Est-il exagéré de dire que le moral à bord d’un bateau est à peu près proportionnel à la qualité du pain? En tous cas, il y contribue. En Polynésie Francaise, c’était facile : le moindre petit village des Tuamotu dispose d’une boulangerie et ne saurait vivre sans baguette croustillante. Nous avons même connu à Maupiti une véritable solidarité au mouillage où nous nous sommes retrouvés à 5-6 bateaux copains : chacun notre tour, le matin, nous allions en annexe à la boulangerie distante de 1 mille nautique, rapporter et livrer des baguettes pour tout le monde.
Merci Anne-Marie et Nico pour la livraison de baguettes à 7h du matin!
Certaines boulangeries francaises de l’étranger sont pour nous une belle surprise, comme à Bali, au supermarché Carrefour,
Avec Didier, chef de la boulangerie/pâtisserie du Carrefour de Balile rayon de la boulangerie Carrefour de Balile rayon boulangerie
et bien sûr celles des grandes villes francaises d’Outremer comme ici à Nouméa.
le pain et les viennoiseries de Nouméa
En Nouvelle-Zéalnde et en Austalie, j’ai été agréablement surprise par la qualité et la variété du pain : ces territoires anglo-saxons sont en fait des terres d’immigrations, chacun y apportant le meilleur de sa cuisine.
Véritable croissant sur le marché de Whangarei, Nouvelle-Zélande
Mais ailleurs, et en traversée, comment on fait quand les réserves de wraps sont finies?
en traversée, je propose souvent des ateliers wraps à midichacune y met ce qu’il aime
Bizarrement pour le pain, il y a ceux qui le font tous les jours, et ceux qui n’osent pas franchir le pas-ou qui on raté leurs premiers essais. A la fois très simple et un peu mystérieux, voici les secrets d’un pain réussi à bord.
pain bis non moulé
L’idéal, c’est d’avoir pu tester quelques recettes avant de vivre à bord, car il y a 2/3 petits trucs à savoir qui peuvent tout gâcher et décourager les meilleurs volontés.
le pain qui lève déteste les courants d’air! C’est ballot, car en bateau, et surtout en navigation, le vent, il n’y a que ca. Donc se débrouiller pour faire lever votre pâton loin des courant d’air (surtout pas dans le cockpit donc), mais dans le four, pourquoi pas (s’il est éteint bien sûr), ou sous un linge propre dans un petit coin tranquille. Pour ma part, je le met au soleil derrière une des vitres du carré : le pâton aime la chaleur et gonfle plus vite et mieux au chaud
pour une croute bien dorée et croustillante, utiliser « le coup de buée » : après avoir enfourné votre pain, déposer l’équivalent d’un demi verre d’eau dans la lèche-frite que vous aurez préalablement installée sous votre pain. L’eau se vaporise instantanément en buée, qui durcira et dorera la coute du dessus. D’autant plus important avec nos fours à gaz qui ont tendance à plus chauffer le dessous que le dessus
ne pas diminuer la durée de levée du pain, au risque de cuire du pain trop sec. La règle c’est (au moins) une heure de première levée du pâton, et encore au moins 30mn de seconde levée une fois le pain mis en forme
le secret d’une mie fine et élastique? La « poolish », appellée aussi « levain sur levure », sorte de levain naturel et vivant que l’on met en culture 12h avant de faire son pain (la veille pour le lendemain matin par exemple). Mélanger 150g de farine avec 150ml d’eau (ou de lait pour une brioche), ajouter une demi cuillère à café de levure de boulangerie, bien mélanger. Laisser la préparation agir dans un bol sous un torchon toute la nuit. Le lendemain, ajouter la préparation qui aura gonflé et bullé tout simplement à la recette en prenant soin bien sûr d’enlever aux ingrédients initiaux 150g d’eau et 150g de farine.
autre petit secret pour que la pâte lève bien : commencer par mélanger les liquides tiède-idéalement à 37°- et la levure en premier, (sans le sel, qui inhibe la levure) et laisser se mélanger la préparation une dizaine de minutes, avant d’ajouter la farine.
pour faconner le pain, 3 possibilités : pour faire des pains carrés ou rectangles, abaisser la pâte en rectangle, puis la replier en 2 plis, en soudant les bords au milieu avec les doigts. Répéter l’opération 3/4 fois en tournant le paton de 90° à chaque fois, et enfourner en mettant bien la soudure sur le dessous. Pour faire des baguettes, faire la même chose mais sans tourner le pâton, et en en travaillant toujours dans la longueur. Pour des pains ronds, étaler en rond, et ramener les bords vers le centre et souder au milieu, 3 à 4 fois de suite.
attention avant d’enfourner, s’assurer que la soudure du pain est bien faite, et qu’elle est sur le dessous, au risque de voire le pain « éclater » à la cuisson
pour que le pain gonfle et cuise mieux, inciser avant d’enfourner avec une lame très fine dans le biai
Et voici mes recettes de pain préférées :
Pain blanc:
360 ml d’eau
600 g de farine
4 cuillères à café de levure de boulangerie
2 cuillères à café de sel
Pétrir la pâte, au moins 3 à 4 mn .
Laisser lever le pâton au moins une heure
Plier le pâton 3/4 fois sur lui-même, pour enlever les bulles de la première levée.
Le mettre en forme : simplement posé sur une plaque, dans un moule, ou en petits pains individuels.
Laisser lever le pain au moins 30mn à une heure
Enfourner environ 30mn à 220°. Si nécessaire, baisser le thermostat à mi-cuisson.
C’est la recette de base, on peut la modifier à l’infini en gardant le mêmes proportions de solide (mélanges de farine, farine bise, seigle etc….) et de liquide (eau, lait, beurre, oeufs, yaourt, huile…), et en variant la forme donnée au pain : pain moulé ou non, pains individuels, en boule, en carrés, en baguettes etc…
on peut varier les formes à l’infini…
On peut aussi varier les farines et introduire des farines moins ordinaires : seigle, blé noir, épeautre etc…., ainsi que des graines et des noix : graines de courge, pignons de pain, sésame, amandes effilées etc…., ou bien même des herbes : romarin, thym, sarriette….
des petits pains ronds au fromage
Variantes :
pain semi-complet : mélanger 200g de farine complète à 400g de farine blanche.
pain bis : utiliser 600g de farine bise
pain complet : 200 g de farine complète et 200 g de farine bise (ce pain lève très peu et se conserve bien)
pain tradition : 200 g de farine blanche et 400 g de semoule de blé fine
pain au lait : remplacer 360ml d’eau par 360ml de lait. Et si vous utilisez du lait en poudre, c’est encore plus simple, gardez l’eau et ajouter seulement la quantité de poudre nécessaire. Attention, il dore (et brûle) plus vite. Le cuire de préférence à 180°-200° maximum
Autres variation :
Le pain de mie :
320 ml d’eau+40ml de lait
600 g de farine blanche
40 g de beurre fondu
3,5 cuillères à café de levure de boulanger
25 g de sucre
2 cuillères à café de sel
Traditionnellement, on fait avec cette recette un gros pain levé dans un moule. Je préfère pour ma part détailler 9 petits pain carrés, que je met à lever côte à côte en rangées de 3; à la levée et à la cuisson, ils vont jusqu’à se toucher et former des « buns » à l’américaine, idéal pour les pic-nic ou les dejeuner sur le pouce en nav’.
petits pains au lait en carré façon « buns »
On peut mettre moins de sucre.
pic-nic à bord en navigation, avec des petits pains individuels
Le pain sans four
Eh oui, un jour ou l’autre, le four tombe en panne, ou alors nous sommes en panne de gaz et n’avons qu’un petit réchaud (nous avons connu les deux cas…). Nous avons été sauvés par la recette des pains pita!
Super simple, savoureux, et rapide à cuire, ils permettent même de faire des économies de gaz, afin de prévenir la pénurie…
360g de farine
250ml d’eau
1 cuillère à café de levure de boulangerie
1 cuillère à café de sel
2 cuillères à soupe d’huile
Préparer le levain 30mn à l’avance : mélanger l’eau, la moitié de la farine et la levure. Laisser buller.
Ajouter le reste des ingrédients, et pétrir 5 à 6mn.
Laisser reposer le pâton huilé 1h
Détailler en 8 ou 9 petites boules qu’on aura pris le soin de pétrir un peu pour enlever les bulles
Les laisser reposer 30mn
9 petites boules de pâte ayant levé
Etaler les boules en petits disques sur 3mm d’épaisseur
Ma filleule Liz les étale au rouleau
Laisser reposer 5mn
les disques avant cuisson
Cuire dans une poêle bien chaude.
Ca gonfle!!!
les pains pitas
Les pains de petit-déjeuner :
Le pain brioché au miel et beurre salé : savoureux et moins riche qu’une vraie brioche
320 ml de liquide (moitié eau-moitié lait)
50 g de beurre salé fondu
50 g de miel
600 g de farine lanche
2 cuillères à café de sel
3,5 cuillères à café de levure de boulanger
Cuisson : environ 30mn à 200°
Pain brioché au miel et beurre salé, moulé
Le pain au muesli : délicieux en cas de petit creux
360 ml de liquide (moitié eau, moitié lait)
20 g de beurre fondu
30 g de miel
360 g de farine blanche
70 g de farine bise ou seigle ou autre
3,5 cuillères à café de levure de boulanger
130 g de muesli
80 g de fruits secs (figues, abricots, cranberries etc…)
Cuisson : environ 30mn à 200°
astuce : mettre le muesli à tremper quelques minutes dans le lait avant d’ajouter la farine, pour le ramollir.
La véritable brioche : riche, mais tellement fondante et croustillante! A essayer aussi sur poolish
10ml de crème fraiche
3 oeufs battus en omelette
120g de beurre fondu
350 g de farine
3 cuillères a café de levure de boulanger
50 g de sucre
1/2 cuillère à café de sel
Cuisson : environ 30mn à 180°°
véritables brioche
Les pains spéciaux :
La baguette à l’ancienne : pas aussi fine et croustillante que celle du boulanger, elle dépanne pourtant bien!
baguettes « fait maison » ; il semble qu’une petite souris gourmande soit passée par là.
Garder la même recette que le pain blanc, ou préférer un mélange de farine.
Laisser lever une heure le paton.
Mise en forme : pour 4 petites baguettes, diviser le pâton en 4. Pour chaque baguette, abaisser la pâte en forme de rectangle, replier un pli vers soi, souder les bords, puis refaire l’opération 2 fois.
les enfants font le pliage et la mise en forme
encore un dernier pliage
Rouler les boudins afin que la soudure soit en dessous.
Laisser lever les baguettes 30 à 40mn.
Enfourner dans un four préchauffé à 220°, et laisser cuire 20 à 25 mn.
Variante : pour des baguettes viennoise, remplacer l’eau par du lait, ajouter 20 g de beurre et 20 g de sucre
Les petits pains ronds : parfait un « atelier » sandwich du midi, en navigation
pour 6 ou 7 petits pains :
210 ml d’eau
300 g de farine
50 g de farine de seigle
2 cuillères à café de levure de boulanger
1 cuillère à café de sel
10 g de beurre
Après avoir pétri et laissé reposé le paton une heure, détailler 6 à 8 boules, les façonner en les abaissant 3 fois, puis les allonger en appuyant le manche d’une cuillère en bois. Laisser lever 30mn, puis inciser en enfourner 30mn à dans un four préchauffé à 220°, puis abaisser à 200°.
Fougasses : idéales à amener en pic-nic ou à péparer un premier jour de traversée
fougasses : au herbes et au chorizo
200 ml d’eu
380 g de farine
1 cuillère à café de levure de boulanger
2 cuillères à soupe d’huile d’olie
1 cuillère a café de sel
Après avoir pétri et laissé le paton reposer une heure, le couper en deux. Prendre un paton, l’aplatir en rectangle et le plier en deux, puis le tourner d’un quart de tour et réitérer 3 fois. Etaler en rectangle la pâte, et l’entailler (jutilise le bout d’une spatule en bois) en diagonale de manière symétrique, et écarter la pâte.
badigeonner d’eau salée
Laisser lever 30mn, badigeonner d’eau salée et enfourner dans un four préchaufé à 220°, puis baisser à 200° pendant 25 à 30mn
astuce : on peut les aromatiser au romarin, chorizzo, parmesan, olives, tomates sêchées , câpres etc….
fougasse lardon-parmesan-romarin
Dans ce cas, ajouter au pétrissage les quelques pincées d’herbes ou les 20 à 30g de garniture coupée très fine, ainsi que 30g de farine de plus si la garniture est humide.
La pate à pizza : très facile à faire, c’est un des repas préféré du bord!
Pour 2 pizzas rectangulaires à pâte très fine
270 ml d’eau
450g de farine
2 cuillères à café de levure
3 cuillères à soupe d’huile d’olive
2 cuillères à café de sel
Laisser lever le pâton une heure.
Diviser la pate en 2 boules, et étaler de la forme désirée. Pour plus de rentabilité, je fais des pizzas rectangulaires, de la forme de ma plaque de cuisson
Garnir avec de la sauce tomate, puis ajouter le fromage râpé, et enfin les ingrédients.
pizza terre et mer : mi-napolitaine, mi-reinepizza 3 fromages et poivron
Saupoudrer d’origan.
Enfourner à four très chaud 15 à 20mn.
la pizza terre et mer bien dorée
pizza 3 fromages
astuces :
Certains les aiment fines et pas trop chargées, d’autres épaisses et bien fournies, végétarienne ou traditionnelle. Ajuster l’épaisseur et la quantité de pâte à préparer en fonction de ses préférences
A bord de Moby, c’est le repas préféré des enfants : ne pas hésiter à les faire contribuer, chacun fait sa pizza à son goût.
une moitié « Mr Meaty » pour le carnivore du bord, un quart au camembert pour notre roi du fromage, et un dernier quart en pizza blanche pour la miss
et voilà le résultat
Exemples de garniture :
napolitaine : olives-anchois-tomate
3 fromages : bleu-chèvre-fromage râpé
végétarienne : poivrons, tomates, artichaut en boite, olives, oignons…
gourmande : lardons-chèvre
piquante : poivron-chorizo
simple : jambon-fromage
Dernières mises en garde pour le pain :
utiliser bien sûr la levure de boulanger (yeast) uniquement et non la levure chimique (baking powder). On la trouve le plus souvent au supermarché au rayon farine, non loin de le levure chimique. Dans les pays d’influence francaise elle se trouve en sachets de 10g, Peu pratique quand on fait son pain tous les jours. Préférer les boites ou paquets sous vide de 100 à 200g des pays anglo-saxons. A conserver au sec.
n’importe quelle farine blanche convient.
la levure ne doit jamais toucher le sel.
utiliser de préférence des ingrédients à température ambiante.
avant de couper le pain, attendre qu’il refroidisse sur une grille : chez nous, c’est sur le rouf, sous la vole, en plein vent et à l’ombre.
si vous avez un congélateur, y mettre le pain coupé en tranche, ca sera plus facile à décongeler à la demande.
Si vous faites beaucoup de pain, il peut être pratique d’investir dans une ou deux plaques de cuissons anti-adhésives, pour faire plusieurs pizzas, plusieurs fournées de pain etc….
Autres recettes de petit déjeuner :
Les véritables pancakes à l’américaine
pancakes
Pour environs 30 pancakes
1 litre d’eau
2 oeufs
2 tasses de flocons d’avoine (150g)
450 g de farine self-raising (ou sinon, ajouter 2 cuillères à café de levure chimique aux 450g de farine )
10 cl d’huile ou de beurre fondu
2 cuillères à café de sel
20 g de sucre
Mélanger tous les ingrédients.
Il n’y a pas de temps de repos.
Faire cuire dans un grande poele, 3 à 4 pancakes à la fois à feu moyen : déposer une petite louche de pâte pour former une crêpe épaisse d’environ 15 cm de diamètre.
Laisser cuire jusqu’à ce que les bulles crèvent, puis retourner le pancake pour poursuivre la cuisson quelques instants.
Mettre à refroidir sur une grille.
pancakes mis à refroidir
Servir traditionnellement avec du sirop d’érable, mais du miel fait bien l’affaire!
Et là encore, on peut varier les formes, la limite, c’est votre créativité, et votre talent!
pancake anniversaire des 5 ans de la Princessepancake anniversaire des 8 ans du cadet
Les scones à l’anglaise : (pour environ 12 pièces)
Scones mis à refroidir
400 g de farine self raising (ou sinon, ajouter 2 cuillères à café de levure instantanée aux 400g de farine)
30 g de beurre un peu mou
200 ml de lait
100 ml d’eau
20 g de sucre
Emietter le beurre dans la farine et le sucre avec les doigts comme pour une pate brisée
Ajouter le lait et l’eau
Mélanger au couteau. La pâte doit être un peu collante. Attention de ne pas trop travailler la pate qui doit rester granuleuse
Etaler sur un plan de travail fariné et l’abaisser sur 2/3 cm d’épaisseur. Utiliser un emporte-pièce de 5 à 7cm (un verre à bord droit fera l’affaire) pour détailler les scones
Les poser sur une plaque au four, bien espacés. Badigeonner le dessus avec du lait (pour faire une croute dorée croustillante)
Enfourner à four très chaud, 220°, pendant 15 à 20 de minutes. Si nécessaire, baisser le feu à 200°. Déguster tiède avec du beurre et de la marmelade.
En début d’année scolaire, Monique, l’ancienne institutrice d’Anna nous a proposé de participer à l’aventure de Clémentine Aplati :
« Voici Clémentine Aplati !
Dans notre classe de PS/MS, notre maîtresse (Monique) nous a raconté ses aventures : une nuit, alors qu’elle dormait profondément, le tableau qui était accroché au-dessus de son lit, est tombé et la pauvre Clémentine s’est retrouvée toute aplatie !
C’est alors qu’elle a décidé d’en profiter pour voyager tout autour du monde en se glissant dans des enveloppes. »
Cela fait près d’un an et demi que nous faisons l’école à bord pour nos 3 enfants. L’idée de leur faire l’école à bord est tout de suite apparu comme une chance pour eux comme pour nous : plus de souplesse sur les programmes, sur le rythme scolaire, la possibilité de s’adapter à l’enfant en permanence, au plus près de ses besoins et difficultés. Ca c’était la théorie…mais en pratique, comment ça se passe?
Eh bien la réalité en est très proche!
VICTOR, 13 ans en 4ème avec le CNED
Pour notre collégien (en 5ème l’année du départ), l’évidence, c’était de suivre le CNED, qui allait lui permettre de suivre une scolarité (presque) comme dans un vrai collège, et de pouvoir intégrer à notre retour un lycée de son choix, dans la continuité.
Victor à son poste de travail : la table à carte!
Cela s’est avéré une excellent décision. Victor à 11 ans lors de notre départ, était déjà très autonome et l’est resté. Il a choisi son propre rythme de travail : 2 à 4h de travail personnel par jour, tous les jours de la semaine, week-end compris, pas ou peu de vacances scolaires. Cela nous libère du temps dans la journée pour beaucoup d’activités : snorkeling, planche à voile, baignade, rando, skim, surf…. Il y a tout de même des jours sans école, quand par exemple nous avons des invités à bord, ou que nous prenons la mer : le premier jour , les enfants sont un peu barbouillés, et somnolent tous…. Et il a les 2 mois et demi de grandes vacances de mi-juin (fin du programme) à début septembre.
le planning de l’année
Au sein des » séquences » CNED qui durent 2 à 3 semaines et contiennent de 6 à 7 matières (cours + évaluation), Victor a choisi de travailler une matière à fond pendant 2/3 jours, avant de faire son devoir écrit. L’évaluation orale ou écrite est ensuite numérisée puis envoyée avant la fin de la séquence au CNED. Il travaille ainsi pendant chaque séquence 3 jours sur le français, 3 jours sur les maths, 2/3 jours de physique, 2/3 jours d’anglais, 2/3 jours d’Espagnol, 2 jours de dessin, 2/3 jours de techno.
Cours de Sciences Physiques
Les cours du CNED collège sont particulièrement bien faits, illustrés, pratiques, d’autant plus avec les nouveaux programmes de collège, qui explorent des thèmes transversaux à plusieurs matières.
Victor gère son planning et ses heures de travail, mais nous sommes là à ses cotés pour l’aider si besoin, selon nos compétences propres : Loïc coache les matières scientifiques comme les maths, la physique, la techno. Le secret c’est de réagir tout de suite aux bonnes et aux mauvaise notes : féliciter (toujours) car chaque bonne note est une fête! , encourager (souvent) car le découragement peut arriver à tout moment : fatigue, lassitude de travailler seul, cours objectivement difficile (le Cned est réputé de haut niveau) ou exercice rébarbatif…, consoler (parfois), comme quand il récolte un 8/20 en musique par ma faute car j‘ai omis de transmettre la seconde page de l’évaluation…..
préparation de l’évaluation en Arts Plastique
Je m’occupe plutôt de l’administratif (et il y en a beaucoup au CNED entre l’inscription, le suivi des colis, les cours en version papier, numérique, CD, audio, les téléchargements etc..). Mais ma partie, c’est surtout les langues : anglais et espagnol, et les matières littéraires : l’histoire-géo et français qui ont souvent des thèmes communs. L’avantage est que si une notion n’est pas comprise, on le sait très vite, et nous prenons le temps qu’il faut, pour la travailler en profondeur. Pendant le dernier trimestre, j’ai senti du relachement en espagnol, nous avons donc travaillé ensemble tous les cours, et les résultats sont au rendez-vous, les notes ont remonté en flèche!
Idem pour le Francais, l’inspiration parfois manque pour la partie expression écrite. J’ai donc participé et lu avec lui les ouvrages de ces 3 dernières séquence : en séquence 8, le thème du jeune » héro » provincial arrivant à Paris, avec des extraits du « Père Goriot » et « Les Illusions perdues » de Balzac, ainsi que de « Bel Ami » (Maupassant). Puis en séquence 9, c’est le « Claude Gueux », de Victor Hugo, que je ne connaissais pas, pasionnant mini-roman traitant de la dignité au travail, de la justice , et du pouvoir de la littérature pour influer sur la vie politique. Enfin, le Cid, de Corneille, que n’avais pas lu non plus…… qui prolonge le thème de la confrontation des valeurs entre l’individu et la société. Lire et accompagner Victor lors de l’étude des texte aura permi de mettre un peu de vivant et de vécu dans des cours certes très bien fait mais parfois un peu abstraits pour de jeunes adolescents.
Cours particuliers de Math sur le trampoline
En math, la seconde évaluation de l’année a été décevante en résultat : Loïc a donc repris les choses en main, et coaché Victor, notamment en méthodologie : faire le tri entre les exercices indispensables pour comprendre les notions, et les autres qui servent à « rabacher ». Ils ont aussi réalisé un livret rassemblant tous les cours et les notions à savoir par coeur. Une fois cela fait, Victor est reparti sur les bons rails, et jusqu’à la fin de l’année : il termine sa dernière et dixième évaluation avec un 20/20.
Arthur, 8 ans, en CE1 avec le programme de maths et de francais de l’Education Nationale
Pour Arthur, qui était en CE1 cette année, j’avais choisi de ne pas suivre les cours du CNED. Autant les cours de collège sont attirants, bien mis en page, agréables et adaptés, autant je trouve les cours de primaire indigestes, peu attractifs, et à mon sens trop complets », dans le sens où pour effectuer tout le programme, il ne nous resterait que peu de temps libre pour réaliser les autres projets qui nous tenaient à coeur cette année : maquettisme, expériences scientifiques, énergie à bord, navigation…
maquette n°3
Retrospectivement, je suis ravie de ce choix, car il me permet d’insister sur les maths et surtout sur le francais, matière sur laquelle il n’y a aucune impasse, et pour laquelle je suis sûre des acquis de mon enfant. Cela était d’autant plus important que le CE1 est une année cruxiale où beaucoup de bases sont mises en place : c’est là que l’on commence la grammaire, en étudiant la structure des phrases, la conjugaison avec le présent, le futur, et le passé composé.
travail sur le calendrier
En math, arrivent les premiers problèmes à résoudre, les tables de multiplications à utiliser, les additions et multiplications à maitriser.
Addition
Question rythme, Arthur a du mal à travailler efficacement plus que 2 heures par jour. C’est un enfant qui comprend vite, intuitif, mais qui a du mal à rester en place et qui est très lent à l’écriture. Nous avons donc choisi de rester sur le même rythme que son frère – c’est plus pratique aussi pour toute la famille. Nous travaillons tous les jours 2h par jour, tous les matins, 7j sur 7. Si le travail n’est pas terminé, nous continuons un peu le soir.
Arthur au travail dans le cockpit
A chaque fin de trimestre, nous effectuons un grand bilan, que j’envoie à ma chère amie Hélène, Professeure des école et Maitre formateur de l’Education nationale. Cela nous permet à Arthur et moi de nous évaluer 3 fois par an, ce qui est à la fois nécessaire et motivant!
on est quel jour?
C’est aussi Hélène qui m’a conseillé les méthodes de maths et de Francais de cette année, les supports pédagogiques, et qui me conseille en cas de problème. Je l’ai appellée au secours à Noël car je me rendais compte qu’Arthur rechignait à écrire, et que sa lenteur était un frein à la réalisation des exercices de Français. Nous avons donc mis en place un contrat avec Arthur : réalisation d’un certains nombre d’exercices à l’oral, couplé à une obligation d’écrire 10 mots par jours en janvier, puis 20 en mars, puis 30 en avril ….. L’écriture a pris différentes formes suivant les périodes et les envies : cahier de grammaire, cahier de compréhension écrite, ou cahier d’écrivain avec des thèmes qu’il apprécie (la liste des courses, mon menu préféré, ce que j’ai ramassé à la plage, je décris ma cabane, résumé du documentaire regardé etc….)
La méthode de grammaine
Pour les maths, la manipulation aide beaucoup à la résolution des problèmes et à aborder les thèmes de la multiplication et de la division. Arthur aime utiliser les barettes cuisenaires.
le cahier de Maths, et les barrettes Cuisenaire formant des trains de nombres
et en plus, elles servent de matériau de construction, comme des Kapla!
Pour le reste, nous avons le temps de développer nos projets, sous une forme plus ludique, en nous servant des pays traversés : ainsi, cette année, nous avons étudié les coutumes, les paysages, la flore et la faune des pays traversés etc…. via de nombreux supports : lecture, dessins, réalisation du livre de bord par pays, anglais, ebooks etc….
Cette année, Arthur a fait de la lecture pendant 2 mois sur la Culture Maorie de Nouvelle-Zélande. Un petit paragraphe tous les jours, pour en apprendre plus sur le pays et ses coutumes. Cela nous a amené à de nombreuses questions et interactions avec des néo-zélandais, mais aussi plus d’intérêt pour la visite des différents musées (Musée d’Auckland, Musée Maritime, Musée de Russel, Musée d’Aviation ancienne de Tauranga…).
Livre sur la culture Maorie
Arthur nous lit tous les matin sur la culture Maorie
Grace à un autre petit livre d’art appliqué, nous avons réalisé des créations maories : balles de poï, pendantifs tikkis, toupies, impression de tikkis, … ce qui a fait le lien avec la Polynésie Francaise, traversée pendant 6 mois, et dont le peuple est culturellement très proche des Maoris.
Rideau Polynésien en corail
Tikki polynésien
Victor très appliqué
Autre Tikki
livre d’art créatif maori
Nos balles de Poï en action
l’art du Koru
motif Koru
Description des motif Koru (feuille de fougères)
Anna a réalisé un ebook sur la Nouvelle-Zélande, à destination de ses petits camarades de son ancienne école, qui font cette année un tour du monde des pays, en envoyant Clémentine Aplatie par la Poste….
Clémentine Aplatie à Auckland
Arthur travaille de son côté un ebook racontant son « demi tour du monde » : « Les 20 000 mille d’Arthur autour du monde », où il raconte en images et en textes la première moitié de son périple, des Antilles à la Nouvelle-Calédonie en passant par les Galapagos, la Polynésie Francaise et la Nouvelle-Zélande.
Déjà 20 000 milles parcourusgéographie, autour du monde
Pour l’étude et la pratique de l’anglais, nous avions l’embarras du choix avec une sélection de petits livres sur la Nouvelle-Zélande, notamment des cahiers d’activités et de jeux en anglais.
cahier d’activité en anglais
Mais le mieux bien sûr, c’est de jouer avec leurs amis anglophones.
Anna and Marlène, her german friend
A Whangarei, un après-midi de travail avec deux enfants néo-zélandais
Avec les filles de nos amis néo-zélandais
Anna with Marlene and her sister Juli singing in the streets of Auckland
Les enfants avec Ben et Gaby, leurs amis américains
Nous avons aussi passé beaucoup de temps à réaliser notre livre de bord, avec des dessins, collages, herbier, petits textes, sur la Polynésie Francaise, et sur la Nouvelle-Zélande.
travail naturaliste
matériel récolté sur la plage pour les descriptions naturaliste-bord de mer en nouvelle-Zélande
à la loupe binoculaire
dessins d’Anna surfant
Le livre de bord des enfants
travail sur l’herbier de Nouvelle-Zélande
Et aussi des expériences de science, du bricolage, et de nombreuse notions liés à la vie à bord ont été abordées en profondeur : l’énergie (production et consommation), la météo, et de manière plus globale la préservation de l’environnement et de notre planète.
préparations de maquettes
maquette n°1
maquette n°3
gestion de l’eu à bord
récolte d’eau de pluie
manoeuvre
cours de navigation
expérience de science : la pierre ponce, ca flotte!
à la loupe binoculaire
Anna, 5 ans, en MS/GS avec la méthode MONTESSORI
Anna a continué de travailler avec les livres et cahiers de Balthazard, en particulier le très très gros cahier MONTESSORI des lettres de Balthazard et de Pépin aussi, centré sur les lettres et les sons. En parallèle, nous avons travaillé en début d’anné sur les sons,
les sons des lettres
en reconnaissant phonèmes, puis plus tard les rimes;
les sons des mots
En milieu d’année sur l’arbres aux lettres, parfait pour associer les sons des consonnes et des voyelles. Dès janvier, nous avons enchainé en parallèle sur le coffret de lecture Montessori (chez nathan), en particulier les lettres mobiles,
les lettres mobies
pour former des petits mot
puis des plus gros
puis à partir d’avril, le cahier de lecture associé.
cahier de lecture, les premiers mots simples
Ces méthodes sont particulièrement adaptées pour l’apprentissage des sons et des lettres, de manière ludique et au rythme de l’enfant, et de manière autonome, ce qui m’a permis de dégager plus de temps pour Arthur en CE1, qui avait plus besoin de moi, en particulier pour la grammaire et les conjugaisons.
Aujourd’hui, Anna connait toutes ses lettres, en majuscule comme en minuscule, sait copier des mots en capitale, et lire quelques mots courts. Elle reconnait aussi les sons dans les mots, et les associe aux lettres. Elle sait lire les mots court aux sonorités simples (col, lavabo, robe etc…) et sait aussi les écrire avec des lettes mobiles, sans modèle, à l’oreille. Nous avons aussi travaillé l’écriture, des chiffres, et des lettres!
écrire les chiffres,
les lettres capitales
puis les lettres minuscules
Née en février 2012, elle est censée n’entrer qu’en grande section l’année prochaine, mais je la sens pourtant prête l’année prochaine à apprendre à lire. Je la laisserai donc entrer tranquillement dans la lecture, à son rythme, et sans pression.
Nous avons aussi travaillé dans les livres d’activité de Balthazard. Le « Très très gros cahier de NATURE » de Balthazard, chez Hatier Jeunesse déjà entamé l’an passé a été terminé,
la salade de fruits
travail sur le Mime
Anna mime : se moucher
Mimer : avoir peur
mimer : rire
activité du « Très très gros livre de la Nature » de Balthazard
et nous avons surtout puisé dans le « Mes activités Montessori » chez Nathan. parfait pour appréhender le monde et la nature-même si les saisons et les animaux sont un peu trop centrées sur l’Europe; nous avons donc adapté le contenu.
Activité du livre « mes acivités Montessori »
Là encore, je n’ai aucun regret. J’avais avec moi les cours du CNED de grande section, prêtés par une amie, et j’était soulagée de ne pas avoir à les suivre dans leur exhaustivité. En revanche, nous nous nous en sommes servi comme support d’appoint pour la lecture de littérature jeunesse : Arthur a souvent fait la lecture le matin à sa soeur : et Hop! d’une pierre deux coups!
Et avec deux enfants d’age rapprochés, 5 et 8 ans, nous réalisons ensemble toutes les activités hors maths et francais, chacun à son niveau.
art plastique
Le reproche que je ferais aux cours du CNED de primaire est qu’ils demandent beaucoup de travail aux parents, de préparation mais aussi d’encadrement, les consignes sont compliquées et ne visent pas à rendre l’enfant autonome dans ses apprentissage, contrairement à la méthode Montessori. Avec 3 enfants scolarisés à bord, de 3 niveaux aussi différents, il faut viser au maximum sur l’autonomie de chacun!
Ce qui m’a été utile cette année :
Le globe terrestre gonflable: Trouvé au musée d’Auckland nous avons enfin à bord une mappemonde, très légère et ludique! Les enfants l’adorent, jouent (un peu, il ne faut pas l’abimer) au ballon avec, et elle nous permet de bien nous situer sur la planète.
Les » reward stickers » : trouvés aussi en Nouvelle-zélande. Les anglo-saxons sont vraiment très forts pour ce genre de produits. Anna s’en sert en autonomie dès qu’un exercice est terminé et vérifié. Et ca me permet de contrôler par la suite que le travail a été fait. Exemple : dès qu’elle a réussi à écrire 3 fois un mot avec les lettre mobiles, elle est autorisée à l’écrire au stylo.
en face du mot, déjà 2 stickers : Bravo!
Les sous-main plastifiés : j’ai chiné leur contenu sur internet, puis fait laminer. En CE1, Arthur se sert particulièrement les tables de multiplication, des majuscules, et des modèles d’addition et soustraction. En GS, Anna se sert de tout pour compter, lire son alphabet, reconnaitre les lettes etc… C’et aussi un chouette cadeau à faire à l’enfant le jour de la rentrée, ils sont très fiers. Et en plus, cela protège la table!
Sous-main GS
Sous-main CE1
Sous-main CP
Les posters des tables de multiplications affichées dans la coursive (obligatoire de les lire pendant le brossage des dents, matin et soir ;-)), acheté en Nouvelle -Zélande, et un autre poster sur les conjugaisons, acheté en Nouvelle-Calédonie.
tables de multiplication
tableau de Conjugaison
Le Bescherel : pratique quand mon grand me demande (pour son cours d’anglais) : c’est quoi maman la forme grammaticale de « qui » en francais???
En support numérique, je me suis appuyée cette année sur les applis de l’Escapadou, (éditeur numérique spécialisé Montessori) : » J’écris en cursive » a été très utile à Anna pour s’entrainer sur les lettres, et à Arthur pour les majuscules, en complément bien sûr de l’écriture papier.
Egalement, l’appli « Dictée Montessori » du même éditeur, pour Anna, pour apprendre à « écrire » les mots, comme avec des lettres mobiles.
Et enfin, c’est de l’école sans être de l’école.
Les enfants sont toujours aussi fans des émissions « C’est pas sorcier ». Nous sommes partis avec une centaine d’entre elles que nous avions en CD à la maison. S’est rajouté par la suite la série intégrale des ‘Il était une fois la vie », « Il était une fois l’homme, et « Il était une fois les Explorateurs ». C’est surtout cette dernière mini-série que les enfants ont regardé cette année-hors temps scolaire bien sûr! L’avantage de la vie en bateau, c’est que l’on voit tout le temps ce que les enfants regardent puisqu’ils ne sont jamais loin de nous : il est donc facile d’enrichir leur connaissances en discutant simplement de leurs émission préférées, et en approfondissant les thèmes abordés.
Côté « Explorateurs », ma bonne étoile Mary, ancienne professeure/documentaliste de Victor, m’a conseillé le super petit jeu interactif des Grandes découvertes et des Explorateurs, sur le site de France TV . Seul inconvénient, il nécessite une connexion internet.
En conclusion
J’ai la chance aussi que Loïc, le papa, soit aussi impliqué dans l’école à bord. On peut dire que si je suis la responsable des programmes, lui est enseignant à part entière en sciences au collège, mais aussi enseignant-remplacant en primaire pour accompagner le travail d’Arthur et d’Anna. Nous sommes très satisfaits d’avoir pu choisir pour chacun de nos enfants le rythme et les méthodes qui leur conviennent, et qui sont réalisables par de simples parents-enseignants, non professionnels comme nous.
L’année scolaire prochaine, sera un nouveau challenge :
Victor entrera en 3ème avec le CNED, une année importante pour le dossier scolaire, et son entrée future au lycée à notre retour en septembre 2018
Arthur sera en CE2 avec un programme de Francais et de Math identique à celui de ses petits copains de l’école : nous sommes en cela dans la continuité, et travaillerons spécifiquement sur l’autonomie au travail, en particulier dans la lecture et compréhension des énoncés.
Anna sera GS/CP, et qui pourra tendre selon sa motivation et son travail vers un vrai CP. Je continuerai la méthode Montessori qui lui convient bien, et compléterai avec les cahiers Ribambelle qu’avait utilisé Arthur, basée sur 6 albums de littérature jeunesse : il me semble en effet indispensable dès le CP de lier la notion de lecture au plaisir de découvrir et de lire des albums et des histoires. Je garde aussi sous le coude la méthode des Alphas, ludique et imagée, très utilisée, et avec succès, chez les enfants vivant en bateau.
Et puisque c’est de saison, je vous souhaite à tous de bonnes vacances scolaires!
C’est à Whangarei que nous avons décidé de sortir Moby de l’eau pour effectuer l’entretien annuel : antifouling, révision du gréement et des moteurs, et tout un tas de petits travaux d’entretien plus faciles à faire à sec qu’en mer.
Déjà un an que Moby a quitté la Grande Motte, et bientôt un an que j’ai rejoint le bord avec les enfants à Lanzarote….Une année riche en aventures, où les enfants ont incroyablement grandi, gagné en maturité et autonomie, en indépendance et sociabilité. Et où Loïc et moi avons beaucoup appris aussi, gagnant en compétance, et en assurance au fur et à mesure des expériences gagnées : nouveaux pays, nouveaux mouillages, nouvelles rencontres : à chaque fois il faut s’adapter.
Nous avons sélectionné le chantier il y a un mois déjà, lors de notre passage à Whangarei. Il nous avait séduit par son imposant travel-lift, ses prix de sortie de l’eau attractifs, la propreté du chantier, son cadre tranquille, des champs d’un côté, la rivière de l’autre, mais à quelques minutes en voiture d’une petite ville fort bien achalandée en ship-chandlers, professionnels du nautisme et boutiques en tous genres.
Les équipement pour la vie à terre nous avaient aussi semblé intéressants : une grande salle à manger/salon télé, une immense cuisine avec 2 frigos américains, un bureau, un coin BBQ, une lingerie, des vélos, une voiture de courtoisie à se partager…
Car une fois au sec, Moby n’a plus l’eau courante, ni de frigo (refroidissement à l’eau de mer), plus de toilettes, de douche, d’évier etc….
Notre sortie n’est prévue qu’à 13h, mais nous arrivons tôt le matin, ce qui nous permet d’assister à la sortie de l’eau d’un voilier : c’est toujours utile de voir l’opération de loin.
Les enfants sont eux aussi impressionnés.
Arthur suit les opérations avec attention
en moins de 20mn, ce monocoque est sorti de l’eau
Après le déjeuner, c’est au tour de Moby. Nous avancons vers le travel -lift, les 2 sangles sont glissées sous les coques. Loïc plonge sous les coques pour vérifier qu’elle passent bien aux bons endroit, et donne son feu vert pour la sortie de l’eau!
En 15mn, l’opération est rondement menée : Moby est sanglé et avance sur des roulettes! Il part se faire nettoyer la coque au karcher. Comme c’est la fin de la journée, l’équipe n’aura pas le temps de nous caler à terre : nous passons donc la nuit dans les sangles, et partons dîner au resto fêter cela!
Je teste des moules à la bisque de homard : elles sont énormes! Pas loin de 15cm chacune, charnues et plutôt croquantes. Loïc tente un risotto de fruits de mer et se régale tout autant.Le lendemain, le marathon commence : il faut courir après les entreprises pour obtenir des devis, une intervention, un conseil. Au final, nous décidons de faire réaliser l’antifouling et la révision du gréement : Loïc fera le reste!
Il travaille 10h par jour s’arrêtant à peine pour déjeuner :
les whinchs sont démontés, nettoyés et graissés
idem pour les hélices,
les moteurs révisés, vidangés, les filtres changés
entretien du guindeau, nettoyage de la chaine
nettoyage en grand de l’annexe
plus de nombreuses petites choses à réparer, bricoler, améliorer.
Les préparatifs pour l’antifouling commencent. Moby est mis sous bache
Une couche de primer est passéePuis l’antifouling
De mon côté, ce n’est pas des vacances non plus… J’assure l’école tous les matins,
Anna travaille les notions de grandeur avec les barettes Cuisenaire « en escalier » et la notion de symétrie « miroir » avec les Attrimaths
Sans oublier les repas et l’avitaillement bien sûr, et me suis donné pour tâche le nettoyage en grand de chacune des 4 cabines : je vide tout, y compris le stockage sous les lits, le nettoyage des bibliothèques, matelas, vaigrages, portes, charnières, ventilos, intérieur des placards etc….Tous est lessivé et passé au vinaigre, merveilleux produit qui nettoie, fait briller, tue les moisissures, et favorise le séchage!
A bord de Moby, très peu de produits sont nécessaires : du savon noir, du vinaigre, une batterie de lingettes microfibres, des « éponges magiques », des brosses de toutes tailles, goupillons, baguettes en bois et lames en plastique pour les recoins et c’est tout!
Dans les temps morts, c’est moi aussi qui effectue en voiture ou en vélo les petites courses. J’ai en tête également que dans 2 mois, nous quitterons la Nouvelle-Zélande pour 8 mois de navigation dans de petites îles de l’Océan Indien : il me faut donc profiter de la voiture de courtoisie pour me ravitailler ici en pharmacie, papeterie, fournitures scolaires, articles de bricolages, vêtements (les enfants ca grandit!!) etc…
Chacun leur tour, les enfants m’accompagnent. Ici Arthur, rêveur devant cette règle de 1m de haut!!
Nous passons également quelques soirées « administratives » à organiser notre visa long séjour en Nouvelle-Zélande, et une autre à préparer le renouvellement des 3 passeports des enfants, en prévision de la suite du voyage. Le process de renouvellement étant de 4 à 6 semaine, notre escale en Nouvelle-Zélande est donc l’endroit idéal.
Notre vie au sec s’organise. En dehors des temps d’école et de nettoyage/bricolage, nous passons pas mal de temps dans la « recreational Area », avec les autres équipages. En tout une vingtaine de bateaux au sec dans ce chantier, et environ 5-6 familles ou couples vivant et travaillant sur leurs bateaux, partageant la cuisine et les repas. Cela crée une ambiance multi-culturelle très sympa :
Owen et Stewart, un couple de neo-zélandais d’Auckland qui rénovent leur ancien motoyacht de 80 ans, tout en bois,
Tatiana et Mike, jeune couple americano-brésilien contraint au repos forcé pour cause de sciatique,
Christine et Franck, un couple d’allemands, qui refont tous les vernis de leur joli sloop cinquantenaire, Shangri-La,
Karen et Craig, avec leurs enfants Freya 11 ans et Blake 7 ans, une famille de néozélandais qui retapent un cata de plus de 20 ans acheté à l’état d’épave, et vivent depuis 4 ans à l’année dessus : il est architecte naval et elle est architecte, ils passent leurs étés en chantier ou dans des mouillages, et leurs hivers à la marina de Gulf Harbour, dans la péninsule de Whangaparoa
Yves et Pascale, avec leurs enfants Lucille 17 ans et Simon, 14 ans, francais d’Arcachon naviguant sur un Outremer 49, modèle précédent le notre.
Les deux Outremers au sec!
Samedi matin, je vais avec Anna au marché. Les produits sont presque tous bio car les néo-zélandais sont très préoccupés par leur santé alimentaire : ils ont là-dessus 20 ans d’avance sur nous les français! Les légumes sont superbes, et la diversité des origines de peuplement des néo-zéalndais et la qualité du climat en font des étals d’une variété incroyables.
on y trouve bien sûr tous les fruits d’été : prunes, myrtilles, melons,
mais aussi quelques produits tropicaux qui poussent grace à la douceur du climat quasi-méditerranéen : le kumara (patate douce importée par les prmiers habitants polynésiens il y a 10 siècle), des avocats, du taro, de l’igname, et même des bananes!
tous les légumes asiatiques, bokchoy, petsai, chou chinois, pousses de bambou, épinards vietnamiens…et certains produits typiquement indiens comme la margoze ou l’aubergine blanche
et bien sûr toutes ces plantes « santé » à la mode en ce moment : le kale (sorte de légume-feuille entre le chou frisé pour le look et le brocoli pour le goût), le broccolini (brocoli à longues tiges et fins bouquets) des algues, le miel de Manuka (myrthe sauvage aux vertus antiseptiques et anti-inflammatoires)
Cela nous nous empêche pas Anna et moi de nous délecter d’un très gras et donc croustillant croissant au beurre….et de sourire avec gourmandise devant la roulotte de cette authentique crêpière bretonne, mariée à un néo-zélandais! Décidément, ils sont partout, ces bretons!
Intéressant aussi, ce marchant de plantes épiphytes. Je suis tentée d’en prendre une, l’anniversaire d’Arthur n’est pas loin, il serait ravi! Mais la règle est stricte à bord de Moby : pour limiter les petites bêtes, pas de plantes à bord. Dommage, celles-ci avaient fière allure.
L’après-midi, les enfants jouent dans la salle commune. Ils se spécialisent dans la fabrication d’avions en papier. Dimanche, nous nous autorisons à prendre un après-midi pour aller à la plage! Nous rejoignons Karen, Craig, Blake et Freya, avec les bodyboards et les skim.
Karen
Freya et BlakeCraig
Nous avons 45mn de route pour rejoindre la plage d’Ocean Beach, réputée pour ses vagues et ses dunes.
Nous n’avons pas l’habitude de plages si fréquentées : il y a un club de surf local, et même des coast gards qui surveillent la baignade!
Oh, surprise, Christine et Franck nous rejoignent à la plage… avec de la glace! ice-cream pour tout le monde!
Loïc fait du bodysurf,
Moi du body board
Tout comme Anna
et Arthur
Victor alterne body board…
et skimboard
Les enfants s’éclatent pendant des heures, les mamans aussi!
C’est bon la glisse entre filles!
C’est aussi génial à partager avec son ado!
Victor initie Blake au skimboard.
La planche est un peu lourde pour Blake
Victor lui lance la planche, et Blake saute dessus,
avec succès!
Arthur et Anna se réchauffent au soleil en jouant dans le sable.
19h, il est temps de rentrer, car la journée de demain sera bien longue!
Il nous reste 3 jours pour terminer de préparer Moby! L’antifouling est terminé.
Pendant ce temps, les enfants continuent l’école le matin, et les jeux l’après-midi. Depuis quelques jours, il nous trotte dans la tête à Karen et à moi de faire un atelier de travail en commun avec les 5 enfants. En effet, Karen elle aussi fait l’école à la maison-ou plutôt en bateau! Ce que l’on appelle en anglais le « home-schooling ». Nous avons déjà eu l’occasion d’échanger sur nos méthodes, chacune peu désormais s’inspirer de l’autre.
Le thème d’aujoud’hui sera la Nouvelle-Zélande!
Karen a préparé tout un tas de petits éléments à découper et compléter sur le thème de la Nouvelle-Zélande, sous forme de « scrapbooking » dans des «folders ».
Je suis contente d’être initiée à cette technique de présentation de projets. C’est un dossier cartonné, plié en deux, avec une jolie page de garde coupée dans son milieu = pour ce projet-ci, il s’agit d’une carte de la Nouvelle-Zélande.
A l’intérieur, on colle des petites pochettes, que l’on remplit avec des infos, un drapeau, des données sur le pays. Chaque dépliant est personalisé, et unique!
Au bout d’une heure, les plus jeunes se lassent et commencent à s’agiter. Il est temps de passer au bricolage!
Nous optons pour la fabrication de balles de Poi : ce sont des boules que l’on fait tourner au bout de cordelettes élastiques, lors de danses maories, un peu à la manière des majorettes de chez nous, à mi-chemin entre la danse, le jonglage et les percussions !
La fabrication est presque terminée…C’est parti pour les essais : répétition générale!
Prêts pour le spectacle!
Le lendemain, nous participons à un « Pot-luck » (traduire : « à la fortune du pot »), tradition anglo-saxonne assez sympa connue aussi sous le nom de «bring and share», où l’on se retrouve dans un endroit donné en groupe, chacun apporte à manger, et on partage, façon « buffet ».
C’est en plus l’anniversaire de Craig, qui fête ses 49 ans : c’est buffet de desserts !
Au menu : salade de potiron au lait de coco, plat traditionnel bresilien, authentique curry indien, salade de boeuf thaî, curry indien…. Pour l’occasion, j’ai fait des crêpes
Dernier dîner au chantier, nous nous disons au revoir, échangeons les coordonnées, et nous retrouverons un jour, qui sait?
Moby est prêt!
Il est remis à l’eau le jeudi matin, après 9 nuits et 8 jours au sec.
A 8h30, nous sommes à l’eau, il pleut des cordes, 30 noeuds de vent, quel contraste avec cette semaine ensoleillée que nous venons de passer.
Mais il nous tarde de retourner naviguer, cap vers l’île du SUD!
Nous avons appareillé de Great Barrier pour Auckland le matin du 21 janvier, sachant que du mauvais temps était attendu dans la nuit, et qu’il fallait nous mettre à l’abri… En effet, nous enregistrons jusqu’à 52 noeuds de vent… au mouillage, des creux de plus d’un mètre, autant vous dire que la nuit a été agité pour la captain et son second.
Le lendemain, à 8h c’est le calme après la tempête…
Deux heures plus tard, c’est la bascule, le vent tourne et regagne en force : les régatiers s’en donnent à coeur joie.
Il faut dire que la baie d’Auckland offre un magnifique plan d’eau, un peu comme à Brest! 😉
Dans l’après-midi, c’est les SUP qui attaquent un entrainement de downwind. Je sais qu’au même moment, en rade de Brest, une dizaine de SUPers attendent avec impatience la première tempête de l’année pour se lancer en downwind pour la Paddle Storm Master.
Nous profitons d’un petit moment d’accalmie du vent à moins de 25 noeuds pour nous diriger vers la marina de Westhaven où nous avons maintenant nos habitudes. C’est encore la même place qui nous est désignée : face à la ville d’Auckland, et aux superyachts! Tiens, un petit nouveau, avec son hélico!
Pendant ces quelques jours, j’ouvre l’oeil à l’insolite qui pointe son nez : comme ces chinois venus se marier, et immortaliser l’évènement… sur le port!!
Et cette « cigarette », ambiance Miami Vice
Là, ce gros hangar, c’est un garage à bateau géant, contennant des racks sur plusieurs étages. Une solution alternative à la place de port, moins couteuse, et déjà utilisée depuis des décennies aux USA, plus particulièrement en Foride.
Ce bus « amphibie » qui promène les touristes de manière originale : qui a remarqué l’hélice qui dépasse à l’arrière?
et encore, le Waszp, petit foiler monoplace australienattention quand ça plante!
Nous profitons de cette escale « technique » pour faire un peu de tourisme : la visite de l’Auckland Museum est incontournable. Nous avons 2h devant nous avec les enfants et choisissons 4 thèmes :
Les collections Maories, en particulier, le canoé géant de plus de 20m, admirablement sculpté, mais aussi la maison du peuple, et des centaines d’objets d’artisanat du quotidien
la partie Histoire Naturelle de la Nouvelle Zélande, avec les squelettes de dinosaures, des moas, et des explications sur les animaux endémiques de Nouvelle-Zélande, comme le Kiwi ou le manchot pygmée.
un manchot
squelettes et oeufs de Moas
le « faux lin »
squelettes de dinosaures
le Volcanisme néo-zélandais expliqué à travers vidéos, animations et ce simulateur de séisme qui simule un tremblement de terre dans un salon! « Trop cool « ont dit les enfants.
Pour les garcons, le 3ème étage du musée consacré aux guerres, et l’exposition d’un véritable Zéro (japonais) et d’un Spitfire (anglais), avions de combat de la seconde guerre mondiale impliqués dans la « Guerre du Pacifique ».
….pendant qu’Anna et moi allons voir la boutique du musée….Je suis incorrigible quand il s’agit de fouiner dans une librairies…
J’en repars avec 3 livres :
« Tradition et coutumes des Maoris » (en francais!) : un tout petit livre qui sera parfait à lire et faire lire aux enfants, penant nos heures d’école
En anglais : « A brief History of New Zealand« , illustré de tableaux, aquarelles, sculptures et dessins historiques, qui permettent d’aborder l’histoire du pays en image via les arts.
« Maori Art for kids » : 15 mini-ateliers d’art illustrés de vraies oeuvres d’art, expliqués et faciles à mettre en oeuvre : j’ai hâte de le mettre en pratique avec les enfants, pour fabriquers nos tikkis, cerfs-volants, poteries, toupies, masques etc….
Nous commencons le premier atelier dès le lendemain avec des pendentifs tikkis en Patarev’! Victor se prend au jeu. Anna et Arthur s’appliquent également beaucoup, et sont très fiers de porter leurs créations autour du cou.
Nous continuerons avec ces « transferts » de tikkis en gouache noire sur crayon de cire colorés.
Nous ferons aussi un stop à Mount Eden, l’un des multiples cones volcaniques parsemant la ville d’Auckland, et celui le plus proche du centre, et le plus haut également (196m). Ce cratère de 50m de diamètre est un lieu sacré pour les Maoris. Il nous fait beaucoup penser au « Trou aux Cerfs » de Curepipe à l’île Maurice).
La vue d’en haut est panoramique.
De retour au mouillage, nous ne nous lassons pas de la vue sur la ville, photogénique de jour comme de nuit.
Après une semaine, nous quittons Auckland pour Whangarei, où nous allons sortir Moby de l’eau, et planifier les travaux d’entretien annuels qui devraient nous prendre une bonne semaine.
Nous nous arrêtons pour 24h sur une plage de Tomaratau sud de Whangarei, qui déroule des km de sable blanc et de rouleaux…
Nous descendons à la plage en paddle tous les 5, armés des bodyboards et skimboards. …
La plage est très calme, quelques maisons éparses se dessinent derrière les dunes. L’endroit est tout sauf touristique.
L’après-midi se passe à surfer les vagues et les dunes en body-board.
Quelques gamelles en perspective….
Le lendemain, nous levons l’ancre direction Whangarei. En longeant la côte, nous croisons la route de maman baleine et de son baleineau. Nous les suivons doucement, en ralentissant, pour ne pas leur couper la route.
C’est terriblement émouvant de les observer de si près.
Nous passons l’après-midi et la nuit suivantes à Smugler’s Bay, jolie plage située à l’embouchure de Whangarei. Anna et moi allons à la plage à la nage, pendant que les garçons font un jeu de société.
Demain, c’est le grand jour, nous sortons Moby de l’eau!
Sachant que nous allions passer plus de 200 jours en mer dans les 2 ans et demi à venir, nous nous sommes posé la question dès le début de notre projet. Trois enfants à bord en espace clos, et d’âges assez différents (4, 7 et 12 ans au début du voyage), il va falloir gérer…..
L’école :
Notre première idée, c’est de profiter du temps en traversée pour avancer au maximum sur le programme scolaire….. histoire de profiter au maximum du temps passé en escales. C’est ainsi que nous avons proposé ce rythme aux enfants, qui l‘ont adopté et se réjouissent d’avoir tous les après-midis de libre en escale. Restait à valider à quel point maitresse/maître et élèves seraient « opérationnels » en mer….. Il s’avère en fait que Victor et moi sommes assez peu touchés par le mal de mer, Anna pas du tout, seul Arthur a été très malade premier jour de la transat, et continue à somnoler un jour ou deux quand nous reprenons la mer. Nous avons donc instauré que le premier jour de chaque traversée, nous ne ferions pas l’école : nous bullons dans le cockpit… Mais dès le lendemain 8h, c’est la cloche qui sonne! (en fait, le générique de Star Wars retentit dans le cockpit)
Cela vaut surtout pour notre ainé Victor qui est en 5ème avec un programme CNED assez chargé, mais qui est finalement avalé assez rapidement. En traversée, il met les bouches doubles et travaille le matin et aussi l’après-midi.
Pour les petits idem, nous gardons le matin pour les matières « lourdes » comme les maths et le français, et privilégions l’après-midi pour avancer sur l’histoire, la géo, les sciences, le plus souvent en rapport avec l’endroit où nous sommes.
C’est l’avantage de ne pas suivre le CNED : nous sommes libres du programme! Quand nous étions en peine traversées Caraïbes-Panama, nous avons étudié :
l’histoire et la géographie du canal de Panama, (lecture de cartes et lecture du passage consacré au Canal de Panama par Olivier Mesnier dans son Voyage autour du monde
mais aussi les explorateurs et conquistadors espagnol (Atlas des explorations, Gallimard Jeunesse )
les animaux /drapeaux et géographie de l’Amérique du sud et centrale, ( les animaux du monde Collection Montessori Nathan, les drapeaux du monde Editions de La marinière Jeunesse, Mon premier atlas Gallimard Jeunesse)
les grande voies de circulation sur des océans, qui furent l’occasion étudier le voyage de Magellan, le passage du nord-ouest et celui du Nord-Est ( (Atlas des explorations, Gallimard Jeunesse )
en préparation de notre passage aux Galapagos, la grande découverte de Darwin avec sa théorie de l’Evolution, et son voyage autour du monde sur le Beagle ( Voyage d’un naturaliste autour du monde fait à bord du Beagle de 1831 à 1836, Editions la Découverte, lecture de’l’introduction de quelques passages significatifs),
Une question en amenant généralement une autre,
le voyage de Marco Polo, puisqu‘il est au programme de 5ème en français avec son «Livre des Merveilles », nous avons demandé à Victor de nous dire ce qu’il savait sur le sujet, et avons complété avec notre atlas des explorations.
Donc en général, pour le premier jour de traversée, je laisse tout le monde un peu libre, il n’y a rien d’obligatoire, et je laisse le temps aux enfants de s’ammariner- et à moi aussi!.
Nous avons la chance qu’ils ne soient pas trop touchées par la « marmouille » (c’est comme cela que nous appelons le mal de mer à bord de Moby…). On s’installe souvent sur le tatami à l’arrière.
Les jeux de société :
En mer, nous avons plus de temps pour les enfants, c’est idéal pour jouer aux jeux de société! 2 à 3 fois par jours, je leur propose de jouer à tel ou tel jeu. S’ils sont énervés et ont besoin de se défouler, un jeu un peu speed comme le Dobble ou le Uno est idéal (Jungle Speed aussi, Times Up , Halli Galli etc…).
Dobble junior
S’ils sont plus détendus, en fin de journée par exemple, on sort un jeu de stratégie comme : Le Carcassonne, je vous en ai déjà parlé, c’est notre jeu préféré, un must de jeu de stratégie, en plus très beau, à jouer de 5 à 99 ans! Autre grand favori de enfants, le Labyrinthe, jeu de plateau et de stratégie également mais plus accessible. Depuis peu, Arthur s’est mis au Baggammon avec son père, et j’aimerais trouver un jeu de Go pour initier Victor.
Et nous gardons le Monopoly de la Bretagne en cas de journée pluvieuse…
Avec les plus jeunes, pour les occuper, ou changer d’air -quand on sent l’atmosphère électrique à bord : des jeux collaboratifs sont très bien comme le jeu Zombies Kids ou le Trésor des lutins.
Aussi les jeux de dés. En ce moment, j’initie Anna et Arthur au Yams avec le Yam’s adaptés aux enfants de chez Djeco. Dans le même genre, nous avons un autre jeu de dé : le King’s Gold s’apparente au Yams. L’avantage : les parties sont très courtes. Des jeux de cartes très simples aussi comme Batawaf, Piratatak leur plaisent beaucoup.
Activités manuelles :
Pour les deux plus jeunes, la pate à modeler reste leur jeu préféré. Ils me fabriquent des repas pantagruéliques: pizzas, tartes à tout, sushis…..
Anna aime aussi les perles, sa marraine lui a offert des kits Djeco et de la Patarev. Très franchement, les enfants sont encore un peu petits et c’est encore moi qui fait tout le travail! Mais le résultat est pas mal.
colliers de perles
Le dessin aussi, les intéresse encore beaucoup à cet âge-là, et c’est un moyen de raconter ce qu’ils voient. Mais comme ce n’est pas mon point fort, j’ai quelques bouquins d’initiation «j’apprend à dessiner… des éditions Fleurus » .
Pour les motiver, nous cherchons en général un destinataire : les grands parents, leur maîtresse, les copains, les parrains/marraines) ou un sujet (dessiner la plage sur laquelle nous étions, le bateau vu à côté…qui sera posté ultérieurement…
Dessin d’Arthur illustrant son exploit!
et j’ai encore dans mes cartons quelques cartouches que je gardais pour la traversée du Pacifique : le pistolet à colle et tout plein d’accessoires pour fabriquer des petits objets rigolos : cure-pipes, bâtonnets de bois, feutrine, et recyclage de boites en cartons, on fait des merveilles!
Une ile pour jouer avec le catamaran logo, un collier, de la décor…
N’ayant pas beaucoup d’expérience dans ce domaine, je viens de m’équiper de 2 bouquins sympas :
pour Anna, « Mon livre d’activités avec Mimi », aux éditions Albin michel jeunesse : une vingtaine de bricolages faciles avec très peu de moyens, essentiellement du matériel de recup’ et quelques accessoire, pour les 3-6 ans, joyeusement illustré et colorés. Tous les enfants qui viennent à bord adorent ce bouquin!
Couronne réalisée par Anna pour l’anniversaire de Paul
pour Arthur : « Nous on est des Garcons créatifs » aux éditions du Père Castor, pour les 4-7 ans : de vrais bonnes idées de jeux ou jouets à fabriquer, nécessitant un peu plus de matériel, mais les réalisations sont très originales.
boite à bonbons-araignée réalisée par Arthur pour l’anniversaire de son copain Paul
Jouets :
Les légos et les Duplos: ils y passent des heures, à fabriquer des maisons et des vaisseaux. Quand à Anna, elle a ses Petchup à qui elle invente toutes sortes d’histoires, et Arthur quelques Playmobils.
chateau duplo
duplos
playmobils
Les écrans :
Il y a aussi bien sûr les tablettes de jeux et ordinateurs! En escale, nous limitons l’accès au matin avant le petit dèj, et en fin de journée avant le diner; mais En traversée, c’est plus libre.
Pour Victor qui a 12 ans, il a son propre ordi, avec quelques jeux sélectionnés.
L’ordi de Victor
Pas de jeu d’arcade ou de jeux violents, j’y ai mis mon véto, mais des jeux de construction comme Minecraft et Kerbal Space Programme (Construction et programmation de fusées/navettes/avions à faire décoller et mettre sur orbite). L’avantage, c’est qu’il n’y a as besoin d’être en ligne, et que ce sont des jeux de construction sur lesquels on peut expérimenter. J’ai aussi donné le feu vert pour Besiege, jeu de construction de machines de guerres médiévales, c’est un peu sanglant, mais avec esprit de construction à la Léonard de Vinci.
Les garçons y jouent le plus souvent à 2, échangent leurs « mods »avec des copains de bateau, en français, mais aussi en anglais!! L’occasion d’échanger sur leurs stratégies, leurs réalisations et de pratiquer les langues étrangères.
KSP : Kerbal Space Program
Pour les plus jeunes, j’ai fait le ménage dans nos apps : exit les jeux d’arcade et addictifs. J’ai sélectionné pour les tablettes des jeux plutôt jolis et intelligents. J’ai pour cela été conseillée par le petit guide de la « Souris grise »,Les meilleurs applications pour les enfants, petit guide papier très bien fait conseillé par mon amie Fanny ( l’une des petites fées qui m’accompane sur notre projet de tour du monde) disponible à la vente en ligne (malheureusement, il n’y a pas d’édition numérique).Vous pouvez aussi aller visiter leur site : la souris Grise.
Pour les 4-6 ans :
Maison de poupée (myplayhomes) : adorable petit jeu, très joli, où l’on anime une maison et tout les personnages à l’intérieur : on leur fait prendre le petit déjeuner on les habille, on leur prend la douche, ils sortent jouer dans le jardin, comme dans une vraie maison de poupée. Arthur et Anna adore y jouer tous les 2.
Toca Hair Salon Me : très amusant jeu interactif de salon de coiffure : prenez-vous en photo (ou papa, ou maman, ), et découvrez la coiffure choisie pour vous! on peut ensuite faire pousser les cheveux, les colorer, les coiffer, les laver, les couper, friser, rajouter des accessoires, etc…. résultat et fous rires garantis, aussi pour les plus grands.
Pierre et le Loup : un must de récit musical pour les enfants, merveilleusement mis en image et en sons, avec la délicieuse voix de François Morel. En plus du films d’animation, on y trouve plein d’applications pour jouer en musique et faire durer le plaisir, les enfants se le passent en boucle et nos oreilles sont charmées!!
Pierre et le Loup, application musicale
Toca Band : un jeu de simulation d’orchestre très facile à mettre en ouvre et très rigolo. Pour aprendre à mélanger les rythmes et à créer sa propre musique. Là aussi les enfants aiment à y jouer à 2.
Toca Band
plus pédagogique : l’Atlas du monde : pour voyager dans le monde en touchant le globe du doigt. Accessible aux plus jeunes non lecteurs grâce aux descriptions audios. On a l’impression véritablement « surfer » sur la planète.
Le corps humain : très bien fait, les descriptions des différentes parties du corps et de leurs fonctions
Mes recettesKidecook de Chocolapps : une trentaines de recettes à réaliser par l’enfant qui doit lire la recette et aller piocher les ingrédients dans le placard, le frigo etc… puis suivre les instructions. Idéal pour l’apprentissage de la lecture. Trop mignon de voir Anna faire ses recettes et son grand frère lui lire les instuctions.
Jeu de rôle : pour les plus jeunes mais il faut tout de même savoir lire : l’âge des dinosaures : une balade interactive dans le monde des dinosaures
et pour les plus grands : the room, un jeu d’énigmes et de mystère à résoudre (à partir de 10 ans ++)
Très jolis également le jeu Windowsill, un « escape game »à l’univers dépouillé et ultra-poétique et Monument Valley, un jeu de tableaux fait d’escaliers incertains et de ponts tournants en 3D, lui aussi plein de poésie.
Windosill
J’ai aussi téléchargé quelques jeux carrément purement éducatifs :
la dictée Montessori et les nombres montessori : les enfants adorent, y compris pour la petite récompense quand on a trouvé le bon résultat : une pluie d’étoiles/de fleurs, de bulles ou de pièces d’or à faire évoluer de manière interactive, c’est très beau.
Films :
Nous avons aussi un disque dur avec plus de 1000 films, dessins animés, reportages…. autant dire que nous n’aurons pas le temps de tous les visionner!
Ce qu’ils regardent le plus, c’est l’émission « C’est par Sorcier », dont nous avons l’intégrale en 120 épisodes, aussi variés que les antibiotiques, les récifs coralliens, les reptiles, les rois de France, la vue, …..
Côté films, c’est surtout Victor surtout qui en profite : je me dis qu’il travaille sa culture cinématographique!!! Après avoir dévoré tous les Marvel ( Spiderman, Batman, et autres), les X-Men, Men in black, Alien , Mission Impossible, James Bond, et autre blockbusters américains, il s’est lancé dans les grands classiques de comédies françaises : les Bronzés, les Sous-doués passent le bac, les Ripoux, la Grande vadrouille, la Chèvre, le Diner de con…. Nous sommes aujourd’hui passés aux Westerns : « le Bon, la Brute et le Truand », « Il était une fois dans l’Ouest », …
Livres :
Et les livres bien sûr. Je pratique un peu tous les jours la lecture à voix haute, y compris pour Victor l’ainé, histoire de leur faire découvrir des textes/livres qu’ils n’auraient pas idée de consulter.
Je commence aussi certains livres avec euxs, que je sors de la bibliothèque, on en lit quelques pages ensemble, puis les laisse trainer…en général, ils reviennent dessus très vite. Avec Arthur en CP, la lecture à 2 ça marche bien : chacun lit une phrase à son tour.
Et si vous avez d’autres suggestions de jeux/activités à faire à bord, laissez-moi un commentaire!
Parmi les planches que nous avons apporté sur Moby figurent 2 skims pour les enfants : une première planche qui date de nos années « Ile Maurice » et que Victor utilisait à Poste Lafayette et une seconde que nous avions pris pour Arthur en Bretagne-pour la Plage des blancs Sablons. A notre arrivée sur les plages d’Anguilla, Victor a tout de suite vu le potentiel du spot :
En quelques jours, il a fait de gros progrès, il faut dire qu’il y passe tous ses après-midi- au prix de quelques bosses et de courbatures le lendemain. Arthur est moins accro, il faut dire qu’il s’est pris de très grosses gamelles sur sable mouillé, dur comme du béton….
Sur la plage de Road Harbour, Anguilla
De retour à St-Martin, la plage de Grand Case est très bien elle aussi pour le skim, et Victor commence les backflip en sortie de vague : je vous promet des photos bientôt, mais en attendant,voici un petit aperçu de ses débuts :
C’est d’ailleurs comme cela qu’Arthur et Anna m’appellent très sérieusement pendant les heures de « classe » du matin : Maîtresse!
L’école à bord de Moby a commencé pour Victor pendant notre semaine d’escale à Lanzarote. Son rythme est de travailler 3 séances d’une même matière d’un sel coup, ce qui lui demande pas mal de concentration, puis après une pause, de travailler de nouveau 3 séances d’une autre matière. Il est rapide, (peut-être trop ?) et a déjà pris un peu d’avance sur le programme, l’idée étant de travailler plus pendant les traversées pour se libérer du temps en escale et ne travailler que le matin. Sa place préférée : la table à carte!
Pendant la traversée, il a travaillé tous les jours, 2 à 3h en moyenne par jour -les copains du collège vont dire que c’ets peu, mais il bosse 7 jours sur 7, y compris les dimanche et jours fériés!! Le temps de travail s’allongent en période de devoirs à rendre : un devoir par matière toutes les 3 semaines.
Pour Arthur, pas de CNED, mais nous suivons le même programme que ses petits copains de CP de son ancienne école, avec ses manuels de math et de français que j’avais récupérés auprès de son institutrice. Il est très content de continuer avec la même méthode et tient absolument à se calquer sur le rythme qu’avait par son institutrice Laetitia : tous les matins, nous commençons par 1 page du fichier de français et une page du fichier de math, plus un peu d’écriture ou de lecture selon les jours.
L’après-midi est consacrée à l’histoire, la géographie, les sciences au fil de nos découvertes. Nous avons commencé l’école quelques jours après notre départ de Lanzarote, une fois tous bien amarinés.
Pendant la traversée, nous avons ainsi travaillé sur :
Les voyages de Christophe Colomb, sous forme de récit que j’ai lu aux enfants, dans la Grande Aventure des Océans, Editions Bouquins et l’Atlas des Explorations chez Gallimard Jeunesse. Nous avons aussi consulté des cartes marines de l’Atlantique, retracé notre voyage, celui de Colomb, comparé la durée, les pays d’arrivée, les bateaux utilisés etc…
L’espace : description de notre système solaire, grandes dates de création univers, definition de ce qu’est des étoiles, nébuleuse, un soleil, un satellite … Puis mise en application en regardant les étoiles le soir dans le trampoline ( Sources des explications : mon Encyclopédie des Sciences 6-9 ans chez Gallimard Découvertes, et aux éditions Ouest France,le petit fascicule Observer les Etoiles)
La météo : nous avons étudié avec des documents Montessori 12 phénomènes météo différents, nous avons lu les définition, observé les images et effectué une séance de questions réponses avec nos deux spécialiste du bord : l’ingénieur Thomas et le météorologue Loïc ( La Météo chez Document Montessori et La météo expliquée aux enfants de Jean Nicolas aux éditions Cepadues)
Le jeu du soleil Montessori, nous a permis de classifier les grandes familles d’êtres vivants : végétaux, animaux, herbivores, carnivore et omnivores. Plusieurs questions sur la chaîne alimentaire, que nous étudierons ultérieurement ( Jeu du soleil chez document Montessori)
Le plancton : en bons Planktonautes que nous sommes, nous avons pu faire 2 recoltes de plancton : l’une en longeant Lanzarote, l’autre en plein milieu de l’Atlantique grâce à une période de calme. L’occasion de parler des différentes sortes de plancton : phytoplancton, zoo plancton, etc…. ( Plankton, Wonders of the drifting world )
Les baleines : après avoir aperçu notre première baleine minke, nous sommes allés dans notre petit livre descriptif des différentes sources ( Dorling Kindersley Whales, Dolphins and porpoises) pour l’identifier, et apprendre à différencier les différents cétacés : cachalot, baleine, globicéphales etc…
Du matelotage avec Loïc, qui a initié Arthur et Anna aux noeuds principaux : noeud plat, noeud de 8 et noeud de chaise.
Pour Anna qui est en MS, c’est du 100% Montessori, avec comme base les cahiers de Balthazar, complèté par des jeux sur les sons, le travail avec les lettres rugueuses, comme le « petit œil » qui lui plait beaucoup. Je la laisse choisir de commencer par l’activité qu’elle préfère.
le petit oeil
les lettres rugueuses
Nous nous octroyons également une pause récré en milieu de matinée, entre les maths et le français d’Arthur : 15 à 20 mn histoire de recharger les batteries : les enfants en profitent pour all’er sauter sur le trampoline, faire un peu de chaise, un petit plouf dans l’eau si le temps le permet, ou bien une activité d’intérieur type pâte à modeler, dessin, ou une activité » récompense » comme l’observations a la loupe binoculaire du corail ramasse sur la plage la veille, ou des papillons que nous avions accueillis à bord .
observation du corail à la loupe binoculaire
l’école de matelotage
Bref, pour l’instant, on ne s’ennuie pas, et les enfants sont plutôt contents de se mettre au travail. Quand le manque de motivation se fait sentir, j’ai plusieurs arguments :
pour Victor, qui doit rendre ses devoirs dans les temps toutes les 3 semaines, c’est que plus il travaille vite (et bien!), plus il aura de temps pour faire d’autres activités, et plus il pend d’avance pendant les traversées, plus il aura de temps libre en escale.
pour Anna, si je la vois déconcentrée, inattentive, je la renvoie tout simplement dans sa chambre jouer ou se reposer, et elle n’a le droit revenir que si elle se sent « prête à travailler ». Ca marche très bien, car à son âge, être auprès de maman, c’est précieux!
pour Arthur, un peu la même méthode, se reposer dans sa cabine, et revenir dans de meilleures dispositions, avec la pression en plus de terminer au moins 1 page de math et de français chaque matin, avant de faire quoi que soit d’autre d’autre ; et comme « carotte », j’ai toujours prévu une activité sympa comme une baignade à la plage, un snorkeling, une séance de « chaise de mat »…!!
Il y a quelques semaines, j’avais contacté l’équipe scientifique de Plankton Planet pour leur faire part de notre intérêt pour leur action mêlant science participative, action citoyenne et grand voyage. Pendant l’année 2015, ils ont équipé une vingtaine de voiliers navigant sur tous les océans, de filets permettant la récolte du plancton afin d’offrir aux scientifiques des échantillons d’une grande diversité. Mon espoir était de pouvoir nous aussi participer à la grande aventure de l’étude du plancton, aux côtés d’expéditions a visée scientifique comme Tara, Race for Water,Vagabond ou de projets comme Kids for sea…
Leur idée géniale, c’est de profiter des voiliers d’expédition, mais aussi de ceux qui comme nous partent en grand voyage aux 4 coins de la planète, de les former à la récolte du plancton, qui est par la suite envoyé sous forme de galette sèche aux équipes scientifiques, chargées de décrypter son génome.
Après quelques semaines d’hésitations-tous les kits XploreGen étaient en mer….. c’est oui, nous allons pouvoir récupérer le matériel de Vagabond, voilier d’expédition polaire qui revient justement du grand nord canadien.
Une grosse heure de formation express par Callixte du labo de Roscoff, et j’embarque le matos à bord :
un gros filet de plus d’un mètre de long, équipé d’un filtre de 20 microns pour récupérer un demi-litre de « soupe de plancton »
une mallette contenant fiole et pompe à main permettant d’extraire de cette soupe 2 « galettes » de concentré de plancton.
cadeau-bonus : un microscope, pour qu’une fois la manip’ faite, nous puissions nous délecter de l’observation de ces petites bestioles aux formes si variées…
L’opération dure en tout une grosse heure :
Via ce programme, nous nous engageons à récolter du plancton au moins une fois par semaine. Rendez-vous très bientôt pour les premiers essais de récolte du côté des Canaries! En attendant, en vidéo une démo par l’équipage de Kids for Sea .
Aujourd’hui, Arthur a présenté dans sa classe de CP-CE1 le panneau-exposé sur les énergies à bord de Moby. Il s’agissait de montrer :
Comment nous allons produire notre énergie :
grâce aux panneaux solaires (dans la journée)
à l’hydrogénérateur (quand nous naviguerons à la voile)
au moteur (quand nous naviguerons au moteur)
Puis comment l’énergie sera stockée :
dans des batteries
et enfin comment elle sera utilisée :
pour l’éclairage
les instruments de navigation
les ordinateurs, tablettes etc…
le réfrigérateur
Par ailleurs, un schéma simple montre :
Comment se fera la production d’eau :
par un déssalinsisateur
qui transformera l’eau de mer en eau douce
qui sera stockée dans des réservoirs
Eau qui servira :
à boire
se laver
faire la vaisselle
nettoyer le bateau
Et un dernier point sur le gaz à bord, stocké dans des bouteilles, qui servira :
à cuisiner avec la gazinière
pour le four (cuire le pain)
chauffer l’eau
Victor doit faire sa présentation lundi devant son professeur principal et les copains de sa classe de 5ème.
Il souhaite présenter Moby, parler de l’énergie à bord, mais aussi du parcours, en apportant la planisphère centrée sur l’Océan Pacifique et qui nous a servi à planifier les grandes lignes notre voyage.
Il voudrait aussi présenter quelques unes des escales principales que nous allons effectuer comme :
Le cousin Jules dans sa cabine, modulable en bureau
Mais non, nous ne partons pas pour 2 ans de vacances! Victor qui est en 5ème, va suivre les cours « collège » du CNED , comme son cousin Jules. 2 h par jour tous les matins, et le reste de la journée libre, c’est un rythme qui lui plait bien…
Bosser dur quelques heures, puis du temps libre pour le sport, la découverte en escales, la pêche, la lecture, regarder l’horizon et rêver…
Victor bouquine sur ILO2
Arthur est en CP l’année du départ, et suivra les cours du CNED en Math et Français. Les autres matières seront abordées au fur et à mesure des escales :
la géographie tout naturellement, au fil des pays visités : drapeaux, paysages, habitat, environnement : expérimenter de visu les atolls, volcans, récifs coralliens, le canal de Panama, et 3 océans…
les sciences, avec la marche du bateau, la gestion de l’énergie à bord, de l’eau, la météo, les communications, la voile et le moteur…
les sciences de la vie et de la terre, en observant les animaux marins et terrestres, les plantes, fleurs, légumes et fruits exotiques, qu’il faudra aussi cuisiner et goûter!
la musique et le dessin: enfin du temps pour écouter, partager et expérimenter
les langues : l’anglais et l’espagnol que nous pratiquons aisément, et que les enfants utiliseront naturellement pour se faire des copains en escale, sur les bateaux et à terre
Et bien plus encore, car voyager en voilier, c’est une véritable école de la vie.
Pour ce qui concerne les jeux de société, nous en avons déjà parlé dans un post précédent.
Là il s’agit plutôt des joujoux des enfants… et des grands! Dans un catamaran comme le notre, il faut savoir rester léger, afin de garder un bateau performant.
Notre skipper nous a alloué un quota de 140kg de joujoux estampillés « sports nautiques » :
3 paddleboards pour partir en famille explorer les lagons : un SUP pour Loïc qui embarquera Arthur, un SUP pour moi qui prendrai Anna, et un 3ème SUP pour Victor
2 SUP de vagues
1 longboard
2 shortboards mousse pour les kids
2 windsurfs et 4 voiles, 2 pour les grands et 2 pour les kids
2 sets de matos de Kitesurf: 1 adulte, et un enfant pour initier Victor.
et pour le reste? Les enfants auront droit d’apporter une caisse de Légos bien sûr, c’est la valeur sûre du bord. En cas de mauvais temps, ce sont des heures de jeux devant eux.
Les déguisements c’est aussi une bonne idée, en quantité mesurée bien sûr! Pour se transformer en princesse, en chevalier ou en citrouille! Ainsi que quelques petites figurines d’animaux ou de personnages, pour se raconter des histoires et créer des univers imaginaires….
Anna déguisée en citrouille!
Anna joue avec les Petshop de Niobé
Enfin, nous ferons le plein de matériel de loisirs créatifs, de quoi dessiner bien sûr, mais aussi bricoler avec un pistolet à colle, faire de la pate à modeler, de la peinture etc….
Car pour le reste, notre salle de jeux, elle est dehors!!
Depuis un an, nous avons eu l’occasion de tester de nombreux jeux de société afin de décider : lesquels emmener à bord?
Nous avons nos MUSTS familiaux, comme le CARCASSONNE, le SCRABBLE, ou les jeux de carte pour les plus jeunes. Loïc ne manquera pas d’apporter un BACKGAMMON.
Mais sur les conseils d’amis et de cousins, nous avons testé :
le LABYRINTHE : merci Jules, tu avais raison, c’est un super jeu, de chance et de stratégie, bouclé en 30mn.
KINGS GOLD, merci Caro, jeu de dés rapide et facile, des parties de 10-15mn.
ZOMBIE KIDS, jeu collaboratif, merci nandou
Testés à bord de Crazy Louise :
Piratatak, idéal pour les petits
the Island : beaucoup de stratégie et un peu de chance!
A bord d’ILO2, nous avons testé pour les plus jeunes, moins de 6 ans :
BOGOSS (à jouer dans le noooiiirrr!), et
DOBBLE, et DOBBLE Kids pour les petits,
et pour notre petite Anna, il y a bien sûr le BATAWAF!
C’est un des grands plaisirs du voyage : la découverte de nouveaux paysages, d’environnements différents, de cultures autres… A notre disposition, nous aurons les paddle, qui nous permettront d’accéder au littoral discrètement, sans déranger les animaux ni les habitants.
L’annexe à moteur nous permettra aussi d’aller plus loin, contre le vent ou le courant, sur des sites de plongée dans les passes, pour remonter des bras de rivière…
remontée de rivière aux San Blas
objectif : snorkeling à Palawan
nous remontons une rivière aux Philippines
A pieds nous irons gravir les sentiers, arpenter les forêts, et aussi les villages sur notre passage.
coucher de soleil sur la presqu’île
traversée d’un village de pêcheur aux Philippines
explorations de cocoteraies aux San Blas
Et parfois, nous userons de moyens de transports plus traditionnels, comme la pirogue aux San Blas, ou les Touk-Touk en Asie!
Quand on demande à Victor ce qu’il compte faire pendant les traversées , il répond, « l’école, et la pêche! » Il a en effet compris que s’il voulait profiter à fond des escales, il faudrait pendant les longues traversées prendre de l’avance sur le programme du CNED…. mais que le reste du temps, il pourrait s’adonner à la pêche.
A bord, il est en effet le premier sur le pont à l’aube pour quelques lancers de canne avant le petit dèj.
Pendant notre séjour aux Philippines, nous avons remonté un barracuda
Mais la grande fierté de Victor c’est sa première carangue, pêchée à l’île Maurice en décembre 2014 dans la passe de l’îlot Gabriel.
C’est certainement l’activité préférée des enfants à bord. Dès que l’occasion se présenter, Arthur et Victor chaussent leurs palmes pour faire un peu d’apnée le long du mouillage.
L’autre grand plaisir est d’aller à la découverte des fonds marins. Nous projetons d’ailleurs d’aller parfaire nos techniques via un stage d’apnée en piscine avec un pro pendant les vacances de Noël.
A l’occasion, nous profiterons de certaines escales pour pratiquer la plongée bouteille. Nous avons passé nos degrés PADI il y a près de 20 ans, et même si nous préférons l’apnée et la randonnée à palmes, la plongée bouteille est utile pour visiter pour certaines épaves, faire des plongées en drift, ou visiter des curiosités locales comme des canyons sous-marins.
Victor a d’ailleurs passé son PADI Open Water en décembre 2014 à Maurice, et nous l’avons accompagné sur des épaves de la seconde guerre mondiale lors de notre croisière aux Philippines sur ILO2.
Départ pour la plongée en banca
plongée épave, Philippines
Pour Anna, l’objectif en 2016 sera de nager sans brassards et de regarder sous l’eau avec un masque! A 4 ans, c’est le bon âge.
Depuis quelques semaines, cette grande planisphère plastifiée et centrée sur l’Océan Pacifique trône sur la table de la salle à manger. Le soir, nous rêvons aux escales, traçons des routes au Velleda, affichons des dates, certaines sont incontournables, comme les changement d’hémisphères à l’arrivée des saisons cycloniques, le passage du cap des Aiguilles au sud de l’Afrique ou le Canal de Panama.
Arthur a même apporté cette carte dans sa classe de CP-CE1, pour présenter à ses copains et à Laetitia sa maîtresse, les différentes étapes de notre grand voyage.
Pendant les vacances de la Toussaint, j’ai emmené les enfants visiter le chantier, voir les différentes étapes de la construction de MOBY. Ils ont pu voir leurs cabines!
Arthur devant sa cabine, avant bâbord
les garçons intrigués par le saildrive
Victor dans sa cabine, arrière bâbord
En nous promenant sur les pontons, nous avons aperçu Crazy Louise, le bateau de Laurent, Nicole, Jules et Max, sur lequel nous avons navigué au Panama pendant 2 semaines en Novembre 2015. Nous sommes un peu émus : après leur 2 années de périple Atlantique, il vient d’être vendu, puisque nos cousins sont partis vivre au Canada!