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  •  Sur les traces d’Irma à St Barth, St-Martin, aux B.V.I.  

     Sur les traces d’Irma à St Barth, St-Martin, aux B.V.I.  

    Nous continuons notre remontée de l’arc antillais, et nous dirigeons vers des îles durement touchées en septembre dernier par le cyclone Irma. Nous avons suivi le désastre de très près, par l’intermédiaire de nos amis Pierre et Marie, installés à St-Martin depuis quelques années, avec leurs 3 enfants. Ils ont vécu le cataclysme, et s’en sont sortis indemnes, mais secoués.
    Beaucoup de plaisanciers et de touristes cette saison éviteront ces îles, leur préférant des escales plus paisibles.
    Irma, le 06 septembre 2017, au plus fort

    Nous-même ne devions pas nous y arrêter cette année, car nous y avons fait de longues escales il y a deux ans, lors de notre passage aux Antilles. Mais nous avons finalement décidé d’y passer, même rapidement, pour plusieurs raisons :

    • tout d’abord parce que ces îles sont désertées par les touristes, et que nous souhaitons apporter notre petite contribution, si modeste soit-elle, à la reconstruction
    • pour témoigner aussi, via notre blog, montrer les dégâts, et aussi la reconstruction en cours
    • pour y voir Pierre et Marie bien sûr!
    • mais aussi car c’est là, entre St-Barth et St-Martin que nous bouclons notre tour du monde. Un symbole fort, qu’il nous tient à coeur de célébrer avec nos amis.
     
    Nous n’avons qu’une semaine en tout à consacrer à ces 3 escales, car nous sommes attendus dans moins de deux semaines aux Bahamas, que nous avons prévu d’explorer pendant 1 mois et demi, avant avant notre transat retour en France.
     

    SAINT-BARTHELEMY

    Nous arrivons à St-Barth en fin de journée, après une petite nav’ de jour bien agréable.
    L’émotion est là, nous recoupons à l’instant notre sillage, et bouclons ici, à St-Barth, devant ce rocher des Gros Ilets, notre tour du monde en famille.

    Partis de la Grande Motte en février 2016, nous sommes arrivés aux Antilles en mars 2016. Aujourd’hui, le 27 mars 2018, 2 ans et 9 jours nous séparent de ces deux photos.

    Moby au mouillage à St-Barth, mars 2016

    Nous fêtons cela par un bon repas en famille, et une bouteille de champagne, mise au frais pour l’occasion!

    Nous sommes tous les 5 très émus, en réalisant le temps et les milles passés en 739 jours et 41 800 NM. 
    Le matin, nous observons les dégâts : si le centre ville et les commerces semblent reconstruits, de nombreuses maisons sont encore en ruines, et surtout, la végétation a grise mine.

    En revanche, les méga yachts sont de retour, tel celui du milliardaire russe Ibrahamovitch, propriétaire d’une villa sur l’île. Son yacht, Eclipse, fut pendant quelques années le plus grand yacht privé du monde, avec ses 163m, 2 piscines, deux héliports, un mini sous-marin, un bouclier de défense anti-missile, un pont blindé et des fenêtres pare-balles. Nous immortalisons la trappe latérale à joujoux, où se rangent les annexes. 
     
    Nous ne restons malheureusement pas à St-Barth, car nous sommes attendus à St-Martin pour le week-end.
     

    SAINT-MARTIN

    A l‘approche des côtes, nous sommes un peu fébriles, car nous aurons bientôt sous le yeux les dégâts d’Irma, ce cyclone de classe 5 qui a ravagé le nord des Antilles en septembre 2017. Ce fut le plus puissant cyclone enregistré en Atlantique depuis 1980. Il aura causé de nombreuses victimes, et des dégâts matériels colossaux à Barbuda, St-Barth, St-Martin, Anguilla, les îles Vierges , les îles les plus durement touchées, mais aussi Porto Rico, la république Dominicaine, Haïti, Cuba et la Floride.
     
    Lorsque nous arrivons à Saint-Martin, c’est un paysage de désolation qui s’offre à nous. 
     
    L’île est rasée, la végétation qui a survécu est terne, affaiblie, les collines arides. 
    Les hotels et résidences de la côte sont éventrées, il ne subsiste aucune fenêtre. 
    Les restaurants de plage ont été rayés de la carteet la baie Orientale offre un paysage inédit : une large bande de sable, là où s’alignaient les restaurants….

    6 mois après le passage du dévastateur cyclone Irma, les plages ont été nettoyées, et réinvesties par les habitants qui viennent y passer leurs week-end et leurs soirées ;Les touristes par contre ne sont pas revenus cette année. Les tour opérateurs américains et canadiens ont blacklisté la destination. Les habitants pourtant sont là, les plages aussi, mais puisque «  l’offre touristique » a disparu, le touriste déserte aussi… Plus de bars de plages, de petites boutiques, de location de jetski ou de plongée bouteille.
     
    En quelques mois, la vie a repris sur l’île : les routes, aéroports et marinas sont praticables, les stations services, supermarchés, pharmacies etc…. sont opérationnelles à 100%.
    Les restaurants de quartier et les sociétés de service rouvrent petit à petit. Tous n’ont en effet pas encore touché l’argent de leur assurance, et les autorisation de réouverture préfectorales sont données au compte-goutte. Les autorités sont en effet soucieuses de la qualité de la reconstruction, qui nécessite un bon assainissement, des canalisations en état, un traitement des déchets etc…

    C’est ainsi qu’à Grand Case, haut lieu de la vie nocturne de St-Martin, seul un restaurant a réouvert….

    Un seul restaurant ouvert à Grand Case

    La rue principale, qui était bordée de restaurants, bars et boutiques le long de la plage sur plus d’un kilomètre n’est que ruines.AVANT

    Grand Case avant le cyclone, en mars 2016

    APRES

    Grand Case après le cyclone, en mars 2018
    Beaucoup ont tout perdu à Grand Case, et tous ne vont pas reconstruire ni réouvrir leurs commerces.
     
    Nos amis Pierre et Marie ont vécu le cyclone, avec leurs 3 enfants et une autre famille amie, à l’abri dans une maison disposant d’un plafond en dur, et qui a bien résisté. Ils ont eu très peur, et s’en sont sortis indemnes mais marqués. La bonne nouvelle est que leur propre maison, malgré son traditionnel toit en bois et tôle, n’a pas subi de gros dégâts. Mais le réveil a été rude. Les dégâts et les pillages qui s’en sont suivis étaient tels qu’ils ont du se résoudre à rentrer passer quelques mois en France : sans eau, ni électricité, ni gaz pour cuisiner, sans nourriture et sans carburant pour se déplacer, sans travail et sans école, il était raisonnable de se rapatrier, en attendant que les activités reprennent. L’ironie est qu’il ont passé une partie de leur hiver breton… dans notre maison, que nous leur avions prêtée, car elle  était inoccupée l’hiver. Et mon petit doigt me dit qu’ils ont vécu là encore, quelques grosses tempêtes…
    Toute la famille est rentrée à St-Martin début janvier, pour y reprendre le travail et le chemin de l’école!
     
    Quand nous arrivons à la Baie Orientale (B.O.),

    Pierre arrive nous accueillir en SUP.
    Nous passons le week-end à nous raconter ces deux années passées, intenses pour les uns comme pour les autres, et à penser l’avenir : pour eux la reconstruction à St-Martin, pour nous le retour à la vie de terriens.
     
    Nos enfants ont tous les 6 des âges comparables, se connaissent et ont plaisir à se retrouver. 
     

    Anna et Rose s’apprêtent à aller explorer les fonds sous-marin de la baie Orientale.

    Anna et Rose

    Après le cyclone, toutes sortes de débris s’y retrouvent, comme ce tracteur, inhabituelle épave, qui prouve les forces du cataclysme!

    Un peu plus loin, je trouve un conteneur à poubelles. Mais aussi beaucoup de débris, morceaux de toit, chaises longues, parasols….

     

    Nous dégotons aussi quelques bouteilles : whisky, Jet 27, champagne, rosé, vin blanc….. car  la plage de la B.O. était jalonnée de restaurants de plage, paillotes etc… tous disparus. Pas sur que tout cela soit buvable, il va falloir faire une soirée dégustation!

    la « pêche » du week-end
     
    Ce soir, nous fêtons nos retrouvailles,

     mais aussi notre tour du monde, que nous avons bouclé la veille à St-Barthélémy.

    Moby arrivant à la Baie Orientale, 2 ans après notre premier passage à St-Martin

    Il y a deux ans, c’est aussi avec Pierre et Marie que nous fêtions l’arrivée de notre transat : Lanzarote-St-Martin en 14 jours.

    En mars 2016, nous fêtons notre arrivée de transat à Tintamarre avec Pierre et Marie

    Lundi matin, nous appareillons à l’aube pour Marigot, afin d’effectuer un gros avitaillement.

    2 gros caddies remplis au Super U
    En effet, nous mettons cap sur les Bahamas pour 6 semaines de navigation dans des îles souvent sauvages, peu habitées, où l’avitaillement sera problématique.
     
    Là encore, le cyclone a laissé des marques : de nombreux bateaux sont démâtés, d’autres coulés, y compris des yachts de plus de 30m, retournés comme des crêpes dans le port. Les chiffres de l’industrie nautique ont annoncé pour St-Martin 1000 bateaux lourdement endommagés, et 500 réduits à l’état d’épave. Les travaux de renflouement se poursuivent.
     
    La marina de Fort Louis est de nouveau opérationnelle. 
    En ville, à Marigot, beaucoup de commerces sont encore fermés, en particulier dans les petites rues.
    Nous sommes aussi interpellés par l’état des voitures qui circulent,

     cabossées, bringuebalantes…. Il apparait que les experts sont débordés.
     
    En quittant St-Martin, nous ne pouvons nous empêcher de faire un comparatif avant-après, avec les photos d’il y a 2 ans :
    • celles de la décharge sont explicites
      la décharge en mars 2016

      la décharge en mars 2018,

      Le volume des déchets a au moins été multiplié par 5, si ce n’est plus.

    • cette baie aussi, qui était bordée de magnifiques villas:
      Les 6 villas noyées dans la végétation, en mars 2016

      n’est plus que l’ombre d’elle-même.

      les mêmes villas en mars 2018, après le passage d’Irma,
     
    Nous quittons St-Martin un peu tristes en nous disant que l’on est peu de chose face à la force des éléments. La nature se remet vite, mais les oeuvres des hommes beaucoup moins. 
     
    Notre prochaine escale aux îles Vierges Britanniques nous le confirmera.
     

    Les British Virgin Islands (B.V.I.)

     
    L’archipel est lui aussi dévasté, mais la reconstruction bat son plein. Il faut dire qu’ici, le tourisme est plutôt haute gamme, avec des villas de propriétaires et peu de grands ensembles.
    Nous sommes même étonnés de voir autant de belles maisons, comme neuves : elles viennent sans doute d’être rénovées.
    D’autres sont comme soufflées, ne restent que les murs,
     
    Et certaines sont réduites en débris.

    Nous arrivons en vue de Necker Island, l’île de Richard Branson,

    qui met les moyens de la reconstruction.
    Loïc va faire les formalités à Spanish Harbour, et remarque tous ces bateaux aux secs : certains sont très endommagés, d’autres simplement posés sur leur coque, sans ber.

     
    Les enfants attendent avec impatience d’aller se baigner aux Baths, la mythique plage de Virgin Gorda. Nous sommes déçus d’apprendre que le débarquement à terre est interdit, à cause de fortes houles attendues dans la nuit et le lendemain.
    Nous n’aurons pas accès au parcours aquatique que nous aimons tant, entre roches et mer, et qui est sans doute dangereux ces jours-ci.
    Nous irons nous faufiler tout de même par la plage la plus éloignée

    et nous balader à terre sur la plage.

    Comme partout ailleurs, les villas sont soit très pimpantes, et donc récemment réparées, soit ravagées,


    ou en pleine reconstructionLa végétation a elle aussi souffert.

     
    Plage et roches n’ont pas bougé….Les garçons s’amusent en Skim.
     
    Anna et Arthur ont trouvé un filon de sable volcanique noir et fin comme de la suie!
     
    Les petits cactus ont survécu. les gros aussi
     
    La houle permet à Victor de belles acrobaties. Il faut dire que les conditions de houle sont au top.
     
    Loïc, prévoyant, nous a apporté l’apéro à la plage.
     
    Nous partons le lendemain pour White Bay, à Guana Island.
     
    En route, nous ne croisons que peu de voiliers : quel contraste avec il y a 2 ans, où le plan d’eau était sillonné de centaines de bateaux de charter. Depuis, les BVI ont perdu 80% de leur flotte de location. Seuls quelques cata à moteurs sillonnent la zone. C’est l’année ou jamais pour naviguer tranquille aux B.V.I.!
    Quelque bateaux de propriétaires sont là. Quelle classe!

    Ce magnifique yacht à l’ancienne navigue avec… son petit day-boat quillard, pour la balade. Comme il doit être agréable de se balader ainsi à la voile au mouillage!
     
    En longeant la piste, nous découvrons de très nombreuses épaves, signe que tout n’a pas été renfloué.
    Une plage a été aménagée pour les touristes, avec des installations provisoires : paillottes, roulottes, bars de plage, transats et parasols…. 
    Nous restons dans les îles extérieures, car nous attendons une fenêtre météo pour naviguer vers les Bahamas.

    Nous arrivons à Guana Bay.
    La plage est sublime, et les pélicans chassent devant nos yeux.
     
    Les garçons glissent en skim pendant des heures, et ne s’arrêteront qu’épuisés de fatigue.
    Derrière la plage, le terrain est en friche, les habitations ont été rasées et la reconstruction a commencé.
     

    Nous appareillons le lendemain pour les Turks & Caicos puis les Bahamas, qu’il nous tarde d’explorer!

    Victor aide à hisser la grand voile

    Dès les premiers milles en mer, les dauphins nous accompagnent,

    Ils jouent autour de Moby, particulièrement bondissants! C’est leur façon de nous dire au revoir et à bientôt…

     
  • Carte postale d’Antigua

    Carte postale d’Antigua

    Nous nous réjouissons de découvrir une nouvelle île des Antilles anglaises, que nous ne ne connaissons pas pour une fois, ou à peine, car j’y ai fait un rapide passage il y a quelques lustres… J’en garde un vague souvenir de dépaysement et de villages colorés. Nous arrivons comme toujours sans guide et sans a-priori, avec en tête ce que nous avons pu en apprendre par le bouche-à-oreilles : de belles plages de sable blanc, un tourisme plutôt haut de gamme, de magnifiques yachts… On nous a aussi donné les coordonnées d’un beau mouillage sauvage sur la côte au vent.
     
    Notre arrivée se fait par English Harbour, port naturel et site historique de la Royal Navy au XVIIIème siècle, d’ou les navires partaient attaquer la flotte française des Caraïbes.Nous ne nous attendions pas à un tableau aussi enchanteur! L’arrivée se fait via les « Colonnes d’Hercules », une curieuse formation géologique due à l’érosion. Nous découvrons également les ruines du fort Berkeley, sur une petite péninsule qui ferme le port. 
    En entrant, se dévoile une jolie petite plage, Free Man Bay. Le mouillage est assez encombré, mais nous sommes chanceux : deux bateaux partent, et nous laissent une belle place devant la plage.
     
    L’accueil à l’immigration n’est pas des plus chaleureux, c’est dommage, car la première impression, ça compte! Nous avons également la mauvaise surprise d’apprendre qu’en plus des taxes usuelles, nous aurons à nous acquitter à la sortie du territoire d’une somme de 60$ par enfant de moins de 12 ans, qui ne sont pas considérés comme des membres d’équipage, mais comme des passagers.
    C’est la seule escale de notre tour du monde qui pratique cette différence subtile : de là à croire que les enfants ne sont pas les bienvenus…
     
    Nous passons l’après-midi à explorer la plage en famille.
    En fin de journée, Loïc et moi partons en amoureux explorer la marina et le port naturel d’English Harbour : c’est un site étonnant, entre mangrove et chantier naval, restaurants chics
    et marina de super-yachts. 
    Notre regard croise aussi « Lucky Strike », ce très racé trimaran sur plan Newickde 49′ que Loïc trouve très joli, et qui lui rappelle « Fine Pitch », le plan Newick de notre ami Hervé sur lequel il avait eu la chance de naviguer à l’île Maurice.  Nous avons d’ailleurs passé une bonne partie de l’après-midi et de la soirée à regarder les yachts classiques entrer et sortir du port. Ils se préparent pour la semaine d’Antigua, qui a lieu fin avril et attire marins et bateaux du monde entier. 
    Certains sont vraiment fascinants d’élégance. Tel Svéa, le tout dernier Class J « moderne » produit, des lignes des années 30, gréé comme un maxi moderne, des matériaux nobles : nous venons de lire un grand article sur cette incroyable unité dans Supersail World.Nous laissons notre annexe au fond du port, et après 200m nous retrouvons de l’autre côté de la presqu’île, à Falmouth, la célèbre baie d’Antigua. 
    Ambiance British garantie
     
    La marina est encore plus impressionnante,

    avec son célèbre yacht clubses régates de monotype,

     et ses pontons pour mega-yachts. Nous nous arrêtons prendre un verre sur les docks et testons la spécialité locale : un cocktail à base de rhum et de « ginger beer », que nous sirotons en regardant les magnifiques bateaux. 
     
    Dans l’après-midi, nous avons fait la connaissance de deux familles françaises en tour de l’Atlantique : Pouplier et Punch Coco nous connaissent par notre blog, et viennent nous saluer. Nous avons en fait une connaissance en commun : Tamouré, catamaran de la famille plougonvelinoise que nous avons croisé aux Saintes.
    Les liens se nouent très vite, ils ont tous de jeunes enfants entre 2 et 10 ans.
    Nous passons la soirée à faire mieux connaissance au Nelson’s Dockyard, le site de l’ancien arsenal de la marine anglaise, et nommé en hommage à l’Amiral Nelson qui y a séjourné en début de carrière.
    Nous repartons déjà le lendemain, direction Green Island, qui nous a été recommandé comme étant l’un des mouillages incontournables et sauvages d’Antigua. C’est sur la côte au vent, nous contournons donc l’île par son Sud,

    et remontons la côte Est, longeant une côte rocheuse et semée de superbes maisons. 
    La côte est découpée, et émaillée de jolies petites plages. Nous arrivons à Green Island, devant une jolie crique sauvage, mais très fréquentée en journée :

    Les bateaux se succèdent qui déversent leurs touristes bruyants par dizaines. Il est de plus interdit de se promener à l’intérieur des terres, ou de passer d’une plage à l’autre à pied. Nous avons peine à profiter du site tellement il est fréquenté.
    Nous ne restons pas, et repartons le lendemain, contournant l’île par son nord, longeant les lagons : Là encore, villas et grands hotels.
    C’est en arrivant sur la côte Ouest, sous le vent, que nous retrouvons des plages sauvages et tranquilles,
    où nous serions bien restés.… Puis nous sommes rapidement à hauteur de la capitale, Saint-John, avec ses premiers signes de civilisation et d’industrie, mais aussi de beaux vestiges,de petits établissements sympathiques,et de nouveau, de grandes infrastructures,
    et d’autres plus modestesNous poussons jusqu’à Jolly Harbour, où nous passons la nuit et allons faire les formalités de départ le lendemain. Nous quittons Antigua avec le regret de n’avoir pas pu explorer plus l’île, en particulier ses petits villages, dans l’intérieur des terres. Mais nous sommes heureux d’avoir pu en faire le tour, et confortés dans notre choix d’avancer rapidement dans l’arc antillais.
  • L’Archipel de la Guadeloupe : les Saintes, Marie-Galante, Petite Terre….

    L’Archipel de la Guadeloupe : les Saintes, Marie-Galante, Petite Terre….

    Nous ne regretterons pas d’avoir choisi la Guadeloupe pour accueillir mon frère Thomas et son amie Sonia à bord de Moby. En 8 jours de croisière côtière, nous avons côtoyé des îles d’une grande diversité, vu des iguanes, des pélicans, des tortues, des plages sauvages, des villages animés, des marchés alléchants, des cases colorées, et en sommes revenus enchantés… Cet archipel, de Grande Terre à Basse Terre, en passant par Petite Terre, Marie-Galante, les Saintes, et Pigeon fut une des très belles surprises de nos navigations dans l’arc antillais.

    Grande-Terre

    Après avoir passé la nuit devant l’îlot Gosier, nous récupérons Thomas et Sonia à la marina de Bas du Fort, dans la rade de Pointe à Pitre. La marina est fonctionnelle, mais loin d’être pimpante : il faut dire que l’île a subi l’an passé le passage de deux cyclones majeurs, Irma et Maria, occasionnant de nombreux dégâts pendant le mois de septembre.
    En quittant la marina, nous passons jeter un oeil à la ville de Pointe à Pitre, 
    C’est triste, la rade est encore fortement encombrée d’épaves. 
    Le centre ville semble plus coquet, mais très calme le long de son bord de mer. 

    La navigation en direction de St-François, sur la pointe Est, est un peu agitée :

    Nous profitons tous du tatami pour bouquiner, rêvasser, faire de la musique ou somnoler pendant que Loïc nous mène à bon port.
    L’entrée dans la passe de St-François est étroite,

    et les épaves jonchant les abords de la marina désolantes.
    Le lendemain matin, nous partons au village, qui s’accède facilement en annexe via le petit port de pêche. 
    Des pélicans sont  à poste.

    Le port est charmant.
    Et nous sommes enchantés de ce village aux maisonnettes si typiques. Le marché est superbe, et bien achalandé. Les fruits et légumes sont magnifiques, de production locale et de grande qualité. On se régale d’ananas bien sûr, dont nous goûtons plus de 4 variétés
    Mais la belle surprise, c’est les melons «  Cantaloup », que j’achète aux Antilles les yeux fermés, et dont la saveur et le goût approchent sans rougir ceux de Provence : ils sont juteux, fruités, sucrés, de très belle taille, et ont l’immense avantage de se conserver plus d’une semaine dans les cales. Ils sont d’ailleurs exportés dans toutes les Antilles avec succès, de la Grenade aux Bahamas en passant par Ste-Lucie : bravo aux agriculteurs et ingénieurs agronomes qui ont réussi la « tropicalisation » de ce beau produit.
    Pendant que je fais le plein de fruits et légumes, Loïc, Tom et Sonia se laissent tenter par les rhums, liqueurs, sirops et confitures… … celle de tamarin se révèlera délicieusement acidulée.

    Nous quittons St-François en début d’après-midi, tournant le dos à la si photogénique Pointe des Chateaux, qui signe le début de la côte au vent. 

    Petite-Terre

    Nous mettons le cap sur les îles de Petite-Terre, un ensemble d’îlots classés réserve naturelle, où il est possible de prendre des bouées de mouillage. Nous resterons 24h dans ce petit paradis. Ce bleu turquoise de la passe nous ravit, les fonds ont l’air magnifiquement transparents. Victor et moi préparons la prise de coffre qui est désormais bien rodée. 
    Nous y voilà.
    En ce début d’après-midi, il y a de nombreux « day-boats » le long de la plage.
    Il nous suffit d’attendre 16h, tous les touristes s’en vont, la plage est à nous! Nous y allons en palmes, masque et tuba, pour profiter du snorkeling, qui est un peu décevant. Mais la balade à terre est agréable  de petits chemins serpentent, via le vieux phare, un des plus anciens (et des plus beaux!) du nouveau monde car il date de 1835. Nous croisons de nombreux iguanes endémiques des Antilles, une espèce à protéger car son territoire se fait grignoter par l’iguane commun. C’est la saison des amours, on dirait qu’il se battent, mais non, ils cherchent seulement à s’accoupler! Pas d’images malheureusement de cette étape, car je n’ai pas pu glisser mon appareil dans mon maillot de bain….
    Le soir, les lumières nous ravissent. 

    Marie-Galante

    Le lendemain, nous mettons cap sur Marie-Galante : La chanson de Voulzy nous trotte dans la tête bien sûr : «  Belle-île en Mer, Marie-Galante, St-Vincent…..loin Singapour, Seymour, Ceylan-an »
    Un paysage fort différent nous attend, l’ile a une vocation agricole, et est réputée pour son sucre et son rhum, à 59°, Oups!!! C’est un des plus fort des antilles!
    Un premier stop à l’anse Canot, qui offre deux superbes plages de sable doux comme du sucre glace,l’une très calme, et l’autre avec des petites vagues, parfaite pour le skim.
    Attention aux tortues! Elles traversent parfois la route pour aller pondre leurs oeufs. 
    Puis nous poussons un peu plus loin vers le village endormi de Saint-Louis. Quelques bars et estivants, qui accueillent plutôt des touristes en journée. Nous arrivonss à terre vers 17h, les rues sont désertes, quelques rares commerces restent ouverts.

    Les cases créoles sont modestes et pleines de charme,

    petits et grands prennent leur cours de judo sur la plage. 

    Nos réservons une table pour dîner chez Henry, restaurant réputé parmi les plaisanciers :

    Son croustillants de thon mi-cuit en feuille de brick est un délice! Et le sorbet coco artisanal juste parfait-c’est aussi le seul dessert de la carte, réduite, mais gourmande.

    Les Saintes

    Le lendemain, cap sur les Saintes, un petit archipel si photogénique que je m’emballe à prendre photos sur photos… Je ne sais si c’est la lumière, le paysage, l’urbanisme si homogène, ou l’ensemble de tout cela qui rend ce lieu si plaisant à  voir.
    Nous mouillons tout d’abord dans la baie de Marigot, très tranquille, puisque nous ne sommes que 3 bateaux au mouillage.  Nous partons explorer le rivage en paddleUn petit chantier naval fabrique encore des « Saintoises », ces barques traditionnelles.

    Là encore, des iguanes rôtissent au soleil.  On le voit mieux en zoomant
    Anna, qui m’accompagne préfère rentrer à la nage : à 6 ans, elle est endurante et nage vraiment comme un poisson.  
    Les pélicans passent la journée à chasser, pêcher, plonger,

     dans un ballet aérien et aquatique fascinant.
    Sous l’eau, quelques coraux, beaucoup de poissons, et des tortues!
    Nous partons le lendemain matin dans la baie adjacente : la célèbre rade des Saintes, face au Bourg. Thomas et Sonia font le trajet en paddle!
    Nous arrivons dans un cadre enchanteur,

    une baie de carte postale,

    un décor de cinéma.

    Il faut dire que l’harmonie de ces toits uniformément rouge fait son effet, dans le vert de la végétation.Même la supérette attire le regard
    Quelques maisons sont remarquables, comme celle-ci, au faux-air basque
    Et encore, on peut lire dans le paysage combien l’île a souffert du cyclone Maria, qui a aussi touché la Guadeloupe, et  dévasté la Dominique, en septembre dernier. 
    Ici, à quelques exceptions près, les maisons touchées ont été réparées, seuls les cocotiers jouent au mikado, et les arbustes maigrelets témoignent. 
    Quelques très beaux yachts sont à l’ancre derrière nous. 

    Nous allons à terre nous balader, passons devant la mairie, puis l’église
    les maisons sont vraiment coquettes.
    En revanche, la célèbre maison du médecin,

    dite « maison-bateau »,

    qui était construite sur un promontoire, en forme de proue de paquebot, est en ruines.
    Nous continuons notre balade,

     longeant de charmantes maisons,
    un intéressant cimetière, jusqu’à arriver sur la plage de Grand Anse,

    Battue par les vents,Des kitesurfers ont bravé l’interdiction, et naviguent dans le shorebreak.
    La plage se situe en bout de piste du petit aérodrome. 
    Nous trouvons beaucoup de bois flotté,  d’éponges et de gorgones

     sur la plage,
    Un peu plus loin, nous nous arrêtons nous baigner à l’anse Rodrigue. Ambiance champêtre avec les chèvres qui bêlent. 
    Les enfants colonisent une cabane. 
    Et se relaxent, tout simplement au soleil de fin de journée. En rentrant, nous longeons la piste de l’aérodrome, croisons un iguane,  et nous arrêtons faire quelques exercices d’entretien.
    Des petits cabris partout,

    qui nous rappellent que nous sommes à la campagne… Mais avec des infrastructures plutôt haut de gamme, comme cette superbe aire de jeux pour enfants, 
    La boulangerie aussi est au top : cela fait trèèèèès longtemps que nous n’avons mangé de palmiers aussi bons!
    Nous sommes moins emballés par les fameux « Tourments d’amour », la spécialité locale, un peu étouffe-chrétien à mon gout, à laquelle je préfère de loin les accras… En particulier, ceux du café de la marine
    Nous irons à deux reprises plonger sur l’épave qui se trouve devant le portLes garçons sont très complices pendant leurs apnées.

    Les coraux sont jolis sur le pont de l’épave

    Sur les hauteurs du village, le fort Napoléon nous surplombe, et nous nous laissons tenter par sa visite : son architecture a l’air splendide, et la vue d’en haut doit valoir le détour. Ses douves sont impressionnantes, ainsi que le bâtiment central.

    Nous sommes très séduits par son jardin de cactées et de plantes grasses : j’en apprend beaucoup sur les succulentes, les agaves et les euphorbes. En cherchant bien, nous trouvons aussi quelques iguanes : il y en a 3 sur la photo!
    La vue sur la rade vaut en effet le déplacement, d’autant que contrairement au fort Pigeon de Rodney Bay (Ste-Lucie), l’entrée du musée était particulièrement abordable. 
    Même les latrines sont remarquables!
    Et dans les murs du fort, un très intéressant musée nous abrite pendant les heures chaudes.
    Nous ne pourrons tout explorer
    • nous nous concentrons sur les salles consacrées à Christophe Colomb et la découverte des Amériques
    • celles consacrées à l’histoire des Saintes, et celles qui nous racontent les batailles navales franco-anglaises des Caraïbes
    • une dernière salle expose un squelette de baleine grandeur nature….
    • Et ne manquons pas d’étudier la liste des fruits et légumes qui nous proviennent du nouveau monde. La pomme de terre est la plus célèbre, avec la tomate,  Mais il y en a beaucoup d’autres, dont l’origine américaine est moins connue, comme le caoutchouc, le tabac ou le coton, à l’origine d’industries occidentales incontournables. 
    L’autre belle surprise de cette escale sera la rencontre avec un catamaran de…. Plougonvelin, notre village!
    Caroline et Martin sont partis pour une année sabbatique autour de l’Atlantique, avec leurs 3 enfants. Ils nous connaissent via notre blog, et viennent nous saluer : nous passons une belle soirée à échanger sur nos expériences, et à parler du retour … à Plougonvelin qui nous attend tous dans quelque mois.
    Nous quittons les Saintes, ravis de notre escale, direction la côte Ouest de la Guadeloupe

    Basse-Terre

    le phare de Vieux fort , à la pointe Sud-Ouest de la Guadeloupe

    Basse-Terre est la partie la plus sauvage et verte de l’archipel.Nous faisons une courte escale sous-marine à l’îlot Pigeon, dans la réserve Cousteau. Les poissons sont nombreux

    et les coraux-vases impressionnants par leur taille.
    C’est dommage que les corps-mort ne soient pas assez nombreux pour accueillir les plaisanciers : uniquement 3 pour les bateaux-privés, dont seulement 2 sont adaptés aux habitables comme le notre. Loïc se dévoue et restera à bord de Moby pendant que nous explorons les fonds. Les bateaux de charters sont eux très nombreux, c’est le défilé,  avec leurs palanquées de plongeurs, idem pour les dizaines de kayaks de location : les réserves naturelles sont aussi un gros business!
    Nous ne nous arrêtons pas et filons sur Deshaies, le dernier village sur la côte Ouest, connu pour accueillir depuis des siècles marins, pirates, flibustiers et plaisanciers dans une ambiance caribéenne authentique.

    C’est aussi là que Coluche avait trouvé refuge, et aimait venir se ressourcer. Il y avait une maison, avec un très beau terrain sur les hauteurs planté d’essences rares et, qui était entretenu par son voisin, jardinier-pépiniériste. Après le décès de Coluche, celui-ci rachète et transforme la propriété, qui devient, après des années d’incertitude un superbe jardin botanique, havre de paix et plaisir des yeux, pour amoureux des plantes et adeptes des beaux paysages. C’est aussi un succès économique et social, qui attire touristes et guadeloupéens, et fait vivre une quarantaine d’habitants. Nous le visitons malheureusement au pas de course (arrivés à 16h, il ferme une heure plus tard), sous une pluie battante comme seuls les île tropicales montagneuses peuvent offrir. Nous nos régalons tout de même, des plantes et du paysage, et nous amusons de cette douche tropicale, qui fait tant de bien aux plantes!

    Magnifique palmier « Washington »

    Un Cycas

    Spatyphilum

    La couleur des fleurs ressortent particulièrement sous la pluie

    Bougainvillées

    Oiseaux de Paradis

    Orchidées

    Ici les cactées et plantes grasses,

    Euphorbe lactée

    Agaves

    cactus raquette (figuier de barbarie)

    Liane de jade

    Nous quittons Deshaies sans avoir vraiment pu goûter à son atmosphère de petit village maritime.
    Nous débarquons Thomas et Sonia, qui reprennent leur vol vers la métropole après 8 jours fort dépaysants dans l’archipel de la Guadeloupe.
    Nous faisons un dernier stop à Sainte-Rose, petite commune du Nord de la Guadeloupe,

     qui nous offre une superbe plage sauvage comme on les aime. Seuls au mouillage.
    Nous continuons notre remontée de l’arc antillais via St-Barth, St-Martin, et les ïles Vierges Britanniques, des îles qui ont été terriblement touchées par le cyclone Irma en décembre dernier.
  • Escale technique en Martinique

    Escale technique en Martinique

    Le Marin est une escale technique incontournable aux Caraïbes, d’autant plus depuis le passage du cyclone Irma qui a détruit une grande partie des infrastructures de St-Martin.

    Nous sommes tout de même surpris par le nombre de bateaux : entre la marina, les trous à cyclones, et la baie de Ste-Anne, plusieurs centaines de voiliers viennent faire escale pour quelques jours, quelques semaines ou plus.Il faut dire que le site offre dans un rayon de 2 milles nautiques tout ce qu’un plaisancier peut rechercher :
    • une grande marina avec services, laveries, commerces en tout genre, banque, poste…
    • une zone technique dotée de professionnels dans presque tous les métiers du nautisme
    • 2 trous à cyclones dans la mangrove, et pléthore de zones de mouillage
    • un spot de kite et de planche à la pointe des Boucaniers (où est installé de longue date Le Club Med)
    • une profusion de restaurants, bars, take-away, boulangerie etc…
    • 2 supermarchés : un qui livre à bord, et l’autre avec un ponton d’accès en annexe
    • la grande plage de Ste Anne, très fréquentée le week-end, mais agréable en semaine, parfaite pour la baignade et les jeux des enfants, avec ses « lolos » (restos de plage), ses vendeurs de glace et de maillots de bain
    • le petit village de Ste-Anne avec son marché artisanal du week-end, ses petits bars de plage, son épicerie, et ses restos branchés….
     
    Nous avions organisé quelques travaux, dont la révision des voiles et de l’enrouleur, avant la transat retour.
     
    Bref, un stop-technique inévitable comme nous en avons fait tous les 6 mois sur notre parcours, à St-Martin, à Papeete, en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Afrique du sud….
     
    Nous en profiterons pour explorer la zone.
     

    La plage de Sainte-Anne

    Nous commençons par mouiller devant la plage de Ste-Anne, un dimanche…..Pour notre petite famille de tourdumondiste habitués aux mouillages déserts de l’Océan Indien et de Polynésie, c’est un peu oppressant…. Nous parcourons la plage à pied, un peu sonnés par toute cette joyeuse agitation : il nous faudra quelque jours pour nous acclimater!
    Des jetskis par dizaines, la sono à fond,
    Les pirogues locales s’entrainent à régater
    Familles, touristes, groupe de retraités, tout le monde se retrouve le dimanche à la plage!
    Cette épave que nous avions repérée de loin nous intriguait; il parait qu’elle est là depuis des années…
    Le bar « tendance » de la plage, ambiance St-Trop : côté mer, on boit du rosé en maillot piedanlo sous les parasol, et côté plage, on se prélasse dans des transats
    Un peu plus loin, un groupe de plaisanciers anglo-saxons se retrouve pour une bière devant leurs annexes
     
    Nous reviendrons souvent dormir et nous baigner sur ce mouillage aux cours des 15 jours d’escale, pour profiter des superbes couchers de soleil du soir, et de la baignade du matin, à l’heure de la récré.
     
    Un soir, les enfants nous suivent en annexe au coucher du soleil, du Marin jusqu’à la plage.
     
    Les couchers de soleil sont magnifiques.
     

    Le village de Sainte-Anne 

    Pour nous mettre dans l’ambiance, nous partons au village de Ste-Anne fêter notre arrivée en Martinique avec un ti-punch bien local (sec et sans glaçons, hips!!) au coucher du soleil,  avec à l’horizon, le rocher du Diamant.
     
    Un petit détour par la supérette, par curiosité : le produit phare, en tête de gondole dès l’entrée du magasin, c’est le rhum en cubi!!
    Et il y a du choix!
     
    Samedi matin, c’est jour de marché au village de Ste-Anne : j’y vais pour les accras frits juste sous nos yeux, pour les fruits et légumes, mais aussi pour le punch fait maison vendu par les « doudous » très bonnes commerçantes! Après en avoir testé une bonne douzaine de différents ( à 11h30 du matin…. c’est tôt pour l’apéro), nous optons pour le punch-coco, aussi crémeux qu’un Bailey’s, et pour un « Shrub » , liqueur aux agrumes à la délicieuse amertume. Un petit café sur la plage finit de donner l’ambiance typiquement française sous les tropiques : c’est le meilleur des deux mondes!
     

    Le Marin

     
    Lundi matin première heure, nous sommes au mouillage au Marin, et déposons les voiles.
     
    Pour accéder à la zone technique il faut prendre un petit canal de mangrove, facilement accessible en annexe.
     
    Je profite de cette escale citadine pour faire le plein de fruits et légumes au marché, et d’épicerie au supermarché. Là, je suis surprise de voir que l’immense majorités des fruits et légumes « tropicaux » sont importés,
    •  de pays voisins ,
    • de partenaires commerciaux européens :
    • mais aussi de pays beaucoup plus lointains
      La mondialisation est passée par là. Et c’est récurrent tout le long de l’archipel antillais : les marchés sont correctement approvisionnés de produits locaux, vendus souvent plus cher qu’en grande surface, et les supermarchés importent tout, de loin, très loin, mais offrent des produits très compétitifs.
     
     
    Nous profitons de ces 2 semaines pour bosser tous les 5 à fond :
     
    • Loïc sur l’entretien de Moby : il répare lui-même les toilettes, la machine à laver, la pompe à eau, et d’autres menues bricoles .
    • De mon côté, je range et brique l’intérieur du bateau pour prendre des photos : nous préparons en effet la mise en vente de Moby, pour l’été prochain, après notre retour en France. Après 2 ans et demi de grand voyage autour de la planète, c’est sans regret que nous le verrons prendre la mer avec de nouveaux propriétaires ; notre vie de terriens reprendra son cours, avec d’autres projets. Et aussi l’envie de repartir, dans quelques années, quand les enfants seront grands pour un nouveau tour du monde!
     
    • Les enfants travaillent dur tous les matins, et même l’après-midi pour Victor : le programme du CNED de troisième est exigent et copieux. Pour Arthur et Anna, nous nous appliquons à travailler les fondamentaux : ici le jeu de la marchande, pour apprendre à additionner et à rendre la monnaie. Là, Arthur n’en a pas l’air, mais il révise ses tables de multiplication avec son papa…
     
    Nous croisons beaucoup de navigateurs arrivés de la « Transquadra ». Certains choisissent de faire rentrer leur bateau… en cargo!
     
    Jeudi soir au Marin, nous profitons du bateau-pizza qui est notre voisin de ponton ! Original : c’est un vrai restaurant avec son four à pizza installé à l’arrière du cockpit. Le bateau passe la semaine à grenouiller entre Le Marin et Ste-Anne, et assure même les livraisons au mouillage! Nous en profitons et nous régalons de lasagnes et pizzas.
     

    Trou à cyclones et Cirque marin

     
    En milieu de semaine, nous allons mouiller dans l’un des deux trous à cyclones du Marin, par curiosité, de découvrir ce site naturel, qui est très calme .
    C’est aussi parcequ’ il y a ce soir, au fond de la mangrove, un spectacle de cirque… sur l’eau!

    Une troupe menée par les équipages de 3 bateaux, qui se sont rencontrés au fil de l’eau, entre la Bretagne, les Canaries et les Antilles. Clowns, vidéastes, poètes, musiciens, acrobates, mimes… Nous découvrons le show avec plaisir!Et nous ne sommes pas tout seuls!
    C’est artisanal, et c’est leur première représentation! Nous sommes ravis de voir notre soirée illuminée par 2 heures de spectacle vivant, bon-enfant et tellement dépaysant!
     

    Les Salines

     
    Nous partons passer le week-end dans un site sauvage superbe, à 3 NM au sud de Ste-Anne : les Salines.
    Le temps est très calme, et nous mouillons en bordure de plage, derrière l’ilot Cabri. Nous passons un week-end enchanteur, à 30mn à peine du Marin. Tout seuls-ou presque.
    Nous explorons les 3 plages de la presqu’île :
    • Grande Terre, la plus sauvage,
    • Grand Anse, la plus animée, la plus aménagée aussi de restos, parking, jetskis etc…qui attire beaucoup de monde les week-end, et où nous ne restons pas,
    • et Petite Anse, une plage de naturistes, mais mixte, avec des touristes, des randonneurs qui dans la journée parcourent toute la presqu’île, de Ste-Anne à la Savane des pétrifications, en passant par les 3 plages des Salines.
     
    Nous quittons le Marin début mars, direction la Guadeloupe où nous rejoignons mon frère Thomas et son amie Sonia pour 8 jours de croisière en famille.
     
    Nous passons la nuit aux Anse d’Arlet, célèbres plages qui se trouvent sur notre route.
    Nous n’aurons pas le temps de nous arrêter comme prévu à la Dominique, ce que nous regrettons car l’île a une histoire à part aux Caraïbes et beaucoup à offrir : densément boisée, avec les plus hautes montagnes des Antilles, elle ne fut pas colonisée pendant les XVI et XVII eme siècle. Les indiens Caraïbes étaient trop agressifs, et l’île fut déclarée terrain neutre. Elle fut plus tard le refuge de nombreux esclaves « marrons », et finit par être occupée à tour de rôle par les français et les anglais, mais avec un peuple toujours très farouche et indépendant, qui obtint après l’abolition de l’esclavage en 1831 d’établir le premier gouvernement noir des Caraïbes. L’île obtint son indépendance en 1974, et reste à l’écart du développement touristique des Antilles ; elle a subi des cyclones ravageurs ces dernières années, mais offre des forêt primaires intactes, et de belles balades en rivière.
     
    Une autre fois…..
  • Retour aux Grenadines

    Retour aux Grenadines

    Il y a (presque) 20 ans, tout jeunes mariés, nous avions passé notre voyage de Noces aux Grenadines… 2 semaines de rêve à naviguer en duo sur un Sun Dance 36, dans cet archipel si propice au cabotage. Deux décennies plus tard, nous sommes impatients de revenir sur les lieux avec les enfants, et les grands-parents, et de les redécouvrir.

    Salt Whistle Bay, à Mayreau,
     
    Moustique, Béquia (prononcer Bécoué), Canouan, Union, et les Tobago Cays dépendent de St-Vincent, l’île principale. Les Grenadines sont un haut lieu du nautisme depuis une trentaine d’années : l’archipel permet en effet de sauter facilement d’îles en îles, et de plages en plages, dans un cadre qui reste naturel et sauvage. Chaque île a sa spécificité :
     
    • les Tobagos Cays sont inhabitées et offrent un terrain de jeu magnifique aux amateurs de nature sauvage et de lagons turquoises
      Tobag Cays
    •  l’île Moustique est privée et abrite un « lotissement » de villas exclusives (Mick Jagger, la Princesse Margaret, quelques grands industriels sont propriétaires…)
      île Moustique
    • Béquia reste typique avec ses plages, son village animé, et ses petites maisons, lieu de villégiature de nombreux marins venus poser leur sac dans cette île paisible
      Le mouillage principal de Bequia
    • Union, le centre touristique de l’archipel, qui abrite des commerces restaurants et une poignée de petits hôtels
      l’île d’Union
    • Canouan, qui se tourne vers le touriste de luxe avec un hôtel 5*, un golf et une marina, et des villas haut de gamme.
      Canouan
    • Mayreau, simplissime petite île dotée d’un village de poupée et d’une ravissante plage
    Mayreau
    En 20 ans, les îles ont un peu changé, et développé un tourisme raisonné : pas de grands hôtels ni de tourisme de masse -sauf à Canouan- mais un très grand  nombre de voiliers de location en provenance de Ste-Lucie et de Martinique. Les bases de charter DreamYacht et Moorings n’ont pas été affectées par les cyclones ces dernières années et sont florissantes dans le sud de la Caraïbe. Certains mouillages sont bondés : la destination est victime de son succès.
    Mais si l’on cherche un peu, il est aisé de trouver des endroits plus tranquilles…. et le charme opère toujours.
     

    Au départ de Martinique, où nous avons fait escale 24h à l’arrivée de notre traversée de l’Atlantique sud, nous mettons cap sur Ste-Lucie, distante d’à peine 25 miles nautiques, et à mi-chemin entre la Martinique et les Grenadines.

    arrivée sur Ste-Lucie

    Nous naviguons en tandem avec Papily et Mamily, qui ont loué pour l’occasion un Lagoon 45.

    le Lagoon 450 de location des grands-parents

     Rodney Bay sera notre première escale!

    Rodney bay

    C’est dépaysant, car l’île est aujourd’hui anglaise, après être passée aussi entre les mains des français il a quelques siècles….

    C’était le repère de l’amiral Rodney, à la tête de la flotte britannique du temps où britanniques et français se disputaient âprement les Antilles, de la fin du XVIII ème siècle au milieu du XIX. Il pouvait de son rocher surveiller parfaitement les mouvements de la flotte française basée en Martinique.
    Nous allons visiter le fort et ses dépendances sur l’île Pigeon, qui est en fait une presqu’île.
    Tout en bas, la cuisine des officiers,

    puis un peu plus haut, avec une vue magnifique sur le nord, le mess et les quartiers des officiers, dont une moitié a été rénovée pour y abriter un restaurant; l’autre moitié est en ruines.
    Encore plus haut, les baraquements des soldats,

    qui abritaient 120 hommes.
    Un peu plus de grimpette, sous un soleil de plomb, et nous y sommes!
    Il reste des canons.
     
    D’en haut, la vue est panoramique,

     un site parfait pour scruter les mouvements des bateaux dans l’arc antillais.
     
    Nous redescendons après avoir exploré les différentes batteries du site.
     
    En rentrant sur Moby, Arthur est intrigué par cette réplique de Galion, qui emporte des touristes pour des croisières de quelques heures au soleil couchant.
     
    Au petit matin, c’est le marchand de légumes itinérant qui passe!
     
    La baie est très touristique, et abrite une grande marina, des commerces, de très grands hôtels: nous ne resterons pas, et mettons cap au sud vers le somptueux mouillage des 2 Pitons.
     
    En route, nous découvrons la côte de Sainte-Lucie; constellée de grands hôtels, de résidences,

    Au port, on compte pas moins de trois énormes paquebots de passage!

    Mais en descendant vers le sud, nous retrouvons de charmants villages créoles,

    et des hôtels à taille humaine.
     
    Nous arrivons aux deux Pitons, au pied d’un parc naturel exceptionnel. Côté fréquentation, on est dans la démesure : les super-yachts se sont donné le mot… Arthur et Papily regardent l’hélicoptère de notre voisin de mouillage se poser sur le pont.
    Pendant que nous sirotons notre Pina Colada, la première de ces vacances, et la spécialité régionale!
    De nuit, c’est ambiance « sapin de Noël »
    Le lendemain, c’est l’approvisionnement d’un des super-yacht qui me laisser rêveuse…… Il y a de quoi nourrir un régiment!!!
    Puis le ballet des hélices reprend.
    Après 24h d’escales entre les méga-yachts, nous descendons au sud vers ST-Vincent-les Grenadines.

    Nous longeons l’île de St-Vincent mais ne nous y arrêterons pas.

     Quelques criques ont l’air pourtant bien agréables et sauvages.
    L’alizé est soutenu, mais portant pour nous, ce qui est pas le cas des bateaux qui remontent vers la Martinique….
     
    Nous arrivons à Bequia où nous faisons nos formalités d’entrée.
    La baie est grande, très fréquentée, mais suffisamment spacieuse pour que les bateaux ne soient pas mouillés trop près les uns des autres. Le village est sympathique avec sa promenade de front de mer sur pilotis, qui mène des plages au village,

    où nous pouvons nous ravitailler de beaux fruits et légumes frais.
    C’est aussi l’occasion de s’attabler et de goûter la bière locale : la Hairoun.

    Les plages sont aujourd’hui bondées : un paquebot est en effet au mouillage, et a déversé son flots de touristes américains (et sud-américains!). Demain sera plus calme.
    Nous nous baladons le long du rivage, où se succèdent bars,

     boutiques,

    services,

     et diveshops
     pour arriver au village, ses échoppes d’artisanatl’église,  l’administration…
    Originale, le bateau-boulangerie, qui livre toutes les matins du pain frais. Il y a aussi le bateau-laverie, et le bateau-fuel! Nous apprécions ces petits services, qui se monnaient bien sûr, mais qui permettent aussi de contribuer à l’économie locale, très axée sur les services.
    Voici le déjeuner typique sur Moby : salade, crudités, pain et croque-monsieur, fromage.
     
    Sur Moby, nous sommes en pleins préparatifs : nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire d’Anna! Dans 4 jours, ce sera celui de Papily, et dans une semaine celui d’Arthur!
    Anna nous a préparé des biscuits et nous les apporte sur la plage pour le goûter.
     
    Bon anniversaire Anna, 6 ans!
     
    MOUSTIQUE

    Nous repartons assez vite sur Moustique, l’île des milliardaires. L’histoire de cette île est tout à fait unique. Son propriétaire Colin Tennent, (Lord Glenconner),

    statue de Colin Tennent

    est un aristocrate anglais, fortuné, déjà propriétaire de terres à Ste-Lucie, magnat de l’industrie minière et qui après-guerre, acheta l’île Moustique avec une idée folle : en faire un lieu de villégiature unique au monde pour les riches et célèbres de la planète. A l’époque, dans les années 60, c’est visionnaire!

    île Moustique
    S’ensuivent quelques de vacances spartiate et de villégiature compliquée pour l’entrepreneur, qui peine à garder en état l’unique maison de l’île, Cotton House. Moustiques, cyclones, tempêtes, manque d’infrastructure, des hectares à défricher….. l’île est pendant des années un gouffre financier qui ne rapporte rien.
    Son idée de génie : offrir un terrain à la Princesse Margaret, en guise de cadeau de mariage! Il faut dire que son épouse est dame d’honneur au palais de Buckingham, et une amie proche de Margaret. L’idée fait son chemin, et un jour, entre deux déboires sentimentaux, la Princesse Margaret fait construire sa maison!
    Au fil des ans, avec le concours d’un architecte suédois et d’un entrepreneur en bâtiment déterminé doté d’un solide sens du marketing, il réussit son pari, et transforme le caillou en lotissement de luxe pour happy few. Un petit hotel sélect, un bar-restaurant de plage, une supérette, et c’est tout!
    Pas de tourisme de masse, pas de ferry, mais un aéroport, et un village où vivent les employés de l’île :  école,
    bibliothèque,

    station service

    …..

    Le charme de l’île est indéniable : des plages de tous côté,

    la célèbre page de Macaroni Beach

    on circule en voiturette électrique, pas de bling-bling, ici tout le monde se connait et reste discret. 90 lots sont construits, avec un plan d’urbanisme strict : il est interdit de diviser les parcelles.

    Quelle déception : le Basil’s bar, une institution dans l’île, est fermé pour rénovation, et ne réouvre que dans une semaine….et nous serons déjà partis. Mais une petite annexe sert les cocktails dans une petite maisonnette : la pina Colada est toujours aussi bonne!
    Pendant que nous sirotons, les enfants s’éclatent en skimboard sur la plage en contrebas du Basil’s bar en rénovation.

     
    Nous sommes les 14 février : c’est l’anniversaire de Papily, secondes festivités d’une semaine chargée en célébrations!
     
    TOBAGO CAYS :
    Bye-Bye Moustique, et en route pour les Tobago Cays, petit atoll dans l’archipel, composé de 4 petites îles aux noms de repères de pirates : Petit Bateau, Petit Rameau, Baradal et Jamesby.

    Ils sont entourés de récif, et forment un petit plan d’eau intérieur, parfait pour la planche et le kitesurf.Le site est toujours aussi photogénique,

     sauvage,non construit, et fréquenté! Des bateaux par dizaines, heureusement, il y a de la place pour tout le monde…. sur la plage à l’heure de pointe, le parking à annexes fait le plein!
     
     
    Sur Petit Bateau,

     les pêcheurs de Mayreau et leurs familles ont installé des tables

    et des BBQ

    créant un restaurant de plage provisoire
    : menu unique : langouste grillée!
    La recette fait carton plein, nul ne passe aux Tobago Cays sans manger la langouste locale. Il est aussi possible de se la faire livrer directement à bord en barquettes avec ses accompagnements : ça c’est du service!
    Victor continue son entrainement de planche à voile,

    coaché par Loïc.

    Ca plaaaaaane!

    Nous tentons aussi le snorkeling.

    Nous croisons de nombreuses tortues dans cet archipel des Grenadines, et nageons avec elles,

     elles sont peu farouches car interdites de pêche et protégées
     
     
    MAYEREAU
    Puis c’est Mayereau, et sa plage nonchalante de Salt Whistle Bay,
    Il fait très beau, peu de vent, nous prenons un mouillage tout près du bord. On pourrait se croire seul au monde, mais il y a des dizaines de bateaux derrière nous….
    Le plage est toujours aussi jolie,

    et bordée de ces deux cocotiers sur lequel il y a 15 ans, nous avions de pris de belles photos de groupe, avec nos amis.
    Les enfants l’adoptent.
    Le petit hotel est en cours de rénovation,

    dans un style rustique chic.

     Le site le mérite bien. Et la Pina Colada est excellente!Avec ce petit plus qu’on ne trouve nulle par qu’aux Grenadines : la noix de muscade râpée qui recouvre la mousse du cocktail. Il faut dire que la noix de muscade est un produit local, qui pousse et se récolte à St-Vincent : nous en avons fait le plein au marché de Bequia.
    Mamily apprécie les eaux translucides et calmes de la baie;
    Nous rencontrons un bateau hollandais qui a un joli projet : le nettoyage des plages des plastiques, avec un trio ingénieux :
    • collecte+broyage de bouteilles en lambeaux grâce à ce broyeur mécanique,
    • puis chauffage dans un four solaire, d’un matériau ensuite réutilisable.
    Le spot de kite derrière l’île est sympa.
     
    Et ce soir, 17 Février  re-re-rebeote : nous fêtons les 9 ans d’Arthur à bord du bateau des grands-parents : les petits ont organisé une pêche à la ligne, Papily est en charge de la musique « live »  :  carte, cadeaux, déco et gâteau, tout y est! Le  lendemain matin , le petit-déjeuner de préféré du moussaillon : un pancake géant au Nutella sur le trampoline, elle est pas belle la vie?
     

    Après l’école nous partons installer notre camps sur la plage : paddle, hamac, paréos….

    et…plouf!
    Puis nous quittons ce mouillage un peu surpeuplé pour Chatham Bay, une grande plage de l’île principale d’Union. 
     
    UNION
    La baie est très tranquille, et restée sauvage avec seulement quelques paillotes de plage d’un côté, et un petit hôtel de l’autre.
    Les garçons prennent leur skimboard et nous longeons la plage avec eux pour trouver le meilleur spot : pas facile, car il y a un platier sur une bonne longueur, et des petits coraux sur la plage.
    Arthur par à l’assaut du rocher.
    Nous découvrons quelques « têtes de turc », ces cactus si caractéristiques des Antilles
    Le petit hotel de charme semble particulièrement accueillant.
    De retour à l’autre bout de la plage, nous découvrons des petits colibris, qui viennent butiner les plantes grasses : c’est la première fois que j’observe ces drôles d’oiseaux de si près. Ils ont un vol très particulier, le champions du vol stationnaire!
     
     
    UNION, Fregate
    Puis nous contournons l’île d’Union, et mettons le lendemain cap sur Fregate,où nous retrouvons 3 Outremer 45, les « petits frères » de notre Outremer 51.

    Nous sympathisons avec Loustic, famille de belges avec 3 enfants à bord, en  année sabbatique autour de l’Atlantique.
     
    Nous passons l’après-midi à la plage avec les « Loustic ». Victor s’entraîne sur les water-starts avec succès, pendant qu’Arthur et Anna jouent dans les vagues. Nous partageons la plage du village avec des vaches
     
    Le spot est particulièrement fréquenté par les kitesurfers, et les planchistes. Loïc et Victor s’éclatent.
     
    MATEREAU :
    Nous retournons le lendemain à Mayereau. Nous passons devant le village de Clifton à Union, l’île principale des Grenadines, mais ne nous arrêtons pas : trop de monde!!!
    C’est un super spot de kitesurf, et c’est aussi l’endroit idéal pour faire un plein de courses avec de vrais supermarchés.
    Nous n’en avons pas besoin, car dans 2 jours, nous serons en Martinique! Bye-Bye Union,
     
    Nous nous dirigeons vers le mouillage de Saline,

    une grande baie ouverte qui accueille parfois les paquebots, mais qui est aujourd’hui quasi-déserte.L’accès au village est facile par la route, et la supérette offre une vue panoramique sur la mouillage. Nous poussons l’exploration de la rue principale du village un peu plus,

     car il parait que la vue d’en haut mérite le détour. Nous sommes surpris par le nombre de bars : pas loin d’une douzaines, soit une maison sur 4….
    Enfin, en haut, l’église, et la vue sur les Tobagos Cays d’un coté »,

     sur Union de l’autre, et Grenade au fond.
     
    Papily et Mamily nous quittent et rentrent en France après 2 semaines de croisière en duo, en terre bien connues : cela fait plus de 10 ans qu’ils viennent tous les hivers passer 2 à 3 semaines aux Grenadines!
     
    Leur mouillages préférés :
    • Salt Whistle Bay pour sa jolie plage aux eaux translucides, le bar « piedanlo »  au soleil couchant,
    • Admiral’s Bay à Béquia, pour son pittoresque village, ses  plages et ses petits restaus
    • les 2 pitons à Ste Lucie, pour son cadre enchanteur, au pied du volcan, le calme du mouillage, et l’accueil sympathique de l’hotel.
     
    Nos mouillage préférés aux Grenadines :
    • les Tobago cays, pour leur spot de planche et de kite, les nombreuses tortues, le snorkeling excellent sur le reef extérieur, les balades sur les ilots de Jamesby et Baradal avec les iguanes et la jolie vue d’en haut
    • Saline Bay, à Mayereau, l’un des mouillages les moins fréquentés qu’on ait connus-(à éviter bien sûr le jour de  passage des paquebots), pour la sensation d’enfin respirer au mouillage, car les bateaux sont espacés les uns des autres ; un super spot de skimboard et de bodyboard pour les enfants, la grande promenade sur la plage, et celle qui mène au village donne une vue panoramique de l’archipel
     
    TOBAGO :

    Nous retournons d’ailleurs aux Tobago Cays pour 24h, afin de profiter une dernière fois de ce mouillage qu’on adore et qui offre une telle diversité d’activités. Cette fois, nous allons mouiller au vent de Barradal, où nous retrouvons Mais Uma, avec qui nous achevons de sympathiser.

    En nous baladant  sur les hauteurs de Barradal,

    nous découvrons des iguanes , 
    Les plantes épiphytes sont incroyables.
    En redescendant, c’est embouteillage sur la zone de lancer d’ailes de kite.

    Nous tentons un snorkeling à l’extérieur de la barrière, en fin de journée, entre 16h et 17h, heures de pleine activité : nous rencontreons une tortue,

    des barracudas,
    et une vie marine très active!

     
    Puis direction Canouan : nous remontons l’archipel des Grenadines, car nous sommes attendus en Martinique pour une escale technique.
     
    Une nuit à Canouan,

    dans un mouillage très sauvage, puis une autre à Bequia où nous effectuons notre clearance de départ. Après un ultime stop à Rodney Bay, Ste-Lucie, nous arrivons en Martinique, au Marin le 25 février, pour une à deux semaines d’escale technique.
  • Stop Express au Brésil

    Stop Express au Brésil

    Le Brésil est sur notre route et représente une escale idéale pour se reposer et s’avitailler de frais. Rallier les Antilles depuis l’Afrique du Sud, c’est un gros morceau en terme de traversée, que nous décidons de découper en plusieurs étapes :
    • Capetown-Ste-Hélène : 1700 NM parcourus en 8 jours
    • Ste-Hélène – Cabedelo, Brésil : 1700 NM, en 9 jours
    • Il restera encore 2000 NM entre Cabedelo et le Brésil que nous espérons couvrir en 10 jours.
    Le compte à rebours du retour en France est entamé, et nous souhaitons passer les quelques mois qui nous restent à naviguer et profiter des eaux chaudes et turquoises des Antilles;
    Aussi décidons-nous de ne rester que le minimum au Brésil, immense pays qui mériterait bien plus! C’est en particulier bientôt Carnaval, celui de Salvador de Bahia est très réputé, et serait une escale géniale.
    Rio également, et surtout l’archipel de Isla Grande au sud du pain de sucre.
    Peut-être pour le prochain tour du monde? !
    En attendant, Cabedelo est l’escale idéale pour nous : une petite marina nichée dans un bras de rivière, au coeur d’un petit village de pêcheur, lui-même accolé à une station balnéaire atlantique pas trop touristique, à 5mn d’une grande ville de 1 millions d’habitants : Joao Pessoa.
    Au programme : du  repos, un avitaillement en produits frais, l’envoi des cours du CNED de Victor, le nettoyage du bateau….
     
    Les côtes du Brésil sont en vue…enfin, non pas les côtes elles-même, mais les gratte-ciels! C’est Joao Pessoa, « petite bourgade » d’un million d’habitant. La grande majorité des brésiliens vit sur la côte, dans des grandes villes hérissées d’immeubles de logement très hauts.
     
    Un peu plus loin sur la côte, la petite cité balnéaire de Cabedelo,

    et au bout de la péninsule : le terminal pétrolier. Nous embouquons la rivière, et voilà : bienvenue au Brésil s’exclame Anna!

    Bienvenue au Brésil!

    Derrière le terminal pétrolier, un village,  des cases de pêcheur, Mais toujours pas de marina….Nous ne sommes pas sûrs de son emplacement : elle n’est pas indiquée sur les cartes. Nous demandons notre route à un pêcheur, L’échange est savoureux, lui dans un brésilien très peu articulé, plein de bonne volonté, et nous en « franglaispagnol »….Mais il nous fait comprendre qu’il faut descendre le fleuve encore quelques nautiques jusqu’au village de Jacaré. Merci chef! Il circule en motogodille, comme toutes les pirogues locales, ce qui ne lasse pas d’étonner les garçons.

    Nous nous enfonçons dans le fleuve, qui n’est pas balisé, mais heureusement cartographié.
    Nous longeons la rive : des plages sauvages, 

    Puis de plus en plus civilisées,

    un homme baigne son cheval (ou son âne?)

    L’activité de pêche qui se devine,puis une cale de mise à l’eau, et nous y voilà! La marina Jacaré, 

    Plus loin la plage de rivière de Jacare

    d’où les touristes partent pour leur « sunset cruise » sur la rivière
    et au loin la ville de Joao Pessoa,

     
    Qu’il est bon d’arriver à bon port après 8 jours de mer! 
    Une bonne bière locale nous attend ce midi, ainsi qu’un délicieux plat brésilien : le feijoda.
    L’après-midi, nous partons nous balader au bord de la mer, curieux de découvrir le côté océan de ce conglomérat urbain. 
    Côté plage, c’est à la fois citadin et sauvage : les dunes sont non construites, et de l’autre coté, c’est la route, les restos, et les immeubles.Nous flânons en fin de journée, et c’est clairement le rdv des sportifs, promeneurs de chiens, adeptes du yoga sur la plage,

    du surf,

     de l’entrainement sportif…
    Un style de vie assez sympa, plus proche de Miami que des Tuamotus…
    Car nous profitons aussi de cette courte escale pour non pas visiter, mais pour prendre le pouls du pays.
    La bonne nouvelle c’est qu’avec mon espagnol castillan, je me fais assez bien comprendre. Ici en effet, personne ne parle anglais, ni espagnol, curieusement : après Bali en Indonésie, c’est le second pays de notre tour du monde dont nous ne parlons pas du tout la langue. A l’écrit, pas de problème, je déchiffre assez bien les cartes des restaurants et des bars! 
    La Caïpirina, je connais, et les verres sont vite vidés!
    Et vous, connaissez-vous la boisson nationale brésilienne?  A base de cachaça, c’est une sorte de ti-punch allongé, dans un grand verre rempli de garçons et de quartiers de citron vert. C’est notre première dégustation de caïpi, sur la plage de Cabedelo!
     
    Quand à la cachaça, ce n’est pas exactement du rhum, même si cet alcool partage avec le rhum le fait d’être issu de la canne à sucre. Le procédé de distillation est différent : la cachaça est plus rustique et plus parfumée, issue d’une distillation directe du jus de canne à sucre, alors que le rhum est issu d’une distillation d’un résidu de canne à sucre de l’industrie sucrière, la mélasse, le jus de canne étant utilisé pour faire du sucre. Autre différence : la cachaça titre 40°, alors que le rhum titre 70°, pour être ramené à un degré plus raisonnable d’alcool par adjonction d’eau.
    Là où ca se complique, c’est que le rhum agricole des Antilles (qui ne représente que 2 à 3% de la production de rhum), si réputé et particulièrement parfumé, est fabriqué directement à partir du jus de canne… De là à dire que le rhum agricole n’est qu’une cachaça antillaise…. je sens que je vais me faire taper sur les doigts?! En tous cas, le débat est lancé.
    Nous gouterons aussi à la feijoda, plat national à base de haricots rouge, riz, accompagné de légumes verts sautés, farine de manioc, tranches de fruits…. complet, savoureux, et revigorant!

    Ca me rappelle le riz « moros et christianos » des cubains.
    Nous gouterons aussi aux tapas locaux, à base de fritures et beignets de type empanadas, typiques d’Amérique du sud. On adore les frites d’igname, les beignets de poisson. 
    Une autre spécialité, en dessert, c’est les galettes de manioc, accompagnés de bananes en rondelles, sauce chocolat, coco râpée….
     
    Pendant les 3 jours restant, nous aurons un rythme soutenu de travail le matin pour les 3 enfants, et l’après-midi aussi pour Victor qui doit rendre ses cours du CNED pour la fin de semaine. 
    L’internet est poussif, je peine à mettre notre blog à jour, et c’est frustrant!
    Heureusement, l’ambiance est sympa à Jacaré Marina, un ensemble de pontons, d’un resto, de services et d’un chantier tenus par 3 amis francophones. La moitié des bateaux de passage sont d’ailleurs français, ce qui nous dépayse un peu.
    On y mange bien, les cafés sont excellents, et l’endroit est agréablement ombragé, frais, et abrité de la pluie : c’est très appréciable par ces fortes chaleurs.
    C’est là que les navigateurs que nous sommes tous travaillent, prenent leur météo, bricolent, cousent, appellent leur famille, mettent leur blog à jour, montent leurs vidéos, etc….

    Un petit jardin accueille plantes aromatiques et d’ornement locales :

    plante aromatique brésilienne
    ananas ornemental
    feuilles délicatement ourlées… de mini-feuilles
    quel graphisme!
    Loïc profite de l’abondance de l’eau du fleuve pour un nettoyage en grand de Moby ; il faut dire qu’après les sables rouges d’Afrique, les pénuries d’eau de Cape Town et le temps particulièrement sec que nous avons eu depuis, il était temps de donner un bon coup de jet d’eau.
    Le climat est chaud, très chaud. Les périodes de soleil cuisant alternent avec des périodes de temps couvert, humide, et à peine moins chaud.
    L’après-midi, je vais en ville faire les courses, et c’est un plaisir de voir l’abondance de fruits et légumes de tout genre : le Brésil est un grand pays agricole, et ça se voit! Nous faisons le plein de fruits de la passion gros comme des oranges, d’oranges grosses comme des pamplemousses, mais aussi de noix, noisettes, pistaches, amandes, graines de tournesol, noix du Brésil etc….
    Tous les climats ou presque co-existent, depuis les côtes tropicales du Nordeste, aux plaines verdoyantes et plus tempérées du Minas Gerais au sud.
     
    Le pays aussi est contrasté : d’un côté la plage, les gratte-ciels, les supermarchés, les cours de fitness, de l’autre, de modestes maisonnettes : et des charrettes tirées par des ânes sur la 4 voies,  On devine de grosses différences sociales entre les pêcheurs et les pauvres des favelas, et les citadins habitant leurs immeubles.
    Dans la soirée, nous allons nous promener à 5mn de là, sur la Praïa Jacaré, le marché artisanal local, rendez-vous des touristes locaux. 
    qui s’offrent une galette de manioc ou une eau de coco en regardant le coucher du soleil sur la rivière.Ici, les touristes ne sont pas des étrangers, mais des brésiliens, comme ces jeunes femmes qui me demandent mon chemin : elles viennes de Manaus, au coeur de l’Amazone, et viennent goûter à l’ambiance de la plage, de la fête, à moindre frais qu’à Rio.
    D’autres optent pour la « sunset cruise », avec musique à fond, danses de groupe, ambiance!!! Car c’est un des grands trait du brésil : la musique! Et ici, on l’écoute partout, toute la journée, et très très très très fort. Typique : cette petite voiture anodine qui stoppe le soir sur le bas-côté, et ouvre son coffre : rempli de baffles, une sono à en réveiller un mort, et c’est parti, le voilà qui sonorise tout le quartier!
    Nous prenons nos habitudes le soir à l’étage de ce bar : caïpirina et tapas. 
    Les enfants louchent sur les échoppes, l’anniversaire d’Arthur et Anna est proche, et ils se choisissent chacun un cadeau brésilien :
    Les garçons se font faire un t-shirt par un artiste local de peinture aérosol qui fait l’attraction!L’artiste affiche sa célébrité : il est passé à la télé. C’est vrai que c’est bluffant, en 1mn, il décore un t-shirt sur mesure : un cadeau unique et sympa!
    Les garçons sont ravis du résultat! Anna choisit une marionnette en papier mâché, et a très hâte de pouvoir jouer avec.. mais pas avant encore 3 semaines!
    Loïc et moi optons pour des Hawaïanas toutes neuves, de fabrication locale bien sûr!!
    Et ca y est, les vivres sont rangés, le bateau propre, les devoirs du CNED tous envoyés, nous larguons les amarres et quittons le Brésil sans trop de regret, car les eaux turquoises des Caraïbes nous tendent les bras.
    Il nous tarde de retrouver l’ambiance des îles, les sports nautiques, la plage et les alizés.

    A la sortie du port, nous saluons les jangadas, ces pirogues locales à voile.

    Il faut ouvrir l’oeil, il y en a beaucoup, ainsi que des bouées de casiers ou de filets. Un groupe de dauphins vient nous saluer, c’est toujours un bon présage!

     
  • Sainte-Hélène

    Sainte-Hélène

    Ste Hélène, mythique bout de rocher de l’Atlantique sud, escale incontournable des navires autour du monde depuis 400 ans… C’est la couronne britannique qui a mis la main sur le stratégique ilot, dont elle a sous-traité l’exploitation pendant près de 200 ans à la   «  East India Company » , chargée de veiller au ravitaillement des navires chargés d’épices, de retour des Indes… Depuis l’ouverture du canal de Suez en 1869, l’île n’est plus aussi stratégique pour l’Empire Britannique : l’activité va doucement décliner.

    Mais l’île est surtout connue pour y avoir accueilli l’un des plus célèbres prisonniers du monde, Napoléon Bonaparte, empereur envoyé en exil par la coalition royaliste européenne pour y vivre les 7 dernières années de sa vie, et y mourrir.
    Choisir pour l’exil du dangereux conquérant un lieu plus lointain, plus isolé, et plus austère aurait été difficile…..
    Nous sommes donc très impatients de faire connaissance avec Ste-Hélène et ses 4000 habitants, un métissage de descendants d’esclaves, de soldats britanniques, de travailleurs chinois, indiens et de prisonniers boers, donnant aux visages la belle couleur café de la chanson de Gainsbourg.
    L’île nous apparait sous les nuages, triste et sombre,

    ses falaises de roche volcanique nous semblent une forteresse imprenable.
    Des dauphins nous accompagnent, c’est toujours un grand bonheur de les voir nager entre les coques.
    Quelques encablures avant d’arriver à Jamestown, nous appercevons les premières fortifications, bien intégrées dans la falaise.

    Puis des bâtiments, comme un petit hameau accroché à la falaise.
    Il s’agit en fait du premier poste de télécommunications, anciennement télégraphique, qui reliait l’île au continent africain. Les bâtiments ont été désertés bien sûr, mais c’est toujours de là que partent et arrivent les cables sous-marins qui relient le caillou au reste du monde, par téléphone, et par internet.
    Dans la première baie, le port commercial, sa passerelle pour débarquer les passagers des paquebots, les entrepôts,

    Puis enfin, Jamestown, qui sous ce ciel plombé nous apparait un peu lugubre. Il ne s’agit en fait que du quartier de « Half Tree Hollow », perché au-dessus de la ville, que surplombe le fort High Knoll, et dont toutes les maisons jouissent d’une belle vue mer.

    AUSTERE, c’est le premier sentiment qui transparait.
     
    Nous descendons à terre pour les formalités, longeons les bâtiments du port : sous de sinistres falaises grillagées,

    beaucoup de bâtiments anciens, toujours en usage, mais modernisés, comme cette porte en bois dotée d’un loquet ancestral… et d’un digcode!! Voilà tout le paradoxe de Ste-Hélène : tradition, vestiges historiques, et modernité à la fois. Nous passons au bureau du port, puis aux douanes, enfin au poste de police pour l’immigration : nous sommes bien en territoire britannique, la photo de la Reine est dans tous les bureaux officiels! L’occasion de parler aux enfants de nos monarchies européennes encore en place et de disserter sur les différentes nuances entre monarchie, république, démocratie etc….Prélude à la riche histoire de l’île.
     
    Nous passons sous le porche, longeons la piscine (dommage, elle est fermée pour travaux), traversons les jardins du chateau, fort bien entretenus. 
    C’est dimanche, les rues de Jameston sont désertes, et l’ambience un peu triste-il faut dire que nous passons par hasard devant le centre de réhabilitation de la prison….
    Nous allons donc prendre un peu de hauteur et nous attaquer aux 699 marches de la Jacob’s Ladder.
    L’ancien plan incliné desservait la garnison militaire de Ladder Hill  située sur les hauteurs de la ville. Après un incendie, le plan incliné est devenu escalier. 
    Tous les ans, les habitants les plus sportifs s’affrontent pour battre le record de la montée des marches : pour le Jacob’s Ladder Challenge, le record est de moins de 7mn!
    Nous mettrons 15mn sans nous presser…
    Vue d’en haut, nous apercevons le port, le village est impressionnant, blotti au fond de la vallée, tel un village de montagne. 

    Jamestown est parait-il l’un des plus beaux exemples d’architecture géorgienne. Le bois est rare, car les chèvres importées sur l’île par la East India Company pour fournir les navires en viande fraiche au 17ème, ont décimé arbres et arbustes indigènes. Les maisons sont anciennes, en pierre, solides, et entretenues de génération en génération.

    Wellington House
    Nous prolongeons la balade vers le fort de Ladder Hill. L’essentiel des bâtiments est abandonné, mais tous ne tombent pas en ruines, et c’est aussi là qu’est installée la caserne des pompiers!
    Certains des baraquement ont aussi l’air d’être habitées.
    Un peu plus loin, des ruines, un cours de tennis abandonné, et des canons. La zone est en cours de réhabilitation pour en faire des équipements touristiques.
    Et de l’autre côté de la vallée, un champ de panneaux solaires. L’électricité est encore très chère sur l’île.
    Un peu plus haut, sur la colline, le quartier de « Half Tree Hollow », et en contrebas, les 22 corps-morts dédiés aux bateaux de plaisance repassage. 
    Un peu plus loin, le port et le mouillage réservé aux bateaux locaux
    Après cette petite marche vivifiante, nous redescendons les marches et prenons le temps de repérer les bâtiments de la ville :
    de gauche à droite : le port, puis les douves du chateau, dans lesquelles ont été aménagées la piscine , un stand de tir à l’arc, et des terrains de jeu pour les jeunes, puis le chateau, son chemin de ronde, et son jardin, et en contrebas, l’église, la prison, la police, le musée.
    Au centre, la rue principale, qui coupe la vallée en deux, longée de bâtiments géorgiens. Se détachent en particulier, au-dessus de l’église,  l’hotel Mantis, premier 4**** de l’île, qui vient d’ouvrir, et la maison Wellington, seule bâtisse brune et carrée, parms toutes ces maisons étroites aux murs de chaux et toits rouges.
     
    Nous  rentrons à bord via le service de « ferry », de petits caboteurs qui tournent toutes les heures dans le mouillage, pour emmener à terre ou déposer à leur bord pêcheurs et plaisanciers . 
    Il est en effet périlleux de débarquer avec son annexe ici, il n’y a surtout nulle part où l’amarrer. La houle atlantique brasse toute l’année le quai de débarquement, et il nous faut nous hisser à terre grâce à ces cordes à noeuds. Les enfants adorent jouer sérieusement pour une fois, les acrobates!!!
     
    Lundi matin, direction le poste de police et les services d’immigration pour y terminer nos formalités. L’occasion de passer devant l’église, austère, avec son clocher en tôles de cuivre,

     la (petite) prison.
    Ici, la voiture la plus courante, c’est une Land Rover, couronne britannique oblige, et de préférence la Defender.

     

    En ce lundi matin, la petite ville est animée, tout le monde va faire ses courses ou travailler, et s’arrête sur les trottoirs pour papoter. Les retraités squattent les nombreux bancs publics : je vois que ce petit pays a su conserver le précieux art de la conversation, à l’impromptu, dans la rue : tout le monde semble être capable de perdre 2 à 3mn (ou plus) de son temps pour papoter avec son voisin, sa vieille tante, ou même un inconnu.
    En effet tout le monde nous salue, se salue : j’aime cette marque de politesse et d’humanité qu’on ne retrouve guère que dans les petites îles, les petits villages ou sur les sentiers de randonnée. 
    Aujourd’hui, le soleil est de sortie, j’en profite pour prendre en photos certaines des maisons les plus anciennes de la ville
     

    Nous déjeunons d’un savoureux sandwich toasté à l’anglaise : croustillant et moelleux à souhaits,
    et prenons de l’internet chez « Anne’s place », haut lieu du nautisme de la ville depuis plusieurs décennies : c’est là , sur les hauteurs du jardin de chateau,

    que les yachties se donnent rendez-vous pour y déjeuner, récupérer leurs emails, échanger livres et revues, récupérer le linge de la laverie etc..… Aujourd’hui, ce n’est plus Anne qui tient la boutique, mais Sally, et c’est toujours aussi sympa! Les gâteaux, en particulier, sont succulents : apple crumble, shortbread, blueberry pie, carrot cake, brownies, et d’irrésistibles guimauves à la noix de coco: tout est fait maison, et délicieux.
    Certains équipements sont d’époque, comme ces interrupteurs de lumière que l’on actionne en tirant sur un bout : les enfants en raffolent! Amusant également, le lavabo encastré dans le muret.
    En rentrant au bateau, nous passons devant le palais de justice,
    Aujourd’hui, la houle n’est pas trop forte, et nous méditons sur la force des vagues qui se jettent sur le quai chaque seconde; 
    Arthur est ébahi de voir le numéro sur la plaque d’immatriculation : n°7! Il y a en vérité plus de 5000 voitures sur l’île, pour environs 4000 habitants….Nous chercherons pendant tout le séjour la n°1, sans succès…. mais nous avons repéré la voiture du Gouverneur, ou plutôt de « Madame » le Gouverneur, une anglaise bien sûr, avec une plaque couronnée. 
    Ce matin à bord de Moby, il y a école, comme (presque) tous les matins, mais il y aussi matière à digression : Loïc a besoin de d’aide de petites mains (surtout de petits doigts fins et forts) pour réparer le moteur électrique des toilettes tribord. Arthur et Victor se dévouent et prennent sur leurs temps d’école pour aider leur papa.
    Quelques heures plus tard, hourra!, les toilettes fonctionnement de nouveau!! Dans n’importe quel port du monde, nous aurions passé commande d’un nouveau moteur, attendu 48h tout au plus, fait l’échange et jeté le vieux… Ici, rien de tout cela : un peu d’huile de coude, de jugeote, de ténacité, de petits doigts agiles, le tout pendant plusieurs heures, et le tour est joué! Une belle leçon encore une fois pour les enfants, et qui nous fait tous réaliser combien l’obsolescence programmée de nos appareils pourrit et pollue nos vies.
     
    Pour fêter cela, nous tirons les rois! Puisque nous avons décidé de terminer notre tour du monde sans four-faute de réparateur et de pièces de rechange adéquates, je tente la cuisson dans la machine à pain. Après le pain de mie, les brioches, les cakes d’anniversaire, la galette des rois semble réussie. 

    IL faut dire que par chez nous, la galette des rois c’est un gateau breton et rien d’autre. Cette année, elle aura un petit air rectangulaire, la machine à pain ne permet pas d’autre forme. Dévorée en moins de 15mn, c’est un succès!

    le roi et sa reine
     
    Pour les gourmands voici ma recette, très simple, mais pour laquelle il faut impérativement respecter la texture du beurre :  en pommade, c’est à dire mou, mais pas fondu :

    Ingrédients : 

    §      250 g de beurre en pommade (eh oui, il faut ça, une plaquette entière y passe!!!!)

    §       250 g de farine

    §       100 g de sucre fin

    §       4 jaunes d’oeufs : 3 pour le gâteau plus un jaune d’oeuf pour le glaçage

    §       1 mesure de rhum

    §       1 gousse de vanille ou d’extrait de vanille ou un sachet de sucre vanillé

    Recette

    §       Battre le beurre et le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse et gonfle

    §       Ajouter le rhum, la vanille puis les 3 jaune d’oeufs un à un

    §       Verser dans un moule à manqué rond et haut

    §       Glacer avec le 4 ème jaune d’oeuf battu

    §       Décorer de croisillons avec la pointe du couteau

    §       Enfourner 40 mn à 180°

    §       Laisser refroidir. C’est encore meilleur le lendemain. Mais c’est très rare que l’on résiste à attendre autant….

     
    En tout début d’après-midi, nous prenons l’annexe

    et profitons du rayon de soleil pour aller plonger sur l’épave du Papanui ce vapeur transporteur de charbon qui, suite à une avarie en mer au large de Ste-Hélène, avait fait demi-tour, pour finalement s’échouer devant Jamestown. Tous les passagers avaient pu être évacués, et le bateau brula pendant plusieurs heures avec sa cargaison de charbon.
     
    La visibilité est excellente, et le soleil au rendez-vous. Le site est immense, le bateau en lui même faisait plus de 100m de long. Nous distinguons bien ses différentes parties. Le pont,les cuves à charbon,

     la proue

     

     
    Un peu plus tard dans l’après-midi, nous filons explorer la côte en annexe
    Nous laissons le mouillage de Jamestown dernière nous : nous avons repéré une petite anse accueillante, Lemon Valley, qu’il nous tarde d’explorer. Toute la côte de Sainte-Hélène est ponctuée par ces courtes vallées escarpées, où il est quasi impossible de débarquer : c’est pour ses qualités de forteresse naturelle que le lieu a été choisi pour y incarcérer Napoléon, que les Anglais, mortifiés, avaient déjà laissé s’échapper de l’île d’Elbe. L’homme, une fois libéré avait été rejoint par ses fidèles et une véritable armée, que les anglais et leur alliés des autres monarchies européennes devaient de nouveau combattre, jusqu’à la fatidique défaite de Waterloo. C’est suite à cette dernière bataille perdue que Napoléon se rend aux Anglais, qui décident de l’exiler à Sainte-Hélène. L’île était déjà lourdement fortifiée pour protéger les installations et les bateaux de la « East India Company » qui y faisant escale au retour des Indes, richement chargés de cargaisons exotique. Mais, en même temps que Napoléon dans l’Atlantique sud, pas loin de 2000 hommes furent envoyés. De nombreuses autres fortifications, bastions, canons et tour de guet furent érigées autour de l’île.
    Ce qui a attiré notre oeil, c’est un petit ponton,
    qui sera pratique pour débarquer, et une grotte servant de lieu de BBQ!

    Le lieu est très fréquenté parait-il l’été et les week-ends.
    Plus loin, nous longeons la plage et les fortifications, et apercevons un bâtiment : parfaitement restauré, l’ancien bâtiment servait de lieu de quarantaine pour les esclaves ; il est disponible à la location.
    Nous remontons le sentier qui serpente au fond de la vallée, et nous arrêtons prendre le thé sur les hauteurs.
    Au retour, nous remarquons des « souffleurs » à la côte. Ce sont des spray d’eau de mer, pulvérisés parfois plusieurs mètres au dessus de l’eau.

    C’est la combinaison de la houle, des marées et de roches trouées qui crée cet amusant phénomène. Là, nous nous faisons copieusement asperger!

     
    En fin de journée, les lumières sont sublimes

     Nous avons la visite de James et Hannah, avec leurs 3 enfants.Croisés brièvement à Maurice, nous n’avions pas pris le temps de faire connaissance. Ils bouclent leur tour du monde à la voile en famille, puisqu’il sont partis il y 5 ans, de Ste-Hélène justement!! Ils sont de retour sur leur île depuis à peine un mois, et commencent une activité de services aux bateaux de passage.
     

    Le lendemain, c’est une grosse journée d’excursion : nous avons réservé un guide qui va nous conduire tout autour de l’île, et en particulier sur les traces de Napoléon à Ste-Hélène. Harry est un ancien chauffeur de bus scolaire. Depuis sa retraite, il officie comme guide, et s’est fait une spécialité du récit historique. La visite commence au pavillon des « Briars » , anciennement propriété de la « sainte » famille Balcombe (« saint » et « sainte », c’est ainsi que se nomment les habitants de ST-hélène ;-)), et qui a hébergé Napoléon pendant quelques semaines à son arrivée le temps que son logement définitif de Longwood soit prêt : ce pavillon d’été n’était à l’époque une simple pièce dotée d’une terrasse, et il se dit que Napoléon y a vécu les plus agréables journées de sa détention.

    The Briars
    les jardins

     
    Depuis, les Balcombe ont offert le pavillon à la France, qui co-gère le site avec l’office du tourisme de Ste-Hélène. Derrière cette pièce, on trouve les appartement des amiraux! C’est donc là que logent les personnalités françaises de passage à Ste-Hélène.
    Nous avons droit à une visite guidée avec Magellan le guide officiel du site, et tout un groupe de chinois, venus passer la semaine à Ste-Hélène, et que nous croiserons régulièrement sur les sites d’intérêt.  Voici donc l’intérieur de the Briars, une simple pièce, très lumineuse. 
    Il pleut, le temps est maussade, mais le jardin, superbe tout de même.
    Nous quittons la vallée de The Briars, où s’est installé le consul de France, Mr Martineau, devenu LE spécialiste de l’époque napoléonienne à Ste-Hélène, et auteur de plusieurs ouvrages faisant autorité sur le sujet.

    Puis nous voilà quelques kilomètres plus loin à Longwood, la demeure où Napoléon séjourna plus de 5 années. Le temps s’est encore dégradé, il pleut dans discontinuer, comme du temps de Napoléon, qui se plaignait du climat humide et sinistre de Ste-Hélène.
    De l’extérieur, la maison ressemble étrangement à Créach’meur, notre maison en bretagne, un ancien sémaphore.
    C’est sans doute le style militaire de l’époque qui veut ca.

    La visite est fort interessante, on y découvre mille détails de la vie de l’empereur :
    • sa détestable relation avec Hudson Lowe, le général anglais en charge de sa captivité, qui refusait absolument d’appeler  Napoléon  « Empereur » , car Les anglais ont toujours refusé de le reconnaitre comme tel
    • la paranoïa maladive de Lowe ci qui craignait plus que tout une seconde évasion de Napoléon, qui rendit le séjour de Napoléon fort pénible
    • ses soucis de santé incessants : problèmes digestifs, maladies de peau, fièvres de malaria…. Il était à la fois très robuste, animé d’une volonté de fer, mais de santé finalement plutôt fragile.
    • Il a vécu à Longwood les 6 dernières années de sa vie, entouré d’une vingtaine de proches et de leur familles, fidèles et dévoués compagnons de route, prêtre, serviteurs….qui formaient comme une petite cour française. Ces hommes, femmes et leurs enfants étaient libre, eux, car c’est de leur propre gré qu’ils ont suivi Napoléon en exil, mais très surveillés;
    • 1500 hommes ont été dépêchés sur l’île pour le garder : il n’était donc pas libre de ses mouvements : la moindre promenade était surveillée, chaque visite à l’extérieur de Longwood devait être négociée, préparée et sérieusement encadrée : elles furent assez rares d’ailleurs.
    Dernière visite à thème : la tombe de Napoléon, dont la dépouille et le cercueil restèrent 20 ans sur le sol britannique, avant qu’elle ne soit rapatriée en grande pompe en 1840, pour reposer, selon sont souhait, à Paris, près des Français. Ses cendres sont aujourd’hui au Panthéon.
    Il avait lui-même choisi le lieu de sa sépulture, le fond d’une petite vallée non loin de Longwood où il aimait à se promener. L’endroit est charmant… et très humide!! Normal, il pleut vous me direz. Mais la qualité de la mousse, épaisse, spongieuse, sur les bas-côtés nous fait penser que ce chemin reçoit fort peu les rayons du soleil…

    Le site, particulièrement bien entretenu, est tout comme The Briars et Longwood, propriété des Domaines de France.
    Ces visites à caractère historique nous font réviser (un  peu) notre histoire de France, et nous pencher à tout le moins sur l’héritage laissé par Napoléon 1er : la Banque de France, le code Civil qui abolit les privilèges, les lycées d’état qui forment les élites, les préfets nommés à la tête de nouveaux départements et l’ordre de la Légion d’Honneur qui récompense les français méritants. Autant de réformes qui modernisent la France de l’époque.
    Nous continuons nos visites sous la pluie…
     
    Dernier stop de la journée : The Plantation, la résidence du Gouverneur, qui en l’occurence est en ce moment une femme. Elle est apparemment très aimée, et est particulièrement active dans la défense du droit des femmes, et l’aide aux nécessiteux.

    Ici les gouverneurs, un peu comme nos préfets, sont nommés pour une courte période, 2 années, renouvelable.
    Dans les jardins, des tortues offertes par les Seychelles se baladent en liberté.

    Nous redescendons vers Jamestown , ou il fait très beau, alors que nous avons passé la journée sous la pluie dans les hauts… grrr, c’est un peu rageant, mais typique du climat saint. 
    L’état de chargement des batteries du bord nous le confirme, en bord de mer, c’était grand soleil!!

    La visite du musée de Ste-Hélène nous confirmera que le climat est ici très lié au relief : les côtes sont sèches, arides et ensoleillées (type savane), puis plus on avance dans l’intérieur des terres, plus l’humidité et la couverture nuageuse augmentent, en gradients progressifs, jusqu’à atteindre dans les vallées boisées de l’intérieur de l’ile une hygrométrie parfaite pour les fougères, mousses et lichens qui ne voient jamais le soleil.

    aridité de la roche volcanique sur les côtes
    fleurs tropicales près du littoral
    savane côtière
    vertes vallées
    sous-bois moussus
    Le RMS (Royal mail Service) Ste Helena est arrivé la veille, c’est l’avant dernière rotation du célèbre navire affrété par la couronne britannique pour la dessertes des île Ste Hélène  et Ascension.

    En opération depuis les années 80, il est aujourd’hui mis en vente car l’aéroport de Ste-Hélène est enfin opérationnel! Cela fait 70 ans que les « Saints » attendent leur aéroport. Ascension, la petite voisine, qui n’est peuplée que de 900 personnes, et encore, tous travailleurs sous contrats (pas de famille ni d’enfants là-bas) en est équipée depuis … 1942!
    L’histoire de l’aéroport de Ste-Hélène, c’est un peu celle de Notre Dame des Landes : à l’exception notable de son volet écologique, et de son dénouement, puisqu’il est opérationnel depuis octobre dernier. Les lenteurs administratives, ajoutées aux tergiversation sur le choix technique de l’emplacement, à un coût pharamineux (plus de 300 millions d’euros) et de réelles contraintes météorologiques sont la raison de ces retards. Ajoutons à cela la crise financière de 2008 et les alternances politiques des décisionnaires, et on obtient pas moins de 70 ans d’attente pour obtenir l‘équipement tant attendu. Sans doute un record mondial…
    Alors, depuis octobre 2017, une desserte hebdomadaire depuis Johannesburg sort Ste-Hélène de son isolement.
     
    La moitié du traffic est ilien : des familles, des étudiants, des travailleurs, des malades partent vers l’Afrique du Sud et continuent le plus souvent vers Londres. L’autre moitié, c’est le tourisme qui l’apporte : 20 à 30 passagers par semaine.
    Car l’île à beaucoup à offrir : son isolement la rend attractive bien sûr, mais aussi son cadre de vie, son passé historique, sa faune (requins baleines, raies, dauphins, oiseaux endémiques), sa flore, sa géologie/géographie unique sont des atouts. Randonnée, VTT, plongée attireront les touristes, tout autant que le .
    Notre ferry n’est que dans 30 mn, nous nous offrons une pause café-gateaux à l’hôtel du Consulat. Là encore, les pâtisseries à l’anglaise sont délicieuses et joliment présentées  : carrot cake, cupcakes au gingembre, muffins triple chocolat, victorian sponge cake, lemon meringue pie….

    Le lendemain, c’est jeudi, jour de livraison de fruits et légumes par les maraichers locaux, nous partons à terre faire les courses.  Les différentes supérettes de Jamestown sont livrées une fois par semaine par les petits producteurs : il vaut mieux y aller tôt pour être bien servis. Comme souvent dans les petites iles, chaque commerçant a ses produits, phares, et je trouverai mon bonheur un peu partout :
    • à la coopérative, des fruits et légumes originaux  : physalis, calamanci (mini mandarines), fèves, courges butternut
    • chez First, des légumes locaux : carottes, choux-fleurs,  chou vert, brocolis, patate douce, igname
    • chez Queen Mary, les fruits d’importation (pommes et oranges à jus)
    • Chez Thorpe l’excellente viande locale : filet de porc, steak de boeuf, cotes d’agneau, et le pain de la boulangerie Solomon.
    • chez Tinkers, le beurre, importé congelé, au prix prohibitif de 14€ le kilo….GLOUPS.  Mais il est difficile pour nos petits bretons de s’en passer.
    A noter chez Queen Mary le tableau d’affichage indiquant les produits en stock, non montrés en rayon : cela va des matelas, aux tables de jardin, en passant par des extincteurs, des WC, de la chaine de mouillage…
     
    Heureusement, il existe un système original de « consigne » informelle : derrière les caisses, des étagères permettent de déposer ses provisions, une fois les courses payées, et d’aller les continuer ailleurs…. Comme la rue est en pente, en redescendant, on récupère à droite à gauche tout ses sacs…
     
    Notre prochaine traversée est d’une dizaine de jours, il nous faut donc un avitaillement conséquent et je suis ravie de ce que j’ai pu trouver dans les magasins, bien meilleur que ce à quoi je m’attendais : les légumes ont le même goût savoureux que le panier de légumes bio de Nicolas, mon maraicher en Bretagne. C’est en effet l’un des aléas du voyage : on se nourrit de ce que l’on trouve, et on fait ses courses au plus pratique et au plus proche pour l’embarquement des vivres, car il est rare que nous ayons un véhicule…
    Alors, les fruits et légumes ne sont le plus souvent ni bio, ni du marché.
    Mais la grande surprise de ce voyage et de voir que la qualité moyenne des produits est excellente, l’essentiel de ce qui est vendu est produit localement, et cette tendance va en s’accentuent, au profit de la qualité, du goût, et de la baisse des prix!
    Seule exception au tableau : l’île de Cocos (Keeling) dans l’Océan Indien, qui importe par avion 100% de sa consommation d’Australie : une aberration. D’autant que l‘on sait aujourd’hui, grâce aux progrès de la permaculture, que la production de légumes est possible même sur des atolls de sable sous les tropiques.
    A Sainte-Hélène, la viande est locale, et les infrastructures sont dimensionnées : l’abattoir traite une dizaine de bêtes par semaine. Seule ombre au tableau : pas de lait frais local, pour des raisons de réglementation : les anglais imposent le lait UHT! Grrrr. Pas de bon lait de vache fermier, ni de beurre, ni de fromage local.
    Mais globalement, ce petit territoire de 4000 âmes est assez exemplaire du point de vue de l’autosuffisance.
    De retour au bateau, nous longeons comme d’habitude le quai, qui en ce moment grouille d’opérations de déchargement du RMS St-Helena.

    Le port du casque est donc obligatoire sur les derniers 200m du quai.

    Vendredi matin, nous allons tous les 5 au poste de Police faire nos formalités de départ, puis en profitons pour faire un tour au musée voisin.
    Il est tout petit, mais passionnant de toute la richesse historique et stratégique de cette île. Les enfants sont emballés, et se passionnent pour toutes les vitrines, il est vrai très bien faites et richement illustrées d’objets du quotidien, maquettes, uniformes….
     
    Un premier pôle traite des bateaux qui ont relié l’île au continent Africain et à son territoire de rattachement, la Grande Bretagne.
    Une succession de caravelles, brigantines, frégates, goélettes… puis de navires modernes.

    Celle aussi des nombreux naufrages autour de l’île, qui font la joie des plongeurs, comme ici la photo du Papanui,  épave sur laquelle nous avons plongé. .
    On y découvre ausssi le destin du bois d’ébène local, que l’on croyait disparu, puis retrouvé par deux botanistes dans les années 80 sur les falaises abruptes, dont on a recommencé l’introduction par boutures dans plusieurs endroits de l‘île.
    Moins chanceux, le perce-oreille géant, disparu dans les années 60, et dont on déplore le pillage par des botanistes Belges…
    On découvre aussi le profil sous-marin de l’île, cone volcanique émergent
    L’uniforme d’apparat du gouverneur et son impressionnant chapeau de plumes blanches!!
    Le coffre d’écriture de la Reine Victoria : c’est là qu’elle stockait ses livres, journaux intimes, etc…
    En haut, Anna apprend à se servir des pavillons comme signaux.

    Un peu plus loin, des déguisements sont à disposition de petits et des grands! Marin ou pompier?
    On en apprend aussi un peu plus sur les moyens de subsistance des iliens tout au long des siècles : produire fruits et légumes, et les vendre aux navires de passage est une longue tradition.
    Pour les femmes, au siècle dernier, c’était la broderie, pour les hommes, les filatures de lin, grâce aux plantes importées de Nouvelle Zélande.
     
    En sortant du musée, nous assistons au départ du RMS St Helena, qui part ravitailler Ascension, autre île de la couronne Britannique. A son bord, une centaine de travailleurs, dans les telecom essentiellement et les services, car Ascension est une des bases importantes de télécommunication de la Nasa. Il n’y a pas de village, seulement des employés sous contrat.
    A bord également quelques dizaines de touristes qui voyagent par cargo, original, quand on a du temps!

     
    Nous partons aussi explorer le sentier côtier nord, qui mène à l’ancien poste de télécommunication de l’île : c’est là qu’était installé le  premier poste de télégraphie, dont le cable relie encore l’île à l’Afrique du Sud.

    Le site est intéressant. Nous découvrons un vrai petit village, avec un joli plant de coton

    la bogue du coton
    la fibre de coton, que les enfants commencent à filer
    la fleur de coton, aux douces pétales
    plus une garnison,

     des bunkers,

     

    des canons, des bureaux, un poste de commandement

    et la vue sur la ville et le port de Jamestown méritent les 20mn de grimpette!
    Nous déjeunons une dernière fois chez Anne’Place, envoyons nos derniers emails, postons les dernières cartes postales aux copains de l’école.
    Pendant que Loïc rentre au bateau avec les enfants préparer Moby pour le départ, je m’offre une petite escapade d’une heure le long du ruisseau qui traverse la ville. Cette promenade, dite « the Run », est originale, le long des berges citadines, entre potager,

     jardins,

     terrasses de maison….
    En fin d’après-midi, nous appareillons pour le Brésil.
     
    Bye-bye St-Hélène, qui fut une escale totalement unique sur notre parcours, loin des images des cartes postales d’eaux turquoises et de sables blancs, mais très attachante!
  • La remontée de L’Océan Atlantique

    La remontée de L’Océan Atlantique

    Après 5 semaines passées en Afrique du Sud, nous nous préparons à une remontée de l’Atlantique vers les Antilles. Cette navigation de 5500 milles peut facilement être fractionnée en étapes. La première, de Cape Town à Sainte-Hélène, fait 1700 milles. Il est ensuite possible de rallier le Nord-Est du Brésil directement (1800 NM)). Nous choisissons Cabedelo, proche de Recife pour faire escale. Il ne reste alors que 2100 milles pour atteindre la Martinique.

    Remontée de l’Atlantique, de Cape Town en Martinique

    De Cape Town à Sainte-Hélène :

    Ce passage a la bonne réputation d’être parmi les traversées océaniques les plus faciles. Il faut bien sûr quitter Le Cap avec une météo favorable afin de rejoindre le plus facilement la partie Est du célèbre Anticyclone de SainteHélène. Ensuite il n’y a plus qu’à le contourner par le Nord-Est en optimisant sa route au gré de l’évolution de la position du centre de haute pression. Dans l’ensemble, le courant est favorable sur l’ensemble du parcours et la mer belle la majorité du temps.

    Noël passé, nous sommes prêts au départ, et dès le 28 décembre une fenêtre météo s’ouvre. Comme la suivante ne se dessine pas avant le 6 ou le 7 janvier, nous n’hésitons pas et la saisissons.

    C’est donc en début d’après-midi du jeudi 28 décembre que nous quittons la marina du bassin Victoria & Alfred, franchissons les 2 ponts qui nous permettent d’accéder à la Baie de cape Town.

    Ouverture de la « Bascule » pour Moby

    Départ de V&A Marina

    Nous hissons les voiles dans le dévent de la « Table Mountain », et mettons le cap au 310°. En nous éloignant de quelques milles, le vent de Sud-Est se renforce tout en restant assez irrégulier, car le relief de la péninsule du Cap influe sur le vent pendant plus de trente mille.

    Au revoir Cape Town!

    La « Table Mountain » s’éloigne dans notre sillage

    Vers 16h, il s’est stabilisé entre 20 et 25 noeuds. Comme c’est une première journée de mer après quelques semaines d’escale, je ménage mon équipage et navigue paisiblement sous 2 ris et solent. Nous avançons tout de même à plus de 10 noeuds sur le fond. La côte défile sur notre tribord, le fond de l’air est frais. Sur le pont, c’est veste de quart, bottes et bonnet de rigueur.

    Le phare de Dasseneiland

    Pas chaud dehors!

    Arthur me tient compagnie sur le pont, nous apercevons une baleine à quelques longueurs sur notre avant bâbord. Le temps de saisir l’appareil photo elle se trouve à une trentaine de mètres sur bâbord et là stupeur, j’aperçois un baleineau droit devant à une longueur, pas le temps de s’écarter. Heureusement, il plonge juste avant et disparaît entre les coques! Moins d’une minute après, c’est un banc de baleines, comptant entre 30 et 50 individus, qui se trouve sur notre tribord à moins de 500m. Je me précipite sur la barre et me tiens prêt à effectuer une manoeuvre d’évitement. Nous passons à bonne distance et voyons le groupe plonger tour à tour sous la surface. Le spectacle est magique, mais la situation stressante, je m’en serais bien passé.

    Baleines en vue!

    Au coucher du soleil, nous croisons ce qui s’apparente à une plateforme de forage auto-propulsée, se déplaçant contre le vent à 3 noeuds. La mer se forme sous l’effet du vent. Les conditions sont un peu plus musclées que ne l’annonçait la météo, mais la tendance prévue est à l’amélioration en milieu de nuit.

    La nuit se passe bien, beaucoup de traffic car nous sommes sur la route des navire qui ont contourné l’Afrique et remontent vers l’Europe ou l’Afrique de l’Ouest. L’AIS m’indique leurs destinations : Rotterdam, Hambourg, Le Havre, Portsmouth, Abidjan, etc.

    Premières lueurs de l’aube

    Le vent ayant mollit, nous larguons le 2° ris  vendredi 29 au petit matin. La mer est maintenant peu agitée, aussi nous décidons d’envoyer le gennaker après le petit-déjeuner.

    Il est agréable de sentir les conditions s’adoucir au fil des heures ; la mer devient belle en début d’après-midi et le ris restant est largué à 15 heures. Quel plaisir de glisser ainsi à 10 noeuds de moyenne. Pour parfaire le tableau,  le soleil se montre de temps à autre et réchauffe agréablement l’air.

    La deuxième nuit en mer s’annonce bien confortable, toujours du trafic mais des conditions de veille idéales, avec un joli clair de lune, tamisé par une couche d’alto-cumulus.

    Le samedi 30 et le dimanche 31 décembre ressemblent à la veille. Toujours de belles conditions, assez peu de réglages car le vent est assez stable en force et direction. Dans la colonne « Observations » du livre de bord, je note « conditions parfaites », que demander de mieux pour terminer une belle année 2017? En cuisine, un bon diner se prépare et le Champagne est au frais!

    Le soleil se couche sur 2017

    Lundi 1er janvier 2018 : La nouvelle année commence avec les belles conditions de la veille. Les rayons du soleil viennent nous réchauffer et Moby glisse sur une mer parfaitement plate. Nous sommes en mer depuis 4 jours et avons très bien progressé. Nous remontons sur la face Est de l’anticyclone, en « rentrant » un peu dedans, comme le prouve l’augmentation régulière de la pression atmosphérique. De 1009 hPa au départ de Cape Town, elle est passée à 1018 hPa ce matin, soit 2 hPa de plus chaque jour.

    2018 commence bien, sous spinnaker!

    Neuf heures du matin, c’est le moment d’empanner et de continuer tribord amure vers le Nord-Nord-Ouest. Nous hissons le spinnaker à 10h et le gardons jusqu’à 18h30. Il nous permet un meilleur angle de descente au vent, et est d’une stabilité incroyable dans ces conditions stables de mer plate, ne demandant guère plus d’attention que le gennaker. Mais pour cette nuit de pleine lune, nous préférons revenir au gennaker, car il est prévu que le vent augmente un peu. Bien nous en a pris car le vent gagne une bonne force en milieu de nuit, mais surtout, pendant quelques heures, la mer devient agitée, croisée, certainement sous l’effet d’un changement des courants de surface. Au lever du jour, la mer se calme aussi rapidement qu’elle ne s’était formée. Nous conservons néanmoins le gennaker car le bateau est toujours à plus de 9 noeuds sur une route qui me satisfait.

    Le mercredi 3 et le jeudi 4 janvier, les conditions sont plus instables. Le vent présente des changement en force et en direction qui nécessitent quelques manoeuvres pour en tirer le meilleur parti. Sur ces 2 jours, nous empannons 5 fois et changeons le gennaker pour le spinnaker à 2 reprises.

    Vendredi 5 janvier, nous ne sommes plus qu’à 256 milles de Jamestown, mais les caprices du vent nous obligent encore à 2 empannages. Comme il est difficile de choisir une option au vu de la volatilité des fichiers GRIB successifs, je préfère ne pas trop m’écarter de la route directe, quitte à manoeuvrer davantage. L’arrivée est proche, les conditions sont bonnes, une fois n’est pas coutume, nous conservons le spinnaker toute la nuit jusqu’au matin, où c’est au tour du gennaker de nous emmener à bon port.

    Sous un ciel couvert de nuages gris et bas, nous apercevons l’ile de Saint Hélène à 11h. Nous la contournons par le Nord pour rejoindre le port de Jamestown. Nous prenons un des nombreux coffres dédiés aux bateaux de passage et filons à terre effectuer les formalités.

    Trace Cape Town-Saint Hélène

    Cette traversée est certainement la plus simple que nous ayons effectué à ce jour ; elle n’a pas failli à sa bonne réputation auprès des navigateurs. La suite de la navigation vers le Brésil sera, espérons-le aussi agréable!

    De Saint-Hélène au Brésil

    La semaine d’escale à Sainte-Hélène, dans cet espace un peu hors du temps, à été apprécié de tout l’équipage mais le voyage continue et il est temps de se remettre en route. Comme souvent à la voile, il faut savoir saisir la bonne météo quand elle est au rendez-vous, tout comme la marée, elle n’attend pas! Pour cette traversée, le vent devrait se maintenir entre 10 et 20 noeuds car nous évoluerons au nord de l’anticyclone de Saint Hélène, entre ses hautes pressions et la zone de basse pression au sud de l’équateur. Plus que la force, c’est le bon angle de vent qu’il va falloir aller chercher.

    Routage préalable de la traversée

    Départ de Saint-Hélène

    Nous appareillons un peu avant le coucher du soleil, le vendredi 12 janvier. Alors que nous n’avons presque pas vu le soleil de la semaine, il apparait au couchant, illuminant de ses rayons la côte Ouest et les hauteurs de l’ile. La silhouette de l’ile disparait dans la nuit mais les lumières des hauts restent visibles plusieurs heures. Il faut dire que nous n’allons pas bien vite en ce début de traversée et peinons à nous sortir du dévent de l’ile, qui court sur une grande distance, comme c’est le cas de toutes les iles hautes. Il nous faut attendre minuit pour que le vent s’établisse à l’Est-Sud-Est pour une quinzaine de noeuds.

    La nuit se passe, et au lever du jour, le 13, nous progressons vers l’Ouest entre 8 et 9 noeuds sous GV et gennaker. Le vent fraichit en fin de journée en prenant quelques degrés vers le Sud. Cela fait notre affaire et nous nous retrouvons à faire route directe vers Cabedelo. Le 1er ris est pris pour la nuit.

    Deuxième nuit en mer

    Même type de temps le dimanche 14, avec une tendance du vent à fraichir avant la nuit, qui nous décide à remplacer le gennaker par le solent pour la nuit. Le vent est assez instable jusqu’au matin, tant en force qu’en direction. Il se stabilise à nouveau au matin du 15, ce qui nous permet de renvoyer le gennaker à 8h. Pour quatre heures seulement car le vent se renforce vers midi, solent à nouveau et même un deuxième ris dans la grand-voile à 13h. Route à l’Ouest, Moby avance à près de 10 noeuds.

    Temps nuageux sur l’Atlantique Sud

    Le vent se maintient et nous gardons donc cette configuration de voiles jusqu’au lendemain (16) au matin. Le vent remonte vers l’Est, il va bientôt falloir empanner. Nous le faisons juste avant la tombée de la nuit. Comme le vent faiblit, nous larguons le 2° ris et hissons le gennaker, histoire de ne pas naviguer sous-toilé toute la nuit. Le vent reste soutenu toute la journée du 17 janvier, et nous progressons à plus de 10 noeuds de moyenne, en revanche notre route n’est plus directe vers la destination car le vent est passé au 105°. Notre gain sur la route reste malgré tout satisfaisant, avec 190 milles en 24h.

    Les jours se suivent, le ciel reste couvert

    Les jours se suivent et se ressemblent un peu lors d’une traversée sous régime d’alizé. Le soleil est enfin au rendez-vous le 18, 19 et le 20 janvier : quelques manoeuvres pour suivre les fluctuations du vent, trois empannages pour en tirer le meilleur parti, rien d’autre à signaler.

    3 jours de jolis couchers de Soleil :

    Le 21, le vent faiblit à l’approche des côtes brésiliennes. Sa direction varie entre l’Est et le Sud-Est. Pas moins de 4 empannages au compteur ce jour! Je me dis parfois que j’en fais un peu trop, on n’est pas en course certes, mais j’ai plaisir à exploiter au mieux les caprices du vent.

    A propos, pour les non-initiés, ça consiste en quoi un « empannage » sur Moby?

    En navigation à voile, empanner consiste pour un voilier à changer d’amure (côté duquel le voilier reçoit le vent) en passant par le vent arrière ; un autre terme utilisé pour l’empannage (action d’empanner) est virement de bord lof pour lof, les lofs étant échangés (tribord pour bâbord ou inversement).

    Concrètement, voici la procédure :

    1- Le mât (qui est pivotant sur Moby) est ramené dans l’axe du bateau

    2 – Le chariot de grand voile est également ramené au centre du bateau

    3 – L’écoute de grand voile est bordée, d’autant plus que le vent est fort,

    4 – Le changement de cap est amorcé au meilleur moment afin de minimiser le vent apparent, et de façon synchronisée, le gennaker ou le spinnaker sont choqués puis repris sur la nouvelle amure.

    5 – Le chariot de grand voile est déporté sous le vent

    6 – L’écoute de grand voile est choquée

    7 – Le mât est orienté pour la nouvelle amure

    La manoeuvre est terminée, il n’y a plus qu’à ajuster l’angle au vent, en fonction de la configuration de voiles, de la force du vent et de l’état de la mer, puis de régler les voiles. A deux, cela nous prend environ 5 minutes!

    Dernière nuit en mer avant le Brésil

    Malgré l’effort déployé à faire bien avancer le bateau, la baisse du vent a raison de notre vitesse. Nous ne parvenons pas à arriver avant la nuit et passons donc une nuit de plus en mer, à patienter en tirant des bords au large, avant de nous présenter au petit matin à l’entrée de Cabedelo.

    La ville de Joao Pessoa, près de Cabedelo

    L’entrée demande de l’attention car de nombreux récifs bordent le chenal d’accès à la lagune. Il nous faut faire ensuite plus d’une heure de moteur pour rejoindre la marina de Jacaré Village.

    Du Brésil en Martinique:

    Ce n’est normalement pas une traversée compliquée d’un point de vue stratégie météo. En fait, la navigation consiste à contourner le Nord-Est de l’Amérique du Sud, en longeant sensiblement le plateau continental, car c’est là que se trouve un courant favorable, plus ou moins régulier et qui court presque jusqu’aux Petites Antilles. Pour ce qui est du vent, avec le changement d’hémisphère, il faut traverser la zone de convergence intertropicale (ZCIT) entre les alizés de Sud-Est et ceux de Nord-Est. La bonne nouvelle, c’est que cette zone est bien moins étendue dans l’Ouest de l’Atlantique que plus à l’Est, où elle est plus connue sous le nom de Pot au Noir Cela n’empêche qu’il faut quand même la franchir avant de retrouver les alizés de Nord-Est.

    Départ de Cabadelo

    Nous quittons la marina Jacaré Village, à Cabedelo le vendredi 26 janvier un peu avant midi. Le vent léger d’Est- Sud-Est est propice à une sortie de la lagune à la voile, ce qui est très agréable. Le moteur est tout de même requis pour la dernière partie du chenal très étroit qui s’étend de la sortie de la lagune jusqu’au niveau de la ligne de sonde des 10m, marque d’eaux saines.

    Une fois dégagé de la côte, le vent souffle entre 10 et 12 noeuds, conditions idéales pour naviguer vers le Nord, sous grand voile haute et code 0. Nous croisons de nombreuses embarcations de pêche brésiliennes, les Jangadas. Ces bateaux traditionnels sont toujours utilisées par les pêcheurs. Les Jangadas sont très toilées et avancent vite avec élégance.

    Jangada, embarcation de pêche traditionnelle

    Nous avons au minimum 130 milles à parcourir vers le Nord avant le passage du Cabo Calcanhal. Nous avançons bien, près de 10 noeuds depuis le départ. Le solent a remplacé le code 0 vers 18h, car le vent est un un peu monté en refusant d’une vingtaine de degré. Nous croisons beaucoup de bateaux de pêche, parfois toutes les 5 à 10 minutes, il faut être vigilant. Nous passons  le Cap Calcanhal  de nuit, la zone de hauts-fonds s’étend bien au large, nous lui donnons donc un tour confortable avant de mettre le cap au Nord-Ouest.

    Samedi 27 janvier : manoeuvre de voiles, à commencer par le code 0 qui est à nouveau hissé à 1h du matin car le vent est remonté vers l’est après avoir franchi le cap Calcanhal. Le spinnaker lui a succédé à 8h30, puis empannage à 13h30 et 17h30. La zone de vent est très étroite et il n’est pas question de s’en écarter. Nous aborderons la ZCIT ce soir, c’est ce que nous dit le dernier fichier météo reçu et c’est confirmé par l’image satellite. Cela on s’y attendait depuis le départ, en revanche, la mauvaise nouvelle est qu’elle devrait se décaler vers le Nord pendant au moins 48h, ce qui signifie que sa traversée sera plus longue que prévu initialement. Je me prépare au pire, pour ne pas être déçu.

    Zone perturbée au NE du Brésil le 27

    Invité à bord!

    Dimanche 28 janvier : la nuit a été plus tranquille que je ne le pensais, pas de grain et un vent d’une dizaine de noeuds dont la tendance est de revenir vers le Sud-Est. Nous sommes donc toujours bien au sud de l’équateur météo, autre nom donné à la ZCIT. Nous manoeuvrons toujours beaucoup, empannage à 6h45, Spi à 8h45, empannage à 15h et 17h30. Nous conservons le spinnaker à la tombée de la nuit, car il nous tire bien sur la route, mais nous devons l’affaler à 22h car un grain se profile à quelques milles derrière nous. A peine le spinnaker descendu et le vent est à plus de 20 noeuds, et le grain glisse finalement derrière nous, sans que nous n’en subissions l’averse. Le vent retombe après le grain, nous hissons et déroulons le code 0 à minuit.

    ZCIT le 28 janvier

    Trace de notre navigation, empannages multiples

    Lundi 29 janvier : les prévisions et cartes météo confirment que la ZCIT s’est étendue vers le Nord, en tout cas la zone à fort développement nuageux s’étend jusqu’à 1° de latitude Nord, soit à peu près le niveau de l’embouchure de L’ Amazone. Le ciel est couvert ce matin, avec de nombreux grains. La bonne nouvelle du jour, c’est que la direction du vent a évolué au cours de la nuit, il semble s’établir entre le 080° et le 090°, l’angle au vent est donc parfait pour avaler les milles même si il ne souffle qu’à une dizaine de noeuds. Nous essuyons une demi-douzaine de grains dans la journée, avec beaucoup de pluie mais finalement peu de vent. Cela n’empêche que nous anticipons systématiquement leur arrivée et réduisons la toile au cas où. Toutes ces manoeuvres de voiles nous tiennent bien occupés.

    Joli lever de soleil

    Autre nouvelle du jour, nous franchissons l’équateur vers le Nord à 19h43. Nous naviguions depuis le 18 avril 2016 dans l’hémisphère austral.

    passage de l’équateur

    Mardi 30 janvier : les milles défilent à toute allure mais nous ne sommes pas encore vraiment dans un temps d’alizé. Encore de nombreux grains, avec plus de vent que la veille. La grand voile est réduite au 1° et devant c’est l’alternance entre le code 0 et le solent. La mer est agitée et se superpose à une houle de nord, ce qui ne fait pas l’affaire du confort à bord, mais avec une journée à 250 milles, on ne va pas se plaindre.

    Mardi 31 janvier : le vent est passé au Nord-Est, nous avons franchi la latitude 3°N. Le temps est toujours assez nuageux mais plus de trace de cumulonimbus à l’horizon. La route météo semble bien dégagée vers les Antilles. Nous évoquons un moment la possibilité de faire une courte escale en Guyane française, pour visiter au moins les iles du Salut et le centre spatial européen, car notre route nous fera passer devant demain. Finalement, nous décidons de continuer car le vent va beaucoup se renforcer les prochains jours et l’abri ne m’inspire pas trop. Peut-être aussi que je n’ai pas trop le coeur à pointer mes étraves dans les eaux côtières de l’Amazonie, riche en débris forestier en tout genre. Le souvenir de notre incident au sud de la Papouasie est encore bien ancré dans ma mémoire.

    Les courants le long du Brésil et de la Guyane

    C’est sous GV 2° ris et solent enroulé à 4 tours que nous abordons la nuit. Le vent moyen n’est que de 22 noeuds, mais la mer est très agitée.

    Lundi 1er février : c’est le cinquième jour de mer, nous sommes tous bien amarinés et heureusement, car c’est un peu le shaker à bord. J’ai beau réduire la vitesse, ça bouge dans tous les sens. Comme de coutume, Bénédicte assure le quart de début de nuit et je prends la relève à 1 heure du matin, jusqu’à l’heure du petit déjeuner.

    Vers 5h du matin, alors que j’effectue mon tour dans le cockpit, j’aperçois un feu clignotant à moins d’un mille dans notre sillage. Je suis surpris, car rien n’avait attiré mon attention devant dans les minutes précédentes alors que j’étais assis au poste de veille de la table à cartes, d’où j’ai une excellente vision vers l’avant. Je prends donc les jumelles pour observer cette lumière. Elle est blanche, clignotante, et j’aperçois une lueur orangé dans l’éclat. Que cela peut-il bien être? Je pense à une bouée de long-liner, une bouée océanographique ou pourquoi pas un radeau de sauvetage? Un coup d’oeil de plus à la carte confirme qu’il n’y a rien faisant état de bouée dans les parages. Dans le doute, nous ne pouvons pas continuer à faire route, il faut se dérouter et tirer cette affaire au clair. Je réveille Bénédicte et Victor et nous virons de bord. Nous nous rapprochons vite de l’objet à la dérive, tout en gardant nos distances, l’un l’éclaire avec notre puissante torche pendant que l’autre le scrute aux jumelles. Il fait toujours nuit, mais il ne fait bientôt aucun doute qu’il s’agit d’un radeau de sauvetage.

    Il nous faut maintenant nous rapprocher pour vérifier s’il y a ou non des personnes à bord. A bord de Moby, l’adrénaline a monté d’un cran, car nous nous lançons désormais dans ce qui s’apparente à une mission de sauvetage. Nous enfilons tous les 3 nos gilets de sauvetage, préparons les torches, prenons le 3° ris, roulons le solent, nous assurons qu’aucun bout ne traine à l’eau, avant de démarrer les moteurs. J’effectue une première approche, sous le vent du radeau, en gardant assez de distance car quelques bouts semblent flotter près du radeau. Dans le faisceau de nos projecteurs, nous éclairons le radeau, appelons en criant pour vérifier s’il y’a du monde à bord : pas de signe de vie. Nous nous rapprochons jusqu’à le toucher, et pouvons enfin inspecter l’intérieur, qui est vide. Le radeau semble en excellent état, il n’a visiblement pas été percuté il y a très longtemps. Nous scrutons l’horizon, dans les premières lueurs du jour, mais n’apercevons aucun bateau alentour.

    Il est désormais temps d’appeler les secours, et de savoir s’il y a un bateau en détresse dans les parages. Loïc consulte les numéros d’urgence que nous avions enregistrés pour la navigation Atlantique sud. Je n’appelle pas le MRCC Brésil, de crainte de galérer  à leur expliquer la situation. Le MRCC Guyane ne répond pas au téléphone. J’appelle donc le CROSS Gris Nez, qui centralise et assure la coordination des CROSS dépendants de la France dans le monde.

    En liaison avec le CROSS

    Je décris la situation et livre toutes les informations dont nous disposons. Le CROSS Gris Nez nous demande alors de faire une nouvelle approche du radeau pour y repérer un numéro de série. Entre temps, nous nous sommes laissé dériver, en maintenant un visuel sur le radeau.

    Le jour s’est levé, Arthur et Anna se sont réveillés et observent l’opération depuis la carré. C’est alors que nous entendons une petite voix disant : « Papa, maman, je crois que c’est notre radeau qui dérive, car je vois qu’il a disparu du trampoline! »

    En effet, notre radeau, qui est fixé dans son support, au niveau du trampoline, a disparu….. Grand moment de solitude dans nos esprits. Il ne fait aucun doute que c’est bien NOTRE radeau autour duquel nous tournons depuis 5h de matin…

    De nuit, nous n’avions pas pu nous en apercevoir, et c’est la petite Anna, 6 ans, qui a résolu le mystère!

    Nous sommes un peu ébahis, mais en même temps surtout soulagés de savoir qu’il ne s’agit pas de naufragés. Interloqués aussi de voir que dans l’enchainement des faits, nous n’avons pas pensé une seule seconde que ce pouvait être notre radeau.

    Il nous reste maintenant à appeler le CROSS Gris-Nez pour les prévenir que personne n’est en danger et que le radeau est identifié, car c’est le nôtre….

    Maintenant, tout n’est pas réglé, car le radeau est toujours à la dérive. La mer n’est pas belle, il y près de 2 mètres de creux.

    Nous décidons quand même de tenter de « sauver » notre radeau en le remontant à bord, pour plusieurs raisons :

    • la première, c’est qu’il nous apparait responsable de ne pas laisser un radeau dériver sur les mers :  n’importe-qui le croisant pourrait penser à un naufrage, et s’inquiéter comme nous l’avons fait…
    • la seconde, c’est que la mer est assez polluée pour ne pas y rajouter 60 kg de matière plastique, qui finiraient par s’échouer probablement sur les côtes sauvages d’Amazonie.
    • la troisième, c’est que nous imaginons en le récupérant pouvoir le faire réviser au Marin en Martinique –  ça nous éviterait d’en racheter un autre!

    Nous manoeuvrons pour amener Moby bout au vent près du radeau. Nous amarrons un bout à la ligne de vie du radeau, puis frappons la drisse de spi sur ce bout afin de hisser le radeau. Nous devons nous y reprendre à deux fois afin de pouvoir vider les quantités d’eau qui avaient envahi le radeau, ainsi que les poches de stabilisation qui servent à ballaster le radeau.

    Après 30 minutes, l’opération est un succès, le radeau est sur notre trampoline. Reste encore à le retourner, le vider complètement, et le stocker dans une des soutes.

    Trace GPS de la manoeuvre

    Je découvre la cause du problème : il est dû à la rupture de la soudure d’un des pontets en inox sur lequel se fixe la sangle d’amarrage du container de radeau.

    L’opération terminée, nous remettons le cap vers les Antilles. Le vent ayant encore un peu forci, nous sommes satisfaits de la vitesse de Moby et conservons le troisième ris. Assez manoeuvré pour le moment.

    Cet incident nous amène à modifier le plan de navigation. Au lieu de viser Tobago, nous préférons rallier la Martinique afin de déposer le radeau dans une station de révision. Nous pourrons en louer ou s’en faire prêter un et redescendre ensuite vers les Antilles du Sud.

    Mardi 2 février : nous avons encore engrangé plus de 240 milles dans la journée, malgré les 2 heures de stand-by à cause de l’épisode du radeau de survie. Sans cela, nous aurions dépassé les 260 milles et effectué notre meilleure journée de cette étape. Le temps typique d’alizés arrive aujourd’hui, le ciel se dégage et laisse  juste de petits cumulus dans le bleu du ciel. Le vent baisse également, nous larguons le 3° ris à 7h et le 2° à 15h. A 20h, le 1° ris est largué, puis repris à 22h. Le vent est irrégulier en force pendant la nuit, nous naviguons parfois un peu sous-toilé.

    Mercredi 3 février : le vent revient le matin et nous prenons le 2° ris que nous conserverons jusqu’à l’arrivée en Martinique. Les conditions sont agréables car la mer s’est bien ordonnée depuis 24 heures. Nous croisons quelques cargos, ainsi que des bateaux de pêche. Le compte à rebours est enclenché, à 21h nous ne sommes plus qu’à 233 milles du Port du Marin. Encore du traffic dans la nuit, dont un cablier qui nous demande de passer au minimum à 5 milles de lui, ça me parait beaucoup, mais je coopère naturellement.  Moins d’une heure plus tard, un navire sans AIS sur notre route, assez gros, qui éteint tous ses feux alors que nous passons environ à 2 milles de lui, bizarre!

    Jeudi 4 février : il ne reste plus que 125 milles à faire à 9h, l’arrivée est donc pour ce soir, à la nuit certes, mais cela ne pose pas de problème, nous irons passer la nuit au mouillage de Sainte-Anne. Nous passons au vent de la Barbade, croisons quelques bateaux de pêche.  Le temps passe vite la dernière journée, en particulier lorsque l’on se rapproche de l’arrivée à 10 noeuds de moyenne, comme c’est le cas.

    Trace de la navigation

    Joli coucher de soleil sous un grain à l’approche du canal de Sainte-Lucie, puis nous passons au sud de l’ilet Cabri et arrivons à 21 heures à l’entrée de Sainte-Anne.

    Nous gagnons le mouillage au moteur, à petite vitesse car l’accès est truffé de bouées de casiers, qu’il ne faudrait pas se prendre dans les hélices. Un gros grain de pluie, vient masquer la lune, mais procure à Moby un rinçage bien mérité, après tous ces milles parcourus sous les embruns.

    La baie de Sainte-Anne
  • Afrique du Sud -3 : Cape Town

    Afrique du Sud -3 : Cape Town

    Nous arrivons à Capetown après 5 jours d’une navigation côtière fatigante, avalant d’une traite les 800 NM qui nous séparent de Capetown, négociant courants, dépressions, bascules de vent, et les caprices des phénomène côtiers des abords montagneux du sud de l’Afrique.
     
    La dernière partie,  qui sépare l’Indien de l’Atlantique, après avoir passé le cap des Aiguilles, fut la plus pénible. Nous longeons la cote de nuit, au louvoyage, tirant des bords dans un couloir de 20 NM entre la côte, constellée de casiers de pêcheurs qui traquent le homard, et le rail des cargos. Loïc vous prépare prochainement un post sur la navigation dans l’Océan Indien, et en particulier sur la portion africaine de notre route.
     
    La plupart des voiliers effectuant cette route optent pour de petites étapes, et font escale en route à Durban,  East London, Port-Elisabeth, et Mossel Bay, car la météo est changeante et incertaine. Mais ces escales ne sont pas très agréables : le port de Durban vient d’être ravagé par une très grosse tempête qui a détruit beaucoup d’infrastructures, Port Elisabeth est un gros port commercial aux installations portuaires sales et peu commodes pour les plaisancier… A quoi il faut ajouter A CHAQUE ESCALE des formalités d’entrée et de sortie particulièrement pénibles et procédurières. Alors nous comptons sur la vitesse de Moby et un peu de chance dans les bascules météo pour faire le trajet d’une traite. Et ca passe : nous n’aurons pas à faire escale en route.
     
    Quel joie alors d’arriver au port de Cape Town, même sous le crachin! Très vite le ciel s’éclaircit et voilà le soleil!
    Nos amis de Cool Runnings nous offrent un beau comité d’accueil.

    L’arrivée est un spectacle en soi, car il nous faut négocier deux pont, l’un tournant, celui de la Clock Tower,

    le pont tournant, et la Clock Tower, et Signal Hill en Arrière plan

    et l’autre levant, celui du Alfred Basin. Deux fois par heure, les ponts s’articulent pour laisser entrer et sortir les bateaux des bassins. Les badauds, empêchés de passer, restent sur les quais à nous regarder…

     
    Nous connaissons bien la ville, Loïc y a fait de nombreux séjours pour raisons professionnelles, et nous nous réjouissons déjà de passer près d’un mois au ponton de la marina du Waterfront,
    Moby à la marina du Waterfront

    quartier portuaire touristique de Cape Town, largement plébiscité par ses habitants, qui en ont fait leur second centre ville.

    la table Mountain en arrière plan

    Nous adorons son ambiance animée, festive, cosmopolite et mélangée, dans un port qui a su faire se cotoyer activité économique, touristique et culturelle.

    L’aquarium de Capetown

    L’aquarium jouxte les cales de radoub, les hôtels de luxe surplombent les chantiers navals, le centre commercial suit les lignes du quai,

    restaurants, bateaux de charters, la Grande roue, et le centre commercial au fond

    qui accueille bateaux de pêche, navires d’exploration, et bateaux de course de passage

    La Volvo Ocean Race

    On adore aussi l’ambiance arty : des groupes musicaux de tous styles se relaient tout au long de la journée, pour des performances musicales en plein air, devant les bateaux de charter à la journée qui font découvrir la si photogénique « table Mountain ».

    le quai des pêcheurs, et la Table Mountain en arrière plan
    Nous nous sommes dépéchés d’arriver à Cape Town car elle accueille pour encore quelques jours encore une étape de la Volvo Ocean Race, la course autour du monde en équipage et en escale sur des bateaux de monotype. C’est l’occasion de montrer aux enfants l’organisation d’une course au large. Pendant 10 jours, nous gardons un rythme soutenu d’école le matin, et de détente l’après-midi, consacrée à la visite de la ville et ses alentours, aux paysages si grandioses et variés.
     
    Nous déposons aussi la GV et le code zéro pour de petites réparation et renforcement : nos voiles ont plus de 35 000 NM, et doivent encore nous porter quelques milliers de milles supplémentaires, pour nous rentrer à la maison, alors nous les bichonnons!
     
    Nous passons au moins une heure tous les après-midi sur le site de la Volvo. Il y a tous les jours quelques chose de nouveau à découvrir : nous assistons à la remise à l’eau des bateaux après leur période d’entretien,

    visitons l’intérieur d’une maquette grandeur réelle d’un bateau, participons au défi des winches, allons  assister au départ d’une course dans le port…
     
    Il n’y a pas de bateau portant pavillon français, mais nous décidons de soutenir DONGFENG, un bateau chinois,
    skippé par le talentueux finistérien Charles Caudrelier, avec un équipage en large majorité français, dont quelques noms bien connus de la course au large et de l’olympisme : Pascal Bidegorry, Jérémy Beyou, Marie Riou  .… L’ aventure de ce sponsoring, qui participation à sa seconde Volvo, et la création de cet l’équipage franco-chinois est une belle histoire humaine, que je vous engage à aller lire sur le site de Dongfeng. Lors de sa première participation à la Volvo, Charles l’outsider avait fait sensation en remportant un podium, avec un équipage de marins chinois débutants. Pour cette seconde participation, Dongfeng navigue pour gagner, en a tout le potentiel, et fait partie des 3 bateaux favoris pour la coupe, tout en contribuant à créer une émulation de course au large chez les chinois!
     
    Ce samedi justement, c’est la veille du départ de la Volvo dont les 9 équipages vont rallier Cape Town à Melbourne, pour leur première étape dans le grand sud. Nous décidons de sortir en mer sur Moby pour aller assister à la « in-port race », une petite régate dans la baie, qui permet aux équipages de régler leurs bateaux, avant de prendre la mer le lendemain pour la 3ème étape de leur tour du monde. C’est amusant, de croiser pendant notre tour du monde, des professionnels qui font la même chose, mais en sens inverse!
     

    Nous avons convié sur Moby nos amis américains de Cool Runnings. Ben et Gaby, les amis de Victor se passionnent pour la course, en particulier Gaby qui se verrait bien un jour naviguer sur ces bêtes de course en plein atlantique sud, et en faire son métier.

    Gaby, Ben et Gudrun, nos amis tourdumondistes!

    Loïc, en bon régatier sait approcher Moby aux premières loges, près de la ligne de départ.

    C’est parti, les 6 bateaux s’élancent.
    Dongfeng est en tête.
    Les bateaux vont virer une bouée vers la montagne du Lion.
    Ils reviennent
     

    A notre bord, Mariana, et le petit Bart, nommé en l’honneur de Bartolomeu Dias, le célèbre marin portugais. Le papa de Bart est navigateur sur Scallywag, il est donc sur la ligne de départ, et le seul marin portugais de la course. sa maman aussi navigue, mais pas en ce moment.

    Bart regarde le bateau de son papa
    Mariana et Bart avaient assisté au départ sur un semi-rigide de l’organisation : au bout d’une heure,  le petit Bart est frigorifié, on nous demande de les accueillir à bord : excellent choix, Moby, c’est le family boat, nous avons 6 enfants à bord cet après-midi!
    Sur l’eau, ca bataille sec, et nos 3 ados se passionnent pour la course!
    Les virements de bouées sont impressionants
    Et c’est aussi passionnant de voir les équipages manoeuvrer, rythmés, séquencés, en particulier pour nous qui naviguons en équipage réduit.  Nous observons avec attention tous les participants
    Et sommes heureux d’acclamer Dongfeng, vainqueur de la régate!
    Les enfants sont impatients de voir Noël approcher, synonyme de vacances, avec la famille qui arrive dans quelques jours.  Nous commençons à décorer Moby : les chaussettes et bonnets de Noël sont mis à aérer sur le trampoline,

     le calendrier de l’avant est sorti, bientôt la crèche à dépoussiérer, et un sapin à fabriquer!

    notre crêche en carton, agrémentée d’animaux d’Afrique
     
    Source de joie supplémentaire, deux nouveaux petits amis francophones pour Arthur et Anna! Alex et Ines sont suédois, mais parlent très bien le français, et font aussi le tour du monde avec leurs parents via la WORLD ARC, émanation du fameux rallye ARC créé par Jimmy Cornell, sur une monocoque de 41 pieds, Take Off. Tous les après-midi, après l’école, ils se retrouvent pour jouer. Le trampoline, la chaise de mat, ca défoule!! Mais pourquoi donc Moby est-il toujours le bateau préféré des enfants ?! ;-)))
     
    L’un des grands bonheurs de Cape Town, c’est de côtoyer des animaux en ville :  les phoques bien sûr, qui ont colonisé la marina et le bord de mer, ils sont partout, mais pas dans nos jupes tout de même, comme aux Galapagos.

    C’est toujours aussi amusant de les voir nager et se prélasser dans l’eau.
    Les cormorans sont tout aussi peu farouches, et s’étendent au soleil sur les pontons.
    Incroyable aussi cet aileron qui sort de l’eau, en pleine marina! Ce n’est pas un phoque, ni un dauphin bien sur, ni une raie… mais un incroyable poisson lune ou Mola-mola Fascinante créature.  Nous le verrons plusieurs fois sortir sa nageoire pendant les heures chaudes.

     
    Cape Town, ce sont les retrouvailles, en famille, mais aussi entre amis, avec Fred et Esmeralda, en escale à Cape Town. Loïc gravira la table Mountain avec eux-j’en suis privée, la faute à mon entorse réunionnaise qui peine à se rétablir…
    Nous ferons aussi la tournée des grands ducs un soir, jusqu’à pousser les portes du très « hype » bar de l’hôtel le Silo. Cet Hôtel a été aménagé en même temps que le MOCAA Zeitz, le plus grand musée d’Art Contemporaint d’Afrique, dans un ancien silo : L’architecture est ambitieuse, créative, et design.
    La déco du bar est rococo-chic, où nous prenons plaisir à essayer la carte des cocktail.
    Le joyau de l’hôtel,  c’est son roof-top bar avec sa piscine, qui ne se visite qu’en journée…

    mais le sourire persuasif d’Esmé aura raison du barman, qui nous fait visiter les lieux en douce…. La ville se déroule sous nos yeux, de nuit, c’est magique!
     
    Enfin, mes parents et mon frère sont arrivés!  Nous commencerons  un safari de 5 jours au Kruger, et continuerons à jouer aux touristes pendant une semaine à Cape Town : nous nous promenons autour de la  ville et de ses environs avec le bus rouge à étages, partons explorer le jardin botanique de Kirstenbosch, visitons avec beaucoup d’émotion Robben Island, l’île où fut emprisonné Nelson Mandela pendant 17 ans, emmenons les enfants voir à l’aquarium les espèces marines locales, puis au cinéma voir le dernier Star Wards en 4D , partons nous baigner par un jour de canicule sur les plages de Clifton…. Bref, une vraie vie de citadins et de touristes!
     
    La veille de Noël, nous partons pour la journée faire le tour de la péninsule du Cap. Nous longeons les très chics plages de Clifton et de Camps Bay, puis passons par Hout bay, autre quartier résidentiel très prisé.Ici, les maisons sont construites à flanc de colline, et protégées par un pare-feu naturel minéral.En effet la lande, doit bruler pour se régénérer tous les 5 à 10 ans. Alors, les autorités déclenchent régulièrement des feux maitrisés , comme ici, où tout un pan de la colline a brulé.

     
    Passé la plage de Nordhoek,

     nous  traversons la péninsule via le scénique Chapman’s peak drive, en direction de Simon’s town , qui abrite l’une des deux colonies continentales de « African penguins » d’Afrique du sud. Elle est en plus très facilement accessible, sur la petite plage de Boulder’s beach. Assez récente, puisqu’elle ne date d’il y a guère plus d’une trentaine d’années, cette colonie a prospéré, initialement au grand dam des riverains, qui se voient désormais sans accès à la plage…
     
    Pour canaliser le flot de touristes, et préserver les dunes et l’environnement, une promenade en bois au-dessus de la plage a été crée, particulièrement bien intégrée. Les pingouins sont vraiment très cocasses à observer. Nous sommes chanceux, car c’est la grande période de nidification. Nous avons la chance d’apercevoir à la fois des oeufs couvés, et des oisillons tout juste sortis de l’oeuf.

    Sur la plage, ça nage, ça se dandine, ça jacasse, caquète et ça sent le chien mouillé…
     
    Après une petite demi-heure passée à les observer sous toutes les coutures, nous mettons cap sur le parc naturel de la péninsule : le site abrite une somme incroyable de plantes endémiques, dans la lande appelée ici «  fynbos » (prononcer faïnboss). C’est aussi une réserve naturelle d’animaux, et nous ne serons pas en reste : très vite, nous devons nous arrêter sur la route pour laisser passer des singes! Des babouins de bonne taille, qui sont ici chez eux : on les voit jouer, s’épouiller, se courir après.

    Puis ce sont des autruches, avec leurs petits qui paissent tranquillement. La mère est vraiment énorme, on peine à croire que ce soit un véritable oiseau.

    Il est de plus en plus difficile de les observer en peine nature car les autruches sont braconnées pour leur chair, très à la mode-et il faut dire délicieuse, à mi-chemin entre le magret de canard et le filet d’agneau. Il faut donc prendre garde à n’acheter que des morceaux dont la provenance a une traçabilité irréprochable.
    Et un peu plus loin encore, plus haut sur le versant, une antilope ; Plus difficile à voir, heureusement, ces 5 jours de safari nous ont exercé l’oeil à spotter les animaux. Les enfants sont particulièrement bons, avec leurs yeux de lynx.
     
    Ca y est, nous voici arrivé, au cap de Bon Espérance! Très connu des marins, ce n’est ni le cap le plus austral- qui est celui de Cape Point-, ni celui qui effectue le partage des eaux entre Océan Atlantique et Indien-c’est le Cap de Aiguilles, à quelques dizaines de milles plus à l’est.
    Mais c’est le plus connu, car celui qui était viré le premier par les bateaux en provenance d’Europe et d’Afrique, signe que la route des Indes n’était plus très loin.
    Nous décidons justement de faire à pied le chemin qui sépare le cap de Bon Espérance du phare de Cape Point.
    Le paysage est spectaculaire : falaises vertigineuses, mer bleu cobalt, écume de neige, forets de laminaires à perte de vue, plages étincelantes,
    Je me régale de la variété de la  végétation endémique du fynbos; les plantes ont toutes un air plus ou moins préhistoriques.
    les plantes grasses sont amusantes;

    Certaines sont bien connues de nos cotes bretonnes, comme ces doigts de sorcières, qui sont une peste chez nous.
    Et que dire de ces étonnantes plantes rampantes aux allures de serpent
    Beaucoup de fleurs aussi en ce début d’été.
    Ceux que je préfère, ce sont les pincushions, cousins des Protéas
    Toutes forment un camaïeu extraordinaire.
     
    Nous peinons sou la chaleur du soleil africain, heureusement tempéré par l’air marin.
    En contrebas, la page de Dias, du nom du célèbre Bartolomeo Dias, le navigateur portugais qui fut le premier à contourner la pointe de l’Afrique; traçant une route qui deviendra si célèbre : la Route des Indes.
     
    Un couple de rapaces niche à flanc de falaise
    Ca y est, nous voilà en haut, au phare de Cape Point!

    Avec une vue 360° sur le cap de Bon Espérance à l’ouest, et sur False Bay au nord-est.

    Nous redescendons en passant par les dépendances
     
    Le lendemain, c’est Noël, que nous fêtons en famille. Après un très bon dîner au restaurant, nous allons voir si le père Noël est bien passé sur Moby?OUIIIIIII! Nous découvrons aussi les magnifiques carte de Noël individuelles que nous a créé et envoyé Sonia, la chérie de mon frère qui n’a pas pu prendre de vacances en cette période de fêtes. Merci Sonia de cette délicate  et artistique attention!
    Dès le lendemain de Noël, nous sommes en pleins préparatifs de départ : la fenêtre météo est idéale pour appareiller dès que possible pour Ste-Hélène, petite ile perdue au milieu de l’Atlantique sud, et qui nous permettra de faire un bon break dans cette longue traversée océanique.
    J’en profite comme toujours, en plus de l’avitaillement classique pour 10 jours de traversée, pour faire le plein d’excellents produits longue conservations locaux : les fruits secs sont délicieux, en particulier les demi-pêches et demi-poires, les mangues, et les pommes déshydratées. Le biltong aussi, cette viande de boeuf (ou de gibier comme l’autruche ou le kudu) séchée, et assaisonnée, qui se conserve des mois. Et du vin bien sûr! Le Champagne sud-africain n’arrive pas à la cheville de celui de Nouvelle-Zélande. Mais nous apprécions beaucoup certains vins rouges, en particulier les « pinotage », du nom de ce cépage typiquement sud-africain, qui donne un vin de caractère, mais pas tannique.

    Après 3 semaines d’escale en marina, très agréables par ailleurs, nous sommes heureux de larguer les marres, pour des horizons moins citadins.

    Bye-bye table Mountain
    Nous longeons Robben Island, et passons à raser un banc de baleines! Ouf!, nous n’avons pas touché, et Whaou!, nous n’en avons jamais observé autant d’aussi près.
     
    Bye-Bye Africa, nous voilà de retour dans l’Océan Atlantique, encore frais à cette époque, car la mer dépasse à peine les 16°! L’équipement douillet est de sortie : je suis heureuse d’étrenner mes toutes nouvelles bottes étanches, que je ne quitterai pas de la semaine.
     
     
  • Traversée de l’Océan Indien-3

    Traversée de l’Océan Indien-3

    Réunion-Afrique du Sud

    Presque deux mois d’escale aux Mascareignes, où nous avons fait de belles navigations, et passé des moments forts. Nous aurions aimé en profiter encore un peu plus mais le temps passe et il nous faut quitter la zone avant le début de la saison cyclonique, qui débute officiellement le 1er décembre.

    J’ai profité de cette escale pour faire le tour complet du bateau et rectifier les petites choses différées depuis quelques mois. Avec l’aide précieuse d’Hervé Laurent ( ancien Coureur de Vendée Globe maintenant installé à Maurice comme gréeur), le gréement à été inspecté en détail. J’ai aussi changé tous les chariots de rail de grand-voile, dont le jeu était devenu excessif après 30 000 milles. Je comptais déjà le faire aux Seychelles mais le colis s’était perdu en route entre la France et les Seychelles! J’ai aussi profité de notre escale pour revoir la liaison de 2 profils d’enrouleur de solent, qui pour la énième fois montraient des signes de faiblesse.

    Moby est donc fin prêt pour cette traversée entre l’île de la Réunion et l’Afrique du Sud. Nous allons quitter les latitudes tropicales pour une région connue pour ses changements de météo rapides et pas toujours prévus. Un bateau techniquement à 100%, ça permet d’aborder plus sereinement la navigation!

    C’est le printemps austral sur la zone. La température de l’eau dans la partie centrale de l’Indien est inférieure aux moyennes saisonnières, pas trop de risque donc de voir un système tropical se former. Plus au Sud, les anticyclones se succèdent, leurs centres aux alentours de 30°-35°Sud, se déplacent vers l’Est. Plus au Sud encore, les dépressions des 40ème et 50ème avancent aussi. Les fronts associés à ces perturbations, en particulier les fronts froids, remontent  souvent vers les latitudes où nous allons naviguer vers l’Afrique du Sud. Même en étant rapide, il est fort probable d’avoir à traverser un de ces fronts sur ce parcours. Il convient donc de planifier le départ afin de négocier le front au mieux. Je ne m’étendrai pas sur un topo météo de la zone, ce serait assez long. Ceux que la météo intéresse trouveront matière à apprendre sur les sites météo de la zone. Un très bon résumé existe aussi dans l’ouvrage « Routes de grandes croisières » de Jimmy Cornell que je recommande vivement.

    Le timing est donc essentiel pour cette traversée de 1 400 milles, contournant Madagascar par le Sud. L’impératif absolu est de ne pas arriver sur les côtes sud-africaines par vent fort de Sud-Ouest, car quand le vent s’oppose au courant des Aiguilles, les conditions de mer deviennent vite très dangereuses.

    Cette note sur les cartes incite pour le moins à la prudence :

    « Abnormal waves, up to 20 metres high, preceded by a deep trough, may be encountered off the east coast of South Africa between the latitudes 29°S and 33°30’S, mainly up to 20 miles seaward of the continental shelf; see Admiralty Sailing Directions » .

    Mise en garde

    Ceux qui ont déjà vu les effets d’un vent même modéré contre un fort courant pourront imaginer l’effet sur l’état de la mer d’un vent de seulement 25 à 30 noeuds soufflant contre le courant des Aiguilles qui dépasse souvent les 5 noeuds. La différence ici réside dans le fait que l’étendue de cette veine de courant permet la formation et la propagation des vagues, à la différence d’un raz par exemple qui est de taille limitée. Nous n’aborderons donc cette zone que dans des conditions satisfaisantes, quitte à devoir attendre loin au large, là ou le courant est plus faible.

    A compter du 7 novembre, nous sommes en stand-by à Saint-Pierre, Réunion, et surveillons quotidiennement la situation météo, dans l’attente d’une fenêtre de départ. La navigation dans ces zones de transition entre le régime des vents du climat tropical et celui des latitudes plus tempérées est intéressante. Il s’agit de tirer le meilleur d’un système pour aborder la zone de transition à l’endroit et au moment optimum pour la traverser efficacement et confortablement. Les logiciels de routage sont d’une aide précieuse à la prise de décision, à condition bien sûr de connaitre les limites de ces systèmes dont les calculs se basent sur les performances théoriques du bateau, les prévisions météorologiques et mêmes les courants océaniques. Sur Moby, j’utilise les services de PredictWind, logiciel bien adapté et très simple d’utilisation. L’avantage de PredictWind par rapport à d’ autres logiciels, c’est qu’il ne requiert pas le téléchargement de gros fichiers grib, car le calcul de routage est effectué à distance par un ordinateur puissant relié à une base de données météo qu’il serait impossible de récupérer par liaison satellitaire. Pour cette traversée, j’ai pris la météo 2 fois par jour en moyenne et fait tourner un routage toutes les 6 heures. Nous sommes arrivés à Richard’s Bay avec 2 heures d’avance sur l’ETA du routage initial, calculé une semaine avant. Précision ou hasard? Un peu des deux certainement.

    Tableau résumé des routages en fonction du moment de départ

    A partir du 10-11 novembre, la situation générale laisse entrevoir une possible fenêtre de départ en milieu de semaine. Nous pourrions profiter de la fin du passage de l’anticyclone dans le Sud des Mascareignes pour filer jusqu’au Cap Sainte-Marie, au Sud de Madagascar. C’est là que nous traverserions le front puis pourrions continuer dans le canal du Mozambique et arriver à destination avec environ 24heures d’avance sur l’arrivée d’un front amenant de forts vents de Sud-Ouest. La marge n’est pas grande, compte tenu de la précision des prévis météo, mais je l’estime suffisante et attendre plus longtemps ne garantirait aucunement de meilleures conditions.

    Nous larguons les amarres de Saint-Pierre, Réunion, le 14 novembre en milieu d’après-midi. Le temps est couvert, avec un vent d’Est-Sud-Est de 20 noeuds et une mer agitée. La particularité de Saint-Pierre est que par vent de Sud-Est, à peine la jetée du port franchie, on se retrouve dans des conditions océaniques musclées, sans sas d’acclimatation. Sous GV-2ris et solent, nous marchons entre 9 et 10 noeuds sur le fond sur une route légèrement plus Sud que la route directe, en anticipation de la rotation des vents au Nord-Est prévue le lendemain. Nous reprenons vite nos habitudes de navigation au long cours.

    Le vent faiblit sensiblement dans la nuit et au lever du jour le 2° ris est largué. Nous croisons un cargo d’assez près, cette route maritime est très fréquentée et nous avons presque constamment un navire ou deux sur notre écran AIS.

    Croisement dans le soleil levant

    A midi, le gennaker vient prendre le relais du solent devant, le ris est largué et le vent amorce sa bascule vers l’Est-Nord-Est. Notre trajectoire s’infléchit vers le Sud en attendant le moment optimum pour empanner. Nous sommes dans de belles conditions pour cette deuxième journée en mer, la soirée et la nuit sont agréables et nous profitons des tropiques pour quelques heures encore.

    A 1 heure du matin, il nous faut empanner car nous pouvons désormais faire route vers le Sud de Madagascar tribord amures. A 150° du vent, nous progressons à environ 7 noeuds dans 10-12 noeuds de vent. Au matin du 3° jour, le vent de Nord-Est reprend un peu de force et nous glissons paisiblement vers le cap Sainte-Marie.

    Tribord amure sous gennaker après la rotation du vent au Nord-Est

    Il se renforce graduellement tout au long de la journée, nous obligeant à réduire un peu la toile. Nous attendons entre 20 et 25 noeuds pour la nuit,  le gennaker est affalé en milieu d’après-midi, puis nous prenons successivement le 1° puis le 2° ris à 20h afin de ne plus devoir manœuvrer cette nuit.

    Au lever du soleil le 17 novembre, nous sommes à une vingtaine de milles au sud de Tolanaro (Fort Dauphin), le vent est toujours avec nous pour quelques heures, aidés par un courant favorable, nous sommes constamment à plus de 11 noeuds sur le fond. Le temps est couvert de nuages bas, cette masse nuageuse est associée au front de la dépression passant dans notre Sud. Le baromètre, qui chutait régulièrement depuis 36 heures se stabilise, ce qui confirme le phénomène.

    Bonne glisse à l’approche du Sud de Madagascar

     

    Les Côtes élevées de Madagascar, région de Fort Dauphin, à 20 milles

    Comme prévu par la météo, le vent se met à mollir rapidement vers 9h. Il se stabilise à moins de 5 noeuds, je n’hésite pas une minute et démarre un moteur pour continuer de progresser à 5-6 noeuds vers l’Ouest. En effet, quand le vent rentrera au passage du front, il s’établira au secteur Ouest-Sud-Ouest. Chaque mille gagné est important car nous serons alors au près serré bâbord amure et il nous faudra parer le cap Sainte Marie.

    Image satellite montrant la dépression au sud et le font que nous allons traverser aujourd’hui

    Les baleines sont fréquentes dans les parages, nous en voyons quelques-unes

    Vers 14h, c’est l’arrivée du vent de Ouest-Sud-Ouest, la grand voile est réduite au 2° ris et quelques tours dans le solent nous permettent une route au 280° qui pare le Cap Sainte-Marie et ses dangers. La mer est très plate pour le vent qu’il y a, mais je sais que ça ne durera pas bien longtemps.

    Bascule et augmentation rapide du vent au passage du front

    La bonne nouvelle c’est que le vent s’oriente assez vite au Sud-Ouest et même de façon intermittente au Sud-Sud-Ouest. Cela nous permet de naviguer à 60°-70° du vent avec assez de puissance pour bien avancer. Nous sommes soulagés de passer à 15 milles dans le Sud du Cap Sainte-Marie, et de pouvoir continuer notre progression vers l’ouest. Encore une cinquantaine de mille et avant la fin de la nuit tous les dangers du Sud de Madagascar seront derrière nous. Le premier obstacle de cette traversée exigeante est passé. La météo à été d’une précision remarquable ces trois derniers jours, et les derniers fichiers reçus vont dans le sens des prévisions du départ. Avec 700 milles restant et un peu plus de trois jours avant Richard’s Bay, les différents routages associés aux modèles météo prévoient notre arrivée avec 6 à 20 heures d’avance sur le mauvais temps. Pour une fois nous allons mener Moby au maximum de ses possibilités, de jour comme de nuit.

    Relevé de nos positions dans le canal du Mozambique

    Au matin du 18 novembre, les nuages ont laissé la place à un joli ciel bleu. Les 2 ris sont largués successivement à 6h puis 8h. Le vent est au 200° pour 12 noeuds, puis baisse un peu et le code 0 est envoyé, pour deux heures seulement car le vent forcit un peu en début d’après midi. Le premier ris est pris un peu après, puis largué une heure plus tard. Chaque noeud de vitesse est à prendre et on ne rechigne pas à la manœuvre quand il le faut. Le vent continue sa lente rotation et est au Sud en fin d’après midi, à une quinzaine de noeuds. Moby file au vent de travers, la mer est très belle, avec une longue houle de Sud-Ouest qui nous arrive sur l’avant bâbord, ce sont des conditions idéales de navigation. Ce qu’il y a d’appréciable avec un vent de travers, c’est cette garantie de vitesse, même si le vent fluctue un peu en force et direction, ça avance toujours bien.

    Coucher de soleil dans le canal du Mozambique

    Dans la nuit, le vent continue sa rotation et s’établit au Sud-Est. Le gennaker est hissé dès les premières lueurs de l’aube et toute la journée du 19 novembre, nous nous battons contre le Moby virtuel de notre routage, avec un léger avantage pour le Moby réel. Le vent continue sa rotation vers l’Est, nous obligeant à nous éloigner de la route directe avant d’empanner. Je suis impressionné par la précision de la météo dans ce vent évolutif, aussi juste que la précision de mesure des instruments du bord. Le vent est prévu de continuer sa rotation vers le Nord-Est dans la nuit du 19 au 20, nous pourrons alors faire route tribord amure vers notre destination.

    Victor est hissé dans le mât par repasser la drisse de pavillon

    Détente après l’effort pour Victor

     

    Il nous faut contourner la zone de calme et empanner assez près du centre de haute pression

    Le 20 à 5h15, nous empannons. Le vent est au 060°/15KT. Nous commençons à sentir un courant traversier, c’est le début du courant des Aiguilles, même si nous sommes encore loin de son axe principal. Il nous reste 230 milles à parcourir. La météo prévoit le renforcement du vent en soirée et la nuit prochaine, du Nord-Nord-Est entre 30 et 35 noeuds. C’est en effet ce qui arrive à partir de 16 heures, le vent qui était stable à 15 noeuds depuis le matin forcit légèrement. Cette fois plus question de pousser Moby, car notre arrivée est assurée avant le passage du front et la bascule au Sud-Ouest du vent. Nous roulons et rangeons le gennaker, puis prenons le 1° ris. Puis c’est au tour du 2° ris puis du 3° ris lorsque le vent passe les 25 noeuds. Nous sommes prêts pour le sprint final vers Richard’s Bay.

    Haut de Force 7 et 5 noeuds de courant traversier

    Les conditions de la nuit, avec quelques rafales proches de 40 noeuds, nous confortent d’avoir anticipé la prise du 3° ris. Le courant est traversier pour 4 noeuds, dans le sens du vent, mais la mer est courte et grossit bien vite. J’imagine bien les conditions de mer extrême qu’un tel vent opposé au courant pourrait engendrer.

    Conditions musclées à l’approche de l’Afrique du Sud

    Le 21 à 8 heures, nous approchons de Richard’s Bay, le vent a baissé et souffle à un peu plus de 25 noeuds. Le trafic maritime est important et une trentaine de navires marchands sont à l’ancre devant l’entrée du port. Il nous faut patienter presque 2 heures avant d’obtenir l’autorisation du contrôle portuaire de nous engager dans le chenal d’entée menant à la marina de Tuzi Gazi.

    Arrivés dans la lagune, le vent monte de 10°C de température, on se croirait dans le souffle d’un sèche-cheveux

     

    Heureux d’arriver à temps!

    Le vent de Nord-Est faiblit comme prévu dans la soirée et des orages annonciateurs du front arrivent par l’Ouest. Dans la nuit, je suis réveillé par les rafales du vent de Sud-Ouest qui souffle dans la mâture. Moby est bien amarré au quai, nous pouvons dormir tranquille.

    Trace de la navigation Saint Pierre-Richard’s Bay

    Richard’s Bay- Cape Town

    Cette navigation de près de 900 milles le long de la côte d’Afrique du Sud n’est pas réputée facile pour 3 raisons principales : 1- Le manque d’abri où se réfugier par mauvais temps 2- Le courant des Aiguilles qui fait lever une mer dangereuse par vent de Sud-Ouest 3- La météo rapidement changeante, parfois violente par des phénomènes amplificateurs d’origines diverses : Caps, relief, orages…

    Les fronts se succèdent à un rythme soutenu, parfois tous les 2 ou 3 jours seulement, entrainant une saute rapide du vent du NE au SW, en l’espace de très peu de temps. La façon la plus classique d’effectuer ce passage consiste donc à procéder par étapes en s’appuyant sur les 4 ports de replis possibles de Durban (85NM), East London (250NM), Port Elisabeth (120NM),  Mossel Bay (200NM) avant de rejoindre Cape Town (240NM).

    Comme tous les skippers qui effectuent ce passage réputé délicat, je me suis bien documenté et la littérature est abondante sur le sujet. La mauvaise réputation de cette zone invite à la prudence et je passe beaucoup de temps à étudier les informations météo de toutes les sources accessibles.

    Il apparait que cette année, la fréquence de passage des fronts soit anormalement élevée pour la saison. Cela se traduit par des fenêtres de traversée plus courtes, de l’ordre de 24h environ, voire moins si on enlève le temps de la transition où le vent faible ne permet pas de bien avancer. Les fichiers de vent affichent également une volatilité élevée et il est surprenant de voir l’ampleur des variations à H+24 ou H+36 entre 2 fichiers issus à 6 heures d’intervalle.

    Il y a près d’une vingtaine de voiliers à Richard’s Bay qui attendent comme nous le moment opportun pour se lancer. La météo est donc le sujet numéro 1 sur les quais et les pontons de Tuzi Gazi. Chacun a son idée, et beaucoup font appel aux services de routeurs météo pour cette navigation.

    A ce jeu, à partir du 23 Novembre, j’entrevoie une possibilité de départ le mardi 28. Nous commençons donc à nous préparer pour saisir cette opportunité. Cela est vite fait car le bateau est à 100%, rien à faire donc de ce côté, juste quelques courses pour Bénédicte et les formalités pour moi, car en Afrique du Sud, c’est la totale niveau formalités à chaque escale : Bureau du Port, immigration, douane, santé et police, pas moins! Nous faisons tout cela le lundi matin.

    La courte fenêtre qui s’entrouvre ne convainc pas tout le monde, nous ne sommes que 3 bateaux à y croire. Mon optimisme me dit dit que nous pouvons certainement rejoindre East London qui se trouve à 335 milles, les 2 autres espèrent juste rallier Durban et y attendre le prochain train météo.

    Il fait toujours nuit quand nous quittons le Quai de Tuzi Gazi, un peu avant 5 heures du matin, le mardi 28 novembre. C’est un grand jour car Victor fête aujourd’hui ses 14 ans. Nous sortons du port et hissons la grand voile dans le long chenal qui mène à l’océan. Le temps est calme, il ne subsiste du mauvais temps de Sud-ouest de la veille qu’une longue houle venant se briser sur les jetées. Une fois dehors, la surface de l’eau se ride avec quelques noeuds de vent de Nord. Le courant nous est favorable, ce qui nous permet, sous GV et gennaker de progresser à plus de 6 noeuds.

    Nous slalomons entre les nombreux cargos à l’ancre, si nombreux qu’ils s’étalent sur plus de 10 milles vers le Sud de Richard’s Bay. Nous distançons très vite les 2 monocoques partis avec nous. L’un d’entre eux n’est autre que ARIEL IV de nos amis suédois Erik et Birgitta, rencontrés en Indonésie et à Cocos Keeling.

    Comme prévu, le vent se renforce graduellement en évoluant un peu vers le Nord-est. Il souffle à 14 noeuds à 8h, puis au fur et à mesure qu’il fraichit, nous adaptons la voilure. A midi, le vent est du Nord-est pour 25 noeuds. Le 1° ris est pris à 9h30, le gennaker  rangé à 10h et la GV a été réduite à 2 ris à 11h30. Aidé par le courant des Aiguilles, Moby ne descend jamais à moins de 12 noeuds sur le fond. Les milles défilent et nous avons dépassé Durban avant 13h, soit plus de 10 noeuds de moyenne, malgré le temps calme des 3 premières heures.

    Moby au large de Durban, traffic AIS important

    Le ciel gris du matin a cédé la place au grand ciel bleu. J’ai repris une météo à midi, qui me conforte dans l’idée que le prochain front ne sera pas trop fort, en particulier à l’endroit visé pour le franchir, à environ soixante milles des côtes. Le but est donc d’aller le plus vite vers le Sud, pour 2 raisons : la première c’est que le front sera plus actif à mesure qu’il progresse vers le Nord, et deuxièmement, lors de son passage et de la bascule des vents au Sud-Sud-Ouest, plus on est au Sud et plus la côte s’incurve vers l’Ouest, facilitant la progression bâbord amure.

    J’effectue un suivi précis du temps rencontré que je compare aux prévisions, ainsi que de notre progression par rapport au routage. Tout est en ordre, pas de décalage à signaler. En fin de journée, les nuages annonciateurs du front à venir sont visibles à l’horizon. Le vent commence à baisser lentement mais sûrement et amorce une rotation à gauche. A 20h il est au 035°/20KT, à minuit 000°/12KT. Les ris ont été largués, en revanche, nous conservons le solent et décidons de ne pas envoyer le gennaker car nous serons bientôt au près.

    Le 29 novembre à 3 heures du matin, le vent a disparu, plus un souffle. Je démarre un moteur et fais route au 210°. A 4h, la bascule est bien là, vent au 230°/05KT et aux premières lueurs du jour il continue sa rotation à gauche et souffle au 230°/18KT. La mer est hachée, inconfortable, mais la bonne nouvelle c’est que le vent a une orientation plus favorable que prévu, de l’ordre de 20°, et il est aussi un peu moins fort de quelques noeuds. Cela nous permet de bien progresser, sous GV 2 ris et solent, presque en route directe vers East London. A midi, l’évolution favorable du vent se poursuit en passant au sud pour 12 noeuds.Le 2° ris est largué. La mer du matin s’en est allé plus loin et Moby passe en douceur, de plus le courant nous est favorable en nous accélérant et en nous dépalant au vent ; pas de quoi se plaindre. A 16h, nous sommes à 69 milles du port d’East London, le ris restant est largué. Le vent continuant d’adonner, le code 0 est envoyé à 21h. La nuit se déroule bien, les milles défilent à près de 10 à l’heure, seule une houle de face est à déplorer. La météo du soir est sans faille, nous pouvons continuer vers Port Elisabeth.

    Trace des 3 premiers jours, le passage du front à lieu au large de la zone de courant fort

    Le 30 novembre, au lever du jour, la brise a encore faiblit et vient de l’est pour moins de 10 noeuds. Le gennaker vient remplacer le code 0. La mer est particulièrement inconfortable lorsque nous passons devant Port Elisabeth vers 8 heures du matin et je m’acharne à essayer d’empêcher les voiles de battre. Malgré tout, grâce au courant, nous sommes à 9 noeuds sur le fond. Le vent doit se renforcer dans l’après-midi et remonter vers le nord-est, une étape supplémentaire est franchie et nous avons désormais Mossel Bay en ligne de Mire à 200 nautiques de nos étraves. Empannage TB à 15h30, 1°ris à 16h, encore un empannage BB à 17h30, gennaker affalé à 18h et un empannage de plus TB à 19h30, on ne s’ennuie pas à bord de Moby aujourd’hui.

    La nuit arrive mais les manoeuvres ne s’arrêtent pas pour autant. Cette fois c’est pour éviter un cargo qu’il nous faut empanner, puis revenir sur l’amure de départ une fois le croisement effectué. Comme le vent mollit, nous hissons le gennaker à 3h du matin.

    Le 1er décembre à 8h du matin, alors que nous ne sommes qu’à 38 milles de Mossel Bay, le vent tombe complètement, calme plat, plus une ride sur l’eau. Une zone de calme était bien prévue quelques milles plus au nord. Etant donné notre position, les prévisions auraient du nous donner quelques noeuds pour avancer. De plus, le courant des Aiguilles nous a lâché, il s’en est allé vers le Sud, assez loin de la côte. Il nous faut donc faire appel à notre code V, comprenez V comme Volvo, notre bon sauveur ce matin. Alors que nous avançons tranquillement au moteur vers Mossel Bay, j’en profite pour passer du temps sur la météo. Je lance plusieurs routages et je regarde en particulier quand nous pourrons repartir après le passage du front et des vents de SW prévus demain. Nous devrions rester au moins 36 heures, puis dès l’épisode de vents contraires, il faudra se dépêcher car les vents seront certes portants mais augmenteront très vite pour atteindre 50 noeuds à compter de lundi midi sur Cape Town, le très célèbre « South-Easter ». En plus cet épisode devrait durer quelques jours et s’étendre vers l’Est de la région, jusqu’à Port Elisabeth, avec des fichiers grib à 50 noeuds et des vagues de 5 mètres ou plus sur toute la zone!

    Vers midi, nous ne sommes qu’à une quinzaine de mille de Mossel Bay quand un souffle d’air vent du Sud vient rider la mer d’huile de ce matin. En une trentaine de minute, cela devient une petite brise, probablement d’origine thermique, complètement inattendue. J’ignore combien de temps cela va durer, mais je me dis qu’on peut tenter d’en profiter, en faisant route vers le Cap des Aiguilles. Je me fixe un point de non retour (PNR) à une trentaine de milles devant nous, avant lequel il nous faudra nous engager dans l’une ou l’autre des options : Continuer vers Cape Town ou rebrousser chemin et revenir vers Mossel Bay.

    Sous grand-voile et gennaker, notre progression est incroyable dans ce petit temps. Ce sont des conditions que Moby affectionne, une mer plate et une dizaine de noeuds de vent bien orienté. Nous sommes à 9 noeuds de moyenne sur le fond. Alors que nous approchons vite du PNR que je m’étais fixé, il ne fait pas de doute que l’option de continuer est possible. A 16h, Le Cap Agulhas est à 95 NM dans nos étraves.

    Passage du Cap des Aiguilles

    Nous décidons donc de poursuivre vers Cape Town avec le plan suivant en tête : avancer au plus vite en tirant parti de cette brise côtière. Lorsque qu’elle disparaitra, faire route au moteur et aller à la rencontre du front, que nous devrions atteindre samedi midi, et plus très loin de False Bay. J’ai aussi regardé avec soin les 2 petits ports de Stilbaai et Struisbaai, protégés des vents d’Ouest. Ils pourraient nous servir d’abris si le vent de Sud-Ouest arrivait plus tôt et plus fort que prévu.

    C’est la troisième fois qu’un changement tactique intervient sur cette navigation. Il me semble que la flexibilité soit plutôt bienvenue dans cette région afin de s’adapter constamment à la météo changeante.

    C’est vendredi, nous croisons beaucoup de petits navires de pêche côtière qui rentrent vers Mossel Bay. La zone est certainement très poissonneuse, si j’en juge pas l’activité constante des oiseaux et les nombreux phoques que nous croisons. La côte n’est pas très loin, seulement 2 milles par endroit. La bande de vent ne semble pas s’étendre très loin vers le large.

    Le soleil se couche, je m’attends à voir le vent tomber d’un instant à l’autre mais même si il faiblit un peu, il reste suffisant pour nous mouvoir plus vite que nous le pourrions au moteur. En plus nous avons un joli clair de lune, c’est agréable. Seul bémol, la température commence à baisser, l’air et l’eau ne sont qu’à 16°C cette nuit. La légère brise nous accompagne jusqu’à 5 heures du matin et disparait complètement au lever du soleil. C’est donc au moteur que nous passons le Cap Agulhas le 2 décembre à 5h30 du matin. « Au revoir » l’Océan Indien, « Bonjour » l’Océan Atlantique, car c’est en effet ici que la séparation des géographes prend place.

    Les calmes sont prévus de durer jusqu’à midi, il nous faut en profiter pour gagner un maximum de milles route plein Ouest. Cela nous écarte de la côte et nous place dans une bonne position pour l’arrivée du front. Il est 11h lorsque la mer se ride au Sud-Ouest. En l’espace de trente minutes il forcit à plus de 20 noeuds. Nous prenons le 1° puis le 2° ris assez vite. Lorsque le vent rentre, il ne sert à rien de retarder la réduction de voilure, c’est notre façon de faire. La direction nous surprend plus que la force. En effet, nous attendions un vent de Sud-ouest et il est à l’Ouest, cela va nous imposer de tirer des bords pour rejoindre False Bay ou passer le Cap de Bonne Espérance. Bâbord amure, nous faisons d’abord route vers False Bay, parons le cap Danger Point, dont le nom n’est pas très rassurant et progressons vers le Nord-ouest. Nous passons à cinq mille d’Hermanus et virons de bord devant Sandown Bay. Le relief semble accélérer le vent et la mer se fait courte, nous prenons le 3° ris, le bateau peine à bien avancer dans ces conditions et notre gain au vent est misérable, entre 3 et 4 noeuds de VMG, mais l’important est de progresser sans malmener Moby. Il est presque 18h lorsque nous doublons le cap Hangklip. Les conditions se sont stabilisés et le vent est maintenant au 300°. L’abri relatif de False Bay, le fetch ne dépassant pas 20 milles, est le bienvenu.

    Louvoyage et courant contraire pour franchir le Cap de Bonne Espérance

     

    22H30, Moby passe le Cap de Bonne Espérance

    Je considère que le plus gros du front est passé et que les conditions vont aller vers une amélioration. Le vent continue sa rotation à droite, il est maintenant au 330°et nous permet de traverser False Bay tribord amure en direction du Cap de Bonne Espérance. Nous le franchissons à 22h30. Il nous reste 35 NM avant Cape Town. Comme le vent a fini par tourner plein Nord, cela signifie du louvoyage pour la nuit, mais nous ne sommes pas pressés, car il ne sert à rien d’arriver avant le jour. Nous naviguons sous-toilé toute la nuit. Le temps est nuageux, plafond bas, bruine et brume mêlées, point de clair de lune ce soir, elle est cachée par cette nébulosité. Il fait moins de 15°C et la mer n’est plus qu’à 14°C, changement de décor, mais le moral est au plus haut à bord, car tous les challenges de cette navigation sont désormais dans notre sillage.

    Le vent mollit toute la nuit et les ris sont largués avant l’aube. La côte est proche mais invisible, cachée par un rideau de brume. Par moment, la visibilité est inférieure à 1000m sous une bruine dense. En se rapprochant de la ville, le plafond se lève un peu et nous permet d’apercevoir la côte et la colline de Lion’s Head. Nous affalons les voiles et préparons notre arrivée. C’est dimanche aujourd’hui, il est 8h, il y a peu de traffic et la permission de franchir l’entrée du port nous est de suite accordée. J’ai tant trainé sur les quais du Waterfront de Cape Town lors de mes escales aériennes que l’entrée dans ce port, pourtant complexe, me semble familière. Nous contournons la longue jetée, entrons dans le Victoria Basin, contactons l’opérateur du pont tournant « Clock Tower Bridge » pour pénétrer dans l’Alfred Basin, puis l’opérateur du « Bascule Bridge » qui nous informe que seule une moitié de pont peut s’ouvrir ce matin, pour raisons techniques. Cela laisse moins de 10m de largeur pour faire passer le mât et les haubans de Moby. Je vise bien le milieu de l’espace où faire passer le mât et nous entrons dans le bassin de la V&A Marina, où Moby va séjourner environ 3 semaines.

    Passage sous le Pont Bascule, ouvert à moitié

    Le lendemain, le « South-Easter » est bien là, il souffle à plus de 50 noeuds avec des rafales encore plus fortes. Je regarde les fichiers en repensant à notre navigation. Nous sommes satisfaits d’avoir su saisir les opportunités permettant d’effectuer ce passage d’une traite. Finalement, nous avons eu des conditions moins difficiles que bien des bateaux plus lents ayant progressé par étape. Etre rapide à la voile s’avère dans ces conditions un atout majeur, qui nous a permis d’être tactiques dans la construction de notre trajectoire, tirant le meilleur parti des conditions météo changeantes. Nous avons traversé trois océans avec Moby, et notre catamaran est devenu un formidable allié en qui nous avons confiance et dont nous connaissons bien le potentiel.

    Moby, V&A Marina, Cape Town

    Prochaine grande navigation : la remontée de l’Océan Atlantique!

     

     

  • Afrique du Sud – 2 : Le parc Kruger

    Afrique du Sud – 2 : Le parc Kruger

    Cette année, notre cadeau de Noël à tous, c’est un safari en famille au parc Kruger ! Il nous semblait en effet incontournable lors de notre séjour sud-africain d’aller passer quelques jours en immersion dans la savane africaine.  Mes parents et mon frère, venus passer les fêtes de fin d’année avec nous, font partie du voyage.

     

    La faune, la flore et les paysages sont en effet l’une des grandes richesses de l’Afrique du Sud. Participer aux activités touristiques, c’est aussi faire vivre le pays, et contribuer à la protection de ces espaces naturel protégés. 

    Nous avons choisi le Mopaya Resort, un des seuls lodge francophone du Kruger, ce qui permettra aux enfants de profiter pleinement du savoir des guides qui nous accompagnent. Le parc Kruger est unique en son genre, de par sa taille, grand comme la Bretagne, son ancienneté aussi, et sa popularité, y compris auprès des sud-africains eux-même qui le fréquentent beaucoup pendant les vacances.
    C’est une réserve « BIG 5 », du nom des 5 animaux les plus dangereux pour l’homme :
    le Buffle,le Lion,

    Le Léopard,
    L’Eléphant

    et le Rhinocéros.Curieusement, sur ces 5 animaux, 3 sont herbivores…. (le buffle, le rhino et l’éléphant…).

     

     
    Ce terme de « BIG 5″ a été créé à la grande époque de la chasse « loisirs » en Afrique, du nom de 5 animaux les plus dangereux pour le chasseur se déplaçant à pied. Le terme est resté, et désigne maintenant les réserves détenant ces animaux.
    Aujourd’hui, le safari prend le pas sur la chasse, fort heureusement, mais de nombreux  propriétaires proposent toujours des chasses, tout à fait légales, sur leurs terrains privés. Le business est très lucratif : pour un lion, un rhino ou un éléphant, les riches américains ou émiratis (les deux nations les plus avides de cette activité), n’hésitent pas à débourser 5 à 10 000 dollars par tête abattue. Il faut savoir que si la réglementation des parcs nationaux est très stricte (aucune chasse n’est autorisée, et le braconnage fortement réprimé), sur les réserves privées, tout est permis, même la chasse d’animaux en voie de disparition comme le rhinocéros ou le guépard. Cela génère d’ailleurs un traffic : des animaux sont braconnés, volés dans des reserves, puis relâchés sur des terrains privés. D’autres sont tout simplement élevés au contact de l’homme, puis abattus par les clients, sans avoir jamais vécu leur vie d’animal « sauvage ». Les « pigeons » pensent voir tué un lion sauvage : ce n’était qu’une bête apprivoisée, nourrie depuis des années de la main de l’homme.
     
     
    Le Lodge Mopaya est 100% ouvert sur le Kruger, et nous sommes logés dans des tentes ouvertes sur la savane.
    Surprise : au contraire de la plupart des lodges de la région, celui-ci n’est pas protégé par une clôture : les animaux circulent donc librement. C’est à la fois grisant de sentir les animaux si proches, de se réveiller en pleine nature, mais c’est aussi un peu flippant, car les fauves peuvent littéralement approcher à toucher les tentes… En particulier les lions et les éléphants, nombreux sur cette parcelle.
     
    Quelques règles simples nous mettent à l’abri des dangers : la nuit, ne pas rester sur la terrasse, et ne JAMAIS circuler à pied. Un 4×4 nous fait faire les trajets nécessaires entre les tentes et le bâtiment principal.
     
     
    Mopaya, c’est une entreprise familiale, gérée par Oscar, l’un des rangers, Michel, son papa, et sa maman qui gère en France les réservations. Cela fait 20 ans qu’ils oeuvrent en famille aux portes du Kruger, accueillant des touristes essentiellement francophones. L’équipe rangers-stagiaires est aussi 100% française, composée de jeunes étudiants d’origines variées, tous absolument passionnés par la savane et les animaux sauvages, qui viennent passer 3 mois au lodge pour se former. Tous sont une mine de renseignements sur la faune et la flore locale.

     
    A peine arrivés en début d’après-midi que nous partons déjà en safari, dans la réserve privée de Balulé.
    Jean-Baptiste, notre ranger pour l’après-midi est sur la piste des lions. Il y a une coalition de 6 lions mâle en ce moment sur le domaine, qui sont en mode « conquête de territoire », soumettant les femelles, et chassant. Ils sont très actifs, nous les entendrons souvent feuler pendant la nuit, et nous espérons avoir la chance de les croiser bientôt.
     
    Très vite, nous croisons sur notre route un éléphant de retour du bain. Ces mastodontes ont besoin de beaucoup d’eau, et viennent au moins 2 fois par jour s’abreuver aux points d’eau.
    Nous roulons en voiture ouverte, pour profiter un maximum de la vue.
    Nous croisons de nombreux animaux :
    des vervet,ces adorables singes

    des phacochères,
    des buffles
    un chacal
    et des girafes.
    Nous croiserons aussi des restes d’animaux: ici, chacun a sa place sur la chaine alimentaire,
    un patte d’impala, ces gracieuses petites antilopes que l’on croise par centaines

    une colonne vertebrale

     et une machoire de Kudu
    Au soleil couchant, nous nous arrêtons boire une bière devant la rivière Oliphant. Rien de très spectaculaire en terme de faune : des zèbres
    un waterbuck au loin

    Mais la vue est sublime, les lumières du soir envoutantes, on comprend la passion que beaucoup entretiennent avec ce continent!!

    Le lendemain, nous partons très tôt pour un point d’eau, proche d’une habitation. En chemin, gracieux, deux Kudus traversent, une femelle

    et un mâle avec ses cornes. Les rayures verticales qu’ils portent sur l’abdomen les aident à se camoufler des prédateurs dans la savane.
     
    Nous sommes en bordure du Kruger, dans une zone habitée : chaque propriétaire terrien a le choix de rester en privé et terrain clos, ou d’ouvrir son terrain sur le Kruger (ce qu’ont fait nos hôtes de Mopaya).
    Cela permet une libre circulation des animaux, mais oblige à respecter les règles du parc Kruger : pas de chasse, une libre-circulation des animaux, pas d’intervention humaine etc.;…
    On trouve donc dans ces terrains limitrophes toutes sortes de propriétaires : exploitants de Lodge type safari, mais aussi des lodges de chasse, activité encore terriblement populaire parmi les sud-africain et les riches étrangers, des particuliers retraités venus chercher la nature et le calme, …
     
    Quelle chance : c’est tout un groupe d’éléphants qui s’abreuvent! Quel spectacle!
    Le ranger se positionne sur leur chemin  : nous sommes aux premières loges.

     

     

    Dans le groupe, un tout petit de quelques semaines à peine.Il se cache entre les pattes de sa maman ou d’autres adultes.

     Toutes les femelles de la troupe le protègent et font masse autour de lui.
    Les voilà qui repartent,

     

    Toujours groupés,

    Une pause café à la rivière Olifant de nouveau.
    Les enfants sont captivés par le safari,

    et boivent les paroles de nos guides rangers.
     
    Oscar et Jean-Baptiste sont passionnés : Oscar  a grandi dans cette ambiance de safaris pendant toute son enfance. Jean-Baptiste vient en Afrique depuis qu’il est très jeune avec son papa guide ranger. Ils ont tout deux la savane dans le sang, et illustrent le dicton africain : « You can take the Man out of the bush, but you can’t take the bush out of the man ».
     
    Nous rentrons déjeuner au lodge et repartons à 14h00 pour une réserve privée, adjacente du Kruger mais clôturée.
    Nous commençons par observer au point d’eau un groupe d’éléphants qui arrivent.

    Ils se baignent

    puis repartent

    un tout petit tête sa mère

    la troupe s’éloigne

     

    une femelle adulte ferme la marche, et s’assure d’un regard dissuasif que nous ne les suivons pas…

    Au creux d’une rivière asséchée, nous croisons un groupe de kudus.

    Et quelle chance! Derrière un buisson, 3 lions à la sieste.
    Il s’agit d’une femelle et de ses deux « petits » de 2/3 ans. Sans doute de la même portée.
     
    au premier plan, une jeune femelle  :
    plus loin, la mère et son fils.
    Chez le jeune mâle, la tête est plus carrée, et sa crinière commence à pousser.
    on dirait vraiment de gros chats, qui s’étirent.
    Dans la voiture, nous ne craignons rien, mais seul à pied, un homme serait très vulnérable.
    Les lions chassent volontiers en groupe, surtout les femelles, qui élèvent leurs petits.  Les mâles sont plus solitaires et passent une grande partie de leur temps à défendre et à marquer leur territoire;
    Nous faisons un dernier stop pour profiter du coucher du soleil sur un très beau panorama,
    savourons un rafraîchissement avec nos guides,
    le soleil tombe sur l’horizon
    Le soir au Lodge, nous dînerons sur la terrasse en plein air,  au son du feulement des les lions qui rodent…Et au bar, chacun raconte se remémore les moments les plus forts de la journée.

    Une coalition de mâles sévit depuis quelques semaines, et se bat pour conquérir le territoire, et les femelles de la zone, de quoi mettre un peu d’animation dans la savane.
    Au point que l’un d’eux dormait ce matin sur la parking de la maison d’un des rangers!
    Jean-Baptiste tient à les retrouver et se donne beaucoup mal pour les pister. Sans succès.
    C’est un éléphant en rut que nous croiserons. Son état est reconnaissable à ses glandes temporales qui sécrètent un must : ce liquide particulièrement odorant s’écoule en permanence. Il est sous une décharge hormonale forte, et cherche une femelle.
    Arthur est un peu impressionné de voir cette grosse bête de si près.
    Le guide très est attentif aux mouvements de l’animal, lui parle, le rassure, nous ne l’intéressons guerre, il semble indifférent, et repart.
     Nous l’aurons vu de très très près!
    Ce matin, Oscar  nous présente le programme de repeuplement des Guépards, initié par son père et un ami vétérinaire français, il y a de cela une dizaine d’année. Après avoir assisté à une conférence en Afrique du Sud sur le dépeuplement de la faune sauvage, et en particulier l’extinction quasi inévitable d’espèces comme le rhinocéros et le guépard, les deux hommes se sont demandé comment ils pourraient apporter leur aide. Après quelques recherches, il s’est avéré que les guépards étaient largement sous-représentés dans le Kruger, avec une population de seulement quelques centaines d’individus, et que certaines femelles, sans qu’on en connaisse la raison, n’avait jamais eu de petits. Stérilité? En fait non! Il s’avère qu’elles ne s’accouplent qu’avec des mâles étrangers à leur lignée, et venant d’une autre territoire. et comme les guépards ont besoin d’un très grand territoire pour chasser, il faut des territoire encore plus grands pour qu’ils puissent se reproduire?
     
    Les deux hommes se disent qu’un petit coup de pouce de la science pourrait aider les femelles à avoir leurs chaleur, et à s’accoupler, voir même à les inséminer avec de la semence venue de plus loin. Aujourd’hui, le protocole scientifique est au point, a été testé sur quelques femelles en Afrique, et sur plusieurs autres à l’étranger. Il ne reste plus qu’à convaincre l’un des grands parcs privés clos de tenter l’expérience.
     
    Dans l’après-midi, nous nous rendons non loin de là à Mopaya 1, l’ancien resort des parents d’Oscar, aujourd’hui fermé.  Sur la route, nous croisons un très élégant hippotrague.
     
    Clos, et sans accès direct au parc Kruger, n’y a aucun des « BIG 5 » au Mopaya 1, ce qui permettait aux clients de circuler librement sans danger.
    Les strictes règles du Kruger ne s’appliquent pas, et les propriétaires peuvent donc traiter leurs animaux comme ils l’entendent.
    Les points d’eau sont alimentés artificiellement, et les animaux ont 2 fois par semaine droit à un apport de nourriture de la main de l’homme. Cela permet de les approcher de vraiment très près;

     Les enfants sont fascinés par ce jeune gnou et cette jeune femelle zèbre. Il faut dire que la tête des gnous est très amusante,

    et que  la robe des zèbres est tout proprement hypnotique.

    Nous faisons le tour des points d’eau :
    voici des phacochères,
    puis une famille de gnous, puis des zèbres.
    Très vitre, les singes vervet arrivent, ainsi que les pintades.
    C’est amusant de voir comment ils trimballent leurs petits, accrochés sous leur ventre.
    le mâle dominant de la troupe arrive sur le capot de la LandRover.

    Son afflux de testostérone lui donne des testicule d’un bleu turquoise étonnant!

    Ils ne se battent étonnamment pas pour la nourriture.
     
    Oscar  profite pour nous parler des plantes et Inès des  autres animaux moins spectaculaires, Comme ces termites, absolument indispensables au biome car elles décomposent les feuilles en humus, donnant de l’engrais naturel. Les termitières sont des habitats incroyablement sophistiqués, abritant des réseaux de galeries maintenant températures et hygrométrie savamment calculées pour y faire pousser … des champignons! Certaines sont colossales, mais on n’en perçoit que la partie aérienne, qui représentant selon le cas 30% du volume total!
    Et en fin de vie, les vieilles termitières abandonnées servent d’abris aux phacochères, fourmiliers et autres petits mammifères.
    Là, cette plante épiphyte accrochée a des racine aériennes; c’est une orchidée.
    Et cet arbre aux racines plongées dans la pierre; c’est le mopaya, un figuier, qui ne germe que quand la graine atteint 60°, donc uniquement sur la pierre brûlée par le soleil d’été!
    Nous croisons un groupe de zèbre, à la robe hypnotisante, d’une rare élégance.
    Puis un Kalao,
    En fin de journée, c’est la pause apéro à la tour de guet, avec la vue au soleil couchant  sur le Kruger

     et ses cônes volcaniques si caractéristiques.
    Sur la route, nous avions trouvé à terre des cornes de kudu. On se demande quoi en faire?
    Nous repartons finalement avec les cornes du Kudu plantées devant le réservoir,l’occasion d’une petite leçon de mécanique aux enfants.
    Ils sont emballé par le safari, suspendus aux commentaires de rangers, et surtout, l’oeil affuté, leurs jumelles autour du cou, prompts à spotter un animal. Parfois, les heures de voiture leur semblent longues, mais l’effort est à la hauteur de la récompense de voir un bel animal évoluer dans une nature si préservée.
     
    Le lendemain, nous partons vers une réserve privée tenue par des amis de la famille. C’est précisément sur une des femelles guépard de ce parc qu’a été tenté l’expérience de l’insémination artificielle, qui a réussi! 3 petits sont nés. Malheureusement, la mère a été tuée en s’interposant avec des lions. Les 3 petits ont survécus, protégés et nourris par les propriétaires. Aujourd’hui, ces 3 jeunes adultes guépards vivent dans la nature, se nourrissent comme de vrais animaux sauvages ; mais ayant été « acclimatés »  à l’homme », ils se laissent approcher. Ce matin, nous croisons les deux mâles qui vivent tous deux en coalition : ils chassent ensemble, et ne sont jamais loin l’un de l’autre.
    L’un des deux mâles est équipé d’un émetteur radio, qui permet au ranger de le repérer à distance.
    Aujourd’hui, le ranger nous confirme que les deux guépard sont apparemment dans de bonnes dispositions pour se laisser approcher, et même caresser!!
    Nous sommes surpris de pouvoir approcher (sans danger, on nous l’a assuré!!) ces animaux sauvages
     
    Les enfants sont ébahis, et ne se lassent pas de caresser ces gros chats.
    Attention cependant au coup de patte, même involontaire : leurs griffes ne sont pas rétractables ,contrairement aux autres fauves.
     
    Le guépard a cela d’unique en ce que ce grand fauve n’est pas du tout un prédateur de l’homme, contrairement à son cousin le léopard.
    Souvent confondus, ils sont en fait très différents :

    Le guépard est très fin, léger, ne vit que dans la savane, est vulnérable et une proie pour les autres fauves. Alors que le léopard, cousin des tigres, panthères et du lion, est massif, immensément adaptable, vit dans les forets, la savane, les villes, en climat sec, tempéré ou humide. Il a des cousins partout dans le monde sur tous les continents, des savanes sèches aux forets tropicales, des steppes d’Asie aux contreforts de l’himalayens. Dans le Kruger, sa population est en expansion.
     
     
    Pauvre guépard : non seulement sa population diminue, mais il est en plus braconné, chassé pour une raison tout à fait ahurissante :  les jeune sont capturés vivants et envoyés dans les pays du Golfe comme animaux de compagnie, c’est parait-il très chic de promener son fauve en laisse…
    Cette « mode » génère un ignoble traffic de guépard, en particulier de jeunes animaux, et menace l’espère qui risque l’extinction à quelques dizaines d’années.
    Espérons que le programme de Mopaya portera ses fruits. Et que cette stupide mode cessera.
    Il faut dire que le braconnage et la chasse génère des revenus considérables en Afrique, avec bien souvent la complaisance des états, et la corruption de certaines administrations et responsables de parcs.
    La situation des rhinocéros est dramatique, il n’en reste que très peu dans le Kruger, et leur population est à la limite de l’extinction, prévue pour d’ici quelques années, si le rythme du braconnage n’est pas endigué. Plus de mille animaux sont braconné tous les ans, c’est beaucoup plus que leur capacité de reproduction. Les pauvres animaux sont tués pour leur corne, à pouvoir soi-disant aphrodisiaque pour certains asiatiques.  (le coït du Rhinocéros est l’un des plus longs du règne des mammifères, et cela fait des envieux ….)
    D’autres rêvent de voir le trophée dans leur salon. Au Kénya, ce sont les éléphants qui sont braconnés, et en voie de disparition.
    La chasse au « BIG 5 » reste aussi un très lucratif (et légal) business en Afrique du Sud, qui au-delà de sa cruauté, est générateur de traffic et de braconnage illégal.  Le Botswana est l’un des rares pays sub-sahariens à avoir légalement interdit la chasse aux animaux sauvages, et à la faire respecter. Mais en Afrique du Sud, on peut sans problème passer commande d’un lion ou d’un léopard à chasser.
    Certains parcs sont bien connus pour cela, et « élèvent «  même les animaux sauvages dans ce but. Plus dociles, et habitués à l’homme, ils sont ainsi plus faciles à chasser.
     
    Nous croisons d’ailleurs l’un des rhinocéros de cette réserve privée, à qui préventivement on coupe les cornes régulièrement (elles repoussent!!).

     Que c’est triste de voir cet animal mutilé de la sorte, pour sa protection justement.
    Un peu plus loin, ce sont les hippopotames que nous sommes très heureux d’apercevoir pour la première fois. Leur peau est très fragile, et ne supporte pas le soleil, aussi passent-ils l’essentiel de leur temps à barboter dans l’eau.

    Très agressifs et territoriaux, ce sont eux les responsables du plus grand nombre de morts par an en Afrique! Après le moustique (véhicule de la malaria), bien sûr, me fait remarquer Arthur, qui connait ses statistiques .
     
    Nous nous arrêtons quelques minutes prendre le goûter devant un point d’eau

    : quelle chance : un crocodile!
     Et des rapaces, 
    Près de l’accueil du parc, les enfants trouvent des trésors :
    et repèrent un phasme, toujours aussi intriguant. Quelle journée! Et en rentrant au lodge, nous avons la chance d’apercevoir l’unique Rhinocéros de Balulé, avec une très belle corne lui!
     
    Pendant que mes parents partent pour une dernière balade nature avec les enfants, je reste lézarder avec mon frère Thomas au lodge. Nous profitons de la vue, du silence, des bruits des oiseaux et de la piscine pendant quelques heures, loin des enfants, du bruit des 4X4. Les femmes travaillent, les animaux font la sieste ou passent au point d’eau se désaltérer.
    Certains animaux s’approchent de très près
    Et nous prenons le temps d’observer de simples nidsNous mesurons la chance qui nous a été de découvrir la savane avec des guides passionnés et passionnants, dans un cadre préservé et respectueux des animaux.
     
    Nous nous sommes parfois sentis gênés par l’intrusion de ces grosses voitures 4X4 dans la nature : bruyantes, massives, elles sont l’efficace rempart de l’homme contre les animaux dangereux : les éléphants lions, rhinos y sont habitués, et nous ne semblons pas les déranger. Je rêve cependant d’un véhicule plus silencieux, moins intrusif et moins polluant pour approcher les animaux.
    Autant d’heures de voitures, pas loin de 5 à 6 h par jour, nous  a semblé pesant, nous qui n’avons perdu l’habitude justement de conduire, et qui voyageons portés par nos voiles. Mais c’est sans doute le prix à payer pour approcher les BIG5 en toute sécurité.
     
    Les enfants se souviendront toute leur vie de cette nuit où les éléphants se sont approchés à moins d’un mètre de notre tente, pour manger, dans un bruyant concert de branches cassées et de feuilles broyées, … et de pas d’éléphants faisant sembler le sol. J’avoue que je n’étais pas fière de savoir les défenses de ce molosse à un mètre du lit de Victor, séparé du mastodonte par une fine toile de tente et une moustiquaire… Heureusement, les tentes sont posées sur des fondations en béton, donc inattaquables, mais tout de même….
    Bref, ce fut un séjour inoubliable, et qui nous a marqué profondément : les animaux bien sûr, mais aussi le terroir, les paysages, la chaleur étouffante et sèche, les odeurs, les bruits de la savane, les nuits fraiches, les journée cuisantes de soleil.
    Et merci encore à Oscar et Jean-Baptiste, les rangers qui nous ont guidés, à Inès et Iris, nos jeunes guides stagiaires, si chaleureuses et enthousiastes, elles aussi passionnantes et passionnées par la savane. Nous avons le sentiment d’avoir vécu en immersion dans un écosystèmes unique, que nous ont fait partagé toute une équipe qui oeuvre à sa manière et avec sincérité à sa préservation.

  • Afrique du Sud – 1 : Richard’s Bay et le parc iMfolozi

    Afrique du Sud – 1 : Richard’s Bay et le parc iMfolozi

    A l’aube, les côtes africaines se dessinent : des dunes de sable ocre, derrière un tiède ciel d’azur. Nous devons attendre une bonne heure à l’entrée du port, en pleine mer, car le traffic nous ordonne de patienter, le temps qu’un cargo sorte…. Nous nous faisons chahuter à faire des ronds dans l’eau, un peu moins que le monocoque qui est à côté de nous, le pauvre est à la peine…Mais c’est ainsi, priorité aux navires commerciaux, Richard’s Bay est le premier port mondial de charbon!

    Les sensations sont étranges : en mer, l’air est frais, vif, salin, nous supportons une polaire malgré le grand soleil.  Dès que nous franchissons la barre de Richard’s bay, la chaleur nous cueille, le vent est chaud, sec, nous avons gagné une bonne dizaine de degrés en quelques minutes. Arthur a le mot juste : on se croirait dans un sèche-neveux!

    Nous arrivons au quai des douanes et de l’immigration à Richard’s Bay : c’est rempli de voiliers en grand voyage! Nous retrouvons des amis, Shuti, la famille d’israéliens que nous croisons depuis Panama, qui ont mis leur bateau au sec à la marina, puis Erik et Birgitta, couple de suédois sur Arial 4, rencontrés à Cocos. Nous faisons aussi connaissance avec une famille de français de Lorient avec 2 garçons de 11 et 16 ans, sur Toumaï, un Sun Kiss.

    Les enfants s’en réjouissent : cela fait bien 7 ou 8 mois que nous n’avons pas croisé d’enfants français!

    Nous nous reposons, et engrangeons pas mal d’heures d’école, pour prendre de l’avance et pouvoir se prendre 2 semaines de vraies vacances à Noël!

    Le quai des douanes n’est pas très glamour, mais nous nous en accommodons. Les enfants en profitent pour sortir les trottinettes et skateboards. Il y a quelques restaurants et commerces, le lieu est très populaire le soir et les week-end. Notre voisin de quai est une épave en férrociment, abandonnée là depuis au moins 10 ans, et squattée par 2 hommes un peu louches. Les deux bougres ne sont pas bien méchants, mais leur bateau est sale, plein de vermine, de trous, et dangereux à traverser. 

    Nous ne souhaitons pas rester trop longtemps à Richard’s Bay, et voulons rallier cape Town début décembre, qui est pour nous une escale technique importante avant la remontée de l’Atlantique sud en janvier : un nouveau four, la révision des voiles chez le voilier, le remplacement d’une pompe de cale fatiguée etc… Nous scrutons donc la météo tous les jours dans l’attente d’une belle fenêtre.

    La navigation est délicate sur la côte sud de l’Afrique : d’abord car nous ne sommes plus en régime d’alizé, nous alternons donc les coups de vents d’ouest et les régimes de vents d’est,  un peu comme chez nous en Bretagne.

    Et surtout, il y a le très célèbre courant des Aiguilles, qui suit la cote sur plusieurs centaines de kilomètres, avec une vitesse de 4 à 6 noeuds. La bonne nouvelle, c’est qu’il est dans le bon sens, et nous servira de « tapis roulant » pour aller jusqu’à Capetown où nous passerons les fêtes de fin d’année en famille. Le problème est qu’il faut à tous prix éviter cette zone par coup de vent d’Ouest  : car le vent contre le courant génère une mer forte et particulièrement dangereuse. Il est illusoire de trouver une fenêtre de 3 jours de vents d’Est à cette période. Il nous restera donc  à faire des sauts de puce en nous arrêtant tous les 100 à 200NM sur la côte : Durban, East London, Port Elisabeth sont des escales possibles, ou tenter se faufiler entre des bascules de vent faibles.

    La très bonne surprise de cette escale, c’est que nous sommes à une heure trente de route de la plus ancienne réserve sauvage d’Afrique du Sud : le Parc d’iMfolozi a été créé dans les années 50 par des rangers visionnaires, qui voyaient les espaces sauvages de leur pays se dégrader, notamment sous la pression de la chasse. Leur volonté : sanctuariser une partie des terres Zulus, pour que subsiste pour les générations à venir un territoire intacte peuplés de ses animaux endémiques. iMfolozi est né, premier du genre en Afrique du sud, inspiré de grandes réserves américaines, suivi de bien d’autres parcs. Dans 2 semaines, nous irons avec mes parents et mon frère passer quelques jours dans le  célèbre Parc Kruger, la plus grande réserve naturelle d’Afrique du Sud. En attendant, nous avons loué une voiture pour le week-end, et nous profitons d’un beau dimanche ensoleillé pour aller faire découvrir aux enfants les animaux d’Afrique dans cette « petite » réserve pas trop touristique.

    Nous voilà donc dimanche matin à 5h sur les routes, direction les territoires Zulus.
    Nous nous sommes levés tôt pour bien profiter de la journée et des animaux qui sortent plutôt le matin et le soir, évitant les heures chaudes.

    7h : nous prenons un rapide petit déjeuner à l’entrée du parc, et c’est parti!

    Nous dominons d’immenses étendues de savane, et aperçevons de très loin des girafes, des rhinocéros.
    C’est très émouvant de contempler cette nature sauvage, intacte, que l’homme ne fait que brièvement traverser. Sachons rester discrets : les animaux sont chez eux, nous essayerons d’avoir le moins d’impact possible lors de notre passage.

    Le premier animal que nous apercevons, c’est un phacochère, sorte de gros cochon sauvage. Nous en croiserons à plusieurs reprises,

    notamment de très près, maman et bébé , à quelques mètres des tables de picnic du M’pila Resort.Dans le parc, plusieurs hébergements sont possibles, dans toutes les gammes de prix et de service : de l’hotel 4* aux tentes  aménagées, en passant par de petits lodges privés type bed&breakfast, tout est possible.

    Puis voilà des singes : ceux-là sont des babouins, qui traversent la route.
    Ils sont amusants à regarder, tellement humains dans leurs attitudes. A moins que ce ne soient nous les humains, qui soyons simiesques?!

    Enfin, grandioses, les girafes ; avec leur long cou gracile, leur tête inclinée, quelle élégance!

    Mais aussi, quelle musculature : le cou est immense, mais trapu à la base, tellement musclé.

    Voici des impala, il y en a des milliers dans le parc, peu farouches, elles nous tournent souvent le dos.

    Nous traversons rapidement le M’pila Resort,

    qui expose d’intéressants trophée de cornes d’antilopes.

    En chemin, nous croisons des gardes, qui remontent à dos d’âne le matériel qui aura servi la veille au soir au campement de la rivière White Umfolosi. Deux fois par semaines sont organisés des mini-safaris à pied, avec nuits sous tente, en bord de rivière.

    Plus loin, des zèbres paissent tranquillement le long de la route Nous arrêtons la voitures quelques minutes pour les observer. Quelle grâce! Leur pelage est sublime : de base crème, beige ou franchement marron, rayé de noir.

    La crinière se dresse le long de l’encolure telle une crete d’iroquois, vraiment, quel panache! Un peu plus loin, cette femelle, sans doute pleine, son ventre est distendu par le gros bébé à venir.

    Quelques minutes plus tard, c’est un énorme rhinocéros qui nous coupe la route! Le premier d’une longue série : impressionnant, sont corps fait en longueur presque toute la largeur de la piste.

    Dans le ciel, beaucoup de rapaces, à la recherche de proies et de carcasses.

    Nous longeons la rivière, à la recherche des points d’eau auxquels les animaux viendraient s’abreuver. Nous n’aurons que peu de chance et n’apercevrons que quelques antilopes et un buffle au bord de l’eau : pas de panthère, ni de lion, ni de guépard. Mais en revanche, des paysages inspirants, peuplés d’oiseaux et de grands animaux .

    Nous nous arrêtons pour déjeuner sur une are de picnic spécialement aménagées, et sans danger. En effet, partout ailleurs dans le parc, il est interdit de sortir de son véhicule. Nous déjeunons sous un arbre. Le vue sur la rivière est magnifique.

    Les enfants découvrent des traces de pas, dans de la boue séchée. Elles sont énormes! C’était un éléphant! Nous remontons la piste : l’éléphant a longé toute l’aire de picnic sur 100M avant de redescendre vers la rivière.

    Nous reprenons le sentier qui longe les berges de la rivière, et tombons sur un groupe de rhinos. Cette fois-ci, ils sont paisibles , ils broutent et nous avons tout le temps de le observer.Ces animaux sont véritablement impressionnants.

    De taille colossale, trapus, mais également très longs et courts sur pattes, leur crane et leur tête a des allures véritablement préhistorique : il y a du dinosaure en eux!

    Nous sommes très impressionnés par la taille de leur corne avant, longuet effilée, quelle arme ce doit être.

    En même temps, ces mammifère sont des ruminants,  végétariens donc, comme, nos bonnes grosses vaches!Ils ont cependant un caractère ombrageux, et il ne faut pas les approcher de trop près.

    10 minutes plus tard, nous tombons sur papa et  maman broutant paisiblement. Nous les apercevons de dos, quel postérieur!!

    Puis ils viennent vers nous, quel tronche!

    Ce sont des rhinocéros noirs, plus communs que les blancs, et qui abondent dans ce parc. Ils n’ont de prédateur que l’homme, et ne doivent leur phénomène d’extinction qu’à la sur-chasse dont ils sont toujours victime-leur corne est en effet un trophée inestimable pour certains, et a surtout la malheureuse réputation d’être aphrodisiaque en Asie. Certains parcs victime de braconnage en sont rendus à couper et détruire préventivement les cornes de leurs animaux pour les protéger…

    A titre de comparaison, pour leur taille, voici Anna devant une sculpture grandeur nature

    Plus loin, le paysage vallonné s’offre au regard, peuplé d’Impalas . Ici c’est la station de nettoyage : des oiseaux, sur leur dos, les débarrassent des parasites.

    On reconnait les mâles plus âgés à leur cornes de talle moyenne, élégamment torsadées

    Embouteillage sur la route! Deux voitures sont stationnées pour laisser passer des éléphants.  Nous restons prudemment en retrait, et les observons.Ils sont en train de se nourrir. Ils sont 4 : deux mâles, une femelle et son petit. Le premier male part sur le côté avec la femelle et le petit. Mais un gros male reste, se plante juste devant nous, entre les deux voitures. Il vient se nourrir et avait repéré un arbuste bien feuillu juste à côté de notre voiture.

    Je recule un peu, pour le laisser passer, puis reste immobile, comme il est recommandé dans ce cas : ne pas bouger, ne pas faire de bruit. IL n’est visiblement pas agressif. Nous sommes tous les 5 très impressionnés de voir l’animal de si près. L’autre mâle est parti sur le côté, il suit sa femelle de près, et tente une saillie!Le membre que vous voyez trainer entre ses pattes arrières n’est pas un cinquième pied, mais bien son penis!

    OUF, notre vieux mâle fait demi-tour, rassasié, nous ne l’intéressons visiblement pas ce qui nous soulage beaucoup : nous ne ferions décidément pas le poids devant un tel mastodonte.

    10 minutes plus tard, c’est une girafe qui avance tranquillement vers un arbre pour y brouter des feuilles.

    Partis à la recherche des hippopotames au bord de la rivière, nous n’apercevons que ce type de tortues.

    Nous continuons notre quête, surement un peu vaine, car il n’y en a que 25 dans tous le parc (contre 700 éléphants, et des milliers de rhinocéros!)

    Sur la route retour, un rhino(encore!!) nous bloque le passage : il est colossal : son corps en travers fait toute la largeur de la piste!

    Notre dernier arrêt avant de sortir de la réserve  : ce très beau point de vue sur la rivière; pas de lion ni de guépard, mais un buffle, de très beaux oiseaux, et ce grand Kudu qui  nous attend à la sortie.

    Le soleil va bientôt se coucher, il est temps de prendre la route, des souvenirs pleins la tête, avec l’envie de très vite repartir en savane, contempler ces animaux sauvages.

    Après 10 jours passés à Richard’s bay, une fenêtre météo s’annonce enfin pour rallier CapeTown. Nous sommes impatients d’y arriver!

  • Ma petite bibliothèque de l’Océan Indien

    Ma petite bibliothèque de l’Océan Indien

    Après vous avoir livré ma petite bibliothèque du Pacifique, voici en détail ma petite bibliothèque de l’Indien : mes coups de coeurs lus à bord entre Bali et l’Afrique du sud, inspirés par nos escales, mais aussi par notre voyage. Elle est forcément plus réduite que celle de l’Océan Pacifique, car nous n’y avons passé que 6 mois, et que les escales recelaient moins de librairies bien fournies, sauf en fin de séjour, où je me suis régalée à l’ile Maurice et à la Réunion. A Maurice, les amies du « book club » que je fréquentais lorsque j’y habitais m’ont toutes offert leur meilleures lectures de l’année : merci Claire, Valérie, et Gwen. A la Réunion, la librairie Autrement de St-Pierre m’a vu souvent fureter dans ses rayonnages merveilleusement fournis.

    Chagos :

    L’an prochain à Diego Garcia, de Jean-Claude de l’Estrac,

    L’ancien ministre et journaliste mauricien rend leur dignité aux Chagossiens en relatant l’histoire de ce peuple déraciné. Lors de l’Indépendance de l’île Maurice, en 1968, les Chagos, petites îles de l’Océan Indien, sont détachés de Maurice et rattachés directement à la couronne britannique : les américains ont des vues sur l’atoll de Diego Garcia pour en faire une base militaire. 15 ans plus tard, les Chagossiens sont expulsés de Salomon Islands, Peros Banhos, et Diego Garcia : les américains s’installent à Diego, sur ce qui deviendra la plus grosse base nucléaire américaine hors territoire étasunien.
    Le récit est journalistique, factuel, très précis quand aux tractions diplomatiques entre britanniques et américains. Il est aussi émouvant car relatant la vie dans ces îles et le vain combat des chagossiens pour récupérer leur terre. Ce livre nous a permis de vivre autrement notre séjour aux Chagos, dans un esprit de mémoire aux chagossiens dont 2 atolls sont devenus réserves naturelles, prétexte bien pratique pour y réguler les visites de bateaux et empêcher un repeuplement de ces îles aujourd’hui désertes.

    Maurice :

    Les Chasseurs épices, de Daniel Vaxelaire

    La truculente histoire de Pierre Poivre, chasseur d’épices pour le compte du roi de France, au XVIIIème siècle. Sa mission, de toute une vie : aller voler aux hollandais des Moluques muscade et girofliers, et y acclimater à l’ile Maurice les épices qui ont rendus riches la Compagnie des Indes. Un récit historique, documenté et passionnant, qui se lit comme un roman! On y croise tout plein de personnages historiques de renom tels que Mahé de Labourdonnais, Dupleix, Bernardin de St-Pierre etc…. sans compter sa jeune et ravissante épouse, Françoise, parfaite alliée diplomatique.

    Les 75 ans du Yacht club de Grand Baie, de Pipo Lenoir

    Offert et dédicacé par son auteur, l’actuel manager  et ancien Commodore du Yacht Club.  Pipo rend hommage au club, qui fut un des hauts lieux de sa jeunesse et de la voile dans l’Océan Indien. Beaucoup de photos anciennes illustrent l’ouvrage, dévoilant la beauté du site à ses premiers jours, et le rôle de ses fondateurs, tous voileux passionnés.

    Les rochers de Poudre d’Or, de Natacha Appanah :

    Un roman lumineux et poignant sur le voyage et la vie de ces travailleurs engagés indiens, qui quittèrent leurs terres de pauvreté de la péninsule pour vivre et travailler à l’île Maurice au 19è siècle. L’immense majorité ne reverra jamais son pays d’origine, et fera souche à Maurice. L’auteur est particulièrement douée pour faire revivre les sentiments des déracinés pendant leur long voyage en mer et la rencontre entre esclaves noirs et travailleurs indiens, dans ce village de Poudre d’Or, sur la côte Est de l’île Maurice, où les destinées vont se croiser et les vies se mêler. Du même auteur, je recommande également Blue Bay Palace, roman d’amour dans le Maurice actuel, entre deux jeunes gens de milieux sociaux et culturels que tout oppose  : leur passion survivra-t-elle à la différence?

    et pour les enfants :

     

    L’histoire de l’île maurice en BD et en 4 tomes, de Shenaz Patel et Jocelyn Chanlow, illustré par Laval NG et Christophe Carmona :

    un très classique récit historique.

     

    L’île Maurice racontée à mes petits-enfants, de Jean-Claude de l’Estrac

    Moins classique,  le célèbre journaliste et ancien ministre  prend le biais du métissage et du « vivre ensemble » pour retracer l’histoire du peuple mauricien. Plus qu’un récit historique, c’est un message de tolérance, parfait antidote aux préjugés racistes de tout bord. L’illustration est très belle, dans un style coloré, contrasté et plein d’émotion.

    La série des Tikoulous,

    Incontournable pour les petits, avec ses illustrations naïves et colorées, on adore suivre les aventures de Tikoulou, qui nous fait toujours découvrir un pan de la société mauricienne actuelle.

    Réunion :

    Daniel Vaxelaire : Chasseurs de noirs

    L’auteur relate un passage terrifiant et sanglant de l’histoire de la Réunion : la traque impitoyable d’esclaves « marrons », enfuis de chez leurs maîtres maltraitants, et réfugiés dans les cirques et montagnes reculées de l’île. L’auteur excelle à transformer un récit historique en roman poignant, aux parfums d’une île à la nature et la géographie uniques.

    Le piton de la Fournaise expliqué aux enfants 

    Tout ce que vous vouliez savoir sur le volcanisme, et en particulier sur le phénomène volcanique réunionnais. Il réussit le pari d’un ouvrage à la fois généraliste, tout en prenant illustration sur le Piton de la Fournaise, avec des très belles images locales. Bravo à cette maison d’édition régionale, dont je recommande également le compact petit guide « la Réunion : 152 randonnées », parfait aussi bien pour les touristes de passage que pour les réunionnais

    Requin lé là, de Gaston

    A la Réunion, le drame de la crise requin a bouleversé les équilibres :  depuis 2006, les requins ont fait des morts, des mutilés, et ont touché une population entière à qui on a fini par confisquer la mer. Une BD instructive, non-polémique, drôle, bourrée de chiffres, de faits, et de données scientifiques. Un ouvrage vraiment intelligent, qui pose les bonnes questions, ne donne pas toutes les réponses, mais permet d’ouvrir le débat, et donne de nombreuses pistes d’exploration.

    Récits de voyage et écrits maritimes:

    Histoires de la Mer, de Jacques Attali

    Passionnant et érudit, Jacques Attali regarde la mer avec un biais particulier, celui de relire l’Histoire de l’humanité par son prisme. Notre monde et ses différentes civilisations ont été façonnée par notre rapport à la mer : des première cités construites sur ses rivages, aux guerres qui se sont toutes perdues ou gagnées sur les mers, aux poids des grandes puissances de l’histoire du monde qu’il relie à leur force maritime , sa théorie est intéressante, et sa relecture de l’histoire fort instructive. En particulier les derniers chapitres, inspirants, qui nous mettent au défi d’une mondialisation respectueuse de ses océans qui la nourrissent.

    Surfer la vie, de Joël de Rosnay,

    Le spécialiste de prospective, nous offre un étonnant essai  : il s’appuie sur la métaphore du surf pour inventer un nouveau style de vie, apte à affronter le monde actuel : la société fluide. A travers les arts, la science, la santé, l’environnement, l’énergie, il explore comment le surf et son mode de vie, peuvent nous aider à vivre la société changeante, rapide, évolutive, technique. C’est aussi une ode incroyablement positive et inspirante à la jeunesse, à la technologie, et à l’écologie, bourrée d’exemples et d’idées concrètes, optimiste sur l’avenir des hommes et de la planète : ce qui nous change de la morosité ambiante!
    Pour la petite histoire, Joël de Rosnay est d’origine mauricienne, pionnier du surf en France, frère du planchiste disparu Arnaud de Rosnay , et papa de l’écrivain à succès Tatiana de Rosnay.

    Sur les chemins noirs, de Sylvain Tesson :

    Rien à voir ici avec la mer, mais avec le récit de voyage, oui! Sylvain Tesson est un écrivain-voyageur, géographe et alpiniste, que je lis avec un immense plaisir à chaque sortie de ses livres, depuis son surprenant recueil de nouvelles publié en 2010 « Une vie à coucher dehors ». Il signe là son nouveau livre après un terrible accident qui le cloua au lit des mois : pour conjurer le sort et re-vivre, il traverse la France à pieds « par les chemins noirs », l’occasion d’introspection, mais aussi d’une ode à la france tranquille, au terroir, au territoire, au paysage, à la lenteur, au silence, et à une manière de voyager « slow-life ».
    Depuis quelques semaines, nous sommes de retour dans l’Océan Atlantique, via le Brésil, les Antilles, les Bahamas, les Bermudes et les Acores, l’occasion encore de m’inspirer de bien belles lectures! A très bientôt pour un dernier volet de ma Bibliothèque Atlantique.
  • Traversée de l’Océan Indien – 2

    Traversée de l’Océan Indien – 2

    Des Chagos aux Seychelles : 1 000 NM

    Le 4 août au matin, nous quittons l’atoll de Salomon pour Peros Banhos où nous prévoyons de rester 2 jours avant de poursuivre vers les Seychelles. Le ciel est couvert de nuages d’altitude, le vent de sud-est à une douzaine de noeuds, la mer belle. Des conditions idéales pour cette courte navigation d’une trentaine de milles.

    L’atoll de Peros Banhos a la particularité d’être bien ouvert sur sa partie Sud, où la ceinture de récif est à plus de 10m sous la surface, et présente aussi plusieurs larges passes. Le lagon n’est donc pas protégé de la houle venant du sud, bien présente en cette période d’hiver austral, ni de la mer de l’alizé qui peut souffler fort à cette période. Heureusement, aujourd’hui le vent est suffisamment faible pour espérer trouver un endroit acceptable pour mouiller. C’est ce que nous finissons par faire sous le vent de l’ile Fouquet (une de plus!)

    Peros Banhos, sous le vent de Fouquet

    L’endroit est sublime, mais les conditions de mouillage assez inconfortables, c’est pourtant l’endroit le plus abrité de la partie ouest de l’atoll, seule partie autorisée, l’Est étant une zone interdite à la navigation.

    Nous ne passons donc qu’une seule nuit et levons l’ancre le 5 août au matin. Nous profitons d’une bonne visibilité et soleil dans le dos pour longer les différentes iles du sud-ouest de l’atoll et sortons par la passe de l’ile Poule. La longue houle de sud-ouest vient se briser sur le récif de cette ile en une vague parfaite, une gauche qui déroule impeccablement sur près d’un kilomètre, incroyable!

    Cap à l’ouest pour 1000 milles!

    Notre trace entre les Chagos et les Seychelles

    Dans un vent de sud-est de 15 à 18 noeuds, les Chagos disparaissent vite dans notre sillage. Nous filons bâbord amure sous grand-voile à un ris et code 0. Pour cette traversée qui doit durer moins de 5 jours, les conditions météo sont très favorables, pas trop ventées, mais avec une bonne orientation des vents en général, mis à part une petite zone d’instabilité prévue sur le dernier quart de la route.

    De belles journées de navigation donc pour les 3 premiers jours en mer, très peu de manœuvres, nous remplaçons seulement le code 0 par le solent avant la nuit. Cela nous ralentit un peu, j’estime à 15 milles le manque à gagner par nuit, mais le confort est optimum. Sur cette traversée, Moby va franchir le cap des 28 000 milles nautiques, nous sentons bien notre bateau et en prenons le plus grand soin car la route est encore longue avant Brest. Avec nos prévisions météo, il ne fait aucun doute que nous pourrons tenir la moyenne nous permettant d’arriver le 10 à l’aube à Victoria, même en tenant compte de la grosse molle prévue la veille de l’arrivée.

    Comme prévu, le 9 août, le vent mollit avant le jour, et au petit matin le ciel est chargé de nuages et la pression, qui avait été d’une remarquable stabilité jusqu’ici, a commencé à baisser de quelques millibars. C’est une petite bulle de basse pression qu’il nous faut traverser, elle ne fait guère plus de cent milles mais vient perturber l’alizé. Dès le milieu de matinée, les nuages se développent verticalement et nous sommes vite entourés de cumulonimbus aux quatre coins de l’horizon. Ils s’étendent et se rapprochent de nous. Le vent est faible et très variable en direction, mais nous anticipons une réduction de toile en prenant 2 ris au cas où le vent forcirait soudainement. Le grain se rapproche. Je tente quelques changements de cap pour éviter la première averse mais en vain. Nous nous retrouvons sous un déluge de pluie. Il n’y a pas de vent fort sous le nuage, moins de quinze noeuds, et nous ajustons les voiles pour faire route à l’ouest, vers la sortie. Le vent passe par toutes les directions et pour nous cela se traduit par quelques manoeuvres. Ce scénario se reproduit 4 ou 5 fois avant la fin de la journée, à chaque fois il nous faut près d’une heure pour négocier la traversée du grain.

    Pour positiver un peu, le bateau est impeccablement rincé, et nous préférons avoir traversé ces conditions de jour que de nuit! La bonne nouvelle, c’est que le ciel se dégage un peu avant le coucher du soleil, nous sommes passés à l’ouest de ce système perturbé.
    Le vent s’oriente au sud et à 18h, le port de Victoria n’est plus qu’à 94 milles droit devant. Nous entrons dans la zone des Grands Bancs des Seychelles qui s’étend vers l’Est à près de 100 milles et où les fonds sont parfois inférieurs à 20m. Le jeu de cette nuit va donc consister à ralentir suffisamment pour arriver au petit matin. Malgré les 2 ris et le solent enroulé, nous ne parvenons pas ralentir assez, d’autant plus qu’un courant portant de un noeud nous accompagne. Les premières lumières aperçues sont celles de l’ile Frégate, vers minuit, puis les lumières de Mahé deux heures plus tard. Nous arrivons à proximité de l’ile de Sainte-Anne vers 4 heures du matin soit deux heures avant les premières lueurs du jour. Je vire donc de bord, cap à l’est pour une heure avant de revenir au même point. Il est 6h, nous affalons la grand-voile et empruntons le chenal d’accès vers la zone de mouillage d’attente.

    Nous mouillons à 6h30, rangeons le bateau en attendant la visite des autorités pour les formalités administratives d’entrée aux Seychelles.

    Le bateau-pilote débarque sur Moby les services d’immigration

    Entre les Seychelles et l’île Maurice : 930 NM parcourus

    Les voiliers effectuant la traversée de l’Océan Indien entre Cocos et l’Afrique du Sud choisissent :

    • soit la route Sud via Cocos, Rodrigues, Maurice, Réunion puis l’Afrique du sud en passant par le sud de Madagascar,
    • soit la route Nord via Cocos, Chagos, Seychelles, et Comores, en passant au Nord de Madagascar pour rejoindre l’Afrique du Sud par le canal du Mozambique. Ces deux routes offrent des conditions météo assez favorables en général avec des vents plutôt portant.

    En décidant de passer par les Seychelles puis Maurice nous étions conscients du challenge que représentait cette navigation. Ce passage long de 930 milles sur la route directe et orienté au 173° doit s’effectuer au près contre l’alizé de sud-est. Les courants océaniques portant à l’ouest ne facilitent pas la navigation en augmentant considérablement la dérive sur le fond et obligent donc à serrer le vent au plus près. De notre côté, nous avons le temps d’attendre une fenêtre météo optimale. Nous ne sommes que début septembre espérons être à Maurice vers la fin du mois, début octobre au plus tard. Cela nous laisse 3 à 4 semaines de marge au moins.

    Je surveille la situation météo quotidiennement pour m’imprégner des forces en présence et du rythme de leur évolution. Chaque saison, chaque année à ses particularités qui peuvent influencer les choix stratégiques.

    Ma première idée pour aborder cette traversée était d’attendre un passage temporaire de l’alizé vers l’est et de faire route bâbord amure vers le Sud, avec possibilité de relâche sur la route à Coëtivy puis Agalega.

    La réalité en ce début septembre est que le vent ne remonte pas vers l’Est. Sa direction varie entre le 180° et le 140°. Il change sur une période de 4 à 5 jours environ. Cette orientation plus sud que la normale provient de la présence d’une zone de basse pression au nord-est des Seychelles. De petites perturbations y naissent et évoluent ensuite vers l’ouest en « aspirant » l’alizé, ce qui l’oriente plus Sud.

    Cette situation ne me déplait pas finalement, car il nous est possible de profiter du vent de sud pour partir tribord amure et nous permettre de nous recaler bien à l’Est avant de virer vers le sud. La route sera plus longue et sans possibilité d’escale, mais possiblement plus confortable avec du près océanique moins serré pour aller chercher la bascule loin dans l’Est. Voilà pour la théorie!

    notre trace entre les Seychelles et Maurice

    Le lundi 11 septembre, les prévisions pour la fin de semaine semblent favorables. Nous préparons donc le départ. Les courses et les formalités sont effectuées le mercredi. Jeudi 14 à midi, nous larguons les amarres du ponton d’Eden Island où nous venons de passer quelques jours. Nous sortons par la passe de l’ile au Cerf, hissons les voiles.

    Le vent de sud-sud-est est modéré et nous faisons route tribord amure vers l’est pour nous rapprocher d’une zone de pression plus faible et exploiter au mieux la rotation des vents associés. Sous grand-voile à 2 ris et solent enroulé de 3 tours, Moby progresse bien dans une mer hachée en ce premier jour de mer. Le bateau passe bien. Comme prévu le vent adonne en tournant au sud en milieu de nuit. Il mollit et nous sommes sous-toilé mais comme le confort est bon au près entre 7 et 8 nœuds j’attends le jour pour renvoyer de la toile. Je suis satisfait du timing de notre départ qui nous a permis de bénéficier au maximum de la rotation du vent.

    Vendredi matin, environ 10 nœuds de vent, qui refuse et notre trajectoire s’incurve vers l’est. Nous croisons de près un chalutier en pêche que nous contournons à plus de un mille. C’était prévu, et à 11h la rotation des vents est plus marquée. Je pensais pouvoir me décaler encore vers l’est, mais la direction du vent impose de virer, cap au sud. Le vent mollit un peu en journée, la mer est encore assez hachée, nous empêchant de faire du cap. Nous sommes au près à 55-60° du vent qui souffle à 8-9 noeuds. Quelques bascules liées aux nuages dans l’après-midi, nous permettent de virer et de gagner encore un peu dans l’est.

    À la nuit, le vent à encore un peu baissé, il reste toute la nuit entre 5 et 8 nœuds et nous progressons lentement vers le sud. La mer s’est rangée et la glisse s’améliore. Moby avance entre 4 et 7 nœuds sur le fond, au près avec des mouvements souples dans la mer que tout l’équipage apprécie.

    Samedi 16, au lever du jour, un navire de pêche chinois est croisé.
    Le vent tourne un peu à gauche nous permettant une route au 170°. Tout ce qui peut être gagné vers l’est est bon, car dimanche, le vent doit s’établir au sud est et forcir. Idéalement nous aimerions faire la destination sur un seul bord bâbord amure, sans avoir à serrer de trop le vent et la mer. Belle journée de samedi, après une route au sud le matin, un changement de la direction du vent nous permet un recalage vers l’est. La mer est belle, même avec parfois moins de 5 nœuds de vent, les voiles restent remplies et nous progressons paisiblement. La route sera longue, mais au moins elle est agréable pour l’instant. Un autre navire de pêche chinois croisé au coucher du soleil. Belle nuit étoilée. Je prends mon quart à 1 heure du matin, le vent est toujours au 150°. Combien de temps avant la bascule?

    Dimanche 17, vers 4h du matin, le vent tourne vers la gauche d’une vingtaine de degrés et semble se maintenir ainsi. Je vire, cap au sud. La nuit est belle, étoilée. Les seuls nuages sont loin vers l’est, sur l’horizon. La progression au sud est paisible. Au lever du jour, les nuages se sont rapprochés. Le temps change lentement mais surement et la journée s’annonce sous le signe des grains. Elle est rythmée par leur passages, accompagnés par des manœuvres de prises de ris, de virements, si nombreux que j’arrête de les compter et de les noter au journal de bord. La progression vers le sud demande du travail. À la tombée de la nuit, les grains sont moins nombreux et le vent moyen a un peu mollit. GV 1° ris et solent. La mer est hachée, nous longeons les bancs Saya de Malha sous leur vent, le courant est fort, supérieur à 2 nœuds, parfois portant parfois traversier. La navigation n’est plus très confortable. Le vent se renforce et refuse un peu, 2° ris pris vers 3h du matin.

    Lundi 18, joli lever de soleil, mer cuivrée et courte. J’ai réduit la vitesse mais ça tape quand même par moment. Heureusement que l’équipage est amariné. Il reste 365 nautiques pour Albatros, l’ile la plus au nord de Saint Brandon. Je crains fort que ça ne le fasse pas sur un bord. La journée me paraît longue, chaque mille se mérite.

    Un gros grain en milieu de journée, qui fait passer le vent du sud-est à l’est, donc de gagner au vent pendant près de 2h, avant de revenir au S-E.

    La mer se range un peu en début de nuit, puis vers 2 heures du matin il fraîchit à 20-25kt, je réveille Bénédicte pour la prise du 3° ris. Nous sommes un peu sous toilé mais passons plus confortablement. 5h, mer dans tous les sens, vagues de plein face, je vire pour retrouver un peu de confort pour la fin de nuit.

    Mardi 19, la mer se range à nouveau vers 8h, nous virons. La journée se déroule bien.

    Nous sommes confortablement installés dans ce rythme de près océanique et le bateau passe bien. Nous avons privilégié le confort sur la vitesse, pour le bien de tout l’équipage et aussi du matériel. Le soir, la mer se désorganise un peu à nouveau, mais le vent adonne et nous faisons route plein sud. Nous verrons demain si une courte escale est jouable à Saint Brandon. Si le détour est acceptable, tout dépend de la direction du vent dans les 24h. À 20h Maurice se trouve au 190°/370 milles, Saint Brandon 162°/175 milles. La nuit est agitée, la mer est croisée et dès que le bateau dépasse 6 noeuds, il tape fort. Alors je décide de rouler complètement le solent, ce qui stabilise la vitesse entre 5 et 6 nœuds sous GV 3 ris. Cette mer, démesurée par rapport au vent, je l’avais déjà rencontrée entre St Brandon et Maurice sur Nomade, notre précédent voilier. Une bascule temporaire du vent nous permet un petit contre-bord d’une quinzaine de milles vers l’est en fin de nuit, avant de remettre cap au sud.

    Mercredi 20, temps nuageux au lever du jour, mais cela se dégage avant midi pour laisser place à un ciel dégagé de tout nuage.

    La mer s’est un peu ordonnée, et nous faisons route directe vers Maurice sous 3 ris et 5 tours de solent. La météo reçue ce matin nous permet d’espérer une arrivée à Port Louis vendredi matin. En revanche, si nous relâchons à Saint Brandon, le vent va beaucoup baisser le week end avec 2 zones de calmes qui seraient à négocier sur les 220 milles du trajet. Nous décidons donc de filer vers l’île Maurice. Nous reviendrons à Saint Brandon courant octobre, avec une meilleure fenêtre météo. Le 3° ris est largué à 15h. Toujours du près serré mais ça glisse mieux. Le vent fraîchit à nouveau en soirée, et la mer se creuse. Le 3° ris est pris pour la nuit, confort oblige.

    Jeudi 21, comme la veille, les conditions s’améliorent dans la matinée et le 3° ris est largué. Nous attendons patiemment une adonnante prévue dans la journée par les derniers fichiers météo. Cela commence vers midi et pour la première fois de la navigation,  je sors du mode vent pour un cap direct vers la Pointe aux Canonniers au NW de l’île Maurice. Le vent mollit un peu dans l’après-midi au point que je m’apprête à larguer le 2° ris. Finalement je le garde car même ainsi, nous devrions être proche de l’ile au lever du jour.

    La soiré comme de coutume ces 3 derniers jours est agitée, la mer croisée nous chahute pas mal. Il y a beaucoup de traffic cargo et pêche à négocier toute la nuit.

    Vendredi 22 septembre. En fin de nuit, les lumières de Maurice sont bien visibles, éclairant les nuages de l’Ile d’une couleur ambrée.

    Aux premières lueurs du jour, j’aperçois sur bâbord les ilots du nord, l’Ile aux Serpents et l’Ile Ronde. Puis l’Ile Plate et Pigeon Rock, et enfin les sommets de Maurice.

    Je prends le temps d’apprécier. Toutes les approches d’îles à la fin d’une traversée sont belles, mais celle-ci a pour moi quelque chose en plus.

  • Escale Mascareignes / 3 : l’île de la Réunion

    Escale Mascareignes / 3 : l’île de la Réunion

    Nous arrivons en vue de l’île de la Réunion en fin de matinée, après une journée et 2 nuits en mer. L’île est coiffée de son habituel petit nuage, aussi n’apercevons-nous pas ses hautes montagnes : et pourtant elle culmine avec son Piton des neiges à plus de 3071m!

    Laetitia me prête son guide de randonnées :Nos deux vacanciers vont partir en amoureux 3 jours faire le tour du cirque de Mafate, en dormant le soir dans des gites et chambres d’hôtes. De notre côté, nous n’avons encore rien organisé, et attendons de savoir où nous pourrons laisser le bateau quelques jours.

    Il nous tarde de faire découvrir cette belle ile tropicale et montagnarde aux enfants. Ils ont pris goût aux randonnées depuis que nous sommes partis en grand voyage, et je sens que nous allons nous régaler sur ce magnifique terrain jeu. Il y a une quinzaine d’année, Loïc et moi avions effectué le tour des cirques de Salarie, Mafate et Cilaos à pied, en terminant par le Piton des Neiges : une randonnée de 6 jours et de 5 nuits en gite. Nous en gardons un magnifique souvenir, de paysages, de végétation variée, tropicale et montagnarde, d’une île accueillante à la  gastronomie unique, mélange de cuisines créole, chinoise, indiennes, tropicale et française.

    En mer, nous longeons des ouvrages d’art impressionnants : la nouvelle route du littoral, en construction, est posée sur des piliers ancrés dans la  mer.

    Nous arrivons pour les formalités au Port des Galets, seule  » marina  » de l’île, qui dispose par ailleurs de petits ports. L’inconvénient est que Port des Galets est isolé, et offre peu de service. Nous espérons n’y rester que le temps des formalités, qui ne peuvent se faire que demain matin.

    Le soleil se couche sur les remparts de île, et nous nous réjouissons d’une bonne nuit de sommeil au quai.

    Le lendemain, une fois les gendarmes et douaniers passés, nous appareillons pour St-Pierre, seconde ville du pays, offrant un petit port animé et touristique. Nous n’avons pas de place réservée-il n’y en a d’ailleurs pas pour les catamarans comme le notre, mais nous voulons tout de même tenter notre chance. Nous savons que l’un des catas qui y réside à l’année, Moukataï est à l’île Maurice, (nous y avions rencontré ses propriétaires à Grand Baie, Nicole et Jean-Louis) et pensons lui emprunter sa place….. Alors, HOP, une Bourbon bien fraiche à midi, et nous appareillons, sans avoir encore mis pied à terre.

    La côte défile, changeante, les ponts, tunnels  et viaducs sont impressionnants pas leur variété et leur quantité! Nous longeons St-Paul, Boucan-Canot,où nous retrouvons sans peine la maison où habitaient nos amis Philippe et Valérie lors de leurs séjour de 3 ans à la Réunion. A l’époque,  ils avaient accès à la plage et à un chouette spot de surf.

    Plus loin, la petite ville balnéaire de St-Gilles,

    Depuis, la « crise requin » est passée par là, et les plages non protégées par un lagon sont désertes. Certains spots de surf restent tout de même fréquentés, mais l’île se tourne résolument vers la terre et les montagnes.

    A juste titre ailleurs, car ses terres sont fascinantes, d’une grande diversité, et accessibles à tous les niveaux : balades familiales, randonnées de plusieurs jours avec nuits en gite, crapahute sportive au volcan, trail et ultra-trail avec le Grand Raid (plus connu sous le nom de Diagonale des Fous ).

    Sous le pont, l’opération « otage de fils est en cours ». Rappelez-vous, dans l’épisode 1-Mascareignes, Anna s’ouvrait le menton à Grand Baie! Anna a préféré que cela soit maman qui les retire (pour moi c’est une première!), plutôt que d’attendre ce soir de voir une infirmière. Opération laborieuse, car il y a de l’appréhension de part et d’autre-Heureusement que j’ai pu réviser mon tutoriel YOUTUBE! 8 fils à enlever, plein de croute, ca n’est pas si facile que ça, d’autant qu’il y a un peu de houle. Mais  Anna est bien courageuse, se tient tranquille, et Laetitia, sa marraine, coache, rassure, et lui tient les mains. En 20 mn c’est fini, voilà un menton tout neuf, qui va pouvoir aller barboter dans l’eau du lagon.

    Une vraie cicatrice de piratesse!

    Les filles se relaxent à l’avant : séance de manucure-pédicure : nos pieds le méritent bien d’autant qu’ils vont souffrir très bientôt dans les chaussures de randonnées!

    Plus loin sur la côte, les vestiges de coulées de lave anciennes déversées dans la mer, créant des « souffleurs », trous par lesquels  s’engouffre la houle qui vaporise et canalise l’eau en hauteur.

    Puis l’étang du Gol, et ses plages de sable noir.

    Nous arrivons enfin en vue de St-Pierre.

    Arnaud est ému : c’est ici qu’il a vécu une partie de son enfance, sur les hauteurs de St-Pierre, à la ville du Tampon. C’est la première fois qu’il revient à la Réunion depuis, l’occasion de vacances en forme de « pèlerinage ».

    St-Pierre, avec sa plage, très fréquentée en ce beau dimanche,

    son minaret, sa pagode chinoise, ses églises

    ce qui augure de la diversité des cultures réunionnaises.

    Quelques surfeurs sont à l’eau, bravant les interdits préfectoraux.

    Une vedette SNSM nous salue : elle quitte le Port où se déroule les festivités des 50 ans de la station de sauvetage.

    Nous nous faufilons dans le port, la passe est étroite, mais aisément praticable aujourd’hui : par plus de 2m de houle, s’abstenir! Nous prenons la place de Moukataï, et descendons à terre fêter notre arrivée.Chaque arrivée est un plaisir, celui de la découverte d’un nouveau lieu, vierge d’habitudes : ce sont des sensations d’autant plus délicieuses à savourer que ça n’arrive qu’une fois!.

    C’est dimanche, il y a du monde sur la plage de St-Pierre.

    La fête de la SNSM est terminée.

    Un nouveau bas à cocktail a ouvert il y a quelques jours, sur un ponton flottant : allons l’essayer!

    Le lendemain matin, Arnaud a fait le tour les boulangerie et vous rapporte ce qu’il y a de meilleur!

    Puis les amoureux partent pour une virée de 48h : d’abord au  Tampon  : Il y retrouve son ancienne maison,son école, son collège!

    Puis ils partent direction Grand Bassin, pour 24h de plein air : on atteint le lac et ses cascades en descendant au fond d’une vallée très encaissée. En 2h de marche, les voilà « dans les hauts » de la Réunion, isolés, et dormant chez l’habitant. Au réveil, le village est charmant, très fleuri, et la cascade ruisselante toujours aussi pleine de charme. Les habitants sont ravitaillés par les airs, ou par une tyrolienne qui livre les courses.

    La remontée, très raide de 2h est éprouvante, mais ca valait le détour!

    Ensuite, ils ont prévu 3 jours de randonnées dans le cirque de Mafate. Nous les rejoindrons pour 24h à Cilaos, leur point de départ.

    Entre temps, nous avons exploré rapidement St-Pierre, abattu un peu d’école, rangé et nettoyé Moby, loué une voiture pour 10 jours, préparé les sacs à dos, fait quelques courses pour compléter notre équipement de randonnée au Décathlon de St-Pierre, et c’est parti!

    Nous rejoignons ce soir Arnaud et Laetitia à Cilaos, village d’altitude perché à plus de 1200m dans le cirque éponyme,

    La route de Cilaos, dite « aux 400 virages » (pour 32km) est une vraie route de montagne, escarpée, étroite, sinueuse que je négocie parfois péniblement avec la pesante berline manuelle et sous-motorisée  que j’ai pu trouver à louer-  en pleines vacances scolaires, c’était la pénurie. Alors je compose et grimpe l’essentiel en première!

    Nous retrouvons nos amis avec plaisir et passons une soirée fort dépaysante à l’hôtel des Neiges de Cilaos, dans des chambres lambrissées, couettes chaudes, ambiance montagnarde garantie, avec feu de bois et rhum arrangé. En 2 heures de route, nous sommes transportés des langueurs du littoral tropical dans un autre monde, celui de la haute montagne.

    Le matin, après un vrai petit dèj d’hôtel bien roboratif, nous nous scindons en 2 groupes : Arnaud, Laeti, Loïc, Arthur et Victor partent les premiers, et traversent Cilaos pour rallier le col du Taïbit, une marche ambitieuse de 7h. Anna et moi les rejoindrons d’ici 2-3h un peu plus haut  en passant par la route. Nous profitons de la piscine de l’hôtel et flanons dans le village. Ils verrons une belle cascade à Bras-Rouge.

    Nous les rejoignons à Ilet Bleu, et c’est parti pour l’ascension du Taïbit!

    Nous faisons un premier stop à îlet des Salazes, près d‘une charmante tisanerie. Un petit cheminement à travers les plantes explique leurs cultures. Nous pic-niquons,
    nous abreuvons,

    observons un petit Tenrec

    et repartons vers les hauts! Le chemin est très fleuri, et tapissé de fraises des bois. Nous traversons une allée de Tamarins de hauts, ces arbres endémiques de la Réunion, souvent vêtus de lichens,et à l’acore si spécifique : spongieuse et molle, un peu comme du liège.

    Voilà Cilaos au fond!

    le paysage change, arbres nus et lichens donnent un air lugubre aux lieux…

    Les garçons ont pris de l’avance, et sont déjà en haut, après 5 heures de marche, bravo!

    Anna peine un peu plus bas, nous faisons demi-tour à 20mn du but : il est déjà 15h, les nuages ont gagné les hauts, la nuit tombe dans 3h, et il nous faudra au moins 2h pour redescendre jusqu’à la voiture. Je pense aussi à l’heure de route en voiture jusqu’au littoral, et mes 400 virages que je préfèrerais négocier de jour.

    Pendant que nous rebroussons chemin, Arnaud et Laeti  franchissent le col du Taïbit et descendent vers Mafate, direction le village de  Marla qu’ils atteindront dans une heure. Ils vont rester encore 48h dans ce havre de pays qu’est le cirque de Mafate, accessible seulement à pied, 6h de marche au minimum…. Le beau temps les cueille le lendemain et leur permet d’explorer le cirque sous son meilleur jour.

    Les cascades et chutes des 3 ruches, près de la Rivière des galets.

    Puis le village de La Nouvelle,

    De retour au port de St-Pierre, nous explorons le littoral   : la plage, est très fréquentée, même en semaine, comme ce matin avec les collégiens qui prennent un cours de natation. La plage est  bordée un sentier piéton fort agréable, ombragé,

    et semé de nombreuses petites chopes où l’on mange bien pour pas très cher : ce que l’on préfère, ce sont les dim-sum, ces bevapeurs chinois au porc ou au poulet.

    Et en dessert, le merveilleux glacier italien Amarino propose ces créations en forme de fleurs, aux sorbets d’une intensité, hmmmm.

    Dans l’après-midi, nous  faisons route vers St-Joseph à l’Est, et remontons le lit de la Rivière Langevin, cours d’eau connu pour ses cascades, et fréquenté par les amateurs de canyoning : finalement nous arrêtons à Grand galet, plutôt qu’à Trou Noir, tout aussi joli mais plus facile d’accès. Peu tentés par la baignade, car elle est très fraiche, nous passons quelques minutes à savourer le cadre enchanteur, nous explorons les berges, les enfants lancent des feuilles et suivent leur parcours dans les chutes.

    Ce soir, tout le monde savoure notre création dessert «   trilogie des mascareignes » :

    un volcan de chantilly d’Ysigny à la vanille de Madagascar, saupoudré de muscovado brun de l’île Maurice, et agrémenté de fraise de la Réunion.

    Ce soir,  Arnaud et Laetitia passent la nuit à la Nouvelle dans un ravissant gite en peine nature, cernés par les chèvres, et repartent le lendemain matin par où ils sont arrivés, via le col du Taïbit puis Cilaos. En chemin, ils quittent La Nouvelle sous un ciel toujours aussi bleu, et empruntent le sentier de la la plaine des tamarins, tellement emblématique de la Réunion et font un détour par la passerelle Ethève pour se rafraîchir.

    En nous réveillant ce matin sur Moby, nous avions le même ciel bien bleu, parfaitement dégagé, avec une vue imprenable sur les remparts du Dimitile et le Piton des Neiges.

    L’école a repris ce matin sur Moby, intensément, mais pour une courte durée, car demain c’est le grand jour, nous marchons au volcan.

    Le Piton de la Fournaise est un des volcans les plus actifs de la planète, il « éructe » 3 à 4 fois par ans, de la lave uniquement, effusive, fluide, et donc sans danger.

    Il faut se lever très tôt pour être sûr d’avoir une belle vue, et pour gagner du temps, nous dormons dans les hauts, à la Plaine des Caffres, rejoints par Arnaud et Laetitia qui ont quitté Cilaos en début d’après-midi .

    Nos chalets de bois surplombent un haras, le cadre est bucolique à souhait,

    et les grillades de viande locale proposées par le chef délicieuses.

    Au coucher du soleil, la lune fait son apparition, elle est pleine ce soir, et nous accompagnera demain matin, car le réveil sera matinal…..

    le réveil sonne à 4h45; à 5h30 nous sommes en route, c’est parti pour la plaine des sables… Incroyable, il fait déjà jour!

    à 6h, nous sommes arrivés à la plaine des sables, l’antichambre du Volcan.Le paysage est lunaire; c’est vraiment spectaculaire.

    Nous en profitons pour faire un rapide stop petit-dèj; et c’est reparti pour 30mn de route en lacet et de grandes étendues de sable noir.

    à 6h30, nous sommes au parking du pas de Bellecombe, qui surplombe du haut de ses remparts de 150m,  l’enclos Fouqué, nom de la caldeira en forme de fer à cheval que nous observons.

    Nous partons pour le cratère Dolomieu, une randonnée de 6 heures, 11km et « seulement « 530m de dénivelé, mais sur un terrain particulièrement difficile de lave, scories, fissures, qui mettront nos genoux et chevilles à rude épreuve.

    La marche commence par une descente de150m en escalier le long des remparts de l’enclos Fouqué.

    en face de nous, le cratère Dolomieu, qui culmine à 2522m.

    et en contrebas, le Formica Léo, un petit cone strombolien de couleur ocre.

    Nous voilà debout sur le formica Léo!Pas facile car ses pentes sont composées de ratons, de la lave en scories.

    Mais nous n’en sommes qu’au début de la marche.

    Nous observons de la lave « cordée »

    Puis nous arrivons à la Chapelle Rosemont, sort de grotte naturelle formée lors d’un dégazage

    Délicate attention, un message gravé en créole dans la pierre : « c’est fait pour prier, pas pour pisser »

    Nous sommes en effet stupéfaits de voir le nombre de morceaux de papier par terre, tout au long de la rando, de marcheurs qui laissent leurs déchets derrière eux.

    De la lave en graton

    Nous observons émerveillés toutes sortes de laves aux couleurs, textures toutes différentes.

    Les nuages commencent  arriver dans l’enclos, il faut nous dépêcher.

    Nous augmentons le pas et nous séparons en 2 groupes : les plus rapides, Victor et Arnaud en tête, suivis de Loïc, Laetitia et Arthur, puis Anna et moi derrière.

    un petit tunnel de lave effondré.Et voilà, après 3 bonnes heures d’effort, nous arrivons au sommet,

    devant le cratère,

    C’est grandiose de voir ce trou vivant, de fumerolles au fond, gigantesque cone effondré, en 2007, lors de la dernière grosse éruption. A chaque évènement éruption, le paysage volcanique change : un nouveau piton se forme, un autre s’effondre une fois sa chambre magmatique vide, formant ces immenses cratères ou caldeiras. On se sent tout petit….

    C’est un bonheur simple mais intense que de comptempler un paysage gagné à la force des mollets.

    9h30, c’est l’heure de la pause déjeuner-eh oui, le petit dèj est déjà 3h30 derrière nous!

    le temps se voile, les nuages vont, viennent et disparaissent comme ils sont apparus.

    Puis soudain ca se bouche complètement,

    le temps se refroidit vite, il pleut, et nous décidons de rentrer, après avoir passé une bonne demi-heure au sommet.

    Nous y sommes après 2 heures, de retour dans l’enclos Fouqué, en bas du pas de Bellecombe.La fatigue, l’inattention me font trébucher, je chute, me rape le genou et me tors la cheville : c’est une entorse.La douleur est forte, mais sourde, je nous bénis d’avoir eu l’idée d’acheter des batons de marche; avec 2 batons, je vais pouvoir rentrer sans difficultés.

    Le café que nous prenons au refuge est savouré. Nous prenons la route  :

    •  1h à travers le paysage lunaire de la plaine des sables,et du cratère Commerson, 
    • puis encore une heure de petite route pour descendre jusqu’au littoral. A l’arrière, tout le monde dort, heureux de sa journée. Nous avons été gâtés par le temps, qui nous a permis de marcher sous le soleil les 3/4 du temps, et de profiter de la vue au sommet.

    Arnaud et Laetitia repartent demain pour la France.

    Nicole et Jean-Louis, du catamaran Moukataï viennent saluer Arnaud, qu’ils ont connu enfant, à la Réunion, car ils étaient amis avec les parents d’Arnaud : que le monde est petit!

    Comme beaucoup de réunionnais en ce dimanche midi ensoleillé, nous déjeunons de bouchons, piments farcis, samoussas….. et partons à la plage faire un petit snorkeling et nous dorer au soleil. Après quelques journées de marche intense, c’est bien mérité!

    Nous amenons Arnaud et Laetitia au car qui les emportera vers St-Denis, l’aéroport : ils s’envolent pour Paris ce soir.

    Ils vont nous manquer!

    Mais notre séjours réunionnais ne s’arrête pas là. Nous sommes en attente d’une bonne fenêtre météo qui nous permettra de traverser le reste de l’Océan indien jusqu’en Afrique du sud. Les quelques jours à venir ne présentent pas de bonne opportunité, mais nous sommes très contents de prolonger notre séjour. Nous sommes bien installés à St-Pierre, continuons à profiter de la ville

    l’hôtel de ville
    le parc de l’hôtel de ville
    case créole
    les jeux de plage

    et de la gastronomie locale : je copie la recette du thon au combava, goûté à Cilaos, accompagné d’achards, dont j’ai fait une grande provision!

    • Citron confit/piment,
    • ti-jac, ananas/piment,
    • légumes variés,
    • piment vert/combava,
    • mangue/piment rouge

    Nous avons encore quelque envies de randonnées. Le piton des Neiges semble fastidieux pour les enfants, et nécessiterait une nuit en refuge. Nous opterons pour une autre marche, un petit peu moins exigeante mais au point de vue encore plus spectaculaire que celui du Piton des Neiges : le Grand Bénare. C’est le second plus haut sommet de l’île après le Piton des Neiges : ce rempart surplombe d’un côté le Cirque de Cilaos, et de l’autre celui de Mafate, reliés par le Col du Taïbit.

    Nous scrutons la météo, car il faut impérativement une matinée sans nuage pour profiter de la vue, le long du « Grand Bord » qui surplombe Mafate, et compose les 3/4 de ce difficile parcours.

    le Grand Benare, en arrière plan

    Ca sera le mercredi 8 novembre. Nous mettons le réveil à 3h45. Nous sommes en route à 4h30, partis pour 2 bonnes heures de route…. sans embouteillage heureusement! Après un stop essence/café, encore quelques centaines de virages…. nous arrivons au Maïdo, point de départ de la marche. A 7h, nous nous mettons en marche, en 2 groupes : les garçons partent devant, direction le Grand Benare. Anna et moi qui sommes plus lentes (mon entorse ne m’empêche pas de marcher, mais je reste prudente…) n’irons pas jusqu’au sommet, mais allons profiter de la vue le long du grand bord qui est un sentier accidenté et difficile, et redescendrons par la Glacière via le chemin forestier, réputé plus facile.

    Le ciel est limpide, quelle joie, c’est une belle journée, nous ne regrettons pas de nous être levés si tôt.

    J’apprécie de marcher à notre rythme toutes les deux. Nous commençons par un stop p’tit dej, avec vue sur Mafate. C’est grandiose.

    On distingue parfaitement les différents ilets, ces petits villages d’altitude, posés comme des ilots dans les cirques.

    Nous savourons notre thé.

    Devant nous l’îlet de la Nouvelle, au fond, celui de Marla et la Rivière des Galets

    en contrebas, celui de Roche Plate, et à gauche Cayenne

    Un peu de lecture pour Anna

    Le village de Marla.

    Le sentier est parfois très escarpé, nous sommes prudentes et prenons notre temps : il ne s’agirait pas de se fouler la seconde cheville! Avec Anna, nous faisons des pauses de 3-4mn pas plus toutes les 20 à 30 mn : pour boire, manger un petit morceau. Plus les pauses-photo!
    Encore 1h40 jusqu’au Grand Benare,

    Nous bifurquons vers la Glacière, et rejoignons vite le sentier forestier. Nous visitons les lieux :

    des cavités ont été creusées dans la roche, pour y conserver de la glace. Cette glace formée dans les bassins proches de là étaient stockée dans ces puits, puis transportée à dos d’homme pendant 60 km! Tout cela pour que la propriétaire puisse servir des sorbets à ses invités….

    Pendant ce temps, les garçons ont fait vite, ils grimpent comme des cabris, et sont en haut du Grand Bénare!

    La vue là-haut est spectaculaire : ils sont à l’aplomb du col du Taïbit, qu’ils ont  franchi la semaine précédente.

    A gauche, le Cirque de Mafate, et à droite, celui de Cilaos.

    Ils redescendent comme nous, par la Glacière, et nous les retrouvons au parking du Maïdo vers 13h, après une marche de 6h, aux panoramas à couper le souffle.

    La récompense :  un stop au refuge du Maïdo, pour un petit café « péï » à la vanille, assorti d’un cake au géranium-une tuerie, spécialité familiale dont le patron ne voudra pas  me dévoiler la recette….

    Nous rentrons au bateau avec des kilomètres plein les gambettes et de belle images plein la tête. Arthur est super fier d’avoir gravi le second plus haut sommet de l’île, et surtout le point depuis lequel on a sans doute le plus beau panorama!

    De retour sur Moby, nous découvrons le lendemain toute une équipe de BTP au travail, qui construit des ralentisseurs sur l’esplanade du port. Cela atténuera nous l’espérons les rodéos nocturnes de voitures et de motos… Les nuits à St-Pierre sont parfois agitées, rien de très méchant, mais c’est festif, bruyant, et parfois sans-gène. En journée Moby fait un peu l’attraction : en effet très rares sont les bateaux de grand voyage à s’arrêter à St-Pierre, deux à trois par an tout au plus, alors on nous pose beaucoup de questions, on nous regarde : c’est parfois un peu déroutant de se voir interpellés, mais les échanges sont toujours sympathiques!

    C’est d’ailleurs ainsi que nous rencontrons les sympathiques Daniel et An-So, jeunes retraités réunionnais qui auront la chance de bientôt partir en transat sur le tout nouvel Outremer 51 d’un de leurs amis! Nous sympathisons, et nous rendons mutuellement service : ils nous feront du  « bateau-sitting »  lors de notre  escapade au volcan, en dormant à bord, et nous leur donnerons en échange pas mal d’infos et de conseils pour leur transat, ainsi que quelques centaines de films, livres, et BD numérisés qui leur tiendront compagnie pendant leur traversée!

    Nous rendons la voiture de location dans 2 jours, et commençons à préparer notre départ pour l’Afrique du Sud. La dernière balade sera pour nous en bord de mer, à St-Philippe, connu pour son littoral basaltique et ses sentiers de randonnée côtiers.

    Le littoral est étonnant, à la fois minérale et végétal, avec cette foret de vacoas qui a  pris racine dans la lave.

    Comme partout ailleurs, la baignade est interdite

    les coulées sur lesquelles nos marchons ont 3 siècles.

    Tout comme ces orgues basaltiques

    mais les coulées que nos allons rencontrer plus haut ont seulement 30 ans, et sont exceptionnelles!

    Tout a commencé par une éruption « classique »,  dans l’enclos du Piton de la Fournaise, à une altitude de 2000 m environ

    puis par une seconde, hors de l’enclos, altitude 1000m, donc beaucoup plus bas, au Piton Takamaka.

    Puis du jamais vu : de la lave sortant des entrailles de la terre à une altitude de 30m au-dessus de la mer seulement!

    Les coulées vont jusqu’à la mer, et coulent pendant 5 jours : la Réunion grandit de 50 ha!

    Voilà les fameuses coulées! Elles forment un fleuve de lave ; Il faut les imaginer rougeoyantes!

    La coulée forme une petite vallée. Depuis, la végétation a pris place, comme ces bébés filaos.

    cascades de lave,

    fissures,

    grottes, tunnels, la lave prend des formes très variées

    Qui saura être le plus créatifs avec ce morceau de lave triangulaire?

    Il est temps de rentrer de cette balade fort instructive. Nous avons pris beaucoup de données sur le volcanisme pendant ce séjours réunionnais. Quelle chance de pouvoir côtoyer de près un volcan aussi actif!

    Le lendemain, samedi, c’est jour de marché à St-Pierre, un des plus beaux de l’île parait-il. En effet, nous sommes éblouis de couleurs, de saveurs, d’odeurs. Herbes fraiches, tisanes, salades préparées, achards frais-qu’on appelle ici rougail, ou en conserve (ici de la papaye rapée pour des salades ou rougails) Il y a aussi tous les fruits et légumes tropicaux bien sûr, des mangues, du palmiste, mais je suis surprise de retrouver des fraises délicieuses, des artichauts, du fenouil, produits typiquement de pays tempéré.

    L’altitude à la Réunion permet tous les climats, tous les terroirs, et nous rencontrons des petits producteurs soucieux de leurs produits, le tout très bon marché étant donné la qualité.

    Ici du jus de cane fraichement pressé à la demande, un peu plus loin des rôtisseurs de porc,proposant cette spécialité sino-réunionnaise délicieuse : les sarcines, sorte de longe de porc laquée, sucrée-salé et tellement fondante.

    Ce marché est un régal des yeux et du palais!

    De retour, le plein de vitamines est fait en vue de notre prochaine traversée, qui ne devrait pas durer plus de 7 ou 8 jours.

    Le week-end se passe tranquillement sur Moby, à préparer, ranger, nettoyer, et avancer sur le programme d’école comme tous les matins.

    Les samedis et dimanches, c’est animé ici à St-Pierre! Pour le 11 Novembre, les paras font une démo de saut en parachute sur la plage.

    Puis cette charmante demoiselle enterre sa vie de jeune fille avec ses copines : elle nous a gentiment demandé de faire des photos sur notre trampoline!

    La SNSM fait une opération  « porte-ouvertes »

    Arthur à la barre du canot de sauvetage

    et assure l’entrainement de ses volontaires

    Un concours de pêche a lieu : c’est peut-être lui le gagnant, qui remorque ce très gros requin.

    Nous aurons aussi le temps de faire la rencontre de cette famille qui vit à bord de son catamaran, un Bahia 46, à St-Pierre depuis 4 ans, Greg, Morgane, et leurs 2 enfants Malo et Lou qui ont exactement l’âge d’Arthur et Anna.

    Greg et Malo

    Quelques années à terre les attendent, mais ils repartiront un jour, comme tous ceux qui ont pris le virus du voyage à la voile.

    Bye-bye Réunion, une très belle escale, comme toujours émaillée de rencontres, et qui compte parmi celles que nous reviendrons visiter un jour, par la mer ou par les airs.

    La Réunion, Maurice, St-Brandon : ces perles des Mascareignes nous ont offert un séjour de 2 mois d’une incroyable diversité, de cultures, de paysages, de saveurs. Nous aurions aussi aimé faitre escale à Rodriques, la plus créole de toutes les îles des Mascareignes, que nous connaissons bien pour y avoir séjourné plusieurs fois. Une prochaine fois ;-).

  • Escale aux Mascareignes / 2 : Saint-Brandon

    Escale aux Mascareignes / 2 : Saint-Brandon

    St-Brandon fait rêver beaucoup de Mauriciens :

    la plage de Chaloupe

    des plages de carte postale, un archipel d’îlots poissonneux distant de 240NM de l’île Maurice. Mais les vents sont rarement portant, au mieux travers à l’aller comme au retour, et bien souvent contre le vent et le courant, rendant les traversées souvent inconfortables. Si bien que les récits de traversées mouvementées sont nombreux, et que beaucoup se découragent d’ affronter l’Océan Indien hors des lagons protégés.

    L’avantage est que la destination est encore très préservée, la pêche y est très bonne, et les plages désertes. Les amateurs de kitesurf, de pêche et de plongée se régalent….

    Arnaud et Laetitia

    C’est le cas de nos amis Arnaud et Laetitia, que nous avons embarqués avec nous à Maurice.
    Quand Arnaud habitait, enfant à l’île de la Réunion, il entendait son père, son frère, et leurs amis vanter St-Brandon, sans jamais avoir pu faire partie de l’équipage. Alors voilà, Arnaud, pour tes 50 ans, nous t’emmenons à St-Brandon!

    Je suis tout autant emballée, et pour les mêmes raisons : Loïc a pu y aller à deux reprises avec notre ancien voilier, Nomade, et je n’ai jamais pu faire partie du voyage non plus. Alors merci Loïc, de m’emmener découvrir ce petit paradis.

    Bénédicte et Loïc

    Avec Moby, nous avalons facilement les 240NM de trajet, et jetons l’ancre devant l’ilot Coco à 19h, après avoir quitté Port Louis à 15h la veille.

    Arnaud et Laeti prennent leurs marques sur Moby : nous avons la chance d’avoir à bord des amis qui naviguent beaucoup en Bretagne sur leur Fist 31.7. Le compteur sur Moby annonce 30 000 NM de puis notre départ de La Grande Motte il y a 20 mois. 

    Nous ne sommes pas seuls : outre les pêcheurs de Raphaël Fishing, il y a un autre catamaran,Cheers, qui repart le lendemain.

    Ca n’est donc pas la foule à St-Brandon, et pourtant, nous sommes en pleine saison. Les mi-saisons sont en effet les meilleurs périodes : l’été reste toujours périlleux avec les dépressions tropicales et cyclones, l’hiver a l’inconvénient d’offrir un alizé souvent très musclé et une mer grosse, rendant pénibles les traversées. Octobre/novembre et avril/mai sont donc les 2 meilleurs fenêtres.

    Pendant la traversée, la pêche a été très active, mais pas fructueuse : nous aurons de nombreuses touches, et ferrons une bonite et une superbe dorade, qui toutes deux se décrocheront à la remontée à bord. Le poisson a sa chance, et c’est aussi bien comme ça! Il faut dire que nous n’avons pas de véritable gaffe à bord, un objet à rajouter sans doute sur la liste de courses, qui élèverait grandement notre rendement.

    Au petit matin, nous savourons le premier petit dèj,

    et découvrons le paysage.

    Impatients, Arnaud et Loïc partent très vite chercher des langoustes, la valeur sûre de St-Brandon! En 2 heures de pêche ils nous rapportent 7 ou 8 jolis spécimens.La technique du bord pour les conserver sans prendre trop de place dans le frigo, c’est de les ébouillanter une minute, puis de les décortiquer : ensuite, il est facile de les cuisiner : poêlés, en carpaccio, en salade, en sauce, en cari….

    Il nous tarde de descendre à terre

    : la plage est sublime, le sable a l’air très fin, et le spot super pour le kite. Après la séance de pêche du matin, les 2h d’école réglementaires, et un rapide picnic, nous descendons gréer le matos
    : nous aurons à l’eau en permanence 2 kites et 1 windsurf, à partager entre 4 adultes et un ado!

    Ca tombe bien, tout le monde est polyvalent : windsurf, kitesurf , twin-tip ou directionnelle … Seul Victor n’est pas encore autonome en kitesurf, et préfère se consacrer à ses progrès en planche. 

    Anna na pas le droit de se baigner, la pauvre, avant d’avoir ôté les fils de sa suture d’ici  8 jours. 

    Arthur court après Arnaud le long de la plage… qui est le plus rapide?

    Tout le monde se régale sur l’eau :

    Arnaud en Kite, et moi en planche
    Loïc emmène Arthur faire un tour 
    Loïc
    Laetitia prend le relai d’Arnaud

    Après 2 bonnes heures de nav, nous laissons les garçons sur l’eau et partons entre filles explorer Coco : 

     

    Nous découvrons de très beaux oiseaux blancs, les fameuses goëlettes blanches de St-Brandon

    (White stern en anglais, ou Gygis Alba) qui nichent dans les arbustes, essentiellement des veloutiers.C’est d’ailleurs la pleine période de nidification aussi somme-nous attentifs à ne pas déranger leurs nids et leurs oisillons. 

    Impossible de se lasser de leur vol si particulier, vif, agile, mais aussi souvent stationnaire. 

    Aux deux extrémités de l’île, des bancs de sable

    et de l’autre côté,

    nous découvrons des sternes grises, elles aussi en pleine couvaison de leurs oisillons. 

    Le matin Loïc emmène nos amis pêcher et plonger pendant que je fais travailler les enfants : pas question de prendre trop de retard sur le programme si nous voulons prendre des vacances à Noël. 2/3h d’école par jour c’est peu, mais en s’y tenant 7j/7j, sans vacances ni week-end, c’est un rythme qui nous convient bien à tous, élèves et parents/professeurs : c’est rythmé, régulier, et cela nous laisse du temps pour partager de nombreuses activités en famille.

    la pêche du jour

    L’après-midi ressemble à celui de la veille :  déchargement sur la plage des planche, kitesurf, windsurf, rekisteurf, skim board…

    les amateurs de glisse que nous sommes tous se régalent!

    Il semble aussi que la qualité du sable soit au TOP pour les boules et les chateaux de sable

    Ce soir

    c’est cari de langouste! fameux!

    Les journées se suivent et se ressemblent un peu…à la variante près que à J+3, personne n’ira chercher de langouste, nous en mangeons depuis 2 jours, il est temps de faire un break!

    Nous avons un nouveau voisin : Dominic est arrivé la veille avec son fils et 2 amis, pour kitesurfer et, pêcher.

    Ce matin, deux tortues nous régalent d’un ballet : sans doute une parade nuptiale, un accouplement, car elles se tournent autour de puis quelques minutes.

    Arnaud, Loïc et Laeti partent faire un petit coup de traine dans le lagon 

    Puis nous continuons à nous régaler des sports de glisse

    Laetitia

    Arnaud  lance quelques sauts . 

    Arnaud et Laeti ont plaisir à naviguer côte à côte. 

    Et nous aussi!

    Loïc en kitesurf, et moi en planche
    Loïc
    Bénédicte

    L’eau est glassy près de la plage, le vent parfaitement orienté, c’est un régal de glisse!

    Arthur en skim

     Quelle journée! Quelle famille heureuse!

    Tôt le lendemain matin, nous changeons de mouillage, pour aller au nord  de l’archipel à l’île Tortue.

    Nous passons devant l’île Rafaël,

    siège des garde-côte et base de pêcheurs de Raphaël Fishing. Nous nous serions bien arrêtés pour rendre visite aux « habitants », mais le mouillage est agité, et les fonds peu engageants, bourrés de corail.

    Les garde-côtes nous contactent par VHF pour vérifier notre permis de séjour, bien en règle :Nous en avons fait la demande à Port-Louis au tout début de notre séjour mauricien. Il faut se rendre sur place, au bureau de l’OIDC :  Outer Island Developpment Company, faire une demande, s’acquitter des droits de passage (5 000 RS par personne, à payer cash). La réponse, positive, est arrivée 10 jours plus tard.

    Il se dit que seules 200 autorisations par an sont données aux non-mauriciens. Pour les mauriciens, l’accès y est libre.

    L’îlot Tortue! Nous y sommes : 2 aller-retour en annexe pour amener planches et gréements à terre.

    Le spot est encore plus sauvage que Cocos : un seul petit ilot de sable, une végétation très rase, pas un seul arbre, et des milliers d’oiseaux.

    L’îlot est au milieu d’un lagon, entouré de récifs,

    prolongé par une autre virgule de sable

    Le cadre est idyllique, nous sommes le seul bateau à l’horizon, et ne côtoyons plus que des sternes. Les enfants nous réclamaient un feu de camp depuis longtemps, je crois que nous avons le spot idéal!

    Nous partons récolter du bois pour le feu de ce soir. Le menu est déjà en tête : brochette de poissons. Nous avons en effet ramené un « Tuna Macquerel » , sorte de bonite allongée; Sa chair n’est pas très prisée, mais j’ai des recettes de marinades qui conviennent bien :

    • marinade méditerranéenne : jus de citron + ail + huile d’olive + herbes de provence (idéalement thym et romarin frais)
    • marinade asiatique  : sauce soja + ail + gingembre+ huile d’olive
    • marinade sucré-salé : sauce soja + moutarde + miel + ail

    J’avais mis au point ces marinades lors de nos période de faste pêche à Maurice au début du siècle. Car si nous pêchions beaucoup de poissons à chair fine (thon « yellow fin » , thon dent de chien, daurade coryphène), nous ramenions aussi pas mal de bonites et de carangues dont les chairs gagnent à être accommodées. Dans la pratique, pour les petits frigos des bateaux : préparer la marinade directement dans un sac congélation zippé, y mettre les filets de poissons coupés dans la longueur tels des aiguillettes de volaille, puis fermer le tout sous vide, et mettre au frais dans le bac à légumes. Quelques heures plus tard, ne reste qu’à les enfiler, sur la plage, sur des piques à brochette.

    Là aussi les oiseaux couvent,

    Si les sternes grises font des nids, les blanches se contentent de poser leur oeuf entre 2 branches. Les petits se cramponnent à la naissance.

    Le paysage appelle à la méditation.

    Et au kite surf!Le spot est parfait : le vent n’est pas arrêté par le banc de sable étroit de la plage, et la mer est lisse sous nos pieds

    Victor et Laeti se relaient avec la planche

    Victor
    Laetitia

    Arthur  a trouvé un super spot de skimboard

    Il n’a pas peur des chutes!

    Et c’est comme ca qu’on progresse!

    Loïc et Arnaud partent faire le tour de l’îlot, et se retrouvent à naviguer dans une nuée d’oiseaux

    Le vent baisse, et devient un peu léger pour les garçons Pendant qu’ils font la pause, c’est donc à notre tour, Laeti et moi d’aller sur l’eau!

    Laetitia
    Laetitia

    Cela faisait 6 ans que je n’avais pas fait de kitesurf : idem pour Laetitia, qui reprend après quelques années d’interruption. La bonne nouvelle c’est que ca ne s’oublie pas, c’est comme le vélo!

    Le plaisir de glisse est jubilatoire! Le cadre est grandiose, je mesure ma chance d’évoluer sur l’eau et dans les airs dans un tel environnement.

    Give me 5! Pendent ce temps, les enfants préparent notre camp pour le soir : collecte du bois, décoration, installation de sièges,

    sous les yeux des sternes qui rapportent à manger à leurs petits

    Les petits attendent sagement….. Et d’autres parents couvent

    En fin de journée, nous partons faire le tour l’île.

    Tous ces plastique et ces déchets, c’est bien triste; c’est le sort de tous les îlots isolés que nous visitons.

    à 18h, fin de journée, la bière est bien méritée après cet après-midi de glisse, le feu ronronne,les enfants sont comblés, 

    et à 19h, les brochettes sont délicatement dorées

    Le lendemain, Arnaud installe la gopro sur le casque, pour faire quelques films.

    Loïc sort aussi son drone .

    C’est de nouveau parti pour une journée de glisse. Nous sommes gâtés par la météo depuis quelques jours : du vent, et du soleil.

    Première session du matin pour Arnaud et Laerti : croisement réussi!

    Victor prend sa pause-récré entre 2 évaluations du CNED.

    Pour changer du poisson, ce midi, ca sera salade d’ourites, et ce soir, cari de langouste! Je m’inspire pour cela du légendaire ragout de homard de l’île de Sein, dont le café «Chez Brigitte » garde jalousement la recette ancestrale. Ici, je le prépare à ma manière : des darnes de langoustes, pas trop cuites, mais surtout une merveilleuse sauce épicée, aux saveurs iodées de retour des Indes, teintée d’aromates européens, qui nappent des pommes de terres fondantes. Car au final, le meilleur dans le cari de langouste, c’est la sauce!

    En fin de matinée, nous prenons la mer direction Coco où nous dormirons, avant de remonter le lendemain matin sur Chaloupe, distante de quelques milles seulement.

    Pas question de rentrer de nuit à Chaloupe, de plus avec la houle actuelle.

    Tôt le matin, nous rebroussons chemin, direction Chaloupe, célèbre pour la douceur de son sable. C’est un pur ilot de sable étincelant 

    et d’une finesse telle qu’on s’y enfonce jusqu’à la cheville!
    Nous n’aurions pas voulu manquer cette expérience.

     

    Du sable, presque à perte de vue!

    Difficile de courir en effet!

    Sur ce sable blanc, le turquoise est grand gagnant.

    On y trouve tout : un bloc de corail, mais aussi des déchets échoués, que les oiseaux utilisent pour fair leur nid, protéger leurs petits, sur un ilot exempt de végétation.

    Un petit rafraîchissement s’impose. 1, 2, 3, GO!

    PLOUF!Les enfants s’amusent de la texture du sable

    Anna s’accommode toujours de son pansement étanche qui lui permet non pas de se baigner, mais au moins d’éviter le sable et les embruns qui entacheraient le processus de cicatrisation.

    Est-ce un masque maori? De la calligraphie japonaise? ou un tigre stylisé?

    devinette…

    Tout simplement l’ombre du drone et des vaguelettes dans quelques centimètres d’eau.

    La houle est toujours forte, et ne nous permet pas de dormir à Chaloupe. Dominic, qui a dormi là hier soir, fait le meme constat et quitte les lieux pour se mettre à l’abri plus au fond du lagon.

    En sortant par la passe, Victor repère une magnifique vague, qu’il se verrait bien surfer.

    Bye-byre Chaloupe!

    Nous mettons cap sur l’île du Sud, que nous n’avons pas encore explorée.C’est là que 2 campements assez sommaires ont été construits il y a quelques années pour accueillir pêcheurs à la mouche, amoureux de la nature ou ornithologues.

    A terre, nous croisons les 3 garde-côtes installés là pour 4 mois, quelques pêcheurs, et remontons cette allée incongrue : l’artère principale de l’île qui la coupe en 2.
    Finalement, nous décidons d’appareiller le soir-même, après dîner, car nous avons 360NM à parcourir pour rallier la Réunion, notre prochaine étape.
    Des calmes sont attendus dans les jours qui viennent, suivis de forts vents de Sud-est, ce qui  nous fait avancer notre départ de 24H.

    une intrigante et grosse épave en plein lagon à l’île du Sud

    Nous avons tous fait le plein de turquoise, de bruits d’oiseaux, de nature sauvage, de sensations de glisse, de sable nacré, de langouste, et d’isolement. La Réunion nous attire aussi beaucoup, il nous tarde d’aller randonner dans ses forêt tropicales d’altitude.

    Cela nous prend à peine une petite heure de préparer Moby : ranger le matos de glisse de la semaine, remonter l’annexe, préparer les voiles, mettre un peu d’ordre à l’intérieur, fermer les capots, descendre la table du cockpit en tatami, préparer un repas rapide.

    Ce sont les filles qui prennent le premier quart de nuit : quand on est 4 adultes, quel confort de se partager la nuit en 4 et non en 2!

    A très vite pour la suite!

  • Escale aux Mascareignes /1 : l’île Maurice

    Escale aux Mascareignes /1 : l’île Maurice

    L’île Maurice est une escale chère à notre coeur, nous y avons vécu près de 11 ans en famille et Loïc 4 ans de plus. Victor y est né. Nous avons habité aux quatre coins de l’île : Grand Gaube et Grand baie au Nord, à Poste Lafayette dans l’Est, Tamarin dans le sud pour Loïc; nous y avons des amis, des souvenirs, et y avons été très heureux.

    Alors quand à l’aube de ce matin de septembre, nous apercevons sur l’horizon les îlots du Nord de Maurice, l’émotion nous tient. Ce furent tout d’abord l’île Ronde (qui n’est pas ronde mais qui a des boas!) et l’île aux Serpents (où il n’y a pas de serpent…), que nous avons souvent longées lors de nos parties de pêche. Puis l’île Plate (qui est loin d’être plate!!) et le plus discret îlot Grabriel, qui accueillent sur leur plages des centaines de touristes chaque jour. Enfin le si picturesque Coin de Mire, où nous sommes si souvent allés faire du snorkeling, se dessinent à l’horizon.

    Bientôt, ce sont les crêtes dentelées de l’île Maurice qui se dessinent, et la côte, que nous abordons par le nord. A l’approche de Cap Malheureux, un bateau vient à notre rencontre : c’est Tobago, notre ancien bateau à moteur dont Yann et Elodie sont les heureux propriétaire depuis plus de 10 ans  ! Les larmes pointent au coin de mes yeux, mes copines Elo, Val et Valérie ont fait plusieurs milles en mer à 7h du matin pour venir à notre rencontre! Chapeau les filles. Nous sommes toutes les 4 hilares, quel accueil! Une arrivée par la mer ne peut se comparer à aucune autre : le temps se dilue, s’étire, l’arrivée se savoure, les paysages ne défilent pas mais s’affinent de minutes en minutes, c’est un bonheur lent et intense. Et cette arrivée à l’île Maurice aura une saveur pour nous inoubliable.

    La côte, découpée se dessine de mieux en mieux dans le ciel, j’avais oublié combien cette île est photogénique, avec ses lagons, sa côte et ses montagnes si escarpées en arrière plan.
    Nous préparons le bateau tout en nous délectant du paysage.

    L’arrivée  à Port-Louis est moins glamour, avec ces innombrables bateaux de pêche chinois.Maurice a en effet bradé des droits de pêches aux chinois, qui sur-pêchent en toute légalité les eaux mauriciennes, sans que le pays en récolte beaucoup d’avantages.

    Nous longeons le terminal sucrier,

    puis le CNOI, chantier de notre copain Franck.  Nous apercevons la Curieuse à quai que les TAAF affrètent la moitié de l’année pour ravitailler Les Kerguelen, et qui le reste du temps emmène des passagers à St-Brandon ou ailleurs…

    un peu plus loin, un méga-yacht attire notre attention.

    C’est un sloop, et son mat est immense!

    Il s’agit d’Anatta, que nous avons vu dans le magazine Yachting Wold!

    La silhouette de Port-Louis n’a pas changé d’un pouce.

     

    Les centres commerciaux du Caudan et de l’Astrolabe en premier plan, le silo toujours aussi magnifiquement décrépi, les buildings au fond et les collines pelées par l’érosion en arrière plan

    Nous faisons nos formalités au quai de la douane, puis irons passer 48h à quai, au Caudan.
    Nous hissons fièrement notre drapeau mauricien!

    Sans être une marina, (il n’y a pratiquement aucun service…), c’est tout de même un endroit très sympa pour prendre la mesure de cette île aux multiples facettes.

    la rue du Caudan

    Le food court du Caudan offre la grande variété des cuisines mauriciennes : grillades créoles, mines frites, thali indiens, dim-sum chinois, patisseries françaises, smoothies de fruits frais tropicaux….

    dim-sum en bouillon

    Puis derrière la route, c’est le centre ville, où l’on trouve encore une autre variété de street food : les faratas et rotis  (petites crêpes indiennes fourrées au cari), les lassis, les samoussas….  Nous ne prendrons pas le temps de flâner dans Port Louis cette fois-ci, mais la cité administrative mérite qu’on s’y balade quelques heures :  le jardin de la Compagnie, l’ambiance animées de son marché aux légumes, aux poissons et à l’artisanat, le front de mer entre le Caudan et l’Astrolabe, son petit musée d’histoire naturelle, le palais présidentiel, le vieux théâtre…

    Le soir même, les copains débarquent avec le kit parfait de l’apéro dinatoire! La marmaille est là au grand complet, et Victor retrouve ses copains d’enfance, avec qui nous avons gardé contact au long des années.Hugo, Victor, Ethan et Paul se connaissent depuis le jardin d’enfants, quand ils avaient à peine 2 ans, et les voilà ados, toujours complices!

    Anna se fait une nouvelle copine avec la petite soeur d’Hugo, elle deviendront inséparables pendant ce séjour d’un mois!

    Merci les copines d’avoir organisé ce bon moment de retrouvailles. 

    Le lendemain, c’est la rentrée officielle sur Moby! Nous avons récupéré hier les cours du CNED de Victor, et les manuels de français et de maths d’Anna et Arthur.

    Anna est en CP cette année, et commence à déchiffrer les sons simples.

    Après quelques courses en ville, nous mettons le cap sur Grand Baie, le mouillage incontournable de l’île Maurice, où se trouve aussi le « Grand Bay Yacht Club-GBYC », qui vient de fêter ses 75 ans . Mais ce que nous cherchons des yeux en arrivant c’est « Nomade », notre ancien voilier, que nous avions acheté en Thaïlande et convoyé tous les deux à Maurice en 2005. Séquence émotions, le « Copain d’abord », ancêtre des « Lévrier de mer » n’a pas pris une ride,

    et sa peinture de coque, d’un gris silver est toujours aussi brillante 12 ans plus tard! A quelques encablures de là, sur la côte, notre ancienne maison, où nous avons vécu 3 ans.

    Ce soir, nous mouillerons devant le GBYC, et nous replongerons avec plaisir dans notre vie mauricienne. Pipo, le commodore du GBYC, nous prépare une carte de membre temporaire : nous voilà tout fiers de hisser le drapeau officiel GBYC dont nous avons longtemps été membres.

    Hugo, l’un des copains de Victor, qui habite à 2 pas, reste dormir.

    Nous sommes conviés demain dimanche à un pic-inc à Cap Malheureux. La passe n’est pas évidente, Yann, le papa d’Hugo monte à bord pour nous guider.   Mathis et Alberto arrivent en éclaireurs

    Nous y voilà, à Cap Malheureux, village côtier célèbre par sa pittoresque église au toit rouge. C’est la même bande que vendredi soir, nous passons une super journée : dans l’eau, sur l’eau;

    à terre,

    Les enfants ont investi Moby, nous ne les verrons à peine de la journée, ils font des aller-retour en SUP ou à la nage, naviguent en laser, ou prennent les annexes ou les kayaks pour se balader. 

    En fin de journée, Nico vient nous saluer en voisin avec sa pirogue hawaïenne à voile. C’est lui  nous a initié au kitesurf en 2001, seul instructeur de l’île, à l’époque où ce sport était encore à ses tout débuts.

    Puis c’est au tour de Guillaume de venir nous voir avec sa pirogue polynésienne à rame.

    Le lendemain, direction, Bainboeuf, dans la baie d’à-côté, où nous dînons chez Stephanie et Guillaume, avec Nico et Andrea. Nous naviguons ces quelques milles à la voiles, Arthur, Victor et son copain Hugo nous suivent avec l’annexe.

    La vue sur le Coin de Mire est magique. Les belles maisons défilent, nous sommes dans les quartiers chics du nord mauricien.

    Les catamarans de charter rentrent des îles dans le soleil rasant.

    Le spot de bainboeuf est super pour le windsurf.

    Anna s’est installée sur le rouf pour me peindre ce Coin de Mire si photogénique.

    De retour à Grand Baie, nous avons la visite d’Ancheley, notre toute première employée de maison, qui est restée travailler chez nous plus de 10 ans malgré nos déménagements successifs. Elle fut surtout la nounou de Victor à Maurice, sa « nénène » come on dit ici en créole. Ancheley est visiblement très émue de revoir ce grand jeune homme. Je le suis tout autant : c’est Ancheley qui m’a appris les quelques mots de créole que je connais, à cuisiner créole, m’a accompagné dans les marchés, et s’est occupée de ma maison et de mes enfants pendant 10 ans!

    Autre visite, programmée, celle de Steph, ma copine coiffeuse à domicile : c’était pour elle une grande première de venir travailler sur un bateau!! Victor,Arthur et moi ressortons tout beaux, et Steph, même pas malade!

    La semaine est un défilé d’amis, comme ici Patrick, venu en bateau prendre un petit café à bord.

    Mais le week-end prochain, c’est une autre affaire : nous partons en navigation tandem avec un autre cata  : nous sommes  23 en tout (11 adultes et 12 enfants) sur 2 bateaux!!!

    Notre équipage arrive!

    Nous partons cap au sud vers Rivière Noire et Tamarin pour le week-end.Nous longeons la côte Ouest, sous le vent.

    La Navigation est idyllique : mer plate et alizé.

    La côte défile sous nos yeux

    Le phare d’Albion

    Nous accueillons à bord la moitié de la marmaille , en particulier les copains et copines de Victor : 7 ados de 12 à 14 ans!

    Le domaine sucrier de Médine,

    Les garçons scrutent le DCP à la recherche de poissons en surface…

    Gwenn, relax

    Loïc et Marc à la nav’

    Arrivés à Tamarin : les enfants s’interrogent : est-ce qu’il y a des vagues?!

    Gwen au pompage des SUP : tout les enfants vont sur l’eau prendre les vagues en surf, SUP, bodyboards….!

    Visite de Fred, le copain de surf de Loïc, qui vient en voisin, depuis la plage de Tamarin

    Les tortues montrent leur nez,

    le soir, les garçons dorment tous sur le tatami, dans le cockpit

    Le lendemain, cap sur le lagon du Morne,

    la marmaille
    la marmaille
    les copains

    pour un plouf en aux turquoises.

    Valérie
    Claire et Marc

    Nous naviguons de concert, bord à bord sur quelques milles, avant de  nous arrêter pour nous baigner. et faisons encore une fois le plein de copains

    les copains
    la marmaille

    Dimanche après-midi, il est temps de remonter vers le Nord, en longeant la côte Ouest toujours, direction  grand Baie.les garçons montent à bord du Catana.

    Nous avons les plus jeunes à bord de Moby : les deux Anna, Charlie et Arthur ont entre 5 et 8 ans, coachés par les plus grandes : Anaïs,  et nos deux Clara ont organisé un atelier dessin/peinture.

    Bye-Bye le Morne

    Bye-Bye Tamarin

    puis en chemin, les dauphins nous accompagnent

    Les jolies maisons défilent sur la côte,

    le phare d’Albion.La nav’ est sympa, 

    A bientôt les amis.

    Nous voilà de retour à Grand Baie!

    Mais sur un goût de trop peu, nous repartons le lendemain pour Rivière Noire et Tamarin. Voilà les paysages en chemin. 

    Nous voilà arrivés dans le sud.

    Moby au mouillage de vant la plage de tamarin

    Les lumières sont parfois à couper le souffle,

     

     

    coucher de soleil depuis la plage de Tamarin

     

    Le spot de surf de Tamarin est idéal en famille, il y en a pour tous les niveaux, et nous voulons tous en profiter tant que la houle est bonne. Je pars en SUP prendre les mousses sur la plage avec Anna, pendant que les garçons vont sur le spot de Dal. Celui de Blackstone, souvent excellent en SUP surf,  n’est pas praticable ce matin.

    sur le spot de Blackstone, pas une vague
    le spot de Blackstone vu du ciel

    Victor est rejoint par Victoria, la fille de nos amis Fred et Esmeralda. Cet après-midi, la vague sur Dal est belle mais petite, et donc fréquenté par les ados : Victor, Victoria et ses amis du collège.

    Nous restons une semaine entre Tamarin

    et Rivière Noire,

    Devant les Salines de Rivière Noire

    des escales peu fréquentées par les bateaux de passage et c’est bien dommage. Le Sud de l’île est plein d’attraits : les spots de surf, de Tamarin en particulier, les spots de kitesurf du Morne, mais surtout la nature sauvage des Gorges de Rivière noire, les rivières, cascades et forêts du sud etc…

    Pendant toute la semaine, nous recevrons à bord bord de nombreux amis et anciens collègues de Loïc tous pilotes chez Air Mauritius, en plein crise avec leur management.Alors les questions tournent autour de notre voyage bien sûr, mais aussi des rapports conflictuels entretenus entre la direction et les pilotes. François et son épouse, Christophe, mais aussi d’autres amis  :  Dominique, le frère de Christophe, que nous reverrons à St-Brandon, Jean-Jacques, J-C et Eric tous 3 kitesurfers, Jean-Luc et Catherine, amis d’amis.

    L’apéro avec Jean-Luc et Catherine
    Loïc avec Eric
    les bateaux équipés de moteurs jet de François

    Nous sommes aussi invités à terre, chez Fred et Esmeralda, chez Didier et Ingrid.

    Nous nous régalons des lumières du soir en particulier sur les montagnes de Tamarin.

    Nous profitons aussi de cette escale pour savourer nos plats préférés, comme la salade d’ourite (poulpe bouilli, découpé en petits morceaux, puis assaisonné de coriandre, gingembre et limon confit), en principe, spécialité rodrigaise.

    Une curiosité, ce semi-rigide amphibie, classe, non?

    Rivière Noire est un bon spot également, bien abrité, qui nous permet de passer de bonnes nuits à bord sur corps-mort. 

    Dominique nous propose de passer une nuit au ponton de JPH à la Balise Marina. Une infrastructure unique à Maurice. De nombreux bateaux sont amarrés devant les appartements,

    et Rivière Noire est devenue la base de nombreux catamarans de croisière, privés et Charter.

    la balise Marina vue du ciel

    Nous accueillons à bord pour le week-end Elodie, ses 3 enfants Hugo, Lola et Anna, ainsi que Paul un autre ami de Victor. Elodie est elle-même « enfant de bateau », elle a passé une année de son enfance en voyage en bateau autour de l’Atlantique avec ses parents, et comprend mieux que quiconque notre choix d’escapade.

    Nos enfants sont très heureux de recevoir des amis sur Moby. Victor part naviguer en planche dans le lagon du Morne avec Hugo et Paul, les kitesurfers Pendant ce temps Elo et moi partons explorer les rivages de l’îlot Coco.

    Le soir c’est ambiance Casino à bord : Blackjack, poker…

    Le lendemain matin, nous rentrons à Tamarin, cette petite nav’ est l’occasion de montrer à Hugo, Paul et Lola quelques manoeuvres, du matelotage, les winchs. Et au retour, les dauphins nous accueillent dans la baie : ce groupe de dauphins sédentaires est une véritable mine d’or pour l’industrie du tourisme.

    Elodie et moi partons explorer la rivière : le premier bras est assez court et ne nous permet que de remonter jusqu’au pont;

    Le second va jusqu’au Golf de Tamarina, à travers une nature encore préservée et bucolique.

    Le dimanche après-midi, la plage de Tamarin s’anime

    En fin de journée, nous avons la visite d’Olivier et Lara avec leurs enfants.

    Victor explique aux filles notre périple en particulier notre traversée du Pacifique via les iles Galapagos, Marquises, Tuamotu, iles sous le vent etc…. J’avait réalisé un bel album photo papier pour la famille, et nous en avons gardé un à bord : pratique pour raconter nos escales aux invités, ou tout simplement pour se remémorer les meilleurs moments, les bateaux-copains…

    Décidés à faire le tour de l’île, nous appareillons à l’aube un matin,  cap sur Mahébourg.

    bye bye Tamarin , Rivière Noire et le Morne,

    Il nous faut contourner le Morne Brabant,

    le Morne au petit matin

    puis longer la côte sud : le domaine sucrier St-Aubin, la côte découpée de roches volcaniques acérée,

    les souffleurs qui crachent leur écume, les filaos battus et couchés par les vents

    Les montagnes du Sud-Est apparaissent, puis l’aéroport de Plaisance devant lequel jouent les dériveurs des hôtels de Blue Bay.

    Arthur, un peu barbouillé prend son petit dèj dans le cockpit au chaud dans sa couverture polaire : le Pacha!

    L’ile aux Aigrettes en premier plan,

    Nous longeons la Pointe Desny,

    puis arrivons en vue la passe

    L’ile de la Passe

    puis de l’îlot Fouquet avec son ancien phare.

     

    Pour entrer dans le lagon jusqu’à la ville de Mahébourg, c’est assez simple, mais pour pousser plus loin, il vaut mieux connaitre. Nous sommes guidé par Jérôme, qui nous fait zigzaguer entre les bancs de corail

    La plage de la Pointe Desny

    Nous passons devant le yacht club de Pointe Desny. Plus tard, Jean-Pierre vient nous saluer en kitefoil!
    Il y a à peine 10 noeuds de vent, et il vole sur l’eau dans un grand silence.

    Ca y est, nous voilà arrivés à destination, devant l’îlot Aigrettes. L’eau est d’une transparence turquoise remarquable.

    Moby au mouillage devant l’île aux Aigrettes

    Nous faisons le tour de l’îlot en annexe,
    et avons la surprise de retrouver au retour 2 anciens collègues de Loïc, venus prendre l’apéro au coucher du soleil. Gavin, et Anton, en escale à Maurice avec l’ A380 d’Emirates ;

    Gavin en famille prenant l’apéro sur la plage

    Loïc avec Anton et Gavin
    Anton repart avec son équipage

    Le lendemain, décollage!Le soir, nous savourons une vue sublime sur la montagne du Lion, tout en prenant un verre avec Jean-Pierre et Outi, les locaux de l’étape.

     

    Le lendemain, c’est au tour de Patrick de nous rendre une visite en paddle, puis de Damela avec son fils, sa soeur, et sa nièce très intrigués de découvrir notre style de vie. Un autre Patrick, instructeur en cabine, vient aussi sur Moby. C’est très touchant de voir tous ces collègues qui viennent prendre des nouvelles de Loïc et de notre famille.

    Après 48 heures dans le lagon de Mahébourg, nous mettons cap au Nord vers Grande Rivière Sud-Est (GRSE), toujours dans ce même grand lagon.

    Nous passons devant le yacht Club,les hôtels,

    des barques de pêcheurs matinaux,

    en empruntant un chenal à peine plus profond que notre tirant d’eau. Jean-Pierre vient nous saluer une dernière fois en kitefoil.

    en route vers GRSE
    l’élevage piscicole

    Une fois arrivés à GRSE, les enfants souhaitent aller voir la cascade! Passage obligé, les Coast -guard encore une fois viennent nous contrôler. Après quelques minutes en annexe, la voilà, rien d’extraordinaire, mais la balade est agréable, boisée, et offre à son extrémité une brumisation fort  rafraîchissante.

    Ce soir, 2 couples d’amis (Jean-Marc, Carole, Jean-François et Brinda) nous rejoignent pour 24h à bord de Moby, pour la dernière branche de notre circumnavigation de l’île : de Grande-Rivière Sud-Est à Grand Baie, en longeant la côte Est et Nord.

    Jean-François a apporté son drone : pour une fois, les photos aériennes ne sont pas de Loïc.

    Jean-Marc et Loïc hissent le gennaker. Ca y est, nous voilà en mer!

    Quelle chance, nous apercevons 2 baleines, maman et bébé, qui font surface à plusieurs reprises, ne s’approchant pas trop, mais suffisamment pour bien les distinguer.

    La côte Est offre un visage plus monotone, moins escarpé, avec ses plaines étendues, et les montagnes au loin.

    Nous apercevons de loin Poste Lafayette, cette belle plage où nous avons vécu 3 ans. Nous ne pouvons malheureusement pas nous y arrêter, le lagon est trop peu profond pour Moby.

    Je distingue derrière les haies de filaos et les maisons jumelles au toit gris ! Notre ancienne maison est habitée par nos amis Alberto et Valérie, ce qui me permettra d’y dormir un soir, nostalgie…. et de faire une longue balade sur son ruban blanc de sable et noir de roches volcaniques.

    Nous passons devant Grand Gaube, petit village de pêcheur : c’est dans cette petite maison au toit rouge que nous avons passé nos 4 premières années à Maurice, profitant au maximum du lagon venté de Grand Gaube,  pour y pratiquer windsurf et  kitesurf.

    L’occasion aussi de faire coucou de loin à Ancheley, qui fut notre employée de maison pendant 10 ans, et la nounou des enfants. Son mari Riley est pêcheur à Grand Gaube, mais surtout connu pour ses exploits lors des grandes régates de pirogues locales, en particulier celle de la St-Michel.

    Déjà les îles du nord se dessinent : l’île Plate, puis le Coin de Mire : c’est là il y a une dizaine d’années que nous avons initié Victor au snorkeling, puis à la plongée bouteille l’année de ses 10 ans, avec Ludovic de chez Emperator Diving. . La baignade y est toujours aussi agréable, le snorkeling plutôt joli

    poissons papillon
    poisson-cocher

    et le ballet des paille-en queue ne me lasse pas….

    Nous arrivons à Grand Baie,

    Brinda

    la boucle est bouclée, nous somme revenus à notre point de départ d’il y a 8 jours. Merci à tous les amis, (et j’en oublie…) qui nous ont donné un coup de pouce :

    • Elodie et Carole pour le service de lingerie,
    • Alexandre qui nous offre sa machine à pain (notre four est cassé…),
    • Jean-Marc qui nous prête sa voiture,
    • Valérie qui joue les boites postale et nous livre les cours du CNED et les manuels scolaires,
    • Claire pour le stock de feuilles de caripoulé (indispensable pour un bon cari de poulet mauricien), les copines du book club pour avoir contribué à remettre à flots ma bibliothèque de bord,
    • les Kouzoupas (ils se reconnaitront) pour leur bonne humeur et leur joie de vivre,
    • Nico pour les cours de Kite de Victor et kitefoil de Loïc,
    • Carole pour sa formidable adresse de livraison de légumes bio,
    • Gwen pour les livres de filles et les torchons ;-),
    • Elo pour les chutes de tissu qui ont fait une heureuse,  …

    Nous profitons de la voiture pour nous balader, comme ce matin à l’Aventure du Sucre, musée incontournable à Maurice, qui retrace l’histoire du pays à travers la culture sucrière.
    L’idée est originale, : l’ancienne usine de Beau Plan, a été transformée en centre d’interprétation de l’histoire de l’île. Tout au long de la visite, les enfants se passionnent tour à tour pour la découverte de l’île, ses premières tentatives de colonisation, les pirates et corsaires des mers du Sud, l’histoire des esclaves et travailleurs chinois, malais, et indiens,

    machettes anciennes
    machettes « modernes »

    son développement agricole sucrier, et surtout par le process de fabrication du sucre!

    Anna en profite pour lire quelques mots simples.

    Coupe de la canne, pressage pour obtenir le jus, filtrage, chauffage puis évaporation, cuisson, cristallisation et centrifugeuse!

    Pour ma part, je suis aussi intéressée par le process de fabrication du rhum…. Celui de l’île Maurice n’est pas aussi réputé qu’aux Antilles, mais des efforts ont été fait depuis une dizaine d’année pour créer un rhum agricole (fait partir du jus de canne) de qualité, plus parfumé que le rhum de base (fait à partir de mélasse, le résidu de production de sucre).

    La visite se termine par une dégustation des sucres! Les enfants votent pour le muscovado brun (très foncé avec des parfums de vanille et de réglisse) et le coffee crystal, sorte de bonbon-cristallisé de la taille d’un grain de café, deux créations mauriciennes.

    Autre passage obligé : le dentiste! Nous avons pris rendez-vous avec notre ami Alain, pour un check-up général des garçons de la famille. J’en suis exemptée car je suis déjà passé chez le dentiste à Nouméa…. Je flâne avec plaisir dans son jardin, Alain travail dans un cadre enchanteur, celui des jardin du chateau de Labourdonnais.

    Alain a lui aussi a navigué quelques années entre les Antilles et la Nouvelle-Calédonie, jeune dentiste nomade à l’époque . Il se remémore avec nous la Polynésie, où sont nés ses enfants, et en particulier les mouillages des Tuamotu et des îles sous le vent.

    Loïc OK, Arthur OK, Victor OK.  Même Anna qui n’a pas encore perdu ses dents de lait, fait un tour de manège sur le fauteuil électrique!

    OUF, pas une carie à l’horizon!!

    Les journées journées passent, bien remplies : école le matin, courses et bricolages l’après-midi.

    Le mouillage devant GBYC

    Les soirées se succèdent, animées, avec les amis qui passent.

    Là une belle brochette de pilotes  : Isabelle et Patrick, Eric, Jean-Marc et Carole, Shehzaan.

    Et de copines : je suis entourée de Carole et des mes anciennes voisines Isabelle et Sophie.

    AU GBYC, Loïc renoue avec beaucoup d’anciens collègues : Dominique, Patrick, Pipo, John, André… ..

    Nous croisons aussi d’autres amis en mer; comme Justine et Hubert à bord de leur voilier, Jean-Louis et Nicole, des Réunionnais de passage à Maurice, sur Moukathaï,

    Nous préparons aussi notre intervention au Grand Baie Yacht Club : nous avons convié nos amis et les membres du Club à un apéro-conférence-photos de notre périple. C’est la première fois que nous prenons la parole en public à ce sujet, et nous réjouissons à l’avance de ce partage.

    Pour nous mettre en jambes, Laetitia m’a proposé d’inviter Anna et Arthur dans la classe de ses garçons Erwan et Alec, CP et CE2 à l’Ecole du Nord, afin de présenter notre voyage.

    Erwan et Alec

    Je découvre Arthur étonnamment à l’aise pour prendre la parole et très précis dans ses explications. Les enfants ont plein de questions : Quel animaux rencontrés? Qui fait l’école à bord? Est-ce que vous avez rencontré des pirates?  Qu’est-ce que vous mangez? Comment faites-vous les courses? Est-ce que l’école vous manque? Est-ce que vous êtes heureux de vivre sur un bateau, ou est-ce que vous préférez la vie à la maison? Comment vous pilotez le bateau la nuit?

    Nous savourons ces derniers jours à Grand baie, en particulier les soirées qui sont douces.

    le GBYC le soir
    la plage de la Cuvette

    Mercredi soir au Grand bay Yacht Club, plus de 70 amis et connaissances ont fait le déplacement pour nos écouter et échanger.

    Nous passons un très bon moment à répondre à leurs questions devant un verre de vin et des grillades.

    Merci à Pipo , commodore du GBYC pour son organistion au top. Leur seul bémol sera la chute d’Anna. Elle s’ouvre le menton, et je dois passer la soirée avec elle à la Clinique Darné, de Curepipe; un lieu que je nous connaissons bien car c’est là qu’est né Victor, il y a bientôt 14 ans!!

    Loïc reste au Yacht Club s’occuper de nos invités : simples curieux, marins aguerris, candidats au voyage, amis admiratifs, tous ont mille questions.

    Anna et moi sommes de retour vers minuit après 2 grosses heures de route, une heure d’attente et une heure de soins. IL faudra 11 points de sutures pour la demoiselle! La récompense : les lumières de Cure-Pipe et Floréal : ce soir c’est Divali, fête des lumières des Indous, et les maisons sont joliment éclairées.

    Merci à Gwen de m’avoir servi de chauffeur et aux copines qui m’ont attendue jusqu’à cette heure tardive pour me dire adieu. Nous partons en effet demain matin pour St-Brandon, avec Arnaud et Laetitia, nos amis tout juste arrivés de France le matin même, qui vont naviguer près de 3 semaines avec nous.

    Quelques minutes avant d’appareiller pour Port-Louis, Victor pose devant l’ancien catamaran de Bébert : c’est sur ce bateau qu’il a fait sa première sortie en mer, il avait tout juste 1 mois!

    Décidément, ce séjour d’un mois aura rallumé de merveilleux souvenirs, tissé  des échanges, et remplis nos yeux de paysages familiers et réconfortants qui feront toujours de l’île Maurice l’île de notre coeur.

    Nous faisons route vers Port-Louis pour les formalités et un dernier avitaillement de fruits et légumes au marché couvert.

    Arnaud qui prépare les brèdes

    Nous avons embarqué Arnaud et Laetitia pour 18 jours d’une navigation triangulaire Maurice-St-Brandon-Réunion. Arnaud voulait revoir l’île de son enfance, la Réunion, où il a vécu jusqu’à ses 15 ans;  il rêvait aussi (tout comme moi!)  de découvrir St-Brandon, dont depuis des années, ceux qui en reviennent, nous vantent ses plages de sable poudreux, ses spots de kite, et ses fonds poissonneux.

    Un dernier regard sur le Coin de Mire,

    puis sur l’île Plate

    Pigeon Rock

    dernières ombres chinoises sur les montagnes

    Nous savourons les retrouvailles avec nos amis.

    Bye-bye Maurice, cap Sur Saint-Brandon!

  • Traversée de l’Océan Indien -1

    Traversée de l’Océan Indien -1

    Nous sommes rentrés dans l’Océan Indien en franchissant le cap York (au nord de l’Australie) le 14 juin 2017 et en sommes sortis en passant le cap des Aiguilles (au sud de l’Afrique du sud) le 2 décembre de la même année. Nous avons parcouru 10 400 NM dans l’Océan Indien, et fait 7 escales à : Bali, Cocos (Keeling), Chagos, Seychelles, Maurice, St-Brandon, Réunion… Voici le récit de nos traversées.

    De Thursday Island à Bali, Mer d’Arafura, 1600 milles

    Nous quittons Thursday Island, dans le détroit de Torres le jeudi 15 juin.Nous  profitons de la dernière heure de jour et d’un fort courant favorable pour nous faufiler dans l’étroit chenal passant entre les iles Thursday, Prince of Wales, Hammond, Friday et Goods, débouchant ensuite sur le Normanby sound.

    De là, nous longeons le sud du chenal du détroit de Torrès vers sa sortie ouest, la Gannet Pass qui marque l’entrée dans la Mer d’Arafura. Dans toute cette zone, allant jusqu’à une cinquantaine de milles de Thursday Island, les fonds ne sont que d’une douzaine de mètres environ. Pour Moby, ce n’est pas un problème, mais les gros bateaux doivent suivre précisément l’étroit chenal dragué à 12m. Peu de traffic ce soir, seulement 3 cargos sur le début de nuit, nous nous attendions à beaucoup plus.

    Conditions de navigation idéales pour la première nuit en mer,

    Le vent souffle du sud-est à une vingtaine de noeuds, la mer est plate car nous sommes toujours assez protégés par la côte, et pour parfaire le tableau la lune nous accompagne à partir de 21h. Tout l’équipage apprécie ce type de départ en traversée, lorsque la transition escale/navigation se fait tout en douceur.

    Au petit matin de vendredi, nous entamons la traversée de la mer d’Arafura, qui se trouve entre le nord de l’Australie et toutes les iles de la partie orientale de l’Indonésie.

    Cette mer a la particularité d’être peu profonde dans sa partie sud et est, zone ou nous naviguons les 3 premiers jours. Cette navigation qui nous fait longer la côte nord de l’Australie nous amène à réaliser une fois de plus l’immensité de ce pays. Il nous a fallu 36 heures depuis le départ pour doubler le cap Wessel, et 36 heures de plus pour passer la longitude de Darwin.

    Toujours de belles conditions de navigation, le vent nous permettant de rester assez proche de notre route, en tous cas jusqu’au 4ème jour de mer.

    Assez peu de manœuvres, si ce n’est le passage au 2° ris pour les nuits, car le vent montre une tendance à se renforcer en cours de nuit. Deux empannages pour se recaler un peu vers le nord le dimanche matin et la même chose en début de nuit.

    Le lundi 19 juin, un peu avant midi, nous sommes survolés par un avion des gardes-côtes australiens. « Border Air Force 112 », un Dash 8, nous contacte par VHF pour nous demander quelques infos sur notre provenance, destination, ETA, nombre de personnes à bord, nationalité,  etc, puis poursuit son vol de patrouille vers l’est, le long de la frontière maritime.

    Bali se trouve maintenant à 830 milles dans l’ouest. Nous avons donc fait la moitié de la route. Le vent doit baisser un peu et tourner vers l’est. Cela va nous contraindre à quelques empannages et va donc rallonger un peu la route. Nous pensons donc arriver à Bali au plus tôt vendredi soir, mais plus probablement samedi sans trop se presser.

    Les jours se suivent et se ressemblent en Mer d’Arafura. La brise tourne à l’est entre 12 et 18 noeuds, avec quelques degrés d’oscillation entre les jours et les nuits. Nous empannons donc deux fois par jour afin d’exploiter au mieux ces variations pour descendre sur la route. Les fichiers de vent prévoient une rotation des vents plein Est puis Est-Sud-Est à une dizaine de noeuds seulement pour les jours à venir. Cela signifie quelques empannages, plus de distance et donc un peu plus de temps pour rejoindre Bali. Les vents et courants sont certes plus favorables sur la partie nord de la mer d’Arafura, mais nous préférons garder nos distances des côtes du Timor et d’Indonésie, réputées denses en embarcations et engins de pêche en tout genre, le plus souvent non-signalés de nuit.

    Le 21 en fin de Journée, nous avons dépassé la longitude de l’ile Pulau Roti, à l’extrémité du Timor occidental. Notre route vers Bali est maintenant au 290°, au sud des Iles de la Sonde. Toujours de très belles journées de navigation, angle au vent mis à part, qui nous empêche de faire route directe et nous impose nos manoeuvres d’empannages bi-quotidiennes.

    Nous naviguons maintenant au sud des iles Indonésiennes.

    de multiples d’empannages les 3 derniers jours de mer

    Nous sommes sortis du plateau continental australien, les fonds sont à plus de mille mètres, le courant se fait sentir et la mer n’est plus aussi belle que les premiers jours. Les courants sont assez complexes, car liés non seulement aux marées, importantes dans cette zones, mais aussi au fort courant général  de nord-ouest qui provient de la zone Pacifique, via la mer des Philippines, mer de Florès et mer de Java. Les cartes de courants dont je dispose donnent une idée générale du flot, mais nous sommes parfois surpris par la force et la direction de ces courants.

    Notre moyenne sur la route a un peu baissé, nous espérions arriver le 23 juin avant la nuit, mais cela semble désormais compromis.

    Je choisis donc de rester à une distance confortable au sud des iles de Sumba, Sumbawa et Lombok. Le vent est assez irrégulier sur cette fin de traversée, pour la première fois depuis le départ de Thursday, je note une mer agitée, croisée, au journal de bord.

    Plus qu’une nuit en mer et nous arriverons à Bali le 24 au matin. Beaucoup de traffic en se rapprochant des cotes : des cargos, des bateaux de passagers, des bateaux de pêches gros, moyens, petits. Il y a foule sur l’eau en cette dernière nuit. Moins de la moitié de ces trafics sont équipés d’AIS, il faut donc bien surveiller leurs feux pour préparer les croisements.

    Au lever du jour, l’ile de Bali est en vue.

    Les derniers milles se font avec un courant incroyable de face, car nous sommes au maximum du courant de marée qui s’ajoute au courant permanent portant au sud-ouest présent dans le passage entre les iles de Lombok et Bali.

    plus de 8 noeuds de courant dans le Selat Lombok

    Heureusement, le vent d’est s’est un peu renforcé au lever du jour et notre vitesse surface nous permet de braver ce courant qui ferait reculer beaucoup de voiliers moins rapides.
    Je finis d’ailleurs par me rapprocher à moins de un mille de la côte, pour m’abriter de la veine de courant la plus forte.

    L’entrée du port de Benoa est en vue.

    Nous contournons les cargos à l’ancre et empruntons le chenal d’accès au port. Il est 10h du matin, c’est déjà l’effervescence sur l’eau. Des centaines d’embarcations de tous types transportant et divertissant des touristes traversent le chenal dans tous les sens, au milieu des navires de commerce ou de pêche. Le niveau de pollution de la mer, par le plastique atteint des records. J’essaie au mieux de garder Moby dans une eau claire, car ce n’est pas le moment de colmater nos prises d’eau de refroidissement moteur avec ces saletés.

    Nous arrivons peu après à la Marina de Bali, d’ou nous ferons nos formalités d’entrée. La marina et ses pontons sont dans un état de délabrement avancé, mais l’accueil y est chaleureux.

    Moby à la marina de Bali

    Le nouveau système informatique mis en place par les autorités Indonésiennes pour les bateaux de plaisance est remarquable. J’avais enregistré à l’avance toutes les infos concernant le bateau et l’équipage et il m’a suffi d’un passage aux bureaux des douanes, de l’immigration et du port pour que les formalités soient faites. Ce système est en place depuis une année et fonctionne bien à Bali. Il est normalement en pratique dans tous les ports d’entrée d’Indonésie.

    Le mot de Bénédicte :

    Passage express de 36 heures à Thursday Island : le temps de nous reposer, de faire les formalités d’immigration de départ d’Australie, et de remplir le frigo pour les 8-9 jours de navigation à venir, direction BALI!

    Sa situation géographique, à quelques encablure de la Papouasie-Nouvelle Guinée (PNG) et en plein milieu du détroit de Torres est exceptionnelle. Nous sommes en effet sur la route des « petits » cargos n’empruntant pas le détroit de Malacca, et également sur la route des voiliers quittant et arrivant d’Asie.

    La frontière est très surveillée, et les gardes-côtes particulièrement actifs.

    Nous apprenons en faisant nos formalités  qu’il existe un traité entre les îles australiennes du détroit de Torres et les iles /villages PNG de la côte sud, permettant aux populations traditionnelles la libre-circulation des personnes, et la pratique de leur coutume (pêche, visites, mariages, récoltes etc…). Ils évitent fort heureusement les pénibles formalités de visa sur lesquelles  les australiens sont tellement tatillons. En revanche ces habitants « australiens », ne disposent pas de véritable nationalité australienne, et doivent s’acquitter d’un visa pour voyager sur le continent.

    Il nous tarde de rejoindre Bali et de reprendre notre programme de voyage. Le stop de 3 semaines à Cairns aura littéralement « mangé » notre temps de séjour indonésien. Aussi l’escale balinaise devra-t-elle se réduire au strict minimum : formalités d’arrivée et de départ, avitaillement, et sans doute tout de même une à deux journée de tourisme pour découvrir cette île si réputée pour son bon-vivre.

    Depuis notre départ, les conditions de navigation sont plaisantes, la mer est peu agitée, le vent portant nous fait longer sur un seul bord la côte Nord Australienne. A bord, le programme scolaire est considérablement allégé : Victor a terminé officiellement son année : nous avons respecté la date limite du vendredi 16 juin pour rendre les dernières évaluations. Nous attendons avec impatience son bulletin scolaire, qui devrait contenir de bonnes appréciations.

    Arthur a commencé aujourd’hui ses évaluations de fin de trimestre,

    et à raison de 1 à 2h de travail par jour, nous aurons terminé avant d’arriver à Bali.

    Nous avons donc du temps pour lire, discuter, cuisiner, faire des jeux de société, regarder la mer…

    le coup de fil hebdomadaire aux grands-parents

    Depuis notre départ, nous avons eu la change de croiser un lamentin, furtivement, car nous naviguions à 10 noeuds quand nous l’avons vu plonger. Il ressemblait à un énorme phoque pour sa nage et son plongeon, sa peau était marron clair tirant sur le doré.

    Je n’ai malheureusement pas pu immortaliser le mammifère, mais en revanche, nous avons croisé deux serpents de mer, blancs, d’environ 2m de long, qui nageaient en rond à la surface. Autre curiosité : les poissons volants, de belle taille, qui atterrissent sur le trampoline. Nous allons tous les matins les rejeter à la mer. La plupart sont mort, mais nous arrivons parfois à en sauver quelques-uns.

    Il ne reste plus qu’à croiser un crocodile, et nous aurons fait la connaissance de toutes les curiosités aquatiques locales….

    Traversée entre Bali et Cocos (Keeling), 1100NM

    de nombreux bateaux de pêche sur la route

    C’est à la mi-journée du vendredi 30 juin que nous quittons Bali pour L’ile Australienne de Cocos(Keeling), distante d’un peu plus de 1100 milles, route au 260°. Le vent d’Est, entre 10 et 15 noeuds nous permet de nous éloigner assez vite des côtes, aidés en plus du fort courant du Selat Lombok, qui nous est favorable

    Nous filons bâbord amure sous grand-voile et gennaker à une dizaine de noeuds.

    Pour cette petite traversée qui doit durer entre 5 et 6 jours, les prévisions météo sont bonnes. Le vent est prévu à une quinzaine de noeuds pour les deux premiers jours, puis mollira à une dizaine de noeuds avant de se renforcer à environ 25 noeuds sur la fin du trajet. Seul bémol, lorsque le vent d’est-sud-est soufflera à l’approche de Cocos, il sera accompagné d’une forte houle de sud-ouest, générée par une grosse dépression lointaine, qui traverse le sud de l’océan indien en cet hiver austral. Je choisis donc de faire route légèrement au sud de la route directe, afin de nous décaler progressivement et de bénéficier d’un angle plus favorable avec le vent et la mer lorsque les conditions se renforceront.

    un paisible déjeuner en mer

    Du 1er au 4 juillet, un très beau temps, conforme aux prévisions nous accompagne. Le vent d’est, faible à modéré nous donne de belles conditions de navigation, sous un beau soleil d’hiver. Une baisse du vent le 4 au matin me confirme que nous allons passer de l’influence d’un anticyclone à l’autre, et que nous pouvons nous attendre à une rotation des vents au sud-sud-est dans les heures à venir. Cette situation se confirme en fin d’après midi. Le vent augmente graduellement et le code 0 vient remplacer le gennaker, et le premier ris est pris en début de nuit. Au lever du jour le 5, le code 0 est rangé, place au solent, puis nous prenons le 2° ris, non pas à cause du vent, mais car la houle nous arrive de 3/4 avant bâbord et il faut rester à environ 8 noeuds pour garder un bon confort. Le ciel est couvert, avec quelques averses, cela nous change des jours précédents. Vers midi, nous dépassons le voilier Ariel IV, de nos amis suédois Erik et Birgitta, partis 2 jours plus tôt que nous de Bali. Ils en sont déjà à leur deuxième tour du monde plus un passage du Nord-ouest sur leur joli monocoque de 16m en acier.

    Les milles défilent de plus en plus vite pour Moby, et il nous faut ralentir, non-seulement pour le confort mais aussi pour ne pas arriver avant le lever du jour à Cocos, car l’entrée dans le lagon ne peut se faire que à vue, pour rejoindre l’abri du mouillage. Nous prenons donc le 3° ris avant la nuit, puis finissons par enrouler complètement le solent. Ce ne sera pas suffisant, le vent montant à une trentaine de noeuds, je suis à portée de la passe de Cocos vers 3 heures du matin. Je tire donc quelques bords sous le vent de l’ile, bien abrité de la houle, en attendant le lever du jour.

    Dès que la lumière est suffisante, nous entrons dans le lagon et allons mouiller sous  le vent de Direction Island, seul mouillage autorisé dans l’atoll de Cocos.

    A 9h, le fonctionnaire australien en charge des formalités nous rend visite à bord, les passeports tamponnés, nous allons pouvoir profiter de ce magnifique lagon bleu.

    4 bateaux au mouillage de Direction Island

     

    Le mot de Bénédicte : 

    Cette traversée fut d’autant plus agréable que nous avions à bord un équipier de choix : mon frère Thomas, qui avait déjà traversé l’Atlantique avec nous en février 2016, et qui nous a rejoint à Bali.

    Un troisième adulte à bord est appréciable pour le partage des tâches (Merci Tom pour la vaisselle!!!), et surtout pour les quarts de nuits. Nous partageons la nuit en 3 : je continue à prendre le premier quart, de 20h30 à minuit, Thomas celui de minuit à 3h30, et Loïc celui du petit matin de 3h30 à 7h. Cela nous permet d’avoir de bonnes nuits de sommeil.

    Thomas s’occupe aussi beaucoup de ses neveux : il initie Anna à la guitare

    et organise de petites expériences scientifiques pour les garcons, du yoga/relaxation pour les petits

    Il faut dire que les enfants sont en vacances, il n’y a donc plus d’école à bord tous les matins, ce qui nous laisse plus de temps que d’habitude pour bricoler, faire des jeux de société, en particulier le Carcassonne, notre jeu préféré à tous : ce jeu de stratégie est abordable, puisque nous y avons initié les plus jeunes dès 5-6 ans, et qu’enfants ET adultes y trouvent autant de plaisir. Les nombreuses extensions de jeu développées depuis quelques années permettent aussi de mettre un peu de fantaisie et de nouveauté.

    Côté animaux, nous sommes chanceux, et croisons en pleine mer, la veille de notre arrivée, des dauphins!

    Cette traversée passe très vite, en 6 jours à peine, nous voilà arrivés dans un mouillage de rêve, avec des copains, et sur un atoll à l’histoire étonnante.

    Moby au mouillage aux Chagos avec nos bateaux-copains de l’Indien : Shuti, Cool Runnings et Ariel IV

    Traversée Cocos (Keeling)- Atoll de Salomon, Chagos : 1520 NM

    En ce 14 juillet, c’est une étape de 1520 milles nautiques que nous avons devant nous pour rejoindre les Chagos, plus particulièrement l’atoll de Salomon qui se trouve dans la partie nord de l’archipel.

    notre trace entre Cocos (Keeling) et les Chagos

    Au plus fort de l’hiver austral, la situation générale météorologique est classique et bien réglée sur l’Océan Indien : les grosses dépressions générant du très mauvais temps se succèdent vers 45-50° de latitude Sud. Au dessus, centrés par 25-30°S, de puissants anticyclones  alimentent le régime d’alizés de sud-est. Enfin, plus au nord, c’est l’équateur météo où convergent les alizés des deux hémisphères, zone de basse pression relative, peu active à cette saison.

    situation générale sur l’Océan Indien au matin du 16 juillet 2017

    La particularité météo pour la zone nous concernant, c’est ce que j’appelle le « triangle de Sumatra » : c’est une vaste zone triangulaire d’environ 800 milles de coté situé juste à l’ouest de l’ile de Sumatra. Des calmes plats y règnent la majeure partie du temps, seulement rythmés par de très violents grains orageux. Dans cette zone, il est courant de voir une bulle de basse pression se former, puis descendre plein sud, donc vers Cocos en se creusant et en donnant naissance à une dépression de taille limitée qui trouve son chemin entre le passage de 2 anticyclones. Ces phénomènes ne sont pas dangereux en hiver, mais peuvent donner des conditions de mer et de vent fort où un plaisancier ne souhaite quand même pas se trouver. Il est donc important de quitter Cocos en ayant vérifié qu’un tel phénomène n’est pas en formation lors du départ.

    Un tel système est passé légèrement dans l’Est de Cocos le 12 juillet et s’est éloigné dans le sud, nous sommes donc tranquilles pour quelques jours et profitons le jour du départ d’un bon alizé. Départ en début d’après-midi, nous choisissons de partir tribord amure, vers le nord et nous rallonger donc la route, juste pour aller longer l’ile de North Keeling qui se trouve au nord à une quinzaine de nautiques. Le débarquement y est interdit, mais nous souhaitons passer assez près pour voir à quoi cette ile ressemble, par simple curiosité. Après être passé sous le vent de l’ile, nous abbattons en restant tribord amure et attendons le soir avant d’empanner cap à l’ouest.

    Partis avec 2 ris dans la grand-voile et le solent, nous prenons le 3° ris pour la nuit. La mer croisée ne permet pas de bien glisser, alors mieux vaut réduire un peu la vitesse, le gain confort est appréciable, surtout la nuit.

    Le lendemain, 15 juillet, nous voyons les cibles AIS de nos amis de Shuti et Cool Runnings à une quinzaine de milles dans notre sud. Ils sont partis 8h plus tôt que nous de Cocos. Nous nous appelons par VHF. Pour eux, ces conditions musclées sont encore plus dures, car leurs catas ne font que 38 et 40 pieds. D’ici 2 à 3 jours, le vent doit mollir un peu et la houle croisée doit disparaitre, il faut être patient. Nous nous souhaitons une bonne traversée et nous donnons rendez-vous aux Chagos à leur arrivée.

    Dans la nuit du 15 au 16, nous sommes rattrapés par deux grains, accompagnés de rafales à 35 noeuds et de fortes averses. Mais nous avons la toile du temps car nous avons toujours nos 3 ris et le solent un peu roulé.

    Grand voile 3 ris

    C’est toujours ça de pris de ne pas avoir à manoeuvrer de nuit. En revanche, entre les grains, nous sommes sous-toilé mais sommes toujours entre 7 et 8 noeuds, pas de quoi se plaindre. Au matin, le ciel reste très chargé, mais le vent est régulier, toujours autour de 25 noeuds. Nous nous installons dans la routine des traversées, au rythme des repas, des quarts et de la marche du bateau. Les conditions restent musclées plusieurs jours et l’accalmie relative prévue au départ tarde à arriver. Le vent d’est-sud-est des 4 premiers jours nous permet de faire une route à l’ouest et même de gagner quelques milles vers le nord. Nous avons en effet besoin de monter de 7 degrés pour rejoindre la latitude de Chagos.

    Loïc aperçoit sous l’eau cette énorme masse bicolore
    C’est une baleine!

    A partir du 19 juillet, le vent commence sa rotation vers l’est et baisse d’une force en moyenne. Nous empannons pour naviguer tribord amure et le 3° ris est enfin largué. La mer est beaucoup plus agréable sur ce bord, car les vagues nous viennent maintenant de l’arrière. Le bateau glisse sur l’eau et part régulièrement dans des surfs à plus de 20 noeuds. En début de nuit, lors du quart de Bénédicte, et alors que je dors dans ma cabine, je suis réveillé par un surf rapide. En fait, c’est la durée de ce surf qui me tire de mon sommeil, car il dure vraiment plus longtemps que les autres. Rien d’inconfortable, la glisse est bonne mais je monte quand même sur le pont pour voir. Bénédicte a le sourire, tout va bien, nous ne sommes pas sur-toilé, les conditions de hauteur et de longueur des vagues sont juste parfaites pour Moby. Un coup d’oeil aux instruments qui ont enregistré la pointe de vitesse : 26,67 noeuds! Nouveau record! Je retourne me coucher.

    A l’arrivée de cette traversée, Moby a battu un nouveau record de vitesse

    Le 20 juillet, le temps change. Le vent moyen est au 110° et varie beaucoup en direction et en force. Il était prévu entre le 080° et le 090° sur la zone, depuis notre départ et ceci avait motivé ma stratégie de navigation de ne faire de tribord que sur les derniers jours. C’est raté! C’est souvent comme ça sur la fin d’une traversée et c’est assez logique, car il est possible de caler le départ pour bénéficier de conditions optimum, mais après 5 jours on est forcé de prendre ce qui vient et la réalité est parfois un peu différente des prévisions. De plus, en se rapprochant de l’équateur, le gradient de pression est généralement faible et les fichiers météo ne sont pas toujours précis. Les changements entre deux prévisions prises à seulement 12 heures d’intervalle m’ont déjà laissé perplexe.

    nous croisons la route des cargos entre le détroit de Malacca et l’Afrique du sud

    Il nous faut donc pas mal manoeuvrer pour maintenir la moyenne et espérer l’arrivée le 21 avant la nuit. L’après-midi du 20 nous fait perdre l’espoir d’une arrivée le lendemain. Le vent nous à lâché et nous peinons à garder un gain sur la route de 5 noeuds.

    Le vent revient un peu en début de nuit et nous remontons tranquillement vers le nord-nord-ouest, tribord amure. Nous sommes à environ 150 milles dans l’est de Diego Garcia et Salomon est au nord-ouest à 210 milles. La journée du 21 est belle, avec toujours un vent irrégulier entrainant quelques manoeuvres. En fin d’après-midi le ciel se couvre et nous apercevons assez loin de gros cumulonimbus, annonciateur de grains. Comme l’arrivée à Salomon est assurée demain matin, nous prenons 2 ris dans la grand-voile et surveillons de près le déplacement des grains. Dès la nuit tombée, ces grains génèrent tant d’éclairs qu’il devient facile de les localiser. Nous n’hésitons pas à changer radicalement notre route pour garder une bonne distance. Nous y parvenons assez bien mais préférons prendre un troisième ris au cas où. Quelques soudaines et brèves rafales à plus de trente de noeuds arrivent jusqu’à nous, mais nous évitons les averses. En milieu de nuit, les orages s’éloignent et laissent place à un ciel couvert et une pluie continue.

    Au lever du jour, nous faisons notre dernier empannage à proximité des récifs de Blenheim et filons vers la passe de l’atoll de Salomon.

    arrivée à Peros Banhos sous un grain

    Nous appelons le Pacific Marlin, le navire de surveillance du BIOT pour les informer de notre arrivée. Entre 2 averses, nous apercevons l’Ile de la Passe. Arrivés sous le vent de l’ile, nous affalons les voiles et à la demande de nos amis de Cool Runnings et de Shuti effectuons une reconnaissance d’une possible zone de mouillage d’attente au cas ou ils arriveraient de nuit. Il s’avère qu’il n’y a aucune zone satisfaisante à l’extérieur de l’atoll.

    Nous pénétrons ensuite dans l’atoll en prenant soin de relever quelques way-points et allons mouiller  entre l’ile Fouquet et l’ile Takamaka, sur un joli fond de sable et une profondeur de 4m.

    Ce séjour aux Chagos sera l’un des plus beaux et mémorable de notre voyage.

  • Aux Seychelles, Paradis de Carte postale

    Aux Seychelles, Paradis de Carte postale

    Ce qui nous frappe dès que nous arrivons sur l’une de ces magnifiques plages des Seychelles c’est que le sport préféré des touristes est le Selfie : le plus souvent en couple (la destination est très prisée des jeunes mariés en voyage de noces et autres amoureux en vacances à deux), mais aussi en solo, pour instagrammer la toile de vues de dos (la grande tendance cet été, sisi!)J’en apprend beaucoup sur la manière de montrer une cuisse fuselée en image, de masquer son estomac en posant de côté…Je découvre des voyageurs très organisés qui remballent dans leur sac de plage des accessoires de pro : selfie-sticks étanches pour se photographier dans les vagues, pieds escamotables pour de vrais portraits de couple de pied, drone pour s’immortaliser comme seuls sur la plage, ou qui font des milliers de kilomètres avec des licornes ou des cygnes roses gonflables…  Car quand on vient passer des vacances aux Seychelles, il faut aussi le montrer, il faut que sa se sache et que ça soit beau, quitte à se mettre en scène…

    Selfie en marchant?
    eh non! : Monsieur filme madame qui avance à reculons…

    Nous nous sentons… décalés… Depuis 18 mois que nous sommes partis en grand voyage, les Seychelles représentent sans doute la destination la plus touristique que nous ayons fréquentée. Touristique dans le sens « tourisme organisé » : pas un backpacker (à 300 euros la nuit dans un 2 étoiles, ça décourage…), ni un touriste local (le pays ne compte que 90 000 habitants) : il n’y a guère de place que pour un tourisme de couple haut de gamme dans des hôtels de luxe.  Bien que ce soit les vacances scolaires en Europe et aux Seychelles, nous détonnons un peu avec notre marmaille …et croisons beaucoup de mariés…

    mariage à Anse Volbert, Praslin
    photos de mariés à Anse Georgette, Praslin
    d’autres mariés à Anse Lazio

    A part nos amis de COOL RUNNINGS et de SHUTI , qui nous ont suivi depuis les Chagos, nous ne croiserons pas UN SEUL autre voilier de grand voyage comme le notre : il semble que les navigateurs aient renoncé à cette destination, particulièrement bureaucratique et chère pour les yachties. Le pays sort tout juste de 40 années de régime autocratique et prend tranquillement le chemin de la démocratie. Cela reste un communiste très édulcoré , plutôt joyeux et accommodant : du travail pour tous, en particulier aux poste de contrôles (j’ai rarement vu autant de policiers, gardes, contrôleurs en tous genre, inspecteurs…..), une éducation pour tous, une médecine gratuite, un accès limités aux investisseurs étrangers….

    Le revers de la médaille, c’est qu’après avoir pendant des années investi seulement dans le tourisme hôtelier haut de gamme, le dernier président a livré le pays aux investisseurs du Golfe Persique. Depuis, 40% de la compagnie Air Seychelles a été cédé à Etihad, de colossaux investissements ont été faits dans des villas et commerces de luxe, et petit à petit, une main-d’œuvre étrangère supplée les travailleurs Seychellois. Il faut dire que la jeunesse du pays est affreusement touchée par la drogue : il se dit que plus de la moitié des moins de 35 ans sont dépendants à l’héroïne. Engendrant des grossesses trop précoces, et de nombreux orphelins. Nous croiserons à la marina nombre de ces jeunes hommes shootés, venus chercher des petits boulots et ouvrant l’oeil sur les rapines possibles. Par ailleurs, les casinos vides pullulent : signe de blanchiment d’argent, essentiellement en provenance de Russie et du Golfe persique. En échange de cette main-mise économique, les investisseurs du golfe ont financé des services hospitaliers, des orphelinats, des éoliennes dernier-cri, une centrale thermique, un tout nouveau centre d’entraînement de gardes-côtes…

    En haut de la montagne qui surplombe Victoria, celle immense bâtisse, qui détonne tellement avec l’architecture créole et les élégantes villas du bord de mer : la résidence du Sheik Khalifa d’Abu Dhabi, ….

    Gageons que les Seychelles restent gagnantes dans ce rapport de force, gardant leur authenticité et leur style de vie si attachant.

    Si nous avons choisi cette destination, c’est pour pouvoir facilement profiter de la famille et des amis, à seulement 10 heures d’avion de Paris, en vol direct : ça faisait bien longtemps que Moby n’avait été si accessible!

    Les première formalités sont vite réglées dans la matinée de notre arrivée, et nous mettons cap sur la marina d’Eden Island,

    la marina D’Eden island

    immense complexe de villas haut de gamme à plusieurs millions d’Euros.

    Le complexe d’Eden Isand

    Plage artificielles, entrée sécurisée, déplacements en voiturette, place de ponton devant la maison, vie en autarcie avec supérette, restaurants, boutiques, médecins :  ET ça plait!

    la marina est toute neuve, super propre, et on y croise même des tortues!

    Nous commençons par accueillir nos amis de longue date Anne et Erwan,

    avec leurs filles Gwenn et Liz, ma filleule.

    Erwan et Gwenn
    Anne et Liz

    Plus que des amis, ils font presque partie de la famille : ils sont parrain et marraine des enfants, nous les avons souvent accueillis à Maurice quand nous y habitions, et avons déjà partagé de belles croisières aux Antilles il y a plus de 20 ans.

    L’avitaillement est facile : le marché de Victoria est à 10mn en voiture.

    au marché de Victoria
    camarons rôtis, petsaï sauté au gingembre, achard de mangue au bilimbi

    Je fais le plein de vitamines et retrouve avec plaisir les produits préférés de l’Océan Indien : limons, camarons, chatinis, bananes mamz’elle, ananas Victoria, cotomili, petsaï…

    régime de mini-bananes « Lady Finger »

    Les enfants s’activent aussi et participent : Arthur m’accompagne au supermarché : ses talents de pilote de caddie me sont précieux!

    de retour du supermarché

    Victor, avec ses épaules solides, revient du marché bien chargé

    Anna m’aide à briquer la cabine de nos invités.

    Les enfants sont heureux de se retrouver, ils se connaissent depuis toujours.

    Et Anna est particulièrement excitée de se retrouver avec des grande filles : ça lui change de ses deux frères!

    Gwen et Liz découvrent les plaisirs de la chaise de mat.

    Le temps n’est pas au beau fixe, il pleut plusieurs fois par jour!

    Enfin, nous quittons la marina pour un premier plouf à Ste-Anne!

    Déjà quelques hôtels et chambres d’hôtes

    Le lendemain, nous filons vers notre premier mouillage, et longeons la côte nord-est : les quartiers chics, et de belles maisons

    spectaculaire demeure : on dirait une Malouinière croisée avec une maison créole!

    Erwan est à la barre, serein! Holidays!

    Non loin de Beauvallon, nous nous arrêtons sur une petite plage, pas touristique, secret bien gardé des locaux…

    L’avantage de ce ciel partiellement couvert, c’est qu’il nous offre de très beaux couchers de soleil

    Le lendemain, nous mettons cap sur l’île de Praslin, réputée pour ses plages si photogéniques.

    Nous passons l’après-midi à l’Anse Georgette, qui jouxte le célèbre Hôtel Lémuria.  Les enfant s’éclatent dans les vagues.

    La descente en annexe est impossible, comme sur la plupart des plages des Seychelles, le shore-break est important.

    En effet, ces iles  granitiques ne sont pas protégées par une barrière de corail, et leur rivage laisse passer la houle, un peu comme aux île Marquises.

    Nous dormons  au mouillage de la fameuse anse Lazio,

    le soleil de fin de journée est très beau. En l’honneur de nos invitées (qui voyagent léger mais ont tout de même apporté quelques jolies tenues), nous décrétons que  Tous les soirs sur Moby, les robes seront de sortie!

    Le lendemain matin, nous partons entre filles explorer en SUP les différentes criques de l’anse Lazio.

    Les enfants reviennent d’une expédition…

    Nous retournerons plusieurs fois à  l’Anse Georgette, décidément notre plage préférée des Seychelles.

    D’abord parce qu’elle est si photogénique,

    de petite taille,

    et accessible uniquement par la mer, par un chemins de randonnée, ou via l’hôtel Lémuria. Pas de route.

    Les bateau de charter ne s’y arrêtent pas, et seuls quelques bare-boats  (locations de cata sans skipper), s’y arrêtent quelques heures, mais jamais pour la nuit, ce qui fait que nous seuls au mouillage tous les soirs et tous les matins. La plage est déserte jusqu’à 9-10h, heure à laquelle apparaissent les premiers touristes.

    L’exception c’est un matin où nous voyons dès 7h du matin une table être dressée sur la plage : ce sont des clients du très chic hôtel Lémuria venus en famille prendre le petit déjeuner sur la plage déserte!

    Les vagues enchantent les enfants, qui s’éclatent en bodysurf, en bodyboard et en skimboard.

    Sous les yeux d’Anne et Erwan en maître-nageurs/sauveteurs

    Les enfants participent à la vie du bateau :

    Arthur initie Liz au remplissage des bouteilles d’eau via le goutte à goutte du dessalinisteur, ou via les tuyaux de récupération d’eau de pluie

    Gwenn assiste Erwan au mouillage de l’ancre.

    Liz m’aide à la confectoin des pains pita. En effet le four est en panne, alors j’ai eu l’idée de tester ces petits pains que l’on cuit à la poèle. Parfait!

    Nous continuons à explorer les îlots autours de Praslin; Félicité est particulièrement photogénique avec ses gros rochers granites et striés, et ses villas de luxe flanqués sur les coteaux. La clientèle arrive en hélicoptère : Son rivage est réputé pour son snorkeling. Nous sautons à l’eau en palmes, masque et tubas : en effet, les poissons sont superbes, très colorés,

    mais les coraux sont très décevants : ils ont été blanchis par les vagues successives de chaleur des années El Nino.

    Je pars explorer la petite plage.

    L’hôtel est très joliment décoré dans un style ethnic-chic

    Les vagues déferlent sur la minuscule plage

    Nous partons le lendemain explorer la Digue, la plus petite des 3 îles principales des Seychelles.

    La manoeuvre d’arrivée dans le port est tout un art!Pas de quai, on s’amarre à la méditerranéenne, ancre devant et aussières à terre.

    Les catas entrent au chausse-pied, se glissant les uns entre les autres en se poussant de côté, c’est folklorique!

    Heureusement, nous nous sommes mis un peu à l’écart avec les monocoques, et n’avons pas de voisin pour l’instant.

    Malheureusement , il y a pas mal de vent de travers, il nous faut aller mouiller une seconde ancre pour ne pas tomber sur notre voisin.

    A la Digue, on ne circule qu’en 2 roues.

    Il y a encore une dizaine d’année, on y trouvait des char à boeufs, mais ils ont été remplacés par des voiturettes électriques-certaines sont joliment customisées!!, ou de curieux petits camions aménagées en minibus.

    Les enfants sont tout excités de faire du vélo. Je prend Anna en tandem, elle est ravie!

    Ca me faire du sport  : en effet les pédales sont bien trop loin pour elle, et je pédale pour 2.

    Loïc reste à bord : en effet, le vent souffle, et il est probable que des nouveaux bateaux arrivent de part et d’autre de Moby : il vaudra mieux être à bord en cas de manoeuvres. Nous partons sur les petites routes de la Digue!

    Les vélos ne sont pas chers mais d’une qualité médiocre! Arthur déraille 3 fois,

    Erwan manque de chuter : sa roue est voilée et prête à se détacher. Mais le service après-location est au TOP, et on arrive nous dépanner en 5 minutes.

    Nous arrivons tant bien que mal dans le sud de la Digue et ses plages sauvages!La mer est démontée, nous sommes sur la côte au vent. Nous arrivons à Grand Anse

    traversons un gué, puis un petit col,

    et nous voilà à Petite Anse

    Le sable est fin comme de la farine, on s’enfonce jusqu’à la cheville!

    le Beach Bar

    Le chemin côtier fait presque tout le tour de l’île, et je serais bien restée l’explorer à pied, mais les enfants veulent se baigner sans se faire brasser…. Comme tous les touristes autour de nous, nous profitons de ce cadre majestueux pour faire quelques photos souvenir :

    et faisons demi-tour  : cap vers Anse Source d’Argent, la plus célèbre plage de La Digue.

    Il nous faut passer par le parc qui abrite un petit jardin botanique

    et des cultures de vanilleDevant l’enclos aux tortues, les enfants ne peuvent rester indifférents, et donnent quelques feuilles à ces gros reptiles ancestraux. Ces tortues sont endémiques des Seychelles, et préservées au sein de parc comme celui de l’île Curieuse où nous irons bientôt, ou comme sur l’île d’Aldabra, réserve naturelle protégée, et la plus grande concentration au monde de tortues terrestres.

    Nous continuons, et arrivons à destination.Une première plage,

    puis une autre crique : les enfants sautent à l’eau. Anne, Erwan et Gwenn se reposent et s’offrent un shooting photo dans ce cadre idyllique.

    Je pars explorer la côte avec les plus jeunes. Nous passons par un dédales de roches,de passages secrets, de mini-criques,

    de plages désertes,

    et tout au bout, la fameuse plage de Source d’Argent avec son bar à cocktails vitaminés.

    Au retour, en pédalant, nous profitons de la vue et du chemin,parsemé de charmantes maisons créoles,

    chambre d’hôtes, petits hôtels,

    chapelles,cases créoles colorées,

    églises

    et bars à jus….etc…

    Ce soir, c’est pizza pour les enfants, et resto pour les grands. On nous a en effet recommandé le Fish Trap pour un dîner sur la plage.Déjà 8 jours que nous préparons 3 repas par jours pour 9 personnes : Anne et moi sommes ravies de nous faire servir!

    Pour l’occasion, nous sortons les robes dos-nus.

    Santé!

    Bien souvent, en mer, nous observons plusieurs fois des ailerons à la surface. Les paris sont ouverts : dauphins, requins, ??

    Ce sont en fait des raies aigle léopard.

    Nous en croiserons très souvent.

    Totalement inoffensives car très craintives, il est fort improbable qu’elles nous blessent de leur dard.Loïc en sauvera même une de l’asphyxie : la pauvre a sauté sur le ponton de la marina! Elle frappe le sol de ses ailes, mais ne parvient pas à rejoindre la mer.

    Les enfants ébahis en profitent pour observer son corps massif et son bec de dauphin.

    D’un coup de rame, Loïc la soulève et la fait glisser dans l’eau. Quelle coup de stress pour le pauvre animal.

    J’ai rapporté de Bali des paréos pour les filles! Nous les essayons en jupe,

    et DJ Erwan  nous met la Zik! Ambiance « choré » à bord de Moby!

    Nous sommes de retour à Georgette, sur Praslin, car le garçons veulent aller jouer le lendemain au Golf du Lémuria.

    Encore une fois, c’est l’éclate dans les vagues, qui sont assez grosses ce soir.

    Je profite d’un allez-retour au bateau pour ramener des bières : ce soir, nous prenons l’apéro sur la plage au coucher du soleil.

    Tous le monde se lève tôt demain, car aller au golf depuis Moby, c’est tout une aventure! Loïc est allé chercher sur la plage s’il trouvait des balles perdues….

    Pas moyen de descendre en annexe, les gars iront donc à la nage, avec leurs affaires dans un sac étanche.

    Ils sont très organisés : une fois à terre, petit rinçage au bidon d’eau douce, habillage, et c’est parti!

    C’est un très beau 18 trous, assez technique, plein de dénivelés et de plans d’eau :

    Le clou du parcours, c’est le trou n’° 13, dont voici le départ surplombant la mer :

    avec un dénivelé de 70m, et green…en contrebas. Ver-ti-gi-neux!

    Pendant ce temps, nous préparons un pic-inc ;

    Là non, plus, ce n’est pas une mince affaire que d’amener tout cela à terre.

    Après le sport, et quelques heures en plein soleil, une petite sieste s’impose!

    Nous faisons escale à Ste-Anne, et sommes accueillis dans la petite marina de Dream Yacht Charter, Parcequ’ il nous faut nous avitailler de nouveau, et que c’est aussi le moyen le plus pratique pour aller demain visiter la vallée de Mai.

    En attendant, Valentine, une jeune femme de Praslin nous a proposé de cuisiner pour nous. Nous sautons sur l’aubaine : mieux qu’au restaurant, nous nous régalons d’un BBQ de babonne et poulet, de pommes de terres, d’un curry de poulet, avec achard de papaye, salade composée, riz aux légumes, le tout superbement préparé dans des barquettes fort pratiques et chaudes!

    Génial, le take-away à la Seychelloise!

    En général, le midi à bord de Moby, je cuisine vite fait, car le temps manque et que nous sommes actifs. J’assemble rapidement une salade composée, ici aux pois chiches, détaille des crudités, et sors du pain, du beurre, du fromage et de la charcuterie pour les sandwiches (buns, pain de mie, pita ou wraps  etc…)

    Ce matin nous partons pour la vallée de Mai, seule réserve naturelle terrestre des Seychelles avec l’île d’Aldabra. C’est aussi le plus petit territoire classé au  Patrimoine Mondiale  de l’Unesco. Sa particularité : abriter le célèbre Coco de mer (appelé aussi plus vulgairement Coco-fesse), palmier endémique de Praslin, dont la noix a une forme aussi évocatrice.

    Nous partons avec Valentine, notre guide pour la matinée, à la rencontre des ces géants tropicaux, qui peuvent vivre plusieurs centaines d’années.

    pied femelle chargé de petits ovules
    pied male avec ses longs cheveux

    Il y a les pieds mâle et les pieds femelles.

    pied femelle fécondé de noix

    Il y a aussi les différents appendices que nous présente Valentina:

    appendice mâle
    fruit : la noix du coco de mer

    Cette visite est surtout l’occasion de déambuler dans une nature bucolique,

    sous la fraîcheur des arbres dont la canopée monte à près de 30m!

     

    Les enfants sont captivés par l’histoire du coco de Mer : la noix mature et pleine pèse pas loin de 25kg.

    Nous découvrons aussi d’autres espèces et petits animaux endémiques Le retour se fait comme l’aller : en bus! Il ne reste de places qu’à l’avant, et dans la vertigineuse descente en lacets qui nous mène des hauteurs de Praslin au port de Ste-Anne, je me crispe plus d’une fois aux poignées!

    Nous quittons Praslin pour rejoindre Mahé. Erwan attend depuis 8 jours que la ligne fuse, et ça y est! C’est un thon blanc, (Abacore en Francais, Yellow Fin en anglais) d’une dizaine de kilos

     

    : ce qui se fait de mieux pour les sashimis!
    Erwan ferre la bête, la remonte,

    Loïc la gaffe, et je lève les filets

    un vrai travail d’équipe.

    J’ai déjà en tête le menu qui suivra : trilogie de thon : sashimis, makis et mi-cuit de thon.

    Et pour les enfants : nuggets de thon aux herbes, ils en raffolent

    Yellow : c’est la couleur du jour!

    Nous arrivons à Mahé, nous passons devant les îles de St-Anne et de Cerf où l’on distingue hotels de luxe et villas sur la plage.

    Encore une fois, Moby est envoyé sur le ponton des super-yachts : nos voisins sont ce yacht de surveillance et d’assistance du sheik disposant d’impressionnants systèmes de communication…, un catamaran de 25m, et des bateaux de pêche au gros rutilants de chrome.

    la marina D’Eden island

    Nous fêtons aujourd’hui l’arrivée de mon frère Thomas, son amie Sonia ainsi que mes parents. Ils ont affrété pour l’occasion un Lagoon 52 chez Dreamyacht, avec skipper et hôtesse pour une navigation en tandem.Un pied de plus que Moby, mais un volume et des espaces de vie bien plus importants.Chaque soir, nous nous retrouverons tous ensemble à bord de Colombo;

    dîner des enfants

    Nous profitons de ces 24h à la marina pour faire une petite toilette à Moby.

    Erwan met la main à la pâte

    Le soir les filles se font belles en l’honneur des nouveaux arrivants.

    Les garçons ne sont pas mal non plus!

     

    Nous partons pour les 5 jours qui viennent faire le tour de Mahé. Toujours, sur la côte, des villas toutes plus originales les unes que les autres; style créole ou moderniste, elles s’intègrent toujours parfaitement dans le paysage.

    Port Launay fait l’unanimité!  : et pourtant,ce n’est pas facile de plaire à tous. Nous sommes 13 en tout sur 2 bateaux, âgés de 5 à 70 ans,

    le spot de surf, derrière la croix…

    SUPers, surfers, amateurs de plages et de longues promenades au soleil couchant sont ravis.

    La lagoon 52 offre une super plateforme de bain, et un cockpit immense qui peut tous nous accueillir.

    La soirée commence bien, avec ce vendeur de plage, venu nous proposer de l’eau de coco fraiche.

    Le lendemain, nous mettons cap sur l’île Thérèse, à quelques encablures de Port-Launay.

    l’îlot Thérèse

    L’île est déserte, merveilleusement photogénique et sauvage à souhaits. Nous sommes les seuls ce matin.
    Dans quelques heures, des touristes débarqueront pour y déjeuner de BBQ sous des abris de bois et de tôle. Nous savourons cette tranquillité : l’île est à nous le temps de la matinée!

    Nous partons à pied explorer le rivage et découvrons les fleurs du Takamaka, très odorantes, typique des plages Seychelloise, au parfum mêlé de miel, d’ambre et d’embruns.

    Nous découvrons d’étranges formations granitiques créées par l’érosion.

    Après le sport du matin et un copieux déjeuner c’est l’heure du café/sieste à l’abri de la voile d’ombrage sur Moby.

    Papily et Mamily descendent à la plage avec les enfants. Victor et Loïc ont repéré une jolie vague à surfer.

    Ce soir sur Moby, c’est la fête! Nos amis partent demain après plus de deux semaines passées à nos côtés; ils vont nous manquer!

    Le lendemain, c’est la dernière nav’ retour à Victoria avec Anne et Erwan ;

    Anne

    Thomas et Sonia sont venus naviguer avec nous pour l’occasion.

    Nous faisons escale à  l’Anse Soleil pour déjeuner et faire un dernier plouf. Là encore, les vagues ravissent les enfants.

    En longeant la côte s’égrènent les noms d’hôtel prestigieux. Là, le Four Seasons, qui s’étend sur plusieurs coteaux.
    Ici, on est dans l’ultra-luxe, avec des villas individuelles exclusivement, pour 2, 4 ou 12 personnes!

    Sur la route retour, nous remontons une jolie dorade coryphène Elle se débat comme un diable!

    Mais le captain est lui aussi coriace et a raison de la bête!

    Qui finira comme les autres : en filet, au four accompagnée de sauce aux fruits de la passion : une émulsion de jus de fruit de la passion frais, monté au fouet à feu très doux avec de l’huile d’olive, un peu de sel et de poivre : un véritable régal.

    Il est temps de se dire au revoir, Anne, Erwan Gwenn et Liz rentrent en France reprendre le travail et le chemin de l’école : ils vont nous manquer!

    bye-bye Liz!
    bye-bye Gwenn

    Nous continuons encore une semaine de croisière en tandem avec mes parents et mon frère qui sont sur Colombo, le Lagoon 52 de Dreamyacht.

    Nous longeons les iles de Cousine et Cousin. Encore de somptueuses demeures,

    Le coucher de soleil sur l’Anse Lazio est magnifique.

    Nous avons la surprise, le lendemain matin, de voir la plage défigurée par une zone de baignade à bouées jaunes. Il s’agit en fait d’un filet anti-requin. Il était absent la semaine dernière lors de notre passage, pour réparations, et là, il en manque encore la moitié! Les autorités en ont mis en place après les 2 attaques mortelles de 2011, et les ont laissés en place depuis.

    Les vagues sont petites mais propices au skim et au bodyboard.

    Ici, pas besoin de photoshoper les images, les couleurs sont sublimes!

    Le touristes se sont d’ailleurs donné le mot, avec ce beau soleil, ils prennent tous des films et des photos.

    Parfait aussi pour la grande balade pied sur la plage.

    Nous testerons un autre mouillage, très très calme, et presque sans vagues, pour plaire à Mamily :

    l’anse Volbert, qui sera notre QG pour la nuit pendant les jours à venir.

    La encore les raies aigles forment un ballet incessant, c’est un plaisir de les voir le soir nager en surface.

    De charmantes maisons créoles bordent la baie.

    Juste en face de nous, 4 bungalows aux curieux toits inclinés en forme de pirogue attirent l’oeil. 
    l’hôtel Archipel niché dans les cocotiers.

    et l’île Curieuse à l’horizon

    La plage est calme avec de petites vagues amusantes

    Nous partons avec les enfants escalader ces roches sorties de nulle part, au milieu de l’Anse Volbert.

    Nous passons donc nos nuits et fins de journées à l’Anse Volbert, mais partons à la journée explorer et profiter des plages voisines.

    Anse Georgette et ses grosses vagues.

    Thomas se met au skimboard!

     

    et après une bonne heure de pratique, on voit les résultats! Arthur est heureux de pratiquer en même temps que son oncle. Il progresse beaucoup,

    et prend beaucoup de risques : il glisse plutôt dans la catégorie freestyle!

    La plage est à nous, le soleil est haut dans ce beau ciel bleu, et j’en profite pour immortaliser toute la famille!

    Sonia et moi partons explorer le sentier qui mène à l’anse Georgette depuis l‘Anse Lazio.
    J’y avais repéré une balançoire;

    Nous trouvons un joli point de vue en effet, « the lost tee », qui donne sur le trou n°13,

    où de bien nombreuses balles ont dû être perdues

     

    bodysurf
    bodyboard

    Nous retournons à la plage profiter des vagues et des oiseaux.

    L’île de Curieuse, est une réserve marine mais surtout réserve de tortues terrestres. Nous partons explorer le sentier côtier  : il traverse la mangrove via un chemin,

    des roches,  puis une passerelle en bois.

    Quel point de vue!

    Autrefois, un barachois y a été construit, sorte de vivier géant fait des mains de l’homme pour y garder les poissons vivants: il suffit de pêcher quand on en a besoin.

    Arrivés sur la plage, nous remarquons un enclos, non pas pour les tortues, qui vivent ici en liberté, mais pour les humains et leurs BBQ!

    tortues en liberté

    Voilà un signe de civilisation particulièrement avancée et qui a tout mon respect : ici c’est les hommes qu’on enferme, pas les animaux.

    Les tortues jouent au foot et se promènent librement sur la plage.
    On voit qu’elles ont l’habitude des hommes, et se laissent approcher de très très près.

    Sur la plage principale, au coucher du soleil, une tortue sort de sa tanière. Elle ne peut vivre avec les autres, les gardiens l’ont donc adoptée, et vit-elle à leurs côtés. Elle fait mine de vouloir se baigner, ou tout du moins se rafraîchir

    A Curieuse, nous avons la visite de la Police, venue contrôler nos papiers. A bord de leur petit bateau « Playmobil »

    Sur la route de retour,

    nous longeons encore de bien jolies maisons

    : pas vraiment luxueuses, mais elles ont un charme fou.

    Nous faisons de nouveau escale à La Digue avec mes parents, qui ne connaissent pas l’endroit.

    Nous reprenons avec plaisir la balade dans les roches de l’anse Source d’argent,

    on ne se lasse pas de ces gros rochers comme tombés dans l’eau

    dernier plouf à Anse la Farine, derrière l’île ronde

    Notre dernière escale en famille sera sur Praslin, où mes parents rendent leur bateau de location, sur la base Dreamyacht.

    A Sainte-Anne pour une dernière nuit!
    Nous ramenons mes parents à Mahé d’où ils décolleront demain pour Paris.

    Bye-bye les Seychelles. Il nous tarde de quitter cet archipel, qui nous aura offert de délicieux souvenirs en famille et entre amis,

    Ce qui nous a plu :
    • les plages superbes et un paysage particulièrement photogénique .
    •  Le bassin de navigation entre Praslin, Mahé et la Digue, parfait pour naviguer avec des amis pas forcément amarinés : de faibles distances, et une variété des mouillages pour un séjour de 2/3 semaines, c’était parfait, ni trop ni trop peu, nous avons eu le plaisir d’explorer (presque) tous les mouillages.
    • la proximité de l’Europe, facilement accessible en vols direct depuis Paris
    • la facilité d’approvisionnement à Victoria, avec le marché quotidien et les supermarchés particulièrement bien achalandés
    • de très beaux poissons à voir sous l’eau, et à manger aussi, la pêche fut bonne!
    • la température de l’eau, à 28°, on y reste des heures!
    Ce qui nous a moins plu :
    • la bureaucratie pesante de ce petit pays, les formalités d’arrivée et de départ parmi les plus lourdes rencontrées
    • les taxes  incessantes sur tout et n’importe quoi, qui finissent pas plomber le porte-monnaie et l’ambiance ( on se sent racketté!). Nous avons du nous acquitter d’une taxe sur les bouteilles de gaz, d’une autre pour avoir le droit de naviguer, plus d’un droit de séjour à la fin calculé au pro-rata de la longueur du séjour. Enfin, dans chaque parc national ou réserve marine (nous les avons tous fait!!), un ticket d’entrée par personne de 150 à 200Rs (9 à 12 €, qui fait vite grimper la note quand on est 9 à bord)…
    • un tourisme élitiste et typé « couple », qui manque de variété et de diversité
    • une destination globalement très chère à tous point de vue : avitaillement, restaurants, services etc… sans véritable lien avec la qualité des produits.
    • le manque de contact avec la population
    • des fonds marins bien décevants ; le corail est presque totalement blanchi
    Nous aurions aimé avoir le temps de visiter les Outer Islands : les Amirantes, mais aussi Agalega et Farquar qui doivent être des endroits merveilleux, et sans doute plus accueillants que les îles principales. Mais le temps nous manque, car nous avons choisi de faire escale à l’île Maurice, pays qui a vu naitre notre fils ainé Victor, et où nous avons passé près de 15 ans. Rendez-vous donc à Maurice d’ici 8-10 jours pour des retrouvailles qui s’annoncent riches en émotion!
  • Hors du monde aux Chagos

    Hors du monde aux Chagos

    Nous venons de passer 2 semaines d’une robinsonnade exceptionnelle dans une nature intacte.

    Moby au mouillage à Salomon

    Une escale comme celle-ci se mérite, d’abord par son isolement : l’archipel, se situe en plein millieu de l’Océan Indien, au Sud des Maldives et de la péninsule indienne, à près de 2500 NM de l’Australie et des côtes Africaines. Depuis que nous avons quitté la côte Est australienne début juin, nous avons passé 30 jours en mer et parcouru plus de 5000 NM, en ne faisant que de courtes escales.

    Les Chagos, ca se planifie aussi car il faut montrer patte blanche et obtenir un permis plusieurs mois à l’avance auprès du BIOT (British Indian Ocean Territory). Il faut dire que les Chagos abritent au sein de l’atoll de Diego Garcia la plus grande base nucléaire américaine hors territoire US.

    Diego Garcia a en effet été « achetée » ou plutôt louée aux américains dès le début des années 70 pour y établir une base militaire stratégique, à même de surveiller le Moyen-Orient, l’Asie et l’Afrique, et capable d’accueillir des porte-avions, une flotte de bombardiers et des sous-marins atomique.

    Un peu avant que l’ïle Maurice  n’obtienne son indépendance de la couronne britannique en 1968, l’archipel des Chagos (composé des atolls de Diego Garcia, Peros Banhos et Salomon) , qui aurait dû revenir à l’île Maurice dont il dépendant, est détaché et abrité au sein du nouvellement créé BIOT. Pour satisfaire les exigences des leurs alliés américains qui souhaitent exploiter avec indépendance leur nouvelle base militaire, le territoire des Chagos est  soustrait aux terres mauriciennes, et sa population déportée, sans espoir de retour. Un gros milliers de personnes est envoyée vers Maurice ou les Seychelles.

    Un drame humanitaire dont les principaux acteurs, les chagossiens, deviennent les laisser-pour-compte d’une société mauricienne aux prises avec son developement. Abandonnés dans les bidonville de Port-Louis, iIs n’obtiendront jamais leur retour sur place, tout au plus une comprensation financière qui arrive avec vingt ans de retard, et le droit à un passeport britannique qu’ils sont bien peu à utiliser.

    Nous avons été très touchés par l’histoire de cette population losqu’en 2006, quelque 120 chagossiens ont eu le droit de revenir sur place se recueillir sur leurs îles, et honorer leurs morts.

    Ils ont d’ailleurs déposé une stèle commémorative à Boddam.

    Nous avons aussi lu, fait de recherches sur les Chagos. Depuis quelques semaines, notre livre de chevet à tous les deux est l’ouvrage de Jean-Claude de l’Estrac, journaliste et homme politique mauricien, ancien ministre des affaires Etrangères de l’île Maurice, qui relate l’histoire de ce hold-up sur Diego Garcia. Il détaille en particulier par le menu ce que l’on sait des tractations diplomatiques entourant la cession de Diego aux Américain, ce qu’il appelle si justement « un acte de piraterie diplomatique ». Il n’oublie pas non plus d’établir la chronique de ce peuple malmené et déporté par deux des plus grandes nations occidentales : la Grande Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique. Il y a moins d’un demi-siècle de cela. 

    Depuis 2006, la zone entière est classée comme réserve marine, une raison supplémentaire d’en contraindre et réglementer l’accès.

    Nous savourons donc la chance que nous avons de passer 2 semaines dans cet un ancien lieu de peuplement devenu un environnement protégée.

    Nous arrivons en milieu de journée, et entrons dans l’atoll sous un grain.

    arrivée à Salomon Island sous un grain

    L’aspect sauvage des lieux nous saute aux yeux : des oiseaux par centaines, par milliers, qui chassent aux abords des ilôts mais aussi en plein lagon; les oiseaux nous approchent de très près, ils sont curieux et peu farouches.

    Ils s’approchent de très très près. et nous offrent un incroyable ballet aérien

    Nous mouillons dans le seul endroit abrité de l’atoll, sous l’îlot Fouquet, et sommes déjà séduits par le site, un banc de sable entre deux îlots. Ici on ne les appelle plus des motus comme en Polynésie, mais nous retrouvons tout de même les paysages familiers des Tuamotu : un atoll couronné de petites îles,

    jonchées de palmiers et peuplées d’oiseaux

    frégate en plein vol, majestueux!

    et de crabes de cocotiers.La végétation semble tout de même particulièrement luxuriante, l’île est quasi impénétrable et très verte.

    Le grain est passé, le soleil pointe son nez, le vent souffle toujours, C’est l’occasion de mettre à sécher gilets et voiles, et de déjeuner.

    Les enfants sont très vite intrigués par l’épave qui git sur la plage.

    Nous partons de suite l’explorer. Victor se repose, et savoure le calme et la beauté des lieux. Arthur, Anna et Victor sont rejoint par les deux petites filles du voilier allemand Ui qui est sur place depuis quelques jours.

    Après quelques minutes passées à se tourner autour, les enfants finissent par jouer ensemble, communiquant en anglais et en francais car les fillettes ont été scolarisées quelques mois à Nouméa et aux Marquises. Leurs parents ne tarissent pas d’éloge sur nos îles de Polynésie, si accueillantes, et agréables à vivre.  C’est un compliment que reprennnent la plupart les bateaux étrangers que nous avons croisés, et qui nous envient l’agréable mixité culturelle, la douceur de vivre polynésienne alliée à toutes les commodités, en particulier lorsque l’on voyage avec des enfants : hopitaux, écoles, chantiers de réparation …et boulangeries! Je ne résiste pas d’ailleurs à partager avec vous le bon mot de leur maman qui confie apprécier plus que tout ces étapes francaise permettant de faire un tour du monde « de baguettes en baguettes! » Il est vrai que dans la moindre île de Polynésie, on y trouve de la baguette croustillante! Alors des Antilles à Mayotte en passant par les Marquises, les Tuamotu, les îles sous le vent, Wallis et Futuna, la Nouvelle-Calédonie et la Réunion, vive la baguette, devenue plus qu’un symbole, un véritable fer de lance de l’art culinaire français au quotidien !

    Le lendemain, le temps est tout à fait remis, le ciel bleu est établi :  nous retournons explorer l’îlot.

    l’épave sur la plage
    A l’interieur

    La mer a un peu baissé, nous contournons l’une des coques et entrons dans l’épave. C’est à la fois triste, émouvant, et cela nous rappelle combien la météo peut ici être changeante.

    le bateau s’appelait le Black Rose, immatriculé aux Vanuatu

    Il nous faut mouiller avec précaution, car sous un grain, le vent peut facilement tourner de 180° et faire pivoter le bateau trop près des coraux.

    Derrière l’épave, un enchevêtrement de cocotiers tombés dans l’eau, effondrés sur eux-même, nous continuons l’exploration.

    les cocotiers font du Mikado!

    Sous ce beau soleil, la lumière est magnifique et les dégradés de turquoise incroyables. Je n’arrête pas de mitrailler. Ces couleurs parfois irréelles , dégradés de turquoise, nous accompagneront durant tout notre séjour;

    .

    Nous ne sommes pas en reste avec les couchers de soleil

    L’eau est merveilleusement chaude, pas loin de 30°, c’est un vrai bonheur. En passant le coin de l’îlot, la plage s’incurve et offre une baignade dérivante dans le courant.

    Les enfants ne se lassent pas et enchainent : 10mn de marche pour «  remonter » la plage, et 3 mn de baignade dérivante.

    Dans la foulée, nous allons explorer l’autre îlot, Takamaka :

    Takamaka

    aux jumelles, nous pouvions y distinguer comme une épave.

    l’épave sur Takamaka

    C’est sans doute celle d’un ancien bateau de pêche, en bois et acier. Nous en faisons le tour en annexe à marée haute et découvrons les nids des fous à pattes rouges (et à bec bleu).

    un fou à pattes rouges (et bec bleu)

    La période de nidification se termine, la plupart des oisillons ont déjà quitté le nid, et apprennent à voler et se nourrir. Reste quelques retardataires : on les reconnait à leur duvet blanc qui leur fait une tête toute bouffante.

    un (gros) oisillon

    Alors que nous avançons en annexe, ils nous approchent de très très près, on croirait presque qu’ils tentent de se poser sur nous.

    les fous nous approchent de très près

    A la pointe sud de Takamaka, nous découvrons ces énormes traces ressemblant à des roues de tracteur

    de gosses traces laissées par les tortues venues pondre

    : des tortues marines sont récemment passées par là pondre leurs oeufs. Elles parcourent parfois des centaines, des milliers de kilomètre pour venir pondre  à l’endroit même où elles sont nées. D’ici quelques mois ou semaines, de minuscules tortues vont éclore et prendre leur premier bain. Elles seront très vulnarables aux prédateurs : leur taux de mortalité est très élevé.

    Quelques mètres plus loin, a été installée une corde à un cocotier servant de balancoire. Loïc et Victor jouent aux singes, Anna et Arthur se balancent. Le courant entre les ilots est très fort, entre 3 et 5 neuds, idéal pour une baignade dérivante.

    baignade dérivante dans le courant

    On voit bien le courant entre les deux ilots

    Le snorkeling est aussi superbe, et les poissons énormes. Il fait grand soleil en ce moment le matin : nous en profitons pour aller explorer encore une autre épave, décidément, sous-marine cette-fois.

    L’épave est très peu profonde, facile d’accès,

    les coraux sont en assez bon état.

     

    Nous sommes rejoints après 36h par nos amis américains de Cool Runnings avec qui nous avions calé nos dates  de permis pour les Chagos

    Cool Running proche d’arriver

    Ils arrivent juste à temps en fin de journée, avant le coucher du soleil. Nous sommes invités à partager une bière et un verre de vin, ils sont heureux d’être arrivés, juste à temps avant le soir!

    A bord de Cool Running

    Une bonne nuit de sommeil réparatrice est toujours un grand bonheur après les nuits de quart et de veille des traversées.

    Nous profitons de ces 15 jours aux Chagos pour nous reposer.

    repos, repos…

    Depuis notre départ de l’Australie début juin, nous avons navigué deux jours sur 3, avalant 5000 milles nautiques en 1 mois et demi, et ne nous arrêtant que 1 semaine à Bali, et une autre à Cocos. Alors nous savourons à sa juste valeur cette escale dans son écrin sauvage et son isolement total.

    L’après-midi, c’est sieste quasi-quotidienne dans les hamac, dont nous testons plusieurs empacements : entre les deux jupes à l’arrière (pas mal, mais il y a trop de soleil l’après-midi),

    et sous le trampoline à l’avant : bien plus abrité- c’est adopté!

    sieste dans les hamacs sous le trampoline

    Le lendemain, c’est Shuti, le catamaran de nos amis israéliens qui arrive.

    arrivée de Shuti
    Shuti (à gauche) et Cool Runnings au mouillage

    Pour fêter l’arrivée des copains, nous convions tout le monde à un grand feu sur la plage.

    préparation du feu; à côté, le tas de bouteilles plastique

    Il faut dire que cela fait 2 jours que nous rassemblons le plastique échoué, avec l’idée d’en brûler un maximum. L’idéal serait bien sûr de le recycler, mais rien n’est prévu ici pour la collecte des ordures, alors les brûler est un moindre mal. Les enfants ont grand plaisir à se retrouver, d’autant que tout le monde est en vacances!

    Pour fêter cela, j’ai sorti les chamallows : il m’en restait encore quelques paquets (achetés en Nouvelle-Calédonie il y a 3 mois!) en prévision des soirées feu de camp aux Chagos.

    La lumière du soir est incroyablement belle.

    La nuit tombe, Et notre feu resplendit dans la nuit.Tous les matins, nous admirons le ballet des oiseaux qui pêchent autour du bateau :

    le ballet des oiseaux
    les oiseaux pêchent les petits poissons…

    Sous Moby, nous abritons une véritable chaine alimentaire! Des bancs de minuscules poissons tournent autour des coques, suivis par des bonites qui chassent activement en bondissant parfois vivement, et survolés de sternes.

    des bonites poursuivent des petits poissons

    Non loin, des fous et des requins rodent, maraudeurs à l’affut d’une erreur.

    un requin rode….

    Plus haut dans le ciel, les frégates nous régalent de leur vol majestueux et si gracieux.

    Cela donne l’idée à Loïc de tenter notre chance à la pêche au lancer. En quelques minutes, c’est fait, il nous rapporte le dîner du soir : un très beau « Tuna maquerel », sorte de bonite, de la famille du thon.

    carangue

    Tous les 2 jours, nous ramenons du poisson : vivaneau, carangue, mérou….

    vivaneau
    carangue
    vivaneau

    L’animal a souvent sa chance, nous y laissons quelques leurres… Les garçons sont ravis de pêcher dans de telles conditions, car il y a de l’action.

    petite traine dans le lagon
    séance de lancer depuis Moby

    Nous n’avions pas connu une telle frénésie depuis les Marquises, avec l’immense avantage qu’ici, aux Chagos, et en général dans l’Océan Indien, il n’y a pas (ou très peu) de Ciguatera : on peut donc manger tout ce que l’on pêche!

    Les carangues, de préférence en nuggets aux herbes de provence ou marinées en brochettes au BBQ, le thon et le vivaneau en sashimi, la bonite en brochettes marinées ou en mi-cuit,

    Pour les recettes, allez jeter un oeil sur l’article « le Thon… les milles et une manières de l’accommoder » .

    Le midi, nous mangeons plus simplement. Le plus souvent, c’est atelier sandwichs! Avec des wraps comme ici, ou des buns, des pains pita…..

    chacune y met ce qu’il aime

    Les enfants, en particulier les 4 ados sont heureux de se retrouver. Ils ont organisé ce matin une expédition en paddle, à longer le rivage de Fouquet pour aller voir les nids de fous à pieds bleus.

    Balade en SUP entre enfants
    vue aérienne de l’ilot Fouquet

    A marée basse, nous partons tous les 5 faire le tour de l’île Fouquet à pied. Cela nous prendra 2 heures.

    Fouquet Island

    Partout des fous, bruns, masqués ou à pieds rouges, qui nichent, volent, pêchent, et nous survolent négligemment. Nous crapahutons sur le sable, sur le platier, qui nous écorche les pieds,

    entre les palmiers qui semblent vouloir jouer au Mikado géant,

    mikados de palmiers

    à travers la forêt de palmiers.Les cocotiers sont omniprésents, témoins de la période où les iles étaient exploitées pour le coprah.

    De l’autre côté de l’atoll :

    Un matin, Loïc et moi partons en expédition en annexe vers Boddam island, distante de 2,5 NM :

    vue aérienne du quai

    située au vent de l’atoll, c’était le lieu de peuplement principal des Salomon Islands, abritant encore aujourd’hui des vestiges de l’église, de l’hôpital, de l’usine d’extraction d’huile de coco… Boddam est réputée ne pas offrir de mouillage protégé, seulement d’anciens corps-morts . Nous souhaitons vérifier par nous-même les possibilités de mouillage et jeter un oeil aux vestiges. Loïc lance le drone,

    lancement du drone depuis la plage

    La lecture des images est formelle :

    il n’y a aucune langue de sable pour mouiller : les patates de corail sont partout.
    Nous inspectons les mouillages, des chaines entourées autour des patates de corail : ils semblent à première vue costauds et en bon état, mais nous ne prendrons pas ce risque, par vent de sud-est établi, de mouiller si près des coraux et de la plage. Nous explorons aussi les premiers abords de l’ancien « settlement », c’est émouvant de voir ces vestiges.

    vieux cabestan près du quai de chargement
    anciens séchoirs à coprah
    à l’intérieur du « yachtclub », des déchets laissés par les voiliers de passage; spectacle désolant.
    « oeuvre d’art » en matériau de recyclage effectuée par un bateau de passage : très créatif!!

    C’est décidé : nous reviendrons avec les enfants en annexe pic-niquer et passer la journée.

     

    Après une semaine, les autorités viennent enfin nous rendre visite. Le  » Pacific Marlin  » est chargé de patrouiller la zone entière des Chagos surveillant les navires de pêche illégaux. A son bord, un officier des services d’immigration qui vient tamponner nos passeports et s’assurer que nous respectons bien les règles de l’aire marine protégée. Les formalités sont réglées en moins de 15mn.

    Un midi nous décidons d’un picnic sur l’un des îlots un peu plus éloignés, histoire de visiter un peu plus l’atoll : Sepulture Island. Les enfants nous trouvent un abri et installent des tables faites de pieds en noix de cocos et de dessus en pierre.

    Le couple d’américains du joli voilier en bois mouillé tout près se joignent à nous : arrivés il y a 8 jours, c’est la première fois qu’ils mettent pied à terre!

    Avec le vent des derniers jours, une jolie houle s’est levée, qui rentre un peu dans le lagon et nous procure de jolies petites vagues sur le banc de sable devant Takamaka, entre la mi-marée et la marée basse.

    C’est Dave qui teste le spot,

     

     

    vite rejoint par Loïc, Victor, Arthur, puis par Ben, Yoav et moi-même.

    Loïc qui rame
    les débuts de Ben en surf
    Gaby rejoint les garcons pour s’initier au sup-surf
    Arthur en pleine action!

    Tout ce qui surfe est de sortie : longboards, shortboard, SUP sufs, SUP’s….

    Les journées passent avec langueur, actives et paisibles à la fois. Nous profitons de cette escale sans internet ni courses à faire pour ranger et nettoyer le bateau, faire du menu bricolage. Les enfants passent d’un bateau à l’autre, se donnent rendez-vous à la plage ou sur le spot de surf, il y a comme un air de vacances qui souffle sur les Chagos.

    un peu de chaise de mat, ca détend!
    les 3  » bato-copains » : Cool Runnings, Shuti et Moby
    la bande des kids! de gauche à droite : Gaby, Anna, Eyal, Ben, Yoav, Dror, Victor et Arthur
    Moby, merveilleux terrain de jeu
    il faut dire que nous ne manquons pas de joujoux embarqués

    Un matin, nous partons tous en annexe passer la journée à Boddam, distante de 2,5 NM. Nous sommes impatients de découvrir les vestiges du village chagossien de Boddam, abandonné depuis maintenant près d’un demi-siècle :

    l’atoll de Salomon, avec l’ilot de Boddam au fond

    la nature reprend vite ses droits, et a envahi les lieux.

    Nous emportons avec nous un ipad dans lequel nous avons des photos du village avant l’expulsion des chagossiens. 

    Nous tombons tout de suite sur le vieux quai, dont il ne reste plus grand chose, qu’un vieux cabestan rouillé. C’est là qu’accostaient les goélettes venues ravitailler l’île et récupérer le coprah. Des rails subsistent, qui permettaient d’acheminer la chair de coco jusqu’au bateau. Un peu plus haut, on devine caché dans la végétation les séchoirs à coprah, avec les rails métalliques sur lesquels coulissaient les toits de protection solaire.

    L’exploration est dificile car la végétation est luxuriante. Nous longeons les rails, et entrons dans ce qu’il reste de ce qui fut probablement un hangar de stockage.

    Nous avons pour  nous guider les photos prises par les expéditions scientifiques de 1979  et 1996, qui avaient trouvé des maison encore en état avec ces inscriptions poignantes à l’intérieur. 

    Des années 70/80 , et jusque dans les années 90, les Chagos sont fréquentées par des bateaux de passage, qui s’arrêtent faire escale dans cet Eden hors du circuit des cyclones de l’Océan Indien. Une petite communauté de « yachties »   finit par s’installer, sur Boddam justement et par y vivre plusieurs mois de l’année, ne rentrant aux Maldives que pour se ravitailler en produits frais. Ils élèvent des poules, ont un potager, et vivent dans cet Etat qui n’en est pas un  : de véritables hippies des mers! Notre ami Hervé qui y a fait escale en 2003 avec sa famille a pu partager leur quotidien pendant quelque semaines, il y avait plusieurs dizaines de bateaux sur place!

    Il reste toujours sur place leur « yacht club »

    les restes du yacht club des Chagos
    à l’intérieur…

    En 1996, pour couper court à toute velléité d’instalation plus définitive, le BIOT classe la zone entière « réserve marine »  y compris la base nucléaire américaine de Diego!!! -SIC- C’est en effet la manière la plus politiquement correcte d’éviter l’enracinement des voiliers de passage ainsi que les velléités de repeuplement des chagossiens.  Après s’être débarrassé des habitants, exit les hippies des mers. Pour faire bonne figure, la zone n’est pas complètement interdite, mais réglementée.

    Le BIOT accueille une cinquantaine de bateaux par ans. Les conditions sont strictes, ce qui limite les séjours aux bateaux qui sont vraiment motivés!

    • un séjour de 4 semaines maximum, en transit uniquement, motivé par des raisons météo
    • être titulaire d’une assurance santé/rapatriement couvrant une évacuation sanitaire à hauteur de à 100 000$ /personne, et d’une assurance renflouement/nettoyage en cas de naufrage

    Pour les bateaux intéressés, procurez-vous le guide suivant , édité gratuitement par le Royal Cruising Club, daté de 2017 et disponible en version Pdf téléchargeable. Nous continuons nos explorations au nord de la jetée dans l’espoir de trouver plus de vestiges, mais aussi quelques bananiers ou manguiers pour agrémenter notre quotidien…. Les fruits et légumes frais se font rares à bord des bateaux.

    Nous croisons de nombreux crabes de cocotiers. Ils sont ici espèce protégée, et nous ne pourrons donc pas y goûter : dommage, leur chair doit être savoureuse, tout bien nourris qu’ils sont à la coco!

    crabe de cocotiers qui se cache

    Nous laissons les enfants jouer sur la plage au campement, pendant que nous continuons les explorations; motivés! Il le faut, car les moustiques sont ici sans pitié, malgré les répulsifs, ils attaquent.

    C’est au sud de la jetée que nous trouvons les vestiges des bâtiments servant à transformer le coprah en produit dérivés, huile de coco certainement.

    ancienne usine à coprah

     

    Nous tentons de deviner à leur allure le rôle des différents bâtiments :

    • la prison
    la prison
    • l’église

    , qui avant ressemblait à cela :

     – à sa droite, l’ancien hôpital

    en arrière plan : l’église et l’ancien hôpital
    • l’ancien hôpital :
    à l’intérieur de l’ancien hôpital

     Il est temps de rentrer au camp de base : le « yacht club » , squatté en son temps par la bande de yachties/hippies.

    pic-nic!

    Après le repas, les enfants partent jouer dans l’eau. Pendant ce temps, nous devisons en refaisant le monde….

    à notre tour de squatter le yacht club : Dave, Momi et Loïc
    et de profiter de la plage : Lilach, Gudrun et Bénédicte

    puis partons explorer la plage à pied.

    Avant de partir, nous laissons notre dédicace dans le livre d’or des Chagos, et rentrons à Fouquet par les chemins de traverse.

    En effet, nous avions repéré aux jumelles une sorte de grosse bouée échoué sur l’ilot voisin , l’île Anglaise.  Il s’agit d’une bouée de la NOAA (services météorologiques américains) servant à détecter les Tsunamis. Elle a probablement été désarmée, et il ne reste plus de capteurs. Nous sommes impressionnés par l’objet, que nous appelons depuis une semaine « le Spoutnik ».

    Au retour, nous trainons : succès pour Dave qui ramène un mérou. Un peu moins pour nous : je casse en tentant de remonter un wahoo de plus d’un mètre de long qui a gobé notre leurre et que j’ai vu sauter hors de l’eau. Cette fois-ci, c’est lui qui a gagné!

    Mais Victor se rattrape le soir en ramenant une carangue. C’est qu’il nous faut du poisson demain soir . C’est mon anniversaire et j’ai convié tout le monde à un BBQ. Je fournis poisson et dessert, les amis apportent le reste…

    une carangue au lancer!

    Le matin, je me met au fourneaux : pas de gateau en perspective, car je n’ai plus d’oeufs et très peu de beurre…. Je me triture les méninges, un dessert sans oeuf ni beurre pour 14 personnes en picnic?  Une fondue au chocolat! La recette est simple : faire fondre au bain-marie une tablette de 200g de chocolat noir dans 15cl de crème fraiche, ajouter s’il le faut 5 à 10cl d’eau pour rendre la sauce plus liquide. Parfumer avec une pincée d’extrait de vanille, de cannelle, de café lyophilisé ou quatre épices selon votre goût. On la sert d’habitude avec de la brioche et des fruits frais, mais les fruits se font rares depuis 8 jours. J’ai tout de même fait une brioche (sans oeuf ni beurre, mais avec  du yaourt, délicieux et léger!), apporté de la noix de coco, des chamallows, des mini-meringues, des bananes séchées….

    J’ai aussi levé les filets sur les poissons et préparé des marinades, avant de les enfiler sur des sticks à brochette.

    Victor nous a préparé une double dose de pop-corns au beurre salé et voilà!

     

    Je suis très gâtée par tout le monde :

    Loïc m’offre un collier de corail rouge glanés sur le sable.

    Les enfants m’offrent un autre collier de corail bleu et un beau dessin.

    Cool Running m’apporte 6 oeufs pour faire un gateau et un beau dessin de Moby.

    et Shuti m’offre leurs meilleures recettes de pain dont le délicieux pain aux flocons d’avoine qu’il me tarde d’essayer.

    Mais ce qui me ravit, c’est cette superbe soirée autour d’un feu de bois, de la bonne musique, un clair de lune, une excellente compagnie.

    Anna et Eyal, inséparables

    On se régale des brochettes!

    Et le buffet des desserts est au TOP!Il n’en reste d’ailleurs plus rien…

    Qu’une nappe maculée de chocolat et des enfants très sales…Le lendemain, 2 août, c’est l’anniversaire de Dror qui fete ses 8 ans! Il a plu toute la journée, aussi sommes-nous conviés sur Shuti plutôt qu’à la plage pour un goûter-apéro.

    Bon anniversaire Dror, 8 ans!
    son gateau préféré : une brioche fourrée aux 2 chocolats, que c’est booon!

    Les cadeaux que s’échangent les enfants n’ont rien à voir avec ceux des anniversaires traditionnels à terre. Chacun bricole, invente, crée avec les moyens du bord…. Un vaisseau LEGO, des cartes anniversaire dessinées par les enfants, une cocotte en papier, un jeu de Pokemon fait-maison, une mini-station météo….

    tous sur Shuti

    Le surlendemain, 3 août, les festivités chagossiennes continuent, avec la Bar-mitsva de Yoav, l’ainé des Shuti.  C’est la première bar-mitsva à laquelle nous soyons invités, mais c’est aussi sans doute la seule ayant eu lieu aux Chagos! Momi, son papa nous explique la symbolique de la fête religieuse, à l’anniversaire des 13 ans chez les garçons juifs (12 ans pour les files). C’est le passage à l’âge adulte qui commence, des nouvelle responsabilités incombant au jeune, et un délivrance pour les parents qui ne sont plus responsables des pêchés de leur enfants!

    Bien sûr, aux Chagos, sans synagogue, le rituel est plus symbolique que religieux. Yoav doit nous lire en hébreu un passage de la bible, avec le ton et les intonations traditionnelles, qui s’apparente presque à un chant

    En tant qu’invités nous devons préparer un petit texte qui sera collé dans un livre souvenir, et apporter des bonbons que nous jetterons sur Yoav à la fin de sa lecture biblique. Victor propose d’initier Yoav, Ben et Gaby à la confection de sucettes au caramel au beurre salé-recette peaufinée aux Tuamotu il y a quelques mois déjà.

    fabrication du caramel au beurre salé, mis en moules
    emballage

    A 16h30, nous sommmes conviés sur la plage. Pas de chance, un grain approche…Heureusement, le feu est bien vif, les enfants se démènent pour le garder vivant.

    Entre 2 grains, Yoav nous lit son texte avec beaucoup de sérieux, Les enfants se préparent à lui jeter des bonbons!
    Ca y est! Il est intronisé dans le monde des grands, ses parents sont très émus.

    Lilach nous a prépéré des petits gateaux salés traditionnels à la féta et au miel. Les enfants se gavent de sucettes, de bonbons et de chamallows…..


    En fin d’après-midi, le grain devient d’une intensité telle qu’il nous chasse de l’île. Nous remettons le gateau et les cadeaux au lendemain matin.

    Nous passons le lendemain matin fêter les 13 ans de Yoav et partager un gateau et un café.

    Il est temps de dire au-revoir aux copains, qui restent une semaine de plus dans ce mouillage paradisiaque. Nous les reverrons aux Seychelles dans quelques semaines.

    bye-bye,  see you soon!

    Nous quittons Salomon, mais avons décidé de faire un crochet par Peros Banhos, l’autre archipel des Chagos qui est autorisé aux voiliers de passage, mais seulement dans sa partie Ouest. Nous ne sommes pas sûr d’y rester, car il n’y a pas d’excellent mouillage abrité des vents de Sud-Est. 

    Nous sommes curieux d’y explorer l’autre « settlement » des Chagos, sur l’île du Coin. 

    Il nous sera sans doute difficile de débarquer sur l’île du Coin, complètement exposée à l’alizé. Mais nous espérons au moins y distinguer quelques les vestiges. 

    En effet, nous ne pouvons débarquer. 

    Nous longeons l’îlot, et distinguons les restes de murs de soutènement, bizarrement protégés par des bandes jaunes de chantier. 

    Puis les vestiges du quai

    L’alizé est établi, mais permet de mouiller pour la nuit.

    devant le paradisiaque îlot de Fouquet.

    Ilot Fouquet, Peros Banhos

    Nous partons à terre faire le tour de l’îlot à pied. 

    Aux deux extrémités de l’îlot, des bancs de sable. 

    Comme toujours, nous faisons quelques découvertes naturalistes, comme ces curieuses éponges 

    et ces bébés requins pointes noires

    Sous le vent de l’île, un platier des cocotiers, 

    Tout au bout, un grand banc de sable

    et une très jolie vague de sable!

    Nous rentrons au bateau chercher les surfs

    Les enfants s’éclatent pendant deux bonnes heures, c’est un fantastique spot pour débutant, sur un banc de sable que l’on peut remonter à pied.

    Après le sport, le réconfort!

    Le lendemain, nous levons l’ancre, et quittons les Chagos qui fut une escale inoubliable, sauvage, émouvante et sportive, que nous avons savourée à sa juste valeur, conscients du long chemin qu’il nous a fallu pour y arriver, et de la récompense à hauteur de l’effort.

    Dans moins d’une semaine nous serons aux Seychelles où nous retrouverons famille et amis : que du bonheur!