Chagos :
L’an prochain à Diego Garcia, de Jean-Claude de l’Estrac,
L’ancien ministre et journaliste mauricien rend leur dignité aux Chagossiens en relatant l’histoire de ce peuple déraciné. Lors de l’Indépendance de l’île Maurice, en 1968, les Chagos, petites îles de l’Océan Indien, sont détachés de Maurice et rattachés directement à la couronne britannique : les américains ont des vues sur l’atoll de Diego Garcia pour en faire une base militaire. 15 ans plus tard, les Chagossiens sont expulsés de Salomon Islands, Peros Banhos, et Diego Garcia : les américains s’installent à Diego, sur ce qui deviendra la plus grosse base nucléaire américaine hors territoire étasunien.Maurice :
Les Chasseurs épices, de Daniel Vaxelaire
La truculente histoire de Pierre Poivre, chasseur d’épices pour le compte du roi de France, au XVIIIème siècle. Sa mission, de toute une vie : aller voler aux hollandais des Moluques muscade et girofliers, et y acclimater à l’ile Maurice les épices qui ont rendus riches la Compagnie des Indes. Un récit historique, documenté et passionnant, qui se lit comme un roman! On y croise tout plein de personnages historiques de renom tels que Mahé de Labourdonnais, Dupleix, Bernardin de St-Pierre etc…. sans compter sa jeune et ravissante épouse, Françoise, parfaite alliée diplomatique.Les 75 ans du Yacht club de Grand Baie, de Pipo Lenoir
Les rochers de Poudre d’Or, de Natacha Appanah :
Un roman lumineux et poignant sur le voyage et la vie de ces travailleurs engagés indiens, qui quittèrent leurs terres de pauvreté de la péninsule pour vivre et travailler à l’île Maurice au 19è siècle. L’immense majorité ne reverra jamais son pays d’origine, et fera souche à Maurice. L’auteur est particulièrement douée pour faire revivre les sentiments des déracinés pendant leur long voyage en mer et la rencontre entre esclaves noirs et travailleurs indiens, dans ce village de Poudre d’Or, sur la côte Est de l’île Maurice, où les destinées vont se croiser et les vies se mêler. Du même auteur, je recommande également Blue Bay Palace, roman d’amour dans le Maurice actuel, entre deux jeunes gens de milieux sociaux et culturels que tout oppose : leur passion survivra-t-elle à la différence?et pour les enfants :
L’histoire de l’île maurice en BD et en 4 tomes, de Shenaz Patel et Jocelyn Chanlow, illustré par Laval NG et Christophe Carmona :
un très classique récit historique.
L’île Maurice racontée à mes petits-enfants, de Jean-Claude de l’Estrac
Moins classique, le célèbre journaliste et ancien ministre prend le biais du métissage et du « vivre ensemble » pour retracer l’histoire du peuple mauricien. Plus qu’un récit historique, c’est un message de tolérance, parfait antidote aux préjugés racistes de tout bord. L’illustration est très belle, dans un style coloré, contrasté et plein d’émotion.La série des Tikoulous,

Réunion :
Daniel Vaxelaire : Chasseurs de noirs
L’auteur relate un passage terrifiant et sanglant de l’histoire de la Réunion : la traque impitoyable d’esclaves « marrons », enfuis de chez leurs maîtres maltraitants, et réfugiés dans les cirques et montagnes reculées de l’île. L’auteur excelle à transformer un récit historique en roman poignant, aux parfums d’une île à la nature et la géographie uniques.Le piton de la Fournaise expliqué aux enfants
Tout ce que vous vouliez savoir sur le volcanisme, et en particulier sur le phénomène volcanique réunionnais. Il réussit le pari d’un ouvrage à la fois généraliste, tout en prenant illustration sur le Piton de la Fournaise, avec des très belles images locales. Bravo à cette maison d’édition régionale, dont je recommande également le compact petit guide « la Réunion : 152 randonnées », parfait aussi bien pour les touristes de passage que pour les réunionnaisRequin lé là, de Gaston
A la Réunion, le drame de la crise requin a bouleversé les équilibres : depuis 2006, les requins ont fait des morts, des mutilés, et ont touché une population entière à qui on a fini par confisquer la mer. Une BD instructive, non-polémique, drôle, bourrée de chiffres, de faits, et de données scientifiques. Un ouvrage vraiment intelligent, qui pose les bonnes questions, ne donne pas toutes les réponses, mais permet d’ouvrir le débat, et donne de nombreuses pistes d’exploration.Récits de voyage et écrits maritimes:
Histoires de la Mer, de Jacques Attali
Passionnant et érudit, Jacques Attali regarde la mer avec un biais particulier, celui de relire l’Histoire de l’humanité par son prisme. Notre monde et ses différentes civilisations ont été façonnée par notre rapport à la mer : des première cités construites sur ses rivages, aux guerres qui se sont toutes perdues ou gagnées sur les mers, aux poids des grandes puissances de l’histoire du monde qu’il relie à leur force maritime , sa théorie est intéressante, et sa relecture de l’histoire fort instructive. En particulier les derniers chapitres, inspirants, qui nous mettent au défi d’une mondialisation respectueuse de ses océans qui la nourrissent.Surfer la vie, de Joël de Rosnay,
Le spécialiste de prospective, nous offre un étonnant essai : il s’appuie sur la métaphore du surf pour inventer un nouveau style de vie, apte à affronter le monde actuel : la société fluide. A travers les arts, la science, la santé, l’environnement, l’énergie, il explore comment le surf et son mode de vie, peuvent nous aider à vivre la société changeante, rapide, évolutive, technique. C’est aussi une ode incroyablement positive et inspirante à la jeunesse, à la technologie, et à l’écologie, bourrée d’exemples et d’idées concrètes, optimiste sur l’avenir des hommes et de la planète : ce qui nous change de la morosité ambiante!Sur les chemins noirs, de Sylvain Tesson :
Rien à voir ici avec la mer, mais avec le récit de voyage, oui! Sylvain Tesson est un écrivain-voyageur, géographe et alpiniste, que je lis avec un immense plaisir à chaque sortie de ses livres, depuis son surprenant recueil de nouvelles publié en 2010 « Une vie à coucher dehors ». Il signe là son nouveau livre après un terrible accident qui le cloua au lit des mois : pour conjurer le sort et re-vivre, il traverse la France à pieds « par les chemins noirs », l’occasion d’introspection, mais aussi d’une ode à la france tranquille, au terroir, au territoire, au paysage, à la lenteur, au silence, et à une manière de voyager « slow-life ».
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