Auteur/autrice : Bénédicte

  • Quel futur pour la Grande croisière?

    Quel futur pour la Grande croisière?

    Pour le cinquantième anniversaire de Voiles et Voiliers, et à l’occasion des 30 ans du cahier « Grande Croisière », le célèbre magazine nous a demandé de réfléchir sur l’avenir du voyage à la voile. Le cahier spécial et cette édition sont en kiosque pour encore quelques temps, et il sont passionnants!

  • Moby dans la rubrique « Ca vous est arrivé », de Voiles et Voiliers

    Moby dans la rubrique « Ca vous est arrivé », de Voiles et Voiliers

    Quand notre mésaventure nocturne au large du Brésil nous a valu d’être publiés dans la rubrique « Ca vous est arrivé » du magazine Voiles et Voiliers, N°588 de Février 2020. Une rubrique pleine d’enseignements à laquelle nous avons été ravis de contribuer.

  • Voiles et Voiliers nous a publié un bel article!

    Voiles et Voiliers nous a publié un bel article!

    Un an après notre retour à terre, nous avons été contactés par la rédaction du magazine Voiles et Voiliers pour un article sur la Grande Croisière. Dans le numéro 584 d’octobre 2019, il nous a été consacré pas moins de 8 pages, laissant une très belle part à nos photos. Nous sommes flattés bien sûrs, et plutôt fiers de paraître dans un magazine qui a bercé notre jeunesse, et continue de faire rêver des générations de plaisanciers et navigateurs. Voilà qui laissera un joli souvenir pour nos enfants! Et pour nos fans qui n’avaient pas eu l’occasion de lire l’article, le voici.

  • Le retour à terre…

    Le retour à terre…

    Cet article a été écrit deux mois après notre retour de grand voyage, en novembre 2018. Il n'avait jamais été publié, et j'y remédie enfin. 
     
    Voilà deux mois que nous sommes rentrés chez nous :  les enfants ont retrouvé leur maison, le jardin et leurs jeux avec une grande joie.
    Chaque journée est une re-découverte de petits plaisirs de terriens : aller à la boulangerie chercher du pain frais, profiter de l’abondance dans les commerces, savourer des douches chaudes, de longues nuits sans quart…

     

    Les enfants ont retrouvé leurs quatre grands-parents avec lesquels ils sont très complices, et l’adorable petite chienne Gaïa de Papily et Mamily, que nous baby-sittons à l’occasion à la maison.
     
    Nos journées sont occupées à remettre la maison en état. Après avoir été louée tous les étés, elle a besoin d’un coup de peinture, de menues réparations, et de nettoyage de fond. Nous déballons aussi avec plaisir les cartons de nos vêtements d’hiver – nous en aurons bientôt besoin – et retrouvons pleins de trésors.
    La rentrée des classes
    Nous préparons surtout la rentrée des enfants avec beaucoup d’attention, c’est un grand évènement pour eux de retrouver le chemin de l’école, après deux ans et demi d’absence. Arthur et Anna sont en confiance, ils vont retrouver leur ancienne école, et sont très impatients de revoir les copains bien sûr, mais aussi les maitresses qu’ils connaissent toutes. J’ai pris contact avec la directrice pour débriefer nos deux années et demi d’Instruction En Famille (officiellement I.E.F.) : Anne a à coeur d’accueillir au mieux les enfants, de connaître leur niveau et leurs éventuelles difficultés pour préparer leur insertion scolaire.
     
    Nous avons la chance d’avoir une école aussi attentive aux besoins des enfants : c’est une petite structure d’une centaine d’élève, répartis en 5 classes, toutes à double niveau. La pédagogie est centrée sur la bienveillance éducative, la fraternité et l’individualisation des parcours. De notre côté, nous ne nous étions pas focalisés sur le programme de l’Education Nationale, mais avions plutôt choisi de nourrir leur soif d’apprendre : ils ont donc tout naturellement engrangé beaucoup de connaissance et fait des progrès dans les domaines qui les passionnent. Mais d’un strict point de vue « scolaire », ils vont forcément avoir quelques lacunes, qu’il nous importe d’identifier.
     
     
    A l’école primaire
    Anna est plutôt avancée en lecture pour son âge : je me suis résolue à lui apprendre à lire dès l’année de grande section, car à force de voir ses frères lire, elle en avait un désir intense. Elle a donc très vite appris à lire et à écrire à 5 ans, et dévore tout ce qui lui traine sous les yeux : BD, albums, journaux, histoires…. Elle n’est pas très rapide en écriture, et a un peu de retard  en math car je n’ai pas pas tout à fait réussi à boucler le programme de CP l’an dernier…
     
    Son intégration dans la classe de CP/CE1 s’est très bien passée. Elle suit le programme de CE1, aux cotés des enfants de son âge qui sont en CP. Elle a déjà fait un grand exposé en images de son voyage, répondant avec plaisir aux questions des enfants de sa classe. Boulimique d’activités, elle veut faire de la danse, de la gym, du surf, apprendre le piano…. Nous avons limité pour l’instant les activités encadrées, pour garder du temps libre pour bricoler, faire du vélo et garder du temps en famille.
     
    Arthur est calé en math et en sciences : en plus des cours au programme, il absorbait ce que son grand frère étudiait au collège, passionné par les explications toujours très pédagogiques de Loïc sur les questions scientifiques et techniques que nous rencontrions au quotidien : l’énergie, la navigation, la mécanique etc…
     
    Il est aussi fort en grammaire – un jeu de logique pour lui – et en vocabulaire ( pratiquant avec agilité jeux de mots, homophones et calembours), mais rechigne sur l’écriture et manque de sens pratique….
    Après quelques semaines d’école, il a fait de très gros progrès en organisation et en écriture, qui ne lui pose plus du tout de problème. Il a retrouvé toute sa bande de copains, et va avec enthousiasme et beaucoup de sérieux à l’école.
     
    Il est inscrit tous les samedis matin au club de voile de notre village pour faire de l’optimist. Nous avons investi dans un équipement de choc : combinaison hyper chaude, gants en néoprène, cagoule et chaussons d’hiver. Il n’a pas froid du tout, même quand l’eau est à 12° comme en ce moment, et l’air à 8-10 : pas mal pour un gamin qui revient des tropiques!
     
    Il se se régale en particulier quand il y du vent et que ça souffle à 15-20 noeuds!
    A l’école du Cirque
    Et pour rendre la rentrée plus passionnante encore, leur école a accueilli fin septembre un véritable cirque, avec chapiteau, animaux et toute une troupe familiale pour une semaine intensive d’école du cirque.

     

    les équilibristes

    Les enfants de toutes les classes – dès la maternelle – sont allés deux heures par jour apprendre à faire le funambule, les acrobates, le rouleau américain, la boule, les équilibristes…..

    Anna l’acrobate

    Une semaine bien intense où tous ont beaucoup appris, dans leur corps, et dans leur tête, et nous ont délivré, parents, frères et soeur, voisins, et grands-parents un spectacle magnifique, où tous on surpassé leur appréhension et leur trac.

    Arthur sur la boule
    Au lycée
    Victor se son côté est entré au Lycée. Il a passé fin août avec succès un examen d’anglais pour pouvoir intégrer une section internationale britannique, en vue de passer, en plus du bac classique, un bac international (OIB) qui lui ouvrira les portes des universités anglo-saxonnes. Il est ravi, mais conscient que cela représente des heures en plus d’enseignement et de travail à la maison.
     
    Il a de longues, très longues journées, se levant à 6h le matin pour prendre le car afin de commencer les cours à 8h à Brest. Il rentre le soir à 18h30. Il a retrouvé ses copains de collège, et s’en est fait de nouveaux au lycée. Il regrette la liberté de travail et d’horaire que lui permettait le CNED, mais apprécie l’animation du lycée, et la vie sociale entre jeunes.
     
    Il n’a pas voulu suivre d’activité sportive extra-scolaire pour garder du temps libre pour travailler, et pour les copains/copines. Il pratique le futsal au lycée à l’heure de midi, va courir une fois par semaine sur le sentier côtier, et nous nous sommes engagés de notre côté à aller surfer avec lui, faire de la planche à voile ou taper quelques balles de golf à l’occasion.
     
    A l’heure où j’écris, nous terminons les vacances de la Toussaint. Je retire de ces deux mois passé le grand sérieux avec lequel les enfants ont appréhendé l’école. Ils sont très investis, pointilleux sur la ponctualité, le travail scolaire. Ils ont vraiment le souci de bien faire.
     
    Retour au travail
    Il fut étonnamment facile de nous replonger dans nos vies à terre. J’ai repris le travail le 2 septembre, en même temps que les enfants. Travaillant dans une entreprise familiale, j’ai récupéré mon poste dans la continuité, retrouvant le travail en famille aux côtés de mon père, de mon frère et de nos deux collaboratrices. Loïc a de son côté très vite retrouvé un job : la pénurie de pilotes est bien réelle en Europe, et il a facilement trouvé un poste sur long-courrier basé à Paris, on ne pouvait rêver mieux.
     
    Ce qui est le plus troublant, c’est l’impression que ces deux années et demi se sont passées dans un espace-temps différent, comme une grande parenthèse. Il nous reste bien sûr les souvenirs, et une transformation intérieure qui a laissé des traces.
     
    La société de (sur)consommation
    Nous sommes mal à l’aise avec cette société de sur-consommation, boulimique d’acheter, en particulier l’inutile ou l’éphémère. Nous «résistons» et sommes particulièrement attentifs à préserver les enfants. C’est une évidence pour eux, car ils ont été sensibilisés à la beauté et la fragilité de la nature face à l’impact de l’homme.
    Ils se sont d’ailleurs lancés avec enthousiasme dans un défi « zéro-déchet », pour diminuer le plus possible nos impact sur la planète : achat en vrac, recyclage, bricolage, compost, trajets en vélo pour aller à l’école ou au village….. Chacun fait sa part, comme le petit colibri…
     
     
    Se déplacer
    De mon côté, quand il s’est agi d’acheter un second véhicule, j’ai opté pour une voiture 100% électrique. Elle convient parfaitement à mes besoins ; parcourir 3 à 4 fois par semaine des trajets inter-communaux de 60km. Son autonomie est suffisante, sans émettre de particules et en silence, ce que j’apprécie d’autant plus après avoir passé 2 années en demi à me déplacer poussée par le vent, et en produisant une énergie renouvelable.
     
    Je suis bien consciente que rouler en véhicule électrique ne résout pas tous les problèmes : il reste toujours polluant de rouler, et je modère mes déplacements, prends le vélo dès que je peux.
    Les enfants aussi : à part peut-être 1 ou 2 épisodes, ils sont allés à l’école en vélo tous les jours depuis la rentrée, … Idem pour aller acheter le pain ou une bricole au village, nous ne sommes qu’à 2km du bourg, pédaler fait du bien, au corps et à la tête.
     
    C’est aussi un éloge de la lenteur : circuler à pied ou en vélo  permet de mieux savourer l’environnement qui nous entoure : s’émerveiller d’un bel arbre ou d’arbustes en floraison, saluer un voisin, s’arrêter papoter sur le bord de la route, ressentir le vent dans les cheveux, le bleu du ciel au-dessus de nos têtes….
     
    Autant de petits plaisirs dont on se prive en roulant en voiture. Il faut dire aussi que les mois de septembre et octobre ont été magnifiquement ensoleillés, ce qui a grandement ajouté au plaisir cycliste.
    Vue d’automne sur la mer d’Iroise

     

    Se nourrir, consommer

    Nous essayons aussi de manger sain et responsable, moins de viande mais de meilleurs qualité, le plus bio et local possible, en évitant pesticides, additifs et malbouffe, mais surtout bannir le plus possible le plastique dans nos achats : nous avons vu trop de plastique défigurer les plus belles plages. Halloween et Noël sont de belles occasions de tester notre capacité à réinventer ces festivités de manière éco-responsables : car il n’est pas question de supprimer les fêtes, seulement de remettre l’humain et la planète au coeur des évènements, et de reléguer le consumérisme boulimique à sa périphérie.

    Nous tentons à petits pas d’intégrer dans nos vies les profonds bouleversements que notre voyage a eu sur nos consciences. La terre est grande, belle, fragile et forte à la fois.
     

    C’est notre responsabilité à nous les hommes, animaux devenus démiurges, d’agir sur notre destin et celui de la planète qui nous porte. Sans culpabilité, avec optimiste, et détermination.
     
  • Arrivée à la Grande Motte

    Arrivée à la Grande Motte

    Entre le 10 et le 23 juillet, nous avons passé 2 semaines en mode « convoyage », entre Brest et La Grande Motte. Nous sommes passé devant Gibraltar, les Baléares, et avons longé la péninsule ibérique, sans nous arrêter.

    Nous avons un timing serré car les futurs propriétaires de Moby souhaitent profiter de leur bateau cette été pendant leurs vacances au mois d’août, et je les comprends!
    La date du 27 juillet a été arrêtée pour effectuer l’expertise préalable à la vente.
    Nous arrivons le lundi 23 juillet en vue de la Grand Motte

    bien reconnaissable à ses immeuble aux formes géométriques.Nous scrutons l’horizon des yeux, à la recherche de catamarans Outremer sur le plan d’eau : il y en a forcément un ou deux sur l’eau tous les jours, car tous les Outremer sont testés et éprouvés en mer pendant le mois précédant leur livraison.
    Il y a aussi toute la période de prise en main des bateaux, effectuée sur le plan d’eau de la Grande Motte après la livraison, ce qui fait aussi partie du package!
     
    Nous sommes très vite contactés à la VHF par Jean-Pierre, personnage incontournable d’Outremer/Grand Large Service, en charge de la mise en main des bateau. C’est lui qui nous a guidé lors des premières navigations de Moby, et donné plein d’astuces pratiques pour nous faciliter la vie sur le pont.
     
    Il est en mer à bord de Blue Nimbus, un 5X qui vient d’être livré. 
    Très vite, c’est Excalibur, un autre 5X qui vient sur nous. Je reconnais à bord Stéphane, du Service Après-Vente, qui nous fait de grands signes.

    Nous avons noué une relation de confiance avec Stéphane, qui nous a suivi pendant tout notre tour du monde, nous envoyant des pièces, les quelques fois où c’était nécessaire.
    Puis un Outremer 45, Moutik : à son bord, Aurélie, Eric et leurs deux filles qui vont bientôt partir en grand voyage, et avec qui nous ferons connaissance cette semaine. Ils s’approchent tout près de nous et sont clairement venus à notre rencontre, nous sommes très touchés!!
     
    Quel accueil!
    Nous tirons des bords avec plaisir tous les 4, jusqu’à ce que Mathieu, le Directeur Commercial nous appelle pour nous dire de nous dépêcher, car nous sommes attendus au port!

     
    Il est temps de rentrer.

    Nous longeons le ponton des Outremer,

    et là encore, deux familles nous font de grands signes. A bord de Luna Bay : Guillaume, Jenifer et leurs trois enfants, avec qui nous avons navigué aux Bahamas : ils préparent leur bateau pour l’expertise et la vente qui aura lieu dans une semaine.
    Mais la surprise est énorme, quand nous arrivons au ponton visiteur : le staff d’Outremer est là, les hommes et les femmes qui ont construit notre bateau, pour fêter notre arrivée au son de la bombarde et du biniou, drapeau breton à l’appui!
    Emotion garantie, j’en ai les larmes aux yeux. Nous sommes fiers de ramener Moby après 30 mois de périple autour du monde à bon port : 900 jours de navigation, et 50 000 NM au compteur, avec quelques (més-)aventures bien sûr, mais sans une égratignure!
     
    Nous trinquons au champagne avec Grégoire, le chef d’équipe qui a construit Moby, avec Mathieu, le directeur commercial avec qui nous avons équipé Moby, avec Stéphane, le nouveau directeur général du chantier et bien d’autres… et passons un bon moment à échanger sur notre périple, et sur le magnifique catamaran qui nous a permis de mener à bien notre rêve : un tour du monde à la voile en famille en 30 mois, c’est serré, et il nous fallait un bateau rapide, confortable et fiable pour le réaliser.
     
    L’émotion retombe un peu, et toute l‘équipe d’Outremer retourne au travail. Nous découvrons le catamaran de notre voisin de ponton : un magnifique 4X tout carbone, spécialement construit pour Jean-Pierre, qui prend sa retraite dans quelques jours et entame sa nouvelle vie avec un projet d’envergure : il sera à l’automne au départ de la prochaine Route du Rhum avec sans doute le bateau le plus confortable de toute la flotte!
     
    Dès le lendemain, nous nous mettons au travail : il nous reste 2 jours et demi avant l’expertise, et une (petite) liste de travaux à faire. Alors que nous savons le chantier sous pression à quelques jours de la fermeture annuelle, Stéphane, du SAV nous dépêche quelques uns de ses meilleurs techniciens pour remplacer ce qui doit l’être sous garantie, et nous permettre de livrer un bateau parfait! 
    Le jeudi 27 juillet, l’expert arrive à bord pour les essais en mer.
     
    Lendemain, vendredi 28 juillet, Moby est sorti de l’eau pour la seconde partie de l’expertise. Nous en profitons pour repasser 2 couches d’antifouling, ce qui permettra aux nouveau propriétaire de passer l’hiver tranquille.
    Tout le monde s’y met, car il faut aller vite : Moby doit être remis l’eau le soir même!
    Les enfants ont tous un pinceau à la main, Eric le nouveau propriétaire aussi, et même Rodolphe, dont le 4X est en préparatifs à quelques encablures d’ici, vient nous prêter main forte; 
     

    A midi, nous quittons le bord, et laissons la place à Eric et Nathalie, les heureux propriétaires. Moby s’appelle désormais Eleven, et va naviguer quelques saisons en Méditerranée, avant de traverser l’Atlantique en direction des Antilles…

    c’est symbolique : nous venons d’enlever le nom de Moby

    Le soir, la pression retombe après une semaine très chargée. Nous prenons un train à l’aube pour Brest où nous retrouverons bientôt notre vie de terriens. Pour marquer le coup, nous déjeunons au célèbre bar-restaurant « Le Tour du Monde », une institution brestoise créée par Olivier de Kersauzon et ses équipiers il y a 25 ans. Moules-frites et fish’n’chips pour tout le monde. 

     
    Nous restons rêveurs devant leur collection de planisphères imaginaires…. Voici notre préférée, pour bretons qui se voient au centre du monde : 
    Et déjà, nous savons qu’un jour, nous repartirons….
  • Arrivée en Finistère!

    Arrivée en Finistère!

    Il est 6h quand le soleil se lève sur la mer d’Iroise, l’émotion est forte ce matin : partis de Méditerranée, il y a deux ans et demi, nous allons pour la première fois faire escale en Finistère, chez nous! Notre toute première escale est Lanildut,

    sur les rives de la mer d’Iroise que Loïc a fréquentées pendant son enfance, entre Corsen et Portsall.

     

    Ceux qui nous attendent, et qui n’ont sans doute pas fermé l’oeil de la nuit, c’est Louis et Nicole, les parents de Loïc, nos plus fidèles supporters, qui ont fidèlement renseigné nos positions sur leur livre de bord, 4 fois par jour, pendant deux ans et demi.

    Nous ne les avons pas vus depuis février 2016, et mon coeur se serre quand je pense combien leurs 3 petits enfants leur ont manqué.Mais je sais aussi combien ils ont heureux que nous ayons réalisé notre rêve, et fiers que nous l’ayons mené à bien.

    Les enfants ont préparé « notre » grand pavois, réalisé avec tous les drapeaux des pays que nous avons traversés, et dans l’ordre!

    Un petit travail de géographie appliquée effectué avec enthousiasme et fierté, entre l’Irlande et la Bretagne.
    Nous sommes aussi très heureux de la visite de Yannick, un ami de la famille, qui a donné ses premières leçons de voile à Loïc étant enfant, et qui nous a aussi mariés à la mairie de Brest, en septembre 1998, il y 20 ans.
    Le lendemain, nous quittons Lanildut pour Brest, après des retrouvailles familiales riches en émotions. 
    Nous allons longer une côte qui m’est chère : entre le Conquet et Brest, nous allons passer devant l’archipel de Molène, le phare de St-Mathieu, puis entrer en rade de Brest.
    Le vent fraichit, nous avançons à 10 noeuds sur mer plate, et croisons un monocoque à la gite : à bord, le confort n’est pas le même que sur Moby!
    A l’approche de la plage des Blancs Sablons, les enfants sortent sur le trampoline, ils reconnaissent leur spot de surf préféré.Puis voici le port du Conquet où Victor allait au collège. On voit dans leurs yeux beaucoup d’émotion : nous prenons véritablement le chemin de la maison!
    Nous sommes très gâtés par le temps, avec un vent chaud, qui nous cueille dès la Pointe St-Mathieu.
    Nous avons la surprise de voir venir à nous un semi-rigide rapide : c’est celui d’Olivier et Ghislaine, parents de Gabin, un copain d’école d’Arthur : nous sommes très touchés de leur visite!
    Nous continuons à longer la côte, et les petites criques qui bordent la mer d’Iroise  : l’Ilette sur la presqu’île de Kermorgan, Portez au pied du Conquet, la Grève Bleue et son rocher, et surtout Porsliogan, la préférée des enfants.
    Puis  nous virons la Pointe de St-Mathieu, l’endroit à mes yeux le plus photogénique au monde-je suis peut-être un peu chauvine!!!!
    Comment ne pas être sous le charme de ce site majestueux, battu par les vents : hautement stratégique, a été habité depuis plus d’un millénaire par mes moines en leur abbaye, puis par les militaires, qui gardent l’entrée de la rade de Brest depuis le sémaphore.
    En contournant St-Mathieu, nos arrivons sur les rochers des Rospect, avec ses batteries militaires. Arthur repère des dauphins qui viennent à nous! Quel heureux présage…
    puis soudain, ou détour de la cote, c’est notre maison, le sémaphore de Creachmeur, que nous avons rénové il y a 10 ans déjà.
    Et là, un autre bateau, ma copine Alex, avec sa famille, qui vient nous faire coucou!
    Nous nous approchons de la côte, et apercevons un petit groupe qui nous fait de grands signes

    : ce sont Zéphyr et Nino, deux des copains d’école d’Arthur accompagné de leurs parents, qui nous saluent et nous souhaitent la bienvenue!
    Victor devine aussi la silhouette d’Hervé, notre voisin et ami d’enfance de Victor.
    Arthur est très très ému de  voir que ses copains d’école ne l’ont pas oublié.

    Il faut dire que la maitresse pointait régulièrement sur la carte la position de Moby sur la planisphère de la classe : une manière maline de leur faire apprendre les océans et continents.
    Nous longeons maintenant le fort de Bertheaume, la plage du Trez-Hir, puis Tregana,
    Le phare, puis la plage du Minou. Nous tirons des bords dans la rade.
    De nouveau Olivier, Ghislaine et Gabin qui nous saluent et trinquent avec nous : ils nous offrent un verre champagne! Merci pour cette gentille attention!
    La tourelle du Mengam, signe l’entrée dans la rade à proprement parler, puis le phare de Sainte Anne du Portzic,
    et voilà la famille, à bord de La Gamine,

     

    le bateau de mon père

    Je reconnais à bord mes parents, mon frère, nos amis Anne et Erwan, ma filleule Liz, sa soeur Gwenn.
    Nous croisons le sillage de la la Recouvrance, le vieux gréement emblématique de la ville de Brest.
    La Gamine nous amène sous bonne escorte à Brest,

    au Port du chateau,où nous avons souhaité fêter notre arrivée!

    Nous installons de nouveau notre grand pavois, et passons 24h à couple de la Gamine,
    Tout au long de la semaine, se succèderont amis, famille,proches, cousins …


    Nous sommes pris tous les soirs : retrouvailles familiales, cousinades, anniversaires, soirée match (nous sommes en pleine coupe du monde!!), sans compter l’inauguration des nouveaux locaux de Poem, la bière des marin. Nous avons soutenu Gérald dans son projet et lui souhaitons bon vent!!

    A Brest, je découvre en tant qu’usager le port du Chateau, fort agréable et bien placé, à deux pas du centre ville, mais au calme. J’apprécie la vue sur le chateau, l’ambiance sur les pontons, fréquentés essentiellement par des voiliers de voyage en transit entre les Acores, l’Europe du Nord et le Golfe de Gascogne.Nous passons l’essentiel de notre temps à vider le bateau de nos effets personnels, car il va être vendu à la fin du mois, et changer de propriétaire.Pas de tristesse ni d’amertume, car Moby est le bateau d’un projet : maintenant que nous avons bouclé notre tour du monde, nous sommes sereins de nous en séparer, pour qu’il vive de nouvelles aventures, avec une famille qui donnera vie à ses propres rêves.

    Nous savons aussi combien il est prenant d’entretenir un bateau de cette taille, sans vivre à bord, et combien cela est peu compatible avec une vie de terriens avec 3 enfants, une maison, deux jobs prenants, une vie sociale….
    Nous quittons Brest le 10 juillet pour une dernière navigation en famille de 1800 NM entre Brest et la Grande Motte, où nous livrons Moby à ses nouveaux propriétaires à la fin du mois de juillet. Nous n’aurons pas trop de 2 semaines pour effectuer cette longue navigation côtière, exigeante en terme de météo-très changeante, et de traffic, toujours très intense en cette période en méditerranée.
  • Petit détour par l’Irlande

    Petit détour par l’Irlande

    Partis des Açores mi-juin, nous avons dû nous résoudre à faire escale en Irlande, car une grosse bulle de calmes nous barrait le passage vers Brest.
    Les côtes irlandaises en vue!
     
    Nous passons devant le Fastnet et son célèbre phare au petit matin :
    C’est Loïc qui est de quart, et qui immortalise le fameux rocher, qu’il avait viré en juin 1998, il y a bientôt 20 ans jour pour jour, lors de la course en double Mini-Fastnet.
    Nous longeons la côte sud-ouest de l’Irlande, et passons vers 10h du matin le « Old Head of Kinsale », son phare, et sa presqu’île creusée d’une curieuse galerie sous-marine que l’on aperçoit au ras de l’eau.

    Il fait un temps de rêve pour les irlandais depuis un mois, tout le monde est sur l’eau

    le soleil cogne, mais la mer n’est qu’à 15°, gla-gla….

    et à la plage!!

    La côte est sauvage, semées de belles constructions, où le moderne côtoie le traditionnel,

    mais toujours bien intégrées au paysage.
    Nous arrivons dans l’embouchure de la rivière Bandon, qui crée une sorte d’Aber.
    Le site est majestueux, bordé de deux forteresses : l’imposant Fort Charles sur la rive gauche, avec ses bâtiments de garnison, ses tourelles de surveillance, et le fort James sur la rive droite, plus modeste.
    Nous entrons dans le port de Kinsale, et déjà, un premier pub, des demeures bourgeoises, fenêtres à meneaux, ouvertures à guillotine,des maisons de ville à bow-window, pas de doute, nous sommes en Irlande!!
    Nous allons rester 3 jours dans ce charmant port de pêche et de plaisance avec pour mission de nettoyer et de ranger le bateau, avant de rejoindre les côtes du Finistère.

    Le soleil et une chaleur inhabituelles pour l’Irlande : pas moins de 25° en journée, ce qui est plutôt plaisant pour nous, habitués aux chaleurs tropicales.

    Le douanier que nous avons accueilli à bord à notre arrivée n’était pas du même avis : le pauvre se plaignait de fatigue, affirmant que l’organisme des irlandais n’était pas habitué à ces chaleurs prolongées!
    Après une journée de nettoyage, rien ne vaut une ballade sur le port,suivie d’un Irish Coffee dans un pub,

    accompagnée de musique traditionnelle irlandaise,c’est un moment de détente assuré!

    J’apprécie beaucoup l’humour irlandais, et les petites phrases, à chaque coin de rue…
     
    Par l’un de ces très beaux après-midi, une équipe média vient nous voir, et demande à faire des photos sur Moby. Il s’avère que nous accueillons à bord la plus célèbre des « Fashion Icon » d’Irlande, Celia Holman Lee, ancien mannequin, créatrice de la plus ancienne agence de mannequin d’Irlande ; elle commente aussi la mode depuis 15 ans sur TV3 Irlande. Le magazine RSVP réalise un reportage sur elle. Prendre la pose, c’est tout un métier, non?C’est drôle de voir combien le fait de vivre en bateau nous fait rencontrer des gens de tous horizons.
     
    Le jour du départ, nous nous accordons une demi-journée de détente, pour aller visiter le « Fort Charles ». Il s’agit d’une forteresse imaginée par l’un des disciples de Vauban, James Archer, un temps ingénieur pour la couronne française, venu vendre ses talents aux irlandais. On reconnait bien sur ce plan, la « patte » de Vauban : une place centrale, gardée par 5 bastions en éventail.
    Le port de Kinsale était en effet une escale très stratégique pour la couronne britannique, accueillant en particulier les navires en provenance des Indes occidentales : chargés d’or et de produits des « indes » (les Amériques d’alors), leur cargaison était fort précieuse.
    Les canons postés sur les bastions, de part et d’autre de la rivière, devaient empêcher tout navire ennemi de prendre la place.
    Dans la forteresse, pas moins de 400 à 500 hommes étaient logés, dans des baraquements fort nombreux, mais surpeuplés : une vraie ville!!
     
    Une légère brise revient sur les côtes d’Irlande, qui va nous permettre de rallier Brest en 24h. Nous appareillons à 21h : qu’il est bon de profiter de ces longues soirées d’été!
    Nous quittons Kinsale sous la pleine lune  Une belle navigation vers Brest nous attend.
  • Acores – 3 – Graciosa

    Acores – 3 – Graciosa

    Nous quittons Sao Jorge sous des abords lugubres : des lambeaux de nuages accrochés aux sombres falaises, donnent à la pointe de Rosais une allure fantomatique.

    Graciosa, apparait tout de suite plus douce et rieuse : Ce grand bâtiment, au sud de l’ile, ce sont les Thermes de Carapacho, zone balnéaire réputée pour sa source d’eau chaude soufrée et ses piscines naturelles. 
    Puis le phare de Carapacho, les iles de Baixa et Comprido, réserves naturelles, les flancs de la Caldeira, habillés de pâturages pixelisés,

     des maisons anciennes, traditionnelles, des champs…et enfin, le village de Praia, qui comme son nom l’indique, abrite la plus jolie plage de l’île. 
    Les moulins rénovés, témoignent du passé agricole de l’île : on les prendrait facilement pour les tourelles bâbord d’entrée du port!
    Aujourd’hui, petite journée de navigation entre Faial et Graciosa, nous avions une mission : terminer le dernier des 74 devoirs de Victor, à rendre au CNED au plus tard le 15 juin-dans 2 jours donc…! Comme le sujet d’art plastique ne l’inspirait pas, nous nous y sommes tous mis en famille :
    SUJET : « Construire, avec des matériaux de récupération, une maquette d’une construction, pour des hommes qui vivraient sur une planète où les intempéries n’existent pas, et où leur seule quête est celle du bonheur…. » Gloups, le sujet est un peu intimidant pour un ado qui bosse tout seul.
    Nous voilà tous les 4 (Loic se concentrait sur la navigation…), à lancer nos idées, et les mettre sur papier sous la forme d’un mindmapping. Puis à imaginer les différents éléments du projet, les matériaux à notre disposition, limités à la « poubelle de recyclables » du bord, et la caisse de bricolage des enfants.
    Au final, en 5 à 6 heures de travail collectif, sous la supervision de Victor, voilà notre résultat :
    • Une maison assez simple, pour s’isoler, s’instruire, avec une bibliothèque et une terrasse pour regarder les étoiles.  En brique de lait, batonnets de bois, cure-dent, pâte à modeler
    • un grand jardin en pleine nature, avec un verger pour les fruits, un potager, en pâte à modeler, papier de soie, bouchon de liège, 
    • une cascade pour se laver, un bassin pour l’agrément, des tables, un feu de camp et un BBQ pour cuisiner avec convivialité, des hamacs pour se reposer, avec des arbres pour attirer les oiseaux, en boite de récup’ en métal, flacon de crème, carton, papier de soie….
    • une plage de surf pour être au plus près des éléments, quelques animaux d’élevage, chats et chiens pour la compagnie : voilà pour Victor le concept du bonheur!
     
    Quelques jours plus tard, le résultat tombe : 17/20, on peut être fiers! L’enseignant n’a visiblement pas sanctionné Victor pour le travail collectif réalisé en famille, mais a souligné l’engagement dans le travail et l’effort de mise en forme.
    L’année de CNED se termine, après 8 mois de travail sans discontinuer, 84 devoirs rendus dans 11 matières. Un vrai marathon dont il se tire avec les honneurs, sans une seule impasse, avec de bons résultats dans toutes les matières, et surtout de solides bagages pour entrer en seconde au lycée l’année prochaine.
     

    En fin d’après-midi, je descend à terre avec Loïc pour les formalités. La réglementation aux Açores exige de se présenter dans chaque nouvelle île aux gendarmes : c’est fastidieux certes, mais l’accueil est sympathique.

    la Gendarmerie de Praia

    Je rapproche cela des traditions polynésiennes, de la « coutume », qui veut qu’à Fidji, en Nouvelle-Calédonie, ou au Tonga, il faille se présenter au chef du village pour y faire un cadeau, ou simplement dire qui nous sommes, d’où nous venons, où nous allons. En tant que voyageur, il me semble que c’est la moindre des politesses.

    Il faut dire qu’aux Acores, la paperasse est réduite, et c’est le gendarme qui s’en charge. Dans d’autres pays, les formalités sont interminables (Afrique du Sud), le douanier particulièrement revêche (Antigua), on nous trimbale de bureau en bureau (Bali), le contrôle sanitaire est une épreuve de stress (Nouvelle-Zélande), encore plus quand les plongeurs inspectent la coque à la recherche de coquillages indésirables (Galapagos)…. Oserais-je extrapoler et dire que le degré de civilisation d’un pays est proportionnel à la qualité de son accueil? On verrait dans ce cas Antigua et l’Afrique du Sud tout en bas de la liste, et la Polynésie Française, tout en haut, avec une mention spéciale pour les îles des Antilles françaises où les formalités d’entrées peuvent se faire via un ordinateur chez un commerçant!! Une des raisons pour lesquelles nos îles d’outre-mer sont si prisées par les navigateurs étrangers.
     
    Nous profitons d’être à terre pour faire un rapide tour du front de mer : la plage publique est équipée comme celle d’un hôtel 4*le port de pêche, 

    Le lendemain, il fait très beau!

    Moby mouillé au pied de la Caldeira

    Nous partons à l’assaut de la caldeira, ce cratère qui domine l’île de Graciosa.
    Avant d’y accéder, nous devons marcher 2km sur les petites routes, à travers les hameaux d’un quartier très rural :
    chacun cultive son potager, ses vignes, et élève vaches ou chèvres.

    Graciosa fut pendant quelques siècles le grenier à blé – et à maïs- des Açores, en témoignent ici ces anciennes meules de pierre, et les moulins, que l’on trouve massés tout près du port. Partout, des fleurs, des plantes aromatiques devenues sauvages, l’air embaume, et des oiseaux pépient constamment, il n’y a pas un instant de silence, malgré le calme des lieux. 

    Nous y voilà, tout près du « gouffre au souffre », curiosité naturelle et géologique qui se visite.

    Nous découvrons avec étonnement que l’accès se fait via une route et… un tunnel! Cet ouvrage d’art des années 50 a voulu faciliter l’accès au site aux touristes. Nous sommes un peu déçus car nous préférons marcher sur des sentiers pédestres que sur des routes. Mais les lieux sont très calmes, nous ne croiserons que 2 voitures pendant tout le trajet, et pas un seul car.
    Nous nous arrêtons déjeuner dans cette clairière, magnifiquement ombragée, qui déroule sous nos pieds un tapis de menthe sauvage, doux et odorant. Nous sommes au fond du cratère : quel panorama!Un peu plus bas, les hortensias commencent à fleurir. Ca y est, nous entamons la descente vers le gouffre.
    Anna a trouvé en chemin, ces siège taillés dans des souches, malin!
     
    Le bâtiment du parc détonne dans le cadre, avec son look résolument moderniste, mais qui se fond finalement assez bien dans le paysage, avec ses grandes baies vitrées, sa plate-forme d’observation en porte à faux, 
    Nous longeons un premier gouffre, et descendons vers les lieux…L’accès se fait via une tour maçonnée de 180 marches, 6 étages, l’équivalent du phare de St-Matthieu!
    Le site est spectaculaire, une immense grotte,accessible par 2 gouffres,

    avec à son extrémité une source de soufre qui fait des bulles et des gargouillis odorants, et en contrebas, comme une plage… et un petit lac baptisé fort opportunément : le lac du Styx!
    Arrivés en bas, l’odeur de souffre, forte, nous cueille à la gorge ; des capteurs de CO2 surveillent la zone. Elle est sans danger aux abords de la promenade guidée, mais beaucoup plus hasardeuse pour les malheureux qui s’en éloigneraient. Près du lac-là où se trouve la barque, un humain n’aurait que 10 à 15mn d’autonomie, à cause des fortes concentrations de gaz
    Nous remontons le gouffre, puis les pentes de l’intérieur de la caldeira , avant de redescendre vers Praia. L’ambiance est toujours aussi agréablement champêtre,et fleurie.

     Nous remplissons nos gourdes à la fontaine d’un des hameaux. 
    Il est 17h, à Praia, la plage est animée en cette fin de journéePas de touristes, mais des habitants, des familles, des jeunes venus profiter de la plage, de la baignade. Le lieu est éminemment social, avec ses transats, son bar, le quai…Nous en profitons pour nous relaxer sur les chaises longues après un arrêt au bar : la première gorgée de bière est exquise! Puis je vais gouter l’eau avec Anna, pour détendre nos pieds après cette longue marche. Elle a chauffé toute la journée sur le sable gris, atteignant 22° à 23° je dirais : nous tentons la baignade, elle est bonne!

    De retour à bord, nous savourons la vue sur la caldeira, celle que nous avons gravi à pied aujourd’hui, elle est désormais recouverte de nuages. 
    Le lendemain matin, le programme est moins sportif, car nous avons loué une voiture, pour faire le tour de île. Les enfants, qui aiment marcher, et en particulier gravir les sommets, apprécient aussi alterner une journée de marche avec une journée moins sportive. En quittant le port, direction Santa Cruz, nous découvrons cette fabrique de plots en béton. : une marina est en effet en construction quelques part ente Praia et Santa Cruz, la ville principale, de Graciosa.

    Nous nous mettons à la recherche du site. Nous savons aussi qu’une marina doit ouvrir dans le courant de l’année 2018, très prochainement donc.
    Nous nous attardons quelques instants sur les moulins qui s’alignent à proximité du port de Praia. Il était sans doute pratique de moudre le grain tout proche des sites d’expédition de la précieuse farine, devant alimenter toutes les Açores.
    Nous prenons un peu de hauteur et apercevons d’un côté l’usine à Praia,
    et de l’autre, la nouvelle marina, à Santa Cruz. Les travaux sont en effet en cours, et bien avancés. Un peu plus loin, la ville de Santa Cruz
    Et derrière nous, la caldeira et les champs. 
    Nous nous arrêtons à Santa Cruz jeter à oeil au front de mer: pas de véritable port, mais une cale de mise à l’eau,

    et une piscine naturelle, où les jeunes de l’île se retrouvent :Le soleil chauffe les pierres de basalte noires, réchauffant l’eau peu profonde. Un peu plus loin sur la côte c’est un aménagement d’une autre ampleur : la piscine naturelle de Barro Vermelho, aménagée de docks en bois, zones de BBQ, camping : c’est un espace de villégiature estival pour les habitants. Déserte à cette heure, on l’imagine animée les vacances et fins de semaines. 
    Puis au nord de l’île, le phare de Punta da Barca,

    sur les hauteurs, qui nous offre une vue sur des îlots déchiquetés par l’érosion.
    Cap à l’Ouest, nous sommes dans les nuages : la côte au vent, est souvent plus nuageuse que la cote sous le vent.

    Cette scène champêtre n’est pas inhabituelle : l’éleveur n’est pas loin et surveille. 

    Et toujours, les hortensias….qui font particulièrement bon ménage avec les vieilles pierres. Toujours aussi les hibiscus, libres comme ici ou en ville, taillés en haies touffues.

    Graciosa mérite amplement son surnom de « Grenier à blé des Acores » : elle est véritablement agricole et traditionnelle, comme en témoignant ces épis de mais qui sèchent, et cet âne qui porte son barda. Nous revoilà en bord de mer, au port de Folga, avec sa cale de mise à l’eau et sa grue. Puis quelques kilomètres plus loin, nous retrouvons les thermes de Carapacho, que nous avions vus de la mer en arrivant à la Graciosa. Des piscines naturelles et aménagées, et à l’arrière, de véritables thermes alimentés par une source d’eau chaude soufrée : l’accès à la piscine intérieure est possible, pour 30mn maximum, l’eau est très chaude et avoisine les 40°!!

    Nous déjeunons sur les hauteurs de Carapacho, dans un petit snack-bar qui ne paie pas de mine, et c’est délicieux, traditionnel : une cuisine à l’ail et au beurre, comme celle que faisait ma grand-mère… je me régale d’un poulpe grillé au four (qui nage dans une demi-livre de beurre salé), et Loïc d’énormes gambas grillées tout juste parfaites. accompagné d’une bière Sagres. 
    Jouxtant les thermes, un petit camping ravissant, vue mer, équipé comme toujours d’immenses BBQ en pierre de lave, et de grandes tables conviviales : on imagine sans peine les longues soirées d’été, relaxantes, après les journées passées à lézarder au soleil et se rafraîchir dans la mer, les virées dans la lande. Des plaisirs simples, mais bons!

    Je remarque partout sur l’île ces arbres aux floraisons rouges si caractéristiques :

    des « pohutukawas » de Nouvelle-Zélande!

    Je reconnais formellement les Pohutukawas, arbres endémiques de Nouvelle-Zélande, que l’on partout là-bas en bord de mer, en particulier dans l’ile du Nord. Ils semblent s’acclimater particulièrement bien aux Acores. Je suis tout à coup nostalgique de ce pays qui m’a énormément séduit, et me rend compte que le climat de la Nouvelle-Zélande et des Acores est très similaire : un soleil intense, des étés chauds mais tempérés par des apports océaniques ; des hivers doux. Je réalise que la latitude des Acores correspond à celle d’Auckland, et du Golfe d’Hauraki, l’un des bassins de navigation que nous avons le plus fréquenté en Nouvelle-Zélande. Autres similitudes : la gentillesse et la simplicité des habitants, relativement détachés du mode de vie consumériste occidental, les espaces naturels – nombreux, la mer – très présente, la nature – généreuse, le mode de vie simple : petites maison, vie de plein air, nombreux espaces verts aménagés pour la population….Ajouterais-je : du bon vin, du fromage, et des fraises, c’est  le paradis!

    Voilà pourquoi les Acores me plaisent tant!
     
    Nous remontons sur les hauteurs du phare de Carapacho; qui nous offre une belle vue sur les roches, et sur le petit quartier de villégiature des thermes en contrebas. 
     
    Sur la route du retour, nous faisons un stop à la caldeira, que nous avons grimpé hier ; mais de nombreuses autres routes et chemins sillonnent le cratère; nous décidons d’emprunter la route circulaire qui devrait donner une très belle vue panoramique sur l’île, toujours aussi fleurie.
    En effet : vue sur le phare de Carapacho,

     puis sur Luz, un village de l’intérieur des terres,

    enfin, sur la caldeira elle-même. Nous tombons aussi un peu par hasard sur un sentier qui amène à un tunnel de lave, puis à un sentier sur la crête du cratère, qui dessert une tourelle de point de vue.Panoramique, la vue :  nous devinons le volcan de Pico, sur l’île voisine, qui pointe son sommet derrière les nuages. 
    La vue est plongeante sur l’un des gouffres de la caldeira : Il parait que ces cavités, visitées uniquement pas des spéléologues confirmés, sont dignes du« Voyage au Centre de la Terre! » de Jules Vernes : Arthur se voit déjà revenir dans quelques années en spéléologue… 
    Nous croisons beaucoup de ronces en fleurs, ce doit être le paradis des mûres en fin d’été!
    Côté extérieur, c’est une vue sur les villages du plateau central.
    De retour sur la route circulaire, nous avons un joli point de vue sur le port de Praia, et Moby au mouillage.
    Nous redescendons par là où nous sommes arrivés, entre les vaches et les champs.

    Puis nous voilà de retour au port de Praia, où Moby nous attend sagement au mouillage, aux côtés de Skoiern, vieux gréement norvégien, battant pavillon français : ses propriétaires Patrick et Anne-Marie naviguent dessus depuis 40 ans, privilégiant les eaux froides des latitudes tempérées : Alaska, Patagonie, Europe du Nord… ils rentrent en Bretagne puis en Norvège fêter les 100 ans de leur bateau, mis à l’eau en 1918!
    Nous passons une dernière soirée à la Graciosa, en nous régalant comme tous les jours de fraises locales, accompagnée de délicieuse crème fouettée.
    En milieu de nuit, nous appareillons pour l‘Irlande, notre toute dernière escale avant Brest!
    Les prévisions météos ne sont pas folichonnes, et nous poussent à partir au plus vite ; nous serions bien restés quelques jours de plus pour visiter Terceira, dernière petite ile du groupe du Centre (avec Faïal, Pico, Sao Jorge et la Graciosa), mais plus nous tardons, plus nous prenons de le risque de rester « piégés » aux Acores, 8-10 jours, voir plus….Or nous avons rendez-vous à la Pointe du Finistère tout début juillet, pour y fêter en famille les 80 ans de Louis, le Papa de Loïc, notre plus fidèle supporter, qui nous pointe tous les jours depuis 2 ans et demi sur ses cartes et son journal de bord….Vivement les retrouvailles.
  • Açores – 2 – Sao Jorge

    Açores – 2 – Sao Jorge

    Nous arrivons à Sao Jorge en fin d’après-midi, au village de Velas, qui dispose d’une petite marina où nous avons une place à quai :
    seul moyen de caser Moby avec ses 8m de large dans cette petite marina des Acores…

    Nous déambulons en ville, et allons faire quelques courses,

    à la recherche en particulier du célèbre fromage de Sao Jorge, affiné 7 mois…. un régal!
    Le maitre du port nous accueille avec une gentillesse désarmante, et se plie en quatre pour nous faire plaisir. Il nous trouve une voiture de location pour le lendemain et nous donne mille conseils sur les sites à visiter avec les enfants, les marches sympas, les restaurants, les randos en paddle…..  Il nous faudrait 8 jours de plus tant il y a à faire!
    L’eau du port est d’une limpidité, qui donnerait envie de piquer une tête!A travers les hublots de la salle de bain, je vois les poissons et le fond.

    Nous ne pourrons faire le tour de l’ile en voiture dans la journée : l’île fait 50km de long, dont la moitié de petites routes sinueuses en terre. La curiosité géologique de Sao Jorge, ce sont les « Fajas », sorte de plateaux de bord de mer formés il y a des siècles par des coulées de lave qui se sont refroidies au contact avec la mer.

    Faja de Norte Grande

    Ces Fajas sont plus souvent construites de villages, plats, au pied de falaises escarpées, et ont une vocation agricole avec leurs terres très fertiles.

    Elles contrastent avec le corps de l’île, assez massif et élevé de falaises abruptes. Certaines fajas ne sont accessibles qu’à pied, et me font penser aux « îlets » réunionnais : ces plateaux isolés dans les cirques, portant un hameau ou un village, qu’on atteint par des chemins ou des routes en lacets interminables.

    Des que nous quittons Velas pour les hauteurs, nous remarquons cette physionomie si particulière des fajas.

    la faja de Velas
    Nous nous rendons à la faja de Vimes, où l’on cultive du café. La route qui descend au village est spectaculaire : l’à-pic d’un côté,

    la forêt de l’autre. La route est émaillée de points de vue sur la côte,

    et merveilleusement fleurie, d’hortensias, mais aussi d’amaryllis sauvages. Nous sommes accueillis chez un producteur : sa maison tient lieu de café.

    Nous visitons ses plantations, et dégustons bien sûr un expresso, accompagné de délicieuses pâtisseries maison : flans au café, et tartelettes aux épices douces. Leur jardin est un bonheur des yeux en ce début d’été : les vignes sont florissantes, les fruits de la passion déjà gros, 

    fleur de passion

    le potager dimensionné pour nourrir la famille toute l’année : il semble que tout pousse ici!

    Les enfants découvrent le caféier, et ses différents stades de récolte et de séchage.

    A l’étage, donnant sur la terrasse avec vue sur Pico, son épouse tient un atelier de tissage à l’ancienne, et confectionne des dessus de lit colorés traditionnels. Nous sommes très impressionnés par les machines à tisser, actionnées à la main, qui demandent à la fois force et dextérité. Nous restons un bon quart d’heure à observer leur technique ancestrale : leurs bras forment un ballet à 4 mains hypnotique, la navette se faufilant dessus, dessous, quelques petits mouvements de crochet de temps à autre, puis les battements bruyants et assourdissants du métier : le sol en tremble!!!
    A deux sur un métier, elles mettent une semaine à confectionner un grand couvre-lit.

    Notre second stop est sur la côte nord, moins ensoleillée; Nous garons la voiture à la faja dos Cubres ….,

    la faja dos Cubres

    pour une marche d’une heure environ, qui nous mènera à la Faja de Santo Christo, accessible uniquement à pied,comme toutes les fajas de la côte nord-Est, et où subsiste un mode de vie très traditionnel.

    C’est parti!
    Nous traversons un premier hameau, en rénovation, la faja do Belo. 
    Et comme toujours, une fontaine à la sortie du village.
    Nous continuons, encore quelques kilomètres, et nous voilà en vue de la Faja do Caldeira do Santo Christo, qui a ceci de particulier : une lagune, accessible par la mer, qui en fait un petit port naturel abrité.On y arrive seulement par cette piste, à pied ou en quad. On y pêche des coquillages, c’est aussi un spot de surf réputé. La preuve, cette maison des surfeurs, à louer en groupe! J’imagine en saison, des stage de surf, des bandes de copains…
    Les allées sont bordées d’aloès, d’hortensias,de cannas, d’agapantes,ou d’iris…
    et comme partout, une fontaine en bordure de village. 
    Voici l’église bien sûr, incontournable, et on devine que ce bâtiment qui la jouxte est l’ancienne école, avec sa cour, son muret.…Le sentier continue vers l’Est, et la Serra di Topo.

    Mais nous devons rebrousser chemin, et récupérer notre voiture de location. Un petit détour par le lagon : 
    J’aurais bien tenté une baignade, mais le reste de la troupe vote pour un retour au bercail! Alors après quelque ricochets, nous rentrons. Sur le chemin du retour, nous apercevons l’île de Terceira au Nord,

     et celle de Pico, au sud. Demain, nous appareillons pour La Graciosa, une autre île toute proche.
  • Moby arrive à Brest aujourd’hui!

    Moby arrive à Brest aujourd’hui!

    Ca y est, quelques dizaines de milles nous séparent de la rade de Brest, beaucoup d’émotion en perspective pendant ces 3 heures de navigation qui nous ferons passer devant le phare de St – Mathieu, notre maison de CreachMeur, le Fort de Berthaume, la plage du Trez-Hir, Le phare du Minou, le goulet de Brest…

    Les enfants ont préparé le grand pavois!

  • Acores -1- Horta, sur l’île de Faial

    Acores -1- Horta, sur l’île de Faial

    L’île de Faial se profile en milieu de matinée, austère avec ses falaises de basalte trouées de grottes, des bandes nuageuses s’étirant sur ses flancs, et des petits villages accrochés dans les plis du relief. 
    Nous approchons de Horta, port et village principal de Faial qui se cache derrière un étonnant cône volcanique effondré en pleine mer : le Monte da Guia. 
    L’arrivée se fait sous un bon crachin breton, comme si une procédure d’acclimatation était prévue pour les nouveaux  arrivants en provenance des latitudes tropicales. 
    Nous découvrons le village de Horta, très graphique : maisons aux murs immaculés, toits immanquablement ocres, pierre basaltique anthracite donnant à la ville qui s’étage sur la colline un air solennel et chaleureux à la fois.

    Le port est bondé, nous mouillons derrière le quai, entre la marina et les bateaux de pêche, et enfilons bottes

    Bénédicte en bottes

    et chaussons pour la semaine, qui s’annonce fraiche.

    et Victor en chaussons irlandais 😉
    Le lendemain, le soleil pointe son nez et nous en profitons pour sortir nous aérer. La vue sur Pico, l’île voisine, est dégagée, et son volcan nous surplombe avec élégance. 

    Nous déjeunons en terrasse au café Sport (chez Peter),

    institution locale, puisque le bar, célèbre dans le monde entier pour y accueillir chaleureusement les marins de retour de transat, fête ses 100 ans cette année! Je goute le plat emblématique des Acores : la morue grillée au four, accompagnée de la bière locale, la Sagrès.

     

    Nous sommes aussi fascinés par les sculptures à l’extérieur, qui tout de suite ont attiré notre regard :

    le bras de liaison du trimaran de Jean le Cam

    c’est bel et bien du carbone!  Mais là, il s’agit de morceaux d’épaves reconditionnées par un artiste français : Jean-Noël Duchemin. Bras de liaison ou tronçons de mat de multicoques de courses : c’est original, majestueux, et offre une seconde vie à des fragments de ces bêtes courses qui ne méritent vraiment pas de pourrir au fond des océans.

    un fragment de mat du trimaran Groupama de Franck Cammas, (route du rhum 2002)

    4 autres pièces de carbone, en provenance des bateaux de Franck Camas ou Michel Dejoyeaux se dressent fièrement vers le ciel et ponctuent la rue, tels des troncs d’arbres composites.

     
    Nous partons ensuite en ballade digestive sur le Monte Da Guia justement, que nous avons aperçu en mer. Ce cratère effondré surplombe Horta, dont il n’est séparé que par un court isthme, et une belle plage de sable noir, très abritée. Sur les hauteurs, nous observons l’organisation de la ville.
    Suivent 48h de temps maussade, couvert, avec peu d’éclaircies. Nous en profitons pour avancer le matin sur l’école, qui est presque finie : Victor a jusqu’au 15 juin pour rendre ses dernières évaluations du CNED. J’ai calé le programme d’Arthur et Anna sur les mêmes dates, ce qui devrait nous amener d’ici 2 semaines à de belles grandes vacances!
     
    Nous revenons déjeuner un midi dans l’un de ces petits bistrots du quartier de Porto Pim, qui propose sandwiches, quiches, beignets, et assiettes de fromage de Morro (à quelques km d’ici)Nous retenons aussi une farandole de mini-desserts délicieux comme des tartelettes aux noix ou les fameux « pastéis de nata », dessert emblématique du Portugal : des tartelettes de pâte feuilletées fourrées de crème parfumée aux épices légères….Dé-li-cieux!
    Nous descendons ensuite sur Porto Pim,

     l’ancien port baleinier de Horta, avec sa porte

     et sa cale en pierre de taille du 17ème siècle,
    La houle se brise sur les murs, et nous imaginons sans peine l’ambiance vivifiante en plein hiver…
    Nous flânons sur le bord de mer et dans les rues, en attendant notre voiture de location qui sera prête en fin de journée.Nous avons en effet entrevu une étroite fenêtre de temps ensoleillé ; nous avons l’intention d’en profiter pour faire le tour de l’île de Faial
    Partout en bord de mer, ces petits sièges aménagés dans les murets, propices à la contemplation.

    J’aime aussi ces trottoirs pavés de pierres noires et blanches, dessinant des motifs simples,

    ces petites ruelles piétonnes nichées entre 2 murs, ces allées couvertes et ces escaliers menant à d’improbables ruelles piétonnes : c’est une ville où il fait bon se perdre.

    Très graphiques encore les façades des églises, en pierre  de lave taillée, aplats de chaux, portes ouvragées noires, boiseries blanches, cloches en fonte, parvis pavé blanc/noir. 
    A 17h, nous avons notre voiture pour 24h! La quête fut difficile car la demande est forte  : l’immense majorité des voiliers en transat retour d’Europe choisit Horta comme point de chute, et tous se sont rués sur les locations pendant ces 48 de beau temps….. Parmi les 9 îles habitées des Acores, Faial est la première à offrir un bon abri, avec son port bien protégé et une grande marina. Seule Sao Miguel offre des infrastructures comparables, à Ponta Delgado, mais il faut encore naviguer 150NM. Pendant 2 mois, entre mai et juin, le port d’Horta ne désemplit pas. Juillet et août sont aussi traditionnellement très fréquentés, avec cette fois les voiliers venus d’Europe du Nord y passer l’été, attirés par le climat doux, de beaux paysages et un coût de la vie très raisonnable. Seul inconvénient : les mouillages bien abrités sont quasi inexistants, il faut les pratiquer par très beau temps, et aller le reste du temps de port en port. Heureusement, la majorité des petites îles offre maintenant de petites marinas modernes, telles à Sao Jorge, Terceira et bientôt Graciosa.
    Nous partons faire le tour de l’île par la route circulaire, en un peu plus d’une heure. 
    Les points de vue sont nombreux : ici, une coulée de lave récente (datant de 1672), a détruit 2 villages, provoquant l’émigration de nombreuses familles au Brésil. Les coulées ont refroidi au contact de l’eau, formant un plateau de bord de mer appelé «  Faja ». C’est une formation géologique que l’on trouve à Madeire et à Sao Jorge, deux autres îles portugaises. 
    Un peu plus loin, c’est l’impressionnant site du « Volcan des Capelinhos ». L’éruption est la plus récente de toutes les Acores, qui a eu lieu en 1958, sous l’oeil des caméras de télévision.
    La période de volcanisme de 13 mois qu’il s’en suivit a transformé à jamais la topographie et le démographie de l’île de Faial, puisque près de la moitié de ses habitants ont fui et émigré aux Etats-unis, et au Canada. L’île s’est agrandie créant une portion de terre supplémentaire de 12 kilomètres carrés. 
    Nous nous arrêtons au pied de cette toute jeune formation, de toute juste 60 ans! La végétation est clairsemée, basse, 
    En haut de la falaise, nous apercevons l’ancien cratère, le paysage est lunaire. Au nord, Loïc et Arthur repèrent un spot de surf en contrebas,

    les vagues sont superbes et régulières.
    Et à l’ouest, les vestiges du phare, toujours debout après les éruptions qui ont vu Capelhino sortir de l’eau : dire que ce phare était avant 1958 en bordure d’océan, entouré d’eau! 
    Il est trop tard ce soir pour visiter le musée qui se trouve sous terre, demain peut-être?
    Les enfants ramassent des bombes de lave,

     et s’amusent à les faire rouler, qui le plus loin?
     
    Nous continuons notre tour de l’île, et traversons de nombreux villages, déserts. Les maisons sont typiquement en pierres de laveet chaux blanche, volets colorés, les églises austères, 
    Les nuages ne sont jamais loin. 
    Nous voilà revenus à Horta.

     Le port ne désemplit pas : tous les jours, quelques voiliers repartent, mais 10 nouveaux bateaux arrivent.
    Et toujours cette vue magnifique sur le volcan de Pico, point culminant de l’archipel.

    Tous les jours, les enfants nous demandent quand nous pourrons y grimper… C’est une marche longue et difficile : 6 heures de dénivelé sur des pentes abruptes et glissantes, le plus souvent dans les nuages, or nous ne sommes pas du tout entrainés. Demain, nous irons marcher à la Caldeira  de Faial : premier entrainement!

     
    Il fait très beau le matin au réveil.
    Mais une fois arrivés en haut à la caldeira, après 30mn de voiture et quelques centaines de mètres d’altitude, nous sommes en plein dans les nuages. Nous franchissons le tunnel d’accès à la caldeira,

    peine perdue, nous sommes dans de la purée de pois! Et il fait froid!
     
    Inutile de marcher 2h dans le brouillard. Dommage, car le site est charmant, avec sa petite chapelle, et ses abords fleuris ; nous rebroussons chemin et allons sur la côte retrouver le soleil.
    Nous croisons en chemin des voitures de rallye automobile : des courses ont lieu pendant 3 jours sur l’île, avec de petites autos aux moteurs survitaminés. Je reconnais que l’île s’y prête bien, avec ses routes en lacets, ses villages typiques et ses paysages côtiers.

    L’île accueille d’ailleurs nombre d’évènements sportifs et culturels : le « Acores Trail Run » le week-end passé, qui traverse l’île de part en part, en 47 km et 2390m de dénivelé négatif, 2480 de dénivelé positif,et une course cycliste le week-end prochain. La route que nous souhaitons emprunter pour rejoindre la côte est d’ailleurs fermée pour l’occasion, et nous nous perdons avec bonheur dans les petits chemins de campagne,zigzaguons entre les champs.

    Ici, les hortensias sauvages poussent partout, formant parfois des haies de plusieurs mètres de hauteur : dommage, ils ne sont pas encore en fleurs. idem pour les érigerons, qui poussent sauvagement,tout comme le fenouil, et la menthe, que l’on trouve sur tous les bas-côtés, et qui embaument littéralement l’air.

    Nous nous arrêtons pic-niquer dans un petit port, fréquenté le week-end et pendant les vacances ; une ancienne cale, un camping aménagé, des vestiges d’un hameau.  
    Nous continuons notre route vers le centre d’interprétation du volcan, que vous n’avons pu visiter la veille. Son architecture est souterraine, le site est invisible de l’extérieur, à part ce cercle dessiné sur la plaine de lave.
    A intérieur, le hall d’accueil étonne par sa luminosité et son dépouillement. Le béton brut et lisse contraste avec le paysage brut de lave du dessus; 
    Le musée relate entre autres les étapes de la naissance du volcan de Capelinho en 1958, image à l’appui, puisque l’évènement fut national puis mondial, les caméras du monde entier venant immortaliser la naissance de nouvelles terres.
     
    Tout a commencé un matin à 1km au large de Faial, le 27 septembre 1957 :

    un baleinier, assis comme à son habitude au poste de vigie, remarque des vapeurs, de la fumée qui sort de l’eau : c’est le début de la phase éruptive sous-marine qui dura 8 mois, et finit par former des îlots de plus en plus grands qui se relient à l’île de Faial par un isthme.
    En Mai 1958, c’est le début de la phase explosive terrestre pour une durée de 5 mois :

     la formation d’un cône volcanique qui émet des gaz, et rejette des scories, bombes volcaniques etc… suivi de quelques brèves périodes effusives de lave coulante. Enfin, une dernière phase  strictement effusive de 4 mois, d’écoulement de lave en flot, jusqu’à former un lac de lave . 
     
    En sortant du musée nous assistons au départ d’un chrono du rallye auto : nous ne voyons pas vraiment les voitures, mais les entendons rugir sur la ligne de départ, et ne pouvons manquer les panaches de fumée qu’elles soulèvent en s’élançant sur la route forestière. 
    Nous avons aussi accès au phare, qui a été partiellement réhabilité pour la visite : 3 familles y vivaient et se relayaient pour le faire fonctionner. Il a été désaffecté suite à l’éruption. 
     
    La vue d’en haut est impressionnante, et on se rend mieux compte de l’avant/après éruption. 
    Les nuages nous rattrapent, la brume tombe sur Faial, et il est temps de rentrer rendre notre location, qui n’aura duré que la trop rapide période ensoleillée de 36h à peine.
    Je remarque les fontaines, à chaque village, décorées de faïences, chacune a son décor : le phare, des pêcheurs, des fleurs….
     
    Le soir-même, nous guettons l’arrivée de Luna Bay 2, l’Outremer 45 de nos amis Guillaume et Jenifer, rencontrés aux Bahamas. Jénifer a décidé de débarquer aux Bermudes, victime d’un mal de mer récalcitrant. Guillaume a continué jusqu’aux Acores avec ses Elisabeth et Serge, propriétaires de l’Outremer 51, Urubu, avec qui nous sommes ravis de faire connaissance. Ce couple de jeunes retraités vit quasi à plein temps sur leur bateau, et ils vont bientôt larguer les amarres, laissant derrière eux leurs grands enfants lancés dans la vie….
    Nous passons les jours  qui suivent entre crachin et éclaircies, à travailler l’école tous les matin, et l’art plastique l’après-midi, ente deux grains….La tradition à Horta est en effet de laisser son empreinte, sous la forme d’une petite fresque, peinte sur l’un des quais.

     Nous passons déjà quelques temps à sillonner les quais du port, pour nous imprégner de cette ambiance marine et artistique.

    Ce qui est chouette, c’est que chacun est libre d’inspiration. Les réalisations vont du plus simple, monochrome, aux plus complexes, suivant le talent, et le temps que l’on se donne.

    Nous retrouvons aussi avec plaisir la trace de bateaux que nous connaissons : Celui de mon oncle et de ma tante, qui ont bouclé leur tour du monde en 2012, sur Armelle T. Et celui de Take-off, une famille suédoise francophone croisée à Cape Town : nous les avons manqué de peu : ils ont quitté les Acores la semaine dernière. Participant à la Wold Arc, ils ont bouclé leur tour du monde en 2 ans!

    J’aime deviner, derrière chaque oeuvre, un équipage, un bateau, une aventure : tour de l’atlantique, tour du monde, en 1 an, en 10 ans, peu importe, l’aventure est belle, et les marins heureux d’arriver aux Acores, qui est souvent la dernière escale avant le retour à la maison. Et comme j’aime à le répéter, « A chacun son Everest ».

    Nous croisons finalement ici assez peu de familles ayant traversé sans équipage. Pour la majorité, la transat retour, plus exigente, se fait avec équipiers, en mode convoyage.
    Ils sont nombreux à arriver arrivent fatigués de leur transat, les conditions météos sont souvent éprouvantes sur cette portion d’Atlantique qui se traverse en faisant le saute-mouton sur le dos des dépressions, qui tracent leur sillons d’ouest en Est. L’ambiance est vraiment sympa, sur les pontons, sur le quai, au bistro : tout le monde a sa transat à raconter, et son voyage aussi.
     
    L’athmosphère pousse aux confidences : après tout, nous sommes entre nous, entre marins, nous avons tous au moins 2 transats à notre actif, souvent plus, des aventures, des anecdotes en pagaille, des galères et des joies.
     
    Le port d’Horta agit comme un sas de décompression, entre transat et retour à la maison, le vernis craque, et les langues se délient. Alors que nous approchons de l’issue du voyage, certains avouent combien leur voyage a été éprouvant, parfois décevant ou difficile.
     
    Tel ce vieux loup de mer, qui voyage en solitaire, qui aime la mer, mais qui trouve que décidément, voyager, découvrir de nouveaux pays, ce n’est plus pour lui, il est trop tard, il est trop vieux, le désir n’y est plus. Une bonne pipe et un bon bouquin, au coin du feu ou dans son cockpit, c’est ce à quoi il aspire.
    Ou cette maman, qui me confie que l’école à bord a été un échec : sur ses 3 enfants, aucun n’a voulu travailler. Alors il et temps de rentrer, de remettre tout ce petit monde à l’école.
    Encore une autre famille, qui a tout plaqué, travail, maison, les voilà libres comme l’air, sans contrainte, partis pour un grand voyage à durée indéterminée, et qui rentrent finalement, après moins d’un an passé à voyager. Sans regret, mais sans grand enthousiasme. Ils se projettent déjà dans leur nouvelle vie de terriens.
     
    Une autre maman, qui m’avoue qu’elle s’ennuie terriblement en navigation. Voyager, caboter, elle adore, mais passer 2 semaines en mer, ça plus jamais… enfin, pas avant encore 10 ou 20 ans!
     
    Tous, je les admire, d’avoir osé, d’avoir confronté leurs rêves à la réalité du voyage en bateau, avec ses joies, mais ses contraintes, et ses désillusions aussi. Tous rentrent chez eux, sans regrets, grandis, lucides, et se connaissant mieux que jamais.
     
    Je mesure d’autant plus notre chance, d’avoir conçu, voulu, osé ce tour du monde à la voile, mais surtout de l’avoir mené à bien, et plus encore, d’avoir aimé ça, et de voir combien ce voyage nous a rendu heureux tous les 5.
     
    Nous profitons de cette escale pour faire connaissance avec de nombreux autres bateaux : Jean-Roch et Marie-Claire naviguent sur leur Outremer 45 Teiva, avec leur fils Théo qui a l’âge d’Arthur : quelle chance, Théo a des Kappla à bord!
     
    Aussi, Mariposa, un Outremer 51 en escale technique, avec son skipper et 3 équipiers très sympas, venant d’horizons très différents. Nous passons nos soirées fort agréablement à nous raconter nos vies et nos parcours, 
    Tous les matins, nous levons les yeux vers le volcan de Pico,

     pour voir s’il est visible.

    Quand c’est le cas, quelle joie!
    le port de Horta est aussi très plaisant sous le soleil. 
     
    Entre deux grains, nous peignons notre fresque. Après un petit briefing familial, nous avons identifié quelques éléments graphiques à intégrer : pour le thème du tour du monde : la Terre et une flèche circulaire, puis Moby le bateau et Moby le cachalot blanc, nos 5 noms, le blog….,  Victor a dessiné à partir de ces éléments un projet assez ambitieux…
    Nous héritons de Mariposa ses pinceaux et sa peinture… Il nous reste à aller chez le chinois compléter notre équipement : du diluant, un gros pot de blanc pour le fond,
    le travail est vraiment collégial : Victor à la conception, Bénédicte à la maitrise d’oeuvre, Loïc à la logistique, Arthur et Anna aidant selon leurs envies et disponibilités : il faut dire qu’il y a de nombreux petits copains qui jouent sur les quais et les pontons, c’est là qu’ils passent l’essentiel de leur temps,
    Ca y est, après 3 journées de travail, la fresque est terminée, finitions comprises. Nous sommes super fiers du travail, d’autant que nous ne sommes pas spécialement portés sur les pinceaux dans la famille!
    Alors que Luna Bay 2 est parti vers la Médirerrannée, nos amis de Shuti sont arrivés de Florès pour quelques jours. Nous leur faisons découvrir la ville, et nous arrêtons tous chez une coiffeuse local, recommandée pour sa rapidité et sa disponibilité : c’est sans rendez-vous. La voilà tout à coup avec 8 candidats! Tous attendent ce passage chez le coiffeur avec impatience. Anna  me fait remarquer : « Maman, ce n’est pas un coiffeur cette dame, elle coupe les cheveux avec une tondeuse, comme on fait pour les moutons! « 
    Anna n’a pas tout à fait tort, et voilà les « boys » qui ressortent avec une coupe militaire +++. Arthur, adepte du style « surfer » , refuse de passer sous sa tondeuse…
     
    Le lendemain, c’est une belle journée qui est prévue par la météo, et nous nous donnons rendez-vous pour une grand trail : celui des 10 volcans, qui va nous mener en 18km de la caldeira au Volcan de Capelinhos ; J’estime la marche à une durée de 6h, plus les pauses. Nous mettrons près de 9h en tout!!!!
    Le terrain est en effet difficile, avec un dénivelé de +1000m et -1800m, et nous ne pouvons compter avec les enfants faire les 4km/h traditionnels escomptés en mode « ballade »..

    Ce trail a été couru il y a 2 semaines par des coureurs venus de toute l’Europe. La trace est issue du sentier de grande randonné qui traverse Faial d’Est en Ouest en 36km. 
     
    Un taxi nous emmène  en haut de la caldeira :

     sans être extraordinaire, la visibilité est correcte, et nous permet de voir le fond. Les températures sont très très fraiches ce matin-là, et nous ne nous attardons pas  au bord de la caldeira de peur que les enfants attrapent froid : nous sommes tous en short-équipés de polaires à capuche et de coupe-vent, mais c’est une peu juste!!

    Le long des crêtes, nous gardons une vue correcte sur le fond du cratère, malgré les rubans de nuages qui vont et viennent, La végétation est surprenante de fleurs, très colorée.
    et la fréquentation, champêtre!Bientôt, nous arrivons dans la foret, tout aussi fraiche….
    Nous avons parcouru le tiers des 18km du trail!
    Nous allons longer pendant plusieurs km la « levada », un petit canal construit dans les années 60 afin d’assurer irrigation et production d’énergie hydroelectrique dans la partie nord de l’île, moins favorisée en terme de développement.

     
    Un petit aqueduc,

    puis le canal en lui-même, qui est parfois couvert de dalles, bordé de mousses, dont les côtés sont constellés de fraises des bois, 
    Parfois, nous entrevoyons… le soleil, et la côte. puis c’est le réservoir, avec sa grille de filtration
    Enfin, nous arrivons dans les champs et retrouvons la chaleur du soleil, fort agréable. Un paysan arrive, et libère les veaux, qu’ils puissent aller téter leur mères : ici les vaches sont toutes 100% élevées en plein air. Pas d’étables, elles vivent toute l’année dehors, grace au climat océanique doux des Acores ; la traite se fait aux champs, avec des trayeuses sur remorques, que l’on amène aux animaux. Un apport de bien-être réel pour les vaches dans un tel environnement, sans stress.
    Nous marchons parmi les hortensias, florissants,

    mais dont peu sont déjà en fleur.L’île doit être magnifique en plein été, avec ces têtes multicolores, explosant de violet, de rose et de blanc. Nous retournons dans les sous-bois.Voilà le Cabezo di Fogo, l’un des 10 cones volcaniques de l’île.

    La toute première éruption connue de mémoire d’homme eut lieu sur ce cone, en 1672, détruisant 2 villages, et créant avec sa coulée de lave, la faja de Norte Pequeno. La zone a aussi été appelée « mystérios », du fait de sa fertilité, à l’époque inexpliquée….  Aujourd’hui on sait bien que la terre volcanique est riche de nutriments, en particuliers les minéraux, et particulièrement propice aux plantations.

    la faja de Norte Pequeno
    Nous entamons l’ascension de la Cabeza di Fogo, ardue, dans une lande magnifique, foisonnante de bruyères, myrthes, et d’hortensias sauvages.

    La descente n’en est pas plus aisée : le sol est glissant, les roches volcaniques roulent sous nos pieds, des rambardes de bois sont là pour nous guider et nous nous y accrochons.
    Je ne compte plus les glissades des plus petits, qui sont sur les fesses autant que sur leurs pieds!
    Arthur examine sur les cotés cette roche si particulière, noire, brillante, fine comme du sable, 
    Enfin, nous arrivons en contrebas du volcan, au lavoir, sur les rotules, et nous écroulons à l’ombre sur les bas-côté de la route, dans un lit de menthe sauvage et d’herbes odorantes.Les enfants nous sidèrent : ils ne semblent jamais fatigués, et continuent, pendant la pause, à courir, sauter, jouer, taper leurs bâtons, et lancer des pierres….
    Le sentier reprend, toujours aussi fleuri et voilà encore un autre volcan sur notre route… Il est vrai que nous avons signé pour « la route des 10 volcans…. »

    Celui-là est l’avant-dernier, le Cabezo do Canto, et devrait nous donner sur son versant descendant une vue imprenable sur le volcan des Capelinhos, apparu en 1958.
    En effet, nous y sommes, devant le volcan, le tout dernier de l’histoire de Faial.
    La vue est impressionnante.

    en particulier depuis ce belvédère/bunker, utilisé pour observer en sécurité l’évolution de l’éruption pendant l’année 1958Deux fenêtres étroites 
    Nous venons de parcourir 18km, et 1700m de dénivelé négatif, 900m de dénivelé positif : bravo à tous.

    Arrivés au volcan de Capelinhos, que nous avons déjà visité la semaine dernière, nous ne résistons pas à une ultime ascension : les enfants veulent en particulier trouver des « bombes »,

    ces projections de lave de forme ovales ou rondes.

    Autre grand jeu, les glissades sur les pentes. 
    Nous décidons de rester les quelques jours qui suivent à Horta : il fait très beau, nous sommes entourés de bateaux-copains, et ce week-end, c’est festif : un festival sur le port, et dimanche, c’est « Table ouverte » au Café Sport!

     
    Chez Peter, (dont la vraie enseigne est « Cafe Sport ») est une institution à Horta, un bar de marins, tenu de père en fils depuis 1918, et réputé comme étant le bar le plus connu au monde!! Depuis 2 semaines que nous sommes là, nous y sommes passé souvent, pour déjeuner en famille, manger des tapas, dîner entre amis, boire un verre le soir…. Mais demain, à l’occasion de la journée de l’amitié entre Faial et Pico (l’ile voisine), « Peter » invite toute l’île  à sa table! Le 10 juin est surtout la fête nationale!
     
    Nous avons peine à le croire mais l’invitation est officielle : BBQ offert toute la journée, de midi à minuit, orchestre, musique live…. En attendant la fête, nous montons visiter le petit musée de « scrimshaw » qu’accueille le premier étage du bar.
    Le scrimshaw, c’est cet artisanat baleinier qui a proliféré au 19ème siècle, à partir de dents et d’os de cachalots. Originellement gravés par les marins et baleiniers, c’est devenu un véritable artisanat du souvenir, et des sculpteurs talentueux se sont mis à graver et à vendre des souvenirs au marins justement, à la recherche de cadeaux à rapporter à leurs proches.

     

    C’est une caverne d’Ali-baba d’objets les plus variés et improbables, tous fabriqués à partir d’os de baleines.…

    Incroyable de créativité, on y trouve des bijoux, de la vaisselle, coquetiers, cuillères, couteaux, crochets, pic etc….cendriers, porte-cigarettes, découpe-tarte, …
    jeux de dames, échecs, dominos, … bougeoirs, Peter, le fondateur du « Bistro Sport » de Horta, était passionné de ces réalisations, et achetait tout ce qui avait trait de près ou de loin à cet artisanat, florissant aux Acores, plaque tournante européenne du commerce de la baleine.

    L’essentiel de ce qui est exposé provient de dents de cachalots, poncées, noircies à l’encre, puis engravées. Les pièces les pus grandes proviennent des mâchoires des cachalots, telles ces paysages sculptés.

    gravure dans une machoire de cachalot
    Le lendemain matin, dans la rue, fermée pour l’occasion, les tréteaux sont prêts à recevoir les invités, qui se succèderont toute la journée.
    A 13h nous sommes là, et nous régalons de sardines grillées, soupe de poisson délicieuse, tranches de cochon grillé, pain de mais, Merci à toute l’équipe du Café Sport!
    Le soir, c’est le festival qui continue sur le port : du spectacle de rue, des clowns, musiciens, acrobates, beat box, ça nous change! L’ambiance est familiale, et les roulottes locales alléchantes, proposant des produits essentiellement locaux.
    Le lendemain, c’est le départ! Avant de quitter Horta, nous faisons un dernier tour des fresques réalisées par nos bateaux-copains :
    L’équipage de Penn Gwen, très appliqué Pour une réalisation magnifique!L’Outremer 45 Essentielle Un tourdumondiste suédois, qui navigue en solitaire, et que nous avons souvent croisé depuis 2 ans.  Nous quittons Horta, il est temps, si nous voulons avoir quelques jours pour explorer d’autres îles du groupe. Pico ne sera pas possible, car le mouillage dans le port y est interdit. Restent Graciosa, Sao Jorge et Terceira qui nous tendent les bras à moins de 30NM de là. Sao Jorge justement, dispose d’une toute nouvelle petite marina, et d’une place à quai pour nous accueillir quelques jours, nous arrivons!
  • Escale aux Bermudes

    Escale aux Bermudes

    Voilà encore une escale au nom évocateur de navigations au long cours. C’est une des étapes « classiques » d’une transat retour d’Europe. L’île est aussi sur la route des américains et canadiens qui transitent entre Amérique du Nord et Antilles/Bahamas au printemps et à l’automne. 
    Les habitants ont depuis des siècles accueilli les bateaux de passage, source d’activité et de revenus. Aujourd’hui, les steamers transatlantiques ont disparu, au profit des paquebots de croisière, des hotels pour golfeurs, et des résidences pour retraités américains aisés.
    Mais j’en oublie de mentionner que c’est ici surtout que prend naissance la fameuse légende du « Triangle des Bermudes ». Mythe ou réalité, il nous tarde d’éclaircir le mystère…. Nous en saurons plus lors de notre visite au musée maritime d’Hamilton.
    Je me réjouis donc de découvrir les Bermudes, fort opportunément, car l’île est sur notre route entre les Bahamas et les Açores.

    Nous approchons des côtes qui nous livrent déjà quelques indices sur ce chapelet d’îles, confetti perdu dans l’Atlantique, habité par seulement 70 000 habitants : de belles plages sur la côte sud,de grands hôtels, des golfs (pas moins de 5 parcours sont indiqués sur la carte), des quartiers colorés, des phares,un vieux fort… Nous voilà survolés par un avion d’Américan Airlines, toujours aussi élégant avec sa livrée aux couleur du « Star and Stripes ». 
    Je savoure encore une dernière fois le plaisir de découvrir un nouveau pays en abordant ses côtes, avec une relative lenteur.
    Les enfants ont gonflé les pare-battages, car nous devons accoster au quai de l’immigration pour les formalités d’entrée dans le pays. Nous nous réjouissons aussi de retrouver nos copains du catamaran Shuti, rencontrés à Panama il y a deux ans, avec lesquels nous avons navigué dans l’Océan Indien. Ils ont eux aussi bouclé leur tour du monde, en 3 ans, et rentrent chez eux en Israël. Nous avons repéré leur bateau à quai grâce à leur signal AIS.

    Déjà, le chenal d’accès à St-Georges apparait : verte à bâbord,

    rouge à tribord.
    Des villages se montrent avec plus de précision : de petits ports naturels, des maisons aux formes simples et colorées, des pelouses qui descendent jusqu’à la mer, tableau qui donne un air presque scandinave aux paysages. 
    Nous entrons dans la baie via une étroite passe entre l’île Saint-Georges et l’îlot Paget. 
    Un lagon aux eaux turquoises se profile.

    La rade de St-Georges se découvre à nous.
    Les maisons, très coquettes
    le yacht club
    Le mouillage

    Nos amis Momi et Lilah viennent nous accueillir avec leurs enfants. Pour une fois, nous faisons le choix de passer quelques jours à quai,

     et en plein coeur de cette petite ville des plus charmantes,au milieu des canards.
    Les enfants sont heureux de se retrouver et investissent le quai pendant 3 jours avec leurs skates et trottinettes.

    Yoav, Eyal et Dror ont à peu de chose près le même âge que Victor, Arthur et Anna. Il se connaissent maintenant très bien ; en 2 ans nous chemins se sont croisés à Panama, Fidji, à Cocos Keeling, aux Chagos et en Afrique du Sud : ça crée des liens! Nous partons nous balader le long des quais.
    Puis faisons le tour du village  : l’hôtel de ville est en face des quais,la supérette, la laverie à proximité, plusieurs bars et restaurants…

    L’endroit est très calme le soir, un peu plus animé en journée avec les touristes venus admirer les vieilles pierres de ce village rénové avec beaucoup de goût. 

    Le lendemain, avec Lilah, c’est courses/nettoyage/lessives (encore!!!).

    Nous avons la chance d’avoir très beau temps pendant notre séjour : l’île a un climat sub-tropical, mais on sent aussi les effets de la brise de mer, qui rafraîchit l’air agréablement. Le soleil, par contre, cogne bien fort, et nous attendons 4h de l’après-midi le lendemain pour partir en balade aux alentours de St-Georges.

    De vieilles ruines, une église jamais finie,

     et la très pittoresque plage de Tobacco Beach.

     Quel dommage, nous n’avons pas emporté nos maillots de bain….Si la mer n’a pas les températures tropicales des Bahamas ou des Antilles, elle est tout de même agréable, entre 22 et 24°, surtout dans ces bassins peu profonds où l’on peut barboter.

    Nous continuons notre ballade le blog de la côte, et sommes vite arrêtés par un chenal que nous ne pouvons traverser à pied, celui du petit port naturel de Coot Pond. Le site est très photogénique… et il est d’ailleurs occupé par des mariés en pleine séance de photos. Nous longeons donc le bassin, pour arriver au fort Sainte-Catherine. Nous visitons les lieux, 
    Un bel ouvrage d’art militaire, désert, les canons sont spectaculaires; et leur taille laisse les enfants songeurs, en particulier sur la question de leur manipulation

    qui devait être difficile.
    Nous continuons à visiter et à profiter de la vue.

    Nous redescendons vers la plage, histoire de gouter l’eau et de mettre les pieds dans le sable : pas si mauvaise, autour de 23-24° je dirais. Puis rentrons par la colline, boisée, qui abrite encore des vestiges, comme ce fort Albert, et nous ramène  sur les hauteurs de St-Georges. 
    La rade de St-Georges est bien remplie à cette époque-ci de l’année, grande période de migrations trans-océaniques et inter-tropicales.
    Quels drôles de cactus!On dirait presque des serpents…
    En rentrant par la place du village, les enfants se prennent au jeu des techniques de châtiment à l’ancienne  : ici des menottes,Là un siège spécial, utilisé pour punir les femmes, en particulier les commères qui colportaient des ragots… En les balançant dans l’eau! Un peu sauvage, non?
    Le lendemain, nous avons prévu de passer la journée à Hamilton, la capitale. Nous prenons le bus, qui nous permet de profiter agréablement du paysage en chemin. Notre première étape à Hamilton, est le Bermuda Underwater Exploration Institute (BUEI), nom un peu compliqué du musée maritime…. Deux expositions nous intéressent en particulier : celle consacrée au célèbre Triangle des Bermudes,

    et une autre à la Coupe de l’América, que les Bermudes ont accueilli l’an passé! Un grand évènement pour une si petite île.
     
    Les bancs à l’extérieur proviennent de l’épave d’un navire transportant des dalles de granit pour une église du nouveau monde : elles ont été ici transformées en bancs. 
    A l’intérieur, une première salle consacré aux explorations sous-marines : ici les enfants rejouent la scène de Tintin explorant les fonds sous-marins pendant que les deux Dupont pompent (dans « Le trésor de Rackham le Rouge » ).  
    Puis nous entrons dans le monde de l’America’s Cup : réalité virtuelle, simulation d’entraînement physique et mentale, comparaison des techniques d’hier et d’aujourd’hui, c’est passionnant!

    Une autre salle tout simplement bluffante abrite une collection privée : des centaines de coquillages des Bermudes et du monde entier, tous plus beaux et spectaculaires les uns que les autres. 
    Certains bien connus comme ces nautiles, toujours fascinants, 
    ou bien les haches d’armes, tranchants pour les pieds, 
    extraordinairement colorées ces coquilles st-Jacques, 
    ou irisés ces ormeaux
    d’autres sont carrément spectaculaires comme ces amas de petits coquillage appelés « boite à bijoux », 
    ou hideux comme ce Nodosus de Floride
    ou ces huitres « Coxcomb », qui ont inspiré la forme du toit de l’opéra de Sydney,Ici, ces coquilles St-Jacques pas plus grandes que l’ongle d’un pouce… portent mon prénom!
    Et là ces «  barnacles » agglomérés
    enfin, Anna découvre comment les nacres étaient utilisés  pour faire des boutons; 

    Dans une autre salle, nous est racontée l’histoire du plus gros trésor au monde récupéré sur une épave : la société Odyssey a récupéré 2792 lingots d’argent (de 40kg chacun), soit 99% de la cargaison déclarée.

    un lingot d’argent du SS Gairsoppa

    Parti de Calcutta en Inde, Le SS Gairsoppa, un cargo à vapeur britannique de 412 pieds devait rallier Liverpool, et a été torpillé en chemin par un U-Boot allemand en 1941. Il transportait près de 3000 lingots d’argent représentant une substantielle part de l’effort de guerre, consenti par l’empire Britannique à la seconde guerre mondiale, qui depuis gisait par 4000m de fond dans le plus imprenable coffre-fort du monde.

    Il fallu l’intervention d’un navire d’exploration sous-marine et de ses ROV (Remote-Operated-Vehicules) pour dégager le trésor, en découpant les tôles d’acier de l’épave. Une opération des plus rentables car l’Odyssey a empoché 80% de la valeur du trésor.
     
    Les enfants découvrent la salle de « Google Earth » , projeté sur plusieurs écrans qui donne une incroyable sensation de 3D. Ici, nous sommes à Saint-Georges, au-dessus des quais.

     
    Enfin, la salle tant attendue du triangle des Bermudes. 
    Pendant des siècles, la légende s’est construite, d’une zone triangulaire entre les Bermudes, Porto Rico et la Floride dans laquelle disparaissaient de manière inexpliquée des dizaines de navires puis d’avions…. Le mythe a culminé après la seconde guerre mondiale, créant inquiétude et angoisse pour nombre de marins et de navigateurs. Et non sans réalité car de nombreux bateaux en effet ont disparu en mer dans la zone. Ici, parmi des dizaines d’autres, un exemple d’équipage disparu :  
     
    La réalité est qu’il s’agit surtout d’une des zones de fort traffic aérien et maritime, aussi bien de commerce, de plaisance que militaire. Alors, statistiquement, les disparitions sont juste « noyées »  dans la masse du traffic. Mais au-delà des chiffres, voilà les explications que l’on peut donner aux disparitions :
     
    1 – la piraterie :

    Elle a sévit pendant 2 siècles en particulier aux 17 et 18ème siècles, autour des Bahamas, surnommée un temps « la république des Pirates ». Ces dédales de petites îles ont été fort pratiques pour se cacher et exercer raids et pillages. Cela explique en partie ces navires fantômes retrouvés vides de leur cargaison et équipage, errant sur les mers

     
    2 – plus connu, le champ magnétique terrestre,
    que les navigateurs utilisent pour se diriger grâce au compas. De nombreux endroits sur terre sont sujets à des « anomalies magnétiques » perturbant la lecture de ces appareils : le triangle des Bermudes est l’un d’entre eux. Nous en avons connu plusieurs lors de notre tour du monde.
     
    3 – Les hydrates de méthane relâchés dans la mer et dans l’atmosphère;

     
    Il existe plusieurs de ces points sur terre, en particulier dans le Triangle des Bermudes. Ces gaz peuvent en se relâchant soit étouffer des moteurs, soudainement privés d’oxygène, soit exploser, soit réduire considérablement la flottabilité d’un navire lourdement chargé. En 1981, en mer de Chine, un navire  d’exploration pétrolier, le Petromer 5 a coulé à cause d’une de ces poches de méthane arrivée en surface qui a diminué la flottabilité du bateau, l’a fait chavirer, et finalement coulé.
     
    Les enfants vérifient ce principe dans cette colonne d’eau, soudainement remplies de bulles : la maquette de bateau coule. 
     
    4 – les vagues scélérates (« rogues waves » en anglais)  :
    ce phénomène longtemps mystérieux commence à être reconnu et expliqué, depuis qu’une plate-forme pétrolière de Mer du Nord a enregistré une vague de 18m le 1er janvier 1995-alors que les vagues moyennes précédant et postérieures mesuraient  9m. Vent contre courant, des longueurs d’onde qui se superposent sont des explications possibles et le puissant  « Gulf Stream » passe près du triangle des Bermudes.
     
    5 – les cyclones :
     
    Il y a tous les ans 3 ou 4 cyclones à passer par le Triangle des Bermudes. Malgré notre grande connaissance de ces phénomènes, et d’excellentes prévisions météo, certains navires se font encore surprendre  : En 2015, le SS (Steam Ship) El Faro, battant pavillon américain, a disparu corps et bien aux Bahamas pendant le cyclone de catégorie 4 Joaquim. Ses 240m de long et plus de 30 000 tonnes n’ont pas mis à l’abri de la tragédie le cargo qui a coulé avec ses 33 membres d’équipages,
     
    6 – les nuages d’orage :
    Les masses d’air en présence sur la zone peuvent générer de violentes lignes de grains, formées de super-cellulles nuageuses à l’évolution rapide. Ces nuages sont très dangereux en pour les avions, avec la grêle, le cisaillement de vent extrême, Ils peuvent aussi donner naissance à des trombes  pouvant soulever des bateaux de plusieurs tonnes.
     
    7 – la mer des Sargasses :

     
    Elle est formée par un ensemble de 5 gyres (courants sous-marins ), qui font se rassembler toutes les Sargasses et « OFNIS » à proximité, formant à certains endroits une masse dans laquelle les bateaux peuvent s’engluer-cet hiver aux Antilles, le phénomène a touché fortement les îles de la Guadeloupe, entraînant la paralysie des ports. Les marins des anciens temps croyaient que les sargasses capturaient les bateaux. Beaucoup de bateaux abandonnés au 17ème siècle ont été retrouvés dans les mers des Sargasse, puis dérivant le long du Gulf Stream
     
    8 – l’erreur humaine,
     
    qui cause 70 à 95% des accidents, par manque de conscience de la gravité de la situation («  situational awareness »). C’est en particulier le cas de ces 5 avions « Avengers » perdus en mer lors d’une patrouille en décembre 1945 au large de la Floride.
     
    9 –  des phénomènes jamais expliqués
    comme ce nuage magnétique qui aurait surpris ce pilote d’avion et ses passagers, le faisant arriver plus tôt que prévu à destination, et sans avoir consommé autant de fuel que prévu… Bizarre… De là à affirmer que des spirales spatio- temporelles, pourraient exister…. Un jour peut-être la science l’expliquera?
     
    Tous ces sujets sont passionnants, et les enfants insatiables de questions, ce qui donnera lieu à de nombreuses conversations en famille sur les risque encourus en mer et comment s’en prévenir. A quelques jours de notre traversée de l’Atlantique (sur un tronçon réputé parfois difficile suivant la météo), voilà une expo un brin angoissante!! J’ apprécie d’ailleurs l’humour qui suit la sortie de la salle avec ce panneau

     

    Les enfants s’amusent à tourner la «  Roue de la Fortune » du Triangles des Bermudes :le premier cylindre explique qui vous êtes,

    Vous êtes en régate entre Newport (USA) et les Bermudes sur votre voilier

    le second, ce qu’il vous arrive,

    vous entrez dans un dense brouillard et perdez vos repères

    et le troisième si vous vous en sortez (ou pas), et comment….

    vous sautez à l’eau et, pas de chance, rencontrez un requin! Bye-bye, vous entrez dans les statistiques du Triangle des Bermudes.
    Tout cela détend un peu l’atmosphère …

    J’aime aussi beaucoup ces quizz des animaux réels ou imaginaires peuplant les mers ;

    Les enfants s’en tirent avec un 10/10, ils les connaissaient tous!! J’avoue que le «  Blue Dragon » (réel)  et le «  Prister »  (fake) m’étaient étrangers.

     
    Pour terminer, nous entrons dans la salle des trésors!
    Voici de véritables trésors en or, argent, pièces et bijous, trouvés par Teddy Tucker, célèbre bermudien chasseur d’épaves. Nous sommes ébahis de voir en vrai autant de pièces de grande valeur.
    Amusant : l’un de ces bateaux, l’Hermine, frégate de 60 canons et 200 pieds en provenance de la Havane, naufragé en 1838 aux Bermudes, avait pour destination Brest, .
    Certains sont émouvants : des objets du quotidien comme ces boutons de manchettes et boucles de ceinture, bijoux d’ornement comme ces boucles d’oreilles, pendentifs, alliances crucifix, etc…Ils proviennent de deux épaves trouvées dans le golfe du Mexique, des navires espagnols chargés d’objet de négoce, prêts à être vendus aux Amériques. Le navire a coulé avant d’atteindre son but. Je vois aussi pour la première fois ces lingots d’or (beaucoup plus petits que je ne l’imaginais), fondus en Amérique du temps des conquistadors (l’or des incas?), pour être transportés plus aisément en Europe. Ces pièces proviennent de galions quittant l’Amérique pour l’Europe.
     
    Sont aussi exposées ces pièces d’argent espagnoles, qui pendant plus de 200 ans (De 1512 à 1732 ) ont servi de monnaie dans le nouveau monde. De formes imparfaites, ces doublons pesaient tous 27g.
    Plus tard, elles ont pris une taille ronde  (entre 1732 et 1771), puis furent gravées de la tête du roi d’Espagne (jusqu’en 1820 et l’indépendances des colonies espagnoles).

     
    Enfin, la «  Croix de Tucker » , le joyau présenté ici n’est qu’une copie, car l’original a été volé pendant le transport d’un lieu d’exposition à un autre. Le retrouvera-t-on un jour?
     
    Nous sortons enchantés de notre visite, et serions bien resté plus longtemps explorer les lieux, mais il est midi passé, et notre petite troupe est affamée. Nous les emmenons en ville déjeuner, et déambulons dans les rues et les parcs.
     

    Loïc remarque l’élégante horloge du « City Hall » : c’est en fait une rose des vents couplée à une girouette : elle donne la direction du vent en direct. Nous aimerions bien avoir la même installation à la maison….
    Un peu plus loin, je ne résiste pas à immortaliser ces deux hommes en tenue « bermudienne » classique : chemisette, blazer, bermuda à pinces, chaussettes hautes et mocassins, quelle classe! Nous allons finalement nous relaxer dans l’un des nombreux parcs de la ville, 
    les enfants jouent… à chercher de trèfles à 4 feuilles,

    nous prenons le vert…

    ici dans le parc aux Statues

    Là au Parc Mount Pleasant, en bord de mer. Qu’il est doux de voir un si bel oiseau en pleine ville!

    Si nous avions eu plus de temps, nous serions volontiers venus avec Moby mouiller dans la rade de Hamilton.
    Mais nous partons demain, c’est décidé, au vu de la météo favorable.
     
    Il est déjà l’heure de repartir de Hamilton, car si nous voulons appareiller demain midi, il faut terminer les approvisionnements et les préparatifs de départ.
    Nous profitons de la vue, haut perchés dans le bus, une manière agréable de découvrir le paysage.
    Se succèdent des paysages de lagon,

    de plage,

     de petits ports,

     le vieux chemin de fer transformé en piste cyclable,

    Le lendemain midi, Moby est fin prêt, nous allons dire au-revoir aux copains et tombons en pleine rue devant cette reconstitution de scène de châtiment public en costume d’époque :

    Les acteurs semblent se régaler à jouer leur rôle : l’officier charger de donner châtiment et la femme éplorée de remord, que l’on a condamné à … la chaise dans l’eau!

    Bien sûr, des badauds sont mis à contribution. Décidément, les droits de femmes étaient bien faibles à l’époque.
    Les enfants, restés sur Shuti avec leurs copains, regardent la scène médusés, ne sachant pas quoi en dire…
     
    La bonne dame finit bien à l’eau, pour la joie du public! Nos amis nous ont offert des biscuits fait maison pour notre départ.
    Il est grand temps d’appareiller, un dernier coup d’oeil sur les jolies maisons de la rade, Nous prenons la passe.

    Bye-Bye Bermuda! Une courte escale intense, et haute en couleurs!
    Cap sur les Açores!
  • Bahamas -4- Préparatifs de transat entre Eleuthera et Cat Island

    Bahamas -4- Préparatifs de transat entre Eleuthera et Cat Island

    Après 1 mois de croisière dans le sud des Bahamas et les Exuma, nous arrivons à Spanish Wells, (petite ville du nord d’Eleuthera), pour peaufiner nos préparatifs de transat. Notre séjour aux Bahamas tire à sa fin, car nous avons en tête d’entamer notre traversée de l’Atlantique avant le 15 mai. En effet, le 1er Juin est le début officiel de la saison cyclonique dans l’hémisphère Nord.
    Nous avons quelques jours d’avance sur le planning, car nous venons de profiter des vents de sud pour remonter des Exuma vers le Nord des Bahamas, avalant en une demi-journée les 50NM qui séparent Norman Cay (au Nord des Exuma) de Egg Island.  (Ouest d’Eleuthera)
    Nous avions prévu de remonter jusqu’à Abaco, pour préparer Moby à proximité de Marsh Harbour, tout en continuant à explorer quelques îlots supplémentaires, mais les prévisions météo pour les jours à venir donnent des vents plus favorables pour traverser au départ d’Eleuthera ou de Cat Island.
    Bien nous en a pris : le village de Spanish Wells est charmant, et nous allons passer 3 jours agréables et efficaces à la marina de Yacht Haven.
    Au programme : grand nettoyage de Moby, intérieur et extérieur, approvisionnement, révisions des moteurs, changement de la pompe d’eau douce tribord, menus bricoles, et un grand rangement en prévision des 3500 NM de la transat.
    Nous entrons par la passe Nord,

    découvrons la plage,

    puis les maisons, très jolies, et typiques, avec leurs murs colorés et leurs toits blancs
    Nous empruntons le chenal Est,

    assez étroit et sinueux.
    Les enfants ont gonflé les pare-battages : c’est leur rôle!
    Les premières maisons de Spanish Wells apparaissent, très coquettes.

     Et le Must, ce sont ces pontons privés,

    au bout duquel on amarre SON bateau.

    C’est une île de pêcheurs, qui a gardé sa vocation malgré un indéniable développement touristique.
    Les riches plaisanciers américains ont colonisé l’île, mais elle garde une importante flottille de pêche traditionnelle

    Je décompte pas moins de 3 stations-service pour bateaux!
    Un peu plus loin, le quai des ferrys et les loueurs de voiturettes de golf : sympa, c’est ainsi que se déplace la moitié des habitants.
    La superette,

    Le chantier de réparation navale,
    La passe Sud
    toujours la flotte de bateaux de pêche
    et enfin la marina!
    Nous allons y rester 3 jours.
    C’est une des plus agréables petites marinas où nous avons séjourné. A taille humaine, elle donne sur le canal, très animé en journée. Un resto, des bungalows à louer,et… une piscine! Les enfants en font leur repaire, après l’école. Eux qui d’habitude s’ennuient à la marina sans copains, s’amusent bien ici : piscine, trottinette, et la cerise sur le gâteau, c’est cette voiturette que nous louons 24h pour faire les courses et nous balader.
    A tour de rôle, les enfants m’accompagnent dans les magasins
     
    La supérette est bien achalandée de produits frais, et offre un rayon de produits artisanaux très alléchants : confitures, pickles, achards,  condiments, pâtisseries et pain fait maison, quel régal! J’aime bien la formule, qui permet aussi à la population locale de se procurer un agréable complément de revenus, en particulier pendant la saison touristique. On se régale ainsi des pickles de Tante Anita, des cupcake de Mary-Rose,

     du Carrot Cake et de la Lime Pie de Lizzie, du pain de mie de John….Et de la salade de Conch achetée sur le bord de la route.
    Une première journée est consacrée aux lessives : un mois de linge, ça fait 6 grosses machines, et ça me prend toute la journée! Draps, alèses, vêtements, serviettes, tout y passe, y compris les vêtements « d’hiver », jeans, polaires, chaussettes, que nous avions remisés depuis l’Afrique du sud, et que nous allons ressortir avant l’arrivée aux Acores. Le lendemain, il fait vraiment un temps de cochon! Ca n’empêche pas de nettoyer, au contraire. Anna au balai-brosse, et Arthur à la raclette. Moby va bénéficier d’un dessalage intégral à l’eau de pluie, c’est idéal!
    Nous dînons le soir au restaurant avec de nouvelles connaissances : Michel et Christine, de Spica, un Outremer 45. Ces (presque) jeunes retraités profitent de leur bateau à mi-temps : 3 mois à bord, 3 mois en France. Ils sont fans des Bahamas, où ils ont déjà navigué plusieurs saisons, et remonteront cette année encore vers la côte Est des Etats-Unis, que nous aurions aussi aimé visiter.

    Ils nous recommandent en particulier la côte entre New-York et Boston : de Long Island à Cape Cod, en passant par Nantucket et Martha’s Vineyard : une succession de plages, de criques isolées, de calmes forêts, de villages typiques…. tout cela nous fait rêver.
    En attendant, il pleut à torrent, y compris dans le restaurant, mais l’ambiance est chaleureuse!
    Le lendemain, le temps s’est amélioré, et en allant faire les courses, nous en profitons pour nous balader un peu dans les petites rues de Spanish Town.
    Nous nous arrêtons acheter une langouste, la spécialité locale. Ici, ça n’est pas plus cher que le poisson.

    Les maisons sont ravissantes, parfaitement entretenues, les jardinets apprêtés.

    Derrière les rues, l’église,

    une ruelle,puis la plage,

    Nous revenons bien chargés ; Arthur m’a bien aidé,

    et m’a convaincu d’acheter … un trancheur de pommes! Beau et ludique, c’est aussi une bonne manière de partager des fruits…et comme nous sommes de gros mangeurs de pommes…..
    Ce matin, Michel et Christine quittent la marina, et continuent leur exploration des Bahamas, vers Abaco.
    Au bout de notre ponton, un nouvel arrivant, magnifique ancien vapeur en bois, aménagé pour le charter. Ca doit être très cosy à l’intérieur. Les vernis sont rutilants.
    Nous quittons Spanish Wells :

    Les pleins d’eau et de gasoil sont faits, le bateau est propre, et l’avitaillement nous permet de tenir 10 jours et plus. Nous sommes fin prêts à traverser et allons rester attendre la meilleure fenêtre météo possible pour rallier les Bermudes, distante de 750 NM. Nous allons en effet traverser l’Atlantique en 3 étapes : Bahamas-Bermudes, dans les jours qui viennent, puis  Bermudes -Acores avec une longue escale d’un mois aux Acores et enfin Acores-Brest, pour arriver en Bretagne début juillet.
    Nous ressortons de Spanish Wells par la passe Sud,puis nous dirigeons vers la pointe Sud-Ouest d’Eleuthera.

    Nous franchissons l’étroite passe qui sépare Eleuthera de Current Island.

    Un courant et des remous qui nous rappellent le bon temps des passes dans les Tuamotu.La mer est blanche et bouillonnante dans la passe.
    Nous naviguons toute la journée et arrivons de nuit dans le sud-Est d’Eleuthera à East End Point.

    A notre réveil le lendemain, nous découvrons un site enchanteur.Les falaises crayeuses sont impressionnantes et forment un décor inhabituel, très graphique.Des grottes, des cavernes se succèdent tout le long du littoral.

     
    Nous sommes mouillés devant une grande plage en arc de cercle.

    Mais à la pointe, une ravissante petit crique nous attend.Un chemin mène au vieux phare, que nous empruntons. La vue d’en haut est panoramique. Le phare est désaffecté, et en piètre état. Et de l’autre côté, la très grande plage.

    Nous revenons sur notre petite plage privée profiter de ce qui est sans doute notre dernière baignade en eaux chaudes turquoises et tropicales. Dans quelques heures ou quelques jours, nous aurons appareillé pour les latitudes tempérées d’Europe…Alors il faut en profiter!
     
    Batailles de boules de sable,

    skimboard, baignade….Nous savourons ces instants. Je remarque que le sable est… presque rose. Une célèbre plage d’Eleuthera vante sa couleur rose, nous n’en sommes peut-être pas très loin… les touristes en moins.
    Nous appareillons sans tarder car nous voulons être à Cat Island dans l’après-midi.
    Nous passons devant l’île de Little San Salvador, entièrement privée puisqu’elle a été achetée par une filiale de Carnival Cruise Ship : des croisières tout compris de 5 à 7 jours aux Bahamas, au départ des USA, L’escale est complètement aménagée pour accueillir des milliers de passagers, un peu comme un grand hôtel, (beach club, restaurants, excursions, sports….) mais sans les chambres.
     
    Nous arrivons sous un ciel bien morne a Orange Creek. Le temps n’est vraiment pas engageant, mais les fonds transparents : Loïc nettoie les coques, comme avant chaque grande traversée. Près de 3 heures dans l’eau à frotter les algues.

    Nous attendons toujours la meilleur fenêtre météo possible, qui tarde un peu à venir. Le lendemain, nous allons dans la baie d’à côté, à Arthur’s Town! Il nous faut bien sûr aller à terre visiter et immortaliser cela!

    Arthur à Arthur’s town

    Nous tombons par hasard sur le sculpteur et peintre de ce panneau!

    Le village est bien morne…Nous croisons peu de monde.Il faut dire qu’aucun commerce n’est ouvert : les habitants sont par ici tous des « Adventistes du 7ème jour », et ne travaillent ni le samedi ni le dimanche.
    L’école,

    le poste de police, le bar (qui est fermé),

     l’aire de jeu…

    et de nombreuses maisons abandonnéesNous nous mettons en quête de l’épicerie la plus proche, qui est à quelques kilomètres. Nous décidons d’y aller à pied….Assez vite, la solidarité bahaméenne fait son oeuvre, et nous sommes embarqués dans la benne d’un pick-up, qui nous dépose quelques kilomètres plus loin, à l’épicerie, où nous trouvons du pain, le dernier article frais qui nous manque. La météo est enfin parfaitement favorable, nous sommes fin prêts.
     
    Le soir-même, nous levons l’ancre, pour 4 jours de mer, direction les Bermudes! Nous quittons les Bahamas avec le sentiment d’avoir bien profité de cette longue escale de presque 6 semaines.

    Le temps n’y est pas très beau non plus depuis 8 jours et ne semble pas s’améliorer,

    alors nous sommes contents d’aller de l’avant, cap à l’EST pour retrouver le soleil!
     
  • Bahamas -3- le Nord des Exuma

    Bahamas -3- le Nord des Exuma

    Nous naviguons depuis déjà 10 jours dans l’archipel des Exuma, et continuons notre progression vers le Nord en direction du «  Exuma Land and Sea Park », qui s’annonce encore plus spectaculaire que ce que nous avons vu. Nous sommes déjà sous le charme  de cette navigation entre îlots et bancs de sable, que nous pratiquons en mode «  exploration », nous arrêtant jusqu’à 4 fois par jour pour visiter une grotte, une plage, ou faire un snorkeling.

    Vue sur les Rocky Dundas, où se trouvent les grottes
    Nous prenons un mouillage de jour dans la toute petite baie de Fowl Cay : à un jet d’annexe se trouvent en effet deux grottes qui sont parait-il au moins aussi remarquables que celle de Thunderball.

    Il nous tarde d’aller vérifier cela.

    A Fowl Cay, nous sommes tout seul au mouillage. Inhabituel, une épave d’avion trône sur la plage. La piste n’est pas loin.

    l’épave sur la plage

    Les îles des Bahamas sont souvent équipées de petites pistes privées. C’est aussi que les propriétaires vont et viennent, à bord de leurs avions, ou d’avions taxis, qui offrent également les services de livraison de nourriture, pièces détachées etc….

     
    Curieux, nous allons sur la plage examiner ce qui reste de la carlingue.

    Loïc penche pour un décollage raté.
    La plage est un petit bijou :  une eau turquoise calme, de petites vaguelettes, du sable fin…
    Le mouillage est paradisiaque

    A midi, Loïc envoie le drone, pour voir île d’en haut : pas de luxueuse villa, mais de petites maisonnettes, un ponton, et la piste, vraiment toute petite.

    vue aérienne de Fowl Cay
    Après le déjeuner, nous filons explorer les grottes. La première n’est pas évidente d’accès : il faut plonger, pas très profond, mais sur 3 mètre de long. Anna n’a pas peur, et nous suit, c’est la première fois qu’elle plonge dans ces conditions!

    Une fois à l’intérieur, c’est majestueux, de très nombreux stalactites, et un grand puit de lumière
     
    La seconde est plus facile d’accès, pas besoin de plonger car on y accède par une étroite ouverture en surface, comme un boyau au-dessus de l’eau.
    Elle est encore plus impressionnante : une fois à l’intérieur, un seuil, puis une petite plage, une caverne en hauteur qui ravit les enfants, un puit de lumière, des stalactites….
     

    En fin de journée, nous mettons cap sur Compass Cay,

    le chenal d’accès à Compass Key

    et  mouillons pour la nuit sur un banc de sable devant la marina, réputée pour ses requins nourrice semi-apprivoisés. Nous filons en annexe voir à quoi ressemblent les installations :

    C’est très coquet, mais le sens de l’accueil est comment dire….axé sur le porte-monnaie : on nous réclame pour débarquer une taxe de « landing fee » de 10 dollars… par personne! Et pas de discount pour les enfants…. Nous observons quelques minutes, depuis l’annexe, les requins nourrice tourner et virer dans une eau limpide puis faisons poliment demi-tour.
    Le lendemain, nous mettons cap sur Cambridge Cay, où nous retrouvons Luna Bay 2 et Penn Gwen. C’est officiel, nous venons de franchir les frontières du parc naturel.
    Nous décidons d’organiser un apéro-dinatoire de dernière minute sur la plage : nous repartirons sans doute chacun de notre côté d’ici quelques jours, il faut donc saisir l’occasion d’une soirée tous ensemble.
    Jennifer a repéré un petit îlot d’où le coucher de soleil devrait être superbe pour ce pic-nic du soir improvisé.Les 3 familles arrivent en annexe, dans ce joli coin de paradisLa soirée est fort agréable, la marmaille joue aux Robinsons en se gavant de chips, de crackers au fromage et de pâté de campagne…
    La nuit est moins sympa :  les orages grondent pendant des heures, nous sommes sur le pont, aux aguets, à guetter le vent et les éclairs. Il y a tellement d’éclairs qu’on y voit comme en plein jour, et la foudre nous assomme les oreilles.
    Nous mettons les ipads/ordis et téléphone à l’abri dans le four, qui servira si besoin de cage de Faraday.
    Au plus près, l’orage approchera à moins d’un mille. A 5h du matin, nous retournons nous coucher, plus de peur que de mal. Ce sera le premier d’une longue série d’orages de nuit que nous subirons dans les 15 prochains jours.
    Nous passons la journée du lendemain à Cambridge Cay. Sans être totalement dégagé, le temps s’est remis au beau. Le matin, c’est école pour tout le monde, mais dans l’après-midi, nous partons à terre avec nos équipements de snorkeling explorer la plage de « Honeymoon’s Beach », sur la côte sud de l’île.

     Nous traversons l’île à pied avant d’accéder au site pour un beau et sportif snorkeling avec la marmaille. 
    Une belle soirée s’annonce….Mais la nuit est tout aussi orageuse que la précédente. Là encore, les éclairs sont très proches, et grondent.

    Nous craignons le foudroiement bien sûr, et vérifions l’avancement de l’orage, mais aussi le vent qui tourne, qui forcit. Heureusement, la foudre tombe à environ 1km de là-et les appareils électroniques sont encore une fois dans le four!
     
    L’avantage, c’est que nous récupérons l’eau de pluie, grâce à notre bimini pourvu de rigoles, et à un circuit de tuyaux, qui va direct dans les réservoirs, qui sont pleins. Nous remplissons alors les carafes et les bidons. 

    Au petit matin, nous allons dire au-revoir à Luna Bay 2,

    Bye Bye les amis : Luna Bay 2, Penn Gwen et Moby réunis!

    Ils repartent vers Nassau préparer leur bateau pour la transat retour en France.De notre côté, nous nous donnons 8 à 10 jours de plus pour explorer les Bahamas.

    Nous appareillons également, juste à temps, car une série de 3 speed boats arrivent vers nous-il est vrai que nous sommes dans un chenal-, et foncent à 25 noeuds au moins, créant 3 sillages qui nous chahutent.

    Nous longeons Hall’s Pond Cay, peu accueillante, avec ce panneau explicite : pas d’annexe! Il semble que la cohabitation entre les voiliers et les riches résidents des îles se passe mal. La loi aux Bahamas est claire : l’accès aux plages est libre jusqu’à la laisse de haute mer. Par ailleurs, il ne me semble pas anormal que les propriétaires de ces îles jouissent de la tranquillité qu’ils recherchent. Alors, pour notre part, nous ne nous empêchons pas de nager sur les plages, voir d’y mettre le pied, mais n’y débarquons jamais en annexe.
     
    Nous mouillons sur un banc de sable près du chenal, car il y a sur zone deux sites de snorkeling d’interêt :

    Le premier, c’est un petit avion bimoteur coulé par 3m de fond. Il git nez dans le sable, queue en l’air. Nous prenons grand plaisir à virevolter autour, dans 3 mètres d’eau à peine, même Anna se régale ; je n’ai malheureusement pas d’image de la scène….
     
    Non plus du magnifique jardin de corail au Nord d’ Obrian’s Cay. Les  coraux sont sublimes, visibles dans 2 à 3mètres d’eau à peine : des gorgones multicolores y côtoient des éponges vertes, beige, rose, de toutes tailles et de toute formes, c’est vraiment un délice pour les yeux. C’est en plus un site très accessible pour les débutant, le genre d’endroit où on pourrait amener sa grand-mère!
     

    Le lendemain, la journée commence sous des trombes d’eau : le temps n’est pas au beau fixe, depuis quelques jours, nous subissons orages et grains au moins une fois par jour. Nous quittons Compass Cay en bordure de grain, il y a plus de 20 noeuds de vent, et Loïc nous montre sa dextérité à piloter Moby :  car pour aller du nord de Hall’s Ponds Cay au mouillage sud de Warderick’s Wells, un chenal  sinueux nous fait passer entre de petites îles. Victor et moi surveillons la nav’ chacun dans une des étraves. A peine avons-nous pris la seule bouée disponible, qu’un rideau d’eau s’abat sur nous.

    le grain approche
    Arthur prend sa douche en plein air

    C’est plutôt une bonne nouvelle, nous allons pouvoir remplir les réservoirs, s’offrir des douches en plein air, et boire de l’eau de pluie, la meilleure de toutes. Nous avons même de l’eau courante pendant quelques minutes!

     
    Aujourd’hui, 28 avril, c’est le grand jour : notre capt’ain fête ses 50 ans! Happy Birthday Captain!

    Nous passons cette journée seuls tous les 5 dans ce mouillage de rêve : une fois le grain passé, le site se découvre, avec des couleurs, comme toujours, sublimes sous le soleil.
    Le petit dej était copieux ce matin, puisque nous avons commencé par souffler les bougies… et manger le gâteau. Comme le dit le dicton d’un restau italien que Loïc aime bien  : « Life is short, eat desert first! ». Autrement dit : « Comme la vie est courte, autant manger le dessert d’abord »
    Loïc avait passé sa commande la veille, et je lui avais préparé un gâteau breton : la plaquette de beurre y est passée.… Et à 10h, il n’en reste pas une miette…
    En début d’après-midi, nous allons explorer la plage,

     et nous offrir une belle baignade. Puis partons à la recherche du «  Pirate’s Lair » , le «  Repaire des pirates » un peu plus loin dans les terres. Le site était en effet  parfait pour attendre les proies s’apprêtant à entrer dans le banc des Bahamas par le « Wide Opening », cette large passe facile d’accès à la voile par tous les vents,  située à quelques milles au nord de Warderick Wells. On s’imagine facilement les bateaux de pirates cachés entre les îlots, les hommes guettant les navires de commerces.

    Moby au mouillage de Warderick’s Wells sud
    Avec les dernières pluies, le camps des pirates n’est plus qu’un bourbier… c’est pourtant là, au bord d’une source et à l’abri de ces grands palmiers auxquels ils pouvaient attacher leurs hamacs qu’ils se reposaient entre deux raids.
    Au retour, une belle baignade,

     et de moments très simples de partage en famille.Arthur et Anna restent jouer à la plage : ils creusent le sable pour y trouver des vers, puis ensuite nourrir les petits poissons du bord. Loïc et Victor partent explorer le tunnel qui perce l’îlot d’en face : long de 30m, il traverse spectaculairement l’îlot, et peut se pratiquer à la nage, par temps très calme et à l’étale. Avec le vent actuel et les fortes marées, il n’en est pas question. Dommage, car ça doit être pourtant génial de le parcourir à la nage :  il est percé de plusieurs ouvertures par le dessus, partiellement à l’air, et partiellement sous-marin.
    J’en profite pour rester à bord, pour bouquiner tranquillement.
    Ce 28 avril 2018 fut une journée enchantée, où nous aurons tout eu : de l’action, du mauvais temps, du soleil, de l’exploration, de la découverte, des jeux, des baignades, du temps calme, un bon gâteau…
    Le lendemain, nous contournons les îles pour entrer dans les Warderick Wells, le coeur du Park des Exuma, où se trouvent les rangers.
    Le site est époustouflant, avec ses bancs de sable, et ce chenal circulaire et profond où des corps-morts sont à disposition.

    Les photos qui suivent sont garanties sans amélioration, ni retouche de couleurs….

    Elles sont prise d’en haut du mat par Loïc qui inspecte le gréement. Il profite d’être au corps-mort et par un temps très calme pour monter vérifier cette partie-là du gréement. Nous partons d’ici 2 à 3 semaines en transat : il nous reste encore plus de 3000 NM à parcourir avant de rentrer en Bretagne.

    D’en haut les bancs de sable sont majestueux, comme des rubans de dégradés.

    Loïc lance le drone pour immortaliser le site, sous un beau soleil;

    vue vers l’île de Warderick Wells et les maisons des rangers
    Vue vers le sud de Warderick Wells et les mouillages de Emerald Rock
    Après l’école, nous préparons un picnic pour aller déjeuner à terre… et emmenons le reste du champagne que nous n’avons pas fini hier

    : nous célébrons encore une fois les 50 ans de Loïc.Pendant que nous savourons cet apéro du dimanche, les enfants vont explorer sur la plage le squelette d’un cachalot reconstitué là par les bénévoles de l’association du Park.
    Puis l’envie nous prend d’aller nous promener sur les bancs de sable à marée basse. Anna et moi nous élançons, les garçons nous rejoignent en annexe.
    Vu d’ici, ce banc de sable ressemble à un coeur.
    La beauté de ces différents dégradés de turquoise tient aux marées,

    aux dénivellés sous-marin de dunes et aux méandres créés par les courants.
     
    Nous partons en snorkeling explorer les lieux, puis terminons par une ballade à terre, vers les hauteurs de Boo Boo Hill, point culminant des Warderick Wells. Ce que nous apprécions aussi aux Bahamas en cette fin Avril, c’est la longueur des journées. Le soleil ne se couche que vers 19h30, contre 18h aux Antilles : cela laisse de belles soirées encore actives.
    La colline de Boo Boo Hill est réputé hantée :  par les nuits de pleine lune, on entendrait les voix des pauvres âmes ayant péri dans le naufrage d’un navire au large de Warderick wells.
     
    Nous traversons la mangrove, longeons de nombreux trous, des grottes,

    Nous grimpons la colline, et regardons avec consternation les débris de bois flottés que les voiliers de passage s’évertuent à déposer…. créant cet amas, qui s’éparpillera et repartira sur les flots au prochain cyclone.
     
    Je remarque combien l’homme a besoin de marquer son territoire en laissant une trace visible de son passage. C’est particulièrement flagrant aux Bahamas : peut-être une tradition du Nouveau Monde?  Vieux T-shirts suspendus au plafond du bar Chat’n’Chill à Stocking Island,  panneaux de bois flottés gravés en haut de Boo Boo Hill (Warderick Wells), totem de pierres à Cambridge Cay. Ce qui avait sans doute du sens il y a quelques dizaines d’années encore quand ces endroits étaient peu fréquentés et difficilement accessibles, avant l’avènement du tourisme de masse, me semble aujourd’hui vain et irresponsable. A l’heure où l’on voyage partout en avion, et au vu du nombre d’humains que nous sommes sur terre, continuer à mettre en oeuvre ces « traditions » polluantes me dépasse. Je préfère de loin une autre devise, que nous avons souvent lue sur des panneaux de parc naturels : « En visitant ces lieux, la seule chose que vous laisserez derrière vous seront vos empreintes de pas » .
     
    Nous admirons le soleil qui descend sur l’horizon, puis rentrons via un gué, puis un petit pont, à travers la mangrove. Nous découvrons l’hélipad fait de pierres et coquillages concassés.
     
    En rentrant au bateau au coucher du soleil, quelle n’est pas notre stupeur : nos amis du catamaran Cool Running sont ont fait la surprise de venir à notre rencontre. Nous les attendions il est vrai d’un jour à l’autre, en provenance de Georgetown … Ils ont parcouru les 70 NM d’une traite pour nous voir. 
     

    Nos routes se sont croisées pour la première fois dans le Pacifique, à Rangiroa, puis à Papeete, et enfin c’est pendant un séjour prolongé à Maupiti que nous avons mieux fait connaissance.

    Dave, Gudrun, Gaby et Ben à Maupiti

    Nous nous sommes revus en Nouvelle-Zélande, et avons partagé des moments inoubliables dans l’Océan Indien, à Cocos (Keeling) puis aux Chagos.

    feu de camp aux Chagos

    La dernière fois que nous nous sommes vus c’est en décembre dernier en Afrique du sud, à Cape Town.

    les enfants de Moby et de Cool Runnings à l’aquarium de Capetown

    Depuis, nos routes se sont suivies sans se croiser. Leurs deux ados, Ben et Gaby sont les grands amis de Victor, et il leur doit aujourd’hui son beau niveau d’anglais ;-).

    Nous avons ensemble parcourus 3 océans, et bouclé chacun notre tour du monde. Nous sommes d’autant plus fiers d’eux qu’ils réalisent à peu de chose près le même parcours que nous, mais sur un bateau de grande série, un Lagoon 400, plus petit et moins rapide que le notre. 
    Dans un mois, quand nous traverserons l’Atlantique direction la France, ils mettrons cap sur la Floride, leur port d’attache.
     
    Alors ce sont de belles retrouvailles, intenses, car les au-revoir sont proches!
     
    Nous appareillons ensemble pour une île un peu plus au nord, Hawksbill Cay, réputée comme une des plus belles des Exuma. C’est l’occasion de se prendre mutuellement en photo sous voiles, dans ce beau turquoise.
    La nous sommes tous les 5 sur le pont!

    Je me fais la réflexion, que la vue est décidément magnifique depuis ma cuisine!Dans quelques longueurs nous entrons dans du turquoise clair signe que nous n’aurons plus que 2m d’eau sous les coques!

    C’est grisant de naviguer dans si peu d’eau.
     
    Nous voilà au mouillage!
     
    La plage est en effet superbe,

    et nous passons notre première journée à simplement profiter de la baignade, savourant nos retrouvailles avec nos amis : il y a tant à se raconter depuis 4 mois que nous nous sommes vus. Nous tirons le premier bilan de nos circumnavigations, et évoquons aussi notre retour à la vie de terriens qui approche. 
     
    Le soir, la lune nous sourit.
    Le lendemain, le vent est annoncé est bien là. Loic et Victor sortent les planches, puis le kitesurf.

     

    Victor en planche
    Loïc en kitesurf

    Je tente quelques bords en planche, mais le vent est décidément irrégulier avec le relief de l’île.

    J’ai aussi un début d’otite qui peine se résorber, aussi suis-je prudente avec les sports nautiques.
     
    Nous allons visiter la grotte dite des « contrebandiers ».
    Elle est tout juste au-dessus du niveau de l’eau, et assez impressionnante avec son plafond rose,

    et le goulot qui sépare les deux chambres.
    Puis nous poussons vers la plage adjacente, qui abrite un chemin menant vers des ruines et à la plage côté océan.
    Nous devinons les ruines, des murs de maisonnettes datant de 1785. Occupées par les loyalistes, ces réfugiés pro-anglais de la guerre civile américaine : refusant la tutelle des séparationnistes, et gardant allégeance à la couronne britannique, nombreux sont les Loyalistes qui ont fui aux Bahamas, implantant des champs de coton, de tabac ou de l’élevage.
    Elles étaient vraiment étroites ces maisons.
    La balade est sympa aussi pour observer les plantes, comme ces petites épiphytes, mais aussi pour la vue d’en haut.

    A mi-chemin, inattendu, cet étang, source d’eau douce.
     
    Et de l’autre côté de l’île, la plage au vent :

    Dommage que nous n’ayons pas les bodyboards!
    Ca déferle, et rejette sur la plage de la mousse, des algues, des éponges… et des débris de toutes sortes.
    Sur la route du retours, nous sommes surpris par toutes ces grottes, cavernes et trous qui jonchent le sol : un vrai gruyère!
     
    Ce soir, j’ai proposé à Gudrun d’initier sa famille aux crêpes bretonnes, en remerciement du paquet de farine de blé noir qu’elle m’a rapporté des Saintes.
    Pendant que je suis aux fourneaux sur le Lagoon, Loïc débriefe à Dave nos 2 semaines passées dans les Exuma, et lui donne les bon tuyaux, des mouillages et activités sympas avec les enfants.Il y a en effet beaucoup à faire aux Exuma entre le snorkeling, les épaves, les ballades à terre, les grottes….
    Les enfants apprécient les crêpes,

    et de cette rencontre américano-bretonne sort une création que je dois à Ben : une intéressante crêpe blé noir/beurre/sucre/cannelle!

    Je la nomme « la Cool Runnings », du nom du bateau de nos copains américains.
    Apprenant que nous n’avions plus de Nutella à bord, Gudrun nous offre ce petit pot, qui rejoint le tableau de bord de Moby, et les « trophées » offerts par nos amis, ou glanés au fil des rencontres….
     
    Le lendemain, le temps n’est pas au beau fixe, et c’est sous un ciel plombé que nous montons sur Shroud Cay, un dédale de rivières salées dans la mangrove. Quel dommage qu’il fasse ce temps pourri, ce doit être tellement beau sous le soleil. Mais il ne fait pas froid et nous ne sommes pas en sucre, alors nous partons sous la pluie, et avec la marée, qui est encore haute pendant une heure ou deux.
    Nous voilà en annexe dans les méandres de la mangrove.

     Après 30 mn, nous arrivons à destination :

    Nous avons traversé Shroud Cay d’Ouest en Est, et nous voilà sur la côte au vent.
    Le sable est d’une douceur incomparable,

    et nos pieds s’enfonçent profondément dans le sable tellement il est fin.
    En haut de la colline, les vestiges de CampDriftwood, où un genre d’ermite avait construit un camp de fortune dans les années 60. En haut du camp Driftwood, la vue sur Shroud Cay. 
     
    Nous quittons Shroud Cay pour Norman’s Cay, toujours sous les nuages, mais sans la pluie, ouf! 
    L’île a une histoire savoureuse : elle a été pendant quelques années le repaire d’un célèbre trafiquant de drogue. Carlos Lehder, d’origine Colombienne, faisait originellement partie du cartel de Medellin. Il a acquis Norman Cay en 1979 : ses maisons, ses commerces, sa piste d’aviation etc….afin de s’en servir comme un hub, une zone de transit entre l’Amérique Centrale et les USA. Témoin de cette vie antérieure : l’un des DC3 de Carlos git sur un banc de sable à l’entrée de Norman’s Cay.
    Les Stups américains (la D.E.A.) qui surveillaient la zone, ont finit par démanteler et faire vaciller l’empire de Lehder entre 1981 et 1983, alors que le gouvernement bahaméen, largement corrompu, protégeait Lehder et ses hommes. L’homme a été arrêté en Colombie en 1987, et extradé puis jugé aux USA où il purge 135 années de prison….
    Nous sommes mouillés juste devant la piste,
    et c’est un défilé d’avions
     

    Nous sommes aussi régulièrement survolés par des hydravions. Nous allons plonger sur le DC3 -enfin, pas vraiment en profondeur, car l’épave est posée sur un banc de sable et émerge, même à marée haute. Loïc explore l’épave, regarde à travers les hublots,

    .

    et fait mine de se mettre aux commandes! 

    Les coraux ont bien colonisé l’avion! Victor continue l’exploration,

    passe à travers les hublots!

     
    Plus tard dans la journée, nous partons avec l’annexe des Cool Runnings explorer l’intérieur du Cay, et en particulier sa mangrove et ses « flats ». Nous passons devant les lodges, et le restaurant, fermé ce soir. Puis allons nous rendre compte des travaux, de grande ampleur de la marina. Nous sommes surpris par le nombre de marinas aux Bahamas dont les travaux semblent terminés et qui n’ont jamais ouvert. Traffic? Blanchiment ou détournement d’argent?

    Puis nous nous arrêtons marcher le long de la mangrove.
    Arbustes, coquillages, oiseaux, nous sommes en pleine nature sauvage.  Ces traces, dans le sable, ce sont des raies, qui nichaient dans ce trou à marée haute. Il y a si peu d’eau que nous rentrons à la rame.
    Ce soir, nous faisons  nos les adieux à nos amis de Cool Runnings, qui s’en vont demain, et reprennent leur exploration des Exuma vers le sud, alors que nous continuons vers le Nord. Bye-Bye les amis! Nous nous reverrons certainement un jour, je ne sais quand, je ne sais où….
    Le temps est tellement mauvais et les vents contraires (de nord) que nous restons 24h de plus à Norman. L’occasion d’aller nous offrir un bon hamburger au restaurant. En dessert, je tente le traditionnel Guava Duff, sorte de pudding arrosé de sauce à la goyave, typique des Bahamas… C’est moins mauvais que ça en a l’air : très sucré et roboratif, je peine tout de même à avaler plus de 3 bouchées après mon hamburger…
    Nous serions bien restés explorer les îlots du Nord de l’archipel : Highbourne, Ship Channel, Leaf Cay….Mais le mauvais temps s’installe durablement sur les Bahamas. Or nous sommes le 3 mai, et avons prévu de traverser vers le 15 : il est temps pour nous de quitter les Exuma et d’aller préparer notre transat. Nous avons choisi pour cela de faire escale à Spanish Wells, petit village d’Eleuthera, distant d’une cinquantaine de milles.
     
    A très vite pour la toute dernière partie du récit de notre séjour aux Bahamas. 
  • Bahamas -2- Les Exumas

    Bahamas -2- Les Exumas

    Notre porte d’entrée pour les Exuma, c’est George Town, petite ville du sud de l’archipel, qui accueille en saison près de 200 voiliers, essentiellement des Canadiens et Américains venus passer la saison d’hiver et le printemps en eaux chaudes. Heureusement, les mouillages sont variés dans cette rade, formée par l’île de Great Exuma d’un côté, et par un chapelet de petites iles côté lagon : Stocking Island, Elisabeth Island, Pigeon Island…C’est heureux, car nous passons en moins de 24h à une zone de navigation isolée, où nous étions souvent les seuls bateaux au mouillage, à l’effervescence!
    C’est ici aussi que nous disons au revoir à Papily et Mamily, qui rentrent en France , et s’envolent depuis le petit aéroport de Georgetown vers Miami, puis Paris.
    Nous commençons par un mouillage de jour à Pigeon Cay, très beau mais inconfortable :

     Le vent souffle, la houle rentre, c’est génial pour le skim et la baignade sportive, mais pas pour le confort à bord!
    Nous filons donc nous abrite pour la nuit à Georgetown, et mouillons devant le village en compagnie de grosses vedettes,

     et d’un autre Outremer 51, de propriétaires américains!Signe d’arrivée en terres civilisées : cet hydravion, qui emmène les touristes survoler les Exuma, probablement au départ de Nassau. 
    L’archipel des Exuma (Exuma Cays) au coeur des Bahamas, est un ensemble d’îlots qui s’égrènent tel un collier de perles, distantes de quelques milles à peine les unes des autres, et qui abrite en son coeur un parc naturel, le « Exuma Land and Marine Park » : 
    Promesse de superbes plages, de navigation en eaux protégées, de passes à fort courant, de bancs de sable, de grottes, de magnifiques snorkelings, exploration d’épaves, de mangroves…..
    Il nous tarde d’y être.
    Mais pour l’instant, nous explorons George Town et en particulier Stocking Island qui abrite une curiosité : des trous à cyclones. Nombreux y laissent leur bateau y compris pendant la saison cyclonique (de juin à octobre), sur corps-mort, ou sur quelques pontons privés.
    A gauche, en entrant dans Gaviota Bay, on trouve un premier trou à Cyclone, en face du St-Francis Resort

    puis un second trou à cyclone abritant la marina Kevalli
    A droite, c’est  beaucoup moins profond et réservé aux très faibles tirants d’eau : Turtle Cove . 
    Nous remarquons un petit chemin de sable qui monte, et que nous partons explorer Il donne accès à la plage au vent. Nous revenons y passer l’après-midi avec les skims et les bodyboards.Que c’est bon de glisser sur les vagues!

    De retour à la civilisation, nous posons notre dinghy sur la plage de Chat’n’Chill,

    au coeur de la vie sociale des yachties de George Town, et partons déjeuner du traditionnel cochon rôti du dimanche. 
    Nous nous régalons de cochon, garni du désormais traditionnel mac’n’cheese (gratin de pâtes au fromage), de coleslow, de riz aux haricots, de carottes glacées au miel… Délicieux aussi, la « Conch salad », toute simple avec ses dés de lambis crus agrémentés de piments végétarien, de concombres et d’oignons doux: c’est frais, la chair est  presque sucrée, je me régale. 
    Nous testons aussi la bière locale , Kalik ou Sands, il faut choisir! Au bar de Chat’n’chill, les bateaux sont censés laisser un vieux t-shirt signé des membres d’équipage : premier signe d’une longue série, qui montre combien l’homme aime marquer son territoire. 
    Il faut dire que pour beaucoup d’Américains et de Canadiens, descendre aux Exuma, c’est un accomplissement, et je les comprend ; après tout, à chacun son Everest!
    Nous sommes moins emballés par l’ambiance de la plage, qui s’anime au fur et à mesure des heures qui passent, les annexes au touche-touche sur la plage, la musique à fond la caisse, les cadavres de bières qui s’amoncellent…. C’est LE rdv social du dimanche après-midi. Dans l’eau, les raies sont imperturbables. 
    Plus tard, nous irons mouiller devant « Monument Beach », la plus au Nord des plages de la zone. C’est la plus belle, et elle est bizarrement très peu fréquentée : nous sommes le plus souvent seuls sur la plage. 

    Lundi matin, nous allons « en ville », pour dire au-revoir à Papily et Mamily qui prennent leur avion à midi, et pour  faire un avitaillement de frais, le dernier datant d’il y a déjà 2 semaines aux Turks et Caïcos.

    le « Victoria Lake »

    L’entrée sur le « Victoria Lake » se fait via un petit pont. Nous découvrons un joli village bien organisé, avec une supérette bien fournie, un service de laverie… Nous en profitons pour nous balader un peu en ville,

    la mairie

    qui se met sur son 31 car elle accueillera d’ici 2 semaines d’importantes régates de pirogues locales. 

    Une fois les corvées effectuées, nous repartons mouiller devant la belle plage de Monument Beach. Nous partons à marée basse pour une grande ballade littorale, un longe-côte naturaliste parmi les oiseaux, tel ce couple de balbuzards (Ospreys en Anglais), que nous avons malencontreusement dérangé. Ils sont en pleine période de couvaison, et ne quittent par leurs majestueux nids

    un couple de balbuzards dans leur nid, dans les racines de filaos tombés à l’eau

    Au creux de la plage, des yachties se sont organisé un petit campque chacun peut user à sa guise, pour organiser un barbecue, un « potluck », ou simplement un apéro-plage comme ces deux couples de Canadiens dont nous faisons connaissance. Ils font partis de ces « oiseaux migrateurs  » fuyant leur Canada hivernal pour y chercher le soleil des tropiques (il fait -2 à Chicoutimi) Comme beaucoup, ils emportent leur chien avec eux. Nous n’avons jamais vu autant de chiens sur des bateaux qu’aux Bahamas! Tel ce magnifique chien blanc, que nous croiserons souvent, et avec qui les enfants auront plaisir à jouer sur la plage. Contrairement à beaucoup de pays, les formalités pour les chiens sont très faciles. 

    Nous quittons Georgetown sans regret, car nous aspirons à plus de nature et de vie sauvage en remontant l’archipel des Exuma.

    la côte Nord de Great Exuma

    Nous ne sommes pas spécialement emballés non plus par la vie sociale « à l’américaine » de ce genre d’endroit, régulée tous les matins par les annonces à la VHF du « Cruiser’s Net » : aquagym à 9h, karaoké le samedi, et bingo le vendredi, tournoi de volley-ball, BBQ … C’est amusant de voir comment, même loin de chez lui, l’homme ressent le besoin de se recréer une vie sociale avec ses codes et ses rituels.

    Nous naviguons une vingtaine de milles en dehors du lagon, et entrons par le «  Adderly Cut » , laissant Lee Stocking Island sur notre bâbord, puis Norman’s Pond Cay et Leaf Cay.

    Adderly Cut, vue vers le Sud, la piste de Lee Stocking Island en arrière plan

    Sur la petite plage de Leaf Cay, des formes noires s’approchent… ce sont des iguanes! 

    Il est midi passé, nous nous arrêtons déjeuner devant Norman’s Pond,

    au mouillage dans le Nord de Norman’s Pond

    puis repartons vers le Nord direction Rudder Cut Cay

    vers le Nord, la pointe Nord de Norman’s Pond, et la passe de Bock Out

    Il nous faut pour cela ressortir du lagon pour quelques milles, via le Bock Out, et rentrer dans le lagon via le Rudder Cut.

    le Rudder Cut, vers le Sud : le Sud De Rudder Cut Cay au premier plan, Little Darby et Darby Island au second plan

    Nous y voilà. 

    Nous observons tout juste la petite arche de Little Galliot Cay. Nous arrivons à Rudder Cut Cay, et découvrons une très jolie île, avec 2 petites plages charmantes, et surtout, un petit port, pas complètement naturel car une tranchée a été en fait creusée pour relier le bassin naturel à la mer. L’île, qui semble inhabitée, est privée et il est interdit de s’y promener. En annexe, par contre c’est permis!
    Nous entrons dans le port, curieux. 

    Plusieurs autres curiosité : une grotte ouverte sur l’extérieur, éclairée par un puit de lumière,

    et dotée à marée basse, d’une mini-plage. 

    des roches en forme de champignon…
    des raies…
    un beau snorkeling sur une … sculpture sous-marine en métal, commandée par David Copperfield (voisin et propriétaire des deux îles de Rudder Cut et de Musha Cay), qui a fait faire une statue grandeur réelle d’un piano à queue et d’une sirène, qu’il a immergé par 4m de fond. Quel dommage, ma GOPRO a rendu l’âme il y a 10 jours, j’ai chipé cette photo sur le net, elle n’est pas de moi.  J’aurais aimé vous montrer les enfants virevoltant de tous côtés autour de la sculpture, et vous montrer comment le corail repousse vite!

    C’est d’ailleurs dans la grotte voisine

    que notre drone va s’écraser dans l’eau, après qu’il a reculé de manière totalement inexpliqué, et se soit heurté à la roche. Une fois coulé, nous l’avons récupéré, rincé, séché, mais il n’a jamais pu re-décoller…

    Voici ses dernières images.

    Moby devant la funeste grotte

    Les plages au vent sont superbes,

    et le snorkeling doit l’être tout autant. 

    Puis nous continuons vers Musha Cay, et nous arrêtons en chemin à Little Lansing Cay, car il y a une épave d’avion sur un banc de sable. Nous nous approchons doucement, et mouillons carrément sur le banc de sable! Pas besoin de descendre l’annexe, nous y allons en palmes, masque et tuba. En effet, le petit bimoteur git par moins de 3m de fond, même Anna peut descendre le voir. Du corail pousse sous ses ailes.
    30 mn plus tard, nous levons l’ancre de nouveau, et passons devant Musha Cay
    Sur la carte, la zone est indiquée comme « swim area », et en effet, c’est la plus belle « piscine » que nous ayons jamais vue!

    Il s’agit d’un resort totalement privé qui se loue pour une famille ou un petit groupe d’amis, à 40 000$ la journée….Les constructions sont sublimes, 5 villas nichées dans une végétation tropicale superbe,  qui arrivent à Musha Cay en hélico,

    l’hélipad

    ou à Rudder Cut en avion. Ici, sans doute pas une maison, mais simplement la salle d’embarquement bateau. 

    Plus loin, le quai des fournisseurs.
    Bye-Bye Musha Cay, l’île de David Copperfield, paradis qui nous laisse songeur. 
    Nous longeons Cave Cay, qui semble inoccupée. 
    Nous sommes tentés de rentrer dans la marina, mais elle est fermée, peut-être désaffectée, et nous préférons ne pas prendre de risque.
    Nous passons donc notre chemin.

    les enfants s’organisent un petit « apéro-chips » sur le rouf,scrutant le relief pour découvrir les grottes dont cette île bien nommée est pourvue.

    Nous nous arrêtons finalement déjeuner au nord de Cave Cay, devant une minuscule plage et un petit étang. 
    Nous sommes mouillés en léger décalé par rapport à la piste, heureusement, car elle est tout près! La baignade est comme d’habitude merveilleuse, mais nous ne sommes pas tous seuls dans l’eau, sans doute un requin nourrice. Un petit tour à terre pour voir la piste

    l’étang, et la plage, puis nous repartons dans l’après-midi pour trouver un mouillage de nuit satisfaisant, à Little Farmer’s Cay.

    Nous empruntons pour cela le Galliot Cut et faisons route à l’extérieur des bancs.

    vue vers le Nord, et le Galliot Cut

    Curieuse maison octogonale sur Big Farmer’s Cay. 
    Nous mouillons en plein courant, Loïc et les enfants s’amusent une bonne heure à marcher sous l’eau dans le courant, à jouer avec les vagues de sable sous-marines. 
    Tous les soirs, nous étudions nos cartes, car les îles et îlots sont très nombreux, nous faisons en ce moment 2 à 3 stops par jours pour explorer épaves, plages, grottes ou autres curiosités Tout cela s’organise : il nous faut aussi trouver pour chaque soir un mouillage de nuit qui convienne, suffisamment protégé, suffisamment de fond, pas trop de courant, en évitant les chenaux, très fréquentés, de jour comme de nuit.
    Le coucher de soleil est comme toujours magnifique,et à l’heure de l’apéro, Anna elle aussi se prépare des cocktails….un demi-citron pressé, une orange, et un trait de Grenadine!

    Cette nuit Arthur et Loïc vont dormir à la belle étoile! Arthur en rêve depuis depuis longtemps, et Loïc l’accompagne dans son aventure. Ils sont bien couverts, en pyjama, et avec un bon duvet avec capuche et la nuit s’annonce dégagée, pleine d’étoiles. 

    Nous n’irons pas nous balader au village,

    le yacht Club de Little Farmer’s cay

    et appareillons à 9h, car il nous faut longer aujourd’hui la longue île de  Great Guana Cay. Nous commençons par contourner le Nord de Little Farmers Cay, et découvrons son bout de piste.Partout aux Bahamas, des épaves jonchent notre route. Le pays n’a sans doute pas les moyens de les déloger, alors elles restent là, à attendre l’épreuve du temps…

    Il y a de nombreux mouillages sous le vent de Great Guana Cay, que nous testons les uns à la suite des autres. 
    White Point d’abord, et sa longue plage de sable blanc. De l’autre côté des dunes, elle est tout aussi belle. Comme il n’y a pas de courant, nous allons tous à la plage en palmes, masque et tuba : cela nous évite de mettre l’annexe à l’eau (puis de la remonter quand nous partirons d’ici une heure ou deux). L’opération prend entre 5 et 10mn au total. Et nager fait faire un peu de sport!
    Nous trouvons des éponges échouées, et testons leur flottabilité.

    Après ce petit plouf matinal, l’école reprend, jusqu’au déjeuner. Nous nous arrêtons à Jack’s Bays Cove, minuscule plage, et petit mouillage pour un bateau tout seul.

    le drone de Loïc est mort… mais Victor nous prête le sien pour faire des images!

    Là encore, des grottes à explorer,

     du turquoise, du sable blanc, de la vie sauvage…

    une raie sur la sable

    Et après le déjeuner, nous mettons cap sur Black Point, une grande baie assez fréquentée, dotée d’un grand village, qui propose toutes sortes de services : laverie, pain frais, restos….
    Juste avant la baie, curieuse architecture que ce « chateau ». Destiné peut-être à résister aux cyclones?
    Nous croisons un de ces semi-rigides qui emmènent les touristes visiter les Exumas, lancés à 35 noeuds au moins Ils sont nombreux à sillonner les îles  en speedboat. 
    Nous arrivons à Black Point, et repérons Banana, un catamaran qui fait un tour du monde en famille en 7 ans avec 4 enfants, et dont nous avons lu les récits de voyage, publiés depuis 10 ans dans des magazines spécialisés. Depuis la famille a vendu leur bateau et vient de sortir un livre A bord il doit s’agir des nouveaux propriétaires!
    Nous avons rdv avec Luna Bay 2 et son équipage familial, avec lequel nous nous sommes promis de naviguer de concert quelques jours aux Exumas. Ce soir, c’est resto!
    Pendant que les enfants jouent aux cartes, les adultes dégustent la bière locale en se racontant leurs vies. Tous pareils, et tous différents : quand nous rencontrons des familles en grand voyage, c’est toujours passionnant d’écouter les trajectoires de vie qui font qu’un jour, un papa et une maman tout ce qu’il y a de plus raisonnables, entrainent leur smala dans une telle aventure…
    Pendant que dehors nous profitons de la soirée en terrasse (à se faire dévorer par les moustiques), à l’intérieur de ce resto type « diner » à l’américaine, c’est la clim à fond et la télé grand écran sur un match de basket! Culturellement parlant, nous sommes bien aux portes des US.

    Nous ne manquons pas le lendemain d’aller acheter notre pain (à prix d’or, mais il vaut bien ça, d’autant qu’il est important de faire tourner le commerce local!) chez Lorraine, la maman de la restauratrice d’hier.

    le pain de Lorraine

    Devant l’adresse indiquée, Loïc trouve porte fermée. Il toque, on lui dit d’entrer, et il trouve une dame bien âgée qui tricote dans son salon…. Elle le fait venir dans sa petite cuisine, et là, des miches dorées tout juste sorties du four attendent les gourmands : garanti « fait maison! » Pain nature, et pain fourré à la chair de coco, un régal au petit dèj!

    Nous quittons l’ile de Great Guana Cay, cap au Nord, et continuons à égrener les Exumas. Un petit stop à Gaulin Cay South, petit ilot anodin à la jolie plage. Au départ, nous nous y sommes arrêtés pour les grottes, annoncées sur la carte.
    Mais quelle n’est pas notre surprise de voir des iguanes pointer leur nez sur le sable!
    Nous mettons alors l’annexe à l’eau et filons explorer les lieux. 
    En effet, dès qu’ils entendent notre moteur, les iguanes sortent par dizaines de leurs cachettes.
    Ils attendent sans doute qu’on les nourrissent. C’est pourtant bien interdit, toujours pour les mêmes raison que beaucoup de touristes ont du mal à comprendre : en nourrissant un animal sauvage, on le coupe de ses capacités à se nourrir dans son propre environnement, et par là-même, on l’affaiblit. Pour aider et préserver les animaux sauvages, en particulier ceux qui sont en danger d’exctinction, il faut donc s’abstenir de les nourrir.

    Ces iguanes sont tellement peu craintifs que nous hésitons à marcher sur la plage, de peur qu’ils ne nous approchent de trop près Ces animaux ont de belles griffes, des dents acérées, et contrairement aux iguanes marins des Galapagos, ils ne sont pas végétariens!

    Nous passons une bonne heure à observer ces animaux, 

    Nous observons aussi un couples d’Osprey (Balbuzards en Français), ces rapaces marins, les seuls à pêcher dans les estuaires, les lagons ou les lacs. A notre arrivée, l’un des oiseaux s’est envolé, nous a survolé,

    inquiet, et est parti, peut-être pêcher.

    L’autre est resté à poste sur son nid : il doit y avoir des petits ou des oeufs.
    Nous partons à la recherche des grottes. 
    A notre retour, les iguanes sont toujours là. Sans doute un peu déçus que ne nous leur donnions pas de nourriture. Mais nous sommes stricts là-dessus, depuis que nous avons appris qu’un changement de régime alimentaire chez des animaux sauvages pouvait les rendre malades. Une équipe de scientifiques travaillant sur le jardin de corail de l’hôtel Taha’a Island Resort, en Polynésie Française a découvert que nourrir les poissons demoiselles avec du pain leur provoque un diabète. C’est pourtant une pratique que nous avons observé partout sous les tropiques.
    En rentrant au bateau, nous levons l’ancre, et découvrons médusés cette drôle de forme à 1 mètre derrière la jupe .Tout près des moteurs, alors que nous reculons, je pense d’abord voir un tuyau de plomberie en plastique : inquiète pour les moteurs qui tournent, je donne l’alerte. Nous prenons la forme en photo, et l’étudions de plus près en images. Il semble bien que ça soit un organisme vivant, peut-être un pyrosome, sorte d’organisme pluricellulaire.Je fais quelques recherches sur internet, et tombe sur DORIS, ce site des Données d’Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la Faune et de la Flore Sous-Marine.
    Ce formidable site recense une banque d’image très complète de ce qu’on peut observer sous l’eau, et propose même à ses membres de poser des questions d’identification. Comme nous avons de l’internet, je m’inscris, et poste donc la photo avec une question, … et reçois en moins de 24h une réponse!

    Il s’agit de tout autre chose : une ponte de grand calmar. Les petits oeufs (des boules bleues) sont reliés entre eux en spirale transparente, et flottent au gré des courants. Whaou, nous avons pris quelque chose aujourd’hui!

    Nous reprenons cap au Nord, visant d’être en fin de journée à Staniel Cay, le coeur d’activité des Exumas. Plusieurs raisons expliquent cette fréquentation : une marina, un yacht-club sympathique, quelques commerces, et de nombreux mouillages. Et en terme d’activités, de jolies petites plages, la célèbre grotte de Thunderball ( James Bond n°4) mais surtout l’attraction majeure, ce sont les cochons nageurs, qui sont sur touts les dépliants publicitaires des Bahamas. Nous sommes tous curieux de voir cela!

    Nous passons d’ailleurs notre première nuit à Big Major Spot.

    le mouillage de Big Majors Spot

    Effectivement, les cochons sont bien là! Mais c’est un défilé de hors-bord, d’annexes et de bateaux de charter. 

    Nous passons la nuit dans ce mouillage très fréquenté, en particulier par les super-yachts. 
    Nous changeons de mouillage le lendemain pour être au plus près des grottes et du Yacht-Club.
    La grotte se visite de préférence à l’étale de marée basse, pour avoir un accès plus aisé par ses deux entrées principales, et éviter le fort courant de marée. Nous finirons pas aller la visiter 3 fois tellement elle plait aux enfants. 
    Il faut dire que le site est impressionnant, et facile d’accès via la première entrée.

    La seconde est plus délicate, car elle n’offre qu’un mince filet aérien vers l’extérieur, et donne sur un fort courant traversier  : l’îlot se trouve en effet juste devant un chenal à fort courant.

    la seconde entrée

    La troisième sortie/entrée se fait par un passage sous-marin à 3m de fond, et la quatrième, par un étroit tunnel coudé sous-marin lui aussi. Il y a donc que quoi ravir les explorateurs sous-marins en herbe.
    La grotte dispose aussi d’ouvertures verticales qui laissent la lumière entrer à flots, ce qui a donné naissance à la célèbre scène du sauvetage de James Bond dans « Opération Tonnerre » (« Thunderball » en Anglais). Film que nous ne manquons pas de visionner le soir-même avec les enfants! La scène finale de bataille sous-marine avec fusils de chasse est plutôt originale pour l’époque ( 1966!)
    Nous explorons aussi la grotte vue d’en haut. 

    Le soir, nous avons la visite d’une famille française sur le voilier Penn Gwen :  j’avais croisé les parents Flora et Aurélien lors de la formation médicale ATMSI quelques mois avant notre grand départ. Ils ont suivi notre blog pendant les 6 premiers mois de notre voyage, puis sont partis pour un tour de l’Atlantique en 2 ans, avec de longues escales en Afrique et au Brésil. Nous avons presque le même programme en ce qui concerne la route retour, et allons donc naviguer ensemble quelques journaux Bahamas puis nous retrouver encore aux Acores. Ils ont 2 filles de 6 et 11 ans, Mélisse et Erell.

    l’équipage de Pen Gwenn

    Nous allons à terre explorer les infrastructures du Yacht-Clubune marina quelques charmants bungalows sur pilotis , un resto à la carte bien alléchante (et pas hors de prix pour une fois), un mini port pour les annexes, des petits Boston-Whalers à louer, et les célèbres requins nourrices « demi-apprivoisés ». 
    Nous déjeunons au resto le midi avec toute l’équipe de Luna Bay 2, et nous régalons d’un bon hamburger, dans une jolie salle de restaurant climatisé vue mer, c’est TOP!
    Puis nous partons tous ensemble nous balader sur l’île de Staniel, à la recherche des petits commerces. Nous rentrons bredouilles, avec seulement du main de mie, mais avons vu des jolies maisons typiquesdes jardinets un peu secsl’église du village, des bungalows à louer…
    Nous repartons pour Big Major Spot, les enfants nous ayant convaincus qu’il fallait aller rendre visite aux cochons. 
    C’est effectivement une attraction touristique. Les cochons ont été déposés là il y a quelques années, semi-sauvages, ils sont tout de même nourris par les habitants, mais surtout par les bateaux de passage, qui arrivent avec des légumes et du vieux pain. 
    Ils sont tous l’air paisibles,en particuliers les petits, très joueursmais dès que quelqu’un arrive avec de la nourriture, l’excitation monte…

    Comme ici, avec ces 3 imprudents qui arrivent à terre avec un grand sac de carottes. En moins d’une minute, une des dames est à terre, un des gros cochons lui a sauté dessus, ses deux pattes avant sur le buste et ba-da-boum… elle peine à se relever, pendant que les cochons lui boulottent sa nourriture….

    Puis Big Mama Karma sort de sa tanière. Des pancartes nous mettent en garde contre la grosse truie, sans doute chef de meute, réputée agressive, en particulier en présence de nourriture. 
    Ca y est « Mama Karma  » est à l’eau! Méfiants. nous nous replions tous dans les annexes, d’autant plus qu’un gros semi-rigide arrive avec des sacs de nourriture. Les cochons se précipitent, les plus gros mettent sur 2 pattes avant sur les boudin, moins pour monter à bord que pour accéder en primeur aux croutes de pain…
    Nous rentrons à bord, peux convaincus par les cochons-nageurs…cela dit, ils sont très propres!!
    Le lendemain, nous Quittons Staniel après y avoir passé 3 nuits, direction le Nord toujours : nous sommes aux portes du « Exumas Land and Marine Park », le parc naturel dont tout le monde vante la beauté.
    A suivre….
  • Bahamas -1- Les îles du Sud

    Bahamas -1- Les îles du Sud

    Nous y voilà, aux Bahamas, dernière escale tropicale de notre tour du monde, et dont nous attendons beaucoup. Nous avons en effet rushé en remontant l’arc Antillais, afin de préserver au moins 6 semaines pour la découverte de l’archipel :  700 îles, dont seulement 20 sont habitées toute l’année. Les voiliers canadiens viennent y passer l’hiver en quête de soleil et de chaleur, un peu aussi les américains, mais très peu d’autres nationalités qui naviguent plutôt dans les Antilles. Cela nous intrigue un peu, et nous avons hâte de nous faire une idée sur ce bassin de navigation dont nous soupçonons qu’il soit largement méconnu des Européens.
     
    A l’entrée dans les Bahamas, notre premier contact avec la civilisation sera le survol de Moby par l’hélicoptère des US Coast Guards Cela donne le ton : les Bahamas sont sous la coupe des USA, en ce qui concerne au moins la surveillance de leurs frontières!
    Nous avons fait notre clearance tôt le matin à Mayaguana, et sommes repartis aussitôt vers Crooked Island où nous attendent mes parents, qui ont loué un Lagoon au départ de Marsh Harbour (Abacos), skippé par Sylvain.

    Nous avons prévu une navigation en tandem de 2 semaines dans les iles du sud des Bahamas. En fin de journée, nous traversons un petit détroit entre les « Plana Cays » : ces îles ne sont guère plus que de longs bancs de roches et de sable plantés de tout petits palmiers. 
    la variété : le Thatch Silver Palm, qui ressemble en miniature au Vacoa des Mascareignes. Endémique des Bahamas, il est  utilisé pour faire des toit de palme, comme son nom l’indique, mais aussi pour divers objets de vannerie, ceintures, paniers, objets de décoration….
    Sur l’horizon, de très haut souffles montent dans les airs. Nous pensons tout d’abord à des baleines, mais ce sont en fait des rochers « souffleurs ».  
    Nous visons une arrivée de nuit à Landrail Point, au Nord-Ouest de Crooked Island, l’île principale des Atcklins. Un phare yest censé baliser l’entrée, mais il n’est pas en opération…
    Mais la baie offre une entrée franche, et nos cartes Transas (i-sailor) sont comme toujours très précises, nous donnant une large zone de fond sablonneux dans 5m d’eau…juste à côté du bateau de mes parents.

     

    Au réveil, nous découvrons des fonds d’une clarté incroyable, et d’une couleur turquoise à nulle autre pareille.

    Il fait chaud, très chaud : nous installons la voile d’ombrage les enfants s’y installent … pour travailler! Je vous assure, Victor bosse son français, et Anna fait de la lecture.

    Loïc lance le drone, et nous découvrons l’île de Crooked vue d’en haut,

    la mouillage de Landrail

    C’est vraiment magique de pouvoir visiter l’arrière pays par les airs!

    le mouillage de Landrail, et le phare de Bird Rock au loin
    Pour fêter nos retrouvailles familiales, nous allons tous au resto! Les enfants se sont mis sur leur 31 pour les retrouvailles avec leurs grands-parents.
    Nous accostons dans un petit port creusé dans la roche. 
    A Landrail, nous découvrons une petite communauté Bahaméenne fort restreinte : une épicerie, un resto, un poste de police…
    En marchant vers le restaurant, nous découvrons le « village ».
    L’île a été ravagée par le cyclone Joaquim, en octobre 2015, qui a inondé 75% des habitations, détruit la centrale électrique, et ravagé une cinquantaine de maisons… Aujourd’hui, il reste moins de 200 habitants, répartis dans plusieurs petits « settlements »;  les autres ont fui pour trouver travail et habitation ailleurs.
    La reconstruction est longue, très longue, et les dégâts encore très nombreux :
    L’ancienne station service est inutilisable : dommage car elle était pratique aussi pour les bateaux.Il y a un projet de reconstruction à quelques mètres de là, mais à l’arrêt.
    la dalle de la future station service 
    Les maisons qui sont encore habitées sont par contre particulièrement pimpantes. 
    Au resto, nous nous régalons et découvrons les spécialités locales : langouste rôtie, thazard en légère friture,  l’incontournable « mac’n’cheese » (gratin de macaroni, prononcer « maquenne-tchise »), poulet mariné, riz aux haricots, salade de haricots verts : tout est frais, délicieux, fait-maison et local!
    En marchant sur la route, nous sommes survolés par un tout petit avion : il nous faudra aller visiter la piste qui se trouve non loin du village; 
     
    En fin d’après-midi, Loïc part avec Victor et Arthur plonger en apnée sur le tombant, qui descend de 5 à 200m en quelques mètres seulement. 
    Là, ils se font surprendre par un requin particulièrement agressif qui les charge à 3 reprises, visiblement mécontent de voir des humains sur son terrain de chasse. Heureusement, il n’a pas idée de les croquer, seulement de les intimider : sans doute les prend-il pour des prédateurs concurrents, ce qui fâche, non? Tous 3 se replient avec calme et rapidité, palmant à reculons vers l’annexe, en restant groupés serrés. Ils se souviendront longtemps de cette charge inopinée.Des émotions pareilles, ca soude une famille!

    En toute fin de journée, nous allons explorer la plage, très sauvage. Tout le long, nous observons des maisons, dont presque toutes sont détruites et à l’abandon. 
    Au nord de l’île, sur un ilot, le phare de Bird Rock est impressionnant de stature, il date de 1876. 

    Tout au bout de la plage, la piste d’aviation! Fréquentée par des pilotes-propriétaires américains et canadiens, qui viennent pour la pêche, en particulier la très confidentielle et très select pêche au « Bone fish » sur les « flats », ces grandes étendues d’eau sablonneuses et peu profondes dont Crooked Island regorge. C’est une pêche à la mouche sportive de « catch and release » (le bone fish n’est pas réputé pour la finesse de sa chair, il est très difficile à préparer), très populaire chez les américains du sud.

    Deux pêcheurs à la mouche en route vers les Flats, dans leur tenue typique « camouflage des sables »

    Un jeune homme vient nous accueillir et nous propose de faire avec lui le tour du propriétaire. L’occasion pour nous de nous familiariser avec l’accent Bahaméen qui est très particulier. Les installations aéroportuaires sont sommaires :

     un beach bar, particulièrement bien placé,quelques quelques bungalows dotés de chambres, une salle de restaurant et c’est tout!
    Plus loin, un projet de marina a été abandonné : la maison du propriétaire, un américain, a été détruite,et la reconstruction n’a pas encore eu lieu…. quand à parler de développement, ce n’est surement pas pour tout de suite. L’île de Crooked est très basse sur l’eau, et particulièrement vulnérable aux cyclones : la montée des eaux barométrique y fait des dégâts impressionnants.
    En longeant la plage au retour, nous passons devant la ruine de cette jolie maison.
    L’arbre à coté, qui ressemble fort à un filaos n’est pas en meilleur état…
    Anna et moi ramassons des gorgones, qui jonchent la plage par centaines : vertes, roses, violettes, jaunes, marron….
    Une fin de journée paisible à profiter de la plage, de la nature

    et du soleil qui se couche. 
     
    Nous appareillons pour French Wells, un mouillage tout au sud de Crooked.Nous passons sur un banc de sable peu profond. Les garçons surveillent le fond. Difficile d’évaluer à vue d’oeil la profondeur tant l’eau est claire!
    Nous sommes tous sous le charme de ce « turquoise » si particulier des Bahamas. Je mitraille, et me donne comme objectif de « capturer » les 50 nuances de turquoise. 
    Le Lagoon 42 loué par mes parents a un peu plus de tirant d’eau que nous, nous lui avons ouvert la route 
     
    Ils sont très contents de leur bateau,qui bien que petit, est remarquablement habitable, en particulier la cabine propriétaire,

    et dispose d’espaces à vivre particulièrement réussis. En terme de performance, ca n’est évidement pas une bombe… mais il a de bons moteurs! ll faut bien ça pour pouvoir suivre Moby, véloce dans le petit temps….
    Nous mouillons dans des eaux cristallines.
    La plage est très belle et le sable d’une douceur….
    Le site est très sauvage, inhabité, les eaux turquoises,Petite curiosité : un vieux puit, toujours praticable! De l’eau douce donc, venant de nappes phréatiques. Ces puits sont très courants aux Bahamas, pratiques pour le ravitaillement des bateaux, ils étaient dans l’ancien temps des étapes incontournables. J’apporte ma bassine et en profite pour faire des lessives de serviettes!
    Et derrière la plage,

     la mangrove s’avère accessible en annexe via un canal naturel.Nous partons pour une belle ballade naturaliste

    au coeur de la mangrove,
     
    L’eau est peu profonde, mais d’une clareté….
    Nous dérangeons un petit requin nourrice venu trouver refuge dans les méandres. 
    Le coucher de soleil est hypnotisant, la plage magnifique, il n’y a pas de vent : c’est le site idéal pour faire un feu!
    Papily et les enfants ont préparé les branchages avec l’aide précieuse de SylvainNous prenons l’apéro sur la plage. Les enfants nous ont aussi fabriqué une table en pierre et Sylvain des sièges en vieux cordage de marine
    Les enfants sont tellement heureux de pouvoir partager avec leurs grands parents cette vie de plein air qui leur plait tant. Le lendemain, nous partons un peu plus au sud pour Long Cay. 
    Au petit déjeuner, nous faisons des crêpes! Je n’ai pas emporté mon Bilig (nom breton de la crêpière traditionnelle en fonte électrique), il est resté à la maison…  mais une simple poêle à crêpe anti-adhésive dépanne. Nous faisons aussi des crêpes blé noir, le repas préféré des enfants, quand nous trouvons du sarrasin, que j’ai bizarrement eu un mal fou à trouver aux Antilles françaises, alors qu’en Polynésie et à la Réunion, sans problème!

    Côté pêche, ca n’est pas un succès : dès que nous attrapons un poisson, il sert d’appât aux requins, qui le croquent d’un coup de dent…

    ce qu’il reste de sa bécune dans les mains de Sylvain…
    Loïc lance le drone, et cette fois, c’est Anna qui pilote! Très concentrée… 
    Nous voulons prendre de belles photos de Moby, car c’est décidé, nous le mettons en vente. Sans regret, car il nous aura permis de réaliser notre rêve : un tour du monde à la voile en famille. Mais d’ici quelques mois, nous reprendrons nos vies de terriens, le travail, l’école, le jardin, et n’aurons pas usage d’un bateau de grand voyage. Nous espérons que Moby aura un nouveau propriétaire qui continue à naviguer longtemps…
    Nous continuerons bien sur à naviguer sur les bateaux de la famille, les enfants à faire de la voile légère, et nous aurons peut-être un day-boat pour profiter des beaux jours en famille?
    Mais le virus du voyage nous a piqué, et nous repartirons un jour en bateau, pour continuer à explorer à la voile cette planète qui est si belle, à la découverte de ses habitants, nos frères humains : « Tous pareils, tous différents! »
     
     

    A Long Cay, nous sommes mouillés tout proches du village d’Albert Town.

    Vers le Sud de Long cay
    vers le Nord de Long Cay

    Là encore, c’est une longue plage de sable blanc, de l’eau turquoise, mais on ne s’en lasse pas….

    Albert Town a été un des plus gros villages des Bahamas du temps de la marine à la voile, jusqu’au milieu du 19ème siècle  avec près de 2000 habitants : c’était en effet un port d’entrée aux Bahamas, stop idéal pour les voiliers, le port disposant d’un accès aisé à la voile, d’une rade abritée sous le vent de l’île et d’une bonne profondeur.
    Du jour au lendemain, avec l’avènement de la marine à vapeur, le village est devenu fantomatique, puis carrément désert avec aujourd’hui seulement… 12 habitants.
     
    Albert, c’est aussi le nom de mon papa : il FAUT aller à terre y faire un tour.
    Nous débarquons sur la plage, le quai est impraticable. 
    Nous croisons nombre de ruines, de maison abandonnées, les ruelles sont désertes…
    Une habitante qui était sur le pas de sa porte nous aperçoit, et nous salue. Les visiteurs sont rares, et elle nous fait les honneurs de l’église : détruite par un cyclone…. Curiosité : elle n’a été reconstruite que partiellement :

     seul un des bas-côtés a été rebâti
    Nous nous enquerrons du prêtre : il ne vient que très rarement officier.

    Un autre habitant vient à notre rencontre. Justin veut que nous immortalisions la rencontre,en particulier avec Albert, en visite à Albert Town!

    Justin et Albert

    Il nous offre des vestiges du temps passé : d’anciennes bouteilles en verre.

    En rentrant au bateau en annexe, nous longeons encore quelques maisonnettes en ruines : quelle tristesse de savoir que tous ces habitants ne reviendront plus. C’est une des tristes réalités des îles extérieures des Bahamas : quand elles sont touchées par un cyclone, de très nombreux habitants décident de ne pas reconstruire, et d’aller plutôt tenter leur chance ailleurs, dans le nord, sur des îles plus touristiques et densément peuplées. Ainsi, les « Outer Islands » se dépeuplent inexorablement au gré des cyclones.
    Le soleil se couche sur Albert Town….
    Nous quittons le groupe des Atcklins pour rejoindre Long Island, via le Crooked Passage. Nous atterrissons à Little Harbour, un curieux petit port naturel de la côte au vent : une échancrure rectangulaire parfaite dans les terres, fermée par deux petites îles, et ouverte sur une passe. Nous n’avons que l’embarras du choix côté plages, et nous décidons pour le tout petit banc de sable qui borde l’îlot fermant la baie. Ce sera notre plage « privée » pour la journée. Skimboard, snorkeling,

    chateaux de sable…..
    Quand nous appareillons le lendemain, nous apercevons drossé à la côte une ancienne épave, de ce qui a dû être un très grand bateau.
    Nous faisons escale à Clarence Town, qui sur la carte ressemble à un gros village et où nous espérons faire un avitaillement de produits frais. Papily et Mamily partent à terre avec leurs sacs…. et ne reviennent à la nuit que plusieurs heures plus tard. Nous commencions à être inquiets. N’ayant pas trouvé ce qu’ils voulaient dans la boutique du village, la patronne leur propose de faire le « taxi » pour eux jusqu’au supermarché le plus proche….. Tope-là! Sauf que le commerce se trouve en réalité à une petite demi-heure de distance en pick-up sur une route défoncée….Le dos de Papily se souvient encore des cahots de la route et de la conduite sportive de sa conductrice… Ils reviennent 2 heure trente plus tard chargés de victuailles, produits frais et savoureux, encore sous le charme de l’hospitalité et de la gentillesse des Bahaméens.
    Pendant ce temps-là, nous sommes à la plage avec les enfants
     ballade en amoureux, skimboard, chateaux de sable…

    Nous retrouvons nos amis de Luna Bay II, Un Outremer 45 avec 3 enfants à bord : Théotime, Charline et Léonie ont à peu de chose près le même âge que Victor, Arthur et Anna. Nous les avons croisés plusieurs fois, et avons enfin le temps de bien sympathiser autour d’un apéro : les parents dans le cockpit autour d’un ti-punch, et les enfants sur le trampoline à faire les fous!
    Au petit dèj du lendemain, un bon pain de mie grillé, fait maison dans notre machine à pain. Nous en sommes très contents, depuis qu’ Alexandre nous l’a offerte à l’île Maurice. Nous y faisons du pain, du pain de mie, des brioches, mais aussi des cakes au chocolat, au yaourt, aux pommes, des financiers…. et même du gateau breton!
    Cette fois-ci, c’est Arthur qui pilote le drone : décollage, vol, et atterrissage. Il n’a pas voulu faire de photos, seulement un film!
    Nous sommes à Rum Cay, dans la baie de Flamingo, une superbe plage, et encore une fois, nous ne sommes que 2 bateaux au mouillage; Après avoir exploré presque toute la baie à la recherche d’un bon mouillage, nous revenons mouiller près de la passe : c’est le seul endroit sans patate de corail. Le snorkeling en revanche est très prometteur, avec tout ce corail. 
    Là encore, sable blanc fin comme de la farine, des kilomètres de plage où nous prenons l’habitude de nous balader en fin de journée, du skim pour les garçons,

    on ne s’en lasse pas.
    Nous partons faire un snorkeling dans le nord du récif,près d’une épave.

    Les coraux  Elkorn sont majestueux.
    Nous croisons quelques gros spécimens, de mérou, de requin nourrice aussi…mais l’animal est craintif, et nous tourne le dos.
    Puis nous retournons le lendemain à Long Island, tout au nord, dans la jolie baie de Stella Maris. Nous nous arrêtons en mouillage de jour dans une petite baie adjacente, très sauvage. Nous déposons Papily et Mamily sur leur petite plage personnelle. C’est merveilleux de profiter de ces plages calmes et peu fréquentées. Encore du bleu turquoise intense, du sable blanc à faire mal aux yeux, et de petites grottes.
    Nous irons en fin d’après-midi explorer Galliot Cay, et en particulier le petit village de Seymours, à travers un méandre de mangrove,
    que l’on parcourt en annexe, le long de grottes, jusqu’à un petit pont  doté d’un ponton
    En fait de village, il ne s’agit que d’un « settlement » comme on appelle ici ces regroupements de maison. Pas vraiment de commerces : un barbier, une location de « cottages », et c’est tout. Une vieille dame sort de sa maison pour nous saluer, et papoter. Ancienne postière à Nassau, elle est revenue passer sa retraite dans la maison familiale, et améliore ses fins de mois en tressant des feuilles de palme pour en faire des paniers, des ceintures, typiques de l’artisanat Bahaméen.
    Demain, nous quittons les Bahamas du Sud pour entrer dans les Exumas, chapelet d’îles et d’îlot magnifiques, où la navigation se fera par sauts de puces, et où nous attendent de magnifiques snorkeling, des centaines de petites plages, des épaves d’avions et de bateaux, des grottes sous-marines, des cavernes semi-immergées, des iguanes, des cochons nageurs….à suivre….
  • Turks et Caïcos : un avant-goût des Bahamas

    Turks et Caïcos : un avant-goût des Bahamas

    Les îles de Turks et Caïcos sont sur notre route entre les Iles Vierges et les Bahamas : il serait dommage de ne pas s’y arrêter quelques jours. Géologiquement, elles font partie du même ensemble que les Bahamas, avec des îles basses, de formation calcaire, aux petites falaises blanches, et aux roches volcaniques, semées de grottes, plantées de mangroves et regorgeant de bancs de sables. Turks et Caïcos forment désormais un état indépendant, peuplé de descendants de pirates, d’esclaves et de loyalistes, ces américains restés fidèles à la couronne britannique au XVIIIème siècle. Le tourisme s’est beaucoup développé au nord de l’île de Providenciales, dans les Caïcos, avec une dizaine de grands resorts comme le Club Med, le Méridien…et plusieurs marinas. La plongée est l’activité la plus prisée.

    Pour notre part, il nous tarde surtout de naviguer sur le banc des Caïcos, et de découvrir son légendaire bleu turquoise : nous sommes aux portes des Bahamas!

    navigation dans le banc des Caïcos
    Le soleil se lève, et nous arrivons dans la matinée à Turks, l’île principale administrativement parlant. Loic se dépêche d’aller à terre effectuer les formalités, car nous sommes samedi matin, en plein week-end de Pâques!
    Coup de chance, un cargo vient d’effectuer sa livraison à South Base, le port d’entrée de Turks, et nous profitons de la disponibilité des agents de l’Etat. Nous sommes mouillés devant une jolie plage, bordée de petits bars et restaurants, et encadrée par le quai des cargos, et le quai des paquebots : l’ensemble est sympathique, mais nous apparait bien calme pour un samedi.

    Une fois les formalités effectuées, nous allons à terre nous baigner et découvrons à notre grande surprise que tous les bars et restaurants sont fermés : ils n’ouvrent que lorsqu’un paquebot est en rade! Nous sommes en effet mouillés devant ce que l’on appelle un « cruise ship center » : bordant la plage, cela ressemble à un grand hôtel, avec des centaines de transats, des boutiques, des bars, restos etc….. qui n’ouvre que le jour de passage d’un paquebot.
    Nous décidons de monter un peu plus au Nord vers Cockburn, la « ville » principale , et descendons à terre nous balader. Nos mouillons devant un bâtiment qui semble tout neuf : Il s’agit en fait du marché, dont le toit est surmonté d’un cactus ces fameux « Turk’s heads », dont la pays tire son nom : Turcs (pour les cactus « turk’s heads » ) et Caïcos (pour caya-hico, qui désignait en Lucayen, la langue des indiens indigènes «un chapelet d’îles). Nous descendons à terre à la recherche d’un marchand de glace pour les enfants. Les rues sont quasi-désertes,
    les magasins fermés

    ou délabrés
    le quai impraticable. Nous avons l’impression de nous promener dans une île-fantôme. Ce qui subsiste du «  jardin botanique »  est fermé,le musée aussi… C’est dommage, car il expose plus de 2000 objets provenants du naufrage du « Molasses »  la plus vieille épave du nouveau monde, une caravelle qui date de plus de 400 ans, antérieure à 1513 en tous cas.  Nous aurions tous beaucoup aimé pouvoir observer ces objets, l’ancre, les armes, poteries, etc….
    Tout ici semble à la fois délabré et à l’abandon.
    Nous réalisons alors que les ouragans Irma et Maria qui ont dévasté les Caraïbes en Septembre dernier sont aussi passés par les Turks et Caïcos, détruisant beaucoup des infrastructures de Turks, Salt Cay et Sandy Cay. Ce ne sont pas les îles les plus touristiques, à part South Base dont le Cruise Ship Center a été presque entièrement détruit, et reconstruit en un temps record, business oblige!!
    A Turks, la moins touristique des îles on remarque que beaucoup de commerces n’ont pas rouvert,

    et que de nombreux bâtiments sont très endommagés. Quelques petites maison de bois subsistent de l’ancien temps,

    et derrière le bord de mer, des étangs salés s’étirent sur une longue distance, donnant à la ville un air de village du Far-Ouest abandonné…
    Nous ne restons pas longtemps, attristés de ce qui semble être une ville hantée…et décidons de repartir passer la nuit à South Base : ce n’est pas glamour, avec pour voisin un cargo en plein déchargement, mais la baignade y est bonne!….et les eaux vraiment transparentes et turquoises!

     Puis le soleil se couche… C’est l’heure de l’apéro!Demain, nous serons le dimanche de Pâques.
    Au programme du petit dej : chasse aux oeufs! IIs sont partout : sur l’hydro-générateur,

     dans l’enrouleur de solent,

     sur le charriot de GV

    … et même dans les pancakes, fourrés au chocolat ce matin.

    Nous appareillons vite pour Salt Cay, qui s’avère être littéralement dévastée par les cyclones de septembre dernier,

     y compris la célèbre « White House » de la famille Harriott, des marchands de sel qui, lassés de voir leur maison détruite cyclone après cyclone, ont décidé de la reconstruire originalement dans les années 1830’ : une structure en forme de coque de bateau, un peu arrondie, comme une proue de bateau. Les entrepôts se situaient en bas, et les habitations à l’étage. Une réussite, car la maison tient toujours debout! Un bon coup de peinture, des réparations sur le toit, et elle sera de nouveau pimpante. Nous ne nous arrêtons finalement pas, car le mouillage n’est pas très clair, beaucoup de têtes de corail affleurent, et l’île a l’air encore plus morose que sa grande soeur.
    Nous poussons jusqu’à Big Sand Cay,

    une réserve naturelle, paradis des oiseaux et des lézards.

    Là, les dégâts des cyclones ne se laissent pas voir, la plage est intacte et sauvage à souhait. Nous passons le reste du week-end à nager, jouer, nous promener…
    Comme l’île est classé réserve naturelle, nous ne nous aventurons pas plus loin que l’estran, qui offre un terrain de jeu magnifique. Nous nous éclatons dans les vagues, en bodyboard et body-surf,

    Puis les garçons sortent leurs skimboards, Victor ride les vagues sur l’un des meilleurs spots de skimboard qu’il ait vu!

    Quelques unes de ses acrobaties valent le coup d’oeil!
    Anna et moi observons avec attention les débris laissés par les vagues : de très nombreuses gorgones, des coraux des coquillagesdes éponges de toutes formes et de densités différentes.
    Je croise aussi quelques lézards, qui lézardent justement au soleil.

    Nous avions aussi remarqué les traces  laissées sur le sable.

    Et voici une drôle de plante, une herbacée, tout à fait ordinaire, si ce n’étaient ses fruits, sortes de petites boules équipées de piquants courbées et crochus redoutables pour les pieds nus.
    Nous passons 24 heures merveilleuses dans ce petit paradis.
    Après un après-midi sportif, Loïc envoie le drone pour explorer les terres.Le petit phare semble détruit.

    Dans le petit lagon Est, une véritable nurserie de poissons s’organise.
     
    Pas d’iguane en vue. Mais nous n’irons pas les débusquer, et les laissons en paix dans les buissons;
    La nuit est belle et la lune nous accompagne.
    Nous appareillons à 2h du matin pour contourner le banc de Caïcos par le Sud : pas question pour nous de naviguer de nuit dans ce dédale de bancs de sable et de coraux. Nous sommes toujours heureux de naviguer sous une belle lune qui éclaire les voiles, la mer, les côtes….Au petit matin, la lune est toujours là!
    Nous faisons une courte escale matinale à French Cay : sur la plage, une épave!
    Nous partons pour un snorkeling sympa, le premier d’une longue série en eaux turquoises et transparentesDepuis quelques jours, Anna se lance sous l’eau en apnée. Ses progrès sont rapides, et la voilà qui plonge à 3m de profondeur.
    L’eau turquoise et les fonds si transparents y sont certainement pour beaucoup : on a l’impression aux Caïcos de nager dans une piscine! Les coraux sont superbes.
    Les éponges aussiDe nombreux barracudas rodent, mais nous ne les intéressons pas.
    Victor s’amuse à marcher à l’envers sous l’annexe.
    Après cette pause rafraîchissante, nous hissons de nouveau les voiles, pour une quinzaine de milles à de navigation sur le banc des Caïcos Nous venons de repérer ce qu’on appelle un « blue hole », sorte de cavité profonde toute ronde.Une fois n’est pas coutume, les vents sont légers en ce moment, nous naviguons grande voile haute

     

    sur une mer lisse, quel bonheur!Ca nous change du régime d’alizé que nous avons connu pendant les trois quarts de notre tour du monde, où nous naviguions le plus souvent dans 15 à 25 noeuds de vent, par 2m de creux!
    Ici, nous sommes grand largue, et marchons tout de même à 6-7 noeuds, dans 8-9 noeuds de vent, par moins de 3m de fond! Les sensations sont grisantes, et Loïc lance son drone en navigation.
    Moby sous voile dans le banc des Caïcos

    C’est chouette d’immortaliser de telles images

    à la voile dans le banc des Caïcos
    On se sent tout petit….Nous arrivons en fin d’après-midi à Providenciales Island, appelée « Provo » par les initiés.
    Nous mouillons à Sapodilla Bay, qui ne nous emballe pas plus que cela. C’est très joli, une petite plage touristique, de belles villas qui se succèdent sur le bord de mer… Mais c’est aussi très résidentiel ; pas un commerce en vue, ni un bar ou resto de plage.

    Les grandes belles plages, les petites îles et l’animation sont sur la côte nord de Provo; mais il nous faudrait faire un détour de plus de 40 NM vers le l’ouest, le Nord, puis l’Est, et revenir enfin pour effectuer notre clearance départ à Sapodilla….
    Nous n’en avons malheureusement pas le temps, car nous sommes attendus au plus vite aux Bahamas, où mes parents ont loué un bateau, pour une navigation en tandem de 2 semaines, comme on les aime.

    Nous partons à terre faire notre approvisionnement. C’est important, car les Bahamas, notre prochaine escale pour un mois, n’ont pas très bonne réputation en ce qui concerne les appros :  très chers, peu de produits frais et de variété. Notre guide (Edition mise à jour en 2015) parle d’une supérette tout proche, nous tentons de l’atteindre pied. Après 20mn de marche en plein soleil, nous doutons… En effet, elle a fermé, et déménagé… en ville, à 5km de là! Heureusement, un automobiliste s’arrête et nous prend en stop. Comme nous l’apprendrons plus tard, c’est très courant ici aux Turks et aux Bahamas de prendre en stop des passants, car les distances sont souvent grandes entre les villages et les commerces, et l’entraide est de rigueur! Il nous dépose en ville et nous explique comment trouver un vrai  » faux  » taxi  qui nous ramènera pour 10 dollars à notre bateau au retour. Il suffit d’attendre devant le supermarché avec notre caddie, d’attendre qu’une voiture banalisée nous fasse un discret signe, et hop. En moins de 5mn, nous avons notre « taxi », une sorte de « UBER » à l’ancienne!  Nous revenons les bras chargés de beaux fruits frais-tous importés, mais là, il n’y a pas le choix, il semble qu’ici rien ne pousse!

    retour de courses
    Comme nous avons fait le check out ce matin, plus rien ne nous retient, nous sortons du lagon avant la nuit, et allons mouiller pour quelques heures à l’ouest de West Caïcos. En longeant la plage, nous découvrons médusés un immense complexe touristique à l’abandon villas,appartement, nous comptons pas loin de 200 baies vitrées (200 chambres?)

    Tout est à l’abandon. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agit d’un investissement du prestigieux Ritz-Carlton, que la crise financière de 2008 aura stoppé de plein fouet dans son développement.

    au premier plan, la marina, et le resort plus loin sur la côte

    Il y a même une petite piste d’aviation. 

    Plus loin sur la côte nous trouvons la marina; elle aussi à l’arrêt.Nous faisons nos curieux et entrons. Le gardien, très gentil, nous propose même de nous amarrer à son ponton. Il a l’air content d’avoir de la compagnie!
    La marina est tellement grande que nous pourrions même y mouiller!
    L’idée est sympa, mais des orages passent à l’horizon, et nous ne voudrions pas être coincés sans pouvoir sortir. Nous observons même des débuts de trombes d’eau, avec des « tétines »  qui descendent du ciel.

    Nos décidons de mouiller pour quelques heures sous la côte de West Caïcos. Il y fait un calme plat, et nous nous offrons un snorkeling superbe sur le tombant et dans des grottes.
    Le soleil se couche, sur un ciel un peu chargéNous allons nous mettre au lit quelques heures, et appareillons à 2h du matin pour Mayaguana, notre port d’entrée des Bahamas, où nous arriverons de bonne heure le lendemain.
  •  Sur les traces d’Irma à St Barth, St-Martin, aux B.V.I.  

     Sur les traces d’Irma à St Barth, St-Martin, aux B.V.I.  

    Nous continuons notre remontée de l’arc antillais, et nous dirigeons vers des îles durement touchées en septembre dernier par le cyclone Irma. Nous avons suivi le désastre de très près, par l’intermédiaire de nos amis Pierre et Marie, installés à St-Martin depuis quelques années, avec leurs 3 enfants. Ils ont vécu le cataclysme, et s’en sont sortis indemnes, mais secoués.
    Beaucoup de plaisanciers et de touristes cette saison éviteront ces îles, leur préférant des escales plus paisibles.
    Irma, le 06 septembre 2017, au plus fort

    Nous-même ne devions pas nous y arrêter cette année, car nous y avons fait de longues escales il y a deux ans, lors de notre passage aux Antilles. Mais nous avons finalement décidé d’y passer, même rapidement, pour plusieurs raisons :

    • tout d’abord parce que ces îles sont désertées par les touristes, et que nous souhaitons apporter notre petite contribution, si modeste soit-elle, à la reconstruction
    • pour témoigner aussi, via notre blog, montrer les dégâts, et aussi la reconstruction en cours
    • pour y voir Pierre et Marie bien sûr!
    • mais aussi car c’est là, entre St-Barth et St-Martin que nous bouclons notre tour du monde. Un symbole fort, qu’il nous tient à coeur de célébrer avec nos amis.
     
    Nous n’avons qu’une semaine en tout à consacrer à ces 3 escales, car nous sommes attendus dans moins de deux semaines aux Bahamas, que nous avons prévu d’explorer pendant 1 mois et demi, avant avant notre transat retour en France.
     

    SAINT-BARTHELEMY

    Nous arrivons à St-Barth en fin de journée, après une petite nav’ de jour bien agréable.
    L’émotion est là, nous recoupons à l’instant notre sillage, et bouclons ici, à St-Barth, devant ce rocher des Gros Ilets, notre tour du monde en famille.

    Partis de la Grande Motte en février 2016, nous sommes arrivés aux Antilles en mars 2016. Aujourd’hui, le 27 mars 2018, 2 ans et 9 jours nous séparent de ces deux photos.

    Moby au mouillage à St-Barth, mars 2016

    Nous fêtons cela par un bon repas en famille, et une bouteille de champagne, mise au frais pour l’occasion!

    Nous sommes tous les 5 très émus, en réalisant le temps et les milles passés en 739 jours et 41 800 NM. 
    Le matin, nous observons les dégâts : si le centre ville et les commerces semblent reconstruits, de nombreuses maisons sont encore en ruines, et surtout, la végétation a grise mine.

    En revanche, les méga yachts sont de retour, tel celui du milliardaire russe Ibrahamovitch, propriétaire d’une villa sur l’île. Son yacht, Eclipse, fut pendant quelques années le plus grand yacht privé du monde, avec ses 163m, 2 piscines, deux héliports, un mini sous-marin, un bouclier de défense anti-missile, un pont blindé et des fenêtres pare-balles. Nous immortalisons la trappe latérale à joujoux, où se rangent les annexes. 
     
    Nous ne restons malheureusement pas à St-Barth, car nous sommes attendus à St-Martin pour le week-end.
     

    SAINT-MARTIN

    A l‘approche des côtes, nous sommes un peu fébriles, car nous aurons bientôt sous le yeux les dégâts d’Irma, ce cyclone de classe 5 qui a ravagé le nord des Antilles en septembre 2017. Ce fut le plus puissant cyclone enregistré en Atlantique depuis 1980. Il aura causé de nombreuses victimes, et des dégâts matériels colossaux à Barbuda, St-Barth, St-Martin, Anguilla, les îles Vierges , les îles les plus durement touchées, mais aussi Porto Rico, la république Dominicaine, Haïti, Cuba et la Floride.
     
    Lorsque nous arrivons à Saint-Martin, c’est un paysage de désolation qui s’offre à nous. 
     
    L’île est rasée, la végétation qui a survécu est terne, affaiblie, les collines arides. 
    Les hotels et résidences de la côte sont éventrées, il ne subsiste aucune fenêtre. 
    Les restaurants de plage ont été rayés de la carteet la baie Orientale offre un paysage inédit : une large bande de sable, là où s’alignaient les restaurants….

    6 mois après le passage du dévastateur cyclone Irma, les plages ont été nettoyées, et réinvesties par les habitants qui viennent y passer leurs week-end et leurs soirées ;Les touristes par contre ne sont pas revenus cette année. Les tour opérateurs américains et canadiens ont blacklisté la destination. Les habitants pourtant sont là, les plages aussi, mais puisque «  l’offre touristique » a disparu, le touriste déserte aussi… Plus de bars de plages, de petites boutiques, de location de jetski ou de plongée bouteille.
     
    En quelques mois, la vie a repris sur l’île : les routes, aéroports et marinas sont praticables, les stations services, supermarchés, pharmacies etc…. sont opérationnelles à 100%.
    Les restaurants de quartier et les sociétés de service rouvrent petit à petit. Tous n’ont en effet pas encore touché l’argent de leur assurance, et les autorisation de réouverture préfectorales sont données au compte-goutte. Les autorités sont en effet soucieuses de la qualité de la reconstruction, qui nécessite un bon assainissement, des canalisations en état, un traitement des déchets etc…

    C’est ainsi qu’à Grand Case, haut lieu de la vie nocturne de St-Martin, seul un restaurant a réouvert….

    Un seul restaurant ouvert à Grand Case

    La rue principale, qui était bordée de restaurants, bars et boutiques le long de la plage sur plus d’un kilomètre n’est que ruines.AVANT

    Grand Case avant le cyclone, en mars 2016

    APRES

    Grand Case après le cyclone, en mars 2018
    Beaucoup ont tout perdu à Grand Case, et tous ne vont pas reconstruire ni réouvrir leurs commerces.
     
    Nos amis Pierre et Marie ont vécu le cyclone, avec leurs 3 enfants et une autre famille amie, à l’abri dans une maison disposant d’un plafond en dur, et qui a bien résisté. Ils ont eu très peur, et s’en sont sortis indemnes mais marqués. La bonne nouvelle est que leur propre maison, malgré son traditionnel toit en bois et tôle, n’a pas subi de gros dégâts. Mais le réveil a été rude. Les dégâts et les pillages qui s’en sont suivis étaient tels qu’ils ont du se résoudre à rentrer passer quelques mois en France : sans eau, ni électricité, ni gaz pour cuisiner, sans nourriture et sans carburant pour se déplacer, sans travail et sans école, il était raisonnable de se rapatrier, en attendant que les activités reprennent. L’ironie est qu’il ont passé une partie de leur hiver breton… dans notre maison, que nous leur avions prêtée, car elle  était inoccupée l’hiver. Et mon petit doigt me dit qu’ils ont vécu là encore, quelques grosses tempêtes…
    Toute la famille est rentrée à St-Martin début janvier, pour y reprendre le travail et le chemin de l’école!
     
    Quand nous arrivons à la Baie Orientale (B.O.),

    Pierre arrive nous accueillir en SUP.
    Nous passons le week-end à nous raconter ces deux années passées, intenses pour les uns comme pour les autres, et à penser l’avenir : pour eux la reconstruction à St-Martin, pour nous le retour à la vie de terriens.
     
    Nos enfants ont tous les 6 des âges comparables, se connaissent et ont plaisir à se retrouver. 
     

    Anna et Rose s’apprêtent à aller explorer les fonds sous-marin de la baie Orientale.

    Anna et Rose

    Après le cyclone, toutes sortes de débris s’y retrouvent, comme ce tracteur, inhabituelle épave, qui prouve les forces du cataclysme!

    Un peu plus loin, je trouve un conteneur à poubelles. Mais aussi beaucoup de débris, morceaux de toit, chaises longues, parasols….

     

    Nous dégotons aussi quelques bouteilles : whisky, Jet 27, champagne, rosé, vin blanc….. car  la plage de la B.O. était jalonnée de restaurants de plage, paillotes etc… tous disparus. Pas sur que tout cela soit buvable, il va falloir faire une soirée dégustation!

    la « pêche » du week-end
     
    Ce soir, nous fêtons nos retrouvailles,

     mais aussi notre tour du monde, que nous avons bouclé la veille à St-Barthélémy.

    Moby arrivant à la Baie Orientale, 2 ans après notre premier passage à St-Martin

    Il y a deux ans, c’est aussi avec Pierre et Marie que nous fêtions l’arrivée de notre transat : Lanzarote-St-Martin en 14 jours.

    En mars 2016, nous fêtons notre arrivée de transat à Tintamarre avec Pierre et Marie

    Lundi matin, nous appareillons à l’aube pour Marigot, afin d’effectuer un gros avitaillement.

    2 gros caddies remplis au Super U
    En effet, nous mettons cap sur les Bahamas pour 6 semaines de navigation dans des îles souvent sauvages, peu habitées, où l’avitaillement sera problématique.
     
    Là encore, le cyclone a laissé des marques : de nombreux bateaux sont démâtés, d’autres coulés, y compris des yachts de plus de 30m, retournés comme des crêpes dans le port. Les chiffres de l’industrie nautique ont annoncé pour St-Martin 1000 bateaux lourdement endommagés, et 500 réduits à l’état d’épave. Les travaux de renflouement se poursuivent.
     
    La marina de Fort Louis est de nouveau opérationnelle. 
    En ville, à Marigot, beaucoup de commerces sont encore fermés, en particulier dans les petites rues.
    Nous sommes aussi interpellés par l’état des voitures qui circulent,

     cabossées, bringuebalantes…. Il apparait que les experts sont débordés.
     
    En quittant St-Martin, nous ne pouvons nous empêcher de faire un comparatif avant-après, avec les photos d’il y a 2 ans :
    • celles de la décharge sont explicites
      la décharge en mars 2016

      la décharge en mars 2018,

      Le volume des déchets a au moins été multiplié par 5, si ce n’est plus.

    • cette baie aussi, qui était bordée de magnifiques villas:
      Les 6 villas noyées dans la végétation, en mars 2016

      n’est plus que l’ombre d’elle-même.

      les mêmes villas en mars 2018, après le passage d’Irma,
     
    Nous quittons St-Martin un peu tristes en nous disant que l’on est peu de chose face à la force des éléments. La nature se remet vite, mais les oeuvres des hommes beaucoup moins. 
     
    Notre prochaine escale aux îles Vierges Britanniques nous le confirmera.
     

    Les British Virgin Islands (B.V.I.)

     
    L’archipel est lui aussi dévasté, mais la reconstruction bat son plein. Il faut dire qu’ici, le tourisme est plutôt haute gamme, avec des villas de propriétaires et peu de grands ensembles.
    Nous sommes même étonnés de voir autant de belles maisons, comme neuves : elles viennent sans doute d’être rénovées.
    D’autres sont comme soufflées, ne restent que les murs,
     
    Et certaines sont réduites en débris.

    Nous arrivons en vue de Necker Island, l’île de Richard Branson,

    qui met les moyens de la reconstruction.
    Loïc va faire les formalités à Spanish Harbour, et remarque tous ces bateaux aux secs : certains sont très endommagés, d’autres simplement posés sur leur coque, sans ber.

     
    Les enfants attendent avec impatience d’aller se baigner aux Baths, la mythique plage de Virgin Gorda. Nous sommes déçus d’apprendre que le débarquement à terre est interdit, à cause de fortes houles attendues dans la nuit et le lendemain.
    Nous n’aurons pas accès au parcours aquatique que nous aimons tant, entre roches et mer, et qui est sans doute dangereux ces jours-ci.
    Nous irons nous faufiler tout de même par la plage la plus éloignée

    et nous balader à terre sur la plage.

    Comme partout ailleurs, les villas sont soit très pimpantes, et donc récemment réparées, soit ravagées,


    ou en pleine reconstructionLa végétation a elle aussi souffert.

     
    Plage et roches n’ont pas bougé….Les garçons s’amusent en Skim.
     
    Anna et Arthur ont trouvé un filon de sable volcanique noir et fin comme de la suie!
     
    Les petits cactus ont survécu. les gros aussi
     
    La houle permet à Victor de belles acrobaties. Il faut dire que les conditions de houle sont au top.
     
    Loïc, prévoyant, nous a apporté l’apéro à la plage.
     
    Nous partons le lendemain pour White Bay, à Guana Island.
     
    En route, nous ne croisons que peu de voiliers : quel contraste avec il y a 2 ans, où le plan d’eau était sillonné de centaines de bateaux de charter. Depuis, les BVI ont perdu 80% de leur flotte de location. Seuls quelques cata à moteurs sillonnent la zone. C’est l’année ou jamais pour naviguer tranquille aux B.V.I.!
    Quelque bateaux de propriétaires sont là. Quelle classe!

    Ce magnifique yacht à l’ancienne navigue avec… son petit day-boat quillard, pour la balade. Comme il doit être agréable de se balader ainsi à la voile au mouillage!
     
    En longeant la piste, nous découvrons de très nombreuses épaves, signe que tout n’a pas été renfloué.
    Une plage a été aménagée pour les touristes, avec des installations provisoires : paillottes, roulottes, bars de plage, transats et parasols…. 
    Nous restons dans les îles extérieures, car nous attendons une fenêtre météo pour naviguer vers les Bahamas.

    Nous arrivons à Guana Bay.
    La plage est sublime, et les pélicans chassent devant nos yeux.
     
    Les garçons glissent en skim pendant des heures, et ne s’arrêteront qu’épuisés de fatigue.
    Derrière la plage, le terrain est en friche, les habitations ont été rasées et la reconstruction a commencé.
     

    Nous appareillons le lendemain pour les Turks & Caicos puis les Bahamas, qu’il nous tarde d’explorer!

    Victor aide à hisser la grand voile

    Dès les premiers milles en mer, les dauphins nous accompagnent,

    Ils jouent autour de Moby, particulièrement bondissants! C’est leur façon de nous dire au revoir et à bientôt…

     
  • Carte postale d’Antigua

    Carte postale d’Antigua

    Nous nous réjouissons de découvrir une nouvelle île des Antilles anglaises, que nous ne ne connaissons pas pour une fois, ou à peine, car j’y ai fait un rapide passage il y a quelques lustres… J’en garde un vague souvenir de dépaysement et de villages colorés. Nous arrivons comme toujours sans guide et sans a-priori, avec en tête ce que nous avons pu en apprendre par le bouche-à-oreilles : de belles plages de sable blanc, un tourisme plutôt haut de gamme, de magnifiques yachts… On nous a aussi donné les coordonnées d’un beau mouillage sauvage sur la côte au vent.
     
    Notre arrivée se fait par English Harbour, port naturel et site historique de la Royal Navy au XVIIIème siècle, d’ou les navires partaient attaquer la flotte française des Caraïbes.Nous ne nous attendions pas à un tableau aussi enchanteur! L’arrivée se fait via les « Colonnes d’Hercules », une curieuse formation géologique due à l’érosion. Nous découvrons également les ruines du fort Berkeley, sur une petite péninsule qui ferme le port. 
    En entrant, se dévoile une jolie petite plage, Free Man Bay. Le mouillage est assez encombré, mais nous sommes chanceux : deux bateaux partent, et nous laissent une belle place devant la plage.
     
    L’accueil à l’immigration n’est pas des plus chaleureux, c’est dommage, car la première impression, ça compte! Nous avons également la mauvaise surprise d’apprendre qu’en plus des taxes usuelles, nous aurons à nous acquitter à la sortie du territoire d’une somme de 60$ par enfant de moins de 12 ans, qui ne sont pas considérés comme des membres d’équipage, mais comme des passagers.
    C’est la seule escale de notre tour du monde qui pratique cette différence subtile : de là à croire que les enfants ne sont pas les bienvenus…
     
    Nous passons l’après-midi à explorer la plage en famille.
    En fin de journée, Loïc et moi partons en amoureux explorer la marina et le port naturel d’English Harbour : c’est un site étonnant, entre mangrove et chantier naval, restaurants chics
    et marina de super-yachts. 
    Notre regard croise aussi « Lucky Strike », ce très racé trimaran sur plan Newickde 49′ que Loïc trouve très joli, et qui lui rappelle « Fine Pitch », le plan Newick de notre ami Hervé sur lequel il avait eu la chance de naviguer à l’île Maurice.  Nous avons d’ailleurs passé une bonne partie de l’après-midi et de la soirée à regarder les yachts classiques entrer et sortir du port. Ils se préparent pour la semaine d’Antigua, qui a lieu fin avril et attire marins et bateaux du monde entier. 
    Certains sont vraiment fascinants d’élégance. Tel Svéa, le tout dernier Class J « moderne » produit, des lignes des années 30, gréé comme un maxi moderne, des matériaux nobles : nous venons de lire un grand article sur cette incroyable unité dans Supersail World.Nous laissons notre annexe au fond du port, et après 200m nous retrouvons de l’autre côté de la presqu’île, à Falmouth, la célèbre baie d’Antigua. 
    Ambiance British garantie
     
    La marina est encore plus impressionnante,

    avec son célèbre yacht clubses régates de monotype,

     et ses pontons pour mega-yachts. Nous nous arrêtons prendre un verre sur les docks et testons la spécialité locale : un cocktail à base de rhum et de « ginger beer », que nous sirotons en regardant les magnifiques bateaux. 
     
    Dans l’après-midi, nous avons fait la connaissance de deux familles françaises en tour de l’Atlantique : Pouplier et Punch Coco nous connaissent par notre blog, et viennent nous saluer. Nous avons en fait une connaissance en commun : Tamouré, catamaran de la famille plougonvelinoise que nous avons croisé aux Saintes.
    Les liens se nouent très vite, ils ont tous de jeunes enfants entre 2 et 10 ans.
    Nous passons la soirée à faire mieux connaissance au Nelson’s Dockyard, le site de l’ancien arsenal de la marine anglaise, et nommé en hommage à l’Amiral Nelson qui y a séjourné en début de carrière.
    Nous repartons déjà le lendemain, direction Green Island, qui nous a été recommandé comme étant l’un des mouillages incontournables et sauvages d’Antigua. C’est sur la côte au vent, nous contournons donc l’île par son Sud,

    et remontons la côte Est, longeant une côte rocheuse et semée de superbes maisons. 
    La côte est découpée, et émaillée de jolies petites plages. Nous arrivons à Green Island, devant une jolie crique sauvage, mais très fréquentée en journée :

    Les bateaux se succèdent qui déversent leurs touristes bruyants par dizaines. Il est de plus interdit de se promener à l’intérieur des terres, ou de passer d’une plage à l’autre à pied. Nous avons peine à profiter du site tellement il est fréquenté.
    Nous ne restons pas, et repartons le lendemain, contournant l’île par son nord, longeant les lagons : Là encore, villas et grands hotels.
    C’est en arrivant sur la côte Ouest, sous le vent, que nous retrouvons des plages sauvages et tranquilles,
    où nous serions bien restés.… Puis nous sommes rapidement à hauteur de la capitale, Saint-John, avec ses premiers signes de civilisation et d’industrie, mais aussi de beaux vestiges,de petits établissements sympathiques,et de nouveau, de grandes infrastructures,
    et d’autres plus modestesNous poussons jusqu’à Jolly Harbour, où nous passons la nuit et allons faire les formalités de départ le lendemain. Nous quittons Antigua avec le regret de n’avoir pas pu explorer plus l’île, en particulier ses petits villages, dans l’intérieur des terres. Mais nous sommes heureux d’avoir pu en faire le tour, et confortés dans notre choix d’avancer rapidement dans l’arc antillais.
  • L’Archipel de la Guadeloupe : les Saintes, Marie-Galante, Petite Terre….

    L’Archipel de la Guadeloupe : les Saintes, Marie-Galante, Petite Terre….

    Nous ne regretterons pas d’avoir choisi la Guadeloupe pour accueillir mon frère Thomas et son amie Sonia à bord de Moby. En 8 jours de croisière côtière, nous avons côtoyé des îles d’une grande diversité, vu des iguanes, des pélicans, des tortues, des plages sauvages, des villages animés, des marchés alléchants, des cases colorées, et en sommes revenus enchantés… Cet archipel, de Grande Terre à Basse Terre, en passant par Petite Terre, Marie-Galante, les Saintes, et Pigeon fut une des très belles surprises de nos navigations dans l’arc antillais.

    Grande-Terre

    Après avoir passé la nuit devant l’îlot Gosier, nous récupérons Thomas et Sonia à la marina de Bas du Fort, dans la rade de Pointe à Pitre. La marina est fonctionnelle, mais loin d’être pimpante : il faut dire que l’île a subi l’an passé le passage de deux cyclones majeurs, Irma et Maria, occasionnant de nombreux dégâts pendant le mois de septembre.
    En quittant la marina, nous passons jeter un oeil à la ville de Pointe à Pitre, 
    C’est triste, la rade est encore fortement encombrée d’épaves. 
    Le centre ville semble plus coquet, mais très calme le long de son bord de mer. 

    La navigation en direction de St-François, sur la pointe Est, est un peu agitée :

    Nous profitons tous du tatami pour bouquiner, rêvasser, faire de la musique ou somnoler pendant que Loïc nous mène à bon port.
    L’entrée dans la passe de St-François est étroite,

    et les épaves jonchant les abords de la marina désolantes.
    Le lendemain matin, nous partons au village, qui s’accède facilement en annexe via le petit port de pêche. 
    Des pélicans sont  à poste.

    Le port est charmant.
    Et nous sommes enchantés de ce village aux maisonnettes si typiques. Le marché est superbe, et bien achalandé. Les fruits et légumes sont magnifiques, de production locale et de grande qualité. On se régale d’ananas bien sûr, dont nous goûtons plus de 4 variétés
    Mais la belle surprise, c’est les melons «  Cantaloup », que j’achète aux Antilles les yeux fermés, et dont la saveur et le goût approchent sans rougir ceux de Provence : ils sont juteux, fruités, sucrés, de très belle taille, et ont l’immense avantage de se conserver plus d’une semaine dans les cales. Ils sont d’ailleurs exportés dans toutes les Antilles avec succès, de la Grenade aux Bahamas en passant par Ste-Lucie : bravo aux agriculteurs et ingénieurs agronomes qui ont réussi la « tropicalisation » de ce beau produit.
    Pendant que je fais le plein de fruits et légumes, Loïc, Tom et Sonia se laissent tenter par les rhums, liqueurs, sirops et confitures… … celle de tamarin se révèlera délicieusement acidulée.

    Nous quittons St-François en début d’après-midi, tournant le dos à la si photogénique Pointe des Chateaux, qui signe le début de la côte au vent. 

    Petite-Terre

    Nous mettons le cap sur les îles de Petite-Terre, un ensemble d’îlots classés réserve naturelle, où il est possible de prendre des bouées de mouillage. Nous resterons 24h dans ce petit paradis. Ce bleu turquoise de la passe nous ravit, les fonds ont l’air magnifiquement transparents. Victor et moi préparons la prise de coffre qui est désormais bien rodée. 
    Nous y voilà.
    En ce début d’après-midi, il y a de nombreux « day-boats » le long de la plage.
    Il nous suffit d’attendre 16h, tous les touristes s’en vont, la plage est à nous! Nous y allons en palmes, masque et tuba, pour profiter du snorkeling, qui est un peu décevant. Mais la balade à terre est agréable  de petits chemins serpentent, via le vieux phare, un des plus anciens (et des plus beaux!) du nouveau monde car il date de 1835. Nous croisons de nombreux iguanes endémiques des Antilles, une espèce à protéger car son territoire se fait grignoter par l’iguane commun. C’est la saison des amours, on dirait qu’il se battent, mais non, ils cherchent seulement à s’accoupler! Pas d’images malheureusement de cette étape, car je n’ai pas pu glisser mon appareil dans mon maillot de bain….
    Le soir, les lumières nous ravissent. 

    Marie-Galante

    Le lendemain, nous mettons cap sur Marie-Galante : La chanson de Voulzy nous trotte dans la tête bien sûr : «  Belle-île en Mer, Marie-Galante, St-Vincent…..loin Singapour, Seymour, Ceylan-an »
    Un paysage fort différent nous attend, l’ile a une vocation agricole, et est réputée pour son sucre et son rhum, à 59°, Oups!!! C’est un des plus fort des antilles!
    Un premier stop à l’anse Canot, qui offre deux superbes plages de sable doux comme du sucre glace,l’une très calme, et l’autre avec des petites vagues, parfaite pour le skim.
    Attention aux tortues! Elles traversent parfois la route pour aller pondre leurs oeufs. 
    Puis nous poussons un peu plus loin vers le village endormi de Saint-Louis. Quelques bars et estivants, qui accueillent plutôt des touristes en journée. Nous arrivonss à terre vers 17h, les rues sont désertes, quelques rares commerces restent ouverts.

    Les cases créoles sont modestes et pleines de charme,

    petits et grands prennent leur cours de judo sur la plage. 

    Nos réservons une table pour dîner chez Henry, restaurant réputé parmi les plaisanciers :

    Son croustillants de thon mi-cuit en feuille de brick est un délice! Et le sorbet coco artisanal juste parfait-c’est aussi le seul dessert de la carte, réduite, mais gourmande.

    Les Saintes

    Le lendemain, cap sur les Saintes, un petit archipel si photogénique que je m’emballe à prendre photos sur photos… Je ne sais si c’est la lumière, le paysage, l’urbanisme si homogène, ou l’ensemble de tout cela qui rend ce lieu si plaisant à  voir.
    Nous mouillons tout d’abord dans la baie de Marigot, très tranquille, puisque nous ne sommes que 3 bateaux au mouillage.  Nous partons explorer le rivage en paddleUn petit chantier naval fabrique encore des « Saintoises », ces barques traditionnelles.

    Là encore, des iguanes rôtissent au soleil.  On le voit mieux en zoomant
    Anna, qui m’accompagne préfère rentrer à la nage : à 6 ans, elle est endurante et nage vraiment comme un poisson.  
    Les pélicans passent la journée à chasser, pêcher, plonger,

     dans un ballet aérien et aquatique fascinant.
    Sous l’eau, quelques coraux, beaucoup de poissons, et des tortues!
    Nous partons le lendemain matin dans la baie adjacente : la célèbre rade des Saintes, face au Bourg. Thomas et Sonia font le trajet en paddle!
    Nous arrivons dans un cadre enchanteur,

    une baie de carte postale,

    un décor de cinéma.

    Il faut dire que l’harmonie de ces toits uniformément rouge fait son effet, dans le vert de la végétation.Même la supérette attire le regard
    Quelques maisons sont remarquables, comme celle-ci, au faux-air basque
    Et encore, on peut lire dans le paysage combien l’île a souffert du cyclone Maria, qui a aussi touché la Guadeloupe, et  dévasté la Dominique, en septembre dernier. 
    Ici, à quelques exceptions près, les maisons touchées ont été réparées, seuls les cocotiers jouent au mikado, et les arbustes maigrelets témoignent. 
    Quelques très beaux yachts sont à l’ancre derrière nous. 

    Nous allons à terre nous balader, passons devant la mairie, puis l’église
    les maisons sont vraiment coquettes.
    En revanche, la célèbre maison du médecin,

    dite « maison-bateau »,

    qui était construite sur un promontoire, en forme de proue de paquebot, est en ruines.
    Nous continuons notre balade,

     longeant de charmantes maisons,
    un intéressant cimetière, jusqu’à arriver sur la plage de Grand Anse,

    Battue par les vents,Des kitesurfers ont bravé l’interdiction, et naviguent dans le shorebreak.
    La plage se situe en bout de piste du petit aérodrome. 
    Nous trouvons beaucoup de bois flotté,  d’éponges et de gorgones

     sur la plage,
    Un peu plus loin, nous nous arrêtons nous baigner à l’anse Rodrigue. Ambiance champêtre avec les chèvres qui bêlent. 
    Les enfants colonisent une cabane. 
    Et se relaxent, tout simplement au soleil de fin de journée. En rentrant, nous longeons la piste de l’aérodrome, croisons un iguane,  et nous arrêtons faire quelques exercices d’entretien.
    Des petits cabris partout,

    qui nous rappellent que nous sommes à la campagne… Mais avec des infrastructures plutôt haut de gamme, comme cette superbe aire de jeux pour enfants, 
    La boulangerie aussi est au top : cela fait trèèèèès longtemps que nous n’avons mangé de palmiers aussi bons!
    Nous sommes moins emballés par les fameux « Tourments d’amour », la spécialité locale, un peu étouffe-chrétien à mon gout, à laquelle je préfère de loin les accras… En particulier, ceux du café de la marine
    Nous irons à deux reprises plonger sur l’épave qui se trouve devant le portLes garçons sont très complices pendant leurs apnées.

    Les coraux sont jolis sur le pont de l’épave

    Sur les hauteurs du village, le fort Napoléon nous surplombe, et nous nous laissons tenter par sa visite : son architecture a l’air splendide, et la vue d’en haut doit valoir le détour. Ses douves sont impressionnantes, ainsi que le bâtiment central.

    Nous sommes très séduits par son jardin de cactées et de plantes grasses : j’en apprend beaucoup sur les succulentes, les agaves et les euphorbes. En cherchant bien, nous trouvons aussi quelques iguanes : il y en a 3 sur la photo!
    La vue sur la rade vaut en effet le déplacement, d’autant que contrairement au fort Pigeon de Rodney Bay (Ste-Lucie), l’entrée du musée était particulièrement abordable. 
    Même les latrines sont remarquables!
    Et dans les murs du fort, un très intéressant musée nous abrite pendant les heures chaudes.
    Nous ne pourrons tout explorer
    • nous nous concentrons sur les salles consacrées à Christophe Colomb et la découverte des Amériques
    • celles consacrées à l’histoire des Saintes, et celles qui nous racontent les batailles navales franco-anglaises des Caraïbes
    • une dernière salle expose un squelette de baleine grandeur nature….
    • Et ne manquons pas d’étudier la liste des fruits et légumes qui nous proviennent du nouveau monde. La pomme de terre est la plus célèbre, avec la tomate,  Mais il y en a beaucoup d’autres, dont l’origine américaine est moins connue, comme le caoutchouc, le tabac ou le coton, à l’origine d’industries occidentales incontournables. 
    L’autre belle surprise de cette escale sera la rencontre avec un catamaran de…. Plougonvelin, notre village!
    Caroline et Martin sont partis pour une année sabbatique autour de l’Atlantique, avec leurs 3 enfants. Ils nous connaissent via notre blog, et viennent nous saluer : nous passons une belle soirée à échanger sur nos expériences, et à parler du retour … à Plougonvelin qui nous attend tous dans quelque mois.
    Nous quittons les Saintes, ravis de notre escale, direction la côte Ouest de la Guadeloupe

    Basse-Terre

    le phare de Vieux fort , à la pointe Sud-Ouest de la Guadeloupe

    Basse-Terre est la partie la plus sauvage et verte de l’archipel.Nous faisons une courte escale sous-marine à l’îlot Pigeon, dans la réserve Cousteau. Les poissons sont nombreux

    et les coraux-vases impressionnants par leur taille.
    C’est dommage que les corps-mort ne soient pas assez nombreux pour accueillir les plaisanciers : uniquement 3 pour les bateaux-privés, dont seulement 2 sont adaptés aux habitables comme le notre. Loïc se dévoue et restera à bord de Moby pendant que nous explorons les fonds. Les bateaux de charters sont eux très nombreux, c’est le défilé,  avec leurs palanquées de plongeurs, idem pour les dizaines de kayaks de location : les réserves naturelles sont aussi un gros business!
    Nous ne nous arrêtons pas et filons sur Deshaies, le dernier village sur la côte Ouest, connu pour accueillir depuis des siècles marins, pirates, flibustiers et plaisanciers dans une ambiance caribéenne authentique.

    C’est aussi là que Coluche avait trouvé refuge, et aimait venir se ressourcer. Il y avait une maison, avec un très beau terrain sur les hauteurs planté d’essences rares et, qui était entretenu par son voisin, jardinier-pépiniériste. Après le décès de Coluche, celui-ci rachète et transforme la propriété, qui devient, après des années d’incertitude un superbe jardin botanique, havre de paix et plaisir des yeux, pour amoureux des plantes et adeptes des beaux paysages. C’est aussi un succès économique et social, qui attire touristes et guadeloupéens, et fait vivre une quarantaine d’habitants. Nous le visitons malheureusement au pas de course (arrivés à 16h, il ferme une heure plus tard), sous une pluie battante comme seuls les île tropicales montagneuses peuvent offrir. Nous nos régalons tout de même, des plantes et du paysage, et nous amusons de cette douche tropicale, qui fait tant de bien aux plantes!

    Magnifique palmier « Washington »

    Un Cycas

    Spatyphilum

    La couleur des fleurs ressortent particulièrement sous la pluie

    Bougainvillées

    Oiseaux de Paradis

    Orchidées

    Ici les cactées et plantes grasses,

    Euphorbe lactée

    Agaves

    cactus raquette (figuier de barbarie)

    Liane de jade

    Nous quittons Deshaies sans avoir vraiment pu goûter à son atmosphère de petit village maritime.
    Nous débarquons Thomas et Sonia, qui reprennent leur vol vers la métropole après 8 jours fort dépaysants dans l’archipel de la Guadeloupe.
    Nous faisons un dernier stop à Sainte-Rose, petite commune du Nord de la Guadeloupe,

     qui nous offre une superbe plage sauvage comme on les aime. Seuls au mouillage.
    Nous continuons notre remontée de l’arc antillais via St-Barth, St-Martin, et les ïles Vierges Britanniques, des îles qui ont été terriblement touchées par le cyclone Irma en décembre dernier.