Après avoir passé 10 jours dans le Queen Charlotte Sound, il nous tarde d’explorer le Pelorus Sound, qui nous montre une facette tout autre des Marlborough : moins touristique, moins préservé, il est visiblement très exploité : les terres sont plantées de forêts de rapport, ou occupées par des moutons, les baies sont émaillées de fermes cultivant les moules ou élevant du saumon. Le tout est transporté à Havelock, la bourgade principale située au fond du sound, et où nous irons nous ravitailler.
Eh chemin, nous passons par le Cape Jackson, lieu de forts courants.
Whaou, un tourbillon se forme sous nos yeux!
En chemin, nous croisons des pingouins : ces « blue penguins » sont les plus petits pingouins du monde! Très dodus, ils peinent à se tenir debout et sont plus à l’aise sous l’eau qu’à terre!
Le temps est super calme, Loïc en profite pour lancer son drone en pleine mer…et filmer Moby en mer.
Notre première étape est à Alligator’ Bay, où se niche un cabanon de vacances, cerné de collines abritant des troupeaux de vaches et de moutons.
Alligator Head
Loïc s’amuse beaucoup à tester le nouveau drone.
Les lumières de milieu de journée offrent des couleurs tranchantes
Nous profitons de ce calme pour nous balader en paddle, faire des essais de drone, dont le logiciel est équipé de nombreuses fonctions que Loïc veut tester par temps calme.
Les enfants descendent jouer à la plage.
La fin de journée est encore une récompense de belles lumières.
Le paysage est aride.
Et le coucher de soleil comme toujours magique.
Le lendemain, quelques rubans de nuages subsistents, napant les collines alentours. L’occasion de faire de nouvelles images aériennes.
Il initie également Victor au pilotage, atterrissage et décollage du drone.
L’après-midi, nous partons en balade, nous avons repéré grâce au drone un sentier, sans doute utilisé par les bergers pour se rendre d’un paturage à l’autre. En fait, plus qu’un sentier, c’est une route, car les bergers modernes circulent en quad!
Loïc et les enfants ont pour projet de lancer des avions en papier depuis le haut de la colline. Nous marchons une bonne demi-heure pour atteindre le sommet.
C’est parti! L’idée est bonne mais à la réalisation, il y a de nombreux contre-courants à déplorer.
Pour ne pas polluer ce bel environnement, il faut aussi aller récupérer tous les avions en contrebas …ce qui fait crapahuter les enfants!
Les collines sont en fait des champs et enclos à moutons! Il faut parfois escalader les barrières. La preuve : ces poils accrochés aux barrières .
On pourrait se croire en Irlande, avec tous ces moutons, et ces chardons! Nous redescendons sur Moby via un petit chemin qui mène à ce cottage, villégiature de vacances pour citadin stressé!
Ici rien que des moutons et des boeufs, et 40km de piste rocailleuse avant d’atteindre le plus proche village, Havelock.
Mais que les lumières sont belles!
En particulier le soir.
les garçons sont repartis en entrainement de vol de drone. Vol à basse altitude…
Traditionnel portrait de Moby.
Test de l’autoportrait.
Havelock est aussi notre destination, car il va nous falloir ravitailler : les réserves de nourriture sont au plus bas.
Il faut dire qu’à part la pêche au moule, on est moins doué que les phoques pour se nourrir!
Celui-ci se bat depuis quelques minutes avec sa proie….
Nous peinons à deviner ce qu’il a ingurgité…
Une pieuvre!
Nous naviguons vers Havelock, parmi ce dédale d’îlots, de détroits et de passages…Ici le « Allen Strait », 240m de large, et des câbles téléphonique à 50m de haut.
Nous passons devant une colonie de cormorans.
Nous nous arrêtons pour la nuit à Ketu bay.et prenons le lendemain le cap vers le Mahau Sound, à l’entrée d’Havelock.
Le paysage change beaucoup :
les îles sont plantées de forêts de pins, qui sont exploités, coupés puis transportés par bateau à Havelock.
De même de très nombreuses fermes se succèdent, chaque baie est occupée de parcs à moules, et les Sounds sillonnés de bateaux de travail.
Nous faisons escale à Putanui pour la nuit, dans le Mahau Sound. C’est une réserve naturelle, la seule de toute la zone….
Il n’y a pas de vent du tout, Loïc et moi partons en ballade en paddle,
et confions le drone à Victor :Il gère pour la première fois 100% du vol, décollage et atterrissage compris. Que c’est bon de voir ses enfants grandir et gagner de nouvelles compétences! Et quel luxe d’avoir autant de temps à leur consacrer, pour leur transmettre nos passions.
Au coin de la péninsule, une colonie de cormorans, vraiment pas farouches! Des raies également.
Le lever de soleil est d’un calme!
Nous observons les rubans de nuage s’accrochant aux collines
C’est moins calme du côté des mouettes, qui s’activent à la pêche.
Nous prenons le chemin d’Havelock, de jolies maisons parsèment l’embouchure de la rivière.
On sent que la civilisation n’est plus très loin.
Nous arrivons à Havelock, pas de mouillage possible, nous allons passer 24h à la marina. L’endroit a l’air sympa.
Son usage en est tout à fait mixte : plaisanciers et bateaux de travail se partagent les pontons .
Celui qu’on nous alloue est visiblement plus utilisé par les oiseaux que par les plaisanciers.
Nous venons ici essentiellement pour nous ravitailler, alors c’est parti pour les courses!
Chacun participe!
Arthur récupère en chemin une cigale! Nous passons quelques minutes à l’observer avant de la relâcher.
Nous allons faire un petit tour du village en soirée : l’église, le pub, …. quelques B&B, et c’est tout!
Nous nous offrons le lendemain matin un petit dej en amoureux au restaurant de la marina : un régal, ces oeufs Benedicte!
Une fois les 3 tournées de lessive faite, nous repartons, vers des lieux plus sauvages. Que d’oiseaux autour de nous!
Nous nous dirigeons vers Portage, au fond du très scénique Tenepuru Sound, où nous avons rendez-vous demain avec nos amis Allemands d’Invictus (Tobi, Nicole, Marlene et Juli), que nous avons connu au Panama, et avec qui nous avons navigué 6 mois dans le Pacifique. Ils ont laissé leur catamaran à Auckland et sillonnent l’île du Sud en voiture.
Le soleil se couche sur le Kenepuru Sound
Hello les amis! Bienvenue dans les Marlborough Sounds!
Hier c’était l’anniversaire de Juli, 5 ans, nous allons fêter ça! Anna et Marlene préparent des mini Pavlovas.
Joyeux anniversaire Juli!
La journée se finit trop vite…. il faut dire au-revoir-mais à bientôt les amis dans le Golfe d’Hauraki.
Après la nav’ agitée qui nous a amenés dans l’île du Sud, nous passons encore 24h à bord : 35 noeuds de vent au mouillage, c’est trop pour débarquer, et surtout pour laisser MOBY tout seul au mouillage.
Ce n’est que surlendemain de notre arrivée que nous mettons pied à terre sur la plage d’Onetahui.
Le sable est curieusement ocre, et derrière la dune, nous découvrons une lagune.
Beaucoup d’oiseaux également, des huitriers-pie, des sternes, des mouettes, des canards.
Nous faisons le tour de la lagune à pied. Nous ne sommes pas le seul bateau au mouillage….
mais c’est facile de faire croire le contraire!
Un hélico nous tourne autour, incroyable , il semble vouloir atterrir sur la plage!
Il s’agit de la sécurité civile, l’hélicoptère des secours/sauvetages. Nous sommes ici dans un parc national très fréquenté par les randonneurs. Une jambe cassée? Une crise d’asthme sévère?
Finalement, il ne s’agit que d’un exercice, ouf, il n’y a pas de bléssé. L’équipage est en training et redécolle après quelques minutes seulement
Après notre picnic, nous partons marcher le long de la côte en direction de la plage de Tonga Quarry.
Le parc Nation d’Abel Tasman est le plus petit de Nouvelle-Zélande, et et offre 70 km de côtes aux paysages magnifiques et au microclimat unique : Rivières, lagunes, plages aux couleurs ocre, et le plus fort taux d’ensoleillement de toute la Nouvelle-Zélande!
Nous comprenons vite que que c’est aussi une industrie. Je me renseigne : 180 000 visiteurs par ans sur ce petit bout de terre de 225km2, c’est une des destinations les plus prisées du pays!
La plupart des visiteurs viennent marcher tout ou partie des 55km de sentier côtier du parc, qui longe 5 à 6 très belles plages. L’originalité, c’est que l’on peut moduler à la carte suivant le temps et l’énergie que l’on a 24h ou une semaine, à pied, en kayac ou à bord de bateaux-taxi qui vous déposent où vous voulez. Pour dormir : la tente ou des lodges disséminés le long du parc…. qui n’est accessible qu’en bateau, pas de route : c’est à ce prix que la beauté naturelle du site et préservée.
Nous sommes assez admiratifs de l’offre touristique complète, qui permet des vacances sportives, pittoresques et confortables dans un cadre sauvage. Cela donne des idées, que l’on pourrait développer le long de nos côtes bretonnes.
Sur le chemin, les fougères arborescentes sont innombrables.
Ci-dessous : une toute jeune pousse de fougère arborescente
Nous traversons un petit bras de rivière.
Puis la plage ! C’est une ancienne carrière de granite : les marches de la cathédrale de Nelson, la ville la plus proche, ont été construites de ces pierres, ainsi que certains batiments de Wellington, la capitale, distante à vol d’oiseau d’une centaine de km.
Mais il est 16, les nonos attaquent… qu’on les appelles « sandflies » « nonos’ » (No-see-them), ou « yenyens », c’est la même plaie qui infeste toute l’île du sud (mais aussi l’Ecosse, la Norvège, l’Alaska etc…. l’été) : de minuscules moutiques résistants aux anti-moustiques et si petits qu’ils traversent les moustiquaires. Les morsures ont en plus tendacent à être allergisantes, et à s’infecter….un vrai cauchemard….
On évite donc d’aller à terre en fin de journée!
Sur Moby, nos sommes tranquilles : ils sont si petits qu’ils ne peuvent voler contre le vent.
Ce soir, c’est champagne! Un 14 février, jour de St-Valentin, je sais, c’est cliché! Mais c’est aussi l’anniversaire de mon papa, alors « Bon anniversaire Papa », et surtout l’anniversaire de notre rencontre! 22 ans pour Loïc et moi que nous nous sommes trouvés, puis plus quittés : ca se fête, non?
Nous avons changé de mouillage hier pour la plage de Torrent Bay. Derrière le banc de sable, une immense lagune qui se visite à marée haute en kayak ou en annexe.
Cela fait 2 jours qu’Arthur travaille sur sa maquette de catamaran : coques en barquette de gateau, mat en baguette, voile en papier… nous partons dans la lagune pour les essais en mer!
Bonne nouvelle : il flotte, et il avance!
Ca manque de stabilité dans les rafales! Un retour au chantier s’impose.
Nous continuons en annexe de visiter les méandres de la lagune.
le fond de la lagune
fougères arborescentes
De retour, nous partons mouiller quelques centaines de mètre plus au sud, à « the Anchorage ».La plage est très belle.
Et aménagée
Nous découvrons l’ampleur de l’organisation touristique : la plage est très fréquentée, c’est le départ des kayakistes : un ballet incessants de bateaux-taxis, bateaux livreurs » de kayaks, et petits ferrys.
Les kayakistes rentrent de ballade au portant avec de petites voiles.Certains dormiront ce soir à bord de l’Aquapackers.
Un catamaran à moteur original transformé en auberge de jeunesse pour randonneurs : des cabines dortoir, un service de petit dèj et de BBQ pour le soir.
Sur la plage, un groupe répète un « haka » cette danse guerrière maorie, devenue célèbre garce au rugby, mais qui est pratiquée ici au sein de groupe culturel, mais aussi dans les écoles, clubs de sports etc… Le volume sonore est impressionannt, et assister en direct à ces dances donne des frissons….
Mais ce parc est un peu trop fréquenté et touristique à notre goût : demain, nous mettons cap au Sud, route vers les fameux « Marlborough Sounds », cette région vinicole réputée pour ses sauvignons minéraux, son micro-climat, ses moules, son saumon, et sa navigation dans des bras de mer étroits et escarpés, émaillés de minuscules criques.
Moby a passé la nuit dans les sangles du Tavel-lift du chantier, la mise à l’eau étant prévue ce matin dès l’ouverture. Les zones météo de part et d’autre de Whangarei sont depuis hier soir en avis de coup de vent de secteur sud-est. La pluie est forte depuis le milieu de la nuit et le vent souffle fort, entre 20 et 30 noeuds lorsque nous nous réveillons à 6h30. Etant donné la météo, je me demande si la mise à l’eau ne sera pas reportée de quelques heures, mais je vérifie tout de même les derniers points de ma check-list « Sortie de chantier-Mise à l’eau »
A 7h30, j’entends le moteur diesel du travel-lift qui démarre. Je sors sous une pluie battante discuter avec le responsable de la manutention afin de bien se mettre d’accord sur la façon de procéder. Il vaut mieux anticiper et préparer cette coordination, car dans ces mauvaises conditions météo, non seulement la manoeuvre sera plus délicate, mais la communication aussi sera plus difficile.
Quinze minutes plus tard, Moby est dans son élément, toujours dans les sangles. Je prends bien le temps qu’il faut pour m’assurer que tout est en ordre de marche à bord et en particulier les moteurs qui, bien que sortant de révision, n’ont pas pu être démarrés au sec. Avec des rafales à 30 noeuds travers à l’axe de sortie et moins de vingt mètres d’eau à courir sous le vent, il serait délicat de gérer une panne moteur suite à une bulle d’air restée dans le circuit carburant! Les manutentionnaires s’impatientent, qu’importe, Moby est à l’eau, c’est moi qui décide. Toutes mes années de pilotage m’ont appris à résister aux pressions externes et à celle du temps, et j’applique ces enseignements sur l’eau aussi. Quand j’estime que tout est prêt, entre deux rafales, je donne le signal d’appareillage et tout se passe bien.
Nous profitons du courant sortant de la rivière de Whangarei pour faire route au moteur, face au vent, dans l’étroit chenal menant vers la mer. Au bout de 2 heures, nous atteignons Urquharts Bay ou nous mouillons à l’abri du vent de sud-est.
La pluie cesse enfin, elle aura au moins eu le mérite de parfaire le rinçage de Moby. Le soleil refait son apparition. Nous terminons de tout remettre en ordre pour reprendre la mer au plus vite.
(Depuis notre arrivée en Nouvelle Zélande il y a plus de 2 mois, notre confrontation quotidienne à la météo nous à permis d’apprécier la valeur relative de la fiabilité des prévisions.
Le climat océanique ambiant voit se côtoyer des masses d’air aux caractéristiques très différentes, en particulier durant la saison estivale. Les trois acteurs principaux sont les masses d’air polaire venant du sud, les masses d’air tropicales situées au Nord, et des masses d’air d’origine continentales, sortes de bulles d’air chaud formées au dessus des espaces désertiques d’Australie. De tels contrastes de masse d’air sont à l’origine des phénomènes météo de la région. Ajoutons à cela les effets de côtes et de relief dont les deux îles sont à l’origine, et on obtient un challenge de taille pour les prévisionnistes météo.
Cela se traduit concrètement par une prévision météo assez précise à 24h, une idée globale de la situation à 48/72h et au delà, seulement à une tendance à titre indicatif.)
Pour rejoindre l’Ile du Sud et les Marlborough Sounds en partant de Whangarei, deux options sont possibles :
Passage par le nord et l’ouest, en laissant à bâbord le Cap Nord et le Cap Reinga puis descendre plein sud vers le Cap Farewell et emprunter le détroit de Cook.
Passage par l’est et le sud en contournant le Cap Colville, le Cap Est, le Cap Palliser avant de remonter par le détroit de Cook.
En distance, et au départ de Whangarei, les deux options sont à peu près égales, avec un peu plus de 600 milles nautiques chacune.
Elles ont l’une et l’autre leurs avantages et inconvénients et la particularité de n’être pas en ligne droite. L’élément clé dans le choix, en fonction des performances du bateau et de l’équipage est donc la fenêtre météo.
L’analyse des prévisions, dont je suis l’évolution depuis quelques jours, montre qu’une fenêtre peut être saisie dès aujourd’hui pour un passage par le nord et l’ouest, en profitant des vents assez soutenus de sud-est pour aller vite contourner le Cap Nord, commencer la descente vers le sud dans un vent d’est mollissant, traverser un zone de vent calme et finir par le courant de nord-ouest d’une dépression prévue dimanche et lundi dans le sud de l’ile du Sud. Impératif absolu d’être arrivé avant le passage du front froid et la bascule des vents au sud-ouest prévue dans le journée de lundi.
Pour le passage par la côte Est, il nous faudrait attendre 2 jours que le flux de sud-est baisse et tourne au sud-ouest sur la zone avant de pouvoir faire route vers le Cap Colville. Ensuite la descente vers le sud se ferait avec des vents d’ouest dominants, donc vent de terre sur cette partie de la côte. Plutôt portant vers le Cap Est puis travers ou près ensuite vers le Cap Palliser et pour terminer de fort vent de face dans le détroit de Cook. Mais là on est dans du J+5 ou J+6 donc pas très fiable.
le passage du cap Brett
A l’heure du déjeuner, nous discutons ensemble des options possibles et décidons de partir pour la route nord et ouest en début d’après midi et de profiter de la fin de la marée descendante pour les 6 premiers milles de louvoyage vers le cap Bream. Nous levons l’ancre à 13h30 et partons sous grand-voile 2 ris et solent. La mer est courte et l’allure assez inconfortable ; heureusement nous n’en avons pas pour plus d’une heure de près, une fois le cap Bream passé, nous pourrons abattre et faire route au largue vers le nord. L’après midi passe vite, les milles défilent et nous longeons la côte. Les baies et caps se succèdent. Passé le cap Brett, notre route change de 30° vers l’ouest et nous sommes maintenant contraints d’empanner 3 fois pour rejoindre le Cap Nord.
les quarts se font sous l’éclairage de la lune
Vendredi 10 février, 1013 hPa
lever du jour
A 3h du matin nous passons le Cap Nord. La côte nous abrite de la houle de sud-est qui nous accompagnais depuis le départ. Nous filons toujours sous 2 ris et solent vers le Cap Reinga, extrémité nord-ouest de l’ile du nord de la Nouvelle Zélande. Ce cap, qui par régime de vents d’ouest a une très mauvaise réputation pour ses courants et vagues venant de la mer de Tasmanie, se montre aujourd’hui plutôt calme. Nous le franchissons un peu avant l’aube et profitons même d’un bon courant portant de fin de marée montante
Quand le jour se lève un peu avant 7 heures, le cap Reinga se distingue à peine dans notre sillage et nous faisons route vers le sud-sud-ouest. Le vent commence à baisser, conformément aux prévisions. Les deux ris sont vite largués et la vitesse commence à chuter. Il faut dire que depuis notre départ, notre vitesse moyenne sur le fond a été de 10,6 kts. Pas de doute, les vents faibles qui nous attendent vont sérieusement faire chuter la moyenne.
Surprise ce matin au lever du jour : ce poisson volant qui s’est échoué cette nuit sur le trampoline. Il n’a pas malheureusement pas survécu .
Il est vraiment très gros!
Le code 0 remplace le solent et à midi nous progressons toujours à 8 noeuds.
Aujourd’hui est une journée spéciale : c’est l’anniversaire d’Anna, 5 ans!
Elle prépare avec Bénédicte son gateau d’anniversaire.
Et à midi , au dessert, on souffle les bougies!
et on déguste un délicieux cake banane :
Anna ouvre ses paquets, et découvre des petits cadeaux de la part de ses grands-parents, parrains et marraine : tout le monde a pensé à elle!
Dans l’après midi, le vent diminue toujours et une houle de sud-ouest provocant un tangage rythmé, vient perturber le travail du vent dans les voiles. La vitesse chute inexorablement. Puis c’est le calme plat. Pendant 3 heures, pas un souffle d’air. Je me résous à démarrer un moteur.
L’occasion d’observer cet oiseau posé sur l’eau faute de vent.
Il est énorme, c’est un Albatros Royal!
Nous assistons à son décollage :
Quelle puissance!
et quelle envergure!
A 17h30 une très légère brise rentre du sud-ouest.
Nous reprenons notre progression sous voiles vers le sud-sud-est.
Au coucher du soleil, le vent amorce une rotation lente vers le sud, notre trajectoire s’incurve vers l’est.
Samedi 11 février, 1008 hPa
Nous virons de bord à 1h du matin, le vent est du 200° pour 6 noeuds. Nous progressons lentement vers l’ouest-sud-ouest. Je constate que la prévision météo est bien différente de la réalité, d’après les fichiers, nous devrions avoir un vent du 110°/ 10kts.
quelques minutes avant le lever du soleil
Je suis impatient de recevoir les mises à jour météo pour décider du bord le plus favorable à long terme. Dans le doute nous poursuivons vers l’ouest car c’est de ce coté que viendra le vent, tôt ou tard!
le soleil se lève
Quand les fichiers tombent, pas de surprise, une vaste zone de calmes va couvrir notre zone pour les 12 prochaines heures, puis un vent de nord-ouest prendra le relais, et devrait forcir graduellement jusqu’à notre arrivée avec l’arrivée de la perturbation. A ce stade, pour notre arrivée, les fichiers prévoient 25 kts, rafales à 30.
A 13h la légère brise, qui avait tourné au sud-est en cours de matinée, disparait complètement. Pour la deuxième fois en deux jours, pas un souffle d’air, mer d’huile. Je n’aime pas, comme tous les bons amateurs de voile, faire appel au moteur, mais je décide quand même de faire route au moteur au régime économique, en les utilisant à tour de rôle. En fait, je ne voudrais surtout pas être pris de court pas la dépression et en particulier la saute de vent au sud-ouest au passage du front froid. Des vents de 30 à 35 noeuds au portant sur Moby, c’est plutôt plaisant et rapide tant que la mer reste maniable. La même force de vent au près dans une mer croisée, ça le fait mais c’est nettement moins agréable!
J’ai aussi noté depuis une douzaine d’heure que la pression atmosphérique baisse plus vite que sur les fichiers. J’ai l’habitude de recroiser ces infos afin de valider la justesse des fichiers grib. La chute que je constate est deux fois plus rapide que prévu, méfiance.
A partir de 18h, quelques rides apparaissent sur l’océan, le soleil descend sur l’horizon et filtré par d’abondants cirrus, eux aussi annonciateurs du changement de temps. Je refais quelques essais avec le code 0, mais le vent, qui a maintenant tourné au nord-ouest est trop faible pour nous faire progresser sur la route, avec toujours cette houle de sud-ouest, qui vide les voiles que le vent vient de remplir. Le vent devrait bientôt rentrer du nord-nord-ouest, aussi nous anticipons un changement de voile d’avant. Le code 0 est remplacé par le gennaker, il n’y aura plus qu’a le dérouler quand le vent rentrera.
En attendant, nous savourons le coucher du soleil.
Suivi quelques instants plus tard….
par le lever de lune
Nous avons la chance d’avoir la lune pour nous en ce moment, ce qui rend les quarts de nuits beaucoup plus agréables.
Il nous faut attendre 23h pour que le vent se stabilise au nord-ouest pour 8 noeuds. C’est assez faible, mais suffisant pour filer sous voiles entre 5 et 7 noeuds.
Dimanche 12 février, 1003 hPa
La lune est pleine cette nuit, cela rend la veille facile et agréable. Nous progressons correctement durant la nuit, pas aussi vite que j’espérais mais bien mieux que les 24 derniers heures. Pas de quoi se plaindre donc et le vent s’est bien maintenu en force et direction jusqu’au lever du jour. Vers 7h, il passe à 10-12 noeuds. C’est n’est qu’une force beaufort de plus, mais en terme de vitesse, cela se traduit par 2 à 3 noeuds supplémentaires. Je descends me reposer à 8h30. Moins d’une heure plus tard, je suis réveillé mes sens, sentant Moby filer à vive allure. Effectivement le vent vient de fraichir subitement, Bénédicte était sur le point de me prévenir. 25 noeuds de vent réel, sous grand-voile et gennaker, à 140° du vent, nous filons à 16 noeuds. Un tour rapide d’horizon me laisse penser que le vent est en train de rentrer ; le ciel est dégagé, mais une bande nuageuse continue s’étale à une dizaine de milles dans notre ouest, le front chaud arrive. C’est parti pour un peu d’exercice: dérouler le solent, enrouler le gennaker, prendre un ris, affaler le gennaker et le remplacer par le code 0, le hisser, le dérouler et enfin enrouler le solent. Nous ne sommes certes pas en course, mais il ne faut pour autant pas trainer.
Avec GV 1 ris et le code 0, nous avançons confortablement entre 10 et 12 noeuds. Si nous maintenons cette vitesse, nous devrions mettre moins de 15 heures à parcourir les 145 milles restant, soit une ETA aux alentours de minuit. Le dernier fichier météo prévoit le passage du vent de 25 à 35 noeuds pour 4 heures du matin.
Le temps se couvre avec l’arrivée du front chaud à midi, trente minutes plus tard, c’est régime stratus, bruine, la visibilité tombe à moins d’un mille, mais le pire, c’est le vent qui perd plus de dix noeuds en adonnant. Notre vitesse se réduit, à environ 8 noeuds. Pas bon pour l’ETA. J’attends une demi-heure avant de remettre de la toile, au cas ou cette accalmie ne soit que momentanée, et je décide de larguer le ris, puis quelques minutes après renvoie le gennaker. L’après-midi se passe ainsi, sous un vent encore mollissant et adonnant, la visibilité chutant par moment à moins de 200m. Comme si ce n’était pas suffisant, voilà une mer croisée, hachée et une houle de sud-ouest qui viennent réduire encore plus la moyenne. Nous nous trainons à 6-7 noeuds, j’ai beau essayer de régler les voiles au mieux, la combinaison des éléments est telle que le bateau est chahuté dans tous les sens et ne glisse pas bien.
A 16h, la pression est de 998 hPa.
17h33: Nous sommes maintenant à portée VHF des côtes et je reçois le bulletin météo de « Auckland Maritime Radio » qui alerte d’un avis de tempête sur les zones Stephens et Cook qui nous concernent avec des vents de 55 noeuds pour la nuit. Bien supérieur au fichier grib qui date d’à peine six heures!
Il faut attendre le début de soirée pour que le vent reprenne des forces; à 20h, il est revenu à 15-18 noeuds, le bateau apprécie. La pression descend toujours, 994 hPa.
Et au même moment, Moby franchit les 40° de latitude sud!
La nuit arrive vite avec cette couche nuageuse et cette pluie fine continue. Avant la nuit noire, nous prenons un ris dans la GV, avec toujours le gennaker devant; nous avançons entre 9 et 10 noeuds et le vent ayant légèrement refusé, ce qui nous arrange, nous faisons route directe sur Farewell Spit. C’est toujours ça de pris, pas besoin d’empanner!
21h33, nouveau bulletin météo à la VHF, presque identique au précédent, mais avec 60 noeuds de prévus pour Cook dans la nuit. C’est impressionnant, mais je ne suis pas inquiet. Nous ne sommes plus qu’à 25 milles de Farewell Spit, nous y serons donc vers minuit, ensuite il ne nous restera que 25 milles de plus, mais en eaux abritées de la Golden Bay, et avec moins de 20 milles de fetch la mer restera certainement maniable.
Le vent n’est que de 20-22 noeuds lorsque je décide d’affaler le gennaker à 23h30, nous approchons de Farewell Spit. La visibilité s’est un peu améliorée et nous apercevons l’éclat blanc du phare balisant l’extrémité du banc de sable. Dans moins de 2 nautiques nous contournerons le cap et ferons route au sud, vers le mouillage d’Onetahuti, qui devrait être suffisamment protégé des vents annoncés. Nous venons d’apprendre l’échouage de 600 « pilot whales » ou globicéphales sur la partie sud de Farewell soit, coté intérieur de la Golden Bay.
La photo du désastre reprise dans les médias français.
Certaines ont heureusement pu être renflouées aujourd’hui, j’espère ne pas en trouver sur notre route. Le baromètre est descendu à 988 hPa. Par prudence, je prends le 2° ris et roule un peu le solent. Les risques de collision avec les cétacés se réduisent en dessous de 10 noeuds.
Nous sommes à peine rentrés dans la baie que le vent augmente rapidement. Une rafale passagère? Je choque la GV, presque 30 noeuds de vent et l’impression que ça va encore augmenter. Mon ami Bruce m’avait mis en garde sur la rapidité avec laquelle le vent peut monter dans ces parages. Il m’avait relaté une de ses navigations dans le détroit de Cook où le vent était passé de 30 à 60 noeuds en 30mn.
Le clair de lune passe à travers les nuages qui se sont fragmentés. Plus de doute, c’est le vent qui arrive. J’entame la prise du 3° ris. Du pied de mât d’où je manœuvre, je sens le vent forcir encore, j’annonce à Bénédicte que préfère affaler complètement la GV. Quelques minutes plus tard , la GV est affalée et sécurisée. En une dizaine de minutes le vent à pris 2 forces beaufort. Il souffle à 40 noeuds maintenant. Si le vent se maintient en direction, nous sommes à 140° du vent vers notre destination. Je roule complètement le solent et nous continuons à sec de toile. Avec le mât angulé à 35°, le bateau est parfaitement équilibré et file droit sous pilote, entre 6 et 7 noeuds. Le vent est encore monté et s’est stabilisé entre 50 et 55 noeuds. Le bruit du vent dans le gréement est impressionnant, les embruns traversent le cockpit en continu. Nous mettons deux heures dans ces conditions à rallier la baie d’Onetahuti. Sur les 5 derniers milles, nous nous rapprochons de la côte au relief élevé, quasiment plus de fetch, et les falaises rocheuses commencent à nous abriter du vent. A 2 milles du but, les moteurs sont démarrés, nous nous présentons entre l’ile Tonga et la côte. Nous apercevons les feux de 2 voiliers au mouillage. Lentement, nous approchons à 200 mètre de la plage et mouillons par 10 mètres d’eau sur fond de sable. Le vent, venant complètement de terre rentre par rafales, mais l’abri est très satisfaisant, étant donné les conditions.
Nous prenons une petite heure pour ranger le bateau et décompresser un peu. Les dernières heures ont été intenses, et il nous prenons quelques minutes pour nous relaxer : nous méritons bien un petit verre de whisky ! C’est d’ailleurs le seul verre (en verre) restant, car dans la tourmente, 3 verres ont été fêlés….
Il est 4 heures du matin, nous descendons nous coucher, satisfaits d’avoir mené Moby et son équipage à bon port.
Demain matin au réveil, nous devrions découvrir ce magnifique mouillage :
Nous avons appareillé de Great Barrier pour Auckland le matin du 21 janvier, sachant que du mauvais temps était attendu dans la nuit, et qu’il fallait nous mettre à l’abri… En effet, nous enregistrons jusqu’à 52 noeuds de vent… au mouillage, des creux de plus d’un mètre, autant vous dire que la nuit a été agité pour la captain et son second.
Le lendemain, à 8h c’est le calme après la tempête…
Deux heures plus tard, c’est la bascule, le vent tourne et regagne en force : les régatiers s’en donnent à coeur joie.
Il faut dire que la baie d’Auckland offre un magnifique plan d’eau, un peu comme à Brest! 😉
Dans l’après-midi, c’est les SUP qui attaquent un entrainement de downwind. Je sais qu’au même moment, en rade de Brest, une dizaine de SUPers attendent avec impatience la première tempête de l’année pour se lancer en downwind pour la Paddle Storm Master.
Nous profitons d’un petit moment d’accalmie du vent à moins de 25 noeuds pour nous diriger vers la marina de Westhaven où nous avons maintenant nos habitudes. C’est encore la même place qui nous est désignée : face à la ville d’Auckland, et aux superyachts! Tiens, un petit nouveau, avec son hélico!
Pendant ces quelques jours, j’ouvre l’oeil à l’insolite qui pointe son nez : comme ces chinois venus se marier, et immortaliser l’évènement… sur le port!!
Et cette « cigarette », ambiance Miami Vice
Là, ce gros hangar, c’est un garage à bateau géant, contennant des racks sur plusieurs étages. Une solution alternative à la place de port, moins couteuse, et déjà utilisée depuis des décennies aux USA, plus particulièrement en Foride.
Ce bus « amphibie » qui promène les touristes de manière originale : qui a remarqué l’hélice qui dépasse à l’arrière?
et encore, le Waszp, petit foiler monoplace australienattention quand ça plante!
Nous profitons de cette escale « technique » pour faire un peu de tourisme : la visite de l’Auckland Museum est incontournable. Nous avons 2h devant nous avec les enfants et choisissons 4 thèmes :
Les collections Maories, en particulier, le canoé géant de plus de 20m, admirablement sculpté, mais aussi la maison du peuple, et des centaines d’objets d’artisanat du quotidien
la partie Histoire Naturelle de la Nouvelle Zélande, avec les squelettes de dinosaures, des moas, et des explications sur les animaux endémiques de Nouvelle-Zélande, comme le Kiwi ou le manchot pygmée.
un manchot
squelettes et oeufs de Moas
le « faux lin »
squelettes de dinosaures
le Volcanisme néo-zélandais expliqué à travers vidéos, animations et ce simulateur de séisme qui simule un tremblement de terre dans un salon! « Trop cool « ont dit les enfants.
Pour les garcons, le 3ème étage du musée consacré aux guerres, et l’exposition d’un véritable Zéro (japonais) et d’un Spitfire (anglais), avions de combat de la seconde guerre mondiale impliqués dans la « Guerre du Pacifique ».
….pendant qu’Anna et moi allons voir la boutique du musée….Je suis incorrigible quand il s’agit de fouiner dans une librairies…
J’en repars avec 3 livres :
« Tradition et coutumes des Maoris » (en francais!) : un tout petit livre qui sera parfait à lire et faire lire aux enfants, penant nos heures d’école
En anglais : « A brief History of New Zealand« , illustré de tableaux, aquarelles, sculptures et dessins historiques, qui permettent d’aborder l’histoire du pays en image via les arts.
« Maori Art for kids » : 15 mini-ateliers d’art illustrés de vraies oeuvres d’art, expliqués et faciles à mettre en oeuvre : j’ai hâte de le mettre en pratique avec les enfants, pour fabriquers nos tikkis, cerfs-volants, poteries, toupies, masques etc….
Nous commencons le premier atelier dès le lendemain avec des pendentifs tikkis en Patarev’! Victor se prend au jeu. Anna et Arthur s’appliquent également beaucoup, et sont très fiers de porter leurs créations autour du cou.
Nous continuerons avec ces « transferts » de tikkis en gouache noire sur crayon de cire colorés.
Nous ferons aussi un stop à Mount Eden, l’un des multiples cones volcaniques parsemant la ville d’Auckland, et celui le plus proche du centre, et le plus haut également (196m). Ce cratère de 50m de diamètre est un lieu sacré pour les Maoris. Il nous fait beaucoup penser au « Trou aux Cerfs » de Curepipe à l’île Maurice).
La vue d’en haut est panoramique.
De retour au mouillage, nous ne nous lassons pas de la vue sur la ville, photogénique de jour comme de nuit.
Après une semaine, nous quittons Auckland pour Whangarei, où nous allons sortir Moby de l’eau, et planifier les travaux d’entretien annuels qui devraient nous prendre une bonne semaine.
Nous nous arrêtons pour 24h sur une plage de Tomaratau sud de Whangarei, qui déroule des km de sable blanc et de rouleaux…
Nous descendons à la plage en paddle tous les 5, armés des bodyboards et skimboards. …
La plage est très calme, quelques maisons éparses se dessinent derrière les dunes. L’endroit est tout sauf touristique.
L’après-midi se passe à surfer les vagues et les dunes en body-board.
Quelques gamelles en perspective….
Le lendemain, nous levons l’ancre direction Whangarei. En longeant la côte, nous croisons la route de maman baleine et de son baleineau. Nous les suivons doucement, en ralentissant, pour ne pas leur couper la route.
C’est terriblement émouvant de les observer de si près.
Nous passons l’après-midi et la nuit suivantes à Smugler’s Bay, jolie plage située à l’embouchure de Whangarei. Anna et moi allons à la plage à la nage, pendant que les garçons font un jeu de société.
Demain, c’est le grand jour, nous sortons Moby de l’eau!
Nous arrivons à Great Barrier en provenance de Coromandel et choisissons de nous arrêter au plus proche à Port Fitzroy, sur la côte protégée de l’île : au sein de cette rade, plusieurs petites baies en forme de doigts, protégées par l’ilôt de Kaikoura qui en fait un abri très sûr.
Loïc nous fait prendre le passage du « Man of War » , petit détroit entre Great Barrier et Kaikoura.
Je suis à la barre, à la voile, mais avec le moteur embrayé, sur le point d’emprunter cet étroit couloir de 40m de large… quand j’apercoit sur la cartographie grâce à l’AIS un navire se diriger à 12 noeuds à travers le détroit en face de nous…. Sans le voir, je devine qu’il s’agit d’un ferry ,qui dessert sans doute Great Barrier, et me dis que je ferais mieux de ralentir….
Quelques secondes plus tard, nous apercevons le ferry qui sort du chenal : j’ai bien fait de le laisser passer, il y aurait tout juste eu de la place pour nous deux!
Original en entrant dans la rade de Port Fitzroy, on tombe sur une barge-poubelles de tri : les néozélandais sont décidément très pragmatiques. Nous décidons d’aller voir le réputé très beau mouillage de Wairahi Bay.
Le mouillage est littéralement bondé. Nous comptons pas loin de 200 bateaux dans l’anse de Wairahi, on se croirait à Ibiza au mois d’août!
Toute cette promiscuité nous gâche le plaisir d’aborder cette île si sauvage qui nous a pourtant été recommandée par nos amis Neo-Zélandais…. mais eux évitent la côte Ouest de Great Barrier et se réfugient en été sur la côte Est. Fatigués de la traversée, nous mouillons tout de même, et décidons d’apareiller le lendemain matin.
Nous longeons Little Barrier, réserve naturelle sur laquelle il est interdit de débarquer, puis passons le cap des Aiguilles :
Les Needles (aiguilles en anglais) sont impressionnantes.
Nous arrivons devant un mouillage sublime, la plage de Whangapoua.
Cette immense baie recèle plusieurs autres petites plages que nous découvrirons au fil des jours, propices aux abris des vents de Nord-Ouest comme ce soir à Tapouvaï.
Pour le moment, nous filons à terre à la découverte de la partie nord de la plage, interminable….
les enfants courent à perdre haleine,
et découvrent sous le Pohutukawa,
une balancoire!
Oh surprise : cette partie de l’île est à vendre!
Et ne trouve apparemment pas prenenur depuis 2 ans, bien que sa situation soit exceptionnellement belle.
Mais les terres agricoles sont peu fertiles, arides et difficiles à exploiter car faites de collines arides.
Nous retrouvons avec grand plaisir notre ami Bruce sur son trimaran Trio,
avec ses enfants Alex et Katie qui ont l’âge d’Arthur et d’Anna, et faisons la connaissance de Stephanie, sa femme.
Ca tombe bien, aujourd’hui, c’est L’Epiphanie et nous venons de cuire une galette des rois-gâteau breton! Ils sont ravis de partager avec nous cette tradition française aux lointaines origines chrétiennes.
Le lendemain, nous prenons un jour off sans école pour passer la journée à la plage avec nos amis. Baignade, pic-nic,
farniente sous le soleil, crapahute dans les rochers, balade en SUP,acrobaties dans les branches de Pahukahutas, exploration de la plage, recherche de trésors comme ce crâne de piaf,
écriture au charbon…., hmmm, qu’ils sont sales ces enfants!
…..et terminons la journée par un feu de camp,
pour y griller des chamallows dans la grande tradition anglo-saxonne.
Un autre jour, nous irons explorer les dunes. Les enfants se jettent en roulé-boulé dans les pentes, et regrettent de ne pas avoir apporté de quoi glisser…
Le lendemain, les garcons tentent de surfer sur le sable avec un body-board… C’est parti! Les débuts sont un peu acrobatiques…
premiers essais à plat ventre,
puis debout.
C’est encore mieux avec plus de pente.
Et voilà, très stylé, Arthur!
sans oublier le finish’.
Une autre fois, nous allons à marée haute en annexe dans la lagune. L’avantage c’est que nous pouvons emporter plus de matos = body-boards, skim, cerf volant de traction….
Arthur tente le coup allongé sur le body-board, tracté par le kite…
Victor s’y essaie aussi, mais il est trop lourd.
La sieste sur le sable chaud, c’est bien aussi, surtout pour le papa coach de sport qui court depuis 2h après le cerf-volant…
Sur la partie sud de la plage, il y a un spot de surf fantastique pour les enfants et les débutants comme moi.mais aussi très agréable pour les surfers confirmés.Une lagune se vide et se remplit à chaque marée, provoquant des vagues de sable faciles et accessibles : côté plage, les enfants ont pied et peuvent remonter les vagues sans problème.
Arthur prépare sa planche et la waxe. Il prend ca très au sérieux… Il faut dire que notre petit bonhomme de bientôt 8 ans est accro à la glisse, il dort même avec sa planche dans sa cabine…J’ajouterais que son tempérament volcanique s’adoucit après une bonne session de surf….
De mon côté, je suis impatiente d’essayer la toute nouvelle planche de Victor : une 130l Exocet, qui devrait également me convenir!
C’est Victor qui la ramène à bord :
Il n’est pas loin de planer.
Sur la plage, nous croisons des huitriers-pie, qui nous pépient dessus, de plus en plus fort.. nous comprenons vite que le nid n’est pas loin, mais mettrons quelques minutes à le repérer!
L’oeuf est incroyablement camouflage, couleur de sable. Qui l’a repéré?
En fin de journée, c’est le repos des sportifs, et séchage des néoprène pour le lendemain. Nous avons ressorti notre équipement breton : combis intégrales pour les enfants, intégrale manche courte pour Loïc et long john pour moi.
Dans la nuit, le vent s’est levé, Loïc est ravi d’essayer la nouvelle planche de Victor par 20 noeuds de vent.
Il s’éclate.
La planche est apparemment très rapide, et finalement très maniable dans les vagues malgré son volume.
Au bout de quelques jours, nous croisons Barbara, la soeur de notre ami Bruce, sur son trimaran Trilogy. Nous avions rencontré Barbara au Fidji, alors qu’elle représentait le Fédération internationale de Surf pendant la compète de SUP Surf de Cloud Break. Nous nous étions donné rdv en ce début d’année à Great Barrier, et sommes ravis de faire la connaissance de son mari Shane et de ses filles Amy et Samantha. Dans les traces de la maman et de l’oncle champions olympiques, toute la famille fait du surf, de la planche, de la voile….On connait le terme de « watermen » et de « waterwomen », consacrant les sportifs brillant dans les sports de glisse, mais « waterfamily » serait plus approprié pour les Kendall!
Dans l’après-midi, en début de marée montante, nous partons surfer en famille. Barbara est déjà à l’eau avec ses filles.
Loïc est en SUP, et surveille Arthur et Victor en surf ; Anna et moi nous amusons dans un mètre d’eau en bodyboard .
Après avoir passé 2h à coacher les enfants dans l’eau, nous les ramenons à bord et repartons tous les deux en SUP surf.
Après le dîner, Barbara et Shane nous apportent des ormeaux pêchés un peu plus tôt dans l’après-midi, Bruce et Steph du vin blanc, il nous reste une galette des rois : voilà une fin de soirée improvisée comme on les aime.
Le courant passe bien entre les 7 enfants, Victor servant d’interprète franco-anglais.
Le lendemain, Bruce (en kitesurf), Loïc et Shane tous deux en planche tirent des bords le long de la plage,
pendant que Barbara navigue en planche, aux côtés de sa fille ainée Sam en optimiste.
Nous sommes gâtés par le temps, venté et ensoleillé, les couchers de soleil sont superbes, les levers aussi
et la lune bientôt pleine.
La faune nous surprend toujours : ici un petit pingouin
Les « Blue Pinguins » sont les plus petits pingouins du monde : très rondouillards , ils peuvent à peine tenir debout à terre, et se déplacent surtout à plat ventre… ou en nageant!
Déjà 8 jours que nous sommes à Whangapoua, sans avoir vu le temps passer. Bruce nous propose de l’accompagner à Mercury Island.
Nous profitons de la nav matinale pour avancer sur le programme de l’école : ca n’est pas toujours facile de travailler pendant que les petits copains sont en vacances. Alors nous tentons de rester ludiques et motivants dans les apprentissages. Un matin Loïc donne une leçons de navigation aux garcons, y incluant, chacun à son niveau, calculs, vocabulaire technique, et problèmes pratiques à résoudre.
De mon côté, pour les maths, je suis ravie de pouvoir utiliser au quotidien les barrette Cuisenaire (du nom de son génial inventeur il y a près d’un siècle) pour rendre concret le dénombrement et les grandeurs (pour Anna 4 ans),
les compléments à 10, les multiplications, la résolution de problèmes
pour Arthur 7 ans,
les équations, les proportions et le théorème de Pythagore pour Victor 13 ans. Et en plus, les enfants y jouent comme avec des Kapla (que nous avons laissé à la maison : trop lourd et trop volumineux).
Nous arrivons à Mercury Island vers midi,
suivis de près par Trio.
Le contraste des falaises crayeuses, des collines roussies par le soleil, des bois veloutés de verts et des plages immaculées est saisissant.
On nous avait vanté la beauté de « Coralie Bay », et nous sommes charmés.
Anna et moi explorons une première plage en paddle, puis grimpons la colline.
En explorant la seconde baie, nous retrouvons Stéphanie, Katie, Alex et leurs grands-parents Tony et Peggy, avec qui nous faisons agréablement connaissance. Ils naviguent sur leur voilier Sunlight depuis…. plus de 40 ans! Sunlight est donc le voilier sur lequel Bruce, Barbara et Wendy ont leurs souvenirs d’enfance…..
Les filles s’approprient cette incroyable hutte en forme de coque retournée.
Nous admirons la construction 100% bois flottés!
Le coucher de soleil promet d’être très beau,
sur cette île aux milliers de moutonsEffectivement, le dégradé de couleurs est subtil
Mais le lever de lune est encore plus impressionnant!
Après 24h d’un aller-retour infructueux à Whitianga pour remplir nos bouteilles de gaz, nous remettons cap vers Mercury Islands. Le reste de la « croisière » se fera au camping-gaz!
En attendant, le midi, ça sera salade, sandwichs, chips et crackers;
Le soir soupe ou pasta au thermomix; et le matin, fini les pancakes et brioches faits par maman, bonjour les céréales ou le pain de mie!
Nous nous alignons en cela sur nos amis de Trio et Trilogy, pour qui le confort à bord de leurs trimarans de 32 pieds rime plutôt avec camping.
Le second mouillage que nous visiterons est celui de Peachgrove.
Très fréquenté en ce samedi de week-end ensoleillé, le mouillage sera bizarrement désert le lendemain…
Victor a sorti son skim board, les conditions sont idéales.
En cette fin de séjours, les réserves de nourriture de nos amis sont au plus bas : nous les accompagnons à la pêche à pied!
Bruce trouve quelques ormeaux, appelés Paua en Maori (prononcer pawa), et des oursins également.
Moi je préfère les bigorneaux. J’en teste 2 sortes : des gris, de taille moyenne qui ressemblent à nos bigorneaux, et des noirs plus gros, appelé « cat’s eyes », et qui s’ornent d’un magnifique opercule en nacre, irisé comme un oeil.
Une fois cuit, ça ressemble vraiment au bigorneau de chez nous, en un peu plus caoutchouteux.
Arthur, à marée basse construit un barrage sur le ruisseau.
Le lendemain, avec les paddles, nous allons remonter le ruisseau :
Bruce et Alex sur une Mistral One Design,
Steph et Katie en SUP,
Loïc prend Arthur, et j’embarque Anna.
et c’est parti!
Nous longeons des berges foisonnantes de plantes, avant d’arriver après 10mn de glisse et 3 mn de marche à une cascade!
Les enfants se jettent à l’eau (facile, ils sont en combi intégrale, les veinards!)
J’enfile ma mini combi néoprène, acheté pour le SUP l’été en Bretagne, etqui convient parfaitement pour la natation en Nouvelle-Zélande.
Plus courageux, Steph et Bruce y vont en maillot
ce fut un chouette moment à partager en famille
et entre amis
Anna ramène au bord Alex, qui fait semblant d’être un peu fatigué… merci l’apprentie-sauveteuse!
Le retour se fait avec le courant,
Anna rentre à la nage avec son body-board!
Ca y est, nous arrivons à l’embouchure de la rivière,
la plage n’est pas loin
Ca y est!
Les enfants referont 10 fois la descente de l’embouchure, c’est trop bien!!!! C’est comme du rafting, en eau peu profonde.
Victor est resté courageusement bosser son francais à bord de Moby nous rejoint en paddle
pour un pic-nic. Le lendemain, au vu du vent qui s’est levé assez fort, nous nous décidons de rentrer en 2 étapes à Great Barrier : 1ére étape pour la nuit à Mercury Harbour. La mer est agitée pour Moby, et que dire pour Trio!
Sur le chemin, des dauphins nous accompagnent quelques minutes dans le sillage de Moby.
Notre second stop se fait à Stony Bay.
Nous allons à terre en annexe pour explorer la crique adjacente : Shag bay. Arthur a trouvé un nouveau mode de relaxation original… La première crique de galet propose une petite marche longeant le ruisseau….
Mais qui s’avère impraticable.
Sur la seconde crique, une balançoire permet de traverser le petit bras d’eau : les garçons s’y risquent… avec plus ou moins de réussite!
Nous parcourons la plage de galets à pied, à la recherche quelques trouvailles naturalistes :
une pousse de « flax » (ou harakeke en Maori), cette plante versatile utilisée tressée pour confectionner toutes sortes d’objets utilitaires : une grande variété de vêtements, des sandales, de la vaisselle, le toit de huttes, des tapis, matelas, des jouets , des flutes.…
OU filée pour faire des cordages, lignes et filets de pêche , échelles de corde. On l’appelle aussi Lin natif néo-zélandais, car elle s’apparente par ses qualités au lin européen. Elle pousse partout, et même sur la plage!
des coquillages… qui font le bruit de la mer
des arbres aux branches si tortueuses que celle-ci forme un cercle parfait!
Arrivés à Port Fitzroy le lendemain, Stéphanie propose de venir à bord peindre le visage des enfants. Après de longues études en psychologie, archéologie, avoir travaillé pour des instituts de recherche et des musées, Stéphanie se consacre depuis 2 ans au « Body Painting », avec grand succès! IL faut dire que son travail est impressionnant.
Anna choisit le papillon et l’arc en ciel
Arthur choisit d’être peint en requin!
et Victor…. en Zombie!
Très réussi, on s’y croirait.
Nous apercevons Trilogy arriver au mouillage, ils viennent à bord nous faire un petit coucou.
Les enfants nous préparent une blague…Bouh!
Les enfants jouent à l’avant,
pendant que les garçons vont aider Tony à retrouver son hélice, perdue par 5m de fond vaseux… Loïc sort son matos de plongée, suivi de Shane, avec Bruce qui organise un périmètre de recherche.
Au but d’une heure de recherches, Shane remonte victorieux avec l’hélice!
Nous improvisons un apéro-dinatoire à bord de Moby pour fêter la bonne nouvelle! Scruffy, le chien de Barbara et Shane est d’accord! Great Barrier est très réputé pour ses trails, il est temps d’aller y goûter!
Nous décidons le lendemain d’aller marcher avec l’équipage de TRio : Je rêve de monter jusqu’en haut du Mont Hobson, la vue y est spectaculaire parait-il. ais c’est une trop longue marche pour Anna et Alex.
Nous prenons un pic nic, et empruntons le Kiwiriri Track menant au Mont Hobson : nous ferons demi-tour après la pause déjeuner.
Pour entrer dans la foret, il faut se désinfecter les semelles, afin d’éviter de transmettre une maladie aux Kauris, ces majestueux arbres aux troncs épais et élancés. Le « Kauri Dieback » sévit partout ailleurs en Nouvelle-Zélande, mais pas encore à Great Barrier.
Il faut dire que le Conservatoire du Littoral met de gros moyens en oeuvre, comme ce chemin partiellement pavé de bois.
Nous rencontrons en chemin une autre famille francaise de Nouvelle-Calédonie apparentée à Bruce et faisons le chemin avec eux : Victor est heureux d’avoir trouvé un ado de son âge.
C’est passionnant de faire cette marche aux côtés de Stéphanie et de Bruce qui connaissent très bien l’île, (c’est là qu’ils ses son rencontrés, et mariés!), et ses plantes : tel cette feuille « Toilet Paper »! eh oui, sa face antérieure est si douce que les bushmen s’essuyaient avec…Bruce et Stéphanie voulaient s’arrêter pic-niquer devant une petite piscine d’eau où ils avaient leurs habitudes; mais ils semble qu’elle ait disparu. Les pluies ont été rares ces derniers mois, et une grosse tempête a endommagé le trail il y a 2 ans et demi, transformant le lit de la rivière, créant éboulis et barrages de troncs d’arbres.
Nous nous arrêtons finalement pour déjeuner, puis empruntons un pont de singe. Malheureusement, je me blesse en remontant le lit de la rivière : le bruit est net : un CLAC dans mon mollet gauche, c’est une déchirure musculaire. Je vais devoir rentrer en claudiquant. La famille de calédoniens continue jusqu’au Mont Hobson et se propose de garder avec eux Arthur et Vicor qui sont ravis!
Je redescends tranquillement avec Loïc, Anna, Bruce et sa famille.
J’ai déjà connu ce genre de bobos : une semaine de douleur vive, à se déplacer en boitant, un mois de repos sans sport pour bien se remettre, et d’ici 6 semaines, la reprise en douceur étalé sur 2-3 semaines…
Entre les petits qui jouent, et moi qui claudique, nous sommes très lents… c’est l’occasion de passer du temps à regarder les plantes, quelles merveilles!
comme certaines fougères, très géométriques
ou le Kauri, cet arbre au tronc massif, le plus haut de nouvelle Zélande, qui monte jusqu’à 60m, avec un tronc lisse de toute branche jusqu’à 30m de haut et donne des circonférence de 11m! Ce bois était très réputé pour ses qualités, et réputé meilleur que n’importe quel variété de pin. Le Capitaine Cook lui -même, premier grand explorateur de la Nouvelle-Zélande, le recommandait pour la fabrication de mats et d’espar de navires. Il est été très exploité, trop, et s’en suit un programme aujourd’hui de reforestation comme ici à Great Barrier, on l’on trouve beaucoup de juvéniles. Sa croissance est très lente, il va vieillir jusqu’à 1500 ans!;
et les Nikau, palmiers endémiques de Nouvelle Zélande : les palmiers les plus austraux du monde! Et leurs feuilles imperméables étaient utilisées autrefois pour les toit des huttes.
A l’arrivée, nous apercevons l’estuaire encombré des arbres morts charriés par la tempête des années précédentes.
Voilà le parking à annexes!
Nous restons une heure à la plage, les enfants s’amusent à faire des réseaux fluviaux. Nous savourons cette dernière escapade « nature » avant une période de 2 semaines de travaux entre Auckland ou nous passerons la semaine prochaine à la marina et Wangarei, où nous sortirons le bateau de l’eau fin janvier pour une semaine à sec.
2017 approche, pas de famille, ni d’amis à l’horizon, nous sommes libres de choisir notre lieu de réveillon, que nous allons célébrer tous les 5 en famille. Nous mettons le cap vers Coromandel, la péninsule qui borde l’Est du Golfe d’Hauraki. Nous cherchons une petite crique pas trop fréquentée, bordée d’une jolie plage, et abritée des vents de Nord-Ouest et Sud-Ouest qui alternent en ce moment : West bay, dans Tekoma Harbour. Le cardre est très beau, les collines de Coromandel nous surplombent à 800m de hauteur.
La baie que nous choisissons est calme, mais quand même assez fréquentée, comme tout le golfe d’Hauraki en cette période de fin d’année, qui coïncide en Nouvelle-Zélande avec les grandes vacances.
Mais le cadre est enchanteur, et il semble qu’à 18h, il n’y ait plus personne sur la plage : c’est l’heure du dîner pour les Néo-zélandais qui commencent la soirée très tôt!
Nous descendons en annexe sur la plage pour faire une petite marche
et profiter de la vue sur le Golfe d’Hauraki en haut de la colline,
avant de ….. redescendre
et de savourer l’apéro un peu plus tard sur la plage.
Nous rentrons à bord terminer l’apéro ,
et regarder le soleil se coucher, équipés comme en Bretagne : polaire et jean sont de rigueur en soirée.
Au menu du réveillon :
asperges à la chantilly de coriandre,
pavé de saumon fumé des Marlboroug (ile du Sud),
riz au fenouil,
et crumble pomme/noisettes/fruits des bois, accompagné de la merveilleuse crème fouettée locale.
Un peu de musique, le rayon laser et la lumière rouge de la lampe de veille font le reste de l’ambiance à bord de Moby ce soir!
Le lendemain, premier janvier, nous mettons cap sur un petit îlot devant lequel nous étions passé, Rangipukea Island, et dont la plage nous avait semblé très chouette : ca sera parfait pour un mouillage de jour et un brunch-picnic de 1er janvier.Au programme de la journée : baignade,
picnic
paddle
cabanesmacabre découverte!
c’est un crâne de bovidé
érigé en totem!
Nous partons nous abriter quelques jours dans Coromandel Harbour : du vent est attendu, nous voulons nous mettre à l’abri. Début d’année oblige, Loïc part dans des résolutions de nettoyage et profite de la combinaison vent sec/soleil pour nettoyer ses coffres avant : tout le matos de glisse y est rangé, nettoyé, séché….
du plus petit au plus grand : 2 skim boards, 2 morey-boogies, 3 planches de kite, 2 surfs, 2 planches de windsurf, 2 planches de SUP Surf, 2 planches de SUP balade.
Nous commençons à préparer notre périple vers Great Barrier Island, où nous retrouverons Bruce, un vieil ami néo-zélandais de Loïc, du temps de ses compétitions de planche à voile. Il y sera avec femme et enfants sur son trimaran, idem pour sa soeur Barbara que nous avons rencontré au Fidji qui sera là elle aussi en famille… sur son trimaran! Nous nous réjouissons de partager à leurs côté le style de vie néozélandais, et de découvrir cette île réputée si belle et si sauvage.
Nous partons donc au village de Coromandel faire des courses : le village est charmant, niché dans la mangrove.On n’y accède qu’à marée haute par un petit chenal bordé de vase et de mangrove. Pratique, on peut amarrer son annexe au quai et le supermarché n’est qu’à 100m à pied.Idem pour la station service, à 20m de là. Voilà, le plein de provisions est fait pour 10 jours!
Rdv très vite pour la suite du voyage à Great Barrier Island.
le phare qui marque l’entrée de la rade d’Auckland
mais nous sommes tout de même séduits et impressionnés par la ville.
le port de commerce
Il est vrai qu’en tant que brestois, les villes portuaires auront toujours du charme à nos yeux : porte-containeurs, grues, paquebots, ponts…
le musée de la marine dans le quartier de Wynyard
mélange d’immeubles modernes et anciens, de docks et de promenades touristique…
l’ancienne gare ferroviaire transformée … en gare maritime!
tout cela nous parle et rend la ville plus vivante.
la Sky Tower
Quel accueil : nous assistons à quelques bord du bateau de la team New Zealand qui s’entraine pour la coupe de l’América : il plane sur ses foils à plus de 40 noeuds!!!
Et encore, plus original : des hydravions décollent en face du centre-ville.
Juste au-dessus de nos têtes…
Nous découvrons notre place au ponton de la marina de Westhaven, face aux super-yachts, au centre ville…. et à la Team New Zealand de l’America’s Cup sponsorisée par Emirates.
Nous partons en fin de journée nous balader sur les quais, très animés et pour fêter les vacances scolaires, nous dînons tous au restaurant : d’huitres de Wahieke et de saumon de l’île du Sud, quel délice.
Le soir, c’est le spectacle scintillant d’une ville illuminée, nous savourons un bon irish coffe sur le trampoline, face aux lumières des gratte-ciels.
Le lendemain, au matin, nous découvrons la ville sous le soleil, whaou!
Nous partons en repérage explorer le quartier du Wynyard, anciens docks rénovés en bureaux, appartements, restaus chics mais aussi shipchandlers, atelelier de réparation nautiques, librairie maritime…
Pour accéder au centre ville, il faut longer la Westhaven walk, promenade bordée de Pohutukawas, merveilleusement en fleur à Auckland en ce moment.
puis traverser le Wynyard, et enfin passer par la marina de Viaduct, la plus centrale de toutes : nous aurions bien aimé y amarrer Moby, mais les places sont rares. On y trouve un mix sympa de bateaux : pêcheurs, vieux gréement baladant les touristes, anciens bateau de la coupe américa, mais aussi super yachts, à voile ou à moteur,
Pour arriver en centre ville, ce qui guide nos pas, c’est la Sky Tower, que nous apercevons sur l’horizon depuis 2 jours, du haut de ses 328m de hauteur. Les enfants sont impressionnés par son design et nous tannent pour la voir de plus près. Ils sont tellement fascinés, que nous y passerons le reste de la journée….
Anna, Arthur et Loïc montent en haut par l’ascenseur de verre, et se régalent de la vue panoramique à 220m de haut. Victor veut de l’adrénaline et casse sa tirelire d’anniversaire pour s’offrir un saut en élastique et une promenade circulaire en haut de la tour. Je l’accompagne sur cette dernière, car la vue doit être sublime!
En effet nous passons près d’une heure harnachés sur une plateforme de 1m20 de large à 328m de haut! Le port d’Auckland, les marinas, mais aussi les banlieues, et on devine aussi très bien le passé volcanique de la zone, avec les cones qui parsèment la cité, petits ilôts de verdure noyés dans les constructions.
Je me régale de la vue, pendant que Victor se prend des shoots d’adrénaline à faire des acrobaties dans le vide…
Puis c’est au tour de Victor de se préparer pour son saut depuis 192m de haut :
Combinaison de superhéro, harnachement d’alpiniste : cette Skytower est un super business qui draine des centaines de touristes tous les jours à Auckland, mais aussi dans 5 grandes villes australiennes, et même à Shanghaï m’en informe la jeune chinoise en vacances qui nous accompagne.
Un accompagnateur le coache en haut pour les aspects techniques et de sécurité.
Prêt à sauter?!
Pendant ce temps, je l’attend en bas….
il va atterrir sur cette cible :
Et ca y est, quelques 15 secondes plus tard, le voilà, un peu secoué, mais heureux! Il vient de descendre à 23,6m/s
La visite du centre ville est donc repoussée au lendemain : nous laissons l’annexe dans la marina de Viaduct, , longeons les quais
bordés de paquebots… et d’immeubles en forme de paquebots
et partons faire un peu de shopping dans Queen Street, la rue principale : cartes sim néo-zélandaises, chaussures de marche pour tout le monde, papeterie variée pour l’école et le bricolage, et la fin des préparatifs de Noël.
Mais le vrai but de cette promenade citadine, c’est l’arbre de Noël en Légo exhibé sur la place de l’hôtel de ville. Nous sommes ébahis par le temps et la quantités de briques nécessaires à cette gigantesque construction.
L’arbre mesure près de 10m de haut
Le père Noël surfer nous faire bien sourire
Les enfants trouvent également ce légo-hélico dans une banque!
Nous retrouvons en fin de journée nos amis d’Excallibur, et partons boire une bière sur le quai : le quartier est très sympa et animé. Et comme tous les mercredis dans les ports de nouvelle-Zélande, c’est les régates du soir! Nous avions pu le constater à Opua, mais à Auckland, ca en jette : mats carbones, voiles de compète, c’est du sérieux.
Nous rentrons en annexe sur Moby, qui a quitté la marina et se trouve au mouillage dans la baie de Bayswater, face à Auckland
il nous faut pour cela traverser un bras de mer silloné par les ferrys, les voiliers en régate, les paquebots, les bacs…..
C’est un peu le stress, d’autant que contre le vent et le clapot, avec notre moteur 10CV, nous ne pouvons pas planer ….Mais que la vue est belle de là-bas!
Nous partons le lendemain pour Wahieke passer Noël. Cette petite ile qui fait à peu près la taille de Belle-île n’est qu’à une vingtaine de milles d’Auckland : c’est un des rdv préféré des citadins pour le week-end : jolies plages, vignobles et bars à vin, balades familiales, producteurs d’huîtres, petits restaus et boutiques à la mode : ca nous plait bien.
Les maisons ont beaucoup de charme, et l’immobilier est très prisé.
La cadre est malgré tout très sauvage, avec ces canards
et ces mouettes qui viennent nous voir dans la jupe
Nous partons réveillonner le 24 au soir sur Excallibur, qui avec son grand carré en boiserie va pouvoir accueillir nos deux familles confortablement pour un dîner à l’intérieur. Anne-Marie et moi avons concocté un menu savoureux mais simple qui nous permet de passer l’après-midi à la plage plutôt qu’en cuisine :
en entrée, salade de saumon des Marlboroug, en pavé juste fumé pour les grands, et en tranchinettes pour les enfants. Ce saumon fumé en gros pavés très moelleux est un régal, je n’en ai rarement mangé d’aussi savoureux!
En plat principal : gigot de Nouvelle Zélande, merveilleusement cuit par Nico et Anne-marie, accompagné de légumes-racines : pommes de terres et Kumaras orange et rouge (la patate douce Maorie)
En dessert, deux énooormes Pavlovas aux fruits rouges dont nous nous régalons. Nous testons également les champagnes néo-zélandais, en particulier le Deutz-eh oui! la célèbre Maison Francaise de Champagne a investi ici, et le résultat est bluffant : de fines bulles, un vrai goût de champagne très sec, c’est bluffant.
Le lendemain, à bord de Moby, c’est l’heure d’ouvrir les cadeaux : des légos pour les petits, et quelques cadeaux « locaux » : gourdes en métal pour aller en balade, casquette pour Victor (qui va enfin arrêter de chiper les miennes), sac à dos-mouton pour Anna, Kiwi en peluche pour Arthur, et quelques livres en anglais pour tout le monde.
les baleinesTintin sur la luneTours de magie
Le père Noêl m’a aussi apporté des maillots de bain (il était temps de renouveller le stock, car la Polynésie, ca use les bikinis!!!). Je me dois donc de les essayer… j’avoue, c’est ma toute 1ere baignade en Nouvelle-Zélande, et j’enfile mon petit shorti…. Anna m’accompagne, et en combi, ca passe très bien; le ciel est couvert, mais la plage est abritée, et l’eau doit avoisiner les 20°.
Sur les hauteurs, les maisons sont toutes plus belles les unes que les autres : du cabanon de pêcheur..
à la villa de charme,
villas design
cadre grandiose
Après un 25 décembre bien tranquille à bord, nous changeons de mouillage et partons en direction de Man’O War, à l’extrémité Est de Wahieke, la partie la plus sauvage de l’île. Les petits motor-yachts à l’ancienne ont un charme indéniable.
Nous sommes séduits par la baie, bordée de Puhutakawas en fleurs, et où se niche une petite église et l’atelier de dégustation du vignoble « ManOWar » . Des hydravions embarquent et débarquent des passagers venus pour quelques heures déguster le vin réputé pour son Chardonnay.
Cet hydravion a retenu notre attention avec ses couleurs flashy et son look rétro!
Nous laissons l’annexe sur la plage
La balade se fait sur une route gravillonnée : heureusement, elle n’est pas trop fréquentée par les voitures. mais pas mal de mouton par contre!
Nous longeons des pans de forêts de Nikau, le palmier le plus austral du monde, et endémique de nouvelle Zélande. IL a un port très altier, et un haut plumet de courtes feuilles. Ici, les troncs sont couverts de mousse.
Les enfants repèrent un petit weka (sorte de poule des forêts) sous des troncs en décomposition : Avec son long bec, il farfouille sous les feuilles en quête de nourriture : vers de terre, insectes, petites baies. Ces cousins du kiwi ne sont pas farouches, et se laissent facilement approcher photographier, contrairement au kiwi, qui en plus d’être un animal nocturne difficile à rencontrer, est très craintif.
Arrivés à Stony Batter, le cadre est assez grandiose, avec d’énormes rochers volcaniques, vestige d’explosion de lave. Des centaines d’hommes étaient massé dans ce site secret pendant la seconde guerre mondiale afin de défendre l’accès à la ville d’Auckland.
L’essentiel des batteries et des baraquement étaient camouflés, et des centaines de mètres de tunnel courent sous ces collines artificielles. Malheureusement, le site est fermé pour la deuxième année consécutive, les enfants sont décus. Les autorités ont jugé le site dangereux, et sont à la recherche d’un opérateur sérieux pour le transformer en attraction touristique payante. Qu’il est dommage de voir ce site à l’abandon, les collectivités locale s’en désintéresser et tenter de faire appel à des opérateurs privés. Le site est tellement isolé et étendu qu’on imagine mal que l’exploitation d’un tel site soit rentable un jour.
Au retour, quel dommage, l’atelier de dégustation de vin est fermé…Il nous faudra revenir un autre jour.
Le lendemain, nous accueillons à bord de Moby d’anciens collègues de Loïc, pilotes chez Emirates et en escale à Auckland : Yorg, François, Stéphane et Peter.
Voilà le moments précieux du voyage : celles de retrouvailles inopinées entre amis-voyageurs.
Nous picniquons à bord, échangeons sur nos vies, leur faisant partager notre aventure, refaisant le monde. A 16h, il est temps de hisser les voiles, hisse-et-ho les gars! pour ramener nos invités à Auckland en tirant quelques bords.
Au fur et à mesure que l’on se rapproche d’Auckland, certaines maisons deviennet assez exceptionnelles,
Celles-ce me plaisent bien : elles n’ont pas d’accès par la route, et ne sont accessibles qui via un grand escalier et un monte-charge.
Nous longeons des îlots inhabités également
On apercoit Auckland au loinpuis de plus en plus prèsainsi que les beaux quartiers! Demain, nous prendrons le chemin de Coromandel pour y passer les fêtes de fin d’année .
Nous sommes déjà le 9 décembre, et comme nous souhaitons arriver quelques jours avant Noël à Auckland, et passer la fin d’année dans le Golfe d’Hauraki, il est temps de mettre cap au sud. Il reste donc une dizaine de jours pour effectuer cette nav’ de 130 NM, en quelques petits saut.
Nous comptons également nous arrêter quelques jours à Whangarei, zone portuaire bien connue pour ses chantiers de réparation navale, où nos souhaitons repérer les bons chantiers où sera fait l’entretien de Moby en fin de saison.
La passe de Wangaparoa et toujours aussi spectaculaire, et la côte qui défile regorge de grottes, cavernes, et rochers aux formes originales :
En arrivant dans la Bay of Island, nous faisons un détour par Moturoa Islands et le Kent Pass : le soleil est absent, mais la navigation est quand même très belle.
Moturoa est une île privée émaillée de belles maisons, et de moutons!
Nous stoppons à Pahia pour la nuit et en profitons pour faire l’avitaillement du bord : Pahia est petite ville balnéaire, départ des nombreuses balades dans la Bay of islands.
Sur le ponton, notre ami le Cormoran, pas trop timide. Les néo-zélandais les appellent « shag »
Puis nous regagnons Russel le lendemain, où nous attendent nos amis d’Excallibur : le temps est maussade, c’est parfait pour visiter le petit musée du village. Il abrite une reproduction du bateau de Cook, le célèbre navigateur britannique qui effectua le premier la circumnavigation de la Nouvelle-Zélande, iles du Sud et Ile du Nord.
C’est aussi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la colonisation de la Nouvelle-Zélande, qui commença dans cette région hospitalière de « Bay of Islands,
et sur les animaux endémiques de la région.
le très célèbre Kiwi, emblème de la Nouvelle-Zélande
Nous testons aussi les « fish & chips » locaux : celui-ci propose non seulement du poisson, mais des coquilles St-jacques de la Bay of Islands, des moules de Coromandel, des huîtres de Whangaroa….Pas mauvais tout ca, mais un peu gras pour nos petits estomacs….
Notre dernier mouillage de Bay of Islands sera Whale Bay : nous sommes les seuls bateaux dans cette baie magnifique, mais un peu décevante car comme la presqu’ile est privée, nous ne pouvons descendre à terre pour marcher.
Nous nous contentons de ballades en paddle : les cormorans nichent à 2 pas, et les fous de bassan pêchent à longueur de journée.
Anna et moi partons ramasser des pommes de pins sur la plage pour réaliser notre couronne de Noël! Grâce au calendrier de l’avent de Balthazard, nous sommes en plein dans les préparatifs de Noël, chaque jour apportant une petite histoire de Noël ou une activité à réaliser avec les enfants. Aujourd’hui ca se passe en cuisine avec un pain d’épices à réaliser, et demain, ca sera la couronne de Noël!
le calendrier de Balthazard
pain d’épice
puzzle de la Nouvelle-Zélande
La maison qui surplombe la baie est spectaculaire.
la maison qui surplombe la baie
Le soir nous improvisons un dîner à bord de Moby avec Excallibur :
Le 10 décembre, nous quittons Bay of Islands et contournons le célèbre Cape Brett, connu pour son « trou » dans le rocher : « Hole in the Rock » .
Le fin du fin est de se faire photographier sous voile à travers le trou….
Nous surprenons un chasse conjointe de fous de bassans et de dauphins, qui nagent en encerclant un banc de poisson.
Les fous pêchent
accompagnés des dauphins
Nous relachons le soir à Whangamumu Harbour, qui abrite une ancienne station baleinière, bien sûre désaffectée depuis des années. Le ciel nous offre un coucher de soleil encore une fois mémorable.
Le lendemain, nous partons en balade, au-delàs de la colline, vers Tangatapu, pour admirer la vue sur l’autre versant donnant sur la Bay of Islands.
Le paysage est très champêtre.
pousse de fougère arborescente
Whangamumu
pause-goûter
carte de la presqu’île
Nous allons également visiter l’ancienne « Whaling Station », et faisons la connaissance de kayakistes qui campent là depuis 2 jours.
les kayakistes
les vestiges
plan du site
le bras de ruisseau
Ce couple de quinquas neozélandais s’est lancé dans une circum-navigation de Nouvelle-Zélande en kayak il y a deux ans! A la manière des pélerins de Compostelle qui effectuent leurs pèlerinage en plusieurs traites chaque année, ils terminent la troisième saison de leur périple par la côte Nord-Est. Nous sommes admiratifs de leur voyage autrement plus radical que le notre. Ils partent avec 2 semaines de vivres dans leur kayak, dorment sous la tente tous les soirs, se lavent dans le lit des rivières, et séchent leurs vetements au soleil.
De retour de balade, les enfants jouent sur la plage, dans les arbres si majestueux, s’imaginant tous les 6 des armées, des territoires à conquerrir, des villages à défendre…
omoplate ???de …!!!
Le lendemain, cap sur Mimiwhangata Bay, réputée pour ses eaux poissonneuses : et en effet : nous attrapons un « King Fish ». Ca ressemble à un lieu pour la peau argentée et la forme du corps, mais avec une queue et des nageoires jaunes vifs comme un thon albacore (yellow Fin), et une chair rouge de thonidé. Le goût est proche d’un « Tuna Macquerel » ou d’une bonite : je prépare donc des « nuggets » maison : petites filets roulés dans la farine, puis dans l’oeuf, et dans une chapelure agrémentée d’herbes fines.
Encore une très belle plage. Les enfants sont lassé des balades à pied, qu’à cela ne tienne, nous les laissons tous les 6 sur la plage sous la garde de nos ados pendant une heure, et partons entre adultes se balader. Les paysages sont encore une fois sublimes.
Du haut de la colline, nous apercevons des petits lacs en contrebas,
et un cygne noir!
Nous rentrons tranquillement à la plage par un sentier de randonnée.
des oies sauvages
De retour sur la plages, les 4 plus jeunes se sont construit un totem, et nous expliquent leur technique pour le redresser, et consolider son assise-sans l’aide des grands.
Avant la fin de la journée, nous appereillons pour Wooley’s bay, toujours avec Excallibur.
Anne-Marie sur Excallibur
Cette plage est très célèbre en Nouvelle Zélande, car l’une des rares à être toujours plantée de Pohutukawas descendant jusque la plage
ces majestueux arbres en boule, tortueux à souhait et qui fleurissent en cette période de fin d’année en bouquets rouges
Le lieu est très populaire pour les tournages de films historiques.
La plage est toute petite, mais très jolie, et très fréquentée aussi… il y a en effet un gros village balnéaire juste derrière : le prétexte d’emmener les enfants en balade : nous pourrons leur offrir une glace au retour!
une mante religieuse
Anne-marie et Nicolas, d’Excallibur, nos compagnons de route
D’après les cartes, le village est à moins d’un km, en coupant à travers bois, …..mais nous ne trouverons jamais ce racourci, et finissons par longer la côte… c’est plus loin, mais c’est beauuuu! Et de l’autre coté de la presqu’île, le village de Matapouri, chic petite cité balnéaire.
De retour au mouillage….
Le lendemain matin, nous continuons notre descente vers Whangarei, par petites traites de 20 à 40NM. Nous stoppons à Smugler’s bay ( la baie des contrebandiers) : nous ne sommes plus qu’à quelques nautiques à vol d’oiseau de Whangarei, où nous nous arêterons quelques jours.
En descendant à terre, nous découvrons 3 taureaux échappés de leur enclos…. ils sont très intéresés par notre annexe…
Nous re-croisons ces taureaux échappés pendant la ballade sur la colline…
Les enfants ne se lassent pas des plages, et sont assez inventifs…
étonnant, le Spinifex…
…graminée de bord de mer
Une colonie de fous de bassan pêchent aux côtés de Moby.
15 décembre : nous arrivons dans l’embouchure de Whangarei, port fluvial/et maritime bien connu pour ses activités portuaires, et notamment ses chantiers de réparation marine.
stockage de bois
embarquement de bois
les stocks sont impressionnnants
Nous bookons 3 nuits à la marina de Marsden Cove, à l’embouchure de la rivière, et nous préparons pour 48h intenses
Je consacre la première matinée aux lessives : une bonne quinzaine d’aller-retours entre la buanderie où s’enchainenet mes 4 lessives/séchages/pliage et le bateau où je supervise l’école à bord. Heureusement, Loïc coache les enfants à bord, en même temps qu’il bricole. En début d’après-midi, nous avons réservé une voiture de location pour visiter visiter les chantiers de Whangarei et choisir in situ celui dans lequel nous sortirons Moby de l’eau pour refaire son antifouling dans quelques mois, avant de quitter la Nouvelle-Zélande.
C’est validé, ce sera Port Wangarei Marine Service, filiale de Oceania Marine, qui vient d’investir dans un travel lift pour bateaux jusqu’à 100T. Ils ne sont pas encore très implantés sur la zone, d’où des tarifs très compétitifs. Nous sommes impressionnés par la propreté du chantier, impeccable aussi bien en extérieur que dans les bâtiments. Ce qui achève de nous décider, ce sont les parties communes réservées aux plaisanciers dont les bateaux sont au sec : une immense pièce de vie avec une très grande cuisine ouverte, deux frigos américains, une salle à manger/salle de jeux, un bureau pour s’isoler et travailler, un jardinet extérieur avec tables pour les BBQ, wifi à volonté…. et la voiture de courtoisie, disponible pour aller faire ses courses en ville, ainsi que des VTT. La vue est bien dégagées dans cette zone du port un peu éloignée de la ville : on y respire! Nous y reviendrons donc en février.
Nous profitons de la voiture pour visiter un peu la ville de Whangarei, originale avec sa marina en plein coeur de ville, sur le fleuve.
Ca sent Noël!
le père Noël n’est pas loin….
oiseaux de paradis
et surtout pour faire un gros plein dans un hypermarché : c’est le premier que nous fréquentons en Nouvelle-Zélande et whaou!!! Que de bons produits, ca nous change de la Polynésie francaise et de ses petites supérettes pas toujours bien achalandées : je suis en particulier bluffée par le rayon fruits et légumes : fraises, pêches, cerises, melon, mais aussi asperges, avocats, pommes de terres nouvelles, salades en tout genre, herbes….. la tête me tourne! Depuis 6 mois, trouver des fruits et légumes frais est un parcours du combattant, les petites épiceries des îles de Polynésie ne traitant que peu ou pas du tout la distribution des fruits et légumes. Et quand elles le font, on ne sait jamais ce que l’on va trouver, les livraisons se faisant au coup par coup, dépendant pour les légumes importés, du jour de passage de la « goelette » qui ravitaille les îles, ou du bon vouloir des petits producteurs locaux qui déposent leur marchandise au compte-goutte comme à Fakarava aux Tuamotus. Il faut donc dans chaque île trouver le bon circuit : commande directe au producteur comme à Anao à Nuku-Hiva, achat auprès d’un restaurateur sympa comme à Isabella aux Galapagos, marché local hebdomadaire comme à Huahine : il ne faut donc pas louper le « bon » jour, se lever très tôt- 5h du mat’ à Taoiae aux Marquises!! et même parfois faire des pré-commandes comme à Maupiti….
Retour de courses à la marina, les enfants sont mis à contribution pour tirer les chariots :
Bref, ici c’est le retour à la vraie société de consommation. Ce qui n’est pas désagréable. Je retrouve également le dessert fétiche des néo-zéalandais : la Pavlova!
la meringue…
les fruits au dessus
la crème au milieu
intérieur de meringue moelleux
Une merveille de meringue croustillante à l’extérieur, moelleuse à l’intérieur, que l’on achète ici tout fait, et que l’on « améliore » chez soi : nappée de crème fouettée, parsemée de fruits rouges, et arrosées d’un coulis, c’est une merveille! C’est ma chère amie mauricienne Marie-Laetitia qui m’avait fait découvrir ce merveilleux gateau, qu’elle faisait bien sûr elle-même de A à Z, aux fruits exotiques plutôt qu’aux fruits rouges puisque nous étions sous les tropiques.
Notre carnivore du bord se régale d’un steak monstrueux…
Le lendemain, nous passons la journée à bricoler et nettoyer le bateau : intérieur, extérieur, tout y passe : et quel bonheur de voir son bateau rutilant!
Nous apareillons le lendemain matin : la vie de marina ca n’est pas ce que l’on préfère, les enfants s’y ennuient. Nous préférons de loin les mouillages sauvages.
Whangarei
Au sortir de Whangarei, nous apercevons une baleine! Assez différentes des baleines à bosse croisées en Polynésie : un dos très long, foncé, lisse et brillant, un tout petit aileron planté très bas sur le dos : après confirmation auprès de nos amis Néozélandais, il s’agit sans doute d’une Bryde’s Whale ou Sei Whale, mesurant jusqu’à 15 à 20m, et très commune en nouvelle-Zélande! Elle paresse à la surface sans doute.
Encore une fois, c’est l’oeil expert de Loïc qui la repère!
Nous retrouvons nos amis d’Excallibur à Kawau Island.
Nous entrons officiellement dans le célèbre Golfe d’Hauraki, qui est constellée de belles maisons et au fond de laquelle se niche la ville d’Auckland.
Nous dinerons le soir-même au yacht club de Kawau.
Et passerons devant la célèbre Mansion House, antique maison qui inspire le respect.
Le lendemain, nous dormons à Waiheke, petite île située à quelques encablures d’Auckland, connue pour ses plages, ses vignobles et ses petites boutiques à la mode.
Mais le temps est maussade, ciel couvert, bruine, et nous ne sommes pas d’humeur à faire du tourisme et nous balader à terre : nous avons hâte de découvrir Auckland! Pourtant, c’est sympa : un hydravion vient se poser non loin de nous.
Pendant cette journée pluvieuse, nous entamons l’atelier « crèche de Noël ».
atelier crèche de Noël
Il s’agit de personnages en carton à peindre, ce qui nous occupera tout l’après-midi! Reste à bricoler une crèche : une boite en plastique recouverte de papier craft fera l’affaire.
la crèche
Vivement demain, à Auckland, dont nous apercevons les contours au loin…
La Nouvelle-Zélande, destination qui nous fait rêver depuis des mois…. tant ceux qui ont visité ce pays, par la terre ou la mer en sont dithyrambiques…. Mais nous nous posons aussi beaucoup de questions : cette escale imposée de 4 mois, c’est long, et ne va-t-on pas avoir froid sur un bateau équipé pour naviguer sous les alizés? Ne vaudrait-il pas mieux filer directement vers l’Australie et visiter la Nouvelle-Zélande en camping-car par la terre?
Mais l’envie de naviguer en pays tempéré nous tente aussi. Il ne s’agit pas seulement de passer l’été austral loin de de la zone des cyclones et tempêtes tropicales, ni de réaliser l’escale technique annuelle : nous rêvons de savourer une navigation côtière un peu comme en Bretagne, le plaisir des marées, de la pêche à pied, de se réchauffer au soleil à l’abri d’une crique ou autour d’un bon thé bien chaud. Et aussi de redécouvrir les bons produits de nos terres tempérées comme les pommes, la crème fraiche, les huîtres, les fraises, les moules, les fromages affinés et le vin rouge!
Amarré à la marina d’Opua
Alors, banco, c’est parti pour 4 mois de Nouvelle-Zélande!
Loïc vous a déjà narré notre nav’ depuis les Fiji, je me contenterai de reprendre le fil à notre arrivée à Opua. A peine avons-nous fait les formalités d’entrée sur le territoire que nos amis nous convient à une petite fête dans un vignoble : nous célébrons nos retrouvailles avec les bateaux-copains : Invictus, Excallibur, Mercredi soir, Fata Morgana, sont les bateaux des amis avec qui nous avons traversé le Canal de Panama, puis navigué en Polynésie pendant 6 mois.
le vignoble de l’Omata Estate, qui surplombe la bay of Islands
Nicole a organisé pour l’occasion une petite fête de St-Nicolas pour les enfants,
les petits cadeaux sont déjà préparés
Arthur, intimidé
Victor, amusé…
se fait sermoner pour son goût pour la Ginger beer (sans alcool bien sûr!)
et aussi pris deux gros gâteaux au chocolat pour que nous soufflions les bougies des 13 ans Victor!
Soufflage des bougies
miam!
Bon anniversaire Victor
oh! de la Ginger Beer!
Vive la Nouvelle-Zélande!
et bon appêtit
Nous sommes très heureux de tous nous retrouver, pour se raconter nos traversées- très musclée pour certains, et les dernières semaines que tous ont passé aux Tonga pendant que nous étions au Fiji. Les enfants sont ravis de retrouver leurs copains, de jouer ensemble à terre, de se faire gentiment sermonner par Saint-Nicolas, et de déguster leurs bonbons, noix et clémentines…
Après 3 jours d’escale à se reposer (3 nuits bien calmes amarrés par 4 grosses aussières, c’est boooon), faire les lessives, et s’organiser, il nous tarde d’aller explorer la très célèbre « Bay of Islands » toute proche : sorte de mix entre la rade de Brest pour son relief et ses plages, le golfe du Morbihan pour ses nombreuses petites îles, et les abers pour l’ambiance campagnarde et maritime à la fois.
la supérette d’Opua, avec un look « nouvelle-Angleterre »
tous les mercredi, c’est régate dans la baie!
et optimist pour les jeunes
Nous découvrons la bière locale
premier coucher de soleil….
et notre voisine la mouette, déjà à table
Première destinations : Russel!
Ce pimpant village de 1000-et-quelque habitants est fier d’être anciennement fondé en 1800, repaire des baleiniers venant se ravitailler entre 2 pêches. C’était surtout un lieu de débauche connu sous le nom de « Hell-hole » (trou de l’enfer) : un vrai repaire de malfrats et de baleiniers, se retrouvant au Marlborough, premier pub sous licence de tout le pays, tenu originellement par un ancien tôlard!
Aujourd’hui c’est une destination chic pour les vacances, et un lieu de ravitaillement pour les bateaux venus visiter la Bay of Islands. De très jolies petites maisons anciennes jalonnent le village.
Nous partons faire notre première ballade à terre en direction du site historique du « Signal Flagstaff » : le premier mat de signal de Nouvelle Zélande, portant drapeau britannique, dressé 5 fois, et abattu 4 fois par les tribus Maoris, avant un définitif traité de paix en 1857.
en haut de la colline, vue du FlagstaffVue vers RusselExplications historique du Flagstaff
Déjà, la végétation est fascinante : fougères arborescentes, plantes grasses, hisbiscus tropicaux : le climat est plutôt Méditerranéen. Mais nous retrouvons aussi les pissenlits, la bruyère….
fougère arborescente
palmiers
plantes grasses
pissenlits!
Pohutukawa, arbre emblématique de la Nouvelle-Zélande
Les enfants découvrent aussi la faune locale : un Weka, petit oiseau de la famille du célèbre Kiwi néozélandais, peu farouche ma fois. Un phasme également, repéré par Victor, passe de bras en bras : fascinant! Et la mante religieuse! Là, ce sont de drôles de cocons…..des les nids d’araignées… Ici c’est le printemps, et la nature foisonne.
un weka!
le phasme en gros plan
qu’est-ce que c’est?
un nid d’araignées!!!
Le soir, nous faisons l’expérience de notre premier coucher de soleil au mouillage : la lumière est superbe, le ciel s’embrase. Ce n’est que le premier d’une longue série.
ciel haubanné
En quittant Russel, nous passons devant Waitangi, lieu du célèbre traité de paix entre les Maoris et la couronne britannique, et célébré tous les ans le 6 mai, devenu jour férié en Nouvelle-Zélande.
La colonisation de ce petit bout de terre austral ne se fit pas sans mal, les populations Maori au départ accueillantes ont mené lavie dure aux colons, et la cohabitation ne fut pas toujours facile. Bye-Bye Russel.
Motuarohia : Roberton Island/ Assassination Cove
Nous quittons Russel le matin et naviguons de concert avec Excallibur, trop contents de retrouver nos amis après leur avoir dit au-revoir il y a 2 mois à Bora-Bora.
Les enfants s’entendent particulièrement bien, formant 3 binomes, ce qui nous change de nos trios : Anna presque 4 ans, et Eleonore presque 5 ans, Paul et Arthur, tous les deux 7 ans, Victor 13 ans et Charles bientôt 12 ans.
Nous partageons aussi le même rythme : 2 à 3 heures d’école quotidienne, de préférence pendant la nav du matin, profitant de ce « temps masqué « du changement de mouillage. L’après-midi, nous nous retrouvons pour des balades à terre, jeux sur la plage, et parfois un pic-nic ou un apéro.
Notre premier mouillage sauvage est l’île de Motuarohia,
Elle est plus connue sous le nom de Roberton Island, car Cook y a mis le pied à terre lors de sa première circumnavigation autour de la Nouvelle-Zélande.
la plage de Roberton Island
Je recommande pour cela l’agréable lecture du récit trop méconnu de Jules Vernes « Les 3 voyages du Capitaine Cook » aux Editions Magellan et Cie, qui relate les 3 circumnavigations du célèbre découvreur. Nous sommes accueillis dans la baie par de grands dauphins gris : coup de chance, j’étais sur mon SUP entre la plage et Moby, et me dirige vers le petit groupe, ils jouent, virevoltent, moments magique. C’est presque flippant de cotoyer de si près de telles masses.
Les enfants sont à la plage, ils courent les approcher.
Quel spectacle ils nous offrent!
Nous montons au sommet, la vue y est magnifique.
C’est l’occasion de faire une photo de famille :
Nous rentrons à bord de Moby en paddle, embarcation plus pratique que le dinghy quand il y a du marnage comme ici dans le Nord de la Nouvelle-Zélande.
retour à bord de Moby en Sup
Loïc prend qu’un seul enfant sur sa 14′ de 25″ de large seulement…. elle est rapide, mais assez instable. C’est donc moi qui embarque Arthur et Anna sur ma 12,6 le compromis idéal de performance et de capacité de chargement.
Le soir, toujours en compagnie d’Excallibur, un Garcia 50, nous partons vers Assassination Cove, la baie où Marion-Dufresne fut assassiné par les Maoris.
Pratique quand on navigue à 2 bateaux, on peut se prendre en photo!
C’est très bucolique, les oiseaux approchent Moby de très près.
Le soir, Loïc et moi allons à terre en padlle chercher la stèle commémorative de l’évènement, sans succès. Nous serions-nous trompé de baie?
Moturua/Waewaetorea Island
Cap vers un autre ilot emblématique de la Bay of Ilsands : Moturua. La nav’ est belle entre les îlots.
ces roches ont un faux air des Tas de Pois, non?
Et les maisons sont assez extraordinaires.
Après la traditionnelle matinée de petite nav/école à bord, nous partons nous balader l’après-midi à terre. La végétation de lande est très sauvage, nous découvrons une autre plage .
de l’autre côté de l’ilôt, une autre plage
très sauvage
Les enfants y font des découvertes naturalistes.
une allée de tamaris
les pièges à rats et hermines
billot de bois
qu’est-ce?
une dent de poisson-licorne!
etoile de mer
bouquet de pissenlits
Nous sommes tous facsiné par les arbres qui bordent le littoral, leurs racines tortueuses épousent la forme des falaises : le Pohutukawa est emblématique de la Nouvelle-Zélande. Il se couvre de fleurs rouges à Noël, en pompons bien brillants, ca va être magnifique!
Le retour vers le mouillage est tout aussi beau.
retour au mouillage
retour sur Moby, en paddle, comme d’habitude
Le soir, nous allons vers un mouillage plus calme pour la nuit
Nous arrivons en fin de journée à Waewaetorea Island, un mouillage très calme.
Après dîner, les enfants mis au lit, nous partons faire un tour en SUP.
Le coucher de soleil est encore une fois magnifique.
Cavalli Islands
Nous appareillons le matin vers « Cavalli Islands », petit archipel à mi-chemin entre Bay of islands et Wangaroa, notre destination.
Encore une fois, nous sommes sous le charme de cette plage,
attention aux méduses
et de la ballade qui nous mène sur les hauteurs de l’îlot.
Du haut de la balade, la vue panoramique sur l’archipel est sublime
Et pourquoi pas une photo de groupe, pour changer?!
Comme nous sommes rentrés tôt, nous improvisons rapidement un apéro dinatoire sur la plage :Les produits locaux y ont la part belle : moules marinées, vieux cheddar, fromage fumé, fruits confits….et les légumes locaux : tomates cerises, dés d’avocats, rondelles de carottes….
et n’oublions pas le champagne local! l’Akarua brut, en, provenance du central Otago, dans l’île du Sud est vraiment très bon, sec, des bulles fraiches, pas dans la finesse, mais efficace!Les enfants s’arrangent une cabane sous les arbres pour leur picnic.
Le soleil se couche, il est temps de rentrer
Le lendemain, nous atteignons notre but : Whangaroa, une petite rade située au nord d’Opua.
l’entrée dans Wangaroa, presque masquée….
Nous faisons un rapide et basic avitaillement à Whangaroa Harbour, cherchons en vain à acheter des huitres-il y a pourtant 4 ostréiculteurs dans la zone…. Nous finissons pas demander à la tenancière de la petite boutique où en trouver : sur les rochers pardi! Evidemment…..
Loïc part donc explorer les rochers de St-Peter à marée basse, et revient avec quelques huitres sauvages… bien laiteuses, car nous sommes en plein été, et très fortes en goût. 3 chacun et nous sommes rassasiés! Nous n’avons en effet plus l’habitude d’huitres si fortes en goût, nous les mangeurs d’huitres affinées. Nous découvrons qu’en Nouvelle Zélande, c’est difficile d’acheter les fruits de mers et les poissons, chacun doit se charger de les pêcher!
La nuit tombe, le soleil embrase de nouveau le ciel, chaque soir est un festival de dégradés.
Après avoir dormi à St-Peter, nous nous réveillons sous la brume,
et prenons notre petit dèj la regardant se lever, heureusement très vite.
Nous retournons près de l’entrée de la rade, vers Rere bay, au fond de laquelle on peut remonter une rivière en dinghy : un super but de promenade après le déjeuner : nous emmenons des biscuits et notre thermos de café! Loïc part en annexe avec les enfants, et moi en SUP.
Dernière soirée à Whangaroa,
Demain nous quitterons la région et mettrons cap au sud, en direction d’Auckland où nous voulons être pour les fêtes de fin d’année, en faisant quelques escales en chemin bien sûr. A très vite!
Lever 6 heures du matin, la première chose que je fais est de télécharger les derniers fichiers météo. La situation es un peu plus lisible qu’hier, et peut se résumer ainsi: Alizé assez musclé de sud-est pour les premières 24 heures, tournant à l’est en mollissant progressivement les 2 jours suivant. Passage d’un front samedi matin avec un vent tournant au secteur sud, donc dans le nez pour une journée, puis le vent revient du nord ouest à ouest jusqu’a l’arrivée à Opua estimée mardi 29.Nous quittons la marina de Denarau à 8h30 direction la marina de Vuda Point, située à seulement 5 milles et ou se font toutes les formalités administratives de départ.
À 11:30, nous avons notre clearance départ, moins de quinze minutes plus tard, nous larguons les amarres.
Départ en douceur, sous le vent de l’ile, le vent est curieusement orienté nord-ouest, soit à l’opposé de ce qui nous attend dehors. Moby se déhale tranquillement sur l’eau plate du lagon, je savoure, je sais que dans deux heures environ, sorti de la passe et passé l’abri du relief, les choses vont bien changer.
Avant même de franchir la passe, je prends 2 ris dans la grand voile, 3 tours dans le solent, et déjà les premières bouffes d’alizés de SE nous cueillent. Entre 20 et 25 nœuds, à 70° du vent, Moby file entre 9 et 10 noeuds, vitesse à ne pas depasser car la mer se forme très vite et nous vient du 3/4 avant.
Très vite ma petite équipe ressent les effets des mouvements assez saccadés du bateau. Demain matin je sais qu’ils se seront amarinés, en plus le vent et la mer vont adonner et se calmer.
En fin d’après midi, nous doublons un monocoque d’une quinzaine de mètres, qui semble bien plus à la peine que nous dans ces conditions de mer et de vent. Nous allons tout simplement deux fois plus vite, avec 10 nœuds sur le fond alors que le monocoque n’en fait même pas 5! Pas bon pour leur moral de se faire passer comme ça au premier jour de traversée.
Le soleil se couche. Le vent se renforce un peu, je prends deux tours de plus dans le solent. La mer est croisée et il faut s’arranger pour ne pas aller à plus de 9 nœuds, car au delà, le confort à bord se détériore très vite.
À 20h, tout mon équipage est couché, Victor dans sa cabine arrière tribord, Bénédicte et Anna à babord, Arthur lui préfère rester dormir dans le carré.
Je reste donc de quart dans ces conditions musclées; la nuit est noire, la couverture nuageuse s’est un peu soudée et de temps à autre de gros paquets de mer jaillissent de l’avant babord pour arroser copieusement le cockpit.
Quart à l’intérieur, portes fermées, je veille tout en m’autorisant quelques repos de 10 à 20 minutes. Chose rare, ça bouge tant que je décide de ne pas me faire de café, pas envie d’en renverser.
Un cargo faisant route vers l’est, un gros bateau de pêche, c’est tout ce que je croise sur notre route.
À 5h du matin, je commence à être bien fatigué et demande à Bénédicte de prendre le quart jusq’à 8h.
Mercredi 23 novembre
En me réveillant, je découvre que le vent à adonné d’une dizaine de degrés, les vagues aussi ont pris un peu de gauche et Moby glisse bien mieux que durant la nuit. Ce changement progressif, anticipé par la météo, est la conséquence logique de notre progression vers le sud, en descendant sur la face ouest de l’anticyclone.
La matinée voit se confirmer cette évolution météo. C’est oujours un peu sport, mais nettement plus confortable.
À midi, soit après 24h, nous avons effectué 217 milles, ce qui, compte tenu des trois premieres heures dans le lagon, avec en plus un peu de louvoyage, représente une belle moyenne. L’après-midi et la soirée, l’évolution lente mais sensible de la météo se poursuit. Moby ne tape plus dans les vagues, la mer s’allonge. Le vent est presque travers et oscille entre 16 et 20 nœuds. Je décide de conserver les 2 ris pour la nuit, en revanche je remets la totalité du solent.
Tout l’équipage est en forme ce soir, nuggets de poulet et couscous. Bénédicte est opérationelle pour prendre son quart jusqu’à minuit, routine sur nos traversées.
Jeudi 24 novembre
En me levant vers minuit, je constate que le vent a encore un peu diminué, entre 12 et 18 nœuds, et plein travers maintenant. Nous sommes très sous-toilé, mais Moby tient encore ses 8 nœuds.Vers 3h, quand la lune se lève, le ciel est totalement dégagé, la mer s’est encore rangée, même s’il reste encore un bon mètre cinquante de creux, et le bateau file, route au 190°.
À 3h30, je vois un target AIS à 10 milles droit devant, c’est le Sun Odyssey 49 « It started with a kiss ». Nous connaissons ce bateau pour l’avoir croisé de multiples fois depuis les Galapagos.
Le vent molissant encore, je largue le 2°ris, puis une heure après le 1°ris, Moby retrouve sa vivacité et glisse paisiblement entre 9 et 10 nœuds. Dans les premières lumières de l’aube, nous dépassons le monocoque. Je les appelle à la VHF, ils sont partis de Vuda 24h avant nous et vont vers Marsen Cove, à quelques dizaines de milles au sud de notre destination Opua. Nous échangeons un peu sur la météo, ils ont fait appel à un routeur pour cette traversée et font depuis notre position actuelle, une route directe vers Marsden Cove. Pour ma part, je continue à « faire » encore un peu d’ouest. Cela rallonge un peu la route, mais si le passage du thalweg est plus musclé que prévu, j’aurai davantage de marge et pourrais laisser porter en attendant le retour des vents ouest à nord-ouest. La progression continue à belle allure toute la matinée et à midi, exactement 48h après le départ, nous avons parcouru 430 milles et Opua est en ligne directe à 652 nm.
Après-midi plutôt paisible, les milles sont avalés à près de 10 nœuds de moyenne. Le vent est maintenant passé à l’Est, nous sommes donc à 100° du vent, par 15kt de vent réel, sous GV et solent.
la réparation
Peu avant 16h, alors que je fais mon tour d’horizon, j’aperçois le guindant de GV complètement mou. Premier réflexe, je regarde la têtière de grand-voile, elle est bien à sa place, en haut du mat, ce n’est donc pas un problème de drisse cassée ou ayant glissé dans son bloqueur. Ça ne peut donc venir que du point d’amure. Comme il est masqué par le lazy-bag, je vais au pied de mât et découvre que la partie supérieure de l’axe de vit-mulet, sur laquelle un œillet pour amurer la GV est fixé, s’est cassée net. Heureusement, l’ajustage assez serré de cet axe l’empêche de descendre sous son poids. Je le sécurise en priorité absolue à l’aide d’une sangle et de grey-tape car la perte de cet axe libérerait la bôme et ce ne serait pas une mince affaire que de gérer ce genre d’avarie. Je m’occuppe ensuite de refixer le point d’amure avec du bout, et peut enfin ré-étarquer le guindant de GV. Le tout n’aura pas pris beaucoup plus de 5 minutes. Je ne comprends pas la raison pour laquelle cette pièce a cédé, elle ne prend les efforts que lorsque la GV est entière, car l’amurage des ris est repris plus haut, de chaque côté du mât. Il sera certainement intéressant d’inspecter la pièce cassée pour trouver l’origine du problème: défaut, crique, corrosion?
J’appellerai Stéphane du SAV Outremer cette nuit pour l’informer du problème.
En attendant, la réparation de fortune devrait faire l’affaire pour les 600 milles qu’il nous reste et si le vent revient comme prévu samedi ou dimanche, j’anticiperai encore davantage mes prise de ris afin de ne pas trop solliciter mon brélage.
En fin d’après-midi le vent souffle toujours de l’Est entre 12 et 15 nœuds, cela me surprend un peu car les fichiers indiquaient bien moins. Tant mieux car nous filons toujours à plus de 9 nœuds. Cela ne devrait pas durer et je prépare le code zéro avant la tombée de la nuit, c’est toujours plus simple à faire de jour et comme ça il n’y aura pas une minute de perdue lorsque le vent mollira, ce qui, sauf miracle, fina bien par arriver cette nuit.
Au coucher du soleil, dans un ciel de plus en plus nuageux, nous croisons un navire militaire type frégate qui fait route vers le nord. Il nous appelle par VHF, dans un français impeccable pour prendre de nos nouvelles. Très sympa de sa part, il nous dit être un navire de guerre coréen.
Vers 22h30, alors que j’étais de repos, Bénédicte vient me réveiller, car le vent a mollit d’un coup à 8-10 nœuds. Nous déroulons donc le code zéro, roulons le solent, règlons tout ça et voilà Moby relancé dans sa course vers le sud. Je retourne me coucher moins de dix minutes après et me rendort aussitôt, dans le bruit agréable de l’eau qui file sous la coque.
Vendredi 25 novembre
Bénédicte ne me réveille qu’à 1h du matin pour prendre mon quart, c’est cool, pour 10 minutes à peine de manœuvres, j’ai gagné 50 minutes de repos!
Le temps n’a pas trop changé, le vent est revenu au 100° pour 7-9 nœuds, nous faisons route au 200 entre 6,5 et 7,5 nœuds. Le ciel est couvert, pas une étoile en vue, la température extérieure de 19°C et une forte humidité. Nous avons franchi le tropique du Capricorne à 5h hier matin et le changement de climat commence à se ressentir. Fini les quarts de nuit en short, T-shirt et pieds-nus!
Je passe le début de mon quart à regarder à nouveau les fichiers météo, je ne me fais pas d’illusions, dans quelques heures, nous serons absorbés dans la bulle, le cœur de l’anticylone se trouvant dans notre Est, qui va gonfler et s’allonger vers l’Ouest, formant ce que l’on appelle une dorsale. Pas moyen de la contourner et pas utile non plus, car les systèmes glissant vers l’est, une porte s’ouvrira pour nous laisser passer. Seule la durée de la pétole reste à connaitre, d’après les cartes, ce serait entre 12h et 18h. Pour le moment, wait and see, la tendance vent est définitivement à la baisse mais nous progressons toujours à près de 7 nœuds, pas de quoi se plaindre encore!
Et pour cause, vers 3h30 le vent reprend un peu, tout juste 10 nœuds, le temps s’éclaircit et la mer se calme, ajoutons à cela un croissant de lune qui se lève, ce sont vraiment de belles conditions de traversée.
7h du matin, je récupère via le mail par satellite le fichier météo du jour, il change assez peu de celui de la veille, à ceci près que la zone de calme prévue devant nous dans quelques heures a des contours mieux définis. On verra si la réalité lui donne raison avant ce soir.
En attendant, Moby glisse toujours aussi bien. Le vent a baissé de façon graduelle toute la matinée, stable en direction, il est tombé à environ 7 nœuds vers midi. La bonne nouvelle, c’est que la mer s’est calmée elle aussi, il faut donc moins d’énergie au bateau pour tailler sa route et la vitesse moyenne n’est pas très différente de celle de la nuit, entre 7 et 8 nœuds. En fait, sur mer plate, Moby file, vent de travers sous GV et code 0, exactement à la vitesse du vent.
Peu avant 14h, le vent tombe à moins de 5 nœuds. le fond de houle d’Est empêche les voiles de rester gonflées en permanence, notre vitesse tombe du même coup. Passage au code V, comprenez V comme Volvo. Je démare notre moteur tribord, en avant à 1700 tours, il aide à bien ramener le vent apparent sur l’avant, les voiles restent bien gonflées et nous voilà repartis à 8 nœuds pour une consomation carburant minime. Autre bénéfice de l’opération, le chauffage de l’eau douce du bord se fait en mer par un échangeur branché sur le système de refroidissement du moteur tribord. J’aurai donc droit à une douche bien chaude ce soir, contrairement à Victor qui ce matin est passé après Bénédicte et Anna et s’est plaint de n’avoir plus que de l’eau froide.
À 15h, le vent refait son apparition, juste assez pour se passer du moteur et filer doucement sous voile. Cela ne dure que 2 heures, mais c’est toujours ça de repris.
Quand le vent retombe complètement vers 17h, il laisse place à une mer d’huile, sous un beau soleil. Cette fois nous attaquons vraiment le passage de la dorsale anticyclonique. Sur un seul moteur au régime de croisière économique, nous marchons à 5,8 nœuds. Au fil des heures et des milles parcourus, la grande précision de la mesure du vent, donnée par les multiples capteurs de la centrale de navigation, nous permet de suivre notre progression relative par rapport à cette dorsale. Entre 18h et minuit, nous observons ainsi la rotation graduelle du vent vers la gauche. De l’Est, travers babord, il est passé au nord donc plein vent arrière. Dans quelques heures, il devrait se stabiliser en direction vers le Nord-ouest, pour ensuite croitre en force jusqu’à nous permettre de refaire route sous voiles.
Samedi 26 novembre
En attendant, route moteur, de nuit sous un ciel étoilé. Cela n’est pas arrivé souvent à bord de Moby. Le vent, qui s’est stabilisé en direction autour du 330°, reprend peu à peu de ses forces. À 3h du matin, il souffle à 6 nœuds, je déroule donc le code 0 tout en conservant un moteur. Cela nous fait gagner entre 1 et 2 nœuds, c’est toujours ça de plus. Quand le jour se lève vers 6h, ça a encore forcit, entre 8 et 10 nœuds, le moteur a été coupé et nous filons bien sous voile. Le temps est couvert de nuages bas, je sens que le soleil n’est pas loin de percer.
De belle conditions donc pour commencer cette journée. Comme tous les matins, je prends connaissance du Nouveau fichier météo, rien de vraiment neuf par rapport à la veille, c’est plutôt bon signe pour nous, l’ancienne dépression tropicale s’est fait absorber par celle venant de Tasmanie et passe assez loin dans notre sud, en dirigeant un flux de nord-ouest sur notre zone. En milieu de journée, nous passerons le thalweg et le vent tournera au sud quelques heures avant de revenir vers le sud-ouest. Le routage me donne une ETA à l’entrée de la Baie des Iles à minuit dimanche.
Après une matinée de belle glisse sous GV et code 0, sous un beau soleil, le ciel annonciateur de l’axe de basse pression se dessine au sud-ouest. J’anticipe la prise du premier ris à 13h et change le code 0 pour le solent. Bien vu, car moins de 15 minutes après le vent passe de 10 a 18 nœuds puis bascule en quelques minutes du 320° au 210°!
la bascule du vent, en quelques minutes!
Nous nous retrouvons presque face au vent, la mer est croisée, hachée, pas étonnant vu le sudain changement de conditions de vent. Dans ces circonstances, je n’hésite pas à démarrer les 2 moteurs, car le salut est au sud. Faire de l’ouest et on se retrouverai en quelques heures englués dans l’anticyclone suivant, et aller vers l’ouest nous ferait rester dans cette zone de transition, sans compter le terrain perdu par rapport au vent quand il finira par tourner à l’ouest.moteurs car sinon ou?
L’après-midi du samedi se passe donc contre le vent et les vagues, pas vite certes, mais au moins dans la bonne direction. Vers 17 h le ciel se degage.
À 19h, la rotation du vent au 220° nous permets de faire route à la voile.
À 22h30 le vent adonne encore d’une vingtaine de degrés, on tient le bon bout, et si l’évolution continue conformément aux fichiers, ça va continuer d’adonner jusq’à larrivée.
En milieu de nuit levent mollit un peu, il est maintenant plein ouest. Je largue le ris et Moby retrouve une belle glisse.
Dimanche 27 novembre
Le jour se lève sur notre dernière journée de traversée, les conditions sont excellentes, le vent maintenant portant fraichît tranquillement. À 8h, je dois reprendre le 1° ris, puis le 2° moins de deux heures après.
La mer se forme et pour la première fois depuis notre départ des Fiji, le bateau accélère bien au gré des vagues. En début d’après-midi, le vent est établi à 25 nœuds et les vagues entre 2 et 3m. Cette fois ci notre ETA devient vraiment fiable, et j’appelle la station Radio de Russell, pour leur communiquer cette estimée d’arrivée, qu’ils se chargeront de transmettre aux douanes, conformément à la procédure en vigueur.
À une trentaine de milles des côtes néo-zélandaises, alors que nous passons la zone de remontée des fonds de plus de 1000m à moins de 300m, nous voyons nettement les vagues grossir. Cela durera environ 30 minutes, soit une zone de 5 à 6 milles. Il n’est jamais facile d’estimer la taille des vagues, car la perception par l’œil est differente en fonction d’autres critères comme la longueur, la forme, l’effet du vent et du courant, etc. Ce qu’il y a de sûr, c’est que les vagues à cet endroit semblaient disproportionnées par rapport au vent de 25 nœuds que nous avions.
Toujours aidé par ce bon vent portant, les derniers milles défilent vite et peu avant 19h, j’apperçois la côte des iles Cavalli. Nous sommes à environ 12 nœuds de moyenne depuis ce matin, ce qui nous permet d’entrer dans la Baie des Iles de jour. Plus que 9 milles vers le fond de la baie et remonter la rivière qui mène à Opua. Nous affalons les voiles à 21h, il ne fait pas encore nuit noire, car cette navigation vers le sud, à l’approche de l’été austral, nous a permis de gagner environ quinze minutes de soleil en plus chaque soir.
Trois milles au moteur dans le chenal menant à Opua et nous voilà arrivés à destination. Nous nous ammarrons au ponton des douanes, les formalités seront faites demain matin.
5 jours 8h pour cette belle traversée. Nous sommes heureux à l’idée de découvrir un nouveau pays et une zone de navigation passionnante.
En arrivant au Fidji il y a un mois, nous avons appris qu’aurait lieu mi-novembre sur le spot de Cloudbreack le championnat du monde de Stand Up Paddle (SUP). Et qu’en plus, y participerait Benoit Carpentier, l’un des meilleurs SUPsurfers francais, que nous connaissons bien puisqu’il vient du même petit village finistérien que nous!
Ses parents nous ont mis en relation, et nous nous sommes donné RDV du côté de Cloudbreak, à quelques NM de Malolo et de la marina de Denarau pour la fin de notre séjour Fidjien.
Sur Moby, nous jouons les supporters
Les championnats du monde comprennent 3 disciplines :
le Sup surf qui a lieu sur le mythique spot de surf de Cloudbreak,
les courses de Stand Up Paddle : longue distance, technique et run.
le prone surfing, discipline encore plus confidentielle qui se pratique à genou ou allongé sur une planche.
Mercredi 16 novembre : Tech races à Cloudbreak
Nous avons raté le premier jour de compétition, qui se déroulait le dimanche 13 novembre à Cloudbreak pour les SUP surf, mais sommes bien là le jour où se courent les « technical races », hommes, et femme en SUP et en prone : 3km autour de 4 bouées.
Nous mouillons Moby dans la passe, par 10m de fond, et sommes au premières loges pour les départs!
Les filles s’alignent pour le départ des demi-finales.
Le française Olivia Piana arrive en tête, elle confirme sa place parmi les meilleures mondiales puisqu’elle gagne la médaille d’argent! La deuxième demi-finale part, puis c’est au tour des hommes.
Pas de spectateurs, seuls les bateaux des équipes sont sur place, avec un bateau-orga, l’un des Ferry qui d’habitude desservent les îles de Mamanuca, et une barge chargée de transporter les planches des coureurs.
On aperçoit derrière le reef, dans le lagon, la tour de juges, la même que celle qui est utilisée lors du Chamionnat du monde de surf en juillet.
Puis c’est le départ des hommes : nos deux meilleurs atouts sont Titouan Puyo et le jeune Arthur Arutkin, qui gagnent respectivement la 4ème et troisième place : bravo!!
En fin de journée, nous quittons la passe, et rejoignons Musket Cove pour la nuit, où aura lieu le lendemain la course de longue distance.
la plage de Musket Cove où aura lieu l’arrivée des courses de longue distance
Jeudi 17 novembre : Longue distance homme : 20km entre Cloudbreak et Musket Cove
Nous sommes donc sur place à Musket Cove pour voir l’arrivée de la longue distance hommes :
En mode supporters!
Allez la France!
arrivée des premiers courreurs, c’ets serré
1er L’autralien Mickael Booth
second le francais Titouan Puyo
3èmes ex-aequo le francais Arthur Arutkin et le polynésien Goerges Cronstead
la plage à l’arrivée
Interwiew de Titouan Puyo
le francais Jeremy Camgrand se classe 11ème en prone
Un magnifique Doublé Francais! Titouan arrive second, suivi de Arthur 3ème ex-aequo avec le Tahitien- qui court pour Tahiti, et non pas pour la France, bizarrerie des tableaux outremer….
Nous sommes là en famille pour soutenir toute l’équipe, en particulier Benoit Carpentier, notre plougonvelinois! IL est de repos aujourdhui, mais est présent pour soutenir ses coéquipiers de l’équipe de France;
La course fut rude, la chaleur accablante, pas un souffle d’air et un très fort courant sortant de la passe à Cloudbreak a cueilli les coureur dès le départ.
Mon frère Thomas et son amie Sonia
à l’arrivée!
Anna, super fière d’arborer le drapeau français! petite discussion avec Benoit : « _Plus tard, tu préfères être une princesse ou une surfeuse? »
Anna : « _Surfeuse exploratrice! »
Vendredi 18 novembre : longue distance femmes : 20km entre Cloudbreak et Musket Cove.
Le vendredi, c’est toujours la pétole et la forte chaleur qui règnent. Heureusement , le départ a été donné plus tôt ce matin, il y a moins de courant sortant à Cloudbreak : les filles vont souffrir (un peu) moins que les hommes hier.
Nous sommes bien sûr toujours là à l’arrivée, avec notre pagaïe-draêau français, espérant trouver la française Olivia dans les 3 premières!
Ce n’est pas aussi serré que la veille hier pour les hommes : Olivia arrive seconde sous les « Bravos » des 4 supporters francais … Nous quoi!
arrivée de la première, l’américaine Candice Appleby
Olivia Piana, la francaise, arrive seconde
Allez Olivia!
Queques minutes plus tard, c’est l’arrivée des prones filles : les 2 premières bataillent jusqu’au finish, nous offrant un sprint époustouflant, et nous arrachant des hurlements d’encouragement.
Arrivée des deux premières filles en prone
sprint final
Nous apercevons Jean-Luc, le président de la Fédérantion Francaise de Surf, rencontré hier sur la plage. Il est venu encourager Flora, qui arrive au coude à coude derrière la 3ème, et nous offre un finish de toute beauté, emportant à l’arrache au prix d’un sprint mémorable sa médaille de Bronze!!
Elle mettra d’ailleurs un peu de temps à s’en remettre, et restera sous oxygène une bonne demi-heure.
Un peu plus tard, tous les coureurs et coureuses sont sur l’eau pour accueillir la dernière concurrente : l’indienne qui termine sous les encouragement et les hourras de la foule!
Je suis particulièrement admiratives de femmes de ces pays, l’Inde, Fiji, qui pratiquent ce quisont chez elles des sport d’homme : ce sont des tempérament comme elles qui font changer l’image de la femme et du sport, monrtant aux plus jeune que oui, c’est possible.
Nous restons une bonne heure sur la plage à discuter et regarder le spectacle.
Arthur scrute l’arrivée!
Allez les bleus!
Discussion avec Benoit Carpentier
Nous embarquons à bord mon frère Thomas, qui est resté au Fiji quelques jours de plus pour assister à la compétition.
l’embarquement à bord de Moby se fait en SUP!!
et via l’arrivée
Nous rejoignons Moby
Nous quittons Musket Cove dans l’après-midi pour aller mouiller MOBY sous le reef de Cloudbreak, histoire d’être au plus tôt le lendemain matin sur le site pour voir la compète de SUP dans les vagues!
Samedi 19 novembre : dernier jour des SUP Surfer
Les conditions sont difficiles à Cloudbreak ce matin. Le vent souffle à 20 noeuds, les vagues sont de belle taille heureusement : le spectacle va être grandiose. D’autant que le vent et le houle sont prévus de forcir tout au long de la journée.
La compétition commence avec les filles.
La francaise Caroline Angibaud prend ses marques Cloudbreak (top blanc) . La remontée est difficile, contre le vent. Les surfers sont autorisés à être remorqués jusqu’en dessous de la vague à hauteur de la première bouée jaune.
Caroline nous montre un très beau surf et se qualifie pour la finale.
Chez les hommes, le spectacle commence avec les éliminatoires.
Le premier français que l’on voit surfer est Jeremy Massière (top jaune), qui se qualifie.
Jeremy Massière
le bateau de l’équipe de France
La compétition bat son plein, les runs se succèdent :
Puis c’est au tour de Benoit Carpentier (top rouge)
Le bateau de l’équipe de France st à l’ancre à quelques encablures devant Moby.
le bateau de l’équipe de France
Les vagues grossissent à vue d’oeil.
Benoit est de retour sur la scène. (top jaune)
Il rentre au bateau-comité, sélectionné pour le heat suivant.
La difficulté des éliminatoires est d’enchainer « heats » sur « heats » pour pouvoir se qualifier pour les finales
Jerémie Massière est de nouveau là. (top blanc) Il ne sera malheureusement pas qualifié pour les finales.
Puis c‘est Benoit de retour (top blanc), qui ne se qualifie pas non plus, visiblement épuisé par ces rounds successifs.
C’est enfin au tour de la finale filles! Caroline Angibeaud, en top noir et planche rose.
La remontée contre le vent est épuisante : pas loin de 25 noeuds soufflent à présent.
Caroline retrourne chercher sa planche, intacte…. L’équipe de France aura en tout cassé 4 planches lors de cette compétition.
C’est fini pour l’équipe de France, qui repartira tout de même avec la médaille de Cuivre pour Caroline!
Mais le spectacle continue avec les finales hommes :
Les runs se succèdent jusqu’à la toute dernière finale , haute en suspense, puis Georgio Gomez (top jaune)le frère d’Izzi, médaille d’or) surgit à la toute dernière minute pour prendre une dernière vague et rafler la seconde place, après avir galéré sur le reef pendant au moins 5mn…C’est Zane Shweitzer (top blanc) qui remporte la médaille d’or avec panache!
Nous quittons Cloudbreak es images pleins les yeux de magnifique surf, et rentrons à la marina de Denarau, suivis par le bateau-comité.
Coucher de soleil sur Denarau
le bateau comité
Dimanche 20 novembre : Courses de relai à Denarau et remise des prix
à 9h , c’est la mise en place des bouées.. juste devant MOBY!
Moby sera donc aux premières loges pour assister aux courses de relai et sprints.
à 10h, nous apercevons les entraineurs venus assister au briefing et les convions ainsi que toute l’équipe de France à venir s’installer sur Moby le temps de la compétition.
La vue que nous avons depuis le roof est imprenable sur la ligne de départ et la voile d’ombrage donne aux coureurs un abri appréciable entre 2 évènements.
L’équipe est en force, avec un ou deux représentant de chaque spécialité :
SUP hommes : Titouan Puyo et Arthur Arutkin
SUP femme : Olivia Piana
SUP Surf homme : Benoit Carpentier et Jeremy Massière
SUP Surf femme : Caroline Angibaud
Prone homme : Julien Lalanne et Jeremy Camgrand
Prone femme : Flora Manciet
Pus le staff : 2 entraineurs, un photographe , un Médecin et le président de la fédé francaise de surf
Tout ce petit prend place à bord, on est très fiers d’accueillir l’équipe de France de SUP à bord de Moby
Les hawaiens sont aussi en force et ont loué pour l’occasion un trimaran :
les sudafricains aussi.
Les coureurs prennent leurs marques, et les spectateur aussi!
le ponton
la ligne de départ
sur Moby
supporters!
Moby au ponton
le photographe de l’équipe de France
l’équipe se repose entre les épreuves
Les courses commencent par le relai : départ des prone homme,
relayés par les SUP femme : Olivia (top orange) a bien comblé le retard, mais n’a pas pu remonter les 4 premières concurrentes
puis en SUP homme, Arthur se donne à fond, encouragé par Titouan
et relayé par les prone fille , où Flora se donne à fond!
Pour nous ramener une quatrième place!!!!
Debrief avec les entraîneurs et le médecin de l’équipe.
Au final, la France récolte des médailles dans toutes les disciplines!
Entre temps, sur MOBY :
supporters!
séance de tatouages pour els enfants
Olivia Piana, rayonante!
Flora épuisée, s’abrite sous le trampoline
entre 2 runs, le repos des sportifs
Les hawaïnes savourent leur victoire en relai :
le bateau de la team Hawaï
l’équipe hawaienne
Notre moisson de médailles :
médaile de cuivre en SUP sprint homme avec Arthur
médaille de bronze en prone longue distance femme avec Flora
médaille d’argent en SUP tactical race femme avec Olivia
médaille de bronze et de cuivre en SUP tactical race homme avec Titouan et Arthur
médaille de bronze en SUP suf femme avec Caroline
médaille d’argent en SUP longue distance femme avec Olivia
Médaille de bronze et de cuivre en SUP ongue distance homme avec Titouan et Arthur
Médaille d’argent en équipe : la France est vice-chamoinne du monde au Fidji!
Après une semaine à l’hôtel, quel plaisir de retrouver MOBY , notre « home sweet home ».
Les enfants retrouvent leurs affaires, Loïc et moi avons 24h pour le réarmer, nous préparer à 3 semaines de croisières dans les Yasawa et Mamanuca et rejoindre à Musket Cove mes parents, mon frère et son amie, venus nous rejoindre pour 3 semaines de vacances! Je passe l’après-midi à courir les magasins : laverie, boucherie, supermarché, marché aux légumes…
qui me rappelle un peu ceux de l’île Maurice, avec les pyramides de tomates et les légumes improbables…
comme les ribambelles de légumes racine : Dalo (taro), patates douces, Cassave (Manioc) … ou les légumes-feuilles comme la fougère ou les feuilles de dalo.
Notre première escale, c’est Musket Cove, que nous avons déjà visité il y a une semaine.
Tom et Sonia essaient les planches proposées en location sur la plage : c’est du matos d’époque!
Le soir, nous dînons d’un BBQ sur l’ilot-bar. La formule est sympa : chacun apporte sa nourriture, mais consomme ses boissons au bar. En contrepartie, nous avons l’usage de BBQ ultra-modernes, et de tables abritées sous un auvent.
Le lendemain, direction Sandy Cay (Nukuimana Reef) . Chouette il n’y a personne, le banc de sable est à nous!!
…. pendant une heure .
Un paquebot de croisière approche…. nous ne sommes plus tout seuls, l’ilot apparait moins désert tout a coup….
Il nous tarde de quitter ces lieux touristiques et d’aller découvrir les plages et mouillages plus isolés. Nous longeons de pittoresques ilots, comme Honeymon Island ou Modriki, où fut tourné « Castaway » (Seul au monde », en Francais), avec Tom hanks, sorte de Robinsonnade Moderne, que je recommande , à voir en famille.
Honeymoon Island
Nous allons donc désormais naviguer de concert avec Unique, un catamaran que mes parents ont loué pour 2 semaines, avec mon frère et Sonia.
Unique
C’est très compliqué de trouver un bateau à louer au Fiji. Tous les grands loueurs comme Sunsail ou Moorings ont quitté le pays il y a quelques années suite à un différents avec les autorités locales, qui obligeaient à employer une majorité de fidjiens sur les voiliers loués. Les loueurs ont préféré quitter la zone. Si on ajoute à cela une navigation très délicate dans un archipel constellé de récifs mal cartographié, on comprend qu’aucun « bareboat » ne soit disponible. Par ailleurs, les autorités ont rendu très difficile l’obtention de licences de charters pour les bateaux de moins de 25M. Beaucoup moins de difficultés avec les méga-yachts qui obtiennent leur licence en quelques semaines… moyennant de lourdes taxes. Seuls quelques courageux ont bravé les lourdeurs administratives et obtenu en un ou 2 ans leur sésame leur permettant d’exploiter un bateau en charter avec équipage. Les autres ont rendu les armes, ou font du charter « sauvage » en espérant ne pas se faire prendre…
Samedi 28 octobre : à bord de Moby, nous entamons les préparatifs d’Halloween!
Notre première beau mouillage, c’est Navadra, au nord des Mamanuca.
Mais le second est encore plus beau : Sur Waya, la baie de Nalauwaki.
L’Octopus Resort est très sympa, les clients dînent pied nuds dans le sable, et les cocktails du barman au top! Victor s’éclate en skim, Anna s’est fait des copines – 3 petites francaises de passage entre la Polynésie et la Micronésie.
Comme le veut la coutume, nous allons offrir le Kava au chef de village. Cette fois-ci le village est de l’autre côté de la colline, à peine 10mn de marche et nous voici!
le village en contrabas
l’eau courante
la cuisine
jolie vague, surfable!
terrasse de repos
le village
le tronc creux qui sert de gong
l’église
les cochons d’élevage
Cette racine de poivrier est utilisée quotidiennement aux Fiji pour fabriquer un breuvage aux vertus relaxantes, bue en communauté tous les soirs. C’est aussi l’occasion de se retrouver, de rire, de se lancer des vannes, de draguer….
Il est de tradition lorsqu’un voilier arrive dans une baie/un village, d’aller à terre offrir le kava, ou tout au moins d’aller se présenter, saluer le chef du village ou son représentant.
Si cette coutume peut patraitre fastidieuse, surtout quand on change de mouillage tous les jours ;-), elle est tout de même plutôt saine et empeinte de respect mutuelle. En pratique, il n’y a pas d’obligation, mais venir se présenter, dire qui on est, d’où on vient, ou on va… est bien vu, et ne représente rien moins que de la simple politesse.
Le petit-fils du chef du village nous fait visiter les lieux. Le village est très photogénique, niché au pied d’un piton rocheux
Le lendemain, nous avons une grosse journée de nav’ vers Viwa, petit atoll isolé à l’ouest de l’archipel. Peu de voiliers y vont, du fait de son isolement et de sa passe étroite. Ce fut une de nos escales préférées!
Tom et Sonia nous rejoignent pour la journée de nav’ sur Moby.
Effectivement l’arrivée dans la passe est impressionnante avec cette épave en plein milieu qui nous oblige à amorcer un virage serré!
Moby entre dans la passe
Puis à peine sommes-nous mouillés qu’un hydravion atterrit juste à côté de nous et fait son demi-tour tranquille devant MOBY! On a l’impression d’être mouillé sur la piste d’atterrissage…
Tranquille, le pilote débarque son passager devant Moby, puis redécolle entre les deux bateaux.
Le lendemain, il revient, ce qui nous vaudra après réparation aux traditionnels essais moteurs, et décollage/atterrissage pour le plaisir des yeux… et des oreilles!
A la plage enfin, les enfants du village tentent une timide approche… je leur jette un ballon de rugby….2mn après, nous voilà Arthur, moi et Papily à jouer au Rugby dans l’eau avec 40 enfants Fidjiens, la nation détentrice de la dernière médaille d’or au JO! (en Rugby à 7)
Anna et ses copines
Le snorkeling du jour se fait sur l’épave bien sûr!
mamily et Tom en snorkeling
Plus loins sur la côte un resort très paisible où nous allons dîner un soir, au son d’un fantastique groupe de guitaristes.
Le paysage est superbe. Quand à la pêche elles est miraculeuse, aussi bien du bateau que sur le récif, où Julian emmène tour à tour les garcons. Victor sortira sa carangue lui-mêe, et Arthur assistera à la pêche d’une Carangue Ignobilis de belle taille!!
Carangue géante pêchée par Julian
la carangue de Julian
la pêche d’Arthur
Victor a pêché une carangue
Prochaine destination : Drawaka, une petite ile au sud de Naviti .Nous mouillons dans un chenal entre 2 îles, le courant y est fort, et le snorkeling très joli.
Petit à petit, Mamily prend confiance et nous rejoint sur tous nos snorkeling.
mamily et Tom en snorkeling
coraux mous
étoile de mer
un Némo!
aussi connu sous le nom de poisson clown
Le soir, nous faisons de grandes promenades sur la plage, immense, les lumières sont magnifiques, et les retrouvailles en famille nous font passer de très bons moments.
Quelques milles plus au nord se trouve le mouillage de Blue Lagoon, ou fut tournée en son temps le célèbre film ponyme avec Shirley Temple. Pas de chance, il pleut, à notre arrivée, nous ne verrons pas les beaux turquoises…
Les garcons en profitent pour récolter de l’eau et faire le plein dans les réservoirs. Moby est en effet équipé de récupérateur d’eau sur son bimini, ce qui nous vaut de belles récoltes de la meilleure eau à boire qui soit.
Papily se fait plaisir et achète à des pêcheurs une magnifique langouste : il en est friand, et elle commencent à se faire rares dans l’archipel.
Nous quittons Blue Lagoon pour Yasawa Island, et ses grances plages de sable blanc.
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Namataya Bay : protégé de l’ilot Vama, c’est un mouillage magnifique, bordé de longues plages.
Nous y passons 2 belles journées, rythmées par des séances de planche à voile, des snorkeling, du SUP dans les vagues et de balades sur la plage : le spot est désert et ne manque pas d’atouts!
Séance de coiffeur pour Loïc, et pour Papily.Anna apprend avec Taï comment fabriquer des jouets avec des feuilles de cocotier :
Et soyons fous : en fin de journée, apéro au champagne sur la plage!
Apéro sur la plage
Tchin-tchin
Nanuya Balavu : Nous mouilons de nouveau devant l’hôtel paradise Cove,
mais passons la journée de l’autre côté de l’île, dans un mouillage enchanteur de Narara : nous mouillons pour la journée dans un trou turquoise : le snorkeling est superbe, et le surf très sympa.
la vague…
ca surfe!
Victor en SUP surf
Victor dans les vagues
Tom et Sonia….
Loïc en Sup surf
Nous disons adieu à l’équipage d’Unique : Julian, Tony et Taï, qui repartent à Denarau chercher d’autres clients . Mes parents Tom et Sonia embarquent demain sur un nouveu voilier : High Aspect, un monocoque de 18m.
Blue Lagoon : de retour dans ce beau mouillage, nous partons en balade vers le village, derrière le Nanuya Resort, et découvrons un charmant salon de thé sur la plage. Le retour se fait par la mangrove.
Pendant ce temps là, Papily et Mamily étaient à la plage avec les enfants.
Puis c’est l’heure de l’apéro sur Moby!
Après Blue Lagoon, direction Wayasewa, où Mamily est allée offrir le kava au chef de village : nous sommes conviés le soir même, à boire le Kava avec la tribu, en l’honneur de la « pleine lune du siècle » : après 4 bols de kava, nos lèvres sont comme anesthésiées, les langues se délient, les blagues fusent en l’anglais : nous faisons l’expérience de l’accueil si chaleureux et naturel des fijiens.
le Kava est broyé…
puis mis à macérer dans un sachet (un peu comme du thé)
et bu!
Nous avions passé un magnifique après-midi à la plage. Le lever de lever de lune, dont nous n’en vîment rien, car caché par les nuages!
en chemin vers Yawasewa
la place du village
Moby au mouillage
les enfants partant le matin pour l’école
Mais le coucher de soleil fut splendide, agrémenté d’un (furtif amis bien réél) rayon vert!
Après avoir levé l’ancre, nous faisons route au moteur vers le récif extérieur, distant de 2NM et réputé pour les requins pointe blanche du récif, plus connus en Polynésie francaise sous le nom de Tapete. Loïc reste à bord avec les enfants pendant j’emmène mon frère et son amie explorer le tombant : nous faisons plusieurs passage le long du récif avant de trouver le spot : un drop-off de 20m couvert de coraux, des poissons innombrables, des bancs de sardines, un peu de courant , tous les ingrédients sont là : c’est Sonia, pourtant novice en la matière qui aperçoit le premier requin, inimitable avec ses ailerons aux bouts d’un blanc bien brillant et son ventre clair. Il nage au fond, rapide, le petit-dèjeuner est sans doute fini pour lui…. Nous en apercevrons un second, tout aussi furtif : décicément, ils sont bien peu curieux de faire notre connaisance. Les Tapete des Tuamotus étaient bien plus amicaux avec les plongeurs, nous approchant à quelques mètres.
Quelques milles avant l’arrivée, le vent tombe progressivement, nous affalons et mettons le moteur pour une petite demi-heure : l’occasion de mettre en marche le dessalinisateur et fabriquer notre eau quotidienne.
Arrivés à Sandy Pit, la chaleur est écrasante en ce début d’été austral, la mer est d’huile : tout le monde saute à l’eau pour se rafraîchir, et les enfants partent conquérir le banc de sable isolé. Je tente un snorkeling sur le récif frangeant, sans conviction tellement le lieu est touristique et fréquenté…
Sandy Pit
Mais oh ravissement, j’aperçois des colonies de poissons clown! Je retourne à bord chercher de quoi immortaliser ces Némos qui se cachent en virevoltant dans leur anémone quand on les approche de trop près.
aussi connu sous le nom de poisson clown
un Némo!
Décidément, il ne se passe pas une journée sans une belle surprise, cadeau de la nature aux apprentis-explorateurs que nous sommes.
16 heures, il est l’heure de continuer la route. Le vent n’est pas revenu, c’est donc au moteur que nous naviguons à travers les récifs mal cartographiés des Mamanuca vers le mouillage de Liku-Liku, au nord de l’ile de Malolo, distant de seulement 4 milles.
Cette très jolie baie abrite un hôtel pour amoureux en voyage de noce : luxe, calme et volupté assurés, au point que ni les enfants ni les yachties ne sont les bienvenus.
C’est donc à bord de Moby que nous regardons le soleil se coucher en prenant l’apéro. Le ciel s’embrase, il y a quelques nuages sur l’horizon nous donc n’aurons pas de rayon vert ce soir, demain qui sait?
C’est le dernier jour complet de Papily et Mamily au Fiji : nous décidons d’aller tester le fameux « cloud 9 », resto-flottant branché à quelques milles de la côté, ancré en plein milieu du récif.
Il faut y aller plus pour l’ambiance que pour la gastronomie… car en fait , au grand désagréement de Papily, il n’y a pas de table, seulement de grandes banquettes pour manger allongé à l’ombre, ou dans des transats en plein soleil, avec la musique à fond dnas les oreilles.
DJ!
L’ambiance y est excellente, pour quelques heures de dépaysement, c’est rigolo de voir cette ambiance « St-Trop’ «
le speed boat qui file à plus de 40 noeuds
pizzas
Tom et Sonia
Loïc et bénédicte
Les enfants jouent des heures dans l’eau, Victor passe son temps à sauter de l’étage.
Déjà, la journée se termine, par un dernier magnifique soleil couchant à Musket Cove.
Pour la dernière matinée de mes parents, nous allons faire de belles photos de famille sur le banc de sable au large de Musket Cove.
Il nous faut dire au-revoir à notre famille, que nous ne reverrons que dans un an…. Mais nos coeurs sont remplis de merveilleux souvenir. Au revoir en Fijien se dit : MOTHE! (prononcer Mozé).
Nous entamons notre séjour aux Fidji par une semaine de vacances à l’hôtel : une fois n’est pas coutume, nous allons jouer aux touristes et laisser Moby à la marina.
C’est un moment de retrouvailles familiales, car mes parents nous rejoignent depuis l’autre bout du monde : quel bonheur pour eux de retrouver leurs petits enfants qu’ils n’ont pas vu depuis 6 mois!
avec Mamily
en route pour la piscine
avec Papily
sur le ponton de l’hôtel
jeux dans le hamac
à la plage
Je me réjouis d’avance de ces retrouvailles et aussi du confort de la vie à l’hôtel : pas de repas à préparer, pas d’école à faire pour la maitresse, ni de nav’ de nuit à assurer, mais de l’eau qui coule sans (trop) compter, des nuits complètes sans se réveiller pour cause de vent, de pluie, ou mer agitée etc… , du temps pour bouquiner, pour ne rien faire aussi et des petits dèj pantagruéliques….
Côté petit dèj, j’ai une concurrente sérieuse…
L’hôtel est situé sur Malolo Island, à une vingtaine de milles de la Marina de Denarau où nous avons laissé Moby pour la semaine.
Originalité des îles Fiji : les hôtels sont de taille humaine, une quarantaine de chambres pas plus, et les villages y ont un droit de regard. Les tribus fidjiennes sont en effet propriétaires de leurs terres, et aussi du lagon qui l’entoure, et gèrent donc directement et collectivement leur patrimoine, en donnant concession pour une durée déterminée à des groupes hôteliers Fijiens ou le plus souvent étrangers, à la manière de nos AOT françaises ou des « baux emphytéotiques » mauriciens. Une manière pour la population de garder le contrôle.
Autre particularité ici comme partout ailleurs dans l’archipel des Mamanuca et des Yasawa, le staff est essentiellement constitué d’habitants du village. Un modèle économique exemplaire qui permet aux iliens de travailler et habiter dans leurs île, d’y élever leurs enfants et de vivre sur la terre de leurs ancêtres.
L’ambiance est donc très familiale et chaleureuse puisque tout le monde se connait : on a l’impression de côtoyer une grande famille! Le mini-club propose comme activités d’apprendre les danses locales, à tresser des paniers de coco, mais aussi une visite de l’école du village, la découverte de la faune et de la flore locale etc…. Anna est fan, et pas du tout dérangée qu’on lui parle en Anglais ou en Fijien (personne en parle français ici!!). Elle reviendra enchantée de ses séances, et tressée à la rasta!!
Ajoutons à cela un peuple fidjien éminemment chaleureux et accueillant (ils voleraient presque en cela la vedette aux mauriciens que nous connaissons bien ). Le terme « Bula » (bonjour en Fidjien) résonne à nos oreilles des dizaines de fois par jour : il veut dire bonjour, mais aussi bienvenue, salut, comment vas-tu, content de te voir…etc
Café-Bula dès le petit dèj!
capuccino-Bula à midi!
Nous prenons le temps d’explorer les environs en palmes masque et tuba, ou en paddle.
Une promenade d’une quinzaine de minute amène à une colline boisée, la seule partie de forêt endémique préservée de Malolo. Nous surplombons la baie : vue sur notre hôtel d’un côté..
et sur Liku-Liku de l’autre :
Liku-Liku Resort
Le dimanche, on nous propose de nous rendre au village pour assister à la messe dans l’église méthodiste : une bonne occasion de découvrir le village et ses coutumes. La tradition ici est assez stricte en ce qui concerne la tenue vestimentaire : pas de chapeau ni de lunette de soleil au village (à la plage et au travail, c’est ok), et les femmes doivent avoir les épaules et les jambes couvertes : l’occasion pour moi de sortir mon sarong (jupe traditionnelle : sorte de tube en pareo, élastiquée et noué à la taille par une broche en bois. )
Pas de route pour rejoindre le village, mais 15mn de bateau.
Ici on se déplace sur les mers ou dans les airs… ou les deux, tels ces hydravions qui survolent l’archipel toute la journée, desservant les hôtels.
Nous ferons aussi le tour de l’île de Malolo en bateau : 3 villages, 2 hôtels, une grand complexe en construction et un immense resort marina-hôtel sur l’ilot voisin de Malolo Lailai : la Marina de Musket Cove accueille des villas en timeshare, et 3 hôtels, une piste d’atterrissage, … et un banc de sable où l’on peut se baigner… ou se marier!
tour de Malolo en bateau
au large de Musket Cove
villas/marina en construction
yacht à l’ancre
Moana, un Outremer 5X au ponton à Musket Cove!
le mouillage de Musket Cove
mariés sur le banc de sable de Musket Cove
La semaine passe très vite, et il est temps pour nous de rejoindre Moby à la Marina de Denarau : on nous a placé sur le pontons des super-yachts. Moby a l’air tout petit a côté de ses voisin. La semaine dernière, nous avons eu la surprise de voir le soir au bout du ponton notre nouveau voisin…. un mega-yacht équipé d’un hélico sur le pont supérieur!
Moby à la Marina de Denarau
le ponton-hélipad
notre voisin… équipé d’un hélico
Au-delà d’une marina ultra-moderne, et une zone de chantiers et de services nautiques Denarau, c’est à la fois un centre commercial, des restaurants, des tour opérateurs, un hub de ferry desservant les Yasawas et Mamanucas, et une presqu’ile accueillant pas loin de 7 grands hôtels et 10 quartiers de villas de luxes : les Fidjis sont aux Australiens et aux Néo-zélandais, ce que le Maghreb et les Canaries sont eux européens : une destination de vacances où il fait beau toute l’année, à quelques heures de vols, (presque) sans décalage horaire et où tout le monde parle Anglais.
Quand on vient comme nous des îles Cook et de Wallis, c’est le choc des cultures!
D’autant que la première marina où nous avons fait notre clearance d’entrée aux Fiji était bien plus modeste mais pour autant très sympa : Vuda Point. Elle accueille surtout des voiliers à l’année, qui restent pendant la saison cyclonique, et apprécient l’ambiance familiale de cette petite structure. A noter les « Cyclone pit » proposés pour « hiverner » son bateau pour plusieurs mois : sorte de trous creusés dans la terre, le bateau est posé sur des pneus, et sanglé à 4 à 6 blocs de bétons posés sur la terre.
arrivée à Vuda Point..
par le chenal à marée basse
Fiji sous la brume
Moby au ponton pour les formalités d’entrée
l’aire de jeux pour enfants
les cyclone pits
Mais ca n’est pas pour nous : après 36h d’escale ravitaillement/lessive, nous rejoignons les Mamanuca (prononcer « Mamaduca » en Fijien), où nous attendent mes parents, mon frère Thomas et son amie Sonia pour 3 semaines de croisière dans les îles!!! à suivre……
Partis de Suwarrow depuis 48h, et en route pour les Fiji, nous apprenons par nos fichiers météo qu’une dépression tropicale est en formation entre les Fidji et les Vanuatu.
La décision du captain est sage : nous allons nous arrêter quelques jours en chemin pour laisser passer ce mauvais temps. Ce ne sera pas Niuatoputapu aux Tonga, pourtant recommandée par mon oncle Jean-Alain, car elle se trouve sur une route un peu trop sud pour être vraiment protégés du mauvais temps. Cela aurait pu être Pago-Pago aux Samoa Américaines : escale tentante avec les supermarchés bien achalandés, ou les Samoa Occidentales, encore trop éloignées de notre destination. Finalement, nous continuons notre route Nord et gardons le cap à l’ouest, pour rallier Wallis!
passage devant les Samoa Occidentales
Petit territoire français d’Outremer, Wallis et Futuna sont à abri des routes de passages des tourdumondistes : une quarantaine de voiliers par an y font escale : nous serons le 38ème! La plupart de ceux qui rallient la Nouvelle -Zélande en octobre/novembre pour quitter la zone cyclonique du pacifique sud, optent pour les îles Cook, puis les Tonga.
Cela nous fait tout drôle d’entrer dans ce lagon -qui ressemble pourtant à bien d’autres lagons polynésiens- sans y voir un seul voilier! Pas non plus une seule barque de pêcheur à l’horizon, pas une pirogue ni même un va’a, ces remarquables pirogues de sport à balancier : il faut dire que c’est dimanche, tout le monde doit être à la messe…
la passe de Wallis
entrée sous pilote+barre franche (pour cause d’avarie de barre à roue)
le motu de la passe
Nous saluons de loin quelques personnes venu passer le dimanche au motu de la passe,
et rejoignons Mata-Utu, le village principal où nous irons faire notre clearance le lendemain au près de la gendarmerie.
Wallis Mainland
Il ne fait pas très beau à Wallis pendant notre séjour, nous essuyons grains sur grains, puis de la pétole sur une chaleur torride : nous avons bien fait de nous y abriter quelques jours, être en mer ne doit pas être agréable.
Le marnage est important, et à marée basse, des pêcheurs à pieds apparaissent
pêcheur à pied
le village
rochers à parée basse
chiens en maraude…
Nous profitons de cette escale inattendue pour récupérer notre retard à l’école : Victor a dû travailler double dose et reprendre tous ses cours : le travail qu’il a en effet effectué au CNED pendant les 3 première semaines de septembre n’a pas pu être pris en compte, car les cours de 4ème que nous avons téléchargé fin août sur le site du CNED étaient ceux de l’année 2015-2016 au lieu de ceux de l’anne 2016-2017, et les premières évaluations de Victor n’ont pu être corrigées par les profs, désolés de ce mauvais aiguillage, mais impuissants. Comment une telle erreur a pu être possible sur le site du CNED, nous n’avons toujours pas eu de réponse de leur part et restons perplexe- nous ne sommes pourtant pas les seuls, nos amis du bateau Excallibur sont dans le même cas.
J’en profite pour rédiger un petit aparté «CNED », à destination des futurs parents français qui s’apprêtent à utiliser le CNED pour leurs enfants : les cours du college sont d’une qualité exceptionnelle, à la fois très bien organisés, joliment présentés, clairs, avec de très nombreuses illustrations, et un niveau d’exigence très élevé.… qui demande une forte implication des parents, surtout dans les matières scientifiques. Et pourtant nous avons la chance d’avoir un élève très bien préparé au collège, autonome et qui pige vite. Mais cela ne suffit pas : Loïc s’est donc beaucoup investi depuis la rentrée, en Sciences Physiques et Maths, où l’on aborde des bases importantes : fractions, puissances, calcul de surfaces, etc…. Les 2-3 heures de travail quotidien se sont donc transformées en 4-5 heures, histoire de pouvoir mettre Victor en vraies vacances aux Fijis quand nous aurons la visite des grands-parents.
cours de maths sur le trampoline
J’ai la chance d’avoir un mari pédagogue et investi dans l’éducation des enfants, ce qui est loin d’être le cas des bateaux que nous rencontrons, dont les mamans assurent seules la scolarité des enfants, et je leur tire mon chapeau!
Les journées se passent donc le matin à travailler, l’après-midi à se relaxer, à terre, à bord de Moby ou au Motu.
travail sur le calendrier : merci Sodistra pour son beau calendrier plastifié!
thème du jour en art : dessine tous les bleus de la mer
les lettres rugueuses Montessori
les additions d’Arthur
la date….
le gros gros cahier de balthazar d’Anna
atelier « carte postales » : mise en page, choix des photos, rédaction
Dès le lundi, nous descendons à terre, pour quelques petites courses.
La superette locale est une belle découverte, probablement la mieux tenue de toute la Polynésie Française. Nous restons ébahis devant le rayons surgelés, impeccablement présenté, et achalandé… en produits bretons!
le rayon « saucisses » surgelé
le poulet breton…
les terrines bretonnes
L’attroupement que nous formons et nos yeux gourmands ne passent pas inaperçu (il faut dire que nous sommes quasi les seuls clients, et surtout les seuls en tenue de touristes : shorts et casquettes….) : le directeur vient nous saluer gentiment. Après quelques minutes de palabres nous apprenons qu’il sait qui nous sommes, son ami qui s’occupe de la « radio » l’avait prévenu qu’un catamaran arrivait dans l’île. Il faut dire que Moby ne pas pas inaperçu, seul bateau au mouillage…
A Wallis, tout se sait, c’est un pays de la taille d’un village!
Avec 1 roi (Wallisien), et un préfet (français), l’île se partage entre des traditions restées vivaces, une très forte influence des églises (les écoles primaires sont toutes tenues par des religieux) et une jeunesse qui grandit en lorgnant des yeux la vie à l’occidentale : il en résulte une émigration importante, et un dépeuplement inexorable. (il y a plus de Wallisiens émigrés que de Walllisiens résidents à Wallis. ). La nouvelle -Calédonie est le choix premier, avec qui Wallis entretien de très forts liens économiques et logistiques : c’est par là que transitent les fameuses Saucisses Jean Floch’!!
Peu d’avenir donc pour cette île qui se vide de sa jeunesse active et pensante : rares sont ceux qui rentrent au pays après leurs études, l’îles offrant de maigres perspectives en terme d’emploi. Petite curiosité : il n’y a peu ou pas de tourisme à Wallis.
Cela est tout à fait curieux car le lagon est superbe, la population accueillante et les motus qui le bordent tout aussi beaux que bien d’autres en Polynésie. Nous nous régalons l’après-midi, en levant l’ancre du village pour aller la poser au bord d’un motu : eaux cristallines, et jolies plages, c’est la récompense des enfants après les heures d’école du matin.
baignade au Motu
picnic sur le trampoline
La seule visite que nous ferons est à la cathédrale, qui se dresse majestueusement devant le port, à quelques encablures de Moby.
la cathédrale
l’entrée
à l’intérieur
le plafond en bois peint
Vierge Marie Fleurie
pilatres peints
sortie de la Cathédrale
sur le front de mer
Moby au mouillage, rejoint par 2 autres voiliers
Il faut dire que la chaleur accablante n’est pas très propices aux balades : on sent que l’été arrive, l’eau est à 30°, et l’air encore plus chaud.
Anna m’accompagne à la Poste pour y déposer nos cartes postale de Suwarrow, et prendre en photo sa « Clémentine Aplatie », petite mascotte de sa classe de Moyenne section de Plougonvelin que nous faisons voyager.
Nous quittons Wallis après 4 jours d’escale fort paisible sans avoir pris temps d’explorer l’île ni de faire beaucoup de rencontres : c’est aussi cela la vie de bateau!
Il s’avère en plus que nous avions eu raison de repousser notre arrivée aux Fidji, qui ont reçu le passage d’une onde tropicale pendant le week-end, avec 2 jours de mauvais temps, des vents de 40 noeuds, 50 en rafale dans la marina de Vuda Point qui était notre point d’atterrissage prévu! Sans regrets donc.
Plus que 3 jours de navigation, cap au sud et nous serons aux Fidji.
Suwarrow (ou Suvarov en français), nous a longtemps fait rêvé : c’est le petit ilot perdu choisi par Tom Neale pour y vivre heureux en naufragé volontaire, tel un Robinson moderne, pendant la dernière partie de sa vie.
C’est un privilège pour nous que de pouvoir toucher du doigt ce mythe de l’homme fuyant la civilisation pour y vivre seul, heureux, méditatif et proche de la nature.
L’atoll appartient aux îles Cook, petit état indépendant mais proche politiquement et géographiquement de la Nouvelle-Zélande et doté d’une quinzaine d’îlot habités : coralliens au nord, iles hautes au sud.
le Motu Anchorage
Suwarrow a un statut particulier : elle est inhabitée, et est devenue une réserve naturelle faisant partie du Parc National des iles Cook.
A ce titres, 2 rangers l’habitent 6 mois de l’année et accueillent (et surveillent) les navires de passages venus explorer ce petit bout de paradis préservé.
les rangers montent à bord des bateaux pour les formalités
Elle bien sûr aussi très connue des navigateurs, que Tom Neale accueillait bien volontiers à Suwarrow. Solitaire, mais pas si sauvage! A lire absolument : le récit de son séjour à Suwarrow « Robinson des mers du Sud » .
après les formalités d’usage, nous pouvons débarquer.
A ce titre, Harry et son fils Pi, les 2 rangers qui étaient à poste cette année de mai à octobre inclus n’ont pas une vie très différente de notre naufragé : aucun bateau ravitailleur ne vient les ravitailler pendant ces 6 mois : ils sont déposés en début de saison par un petit cargo avec leur stock de nourriture, puis rembarqués… 6 mois plus tard. Dans l’intervalle, ils auront reçu la visite de 50 à 100 voiliers en transit (150 dans les meilleures années, 20 seulement l’année dernière à cause d’El Nino).
Nos amis australien du catamaran Tika (un Outremer 55) qui sont passés à Suwarrow il a un mois nous ont prévenu : les gardiens sont un peu tatillons, mais sympas. Ils font tout simplement leur travail = formalités d’immigration, quarantaine pour tous les produits frais à bord, respect de la réglementation du parc, mais ils sont aussi très accueillants, offrent une petite bibliothèque de livres à échanger, nous parlent des coins sympas de l’atoll à visiter, des animaux et espèces protégées de l’atoll : ils sont de très agréable compagnie.
les 2 bateaux du mouillage : Moby et Andiamo
Rien que par le mouillage, nous sommes enchantés : 3 ou 4 requins nous montrent leur nez à notre arrivée, et resteront en permanence autour du bateau.
nos amis les requins pointe noire
rodent très près de l’annexe
très très près
leur aileron sort de l’eau
Dès que nous sautons à l’eau, nous vérifions d’ailleurs qu’il n’y a pas un requin en-dessous…. et nous interdisons aux petits d’aller nager tout seul, on ne sait jamais….
La nuit, c’est pire, il y en a plus d’une dizaine à roder…
Les fonds sont cristallins,
l’eau très chaude
les oiseaux omniprésents
la lumière fascinante
…et les couchers de soleil splendides.
Dès notre arrivée, Harry et Pi, père et fils, nous proposent du troc : poisson contre vivre. Ils n’ont plus de sel (leur réserve a été souillée par un crabe de cocotiers qui a percé le sac) ni de riz. Nous les dépannons bien sûr, même si nos réserves sur Moby sont au plus bas, car nous arrivons bientôt en Nouvelle Zélande où toute notre nourriture sera confisquée pour cause de quarantaine.
Donc je leur donne mon dernier paquet de riz, ainsi que notre sel de table (il nous reste le gros sel, à mettre dans un moulin et quelques poignées de riz japonais). En échange, nous aurons du poisson frais tous les jours!
Anchorage, lieu de Harry et Pi 6 mois de l’année
Nous descendons à terre, et à peine l’annexe est-elle amarrée que nos amis les requins viennent nous dire bonjour :
la petite plage est merveilleusement entretenue :
la plage
sac de sable pour s’entrainer au rugby
Arthur tente la boxe
le petit salon
la plage
Un petit chemin traverse le motu dit « Anchorage » en passant par l’abri des rangers :
La maison des Rangers :
des vertèbres de baleine servent de tabouret!
au nord, la petite plage où Tom Neale venait se baigner,
et où à marée basse les requins nagent dans 50cm d’eau : nous reviendrons tous les après-midi avec les enfants regarder ce beau spectacle.
Nous partons explorer la partie Est du motu, à la découverte de la faune et de la flore locale.
Bernards L’ermite
Bernards se nourissent de coco
épine d’oursin-crayon
empreinte de corail dans la lave
corail fossilisé
retour à Moby
Tristesse de découvrir une tortue mariné échouée et prisonnière de racines aériennes. Il est trop tard pour la sauver : les crabes de cocotier la dévorent déjà.
Curiosité : les enfants découvrent cette drôle de pierre…. qui flotte! Ils décident de la rapporter aux rangers qui pourraient l’utiliser comme pierre ponce.
drôle de pierre
elle flotte!
on la ramène aux rangers!
Tristesse également de découvrir tous ces déchets abandonnés par la mer.
radeau
balise argos
beaucoup de plastique traine
Le lendemain, nous continuerons nos découvertes naturalistes par la visite de la partie Ouest du motu, bordée d’un platier plein de vie.
Harry pêche au harpon dans le lagon
le platier
coquillage
anguille
le platier
Finalement, nous croisons de nombreux crabes de cocotiers, pas si farouches quand ils sont protégés comme ici.
Plus on avance, plus le platier devient sauvage et aride
le platier
banc de poissons perroquets
Pi a la pêche sur le récif
Harry et Pi nous parlent d’un superbe spot de raies mantas : elles passent à priori à leur « station de nettayage » vers 7h du matin. Une première fois, nous laissons les enfants à bord prendre leur petit déjeuner et filons : la rencontre est magique, 4 raies mantas sont au rdv : elles viennent en effet se faire nettoyer la mâchoire et les mandibules par de petits poissons , qui rentrent jusque dans leur bouche pour enlever les restes de nourritures.
Loïc attend une manta au fond, la rencontre est très belle.
A mon tour d’en croiser une première, puis de me retrouver au milieu du ballet…
Le lendemain, nous y retournons avec les enfants, qui ont très hâte de nager de nouveau avec ces majestueux animaux inoffensifs. Nous avons en effet croisé souvent les mantas, aux Marquises et aux îles sous le Vent, mais jamais dans un tel environnement, d’eau cristalline et de coraux préservés.
Nous aurons aussi l’occasion de faire de beaux snorkelings dans une eau très chaude : un matin, nous resterons près d’une heure et demie dans une l’eau à plus de 30°! Nous rencontrons de gros animaux : raies pastenagues, requins pointes noires, gros mérous, carangues….
c’est parti pour un snorkeling!
une épave sous l’eau
un requin au fond!
exercices d’apnée
un autre requin….
très curieux de nous voir…
une raie pastenague
Mais aussi de très jolis petits poissons de lagon, d’originales formations coralliennes :
des milliers de petits poissons
etoile de mer
recif à fleur d’eau
tunnel sous-marin
Arthur passe sous le tunnel
Il faut dire que les îles Cook enregistrent un pic historique de chaleur avec pas loin de 35° : notre nouvelle voile d’ombrage Odonata reçue à Bora-Bora prend tout son sens, et nous procure à la fois une belle zone d’ombre au vent sur le trampoline, et une excellente ventilation fraiche dans le carré.
Mais les escales, ce sont aussi les rencontres, avec nos rangers bien sûr, que nous passons voir à terre tous les jours, pour papoter, échanger des livres, des films, troquer un peu de nourriture. Je leur dépose une baguette fraichement sortie du four de Moby : Pi me raconte que Harrry, son papa est un ancien boulanger à Mahinitiki, qui ensuite s’est lancé dans l’élevage de la Perle : il a investi dans une ferme perlière il y a une vingtaine d’année, puis l’a revendue dernièrement : suite au réchauffement climatique, l’élevage de perle est devenu plus difficile et moins rentable : l’eau est trop chaude, il faut donc élever les naissons en profondeur, ce qui nécessite de les soigner sous l’eau en plongée bouteilles, là où une simple apnée suffisait.
Rencontre aussi avec Andiamo, innovant et inventif catamaran de plans Chris White, appartenant à Mickael et Debbie, un couple d’américains de Boston, très sympathiques. Original : il est gréé avec 2 mats ailes et focs bomés sur enrouleur qui lui permettent lui et sa femme, heureux jeunes retraités sexagénaires, de manoeuvrer seuls ce cata de 47 pied. Autre particularité : une porte donne accès du carré à un cockpit frontal, situé en arrière du mat, très agréable en navigation et au mouillage également. Nous prendrons plaisir à prendre l’apéro sur Andiamo et à échanger sur nos expériences de navigations et tranches de vie.
5 ème et dernier soir, nous nous organisons un petit apéro familial sur le trampoline, le coucher de soleil est exceptionnellement beau ce soir. Demain, le vent rentre, il sera temps de quitter Suwarrow, cap sur les Fijis où nous rejoignent Papily et Mamily : les enfants sont super heureux de retrouver leurs grands-parents!!!
Il nous tarde de découvrir Bora-Bora dont la silhouette si caractéristique nous parle depuis le soleil couchant de Tahaa.
coucher de soleil sur Bora-Bora
Nos sommes curieux d’approcher cette île mythique, au physique de carte postale, peuplée d’hôtels de luxe, mais aussi terre d’élection d’aventuriers voyageurs comme Paul-Emile Victor ou Alain Gerbault? Vivement que nous nous fassions notre propre idée : Paradis Perdu ou île aux 2 visages?
A l’aborder en voilier, rien ne distingue Bora-Bora de ses consœurs des îles sous le vent : la passe est très large, facile, et balisée, tout comme le chenal du lagon jour et nuit!
Les premiers contacts à terre sont mitigés : l’île est peu avenante en terme d’infrastructure, étonnant pour une île si touristique, à l’instar de la supérette locale, la moins pimpante de toutes celles que j’ai pu fréquenter en Polynésie, et dont la façade est bien le reflet de son état d’entretien intérieur ….
le super U
Le yacht Club où nous faisons notre arrêt « réapprovisionnement » est par contre très pimpant,
On y mange très bien et les cocktails au soleil couchant inoubliables, dans une ambiance longe bar digne de St-Trop….
coucher de soleil au Yacht Club
Nous quittons vite Vaitape, (la ville) pour la côte Est de Bora : celle des cartes postales et de hôtels.
La navigation dans le chenal est magique : les couleurs de ce lagon sont irréelles, nous survolons de la pure turquoise; à notre gauche, la montagne de Bora si photogénique capte tous les regards, et à notre gauche défilent les hôtels de luxe sur pilotis : Four Seasons, St-Regis, Meridien, Sofitel…. Tout cela est très beau, et plutôt bien intégré dans le paysage, « c’est grandiose » comme dirait Anna.
L’hôtel Four Seasons
Nous rejoignons tout au bout du lagon nos amis d’Invictus, Fata Morgana, Excalllibur et Cool Runnings, déjà là depuis 2 semaines pour certains : ils ont trouvé le mouillage idéal, une très grande baie sur un motu très peu habité et une vue imprenable sur le piton : nous y retrouvons l’ambiance des Tuamotus, le relief en plus!
L’arrivée, avec Victor tracté par Moby!
Le panorama est vraiment incroyablement beau, nous ne nous lassons pas du spectacle du piton de Bora.
Y compris au coucher du soleil
Côté activités, c’est tout autant sympa : Loïc kite avec son ami Ivo,
Les enfants profitent de la plage sauvage,
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Ralph, en vacances sur Invictus ; les enfants lui confectionnent une carte anniversaire
Victor fait plus ample connaissance avec ses amis américains Ben et Gaby ; ils ont une bouée tractée!!
Cool runnings
Le matin nous allons plonger sur le spot des raies mantas : c’est Toby et Nicole d’Invictus, du haut de leurs millers de plongées qui coachent les volontaires tous les matins : nous sommes tous équipés d’au moins un équipement de plongée par bateau (stab+bouteille), utile en cas de problème sur une ancre ou un travail prolongé sur une hélice.
La visibilité n’est pas toujours excellente, mais les raies sont au rendez-vous (presque) tous les jours. Elles nous offrent un vol majestueux, et la plongée permet de rester observer leur ballet de longues minutes.
Autre curiosité du coin : le jardin de corail, en effet gavé de poissons.
Il faut dire qu’ils sont nourris au pain, par les (très) nombreux bateaux de touristes, ce à quoi nous nous refusons d’adhérer, depuis que nous avons appris que ces malheureux devenaient diabétiques à force de manger tant de pain, qui se transforme chez eux en sucre, que leur organisme ne sait traiter…
Victor et Arthur avec leurs amis Charles et Paul
poisson papillon
Anna très à l’aise
ma triplette!
Nous ne manquons pas non plus d’organiser un « Bon Fire » (expression de nos amis ange-saxons) sur la plage, histoire de se retrouver entre copains, comme à notre habitude. Pas facile de dénicher le bon coin, qui ne gênera pas les riverains…. je sillonne la baie l’après-midi en annexe avec les enfants à la recherche d’une portion de plage inhabité : le premier spot identifié ne convient pas : un panneau « TABU » nous indique qu’il ne faut pas débarquer. Nous n’irons certainement pas braver cette interdiction, les croyances sont encore bien ancrées. Plus loin, ils y trop de maisons, mais au milieu, ce bout de terrain abandonné nous semble convenir.
les ados sont chargés d’aller chercher du bois
Tous les enfants…
Un autre soir, nous aurons moins de chance : arrivés en annexe à la pointe de la plage pour y récupérer nos kitesurfers, Loïc improvise un cours de drone avec Toby, nouvellement équipé, une troisième famille débarque, les enfants jouent,
les enfants se baignent au coucher du soleil
les ados
… tentent de siffler entre leurs mains
les adultes papotent, le soleil tombe, une quatrième famille arrive avec des bières, nous voilà à savourer un apéro improvisé sur la plage….mais pas au bon endroit.
La propriétaire sort de sa tanière pour nous dire combien nous dérangeons : la planche des enfants qui empiète sur son terrain, les saletés que nous allons faire avec notre apéro….
Il est vrai que le style de vie que nous avons commencé à savourer aux marquises puis aux Tuamotus sur des motus déserts, est ici confronté à une surpopulation… touristique. Pas moins d’une vingtaine de bateaux sont à l’ancre ici, certains y habitent à l’année. Visiblement, la cohabitation est difficile.
réceptionnés!!
la voile d’ombrage Odonata
Puisque nous avons enfin réceptionné nos 5 colis, grâce à un très efficace transitaire : les questions de dédouanement pour voiliers de transit est un casse-tête, réceptionner des colis est compliqué, très compliqué…et stressant! mais ça y est, nous avons tout récupéré : plus rien ne nous retient en Polynésie! Nous sommes en fin de saison, il nous faut avoir rejoint la Nouvelle-Zélande au plus tard fin novembre, ce qui nous laisse 2 petits mois (dont 5 semaines aux Fijis) .
Un dernier mouillage de charme, niché entre 2 hôtels, une baie bien abritée, véritable piscine géante, avec nos amis d’Excallibur.
avec Excalibur
entre le St-Regis
et le Four Seasons
Coucher et lever de soleil
coucher de soleil
lever de soleil
sur le St-Regis
Paradisiaque… ou presque car les hordes de jetskis déboulant par groupe de 10 dans la baie, rasant nos bateaux et faisant des cercles devant nous à gros renfort de pétarades bruyantes, c’est tout juste insupportable : et ce, 10 fois dans la journée!!
C’est là que nous nous préparons au départ de Polynésie : nettoyage des coques, rangement du bateau, baignades, et demain, la clearance de sortie du territoire sera postée,
Les pleins d’eau faits au Yacht Club
et un dernier approvisionnement de produits frais et surgelés.
un dernier apéro sunset entre copains
Nous appareillons pour Suvarov, aux îles Cook, avant de relier les Fijis ou vous retrouverons Papily et Family pour un mois!
Pour tous les marins et navigateurs de Polynésie, Maupiti, c’est d’abord sa passe, réputée dangereuse et difficile à franchir. Pour 2 raisons : son orientation, sud-Est, c’est à dire dans le sens de la houle dominante hivernale, et son étroitesse. Si on ajoute en plus un alignement pas toujours facile à comprendre, cela explique que beaucoup se découragent à l’avance, ne laissant l’accès à cette magnifique île qu’aux plus aventureux.
approche de la passe de Maupiti
Pour notre part, nous avons attendu les meilleures conditions, un vent d’est, et une très faible houle. De plus, nos amis du catamaran Cool Running arrivaient une heure avant, avaient appelé Camille qui gère une pension donnant sur la passe, et qui lui a donné le feu vert : la passe était aisément praticable ce matin du 6 septembre
entrée dans la passe de Maupiti
Plus tard, Loïc enverra son drone pour immortaliser cette passe :
la passe par vent et houle établies de sud-est
la passe est impraticable
Nous arrivons donc en toute confiance, et savourons le spectacle grandiose de l’entrée dans Maupiti : la paysage est magnifique!
Nous savourons en silence la vue sur les motus, la passe qui s’élargit, la montagne…
le récif à tribord
le motu
charmante maisonnette
la passe se continue en un étroit goulet
cabne de pêcheur
jolie maison
Nous choisisson le mouillage du village, qui nous permettra d’avoir des baguettes fraiches tous les matins,
chacun son tour assure le matin la livraison des baguettes
et un peu d’internet -pour suivre l’arrivée de nos 5 colis qui nous arrivent de France et seront livrés à Bora-Bora : des pièces de rechange, un taud de soleil et les cours du CNED de Victor!
les services municipaux
Très accueillants, les services de la Mairie nous donnent accès en fin de matinée à leur pièce commune, qui fait office de salon de réception, salle des mariages, allez de réunion…. c’est là aussi que se trouve la borne Wifi de l’île!
La rentrée a déjà eu lieu sur Moby, le lundi 5 septembre. 2 à 3h de cours tous les matins pour Arthur et Anna : 1 grosse heure de français, une petite heure de math, et une autre matière au choix : géographie, anglais, sciences, expériences….
Arthur nous lit son histoire du jour
Victor au travail
Anna raconte l’histoire de « Cendrillon » au théâtre
Victor gère son planning différemment et se réserve des plages de 2 à 4h d’une même matière, suivi des évaluations qui vont avec , et qui seront envoyées au CNED en fin de séquence, toutes les 3 semaines.
la mouillage du village
Le charme de cette île sous le vent, est certainement due à sa fable fréquentation, surtout à cette période : nous sommes en fin de saison, l’été approche, et de nombreux bateaux auront rejoint un abri cyclonique, ou une zone non touchée par les cyclones pour la saison d’été comme les Marquises ou les îles Australes en Polynésie, ou la Nouvelle Zélande.
la vue de la passe
vers le motu
en face du village, la plage
notre mouillage
Pour nous 5, le coup de coeur est immédiat : la lumière, les couleurs, la montagne, les plages, tout nous séduit. Plus tard, la rencontre avec les habitants confirmera notre première impression d’île accueillante.
Les enfants jouent des heures sur le banc de sable à 2 pas du motu, pendant que nous regardons le soleil se coucher…
Mais le plus époustouflant, c’est la vue depuis le haut de la montagne : seulement 350m de haut, mais quel spectacle. Déjà au premier stop, on aperçoit le village en contrebas.
le village
L’ascension est exigeante sur les derniers mètres, se succèdent 6 ou 7 corde de rappel
Pour motiver les enfants aux les randonnées, nous préférons les organiser avec d’autres bateau-famille, comme ici avec Fata Morgana , cata bulgare-canadien avec à son bord et leur fille Maya 12 ans, et ses parents ainsi que Cool Runnings, catamaran américano-sud africain avec deux préados de 10 et 12 ans : Ben et Gaby.
Victor, Gaby, Arthur et Maya
le groupe d’ados
toute le groupe!
Allez Gaby!
Maya pensive
La descente est plus rapide que l’aller, normal, mais n’en est pas moins exigeante, surtout avec Anna dans mes bras!!
Vue d’en haut, les dégradés de turquoise se succèdent
vers la passe
Arrivés en bas, nous découvrons ce crâne de cachalot à l’entrée d’un jardin : échoué il y a quelques années sur le récif, il a été nettoyé puis rapporté au village par son « découvreur »
De retour au motu, nous tentons d’en faire le tour avec les enfants, ramassons des trésors…. et découvrons d’étranges traces laissées sur le sol.
le tour du motu…
trouvaille
petite case
brulis de cocos
d’étranges taches
Mais de quel animal? le traces sont toutes différentes…..
Des Bernards l’Ermite!!
Pour nous assurer de notre intuition, nous capturons quelques Bernards, et les laissons faire de belles traces sur le sol.
Notre amis Bernard, ….l’Ermite
Après quelques jours au village, nous changeons de mouillage et décidons d’aller explorer le motu de la passe,
le mouillage de la passe
Comme à son habitude, Loïc lance son drone :
vers la passe
dans la passe
le motu Tiapaa
l’extérieur de la passe
près du spot de snorkeling des raies mantas….Nous allons plusieurs fois nager avec les raies mantas, qui tournent dans le lagon : elles sont régulièrement pointées entre 8h et 10h au motu Pitahé, et nous en profitons. Elle ont un vol majestueux, planant au-dessus du sable et nous offrant de magnifiques ballets aérien sous-marins;
DCIM100GOPRO
Le motu est habité parfois le week -end. Nous croisons toute une famille venue « nettoyer » son faré, collecter les cocos, bruler les déchets végétaux, d’où cette odeur suave de coco. Ils nous convient très gentiment à profiter de la plage, et de la baignade avec les enfants.
Le spot est super en planche pour les enfants : Victor est super motivé, d’autant que son copain Charles d’Excallibur est là, et se perfectionne lui aussi. Petit gréement de 2,5m pour Victor, et 1.5 pour Arthur!
La plage est très sympa, avec un faré abandonné qui nous donne de l’ombrage, et la vue sur le piton, grandiose, surtout au moment du coucher de soleil.
Dès que le vent se lève, Loïc s’éclate en kite.
Et Victor progresse en planche
Tant et si bien qu’il me donne envie…de m’y remettre!
Après 3 jours de pratique intensive, Victor se met au harnais : une étape de plus est franchie!
Un soir, régulièrement, Loïc envoie son drone survoler la passe, pour voir son état de « praticabilité ». Nous suivons ainsi les bateaux qui sortent…. et ceux qui rentrent, à l’instar de nos amis d’Invictus!
Invictus arrive
un autre voilier repart
La vie sociale de Maupti est intense, du fait du faible nombre de bateaux, que nous connaissons (presque) tous.
Avant le départ de nos amis de Cool Runnings, nous partons dîner entre adultes à la pension du motu Tiapaa : poisson cru, chirurgien au gingembre , une soirée entre adultes- les enfants se gardent tout seuls à bord, pour une fois!!
la pension de la passe
coucher de soleil
Le lendemain, ce sont les retrouvailles avec nos amis d’Invictus, que nous avions laissés à Bora-Bora! Pour fêter cela, ils nous invitent tous à un apéro à bord!
Et le jour d’après, comme à notre habitude quand nous sommes nombreux, nous en profitons pour faire un feu de camp le soir, et y convions nos nouveaux voisins : Atmos, magnifique sloop sorti de chantiers Hoek de Hollande : fait d’acier et de bois vernis, c’est une merveille, entièrement retapé et repensé par Keish, son nouveau propriétaire depuis 5 ans : Boiseries blanches au plafond, teck mat aux planchers, vernis et cuir, bronze, aluminium et inox : que de nobles matériaux pour une superbe rénovation.
Nous sommes donc 6 bateaux : Fata Morgana, Invictus, Excallibur, Cool Runnings, Atmos : soit 16 adultes et 11 enfants.
Au vu de la bonne ambiance au motu le soir, Keish nous convie le lendemain à un apéro-soirée à bord! Ambiance disco sur le pont, on s’éclate : c’est le 4ème soir de suite que nous dinons à l’extérieur…..
Les derniers jours serons plus calmes…..et familiaux : nous partons déjeuner tous les 5 dans un petit snack en face du motu Auira : Loïc part en planche, moi et petites en annexe, et Victor est tracté sur son surf!
Nous déjeunons dans un petit snack vue sur le lagon.
poisson cru au lait de coco
La plage du Motu est magnifique, et la vue sur le piton de Maupiti spectaculaire; nous restons une bonne heure à barboter avec nos amis d’Excallibur venus picniquer.
Bientôt, c’est le départ pour Bora-Bora, où nous allons récupérer nos colis, avant de repartir pour de nouveaux horizons. Bye-Bye Maupiti, qui nous offre en cadeau d’adieu cette jolie tortue, venue pointer son nez quelques minutes avant d’appareiller.
Huahine est la première des île sous le vent que nous visitons fin août, après avoir passé près d’un mois aux Îles du Vent (Tahiti et Moorea). Nous quittons Moorea au coucher du soleil,
Moorea au coucher du soleil
pendant que la lune se lève à l’est sur Tahiti,
La lune se lève sur Tahiti
Nous partons donc pour une navigation de nuit de pleine lune : on adore! En effet, par nuit de pleine lune, la veille est plus facile, nous voyons les vagues arriver, mais surtout les nuages, les grains, et aussi les côtes qui se dessinent.
La faune est particulièrement riche dans les parages : nous croisons une baleine en quittant Tahiti,
et une bande de dauphins en arrivant à Huahine. Les enfants sont ravis du spectacle.
A l’arrivée au petit matin à Huahine, nous sommes d’emblée séduits par la douceur de vivre qui s’en dégage.
L’île apparait d’emblée très verte, peu de plages, de rares maisons et presque pas de motus sur le pourtour corallien : c’est une île « terrienne ».
Quelques jolies petites plages de sable jalonnent notre parcours, nous nous arrêterons sur l’une d’entre elle pour déjeuner, et dégourdir les pattes des enfants qui ont besoin de se dépenser après cette nuit et matinée de nav’.
La plage est sympa et le snorkeling parfait pour Anna : plein de petits poissons dans peu d’eau!
Victor sort son paddle pour rejoindre la plage.
Victor et Arthur s’éclatent à sauter d’un cocotier poussé à l’horizontale…. en fait déraciné lors d’une tempête….
Loïc lance son drone pour faire quelques clichés en altitude de Huahine : 2 îles reliées entre elles par un pont, et entourées par un même atoll corallien.
Le paysage est en effet grandiose, et sur la route, de jolies plages, quelques rares maisons.
La plus étonnante d’entre elles est ce « fare » flottant, dont nous avons déjà croisé plusieurs exemplaires à Tahiti.
la maison de vacances idéale!
Nos amis des bateaux Invictus et Excallibur nous attendent déjà depuis quelques jours dans un mouillage parait-il enchanteur tout au sud de l’atoll : la baie d’Avea.
La baie d’Avea
Nous y passerons quelques jours fort paisibles entre plage, baignade avec les raies, et happy hour au relai de Mahana.
bande de raies aigle nageant en formation
Le mouillage est très calme
Nos amis Nicole et Toby, du catamaran Invictus , un très beau lagoon 52, au mouillage.
Nous apprécierons encore plus le mouillage du village de Fare, proche de la passe Avamoa.
le village de Fare et la passe Avamoa
Nous sommes mouillés face au village, et juste à la sortie de la passe : Moby est le dernier catamaran sur la droite.
Les garçons nous réclament tous les jour du surf tracté : une bonne occasion de s’entraîner en l’absence de vagues de sables : ici, on ne surfe que dans les passes, sur le corail!
Arthur en pleine actionAnna elle aussi réclame du surf tracté!
Les journées s’écoulent doucement, la plage est belle, et les couchers de soleil superbes.
après-midi tardive à la plage….
Je profiterai aussi d’un après-midi pour aller faire un tour à vélo : les sites archéologiques du village de Maeva sur la lac du même nom sont superbes et valent le détour!
Le Marae de Maeva…
sur le lac…
le site de prière
Le marae principal
réplique de pirogue ancienne
Un peu plus loin, le lac sur lequel les pêcheurs ont construit leurs parcs et pièges à poisson.
pièges à poisson
parc a poisson
méandre du lagon
Au village de Pirae, sur la côte Est, des anguilles sacrée aux yeux bleus.
…aux yeux bleu clair
Autre curiosité locales : les enseignes et pancartes en bois, signe un peu désuet totalement disparu par chez nous, mais bien utile quand on circule en vélo ou à pied.
la côte nord…
brassée par le vent et la houle
Dev retour au village, Loïc a lancé son drone, pour prendre des images de la passe d’Avamoa
la passe d’Avamoale corail du récif
Nous sommes restés pas loin d’une semaine (un records pour nous qui avons sans cesse la bougeotte!) dans ce mouillage idyllique : la plage à 2 pas, les dauphins tous les jours dans la passe, de beaux couchers de soleil, et le village également avec toutes ses commodités : supérette, baguette fraiche quotidienne, marché la matin, poisson cru à emporter….. et la « yacht-Club » avec son « Happy Hour » pour l’apéro, son service de laverie, internet….
vers le village
Juste avant de partir, Anna a écrit une carte pour souhaiter une bonne rentrée scolaire à ses petits copains de maternelle de l’Ecole du sacré Coeur de Plougonvelin. Une question : « Maman, combien de temps va mettre la carte à arriver? » C’est Monique, sa maîtresse qui pourra nous répondre….une, deux, trois ou 4 semaines????
la carte postale écrite par Anna pour sa classe ….
mise dans la boite aux lettre en direction de plougonvelin!
Nous sommes en effet déjà le 23 août, la rentrée est pour bientôt, y compris sur Moby! En attendant, nous passerons nos 2 dernières semaines de vacances à Raïatea et Tahaa.
Si vous avez aimé notre article précédent « Les Marquises vues du ciel, vous aimerez tout autant les Tuamotu pris en photo par Loïc avec son drone.
Nous avons passé un gros mois aux Tuamotus, et avons le plus souvent eu un alizé soutenu, qui a souvent empêché Loïc de sortir son drone. Nous n’avons pas d’images donc de tous les mouillages….
RANGIROA :
Ces images sont prises dans le sud de Rangiroa, un zone très isolée et peu fréquentée des bateaux de passage. Nous étions comme seuls au monde!
DCIM100MEDIADJI_0355.JPG
au mouillage
APATAKI
Dans le Nord d’Apataki, proche de la passe de Tehere, nous nous sommes arrêtés en journée pour profiter du merveilleux snorkeling, en bordure de plage.
FAKARAVA
Dans le sud de l’Atoll, près de la passe de Tumakua, les motus s’alignent, et se visitent à pieds, en passant de l’un à l’autre par de petits ponts ou gués.
vue vers le sud de la passe
vue vers le nord de la passe
en remontant vers le nord de Fakarava, nous nous arrêtons à Hirifa :
Mais nous ne sommes pas tout à fait seuls au monde, car nous tombons pas hasard sur un autre cata, jaune, dont le nom nous est bien connu : il s’agit de Banana Split, le bateau d’Antoine, le célèbre navigateur, carrément beaché sur la plage, amarré à des cocotiers!
Moby et Bananasplit au mouillage
Banana Split mouillé en tout bord de plage, amarré à des cocotiers
Plus tard, nous avons migré vers un autre motu isolé, et retrouvé nos amis d’Invictus, Mercredi Soir, Fata Morgana et Quatra pour un gros BBQ.
Pour le cinquantième anniversaire de Voiles et Voiliers, et à l’occasion des 30 ans du cahier « Grande Croisière », le célèbre magazine nous a demandé de réfléchir sur l’avenir du voyage à la voile. Le cahier spécial et cette édition sont en kiosque pour encore quelques temps, et il sont passionnants!
Quand notre mésaventure nocturne au large du Brésil nous a valu d’être publiés dans la rubrique « Ca vous est arrivé » du magazine Voiles et Voiliers, N°588 de Février 2020. Une rubrique pleine d’enseignements à laquelle nous avons été ravis de contribuer.
Un an après notre retour à terre, nous avons été contactés par la rédaction du magazine Voiles et Voiliers pour un article sur la Grande Croisière. Dans le numéro 584 d’octobre 2019, il nous a été consacré pas moins de 8 pages, laissant une très belle part à nos photos. Nous sommes flattés bien sûrs, et plutôt fiers de paraître dans un magazine qui a bercé notre jeunesse, et continue de faire rêver des générations de plaisanciers et navigateurs. Voilà qui laissera un joli souvenir pour nos enfants! Et pour nos fans qui n’avaient pas eu l’occasion de lire l’article, le voici.
Cet article a été écrit deux mois après notre retour de grand voyage, en novembre 2018. Il n'avait jamais été publié, et j'y remédie enfin.
Voilà deux mois que nous sommes rentrés chez nous : les enfants ont retrouvé leur maison, le jardin et leurs jeux avec une grande joie.
Chaque journée est une re-découverte de petits plaisirs de terriens : aller à la boulangerie chercher du pain frais, profiter de l’abondance dans les commerces, savourer des douches chaudes, de longues nuits sans quart…
Les enfants ont retrouvé leurs quatre grands-parents avec lesquels ils sont très complices, et l’adorable petite chienne Gaïa de Papily et Mamily, que nous baby-sittons à l’occasion à la maison.
Nos journées sont occupées à remettre la maison en état. Après avoir été louée tous les étés, elle a besoin d’un coup de peinture, de menues réparations, et de nettoyage de fond. Nous déballons aussi avec plaisir les cartons de nos vêtements d’hiver – nous en aurons bientôt besoin – et retrouvons pleins de trésors.
La rentrée des classes
Nous préparons surtout la rentrée des enfants avec beaucoup d’attention, c’est un grand évènement pour eux de retrouver le chemin de l’école, après deux ans et demi d’absence. Arthur et Anna sont en confiance, ils vont retrouver leur ancienne école, et sont très impatients de revoir les copains bien sûr, mais aussi les maitresses qu’ils connaissent toutes. J’ai pris contact avec la directrice pour débriefer nos deux années et demi d’Instruction En Famille (officiellement I.E.F.) : Anne a à coeur d’accueillir au mieux les enfants, de connaître leur niveau et leurs éventuelles difficultés pour préparer leur insertion scolaire.
Nous avons la chance d’avoir une école aussi attentive aux besoins des enfants : c’est une petite structure d’une centaine d’élève, répartis en 5 classes, toutes à double niveau. La pédagogie est centrée sur la bienveillance éducative, la fraternité et l’individualisation des parcours. De notre côté, nous ne nous étions pas focalisés sur le programme de l’Education Nationale, mais avions plutôt choisi de nourrir leur soif d’apprendre : ils ont donc tout naturellement engrangé beaucoup de connaissance et fait des progrès dans les domaines qui les passionnent. Mais d’un strict point de vue « scolaire », ils vont forcément avoir quelques lacunes, qu’il nous importe d’identifier.
A l’école primaire
Anna est plutôt avancée en lecture pour son âge : je me suis résolue à lui apprendre à lire dès l’année de grande section, car à force de voir ses frères lire, elle en avait un désir intense. Elle a donc très vite appris à lire et à écrire à 5 ans, et dévore tout ce qui lui traine sous les yeux : BD, albums, journaux, histoires…. Elle n’est pas très rapide en écriture, et a un peu de retard en math car je n’ai pas pas tout à fait réussi à boucler le programme de CP l’an dernier…
Son intégration dans la classe de CP/CE1 s’est très bien passée. Elle suit le programme de CE1, aux cotés des enfants de son âge qui sont en CP. Elle a déjà fait un grand exposé en images de son voyage, répondant avec plaisir aux questions des enfants de sa classe. Boulimique d’activités, elle veut faire de la danse, de la gym, du surf, apprendre le piano…. Nous avons limité pour l’instant les activités encadrées, pour garder du temps libre pour bricoler, faire du vélo et garder du temps en famille.
Arthur est calé en math et en sciences : en plus des cours au programme, il absorbait ce que son grand frère étudiait au collège, passionné par les explications toujours très pédagogiques de Loïc sur les questions scientifiques et techniques que nous rencontrions au quotidien : l’énergie, la navigation, la mécanique etc…
Il est aussi fort en grammaire – un jeu de logique pour lui – et en vocabulaire ( pratiquant avec agilité jeux de mots, homophones et calembours), mais rechigne sur l’écriture et manque de sens pratique….
Après quelques semaines d’école, il a fait de très gros progrès en organisation et en écriture, qui ne lui pose plus du tout de problème. Il a retrouvé toute sa bande de copains, et va avec enthousiasme et beaucoup de sérieux à l’école.
Il est inscrit tous les samedis matin au club de voile de notre village pour faire de l’optimist. Nous avons investi dans un équipement de choc : combinaison hyper chaude, gants en néoprène, cagoule et chaussons d’hiver. Il n’a pas froid du tout, même quand l’eau est à 12° comme en ce moment, et l’air à 8-10 : pas mal pour un gamin qui revient des tropiques!
Il se se régale en particulier quand il y du vent et que ça souffle à 15-20 noeuds!
A l’école du Cirque
Et pour rendre la rentrée plus passionnante encore, leur école a accueilli fin septembre un véritable cirque, avec chapiteau, animaux et toute une troupe familiale pour une semaine intensive d’école du cirque.
les équilibristes
Les enfants de toutes les classes – dès la maternelle – sont allés deux heures par jour apprendre à faire le funambule, les acrobates, le rouleau américain, la boule, les équilibristes…..
Anna l’acrobate
Une semaine bien intense où tous ont beaucoup appris, dans leur corps, et dans leur tête, et nous ont délivré, parents, frères et soeur, voisins, et grands-parents un spectacle magnifique, où tous on surpassé leur appréhension et leur trac.
Arthur sur la boule
Au lycée
Victor se son côté est entré au Lycée. Il a passé fin août avec succès un examen d’anglais pour pouvoir intégrer une section internationale britannique, en vue de passer, en plus du bac classique, un bac international (OIB) qui lui ouvrira les portes des universités anglo-saxonnes. Il est ravi, mais conscient que cela représente des heures en plus d’enseignement et de travail à la maison.
Il a de longues, très longues journées, se levant à 6h le matin pour prendre le car afin de commencer les cours à 8h à Brest. Il rentre le soir à 18h30. Il a retrouvé ses copains de collège, et s’en est fait de nouveaux au lycée. Il regrette la liberté de travail et d’horaire que lui permettait le CNED, mais apprécie l’animation du lycée, et la vie sociale entre jeunes.
Il n’a pas voulu suivre d’activité sportive extra-scolaire pour garder du temps libre pour travailler, et pour les copains/copines. Il pratique le futsal au lycée à l’heure de midi, va courir une fois par semaine sur le sentier côtier, et nous nous sommes engagés de notre côté à aller surfer avec lui, faire de la planche à voile ou taper quelques balles de golf à l’occasion.
A l’heure où j’écris, nous terminons les vacances de la Toussaint. Je retire de ces deux mois passé le grand sérieux avec lequel les enfants ont appréhendé l’école. Ils sont très investis, pointilleux sur la ponctualité, le travail scolaire. Ils ont vraiment le souci de bien faire.
Retour au travail
Il fut étonnamment facile de nous replonger dans nos vies à terre. J’ai repris le travail le 2 septembre, en même temps que les enfants. Travaillant dans une entreprise familiale, j’ai récupéré mon poste dans la continuité, retrouvant le travail en famille aux côtés de mon père, de mon frère et de nos deux collaboratrices. Loïc a de son côté très vite retrouvé un job : la pénurie de pilotes est bien réelle en Europe, et il a facilement trouvé un poste sur long-courrier basé à Paris, on ne pouvait rêver mieux.
Ce qui est le plus troublant, c’est l’impression que ces deux années et demi se sont passées dans un espace-temps différent, comme une grande parenthèse. Il nous reste bien sûr les souvenirs, et une transformation intérieure qui a laissé des traces.
La société de (sur)consommation
Nous sommes mal à l’aise avec cette société de sur-consommation, boulimique d’acheter, en particulier l’inutile ou l’éphémère. Nous «résistons» et sommes particulièrement attentifs à préserver les enfants. C’est une évidence pour eux, car ils ont été sensibilisés à la beauté et la fragilité de la nature face à l’impact de l’homme.
Ils se sont d’ailleurs lancés avec enthousiasme dans un défi « zéro-déchet », pour diminuer le plus possible nos impact sur la planète : achat en vrac, recyclage, bricolage, compost, trajets en vélo pour aller à l’école ou au village….. Chacun fait sa part, comme le petit colibri…
Se déplacer
De mon côté, quand il s’est agi d’acheter un second véhicule, j’ai opté pour une voiture 100% électrique. Elle convient parfaitement à mes besoins ; parcourir 3 à 4 fois par semaine des trajets inter-communaux de 60km. Son autonomie est suffisante, sans émettre de particules et en silence, ce que j’apprécie d’autant plus après avoir passé 2 années en demi à me déplacer poussée par le vent, et en produisant une énergie renouvelable.
Je suis bien consciente que rouler en véhicule électrique ne résout pas tous les problèmes : il reste toujours polluant de rouler, et je modère mes déplacements, prends le vélo dès que je peux.
Les enfants aussi : à part peut-être 1 ou 2 épisodes, ils sont allés à l’école en vélo tous les jours depuis la rentrée, … Idem pour aller acheter le pain ou une bricole au village, nous ne sommes qu’à 2km du bourg, pédaler fait du bien, au corps et à la tête.
C’est aussi un éloge de la lenteur : circuler à pied ou en vélo permet de mieux savourer l’environnement qui nous entoure : s’émerveiller d’un bel arbre ou d’arbustes en floraison, saluer un voisin, s’arrêter papoter sur le bord de la route, ressentir le vent dans les cheveux, le bleu du ciel au-dessus de nos têtes….
Autant de petits plaisirs dont on se prive en roulant en voiture. Il faut dire aussi que les mois de septembre et octobre ont été magnifiquement ensoleillés, ce qui a grandement ajouté au plaisir cycliste.
Vue d’automne sur la mer d’Iroise
Se nourrir, consommer
Nous essayons aussi de manger sain et responsable, moins de viande mais de meilleurs qualité, le plus bio et local possible, en évitant pesticides, additifs et malbouffe, mais surtout bannir le plus possible le plastique dans nos achats : nous avons vu trop de plastique défigurer les plus belles plages. Halloween et Noël sont de belles occasions de tester notre capacité à réinventer ces festivités de manière éco-responsables : car il n’est pas question de supprimer les fêtes, seulement de remettre l’humain et la planète au coeur des évènements, et de reléguer le consumérisme boulimique à sa périphérie.
Nous tentons à petits pas d’intégrer dans nos vies les profonds bouleversements que notre voyage a eu sur nos consciences. La terre est grande, belle, fragile et forte à la fois.
C’est notre responsabilité à nous les hommes, animaux devenus démiurges, d’agir sur notre destin et celui de la planète qui nous porte. Sans culpabilité, avec optimiste, et détermination.
Entre le 10 et le 23 juillet, nous avons passé 2 semaines en mode « convoyage », entre Brest et La Grande Motte. Nous sommes passé devant Gibraltar, les Baléares, et avons longé la péninsule ibérique, sans nous arrêter.
Nous avons un timing serré car les futurs propriétaires de Moby souhaitent profiter de leur bateau cette été pendant leurs vacances au mois d’août, et je les comprends!
La date du 27 juillet a été arrêtée pour effectuer l’expertise préalable à la vente.
Nous arrivons le lundi 23 juillet en vue de la Grand Motte
bien reconnaissable à ses immeuble aux formes géométriques.Nous scrutons l’horizon des yeux, à la recherche de catamarans Outremer sur le plan d’eau : il y en a forcément un ou deux sur l’eau tous les jours, car tous les Outremer sont testés et éprouvés en mer pendant le mois précédant leur livraison. Il y a aussi toute la période de prise en main des bateaux, effectuée sur le plan d’eau de la Grande Motte après la livraison, ce qui fait aussi partie du package!
Nous sommes très vite contactés à la VHF par Jean-Pierre, personnage incontournable d’Outremer/Grand Large Service, en charge de la mise en main des bateau. C’est lui qui nous a guidé lors des premières navigations de Moby, et donné plein d’astuces pratiques pour nous faciliter la vie sur le pont.
Il est en mer à bord de Blue Nimbus, un 5X qui vient d’être livré.
Très vite, c’est Excalibur, un autre 5X qui vient sur nous. Je reconnais à bord Stéphane, du Service Après-Vente, qui nous fait de grands signes.
Nous avons noué une relation de confiance avec Stéphane, qui nous a suivi pendant tout notre tour du monde, nous envoyant des pièces, les quelques fois où c’était nécessaire.
Puis un Outremer 45, Moutik : à son bord, Aurélie, Eric et leurs deux filles qui vont bientôt partir en grand voyage, et avec qui nous ferons connaissance cette semaine. Ils s’approchent tout près de nous et sont clairement venus à notre rencontre, nous sommes très touchés!!
Quel accueil!
Nous tirons des bords avec plaisir tous les 4, jusqu’à ce que Mathieu, le Directeur Commercial nous appelle pour nous dire de nous dépêcher, car nous sommes attendus au port!
Il est temps de rentrer.
Nous longeons le ponton des Outremer,
et là encore, deux familles nous font de grands signes. A bord de Luna Bay : Guillaume, Jenifer et leurs trois enfants, avec qui nous avons navigué aux Bahamas : ils préparent leur bateau pour l’expertise et la vente qui aura lieu dans une semaine.
Mais la surprise est énorme, quand nous arrivons au ponton visiteur : le staff d’Outremer est là, les hommes et les femmes qui ont construit notre bateau, pour fêter notre arrivée au son de la bombarde et du biniou, drapeau breton à l’appui!
Emotion garantie, j’en ai les larmes aux yeux. Nous sommes fiers de ramener Moby après 30 mois de périple autour du monde à bon port : 900 jours de navigation, et 50 000 NM au compteur, avec quelques (més-)aventures bien sûr, mais sans une égratignure!
Nous trinquons au champagne avec Grégoire, le chef d’équipe qui a construit Moby, avec Mathieu, le directeur commercial avec qui nous avons équipé Moby, avec Stéphane, le nouveau directeur général du chantier et bien d’autres… et passons un bon moment à échanger sur notre périple, et sur le magnifique catamaran qui nous a permis de mener à bien notre rêve : un tour du monde à la voile en famille en 30 mois, c’est serré, et il nous fallait un bateau rapide, confortable et fiable pour le réaliser.
L’émotion retombe un peu, et toute l‘équipe d’Outremer retourne au travail. Nous découvrons le catamaran de notre voisin de ponton : un magnifique 4X tout carbone, spécialement construit pour Jean-Pierre, qui prend sa retraite dans quelques jours et entame sa nouvelle vie avec un projet d’envergure : il sera à l’automne au départ de la prochaine Route du Rhum avec sans doute le bateau le plus confortable de toute la flotte!
Dès le lendemain, nous nous mettons au travail : il nous reste 2 jours et demi avant l’expertise, et une (petite) liste de travaux à faire. Alors que nous savons le chantier sous pression à quelques jours de la fermeture annuelle, Stéphane, du SAV nous dépêche quelques uns de ses meilleurs techniciens pour remplacer ce qui doit l’être sous garantie, et nous permettre de livrer un bateau parfait!
Le jeudi 27 juillet, l’expert arrive à bord pour les essais en mer.
Lendemain, vendredi 28 juillet, Moby est sorti de l’eau pour la seconde partie de l’expertise. Nous en profitons pour repasser 2 couches d’antifouling, ce qui permettra aux nouveau propriétaire de passer l’hiver tranquille.
Tout le monde s’y met, car il faut aller vite : Moby doit être remis l’eau le soir même!
Les enfants ont tous un pinceau à la main, Eric le nouveau propriétaire aussi, et même Rodolphe, dont le 4X est en préparatifs à quelques encablures d’ici, vient nous prêter main forte;
A midi, nous quittons le bord, et laissons la place à Eric et Nathalie, les heureux propriétaires. Moby s’appelle désormais Eleven, et va naviguer quelques saisons en Méditerranée, avant de traverser l’Atlantique en direction des Antilles…
c’est symbolique : nous venons d’enlever le nom de Moby
Le soir, la pression retombe après une semaine très chargée. Nous prenons un train à l’aube pour Brest où nous retrouverons bientôt notre vie de terriens. Pour marquer le coup, nous déjeunons au célèbre bar-restaurant « Le Tour du Monde », une institution brestoise créée par Olivier de Kersauzon et ses équipiers il y a 25 ans. Moules-frites et fish’n’chips pour tout le monde.
Nous restons rêveurs devant leur collection de planisphères imaginaires…. Voici notre préférée, pour bretons qui se voient au centre du monde :
Et déjà, nous savons qu’un jour, nous repartirons….
Il est 6h quand le soleil se lève sur la mer d’Iroise, l’émotion est forte ce matin : partis de Méditerranée, il y a deux ans et demi, nous allons pour la première fois faire escale en Finistère, chez nous! Notre toute première escale est Lanildut,
sur les rives de la mer d’Iroise que Loïc a fréquentées pendant son enfance, entre Corsen et Portsall.
Ceux qui nous attendent, et qui n’ont sans doute pas fermé l’oeil de la nuit, c’est Louis et Nicole, les parents de Loïc, nos plus fidèles supporters, qui ont fidèlement renseigné nos positions sur leur livre de bord, 4 fois par jour, pendant deux ans et demi.
Nous ne les avons pas vus depuis février 2016, et mon coeur se serre quand je pense combien leurs 3 petits enfants leur ont manqué.Mais je sais aussi combien ils ont heureux que nous ayons réalisé notre rêve, et fiers que nous l’ayons mené à bien.
Les enfants ont préparé « notre » grand pavois, réalisé avec tous les drapeaux des pays que nous avons traversés, et dans l’ordre!
Un petit travail de géographie appliquée effectué avec enthousiasme et fierté, entre l’Irlande et la Bretagne.
Nous sommes aussi très heureux de la visite de Yannick, un ami de la famille, qui a donné ses premières leçons de voile à Loïc étant enfant, et qui nous a aussi mariés à la mairie de Brest, en septembre 1998, il y 20 ans.
Le lendemain, nous quittons Lanildut pour Brest, après des retrouvailles familiales riches en émotions.
Nous allons longer une côte qui m’est chère : entre le Conquet et Brest, nous allons passer devant l’archipel de Molène, le phare de St-Mathieu, puis entrer en rade de Brest.
Le vent fraichit, nous avançons à 10 noeuds sur mer plate, et croisons un monocoque à la gite : à bord, le confort n’est pas le même que sur Moby!
A l’approche de la plage des Blancs Sablons, les enfants sortent sur le trampoline, ils reconnaissent leur spot de surf préféré.Puis voici le port du Conquet où Victor allait au collège. On voit dans leurs yeux beaucoup d’émotion : nous prenons véritablement le chemin de la maison!
Nous sommes très gâtés par le temps, avec un vent chaud, qui nous cueille dès la Pointe St-Mathieu.
Nous avons la surprise de voir venir à nous un semi-rigide rapide : c’est celui d’Olivier et Ghislaine, parents de Gabin, un copain d’école d’Arthur : nous sommes très touchés de leur visite!
Nous continuons à longer la côte, et les petites criques qui bordent la mer d’Iroise : l’Ilette sur la presqu’île de Kermorgan, Portez au pied du Conquet, la Grève Bleue et son rocher, et surtout Porsliogan, la préférée des enfants.
Puis nous virons la Pointe de St-Mathieu, l’endroit à mes yeux le plus photogénique au monde-je suis peut-être un peu chauvine!!!!
Comment ne pas être sous le charme de ce site majestueux, battu par les vents : hautement stratégique, a été habité depuis plus d’un millénaire par mes moines en leur abbaye, puis par les militaires, qui gardent l’entrée de la rade de Brest depuis le sémaphore.
En contournant St-Mathieu, nos arrivons sur les rochers des Rospect, avec ses batteries militaires. Arthur repère des dauphins qui viennent à nous! Quel heureux présage…
puis soudain, ou détour de la cote, c’est notre maison, le sémaphore de Creachmeur, que nous avons rénové il y a 10 ans déjà.
Et là, un autre bateau, ma copine Alex, avec sa famille, qui vient nous faire coucou!
Nous nous approchons de la côte, et apercevons un petit groupe qui nous fait de grands signes
: ce sont Zéphyr et Nino, deux des copains d’école d’Arthur accompagné de leurs parents, qui nous saluent et nous souhaitent la bienvenue!
Victor devine aussi la silhouette d’Hervé, notre voisin et ami d’enfance de Victor.
Arthur est très très ému de voir que ses copains d’école ne l’ont pas oublié.
Il faut dire que la maitresse pointait régulièrement sur la carte la position de Moby sur la planisphère de la classe : une manière maline de leur faire apprendre les océans et continents.
Nous longeons maintenant le fort de Bertheaume, la plage du Trez-Hir, puis Tregana,
Le phare, puis la plage du Minou. Nous tirons des bords dans la rade.
De nouveau Olivier, Ghislaine et Gabin qui nous saluent et trinquent avec nous : ils nous offrent un verre champagne! Merci pour cette gentille attention!
La tourelle du Mengam, signe l’entrée dans la rade à proprement parler, puis le phare de Sainte Anne du Portzic,
et voilà la famille, à bord de La Gamine,
le bateau de mon père
Je reconnais à bord mes parents, mon frère, nos amis Anne et Erwan, ma filleule Liz, sa soeur Gwenn.
Nous croisons le sillage de la la Recouvrance, le vieux gréement emblématique de la ville de Brest.
La Gamine nous amène sous bonne escorte à Brest,
au Port du chateau,où nous avons souhaité fêter notre arrivée!
Nous installons de nouveau notre grand pavois, et passons 24h à couple de la Gamine,
Tout au long de la semaine, se succèderont amis, famille,proches, cousins …
Nous sommes pris tous les soirs : retrouvailles familiales, cousinades, anniversaires, soirée match (nous sommes en pleine coupe du monde!!), sans compter l’inauguration des nouveaux locaux de Poem, la bière des marin. Nous avons soutenu Gérald dans son projet et lui souhaitons bon vent!!
A Brest, je découvre en tant qu’usager le port du Chateau, fort agréable et bien placé, à deux pas du centre ville, mais au calme. J’apprécie la vue sur le chateau, l’ambiance sur les pontons, fréquentés essentiellement par des voiliers de voyage en transit entre les Acores, l’Europe du Nord et le Golfe de Gascogne.Nous passons l’essentiel de notre temps à vider le bateau de nos effets personnels, car il va être vendu à la fin du mois, et changer de propriétaire.Pas de tristesse ni d’amertume, car Moby est le bateau d’un projet : maintenant que nous avons bouclé notre tour du monde, nous sommes sereins de nous en séparer, pour qu’il vive de nouvelles aventures, avec une famille qui donnera vie à ses propres rêves.
Nous savons aussi combien il est prenant d’entretenir un bateau de cette taille, sans vivre à bord, et combien cela est peu compatible avec une vie de terriens avec 3 enfants, une maison, deux jobs prenants, une vie sociale….
Nous quittons Brest le 10 juillet pour une dernière navigation en famille de 1800 NM entre Brest et la Grande Motte, où nous livrons Moby à ses nouveaux propriétaires à la fin du mois de juillet. Nous n’aurons pas trop de 2 semaines pour effectuer cette longue navigation côtière, exigeante en terme de météo-très changeante, et de traffic, toujours très intense en cette période en méditerranée.
Partis des Açores mi-juin, nous avons dû nous résoudre à faire escale en Irlande, car une grosse bulle de calmes nous barrait le passage vers Brest.
Les côtes irlandaises en vue!
Nous passons devant le Fastnet et son célèbre phare au petit matin : C’est Loïc qui est de quart, et qui immortalise le fameux rocher, qu’il avait viré en juin 1998, il y a bientôt 20 ans jour pour jour, lors de la course en double Mini-Fastnet.
Nous longeons la côte sud-ouest de l’Irlande, et passons vers 10h du matin le « Old Head of Kinsale », son phare, et sa presqu’île creusée d’une curieuse galerie sous-marine que l’on aperçoit au ras de l’eau.
Il fait un temps de rêve pour les irlandais depuis un mois, tout le monde est sur l’eau
le soleil cogne, mais la mer n’est qu’à 15°, gla-gla….
et à la plage!!
La côte est sauvage, semées de belles constructions, où le moderne côtoie le traditionnel,
mais toujours bien intégrées au paysage.
Nous arrivons dans l’embouchure de la rivière Bandon, qui crée une sorte d’Aber.
Le site est majestueux, bordé de deux forteresses : l’imposant Fort Charles sur la rive gauche, avec ses bâtiments de garnison, ses tourelles de surveillance, et le fort James sur la rive droite, plus modeste.
Nous entrons dans le port de Kinsale, et déjà, un premier pub, des demeures bourgeoises, fenêtres à meneaux, ouvertures à guillotine,des maisons de ville à bow-window, pas de doute, nous sommes en Irlande!!
Nous allons rester 3 jours dans ce charmant port de pêche et de plaisance avec pour mission de nettoyer et de ranger le bateau, avant de rejoindre les côtes du Finistère.
Le soleil et une chaleur inhabituelles pour l’Irlande : pas moins de 25° en journée, ce qui est plutôt plaisant pour nous, habitués aux chaleurs tropicales.
Le douanier que nous avons accueilli à bord à notre arrivée n’était pas du même avis : le pauvre se plaignait de fatigue, affirmant que l’organisme des irlandais n’était pas habitué à ces chaleurs prolongées!
Après une journée de nettoyage, rien ne vaut une ballade sur le port,suivie d’un Irish Coffee dans un pub,
accompagnée de musique traditionnelle irlandaise,c’est un moment de détente assuré!
J’apprécie beaucoup l’humour irlandais, et les petites phrases, à chaque coin de rue…
Par l’un de ces très beaux après-midi, une équipe média vient nous voir, et demande à faire des photos sur Moby. Il s’avère que nous accueillons à bord la plus célèbre des « Fashion Icon » d’Irlande, Celia Holman Lee, ancien mannequin, créatrice de la plus ancienne agence de mannequin d’Irlande ; elle commente aussi la mode depuis 15 ans sur TV3 Irlande. Le magazine RSVP réalise un reportage sur elle. Prendre la pose, c’est tout un métier, non?C’est drôle de voir combien le fait de vivre en bateau nous fait rencontrer des gens de tous horizons.
Le jour du départ, nous nous accordons une demi-journée de détente, pour aller visiter le « Fort Charles ». Il s’agit d’une forteresse imaginée par l’un des disciples de Vauban, James Archer, un temps ingénieur pour la couronne française, venu vendre ses talents aux irlandais. On reconnait bien sur ce plan, la « patte » de Vauban : une place centrale, gardée par 5 bastions en éventail.
Le port de Kinsale était en effet une escale très stratégique pour la couronne britannique, accueillant en particulier les navires en provenance des Indes occidentales : chargés d’or et de produits des « indes » (les Amériques d’alors), leur cargaison était fort précieuse.
Les canons postés sur les bastions, de part et d’autre de la rivière, devaient empêcher tout navire ennemi de prendre la place.
Dans la forteresse, pas moins de 400 à 500 hommes étaient logés, dans des baraquements fort nombreux, mais surpeuplés : une vraie ville!!
Une légère brise revient sur les côtes d’Irlande, qui va nous permettre de rallier Brest en 24h. Nous appareillons à 21h : qu’il est bon de profiter de ces longues soirées d’été!
Nous quittons Kinsale sous la pleine lune Une belle navigation vers Brest nous attend.
En cette mi-juin, le fameux anticyclone des Açores porte bien son nom car il est centré à quelques dizaines de milles seulement dans le Sud-Ouest de l’archipel. Les prévisions météo le voient quasi-stationnaire pour les quinze prochains jours, avec une dorsale s’étendant vers la France et le Sud de l’Angleterre.
Cela veut dire que les vents seront très faible sur les îles des Açores ainsi que sur l’axe de la route directe vers Brest. Le régime des vents d’Ouest est repoussé au Nord de l’axe Açores – Pays de Galles, le centre des dépressions passant au niveau du Nord de l’Ecosse.
La date limite pour quitter les Açores avec une chance de toucher du vent assez vite est le 16 juin. A partir du 17, les calmes s’étendront sur plus de cent milles nautiques vers le Nord. Cela nous obligerait à de nombreuses heures de moteur pour aller chercher les vents d’Ouest. En partant au plus vite, et en mettant cap au Nord, nous devrions pouvoir progresser sous voiles et nous échapper des griffes de l’anticyclone. Mais je pressens que même si notre destination est Brest, j’envisage déjà une route qui nous ferait passer vers l’Irlande.
Samedi 16 Juin
Nous quittons le mouillage de Praia, sur l’ile de Graciosa, de nuit à 1h du matin. Le vent oscille entre 3 et 5 noeuds, mais nous espérons qu’il va se renforcer un peu une fois dégagés de la côte. Nous hissons la grand voile et le code 0 et conservons un moteur afin de gagner au plus vite quelques milles vers le Nord.
Le temps se dégage vers 10h. Le vent gagne 2 à 3 noeuds, c’est bien car cela confirme notre sortie du coeur de l’anticyclone, mais il change aussi en direction en adonnant vers le sud-ouest, et cela ne fait pas notre affaire. Nous ne pouvons plus utiliser le gennaker, car il n’a pas encore été réparé, et l’état de la mer par rapport au vent ne permet pas encore de porter le spinnaker. Nous n’avons donc pas d’autre choix que d’incurver notre route vers le nord-ouest en attendant que le vent forcisse pour hisser le spinnaker.
A 14h le spinnaker est hissé.
Le vent gagne lentement mais régulièrement quelques noeuds. La progression est satisfaisante tout l’après-midi, bien en accord avec le routage météo. A 18h, le vent est établi à une douzaine de noeuds. Nous recevons la mer par le travers bâbord, ce n’est pas très agréable car le spinnaker a tendance à déventer et demande plus d’attention.
La météo du soir est conforme. Pas plus de 17 noeuds de prévu, augmentation lente du vent jusqu’à demain matin
Nous décidons de garder le spi pour la nuit.
Dimanche 17 Juin
A minuit, 17 kt, nous affalons le spinnaker et envoyons le code 0. Bonne décision car la mer devient agitée et surtout les vagues nous viennent par le travers.
La nuit est d’un noire d’encre. Pas une étoile. La fraicheur humide nous saisit : pas de doute, nous sommes bien dans l’Atlantique Nord. Le lever du jour découvre un temps couvert, de Strato-cumulus bien soudés. La mer reste agitée et le temps se découvre peu à peu.
Des dauphins nous rejoignent, un moment dont personne à bord ne se lasse.
Ils sont particulièrement joyeux et actifs
Les dernières prévisions météo nous confirment qu’il faut continuer de faire route vers le Nord pour ne pas se retrouver dans les calmes de la dorsale qui s’étend vers la Bretagne.
Vers midi, nous déportons le Code 0 sur la coque BB car le vent prend du Sud. Le temps alterne soleil et banc de brume : la couche de stratus est visiblement très fine.
Vers 14h, la mer devient moins hachée et Moby commence à bien glisser. Nous attentons la météo de 12UTC pour définir le moment de l’empannage.
La météo favorise toujours de monter vers le Nord, bâbord amure, au moins jusqu’à demain matin. Le vent doit monter graduellement vers 22-25 noeuds moyen, rafales à 30. En fin d’après midi, nous prenons le 2° ris puis remplaçons le code 0 par le solent juste avant la nuit. Nous accusons une perte de vitesse dans cette configuration sous-toilée, mais si les prévisions sont justes, c’est la toile qu’il nous faudra en milieu de nuit, alors autant anticiper la manoeuvre et être tranquille ensuite.
Lundi 18 juin :
La nuit s’est bien passée, avec une route moyenne au 015°, le temps est resté principalement couvert, mais quelques courtes éclaircies nous ont laissé voir un ciel bien étoilé. La mer a grossi un peu mais reste bien maniable, compte tenu que nous la prenons sur notre travers bâbord.
Au lever du jour, il bruine, la visibilité est inférieure à 2 milles nautiques. Le vent est sensiblement moins fort que prévu mais la pression est en baisse constante. J’attends avec impatience de découvrir les fichiers météo de 6h UTC, pour voir ce qu’il advient de la petite dépression secondaire sensée se former en arrière du front. Quand les fichiers tombent, je les étudie en détails : il devrait pas y avoir de gros changement pour les prochaines 24h. Nous allons empanner en milieu de journée, pour faire enfin provisoirement une route directe vers Kinsale. Notre retour à Brest s’accompagne donc bien comme je le pressentais d’une escale en terres irlandaises.
En revanche, les prévisions au delà de 24h sont très différents de ceux de la veille : la dépression secondaire va se former en arrière du front mais devrait se combler en moins de 24h, car elle se fait avaler par un anticyclone se trouvant au sud du Groenland qui gonfle rapidement en se déplaçant vers l’Est. Il doit atteindre l’Ouest de l’Irlande dans 3 jours, c’est à dire le 21 juin. Les fichiers GFS et ECMWF divergent beaucoup au delà de 36h, cela m’incite à relativiser la situation. On verra demain dans quel sens tout cela va évoluer!
En attendant, sur le court terme, c’est empannage dans les heures à venir et route au 060° pour environ 24h, jusqu’au moment où le front nous dépassera.
Nous décidons d’empanner à 11h15. Alors que je suis devant, sur le trampoline, à larguer le barber de solent, je me fais surprendre par 2 paquets de mer, à 10 secondes d’intervalles. Je suis trempé, je peste car je n’avais pas jugé utile de mettre mon ciré et mes bottes! En plus elle est bien fraiche l’eau de l’Atlantique par 47°N/27°W, une quinzaine de degrés maximum.
Maintenant que nous sommes tribord amures, nous recevons les vagues de derrière et le bateau glisse mieux, plus confortablement. Nous réussissons même à gagner quelques degrés au Nord de la route directe. Nous sommes partis pour un long bord tribord amure.
Mardi 19 juin :
Le vent continue de forcir régulièrement : le 3° ris est pris peu après minuit et le solent roulé de 5 tours, ce qui nous permet d’avancer très confortablement à 150° du vent. La visibilité reste faible ou nulle toute la nuit, rendant la veille constante et fatigante. L’arrivée de l’aube est bien appréciée, d’autant plus que le plafond bas se lève un peu et permet de voir à 1 ou 2 milles.
A partir de 9 heures du matin, le ciel s’assombrit derrière nous, signe que le front est proche.
Le vent monte d’une force et les rafales atteignent 40 noeuds.
En 30 minutes, le vent effectue sa rotation vers le Nord-Ouest puis baisse sensiblement.
A midi, le vent passe sous les 20 noeuds. Je largue le 3° ris mais dois le reprendre quelques dizaines de minutes plus tard lorsque le vent passe au Nord en fraichissant à nouveau.
Le passage du front avec la saute de vent du Sud-Ouest au Nord rend l’état de la merforte et croisée. C’est rare de rencontrer une variation aussi brutale du vent au passage d’un front. En trente minutes, le vent à tourné de 130°et une heure après il est quasiment à 180° de direction initiale! Il est impossible d’avancer à plus de 7 noeuds dans ce véritable champ de mines. Il nous faut garder le bateau sous-toilé et choquer les voiles pour avoir le minimum de vitesse.
Mercredi 20 juin :
Retour aux conditions anticycloniques!
La mer s’est rangée progressivement au cours de la nuit. Il a enfin été possible d’augmenter un peu la vitesse. Au lever du jour, les 2 ris sont largués. Le vent souffle à une douzaine de noeuds et nous faisons route au près bâbord amure, à 50° du vent. Le temps est couvert et humide, la température ne dépasse pas 14°C en milieu de journée, ce qui donne une sensation de froid auquel nous ne sommes plus habitués.
La météo du soir change un peu la donne, en prévoyant l’arrivée d’un centre de hautes pressions venu du Groenland, se décalant vers l’Est et qui doit enfler et ralentir en approchant l’Ouest de l’Irlande. Il va générer des vents contraires et assez faibles sur notre route et bien ralentir notre progression vers Kinsale qui est encore à 400 milles.
Jeudi 21 juin :
Les bonnes nouvelles du jour : mer calme et soleil, même si il fait toujours frais. Le vent est très faible et sa direction nous oblige à tirer des bords pour rejoindre l’Irlande. Les informations météo ne sont pas très convaincantes, les fichiers ne sont pas d’accord sur la position du centre de l’anticyclone à échéance de 24 heures. Je préfère ne pas miser trop sur une option et choisis de rester tirer des petits bords sans top m’éloigner de la route directe. Le gain sur route est faible, nous ne sommes pas habitués à ça sur Moby, mais le moral de l’équipage est au beau fixe. Ca ne bouge pas, on mange bien et les activités de divertissement sont nombreuses, comme ici Arthur au chaud devant un bon film.
L’école est finie à bord, mais les occasions ne manquent pas pour s’instruire. Ici Loïc explique le naufrage du Titanic.
Le coucher du soleil est superbe.
Vendredi 22 juin :
Le vent s’est maintenu toute la nuit. Voyant le vent commencer à baisser et craignant de trop me rapprocher du coeur de l’anticyclone, vers 2 heures du matin, nous virons de bord pour faire route au Sud-Est. Le début du bord est frustrant car le vent refuse et nous faisons parfois route au 160°. Mais j’essaye de croire dans les prévis météo qui indiquent une sensible rotation des vents à proximité du 50eme parrallèle Nord. C’est ce qui se passe vers 4 heures du matin. Nous retrouvons enfin un gain acceptable vers la destination.
Au matin, le vent est du 075°/11KT, nous progressons bien, même si le capot s’est levé et que nous tapons parfois dans les vagues. Le vent mollit et la mer devient plus calme dès le milieu de matinée. Le soleil brille, ce qui vient réchauffer la température du bord, qui était tombée à 12°C au lever du jour. La journée se passe agréablement, sous un long bord bâbord amure vers le Sud-Est.
A 18h, le vent tourne de quelques degrés vers l’Est. Tribord devient l’amure favorable et pour la première fois depuis longtemps nos étraves pointent vers la destination. Cela fait toujours plaisir sur le moment, même si nous savons bien que l’évolution du temps prévu pour la nuit va une nouvelle fois nous contraindre à tirer des bords.
Samedi 23 Juin :
Lorsque je prends mon quart à 2 heures du matin, nous sommes toujours au près, à 50° du vent tribord amure, cap sur Kinsale. Le vent a molli de façon régulière en nous rapprochant du coeur de l’anticyclone qui est maintenant centré dans l’Ouest immédiat de l’Irlande. Tant que les conditions nous permettent d’avancer à 5 noeuds, nous continuons sur ce bord. A 4 heures du matin, il est temps de virer, pour ne pas risquer d’être encalminé. C’est reparti pour un recalage dans le Sud-Est, qui devrait durer quelques heures, jusqu’à retrouver un vent d’une dizaine de noeuds.
Au lever du jour, nous croisons un voilier de 18m, MATSYA, qui n’a pas comme nous la patience de tirer des bords et fait route sous grand voile et moteur à 7 noeuds.
La journée s’annonce aussi belle que la veille, avec l’impression que la température se radoucit sensiblement ; peu-être pourrons nous passer un peu de temps dehors sur le pont aujourd’hui?
Les côtes irlandaises approchant, j’ai consulté ce matin les cartes des courants de marées le long de la côte Sud. Flot et jusant se font sentir assez loin au large et nous commençons à voir leur effet surnotre navigation.
Le vent d’Est oscille entre 6 et 8 noeuds toute la journée et nous continuons notre route vers le SW de l’Irlande au près tribord amure. Un contrebord de presque 3 heures le matin pour profiter d’une légère rotation à gauche du vent.
Certes nous n’allons pas bien vite, mais nous savourons le plaisir de la navigation tranquille à la voile. Nous avons la visite de deux pigeons voyageurs qui profitent de se reposer sur notre bateau quelques heures.
Nous leur donnons de l’eau et quelques miettes de pain. Une fois reposés et rassasiés, ils nous quitteront et s’envoleront vers l’Est en direction de l’Europe. D’ou viennent-ils et où vont-ils? Nous ne le saurons pas.
Encore une belle fin de journée et un joli coucher de soleil sur l’Atlantique.
A 20h, nous passons sous la barre des 100 milles de l’arrivée et le vent s’évanouit presque complètement avec la tombée de la nuit. Heureusement, la mer est d’huile, sans la moindre houle, ce qui n’arrive pas si souvent.
Cela nous permet de toujours progresser à 4 noeuds vers notre destination. Nous n’envisageons pas une seule seconde utiliser le moteur, qui viendrait troubler le charme de la nuit. La lenteur de notre progression est toute empreinte de sérénité, et tout le monde à bord savoure ce calme d’une navigation à la voile, paisible.
Dimanche 24 juin
Le vent s’est maintenu entre 2 et4 noeuds toute la nuit et nous avons bien progressé. Une heure avant le lever du soleil, j’aperçois sur notre avant bâbord l’éclat du phare du Fastnet.
Le soleil se lève sur une mer d’huile, le vent est complètement tombé et nous contraint à faire une heure de moteur.
Quand la mer se ride à nouveau, il nous reste 45 milles à parcourir pour contourner the Head of Kinsale, ce qui nous prend presque 10 heures.
La côte est magnifique, ces baies, ces caps, ces couleurs!
Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de la côte, nous ressentons la chaleur de la canicule qui règne sur l’ouest de l’Europe depuis quelques jours, comme nous le démontrent ces irlandais en slip de bain!
A notre arrivée au ponton à 17h, il fait encore 28°C! Nous retrouvons la vieille Europe, même si ce n’est pas encore le continent, cela commence à sentir la fin du voyage…
Nous quittons Sao Jorge sous des abords lugubres : des lambeaux de nuages accrochés aux sombres falaises, donnent à la pointe de Rosais une allure fantomatique.
Graciosa, apparait tout de suite plus douce et rieuse : Ce grand bâtiment, au sud de l’ile, ce sont les Thermes de Carapacho, zone balnéaire réputée pour sa source d’eau chaude soufrée et ses piscines naturelles.
Puis le phare de Carapacho, les iles de Baixa et Comprido, réserves naturelles, les flancs de la Caldeira, habillés de pâturages pixelisés,
des maisons anciennes, traditionnelles, des champs…et enfin, le village de Praia, qui comme son nom l’indique, abrite la plus jolie plage de l’île.
Les moulins rénovés, témoignent du passé agricole de l’île : on les prendrait facilement pour les tourelles bâbord d’entrée du port!
Aujourd’hui, petite journée de navigation entre Faial et Graciosa, nous avions une mission : terminer le dernier des 74 devoirs de Victor, à rendre au CNED au plus tard le 15 juin-dans 2 jours donc…! Comme le sujet d’art plastique ne l’inspirait pas, nous nous y sommes tous mis en famille :
SUJET : « Construire, avec des matériaux de récupération, une maquette d’une construction, pour des hommes qui vivraient sur une planète où les intempéries n’existent pas, et où leur seule quête est celle du bonheur…. » Gloups, le sujet est un peu intimidant pour un ado qui bosse tout seul.
Nous voilà tous les 4 (Loic se concentrait sur la navigation…), à lancer nos idées, et les mettre sur papier sous la forme d’un mindmapping. Puis à imaginer les différents éléments du projet, les matériaux à notre disposition, limités à la « poubelle de recyclables » du bord, et la caisse de bricolage des enfants.
Au final, en 5 à 6 heures de travail collectif, sous la supervision de Victor, voilà notre résultat :
Une maison assez simple, pour s’isoler, s’instruire, avec une bibliothèque et une terrasse pour regarder les étoiles. En brique de lait, batonnets de bois, cure-dent, pâte à modeler
un grand jardin en pleine nature, avec un verger pour les fruits, un potager, en pâte à modeler, papier de soie, bouchon de liège,
une cascade pour se laver, un bassin pour l’agrément, des tables, un feu de camp et un BBQ pour cuisiner avec convivialité, des hamacs pour se reposer, avec des arbres pour attirer les oiseaux, en boite de récup’ en métal, flacon de crème, carton, papier de soie….
une plage de surf pour être au plus près des éléments, quelques animaux d’élevage, chats et chiens pour la compagnie : voilà pour Victor le concept du bonheur!
Quelques jours plus tard, le résultat tombe : 17/20, on peut être fiers! L’enseignant n’a visiblement pas sanctionné Victor pour le travail collectif réalisé en famille, mais a souligné l’engagement dans le travail et l’effort de mise en forme.
L’année de CNED se termine, après 8 mois de travail sans discontinuer, 84 devoirs rendus dans 11 matières. Un vrai marathon dont il se tire avec les honneurs, sans une seule impasse, avec de bons résultats dans toutes les matières, et surtout de solides bagages pour entrer en seconde au lycée l’année prochaine.
En fin d’après-midi, je descend à terre avec Loïc pour les formalités. La réglementation aux Açores exige de se présenter dans chaque nouvelle île aux gendarmes : c’est fastidieux certes, mais l’accueil est sympathique.
la Gendarmerie de Praia
Je rapproche cela des traditions polynésiennes, de la « coutume », qui veut qu’à Fidji, en Nouvelle-Calédonie, ou au Tonga, il faille se présenter au chef du village pour y faire un cadeau, ou simplement dire qui nous sommes, d’où nous venons, où nous allons. En tant que voyageur, il me semble que c’est la moindre des politesses.
Il faut dire qu’aux Acores, la paperasse est réduite, et c’est le gendarme qui s’en charge. Dans d’autres pays, les formalités sont interminables (Afrique du Sud), le douanier particulièrement revêche (Antigua), on nous trimbale de bureau en bureau (Bali), le contrôle sanitaire est une épreuve de stress (Nouvelle-Zélande), encore plus quand les plongeurs inspectent la coque à la recherche de coquillages indésirables (Galapagos)…. Oserais-je extrapoler et dire que le degré de civilisation d’un pays est proportionnel à la qualité de son accueil? On verrait dans ce cas Antigua et l’Afrique du Sud tout en bas de la liste, et la Polynésie Française, tout en haut, avec une mention spéciale pour les îles des Antilles françaises où les formalités d’entrées peuvent se faire via un ordinateur chez un commerçant!! Une des raisons pour lesquelles nos îles d’outre-mer sont si prisées par les navigateurs étrangers.
Nous profitons d’être à terre pour faire un rapide tour du front de mer : la plage publique est équipée comme celle d’un hôtel 4*le port de pêche,
Le lendemain, il fait très beau!
Moby mouillé au pied de la Caldeira
Nous partons à l’assaut de la caldeira, ce cratère qui domine l’île de Graciosa. Avant d’y accéder, nous devons marcher 2km sur les petites routes, à travers les hameaux d’un quartier très rural : chacun cultive son potager, ses vignes, et élève vaches ou chèvres.
Graciosa fut pendant quelques siècles le grenier à blé – et à maïs- des Açores, en témoignent ici ces anciennes meules de pierre, et les moulins, que l’on trouve massés tout près du port. Partout, des fleurs, des plantes aromatiques devenues sauvages, l’air embaume, et des oiseaux pépient constamment, il n’y a pas un instant de silence, malgré le calme des lieux.
Nous y voilà, tout près du « gouffre au souffre », curiosité naturelle et géologique qui se visite.
Nous découvrons avec étonnement que l’accès se fait via une route et… un tunnel! Cet ouvrage d’art des années 50 a voulu faciliter l’accès au site aux touristes. Nous sommes un peu déçus car nous préférons marcher sur des sentiers pédestres que sur des routes. Mais les lieux sont très calmes, nous ne croiserons que 2 voitures pendant tout le trajet, et pas un seul car.
Nous nous arrêtons déjeuner dans cette clairière, magnifiquement ombragée, qui déroule sous nos pieds un tapis de menthe sauvage, doux et odorant. Nous sommes au fond du cratère : quel panorama!Un peu plus bas, les hortensias commencent à fleurir. Ca y est, nous entamons la descente vers le gouffre.
Anna a trouvé en chemin, ces siège taillés dans des souches, malin!
Le bâtiment du parc détonne dans le cadre, avec son look résolument moderniste, mais qui se fond finalement assez bien dans le paysage, avec ses grandes baies vitrées, sa plate-forme d’observation en porte à faux,
Nous longeons un premier gouffre, et descendons vers les lieux…L’accès se fait via une tour maçonnée de 180 marches, 6 étages, l’équivalent du phare de St-Matthieu!
Le site est spectaculaire, une immense grotte,accessible par 2 gouffres,
avec à son extrémité une source de soufre qui fait des bulles et des gargouillis odorants, et en contrebas, comme une plage… et un petit lac baptisé fort opportunément : le lac du Styx!
Arrivés en bas, l’odeur de souffre, forte, nous cueille à la gorge ; des capteurs de CO2 surveillent la zone. Elle est sans danger aux abords de la promenade guidée, mais beaucoup plus hasardeuse pour les malheureux qui s’en éloigneraient. Près du lac-là où se trouve la barque, un humain n’aurait que 10 à 15mn d’autonomie, à cause des fortes concentrations de gaz
Nous remontons le gouffre, puis les pentes de l’intérieur de la caldeira , avant de redescendre vers Praia. L’ambiance est toujours aussi agréablement champêtre,et fleurie.
Nous remplissons nos gourdes à la fontaine d’un des hameaux.
Il est 17h, à Praia, la plage est animée en cette fin de journéePas de touristes, mais des habitants, des familles, des jeunes venus profiter de la plage, de la baignade. Le lieu est éminemment social, avec ses transats, son bar, le quai…Nous en profitons pour nous relaxer sur les chaises longues après un arrêt au bar : la première gorgée de bière est exquise! Puis je vais gouter l’eau avec Anna, pour détendre nos pieds après cette longue marche. Elle a chauffé toute la journée sur le sable gris, atteignant 22° à 23° je dirais : nous tentons la baignade, elle est bonne!
De retour à bord, nous savourons la vue sur la caldeira, celle que nous avons gravi à pied aujourd’hui, elle est désormais recouverte de nuages.
Le lendemain matin, le programme est moins sportif, car nous avons loué une voiture, pour faire le tour de île. Les enfants, qui aiment marcher, et en particulier gravir les sommets, apprécient aussi alterner une journée de marche avec une journée moins sportive. En quittant le port, direction Santa Cruz, nous découvrons cette fabrique de plots en béton. : une marina est en effet en construction quelques part ente Praia et Santa Cruz, la ville principale, de Graciosa.
Nous nous mettons à la recherche du site. Nous savons aussi qu’une marina doit ouvrir dans le courant de l’année 2018, très prochainement donc.
Nous nous attardons quelques instants sur les moulins qui s’alignent à proximité du port de Praia. Il était sans doute pratique de moudre le grain tout proche des sites d’expédition de la précieuse farine, devant alimenter toutes les Açores.
Nous prenons un peu de hauteur et apercevons d’un côté l’usine à Praia, et de l’autre, la nouvelle marina, à Santa Cruz. Les travaux sont en effet en cours, et bien avancés. Un peu plus loin, la ville de Santa Cruz
Et derrière nous, la caldeira et les champs.
Nous nous arrêtons à Santa Cruz jeter à oeil au front de mer:pas de véritable port, mais une cale de mise à l’eau,
et une piscine naturelle, où les jeunes de l’île se retrouvent :Le soleil chauffe les pierres de basalte noires, réchauffant l’eau peu profonde. Un peu plus loin sur la côte c’est un aménagement d’une autre ampleur : la piscine naturelle de Barro Vermelho, aménagée de docks en bois, zones de BBQ, camping : c’est un espace de villégiature estival pour les habitants. Déserte à cette heure, on l’imagine animée les vacances et fins de semaines.
Puis au nord de l’île, le phare de Punta da Barca,
sur les hauteurs, qui nous offre une vue sur des îlots déchiquetés par l’érosion.
Cap à l’Ouest, nous sommes dans les nuages : la côte au vent, est souvent plus nuageuse que la cote sous le vent.
Cette scène champêtre n’est pas inhabituelle : l’éleveur n’est pas loin et surveille.
Et toujours, les hortensias….qui font particulièrement bon ménage avec les vieilles pierres. Toujours aussi les hibiscus, libres comme ici ou en ville, taillés en haies touffues.
Graciosa mérite amplement son surnom de « Grenier à blé des Acores » : elle est véritablement agricole et traditionnelle, comme en témoignant ces épis de mais qui sèchent, et cet âne qui porte son barda. Nous revoilà en bord de mer, au port de Folga, avec sa cale de mise à l’eau et sa grue. Puis quelques kilomètres plus loin, nous retrouvons les thermes de Carapacho, que nous avions vus de la mer en arrivant à la Graciosa. Des piscines naturelles et aménagées, et à l’arrière, de véritables thermes alimentés par une source d’eau chaude soufrée : l’accès à la piscine intérieure est possible, pour 30mn maximum, l’eau est très chaude et avoisine les 40°!!
Nous déjeunons sur les hauteurs de Carapacho, dans un petit snack-bar qui ne paie pas de mine, et c’est délicieux, traditionnel : une cuisine à l’ail et au beurre, comme celle que faisait ma grand-mère… je me régale d’un poulpe grillé au four (qui nage dans une demi-livre de beurre salé), et Loïc d’énormes gambas grillées tout juste parfaites. accompagné d’une bière Sagres.
Jouxtant les thermes, un petit camping ravissant, vue mer, équipé comme toujours d’immenses BBQ en pierre de lave, et de grandes tables conviviales : on imagine sans peine les longues soirées d’été, relaxantes, après les journées passées à lézarder au soleil et se rafraîchir dans la mer, les virées dans la lande. Des plaisirs simples, mais bons!
Je remarque partout sur l’île ces arbres aux floraisons rouges si caractéristiques :
des « pohutukawas » de Nouvelle-Zélande!
Je reconnais formellement les Pohutukawas, arbres endémiques de Nouvelle-Zélande, que l’on partout là-bas en bord de mer, en particulier dans l’ile du Nord. Ils semblent s’acclimater particulièrement bien aux Acores. Je suis tout à coup nostalgique de ce pays qui m’a énormément séduit, et me rend compte que le climat de la Nouvelle-Zélande et des Acores est très similaire : un soleil intense, des étés chauds mais tempérés par des apports océaniques ; des hivers doux. Je réalise que la latitude des Acores correspond à celle d’Auckland, et du Golfe d’Hauraki, l’un des bassins de navigation que nous avons le plus fréquenté en Nouvelle-Zélande. Autres similitudes : la gentillesse et la simplicité des habitants, relativement détachés du mode de vie consumériste occidental, les espaces naturels – nombreux, la mer – très présente, la nature – généreuse, le mode de vie simple : petites maison, vie de plein air, nombreux espaces verts aménagés pour la population….Ajouterais-je : du bon vin, du fromage, et des fraises, c’est le paradis!
Voilà pourquoi les Acores me plaisent tant!
Nous remontons sur les hauteurs du phare de Carapacho; qui nous offre une belle vue sur les roches, et sur le petit quartier de villégiature des thermes en contrebas.
Sur la route du retour, nous faisons un stop à la caldeira, que nous avons grimpé hier ; mais de nombreuses autres routes et chemins sillonnent le cratère; nous décidons d’emprunter la route circulaire qui devrait donner une très belle vue panoramique sur l’île, toujours aussi fleurie. En effet : vue sur le phare de Carapacho,
puis sur Luz, un village de l’intérieur des terres,
enfin, sur la caldeira elle-même. Nous tombons aussi un peu par hasard sur un sentier qui amène à un tunnel de lave, puis à un sentier sur la crête du cratère, qui dessert une tourelle de point de vue.Panoramique, la vue : nous devinons le volcan de Pico, sur l’île voisine, qui pointe son sommet derrière les nuages.
La vue est plongeante sur l’un des gouffres de la caldeira : Il parait que ces cavités, visitées uniquement pas des spéléologues confirmés, sont dignes du« Voyage au Centre de la Terre! » de Jules Vernes : Arthur se voit déjà revenir dans quelques années en spéléologue…
Nous croisons beaucoup de ronces en fleurs, ce doit être le paradis des mûres en fin d’été!
Côté extérieur, c’est une vue sur les villages du plateau central.
De retour sur la route circulaire, nous avons un joli point de vue sur le port de Praia, et Moby au mouillage.
Nous redescendons par là où nous sommes arrivés, entre les vaches et les champs.
Puis nous voilà de retour au port de Praia, où Moby nous attend sagement au mouillage, aux côtés de Skoiern, vieux gréement norvégien, battant pavillon français : ses propriétaires Patrick et Anne-Marie naviguent dessus depuis 40 ans, privilégiant les eaux froides des latitudes tempérées : Alaska, Patagonie, Europe du Nord… ils rentrent en Bretagne puis en Norvège fêter les 100 ans de leur bateau, mis à l’eau en 1918!
Nous passons une dernière soirée à la Graciosa, en nous régalant comme tous les jours de fraises locales, accompagnée de délicieuse crème fouettée.
En milieu de nuit, nous appareillons pour l‘Irlande, notre toute dernière escale avant Brest!
Les prévisions météos ne sont pas folichonnes, et nous poussent à partir au plus vite ; nous serions bien restés quelques jours de plus pour visiter Terceira, dernière petite ile du groupe du Centre (avec Faïal, Pico, Sao Jorge et la Graciosa), mais plus nous tardons, plus nous prenons de le risque de rester « piégés » aux Acores, 8-10 jours, voir plus….Or nous avons rendez-vous à la Pointe du Finistère tout début juillet, pour y fêter en famille les 80 ans de Louis, le Papa de Loïc, notre plus fidèle supporter, qui nous pointe tous les jours depuis 2 ans et demi sur ses cartes et son journal de bord….Vivement les retrouvailles.
Nous arrivons à Sao Jorge en fin d’après-midi, au village de Velas, qui dispose d’une petite marina où nous avons une place à quai :
seul moyen de caser Moby avec ses 8m de large dans cette petite marina des Acores…
Nous déambulons en ville, et allons faire quelques courses,
à la recherche en particulier du célèbre fromage de Sao Jorge, affiné 7 mois…. un régal!
Le maitre du port nous accueille avec une gentillesse désarmante, et se plie en quatre pour nous faire plaisir. Il nous trouve une voiture de location pour le lendemain et nous donne mille conseils sur les sites à visiter avec les enfants, les marches sympas, les restaurants, les randos en paddle….. Il nous faudrait 8 jours de plus tant il y a à faire!
L’eau du port est d’une limpidité, qui donnerait envie de piquer une tête!A travers les hublots de la salle de bain, je vois les poissons et le fond.
Nous ne pourrons faire le tour de l’ile en voiture dans la journée : l’île fait 50km de long, dont la moitié de petites routes sinueuses en terre. La curiosité géologique de Sao Jorge, ce sont les « Fajas », sorte de plateaux de bord de mer formés il y a des siècles par des coulées de lave qui se sont refroidies au contact avec la mer.
Faja de Norte Grande
Ces Fajas sont plus souvent construites de villages, plats, au pied de falaises escarpées, et ont une vocation agricole avec leurs terres très fertiles.
Elles contrastent avec le corps de l’île, assez massif et élevé de falaises abruptes. Certaines fajas ne sont accessibles qu’à pied, et me font penser aux « îlets » réunionnais : ces plateaux isolés dans les cirques, portant un hameau ou un village, qu’on atteint par des chemins ou des routes en lacets interminables.
Des que nous quittons Velas pour les hauteurs, nous remarquons cette physionomie si particulière des fajas.
la faja de Velas
Nous nous rendons à la faja de Vimes, où l’on cultive du café. La route qui descend au village est spectaculaire : l’à-pic d’un côté,
la forêt de l’autre. La route est émaillée de points de vue sur la côte,
et merveilleusement fleurie, d’hortensias, mais aussi d’amaryllis sauvages. Nous sommes accueillis chez un producteur : sa maison tient lieu de café.
Nous visitons ses plantations, et dégustons bien sûr un expresso, accompagné de délicieuses pâtisseries maison : flans au café, et tartelettes aux épices douces. Leur jardin est un bonheur des yeux en ce début d’été : les vignes sont florissantes, les fruits de la passion déjà gros,
fleur de passion
le potager dimensionné pour nourrir la famille toute l’année : il semble que tout pousse ici!
Les enfants découvrent le caféier, et ses différents stades de récolte et de séchage.
A l’étage, donnant sur la terrasse avec vue sur Pico, son épouse tient un atelier de tissage à l’ancienne, et confectionne des dessus de lit colorés traditionnels. Nous sommes très impressionnés par les machines à tisser, actionnées à la main, qui demandent à la fois force et dextérité. Nous restons un bon quart d’heure à observer leur technique ancestrale : leurs bras forment un ballet à 4 mains hypnotique, la navette se faufilant dessus, dessous, quelques petits mouvements de crochet de temps à autre, puis les battements bruyants et assourdissants du métier : le sol en tremble!!!
A deux sur un métier, elles mettent une semaine à confectionner un grand couvre-lit.
Notre second stop est sur la côte nord, moins ensoleillée; Nous garons la voiture à la faja dos Cubres ….,
la faja dos Cubres
pour une marche d’une heure environ, qui nous mènera à la Faja de Santo Christo, accessible uniquement à pied,comme toutes les fajas de la côte nord-Est, et où subsiste un mode de vie très traditionnel.
C’est parti!
Nous traversons un premier hameau, en rénovation, la faja do Belo.
Et comme toujours, une fontaine à la sortie du village.
Nous continuons, encore quelques kilomètres, et nous voilà en vue de la Faja do Caldeira do Santo Christo, qui a ceci de particulier : une lagune, accessible par la mer, qui en fait un petit port naturel abrité.On y arrive seulement par cette piste, à pied ou en quad. On y pêche des coquillages, c’est aussi un spot de surf réputé. La preuve, cette maison des surfeurs, à louer en groupe! J’imagine en saison, des stage de surf, des bandes de copains…
Les allées sont bordées d’aloès, d’hortensias,de cannas, d’agapantes,ou d’iris…
et comme partout, une fontaine en bordure de village.
Voici l’église bien sûr, incontournable, et on devine que ce bâtiment qui la jouxte est l’ancienne école, avec sa cour, son muret.…Le sentier continue vers l’Est, et la Serra di Topo.
Mais nous devons rebrousser chemin, et récupérer notre voiture de location. Un petit détour par le lagon :
J’aurais bien tenté une baignade, mais le reste de la troupe vote pour un retour au bercail! Alors après quelque ricochets, nous rentrons. Sur le chemin du retour, nous apercevons l’île de Terceira au Nord,
et celle de Pico, au sud. Demain, nous appareillons pour La Graciosa, une autre île toute proche.
Ca y est, quelques dizaines de milles nous séparent de la rade de Brest, beaucoup d’émotion en perspective pendant ces 3 heures de navigation qui nous ferons passer devant le phare de St – Mathieu, notre maison de CreachMeur, le Fort de Berthaume, la plage du Trez-Hir, Le phare du Minou, le goulet de Brest…
L’île de Faial se profile en milieu de matinée, austère avec ses falaises de basalte trouées de grottes, des bandes nuageuses s’étirant sur ses flancs, et des petits villages accrochés dans les plis du relief.
Nous approchons de Horta, port et village principal de Faial qui se cache derrière un étonnant cône volcanique effondré en pleine mer : le Monte da Guia.
L’arrivée se fait sous un bon crachin breton, comme si une procédure d’acclimatation était prévue pour les nouveaux arrivants en provenance des latitudes tropicales.
Nous découvrons le village de Horta, très graphique : maisons aux murs immaculés, toits immanquablement ocres, pierre basaltique anthracite donnant à la ville qui s’étage sur la colline un air solennel et chaleureux à la fois.
Le port est bondé, nous mouillons derrière le quai, entre la marina et les bateaux de pêche, et enfilons bottes
Bénédicte en bottes
et chaussons pour la semaine, qui s’annonce fraiche.
et Victor en chaussons irlandais 😉
Le lendemain, le soleil pointe son nez et nous en profitons pour sortir nous aérer. La vue sur Pico, l’île voisine, est dégagée, et son volcan nous surplombe avec élégance.
Nous déjeunons en terrasse au café Sport (chez Peter),
institution locale, puisque le bar, célèbre dans le monde entier pour y accueillir chaleureusement les marins de retour de transat, fête ses 100 ans cette année! Je goute le plat emblématique des Acores : la morue grillée au four, accompagnée de la bière locale, la Sagrès.
Nous sommes aussi fascinés par les sculptures à l’extérieur, qui tout de suite ont attiré notre regard :
le bras de liaison du trimaran de Jean le Cam
c’est bel et bien du carbone! Mais là, il s’agit de morceaux d’épaves reconditionnées par un artiste français : Jean-Noël Duchemin. Bras de liaison ou tronçons de mat de multicoques de courses : c’est original, majestueux, et offre une seconde vie à des fragments de ces bêtes courses qui ne méritent vraiment pas de pourrir au fond des océans.
un fragment de mat du trimaran Groupama de Franck Cammas, (route du rhum 2002)
4 autres pièces de carbone, en provenance des bateaux de Franck Camas ou Michel Dejoyeaux se dressent fièrement vers le ciel et ponctuent la rue, tels des troncs d’arbres composites.
Nous partons ensuite en ballade digestive sur le Monte Da Guia justement, que nous avons aperçu en mer. Ce cratère effondré surplombe Horta, dont il n’est séparé que par un court isthme, et une belle plage de sable noir, très abritée. Sur les hauteurs, nous observons l’organisation de la ville.
Suivent 48h de temps maussade, couvert, avec peu d’éclaircies. Nous en profitons pour avancer le matin sur l’école, qui est presque finie : Victor a jusqu’au 15 juin pour rendre ses dernières évaluations du CNED. J’ai calé le programme d’Arthur et Anna sur les mêmes dates, ce qui devrait nous amener d’ici 2 semaines à de belles grandes vacances!
Nous revenons déjeuner un midi dans l’un de ces petits bistrots du quartier de Porto Pim, qui propose sandwiches, quiches, beignets, et assiettes de fromage de Morro (à quelques km d’ici)Nous retenons aussi une farandole de mini-desserts délicieux comme des tartelettes aux noix ou les fameux « pastéis de nata », dessert emblématique du Portugal : des tartelettes de pâte feuilletées fourrées de crème parfumée aux épices légères….Dé-li-cieux!
Nous descendons ensuite sur Porto Pim,
l’ancien port baleinier de Horta, avec sa porte
et sa cale en pierre de taille du 17ème siècle,
La houle se brise sur les murs, et nous imaginons sans peine l’ambiance vivifiante en plein hiver…
Nous flânons sur le bord de mer et dans les rues, en attendant notre voiture de location qui sera prête en fin de journée.Nous avons en effet entrevu une étroite fenêtre de temps ensoleillé ; nous avons l’intention d’en profiter pour faire le tour de l’île de Faial
Partout en bord de mer, ces petits sièges aménagés dans les murets, propices à la contemplation.
J’aime aussi ces trottoirs pavés de pierres noires et blanches, dessinant des motifs simples,
ces petites ruelles piétonnes nichées entre 2 murs, ces allées couvertes et ces escaliers menant à d’improbables ruelles piétonnes : c’est une ville où il fait bon se perdre.
Très graphiques encore les façades des églises, en pierre de lave taillée, aplats de chaux, portes ouvragées noires, boiseries blanches, cloches en fonte, parvis pavé blanc/noir.
A 17h, nous avons notre voiture pour 24h! La quête fut difficile car la demande est forte : l’immense majorité des voiliers en transat retour d’Europe choisit Horta comme point de chute, et tous se sont rués sur les locations pendant ces 48 de beau temps….. Parmi les 9 îles habitées des Acores, Faial est la première à offrir un bon abri, avec son port bien protégé et une grande marina. Seule Sao Miguel offre des infrastructures comparables, à Ponta Delgado, mais il faut encore naviguer 150NM. Pendant 2 mois, entre mai et juin, le port d’Horta ne désemplit pas. Juillet et août sont aussi traditionnellement très fréquentés, avec cette fois les voiliers venus d’Europe du Nord y passer l’été, attirés par le climat doux, de beaux paysages et un coût de la vie très raisonnable. Seul inconvénient : les mouillages bien abrités sont quasi inexistants, il faut les pratiquer par très beau temps, et aller le reste du temps de port en port. Heureusement, la majorité des petites îles offre maintenant de petites marinas modernes, telles à Sao Jorge, Terceira et bientôt Graciosa.
Nous partons faire le tour de l’île par la route circulaire, en un peu plus d’une heure.
Les points de vue sont nombreux : ici, une coulée de lave récente (datant de 1672), a détruit 2 villages, provoquant l’émigration de nombreuses familles au Brésil. Les coulées ont refroidi au contact de l’eau, formant un plateau de bord de mer appelé « Faja ». C’est une formation géologique que l’on trouve à Madeire et à Sao Jorge, deux autres îles portugaises.
Un peu plus loin, c’est l’impressionnant site du « Volcan des Capelinhos ». L’éruption est la plus récente de toutes les Acores, qui a eu lieu en 1958, sous l’oeil des caméras de télévision.
La période de volcanisme de 13 mois qu’il s’en suivit a transformé à jamais la topographie et le démographie de l’île de Faial, puisque près de la moitié de ses habitants ont fui et émigré aux Etats-unis, et au Canada. L’île s’est agrandie créant une portion de terre supplémentaire de 12 kilomètres carrés.
Nous nous arrêtons au pied de cette toute jeune formation, de toute juste 60 ans! La végétation est clairsemée, basse,
En haut de la falaise, nous apercevons l’ancien cratère, le paysage est lunaire. Au nord, Loïc et Arthur repèrent un spot de surf en contrebas,
les vagues sont superbes et régulières.
Et à l’ouest, les vestiges du phare, toujours debout après les éruptions qui ont vu Capelhino sortir de l’eau : dire que ce phare était avant 1958 en bordure d’océan, entouré d’eau!
Il est trop tard ce soir pour visiter le musée qui se trouve sous terre, demain peut-être?
Les enfants ramassent des bombes de lave,
et s’amusent à les faire rouler, qui le plus loin?
Nous continuons notre tour de l’île, et traversons de nombreux villages, déserts. Les maisons sont typiquement en pierres de laveet chaux blanche, volets colorés, les églises austères,
Les nuages ne sont jamais loin.
Nous voilà revenus à Horta.
Le port ne désemplit pas : tous les jours, quelques voiliers repartent, mais 10 nouveaux bateaux arrivent.
Et toujours cette vue magnifique sur le volcan de Pico, point culminant de l’archipel.
Tous les jours, les enfants nous demandent quand nous pourrons y grimper… C’est une marche longue et difficile : 6 heures de dénivelé sur des pentes abruptes et glissantes, le plus souvent dans les nuages, or nous ne sommes pas du tout entrainés. Demain, nous irons marcher à la Caldeira de Faial : premier entrainement!
Il fait très beau le matin au réveil.
Mais une fois arrivés en haut à la caldeira, après 30mn de voiture et quelques centaines de mètres d’altitude, nous sommes en plein dans les nuages. Nous franchissons le tunnel d’accès à la caldeira,
peine perdue, nous sommes dans de la purée de pois! Et il fait froid!
Inutile de marcher 2h dans le brouillard. Dommage, car le site est charmant, avec sa petite chapelle, et ses abords fleuris ; nous rebroussons chemin et allons sur la côte retrouver le soleil.
Nous croisons en chemin des voitures de rallye automobile : des courses ont lieu pendant 3 jours sur l’île, avec de petites autos aux moteurs survitaminés. Je reconnais que l’île s’y prête bien, avec ses routes en lacets, ses villages typiques et ses paysages côtiers.
L’île accueille d’ailleurs nombre d’évènements sportifs et culturels : le « Acores Trail Run » le week-end passé, qui traverse l’île de part en part, en 47 km et 2390m de dénivelé négatif, 2480 de dénivelé positif,et une course cycliste le week-end prochain. La route que nous souhaitons emprunter pour rejoindre la côte est d’ailleurs fermée pour l’occasion, et nous nous perdons avec bonheur dans les petits chemins de campagne,zigzaguons entre les champs.
Ici, les hortensias sauvages poussent partout, formant parfois des haies de plusieurs mètres de hauteur : dommage, ils ne sont pas encore en fleurs. idem pour les érigerons, qui poussent sauvagement,tout comme le fenouil, et la menthe, que l’on trouve sur tous les bas-côtés, et qui embaument littéralement l’air.
Nous nous arrêtons pic-niquer dans un petit port, fréquenté le week-end et pendant les vacances ; une ancienne cale, un camping aménagé, des vestiges d’un hameau.
Nous continuons notre route vers le centre d’interprétation du volcan, que vous n’avons pu visiter la veille. Son architecture est souterraine, le site est invisible de l’extérieur, à part ce cercle dessiné sur la plaine de lave.
A intérieur, le hall d’accueil étonne par sa luminosité et son dépouillement. Le béton brut et lisse contraste avec le paysage brut de lave du dessus;
Le musée relate entre autres les étapes de la naissance du volcan de Capelinho en 1958, image à l’appui, puisque l’évènement fut national puis mondial, les caméras du monde entier venant immortaliser la naissance de nouvelles terres.
Tout a commencé un matin à 1km au large de Faial, le 27 septembre 1957 :
un baleinier, assis comme à son habitude au poste de vigie, remarque des vapeurs, de la fumée qui sort de l’eau : c’est le début de la phase éruptive sous-marine qui dura 8 mois, et finit par former des îlots de plus en plus grands qui se relient à l’île de Faial par un isthme.
En Mai 1958, c’est le début de la phase explosive terrestre pour une durée de 5 mois :
la formation d’un cône volcanique qui émet des gaz, et rejette des scories, bombes volcaniques etc… suivi de quelques brèves périodes effusives de lave coulante. Enfin, une dernière phase strictement effusive de 4 mois, d’écoulement de lave en flot, jusqu’à former un lac de lave .
En sortant du musée nous assistons au départ d’un chrono du rallye auto : nous ne voyons pas vraiment les voitures, mais les entendons rugir sur la ligne de départ, et ne pouvons manquer les panaches de fumée qu’elles soulèvent en s’élançant sur la route forestière.
Nous avons aussi accès au phare, qui a été partiellement réhabilité pour la visite : 3 familles y vivaient et se relayaient pour le faire fonctionner. Il a été désaffecté suite à l’éruption.
La vue d’en haut est impressionnante, et on se rend mieux compte de l’avant/après éruption.
Les nuages nous rattrapent, la brume tombe sur Faial, et il est temps de rentrer rendre notre location, qui n’aura duré que la trop rapide période ensoleillée de 36h à peine.
Je remarque les fontaines, à chaque village, décorées de faïences, chacune a son décor : le phare, des pêcheurs, des fleurs….
Le soir-même, nous guettons l’arrivée de Luna Bay 2, l’Outremer 45 de nos amis Guillaume et Jenifer, rencontrés aux Bahamas. Jénifer a décidé de débarquer aux Bermudes, victime d’un mal de mer récalcitrant. Guillaume a continué jusqu’aux Acores avec ses Elisabeth et Serge, propriétaires de l’Outremer 51, Urubu, avec qui nous sommes ravis de faire connaissance. Ce couple de jeunes retraités vit quasi à plein temps sur leur bateau, et ils vont bientôt larguer les amarres, laissant derrière eux leurs grands enfants lancés dans la vie….
Nous passons les jours qui suivent entre crachin et éclaircies, à travailler l’école tous les matin, et l’art plastique l’après-midi, ente deux grains….La tradition à Horta est en effet de laisser son empreinte, sous la forme d’une petite fresque, peinte sur l’un des quais.
Nous passons déjà quelques temps à sillonner les quais du port, pour nous imprégner de cette ambiance marine et artistique.
Ce qui est chouette, c’est que chacun est libre d’inspiration. Les réalisations vont du plus simple, monochrome, aux plus complexes, suivant le talent, et le temps que l’on se donne.
Nous retrouvons aussi avec plaisir la trace de bateaux que nous connaissons : Celui de mon oncle et de ma tante, qui ont bouclé leur tour du monde en 2012, sur Armelle T. Et celui de Take-off, une famille suédoise francophone croisée à Cape Town : nous les avons manqué de peu : ils ont quitté les Acores la semaine dernière. Participant à la Wold Arc, ils ont bouclé leur tour du monde en 2 ans!
J’aime deviner, derrière chaque oeuvre, un équipage, un bateau, une aventure : tour de l’atlantique, tour du monde, en 1 an, en 10 ans, peu importe, l’aventure est belle, et les marins heureux d’arriver aux Acores, qui est souvent la dernière escale avant le retour à la maison. Et comme j’aime à le répéter, « A chacun son Everest ».
Nous croisons finalement ici assez peu de familles ayant traversé sans équipage. Pour la majorité, la transat retour, plus exigente, se fait avec équipiers, en mode convoyage.
Ils sont nombreux à arriver arrivent fatigués de leur transat, les conditions météos sont souvent éprouvantes sur cette portion d’Atlantique qui se traverse en faisant le saute-mouton sur le dos des dépressions, qui tracent leur sillons d’ouest en Est. L’ambiance est vraiment sympa, sur les pontons, sur le quai, au bistro : tout le monde a sa transat à raconter, et son voyage aussi.
L’athmosphère pousse aux confidences : après tout, nous sommes entre nous, entre marins, nous avons tous au moins 2 transats à notre actif, souvent plus, des aventures, des anecdotes en pagaille, des galères et des joies.
Le port d’Horta agit comme un sas de décompression, entre transat et retour à la maison, le vernis craque, et les langues se délient. Alors que nous approchons de l’issue du voyage, certains avouent combien leur voyage a été éprouvant, parfois décevant ou difficile.
Tel ce vieux loup de mer, qui voyage en solitaire, qui aime la mer, mais qui trouve que décidément, voyager, découvrir de nouveaux pays, ce n’est plus pour lui, il est trop tard, il est trop vieux, le désir n’y est plus. Une bonne pipe et un bon bouquin, au coin du feu ou dans son cockpit, c’est ce à quoi il aspire.
Ou cette maman, qui me confie que l’école à bord a été un échec : sur ses 3 enfants, aucun n’a voulu travailler. Alors il et temps de rentrer, de remettre tout ce petit monde à l’école.
Encore une autre famille, qui a tout plaqué, travail, maison, les voilà libres comme l’air, sans contrainte, partis pour un grand voyage à durée indéterminée, et qui rentrent finalement, après moins d’un an passé à voyager. Sans regret, mais sans grand enthousiasme. Ils se projettent déjà dans leur nouvelle vie de terriens.
Une autre maman, qui m’avoue qu’elle s’ennuie terriblement en navigation. Voyager, caboter, elle adore, mais passer 2 semaines en mer, ça plus jamais… enfin, pas avant encore 10 ou 20 ans!
Tous, je les admire, d’avoir osé, d’avoir confronté leurs rêves à la réalité du voyage en bateau, avec ses joies, mais ses contraintes, et ses désillusions aussi. Tous rentrent chez eux, sans regrets, grandis, lucides, et se connaissant mieux que jamais.
Je mesure d’autant plus notre chance, d’avoir conçu, voulu, osé ce tour du monde à la voile, mais surtout de l’avoir mené à bien, et plus encore, d’avoir aimé ça, et de voir combien ce voyage nous a rendu heureux tous les 5.
Nous profitons de cette escale pour faire connaissance avec de nombreux autres bateaux : Jean-Roch et Marie-Claire naviguent sur leur Outremer 45 Teiva, avec leur fils Théo qui a l’âge d’Arthur : quelle chance, Théo a des Kappla à bord!
Aussi, Mariposa, un Outremer 51 en escale technique, avec son skipper et 3 équipiers très sympas, venant d’horizons très différents. Nous passons nos soirées fort agréablement à nous raconter nos vies et nos parcours,
Tous les matins, nous levons les yeux vers le volcan de Pico,
pour voir s’il est visible.
Quand c’est le cas, quelle joie!
le port de Horta est aussi très plaisant sous le soleil.
Entre deux grains, nous peignons notre fresque. Après un petit briefing familial, nous avons identifié quelques éléments graphiques à intégrer : pour le thème du tour du monde : la Terre et une flèche circulaire, puis Moby le bateau et Moby le cachalot blanc, nos 5 noms, le blog…., Victor a dessiné à partir de ces éléments un projet assez ambitieux…
Nous héritons de Mariposa ses pinceaux et sa peinture… Il nous reste à aller chez le chinois compléter notre équipement : du diluant, un gros pot de blanc pour le fond,
le travail est vraiment collégial : Victor à la conception, Bénédicte à la maitrise d’oeuvre, Loïc à la logistique, Arthur et Anna aidant selon leurs envies et disponibilités : il faut dire qu’il y a de nombreux petits copains qui jouent sur les quais et les pontons, c’est là qu’ils passent l’essentiel de leur temps,
Ca y est, après 3 journées de travail, la fresque est terminée, finitions comprises. Nous sommes super fiers du travail, d’autant que nous ne sommes pas spécialement portés sur les pinceaux dans la famille!
Alors que Luna Bay 2 est parti vers la Médirerrannée, nos amis de Shuti sont arrivés de Florès pour quelques jours. Nous leur faisons découvrir la ville, et nous arrêtons tous chez une coiffeuse local, recommandée pour sa rapidité et sa disponibilité : c’est sans rendez-vous. La voilà tout à coup avec 8 candidats! Tous attendent ce passage chez le coiffeur avec impatience. Anna me fait remarquer : « Maman, ce n’est pas un coiffeur cette dame, elle coupe les cheveux avec une tondeuse, comme on fait pour les moutons! «
Anna n’a pas tout à fait tort, et voilà les « boys » qui ressortent avec une coupe militaire +++. Arthur, adepte du style « surfer » , refuse de passer sous sa tondeuse…
Le lendemain, c’est une belle journée qui est prévue par la météo, et nous nous donnons rendez-vous pour une grand trail : celui des 10 volcans, qui va nous mener en 18km de la caldeira au Volcan de Capelinhos ; J’estime la marche à une durée de 6h, plus les pauses. Nous mettrons près de 9h en tout!!!!
Le terrain est en effet difficile, avec un dénivelé de +1000m et -1800m, et nous ne pouvons compter avec les enfants faire les 4km/h traditionnels escomptés en mode « ballade »..
Ce trail a été couru il y a 2 semaines par des coureurs venus de toute l’Europe. La trace est issue du sentier de grande randonné qui traverse Faial d’Est en Ouest en 36km.
Un taxi nous emmène en haut de la caldeira :
sans être extraordinaire, la visibilité est correcte, et nous permet de voir le fond. Les températures sont très très fraiches ce matin-là, et nous ne nous attardons pas au bord de la caldeira de peur que les enfants attrapent froid : nous sommes tous en short-équipés de polaires à capuche et de coupe-vent, mais c’est une peu juste!!
Le long des crêtes, nous gardons une vue correcte sur le fond du cratère, malgré les rubans de nuages qui vont et viennent, La végétation est surprenante de fleurs, très colorée.
et la fréquentation, champêtre!Bientôt, nous arrivons dans la foret, tout aussi fraiche….
Nous avons parcouru le tiers des 18km du trail!
Nous allons longer pendant plusieurs km la « levada », un petit canal construit dans les années 60 afin d’assurer irrigation et production d’énergie hydroelectrique dans la partie nord de l’île, moins favorisée en terme de développement.
Un petit aqueduc,
puis le canal en lui-même, qui est parfois couvert de dalles, bordé de mousses, dont les côtés sont constellés de fraises des bois,
Parfois, nous entrevoyons… le soleil, et la côte. puis c’est le réservoir, avec sa grille de filtration
Enfin, nous arrivons dans les champs et retrouvons la chaleur du soleil, fort agréable. Un paysan arrive, et libère les veaux, qu’ils puissent aller téter leur mères : ici les vaches sont toutes 100% élevées en plein air. Pas d’étables, elles vivent toute l’année dehors, grace au climat océanique doux des Acores ; la traite se fait aux champs, avec des trayeuses sur remorques, que l’on amène aux animaux. Un apport de bien-être réel pour les vaches dans un tel environnement, sans stress.
Nous marchons parmi les hortensias, florissants,
mais dont peu sont déjà en fleur.L’île doit être magnifique en plein été, avec ces têtes multicolores, explosant de violet, de rose et de blanc. Nous retournons dans les sous-bois.Voilà le Cabezo di Fogo, l’un des 10 cones volcaniques de l’île.
La toute première éruption connue de mémoire d’homme eut lieu sur ce cone, en 1672, détruisant 2 villages, et créant avec sa coulée de lave, la faja de Norte Pequeno. La zone a aussi été appelée « mystérios », du fait de sa fertilité, à l’époque inexpliquée…. Aujourd’hui on sait bien que la terre volcanique est riche de nutriments, en particuliers les minéraux, et particulièrement propice aux plantations.
la faja de Norte Pequeno
Nous entamons l’ascension de la Cabeza di Fogo, ardue, dans une lande magnifique, foisonnante de bruyères, myrthes, et d’hortensias sauvages.
La descente n’en est pas plus aisée : le sol est glissant, les roches volcaniques roulent sous nos pieds, des rambardes de bois sont là pour nous guider et nous nous y accrochons.
Je ne compte plus les glissades des plus petits, qui sont sur les fesses autant que sur leurs pieds!
Arthur examine sur les cotés cette roche si particulière, noire, brillante, fine comme du sable,
Enfin, nous arrivons en contrebas du volcan, au lavoir, sur les rotules, et nous écroulons à l’ombre sur les bas-côté de la route, dans un lit de menthe sauvage et d’herbes odorantes.Les enfants nous sidèrent : ils ne semblent jamais fatigués, et continuent, pendant la pause, à courir, sauter, jouer, taper leurs bâtons, et lancer des pierres….
Le sentier reprend, toujours aussi fleuriet voilà encore un autre volcan sur notre route… Il est vrai que nous avons signé pour « la route des 10 volcans…. »
Celui-là est l’avant-dernier, le Cabezo do Canto, et devrait nous donner sur son versant descendant une vue imprenable sur le volcan des Capelinhos, apparu en 1958.
En effet, nous y sommes, devant le volcan, le tout dernier de l’histoire de Faial. La vue est impressionnante.
en particulier depuis ce belvédère/bunker, utilisé pour observer en sécurité l’évolution de l’éruption pendant l’année 1958Deux fenêtres étroites
Nous venons de parcourir 18km, et 1700m de dénivelé négatif, 900m de dénivelé positif : bravo à tous.
Arrivés au volcan de Capelinhos, que nous avons déjà visité la semaine dernière, nous ne résistons pas à une ultime ascension : les enfants veulent en particulier trouver des « bombes »,
ces projections de lave de forme ovales ou rondes.
Autre grand jeu, les glissades sur les pentes.
Nous décidons de rester les quelques jours qui suivent à Horta : il fait très beau, nous sommes entourés de bateaux-copains, et ce week-end, c’est festif : un festival sur le port, et dimanche, c’est « Table ouverte » au Café Sport!
Chez Peter, (dont la vraie enseigne est « Cafe Sport ») est une institution à Horta, un bar de marins, tenu de père en fils depuis 1918, et réputé comme étant le bar le plus connu au monde!! Depuis 2 semaines que nous sommes là, nous y sommes passé souvent, pour déjeuner en famille, manger des tapas, dîner entre amis, boire un verre le soir…. Mais demain, à l’occasion de la journée de l’amitié entre Faial et Pico (l’ile voisine), « Peter » invite toute l’île à sa table! Le 10 juin est surtout la fête nationale!
Nous avons peine à le croire mais l’invitation est officielle : BBQ offert toute la journée, de midi à minuit, orchestre, musique live…. En attendant la fête, nous montons visiter le petit musée de « scrimshaw » qu’accueille le premier étage du bar.
Le scrimshaw, c’est cet artisanat baleinier qui a proliféré au 19ème siècle, à partir de dents et d’os de cachalots. Originellement gravés par les marins et baleiniers, c’est devenu un véritable artisanat du souvenir, et des sculpteurs talentueux se sont mis à graver et à vendre des souvenirs au marins justement, à la recherche de cadeaux à rapporter à leurs proches.
C’est une caverne d’Ali-baba d’objets les plus variés et improbables, tous fabriqués à partir d’os de baleines.…
Incroyable de créativité, on y trouve des bijoux, de la vaisselle, coquetiers, cuillères, couteaux, crochets, pic etc….cendriers, porte-cigarettes, découpe-tarte, …
jeux de dames, échecs, dominos, … bougeoirs, Peter, le fondateur du « Bistro Sport » de Horta, était passionné de ces réalisations, et achetait tout ce qui avait trait de près ou de loin à cet artisanat, florissant aux Acores, plaque tournante européenne du commerce de la baleine.
L’essentiel de ce qui est exposé provient de dents de cachalots, poncées, noircies à l’encre, puis engravées. Les pièces les pus grandes proviennent des mâchoires des cachalots, telles ces paysages sculptés.
gravure dans une machoire de cachalot
Le lendemain matin, dans la rue, fermée pour l’occasion, les tréteaux sont prêts à recevoir les invités, qui se succèderont toute la journée.
A 13h nous sommes là, et nous régalons de sardines grillées, soupe de poisson délicieuse, tranches de cochon grillé, pain de mais, Merci à toute l’équipe du Café Sport!
Le soir, c’est le festival qui continue sur le port : du spectacle de rue, des clowns, musiciens, acrobates, beat box, ça nous change! L’ambiance est familiale, et les roulottes locales alléchantes, proposant des produits essentiellement locaux.
Le lendemain, c’est le départ! Avant de quitter Horta, nous faisons un dernier tour des fresques réalisées par nos bateaux-copains :
L’équipage de Penn Gwen, très appliqué Pour une réalisation magnifique!L’Outremer 45 Essentielle Un tourdumondiste suédois, qui navigue en solitaire, et que nous avons souvent croisé depuis 2 ans. Nous quittons Horta, il est temps, si nous voulons avoir quelques jours pour explorer d’autres îles du groupe. Pico ne sera pas possible, car le mouillage dans le port y est interdit. Restent Graciosa, Sao Jorge et Terceira qui nous tendent les bras à moins de 30NM de là. Sao Jorge justement, dispose d’une toute nouvelle petite marina, et d’une place à quai pour nous accueillir quelques jours, nous arrivons!
Après une escale assez courte mais bien agréable, comme toujours, c’est la météo qui dicte le moment du départ. Même à la fin du printemps, la traversée de l’Océan Atlantique Nord demande une surveillance continue de la situation météo et de son évolution. Le temps sur cette zone de navigation est directement influencé par la position et la pression de l’anticyclone des Açores, et la route suivie par les dépressions qui se succèdent tous les 2 ou 3 jours. Pour résumer, en partant des Bermudes, il faut aller chercher le régime des vents d’Ouest un peu au Nord, puis rester bien dans le Sud des dépressions et faire route vers l’Est dans des vents et une mer maniable. Les prévisions sur la zone sont très fiables à 4-5 jours, car les services météorologiques Américains et Européens mettent beaucoup de moyens pour la surveillance du temps sur l’Atlantique Nord.
Analyse surface le 19 Mai
Prévision 20 Mai
Prévision 21 Mai
Prévision 21 Mai
Départ des Bermudes, le samedi 19 mai à 14h
Un grand soleil et un léger vent de secteur Est, comme attendu, sont au rendez vous dès la passe de Saint Georges franchie. Nous hissons la grand voile et le code 0. Une fois les moteurs arrêtés, nous pouvons faire route au 035°, à environ 70° du vent, et parer les nombreux récifs qui s’étendent sur près de 10 milles au Nord-Est des Bermudes. Moby approche la vitesse du vent, soit presque 6 noeuds.
Vent léger mais progression satisfaisante
Nous ignorons combien de temps le vent va tenir, car la fiabilité des prévisions météo lorsqu’il est prévu entre 2 et 7 noeuds de vent reste incertaine. Nous prenons tout ce qui peut être pris, car nous savons qu’il nous faudra l’aide du moteur à un moment ou un un autre dans les prochaines 36 heures, le temps de rejoindre 34° de latitude Nord, où nous serons sur la face Nord de l’anticyclone.
Mer à peine ridée et grand soleil L’hydrogénérateur est remonté, car il ne produit pas assez de courant à faible vitesse
La fin d’après-midi est agréable, les Bermudes disparaissent derrière l’horizon. Nous croisons quelques bateaux de pêche et doublons un voilier sur la même route que nous. Joli coucher de soleil, nous sommes accompagnés par un banc de dauphins joueurs.
Le vent se maintient en début de nuit, mais il semble s’essouffler un peu, descendant souvent à moins de 5 noeuds. Nous progressons toujours sous voiles, mais cela demande beaucoup de petits ajustements dans les réglages, d’autant plus qu’un fond de houle de Sud-Est vient perturber leur gonflement.
Dimanche 20 mai :
A 2 heures du matin, le vent tombe entre 2 et 4 noeuds, et de fait, notre vitesse passe en dessous de 3 noeuds. Il nous faut l’aide du moteur pour continuer à progresser. En effet, le vent ne devrait pas changer de façon significative à l’endroit ou nous sommes avant au moins 48h. En revanche, à seulement 60 milles au Nord-est de notre position, il devrait se renforcer dimanche soir. Il faut donc progresser au minimum à 4 noeuds pour espérer attraper ce « train » de vent qui nous permettra de refaire route vers l’Est.
Objectif : sortir de l’anticyclone
Le moteur est donc démarré à 2h15, et conservé jusqu’à 4h. Puis une nouvelle risée qui tient jusqu’à 6h45 et moteur à nouveau. Je sens que cela risque d’être le menu de la journée, cette alternance voile et moteur. A 9h, le vent, toujours faible tourne au sud, ce qui nous donne un angle au vent de 120°, le gennaker vient donc remplacer le code 0.
Code 0 le matin… …suivi de l’envoi du gennaker
Le soir venu, le bilan de la journée n’est pas si mal : à peine 5 noeuds de moyenne, mais moins de 5 heures de moteur, en comptant celles de la nuit. Au coucher du soleil, les cirrus bien visibles dans l’Ouest me confirment l’approche l’approche du front prévu pour demain. Autre signe, le baromètre qui chute de 1 hPa toutes les trois heures depuis midi.
La situation générale sur l’Atlantique Nord n’est pas simple depuis quelques jours et les différents modèles de prévisions divergent à plus de 4 jours .Les fichiers font état d’au moins 2 dépressions dont le centre pourrait descendre à moins de 40°N de latitude au moment où nous approcherons des Açores. Notre stratégie sera donc de ne pas monter plus au Nord que le 36°N tant que nous ne serons pas à moins de 400 milles des Açores et avec une bonne prévision météo à court terme.
Lundi 21 mai :
Le vent nous a lâché en milieu de nuit, de minuit à 3h du matin. Nous avons donc roulé le gennaker et mis un moteur en route pour assurer notre progression. Puis à 3h, il a de nouveau été possible de progresser sous voile, le vent s’étant établit au Sud-Ouest pour 8 noeuds environ. La pression continue de baisser lentement, nous sommes donc passé sur la face Nord de l’anticyclone. La météo du matin confirme qu’une zone de hautes pressions secondaires est située au Nord de l’anticyclone des Açores. Entre ces 2 centres HP, une petite zone dépressionnaire et un front. Les routages indiquent de le traverser pour rejoindre le flux de vent d’Ouest au nord . Je ne suis pas de cet avis, car je pense qu’un passage est possible entre les deux zones de hautes pressions, en restant au sud de la dépression et du front associé, et en profitant donc de l’étroite bande de vents d’Ouest, qui fait une petite centaine de milles de large. Le seul risque est de tomber dans du vent plus faible que les 15 noeuds prévus. En revanche, en suivant le routage, nous traverserions le front, pour nous retrouver au près pendant 18h ensuite, puis nous prendrions plus de 30 noeuds d’Ouest-Sud-Ouest dans le corps de la dépression puis 25kt de Nord-ouest après le passage du front froid. Je passe sur toutes les manoeuvres de voiles qui vont avec, la pluie, les creux de 3m et les 12°C de température de l’air après le front! Tout ça pour gagner entre 6 et 12 heures à l’arrivée, non merci! Je privilégie le confort et la tranquillité, autant que possible.
Depuis ce matin donc, nous passons à la vitesse supérieure sur Moby. Après 2 jours en première, on passe en seconde, en faisant une route vers l’est à 6-8 noeuds dans un vent au 240° qui se renforce un peu en cours de journée. Cela fait toujours du bien de voir le bateau avancer après deux journées de calme.
En milieu de journée, pause dans la baisse de la pression, nous sommes calés sur l’isobare 1023 hPa et faisons route vers l’Est. Dans l’après-midi, nous empannons pour faire route BB amure vers le Nord Est, afin de nous recaler vers le nord et garder au moins 12 noeuds de vent. A 18h30, notre latitude est de 34°30’, nous pouvons à nouveau empanner et aller vers l’Est.
photo satellite le 21 mai 20:15 UTC
La mer s’agite en début de nuit. Cela est dû à l’effet du vent sur un courant contraire et dure une bonne partie de la nuit. Ce courant contraire atteint 2 noeuds par moment et cela se ressent sur notre progression.
Mardi 22 mai :
Nous sommes enfin sortis de ce courant contraire et faisons route à l’Est entre 8 et 9 noeuds sur le fond. La mer s’est allongée mais la taille des vagues est en nette augmentation, sans doute à cause des vents forts qui ne sont qu’à 300 milles sur notre arrière bâbord. J’attends impatiemment de pouvoir charger les fichiers météo de 12h UTC, car je vais prendre de gros fichiers, pour toute la zone jusqu’à l’arrivée et pour 7 jours de prévisions. En effet, par souci d’économie de data, j’ajuste la taille de la zone et la durée des fichiers grib (en règle générale, je choisis un fichier permettant de nous projeter à 3 jours que je prends matin et soir, et toutes les 48heures, je charge un fichier plus gros, couvrant l’ensemble de la zone, jusqu’à la destination et sa date estimée).
Le vent frais n’est plus très loin devant
Nous empannons bâbord amure à midi, avec l’intention de poursuivre le bord jusqu’à 35°30’N, ce qui doit nous positionner au mieux pour l’arrivée du vent fort de Sud Ouest demain. Continuer plus vers le nord, c’est risquer d’avoir du vent trop fort, et si nous empannons trop tôt, la direction du vent ne sera pas assez Sud-Ouest pour faire route vers la destination.
Nous avançons assez bien l’après-midi, la mer est croisée, avec des vagues de SW et une houle de NW, mais le bateau passe bien. Nous arrivons à 35°N un peu avant le coucher du soleil. Devant nous se dresse une barrière de nuages pas très engageante. Je ne serais pas étonné qu’un cumulonimbus puisse se cacher dans la masse. Dilemme, que fait-on? Et bien on évite, donc empannage et route à l’Est. Nous pourrons toujours surveiller l’évolution de ces nuages en début de nuit car la lune est avec nous jusqu’à 2h du matin.
Bulletin du soir, je suis satisfait d’avoir choisi la route Sud
Vers 23h, le vent tourne plein ouest. Conséquence, notre route diverge de plus en plus des Açores. Pour parfaire le tableau, le courant nous dépale aussi vers le sud.
A 1h, nous décidons d’empanner pour retrouver le bord le plus rapprochant. La grosse masse d’hier soir ne nous barre plus la route, mais quelques nuages restent à négocier. A leur passage, de grosses fluctuations de vent, en force et direction mais nous pouvons toujours avancer vers notre but. En revanche le vent se met à mollir jusqu’à 7-8 noeuds. La mer est trop agitée pour que les voiles restent gonflées, nous nous trainons tout le reste de la nuit à moins de 5 noeuds de vitesse.
Mercredi 23 mai :
Le vent se relève avec le jour. Il vient du 240° pour 10 noeuds, tout juste assez pour gonfler la GV et le gennaker avec la mer qu’il y a, mais nous faisons route vers le Nord et il n’y a aucun doute ce matin que la brise va fraichir en cours de journée. En altitude, le ciel est pommelé, en plus de quelques cirrus et plus bas, du strato-cumulus fractus. Ce sont les signes de l’approche du front.
Ciel pommelé
A 8h30, nous atteignons 35°20’N, c’est suffisant, j’estime que nous sommes (après beaucoup d’effort) très bien placés par rapport à la dépression qui nous rattrape, pour empanner et nous préparer pour un long bord, peut-être de 3 jours vers l’Est tribord amure.
Sur cette nouvelle amure, le bateau glisse mieux, car les vagues nous arrivent de l’arrière. Le vent forcit graduellement le matin, il est établi à 15-18kt en milieu de journée. Moby commence à accélérer et part au surf sur les petites vagues.
Alors que nous terminons tout juste le déjeuner, un peu avant 14h, une risée à 22 KT, nous accélérons et au moment où le bateau ralenti sur la vague devant, nous entendons un bruit de déchirure, et voyons notre Gennaker se déchirer sur toute la longueur du guindant, puis passer à l’eau. Il chalute le long de la coque bâbord : nous intervenons immédiatement et réussissons à le ramener assez facilement sur le trampoline. Pauvre gennaker ; il n’a pas démérité sur ce tour du monde, nous tractant vaillamment sur plus de 15000 milles, soit un tiers de la distance. Il était pourtant passé en voilerie en Martinique pour une remise en forme, avec changement complet du galon de guindant.
Gennaker déchiré Récupération du gennaker, assez facile heureusement!
Après l’incident, nous établissons le solent devant, car le vent doit forcir dans la soirée et n’ayant désormais plus de gennaker, je décide de ménager le code 0.
Nous progressons bien tout l’après-midi, l’angle au vent de 145° est parfais pour bien glisser. La mer se forme et s’organise, il y a peu de courant pour la contrarier.
Temps dégagé en soirée, notre route est parallèle au front, dans son Sud
Le temps est plus dégagé que prévu, les nuages sont sur notre arrière bâbord dans le Nord-Ouest, mais ne semblent pas nous rattraper. C’est vertueux d’aller vite devant une dépression, car on conserve plus longtemps du temps maniable, ce qui permet de bien se positionner. Dans les conditions que nous avons, tout en maintenant 10 noeuds de vitesse, nous sommes en mesure d’ajuster notre route de-10° à +40°, soit un décalage latéral de près de 100 nautiques en 12h si besoin.
Jeudi 24 mai :
Le début de nuit s’est bien passé pendant le quart de Bénédicte, bon vent, belle mer et clair de lune. Je ne suis pas sorti une seule fois de mon lit pendant mon repos, c’est le signe que les conditions sont stables et faciles. Le contraire de la nuit précédente ou j’étais sur le pont toutes les 30 minutes pendant mon repos.
Nous passons dans la nuit les « Corner Seamount », une zone de montagnes sous-marines qui s’étend sur une centaine de kilomètres. Le sommet le plus haut de ces montagnes est très proche de la surface, à seulement 6 mètres de profondeur, alors que le fond de l’océan est à plus de 4000m dans la zone. Nous passons à 20 milles au Nord de ce haut-fond.
Ambiance nocturne à la table à carte
Le vent forcit graduellement pendant la nuit. Sa montée est lente et progressive, mais bien confirmée par l’anémomètre, qui peut nous renseigner sur la vitesse moyenne du vent sur 1, 5, 10, 30 minutes ou 1 heure. A ce train là, le 2° ris dans la grand voile sera nécessaire avant le lever du jour. Alors je décide de ne pas repousser la manoeuvre, je préfère l’anticiper un peu même. Je réveille Bénédicte, nous nous équipons, gilets, lampes. Je suis au pied de mât, et Bénédicte est dans le cockpit, à l’écoute et chariot de grand voile, et à l’éclairage de la voile. En 10 minutes l’affaire est réglée. La vitesse moyenne baisse d’un demi-noeud, pas plus, mais le gain en confort est appréciable.
Passage à la vitesse supérieure Lever du jour, le 24 mai
Au lever du jour, je découvre un temps de force 6 classique, il y a encore de beaux trous de ciel bleu, le bateau file. C’est l’heure de prendre la météo : pas de changement significatif depuis hier soir pour ce qui nous concerne, mais la dépression s’est encore creusée et est prévue à 973 hPa dans 24h. Nous sommes loin dans son Sud et attendons un vent moyen de 25 à 30 noeuds, mais les rafales pourront atteindre 40 noeuds. Le plus fort devrait nous passer dessus en fin de nuit prochaine. Bien content d’être resté sur une route très Sud. Je sais qu’il y a beaucoup de voiliers partis des Bermudes 3 jours avant nous, presque tous sont montés au Nord chercher les vents d’Ouest, ils vont être servis!
La dépression nous rattrappe, mais le temps devrait rester maniable à notre latitude
Sur Moby, on se prépare quand même pour du vent fort. L’intérieur est rangé et les objets susceptibles de bouger sont calés. Victor est monté me repasser le hâle-bas du troisième ris, qui avait glissé au départ des Bermudes en hissant la grand voile. Je suis content de pouvoir compter sur lui pour ce genre de manoeuvre, cela m’évite d’y aller moi-même entre le losange et le mât. Il est fort probable que le 3° ris soit pris avant la nuit prochaine.
Milieu de journée, le vent tourne vers le Sud-Sud-Ouest, le front chaud de la dépression gagne du terrain sur nous. Nous sommes en route directe vers Florès, à 140° du vent. La mer se lève toujours, déjà 2 bons mètres de creux, Moby part au surf à plus de 20 noeuds, cela faisait longtemps que nous n’étions pas allés si vite. Vitesse moyenne de 10,5 noeuds sur le fond depuis ce matin.
16h, le vent continue à monter sur l’échelle de Beaufort pour atteindre le haut de force 6. C’est le moment de prendre le 3° ris. Le vent apparent est inférieur à 20 noeuds, la manoeuvre est facile, même si ça reste impressionnant d’être en pied de mât quand le bateau part en surf à 18-20 noeuds. Une fois le 3° ris pris, nous allons à peine moins vite qu’avec les 2 ris. Le vent peut monter, on a de la marge maintenant.
Peu de temps après, nous rattrapons un monocoque de 14m du nom de Gaia Soul. Il nous appelle à la VHF pour prendre des nouvelles de la météo. Je lui donne les infos de ce matin et convient de le rappeler vers 18h, lorsque j’aurai récupéré les derniers fichiers. Gaia disparait vite dans notre sillage car nous allons presque 2 fois plus vite. La mer parait de suite plus forte en voyant de près un autre bateau, qui remet une échelle à la hauteur des vagues. Je les estime à 2m en moyenne, avec de temps à autre un train de quelques vagues de 3m. Il est facile de les sous-estimer car lorsque je suis debout au poste de barre, mon oeil est à 3m50 de la surface. Lorsque je tente de l’appeler 2 heures plus tard avec une météo actualisée, Gaia est déjà hors de portée VHF.
Nous doublons Gaia, lui aussi sous 3 ris
Nous sommes entre 10 et 12 noeuds, le monocoque à seulement 6 noeuds disparait vite dans notre sillage
La nuit de jeudi à vendredi est très agitée, comme nous nous y attendions. Le vent n’est pas si fort, il souffle avec régularité entre 25 et 28 noeuds, mais la mer est dans tous les sens. A bord, il faut bien se tenir, car les mouvements du bateau sont assez imprévisibles. Nous sommes sous toilé pour le vent, mais il ne serai de toute façon pas possible de dépasser les 8-9 noeuds, avec tous ces creux et bosses désordonnés.
Bulletin du soir
Vendredi 25 mai :
Quand le jour se lève, vers 5h du matin (nous sommes toujours restés à l’heure des Bermudes), le temps est clair devant, en revanche lorsqu’on se retourne vers l’Ouest, le ciel est bas et noir. C’est le front qui est à notre poursuite. Il va certes plus vite que nous, mais comme il se décale vers le NNE, nous avons espoir de tenir toute la journée à courir devant. Des quatre routages issus de la météo du matin, 3 font route vers le Nord-Est, pour se faire dépasser par le front, puis se retrouver au recching puis au près bâbord amure en attendant 24h le retour des vents de Sud-Ouest avec la dépression suivante. Le 4° routage, basé sur les fichiers américains GFS, voit une possibilité de faire route plein Est, en conservant les vents forts de Sud-Ouest plus longtemps. Puis ce vent baissera, mais normalement pas sous les 10 noeuds, avant de se renforcer à nouveau avec la dépression suivante.
Lever de soleil sur mer agitée
Je choisis la dernière option pour sa simplicité : nous resterons tribord amure et il n’y aura qu’à adapter la toile pour la force du vent. Les autres options vont nécessiter beaucoup de manoeuvres, du près, des virements, puis des empannages et l’incertitude du vent en force et direction au passage du front. En plus, de l’autre coté du front, l’air est prévu à 14° alors que du coté sud l’air est toujours à 22°C.
A midi, les conditions de mer se sont arrangées, les vagues sont toujours de l’ordre de 3m, mais elles sont maintenant plus longues. Le vent semble aussi avoir passé son maximum et baisse doucement. Je décide sans trop attendre de larguer le 3° ris, aussitôt, Moby regagne en tonus et notre vitesse moyenne prend près de 2 noeuds. Tout l’après midi, nous filons devant le front et il ne semble pas gagner trop de terrain sur nous. A 18h, nous avons toujours un vent du 215° pour 22 noeuds et nous filons à 120° du vent, droit vers l’Est à 10 noeuds. Notre bateau cible de routage nous avait un peu distancé ce matin, mais c’est à notre tour de lui grapiller quelques milles cet après midi.
Un autre bateau rattrapé, réel celui-là, un voilier de 12m, Rubis Rose, que nous voyons sur l’AIS. Il est sur la route directe vers Flores, à moins de 5 noeuds. Nous le passons dans son sud, sans le voir car il est à 7 milles de nous et la visibilité ne dépasse pas les 5 milles. Je tente un contact VHF à 2 reprises, pas de réponse.
Ciel toujours sombre dans le Nord-Ouest Nous croisons un Tanker
Le front à lentement glissé vers le Nord est en fin d’après-midi, quelques rayons du soleil percent la couche nuageuse, puis le soleil apparait entre les nuages quelques minutes avant de se coucher. La lune est déjà bien levée, elle sera bien utile cette nuit pour veiller au grain, car quelques gros cumulus et cumulonimbus sont visibles à l’horizon. La mer s’est encore assagie en fin de journée, la nuit s’annonce plus reposante que la précédente.
Grains dans notre Sud
Le vent commence à baisser au coucher du soleil, mais la proximité de grains, plus quelques éclairs plus distants nous incite à la prudence et à conserver nos 2 ris pour l’instant. Dès 22h, le vent baisse significativement, notre vitesse est passée à 5-6 noeuds, or il faut continuer à avancer si on ne veut pas se faire engluer dans la bulle de vent faible qui enfle derrière nous. Nous larguons donc le 2° ris, puis le 1° dans la foulée, la vitesse remonte à 8 noeuds.
Samedi 26 mai :
A 1h du matin, lorsque je prends mon quart, le vent a encore mollit un peu. Nous pourrions hisser le code 0 et passer à la vitesse supérieure, mais nous repoussons la manoeuvre au lever du jour, dans environ 4 heures. A 6h15, le code 0 est en l’air, il était temps car je sens que la zone de calme nous rattrappe par derrière.
Nous nous trainons toute la matinée entre 5 et 6 noeuds. Vers midi, un grain se rapproche, le vent tombe complètement. Je démarre un moteur pour m’extraire du grain sur son coté Sud, bonne pioche car 15 minutes plus tard nous accrochons la risée d’une douzaine de noeuds qui nous ouvre une porte de sortie vers l’Est. Le moteur est coupé, et nous filons à 9-10 noeuds en accompagnant le grain, à environ un mille dans son Sud. Cette accélération nous permet de raccrocher au train de vent qui nous avait dépassé. Nous nous déplaçons à la même vitesse que le petit système météo qui nous entoure. Pendant 2 heures, nous avons la molle aux trousses, les calmes nous suivent à moins de 2 milles! La transition est beaucoup plus compacte que sur les cartes météos, qui montrent une zone de transition d’une dizaine de milles entre calmes et vent de 10 noeuds, la ou nous sommes, cette transition se fait sur moins de 1 mille, et est évidente à l’observation.
Ne pas se faire rattraper par la zone de calmes! Notre route est proche du routage GFS, en vert
L’après-midi se passe bien, les calmes ne sont plus visibles derrière et le vent du 210° varie entre 11 et 14 noeuds. Nous progressons un peu plus vite que le routage, car le vent est légèrement plus fort que prévu. Le ciel s’est bien dégagé, plus un seul nuage en vue à 18 heures.
Nous roulons le code 0 à 22h, pour la nuit, car le vent a encore un peu fraichit. C’est presque pleine lune, la nuit s’annonce agréable, car les conditions sont d’une grande stabilité et il est peu probable que nous ayons la moindre manoeuvre à faire, contrairement aux 2 nuits précédentes qui n’ont pas été de tout repos.
Dimanche 27 mai :
Nous avons maintenu plus de 9 noeuds de moyenne cette nuit, et ce malgré un courant contraire de 0,5 à 1 noeud. La météo du matin est dans la lignée de celle de la veille, et les fichiers des différentes sources convergent, signe que la situation météo se clarifie. On peut commencer à regarder notre ETA avec une fiabilité correcte. Nous venons de décider d’aller directement vers Horta, sur l’ile de Faial, car de forts vent de Nord-Est sont prévus après notre arrivée, pour mercredi et jeudi. Par ces vents d’Est, le mouillage de Porto Lajes sur l’ile de Flores est très exposé et nous ne sommes pas sûr d’avoir une place dans le port. Mieux vaut donc pousser 120 milles plus loin vers Horta, nous reviendrons à Flores lorsque le temps sera meilleur. Notre ETA pour Horta est pour le mardi 29 mai en milieu d’après-midi. Cette arrivée coïnciderait avec le passage du front, cela veut dire que la rapidité sur cette fin de parcours sera une grande vertu, car le vent doit tourner au Nord puis Nord-Est et Est assez vite après le front. Nous espérons pouvoir éviter du louvoyage sur les derniers milles!
Un banc de dauphins nous accompagne pendant plus de 15 minutes en nous offrant un beau spectacle ; ils sont une quinzaine dont deux particulièrement joueurs.
C’est toujours un plaisir de voir les dauphins jouer avec le bateau
La navigation est bien tranquille toute la journée, le 1° ris est pris à 14h, à part ça, rien à signaler. Les milles défilent, à 16h, nous passons sous la barre des 400 milles avant Horta.
Le ciel se charge de nuages vers le Sud-Ouest, ils vont probablement nous apporter la force Beaufort supplémentaire attendue pour la nuit prochaine. En fait non, et vers 19h30 nous larguons le 1° ris car le vent a un peu baissé et adonné. La météo du soir confirme un vent de 15 à 18 noeuds pour la nuit. Vers 22h nous roulons le code 0 car le vent refuse un peu. Très bonne progression toute la nuit, mer assez courte, pas très confort, mais l’essentiel c’est de se rapprocher du but car les milles sont plus faciles à engranger de ce coté ci du front.
Lundi 28 mai :
Le vent a encore fraichit en fin de nuit et nous prenons le 1° ris dans la grand voile à 6h du matin. Nous ne sommes plus qu’à 280 milles de Horta et pour la troisième fois sur cette traversée, la vitesse est importante car elle nous permet de conserver le vent de Sud-Ouest plus longtemps.
Petite baisse du vent vers midi, nous larguons le ris, puis à 15 heures, nous hissons à nouveau le code 0 car le vent à pris 20° à droite.
A la météo du soir, il s’avère que le front arrive beaucoup plus vite que prévu, son passage étant en fin de nuit vers les 4 heures du matin. En l’espace d’environ 2 heures, le vent va tourner du Sud-Ouest au Nord-Nord-Est en passant par l’Ouest. Nous sommes sensiblement dans l’Est de Faial, notre trajectoire va donc s’incurver vers le Nord-est lorsque le vent va commencer sa rotation, puis nous empannerons pour terminer sur un long bord de recching bâbord amure.
En attendant nous faisons marcher au mieux et gardons le code 0 autant que possible. En fin de journée, les nuages s’amoncellent derrière nous, je pressens que le front est plus rapide que les prévisionistes météo.
Le ciel s’assombrit, le front gagne du terrain
Le vent se maintient entre le 220° et le 250° jusqu’à 1h du matin puis mollit rapidement en passant à l’Ouest. Nous ne tardons pas à empanner car le vent frais se trouve maintenant dans notre Nord, alors autant aller à sa rencontre. Comme le vent a faibli et que nous prenons désormais les vagues sur notre travers bâbord, nous ne pouvons pas descendre à plus de 130° du vent, nous progressons donc sur une route au 030°, pas l’idéal mais j’espère que ça ne va pas durer. Je me trompe, la transition dure près de 3 heures et c’est seulement vers 4 heures du matin que la bascule arrive. Notre progression sur la route a été moyenne pendant cette transition, mais la bonne nouvelle, c’est que le décalage opéré vers le Nord va nous donner un angle au vent très confortable et rapide vers l’arrivée, dès que le vent sera établi au Nord.
Mardi 29 mai, arrivée à Horta, Faial :
Le jour s’est levé et Moby file à vive allure, au vent de travers. La mer est belle et la glisse parfaite. De nombreux voiliers apparaissent sur notre écran AIS, ils sont une petite dizaine sur notre avant tribord, entre 10 et 20 milles devant, sans doute des bateaux de l’ARC Europe, partis 4 jours avant nous des Bermudes. Le front arrive tout juste sur eux, nous bénéficions donc d’un meilleur vent (plus fort et moins serré) et passons à leur vent, presque à une vitesse double de la leur. Bientôt nous apercevons la côte rocheuse de l’ile de Faial, très sombre et escarpée qui se dégage sous la couche nuageuse.
Faial en vue Punta Castelo Branco droit devant
Nous visons la presqu’ile de Castelo Branco en sachant qu’une fois ce cap franchi, nous rentrerons dans le dévent de l’ile pour les 6 derniers milles. Pas de doute, les hauteurs de Faial, culminant à plus de 1000m, créent une zone sans vent sur toute la côte Sud.
Côte sud de Faial Entrée dans le port de Horta
Nous démarrons les moteurs et profitons de ces calmes pour ranger le bateau. Moins d’une heure plus tard, nous rentrons dans le port de Horta. C’est encombré d’arrivants de transat, plus une place à quai ou au ponton. Nous mouillons l’ancre dans le port. Moby est de retour en territoire Européen. Petit coup d’oeil sur le GPS de la VHF, dont le waypoint est calé sur Brest depuis notre passage du Cap de Bonne Espérance : 1198 milles seulement!
Voilà encore une escale au nom évocateur de navigations au long cours. C’est une des étapes « classiques » d’une transat retour d’Europe. L’île est aussi sur la route des américains et canadiens qui transitent entre Amérique du Nord et Antilles/Bahamas au printemps et à l’automne.
Les habitants ont depuis des siècles accueilli les bateaux de passage, source d’activité et de revenus. Aujourd’hui, les steamers transatlantiques ont disparu, au profit des paquebots de croisière, des hotels pour golfeurs, et des résidences pour retraités américains aisés.
Mais j’en oublie de mentionner que c’est ici surtout que prend naissance la fameuse légende du « Triangle des Bermudes ». Mythe ou réalité, il nous tarde d’éclaircir le mystère…. Nous en saurons plus lors de notre visite au musée maritime d’Hamilton.
Je me réjouis donc de découvrir les Bermudes, fort opportunément, car l’île est sur notre route entre les Bahamas et les Açores.
Nous approchons des côtes qui nous livrent déjà quelques indices sur ce chapelet d’îles, confetti perdu dans l’Atlantique, habité par seulement 70 000 habitants : de belles plages sur la côte sud,de grands hôtels, des golfs (pas moins de 5 parcours sont indiqués sur la carte), des quartiers colorés, des phares,un vieux fort… Nous voilà survolés par un avion d’Américan Airlines, toujours aussi élégant avec sa livrée aux couleur du « Star and Stripes ».
Je savoure encore une dernière fois le plaisir de découvrir un nouveau pays en abordant ses côtes, avec une relative lenteur.
Les enfants ont gonflé les pare-battages, car nous devons accoster au quai de l’immigration pour les formalités d’entrée dans le pays. Nous nous réjouissons aussi de retrouver nos copains du catamaran Shuti, rencontrés à Panama il y a deux ans, avec lesquels nous avons navigué dans l’Océan Indien. Ils ont eux aussi bouclé leur tour du monde, en 3 ans, et rentrent chez eux en Israël. Nous avons repéré leur bateau à quai grâce à leur signal AIS.
Déjà, le chenal d’accès à St-Georges apparait : verte à bâbord,
rouge à tribord.
Des villages se montrent avec plus de précision : de petits ports naturels, des maisons aux formes simples et colorées, des pelouses qui descendent jusqu’à la mer, tableau qui donne un air presque scandinave aux paysages.
Nous entrons dans la baie via une étroite passe entre l’île Saint-Georges et l’îlot Paget.
Un lagon aux eaux turquoises se profile.
La rade de St-Georges se découvre à nous.
Les maisons, très coquettes
le yacht club
Le mouillage
Nos amis Momi et Lilah viennent nous accueillir avec leurs enfants. Pour une fois, nous faisons le choix de passer quelques jours à quai,
et en plein coeur de cette petite ville des plus charmantes,au milieu des canards.
Les enfants sont heureux de se retrouver et investissent le quai pendant 3 jours avec leurs skates et trottinettes.
Yoav, Eyal et Dror ont à peu de chose près le même âge que Victor, Arthur et Anna. Il se connaissent maintenant très bien ; en 2 ans nous chemins se sont croisés à Panama, Fidji, à Cocos Keeling, aux Chagos et en Afrique du Sud : ça crée des liens! Nous partons nous balader le long des quais.
Puis faisons le tour du village : l’hôtel de ville est en face des quais,la supérette, la laverie à proximité, plusieurs bars et restaurants…
L’endroit est très calme le soir, un peu plus animé en journée avec les touristes venus admirer les vieilles pierres de ce village rénové avec beaucoup de goût.
Le lendemain, avec Lilah, c’est courses/nettoyage/lessives (encore!!!).
Nous avons la chance d’avoir très beau temps pendant notre séjour : l’île a un climat sub-tropical, mais on sent aussi les effets de la brise de mer, qui rafraîchit l’air agréablement. Le soleil, par contre, cogne bien fort, et nous attendons 4h de l’après-midi le lendemain pour partir en balade aux alentours de St-Georges.
De vieilles ruines, une église jamais finie,
et la très pittoresque plage de Tobacco Beach.
Quel dommage, nous n’avons pas emporté nos maillots de bain….Si la mer n’a pas les températures tropicales des Bahamas ou des Antilles, elle est tout de même agréable, entre 22 et 24°, surtout dans ces bassins peu profonds où l’on peut barboter.
Nous continuons notre ballade le blog de la côte, et sommes vite arrêtés par un chenal que nous ne pouvons traverser à pied, celui du petit port naturel de Coot Pond. Le site est très photogénique… et il est d’ailleurs occupé par des mariés en pleine séance de photos. Nous longeons donc le bassin, pour arriver au fort Sainte-Catherine. Nous visitons les lieux,
Un bel ouvrage d’art militaire, désert, les canons sont spectaculaires; et leur taille laisse les enfants songeurs, en particulier sur la question de leur manipulation
qui devait être difficile.
Nous continuons à visiter et à profiter de la vue.
Nous redescendons vers la plage, histoire de gouter l’eau et de mettre les pieds dans le sable : pas si mauvaise, autour de 23-24° je dirais. Puis rentrons par la colline, boisée, qui abrite encore des vestiges, comme ce fort Albert, et nous ramène sur les hauteurs de St-Georges.
La rade de St-Georges est bien remplie à cette époque-ci de l’année, grande période de migrations trans-océaniques et inter-tropicales.
Quels drôles de cactus!On dirait presque des serpents…
En rentrant par la place du village, les enfants se prennent au jeu des techniques de châtiment à l’ancienne : ici des menottes,Là un siège spécial, utilisé pour punir les femmes, en particulier les commères qui colportaient des ragots… En les balançant dans l’eau! Un peu sauvage, non?
Le lendemain, nous avons prévu de passer la journée à Hamilton, la capitale. Nous prenons le bus, qui nous permet de profiter agréablement du paysage en chemin. Notre première étape à Hamilton, est le Bermuda Underwater Exploration Institute (BUEI), nom un peu compliqué du musée maritime…. Deux expositions nous intéressent en particulier : celle consacrée au célèbre Triangle des Bermudes,
et une autre à la Coupe de l’América, que les Bermudes ont accueilli l’an passé! Un grand évènement pour une si petite île.
Les bancs à l’extérieur proviennent de l’épave d’un navire transportant des dalles de granit pour une église du nouveau monde : elles ont été ici transformées en bancs.
A l’intérieur, une première salle consacré aux explorations sous-marines : ici les enfants rejouent la scène de Tintin explorant les fonds sous-marins pendant que les deux Dupont pompent (dans « Le trésor de Rackham le Rouge » ).
Puis nous entrons dans le monde de l’America’s Cup : réalité virtuelle, simulation d’entraînement physique et mentale, comparaison des techniques d’hier et d’aujourd’hui, c’est passionnant!
Une autre salle tout simplement bluffante abrite une collection privée : des centaines de coquillages des Bermudes et du monde entier, tous plus beaux et spectaculaires les uns que les autres.
Certains bien connus comme ces nautiles, toujours fascinants,
ou bien les haches d’armes, tranchants pour les pieds,
extraordinairement colorées ces coquilles st-Jacques,
ou irisés ces ormeaux
d’autres sont carrément spectaculaires comme ces amas de petits coquillage appelés « boite à bijoux »,
ou hideux comme ce Nodosus de Floride
ou ces huitres « Coxcomb », qui ont inspiré la forme du toit de l’opéra de Sydney,Ici, ces coquilles St-Jacques pas plus grandes que l’ongle d’un pouce… portent mon prénom!
Et là ces « barnacles » agglomérés
enfin, Anna découvre comment les nacres étaient utilisés pour faire des boutons;
Dans une autre salle, nous est racontée l’histoire du plus gros trésor au monde récupéré sur une épave : la société Odyssey a récupéré 2792 lingots d’argent (de 40kg chacun), soit 99% de la cargaison déclarée.
un lingot d’argent du SS Gairsoppa
Parti de Calcutta en Inde, Le SS Gairsoppa, un cargo à vapeur britannique de 412 pieds devait rallier Liverpool, et a été torpillé en chemin par un U-Boot allemand en 1941. Il transportait près de 3000 lingots d’argent représentant une substantielle part de l’effort de guerre, consenti par l’empire Britannique à la seconde guerre mondiale, qui depuis gisait par 4000m de fond dans le plus imprenable coffre-fort du monde.
Il fallu l’intervention d’un navire d’exploration sous-marine et de ses ROV (Remote-Operated-Vehicules) pour dégager le trésor, en découpant les tôles d’acier de l’épave. Une opération des plus rentables car l’Odyssey a empoché 80% de la valeur du trésor.
Les enfants découvrent la salle de « Google Earth » , projeté sur plusieurs écrans qui donne une incroyable sensation de 3D. Ici, nous sommes à Saint-Georges, au-dessus des quais.
Enfin, la salle tant attendue du triangle des Bermudes.
Pendant des siècles, la légende s’est construite, d’une zone triangulaire entre les Bermudes, Porto Rico et la Floride dans laquelle disparaissaient de manière inexpliquée des dizaines de navires puis d’avions…. Le mythe a culminé après la seconde guerre mondiale, créant inquiétude et angoisse pour nombre de marins et de navigateurs. Et non sans réalité car de nombreux bateaux en effet ont disparu en mer dans la zone. Ici, parmi des dizaines d’autres, un exemple d’équipage disparu :
La réalité est qu’il s’agit surtout d’une des zones de fort traffic aérien et maritime, aussi bien de commerce, de plaisance que militaire. Alors, statistiquement, les disparitions sont juste « noyées » dans la masse du traffic. Mais au-delà des chiffres, voilà les explications que l’on peut donner aux disparitions :
1 – la piraterie :
Elle a sévit pendant 2 siècles en particulier aux 17 et 18ème siècles, autour des Bahamas, surnommée un temps « la république des Pirates ». Ces dédales de petites îles ont été fort pratiques pour se cacher et exercer raids et pillages. Cela explique en partie ces navires fantômes retrouvés vides de leur cargaison et équipage, errant sur les mers
2 – plus connu, le champ magnétique terrestre,
que les navigateurs utilisent pour se diriger grâce au compas. De nombreux endroits sur terre sont sujets à des « anomalies magnétiques » perturbant la lecture de ces appareils : le triangle des Bermudes est l’un d’entre eux. Nous en avons connu plusieurs lors de notre tour du monde.
3 – Les hydrates de méthane relâchés dans la mer et dans l’atmosphère;
Il existe plusieurs de ces points sur terre, en particulier dans le Triangle des Bermudes. Ces gaz peuvent en se relâchant soit étouffer des moteurs, soudainement privés d’oxygène, soit exploser, soit réduire considérablement la flottabilité d’un navire lourdement chargé. En 1981, en mer de Chine, un navire d’exploration pétrolier, le Petromer 5 a coulé à cause d’une de ces poches de méthane arrivée en surface qui a diminué la flottabilité du bateau, l’a fait chavirer, et finalement coulé.
Les enfants vérifient ce principe dans cette colonne d’eau, soudainement remplies de bulles : la maquette de bateau coule.
4 – les vagues scélérates (« rogues waves » en anglais) :
ce phénomène longtemps mystérieux commence à être reconnu et expliqué, depuis qu’une plate-forme pétrolière de Mer du Nord a enregistré une vague de 18m le 1er janvier 1995-alors que les vagues moyennes précédant et postérieures mesuraient 9m. Vent contre courant, des longueurs d’onde qui se superposent sont des explications possibles et le puissant « Gulf Stream » passe près du triangle des Bermudes.
5 – les cyclones :
Il y a tous les ans 3 ou 4 cyclones à passer par le Triangle des Bermudes. Malgré notre grande connaissance de ces phénomènes, et d’excellentes prévisions météo, certains navires se font encore surprendre : En 2015, le SS (Steam Ship) El Faro, battant pavillon américain, a disparu corps et bien aux Bahamas pendant le cyclone de catégorie 4 Joaquim. Ses 240m de long et plus de 30 000 tonnes n’ont pas mis à l’abri de la tragédie le cargo qui a coulé avec ses 33 membres d’équipages,
6 – les nuages d’orage :
Les masses d’air en présence sur la zone peuvent générer de violentes lignes de grains, formées de super-cellulles nuageuses à l’évolution rapide. Ces nuages sont très dangereux en pour les avions, avec la grêle, le cisaillement de vent extrême, Ils peuvent aussi donner naissance à des trombes pouvant soulever des bateaux de plusieurs tonnes.
7 – la mer des Sargasses :
Elle est formée par un ensemble de 5 gyres (courants sous-marins ), qui font se rassembler toutes les Sargasses et « OFNIS » à proximité, formant à certains endroits une masse dans laquelle les bateaux peuvent s’engluer-cet hiver aux Antilles, le phénomène a touché fortement les îles de la Guadeloupe, entraînant la paralysie des ports. Les marins des anciens temps croyaient que les sargasses capturaient les bateaux. Beaucoup de bateaux abandonnés au 17ème siècle ont été retrouvés dans les mers des Sargasse, puis dérivant le long du Gulf Stream
8 – l’erreur humaine,
qui cause 70 à 95% des accidents, par manque de conscience de la gravité de la situation (« situational awareness »). C’est en particulier le cas de ces 5 avions « Avengers » perdus en mer lors d’une patrouille en décembre 1945 au large de la Floride.
9 – des phénomènes jamais expliqués
comme ce nuage magnétique qui aurait surpris ce pilote d’avion et ses passagers, le faisant arriver plus tôt que prévu à destination, et sans avoir consommé autant de fuel que prévu… Bizarre… De là à affirmer que des spirales spatio- temporelles, pourraient exister…. Un jour peut-être la science l’expliquera?
Tous ces sujets sont passionnants, et les enfants insatiables de questions, ce qui donnera lieu à de nombreuses conversations en famille sur les risque encourus en mer et comment s’en prévenir. A quelques jours de notre traversée de l’Atlantique (sur un tronçon réputé parfois difficile suivant la météo), voilà une expo un brin angoissante!! J’ apprécie d’ailleurs l’humour qui suit la sortie de la salle avec ce panneau
Les enfants s’amusent à tourner la « Roue de la Fortune » du Triangles des Bermudes :le premier cylindre explique qui vous êtes,
Vous êtes en régate entre Newport (USA) et les Bermudes sur votre voilier
le second, ce qu’il vous arrive,
vous entrez dans un dense brouillard et perdez vos repères
et le troisième si vous vous en sortez (ou pas), et comment….
vous sautez à l’eau et, pas de chance, rencontrez un requin! Bye-bye, vous entrez dans les statistiques du Triangle des Bermudes.
Tout cela détend un peu l’atmosphère …
J’aime aussi beaucoup ces quizz des animaux réels ou imaginaires peuplant les mers ;
Les enfants s’en tirent avec un 10/10, ils les connaissaient tous!! J’avoue que le « Blue Dragon » (réel) et le « Prister » (fake) m’étaient étrangers.
Pour terminer, nous entrons dans la salle des trésors!
Voici de véritables trésors en or, argent, pièces et bijous, trouvés par Teddy Tucker, célèbre bermudien chasseur d’épaves. Nous sommes ébahis de voir en vrai autant de pièces de grande valeur.
Amusant : l’un de ces bateaux, l’Hermine, frégate de 60 canons et 200 pieds en provenance de la Havane, naufragé en 1838 aux Bermudes, avait pour destination Brest, .
Certains sont émouvants : des objets du quotidien comme ces boutons de manchettes et boucles de ceinture, bijoux d’ornement comme ces boucles d’oreilles, pendentifs, alliances crucifix, etc…Ils proviennent de deux épaves trouvées dans le golfe du Mexique, des navires espagnols chargés d’objet de négoce, prêts à être vendus aux Amériques. Le navire a coulé avant d’atteindre son but. Je vois aussi pour la première fois ces lingots d’or (beaucoup plus petits que je ne l’imaginais), fondus en Amérique du temps des conquistadors (l’or des incas?), pour être transportés plus aisément en Europe. Ces pièces proviennent de galions quittant l’Amérique pour l’Europe.
Sont aussi exposées ces pièces d’argent espagnoles, qui pendant plus de 200 ans (De 1512 à 1732 ) ont servi de monnaie dans le nouveau monde. De formes imparfaites, ces doublons pesaient tous 27g.
Plus tard, elles ont pris une taille ronde (entre 1732 et 1771), puis furent gravées de la tête du roi d’Espagne (jusqu’en 1820 et l’indépendances des colonies espagnoles).
Enfin, la « Croix de Tucker » , le joyau présenté ici n’est qu’une copie, car l’original a été volé pendant le transport d’un lieu d’exposition à un autre. Le retrouvera-t-on un jour?
Nous sortons enchantés de notre visite, et serions bien resté plus longtemps explorer les lieux, mais il est midi passé, et notre petite troupe est affamée. Nous les emmenons en ville déjeuner, et déambulons dans les rues et les parcs.
Loïc remarque l’élégante horloge du « City Hall » : c’est en fait une rose des vents couplée à une girouette : elle donne la direction du vent en direct. Nous aimerions bien avoir la même installation à la maison….
Un peu plus loin, je ne résiste pas à immortaliser ces deux hommes en tenue « bermudienne » classique : chemisette, blazer, bermuda à pinces, chaussettes hautes et mocassins, quelle classe! Nous allons finalement nous relaxer dans l’un des nombreux parcs de la ville,
les enfants jouent… à chercher de trèfles à 4 feuilles,
nous prenons le vert…
ici dans le parc aux Statues
Là au Parc Mount Pleasant, en bord de mer. Qu’il est doux de voir un si bel oiseau en pleine ville!
Si nous avions eu plus de temps, nous serions volontiers venus avec Moby mouiller dans la rade de Hamilton.
Mais nous partons demain, c’est décidé, au vu de la météo favorable.
Il est déjà l’heure de repartir de Hamilton, car si nous voulons appareiller demain midi, il faut terminer les approvisionnements et les préparatifs de départ.
Nous profitons de la vue, haut perchés dans le bus, une manière agréable de découvrir le paysage. Se succèdent des paysages de lagon,
de plage,
de petits ports,
le vieux chemin de fer transformé en piste cyclable,
Le lendemain midi, Moby est fin prêt, nous allons dire au-revoir aux copains et tombons en pleine rue devant cette reconstitution de scène de châtiment public en costume d’époque :
Les acteurs semblent se régaler à jouer leur rôle : l’officier charger de donner châtiment et la femme éplorée de remord, que l’on a condamné à … la chaise dans l’eau!
Bien sûr, des badauds sont mis à contribution. Décidément, les droits de femmes étaient bien faibles à l’époque.
Les enfants, restés sur Shuti avec leurs copains, regardent la scène médusés, ne sachant pas quoi en dire…
La bonne dame finit bien à l’eau, pour la joie du public! Nos amis nous ont offert des biscuits fait maison pour notre départ.
Il est grand temps d’appareiller, un dernier coup d’oeil sur les jolies maisons de la rade, Nous prenons la passe.
Bye-Bye Bermuda! Une courte escale intense, et haute en couleurs!
Dans les grandes lignes de notre voyage, nous avions prévu un départ des Bahamas mi-mai, afin de nous laisser assez du temps pour profiter des escales aux Bermudes et Açores. Je commence donc à regarder la météo sur l’Atlantique Nord à partir du début du mois. Nous avions prévu de remonter jusqu’à Abaco, pour y faire l’avitaillement et partir de Marsh Harbour. Nous quittons les Exuma, Norman’s Cay le 5 mai pour Egg’s Cay, au Nord-Ouest d’Eleuthera et pensons poursuivre vers Abacco le lendemain. Voilà le plan initial ; mais la situation météo est venue changer les plans.
Il faut dire que le temps a été chahuté sur les Bahamas depuis le début du mois de mai. Un front tropical est resté stationnaire sur la zone, créant un ciel perturbé, couvert et très orageux. Nous avons eu plus d’orages ici les 2 dernières semaines que sur le reste de notre tour du monde.
orage en pleine nuit à Cambridge Cay
Ce front tropical s’étend du sud de la Floride vers les Bermudes, autant dire que l’intégralité de notre route est concernée. Il est quasi stationnaire pendant plusieurs jours. Sur la ligne du front, des vents instables, orages et calmes, à l’ouest du front des vents de Nord-Est et à l’Est du front des vents faibles de Sud-Est.
Image satellite 11 Mai
Image satellite 12 Mai
Image satellite 12 Mai soir
Carte météo 12 Mai, jour du départ
Carte météo 12 Mai, jour du départ
Prévision 24H pour le 13
Prévision 48H pour le 14
Prévision 72H pour le 15
Prévision 96H pour le 16
Il faut donc se positionner à l’Est afin de se mettre du bon coté du front. Nous décidons le 6 mai, de ne pas nous rendre à Abaco mais de privilégier un départ depuis Spanish Wells, au Nord d’Eleuthera. C’est là que nous effectuons l’avitaillement et mettons le bateau en ordre de traversée. A ce stade, un départ semble jouable le jeudi 10 mai. Nous quittons la marina de Spanish mercredi matin et allons nous mettre à l’ancre au Sud de Russel Island en attendant de partir. A peine ancré, les dernières prévisions arrivent et viennent une fois de plus changer les plans. La zone perturbée reprend de l’ampleur, s’élargit. Le départ n’est donc pas pour demain et probablement pas avant samedi ou dimanche.
Nous décidons de partir sur le champ vers Cat Island, en profitant de la brise de Nord-est pour avaler les 90 milles vers le Sud-Est. Ce décalage du bon côté du front devrait nous permettre de partir 1 ou 2 jours plus tôt que si nous étions à Spanish Wells ou Abaco.
Cette petite nav’ bonus dans les Bahamas nous permet de découvrir le Sud d’Eleuthera, car nous mouillons à East point avant d’aller à Arthur’s Town, sur Cat Island.
le superbe mouillage de East Point
Vendredi 11 mai, nous subissons au mouillage de violents orages, le mouillage devient vite inconfortable mais nous devons faire avec car il n’y a rien pas de meilleur abri alentour. La bonne nouvelle c’est que la météo est optimiste pour le lendemain, avec un retour des vents au Sud-Est.
Samedi 12 mai le vent est bien passé au sud en fin de nuit et tous les voyants sont au vert pour un départ en soirée. Ce sera une route quasi-directe vers les Bermudes, tribord amure tout du long, dans un vent léger mais normalement suffisant pour bien marcher.
Une semaine d’attente et des recollages de la position de départ ont donc été nécessaire avant qu’une fenêtre météo ne s’ouvre pour une belle traversée vers les Bermudes.
Prévision routage initiale départ
Prévision routage initiale J1
Prévision routage initiale J2
Prévision routage initiale J3
Prévision routage initiale J4
Nous appareillons d’Arthur’s Town à 18h, afin de profiter des 2 dernières heures de Jour pour contourner les récifs du Nord de l’ile.
Ciel nuageux au départ de Cat Island
Nous contournons le Nord de l’ile au coucher du soleil
Le front s’éloigne vers le Nord-Ouest
En route vers les Bermudes
Une fois dégagé, le vent s’établit à l’Est-Sud-Est à 10 noeuds. C’est donc du près, à 60° du vent, allure que Moby affectionne particulièrement, surtout dans cette force de vent. Sous GV et solent, nous sommes au dessus de 8 noeuds en permanence, la mer est belle et le bateau passe bien, c’est parfait pour la première nuit en mer. Les conditions restent stables toute la nuit et le vent adonne d’une dizaine de degrés.
Lever de soleil le 13 mai Rougeur du matin…
Dimanche 13 mai : le vent à forci un peu en fin de nuit, il souffle à 12-14 noeuds et nous conservons un angle au vent de 70°. La météo confirme le scénario de départ, c’est à dire que le front tropical s’évacue vers l’ouest, laissant de l’espace à l’anticyclone des Açores pour s’étendre jusqu’aux Bermudes et générer un flux de Sud-Est sur notre route. Le ciel est toujours chargé de nuages et nous nous prenons 2 grains consécutifs entre 12h et 15h, ce qui nous oblige à prendre un ris dans la grand voile.
Grain
On en profite pour récupérer l’eau de pluie
Le grain est passé
Dès 15h30, le ciel se dégage et le vent retombe, nous larguons le ris. Le vent semble globalement 2 kt plus fort que sur le routage, nous sommes donc en avance sur notre « lièvre » virtuel. En revanche la direction du vent oscille beaucoup, nécessitant de régler les voiles très souvent.
La nuit de dimanche à lundi se passe bien, la température est un peu plus fraiche que la veille mais encore bien agréable. Le ciel reste couvert jusqu’à 2h du matin puis se découvre. Pas de lune mais un belle nuit étoilée, cela fait longtemps que je n’ai pas eu la possibilité de contempler les constellations de l’hémisphère Nord aussi bien.
Premières lueurs du jour
Lever de soleil sur l’Atlantique
Une belle journée s’annonce…
Lundi 14 mai : la mer s’est calmée en fin de nuit, il n’y plus aucun mouvement de tangage, nous progressons bien toute la journée sous GV et solent. La routine des traversée s’installe après deux jours. RAS, les milles défilent paisiblement. Nous croisons juste un cargo en fin d’après-midi.
Croisement derrière ce cargo CMA-CGM en route vers Singapour
Joli coucher de soleil, la nuit s’annonce bien tranquille.
Coucher de soleil le 14 mai
Un motor yacht (Dauntless) se trouve devant nous, également en route vers les Bermudes, nous le rattrapons légèrement et passons toute la nuit à portée visuelle. Le vent accuse quelques molles en milieu de nuit, mais la progression est toujours satisfaisante.
Mardi 15 mai : Avec le lever du jour, le vent reprend un peu de souffle puis adonne en fin de matinée. Nous envoyons le code 0, et Moby passe à la vitesse supérieure. Des conditions parfaites avec un vent de 10-12 noeuds qui nous vient du travers tribord. Nous avançons tout l’après-midi à 10 noeuds, soit presque 2 noeuds de plus que prévu par notre routage. Si les conditions tiennent, nous serons aussi Bermudes demain!
Le code 0 est sur le pont
Code 0 envoyé
Conditions idéales
Code 0
Beau temps sur l’Atlantique
En milieu d’après-midi, une cible AIS apparait sur notre tribord, sur une route perpendiculaire à la notre. Le nom du bateau m’interpelle : « Léon », c’est le nom que portent les bateaux de Jean-Pierre Kelbert, constructeur des monocoques de course-croisière JPK.
Léon croise derrière
Nous nous connaissons depuis plus de trente ans car nous régations ensemble en planche open D2 dans les années 80 et Jean Pierre m’avait construit la planche de mon dernier championnat du monde, en 1988! Le numéro MMSI qui apparait me confirme qu’il s’agit d’un bateau français.
Spi vert pour Léon
Je l’appelle à la VHF, c’est bien le « Léon » de Jean-Pierre, mais avec ses nouveaux propriétaires, des américains qui le ramènent à New York (Le bateau a été vendu après l’arrivée de J-P à la Transquadra cette année, dont il finit second). Nous nous croisons à moins de 2 milles en nous souhaitant »Bon vent ».
A la vitesse du vent
Fin de journée à bord
Le diner se prépare
Après ces belles heures de glisse, le vent vient à refuser en début de soirée, le code 0 est roulé, mais maintenu hissé car j’espère la variation de vent de courte durée. C’est en effet ce qui se passe et peu après minuit, le vent ayant repris sa direction au Sud-Sud-Est, le code 0 est déroulé. Malgré un vent très léger toute la nuit, entre 6 et 10 noeuds, les milles défilent.
Lorsque le jour se lève, mercredi 16 mai,
Lever de soleil le 16 mai
il ne reste que 70 milles à parcourir, ce qui nous donne une arrivée vers le milieu d’après-midi.
Toujours du beau temps
A 10h, nous prenons contact avec Bermuda Radio, comme le veut la procédure.
Bermudes en vue
Peu de temps après, nous apercevons la terre, c’est à dire l’Ouest des Bermudes.
Bermudes en vue, approches de St Georges
Tout l’équipage se prépare à l’arrivée.
gonflée des pare-battages
Nous longeons ensuite la côte sud de l’île
et nous dirigeons vers l’entrée du chenal menant au port de Saint George.
Nous affalons les voiles à 15 heures et embouquons le « Town Cut », l’étroit chenal menant à Saint Georges.
Saint George’s Cut
Nous nous dirigeons vers le quai des douanes, où nous sommes accueillis par nos amis de Shuti, arrivés des BVI deux heures plus tôt.
L’escale est charmante,
avec beaucoup de bateaux venus des 4 coins de l’Atlantique Ouest, et qui comme nous, vont attendre tranquillement le moment propice pour continuer leur traversée de l’Atlantique vers les Açores ou l’Europe.
la rade de St-Georges
Nous sommes tous les 5 impatients de découvrir cette nouvelle île!
Après 1 mois de croisière dans le sud des Bahamas et les Exuma, nous arrivons à Spanish Wells, (petite ville du nord d’Eleuthera), pour peaufiner nos préparatifs de transat. Notre séjour aux Bahamas tire à sa fin, car nous avons en tête d’entamer notre traversée de l’Atlantique avant le 15 mai. En effet, le 1er Juin est le début officiel de la saison cyclonique dans l’hémisphère Nord.
Nous avons quelques jours d’avance sur le planning, car nous venons de profiter des vents de sud pour remonter des Exuma vers le Nord des Bahamas, avalant en une demi-journée les 50NM qui séparent Norman Cay (au Nord des Exuma) de Egg Island. (Ouest d’Eleuthera)
Nous avions prévu de remonter jusqu’à Abaco, pour préparer Moby à proximité de Marsh Harbour, tout en continuant à explorer quelques îlots supplémentaires, mais les prévisions météo pour les jours à venir donnent des vents plus favorables pour traverser au départ d’Eleuthera ou de Cat Island.
Bien nous en a pris : le village de Spanish Wells est charmant, et nous allons passer 3 jours agréables et efficaces à la marina de Yacht Haven.
Au programme : grand nettoyage de Moby, intérieur et extérieur, approvisionnement, révisions des moteurs, changement de la pompe d’eau douce tribord, menus bricoles, et un grand rangement en prévision des 3500 NM de la transat.
Nous entrons par la passe Nord,
découvrons la plage,
puis les maisons, très jolies, et typiques, avec leurs murs colorés et leurs toits blancs
Nous empruntons le chenal Est,
assez étroit et sinueux.
Les enfants ont gonflé les pare-battages : c’est leur rôle!
Les premières maisons de Spanish Wells apparaissent, très coquettes.
Et le Must, ce sont ces pontons privés,
au bout duquel on amarre SON bateau.
C’est une île de pêcheurs, qui a gardé sa vocation malgré un indéniable développement touristique.
Les riches plaisanciers américains ont colonisé l’île, mais elle garde une importante flottille de pêche traditionnelle
Je décompte pas moins de 3 stations-service pour bateaux!
Un peu plus loin, le quai des ferrys et les loueurs de voiturettes de golf : sympa, c’est ainsi que se déplace la moitié des habitants.
La superette,
Le chantier de réparation navale,
La passe Sud
toujours la flotte de bateaux de pêche
et enfin la marina!
Nous allons y rester 3 jours.
C’est une des plus agréables petites marinas où nous avons séjourné. A taille humaine, elle donne sur le canal, très animé en journée. Un resto, des bungalows à louer,et… une piscine! Les enfants en font leur repaire, après l’école. Eux qui d’habitude s’ennuient à la marina sans copains, s’amusent bien ici : piscine, trottinette, et la cerise sur le gâteau, c’est cette voiturette que nous louons 24h pour faire les courses et nous balader.
A tour de rôle, les enfants m’accompagnent dans les magasins
La supérette est bien achalandée de produits frais, et offre un rayon de produits artisanaux très alléchants : confitures, pickles, achards, condiments, pâtisseries et pain fait maison, quel régal! J’aime bien la formule, qui permet aussi à la population locale de se procurer un agréable complément de revenus, en particulier pendant la saison touristique. On se régale ainsi des pickles de Tante Anita, des cupcake de Mary-Rose,
du Carrot Cake et de la Lime Pie de Lizzie, du pain de mie de John….Et de la salade de Conch achetée sur le bord de la route.
Une première journée est consacrée aux lessives : un mois de linge, ça fait 6 grosses machines, et ça me prend toute la journée! Draps, alèses, vêtements, serviettes, tout y passe, y compris les vêtements « d’hiver », jeans, polaires, chaussettes, que nous avions remisés depuis l’Afrique du sud, et que nous allons ressortir avant l’arrivée aux Acores. Le lendemain, il fait vraiment un temps de cochon! Ca n’empêche pas de nettoyer, au contraire. Anna au balai-brosse, et Arthur à la raclette. Moby va bénéficier d’un dessalage intégral à l’eau de pluie, c’est idéal!
Nous dînons le soir au restaurant avec de nouvelles connaissances : Michel et Christine, de Spica, un Outremer 45. Ces (presque) jeunes retraités profitent de leur bateau à mi-temps : 3 mois à bord, 3 mois en France. Ils sont fans des Bahamas, où ils ont déjà navigué plusieurs saisons, et remonteront cette année encore vers la côte Est des Etats-Unis, que nous aurions aussi aimé visiter.
Ils nous recommandent en particulier la côte entre New-York et Boston : de Long Island à Cape Cod, en passant par Nantucket et Martha’s Vineyard : une succession de plages, de criques isolées, de calmes forêts, de villages typiques…. tout cela nous fait rêver.
En attendant, il pleut à torrent, y compris dans le restaurant, mais l’ambiance est chaleureuse!
Le lendemain, le temps s’est amélioré, et en allant faire les courses, nous en profitons pour nous balader un peu dans les petites rues de Spanish Town.
Nous nous arrêtons acheter une langouste, la spécialité locale. Ici, ça n’est pas plus cher que le poisson.
Les maisons sont ravissantes, parfaitement entretenues, les jardinets apprêtés.
Derrière les rues, l’église,
une ruelle,puis la plage,
Nous revenons bien chargés ; Arthur m’a bien aidé,
et m’a convaincu d’acheter … un trancheur de pommes! Beau et ludique, c’est aussi une bonne manière de partager des fruits…et comme nous sommes de gros mangeurs de pommes…..
Ce matin, Michel et Christine quittent la marina, et continuent leur exploration des Bahamas, vers Abaco.
Au bout de notre ponton, un nouvel arrivant, magnifique ancien vapeur en bois, aménagé pour le charter. Ca doit être très cosy à l’intérieur. Les vernis sont rutilants.
Nous quittons Spanish Wells :
Les pleins d’eau et de gasoil sont faits, le bateau est propre, et l’avitaillement nous permet de tenir 10 jours et plus. Nous sommes fin prêts à traverser et allons rester attendre la meilleure fenêtre météo possible pour rallier les Bermudes, distante de 750 NM. Nous allons en effet traverser l’Atlantique en 3 étapes : Bahamas-Bermudes, dans les jours qui viennent, puis Bermudes -Acores avec une longue escale d’un mois aux Acores et enfin Acores-Brest, pour arriver en Bretagne début juillet.
Nous ressortons de Spanish Wells par la passe Sud,puis nous dirigeons vers la pointe Sud-Ouest d’Eleuthera.
Nous franchissons l’étroite passe qui sépare Eleuthera de Current Island.
Un courant et des remous qui nous rappellent le bon temps des passes dans les Tuamotu.La mer est blanche et bouillonnante dans la passe.
Nous naviguons toute la journée et arrivons de nuit dans le sud-Est d’Eleuthera à East End Point.
A notre réveil le lendemain, nous découvrons un site enchanteur.Les falaises crayeuses sont impressionnantes et forment un décor inhabituel, très graphique.Des grottes, des cavernes se succèdent tout le long du littoral.
Nous sommes mouillés devant une grande plage en arc de cercle.
Mais à la pointe, une ravissante petit crique nous attend.Un chemin mène au vieux phare, que nous empruntons. La vue d’en haut est panoramique. Le phare est désaffecté, et en piètre état. Et de l’autre côté, la très grande plage.
Nous revenons sur notre petite plage privée profiter de ce qui est sans doute notre dernière baignade en eaux chaudes turquoises et tropicales. Dans quelques heures ou quelques jours, nous aurons appareillé pour les latitudes tempérées d’Europe…Alors il faut en profiter!
Batailles de boules de sable,
skimboard, baignade….Nous savourons ces instants. Je remarque que le sable est… presque rose. Une célèbre plage d’Eleuthera vante sa couleur rose, nous n’en sommes peut-être pas très loin… les touristes en moins.
Nous appareillons sans tarder car nous voulons être à Cat Island dans l’après-midi.
Nous passons devant l’île de Little San Salvador, entièrement privée puisqu’elle a été achetée par une filiale de Carnival Cruise Ship : des croisières tout compris de 5 à 7 jours aux Bahamas, au départ des USA, L’escale est complètement aménagée pour accueillir des milliers de passagers, un peu comme un grand hôtel, (beach club, restaurants, excursions, sports….) mais sans les chambres.
Nous arrivons sous un ciel bien morne a Orange Creek. Le temps n’est vraiment pas engageant, mais les fonds transparents : Loïc nettoie les coques, comme avant chaque grande traversée. Près de 3 heures dans l’eau à frotter les algues.
Nous attendons toujours la meilleur fenêtre météo possible, qui tarde un peu à venir. Le lendemain, nous allons dans la baie d’à côté, à Arthur’s Town! Il nous faut bien sûr aller à terre visiter et immortaliser cela!
Arthur à Arthur’s town
Nous tombons par hasard sur le sculpteur et peintre de ce panneau!
Le village est bien morne…Nous croisons peu de monde.Il faut dire qu’aucun commerce n’est ouvert : les habitants sont par ici tous des « Adventistes du 7ème jour », et ne travaillent ni le samedi ni le dimanche.
L’école,
le poste de police, le bar (qui est fermé),
l’aire de jeu…
et de nombreuses maisons abandonnéesNous nous mettons en quête de l’épicerie la plus proche, qui est à quelques kilomètres. Nous décidons d’y aller à pied….Assez vite, la solidarité bahaméenne fait son oeuvre, et nous sommes embarqués dans la benne d’un pick-up, qui nous dépose quelques kilomètres plus loin, à l’épicerie, où nous trouvons du pain, le dernier article frais qui nous manque. La météo est enfin parfaitement favorable, nous sommes fin prêts.
Le soir-même, nous levons l’ancre, pour 4 jours de mer, direction les Bermudes! Nous quittons les Bahamas avec le sentiment d’avoir bien profité de cette longue escale de presque 6 semaines.
Le temps n’y est pas très beau non plus depuis 8 jours et ne semble pas s’améliorer,
alors nous sommes contents d’aller de l’avant, cap à l’EST pour retrouver le soleil!
Nous naviguons depuis déjà 10 jours dans l’archipel des Exuma, et continuons notre progression vers le Nord en direction du « Exuma Land and Sea Park », qui s’annonce encore plus spectaculaire que ce que nous avons vu. Nous sommes déjà sous le charme de cette navigation entre îlots et bancs de sable, que nous pratiquons en mode « exploration », nous arrêtant jusqu’à 4 fois par jour pour visiter une grotte, une plage, ou faire un snorkeling.
Vue sur les Rocky Dundas, où se trouvent les grottes
Nous prenons un mouillage de jour dans la toute petite baie de Fowl Cay : à un jet d’annexe se trouvent en effet deux grottes qui sont parait-il au moins aussi remarquables que celle de Thunderball.
Il nous tarde d’aller vérifier cela.
A Fowl Cay, nous sommes tout seul au mouillage. Inhabituel, une épave d’avion trône sur la plage. La piste n’est pas loin.
l’épave sur la plage
Les îles des Bahamas sont souvent équipées de petites pistes privées. C’est aussi que les propriétaires vont et viennent, à bord de leurs avions, ou d’avions taxis, qui offrent également les services de livraison de nourriture, pièces détachées etc….
Curieux, nous allons sur la plage examiner ce qui reste de la carlingue.
Loïc penche pour un décollage raté.
La plage est un petit bijou : une eau turquoise calme, de petites vaguelettes, du sable fin…
Le mouillage est paradisiaque
A midi, Loïc envoie le drone, pour voir île d’en haut : pas de luxueuse villa, mais de petites maisonnettes, un ponton, et la piste, vraiment toute petite.
vue aérienne de Fowl Cay
Après le déjeuner, nous filons explorer les grottes. La première n’est pas évidente d’accès : il faut plonger, pas très profond, mais sur 3 mètre de long. Anna n’a pas peur, et nous suit, c’est la première fois qu’elle plonge dans ces conditions!
Une fois à l’intérieur, c’est majestueux, de très nombreux stalactites, et un grand puit de lumière
La seconde est plus facile d’accès, pas besoin de plonger car on y accède par une étroite ouverture en surface, comme un boyau au-dessus de l’eau.
Elle est encore plus impressionnante : une fois à l’intérieur, un seuil, puis une petite plage, une caverne en hauteur qui ravit les enfants, un puit de lumière, des stalactites….
En fin de journée, nous mettons cap sur Compass Cay,
le chenal d’accès à Compass Key
et mouillons pour la nuit sur un banc de sable devant la marina, réputée pour ses requins nourrice semi-apprivoisés. Nous filons en annexe voir à quoi ressemblent les installations :
C’est très coquet, mais le sens de l’accueil est comment dire….axé sur le porte-monnaie : on nous réclame pour débarquer une taxe de « landing fee » de 10 dollars… par personne! Et pas de discount pour les enfants…. Nous observons quelques minutes, depuis l’annexe, les requins nourrice tourner et virer dans une eau limpide puis faisons poliment demi-tour.
Le lendemain, nous mettons cap sur Cambridge Cay, où nous retrouvons Luna Bay 2 et Penn Gwen. C’est officiel, nous venons de franchir les frontières du parc naturel.
Nous décidons d’organiser un apéro-dinatoire de dernière minute sur la plage : nous repartirons sans doute chacun de notre côté d’ici quelques jours, il faut donc saisir l’occasion d’une soirée tous ensemble.
Jennifer a repéré un petit îlot d’où le coucher de soleil devrait être superbe pour ce pic-nic du soir improvisé.Les 3 familles arrivent en annexe, dans ce joli coin de paradisLa soirée est fort agréable, la marmaille joue aux Robinsons en se gavant de chips, de crackers au fromage et de pâté de campagne…
La nuit est moins sympa : les orages grondent pendant des heures, nous sommes sur le pont, aux aguets, à guetter le vent et les éclairs. Il y a tellement d’éclairs qu’on y voit comme en plein jour, et la foudre nous assomme les oreilles.
Nous mettons les ipads/ordis et téléphone à l’abri dans le four, qui servira si besoin de cage de Faraday.
Au plus près, l’orage approchera à moins d’un mille. A 5h du matin, nous retournons nous coucher, plus de peur que de mal. Ce sera le premier d’une longue série d’orages de nuit que nous subirons dans les 15 prochains jours.
Nous passons la journée du lendemain à Cambridge Cay. Sans être totalement dégagé, le temps s’est remis au beau. Le matin, c’est école pour tout le monde, mais dans l’après-midi, nous partons à terre avec nos équipements de snorkeling explorer la plage de « Honeymoon’s Beach », sur la côte sud de l’île.
Nous traversons l’île à pied avant d’accéder au site pour un beau et sportif snorkeling avec la marmaille.
Une belle soirée s’annonce….Mais la nuit est tout aussi orageuse que la précédente. Là encore, les éclairs sont très proches, et grondent.
Nous craignons le foudroiement bien sûr, et vérifions l’avancement de l’orage, mais aussi le vent qui tourne, qui forcit. Heureusement, la foudre tombe à environ 1km de là-et les appareils électroniques sont encore une fois dans le four!
L’avantage, c’est que nous récupérons l’eau de pluie, grâce à notre bimini pourvu de rigoles, et à un circuit de tuyaux, qui va direct dans les réservoirs, qui sont pleins. Nous remplissons alors les carafes et les bidons.
Au petit matin, nous allons dire au-revoir à Luna Bay 2,
Bye Bye les amis : Luna Bay 2, Penn Gwen et Moby réunis!
Ils repartent vers Nassau préparer leur bateau pour la transat retour en France.De notre côté, nous nous donnons 8 à 10 jours de plus pour explorer les Bahamas.
Nous appareillons également, juste à temps, car une série de 3 speed boats arrivent vers nous-il est vrai que nous sommes dans un chenal-, et foncent à 25 noeuds au moins, créant 3 sillages qui nous chahutent.
Nous longeons Hall’s Pond Cay, peu accueillante, avec ce panneau explicite : pas d’annexe! Il semble que la cohabitation entre les voiliers et les riches résidents des îles se passe mal. La loi aux Bahamas est claire : l’accès aux plages est libre jusqu’à la laisse de haute mer. Par ailleurs, il ne me semble pas anormal que les propriétaires de ces îles jouissent de la tranquillité qu’ils recherchent. Alors, pour notre part, nous ne nous empêchons pas de nager sur les plages, voir d’y mettre le pied, mais n’y débarquons jamais en annexe.
Nous mouillons sur un banc de sable près du chenal, car il y a sur zone deux sites de snorkeling d’interêt :
Le premier, c’est un petit avion bimoteur coulé par 3m de fond. Il git nez dans le sable, queue en l’air. Nous prenons grand plaisir à virevolter autour, dans 3 mètres d’eau à peine, même Anna se régale ; je n’ai malheureusement pas d’image de la scène….
Non plus du magnifique jardin de corail au Nord d’ Obrian’s Cay. Les coraux sont sublimes, visibles dans 2 à 3mètres d’eau à peine : des gorgones multicolores y côtoient des éponges vertes, beige, rose, de toutes tailles et de toute formes, c’est vraiment un délice pour les yeux. C’est en plus un site très accessible pour les débutant, le genre d’endroit où on pourrait amener sa grand-mère!
Le lendemain, la journée commence sous des trombes d’eau : le temps n’est pas au beau fixe, depuis quelques jours, nous subissons orages et grains au moins une fois par jour. Nous quittons Compass Cay en bordure de grain, il y a plus de 20 noeuds de vent, et Loïc nous montre sa dextérité à piloter Moby : car pour aller du nord de Hall’s Ponds Cay au mouillage sud de Warderick’s Wells, un chenal sinueux nous fait passer entre de petites îles. Victor et moi surveillons la nav’ chacun dans une des étraves. A peine avons-nous pris la seule bouée disponible, qu’un rideau d’eau s’abat sur nous.
le grain approcheArthur prend sa douche en plein air
C’est plutôt une bonne nouvelle, nous allons pouvoir remplir les réservoirs, s’offrir des douches en plein air, et boire de l’eau de pluie, la meilleure de toutes. Nous avons même de l’eau courante pendant quelques minutes!
Aujourd’hui, 28 avril, c’est le grand jour : notre capt’ain fête ses 50 ans! Happy Birthday Captain!
Nous passons cette journée seuls tous les 5 dans ce mouillage de rêve : une fois le grain passé, le site se découvre, avec des couleurs, comme toujours, sublimes sous le soleil.
Le petit dej était copieux ce matin, puisque nous avons commencé par souffler les bougies… et manger le gâteau. Comme le dit le dicton d’un restau italien que Loïc aime bien : « Life is short, eat desert first! ». Autrement dit : « Comme la vie est courte, autant manger le dessert d’abord »
Loïc avait passé sa commande la veille, et je lui avais préparé un gâteau breton : la plaquette de beurre y est passée.… Et à 10h, il n’en reste pas une miette…
En début d’après-midi, nous allons explorer la plage,
et nous offrir une belle baignade. Puis partons à la recherche du « Pirate’s Lair » , le « Repaire des pirates » un peu plus loin dans les terres. Le site était en effet parfait pour attendre les proies s’apprêtant à entrer dans le banc des Bahamas par le « Wide Opening », cette large passe facile d’accès à la voile par tous les vents, située à quelques milles au nord de Warderick Wells. On s’imagine facilement les bateaux de pirates cachés entre les îlots, les hommes guettant les navires de commerces.
Moby au mouillage de Warderick’s Wells sud
Avec les dernières pluies, le camps des pirates n’est plus qu’un bourbier… c’est pourtant là, au bord d’une source et à l’abri de ces grands palmiers auxquels ils pouvaient attacher leurs hamacs qu’ils se reposaient entre deux raids.
Au retour, une belle baignade,
et de moments très simples de partage en famille.Arthur et Anna restent jouer à la plage : ils creusent le sable pour y trouver des vers, puis ensuite nourrir les petits poissons du bord. Loïc et Victor partent explorer le tunnel qui perce l’îlot d’en face : long de 30m, il traverse spectaculairement l’îlot, et peut se pratiquer à la nage, par temps très calme et à l’étale. Avec le vent actuel et les fortes marées, il n’en est pas question. Dommage, car ça doit être pourtant génial de le parcourir à la nage : il est percé de plusieurs ouvertures par le dessus, partiellement à l’air, et partiellement sous-marin.
J’en profite pour rester à bord, pour bouquiner tranquillement.
Ce 28 avril 2018 fut une journée enchantée, où nous aurons tout eu : de l’action, du mauvais temps, du soleil, de l’exploration, de la découverte, des jeux, des baignades, du temps calme, un bon gâteau…
Le lendemain, nous contournons les îles pour entrer dans les Warderick Wells, le coeur du Park des Exuma, où se trouvent les rangers.
Le site est époustouflant, avec ses bancs de sable, et ce chenal circulaire et profond où des corps-morts sont à disposition.
Les photos qui suivent sont garanties sans amélioration, ni retouche de couleurs….
Elles sont prise d’en haut du mat par Loïc qui inspecte le gréement. Il profite d’être au corps-mort et par un temps très calme pour monter vérifier cette partie-là du gréement. Nous partons d’ici 2 à 3 semaines en transat : il nous reste encore plus de 3000 NM à parcourir avant de rentrer en Bretagne.
D’en haut les bancs de sable sont majestueux, comme des rubans de dégradés.
Loïc lance le drone pour immortaliser le site, sous un beau soleil;
vue vers l’île de Warderick Wells et les maisons des rangersVue vers le sud de Warderick Wells et les mouillages de Emerald Rock
Après l’école, nous préparons un picnic pour aller déjeuner à terre… et emmenons le reste du champagne que nous n’avons pas fini hier
: nous célébrons encore une fois les 50 ans de Loïc.Pendant que nous savourons cet apéro du dimanche, les enfants vont explorer sur la plage le squelette d’un cachalot reconstitué là par les bénévoles de l’association du Park.
Puis l’envie nous prend d’aller nous promener sur les bancs de sable à marée basse. Anna et moi nous élançons, les garçons nous rejoignent en annexe.
Vu d’ici, ce banc de sable ressemble à un coeur.
La beauté de ces différents dégradés de turquoise tient aux marées,
aux dénivellés sous-marin de dunes et aux méandres créés par les courants.
Nous partons en snorkeling explorer les lieux, puis terminons par une ballade à terre, vers les hauteurs de Boo Boo Hill, point culminant des Warderick Wells. Ce que nous apprécions aussi aux Bahamas en cette fin Avril, c’est la longueur des journées. Le soleil ne se couche que vers 19h30, contre 18h aux Antilles : cela laisse de belles soirées encore actives.
La colline de Boo Boo Hill est réputé hantée : par les nuits de pleine lune, on entendrait les voix des pauvres âmes ayant péri dans le naufrage d’un navire au large de Warderick wells.
Nous traversons la mangrove, longeons de nombreux trous, des grottes,
Nous grimpons la colline, et regardons avec consternation les débris de bois flottés que les voiliers de passage s’évertuent à déposer…. créant cet amas, qui s’éparpillera et repartira sur les flots au prochain cyclone.
Je remarque combien l’homme a besoin de marquer son territoire en laissant une trace visible de son passage. C’est particulièrement flagrant aux Bahamas : peut-être une tradition du Nouveau Monde? Vieux T-shirts suspendus au plafond du bar Chat’n’Chill à Stocking Island, panneaux de bois flottés gravés en haut de Boo Boo Hill (Warderick Wells), totem de pierres à Cambridge Cay. Ce qui avait sans doute du sens il y a quelques dizaines d’années encore quand ces endroits étaient peu fréquentés et difficilement accessibles, avant l’avènement du tourisme de masse, me semble aujourd’hui vain et irresponsable. A l’heure où l’on voyage partout en avion, et au vu du nombre d’humains que nous sommes sur terre, continuer à mettre en oeuvre ces « traditions » polluantes me dépasse. Je préfère de loin une autre devise, que nous avons souvent lue sur des panneaux de parc naturels : « En visitant ces lieux, la seule chose que vous laisserez derrière vous seront vos empreintes de pas » .
Nous admirons le soleil qui descend sur l’horizon, puis rentrons via un gué, puis un petit pont, à travers la mangrove. Nous découvrons l’hélipad fait de pierres et coquillages concassés.
En rentrant au bateau au coucher du soleil, quelle n’est pas notre stupeur : nos amis du catamaran Cool Running sont ont fait la surprise de venir à notre rencontre. Nous les attendions il est vrai d’un jour à l’autre, en provenance de Georgetown … Ils ont parcouru les 70 NM d’une traite pour nous voir.
Nos routes se sont croisées pour la première fois dans le Pacifique, à Rangiroa, puis à Papeete, et enfin c’est pendant un séjour prolongé à Maupiti que nous avons mieux fait connaissance.
La dernière fois que nous nous sommes vus c’est en décembre dernier en Afrique du sud, à Cape Town.
les enfants de Moby et de Cool Runnings à l’aquarium de Capetown
Depuis, nos routes se sont suivies sans se croiser. Leurs deux ados, Ben et Gaby sont les grands amis de Victor, et il leur doit aujourd’hui son beau niveau d’anglais ;-).
Nous avons ensemble parcourus 3 océans, et bouclé chacun notre tour du monde. Nous sommes d’autant plus fiers d’eux qu’ils réalisent à peu de chose près le même parcours que nous, mais sur un bateau de grande série, un Lagoon 400, plus petit et moins rapide que le notre.
Dans un mois, quand nous traverserons l’Atlantique direction la France, ils mettrons cap sur la Floride, leur port d’attache.
Alors ce sont de belles retrouvailles, intenses, car les au-revoir sont proches!
Nous appareillons ensemble pour une île un peu plus au nord, Hawksbill Cay, réputée comme une des plus belles des Exuma. C’est l’occasion de se prendre mutuellement en photo sous voiles, dans ce beau turquoise.
La nous sommes tous les 5 sur le pont!
Je me fais la réflexion, que la vue est décidément magnifique depuis ma cuisine!Dans quelques longueurs nous entrons dans du turquoise clair signe que nous n’aurons plus que 2m d’eau sous les coques!
C’est grisant de naviguer dans si peu d’eau.
Nous voilà au mouillage!
La plage est en effet superbe,
et nous passons notre première journée à simplement profiter de la baignade, savourant nos retrouvailles avec nos amis : il y a tant à se raconter depuis 4 mois que nous nous sommes vus. Nous tirons le premier bilan de nos circumnavigations, et évoquons aussi notre retour à la vie de terriens qui approche.
Le soir, la lune nous sourit.
Le lendemain, le vent est annoncé est bien là. Loic et Victor sortent les planches, puis le kitesurf.
Victor en plancheLoïc en kitesurf
Je tente quelques bords en planche, mais le vent est décidément irrégulier avec le relief de l’île.
J’ai aussi un début d’otite qui peine se résorber, aussi suis-je prudente avec les sports nautiques.
Nous allons visiter la grotte dite des « contrebandiers ».
Elle est tout juste au-dessus du niveau de l’eau, et assez impressionnante avec son plafond rose,
et le goulot qui sépare les deux chambres.
Puis nous poussons vers la plage adjacente, qui abrite un chemin menant vers des ruines et à la plage côté océan.
Nous devinons les ruines, des murs de maisonnettes datant de 1785. Occupées par les loyalistes, ces réfugiés pro-anglais de la guerre civile américaine : refusant la tutelle des séparationnistes, et gardant allégeance à la couronne britannique, nombreux sont les Loyalistes qui ont fui aux Bahamas, implantant des champs de coton, de tabac ou de l’élevage.
Elles étaient vraiment étroites ces maisons.
La balade est sympa aussi pour observer les plantes, comme ces petites épiphytes, mais aussi pour la vue d’en haut.
A mi-chemin, inattendu, cet étang, source d’eau douce.
Et de l’autre côté de l’île, la plage au vent :
Dommage que nous n’ayons pas les bodyboards!
Ca déferle, et rejette sur la plage de la mousse, des algues, des éponges… et des débris de toutes sortes.
Sur la route du retours, nous sommes surpris par toutes ces grottes, cavernes et trous qui jonchent le sol : un vrai gruyère!
Ce soir, j’ai proposé à Gudrun d’initier sa famille aux crêpes bretonnes, en remerciement du paquet de farine de blé noir qu’elle m’a rapporté des Saintes.
Pendant que je suis aux fourneaux sur le Lagoon, Loïc débriefe à Dave nos 2 semaines passées dans les Exuma, et lui donne les bon tuyaux, des mouillages et activités sympas avec les enfants.Il y a en effet beaucoup à faire aux Exuma entre le snorkeling, les épaves, les ballades à terre, les grottes….
Les enfants apprécient les crêpes,
et de cette rencontre américano-bretonne sort une création que je dois à Ben : une intéressante crêpe blé noir/beurre/sucre/cannelle!
Je la nomme « la Cool Runnings », du nom du bateau de nos copains américains.
Apprenant que nous n’avions plus de Nutella à bord, Gudrun nous offre ce petit pot, qui rejoint le tableau de bord de Moby, et les « trophées » offerts par nos amis, ou glanés au fil des rencontres….
Le lendemain, le temps n’est pas au beau fixe, et c’est sous un ciel plombé que nous montons sur Shroud Cay, un dédale de rivières salées dans la mangrove. Quel dommage qu’il fasse ce temps pourri, ce doit être tellement beau sous le soleil. Mais il ne fait pas froid et nous ne sommes pas en sucre, alors nous partons sous la pluie, et avec la marée, qui est encore haute pendant une heure ou deux.
Nous voilà en annexe dans les méandres de la mangrove.
Après 30 mn, nous arrivons à destination :
Nous avons traversé Shroud Cay d’Ouest en Est, et nous voilà sur la côte au vent.
Le sable est d’une douceur incomparable,
et nos pieds s’enfonçent profondément dans le sable tellement il est fin.
En haut de la colline, les vestiges de CampDriftwood, où un genre d’ermite avait construit un camp de fortune dans les années 60. En haut du camp Driftwood, la vue sur Shroud Cay.
Nous quittons Shroud Cay pour Norman’s Cay, toujours sous les nuages, mais sans la pluie, ouf!
L’île a une histoire savoureuse : elle a été pendant quelques années le repaire d’un célèbre trafiquant de drogue. Carlos Lehder, d’origine Colombienne, faisait originellement partie du cartel de Medellin. Il a acquis Norman Cay en 1979 : ses maisons, ses commerces, sa piste d’aviation etc….afin de s’en servir comme un hub, une zone de transit entre l’Amérique Centrale et les USA. Témoin de cette vie antérieure : l’un des DC3 de Carlos git sur un banc de sable à l’entrée de Norman’s Cay.
Les Stups américains (la D.E.A.) qui surveillaient la zone, ont finit par démanteler et faire vaciller l’empire de Lehder entre 1981 et 1983, alors que le gouvernement bahaméen, largement corrompu, protégeait Lehder et ses hommes. L’homme a été arrêté en Colombie en 1987, et extradé puis jugé aux USA où il purge 135 années de prison….
Nous sommes mouillés juste devant la piste, et c’est un défilé d’avions
Nous sommes aussi régulièrement survolés par des hydravions. Nous allons plonger sur le DC3 -enfin, pas vraiment en profondeur, car l’épave est posée sur un banc de sable et émerge, même à marée haute. Loïc explore l’épave, regarde à travers les hublots,
.
et fait mine de se mettre aux commandes!
Les coraux ont bien colonisé l’avion! Victor continue l’exploration,
passe à travers les hublots!
Plus tard dans la journée, nous partons avec l’annexe des Cool Runnings explorer l’intérieur du Cay, et en particulier sa mangrove et ses « flats ». Nous passons devant les lodges, et le restaurant, fermé ce soir. Puis allons nous rendre compte des travaux, de grande ampleur de la marina. Nous sommes surpris par le nombre de marinas aux Bahamas dont les travaux semblent terminés et qui n’ont jamais ouvert. Traffic? Blanchiment ou détournement d’argent?
Puis nous nous arrêtons marcher le long de la mangrove.
Arbustes, coquillages, oiseaux, nous sommes en pleine nature sauvage. Ces traces, dans le sable, ce sont des raies, qui nichaient dans ce trou à marée haute. Il y a si peu d’eau que nous rentrons à la rame.
Ce soir, nous faisons nos les adieux à nos amis de Cool Runnings, qui s’en vont demain, et reprennent leur exploration des Exuma vers le sud, alors que nous continuons vers le Nord. Bye-Bye les amis! Nous nous reverrons certainement un jour, je ne sais quand, je ne sais où….
Le temps est tellement mauvais et les vents contraires (de nord) que nous restons 24h de plus à Norman. L’occasion d’aller nous offrir un bon hamburger au restaurant. En dessert, je tente le traditionnel Guava Duff, sorte de pudding arrosé de sauce à la goyave, typique des Bahamas… C’est moins mauvais que ça en a l’air : très sucré et roboratif, je peine tout de même à avaler plus de 3 bouchées après mon hamburger…
Nous serions bien restés explorer les îlots du Nord de l’archipel : Highbourne, Ship Channel, Leaf Cay….Mais le mauvais temps s’installe durablement sur les Bahamas. Or nous sommes le 3 mai, et avons prévu de traverser vers le 15 : il est temps pour nous de quitter les Exuma et d’aller préparer notre transat. Nous avons choisi pour cela de faire escale à Spanish Wells, petit village d’Eleuthera, distant d’une cinquantaine de milles.
A très vite pour la toute dernière partie du récit de notre séjour aux Bahamas.
Notre porte d’entrée pour les Exuma, c’est George Town, petite ville du sud de l’archipel, qui accueille en saison près de 200 voiliers, essentiellement des Canadiens et Américains venus passer la saison d’hiver et le printemps en eaux chaudes. Heureusement, les mouillages sont variés dans cette rade, formée par l’île de Great Exuma d’un côté, et par un chapelet de petites iles côté lagon : Stocking Island, Elisabeth Island, Pigeon Island…C’est heureux, car nous passons en moins de 24h à une zone de navigation isolée, où nous étions souvent les seuls bateaux au mouillage, à l’effervescence!
C’est ici aussi que nous disons au revoir à Papily et Mamily, qui rentrent en France , et s’envolent depuis le petit aéroport de Georgetown vers Miami, puis Paris.
Nous commençons par un mouillage de jour à Pigeon Cay, très beau mais inconfortable :
Le vent souffle, la houle rentre, c’est génial pour le skim et la baignade sportive, mais pas pour le confort à bord!
Nous filons donc nous abrite pour la nuit à Georgetown, et mouillons devant le village en compagnie de grosses vedettes,
et d’un autre Outremer 51, de propriétaires américains!Signe d’arrivée en terres civilisées : cet hydravion, qui emmène les touristes survoler les Exuma, probablement au départ de Nassau.
L’archipel des Exuma (Exuma Cays) au coeur des Bahamas, est un ensemble d’îlots qui s’égrènent tel un collier de perles, distantes de quelques milles à peine les unes des autres, et qui abrite en son coeur un parc naturel, le « Exuma Land and Marine Park » :
Promesse de superbes plages, de navigation en eaux protégées, de passes à fort courant, de bancs de sable, de grottes, de magnifiques snorkelings, exploration d’épaves, de mangroves…..
Il nous tarde d’y être.
Mais pour l’instant, nous explorons George Town et en particulier Stocking Island qui abrite une curiosité : des trous à cyclones. Nombreux y laissent leur bateau y compris pendant la saison cyclonique (de juin à octobre), sur corps-mort, ou sur quelques pontons privés.
A gauche, en entrant dans Gaviota Bay, on trouve un premier trou à Cyclone, en face du St-Francis Resort
puis un second trou à cyclone abritant la marina Kevalli
A droite, c’est beaucoup moins profond et réservé aux très faibles tirants d’eau : Turtle Cove .
Nous remarquons un petit chemin de sable qui monte, et que nous partons explorer Il donne accès à la plage au vent. Nous revenons y passer l’après-midi avec les skims et les bodyboards.Que c’est bon de glisser sur les vagues!
De retour à la civilisation, nous posons notre dinghy sur la plage de Chat’n’Chill,
au coeur de la vie sociale des yachties de George Town, et partons déjeuner du traditionnel cochon rôti du dimanche.
Nous nous régalons de cochon, garni du désormais traditionnel mac’n’cheese (gratin de pâtes au fromage), de coleslow, de riz aux haricots, de carottes glacées au miel… Délicieux aussi, la « Conch salad », toute simple avec ses dés de lambis crus agrémentés de piments végétarien, de concombres et d’oignons doux: c’est frais, la chair est presque sucrée, je me régale.
Nous testons aussi la bière locale , Kalik ou Sands, il faut choisir! Au bar de Chat’n’chill, les bateaux sont censés laisser un vieux t-shirt signé des membres d’équipage : premier signe d’une longue série, qui montre combien l’homme aime marquer son territoire.
Il faut dire que pour beaucoup d’Américains et de Canadiens, descendre aux Exuma, c’est un accomplissement, et je les comprend ; après tout, à chacun son Everest!
Nous sommes moins emballés par l’ambiance de la plage, qui s’anime au fur et à mesure des heures qui passent, les annexes au touche-touche sur la plage, la musique à fond la caisse, les cadavres de bières qui s’amoncellent…. C’est LE rdv social du dimanche après-midi. Dans l’eau, les raies sont imperturbables.
Plus tard, nous irons mouiller devant « Monument Beach », la plus au Nord des plages de la zone. C’est la plus belle, et elle est bizarrement très peu fréquentée : nous sommes le plus souvent seuls sur la plage.
Lundi matin, nous allons « en ville », pour dire au-revoir à Papily et Mamily qui prennent leur avion à midi, et pour faire un avitaillement de frais, le dernier datant d’il y a déjà 2 semaines aux Turks et Caïcos.
le « Victoria Lake »
L’entrée sur le « Victoria Lake » se fait via un petit pont. Nous découvrons un joli village bien organisé, avec une supérette bien fournie, un service de laverie… Nous en profitons pour nous balader un peu en ville,
la mairie
qui se met sur son 31 car elle accueillera d’ici 2 semaines d’importantes régates de pirogues locales.
Une fois les corvées effectuées, nous repartons mouiller devant la belle plage de Monument Beach. Nous partons à marée basse pour une grande ballade littorale, un longe-côte naturaliste parmi les oiseaux, tel ce couple de balbuzards (Ospreys en Anglais), que nous avons malencontreusement dérangé. Ils sont en pleine période de couvaison, et ne quittent par leurs majestueux nids
un couple de balbuzards dans leur nid, dans les racines de filaos tombés à l’eau
Au creux de la plage, des yachties se sont organisé un petit campque chacun peut user à sa guise, pour organiser un barbecue, un « potluck », ou simplement un apéro-plage comme ces deux couples de Canadiens dont nous faisons connaissance. Ils font partis de ces « oiseaux migrateurs » fuyant leur Canada hivernal pour y chercher le soleil des tropiques (il fait -2 à Chicoutimi) Comme beaucoup, ils emportent leur chien avec eux. Nous n’avons jamais vu autant de chiens sur des bateaux qu’aux Bahamas! Tel ce magnifique chien blanc, que nous croiserons souvent, et avec qui les enfants auront plaisir à jouer sur la plage. Contrairement à beaucoup de pays, les formalités pour les chiens sont très faciles.
Nous quittons Georgetown sans regret, car nous aspirons à plus de nature et de vie sauvage en remontant l’archipel des Exuma.
la côte Nord de Great Exuma
Nous ne sommes pas spécialement emballés non plus par la vie sociale « à l’américaine » de ce genre d’endroit, régulée tous les matins par les annonces à la VHF du « Cruiser’s Net » : aquagym à 9h, karaoké le samedi, et bingo le vendredi, tournoi de volley-ball, BBQ … C’est amusant de voir comment, même loin de chez lui, l’homme ressent le besoin de se recréer une vie sociale avec ses codes et ses rituels.
Nous naviguons une vingtaine de milles en dehors du lagon, et entrons par le « Adderly Cut » , laissant Lee Stocking Island sur notre bâbord, puis Norman’s Pond Cay et Leaf Cay.
Adderly Cut, vue vers le Sud, la piste de Lee Stocking Island en arrière plan
Sur la petite plage de Leaf Cay, des formes noires s’approchent… ce sont des iguanes!
Il est midi passé, nous nous arrêtons déjeuner devant Norman’s Pond,
au mouillage dans le Nord de Norman’s Pond
puis repartons vers le Nord direction Rudder Cut Cay
vers le Nord, la pointe Nord de Norman’s Pond, et la passe de Bock Out
Il nous faut pour cela ressortir du lagon pour quelques milles, via le Bock Out, et rentrer dans le lagon via le Rudder Cut.
le Rudder Cut, vers le Sud : le Sud De Rudder Cut Cay au premier plan, Little Darby et Darby Island au second plan
Nous y voilà.
Nous observons tout juste la petite arche de Little Galliot Cay. Nous arrivons à Rudder Cut Cay, et découvrons une très jolie île, avec 2 petites plages charmantes, et surtout, un petit port, pas complètement naturel car une tranchée a été en fait creusée pour relier le bassin naturel à la mer. L’île, qui semble inhabitée, est privée et il est interdit de s’y promener. En annexe, par contre c’est permis!
Nous entrons dans le port, curieux.
Plusieurs autres curiosité : une grotte ouverte sur l’extérieur, éclairée par un puit de lumière,
et dotée à marée basse, d’une mini-plage.
des roches en forme de champignon…
des raies…
un beau snorkeling sur une … sculpture sous-marine en métal, commandée par David Copperfield (voisin et propriétaire des deux îles de Rudder Cut et de Musha Cay), qui a fait faire une statue grandeur réelle d’un piano à queue et d’une sirène, qu’il a immergé par 4m de fond. Quel dommage, ma GOPRO a rendu l’âme il y a 10 jours, j’ai chipé cette photo sur le net, elle n’est pas de moi. J’aurais aimé vous montrer les enfants virevoltant de tous côtés autour de la sculpture, et vous montrer comment le corail repousse vite!
C’est d’ailleurs dans la grotte voisine
que notre drone va s’écraser dans l’eau, après qu’il a reculé de manière totalement inexpliqué, et se soit heurté à la roche. Une fois coulé, nous l’avons récupéré, rincé, séché, mais il n’a jamais pu re-décoller…
Voici ses dernières images.
Moby devant la funeste grotte
Les plages au vent sont superbes,
et le snorkeling doit l’être tout autant.
Puis nous continuons vers Musha Cay, et nous arrêtons en chemin à Little Lansing Cay, car il y a une épave d’avion sur un banc de sable. Nous nous approchons doucement, et mouillons carrément sur le banc de sable! Pas besoin de descendre l’annexe, nous y allons en palmes, masque et tuba. En effet, le petit bimoteur git par moins de 3m de fond, même Anna peut descendre le voir. Du corail pousse sous ses ailes.
30 mn plus tard, nous levons l’ancre de nouveau, et passons devant Musha Cay Sur la carte, la zone est indiquée comme « swim area », et en effet, c’est la plus belle « piscine » que nous ayons jamais vue!
Il s’agit d’un resort totalement privé qui se loue pour une famille ou un petit groupe d’amis, à 40 000$ la journée….Les constructions sont sublimes, 5 villas nichées dans une végétation tropicale superbe, qui arrivent à Musha Cay en hélico,
l’hélipad
ou à Rudder Cut en avion. Ici, sans doute pas une maison, mais simplement la salle d’embarquement bateau.
Plus loin, le quai des fournisseurs.
Bye-Bye Musha Cay, l’île de David Copperfield, paradis qui nous laisse songeur.
Nous longeons Cave Cay, qui semble inoccupée.
Nous sommes tentés de rentrer dans la marina, mais elle est fermée, peut-être désaffectée, et nous préférons ne pas prendre de risque.
Nous passons donc notre chemin.
les enfants s’organisent un petit « apéro-chips » sur le rouf,scrutant le relief pour découvrir les grottes dont cette île bien nommée est pourvue.
Nous nous arrêtons finalement déjeuner au nord de Cave Cay, devant une minuscule plage et un petit étang.
Nous sommes mouillés en léger décalé par rapport à la piste, heureusement, car elle est tout près! La baignade est comme d’habitude merveilleuse, mais nous ne sommes pas tous seuls dans l’eau, sans doute un requin nourrice. Un petit tour à terre pour voir la piste
l’étang, et la plage, puis nous repartons dans l’après-midi pour trouver un mouillage de nuit satisfaisant, à Little Farmer’s Cay.
Nous empruntons pour cela le Galliot Cut et faisons route à l’extérieur des bancs.
vue vers le Nord, et le Galliot Cut
Curieuse maison octogonale sur Big Farmer’s Cay.
Nous mouillons en plein courant, Loïc et les enfants s’amusent une bonne heure à marcher sous l’eau dans le courant, à jouer avec les vagues de sable sous-marines.
Tous les soirs, nous étudions nos cartes, car les îles et îlots sont très nombreux, nous faisons en ce moment 2 à 3 stops par jours pour explorer épaves, plages, grottes ou autres curiosités Tout cela s’organise : il nous faut aussi trouver pour chaque soir un mouillage de nuit qui convienne, suffisamment protégé, suffisamment de fond, pas trop de courant, en évitant les chenaux, très fréquentés, de jour comme de nuit.
Le coucher de soleil est comme toujours magnifique,et à l’heure de l’apéro, Anna elle aussi se prépare des cocktails….un demi-citron pressé, une orange, et un trait de Grenadine!
Cette nuit Arthur et Loïc vont dormir à la belle étoile! Arthur en rêve depuis depuis longtemps, et Loïc l’accompagne dans son aventure. Ils sont bien couverts, en pyjama, et avec un bon duvet avec capuche et la nuit s’annonce dégagée, pleine d’étoiles.
Nous n’irons pas nous balader au village,
le yacht Club de Little Farmer’s cay
et appareillons à 9h, car il nous faut longer aujourd’hui la longue île de Great Guana Cay. Nous commençons par contourner le Nord de Little Farmers Cay, et découvrons son bout de piste.Partout aux Bahamas, des épaves jonchent notre route. Le pays n’a sans doute pas les moyens de les déloger, alors elles restent là, à attendre l’épreuve du temps…
Il y a de nombreux mouillages sous le vent de Great Guana Cay, que nous testons les uns à la suite des autres.
White Point d’abord, et sa longue plage de sable blanc. De l’autre côté des dunes, elle est tout aussi belle. Comme il n’y a pas de courant, nous allons tous à la plage en palmes, masque et tuba : cela nous évite de mettre l’annexe à l’eau (puis de la remonter quand nous partirons d’ici une heure ou deux). L’opération prend entre 5 et 10mn au total. Et nager fait faire un peu de sport!
Nous trouvons des éponges échouées, et testons leur flottabilité.
Après ce petit plouf matinal, l’école reprend, jusqu’au déjeuner. Nous nous arrêtons à Jack’s Bays Cove, minuscule plage, et petit mouillage pour un bateau tout seul.
le drone de Loïc est mort… mais Victor nous prête le sien pour faire des images!
Là encore, des grottes à explorer,
du turquoise, du sable blanc, de la vie sauvage…
une raie sur la sable
Et après le déjeuner, nous mettons cap sur Black Point, une grande baie assez fréquentée, dotée d’un grand village, qui propose toutes sortes de services : laverie, pain frais, restos….
Juste avant la baie, curieuse architecture que ce « chateau ». Destiné peut-être à résister aux cyclones?
Nous croisons un de ces semi-rigides qui emmènent les touristes visiter les Exumas, lancés à 35 noeuds au moins Ils sont nombreux à sillonner les îles en speedboat.
Nous arrivons à Black Point, et repérons Banana, un catamaran qui fait un tour du monde en famille en 7 ans avec 4 enfants, et dont nous avons lu les récits de voyage, publiés depuis 10 ans dans des magazines spécialisés. Depuis la famille a vendu leur bateau et vient de sortir un livre A bord il doit s’agir des nouveaux propriétaires!
Nous avons rdv avec Luna Bay 2 et son équipage familial, avec lequel nous nous sommes promis de naviguer de concert quelques jours aux Exumas. Ce soir, c’est resto!
Pendant que les enfants jouent aux cartes, les adultes dégustent la bière locale en se racontant leurs vies. Tous pareils, et tous différents : quand nous rencontrons des familles en grand voyage, c’est toujours passionnant d’écouter les trajectoires de vie qui font qu’un jour, un papa et une maman tout ce qu’il y a de plus raisonnables, entrainent leur smala dans une telle aventure…
Pendant que dehors nous profitons de la soirée en terrasse (à se faire dévorer par les moustiques), à l’intérieur de ce resto type « diner » à l’américaine, c’est la clim à fond et la télé grand écran sur un match de basket! Culturellement parlant, nous sommes bien aux portes des US.
Nous ne manquons pas le lendemain d’aller acheter notre pain (à prix d’or, mais il vaut bien ça, d’autant qu’il est important de faire tourner le commerce local!) chez Lorraine, la maman de la restauratrice d’hier.
le pain de Lorraine
Devant l’adresse indiquée, Loïc trouve porte fermée. Il toque, on lui dit d’entrer, et il trouve une dame bien âgée qui tricote dans son salon…. Elle le fait venir dans sa petite cuisine, et là, des miches dorées tout juste sorties du four attendent les gourmands : garanti « fait maison! » Pain nature, et pain fourré à la chair de coco, un régal au petit dèj!
Nous quittons l’ile de Great Guana Cay, cap au Nord, et continuons à égrener les Exumas. Un petit stop à Gaulin Cay South, petit ilot anodin à la jolie plage. Au départ, nous nous y sommes arrêtés pour les grottes, annoncées sur la carte.
Mais quelle n’est pas notre surprise de voir des iguanes pointer leur nez sur le sable!
Nous mettons alors l’annexe à l’eau et filons explorer les lieux.
En effet, dès qu’ils entendent notre moteur, les iguanes sortent par dizaines de leurs cachettes.
Ils attendent sans doute qu’on les nourrissent. C’est pourtant bien interdit, toujours pour les mêmes raison que beaucoup de touristes ont du mal à comprendre : en nourrissant un animal sauvage, on le coupe de ses capacités à se nourrir dans son propre environnement, et par là-même, on l’affaiblit. Pour aider et préserver les animaux sauvages, en particulier ceux qui sont en danger d’exctinction, il faut donc s’abstenir de les nourrir.
Ces iguanes sont tellement peu craintifs que nous hésitons à marcher sur la plage, de peur qu’ils ne nous approchent de trop près Ces animaux ont de belles griffes, des dents acérées, et contrairement aux iguanes marins des Galapagos, ils ne sont pas végétariens!
Nous passons une bonne heure à observer ces animaux,
Nous observons aussi un couples d’Osprey (Balbuzards en Français), ces rapaces marins, les seuls à pêcher dans les estuaires, les lagons ou les lacs. A notre arrivée, l’un des oiseaux s’est envolé, nous a survolé,
inquiet, et est parti, peut-être pêcher.
L’autre est resté à poste sur son nid : il doit y avoir des petits ou des oeufs.
Nous partons à la recherche des grottes.
A notre retour, les iguanes sont toujours là. Sans doute un peu déçus que ne nous leur donnions pas de nourriture. Mais nous sommes stricts là-dessus, depuis que nous avons appris qu’un changement de régime alimentaire chez des animaux sauvages pouvait les rendre malades. Une équipe de scientifiques travaillant sur le jardin de corail de l’hôtel Taha’a Island Resort, en Polynésie Française a découvert que nourrir les poissons demoiselles avec du pain leur provoque un diabète. C’est pourtant une pratique que nous avons observé partout sous les tropiques.
En rentrant au bateau, nous levons l’ancre, et découvrons médusés cette drôle de forme à 1 mètre derrière la jupe .Tout près des moteurs, alors que nous reculons, je pense d’abord voir un tuyau de plomberie en plastique : inquiète pour les moteurs qui tournent, je donne l’alerte. Nous prenons la forme en photo, et l’étudions de plus près en images. Il semble bien que ça soit un organisme vivant, peut-être un pyrosome, sorte d’organisme pluricellulaire.Je fais quelques recherches sur internet, et tombe sur DORIS, ce site des Données d’Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la Faune et de la Flore Sous-Marine.
Ce formidable site recense une banque d’image très complète de ce qu’on peut observer sous l’eau, et propose même à ses membres de poser des questions d’identification. Comme nous avons de l’internet, je m’inscris, et poste donc la photo avec une question, … et reçois en moins de 24h une réponse!
Il s’agit de tout autre chose : une ponte de grand calmar. Les petits oeufs (des boules bleues) sont reliés entre eux en spirale transparente, et flottent au gré des courants. Whaou, nous avons pris quelque chose aujourd’hui!
Nous reprenons cap au Nord, visant d’être en fin de journée à Staniel Cay, le coeur d’activité des Exumas. Plusieurs raisons expliquent cette fréquentation : une marina, un yacht-club sympathique, quelques commerces, et de nombreux mouillages. Et en terme d’activités, de jolies petites plages, la célèbre grotte de Thunderball ( James Bond n°4) mais surtout l’attraction majeure, ce sont les cochons nageurs, qui sont sur touts les dépliants publicitaires des Bahamas. Nous sommes tous curieux de voir cela!
Nous passons d’ailleurs notre première nuit à Big Major Spot.
le mouillage de Big Majors Spot
Effectivement, les cochons sont bien là! Mais c’est un défilé de hors-bord, d’annexes et de bateaux de charter.
Nous passons la nuit dans ce mouillage très fréquenté, en particulier par les super-yachts.
Nous changeons de mouillage le lendemain pour être au plus près des grottes et du Yacht-Club.
La grotte se visite de préférence à l’étale de marée basse, pour avoir un accès plus aisé par ses deux entrées principales, et éviter le fort courant de marée. Nous finirons pas aller la visiter 3 fois tellement elle plait aux enfants.
Il faut dire que le site est impressionnant, et facile d’accès via la première entrée.
La seconde est plus délicate, car elle n’offre qu’un mince filet aérien vers l’extérieur, et donne sur un fort courant traversier : l’îlot se trouve en effet juste devant un chenal à fort courant.
la seconde entrée
La troisième sortie/entrée se fait par un passage sous-marin à 3m de fond, et la quatrième, par un étroit tunnel coudé sous-marin lui aussi. Il y a donc que quoi ravir les explorateurs sous-marins en herbe.
La grotte dispose aussi d’ouvertures verticales qui laissent la lumière entrer à flots, ce qui a donné naissance à la célèbre scène du sauvetage de James Bond dans « Opération Tonnerre » (« Thunderball » en Anglais). Film que nous ne manquons pas de visionner le soir-même avec les enfants! La scène finale de bataille sous-marine avec fusils de chasse est plutôt originale pour l’époque ( 1966!)
Nous explorons aussi la grotte vue d’en haut.
Le soir, nous avons la visite d’une famille française sur le voilier Penn Gwen : j’avais croisé les parents Flora et Aurélien lors de la formation médicale ATMSI quelques mois avant notre grand départ. Ils ont suivi notre blog pendant les 6 premiers mois de notre voyage, puis sont partis pour un tour de l’Atlantique en 2 ans, avec de longues escales en Afrique et au Brésil. Nous avons presque le même programme en ce qui concerne la route retour, et allons donc naviguer ensemble quelques journaux Bahamas puis nous retrouver encore aux Acores. Ils ont 2 filles de 6 et 11 ans, Mélisse et Erell.
l’équipage de Pen Gwenn
Nous allons à terre explorer les infrastructures du Yacht-Clubune marina quelques charmants bungalows sur pilotis , un resto à la carte bien alléchante (et pas hors de prix pour une fois), un mini port pour les annexes, des petits Boston-Whalers à louer, et les célèbres requins nourrices « demi-apprivoisés ».
Nous déjeunons au resto le midi avec toute l’équipe de Luna Bay 2, et nous régalons d’un bon hamburger, dans une jolie salle de restaurant climatisé vue mer, c’est TOP!
Puis nous partons tous ensemble nous balader sur l’île de Staniel, à la recherche des petits commerces. Nous rentrons bredouilles, avec seulement du main de mie, mais avons vu des jolies maisons typiquesdes jardinets un peu secsl’église du village, des bungalows à louer…
Nous repartons pour Big Major Spot, les enfants nous ayant convaincus qu’il fallait aller rendre visite aux cochons.
C’est effectivement une attraction touristique. Les cochons ont été déposés là il y a quelques années, semi-sauvages, ils sont tout de même nourris par les habitants, mais surtout par les bateaux de passage, qui arrivent avec des légumes et du vieux pain.
Ils sont tous l’air paisibles,en particuliers les petits, très joueursmais dès que quelqu’un arrive avec de la nourriture, l’excitation monte…
Comme ici, avec ces 3 imprudents qui arrivent à terre avec un grand sac de carottes. En moins d’une minute, une des dames est à terre, un des gros cochons lui a sauté dessus, ses deux pattes avant sur le buste et ba-da-boum… elle peine à se relever, pendant que les cochons lui boulottent sa nourriture….
Puis Big Mama Karma sort de sa tanière. Des pancartes nous mettent en garde contre la grosse truie, sans doute chef de meute, réputée agressive, en particulier en présence de nourriture.
Ca y est « Mama Karma » est à l’eau! Méfiants. nous nous replions tous dans les annexes, d’autant plus qu’un gros semi-rigide arrive avec des sacs de nourriture. Les cochons se précipitent, les plus gros mettent sur 2 pattes avant sur les boudin, moins pour monter à bord que pour accéder en primeur aux croutes de pain…
Nous rentrons à bord, peux convaincus par les cochons-nageurs…cela dit, ils sont très propres!!
Le lendemain, nous Quittons Staniel après y avoir passé 3 nuits, direction le Nord toujours : nous sommes aux portes du « Exumas Land and Marine Park », le parc naturel dont tout le monde vante la beauté.
A suivre….
Nous y voilà, aux Bahamas, dernière escale tropicale de notre tour du monde, et dont nous attendons beaucoup. Nous avons en effet rushé en remontant l’arc Antillais, afin de préserver au moins 6 semaines pour la découverte de l’archipel : 700 îles, dont seulement 20 sont habitées toute l’année. Les voiliers canadiens viennent y passer l’hiver en quête de soleil et de chaleur, un peu aussi les américains, mais très peu d’autres nationalités qui naviguent plutôt dans les Antilles. Cela nous intrigue un peu, et nous avons hâte de nous faire une idée sur ce bassin de navigation dont nous soupçonons qu’il soit largement méconnu des Européens.
A l’entrée dans les Bahamas, notre premier contact avec la civilisation sera le survol de Moby par l’hélicoptère des US Coast Guards Cela donne le ton : les Bahamas sont sous la coupe des USA, en ce qui concerne au moins la surveillance de leurs frontières!
Nous avons fait notre clearance tôt le matin à Mayaguana, et sommes repartis aussitôt vers Crooked Island où nous attendent mes parents, qui ont loué un Lagoon au départ de Marsh Harbour (Abacos), skippé par Sylvain.
Nous avons prévu une navigation en tandem de 2 semaines dans les iles du sud des Bahamas. En fin de journée, nous traversons un petit détroit entre les « Plana Cays » : ces îles ne sont guère plus que de longs bancs de roches et de sable plantés de tout petits palmiers.
la variété : le Thatch Silver Palm, qui ressemble en miniature au Vacoa des Mascareignes. Endémique des Bahamas, il est utilisé pour faire des toit de palme, comme son nom l’indique, mais aussi pour divers objets de vannerie, ceintures, paniers, objets de décoration….
Sur l’horizon, de très haut souffles montent dans les airs. Nous pensons tout d’abord à des baleines, mais ce sont en fait des rochers « souffleurs ».
Nous visons une arrivée de nuit à Landrail Point, au Nord-Ouest de Crooked Island, l’île principale des Atcklins. Un phare yest censé baliser l’entrée, mais il n’est pas en opération…
Mais la baie offre une entrée franche, et nos cartes Transas (i-sailor) sont comme toujours très précises, nous donnant une large zone de fond sablonneux dans 5m d’eau…juste à côté du bateau de mes parents.
Au réveil, nous découvrons des fonds d’une clarté incroyable, et d’une couleur turquoise à nulle autre pareille.
Il fait chaud, très chaud : nous installons la voile d’ombrage les enfants s’y installent … pour travailler! Je vous assure, Victor bosse son français, et Anna fait de la lecture.
Loïc lance le drone, et nous découvrons l’île de Crooked vue d’en haut,
la mouillage de Landrail
C’est vraiment magique de pouvoir visiter l’arrière pays par les airs!
le mouillage de Landrail, et le phare de Bird Rock au loin
Pour fêter nos retrouvailles familiales, nous allons tous au resto! Les enfants se sont mis sur leur 31 pour les retrouvailles avec leurs grands-parents.
Nous accostons dans un petit port creusé dans la roche.
A Landrail, nous découvrons une petite communauté Bahaméenne fort restreinte : une épicerie, un resto, un poste de police…
En marchant vers le restaurant, nous découvrons le « village ».
L’île a été ravagée par le cyclone Joaquim, en octobre 2015, qui a inondé 75% des habitations, détruit la centrale électrique, et ravagé une cinquantaine de maisons… Aujourd’hui, il reste moins de 200 habitants, répartis dans plusieurs petits « settlements »; les autres ont fui pour trouver travail et habitation ailleurs.
La reconstruction est longue, très longue, et les dégâts encore très nombreux :
L’ancienne station service est inutilisable : dommage car elle était pratique aussi pour les bateaux.Il y a un projet de reconstruction à quelques mètres de là, mais à l’arrêt.
la dalle de la future station service
Les maisons qui sont encore habitées sont par contre particulièrement pimpantes.
Au resto, nous nous régalons et découvrons les spécialités locales : langouste rôtie, thazard en légère friture, l’incontournable « mac’n’cheese » (gratin de macaroni, prononcer « maquenne-tchise »), poulet mariné, riz aux haricots, salade de haricots verts : tout est frais, délicieux, fait-maison et local!
En marchant sur la route, nous sommes survolés par un tout petit avion : il nous faudra aller visiter la piste qui se trouve non loin du village;
En fin d’après-midi, Loïc part avec Victor et Arthur plonger en apnée sur le tombant, qui descend de 5 à 200m en quelques mètres seulement.
Là, ils se font surprendre par un requin particulièrement agressif qui les charge à 3 reprises, visiblement mécontent de voir des humains sur son terrain de chasse. Heureusement, il n’a pas idée de les croquer, seulement de les intimider : sans doute les prend-il pour des prédateurs concurrents, ce qui fâche, non? Tous 3 se replient avec calme et rapidité, palmant à reculons vers l’annexe, en restant groupés serrés. Ils se souviendront longtemps de cette charge inopinée.Des émotions pareilles, ca soude une famille!
En toute fin de journée, nous allons explorer la plage, très sauvage. Tout le long, nous observons des maisons, dont presque toutes sont détruites et à l’abandon.
Au nord de l’île, sur un ilot, le phare de Bird Rock est impressionnant de stature, il date de 1876.
Tout au bout de la plage, la piste d’aviation! Fréquentée par des pilotes-propriétaires américains et canadiens,qui viennent pour la pêche, en particulier la très confidentielle et très select pêche au « Bone fish » sur les « flats », ces grandes étendues d’eau sablonneuses et peu profondes dont Crooked Island regorge. C’est une pêche à la mouche sportive de « catch and release » (le bone fish n’est pas réputé pour la finesse de sa chair, il est très difficile à préparer), très populaire chez les américains du sud.
Deux pêcheurs à la mouche en route vers les Flats, dans leur tenue typique « camouflage des sables »
Un jeune homme vient nous accueillir et nous propose de faire avec lui le tour du propriétaire. L’occasion pour nous de nous familiariser avec l’accent Bahaméen qui est très particulier. Les installations aéroportuaires sont sommaires :
un beach bar, particulièrement bien placé,quelques quelques bungalows dotés de chambres, une salle de restaurant et c’est tout!
Plus loin, un projet de marina a été abandonné : la maison du propriétaire, un américain, a été détruite,et la reconstruction n’a pas encore eu lieu…. quand à parler de développement, ce n’est surement pas pour tout de suite. L’île de Crooked est très basse sur l’eau, et particulièrement vulnérable aux cyclones : la montée des eaux barométrique y fait des dégâts impressionnants.
En longeant la plage au retour, nous passons devant la ruine de cette jolie maison. L’arbre à coté, qui ressemble fort à un filaos n’est pas en meilleur état…
Anna et moi ramassons des gorgones, qui jonchent la plage par centaines : vertes, roses, violettes, jaunes, marron….
Une fin de journée paisible à profiter de la plage, de la nature
et du soleil qui se couche.
Nous appareillons pour French Wells, un mouillage tout au sud de Crooked.Nous passons sur un banc de sable peu profond. Les garçons surveillent le fond. Difficile d’évaluer à vue d’oeil la profondeur tant l’eau est claire!
Nous sommes tous sous le charme de ce « turquoise » si particulier des Bahamas. Je mitraille, et me donne comme objectif de « capturer » les 50 nuances de turquoise.
Le Lagoon 42 loué par mes parents a un peu plus de tirant d’eau que nous, nous lui avons ouvert la route
Ils sont très contents de leur bateau,qui bien que petit, est remarquablement habitable, en particulier la cabine propriétaire,
et dispose d’espaces à vivre particulièrement réussis. En terme de performance, ca n’est évidement pas une bombe… mais il a de bons moteurs! ll faut bien ça pour pouvoir suivre Moby, véloce dans le petit temps….
Nous mouillons dans des eaux cristallines.
La plage est très belle et le sable d’une douceur….
Le site est très sauvage, inhabité, les eaux turquoises,Petite curiosité : un vieux puit, toujours praticable! De l’eau douce donc, venant de nappes phréatiques. Ces puits sont très courants aux Bahamas, pratiques pour le ravitaillement des bateaux, ils étaient dans l’ancien temps des étapes incontournables. J’apporte ma bassine et en profite pour faire des lessives de serviettes!
Et derrière la plage,
la mangrove s’avère accessible en annexe via un canal naturel.Nous partons pour une belle ballade naturaliste
au coeur de la mangrove,
L’eau est peu profonde, mais d’une clareté….
Nous dérangeons un petit requin nourrice venu trouver refuge dans les méandres.
Le coucher de soleil est hypnotisant, la plage magnifique, il n’y a pas de vent : c’est le site idéal pour faire un feu!
Papily et les enfants ont préparé les branchages avec l’aide précieuse de SylvainNous prenons l’apéro sur la plage. Les enfants nous ont aussi fabriqué une table en pierre et Sylvain des sièges en vieux cordage de marine
Les enfants sont tellement heureux de pouvoir partager avec leurs grands parents cette vie de plein air qui leur plait tant. Le lendemain, nous partons un peu plus au sud pour Long Cay.
Au petit déjeuner, nous faisons des crêpes! Je n’ai pas emporté mon Bilig (nom breton de la crêpière traditionnelle en fonte électrique), il est resté à la maison… mais une simple poêle à crêpe anti-adhésive dépanne. Nous faisons aussi des crêpes blé noir, le repas préféré des enfants, quand nous trouvons du sarrasin, que j’ai bizarrement eu un mal fou à trouver aux Antilles françaises, alors qu’en Polynésie et à la Réunion, sans problème!
Côté pêche, ca n’est pas un succès : dès que nous attrapons un poisson, il sert d’appât aux requins, qui le croquent d’un coup de dent…
ce qu’il reste de sa bécune dans les mains de Sylvain…
Loïc lance le drone, et cette fois, c’est Anna qui pilote! Très concentrée…
Nous voulons prendre de belles photos de Moby, car c’est décidé, nous le mettons en vente. Sans regret, car il nous aura permis de réaliser notre rêve : un tour du monde à la voile en famille. Mais d’ici quelques mois, nous reprendrons nos vies de terriens, le travail, l’école, le jardin, et n’aurons pas usage d’un bateau de grand voyage. Nous espérons que Moby aura un nouveau propriétaire qui continue à naviguer longtemps…
Nous continuerons bien sur à naviguer sur les bateaux de la famille, les enfants à faire de la voile légère, et nous aurons peut-être un day-boat pour profiter des beaux jours en famille?
Mais le virus du voyage nous a piqué, et nous repartirons un jour en bateau, pour continuer à explorer à la voile cette planète qui est si belle, à la découverte de ses habitants, nos frères humains : « Tous pareils, tous différents! »
A Long Cay, nous sommes mouillés tout proches du village d’Albert Town.
Vers le Sud de Long cayvers le Nord de Long Cay
Là encore, c’est une longue plage de sable blanc, de l’eau turquoise, mais on ne s’en lasse pas….
Albert Town a été un des plus gros villages des Bahamas du temps de la marine à la voile, jusqu’au milieu du 19ème siècle avec près de 2000 habitants : c’était en effet un port d’entrée aux Bahamas, stop idéal pour les voiliers, le port disposant d’un accès aisé à la voile, d’une rade abritée sous le vent de l’île et d’une bonne profondeur.
Du jour au lendemain, avec l’avènement de la marine à vapeur, le village est devenu fantomatique, puis carrément désert avec aujourd’hui seulement… 12 habitants.
Albert, c’est aussi le nom de mon papa : il FAUT aller à terre y faire un tour.
Nous débarquons sur la plage, le quai est impraticable.
Nous croisons nombre de ruines, de maison abandonnées, les ruelles sont désertes…
Une habitante qui était sur le pas de sa porte nous aperçoit, et nous salue. Les visiteurs sont rares, et elle nous fait les honneurs de l’église : détruite par un cyclone…. Curiosité : elle n’a été reconstruite que partiellement :
seul un des bas-côtés a été rebâti
Nous nous enquerrons du prêtre : il ne vient que très rarement officier.
Un autre habitant vient à notre rencontre. Justin veut que nous immortalisions la rencontre,en particulier avec Albert, en visite à Albert Town!
Justin et Albert
Il nous offre des vestiges du temps passé : d’anciennes bouteilles en verre.
En rentrant au bateau en annexe, nous longeons encore quelques maisonnettes en ruines : quelle tristesse de savoir que tous ces habitants ne reviendront plus. C’est une des tristes réalités des îles extérieures des Bahamas : quand elles sont touchées par un cyclone, de très nombreux habitants décident de ne pas reconstruire, et d’aller plutôt tenter leur chance ailleurs, dans le nord, sur des îles plus touristiques et densément peuplées. Ainsi, les « Outer Islands » se dépeuplent inexorablement au gré des cyclones.
Le soleil se couche sur Albert Town….
Nous quittons le groupe des Atcklins pour rejoindre Long Island, via le Crooked Passage. Nous atterrissons à Little Harbour, un curieux petit port naturel de la côte au vent : une échancrure rectangulaire parfaite dans les terres, fermée par deux petites îles, et ouverte sur une passe. Nous n’avons que l’embarras du choix côté plages, et nous décidons pour le tout petit banc de sable qui borde l’îlot fermant la baie. Ce sera notre plage « privée » pour la journée. Skimboard, snorkeling,
chateaux de sable…..
Quand nous appareillons le lendemain, nous apercevons drossé à la côte une ancienne épave, de ce qui a dû être un très grand bateau.
Nous faisons escale à Clarence Town, qui sur la carte ressemble à un gros village et où nous espérons faire un avitaillement de produits frais. Papily et Mamily partent à terre avec leurs sacs…. et ne reviennent à la nuit que plusieurs heures plus tard. Nous commencions à être inquiets. N’ayant pas trouvé ce qu’ils voulaient dans la boutique du village, la patronne leur propose de faire le « taxi » pour eux jusqu’au supermarché le plus proche….. Tope-là! Sauf que le commerce se trouve en réalité à une petite demi-heure de distance en pick-up sur une route défoncée….Le dos de Papily se souvient encore des cahots de la route et de la conduite sportive de sa conductrice… Ils reviennent 2 heure trente plus tard chargés de victuailles, produits frais et savoureux, encore sous le charme de l’hospitalité et de la gentillesse des Bahaméens.
Pendant ce temps-là, nous sommes à la plage avec les enfants
ballade en amoureux, skimboard, chateaux de sable…
Nous retrouvons nos amis de Luna Bay II, Un Outremer 45 avec 3 enfants à bord : Théotime, Charline et Léonie ont à peu de chose près le même âge que Victor, Arthur et Anna. Nous les avons croisés plusieurs fois, et avons enfin le temps de bien sympathiser autour d’un apéro : les parents dans le cockpit autour d’un ti-punch, et les enfants sur le trampoline à faire les fous!
Au petit dèj du lendemain, un bon pain de mie grillé, fait maison dans notre machine à pain. Nous en sommes très contents, depuis qu’ Alexandre nous l’a offerte à l’île Maurice. Nous y faisons du pain, du pain de mie, des brioches, mais aussi des cakes au chocolat, au yaourt, aux pommes, des financiers…. et même du gateau breton!
Cette fois-ci, c’est Arthur qui pilote le drone : décollage, vol, et atterrissage. Il n’a pas voulu faire de photos, seulement un film!
Nous sommes à Rum Cay, dans la baie de Flamingo, une superbe plage, et encore une fois, nous ne sommes que 2 bateaux au mouillage; Après avoir exploré presque toute la baie à la recherche d’un bon mouillage, nous revenons mouiller près de la passe : c’est le seul endroit sans patate de corail. Le snorkeling en revanche est très prometteur, avec tout ce corail.
Là encore, sable blanc fin comme de la farine, des kilomètres de plage où nous prenons l’habitude de nous balader en fin de journée, du skim pour les garçons,
on ne s’en lasse pas.
Nous partons faire un snorkeling dans le nord du récif,près d’une épave.
Les coraux Elkorn sont majestueux. Nous croisons quelques gros spécimens, de mérou, de requin nourrice aussi…mais l’animal est craintif, et nous tourne le dos.
Puis nous retournons le lendemain à Long Island, tout au nord, dans la jolie baie de Stella Maris. Nous nous arrêtons en mouillage de jour dans une petite baie adjacente, très sauvage. Nous déposons Papily et Mamily sur leur petite plage personnelle. C’est merveilleux de profiter de ces plages calmes et peu fréquentées. Encore du bleu turquoise intense, du sable blanc à faire mal aux yeux, et de petites grottes.
Nous irons en fin d’après-midi explorer Galliot Cay, et en particulier le petit village de Seymours, à travers un méandre de mangrove,
que l’on parcourt en annexe, le long de grottes, jusqu’à un petit pont doté d’un ponton
En fait de village, il ne s’agit que d’un « settlement » comme on appelle ici ces regroupements de maison. Pas vraiment de commerces : un barbier, une location de « cottages », et c’est tout. Une vieille dame sort de sa maison pour nous saluer, et papoter. Ancienne postière à Nassau, elle est revenue passer sa retraite dans la maison familiale, et améliore ses fins de mois en tressant des feuilles de palme pour en faire des paniers, des ceintures, typiques de l’artisanat Bahaméen.
Demain, nous quittons les Bahamas du Sud pour entrer dans les Exumas, chapelet d’îles et d’îlot magnifiques, où la navigation se fera par sauts de puces, et où nous attendent de magnifiques snorkeling, des centaines de petites plages, des épaves d’avions et de bateaux, des grottes sous-marines, des cavernes semi-immergées, des iguanes, des cochons nageurs….à suivre….
Les îles de Turks et Caïcos sont sur notre route entre les Iles Vierges et les Bahamas : il serait dommage de ne pas s’y arrêter quelques jours. Géologiquement, elles font partie du même ensemble que les Bahamas, avec des îles basses, de formation calcaire, aux petites falaises blanches, et aux roches volcaniques, semées de grottes, plantées de mangroves et regorgeant de bancs de sables. Turks et Caïcos forment désormais un état indépendant, peuplé de descendants de pirates, d’esclaves et de loyalistes, ces américains restés fidèles à la couronne britannique au XVIIIème siècle. Le tourisme s’est beaucoup développé au nord de l’île de Providenciales, dans les Caïcos, avec une dizaine de grands resorts comme le Club Med, le Méridien…et plusieurs marinas. La plongée est l’activité la plus prisée.
Pour notre part, il nous tarde surtout de naviguer sur le banc des Caïcos, et de découvrir son légendaire bleu turquoise : nous sommes aux portes des Bahamas!
navigation dans le banc des Caïcos
Le soleil se lève, et nous arrivons dans la matinée à Turks, l’île principale administrativement parlant. Loic se dépêche d’aller à terre effectuer les formalités, car nous sommes samedi matin, en plein week-end de Pâques!
Coup de chance, un cargo vient d’effectuer sa livraison à South Base, le port d’entrée de Turks, et nous profitons de la disponibilité des agents de l’Etat. Nous sommes mouillés devant une jolie plage, bordée de petits bars et restaurants, et encadrée par le quai des cargos, et le quai des paquebots : l’ensemble est sympathique, mais nous apparait bien calme pour un samedi.
Une fois les formalités effectuées, nous allons à terre nous baigner et découvrons à notre grande surprise que tous les bars et restaurants sont fermés : ils n’ouvrent que lorsqu’un paquebot est en rade! Nous sommes en effet mouillés devant ce que l’on appelle un « cruise ship center » : bordant la plage, cela ressemble à un grand hôtel, avec des centaines de transats, des boutiques, des bars, restos etc….. qui n’ouvre que le jour de passage d’un paquebot.
Nous décidons de monter un peu plus au Nord vers Cockburn, la « ville » principale , et descendons à terre nous balader. Nos mouillons devant un bâtiment qui semble tout neuf : Il s’agit en fait du marché, dont le toit est surmonté d’un cactus ces fameux « Turk’s heads », dont la pays tire son nom : Turcs (pour les cactus « turk’s heads » ) et Caïcos (pour caya-hico, qui désignait en Lucayen, la langue des indiens indigènes «un chapelet d’îles). Nous descendons à terre à la recherche d’un marchand de glace pour les enfants. Les rues sont quasi-désertes, les magasins fermés
ou délabrés
le quai impraticable. Nous avons l’impression de nous promener dans une île-fantôme. Ce qui subsiste du « jardin botanique » est fermé,le musée aussi… C’est dommage, car il expose plus de 2000 objets provenants du naufrage du « Molasses » la plus vieille épave du nouveau monde, une caravelle qui date de plus de 400 ans, antérieure à 1513 en tous cas. Nous aurions tous beaucoup aimé pouvoir observer ces objets, l’ancre, les armes, poteries, etc….
Tout ici semble à la fois délabré et à l’abandon.
Nous réalisons alors que les ouragans Irma et Maria qui ont dévasté les Caraïbes en Septembre dernier sont aussi passés par les Turks et Caïcos, détruisant beaucoup des infrastructures de Turks, Salt Cay et Sandy Cay. Ce ne sont pas les îles les plus touristiques, à part South Base dont le Cruise Ship Center a été presque entièrement détruit, et reconstruit en un temps record, business oblige!!
A Turks, la moins touristique des îles on remarque que beaucoup de commerces n’ont pas rouvert,
et que de nombreux bâtiments sont très endommagés. Quelques petites maison de bois subsistent de l’ancien temps,
et derrière le bord de mer, des étangs salés s’étirent sur une longue distance, donnant à la ville un air de village du Far-Ouest abandonné…
Nous ne restons pas longtemps, attristés de ce qui semble être une ville hantée…et décidons de repartir passer la nuit à South Base : ce n’est pas glamour, avec pour voisin un cargo en plein déchargement, mais la baignade y est bonne!….et les eaux vraiment transparentes et turquoises!
Puis le soleil se couche… C’est l’heure de l’apéro!Demain, nous serons le dimanche de Pâques.
Au programme du petit dej : chasse aux oeufs! IIs sont partout : sur l’hydro-générateur,
dans l’enrouleur de solent,
sur le charriot de GV
… et même dans les pancakes, fourrés au chocolat ce matin.
Nous appareillons vite pour Salt Cay, qui s’avère être littéralement dévastée par les cyclones de septembre dernier,
y compris la célèbre « White House » de la famille Harriott, des marchands de sel qui, lassés de voir leur maison détruite cyclone après cyclone, ont décidé de la reconstruire originalement dans les années 1830’ : une structure en forme de coque de bateau, un peu arrondie, comme une proue de bateau. Les entrepôts se situaient en bas, et les habitations à l’étage. Une réussite, car la maison tient toujours debout! Un bon coup de peinture, des réparations sur le toit, et elle sera de nouveau pimpante. Nous ne nous arrêtons finalement pas, car le mouillage n’est pas très clair, beaucoup de têtes de corail affleurent, et l’île a l’air encore plus morose que sa grande soeur.
Nous poussons jusqu’à Big Sand Cay,
une réserve naturelle, paradis des oiseaux et des lézards.
Là, les dégâts des cyclones ne se laissent pas voir, la plage est intacte et sauvage à souhait. Nous passons le reste du week-end à nager, jouer, nous promener…
Comme l’île est classé réserve naturelle, nous ne nous aventurons pas plus loin que l’estran, qui offre un terrain de jeu magnifique. Nous nous éclatons dans les vagues, en bodyboard et body-surf,
Puis les garçons sortent leurs skimboards, Victor ride les vagues sur l’un des meilleurs spots de skimboard qu’il ait vu!
Quelques unes de ses acrobaties valent le coup d’oeil! Anna et moi observons avec attention les débris laissés par les vagues : de très nombreuses gorgones, des coraux des coquillagesdes éponges de toutes formes et de densités différentes.
Je croise aussi quelques lézards, qui lézardent justement au soleil.
Nous avions aussi remarqué les traces laissées sur le sable.
Et voici une drôle de plante, une herbacée, tout à fait ordinaire, si ce n’étaient ses fruits, sortes de petites boules équipées de piquants courbées et crochus redoutables pour les pieds nus.
Nous passons 24 heures merveilleuses dans ce petit paradis.
Après un après-midi sportif, Loïc envoie le drone pour explorer les terres.Le petit phare semble détruit.
Dans le petit lagon Est, une véritable nurserie de poissons s’organise.
Pas d’iguane en vue. Mais nous n’irons pas les débusquer, et les laissons en paix dans les buissons;
La nuit est belle et la lune nous accompagne. Nous appareillons à 2h du matin pour contourner le banc de Caïcos par le Sud : pas question pour nous de naviguer de nuit dans ce dédale de bancs de sable et de coraux. Nous sommes toujours heureux de naviguer sous une belle lune qui éclaire les voiles, la mer, les côtes….Au petit matin, la lune est toujours là!
Nous faisons une courte escale matinale à French Cay : sur la plage, une épave!
Nous partons pour un snorkeling sympa, le premier d’une longue série en eaux turquoises et transparentesDepuis quelques jours, Anna se lance sous l’eau en apnée. Ses progrès sont rapides, et la voilà qui plonge à 3m de profondeur.
L’eau turquoise et les fonds si transparents y sont certainement pour beaucoup : on a l’impression aux Caïcos de nager dans une piscine! Les coraux sont superbes.
Les éponges aussiDe nombreux barracudas rodent, mais nous ne les intéressons pas.
Victor s’amuse à marcher à l’envers sous l’annexe.
Après cette pause rafraîchissante, nous hissons de nouveau les voiles, pour une quinzaine de milles à de navigation sur le banc des Caïcos Nous venons de repérer ce qu’on appelle un « blue hole », sorte de cavité profonde toute ronde.Une fois n’est pas coutume, les vents sont légers en ce moment, nous naviguons grande voile haute
sur une mer lisse, quel bonheur!Ca nous change du régime d’alizé que nous avons connu pendant les trois quarts de notre tour du monde, où nous naviguions le plus souvent dans 15 à 25 noeuds de vent, par 2m de creux!
Ici, nous sommes grand largue, et marchons tout de même à 6-7 noeuds, dans 8-9 noeuds de vent, par moins de 3m de fond! Les sensations sont grisantes, et Loïc lance son drone en navigation.
Moby sous voile dans le banc des Caïcos
C’est chouette d’immortaliser de telles images
à la voile dans le banc des Caïcos
On se sent tout petit….Nous arrivons en fin d’après-midi à Providenciales Island, appelée « Provo » par les initiés.
Nous mouillons à Sapodilla Bay, qui ne nous emballe pas plus que cela. C’est très joli, une petite plage touristique, de belles villas qui se succèdent sur le bord de mer… Mais c’est aussi très résidentiel ; pas un commerce en vue, ni un bar ou resto de plage.
Les grandes belles plages, les petites îles et l’animation sont sur la côte nord de Provo; mais il nous faudrait faire un détour de plus de 40 NM vers le l’ouest, le Nord, puis l’Est, et revenir enfin pour effectuer notre clearance départ à Sapodilla….
Nous n’en avons malheureusement pas le temps, car nous sommes attendus au plus vite aux Bahamas, où mes parents ont loué un bateau, pour une navigation en tandem de 2 semaines, comme on les aime.
Nous partons à terre faire notre approvisionnement. C’est important, car les Bahamas, notre prochaine escale pour un mois, n’ont pas très bonne réputation en ce qui concerne les appros : très chers, peu de produits frais et de variété. Notre guide (Edition mise à jour en 2015) parle d’une supérette tout proche, nous tentons de l’atteindre pied. Après 20mn de marche en plein soleil, nous doutons… En effet, elle a fermé, et déménagé… en ville, à 5km de là! Heureusement, un automobiliste s’arrête et nous prend en stop. Comme nous l’apprendrons plus tard, c’est très courant ici aux Turks et aux Bahamas de prendre en stop des passants, car les distances sont souvent grandes entre les villages et les commerces, et l’entraide est de rigueur! Il nous dépose en ville et nous explique comment trouver un vrai » faux » taxi qui nous ramènera pour 10 dollars à notre bateau au retour. Il suffit d’attendre devant le supermarché avec notre caddie, d’attendre qu’une voiture banalisée nous fasse un discret signe, et hop. En moins de 5mn, nous avons notre « taxi », une sorte de « UBER » à l’ancienne! Nous revenons les bras chargés de beaux fruits frais-tous importés, mais là, il n’y a pas le choix, il semble qu’ici rien ne pousse!
retour de courses
Comme nous avons fait le check out ce matin, plus rien ne nous retient, nous sortons du lagon avant la nuit, et allons mouiller pour quelques heures à l’ouest de West Caïcos. En longeant la plage, nous découvrons médusés un immense complexe touristique à l’abandon villas,appartement, nous comptons pas loin de 200 baies vitrées (200 chambres?)
Tout est à l’abandon. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agit d’un investissement du prestigieux Ritz-Carlton, que la crise financière de 2008 aura stoppé de plein fouet dans son développement.
au premier plan, la marina, et le resort plus loin sur la côte
Il y a même une petite piste d’aviation.
Plus loin sur la côte nous trouvons la marina; elle aussi à l’arrêt.Nous faisons nos curieux et entrons. Le gardien, très gentil, nous propose même de nous amarrer à son ponton. Il a l’air content d’avoir de la compagnie!
La marina est tellement grande que nous pourrions même y mouiller!
L’idée est sympa, mais des orages passent à l’horizon, et nous ne voudrions pas être coincés sans pouvoir sortir. Nous observons même des débuts de trombes d’eau, avec des « tétines » qui descendent du ciel.
Nos décidons de mouiller pour quelques heures sous la côte de West Caïcos. Il y fait un calme plat, et nous nous offrons un snorkeling superbe sur le tombant et dans des grottes.
Le soleil se couche, sur un ciel un peu chargéNous allons nous mettre au lit quelques heures, et appareillons à 2h du matin pour Mayaguana, notre port d’entrée des Bahamas, où nous arriverons de bonne heure le lendemain.