest et il est à l’Ouest, cela va nous imposer de tirer des bords pour rejoindre False Bay ou passer le Cap de Bonne Espérance. Bâbord amure, nous faisons d’abord route vers False Bay, parons le cap Danger Point, dont le nom n’est pas très rassurant et progressons vers le Nord-ouest. Nous passons à cinq mille d’Hermanus et virons de bord devant Sandown Bay. Le relief semble accélérer le vent et la mer se fait courte, nous prenons le 3° ris, le bateau peine à bien avancer dans ces conditions et notre gain au vent est misérable, entre 3 et 4 noeuds de VMG, mais l’important est de progresser sans malmener Moby. Il est presque 18h lorsque nous doublons le cap Hangklip. Les conditions se sont stabilisés et le vent est maintenant au 300°. L’abri relatif de False Bay, le fetch ne dépassant pas 20 milles, est le bienvenu.
Louvoyage et courant contraire pour franchir le Cap de Bonne Espérance
22H30, Moby passe le Cap de Bonne Espérance
Je considère que le plus gros du front est passé et que les conditions vont aller vers une amélioration. Le vent continue sa rotation à droite, il est maintenant au 330°et nous permet de traverser False Bay tribord amure en direction du Cap de Bonne Espérance. Nous le franchissons à 22h30. Il nous reste 35 NM avant Cape Town. Comme le vent a fini par tourner plein Nord, cela signifie du louvoyage pour la nuit, mais nous ne sommes pas pressés, car il ne sert à rien d’arriver avant le jour. Nous naviguons sous-toilé toute la nuit. Le temps est nuageux, plafond bas, bruine et brume mêlées, point de clair de lune ce soir, elle est cachée par cette nébulosité. Il fait moins de 15°C et la mer n’est plus qu’à 14°C, changement de décor, mais le moral est au plus haut à bord, car tous les challenges de cette navigation sont désormais dans notre sillage.
Le vent mollit toute la nuit et les ris sont largués avant l’aube. La côte est proche mais invisible, cachée par un rideau de brume. Par moment, la visibilité est inférieure à 1000m sous une bruine dense. En se rapprochant de la ville, le plafond se lève un peu et nous permet d’apercevoir la côte et la colline de Lion’s Head. Nous affalons les voiles et préparons notre arrivée. C’est dimanche aujourd’hui, il est 8h, il y a peu de traffic et la permission de franchir l’entrée du port nous est de suite accordée. J’ai tant trainé sur les quais du Waterfront de Cape Town lors de mes escales aériennes que l’entrée dans ce port, pourtant complexe, me semble familière. Nous contournons la longue jetée, entrons dans le Victoria Basin, contactons l’opérateur du pont tournant « Clock Tower Bridge » pour pénétrer dans l’Alfred Basin, puis l’opérateur du « Bascule Bridge » qui nous informe que seule une moitié de pont peut s’ouvrir ce matin, pour raisons techniques. Cela laisse moins de 10m de largeur pour faire passer le mât et les haubans de Moby. Je vise bien le milieu de l’espace où faire passer le mât et nous entrons dans le bassin de la V&A Marina, où Moby va séjourner environ 3 semaines.
Passage sous le Pont Bascule, ouvert à moitié
Le lendemain, le « South-Easter » est bien là, il souffle à plus de 50 noeuds avec des rafales encore plus fortes. Je regarde les fichiers en repensant à notre navigation. Nous sommes satisfaits d’avoir su saisir les opportunités permettant d’effectuer ce passage d’une traite. Finalement, nous avons eu des conditions moins difficiles que bien des bateaux plus lents ayant progressé par étape. Etre rapide à la voile s’avère dans ces conditions un atout majeur, qui nous a permis d’être tactiques dans la construction de notre trajectoire, tirant le meilleur parti des conditions météo changeantes. Nous avons traversé trois océans avec Moby, et notre catamaran est devenu un formidable allié en qui nous avons confiance et dont nous connaissons bien le potentiel.
Moby, V&A Marina, Cape Town
Prochaine grande navigation : la remontée de l’Océan Atlantique!
Cette année, notre cadeau de Noël à tous, c’est un safari en famille au parc Kruger ! Il nous semblait en effet incontournable lors de notre séjour sud-africain d’aller passer quelques jours en immersion dans la savane africaine. Mes parents et mon frère, venus passer les fêtes de fin d’année avec nous, font partie du voyage.
La faune, la flore et les paysages sont en effet l’une des grandes richesses de l’Afrique du Sud. Participer aux activités touristiques, c’est aussi faire vivre le pays, et contribuer à la protection de ces espaces naturel protégés.
Nous avons choisi le Mopaya Resort, un des seuls lodge francophone du Kruger, ce qui permettra aux enfants de profiter pleinement du savoir des guides qui nous accompagnent. Le parc Kruger est unique en son genre, de par sa taille, grand comme la Bretagne, son ancienneté aussi, et sa popularité, y compris auprès des sud-africains eux-même qui le fréquentent beaucoup pendant les vacances.
C’est une réserve « BIG 5 », du nom des 5 animaux les plus dangereux pour l’homme :
le Buffle,le Lion,
Le Léopard,
L’Eléphant et le Rhinocéros.Curieusement, sur ces 5 animaux, 3 sont herbivores…. (le buffle, le rhino et l’éléphant…).
Ce terme de « BIG 5″ a été créé à la grande époque de la chasse « loisirs » en Afrique, du nom de 5 animaux les plus dangereux pour le chasseur se déplaçant à pied. Le terme est resté, et désigne maintenant les réserves détenant ces animaux.
Aujourd’hui, le safari prend le pas sur la chasse, fort heureusement, mais de nombreux propriétaires proposent toujours des chasses, tout à fait légales, sur leurs terrains privés. Le business est très lucratif : pour un lion, un rhino ou un éléphant, les riches américains ou émiratis (les deux nations les plus avides de cette activité), n’hésitent pas à débourser 5 à 10 000 dollars par tête abattue. Il faut savoir que si la réglementation des parcs nationaux est très stricte (aucune chasse n’est autorisée, et le braconnage fortement réprimé), sur les réserves privées, tout est permis, même la chasse d’animaux en voie de disparition comme le rhinocéros ou le guépard. Cela génère d’ailleurs un traffic : des animaux sont braconnés, volés dans des reserves, puis relâchés sur des terrains privés. D’autres sont tout simplement élevés au contact de l’homme, puis abattus par les clients, sans avoir jamais vécu leur vie d’animal « sauvage ». Les « pigeons » pensent voir tué un lion sauvage : ce n’était qu’une bête apprivoisée, nourrie depuis des années de la main de l’homme.
Le Lodge Mopaya est 100% ouvert sur le Kruger, et nous sommes logés dans des tentes ouvertes sur la savane. Surprise : au contraire de la plupart des lodges de la région, celui-ci n’est pas protégé par une clôture : les animaux circulent donc librement. C’est à la fois grisant de sentir les animaux si proches, de se réveiller en pleine nature, mais c’est aussi un peu flippant, car les fauves peuvent littéralement approcher à toucher les tentes… En particulier les lions et les éléphants, nombreux sur cette parcelle.
Quelques règles simples nous mettent à l’abri des dangers : la nuit, ne pas rester sur la terrasse, et ne JAMAIS circuler à pied. Un 4×4 nous fait faire les trajets nécessaires entre les tentes et le bâtiment principal.
Mopaya, c’est une entreprise familiale, gérée par Oscar, l’un des rangers, Michel, son papa, et sa maman qui gère en France les réservations. Cela fait 20 ans qu’ils oeuvrent en famille aux portes du Kruger, accueillant des touristes essentiellement francophones. L’équipe rangers-stagiaires est aussi 100% française, composée de jeunes étudiants d’origines variées, tous absolument passionnés par la savane et les animaux sauvages, qui viennent passer 3 mois au lodge pour se former. Tous sont une mine de renseignements sur la faune et la flore locale.
A peine arrivés en début d’après-midi que nous partons déjà en safari, dans la réserve privée de Balulé.
Jean-Baptiste, notre ranger pour l’après-midi est sur la piste des lions. Il y a une coalition de 6 lions mâle en ce moment sur le domaine, qui sont en mode « conquête de territoire », soumettant les femelles, et chassant. Ils sont très actifs, nous les entendrons souvent feuler pendant la nuit, et nous espérons avoir la chance de les croiser bientôt.
Très vite, nous croisons sur notre route un éléphant de retour du bain. Ces mastodontes ont besoin de beaucoup d’eau, et viennent au moins 2 fois par jour s’abreuver aux points d’eau.
Nous roulons en voiture ouverte, pour profiter un maximum de la vue.
Nous croisons de nombreux animaux :
des vervet,ces adorables singes
des phacochères,
des buffles
un chacal
et des girafes.
Nous croiserons aussi des restes d’animaux: ici, chacun a sa place sur la chaine alimentaire,
un patte d’impala, ces gracieuses petites antilopes que l’on croise par centaines
une colonne vertebrale
et une machoire de Kudu
Au soleil couchant, nous nous arrêtons boire une bière devant la rivière Oliphant. Rien de très spectaculaire en terme de faune : des zèbres
un waterbuck au loin
Mais la vue est sublime, les lumières du soir envoutantes, on comprend la passion que beaucoup entretiennent avec ce continent!!
Le lendemain, nous partons très tôt pour un point d’eau, proche d’une habitation. En chemin, gracieux, deux Kudus traversent, une femelle
et un mâle avec ses cornes. Les rayures verticales qu’ils portent sur l’abdomen les aident à se camoufler des prédateurs dans la savane.
Nous sommes en bordure du Kruger, dans une zone habitée : chaque propriétaire terrien a le choix de rester en privé et terrain clos, ou d’ouvrir son terrain sur le Kruger (ce qu’ont fait nos hôtes de Mopaya).
Cela permet une libre circulation des animaux, mais oblige à respecter les règles du parc Kruger : pas de chasse, une libre-circulation des animaux, pas d’intervention humaine etc.;…
On trouve donc dans ces terrains limitrophes toutes sortes de propriétaires : exploitants de Lodge type safari, mais aussi des lodges de chasse, activité encore terriblement populaire parmi les sud-africain et les riches étrangers, des particuliers retraités venus chercher la nature et le calme, …
Quelle chance : c’est tout un groupe d’éléphants qui s’abreuvent! Quel spectacle!
Le ranger se positionne sur leur chemin : nous sommes aux premières loges.
Dans le groupe, un tout petit de quelques semaines à peine.Il se cache entre les pattes de sa maman ou d’autres adultes.
Toutes les femelles de la troupe le protègent et font masse autour de lui.
Les voilà qui repartent,
Toujours groupés,
Une pause café à la rivière Olifant de nouveau.
Les enfants sont captivés par le safari,
et boivent les paroles de nos guides rangers.
Oscar et Jean-Baptiste sont passionnés : Oscar a grandi dans cette ambiance de safaris pendant toute son enfance. Jean-Baptiste vient en Afrique depuis qu’il est très jeune avec son papa guide ranger. Ils ont tout deux la savane dans le sang, et illustrent le dicton africain : « You can take the Man out of the bush, but you can’t take the bush out of the man ».
Nous rentrons déjeuner au lodge et repartons à 14h00 pour une réserve privée, adjacente du Kruger mais clôturée.
Nous commençons par observer au point d’eau un groupe d’éléphants qui arrivent.
Ils se baignent
puis repartent
un tout petit tête sa mère
la troupe s’éloigne
une femelle adulte ferme la marche, et s’assure d’un regard dissuasif que nous ne les suivons pas…
Au creux d’une rivière asséchée, nous croisons un groupe de kudus.
Et quelle chance! Derrière un buisson, 3 lions à la sieste.
Il s’agit d’une femelle et de ses deux « petits » de 2/3 ans. Sans doute de la même portée.
au premier plan, une jeune femelle :
plus loin, la mère et son fils.
Chez le jeune mâle, la tête est plus carrée, et sa crinière commence à pousser.
on dirait vraiment de gros chats, qui s’étirent.
Dans la voiture, nous ne craignons rien, mais seul à pied, un homme serait très vulnérable.
Les lions chassent volontiers en groupe, surtout les femelles, qui élèvent leurs petits. Les mâles sont plus solitaires et passent une grande partie de leur temps à défendre et à marquer leur territoire;
Nous faisons un dernier stop pour profiter du coucher du soleil sur un très beau panorama,
savourons un rafraîchissement avec nos guides,
le soleil tombe sur l’horizon
Le soir au Lodge, nous dînerons sur la terrasse en plein air, au son du feulement des les lions qui rodent…Et au bar, chacun raconte se remémore les moments les plus forts de la journée.
Une coalition de mâles sévit depuis quelques semaines, et se bat pour conquérir le territoire, et les femelles de la zone, de quoi mettre un peu d’animation dans la savane.
Au point que l’un d’eux dormait ce matin sur la parking de la maison d’un des rangers!
Jean-Baptiste tient à les retrouver et se donne beaucoup mal pour les pister. Sans succès.
C’est un éléphant en rut que nous croiserons. Son état est reconnaissable à ses glandes temporales qui sécrètent un must : ce liquide particulièrement odorant s’écoule en permanence. Il est sous une décharge hormonale forte, et cherche une femelle.
Arthur est un peu impressionné de voir cette grosse bête de si près.
Le guide très est attentif aux mouvements de l’animal, lui parle, le rassure, nous ne l’intéressons guerre, il semble indifférent, et repart.
Nous l’aurons vu de très très près!
Ce matin, Oscar nous présente le programme de repeuplement des Guépards, initié par son père et un ami vétérinaire français, il y a de cela une dizaine d’année. Après avoir assisté à une conférence en Afrique du Sud sur le dépeuplement de la faune sauvage, et en particulier l’extinction quasi inévitable d’espèces comme le rhinocéros et le guépard, les deux hommes se sont demandé comment ils pourraient apporter leur aide. Après quelques recherches, il s’est avéré que les guépards étaient largement sous-représentés dans le Kruger, avec une population de seulement quelques centaines d’individus, et que certaines femelles, sans qu’on en connaisse la raison, n’avait jamais eu de petits. Stérilité? En fait non! Il s’avère qu’elles ne s’accouplent qu’avec des mâles étrangers à leur lignée, et venant d’une autre territoire. et comme les guépards ont besoin d’un très grand territoire pour chasser, il faut des territoire encore plus grands pour qu’ils puissent se reproduire?
Les deux hommes se disent qu’un petit coup de pouce de la science pourrait aider les femelles à avoir leurs chaleur, et à s’accoupler, voir même à les inséminer avec de la semence venue de plus loin. Aujourd’hui, le protocole scientifique est au point, a été testé sur quelques femelles en Afrique, et sur plusieurs autres à l’étranger. Il ne reste plus qu’à convaincre l’un des grands parcs privés clos de tenter l’expérience.
Dans l’après-midi, nous nous rendons non loin de là à Mopaya 1, l’ancien resort des parents d’Oscar, aujourd’hui fermé. Sur la route, nous croisons un très élégant hippotrague.
Clos, et sans accès direct au parc Kruger, n’y a aucun des « BIG 5 » au Mopaya 1, ce qui permettait aux clients de circuler librement sans danger.
Les strictes règles du Kruger ne s’appliquent pas, et les propriétaires peuvent donc traiter leurs animaux comme ils l’entendent.
Les points d’eau sont alimentés artificiellement, et les animaux ont 2 fois par semaine droit à un apport de nourriture de la main de l’homme. Cela permet de les approcher de vraiment très près;
Les enfants sont fascinés par ce jeune gnou et cette jeune femelle zèbre. Il faut dire que la tête des gnous est très amusante,
et que la robe des zèbres est tout proprement hypnotique.
Nous faisons le tour des points d’eau :
voici des phacochères,
puis une famille de gnous, puis des zèbres.
Très vitre, les singes vervet arrivent, ainsi que les pintades.
C’est amusant de voir comment ils trimballent leurs petits, accrochés sous leur ventre.
le mâle dominant de la troupe arrive sur le capot de la LandRover.
Son afflux de testostérone lui donne des testicule d’un bleu turquoise étonnant!
Ils ne se battent étonnamment pas pour la nourriture.
Oscar profite pour nous parler des plantes et Inès des autres animaux moins spectaculaires, Comme ces termites, absolument indispensables au biome car elles décomposent les feuilles en humus, donnant de l’engrais naturel. Les termitières sont des habitats incroyablement sophistiqués, abritant des réseaux de galeries maintenant températures et hygrométrie savamment calculées pour y faire pousser … des champignons! Certaines sont colossales, mais on n’en perçoit que la partie aérienne, qui représentant selon le cas 30% du volume total!
Et en fin de vie, les vieilles termitières abandonnées servent d’abris aux phacochères, fourmiliers et autres petits mammifères.
Là, cette plante épiphyte accrochée a des racine aériennes; c’est une orchidée.
Et cet arbre aux racines plongées dans la pierre; c’est le mopaya, un figuier, qui ne germe que quand la graine atteint 60°, donc uniquement sur la pierre brûlée par le soleil d’été!
Nous croisons un groupe de zèbre, à la robe hypnotisante, d’une rare élégance.
Puis un Kalao,
En fin de journée, c’est la pause apéro à la tour de guet, avec la vue au soleil couchant sur le Kruger
et ses cônes volcaniques si caractéristiques.
Sur la route, nous avions trouvé à terre des cornes de kudu. On se demande quoi en faire? Nous repartons finalement avec les cornes du Kudu plantées devant le réservoir,l’occasion d’une petite leçon de mécanique aux enfants.
Ils sont emballé par le safari, suspendus aux commentaires de rangers, et surtout, l’oeil affuté, leurs jumelles autour du cou, prompts à spotter un animal. Parfois, les heures de voiture leur semblent longues, mais l’effort est à la hauteur de la récompense de voir un bel animal évoluer dans une nature si préservée.
Le lendemain, nous partons vers une réserve privée tenue par des amis de la famille. C’est précisément sur une des femelles guépard de ce parc qu’a été tenté l’expérience de l’insémination artificielle, qui a réussi! 3 petits sont nés. Malheureusement, la mère a été tuée en s’interposant avec des lions. Les 3 petits ont survécus, protégés et nourris par les propriétaires. Aujourd’hui, ces 3 jeunes adultes guépards vivent dans la nature, se nourrissent comme de vrais animaux sauvages ; mais ayant été « acclimatés » à l’homme », ils se laissent approcher. Ce matin, nous croisons les deux mâles qui vivent tous deux en coalition : ils chassent ensemble, et ne sont jamais loin l’un de l’autre.
L’un des deux mâles est équipé d’un émetteur radio, qui permet au ranger de le repérer à distance.
Aujourd’hui, le ranger nous confirme que les deux guépard sont apparemment dans de bonnes dispositions pour se laisser approcher, et même caresser!!
Nous sommes surpris de pouvoir approcher (sans danger, on nous l’a assuré!!) ces animaux sauvages
Les enfants sont ébahis, et ne se lassent pas de caresser ces gros chats.
Attention cependant au coup de patte, même involontaire : leurs griffes ne sont pas rétractables ,contrairement aux autres fauves.
Le guépard a cela d’unique en ce que ce grand fauve n’est pas du tout un prédateur de l’homme, contrairement à son cousin le léopard.
Souvent confondus, ils sont en fait très différents :
Le guépard est très fin, léger, ne vit que dans la savane, est vulnérable et une proie pour les autres fauves. Alors que le léopard, cousin des tigres, panthères et du lion, est massif, immensément adaptable, vit dans les forets, la savane, les villes, en climat sec, tempéré ou humide. Il a des cousins partout dans le monde sur tous les continents, des savanes sèches aux forets tropicales, des steppes d’Asie aux contreforts de l’himalayens. Dans le Kruger, sa population est en expansion.
Pauvre guépard : non seulement sa population diminue, mais il est en plus braconné, chassé pour une raison tout à fait ahurissante : les jeune sont capturés vivants et envoyés dans les pays du Golfe comme animaux de compagnie, c’est parait-il très chic de promener son fauve en laisse…
Cette « mode » génère un ignoble traffic de guépard, en particulier de jeunes animaux, et menace l’espère qui risque l’extinction à quelques dizaines d’années.
Espérons que le programme de Mopaya portera ses fruits. Et que cette stupide mode cessera.
Il faut dire que le braconnage et la chasse génère des revenus considérables en Afrique, avec bien souvent la complaisance des états, et la corruption de certaines administrations et responsables de parcs.
La situation des rhinocéros est dramatique, il n’en reste que très peu dans le Kruger, et leur population est à la limite de l’extinction, prévue pour d’ici quelques années, si le rythme du braconnage n’est pas endigué. Plus de mille animaux sont braconné tous les ans, c’est beaucoup plus que leur capacité de reproduction. Les pauvres animaux sont tués pour leur corne, à pouvoir soi-disant aphrodisiaque pour certains asiatiques. (le coït du Rhinocéros est l’un des plus longs du règne des mammifères, et cela fait des envieux ….)
D’autres rêvent de voir le trophée dans leur salon. Au Kénya, ce sont les éléphants qui sont braconnés, et en voie de disparition.
La chasse au « BIG 5 » reste aussi un très lucratif (et légal) business en Afrique du Sud, qui au-delà de sa cruauté, est générateur de traffic et de braconnage illégal. Le Botswana est l’un des rares pays sub-sahariens à avoir légalement interdit la chasse aux animaux sauvages, et à la faire respecter. Mais en Afrique du Sud, on peut sans problème passer commande d’un lion ou d’un léopard à chasser.
Certains parcs sont bien connus pour cela, et « élèvent « même les animaux sauvages dans ce but. Plus dociles, et habitués à l’homme, ils sont ainsi plus faciles à chasser.
Nous croisons d’ailleurs l’un des rhinocéros de cette réserve privée, à qui préventivement on coupe les cornes régulièrement (elles repoussent!!).
Que c’est triste de voir cet animal mutilé de la sorte, pour sa protection justement.
Un peu plus loin, ce sont les hippopotames que nous sommes très heureux d’apercevoir pour la première fois. Leur peau est très fragile, et ne supporte pas le soleil, aussi passent-ils l’essentiel de leur temps à barboter dans l’eau.
Très agressifs et territoriaux, ce sont eux les responsables du plus grand nombre de morts par an en Afrique! Après le moustique (véhicule de la malaria), bien sûr, me fait remarquer Arthur, qui connait ses statistiques .
Nous nous arrêtons quelques minutes prendre le goûter devant un point d’eau
: quelle chance : un crocodile!
Et des rapaces,
Près de l’accueil du parc, les enfants trouvent des trésors :
et repèrent un phasme, toujours aussi intriguant. Quelle journée! Et en rentrant au lodge, nous avons la chance d’apercevoir l’unique Rhinocéros de Balulé, avec une très belle corne lui!
Pendant que mes parents partent pour une dernière balade nature avec les enfants, je reste lézarder avec mon frère Thomas au lodge. Nous profitons de la vue, du silence, des bruits des oiseaux et de la piscine pendant quelques heures, loin des enfants, du bruit des 4X4. Les femmes travaillent, les animaux font la sieste ou passent au point d’eau se désaltérer.
Certains animaux s’approchent de très près
Et nous prenons le temps d’observer de simples nidsNous mesurons la chance qui nous a été de découvrir la savane avec des guides passionnés et passionnants, dans un cadre préservé et respectueux des animaux.
Nous nous sommes parfois sentis gênés par l’intrusion de ces grosses voitures 4X4 dans la nature : bruyantes, massives, elles sont l’efficace rempart de l’homme contre les animaux dangereux : les éléphants lions, rhinos y sont habitués, et nous ne semblons pas les déranger. Je rêve cependant d’un véhicule plus silencieux, moins intrusif et moins polluant pour approcher les animaux.
Autant d’heures de voitures, pas loin de 5 à 6 h par jour, nous a semblé pesant, nous qui n’avons perdu l’habitude justement de conduire, et qui voyageons portés par nos voiles. Mais c’est sans doute le prix à payer pour approcher les BIG5 en toute sécurité.
Les enfants se souviendront toute leur vie de cette nuit où les éléphants se sont approchés à moins d’un mètre de notre tente, pour manger, dans un bruyant concert de branches cassées et de feuilles broyées, … et de pas d’éléphants faisant sembler le sol. J’avoue que je n’étais pas fière de savoir les défenses de ce molosse à un mètre du lit de Victor, séparé du mastodonte par une fine toile de tente et une moustiquaire… Heureusement, les tentes sont posées sur des fondations en béton, donc inattaquables, mais tout de même….
Bref, ce fut un séjour inoubliable, et qui nous a marqué profondément : les animaux bien sûr, mais aussi le terroir, les paysages, la chaleur étouffante et sèche, les odeurs, les bruits de la savane, les nuits fraiches, les journée cuisantes de soleil.
Et merci encore à Oscar et Jean-Baptiste, les rangers qui nous ont guidés, à Inès et Iris, nos jeunes guides stagiaires, si chaleureuses et enthousiastes, elles aussi passionnantes et passionnées par la savane. Nous avons le sentiment d’avoir vécu en immersion dans un écosystèmes unique, que nous ont fait partagé toute une équipe qui oeuvre à sa manière et avec sincérité à sa préservation.
A l’aube, les côtes africaines se dessinent : des dunes de sable ocre, derrière un tiède ciel d’azur. Nous devons attendre une bonne heure à l’entrée du port, en pleine mer, car le traffic nous ordonne de patienter, le temps qu’un cargo sorte…. Nous nous faisons chahuter à faire des ronds dans l’eau, un peu moins que le monocoque qui est à côté de nous, le pauvre est à la peine…Mais c’est ainsi, priorité aux navires commerciaux, Richard’s Bay est le premier port mondial de charbon!
Les sensations sont étranges : en mer, l’air est frais, vif, salin, nous supportons une polaire malgré le grand soleil. Dès que nous franchissons la barre de Richard’s bay, la chaleur nous cueille, le vent est chaud, sec, nous avons gagné une bonne dizaine de degrés en quelques minutes. Arthur a le mot juste : on se croirait dans un sèche-neveux!
Nous arrivons au quai des douanes et de l’immigration à Richard’s Bay : c’est rempli de voiliers en grand voyage! Nous retrouvons des amis, Shuti, la famille d’israéliens que nous croisons depuis Panama, qui ont mis leur bateau au sec à la marina, puis Erik et Birgitta, couple de suédois sur Arial 4, rencontrés à Cocos. Nous faisons aussi connaissance avec une famille de français de Lorient avec 2 garçons de 11 et 16 ans, sur Toumaï, un Sun Kiss.
Les enfants s’en réjouissent : cela fait bien 7 ou 8 mois que nous n’avons pas croisé d’enfants français!
Nous nous reposons, et engrangeons pas mal d’heures d’école, pour prendre de l’avance et pouvoir se prendre 2 semaines de vraies vacances à Noël!
Le quai des douanes n’est pas très glamour, mais nous nous en accommodons. Les enfants en profitent pour sortir les trottinettes et skateboards. Il y a quelques restaurants et commerces, le lieu est très populaire le soir et les week-end. Notre voisin de quai est une épave en férrociment, abandonnée là depuis au moins 10 ans, et squattée par 2 hommes un peu louches. Les deux bougres ne sont pas bien méchants, mais leur bateau est sale, plein de vermine, de trous, et dangereux à traverser.
Nous ne souhaitons pas rester trop longtemps à Richard’s Bay, et voulons rallier cape Town début décembre, qui est pour nous une escale technique importante avant la remontée de l’Atlantique sud en janvier : un nouveau four, la révision des voiles chez le voilier, le remplacement d’une pompe de cale fatiguée etc… Nous scrutons donc la météo tous les jours dans l’attente d’une belle fenêtre.
La navigation est délicate sur la côte sud de l’Afrique : d’abord car nous ne sommes plus en régime d’alizé, nous alternons donc les coups de vents d’ouest et les régimes de vents d’est, un peu comme chez nous en Bretagne.
Et surtout, il y a le très célèbre courant des Aiguilles, qui suit la cote sur plusieurs centaines de kilomètres, avec une vitesse de 4 à 6 noeuds. La bonne nouvelle, c’est qu’il est dans le bon sens, et nous servira de « tapis roulant » pour aller jusqu’à Capetown où nous passerons les fêtes de fin d’année en famille. Le problème est qu’il faut à tous prix éviter cette zone par coup de vent d’Ouest : car le vent contre le courant génère une mer forte et particulièrement dangereuse. Il est illusoire de trouver une fenêtre de 3 jours de vents d’Est à cette période. Il nous restera donc à faire des sauts de puce en nous arrêtant tous les 100 à 200NM sur la côte : Durban, East London, Port Elisabeth sont des escales possibles, ou tenter se faufiler entre des bascules de vent faibles.
La très bonne surprise de cette escale, c’est que nous sommes à une heure trente de route de la plus ancienne réserve sauvage d’Afrique du Sud : le Parc d’iMfolozi a été créé dans les années 50 par des rangers visionnaires, qui voyaient les espaces sauvages de leur pays se dégrader, notamment sous la pression de la chasse. Leur volonté : sanctuariser une partie des terres Zulus, pour que subsiste pour les générations à venir un territoire intacte peuplés de ses animaux endémiques. iMfolozi est né, premier du genre en Afrique du sud, inspiré de grandes réserves américaines, suivi de bien d’autres parcs. Dans 2 semaines, nous irons avec mes parents et mon frère passer quelques jours dans le célèbre Parc Kruger, la plus grande réserve naturelle d’Afrique du Sud. En attendant, nous avons loué une voiture pour le week-end, et nous profitons d’un beau dimanche ensoleillé pour aller faire découvrir aux enfants les animaux d’Afrique dans cette « petite » réserve pas trop touristique.
Nous voilà donc dimanche matin à 5h sur les routes, direction les territoires Zulus. Nous nous sommes levés tôt pour bien profiter de la journée et des animaux qui sortent plutôt le matin et le soir, évitant les heures chaudes.
7h : nous prenons un rapide petit déjeuner à l’entrée du parc, et c’est parti!
Nous dominons d’immenses étendues de savane, et aperçevons de très loin des girafes, des rhinocéros. C’est très émouvant de contempler cette nature sauvage, intacte, que l’homme ne fait que brièvement traverser. Sachons rester discrets : les animaux sont chez eux, nous essayerons d’avoir le moins d’impact possible lors de notre passage.
Le premier animal que nous apercevons, c’est un phacochère, sorte de gros cochon sauvage. Nous en croiserons à plusieurs reprises,
notamment de très près, maman et bébé , à quelques mètres des tables de picnic du M’pila Resort.Dans le parc, plusieurs hébergements sont possibles, dans toutes les gammes de prix et de service : de l’hotel 4* aux tentes aménagées, en passant par de petits lodges privés type bed&breakfast, tout est possible.
Puis voilà des singes : ceux-là sont des babouins, qui traversent la route. Ils sont amusants à regarder, tellement humains dans leurs attitudes. A moins que ce ne soient nous les humains, qui soyons simiesques?!
Enfin, grandioses, les girafes ; avec leur long cou gracile, leur tête inclinée, quelle élégance!
Mais aussi, quelle musculature : le cou est immense, mais trapu à la base, tellement musclé.
Voici des impala, il y en a des milliers dans le parc, peu farouches, elles nous tournent souvent le dos.
Nous traversons rapidement le M’pila Resort,
qui expose d’intéressants trophée de cornes d’antilopes.
En chemin, nous croisons des gardes, qui remontent à dos d’âne le matériel qui aura servi la veille au soir au campement de la rivière White Umfolosi. Deux fois par semaines sont organisés des mini-safaris à pied, avec nuits sous tente, en bord de rivière.
Plus loin, des zèbres paissent tranquillement le long de la route Nous arrêtons la voitures quelques minutes pour les observer. Quelle grâce! Leur pelage est sublime : de base crème, beige ou franchement marron, rayé de noir.
La crinière se dresse le long de l’encolure telle une crete d’iroquois, vraiment, quel panache! Un peu plus loin, cette femelle, sans doute pleine, son ventre est distendu par le gros bébé à venir.
Quelques minutes plus tard, c’est un énorme rhinocéros qui nous coupe la route! Le premier d’une longue série : impressionnant, sont corps fait en longueur presque toute la largeur de la piste.
Dans le ciel, beaucoup de rapaces, à la recherche de proies et de carcasses.
Nous longeons la rivière, à la recherche des points d’eau auxquels les animaux viendraient s’abreuver. Nous n’aurons que peu de chance et n’apercevrons que quelques antilopes et un buffle au bord de l’eau : pas de panthère, ni de lion, ni de guépard. Mais en revanche, des paysages inspirants, peuplés d’oiseaux et de grands animaux .
Nous nous arrêtons pour déjeuner sur une are de picnic spécialement aménagées, et sans danger. En effet, partout ailleurs dans le parc, il est interdit de sortir de son véhicule. Nous déjeunons sous un arbre. Le vue sur la rivière est magnifique.
Les enfants découvrent des traces de pas, dans de la boue séchée. Elles sont énormes! C’était un éléphant! Nous remontons la piste : l’éléphant a longé toute l’aire de picnic sur 100M avant de redescendre vers la rivière.
Nous reprenons le sentier qui longe les berges de la rivière, et tombons sur un groupe de rhinos. Cette fois-ci, ils sont paisibles , ils broutent et nous avons tout le temps de le observer.Ces animaux sont véritablement impressionnants.
De taille colossale, trapus, mais également très longs et courts sur pattes, leur crane et leur tête a des allures véritablement préhistorique : il y a du dinosaure en eux!
Nous sommes très impressionnés par la taille de leur corne avant, longuet effilée, quelle arme ce doit être.
En même temps, ces mammifère sont des ruminants, végétariens donc, comme, nos bonnes grosses vaches!Ils ont cependant un caractère ombrageux, et il ne faut pas les approcher de trop près.
10 minutes plus tard, nous tombons sur papa et maman broutant paisiblement. Nous les apercevons de dos, quel postérieur!!
Puis ils viennent vers nous, quel tronche!
Ce sont des rhinocéros noirs, plus communs que les blancs, et qui abondent dans ce parc. Ils n’ont de prédateur que l’homme, et ne doivent leur phénomène d’extinction qu’à la sur-chasse dont ils sont toujours victime-leur corne est en effet un trophée inestimable pour certains, et a surtout la malheureuse réputation d’être aphrodisiaque en Asie. Certains parcs victime de braconnage en sont rendus à couper et détruire préventivement les cornes de leurs animaux pour les protéger…
A titre de comparaison, pour leur taille, voici Anna devant une sculpture grandeur nature
Plus loin, le paysage vallonné s’offre au regard, peuplé d’Impalas . Ici c’est la station de nettoyage : des oiseaux, sur leur dos, les débarrassent des parasites.
On reconnait les mâles plus âgés à leur cornes de talle moyenne, élégamment torsadées
Embouteillage sur la route! Deux voitures sont stationnées pour laisser passer des éléphants. Nous restons prudemment en retrait, et les observons.Ils sont en train de se nourrir. Ils sont 4 : deux mâles, une femelle et son petit. Le premier male part sur le côté avec la femelle et le petit. Mais un gros male reste, se plante juste devant nous, entre les deux voitures. Il vient se nourrir et avait repéré un arbuste bien feuillu juste à côté de notre voiture.
Je recule un peu, pour le laisser passer, puis reste immobile, comme il est recommandé dans ce cas : ne pas bouger, ne pas faire de bruit. IL n’est visiblement pas agressif. Nous sommes tous les 5 très impressionnés de voir l’animal de si près. L’autre mâle est parti sur le côté, il suit sa femelle de près, et tente une saillie!Le membre que vous voyez trainer entre ses pattes arrières n’est pas un cinquième pied, mais bien son penis!
OUF, notre vieux mâle fait demi-tour, rassasié, nous ne l’intéressons visiblement pas ce qui nous soulage beaucoup : nous ne ferions décidément pas le poids devant un tel mastodonte.
10 minutes plus tard, c’est une girafe qui avance tranquillement vers un arbre pour y brouter des feuilles.
Partis à la recherche des hippopotames au bord de la rivière, nous n’apercevons que ce type de tortues.
Nous continuons notre quête, surement un peu vaine, car il n’y en a que 25 dans tous le parc (contre 700 éléphants, et des milliers de rhinocéros!)
Sur la route retour, un rhino(encore!!) nous bloque le passage : il est colossal : son corps en travers fait toute la largeur de la piste!
Notre dernier arrêt avant de sortir de la réserve : ce très beau point de vue sur la rivière; pas de lion ni de guépard, mais un buffle, de très beaux oiseaux, et ce grand Kudu qui nous attend à la sortie.
Le soleil va bientôt se coucher, il est temps de prendre la route, des souvenirs pleins la tête, avec l’envie de très vite repartir en savane, contempler ces animaux sauvages.
Après 10 jours passés à Richard’s bay, une fenêtre météo s’annonce enfin pour rallier CapeTown. Nous sommes impatients d’y arriver!
Après vous avoir livré ma petite bibliothèque du Pacifique, voici en détail ma petite bibliothèque de l’Indien : mes coups de coeurs lus à bord entre Bali et l’Afrique du sud, inspirés par nos escales, mais aussi par notre voyage. Elle est forcément plus réduite que celle de l’Océan Pacifique, car nous n’y avons passé que 6 mois, et que les escales recelaient moins de librairies bien fournies, sauf en fin de séjour, où je me suis régalée à l’ile Maurice et à la Réunion. A Maurice, les amies du « book club » que je fréquentais lorsque j’y habitais m’ont toutes offert leur meilleures lectures de l’année : merci Claire, Valérie, et Gwen. A la Réunion, la librairie Autrement de St-Pierre m’a vu souvent fureter dans ses rayonnages merveilleusement fournis.
Chagos :
L’an prochain à Diego Garcia, de Jean-Claude de l’Estrac,
L’ancien ministre et journaliste mauricien rend leur dignité aux Chagossiens en relatant l’histoire de ce peuple déraciné. Lors de l’Indépendance de l’île Maurice, en 1968, les Chagos, petites îles de l’Océan Indien, sont détachés de Maurice et rattachés directement à la couronne britannique : les américains ont des vues sur l’atoll de Diego Garcia pour en faire une base militaire. 15 ans plus tard, les Chagossiens sont expulsés de Salomon Islands, Peros Banhos, et Diego Garcia : les américains s’installent à Diego, sur ce qui deviendra la plus grosse base nucléaire américaine hors territoire étasunien.
Le récit est journalistique, factuel, très précis quand aux tractions diplomatiques entre britanniques et américains. Il est aussi émouvant car relatant la vie dans ces îles et le vain combat des chagossiens pour récupérer leur terre. Ce livre nous a permis de vivre autrement notre séjour aux Chagos, dans un esprit de mémoire aux chagossiens dont 2 atolls sont devenus réserves naturelles, prétexte bien pratique pour y réguler les visites de bateaux et empêcher un repeuplement de ces îles aujourd’hui désertes.
Maurice :
Les Chasseurs épices, de Daniel Vaxelaire
La truculente histoire de Pierre Poivre, chasseur d’épices pour le compte du roi de France, au XVIIIème siècle. Sa mission, de toute une vie : aller voler aux hollandais des Moluques muscade et girofliers, et y acclimater à l’ile Maurice les épices qui ont rendus riches la Compagnie des Indes. Un récit historique, documenté et passionnant, qui se lit comme un roman! On y croise tout plein de personnages historiques de renom tels que Mahé de Labourdonnais, Dupleix, Bernardin de St-Pierre etc…. sans compter sa jeune et ravissante épouse, Françoise, parfaite alliée diplomatique.
Les 75 ans du Yacht club de Grand Baie, de Pipo Lenoir
Offert et dédicacé par son auteur, l’actuel manager et ancien Commodore du Yacht Club. Pipo rend hommage au club, qui fut un des hauts lieux de sa jeunesse et de la voile dans l’Océan Indien. Beaucoup de photos anciennes illustrent l’ouvrage, dévoilant la beauté du site à ses premiers jours, et le rôle de ses fondateurs, tous voileux passionnés.
Les rochers de Poudre d’Or, de Natacha Appanah :
Un roman lumineux et poignant sur le voyage et la vie de ces travailleurs engagés indiens, qui quittèrent leurs terres de pauvreté de la péninsule pour vivre et travailler à l’île Maurice au 19è siècle. L’immense majorité ne reverra jamais son pays d’origine, et fera souche à Maurice. L’auteur est particulièrement douée pour faire revivre les sentiments des déracinés pendant leur long voyage en mer et la rencontre entre esclaves noirs et travailleurs indiens, dans ce village de Poudre d’Or, sur la côte Est de l’île Maurice, où les destinées vont se croiser et les vies se mêler. Du même auteur, je recommande également Blue Bay Palace, roman d’amour dans le Maurice actuel, entre deux jeunes gens de milieux sociaux et culturels que tout oppose : leur passion survivra-t-elle à la différence?
et pour les enfants :
L’histoire de l’île maurice en BD et en 4 tomes, de Shenaz Patel et Jocelyn Chanlow, illustré par Laval NG et Christophe Carmona :
un très classique récit historique.
L’île Maurice racontée à mes petits-enfants, de Jean-Claude de l’Estrac
Moins classique, le célèbre journaliste et ancien ministre prend le biais du métissage et du « vivre ensemble » pour retracer l’histoire du peuple mauricien. Plus qu’un récit historique, c’est un message de tolérance, parfait antidote aux préjugés racistes de tout bord. L’illustration est très belle, dans un style coloré, contrasté et plein d’émotion.
La série des Tikoulous,
Incontournable pour les petits, avec ses illustrations naïves et colorées, on adore suivre les aventures de Tikoulou, qui nous fait toujours découvrir un pan de la société mauricienne actuelle.
Réunion :
Daniel Vaxelaire : Chasseurs de noirs
L’auteur relate un passage terrifiant et sanglant de l’histoire de la Réunion : la traque impitoyable d’esclaves « marrons », enfuis de chez leurs maîtres maltraitants, et réfugiés dans les cirques et montagnes reculées de l’île. L’auteur excelle à transformer un récit historique en roman poignant, aux parfums d’une île à la nature et la géographie uniques.
Le piton de la Fournaise expliqué aux enfants
Tout ce que vous vouliez savoir sur le volcanisme, et en particulier sur le phénomène volcanique réunionnais. Il réussit le pari d’un ouvrage à la fois généraliste, tout en prenant illustration sur le Piton de la Fournaise, avec des très belles images locales. Bravo à cette maison d’édition régionale, dont je recommande également le compact petit guide « la Réunion : 152 randonnées », parfait aussi bien pour les touristes de passage que pour les réunionnais
Requin lé là, de Gaston
A la Réunion, le drame de la crise requin a bouleversé les équilibres : depuis 2006, les requins ont fait des morts, des mutilés, et ont touché une population entière à qui on a fini par confisquer la mer. Une BD instructive, non-polémique, drôle, bourrée de chiffres, de faits, et de données scientifiques. Un ouvrage vraiment intelligent, qui pose les bonnes questions, ne donne pas toutes les réponses, mais permet d’ouvrir le débat, et donne de nombreuses pistes d’exploration.
Récits de voyage et écrits maritimes:
Histoires de la Mer, de Jacques Attali
Passionnant et érudit, Jacques Attali regarde la mer avec un biais particulier, celui de relire l’Histoire de l’humanité par son prisme. Notre monde et ses différentes civilisations ont été façonnée par notre rapport à la mer : des première cités construites sur ses rivages, aux guerres qui se sont toutes perdues ou gagnées sur les mers, aux poids des grandes puissances de l’histoire du monde qu’il relie à leur force maritime , sa théorie est intéressante, et sa relecture de l’histoire fort instructive. En particulier les derniers chapitres, inspirants, qui nous mettent au défi d’une mondialisation respectueuse de ses océans qui la nourrissent.
Surfer la vie, de Joël de Rosnay,
Le spécialiste de prospective, nous offre un étonnant essai : il s’appuie sur la métaphore du surf pour inventer un nouveau style de vie, apte à affronter le monde actuel : la société fluide. A travers les arts, la science, la santé, l’environnement, l’énergie, il explore comment le surf et son mode de vie, peuvent nous aider à vivre la société changeante, rapide, évolutive, technique. C’est aussi une ode incroyablement positive et inspirante à la jeunesse, à la technologie, et à l’écologie, bourrée d’exemples et d’idées concrètes, optimiste sur l’avenir des hommes et de la planète : ce qui nous change de la morosité ambiante!
Pour la petite histoire, Joël de Rosnay est d’origine mauricienne, pionnier du surf en France, frère du planchiste disparu Arnaud de Rosnay , et papa de l’écrivain à succès Tatiana de Rosnay.
Sur les chemins noirs, de Sylvain Tesson :
Rien à voir ici avec la mer, mais avec le récit de voyage, oui! Sylvain Tesson est un écrivain-voyageur, géographe et alpiniste, que je lis avec un immense plaisir à chaque sortie de ses livres, depuis son surprenant recueil de nouvelles publié en 2010 « Une vie à coucher dehors ». Il signe là son nouveau livre après un terrible accident qui le cloua au lit des mois : pour conjurer le sort et re-vivre, il traverse la France à pieds « par les chemins noirs », l’occasion d’introspection, mais aussi d’une ode à la france tranquille, au terroir, au territoire, au paysage, à la lenteur, au silence, et à une manière de voyager « slow-life ».
Depuis quelques semaines, nous sommes de retour dans l’Océan Atlantique, via le Brésil, les Antilles, les Bahamas, les Bermudes et les Acores, l’occasion encore de m’inspirer de bien belles lectures! A très bientôt pour un dernier volet de ma Bibliothèque Atlantique.
Le 4 août au matin, nous quittons l’atoll de Salomon pour Peros Banhos où nous prévoyons de rester 2 jours avant de poursuivre vers les Seychelles. Le ciel est couvert de nuages d’altitude, le vent de sud-est à une douzaine de noeuds, la mer belle. Des conditions idéales pour cette courte navigation d’une trentaine de milles.
L’atoll de Peros Banhos a la particularité d’être bien ouvert sur sa partie Sud, où la ceinture de récif est à plus de 10m sous la surface, et présente aussi plusieurs larges passes. Le lagon n’est donc pas protégé de la houle venant du sud, bien présente en cette période d’hiver austral, ni de la mer de l’alizé qui peut souffler fort à cette période. Heureusement, aujourd’hui le vent est suffisamment faible pour espérer trouver un endroit acceptable pour mouiller. C’est ce que nous finissons par faire sous le vent de l’ile Fouquet (une de plus!)
Peros Banhos, sous le vent de Fouquet
L’endroit est sublime, mais les conditions de mouillage assez inconfortables, c’est pourtant l’endroit le plus abrité de la partie ouest de l’atoll, seule partie autorisée, l’Est étant une zone interdite à la navigation.
Nous ne passons donc qu’une seule nuit et levons l’ancre le 5 août au matin. Nous profitons d’une bonne visibilité et soleil dans le dos pour longer les différentes iles du sud-ouest de l’atoll et sortons par la passe de l’ile Poule. La longue houle de sud-ouest vient se briser sur le récif de cette ile en une vague parfaite, une gauche qui déroule impeccablement sur près d’un kilomètre, incroyable!
Cap à l’ouest pour 1000 milles!
Notre trace entre les Chagos et les Seychelles
Dans un vent de sud-est de 15 à 18 noeuds, les Chagos disparaissent vite dans notre sillage. Nous filons bâbord amure sous grand-voile à un ris et code 0. Pour cette traversée qui doit durer moins de 5 jours, les conditions météo sont très favorables, pas trop ventées, mais avec une bonne orientation des vents en général, mis à part une petite zone d’instabilité prévue sur le dernier quart de la route.
De belles journées de navigation donc pour les 3 premiers jours en mer, très peu de manœuvres, nous remplaçons seulement le code 0 par le solent avant la nuit. Cela nous ralentit un peu, j’estime à 15 milles le manque à gagner par nuit, mais le confort est optimum. Sur cette traversée, Moby va franchir le cap des 28 000 milles nautiques, nous sentons bien notre bateau et en prenons le plus grand soin car la route est encore longue avant Brest. Avec nos prévisions météo, il ne fait aucun doute que nous pourrons tenir la moyenne nous permettant d’arriver le 10 à l’aube à Victoria, même en tenant compte de la grosse molle prévue la veille de l’arrivée.
Comme prévu, le 9 août, le vent mollit avant le jour, et au petit matin le ciel est chargé de nuages et la pression, qui avait été d’une remarquable stabilité jusqu’ici, a commencé à baisser de quelques millibars. C’est une petite bulle de basse pression qu’il nous faut traverser, elle ne fait guère plus de cent milles mais vient perturber l’alizé. Dès le milieu de matinée, les nuages se développent verticalement et nous sommes vite entourés de cumulonimbus aux quatre coins de l’horizon. Ils s’étendent et se rapprochent de nous. Le vent est faible et très variable en direction, mais nous anticipons une réduction de toile en prenant 2 ris au cas où le vent forcirait soudainement. Le grain se rapproche. Je tente quelques changements de cap pour éviter la première averse mais en vain. Nous nous retrouvons sous un déluge de pluie. Il n’y a pas de vent fort sous le nuage, moins de quinze noeuds, et nous ajustons les voiles pour faire route à l’ouest, vers la sortie. Le vent passe par toutes les directions et pour nous cela se traduit par quelques manoeuvres. Ce scénario se reproduit 4 ou 5 fois avant la fin de la journée, à chaque fois il nous faut près d’une heure pour négocier la traversée du grain.
Pour positiver un peu, le bateau est impeccablement rincé, et nous préférons avoir traversé ces conditions de jour que de nuit! La bonne nouvelle, c’est que le ciel se dégage un peu avant le coucher du soleil, nous sommes passés à l’ouest de ce système perturbé. Le vent s’oriente au sud et à 18h, le port de Victoria n’est plus qu’à 94 milles droit devant. Nous entrons dans la zone des Grands Bancs des Seychelles qui s’étend vers l’Est à près de 100 milles et où les fonds sont parfois inférieurs à 20m. Le jeu de cette nuit va donc consister à ralentir suffisamment pour arriver au petit matin. Malgré les 2 ris et le solent enroulé, nous ne parvenons pas ralentir assez, d’autant plus qu’un courant portant de un noeud nous accompagne. Les premières lumières aperçues sont celles de l’ile Frégate, vers minuit, puis les lumières de Mahé deux heures plus tard. Nous arrivons à proximité de l’ile de Sainte-Anne vers 4 heures du matin soit deux heures avant les premières lueurs du jour. Je vire donc de bord, cap à l’est pour une heure avant de revenir au même point. Il est 6h, nous affalons la grand-voile et empruntons le chenal d’accès vers la zone de mouillage d’attente.
Nous mouillons à 6h30, rangeons le bateau en attendant la visite des autorités pour les formalités administratives d’entrée aux Seychelles.
Le bateau-pilote débarque sur Moby les services d’immigration
Entre les Seychelles et l’île Maurice : 930 NM parcourus
Les voiliers effectuant la traversée de l’Océan Indien entre Cocos et l’Afrique du Sud choisissent :
soit la route Sud via Cocos, Rodrigues, Maurice, Réunion puis l’Afrique du sud en passant par le sud de Madagascar,
soit la route Nord via Cocos, Chagos, Seychelles, et Comores, en passant au Nord de Madagascar pour rejoindre l’Afrique du Sud par le canal du Mozambique. Ces deux routes offrent des conditions météo assez favorables en général avec des vents plutôt portant.
En décidant de passer par les Seychelles puis Maurice nous étions conscients du challenge que représentait cette navigation. Ce passage long de 930 milles sur la route directe et orienté au 173° doit s’effectuer au près contre l’alizé de sud-est. Les courants océaniques portant à l’ouest ne facilitent pas la navigation en augmentant considérablement la dérive sur le fond et obligent donc à serrer le vent au plus près. De notre côté, nous avons le temps d’attendre une fenêtre météo optimale. Nous ne sommes que début septembre espérons être à Maurice vers la fin du mois, début octobre au plus tard. Cela nous laisse 3 à 4 semaines de marge au moins.
Je surveille la situation météo quotidiennement pour m’imprégner des forces en présence et du rythme de leur évolution. Chaque saison, chaque année à ses particularités qui peuvent influencer les choix stratégiques.
Ma première idée pour aborder cette traversée était d’attendre un passage temporaire de l’alizé vers l’est et de faire route bâbord amure vers le Sud, avec possibilité de relâche sur la route à Coëtivy puis Agalega.
La réalité en ce début septembre est que le vent ne remonte pas vers l’Est. Sa direction varie entre le 180° et le 140°. Il change sur une période de 4 à 5 jours environ. Cette orientation plus sud que la normale provient de la présence d’une zone de basse pression au nord-est des Seychelles. De petites perturbations y naissent et évoluent ensuite vers l’ouest en « aspirant » l’alizé, ce qui l’oriente plus Sud.
Cette situation ne me déplait pas finalement, car il nous est possible de profiter du vent de sud pour partir tribord amure et nous permettre de nous recaler bien à l’Est avant de virer vers le sud. La route sera plus longue et sans possibilité d’escale, mais possiblement plus confortable avec du près océanique moins serré pour aller chercher la bascule loin dans l’Est. Voilà pour la théorie!
notre trace entre les Seychelles et Maurice
Le lundi 11 septembre, les prévisions pour la fin de semaine semblent favorables. Nous préparons donc le départ. Les courses et les formalités sont effectuées le mercredi. Jeudi 14 à midi, nous larguons les amarres du ponton d’Eden Island où nous venons de passer quelques jours. Nous sortons par la passe de l’ile au Cerf, hissons les voiles.
Le vent de sud-sud-est est modéré et nous faisons route tribord amure vers l’est pour nous rapprocher d’une zone de pression plus faible et exploiter au mieux la rotation des vents associés. Sous grand-voile à 2 ris et solent enroulé de 3 tours, Moby progresse bien dans une mer hachée en ce premier jour de mer. Le bateau passe bien. Comme prévu le vent adonne en tournant au sud en milieu de nuit. Il mollit et nous sommes sous-toilé mais comme le confort est bon au près entre 7 et 8 nœuds j’attends le jour pour renvoyer de la toile. Je suis satisfait du timing de notre départ qui nous a permis de bénéficier au maximum de la rotation du vent.
Vendredi matin, environ 10 nœuds de vent, qui refuse et notre trajectoire s’incurve vers l’est. Nous croisons de près un chalutier en pêche que nous contournons à plus de un mille. C’était prévu, et à 11h la rotation des vents est plus marquée. Je pensais pouvoir me décaler encore vers l’est, mais la direction du vent impose de virer, cap au sud. Le vent mollit un peu en journée, la mer est encore assez hachée, nous empêchant de faire du cap. Nous sommes au près à 55-60° du vent qui souffle à 8-9 noeuds. Quelques bascules liées aux nuages dans l’après-midi, nous permettent de virer et de gagner encore un peu dans l’est.
À la nuit, le vent à encore un peu baissé, il reste toute la nuit entre 5 et 8 nœuds et nous progressons lentement vers le sud. La mer s’est rangée et la glisse s’améliore. Moby avance entre 4 et 7 nœuds sur le fond, au près avec des mouvements souples dans la mer que tout l’équipage apprécie.
Samedi 16, au lever du jour, un navire de pêche chinois est croisé. Le vent tourne un peu à gauche nous permettant une route au 170°. Tout ce qui peut être gagné vers l’est est bon, car dimanche, le vent doit s’établir au sud est et forcir. Idéalement nous aimerions faire la destination sur un seul bord bâbord amure, sans avoir à serrer de trop le vent et la mer. Belle journée de samedi, après une route au sud le matin, un changement de la direction du vent nous permet un recalage vers l’est. La mer est belle, même avec parfois moins de 5 nœuds de vent, les voiles restent remplies et nous progressons paisiblement. La route sera longue, mais au moins elle est agréable pour l’instant. Un autre navire de pêche chinois croisé au coucher du soleil.Belle nuit étoilée. Je prends mon quart à 1 heure du matin, le vent est toujours au 150°. Combien de temps avant la bascule?
Dimanche 17, vers 4h du matin, le vent tourne vers la gauche d’une vingtaine de degrés et semble se maintenir ainsi. Je vire, cap au sud. La nuit est belle, étoilée. Les seuls nuages sont loin vers l’est, sur l’horizon. La progression au sud est paisible. Au lever du jour, les nuages se sont rapprochés. Le temps change lentement mais surement et la journée s’annonce sous le signe des grains. Elle est rythmée par leur passages, accompagnés par des manœuvres de prises de ris, de virements, si nombreux que j’arrête de les compter et de les noter au journal de bord. La progression vers le sud demande du travail. À la tombée de la nuit, les grains sont moins nombreux et le vent moyen a un peu mollit. GV 1° ris et solent. La mer est hachée, nous longeons les bancs Saya de Malha sous leur vent, le courant est fort, supérieur à 2 nœuds, parfois portant parfois traversier. La navigation n’est plus très confortable. Le vent se renforce et refuse un peu, 2° ris pris vers 3h du matin.
Lundi 18, joli lever de soleil, mer cuivrée et courte. J’ai réduit la vitesse mais ça tape quand même par moment. Heureusement que l’équipage est amariné. Il reste 365 nautiques pour Albatros, l’ile la plus au nord de Saint Brandon. Je crains fort que ça ne le fasse pas sur un bord. La journée me paraît longue, chaque mille se mérite.
Un gros grain en milieu de journée, qui fait passer le vent du sud-est à l’est, donc de gagner au vent pendant près de 2h, avant de revenir au S-E.
La mer se range un peu en début de nuit, puis vers 2 heures du matin il fraîchit à 20-25kt, je réveille Bénédicte pour la prise du 3° ris. Nous sommes un peu sous toilé mais passons plus confortablement. 5h, mer dans tous les sens, vagues de plein face, je vire pour retrouver un peu de confort pour la fin de nuit.
Mardi 19, la mer se range à nouveau vers 8h, nous virons. La journée se déroule bien.
Nous sommes confortablement installés dans ce rythme de près océanique et le bateau passe bien. Nous avons privilégié le confort sur la vitesse, pour le bien de tout l’équipage et aussi du matériel. Le soir, la mer se désorganise un peu à nouveau, mais le vent adonne et nous faisons route plein sud. Nous verrons demain si une courte escale est jouable à Saint Brandon. Si le détour est acceptable, tout dépend de la direction du vent dans les 24h. À 20h Maurice se trouve au 190°/370 milles, Saint Brandon 162°/175 milles. La nuit est agitée, la mer est croisée et dès que le bateau dépasse 6 noeuds, il tape fort. Alors je décide de rouler complètement le solent, ce qui stabilise la vitesse entre 5 et 6 nœuds sous GV 3 ris. Cette mer, démesurée par rapport au vent, je l’avais déjà rencontrée entre St Brandon et Maurice sur Nomade, notre précédent voilier. Une bascule temporaire du vent nous permet un petit contre-bord d’une quinzaine de milles vers l’est en fin de nuit, avant de remettre cap au sud.
Mercredi 20, temps nuageux au lever du jour, mais cela se dégage avant midi pour laisser place à un ciel dégagé de tout nuage.
La mer s’est un peu ordonnée, et nous faisons route directe vers Maurice sous 3 ris et 5 tours de solent. La météo reçue ce matin nous permet d’espérer une arrivée à Port Louis vendredi matin. En revanche, si nous relâchons à Saint Brandon, le vent va beaucoup baisser le week end avec 2 zones de calmes qui seraient à négocier sur les 220 milles du trajet. Nous décidons donc de filer vers l’île Maurice. Nous reviendrons à Saint Brandon courant octobre, avec une meilleure fenêtre météo. Le 3° ris est largué à 15h. Toujours du près serré mais ça glisse mieux. Le vent fraîchit à nouveau en soirée, et la mer se creuse. Le 3° ris est pris pour la nuit, confort oblige.
Jeudi 21, comme la veille, les conditions s’améliorent dans la matinée et le 3° ris est largué. Nous attendons patiemment une adonnante prévue dans la journée par les derniers fichiers météo. Cela commence vers midi et pour la première fois de la navigation, je sors du mode vent pour un cap direct vers la Pointe aux Canonniers au NW de l’île Maurice. Le vent mollit un peu dans l’après-midi au point que je m’apprête à larguer le 2° ris. Finalement je le garde car même ainsi, nous devrions être proche de l’ile au lever du jour.
La soiré comme de coutume ces 3 derniers jours est agitée, la mer croisée nous chahute pas mal. Il y a beaucoup de traffic cargo et pêche à négocier toute la nuit.
Vendredi 22 septembre. En fin de nuit, les lumières de Maurice sont bien visibles, éclairant les nuages de l’Ile d’une couleur ambrée.
Aux premières lueurs du jour, j’aperçois sur bâbord les ilots du nord, l’Ile aux Serpents et l’Ile Ronde. Puis l’Ile Plate et Pigeon Rock, et enfin les sommets de Maurice.
Je prends le temps d’apprécier. Toutes les approches d’îles à la fin d’une traversée sont belles, mais celle-ci a pour moi quelque chose en plus.
Nous arrivons en vue de l’île de la Réunion en fin de matinée, après une journée et 2 nuits en mer. L’île est coiffée de son habituel petit nuage, aussi n’apercevons-nous pas ses hautes montagnes : et pourtant elle culmine avec son Piton des neiges à plus de 3071m!
Laetitia me prête son guide de randonnées :Nos deux vacanciers vont partir en amoureux 3 jours faire le tour du cirque de Mafate, en dormant le soir dans des gites et chambres d’hôtes. De notre côté, nous n’avons encore rien organisé, et attendons de savoir où nous pourrons laisser le bateau quelques jours.
Il nous tarde de faire découvrir cette belle ile tropicale et montagnarde aux enfants. Ils ont pris goût aux randonnées depuis que nous sommes partis en grand voyage, et je sens que nous allons nous régaler sur ce magnifique terrain jeu. Il y a une quinzaine d’année, Loïc et moi avions effectué le tour des cirques de Salarie, Mafate et Cilaos à pied, en terminant par le Piton des Neiges : une randonnée de 6 jours et de 5 nuits en gite. Nous en gardons un magnifique souvenir, de paysages, de végétation variée, tropicale et montagnarde, d’une île accueillante à la gastronomie unique, mélange de cuisines créole, chinoise, indiennes, tropicale et française.
En mer, nous longeons des ouvrages d’art impressionnants : la nouvelle route du littoral, en construction, est posée sur des piliers ancrés dans la mer.
Nous arrivons pour les formalités au Port des Galets, seule » marina » de l’île, qui dispose par ailleurs de petits ports. L’inconvénient est que Port des Galets est isolé, et offre peu de service. Nous espérons n’y rester que le temps des formalités, qui ne peuvent se faire que demain matin.
Le soleil se couche sur les remparts de île, et nous nous réjouissons d’une bonne nuit de sommeil au quai.
Le lendemain, une fois les gendarmes et douaniers passés, nous appareillons pour St-Pierre, seconde ville du pays, offrant un petit port animé et touristique. Nous n’avons pas de place réservée-il n’y en a d’ailleurs pas pour les catamarans comme le notre, mais nous voulons tout de même tenter notre chance. Nous savons que l’un des catas qui y réside à l’année, Moukataï est à l’île Maurice, (nous y avions rencontré ses propriétaires à Grand Baie, Nicole et Jean-Louis) et pensons lui emprunter sa place….. Alors, HOP, une Bourbon bien fraiche à midi, et nous appareillons, sans avoir encore mis pied à terre.
La côte défile, changeante, les ponts, tunnels et viaducs sont impressionnants pas leur variété et leur quantité! Nous longeons St-Paul, Boucan-Canot,où nous retrouvons sans peine la maison où habitaient nos amis Philippe et Valérie lors de leurs séjour de 3 ans à la Réunion. A l’époque, ils avaient accès à la plage et à un chouette spot de surf.
Plus loin, la petite ville balnéaire de St-Gilles,
Depuis, la « crise requin » est passée par là, et les plages non protégées par un lagon sont désertes. Certains spots de surf restent tout de même fréquentés, mais l’île se tourne résolument vers la terre et les montagnes.
A juste titre ailleurs, car ses terres sont fascinantes, d’une grande diversité, et accessibles à tous les niveaux : balades familiales, randonnées de plusieurs jours avec nuits en gite, crapahute sportive au volcan, trail et ultra-trail avec le Grand Raid (plus connu sous le nom de Diagonale des Fous ).
Sous le pont, l’opération « otage de fils est en cours ». Rappelez-vous, dans l’épisode 1-Mascareignes, Anna s’ouvrait le menton à Grand Baie! Anna a préféré que cela soit maman qui les retire (pour moi c’est une première!), plutôt que d’attendre ce soir de voir une infirmière. Opération laborieuse, car il y a de l’appréhension de part et d’autre-Heureusement que j’ai pu réviser mon tutoriel YOUTUBE! 8 fils à enlever, plein de croute, ca n’est pas si facile que ça, d’autant qu’il y a un peu de houle. Mais Anna est bien courageuse, se tient tranquille, et Laetitia, sa marraine, coache, rassure, et lui tient les mains. En 20 mn c’est fini, voilà un menton tout neuf, qui va pouvoir aller barboter dans l’eau du lagon.
Une vraie cicatrice de piratesse!
Les filles se relaxent à l’avant : séance de manucure-pédicure : nos pieds le méritent bien d’autant qu’ils vont souffrir très bientôt dans les chaussures de randonnées!
Plus loin sur la côte, les vestiges de coulées de lave anciennes déversées dans la mer, créant des « souffleurs », trous par lesquels s’engouffre la houle qui vaporise et canalise l’eau en hauteur.
Puis l’étang du Gol, et ses plages de sable noir.
Nous arrivons enfin en vue de St-Pierre.
Arnaud est ému : c’est ici qu’il a vécu une partie de son enfance, sur les hauteurs de St-Pierre, à la ville du Tampon. C’est la première fois qu’il revient à la Réunion depuis, l’occasion de vacances en forme de « pèlerinage ».
St-Pierre, avec sa plage, très fréquentée en ce beau dimanche,
son minaret, sa pagode chinoise, ses églises
ce qui augure de la diversité des cultures réunionnaises.
Quelques surfeurs sont à l’eau, bravant les interdits préfectoraux.
Une vedette SNSM nous salue : elle quitte le Port où se déroule les festivités des 50 ans de la station de sauvetage.
Nous nous faufilons dans le port, la passe est étroite, mais aisément praticable aujourd’hui : par plus de 2m de houle, s’abstenir! Nous prenons la place de Moukataï, et descendons à terre fêter notre arrivée.Chaque arrivée est un plaisir, celui de la découverte d’un nouveau lieu, vierge d’habitudes : ce sont des sensations d’autant plus délicieuses à savourer que ça n’arrive qu’une fois!.
C’est dimanche, il y a du monde sur la plage de St-Pierre.
La fête de la SNSM est terminée.
Un nouveau bas à cocktail a ouvert il y a quelques jours, sur un ponton flottant : allons l’essayer!
Le lendemain matin, Arnaud a fait le tour les boulangerie et vous rapporte ce qu’il y a de meilleur!
Puis les amoureux partent pour une virée de 48h : d’abord au Tampon : Il y retrouve son ancienne maison,son école, son collège!
Puis ils partent direction Grand Bassin, pour 24h de plein air : on atteint le lac et ses cascades en descendant au fond d’une vallée très encaissée. En 2h de marche, les voilà « dans les hauts » de la Réunion, isolés, et dormant chez l’habitant. Au réveil, le village est charmant, très fleuri, et la cascade ruisselante toujours aussi pleine de charme. Les habitants sont ravitaillés par les airs, ou par une tyrolienne qui livre les courses.
La remontée, très raide de 2h est éprouvante, mais ca valait le détour!
Ensuite, ils ont prévu 3 jours de randonnées dans le cirque de Mafate. Nous les rejoindrons pour 24h à Cilaos, leur point de départ.
Entre temps, nous avons exploré rapidement St-Pierre, abattu un peu d’école, rangé et nettoyé Moby, loué une voiture pour 10 jours, préparé les sacs à dos, fait quelques courses pour compléter notre équipement de randonnée au Décathlon de St-Pierre, et c’est parti!
Nous rejoignons ce soir Arnaud et Laetitia à Cilaos, village d’altitude perché à plus de 1200m dans le cirque éponyme,
La route de Cilaos, dite « aux 400 virages » (pour 32km) est une vraie route de montagne, escarpée, étroite, sinueuse que je négocie parfois péniblement avec la pesante berline manuelle et sous-motorisée que j’ai pu trouver à louer- en pleines vacances scolaires, c’était la pénurie. Alors je compose et grimpe l’essentiel en première!
Nous retrouvons nos amis avec plaisir et passons une soirée fort dépaysante à l’hôtel des Neiges de Cilaos, dans des chambres lambrissées, couettes chaudes, ambiance montagnarde garantie, avec feu de bois et rhum arrangé. En 2 heures de route, nous sommes transportés des langueurs du littoral tropical dans un autre monde, celui de la haute montagne.
Le matin, après un vrai petit dèj d’hôtel bien roboratif, nous nous scindons en 2 groupes : Arnaud, Laeti, Loïc, Arthur et Victor partent les premiers, et traversent Cilaos pour rallier le col du Taïbit, une marche ambitieuse de 7h. Anna et moi les rejoindrons d’ici 2-3h un peu plus haut en passant par la route. Nous profitons de la piscine de l’hôtel et flanons dans le village. Ils verrons une belle cascade à Bras-Rouge.
Nous les rejoignons à Ilet Bleu, et c’est parti pour l’ascension du Taïbit!
Nous faisons un premier stop à îlet des Salazes, près d‘une charmante tisanerie. Un petit cheminement à travers les plantes explique leurs cultures. Nous pic-niquons, nous abreuvons,
observons un petit Tenrec
et repartons vers les hauts! Le chemin est très fleuri, et tapissé de fraises des bois. Nous traversons une allée de Tamarins de hauts, ces arbres endémiques de la Réunion, souvent vêtus de lichens,et à l’acore si spécifique : spongieuse et molle, un peu comme du liège.
Voilà Cilaos au fond!
le paysage change, arbres nus et lichens donnent un air lugubre aux lieux…
Les garçons ont pris de l’avance, et sont déjà en haut, après 5 heures de marche, bravo!
Anna peine un peu plus bas, nous faisons demi-tour à 20mn du but : il est déjà 15h, les nuages ont gagné les hauts, la nuit tombe dans 3h, et il nous faudra au moins 2h pour redescendre jusqu’à la voiture. Je pense aussi à l’heure de route en voiture jusqu’au littoral, et mes 400 virages que je préfèrerais négocier de jour.
Pendant que nous rebroussons chemin, Arnaud et Laeti franchissent le col du Taïbit et descendent vers Mafate, direction le village de Marla qu’ils atteindront dans une heure. Ils vont rester encore 48h dans ce havre de pays qu’est le cirque de Mafate, accessible seulement à pied, 6h de marche au minimum…. Le beau temps les cueille le lendemain et leur permet d’explorer le cirque sous son meilleur jour.
Les cascades et chutes des 3 ruches, près de la Rivière des galets.
Puis le village de La Nouvelle,
De retour au port de St-Pierre, nous explorons le littoral : la plage, est très fréquentée, même en semaine, comme ce matin avec les collégiens qui prennent un cours de natation. La plage est bordée un sentier piéton fort agréable, ombragé,
et semé de nombreuses petites chopes où l’on mange bien pour pas très cher : ce que l’on préfère, ce sont les dim-sum, ces bevapeurs chinois au porc ou au poulet.
Et en dessert, le merveilleux glacier italien Amarino propose ces créations en forme de fleurs, aux sorbets d’une intensité, hmmmm.
Dans l’après-midi, nous faisons route vers St-Joseph à l’Est, et remontons le lit de la Rivière Langevin, cours d’eau connu pour ses cascades, et fréquenté par les amateurs de canyoning : finalement nous arrêtons à Grand galet, plutôt qu’à Trou Noir, tout aussi joli mais plus facile d’accès. Peu tentés par la baignade, car elle est très fraiche, nous passons quelques minutes à savourer le cadre enchanteur, nous explorons les berges, les enfants lancent des feuilles et suivent leur parcours dans les chutes.
Ce soir, tout le monde savoure notre création dessert « trilogie des mascareignes » :
un volcan de chantilly d’Ysigny à la vanille de Madagascar, saupoudré de muscovado brun de l’île Maurice, et agrémenté de fraise de la Réunion.
Ce soir, Arnaud et Laetitia passent la nuit à la Nouvelle dans un ravissant gite en peine nature, cernés par les chèvres, et repartent le lendemain matin par où ils sont arrivés, via le col du Taïbit puis Cilaos. En chemin, ils quittent La Nouvelle sous un ciel toujours aussi bleu, et empruntent le sentier de la la plaine des tamarins, tellement emblématique de la Réunion et font un détour par la passerelle Ethève pour se rafraîchir.
En nous réveillant ce matin sur Moby, nous avions le même ciel bien bleu, parfaitement dégagé, avec une vue imprenable sur les remparts du Dimitile et le Piton des Neiges.
L’école a repris ce matin sur Moby, intensément, mais pour une courte durée, car demain c’est le grand jour, nous marchons au volcan.
Le Piton de la Fournaise est un des volcans les plus actifs de la planète, il « éructe » 3 à 4 fois par ans, de la lave uniquement, effusive, fluide, et donc sans danger.
Il faut se lever très tôt pour être sûr d’avoir une belle vue, et pour gagner du temps, nous dormons dans les hauts, à la Plaine des Caffres, rejoints par Arnaud et Laetitia qui ont quitté Cilaos en début d’après-midi .
Nos chalets de bois surplombent un haras, le cadre est bucolique à souhait,
et les grillades de viande locale proposées par le chef délicieuses.
Au coucher du soleil, la lune fait son apparition, elle est pleine ce soir, et nous accompagnera demain matin, car le réveil sera matinal…..
le réveil sonne à 4h45; à 5h30 nous sommes en route, c’est parti pour la plaine des sables… Incroyable, il fait déjà jour!
à 6h, nous sommes arrivés à la plaine des sables, l’antichambre du Volcan.Le paysage est lunaire; c’est vraiment spectaculaire.
Nous en profitons pour faire un rapide stop petit-dèj; et c’est reparti pour 30mn de route en lacet et de grandes étendues de sable noir.
à 6h30, nous sommes au parking du pas de Bellecombe, qui surplombe du haut de ses remparts de 150m, l’enclos Fouqué, nom de la caldeira en forme de fer à cheval que nous observons.
Nous partons pour le cratère Dolomieu, une randonnée de 6 heures, 11km et « seulement « 530m de dénivelé, mais sur un terrain particulièrement difficile de lave, scories, fissures, qui mettront nos genoux et chevilles à rude épreuve.
La marche commence par une descente de150m en escalier le long des remparts de l’enclos Fouqué.
en face de nous, le cratère Dolomieu, qui culmine à 2522m.
et en contrebas, le Formica Léo, un petit cone strombolien de couleur ocre.
Nous voilà debout sur le formica Léo!Pas facile car ses pentes sont composées de ratons, de la lave en scories.
Mais nous n’en sommes qu’au début de la marche.
Nous observons de la lave « cordée »
Puis nous arrivons à la Chapelle Rosemont, sort de grotte naturelle formée lors d’un dégazage
Délicate attention, un message gravé en créole dans la pierre : « c’est fait pour prier, pas pour pisser »
Nous sommes en effet stupéfaits de voir le nombre de morceaux de papier par terre, tout au long de la rando, de marcheurs qui laissent leurs déchets derrière eux.
De la lave en graton
Nous observons émerveillés toutes sortes de laves aux couleurs, textures toutes différentes.
Les nuages commencent arriver dans l’enclos, il faut nous dépêcher.
Nous augmentons le pas et nous séparons en 2 groupes : les plus rapides, Victor et Arnaud en tête, suivis de Loïc, Laetitia et Arthur, puis Anna et moi derrière.
un petit tunnel de lave effondré.Et voilà, après 3 bonnes heures d’effort, nous arrivons au sommet,
devant le cratère,
C’est grandiose de voir ce trou vivant, de fumerolles au fond, gigantesque cone effondré, en 2007, lors de la dernière grosse éruption. A chaque évènement éruption, le paysage volcanique change : un nouveau piton se forme, un autre s’effondre une fois sa chambre magmatique vide, formant ces immenses cratères ou caldeiras. On se sent tout petit….
C’est un bonheur simple mais intense que de comptempler un paysage gagné à la force des mollets.
9h30, c’est l’heure de la pause déjeuner-eh oui, le petit dèj est déjà 3h30 derrière nous!
le temps se voile, les nuages vont, viennent et disparaissent comme ils sont apparus.
Puis soudain ca se bouche complètement,
le temps se refroidit vite, il pleut, et nous décidons de rentrer, après avoir passé une bonne demi-heure au sommet.
Nous y sommes après 2 heures, de retour dans l’enclos Fouqué, en bas du pas de Bellecombe.La fatigue, l’inattention me font trébucher, je chute, me rape le genou et me tors la cheville : c’est une entorse.La douleur est forte, mais sourde, je nous bénis d’avoir eu l’idée d’acheter des batons de marche; avec 2 batons, je vais pouvoir rentrer sans difficultés.
Le café que nous prenons au refuge est savouré. Nous prenons la route :
1h à travers le paysage lunaire de la plaine des sables,et du cratère Commerson,
puis encore une heure de petite route pour descendre jusqu’au littoral. A l’arrière, tout le monde dort, heureux de sa journée. Nous avons été gâtés par le temps, qui nous a permis de marcher sous le soleil les 3/4 du temps, et de profiter de la vue au sommet.
Arnaud et Laetitia repartent demain pour la France.
Nicole et Jean-Louis, du catamaran Moukataï viennent saluer Arnaud, qu’ils ont connu enfant, à la Réunion, car ils étaient amis avec les parents d’Arnaud : que le monde est petit!
Comme beaucoup de réunionnais en ce dimanche midi ensoleillé, nous déjeunons de bouchons, piments farcis, samoussas….. et partons à la plage faire un petit snorkeling et nous dorer au soleil. Après quelques journées de marche intense, c’est bien mérité!
Nous amenons Arnaud et Laetitia au car qui les emportera vers St-Denis, l’aéroport : ils s’envolent pour Paris ce soir.
Ils vont nous manquer!
Mais notre séjours réunionnais ne s’arrête pas là. Nous sommes en attente d’une bonne fenêtre météo qui nous permettra de traverser le reste de l’Océan indien jusqu’en Afrique du sud. Les quelques jours à venir ne présentent pas de bonne opportunité, mais nous sommes très contents de prolonger notre séjour. Nous sommes bien installés à St-Pierre, continuons à profiter de la ville
l’hôtel de villele parc de l’hôtel de villecase créoleles jeux de plage
et de la gastronomie locale : je copie la recette du thon au combava, goûté à Cilaos, accompagné d’achards, dont j’ai fait une grande provision!
Citron confit/piment,
ti-jac, ananas/piment,
légumes variés,
piment vert/combava,
mangue/piment rouge
Nous avons encore quelque envies de randonnées. Le piton des Neiges semble fastidieux pour les enfants, et nécessiterait une nuit en refuge. Nous opterons pour une autre marche, un petit peu moins exigeante mais au point de vue encore plus spectaculaire que celui du Piton des Neiges : le Grand Bénare. C’est le second plus haut sommet de l’île après le Piton des Neiges : ce rempart surplombe d’un côté le Cirque de Cilaos, et de l’autre celui de Mafate, reliés par le Col du Taïbit.
Nous scrutons la météo, car il faut impérativement une matinée sans nuage pour profiter de la vue, le long du « Grand Bord » qui surplombe Mafate, et compose les 3/4 de ce difficile parcours.
le Grand Benare, en arrière plan
Ca sera le mercredi 8 novembre. Nous mettons le réveil à 3h45. Nous sommes en route à 4h30, partis pour 2 bonnes heures de route…. sans embouteillage heureusement! Après un stop essence/café, encore quelques centaines de virages…. nous arrivons au Maïdo, point de départ de la marche. A 7h, nous nous mettons en marche, en 2 groupes : les garçons partent devant, direction le Grand Benare. Anna et moi qui sommes plus lentes (mon entorse ne m’empêche pas de marcher, mais je reste prudente…) n’irons pas jusqu’au sommet, mais allons profiter de la vue le long du grand bord qui est un sentier accidenté et difficile, et redescendrons par la Glacière via le chemin forestier, réputé plus facile.
Le ciel est limpide, quelle joie, c’est une belle journée, nous ne regrettons pas de nous être levés si tôt.
J’apprécie de marcher à notre rythme toutes les deux. Nous commençons par un stop p’tit dej, avec vue sur Mafate. C’est grandiose.
On distingue parfaitement les différents ilets, ces petits villages d’altitude, posés comme des ilots dans les cirques.
Nous savourons notre thé.
Devant nous l’îlet de la Nouvelle, au fond, celui de Marla et la Rivière des Galets
en contrebas, celui de Roche Plate, et à gauche Cayenne
Un peu de lecture pour Anna
Le village de Marla.
Le sentier est parfois très escarpé, nous sommes prudentes et prenons notre temps : il ne s’agirait pas de se fouler la seconde cheville! Avec Anna, nous faisons des pauses de 3-4mn pas plus toutes les 20 à 30 mn : pour boire, manger un petit morceau. Plus les pauses-photo! Encore 1h40 jusqu’au Grand Benare,
Nous bifurquons vers la Glacière, et rejoignons vite le sentier forestier. Nous visitons les lieux :
des cavités ont été creusées dans la roche, pour y conserver de la glace. Cette glace formée dans les bassins proches de là étaient stockée dans ces puits, puis transportée à dos d’homme pendant 60 km! Tout cela pour que la propriétaire puisse servir des sorbets à ses invités….
Pendant ce temps, les garçons ont fait vite, ils grimpent comme des cabris, et sont en haut du Grand Bénare!
La vue là-haut est spectaculaire : ils sont à l’aplomb du col du Taïbit, qu’ils ont franchi la semaine précédente.
A gauche, le Cirque de Mafate, et à droite, celui de Cilaos.
Ils redescendent comme nous, par la Glacière, et nous les retrouvons au parking du Maïdo vers 13h, après une marche de 6h, aux panoramas à couper le souffle.
La récompense : un stop au refuge du Maïdo, pour un petit café « péï » à la vanille, assorti d’un cake au géranium-une tuerie, spécialité familiale dont le patron ne voudra pas me dévoiler la recette….
Nous rentrons au bateau avec des kilomètres plein les gambettes et de belle images plein la tête. Arthur est super fier d’avoir gravi le second plus haut sommet de l’île, et surtout le point depuis lequel on a sans doute le plus beau panorama!
De retour sur Moby, nous découvrons le lendemain toute une équipe de BTP au travail, qui construit des ralentisseurs sur l’esplanade du port. Cela atténuera nous l’espérons les rodéos nocturnes de voitures et de motos… Les nuits à St-Pierre sont parfois agitées, rien de très méchant, mais c’est festif, bruyant, et parfois sans-gène. En journée Moby fait un peu l’attraction : en effet très rares sont les bateaux de grand voyage à s’arrêter à St-Pierre, deux à trois par an tout au plus, alors on nous pose beaucoup de questions, on nous regarde : c’est parfois un peu déroutant de se voir interpellés, mais les échanges sont toujours sympathiques!
C’est d’ailleurs ainsi que nous rencontrons les sympathiques Daniel et An-So, jeunes retraités réunionnais qui auront la chance de bientôt partir en transat sur le tout nouvel Outremer 51 d’un de leurs amis! Nous sympathisons, et nous rendons mutuellement service : ils nous feront du « bateau-sitting » lors de notre escapade au volcan, en dormant à bord, et nous leur donnerons en échange pas mal d’infos et de conseils pour leur transat, ainsi que quelques centaines de films, livres, et BD numérisés qui leur tiendront compagnie pendant leur traversée!
Nous rendons la voiture de location dans 2 jours, et commençons à préparer notre départ pour l’Afrique du Sud. La dernière balade sera pour nous en bord de mer, à St-Philippe, connu pour son littoral basaltique et ses sentiers de randonnée côtiers.
Le littoral est étonnant, à la fois minérale et végétal, avec cette foret de vacoas qui a pris racine dans la lave.
Comme partout ailleurs, la baignade est interdite
les coulées sur lesquelles nos marchons ont 3 siècles.
Tout comme ces orgues basaltiques
mais les coulées que nos allons rencontrer plus haut ont seulement 30 ans, et sont exceptionnelles!
Tout a commencé par une éruption « classique », dans l’enclos du Piton de la Fournaise, à une altitude de 2000 m environ
puis par une seconde, hors de l’enclos, altitude 1000m, donc beaucoup plus bas, au Piton Takamaka.
Puis du jamais vu : de la lave sortant des entrailles de la terre à une altitude de 30m au-dessus de la mer seulement!
Les coulées vont jusqu’à la mer, et coulent pendant 5 jours : la Réunion grandit de 50 ha!
Voilà les fameuses coulées! Elles forment un fleuve de lave ; Il faut les imaginer rougeoyantes!
La coulée forme une petite vallée. Depuis, la végétation a pris place, comme ces bébés filaos.
cascades de lave,
fissures,
grottes, tunnels, la lave prend des formes très variées
Qui saura être le plus créatifs avec ce morceau de lave triangulaire?
Il est temps de rentrer de cette balade fort instructive. Nous avons pris beaucoup de données sur le volcanisme pendant ce séjours réunionnais. Quelle chance de pouvoir côtoyer de près un volcan aussi actif!
Le lendemain, samedi, c’est jour de marché à St-Pierre, un des plus beaux de l’île parait-il. En effet, nous sommes éblouis de couleurs, de saveurs, d’odeurs. Herbes fraiches, tisanes, salades préparées, achards frais-qu’on appelle ici rougail, ou en conserve (ici de la papaye rapée pour des salades ou rougails) Il y a aussi tous les fruits et légumes tropicaux bien sûr, des mangues, du palmiste, mais je suis surprise de retrouver des fraises délicieuses, des artichauts, du fenouil, produits typiquement de pays tempéré.
L’altitude à la Réunion permet tous les climats, tous les terroirs, et nous rencontrons des petits producteurs soucieux de leurs produits, le tout très bon marché étant donné la qualité.
Ici du jus de cane fraichement pressé à la demande, un peu plus loin des rôtisseurs de porc,proposant cette spécialité sino-réunionnaise délicieuse : les sarcines, sorte de longe de porc laquée, sucrée-salé et tellement fondante.
Ce marché est un régal des yeux et du palais!
De retour, le plein de vitamines est fait en vue de notre prochaine traversée, qui ne devrait pas durer plus de 7 ou 8 jours.
Le week-end se passe tranquillement sur Moby, à préparer, ranger, nettoyer, et avancer sur le programme d’école comme tous les matins.
Les samedis et dimanches, c’est animé ici à St-Pierre! Pour le 11 Novembre, les paras font une démo de saut en parachute sur la plage.
Puis cette charmante demoiselle enterre sa vie de jeune fille avec ses copines : elle nous a gentiment demandé de faire des photos sur notre trampoline!
La SNSM fait une opération « porte-ouvertes »
Arthur à la barre du canot de sauvetage
et assure l’entrainement de ses volontaires
Un concours de pêche a lieu : c’est peut-être lui le gagnant, qui remorque ce très gros requin.
Nous aurons aussi le temps de faire la rencontre de cette famille qui vit à bord de son catamaran, un Bahia 46, à St-Pierre depuis 4 ans, Greg, Morgane, et leurs 2 enfants Malo et Lou qui ont exactement l’âge d’Arthur et Anna.
Greg et Malo
Quelques années à terre les attendent, mais ils repartiront un jour, comme tous ceux qui ont pris le virus du voyage à la voile.
Bye-bye Réunion, une très belle escale, comme toujours émaillée de rencontres, et qui compte parmi celles que nous reviendrons visiter un jour, par la mer ou par les airs.
La Réunion, Maurice, St-Brandon : ces perles des Mascareignes nous ont offert un séjour de 2 mois d’une incroyable diversité, de cultures, de paysages, de saveurs. Nous aurions aussi aimé faitre escale à Rodriques, la plus créole de toutes les îles des Mascareignes, que nous connaissons bien pour y avoir séjourné plusieurs fois. Une prochaine fois ;-).
des plages de carte postale, un archipel d’îlots poissonneux distant de 240NM de l’île Maurice. Mais les vents sont rarement portant, au mieux travers à l’aller comme au retour, et bien souvent contre le vent et le courant, rendant les traversées souvent inconfortables. Si bien que les récits de traversées mouvementées sont nombreux, et que beaucoup se découragent d’ affronter l’Océan Indien hors des lagons protégés.
L’avantage est que la destination est encore très préservée, la pêche y est très bonne, et les plages désertes. Les amateurs de kitesurf, de pêche et de plongée se régalent….
Arnaud et Laetitia
C’est le cas de nos amis Arnaud et Laetitia, que nous avons embarqués avec nous à Maurice. Quand Arnaud habitait, enfant à l’île de la Réunion, il entendait son père, son frère, et leurs amis vanter St-Brandon, sans jamais avoir pu faire partie de l’équipage. Alors voilà, Arnaud, pour tes 50 ans, nous t’emmenons à St-Brandon!
Je suis tout autant emballée, et pour les mêmes raisons : Loïc a pu y aller à deux reprises avec notre ancien voilier, Nomade, et je n’ai jamais pu faire partie du voyage non plus. Alors merci Loïc, de m’emmener découvrir ce petit paradis.
Bénédicte et Loïc
Avec Moby, nous avalons facilement les 240NM de trajet, et jetons l’ancre devant l’ilot Coco à 19h, après avoir quitté Port Louis à 15h la veille.
Arnaud et Laeti prennent leurs marques sur Moby : nous avons la chance d’avoir à bord des amis qui naviguent beaucoup en Bretagne sur leur Fist 31.7. Le compteur sur Moby annonce 30 000 NM de puis notre départ de La Grande Motte il y a 20 mois.
Nous ne sommes pas seuls : outre les pêcheurs de Raphaël Fishing, il y a un autre catamaran,Cheers, qui repart le lendemain.
Ca n’est donc pas la foule à St-Brandon, et pourtant, nous sommes en pleine saison. Les mi-saisons sont en effet les meilleurs périodes : l’été reste toujours périlleux avec les dépressions tropicales et cyclones, l’hiver a l’inconvénient d’offrir un alizé souvent très musclé et une mer grosse, rendant pénibles les traversées. Octobre/novembre et avril/mai sont donc les 2 meilleurs fenêtres.
Pendant la traversée, la pêche a été très active, mais pas fructueuse : nous aurons de nombreuses touches, et ferrons une bonite et une superbe dorade, qui toutes deux se décrocheront à la remontée à bord. Le poisson a sa chance, et c’est aussi bien comme ça! Il faut dire que nous n’avons pas de véritable gaffe à bord, un objet à rajouter sans doute sur la liste de courses, qui élèverait grandement notre rendement.
Au petit matin, nous savourons le premier petit dèj,
et découvrons le paysage.
Impatients, Arnaud et Loïc partent très vite chercher des langoustes, la valeur sûre de St-Brandon! En 2 heures de pêche ils nous rapportent 7 ou 8 jolis spécimens.La technique du bord pour les conserver sans prendre trop de place dans le frigo, c’est de les ébouillanter une minute, puis de les décortiquer : ensuite, il est facile de les cuisiner : poêlés, en carpaccio, en salade, en sauce, en cari….
Il nous tarde de descendre à terre
: la plage est sublime, le sable a l’air très fin, et le spot super pour le kite. Après la séance de pêche du matin, les 2h d’école réglementaires, et un rapide picnic, nous descendons gréer le matos : nous aurons à l’eau en permanence 2 kites et 1 windsurf, à partager entre 4 adultes et un ado!
Ca tombe bien, tout le monde est polyvalent : windsurf, kitesurf , twin-tip ou directionnelle … Seul Victor n’est pas encore autonome en kitesurf, et préfère se consacrer à ses progrès en planche.
Anna na pas le droit de se baigner, la pauvre, avant d’avoir ôté les fils de sa suture d’ici 8 jours.
Arthur court après Arnaud le long de la plage… qui est le plus rapide?
Tout le monde se régale sur l’eau :
Arnaud en Kite, et moi en plancheLoïc emmène Arthur faire un tourLoïcLaetitia prend le relai d’Arnaud
Après 2 bonnes heures de nav, nous laissons les garçons sur l’eau et partons entre filles explorer Coco :
Nous découvrons de très beaux oiseaux blancs, les fameuses goëlettes blanches de St-Brandon
(White stern en anglais, ou Gygis Alba) qui nichent dans les arbustes, essentiellement des veloutiers.C’est d’ailleurs la pleine période de nidification aussi somme-nous attentifs à ne pas déranger leurs nids et leurs oisillons.
Impossible de se lasser de leur vol si particulier, vif, agile, mais aussi souvent stationnaire.
Aux deux extrémités de l’île, des bancs de sable
et de l’autre côté,
nous découvrons des sternes grises, elles aussi en pleine couvaison de leurs oisillons.
Le matin Loïc emmène nos amis pêcher et plonger pendant que je fais travailler les enfants : pas question de prendre trop de retard sur le programme si nous voulons prendre des vacances à Noël. 2/3h d’école par jour c’est peu, mais en s’y tenant 7j/7j, sans vacances ni week-end, c’est un rythme qui nous convient bien à tous, élèves et parents/professeurs : c’est rythmé, régulier, et cela nous laisse du temps pour partager de nombreuses activités en famille.
la pêche du jour
L’après-midi ressemble à celui de la veille : déchargement sur la plage des planche, kitesurf, windsurf, rekisteurf, skim board…
les amateurs de glisse que nous sommes tous se régalent!
Il semble aussi que la qualité du sable soit au TOP pour les boules et les chateaux de sable
Ce soir
c’est cari de langouste! fameux!
Les journées se suivent et se ressemblent un peu…à la variante près que à J+3, personne n’ira chercher de langouste, nous en mangeons depuis 2 jours, il est temps de faire un break!
Nous avons un nouveau voisin : Dominic est arrivé la veille avec son fils et 2 amis, pour kitesurfer et, pêcher.
Ce matin, deux tortues nous régalent d’un ballet : sans doute une parade nuptiale, un accouplement, car elles se tournent autour de puis quelques minutes.
Arnaud, Loïc et Laeti partent faire un petit coup de traine dans le lagon
Puis nous continuons à nous régaler des sports de glisse
Laetitia
Arnaud lance quelques sauts .
Arnaud et Laeti ont plaisir à naviguer côte à côte.
Et nous aussi!
Loïc en kitesurf, et moi en plancheLoïcBénédicte
L’eau est glassy près de la plage, le vent parfaitement orienté, c’est un régal de glisse!
Arthur en skim
Quelle journée! Quelle famille heureuse!
Tôt le lendemain matin, nous changeons de mouillage, pour aller au nord de l’archipel à l’île Tortue.
Nous passons devant l’île Rafaël,
siège des garde-côte et base de pêcheurs de Raphaël Fishing. Nous nous serions bien arrêtés pour rendre visite aux « habitants », mais le mouillage est agité, et les fonds peu engageants, bourrés de corail.
Les garde-côtes nous contactent par VHF pour vérifier notre permis de séjour, bien en règle :Nous en avons fait la demande à Port-Louis au tout début de notre séjour mauricien. Il faut se rendre sur place, au bureau de l’OIDC : Outer Island Developpment Company, faire une demande, s’acquitter des droits de passage (5 000 RS par personne, à payer cash). La réponse, positive, est arrivée 10 jours plus tard.
Il se dit que seules 200 autorisations par an sont données aux non-mauriciens. Pour les mauriciens, l’accès y est libre.
L’îlot Tortue! Nous y sommes : 2 aller-retour en annexe pour amener planches et gréements à terre.
Le spot est encore plus sauvage que Cocos : un seul petit ilot de sable, une végétation très rase, pas un seul arbre, et des milliers d’oiseaux.
L’îlot est au milieu d’un lagon, entouré de récifs,
prolongé par une autre virgule de sable
Le cadre est idyllique, nous sommes le seul bateau à l’horizon, et ne côtoyons plus que des sternes.Les enfants nous réclamaient un feu de camp depuis longtemps, je crois que nous avons le spot idéal!
Nous partons récolter du bois pour le feu de ce soir. Le menu est déjà en tête : brochette de poissons. Nous avons en effet ramené un « Tuna Macquerel » , sorte de bonite allongée; Sa chair n’est pas très prisée, mais j’ai des recettes de marinades qui conviennent bien :
marinade méditerranéenne : jus de citron + ail + huile d’olive + herbes de provence (idéalement thym et romarin frais)
marinade asiatique : sauce soja + ail + gingembre+ huile d’olive
marinade sucré-salé : sauce soja + moutarde + miel + ail
J’avais mis au point ces marinades lors de nos période de faste pêche à Maurice au début du siècle. Car si nous pêchions beaucoup de poissons à chair fine (thon « yellow fin » , thon dent de chien, daurade coryphène), nous ramenions aussi pas mal de bonites et de carangues dont les chairs gagnent à être accommodées. Dans la pratique, pour les petits frigos des bateaux : préparer la marinade directement dans un sac congélation zippé, y mettre les filets de poissons coupés dans la longueur tels des aiguillettes de volaille, puis fermer le tout sous vide, et mettre au frais dans le bac à légumes. Quelques heures plus tard, ne reste qu’à les enfiler, sur la plage, sur des piques à brochette.
Là aussi les oiseaux couvent,
Si les sternes grises font des nids, les blanches se contentent de poser leur oeuf entre 2 branches. Les petits se cramponnent à la naissance.
Le paysage appelle à la méditation.
Et au kite surf!Le spot est parfait : le vent n’est pas arrêté par le banc de sable étroit de la plage, et la mer est lisse sous nos pieds
Victor et Laeti se relaient avec la planche
VictorLaetitia
Arthur a trouvé un super spot de skimboard
Il n’a pas peur des chutes!
Et c’est comme ca qu’on progresse!
Loïc et Arnaud partent faire le tour de l’îlot, et se retrouvent à naviguer dans une nuée d’oiseaux
Le vent baisse, et devient un peu léger pour les garçonsPendant qu’ils font la pause, c’est donc à notre tour, Laeti et moi d’aller sur l’eau!
LaetitiaLaetitia
Cela faisait 6 ans que je n’avais pas fait de kitesurf : idem pour Laetitia, qui reprend après quelques années d’interruption. La bonne nouvelle c’est que ca ne s’oublie pas, c’est comme le vélo!
Le plaisir de glisse est jubilatoire! Le cadre est grandiose, je mesure ma chance d’évoluer sur l’eau et dans les airs dans un tel environnement.
Give me 5!Pendent ce temps, les enfants préparent notre camp pour le soir : collecte du bois, décoration, installation de sièges,
sous les yeux des sternes qui rapportent à manger à leurs petits
Les petits attendent sagement…..Et d’autres parents couvent
En fin de journée, nous partons faire le tour l’île.
Tous ces plastique et ces déchets, c’est bien triste; c’est le sort de tous les îlots isolés que nous visitons.
à 18h, fin de journée, la bière est bien méritée après cet après-midi de glisse, le feu ronronne,les enfants sont comblés,
et à 19h, les brochettes sont délicatement dorées
Le lendemain, Arnaud installe la gopro sur le casque, pour faire quelques films.
Loïc sort aussi son drone .
C’est de nouveau parti pour une journée de glisse. Nous sommes gâtés par la météo depuis quelques jours : du vent, et du soleil.
Première session du matin pour Arnaud et Laerti : croisement réussi!
Victor prend sa pause-récré entre 2 évaluations du CNED.
Pour changer du poisson, ce midi, ca sera salade d’ourites, et ce soir, cari de langouste! Je m’inspire pour cela du légendaire ragout de homard de l’île de Sein, dont le café «Chez Brigitte » garde jalousement la recette ancestrale. Ici, je le prépare à ma manière : des darnes de langoustes, pas trop cuites, mais surtout une merveilleuse sauce épicée, aux saveurs iodées de retour des Indes, teintée d’aromates européens, qui nappent des pommes de terres fondantes. Car au final, le meilleur dans le cari de langouste, c’est la sauce!
En fin de matinée, nous prenons la mer direction Coco où nous dormirons, avant de remonter le lendemain matin sur Chaloupe, distante de quelques milles seulement.
Pas question de rentrer de nuit à Chaloupe, de plus avec la houle actuelle.
Tôt le matin, nous rebroussons chemin, direction Chaloupe, célèbre pour la douceur de son sable. C’est un pur ilot de sable étincelant
et d’une finesse telle qu’on s’y enfonce jusqu’à la cheville! Nous n’aurions pas voulu manquer cette expérience.
Du sable, presque à perte de vue!
Difficile de courir en effet!
Sur ce sable blanc, le turquoise est grand gagnant.
On y trouve tout : un bloc de corail, mais aussi des déchets échoués, que les oiseaux utilisent pour fair leur nid, protéger leurs petits, sur un ilot exempt de végétation.
Un petit rafraîchissement s’impose. 1, 2, 3, GO!
PLOUF!Les enfants s’amusent de la texture du sable
Anna s’accommode toujours de son pansement étanche qui lui permet non pas de se baigner, mais au moins d’éviter le sable et les embruns qui entacheraient le processus de cicatrisation.
Est-ce un masque maori? De la calligraphie japonaise? ou un tigre stylisé?
devinette…
Tout simplement l’ombre du drone et des vaguelettes dans quelques centimètres d’eau.
La houle est toujours forte, et ne nous permet pas de dormir à Chaloupe. Dominic, qui a dormi là hier soir, fait le meme constat et quitte les lieux pour se mettre à l’abri plus au fond du lagon.
En sortant par la passe, Victor repère une magnifique vague, qu’il se verrait bien surfer.
Bye-byre Chaloupe!
Nous mettons cap sur l’île du Sud, que nous n’avons pas encore explorée.C’est là que 2 campements assez sommaires ont été construits il y a quelques années pour accueillir pêcheurs à la mouche, amoureux de la nature ou ornithologues.
A terre, nous croisons les 3 garde-côtes installés là pour 4 mois, quelques pêcheurs, et remontons cette allée incongrue : l’artère principale de l’île qui la coupe en 2. Finalement, nous décidons d’appareiller le soir-même, après dîner, car nous avons 360NM à parcourir pour rallier la Réunion, notre prochaine étape. Des calmes sont attendus dans les jours qui viennent, suivis de forts vents de Sud-est, ce qui nous fait avancer notre départ de 24H.
une intrigante et grosse épave en plein lagon à l’île du Sud
Nous avons tous fait le plein de turquoise, de bruits d’oiseaux, de nature sauvage, de sensations de glisse, de sable nacré, de langouste, et d’isolement. La Réunion nous attire aussi beaucoup, il nous tarde d’aller randonner dans ses forêt tropicales d’altitude.
Cela nous prend à peine une petite heure de préparer Moby : ranger le matos de glisse de la semaine, remonter l’annexe, préparer les voiles, mettre un peu d’ordre à l’intérieur, fermer les capots, descendre la table du cockpit en tatami, préparer un repas rapide.
Ce sont les filles qui prennent le premier quart de nuit : quand on est 4 adultes, quel confort de se partager la nuit en 4 et non en 2!
L’île Maurice est une escale chère à notre coeur, nous y avons vécu près de 11 ans en famille et Loïc 4 ans de plus. Victor y est né. Nous avons habité aux quatre coins de l’île : Grand Gaube et Grand baie au Nord, à Poste Lafayette dans l’Est, Tamarin dans le sud pour Loïc; nous y avons des amis, des souvenirs, et y avons été très heureux.
Alors quand à l’aube de ce matin de septembre, nous apercevons sur l’horizon les îlots du Nord de Maurice, l’émotion nous tient. Ce furent tout d’abord l’île Ronde (qui n’est pas ronde mais qui a des boas!) et l’île aux Serpents (où il n’y a pas de serpent…), que nous avons souvent longées lors de nos parties de pêche. Puis l’île Plate (qui est loin d’être plate!!) et le plus discret îlot Grabriel, qui accueillent sur leur plages des centaines de touristes chaque jour. Enfin le si picturesque Coin de Mire, où nous sommes si souvent allés faire du snorkeling, se dessinent à l’horizon.
Bientôt, ce sont les crêtes dentelées de l’île Maurice qui se dessinent, et la côte, que nous abordons par le nord. A l’approche de Cap Malheureux, un bateau vient à notre rencontre : c’est Tobago, notre ancien bateau à moteur dont Yann et Elodie sont les heureux propriétaire depuis plus de 10 ans ! Les larmes pointent au coin de mes yeux, mes copines Elo, Val et Valérie ont fait plusieurs milles en mer à 7h du matin pour venir à notre rencontre! Chapeau les filles. Nous sommes toutes les 4 hilares, quel accueil! Une arrivée par la mer ne peut se comparer à aucune autre : le temps se dilue, s’étire, l’arrivée se savoure, les paysages ne défilent pas mais s’affinent de minutes en minutes, c’est un bonheur lent et intense. Et cette arrivée à l’île Maurice aura une saveur pour nous inoubliable.
La côte, découpée se dessine de mieux en mieux dans le ciel, j’avais oublié combien cette île est photogénique, avec ses lagons, sa côte et ses montagnes si escarpées en arrière plan. Nous préparons le bateau tout en nous délectant du paysage.
L’arrivée à Port-Louis est moins glamour, avec ces innombrables bateaux de pêche chinois.Maurice a en effet bradé des droits de pêches aux chinois, qui sur-pêchent en toute légalité les eaux mauriciennes, sans que le pays en récolte beaucoup d’avantages.
Nous longeons le terminal sucrier,
puis le CNOI, chantier de notre copain Franck. Nous apercevons la Curieuse à quai que les TAAF affrètent la moitié de l’année pour ravitailler Les Kerguelen, et qui le reste du temps emmène des passagers à St-Brandon ou ailleurs…
un peu plus loin, un méga-yacht attire notre attention.
C’est un sloop, et son mat est immense!
Il s’agit d’Anatta, que nous avons vu dans le magazine Yachting Wold!
La silhouette de Port-Louis n’a pas changé d’un pouce.
Les centres commerciaux du Caudan et de l’Astrolabe en premier plan, le silo toujours aussi magnifiquement décrépi, les buildings au fond et les collines pelées par l’érosion en arrière plan
Nous faisons nos formalités au quai de la douane, puis irons passer 48h à quai, au Caudan. Nous hissons fièrement notre drapeau mauricien!
Sans être une marina, (il n’y a pratiquement aucun service…), c’est tout de même un endroit très sympa pour prendre la mesure de cette île aux multiples facettes.
la rue du Caudan
Le food court du Caudan offre la grande variété des cuisines mauriciennes : grillades créoles, mines frites, thali indiens, dim-sum chinois, patisseries françaises, smoothies de fruits frais tropicaux….
dim-sum en bouillon
Puis derrière la route, c’est le centre ville, où l’on trouve encore une autre variété de street food : les faratas et rotis (petites crêpes indiennes fourrées au cari), les lassis, les samoussas…. Nous ne prendrons pas le temps de flâner dans Port Louis cette fois-ci, mais la cité administrative mérite qu’on s’y balade quelques heures : le jardin de la Compagnie, l’ambiance animées de son marché aux légumes, aux poissons et à l’artisanat, le front de mer entre le Caudan et l’Astrolabe, son petit musée d’histoire naturelle, le palais présidentiel, le vieux théâtre…
Le soir même, les copains débarquent avec le kit parfait de l’apéro dinatoire!La marmaille est là au grand complet, et Victor retrouve ses copains d’enfance, avec qui nous avons gardé contact au long des années.Hugo, Victor, Ethan et Paul se connaissent depuis le jardin d’enfants, quand ils avaient à peine 2 ans, et les voilà ados, toujours complices!
Anna se fait une nouvelle copine avec la petite soeur d’Hugo, elle deviendront inséparables pendant ce séjour d’un mois!
Merci les copines d’avoir organisé ce bon moment de retrouvailles.
Le lendemain, c’est la rentrée officielle sur Moby! Nous avons récupéré hier les cours du CNED de Victor, et les manuels de français et de maths d’Anna et Arthur.
Anna est en CP cette année, et commence à déchiffrer les sons simples.
Après quelques courses en ville, nous mettons le cap sur Grand Baie, le mouillage incontournable de l’île Maurice, où se trouve aussi le « Grand Bay Yacht Club-GBYC », qui vient de fêter ses 75 ans . Mais ce que nous cherchons des yeux en arrivant c’est « Nomade », notre ancien voilier, que nous avions acheté en Thaïlande et convoyé tous les deux à Maurice en 2005. Séquence émotions, le « Copain d’abord », ancêtre des « Lévrier de mer » n’a pas pris une ride,
et sa peinture de coque, d’un gris silver est toujours aussi brillante 12 ans plus tard!A quelques encablures de là, sur la côte, notre ancienne maison, où nous avons vécu 3 ans.
Ce soir, nous mouillerons devant le GBYC, et nous replongerons avec plaisir dans notre vie mauricienne. Pipo, le commodore du GBYC, nous prépare une carte de membre temporaire : nous voilà tout fiers de hisser le drapeau officiel GBYC dont nous avons longtemps été membres.
Hugo, l’un des copains de Victor, qui habite à 2 pas, reste dormir.
Nous sommes conviés demain dimanche à un pic-inc à Cap Malheureux. La passe n’est pas évidente, Yann, le papa d’Hugo monte à bord pour nous guider. Mathis et Alberto arrivent en éclaireurs
Nous y voilà, à Cap Malheureux, village côtier célèbre par sa pittoresque église au toit rouge. C’est la même bande que vendredi soir, nous passons une super journée : dans l’eau, sur l’eau;
à terre,
Les enfants ont investi Moby, nous ne les verrons à peine de la journée, ils font des aller-retour en SUP ou à la nage, naviguent en laser, ou prennent les annexes ou les kayaks pour se balader.
En fin de journée, Nico vient nous saluer en voisin avec sa pirogue hawaïenne à voile. C’est lui nous a initié au kitesurf en 2001, seul instructeur de l’île, à l’époque où ce sport était encore à ses tout débuts.
Puis c’est au tour de Guillaume de venir nous voir avec sa pirogue polynésienne à rame.
Le lendemain, direction, Bainboeuf, dans la baie d’à-côté, où nous dînons chez Stephanie et Guillaume, avec Nico et Andrea. Nous naviguons ces quelques milles à la voiles, Arthur, Victor et son copain Hugo nous suivent avec l’annexe.
La vue sur le Coin de Mire est magique. Les belles maisons défilent, nous sommes dans les quartiers chics du nord mauricien.
Les catamarans de charter rentrent des îles dans le soleil rasant.
Le spot de bainboeuf est super pour le windsurf.
Anna s’est installée sur le rouf pour me peindre ce Coin de Mire si photogénique.
De retour à Grand Baie, nous avons la visite d’Ancheley, notre toute première employée de maison, qui est restée travailler chez nous plus de 10 ans malgré nos déménagements successifs. Elle fut surtout la nounou de Victor à Maurice, sa « nénène » come on dit ici en créole. Ancheley est visiblement très émue de revoir ce grand jeune homme. Je le suis tout autant : c’est Ancheley qui m’a appris les quelques mots de créole que je connais, à cuisiner créole, m’a accompagné dans les marchés, et s’est occupée de ma maison et de mes enfants pendant 10 ans!
Autre visite, programmée, celle de Steph, ma copine coiffeuse à domicile : c’était pour elle une grande première de venir travailler sur un bateau!! Victor,Arthur et moi ressortons tout beaux, et Steph, même pas malade!
La semaine est un défilé d’amis, comme ici Patrick, venu en bateau prendre un petit café à bord.
Mais le week-end prochain, c’est une autre affaire : nous partons en navigation tandem avec un autre cata : nous sommes 23 en tout (11 adultes et 12 enfants) sur 2 bateaux!!!
Notre équipage arrive!
Nous partons cap au sud vers Rivière Noire et Tamarin pour le week-end.Nous longeons la côte Ouest, sous le vent.
La Navigation est idyllique : mer plate et alizé.
La côte défile sous nos yeux
Le phare d’Albion
Nous accueillons à bord la moitié de la marmaille , en particulier les copains et copines de Victor : 7 ados de 12 à 14 ans!
Le domaine sucrier de Médine,
Les garçons scrutent le DCP à la recherche de poissons en surface…
Gwenn, relax
Loïc et Marc à la nav’
Arrivés à Tamarin : les enfants s’interrogent : est-ce qu’il y a des vagues?!
Gwen au pompage des SUP : tout les enfants vont sur l’eau prendre les vagues en surf, SUP, bodyboards….!
Visite de Fred, le copain de surf de Loïc, qui vient en voisin, depuis la plage de Tamarin
Les tortues montrent leur nez,
le soir, les garçons dorment tous sur le tatami, dans le cockpit
Le lendemain, cap sur le lagon du Morne,
la marmaillela marmailleles copains
pour un plouf en aux turquoises.
ValérieClaire et Marc
Nous naviguons de concert, bord à bord sur quelques milles, avant de nous arrêter pour nous baigner. et faisons encore une fois le plein de copains
les copainsla marmaille
Dimanche après-midi, il est temps de remonter vers le Nord, en longeant la côte Ouest toujours, direction grand Baie.les garçons montent à bord du Catana.
Nous avons les plus jeunes à bord de Moby : les deux Anna, Charlie et Arthur ont entre 5 et 8 ans, coachés par les plus grandes : Anaïs, et nos deux Clara ont organisé un atelier dessin/peinture.
Bye-Bye le Morne
Bye-Bye Tamarin
puis en chemin, les dauphins nous accompagnent
Les jolies maisons défilent sur la côte,
le phare d’Albion.La nav’ est sympa,
A bientôt les amis.
Nous voilà de retour à Grand Baie!
Mais sur un goût de trop peu, nous repartons le lendemain pour Rivière Noire et Tamarin. Voilà les paysages en chemin.
Nous voilà arrivés dans le sud.
Moby au mouillage de vant la plage de tamarin
Les lumières sont parfois à couper le souffle,
coucher de soleil depuis la plage de Tamarin
Le spot de surf de Tamarin est idéal en famille, il y en a pour tous les niveaux, et nous voulons tous en profiter tant que la houle est bonne. Je pars en SUP prendre les mousses sur la plage avec Anna, pendant que les garçons vont sur le spot de Dal. Celui de Blackstone, souvent excellent en SUP surf, n’est pas praticable ce matin.
sur le spot de Blackstone, pas une vaguele spot de Blackstone vu du ciel
Victor est rejoint par Victoria, la fille de nos amis Fred et Esmeralda. Cet après-midi, la vague sur Dal est belle mais petite, et donc fréquenté par les ados : Victor, Victoria et ses amis du collège.
Nous restons une semaine entre Tamarin
et Rivière Noire,
Devant les Salines de Rivière Noire
des escales peu fréquentées par les bateaux de passage et c’est bien dommage. Le Sud de l’île est plein d’attraits : les spots de surf, de Tamarin en particulier, les spots de kitesurf du Morne, mais surtout la nature sauvage des Gorges de Rivière noire, les rivières, cascades et forêts du sud etc…
Pendant toute la semaine, nous recevrons à bord bord de nombreux amis et anciens collègues de Loïc tous pilotes chez Air Mauritius, en plein crise avec leur management.Alors les questions tournent autour de notre voyage bien sûr, mais aussi des rapports conflictuels entretenus entre la direction et les pilotes. François et son épouse, Christophe, mais aussi d’autres amis : Dominique, le frère de Christophe, que nous reverrons à St-Brandon, Jean-Jacques, J-C et Eric tous 3 kitesurfers, Jean-Luc et Catherine, amis d’amis.
L’apéro avec Jean-Luc et CatherineLoïc avec Ericles bateaux équipés de moteurs jet de François
Nous sommes aussi invités à terre, chez Fred et Esmeralda, chez Didier et Ingrid.
Nous nous régalons des lumières du soir en particulier sur les montagnes de Tamarin.
Nous profitons aussi de cette escale pour savourer nos plats préférés, comme la salade d’ourite (poulpe bouilli, découpé en petits morceaux, puis assaisonné de coriandre, gingembre et limon confit), en principe, spécialité rodrigaise.
Une curiosité, ce semi-rigide amphibie, classe, non?
Rivière Noire est un bon spot également, bien abrité, qui nous permet de passer de bonnes nuits à bord sur corps-mort.
Dominique nous propose de passer une nuit au ponton de JPH à la Balise Marina. Une infrastructure unique à Maurice. De nombreux bateaux sont amarrés devant les appartements,
et Rivière Noire est devenue la base de nombreux catamarans de croisière, privés et Charter.
la balise Marina vue du ciel
Nous accueillons à bord pour le week-end Elodie, ses 3 enfants Hugo, Lola et Anna, ainsi que Paul un autre ami de Victor. Elodie est elle-même « enfant de bateau », elle a passé une année de son enfance en voyage en bateau autour de l’Atlantique avec ses parents, et comprend mieux que quiconque notre choix d’escapade.
Nos enfants sont très heureux de recevoir des amis sur Moby. Victor part naviguer en planche dans le lagon du Morne avec Hugo et Paul, les kitesurfersPendant ce temps Elo et moi partons explorer les rivages de l’îlot Coco.
Le soir c’est ambiance Casino à bord : Blackjack, poker…
Le lendemain matin, nous rentrons à Tamarin, cette petite nav’ est l’occasion de montrer à Hugo, Paul et Lola quelques manoeuvres, du matelotage, les winchs.Et au retour, les dauphins nous accueillent dans la baie : ce groupe de dauphins sédentaires est une véritable mine d’or pour l’industrie du tourisme.
Elodie et moi partons explorer la rivière : le premier bras est assez court et ne nous permet que de remonter jusqu’au pont;
Le second va jusqu’au Golf de Tamarina, à travers une nature encore préservée et bucolique.
Le dimanche après-midi, la plage de Tamarin s’anime
En fin de journée, nous avons la visite d’Olivier et Lara avec leurs enfants.
Victor explique aux filles notre périple en particulier notre traversée du Pacifique via les iles Galapagos, Marquises, Tuamotu, iles sous le vent etc…. J’avait réalisé un bel album photo papier pour la famille, et nous en avons gardé un à bord : pratique pour raconter nos escales aux invités, ou tout simplement pour se remémorer les meilleurs moments, les bateaux-copains…
Décidés à faire le tour de l’île, nous appareillons à l’aube un matin, cap sur Mahébourg.
bye bye Tamarin , Rivière Noire et le Morne,
Il nous faut contourner le Morne Brabant,
le Morne au petit matin
puis longer la côte sud : le domaine sucrier St-Aubin, la côte découpée de roches volcaniques acérée,
les souffleurs qui crachent leur écume, les filaos battus et couchés par les vents
Les montagnes du Sud-Est apparaissent, puis l’aéroport de Plaisance devant lequel jouent les dériveurs des hôtels de Blue Bay.
Arthur, un peu barbouillé prend son petit dèj dans le cockpit au chaud dans sa couverture polaire : le Pacha!
L’ile aux Aigrettes en premier plan,
Nous longeons la Pointe Desny,
puis arrivons en vue la passe
L’ile de la Passe
puis de l’îlot Fouquet avec son ancien phare.
Pour entrer dans le lagon jusqu’à la ville de Mahébourg, c’est assez simple, mais pour pousser plus loin, il vaut mieux connaitre. Nous sommes guidé par Jérôme, qui nous fait zigzaguer entre les bancs de corail
La plage de la Pointe Desny
Nous passons devant le yacht club de Pointe Desny. Plus tard, Jean-Pierre vient nous saluer en kitefoil! Il y a à peine 10 noeuds de vent, et il vole sur l’eau dans un grand silence.
Ca y est, nous voilà arrivés à destination, devant l’îlot Aigrettes. L’eau est d’une transparence turquoise remarquable.
Moby au mouillage devant l’île aux Aigrettes
Nous faisons le tour de l’îlot en annexe, et avons la surprise de retrouver au retour 2 anciens collègues de Loïc, venus prendre l’apéro au coucher du soleil. Gavin, et Anton, en escale à Maurice avec l’ A380 d’Emirates ;
Gavin en famille prenant l’apéro sur la plage
Loïc avec Anton et GavinAnton repart avec son équipage
Le lendemain, décollage!Le soir, nous savourons une vue sublime sur la montagne du Lion, tout en prenant un verre avec Jean-Pierre et Outi, les locaux de l’étape.
Le lendemain, c’est au tour de Patrick de nous rendre une visite en paddle, puis de Damela avec son fils, sa soeur, et sa nièce très intrigués de découvrir notre style de vie. Un autre Patrick, instructeur en cabine, vient aussi sur Moby. C’est très touchant de voir tous ces collègues qui viennent prendre des nouvelles de Loïc et de notre famille.
Après 48 heures dans le lagon de Mahébourg, nous mettons cap au Nord vers Grande Rivière Sud-Est (GRSE), toujours dans ce même grand lagon.
Nous passons devant le yacht Club,les hôtels,
des barques de pêcheurs matinaux,
en empruntant un chenal à peine plus profond que notre tirant d’eau. Jean-Pierre vient nous saluer une dernière fois en kitefoil.
en route vers GRSEl’élevage piscicole
Une fois arrivés à GRSE, les enfants souhaitent aller voir la cascade! Passage obligé, les Coast -guard encore une fois viennent nous contrôler. Après quelques minutes en annexe, la voilà, rien d’extraordinaire, mais la balade est agréable, boisée, et offre à son extrémité une brumisation fort rafraîchissante.
Ce soir, 2 couples d’amis (Jean-Marc, Carole, Jean-François et Brinda) nous rejoignent pour 24h à bord de Moby, pour la dernière branche de notre circumnavigation de l’île : de Grande-Rivière Sud-Est à Grand Baie, en longeant la côte Est et Nord.
Jean-François a apporté son drone : pour une fois, les photos aériennes ne sont pas de Loïc.
Jean-Marc et Loïc hissent le gennaker. Ca y est, nous voilà en mer!
Quelle chance, nous apercevons 2 baleines, maman et bébé, qui font surface à plusieurs reprises, ne s’approchant pas trop, mais suffisamment pour bien les distinguer.
La côte Est offre un visage plus monotone, moins escarpé, avec ses plaines étendues, et les montagnes au loin.
Nous apercevons de loin Poste Lafayette, cette belle plage où nous avons vécu 3 ans. Nous ne pouvons malheureusement pas nous y arrêter, le lagon est trop peu profond pour Moby.
Je distingue derrière les haies de filaos et les maisons jumelles au toit gris ! Notre ancienne maison est habitée par nos amis Alberto et Valérie, ce qui me permettra d’y dormir un soir, nostalgie…. et de faire une longue balade sur son ruban blanc de sable et noir de roches volcaniques.
Nous passons devant Grand Gaube, petit village de pêcheur : c’est dans cette petite maison au toit rouge que nous avons passé nos 4 premières années à Maurice, profitant au maximum du lagon venté de Grand Gaube, pour y pratiquer windsurf et kitesurf.
L’occasion aussi de faire coucou de loin à Ancheley, qui fut notre employée de maison pendant 10 ans, et la nounou des enfants. Son mari Riley est pêcheur à Grand Gaube, mais surtout connu pour ses exploits lors des grandes régates de pirogues locales, en particulier celle de la St-Michel.
Déjà les îles du nord se dessinent : l’île Plate, puis le Coin de Mire : c’est là il y a une dizaine d’années que nous avons initié Victor au snorkeling, puis à la plongée bouteille l’année de ses 10 ans, avec Ludovic de chez Emperator Diving. . La baignade y est toujours aussi agréable, le snorkeling plutôt joli
poissons papillonpoisson-cocher
et le ballet des paille-en queue ne me lasse pas….
Nous arrivons à Grand Baie,
Brinda
la boucle est bouclée, nous somme revenus à notre point de départ d’il y a 8 jours. Merci à tous les amis, (et j’en oublie…) qui nous ont donné un coup de pouce :
Elodie et Carole pour le service de lingerie,
Alexandre qui nous offre sa machine à pain (notre four est cassé…),
Jean-Marc qui nous prête sa voiture,
Valérie qui joue les boites postale et nous livre les cours du CNED et les manuels scolaires,
Claire pour le stock de feuilles de caripoulé (indispensable pour un bon cari de poulet mauricien), les copines du book club pour avoir contribué à remettre à flots ma bibliothèque de bord,
les Kouzoupas (ils se reconnaitront) pour leur bonne humeur et leur joie de vivre,
Nico pour les cours de Kite de Victor et kitefoil de Loïc,
Carole pour sa formidable adresse de livraison de légumes bio,
Gwen pour les livres de filles et les torchons ;-),
Elo pour les chutes de tissu qui ont fait une heureuse, …
Nous profitons de la voiture pour nous balader, comme ce matin à l’Aventure du Sucre, musée incontournable à Maurice, qui retrace l’histoire du pays à travers la culture sucrière. L’idée est originale, : l’ancienne usine de Beau Plan, a été transformée en centre d’interprétation de l’histoire de l’île. Tout au long de la visite, les enfants se passionnent tour à tour pour la découverte de l’île, ses premières tentatives de colonisation, les pirates et corsaires des mers du Sud, l’histoire des esclaves et travailleurs chinois, malais, et indiens,
machettes anciennesmachettes « modernes »
son développement agricole sucrier, et surtout par le process de fabrication du sucre!
Anna en profite pour lire quelques mots simples.
Coupe de la canne, pressage pour obtenir le jus, filtrage, chauffage puis évaporation, cuisson, cristallisation et centrifugeuse!
Pour ma part, je suis aussi intéressée par le process de fabrication du rhum…. Celui de l’île Maurice n’est pas aussi réputé qu’aux Antilles, mais des efforts ont été fait depuis une dizaine d’année pour créer un rhum agricole (fait partir du jus de canne) de qualité, plus parfumé que le rhum de base (fait à partir de mélasse, le résidu de production de sucre).
La visite se termine par une dégustation des sucres! Les enfants votent pour le muscovado brun (très foncé avec des parfums de vanille et de réglisse) et le coffee crystal, sorte de bonbon-cristallisé de la taille d’un grain de café, deux créations mauriciennes.
Autre passage obligé : le dentiste! Nous avons pris rendez-vous avec notre ami Alain, pour un check-up général des garçons de la famille. J’en suis exemptée car je suis déjà passé chez le dentiste à Nouméa…. Je flâne avec plaisir dans son jardin, Alain travail dans un cadre enchanteur, celui des jardin du chateau de Labourdonnais.
Alain a lui aussi a navigué quelques années entre les Antilles et la Nouvelle-Calédonie, jeune dentiste nomade à l’époque . Il se remémore avec nous la Polynésie, où sont nés ses enfants, et en particulier les mouillages des Tuamotu et des îles sous le vent.
Loïc OK, Arthur OK, Victor OK. Même Anna qui n’a pas encore perdu ses dents de lait, fait un tour de manège sur le fauteuil électrique!
OUF, pas une carie à l’horizon!!
Les journées journées passent, bien remplies : école le matin, courses et bricolages l’après-midi.
Le mouillage devant GBYC
Les soirées se succèdent, animées, avec les amis qui passent.
Là une belle brochette de pilotes : Isabelle et Patrick, Eric, Jean-Marc et Carole, Shehzaan.
Et de copines : je suis entourée de Carole et des mes anciennes voisines Isabelle et Sophie.
AU GBYC, Loïc renoue avec beaucoup d’anciens collègues : Dominique, Patrick, Pipo, John, André… ..
Nous croisons aussi d’autres amis en mer; comme Justine et Hubert à bord de leur voilier, Jean-Louis et Nicole, des Réunionnais de passage à Maurice, sur Moukathaï,
Nous préparons aussi notre intervention au Grand Baie Yacht Club : nous avons convié nos amis et les membres du Club à un apéro-conférence-photos de notre périple. C’est la première fois que nous prenons la parole en public à ce sujet, et nous réjouissons à l’avance de ce partage.
Pour nous mettre en jambes, Laetitia m’a proposé d’inviter Anna et Arthur dans la classe de ses garçons Erwan et Alec, CP et CE2 à l’Ecole du Nord, afin de présenter notre voyage.
Erwan et Alec
Je découvre Arthur étonnamment à l’aise pour prendre la parole et très précis dans ses explications. Les enfants ont plein de questions : Quel animaux rencontrés? Qui fait l’école à bord? Est-ce que vous avez rencontré des pirates? Qu’est-ce que vous mangez? Comment faites-vous les courses? Est-ce que l’école vous manque? Est-ce que vous êtes heureux de vivre sur un bateau, ou est-ce que vous préférez la vie à la maison? Comment vous pilotez le bateau la nuit?
Nous savourons ces derniers jours à Grand baie, en particulier les soirées qui sont douces.
le GBYC le soirla plage de la Cuvette
Mercredi soir au Grand bay Yacht Club, plus de 70 amis et connaissances ont fait le déplacement pour nos écouter et échanger.
Nous passons un très bon moment à répondre à leurs questions devant un verre de vin et des grillades.
Merci à Pipo , commodore du GBYC pour son organistion au top. Leur seul bémol sera la chute d’Anna. Elle s’ouvre le menton, et je dois passer la soirée avec elle à la Clinique Darné, de Curepipe; un lieu que je nous connaissons bien car c’est là qu’est né Victor, il y a bientôt 14 ans!!
Loïc reste au Yacht Club s’occuper de nos invités : simples curieux, marins aguerris, candidats au voyage, amis admiratifs, tous ont mille questions.
Anna et moi sommes de retour vers minuit après 2 grosses heures de route, une heure d’attente et une heure de soins. IL faudra 11 points de sutures pour la demoiselle! La récompense : les lumières de Cure-Pipe et Floréal : ce soir c’est Divali, fête des lumières des Indous, et les maisons sont joliment éclairées.
Merci à Gwen de m’avoir servi de chauffeur et aux copines qui m’ont attendue jusqu’à cette heure tardive pour me dire adieu. Nous partons en effet demain matin pour St-Brandon, avec Arnaud et Laetitia, nos amis tout juste arrivés de France le matin même, qui vont naviguer près de 3 semaines avec nous.
Quelques minutes avant d’appareiller pour Port-Louis, Victor pose devant l’ancien catamaran de Bébert : c’est sur ce bateau qu’il a fait sa première sortie en mer, il avait tout juste 1 mois!
Décidément, ce séjour d’un mois aura rallumé de merveilleux souvenirs, tissé des échanges, et remplis nos yeux de paysages familiers et réconfortants qui feront toujours de l’île Maurice l’île de notre coeur.
Nous faisons route vers Port-Louis pour les formalités et un dernier avitaillement de fruits et légumes au marché couvert.
Arnaud qui prépare les brèdes
Nous avons embarqué Arnaud et Laetitia pour 18 jours d’une navigation triangulaire Maurice-St-Brandon-Réunion. Arnaud voulait revoir l’île de son enfance, la Réunion, où il a vécu jusqu’à ses 15 ans; il rêvait aussi (tout comme moi!) de découvrir St-Brandon, dont depuis des années, ceux qui en reviennent, nous vantent ses plages de sable poudreux, ses spots de kite, et ses fonds poissonneux.
Nous sommes rentrés dans l’Océan Indien en franchissant le cap York (au nord de l’Australie) le 14 juin 2017 et en sommes sortis en passant le cap des Aiguilles (au sud de l’Afrique du sud) le 2 décembre de la même année. Nous avons parcouru 10 400 NM dans l’Océan Indien, et fait 7 escales à : Bali, Cocos (Keeling), Chagos, Seychelles, Maurice, St-Brandon, Réunion… Voici le récit de nos traversées.
De Thursday Island à Bali, Mer d’Arafura, 1600 milles
Nous quittons Thursday Island, dans le détroit de Torres le jeudi 15 juin.Nous profitons de la dernière heure de jour et d’un fort courant favorable pour nous faufiler dans l’étroit chenal passant entre les iles Thursday, Prince of Wales, Hammond, Friday et Goods, débouchant ensuite sur le Normanby sound.
De là, nous longeons le sud du chenal du détroit de Torrès vers sa sortie ouest, la Gannet Pass qui marque l’entrée dans la Mer d’Arafura. Dans toute cette zone, allant jusqu’à une cinquantaine de milles de Thursday Island, les fonds ne sont que d’une douzaine de mètres environ. Pour Moby, ce n’est pas un problème, mais les gros bateaux doivent suivre précisément l’étroit chenal dragué à 12m. Peu de traffic ce soir, seulement 3 cargos sur le début de nuit, nous nous attendions à beaucoup plus.
Conditions de navigation idéales pour la première nuit en mer,
Le vent souffle du sud-est à une vingtaine de noeuds, la mer est plate car nous sommes toujours assez protégés par la côte, et pour parfaire le tableau la lune nous accompagne à partir de 21h. Tout l’équipage apprécie ce type de départ en traversée, lorsque la transition escale/navigation se fait tout en douceur.
Au petit matin de vendredi, nous entamons la traversée de la mer d’Arafura, qui se trouve entre le nord de l’Australie et toutes les iles de la partie orientale de l’Indonésie.
Cette mer a la particularité d’être peu profonde dans sa partie sud et est, zone ou nous naviguons les 3 premiers jours. Cette navigation qui nous fait longer la côte nord de l’Australie nous amène à réaliser une fois de plus l’immensité de ce pays. Il nous a fallu 36 heures depuis le départ pour doubler le cap Wessel, et 36 heures de plus pour passer la longitude de Darwin.
Toujours de belles conditions de navigation, le vent nous permettant de rester assez proche de notre route, en tous cas jusqu’au 4ème jour de mer.
Assez peu de manœuvres, si ce n’est le passage au 2° ris pour les nuits, car le vent montre une tendance à se renforcer en cours de nuit. Deux empannages pour se recaler un peu vers le nord le dimanche matin et la même chose en début de nuit.
Le lundi 19 juin, un peu avant midi, nous sommes survolés par un avion des gardes-côtes australiens. « Border Air Force 112 », un Dash 8, nous contacte par VHF pour nous demander quelques infos sur notre provenance, destination, ETA, nombre de personnes à bord, nationalité, etc, puis poursuit son vol de patrouille vers l’est, le long de la frontière maritime.
Bali se trouve maintenant à 830 milles dans l’ouest. Nous avons donc fait la moitié de la route. Le vent doit baisser un peu et tourner vers l’est. Cela va nous contraindre à quelques empannages et va donc rallonger un peu la route. Nous pensons donc arriver à Bali au plus tôt vendredi soir, mais plus probablement samedi sans trop se presser.
Les jours se suivent et se ressemblent en Mer d’Arafura. La brise tourne à l’est entre 12 et 18 noeuds, avec quelques degrés d’oscillation entre les jours et les nuits. Nous empannons donc deux fois par jour afin d’exploiter au mieux ces variations pour descendre sur la route. Les fichiers de vent prévoient une rotation des vents plein Est puis Est-Sud-Est à une dizaine de noeuds seulement pour les jours à venir. Cela signifie quelques empannages, plus de distance et donc un peu plus de temps pour rejoindre Bali. Les vents et courants sont certes plus favorables sur la partie nord de la mer d’Arafura, mais nous préférons garder nos distances des côtes du Timor et d’Indonésie, réputées denses en embarcations et engins de pêche en tout genre, le plus souvent non-signalés de nuit.
Le 21 en fin de Journée, nous avons dépassé la longitude de l’ile Pulau Roti, à l’extrémité du Timor occidental. Notre route vers Bali est maintenant au 290°, au sud des Iles de la Sonde. Toujours de très belles journées de navigation, angle au vent mis à part, qui nous empêche de faire route directe et nous impose nos manoeuvres d’empannages bi-quotidiennes.
Nous naviguons maintenant au sud des iles Indonésiennes.
de multiples d’empannages les 3 derniers jours de mer
Nous sommes sortis du plateau continental australien, les fonds sont à plus de mille mètres, le courant se fait sentir et la mer n’est plus aussi belle que les premiers jours. Les courants sont assez complexes, car liés non seulement aux marées, importantes dans cette zones, mais aussi au fort courant général de nord-ouest qui provient de la zone Pacifique, via la mer des Philippines, mer de Florès et mer de Java. Les cartes de courants dont je dispose donnent une idée générale du flot, mais nous sommes parfois surpris par la force et la direction de ces courants.
Notre moyenne sur la route a un peu baissé, nous espérions arriver le 23 juin avant la nuit, mais cela semble désormais compromis.
Je choisis donc de rester à une distance confortable au sud des iles de Sumba, Sumbawa et Lombok. Le vent est assez irrégulier sur cette fin de traversée, pour la première fois depuis le départ de Thursday, je note une mer agitée, croisée, au journal de bord.
Plus qu’une nuit en mer et nous arriverons à Bali le 24 au matin. Beaucoup de traffic en se rapprochant des cotes : des cargos, des bateaux de passagers, des bateaux de pêches gros, moyens, petits. Il y a foule sur l’eau en cette dernière nuit. Moins de la moitié de ces trafics sont équipés d’AIS, il faut donc bien surveiller leurs feux pour préparer les croisements.
Au lever du jour, l’ile de Bali est en vue.
Les derniers milles se font avec un courant incroyable de face, car nous sommes au maximum du courant de marée qui s’ajoute au courant permanent portant au sud-ouest présent dans le passage entre les iles de Lombok et Bali.
plus de 8 noeuds de courant dans le Selat Lombok
Heureusement, le vent d’est s’est un peu renforcé au lever du jour et notre vitesse surface nous permet de braver ce courant qui ferait reculer beaucoup de voiliers moins rapides. Je finis d’ailleurs par me rapprocher à moins de un mille de la côte, pour m’abriter de la veine de courant la plus forte.
L’entrée du port de Benoa est en vue.
Nous contournons les cargos à l’ancre et empruntons le chenal d’accès au port. Il est 10h du matin, c’est déjà l’effervescence sur l’eau. Des centaines d’embarcations de tous types transportant et divertissant des touristes traversent le chenal dans tous les sens, au milieu des navires de commerce ou de pêche. Le niveau de pollution de la mer, par le plastique atteint des records. J’essaie au mieux de garder Moby dans une eau claire, car ce n’est pas le moment de colmater nos prises d’eau de refroidissement moteur avec ces saletés.
Nous arrivons peu après à la Marina de Bali, d’ou nous ferons nos formalités d’entrée. La marina et ses pontons sont dans un état de délabrement avancé, mais l’accueil y est chaleureux.
Moby à la marina de Bali
Le nouveau système informatique mis en place par les autorités Indonésiennes pour les bateaux de plaisance est remarquable. J’avais enregistré à l’avance toutes les infos concernant le bateau et l’équipage et il m’a suffi d’un passage aux bureaux des douanes, de l’immigration et du port pour que les formalités soient faites. Ce système est en place depuis une année et fonctionne bien à Bali. Il est normalement en pratique dans tous les ports d’entrée d’Indonésie.
Le mot de Bénédicte :
Passage express de 36 heures à Thursday Island : le temps de nous reposer, de faire les formalités d’immigration de départ d’Australie, et de remplir le frigo pour les 8-9 jours de navigation à venir, direction BALI!
Sa situation géographique, à quelques encablure de la Papouasie-Nouvelle Guinée (PNG) et en plein milieu du détroit de Torres est exceptionnelle. Nous sommes en effet sur la route des « petits » cargos n’empruntant pas le détroit de Malacca, et également sur la route des voiliers quittant et arrivant d’Asie.
La frontière est très surveillée, et les gardes-côtes particulièrement actifs.
Nous apprenons en faisant nos formalités qu’il existe un traité entre les îles australiennes du détroit de Torres et les iles /villages PNG de la côte sud, permettant aux populations traditionnelles la libre-circulation des personnes, et la pratique de leur coutume (pêche, visites, mariages, récoltes etc…). Ils évitent fort heureusement les pénibles formalités de visa sur lesquelles les australiens sont tellement tatillons. En revanche ces habitants « australiens », ne disposent pas de véritable nationalité australienne, et doivent s’acquitter d’un visa pour voyager sur le continent.
Il nous tarde de rejoindre Bali et de reprendre notre programme de voyage. Le stop de 3 semaines à Cairns aura littéralement « mangé » notre temps de séjour indonésien. Aussi l’escale balinaise devra-t-elle se réduire au strict minimum : formalités d’arrivée et de départ, avitaillement, et sans doute tout de même une à deux journée de tourisme pour découvrir cette île si réputée pour son bon-vivre.
Depuis notre départ, les conditions de navigation sont plaisantes, la mer est peu agitée, le vent portant nous fait longer sur un seul bord la côte Nord Australienne. A bord, le programme scolaire est considérablement allégé : Victor a terminé officiellement son année : nous avons respecté la date limite du vendredi 16 juin pour rendre les dernières évaluations. Nous attendons avec impatience son bulletin scolaire, qui devrait contenir de bonnes appréciations.
Arthur a commencé aujourd’hui ses évaluations de fin de trimestre,
et à raison de 1 à 2h de travail par jour, nous aurons terminé avant d’arriver à Bali.
Nous avons donc du temps pour lire, discuter, cuisiner, faire des jeux de société, regarder la mer…
le coup de fil hebdomadaire aux grands-parents
Depuis notre départ, nous avons eu la change de croiser un lamentin, furtivement, car nous naviguions à 10 noeuds quand nous l’avons vu plonger. Il ressemblait à un énorme phoque pour sa nage et son plongeon, sa peau était marron clair tirant sur le doré.
Je n’ai malheureusement pas pu immortaliser le mammifère, mais en revanche, nous avons croisé deux serpents de mer, blancs, d’environ 2m de long, qui nageaient en rond à la surface. Autre curiosité : les poissons volants, de belle taille, qui atterrissent sur le trampoline. Nous allons tous les matins les rejeter à la mer. La plupart sont mort, mais nous arrivons parfois à en sauver quelques-uns.
lancer de poisson-volant
Il ne reste plus qu’à croiser un crocodile, et nous aurons fait la connaissance de toutes les curiosités aquatiques locales….
Traversée entre Bali et Cocos (Keeling), 1100NM
de nombreux bateaux de pêche sur la route
C’est à la mi-journée du vendredi 30 juin que nous quittons Bali pour L’ile Australienne de Cocos(Keeling), distante d’un peu plus de 1100 milles, route au 260°. Le vent d’Est, entre 10 et 15 noeuds nous permet de nous éloigner assez vite des côtes, aidés en plus du fort courant du Selat Lombok, qui nous est favorable
Nous filons bâbord amure sous grand-voile et gennaker à une dizaine de noeuds.
Pour cette petite traversée qui doit durer entre 5 et 6 jours, les prévisions météo sont bonnes. Le vent est prévu à une quinzaine de noeuds pour les deux premiers jours, puis mollira à une dizaine de noeuds avant de se renforcer à environ 25 noeuds sur la fin du trajet. Seul bémol, lorsque le vent d’est-sud-est soufflera à l’approche de Cocos, il sera accompagné d’une forte houle de sud-ouest, générée par une grosse dépression lointaine, qui traverse le sud de l’océan indien en cet hiver austral. Je choisis donc de faire route légèrement au sud de la route directe, afin de nous décaler progressivement et de bénéficier d’un angle plus favorable avec le vent et la mer lorsque les conditions se renforceront.
un paisible déjeuner en mer
Du 1er au 4 juillet, un très beau temps, conforme aux prévisions nous accompagne. Le vent d’est, faible à modéré nous donne de belles conditions de navigation, sous un beau soleil d’hiver. Une baisse du vent le 4 au matin me confirme que nous allons passer de l’influence d’un anticyclone à l’autre, et que nous pouvons nous attendre à une rotation des vents au sud-sud-est dans les heures à venir. Cette situation se confirme en fin d’après midi. Le vent augmente graduellement et le code 0 vient remplacer le gennaker, et le premier ris est pris en début de nuit. Au lever du jour le 5, le code 0 est rangé, place au solent, puis nous prenons le 2° ris, non pas à cause du vent, mais car la houle nous arrive de 3/4 avant bâbord et il faut rester à environ 8 noeuds pour garder un bon confort. Le ciel est couvert, avec quelques averses, cela nous change des jours précédents. Vers midi, nous dépassons le voilier Ariel IV, de nos amis suédois Erik et Birgitta, partis 2 jours plus tôt que nous de Bali. Ils en sont déjà à leur deuxième tour du monde plus un passage du Nord-ouest sur leur joli monocoque de 16m en acier.
Les milles défilent de plus en plus vite pour Moby, et il nous faut ralentir, non-seulement pour le confort mais aussi pour ne pas arriver avant le lever du jour à Cocos, car l’entrée dans le lagon ne peut se faire que à vue, pour rejoindre l’abri du mouillage. Nous prenons donc le 3° ris avant la nuit, puis finissons par enrouler complètement le solent. Ce ne sera pas suffisant, le vent montant à une trentaine de noeuds, je suis à portée de la passe de Cocos vers 3 heures du matin. Je tire donc quelques bords sous le vent de l’ile, bien abrité de la houle, en attendant le lever du jour.
Dès que la lumière est suffisante, nous entrons dans le lagon et allons mouiller sous le vent de Direction Island, seul mouillage autorisé dans l’atoll de Cocos.
A 9h, le fonctionnaire australien en charge des formalités nous rend visite à bord, les passeports tamponnés, nous allons pouvoir profiter de ce magnifique lagon bleu.
4 bateaux au mouillage de Direction Island
Le mot de Bénédicte :
Cette traversée fut d’autant plus agréable que nous avions à bord un équipier de choix : mon frère Thomas, qui avait déjà traversé l’Atlantique avec nous en février 2016, et qui nous a rejoint à Bali.
Un troisième adulte à bord est appréciable pour le partage des tâches (Merci Tom pour la vaisselle!!!), et surtout pour les quarts de nuits. Nous partageons la nuit en 3 : je continue à prendre le premier quart, de 20h30 à minuit, Thomas celui de minuit à 3h30, et Loïc celui du petit matin de 3h30 à 7h. Cela nous permet d’avoir de bonnes nuits de sommeil.
Thomas s’occupe aussi beaucoup de ses neveux : il initie Anna à la guitare
et organise de petites expériences scientifiques pour les garcons, du yoga/relaxation pour les petits
Il faut dire que les enfants sont en vacances, il n’y a donc plus d’école à bord tous les matins, ce qui nous laisse plus de temps que d’habitude pour bricoler, faire des jeux de société, en particulier le Carcassonne, notre jeu préféré à tous : ce jeu de stratégie est abordable, puisque nous y avons initié les plus jeunes dès 5-6 ans, et qu’enfants ET adultes y trouvent autant de plaisir. Les nombreuses extensions de jeu développées depuis quelques années permettent aussi de mettre un peu de fantaisie et de nouveauté.
Côté animaux, nous sommes chanceux, et croisons en pleine mer, la veille de notre arrivée, des dauphins!
Cette traversée passe très vite, en 6 jours à peine, nous voilà arrivés dans un mouillage de rêve, avec des copains, et sur un atoll à l’histoire étonnante.
Moby au mouillage aux Chagos avec nos bateaux-copains de l’Indien : Shuti, Cool Runnings et Ariel IV
Traversée Cocos (Keeling)- Atoll de Salomon, Chagos : 1520 NM
En ce 14 juillet, c’est une étape de 1520 milles nautiques que nous avons devant nous pour rejoindre les Chagos, plus particulièrement l’atoll de Salomon qui se trouve dans la partie nord de l’archipel.
notre trace entre Cocos (Keeling) et les Chagos
Au plus fort de l’hiver austral, la situation générale météorologique est classique et bien réglée sur l’Océan Indien : les grosses dépressions générant du très mauvais temps se succèdent vers 45-50° de latitude Sud. Au dessus, centrés par 25-30°S, de puissants anticyclones alimentent le régime d’alizés de sud-est. Enfin, plus au nord, c’est l’équateur météo où convergent les alizés des deux hémisphères, zone de basse pression relative, peu active à cette saison.
situation générale sur l’Océan Indien au matin du 16 juillet 2017
La particularité météo pour la zone nous concernant, c’est ce que j’appelle le « triangle de Sumatra » : c’est une vaste zone triangulaire d’environ 800 milles de coté situé juste à l’ouest de l’ile de Sumatra. Des calmes plats y règnent la majeure partie du temps, seulement rythmés par de très violents grains orageux. Dans cette zone, il est courant de voir une bulle de basse pression se former, puis descendre plein sud, donc vers Cocos en se creusant et en donnant naissance à une dépression de taille limitée qui trouve son chemin entre le passage de 2 anticyclones. Ces phénomènes ne sont pas dangereux en hiver, mais peuvent donner des conditions de mer et de vent fort où un plaisancier ne souhaite quand même pas se trouver. Il est donc important de quitter Cocos en ayant vérifié qu’un tel phénomène n’est pas en formation lors du départ.
Un tel système est passé légèrement dans l’Est de Cocos le 12 juillet et s’est éloigné dans le sud, nous sommes donc tranquilles pour quelques jours et profitons le jour du départ d’un bon alizé. Départ en début d’après-midi, nous choisissons de partir tribord amure, vers le nord et nous rallonger donc la route, juste pour aller longer l’ile de North Keeling qui se trouve au nord à une quinzaine de nautiques. Le débarquement y est interdit, mais nous souhaitons passer assez près pour voir à quoi cette ile ressemble, par simple curiosité. Après être passé sous le vent de l’ile, nous abbattons en restant tribord amure et attendons le soir avant d’empanner cap à l’ouest.
Partis avec 2 ris dans la grand-voile et le solent, nous prenons le 3° ris pour la nuit. La mer croisée ne permet pas de bien glisser, alors mieux vaut réduire un peu la vitesse, le gain confort est appréciable, surtout la nuit.
Le lendemain, 15 juillet, nous voyons les cibles AIS de nos amis de Shuti et Cool Runnings à une quinzaine de milles dans notre sud. Ils sont partis 8h plus tôt que nous de Cocos. Nous nous appelons par VHF. Pour eux, ces conditions musclées sont encore plus dures, car leurs catas ne font que 38 et 40 pieds. D’ici 2 à 3 jours, le vent doit mollir un peu et la houle croisée doit disparaitre, il faut être patient. Nous nous souhaitons une bonne traversée et nous donnons rendez-vous aux Chagos à leur arrivée.
Dans la nuit du 15 au 16, nous sommes rattrapés par deux grains, accompagnés de rafales à 35 noeuds et de fortes averses. Mais nous avons la toile du temps car nous avons toujours nos 3 ris et le solent un peu roulé.
Grand voile 3 ris
C’est toujours ça de pris de ne pas avoir à manoeuvrer de nuit. En revanche, entre les grains, nous sommes sous-toilé mais sommes toujours entre 7 et 8 noeuds, pas de quoi se plaindre. Au matin, le ciel reste très chargé, mais le vent est régulier, toujours autour de 25 noeuds. Nous nous installons dans la routine des traversées, au rythme des repas, des quarts et de la marche du bateau. Les conditions restent musclées plusieurs jours et l’accalmie relative prévue au départ tarde à arriver. Le vent d’est-sud-est des 4 premiers jours nous permet de faire une route à l’ouest et même de gagner quelques milles vers le nord. Nous avons en effet besoin de monter de 7 degrés pour rejoindre la latitude de Chagos.
Loïc aperçoit sous l’eau cette énorme masse bicoloreC’est une baleine!
A partir du 19 juillet, le vent commence sa rotation vers l’est et baisse d’une force en moyenne. Nous empannons pour naviguer tribord amure et le 3° ris est enfin largué. La mer est beaucoup plus agréable sur ce bord, car les vagues nous viennent maintenant de l’arrière. Le bateau glisse sur l’eau et part régulièrement dans des surfs à plus de 20 noeuds. En début de nuit, lors du quart de Bénédicte, et alors que je dors dans ma cabine, je suis réveillé par un surf rapide. En fait, c’est la durée de ce surf qui me tire de mon sommeil, car il dure vraiment plus longtemps que les autres. Rien d’inconfortable, la glisse est bonne mais je monte quand même sur le pont pour voir. Bénédicte a le sourire, tout va bien, nous ne sommes pas sur-toilé, les conditions de hauteur et de longueur des vagues sont juste parfaites pour Moby. Un coup d’oeil aux instruments qui ont enregistré la pointe de vitesse : 26,67 noeuds! Nouveau record! Je retourne me coucher.
A l’arrivée de cette traversée, Moby a battu un nouveau record de vitesse
Le 20 juillet, le temps change. Le vent moyen est au 110° et varie beaucoup en direction et en force. Il était prévu entre le 080° et le 090° sur la zone, depuis notre départ et ceci avait motivé ma stratégie de navigation de ne faire de tribord que sur les derniers jours. C’est raté! C’est souvent comme ça sur la fin d’une traversée et c’est assez logique, car il est possible de caler le départ pour bénéficier de conditions optimum, mais après 5 jours on est forcé de prendre ce qui vient et la réalité est parfois un peu différente des prévisions. De plus, en se rapprochant de l’équateur, le gradient de pression est généralement faible et les fichiers météo ne sont pas toujours précis. Les changements entre deux prévisions prises à seulement 12 heures d’intervalle m’ont déjà laissé perplexe.
nous croisons la route des cargos entre le détroit de Malacca et l’Afrique du sud
Il nous faut donc pas mal manoeuvrer pour maintenir la moyenne et espérer l’arrivée le 21 avant la nuit. L’après-midi du 20 nous fait perdre l’espoir d’une arrivée le lendemain. Le vent nous à lâché et nous peinons à garder un gain sur la route de 5 noeuds.
Le vent revient un peu en début de nuit et nous remontons tranquillement vers le nord-nord-ouest, tribord amure. Nous sommes à environ 150 milles dans l’est de Diego Garcia et Salomon est au nord-ouest à 210 milles. La journée du 21 est belle, avec toujours un vent irrégulier entrainant quelques manoeuvres. En fin d’après-midi le ciel se couvre et nous apercevons assez loin de gros cumulonimbus, annonciateur de grains. Comme l’arrivée à Salomon est assurée demain matin, nous prenons 2 ris dans la grand-voile et surveillons de près le déplacement des grains. Dès la nuit tombée, ces grains génèrent tant d’éclairs qu’il devient facile de les localiser. Nous n’hésitons pas à changer radicalement notre route pour garder une bonne distance. Nous y parvenons assez bien mais préférons prendre un troisième ris au cas où. Quelques soudaines et brèves rafales à plus de trente de noeuds arrivent jusqu’à nous, mais nous évitons les averses. En milieu de nuit, les orages s’éloignent et laissent place à un ciel couvert et une pluie continue.
Au lever du jour, nous faisons notre dernier empannage à proximité des récifs de Blenheim et filons vers la passe de l’atoll de Salomon.
arrivée à Peros Banhos sous un grain
Nous appelons le Pacific Marlin, le navire de surveillance du BIOT pour les informer de notre arrivée. Entre 2 averses, nous apercevons l’Ile de la Passe. Arrivés sous le vent de l’ile, nous affalons les voiles et à la demande de nos amis de Cool Runnings et de Shuti effectuons une reconnaissance d’une possible zone de mouillage d’attente au cas ou ils arriveraient de nuit. Il s’avère qu’il n’y a aucune zone satisfaisante à l’extérieur de l’atoll.
Nous pénétrons ensuite dans l’atoll en prenant soin de relever quelques way-points et allons mouiller entre l’ile Fouquet et l’ile Takamaka, sur un joli fond de sable et une profondeur de 4m.
Ce séjour aux Chagos sera l’un des plus beaux et mémorable de notre voyage.
Ce qui nous frappe dès que nous arrivons sur l’une de ces magnifiques plages des Seychelles c’est que le sport préféré des touristes est le Selfie : le plus souvent en couple (la destination est très prisée des jeunes mariés en voyage de noces et autres amoureux en vacances à deux), mais aussi en solo, pour instagrammer la toile de vues de dos (la grande tendance cet été, sisi!)J’en apprend beaucoup sur la manière de montrer une cuisse fuselée en image, de masquer son estomac en posant de côté…Je découvre des voyageurs très organisés qui remballent dans leur sac de plage des accessoires de pro : selfie-sticks étanches pour se photographier dans les vagues, pieds escamotables pour de vrais portraits de couple de pied, drone pour s’immortaliser comme seuls sur la plage, ou qui font des milliers de kilomètres avec des licornes ou des cygnes roses gonflables… Car quand on vient passer des vacances aux Seychelles, il faut aussi le montrer, il faut que sa se sache et que ça soit beau, quitte à se mettre en scène…
Selfie en marchant?eh non! : Monsieur filme madame qui avance à reculons…
Nous nous sentons… décalés… Depuis 18 mois que nous sommes partis en grand voyage, les Seychelles représentent sans doute la destination la plus touristique que nous ayons fréquentée. Touristique dans le sens « tourisme organisé » : pas un backpacker (à 300 euros la nuit dans un 2 étoiles, ça décourage…), ni un touriste local (le pays ne compte que 90 000 habitants) : il n’y a guère de place que pour un tourisme de couple haut de gamme dans des hôtels de luxe. Bien que ce soit les vacances scolaires en Europe et aux Seychelles, nous détonnons un peu avec notre marmaille …et croisons beaucoup de mariés…
mariage à Anse Volbert, Praslinphotos de mariés à Anse Georgette, Praslind’autres mariés à Anse Lazio
A part nos amis de COOL RUNNINGS et de SHUTI , qui nous ont suivi depuis les Chagos, nous ne croiserons pas UN SEUL autre voilier de grand voyage comme le notre : il semble que les navigateurs aient renoncé à cette destination, particulièrement bureaucratique et chère pour les yachties. Le pays sort tout juste de 40 années de régime autocratique et prend tranquillement le chemin de la démocratie. Cela reste un communiste très édulcoré , plutôt joyeux et accommodant : du travail pour tous, en particulier aux poste de contrôles (j’ai rarement vu autant de policiers, gardes, contrôleurs en tous genre, inspecteurs…..), une éducation pour tous, une médecine gratuite, un accès limités aux investisseurs étrangers….
Le revers de la médaille, c’est qu’après avoir pendant des années investi seulement dans le tourisme hôtelier haut de gamme, le dernier président a livré le pays aux investisseurs du Golfe Persique. Depuis, 40% de la compagnie Air Seychelles a été cédé à Etihad, de colossaux investissements ont été faits dans des villas et commerces de luxe, et petit à petit, une main-d’œuvre étrangère supplée les travailleurs Seychellois. Il faut dire que la jeunesse du pays est affreusement touchée par la drogue : il se dit que plus de la moitié des moins de 35 ans sont dépendants à l’héroïne. Engendrant des grossesses trop précoces, et de nombreux orphelins. Nous croiserons à la marina nombre de ces jeunes hommes shootés, venus chercher des petits boulots et ouvrant l’oeil sur les rapines possibles. Par ailleurs, les casinos vides pullulent : signe de blanchiment d’argent, essentiellement en provenance de Russie et du Golfe persique. En échange de cette main-mise économique, les investisseurs du golfe ont financé des services hospitaliers, des orphelinats, des éoliennes dernier-cri, une centrale thermique, un tout nouveau centre d’entraînement de gardes-côtes…
En haut de la montagne qui surplombe Victoria, celle immense bâtisse, qui détonne tellement avec l’architecture créole et les élégantes villas du bord de mer : la résidence du Sheik Khalifa d’Abu Dhabi, ….
Gageons que les Seychelles restent gagnantes dans ce rapport de force, gardant leur authenticité et leur style de vie si attachant.
Si nous avons choisi cette destination, c’est pour pouvoir facilement profiter de la famille et des amis, à seulement 10 heures d’avion de Paris, en vol direct : ça faisait bien longtemps que Moby n’avait été si accessible!
Les première formalités sont vite réglées dans la matinée de notre arrivée, et nous mettons cap sur la marina d’Eden Island,
la marina D’Eden island
immense complexe de villas haut de gamme à plusieurs millions d’Euros.
Le complexe d’Eden Isand
Plage artificielles, entrée sécurisée, déplacements en voiturette, place de ponton devant la maison, vie en autarcie avec supérette, restaurants, boutiques, médecins : ET ça plait!
la marina est toute neuve, super propre, et on y croise même des tortues!
Nous commençons par accueillir nos amis de longue date Anne et Erwan,
avec leurs filles Gwenn et Liz, ma filleule.
Erwan et GwennAnne et Liz
Plus que des amis, ils font presque partie de la famille : ils sont parrain et marraine des enfants, nous les avons souvent accueillis à Maurice quand nous y habitions, et avons déjà partagé de belles croisières aux Antilles il y a plus de 20 ans.
L’avitaillement est facile : le marché de Victoria est à 10mn en voiture.
au marché de Victoriacamarons rôtis, petsaï sauté au gingembre, achard de mangue au bilimbi
Je fais le plein de vitamines et retrouve avec plaisir les produits préférés de l’Océan Indien : limons, camarons, chatinis, bananes mamz’elle, ananas Victoria, cotomili, petsaï…
régime de mini-bananes « Lady Finger »
Les enfants s’activent aussi et participent : Arthur m’accompagne au supermarché : ses talents de pilote de caddie me sont précieux!
de retour du supermarché
Victor, avec ses épaules solides, revient du marché bien chargé
Anna m’aide à briquer la cabine de nos invités.
Les enfants sont heureux de se retrouver, ils se connaissent depuis toujours.
Et Anna est particulièrement excitée de se retrouver avec des grande filles : ça lui change de ses deux frères!
Gwen et Liz découvrent les plaisirs de la chaise de mat.
Le temps n’est pas au beau fixe, il pleut plusieurs fois par jour!
Enfin, nous quittons la marina pour un premier plouf à Ste-Anne!
Déjà quelques hôtels et chambres d’hôtes
Le lendemain, nous filons vers notre premier mouillage, et longeons la côte nord-est : les quartiers chics, et de belles maisons
spectaculaire demeure : on dirait une Malouinière croisée avec une maison créole!
Erwan est à la barre, serein! Holidays!
Non loin de Beauvallon, nous nous arrêtons sur une petite plage, pas touristique, secret bien gardé des locaux…
L’avantage de ce ciel partiellement couvert, c’est qu’il nous offre de très beaux couchers de soleil
Le lendemain, nous mettons cap sur l’île de Praslin, réputée pour ses plages si photogéniques.
Nous passons l’après-midi à l’Anse Georgette, qui jouxte le célèbre Hôtel Lémuria. Les enfant s’éclatent dans les vagues.
La descente en annexe est impossible, comme sur la plupart des plages des Seychelles, le shore-break est important.
En effet, ces iles granitiques ne sont pas protégées par une barrière de corail, et leur rivage laisse passer la houle, un peu comme aux île Marquises.
Nous dormons au mouillage de la fameuse anse Lazio,
le soleil de fin de journée est très beau. En l’honneur de nos invitées (qui voyagent léger mais ont tout de même apporté quelques jolies tenues), nous décrétons que Tous les soirs sur Moby, les robes seront de sortie!
Le lendemain matin, nous partons entre filles explorer en SUP les différentes criques de l’anse Lazio.
Les enfants reviennent d’une expédition…
Nous retournerons plusieurs fois à l’Anse Georgette, décidément notre plage préférée des Seychelles.
D’abord parce qu’elle est si photogénique,
de petite taille,
et accessible uniquement par la mer, par un chemins de randonnée, ou via l’hôtel Lémuria. Pas de route.
Les bateau de charter ne s’y arrêtent pas, et seuls quelques bare-boats (locations de cata sans skipper), s’y arrêtent quelques heures, mais jamais pour la nuit, ce qui fait que nous seuls au mouillage tous les soirs et tous les matins. La plage est déserte jusqu’à 9-10h, heure à laquelle apparaissent les premiers touristes.
L’exception c’est un matin où nous voyons dès 7h du matin une table être dressée sur la plage : ce sont des clients du très chic hôtel Lémuria venus en famille prendre le petit déjeuner sur la plage déserte!
Les vagues enchantent les enfants, qui s’éclatent en bodysurf, en bodyboard et en skimboard.
Sous les yeux d’Anne et Erwan en maître-nageurs/sauveteurs
Les enfants participent à la vie du bateau :
Arthur initie Liz au remplissage des bouteilles d’eau via le goutte à goutte du dessalinisteur, ou via les tuyaux de récupération d’eau de pluie
Gwenn assiste Erwan au mouillage de l’ancre.
Liz m’aide à la confectoin des pains pita. En effet le four est en panne, alors j’ai eu l’idée de tester ces petits pains que l’on cuit à la poèle. Parfait!
Nous continuons à explorer les îlots autours de Praslin; Félicité est particulièrement photogénique avec ses gros rochers granites et striés, et ses villas de luxe flanqués sur les coteaux. La clientèle arrive en hélicoptère : Son rivage est réputé pour son snorkeling. Nous sautons à l’eau en palmes, masque et tubas : en effet, les poissons sont superbes, très colorés,
Dory!
poisson-chirurgien « powderblue »
poisson-papillon
poisson chirurgien
poisson coffre
poisson napoléon
poisson perroquet
poisson ange-empereur
bone-fish
Sergent-major
Carangues Bleues
mais les coraux sont très décevants : ils ont été blanchis par les vagues successives de chaleur des années El Nino.
Je pars explorer la petite plage.
L’hôtel est très joliment décoré dans un style ethnic-chic
Les vagues déferlent sur la minuscule plage
Nous partons le lendemain explorer la Digue, la plus petite des 3 îles principales des Seychelles.
La manoeuvre d’arrivée dans le port est tout un art!Pas de quai, on s’amarre à la méditerranéenne, ancre devant et aussières à terre.
Les catas entrent au chausse-pied, se glissant les uns entre les autres en se poussant de côté, c’est folklorique!
Heureusement, nous nous sommes mis un peu à l’écart avec les monocoques, et n’avons pas de voisin pour l’instant.
Malheureusement , il y a pas mal de vent de travers, il nous faut aller mouiller une seconde ancre pour ne pas tomber sur notre voisin.
A la Digue, on ne circule qu’en 2 roues.
Il y a encore une dizaine d’année, on y trouvait des char à boeufs, mais ils ont été remplacés par des voiturettes électriques-certaines sont joliment customisées!!, ou de curieux petits camions aménagées en minibus.
Les enfants sont tout excités de faire du vélo. Je prend Anna en tandem, elle est ravie!
Ca me faire du sport : en effet les pédales sont bien trop loin pour elle, et je pédale pour 2.
Loïc reste à bord : en effet, le vent souffle, et il est probable que des nouveaux bateaux arrivent de part et d’autre de Moby : il vaudra mieux être à bord en cas de manoeuvres. Nous partons sur les petites routes de la Digue!
Les vélos ne sont pas chers mais d’une qualité médiocre! Arthur déraille 3 fois,
Erwan manque de chuter : sa roue est voilée et prête à se détacher. Mais le service après-location est au TOP, et on arrive nous dépanner en 5 minutes.
Nous arrivons tant bien que mal dans le sud de la Digue et ses plages sauvages!La mer est démontée, nous sommes sur la côte au vent. Nous arrivons à Grand Anse
traversons un gué, puis un petit col,
et nous voilà à Petite Anse
Le sable est fin comme de la farine, on s’enfonce jusqu’à la cheville!
le Beach Bar
Le chemin côtier fait presque tout le tour de l’île, et je serais bien restée l’explorer à pied, mais les enfants veulent se baigner sans se faire brasser…. Comme tous les touristes autour de nous, nous profitons de ce cadre majestueux pour faire quelques photos souvenir :
et faisons demi-tour : cap vers Anse Source d’Argent, la plus célèbre plage de La Digue.
Il nous faut passer par le parc qui abrite un petit jardin botanique
et des cultures de vanilleDevant l’enclos aux tortues, les enfants ne peuvent rester indifférents, et donnent quelques feuilles à ces gros reptiles ancestraux. Ces tortues sont endémiques des Seychelles, et préservées au sein de parc comme celui de l’île Curieuse où nous irons bientôt, ou comme sur l’île d’Aldabra, réserve naturelle protégée, et la plus grande concentration au monde de tortues terrestres.
Nous continuons, et arrivons à destination.Une première plage,
puis une autre crique : les enfants sautent à l’eau. Anne, Erwan et Gwenn se reposent et s’offrent un shooting photo dans ce cadre idyllique.
Je pars explorer la côte avec les plus jeunes. Nous passons par un dédales de roches,de passages secrets, de mini-criques,
de plages désertes,
et tout au bout, la fameuse plage de Source d’Argent avec son bar à cocktails vitaminés.
Au retour, en pédalant, nous profitons de la vue et du chemin,parsemé de charmantes maisons créoles,
chambre d’hôtes, petits hôtels,
chapelles,cases créoles colorées,
églises
et bars à jus….etc…
Ce soir, c’est pizza pour les enfants, et resto pour les grands. On nous a en effet recommandé le Fish Trap pour un dîner sur la plage.Déjà 8 jours que nous préparons 3 repas par jours pour 9 personnes : Anne et moi sommes ravies de nous faire servir!
Pour l’occasion, nous sortons les robes dos-nus.
Santé!
Bien souvent, en mer, nous observons plusieurs fois des ailerons à la surface. Les paris sont ouverts : dauphins, requins, ?? Ce sont en fait des raies aigle léopard.
Nous en croiserons très souvent.
Totalement inoffensives car très craintives, il est fort improbable qu’elles nous blessent de leur dard.Loïc en sauvera même une de l’asphyxie : la pauvre a sauté sur le ponton de la marina! Elle frappe le sol de ses ailes, mais ne parvient pas à rejoindre la mer.
Les enfants ébahis en profitent pour observer son corps massif et son bec de dauphin.
D’un coup de rame, Loïc la soulève et la fait glisser dans l’eau. Quelle coup de stress pour le pauvre animal.
J’ai rapporté de Bali des paréos pour les filles! Nous les essayons en jupe,
et DJ Erwan nous met la Zik! Ambiance « choré » à bord de Moby!
Nous sommes de retour à Georgette, sur Praslin, car le garçons veulent aller jouer le lendemain au Golf du Lémuria.
Encore une fois, c’est l’éclate dans les vagues, qui sont assez grosses ce soir.
Je profite d’un allez-retour au bateau pour ramener des bières : ce soir, nous prenons l’apéro sur la plage au coucher du soleil.
Tous le monde se lève tôt demain, car aller au golf depuis Moby, c’est tout une aventure! Loïc est allé chercher sur la plage s’il trouvait des balles perdues….
Pas moyen de descendre en annexe, les gars iront donc à la nage, avec leurs affaires dans un sac étanche.
Ils sont très organisés : une fois à terre, petit rinçage au bidon d’eau douce, habillage, et c’est parti!
C’est un très beau 18 trous, assez technique, plein de dénivelés et de plans d’eau :
Le clou du parcours, c’est le trou n’° 13, dont voici le départ surplombant la mer :
avec un dénivelé de 70m, et green…en contrebas. Ver-ti-gi-neux!
Pendant ce temps, nous préparons un pic-inc ;
Là non, plus, ce n’est pas une mince affaire que d’amener tout cela à terre.
Après le sport, et quelques heures en plein soleil, une petite sieste s’impose!
Nous faisons escale à Ste-Anne, et sommes accueillis dans la petite marina de Dream Yacht Charter, Parcequ’ il nous faut nous avitailler de nouveau, et que c’est aussi le moyen le plus pratique pour aller demain visiter la vallée de Mai.
En attendant, Valentine, une jeune femme de Praslin nous a proposé de cuisiner pour nous. Nous sautons sur l’aubaine : mieux qu’au restaurant, nous nous régalons d’un BBQ de babonne et poulet, de pommes de terres, d’un curry de poulet, avec achard de papaye, salade composée, riz aux légumes, le tout superbement préparé dans des barquettes fort pratiques et chaudes!
Génial, le take-away à la Seychelloise!
En général, le midi à bord de Moby, je cuisine vite fait, car le temps manque et que nous sommes actifs. J’assemble rapidement une salade composée, ici aux pois chiches, détaille des crudités, et sors du pain, du beurre, du fromage et de la charcuterie pour les sandwiches (buns, pain de mie, pita ou wraps etc…)
Ce matin nous partons pour la vallée de Mai, seule réserve naturelle terrestre des Seychelles avec l’île d’Aldabra. C’est aussi le plus petit territoire classé au Patrimoine Mondiale de l’Unesco. Sa particularité : abriter le célèbre Coco de mer (appelé aussi plus vulgairement Coco-fesse), palmier endémique de Praslin, dont la noix a une forme aussi évocatrice.
Nous partons avec Valentine, notre guide pour la matinée, à la rencontre des ces géants tropicaux, qui peuvent vivre plusieurs centaines d’années.
pied femelle chargé de petits ovulespied male avec ses longs cheveux
Il y a les pieds mâle et les pieds femelles.
pied femelle fécondé de noix
Il y a aussi les différents appendices que nous présente Valentina:
appendice mâlefruit : la noix du coco de mer
Cette visite est surtout l’occasion de déambuler dans une nature bucolique,
sous la fraîcheur des arbres dont la canopée monte à près de 30m!
Les enfants sont captivés par l’histoire du coco de Mer : la noix mature et pleine pèse pas loin de 25kg.
Nous découvrons aussi d’autres espèces et petits animaux endémiquesLe retour se fait comme l’aller : en bus! Il ne reste de places qu’à l’avant, et dans la vertigineuse descente en lacets qui nous mène des hauteurs de Praslin au port de Ste-Anne, je me crispe plus d’une fois aux poignées!
Nous quittons Praslin pour rejoindre Mahé. Erwan attend depuis 8 jours que la ligne fuse, et ça y est! C’est un thon blanc, (Abacore en Francais, Yellow Fin en anglais) d’une dizaine de kilos
: ce qui se fait de mieux pour les sashimis! Erwan ferre la bête, la remonte,
Loïc la gaffe, et je lève les filets
un vrai travail d’équipe.
J’ai déjà en tête le menu qui suivra : trilogie de thon : sashimis, makis et mi-cuit de thon.
Et pour les enfants : nuggets de thon aux herbes, ils en raffolent
Yellow : c’est la couleur du jour!
Nous arrivons à Mahé, nous passons devant les îles de St-Anne et de Cerf où l’on distingue hotels de luxe et villas sur la plage.
Encore une fois, Moby est envoyé sur le ponton des super-yachts : nos voisins sont ce yacht de surveillance et d’assistance du sheik disposant d’impressionnants systèmes de communication…, un catamaran de 25m, et des bateaux de pêche au gros rutilants de chrome.
la marina D’Eden island
Nous fêtons aujourd’hui l’arrivée de mon frère Thomas, son amie Sonia ainsi que mes parents. Ils ont affrété pour l’occasion un Lagoon 52 chez Dreamyacht, avec skipper et hôtesse pour une navigation en tandem.Un pied de plus que Moby, mais un volume et des espaces de vie bien plus importants.Chaque soir, nous nous retrouverons tous ensemble à bord de Colombo;
dîner des enfants
Nous profitons de ces 24h à la marina pour faire une petite toilette à Moby.
Erwan met la main à la pâte
Le soir les filles se font belles en l’honneur des nouveaux arrivants.
Les garçons ne sont pas mal non plus!
Nous partons pour les 5 jours qui viennent faire le tour de Mahé. Toujours, sur la côte, des villas toutes plus originales les unes que les autres; style créole ou moderniste, elles s’intègrent toujours parfaitement dans le paysage.
Port Launay fait l’unanimité! : et pourtant,ce n’est pas facile de plaire à tous. Nous sommes 13 en tout sur 2 bateaux, âgés de 5 à 70 ans,
le spot de surf, derrière la croix…
SUPers, surfers, amateurs de plages et de longues promenades au soleil couchant sont ravis.
La lagoon 52 offre une super plateforme de bain, et un cockpit immense qui peut tous nous accueillir.
La soirée commence bien, avec ce vendeur de plage, venu nous proposer de l’eau de coco fraiche.
Le lendemain, nous mettons cap sur l’île Thérèse, à quelques encablures de Port-Launay.
l’îlot Thérèse
L’île est déserte, merveilleusement photogénique et sauvage à souhaits. Nous sommes les seuls ce matin. Dans quelques heures, des touristes débarqueront pour y déjeuner de BBQ sous des abris de bois et de tôle. Nous savourons cette tranquillité : l’île est à nous le temps de la matinée!
Nous partons à pied explorer le rivage et découvrons les fleurs du Takamaka, très odorantes, typique des plages Seychelloise, au parfum mêlé de miel, d’ambre et d’embruns.
Nous découvrons d’étranges formations granitiques créées par l’érosion.
Après le sport du matin et un copieux déjeuner c’est l’heure du café/sieste à l’abri de la voile d’ombrage sur Moby.
Papily et Mamily descendent à la plage avec les enfants. Victor et Loïc ont repéré une jolie vague à surfer.
Ce soir sur Moby, c’est la fête! Nos amis partent demain après plus de deux semaines passées à nos côtés; ils vont nous manquer!
Le lendemain, c’est la dernière nav’ retour à Victoria avec Anne et Erwan ;
Anne
Thomas et Sonia sont venus naviguer avec nous pour l’occasion.
Nous faisons escale à l’Anse Soleil pour déjeuner et faire un dernier plouf. Là encore, les vagues ravissent les enfants.
En longeant la côte s’égrènent les noms d’hôtel prestigieux. Là, le Four Seasons, qui s’étend sur plusieurs coteaux. Ici, on est dans l’ultra-luxe, avec des villas individuelles exclusivement, pour 2, 4 ou 12 personnes!
Sur la route retour, nous remontons une jolie dorade coryphène Elle se débat comme un diable!
Mais le captain est lui aussi coriace et a raison de la bête!
Qui finira comme les autres : en filet, au four accompagnée de sauce aux fruits de la passion : une émulsion de jus de fruit de la passion frais, monté au fouet à feu très doux avec de l’huile d’olive, un peu de sel et de poivre : un véritable régal.
Il est temps de se dire au revoir, Anne, Erwan Gwenn et Liz rentrent en France reprendre le travail et le chemin de l’école : ils vont nous manquer!
bye-bye Liz!bye-bye Gwenn
Nous continuons encore une semaine de croisière en tandem avec mes parents et mon frère qui sont sur Colombo, le Lagoon 52 de Dreamyacht.
Nous longeons les iles de Cousine et Cousin. Encore de somptueuses demeures,
Le coucher de soleil sur l’Anse Lazio est magnifique.
Nous avons la surprise, le lendemain matin, de voir la plage défigurée par une zone de baignade à bouées jaunes. Il s’agit en fait d’un filet anti-requin. Il était absent la semaine dernière lors de notre passage, pour réparations, et là, il en manque encore la moitié! Les autorités en ont mis en place après les 2 attaques mortelles de 2011, et les ont laissés en place depuis.
Les vagues sont petites mais propices au skim et au bodyboard.
Ici, pas besoin de photoshoper les images, les couleurs sont sublimes!
Le touristes se sont d’ailleurs donné le mot, avec ce beau soleil, ils prennent tous des films et des photos.
Parfait aussi pour la grande balade pied sur la plage.
Nous testerons un autre mouillage, très très calme, et presque sans vagues, pour plaire à Mamily :
l’anse Volbert, qui sera notre QG pour la nuit pendant les jours à venir.
La encore les raies aigles forment un ballet incessant, c’est un plaisir de les voir le soir nager en surface.
De charmantes maisons créoles bordent la baie.
Juste en face de nous, 4 bungalows aux curieux toits inclinés en forme de pirogue attirent l’oeil. l’hôtel Archipel niché dans les cocotiers.
et l’île Curieuse à l’horizon
La plage est calme avec de petites vagues amusantes
Nous partons avec les enfants escalader ces roches sorties de nulle part, au milieu de l’Anse Volbert.
Nous passons donc nos nuits et fins de journées à l’Anse Volbert, mais partons à la journée explorer et profiter des plages voisines.
Anse Georgette et ses grosses vagues.
Thomas se met au skimboard!
et après une bonne heure de pratique, on voit les résultats!Arthur est heureux de pratiquer en même temps que son oncle. Il progresse beaucoup,
et prend beaucoup de risques :il glisse plutôt dans la catégorie freestyle!
La plage est à nous, le soleil est haut dans ce beau ciel bleu, et j’en profite pour immortaliser toute la famille!
Sonia et moi partons explorer le sentier qui mène à l’anse Georgette depuis l‘Anse Lazio. J’y avais repéré une balançoire;
Nous trouvons un joli point de vue en effet, « the lost tee », qui donne sur le trou n°13,
où de bien nombreuses balles ont dû être perdues
bodysurfbodyboard
Nous retournons à la plage profiter des vagues et des oiseaux.
L’île de Curieuse, est une réserve marine mais surtout réserve de tortues terrestres. Nous partons explorer le sentier côtier : il traverse la mangrove via un chemin,
des roches, puis une passerelle en bois.
Quel point de vue!
Autrefois, un barachois y a été construit, sorte de vivier géant fait des mains de l’homme pour y garder les poissons vivants: il suffit de pêcher quand on en a besoin.
Arrivés sur la plage, nous remarquons un enclos, non pas pour les tortues, qui vivent ici en liberté, mais pour les humains et leurs BBQ!
tortues en liberté
Voilà un signe de civilisation particulièrement avancée et qui a tout mon respect : ici c’est les hommes qu’on enferme, pas les animaux.
Les tortues jouent au foot et se promènent librement sur la plage. On voit qu’elles ont l’habitude des hommes, et se laissent approcher de très très près.
Sur la plage principale, au coucher du soleil, une tortue sort de sa tanière. Elle ne peut vivre avec les autres, les gardiens l’ont donc adoptée, et vit-elle à leurs côtés. Elle fait mine de vouloir se baigner, ou tout du moins se rafraîchir
A Curieuse, nous avons la visite de la Police, venue contrôler nos papiers. A bord de leur petit bateau « Playmobil »
Sur la route de retour,
nous longeons encore de bien jolies maisons
: pas vraiment luxueuses, mais elles ont un charme fou.
Nous faisons de nouveau escale à La Digue avec mes parents, qui ne connaissent pas l’endroit.
Nous reprenons avec plaisir la balade dans les roches de l’anse Source d’argent,
on ne se lasse pas de ces gros rochers comme tombés dans l’eau
dernier plouf à Anse la Farine, derrière l’île ronde
Notre dernière escale en famille sera sur Praslin, où mes parents rendent leur bateau de location, sur la base Dreamyacht.
A Sainte-Anne pour une dernière nuit! Nous ramenons mes parents à Mahé d’où ils décolleront demain pour Paris.
Bye-bye les Seychelles. Il nous tarde de quitter cet archipel, qui nous aura offert de délicieux souvenirs en famille et entre amis,
Ce qui nous a plu :
les plages superbes et un paysage particulièrement photogénique .
Le bassin de navigation entre Praslin, Mahé et la Digue, parfait pour naviguer avec des amis pas forcément amarinés : de faibles distances, et une variété des mouillages pour un séjour de 2/3 semaines, c’était parfait, ni trop ni trop peu, nous avons eu le plaisir d’explorer (presque) tous les mouillages.
la proximité de l’Europe, facilement accessible en vols direct depuis Paris
la facilité d’approvisionnement à Victoria, avec le marché quotidien et les supermarchés particulièrement bien achalandés
de très beaux poissons à voir sous l’eau, et à manger aussi, la pêche fut bonne!
la température de l’eau, à 28°, on y reste des heures!
Ce qui nous a moins plu :
la bureaucratie pesante de ce petit pays, les formalités d’arrivée et de départ parmi les plus lourdes rencontrées
les taxes incessantes sur tout et n’importe quoi, qui finissent pas plomber le porte-monnaie et l’ambiance ( on se sent racketté!). Nous avons du nous acquitter d’une taxe sur les bouteilles de gaz, d’une autre pour avoir le droit de naviguer, plus d’un droit de séjour à la fin calculé au pro-rata de la longueur du séjour. Enfin, dans chaque parc national ou réserve marine (nous les avons tous fait!!), un ticket d’entrée par personne de 150 à 200Rs (9 à 12 €, qui fait vite grimper la note quand on est 9 à bord)…
un tourisme élitiste et typé « couple », qui manque de variété et de diversité
une destination globalement très chère à tous point de vue : avitaillement, restaurants, services etc… sans véritable lien avec la qualité des produits.
le manque de contact avec la population
des fonds marins bien décevants ; le corail est presque totalement blanchi
Nous aurions aimé avoir le temps de visiter les Outer Islands : les Amirantes, mais aussi Agalega et Farquar qui doivent être des endroits merveilleux, et sans doute plus accueillants que les îles principales. Mais le temps nous manque, car nous avons choisi de faire escale à l’île Maurice, pays qui a vu naitre notre fils ainé Victor, et où nous avons passé près de 15 ans. Rendez-vous donc à Maurice d’ici 8-10 jours pour des retrouvailles qui s’annoncent riches en émotion!
Nous venons de passer 2 semaines d’une robinsonnade exceptionnelle dans une nature intacte.
Moby au mouillage à Salomon
Une escale comme celle-ci se mérite, d’abord par son isolement : l’archipel, se situe en plein millieu de l’Océan Indien, au Sud des Maldives et de la péninsule indienne, à près de 2500 NM de l’Australie et des côtes Africaines. Depuis que nous avons quitté la côte Est australienne début juin, nous avons passé 30 jours en mer et parcouru plus de 5000 NM, en ne faisant que de courtes escales.
Les Chagos, ca se planifie aussi car il faut montrer patte blanche et obtenir un permis plusieurs mois à l’avance auprès du BIOT (British Indian Ocean Territory). Il faut dire que les Chagos abritent au sein de l’atoll de Diego Garcia la plus grande base nucléaire américaine hors territoire US.
Diego Garcia a en effet été « achetée » ou plutôt louée aux américains dès le début des années 70 pour y établir une base militaire stratégique, à même de surveiller le Moyen-Orient, l’Asie et l’Afrique, et capable d’accueillir des porte-avions, une flotte de bombardiers et des sous-marins atomique.
Un peu avant que l’ïle Maurice n’obtienne son indépendance de la couronne britannique en 1968, l’archipel des Chagos (composé des atolls de Diego Garcia, Peros Banhos et Salomon) , qui aurait dû revenir à l’île Maurice dont il dépendant, est détaché et abrité au sein du nouvellement créé BIOT. Pour satisfaire les exigences des leurs alliés américains qui souhaitent exploiter avec indépendance leur nouvelle base militaire, le territoire des Chagos est soustrait aux terres mauriciennes, et sa population déportée, sans espoir de retour. Un gros milliers de personnes est envoyée vers Maurice ou les Seychelles.
Un drame humanitaire dont les principaux acteurs, les chagossiens, deviennent les laisser-pour-compte d’une société mauricienne aux prises avec son developement. Abandonnés dans les bidonville de Port-Louis, iIs n’obtiendront jamais leur retour sur place, tout au plus une comprensation financière qui arrive avec vingt ans de retard, et le droit à un passeport britannique qu’ils sont bien peu à utiliser.
Nous avons été très touchés par l’histoire de cette population losqu’en 2006, quelque 120 chagossiens ont eu le droit de revenir sur place se recueillir sur leurs îles, et honorer leurs morts.
Ils ont d’ailleurs déposé une stèle commémorative à Boddam.
Nous avons aussi lu, fait de recherches sur les Chagos. Depuis quelques semaines, notre livre de chevet à tous les deux est l’ouvrage de Jean-Claude de l’Estrac, journaliste et homme politique mauricien, ancien ministre des affaires Etrangères de l’île Maurice, qui relate l’histoire de ce hold-up sur Diego Garcia. Il détaille en particulier par le menu ce que l’on sait des tractations diplomatiques entourant la cession de Diego aux Américain, ce qu’il appelle si justement « un acte de piraterie diplomatique ». Il n’oublie pas non plus d’établir la chronique de ce peuple malmené et déporté par deux des plus grandes nations occidentales : la Grande Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique. Il y a moins d’un demi-siècle de cela.
Depuis 2006, la zone entière est classée comme réserve marine, une raison supplémentaire d’en contraindre et réglementer l’accès.
Nous savourons donc la chance que nous avons de passer 2 semaines dans cet un ancien lieu de peuplement devenu un environnement protégée.
Nous arrivons en milieu de journée, et entrons dans l’atoll sous un grain.
arrivée à Salomon Island sous un grain
L’aspect sauvage des lieux nous saute aux yeux : des oiseaux par centaines, par milliers, qui chassent aux abords des ilôts mais aussi en plein lagon; les oiseaux nous approchent de très près, ils sont curieux et peu farouches.
Ils s’approchent de très très près. et nous offrent un incroyable ballet aérien
Nous mouillons dans le seul endroit abrité de l’atoll, sous l’îlot Fouquet, et sommes déjà séduits par le site, un banc de sable entre deux îlots. Ici on ne les appelle plus des motus comme en Polynésie, mais nous retrouvons tout de même les paysages familiers des Tuamotu : un atoll couronné de petites îles,
jonchées de palmiers et peuplées d’oiseaux
frégate en plein vol, majestueux!
et de crabes de cocotiers.La végétation semble tout de même particulièrement luxuriante, l’île est quasi impénétrable et très verte.
Le grain est passé, le soleil pointe son nez, le vent souffle toujours, C’est l’occasion de mettre à sécher gilets et voiles, et de déjeuner.
Les enfants sont très vite intrigués par l’épave qui git sur la plage.
Nous partons de suite l’explorer.Victor se repose, et savoure le calme et la beauté des lieux. Arthur, Anna et Victor sont rejoint par les deux petites filles du voilier allemand Ui qui est sur place depuis quelques jours.
Après quelques minutes passées à se tourner autour, les enfants finissent par jouer ensemble, communiquant en anglais et en francais car les fillettes ont été scolarisées quelques mois à Nouméa et aux Marquises. Leurs parents ne tarissent pas d’éloge sur nos îles de Polynésie, si accueillantes, et agréables à vivre. C’est un compliment que reprennnent la plupart les bateaux étrangers que nous avons croisés, et qui nous envient l’agréable mixité culturelle, la douceur de vivre polynésienne alliée à toutes les commodités, en particulier lorsque l’on voyage avec des enfants : hopitaux, écoles, chantiers de réparation …et boulangeries! Je ne résiste pas d’ailleurs à partager avec vous le bon mot de leur maman qui confie apprécier plus que tout ces étapes francaise permettant de faire un tour du monde « de baguettes en baguettes! » Il est vrai que dans la moindre île de Polynésie, on y trouve de la baguette croustillante! Alors des Antilles à Mayotte en passant par les Marquises, les Tuamotu, les îles sous le vent, Wallis et Futuna, la Nouvelle-Calédonie et la Réunion, vive la baguette, devenue plus qu’un symbole, un véritable fer de lance de l’art culinaire français au quotidien !
Le lendemain, le temps est tout à fait remis, le ciel bleu est établi : nous retournons explorer l’îlot.
l’épave sur la plageA l’interieur
La mer a un peu baissé, nous contournons l’une des coques et entrons dans l’épave. C’est à la fois triste, émouvant, et cela nous rappelle combien la météo peut ici être changeante.
le bateau s’appelait le Black Rose, immatriculé aux Vanuatu
Il nous faut mouiller avec précaution, car sous un grain, le vent peut facilement tourner de 180° et faire pivoter le bateau trop près des coraux.
Derrière l’épave, un enchevêtrement de cocotiers tombés dans l’eau, effondrés sur eux-même, nous continuons l’exploration.
les cocotiers font du Mikado!
Sous ce beau soleil, la lumière est magnifique et les dégradés de turquoise incroyables. Je n’arrête pas de mitrailler. Ces couleurs parfois irréelles , dégradés de turquoise, nous accompagneront durant tout notre séjour;
.
Nous ne sommes pas en reste avec les couchers de soleil
L’eau est merveilleusement chaude, pas loin de 30°, c’est un vrai bonheur. En passant le coin de l’îlot, la plage s’incurve et offre une baignade dérivante dans le courant.
Les enfants ne se lassent pas et enchainent : 10mn de marche pour « remonter » la plage, et 3 mn de baignade dérivante.
Dans la foulée, nous allons explorer l’autre îlot, Takamaka :
Takamaka
aux jumelles, nous pouvions y distinguer comme une épave.
l’épave sur Takamaka
C’est sans doute celle d’un ancien bateau de pêche, en bois et acier. Nous en faisons le tour en annexe à marée haute et découvrons les nids des fous à pattes rouges (et à bec bleu).
un fou à pattes rouges (et bec bleu)
La période de nidification se termine, la plupart des oisillons ont déjà quitté le nid, et apprennent à voler et se nourrir. Reste quelques retardataires : on les reconnait à leur duvet blanc qui leur fait une tête toute bouffante.
un (gros) oisillon
Alors que nous avançons en annexe, ils nous approchent de très très près, on croirait presque qu’ils tentent de se poser sur nous.
les fous nous approchent de très près
A la pointe sud de Takamaka, nous découvrons ces énormes traces ressemblant à des roues de tracteur
de gosses traces laissées par les tortues venues pondre
: des tortues marines sont récemment passées par là pondre leurs oeufs. Elles parcourent parfois des centaines, des milliers de kilomètre pour venir pondre à l’endroit même où elles sont nées. D’ici quelques mois ou semaines, de minuscules tortues vont éclore et prendre leur premier bain. Elles seront très vulnarables aux prédateurs : leur taux de mortalité est très élevé.
Quelques mètres plus loin, a été installée une corde à un cocotier servant de balancoire. Loïc et Victor jouent aux singes, Anna et Arthur se balancent. Le courant entre les ilots est très fort, entre 3 et 5 neuds, idéal pour une baignade dérivante.
baignade dérivante dans le courant
On voit bien le courant entre les deux ilots
Le snorkeling est aussi superbe, et les poissons énormes. Il fait grand soleil en ce moment le matin : nous en profitons pour aller explorer encore une autre épave, décidément, sous-marine cette-fois.
L’épave est très peu profonde, facile d’accès,
les coraux sont en assez bon état.
Nous sommes rejoints après 36h par nos amis américains de Cool Runnings avec qui nous avions calé nos dates de permis pour les Chagos
Cool Running proche d’arriver
Ils arrivent juste à temps en fin de journée, avant le coucher du soleil. Nous sommes invités à partager une bière et un verre de vin, ils sont heureux d’être arrivés, juste à temps avant le soir!
A bord de Cool Running
Une bonne nuit de sommeil réparatrice est toujours un grand bonheur après les nuits de quart et de veille des traversées.
Nous profitons de ces 15 jours aux Chagos pour nous reposer.
repos, repos…
Depuis notre départ de l’Australie début juin, nous avons navigué deux jours sur 3, avalant 5000 milles nautiques en 1 mois et demi, et ne nous arrêtant que 1 semaine à Bali, et une autre à Cocos. Alors nous savourons à sa juste valeur cette escale dans son écrin sauvage et son isolement total.
L’après-midi, c’est sieste quasi-quotidienne dans les hamac, dont nous testons plusieurs empacements : entre les deux jupes à l’arrière (pas mal, mais il y a trop de soleil l’après-midi),
et sous le trampoline à l’avant : bien plus abrité- c’est adopté!
sieste dans les hamacs sous le trampoline
Le lendemain, c’est Shuti, le catamaran de nos amis israéliens qui arrive.
arrivée de ShutiShuti (à gauche) et Cool Runnings au mouillage
Pour fêter l’arrivée des copains, nous convions tout le monde à un grand feu sur la plage.
préparation du feu; à côté, le tas de bouteilles plastique
Il faut dire que cela fait 2 jours que nous rassemblons le plastique échoué, avec l’idée d’en brûler un maximum. L’idéal serait bien sûr de le recycler, mais rien n’est prévu ici pour la collecte des ordures, alors les brûler est un moindre mal. Les enfants ont grand plaisir à se retrouver, d’autant que tout le monde est en vacances!
Pour fêter cela, j’ai sorti les chamallows : il m’en restait encore quelques paquets (achetés en Nouvelle-Calédonie il y a 3 mois!) en prévision des soirées feu de camp aux Chagos.
La lumière du soir est incroyablement belle.
La nuit tombe, Et notre feu resplendit dans la nuit.Tous les matins, nous admirons le ballet des oiseaux qui pêchent autour du bateau :
le ballet des oiseauxles oiseaux pêchent les petits poissons…
Sous Moby, nous abritons une véritable chaine alimentaire! Des bancs de minuscules poissons tournent autour des coques, suivis par des bonites qui chassent activement en bondissant parfois vivement, et survolés de sternes.
des bonites poursuivent des petits poissons
Non loin, des fous et des requins rodent, maraudeurs à l’affut d’une erreur.
un requin rode….
Plus haut dans le ciel, les frégates nous régalent de leur vol majestueux et si gracieux.
Cela donne l’idée à Loïc de tenter notre chance à la pêche au lancer. En quelques minutes, c’est fait, il nous rapporte le dîner du soir : un très beau « Tuna maquerel », sorte de bonite, de la famille du thon.
carangue
Tous les 2 jours, nous ramenons du poisson : vivaneau, carangue, mérou….
vivaneaucaranguevivaneau
L’animal a souvent sa chance, nous y laissons quelques leurres… Les garçons sont ravis de pêcher dans de telles conditions, car il y a de l’action.
petite traine dans le lagonséance de lancer depuis Moby
Nous n’avions pas connu une telle frénésie depuis les Marquises, avec l’immense avantage qu’ici, aux Chagos, et en général dans l’Océan Indien, il n’y a pas (ou très peu) de Ciguatera : on peut donc manger tout ce que l’on pêche!
Les carangues, de préférence en nuggets aux herbes de provence ou marinées en brochettes au BBQ, le thon et le vivaneau en sashimi, la bonite en brochettes marinées ou en mi-cuit,
Le midi, nous mangeons plus simplement. Le plus souvent, c’est atelier sandwichs! Avec des wraps comme ici, ou des buns, des pains pita…..
chacune y met ce qu’il aime
Les enfants, en particulier les 4 ados sont heureux de se retrouver. Ils ont organisé ce matin une expédition en paddle, à longer le rivage de Fouquet pour aller voir les nids de fous à pieds bleus.
Balade en SUP entre enfantsvue aérienne de l’ilot Fouquet
A marée basse, nous partons tous les 5 faire le tour de l’île Fouquet à pied. Cela nous prendra 2 heures.
Fouquet Island
Partout des fous, bruns, masqués ou à pieds rouges, qui nichent, volent, pêchent, et nous survolent négligemment.Nous crapahutons sur le sable, sur le platier, qui nous écorche les pieds,
entre les palmiers qui semblent vouloir jouer au Mikado géant,
mikados de palmiers
à travers la forêt de palmiers.Les cocotiers sont omniprésents, témoins de la période où les iles étaient exploitées pour le coprah.
De l’autre côté de l’atoll :
Un matin, Loïc et moi partons en expédition en annexe vers Boddam island, distante de 2,5 NM :
vue aérienne du quai
située au vent de l’atoll, c’était le lieu de peuplement principal des Salomon Islands, abritant encore aujourd’hui des vestiges de l’église, de l’hôpital, de l’usine d’extraction d’huile de coco… Boddam est réputée ne pas offrir de mouillage protégé, seulement d’anciens corps-morts . Nous souhaitons vérifier par nous-même les possibilités de mouillage et jeter un oeil aux vestiges. Loïc lance le drone,
lancement du drone depuis la plage
La lecture des images est formelle :
il n’y a aucune langue de sable pour mouiller : les patates de corail sont partout. Nous inspectons les mouillages, des chaines entourées autour des patates de corail : ils semblent à première vue costauds et en bon état, mais nous ne prendrons pas ce risque, par vent de sud-est établi, de mouiller si près des coraux et de la plage. Nous explorons aussi les premiers abords de l’ancien « settlement », c’est émouvant de voir ces vestiges.
vieux cabestan près du quai de chargementanciens séchoirs à coprahà l’intérieur du « yachtclub », des déchets laissés par les voiliers de passage; spectacle désolant.« oeuvre d’art » en matériau de recyclage effectuée par un bateau de passage : très créatif!!
C’est décidé : nous reviendrons avec les enfants en annexe pic-niquer et passer la journée.
Après une semaine, les autorités viennent enfin nous rendre visite. Le » Pacific Marlin » est chargé de patrouiller la zone entière des Chagos surveillant les navires de pêche illégaux. A son bord, un officier des services d’immigration qui vient tamponner nos passeports et s’assurer que nous respectons bien les règles de l’aire marine protégée. Les formalités sont réglées en moins de 15mn.
Un midi nous décidons d’un picnic sur l’un des îlots un peu plus éloignés, histoire de visiter un peu plus l’atoll : Sepulture Island. Les enfants nous trouvent un abri et installent des tables faites de pieds en noix de cocos et de dessus en pierre.
Le couple d’américains du joli voilier en bois mouillé tout près se joignent à nous : arrivés il y a 8 jours, c’est la première fois qu’ils mettent pied à terre!
Avec le vent des derniers jours, une jolie houle s’est levée, qui rentre un peu dans le lagon et nous procure de jolies petites vagues sur le banc de sable devant Takamaka, entre la mi-marée et la marée basse.
C’est Dave qui teste le spot,
vite rejoint par Loïc, Victor, Arthur, puis par Ben, Yoav et moi-même.
Loïc qui rameles débuts de Ben en surfGaby rejoint les garcons pour s’initier au sup-surfArthur en pleine action!
Tout ce qui surfe est de sortie : longboards, shortboard, SUP sufs, SUP’s….
Les journées passent avec langueur, actives et paisibles à la fois. Nous profitons de cette escale sans internet ni courses à faire pour ranger et nettoyer le bateau, faire du menu bricolage. Les enfants passent d’un bateau à l’autre, se donnent rendez-vous à la plage ou sur le spot de surf, il y a comme un air de vacances qui souffle sur les Chagos.
un peu de chaise de mat, ca détend!les 3 » bato-copains » : Cool Runnings, Shuti et Mobyla bande des kids! de gauche à droite : Gaby, Anna, Eyal, Ben, Yoav, Dror, Victor et ArthurMoby, merveilleux terrain de jeuil faut dire que nous ne manquons pas de joujoux embarqués
Un matin, nous partons tous en annexe passer la journée à Boddam, distante de 2,5 NM. Nous sommes impatients de découvrir les vestiges du village chagossien de Boddam, abandonné depuis maintenant près d’un demi-siècle :
l’atoll de Salomon, avec l’ilot de Boddam au fond
la nature reprend vite ses droits, et a envahi les lieux.
Nous emportons avec nous un ipad dans lequel nous avons des photos du village avant l’expulsion des chagossiens.
Nous tombons tout de suite sur le vieux quai, dont il ne reste plus grand chose, qu’un vieux cabestan rouillé. C’est là qu’accostaient les goélettes venues ravitailler l’île et récupérer le coprah. Des rails subsistent, qui permettaient d’acheminer la chair de coco jusqu’au bateau. Un peu plus haut, on devine caché dans la végétation les séchoirs à coprah, avec les rails métalliques sur lesquels coulissaient les toits de protection solaire.
L’exploration est dificile car la végétation est luxuriante. Nous longeons les rails, et entrons dans ce qu’il reste de ce qui fut probablement un hangar de stockage.
Nous avons pour nous guider les photos prises par les expéditions scientifiques de 1979 et 1996, qui avaient trouvé des maison encore en état avec ces inscriptions poignantes à l’intérieur.
Des années 70/80 , et jusque dans les années 90, les Chagos sont fréquentées par des bateaux de passage, qui s’arrêtent faire escale dans cet Eden hors du circuit des cyclones de l’Océan Indien. Une petite communauté de « yachties » finit par s’installer, sur Boddam justement et par y vivre plusieurs mois de l’année, ne rentrant aux Maldives que pour se ravitailler en produits frais. Ils élèvent des poules, ont un potager, et vivent dans cet Etat qui n’en est pas un : de véritables hippies des mers! Notre ami Hervé qui y a fait escale en 2003 avec sa famille a pu partager leur quotidien pendant quelque semaines, il y avait plusieurs dizaines de bateaux sur place!
Il reste toujours sur place leur « yacht club »
les restes du yacht club des Chagosà l’intérieur…
En 1996, pour couper court à toute velléité d’instalation plus définitive, le BIOT classe la zone entière « réserve marine » y compris la base nucléaire américaine de Diego!!! -SIC- C’est en effet la manière la plus politiquement correcte d’éviter l’enracinement des voiliers de passage ainsi que les velléités de repeuplement des chagossiens. Après s’être débarrassé des habitants, exit les hippies des mers. Pour faire bonne figure, la zone n’est pas complètement interdite, mais réglementée.
Le BIOT accueille une cinquantaine de bateaux par ans. Les conditions sont strictes, ce qui limite les séjours aux bateaux qui sont vraiment motivés!
un séjour de 4 semaines maximum, en transit uniquement, motivé par des raisons météo
être titulaire d’une assurance santé/rapatriement couvrant une évacuation sanitaire à hauteur de à 100 000$ /personne, et d’une assurance renflouement/nettoyage en cas de naufrage
Pour les bateaux intéressés, procurez-vous le guide suivant , édité gratuitement par le Royal Cruising Club, daté de 2017 et disponible en version Pdf téléchargeable. Nous continuons nos explorations au nord de la jetée dans l’espoir de trouver plus de vestiges, mais aussi quelques bananiers ou manguiers pour agrémenter notre quotidien…. Les fruits et légumes frais se font rares à bord des bateaux.
Nous croisons de nombreux crabes de cocotiers. Ils sont ici espèce protégée, et nous ne pourrons donc pas y goûter : dommage, leur chair doit être savoureuse, tout bien nourris qu’ils sont à la coco!
crabe de cocotiers qui se cache
Nous laissons les enfants jouer sur la plage au campement, pendant que nous continuons les explorations; motivés! Il le faut, car les moustiques sont ici sans pitié, malgré les répulsifs, ils attaquent.
C’est au sud de la jetée que nous trouvons les vestiges des bâtiments servant à transformer le coprah en produit dérivés, huile de coco certainement.
ancienne usine à coprah
Nous tentons de deviner à leur allure le rôle des différents bâtiments :
la prison
la prison
l’église
, qui avant ressemblait à cela :
– à sa droite, l’ancien hôpital
en arrière plan : l’église et l’ancien hôpital
l’ancien hôpital :
à l’intérieur de l’ancien hôpital
Il est temps de rentrer au camp de base : le « yacht club » , squatté en son temps par la bande de yachties/hippies.
pic-nic!
Après le repas, les enfants partent jouer dans l’eau. Pendant ce temps, nous devisons en refaisant le monde….
à notre tour de squatter le yacht club : Dave, Momi et Loïcet de profiter de la plage : Lilach, Gudrun et Bénédicte
puis partons explorer la plage à pied.
Avant de partir, nous laissons notre dédicace dans le livre d’or des Chagos, et rentrons à Fouquet par les chemins de traverse.
En effet, nous avions repéré aux jumelles une sorte de grosse bouée échoué sur l’ilot voisin , l’île Anglaise. Il s’agit d’une bouée de la NOAA (services météorologiques américains) servant à détecter les Tsunamis. Elle a probablement été désarmée, et il ne reste plus de capteurs. Nous sommes impressionnés par l’objet, que nous appelons depuis une semaine « le Spoutnik ».
Au retour, nous trainons : succès pour Dave qui ramène un mérou. Un peu moins pour nous : je casse en tentant de remonter un wahoo de plus d’un mètre de long qui a gobé notre leurre et que j’ai vu sauter hors de l’eau. Cette fois-ci, c’est lui qui a gagné!
Mais Victor se rattrape le soir en ramenant une carangue. C’est qu’il nous faut du poisson demain soir . C’est mon anniversaire et j’ai convié tout le monde à un BBQ. Je fournis poisson et dessert, les amis apportent le reste…
une carangue au lancer!
Le matin, je me met au fourneaux : pas de gateau en perspective, car je n’ai plus d’oeufs et très peu de beurre…. Je me triture les méninges, un dessert sans oeuf ni beurre pour 14 personnes en picnic? Une fondue au chocolat! La recette est simple : faire fondre au bain-marie une tablette de 200g de chocolat noir dans 15cl de crème fraiche, ajouter s’il le faut 5 à 10cl d’eau pour rendre la sauce plus liquide. Parfumer avec une pincée d’extrait de vanille, de cannelle, de café lyophilisé ou quatre épices selon votre goût. On la sert d’habitude avec de la brioche et des fruits frais, mais les fruits se font rares depuis 8 jours. J’ai tout de même fait une brioche (sans oeuf ni beurre, mais avec du yaourt, délicieux et léger!), apporté de la noix de coco, des chamallows, des mini-meringues, des bananes séchées….
J’ai aussi levé les filets sur les poissons et préparé des marinades, avant de les enfiler sur des sticks à brochette.
Victor nous a préparé une double dose de pop-corns au beurre salé et voilà!
Je suis très gâtée par tout le monde :
Loïc m’offre un collier de corail rouge glanés sur le sable.
Les enfants m’offrent un autre collier de corail bleu et un beau dessin.
Cool Running m’apporte 6 oeufs pour faire un gateau et un beau dessin de Moby.
et Shuti m’offre leurs meilleures recettes de pain dont le délicieux pain aux flocons d’avoine qu’il me tarde d’essayer.
Mais ce qui me ravit, c’est cette superbe soirée autour d’un feu de bois, de la bonne musique, un clair de lune, une excellente compagnie.
Anna et Eyal, inséparables
On se régale des brochettes!
Et le buffet des desserts est au TOP!Il n’en reste d’ailleurs plus rien…
Qu’une nappe maculée de chocolat et des enfants très sales…Le lendemain, 2 août, c’est l’anniversaire de Dror qui fete ses 8 ans! Il a plu toute la journée, aussi sommes-nous conviés sur Shuti plutôt qu’à la plage pour un goûter-apéro.
Bon anniversaire Dror, 8 ans!son gateau préféré : une brioche fourrée aux 2 chocolats, que c’est booon!
Les cadeaux que s’échangent les enfants n’ont rien à voir avec ceux des anniversaires traditionnels à terre. Chacun bricole, invente, crée avec les moyens du bord…. Un vaisseau LEGO, des cartes anniversaire dessinées par les enfants, une cocotte en papier, un jeu de Pokemon fait-maison, une mini-station météo….
tous sur Shuti
Le surlendemain, 3 août, les festivités chagossiennes continuent, avec la Bar-mitsva de Yoav, l’ainé des Shuti. C’est la première bar-mitsva à laquelle nous soyons invités, mais c’est aussi sans doute la seule ayant eu lieu aux Chagos! Momi, son papa nous explique la symbolique de la fête religieuse, à l’anniversaire des 13 ans chez les garçons juifs (12 ans pour les files). C’est le passage à l’âge adulte qui commence, des nouvelle responsabilités incombant au jeune, et un délivrance pour les parents qui ne sont plus responsables des pêchés de leur enfants!
Bien sûr, aux Chagos, sans synagogue, le rituel est plus symbolique que religieux. Yoav doit nous lire en hébreu un passage de la bible, avec le ton et les intonations traditionnelles, qui s’apparente presque à un chant
En tant qu’invités nous devons préparer un petit texte qui sera collé dans un livre souvenir, et apporter des bonbons que nous jetterons sur Yoav à la fin de sa lecture biblique. Victor propose d’initier Yoav, Ben et Gaby à la confection de sucettes au caramel au beurre salé-recette peaufinée aux Tuamotu il y a quelques mois déjà.
fabrication du caramel au beurre salé, mis en moulesemballage
A 16h30, nous sommmes conviés sur la plage. Pas de chance, un grain approche…Heureusement, le feu est bien vif, les enfants se démènent pour le garder vivant.
Entre 2 grains, Yoav nous lit son texte avec beaucoup de sérieux, Les enfants se préparent à lui jeter des bonbons! Ca y est! Il est intronisé dans le monde des grands, ses parents sont très émus.
Lilach nous a prépéré des petits gateaux salés traditionnels à la féta et au miel. Les enfants se gavent de sucettes, de bonbons et de chamallows…..
En fin d’après-midi, le grain devient d’une intensité telle qu’il nous chasse de l’île. Nous remettons le gateau et les cadeaux au lendemain matin.
Nous passons le lendemain matin fêter les 13 ans de Yoav et partager un gateau et un café.
Il est temps de dire au-revoir aux copains, qui restent une semaine de plus dans ce mouillage paradisiaque. Nous les reverrons aux Seychelles dans quelques semaines.
bye-bye, see you soon!
Nous quittons Salomon, mais avons décidé de faire un crochet par Peros Banhos, l’autre archipel des Chagos qui est autorisé aux voiliers de passage, mais seulement dans sa partie Ouest. Nous ne sommes pas sûr d’y rester, car il n’y a pas d’excellent mouillage abrité des vents de Sud-Est.
Nous sommes curieux d’y explorer l’autre « settlement » des Chagos, sur l’île du Coin.
Il nous sera sans doute difficile de débarquer sur l’île du Coin, complètement exposée à l’alizé. Mais nous espérons au moins y distinguer quelques les vestiges.
En effet, nous ne pouvons débarquer.
Nous longeons l’îlot, et distinguons les restes de murs de soutènement, bizarrement protégés par des bandes jaunes de chantier.
Puis les vestiges du quai
L’alizé est établi, mais permet de mouiller pour la nuit.
devant le paradisiaque îlot de Fouquet.
Ilot Fouquet, Peros Banhos
Nous partons à terre faire le tour de l’îlot à pied.
Aux deux extrémités de l’îlot, des bancs de sable.
Comme toujours, nous faisons quelques découvertes naturalistes, comme ces curieuses éponges
et ces bébés requins pointes noires
Sous le vent de l’île, un platier des cocotiers,
Tout au bout, un grand banc de sable
et une très jolie vague de sable!
Nous rentrons au bateau chercher les surfs
Les enfants s’éclatent pendant deux bonnes heures, c’est un fantastique spot pour débutant, sur un banc de sable que l’on peut remonter à pied.
Après le sport, le réconfort!
Le lendemain, nous levons l’ancre, et quittons les Chagos qui fut une escale inoubliable, sauvage, émouvante et sportive, que nous avons savourée à sa juste valeur, conscients du long chemin qu’il nous a fallu pour y arriver, et de la récompense à hauteur de l’effort.
Dans moins d’une semaine nous serons aux Seychelles où nous retrouverons famille et amis : que du bonheur!
Certaines escales sont plus mémorables que d’autres, et le séjour d’une semaine que nous avons fait au mouillage de Direction Island, à Cocos(Keeling) se range parmi les plus agréables de la catégorie « ile déserte ».
Direction Island
Cette escale est pour nous providentielle : dans l’Indien, peu de stops en effet sont possibles sur la route des Alizés qui nous mène de l’Indonésie à l’Afrique du Sud.
Cocos (Keeling) dans l’Océan Indien
Le mouillage destiné aux bateaux de passage, sous le vent du motu Direction Island, est absolument idyllique, et parfaitement aménagé. Nous nous reposons donc quelques jours avec bonheur, car nous sommes dans une période de navigation intense.
au mouillage à Direction Island
L’atoll de Cocos Islands compte plusieurs îles, dont 2 seulement sont habitées ;
L’atoll de Cocos(Keeling)
West Island
West Island au Sud-Ouest
et Home Island,
Direction Island et Home Island au nord
une troisième, Direction Island étant une destination de week-end pour les iliens, et le seul mouillage autorisé pour les bateux de passage.
le ponton flottant
Les habitants de West island ne viennent en ferry que 2 fois par semaine, le reste du temps, la plage est à nous! Le site a été aménagé pour recevoir les plaisanciers mais aussi les iliens de passage à la journée ou venus camper le w-e. Comme toujours, les australiens sont pragmatiques : tables ombragées, sites de bbq, ponton flottant, toilettes!!, et même une réserve d’au douce pour se rincer.
les voiliers de passage on aussi amélioré le confort : hamacs, balançoire, panier de basket…
La plage est tout simplement superbe, le sable fin, et la baignade vraiment agréable.
Et en plus nous sommes en famille, et entre amis! Mon frère Thomas nous a rejoint (avec sa guitare!) à Bali pour la traversée,
Seulement 4 bateaux au mouillage, dont deux catamarans d’amis qui naviguent aussi autour du monde et que nous retrouvons : nous naviguerons tous les 3 ensemble jusqu’aux Seychelles.
4 bateaux au mouillage de Direction Island (et un cinquième au milieu, inhabité…)
Une famille d’Israéliens sur Shuti , un lagoon 380 : Momi et Lilach naviguent avec leurs 3 garçons de 7, 10 et 12 ans, Dror, Eyal et Yoav. Nous les avions déjà croisé à Panama et à Fiji.
Moby devant, Shuti a gauche, et Cool Runnings à droite. Au milieu, un bateau abandonné.
et Cool Running, le cata (Lagoon 400) de Dave et Gudrun avec 2 ados à bord, Gaby 11 ans et Ben 13 ans, des américains d’origine sud-africaine avec qui nous avons navigué dans les Iles Sous le Vent et que nous avions retouvé à Bali.
Cool RunningsDave et Gaby venus nous accueillir à notre arrivée!
Nous faisons aussi la connaissance de Brigitta et Erik, sur Arial IV, un couple de suédois un peu plus agés, qui réalisent leur second tour du monde-: ils ont fait le premier il y a 20 ans avec leurs 3 garçons. Depuis, ils ont écrit 3 livres, navigué jusqu’au cercle arctique, et franchi le passage du Nord Ouest : ils sont célèbres en Suède parmis les gens de mer, et très inspirants pour nous!
les autorités sur Ariel IV pour les formalités d’arrivéeGudrun, Birgitta, Lilach et Helen, une ilienne de Cocos!
Les enfants ont tous été mis en vacances pour l’occasion- car chez les enfants de bateau, il n’y a pas vraiment de vacances scolaire, tout le monde travaillle quelques heures le matin, le plus souvent 6j/7j. Mais chez les petits francais abonnés au CNED, c’est différent : l’année scolaire est plus courte, 9 mois de septembre à juin, plus intense avec 3 à 4h de travail par jour, mais avec à la clé 2 mois de vraies grandes vacances en juillet/août!
Nous passons 8 jours à la fois actifs et reposants. Le spot est parfait pour la planche à voile,Loïc grée donc le matos pour toute la famille,et coache!
Mon frère Thomas qui nous a rejoint à Bali s’entraine au jibe,
Frère et soeurTom en action
moi je reprend mes marques et me remets facilement dans les straps et au harnais.
Bénédicte au planing
Arthur aussi fait un peu de planche. L’objectif : faire du travers.
Victor progresse tous les jours et finit par vraiment partir au planing en mettant le harnais et les pieds dans les straps !!! J’entend Loïc hurler « Yeahh » je ne sais qui est le plus heureux du papa ou du fils!
Loïc a gréé le matos sur Moby,
puis nous le laissons la nuit à poste sur l’île.Pour le fun, Tom se fait quelques bords de nuit sous la pleine lune!
nav’ de nuit
Dommage, les progrès de Victor vont être interrompus en pleine progression : il s’est fait mordre par un gros poisson alors qu’il nageait seul non loin du ponton et de ses camarades.
Rien de grave heureusement, la plaie est superficielle. La chance, c’est que nous avons un médecin dans le mouillage, Eric examine la plaie, il n’est pas inquiet, la blessure est superficielle. Nous désinfectons et mettons une crème antibiotique préventive, car il s’agit d’une morsure d’animal sauvage- c’est ce que recommande notre très pratique « Guide la faune marine dangereuse du Pacifique et d’Océanie». D’après la description que les enfants font du poisson qui leur tournait autour depuis un quart d’heure, il s’agit sans doute un gros mérou, peut-être agacé par les incessants aller-retour des enfants entre le quai et la plage.
Le snorkeling est sympa :
petit snorkeling entre filles, Anna adore ca!
déjà, derrière le bateau, quelques patates de corail recèlent des petits requins pointe noire, très curieux et territoriaux, ils ne nous lachent pas d’une semelle.
requin pointe noire à quelques mètres de Moby
Nous croiserons aussi un banc de poissons Napoléon, qui ressemblent à d’énormes poissons perroquet aux couleurs fade et bossus sur la tête.
banc de Napoléons
Mais le mieux, c’est le snorkeling dérivant sur le RIB,
C’est parti pour une plongée sur le RIB
sorte de fausse passe par laquelle entre des flots d’eau dans le lagon, et qui forme un petit canyon sous-marin.
Canyon sous-marin
Il n’y a pas moins de 3 à 4 noeuds de courant. Nous nous laissons dériver accrochés au bout de l’annexe, nous avons la sensation de voler au-dessus du corail!
Victor et Loïc préfèrent nous suivre derrière l’annexe
Les requins sont tapis au sol dans la journée, des colonies de poissons Napoléons habitent les lieux.
requins pointe noire tapis au sol
Les enfants passent des heures sur la plage avec leurs copains, il y a là une joyeuse bande :
Arthur teste son voilier
8 enfants entre 5 et 13 ans, qui passent leurs après-midi à jouer autour du ponton flottant, faisant d’incessants aller-retour à la plage avec les vieux longboard de sauvetage laissés par les habitants. Ils ne manquent pas d’idées : forteresse pour Bernard l’Ermite, chateaux de sable, batailles de pirates…
IL y a là une petite vie de communauté, où chaque bateau laisse sa trace : une balancoire, un siège en bois, des hamac en filet de pêche,
un panier de basket, ou plus prosaïquement, un panneau commémoratif .Moby n’échappe pas à la règle et voici notre « oeuvre d’art ». Rien de très artistique, mais c’est efficace : une planche de bois flottés peinte au gelcoat de nos noms : elle devrait rester en place quelques dizaines d’années!
Nos amis de Cool Runnings se sont donné beaucoup de mal en gravant une énorme planche de bois flotté.
Victor m’a réclamé une coupe de cheveux. Pas sûr qu’il y ait un coiffeur par ici, et dans tous les cas, ca nous prendrait la journée de nous y rendre, ce sera donc une coupe « fémézon » Comme nous l’avons promis aux enfants, nous organisons une soirée feu de camp sur la plage, sous le format « bring and share » anglo-saxon. Chacun apporte sa boisson et un plat que nous partageons ensemble.
Les enfants partent chercher du bois dans l’après-midi pendant que les garçons vont pêcher du poisson. Loïc nous ramène 3 jolis poissons perroquets, que nous les ferons en filets au BBQ, miam!
Nous allons lever les filets au bout de la plage.
Dave me donne un coup de main.Nous jetons les peaux et carcasses à l’eau dans le RIB, loin de la plage familiale ou se baignent les enfants. Les requins ne sont pas longs avant d’arriver. Et se jettent sur les restes, quitte à s’échouer!Les papas donnent un coup de main en apportant de gros morceaux de bois
magnifique feu!
Nous avions aussi prévu en plus des saucisses de boeufs australiennes et les traditionnels marshmallows à griller au bout d’une baguette!
On se régale!
Erik et Thomas sortent leur guitare. Re-belote quelques jours après.
Birgitta et Erik ont initié Ben à la fabrication de Pizza.
les pizzas de Ben
Moby arrive avec ses fougasses, et Shuti avec des focaccia
les fougasses de Mobyla focaccia de Shuti
Tout le monde se régale! : Soirée italienne, et encore un feu de camp, les enfants adorent!
Avec mon frère Thomas qui nous a rejoint à Bali et fait cette portion de chemin avec nous, nous partons faire le tour de l’île. Le sentier est assez monotone, la végétation n’est que cocotiers, et la faune se résume à des rats (fort craintifs) et des moustiques! Nous faisons donc la balade au pas de course, l’intéret résidant essentiellement dans le parcours historique aménagé sur l’îlot : une quarantaine de panneaux en métal nous retrace l’histoire de Cocos(Keeling). Et c’est passionnant!!
Il est incroyable qu’une si petite île apparemment insignifiante recelle une histoire aussi riche!
Tout d’abord, par sa colonisation :
Découverte par le Captaine britannique Keeling en 1609 , sa position fut gardée secrete, et n’apparait sur les cartes que 2 siècle plus tard en 1805.
Elle attire l’attention d’un riche armateur, Mr Hare, ancien gouverneur d’une colonie britannique de Bornéo, et à la recherche de comptoirs à développer et exploiter. Il y envoie le capitaine Clunies-Ross, en éclaireur inspecter Cocos en 1825 : celui-ci défriches des terres, plante des céréales et des légumes, sonde le lagon, et fait un rapport tout à fait positif. Le sieur Hare revient s’installer l’année suivante avec une centaine de travailleurs malais, pour la plupart musulmans et s’installe sur Home Island. Il pensait y vivre paisiblement entouré de son harem – ll parait en effet que l’homme n’avait rien contre la polygamie. C’était sans compter le sieur Clunies-Ross, qui barque en 1827 avec femme, enfants, belle-mère, une partie de sa famille écossaise, et de solides matelots pour y installer une colonie très organisée. Le dialogue tourne court, c’est rapidement le conflit ouvert, et c’est finament Hare qui plie bagages et rentre à Londres, laissant à la famille Clunies-Ross la mainmise sur l’île. 4 générations de Clunies-Ross vont faire prospérer l’atoll de Cocos(Keeling) et régner en dynastie sur l’île : plantation de cocotiers pour l’exploitation du coprah d’un côté, et un petit chantier naval de l’autre ; voilà de quoi assurer la subsistance de la colonie, ou plutôt de ce petit royaume féodal qui va persister pendant 150 ans! Finalement, c’est le gouvernement australien qui rachète à la famile ROSS-CLUNIES l’archipel en 1978, pour plus de 6 milions de dollars.
Autre visiteur de renom : le jeune Charles Darwin y fait escale en avec le navire d’Exploration le Beagle, en 1936 lors de son tour du monde en tant que naturaliste. Le jeune homme, qui deviendra l’un des plus grand scientifique de son époque, remarque que cette formation d’îles en couronne doté d’un lagon ressemble fort aux îles polynésienne. Il fait aussi le rapprochement avec les sondes qui donnent de très grandes profondeurs à quelques encablures seulement des côtes : l’ile serait le sommet d’une immense montagne sous-marine à forte déclivité. Il écrira à son retour en 1842 un taité sur la formation des atolls corallien qui a toujours cours aujourd’hui.
Autre fait historique : l’installation en 1901 de câbles télégraphiques sur Direction Island reliant l’Australie à l’Asie et au reste du monde!
Une véritable révolution des télécommunications pour le continent Australien, et l’établissement pendant plus de 60 ans sur Direction Island d’un véritable petit village britannique, avec fonctionnaires de la couronne, personnel de maison, costume colonial le soir, régates le dimanche et parties de tennis aux heures perdues.
Cocos Keeling fut enfin le théatre fin 1914 d’une bataille célèbre de la marine australienne, aboutissant au naufrage du navire le plus recherché de l’armée allemande en Asie : le cuirassé vapeur Emden mené par le capitaines Van Müller , que l’on tenait responsable depuis le début de la guerre quelques mois plus tôt du naufrage et l’arraisonnement de pas moins de 24 navires marchands alliés, de nombre de batiments militaires francais et russes, et de la destruction la station de carburant alliée de Madras en moins de 12 semaines de combat : cela valu à l’Emden et à son capitaine une réputation de »flibustier des mers », et d’être poursuivi et chassé par 60 bateaux alliés francais, japonais et russes, sans succès.
C’est finalement au terme d’une épique bataille navale entre North et South Cocos Keeling, où une équipe d’allemands avait réussi à détruire la station télégraphique britannique, que le Captaine Von Müller se rendit au SMS Sydney, non sans avoir échoué volontairement son navire sur les récifs de North Keeling pour le rendre inopérant. Entre temps, l’autre équipe déposée à terre précédemment, menée par le lieutenant Von Mücke s’empare d’une vieille goelette qui était au mouillage , et réussit à s’échapper avec ses hommes , ralliant l’île de Sumatra en 3 semaines, puis le Yemen à bord d’un jonque chinoise en bravant le blocus britannnique de la mer rouge, et enfin après 5 mois de traversée du désert d’Arabie, de la Turquie, en Allemagne où ils furent accueillis en héros!! Même les alliés à la fin de la guerre, saluèrent la bravoure du lieutenant Von Mücke, et la grande dignité et le courage du capitaine Von Mûller.
Aujourd’hui cet atoll qui ressemble fort aux atolls polynésiens des Tuamotu est passé sous la coupe des australiens, et abrite un demi-millier de malais habitant Home Island et vivotant du revenu mininum australien, et une centaine d’autochtones australiens, essentiellement des fonctionnaires assurant le minimum de services à l’atoll (cabinet médical, aéroport, services de douane et d’immigration, instituteurs, etc…) et installé sur le motu de West Island. Très peu de tourisme, aucune industrie, ni artisanat, ni agriculture pas même vivrière, ni pêche autre que vivrière : l’atoll est 100% sous perfusion australienne et dépend des importations… L’intérêt que porte l’Australie à cet atoll est certainement essentiellement géostratégique.
En conséquence, l’approvisionnement est cher, mais a le mérite d’exister. L’île est strictement musulmane, les femmes sont voilées,
la supérette
et le vin….. sans alcool!.
du jamais vu! du Chardonnay sans alcool.
Nous avons un peu d’internet pour mettre le blog à jour, un mouillage calme où il fait bon dormir la nuit, et une plage magnifique où les enfants passent leurs journées avec leurs amis : que demander de plus?!
Nous aurons l’occasion de visiter brièvement Home Island, pour y faire quelques courses, récupérer de l’internet. Nous prenons le même ferry qui amène les iliens à la plage le week-end!
le ponton d’accostage du ferryen attendant le ferry…des pointes noires passent…et toujours la grande préoccupation des australiens : la SECURITE!C’est parti pour Home Island, avec Birgitta et Erik.
Dommage, c’est samedi, le musée est fermé, ainsi que le restaurant et le café. Nous déambulons dans le village,
repérons l’épicerie,
pic-niquons dans l’herbe, faisons quelques courses et passons quelques heures sur internet : inscription de Victor au CNED, commande de matériel pour les Seychelles, consultation de la météo….
la meilleure connexion internet de l’île se trouve sous l’antenne principale, près du « Community Center »Bye-Bye Tom!
Quelques jours plus tard, j’accompagnerai Thomas à l’aéroport sur West Island, à 15mn de ferry de là.
le quai du ferry à West Island
Une village en forme de garnison militaire avec ses maison toutes identiques et ses bungalows à louer aux militaires de passage sur l’île, c’est à peu près tout. Là aussi ,il est tout juste 15h, et tout est fermé, restaurant, café, supérette…..
Petite curiosité, le terrain de golf de part et d’autre de la piste d’aviation qui longe le village.
le golf
Après un séjour de 8 jours très agréable, nous levons l’ancre pour les Chagos, à 1500NM de là : nous y serons dans une semaine.
Bali est une île dont nous percevons tout de suite la personnalité multiple, et dont nous n’aurons en seulement une semaine, pas le temps d’explorer toutes les facettes…..
Premier paradoxe :
L’île est à large majorité bouddhiste, dans le plus grand pays musulman du monde.
Mosquée au port de Benoa
Alors à Bali, chaque famille ou presque a son temple, au fond du jardin-
temple familial
on en trouve donc à chaque coin de rue.
Temple
Un peu plus grand : c’est un temple de quartier, partagé et entretenu par la communauté : les balinais vont jusqu’à dépenser un quart de leur salaire en offrandes!
Offrandes
Temple d’envergure!
Nous arrivons le lendemain de l’Eid, qui fête la fin du Ramadan : le pays entier est en vacances, mais à Bali, la vie continue. Seuls sont fermés les marchands de bois et de tapis, à majorité musulmans, et les administrations fonctionnent à semi-régime pendant ce long week-end férié.
le Bali des surfers :
Nombreuses sont les plages et spots de surf.
On le comprend vite, en arrivant à Bali, tout à coup, une longue houle se lève, qui brise sur les plages de sable gris.
arrivée sur Bali
Sur les plages, tous les 200m, des loueurs de surfs et de bodyboard , et dans les rues, des boutiques de surf tous les 500m!!
Surfshop
Et comme on circule beaucoup en scooter, voilà ce que ca donne!
Surfer en scooter!
Le Bali arty
celui d’Ubud, que nous n’aurons pas le temps de visiter. Les balinais ont développé un artisanat exemplaire : tissus brodés, poteries, boiseries, sculptures etc…. Nous n’en aurons à Denpasar qu’un bref aprecu, n’ayant pas pris le temps de visiter Ubud, la capitale artistique et artisanale de Bali.
sculpture à l’extérieur d’un surfshop
Tous les jours, nous passons en taxi devant les marchands meubles, des spécialiste de porte sculptées, menuisiers, meubles de jardin, vendant des bois pétrifiés, des totems sculptés, des jarre grosses comme des éléphants, des statues de pierres. Il vaut mieux pas s’arrêter : je me sens capable d’un coup de folie, en passant commande d’un éléphant en pierre pour mettre dans notre jardin en Bretagne!
Bali chic
la destination est très prisée des australiens : boutiques de marque et centres commerciaux de luxe pullulent,
tenue de sirène à vendre!
restaurants chics aussi classy qu’à St-TRopez mais au tarif abordables, night-clubs : voilà ce que vient chercher une clientèle avertie. A Seminyak, s’alignent les boutiques à la mode , des bars branchés
pour voir, ou être vu?
et des retaus tendance.
Il n’y a pas deux devantures qui se ressemblent d’où une réeelle originalité des lieux et des produits d’artisanat.
Bali et son tourisme de masse
En arrivant à Bali par la mer, on devine les gigantesques hotels en constuction, sur Nusa Dua, la péninsule sud de l’ile. Les batiments sont de taille colossale, offrant probablement plusieurs centaine de chambres. D’autres disposent de mini-club grands comme des parcs d’attraction! Puis en entrant dans le chenal d’accès au port, c’est la foule!!!
l’entrée du chenal
ce sont des dizaines de parachutes ascentionnels, de jetskis, speedboats tractant bouées et engin variés
dans le chenal même qui est fort encombré…Nous sommes tout simplement ébahis par le tumulte sur l’eau!… Le choc est d’autant plus grand lorsque l’on arrive de 9 jours de mer, dans le calme et la solitude de notre bateau-cocon.
Les abords du port de Benoa nous apprennent aussi combien l’île est densément peuplée.
maisons de pêcheurflotte de pêche localerefueling
Bali polluée, embouteillée :
Nous somme cueillis par la saletés des lieux dans le chenal d’accès au port : Loïc fait monter sur le pont l’intégralité de l’équipage pour veiller aux déchets : nous redoutons le sac de riz dans l’hélice, qui pourrait endommager le moteur. A la marina, ce n’est pas mieux, poissons crevés, plastique omniprésent ; la mer est une poubelle, et ca ne choque personne. Cela ne nous motive pas à explorer les mouillage alentours nous n’avons qu’une semaine d’escale, et optons de rester à la marina nous reposer, nettoyer et préparer Moby. Une fois n’est pas coutume, nous visiterons Bali par la terre pendant cette courte escale.
Tous les jours, nous empruntons des taxis pour nous balader et aller à la plage, et restons 15/20mn dans les embouteillages, matin, midi, le soir aussi!! Bali est surpeuplée, en particulier le sud, acueillant toujours plus de touristes. La solution, c’est le deux-roues : ils pullulent ici!
parking de scooters au terminal ferry
Les infrastructures routières plutôt de qualité mais sans doute insuffisantes, et les petites ruelles de Seminyak assaillies en permanence des voitures, taxis, scooters…..c’est l’Asie!
Bali populaire :
L’île est aussi une destination de vacances pour les indonésiens, et de week-end pour les javanais qui viennent en ferry depuis l’île voisine.
Très populaire, la plage de Jimbaran, avec son port de pêche,
son marché au poissons et ses innombrables restaurants de fruits de mer.
la plage de Jimbaran
Tous les soirs, des centaines de touristes débarquent en car sur la plage pour admirer le soleil couchant, et dîner les pieds dans le sable de poissons, coquillages et crustacés frais.
Populaire aussi, les cerf-volants qui sillonnent le ciel, en plein hiver balinais!
Un autre soir, nous nous retrouvons un peu par hasard devant le Festival de la Lumière;
le festival des Lumières
Partis pour dîner en amoureux sur la plage de Nusa Dua, nous nous retrouvons à devoir terminer notre chemin à pied, les rues sont bouclées, pour cause de festival. Qu’à cela ne tienne, nous changeons nos plans, et nous laissons guider par la foule et dînons d’un Nasi-Goreng non pas sur la plage, mais dans un food court local…
Le fameux Nasi-Goreng, plat national indonésien
Pourtant en plein dans le quartier des grands hôtels, sommes pratiquement les seuls européens à nous promener sur les lieux, fréquentés ce soir-là par des balinais et javanais en week-end. Nous arrivons sur la presqu’île, guidés par la foule.
l’entrée du festival des lumières
Le site est sauvage, une presqu’île battue par le vent et les embruns, un petit temple,
nous jouons avec nos ombres
des statues de lumière, aussi belles vues de loin, que de près!
Un peu plus loin, une forêt de lumières, très réussie!
devinez où je suis!
et une traditionelle fête foraine : brochettes, glaces, smoothies, et plats à emporter, toss-toss et voitures à pédales, les enfants auraient adoré!
roulottes en combi VW
Nous avons la chance d’y passer après dîner, les lieux se sont vidés, c’est magique.
Une semaine à Bali
Nous n’avions pas plus d’une semaine à passer à Bali : notre escale forcée australienne aura « mangé » le mois prévu pour visite l’Indonésie. Alors nous nous contentons de ces quelques jours d’escale.
Moby à la marina de Bali
Nous décidons de rester la semaine à la marina, et d’explorer Bali par la terre.
à la marina
Nous attendons aussi mon frère Thomas, qui nous rejoint d’ici quelques jours, et nous accompagne à Cocos.
Dès notre arrivée, nous nous lancons dans un programme de nettoyage du bateau : Victor et Loïc nettoient le pont,
nettoyage du bateau
Arthur Anna et moi nous occupons de lessiver les doudous, sacs de plage, hamacs etc…. qui en avaient bien besoin.
Nous prenons vite le rythme : la matin, c’est nettoyage, bricolage, rangement, réparations et l’après-midi, nous partons en vadrouille. En effet, les abords de la marina ne se prêtent pas trop à la détente : cette toute petite marina disposant d’à peine 10 places temporaires à louer, est située sur une presqu’île abritant le terminal ferry, bateaux de charter, les services d’immigration, la police, et différentes administrations liées au traffic maritime, rien de très glamour.
au sortir de la marina….un terrain vague
La marina n’est pas si calme non plus : les ferry arrivent et débarquent les passagers avec danses balinaises à l’appui
Les touristes viennent passer la journée sur des bateaux de charter
Nous sommes survolés par des avions en permanence
Pas un restau à l’horizon, ni une boutique. Le quartier est aussi très calme le soir heureusement.
Mon amie Anélie qui a travaillé à Bali il y a quelques années me donne rapidement quelques adresses : nous ferons de la plage de Seminyak et du restaurant Ku De Ta (prononcer « coup d’Etat », joli jeu de mot aux consonances franco-balinaises ;-), notre destination favorite des midis et après-midis .
le restaurant/bar KU DE TAl’entrée côté plage
Ambiance St-Ttrop : restaurant stylé à tarif plus qu’abordable, bar et DJ à partir de 16h, piscine, ambiance lounge autour de la piscine, chicken noodles au menu enfant
Anna ravie de voir son plat préféré au menu enfant!
et surtout : location de surf en contrebas!
location de surfsla plage de Seminyak
Nous avons trouvé notre SPOT pour la semaine, et y retournerons 3 fois…. Les enfants sont heureux de surfer;
c’est parti pour une session de surf/bodyboard!
les vagues ne sont pas exceptionnelles, mais les enfants sont HEU-REUX,
et le cocktail resto-piscine-plage-vague de surf-soleil couchant est idéal.
c’est parti pour une session de surf
Une fois n’est pas coutume, nous jouons aux vrais touristes quelques heures par jour.
Nous terminerons un après-midi dans un salon de massage : pure tradition balinaise!
au salon de massage
et un autre soir, nous restons sur la plage admirer le soleil couchant.
Tom et Anna à la guitare…
Plus, haut, au KU DE TA, l’ambiance lounge se transforme en ambiance DJ night-clubMais toujours, Surf, surf, surf!!!
Après réflexion, nous ne pousserons pas l’exploration de Bali plus avant : ce n’est plus la saison des belles rizières, bien vertes, étagées, celles qui donnent de Bali cette image idyllique… les récoltes ont eu lieu en fin d’été, et j’apprend que les seuls jolis champs de rizière visibles bien verts ont été maintenus pour les touristes, avec entrée payante…. BOF.
J’aurais aussi aimé aller à Ubud, la capitale artisanale et culturelle de Bali, découvrir l’école alternative et écologique créée par des américains, me bercer de l’ambiance hippie de Ahmed, petite ville balnéaire de la côte Est, visiter quelque temples. Mais ca sera pour un autre voyage. Le temps nous manque, et je sens les enfants plus passionnés par le surf que par les visites culturelles. J’ajouterais que si nous avions eu la chance de tomber au cours de la semaine sur un chauffeur sympa qui nous aurait agréablement guidé pour la journée, j’aurais sauté sur l’occasion, car l’île se prête particulièrement à un grand tour en voiture.
Mais non : chaque course est une tentative d’arnaque; ca en devient risible à la fin! Au cours de la semaine, nous arrivons à essayer tous les modes de transport :
les minibus locaux, ceux que l’on trouve en sortant de la marina :
taxi-minibus
particulièrement inconfortables, non climatisés mais dotés d’une ventilation naturelle (ici on roule portes ouvertes!!). Il nous faut âprement négocier à chaque fois les courses pour payer un tarif équitable. Et au final, ils sont plus chers que les autres taxis!
dans le bus-taxi : la ventilation naturelle via la porte ouverte!
Pour d’obscure raisons, ils ne nous déposent pas toujours à l’endroit de notre choix : plus d’une fois nous aurons à marcher pour arriver à notre destination!
dépités et fatigués, nous optons alors pour la compagnie « Bluebird », les seuls à être systématiquement équipés de taximètre. Bonne nouvelle : le tarif est raisonnable! Mais la seule fois où nous voudrons en commander un, il mettra plus d’une heure à arriver….. Et attention, ils n’ont pas le droit d’entrer dans les hôtels, ni à l’aéroport : là aussi, ils nous déposent souvent avant notre destination.
les taxis pour touristes : ceux là sont propres, spacieux, climatisés, mais 3 fois plus chers! Ils ont le monopole des dessertes de l’aéroport et des hôtels.
Uber : officiellement interdit à Bali, nous tentons tout de même l’expérience. Et ca marche!!! Formidable, le taxi arrive à la marina dans les 20mn, le prix est deux à trois fois moindre que les minibus, la voiture climatisée (dans les embouteillages, c’est appréciable), le chauffeur agréable de conversation et parlant un bon anglais, , OUF; nous voilà réconciliés avec les taxis balinais! On comprend pourquoi Uber dérange : dans un pays où se côtoient déjà 3 types de taxis différents qui ont chacun leur prérogatives, Uber donne un grand coup de pied dans la fourmilière en proposant une services de qualité à tarif imbattable : de quoi en énerver plus d’un!
Mon frère Thomas arrive demain, il m’accompagne faire les courses.
avalanche de fruits et légumes tropicaux!
Deux aller-retour au supermarché Carrefour nous permettent de refaire un plein d’épicerie et de produits frais.
fruits frais…et fruits confits
L’occasion aussi de féliciter le chef boulanger, évidemment!
Avec Didier, chef de la boulangerie/pâtisserie du Carrefour de Bali
Didier est français, et ses produits ont la beauté et la qualité d’une vraie boulangerie traditionnelle!!
le rayon boulangerie
L’avitaillement est une question très sérieuse, car nous nous apprêtons à passer 6 semaines loin de tout : une première escale à Cocos(Keeling) nous attend dans 6 jours, petit atoll australien perdu dans l’Océan Indien, habité à peine par 600 habitants : autant dire que les produits là-bas seront rares… et chers :10$ (soit 7 Euros) le kg de pommes australiennes, parait-il!!!
A l’escale suivante, aux Chagos, il n’y a tout simplement pas d’habitants! Nous allons devoir vivre un mois sur les réserves du bord, un challenge intéressant à relever.