Dimanche, nous partons en virée vers les « Tablelands », ce plateau d’altitude situé à une heure de route à l’Ouest de Cairns, et qui abrite une agriculture florissante et d’une incroyable variété : caféiers, cacaoiers, théiers, canne à sucre, avocatiers, fraisiers, framboisiers, bananiers, manguiers , fruits de la passion, raisin… cotoyent de nombreux troupeaux de vaches vaches laitières produisant du lait depuis plus de 100 ans (c’est vieux, pour l’Australie!) Les paysages sont contrastés : cascades, lacs, foret tropicale, champs…
Scott, travaillant au chantier, accueille souvent chez lui des étudiants étrangers, et m’a donné quelques conseils de balade. Nous prenons la route pittoresque de la « Gillies Range » (prononcer « guilize »), qui donne accès au plateau central des « Tablelands » via 20km de route escarpée et sinueuse. Tous les 2-3 km, des panneaux nous indiquent de ralentir, que la route est sinueuse, dangereuse, la visibilité mauvaise etc….
Sur la Gillies Range
La route est belle, et franchement plutôt moins raide que nos petites routes des alpes.
Nous nous arrêtons dans un des « Crater Lakes » , lacs formés dans d’anciens cratères de volcans.
La lac Barrine, ancien cratère de volcan
La balade est sympa, il fait frais : en montant de 600m, altitude moyenne des « Tablelands », nous avons perdu 4-5 degrés….Et les arbres nous masquent presque totalement le soleil.La marche est un peu décevante, la vue sur le lac quasi inexistante, et nous ne croiserons aucun animal intéressant (pas de perroquet, ni de Wallaby, ni d’ornythorinque…). Les enfants me notente un 5/10 pour le choix de cette sortie… :-(.
Mais les arbres sont très impressionnants! En particulier ces deux Kaoris géants.
Deux Kaoris géants
Ces spécimens font chacun 45m de haut et 6 mètres de circonférence. Ces Kaoris sont de la même famille que ceux que nous vons rencontré en Nouvelle-Zélande et en Nouvelle-Calédonie. On les reconnait à leur écorce crouteuse qui part en écailles, à leur tronc très rectiligne, et à leurs larges feuilles-inhabituel pour un conifère!
Nous sommes aussi très imressionnés par les lianes, immense, mais aussi grosses comme le poing, elles doivent être très solides.Les enfants ne peuvent s’empêcher de les essayer!
Jane de la jungle
Certaines semblent inextricables. d’autres forment des circuits improbables, comme ce 8, très peu naturel tout de même.
ou qui s’enroulent autour d’un arbre, s’en servant comme support.
Nous observons aussi toutes sortes de champignons aux couleurs étranges….
Les ficus étrangleurs, (appelés ici Fig Tree) sont très communs, et poussent d’une manière inhabituelle : ces plantes épiphytes germent dans le creu d’une branche ou d’un tronc, se servant de leur hôte comme support de croissance, laissent tomber leurs lianes vers le sol, qui s’enracinent etc…. après quelques années, les lianes devenues « tronc » forment comme un rideau.
les racines-lianes du Fig Tree
Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’aller observer l’un de ces ficus remarquables : celui-là est un des plus grands d’Australie! Ses racines mesurent plus de 15m de haut.
les lianes devenues racines
Il a commencé à pousser dans le creux d’une branche d’un autre arbre, servant de support; puis l’arbre-support est tombé car étranglé, et le ficus « étrangleur » a continué de croitre.
Après quelques dizaines d’années, il développe un véritable tronc et une couronne de branches et de feuilles finalement très traditionnelle!
Le seul animal que nous apercevrons, c’est une serpent, noir recroquevillé sur lui-même.
Un serpent noir lové dans les feuilles
Il apparait inoffensif, mais des marcheurs croisés en chemin nous apprennent qu’il fait partie des espèce particulièrement venimeuses. Tout cela est un peu maigre en faune…
Les enfants sont déçus : nous n’avons pas vu de wallaby ni de kangourou sur la route. Nous mettons donc le cap sur le parc de Granite Gorge, où des wallabies vivent en semi-liberté.
Les wallabies du parc de Granite Gorge.
Ils ont en fait la complète liberté d’aller et venir, il n’y a pas de barrière dans ce parc. Les animaux sauvages restent dans leur habitat naturel, ces larges roches de granite entre lesquelles coule une petite rivière. Ils sont « acclimatés » à l’homme, car nourris de petites croquettes tous les jours par les clients du parc qui louent des bungalows, ou des emplacement de tente. Cette race de wallaby est le « Wild Rock Wallaby », une des plus petites espèces de wallabies, endémique de cette région de Mareeba.
Ces petits ruminants se nourrissent par ailleurs de plantes, feuilles, racines, écorces, fruits qu’ils trouvent à proximité, à l’instar de cette écorce d’eucalyptus dont le tronc a été mis à nu…
un tronc d’eucalyptus
Les animaux sont très attachants, à mi-chemin entre des kangourous et de grands lièvres.
Les enfants sont aux anges : pouvoir approcher de si près des animaux sauvages, ce n’est pas si courant!
Ils ont pu étudier leur comportement. Certains sautent pour obtenir des croquettes!
D’autres attendent sagement.
Attentions, ils ont des griffent et s’en servent!
ce wallaby sort ses griffes pour bien agripper la main de Victor
Victor, toujours très à l’aise instinctivement avec les animaux ne perd pas son calme, et les laisse approcher.
Un tout autre paysage s’offre un nous : une savane, sèche, qui nous fait beaucoup penser à des paysages sud-africains,
un paysage de savane
si ce n’étaient ces énormes roches granitiques.
Le site est magnifique, les roches impressionnantes,
Un peu de crapahute,
Anna ne s’en sort pas trop mal, mais la marche qui s’apparente plus à de l’escalade est objectivement difficile.
D’ailleurs, on nous le rappelle à intervalle régulier :
Comme partout en Australie, l’injonction « danger » visant à prévenir de tous les risques
En chemin, nous nous arrêtons observer de « soi-disant » empreintes de dinosaures,
Empreintes de dinosaures?
Je ne suis pas très convaincue; si elles étaient réelles, le site serait plus documenté sur la question (quel animal, quelle date etc…)
mais Arthur veut y croire!
Le soleil baisse sur l’horizon, il est temps de faire demi-tour,
D’autant que nous sommes arrivés au terme de la ballade.
le rocher-baleine
Nous prenons le chemin du retour, les enfants sont impatients de retrouver les wallabies.
Les voilà!
Les enfants sont moins craintifs, même Anna est très à l’aise, et parvient à les caresser.
Ca y est, nous sommes de retour à la cabane!
Nous donnons nos dernières croquettes aux wallabies,
croisons quelques drôles de volailles se baladant en liberté…
et deux perroquets se disputent des clés!
Tout cela nous plonge dans une ambiance de brousse, et nous donne hâte à l’escale sud-africaine, dans quelques mois, qui devrait être magnifique à cet égard.
Nous prenons la route de Cairns. Au sortir du campement, ces monticules intriguent les enfants : ce sont des …. termitières.
des termitières!
Le soleil est presque couché, donnant une superbe lumière quand il s’agit de redescendre vers le littoral.
Vue depuis les Tablelands sur la plaine de Cairns
Demain, c’est lundi, les travaux commencent sur Moby, nous avons hâte de pouvoir y voir plus clair.
Nous voilà donc en Australie, pays dans lequel nous avions longtemps hésité à faire escale : un territoire si grand et si riche en découvertes et activités nous semblait difficile d’appréhender en quelques semaines. Nous avions donc opté pour des escales en Nouvelle-Zélande/Nouvelle-Calédonie/Indonésie.
Chenal de Cairns
Mais tant qu’à y être, nous sommes décidés à profiter au mieux de cette escale forcée.
Moby au ponton de Marlin Marina, Cairns
Priorité numéro 1, c’est sortir le bateau de l’eau, réparer, pour repartir au plus vite! Cette partie-là, c’est Loïc qui gère. Il est relation avec les chantiers de Cairns depuis 48h.
Nous devrons attendre 3 jours et 4 nuits dans la marina de Cairns pour bénéficier d’un créneau de sortie de l’eau. Il a d’abord fallu sélectionnier le chantier. Cairns est réputé pour sa réparation navale, et pour cause : c’est la plus grande base touristique pour visiter la célèbre Grande Barrière de Corail, mythique zone corallienne, le plus grand et plus célèbre récif corallien du Monde!
Il y a donc pléthore de professionnels, et 3 grands chantiers.
l’entrée de la rivière, où sont installés les chantiers nautiques de Cairns
Deux d’entre eux sont clairement sur-dimensionnés pour nous lever : ils disposent pour sortir les bateaux de slipways jusqu’à 3500t, adaptés pour des navires de 50 à 100M et pesant jusqu’à 3500t …. (à titre de comparaison, Moby mesure 15m et pèse 12 tonnes….)
la cale du chantier BSE
Ce qu’il nous faut c’est un travel-lift, sorte d’ascenseur à bateau ; c’est l’idéal pour les catamarans comme nous, et le seul chantier à en avoir un à notre taille, c’est Norship.
le travel-Lift de Norship
Loïc leur arrache péniblement un créneau de levage le vendredi qui suit notre arrivée : le chantier est situé dans un bras de rivière, et comme le marnage est important en cette période de nouvelle lune, le travel-lift n’est opérationnel que 2h par jour, tôt le matin. Il nous reste donc à attendre 3 jours à la marina.
Pour être honnête, nous sommes plutôt bien tombés en ayant choisi Cairns comme zone d’atterrissage! La marina est en coeur de ville. Nous découvrons une station balnéaire touristique franchement sympathique, dotée d’infrastructures urbaines et touristiques géniales : une très grande promenade arborée de 5km longe la ville, parsemée à intervalles réguliers d’activités pour petits et grands :
promenade arborée
La plus incroyable est cette piscine-lagon en pleine ville! C’est une piscine d’eau de mer (l’eau est pompée du Trinity Water Inlet), mais c’est aussi une plage (avec du vrai sable sur les berges et au fond), où les enfants peuvent jouer et s’asperger comme à la plage, et les grands faire des longueur, et profiter du plein air
la piscine « Lagoon » du centre vile de Cairns
la vue sur la mer au soleil couchant offre une belle perspective.
soleil couchant sur la piscine « lagoon »la plage de Cairns à grande marée basse
Il faut dire que le bord de mer n’est pas vraiment praticable, c’est une vasière-mangrove qui découvre à marée basse,
le front de mer, et la Marina en arrière plan
et peuplée potentiellement de méduses dangereuse en été (les mortelles Box Jellyfishes et les Irukandji…), et de crocodiles d’eau de mer toute l’année : ces géants carnassiers font partie des prédateurs les plus rapides et dangereux pour l’homme, mais soyons rassurés, il est rarissime de les retrouver en pleine ville, préférant les estuaires et les méandres des fleuves.
Il y a aussi ces pistes cyclables qui longent toute la ville, accessibles aux trottinettes et aux skate-boards.
pistes cyclable du front de mer
Le soir, les éclairages mettent en valeur la végétation. Habitants et touristes investissent en soirée les parcs, aires de picnic et de barbecue. C’est très populaire en effet de manger dehors, et le climat tropical participe de beaucoup à ce style de vie de plein air.
aire publique de BBQ
Le week-end, de nombreux groupe pic-niquent sous les arbres pour fêter un anniversaire, se regrouper en famille ou au sein d’un club sportif.
des tables de pic-nic tous les 100m
Beaucoup de sportifs aussi sur le front de mer : qui courrent, font du vélo, mais aussi du yoga, de la gym, des étirements…
Salle de gym en plein air
En plus de tout cela, des restaurants, cafés, une incroyable concentration de marchands de glace et des aires de jeu particulièrement bien pensées :
Air de jeu de Muddy’s
Le « FigTree », cabane dans un véritable arbre
le skate park
la trotinette
Le Muddy’s water playgroundLes enfants sont aux anges, ca leur change des îles!
Autre curiosité sympa de la marina : au bout de notre ponton, un ancien petit bateau de pêche reconverti en resto/take-away : des fruits de mers, simplement cuits à l’étuve come on les aime et ultra-frais bien sûr : crabe, langouste, crevettes, huitres….Mon papa serait leur meilleur client! Nous ce qu’on préfère, ce sont les crevettes, que l’on ramène à bord pour faire des pâtes aux fruits de mer, des salades aux crevettes, des poélées , des flambées….
Le lendemain, nous partons en ville acheter des cartes téléphoniques locales. Nous découvrons beaucoup d’espaces verts et de lieux ombragés. Et encore tout plein de place pour les engins à roulette. Nous décidons d’investir dans des trotinettes pour Arthur et Anna, et un skate pour Victor. Ils vont avoir 2 semaines devant eux pour s’entrainer et pratiquer les sports urbains de glisse.
Nous sortons Moby de l’eau vendredi matin, sur le travel-lift.
A l’entrée de la rivière, il nous faut patienter, car un gros navire sort de chantier et nous devons le laisser manoeuvrer.
Une grosse unité en effet.
Nous sommes très impatients de voir les dégats.
sortie sur le travel-lift
Ca y est, Moby est sorti de l’eau.
Finalement, il n’y a aucun impact ni fissure sur la coque.
inspection de la coque babord
Ouf, cela veut dire qu’il n’y a pas de dommage structurel. Il semble que la bille de bois ait glissé sous la coque, puis tapé le skeg, qui sous la force a cédé, puis touché l’embase du moteur, soulevant dans un mouvement vertical le chassis du moteur, qui s’est décollé partiellement, laissant l’eau rentrer.
Pour réparer, l’équipe du chantier nous a indiqué sa procédure :
Il faudra d’abord enlever le moteur et le sail-drive-c’est la première grosse partie du travail, effectuée par un motoriste.
Ensuite, c’est le travail de fibre qui commence : d’abord enlever le bati moteur, préparer les surfaces, stratifier, enduire, poncer…
Pendant les travaux, Loïc passe de longues heures au chantier pour surveiller et coordonner les travaux.
le port du casque et du gilet est obligatoire! on ne plaisante pas avec la prévention..
Il nous faudra compter encore une à deux semaine d’immobilisation de Moby ces étapes étant réalisées les unes après les autres, et demandant du séchage- nous croisons les doigts pour que le temps reste sec.
Moby sur son ber
Comme nous ne pouvons pas rester vivre à bord- ce chantier n’autorise pas la présence d’enfants sur la chantier… il nous faut louer un appartement…
Je me met donc en recherche d’un logement. Ca n’est pas très difficile, car Cairns est un lieu éminement touristique : la porte d’entrée vers la Grande barrière de Corail, mais également vers les forêts tropicales du Queensland : en effet le « Queensland Wet Forest » est classé au Partimoine Mondial de l’Unesco, c’est l’une des plus ancienne forêts tropicales du monde, datant de plusieurs dizaines de millions d’années, antérieur en âge aux dinosaures et sans doute reminiscente du continent unique, le Gondwana. Son isolation du reste du monde en fait l’une des forêts la plus concentrée en plantes uniques et endémiques, comparable en cela aux forêts de Madagascar et de la Nouvelle-Calédonie.
C’est donc sans difficulté que nous nous trouvons un petit appart’ bien placé sur l’Esplanade, à 2 pas du centre ville, et à 5mn du skate park. Cela nous évite d’avoir à louer une voiture; Loïc pourra aller en vélo au chantier tous les matins, et avec les enfants, nous nous déplacerons à pied et à roulettes!
Nous nous offrons tout de même 2 jours de détente pendant le week-end , histoire de décompresser de cette semaine un peu stressante. Cap sur les Tablelands, à la rencontre des Wallabies!
Cela fait plusieurs jours que nous surveillons de loin la tempête tropicale formée le premier mai au nord-Est des Fiji. Elle est inhabituellement tardive, la saison cyclonique étant censé se terminer…. début avril-et nous sommes début mai! Cela est d’autant plus étonnant qu’un cyclone, COOK, est déjà passé tardivement sur le Vanuatu et la Nouvelle Calédonie il y a moins d’un mois :
Le cyclone Cook, passé sur le Vanuatu et la Nouvelle Calédonie, les 8 et 11 avril derniers
Le 3 mai, la tempête tropicale pend la forme d’un cyclone, et est nommée : Donna devient une menace sérieuse pour la région.
Dans l’expectative d’un cyclone, il y a deux solutions : s’abriter dans une marina, ou dans un trou à cyclone. Les marinas de Nouméa étant bondées, nous pensons au trou à cyclone de la Baie de Prony, distante de 35 NM de l’île des Pins où nous nous trouvons.
à Prony, la baie des Kaoris et la baie du Carénage
Le plus souvent niché au coeur de mangrove et au fond d’estuaires, un trou à cyclone permet de s’abriter du mauvais temps, en particulier de vents cycloniques qui peuvent tourner de 360° en quelques heures, et aussi de la mer qui ne peut rentrer grâce aux méandres de la rivière. La végétation très résistante des mangliers (connus aussi sous le nom de palétuviers), qui plantent solidement leurs racines mi-aériennes/ mi-aquatiques dans les fonds, permet qu’on s’y amarre si nécessaire, et fera protection en cas de montée des eaux barométrique. Les fonds sont en général d’excellente tenue.
Cependant, nous ne sommes pas trop inquiets pour nous même ni pour Moby, car les eaux autour du sud de la Nouvelle Calédonie sont « froides », pas plus de 25°. Or un cyclone a besoin d’eau chaude pour puiser son énergie : à moins de 26°-27°, il perd de sa puissance.
Après avoir vécu plusieurs années à l’île Maurice, où nous habitions en bord de mer et avions aussi un bateau, nous avons connu de très nombreuses alertes cycloniques, et un seul cyclone nous a véritablement touché avec des vents supérieurs à 200km/h : Dina, en janvier 2001, qui avait fait beaucoup de dégâts, matériels et humains. Ce sont donc des phénomènes que nous connaissons, en particulier Loïc par son métier de pilote de ligne. Nous savons qu’il faut toujours se préparer au pire, car au delà de la force d’un cyclone, c’est sa trajectoire qui dira la force et la direction des vents à un point précis. Il existe aussi une part d’incertitude quand à la trajectoire exacte de ces phénomènes.
Loïc suit donc de très près la météo sur les sites spécialisés, et nous décidons le 5 mai de quitter notre mouillage de l’île des Pins pour la baie de Prony, où se trouve l’un des meilleurs trou à cyclones de la région.
La baie de Kaori
Le cyclone Donna est encore loin, mais nous venons de passer 8 jours très tranquilles à l’île des Pins : nous sommes contents de bouger, et avons l’idée de tester le mouillage cyclonique de Kaori Baie ou du Carenage, « au cas où » , puis d’aller explorer le reste de la baie de Prony qui offre de nombreux mouillages, balades à terre dans des lieux historiques de peuplement, des point de vue en hauteur, des cascades et baignades en rivière etc….
vestiges de l’exploitation minière
Prony est surtout un terminal de minerai, avec un très grand port, d’où vont et viennent les chargement de minerai, en particulier de nickel.
A notre arrivée, déjà 4-5 bateaux sont au mouillage, un dans le bras de rivière de la Baie des Kaori, les autres dans celui du Carenage.
la baie du Carénage
La couverture gsm n’est pas bonne, alors pour récupérer la météo, nous avons trouvé la parade : 2 fois par jour, j’active le partage de connexion de mon iphone, je l’enrobe dans un petit sac, et nous le montons en haut du mat pour une meilleure réception : et ca fonctionne!
Nous avons aussi toujours notre téléphone satellite avec lequel nous prenons les fichiers GRIB.
Finalement, le lendemain, 6 mai, nous décidons de rester dans la baie de Kaori. En effet, le cyclone s’intensifie, passe en catégorie 4 et sa trajectoire s’infléchit vers la Nouvelle-Calédonie.
Le cyclone Donna, le 6 mai, au nord-Est du Vanuatu
Rester à Kaori nous permet de plus de « sécuriser » notre mouillage : étant arrivés les premiers, nous avons choisi ce qui nous semble être le meilleur emplacement, à l’embouchure même de la rivière.
ou mouillage à Kaori Baie
La situation météo est particulièrement inhabituelle pour un début mai : il s’avérera que Donna est le cyclone le plus fort jamais enregistré au mois de Mai dans la zone SW Pacifique. Il passera brièvement en catégorie 5 dans la journée du 8 mai!
Nous prenons notre mal en patience pendant ces quelques jours d’attente avant de savoir quelle trajectoire et quelle force aura le phénomène, et s’il nous touchera ou pas.
la trajectoire prévue pour Donna , datée du 7 mai
Le matin nous commençons par un bon petit-dèj qui traine un peu, puis nous montons l’iphone en haut du mat pour récupérer de la météo, et prendre des nouvelles de la France : nous sommes en en effet en pleine campagne présidentielle, entre les deux tours!
Puis nous continuons avec 2 heures d’école, histoire de prendre un peu d’avance.
Après le déjeuner, c’est relax, nous bouquinons, regardons des films parmi le millier de notre médiathéque.
En fin de journée, nous allons aussi aux bains des Kaoris, accessibles seulement à marée haute : c’est une source d’eau chaude naturelle. Il y a des restes de volcanisme en Nouvelle-Calédonie!
vers les sources d’eau chaude
A 5mn en annexe, en amont de notre mouillage, il nous faut zig-zaguer entre les méandres de la rivière,
et les bancs de sable
jusqu’à atteindre un ponton.
C’est par là!
Nous sommes impressionnés par l’aménagement de la source.
Un véritable jacuzzi naturel! Bon, l’eau est plutôt à 32-33° qu’à 35-36°, mais c’est quand même sympa pour se délasser en fin de journée,Les enfants se défoulent en perfectionnant leurs roulades sous-marines et nous restons une bonne heure à barboter .
Nous remontons aussi un peu plus haut observer les chutes d’eau. Tout cela serait encore plus spectaculaire sous le soleil, mais nous n’aurons pas cette chance : en 7 jours à Prony, et nous ne verrons pas un seul coin de ciel bleu!
Le 8 mai, Donna est à son pic d’intensité : cyclone de classe 5,avec une trajectoire qui nous passe droit dessus.
Prévisions de trajectoire le 8 mai
Il a une forme assez parfaite de cyclone, avec un oeil bien marqué.
Donna le 8 maila situation du phénomène à échelle régionale
Mais il reste encore 48h avant l’arrivée du phénomène, qui devrait diminuer en intensité à mesure de sa descente dans le sud.
Tous les jours, la pluie s’intensifie un peu plus, laissant au début 30mn de répit entre les grains, puis 15mn, puis seulement 5mn à la fin. Nous finissons donc pas aller et revenir de la source sous la pluie.
Alors on s’équipe! Même sous la pluie, les enfants sont très motivés par le bain des Kaoris.
Nous sommes aussi séduit par la beauté des lieux, sauvages à souhait.
La mangrove est magnifique, même sous le ciel gris.
Ici, un petit bras de rivière caché…
Et sur les mangliers et les rochers, on découvre des huîtres!
Ici, un rayon de soleil qui transperce nous offre un mémorable arc-en ciel.
Le 9 mai, Donna perd de sa puissance : sur les images, son oeil a disparu.
Donna, le 9 mai
Sa trajectoire s’incurve vers le sud, et il accélère sa descente, droit sur le sud de la Nouvelle Calédonie, entre l’île des Pins et Prony où nous nous trouvons.
Trajectoire prévue de Donna au 9 mai
Heureusement, le phénomène va beaucoup faiblir, et repasser en « simple » tempête tropicale quand il va nous toucher.
Côté cuisine, j’aimerais me dire : « Tiens, si on en profitait pour cuisiner un peu plus, faire des gâteaux? ».
Mais non, car les réserves de produits frais s’amenuisent… je n’ai plus d’oeufs, presque plus de beurre, plus de fruits non plus, et quelques rares légumes esseulés…Nous n’avions pas prévu de rester si longtemps en baie de Prony, il nous faut donc «tenir» une grosse semaine sur des réserves de 3-4 jours.
Alors je jongle avec la cuisine du placard, comme ces fougasses au fromage ou au chorizo qui permettent un plat unique de pic-nic avec de la farine, de l’eau, un filet d’huile d’olive, et une poignée de fromage râpé, de chorizo, de jambon de montagne, des câpres, d’olives ou de tomates séchées….
Et pour changer des pâtes (au pesto, aux champignons, à la sauce tomate, ….), et de la pizza au thon/anchois/câpres/poivrons, j’ai aussi dans mon escarcelle :
– la salade de pois chiches (avec un poivron, une tomate coupé en dés, et une vinaigrette au massala),
– la salade de lentilles agrémentée d’une carotte râpée et d’un assaisonnement cumin-paprika
A la fin de la semaine, le frigo vraiment vide…
Et Donna dans tout ca? Cela fait 5 jours que nous attendons ; d’un jour à l’autre , les prévisions de trajectoire changent.
La pluie s’intensifie, pour ne former qu’un rideau épais.
Cela ne nous empêche toujours pas d’aller nous relaxer à la source des Kaoris… de plus en plus équipés!
Le mercredi 10 mai, Donna est prévu de passer le lendemain sur les îles Loyauté, à l’Est de la Grande Terre.
prévisions de trajectoire de Donna le 10 mai
Nous nous préparons donc pour la nuit : les vestes, les lampes frontales, les gilets de sauvetage, les lampes de pont au cas où il nous faudrait manoeuvrer.Finalement, Donna va toucher de plein fouet les îles Loyauté, en se désagrégeant au passage, revenant au stade de dépression tropicale intense, puis modérée.
Bizzarement, dans la nuit, nous sommes réveillés vers 2h du matin, par… le silence. En effet, le vent est tombé, la tempête tropicale s’est essoufflée. Le lendemain, jeudi 11 mai le temps se découvre.
Nous attendons la levée de l’alerte cyclonique pour lever l’ancre et nous diriger vers Nouméa. Que cela fait du bien de revoir le ciel bleu et le soleil!
Nous nous donnons 3 jours pour préparer le bateau, récupérer les derniers colis, faire les appros et dire au-revoir aux copains : nous dînons à bord du bateau de Carole et Antoine, le lendemain, c’est un BBQ chez Michel et Peggy , et enfin, Nancy vient gentiment nous déposer un colis qu’elle a réceptionné pour nous.
Nous reste tout juste le temps de faire un tour au marché pour faire le plein de fruits et légumes non réfrigérés, qui se conserveront donc bien, puis un gros plein au supermarché, en particulier des fromages : camemberts, fourme d’Ambert, buche de chèvre…. pas sûr que l’on trouve un si bel achalandage avant longtemps!
Les cales sont bien remplies, les pleins d’eau et de gazoil sont faits!
Nous restons sur notre faim, d’un séjour mitigé en Nouvelle-Calédonie. Notre départ tardif de Nouvelle-Zélande aura écourté un séjour que nous aurions aimé plus long : Loïc avait très envie de faire le tour complet de la Nouvelle-Calédonie : 4-5 semaines eurent été nécessaires pour monter vers Belep via la côte Ouest, et redescendre vers l’île des Pins via les îles Loyauté et la côte oubliée. Nous n’avions que 3 semaines, qui finalement ont été bien tronquées par le cyclone Donna, qui nous aura immobilisé 8 jours à Prony.
Ce sont là les aléas du voyage en bateau, qui nous rend tributaires de la météo! Il nous faudra donc un jour revenir en nouvelle-Calédonie, qui mérite bien 2 mois qu’on s’y arrête! La belle surprise aura été de revoir des amis de longue date comme Michel et son épouse Peggy, Carole et son mari Antoine, et de faire la connaissance de Nancy et Thomas, amis chers de mon frère.
En quittant Nouméa, la providence nous fait trois beaux clins d’oeil :
Nous croisons notre ami Michel sur son JPK 10.80, qui passe la ligne d’arrivée en tête de la régate du week-end.
Léon, le voilier de Michel
cette tortue qui sort sa tête comme pour nous dire au-revoir
et dans la passe de Dumbéa, nous croisons la route d’un paisible lamentin, à quelques mètres de notre étrave, qui semble nous dire « Revenez, vous n’avez pas tout vu! »-désolé, pas de photo à vous montrer, la rencontre aura été furtive…
Bye-bye la Grande Terre! Nous mettons cap sur l’île des Pins, qui recèle une petite dizaine de mouillages tous plus paradisiaques les uns que les autres. Nous avons hâte de nous confronter au mythe!
Nous commençons par explorer la sauvage baie de Gadji, difficile d’accès, et recommandée par plusieurs de nos amis Néo-Calédoniens, et aussi par Cool Runnings qui ont exploré l’île des Pins en Novembre dernier avant de rejoindre l’Australie.
Les premiers abords, ce sont de petits motus, au sable si blanc qu’il pique les yeux, et le pic N’ga qui se dessine au fond.
Nous nous arrêtons pour la nuit à Gadji, mais pas tout à fait dans le mouillage désiré : celui-ci n’est accessible qu’à marée haute, et idéalement en milieu de journée, quand le soleil est haut dans le ciel : il faut en effet slalomer à vue entre les bancs de sable et les patates de corail.
La nuit tombe sur l’île des Pins, nous découvrons les pittoresques pins Colonaires, si photogéniques dans le soleil couchant.
Le lendemain, le ciel est dégagé : la marée n’est haute qu’en fin de journée, ou en tout début de matinée . Nous n’aurons donc jamais la combinaison idéale marée haute/soleil haut dans le ciel.Nous décidons alors de lancer le drone pour repérer notre future trace. Nous appareillons, le soleil dans le dos, pendant que Victor garde le drone opérationnel en vol lors ce petit trajet d’à peine 1 NM. Victor va le positionner à l’aplomb du passage le plus étroit, et nous précède de quelques mètres, nous donnant une belle image zénitale de la zone la plus étroite à passer.
Nous découvrons un mouillage splendide, une piscine d’eau turquoise, des plages de sable blanc,
quelques Pins colonaires, des rochers photogéniques qui nous entourent.
des tortues,
tortue
Un peu plus loin, de grands bancs de sable bordent le rivage,
et le récif de l’île des Pins se poursuit au Nord.
Nous sommes toujours tout seuls au mouillage, à part un bateau de plongée qui s’arrête une fois par jour devant le même rocher pour laisser ses clients faire un plouf dans une eau couleur de piscine… Ou bien sont-ce les picines qui ont la couleur des fonds de l’île des Pins?
En fin de matinée, nous partons explorer en snorkeling le récif, vers la fausse passe. Nous longeons à la surface un jardin de coral composé de curieux canyons, que nous avions repérés avec le drone.
le récif
Les coraux sont plutôt jolis, les poissons pas très gros, mais nombreux. Nous croisons un assez gros requin de récif, un pointe blanche, curieux, qui vient nous voir, nous regarde en approchant à quelques mètres,
puis repart tranquillement.
Nous le reverrons à deux reprises pendant notre snorkeling.
bénitier
oursin crayon
magnifique Gorgone
étoile de mer
Luxe inouï : nous bénéficions de notre plage personnelle! Les enfants se défoulent, et je pars en paddle longer le rivage.
Ajourd’hui est une journée spéciale : nous fêtons les 20 000 mille de Moby! Il nous en reste autant à parcourir, en 15 mois, pour boucler notre tour du monde!
Anna a dessiné un plan du mouillage, et maman en short avec notre chien Lucky, qui lui manque tant!
Le lendemain est encore plus spécial : c’est l’anniversaire du captain! 49 ans. Son cadeau, c’est un cheesecake citron vert, gelée de pamplemousse au combava, réalisé à sa demande par le chef cuistot!On se régale! Il déballe ses autres cadeaux : des dessins des enfants.
Anna a dessiné un plan du mouillage de Gadji, et Maman en short avec notre chien Lucky, resté en Bretagne, et qui nous manque tant!
Nous quittons Gadji le lendemain, car du vent est attendu, et qu’on ne peut rester dans ce mouillage que par très beau temps.
Bye-bye Gadji!
Nous ne perdons pas au change : dans la baie de Kuto, la plus touristique et la plus fréquentée de l’île des Pins, nous choisissons de mouiller devant la plage de Kutema. Nous sommes encore un fois tout seuls au mouillage et sur la plage, malgré le paquebot qui a mouillé pour la journée.
A bord, des australiens, partis de Sydney ou Brisbane pour la semaine avec un programme serré : 2 nuits en mer, une nuit à Nouméa, une autre à l’île des Pins, et une autre aux ïles Loyauté.
Nous débarquons et découvrons un sable d’une blancheur qui pique les yeux, fin comme de la farine…
Les enfants s’éclatent dans les vagues du shore-break, Loïc et moi partons pour une grande balade à longer la plage, de plus d’un km de long. Les enfants ne veulent plus partir et ils décrètent l’endroit « LA PLUS BELLE PLAGE DU MONDE! »sable blanc, doux comme de la soie, jolis rouleaux pour se baigner, idéal pour le skim, végétation photogénique et personne d’autre que nous!!!
Et les fins de journées sont tout aussi magiques.
Après 2 jours de plage-baignade chateaux de sable, nous poussons 2 NM plus loin vers Kuto. Enfin un peu de monde! Il y a un hôtel, 5-6 voiliers de passage, et pour le we du 8 mai, à peine 3-4 bateaux de plus, venus de Nouméa.
Ce n’est pas vraiment la foule non plus: nous avons au moins 200m de plage pour nous tout seuls. Les couchers de soleils sont très beaux. Je sais, c’est cliché, mais on ne s’en lasse pas. Alors j’en remet une, juste pour le plaisir…
IL faut dire que ces pins colonaires sont très graphiques.
Nous sommes très étonnés de croiser aussi peu de bateaux, alors qu’ils sont des centaines dans les marinas et mouillages de Nouméa. Mais ces bateaux sont essentiellement utilisés le week-end, par des résidents, ou des gends arrivés comme nous en bateau, et restés vivre à bord à Nouméa. C’est en effet un bon endroit pour scolariser les enfants tout en vivant confortablement à bord, et en travaillant, quand on est francais. La ville de Nouméa est de taille moyenne, les lycées et collèges sont à 2 pas, idem pour les commerces, on y vit facilement sans voiture, et les salaires sont plutôt bons comparés à d’autres îles du Pacifique. En contrepartie, la vie y est chère, nombre de produits sont importés.
Autre raison du faible nombre de bateaux : ils sont encore très peu nombreux, une poignée, pas plus, à avoir effectué la traversée depuis la Nouvelle-Zélande ou l’Australie : le cyclone Cook a freiné bien des volontaires, et la dépression tropicale positionnée sur le Vanuatu en ce moment n’inspire pas la confiance des candidats au départ vers les eaux tropicales
Le ferry qui dessert l’île des Pins est au quai depuis 2 jours, il ne fait visiblement qu’un aller-retour par week-end, et un autre en semaine.
Les enfants nous réclament la plage, jouer, se baigner, faire des chateaux de sable. Ils ne sont pas encore rassasiés. Il faut dire que le sable est incroyablement fin, doux, et fait de très belles forteresses, permettant de façonner tunnels interieurs et puits.
Tout de même, j’arrive à motiver ma petite troupe pour aller marcher jusqu’en haut du Nga, le plus haut sommet de l’île : 1h30 de marche à l’aller, 45mn au retour. Deux bons arguments pour cette petite rando : l’énorme paquebot arrivé ce matin, qui devrait déverser ses flots de touristes sur la plage, et nous devrions avoir d’en haut une vue panoramique sur la côte. Si j’ajoute à cela un décret spécial « journée sans école : rando+picnic+plage l’après-midi….. les enfants sont conquis. C’est parti! Nous longeons la route sur 500m : ici les clotures sont tout simplement faites de troncs de filaos!
A l’entrée du sentier, des totems de bienvenue.
Le sentier début dans ce qui semble être le lit d’un ruisseau. Puis un sentier bien raide monte à l’assaut du pic :
terre rouge, forêt émeraude : voilà les couleurs de la Calédonie .D’en haut en effet la vue est panoramique :
de droite à gauche : l’ilôt Moro, les très belles plages de Kutema et de Vao, devant lesquelles est mouillé le paquebot. Puis le port de Vao et l’entrée du très touristique Golfe d’Oro, l’ilôt Alcmede en second plan, puis la baie Koruru.
De nombreux petits cairns jalonnent la marche : Anna tient à laisser sa contribution.
Le senter redescend vers la forêt ombragée : ouf : il est 10h, il commence à faire très chaud.
Encore un peu de crapahute pour traverser le lit du ruisseau.Un dernier après-midi à la plage pour les kids.
Une dernière forteresse à bâtir :
Bye-bye Kuto, nous allons prendre nos quartiers pour 48h à l’ilot Alcmede :
c’est là que nous verrons les plus beaux pins colonnaires, vraiment majestueux, et très graphiques, quand il se découpent dans le ciel bleu.
Nous partons marcher le long des plages. Les enfants découvrent mille trésors, comme toujours. La ce sont des pierres ponces : volcanique, incroyablement légères en main. test grandeur réelle : elles flottent!!
En fin de journée, la mer est bien basse, le platier se découvre.
et au bout de la dernière plage, dans les roches, des serpents, les fameux tricots rayés nichent!
Sisi, on les voit bien, dans les trous de roche, lovés. Nous rentrons au bateau. Les derniers touristes rentrent à l’hôtel
à cette heure, les enfants aiment faire un peu de chaise dans le mat. Et pour les parents c’est l’apéro!
Les lumières sont souvent très belles.
Le lendemain, le vent se lève, nous allons nous abriter à la Pointe de Vao, en face du village.
Depuis quelques jours, ca souffle. Mais quel dommmage, la coutume interdit la pratique de la planche à voile à l’île des Pins.
Nous partons alors explorer les plages. Mais je sens que mon captain, bien que séduit par la beauté des paysages, sent monter la frustration de ne pas pouvoir pratiquer ses sports nautiques favoris.
Au retour, Arthur veut tester son catamaran Playmobil
Nous le trouvons mal équilibré : il enfourne!
Le lendemain, Loïc et moi laissons les enfants travailler à bord et partons à Vao, le village principal, situé en face du mouillage. Nous accostons à la plage de St-Maurice.
Partis de Nouméa il y a plus de 10 jours, Il devient temps de se ravitailler en produits frais. Nous trouvons au marché quelques fruits et légumes : avocats, pamplemousses, citrons, oranges. Et à l’épicerie un peu de fromages et des légumes importés depuis la grande terre. Du saucisson également!! Il semblerait qu’en Nouvelle-Calédonie, la moindre petite épicerie de village dispose de saucisson et de camembert… la touche française ;-).L’après-midi, Loïc lance le drone pour aller en reconnaissance : Tous nos amis ont insisté pour que nous allions visiter la très célèbre baie d’Upi.
La presqu’île de Kutomo et la baie de Kororu
Moby est mouillé devant la presqu’île de Kutomo, on devine à gauche l’embouchure d’un étroit détroit, menant à la fameuse baie d’Upi et ses rochers aux formes si caractéristiques.
Koruru à droite, et à gauche, le petit détroit menant vi le village St-Joseph à la Baie d’Upi
Nous en sommes pas sûrs qu’elle soit praticable en annexe. Nous savons par contre qu’elle l’est depuis le village de St-Joseph, dernier bastion des constructeurs de pirogue traditionelles.
Le lendemain, il en fait pas très beau, le soleil peine à se montrer, tant pis, nous partons tout de même en reconnaissance vers la baie d’Upi.
Nous passons devant le village St Joseph et découvrons les fameuses pirogues, très rustiques en effet. Il y a très peu d’eau dans ce détroit, il nous faut être prudents. Le manque de soleil gène aussi la visibilité.
le détroit
Encore une fois, ce n’est pas une image de carte postale que nous garderons de ce lieu, le temps était couvert,venté, à ne pas mettre un touriste dehors!! Nous n’avons d’ailleurs vu personne…. Mais ca nous va, nous explorons plus que nous visitons.
Le site doit être fort différent sous le soleil, avec une eau turquoise…. De très beaux rochers sortent de l’eau, c’est pittoresque.
Pour rentrer, il y a si peu d’eau que nous devons relever le moteur, nous nous trainons… Loïc a alors l’idée de mettre une voile : mon paréo fera l’affaire, nous sommes plein vent arrière!
Le temps ne va pas s’améliorer dans les jours qui viennent, au contraire. Nous sommes même inquiets de la dépression tropicale qui a été nommée en cyclone ces derniers jours : Donna se dirige vers le Vanuatu.
Il est encore trop tôt pour s’inquiéter, mais ca nous intéresse d’aller jeter un oeil à la baie de Prony, dont le trou à cyclone est réputé être un excellent abri en cas de mauvais temps. L’avenir nous dira vite que ca n’était pas un mauvaise idée!
Nous décidons alors de quitter l’île des Pins, tant pis pour la baie d’Upi que nous n’avons pas vu sous son meilleur jour, ni le mouillage d’Oro avec son extraodinaire « piscine » naturelle, ou le village de Uapan et son superbe snorkeling. Voyager en bateau, c’est composer avec les contraintes, y compris météo, et donc de savoir renoncer…
Quel bonheur de retrouver les tropiques après presque 5 mois de climat tempéré! L’heure n’est pas encore aux ploufs dans les eaux translucides, car nous avons prévu 3 jours à Nouméa pour régler les formalités d’entrée sur le territoire, réceptionner quelques colis, changer nos bouteilles de gaz, faire les lessives des vêtements d’hiver qui vont passer 7 mois à fond de cale….
Pour l’heure, je me réjouis que nous ayons trouvé une place au ponton de la marina de port Moselle, tout proche du centre ville, et surtout du marché! La halle aux fruits et légumes est magnifique, quel plaisir de retrouver les produits tropicaux, ananas, fruits de la passion, mini-bananes, et les agrumes tropicaux qui m’emportent en quelques saveurs dans un autre bout du monde; les limons à Rodrigues, les qumkats en Espagne , les pamplemousses verts aux Marquises, et les combavas à l’île maurice…
La halle aux poisson est aussi merveilleusement achalandée, et nous nous faisons une ventrée de crevette locales, croquantes et savoureuses.
De nombreux petits producteurs proposent aussi fromages au lait cru affinés, saucissons de cerf, pain frais, achards, miel… On sent bien l’influence de la gastronomie francaise.
Sans compter le stand de crêpes, tenue par Soizig, une véritable bretonne des côtes d’Armor avec qui nous devisons bilig et variétés de blé noir….! Il y a en effet tellement de bretons à Nouméa, qu’on trouve plusieurs marques de farine de blé noir….
Anna se régale d’une véritable beurre sucre (on le reconnait à ce qu’il y a plus de beurre que de sucre….)
Et je termine les dernières appros de fruits et légumes afin d’être autonomes 2 semaines pour aller découvrir l’île des Pins et les ilots du lagon sud-est.
Sur notre ponton, nous avons le plaisir de retrouver Carole, Antoine et Gaspard, qui vivent sur leur bateau, et qui partent pour le week-end à l’ilot Maitre. Le grand sport des habitants de Nouméa, c’est d’aller le week-end en brousse à la chasse ou en bateau sur les ilots distant de quelques nautiques; îlot Maitre, Ile aux canards, ilot Canard, ilot Ténia, ilot Amédée…..
Nous les suivrons à l’ilôt Maitre, spot de kitesurf réputé à seulement 3NM de Nouméa. Il n’y a pas assez de vent malheureusement pour le kite…
Nous filons le lendemain vers l’ilôt Amédée, sur la route de l’île des pins. le coucher de soleil est au rendez-vous…
L’île est assez touristique, mais la visite du phare vaut le déplacement, par son architecture originale et son point de vue sur le lagon.
L’ilôt Amédée et son phareMoby au mouillage, Phare Amédée
La vue d’en haut y est magnifique sur le lagon de Nouméa. Le phare est aussi un monument historique, contruit en plaques de métal, concu en France, puis assemblé en Nouvelle-Calédonie il y a plus de 150 ans. C’est le second plus haut phare en métal du monde, qui de l’intérieur a un petit air de tour Eiffel!
Nous passons 2 très belles journée, dans un lieu fréquenté de 9h à 15h, mais désert en début et fin de journée!
Le snorkeling y est fabuleux. Nous y croisons des poissons de taille vraiment inhabituelle : loches géantes, une grosse tortue, d’énormes carangues, et même un napoléon. Pas d’images malheureusement, nous n’avions pas encore sorti la Go-pro de son hivernage… Mais tout de même ce cliché d’une tortue, elles sont nombreuses.
Reste ce gigantesque barracudas qui tourne autour de Moby le soir. Il mesure plus d’un mètre !
Et que dire de ces rémoras qui nous suivent de près, et se jettent sur tout ce qui traine derrière le bateau, y compris le voilier d’Arthur.Haeureusement, ils n’arrivent pas à le couler!
En revanche, nous avons pu immotaliser notre première rencontre avec les Tricots rayés, ces fameux serpents de mer au venin neurotoxique potentiellement mortel-sauf que leur bouche est tellement petite qu’ils ne peuvent mordre les humains…. On les garde quand même à distance!
et observons leur déplacement, aussi agiles en mer qu’à terre.
Nous faisons le tour de l’île le soir, quand les touristes sont partis, nous sommes seuls au monde…. et observons de loin les sternes Nereis, espèce protégée dont une dizaine de couples nichent à l’ilôt Amédée en hiver.
Le lendemain, sur notre route pour l’île des Pins, nous faisons escale à l’île Ouen.
l’île OUen
La baie des tortues est une escale paisible pour la nuit, mais ne nous donne pas vraiment envie de nous baigner avec ses eaux troubles et rouges.
Nous sommes tout proche de la célèbre baie de Prony, connue pour ses terres rouges, ses cascades, son trou à cyclone, et son port spécialisé dans le minerai, mais où ne nous arrêterons pas cette fois : les conditions sont parfaite pour rejoindre l’île des Pins, célèbre pour ses plages de sable fins, ses eaux turquoises et ses eaux poissonneuses, qui nous font terriblement envie!
Avant de quitter la Nouvelle-Zélande, nous nous offrons quelques jours à la marina du Viaduct, en plein coeur d’Auckland. Pour une fois, Marina ne rimera pas avec lessives, nettoyage, courses, bricolage, entretien… Nous allons passer 4 jours et 4 soirées à profiter de la ville et des copains!
D’abord Bruce et sa famille, avec qui nous avons navigué 3 semaines en janvier et qui nous convient à leur yacht-club de Half-Moon Bay pour une dernière soirée. Ses parents Toni et Peggy sont aussi de la soirée, septuagénaires resplendissants qui naviguent 6 mois par ans, fidèles à leur voilier depuis 40 ans : une belle source d’inspiration!
Nicole, Tobi , Marlene et Juliana sur Invictus, avec qui nous naviguons depuis un an et qui sont pour l’occasion nos voisins de pontons pour quelques jours. Les enfants sont devenus inséparables, et communiquent on ne sait comment, en francais, anglais, allemand…Autant dire que l’école est réduite au plus strict minimum : on sait au moins qu’ils pratiquent leurs langues étrangères…
Pic-nic à bord de Moby
Les filles font l’animation sur le ponton pour les touristes qui passent…!
Nous découvrons un peu mieux ce nouveau quartier de Viaduct, bourré de bonnes idées d’aménagement urbain. Comme ce toboggan, cette piscine-bassin pour les petits, ces chaises longues pour regarder la ville la nuit, et ce vieux quartier des silos qui se transforme le week-end en rendez-vous branché et pas cher : food-trucks, musique, ciné gratuit en plein air, basket-ball by night…..
L’architecture est aussi très variée
Immeuble ou paquebot?
A 50m de Moby, c’est le Musée Maritime, que nous n’avions pas encore visité. Nous pension y faire un rapide passage d’une grosse heure, curieux de voir la planche à voile avec laquelle Bruce avait gagné sa médaille aux jeux olympiques de Los Angeles… Nous y sommes restés finalement plus de 3h tellement il y avait à voir et à faire.
Les voiles maories bien sûr, et les première heures de la colonisation polynésienne de la nouvelle-Zélande. Passionnante, l’histoire méconnue de ces exceptionnels marins polynésiens qui traversaient des océans dès le 12ème siècle, sillonnant et découvrant l’immensité de l’Océan Pacifique.
Puis celle de premiers explorateurs européens, comme James Cook, grand découvreur de la Nouvelle-Zélande, aux prémices de la colonisation européenne.
Mais plus encore l’histoire de l’immigration en Nouvelle-Zélande, à qui est consacré un très émouvant département, qui reconstitue notamment l’ambiance à bord de ces bateaux qui traversaient 2 océans avant de débarquer les nouveaux arrivants : chinois, européens de l’est, américains, irlandais…. C’est leur histoire personnelle et celle de tout un peuple qui nous est contée, comme si nous y étions. Je rêve en France d’un musée de l’immigration, qui nous montre les émouvantes histoires de ces individus qui depuis des siècles ont franchi les frontières d’un côté ou de l’autre. Et qui nous montre combien nous sommes tous issus de populations migrantes, voyageurs, marins, travailleurs étrangers….car de tous temps les hommes ont voyagé pour quitter la misère, travailler, ou offrir à leur descendance un avenir meilleur. Et pourquoi pas aussi, au musée de la Marine de Brest, que j’affectionne particulièrement, l’histoire de ces Bretons du bout du monde, qui ont quitté leur pauvre terre pour voir ailleurs, et sont installés aux quatre coins du monde?
la planche Olympique de Bruce
Puis, nous passons au temps des chasseurs de baleine, le 20ème siècle avec les congés payés, les cabanons de vacances (les Bachs »), les moteurs hors-bords qui auraient passionné Papi et son âme de mécano!, et enfin les temps modernes, avec les marins célèbres. Nous nous arrêtons en particulier pour relire l’histoire de notre ami Bruce Kendal , et de sa soeur Barbara, planchistes au parcours sportif exemplaire, détenteurs à eux deux de 5 médailles olympiques, dont une d’or chacun
La planche Olympique de Bruce les médailles de Barbara
Puis les enfants découvrent la maquette d’Enza, bateau skippé par Peter Blake qui a remporté le en 1994 Trophée Jules Vernes, bien connu des brestois.
Le parcours du trophée Jules Vernes
A l’époque, Loïc était allé survoler le bateau avant qu’il ne franchisse la ligne du côté de Ouessant, et mon père était allé à sa rencontre en bateau par gros mauvais temps à l’arrivée, sur le canot de sauvetage Jean Cam : je vois encore qui trône dans son bureau, la photo d’Enza au coeur de la tempête.
Aujourd’hui le trophée, que l’on peut voir au musée de la Marine à Paris, est à Francis Joyon et son équipage!
Puis nous nous attardons sur l’histoire du regretté Peter Blake, marin et sportif au parcours impressionnant : vainqueur de la Volvo Ocean Race, du trophée Jules Vernes, à 2 reprises de la prestigieuse coupe de l’America, héro dans son pays, anobli par le reine d’Angleterre, et qui décide en pleine force de l’âge de raccrocher de la course pour consacrer plus de temps à sa famille et à des voyages d’exploration-sur Seamaster (devenu après Antactica Tara-Exploration). Nous sommes très touchés par son parcours, ses interrogations, et les témoignages de ses enfants, très courageux, et fortement inspirés par le parcours de leur père, disparu trop tôt sous le feu de pirates en Amazonie.
Dans quelques semaines nous allons suivre la Coupe de l’América qui court aux Bermudes : voici l’équipement des équipiers- ca ressemble de plus en plus à de la Formule un…
Nos dernières soirées à Auckland : nous partageons une bière sur le port avec Angie et son mari, croisés à Maupiti et récemment installés à Wahieke; passons une soirée avec Maya, Mira et Ivo, de Fata Morgana, et avec qui nous naviguons depuis les Marquises. Les enfants sont aussi très heureux de se retrouver.
Puis allons fêter l’anniversaire de Nicole dans un restau chinois.
Les enfants découvrent la vraie nourriture chinoise, usent et abusent du tourniquet,
et se débrouillent pas mal avec des baguettes!
Merci Tobi et Nicole pour ce dernier repas de fête. Il est temps de dire au-revoir à nos amis de bateau, qui (presque) tous restent naviguer encore une année dans Pacifique, alors que nous continuons notre circumnavigation, en route vers l’Océan Indien….
Après s’être penché sur les plus beaux mouillage, nous voulions partager avec vous nos ballades préférées, randos pédestres ou aquatiques, toujours dans l’ordre chronologique.
Difficile de faire le tri, tant la Nouvelle-Zélande est photogénique et qu’il y fait bon vivre. Déjà 4 mois que nous naviguons, de Bay of Islands au Golfe d’Hauraki en passant par les Marlborough Sounds et la Bay of Plenty. C’est avec plaisir que nous nous sommes replongés dans nos pérégrinations pour sélectionner nos plus beaux mouillages de Nouvelle-Zélande-par ordre chronologique, à quelques jours de notre départ pour la Nouvelle-Calédonie!
Cette escale « météo » à Tauranga est en fait une bonne nouvelle car nous allons y retrouver nos amis d’Excallibur, avec qui nous avons sillonné Bay of Islands en décembre dernier.
Tauranga n’a rien de glamour…. Une des plus grosses villes de Nouvelle-Zélande, un peu sur le déclin, qui fut il y a un temps la plus importante colonie du pays, et anciennement un haut lieu d’implantation maorie. La zone de mouillage est coincée entre l’aéroport et la 4 voies, les paquebots sur la rive droite, les porte-conteneurs et les pêcheurs sur la rive gauche….
C’est d’ailleurs passionnant de voir le portique tourner 24h/24h, à 200m de Moby, déposant et déchargeant les conteneurs. Rien d’enchanteur à Tauranga, mais essayons d’en tirer le meilleur!
Première mesure : je dépose les 3 garçons chez le barbier : il était temps de leur faire une bonne coupe, Victor et Arthur n’avaient pas vu un coiffeur depuis plus d’un an…. préférant s’en remettre à mes bons soins pour raffraichir tous les 2 mois une coupe qui n’en était plus une …
Puis un petit tour au parc pour se défouler.
Même en pleine ville Arthur trouve un brin de nature
Imparable également, le très couru « Fish market », fréquenté par les touristes, croisiéristes, backpackers et locaux. Le concept est original : un magasin qui vend des produits d’une fraicheur impeccable tout juste débarqués du bateau, et qui vous propose de les cuisiner sur place!
Le soir-même, nous fêtons nos retrouvailles avec Nicolas, Anne-Marie, Charles, Eléonore et Paul. Nous avons quelques anniversaires de retard à fêter!
Nous savons que nous allons être bloqués plusieurs jours à Tauranga à cause du mauvais temps, alors, autant profiter au maximum des copains!
Le lendemain, le temps est pluvieux, mais se découvre en fin de journée : nous partons visiter le musée de l’aviation de Tauranga.
Un biplan Bristol Scout de la première guerre mondiale
Une grosse demi-heure de marche le long de la 4 voies pour rejoindre la zone aéroportuaire, mais ca vaut le coup! Quelques passionnés ont réuni de vieux avions. Les enfants sont ébahis devant tous ces vieux appareils.
le Curtiss Kittyhawk P40, avion de chasse américain de la seconde guerre mondiale Hawker Tempest, bombardier torpilleur de la RAF Grumman TBF Avenger, bombardier torpilleur américain, embarqué sur des porte-avions
Plusieurs avions de légende sont rassemblés ici Le plus impressionnant pour eux est la carlingue d’un Catalina, qu’ils peuvent visiter de l’intérieur.
Carlingue de Catalina
L’intérieur du Catalina :
la zone de vie à bord
la cuisine
le poste radio
le cockpit
le cockpit
le poste de combat
Nous sommes arrivés un peu tard, et l’heure de la fermeture approche… plutôt que nous mettre dehors, deux passionnés, membres actifs et bénévoles du musée, viennent nous chercher pour nous montrer les merveilles qui trônent dans les hangars de restauration : ces avions-là volent!
Nous avons même droit à une visite guidée personnalisée.
C’est samedi soir : c’est la fête sur le pont supérieur!
Le lendemain, nous changeons de mouillage pour parer au coup de vent d’Est annoncé, et allons nous mettre à l’abri du Mont Maunganui. L’occasion de longer le quai des paquebots de croisière,
et de voir la statue qui marque l’entrée de la rade de Tauranga
Un moyen très populaire de visiter la Nouvelle-Zélande, et assez pratique vu la taille importante du pays. Mais ca n’est bon que si on support le tourisme de masse : à chaque escale, des centaines de touristes débarquent pour visiter en bandes organisées.
Paquebot sortant de Tauranga
N’oublions pas que le tourisme est le secteur économique n°1 en nouvelle-Zélande!
De retour à Tauranga, nous emmenons les 6 enfants se défouler aux jeux : cela fait 2 jours qu’ils sont enfermés à cause du mauvais temps…
Et déjà, il est temps de dire adieu à nos amis qui rentrent en France pour quelques mois. Depuis notre rencontre au Panama en Avril 2016, il y a 10 mois déjà, nous avons navigué de concert aux Galapagos et en Polynésie Française, et partagé tant de bons moments. Bon vent les amis!
Bye-bye Tauranga
Nous mettons le cap vers Great Barrier, et ferons escale en chemin pour ne pas naviguer de nuit. La côte est en effet mal pavée, de multiples ilots, et roches émergentes le long de cette péninsule de Coromandel qui fait suite à la baie of Plenty.
A 20h, nous jetons l’ancre devant l’île de Slipper island, ou Whakahau. Une ferme, un lodge, une petite piste d’aviation, c’est coquet.
Ici, les fermiers insulaires ont toujours un bateau, et bien souvent un petit avion ou un hélico pour se transporter à terre.
Le lendemain, nous savourons une magnifique journée de navigation comme on les aime : fraiche, mais ensoleillée,
à longer la presqu’ile de Coromandel, ses falaises escarpées, et paysages découpés.
Les conditions sont idéales pour Moby, un vent de 3/4 arrière, bien abattu mais pas trop, nous filons à plus de 10 noeuds de moyenne, des pointes à 16-18 noeuds dans les surfs… pendant que les tartes aux pommes/poires qu’Anna m’a aidé à réaliser cuisent au four. Nous arrivons en vue de Great Barrier en début d’après-midi, dans le mouillage de Tryphéna, que nous n’avions pas encore visité.
3 baies se succèdent dans cette rade abritée
Puriri Bay
Vue de la plage à marée haute
Puriri Bay
Un petit tour à la supérette locale de Mulberrry Grove (qui fait aussi office de poste/bar/resto)….. pour un réapprovisionnement en produits frais. Nous tombons en arrêt devant cet hydravion « fait maison » en contreplaqué, réduit à l’état d’épave…Ce qui fait tout de même rêver pilote et apprentis-pilotes qui se verraient bien aux commandes d’un tel engin un jour. Nous longeons le trait de côte pour rejoindre la baie adjacente.
Grottes, Puhataweka, le site est encore une fois très photogénique. Mais notre but est tout autre : Pukiki abrite un véritable pub Irlandais qu’il nous tarde de tester.
Et surplombe une bien jolie baie. Nous rentrons avant le coucher du soleil
Tellement sympa que nous reviendrons le lendemain diner avec nos amis de Fiuu, famille de français qui naviguent dans le Pacifique Ouest sur un Outremer 49.
Moby et Fiuu au mouillage de Puriri
Nous passons une excellent soirée, arrosée de Guiness et d’IPA (Indian Pale Ale, bière ambrée, très tendance en ce moment) et dînons de spécialités irlando-néozélandaises :
clam chowder très crémeuse Irish coffee
Le pub est bien animé en cette veille de week-end de St-Patrick…Demain nous mettons cap sur Waiheke, île bien connue pour ses vignobles. Nous avons rendez-vous avec des amis pour une dégustation oenologique : il faut bien supporter le commerce local, non?
Cet îlot situé à 20mn en ferry de la capital économique est l’un des cones volcaniques les plus intéressants de la région : c’est le plus grand, mais aussi le plus jeune – à peine 600 ans depuis sa dernière éruption, et depuis son sommet à 259 m, la vue sur Auckland et le Golfe d’Hauraki y est juste spectaculaire!
Nous mouillons Moby dans la baie d’Islington, aussi connue sous le nom de « the Drunk bay ». Elle doit son nom à l’habitude prise par les capitaines de navires au long cours en partance d’Auckland de relacher la nuit en quittant le port, pour laisser aux marins du bord le temps de cuver….
Moby au mouilage d’Islington
Nous laissons l’annexe sur le quai et partons à l’assaut de ses routes et chemins de roche volcaniques.
La route se transforme vite en chemin ombragé, ce qui est agréable au vu de la chaleur. A quelques dizaines de mètres du sommet, la bifurcation vers des grottes et tunnels de lave est un must!
Les enfants ont bien sûr pensé aux lampes frontales et aux torches torches.
Ils explorent une première grotte, puis un petit tunnel, et enfin un grand boyau très étroit où nous adultes aurions du mal à nous introduire.
Puis nous rejoignons le sommet pour savourer la vue.
Vue sur le Golfe d’HaurakiVue sur Auckland
Pour redescendre, un très bel escalier de bois, que nous n’avons pas eu à monter heureusement…Rangitoto est classée réserve naturelle, en particulier pour les oiseaux , car tous les petits rongeurs (hérissons, rats, hermines, etc…) venus d’Europe ont été éradiqués depuis 2011 : l’île est désormais « pest-free » permettant à ces fragiles oiseaux de se reproduire ranquillement : on y trouve des Kiwis bien sûr, mais aussi wekas, et nombre d’autres oiseaux endémiques récemment réintroduits.
De retour au bord du rivage
Nous avons tellement aimé cette balade que nous y retournerons quelques jours plus tard avec nos amis néo-zélandais, Bruce et Stéphanie, ainsi que tout une bande de leurs amis.
Une ballade finalement très différente, puisque nous empruntons cette fois-ci le chemin sud et non la route est.
il fait chauuuuud
Et une série de petites haltes en chemin nous expliquent la naissance de Rangito il y a 600 ans.
Peu de chance qu’il n’y ait de nouveau une éruption sur l’île. En revanche, il est fort probable qu’un jour, une autre île similaire surgisse dans les environs d’Auckland!
Voilà donc le processus qui donne 600 ans plus tard cette terre volcanique si fertile et chaude.
Arrivés en haut, Bruce nous montre une seconde série de tunnels que nous n’avions pas vu, encore plus impressionnnants en taille!
l’entrée du tunnelil y fait bien noir
en route vers la sortie….
Stéphanie me montre les oiseaux : ces petites cailles adorables se trémoussent pour récupérer des miettes de sandwiches. Et cette autre oiseau rare, le saddleback, un passereau au dos orangé, qui fut un temps en voie d’extinction et est maintenant réintroduit avec succès
Nous prenons un autre chemin plus court, mais aussi plus pittoresque.
Une espèce de fougère endémique de Nouvelle-Zélande s’y trouve également : la « kidney fern », qui doit son nom à sa forme en haricot. Elle se replie pour mieux lutter contre la chaleur, très intense ici à cause des pierres volcaniques.
Une fois en haut, la vue est toujours aussi belle.
Ce samedi a lieu la plus grande régate de toute l’année en baie d’Auckland. Moby et Trio sont mouillés juste devant!
vue sur Auckland
Après un pic-nic revigorant, il est temps de redescendre. Près du débarcadère, des vestiges d’une prison… et un ponton de bois traverse la mangrove. Qu’y vois-je? De la salicorne, petite plante de marais salé qu’on trouve en Bretagne, en particulier dans le Golfe du Morbihan! J’adore ça. Ma copine Laeti en fait des pickles. Celle-ci est un peu amère, les jeunes pousses de l’été seraient sans doute plus savoureuses.
Après avoir passé 10 jours dans le Queen Charlotte Sound, il nous tarde d’explorer le Pelorus Sound, qui nous montre une facette tout autre des Marlborough : moins touristique, moins préservé, il est visiblement très exploité : les terres sont plantées de forêts de rapport, ou occupées par des moutons, les baies sont émaillées de fermes cultivant les moules ou élevant du saumon. Le tout est transporté à Havelock, la bourgade principale située au fond du sound, et où nous irons nous ravitailler.
Eh chemin, nous passons par le Cape Jackson, lieu de forts courants.
Whaou, un tourbillon se forme sous nos yeux!
En chemin, nous croisons des pingouins : ces « blue penguins » sont les plus petits pingouins du monde! Très dodus, ils peinent à se tenir debout et sont plus à l’aise sous l’eau qu’à terre!
Le temps est super calme, Loïc en profite pour lancer son drone en pleine mer…et filmer Moby en mer.
Notre première étape est à Alligator’ Bay, où se niche un cabanon de vacances, cerné de collines abritant des troupeaux de vaches et de moutons.
Alligator Head
Loïc s’amuse beaucoup à tester le nouveau drone.
Les lumières de milieu de journée offrent des couleurs tranchantes
Nous profitons de ce calme pour nous balader en paddle, faire des essais de drone, dont le logiciel est équipé de nombreuses fonctions que Loïc veut tester par temps calme.
Les enfants descendent jouer à la plage.
La fin de journée est encore une récompense de belles lumières.
Le paysage est aride.
Et le coucher de soleil comme toujours magique.
Le lendemain, quelques rubans de nuages subsistents, napant les collines alentours. L’occasion de faire de nouvelles images aériennes.
Il initie également Victor au pilotage, atterrissage et décollage du drone.
L’après-midi, nous partons en balade, nous avons repéré grâce au drone un sentier, sans doute utilisé par les bergers pour se rendre d’un paturage à l’autre. En fait, plus qu’un sentier, c’est une route, car les bergers modernes circulent en quad!
Loïc et les enfants ont pour projet de lancer des avions en papier depuis le haut de la colline. Nous marchons une bonne demi-heure pour atteindre le sommet.
C’est parti! L’idée est bonne mais à la réalisation, il y a de nombreux contre-courants à déplorer.
Pour ne pas polluer ce bel environnement, il faut aussi aller récupérer tous les avions en contrebas …ce qui fait crapahuter les enfants!
Les collines sont en fait des champs et enclos à moutons! Il faut parfois escalader les barrières. La preuve : ces poils accrochés aux barrières .
On pourrait se croire en Irlande, avec tous ces moutons, et ces chardons! Nous redescendons sur Moby via un petit chemin qui mène à ce cottage, villégiature de vacances pour citadin stressé!
Ici rien que des moutons et des boeufs, et 40km de piste rocailleuse avant d’atteindre le plus proche village, Havelock.
Mais que les lumières sont belles!
En particulier le soir.
les garçons sont repartis en entrainement de vol de drone. Vol à basse altitude…
Traditionnel portrait de Moby.
Test de l’autoportrait.
Havelock est aussi notre destination, car il va nous falloir ravitailler : les réserves de nourriture sont au plus bas.
Il faut dire qu’à part la pêche au moule, on est moins doué que les phoques pour se nourrir!
Celui-ci se bat depuis quelques minutes avec sa proie….
Nous peinons à deviner ce qu’il a ingurgité…
Une pieuvre!
Nous naviguons vers Havelock, parmi ce dédale d’îlots, de détroits et de passages…Ici le « Allen Strait », 240m de large, et des câbles téléphonique à 50m de haut.
Nous passons devant une colonie de cormorans.
Nous nous arrêtons pour la nuit à Ketu bay.et prenons le lendemain le cap vers le Mahau Sound, à l’entrée d’Havelock.
Le paysage change beaucoup :
les îles sont plantées de forêts de pins, qui sont exploités, coupés puis transportés par bateau à Havelock.
De même de très nombreuses fermes se succèdent, chaque baie est occupée de parcs à moules, et les Sounds sillonnés de bateaux de travail.
Nous faisons escale à Putanui pour la nuit, dans le Mahau Sound. C’est une réserve naturelle, la seule de toute la zone….
Il n’y a pas de vent du tout, Loïc et moi partons en ballade en paddle,
et confions le drone à Victor :Il gère pour la première fois 100% du vol, décollage et atterrissage compris. Que c’est bon de voir ses enfants grandir et gagner de nouvelles compétences! Et quel luxe d’avoir autant de temps à leur consacrer, pour leur transmettre nos passions.
Au coin de la péninsule, une colonie de cormorans, vraiment pas farouches! Des raies également.
Le lever de soleil est d’un calme!
Nous observons les rubans de nuage s’accrochant aux collines
C’est moins calme du côté des mouettes, qui s’activent à la pêche.
Nous prenons le chemin d’Havelock, de jolies maisons parsèment l’embouchure de la rivière.
On sent que la civilisation n’est plus très loin.
Nous arrivons à Havelock, pas de mouillage possible, nous allons passer 24h à la marina. L’endroit a l’air sympa.
Son usage en est tout à fait mixte : plaisanciers et bateaux de travail se partagent les pontons .
Celui qu’on nous alloue est visiblement plus utilisé par les oiseaux que par les plaisanciers.
Nous venons ici essentiellement pour nous ravitailler, alors c’est parti pour les courses!
Chacun participe!
Arthur récupère en chemin une cigale! Nous passons quelques minutes à l’observer avant de la relâcher.
Nous allons faire un petit tour du village en soirée : l’église, le pub, …. quelques B&B, et c’est tout!
Nous nous offrons le lendemain matin un petit dej en amoureux au restaurant de la marina : un régal, ces oeufs Benedicte!
Une fois les 3 tournées de lessive faite, nous repartons, vers des lieux plus sauvages. Que d’oiseaux autour de nous!
Nous nous dirigeons vers Portage, au fond du très scénique Tenepuru Sound, où nous avons rendez-vous demain avec nos amis Allemands d’Invictus (Tobi, Nicole, Marlene et Juli), que nous avons connu au Panama, et avec qui nous avons navigué 6 mois dans le Pacifique. Ils ont laissé leur catamaran à Auckland et sillonnent l’île du Sud en voiture.
Le soleil se couche sur le Kenepuru Sound
Hello les amis! Bienvenue dans les Marlborough Sounds!
Hier c’était l’anniversaire de Juli, 5 ans, nous allons fêter ça! Anna et Marlene préparent des mini Pavlovas.
Joyeux anniversaire Juli!
La journée se finit trop vite…. il faut dire au-revoir-mais à bientôt les amis dans le Golfe d’Hauraki.
En quittant l’Abel Tasman National Park, nous nous dirigeons vers la destination ultime de notre périple Néo-zélandais : les Marlborough Sounds. Ce dédale de bras de mer et de péninsules déchiquetées offre des paysages de toute beauté. Pas tout à fait des Fjords, puisqu’il ne s’agit pas d’anciennes vallées glaciaires, mais plutôt des vallées, montagnes et lits de rivière tout simplement affaissées, c’est un des lieux les plus ensoleillés de Nouvelle-Zélande-ca tombe bien, car nous avons perdu quelques degrés de température en mettant cap au sud!
Nous faisons route avec Wasco, un Outremer 50, ancienne génération,
Il avance drôlement bien avec son « code delta », voile d’avant plus creuse qu’un gennaker, en tissu très léger.
A l’approche des Marlborough Sounds, il faut être très vigilant à la veille et parer les troncs d’arbres qui flottent. Il y a de nombreuses exploitations forestières alentours.
Nous approchons le « French pass », détroit entre l’île d’Urville, (du nom de ce Capitaine -explorateur français, découvreur notamment de la terre Adélie) et le continent :
C’est le genre de raccourcis que Loïc adore prendre. Mais pas question de louper la marée et de passer à contre courant. Les tourbillons sont impressionnants.
Derrière, c’est un lac, pas une ride sur la mer. Nous mouilllons à Port Gore, une grande anse qui nous semble suffisamment abritée pour y passer les 2 jours suivants, où pluie et mauvais temps vont se succéder.
17 février 2017 : c’est l’anniversaire d’Arthur : 8 ans aujourd’hui comme l’indiquent les pancakes du petit dèj… !
La journée commence avec un email de Papi et Mamie recu via l’iridium.
Puis un appel toujours Iridium de Papily et Mamily – car le réseau téléphonique ne passe pas dans le mouillage….
La belle surprise, c’est ce petit avion qui n’arrête pas de décoller et atterrir sous nos yeux! La piste privée de Port Gore est en bord de plage, quel chanceux ce pilote, d’avoir sa piste et son avion, au pied de sa maison!
Derrière les buissons, un lodge accueille les randonneurs du Queen Charlotte track, ce sentier de randonnée qui longe le rivage nord du Queen Charlotte Sound.
Dehors il fait un temps de cochon : vent, pluie, brume…. nous passerons la journée enfermés! Heureusement, j’ai sous le coude quelques projets pour apprendre en s’amusant. Nous commençons par un atelier de géographie appliquée :
Arthur choisit de modeler une péninsule…. et un golfe. Anna découpe dans la terre glaise une île…. qui deviendra (en négatif)….. un lac!
Ces ateliers Montessori sont tirés d’un des cahiers d’Anna. Les enfants s’amusent avec grand sérieux, mettent la main à la pâte, ajoutant là une rivière, une colline, etc…. Une fois modelés, nous versons de l’eau colorée pour simuler l’océan!
Victor se son côté s’est lancé dans la fabrication d’une maquette de catamaran qui puisse naviguer réellement. Il se creuse la tête pour trouver un matériau facile à modeler et étanche : et opte pour du carton recouvert de « greytape » (scotch très résistant). Voici la première coque.
Dans le prolongement de l’atelier géographie, j’avais promis à Arthur que nous ferions ensemble un volcan- activité qu’il avait réalisé l’année dernière dans les ateliers Montessori de Karine à St-Renan!
Chacun crée son volcan avec de la terre glaise, autour d’un cratère-réservoir rempli d’un mélange de vinaigre, de liquide vaisselle et de colorant. Ne reste qu’à verser du bicarbonate de soude,
et la « lave » jaillit!
Les enfants répètent l’opération inlassablement..
Il est déjà midi, nous déjeunons et allons souffler les bougies.
Joyeux anniversaire Arthur!
Nous dégustons le cake au chocolat qu’Arthur et Anna m’ont aidé à préparer ce matin.
C’est l’ouverture des cadeaux : Génial, le jeu de « Carcassone « dont Arthur rêvait! Déjà une bonne dizaine d’années que nous y jouons dans la version « préhistoire », les enfants adorent, c’est notre jeu familial de prédilection.
Le livre des records 2017 en anglais! et le bazooka à eau offert par Bruce et Stefanie.
Le soir et le lendemain, nous continuons les maquettes : pistolet à colle pour l’assemblage, batonnets de bois, sacs plastique pour les voiles, galets pour la quille. Arthur se lance dans un monocoque.
Le temps s’est calmé, nous allons à terre nous dégourdir les jambes, et repérer la piste!
La manche à air donne le repère de l’entrée de piste
Les enfants ramassent des galets, coquillages et algues pour notre projet de sciences naturelles.
La maison est ravissante,
mais que le lieu est sauvage!
En fin de journée, nous quittons Port Gore
et appareillons pour le Queen charlotte Sound.
Une petite nav que nous commencons par 20 noeuds de vent, qui monte rapidement à 30, nous prenons 3 ris pour contourner le Cape Jackson, tout au bout de la peninsule bordant le Queen Charlotte sound.
Une fois le cap passé, le vent baisse, puis s’éteint : nous finirons au moteur! Nous découvrirons bientôr que c’est une nav’ typique des Sounds : ici le vent tourne, forcit et se calme en quelques minutes, à cause du relief qui canalise et bloque les forces en puissance. Nous allons donc beaucoup manoeuvrer, pester contre le vent et aussi contre les prévisionnistes météo!!!
Nous jetons notre dévolu sur l’Endeavour Inlet, la premiere grande baie du Queen Charlotte. Le Punga Cove Lodge outre d’offrir offre des bungalows aux randonneurs, propose des bouées de corps mort : nous allons pouvoir dormir tranquille. Car il est imprudent de mouiller ici : les fonds sont profonds, les vents tournent sans cesse. Il nous tarde d’ailleurs d’aller à Waikawa, la marina de Picton, pour prendre une carte de membre du Club nautique, qui nous donnera accès à plus de 100 bouées de mouillages dans les Pelorus et Queen Charlotte Sounds.
Nous nous réveillons sous des bandes de brume, c’est assez irréél comme paysage!
Anna et Loïc vont s’offrir en jus et un café au bar pendant que je travaille avec les garçons. Quand les maths et le français sont finis, j’enchaine avec Anna et Arthur sur notre projet de sciences-naturelles : répertorier les plantes et animaux marins de l’estran néo-zélandais. Après avoir récolté quelques spécimens sur la plage l’autre jour, nous les dessinons, puis recherchons leur nom et descriptif dans nos différents livres et dépliants sur la faune et la flore du pays.
A midi, nous descendons déjeuner dans le snack sur pilotis;
Ici le très traditionnel fish’n’chips! – j’ai ma dose d’huile pour le mois!!
Après le déjeuner, nous quittons Punga Cove, et croisons un banc de globicéphales, cétacés appellés ici « Pilot Whales ». Ces sortes de très gros dauphins noirs se déplacent le plus souvent en bancs de dizaines d’individus.
Autre plaisir des yeux ici, ce sont les maisons, toutes en bois et verre, anciennes ou récentes, simples maisonnettes ou luxueuses résidences : elles ont un charme indéniable, croisement entre le cottages de charme de nouvelle-angleterre et la cabane au canada.
Après 4 jours de pluie et de vent, nous apprécions cette navigation sous le soleil!
Et quittons Punga Cove pour Waikawa,
A Waikawa, nous voyons de loin les ferrys reliant Picton à Wellington 4 à 6 fois par jour, via le détroit de Cook.On ne se lasse pas de ce ballet.
La lumière des fins de journée est toujours superbe.
Et les couchers de soleil en apothéose.
Demain, nous avons rendez-vous avec nos amis américains du catamaran Cool Runnings, rencontrés à Maupiti en septembre dernier : Gudrun, Dave, avec leurs enfants Benjamin et Gaby viennent passer la journée à bord de Moby. Ils sont actuellement en escale en Australie, et font un voyage de découverte de la Nouvelle-Zélande en Camping-car.
L’autre bonne nouvelle c’est qu’ils continuent leur tour du monde comme nous en mettant le cap sur l’Océan Indien à partir de mai/juin. Nous allons donc essayer de nous retrouver sur quelques escales, comme Bali en Indonésie, Cocos-Keeling, Christmas Island et les Chagos.Les enfants s’entendent tous les 5 très bien, c’est l’occasion pour mes petits « frenchies » d’améliorer leur anglais sans effort!
Les enfants ont repéré un phoque se prélassant sur un rocher.
Ben adore notre chaise de mat.
Suis ravie de retrouver Gudrun, qui a été institutrice pendant 10 ans, et avec qui nous prenons plaisir à partager nos expériences de maman à bord.
Hier c’était l’anniversaire de Gudrun! Ceux d’Arthur et d’Anna n’étaient pas si loin…nous ressortons donc les bougies en ce mois de février décidément très festif! En l’honneur de Gudrun qui est originaire d’Afrique du Sud, j’ai préparé une Pavlova, dessert emblématique des anglophones de l’hémisphère sud (Australiens, Néo-zélandais, Sud-africains…)
Le lendemain, nous irons récupérer au yacht club quelques colis…. dont le drone de Loïc! Le Père Noël a un peu de retard cette année… Le frabriquant a visiblement eu des soucis de production et du mal à honorer toutes ses commandes de fin d’année sur le tout nouveau Mavic Pro.
Nos sommes ébahis par sa taille, son très faible encombrement : il tient dans un tout petit sac!
Loïc fait ses premiers essais, peste un peu contre le logiciel trop sophistiqué à son goût, et le manque de poignée pour le saisir à la main à l’atterrissage (moment qui peut être galère sur un bateau qui bouge!!) mais les photos sont sublimes!
Les premier clichés du drone : Moby à Waikawa.
Ici c’est le week-end, la cale de la marina s’active : pas moins de 3 bateaux peuvent être mis à l’eau de front!
Ce soir nous dégustons un fameux Chardonnay des Marlbourough, de la maison Hunters, offert par Dave et Gudrun. Les Marlborough sont une zone de vignoble très réputée pour ses vins blancs, en particulier le Sauvignon , minéral et fruité, mais aussi le Chardonnay et le Pinot Gris. Nous profitons donc de notre séjour au coeur même du vignoble pour faire nos bancs d’essais!
L’avitaillement est fait, les colis sont récupérés, nous avons réglé notre cotisation au yachtclub : plus rien ne nous retient à Waikawa : nous partons donc explorer le Queen Charlotte Sound.
notre carte des Marlborough Sounds
C’est le sound le plus connu, le plus fréquenté également, en particulier son track de randonnée : 70km à faire à pied ou en VTT, avec la possibilité de faire certaines portions en bateau-taxi, et de dormir dans des campings ou des lodges.
Moby au mouillage à Double Cove
Nous commencons l’exploration par la baie la plus proche : Double Cove.
Double Cove, Queen Charlotte SoundMoby sur bouée à Double Cove
Nous profitons de la vue, bucolique,
et rejoignons en annexe la baie adjacente de Torea pour une petite ballade sur le Queen Charlotte track!
Vue sur le Queen Charlotte Sound
Le sentier serpente le long de la côte, en direction de Kaipakiripiri
et grimpe, grimpe, grimpe… ce qui nous donne une jolie vue au fur et à mesure de notre progression
Nous longeons une végétation d’une grande diversité :
plantes épiphytes colinisant un arbre
Mousses,
mousses
lichens,
lichen
fougères arborescentes, lianes, manuka (myrthe en arbre), connu aussi par les herboristes et homéopathes sous le nom de tea-tree, et ce très curieux « Lancewood » ou Horoeka, (ou arbre-arête de poison) : dans sa forme juvenile, un tronc avec de curieuses feuilles ultra-fines logues et rigides comme des lames, accrochées directement au tronc.
Lancewood
Nous trouvons aussi de nombreuses carcasses de cigales qui font bruisser leurs ailes et font un bruit assourdissant toute la journée.
Arrivés en haut c’est la récompense
Mais le sentier était photogénique du début jusqu’à la fin
En redescendant, nous reconnaissons la baie de départ…et la plage sur laquelle nous avons laissé notre annexe.
C’est le week-end! Nous partons explorer la Bay of Many Coves, qui comme son nom l’indique est forme de plusieurs petites baies reliées les unes aux autres.
Bay of Many Coves, Queen Charlotte Sound
Nous prenons un mouillage devant une superbe propriété,
au mouillage devant Milton Bay, Bay of Many Coves
la plage est jolie, et oh surprise, nous y faisons connaissance d’une famille néo-zélandaise venue y passer 10 jours de vacances!
Le grand-père de Greg a fait construire il y a 60 ans la seconde maison de la baie. Depuis, lui et ses cousins se relaient pour l’occuper pour les vacances : il a fait la route depuis Christchurch (11h de voiture…) avec sa femme, ses 3 enfants et son bateau sur une remorque pour profiter de ce bel endroit sauvage.
Anna me dépose sur la plage en paddle. Nous croisons une raie en chemin Les garçons nous rejoignent en annexe.
Greg propose à Victor un tour en ski nautique! Il reprend ses marques en faisant un petit tour de surf tracté, puis c’est parti pour du vrai ski nautique, une grande première!
Départ réussi!
Bravo Victor!
Pendant ce temps, Arthur prend le paddle pour suivre les tests de son bateau-maquette
En rentrant au bateau, je m’arrête avec Anna récolter des moules pour le dîner de ce soir : elles sont énormes et sauvages!Je me suis bien sûr renseignée auprès de Rachel sur la plage quelques minutes auparavant et oui, elles sont comestibles, même si les locaux n’en sont pas très friands…
Pour une première, je fais simple : Moules Marinière (les oignons rouges lui donnnent cette drôle de couleur orangée), accompagnée d’un très bon sauvigon blanc de chez Wither’s Hills, toujours en provenance des Marlborough. Et en dessert, j’ai voulu m’essayer à cette autre tradition néo-zélandaise : le « Brandy Snap ». Sorte de cigarette russe caramélisée au gingembre, fourrée avec une chantilly aromatisée au whisky : un délice!
Arthur part essayer son modèle réduit par temps fort! Comme il y a trop de vent pour pagayer et suivre son bateau en SUP, Loïc lui attache la maquette au bout de la canne : il n’y a qu’à la dévider pour laisser naviguer le bateau, et à mouliner pour le faire revenir : malin, non?
Un nouvel essai est indispensable le lendemain matin pour essayer la nouvelle quille : Loïc, courageux, s’y colle : il fait à peine 15°, heureusement le soleil pointe son nez!
En effet, la journée est magnifique, mais du vent fort est annoncé : nous allons nous abriter dans le Tory channel à Opua Bay.
Au final, après quelques heures, nous ne sommes pas satisfaits de la protection offerte par ce mouillage et quittons le Tory Channel pour Double Bay, à Arapawa island.
Nos ne sommes pas tout seuls, mais presque!
Avec une jolie petite plage.
Le temps s’est calmé, et après un rapide déjeuner picnic, nous partons naviguer en direction de Cooks Bay.
Loïc teste pour la première fois son nouveau drone en mer!
Moby sous voile dans le Queen Charlotte track
Nous arrivons à Cook Bay, à qui le capitaine Cook a donné son nom, mais tous les mouillages sont pris. Nos repartons donc de l’autre côté de la péninsule, à Resolution Bay.
Resolution Bay
Et plus précisément à School House Bay Campsite. C’est de là que débute l’une des plus belles marches du Queen Charlotte Track, reliant Resolution Bay à Ship Cove : la végétation est 100% « Native bush », c’est à dire que la main de l’homme ne l’a ni défriché ni planté.
Nous recensons de nombreuses variété de fougères, plantes qui me fascinent par leur graphisme et leur aspect ancestral : elles ont cotoyé les dinosaures!
Nous prélevons quelques échantillons pour notre herbier de Nouvelle-Zélande. Le sentier grimpe, et plus on monte, plus les vues sont belles.
Tout en haut : vue sur Resolution bay et le Queen Charlotte Sound d’un côté
Vue sur Motuara Island, sanctuaire refuge des « yellow -crowned Parakeet » , et Ship’s bay en contrebas.
Arrivés en haut, un petit weka vient inspecter les miettes de la collation que nous venons de prendre.
Un panneau explique comment le DOC (Departement of Conservation) s’y prend pour préserver ce site historique et de biodiversité unique. Le programme a commencé en 2014 par l’éradication de tous les petits mammifères non-endémiques tels que les hermines, rats, et opossums qui sont une menace pour les animaux endémiques tels le weka, le kiwi et d’autres oiseaux.
Depuis, des lignes de défense à multiples actions ont été mises en place : pièges, capteurs et émetteurs préviennent de l’intrusion d’une prédateur; des équipes sont sur place, nous les avons croisés, qui viennent tous le jours relever les pièges.
Ce programme nommé ZIP pour Zero Invasive Pretator est en test, et s’il est prouvé efficace, pourra être répliqué à d’autres zones de biodiversité sensibles de Nouvelle-Zélande.
Le retour est l’occasion de profiter de nouveau de la vue, mais surtout du calme et de la sérénité de cette zone de foret native. On comprend bien combien les polynésiens qui ont débarqué ici vers le 12ème siècle ont été conquis pas cette terre si inspirante, riche en ressources et à la nature hospitalière.Les enfants prennent du goût à la marche en tant qu’activité, qui se prête à la contemplation, à la méditation, mais aussi au papotage! Mais ce qui leur plait le plus c’est de cotoyer une nature si préservée.
Nous retrouvons Moby qui nous attend sagement au mouillage.
Ce soir, pas un souffle d‘air, la baie est un lac. Je pars faire un tour en paddle pour récolter des moules pour le dîner.
la récolte de moules
C’est si facile, il faut juste se baisser pour les ramasser à marée basse. … et de les accommoder. Certaines sont énormes!
Ce soir je les cuisinerai en curry rouge avec de la citrouille.
Puis je pars avec Anna faire un tour de la côte.
Nous croisons de nombreuses raies qui se nourrissent de coquillages.
Le lendemain matin, la lumière est très belle, la mer telle un lac se ride tout à coup : des dizaines de dauphins entrent dans la baie. Je passe direct du pyj au shorti, jette le SUP à l’eau, et file en direction des cétacés, avec Anna qui entre temps a aussi enfilé son shorti.
En 5mn nous les approchons, et sommes entourés de dauphins, moment vraiment magique.Tandis que le banc de ces dizaines de dauphins tourne et vire, deux d’entre eux restent près de nous, curieux, virevoltant sous le SUP. Je reste au début prudente, ce sont de volumineux Tursiops (des grands dauphin gris) de 3 à 4m de long et qui pèsent chacun une demi-tonne. Mais ils sont tellement gracieux et délicats en nous approchant…
Nous passons une demi-heure magique au milieu de la beauté sauvage du monde, quel privilège!
Nous quittons ce matin le Queen Charlotte Sound pour le Pelorus Sound, autre dédale de baies et voies navigable bordées de forêts.
Victor et mois partons passer la journée à Wellington! Il nous faut en effet entamer le process de renouvellement des passeports des 3 enfants, et nous avons pour cela pris rendez-vous au Consulat Français de Wellington. Après avoir monté le dossier et déposé les empreintes de Victor, nous pourrons retirer les passeport… dans 3 à 6 semaines!!
La capitale de la Nouvelle-Zélande n’est distante que d’une quarantaine de milles nautiques de Picton, dans les Marlborough, où se trouve Moby. La navigation n’est cependant pas des plus faciles, avec le détroit de Cook à négocier : ce bras de mer est l’un l’endroit les plus ventés de la nouvelle-Zélande, et l’un des plus dangereux à naviguer : la mer grossit très vite, le vents s’accélère naturellement, canalisé par les montagnes environnantes, et le détroit est sillonné de ferrys qui ne dévient pas de leur course.
8h du matin : au départ de Picton
Une navigation qui ne s’improvise pas : nous prendrons donc tous les deux le ferry, et ferons l’aller-retour dans la journée : 7 heures de mer en tout, dont 3 heures à longer le « Queene Charlotte Sound », spectaculaire fjord du nord de l’île du Sud.
Sortie de Picton, au fond du « Queen Charlotte Sound »
Nous longeons pendant une heure le Queen Charlotte Sound, émaillé de sentiers de randonnées comme le célèbre « Queen Charlotte track » au nord, mais aussi de petites criques, fermes d’élevages de moules…
et finissons par approcher de l’embouchure du sound, via le « Tory Channel » qui signe l’entrée dans le détroit de Cook.
Je me sens toute émue de franchir ce détroit, même si je l’avoue, en ferry, ça a moins d’impact que quand nous le ferons à la voile….
C’est un site historique, découvert par le célèbre Captain Cook, le premier à avoir fait une circumnavigation de la Nouvelle-Zélande, îles du Nord et du Sud, et qui a souvent fait relâche dans les Sounds.
Nous devrions l’emprunter d’ici 2 semaines avec Moby, quand il sera temps pour nous de mettre Cap au Nord.
Une heure trente après, nous longeons les côtes de l’île du nord.
Wellington n’est plus très loin, voici Pencarrow Head, l’embouchure de la rade de Wellington
Puis nous arrivons en vue de Wellington
Un paquebot est au quai.
Ce que je devine être le centre ville
et les marinas du centre ville
Nous descendons à terre, longeons les quais
et repérons les restos pour ce midi…
Les quais ont été récemment restaurés, entrepôts transformés en musées, galeries, restaurants, loueurs de paddle…
Ici une expo nous explique comment le quartier a changé de visage, et a été rendu embelli aux habitants
Franchement, nos sommes séduits!
Plus loin sur les quais, le « Te Papa Museum », musée interactif sur la Nouvelle-Zélande, que j’aurai hâte de visiter lors de notre prochaine escale avec Moby.
Aires de jeu,
Oeuvres d’arts géantes,
oeuvres d’urbanisme originales,
jardins et bâtiments rénovés,ancien bateau de travail,
Et ca y est : nous voici arrivés à l’ambassade de France!
Nous mettons en route la fabrication des 3 passeports, plus une procuration pour les présidentielles! Une heure après nous ressortons sereins : tout va bien, le dossier est complet, les passeports seront à retirer à Auckland d’ici 3 à 6 semaines.
Il est temps de se faire plaisir, il est l’heure de déjeuner! Pelée de « Toatoas et de diamond shells » marinière, accompagnés d’un chardonnay des Marlborough, vin d’une délicatesse que je savoure. La réputation des vins blancs des Marlborough n’est pas volée, je me délecte de ses saveurs boisées et complexes.
Il est temps de rentrer au ferry, 3 quarts d’heure de marche digestive le long des quais nous amènent à destination. Que j’ai hâte de revenir explorer plus encore cette capitale de bord de mer, une ville comme je les aime : vivifiante, inspirante, raffinée, artistique et populaire à la fois.
De retour dans le détroit de Cook, ca souffle, au moins 30 noeuds : Wellington est réputée être la capitale la plus ventée du monde….
Nous arrivons à Picton, ce sont les régates du soir!
Nous repartons dès demain explorer les Marlborough Sounds!
Après la nav’ agitée qui nous a amenés dans l’île du Sud, nous passons encore 24h à bord : 35 noeuds de vent au mouillage, c’est trop pour débarquer, et surtout pour laisser MOBY tout seul au mouillage.
Ce n’est que surlendemain de notre arrivée que nous mettons pied à terre sur la plage d’Onetahui.
Le sable est curieusement ocre, et derrière la dune, nous découvrons une lagune.
Beaucoup d’oiseaux également, des huitriers-pie, des sternes, des mouettes, des canards.
Nous faisons le tour de la lagune à pied. Nous ne sommes pas le seul bateau au mouillage….
mais c’est facile de faire croire le contraire!
Un hélico nous tourne autour, incroyable , il semble vouloir atterrir sur la plage!
Il s’agit de la sécurité civile, l’hélicoptère des secours/sauvetages. Nous sommes ici dans un parc national très fréquenté par les randonneurs. Une jambe cassée? Une crise d’asthme sévère?
Finalement, il ne s’agit que d’un exercice, ouf, il n’y a pas de bléssé. L’équipage est en training et redécolle après quelques minutes seulement
Après notre picnic, nous partons marcher le long de la côte en direction de la plage de Tonga Quarry.
Le parc Nation d’Abel Tasman est le plus petit de Nouvelle-Zélande, et et offre 70 km de côtes aux paysages magnifiques et au microclimat unique : Rivières, lagunes, plages aux couleurs ocre, et le plus fort taux d’ensoleillement de toute la Nouvelle-Zélande!
Nous comprenons vite que que c’est aussi une industrie. Je me renseigne : 180 000 visiteurs par ans sur ce petit bout de terre de 225km2, c’est une des destinations les plus prisées du pays!
La plupart des visiteurs viennent marcher tout ou partie des 55km de sentier côtier du parc, qui longe 5 à 6 très belles plages. L’originalité, c’est que l’on peut moduler à la carte suivant le temps et l’énergie que l’on a 24h ou une semaine, à pied, en kayac ou à bord de bateaux-taxi qui vous déposent où vous voulez. Pour dormir : la tente ou des lodges disséminés le long du parc…. qui n’est accessible qu’en bateau, pas de route : c’est à ce prix que la beauté naturelle du site et préservée.
Nous sommes assez admiratifs de l’offre touristique complète, qui permet des vacances sportives, pittoresques et confortables dans un cadre sauvage. Cela donne des idées, que l’on pourrait développer le long de nos côtes bretonnes.
Sur le chemin, les fougères arborescentes sont innombrables.
Ci-dessous : une toute jeune pousse de fougère arborescente
Nous traversons un petit bras de rivière.
Puis la plage ! C’est une ancienne carrière de granite : les marches de la cathédrale de Nelson, la ville la plus proche, ont été construites de ces pierres, ainsi que certains batiments de Wellington, la capitale, distante à vol d’oiseau d’une centaine de km.
Mais il est 16, les nonos attaquent… qu’on les appelles « sandflies » « nonos’ » (No-see-them), ou « yenyens », c’est la même plaie qui infeste toute l’île du sud (mais aussi l’Ecosse, la Norvège, l’Alaska etc…. l’été) : de minuscules moutiques résistants aux anti-moustiques et si petits qu’ils traversent les moustiquaires. Les morsures ont en plus tendacent à être allergisantes, et à s’infecter….un vrai cauchemard….
On évite donc d’aller à terre en fin de journée!
Sur Moby, nos sommes tranquilles : ils sont si petits qu’ils ne peuvent voler contre le vent.
Ce soir, c’est champagne! Un 14 février, jour de St-Valentin, je sais, c’est cliché! Mais c’est aussi l’anniversaire de mon papa, alors « Bon anniversaire Papa », et surtout l’anniversaire de notre rencontre! 22 ans pour Loïc et moi que nous nous sommes trouvés, puis plus quittés : ca se fête, non?
Nous avons changé de mouillage hier pour la plage de Torrent Bay. Derrière le banc de sable, une immense lagune qui se visite à marée haute en kayak ou en annexe.
Cela fait 2 jours qu’Arthur travaille sur sa maquette de catamaran : coques en barquette de gateau, mat en baguette, voile en papier… nous partons dans la lagune pour les essais en mer!
Bonne nouvelle : il flotte, et il avance!
Ca manque de stabilité dans les rafales! Un retour au chantier s’impose.
Nous continuons en annexe de visiter les méandres de la lagune.
le fond de la lagune
fougères arborescentes
De retour, nous partons mouiller quelques centaines de mètre plus au sud, à « the Anchorage ».La plage est très belle.
Et aménagée
Nous découvrons l’ampleur de l’organisation touristique : la plage est très fréquentée, c’est le départ des kayakistes : un ballet incessants de bateaux-taxis, bateaux livreurs » de kayaks, et petits ferrys.
Les kayakistes rentrent de ballade au portant avec de petites voiles.Certains dormiront ce soir à bord de l’Aquapackers.
Un catamaran à moteur original transformé en auberge de jeunesse pour randonneurs : des cabines dortoir, un service de petit dèj et de BBQ pour le soir.
Sur la plage, un groupe répète un « haka » cette danse guerrière maorie, devenue célèbre garce au rugby, mais qui est pratiquée ici au sein de groupe culturel, mais aussi dans les écoles, clubs de sports etc… Le volume sonore est impressionannt, et assister en direct à ces dances donne des frissons….
Mais ce parc est un peu trop fréquenté et touristique à notre goût : demain, nous mettons cap au Sud, route vers les fameux « Marlborough Sounds », cette région vinicole réputée pour ses sauvignons minéraux, son micro-climat, ses moules, son saumon, et sa navigation dans des bras de mer étroits et escarpés, émaillés de minuscules criques.
C’est à Whangarei que nous avons décidé de sortir Moby de l’eau pour effectuer l’entretien annuel : antifouling, révision du gréement et des moteurs, et tout un tas de petits travaux d’entretien plus faciles à faire à sec qu’en mer.
Déjà un an que Moby a quitté la Grande Motte, et bientôt un an que j’ai rejoint le bord avec les enfants à Lanzarote….Une année riche en aventures, où les enfants ont incroyablement grandi, gagné en maturité et autonomie, en indépendance et sociabilité. Et où Loïc et moi avons beaucoup appris aussi, gagnant en compétance, et en assurance au fur et à mesure des expériences gagnées : nouveaux pays, nouveaux mouillages, nouvelles rencontres : à chaque fois il faut s’adapter.
Nous avons sélectionné le chantier il y a un mois déjà, lors de notre passage à Whangarei. Il nous avait séduit par son imposant travel-lift, ses prix de sortie de l’eau attractifs, la propreté du chantier, son cadre tranquille, des champs d’un côté, la rivière de l’autre, mais à quelques minutes en voiture d’une petite ville fort bien achalandée en ship-chandlers, professionnels du nautisme et boutiques en tous genres.
Les équipement pour la vie à terre nous avaient aussi semblé intéressants : une grande salle à manger/salon télé, une immense cuisine avec 2 frigos américains, un bureau, un coin BBQ, une lingerie, des vélos, une voiture de courtoisie à se partager…
Car une fois au sec, Moby n’a plus l’eau courante, ni de frigo (refroidissement à l’eau de mer), plus de toilettes, de douche, d’évier etc….
Notre sortie n’est prévue qu’à 13h, mais nous arrivons tôt le matin, ce qui nous permet d’assister à la sortie de l’eau d’un voilier : c’est toujours utile de voir l’opération de loin.
Les enfants sont eux aussi impressionnés.
Arthur suit les opérations avec attention
en moins de 20mn, ce monocoque est sorti de l’eau
Après le déjeuner, c’est au tour de Moby. Nous avancons vers le travel -lift, les 2 sangles sont glissées sous les coques. Loïc plonge sous les coques pour vérifier qu’elle passent bien aux bons endroit, et donne son feu vert pour la sortie de l’eau!
En 15mn, l’opération est rondement menée : Moby est sanglé et avance sur des roulettes! Il part se faire nettoyer la coque au karcher. Comme c’est la fin de la journée, l’équipe n’aura pas le temps de nous caler à terre : nous passons donc la nuit dans les sangles, et partons dîner au resto fêter cela!
Je teste des moules à la bisque de homard : elles sont énormes! Pas loin de 15cm chacune, charnues et plutôt croquantes. Loïc tente un risotto de fruits de mer et se régale tout autant.Le lendemain, le marathon commence : il faut courir après les entreprises pour obtenir des devis, une intervention, un conseil. Au final, nous décidons de faire réaliser l’antifouling et la révision du gréement : Loïc fera le reste!
Il travaille 10h par jour s’arrêtant à peine pour déjeuner :
les whinchs sont démontés, nettoyés et graissés
idem pour les hélices,
les moteurs révisés, vidangés, les filtres changés
entretien du guindeau, nettoyage de la chaine
nettoyage en grand de l’annexe
plus de nombreuses petites choses à réparer, bricoler, améliorer.
Les préparatifs pour l’antifouling commencent. Moby est mis sous bache
Une couche de primer est passéePuis l’antifouling
De mon côté, ce n’est pas des vacances non plus… J’assure l’école tous les matins,
Anna travaille les notions de grandeur avec les barettes Cuisenaire « en escalier » et la notion de symétrie « miroir » avec les Attrimaths
Sans oublier les repas et l’avitaillement bien sûr, et me suis donné pour tâche le nettoyage en grand de chacune des 4 cabines : je vide tout, y compris le stockage sous les lits, le nettoyage des bibliothèques, matelas, vaigrages, portes, charnières, ventilos, intérieur des placards etc….Tous est lessivé et passé au vinaigre, merveilleux produit qui nettoie, fait briller, tue les moisissures, et favorise le séchage!
A bord de Moby, très peu de produits sont nécessaires : du savon noir, du vinaigre, une batterie de lingettes microfibres, des « éponges magiques », des brosses de toutes tailles, goupillons, baguettes en bois et lames en plastique pour les recoins et c’est tout!
Dans les temps morts, c’est moi aussi qui effectue en voiture ou en vélo les petites courses. J’ai en tête également que dans 2 mois, nous quitterons la Nouvelle-Zélande pour 8 mois de navigation dans de petites îles de l’Océan Indien : il me faut donc profiter de la voiture de courtoisie pour me ravitailler ici en pharmacie, papeterie, fournitures scolaires, articles de bricolages, vêtements (les enfants ca grandit!!) etc…
Chacun leur tour, les enfants m’accompagnent. Ici Arthur, rêveur devant cette règle de 1m de haut!!
Nous passons également quelques soirées « administratives » à organiser notre visa long séjour en Nouvelle-Zélande, et une autre à préparer le renouvellement des 3 passeports des enfants, en prévision de la suite du voyage. Le process de renouvellement étant de 4 à 6 semaine, notre escale en Nouvelle-Zélande est donc l’endroit idéal.
Notre vie au sec s’organise. En dehors des temps d’école et de nettoyage/bricolage, nous passons pas mal de temps dans la « recreational Area », avec les autres équipages. En tout une vingtaine de bateaux au sec dans ce chantier, et environ 5-6 familles ou couples vivant et travaillant sur leurs bateaux, partageant la cuisine et les repas. Cela crée une ambiance multi-culturelle très sympa :
Owen et Stewart, un couple de neo-zélandais d’Auckland qui rénovent leur ancien motoyacht de 80 ans, tout en bois,
Tatiana et Mike, jeune couple americano-brésilien contraint au repos forcé pour cause de sciatique,
Christine et Franck, un couple d’allemands, qui refont tous les vernis de leur joli sloop cinquantenaire, Shangri-La,
Karen et Craig, avec leurs enfants Freya 11 ans et Blake 7 ans, une famille de néozélandais qui retapent un cata de plus de 20 ans acheté à l’état d’épave, et vivent depuis 4 ans à l’année dessus : il est architecte naval et elle est architecte, ils passent leurs étés en chantier ou dans des mouillages, et leurs hivers à la marina de Gulf Harbour, dans la péninsule de Whangaparoa
Yves et Pascale, avec leurs enfants Lucille 17 ans et Simon, 14 ans, francais d’Arcachon naviguant sur un Outremer 49, modèle précédent le notre.
Les deux Outremers au sec!
Samedi matin, je vais avec Anna au marché. Les produits sont presque tous bio car les néo-zélandais sont très préoccupés par leur santé alimentaire : ils ont là-dessus 20 ans d’avance sur nous les français! Les légumes sont superbes, et la diversité des origines de peuplement des néo-zéalndais et la qualité du climat en font des étals d’une variété incroyables.
on y trouve bien sûr tous les fruits d’été : prunes, myrtilles, melons,
mais aussi quelques produits tropicaux qui poussent grace à la douceur du climat quasi-méditerranéen : le kumara (patate douce importée par les prmiers habitants polynésiens il y a 10 siècle), des avocats, du taro, de l’igname, et même des bananes!
tous les légumes asiatiques, bokchoy, petsai, chou chinois, pousses de bambou, épinards vietnamiens…et certains produits typiquement indiens comme la margoze ou l’aubergine blanche
et bien sûr toutes ces plantes « santé » à la mode en ce moment : le kale (sorte de légume-feuille entre le chou frisé pour le look et le brocoli pour le goût), le broccolini (brocoli à longues tiges et fins bouquets) des algues, le miel de Manuka (myrthe sauvage aux vertus antiseptiques et anti-inflammatoires)
Cela nous nous empêche pas Anna et moi de nous délecter d’un très gras et donc croustillant croissant au beurre….et de sourire avec gourmandise devant la roulotte de cette authentique crêpière bretonne, mariée à un néo-zélandais! Décidément, ils sont partout, ces bretons!
Intéressant aussi, ce marchant de plantes épiphytes. Je suis tentée d’en prendre une, l’anniversaire d’Arthur n’est pas loin, il serait ravi! Mais la règle est stricte à bord de Moby : pour limiter les petites bêtes, pas de plantes à bord. Dommage, celles-ci avaient fière allure.
L’après-midi, les enfants jouent dans la salle commune. Ils se spécialisent dans la fabrication d’avions en papier. Dimanche, nous nous autorisons à prendre un après-midi pour aller à la plage! Nous rejoignons Karen, Craig, Blake et Freya, avec les bodyboards et les skim.
Karen
Freya et BlakeCraig
Nous avons 45mn de route pour rejoindre la plage d’Ocean Beach, réputée pour ses vagues et ses dunes.
Nous n’avons pas l’habitude de plages si fréquentées : il y a un club de surf local, et même des coast gards qui surveillent la baignade!
Oh, surprise, Christine et Franck nous rejoignent à la plage… avec de la glace! ice-cream pour tout le monde!
Loïc fait du bodysurf,
Moi du body board
Tout comme Anna
et Arthur
Victor alterne body board…
et skimboard
Les enfants s’éclatent pendant des heures, les mamans aussi!
C’est bon la glisse entre filles!
C’est aussi génial à partager avec son ado!
Victor initie Blake au skimboard.
La planche est un peu lourde pour Blake
Victor lui lance la planche, et Blake saute dessus,
avec succès!
Arthur et Anna se réchauffent au soleil en jouant dans le sable.
19h, il est temps de rentrer, car la journée de demain sera bien longue!
Il nous reste 3 jours pour terminer de préparer Moby! L’antifouling est terminé.
Pendant ce temps, les enfants continuent l’école le matin, et les jeux l’après-midi. Depuis quelques jours, il nous trotte dans la tête à Karen et à moi de faire un atelier de travail en commun avec les 5 enfants. En effet, Karen elle aussi fait l’école à la maison-ou plutôt en bateau! Ce que l’on appelle en anglais le « home-schooling ». Nous avons déjà eu l’occasion d’échanger sur nos méthodes, chacune peu désormais s’inspirer de l’autre.
Le thème d’aujoud’hui sera la Nouvelle-Zélande!
Karen a préparé tout un tas de petits éléments à découper et compléter sur le thème de la Nouvelle-Zélande, sous forme de « scrapbooking » dans des «folders ».
Je suis contente d’être initiée à cette technique de présentation de projets. C’est un dossier cartonné, plié en deux, avec une jolie page de garde coupée dans son milieu = pour ce projet-ci, il s’agit d’une carte de la Nouvelle-Zélande.
A l’intérieur, on colle des petites pochettes, que l’on remplit avec des infos, un drapeau, des données sur le pays. Chaque dépliant est personalisé, et unique!
Au bout d’une heure, les plus jeunes se lassent et commencent à s’agiter. Il est temps de passer au bricolage!
Nous optons pour la fabrication de balles de Poi : ce sont des boules que l’on fait tourner au bout de cordelettes élastiques, lors de danses maories, un peu à la manière des majorettes de chez nous, à mi-chemin entre la danse, le jonglage et les percussions !
La fabrication est presque terminée…C’est parti pour les essais : répétition générale!
Prêts pour le spectacle!
Le lendemain, nous participons à un « Pot-luck » (traduire : « à la fortune du pot »), tradition anglo-saxonne assez sympa connue aussi sous le nom de «bring and share», où l’on se retrouve dans un endroit donné en groupe, chacun apporte à manger, et on partage, façon « buffet ».
C’est en plus l’anniversaire de Craig, qui fête ses 49 ans : c’est buffet de desserts !
Au menu : salade de potiron au lait de coco, plat traditionnel bresilien, authentique curry indien, salade de boeuf thaî, curry indien…. Pour l’occasion, j’ai fait des crêpes
Dernier dîner au chantier, nous nous disons au revoir, échangeons les coordonnées, et nous retrouverons un jour, qui sait?
Moby est prêt!
Il est remis à l’eau le jeudi matin, après 9 nuits et 8 jours au sec.
A 8h30, nous sommes à l’eau, il pleut des cordes, 30 noeuds de vent, quel contraste avec cette semaine ensoleillée que nous venons de passer.
Mais il nous tarde de retourner naviguer, cap vers l’île du SUD!
Nous avons appareillé de Great Barrier pour Auckland le matin du 21 janvier, sachant que du mauvais temps était attendu dans la nuit, et qu’il fallait nous mettre à l’abri… En effet, nous enregistrons jusqu’à 52 noeuds de vent… au mouillage, des creux de plus d’un mètre, autant vous dire que la nuit a été agité pour la captain et son second.
Le lendemain, à 8h c’est le calme après la tempête…
Deux heures plus tard, c’est la bascule, le vent tourne et regagne en force : les régatiers s’en donnent à coeur joie.
Il faut dire que la baie d’Auckland offre un magnifique plan d’eau, un peu comme à Brest! 😉
Dans l’après-midi, c’est les SUP qui attaquent un entrainement de downwind. Je sais qu’au même moment, en rade de Brest, une dizaine de SUPers attendent avec impatience la première tempête de l’année pour se lancer en downwind pour la Paddle Storm Master.
Nous profitons d’un petit moment d’accalmie du vent à moins de 25 noeuds pour nous diriger vers la marina de Westhaven où nous avons maintenant nos habitudes. C’est encore la même place qui nous est désignée : face à la ville d’Auckland, et aux superyachts! Tiens, un petit nouveau, avec son hélico!
Pendant ces quelques jours, j’ouvre l’oeil à l’insolite qui pointe son nez : comme ces chinois venus se marier, et immortaliser l’évènement… sur le port!!
Et cette « cigarette », ambiance Miami Vice
Là, ce gros hangar, c’est un garage à bateau géant, contennant des racks sur plusieurs étages. Une solution alternative à la place de port, moins couteuse, et déjà utilisée depuis des décennies aux USA, plus particulièrement en Foride.
Ce bus « amphibie » qui promène les touristes de manière originale : qui a remarqué l’hélice qui dépasse à l’arrière?
et encore, le Waszp, petit foiler monoplace australienattention quand ça plante!
Nous profitons de cette escale « technique » pour faire un peu de tourisme : la visite de l’Auckland Museum est incontournable. Nous avons 2h devant nous avec les enfants et choisissons 4 thèmes :
Les collections Maories, en particulier, le canoé géant de plus de 20m, admirablement sculpté, mais aussi la maison du peuple, et des centaines d’objets d’artisanat du quotidien
la partie Histoire Naturelle de la Nouvelle Zélande, avec les squelettes de dinosaures, des moas, et des explications sur les animaux endémiques de Nouvelle-Zélande, comme le Kiwi ou le manchot pygmée.
un manchot
squelettes et oeufs de Moas
le « faux lin »
squelettes de dinosaures
le Volcanisme néo-zélandais expliqué à travers vidéos, animations et ce simulateur de séisme qui simule un tremblement de terre dans un salon! « Trop cool « ont dit les enfants.
Pour les garcons, le 3ème étage du musée consacré aux guerres, et l’exposition d’un véritable Zéro (japonais) et d’un Spitfire (anglais), avions de combat de la seconde guerre mondiale impliqués dans la « Guerre du Pacifique ».
….pendant qu’Anna et moi allons voir la boutique du musée….Je suis incorrigible quand il s’agit de fouiner dans une librairies…
J’en repars avec 3 livres :
« Tradition et coutumes des Maoris » (en francais!) : un tout petit livre qui sera parfait à lire et faire lire aux enfants, penant nos heures d’école
En anglais : « A brief History of New Zealand« , illustré de tableaux, aquarelles, sculptures et dessins historiques, qui permettent d’aborder l’histoire du pays en image via les arts.
« Maori Art for kids » : 15 mini-ateliers d’art illustrés de vraies oeuvres d’art, expliqués et faciles à mettre en oeuvre : j’ai hâte de le mettre en pratique avec les enfants, pour fabriquers nos tikkis, cerfs-volants, poteries, toupies, masques etc….
Nous commencons le premier atelier dès le lendemain avec des pendentifs tikkis en Patarev’! Victor se prend au jeu. Anna et Arthur s’appliquent également beaucoup, et sont très fiers de porter leurs créations autour du cou.
Nous continuerons avec ces « transferts » de tikkis en gouache noire sur crayon de cire colorés.
Nous ferons aussi un stop à Mount Eden, l’un des multiples cones volcaniques parsemant la ville d’Auckland, et celui le plus proche du centre, et le plus haut également (196m). Ce cratère de 50m de diamètre est un lieu sacré pour les Maoris. Il nous fait beaucoup penser au « Trou aux Cerfs » de Curepipe à l’île Maurice).
La vue d’en haut est panoramique.
De retour au mouillage, nous ne nous lassons pas de la vue sur la ville, photogénique de jour comme de nuit.
Après une semaine, nous quittons Auckland pour Whangarei, où nous allons sortir Moby de l’eau, et planifier les travaux d’entretien annuels qui devraient nous prendre une bonne semaine.
Nous nous arrêtons pour 24h sur une plage de Tomaratau sud de Whangarei, qui déroule des km de sable blanc et de rouleaux…
Nous descendons à la plage en paddle tous les 5, armés des bodyboards et skimboards. …
La plage est très calme, quelques maisons éparses se dessinent derrière les dunes. L’endroit est tout sauf touristique.
L’après-midi se passe à surfer les vagues et les dunes en body-board.
Quelques gamelles en perspective….
Le lendemain, nous levons l’ancre direction Whangarei. En longeant la côte, nous croisons la route de maman baleine et de son baleineau. Nous les suivons doucement, en ralentissant, pour ne pas leur couper la route.
C’est terriblement émouvant de les observer de si près.
Nous passons l’après-midi et la nuit suivantes à Smugler’s Bay, jolie plage située à l’embouchure de Whangarei. Anna et moi allons à la plage à la nage, pendant que les garçons font un jeu de société.
Demain, c’est le grand jour, nous sortons Moby de l’eau!
Nous arrivons à Great Barrier en provenance de Coromandel et choisissons de nous arrêter au plus proche à Port Fitzroy, sur la côte protégée de l’île : au sein de cette rade, plusieurs petites baies en forme de doigts, protégées par l’ilôt de Kaikoura qui en fait un abri très sûr.
Loïc nous fait prendre le passage du « Man of War » , petit détroit entre Great Barrier et Kaikoura.
Je suis à la barre, à la voile, mais avec le moteur embrayé, sur le point d’emprunter cet étroit couloir de 40m de large… quand j’apercoit sur la cartographie grâce à l’AIS un navire se diriger à 12 noeuds à travers le détroit en face de nous…. Sans le voir, je devine qu’il s’agit d’un ferry ,qui dessert sans doute Great Barrier, et me dis que je ferais mieux de ralentir….
Quelques secondes plus tard, nous apercevons le ferry qui sort du chenal : j’ai bien fait de le laisser passer, il y aurait tout juste eu de la place pour nous deux!
Original en entrant dans la rade de Port Fitzroy, on tombe sur une barge-poubelles de tri : les néozélandais sont décidément très pragmatiques. Nous décidons d’aller voir le réputé très beau mouillage de Wairahi Bay.
Le mouillage est littéralement bondé. Nous comptons pas loin de 200 bateaux dans l’anse de Wairahi, on se croirait à Ibiza au mois d’août!
Toute cette promiscuité nous gâche le plaisir d’aborder cette île si sauvage qui nous a pourtant été recommandée par nos amis Neo-Zélandais…. mais eux évitent la côte Ouest de Great Barrier et se réfugient en été sur la côte Est. Fatigués de la traversée, nous mouillons tout de même, et décidons d’apareiller le lendemain matin.
Nous longeons Little Barrier, réserve naturelle sur laquelle il est interdit de débarquer, puis passons le cap des Aiguilles :
Les Needles (aiguilles en anglais) sont impressionnantes.
Nous arrivons devant un mouillage sublime, la plage de Whangapoua.
Cette immense baie recèle plusieurs autres petites plages que nous découvrirons au fil des jours, propices aux abris des vents de Nord-Ouest comme ce soir à Tapouvaï.
Pour le moment, nous filons à terre à la découverte de la partie nord de la plage, interminable….
les enfants courent à perdre haleine,
et découvrent sous le Pohutukawa,
une balancoire!
Oh surprise : cette partie de l’île est à vendre!
Et ne trouve apparemment pas prenenur depuis 2 ans, bien que sa situation soit exceptionnellement belle.
Mais les terres agricoles sont peu fertiles, arides et difficiles à exploiter car faites de collines arides.
Nous retrouvons avec grand plaisir notre ami Bruce sur son trimaran Trio,
avec ses enfants Alex et Katie qui ont l’âge d’Arthur et d’Anna, et faisons la connaissance de Stephanie, sa femme.
Ca tombe bien, aujourd’hui, c’est L’Epiphanie et nous venons de cuire une galette des rois-gâteau breton! Ils sont ravis de partager avec nous cette tradition française aux lointaines origines chrétiennes.
Le lendemain, nous prenons un jour off sans école pour passer la journée à la plage avec nos amis. Baignade, pic-nic,
farniente sous le soleil, crapahute dans les rochers, balade en SUP,acrobaties dans les branches de Pahukahutas, exploration de la plage, recherche de trésors comme ce crâne de piaf,
écriture au charbon…., hmmm, qu’ils sont sales ces enfants!
…..et terminons la journée par un feu de camp,
pour y griller des chamallows dans la grande tradition anglo-saxonne.
Un autre jour, nous irons explorer les dunes. Les enfants se jettent en roulé-boulé dans les pentes, et regrettent de ne pas avoir apporté de quoi glisser…
Le lendemain, les garcons tentent de surfer sur le sable avec un body-board… C’est parti! Les débuts sont un peu acrobatiques…
premiers essais à plat ventre,
puis debout.
C’est encore mieux avec plus de pente.
Et voilà, très stylé, Arthur!
sans oublier le finish’.
Une autre fois, nous allons à marée haute en annexe dans la lagune. L’avantage c’est que nous pouvons emporter plus de matos = body-boards, skim, cerf volant de traction….
Arthur tente le coup allongé sur le body-board, tracté par le kite…
Victor s’y essaie aussi, mais il est trop lourd.
La sieste sur le sable chaud, c’est bien aussi, surtout pour le papa coach de sport qui court depuis 2h après le cerf-volant…
Sur la partie sud de la plage, il y a un spot de surf fantastique pour les enfants et les débutants comme moi.mais aussi très agréable pour les surfers confirmés.Une lagune se vide et se remplit à chaque marée, provoquant des vagues de sable faciles et accessibles : côté plage, les enfants ont pied et peuvent remonter les vagues sans problème.
Arthur prépare sa planche et la waxe. Il prend ca très au sérieux… Il faut dire que notre petit bonhomme de bientôt 8 ans est accro à la glisse, il dort même avec sa planche dans sa cabine…J’ajouterais que son tempérament volcanique s’adoucit après une bonne session de surf….
De mon côté, je suis impatiente d’essayer la toute nouvelle planche de Victor : une 130l Exocet, qui devrait également me convenir!
C’est Victor qui la ramène à bord :
Il n’est pas loin de planer.
Sur la plage, nous croisons des huitriers-pie, qui nous pépient dessus, de plus en plus fort.. nous comprenons vite que le nid n’est pas loin, mais mettrons quelques minutes à le repérer!
L’oeuf est incroyablement camouflage, couleur de sable. Qui l’a repéré?
En fin de journée, c’est le repos des sportifs, et séchage des néoprène pour le lendemain. Nous avons ressorti notre équipement breton : combis intégrales pour les enfants, intégrale manche courte pour Loïc et long john pour moi.
Dans la nuit, le vent s’est levé, Loïc est ravi d’essayer la nouvelle planche de Victor par 20 noeuds de vent.
Il s’éclate.
La planche est apparemment très rapide, et finalement très maniable dans les vagues malgré son volume.
Au bout de quelques jours, nous croisons Barbara, la soeur de notre ami Bruce, sur son trimaran Trilogy. Nous avions rencontré Barbara au Fidji, alors qu’elle représentait le Fédération internationale de Surf pendant la compète de SUP Surf de Cloud Break. Nous nous étions donné rdv en ce début d’année à Great Barrier, et sommes ravis de faire la connaissance de son mari Shane et de ses filles Amy et Samantha. Dans les traces de la maman et de l’oncle champions olympiques, toute la famille fait du surf, de la planche, de la voile….On connait le terme de « watermen » et de « waterwomen », consacrant les sportifs brillant dans les sports de glisse, mais « waterfamily » serait plus approprié pour les Kendall!
Dans l’après-midi, en début de marée montante, nous partons surfer en famille. Barbara est déjà à l’eau avec ses filles.
Loïc est en SUP, et surveille Arthur et Victor en surf ; Anna et moi nous amusons dans un mètre d’eau en bodyboard .
Après avoir passé 2h à coacher les enfants dans l’eau, nous les ramenons à bord et repartons tous les deux en SUP surf.
Après le dîner, Barbara et Shane nous apportent des ormeaux pêchés un peu plus tôt dans l’après-midi, Bruce et Steph du vin blanc, il nous reste une galette des rois : voilà une fin de soirée improvisée comme on les aime.
Le courant passe bien entre les 7 enfants, Victor servant d’interprète franco-anglais.
Le lendemain, Bruce (en kitesurf), Loïc et Shane tous deux en planche tirent des bords le long de la plage,
pendant que Barbara navigue en planche, aux côtés de sa fille ainée Sam en optimiste.
Nous sommes gâtés par le temps, venté et ensoleillé, les couchers de soleil sont superbes, les levers aussi
et la lune bientôt pleine.
La faune nous surprend toujours : ici un petit pingouin
Les « Blue Pinguins » sont les plus petits pingouins du monde : très rondouillards , ils peuvent à peine tenir debout à terre, et se déplacent surtout à plat ventre… ou en nageant!
Déjà 8 jours que nous sommes à Whangapoua, sans avoir vu le temps passer. Bruce nous propose de l’accompagner à Mercury Island.
Nous profitons de la nav matinale pour avancer sur le programme de l’école : ca n’est pas toujours facile de travailler pendant que les petits copains sont en vacances. Alors nous tentons de rester ludiques et motivants dans les apprentissages. Un matin Loïc donne une leçons de navigation aux garcons, y incluant, chacun à son niveau, calculs, vocabulaire technique, et problèmes pratiques à résoudre.
De mon côté, pour les maths, je suis ravie de pouvoir utiliser au quotidien les barrette Cuisenaire (du nom de son génial inventeur il y a près d’un siècle) pour rendre concret le dénombrement et les grandeurs (pour Anna 4 ans),
les compléments à 10, les multiplications, la résolution de problèmes
pour Arthur 7 ans,
les équations, les proportions et le théorème de Pythagore pour Victor 13 ans. Et en plus, les enfants y jouent comme avec des Kapla (que nous avons laissé à la maison : trop lourd et trop volumineux).
Nous arrivons à Mercury Island vers midi,
suivis de près par Trio.
Le contraste des falaises crayeuses, des collines roussies par le soleil, des bois veloutés de verts et des plages immaculées est saisissant.
On nous avait vanté la beauté de « Coralie Bay », et nous sommes charmés.
Anna et moi explorons une première plage en paddle, puis grimpons la colline.
En explorant la seconde baie, nous retrouvons Stéphanie, Katie, Alex et leurs grands-parents Tony et Peggy, avec qui nous faisons agréablement connaissance. Ils naviguent sur leur voilier Sunlight depuis…. plus de 40 ans! Sunlight est donc le voilier sur lequel Bruce, Barbara et Wendy ont leurs souvenirs d’enfance…..
Les filles s’approprient cette incroyable hutte en forme de coque retournée.
Nous admirons la construction 100% bois flottés!
Le coucher de soleil promet d’être très beau,
sur cette île aux milliers de moutonsEffectivement, le dégradé de couleurs est subtil
Mais le lever de lune est encore plus impressionnant!
Après 24h d’un aller-retour infructueux à Whitianga pour remplir nos bouteilles de gaz, nous remettons cap vers Mercury Islands. Le reste de la « croisière » se fera au camping-gaz!
En attendant, le midi, ça sera salade, sandwichs, chips et crackers;
Le soir soupe ou pasta au thermomix; et le matin, fini les pancakes et brioches faits par maman, bonjour les céréales ou le pain de mie!
Nous nous alignons en cela sur nos amis de Trio et Trilogy, pour qui le confort à bord de leurs trimarans de 32 pieds rime plutôt avec camping.
Le second mouillage que nous visiterons est celui de Peachgrove.
Très fréquenté en ce samedi de week-end ensoleillé, le mouillage sera bizarrement désert le lendemain…
Victor a sorti son skim board, les conditions sont idéales.
En cette fin de séjours, les réserves de nourriture de nos amis sont au plus bas : nous les accompagnons à la pêche à pied!
Bruce trouve quelques ormeaux, appelés Paua en Maori (prononcer pawa), et des oursins également.
Moi je préfère les bigorneaux. J’en teste 2 sortes : des gris, de taille moyenne qui ressemblent à nos bigorneaux, et des noirs plus gros, appelé « cat’s eyes », et qui s’ornent d’un magnifique opercule en nacre, irisé comme un oeil.
Une fois cuit, ça ressemble vraiment au bigorneau de chez nous, en un peu plus caoutchouteux.
Arthur, à marée basse construit un barrage sur le ruisseau.
Le lendemain, avec les paddles, nous allons remonter le ruisseau :
Bruce et Alex sur une Mistral One Design,
Steph et Katie en SUP,
Loïc prend Arthur, et j’embarque Anna.
et c’est parti!
Nous longeons des berges foisonnantes de plantes, avant d’arriver après 10mn de glisse et 3 mn de marche à une cascade!
Les enfants se jettent à l’eau (facile, ils sont en combi intégrale, les veinards!)
J’enfile ma mini combi néoprène, acheté pour le SUP l’été en Bretagne, etqui convient parfaitement pour la natation en Nouvelle-Zélande.
Plus courageux, Steph et Bruce y vont en maillot
ce fut un chouette moment à partager en famille
et entre amis
Anna ramène au bord Alex, qui fait semblant d’être un peu fatigué… merci l’apprentie-sauveteuse!
Le retour se fait avec le courant,
Anna rentre à la nage avec son body-board!
Ca y est, nous arrivons à l’embouchure de la rivière,
la plage n’est pas loin
Ca y est!
Les enfants referont 10 fois la descente de l’embouchure, c’est trop bien!!!! C’est comme du rafting, en eau peu profonde.
Victor est resté courageusement bosser son francais à bord de Moby nous rejoint en paddle
pour un pic-nic. Le lendemain, au vu du vent qui s’est levé assez fort, nous nous décidons de rentrer en 2 étapes à Great Barrier : 1ére étape pour la nuit à Mercury Harbour. La mer est agitée pour Moby, et que dire pour Trio!
Sur le chemin, des dauphins nous accompagnent quelques minutes dans le sillage de Moby.
Notre second stop se fait à Stony Bay.
Nous allons à terre en annexe pour explorer la crique adjacente : Shag bay. Arthur a trouvé un nouveau mode de relaxation original… La première crique de galet propose une petite marche longeant le ruisseau….
Mais qui s’avère impraticable.
Sur la seconde crique, une balançoire permet de traverser le petit bras d’eau : les garçons s’y risquent… avec plus ou moins de réussite!
Nous parcourons la plage de galets à pied, à la recherche quelques trouvailles naturalistes :
une pousse de « flax » (ou harakeke en Maori), cette plante versatile utilisée tressée pour confectionner toutes sortes d’objets utilitaires : une grande variété de vêtements, des sandales, de la vaisselle, le toit de huttes, des tapis, matelas, des jouets , des flutes.…
OU filée pour faire des cordages, lignes et filets de pêche , échelles de corde. On l’appelle aussi Lin natif néo-zélandais, car elle s’apparente par ses qualités au lin européen. Elle pousse partout, et même sur la plage!
des coquillages… qui font le bruit de la mer
des arbres aux branches si tortueuses que celle-ci forme un cercle parfait!
Arrivés à Port Fitzroy le lendemain, Stéphanie propose de venir à bord peindre le visage des enfants. Après de longues études en psychologie, archéologie, avoir travaillé pour des instituts de recherche et des musées, Stéphanie se consacre depuis 2 ans au « Body Painting », avec grand succès! IL faut dire que son travail est impressionnant.
Anna choisit le papillon et l’arc en ciel
Arthur choisit d’être peint en requin!
et Victor…. en Zombie!
Très réussi, on s’y croirait.
Nous apercevons Trilogy arriver au mouillage, ils viennent à bord nous faire un petit coucou.
Les enfants nous préparent une blague…Bouh!
Les enfants jouent à l’avant,
pendant que les garçons vont aider Tony à retrouver son hélice, perdue par 5m de fond vaseux… Loïc sort son matos de plongée, suivi de Shane, avec Bruce qui organise un périmètre de recherche.
Au but d’une heure de recherches, Shane remonte victorieux avec l’hélice!
Nous improvisons un apéro-dinatoire à bord de Moby pour fêter la bonne nouvelle! Scruffy, le chien de Barbara et Shane est d’accord! Great Barrier est très réputé pour ses trails, il est temps d’aller y goûter!
Nous décidons le lendemain d’aller marcher avec l’équipage de TRio : Je rêve de monter jusqu’en haut du Mont Hobson, la vue y est spectaculaire parait-il. ais c’est une trop longue marche pour Anna et Alex.
Nous prenons un pic nic, et empruntons le Kiwiriri Track menant au Mont Hobson : nous ferons demi-tour après la pause déjeuner.
Pour entrer dans la foret, il faut se désinfecter les semelles, afin d’éviter de transmettre une maladie aux Kauris, ces majestueux arbres aux troncs épais et élancés. Le « Kauri Dieback » sévit partout ailleurs en Nouvelle-Zélande, mais pas encore à Great Barrier.
Il faut dire que le Conservatoire du Littoral met de gros moyens en oeuvre, comme ce chemin partiellement pavé de bois.
Nous rencontrons en chemin une autre famille francaise de Nouvelle-Calédonie apparentée à Bruce et faisons le chemin avec eux : Victor est heureux d’avoir trouvé un ado de son âge.
C’est passionnant de faire cette marche aux côtés de Stéphanie et de Bruce qui connaissent très bien l’île, (c’est là qu’ils ses son rencontrés, et mariés!), et ses plantes : tel cette feuille « Toilet Paper »! eh oui, sa face antérieure est si douce que les bushmen s’essuyaient avec…Bruce et Stéphanie voulaient s’arrêter pic-niquer devant une petite piscine d’eau où ils avaient leurs habitudes; mais ils semble qu’elle ait disparu. Les pluies ont été rares ces derniers mois, et une grosse tempête a endommagé le trail il y a 2 ans et demi, transformant le lit de la rivière, créant éboulis et barrages de troncs d’arbres.
Nous nous arrêtons finalement pour déjeuner, puis empruntons un pont de singe. Malheureusement, je me blesse en remontant le lit de la rivière : le bruit est net : un CLAC dans mon mollet gauche, c’est une déchirure musculaire. Je vais devoir rentrer en claudiquant. La famille de calédoniens continue jusqu’au Mont Hobson et se propose de garder avec eux Arthur et Vicor qui sont ravis!
Je redescends tranquillement avec Loïc, Anna, Bruce et sa famille.
J’ai déjà connu ce genre de bobos : une semaine de douleur vive, à se déplacer en boitant, un mois de repos sans sport pour bien se remettre, et d’ici 6 semaines, la reprise en douceur étalé sur 2-3 semaines…
Entre les petits qui jouent, et moi qui claudique, nous sommes très lents… c’est l’occasion de passer du temps à regarder les plantes, quelles merveilles!
comme certaines fougères, très géométriques
ou le Kauri, cet arbre au tronc massif, le plus haut de nouvelle Zélande, qui monte jusqu’à 60m, avec un tronc lisse de toute branche jusqu’à 30m de haut et donne des circonférence de 11m! Ce bois était très réputé pour ses qualités, et réputé meilleur que n’importe quel variété de pin. Le Capitaine Cook lui -même, premier grand explorateur de la Nouvelle-Zélande, le recommandait pour la fabrication de mats et d’espar de navires. Il est été très exploité, trop, et s’en suit un programme aujourd’hui de reforestation comme ici à Great Barrier, on l’on trouve beaucoup de juvéniles. Sa croissance est très lente, il va vieillir jusqu’à 1500 ans!;
et les Nikau, palmiers endémiques de Nouvelle Zélande : les palmiers les plus austraux du monde! Et leurs feuilles imperméables étaient utilisées autrefois pour les toit des huttes.
A l’arrivée, nous apercevons l’estuaire encombré des arbres morts charriés par la tempête des années précédentes.
Voilà le parking à annexes!
Nous restons une heure à la plage, les enfants s’amusent à faire des réseaux fluviaux. Nous savourons cette dernière escapade « nature » avant une période de 2 semaines de travaux entre Auckland ou nous passerons la semaine prochaine à la marina et Wangarei, où nous sortirons le bateau de l’eau fin janvier pour une semaine à sec.
2017 approche, pas de famille, ni d’amis à l’horizon, nous sommes libres de choisir notre lieu de réveillon, que nous allons célébrer tous les 5 en famille. Nous mettons le cap vers Coromandel, la péninsule qui borde l’Est du Golfe d’Hauraki. Nous cherchons une petite crique pas trop fréquentée, bordée d’une jolie plage, et abritée des vents de Nord-Ouest et Sud-Ouest qui alternent en ce moment : West bay, dans Tekoma Harbour. Le cardre est très beau, les collines de Coromandel nous surplombent à 800m de hauteur.
La baie que nous choisissons est calme, mais quand même assez fréquentée, comme tout le golfe d’Hauraki en cette période de fin d’année, qui coïncide en Nouvelle-Zélande avec les grandes vacances.
Mais le cadre est enchanteur, et il semble qu’à 18h, il n’y ait plus personne sur la plage : c’est l’heure du dîner pour les Néo-zélandais qui commencent la soirée très tôt!
Nous descendons en annexe sur la plage pour faire une petite marche
et profiter de la vue sur le Golfe d’Hauraki en haut de la colline,
avant de ….. redescendre
et de savourer l’apéro un peu plus tard sur la plage.
Nous rentrons à bord terminer l’apéro ,
et regarder le soleil se coucher, équipés comme en Bretagne : polaire et jean sont de rigueur en soirée.
Au menu du réveillon :
asperges à la chantilly de coriandre,
pavé de saumon fumé des Marlboroug (ile du Sud),
riz au fenouil,
et crumble pomme/noisettes/fruits des bois, accompagné de la merveilleuse crème fouettée locale.
Un peu de musique, le rayon laser et la lumière rouge de la lampe de veille font le reste de l’ambiance à bord de Moby ce soir!
Le lendemain, premier janvier, nous mettons cap sur un petit îlot devant lequel nous étions passé, Rangipukea Island, et dont la plage nous avait semblé très chouette : ca sera parfait pour un mouillage de jour et un brunch-picnic de 1er janvier.Au programme de la journée : baignade,
picnic
paddle
cabanesmacabre découverte!
c’est un crâne de bovidé
érigé en totem!
Nous partons nous abriter quelques jours dans Coromandel Harbour : du vent est attendu, nous voulons nous mettre à l’abri. Début d’année oblige, Loïc part dans des résolutions de nettoyage et profite de la combinaison vent sec/soleil pour nettoyer ses coffres avant : tout le matos de glisse y est rangé, nettoyé, séché….
du plus petit au plus grand : 2 skim boards, 2 morey-boogies, 3 planches de kite, 2 surfs, 2 planches de windsurf, 2 planches de SUP Surf, 2 planches de SUP balade.
Nous commençons à préparer notre périple vers Great Barrier Island, où nous retrouverons Bruce, un vieil ami néo-zélandais de Loïc, du temps de ses compétitions de planche à voile. Il y sera avec femme et enfants sur son trimaran, idem pour sa soeur Barbara que nous avons rencontré au Fidji qui sera là elle aussi en famille… sur son trimaran! Nous nous réjouissons de partager à leurs côté le style de vie néozélandais, et de découvrir cette île réputée si belle et si sauvage.
Nous partons donc au village de Coromandel faire des courses : le village est charmant, niché dans la mangrove.On n’y accède qu’à marée haute par un petit chenal bordé de vase et de mangrove. Pratique, on peut amarrer son annexe au quai et le supermarché n’est qu’à 100m à pied.Idem pour la station service, à 20m de là. Voilà, le plein de provisions est fait pour 10 jours!
Rdv très vite pour la suite du voyage à Great Barrier Island.
le phare qui marque l’entrée de la rade d’Auckland
mais nous sommes tout de même séduits et impressionnés par la ville.
le port de commerce
Il est vrai qu’en tant que brestois, les villes portuaires auront toujours du charme à nos yeux : porte-containeurs, grues, paquebots, ponts…
le musée de la marine dans le quartier de Wynyard
mélange d’immeubles modernes et anciens, de docks et de promenades touristique…
l’ancienne gare ferroviaire transformée … en gare maritime!
tout cela nous parle et rend la ville plus vivante.
la Sky Tower
Quel accueil : nous assistons à quelques bord du bateau de la team New Zealand qui s’entraine pour la coupe de l’América : il plane sur ses foils à plus de 40 noeuds!!!
Et encore, plus original : des hydravions décollent en face du centre-ville.
Juste au-dessus de nos têtes…
Nous découvrons notre place au ponton de la marina de Westhaven, face aux super-yachts, au centre ville…. et à la Team New Zealand de l’America’s Cup sponsorisée par Emirates.
Nous partons en fin de journée nous balader sur les quais, très animés et pour fêter les vacances scolaires, nous dînons tous au restaurant : d’huitres de Wahieke et de saumon de l’île du Sud, quel délice.
Le soir, c’est le spectacle scintillant d’une ville illuminée, nous savourons un bon irish coffe sur le trampoline, face aux lumières des gratte-ciels.
Le lendemain, au matin, nous découvrons la ville sous le soleil, whaou!
Nous partons en repérage explorer le quartier du Wynyard, anciens docks rénovés en bureaux, appartements, restaus chics mais aussi shipchandlers, atelelier de réparation nautiques, librairie maritime…
Pour accéder au centre ville, il faut longer la Westhaven walk, promenade bordée de Pohutukawas, merveilleusement en fleur à Auckland en ce moment.
puis traverser le Wynyard, et enfin passer par la marina de Viaduct, la plus centrale de toutes : nous aurions bien aimé y amarrer Moby, mais les places sont rares. On y trouve un mix sympa de bateaux : pêcheurs, vieux gréement baladant les touristes, anciens bateau de la coupe américa, mais aussi super yachts, à voile ou à moteur,
Pour arriver en centre ville, ce qui guide nos pas, c’est la Sky Tower, que nous apercevons sur l’horizon depuis 2 jours, du haut de ses 328m de hauteur. Les enfants sont impressionnés par son design et nous tannent pour la voir de plus près. Ils sont tellement fascinés, que nous y passerons le reste de la journée….
Anna, Arthur et Loïc montent en haut par l’ascenseur de verre, et se régalent de la vue panoramique à 220m de haut. Victor veut de l’adrénaline et casse sa tirelire d’anniversaire pour s’offrir un saut en élastique et une promenade circulaire en haut de la tour. Je l’accompagne sur cette dernière, car la vue doit être sublime!
En effet nous passons près d’une heure harnachés sur une plateforme de 1m20 de large à 328m de haut! Le port d’Auckland, les marinas, mais aussi les banlieues, et on devine aussi très bien le passé volcanique de la zone, avec les cones qui parsèment la cité, petits ilôts de verdure noyés dans les constructions.
Je me régale de la vue, pendant que Victor se prend des shoots d’adrénaline à faire des acrobaties dans le vide…
Puis c’est au tour de Victor de se préparer pour son saut depuis 192m de haut :
Combinaison de superhéro, harnachement d’alpiniste : cette Skytower est un super business qui draine des centaines de touristes tous les jours à Auckland, mais aussi dans 5 grandes villes australiennes, et même à Shanghaï m’en informe la jeune chinoise en vacances qui nous accompagne.
Un accompagnateur le coache en haut pour les aspects techniques et de sécurité.
Prêt à sauter?!
Pendant ce temps, je l’attend en bas….
il va atterrir sur cette cible :
Et ca y est, quelques 15 secondes plus tard, le voilà, un peu secoué, mais heureux! Il vient de descendre à 23,6m/s
La visite du centre ville est donc repoussée au lendemain : nous laissons l’annexe dans la marina de Viaduct, , longeons les quais
bordés de paquebots… et d’immeubles en forme de paquebots
et partons faire un peu de shopping dans Queen Street, la rue principale : cartes sim néo-zélandaises, chaussures de marche pour tout le monde, papeterie variée pour l’école et le bricolage, et la fin des préparatifs de Noël.
Mais le vrai but de cette promenade citadine, c’est l’arbre de Noël en Légo exhibé sur la place de l’hôtel de ville. Nous sommes ébahis par le temps et la quantités de briques nécessaires à cette gigantesque construction.
L’arbre mesure près de 10m de haut
Le père Noël surfer nous faire bien sourire
Les enfants trouvent également ce légo-hélico dans une banque!
Nous retrouvons en fin de journée nos amis d’Excallibur, et partons boire une bière sur le quai : le quartier est très sympa et animé. Et comme tous les mercredis dans les ports de nouvelle-Zélande, c’est les régates du soir! Nous avions pu le constater à Opua, mais à Auckland, ca en jette : mats carbones, voiles de compète, c’est du sérieux.
Nous rentrons en annexe sur Moby, qui a quitté la marina et se trouve au mouillage dans la baie de Bayswater, face à Auckland
il nous faut pour cela traverser un bras de mer silloné par les ferrys, les voiliers en régate, les paquebots, les bacs…..
C’est un peu le stress, d’autant que contre le vent et le clapot, avec notre moteur 10CV, nous ne pouvons pas planer ….Mais que la vue est belle de là-bas!
Nous partons le lendemain pour Wahieke passer Noël. Cette petite ile qui fait à peu près la taille de Belle-île n’est qu’à une vingtaine de milles d’Auckland : c’est un des rdv préféré des citadins pour le week-end : jolies plages, vignobles et bars à vin, balades familiales, producteurs d’huîtres, petits restaus et boutiques à la mode : ca nous plait bien.
Les maisons ont beaucoup de charme, et l’immobilier est très prisé.
La cadre est malgré tout très sauvage, avec ces canards
et ces mouettes qui viennent nous voir dans la jupe
Nous partons réveillonner le 24 au soir sur Excallibur, qui avec son grand carré en boiserie va pouvoir accueillir nos deux familles confortablement pour un dîner à l’intérieur. Anne-Marie et moi avons concocté un menu savoureux mais simple qui nous permet de passer l’après-midi à la plage plutôt qu’en cuisine :
en entrée, salade de saumon des Marlboroug, en pavé juste fumé pour les grands, et en tranchinettes pour les enfants. Ce saumon fumé en gros pavés très moelleux est un régal, je n’en ai rarement mangé d’aussi savoureux!
En plat principal : gigot de Nouvelle Zélande, merveilleusement cuit par Nico et Anne-marie, accompagné de légumes-racines : pommes de terres et Kumaras orange et rouge (la patate douce Maorie)
En dessert, deux énooormes Pavlovas aux fruits rouges dont nous nous régalons. Nous testons également les champagnes néo-zélandais, en particulier le Deutz-eh oui! la célèbre Maison Francaise de Champagne a investi ici, et le résultat est bluffant : de fines bulles, un vrai goût de champagne très sec, c’est bluffant.
Le lendemain, à bord de Moby, c’est l’heure d’ouvrir les cadeaux : des légos pour les petits, et quelques cadeaux « locaux » : gourdes en métal pour aller en balade, casquette pour Victor (qui va enfin arrêter de chiper les miennes), sac à dos-mouton pour Anna, Kiwi en peluche pour Arthur, et quelques livres en anglais pour tout le monde.
les baleinesTintin sur la luneTours de magie
Le père Noêl m’a aussi apporté des maillots de bain (il était temps de renouveller le stock, car la Polynésie, ca use les bikinis!!!). Je me dois donc de les essayer… j’avoue, c’est ma toute 1ere baignade en Nouvelle-Zélande, et j’enfile mon petit shorti…. Anna m’accompagne, et en combi, ca passe très bien; le ciel est couvert, mais la plage est abritée, et l’eau doit avoisiner les 20°.
Sur les hauteurs, les maisons sont toutes plus belles les unes que les autres : du cabanon de pêcheur..
à la villa de charme,
villas design
cadre grandiose
Après un 25 décembre bien tranquille à bord, nous changeons de mouillage et partons en direction de Man’O War, à l’extrémité Est de Wahieke, la partie la plus sauvage de l’île. Les petits motor-yachts à l’ancienne ont un charme indéniable.
Nous sommes séduits par la baie, bordée de Puhutakawas en fleurs, et où se niche une petite église et l’atelier de dégustation du vignoble « ManOWar » . Des hydravions embarquent et débarquent des passagers venus pour quelques heures déguster le vin réputé pour son Chardonnay.
Cet hydravion a retenu notre attention avec ses couleurs flashy et son look rétro!
Nous laissons l’annexe sur la plage
La balade se fait sur une route gravillonnée : heureusement, elle n’est pas trop fréquentée par les voitures. mais pas mal de mouton par contre!
Nous longeons des pans de forêts de Nikau, le palmier le plus austral du monde, et endémique de nouvelle Zélande. IL a un port très altier, et un haut plumet de courtes feuilles. Ici, les troncs sont couverts de mousse.
Les enfants repèrent un petit weka (sorte de poule des forêts) sous des troncs en décomposition : Avec son long bec, il farfouille sous les feuilles en quête de nourriture : vers de terre, insectes, petites baies. Ces cousins du kiwi ne sont pas farouches, et se laissent facilement approcher photographier, contrairement au kiwi, qui en plus d’être un animal nocturne difficile à rencontrer, est très craintif.
Arrivés à Stony Batter, le cadre est assez grandiose, avec d’énormes rochers volcaniques, vestige d’explosion de lave. Des centaines d’hommes étaient massé dans ce site secret pendant la seconde guerre mondiale afin de défendre l’accès à la ville d’Auckland.
L’essentiel des batteries et des baraquement étaient camouflés, et des centaines de mètres de tunnel courent sous ces collines artificielles. Malheureusement, le site est fermé pour la deuxième année consécutive, les enfants sont décus. Les autorités ont jugé le site dangereux, et sont à la recherche d’un opérateur sérieux pour le transformer en attraction touristique payante. Qu’il est dommage de voir ce site à l’abandon, les collectivités locale s’en désintéresser et tenter de faire appel à des opérateurs privés. Le site est tellement isolé et étendu qu’on imagine mal que l’exploitation d’un tel site soit rentable un jour.
Au retour, quel dommage, l’atelier de dégustation de vin est fermé…Il nous faudra revenir un autre jour.
Le lendemain, nous accueillons à bord de Moby d’anciens collègues de Loïc, pilotes chez Emirates et en escale à Auckland : Yorg, François, Stéphane et Peter.
Voilà le moments précieux du voyage : celles de retrouvailles inopinées entre amis-voyageurs.
Nous picniquons à bord, échangeons sur nos vies, leur faisant partager notre aventure, refaisant le monde. A 16h, il est temps de hisser les voiles, hisse-et-ho les gars! pour ramener nos invités à Auckland en tirant quelques bords.
Au fur et à mesure que l’on se rapproche d’Auckland, certaines maisons deviennet assez exceptionnelles,
Celles-ce me plaisent bien : elles n’ont pas d’accès par la route, et ne sont accessibles qui via un grand escalier et un monte-charge.
Nous longeons des îlots inhabités également
On apercoit Auckland au loinpuis de plus en plus prèsainsi que les beaux quartiers! Demain, nous prendrons le chemin de Coromandel pour y passer les fêtes de fin d’année .
Nous sommes déjà le 9 décembre, et comme nous souhaitons arriver quelques jours avant Noël à Auckland, et passer la fin d’année dans le Golfe d’Hauraki, il est temps de mettre cap au sud. Il reste donc une dizaine de jours pour effectuer cette nav’ de 130 NM, en quelques petits saut.
Nous comptons également nous arrêter quelques jours à Whangarei, zone portuaire bien connue pour ses chantiers de réparation navale, où nos souhaitons repérer les bons chantiers où sera fait l’entretien de Moby en fin de saison.
La passe de Wangaparoa et toujours aussi spectaculaire, et la côte qui défile regorge de grottes, cavernes, et rochers aux formes originales :
En arrivant dans la Bay of Island, nous faisons un détour par Moturoa Islands et le Kent Pass : le soleil est absent, mais la navigation est quand même très belle.
Moturoa est une île privée émaillée de belles maisons, et de moutons!
Nous stoppons à Pahia pour la nuit et en profitons pour faire l’avitaillement du bord : Pahia est petite ville balnéaire, départ des nombreuses balades dans la Bay of islands.
Sur le ponton, notre ami le Cormoran, pas trop timide. Les néo-zélandais les appellent « shag »
Puis nous regagnons Russel le lendemain, où nous attendent nos amis d’Excallibur : le temps est maussade, c’est parfait pour visiter le petit musée du village. Il abrite une reproduction du bateau de Cook, le célèbre navigateur britannique qui effectua le premier la circumnavigation de la Nouvelle-Zélande, iles du Sud et Ile du Nord.
C’est aussi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la colonisation de la Nouvelle-Zélande, qui commença dans cette région hospitalière de « Bay of Islands,
et sur les animaux endémiques de la région.
le très célèbre Kiwi, emblème de la Nouvelle-Zélande
Nous testons aussi les « fish & chips » locaux : celui-ci propose non seulement du poisson, mais des coquilles St-jacques de la Bay of Islands, des moules de Coromandel, des huîtres de Whangaroa….Pas mauvais tout ca, mais un peu gras pour nos petits estomacs….
Notre dernier mouillage de Bay of Islands sera Whale Bay : nous sommes les seuls bateaux dans cette baie magnifique, mais un peu décevante car comme la presqu’ile est privée, nous ne pouvons descendre à terre pour marcher.
Nous nous contentons de ballades en paddle : les cormorans nichent à 2 pas, et les fous de bassan pêchent à longueur de journée.
Anna et moi partons ramasser des pommes de pins sur la plage pour réaliser notre couronne de Noël! Grâce au calendrier de l’avent de Balthazard, nous sommes en plein dans les préparatifs de Noël, chaque jour apportant une petite histoire de Noël ou une activité à réaliser avec les enfants. Aujourd’hui ca se passe en cuisine avec un pain d’épices à réaliser, et demain, ca sera la couronne de Noël!
le calendrier de Balthazard
pain d’épice
puzzle de la Nouvelle-Zélande
La maison qui surplombe la baie est spectaculaire.
la maison qui surplombe la baie
Le soir nous improvisons un dîner à bord de Moby avec Excallibur :
Le 10 décembre, nous quittons Bay of Islands et contournons le célèbre Cape Brett, connu pour son « trou » dans le rocher : « Hole in the Rock » .
Le fin du fin est de se faire photographier sous voile à travers le trou….
Nous surprenons un chasse conjointe de fous de bassans et de dauphins, qui nagent en encerclant un banc de poisson.
Les fous pêchent
accompagnés des dauphins
Nous relachons le soir à Whangamumu Harbour, qui abrite une ancienne station baleinière, bien sûre désaffectée depuis des années. Le ciel nous offre un coucher de soleil encore une fois mémorable.
Le lendemain, nous partons en balade, au-delàs de la colline, vers Tangatapu, pour admirer la vue sur l’autre versant donnant sur la Bay of Islands.
Le paysage est très champêtre.
pousse de fougère arborescente
Whangamumu
pause-goûter
carte de la presqu’île
Nous allons également visiter l’ancienne « Whaling Station », et faisons la connaissance de kayakistes qui campent là depuis 2 jours.
les kayakistes
les vestiges
plan du site
le bras de ruisseau
Ce couple de quinquas neozélandais s’est lancé dans une circum-navigation de Nouvelle-Zélande en kayak il y a deux ans! A la manière des pélerins de Compostelle qui effectuent leurs pèlerinage en plusieurs traites chaque année, ils terminent la troisième saison de leur périple par la côte Nord-Est. Nous sommes admiratifs de leur voyage autrement plus radical que le notre. Ils partent avec 2 semaines de vivres dans leur kayak, dorment sous la tente tous les soirs, se lavent dans le lit des rivières, et séchent leurs vetements au soleil.
De retour de balade, les enfants jouent sur la plage, dans les arbres si majestueux, s’imaginant tous les 6 des armées, des territoires à conquerrir, des villages à défendre…
omoplate ???de …!!!
Le lendemain, cap sur Mimiwhangata Bay, réputée pour ses eaux poissonneuses : et en effet : nous attrapons un « King Fish ». Ca ressemble à un lieu pour la peau argentée et la forme du corps, mais avec une queue et des nageoires jaunes vifs comme un thon albacore (yellow Fin), et une chair rouge de thonidé. Le goût est proche d’un « Tuna Macquerel » ou d’une bonite : je prépare donc des « nuggets » maison : petites filets roulés dans la farine, puis dans l’oeuf, et dans une chapelure agrémentée d’herbes fines.
Encore une très belle plage. Les enfants sont lassé des balades à pied, qu’à cela ne tienne, nous les laissons tous les 6 sur la plage sous la garde de nos ados pendant une heure, et partons entre adultes se balader. Les paysages sont encore une fois sublimes.
Du haut de la colline, nous apercevons des petits lacs en contrebas,
et un cygne noir!
Nous rentrons tranquillement à la plage par un sentier de randonnée.
des oies sauvages
De retour sur la plages, les 4 plus jeunes se sont construit un totem, et nous expliquent leur technique pour le redresser, et consolider son assise-sans l’aide des grands.
Avant la fin de la journée, nous appereillons pour Wooley’s bay, toujours avec Excallibur.
Anne-Marie sur Excallibur
Cette plage est très célèbre en Nouvelle Zélande, car l’une des rares à être toujours plantée de Pohutukawas descendant jusque la plage
ces majestueux arbres en boule, tortueux à souhait et qui fleurissent en cette période de fin d’année en bouquets rouges
Le lieu est très populaire pour les tournages de films historiques.
La plage est toute petite, mais très jolie, et très fréquentée aussi… il y a en effet un gros village balnéaire juste derrière : le prétexte d’emmener les enfants en balade : nous pourrons leur offrir une glace au retour!
une mante religieuse
Anne-marie et Nicolas, d’Excallibur, nos compagnons de route
D’après les cartes, le village est à moins d’un km, en coupant à travers bois, …..mais nous ne trouverons jamais ce racourci, et finissons par longer la côte… c’est plus loin, mais c’est beauuuu! Et de l’autre coté de la presqu’île, le village de Matapouri, chic petite cité balnéaire.
De retour au mouillage….
Le lendemain matin, nous continuons notre descente vers Whangarei, par petites traites de 20 à 40NM. Nous stoppons à Smugler’s bay ( la baie des contrebandiers) : nous ne sommes plus qu’à quelques nautiques à vol d’oiseau de Whangarei, où nous nous arêterons quelques jours.
En descendant à terre, nous découvrons 3 taureaux échappés de leur enclos…. ils sont très intéresés par notre annexe…
Nous re-croisons ces taureaux échappés pendant la ballade sur la colline…
Les enfants ne se lassent pas des plages, et sont assez inventifs…
étonnant, le Spinifex…
…graminée de bord de mer
Une colonie de fous de bassan pêchent aux côtés de Moby.
15 décembre : nous arrivons dans l’embouchure de Whangarei, port fluvial/et maritime bien connu pour ses activités portuaires, et notamment ses chantiers de réparation marine.
stockage de bois
embarquement de bois
les stocks sont impressionnnants
Nous bookons 3 nuits à la marina de Marsden Cove, à l’embouchure de la rivière, et nous préparons pour 48h intenses
Je consacre la première matinée aux lessives : une bonne quinzaine d’aller-retours entre la buanderie où s’enchainenet mes 4 lessives/séchages/pliage et le bateau où je supervise l’école à bord. Heureusement, Loïc coache les enfants à bord, en même temps qu’il bricole. En début d’après-midi, nous avons réservé une voiture de location pour visiter visiter les chantiers de Whangarei et choisir in situ celui dans lequel nous sortirons Moby de l’eau pour refaire son antifouling dans quelques mois, avant de quitter la Nouvelle-Zélande.
C’est validé, ce sera Port Wangarei Marine Service, filiale de Oceania Marine, qui vient d’investir dans un travel lift pour bateaux jusqu’à 100T. Ils ne sont pas encore très implantés sur la zone, d’où des tarifs très compétitifs. Nous sommes impressionnés par la propreté du chantier, impeccable aussi bien en extérieur que dans les bâtiments. Ce qui achève de nous décider, ce sont les parties communes réservées aux plaisanciers dont les bateaux sont au sec : une immense pièce de vie avec une très grande cuisine ouverte, deux frigos américains, une salle à manger/salle de jeux, un bureau pour s’isoler et travailler, un jardinet extérieur avec tables pour les BBQ, wifi à volonté…. et la voiture de courtoisie, disponible pour aller faire ses courses en ville, ainsi que des VTT. La vue est bien dégagées dans cette zone du port un peu éloignée de la ville : on y respire! Nous y reviendrons donc en février.
Nous profitons de la voiture pour visiter un peu la ville de Whangarei, originale avec sa marina en plein coeur de ville, sur le fleuve.
Ca sent Noël!
le père Noël n’est pas loin….
oiseaux de paradis
et surtout pour faire un gros plein dans un hypermarché : c’est le premier que nous fréquentons en Nouvelle-Zélande et whaou!!! Que de bons produits, ca nous change de la Polynésie francaise et de ses petites supérettes pas toujours bien achalandées : je suis en particulier bluffée par le rayon fruits et légumes : fraises, pêches, cerises, melon, mais aussi asperges, avocats, pommes de terres nouvelles, salades en tout genre, herbes….. la tête me tourne! Depuis 6 mois, trouver des fruits et légumes frais est un parcours du combattant, les petites épiceries des îles de Polynésie ne traitant que peu ou pas du tout la distribution des fruits et légumes. Et quand elles le font, on ne sait jamais ce que l’on va trouver, les livraisons se faisant au coup par coup, dépendant pour les légumes importés, du jour de passage de la « goelette » qui ravitaille les îles, ou du bon vouloir des petits producteurs locaux qui déposent leur marchandise au compte-goutte comme à Fakarava aux Tuamotus. Il faut donc dans chaque île trouver le bon circuit : commande directe au producteur comme à Anao à Nuku-Hiva, achat auprès d’un restaurateur sympa comme à Isabella aux Galapagos, marché local hebdomadaire comme à Huahine : il ne faut donc pas louper le « bon » jour, se lever très tôt- 5h du mat’ à Taoiae aux Marquises!! et même parfois faire des pré-commandes comme à Maupiti….
Retour de courses à la marina, les enfants sont mis à contribution pour tirer les chariots :
Bref, ici c’est le retour à la vraie société de consommation. Ce qui n’est pas désagréable. Je retrouve également le dessert fétiche des néo-zéalandais : la Pavlova!
la meringue…
les fruits au dessus
la crème au milieu
intérieur de meringue moelleux
Une merveille de meringue croustillante à l’extérieur, moelleuse à l’intérieur, que l’on achète ici tout fait, et que l’on « améliore » chez soi : nappée de crème fouettée, parsemée de fruits rouges, et arrosées d’un coulis, c’est une merveille! C’est ma chère amie mauricienne Marie-Laetitia qui m’avait fait découvrir ce merveilleux gateau, qu’elle faisait bien sûr elle-même de A à Z, aux fruits exotiques plutôt qu’aux fruits rouges puisque nous étions sous les tropiques.
Notre carnivore du bord se régale d’un steak monstrueux…
Le lendemain, nous passons la journée à bricoler et nettoyer le bateau : intérieur, extérieur, tout y passe : et quel bonheur de voir son bateau rutilant!
Nous apareillons le lendemain matin : la vie de marina ca n’est pas ce que l’on préfère, les enfants s’y ennuient. Nous préférons de loin les mouillages sauvages.
Whangarei
Au sortir de Whangarei, nous apercevons une baleine! Assez différentes des baleines à bosse croisées en Polynésie : un dos très long, foncé, lisse et brillant, un tout petit aileron planté très bas sur le dos : après confirmation auprès de nos amis Néozélandais, il s’agit sans doute d’une Bryde’s Whale ou Sei Whale, mesurant jusqu’à 15 à 20m, et très commune en nouvelle-Zélande! Elle paresse à la surface sans doute.
Encore une fois, c’est l’oeil expert de Loïc qui la repère!
Nous retrouvons nos amis d’Excallibur à Kawau Island.
Nous entrons officiellement dans le célèbre Golfe d’Hauraki, qui est constellée de belles maisons et au fond de laquelle se niche la ville d’Auckland.
Nous dinerons le soir-même au yacht club de Kawau.
Et passerons devant la célèbre Mansion House, antique maison qui inspire le respect.
Le lendemain, nous dormons à Waiheke, petite île située à quelques encablures d’Auckland, connue pour ses plages, ses vignobles et ses petites boutiques à la mode.
Mais le temps est maussade, ciel couvert, bruine, et nous ne sommes pas d’humeur à faire du tourisme et nous balader à terre : nous avons hâte de découvrir Auckland! Pourtant, c’est sympa : un hydravion vient se poser non loin de nous.
Pendant cette journée pluvieuse, nous entamons l’atelier « crèche de Noël ».
atelier crèche de Noël
Il s’agit de personnages en carton à peindre, ce qui nous occupera tout l’après-midi! Reste à bricoler une crèche : une boite en plastique recouverte de papier craft fera l’affaire.
la crèche
Vivement demain, à Auckland, dont nous apercevons les contours au loin…