Le Marin est une escale technique incontournable aux Caraïbes, d’autant plus depuis le passage du cyclone Irma qui a détruit une grande partie des infrastructures de St-Martin.
Nous sommes tout de même surpris par le nombre de bateaux : entre la marina, les trous à cyclones, et la baie de Ste-Anne, plusieurs centaines de voiliers viennent faire escale pour quelques jours, quelques semaines ou plus.Il faut dire que le site offre dans un rayon de 2 milles nautiques tout ce qu’un plaisancier peut rechercher :
une grande marina avec services, laveries, commerces en tout genre, banque, poste…
une zone technique dotée de professionnels dans presque tous les métiers du nautisme
2 trous à cyclones dans la mangrove, et pléthore de zones de mouillage
un spot de kite et de planche à la pointe des Boucaniers (où est installé de longue date Le Club Med)
une profusion de restaurants, bars, take-away, boulangerie etc…
2 supermarchés : un qui livre à bord, et l’autre avec un ponton d’accès en annexe
la grande plage de Ste Anne, très fréquentée le week-end, mais agréable en semaine, parfaite pour la baignade et les jeux des enfants, avec ses « lolos » (restos de plage), ses vendeurs de glace et de maillots de bain
le petit village de Ste-Anne avec son marché artisanal du week-end, ses petits bars de plage, son épicerie, et ses restos branchés….
Nous avions organisé quelques travaux, dont la révision des voiles et de l’enrouleur, avant la transat retour.
Bref, un stop-technique inévitable comme nous en avons fait tous les 6 mois sur notre parcours, à St-Martin, à Papeete, en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Afrique du sud….
Nous en profiterons pour explorer la zone.
La plage de Sainte-Anne
Nous commençons par mouiller devant la plage de Ste-Anne, un dimanche…..Pour notre petite famille de tourdumondiste habitués aux mouillages déserts de l’Océan Indien et de Polynésie, c’est un peu oppressant…. Nous parcourons la plage à pied, un peu sonnés par toute cette joyeuse agitation : il nous faudra quelque jours pour nous acclimater!
Des jetskis par dizaines, la sono à fond,
Les pirogues locales s’entrainent à régater
Familles, touristes, groupe de retraités, tout le monde se retrouve le dimanche à la plage!
Cette épave que nous avions repérée de loin nous intriguait; il parait qu’elle est là depuis des années…
Le bar « tendance » de la plage, ambiance St-Trop : côté mer, on boit du rosé en maillot piedanlo sous les parasol, et côté plage, on se prélasse dans des transats
Un peu plus loin, un groupe de plaisanciers anglo-saxons se retrouve pour une bière devant leurs annexes
Nous reviendrons souvent dormir et nous baigner sur ce mouillage aux cours des 15 jours d’escale, pour profiter des superbes couchers de soleil du soir, et de la baignade du matin, à l’heure de la récré.
Un soir, les enfants nous suivent en annexe au coucher du soleil, du Marin jusqu’à la plage.
Les couchers de soleil sont magnifiques.
Le village de Sainte-Anne
Pour nous mettre dans l’ambiance, nous partons au village de Ste-Anne fêter notre arrivée en Martinique avec un ti-punch bien local (sec et sans glaçons, hips!!) au coucher du soleil, avec à l’horizon, le rocher du Diamant.
Un petit détour par la supérette, par curiosité : le produit phare, en tête de gondole dès l’entrée du magasin, c’est le rhum en cubi!!
Et il y a du choix!
Samedi matin, c’est jour de marché au village de Ste-Anne : j’y vais pour les accras frits juste sous nos yeux, pour les fruits et légumes, mais aussi pour le punch fait maison vendu par les « doudous » très bonnes commerçantes! Après en avoir testé une bonne douzaine de différents ( à 11h30 du matin…. c’est tôt pour l’apéro), nous optons pour le punch-coco, aussi crémeux qu’un Bailey’s, et pour un « Shrub » , liqueur aux agrumes à la délicieuse amertume. Un petit café sur la plage finit de donner l’ambiance typiquement française sous les tropiques : c’est le meilleur des deux mondes!
Le Marin
Lundi matin première heure, nous sommes au mouillage au Marin, et déposons les voiles.
Pour accéder à la zone technique il faut prendre un petit canal de mangrove, facilement accessible en annexe.
Je profite de cette escale citadine pour faire le plein de fruits et légumes au marché, et d’épicerie au supermarché. Là, je suis surprise de voir que l’immense majorités des fruits et légumes « tropicaux » sont importés,
de pays voisins ,
de partenaires commerciaux européens :
mais aussi de pays beaucoup plus lointains La mondialisation est passée par là. Et c’est récurrent tout le long de l’archipel antillais : les marchés sont correctement approvisionnés de produits locaux, vendus souvent plus cher qu’en grande surface, et les supermarchés importent tout, de loin, très loin, mais offrent des produits très compétitifs.
Nous profitons de ces 2 semaines pour bosser tous les 5 à fond :
Loïc sur l’entretien de Moby : il répare lui-même les toilettes, la machine à laver, la pompe à eau, et d’autres menues bricoles .
De mon côté, je range et brique l’intérieur du bateau pour prendre des photos : nous préparons en effet la mise en vente de Moby, pour l’été prochain, après notre retour en France. Après 2 ans et demi de grand voyage autour de la planète, c’est sans regret que nous le verrons prendre la mer avec de nouveaux propriétaires ; notre vie de terriens reprendra son cours, avec d’autres projets. Et aussi l’envie de repartir, dans quelques années, quand les enfants seront grands pour un nouveau tour du monde!
Les enfants travaillent dur tous les matins, et même l’après-midi pour Victor : le programme du CNED de troisième est exigent et copieux. Pour Arthur et Anna, nous nous appliquons à travailler les fondamentaux : ici le jeu de la marchande, pour apprendre à additionner et à rendre la monnaie. Là, Arthur n’en a pas l’air, mais il révise ses tables de multiplication avec son papa…
Nous croisons beaucoup de navigateurs arrivés de la « Transquadra ». Certains choisissent de faire rentrer leur bateau… en cargo!
Jeudi soir au Marin, nous profitons du bateau-pizza qui est notre voisin de ponton ! Original : c’est un vrai restaurant avec son four à pizza installé à l’arrière du cockpit. Le bateau passe la semaine à grenouiller entre Le Marin et Ste-Anne, et assure même les livraisons au mouillage! Nous en profitons et nous régalons de lasagnes et pizzas.
Trou à cyclones et Cirque marin
En milieu de semaine, nous allons mouiller dans l’un des deux trous à cyclones du Marin, par curiosité, de découvrir ce site naturel, qui est très calme .
C’est aussi parcequ’ il y a ce soir, au fond de la mangrove, un spectacle de cirque… sur l’eau!
Une troupe menée par les équipages de 3 bateaux, qui se sont rencontrés au fil de l’eau, entre la Bretagne, les Canaries et les Antilles. Clowns, vidéastes, poètes, musiciens, acrobates, mimes… Nous découvrons le show avec plaisir!Et nous ne sommes pas tout seuls!
C’est artisanal, et c’est leur première représentation! Nous sommes ravis de voir notre soirée illuminée par 2 heures de spectacle vivant, bon-enfant et tellement dépaysant!
Les Salines
Nous partons passer le week-end dans un site sauvage superbe, à 3 NM au sud de Ste-Anne : les Salines.
Le temps est très calme, et nous mouillons en bordure de plage, derrière l’ilot Cabri. Nous passons un week-end enchanteur, à 30mn à peine du Marin. Tout seuls-ou presque.
Nous explorons les 3 plages de la presqu’île :
Grande Terre, la plus sauvage,
Grand Anse, la plus animée, la plus aménagée aussi de restos, parking, jetskis etc…qui attire beaucoup de monde les week-end, et où nous ne restons pas,
et Petite Anse, une plage de naturistes, mais mixte, avec des touristes, des randonneurs qui dans la journée parcourent toute la presqu’île, de Ste-Anne à la Savane des pétrifications, en passant par les 3 plages des Salines.
Nous quittons le Marin début mars, direction la Guadeloupe où nous rejoignons mon frère Thomas et son amie Sonia pour 8 jours de croisière en famille.
Nous passons la nuit aux Anse d’Arlet, célèbres plages qui se trouvent sur notre route.
Nous n’aurons pas le temps de nous arrêter comme prévu à la Dominique, ce que nous regrettons car l’île a une histoire à part aux Caraïbes et beaucoup à offrir : densément boisée, avec les plus hautes montagnes des Antilles, elle ne fut pas colonisée pendant les XVI et XVII eme siècle. Les indiens Caraïbes étaient trop agressifs, et l’île fut déclarée terrain neutre. Elle fut plus tard le refuge de nombreux esclaves « marrons », et finit par être occupée à tour de rôle par les français et les anglais, mais avec un peuple toujours très farouche et indépendant, qui obtint après l’abolition de l’esclavage en 1831 d’établir le premier gouvernement noir des Caraïbes. L’île obtint son indépendance en 1974, et reste à l’écart du développement touristique des Antilles ; elle a subi des cyclones ravageurs ces dernières années, mais offre des forêt primaires intactes, et de belles balades en rivière.
Il y a (presque) 20 ans, tout jeunes mariés, nous avions passé notre voyage de Noces aux Grenadines… 2 semaines de rêve à naviguer en duo sur un Sun Dance 36, dans cet archipel si propice au cabotage. Deux décennies plus tard, nous sommes impatients de revenir sur les lieux avec les enfants, et les grands-parents, et de les redécouvrir.
Salt Whistle Bay, à Mayreau,
Moustique, Béquia (prononcer Bécoué), Canouan, Union, et les Tobago Cays dépendent de St-Vincent, l’île principale. Les Grenadines sont un haut lieu du nautisme depuis une trentaine d’années : l’archipel permet en effet de sauter facilement d’îles en îles, et de plages en plages, dans un cadre qui reste naturel et sauvage. Chaque île a sa spécificité :
les Tobagos Cays sont inhabitées et offrent un terrain de jeu magnifique aux amateurs de nature sauvage et de lagons turquoises
Tobag Cays
l’île Moustique est privée et abrite un « lotissement » de villas exclusives (Mick Jagger, la Princesse Margaret, quelques grands industriels sont propriétaires…)
île Moustique
Béquia reste typique avec ses plages, son village animé, et ses petites maisons, lieu de villégiature de nombreux marins venus poser leur sac dans cette île paisible
Le mouillage principal de Bequia
Union, le centre touristique de l’archipel, qui abrite des commerces restaurants et une poignée de petits hôtels
l’île d’Union
Canouan, qui se tourne vers le touriste de luxe avec un hôtel 5*, un golf et une marina, et des villas haut de gamme.
Canouan
Mayreau, simplissime petite île dotée d’un village de poupée et d’une ravissante plage
Mayreau
En 20 ans, les îles ont un peu changé, et développé un tourisme raisonné : pas de grands hôtels ni de tourisme de masse -sauf à Canouan- mais un très grand nombre de voiliers de location en provenance de Ste-Lucie et de Martinique. Les bases de charter DreamYacht et Moorings n’ont pas été affectées par les cyclones ces dernières années et sont florissantes dans le sud de la Caraïbe. Certains mouillages sont bondés : la destination est victime de son succès.
Mais si l’on cherche un peu, il est aisé de trouver des endroits plus tranquilles…. et le charme opère toujours.
Au départ de Martinique, où nous avons fait escale 24h à l’arrivée de notre traversée de l’Atlantique sud, nous mettons cap sur Ste-Lucie, distante d’à peine 25 miles nautiques, et à mi-chemin entre la Martinique et les Grenadines.
arrivée sur Ste-Lucie
Nous naviguons en tandem avec Papily et Mamily, qui ont loué pour l’occasion un Lagoon 45.
le Lagoon 450 de location des grands-parents
Rodney Bay sera notre première escale!
Rodney bay
C’est dépaysant, car l’île est aujourd’hui anglaise, après être passée aussi entre les mains des français il a quelques siècles….
C’était le repère de l’amiral Rodney, à la tête de la flotte britannique du temps où britanniques et français se disputaient âprement les Antilles, de la fin du XVIII ème siècle au milieu du XIX. Il pouvait de son rocher surveiller parfaitement les mouvements de la flotte française basée en Martinique.
Nous allons visiter le fort et ses dépendances sur l’île Pigeon, qui est en fait une presqu’île.
Tout en bas, la cuisine des officiers,
puis un peu plus haut, avec une vue magnifique sur le nord, le mess et les quartiers des officiers, dont une moitié a été rénovée pour y abriter un restaurant; l’autre moitié est en ruines.
Encore plus haut, les baraquements des soldats,
qui abritaient 120 hommes.
Un peu plus de grimpette, sous un soleil de plomb, et nous y sommes!
Il reste des canons.
D’en haut, la vue est panoramique,
un site parfait pour scruter les mouvements des bateaux dans l’arc antillais.
Nous redescendons après avoir exploré les différentes batteries du site.
En rentrant sur Moby, Arthur est intrigué par cette réplique de Galion, qui emporte des touristes pour des croisières de quelques heures au soleil couchant.
Au petit matin, c’est le marchand de légumes itinérant qui passe!
La baie est très touristique, et abrite une grande marina, des commerces, de très grands hôtels: nous ne resterons pas, et mettons cap au sud vers le somptueux mouillage des 2 Pitons.
En route, nous découvrons la côte de Sainte-Lucie; constellée de grands hôtels, de résidences,
Au port, on compte pas moins de trois énormes paquebots de passage!
Mais en descendant vers le sud, nous retrouvons de charmants villages créoles,
et des hôtels à taille humaine.
Nous arrivons aux deux Pitons, au pied d’un parc naturel exceptionnel. Côté fréquentation, on est dans la démesure : les super-yachts se sont donné le mot… Arthur et Papily regardent l’hélicoptère de notre voisin de mouillage se poser sur le pont.
Pendant que nous sirotons notre Pina Colada, la première de ces vacances, et la spécialité régionale!
De nuit, c’est ambiance « sapin de Noël »
Le lendemain, c’est l’approvisionnement d’un des super-yacht qui me laisser rêveuse…… Il y a de quoi nourrir un régiment!!!
Puis le ballet des hélices reprend.
Après 24h d’escales entre les méga-yachts, nous descendons au sud vers ST-Vincent-les Grenadines.
Nous longeons l’île de St-Vincent mais ne nous y arrêterons pas.
Quelques criques ont l’air pourtant bien agréables et sauvages.
L’alizé est soutenu, mais portant pour nous, ce qui est pas le cas des bateaux qui remontent vers la Martinique….
Nous arrivons à Bequia où nous faisons nos formalités d’entrée.
La baie est grande, très fréquentée, mais suffisamment spacieuse pour que les bateaux ne soient pas mouillés trop près les uns des autres. Le village est sympathique avec sa promenade de front de mer sur pilotis, qui mène des plages au village,
où nous pouvons nous ravitailler de beaux fruits et légumes frais.
C’est aussi l’occasion de s’attabler et de goûter la bière locale : la Hairoun.
Les plages sont aujourd’hui bondées : un paquebot est en effet au mouillage, et a déversé son flots de touristes américains (et sud-américains!). Demain sera plus calme.
Nous nous baladons le long du rivage, où se succèdent bars,
boutiques,
services,
et diveshops
pour arriver au village, ses échoppes d’artisanatl’église, l’administration…
Originale, le bateau-boulangerie, qui livre toutes les matins du pain frais. Il y a aussi le bateau-laverie, et le bateau-fuel! Nous apprécions ces petits services, qui se monnaient bien sûr, mais qui permettent aussi de contribuer à l’économie locale, très axée sur les services.
Voici le déjeuner typique sur Moby : salade, crudités, pain et croque-monsieur, fromage.
Sur Moby, nous sommes en pleins préparatifs : nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire d’Anna! Dans 4 jours, ce sera celui de Papily, et dans une semaine celui d’Arthur!
Anna nous a préparé des biscuits et nous les apporte sur la plage pour le goûter.
Bon anniversaire Anna, 6 ans!
MOUSTIQUE
Nous repartons assez vite sur Moustique, l’île des milliardaires. L’histoire de cette île est tout à fait unique. Son propriétaire Colin Tennent, (Lord Glenconner),
statue de Colin Tennent
est un aristocrate anglais, fortuné, déjà propriétaire de terres à Ste-Lucie, magnat de l’industrie minière et qui après-guerre, acheta l’île Moustique avec une idée folle : en faire un lieu de villégiature unique au monde pour les riches et célèbres de la planète. A l’époque, dans les années 60, c’est visionnaire!
île Moustique
S’ensuivent quelques de vacances spartiate et de villégiature compliquée pour l’entrepreneur, qui peine à garder en état l’unique maison de l’île, Cotton House. Moustiques, cyclones, tempêtes, manque d’infrastructure, des hectares à défricher….. l’île est pendant des années un gouffre financier qui ne rapporte rien.
Son idée de génie : offrir un terrain à la Princesse Margaret, en guise de cadeau de mariage! Il faut dire que son épouse est dame d’honneur au palais de Buckingham, et une amie proche de Margaret. L’idée fait son chemin, et un jour, entre deux déboires sentimentaux, la Princesse Margaret fait construire sa maison!
Au fil des ans, avec le concours d’un architecte suédois et d’un entrepreneur en bâtiment déterminé doté d’un solide sens du marketing, il réussit son pari, et transforme le caillou en lotissement de luxe pour happy few. Un petit hotel sélect, un bar-restaurant de plage, une supérette, et c’est tout!
Pas de tourisme de masse, pas de ferry, mais un aéroport, et un village où vivent les employés de l’île : école, bibliothèque,
station service
…..
Le charme de l’île est indéniable : des plages de tous côté,
la célèbre page de Macaroni Beach
on circule en voiturette électrique, pas de bling-bling, ici tout le monde se connait et reste discret. 90 lots sont construits, avec un plan d’urbanisme strict : il est interdit de diviser les parcelles.
Quelle déception : le Basil’s bar, une institution dans l’île, est fermé pour rénovation, et ne réouvre que dans une semaine….et nous serons déjà partis. Mais une petite annexe sert les cocktails dans une petite maisonnette : la pina Colada est toujours aussi bonne!
Pendant que nous sirotons, les enfants s’éclatent en skimboard sur la plage en contrebas du Basil’s bar en rénovation.
Nous sommes les 14 février : c’est l’anniversaire de Papily, secondes festivités d’une semaine chargée en célébrations!
TOBAGO CAYS :
Bye-Bye Moustique, et en route pour les Tobago Cays, petit atoll dans l’archipel, composé de 4 petites îles aux noms de repères de pirates : Petit Bateau, Petit Rameau, Baradal et Jamesby.
Ils sont entourés de récif, et forment un petit plan d’eau intérieur, parfait pour la planche et le kitesurf.Le site est toujours aussi photogénique,
sauvage,non construit, et fréquenté! Des bateaux par dizaines, heureusement, il y a de la place pour tout le monde…. sur la plage à l’heure de pointe, le parking à annexes fait le plein!
Sur Petit Bateau,
les pêcheurs de Mayreau et leurs familles ont installé des tables
et des BBQ
créant un restaurant de plage provisoire : menu unique : langouste grillée!
La recette fait carton plein, nul ne passe aux Tobago Cays sans manger la langouste locale. Il est aussi possible de se la faire livrer directement à bord en barquettes avec ses accompagnements : ça c’est du service!
Victor continue son entrainement de planche à voile,
coaché par Loïc.
Ca plaaaaaane!
Nous tentons aussi le snorkeling.
Nous croisons de nombreuses tortues dans cet archipel des Grenadines, et nageons avec elles,
elles sont peu farouches car interdites de pêche et protégées
MAYEREAU
Puis c’est Mayereau, et sa plage nonchalante de Salt Whistle Bay,
Il fait très beau, peu de vent, nous prenons un mouillage tout près du bord. On pourrait se croire seul au monde, mais il y a des dizaines de bateaux derrière nous….
Le plage est toujours aussi jolie,
et bordée de ces deux cocotiers sur lequel il y a 15 ans, nous avions de pris de belles photos de groupe, avec nos amis.
Les enfants l’adoptent.
Le petit hotel est en cours de rénovation,
dans un style rustique chic.
Le site le mérite bien. Et la Pina Colada est excellente!Avec ce petit plus qu’on ne trouve nulle par qu’aux Grenadines : la noix de muscade râpée qui recouvre la mousse du cocktail. Il faut dire que la noix de muscade est un produit local, qui pousse et se récolte à St-Vincent : nous en avons fait le plein au marché de Bequia.
Mamily apprécie les eaux translucides et calmes de la baie;
Nous rencontrons un bateau hollandais qui a un joli projet : le nettoyage des plages des plastiques, avec un trio ingénieux :
collecte+broyage de bouteilles en lambeaux grâce à ce broyeur mécanique,
puis chauffage dans un four solaire, d’un matériau ensuite réutilisable.
Le spot de kite derrière l’île est sympa.
Et ce soir, 17 Février re-re-rebeote : nous fêtons les 9 ans d’Arthur à bord du bateau des grands-parents : les petits ont organisé une pêche à la ligne, Papily est en charge de la musique « live » : carte, cadeaux, déco et gâteau, tout y est! Le lendemain matin , le petit-déjeuner de préféré du moussaillon : un pancake géant au Nutella sur le trampoline, elle est pas belle la vie?
Après l’école nous partons installer notre camps sur la plage : paddle, hamac, paréos….
et…plouf!
Puis nous quittons ce mouillage un peu surpeuplé pour Chatham Bay, une grande plage de l’île principale d’Union.
UNION
La baie est très tranquille, et restée sauvage avec seulement quelques paillotes de plage d’un côté, et un petit hôtel de l’autre.
Les garçons prennent leur skimboard et nous longeons la plage avec eux pour trouver le meilleur spot : pas facile, car il y a un platier sur une bonne longueur, et des petits coraux sur la plage.
Arthur par à l’assaut du rocher.
Nous découvrons quelques « têtes de turc », ces cactus si caractéristiques des Antilles
Le petit hotel de charme semble particulièrement accueillant.
De retour à l’autre bout de la plage, nous découvrons des petits colibris, qui viennent butiner les plantes grasses : c’est la première fois que j’observe ces drôles d’oiseaux de si près. Ils ont un vol très particulier, le champions du vol stationnaire!
UNION, Fregate
Puis nous contournons l’île d’Union, et mettons le lendemain cap sur Fregate,où nous retrouvons 3 Outremer 45, les « petits frères » de notre Outremer 51.
Nous sympathisons avec Loustic, famille de belges avec 3 enfants à bord, en année sabbatique autour de l’Atlantique.
Nous passons l’après-midi à la plage avec les « Loustic ». Victor s’entraîne sur les water-starts avec succès, pendant qu’Arthur et Anna jouent dans les vagues. Nous partageons la plage du village avec des vaches
Le spot est particulièrement fréquenté par les kitesurfers, et les planchistes. Loïc et Victor s’éclatent.
MATEREAU :
Nous retournons le lendemain à Mayereau. Nous passons devant le village de Clifton à Union, l’île principale des Grenadines, mais ne nous arrêtons pas : trop de monde!!!
C’est un super spot de kitesurf, et c’est aussi l’endroit idéal pour faire un plein de courses avec de vrais supermarchés.
Nous n’en avons pas besoin, car dans 2 jours, nous serons en Martinique! Bye-Bye Union,
Nous nous dirigeons vers le mouillage de Saline,
une grande baie ouverte qui accueille parfois les paquebots, mais qui est aujourd’hui quasi-déserte.L’accès au village est facile par la route, et la supérette offre une vue panoramique sur la mouillage. Nous poussons l’exploration de la rue principale du village un peu plus,
car il parait que la vue d’en haut mérite le détour. Nous sommes surpris par le nombre de bars : pas loin d’une douzaines, soit une maison sur 4….
Enfin, en haut, l’église, et la vue sur les Tobagos Cays d’un coté »,
sur Union de l’autre, et Grenade au fond.
Papily et Mamily nous quittent et rentrent en France après 2 semaines de croisière en duo, en terre bien connues : cela fait plus de 10 ans qu’ils viennent tous les hivers passer 2 à 3 semaines aux Grenadines!
Leur mouillages préférés :
Salt Whistle Bay pour sa jolie plage aux eaux translucides, le bar « piedanlo » au soleil couchant,
Admiral’s Bay à Béquia, pour son pittoresque village, ses plages et ses petits restaus
les 2 pitons à Ste Lucie, pour son cadre enchanteur, au pied du volcan, le calme du mouillage, et l’accueil sympathique de l’hotel.
Nos mouillage préférés aux Grenadines :
les Tobago cays, pour leur spot de planche et de kite, les nombreuses tortues, le snorkeling excellent sur le reef extérieur, les balades sur les ilots de Jamesby et Baradal avec les iguanes et la jolie vue d’en haut
Saline Bay, à Mayereau, l’un des mouillages les moins fréquentés qu’on ait connus-(à éviter bien sûr le jour de passage des paquebots), pour la sensation d’enfin respirer au mouillage, car les bateaux sont espacés les uns des autres ; un super spot de skimboard et de bodyboard pour les enfants, la grande promenade sur la plage, et celle qui mène au village donne une vue panoramique de l’archipel
TOBAGO :
Nous retournons d’ailleurs aux Tobago Cays pour 24h, afin de profiter une dernière fois de ce mouillage qu’on adore et qui offre une telle diversité d’activités. Cette fois, nous allons mouiller au vent de Barradal, où nous retrouvons Mais Uma, avec qui nous achevons de sympathiser.
En nous baladant sur les hauteurs de Barradal,
nous découvrons des iguanes ,
Les plantes épiphytes sont incroyables.
En redescendant, c’est embouteillage sur la zone de lancer d’ailes de kite.
Nous tentons un snorkeling à l’extérieur de la barrière, en fin de journée, entre 16h et 17h, heures de pleine activité : nous rencontreons une tortue,
des barracudas,et une vie marine très active!
Puis direction Canouan : nous remontons l’archipel des Grenadines, car nous sommes attendus en Martinique pour une escale technique.
Une nuit à Canouan,
dans un mouillage très sauvage, puis une autre à Bequia où nous effectuons notre clearance de départ. Après un ultime stop à Rodney Bay, Ste-Lucie, nous arrivons en Martinique, au Marin le 25 février, pour une à deux semaines d’escale technique.
Le Brésil est sur notre route et représente une escale idéale pour se reposer et s’avitailler de frais. Rallier les Antilles depuis l’Afrique du Sud, c’est un gros morceau en terme de traversée, que nous décidons de découper en plusieurs étapes :
Capetown-Ste-Hélène : 1700 NM parcourus en 8 jours
Ste-Hélène – Cabedelo, Brésil : 1700 NM, en 9 jours
Il restera encore 2000 NM entre Cabedelo et le Brésil que nous espérons couvrir en 10 jours.
Le compte à rebours du retour en France est entamé, et nous souhaitons passer les quelques mois qui nous restent à naviguer et profiter des eaux chaudes et turquoises des Antilles;
Aussi décidons-nous de ne rester que le minimum au Brésil, immense pays qui mériterait bien plus! C’est en particulier bientôt Carnaval, celui de Salvador de Bahia est très réputé, et serait une escale géniale.
Rio également, et surtout l’archipel de Isla Grande au sud du pain de sucre.
Peut-être pour le prochain tour du monde? !
En attendant, Cabedelo est l’escale idéale pour nous : une petite marina nichée dans un bras de rivière, au coeur d’un petit village de pêcheur, lui-même accolé à une station balnéaire atlantique pas trop touristique, à 5mn d’une grande ville de 1 millions d’habitants : Joao Pessoa.
Au programme : du repos, un avitaillement en produits frais, l’envoi des cours du CNED de Victor, le nettoyage du bateau….
Les côtes du Brésil sont en vue…enfin, non pas les côtes elles-même, mais les gratte-ciels! C’est Joao Pessoa, « petite bourgade » d’un million d’habitant. La grande majorité des brésiliens vit sur la côte, dans des grandes villes hérissées d’immeubles de logement très hauts.
Un peu plus loin sur la côte, la petite cité balnéaire de Cabedelo,
et au bout de la péninsule : le terminal pétrolier. Nous embouquons la rivière, et voilà : bienvenue au Brésil s’exclame Anna!
Bienvenue au Brésil!
Derrière le terminal pétrolier, un village, des cases de pêcheur, Mais toujours pas de marina….Nous ne sommes pas sûrs de son emplacement : elle n’est pas indiquée sur les cartes. Nous demandons notre route à un pêcheur, L’échange est savoureux, lui dans un brésilien très peu articulé, plein de bonne volonté, et nous en « franglaispagnol »….Mais il nous fait comprendre qu’il faut descendre le fleuve encore quelques nautiques jusqu’au village de Jacaré. Merci chef! Il circule en motogodille, comme toutes les pirogues locales, ce qui ne lasse pas d’étonner les garçons.
Nous nous enfonçons dans le fleuve, qui n’est pas balisé, mais heureusement cartographié.
Nous longeons la rive : des plages sauvages,
Puis de plus en plus civilisées,
un homme baigne son cheval (ou son âne?)
L’activité de pêche qui se devine,puis une cale de mise à l’eau, et nous y voilà! La marina Jacaré,
Plus loin la plage de rivière de Jacare
d’où les touristes partent pour leur « sunset cruise » sur la rivière
et au loin la ville de Joao Pessoa,
Qu’il est bon d’arriver à bon port après 8 jours de mer!
Une bonne bière locale nous attend ce midi, ainsi qu’un délicieux plat brésilien : le feijoda.
L’après-midi, nous partons nous balader au bord de la mer, curieux de découvrir le côté océan de ce conglomérat urbain.
Côté plage, c’est à la fois citadin et sauvage : les dunes sont non construites, et de l’autre coté, c’est la route, les restos, et les immeubles.Nous flânons en fin de journée, et c’est clairement le rdv des sportifs, promeneurs de chiens, adeptes du yoga sur la plage,
du surf,
de l’entrainement sportif… Un style de vie assez sympa, plus proche de Miami que des Tuamotus…
Car nous profitons aussi de cette courte escale pour non pas visiter, mais pour prendre le pouls du pays.
La bonne nouvelle c’est qu’avec mon espagnol castillan, je me fais assez bien comprendre. Ici en effet, personne ne parle anglais, ni espagnol, curieusement : après Bali en Indonésie, c’est le second pays de notre tour du monde dont nous ne parlons pas du tout la langue. A l’écrit, pas de problème, je déchiffre assez bien les cartes des restaurants et des bars!
La Caïpirina, je connais, et les verres sont vite vidés!
Et vous, connaissez-vous la boisson nationale brésilienne? A base de cachaça, c’est une sorte de ti-punch allongé, dans un grand verre rempli de garçons et de quartiers de citron vert. C’est notre première dégustation de caïpi, sur la plage de Cabedelo!
Quand à la cachaça, ce n’est pas exactement du rhum, même si cet alcool partage avec le rhum le fait d’être issu de la canne à sucre. Le procédé de distillation est différent : la cachaça est plus rustique et plus parfumée, issue d’une distillation directe du jus de canne à sucre, alors que le rhum est issu d’une distillation d’un résidu de canne à sucre de l’industrie sucrière, la mélasse, le jus de canne étant utilisé pour faire du sucre. Autre différence : la cachaça titre 40°, alors que le rhum titre 70°, pour être ramené à un degré plus raisonnable d’alcool par adjonction d’eau.
Là où ca se complique, c’est que le rhum agricole des Antilles (qui ne représente que 2 à 3% de la production de rhum), si réputé et particulièrement parfumé, est fabriqué directement à partir du jus de canne… De là à dire que le rhum agricole n’est qu’une cachaça antillaise…. je sens que je vais me faire taper sur les doigts?! En tous cas, le débat est lancé.
Nous gouterons aussi à la feijoda, plat national à base de haricots rouge, riz, accompagné de légumes verts sautés, farine de manioc, tranches de fruits…. complet, savoureux, et revigorant!
Ca me rappelle le riz « moros et christianos » des cubains.
Nous gouterons aussi aux tapas locaux, à base de fritures et beignets de type empanadas, typiques d’Amérique du sud. On adore les frites d’igname, les beignets de poisson.
Une autre spécialité, en dessert, c’est les galettes de manioc, accompagnés de bananes en rondelles, sauce chocolat, coco râpée….
Pendant les 3 jours restant, nous aurons un rythme soutenu de travail le matin pour les 3 enfants, et l’après-midi aussi pour Victor qui doit rendre ses cours du CNED pour la fin de semaine.
L’internet est poussif, je peine à mettre notre blog à jour, et c’est frustrant!
Heureusement, l’ambiance est sympa à Jacaré Marina, un ensemble de pontons, d’un resto, de services et d’un chantier tenus par 3 amis francophones. La moitié des bateaux de passage sont d’ailleurs français, ce qui nous dépayse un peu.
On y mange bien, les cafés sont excellents, et l’endroit est agréablement ombragé, frais, et abrité de la pluie : c’est très appréciable par ces fortes chaleurs.
C’est là que les navigateurs que nous sommes tous travaillent, prenent leur météo, bricolent, cousent, appellent leur famille, mettent leur blog à jour, montent leurs vidéos, etc….
Un petit jardin accueille plantes aromatiques et d’ornement locales :
plante aromatique brésilienneananas ornementalfeuilles délicatement ourlées… de mini-feuillesquel graphisme!
Loïc profite de l’abondance de l’eau du fleuve pour un nettoyage en grand de Moby ; il faut dire qu’après les sables rouges d’Afrique, les pénuries d’eau de Cape Town et le temps particulièrement sec que nous avons eu depuis, il était temps de donner un bon coup de jet d’eau.
Le climat est chaud, très chaud. Les périodes de soleil cuisant alternent avec des périodes de temps couvert, humide, et à peine moins chaud.
L’après-midi, je vais en ville faire les courses, et c’est un plaisir de voir l’abondance de fruits et légumes de tout genre : le Brésil est un grand pays agricole, et ça se voit! Nous faisons le plein de fruits de la passion gros comme des oranges, d’oranges grosses comme des pamplemousses, mais aussi de noix, noisettes, pistaches, amandes, graines de tournesol, noix du Brésil etc…. Tous les climats ou presque co-existent, depuis les côtes tropicales du Nordeste, aux plaines verdoyantes et plus tempérées du Minas Gerais au sud.
Le pays aussi est contrasté : d’un côté la plage, les gratte-ciels, les supermarchés, les cours de fitness, de l’autre, de modestes maisonnettes : et des charrettes tirées par des ânes sur la 4 voies, On devine de grosses différences sociales entre les pêcheurs et les pauvres des favelas, et les citadins habitant leurs immeubles.
Dans la soirée, nous allons nous promener à 5mn de là, sur la Praïa Jacaré, le marché artisanal local, rendez-vous des touristes locaux.
qui s’offrent une galette de manioc ou une eau de coco en regardant le coucher du soleil sur la rivière.Ici, les touristes ne sont pas des étrangers, mais des brésiliens, comme ces jeunes femmes qui me demandent mon chemin : elles viennes de Manaus, au coeur de l’Amazone, et viennent goûter à l’ambiance de la plage, de la fête, à moindre frais qu’à Rio.
D’autres optent pour la « sunset cruise », avec musique à fond, danses de groupe, ambiance!!! Car c’est un des grands trait du brésil : la musique! Et ici, on l’écoute partout, toute la journée, et très très très très fort. Typique : cette petite voiture anodine qui stoppe le soir sur le bas-côté, et ouvre son coffre : rempli de baffles, une sono à en réveiller un mort, et c’est parti, le voilà qui sonorise tout le quartier!
Nous prenons nos habitudes le soir à l’étage de ce bar : caïpirina et tapas.
Les enfants louchent sur les échoppes, l’anniversaire d’Arthur et Anna est proche, et ils se choisissent chacun un cadeau brésilien :
Les garçons se font faire un t-shirt par un artiste local de peinture aérosol qui fait l’attraction!L’artiste affiche sa célébrité : il est passé à la télé. C’est vrai que c’est bluffant, en 1mn, il décore un t-shirt sur mesure : un cadeau unique et sympa!
Les garçons sont ravis du résultat!Anna choisit une marionnette en papier mâché, et a très hâte de pouvoir jouer avec.. mais pas avant encore 3 semaines!
Loïc et moi optons pour des Hawaïanas toutes neuves, de fabrication locale bien sûr!!
Et ca y est, les vivres sont rangés, le bateau propre, les devoirs du CNED tous envoyés, nous larguons les amarres et quittons le Brésil sans trop de regret, car les eaux turquoises des Caraïbes nous tendent les bras.
Il nous tarde de retrouver l’ambiance des îles, les sports nautiques, la plage et les alizés.
A la sortie du port, nous saluons les jangadas, ces pirogues locales à voile.
Il faut ouvrir l’oeil, il y en a beaucoup, ainsi que des bouées de casiers ou de filets. Un groupe de dauphins vient nous saluer, c’est toujours un bon présage!
Ste Hélène, mythique bout de rocher de l’Atlantique sud, escale incontournable des navires autour du monde depuis 400 ans… C’est la couronne britannique qui a mis la main sur le stratégique ilot, dont elle a sous-traité l’exploitation pendant près de 200 ans à la « East India Company » , chargée de veiller au ravitaillement des navires chargés d’épices, de retour des Indes… Depuis l’ouverture du canal de Suez en 1869, l’île n’est plus aussi stratégique pour l’Empire Britannique : l’activité va doucement décliner.
Mais l’île est surtout connue pour y avoir accueilli l’un des plus célèbres prisonniers du monde, Napoléon Bonaparte, empereur envoyé en exil par la coalition royaliste européenne pour y vivre les 7 dernières années de sa vie, et y mourrir. Choisir pour l’exil du dangereux conquérant un lieu plus lointain, plus isolé, et plus austère aurait été difficile…..
Nous sommes donc très impatients de faire connaissance avec Ste-Hélène et ses 4000 habitants, un métissage de descendants d’esclaves, de soldats britanniques, de travailleurs chinois, indiens et de prisonniers boers, donnant aux visages la belle couleur café de la chanson de Gainsbourg.
L’île nous apparait sous les nuages, triste et sombre,
ses falaises de roche volcanique nous semblent une forteresse imprenable.
Des dauphins nous accompagnent, c’est toujours un grand bonheur de les voir nager entre les coques.
Quelques encablures avant d’arriver à Jamestown, nous appercevons les premières fortifications, bien intégrées dans la falaise.
Puis des bâtiments, comme un petit hameau accroché à la falaise.
Il s’agit en fait du premier poste de télécommunications, anciennement télégraphique, qui reliait l’île au continent africain. Les bâtiments ont été désertés bien sûr, mais c’est toujours de là que partent et arrivent les cables sous-marins qui relient le caillou au reste du monde, par téléphone, et par internet.
Dans la première baie, le port commercial, sa passerelle pour débarquer les passagers des paquebots, les entrepôts,
Puis enfin, Jamestown, qui sous ce ciel plombé nous apparait un peu lugubre. Il ne s’agit en fait que du quartier de « Half Tree Hollow », perché au-dessus de la ville, que surplombe le fort High Knoll, et dont toutes les maisons jouissent d’une belle vue mer.
AUSTERE, c’est le premier sentiment qui transparait.
Nous descendons à terre pour les formalités, longeons les bâtiments du port : sous de sinistres falaises grillagées,
beaucoup de bâtiments anciens, toujours en usage, mais modernisés, comme cette porte en bois dotée d’un loquet ancestral… et d’un digcode!! Voilà tout le paradoxe de Ste-Hélène : tradition, vestiges historiques, et modernité à la fois. Nous passons au bureau du port, puis aux douanes, enfin au poste de police pour l’immigration : nous sommes bien en territoire britannique, la photo de la Reine est dans tous les bureaux officiels! L’occasion de parler aux enfants de nos monarchies européennes encore en place et de disserter sur les différentes nuances entre monarchie, république, démocratie etc….Prélude à la riche histoire de l’île.
Nous passons sous le porche, longeons la piscine (dommage, elle est fermée pour travaux), traversons les jardins du chateau, fort bien entretenus.
C’est dimanche, les rues de Jameston sont désertes, et l’ambience un peu triste-il faut dire que nous passons par hasard devant le centre de réhabilitation de la prison….
Nous allons donc prendre un peu de hauteur et nous attaquer aux 699 marches de la Jacob’s Ladder.
L’ancien plan incliné desservait la garnison militaire de Ladder Hill située sur les hauteurs de la ville. Après un incendie, le plan incliné est devenu escalier.
Tous les ans, les habitants les plus sportifs s’affrontent pour battre le record de la montée des marches : pour le Jacob’s Ladder Challenge, le record est de moins de 7mn!
Nous mettrons 15mn sans nous presser…
Vue d’en haut, nous apercevons le port, le village est impressionnant, blotti au fond de la vallée, tel un village de montagne.
Jamestown est parait-il l’un des plus beaux exemples d’architecture géorgienne. Le bois est rare, car les chèvres importées sur l’île par la East India Company pour fournir les navires en viande fraiche au 17ème, ont décimé arbres et arbustes indigènes. Les maisons sont anciennes, en pierre, solides, et entretenues de génération en génération.
Wellington House
Nous prolongeons la balade vers le fort de Ladder Hill. L’essentiel des bâtiments est abandonné, mais tous ne tombent pas en ruines, et c’est aussi là qu’est installée la caserne des pompiers!
Certains des baraquement ont aussi l’air d’être habitées.
Un peu plus loin, des ruines, un cours de tennis abandonné, et des canons. La zone est en cours de réhabilitation pour en faire des équipements touristiques.
Et de l’autre côté de la vallée, un champ de panneaux solaires. L’électricité est encore très chère sur l’île.
Un peu plus haut, sur la colline, le quartier de « Half Tree Hollow », et en contrebas, les 22 corps-morts dédiés aux bateaux de plaisance repassage.
Un peu plus loin, le port et le mouillage réservé aux bateaux locaux
Après cette petite marche vivifiante, nous redescendons les marches et prenons le temps de repérer les bâtiments de la ville :
de gauche à droite : le port, puis les douves du chateau, dans lesquelles ont été aménagées la piscine , un stand de tir à l’arc, et des terrains de jeu pour les jeunes, puis le chateau, son chemin de ronde, et son jardin, et en contrebas, l’église, la prison, la police, le musée.
Au centre, la rue principale, qui coupe la vallée en deux, longée de bâtiments géorgiens. Se détachent en particulier, au-dessus de l’église, l’hotel Mantis, premier 4**** de l’île, qui vient d’ouvrir, et la maison Wellington, seule bâtisse brune et carrée, parms toutes ces maisons étroites aux murs de chaux et toits rouges.
Nous rentrons à bord via le service de « ferry », de petits caboteurs qui tournent toutes les heures dans le mouillage, pour emmener à terre ou déposer à leur bord pêcheurs et plaisanciers .
Il est en effet périlleux de débarquer avec son annexe ici, il n’y a surtout nulle part où l’amarrer. La houle atlantique brasse toute l’année le quai de débarquement, et il nous faut nous hisser à terre grâce à ces cordes à noeuds. Les enfants adorent jouer sérieusement pour une fois, les acrobates!!!
Lundi matin, direction le poste de police et les services d’immigration pour y terminer nos formalités. L’occasion de passer devant l’église, austère, avec son clocher en tôles de cuivre,
la (petite) prison.
Ici, la voiture la plus courante, c’est une Land Rover, couronne britannique oblige, et de préférence la Defender.
En ce lundi matin, la petite ville est animée, tout le monde va faire ses courses ou travailler, et s’arrête sur les trottoirs pour papoter. Les retraités squattent les nombreux bancs publics : je vois que ce petit pays a su conserver le précieux art de la conversation, à l’impromptu, dans la rue : tout le monde semble être capable de perdre 2 à 3mn (ou plus) de son temps pour papoter avec son voisin, sa vieille tante, ou même un inconnu.
En effet tout le monde nous salue, se salue : j’aime cette marque de politesse et d’humanité qu’on ne retrouve guère que dans les petites îles, les petits villages ou sur les sentiers de randonnée.
Aujourd’hui, le soleil est de sortie, j’en profite pour prendre en photos certaines des maisons les plus anciennes de la ville
Nous déjeunons d’un savoureux sandwich toasté à l’anglaise : croustillant et moelleux à souhaits, et prenons de l’internet chez « Anne’s place », haut lieu du nautisme de la ville depuis plusieurs décennies : c’est là , sur les hauteurs du jardin de chateau,
que les yachties se donnent rendez-vous pour y déjeuner, récupérer leurs emails, échanger livres et revues, récupérer le linge de la laverie etc..… Aujourd’hui, ce n’est plus Anne qui tient la boutique, mais Sally, et c’est toujours aussi sympa! Les gâteaux, en particulier, sont succulents : apple crumble, shortbread, blueberry pie, carrot cake, brownies, et d’irrésistibles guimauves à la noix de coco: tout est fait maison, et délicieux.
Certains équipements sont d’époque, comme ces interrupteurs de lumière que l’on actionne en tirant sur un bout : les enfants en raffolent! Amusant également, le lavabo encastré dans le muret.
En rentrant au bateau, nous passons devant le palais de justice, Aujourd’hui, la houle n’est pas trop forte, et nous méditons sur la force des vagues qui se jettent sur le quai chaque seconde;
Arthur est ébahi de voir le numéro sur la plaque d’immatriculation : n°7! Il y a en vérité plus de 5000 voitures sur l’île, pour environs 4000 habitants….Nous chercherons pendant tout le séjour la n°1, sans succès…. mais nous avons repéré la voiture du Gouverneur, ou plutôt de « Madame » le Gouverneur, une anglaise bien sûr, avec une plaque couronnée.
Ce matin à bord de Moby, il y a école, comme (presque) tous les matins, mais il y aussi matière à digression : Loïc a besoin de d’aide de petites mains (surtout de petits doigts fins et forts) pour réparer le moteur électrique des toilettes tribord. Arthur et Victor se dévouent et prennent sur leurs temps d’école pour aider leur papa. Quelques heures plus tard, hourra!, les toilettes fonctionnement de nouveau!! Dans n’importe quel port du monde, nous aurions passé commande d’un nouveau moteur, attendu 48h tout au plus, fait l’échange et jeté le vieux… Ici, rien de tout cela : un peu d’huile de coude, de jugeote, de ténacité, de petits doigts agiles, le tout pendant plusieurs heures, et le tour est joué! Une belle leçon encore une fois pour les enfants, et qui nous fait tous réaliser combien l’obsolescence programmée de nos appareils pourrit et pollue nos vies.
Pour fêter cela, nous tirons les rois! Puisque nous avons décidé de terminer notre tour du monde sans four-faute de réparateur et de pièces de rechange adéquates, je tente la cuisson dans la machine à pain. Après le pain de mie, les brioches, les cakes d’anniversaire, la galette des rois semble réussie.
IL faut dire que par chez nous, la galette des rois c’est un gateau breton et rien d’autre. Cette année, elle aura un petit air rectangulaire, la machine à pain ne permet pas d’autre forme. Dévorée en moins de 15mn, c’est un succès!
le roi et sa reine
Pour les gourmands voici ma recette, très simple, mais pour laquelle il faut impérativement respecter la texture du beurre : en pommade, c’est à dire mou, mais pas fondu :
Ingrédients :
§ 250 g de beurre en pommade (eh oui, il faut ça, une plaquette entière y passe!!!!)
§250 g de farine
§100 g de sucre fin
§ 4 jaunes d’oeufs : 3 pour le gâteau plus un jaune d’oeuf pour le glaçage
§ 1 mesure de rhum
§1 gousse de vanille ou d’extrait de vanille ou un sachet de sucre vanillé
Recette
§Battre le beurre et le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse et gonfle
§Ajouter le rhum, la vanille puis les 3 jaune d’oeufs un à un
§Verser dans un moule à manqué rond et haut
§Glacer avec le 4 ème jaune d’oeuf battu
§Décorer de croisillons avec la pointe du couteau
§Enfourner 40 mn à 180°
§Laisser refroidir. C’est encore meilleur le lendemain. Mais c’est très rare que l’on résiste à attendre autant….
En tout début d’après-midi, nous prenons l’annexe
et profitons du rayon de soleil pour aller plonger sur l’épave du Papanui ce vapeur transporteur de charbon qui, suite à une avarie en mer au large de Ste-Hélène, avait fait demi-tour, pour finalement s’échouer devant Jamestown. Tous les passagers avaient pu être évacués, et le bateau brula pendant plusieurs heures avec sa cargaison de charbon.
La visibilité est excellente, et le soleil au rendez-vous. Le site est immense, le bateau en lui même faisait plus de 100m de long. Nous distinguons bien ses différentes parties. Le pont,les cuves à charbon,
la proue
Un peu plus tard dans l’après-midi, nous filons explorer la côte en annexe
Nous laissons le mouillage de Jamestown dernière nous : nous avons repéré une petite anse accueillante, Lemon Valley, qu’il nous tarde d’explorer. Toute la côte de Sainte-Hélène est ponctuée par ces courtes vallées escarpées, où il est quasi impossible de débarquer : c’est pour ses qualités de forteresse naturelle que le lieu a été choisi pour y incarcérer Napoléon, que les Anglais, mortifiés, avaient déjà laissé s’échapper de l’île d’Elbe. L’homme, une fois libéré avait été rejoint par ses fidèles et une véritable armée, que les anglais et leur alliés des autres monarchies européennes devaient de nouveau combattre, jusqu’à la fatidique défaite de Waterloo. C’est suite à cette dernière bataille perdue que Napoléon se rend aux Anglais, qui décident de l’exiler à Sainte-Hélène. L’île était déjà lourdement fortifiée pour protéger les installations et les bateaux de la « East India Company » qui y faisant escale au retour des Indes, richement chargés de cargaisons exotique. Mais, en même temps que Napoléon dans l’Atlantique sud, pas loin de 2000 hommes furent envoyés. De nombreuses autres fortifications, bastions, canons et tour de guet furent érigées autour de l’île.
Ce qui a attiré notre oeil, c’est un petit ponton,
qui sera pratique pour débarquer, et une grotte servant de lieu de BBQ!
Le lieu est très fréquenté parait-il l’été et les week-ends.
Plus loin, nous longeons la plage et les fortifications, et apercevons un bâtiment : parfaitement restauré, l’ancien bâtiment servait de lieu de quarantaine pour les esclaves ; il est disponible à la location.
Nous remontons le sentier qui serpente au fond de la vallée, et nous arrêtons prendre le thé sur les hauteurs.
Au retour, nous remarquons des « souffleurs » à la côte. Ce sont des spray d’eau de mer, pulvérisés parfois plusieurs mètres au dessus de l’eau.
C’est la combinaison de la houle, des marées et de roches trouées qui crée cet amusant phénomène. Là, nous nous faisons copieusement asperger!
En fin de journée, les lumières sont sublimes
Nous avons la visite de James et Hannah, avec leurs 3 enfants.Croisés brièvement à Maurice, nous n’avions pas pris le temps de faire connaissance. Ils bouclent leur tour du monde à la voile en famille, puisqu’il sont partis il y 5 ans, de Ste-Hélène justement!! Ils sont de retour sur leur île depuis à peine un mois, et commencent une activité de services aux bateaux de passage.
Le lendemain, c’est une grosse journée d’excursion : nous avons réservé un guide qui va nous conduire tout autour de l’île, et en particulier sur les traces de Napoléon à Ste-Hélène. Harry est un ancien chauffeur de bus scolaire. Depuis sa retraite, il officie comme guide, et s’est fait une spécialité du récit historique. La visite commence au pavillon des « Briars » , anciennement propriété de la « sainte » famille Balcombe (« saint » et « sainte », c’est ainsi que se nomment les habitants de ST-hélène ;-)), et qui a hébergé Napoléon pendant quelques semaines à son arrivée le temps que son logement définitif de Longwood soit prêt : ce pavillon d’été n’était à l’époque une simple pièce dotée d’une terrasse, et il se dit que Napoléon y a vécu les plus agréables journées de sa détention.
The Briarsles jardins
Depuis, les Balcombe ont offert le pavillon à la France, qui co-gère le site avec l’office du tourisme de Ste-Hélène. Derrière cette pièce, on trouve les appartement des amiraux! C’est donc là que logent les personnalités françaises de passage à Ste-Hélène.
Nous avons droit à une visite guidée avec Magellan le guide officiel du site, et tout un groupe de chinois, venus passer la semaine à Ste-Hélène, et que nous croiserons régulièrement sur les sites d’intérêt. Voici donc l’intérieur de the Briars, une simple pièce, très lumineuse.
Il pleut, le temps est maussade, mais le jardin, superbe tout de même.
Nous quittons la vallée de The Briars, où s’est installé le consul de France, Mr Martineau, devenu LE spécialiste de l’époque napoléonienne à Ste-Hélène, et auteur de plusieurs ouvrages faisant autorité sur le sujet.
Puis nous voilà quelques kilomètres plus loin à Longwood, la demeure où Napoléon séjourna plus de 5 années. Le temps s’est encore dégradé, il pleut dans discontinuer, comme du temps de Napoléon, qui se plaignait du climat humide et sinistre de Ste-Hélène.
De l’extérieur, la maison ressemble étrangement à Créach’meur, notre maison en bretagne, un ancien sémaphore.
C’est sans doute le style militaire de l’époque qui veut ca.
La visite est fort interessante, on y découvre mille détails de la vie de l’empereur :
sa détestable relation avec Hudson Lowe, le général anglais en charge de sa captivité, qui refusait absolument d’appeler Napoléon « Empereur » , car Les anglais ont toujours refusé de le reconnaitre comme tel
la paranoïa maladive de Lowe ci qui craignait plus que tout une seconde évasion de Napoléon, qui rendit le séjour de Napoléon fort pénible
ses soucis de santé incessants : problèmes digestifs, maladies de peau, fièvres de malaria…. Il était à la fois très robuste, animé d’une volonté de fer, mais de santé finalement plutôt fragile.
Il a vécu à Longwood les 6 dernières années de sa vie, entouré d’une vingtaine de proches et de leur familles, fidèles et dévoués compagnons de route, prêtre, serviteurs….qui formaient comme une petite cour française. Ces hommes, femmes et leurs enfants étaient libre, eux, car c’est de leur propre gré qu’ils ont suivi Napoléon en exil, mais très surveillés;
1500 hommes ont été dépêchés sur l’île pour le garder : il n’était donc pas libre de ses mouvements : la moindre promenade était surveillée, chaque visite à l’extérieur de Longwood devait être négociée, préparée et sérieusement encadrée : elles furent assez rares d’ailleurs.
Dernière visite à thème : la tombe de Napoléon, dont la dépouille et le cercueil restèrent 20 ans sur le sol britannique, avant qu’elle ne soit rapatriée en grande pompe en 1840, pour reposer, selon sont souhait, à Paris, près des Français. Ses cendres sont aujourd’hui au Panthéon.
Il avait lui-même choisi le lieu de sa sépulture, le fond d’une petite vallée non loin de Longwood où il aimait à se promener. L’endroit est charmant… et très humide!! Normal, il pleut vous me direz. Mais la qualité de la mousse, épaisse, spongieuse, sur les bas-côtés nous fait penser que ce chemin reçoit fort peu les rayons du soleil…
Le site, particulièrement bien entretenu, est tout comme The Briars et Longwood, propriété des Domaines de France.
Ces visites à caractère historique nous font réviser (un peu) notre histoire de France, et nous pencher à tout le moins sur l’héritage laissé par Napoléon 1er : la Banque de France, le code Civil qui abolit les privilèges, les lycées d’état qui forment les élites, les préfets nommés à la tête de nouveaux départements et l’ordre de la Légion d’Honneur qui récompense les français méritants. Autant de réformes qui modernisent la France de l’époque.
Nous continuons nos visites sous la pluie…
Dernier stop de la journée : The Plantation, la résidence du Gouverneur, qui en l’occurence est en ce moment une femme. Elle est apparemment très aimée, et est particulièrement active dans la défense du droit des femmes, et l’aide aux nécessiteux.
Ici les gouverneurs, un peu comme nos préfets, sont nommés pour une courte période, 2 années, renouvelable.
Dans les jardins, des tortues offertes par les Seychelles se baladent en liberté.
Nous redescendons vers Jamestown , ou il fait très beau, alors que nous avons passé la journée sous la pluie dans les hauts… grrr, c’est un peu rageant, mais typique du climat saint.
L’état de chargement des batteries du bord nous le confirme, en bord de mer, c’était grand soleil!!
La visite du musée de Ste-Hélène nous confirmera que le climat est ici très lié au relief : les côtes sont sèches, arides et ensoleillées (type savane), puis plus on avance dans l’intérieur des terres, plus l’humidité et la couverture nuageuse augmentent, en gradients progressifs, jusqu’à atteindre dans les vallées boisées de l’intérieur de l’ile une hygrométrie parfaite pour les fougères, mousses et lichens qui ne voient jamais le soleil.
aridité de la roche volcanique sur les côtesfleurs tropicales près du littoralsavane côtièrevertes valléessous-bois moussus
Le RMS (Royal mail Service) Ste Helena est arrivé la veille, c’est l’avant dernière rotation du célèbre navire affrété par la couronne britannique pour la dessertes des île Ste Hélène et Ascension.
En opération depuis les années 80, il est aujourd’hui mis en vente car l’aéroport de Ste-Hélène est enfin opérationnel! Cela fait 70 ans que les « Saints » attendent leur aéroport. Ascension, la petite voisine, qui n’est peuplée que de 900 personnes, et encore, tous travailleurs sous contrats (pas de famille ni d’enfants là-bas) en est équipée depuis … 1942!
L’histoire de l’aéroport de Ste-Hélène, c’est un peu celle de Notre Dame des Landes : à l’exception notable de son volet écologique, et de son dénouement, puisqu’il est opérationnel depuis octobre dernier. Les lenteurs administratives, ajoutées aux tergiversation sur le choix technique de l’emplacement, à un coût pharamineux (plus de 300 millions d’euros) et de réelles contraintes météorologiques sont la raison de ces retards. Ajoutons à cela la crise financière de 2008 et les alternances politiques des décisionnaires, et on obtient pas moins de 70 ans d’attente pour obtenir l‘équipement tant attendu. Sans doute un record mondial…
Alors, depuis octobre 2017, une desserte hebdomadaire depuis Johannesburg sort Ste-Hélène de son isolement.
La moitié du traffic est ilien : des familles, des étudiants, des travailleurs, des malades partent vers l’Afrique du Sud et continuent le plus souvent vers Londres. L’autre moitié, c’est le tourisme qui l’apporte : 20 à 30 passagers par semaine.
Car l’île à beaucoup à offrir : son isolement la rend attractive bien sûr, mais aussi son cadre de vie, son passé historique, sa faune (requins baleines, raies, dauphins, oiseaux endémiques), sa flore, sa géologie/géographie unique sont des atouts. Randonnée, VTT, plongée attireront les touristes, tout autant que le .
Notre ferry n’est que dans 30 mn, nous nous offrons une pause café-gateaux à l’hôtel du Consulat. Là encore, les pâtisseries à l’anglaise sont délicieuses et joliment présentées : carrot cake, cupcakes au gingembre, muffins triple chocolat, victorian sponge cake, lemon meringue pie….
Le lendemain, c’est jeudi, jour de livraison de fruits et légumes par les maraichers locaux, nous partons à terre faire les courses. Les différentes supérettes de Jamestown sont livrées une fois par semaine par les petits producteurs : il vaut mieux y aller tôt pour être bien servis. Comme souvent dans les petites iles, chaque commerçant a ses produits, phares, et je trouverai mon bonheur un peu partout :
à la coopérative, des fruits et légumes originaux : physalis, calamanci (mini mandarines), fèves, courges butternut
chez First, des légumes locaux : carottes, choux-fleurs, chou vert, brocolis, patate douce, igname
chez Queen Mary, les fruits d’importation (pommes et oranges à jus)
Chez Thorpe l’excellente viande locale : filet de porc, steak de boeuf, cotes d’agneau, et le pain de la boulangerie Solomon.
chez Tinkers, le beurre, importé congelé, au prix prohibitif de 14€ le kilo….GLOUPS. Mais il est difficile pour nos petits bretons de s’en passer.
A noter chez Queen Mary le tableau d’affichage indiquant les produits en stock, non montrés en rayon : cela va des matelas, aux tables de jardin, en passant par des extincteurs, des WC, de la chaine de mouillage…
Heureusement, il existe un système original de « consigne » informelle : derrière les caisses, des étagères permettent de déposer ses provisions, une fois les courses payées, et d’aller les continuer ailleurs…. Comme la rue est en pente, en redescendant, on récupère à droite à gauche tout ses sacs…
Notre prochaine traversée est d’une dizaine de jours, il nous faut donc un avitaillement conséquent et je suis ravie de ce que j’ai pu trouver dans les magasins, bien meilleur que ce à quoi je m’attendais : les légumes ont le même goût savoureux que le panier de légumes bio de Nicolas, mon maraicher en Bretagne. C’est en effet l’un des aléas du voyage : on se nourrit de ce que l’on trouve, et on fait ses courses au plus pratique et au plus proche pour l’embarquement des vivres, car il est rare que nous ayons un véhicule…
Alors, les fruits et légumes ne sont le plus souvent ni bio, ni du marché.
Mais la grande surprise de ce voyage et de voir que la qualité moyenne des produits est excellente, l’essentiel de ce qui est vendu est produit localement, et cette tendance va en s’accentuent, au profit de la qualité, du goût, et de la baisse des prix!
Seule exception au tableau : l’île de Cocos (Keeling) dans l’Océan Indien, qui importe par avion 100% de sa consommation d’Australie : une aberration. D’autant que l‘on sait aujourd’hui, grâce aux progrès de la permaculture, que la production de légumes est possible même sur des atolls de sable sous les tropiques.
A Sainte-Hélène, la viande est locale, et les infrastructures sont dimensionnées : l’abattoir traite une dizaine de bêtes par semaine. Seule ombre au tableau : pas de lait frais local, pour des raisons de réglementation : les anglais imposent le lait UHT! Grrrr. Pas de bon lait de vache fermier, ni de beurre, ni de fromage local.
Mais globalement, ce petit territoire de 4000 âmes est assez exemplaire du point de vue de l’autosuffisance.
De retour au bateau, nous longeons comme d’habitude le quai, qui en ce moment grouille d’opérations de déchargement du RMS St-Helena.
Le port du casque est donc obligatoire sur les derniers 200m du quai.
Vendredi matin, nous allons tous les 5 au poste de Police faire nos formalités de départ, puis en profitons pour faire un tour au musée voisin.
Il est tout petit, mais passionnant de toute la richesse historique et stratégique de cette île. Les enfants sont emballés, et se passionnent pour toutes les vitrines, il est vrai très bien faites et richement illustrées d’objets du quotidien, maquettes, uniformes….
Un premier pôle traite des bateaux qui ont relié l’île au continent Africain et à son territoire de rattachement, la Grande Bretagne.
Une succession de caravelles, brigantines, frégates, goélettes… puis de navires modernes.
Celle aussi des nombreux naufrages autour de l’île, qui font la joie des plongeurs, comme ici la photo du Papanui, épave sur laquelle nous avons plongé. .
On y découvre ausssi le destin du bois d’ébène local, que l’on croyait disparu, puis retrouvé par deux botanistes dans les années 80 sur les falaises abruptes, dont on a recommencé l’introduction par boutures dans plusieurs endroits de l‘île.
Moins chanceux, le perce-oreille géant, disparu dans les années 60, et dont on déplore le pillage par des botanistes Belges…
On découvre aussi le profil sous-marin de l’île, cone volcanique émergent
L’uniforme d’apparat du gouverneur et son impressionnant chapeau de plumes blanches!!
Le coffre d’écriture de la Reine Victoria : c’est là qu’elle stockait ses livres, journaux intimes, etc…
En haut, Anna apprend à se servir des pavillons comme signaux.
Un peu plus loin, des déguisements sont à disposition de petits et des grands! Marin ou pompier?
On en apprend aussi un peu plus sur les moyens de subsistance des iliens tout au long des siècles : produire fruits et légumes, et les vendre aux navires de passage est une longue tradition.
Pour les femmes, au siècle dernier, c’était la broderie, pour les hommes, les filatures de lin, grâce aux plantes importées de Nouvelle Zélande.
En sortant du musée, nous assistons au départ du RMS St Helena, qui part ravitailler Ascension, autre île de la couronne Britannique. A son bord, une centaine de travailleurs, dans les telecom essentiellement et les services, car Ascension est une des bases importantes de télécommunication de la Nasa. Il n’y a pas de village, seulement des employés sous contrat.
A bord également quelques dizaines de touristes qui voyagent par cargo, original, quand on a du temps!
Nous partons aussi explorer le sentier côtier nord, qui mène à l’ancien poste de télécommunication de l’île : c’est là qu’était installé le premier poste de télégraphie, dont le cable relie encore l’île à l’Afrique du Sud.
Le site est intéressant. Nous découvrons un vrai petit village, avec un joli plant de coton
la bogue du cotonla fibre de coton, que les enfants commencent à filerla fleur de coton, aux douces pétales
plus une garnison,
des bunkers,
des canons, des bureaux, un poste de commandement
et la vue sur la ville et le port de Jamestown méritent les 20mn de grimpette!
Nous déjeunons une dernière fois chez Anne’Place, envoyons nos derniers emails, postons les dernières cartes postales aux copains de l’école.
Pendant que Loïc rentre au bateau avec les enfants préparer Moby pour le départ, je m’offre une petite escapade d’une heure le long du ruisseau qui traverse la ville. Cette promenade, dite « the Run », est originale, le long des berges citadines, entre potager,
jardins,
terrasses de maison….
En fin d’après-midi, nous appareillons pour le Brésil.
Bye-bye St-Hélène, qui fut une escale totalement unique sur notre parcours, loin des images des cartes postales d’eaux turquoises et de sables blancs, mais très attachante!
Nous arrivons à Capetown après 5 jours d’une navigation côtière fatigante, avalant d’une traite les 800 NM qui nous séparent de Capetown, négociant courants, dépressions, bascules de vent, et les caprices des phénomène côtiers des abords montagneux du sud de l’Afrique.
La dernière partie, qui sépare l’Indien de l’Atlantique, après avoir passé le cap des Aiguilles, fut la plus pénible. Nous longeons la cote de nuit, au louvoyage, tirant des bords dans un couloir de 20 NM entre la côte, constellée de casiers de pêcheurs qui traquent le homard, et le rail des cargos. Loïc vous prépare prochainement un post sur la navigation dans l’Océan Indien, et en particulier sur la portion africaine de notre route.
La plupart des voiliers effectuant cette route optent pour de petites étapes, et font escale en route à Durban, East London, Port-Elisabeth, et Mossel Bay, car la météo est changeante et incertaine. Mais ces escales ne sont pas très agréables : le port de Durban vient d’être ravagé par une très grosse tempête qui a détruit beaucoup d’infrastructures, Port Elisabeth est un gros port commercial aux installations portuaires sales et peu commodes pour les plaisancier… A quoi il faut ajouter A CHAQUE ESCALE des formalités d’entrée et de sortie particulièrement pénibles et procédurières. Alors nous comptons sur la vitesse de Moby et un peu de chance dans les bascules météo pour faire le trajet d’une traite. Et ca passe : nous n’aurons pas à faire escale en route.
Quel joie alors d’arriver au port de Cape Town, même sous le crachin! Très vite le ciel s’éclaircit et voilà le soleil!
Nos amis de Cool Runnings nous offrent un beau comité d’accueil.
L’arrivée est un spectacle en soi, car il nous faut négocier deux pont, l’un tournant, celui de la Clock Tower,
le pont tournant, et la Clock Tower, et Signal Hill en Arrière plan
et l’autre levant, celui du Alfred Basin. Deux fois par heure, les ponts s’articulent pour laisser entrer et sortir les bateaux des bassins. Les badauds, empêchés de passer, restent sur les quais à nous regarder…
Nous connaissons bien la ville, Loïc y a fait de nombreux séjours pour raisons professionnelles, et nous nous réjouissons déjà de passer près d’un mois au ponton de la marina du Waterfront,
Moby à la marina du Waterfront
quartier portuaire touristique de Cape Town, largement plébiscité par ses habitants, qui en ont fait leur second centre ville.
la table Mountain en arrière plan
Nous adorons son ambiance animée, festive, cosmopolite et mélangée, dans un port qui a su faire se cotoyer activité économique, touristique et culturelle.
L’aquarium de Capetown
L’aquarium jouxte les cales de radoub, les hôtels de luxe surplombent les chantiers navals, le centre commercial suit les lignes du quai,
restaurants, bateaux de charters, la Grande roue, et le centre commercial au fond
qui accueille bateaux de pêche, navires d’exploration, et bateaux de course de passage
La Volvo Ocean Race
On adore aussi l’ambiance arty : des groupes musicaux de tous styles se relaient tout au long de la journée, pour des performances musicales en plein air, devant les bateaux de charter à la journée qui font découvrir la si photogénique « table Mountain ».
le quai des pêcheurs, et la Table Mountain en arrière plan
Nous nous sommes dépéchés d’arriver à Cape Town car elle accueille pour encore quelques jours encore une étape de la Volvo Ocean Race, la course autour du monde en équipage et en escale sur des bateaux de monotype. C’est l’occasion de montrer aux enfants l’organisation d’une course au large. Pendant 10 jours, nous gardons un rythme soutenu d’école le matin, et de détente l’après-midi, consacrée à la visite de la ville et ses alentours, aux paysages si grandioses et variés.
Nous déposons aussi la GV et le code zéro pour de petites réparation et renforcement : nos voiles ont plus de 35 000 NM, et doivent encore nous porter quelques milliers de milles supplémentaires, pour nous rentrer à la maison, alors nous les bichonnons!
Nous passons au moins une heure tous les après-midi sur le site de la Volvo. Il y a tous les jours quelques chose de nouveau à découvrir : nous assistons à la remise à l’eau des bateaux après leur période d’entretien,
visitons l’intérieur d’une maquette grandeur réelle d’un bateau, participons au défi des winches, allons assister au départ d’une course dans le port…
Il n’y a pas de bateau portant pavillon français, mais nous décidons de soutenir DONGFENG, un bateau chinois,
skippé par le talentueux finistérien Charles Caudrelier, avec un équipage en large majorité français, dont quelques noms bien connus de la course au large et de l’olympisme : Pascal Bidegorry, Jérémy Beyou, Marie Riou .… L’ aventure de ce sponsoring, qui participation à sa seconde Volvo, et la création de cet l’équipage franco-chinois est une belle histoire humaine, que je vous engage à aller lire sur le site de Dongfeng. Lors de sa première participation à la Volvo, Charles l’outsider avait fait sensation en remportant un podium, avec un équipage de marins chinois débutants. Pour cette seconde participation, Dongfeng navigue pour gagner, en a tout le potentiel, et fait partie des 3 bateaux favoris pour la coupe, tout en contribuant à créer une émulation de course au large chez les chinois!
Ce samedi justement, c’est la veille du départ de la Volvo dont les 9 équipages vont rallier Cape Town à Melbourne, pour leur première étape dans le grand sud. Nous décidons de sortir en mer sur Moby pour aller assister à la « in-port race », une petite régate dans la baie, qui permet aux équipages de régler leurs bateaux, avant de prendre la mer le lendemain pour la 3ème étape de leur tour du monde. C’est amusant, de croiser pendant notre tour du monde, des professionnels qui font la même chose, mais en sens inverse!
Nous avons convié sur Moby nos amis américains de Cool Runnings. Ben et Gaby, les amis de Victor se passionnent pour la course, en particulier Gaby qui se verrait bien un jour naviguer sur ces bêtes de course en plein atlantique sud, et en faire son métier.
Gaby, Ben et Gudrun, nos amis tourdumondistes!
Loïc, en bon régatier sait approcher Moby aux premières loges, près de la ligne de départ.
C’est parti, les 6 bateaux s’élancent.
Dongfeng est en tête.
Les bateaux vont virer une bouée vers la montagne du Lion.
Ils reviennent
A notre bord, Mariana, et le petit Bart, nommé en l’honneur de Bartolomeu Dias, le célèbre marin portugais. Le papa de Bart est navigateur sur Scallywag, il est donc sur la ligne de départ, et le seul marin portugais de la course. sa maman aussi navigue, mais pas en ce moment.
Bart regarde le bateau de son papa
Mariana et Bart avaient assisté au départ sur un semi-rigide de l’organisation : au bout d’une heure, le petit Bart est frigorifié, on nous demande de les accueillir à bord : excellent choix, Moby, c’est le family boat, nous avons 6 enfants à bord cet après-midi!
Sur l’eau, ca bataille sec, et nos 3 ados se passionnent pour la course!
Les virements de bouées sont impressionants Et c’est aussi passionnant de voir les équipages manoeuvrer, rythmés, séquencés, en particulier pour nous qui naviguons en équipage réduit. Nous observons avec attention tous les participants
Et sommes heureux d’acclamer Dongfeng, vainqueur de la régate!
Les enfants sont impatients de voir Noël approcher, synonyme de vacances, avec la famille qui arrive dans quelques jours. Nous commençons à décorer Moby : les chaussettes et bonnets de Noël sont mis à aérer sur le trampoline,
le calendrier de l’avant est sorti, bientôt la crèche à dépoussiérer, et un sapin à fabriquer!
notre crêche en carton, agrémentée d’animaux d’Afrique
Source de joie supplémentaire, deux nouveaux petits amis francophones pour Arthur et Anna! Alex et Ines sont suédois, mais parlent très bien le français, et font aussi le tour du monde avec leurs parents via la WORLD ARC, émanation du fameux rallye ARC créé par Jimmy Cornell, sur une monocoque de 41 pieds, Take Off. Tous les après-midi, après l’école, ils se retrouvent pour jouer. Le trampoline, la chaise de mat, ca défoule!! Mais pourquoi donc Moby est-il toujours le bateau préféré des enfants ?! ;-)))
L’un des grands bonheurs de Cape Town, c’est de côtoyer des animaux en ville : les phoques bien sûr, qui ont colonisé la marina et le bord de mer, ils sont partout, mais pas dans nos jupes tout de même, comme aux Galapagos.
C’est toujours aussi amusant de les voir nager et se prélasser dans l’eau.
Les cormorans sont tout aussi peu farouches, et s’étendent au soleil sur les pontons.
Incroyable aussi cet aileron qui sort de l’eau, en pleine marina! Ce n’est pas un phoque, ni un dauphin bien sur, ni une raie… mais un incroyable poisson lune ou Mola-mola Fascinante créature. Nous le verrons plusieurs fois sortir sa nageoire pendant les heures chaudes.
Cape Town, ce sont les retrouvailles, en famille, mais aussi entre amis, avec Fred et Esmeralda, en escale à Cape Town. Loïc gravira la table Mountain avec eux-j’en suis privée, la faute à mon entorse réunionnaise qui peine à se rétablir…
Nous ferons aussi la tournée des grands ducs un soir, jusqu’à pousser les portes du très « hype » bar de l’hôtel le Silo. Cet Hôtel a été aménagé en même temps que le MOCAA Zeitz, le plus grand musée d’Art Contemporaint d’Afrique, dans un ancien silo : L’architecture est ambitieuse, créative, et design.
La déco du bar est rococo-chic, où nous prenons plaisir à essayer la carte des cocktail.
Le joyau de l’hôtel, c’est son roof-top bar avec sa piscine, qui ne se visite qu’en journée…
mais le sourire persuasif d’Esmé aura raison du barman, qui nous fait visiter les lieux en douce…. La ville se déroule sous nos yeux, de nuit, c’est magique!
Enfin, mes parents et mon frère sont arrivés! Nous commencerons un safari de 5 jours au Kruger, et continuerons à jouer aux touristes pendant une semaine à Cape Town : nous nous promenons autour de la ville et de ses environs avec le bus rouge à étages, partons explorer le jardin botanique de Kirstenbosch, visitons avec beaucoup d’émotion Robben Island, l’île où fut emprisonné Nelson Mandela pendant 17 ans, emmenons les enfants voir à l’aquarium les espèces marines locales, puis au cinéma voir le dernier Star Wards en 4D , partons nous baigner par un jour de canicule sur les plages de Clifton…. Bref, une vraie vie de citadins et de touristes!
La veille de Noël, nous partons pour la journée faire le tour de la péninsule du Cap. Nous longeons les très chics plages de Clifton et de Camps Bay, puis passons par Hout bay, autre quartier résidentiel très prisé.Ici, les maisons sont construites à flanc de colline, et protégées par un pare-feu naturel minéral.En effet la lande, doit bruler pour se régénérer tous les 5 à 10 ans. Alors, les autorités déclenchent régulièrement des feux maitrisés , comme ici, où tout un pan de la colline a brulé.
Passé la plage de Nordhoek,
nous traversons la péninsule via le scénique Chapman’s peak drive, en direction de Simon’s town , qui abrite l’une des deux colonies continentales de « African penguins » d’Afrique du sud. Elle est en plus très facilement accessible, sur la petite plage de Boulder’s beach. Assez récente, puisqu’elle ne date d’il y a guère plus d’une trentaine d’années, cette colonie a prospéré, initialement au grand dam des riverains, qui se voient désormais sans accès à la plage…
Pour canaliser le flot de touristes, et préserver les dunes et l’environnement, une promenade en bois au-dessus de la plage a été crée, particulièrement bien intégrée. Les pingouins sont vraiment très cocasses à observer. Nous sommes chanceux, car c’est la grande période de nidification. Nous avons la chance d’apercevoir à la fois des oeufs couvés, et des oisillons tout juste sortis de l’oeuf.
Sur la plage, ça nage, ça se dandine, ça jacasse, caquète et ça sent le chien mouillé…
Après une petite demi-heure passée à les observer sous toutes les coutures, nous mettons cap sur le parc naturel de la péninsule : le site abrite une somme incroyable de plantes endémiques, dans la lande appelée ici « fynbos » (prononcer faïnboss). C’est aussi une réserve naturelle d’animaux, et nous ne serons pas en reste : très vite, nous devons nous arrêter sur la route pour laisser passer des singes! Des babouins de bonne taille, qui sont ici chez eux : on les voit jouer, s’épouiller, se courir après.
Puis ce sont des autruches, avec leurs petits qui paissent tranquillement. La mère est vraiment énorme, on peine à croire que ce soit un véritable oiseau.
Il est de plus en plus difficile de les observer en peine nature car les autruches sont braconnées pour leur chair, très à la mode-et il faut dire délicieuse, à mi-chemin entre le magret de canard et le filet d’agneau. Il faut donc prendre garde à n’acheter que des morceaux dont la provenance a une traçabilité irréprochable.
Et un peu plus loin encore, plus haut sur le versant, une antilope ; Plus difficile à voir, heureusement, ces 5 jours de safari nous ont exercé l’oeil à spotter les animaux. Les enfants sont particulièrement bons, avec leurs yeux de lynx.
Ca y est, nous voici arrivé, au cap de Bon Espérance! Très connu des marins, ce n’est ni le cap le plus austral- qui est celui de Cape Point-, ni celui qui effectue le partage des eaux entre Océan Atlantique et Indien-c’est le Cap de Aiguilles, à quelques dizaines de milles plus à l’est.
Mais c’est le plus connu, car celui qui était viré le premier par les bateaux en provenance d’Europe et d’Afrique, signe que la route des Indes n’était plus très loin.
Nous décidons justement de faire à pied le chemin qui sépare le cap de Bon Espérance du phare de Cape Point.
Le paysage est spectaculaire : falaises vertigineuses, mer bleu cobalt, écume de neige, forets de laminaires à perte de vue, plages étincelantes,
Je me régale de la variété de la végétation endémique du fynbos; les plantes ont toutes un air plus ou moins préhistoriques.
les plantes grasses sont amusantes;
Certaines sont bien connues de nos cotes bretonnes, comme ces doigts de sorcières, qui sont une peste chez nous.
Et que dire de ces étonnantes plantes rampantes aux allures de serpent
Beaucoup de fleurs aussi en ce début d’été.
Ceux que je préfère, ce sont les pincushions, cousins des Protéas
Toutes forment un camaïeu extraordinaire.
Nous peinons sou la chaleur du soleil africain, heureusement tempéré par l’air marin.
En contrebas, la page de Dias, du nom du célèbre Bartolomeo Dias, le navigateur portugais qui fut le premier à contourner la pointe de l’Afrique; traçant une route qui deviendra si célèbre : la Route des Indes.
Un couple de rapaces niche à flanc de falaise
Ca y est, nous voilà en haut, au phare de Cape Point!
Avec une vue 360° sur le cap de Bon Espérance à l’ouest, et sur False Bay au nord-est.
Nous redescendons en passant par les dépendances
Le lendemain, c’est Noël, que nous fêtons en famille. Après un très bon dîner au restaurant, nous allons voir si le père Noël est bien passé sur Moby?OUIIIIIII!Nous découvrons aussi les magnifiques carte de Noël individuelles que nous a créé et envoyé Sonia, la chérie de mon frère qui n’a pas pu prendre de vacances en cette période de fêtes. Merci Sonia de cette délicate et artistique attention!
Dès le lendemain de Noël, nous sommes en pleins préparatifs de départ : la fenêtre météo est idéale pour appareiller dès que possible pour Ste-Hélène, petite ile perdue au milieu de l’Atlantique sud, et qui nous permettra de faire un bon break dans cette longue traversée océanique.
J’en profite comme toujours, en plus de l’avitaillement classique pour 10 jours de traversée, pour faire le plein d’excellents produits longue conservations locaux : les fruits secs sont délicieux, en particulier les demi-pêches et demi-poires, les mangues, et les pommes déshydratées. Le biltong aussi, cette viande de boeuf (ou de gibier comme l’autruche ou le kudu) séchée, et assaisonnée, qui se conserve des mois. Et du vin bien sûr! Le Champagne sud-africain n’arrive pas à la cheville de celui de Nouvelle-Zélande. Mais nous apprécions beaucoup certains vins rouges, en particulier les « pinotage », du nom de ce cépage typiquement sud-africain, qui donne un vin de caractère, mais pas tannique.
Après 3 semaines d’escale en marina, très agréables par ailleurs, nous sommes heureux de larguer les marres, pour des horizons moins citadins.
Bye-bye table Mountain
Nous longeons Robben Island, et passons à raser un banc de baleines! Ouf!, nous n’avons pas touché, et Whaou!, nous n’en avons jamais observé autant d’aussi près.
Bye-Bye Africa, nous voilà de retour dans l’Océan Atlantique, encore frais à cette époque, car la mer dépasse à peine les 16°! L’équipement douillet est de sortie : je suis heureuse d’étrenner mes toutes nouvelles bottes étanches, que je ne quitterai pas de la semaine.
Cette année, notre cadeau de Noël à tous, c’est un safari en famille au parc Kruger ! Il nous semblait en effet incontournable lors de notre séjour sud-africain d’aller passer quelques jours en immersion dans la savane africaine. Mes parents et mon frère, venus passer les fêtes de fin d’année avec nous, font partie du voyage.
La faune, la flore et les paysages sont en effet l’une des grandes richesses de l’Afrique du Sud. Participer aux activités touristiques, c’est aussi faire vivre le pays, et contribuer à la protection de ces espaces naturel protégés.
Nous avons choisi le Mopaya Resort, un des seuls lodge francophone du Kruger, ce qui permettra aux enfants de profiter pleinement du savoir des guides qui nous accompagnent. Le parc Kruger est unique en son genre, de par sa taille, grand comme la Bretagne, son ancienneté aussi, et sa popularité, y compris auprès des sud-africains eux-même qui le fréquentent beaucoup pendant les vacances.
C’est une réserve « BIG 5 », du nom des 5 animaux les plus dangereux pour l’homme :
le Buffle,le Lion,
Le Léopard,
L’Eléphant et le Rhinocéros.Curieusement, sur ces 5 animaux, 3 sont herbivores…. (le buffle, le rhino et l’éléphant…).
Ce terme de « BIG 5″ a été créé à la grande époque de la chasse « loisirs » en Afrique, du nom de 5 animaux les plus dangereux pour le chasseur se déplaçant à pied. Le terme est resté, et désigne maintenant les réserves détenant ces animaux.
Aujourd’hui, le safari prend le pas sur la chasse, fort heureusement, mais de nombreux propriétaires proposent toujours des chasses, tout à fait légales, sur leurs terrains privés. Le business est très lucratif : pour un lion, un rhino ou un éléphant, les riches américains ou émiratis (les deux nations les plus avides de cette activité), n’hésitent pas à débourser 5 à 10 000 dollars par tête abattue. Il faut savoir que si la réglementation des parcs nationaux est très stricte (aucune chasse n’est autorisée, et le braconnage fortement réprimé), sur les réserves privées, tout est permis, même la chasse d’animaux en voie de disparition comme le rhinocéros ou le guépard. Cela génère d’ailleurs un traffic : des animaux sont braconnés, volés dans des reserves, puis relâchés sur des terrains privés. D’autres sont tout simplement élevés au contact de l’homme, puis abattus par les clients, sans avoir jamais vécu leur vie d’animal « sauvage ». Les « pigeons » pensent voir tué un lion sauvage : ce n’était qu’une bête apprivoisée, nourrie depuis des années de la main de l’homme.
Le Lodge Mopaya est 100% ouvert sur le Kruger, et nous sommes logés dans des tentes ouvertes sur la savane. Surprise : au contraire de la plupart des lodges de la région, celui-ci n’est pas protégé par une clôture : les animaux circulent donc librement. C’est à la fois grisant de sentir les animaux si proches, de se réveiller en pleine nature, mais c’est aussi un peu flippant, car les fauves peuvent littéralement approcher à toucher les tentes… En particulier les lions et les éléphants, nombreux sur cette parcelle.
Quelques règles simples nous mettent à l’abri des dangers : la nuit, ne pas rester sur la terrasse, et ne JAMAIS circuler à pied. Un 4×4 nous fait faire les trajets nécessaires entre les tentes et le bâtiment principal.
Mopaya, c’est une entreprise familiale, gérée par Oscar, l’un des rangers, Michel, son papa, et sa maman qui gère en France les réservations. Cela fait 20 ans qu’ils oeuvrent en famille aux portes du Kruger, accueillant des touristes essentiellement francophones. L’équipe rangers-stagiaires est aussi 100% française, composée de jeunes étudiants d’origines variées, tous absolument passionnés par la savane et les animaux sauvages, qui viennent passer 3 mois au lodge pour se former. Tous sont une mine de renseignements sur la faune et la flore locale.
A peine arrivés en début d’après-midi que nous partons déjà en safari, dans la réserve privée de Balulé.
Jean-Baptiste, notre ranger pour l’après-midi est sur la piste des lions. Il y a une coalition de 6 lions mâle en ce moment sur le domaine, qui sont en mode « conquête de territoire », soumettant les femelles, et chassant. Ils sont très actifs, nous les entendrons souvent feuler pendant la nuit, et nous espérons avoir la chance de les croiser bientôt.
Très vite, nous croisons sur notre route un éléphant de retour du bain. Ces mastodontes ont besoin de beaucoup d’eau, et viennent au moins 2 fois par jour s’abreuver aux points d’eau.
Nous roulons en voiture ouverte, pour profiter un maximum de la vue.
Nous croisons de nombreux animaux :
des vervet,ces adorables singes
des phacochères,
des buffles
un chacal
et des girafes.
Nous croiserons aussi des restes d’animaux: ici, chacun a sa place sur la chaine alimentaire,
un patte d’impala, ces gracieuses petites antilopes que l’on croise par centaines
une colonne vertebrale
et une machoire de Kudu
Au soleil couchant, nous nous arrêtons boire une bière devant la rivière Oliphant. Rien de très spectaculaire en terme de faune : des zèbres
un waterbuck au loin
Mais la vue est sublime, les lumières du soir envoutantes, on comprend la passion que beaucoup entretiennent avec ce continent!!
Le lendemain, nous partons très tôt pour un point d’eau, proche d’une habitation. En chemin, gracieux, deux Kudus traversent, une femelle
et un mâle avec ses cornes. Les rayures verticales qu’ils portent sur l’abdomen les aident à se camoufler des prédateurs dans la savane.
Nous sommes en bordure du Kruger, dans une zone habitée : chaque propriétaire terrien a le choix de rester en privé et terrain clos, ou d’ouvrir son terrain sur le Kruger (ce qu’ont fait nos hôtes de Mopaya).
Cela permet une libre circulation des animaux, mais oblige à respecter les règles du parc Kruger : pas de chasse, une libre-circulation des animaux, pas d’intervention humaine etc.;…
On trouve donc dans ces terrains limitrophes toutes sortes de propriétaires : exploitants de Lodge type safari, mais aussi des lodges de chasse, activité encore terriblement populaire parmi les sud-africain et les riches étrangers, des particuliers retraités venus chercher la nature et le calme, …
Quelle chance : c’est tout un groupe d’éléphants qui s’abreuvent! Quel spectacle!
Le ranger se positionne sur leur chemin : nous sommes aux premières loges.
Dans le groupe, un tout petit de quelques semaines à peine.Il se cache entre les pattes de sa maman ou d’autres adultes.
Toutes les femelles de la troupe le protègent et font masse autour de lui.
Les voilà qui repartent,
Toujours groupés,
Une pause café à la rivière Olifant de nouveau.
Les enfants sont captivés par le safari,
et boivent les paroles de nos guides rangers.
Oscar et Jean-Baptiste sont passionnés : Oscar a grandi dans cette ambiance de safaris pendant toute son enfance. Jean-Baptiste vient en Afrique depuis qu’il est très jeune avec son papa guide ranger. Ils ont tout deux la savane dans le sang, et illustrent le dicton africain : « You can take the Man out of the bush, but you can’t take the bush out of the man ».
Nous rentrons déjeuner au lodge et repartons à 14h00 pour une réserve privée, adjacente du Kruger mais clôturée.
Nous commençons par observer au point d’eau un groupe d’éléphants qui arrivent.
Ils se baignent
puis repartent
un tout petit tête sa mère
la troupe s’éloigne
une femelle adulte ferme la marche, et s’assure d’un regard dissuasif que nous ne les suivons pas…
Au creux d’une rivière asséchée, nous croisons un groupe de kudus.
Et quelle chance! Derrière un buisson, 3 lions à la sieste.
Il s’agit d’une femelle et de ses deux « petits » de 2/3 ans. Sans doute de la même portée.
au premier plan, une jeune femelle :
plus loin, la mère et son fils.
Chez le jeune mâle, la tête est plus carrée, et sa crinière commence à pousser.
on dirait vraiment de gros chats, qui s’étirent.
Dans la voiture, nous ne craignons rien, mais seul à pied, un homme serait très vulnérable.
Les lions chassent volontiers en groupe, surtout les femelles, qui élèvent leurs petits. Les mâles sont plus solitaires et passent une grande partie de leur temps à défendre et à marquer leur territoire;
Nous faisons un dernier stop pour profiter du coucher du soleil sur un très beau panorama,
savourons un rafraîchissement avec nos guides,
le soleil tombe sur l’horizon
Le soir au Lodge, nous dînerons sur la terrasse en plein air, au son du feulement des les lions qui rodent…Et au bar, chacun raconte se remémore les moments les plus forts de la journée.
Une coalition de mâles sévit depuis quelques semaines, et se bat pour conquérir le territoire, et les femelles de la zone, de quoi mettre un peu d’animation dans la savane.
Au point que l’un d’eux dormait ce matin sur la parking de la maison d’un des rangers!
Jean-Baptiste tient à les retrouver et se donne beaucoup mal pour les pister. Sans succès.
C’est un éléphant en rut que nous croiserons. Son état est reconnaissable à ses glandes temporales qui sécrètent un must : ce liquide particulièrement odorant s’écoule en permanence. Il est sous une décharge hormonale forte, et cherche une femelle.
Arthur est un peu impressionné de voir cette grosse bête de si près.
Le guide très est attentif aux mouvements de l’animal, lui parle, le rassure, nous ne l’intéressons guerre, il semble indifférent, et repart.
Nous l’aurons vu de très très près!
Ce matin, Oscar nous présente le programme de repeuplement des Guépards, initié par son père et un ami vétérinaire français, il y a de cela une dizaine d’année. Après avoir assisté à une conférence en Afrique du Sud sur le dépeuplement de la faune sauvage, et en particulier l’extinction quasi inévitable d’espèces comme le rhinocéros et le guépard, les deux hommes se sont demandé comment ils pourraient apporter leur aide. Après quelques recherches, il s’est avéré que les guépards étaient largement sous-représentés dans le Kruger, avec une population de seulement quelques centaines d’individus, et que certaines femelles, sans qu’on en connaisse la raison, n’avait jamais eu de petits. Stérilité? En fait non! Il s’avère qu’elles ne s’accouplent qu’avec des mâles étrangers à leur lignée, et venant d’une autre territoire. et comme les guépards ont besoin d’un très grand territoire pour chasser, il faut des territoire encore plus grands pour qu’ils puissent se reproduire?
Les deux hommes se disent qu’un petit coup de pouce de la science pourrait aider les femelles à avoir leurs chaleur, et à s’accoupler, voir même à les inséminer avec de la semence venue de plus loin. Aujourd’hui, le protocole scientifique est au point, a été testé sur quelques femelles en Afrique, et sur plusieurs autres à l’étranger. Il ne reste plus qu’à convaincre l’un des grands parcs privés clos de tenter l’expérience.
Dans l’après-midi, nous nous rendons non loin de là à Mopaya 1, l’ancien resort des parents d’Oscar, aujourd’hui fermé. Sur la route, nous croisons un très élégant hippotrague.
Clos, et sans accès direct au parc Kruger, n’y a aucun des « BIG 5 » au Mopaya 1, ce qui permettait aux clients de circuler librement sans danger.
Les strictes règles du Kruger ne s’appliquent pas, et les propriétaires peuvent donc traiter leurs animaux comme ils l’entendent.
Les points d’eau sont alimentés artificiellement, et les animaux ont 2 fois par semaine droit à un apport de nourriture de la main de l’homme. Cela permet de les approcher de vraiment très près;
Les enfants sont fascinés par ce jeune gnou et cette jeune femelle zèbre. Il faut dire que la tête des gnous est très amusante,
et que la robe des zèbres est tout proprement hypnotique.
Nous faisons le tour des points d’eau :
voici des phacochères,
puis une famille de gnous, puis des zèbres.
Très vitre, les singes vervet arrivent, ainsi que les pintades.
C’est amusant de voir comment ils trimballent leurs petits, accrochés sous leur ventre.
le mâle dominant de la troupe arrive sur le capot de la LandRover.
Son afflux de testostérone lui donne des testicule d’un bleu turquoise étonnant!
Ils ne se battent étonnamment pas pour la nourriture.
Oscar profite pour nous parler des plantes et Inès des autres animaux moins spectaculaires, Comme ces termites, absolument indispensables au biome car elles décomposent les feuilles en humus, donnant de l’engrais naturel. Les termitières sont des habitats incroyablement sophistiqués, abritant des réseaux de galeries maintenant températures et hygrométrie savamment calculées pour y faire pousser … des champignons! Certaines sont colossales, mais on n’en perçoit que la partie aérienne, qui représentant selon le cas 30% du volume total!
Et en fin de vie, les vieilles termitières abandonnées servent d’abris aux phacochères, fourmiliers et autres petits mammifères.
Là, cette plante épiphyte accrochée a des racine aériennes; c’est une orchidée.
Et cet arbre aux racines plongées dans la pierre; c’est le mopaya, un figuier, qui ne germe que quand la graine atteint 60°, donc uniquement sur la pierre brûlée par le soleil d’été!
Nous croisons un groupe de zèbre, à la robe hypnotisante, d’une rare élégance.
Puis un Kalao,
En fin de journée, c’est la pause apéro à la tour de guet, avec la vue au soleil couchant sur le Kruger
et ses cônes volcaniques si caractéristiques.
Sur la route, nous avions trouvé à terre des cornes de kudu. On se demande quoi en faire? Nous repartons finalement avec les cornes du Kudu plantées devant le réservoir,l’occasion d’une petite leçon de mécanique aux enfants.
Ils sont emballé par le safari, suspendus aux commentaires de rangers, et surtout, l’oeil affuté, leurs jumelles autour du cou, prompts à spotter un animal. Parfois, les heures de voiture leur semblent longues, mais l’effort est à la hauteur de la récompense de voir un bel animal évoluer dans une nature si préservée.
Le lendemain, nous partons vers une réserve privée tenue par des amis de la famille. C’est précisément sur une des femelles guépard de ce parc qu’a été tenté l’expérience de l’insémination artificielle, qui a réussi! 3 petits sont nés. Malheureusement, la mère a été tuée en s’interposant avec des lions. Les 3 petits ont survécus, protégés et nourris par les propriétaires. Aujourd’hui, ces 3 jeunes adultes guépards vivent dans la nature, se nourrissent comme de vrais animaux sauvages ; mais ayant été « acclimatés » à l’homme », ils se laissent approcher. Ce matin, nous croisons les deux mâles qui vivent tous deux en coalition : ils chassent ensemble, et ne sont jamais loin l’un de l’autre.
L’un des deux mâles est équipé d’un émetteur radio, qui permet au ranger de le repérer à distance.
Aujourd’hui, le ranger nous confirme que les deux guépard sont apparemment dans de bonnes dispositions pour se laisser approcher, et même caresser!!
Nous sommes surpris de pouvoir approcher (sans danger, on nous l’a assuré!!) ces animaux sauvages
Les enfants sont ébahis, et ne se lassent pas de caresser ces gros chats.
Attention cependant au coup de patte, même involontaire : leurs griffes ne sont pas rétractables ,contrairement aux autres fauves.
Le guépard a cela d’unique en ce que ce grand fauve n’est pas du tout un prédateur de l’homme, contrairement à son cousin le léopard.
Souvent confondus, ils sont en fait très différents :
Le guépard est très fin, léger, ne vit que dans la savane, est vulnérable et une proie pour les autres fauves. Alors que le léopard, cousin des tigres, panthères et du lion, est massif, immensément adaptable, vit dans les forets, la savane, les villes, en climat sec, tempéré ou humide. Il a des cousins partout dans le monde sur tous les continents, des savanes sèches aux forets tropicales, des steppes d’Asie aux contreforts de l’himalayens. Dans le Kruger, sa population est en expansion.
Pauvre guépard : non seulement sa population diminue, mais il est en plus braconné, chassé pour une raison tout à fait ahurissante : les jeune sont capturés vivants et envoyés dans les pays du Golfe comme animaux de compagnie, c’est parait-il très chic de promener son fauve en laisse…
Cette « mode » génère un ignoble traffic de guépard, en particulier de jeunes animaux, et menace l’espère qui risque l’extinction à quelques dizaines d’années.
Espérons que le programme de Mopaya portera ses fruits. Et que cette stupide mode cessera.
Il faut dire que le braconnage et la chasse génère des revenus considérables en Afrique, avec bien souvent la complaisance des états, et la corruption de certaines administrations et responsables de parcs.
La situation des rhinocéros est dramatique, il n’en reste que très peu dans le Kruger, et leur population est à la limite de l’extinction, prévue pour d’ici quelques années, si le rythme du braconnage n’est pas endigué. Plus de mille animaux sont braconné tous les ans, c’est beaucoup plus que leur capacité de reproduction. Les pauvres animaux sont tués pour leur corne, à pouvoir soi-disant aphrodisiaque pour certains asiatiques. (le coït du Rhinocéros est l’un des plus longs du règne des mammifères, et cela fait des envieux ….)
D’autres rêvent de voir le trophée dans leur salon. Au Kénya, ce sont les éléphants qui sont braconnés, et en voie de disparition.
La chasse au « BIG 5 » reste aussi un très lucratif (et légal) business en Afrique du Sud, qui au-delà de sa cruauté, est générateur de traffic et de braconnage illégal. Le Botswana est l’un des rares pays sub-sahariens à avoir légalement interdit la chasse aux animaux sauvages, et à la faire respecter. Mais en Afrique du Sud, on peut sans problème passer commande d’un lion ou d’un léopard à chasser.
Certains parcs sont bien connus pour cela, et « élèvent « même les animaux sauvages dans ce but. Plus dociles, et habitués à l’homme, ils sont ainsi plus faciles à chasser.
Nous croisons d’ailleurs l’un des rhinocéros de cette réserve privée, à qui préventivement on coupe les cornes régulièrement (elles repoussent!!).
Que c’est triste de voir cet animal mutilé de la sorte, pour sa protection justement.
Un peu plus loin, ce sont les hippopotames que nous sommes très heureux d’apercevoir pour la première fois. Leur peau est très fragile, et ne supporte pas le soleil, aussi passent-ils l’essentiel de leur temps à barboter dans l’eau.
Très agressifs et territoriaux, ce sont eux les responsables du plus grand nombre de morts par an en Afrique! Après le moustique (véhicule de la malaria), bien sûr, me fait remarquer Arthur, qui connait ses statistiques .
Nous nous arrêtons quelques minutes prendre le goûter devant un point d’eau
: quelle chance : un crocodile!
Et des rapaces,
Près de l’accueil du parc, les enfants trouvent des trésors :
et repèrent un phasme, toujours aussi intriguant. Quelle journée! Et en rentrant au lodge, nous avons la chance d’apercevoir l’unique Rhinocéros de Balulé, avec une très belle corne lui!
Pendant que mes parents partent pour une dernière balade nature avec les enfants, je reste lézarder avec mon frère Thomas au lodge. Nous profitons de la vue, du silence, des bruits des oiseaux et de la piscine pendant quelques heures, loin des enfants, du bruit des 4X4. Les femmes travaillent, les animaux font la sieste ou passent au point d’eau se désaltérer.
Certains animaux s’approchent de très près
Et nous prenons le temps d’observer de simples nidsNous mesurons la chance qui nous a été de découvrir la savane avec des guides passionnés et passionnants, dans un cadre préservé et respectueux des animaux.
Nous nous sommes parfois sentis gênés par l’intrusion de ces grosses voitures 4X4 dans la nature : bruyantes, massives, elles sont l’efficace rempart de l’homme contre les animaux dangereux : les éléphants lions, rhinos y sont habitués, et nous ne semblons pas les déranger. Je rêve cependant d’un véhicule plus silencieux, moins intrusif et moins polluant pour approcher les animaux.
Autant d’heures de voitures, pas loin de 5 à 6 h par jour, nous a semblé pesant, nous qui n’avons perdu l’habitude justement de conduire, et qui voyageons portés par nos voiles. Mais c’est sans doute le prix à payer pour approcher les BIG5 en toute sécurité.
Les enfants se souviendront toute leur vie de cette nuit où les éléphants se sont approchés à moins d’un mètre de notre tente, pour manger, dans un bruyant concert de branches cassées et de feuilles broyées, … et de pas d’éléphants faisant sembler le sol. J’avoue que je n’étais pas fière de savoir les défenses de ce molosse à un mètre du lit de Victor, séparé du mastodonte par une fine toile de tente et une moustiquaire… Heureusement, les tentes sont posées sur des fondations en béton, donc inattaquables, mais tout de même….
Bref, ce fut un séjour inoubliable, et qui nous a marqué profondément : les animaux bien sûr, mais aussi le terroir, les paysages, la chaleur étouffante et sèche, les odeurs, les bruits de la savane, les nuits fraiches, les journée cuisantes de soleil.
Et merci encore à Oscar et Jean-Baptiste, les rangers qui nous ont guidés, à Inès et Iris, nos jeunes guides stagiaires, si chaleureuses et enthousiastes, elles aussi passionnantes et passionnées par la savane. Nous avons le sentiment d’avoir vécu en immersion dans un écosystèmes unique, que nous ont fait partagé toute une équipe qui oeuvre à sa manière et avec sincérité à sa préservation.
A l’aube, les côtes africaines se dessinent : des dunes de sable ocre, derrière un tiède ciel d’azur. Nous devons attendre une bonne heure à l’entrée du port, en pleine mer, car le traffic nous ordonne de patienter, le temps qu’un cargo sorte…. Nous nous faisons chahuter à faire des ronds dans l’eau, un peu moins que le monocoque qui est à côté de nous, le pauvre est à la peine…Mais c’est ainsi, priorité aux navires commerciaux, Richard’s Bay est le premier port mondial de charbon!
Les sensations sont étranges : en mer, l’air est frais, vif, salin, nous supportons une polaire malgré le grand soleil. Dès que nous franchissons la barre de Richard’s bay, la chaleur nous cueille, le vent est chaud, sec, nous avons gagné une bonne dizaine de degrés en quelques minutes. Arthur a le mot juste : on se croirait dans un sèche-neveux!
Nous arrivons au quai des douanes et de l’immigration à Richard’s Bay : c’est rempli de voiliers en grand voyage! Nous retrouvons des amis, Shuti, la famille d’israéliens que nous croisons depuis Panama, qui ont mis leur bateau au sec à la marina, puis Erik et Birgitta, couple de suédois sur Arial 4, rencontrés à Cocos. Nous faisons aussi connaissance avec une famille de français de Lorient avec 2 garçons de 11 et 16 ans, sur Toumaï, un Sun Kiss.
Les enfants s’en réjouissent : cela fait bien 7 ou 8 mois que nous n’avons pas croisé d’enfants français!
Nous nous reposons, et engrangeons pas mal d’heures d’école, pour prendre de l’avance et pouvoir se prendre 2 semaines de vraies vacances à Noël!
Le quai des douanes n’est pas très glamour, mais nous nous en accommodons. Les enfants en profitent pour sortir les trottinettes et skateboards. Il y a quelques restaurants et commerces, le lieu est très populaire le soir et les week-end. Notre voisin de quai est une épave en férrociment, abandonnée là depuis au moins 10 ans, et squattée par 2 hommes un peu louches. Les deux bougres ne sont pas bien méchants, mais leur bateau est sale, plein de vermine, de trous, et dangereux à traverser.
Nous ne souhaitons pas rester trop longtemps à Richard’s Bay, et voulons rallier cape Town début décembre, qui est pour nous une escale technique importante avant la remontée de l’Atlantique sud en janvier : un nouveau four, la révision des voiles chez le voilier, le remplacement d’une pompe de cale fatiguée etc… Nous scrutons donc la météo tous les jours dans l’attente d’une belle fenêtre.
La navigation est délicate sur la côte sud de l’Afrique : d’abord car nous ne sommes plus en régime d’alizé, nous alternons donc les coups de vents d’ouest et les régimes de vents d’est, un peu comme chez nous en Bretagne.
Et surtout, il y a le très célèbre courant des Aiguilles, qui suit la cote sur plusieurs centaines de kilomètres, avec une vitesse de 4 à 6 noeuds. La bonne nouvelle, c’est qu’il est dans le bon sens, et nous servira de « tapis roulant » pour aller jusqu’à Capetown où nous passerons les fêtes de fin d’année en famille. Le problème est qu’il faut à tous prix éviter cette zone par coup de vent d’Ouest : car le vent contre le courant génère une mer forte et particulièrement dangereuse. Il est illusoire de trouver une fenêtre de 3 jours de vents d’Est à cette période. Il nous restera donc à faire des sauts de puce en nous arrêtant tous les 100 à 200NM sur la côte : Durban, East London, Port Elisabeth sont des escales possibles, ou tenter se faufiler entre des bascules de vent faibles.
La très bonne surprise de cette escale, c’est que nous sommes à une heure trente de route de la plus ancienne réserve sauvage d’Afrique du Sud : le Parc d’iMfolozi a été créé dans les années 50 par des rangers visionnaires, qui voyaient les espaces sauvages de leur pays se dégrader, notamment sous la pression de la chasse. Leur volonté : sanctuariser une partie des terres Zulus, pour que subsiste pour les générations à venir un territoire intacte peuplés de ses animaux endémiques. iMfolozi est né, premier du genre en Afrique du sud, inspiré de grandes réserves américaines, suivi de bien d’autres parcs. Dans 2 semaines, nous irons avec mes parents et mon frère passer quelques jours dans le célèbre Parc Kruger, la plus grande réserve naturelle d’Afrique du Sud. En attendant, nous avons loué une voiture pour le week-end, et nous profitons d’un beau dimanche ensoleillé pour aller faire découvrir aux enfants les animaux d’Afrique dans cette « petite » réserve pas trop touristique.
Nous voilà donc dimanche matin à 5h sur les routes, direction les territoires Zulus. Nous nous sommes levés tôt pour bien profiter de la journée et des animaux qui sortent plutôt le matin et le soir, évitant les heures chaudes.
7h : nous prenons un rapide petit déjeuner à l’entrée du parc, et c’est parti!
Nous dominons d’immenses étendues de savane, et aperçevons de très loin des girafes, des rhinocéros. C’est très émouvant de contempler cette nature sauvage, intacte, que l’homme ne fait que brièvement traverser. Sachons rester discrets : les animaux sont chez eux, nous essayerons d’avoir le moins d’impact possible lors de notre passage.
Le premier animal que nous apercevons, c’est un phacochère, sorte de gros cochon sauvage. Nous en croiserons à plusieurs reprises,
notamment de très près, maman et bébé , à quelques mètres des tables de picnic du M’pila Resort.Dans le parc, plusieurs hébergements sont possibles, dans toutes les gammes de prix et de service : de l’hotel 4* aux tentes aménagées, en passant par de petits lodges privés type bed&breakfast, tout est possible.
Puis voilà des singes : ceux-là sont des babouins, qui traversent la route. Ils sont amusants à regarder, tellement humains dans leurs attitudes. A moins que ce ne soient nous les humains, qui soyons simiesques?!
Enfin, grandioses, les girafes ; avec leur long cou gracile, leur tête inclinée, quelle élégance!
Mais aussi, quelle musculature : le cou est immense, mais trapu à la base, tellement musclé.
Voici des impala, il y en a des milliers dans le parc, peu farouches, elles nous tournent souvent le dos.
Nous traversons rapidement le M’pila Resort,
qui expose d’intéressants trophée de cornes d’antilopes.
En chemin, nous croisons des gardes, qui remontent à dos d’âne le matériel qui aura servi la veille au soir au campement de la rivière White Umfolosi. Deux fois par semaines sont organisés des mini-safaris à pied, avec nuits sous tente, en bord de rivière.
Plus loin, des zèbres paissent tranquillement le long de la route Nous arrêtons la voitures quelques minutes pour les observer. Quelle grâce! Leur pelage est sublime : de base crème, beige ou franchement marron, rayé de noir.
La crinière se dresse le long de l’encolure telle une crete d’iroquois, vraiment, quel panache! Un peu plus loin, cette femelle, sans doute pleine, son ventre est distendu par le gros bébé à venir.
Quelques minutes plus tard, c’est un énorme rhinocéros qui nous coupe la route! Le premier d’une longue série : impressionnant, sont corps fait en longueur presque toute la largeur de la piste.
Dans le ciel, beaucoup de rapaces, à la recherche de proies et de carcasses.
Nous longeons la rivière, à la recherche des points d’eau auxquels les animaux viendraient s’abreuver. Nous n’aurons que peu de chance et n’apercevrons que quelques antilopes et un buffle au bord de l’eau : pas de panthère, ni de lion, ni de guépard. Mais en revanche, des paysages inspirants, peuplés d’oiseaux et de grands animaux .
Nous nous arrêtons pour déjeuner sur une are de picnic spécialement aménagées, et sans danger. En effet, partout ailleurs dans le parc, il est interdit de sortir de son véhicule. Nous déjeunons sous un arbre. Le vue sur la rivière est magnifique.
Les enfants découvrent des traces de pas, dans de la boue séchée. Elles sont énormes! C’était un éléphant! Nous remontons la piste : l’éléphant a longé toute l’aire de picnic sur 100M avant de redescendre vers la rivière.
Nous reprenons le sentier qui longe les berges de la rivière, et tombons sur un groupe de rhinos. Cette fois-ci, ils sont paisibles , ils broutent et nous avons tout le temps de le observer.Ces animaux sont véritablement impressionnants.
De taille colossale, trapus, mais également très longs et courts sur pattes, leur crane et leur tête a des allures véritablement préhistorique : il y a du dinosaure en eux!
Nous sommes très impressionnés par la taille de leur corne avant, longuet effilée, quelle arme ce doit être.
En même temps, ces mammifère sont des ruminants, végétariens donc, comme, nos bonnes grosses vaches!Ils ont cependant un caractère ombrageux, et il ne faut pas les approcher de trop près.
10 minutes plus tard, nous tombons sur papa et maman broutant paisiblement. Nous les apercevons de dos, quel postérieur!!
Puis ils viennent vers nous, quel tronche!
Ce sont des rhinocéros noirs, plus communs que les blancs, et qui abondent dans ce parc. Ils n’ont de prédateur que l’homme, et ne doivent leur phénomène d’extinction qu’à la sur-chasse dont ils sont toujours victime-leur corne est en effet un trophée inestimable pour certains, et a surtout la malheureuse réputation d’être aphrodisiaque en Asie. Certains parcs victime de braconnage en sont rendus à couper et détruire préventivement les cornes de leurs animaux pour les protéger…
A titre de comparaison, pour leur taille, voici Anna devant une sculpture grandeur nature
Plus loin, le paysage vallonné s’offre au regard, peuplé d’Impalas . Ici c’est la station de nettoyage : des oiseaux, sur leur dos, les débarrassent des parasites.
On reconnait les mâles plus âgés à leur cornes de talle moyenne, élégamment torsadées
Embouteillage sur la route! Deux voitures sont stationnées pour laisser passer des éléphants. Nous restons prudemment en retrait, et les observons.Ils sont en train de se nourrir. Ils sont 4 : deux mâles, une femelle et son petit. Le premier male part sur le côté avec la femelle et le petit. Mais un gros male reste, se plante juste devant nous, entre les deux voitures. Il vient se nourrir et avait repéré un arbuste bien feuillu juste à côté de notre voiture.
Je recule un peu, pour le laisser passer, puis reste immobile, comme il est recommandé dans ce cas : ne pas bouger, ne pas faire de bruit. IL n’est visiblement pas agressif. Nous sommes tous les 5 très impressionnés de voir l’animal de si près. L’autre mâle est parti sur le côté, il suit sa femelle de près, et tente une saillie!Le membre que vous voyez trainer entre ses pattes arrières n’est pas un cinquième pied, mais bien son penis!
OUF, notre vieux mâle fait demi-tour, rassasié, nous ne l’intéressons visiblement pas ce qui nous soulage beaucoup : nous ne ferions décidément pas le poids devant un tel mastodonte.
10 minutes plus tard, c’est une girafe qui avance tranquillement vers un arbre pour y brouter des feuilles.
Partis à la recherche des hippopotames au bord de la rivière, nous n’apercevons que ce type de tortues.
Nous continuons notre quête, surement un peu vaine, car il n’y en a que 25 dans tous le parc (contre 700 éléphants, et des milliers de rhinocéros!)
Sur la route retour, un rhino(encore!!) nous bloque le passage : il est colossal : son corps en travers fait toute la largeur de la piste!
Notre dernier arrêt avant de sortir de la réserve : ce très beau point de vue sur la rivière; pas de lion ni de guépard, mais un buffle, de très beaux oiseaux, et ce grand Kudu qui nous attend à la sortie.
Le soleil va bientôt se coucher, il est temps de prendre la route, des souvenirs pleins la tête, avec l’envie de très vite repartir en savane, contempler ces animaux sauvages.
Après 10 jours passés à Richard’s bay, une fenêtre météo s’annonce enfin pour rallier CapeTown. Nous sommes impatients d’y arriver!
Après vous avoir livré ma petite bibliothèque du Pacifique, voici en détail ma petite bibliothèque de l’Indien : mes coups de coeurs lus à bord entre Bali et l’Afrique du sud, inspirés par nos escales, mais aussi par notre voyage. Elle est forcément plus réduite que celle de l’Océan Pacifique, car nous n’y avons passé que 6 mois, et que les escales recelaient moins de librairies bien fournies, sauf en fin de séjour, où je me suis régalée à l’ile Maurice et à la Réunion. A Maurice, les amies du « book club » que je fréquentais lorsque j’y habitais m’ont toutes offert leur meilleures lectures de l’année : merci Claire, Valérie, et Gwen. A la Réunion, la librairie Autrement de St-Pierre m’a vu souvent fureter dans ses rayonnages merveilleusement fournis.
Chagos :
L’an prochain à Diego Garcia, de Jean-Claude de l’Estrac,
L’ancien ministre et journaliste mauricien rend leur dignité aux Chagossiens en relatant l’histoire de ce peuple déraciné. Lors de l’Indépendance de l’île Maurice, en 1968, les Chagos, petites îles de l’Océan Indien, sont détachés de Maurice et rattachés directement à la couronne britannique : les américains ont des vues sur l’atoll de Diego Garcia pour en faire une base militaire. 15 ans plus tard, les Chagossiens sont expulsés de Salomon Islands, Peros Banhos, et Diego Garcia : les américains s’installent à Diego, sur ce qui deviendra la plus grosse base nucléaire américaine hors territoire étasunien.
Le récit est journalistique, factuel, très précis quand aux tractions diplomatiques entre britanniques et américains. Il est aussi émouvant car relatant la vie dans ces îles et le vain combat des chagossiens pour récupérer leur terre. Ce livre nous a permis de vivre autrement notre séjour aux Chagos, dans un esprit de mémoire aux chagossiens dont 2 atolls sont devenus réserves naturelles, prétexte bien pratique pour y réguler les visites de bateaux et empêcher un repeuplement de ces îles aujourd’hui désertes.
Maurice :
Les Chasseurs épices, de Daniel Vaxelaire
La truculente histoire de Pierre Poivre, chasseur d’épices pour le compte du roi de France, au XVIIIème siècle. Sa mission, de toute une vie : aller voler aux hollandais des Moluques muscade et girofliers, et y acclimater à l’ile Maurice les épices qui ont rendus riches la Compagnie des Indes. Un récit historique, documenté et passionnant, qui se lit comme un roman! On y croise tout plein de personnages historiques de renom tels que Mahé de Labourdonnais, Dupleix, Bernardin de St-Pierre etc…. sans compter sa jeune et ravissante épouse, Françoise, parfaite alliée diplomatique.
Les 75 ans du Yacht club de Grand Baie, de Pipo Lenoir
Offert et dédicacé par son auteur, l’actuel manager et ancien Commodore du Yacht Club. Pipo rend hommage au club, qui fut un des hauts lieux de sa jeunesse et de la voile dans l’Océan Indien. Beaucoup de photos anciennes illustrent l’ouvrage, dévoilant la beauté du site à ses premiers jours, et le rôle de ses fondateurs, tous voileux passionnés.
Les rochers de Poudre d’Or, de Natacha Appanah :
Un roman lumineux et poignant sur le voyage et la vie de ces travailleurs engagés indiens, qui quittèrent leurs terres de pauvreté de la péninsule pour vivre et travailler à l’île Maurice au 19è siècle. L’immense majorité ne reverra jamais son pays d’origine, et fera souche à Maurice. L’auteur est particulièrement douée pour faire revivre les sentiments des déracinés pendant leur long voyage en mer et la rencontre entre esclaves noirs et travailleurs indiens, dans ce village de Poudre d’Or, sur la côte Est de l’île Maurice, où les destinées vont se croiser et les vies se mêler. Du même auteur, je recommande également Blue Bay Palace, roman d’amour dans le Maurice actuel, entre deux jeunes gens de milieux sociaux et culturels que tout oppose : leur passion survivra-t-elle à la différence?
et pour les enfants :
L’histoire de l’île maurice en BD et en 4 tomes, de Shenaz Patel et Jocelyn Chanlow, illustré par Laval NG et Christophe Carmona :
un très classique récit historique.
L’île Maurice racontée à mes petits-enfants, de Jean-Claude de l’Estrac
Moins classique, le célèbre journaliste et ancien ministre prend le biais du métissage et du « vivre ensemble » pour retracer l’histoire du peuple mauricien. Plus qu’un récit historique, c’est un message de tolérance, parfait antidote aux préjugés racistes de tout bord. L’illustration est très belle, dans un style coloré, contrasté et plein d’émotion.
La série des Tikoulous,
Incontournable pour les petits, avec ses illustrations naïves et colorées, on adore suivre les aventures de Tikoulou, qui nous fait toujours découvrir un pan de la société mauricienne actuelle.
Réunion :
Daniel Vaxelaire : Chasseurs de noirs
L’auteur relate un passage terrifiant et sanglant de l’histoire de la Réunion : la traque impitoyable d’esclaves « marrons », enfuis de chez leurs maîtres maltraitants, et réfugiés dans les cirques et montagnes reculées de l’île. L’auteur excelle à transformer un récit historique en roman poignant, aux parfums d’une île à la nature et la géographie uniques.
Le piton de la Fournaise expliqué aux enfants
Tout ce que vous vouliez savoir sur le volcanisme, et en particulier sur le phénomène volcanique réunionnais. Il réussit le pari d’un ouvrage à la fois généraliste, tout en prenant illustration sur le Piton de la Fournaise, avec des très belles images locales. Bravo à cette maison d’édition régionale, dont je recommande également le compact petit guide « la Réunion : 152 randonnées », parfait aussi bien pour les touristes de passage que pour les réunionnais
Requin lé là, de Gaston
A la Réunion, le drame de la crise requin a bouleversé les équilibres : depuis 2006, les requins ont fait des morts, des mutilés, et ont touché une population entière à qui on a fini par confisquer la mer. Une BD instructive, non-polémique, drôle, bourrée de chiffres, de faits, et de données scientifiques. Un ouvrage vraiment intelligent, qui pose les bonnes questions, ne donne pas toutes les réponses, mais permet d’ouvrir le débat, et donne de nombreuses pistes d’exploration.
Récits de voyage et écrits maritimes:
Histoires de la Mer, de Jacques Attali
Passionnant et érudit, Jacques Attali regarde la mer avec un biais particulier, celui de relire l’Histoire de l’humanité par son prisme. Notre monde et ses différentes civilisations ont été façonnée par notre rapport à la mer : des première cités construites sur ses rivages, aux guerres qui se sont toutes perdues ou gagnées sur les mers, aux poids des grandes puissances de l’histoire du monde qu’il relie à leur force maritime , sa théorie est intéressante, et sa relecture de l’histoire fort instructive. En particulier les derniers chapitres, inspirants, qui nous mettent au défi d’une mondialisation respectueuse de ses océans qui la nourrissent.
Surfer la vie, de Joël de Rosnay,
Le spécialiste de prospective, nous offre un étonnant essai : il s’appuie sur la métaphore du surf pour inventer un nouveau style de vie, apte à affronter le monde actuel : la société fluide. A travers les arts, la science, la santé, l’environnement, l’énergie, il explore comment le surf et son mode de vie, peuvent nous aider à vivre la société changeante, rapide, évolutive, technique. C’est aussi une ode incroyablement positive et inspirante à la jeunesse, à la technologie, et à l’écologie, bourrée d’exemples et d’idées concrètes, optimiste sur l’avenir des hommes et de la planète : ce qui nous change de la morosité ambiante!
Pour la petite histoire, Joël de Rosnay est d’origine mauricienne, pionnier du surf en France, frère du planchiste disparu Arnaud de Rosnay , et papa de l’écrivain à succès Tatiana de Rosnay.
Sur les chemins noirs, de Sylvain Tesson :
Rien à voir ici avec la mer, mais avec le récit de voyage, oui! Sylvain Tesson est un écrivain-voyageur, géographe et alpiniste, que je lis avec un immense plaisir à chaque sortie de ses livres, depuis son surprenant recueil de nouvelles publié en 2010 « Une vie à coucher dehors ». Il signe là son nouveau livre après un terrible accident qui le cloua au lit des mois : pour conjurer le sort et re-vivre, il traverse la France à pieds « par les chemins noirs », l’occasion d’introspection, mais aussi d’une ode à la france tranquille, au terroir, au territoire, au paysage, à la lenteur, au silence, et à une manière de voyager « slow-life ».
Depuis quelques semaines, nous sommes de retour dans l’Océan Atlantique, via le Brésil, les Antilles, les Bahamas, les Bermudes et les Acores, l’occasion encore de m’inspirer de bien belles lectures! A très bientôt pour un dernier volet de ma Bibliothèque Atlantique.
Nous arrivons en vue de l’île de la Réunion en fin de matinée, après une journée et 2 nuits en mer. L’île est coiffée de son habituel petit nuage, aussi n’apercevons-nous pas ses hautes montagnes : et pourtant elle culmine avec son Piton des neiges à plus de 3071m!
Laetitia me prête son guide de randonnées :Nos deux vacanciers vont partir en amoureux 3 jours faire le tour du cirque de Mafate, en dormant le soir dans des gites et chambres d’hôtes. De notre côté, nous n’avons encore rien organisé, et attendons de savoir où nous pourrons laisser le bateau quelques jours.
Il nous tarde de faire découvrir cette belle ile tropicale et montagnarde aux enfants. Ils ont pris goût aux randonnées depuis que nous sommes partis en grand voyage, et je sens que nous allons nous régaler sur ce magnifique terrain jeu. Il y a une quinzaine d’année, Loïc et moi avions effectué le tour des cirques de Salarie, Mafate et Cilaos à pied, en terminant par le Piton des Neiges : une randonnée de 6 jours et de 5 nuits en gite. Nous en gardons un magnifique souvenir, de paysages, de végétation variée, tropicale et montagnarde, d’une île accueillante à la gastronomie unique, mélange de cuisines créole, chinoise, indiennes, tropicale et française.
En mer, nous longeons des ouvrages d’art impressionnants : la nouvelle route du littoral, en construction, est posée sur des piliers ancrés dans la mer.
Nous arrivons pour les formalités au Port des Galets, seule » marina » de l’île, qui dispose par ailleurs de petits ports. L’inconvénient est que Port des Galets est isolé, et offre peu de service. Nous espérons n’y rester que le temps des formalités, qui ne peuvent se faire que demain matin.
Le soleil se couche sur les remparts de île, et nous nous réjouissons d’une bonne nuit de sommeil au quai.
Le lendemain, une fois les gendarmes et douaniers passés, nous appareillons pour St-Pierre, seconde ville du pays, offrant un petit port animé et touristique. Nous n’avons pas de place réservée-il n’y en a d’ailleurs pas pour les catamarans comme le notre, mais nous voulons tout de même tenter notre chance. Nous savons que l’un des catas qui y réside à l’année, Moukataï est à l’île Maurice, (nous y avions rencontré ses propriétaires à Grand Baie, Nicole et Jean-Louis) et pensons lui emprunter sa place….. Alors, HOP, une Bourbon bien fraiche à midi, et nous appareillons, sans avoir encore mis pied à terre.
La côte défile, changeante, les ponts, tunnels et viaducs sont impressionnants pas leur variété et leur quantité! Nous longeons St-Paul, Boucan-Canot,où nous retrouvons sans peine la maison où habitaient nos amis Philippe et Valérie lors de leurs séjour de 3 ans à la Réunion. A l’époque, ils avaient accès à la plage et à un chouette spot de surf.
Plus loin, la petite ville balnéaire de St-Gilles,
Depuis, la « crise requin » est passée par là, et les plages non protégées par un lagon sont désertes. Certains spots de surf restent tout de même fréquentés, mais l’île se tourne résolument vers la terre et les montagnes.
A juste titre ailleurs, car ses terres sont fascinantes, d’une grande diversité, et accessibles à tous les niveaux : balades familiales, randonnées de plusieurs jours avec nuits en gite, crapahute sportive au volcan, trail et ultra-trail avec le Grand Raid (plus connu sous le nom de Diagonale des Fous ).
Sous le pont, l’opération « otage de fils est en cours ». Rappelez-vous, dans l’épisode 1-Mascareignes, Anna s’ouvrait le menton à Grand Baie! Anna a préféré que cela soit maman qui les retire (pour moi c’est une première!), plutôt que d’attendre ce soir de voir une infirmière. Opération laborieuse, car il y a de l’appréhension de part et d’autre-Heureusement que j’ai pu réviser mon tutoriel YOUTUBE! 8 fils à enlever, plein de croute, ca n’est pas si facile que ça, d’autant qu’il y a un peu de houle. Mais Anna est bien courageuse, se tient tranquille, et Laetitia, sa marraine, coache, rassure, et lui tient les mains. En 20 mn c’est fini, voilà un menton tout neuf, qui va pouvoir aller barboter dans l’eau du lagon.
Une vraie cicatrice de piratesse!
Les filles se relaxent à l’avant : séance de manucure-pédicure : nos pieds le méritent bien d’autant qu’ils vont souffrir très bientôt dans les chaussures de randonnées!
Plus loin sur la côte, les vestiges de coulées de lave anciennes déversées dans la mer, créant des « souffleurs », trous par lesquels s’engouffre la houle qui vaporise et canalise l’eau en hauteur.
Puis l’étang du Gol, et ses plages de sable noir.
Nous arrivons enfin en vue de St-Pierre.
Arnaud est ému : c’est ici qu’il a vécu une partie de son enfance, sur les hauteurs de St-Pierre, à la ville du Tampon. C’est la première fois qu’il revient à la Réunion depuis, l’occasion de vacances en forme de « pèlerinage ».
St-Pierre, avec sa plage, très fréquentée en ce beau dimanche,
son minaret, sa pagode chinoise, ses églises
ce qui augure de la diversité des cultures réunionnaises.
Quelques surfeurs sont à l’eau, bravant les interdits préfectoraux.
Une vedette SNSM nous salue : elle quitte le Port où se déroule les festivités des 50 ans de la station de sauvetage.
Nous nous faufilons dans le port, la passe est étroite, mais aisément praticable aujourd’hui : par plus de 2m de houle, s’abstenir! Nous prenons la place de Moukataï, et descendons à terre fêter notre arrivée.Chaque arrivée est un plaisir, celui de la découverte d’un nouveau lieu, vierge d’habitudes : ce sont des sensations d’autant plus délicieuses à savourer que ça n’arrive qu’une fois!.
C’est dimanche, il y a du monde sur la plage de St-Pierre.
La fête de la SNSM est terminée.
Un nouveau bas à cocktail a ouvert il y a quelques jours, sur un ponton flottant : allons l’essayer!
Le lendemain matin, Arnaud a fait le tour les boulangerie et vous rapporte ce qu’il y a de meilleur!
Puis les amoureux partent pour une virée de 48h : d’abord au Tampon : Il y retrouve son ancienne maison,son école, son collège!
Puis ils partent direction Grand Bassin, pour 24h de plein air : on atteint le lac et ses cascades en descendant au fond d’une vallée très encaissée. En 2h de marche, les voilà « dans les hauts » de la Réunion, isolés, et dormant chez l’habitant. Au réveil, le village est charmant, très fleuri, et la cascade ruisselante toujours aussi pleine de charme. Les habitants sont ravitaillés par les airs, ou par une tyrolienne qui livre les courses.
La remontée, très raide de 2h est éprouvante, mais ca valait le détour!
Ensuite, ils ont prévu 3 jours de randonnées dans le cirque de Mafate. Nous les rejoindrons pour 24h à Cilaos, leur point de départ.
Entre temps, nous avons exploré rapidement St-Pierre, abattu un peu d’école, rangé et nettoyé Moby, loué une voiture pour 10 jours, préparé les sacs à dos, fait quelques courses pour compléter notre équipement de randonnée au Décathlon de St-Pierre, et c’est parti!
Nous rejoignons ce soir Arnaud et Laetitia à Cilaos, village d’altitude perché à plus de 1200m dans le cirque éponyme,
La route de Cilaos, dite « aux 400 virages » (pour 32km) est une vraie route de montagne, escarpée, étroite, sinueuse que je négocie parfois péniblement avec la pesante berline manuelle et sous-motorisée que j’ai pu trouver à louer- en pleines vacances scolaires, c’était la pénurie. Alors je compose et grimpe l’essentiel en première!
Nous retrouvons nos amis avec plaisir et passons une soirée fort dépaysante à l’hôtel des Neiges de Cilaos, dans des chambres lambrissées, couettes chaudes, ambiance montagnarde garantie, avec feu de bois et rhum arrangé. En 2 heures de route, nous sommes transportés des langueurs du littoral tropical dans un autre monde, celui de la haute montagne.
Le matin, après un vrai petit dèj d’hôtel bien roboratif, nous nous scindons en 2 groupes : Arnaud, Laeti, Loïc, Arthur et Victor partent les premiers, et traversent Cilaos pour rallier le col du Taïbit, une marche ambitieuse de 7h. Anna et moi les rejoindrons d’ici 2-3h un peu plus haut en passant par la route. Nous profitons de la piscine de l’hôtel et flanons dans le village. Ils verrons une belle cascade à Bras-Rouge.
Nous les rejoignons à Ilet Bleu, et c’est parti pour l’ascension du Taïbit!
Nous faisons un premier stop à îlet des Salazes, près d‘une charmante tisanerie. Un petit cheminement à travers les plantes explique leurs cultures. Nous pic-niquons, nous abreuvons,
observons un petit Tenrec
et repartons vers les hauts! Le chemin est très fleuri, et tapissé de fraises des bois. Nous traversons une allée de Tamarins de hauts, ces arbres endémiques de la Réunion, souvent vêtus de lichens,et à l’acore si spécifique : spongieuse et molle, un peu comme du liège.
Voilà Cilaos au fond!
le paysage change, arbres nus et lichens donnent un air lugubre aux lieux…
Les garçons ont pris de l’avance, et sont déjà en haut, après 5 heures de marche, bravo!
Anna peine un peu plus bas, nous faisons demi-tour à 20mn du but : il est déjà 15h, les nuages ont gagné les hauts, la nuit tombe dans 3h, et il nous faudra au moins 2h pour redescendre jusqu’à la voiture. Je pense aussi à l’heure de route en voiture jusqu’au littoral, et mes 400 virages que je préfèrerais négocier de jour.
Pendant que nous rebroussons chemin, Arnaud et Laeti franchissent le col du Taïbit et descendent vers Mafate, direction le village de Marla qu’ils atteindront dans une heure. Ils vont rester encore 48h dans ce havre de pays qu’est le cirque de Mafate, accessible seulement à pied, 6h de marche au minimum…. Le beau temps les cueille le lendemain et leur permet d’explorer le cirque sous son meilleur jour.
Les cascades et chutes des 3 ruches, près de la Rivière des galets.
Puis le village de La Nouvelle,
De retour au port de St-Pierre, nous explorons le littoral : la plage, est très fréquentée, même en semaine, comme ce matin avec les collégiens qui prennent un cours de natation. La plage est bordée un sentier piéton fort agréable, ombragé,
et semé de nombreuses petites chopes où l’on mange bien pour pas très cher : ce que l’on préfère, ce sont les dim-sum, ces bevapeurs chinois au porc ou au poulet.
Et en dessert, le merveilleux glacier italien Amarino propose ces créations en forme de fleurs, aux sorbets d’une intensité, hmmmm.
Dans l’après-midi, nous faisons route vers St-Joseph à l’Est, et remontons le lit de la Rivière Langevin, cours d’eau connu pour ses cascades, et fréquenté par les amateurs de canyoning : finalement nous arrêtons à Grand galet, plutôt qu’à Trou Noir, tout aussi joli mais plus facile d’accès. Peu tentés par la baignade, car elle est très fraiche, nous passons quelques minutes à savourer le cadre enchanteur, nous explorons les berges, les enfants lancent des feuilles et suivent leur parcours dans les chutes.
Ce soir, tout le monde savoure notre création dessert « trilogie des mascareignes » :
un volcan de chantilly d’Ysigny à la vanille de Madagascar, saupoudré de muscovado brun de l’île Maurice, et agrémenté de fraise de la Réunion.
Ce soir, Arnaud et Laetitia passent la nuit à la Nouvelle dans un ravissant gite en peine nature, cernés par les chèvres, et repartent le lendemain matin par où ils sont arrivés, via le col du Taïbit puis Cilaos. En chemin, ils quittent La Nouvelle sous un ciel toujours aussi bleu, et empruntent le sentier de la la plaine des tamarins, tellement emblématique de la Réunion et font un détour par la passerelle Ethève pour se rafraîchir.
En nous réveillant ce matin sur Moby, nous avions le même ciel bien bleu, parfaitement dégagé, avec une vue imprenable sur les remparts du Dimitile et le Piton des Neiges.
L’école a repris ce matin sur Moby, intensément, mais pour une courte durée, car demain c’est le grand jour, nous marchons au volcan.
Le Piton de la Fournaise est un des volcans les plus actifs de la planète, il « éructe » 3 à 4 fois par ans, de la lave uniquement, effusive, fluide, et donc sans danger.
Il faut se lever très tôt pour être sûr d’avoir une belle vue, et pour gagner du temps, nous dormons dans les hauts, à la Plaine des Caffres, rejoints par Arnaud et Laetitia qui ont quitté Cilaos en début d’après-midi .
Nos chalets de bois surplombent un haras, le cadre est bucolique à souhait,
et les grillades de viande locale proposées par le chef délicieuses.
Au coucher du soleil, la lune fait son apparition, elle est pleine ce soir, et nous accompagnera demain matin, car le réveil sera matinal…..
le réveil sonne à 4h45; à 5h30 nous sommes en route, c’est parti pour la plaine des sables… Incroyable, il fait déjà jour!
à 6h, nous sommes arrivés à la plaine des sables, l’antichambre du Volcan.Le paysage est lunaire; c’est vraiment spectaculaire.
Nous en profitons pour faire un rapide stop petit-dèj; et c’est reparti pour 30mn de route en lacet et de grandes étendues de sable noir.
à 6h30, nous sommes au parking du pas de Bellecombe, qui surplombe du haut de ses remparts de 150m, l’enclos Fouqué, nom de la caldeira en forme de fer à cheval que nous observons.
Nous partons pour le cratère Dolomieu, une randonnée de 6 heures, 11km et « seulement « 530m de dénivelé, mais sur un terrain particulièrement difficile de lave, scories, fissures, qui mettront nos genoux et chevilles à rude épreuve.
La marche commence par une descente de150m en escalier le long des remparts de l’enclos Fouqué.
en face de nous, le cratère Dolomieu, qui culmine à 2522m.
et en contrebas, le Formica Léo, un petit cone strombolien de couleur ocre.
Nous voilà debout sur le formica Léo!Pas facile car ses pentes sont composées de ratons, de la lave en scories.
Mais nous n’en sommes qu’au début de la marche.
Nous observons de la lave « cordée »
Puis nous arrivons à la Chapelle Rosemont, sort de grotte naturelle formée lors d’un dégazage
Délicate attention, un message gravé en créole dans la pierre : « c’est fait pour prier, pas pour pisser »
Nous sommes en effet stupéfaits de voir le nombre de morceaux de papier par terre, tout au long de la rando, de marcheurs qui laissent leurs déchets derrière eux.
De la lave en graton
Nous observons émerveillés toutes sortes de laves aux couleurs, textures toutes différentes.
Les nuages commencent arriver dans l’enclos, il faut nous dépêcher.
Nous augmentons le pas et nous séparons en 2 groupes : les plus rapides, Victor et Arnaud en tête, suivis de Loïc, Laetitia et Arthur, puis Anna et moi derrière.
un petit tunnel de lave effondré.Et voilà, après 3 bonnes heures d’effort, nous arrivons au sommet,
devant le cratère,
C’est grandiose de voir ce trou vivant, de fumerolles au fond, gigantesque cone effondré, en 2007, lors de la dernière grosse éruption. A chaque évènement éruption, le paysage volcanique change : un nouveau piton se forme, un autre s’effondre une fois sa chambre magmatique vide, formant ces immenses cratères ou caldeiras. On se sent tout petit….
C’est un bonheur simple mais intense que de comptempler un paysage gagné à la force des mollets.
9h30, c’est l’heure de la pause déjeuner-eh oui, le petit dèj est déjà 3h30 derrière nous!
le temps se voile, les nuages vont, viennent et disparaissent comme ils sont apparus.
Puis soudain ca se bouche complètement,
le temps se refroidit vite, il pleut, et nous décidons de rentrer, après avoir passé une bonne demi-heure au sommet.
Nous y sommes après 2 heures, de retour dans l’enclos Fouqué, en bas du pas de Bellecombe.La fatigue, l’inattention me font trébucher, je chute, me rape le genou et me tors la cheville : c’est une entorse.La douleur est forte, mais sourde, je nous bénis d’avoir eu l’idée d’acheter des batons de marche; avec 2 batons, je vais pouvoir rentrer sans difficultés.
Le café que nous prenons au refuge est savouré. Nous prenons la route :
1h à travers le paysage lunaire de la plaine des sables,et du cratère Commerson,
puis encore une heure de petite route pour descendre jusqu’au littoral. A l’arrière, tout le monde dort, heureux de sa journée. Nous avons été gâtés par le temps, qui nous a permis de marcher sous le soleil les 3/4 du temps, et de profiter de la vue au sommet.
Arnaud et Laetitia repartent demain pour la France.
Nicole et Jean-Louis, du catamaran Moukataï viennent saluer Arnaud, qu’ils ont connu enfant, à la Réunion, car ils étaient amis avec les parents d’Arnaud : que le monde est petit!
Comme beaucoup de réunionnais en ce dimanche midi ensoleillé, nous déjeunons de bouchons, piments farcis, samoussas….. et partons à la plage faire un petit snorkeling et nous dorer au soleil. Après quelques journées de marche intense, c’est bien mérité!
Nous amenons Arnaud et Laetitia au car qui les emportera vers St-Denis, l’aéroport : ils s’envolent pour Paris ce soir.
Ils vont nous manquer!
Mais notre séjours réunionnais ne s’arrête pas là. Nous sommes en attente d’une bonne fenêtre météo qui nous permettra de traverser le reste de l’Océan indien jusqu’en Afrique du sud. Les quelques jours à venir ne présentent pas de bonne opportunité, mais nous sommes très contents de prolonger notre séjour. Nous sommes bien installés à St-Pierre, continuons à profiter de la ville
l’hôtel de villele parc de l’hôtel de villecase créoleles jeux de plage
et de la gastronomie locale : je copie la recette du thon au combava, goûté à Cilaos, accompagné d’achards, dont j’ai fait une grande provision!
Citron confit/piment,
ti-jac, ananas/piment,
légumes variés,
piment vert/combava,
mangue/piment rouge
Nous avons encore quelque envies de randonnées. Le piton des Neiges semble fastidieux pour les enfants, et nécessiterait une nuit en refuge. Nous opterons pour une autre marche, un petit peu moins exigeante mais au point de vue encore plus spectaculaire que celui du Piton des Neiges : le Grand Bénare. C’est le second plus haut sommet de l’île après le Piton des Neiges : ce rempart surplombe d’un côté le Cirque de Cilaos, et de l’autre celui de Mafate, reliés par le Col du Taïbit.
Nous scrutons la météo, car il faut impérativement une matinée sans nuage pour profiter de la vue, le long du « Grand Bord » qui surplombe Mafate, et compose les 3/4 de ce difficile parcours.
le Grand Benare, en arrière plan
Ca sera le mercredi 8 novembre. Nous mettons le réveil à 3h45. Nous sommes en route à 4h30, partis pour 2 bonnes heures de route…. sans embouteillage heureusement! Après un stop essence/café, encore quelques centaines de virages…. nous arrivons au Maïdo, point de départ de la marche. A 7h, nous nous mettons en marche, en 2 groupes : les garçons partent devant, direction le Grand Benare. Anna et moi qui sommes plus lentes (mon entorse ne m’empêche pas de marcher, mais je reste prudente…) n’irons pas jusqu’au sommet, mais allons profiter de la vue le long du grand bord qui est un sentier accidenté et difficile, et redescendrons par la Glacière via le chemin forestier, réputé plus facile.
Le ciel est limpide, quelle joie, c’est une belle journée, nous ne regrettons pas de nous être levés si tôt.
J’apprécie de marcher à notre rythme toutes les deux. Nous commençons par un stop p’tit dej, avec vue sur Mafate. C’est grandiose.
On distingue parfaitement les différents ilets, ces petits villages d’altitude, posés comme des ilots dans les cirques.
Nous savourons notre thé.
Devant nous l’îlet de la Nouvelle, au fond, celui de Marla et la Rivière des Galets
en contrebas, celui de Roche Plate, et à gauche Cayenne
Un peu de lecture pour Anna
Le village de Marla.
Le sentier est parfois très escarpé, nous sommes prudentes et prenons notre temps : il ne s’agirait pas de se fouler la seconde cheville! Avec Anna, nous faisons des pauses de 3-4mn pas plus toutes les 20 à 30 mn : pour boire, manger un petit morceau. Plus les pauses-photo! Encore 1h40 jusqu’au Grand Benare,
Nous bifurquons vers la Glacière, et rejoignons vite le sentier forestier. Nous visitons les lieux :
des cavités ont été creusées dans la roche, pour y conserver de la glace. Cette glace formée dans les bassins proches de là étaient stockée dans ces puits, puis transportée à dos d’homme pendant 60 km! Tout cela pour que la propriétaire puisse servir des sorbets à ses invités….
Pendant ce temps, les garçons ont fait vite, ils grimpent comme des cabris, et sont en haut du Grand Bénare!
La vue là-haut est spectaculaire : ils sont à l’aplomb du col du Taïbit, qu’ils ont franchi la semaine précédente.
A gauche, le Cirque de Mafate, et à droite, celui de Cilaos.
Ils redescendent comme nous, par la Glacière, et nous les retrouvons au parking du Maïdo vers 13h, après une marche de 6h, aux panoramas à couper le souffle.
La récompense : un stop au refuge du Maïdo, pour un petit café « péï » à la vanille, assorti d’un cake au géranium-une tuerie, spécialité familiale dont le patron ne voudra pas me dévoiler la recette….
Nous rentrons au bateau avec des kilomètres plein les gambettes et de belle images plein la tête. Arthur est super fier d’avoir gravi le second plus haut sommet de l’île, et surtout le point depuis lequel on a sans doute le plus beau panorama!
De retour sur Moby, nous découvrons le lendemain toute une équipe de BTP au travail, qui construit des ralentisseurs sur l’esplanade du port. Cela atténuera nous l’espérons les rodéos nocturnes de voitures et de motos… Les nuits à St-Pierre sont parfois agitées, rien de très méchant, mais c’est festif, bruyant, et parfois sans-gène. En journée Moby fait un peu l’attraction : en effet très rares sont les bateaux de grand voyage à s’arrêter à St-Pierre, deux à trois par an tout au plus, alors on nous pose beaucoup de questions, on nous regarde : c’est parfois un peu déroutant de se voir interpellés, mais les échanges sont toujours sympathiques!
C’est d’ailleurs ainsi que nous rencontrons les sympathiques Daniel et An-So, jeunes retraités réunionnais qui auront la chance de bientôt partir en transat sur le tout nouvel Outremer 51 d’un de leurs amis! Nous sympathisons, et nous rendons mutuellement service : ils nous feront du « bateau-sitting » lors de notre escapade au volcan, en dormant à bord, et nous leur donnerons en échange pas mal d’infos et de conseils pour leur transat, ainsi que quelques centaines de films, livres, et BD numérisés qui leur tiendront compagnie pendant leur traversée!
Nous rendons la voiture de location dans 2 jours, et commençons à préparer notre départ pour l’Afrique du Sud. La dernière balade sera pour nous en bord de mer, à St-Philippe, connu pour son littoral basaltique et ses sentiers de randonnée côtiers.
Le littoral est étonnant, à la fois minérale et végétal, avec cette foret de vacoas qui a pris racine dans la lave.
Comme partout ailleurs, la baignade est interdite
les coulées sur lesquelles nos marchons ont 3 siècles.
Tout comme ces orgues basaltiques
mais les coulées que nos allons rencontrer plus haut ont seulement 30 ans, et sont exceptionnelles!
Tout a commencé par une éruption « classique », dans l’enclos du Piton de la Fournaise, à une altitude de 2000 m environ
puis par une seconde, hors de l’enclos, altitude 1000m, donc beaucoup plus bas, au Piton Takamaka.
Puis du jamais vu : de la lave sortant des entrailles de la terre à une altitude de 30m au-dessus de la mer seulement!
Les coulées vont jusqu’à la mer, et coulent pendant 5 jours : la Réunion grandit de 50 ha!
Voilà les fameuses coulées! Elles forment un fleuve de lave ; Il faut les imaginer rougeoyantes!
La coulée forme une petite vallée. Depuis, la végétation a pris place, comme ces bébés filaos.
cascades de lave,
fissures,
grottes, tunnels, la lave prend des formes très variées
Qui saura être le plus créatifs avec ce morceau de lave triangulaire?
Il est temps de rentrer de cette balade fort instructive. Nous avons pris beaucoup de données sur le volcanisme pendant ce séjours réunionnais. Quelle chance de pouvoir côtoyer de près un volcan aussi actif!
Le lendemain, samedi, c’est jour de marché à St-Pierre, un des plus beaux de l’île parait-il. En effet, nous sommes éblouis de couleurs, de saveurs, d’odeurs. Herbes fraiches, tisanes, salades préparées, achards frais-qu’on appelle ici rougail, ou en conserve (ici de la papaye rapée pour des salades ou rougails) Il y a aussi tous les fruits et légumes tropicaux bien sûr, des mangues, du palmiste, mais je suis surprise de retrouver des fraises délicieuses, des artichauts, du fenouil, produits typiquement de pays tempéré.
L’altitude à la Réunion permet tous les climats, tous les terroirs, et nous rencontrons des petits producteurs soucieux de leurs produits, le tout très bon marché étant donné la qualité.
Ici du jus de cane fraichement pressé à la demande, un peu plus loin des rôtisseurs de porc,proposant cette spécialité sino-réunionnaise délicieuse : les sarcines, sorte de longe de porc laquée, sucrée-salé et tellement fondante.
Ce marché est un régal des yeux et du palais!
De retour, le plein de vitamines est fait en vue de notre prochaine traversée, qui ne devrait pas durer plus de 7 ou 8 jours.
Le week-end se passe tranquillement sur Moby, à préparer, ranger, nettoyer, et avancer sur le programme d’école comme tous les matins.
Les samedis et dimanches, c’est animé ici à St-Pierre! Pour le 11 Novembre, les paras font une démo de saut en parachute sur la plage.
Puis cette charmante demoiselle enterre sa vie de jeune fille avec ses copines : elle nous a gentiment demandé de faire des photos sur notre trampoline!
La SNSM fait une opération « porte-ouvertes »
Arthur à la barre du canot de sauvetage
et assure l’entrainement de ses volontaires
Un concours de pêche a lieu : c’est peut-être lui le gagnant, qui remorque ce très gros requin.
Nous aurons aussi le temps de faire la rencontre de cette famille qui vit à bord de son catamaran, un Bahia 46, à St-Pierre depuis 4 ans, Greg, Morgane, et leurs 2 enfants Malo et Lou qui ont exactement l’âge d’Arthur et Anna.
Greg et Malo
Quelques années à terre les attendent, mais ils repartiront un jour, comme tous ceux qui ont pris le virus du voyage à la voile.
Bye-bye Réunion, une très belle escale, comme toujours émaillée de rencontres, et qui compte parmi celles que nous reviendrons visiter un jour, par la mer ou par les airs.
La Réunion, Maurice, St-Brandon : ces perles des Mascareignes nous ont offert un séjour de 2 mois d’une incroyable diversité, de cultures, de paysages, de saveurs. Nous aurions aussi aimé faitre escale à Rodriques, la plus créole de toutes les îles des Mascareignes, que nous connaissons bien pour y avoir séjourné plusieurs fois. Une prochaine fois ;-).
des plages de carte postale, un archipel d’îlots poissonneux distant de 240NM de l’île Maurice. Mais les vents sont rarement portant, au mieux travers à l’aller comme au retour, et bien souvent contre le vent et le courant, rendant les traversées souvent inconfortables. Si bien que les récits de traversées mouvementées sont nombreux, et que beaucoup se découragent d’ affronter l’Océan Indien hors des lagons protégés.
L’avantage est que la destination est encore très préservée, la pêche y est très bonne, et les plages désertes. Les amateurs de kitesurf, de pêche et de plongée se régalent….
Arnaud et Laetitia
C’est le cas de nos amis Arnaud et Laetitia, que nous avons embarqués avec nous à Maurice. Quand Arnaud habitait, enfant à l’île de la Réunion, il entendait son père, son frère, et leurs amis vanter St-Brandon, sans jamais avoir pu faire partie de l’équipage. Alors voilà, Arnaud, pour tes 50 ans, nous t’emmenons à St-Brandon!
Je suis tout autant emballée, et pour les mêmes raisons : Loïc a pu y aller à deux reprises avec notre ancien voilier, Nomade, et je n’ai jamais pu faire partie du voyage non plus. Alors merci Loïc, de m’emmener découvrir ce petit paradis.
Bénédicte et Loïc
Avec Moby, nous avalons facilement les 240NM de trajet, et jetons l’ancre devant l’ilot Coco à 19h, après avoir quitté Port Louis à 15h la veille.
Arnaud et Laeti prennent leurs marques sur Moby : nous avons la chance d’avoir à bord des amis qui naviguent beaucoup en Bretagne sur leur Fist 31.7. Le compteur sur Moby annonce 30 000 NM de puis notre départ de La Grande Motte il y a 20 mois.
Nous ne sommes pas seuls : outre les pêcheurs de Raphaël Fishing, il y a un autre catamaran,Cheers, qui repart le lendemain.
Ca n’est donc pas la foule à St-Brandon, et pourtant, nous sommes en pleine saison. Les mi-saisons sont en effet les meilleurs périodes : l’été reste toujours périlleux avec les dépressions tropicales et cyclones, l’hiver a l’inconvénient d’offrir un alizé souvent très musclé et une mer grosse, rendant pénibles les traversées. Octobre/novembre et avril/mai sont donc les 2 meilleurs fenêtres.
Pendant la traversée, la pêche a été très active, mais pas fructueuse : nous aurons de nombreuses touches, et ferrons une bonite et une superbe dorade, qui toutes deux se décrocheront à la remontée à bord. Le poisson a sa chance, et c’est aussi bien comme ça! Il faut dire que nous n’avons pas de véritable gaffe à bord, un objet à rajouter sans doute sur la liste de courses, qui élèverait grandement notre rendement.
Au petit matin, nous savourons le premier petit dèj,
et découvrons le paysage.
Impatients, Arnaud et Loïc partent très vite chercher des langoustes, la valeur sûre de St-Brandon! En 2 heures de pêche ils nous rapportent 7 ou 8 jolis spécimens.La technique du bord pour les conserver sans prendre trop de place dans le frigo, c’est de les ébouillanter une minute, puis de les décortiquer : ensuite, il est facile de les cuisiner : poêlés, en carpaccio, en salade, en sauce, en cari….
Il nous tarde de descendre à terre
: la plage est sublime, le sable a l’air très fin, et le spot super pour le kite. Après la séance de pêche du matin, les 2h d’école réglementaires, et un rapide picnic, nous descendons gréer le matos : nous aurons à l’eau en permanence 2 kites et 1 windsurf, à partager entre 4 adultes et un ado!
Ca tombe bien, tout le monde est polyvalent : windsurf, kitesurf , twin-tip ou directionnelle … Seul Victor n’est pas encore autonome en kitesurf, et préfère se consacrer à ses progrès en planche.
Anna na pas le droit de se baigner, la pauvre, avant d’avoir ôté les fils de sa suture d’ici 8 jours.
Arthur court après Arnaud le long de la plage… qui est le plus rapide?
Tout le monde se régale sur l’eau :
Arnaud en Kite, et moi en plancheLoïc emmène Arthur faire un tourLoïcLaetitia prend le relai d’Arnaud
Après 2 bonnes heures de nav, nous laissons les garçons sur l’eau et partons entre filles explorer Coco :
Nous découvrons de très beaux oiseaux blancs, les fameuses goëlettes blanches de St-Brandon
(White stern en anglais, ou Gygis Alba) qui nichent dans les arbustes, essentiellement des veloutiers.C’est d’ailleurs la pleine période de nidification aussi somme-nous attentifs à ne pas déranger leurs nids et leurs oisillons.
Impossible de se lasser de leur vol si particulier, vif, agile, mais aussi souvent stationnaire.
Aux deux extrémités de l’île, des bancs de sable
et de l’autre côté,
nous découvrons des sternes grises, elles aussi en pleine couvaison de leurs oisillons.
Le matin Loïc emmène nos amis pêcher et plonger pendant que je fais travailler les enfants : pas question de prendre trop de retard sur le programme si nous voulons prendre des vacances à Noël. 2/3h d’école par jour c’est peu, mais en s’y tenant 7j/7j, sans vacances ni week-end, c’est un rythme qui nous convient bien à tous, élèves et parents/professeurs : c’est rythmé, régulier, et cela nous laisse du temps pour partager de nombreuses activités en famille.
la pêche du jour
L’après-midi ressemble à celui de la veille : déchargement sur la plage des planche, kitesurf, windsurf, rekisteurf, skim board…
les amateurs de glisse que nous sommes tous se régalent!
Il semble aussi que la qualité du sable soit au TOP pour les boules et les chateaux de sable
Ce soir
c’est cari de langouste! fameux!
Les journées se suivent et se ressemblent un peu…à la variante près que à J+3, personne n’ira chercher de langouste, nous en mangeons depuis 2 jours, il est temps de faire un break!
Nous avons un nouveau voisin : Dominic est arrivé la veille avec son fils et 2 amis, pour kitesurfer et, pêcher.
Ce matin, deux tortues nous régalent d’un ballet : sans doute une parade nuptiale, un accouplement, car elles se tournent autour de puis quelques minutes.
Arnaud, Loïc et Laeti partent faire un petit coup de traine dans le lagon
Puis nous continuons à nous régaler des sports de glisse
Laetitia
Arnaud lance quelques sauts .
Arnaud et Laeti ont plaisir à naviguer côte à côte.
Et nous aussi!
Loïc en kitesurf, et moi en plancheLoïcBénédicte
L’eau est glassy près de la plage, le vent parfaitement orienté, c’est un régal de glisse!
Arthur en skim
Quelle journée! Quelle famille heureuse!
Tôt le lendemain matin, nous changeons de mouillage, pour aller au nord de l’archipel à l’île Tortue.
Nous passons devant l’île Rafaël,
siège des garde-côte et base de pêcheurs de Raphaël Fishing. Nous nous serions bien arrêtés pour rendre visite aux « habitants », mais le mouillage est agité, et les fonds peu engageants, bourrés de corail.
Les garde-côtes nous contactent par VHF pour vérifier notre permis de séjour, bien en règle :Nous en avons fait la demande à Port-Louis au tout début de notre séjour mauricien. Il faut se rendre sur place, au bureau de l’OIDC : Outer Island Developpment Company, faire une demande, s’acquitter des droits de passage (5 000 RS par personne, à payer cash). La réponse, positive, est arrivée 10 jours plus tard.
Il se dit que seules 200 autorisations par an sont données aux non-mauriciens. Pour les mauriciens, l’accès y est libre.
L’îlot Tortue! Nous y sommes : 2 aller-retour en annexe pour amener planches et gréements à terre.
Le spot est encore plus sauvage que Cocos : un seul petit ilot de sable, une végétation très rase, pas un seul arbre, et des milliers d’oiseaux.
L’îlot est au milieu d’un lagon, entouré de récifs,
prolongé par une autre virgule de sable
Le cadre est idyllique, nous sommes le seul bateau à l’horizon, et ne côtoyons plus que des sternes.Les enfants nous réclamaient un feu de camp depuis longtemps, je crois que nous avons le spot idéal!
Nous partons récolter du bois pour le feu de ce soir. Le menu est déjà en tête : brochette de poissons. Nous avons en effet ramené un « Tuna Macquerel » , sorte de bonite allongée; Sa chair n’est pas très prisée, mais j’ai des recettes de marinades qui conviennent bien :
marinade méditerranéenne : jus de citron + ail + huile d’olive + herbes de provence (idéalement thym et romarin frais)
marinade asiatique : sauce soja + ail + gingembre+ huile d’olive
marinade sucré-salé : sauce soja + moutarde + miel + ail
J’avais mis au point ces marinades lors de nos période de faste pêche à Maurice au début du siècle. Car si nous pêchions beaucoup de poissons à chair fine (thon « yellow fin » , thon dent de chien, daurade coryphène), nous ramenions aussi pas mal de bonites et de carangues dont les chairs gagnent à être accommodées. Dans la pratique, pour les petits frigos des bateaux : préparer la marinade directement dans un sac congélation zippé, y mettre les filets de poissons coupés dans la longueur tels des aiguillettes de volaille, puis fermer le tout sous vide, et mettre au frais dans le bac à légumes. Quelques heures plus tard, ne reste qu’à les enfiler, sur la plage, sur des piques à brochette.
Là aussi les oiseaux couvent,
Si les sternes grises font des nids, les blanches se contentent de poser leur oeuf entre 2 branches. Les petits se cramponnent à la naissance.
Le paysage appelle à la méditation.
Et au kite surf!Le spot est parfait : le vent n’est pas arrêté par le banc de sable étroit de la plage, et la mer est lisse sous nos pieds
Victor et Laeti se relaient avec la planche
VictorLaetitia
Arthur a trouvé un super spot de skimboard
Il n’a pas peur des chutes!
Et c’est comme ca qu’on progresse!
Loïc et Arnaud partent faire le tour de l’îlot, et se retrouvent à naviguer dans une nuée d’oiseaux
Le vent baisse, et devient un peu léger pour les garçonsPendant qu’ils font la pause, c’est donc à notre tour, Laeti et moi d’aller sur l’eau!
LaetitiaLaetitia
Cela faisait 6 ans que je n’avais pas fait de kitesurf : idem pour Laetitia, qui reprend après quelques années d’interruption. La bonne nouvelle c’est que ca ne s’oublie pas, c’est comme le vélo!
Le plaisir de glisse est jubilatoire! Le cadre est grandiose, je mesure ma chance d’évoluer sur l’eau et dans les airs dans un tel environnement.
Give me 5!Pendent ce temps, les enfants préparent notre camp pour le soir : collecte du bois, décoration, installation de sièges,
sous les yeux des sternes qui rapportent à manger à leurs petits
Les petits attendent sagement…..Et d’autres parents couvent
En fin de journée, nous partons faire le tour l’île.
Tous ces plastique et ces déchets, c’est bien triste; c’est le sort de tous les îlots isolés que nous visitons.
à 18h, fin de journée, la bière est bien méritée après cet après-midi de glisse, le feu ronronne,les enfants sont comblés,
et à 19h, les brochettes sont délicatement dorées
Le lendemain, Arnaud installe la gopro sur le casque, pour faire quelques films.
Loïc sort aussi son drone .
C’est de nouveau parti pour une journée de glisse. Nous sommes gâtés par la météo depuis quelques jours : du vent, et du soleil.
Première session du matin pour Arnaud et Laerti : croisement réussi!
Victor prend sa pause-récré entre 2 évaluations du CNED.
Pour changer du poisson, ce midi, ca sera salade d’ourites, et ce soir, cari de langouste! Je m’inspire pour cela du légendaire ragout de homard de l’île de Sein, dont le café «Chez Brigitte » garde jalousement la recette ancestrale. Ici, je le prépare à ma manière : des darnes de langoustes, pas trop cuites, mais surtout une merveilleuse sauce épicée, aux saveurs iodées de retour des Indes, teintée d’aromates européens, qui nappent des pommes de terres fondantes. Car au final, le meilleur dans le cari de langouste, c’est la sauce!
En fin de matinée, nous prenons la mer direction Coco où nous dormirons, avant de remonter le lendemain matin sur Chaloupe, distante de quelques milles seulement.
Pas question de rentrer de nuit à Chaloupe, de plus avec la houle actuelle.
Tôt le matin, nous rebroussons chemin, direction Chaloupe, célèbre pour la douceur de son sable. C’est un pur ilot de sable étincelant
et d’une finesse telle qu’on s’y enfonce jusqu’à la cheville! Nous n’aurions pas voulu manquer cette expérience.
Du sable, presque à perte de vue!
Difficile de courir en effet!
Sur ce sable blanc, le turquoise est grand gagnant.
On y trouve tout : un bloc de corail, mais aussi des déchets échoués, que les oiseaux utilisent pour fair leur nid, protéger leurs petits, sur un ilot exempt de végétation.
Un petit rafraîchissement s’impose. 1, 2, 3, GO!
PLOUF!Les enfants s’amusent de la texture du sable
Anna s’accommode toujours de son pansement étanche qui lui permet non pas de se baigner, mais au moins d’éviter le sable et les embruns qui entacheraient le processus de cicatrisation.
Est-ce un masque maori? De la calligraphie japonaise? ou un tigre stylisé?
devinette…
Tout simplement l’ombre du drone et des vaguelettes dans quelques centimètres d’eau.
La houle est toujours forte, et ne nous permet pas de dormir à Chaloupe. Dominic, qui a dormi là hier soir, fait le meme constat et quitte les lieux pour se mettre à l’abri plus au fond du lagon.
En sortant par la passe, Victor repère une magnifique vague, qu’il se verrait bien surfer.
Bye-byre Chaloupe!
Nous mettons cap sur l’île du Sud, que nous n’avons pas encore explorée.C’est là que 2 campements assez sommaires ont été construits il y a quelques années pour accueillir pêcheurs à la mouche, amoureux de la nature ou ornithologues.
A terre, nous croisons les 3 garde-côtes installés là pour 4 mois, quelques pêcheurs, et remontons cette allée incongrue : l’artère principale de l’île qui la coupe en 2. Finalement, nous décidons d’appareiller le soir-même, après dîner, car nous avons 360NM à parcourir pour rallier la Réunion, notre prochaine étape. Des calmes sont attendus dans les jours qui viennent, suivis de forts vents de Sud-est, ce qui nous fait avancer notre départ de 24H.
une intrigante et grosse épave en plein lagon à l’île du Sud
Nous avons tous fait le plein de turquoise, de bruits d’oiseaux, de nature sauvage, de sensations de glisse, de sable nacré, de langouste, et d’isolement. La Réunion nous attire aussi beaucoup, il nous tarde d’aller randonner dans ses forêt tropicales d’altitude.
Cela nous prend à peine une petite heure de préparer Moby : ranger le matos de glisse de la semaine, remonter l’annexe, préparer les voiles, mettre un peu d’ordre à l’intérieur, fermer les capots, descendre la table du cockpit en tatami, préparer un repas rapide.
Ce sont les filles qui prennent le premier quart de nuit : quand on est 4 adultes, quel confort de se partager la nuit en 4 et non en 2!
L’île Maurice est une escale chère à notre coeur, nous y avons vécu près de 11 ans en famille et Loïc 4 ans de plus. Victor y est né. Nous avons habité aux quatre coins de l’île : Grand Gaube et Grand baie au Nord, à Poste Lafayette dans l’Est, Tamarin dans le sud pour Loïc; nous y avons des amis, des souvenirs, et y avons été très heureux.
Alors quand à l’aube de ce matin de septembre, nous apercevons sur l’horizon les îlots du Nord de Maurice, l’émotion nous tient. Ce furent tout d’abord l’île Ronde (qui n’est pas ronde mais qui a des boas!) et l’île aux Serpents (où il n’y a pas de serpent…), que nous avons souvent longées lors de nos parties de pêche. Puis l’île Plate (qui est loin d’être plate!!) et le plus discret îlot Grabriel, qui accueillent sur leur plages des centaines de touristes chaque jour. Enfin le si picturesque Coin de Mire, où nous sommes si souvent allés faire du snorkeling, se dessinent à l’horizon.
Bientôt, ce sont les crêtes dentelées de l’île Maurice qui se dessinent, et la côte, que nous abordons par le nord. A l’approche de Cap Malheureux, un bateau vient à notre rencontre : c’est Tobago, notre ancien bateau à moteur dont Yann et Elodie sont les heureux propriétaire depuis plus de 10 ans ! Les larmes pointent au coin de mes yeux, mes copines Elo, Val et Valérie ont fait plusieurs milles en mer à 7h du matin pour venir à notre rencontre! Chapeau les filles. Nous sommes toutes les 4 hilares, quel accueil! Une arrivée par la mer ne peut se comparer à aucune autre : le temps se dilue, s’étire, l’arrivée se savoure, les paysages ne défilent pas mais s’affinent de minutes en minutes, c’est un bonheur lent et intense. Et cette arrivée à l’île Maurice aura une saveur pour nous inoubliable.
La côte, découpée se dessine de mieux en mieux dans le ciel, j’avais oublié combien cette île est photogénique, avec ses lagons, sa côte et ses montagnes si escarpées en arrière plan. Nous préparons le bateau tout en nous délectant du paysage.
L’arrivée à Port-Louis est moins glamour, avec ces innombrables bateaux de pêche chinois.Maurice a en effet bradé des droits de pêches aux chinois, qui sur-pêchent en toute légalité les eaux mauriciennes, sans que le pays en récolte beaucoup d’avantages.
Nous longeons le terminal sucrier,
puis le CNOI, chantier de notre copain Franck. Nous apercevons la Curieuse à quai que les TAAF affrètent la moitié de l’année pour ravitailler Les Kerguelen, et qui le reste du temps emmène des passagers à St-Brandon ou ailleurs…
un peu plus loin, un méga-yacht attire notre attention.
C’est un sloop, et son mat est immense!
Il s’agit d’Anatta, que nous avons vu dans le magazine Yachting Wold!
La silhouette de Port-Louis n’a pas changé d’un pouce.
Les centres commerciaux du Caudan et de l’Astrolabe en premier plan, le silo toujours aussi magnifiquement décrépi, les buildings au fond et les collines pelées par l’érosion en arrière plan
Nous faisons nos formalités au quai de la douane, puis irons passer 48h à quai, au Caudan. Nous hissons fièrement notre drapeau mauricien!
Sans être une marina, (il n’y a pratiquement aucun service…), c’est tout de même un endroit très sympa pour prendre la mesure de cette île aux multiples facettes.
la rue du Caudan
Le food court du Caudan offre la grande variété des cuisines mauriciennes : grillades créoles, mines frites, thali indiens, dim-sum chinois, patisseries françaises, smoothies de fruits frais tropicaux….
dim-sum en bouillon
Puis derrière la route, c’est le centre ville, où l’on trouve encore une autre variété de street food : les faratas et rotis (petites crêpes indiennes fourrées au cari), les lassis, les samoussas…. Nous ne prendrons pas le temps de flâner dans Port Louis cette fois-ci, mais la cité administrative mérite qu’on s’y balade quelques heures : le jardin de la Compagnie, l’ambiance animées de son marché aux légumes, aux poissons et à l’artisanat, le front de mer entre le Caudan et l’Astrolabe, son petit musée d’histoire naturelle, le palais présidentiel, le vieux théâtre…
Le soir même, les copains débarquent avec le kit parfait de l’apéro dinatoire!La marmaille est là au grand complet, et Victor retrouve ses copains d’enfance, avec qui nous avons gardé contact au long des années.Hugo, Victor, Ethan et Paul se connaissent depuis le jardin d’enfants, quand ils avaient à peine 2 ans, et les voilà ados, toujours complices!
Anna se fait une nouvelle copine avec la petite soeur d’Hugo, elle deviendront inséparables pendant ce séjour d’un mois!
Merci les copines d’avoir organisé ce bon moment de retrouvailles.
Le lendemain, c’est la rentrée officielle sur Moby! Nous avons récupéré hier les cours du CNED de Victor, et les manuels de français et de maths d’Anna et Arthur.
Anna est en CP cette année, et commence à déchiffrer les sons simples.
Après quelques courses en ville, nous mettons le cap sur Grand Baie, le mouillage incontournable de l’île Maurice, où se trouve aussi le « Grand Bay Yacht Club-GBYC », qui vient de fêter ses 75 ans . Mais ce que nous cherchons des yeux en arrivant c’est « Nomade », notre ancien voilier, que nous avions acheté en Thaïlande et convoyé tous les deux à Maurice en 2005. Séquence émotions, le « Copain d’abord », ancêtre des « Lévrier de mer » n’a pas pris une ride,
et sa peinture de coque, d’un gris silver est toujours aussi brillante 12 ans plus tard!A quelques encablures de là, sur la côte, notre ancienne maison, où nous avons vécu 3 ans.
Ce soir, nous mouillerons devant le GBYC, et nous replongerons avec plaisir dans notre vie mauricienne. Pipo, le commodore du GBYC, nous prépare une carte de membre temporaire : nous voilà tout fiers de hisser le drapeau officiel GBYC dont nous avons longtemps été membres.
Hugo, l’un des copains de Victor, qui habite à 2 pas, reste dormir.
Nous sommes conviés demain dimanche à un pic-inc à Cap Malheureux. La passe n’est pas évidente, Yann, le papa d’Hugo monte à bord pour nous guider. Mathis et Alberto arrivent en éclaireurs
Nous y voilà, à Cap Malheureux, village côtier célèbre par sa pittoresque église au toit rouge. C’est la même bande que vendredi soir, nous passons une super journée : dans l’eau, sur l’eau;
à terre,
Les enfants ont investi Moby, nous ne les verrons à peine de la journée, ils font des aller-retour en SUP ou à la nage, naviguent en laser, ou prennent les annexes ou les kayaks pour se balader.
En fin de journée, Nico vient nous saluer en voisin avec sa pirogue hawaïenne à voile. C’est lui nous a initié au kitesurf en 2001, seul instructeur de l’île, à l’époque où ce sport était encore à ses tout débuts.
Puis c’est au tour de Guillaume de venir nous voir avec sa pirogue polynésienne à rame.
Le lendemain, direction, Bainboeuf, dans la baie d’à-côté, où nous dînons chez Stephanie et Guillaume, avec Nico et Andrea. Nous naviguons ces quelques milles à la voiles, Arthur, Victor et son copain Hugo nous suivent avec l’annexe.
La vue sur le Coin de Mire est magique. Les belles maisons défilent, nous sommes dans les quartiers chics du nord mauricien.
Les catamarans de charter rentrent des îles dans le soleil rasant.
Le spot de bainboeuf est super pour le windsurf.
Anna s’est installée sur le rouf pour me peindre ce Coin de Mire si photogénique.
De retour à Grand Baie, nous avons la visite d’Ancheley, notre toute première employée de maison, qui est restée travailler chez nous plus de 10 ans malgré nos déménagements successifs. Elle fut surtout la nounou de Victor à Maurice, sa « nénène » come on dit ici en créole. Ancheley est visiblement très émue de revoir ce grand jeune homme. Je le suis tout autant : c’est Ancheley qui m’a appris les quelques mots de créole que je connais, à cuisiner créole, m’a accompagné dans les marchés, et s’est occupée de ma maison et de mes enfants pendant 10 ans!
Autre visite, programmée, celle de Steph, ma copine coiffeuse à domicile : c’était pour elle une grande première de venir travailler sur un bateau!! Victor,Arthur et moi ressortons tout beaux, et Steph, même pas malade!
La semaine est un défilé d’amis, comme ici Patrick, venu en bateau prendre un petit café à bord.
Mais le week-end prochain, c’est une autre affaire : nous partons en navigation tandem avec un autre cata : nous sommes 23 en tout (11 adultes et 12 enfants) sur 2 bateaux!!!
Notre équipage arrive!
Nous partons cap au sud vers Rivière Noire et Tamarin pour le week-end.Nous longeons la côte Ouest, sous le vent.
La Navigation est idyllique : mer plate et alizé.
La côte défile sous nos yeux
Le phare d’Albion
Nous accueillons à bord la moitié de la marmaille , en particulier les copains et copines de Victor : 7 ados de 12 à 14 ans!
Le domaine sucrier de Médine,
Les garçons scrutent le DCP à la recherche de poissons en surface…
Gwenn, relax
Loïc et Marc à la nav’
Arrivés à Tamarin : les enfants s’interrogent : est-ce qu’il y a des vagues?!
Gwen au pompage des SUP : tout les enfants vont sur l’eau prendre les vagues en surf, SUP, bodyboards….!
Visite de Fred, le copain de surf de Loïc, qui vient en voisin, depuis la plage de Tamarin
Les tortues montrent leur nez,
le soir, les garçons dorment tous sur le tatami, dans le cockpit
Le lendemain, cap sur le lagon du Morne,
la marmaillela marmailleles copains
pour un plouf en aux turquoises.
ValérieClaire et Marc
Nous naviguons de concert, bord à bord sur quelques milles, avant de nous arrêter pour nous baigner. et faisons encore une fois le plein de copains
les copainsla marmaille
Dimanche après-midi, il est temps de remonter vers le Nord, en longeant la côte Ouest toujours, direction grand Baie.les garçons montent à bord du Catana.
Nous avons les plus jeunes à bord de Moby : les deux Anna, Charlie et Arthur ont entre 5 et 8 ans, coachés par les plus grandes : Anaïs, et nos deux Clara ont organisé un atelier dessin/peinture.
Bye-Bye le Morne
Bye-Bye Tamarin
puis en chemin, les dauphins nous accompagnent
Les jolies maisons défilent sur la côte,
le phare d’Albion.La nav’ est sympa,
A bientôt les amis.
Nous voilà de retour à Grand Baie!
Mais sur un goût de trop peu, nous repartons le lendemain pour Rivière Noire et Tamarin. Voilà les paysages en chemin.
Nous voilà arrivés dans le sud.
Moby au mouillage de vant la plage de tamarin
Les lumières sont parfois à couper le souffle,
coucher de soleil depuis la plage de Tamarin
Le spot de surf de Tamarin est idéal en famille, il y en a pour tous les niveaux, et nous voulons tous en profiter tant que la houle est bonne. Je pars en SUP prendre les mousses sur la plage avec Anna, pendant que les garçons vont sur le spot de Dal. Celui de Blackstone, souvent excellent en SUP surf, n’est pas praticable ce matin.
sur le spot de Blackstone, pas une vaguele spot de Blackstone vu du ciel
Victor est rejoint par Victoria, la fille de nos amis Fred et Esmeralda. Cet après-midi, la vague sur Dal est belle mais petite, et donc fréquenté par les ados : Victor, Victoria et ses amis du collège.
Nous restons une semaine entre Tamarin
et Rivière Noire,
Devant les Salines de Rivière Noire
des escales peu fréquentées par les bateaux de passage et c’est bien dommage. Le Sud de l’île est plein d’attraits : les spots de surf, de Tamarin en particulier, les spots de kitesurf du Morne, mais surtout la nature sauvage des Gorges de Rivière noire, les rivières, cascades et forêts du sud etc…
Pendant toute la semaine, nous recevrons à bord bord de nombreux amis et anciens collègues de Loïc tous pilotes chez Air Mauritius, en plein crise avec leur management.Alors les questions tournent autour de notre voyage bien sûr, mais aussi des rapports conflictuels entretenus entre la direction et les pilotes. François et son épouse, Christophe, mais aussi d’autres amis : Dominique, le frère de Christophe, que nous reverrons à St-Brandon, Jean-Jacques, J-C et Eric tous 3 kitesurfers, Jean-Luc et Catherine, amis d’amis.
L’apéro avec Jean-Luc et CatherineLoïc avec Ericles bateaux équipés de moteurs jet de François
Nous sommes aussi invités à terre, chez Fred et Esmeralda, chez Didier et Ingrid.
Nous nous régalons des lumières du soir en particulier sur les montagnes de Tamarin.
Nous profitons aussi de cette escale pour savourer nos plats préférés, comme la salade d’ourite (poulpe bouilli, découpé en petits morceaux, puis assaisonné de coriandre, gingembre et limon confit), en principe, spécialité rodrigaise.
Une curiosité, ce semi-rigide amphibie, classe, non?
Rivière Noire est un bon spot également, bien abrité, qui nous permet de passer de bonnes nuits à bord sur corps-mort.
Dominique nous propose de passer une nuit au ponton de JPH à la Balise Marina. Une infrastructure unique à Maurice. De nombreux bateaux sont amarrés devant les appartements,
et Rivière Noire est devenue la base de nombreux catamarans de croisière, privés et Charter.
la balise Marina vue du ciel
Nous accueillons à bord pour le week-end Elodie, ses 3 enfants Hugo, Lola et Anna, ainsi que Paul un autre ami de Victor. Elodie est elle-même « enfant de bateau », elle a passé une année de son enfance en voyage en bateau autour de l’Atlantique avec ses parents, et comprend mieux que quiconque notre choix d’escapade.
Nos enfants sont très heureux de recevoir des amis sur Moby. Victor part naviguer en planche dans le lagon du Morne avec Hugo et Paul, les kitesurfersPendant ce temps Elo et moi partons explorer les rivages de l’îlot Coco.
Le soir c’est ambiance Casino à bord : Blackjack, poker…
Le lendemain matin, nous rentrons à Tamarin, cette petite nav’ est l’occasion de montrer à Hugo, Paul et Lola quelques manoeuvres, du matelotage, les winchs.Et au retour, les dauphins nous accueillent dans la baie : ce groupe de dauphins sédentaires est une véritable mine d’or pour l’industrie du tourisme.
Elodie et moi partons explorer la rivière : le premier bras est assez court et ne nous permet que de remonter jusqu’au pont;
Le second va jusqu’au Golf de Tamarina, à travers une nature encore préservée et bucolique.
Le dimanche après-midi, la plage de Tamarin s’anime
En fin de journée, nous avons la visite d’Olivier et Lara avec leurs enfants.
Victor explique aux filles notre périple en particulier notre traversée du Pacifique via les iles Galapagos, Marquises, Tuamotu, iles sous le vent etc…. J’avait réalisé un bel album photo papier pour la famille, et nous en avons gardé un à bord : pratique pour raconter nos escales aux invités, ou tout simplement pour se remémorer les meilleurs moments, les bateaux-copains…
Décidés à faire le tour de l’île, nous appareillons à l’aube un matin, cap sur Mahébourg.
bye bye Tamarin , Rivière Noire et le Morne,
Il nous faut contourner le Morne Brabant,
le Morne au petit matin
puis longer la côte sud : le domaine sucrier St-Aubin, la côte découpée de roches volcaniques acérée,
les souffleurs qui crachent leur écume, les filaos battus et couchés par les vents
Les montagnes du Sud-Est apparaissent, puis l’aéroport de Plaisance devant lequel jouent les dériveurs des hôtels de Blue Bay.
Arthur, un peu barbouillé prend son petit dèj dans le cockpit au chaud dans sa couverture polaire : le Pacha!
L’ile aux Aigrettes en premier plan,
Nous longeons la Pointe Desny,
puis arrivons en vue la passe
L’ile de la Passe
puis de l’îlot Fouquet avec son ancien phare.
Pour entrer dans le lagon jusqu’à la ville de Mahébourg, c’est assez simple, mais pour pousser plus loin, il vaut mieux connaitre. Nous sommes guidé par Jérôme, qui nous fait zigzaguer entre les bancs de corail
La plage de la Pointe Desny
Nous passons devant le yacht club de Pointe Desny. Plus tard, Jean-Pierre vient nous saluer en kitefoil! Il y a à peine 10 noeuds de vent, et il vole sur l’eau dans un grand silence.
Ca y est, nous voilà arrivés à destination, devant l’îlot Aigrettes. L’eau est d’une transparence turquoise remarquable.
Moby au mouillage devant l’île aux Aigrettes
Nous faisons le tour de l’îlot en annexe, et avons la surprise de retrouver au retour 2 anciens collègues de Loïc, venus prendre l’apéro au coucher du soleil. Gavin, et Anton, en escale à Maurice avec l’ A380 d’Emirates ;
Gavin en famille prenant l’apéro sur la plage
Loïc avec Anton et GavinAnton repart avec son équipage
Le lendemain, décollage!Le soir, nous savourons une vue sublime sur la montagne du Lion, tout en prenant un verre avec Jean-Pierre et Outi, les locaux de l’étape.
Le lendemain, c’est au tour de Patrick de nous rendre une visite en paddle, puis de Damela avec son fils, sa soeur, et sa nièce très intrigués de découvrir notre style de vie. Un autre Patrick, instructeur en cabine, vient aussi sur Moby. C’est très touchant de voir tous ces collègues qui viennent prendre des nouvelles de Loïc et de notre famille.
Après 48 heures dans le lagon de Mahébourg, nous mettons cap au Nord vers Grande Rivière Sud-Est (GRSE), toujours dans ce même grand lagon.
Nous passons devant le yacht Club,les hôtels,
des barques de pêcheurs matinaux,
en empruntant un chenal à peine plus profond que notre tirant d’eau. Jean-Pierre vient nous saluer une dernière fois en kitefoil.
en route vers GRSEl’élevage piscicole
Une fois arrivés à GRSE, les enfants souhaitent aller voir la cascade! Passage obligé, les Coast -guard encore une fois viennent nous contrôler. Après quelques minutes en annexe, la voilà, rien d’extraordinaire, mais la balade est agréable, boisée, et offre à son extrémité une brumisation fort rafraîchissante.
Ce soir, 2 couples d’amis (Jean-Marc, Carole, Jean-François et Brinda) nous rejoignent pour 24h à bord de Moby, pour la dernière branche de notre circumnavigation de l’île : de Grande-Rivière Sud-Est à Grand Baie, en longeant la côte Est et Nord.
Jean-François a apporté son drone : pour une fois, les photos aériennes ne sont pas de Loïc.
Jean-Marc et Loïc hissent le gennaker. Ca y est, nous voilà en mer!
Quelle chance, nous apercevons 2 baleines, maman et bébé, qui font surface à plusieurs reprises, ne s’approchant pas trop, mais suffisamment pour bien les distinguer.
La côte Est offre un visage plus monotone, moins escarpé, avec ses plaines étendues, et les montagnes au loin.
Nous apercevons de loin Poste Lafayette, cette belle plage où nous avons vécu 3 ans. Nous ne pouvons malheureusement pas nous y arrêter, le lagon est trop peu profond pour Moby.
Je distingue derrière les haies de filaos et les maisons jumelles au toit gris ! Notre ancienne maison est habitée par nos amis Alberto et Valérie, ce qui me permettra d’y dormir un soir, nostalgie…. et de faire une longue balade sur son ruban blanc de sable et noir de roches volcaniques.
Nous passons devant Grand Gaube, petit village de pêcheur : c’est dans cette petite maison au toit rouge que nous avons passé nos 4 premières années à Maurice, profitant au maximum du lagon venté de Grand Gaube, pour y pratiquer windsurf et kitesurf.
L’occasion aussi de faire coucou de loin à Ancheley, qui fut notre employée de maison pendant 10 ans, et la nounou des enfants. Son mari Riley est pêcheur à Grand Gaube, mais surtout connu pour ses exploits lors des grandes régates de pirogues locales, en particulier celle de la St-Michel.
Déjà les îles du nord se dessinent : l’île Plate, puis le Coin de Mire : c’est là il y a une dizaine d’années que nous avons initié Victor au snorkeling, puis à la plongée bouteille l’année de ses 10 ans, avec Ludovic de chez Emperator Diving. . La baignade y est toujours aussi agréable, le snorkeling plutôt joli
poissons papillonpoisson-cocher
et le ballet des paille-en queue ne me lasse pas….
Nous arrivons à Grand Baie,
Brinda
la boucle est bouclée, nous somme revenus à notre point de départ d’il y a 8 jours. Merci à tous les amis, (et j’en oublie…) qui nous ont donné un coup de pouce :
Elodie et Carole pour le service de lingerie,
Alexandre qui nous offre sa machine à pain (notre four est cassé…),
Jean-Marc qui nous prête sa voiture,
Valérie qui joue les boites postale et nous livre les cours du CNED et les manuels scolaires,
Claire pour le stock de feuilles de caripoulé (indispensable pour un bon cari de poulet mauricien), les copines du book club pour avoir contribué à remettre à flots ma bibliothèque de bord,
les Kouzoupas (ils se reconnaitront) pour leur bonne humeur et leur joie de vivre,
Nico pour les cours de Kite de Victor et kitefoil de Loïc,
Carole pour sa formidable adresse de livraison de légumes bio,
Gwen pour les livres de filles et les torchons ;-),
Elo pour les chutes de tissu qui ont fait une heureuse, …
Nous profitons de la voiture pour nous balader, comme ce matin à l’Aventure du Sucre, musée incontournable à Maurice, qui retrace l’histoire du pays à travers la culture sucrière. L’idée est originale, : l’ancienne usine de Beau Plan, a été transformée en centre d’interprétation de l’histoire de l’île. Tout au long de la visite, les enfants se passionnent tour à tour pour la découverte de l’île, ses premières tentatives de colonisation, les pirates et corsaires des mers du Sud, l’histoire des esclaves et travailleurs chinois, malais, et indiens,
machettes anciennesmachettes « modernes »
son développement agricole sucrier, et surtout par le process de fabrication du sucre!
Anna en profite pour lire quelques mots simples.
Coupe de la canne, pressage pour obtenir le jus, filtrage, chauffage puis évaporation, cuisson, cristallisation et centrifugeuse!
Pour ma part, je suis aussi intéressée par le process de fabrication du rhum…. Celui de l’île Maurice n’est pas aussi réputé qu’aux Antilles, mais des efforts ont été fait depuis une dizaine d’année pour créer un rhum agricole (fait partir du jus de canne) de qualité, plus parfumé que le rhum de base (fait à partir de mélasse, le résidu de production de sucre).
La visite se termine par une dégustation des sucres! Les enfants votent pour le muscovado brun (très foncé avec des parfums de vanille et de réglisse) et le coffee crystal, sorte de bonbon-cristallisé de la taille d’un grain de café, deux créations mauriciennes.
Autre passage obligé : le dentiste! Nous avons pris rendez-vous avec notre ami Alain, pour un check-up général des garçons de la famille. J’en suis exemptée car je suis déjà passé chez le dentiste à Nouméa…. Je flâne avec plaisir dans son jardin, Alain travail dans un cadre enchanteur, celui des jardin du chateau de Labourdonnais.
Alain a lui aussi a navigué quelques années entre les Antilles et la Nouvelle-Calédonie, jeune dentiste nomade à l’époque . Il se remémore avec nous la Polynésie, où sont nés ses enfants, et en particulier les mouillages des Tuamotu et des îles sous le vent.
Loïc OK, Arthur OK, Victor OK. Même Anna qui n’a pas encore perdu ses dents de lait, fait un tour de manège sur le fauteuil électrique!
OUF, pas une carie à l’horizon!!
Les journées journées passent, bien remplies : école le matin, courses et bricolages l’après-midi.
Le mouillage devant GBYC
Les soirées se succèdent, animées, avec les amis qui passent.
Là une belle brochette de pilotes : Isabelle et Patrick, Eric, Jean-Marc et Carole, Shehzaan.
Et de copines : je suis entourée de Carole et des mes anciennes voisines Isabelle et Sophie.
AU GBYC, Loïc renoue avec beaucoup d’anciens collègues : Dominique, Patrick, Pipo, John, André… ..
Nous croisons aussi d’autres amis en mer; comme Justine et Hubert à bord de leur voilier, Jean-Louis et Nicole, des Réunionnais de passage à Maurice, sur Moukathaï,
Nous préparons aussi notre intervention au Grand Baie Yacht Club : nous avons convié nos amis et les membres du Club à un apéro-conférence-photos de notre périple. C’est la première fois que nous prenons la parole en public à ce sujet, et nous réjouissons à l’avance de ce partage.
Pour nous mettre en jambes, Laetitia m’a proposé d’inviter Anna et Arthur dans la classe de ses garçons Erwan et Alec, CP et CE2 à l’Ecole du Nord, afin de présenter notre voyage.
Erwan et Alec
Je découvre Arthur étonnamment à l’aise pour prendre la parole et très précis dans ses explications. Les enfants ont plein de questions : Quel animaux rencontrés? Qui fait l’école à bord? Est-ce que vous avez rencontré des pirates? Qu’est-ce que vous mangez? Comment faites-vous les courses? Est-ce que l’école vous manque? Est-ce que vous êtes heureux de vivre sur un bateau, ou est-ce que vous préférez la vie à la maison? Comment vous pilotez le bateau la nuit?
Nous savourons ces derniers jours à Grand baie, en particulier les soirées qui sont douces.
le GBYC le soirla plage de la Cuvette
Mercredi soir au Grand bay Yacht Club, plus de 70 amis et connaissances ont fait le déplacement pour nos écouter et échanger.
Nous passons un très bon moment à répondre à leurs questions devant un verre de vin et des grillades.
Merci à Pipo , commodore du GBYC pour son organistion au top. Leur seul bémol sera la chute d’Anna. Elle s’ouvre le menton, et je dois passer la soirée avec elle à la Clinique Darné, de Curepipe; un lieu que je nous connaissons bien car c’est là qu’est né Victor, il y a bientôt 14 ans!!
Loïc reste au Yacht Club s’occuper de nos invités : simples curieux, marins aguerris, candidats au voyage, amis admiratifs, tous ont mille questions.
Anna et moi sommes de retour vers minuit après 2 grosses heures de route, une heure d’attente et une heure de soins. IL faudra 11 points de sutures pour la demoiselle! La récompense : les lumières de Cure-Pipe et Floréal : ce soir c’est Divali, fête des lumières des Indous, et les maisons sont joliment éclairées.
Merci à Gwen de m’avoir servi de chauffeur et aux copines qui m’ont attendue jusqu’à cette heure tardive pour me dire adieu. Nous partons en effet demain matin pour St-Brandon, avec Arnaud et Laetitia, nos amis tout juste arrivés de France le matin même, qui vont naviguer près de 3 semaines avec nous.
Quelques minutes avant d’appareiller pour Port-Louis, Victor pose devant l’ancien catamaran de Bébert : c’est sur ce bateau qu’il a fait sa première sortie en mer, il avait tout juste 1 mois!
Décidément, ce séjour d’un mois aura rallumé de merveilleux souvenirs, tissé des échanges, et remplis nos yeux de paysages familiers et réconfortants qui feront toujours de l’île Maurice l’île de notre coeur.
Nous faisons route vers Port-Louis pour les formalités et un dernier avitaillement de fruits et légumes au marché couvert.
Arnaud qui prépare les brèdes
Nous avons embarqué Arnaud et Laetitia pour 18 jours d’une navigation triangulaire Maurice-St-Brandon-Réunion. Arnaud voulait revoir l’île de son enfance, la Réunion, où il a vécu jusqu’à ses 15 ans; il rêvait aussi (tout comme moi!) de découvrir St-Brandon, dont depuis des années, ceux qui en reviennent, nous vantent ses plages de sable poudreux, ses spots de kite, et ses fonds poissonneux.
Ce qui nous frappe dès que nous arrivons sur l’une de ces magnifiques plages des Seychelles c’est que le sport préféré des touristes est le Selfie : le plus souvent en couple (la destination est très prisée des jeunes mariés en voyage de noces et autres amoureux en vacances à deux), mais aussi en solo, pour instagrammer la toile de vues de dos (la grande tendance cet été, sisi!)J’en apprend beaucoup sur la manière de montrer une cuisse fuselée en image, de masquer son estomac en posant de côté…Je découvre des voyageurs très organisés qui remballent dans leur sac de plage des accessoires de pro : selfie-sticks étanches pour se photographier dans les vagues, pieds escamotables pour de vrais portraits de couple de pied, drone pour s’immortaliser comme seuls sur la plage, ou qui font des milliers de kilomètres avec des licornes ou des cygnes roses gonflables… Car quand on vient passer des vacances aux Seychelles, il faut aussi le montrer, il faut que sa se sache et que ça soit beau, quitte à se mettre en scène…
Selfie en marchant?eh non! : Monsieur filme madame qui avance à reculons…
Nous nous sentons… décalés… Depuis 18 mois que nous sommes partis en grand voyage, les Seychelles représentent sans doute la destination la plus touristique que nous ayons fréquentée. Touristique dans le sens « tourisme organisé » : pas un backpacker (à 300 euros la nuit dans un 2 étoiles, ça décourage…), ni un touriste local (le pays ne compte que 90 000 habitants) : il n’y a guère de place que pour un tourisme de couple haut de gamme dans des hôtels de luxe. Bien que ce soit les vacances scolaires en Europe et aux Seychelles, nous détonnons un peu avec notre marmaille …et croisons beaucoup de mariés…
mariage à Anse Volbert, Praslinphotos de mariés à Anse Georgette, Praslind’autres mariés à Anse Lazio
A part nos amis de COOL RUNNINGS et de SHUTI , qui nous ont suivi depuis les Chagos, nous ne croiserons pas UN SEUL autre voilier de grand voyage comme le notre : il semble que les navigateurs aient renoncé à cette destination, particulièrement bureaucratique et chère pour les yachties. Le pays sort tout juste de 40 années de régime autocratique et prend tranquillement le chemin de la démocratie. Cela reste un communiste très édulcoré , plutôt joyeux et accommodant : du travail pour tous, en particulier aux poste de contrôles (j’ai rarement vu autant de policiers, gardes, contrôleurs en tous genre, inspecteurs…..), une éducation pour tous, une médecine gratuite, un accès limités aux investisseurs étrangers….
Le revers de la médaille, c’est qu’après avoir pendant des années investi seulement dans le tourisme hôtelier haut de gamme, le dernier président a livré le pays aux investisseurs du Golfe Persique. Depuis, 40% de la compagnie Air Seychelles a été cédé à Etihad, de colossaux investissements ont été faits dans des villas et commerces de luxe, et petit à petit, une main-d’œuvre étrangère supplée les travailleurs Seychellois. Il faut dire que la jeunesse du pays est affreusement touchée par la drogue : il se dit que plus de la moitié des moins de 35 ans sont dépendants à l’héroïne. Engendrant des grossesses trop précoces, et de nombreux orphelins. Nous croiserons à la marina nombre de ces jeunes hommes shootés, venus chercher des petits boulots et ouvrant l’oeil sur les rapines possibles. Par ailleurs, les casinos vides pullulent : signe de blanchiment d’argent, essentiellement en provenance de Russie et du Golfe persique. En échange de cette main-mise économique, les investisseurs du golfe ont financé des services hospitaliers, des orphelinats, des éoliennes dernier-cri, une centrale thermique, un tout nouveau centre d’entraînement de gardes-côtes…
En haut de la montagne qui surplombe Victoria, celle immense bâtisse, qui détonne tellement avec l’architecture créole et les élégantes villas du bord de mer : la résidence du Sheik Khalifa d’Abu Dhabi, ….
Gageons que les Seychelles restent gagnantes dans ce rapport de force, gardant leur authenticité et leur style de vie si attachant.
Si nous avons choisi cette destination, c’est pour pouvoir facilement profiter de la famille et des amis, à seulement 10 heures d’avion de Paris, en vol direct : ça faisait bien longtemps que Moby n’avait été si accessible!
Les première formalités sont vite réglées dans la matinée de notre arrivée, et nous mettons cap sur la marina d’Eden Island,
la marina D’Eden island
immense complexe de villas haut de gamme à plusieurs millions d’Euros.
Le complexe d’Eden Isand
Plage artificielles, entrée sécurisée, déplacements en voiturette, place de ponton devant la maison, vie en autarcie avec supérette, restaurants, boutiques, médecins : ET ça plait!
la marina est toute neuve, super propre, et on y croise même des tortues!
Nous commençons par accueillir nos amis de longue date Anne et Erwan,
avec leurs filles Gwenn et Liz, ma filleule.
Erwan et GwennAnne et Liz
Plus que des amis, ils font presque partie de la famille : ils sont parrain et marraine des enfants, nous les avons souvent accueillis à Maurice quand nous y habitions, et avons déjà partagé de belles croisières aux Antilles il y a plus de 20 ans.
L’avitaillement est facile : le marché de Victoria est à 10mn en voiture.
au marché de Victoriacamarons rôtis, petsaï sauté au gingembre, achard de mangue au bilimbi
Je fais le plein de vitamines et retrouve avec plaisir les produits préférés de l’Océan Indien : limons, camarons, chatinis, bananes mamz’elle, ananas Victoria, cotomili, petsaï…
régime de mini-bananes « Lady Finger »
Les enfants s’activent aussi et participent : Arthur m’accompagne au supermarché : ses talents de pilote de caddie me sont précieux!
de retour du supermarché
Victor, avec ses épaules solides, revient du marché bien chargé
Anna m’aide à briquer la cabine de nos invités.
Les enfants sont heureux de se retrouver, ils se connaissent depuis toujours.
Et Anna est particulièrement excitée de se retrouver avec des grande filles : ça lui change de ses deux frères!
Gwen et Liz découvrent les plaisirs de la chaise de mat.
Le temps n’est pas au beau fixe, il pleut plusieurs fois par jour!
Enfin, nous quittons la marina pour un premier plouf à Ste-Anne!
Déjà quelques hôtels et chambres d’hôtes
Le lendemain, nous filons vers notre premier mouillage, et longeons la côte nord-est : les quartiers chics, et de belles maisons
spectaculaire demeure : on dirait une Malouinière croisée avec une maison créole!
Erwan est à la barre, serein! Holidays!
Non loin de Beauvallon, nous nous arrêtons sur une petite plage, pas touristique, secret bien gardé des locaux…
L’avantage de ce ciel partiellement couvert, c’est qu’il nous offre de très beaux couchers de soleil
Le lendemain, nous mettons cap sur l’île de Praslin, réputée pour ses plages si photogéniques.
Nous passons l’après-midi à l’Anse Georgette, qui jouxte le célèbre Hôtel Lémuria. Les enfant s’éclatent dans les vagues.
La descente en annexe est impossible, comme sur la plupart des plages des Seychelles, le shore-break est important.
En effet, ces iles granitiques ne sont pas protégées par une barrière de corail, et leur rivage laisse passer la houle, un peu comme aux île Marquises.
Nous dormons au mouillage de la fameuse anse Lazio,
le soleil de fin de journée est très beau. En l’honneur de nos invitées (qui voyagent léger mais ont tout de même apporté quelques jolies tenues), nous décrétons que Tous les soirs sur Moby, les robes seront de sortie!
Le lendemain matin, nous partons entre filles explorer en SUP les différentes criques de l’anse Lazio.
Les enfants reviennent d’une expédition…
Nous retournerons plusieurs fois à l’Anse Georgette, décidément notre plage préférée des Seychelles.
D’abord parce qu’elle est si photogénique,
de petite taille,
et accessible uniquement par la mer, par un chemins de randonnée, ou via l’hôtel Lémuria. Pas de route.
Les bateau de charter ne s’y arrêtent pas, et seuls quelques bare-boats (locations de cata sans skipper), s’y arrêtent quelques heures, mais jamais pour la nuit, ce qui fait que nous seuls au mouillage tous les soirs et tous les matins. La plage est déserte jusqu’à 9-10h, heure à laquelle apparaissent les premiers touristes.
L’exception c’est un matin où nous voyons dès 7h du matin une table être dressée sur la plage : ce sont des clients du très chic hôtel Lémuria venus en famille prendre le petit déjeuner sur la plage déserte!
Les vagues enchantent les enfants, qui s’éclatent en bodysurf, en bodyboard et en skimboard.
Sous les yeux d’Anne et Erwan en maître-nageurs/sauveteurs
Les enfants participent à la vie du bateau :
Arthur initie Liz au remplissage des bouteilles d’eau via le goutte à goutte du dessalinisteur, ou via les tuyaux de récupération d’eau de pluie
Gwenn assiste Erwan au mouillage de l’ancre.
Liz m’aide à la confectoin des pains pita. En effet le four est en panne, alors j’ai eu l’idée de tester ces petits pains que l’on cuit à la poèle. Parfait!
Nous continuons à explorer les îlots autours de Praslin; Félicité est particulièrement photogénique avec ses gros rochers granites et striés, et ses villas de luxe flanqués sur les coteaux. La clientèle arrive en hélicoptère : Son rivage est réputé pour son snorkeling. Nous sautons à l’eau en palmes, masque et tubas : en effet, les poissons sont superbes, très colorés,
Dory!
poisson-chirurgien « powderblue »
poisson-papillon
poisson chirurgien
poisson coffre
poisson napoléon
poisson perroquet
poisson ange-empereur
bone-fish
Sergent-major
Carangues Bleues
mais les coraux sont très décevants : ils ont été blanchis par les vagues successives de chaleur des années El Nino.
Je pars explorer la petite plage.
L’hôtel est très joliment décoré dans un style ethnic-chic
Les vagues déferlent sur la minuscule plage
Nous partons le lendemain explorer la Digue, la plus petite des 3 îles principales des Seychelles.
La manoeuvre d’arrivée dans le port est tout un art!Pas de quai, on s’amarre à la méditerranéenne, ancre devant et aussières à terre.
Les catas entrent au chausse-pied, se glissant les uns entre les autres en se poussant de côté, c’est folklorique!
Heureusement, nous nous sommes mis un peu à l’écart avec les monocoques, et n’avons pas de voisin pour l’instant.
Malheureusement , il y a pas mal de vent de travers, il nous faut aller mouiller une seconde ancre pour ne pas tomber sur notre voisin.
A la Digue, on ne circule qu’en 2 roues.
Il y a encore une dizaine d’année, on y trouvait des char à boeufs, mais ils ont été remplacés par des voiturettes électriques-certaines sont joliment customisées!!, ou de curieux petits camions aménagées en minibus.
Les enfants sont tout excités de faire du vélo. Je prend Anna en tandem, elle est ravie!
Ca me faire du sport : en effet les pédales sont bien trop loin pour elle, et je pédale pour 2.
Loïc reste à bord : en effet, le vent souffle, et il est probable que des nouveaux bateaux arrivent de part et d’autre de Moby : il vaudra mieux être à bord en cas de manoeuvres. Nous partons sur les petites routes de la Digue!
Les vélos ne sont pas chers mais d’une qualité médiocre! Arthur déraille 3 fois,
Erwan manque de chuter : sa roue est voilée et prête à se détacher. Mais le service après-location est au TOP, et on arrive nous dépanner en 5 minutes.
Nous arrivons tant bien que mal dans le sud de la Digue et ses plages sauvages!La mer est démontée, nous sommes sur la côte au vent. Nous arrivons à Grand Anse
traversons un gué, puis un petit col,
et nous voilà à Petite Anse
Le sable est fin comme de la farine, on s’enfonce jusqu’à la cheville!
le Beach Bar
Le chemin côtier fait presque tout le tour de l’île, et je serais bien restée l’explorer à pied, mais les enfants veulent se baigner sans se faire brasser…. Comme tous les touristes autour de nous, nous profitons de ce cadre majestueux pour faire quelques photos souvenir :
et faisons demi-tour : cap vers Anse Source d’Argent, la plus célèbre plage de La Digue.
Il nous faut passer par le parc qui abrite un petit jardin botanique
et des cultures de vanilleDevant l’enclos aux tortues, les enfants ne peuvent rester indifférents, et donnent quelques feuilles à ces gros reptiles ancestraux. Ces tortues sont endémiques des Seychelles, et préservées au sein de parc comme celui de l’île Curieuse où nous irons bientôt, ou comme sur l’île d’Aldabra, réserve naturelle protégée, et la plus grande concentration au monde de tortues terrestres.
Nous continuons, et arrivons à destination.Une première plage,
puis une autre crique : les enfants sautent à l’eau. Anne, Erwan et Gwenn se reposent et s’offrent un shooting photo dans ce cadre idyllique.
Je pars explorer la côte avec les plus jeunes. Nous passons par un dédales de roches,de passages secrets, de mini-criques,
de plages désertes,
et tout au bout, la fameuse plage de Source d’Argent avec son bar à cocktails vitaminés.
Au retour, en pédalant, nous profitons de la vue et du chemin,parsemé de charmantes maisons créoles,
chambre d’hôtes, petits hôtels,
chapelles,cases créoles colorées,
églises
et bars à jus….etc…
Ce soir, c’est pizza pour les enfants, et resto pour les grands. On nous a en effet recommandé le Fish Trap pour un dîner sur la plage.Déjà 8 jours que nous préparons 3 repas par jours pour 9 personnes : Anne et moi sommes ravies de nous faire servir!
Pour l’occasion, nous sortons les robes dos-nus.
Santé!
Bien souvent, en mer, nous observons plusieurs fois des ailerons à la surface. Les paris sont ouverts : dauphins, requins, ?? Ce sont en fait des raies aigle léopard.
Nous en croiserons très souvent.
Totalement inoffensives car très craintives, il est fort improbable qu’elles nous blessent de leur dard.Loïc en sauvera même une de l’asphyxie : la pauvre a sauté sur le ponton de la marina! Elle frappe le sol de ses ailes, mais ne parvient pas à rejoindre la mer.
Les enfants ébahis en profitent pour observer son corps massif et son bec de dauphin.
D’un coup de rame, Loïc la soulève et la fait glisser dans l’eau. Quelle coup de stress pour le pauvre animal.
J’ai rapporté de Bali des paréos pour les filles! Nous les essayons en jupe,
et DJ Erwan nous met la Zik! Ambiance « choré » à bord de Moby!
Nous sommes de retour à Georgette, sur Praslin, car le garçons veulent aller jouer le lendemain au Golf du Lémuria.
Encore une fois, c’est l’éclate dans les vagues, qui sont assez grosses ce soir.
Je profite d’un allez-retour au bateau pour ramener des bières : ce soir, nous prenons l’apéro sur la plage au coucher du soleil.
Tous le monde se lève tôt demain, car aller au golf depuis Moby, c’est tout une aventure! Loïc est allé chercher sur la plage s’il trouvait des balles perdues….
Pas moyen de descendre en annexe, les gars iront donc à la nage, avec leurs affaires dans un sac étanche.
Ils sont très organisés : une fois à terre, petit rinçage au bidon d’eau douce, habillage, et c’est parti!
C’est un très beau 18 trous, assez technique, plein de dénivelés et de plans d’eau :
Le clou du parcours, c’est le trou n’° 13, dont voici le départ surplombant la mer :
avec un dénivelé de 70m, et green…en contrebas. Ver-ti-gi-neux!
Pendant ce temps, nous préparons un pic-inc ;
Là non, plus, ce n’est pas une mince affaire que d’amener tout cela à terre.
Après le sport, et quelques heures en plein soleil, une petite sieste s’impose!
Nous faisons escale à Ste-Anne, et sommes accueillis dans la petite marina de Dream Yacht Charter, Parcequ’ il nous faut nous avitailler de nouveau, et que c’est aussi le moyen le plus pratique pour aller demain visiter la vallée de Mai.
En attendant, Valentine, une jeune femme de Praslin nous a proposé de cuisiner pour nous. Nous sautons sur l’aubaine : mieux qu’au restaurant, nous nous régalons d’un BBQ de babonne et poulet, de pommes de terres, d’un curry de poulet, avec achard de papaye, salade composée, riz aux légumes, le tout superbement préparé dans des barquettes fort pratiques et chaudes!
Génial, le take-away à la Seychelloise!
En général, le midi à bord de Moby, je cuisine vite fait, car le temps manque et que nous sommes actifs. J’assemble rapidement une salade composée, ici aux pois chiches, détaille des crudités, et sors du pain, du beurre, du fromage et de la charcuterie pour les sandwiches (buns, pain de mie, pita ou wraps etc…)
Ce matin nous partons pour la vallée de Mai, seule réserve naturelle terrestre des Seychelles avec l’île d’Aldabra. C’est aussi le plus petit territoire classé au Patrimoine Mondiale de l’Unesco. Sa particularité : abriter le célèbre Coco de mer (appelé aussi plus vulgairement Coco-fesse), palmier endémique de Praslin, dont la noix a une forme aussi évocatrice.
Nous partons avec Valentine, notre guide pour la matinée, à la rencontre des ces géants tropicaux, qui peuvent vivre plusieurs centaines d’années.
pied femelle chargé de petits ovulespied male avec ses longs cheveux
Il y a les pieds mâle et les pieds femelles.
pied femelle fécondé de noix
Il y a aussi les différents appendices que nous présente Valentina:
appendice mâlefruit : la noix du coco de mer
Cette visite est surtout l’occasion de déambuler dans une nature bucolique,
sous la fraîcheur des arbres dont la canopée monte à près de 30m!
Les enfants sont captivés par l’histoire du coco de Mer : la noix mature et pleine pèse pas loin de 25kg.
Nous découvrons aussi d’autres espèces et petits animaux endémiquesLe retour se fait comme l’aller : en bus! Il ne reste de places qu’à l’avant, et dans la vertigineuse descente en lacets qui nous mène des hauteurs de Praslin au port de Ste-Anne, je me crispe plus d’une fois aux poignées!
Nous quittons Praslin pour rejoindre Mahé. Erwan attend depuis 8 jours que la ligne fuse, et ça y est! C’est un thon blanc, (Abacore en Francais, Yellow Fin en anglais) d’une dizaine de kilos
: ce qui se fait de mieux pour les sashimis! Erwan ferre la bête, la remonte,
Loïc la gaffe, et je lève les filets
un vrai travail d’équipe.
J’ai déjà en tête le menu qui suivra : trilogie de thon : sashimis, makis et mi-cuit de thon.
Et pour les enfants : nuggets de thon aux herbes, ils en raffolent
Yellow : c’est la couleur du jour!
Nous arrivons à Mahé, nous passons devant les îles de St-Anne et de Cerf où l’on distingue hotels de luxe et villas sur la plage.
Encore une fois, Moby est envoyé sur le ponton des super-yachts : nos voisins sont ce yacht de surveillance et d’assistance du sheik disposant d’impressionnants systèmes de communication…, un catamaran de 25m, et des bateaux de pêche au gros rutilants de chrome.
la marina D’Eden island
Nous fêtons aujourd’hui l’arrivée de mon frère Thomas, son amie Sonia ainsi que mes parents. Ils ont affrété pour l’occasion un Lagoon 52 chez Dreamyacht, avec skipper et hôtesse pour une navigation en tandem.Un pied de plus que Moby, mais un volume et des espaces de vie bien plus importants.Chaque soir, nous nous retrouverons tous ensemble à bord de Colombo;
dîner des enfants
Nous profitons de ces 24h à la marina pour faire une petite toilette à Moby.
Erwan met la main à la pâte
Le soir les filles se font belles en l’honneur des nouveaux arrivants.
Les garçons ne sont pas mal non plus!
Nous partons pour les 5 jours qui viennent faire le tour de Mahé. Toujours, sur la côte, des villas toutes plus originales les unes que les autres; style créole ou moderniste, elles s’intègrent toujours parfaitement dans le paysage.
Port Launay fait l’unanimité! : et pourtant,ce n’est pas facile de plaire à tous. Nous sommes 13 en tout sur 2 bateaux, âgés de 5 à 70 ans,
le spot de surf, derrière la croix…
SUPers, surfers, amateurs de plages et de longues promenades au soleil couchant sont ravis.
La lagoon 52 offre une super plateforme de bain, et un cockpit immense qui peut tous nous accueillir.
La soirée commence bien, avec ce vendeur de plage, venu nous proposer de l’eau de coco fraiche.
Le lendemain, nous mettons cap sur l’île Thérèse, à quelques encablures de Port-Launay.
l’îlot Thérèse
L’île est déserte, merveilleusement photogénique et sauvage à souhaits. Nous sommes les seuls ce matin. Dans quelques heures, des touristes débarqueront pour y déjeuner de BBQ sous des abris de bois et de tôle. Nous savourons cette tranquillité : l’île est à nous le temps de la matinée!
Nous partons à pied explorer le rivage et découvrons les fleurs du Takamaka, très odorantes, typique des plages Seychelloise, au parfum mêlé de miel, d’ambre et d’embruns.
Nous découvrons d’étranges formations granitiques créées par l’érosion.
Après le sport du matin et un copieux déjeuner c’est l’heure du café/sieste à l’abri de la voile d’ombrage sur Moby.
Papily et Mamily descendent à la plage avec les enfants. Victor et Loïc ont repéré une jolie vague à surfer.
Ce soir sur Moby, c’est la fête! Nos amis partent demain après plus de deux semaines passées à nos côtés; ils vont nous manquer!
Le lendemain, c’est la dernière nav’ retour à Victoria avec Anne et Erwan ;
Anne
Thomas et Sonia sont venus naviguer avec nous pour l’occasion.
Nous faisons escale à l’Anse Soleil pour déjeuner et faire un dernier plouf. Là encore, les vagues ravissent les enfants.
En longeant la côte s’égrènent les noms d’hôtel prestigieux. Là, le Four Seasons, qui s’étend sur plusieurs coteaux. Ici, on est dans l’ultra-luxe, avec des villas individuelles exclusivement, pour 2, 4 ou 12 personnes!
Sur la route retour, nous remontons une jolie dorade coryphène Elle se débat comme un diable!
Mais le captain est lui aussi coriace et a raison de la bête!
Qui finira comme les autres : en filet, au four accompagnée de sauce aux fruits de la passion : une émulsion de jus de fruit de la passion frais, monté au fouet à feu très doux avec de l’huile d’olive, un peu de sel et de poivre : un véritable régal.
Il est temps de se dire au revoir, Anne, Erwan Gwenn et Liz rentrent en France reprendre le travail et le chemin de l’école : ils vont nous manquer!
bye-bye Liz!bye-bye Gwenn
Nous continuons encore une semaine de croisière en tandem avec mes parents et mon frère qui sont sur Colombo, le Lagoon 52 de Dreamyacht.
Nous longeons les iles de Cousine et Cousin. Encore de somptueuses demeures,
Le coucher de soleil sur l’Anse Lazio est magnifique.
Nous avons la surprise, le lendemain matin, de voir la plage défigurée par une zone de baignade à bouées jaunes. Il s’agit en fait d’un filet anti-requin. Il était absent la semaine dernière lors de notre passage, pour réparations, et là, il en manque encore la moitié! Les autorités en ont mis en place après les 2 attaques mortelles de 2011, et les ont laissés en place depuis.
Les vagues sont petites mais propices au skim et au bodyboard.
Ici, pas besoin de photoshoper les images, les couleurs sont sublimes!
Le touristes se sont d’ailleurs donné le mot, avec ce beau soleil, ils prennent tous des films et des photos.
Parfait aussi pour la grande balade pied sur la plage.
Nous testerons un autre mouillage, très très calme, et presque sans vagues, pour plaire à Mamily :
l’anse Volbert, qui sera notre QG pour la nuit pendant les jours à venir.
La encore les raies aigles forment un ballet incessant, c’est un plaisir de les voir le soir nager en surface.
De charmantes maisons créoles bordent la baie.
Juste en face de nous, 4 bungalows aux curieux toits inclinés en forme de pirogue attirent l’oeil. l’hôtel Archipel niché dans les cocotiers.
et l’île Curieuse à l’horizon
La plage est calme avec de petites vagues amusantes
Nous partons avec les enfants escalader ces roches sorties de nulle part, au milieu de l’Anse Volbert.
Nous passons donc nos nuits et fins de journées à l’Anse Volbert, mais partons à la journée explorer et profiter des plages voisines.
Anse Georgette et ses grosses vagues.
Thomas se met au skimboard!
et après une bonne heure de pratique, on voit les résultats!Arthur est heureux de pratiquer en même temps que son oncle. Il progresse beaucoup,
et prend beaucoup de risques :il glisse plutôt dans la catégorie freestyle!
La plage est à nous, le soleil est haut dans ce beau ciel bleu, et j’en profite pour immortaliser toute la famille!
Sonia et moi partons explorer le sentier qui mène à l’anse Georgette depuis l‘Anse Lazio. J’y avais repéré une balançoire;
Nous trouvons un joli point de vue en effet, « the lost tee », qui donne sur le trou n°13,
où de bien nombreuses balles ont dû être perdues
bodysurfbodyboard
Nous retournons à la plage profiter des vagues et des oiseaux.
L’île de Curieuse, est une réserve marine mais surtout réserve de tortues terrestres. Nous partons explorer le sentier côtier : il traverse la mangrove via un chemin,
des roches, puis une passerelle en bois.
Quel point de vue!
Autrefois, un barachois y a été construit, sorte de vivier géant fait des mains de l’homme pour y garder les poissons vivants: il suffit de pêcher quand on en a besoin.
Arrivés sur la plage, nous remarquons un enclos, non pas pour les tortues, qui vivent ici en liberté, mais pour les humains et leurs BBQ!
tortues en liberté
Voilà un signe de civilisation particulièrement avancée et qui a tout mon respect : ici c’est les hommes qu’on enferme, pas les animaux.
Les tortues jouent au foot et se promènent librement sur la plage. On voit qu’elles ont l’habitude des hommes, et se laissent approcher de très très près.
Sur la plage principale, au coucher du soleil, une tortue sort de sa tanière. Elle ne peut vivre avec les autres, les gardiens l’ont donc adoptée, et vit-elle à leurs côtés. Elle fait mine de vouloir se baigner, ou tout du moins se rafraîchir
A Curieuse, nous avons la visite de la Police, venue contrôler nos papiers. A bord de leur petit bateau « Playmobil »
Sur la route de retour,
nous longeons encore de bien jolies maisons
: pas vraiment luxueuses, mais elles ont un charme fou.
Nous faisons de nouveau escale à La Digue avec mes parents, qui ne connaissent pas l’endroit.
Nous reprenons avec plaisir la balade dans les roches de l’anse Source d’argent,
on ne se lasse pas de ces gros rochers comme tombés dans l’eau
dernier plouf à Anse la Farine, derrière l’île ronde
Notre dernière escale en famille sera sur Praslin, où mes parents rendent leur bateau de location, sur la base Dreamyacht.
A Sainte-Anne pour une dernière nuit! Nous ramenons mes parents à Mahé d’où ils décolleront demain pour Paris.
Bye-bye les Seychelles. Il nous tarde de quitter cet archipel, qui nous aura offert de délicieux souvenirs en famille et entre amis,
Ce qui nous a plu :
les plages superbes et un paysage particulièrement photogénique .
Le bassin de navigation entre Praslin, Mahé et la Digue, parfait pour naviguer avec des amis pas forcément amarinés : de faibles distances, et une variété des mouillages pour un séjour de 2/3 semaines, c’était parfait, ni trop ni trop peu, nous avons eu le plaisir d’explorer (presque) tous les mouillages.
la proximité de l’Europe, facilement accessible en vols direct depuis Paris
la facilité d’approvisionnement à Victoria, avec le marché quotidien et les supermarchés particulièrement bien achalandés
de très beaux poissons à voir sous l’eau, et à manger aussi, la pêche fut bonne!
la température de l’eau, à 28°, on y reste des heures!
Ce qui nous a moins plu :
la bureaucratie pesante de ce petit pays, les formalités d’arrivée et de départ parmi les plus lourdes rencontrées
les taxes incessantes sur tout et n’importe quoi, qui finissent pas plomber le porte-monnaie et l’ambiance ( on se sent racketté!). Nous avons du nous acquitter d’une taxe sur les bouteilles de gaz, d’une autre pour avoir le droit de naviguer, plus d’un droit de séjour à la fin calculé au pro-rata de la longueur du séjour. Enfin, dans chaque parc national ou réserve marine (nous les avons tous fait!!), un ticket d’entrée par personne de 150 à 200Rs (9 à 12 €, qui fait vite grimper la note quand on est 9 à bord)…
un tourisme élitiste et typé « couple », qui manque de variété et de diversité
une destination globalement très chère à tous point de vue : avitaillement, restaurants, services etc… sans véritable lien avec la qualité des produits.
le manque de contact avec la population
des fonds marins bien décevants ; le corail est presque totalement blanchi
Nous aurions aimé avoir le temps de visiter les Outer Islands : les Amirantes, mais aussi Agalega et Farquar qui doivent être des endroits merveilleux, et sans doute plus accueillants que les îles principales. Mais le temps nous manque, car nous avons choisi de faire escale à l’île Maurice, pays qui a vu naitre notre fils ainé Victor, et où nous avons passé près de 15 ans. Rendez-vous donc à Maurice d’ici 8-10 jours pour des retrouvailles qui s’annoncent riches en émotion!
Nous venons de passer 2 semaines d’une robinsonnade exceptionnelle dans une nature intacte.
Moby au mouillage à Salomon
Une escale comme celle-ci se mérite, d’abord par son isolement : l’archipel, se situe en plein millieu de l’Océan Indien, au Sud des Maldives et de la péninsule indienne, à près de 2500 NM de l’Australie et des côtes Africaines. Depuis que nous avons quitté la côte Est australienne début juin, nous avons passé 30 jours en mer et parcouru plus de 5000 NM, en ne faisant que de courtes escales.
Les Chagos, ca se planifie aussi car il faut montrer patte blanche et obtenir un permis plusieurs mois à l’avance auprès du BIOT (British Indian Ocean Territory). Il faut dire que les Chagos abritent au sein de l’atoll de Diego Garcia la plus grande base nucléaire américaine hors territoire US.
Diego Garcia a en effet été « achetée » ou plutôt louée aux américains dès le début des années 70 pour y établir une base militaire stratégique, à même de surveiller le Moyen-Orient, l’Asie et l’Afrique, et capable d’accueillir des porte-avions, une flotte de bombardiers et des sous-marins atomique.
Un peu avant que l’ïle Maurice n’obtienne son indépendance de la couronne britannique en 1968, l’archipel des Chagos (composé des atolls de Diego Garcia, Peros Banhos et Salomon) , qui aurait dû revenir à l’île Maurice dont il dépendant, est détaché et abrité au sein du nouvellement créé BIOT. Pour satisfaire les exigences des leurs alliés américains qui souhaitent exploiter avec indépendance leur nouvelle base militaire, le territoire des Chagos est soustrait aux terres mauriciennes, et sa population déportée, sans espoir de retour. Un gros milliers de personnes est envoyée vers Maurice ou les Seychelles.
Un drame humanitaire dont les principaux acteurs, les chagossiens, deviennent les laisser-pour-compte d’une société mauricienne aux prises avec son developement. Abandonnés dans les bidonville de Port-Louis, iIs n’obtiendront jamais leur retour sur place, tout au plus une comprensation financière qui arrive avec vingt ans de retard, et le droit à un passeport britannique qu’ils sont bien peu à utiliser.
Nous avons été très touchés par l’histoire de cette population losqu’en 2006, quelque 120 chagossiens ont eu le droit de revenir sur place se recueillir sur leurs îles, et honorer leurs morts.
Ils ont d’ailleurs déposé une stèle commémorative à Boddam.
Nous avons aussi lu, fait de recherches sur les Chagos. Depuis quelques semaines, notre livre de chevet à tous les deux est l’ouvrage de Jean-Claude de l’Estrac, journaliste et homme politique mauricien, ancien ministre des affaires Etrangères de l’île Maurice, qui relate l’histoire de ce hold-up sur Diego Garcia. Il détaille en particulier par le menu ce que l’on sait des tractations diplomatiques entourant la cession de Diego aux Américain, ce qu’il appelle si justement « un acte de piraterie diplomatique ». Il n’oublie pas non plus d’établir la chronique de ce peuple malmené et déporté par deux des plus grandes nations occidentales : la Grande Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique. Il y a moins d’un demi-siècle de cela.
Depuis 2006, la zone entière est classée comme réserve marine, une raison supplémentaire d’en contraindre et réglementer l’accès.
Nous savourons donc la chance que nous avons de passer 2 semaines dans cet un ancien lieu de peuplement devenu un environnement protégée.
Nous arrivons en milieu de journée, et entrons dans l’atoll sous un grain.
arrivée à Salomon Island sous un grain
L’aspect sauvage des lieux nous saute aux yeux : des oiseaux par centaines, par milliers, qui chassent aux abords des ilôts mais aussi en plein lagon; les oiseaux nous approchent de très près, ils sont curieux et peu farouches.
Ils s’approchent de très très près. et nous offrent un incroyable ballet aérien
Nous mouillons dans le seul endroit abrité de l’atoll, sous l’îlot Fouquet, et sommes déjà séduits par le site, un banc de sable entre deux îlots. Ici on ne les appelle plus des motus comme en Polynésie, mais nous retrouvons tout de même les paysages familiers des Tuamotu : un atoll couronné de petites îles,
jonchées de palmiers et peuplées d’oiseaux
frégate en plein vol, majestueux!
et de crabes de cocotiers.La végétation semble tout de même particulièrement luxuriante, l’île est quasi impénétrable et très verte.
Le grain est passé, le soleil pointe son nez, le vent souffle toujours, C’est l’occasion de mettre à sécher gilets et voiles, et de déjeuner.
Les enfants sont très vite intrigués par l’épave qui git sur la plage.
Nous partons de suite l’explorer.Victor se repose, et savoure le calme et la beauté des lieux. Arthur, Anna et Victor sont rejoint par les deux petites filles du voilier allemand Ui qui est sur place depuis quelques jours.
Après quelques minutes passées à se tourner autour, les enfants finissent par jouer ensemble, communiquant en anglais et en francais car les fillettes ont été scolarisées quelques mois à Nouméa et aux Marquises. Leurs parents ne tarissent pas d’éloge sur nos îles de Polynésie, si accueillantes, et agréables à vivre. C’est un compliment que reprennnent la plupart les bateaux étrangers que nous avons croisés, et qui nous envient l’agréable mixité culturelle, la douceur de vivre polynésienne alliée à toutes les commodités, en particulier lorsque l’on voyage avec des enfants : hopitaux, écoles, chantiers de réparation …et boulangeries! Je ne résiste pas d’ailleurs à partager avec vous le bon mot de leur maman qui confie apprécier plus que tout ces étapes francaise permettant de faire un tour du monde « de baguettes en baguettes! » Il est vrai que dans la moindre île de Polynésie, on y trouve de la baguette croustillante! Alors des Antilles à Mayotte en passant par les Marquises, les Tuamotu, les îles sous le vent, Wallis et Futuna, la Nouvelle-Calédonie et la Réunion, vive la baguette, devenue plus qu’un symbole, un véritable fer de lance de l’art culinaire français au quotidien !
Le lendemain, le temps est tout à fait remis, le ciel bleu est établi : nous retournons explorer l’îlot.
l’épave sur la plageA l’interieur
La mer a un peu baissé, nous contournons l’une des coques et entrons dans l’épave. C’est à la fois triste, émouvant, et cela nous rappelle combien la météo peut ici être changeante.
le bateau s’appelait le Black Rose, immatriculé aux Vanuatu
Il nous faut mouiller avec précaution, car sous un grain, le vent peut facilement tourner de 180° et faire pivoter le bateau trop près des coraux.
Derrière l’épave, un enchevêtrement de cocotiers tombés dans l’eau, effondrés sur eux-même, nous continuons l’exploration.
les cocotiers font du Mikado!
Sous ce beau soleil, la lumière est magnifique et les dégradés de turquoise incroyables. Je n’arrête pas de mitrailler. Ces couleurs parfois irréelles , dégradés de turquoise, nous accompagneront durant tout notre séjour;
.
Nous ne sommes pas en reste avec les couchers de soleil
L’eau est merveilleusement chaude, pas loin de 30°, c’est un vrai bonheur. En passant le coin de l’îlot, la plage s’incurve et offre une baignade dérivante dans le courant.
Les enfants ne se lassent pas et enchainent : 10mn de marche pour « remonter » la plage, et 3 mn de baignade dérivante.
Dans la foulée, nous allons explorer l’autre îlot, Takamaka :
Takamaka
aux jumelles, nous pouvions y distinguer comme une épave.
l’épave sur Takamaka
C’est sans doute celle d’un ancien bateau de pêche, en bois et acier. Nous en faisons le tour en annexe à marée haute et découvrons les nids des fous à pattes rouges (et à bec bleu).
un fou à pattes rouges (et bec bleu)
La période de nidification se termine, la plupart des oisillons ont déjà quitté le nid, et apprennent à voler et se nourrir. Reste quelques retardataires : on les reconnait à leur duvet blanc qui leur fait une tête toute bouffante.
un (gros) oisillon
Alors que nous avançons en annexe, ils nous approchent de très très près, on croirait presque qu’ils tentent de se poser sur nous.
les fous nous approchent de très près
A la pointe sud de Takamaka, nous découvrons ces énormes traces ressemblant à des roues de tracteur
de gosses traces laissées par les tortues venues pondre
: des tortues marines sont récemment passées par là pondre leurs oeufs. Elles parcourent parfois des centaines, des milliers de kilomètre pour venir pondre à l’endroit même où elles sont nées. D’ici quelques mois ou semaines, de minuscules tortues vont éclore et prendre leur premier bain. Elles seront très vulnarables aux prédateurs : leur taux de mortalité est très élevé.
Quelques mètres plus loin, a été installée une corde à un cocotier servant de balancoire. Loïc et Victor jouent aux singes, Anna et Arthur se balancent. Le courant entre les ilots est très fort, entre 3 et 5 neuds, idéal pour une baignade dérivante.
baignade dérivante dans le courant
On voit bien le courant entre les deux ilots
Le snorkeling est aussi superbe, et les poissons énormes. Il fait grand soleil en ce moment le matin : nous en profitons pour aller explorer encore une autre épave, décidément, sous-marine cette-fois.
L’épave est très peu profonde, facile d’accès,
les coraux sont en assez bon état.
Nous sommes rejoints après 36h par nos amis américains de Cool Runnings avec qui nous avions calé nos dates de permis pour les Chagos
Cool Running proche d’arriver
Ils arrivent juste à temps en fin de journée, avant le coucher du soleil. Nous sommes invités à partager une bière et un verre de vin, ils sont heureux d’être arrivés, juste à temps avant le soir!
A bord de Cool Running
Une bonne nuit de sommeil réparatrice est toujours un grand bonheur après les nuits de quart et de veille des traversées.
Nous profitons de ces 15 jours aux Chagos pour nous reposer.
repos, repos…
Depuis notre départ de l’Australie début juin, nous avons navigué deux jours sur 3, avalant 5000 milles nautiques en 1 mois et demi, et ne nous arrêtant que 1 semaine à Bali, et une autre à Cocos. Alors nous savourons à sa juste valeur cette escale dans son écrin sauvage et son isolement total.
L’après-midi, c’est sieste quasi-quotidienne dans les hamac, dont nous testons plusieurs empacements : entre les deux jupes à l’arrière (pas mal, mais il y a trop de soleil l’après-midi),
et sous le trampoline à l’avant : bien plus abrité- c’est adopté!
sieste dans les hamacs sous le trampoline
Le lendemain, c’est Shuti, le catamaran de nos amis israéliens qui arrive.
arrivée de ShutiShuti (à gauche) et Cool Runnings au mouillage
Pour fêter l’arrivée des copains, nous convions tout le monde à un grand feu sur la plage.
préparation du feu; à côté, le tas de bouteilles plastique
Il faut dire que cela fait 2 jours que nous rassemblons le plastique échoué, avec l’idée d’en brûler un maximum. L’idéal serait bien sûr de le recycler, mais rien n’est prévu ici pour la collecte des ordures, alors les brûler est un moindre mal. Les enfants ont grand plaisir à se retrouver, d’autant que tout le monde est en vacances!
Pour fêter cela, j’ai sorti les chamallows : il m’en restait encore quelques paquets (achetés en Nouvelle-Calédonie il y a 3 mois!) en prévision des soirées feu de camp aux Chagos.
La lumière du soir est incroyablement belle.
La nuit tombe, Et notre feu resplendit dans la nuit.Tous les matins, nous admirons le ballet des oiseaux qui pêchent autour du bateau :
le ballet des oiseauxles oiseaux pêchent les petits poissons…
Sous Moby, nous abritons une véritable chaine alimentaire! Des bancs de minuscules poissons tournent autour des coques, suivis par des bonites qui chassent activement en bondissant parfois vivement, et survolés de sternes.
des bonites poursuivent des petits poissons
Non loin, des fous et des requins rodent, maraudeurs à l’affut d’une erreur.
un requin rode….
Plus haut dans le ciel, les frégates nous régalent de leur vol majestueux et si gracieux.
Cela donne l’idée à Loïc de tenter notre chance à la pêche au lancer. En quelques minutes, c’est fait, il nous rapporte le dîner du soir : un très beau « Tuna maquerel », sorte de bonite, de la famille du thon.
carangue
Tous les 2 jours, nous ramenons du poisson : vivaneau, carangue, mérou….
vivaneaucaranguevivaneau
L’animal a souvent sa chance, nous y laissons quelques leurres… Les garçons sont ravis de pêcher dans de telles conditions, car il y a de l’action.
petite traine dans le lagonséance de lancer depuis Moby
Nous n’avions pas connu une telle frénésie depuis les Marquises, avec l’immense avantage qu’ici, aux Chagos, et en général dans l’Océan Indien, il n’y a pas (ou très peu) de Ciguatera : on peut donc manger tout ce que l’on pêche!
Les carangues, de préférence en nuggets aux herbes de provence ou marinées en brochettes au BBQ, le thon et le vivaneau en sashimi, la bonite en brochettes marinées ou en mi-cuit,
Le midi, nous mangeons plus simplement. Le plus souvent, c’est atelier sandwichs! Avec des wraps comme ici, ou des buns, des pains pita…..
chacune y met ce qu’il aime
Les enfants, en particulier les 4 ados sont heureux de se retrouver. Ils ont organisé ce matin une expédition en paddle, à longer le rivage de Fouquet pour aller voir les nids de fous à pieds bleus.
Balade en SUP entre enfantsvue aérienne de l’ilot Fouquet
A marée basse, nous partons tous les 5 faire le tour de l’île Fouquet à pied. Cela nous prendra 2 heures.
Fouquet Island
Partout des fous, bruns, masqués ou à pieds rouges, qui nichent, volent, pêchent, et nous survolent négligemment.Nous crapahutons sur le sable, sur le platier, qui nous écorche les pieds,
entre les palmiers qui semblent vouloir jouer au Mikado géant,
mikados de palmiers
à travers la forêt de palmiers.Les cocotiers sont omniprésents, témoins de la période où les iles étaient exploitées pour le coprah.
De l’autre côté de l’atoll :
Un matin, Loïc et moi partons en expédition en annexe vers Boddam island, distante de 2,5 NM :
vue aérienne du quai
située au vent de l’atoll, c’était le lieu de peuplement principal des Salomon Islands, abritant encore aujourd’hui des vestiges de l’église, de l’hôpital, de l’usine d’extraction d’huile de coco… Boddam est réputée ne pas offrir de mouillage protégé, seulement d’anciens corps-morts . Nous souhaitons vérifier par nous-même les possibilités de mouillage et jeter un oeil aux vestiges. Loïc lance le drone,
lancement du drone depuis la plage
La lecture des images est formelle :
il n’y a aucune langue de sable pour mouiller : les patates de corail sont partout. Nous inspectons les mouillages, des chaines entourées autour des patates de corail : ils semblent à première vue costauds et en bon état, mais nous ne prendrons pas ce risque, par vent de sud-est établi, de mouiller si près des coraux et de la plage. Nous explorons aussi les premiers abords de l’ancien « settlement », c’est émouvant de voir ces vestiges.
vieux cabestan près du quai de chargementanciens séchoirs à coprahà l’intérieur du « yachtclub », des déchets laissés par les voiliers de passage; spectacle désolant.« oeuvre d’art » en matériau de recyclage effectuée par un bateau de passage : très créatif!!
C’est décidé : nous reviendrons avec les enfants en annexe pic-niquer et passer la journée.
Après une semaine, les autorités viennent enfin nous rendre visite. Le » Pacific Marlin » est chargé de patrouiller la zone entière des Chagos surveillant les navires de pêche illégaux. A son bord, un officier des services d’immigration qui vient tamponner nos passeports et s’assurer que nous respectons bien les règles de l’aire marine protégée. Les formalités sont réglées en moins de 15mn.
Un midi nous décidons d’un picnic sur l’un des îlots un peu plus éloignés, histoire de visiter un peu plus l’atoll : Sepulture Island. Les enfants nous trouvent un abri et installent des tables faites de pieds en noix de cocos et de dessus en pierre.
Le couple d’américains du joli voilier en bois mouillé tout près se joignent à nous : arrivés il y a 8 jours, c’est la première fois qu’ils mettent pied à terre!
Avec le vent des derniers jours, une jolie houle s’est levée, qui rentre un peu dans le lagon et nous procure de jolies petites vagues sur le banc de sable devant Takamaka, entre la mi-marée et la marée basse.
C’est Dave qui teste le spot,
vite rejoint par Loïc, Victor, Arthur, puis par Ben, Yoav et moi-même.
Loïc qui rameles débuts de Ben en surfGaby rejoint les garcons pour s’initier au sup-surfArthur en pleine action!
Tout ce qui surfe est de sortie : longboards, shortboard, SUP sufs, SUP’s….
Les journées passent avec langueur, actives et paisibles à la fois. Nous profitons de cette escale sans internet ni courses à faire pour ranger et nettoyer le bateau, faire du menu bricolage. Les enfants passent d’un bateau à l’autre, se donnent rendez-vous à la plage ou sur le spot de surf, il y a comme un air de vacances qui souffle sur les Chagos.
un peu de chaise de mat, ca détend!les 3 » bato-copains » : Cool Runnings, Shuti et Mobyla bande des kids! de gauche à droite : Gaby, Anna, Eyal, Ben, Yoav, Dror, Victor et ArthurMoby, merveilleux terrain de jeuil faut dire que nous ne manquons pas de joujoux embarqués
Un matin, nous partons tous en annexe passer la journée à Boddam, distante de 2,5 NM. Nous sommes impatients de découvrir les vestiges du village chagossien de Boddam, abandonné depuis maintenant près d’un demi-siècle :
l’atoll de Salomon, avec l’ilot de Boddam au fond
la nature reprend vite ses droits, et a envahi les lieux.
Nous emportons avec nous un ipad dans lequel nous avons des photos du village avant l’expulsion des chagossiens.
Nous tombons tout de suite sur le vieux quai, dont il ne reste plus grand chose, qu’un vieux cabestan rouillé. C’est là qu’accostaient les goélettes venues ravitailler l’île et récupérer le coprah. Des rails subsistent, qui permettaient d’acheminer la chair de coco jusqu’au bateau. Un peu plus haut, on devine caché dans la végétation les séchoirs à coprah, avec les rails métalliques sur lesquels coulissaient les toits de protection solaire.
L’exploration est dificile car la végétation est luxuriante. Nous longeons les rails, et entrons dans ce qu’il reste de ce qui fut probablement un hangar de stockage.
Nous avons pour nous guider les photos prises par les expéditions scientifiques de 1979 et 1996, qui avaient trouvé des maison encore en état avec ces inscriptions poignantes à l’intérieur.
Des années 70/80 , et jusque dans les années 90, les Chagos sont fréquentées par des bateaux de passage, qui s’arrêtent faire escale dans cet Eden hors du circuit des cyclones de l’Océan Indien. Une petite communauté de « yachties » finit par s’installer, sur Boddam justement et par y vivre plusieurs mois de l’année, ne rentrant aux Maldives que pour se ravitailler en produits frais. Ils élèvent des poules, ont un potager, et vivent dans cet Etat qui n’en est pas un : de véritables hippies des mers! Notre ami Hervé qui y a fait escale en 2003 avec sa famille a pu partager leur quotidien pendant quelque semaines, il y avait plusieurs dizaines de bateaux sur place!
Il reste toujours sur place leur « yacht club »
les restes du yacht club des Chagosà l’intérieur…
En 1996, pour couper court à toute velléité d’instalation plus définitive, le BIOT classe la zone entière « réserve marine » y compris la base nucléaire américaine de Diego!!! -SIC- C’est en effet la manière la plus politiquement correcte d’éviter l’enracinement des voiliers de passage ainsi que les velléités de repeuplement des chagossiens. Après s’être débarrassé des habitants, exit les hippies des mers. Pour faire bonne figure, la zone n’est pas complètement interdite, mais réglementée.
Le BIOT accueille une cinquantaine de bateaux par ans. Les conditions sont strictes, ce qui limite les séjours aux bateaux qui sont vraiment motivés!
un séjour de 4 semaines maximum, en transit uniquement, motivé par des raisons météo
être titulaire d’une assurance santé/rapatriement couvrant une évacuation sanitaire à hauteur de à 100 000$ /personne, et d’une assurance renflouement/nettoyage en cas de naufrage
Pour les bateaux intéressés, procurez-vous le guide suivant , édité gratuitement par le Royal Cruising Club, daté de 2017 et disponible en version Pdf téléchargeable. Nous continuons nos explorations au nord de la jetée dans l’espoir de trouver plus de vestiges, mais aussi quelques bananiers ou manguiers pour agrémenter notre quotidien…. Les fruits et légumes frais se font rares à bord des bateaux.
Nous croisons de nombreux crabes de cocotiers. Ils sont ici espèce protégée, et nous ne pourrons donc pas y goûter : dommage, leur chair doit être savoureuse, tout bien nourris qu’ils sont à la coco!
crabe de cocotiers qui se cache
Nous laissons les enfants jouer sur la plage au campement, pendant que nous continuons les explorations; motivés! Il le faut, car les moustiques sont ici sans pitié, malgré les répulsifs, ils attaquent.
C’est au sud de la jetée que nous trouvons les vestiges des bâtiments servant à transformer le coprah en produit dérivés, huile de coco certainement.
ancienne usine à coprah
Nous tentons de deviner à leur allure le rôle des différents bâtiments :
la prison
la prison
l’église
, qui avant ressemblait à cela :
– à sa droite, l’ancien hôpital
en arrière plan : l’église et l’ancien hôpital
l’ancien hôpital :
à l’intérieur de l’ancien hôpital
Il est temps de rentrer au camp de base : le « yacht club » , squatté en son temps par la bande de yachties/hippies.
pic-nic!
Après le repas, les enfants partent jouer dans l’eau. Pendant ce temps, nous devisons en refaisant le monde….
à notre tour de squatter le yacht club : Dave, Momi et Loïcet de profiter de la plage : Lilach, Gudrun et Bénédicte
puis partons explorer la plage à pied.
Avant de partir, nous laissons notre dédicace dans le livre d’or des Chagos, et rentrons à Fouquet par les chemins de traverse.
En effet, nous avions repéré aux jumelles une sorte de grosse bouée échoué sur l’ilot voisin , l’île Anglaise. Il s’agit d’une bouée de la NOAA (services météorologiques américains) servant à détecter les Tsunamis. Elle a probablement été désarmée, et il ne reste plus de capteurs. Nous sommes impressionnés par l’objet, que nous appelons depuis une semaine « le Spoutnik ».
Au retour, nous trainons : succès pour Dave qui ramène un mérou. Un peu moins pour nous : je casse en tentant de remonter un wahoo de plus d’un mètre de long qui a gobé notre leurre et que j’ai vu sauter hors de l’eau. Cette fois-ci, c’est lui qui a gagné!
Mais Victor se rattrape le soir en ramenant une carangue. C’est qu’il nous faut du poisson demain soir . C’est mon anniversaire et j’ai convié tout le monde à un BBQ. Je fournis poisson et dessert, les amis apportent le reste…
une carangue au lancer!
Le matin, je me met au fourneaux : pas de gateau en perspective, car je n’ai plus d’oeufs et très peu de beurre…. Je me triture les méninges, un dessert sans oeuf ni beurre pour 14 personnes en picnic? Une fondue au chocolat! La recette est simple : faire fondre au bain-marie une tablette de 200g de chocolat noir dans 15cl de crème fraiche, ajouter s’il le faut 5 à 10cl d’eau pour rendre la sauce plus liquide. Parfumer avec une pincée d’extrait de vanille, de cannelle, de café lyophilisé ou quatre épices selon votre goût. On la sert d’habitude avec de la brioche et des fruits frais, mais les fruits se font rares depuis 8 jours. J’ai tout de même fait une brioche (sans oeuf ni beurre, mais avec du yaourt, délicieux et léger!), apporté de la noix de coco, des chamallows, des mini-meringues, des bananes séchées….
J’ai aussi levé les filets sur les poissons et préparé des marinades, avant de les enfiler sur des sticks à brochette.
Victor nous a préparé une double dose de pop-corns au beurre salé et voilà!
Je suis très gâtée par tout le monde :
Loïc m’offre un collier de corail rouge glanés sur le sable.
Les enfants m’offrent un autre collier de corail bleu et un beau dessin.
Cool Running m’apporte 6 oeufs pour faire un gateau et un beau dessin de Moby.
et Shuti m’offre leurs meilleures recettes de pain dont le délicieux pain aux flocons d’avoine qu’il me tarde d’essayer.
Mais ce qui me ravit, c’est cette superbe soirée autour d’un feu de bois, de la bonne musique, un clair de lune, une excellente compagnie.
Anna et Eyal, inséparables
On se régale des brochettes!
Et le buffet des desserts est au TOP!Il n’en reste d’ailleurs plus rien…
Qu’une nappe maculée de chocolat et des enfants très sales…Le lendemain, 2 août, c’est l’anniversaire de Dror qui fete ses 8 ans! Il a plu toute la journée, aussi sommes-nous conviés sur Shuti plutôt qu’à la plage pour un goûter-apéro.
Bon anniversaire Dror, 8 ans!son gateau préféré : une brioche fourrée aux 2 chocolats, que c’est booon!
Les cadeaux que s’échangent les enfants n’ont rien à voir avec ceux des anniversaires traditionnels à terre. Chacun bricole, invente, crée avec les moyens du bord…. Un vaisseau LEGO, des cartes anniversaire dessinées par les enfants, une cocotte en papier, un jeu de Pokemon fait-maison, une mini-station météo….
tous sur Shuti
Le surlendemain, 3 août, les festivités chagossiennes continuent, avec la Bar-mitsva de Yoav, l’ainé des Shuti. C’est la première bar-mitsva à laquelle nous soyons invités, mais c’est aussi sans doute la seule ayant eu lieu aux Chagos! Momi, son papa nous explique la symbolique de la fête religieuse, à l’anniversaire des 13 ans chez les garçons juifs (12 ans pour les files). C’est le passage à l’âge adulte qui commence, des nouvelle responsabilités incombant au jeune, et un délivrance pour les parents qui ne sont plus responsables des pêchés de leur enfants!
Bien sûr, aux Chagos, sans synagogue, le rituel est plus symbolique que religieux. Yoav doit nous lire en hébreu un passage de la bible, avec le ton et les intonations traditionnelles, qui s’apparente presque à un chant
En tant qu’invités nous devons préparer un petit texte qui sera collé dans un livre souvenir, et apporter des bonbons que nous jetterons sur Yoav à la fin de sa lecture biblique. Victor propose d’initier Yoav, Ben et Gaby à la confection de sucettes au caramel au beurre salé-recette peaufinée aux Tuamotu il y a quelques mois déjà.
fabrication du caramel au beurre salé, mis en moulesemballage
A 16h30, nous sommmes conviés sur la plage. Pas de chance, un grain approche…Heureusement, le feu est bien vif, les enfants se démènent pour le garder vivant.
Entre 2 grains, Yoav nous lit son texte avec beaucoup de sérieux, Les enfants se préparent à lui jeter des bonbons! Ca y est! Il est intronisé dans le monde des grands, ses parents sont très émus.
Lilach nous a prépéré des petits gateaux salés traditionnels à la féta et au miel. Les enfants se gavent de sucettes, de bonbons et de chamallows…..
En fin d’après-midi, le grain devient d’une intensité telle qu’il nous chasse de l’île. Nous remettons le gateau et les cadeaux au lendemain matin.
Nous passons le lendemain matin fêter les 13 ans de Yoav et partager un gateau et un café.
Il est temps de dire au-revoir aux copains, qui restent une semaine de plus dans ce mouillage paradisiaque. Nous les reverrons aux Seychelles dans quelques semaines.
bye-bye, see you soon!
Nous quittons Salomon, mais avons décidé de faire un crochet par Peros Banhos, l’autre archipel des Chagos qui est autorisé aux voiliers de passage, mais seulement dans sa partie Ouest. Nous ne sommes pas sûr d’y rester, car il n’y a pas d’excellent mouillage abrité des vents de Sud-Est.
Nous sommes curieux d’y explorer l’autre « settlement » des Chagos, sur l’île du Coin.
Il nous sera sans doute difficile de débarquer sur l’île du Coin, complètement exposée à l’alizé. Mais nous espérons au moins y distinguer quelques les vestiges.
En effet, nous ne pouvons débarquer.
Nous longeons l’îlot, et distinguons les restes de murs de soutènement, bizarrement protégés par des bandes jaunes de chantier.
Puis les vestiges du quai
L’alizé est établi, mais permet de mouiller pour la nuit.
devant le paradisiaque îlot de Fouquet.
Ilot Fouquet, Peros Banhos
Nous partons à terre faire le tour de l’îlot à pied.
Aux deux extrémités de l’îlot, des bancs de sable.
Comme toujours, nous faisons quelques découvertes naturalistes, comme ces curieuses éponges
et ces bébés requins pointes noires
Sous le vent de l’île, un platier des cocotiers,
Tout au bout, un grand banc de sable
et une très jolie vague de sable!
Nous rentrons au bateau chercher les surfs
Les enfants s’éclatent pendant deux bonnes heures, c’est un fantastique spot pour débutant, sur un banc de sable que l’on peut remonter à pied.
Après le sport, le réconfort!
Le lendemain, nous levons l’ancre, et quittons les Chagos qui fut une escale inoubliable, sauvage, émouvante et sportive, que nous avons savourée à sa juste valeur, conscients du long chemin qu’il nous a fallu pour y arriver, et de la récompense à hauteur de l’effort.
Dans moins d’une semaine nous serons aux Seychelles où nous retrouverons famille et amis : que du bonheur!
Est-il exagéré de dire que le moral à bord d’un bateau est à peu près proportionnel à la qualité du pain? En tous cas, il y contribue. En Polynésie Francaise, c’était facile : le moindre petit village des Tuamotu dispose d’une boulangerie et ne saurait vivre sans baguette croustillante. Nous avons même connu à Maupiti une véritable solidarité au mouillage où nous nous sommes retrouvés à 5-6 bateaux copains : chacun notre tour, le matin, nous allions en annexe à la boulangerie distante de 1 mille nautique, rapporter et livrer des baguettes pour tout le monde.
Merci Anne-Marie et Nico pour la livraison de baguettes à 7h du matin!
Certaines boulangeries francaises de l’étranger sont pour nous une belle surprise, comme à Bali, au supermarché Carrefour,
Avec Didier, chef de la boulangerie/pâtisserie du Carrefour de Bali
le rayon de la boulangerie Carrefour de Bali
le rayon boulangerie
et bien sûr celles des grandes villes francaises d’Outremer comme ici à Nouméa.
le pain et les viennoiseries de Nouméa
En Nouvelle-Zéalnde et en Austalie, j’ai été agréablement surprise par la qualité et la variété du pain : ces territoires anglo-saxons sont en fait des terres d’immigrations, chacun y apportant le meilleur de sa cuisine.
Véritable croissant sur le marché de Whangarei, Nouvelle-Zélande
Mais ailleurs, et en traversée, comment on fait quand les réserves de wraps sont finies?
en traversée, je propose souvent des ateliers wraps à midi
chacune y met ce qu’il aime
Bizarrement pour le pain, il y a ceux qui le font tous les jours, et ceux qui n’osent pas franchir le pas-ou qui on raté leurs premiers essais. A la fois très simple et un peu mystérieux, voici les secrets d’un pain réussi à bord.
pain bis non moulé
L’idéal, c’est d’avoir pu tester quelques recettes avant de vivre à bord, car il y a 2/3 petits trucs à savoir qui peuvent tout gâcher et décourager les meilleurs volontés.
le pain qui lève déteste les courants d’air! C’est ballot, car en bateau, et surtout en navigation, le vent, il n’y a que ca. Donc se débrouiller pour faire lever votre pâton loin des courant d’air (surtout pas dans le cockpit donc), mais dans le four, pourquoi pas (s’il est éteint bien sûr), ou sous un linge propre dans un petit coin tranquille. Pour ma part, je le met au soleil derrière une des vitres du carré : le pâton aime la chaleur et gonfle plus vite et mieux au chaud
pour une croute bien dorée et croustillante, utiliser « le coup de buée » : après avoir enfourné votre pain, déposer l’équivalent d’un demi verre d’eau dans la lèche-frite que vous aurez préalablement installée sous votre pain. L’eau se vaporise instantanément en buée, qui durcira et dorera la coute du dessus. D’autant plus important avec nos fours à gaz qui ont tendance à plus chauffer le dessous que le dessus
ne pas diminuer la durée de levée du pain, au risque de cuire du pain trop sec. La règle c’est (au moins) une heure de première levée du pâton, et encore au moins 30mn de seconde levée une fois le pain mis en forme
le secret d’une mie fine et élastique? La « poolish », appellée aussi « levain sur levure », sorte de levain naturel et vivant que l’on met en culture 12h avant de faire son pain (la veille pour le lendemain matin par exemple). Mélanger 150g de farine avec 150ml d’eau (ou de lait pour une brioche), ajouter une demi cuillère à café de levure de boulangerie, bien mélanger. Laisser la préparation agir dans un bol sous un torchon toute la nuit. Le lendemain, ajouter la préparation qui aura gonflé et bullé tout simplement à la recette en prenant soin bien sûr d’enlever aux ingrédients initiaux 150g d’eau et 150g de farine.
autre petit secret pour que la pâte lève bien : commencer par mélanger les liquides tiède-idéalement à 37°- et la levure en premier, (sans le sel, qui inhibe la levure) et laisser se mélanger la préparation une dizaine de minutes, avant d’ajouter la farine.
pour faconner le pain, 3 possibilités : pour faire des pains carrés ou rectangles, abaisser la pâte en rectangle, puis la replier en 2 plis, en soudant les bords au milieu avec les doigts. Répéter l’opération 3/4 fois en tournant le paton de 90° à chaque fois, et enfourner en mettant bien la soudure sur le dessous. Pour faire des baguettes, faire la même chose mais sans tourner le pâton, et en en travaillant toujours dans la longueur. Pour des pains ronds, étaler en rond, et ramener les bords vers le centre et souder au milieu, 3 à 4 fois de suite.
attention avant d’enfourner, s’assurer que la soudure du pain est bien faite, et qu’elle est sur le dessous, au risque de voire le pain « éclater » à la cuisson
pour que le pain gonfle et cuise mieux, inciser avant d’enfourner avec une lame très fine dans le biai
Et voici mes recettes de pain préférées :
Pain blanc:
360 ml d’eau
600 g de farine
4 cuillères à café de levure de boulangerie
2 cuillères à café de sel
Pétrir la pâte, au moins 3 à 4 mn .
Laisser lever le pâton au moins une heure
Plier le pâton 3/4 fois sur lui-même, pour enlever les bulles de la première levée.
Le mettre en forme : simplement posé sur une plaque, dans un moule, ou en petits pains individuels.
Laisser lever le pain au moins 30mn à une heure
Enfourner environ 30mn à 220°. Si nécessaire, baisser le thermostat à mi-cuisson.
C’est la recette de base, on peut la modifier à l’infini en gardant le mêmes proportions de solide (mélanges de farine, farine bise, seigle etc….) et de liquide (eau, lait, beurre, oeufs, yaourt, huile…), et en variant la forme donnée au pain : pain moulé ou non, pains individuels, en boule, en carrés, en baguettes etc…
on peut varier les formes à l’infini…
On peut aussi varier les farines et introduire des farines moins ordinaires : seigle, blé noir, épeautre etc…., ainsi que des graines et des noix : graines de courge, pignons de pain, sésame, amandes effilées etc…., ou bien même des herbes : romarin, thym, sarriette….
des petits pains ronds au fromage
Variantes :
pain semi-complet : mélanger 200g de farine complète à 400g de farine blanche.
pain bis : utiliser 600g de farine bise
pain complet : 200 g de farine complète et 200 g de farine bise (ce pain lève très peu et se conserve bien)
pain tradition : 200 g de farine blanche et 400 g de semoule de blé fine
pain au lait : remplacer 360ml d’eau par 360ml de lait. Et si vous utilisez du lait en poudre, c’est encore plus simple, gardez l’eau et ajouter seulement la quantité de poudre nécessaire. Attention, il dore (et brûle) plus vite. Le cuire de préférence à 180°-200° maximum
Autres variation :
Le pain de mie :
320 ml d’eau+40ml de lait
600 g de farine blanche
40 g de beurre fondu
3,5 cuillères à café de levure de boulanger
25 g de sucre
2 cuillères à café de sel
Traditionnellement, on fait avec cette recette un gros pain levé dans un moule. Je préfère pour ma part détailler 9 petits pain carrés, que je met à lever côte à côte en rangées de 3; à la levée et à la cuisson, ils vont jusqu’à se toucher et former des « buns » à l’américaine, idéal pour les pic-nic ou les dejeuner sur le pouce en nav’.
petits pains au lait en carré façon « buns »
On peut mettre moins de sucre.
pic-nic à bord en navigation, avec des petits pains individuels
Le pain sans four
Eh oui, un jour ou l’autre, le four tombe en panne, ou alors nous sommes en panne de gaz et n’avons qu’un petit réchaud (nous avons connu les deux cas…). Nous avons été sauvés par la recette des pains pita!
Super simple, savoureux, et rapide à cuire, ils permettent même de faire des économies de gaz, afin de prévenir la pénurie…
360g de farine
250ml d’eau
1 cuillère à café de levure de boulangerie
1 cuillère à café de sel
2 cuillères à soupe d’huile
Préparer le levain 30mn à l’avance : mélanger l’eau, la moitié de la farine et la levure. Laisser buller.
Ajouter le reste des ingrédients, et pétrir 5 à 6mn.
Laisser reposer le pâton huilé 1h
Détailler en 8 ou 9 petites boules qu’on aura pris le soin de pétrir un peu pour enlever les bulles
Les laisser reposer 30mn
9 petites boules de pâte ayant levé
Etaler les boules en petits disques sur 3mm d’épaisseur
Ma filleule Liz les étale au rouleau
Laisser reposer 5mn
les disques avant cuisson
Cuire dans une poêle bien chaude.
Ca gonfle!!!
les pains pitas
Les pains de petit-déjeuner :
Le pain brioché au miel et beurre salé : savoureux et moins riche qu’une vraie brioche
320 ml de liquide (moitié eau-moitié lait)
50 g de beurre salé fondu
50 g de miel
600 g de farine lanche
2 cuillères à café de sel
3,5 cuillères à café de levure de boulanger
Cuisson : environ 30mn à 200°
Pain brioché au miel et beurre salé, moulé
Le pain au muesli : délicieux en cas de petit creux
360 ml de liquide (moitié eau, moitié lait)
20 g de beurre fondu
30 g de miel
360 g de farine blanche
70 g de farine bise ou seigle ou autre
3,5 cuillères à café de levure de boulanger
130 g de muesli
80 g de fruits secs (figues, abricots, cranberries etc…)
Cuisson : environ 30mn à 200°
astuce : mettre le muesli à tremper quelques minutes dans le lait avant d’ajouter la farine, pour le ramollir.
La véritable brioche : riche, mais tellement fondante et croustillante! A essayer aussi sur poolish
10ml de crème fraiche
3 oeufs battus en omelette
120g de beurre fondu
350 g de farine
3 cuillères a café de levure de boulanger
50 g de sucre
1/2 cuillère à café de sel
Cuisson : environ 30mn à 180°°
véritables brioche
Les pains spéciaux :
La baguette à l’ancienne : pas aussi fine et croustillante que celle du boulanger, elle dépanne pourtant bien!
baguettes « fait maison » ; il semble qu’une petite souris gourmande soit passée par là.
Garder la même recette que le pain blanc, ou préférer un mélange de farine.
Laisser lever une heure le paton.
Mise en forme : pour 4 petites baguettes, diviser le pâton en 4. Pour chaque baguette, abaisser la pâte en forme de rectangle, replier un pli vers soi, souder les bords, puis refaire l’opération 2 fois.
les enfants font le pliage et la mise en forme
encore un dernier pliage
Rouler les boudins afin que la soudure soit en dessous.
Laisser lever les baguettes 30 à 40mn.
Enfourner dans un four préchauffé à 220°, et laisser cuire 20 à 25 mn.
Variante : pour des baguettes viennoise, remplacer l’eau par du lait, ajouter 20 g de beurre et 20 g de sucre
Les petits pains ronds : parfait un « atelier » sandwich du midi, en navigation
pour 6 ou 7 petits pains :
210 ml d’eau
300 g de farine
50 g de farine de seigle
2 cuillères à café de levure de boulanger
1 cuillère à café de sel
10 g de beurre
Après avoir pétri et laissé reposé le paton une heure, détailler 6 à 8 boules, les façonner en les abaissant 3 fois, puis les allonger en appuyant le manche d’une cuillère en bois. Laisser lever 30mn, puis inciser en enfourner 30mn à dans un four préchauffé à 220°, puis abaisser à 200°.
Fougasses : idéales à amener en pic-nic ou à péparer un premier jour de traversée
fougasses : au herbes et au chorizo
200 ml d’eu
380 g de farine
1 cuillère à café de levure de boulanger
2 cuillères à soupe d’huile d’olie
1 cuillère a café de sel
Après avoir pétri et laissé le paton reposer une heure, le couper en deux. Prendre un paton, l’aplatir en rectangle et le plier en deux, puis le tourner d’un quart de tour et réitérer 3 fois. Etaler en rectangle la pâte, et l’entailler (jutilise le bout d’une spatule en bois) en diagonale de manière symétrique, et écarter la pâte.
badigeonner d’eau salée
Laisser lever 30mn, badigeonner d’eau salée et enfourner dans un four préchaufé à 220°, puis baisser à 200° pendant 25 à 30mn
astuce : on peut les aromatiser au romarin, chorizzo, parmesan, olives, tomates sêchées , câpres etc….
fougasse lardon-parmesan-romarin
Dans ce cas, ajouter au pétrissage les quelques pincées d’herbes ou les 20 à 30g de garniture coupée très fine, ainsi que 30g de farine de plus si la garniture est humide.
La pate à pizza : très facile à faire, c’est un des repas préféré du bord!
Pour 2 pizzas rectangulaires à pâte très fine
270 ml d’eau
450g de farine
2 cuillères à café de levure
3 cuillères à soupe d’huile d’olive
2 cuillères à café de sel
Laisser lever le pâton une heure.
Diviser la pate en 2 boules, et étaler de la forme désirée. Pour plus de rentabilité, je fais des pizzas rectangulaires, de la forme de ma plaque de cuisson
Garnir avec de la sauce tomate, puis ajouter le fromage râpé, et enfin les ingrédients.
pizza terre et mer : mi-napolitaine, mi-reine
pizza 3 fromages et poivron
Saupoudrer d’origan.
Enfourner à four très chaud 15 à 20mn.
la pizza terre et mer bien dorée
pizza 3 fromages
astuces :
Certains les aiment fines et pas trop chargées, d’autres épaisses et bien fournies, végétarienne ou traditionnelle. Ajuster l’épaisseur et la quantité de pâte à préparer en fonction de ses préférences
A bord de Moby, c’est le repas préféré des enfants : ne pas hésiter à les faire contribuer, chacun fait sa pizza à son goût.
une moitié « Mr Meaty » pour le carnivore du bord, un quart au camembert pour notre roi du fromage, et un dernier quart en pizza blanche pour la miss
et voilà le résultat
Exemples de garniture :
napolitaine : olives-anchois-tomate
3 fromages : bleu-chèvre-fromage râpé
végétarienne : poivrons, tomates, artichaut en boite, olives, oignons…
gourmande : lardons-chèvre
piquante : poivron-chorizo
simple : jambon-fromage
Dernières mises en garde pour le pain :
utiliser bien sûr la levure de boulanger (yeast) uniquement et non la levure chimique (baking powder). On la trouve le plus souvent au supermarché au rayon farine, non loin de le levure chimique. Dans les pays d’influence francaise elle se trouve en sachets de 10g, Peu pratique quand on fait son pain tous les jours. Préférer les boites ou paquets sous vide de 100 à 200g des pays anglo-saxons. A conserver au sec.
n’importe quelle farine blanche convient.
la levure ne doit jamais toucher le sel.
utiliser de préférence des ingrédients à température ambiante.
avant de couper le pain, attendre qu’il refroidisse sur une grille : chez nous, c’est sur le rouf, sous la vole, en plein vent et à l’ombre.
si vous avez un congélateur, y mettre le pain coupé en tranche, ca sera plus facile à décongeler à la demande.
Si vous faites beaucoup de pain, il peut être pratique d’investir dans une ou deux plaques de cuissons anti-adhésives, pour faire plusieurs pizzas, plusieurs fournées de pain etc….
Autres recettes de petit déjeuner :
Les véritables pancakes à l’américaine
pancakes
Pour environs 30 pancakes
1 litre d’eau
2 oeufs
2 tasses de flocons d’avoine (150g)
450 g de farine self-raising (ou sinon, ajouter 2 cuillères à café de levure chimique aux 450g de farine )
10 cl d’huile ou de beurre fondu
2 cuillères à café de sel
20 g de sucre
Mélanger tous les ingrédients.
Il n’y a pas de temps de repos.
Faire cuire dans un grande poele, 3 à 4 pancakes à la fois à feu moyen : déposer une petite louche de pâte pour former une crêpe épaisse d’environ 15 cm de diamètre.
Laisser cuire jusqu’à ce que les bulles crèvent, puis retourner le pancake pour poursuivre la cuisson quelques instants.
Mettre à refroidir sur une grille.
pancakes mis à refroidir
Servir traditionnellement avec du sirop d’érable, mais du miel fait bien l’affaire!
Et là encore, on peut varier les formes, la limite, c’est votre créativité, et votre talent!
pancake anniversaire des 5 ans de la Princesse
pancake anniversaire des 8 ans du cadet
Les scones à l’anglaise : (pour environ 12 pièces)
Scones mis à refroidir
400 g de farine self raising (ou sinon, ajouter 2 cuillères à café de levure instantanée aux 400g de farine)
30 g de beurre un peu mou
200 ml de lait
100 ml d’eau
20 g de sucre
Emietter le beurre dans la farine et le sucre avec les doigts comme pour une pate brisée
Ajouter le lait et l’eau
Mélanger au couteau. La pâte doit être un peu collante. Attention de ne pas trop travailler la pate qui doit rester granuleuse
Etaler sur un plan de travail fariné et l’abaisser sur 2/3 cm d’épaisseur. Utiliser un emporte-pièce de 5 à 7cm (un verre à bord droit fera l’affaire) pour détailler les scones
Les poser sur une plaque au four, bien espacés. Badigeonner le dessus avec du lait (pour faire une croute dorée croustillante)
Enfourner à four très chaud, 220°, pendant 15 à 20 de minutes. Si nécessaire, baisser le feu à 200°. Déguster tiède avec du beurre et de la marmelade.
Certaines escales sont plus mémorables que d’autres, et le séjour d’une semaine que nous avons fait au mouillage de Direction Island, à Cocos(Keeling) se range parmi les plus agréables de la catégorie « ile déserte ».
Direction Island
Cette escale est pour nous providentielle : dans l’Indien, peu de stops en effet sont possibles sur la route des Alizés qui nous mène de l’Indonésie à l’Afrique du Sud.
Cocos (Keeling) dans l’Océan Indien
Le mouillage destiné aux bateaux de passage, sous le vent du motu Direction Island, est absolument idyllique, et parfaitement aménagé. Nous nous reposons donc quelques jours avec bonheur, car nous sommes dans une période de navigation intense.
au mouillage à Direction Island
L’atoll de Cocos Islands compte plusieurs îles, dont 2 seulement sont habitées ;
L’atoll de Cocos(Keeling)
West Island
West Island au Sud-Ouest
et Home Island,
Direction Island et Home Island au nord
une troisième, Direction Island étant une destination de week-end pour les iliens, et le seul mouillage autorisé pour les bateux de passage.
le ponton flottant
Les habitants de West island ne viennent en ferry que 2 fois par semaine, le reste du temps, la plage est à nous! Le site a été aménagé pour recevoir les plaisanciers mais aussi les iliens de passage à la journée ou venus camper le w-e. Comme toujours, les australiens sont pragmatiques : tables ombragées, sites de bbq, ponton flottant, toilettes!!, et même une réserve d’au douce pour se rincer.
les voiliers de passage on aussi amélioré le confort : hamacs, balançoire, panier de basket…
La plage est tout simplement superbe, le sable fin, et la baignade vraiment agréable.
Et en plus nous sommes en famille, et entre amis! Mon frère Thomas nous a rejoint (avec sa guitare!) à Bali pour la traversée,
Seulement 4 bateaux au mouillage, dont deux catamarans d’amis qui naviguent aussi autour du monde et que nous retrouvons : nous naviguerons tous les 3 ensemble jusqu’aux Seychelles.
4 bateaux au mouillage de Direction Island (et un cinquième au milieu, inhabité…)
Une famille d’Israéliens sur Shuti , un lagoon 380 : Momi et Lilach naviguent avec leurs 3 garçons de 7, 10 et 12 ans, Dror, Eyal et Yoav. Nous les avions déjà croisé à Panama et à Fiji.
Moby devant, Shuti a gauche, et Cool Runnings à droite. Au milieu, un bateau abandonné.
et Cool Running, le cata (Lagoon 400) de Dave et Gudrun avec 2 ados à bord, Gaby 11 ans et Ben 13 ans, des américains d’origine sud-africaine avec qui nous avons navigué dans les Iles Sous le Vent et que nous avions retouvé à Bali.
Cool RunningsDave et Gaby venus nous accueillir à notre arrivée!
Nous faisons aussi la connaissance de Brigitta et Erik, sur Arial IV, un couple de suédois un peu plus agés, qui réalisent leur second tour du monde-: ils ont fait le premier il y a 20 ans avec leurs 3 garçons. Depuis, ils ont écrit 3 livres, navigué jusqu’au cercle arctique, et franchi le passage du Nord Ouest : ils sont célèbres en Suède parmis les gens de mer, et très inspirants pour nous!
les autorités sur Ariel IV pour les formalités d’arrivéeGudrun, Birgitta, Lilach et Helen, une ilienne de Cocos!
Les enfants ont tous été mis en vacances pour l’occasion- car chez les enfants de bateau, il n’y a pas vraiment de vacances scolaire, tout le monde travaillle quelques heures le matin, le plus souvent 6j/7j. Mais chez les petits francais abonnés au CNED, c’est différent : l’année scolaire est plus courte, 9 mois de septembre à juin, plus intense avec 3 à 4h de travail par jour, mais avec à la clé 2 mois de vraies grandes vacances en juillet/août!
Nous passons 8 jours à la fois actifs et reposants. Le spot est parfait pour la planche à voile,Loïc grée donc le matos pour toute la famille,et coache!
Mon frère Thomas qui nous a rejoint à Bali s’entraine au jibe,
Frère et soeurTom en action
moi je reprend mes marques et me remets facilement dans les straps et au harnais.
Bénédicte au planing
Arthur aussi fait un peu de planche. L’objectif : faire du travers.
Victor progresse tous les jours et finit par vraiment partir au planing en mettant le harnais et les pieds dans les straps !!! J’entend Loïc hurler « Yeahh » je ne sais qui est le plus heureux du papa ou du fils!
Loïc a gréé le matos sur Moby,
puis nous le laissons la nuit à poste sur l’île.Pour le fun, Tom se fait quelques bords de nuit sous la pleine lune!
nav’ de nuit
Dommage, les progrès de Victor vont être interrompus en pleine progression : il s’est fait mordre par un gros poisson alors qu’il nageait seul non loin du ponton et de ses camarades.
Rien de grave heureusement, la plaie est superficielle. La chance, c’est que nous avons un médecin dans le mouillage, Eric examine la plaie, il n’est pas inquiet, la blessure est superficielle. Nous désinfectons et mettons une crème antibiotique préventive, car il s’agit d’une morsure d’animal sauvage- c’est ce que recommande notre très pratique « Guide la faune marine dangereuse du Pacifique et d’Océanie». D’après la description que les enfants font du poisson qui leur tournait autour depuis un quart d’heure, il s’agit sans doute un gros mérou, peut-être agacé par les incessants aller-retour des enfants entre le quai et la plage.
Le snorkeling est sympa :
petit snorkeling entre filles, Anna adore ca!
déjà, derrière le bateau, quelques patates de corail recèlent des petits requins pointe noire, très curieux et territoriaux, ils ne nous lachent pas d’une semelle.
requin pointe noire à quelques mètres de Moby
Nous croiserons aussi un banc de poissons Napoléon, qui ressemblent à d’énormes poissons perroquet aux couleurs fade et bossus sur la tête.
banc de Napoléons
Mais le mieux, c’est le snorkeling dérivant sur le RIB,
C’est parti pour une plongée sur le RIB
sorte de fausse passe par laquelle entre des flots d’eau dans le lagon, et qui forme un petit canyon sous-marin.
Canyon sous-marin
Il n’y a pas moins de 3 à 4 noeuds de courant. Nous nous laissons dériver accrochés au bout de l’annexe, nous avons la sensation de voler au-dessus du corail!
Victor et Loïc préfèrent nous suivre derrière l’annexe
Les requins sont tapis au sol dans la journée, des colonies de poissons Napoléons habitent les lieux.
requins pointe noire tapis au sol
Les enfants passent des heures sur la plage avec leurs copains, il y a là une joyeuse bande :
Arthur teste son voilier
8 enfants entre 5 et 13 ans, qui passent leurs après-midi à jouer autour du ponton flottant, faisant d’incessants aller-retour à la plage avec les vieux longboard de sauvetage laissés par les habitants. Ils ne manquent pas d’idées : forteresse pour Bernard l’Ermite, chateaux de sable, batailles de pirates…
IL y a là une petite vie de communauté, où chaque bateau laisse sa trace : une balancoire, un siège en bois, des hamac en filet de pêche,
un panier de basket, ou plus prosaïquement, un panneau commémoratif .Moby n’échappe pas à la règle et voici notre « oeuvre d’art ». Rien de très artistique, mais c’est efficace : une planche de bois flottés peinte au gelcoat de nos noms : elle devrait rester en place quelques dizaines d’années!
Nos amis de Cool Runnings se sont donné beaucoup de mal en gravant une énorme planche de bois flotté.
Victor m’a réclamé une coupe de cheveux. Pas sûr qu’il y ait un coiffeur par ici, et dans tous les cas, ca nous prendrait la journée de nous y rendre, ce sera donc une coupe « fémézon » Comme nous l’avons promis aux enfants, nous organisons une soirée feu de camp sur la plage, sous le format « bring and share » anglo-saxon. Chacun apporte sa boisson et un plat que nous partageons ensemble.
Les enfants partent chercher du bois dans l’après-midi pendant que les garçons vont pêcher du poisson. Loïc nous ramène 3 jolis poissons perroquets, que nous les ferons en filets au BBQ, miam!
Nous allons lever les filets au bout de la plage.
Dave me donne un coup de main.Nous jetons les peaux et carcasses à l’eau dans le RIB, loin de la plage familiale ou se baignent les enfants. Les requins ne sont pas longs avant d’arriver. Et se jettent sur les restes, quitte à s’échouer!Les papas donnent un coup de main en apportant de gros morceaux de bois
magnifique feu!
Nous avions aussi prévu en plus des saucisses de boeufs australiennes et les traditionnels marshmallows à griller au bout d’une baguette!
On se régale!
Erik et Thomas sortent leur guitare. Re-belote quelques jours après.
Birgitta et Erik ont initié Ben à la fabrication de Pizza.
les pizzas de Ben
Moby arrive avec ses fougasses, et Shuti avec des focaccia
les fougasses de Mobyla focaccia de Shuti
Tout le monde se régale! : Soirée italienne, et encore un feu de camp, les enfants adorent!
Avec mon frère Thomas qui nous a rejoint à Bali et fait cette portion de chemin avec nous, nous partons faire le tour de l’île. Le sentier est assez monotone, la végétation n’est que cocotiers, et la faune se résume à des rats (fort craintifs) et des moustiques! Nous faisons donc la balade au pas de course, l’intéret résidant essentiellement dans le parcours historique aménagé sur l’îlot : une quarantaine de panneaux en métal nous retrace l’histoire de Cocos(Keeling). Et c’est passionnant!!
Il est incroyable qu’une si petite île apparemment insignifiante recelle une histoire aussi riche!
Tout d’abord, par sa colonisation :
Découverte par le Captaine britannique Keeling en 1609 , sa position fut gardée secrete, et n’apparait sur les cartes que 2 siècle plus tard en 1805.
Elle attire l’attention d’un riche armateur, Mr Hare, ancien gouverneur d’une colonie britannique de Bornéo, et à la recherche de comptoirs à développer et exploiter. Il y envoie le capitaine Clunies-Ross, en éclaireur inspecter Cocos en 1825 : celui-ci défriches des terres, plante des céréales et des légumes, sonde le lagon, et fait un rapport tout à fait positif. Le sieur Hare revient s’installer l’année suivante avec une centaine de travailleurs malais, pour la plupart musulmans et s’installe sur Home Island. Il pensait y vivre paisiblement entouré de son harem – ll parait en effet que l’homme n’avait rien contre la polygamie. C’était sans compter le sieur Clunies-Ross, qui barque en 1827 avec femme, enfants, belle-mère, une partie de sa famille écossaise, et de solides matelots pour y installer une colonie très organisée. Le dialogue tourne court, c’est rapidement le conflit ouvert, et c’est finament Hare qui plie bagages et rentre à Londres, laissant à la famille Clunies-Ross la mainmise sur l’île. 4 générations de Clunies-Ross vont faire prospérer l’atoll de Cocos(Keeling) et régner en dynastie sur l’île : plantation de cocotiers pour l’exploitation du coprah d’un côté, et un petit chantier naval de l’autre ; voilà de quoi assurer la subsistance de la colonie, ou plutôt de ce petit royaume féodal qui va persister pendant 150 ans! Finalement, c’est le gouvernement australien qui rachète à la famile ROSS-CLUNIES l’archipel en 1978, pour plus de 6 milions de dollars.
Autre visiteur de renom : le jeune Charles Darwin y fait escale en avec le navire d’Exploration le Beagle, en 1936 lors de son tour du monde en tant que naturaliste. Le jeune homme, qui deviendra l’un des plus grand scientifique de son époque, remarque que cette formation d’îles en couronne doté d’un lagon ressemble fort aux îles polynésienne. Il fait aussi le rapprochement avec les sondes qui donnent de très grandes profondeurs à quelques encablures seulement des côtes : l’ile serait le sommet d’une immense montagne sous-marine à forte déclivité. Il écrira à son retour en 1842 un taité sur la formation des atolls corallien qui a toujours cours aujourd’hui.
Autre fait historique : l’installation en 1901 de câbles télégraphiques sur Direction Island reliant l’Australie à l’Asie et au reste du monde!
Une véritable révolution des télécommunications pour le continent Australien, et l’établissement pendant plus de 60 ans sur Direction Island d’un véritable petit village britannique, avec fonctionnaires de la couronne, personnel de maison, costume colonial le soir, régates le dimanche et parties de tennis aux heures perdues.
Cocos Keeling fut enfin le théatre fin 1914 d’une bataille célèbre de la marine australienne, aboutissant au naufrage du navire le plus recherché de l’armée allemande en Asie : le cuirassé vapeur Emden mené par le capitaines Van Müller , que l’on tenait responsable depuis le début de la guerre quelques mois plus tôt du naufrage et l’arraisonnement de pas moins de 24 navires marchands alliés, de nombre de batiments militaires francais et russes, et de la destruction la station de carburant alliée de Madras en moins de 12 semaines de combat : cela valu à l’Emden et à son capitaine une réputation de »flibustier des mers », et d’être poursuivi et chassé par 60 bateaux alliés francais, japonais et russes, sans succès.
C’est finalement au terme d’une épique bataille navale entre North et South Cocos Keeling, où une équipe d’allemands avait réussi à détruire la station télégraphique britannique, que le Captaine Von Müller se rendit au SMS Sydney, non sans avoir échoué volontairement son navire sur les récifs de North Keeling pour le rendre inopérant. Entre temps, l’autre équipe déposée à terre précédemment, menée par le lieutenant Von Mücke s’empare d’une vieille goelette qui était au mouillage , et réussit à s’échapper avec ses hommes , ralliant l’île de Sumatra en 3 semaines, puis le Yemen à bord d’un jonque chinoise en bravant le blocus britannnique de la mer rouge, et enfin après 5 mois de traversée du désert d’Arabie, de la Turquie, en Allemagne où ils furent accueillis en héros!! Même les alliés à la fin de la guerre, saluèrent la bravoure du lieutenant Von Mücke, et la grande dignité et le courage du capitaine Von Mûller.
Aujourd’hui cet atoll qui ressemble fort aux atolls polynésiens des Tuamotu est passé sous la coupe des australiens, et abrite un demi-millier de malais habitant Home Island et vivotant du revenu mininum australien, et une centaine d’autochtones australiens, essentiellement des fonctionnaires assurant le minimum de services à l’atoll (cabinet médical, aéroport, services de douane et d’immigration, instituteurs, etc…) et installé sur le motu de West Island. Très peu de tourisme, aucune industrie, ni artisanat, ni agriculture pas même vivrière, ni pêche autre que vivrière : l’atoll est 100% sous perfusion australienne et dépend des importations… L’intérêt que porte l’Australie à cet atoll est certainement essentiellement géostratégique.
En conséquence, l’approvisionnement est cher, mais a le mérite d’exister. L’île est strictement musulmane, les femmes sont voilées,
la supérette
et le vin….. sans alcool!.
du jamais vu! du Chardonnay sans alcool.
Nous avons un peu d’internet pour mettre le blog à jour, un mouillage calme où il fait bon dormir la nuit, et une plage magnifique où les enfants passent leurs journées avec leurs amis : que demander de plus?!
Nous aurons l’occasion de visiter brièvement Home Island, pour y faire quelques courses, récupérer de l’internet. Nous prenons le même ferry qui amène les iliens à la plage le week-end!
le ponton d’accostage du ferryen attendant le ferry…des pointes noires passent…et toujours la grande préoccupation des australiens : la SECURITE!C’est parti pour Home Island, avec Birgitta et Erik.
Dommage, c’est samedi, le musée est fermé, ainsi que le restaurant et le café. Nous déambulons dans le village,
repérons l’épicerie,
pic-niquons dans l’herbe, faisons quelques courses et passons quelques heures sur internet : inscription de Victor au CNED, commande de matériel pour les Seychelles, consultation de la météo….
la meilleure connexion internet de l’île se trouve sous l’antenne principale, près du « Community Center »Bye-Bye Tom!
Quelques jours plus tard, j’accompagnerai Thomas à l’aéroport sur West Island, à 15mn de ferry de là.
le quai du ferry à West Island
Une village en forme de garnison militaire avec ses maison toutes identiques et ses bungalows à louer aux militaires de passage sur l’île, c’est à peu près tout. Là aussi ,il est tout juste 15h, et tout est fermé, restaurant, café, supérette…..
Petite curiosité, le terrain de golf de part et d’autre de la piste d’aviation qui longe le village.
le golf
Après un séjour de 8 jours très agréable, nous levons l’ancre pour les Chagos, à 1500NM de là : nous y serons dans une semaine.
Bali est une île dont nous percevons tout de suite la personnalité multiple, et dont nous n’aurons en seulement une semaine, pas le temps d’explorer toutes les facettes…..
Premier paradoxe :
L’île est à large majorité bouddhiste, dans le plus grand pays musulman du monde.
Mosquée au port de Benoa
Alors à Bali, chaque famille ou presque a son temple, au fond du jardin-
temple familial
on en trouve donc à chaque coin de rue.
Temple
Un peu plus grand : c’est un temple de quartier, partagé et entretenu par la communauté : les balinais vont jusqu’à dépenser un quart de leur salaire en offrandes!
Offrandes
Temple d’envergure!
Nous arrivons le lendemain de l’Eid, qui fête la fin du Ramadan : le pays entier est en vacances, mais à Bali, la vie continue. Seuls sont fermés les marchands de bois et de tapis, à majorité musulmans, et les administrations fonctionnent à semi-régime pendant ce long week-end férié.
le Bali des surfers :
Nombreuses sont les plages et spots de surf.
On le comprend vite, en arrivant à Bali, tout à coup, une longue houle se lève, qui brise sur les plages de sable gris.
arrivée sur Bali
Sur les plages, tous les 200m, des loueurs de surfs et de bodyboard , et dans les rues, des boutiques de surf tous les 500m!!
Surfshop
Et comme on circule beaucoup en scooter, voilà ce que ca donne!
Surfer en scooter!
Le Bali arty
celui d’Ubud, que nous n’aurons pas le temps de visiter. Les balinais ont développé un artisanat exemplaire : tissus brodés, poteries, boiseries, sculptures etc…. Nous n’en aurons à Denpasar qu’un bref aprecu, n’ayant pas pris le temps de visiter Ubud, la capitale artistique et artisanale de Bali.
sculpture à l’extérieur d’un surfshop
Tous les jours, nous passons en taxi devant les marchands meubles, des spécialiste de porte sculptées, menuisiers, meubles de jardin, vendant des bois pétrifiés, des totems sculptés, des jarre grosses comme des éléphants, des statues de pierres. Il vaut mieux pas s’arrêter : je me sens capable d’un coup de folie, en passant commande d’un éléphant en pierre pour mettre dans notre jardin en Bretagne!
Bali chic
la destination est très prisée des australiens : boutiques de marque et centres commerciaux de luxe pullulent,
tenue de sirène à vendre!
restaurants chics aussi classy qu’à St-TRopez mais au tarif abordables, night-clubs : voilà ce que vient chercher une clientèle avertie. A Seminyak, s’alignent les boutiques à la mode , des bars branchés
pour voir, ou être vu?
et des retaus tendance.
Il n’y a pas deux devantures qui se ressemblent d’où une réeelle originalité des lieux et des produits d’artisanat.
Bali et son tourisme de masse
En arrivant à Bali par la mer, on devine les gigantesques hotels en constuction, sur Nusa Dua, la péninsule sud de l’ile. Les batiments sont de taille colossale, offrant probablement plusieurs centaine de chambres. D’autres disposent de mini-club grands comme des parcs d’attraction! Puis en entrant dans le chenal d’accès au port, c’est la foule!!!
l’entrée du chenal
ce sont des dizaines de parachutes ascentionnels, de jetskis, speedboats tractant bouées et engin variés
dans le chenal même qui est fort encombré…Nous sommes tout simplement ébahis par le tumulte sur l’eau!… Le choc est d’autant plus grand lorsque l’on arrive de 9 jours de mer, dans le calme et la solitude de notre bateau-cocon.
Les abords du port de Benoa nous apprennent aussi combien l’île est densément peuplée.
maisons de pêcheurflotte de pêche localerefueling
Bali polluée, embouteillée :
Nous somme cueillis par la saletés des lieux dans le chenal d’accès au port : Loïc fait monter sur le pont l’intégralité de l’équipage pour veiller aux déchets : nous redoutons le sac de riz dans l’hélice, qui pourrait endommager le moteur. A la marina, ce n’est pas mieux, poissons crevés, plastique omniprésent ; la mer est une poubelle, et ca ne choque personne. Cela ne nous motive pas à explorer les mouillage alentours nous n’avons qu’une semaine d’escale, et optons de rester à la marina nous reposer, nettoyer et préparer Moby. Une fois n’est pas coutume, nous visiterons Bali par la terre pendant cette courte escale.
Tous les jours, nous empruntons des taxis pour nous balader et aller à la plage, et restons 15/20mn dans les embouteillages, matin, midi, le soir aussi!! Bali est surpeuplée, en particulier le sud, acueillant toujours plus de touristes. La solution, c’est le deux-roues : ils pullulent ici!
parking de scooters au terminal ferry
Les infrastructures routières plutôt de qualité mais sans doute insuffisantes, et les petites ruelles de Seminyak assaillies en permanence des voitures, taxis, scooters…..c’est l’Asie!
Bali populaire :
L’île est aussi une destination de vacances pour les indonésiens, et de week-end pour les javanais qui viennent en ferry depuis l’île voisine.
Très populaire, la plage de Jimbaran, avec son port de pêche,
son marché au poissons et ses innombrables restaurants de fruits de mer.
la plage de Jimbaran
Tous les soirs, des centaines de touristes débarquent en car sur la plage pour admirer le soleil couchant, et dîner les pieds dans le sable de poissons, coquillages et crustacés frais.
Populaire aussi, les cerf-volants qui sillonnent le ciel, en plein hiver balinais!
Un autre soir, nous nous retrouvons un peu par hasard devant le Festival de la Lumière;
le festival des Lumières
Partis pour dîner en amoureux sur la plage de Nusa Dua, nous nous retrouvons à devoir terminer notre chemin à pied, les rues sont bouclées, pour cause de festival. Qu’à cela ne tienne, nous changeons nos plans, et nous laissons guider par la foule et dînons d’un Nasi-Goreng non pas sur la plage, mais dans un food court local…
Le fameux Nasi-Goreng, plat national indonésien
Pourtant en plein dans le quartier des grands hôtels, sommes pratiquement les seuls européens à nous promener sur les lieux, fréquentés ce soir-là par des balinais et javanais en week-end. Nous arrivons sur la presqu’île, guidés par la foule.
l’entrée du festival des lumières
Le site est sauvage, une presqu’île battue par le vent et les embruns, un petit temple,
nous jouons avec nos ombres
des statues de lumière, aussi belles vues de loin, que de près!
Un peu plus loin, une forêt de lumières, très réussie!
devinez où je suis!
et une traditionelle fête foraine : brochettes, glaces, smoothies, et plats à emporter, toss-toss et voitures à pédales, les enfants auraient adoré!
roulottes en combi VW
Nous avons la chance d’y passer après dîner, les lieux se sont vidés, c’est magique.
Une semaine à Bali
Nous n’avions pas plus d’une semaine à passer à Bali : notre escale forcée australienne aura « mangé » le mois prévu pour visite l’Indonésie. Alors nous nous contentons de ces quelques jours d’escale.
Moby à la marina de Bali
Nous décidons de rester la semaine à la marina, et d’explorer Bali par la terre.
à la marina
Nous attendons aussi mon frère Thomas, qui nous rejoint d’ici quelques jours, et nous accompagne à Cocos.
Dès notre arrivée, nous nous lancons dans un programme de nettoyage du bateau : Victor et Loïc nettoient le pont,
nettoyage du bateau
Arthur Anna et moi nous occupons de lessiver les doudous, sacs de plage, hamacs etc…. qui en avaient bien besoin.
Nous prenons vite le rythme : la matin, c’est nettoyage, bricolage, rangement, réparations et l’après-midi, nous partons en vadrouille. En effet, les abords de la marina ne se prêtent pas trop à la détente : cette toute petite marina disposant d’à peine 10 places temporaires à louer, est située sur une presqu’île abritant le terminal ferry, bateaux de charter, les services d’immigration, la police, et différentes administrations liées au traffic maritime, rien de très glamour.
au sortir de la marina….un terrain vague
La marina n’est pas si calme non plus : les ferry arrivent et débarquent les passagers avec danses balinaises à l’appui
Les touristes viennent passer la journée sur des bateaux de charter
Nous sommes survolés par des avions en permanence
Pas un restau à l’horizon, ni une boutique. Le quartier est aussi très calme le soir heureusement.
Mon amie Anélie qui a travaillé à Bali il y a quelques années me donne rapidement quelques adresses : nous ferons de la plage de Seminyak et du restaurant Ku De Ta (prononcer « coup d’Etat », joli jeu de mot aux consonances franco-balinaises ;-), notre destination favorite des midis et après-midis .
le restaurant/bar KU DE TAl’entrée côté plage
Ambiance St-Ttrop : restaurant stylé à tarif plus qu’abordable, bar et DJ à partir de 16h, piscine, ambiance lounge autour de la piscine, chicken noodles au menu enfant
Anna ravie de voir son plat préféré au menu enfant!
et surtout : location de surf en contrebas!
location de surfsla plage de Seminyak
Nous avons trouvé notre SPOT pour la semaine, et y retournerons 3 fois…. Les enfants sont heureux de surfer;
c’est parti pour une session de surf/bodyboard!
les vagues ne sont pas exceptionnelles, mais les enfants sont HEU-REUX,
et le cocktail resto-piscine-plage-vague de surf-soleil couchant est idéal.
c’est parti pour une session de surf
Une fois n’est pas coutume, nous jouons aux vrais touristes quelques heures par jour.
Nous terminerons un après-midi dans un salon de massage : pure tradition balinaise!
au salon de massage
et un autre soir, nous restons sur la plage admirer le soleil couchant.
Tom et Anna à la guitare…
Plus, haut, au KU DE TA, l’ambiance lounge se transforme en ambiance DJ night-clubMais toujours, Surf, surf, surf!!!
Après réflexion, nous ne pousserons pas l’exploration de Bali plus avant : ce n’est plus la saison des belles rizières, bien vertes, étagées, celles qui donnent de Bali cette image idyllique… les récoltes ont eu lieu en fin d’été, et j’apprend que les seuls jolis champs de rizière visibles bien verts ont été maintenus pour les touristes, avec entrée payante…. BOF.
J’aurais aussi aimé aller à Ubud, la capitale artisanale et culturelle de Bali, découvrir l’école alternative et écologique créée par des américains, me bercer de l’ambiance hippie de Ahmed, petite ville balnéaire de la côte Est, visiter quelque temples. Mais ca sera pour un autre voyage. Le temps nous manque, et je sens les enfants plus passionnés par le surf que par les visites culturelles. J’ajouterais que si nous avions eu la chance de tomber au cours de la semaine sur un chauffeur sympa qui nous aurait agréablement guidé pour la journée, j’aurais sauté sur l’occasion, car l’île se prête particulièrement à un grand tour en voiture.
Mais non : chaque course est une tentative d’arnaque; ca en devient risible à la fin! Au cours de la semaine, nous arrivons à essayer tous les modes de transport :
les minibus locaux, ceux que l’on trouve en sortant de la marina :
taxi-minibus
particulièrement inconfortables, non climatisés mais dotés d’une ventilation naturelle (ici on roule portes ouvertes!!). Il nous faut âprement négocier à chaque fois les courses pour payer un tarif équitable. Et au final, ils sont plus chers que les autres taxis!
dans le bus-taxi : la ventilation naturelle via la porte ouverte!
Pour d’obscure raisons, ils ne nous déposent pas toujours à l’endroit de notre choix : plus d’une fois nous aurons à marcher pour arriver à notre destination!
dépités et fatigués, nous optons alors pour la compagnie « Bluebird », les seuls à être systématiquement équipés de taximètre. Bonne nouvelle : le tarif est raisonnable! Mais la seule fois où nous voudrons en commander un, il mettra plus d’une heure à arriver….. Et attention, ils n’ont pas le droit d’entrer dans les hôtels, ni à l’aéroport : là aussi, ils nous déposent souvent avant notre destination.
les taxis pour touristes : ceux là sont propres, spacieux, climatisés, mais 3 fois plus chers! Ils ont le monopole des dessertes de l’aéroport et des hôtels.
Uber : officiellement interdit à Bali, nous tentons tout de même l’expérience. Et ca marche!!! Formidable, le taxi arrive à la marina dans les 20mn, le prix est deux à trois fois moindre que les minibus, la voiture climatisée (dans les embouteillages, c’est appréciable), le chauffeur agréable de conversation et parlant un bon anglais, , OUF; nous voilà réconciliés avec les taxis balinais! On comprend pourquoi Uber dérange : dans un pays où se côtoient déjà 3 types de taxis différents qui ont chacun leur prérogatives, Uber donne un grand coup de pied dans la fourmilière en proposant une services de qualité à tarif imbattable : de quoi en énerver plus d’un!
Mon frère Thomas arrive demain, il m’accompagne faire les courses.
avalanche de fruits et légumes tropicaux!
Deux aller-retour au supermarché Carrefour nous permettent de refaire un plein d’épicerie et de produits frais.
fruits frais…et fruits confits
L’occasion aussi de féliciter le chef boulanger, évidemment!
Avec Didier, chef de la boulangerie/pâtisserie du Carrefour de Bali
Didier est français, et ses produits ont la beauté et la qualité d’une vraie boulangerie traditionnelle!!
le rayon boulangerie
L’avitaillement est une question très sérieuse, car nous nous apprêtons à passer 6 semaines loin de tout : une première escale à Cocos(Keeling) nous attend dans 6 jours, petit atoll australien perdu dans l’Océan Indien, habité à peine par 600 habitants : autant dire que les produits là-bas seront rares… et chers :10$ (soit 7 Euros) le kg de pommes australiennes, parait-il!!!
A l’escale suivante, aux Chagos, il n’y a tout simplement pas d’habitants! Nous allons devoir vivre un mois sur les réserves du bord, un challenge intéressant à relever.
En début d’année scolaire, Monique, l’ancienne institutrice d’Anna nous a proposé de participer à l’aventure de Clémentine Aplati :
« Voici Clémentine Aplati !
Dans notre classe de PS/MS, notre maîtresse (Monique) nous a raconté ses aventures : une nuit, alors qu’elle dormait profondément, le tableau qui était accroché au-dessus de son lit, est tombé et la pauvre Clémentine s’est retrouvée toute aplatie !
C’est alors qu’elle a décidé d’en profiter pour voyager tout autour du monde en se glissant dans des enveloppes. »
Pour ceux qui connaissent mon addiction aux livres, le choix a été difficile : n’emporter que l’essentiel, sur un catamaran performant où les kilos superflus sont traqués….D’autant que la bibliothèque de la maison, je m’en suis rendue compte, est très bien fournie en livres maritimes, de voyage, récits de navigateurs, guides nautiques et autre romans d’aventures. Il est vrai que depuis 20 ans, les livres ont nourri notre soif de voyage et d’aventure nautique. Comment donc faire ma sélection, le skipper étant sévère sur le poids emporté…
1- Ma priorité, c’était de profiter de ce tour du monde pour lire et relire des ouvrages en lien direct avec les pays et océans traversés : voilà ce que serait le coeur de ma petite bibliothèque de voyage. Littérature, récits de voyage, biographies, contes… Pour ne pas trop me surcharger, je n‘ai pris que les ouvrages touchant au Pacifique et l’Indien. Pour l’Atlantique, je verrai plus tard à me faire expédier quelques ouvrages…. D’autant que quelques bonnes librairies jalonneront sans doute notre parcours, et que je ne manquerai pas de m’approvisionner en littérature locale ;-).
Dans la pratique : j’ai lu (presque) tous les livres emportés, en ai fait la lecture aussi par passages aux enfants pendant les traversées, et n’ai pas pu résister à l’envie d’en acheter quelques uns : Les librairies de Papeete ont été une mine, m’ont vue flâner quelques heures au milieu des rayons, et repartir avec quelques kilos de papier…
Retour de courses à Papeete, à librairie Odyssey
2- Concernant les livres de pure littérature, je décidai d’en emporter un nombre limité, une douzaine, puis de les échanger au fur et à mesure du voyage. J’ai aussi apporté une liseuse Kindle et une Kobo étanche avec quelques lives récents achetés, et quelques classiques téléchargés gratuitement. Pas vraiment convaincue par les livres numériques, je me suis tout de même dit que ca pourrait être pratique en cas de pénurie (plus rien à lire, un cauchemar pour moi…), et pour se faire un petit plaisir en téléchargeant une nouveauté de la rentrée littéraire!
Dans la pratique : Les échanges de livres, ca marche très bien, aussi bien en pays francophones qu’anglophones. La qualité est inégale, mais les bonnes surprises sont souvent au rdv. Dans chaque marina, il y a un petit stock de livres en français mis à disposition pour les échanges, mais aussi dans les laveries, les sociétés de service, les restaus, hotels, etc…. Comme à Fidji où j’ai mis la main sur une vieille édition du « Catalogue d’objets introuvables » de Carelman, livre mythique de ma jeunesse que j’ai eu beaucoup de plaisir à feuilleter avec les enfants. Ou à Cairns en Australie, où j’ai trouvé quelques livres récents d’Eric-Emmanuel Schmitt, toujours original et plaisant à lire.
Le Catalogue des objets introuvables
Le Catalogue des objets introuvables
Victor s’est approprié le Kindle assez vite, car la liseuse lui a permis de télécharger les livres à étudier pour son programme de français du CNED : des ouvrages classiques pour la plupart, téléchargeables gratuitement. La liseuse nous a sauvé, car comment se procurer au beau milieu du Pacifique les livres du programme, sachant que nous n’avons reçu les cours papier du CNED que le 22 septembre, pour une rentrée qui avait commencé le 2 septembre….grrrr, sachant que la prochaine librairie francophone sur notre route se trouverait à Nouméa, en avril de l’année d’après!!!! Nous avons aussi téléchargé à Victor quelques uns de ses livres préférés (série des Cherub).
Ce n’est que récemment que je suis devenue accro à mon Kobo, grace à un bateau-copain qui nous a donné un fichier de plus de 10 000 livres! Beaucoup de science fiction et de thrillers sanglants que je n’apprécie guère, mais aussi de la belle littérature qui m’a permis de relire Gabriel Garcia Marquès, Romain Gary, Laurent Gaudé, Paul Auster, Tristan Garcia, Houellebecq, Pierre Desproges etc….
Loïc a découvert les joies du Kindle, depuis que je lui ai offert le jour de son anniversaire, dans un petit mouillage sauvage de l’île des Pins, le tout dernier ouvrage autobiographique de Mike Birch « J’ai chevauché les Océans », téléchargé en 3mn via Amazon.
J’ai chevauché les océans
Une belle surprise d’anniversaire, d’autant plus quand on est à l’autre bout du monde. Il a ainsi dégusté avec plaisir l’autobiographie du marin qui fut l’un des héros de son enfance. Et depuis, il se régale de classiques à lire et relire : St-Exupéry, Hugo, Stevenson, London…
Autre avantage de ces liseuses, elles permettent de lire la nuit sans se faire mal aux yeux, et sans déranger l’autre, sans s’éblouir les yeux, utile pendant les quarts où il est important que les yeux restent vivaces dans le noir de la nuit.
Donc tout va bien à bord, pas de pénurie en vue!
3- les ouvrages pratiques et utilitaires : guides nautiques, culinaires, santé, dictionnaires etc…. la difficulté encore une fois c’est de faire le tri entre le l’essentiel et le superflu.
J’ai longtemps hésité à acheté un dico, en me disant que c’était lourd, et qu’un ouvrage numérique suffirait. Mais il est tout de même important notamment pour les enfants de manipuler et feuilleter régulièrement un dictionnaire. J’en ai donc acheté un à Papeete.
Il n’y a que 2 livres de cuisine que j’ai apporté en version papier, car ce sont aussi 2 livres à utiles à lire, 100% nautiques et bourrés d’anecdotes et de conseils pratique.
« La cuisine des Flibustiers », de Melani Le Bris, fille du grand Michel Le Bris, fondateur du festival Etonnants Voyageurs de St-Malo : de véritables recettes des îles, via un retour aux sources historique, pimentades, boucans, et autre douceurs sont détaillés et mêlés à des récits historiques savoureux sur l’histoire de la flibuste, essentiellement antillaise.
la cuisine des flibustiers
« Tropiques, Archipels et Marmites »,de Lise Claris-Fourcade, éditions Loisirs Nautiques. Acheté il y a une quinzaine d’années au salon nautique de Paris, ce livre m’a permis d’apprendre à cuisiner les produits tropicaux. Il est très utile, car il reprend par destination les produits que l’on trouve dans chaque pays, ceux que l’on ne trouve pas également, les produits locaux, et la manière de les cuisiner, à la locale ou « européanisée », avec de nombreuses recettes, des conseils d’avitaillement etc….. Un peu datée, cette édition 2001, car entre temps la mondialisation a eu ses effets en particulier dans l’approvisionnement des supérettes et la variété des produits rencontrés, il reste tout de même un MUST de la bibliothèque de bord.
Tropiques, archipels et marmites
Pour mes autres livres de recette, il m’a été impossible de tous les prendre! J’ai donc pris le temps, avant de partir, de numériser mes meilleurs recettes, celles que j’utilise au quotidien : mes recettes spécifiquement thermomix, mes meilleures recettes de pain, de gâteaux et de crêpes.
Dans la pratique, je regarde mes recettes sur mon ordinateur à bord, ou sur mon ipad
Les guides de voyage : nous n’en avons emmené très peu, et plutôt généralistes. Nous avons souhaité effectué ce grand voyage autour du monde sans guide touristique : pas de petit Futé ni de Lonely Planet à bord, pour sortir des sentiers battus et laisser la place à l’imprévu. Car les guides, à force de nous pré-mâcher le voyage, le formatent. Dans la pratique, nous nous sentons beaucoup plus libre sans cette obligation à laquelle nous conforment les guides d’aller voir tel lieu, de consommer telle attraction, ou de manger dans tel restaurant. Nous n’hésitons pas à demander conseil autour de nous, mais surtout nous ouvrons nos yeux, nous nous laissons guider par nos envies et notre instinct. Le plus souvent, il n’y a que des bonnes surprises, parfois des moins bonnes, mais c’est ce que nous sommes venus chercher lors de ce grand voyage : nous laisser surprendre par l’imprévu plutôt que de nous conformer à ce qui a été organisé.
En pratique : Le bouche-à oreille (appelé aussi Radio-cocotier 😉 ), fonctionne très bien, et les bons mouillages et les bonnes adresses se refilent entre bateaux-copains. Quand nous descendons à terre, nous demandons souvent notre chemin ou les bonnes adresses aux populations locales, l’occasion aussi de nouer un premier contact. Nous aimons aussi flâner, nous laisser surprendre, découvrir les escales au gré de nos envies, sans prejugé. Et si nous avons besoin d’un renseignement très spécifique, à l’heure d’internet et de la démocratisation du 3G, ca n’est pas difficile!
Seule exception à la règle : le guide Lonely Planet de Nouvelle Zélande que j’ai acheté dans l’optique de notre séjour de 4 mois en Nouvelle-Zélande. Il a finalement peu servi, car nous n’avons visité le pays qu’en bateau, et n’avons pas loué de camping-car comme nous l’avions un moment envisagé.
l’essentiel de la Nouvelle-Zélande
Finalement, voilà ce que j’emportai avec moi :
OUVRAGES GENERALISTES :
« La grande aventure des Océans » éditions Omnibus : un ouvrage anthologique passionnant, facile à lire, il ambitionne de faire un tour du monde des océans, racontant pour chacun son histoire, les personnages célèbres et les grandes aventures qui ont fait sa réputation. Pour l’Océan Pacifique, de Cook à Bougainville, en passant par l’histoire des mélanésiens navigateurs qui ont peuplé le Pacifique et la mutinerie de la Méduse, nous avons appris beaucoup de choses passionnantes.
La Grande aventure des Océans
« Le dictionnaire amoureux des Explorateurs », de Michel le Bris, le fondateur du festival Etonnants Voyageurs de St-Malo. Acheté lors de notre passage à Papeete, je ne regrette pas cette petite folie (en prix et en en poids…)Ce pavé de plus de mille pages recense les vies d’explorateurs plus ou moins célèbres, porteurs d’histoire héroïques et fantastiques, sous le regard truculent de Michel le Bris. Je me délecte!
Le dictionnaire amoureux des explorateurs
LITTERATURE :
« Polynésie, les archipels du rêve », éditions Omnibus : une anthologie de la littérature polynésienne, essentiellement d’origine européenne. Qui m’a permis de relire Loti, Melville, London etc….une première approche intéressante et chronologique de la littérature prenant pour cadre la Polynésie, avec ses fantasmes et ses réalités.
« Contes des Mers du Sud », de Jack London, chez Libretto : mythique ouvrage reprenant les nouvelles de London écrites sur et en Polynésie. Concerne surtout les îles Ouest : Cook, Salomon, PNG etc…. Des textes courts, poignants, où il met en scène l’homme blanc aux prises avec les éléments en furie, les coutumes étranges, et une société polynésienne dans laquelle il ne trouve pas sa place. Ma préférée : « La case de Mapuhi »
Contes des mers du Sud
« Touriste de bananes », de Georges Simenon chez Folio policier : Avec notre héros palot, on plonge dans le miroir aux alouettes que la Polynésie reflète au siècle dernier, après-guerre. Tous ces jeunes gens européens, venus chercher amour et fortune dans les îles, et qui finissent par s’y perdre : ce sont les « touristes de bananes » .
Touriste de Banane
« Le parfum des îles », de Françoise Sylverstre : pérégrinations d’une nomade des îles, d’une inconditionnelle ilienne : l’auteure nous raconte ses joies et se peines, et combien les îles ont compté dans sa vie. Un joli petit récit virevoltant, qui nous fait voyager au gré des océans et de ces petits morceaux de cailloux oubliés, des Kerguelens à l’ile aux Moine en passant par le Spitsberg. Merci Catherine pour ton cadeau!
Le parfum des îles
« Contes des sages de Polynésie » : recueil de contes hawaiens, samoens, marquisiens, tuamotus etc…. Et rappelez-vous, les contes, ce n’est pas que pour les enfants ;-), car ils nous offrent souvent une lecture à plusieurs niveaux.
Contes des sages de Polynésie
« Taïpi, un paradis cannibale » : un roman illustré en BD, c’est le pari de cette collection, qui transforme le « Taïpi » de Melville (qui faisait partie de l’anthologie polynésienne ci-dessus nommée) en roman graphique. Nous voilà embarqués en images dans le récit autobiographique de son séjour aux ïles Marquises, quand, simple matelot à bord d’un baleinier mené par un capitaine tyrannique, il s’échappe avec un compagnon, pour se retrouvé captif et bléssé dans une tribu de cannibales des l’ile d’Hiva Oa. Où situer ce peuple de Taïpivaï, entre douceur polynésienne et terreur cannibale?
Taïpi, un paradis cannibale
Haka, de Caryl Ferey , éditions Folio Policier: Le premier ouvrage de cet écrivain-voyageur auteur de polar que j’aime beaucoup (notamment Zoulou qui se passe en Afrique du Sud et Mapuche en Argentine). La cadre c’est Auckland et sa région, le héro un flic aux origines Maories, aux prises avec le meurtre ignoble d’un jeune femme. Comme dans tous les ouvrages de Caryl Ferey, on plonge dans la culture locale, en visitant des lieux emblématiques toujours bien choisis, avec un suspense et un dénouement haletant. Les tensions ethniques sont particulièrement bien décrites et subtiles, je me suis régalée à lire ce polar.
Haka
« L’âme des Guerriers », de Allan Duff, aux éditions Babel : un roman d’une noirceur et d’une dureté qui fait mal, au point qu’il a failli me tomber des mains. L’auteur nous embarque dans les bas-fonds de la société Maorie de Nouvelle-Zélande : ils sont laissés pour compte, parqués dans des guettos, au coeur d’une misère sociale, économique et culturelle . Soudain, après la tragédie, une lueur se dresse dans les ténèbres, et traverse le roman, incarnée par une femme, une mère qui veut que les choses changent, donnant l’espoir d’une vie meilleure. Poignant. Le roman a été porté à l’écran dernièrement.
L’âme des guerriers
GUIDES NAUTIQUES
Concernant les guides nautiques, à part le très célèbre « Guide Patuelli des Antilles », que nous avions acheté il y a 20 ans pour notre voyage de noces aux Grenadines, nous n’avons emporté aucun guide nautique papier.
En pratique, nous nous sommes servis des versions numériques de guides plus ou moins récents glanés au fur et à mesure des bateaux rencontrés : l’échange est une pratique très répandue chez les gens de bateaux. Nous disposons par contre de toutes les cartes nautiques nécessaires, en provenance de plusieurs éditeurs (les excellentes cartes Transas et celles un peu moins bonnes de Navionics), pour les choix des mouillages, ce qui s’avère le plus souvent suffisant. Il nous arrive aussi d’acheter sur place des guides nautiques régionaux, comme en Nouvelle-Zélande, et de télécharger des vues satellites des côtes et des mouillages avec Ovitalmap.
« Destinations de grande croisière » : LA Bible condensée du grand Voyage, qui nous a permis à terre de préparer notre périple : le très célèbre Jimmy Cornell nous détaille par zone de navigation chacun des pays où il est possible de faire escale : en 2 à 4/5 pages, une fiche signalétique par pays des pré-requis administratifs (visas, et obligations variées), port d’entrée, coutumes, zones de navigation, drapeau etc….. En pratique, nous nous en servons souvent, à chaque nouveau pays, il est feuilleté pour nous remémorer les formalités, mais aussi pour valider des changements d’escales dans notre programme. Et enfin pour continuer à rêver aux futures destinations de notre prochain voyage, un jour….
Destinations de grande croisière
Le second ouvrage « Voyages de grande croisière » du même auteur, détaille les grandes routes de voyage à la voile, les meilleures saison, la météo, les vents, les routages etc…
Voyages de grande croisière
Les 2 tomes du récit de « Voyage autour du monde » en famille d’Olivier Mesnier : 3 ans, 3 océans, 36 000milles, sur un cata de 15m : c’est peu ou prou le même programme de navigation que nous, et nous l’avions acheté au salon nautique de Paris l’année où nous avons décidé de partir en Grand Voyage. Ses deux livres sont très détaillés, en particulier sur l’histoire des pays, et les questions administratives, les sites intéressants à visiter, nous nous y référons parfois. En pratique : nous relisons chaque chapitre au fur et à mesure de notre progression, parfois avant, parfois après l’escale. C’est amusant de comparer nos escales et nos impressions qui sont souvent bien différentes, chacun effectuant un voyage à son image, au gré des rencontres, des escales, et de la météo, toujours différentes.
GUIDES faune/flore
Nous sommes partis avec à bord un guide de reconnaissance des cétacés, pratique pour reconnaitre baleines, dauphins, gobicéphales etc…., que nous avions depuis des années dans notre bibliothèque,
Guides pratique de reconnaissance des cétacés
ainsi qu’un guide du récif corallien de l’Océan Indien, très complet acheté en Egypte il y a plus de 20 ans!
Mer Rouge
En pratique, nous avons complété avec un guide des requins raies du monde entier,
raies et requins du monde entier
et par un petit guide marine-pictolife étanche : pratique, il recense les poissons, mais aussi les coraux, éponges, anémones, algues mammifères etc….
Guide picto des animaux marins
Nous avons acheté en arrivant aux île Marquises un guide qui me semble indispensable à tout navigateur dans pacifique Sud : le « Guide de la faune marine dangereuse d’Océanie », par Yves Lefevre et Claude Maillaud. Passionnant, et surtout pratique, chacun des animaux dangereux est expliqué en détail, photos à l’appui, ainsi que ses dangers, les descriptions des lésions, des symptômes, et des traitements en cas de blessure. C’est aussi un ouvrage essentiel pour pratiquer une bonne prévention des accidents. Nous avons eu l’occasion de l’utiliser avec succès aux Marquises lorsque Gautier, le Filleul de Loïc a été brûlé par une méduse Blue Bottle, terriblement venimeuse. En plus de détailler les soins, l’ouvrage a été très rassurant pour l’ado, qui a vu qu’il était entre de bonnes mains et bien soigné!
Guide de la faune marine dangereuse d’Océanie
J’ai aussi acheté aux Galapagos : a Natural History Guide : passionnant ouvrage très complet reprenant toute l’histoire de cet archipel incroyable, sous les angles géologique, naturaliste mais également, historique, et donnant des descriptions détaillées de la faune et de la flore rencontrées dans les différentes iles et îlots.
A natural History Guide, Galapagos
Idem pour la Nouvelle-Zélande : la longueur du séjour et la nature endémique de beaucoup d’espèces justifiait l’achat de guides sur les oiseaux, un autre sur les plantes et animaux de bord de mer, et un autre sur les arbres.
Dans chaque pays/région traversée, j’achète aussi une planche contact plastifiée reprenant les poissons et animaux marins observés sous l’eau : pratique à apporter avec nous en plongée, nous aurons à la fin du voyage une belle collection de ces planches d’animaux marins!
Planche contact plastifiée
RECITS HISTORIQUES et BIOGRAPHIES :
Ce que j’emmenai avec moi en provenance de ma bibliothèque :
« Voyage autour du Monde » de Bougainville, chez Folio : Le récit du tour du monde du célèbre navigateur Francais, avec sa frégate la Boudeuse, et à son bord le botaniste Commerson et l’astronome Veron qui améliora le calcul des longitudes. Contemporain du capitaine Cook, il fut le 16ème navigateur à boucler une circumnavigation. On retient de son périple, non pas de grandes découvertes scientifiques ni de nouvelles terres conquises, mais le récit des idylliques moeurs polynésiennes : son récit de voyage, publié en 1771 fut un véritable best-seller en son temps, et un formidable écho à la mode rousseauiste du « bon sauvage », très à la mode à l’époque.
Voyage autour du Monde, Bougainville
« La fabuleuse histoire des Plantes », de Lucile Allorge, aux éditions JC Lattès : passionnante histoire des plantes, leurs origines, leur « peuplement », leurs « migrations », leur pouvoir. C’est surtout un merveilleux ouvrage, passionnant comme un roman d’aventures, retracant la vie des botanistes-explorateurs des 17ème, 18eme et 19ème siècles, aventuriers souvent méconnus et auteurs d’herbiers de grande valeur toujours aujourd’hui.
La fabuleuse odyssée des plantes
« Voyage d’un naturaliste autour du Monde », de Charles Darwin, aux éditions la Découverte : Le célèbre inventeur de la théorie de l’évolution embarque, à peine âgé de 22 ans en tant que naturaliste pour un tour du monde de 5 années et analyse plantes et animaux rencontrés. IL mettra 20 ans à digérer toutes ces trouvailles qui donneront naissance à son ouvrage fondateur et révolutionnaire à l’époque: De l’origine des Espèces. Nous nous intéressons en particulier à son séjour aux Galapagos, et à la seconde partie du voyage, qui passe par Tahiti la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’île Cocos et l’île Maurice.
Voyage d’un naturaliste au tour du monde
« Les trois voyages du Capitaine Cook », de Jules Vernes,aux éditions Magellan et Cie, dont on sait peu qu’il publia chez Hetzel un ouvrage consacré aux « Grand navigateurs du XVIIIème siècle » . .. Il me tarde d’ailleurs de me procurer les autres : Colomb, La Pérouse, Marco Polo, Magellan. Ici, son ouvrage très pédagogique expose les plus grands moments des 3 circumnavigations de ce découvreur hors du commun , émaillé de notes originales de Cook et d’illustrations. On retient surtout que le grand navigateur britannique a exploré en profondeur la Nouvelle-Zélande, cartographié et relevé les fonds de Tahiti, ainsi que Hawaï et la côte occidentale de l’Amérique.
Les trois voyages du capitaine Cook
ce que j’achetai en cours de route :
« Des nouvelles de Monsieur de La Pérouse » de Jean-Jacques Vayssières aux éditions Grand Sud : un récit agréablement illustré de l’Expédition de Lapérouse à bord de l’Astrolabe et de la Boudeuse, mandaté par Louis XVI pour exécuter la plus grande expédition scientifique de l’époque, emmenant à son bord scientifiques, botanistes, astronomes. Tous disparurent tragiquement à Vanikoro, aux îles Salomon, victimes d’une tempête qui les jeta sur les récifs. L’originalité de ce récit est d’y inclure celui du jeune De Lesseps (neveu de Ferdinand) qui débarque de l’expédition au Kamtchatka, avec des caisses et des caisses de materiau scientifique, et traverse en un an à traineau l’immensité de la Russie pour rejoindre la cour du Roi de France. Et troisième récit dans le récit, celui d’Entrecasteau, mandaté par Louis XVI pour aller à la recherche de l’expédition Lapérouse disparue, dont personne n’a de nouvelles… Une aventure tragique qui aujourd’hui mobilise des dizaines d’explorateurs et archéologues à Vanikoro sur les vestiges des épaves, à la recherche des raisons de ce naufrage dramatique.
Des nouvelles de Monsieur de La Pérouse
« Jacques BREL, L’aventure commence à l’Aurore », de Fred Hidalgo, aux éditions de l’Archipel : le récit de la dernière partie de la vie de Jacques Brel, après qu’il abandonne définitivement la scène, faisant un break dans sa carrière de chanteur. Il réalise l’un de ses rêves : il achète l’Askoy, magnifique voilier, et part autour du monde à la voile. Il quitte l’Europe pour les Antilles puis la Polynésie, et s’arrêtera aux Marquise, fatigué d’avoir mené en couple son trop gros bateau, diminué par la maladie, mais surtout amoureux de cette terre et de ces hommes qui ne le connaissent pas comme personnage public. Loin des médias et du show biz, il renait…Tranche de vie d’un très grand artiste qui était aussi un Grand Monsieur.
Jacques Brel, L’aventure commence à l’aurore
CULTURE ET HISTOIRE :
« Race et Histoire », de Levi-Strauss, chez Folio : célèbrissime petit ouvrage d’anthropologie moderne, accessibles et toujours d’actualité.
Race et histoire
« Le Papalagui » aux éditions Pocket : Offert bien à propos par mon amie Annick, c’est un étonnant récit à caractère hautement ethnographique, d’un allemand ayant séjourné au Samoa au début du siècle dernier. Celui-ci retranscrit les propos d’un sage Samoen, ayant en son temps séjourné eu Europe, et découvert avec surprise le mode de vie Européen. Il décrit à son peuple en ses termes qui sont les européens, les Papalagui, et comment vivent les hommes blanc. Le propos est savoureux, souvent drôle, parfois grincant, terriblement imagé, et d’une rare modernité. Je l’ai lu en partie aux enfants qui ont adoré!
Le Papalagui
Traditions et coutumes de Nouvelle-Zélande : joli petit livre qui reprend par ordre alphabétique les us et coutumes des maoris, très proches de celles des polynésiens. Arthur nous en a fait la lecture tous les jours pendant 2 mois, à raison d’un ou deux petits chapitres quotidiens.
Traditions et coutumes de Nouvelle-Zélande
« People people, people : a brief history of New-Zealand » : Original, ce court ouvrage historique destiné aux jeunes étudiants et aux étrangers est très visuel : illustré par des tableaux et oeuvres d’arts originales néo-zélandaises, l’iconograhie donne une grande force aux textes, et les remet dans leur contexte historique et géographique.
A brief history of New Zealand
« L’île de la fin du Monde, la véritable énigme de l’île de Pâques » , ouvrage collectif aux éditions Bibliomnibus. Bien que nous ne nous soyons pas arrêtés à l’île de Pâques, qui n’était pas sur notre route, je suis curieuse du destin réservé à cette île étrange, connue pour ses Moaï, gigantesques statues de pierre énigmatiques. De fait, elle sont aujourd’hui beaucoup moins énigmatiques, depuis que des archéologues ont répondu à (presque) toutes nos questions : pourquoi ce gigantisme, comment ont-elles été érigées, et dans quel but? Car le véritable mystère de l’île de Paques est plutôt de savoir comment une civilisation si développée, une île si peuplée au milieu du second millénaire de notre ère a pu péricliter en 2-3 siècles : une catastrophe écologique, causant des guerres tribales, puis une hécatombe démographique, complétée d’une extermination sociale et culturelle du colonisateur, sont les causes plurielles de l’extinction de la langue pascuane et du savoir-faire de taille de pierre. Passionnant et tragique.
L’île de la fin du Monde
Depuis quelques jours nous sommes entrés dans l’Océan Indien, qui ouvre un nouveau chapitre de notre voyage. J’inaugure donc ma petite bibliothèque de l’Indien, et la partagerai avec vous dans quelques mois. N’hésitez pas entre temps à partager avec moi vos conseils de lecture!
Cela fait près d’un an et demi que nous faisons l’école à bord pour nos 3 enfants. L’idée de leur faire l’école à bord est tout de suite apparu comme une chance pour eux comme pour nous : plus de souplesse sur les programmes, sur le rythme scolaire, la possibilité de s’adapter à l’enfant en permanence, au plus près de ses besoins et difficultés. Ca c’était la théorie…mais en pratique, comment ça se passe?
Eh bien la réalité en est très proche!
VICTOR, 13 ans en 4ème avec le CNED
Pour notre collégien (en 5ème l’année du départ), l’évidence, c’était de suivre le CNED, qui allait lui permettre de suivre une scolarité (presque) comme dans un vrai collège, et de pouvoir intégrer à notre retour un lycée de son choix, dans la continuité.
Victor à son poste de travail : la table à carte!
Cela s’est avéré une excellent décision. Victor à 11 ans lors de notre départ, était déjà très autonome et l’est resté. Il a choisi son propre rythme de travail : 2 à 4h de travail personnel par jour, tous les jours de la semaine, week-end compris, pas ou peu de vacances scolaires. Cela nous libère du temps dans la journée pour beaucoup d’activités : snorkeling, planche à voile, baignade, rando, skim, surf…. Il y a tout de même des jours sans école, quand par exemple nous avons des invités à bord, ou que nous prenons la mer : le premier jour , les enfants sont un peu barbouillés, et somnolent tous…. Et il a les 2 mois et demi de grandes vacances de mi-juin (fin du programme) à début septembre.
le planning de l’année
Au sein des » séquences » CNED qui durent 2 à 3 semaines et contiennent de 6 à 7 matières (cours + évaluation), Victor a choisi de travailler une matière à fond pendant 2/3 jours, avant de faire son devoir écrit. L’évaluation orale ou écrite est ensuite numérisée puis envoyée avant la fin de la séquence au CNED. Il travaille ainsi pendant chaque séquence 3 jours sur le français, 3 jours sur les maths, 2/3 jours de physique, 2/3 jours d’anglais, 2/3 jours d’Espagnol, 2 jours de dessin, 2/3 jours de techno.
Cours de Sciences Physiques
Les cours du CNED collège sont particulièrement bien faits, illustrés, pratiques, d’autant plus avec les nouveaux programmes de collège, qui explorent des thèmes transversaux à plusieurs matières.
Victor gère son planning et ses heures de travail, mais nous sommes là à ses cotés pour l’aider si besoin, selon nos compétences propres : Loïc coache les matières scientifiques comme les maths, la physique, la techno. Le secret c’est de réagir tout de suite aux bonnes et aux mauvaise notes : féliciter (toujours) car chaque bonne note est une fête! , encourager (souvent) car le découragement peut arriver à tout moment : fatigue, lassitude de travailler seul, cours objectivement difficile (le Cned est réputé de haut niveau) ou exercice rébarbatif…, consoler (parfois), comme quand il récolte un 8/20 en musique par ma faute car j‘ai omis de transmettre la seconde page de l’évaluation…..
préparation de l’évaluation en Arts Plastique
Je m’occupe plutôt de l’administratif (et il y en a beaucoup au CNED entre l’inscription, le suivi des colis, les cours en version papier, numérique, CD, audio, les téléchargements etc..). Mais ma partie, c’est surtout les langues : anglais et espagnol, et les matières littéraires : l’histoire-géo et français qui ont souvent des thèmes communs. L’avantage est que si une notion n’est pas comprise, on le sait très vite, et nous prenons le temps qu’il faut, pour la travailler en profondeur. Pendant le dernier trimestre, j’ai senti du relachement en espagnol, nous avons donc travaillé ensemble tous les cours, et les résultats sont au rendez-vous, les notes ont remonté en flèche!
Idem pour le Francais, l’inspiration parfois manque pour la partie expression écrite. J’ai donc participé et lu avec lui les ouvrages de ces 3 dernières séquence : en séquence 8, le thème du jeune » héro » provincial arrivant à Paris, avec des extraits du « Père Goriot » et « Les Illusions perdues » de Balzac, ainsi que de « Bel Ami » (Maupassant). Puis en séquence 9, c’est le « Claude Gueux », de Victor Hugo, que je ne connaissais pas, pasionnant mini-roman traitant de la dignité au travail, de la justice , et du pouvoir de la littérature pour influer sur la vie politique. Enfin, le Cid, de Corneille, que n’avais pas lu non plus…… qui prolonge le thème de la confrontation des valeurs entre l’individu et la société. Lire et accompagner Victor lors de l’étude des texte aura permi de mettre un peu de vivant et de vécu dans des cours certes très bien fait mais parfois un peu abstraits pour de jeunes adolescents.
Cours particuliers de Math sur le trampoline
En math, la seconde évaluation de l’année a été décevante en résultat : Loïc a donc repris les choses en main, et coaché Victor, notamment en méthodologie : faire le tri entre les exercices indispensables pour comprendre les notions, et les autres qui servent à « rabacher ». Ils ont aussi réalisé un livret rassemblant tous les cours et les notions à savoir par coeur. Une fois cela fait, Victor est reparti sur les bons rails, et jusqu’à la fin de l’année : il termine sa dernière et dixième évaluation avec un 20/20.
Arthur, 8 ans, en CE1 avec le programme de maths et de francais de l’Education Nationale
Pour Arthur, qui était en CE1 cette année, j’avais choisi de ne pas suivre les cours du CNED. Autant les cours de collège sont attirants, bien mis en page, agréables et adaptés, autant je trouve les cours de primaire indigestes, peu attractifs, et à mon sens trop complets », dans le sens où pour effectuer tout le programme, il ne nous resterait que peu de temps libre pour réaliser les autres projets qui nous tenaient à coeur cette année : maquettisme, expériences scientifiques, énergie à bord, navigation…
maquette n°3
Retrospectivement, je suis ravie de ce choix, car il me permet d’insister sur les maths et surtout sur le francais, matière sur laquelle il n’y a aucune impasse, et pour laquelle je suis sûre des acquis de mon enfant. Cela était d’autant plus important que le CE1 est une année cruxiale où beaucoup de bases sont mises en place : c’est là que l’on commence la grammaire, en étudiant la structure des phrases, la conjugaison avec le présent, le futur, et le passé composé.
travail sur le calendrier
En math, arrivent les premiers problèmes à résoudre, les tables de multiplications à utiliser, les additions et multiplications à maitriser.
Addition
Question rythme, Arthur a du mal à travailler efficacement plus que 2 heures par jour. C’est un enfant qui comprend vite, intuitif, mais qui a du mal à rester en place et qui est très lent à l’écriture. Nous avons donc choisi de rester sur le même rythme que son frère – c’est plus pratique aussi pour toute la famille. Nous travaillons tous les jours 2h par jour, tous les matins, 7j sur 7. Si le travail n’est pas terminé, nous continuons un peu le soir.
Arthur au travail dans le cockpit
A chaque fin de trimestre, nous effectuons un grand bilan, que j’envoie à ma chère amie Hélène, Professeure des école et Maitre formateur de l’Education nationale. Cela nous permet à Arthur et moi de nous évaluer 3 fois par an, ce qui est à la fois nécessaire et motivant!
on est quel jour?
C’est aussi Hélène qui m’a conseillé les méthodes de maths et de Francais de cette année, les supports pédagogiques, et qui me conseille en cas de problème. Je l’ai appellée au secours à Noël car je me rendais compte qu’Arthur rechignait à écrire, et que sa lenteur était un frein à la réalisation des exercices de Français. Nous avons donc mis en place un contrat avec Arthur : réalisation d’un certains nombre d’exercices à l’oral, couplé à une obligation d’écrire 10 mots par jours en janvier, puis 20 en mars, puis 30 en avril ….. L’écriture a pris différentes formes suivant les périodes et les envies : cahier de grammaire, cahier de compréhension écrite, ou cahier d’écrivain avec des thèmes qu’il apprécie (la liste des courses, mon menu préféré, ce que j’ai ramassé à la plage, je décris ma cabane, résumé du documentaire regardé etc….)
La méthode de grammaine
Pour les maths, la manipulation aide beaucoup à la résolution des problèmes et à aborder les thèmes de la multiplication et de la division. Arthur aime utiliser les barettes cuisenaires.
le cahier de Maths, et les barrettes Cuisenaire formant des trains de nombres
et en plus, elles servent de matériau de construction, comme des Kapla!
Pour le reste, nous avons le temps de développer nos projets, sous une forme plus ludique, en nous servant des pays traversés : ainsi, cette année, nous avons étudié les coutumes, les paysages, la flore et la faune des pays traversés etc…. via de nombreux supports : lecture, dessins, réalisation du livre de bord par pays, anglais, ebooks etc….
Cette année, Arthur a fait de la lecture pendant 2 mois sur la Culture Maorie de Nouvelle-Zélande. Un petit paragraphe tous les jours, pour en apprendre plus sur le pays et ses coutumes. Cela nous a amené à de nombreuses questions et interactions avec des néo-zélandais, mais aussi plus d’intérêt pour la visite des différents musées (Musée d’Auckland, Musée Maritime, Musée de Russel, Musée d’Aviation ancienne de Tauranga…).
Livre sur la culture Maorie
Arthur nous lit tous les matin sur la culture Maorie
Grace à un autre petit livre d’art appliqué, nous avons réalisé des créations maories : balles de poï, pendantifs tikkis, toupies, impression de tikkis, … ce qui a fait le lien avec la Polynésie Francaise, traversée pendant 6 mois, et dont le peuple est culturellement très proche des Maoris.
Rideau Polynésien en corail
Tikki polynésien
Victor très appliqué
Autre Tikki
livre d’art créatif maori
Nos balles de Poï en action
l’art du Koru
motif Koru
Description des motif Koru (feuille de fougères)
Anna a réalisé un ebook sur la Nouvelle-Zélande, à destination de ses petits camarades de son ancienne école, qui font cette année un tour du monde des pays, en envoyant Clémentine Aplatie par la Poste….
Clémentine Aplatie à Auckland
Arthur travaille de son côté un ebook racontant son « demi tour du monde » : « Les 20 000 mille d’Arthur autour du monde », où il raconte en images et en textes la première moitié de son périple, des Antilles à la Nouvelle-Calédonie en passant par les Galapagos, la Polynésie Francaise et la Nouvelle-Zélande.
Déjà 20 000 milles parcourus
géographie, autour du monde
Pour l’étude et la pratique de l’anglais, nous avions l’embarras du choix avec une sélection de petits livres sur la Nouvelle-Zélande, notamment des cahiers d’activités et de jeux en anglais.
cahier d’activité en anglais
Mais le mieux bien sûr, c’est de jouer avec leurs amis anglophones.
Anna and Marlène, her german friend
A Whangarei, un après-midi de travail avec deux enfants néo-zélandais
Avec les filles de nos amis néo-zélandais
Anna with Marlene and her sister Juli singing in the streets of Auckland
Les enfants avec Ben et Gaby, leurs amis américains
Nous avons aussi passé beaucoup de temps à réaliser notre livre de bord, avec des dessins, collages, herbier, petits textes, sur la Polynésie Francaise, et sur la Nouvelle-Zélande.
travail naturaliste
matériel récolté sur la plage pour les descriptions naturaliste-bord de mer en nouvelle-Zélande
à la loupe binoculaire
dessins d’Anna surfant
Le livre de bord des enfants
travail sur l’herbier de Nouvelle-Zélande
Et aussi des expériences de science, du bricolage, et de nombreuse notions liés à la vie à bord ont été abordées en profondeur : l’énergie (production et consommation), la météo, et de manière plus globale la préservation de l’environnement et de notre planète.
préparations de maquettes
maquette n°1
maquette n°3
gestion de l’eu à bord
récolte d’eau de pluie
manoeuvre
cours de navigation
expérience de science : la pierre ponce, ca flotte!
à la loupe binoculaire
Anna, 5 ans, en MS/GS avec la méthode MONTESSORI
Anna a continué de travailler avec les livres et cahiers de Balthazard, en particulier le très très gros cahier MONTESSORI des lettres de Balthazard et de Pépin aussi, centré sur les lettres et les sons. En parallèle, nous avons travaillé en début d’anné sur les sons,
les sons des lettres
en reconnaissant phonèmes, puis plus tard les rimes;
les sons des mots
En milieu d’année sur l’arbres aux lettres, parfait pour associer les sons des consonnes et des voyelles. Dès janvier, nous avons enchainé en parallèle sur le coffret de lecture Montessori (chez nathan), en particulier les lettres mobiles,
les lettres mobies
pour former des petits mot
puis des plus gros
puis à partir d’avril, le cahier de lecture associé.
cahier de lecture, les premiers mots simples
Ces méthodes sont particulièrement adaptées pour l’apprentissage des sons et des lettres, de manière ludique et au rythme de l’enfant, et de manière autonome, ce qui m’a permis de dégager plus de temps pour Arthur en CE1, qui avait plus besoin de moi, en particulier pour la grammaire et les conjugaisons.
Aujourd’hui, Anna connait toutes ses lettres, en majuscule comme en minuscule, sait copier des mots en capitale, et lire quelques mots courts. Elle reconnait aussi les sons dans les mots, et les associe aux lettres. Elle sait lire les mots court aux sonorités simples (col, lavabo, robe etc…) et sait aussi les écrire avec des lettes mobiles, sans modèle, à l’oreille. Nous avons aussi travaillé l’écriture, des chiffres, et des lettres!
écrire les chiffres,
les lettres capitales
puis les lettres minuscules
Née en février 2012, elle est censée n’entrer qu’en grande section l’année prochaine, mais je la sens pourtant prête l’année prochaine à apprendre à lire. Je la laisserai donc entrer tranquillement dans la lecture, à son rythme, et sans pression.
Nous avons aussi travaillé dans les livres d’activité de Balthazard. Le « Très très gros cahier de NATURE » de Balthazard, chez Hatier Jeunesse déjà entamé l’an passé a été terminé,
la salade de fruits
travail sur le Mime
Anna mime : se moucher
Mimer : avoir peur
mimer : rire
activité du « Très très gros livre de la Nature » de Balthazard
et nous avons surtout puisé dans le « Mes activités Montessori » chez Nathan. parfait pour appréhender le monde et la nature-même si les saisons et les animaux sont un peu trop centrées sur l’Europe; nous avons donc adapté le contenu.
Activité du livre « mes acivités Montessori »
Là encore, je n’ai aucun regret. J’avais avec moi les cours du CNED de grande section, prêtés par une amie, et j’était soulagée de ne pas avoir à les suivre dans leur exhaustivité. En revanche, nous nous nous en sommes servi comme support d’appoint pour la lecture de littérature jeunesse : Arthur a souvent fait la lecture le matin à sa soeur : et Hop! d’une pierre deux coups!
Et avec deux enfants d’age rapprochés, 5 et 8 ans, nous réalisons ensemble toutes les activités hors maths et francais, chacun à son niveau.
art plastique
Le reproche que je ferais aux cours du CNED de primaire est qu’ils demandent beaucoup de travail aux parents, de préparation mais aussi d’encadrement, les consignes sont compliquées et ne visent pas à rendre l’enfant autonome dans ses apprentissage, contrairement à la méthode Montessori. Avec 3 enfants scolarisés à bord, de 3 niveaux aussi différents, il faut viser au maximum sur l’autonomie de chacun!
Ce qui m’a été utile cette année :
Le globe terrestre gonflable: Trouvé au musée d’Auckland nous avons enfin à bord une mappemonde, très légère et ludique! Les enfants l’adorent, jouent (un peu, il ne faut pas l’abimer) au ballon avec, et elle nous permet de bien nous situer sur la planète.
Les » reward stickers » : trouvés aussi en Nouvelle-zélande. Les anglo-saxons sont vraiment très forts pour ce genre de produits. Anna s’en sert en autonomie dès qu’un exercice est terminé et vérifié. Et ca me permet de contrôler par la suite que le travail a été fait. Exemple : dès qu’elle a réussi à écrire 3 fois un mot avec les lettre mobiles, elle est autorisée à l’écrire au stylo.
en face du mot, déjà 2 stickers : Bravo!
Les sous-main plastifiés : j’ai chiné leur contenu sur internet, puis fait laminer. En CE1, Arthur se sert particulièrement les tables de multiplication, des majuscules, et des modèles d’addition et soustraction. En GS, Anna se sert de tout pour compter, lire son alphabet, reconnaitre les lettes etc… C’et aussi un chouette cadeau à faire à l’enfant le jour de la rentrée, ils sont très fiers. Et en plus, cela protège la table!
Sous-main GS
Sous-main CE1
Sous-main CP
Les posters des tables de multiplications affichées dans la coursive (obligatoire de les lire pendant le brossage des dents, matin et soir ;-)), acheté en Nouvelle -Zélande, et un autre poster sur les conjugaisons, acheté en Nouvelle-Calédonie.
tables de multiplication
tableau de Conjugaison
Le Bescherel : pratique quand mon grand me demande (pour son cours d’anglais) : c’est quoi maman la forme grammaticale de « qui » en francais???
En support numérique, je me suis appuyée cette année sur les applis de l’Escapadou, (éditeur numérique spécialisé Montessori) : » J’écris en cursive » a été très utile à Anna pour s’entrainer sur les lettres, et à Arthur pour les majuscules, en complément bien sûr de l’écriture papier.
Egalement, l’appli « Dictée Montessori » du même éditeur, pour Anna, pour apprendre à « écrire » les mots, comme avec des lettres mobiles.
Et enfin, c’est de l’école sans être de l’école.
Les enfants sont toujours aussi fans des émissions « C’est pas sorcier ». Nous sommes partis avec une centaine d’entre elles que nous avions en CD à la maison. S’est rajouté par la suite la série intégrale des ‘Il était une fois la vie », « Il était une fois l’homme, et « Il était une fois les Explorateurs ». C’est surtout cette dernière mini-série que les enfants ont regardé cette année-hors temps scolaire bien sûr! L’avantage de la vie en bateau, c’est que l’on voit tout le temps ce que les enfants regardent puisqu’ils ne sont jamais loin de nous : il est donc facile d’enrichir leur connaissances en discutant simplement de leurs émission préférées, et en approfondissant les thèmes abordés.
Côté « Explorateurs », ma bonne étoile Mary, ancienne professeure/documentaliste de Victor, m’a conseillé le super petit jeu interactif des Grandes découvertes et des Explorateurs, sur le site de France TV . Seul inconvénient, il nécessite une connexion internet.
En conclusion
J’ai la chance aussi que Loïc, le papa, soit aussi impliqué dans l’école à bord. On peut dire que si je suis la responsable des programmes, lui est enseignant à part entière en sciences au collège, mais aussi enseignant-remplacant en primaire pour accompagner le travail d’Arthur et d’Anna. Nous sommes très satisfaits d’avoir pu choisir pour chacun de nos enfants le rythme et les méthodes qui leur conviennent, et qui sont réalisables par de simples parents-enseignants, non professionnels comme nous.
L’année scolaire prochaine, sera un nouveau challenge :
Victor entrera en 3ème avec le CNED, une année importante pour le dossier scolaire, et son entrée future au lycée à notre retour en septembre 2018
Arthur sera en CE2 avec un programme de Francais et de Math identique à celui de ses petits copains de l’école : nous sommes en cela dans la continuité, et travaillerons spécifiquement sur l’autonomie au travail, en particulier dans la lecture et compréhension des énoncés.
Anna sera GS/CP, et qui pourra tendre selon sa motivation et son travail vers un vrai CP. Je continuerai la méthode Montessori qui lui convient bien, et compléterai avec les cahiers Ribambelle qu’avait utilisé Arthur, basée sur 6 albums de littérature jeunesse : il me semble en effet indispensable dès le CP de lier la notion de lecture au plaisir de découvrir et de lire des albums et des histoires. Je garde aussi sous le coude la méthode des Alphas, ludique et imagée, très utilisée, et avec succès, chez les enfants vivant en bateau.
Et puisque c’est de saison, je vous souhaite à tous de bonnes vacances scolaires!
Nous prenons vite le rythme : Loïc part au chantier tous les matins en vélo suivre l’avancement des travaux, attention, au chantier, l’équipement est réglementaire!
équipement de prêt à l’entrée du chantier
Pendant ce temps, nous restons à l’appartement travailler : Victor doit rendre tous ses devoirs du CNED pour le 16 juin, alors on cravache!
En fin de journée, nous nous octroyons une pause, et sortons nous balader : la piscine « lagoon » est à quelques minutes en trottinette,
en route pour la piscinela piscine lagonla plage en plein centre villevue de la piscine sur l’Esplanade
idem pour le skate park, et l’aire d’escalade.
A 5mn de notre appartement, il y a aussi la piscine municipale.
le bassin olympique
Son équipement est assez extraordinaire : un bassin de taille olympique, un second bassin de 25m chauffé à 32°!!!, des jeux d’eau pour les petits, un café, et surtout, un stand de glisse!
le stand de glisse
Ca n’est pas vraiment une piscine à vague, mais un jet d’eau propulsé sur un liner incliné, que l’on surfe, soit avec un boogie board,
Arthur tente le premier, en boogie boardpour se diriger, c’est avec les jambes
soit debout avec une planche style skate.
Le samedi après-midi les garçons s’y essaient, et c’est plutôt fun ! Premiers essais à plat ventre, puis debout pour Victor
Victor en action
et Loïc.
Loïc
Nous avons attendu toute la journée de samedi que le soleil se lève : il nous faut aller passer une seconde couche d’anti-fouling. Finalement, à 16h30, c’est bon, le ciel se découvre, nous allons pouvoir peindre!
Nous profitons que le bateau soit sorti de l’eau pour ajouter 2 couches supplémentaire. Moby n’en a pas vraiment besoin, car l’anti-fouling a été fait en Nouvelle-Zélande il y a 4 mois, mais 2 couches de plus nous permettrons peut-être de tenir encore un an!
Dimanche nous nous accordons tous une journée de repos : pas de travail au chantier pour Loïc, ni d’école pour les enfants. Direction Port Douglas au Nord de Cairns, où nous avons booké une sortie en bateau à la recherche des crocodiles… Nous avons tous très envie de découvrir ces « Salties », crocodiles d’eau de mer nombreux dans cette région d’Australie.
Le Lady Douglas nous balade pendant 1h30 dans le bras de rivière du « Dickson Inlet ».
embarqués à bord du lady Douglas
Nous scrutons les berges boueuses de la rivière, où les crocodiles d’eau de mer se réchauffent au soleil.
En principe, le moment est propice. Nous sommes l’hiver, l’eau est à 25° : c’est un peu peu frais pour les crocodiles, reptiles marins qui cherchent la chaleur pour maintenir leur température corporelle. Il est midi, la mer est basse : les berges de la mangrove sont donc largement découvertes, les crocos devraient être là à se réchauffer au soleil.
En regardant bien, nous en voyons un petit ;
un petit croco
Il mesure un mètre, il est très mince : il doit avoir dans les 18 mois/2 ans. Nous le laissons tranquille et allons un peu plus loin à l’intérieur de l’inlet voir si on y trouve ses grands frères et soeurs….
Mais nous n’en verrons pas d’autre, c’est un peu décevant : j’aurais bien aimé voir en grand ces grands prédateurs. Cela dit, les enfants sont contents, ils sont rassurés de n’en avoir croisé qu’un petit, et vont l’observer en pleine action : au retour, nous nous arrêtons en effet revoir le petit animal, qui descend de la berge :il a repéré de curieux poissons qui avancent au sec sur leurs nageoires pectorales.
Notre croco les approche, puis se glisse à l’eau et rode à la surface : on ne voit que ses yeux….
Ces prédateurs sont impressionnants. Les grands adultes ne bougent pratiquement pas de la journée, sont capables de jeûner pendant une année entière, et de tout à coup se ruer sur un mammifère gros comme une vache pour l’engloutir tranquillement… Les attaques sur les humains sont rares, mais quand elles ont lieu, elles sont toujours mortelles. La technique de chasse est en effet imparable : hyper rapides à l’attaque, leur grande gueule attrape la proie et l’amène sous l’eau pour la noyer. Le prédateur a alors tout son temps pour la déguster…
Même sans gros spécimen, la balade était sympa. La mangrove abrite de nombreux oiseaux, et beaucoup d’épaves aussi, coulées par les pluies diluviennes qui s’abattent l’été sur la région. La municipalité vient de voter le budget pour les renflouer, car une telle quantité de bateaux coulés, ça fait mauvais genre.
Avant de rentrer au port, petit détour par le village, avec sa charmante église de bardeaux, qui accueille près de 300 mariages par an (presque un mariage par jour, sauf le dimanche bien sûr!)
L’église du village
La cérémonie se fait dans l’église, les photos sur la plage, et la fête sur le ponton, au « boatshed » : tout cela doit être très photogénique.
le boatshed
Nous déjeunons à la marina
Resto sur pilotis
et faisons route à 20km de là vers la foret de Daintree, la véritable « tropical Rainforest » du Queensland. Là, au coeur d’une réserve a été créé par les aborigène eux-mêmes un centre d’interprétation de la forêt. Comme partout en Australie, le centre est très moderne, et bien organisé (trop même…), parking, resto et boutique…. un service de minibus fait la navette et nous emmène au coeur de la foret. Là, nous sommes (enfin!!!) libre de nous balader en liberté… sur sentier balisé uniquement.
sur le sentier
Ce qui surprend le plus, c’est la quantité de plantes épiphytes et de lianes.Arbres et plantes semblent avoir un destin inextricablement lié. les arbres sont comme colonisés par les plantes.
La taille des arbres nous épate : ils nous masquent presque totalement le soleil. Certains de ces arbres ont des racines gros comme des troncs, qui serpentent sur le sol pendant des dizaines de mètres.
la taille des racines!et leur longueur, qui coure sur plusieurs dizaines de mètres
Nous croisons plusieurs fois le cours d’eau, se jetant en cascade sauvage ou en sage bassin de nage.
La température n’est pas vraiment engageante pour la baignade, 23-24° max, et sans soleil.
On imagine l’endroit désaltérant en plein été.
Nous scrutons les sous-bois à la recherche des « Cassowary », appellés Casoars en français : de curieux volatiles de plus d’un mètre de haut, sortes de gros dindons de la famille des émus, à la tête blanche dotée d’un casque noir, d’un goitre bleu et de barbillons rouges.
voilà à quoi ressemble un cassowary
Nous n’en verrons pas, mais plusieurs sortes de petites poules sauvages fouillant le sol nous approchent. Les enfants sont enchantés de leur balade en forêt, le pont de singe était trop bien, les oiseaux rigolos,
drôle d’oiseau sur le parking…
, et les arbres impressionnants Je récolte une note de 8/10 pour la journée!
Une première semaine est passé, et il nous semble que les travaux avancent, mais toujours trop lentement à notre goût… Le moteur a été enlevé, le travail de stratification a lui aussi commencé. Cette semaine, nous espérons remettre à l’eau au plus tard vendredi matin, marée oblige. Cela implique que le moteur soit réinstallé jeudi, et donc le travail de stratification terminé mardi.
La semaine est intense. Nous changeons pour la troisième fois d’appartement-dans la même résidence, certes… au fur et à mesure que notre séjour se prolonge, nous gagnons en confort et en vue!Les derniers jours, nous terminons au 5 ème étage, avec vue!
Nous avons aussi vite compris pourquoi les tarifs de cette résidence bien placée étaient si compétitifs : l’immeuble voisin est en travaux pour plus d’un an…. c’est donc un chantier très bruyant de 7h du matin à 16h l’après-midi, 6 jours sur 7. Heureusement, l’immeuble est bien insonorisé : et comme nous bossons à l’intérieur et sortons les après-midis, ca n’est pas trop gênant.
vue depuis la terrasse, sur les travaux de l’immeuble voisinle skeg est finalement recollléle berceau du moteur aussi
Moby est presque prêt
Quand le chantier nous avait indiqué qu’il y en avait pour une semaine de travail, cela n’incluait pas le temps morts, ni le séchage ni les week-end et jours fériés…
les travel-lifts du chantierle travel-lift arrive soulever Mobyprêt à flotter de nouveau
Nous finissons par remettre à l’eau à l’arrache vendredi matin, 15 jours exactement après la sortie de l’eau.
Nous sommes très heureux de retrouver notre bateau,
Merci à toute l’équipe de Norsand pour leur travail
Nous nous donnons 48h pour le préparer : un grand ménage, un petit approvisionnement, et nous appareillons sans tarder pour Thursday Island, île septentrionale de l’Australie, à l’entrée du détroit de Torrès.