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  • La boulangerie du bord : pains, pizzas, pancakes, scones etc….

    La boulangerie du bord : pains, pizzas, pancakes, scones etc….

    Est-il exagéré de dire que le moral à bord d’un bateau est à peu près proportionnel à la qualité du pain? En tous cas, il y contribue. En Polynésie Francaise, c’était facile : le moindre petit village des Tuamotu dispose d’une boulangerie et ne saurait vivre sans baguette croustillante. Nous avons même connu à Maupiti une véritable solidarité au mouillage où nous nous sommes retrouvés à 5-6 bateaux copains : chacun notre tour, le matin, nous allions en annexe à la boulangerie distante de 1 mille nautique, rapporter et livrer des baguettes pour tout le monde.

    Merci Anne-Marie et Nico pour la livraison de baguettes à 7h du matin!

    Certaines boulangeries francaises de l’étranger sont pour nous une belle surprise, comme à Bali, au supermarché Carrefour,

    Avec Didier, chef de la boulangerie/pâtisserie du Carrefour de Bali
    le rayon de la boulangerie Carrefour de Bali
    le rayon boulangerie

    et bien sûr celles des grandes villes francaises d’Outremer comme ici à Nouméa. 

    le pain et les viennoiseries de Nouméa

    En Nouvelle-Zéalnde et en Austalie, j’ai été agréablement surprise par la qualité et la variété du pain : ces territoires anglo-saxons sont en fait des terres d’immigrations, chacun y apportant le meilleur de sa cuisine.

    Véritable croissant sur le marché de Whangarei, Nouvelle-Zélande

    Mais ailleurs, et en traversée, comment on fait quand les réserves de wraps sont finies?

    en traversée, je propose souvent des ateliers wraps à midi
    chacune y met ce qu’il aime

    Bizarrement pour le pain, il y a ceux qui le font tous les jours, et ceux qui n’osent pas franchir le pas-ou qui on raté leurs premiers essais. A la fois très simple et un peu mystérieux, voici les secrets d’un pain réussi à bord.

    pain bis non moulé

    L’idéal, c’est d’avoir pu tester quelques recettes avant de vivre à bord, car il y a 2/3 petits trucs à savoir qui peuvent tout gâcher et décourager les meilleurs volontés.

    • le pain qui lève déteste les courants d’air! C’est ballot, car en bateau, et surtout en navigation, le vent,  il n’y a que ca. Donc se débrouiller pour faire lever votre pâton loin des courant d’air (surtout pas dans le cockpit donc), mais dans le four, pourquoi pas (s’il est éteint bien sûr), ou sous un linge propre dans un petit coin tranquille. Pour ma part, je le met au soleil derrière une des vitres du carré : le pâton aime la chaleur et gonfle plus vite et mieux au chaud
    • pour une croute bien dorée et croustillante, utiliser « le coup de buée » : après avoir enfourné votre pain, déposer l’équivalent d’un demi verre d’eau dans la lèche-frite que vous aurez préalablement installée sous votre pain. L’eau se vaporise instantanément en buée, qui durcira et dorera la coute du dessus. D’autant plus important avec nos fours à gaz qui ont tendance à plus chauffer le dessous que le dessus
    • ne pas diminuer la durée de levée du pain, au risque de cuire du pain trop sec. La règle c’est (au moins) une heure de première levée du pâton, et encore au moins 30mn de seconde levée une fois le pain mis en forme
    • le secret d’une mie fine et élastique? La « poolish », appellée aussi « levain sur levure », sorte de levain naturel et vivant que l’on met en culture 12h avant de faire son pain (la veille pour le lendemain matin par exemple). Mélanger 150g de farine avec 150ml d’eau (ou de lait pour une brioche), ajouter une demi cuillère à café de levure de boulangerie, bien mélanger. Laisser la préparation agir dans un bol sous un torchon toute la nuit. Le lendemain,  ajouter la préparation qui aura gonflé et bullé tout simplement à la recette en prenant soin bien sûr d’enlever aux ingrédients initiaux 150g d’eau et 150g  de farine.
    • autre petit secret pour que la pâte lève bien : commencer par mélanger les liquides tiède-idéalement à 37°- et la levure en premier, (sans le sel, qui inhibe la levure) et laisser se mélanger la préparation une dizaine de minutes, avant d’ajouter la farine.
    • pour faconner le pain, 3 possibilités : pour faire des pains carrés ou rectangles, abaisser la pâte en rectangle, puis la replier en 2 plis, en soudant les bords au milieu avec les doigts. Répéter l’opération 3/4 fois en tournant le paton de 90° à chaque fois, et enfourner en mettant bien la soudure sur le dessous. Pour faire des baguettes, faire la même chose mais sans tourner le pâton, et en en travaillant toujours dans la longueur. Pour des pains ronds, étaler en rond, et ramener les bords vers le centre et souder au milieu, 3 à 4 fois de suite.
    • attention avant d’enfourner, s’assurer que la soudure du pain est bien faite, et qu’elle est sur le dessous, au risque de voire le pain « éclater » à la cuisson
    • pour que le pain gonfle et cuise mieux, inciser avant d’enfourner avec une lame très fine dans le biai

    Et voici mes recettes de pain préférées :

    Pain blanc: 
    360 ml d’eau
    600 g de farine
    4 cuillères à café de levure de boulangerie
    2 cuillères à café de sel
    Pétrir la pâte, au moins 3 à 4 mn .
    Laisser lever le pâton au moins une heure
    Plier le pâton 3/4 fois sur lui-même, pour enlever les bulles de la première levée.
    Le mettre en forme : simplement posé sur une plaque, dans un moule, ou en petits pains individuels.
    Laisser lever le pain au moins 30mn à une heure
    Enfourner  environ 30mn à 220°. Si nécessaire, baisser le thermostat à mi-cuisson.

    C’est la recette de base, on peut la modifier à l’infini en gardant le mêmes proportions de solide (mélanges de farine, farine bise, seigle etc….) et de liquide (eau, lait, beurre, oeufs, yaourt, huile…), et en variant la forme donnée au pain : pain moulé ou non, pains individuels, en boule, en carrés, en baguettes etc…

    on peut varier les formes à l’infini…

    On peut aussi varier les farines et introduire des farines moins ordinaires : seigle, blé noir, épeautre etc…., ainsi que des graines et des noix  : graines de courge, pignons de pain, sésame, amandes effilées etc…., ou bien même des herbes : romarin, thym, sarriette….

    des petits pains ronds au fromage
    Variantes :
    • pain semi-complet : mélanger 200g de farine complète à 400g de farine blanche.
    • pain bis : utiliser 600g de farine bise
    • pain complet : 200 g de farine complète et 200 g de farine bise (ce pain lève très peu et se conserve bien)
    • pain tradition : 200 g de farine blanche et 400 g de semoule de blé fine
    • pain au lait : remplacer 360ml d’eau par 360ml de lait. Et si vous utilisez du lait en poudre, c’est encore plus simple, gardez l’eau et ajouter seulement la quantité de poudre nécessaire. Attention, il dore (et brûle) plus vite. Le cuire de préférence à 180°-200° maximum
    Autres variation :
    Le pain de mie : 
    320 ml d’eau+40ml de lait
    600 g de farine blanche
    40 g de beurre fondu
    3,5 cuillères à café de levure de boulanger
    25 g de sucre
    2 cuillères à café de sel

    Traditionnellement, on fait avec cette recette un gros pain levé dans un moule. Je préfère pour ma part détailler 9 petits pain carrés, que je met à lever côte à côte en rangées de 3; à la levée et à la cuisson, ils vont jusqu’à se toucher et former des « buns » à l’américaine, idéal pour les pic-nic ou les dejeuner sur le pouce en nav’.

    petits pains au lait en carré façon « buns »

    On peut mettre moins de sucre.

    pic-nic à bord en navigation, avec des petits pains individuels

    Le pain sans four

    Eh oui, un jour ou l’autre, le four tombe en panne, ou alors nous sommes en panne de gaz et n’avons qu’un petit réchaud (nous avons connu les deux cas…). Nous avons été sauvés par la recette des pains pita!
    Super simple, savoureux, et rapide à cuire, ils permettent même de faire des économies de gaz, afin de prévenir la pénurie…
    360g de farine
    250ml d’eau
    1 cuillère à café de levure de boulangerie
    1 cuillère à café de sel
    2 cuillères à soupe d’huile
    Préparer le levain 30mn à l’avance  : mélanger l’eau, la moitié de la farine et la levure. Laisser buller.
    Ajouter le reste des ingrédients, et pétrir 5 à 6mn.
    Laisser reposer le pâton huilé 1h
    Détailler en 8 ou 9 petites boules qu’on aura pris le soin de pétrir un peu pour enlever les bulles

    Les laisser reposer 30mn

    9 petites boules de pâte ayant levé

    Etaler les boules en petits disques sur 3mm d’épaisseur

    Ma filleule Liz les étale au rouleau

    Laisser reposer 5mn

    les disques avant cuisson

    Cuire dans une poêle bien chaude.

    Ca gonfle!!!
    les pains pitas

    Les pains de petit-déjeuner : 

    Le pain brioché au miel et beurre salé : savoureux et moins riche qu’une vraie brioche
    320 ml de liquide (moitié eau-moitié lait)
    50 g de beurre salé fondu
    50 g de miel
    600 g de farine lanche
    2 cuillères à café de sel
    3,5 cuillères à café de levure de boulanger

    Cuisson : environ 30mn à 200°

    Pain brioché au miel et beurre salé, moulé
    Le pain au muesli : délicieux en cas de petit creux
    360 ml de liquide (moitié eau, moitié lait)
    20 g de beurre fondu
    30 g de miel
    360 g de farine blanche
    70 g de farine bise ou seigle ou autre
    3,5 cuillères à café de levure de boulanger
    130 g de muesli
    80 g de fruits secs (figues, abricots, cranberries etc…)
    Cuisson : environ 30mn à 200°
    astuce : mettre le muesli à tremper quelques minutes dans le lait avant d’ajouter la farine, pour le ramollir.
    La véritable brioche : riche, mais tellement fondante et croustillante! A essayer aussi sur poolish
    10ml de crème fraiche
    3 oeufs battus en omelette
    120g de beurre fondu
    350 g de farine
    3 cuillères a café de levure de boulanger
    50 g de sucre
    1/2 cuillère à café de sel
    Cuisson : environ 30mn à 180°°
    véritables brioche

    Les pains spéciaux : 

     

    La baguette à l’ancienne : pas aussi fine et croustillante que celle du boulanger, elle dépanne pourtant bien!
    baguettes « fait maison » ; il semble qu’une petite souris gourmande soit passée par là.
    Garder la même recette que le pain blanc, ou préférer un mélange de farine.
    Laisser lever une heure le paton.

    Mise en forme : pour 4 petites baguettes, diviser le pâton en 4. Pour chaque baguette, abaisser la pâte en forme de rectangle, replier un pli vers soi, souder les bords, puis refaire l’opération 2 fois.

    les enfants font le pliage et la mise en forme
    encore un dernier pliage

    Rouler les boudins afin que la soudure soit en dessous.

    Laisser lever les baguettes 30 à 40mn.

    Enfourner dans un four préchauffé à 220°, et laisser cuire 20 à 25 mn.
    Variante : pour des baguettes viennoise, remplacer l’eau par du lait, ajouter 20 g de beurre et 20 g de sucre
    Les petits pains ronds : parfait un « atelier » sandwich du midi, en navigation
    pour 6 ou 7 petits pains :
    210 ml d’eau
    300 g de farine
    50 g de farine de seigle
    2 cuillères à café de levure de boulanger
    1 cuillère à café de sel
    10 g de beurre
    Après avoir pétri et laissé reposé le paton une heure, détailler 6 à 8 boules, les façonner en les abaissant 3 fois, puis les allonger en appuyant le manche d’une cuillère en bois. Laisser lever 30mn, puis inciser en enfourner 30mn à dans un four préchauffé à 220°, puis abaisser à 200°.
    Fougasses : idéales à amener en pic-nic ou à péparer un premier jour de traversée
    fougasses : au herbes et au chorizo
    200 ml d’eu
    380 g de farine
    1 cuillère à café de levure de boulanger
    2 cuillères à soupe d’huile d’olie
    1 cuillère a café de sel

    Après avoir pétri et laissé le paton reposer une heure, le couper en deux. Prendre un paton, l’aplatir en rectangle et le plier en deux, puis le tourner d’un quart de tour et réitérer 3 fois. Etaler en rectangle la pâte, et l’entailler (jutilise le bout d’une spatule en bois) en diagonale de manière symétrique, et écarter la pâte.

    badigeonner d’eau salée

    Laisser lever 30mn, badigeonner d’eau salée et enfourner dans un four préchaufé à 220°, puis baisser à 200° pendant 25 à 30mn

    astuce : on peut les aromatiser au romarin, chorizzo, parmesan, olives, tomates sêchées , câpres etc….
    fougasse lardon-parmesan-romarin

    Dans ce cas, ajouter au pétrissage les quelques pincées d’herbes ou les 20 à 30g de garniture coupée très fine, ainsi que 30g de farine de plus si la garniture est humide.

    La pate à pizza : très facile à faire, c’est un des repas préféré du bord!
    Pour 2 pizzas rectangulaires à pâte très fine
    270 ml d’eau
    450g de farine
    2 cuillères à café de levure
    3 cuillères à soupe d’huile d’olive
    2 cuillères à café de sel
    Laisser lever le pâton une heure.
    Diviser la pate en 2 boules, et étaler de la forme désirée. Pour plus de rentabilité, je fais des pizzas rectangulaires, de la forme de ma plaque de cuisson

    Garnir avec de la sauce tomate, puis ajouter le fromage râpé, et enfin les ingrédients.

    pizza terre et mer : mi-napolitaine, mi-reine
    pizza 3 fromages et poivron
    Saupoudrer d’origan.
    Enfourner à four très chaud 15 à 20mn.
    la pizza terre et mer bien dorée
    pizza 3 fromages
    astuces :

    Certains les aiment fines et pas trop chargées, d’autres épaisses et bien fournies, végétarienne ou traditionnelle. Ajuster l’épaisseur et la quantité de pâte à préparer en fonction de ses préférences

    A bord de Moby, c’est le repas préféré des enfants : ne pas hésiter à les faire contribuer, chacun fait sa pizza à son goût.

    une moitié « Mr Meaty » pour le carnivore du bord, un quart au camembert pour notre roi du fromage, et un dernier quart en pizza blanche pour la miss
     et voilà le résultat
    Exemples de garniture : 
    napolitaine : olives-anchois-tomate
    3 fromages : bleu-chèvre-fromage râpé
    végétarienne : poivrons, tomates, artichaut en boite, olives, oignons…
    gourmande : lardons-chèvre
    piquante : poivron-chorizo
    simple : jambon-fromage
    Dernières mises en garde pour le pain :
    • utiliser bien sûr la levure de boulanger (yeast) uniquement et non la levure chimique (baking powder). On la trouve le plus souvent au supermarché au rayon farine, non loin de le levure chimique. Dans les pays d’influence francaise elle se trouve en sachets de 10g, Peu pratique quand on fait son pain tous les jours. Préférer les boites ou paquets sous vide de 100 à 200g des pays anglo-saxons. A conserver au sec.
    • n’importe quelle farine blanche convient.
    • la levure ne doit jamais toucher le sel.
    • utiliser de préférence des ingrédients à température ambiante.
    • avant de couper le pain, attendre qu’il refroidisse sur une grille : chez nous, c’est sur le rouf, sous la vole, en plein vent et à l’ombre.
    • si vous avez un congélateur, y mettre le pain coupé en tranche, ca sera plus facile à décongeler à la demande.
    • Si vous faites beaucoup de pain, il peut être pratique d’investir dans une ou deux plaques de cuissons anti-adhésives, pour faire plusieurs pizzas, plusieurs fournées de pain etc….

    Autres recettes de petit déjeuner : 

    Les véritables pancakes à l’américaine

    pancakes
    Pour environs 30 pancakes
    1 litre d’eau
    2 oeufs
    2 tasses de flocons d’avoine (150g)
    450 g de farine self-raising (ou sinon, ajouter 2 cuillères à café de levure chimique aux 450g de farine )
    10 cl d’huile ou de beurre fondu
    2 cuillères à café de sel
    20 g de sucre
    Mélanger tous les ingrédients.
    Il n’y a pas de temps de repos.
    Faire cuire dans un grande poele, 3 à 4 pancakes à la fois à feu moyen : déposer une petite louche de pâte pour former une crêpe épaisse d’environ 15 cm de diamètre.
    Laisser cuire jusqu’à ce que les bulles crèvent, puis retourner le pancake pour poursuivre la cuisson quelques instants.

    Mettre à refroidir sur une grille.

    pancakes mis à refroidir
    Servir traditionnellement avec du sirop d’érable, mais du miel fait bien l’affaire!
    Et là encore, on peut varier les formes, la limite, c’est votre créativité, et votre talent!
    pancake anniversaire des 5 ans de la Princesse
    pancake anniversaire des 8 ans du cadet

    Les scones à l’anglaise : (pour environ 12 pièces)

    Scones mis à refroidir
    400 g de farine self raising (ou sinon, ajouter 2 cuillères à café de levure instantanée aux 400g de farine)
    30 g de beurre un peu mou
    200 ml de lait
    100 ml d’eau
    20 g de sucre
    Emietter le beurre dans la farine et le sucre avec les doigts comme pour une pate brisée
    Ajouter le lait et l’eau
    Mélanger au couteau. La pâte doit être un peu collante. Attention de ne pas trop travailler la pate qui doit rester granuleuse
    Etaler sur un plan de travail fariné et l’abaisser sur 2/3 cm d’épaisseur. Utiliser un emporte-pièce de 5 à 7cm (un verre  à bord droit fera l’affaire) pour détailler les scones
    Les poser sur une plaque au four, bien espacés. Badigeonner le dessus avec du lait (pour faire une croute dorée croustillante)

    Enfourner à four très chaud, 220°, pendant 15 à 20 de minutes.  Si nécessaire, baisser le feu à 200°. Déguster tiède avec du beurre et de la marmelade.

    scones beurre/marmelade
    BON APPETIT!
  • Cocos(Keeling)

    Cocos(Keeling)

    Certaines escales sont plus mémorables que d’autres, et le séjour d’une semaine que nous avons fait au mouillage de Direction Island, à Cocos(Keeling) se range parmi les plus agréables de la catégorie « ile déserte ».

    Direction Island

    Cette escale est pour nous providentielle : dans l’Indien, peu de stops en effet sont possibles sur la route des Alizés qui nous mène de l’Indonésie à  l’Afrique du Sud.

    Cocos (Keeling) dans l’Océan Indien

    Le mouillage destiné aux bateaux de passage, sous le vent du motu Direction Island, est absolument idyllique, et parfaitement aménagé. Nous nous reposons donc quelques jours avec bonheur, car nous sommes dans une période de navigation intense.

    au mouillage à Direction Island

    L’atoll de Cocos Islands compte plusieurs îles, dont 2 seulement sont habitées ;

    L’atoll de Cocos(Keeling)

    West Island

    West Island au Sud-Ouest

    et Home Island,

    Direction Island et Home Island au nord

    une troisième, Direction Island étant une destination de week-end pour les iliens, et le seul mouillage autorisé pour les bateux de passage.

    le ponton flottant

    Les habitants de West island ne viennent en ferry que 2 fois par semaine, le reste du temps, la plage est à nous! Le site a été aménagé pour recevoir les plaisanciers mais aussi les iliens  de passage à la journée ou venus camper le w-e. Comme toujours, les australiens sont pragmatiques : tables ombragées, sites de bbq, ponton flottant, toilettes!!, et même une réserve d’au douce pour se rincer. 

    les voiliers de passage on aussi amélioré le confort : hamacs, balançoire, panier de basket…

    La plage est tout simplement superbe, le sable fin, et la baignade vraiment agréable.

    Et en plus nous sommes en famille, et  entre amis! Mon frère Thomas nous a rejoint (avec sa guitare!) à Bali pour la traversée,

    Seulement 4 bateaux au mouillage, dont deux catamarans d’amis qui naviguent aussi autour du monde et que nous retrouvons : nous naviguerons tous les 3 ensemble jusqu’aux Seychelles.

    4 bateaux au mouillage de Direction Island (et un cinquième au milieu, inhabité…)

    Une famille d’Israéliens sur Shuti , un lagoon 380 : Momi et Lilach naviguent avec leurs 3 garçons de 7, 10 et 12 ans,  Dror, Eyal et Yoav. Nous les avions déjà croisé à Panama et à Fiji.

    Moby devant, Shuti a gauche, et Cool Runnings à droite. Au milieu, un bateau abandonné.

    et Cool Running, le cata (Lagoon 400) de Dave et Gudrun avec 2 ados à bord, Gaby 11 ans  et Ben 13 ans, des américains  d’origine sud-africaine avec qui nous avons navigué dans les Iles Sous le Vent et que nous avions retouvé à Bali.

    Cool Runnings
    Dave et Gaby venus nous accueillir à notre arrivée!

    Nous faisons aussi la connaissance de Brigitta et Erik, sur Arial IV, un couple de suédois un peu plus agés, qui réalisent leur second tour du monde-: ils ont fait le premier il y a 20 ans avec leurs 3 garçons. Depuis, ils ont écrit 3 livres, navigué jusqu’au cercle arctique, et franchi le passage du Nord Ouest : ils sont célèbres en Suède parmis les gens de mer, et très inspirants pour nous!

    les autorités sur Ariel IV pour les formalités d’arrivée
    Gudrun, Birgitta, Lilach et Helen, une ilienne de Cocos!

    Les enfants ont tous été mis en vacances pour l’occasion- car chez les enfants de bateau, il n’y a pas vraiment de vacances scolaire, tout le monde travaillle quelques heures le matin,  le plus souvent 6j/7j. Mais chez les petits francais abonnés au CNED, c’est différent : l’année scolaire est plus courte, 9 mois de septembre à juin, plus intense avec 3 à 4h de travail par jour, mais avec à la clé 2 mois de vraies grandes vacances en juillet/août!

    Nous passons 8 jours à la fois actifs et reposants. Le spot est parfait pour la planche à voile,Loïc grée donc le matos pour toute la famille,et coache!

    Mon frère Thomas qui nous a rejoint à Bali s’entraine au jibe,

    Frère et soeur
    Tom en action

    moi je reprend mes marques et me remets facilement dans les straps et au harnais.

    Bénédicte au planing

    Arthur aussi fait un peu de planche. L’objectif :  faire du travers.

    Victor progresse tous les jours et finit par vraiment partir au planing en mettant le harnais et les pieds dans les straps !!! J’entend Loïc hurler « Yeahh » je ne sais qui est le plus heureux du papa ou du fils!

    Loïc a gréé le matos sur Moby,

    puis nous le laissons la nuit à poste sur l’île.Pour le fun, Tom se fait quelques bords de nuit sous la pleine lune!

    nav’ de nuit

    Dommage, les progrès de Victor vont être interrompus en pleine progression : il s’est fait mordre par un gros poisson alors qu’il nageait seul non loin du ponton et de ses camarades.

    Rien de grave heureusement, la plaie est superficielle. La chance, c’est que nous avons un médecin dans le mouillage, Eric examine la plaie, il n’est pas inquiet, la blessure est superficielle.  Nous désinfectons et mettons une crème antibiotique préventive, car il s’agit d’une morsure d’animal sauvage- c’est ce que recommande notre très pratique « Guide la faune marine dangereuse du Pacifique et d’Océanie».  D’après la description que les enfants font du poisson qui leur tournait autour depuis un quart d’heure, il s’agit sans doute un gros mérou, peut-être agacé par les incessants aller-retour des enfants entre le quai et la plage.

    Le snorkeling est sympa :

    petit snorkeling entre filles, Anna adore ca!

    déjà, derrière le bateau, quelques patates de corail recèlent des petits requins pointe noire, très curieux et territoriaux, ils ne nous lachent pas d’une semelle.

    requin pointe noire à quelques mètres de Moby

    Nous croiserons aussi un banc de poissons Napoléon, qui ressemblent à d’énormes poissons perroquet aux couleurs fade et bossus sur la tête.

    banc de Napoléons

    Mais le mieux, c’est le snorkeling dérivant sur le RIB,

    C’est parti pour une plongée sur le RIB

    sorte de fausse passe par laquelle entre des flots d’eau dans le lagon, et qui forme un petit canyon sous-marin.

    Canyon sous-marin

    Il n’y a pas moins de 3 à 4 noeuds de courant. Nous nous laissons dériver accrochés au bout de l’annexe, nous avons la sensation de voler au-dessus du corail!

    Victor et Loïc préfèrent nous suivre derrière l’annexe

    Les requins sont tapis au sol dans la journée, des colonies de poissons Napoléons habitent les lieux.

    requins pointe noire tapis au sol


    Les enfants passent des heures sur la plage avec leurs copains, il y a là une joyeuse bande :

    Arthur teste son voilier

    8 enfants entre 5 et 13 ans, qui passent leurs après-midi à jouer autour du ponton flottant, faisant d’incessants aller-retour à la plage avec les vieux longboard de sauvetage laissés par les habitants. Ils ne manquent pas d’idées : forteresse pour Bernard l’Ermite, chateaux de sable, batailles de pirates…

    IL y a là une petite vie de communauté, où chaque bateau laisse sa trace : une balancoire, un siège en bois, des hamac en filet de pêche,

    un panier de basket, ou plus prosaïquement, un panneau commémoratif . Moby n’échappe pas à la règle et voici notre « oeuvre d’art ». Rien de très artistique, mais c’est efficace : une planche de bois flottés peinte au gelcoat de nos noms  : elle devrait rester en place quelques dizaines d’années!

    Nos amis de Cool Runnings se sont donné beaucoup de mal en gravant une énorme planche de bois flotté.

    Victor m’a réclamé une coupe de cheveux. Pas sûr qu’il y ait un coiffeur par ici, et dans tous les cas, ca nous prendrait la journée de nous y rendre, ce sera donc une coupe « fémézon » Comme nous l’avons promis aux enfants, nous organisons une soirée feu de camp sur la plage, sous le format « bring and share » anglo-saxon. Chacun apporte sa boisson et un plat que nous partageons ensemble.

    Les enfants partent chercher du bois dans l’après-midi pendant que les garçons vont pêcher du poisson. Loïc nous ramène 3 jolis poissons perroquets, que nous les ferons en filets au BBQ, miam!

    Nous allons lever les filets au bout de la plage.

    Dave me donne un coup de main.Nous jetons les peaux et carcasses à l’eau dans le RIB, loin de la plage familiale ou se baignent les enfants. Les requins ne sont pas longs avant d’arriver. Et se jettent sur les restes, quitte à s’échouer!Les papas donnent un coup de main en apportant de gros morceaux de bois

    magnifique feu!

    Nous avions aussi prévu en plus des saucisses de boeufs australiennes et les traditionnels marshmallows à griller au bout d’une baguette!

    On se régale!

    Erik et Thomas sortent leur guitare. Re-belote quelques jours après. 

    Birgitta et Erik ont initié Ben à la fabrication de Pizza.

    les pizzas de Ben

    Moby arrive avec ses fougasses, et Shuti avec des focaccia

    les fougasses de Moby
    la focaccia de Shuti

    Tout le monde se régale!
    : Soirée italienne, et encore un feu de camp, les enfants adorent!

    Avec mon frère Thomas qui nous a rejoint à Bali et fait cette portion de chemin avec nous, nous partons faire le tour de l’île.
    Le sentier est assez monotone, la végétation n’est que cocotiers, et la faune se résume à des rats (fort craintifs) et des moustiques! Nous faisons donc la balade au pas de course, l’intéret résidant essentiellement dans le parcours historique aménagé sur l’îlot : une quarantaine de panneaux en métal nous retrace l’histoire de Cocos(Keeling). Et c’est passionnant!!

    Il est incroyable qu’une si petite île apparemment insignifiante recelle une histoire aussi riche!

    Tout d’abord, par sa colonisation :

    Découverte par le Captaine britannique Keeling en 1609 , sa position fut gardée secrete, et n’apparait sur les cartes que 2 siècle plus tard en 1805.

    Elle attire l’attention d’un riche armateur, Mr Hare, ancien gouverneur d’une colonie britannique de Bornéo, et à la recherche de comptoirs à développer et exploiter. Il y envoie le capitaine Clunies-Ross, en éclaireur inspecter Cocos en 1825 : celui-ci défriches des terres, plante des céréales et des légumes, sonde le lagon, et fait un rapport tout à fait positif. Le sieur Hare revient s’installer l’année suivante avec une centaine de travailleurs malais, pour la plupart musulmans et s’installe sur Home Island. Il pensait y vivre paisiblement entouré de son harem – ll parait en effet que l’homme n’avait rien contre la polygamie. C’était sans compter le sieur Clunies-Ross, qui barque en 1827 avec femme, enfants, belle-mère, une partie de sa famille écossaise, et de solides matelots pour y installer une colonie très organisée. Le dialogue tourne court, c’est rapidement le conflit ouvert, et c’est finament Hare qui plie bagages et rentre à Londres, laissant à la famille Clunies-Ross la mainmise sur l’île.  4 générations de Clunies-Ross vont faire prospérer l’atoll de Cocos(Keeling) et régner en dynastie sur l’île :  plantation de cocotiers pour l’exploitation du coprah d’un côté, et un petit chantier naval de l’autre ; voilà de quoi assurer la subsistance de la colonie, ou plutôt de ce petit royaume féodal qui va persister pendant 150 ans! Finalement, c’est le gouvernement australien qui rachète à la famile ROSS-CLUNIES l’archipel en 1978, pour plus de 6 milions de dollars.

    Autre visiteur de renom : le jeune Charles Darwin y fait escale en avec le navire d’Exploration le Beagle, en 1936 lors de son tour du monde en tant que naturaliste. Le jeune homme, qui deviendra l’un des plus grand scientifique de son époque, remarque que cette formation d’îles en couronne doté d’un lagon ressemble fort aux îles polynésienne. Il fait aussi le rapprochement avec les sondes qui donnent de très grandes profondeurs à quelques encablures seulement des côtes : l’ile serait le sommet d’une immense montagne sous-marine à forte déclivité. Il écrira à son retour en 1842 un taité sur la formation des atolls corallien qui a toujours cours aujourd’hui.

    Autre fait historique : l’installation en 1901 de câbles télégraphiques sur Direction Island reliant l’Australie à l’Asie et au reste du monde!

    Une véritable révolution des télécommunications pour le continent Australien, et l’établissement pendant plus de 60 ans sur Direction Island d’un véritable petit village britannique, avec fonctionnaires de la couronne, personnel de maison, costume colonial le soir,  régates le dimanche et parties de tennis aux heures perdues.

    Cocos Keeling fut enfin le théatre fin 1914 d’une bataille célèbre de la marine australienne, aboutissant au naufrage du navire le plus recherché de l’armée allemande en Asie : le cuirassé vapeur Emden mené par le capitaines Van Müller , que l’on tenait responsable depuis le début de la guerre quelques mois plus tôt du naufrage et l’arraisonnement de pas moins de 24 navires marchands alliés, de nombre de batiments militaires francais et russes, et de la destruction la station de carburant alliée de Madras en moins de 12 semaines de combat : cela valu à l’Emden et à son capitaine une réputation de »flibustier des mers », et d’être poursuivi et chassé  par 60 bateaux alliés francais, japonais et russes, sans succès.

    C’est finalement au terme d’une épique bataille navale entre North et South Cocos Keeling,  où une équipe d’allemands avait réussi à détruire la station télégraphique britannique, que le Captaine Von Müller se rendit au SMS Sydney, non sans avoir échoué volontairement son navire sur les récifs de North Keeling pour le rendre inopérant. Entre temps, l’autre équipe déposée à terre précédemment, menée par le lieutenant Von Mücke s’empare d’une vieille goelette qui était au mouillage , et réussit à s’échapper avec ses hommes , ralliant l’île de Sumatra en 3 semaines, puis le Yemen à bord d’un jonque chinoise en bravant le blocus britannnique de la mer rouge, et enfin après 5 mois de traversée du désert d’Arabie, de la Turquie, en Allemagne où ils furent accueillis en héros!! Même les alliés à la fin de la guerre, saluèrent la bravoure du lieutenant Von Mücke, et la grande dignité et le courage du capitaine Von Mûller.

    Aujourd’hui cet atoll qui ressemble fort aux atolls polynésiens des Tuamotu est passé sous la coupe des australiens, et abrite un demi-millier de malais habitant Home Island et vivotant du revenu mininum australien,  et une centaine d’autochtones australiens, essentiellement des fonctionnaires  assurant le minimum de services à l’atoll (cabinet médical, aéroport, services de douane et d’immigration, instituteurs,  etc…) et installé sur le motu de West Island. Très peu de tourisme, aucune industrie, ni artisanat, ni agriculture pas même vivrière, ni pêche autre que vivrière : l’atoll est 100% sous perfusion australienne et dépend des importations… L’intérêt que porte l’Australie à cet atoll est certainement essentiellement géostratégique.

    En conséquence, l’approvisionnement est cher, mais a le mérite d’exister. L’île est strictement musulmane, les femmes sont voilées,

    la supérette

    et le vin….. sans alcool!.

    du jamais vu! du Chardonnay sans alcool.

    Nous avons un peu d’internet pour mettre le blog à jour,  un mouillage calme où il fait bon dormir la nuit, et une plage magnifique où les enfants passent leurs journées avec leurs amis : que demander de plus?!

    Nous aurons l’occasion de visiter brièvement Home Island, pour y faire quelques courses, récupérer de l’internet. Nous prenons le même ferry qui amène les iliens à la plage le week-end!

    le ponton d’accostage du ferry
    en attendant le ferry…
    des pointes noires passent…
    et toujours la grande préoccupation des australiens : la SECURITE!
    C’est parti pour Home Island, avec Birgitta et Erik.

    Dommage, c’est samedi, le musée est fermé, ainsi que le restaurant et le café. Nous déambulons dans le village,

    repérons l’épicerie,

    pic-niquons dans l’herbe, faisons quelques courses et passons quelques heures sur internet : inscription de Victor au CNED, commande de matériel pour les Seychelles, consultation de la météo….

    la meilleure connexion internet de l’île se trouve sous l’antenne principale, près du « Community Center »
    Bye-Bye Tom!

    Quelques jours plus tard, j’accompagnerai Thomas à l’aéroport sur West Island, à 15mn de ferry de là.

    le quai du ferry à West Island

    Une village en forme de garnison militaire avec ses maison toutes identiques et ses bungalows à louer aux militaires de passage sur l’île, c’est à peu près tout. Là aussi ,il est tout juste 15h, et tout est fermé, restaurant, café, supérette…..

    Petite curiosité, le terrain de golf de part et d’autre de la piste d’aviation qui longe le village.

    le golf

    Après un séjour de 8 jours très agréable, nous levons l’ancre pour les Chagos, à 1500NM de là : nous y serons dans une semaine.

  • Bali, l’île aux multiples facettes

    Bali, l’île aux multiples facettes

    Bali est une île dont nous percevons tout de suite la personnalité multiple, et dont nous n’aurons en seulement une semaine, pas le temps d’explorer toutes les facettes…..

    Premier paradoxe :

    L’île est à large majorité bouddhiste, dans le plus grand pays musulman du monde.

    Mosquée au port de Benoa

    Alors à Bali, chaque famille ou presque a son temple, au fond du jardin-

    temple familial

    on en trouve donc à chaque coin de rue.

    Temple

    Un peu plus grand : c’est un temple de quartier, partagé et entretenu par la communauté : les balinais vont jusqu’à dépenser un quart de leur salaire en offrandes!

    Offrandes

    Temple d’envergure!

    Nous arrivons le lendemain de l’Eid, qui fête la fin du Ramadan : le pays entier est en vacances, mais à Bali, la vie continue. Seuls sont fermés les marchands de bois et de tapis, à majorité musulmans, et les administrations  fonctionnent à semi-régime pendant ce long week-end férié.

    le Bali des surfers :

    Nombreuses sont les plages et spots de surf.

    On le comprend vite, en arrivant à Bali, tout à coup, une longue houle se lève, qui brise  sur les plages de sable gris.

    arrivée sur Bali

    Sur les plages, tous les 200m, des loueurs de surfs et de bodyboard ,
    et dans les rues, des boutiques de surf tous les 500m!!

     

    Surfshop

    Et comme on circule beaucoup en scooter, voilà ce que ca donne!

    Surfer en scooter!
    Le Bali arty

    celui d’Ubud, que nous n’aurons pas le temps de visiter. Les balinais ont développé un artisanat exemplaire : tissus brodés, poteries, boiseries, sculptures etc…. Nous n’en aurons à Denpasar qu’un bref aprecu, n’ayant pas pris le temps de visiter Ubud, la capitale artistique et artisanale de Bali.

    sculpture à l’extérieur d’un surfshop

    Tous les jours, nous passons en taxi devant les marchands meubles, des spécialiste de porte sculptées, menuisiers, meubles de jardin, vendant des bois pétrifiés, des totems sculptés, des jarre grosses comme des éléphants, des statues de pierres. Il vaut mieux pas s’arrêter : je me sens capable d’un coup de folie, en passant commande d’un éléphant en pierre pour mettre dans notre jardin en  Bretagne!

    Bali chic

    la destination est très prisée des australiens : boutiques de marque et centres commerciaux de luxe pullulent,

    tenue de sirène à vendre!

    restaurants chics aussi classy qu’à St-TRopez mais au tarif abordables, night-clubs : voilà ce que vient chercher une clientèle avertie. A Seminyak, s’alignent les boutiques à la mode , des bars branchés

    pour voir, ou être vu?

    et des retaus tendance.

    Il n’y a pas deux devantures qui se ressemblent d’où une réeelle originalité des lieux et des produits d’artisanat.

    Bali et son tourisme de masse

    En arrivant à Bali par la mer, on devine les gigantesques hotels en constuction, sur Nusa Dua, la péninsule sud de l’ile. Les batiments sont de taille colossale, offrant probablement plusieurs centaine de chambres. D’autres disposent de mini-club grands comme des parcs d’attraction!  Puis en entrant dans le chenal d’accès au port, c’est la foule!!!

    l’entrée du chenal

    ce sont des dizaines de parachutes ascentionnels, de jetskis, speedboats tractant bouées et engin variés

    dans le chenal même qui est fort encombré… Nous sommes tout simplement ébahis par le tumulte sur l’eau!… Le choc est d’autant plus grand lorsque l’on arrive de 9 jours de mer, dans le calme et la solitude de notre bateau-cocon.

    Les abords du port de Benoa nous apprennent aussi combien l’île est densément peuplée.

    maisons de pêcheur
    flotte de pêche locale
    refueling
    Bali polluée, embouteillée :

    Nous somme cueillis par la saletés des lieux dans le chenal d’accès au port : Loïc fait monter sur le pont l’intégralité de l’équipage pour veiller aux déchets : nous redoutons le sac de riz dans l’hélice, qui pourrait endommager le moteur. A la marina, ce n’est pas mieux, poissons crevés, plastique omniprésent ; la mer est une poubelle, et ca ne choque personne. Cela ne nous motive pas à explorer les mouillage alentours nous n’avons qu’une semaine d’escale, et optons de rester à la marina nous reposer, nettoyer et préparer Moby. Une fois n’est pas coutume, nous visiterons Bali par la terre pendant cette courte escale.

    Tous les jours, nous empruntons des taxis pour nous balader et aller à la plage, et restons 15/20mn dans les embouteillages, matin, midi, le soir aussi!! Bali est surpeuplée, en particulier le sud, acueillant toujours plus de touristes. La solution, c’est le deux-roues : ils pullulent ici!

    parking de scooters au terminal ferry

    Les infrastructures routières plutôt de qualité mais sans doute insuffisantes, et les petites ruelles de Seminyak assaillies en permanence des voitures, taxis, scooters…..c’est l’Asie!

    Bali populaire : 

    L’île est aussi une destination de vacances pour les indonésiens, et de week-end pour les javanais qui viennent en ferry depuis l’île voisine.

    Très populaire, la plage de Jimbaran, avec son port de pêche,

    son marché au poissons et ses innombrables restaurants de fruits de mer.

    la plage de Jimbaran

    Tous les soirs, des centaines de touristes débarquent en car sur la plage pour admirer le soleil couchant, et dîner les pieds dans le sable de poissons, coquillages et crustacés frais.

    Populaire aussi, les cerf-volants qui sillonnent le ciel, en plein hiver balinais!

    Un autre soir, nous nous retrouvons un peu par hasard devant le Festival de la Lumière;

    le festival des Lumières

    Partis pour dîner en amoureux sur la plage de Nusa Dua, nous nous retrouvons à devoir terminer notre chemin à pied, les rues sont bouclées, pour cause de festival. Qu’à cela ne tienne, nous changeons nos plans, et nous laissons guider par la foule et dînons d’un Nasi-Goreng non pas sur la plage, mais dans un food court local…

    Le fameux Nasi-Goreng, plat national indonésien

    Pourtant en plein dans le quartier des grands hôtels, sommes pratiquement les seuls européens à nous promener sur les lieux, fréquentés ce soir-là par des balinais et javanais en week-end. Nous arrivons sur la presqu’île, guidés par la foule.

    l’entrée du festival des lumières

    Le site est sauvage, une presqu’île battue par le vent et les embruns, un petit temple,

    nous jouons avec nos ombres

    des statues de lumière, aussi belles vues de loin, que de près!

    Un peu plus loin, une forêt de lumières, très réussie!

    devinez où je suis!

    et une traditionelle fête foraine : brochettes, glaces, smoothies, et plats à emporter, toss-toss et voitures à pédales, les enfants auraient adoré!

    roulottes en combi VW

    Nous avons la chance d’y passer après dîner, les lieux se sont vidés, c’est magique.

    Une semaine à Bali

    Nous n’avions pas plus d’une semaine à passer à Bali : notre escale forcée australienne aura « mangé » le mois prévu pour visite l’Indonésie. Alors nous nous contentons de ces quelques jours d’escale.

    Moby à la marina de Bali

    Nous décidons de rester la semaine à la marina, et d’explorer Bali par la terre.

    à la marina

    Nous attendons aussi mon frère Thomas, qui nous rejoint d’ici quelques jours, et nous accompagne à Cocos.

    Dès notre arrivée, nous nous lancons dans un programme de nettoyage du bateau : Victor et Loïc nettoient le pont,

    nettoyage du bateau

    Arthur Anna et moi nous occupons de lessiver les doudous, sacs de plage, hamacs etc…. qui en avaient bien besoin. 

    Nous prenons vite le rythme : la matin, c’est nettoyage, bricolage, rangement, réparations et l’après-midi, nous partons en vadrouille. En effet, les abords de la marina ne se prêtent pas trop à la détente : cette toute petite marina disposant d’à peine 10 places temporaires à louer, est située sur une presqu’île abritant le terminal ferry, bateaux de charter, les services d’immigration, la police, et différentes administrations liées au traffic maritime, rien de très glamour.

    au sortir de la marina….un terrain vague

    La marina n’est pas si calme non plus : les ferry arrivent et débarquent les passagers avec danses balinaises à l’appui

    Les touristes viennent passer la journée sur des bateaux de charter

    Nous sommes survolés par des avions en permanence

    Pas un restau à l’horizon, ni une boutique.  Le quartier est aussi très calme le soir heureusement.

    Mon amie Anélie qui a travaillé à Bali il y a quelques années me donne rapidement quelques adresses : nous ferons de la plage de Seminyak et du restaurant Ku De Ta  (prononcer « coup d’Etat », joli jeu de mot aux consonances franco-balinaises ;-), notre destination favorite des midis et après-midis .

    le restaurant/bar KU DE TA
    l’entrée côté plage

    Ambiance St-Ttrop  : restaurant stylé à tarif plus qu’abordable, bar et DJ à partir de 16h, piscine, ambiance lounge autour de la piscine, chicken noodles au menu enfant

    Anna ravie de voir son plat préféré au menu enfant!

    et surtout : location de surf en contrebas!

    location de surfs
    la plage de Seminyak

    Nous avons trouvé notre SPOT pour la semaine, et y retournerons 3 fois…. Les enfants sont heureux de surfer;

    c’est parti pour une session de surf/bodyboard!

    les vagues ne sont pas exceptionnelles, mais les enfants sont HEU-REUX,

    et le cocktail resto-piscine-plage-vague de surf-soleil couchant est idéal.

    c’est parti pour une session de surf

    Une fois n’est pas coutume, nous jouons aux vrais touristes quelques heures par jour.

    Nous terminerons un après-midi dans un salon de massage : pure tradition balinaise!

    au salon de massage

    et un autre soir, nous restons sur la plage admirer le soleil couchant. 

    Tom et Anna à la guitare…

    Plus, haut, au KU DE TA, l’ambiance lounge se transforme en ambiance DJ night-club Mais toujours, Surf, surf, surf!!!

    Après réflexion, nous ne pousserons pas l’exploration de Bali plus avant : ce n’est plus la saison des belles rizières, bien vertes, étagées, celles qui donnent de Bali cette image idyllique… les récoltes ont eu lieu en fin d’été, et j’apprend que les seuls jolis champs de rizière visibles bien verts ont été maintenus pour les touristes, avec entrée payante…. BOF.

    J’aurais aussi aimé aller à Ubud, la capitale artisanale et culturelle de Bali, découvrir l’école alternative et écologique créée par des américains, me bercer de l’ambiance hippie de Ahmed, petite ville balnéaire de la côte Est, visiter quelque temples. Mais ca sera pour un autre voyage. Le temps nous manque, et je sens les enfants plus passionnés par le surf que par les visites culturelles. J’ajouterais que si nous avions eu la chance de tomber au cours de la semaine sur un chauffeur sympa qui nous aurait agréablement guidé pour la journée, j’aurais sauté sur l’occasion, car l’île se prête particulièrement à un grand tour en voiture.

    Mais non : chaque course est une tentative d’arnaque; ca en devient risible à la fin! Au cours de la semaine, nous arrivons à essayer tous les modes de transport :

    • les minibus locaux, ceux que l’on trouve en sortant de la marina :
      taxi-minibus

      particulièrement inconfortables, non climatisés mais dotés d’une ventilation naturelle (ici on roule portes ouvertes!!). Il nous faut âprement négocier à chaque fois les courses pour payer un tarif équitable. Et au final, ils sont plus chers que les autres taxis!

      dans le bus-taxi : la ventilation naturelle via la porte ouverte!

      Pour d’obscure raisons, ils ne nous déposent pas toujours à l’endroit de notre choix : plus d’une fois nous aurons à marcher pour arriver à notre destination!

    • dépités et fatigués, nous optons alors pour la compagnie « Bluebird », les seuls à être systématiquement équipés de taximètre. Bonne nouvelle :  le tarif est raisonnable! Mais la seule fois où nous voudrons en commander un, il mettra plus d’une heure à arriver….. Et attention, ils n’ont pas le droit d’entrer dans les hôtels, ni à l’aéroport : là aussi, ils nous déposent souvent avant notre destination.
    • les taxis pour touristes : ceux là sont propres, spacieux, climatisés, mais 3 fois plus chers! Ils ont le monopole des dessertes de l’aéroport et des hôtels.
    • Uber : officiellement interdit à Bali, nous tentons tout de même l’expérience. Et ca marche!!! Formidable, le taxi arrive à la marina dans les 20mn, le prix est deux à trois fois moindre que les minibus, la voiture climatisée (dans les embouteillages, c’est appréciable), le chauffeur agréable de conversation et parlant un bon anglais, , OUF; nous voilà réconciliés avec les taxis balinais! On comprend pourquoi Uber dérange : dans un pays où se côtoient déjà 3 types de taxis différents qui ont chacun leur prérogatives, Uber donne un grand coup de pied dans la fourmilière en proposant une services de qualité à tarif imbattable : de quoi en énerver plus d’un!

    Mon frère Thomas arrive demain, il m’accompagne faire les courses.

    avalanche de fruits et légumes tropicaux!

    Deux aller-retour au supermarché Carrefour nous permettent de refaire un plein d’épicerie et de produits frais.

    fruits frais…
    et fruits confits

    L’occasion aussi de féliciter le chef boulanger, évidemment!

    Avec Didier, chef de la boulangerie/pâtisserie du Carrefour de Bali

    Didier est français, et ses produits ont la beauté et la qualité d’une vraie boulangerie traditionnelle!!

    le rayon boulangerie

    L’avitaillement est une question très sérieuse, car nous nous apprêtons à passer 6 semaines loin de tout : une première escale à Cocos(Keeling) nous attend dans 6 jours, petit atoll australien perdu dans l’Océan Indien, habité à peine par 600 habitants : autant dire que les produits là-bas seront rares… et chers :10$ (soit 7 Euros) le kg de pommes australiennes, parait-il!!!

    A l’escale suivante, aux Chagos, il n’y a tout simplement pas d’habitants! Nous allons devoir vivre un mois sur les réserves du bord, un challenge intéressant à relever.

  • Clémentine Aplati en Nouvelle-Zélande

    Clémentine Aplati en Nouvelle-Zélande

    En début d’année scolaire, Monique, l’ancienne institutrice d’Anna nous a proposé de participer à l’aventure de Clémentine Aplati :

    « Voici Clémentine Aplati !
    Dans notre classe de PS/MS, notre maîtresse (Monique) nous a raconté ses aventures : une nuit, alors qu’elle dormait profondément, le tableau qui était accroché au-dessus de son lit, est tombé et la pauvre Clémentine s’est retrouvée toute aplatie !
    C’est alors qu’elle a décidé d’en profiter pour voyager tout autour du monde en se glissant dans des enveloppes. »

    Voici le travail d’Anna :

  • Ma petite bibliothèque du bord : le Pacifique

    Ma petite bibliothèque du bord : le Pacifique

    Pour ceux qui connaissent mon addiction aux livres, le choix a été difficile : n’emporter que l’essentiel, sur un catamaran performant où les kilos superflus sont traqués….D’autant que la bibliothèque de la maison, je m’en suis rendue compte, est très bien fournie en livres maritimes, de voyage, récits de navigateurs, guides nautiques et autre romans d’aventures. Il est vrai que depuis 20 ans, les livres ont nourri notre soif de voyage et d’aventure nautique.  Comment donc faire ma sélection, le skipper étant sévère sur le poids emporté…

    1- Ma priorité, c’était de profiter de ce tour du monde pour lire et relire des ouvrages en lien direct avec les pays et océans traversés : voilà  ce que serait le coeur de ma petite bibliothèque de voyage. Littérature, récits de voyage, biographies, contes…  Pour ne pas trop me surcharger, je n‘ai pris que les ouvrages touchant au Pacifique et l’Indien. Pour l’Atlantique, je verrai plus tard à me faire expédier quelques ouvrages…. D’autant que quelques bonnes librairies jalonneront sans doute notre parcours, et que je ne manquerai pas de m’approvisionner en littérature locale ;-).

    Dans la pratique :  j’ai lu (presque) tous les livres emportés, en ai fait la lecture aussi par passages aux enfants pendant les traversées, et n’ai pas pu résister à l’envie d’en acheter quelques uns  :  Les librairies de Papeete ont été une mine, m’ont vue flâner quelques heures au milieu des rayons, et repartir avec quelques kilos de papier…

    Retour de courses à Papeete, à librairie Odyssey

    2- Concernant les livres de pure littérature, je décidai d’en emporter un nombre limité, une douzaine, puis de les échanger au fur et à mesure du voyage. J’ai aussi apporté une liseuse Kindle et une Kobo étanche avec quelques lives récents achetés, et quelques classiques téléchargés gratuitement. Pas vraiment convaincue par les livres numériques, je me suis tout de même dit que ca pourrait être pratique en cas de pénurie (plus rien à lire, un cauchemar pour moi…), et pour se faire un petit plaisir en téléchargeant une nouveauté de la rentrée littéraire!

    Dans la pratique : Les échanges de livres, ca marche très bien, aussi bien en pays francophones qu’anglophones. La qualité est inégale, mais les bonnes surprises sont souvent au rdv. Dans chaque marina, il y a un petit stock de livres en français mis à disposition pour les échanges, mais aussi dans les laveries, les sociétés de service, les restaus, hotels,  etc…. Comme à Fidji où j’ai mis la main sur une vieille édition du « Catalogue d’objets introuvables » de Carelman, livre mythique de ma jeunesse que j’ai eu beaucoup de plaisir à feuilleter avec les enfants. Ou à Cairns en Australie, où j’ai trouvé quelques livres récents d’Eric-Emmanuel Schmitt, toujours original et plaisant à lire.

    Le Catalogue des objets introuvables

    Le Catalogue des objets introuvables

    Victor s’est approprié le Kindle assez vite, car la liseuse lui a permis de télécharger les livres à étudier pour son programme de français du CNED : des ouvrages classiques pour la plupart, téléchargeables gratuitement. La liseuse nous a sauvé, car comment se procurer au beau milieu du Pacifique les livres du programme, sachant que nous n’avons reçu les cours papier du CNED que le 22 septembre, pour une rentrée qui  avait commencé le 2 septembre….grrrr, sachant que la prochaine librairie francophone sur notre route se trouverait à Nouméa, en avril de l’année d’après!!!! Nous avons aussi téléchargé à Victor quelques uns de ses livres préférés (série des Cherub).

    Ce n’est que récemment que je suis devenue accro à mon Kobo, grace à un bateau-copain qui nous a donné un fichier de plus de 10 000 livres! Beaucoup de science fiction et de thrillers sanglants que je n’apprécie guère, mais aussi de la belle littérature qui m’a permis de relire Gabriel Garcia Marquès, Romain Gary, Laurent Gaudé, Paul Auster,  Tristan Garcia, Houellebecq, Pierre Desproges etc….

    Loïc a découvert les joies du Kindle, depuis que je lui ai offert le jour de son anniversaire, dans un petit mouillage sauvage de l’île des Pins,  le tout dernier ouvrage autobiographique de Mike Birch « J’ai chevauché les Océans », téléchargé en 3mn via Amazon.

    J’ai chevauché les océans

    Une belle surprise d’anniversaire, d’autant plus quand on est à l’autre bout du monde. Il a ainsi dégusté avec plaisir l’autobiographie du marin qui fut l’un des héros de son enfance. Et depuis, il se régale de classiques à lire et relire : St-Exupéry, Hugo, Stevenson, London…

    Autre avantage de ces liseuses, elles permettent de lire la nuit sans se faire mal aux yeux, et sans déranger l’autre, sans s’éblouir les yeux, utile pendant les quarts où il est important que les yeux restent vivaces dans le noir de la nuit.

    Donc tout va bien à bord, pas de pénurie en vue!

    3- les ouvrages pratiques et utilitaires guides nautiques, culinaires, santé, dictionnaires etc….  la difficulté encore une fois c’est de faire le tri entre le l’essentiel et le superflu.

    J’ai longtemps hésité à acheté un dico, en me disant que c’était lourd, et qu’un ouvrage numérique suffirait. Mais il est tout de même important notamment pour les enfants de manipuler et feuilleter régulièrement un dictionnaire. J’en ai donc acheté un à Papeete.

    Il n’y a que 2 livres de cuisine que j’ai apporté en version papier, car ce sont aussi 2 livres à utiles à lire, 100% nautiques et bourrés d’anecdotes et de conseils pratique.

    « La cuisine des Flibustiers »de Melani Le Bris, fille du grand Michel Le Bris, fondateur du festival Etonnants Voyageurs de St-Malo : de véritables recettes des îles, via un retour aux sources historique, pimentades, boucans, et autre douceurs sont détaillés et mêlés à des récits historiques savoureux sur l’histoire de la flibuste, essentiellement antillaise.

    la cuisine des flibustiers

    « Tropiques, Archipels et Marmites », de Lise Claris-Fourcade, éditions Loisirs Nautiques. Acheté il y a une quinzaine d’années au salon nautique de Paris, ce livre m’a permis d’apprendre à cuisiner les produits tropicaux. Il est très utile, car il reprend  par destination les produits que l’on trouve dans chaque pays, ceux que l’on ne trouve pas également, les produits locaux, et la manière de les cuisiner, à la locale ou « européanisée », avec de nombreuses recettes, des conseils d’avitaillement etc….. Un peu datée, cette édition 2001, car entre temps la mondialisation a eu ses effets en particulier dans l’approvisionnement des supérettes et la variété des produits rencontrés, il reste tout de même un MUST de la bibliothèque de bord.

    Tropiques, archipels et marmites

    Pour mes autres livres de recette, il m’a été impossible de tous les prendre! J’ai donc pris le temps, avant de partir, de numériser mes meilleurs recettes, celles que j’utilise au quotidien  : mes recettes spécifiquement thermomix, mes meilleures recettes de pain, de gâteaux et de crêpes.

    Dans la pratique, je regarde mes recettes sur mon ordinateur à bord, ou sur mon ipad

    Les guides de voyage : nous n’en avons emmené très peu, et plutôt généralistes. Nous avons souhaité effectué ce grand voyage autour du monde sans guide touristique : pas de petit Futé ni de Lonely Planet à bord, pour sortir des sentiers battus et laisser la place à l’imprévu. Car les guides, à force de nous pré-mâcher le voyage, le formatent. Dans la pratique, nous nous sentons beaucoup plus libre sans cette obligation à laquelle nous conforment les guides d’aller voir tel lieu, de consommer telle attraction, ou de manger dans tel restaurant. Nous n’hésitons pas à demander conseil autour de nous, mais surtout nous ouvrons nos yeux, nous nous laissons guider par nos envies et notre instinct. Le plus souvent, il n’y a que des bonnes surprises, parfois des moins bonnes, mais c’est ce que nous sommes venus chercher lors de ce grand voyage : nous laisser surprendre par l’imprévu plutôt que de nous conformer à ce qui a été organisé.

    En pratique : Le bouche-à oreille (appelé aussi Radio-cocotier 😉 ), fonctionne très bien, et les bons mouillages et les bonnes adresses se refilent entre bateaux-copains. Quand nous descendons à terre, nous demandons souvent notre chemin ou les bonnes adresses aux populations locales, l’occasion aussi de nouer un premier contact. Nous aimons aussi flâner, nous laisser surprendre, découvrir les escales au gré de nos envies, sans prejugé. Et si nous avons besoin d’un renseignement très spécifique, à l’heure d’internet et de la démocratisation du 3G, ca n’est  pas difficile!

    Seule exception à la règle :  le guide Lonely Planet de Nouvelle Zélande que j’ai acheté dans l’optique de notre séjour de  4 mois en Nouvelle-Zélande. Il a finalement peu servi, car nous n’avons visité le pays qu’en bateau, et n’avons pas loué de camping-car comme nous l’avions un moment envisagé.

    l’essentiel de la Nouvelle-Zélande

    Finalement, voilà ce que j’emportai avec moi :

    OUVRAGES GENERALISTES :

    « La grande aventure des Océans » éditions Omnibus : un ouvrage anthologique passionnant, facile à lire, il ambitionne de faire un tour du monde des océans, racontant pour chacun son histoire, les personnages célèbres et les grandes aventures qui ont fait sa réputation.  Pour l’Océan Pacifique, de Cook à Bougainville, en passant par l’histoire des mélanésiens navigateurs qui ont peuplé le Pacifique et la mutinerie de la Méduse, nous avons appris beaucoup de choses passionnantes.

    La Grande aventure des Océans

    « Le dictionnaire amoureux des Explorateurs », de Michel le Bris, le fondateur du festival Etonnants Voyageurs de St-Malo. Acheté lors de notre passage à Papeete, je ne regrette pas cette petite folie  (en prix et en en poids…)Ce pavé de plus de mille pages recense les vies d’explorateurs plus ou moins célèbres, porteurs d’histoire héroïques et fantastiques, sous le regard truculent de Michel le Bris. Je me délecte!

    Le dictionnaire amoureux des explorateurs

    LITTERATURE : 

    « Polynésie, les archipels du rêve », éditions Omnibus : une anthologie de la littérature polynésienne, essentiellement d’origine européenne. Qui m’a permis de relire Loti, Melville, London etc….une première approche intéressante et chronologique de la littérature prenant pour cadre la Polynésie, avec ses fantasmes et ses réalités.

    « Contes des Mers du Sud », de Jack London, chez Libretto : mythique ouvrage reprenant les nouvelles de London écrites sur et en Polynésie. Concerne surtout les îles Ouest : Cook, Salomon, PNG etc…. Des textes courts, poignants, où il met en scène l’homme blanc aux prises avec les éléments en furie, les coutumes étranges, et une société polynésienne dans laquelle il ne trouve pas sa place.  Ma préférée : « La case de Mapuhi »

    Contes des mers du Sud

    « Touriste de bananes », de Georges Simenon chez Folio policier : Avec notre héros palot, on plonge dans le miroir aux alouettes que la Polynésie reflète au siècle dernier, après-guerre. Tous ces jeunes gens européens, venus chercher amour et fortune dans les îles, et qui finissent par s’y perdre : ce sont les « touristes de bananes » .

    Touriste de Banane

    « Le parfum des îles », de Françoise Sylverstre : pérégrinations d’une nomade des îles, d’une inconditionnelle ilienne : l’auteure nous raconte ses joies et se peines, et combien les îles ont compté dans sa vie. Un joli petit récit virevoltant, qui nous fait voyager au gré des océans et de ces petits morceaux de cailloux oubliés, des Kerguelens à l’ile aux Moine en passant par le Spitsberg. Merci Catherine pour ton cadeau!

    Le parfum des îles

    « Contes des sages de Polynésie » : recueil de contes hawaiens, samoens, marquisiens, tuamotus etc…. Et rappelez-vous, les contes, ce n’est pas que pour les enfants ;-), car ils nous offrent souvent une lecture à plusieurs niveaux.

    Contes des sages de Polynésie

    « Taïpi, un paradis cannibale » : un roman illustré en BD, c’est le pari de cette collection, qui transforme le « Taïpi » de Melville (qui faisait partie de l’anthologie polynésienne ci-dessus nommée) en roman graphique. Nous voilà embarqués en images dans le récit autobiographique de son séjour aux ïles Marquises, quand, simple matelot à bord d’un baleinier mené par un capitaine tyrannique,  il s’échappe avec un compagnon, pour se retrouvé captif et bléssé dans une tribu de cannibales des l’ile d’Hiva Oa. Où situer ce peuple de Taïpivaï, entre douceur polynésienne et terreur cannibale?

    Taïpi, un paradis cannibale

    Haka, de Caryl Ferey , éditions Folio Policier: Le premier ouvrage de cet écrivain-voyageur auteur de polar que j’aime beaucoup (notamment Zoulou qui se passe en Afrique du Sud  et Mapuche en Argentine). La cadre c’est Auckland et sa région, le héro un flic aux origines Maories, aux prises avec le meurtre ignoble d’un jeune femme. Comme dans tous les ouvrages de Caryl Ferey, on plonge dans la culture locale, en visitant des lieux emblématiques toujours bien choisis, avec un suspense et un dénouement haletant. Les tensions ethniques sont particulièrement bien décrites et subtiles, je me suis régalée à lire ce polar.

    Haka

    « L’âme des Guerriers », de Allan Duff, aux éditions Babel : un roman d’une noirceur et d’une dureté qui fait mal, au point qu’il a failli me tomber des mains. L’auteur nous embarque dans les bas-fonds de la société Maorie de Nouvelle-Zélande : ils sont laissés pour compte, parqués dans des guettos, au coeur d’une misère sociale, économique et culturelle . Soudain, après la tragédie, une lueur se dresse dans les ténèbres, et traverse le roman, incarnée par une femme, une mère qui veut que les choses changent, donnant l’espoir d’une vie meilleure. Poignant. Le roman a été porté à l’écran dernièrement.

    L’âme des guerriers

    GUIDES NAUTIQUES

    Concernant les guides nautiques, à part le très célèbre « Guide Patuelli des Antilles », que nous avions acheté il y a 20 ans pour notre voyage de noces aux Grenadines, nous n’avons emporté aucun guide nautique papier.

    En pratique, nous nous sommes servis des versions numériques de guides plus ou moins récents glanés au fur et à mesure des bateaux rencontrés : l’échange est une pratique très répandue chez les gens de bateaux. Nous disposons par contre de toutes les cartes nautiques nécessaires, en provenance de plusieurs éditeurs (les excellentes cartes Transas et celles un peu moins bonnes de Navionics), pour les choix des mouillages, ce qui s’avère le plus souvent suffisant. Il nous arrive aussi d’acheter sur place des guides nautiques régionaux, comme en Nouvelle-Zélande, et de télécharger des vues satellites des côtes et des mouillages avec Ovitalmap.

    « Destinations de grande croisière » : LA Bible condensée du grand Voyage, qui nous a permis à terre de préparer notre périple : le très célèbre Jimmy Cornell nous détaille par zone de navigation chacun des pays où il est possible de faire escale : en 2 à 4/5 pages, une fiche signalétique par pays des pré-requis administratifs (visas, et obligations variées), port d’entrée, coutumes, zones de navigation, drapeau etc….. En pratique, nous nous en servons souvent, à chaque nouveau pays, il est feuilleté pour nous remémorer les formalités, mais aussi pour valider des changements d’escales dans notre programme. Et enfin pour continuer à rêver aux futures destinations de notre prochain voyage, un jour….

    Destinations de grande croisière

    Le second ouvrage « Voyages de grande croisière »  du même auteur, détaille les grandes routes de voyage à la voile, les meilleures saison, la météo, les vents, les routages etc…

    Voyages de grande croisière

    Les 2 tomes du récit de « Voyage autour du monde » en famille d’Olivier Mesnier : 3 ans, 3 océans, 36 000milles, sur un cata de 15m : c’est peu ou prou le même programme de navigation que nous, et nous l’avions acheté au salon nautique de Paris l’année où nous avons décidé de partir en Grand Voyage. Ses deux livres sont très détaillés, en particulier sur l’histoire des pays, et les questions administratives, les sites intéressants à visiter, nous nous y référons parfois. En pratique : nous relisons chaque chapitre au fur et à mesure de notre progression, parfois avant, parfois après l’escale. C’est amusant de comparer nos escales et nos impressions qui sont souvent bien différentes, chacun effectuant un voyage à son image, au gré des rencontres, des escales, et de la météo, toujours différentes.

    GUIDES faune/flore

    Nous sommes partis avec à bord un guide de reconnaissance des cétacés, pratique pour reconnaitre baleines, dauphins, gobicéphales etc…., que nous avions depuis des années dans notre bibliothèque,

    Guides pratique de reconnaissance des cétacés

    ainsi qu’un guide du récif corallien de l’Océan Indien, très complet acheté en Egypte il y a plus de 20 ans!

    Mer Rouge

    En pratique, nous avons complété avec un guide des requins raies du monde entier,

    raies et requins du monde entier

    et par un petit guide marine-pictolife étanche : pratique, il recense les poissons, mais aussi les coraux, éponges, anémones, algues mammifères etc….

    Guide picto des animaux marins

    Nous avons acheté en arrivant aux île Marquises un guide qui me semble indispensable à tout navigateur dans pacifique Sud : le « Guide de la faune marine dangereuse d’Océanie », par Yves Lefevre et Claude Maillaud. Passionnant, et surtout pratique, chacun des animaux dangereux est expliqué en détail, photos à l’appui, ainsi que ses dangers, les descriptions des lésions, des symptômes, et des traitements en cas de blessure. C’est aussi un ouvrage essentiel pour pratiquer une bonne prévention des accidents. Nous avons eu l’occasion de l’utiliser avec succès aux Marquises lorsque Gautier, le Filleul de Loïc a été brûlé par une méduse Blue Bottle, terriblement venimeuse. En plus de détailler les soins, l’ouvrage a été très rassurant pour l’ado, qui a vu qu’il était entre de bonnes mains et bien soigné!

    Guide de la faune marine dangereuse d’Océanie

    J’ai aussi acheté aux Galapagos :  a Natural History Guide : passionnant ouvrage très complet reprenant toute l’histoire de cet archipel incroyable, sous les angles géologique, naturaliste mais également, historique, et donnant des descriptions détaillées de la faune et de la flore rencontrées dans les différentes iles et îlots.

    A natural History Guide, Galapagos

    Idem pour la Nouvelle-Zélande : la longueur du séjour et la nature endémique de beaucoup d’espèces justifiait l’achat de guides sur les oiseaux, un autre sur les plantes et animaux de bord de mer, et un autre sur les arbres.

    Dans chaque pays/région traversée, j’achète aussi une planche contact plastifiée reprenant les poissons et animaux marins observés sous l’eau : pratique à apporter avec nous en plongée, nous aurons à la fin du voyage une belle collection de ces planches d’animaux marins!

    Planche contact plastifiée

    RECITS HISTORIQUES et BIOGRAPHIES : 

    Ce que j’emmenai avec moi en provenance de ma bibliothèque : 

    « Voyage autour du Monde » de Bougainville, chez Folio : Le récit du tour du monde du célèbre navigateur Francais, avec  sa frégate la Boudeuse, et à son bord le botaniste Commerson et l’astronome Veron qui améliora le calcul des longitudes. Contemporain du capitaine Cook, il fut le 16ème navigateur à boucler une circumnavigation. On retient de son périple, non pas de grandes découvertes scientifiques ni de nouvelles terres conquises, mais le récit des idylliques  moeurs polynésiennes : son récit de voyage, publié en 1771 fut un véritable best-seller en son temps, et un formidable écho à la mode rousseauiste du « bon sauvage », très à la mode à l’époque.

    Voyage autour du Monde, Bougainville

    « La fabuleuse histoire des Plantes », de Lucile Allorge, aux éditions JC Lattès : passionnante histoire des plantes, leurs origines, leur « peuplement », leurs « migrations », leur pouvoir. C’est surtout un merveilleux ouvrage, passionnant comme un roman d’aventures, retracant la vie des botanistes-explorateurs des 17ème, 18eme et 19ème siècles, aventuriers souvent méconnus et auteurs d’herbiers de grande valeur toujours aujourd’hui.

    La fabuleuse odyssée des plantes

    « Voyage d’un naturaliste autour du Monde », de Charles Darwin, aux éditions la Découverte : Le célèbre inventeur de la théorie de l’évolution embarque, à peine âgé de 22 ans en tant que naturaliste pour un tour du monde de 5 années et analyse plantes et animaux rencontrés. IL mettra 20 ans à digérer toutes ces trouvailles qui donneront naissance à son ouvrage fondateur et révolutionnaire à l’époque: De l’origine des Espèces. Nous nous intéressons en particulier à son séjour aux Galapagos, et à la seconde partie du voyage, qui passe par Tahiti la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’île Cocos et l’île Maurice.

    Voyage d’un naturaliste au tour du monde

    « Les trois voyages du Capitaine Cook », de Jules Vernes, aux éditions Magellan et Cie, dont on sait peu qu’il publia chez Hetzel un ouvrage consacré aux « Grand navigateurs du XVIIIème siècle » . .. Il me tarde d’ailleurs de me procurer les autres : Colomb, La Pérouse, Marco Polo, Magellan. Ici, son ouvrage très pédagogique expose les plus grands moments des 3 circumnavigations de ce découvreur hors du commun , émaillé de notes originales de Cook et d’illustrations. On retient surtout que le grand navigateur britannique a exploré en profondeur la Nouvelle-Zélande, cartographié et relevé les fonds de Tahiti, ainsi que  Hawaï et la côte occidentale de l’Amérique.

    Les trois voyages du capitaine Cook

    ce que j’achetai en cours de route : 

    « Des nouvelles de Monsieur de La Pérouse » de Jean-Jacques Vayssières aux éditions Grand Sud : un récit agréablement illustré de l’Expédition de Lapérouse à bord de l’Astrolabe et de la Boudeuse, mandaté par Louis XVI pour exécuter la plus grande expédition scientifique de l’époque, emmenant à son bord scientifiques, botanistes, astronomes. Tous disparurent tragiquement à Vanikoro, aux îles Salomon, victimes d’une tempête qui les jeta sur les récifs. L’originalité de ce récit est d’y inclure celui du jeune De Lesseps (neveu de Ferdinand) qui débarque de l’expédition au Kamtchatka, avec des caisses et des caisses de materiau scientifique,  et traverse en un an à traineau l’immensité de la Russie pour rejoindre la cour du Roi de France. Et troisième récit dans le récit, celui d’Entrecasteau, mandaté par Louis XVI pour aller à la recherche de l’expédition Lapérouse disparue, dont personne n’a de nouvelles… Une aventure tragique qui aujourd’hui mobilise des dizaines d’explorateurs et archéologues à Vanikoro sur les vestiges des épaves, à la recherche des raisons de ce naufrage dramatique.

    Des nouvelles de Monsieur de La Pérouse

    «  Jacques BREL, L’aventure commence à l’Aurore », de Fred Hidalgo, aux éditions de l’Archipel : le récit de la dernière partie de la vie de Jacques Brel, après qu’il abandonne définitivement la scène, faisant un break dans sa carrière de chanteur. Il réalise l’un de ses rêves : il achète l’Askoy, magnifique voilier, et part autour du monde  à la voile. Il quitte l’Europe pour les Antilles puis la Polynésie, et s’arrêtera aux Marquise, fatigué d’avoir mené en couple  son trop gros bateau, diminué par la maladie, mais surtout amoureux de cette terre et de ces hommes qui ne le connaissent pas comme personnage public. Loin des médias et du show biz, il renait…Tranche de vie d’un très grand artiste qui était aussi un Grand Monsieur.

    Jacques Brel, L’aventure commence à l’aurore

    CULTURE ET HISTOIRE : 

    « Race et Histoire », de Levi-Strauss, chez Folio : célèbrissime petit ouvrage d’anthropologie moderne, accessibles et toujours d’actualité.

    Race et histoire

    « Le Papalagui » aux éditions Pocket : Offert bien à propos par mon amie Annick, c’est un étonnant récit à caractère hautement ethnographique, d’un allemand ayant séjourné au Samoa au début du siècle dernier. Celui-ci retranscrit les propos d’un sage Samoen, ayant en son temps séjourné eu Europe, et découvert avec surprise le mode de vie Européen. Il décrit à son peuple en ses termes qui sont les européens, les Papalagui,  et comment vivent les hommes blanc. Le propos est savoureux, souvent drôle, parfois grincant, terriblement imagé, et d’une rare modernité. Je l’ai lu en partie aux enfants qui ont adoré!

    Le Papalagui

    Traditions et coutumes de Nouvelle-Zélande : joli petit livre qui reprend par ordre alphabétique les us et coutumes des maoris, très proches de celles des polynésiens. Arthur nous en a fait la lecture tous les jours pendant 2 mois, à raison d’un ou deux petits chapitres quotidiens.

    Traditions et coutumes de Nouvelle-Zélande

     «  People people, people : a brief history of New-Zealand »  : Original, ce court ouvrage historique destiné aux jeunes étudiants et aux étrangers est  très visuel :  illustré par des tableaux et oeuvres d’arts originales néo-zélandaises, l’iconograhie donne une grande force aux textes, et les remet dans leur contexte historique et géographique.

    A brief history of New Zealand

    «  L’île de la fin du Monde, la véritable énigme de l’île de Pâques » , ouvrage collectif aux éditions Bibliomnibus. Bien que nous ne nous soyons pas arrêtés à l’île de Pâques, qui n’était pas sur notre route, je suis curieuse du destin réservé à cette île étrange, connue pour ses Moaï, gigantesques statues de pierre énigmatiques. De fait, elle sont aujourd’hui beaucoup moins énigmatiques, depuis que des archéologues ont répondu à (presque) toutes nos questions : pourquoi ce gigantisme,  comment ont-elles été érigées, et dans quel but? Car le véritable mystère de l’île de Paques est plutôt de savoir comment une civilisation si développée, une île si peuplée au milieu du second millénaire de notre ère a pu péricliter en 2-3 siècles : une catastrophe écologique, causant des guerres tribales, puis une hécatombe démographique, complétée d’une extermination sociale et culturelle du colonisateur, sont les causes plurielles de l’extinction de la langue pascuane et du savoir-faire de taille de pierre. Passionnant et tragique.

    L’île de la fin du Monde

    Depuis quelques jours nous sommes entrés dans l’Océan Indien, qui ouvre un nouveau chapitre de notre voyage. J’inaugure donc ma petite bibliothèque de l’Indien, et la partagerai avec vous dans quelques mois. N’hésitez pas entre temps à partager avec moi vos conseils de lecture!

  • Bilan à mi-parcours : l’école à bord!

    Bilan à mi-parcours : l’école à bord!

    Cela fait près d’un an et demi que nous faisons l’école à bord pour nos 3 enfants. L’idée de leur faire l’école à bord est tout de suite apparu comme une chance pour eux comme pour nous : plus de souplesse sur les programmes, sur le rythme scolaire, la possibilité de s’adapter à l’enfant en permanence, au plus près de ses besoins et difficultés. Ca c’était la théorie…mais en pratique, comment ça se passe?

    Eh bien la réalité en est très proche!

    VICTOR, 13 ans en 4ème avec le CNED 

    Pour notre collégien (en 5ème l’année du départ), l’évidence, c’était de suivre le CNED, qui allait lui permettre de suivre une scolarité (presque) comme dans un vrai collège, et de pouvoir intégrer à notre retour un lycée de son choix, dans la continuité.

    Victor à son poste de travail : la table à carte!

    Cela s’est avéré une excellent décision. Victor à 11 ans lors de notre départ, était déjà très autonome et l’est resté. Il a choisi son propre rythme de travail : 2 à 4h de travail personnel par jour, tous les jours de la semaine, week-end compris, pas ou peu de vacances scolaires. Cela nous libère du temps dans la journée pour beaucoup d’activités : snorkeling, planche à voile, baignade, rando, skim, surf…. Il y a tout de même des jours sans école, quand par exemple nous avons des invités à bord, ou que nous prenons la mer : le premier jour , les enfants sont un peu barbouillés, et somnolent tous…. Et il a les 2 mois et demi de grandes vacances de mi-juin (fin du programme) à début septembre.

    le planning de l’année

    Au sein des  » séquences  »  CNED qui durent 2 à 3 semaines et contiennent de 6 à 7 matières (cours + évaluation), Victor a choisi de travailler une matière à fond pendant 2/3 jours, avant de faire son devoir écrit. L’évaluation orale ou écrite est ensuite numérisée puis envoyée avant la fin de la séquence au CNED. Il travaille ainsi pendant chaque séquence 3 jours sur le français, 3 jours sur les maths, 2/3 jours de physique, 2/3 jours d’anglais, 2/3 jours d’Espagnol, 2 jours de dessin, 2/3 jours de techno.

    Cours de Sciences Physiques

    Les cours du CNED collège sont particulièrement bien faits, illustrés, pratiques, d’autant plus avec les nouveaux programmes de collège, qui explorent des thèmes transversaux à plusieurs matières.

    Victor gère son planning et ses heures de travail, mais nous sommes là à ses cotés pour l’aider si besoin, selon nos compétences propres : Loïc coache les matières scientifiques comme les maths, la physique, la techno. Le secret c’est de réagir tout de suite aux bonnes et aux mauvaise notes : féliciter (toujours)  car chaque bonne note est une fête! ,  encourager (souvent) car le découragement peut arriver à tout moment : fatigue, lassitude de travailler seul, cours objectivement difficile (le Cned est réputé de haut niveau) ou exercice rébarbatif…, consoler (parfois), comme quand il récolte un 8/20 en musique par ma faute car j‘ai omis de transmettre la seconde page de l’évaluation…..

    préparation de l’évaluation en Arts Plastique

    Je m’occupe plutôt de l’administratif (et il y en a beaucoup au CNED entre l’inscription, le suivi des colis, les cours en version papier, numérique, CD, audio, les téléchargements etc..). Mais ma partie, c’est surtout les langues : anglais et espagnol, et les matières littéraires :  l’histoire-géo et français qui ont souvent des thèmes communs. L’avantage est que si une notion n’est pas comprise, on le sait très vite, et nous prenons le temps qu’il faut, pour la travailler en profondeur. Pendant le dernier trimestre, j’ai senti du relachement en espagnol, nous avons donc travaillé ensemble tous les cours, et les résultats sont au rendez-vous, les notes ont remonté en flèche!

    Idem pour le Francais, l’inspiration parfois manque pour la partie expression écrite. J’ai donc participé et lu avec lui les ouvrages de ces 3 dernières séquence : en séquence 8, le thème du jeune  » héro  » provincial arrivant à Paris, avec des extraits du « Père Goriot » et « Les Illusions perdues » de Balzac, ainsi que de « Bel Ami » (Maupassant). Puis en séquence 9, c’est le « Claude Gueux », de Victor Hugo, que je ne connaissais pas, pasionnant mini-roman traitant de la dignité au travail, de la justice , et du pouvoir de la littérature pour influer sur la vie politique. Enfin, le Cid, de Corneille, que n’avais pas lu non plus…… qui prolonge le thème de la confrontation des valeurs entre l’individu et la société. Lire et accompagner Victor lors de l’étude des texte aura permi de mettre un peu de vivant et de vécu dans des cours certes très bien fait mais parfois un peu abstraits pour de jeunes adolescents.

    Cours particuliers de Math sur le trampoline

    En math, la seconde évaluation de l’année a été décevante en résultat : Loïc a donc repris les choses en main, et coaché Victor, notamment en méthodologie : faire le tri entre les exercices indispensables pour comprendre les notions, et les autres qui servent à « rabacher ». Ils ont aussi réalisé un livret rassemblant tous les cours et les notions à savoir par coeur. Une fois cela fait, Victor est reparti sur les bons rails, et jusqu’à la fin de l’année : il termine sa dernière et dixième évaluation avec un 20/20.

    Arthur, 8 ans, en CE1 avec le programme de maths et de francais de l’Education Nationale

    Pour Arthur, qui était en CE1 cette année, j’avais choisi de ne pas suivre les cours du CNED. Autant les cours de collège sont attirants, bien mis en page, agréables et adaptés, autant je trouve les cours de primaire indigestes, peu attractifs, et à mon sens trop complets », dans le sens où  pour effectuer tout le programme, il ne nous resterait que peu de temps libre pour réaliser les autres projets qui nous tenaient à coeur cette année : maquettisme, expériences scientifiques, énergie à bord, navigation…

    maquette n°3

    Retrospectivement, je suis ravie de ce choix, car il me permet d’insister sur les maths et surtout sur le francais, matière sur laquelle il n’y a aucune impasse, et pour laquelle je suis sûre des acquis de mon enfant. Cela était d’autant plus important que le CE1 est une année cruxiale où beaucoup de bases sont mises en place : c’est là que l’on commence la grammaire, en étudiant la structure des phrases, la conjugaison avec le présent, le futur, et le passé composé.

    travail sur le calendrier

    En math, arrivent les premiers problèmes à résoudre, les tables de multiplications à utiliser, les additions et multiplications à maitriser.

    Addition

    Question rythme, Arthur a du mal à travailler efficacement plus que 2 heures par jour. C’est un enfant qui comprend vite, intuitif, mais qui a du mal à rester en place et qui est très lent à l’écriture. Nous avons donc choisi de rester sur le même rythme que son frère – c’est plus pratique aussi pour toute la famille. Nous travaillons tous les jours 2h par jour, tous les matins, 7j sur 7. Si le travail n’est pas terminé, nous continuons un peu le soir.

    Arthur au travail dans le cockpit

    A chaque fin de trimestre, nous effectuons un grand bilan, que j’envoie à ma chère amie Hélène, Professeure des école et Maitre formateur de l’Education nationale. Cela nous permet à Arthur et moi de nous évaluer 3 fois par an, ce qui est à la fois nécessaire et motivant!

    on est quel jour?

    C’est aussi Hélène qui m’a conseillé les méthodes de maths et de Francais de cette année, les supports pédagogiques, et qui me conseille en cas de problème. Je l’ai appellée au secours à Noël car je me rendais compte qu’Arthur rechignait à écrire, et que sa lenteur était un frein à la réalisation des exercices de Français. Nous avons donc mis en place un contrat avec Arthur : réalisation d’un certains nombre d’exercices à l’oral, couplé à une obligation d’écrire 10 mots par jours en janvier, puis 20 en mars, puis 30 en avril ….. L’écriture a pris différentes formes suivant les périodes et les envies : cahier de grammaire, cahier de compréhension écrite,  ou cahier d’écrivain avec des thèmes qu’il apprécie (la liste des courses, mon menu préféré, ce que j’ai ramassé à la plage, je décris ma cabane, résumé du documentaire regardé etc….)

    La méthode de grammaine

    Pour les maths, la manipulation aide beaucoup à la résolution des problèmes et à aborder les thèmes de la multiplication et de la division. Arthur aime utiliser les barettes cuisenaires.

    le cahier de Maths, et les barrettes Cuisenaire formant des trains de nombres

    et en plus, elles servent de matériau de construction, comme des Kapla!

    Pour le reste, nous avons le temps de développer nos projets, sous une forme plus ludique, en nous servant des pays traversés : ainsi, cette année, nous avons étudié  les coutumes, les paysages, la flore et la faune des pays traversés etc…. via de nombreux supports : lecture, dessins, réalisation du livre de bord par pays, anglais, ebooks etc….

    Cette année, Arthur a fait de la lecture pendant 2 mois sur la Culture Maorie de Nouvelle-Zélande. Un petit paragraphe tous les jours, pour en apprendre plus sur le pays et ses coutumes. Cela nous a amené à de nombreuses questions et interactions avec des néo-zélandais, mais aussi plus d’intérêt pour la visite des différents musées (Musée d’Auckland, Musée Maritime, Musée de Russel, Musée d’Aviation ancienne de Tauranga…).

    Grace à un autre petit livre d’art appliqué, nous avons réalisé des créations maories : balles de poï, pendantifs tikkis, toupies, impression de tikkis, … ce qui a fait le lien avec la Polynésie Francaise, traversée pendant 6 mois, et dont le peuple est culturellement très proche des Maoris.

    Anna a réalisé un ebook sur la Nouvelle-Zélande, à destination de ses petits camarades de son ancienne école, qui font cette année un tour du monde des pays, en envoyant Clémentine Aplatie par la Poste….

    Clémentine Aplatie à Auckland

    Arthur travaille de son côté un ebook racontant son « demi tour du monde » : « Les 20 000 mille d’Arthur autour du monde », où il raconte en images et en textes la première moitié de son périple, des Antilles à la Nouvelle-Calédonie en passant par les Galapagos, la Polynésie Francaise et la Nouvelle-Zélande.

    Déjà 20 000 milles parcourus

    géographie, autour du monde

    Pour l’étude et la pratique de l’anglais, nous avions l’embarras du choix avec une sélection de petits livres sur la Nouvelle-Zélande, notamment des cahiers d’activités et de jeux en anglais.

    cahier d’activité en anglais

    Mais le mieux bien sûr, c’est de jouer avec leurs amis anglophones.

    Nous avons aussi passé beaucoup de temps à réaliser notre livre de bord, avec des dessins, collages, herbier, petits textes, sur la Polynésie Francaise, et sur la Nouvelle-Zélande.

    Et aussi des expériences de science, du bricolage, et de nombreuse notions liés à la vie à bord ont été abordées en profondeur : l’énergie (production et consommation), la météo, et de manière plus globale  la préservation de l’environnement et de notre planète.

    Anna, 5 ans, en MS/GS avec la méthode MONTESSORI

    Anna a continué de travailler avec les livres et cahiers de Balthazard, en particulier le très très gros cahier MONTESSORI des lettres de Balthazard et de Pépin aussi, centré sur les lettres et les sons.
    En parallèle, nous avons travaillé en début d’anné sur les sons,

    les sons des lettres

    en reconnaissant phonèmes, puis plus tard les rimes;

    les sons des mots

    En milieu d’année sur l’arbres aux lettres, parfait pour associer les sons des consonnes et des voyelles. Dès janvier, nous avons enchainé en parallèle sur le coffret de lecture Montessori (chez nathan), en particulier les lettres mobiles,

    puis à partir d’avril, le cahier de lecture associé.

    cahier de lecture, les premiers mots simples

    Ces méthodes sont particulièrement adaptées pour l’apprentissage des sons et des lettres, de manière ludique et au rythme de l’enfant, et de manière autonome, ce qui m’a permis de dégager plus de temps pour Arthur en CE1, qui avait plus besoin de moi, en particulier pour la grammaire et les conjugaisons.

    Aujourd’hui, Anna connait toutes ses lettres, en majuscule comme en minuscule, sait copier des mots en capitale, et lire quelques mots courts. Elle reconnait aussi les sons dans les mots, et les associe aux lettres. Elle sait lire les mots court aux sonorités simples (col, lavabo, robe etc…) et sait aussi les écrire avec des lettes mobiles, sans modèle, à l’oreille. Nous avons aussi travaillé l’écriture, des chiffres, et des lettres!

    Née en février 2012, elle est censée n’entrer qu’en grande section l’année prochaine, mais je la sens pourtant prête l’année prochaine à apprendre à lire. Je la laisserai donc entrer tranquillement dans la lecture, à son rythme, et sans pression.

    Nous avons aussi travaillé dans les livres d’activité de Balthazard. Le « Très très gros cahier de NATURE » de Balthazard, chez Hatier Jeunesse déjà entamé l’an passé a été terminé,

    et nous avons surtout puisé dans le  « Mes activités Montessori » chez Nathan. parfait pour appréhender le monde et la nature-même si les saisons et les animaux sont un peu trop centrées sur l’Europe; nous avons donc adapté le contenu.

    Activité du livre « mes acivités Montessori »

    Là encore, je n’ai aucun regret. J’avais avec moi les cours du CNED de grande section, prêtés par une amie, et j’était soulagée de ne pas avoir à les suivre dans leur exhaustivité.  En revanche, nous nous nous en sommes servi comme support d’appoint pour la lecture de littérature jeunesse : Arthur a souvent fait la lecture le matin à sa soeur  : et Hop! d’une pierre deux coups!

    Et avec deux enfants d’age rapprochés, 5 et 8 ans,  nous réalisons ensemble toutes les activités hors maths et francais, chacun à son niveau.

    art plastique

    Le reproche que je ferais aux cours du CNED de primaire est qu’ils demandent beaucoup de travail aux parents, de préparation mais aussi d’encadrement, les consignes sont compliquées et ne visent pas à rendre l’enfant autonome dans ses apprentissage, contrairement à la méthode Montessori. Avec 3 enfants scolarisés à bord, de 3 niveaux aussi différents, il faut viser au maximum sur l’autonomie de chacun!

    Ce qui m’a été utile cette année : 

    Le globe terrestre gonflable: Trouvé au musée d’Auckland nous avons enfin à bord une mappemonde, très légère et ludique! Les enfants l’adorent, jouent (un peu, il ne faut pas l’abimer) au ballon avec, et elle nous permet de bien nous situer sur la planète.

    Les  » reward stickers  » : trouvés aussi en Nouvelle-zélande. Les anglo-saxons sont vraiment très forts pour ce genre de produits. Anna s’en sert en autonomie dès qu’un exercice est terminé et vérifié. Et ca me permet de contrôler par la suite que le travail a été fait. Exemple : dès qu’elle a réussi à écrire 3 fois un mot avec les lettre mobiles, elle est autorisée à l’écrire au stylo.

    en face du mot, déjà 2 stickers : Bravo!

    Les sous-main plastifiés : j’ai chiné leur contenu sur internet, puis fait laminer. En CE1, Arthur se sert  particulièrement les tables de multiplication, des majuscules, et des modèles d’addition et soustraction. En GS, Anna se sert de tout pour compter, lire son alphabet, reconnaitre les lettes etc… C’et aussi un chouette cadeau à faire à l’enfant le jour de la rentrée, ils sont très fiers. Et en plus, cela protège la table!

    Les posters des tables de multiplications affichées dans la coursive (obligatoire de les lire pendant le brossage des dents, matin et soir ;-)), acheté en Nouvelle -Zélande, et un autre poster sur les conjugaisons, acheté en Nouvelle-Calédonie.

    Le Bescherel : pratique quand mon grand me demande (pour son cours d’anglais) : c’est quoi maman la forme grammaticale de « qui » en francais???

    En support numérique, je me suis appuyée cette année sur les applis de l’Escapadou, (éditeur numérique spécialisé Montessori)  :  » J’écris en cursive »  a été très utile à Anna pour s’entrainer sur les lettres, et à Arthur pour les majuscules, en complément bien sûr de l’écriture papier.

    Egalement, l’appli « Dictée Montessori » du même éditeur, pour Anna, pour apprendre à « écrire » les mots, comme avec des lettres mobiles.

    Et enfin, c’est de l’école sans être de l’école. 

    Les enfants sont toujours aussi fans des émissions « C’est pas sorcier ».  Nous sommes partis avec une centaine d’entre elles que nous avions en CD à la maison. S’est rajouté par la suite la série intégrale des ‘Il était une fois la vie », « Il était une fois l’homme, et « Il était une fois les Explorateurs ». C’est surtout cette dernière mini-série que les enfants ont regardé cette année-hors temps scolaire bien sûr! L’avantage de la vie en bateau, c’est que l’on voit tout le temps ce que les enfants regardent puisqu’ils ne sont jamais loin de nous  : il est donc facile d’enrichir leur connaissances en discutant simplement de leurs émission préférées, et en approfondissant les thèmes abordés.

    Côté « Explorateurs », ma bonne étoile Mary, ancienne professeure/documentaliste de Victor, m’a conseillé le super petit jeu interactif des Grandes découvertes et des Explorateurs, sur le site de France TV . Seul inconvénient, il nécessite une connexion internet.

    En conclusion

    J’ai la chance aussi que Loïc, le papa, soit aussi impliqué dans l’école à bord.  On peut dire que si je suis la responsable des programmes, lui est enseignant à part entière en sciences au collège, mais aussi enseignant-remplacant en primaire pour accompagner le travail d’Arthur et d’Anna. Nous sommes très satisfaits d’avoir pu choisir pour chacun de nos enfants le rythme et les méthodes qui leur conviennent, et qui sont réalisables par de simples parents-enseignants, non professionnels comme nous.

    L’année scolaire prochaine, sera un nouveau challenge :

    •  Victor entrera en 3ème avec le CNED, une année importante pour le dossier scolaire, et son entrée future au lycée à notre retour en septembre 2018
    •  Arthur sera en CE2 avec un programme de Francais et de Math identique à celui de ses petits copains de l’école : nous sommes en cela dans la continuité, et travaillerons spécifiquement sur l’autonomie au travail, en particulier dans la lecture et compréhension des énoncés.
    •  Anna sera GS/CP, et qui pourra tendre  selon sa motivation et son travail vers un vrai CP. Je continuerai la méthode Montessori qui lui convient bien, et compléterai avec les cahiers Ribambelle qu’avait utilisé Arthur, basée sur 6 albums de littérature jeunesse : il me semble en effet indispensable dès le CP de lier la notion de lecture au plaisir de découvrir et de lire des albums et des histoires. Je garde aussi sous le coude la méthode des Alphas, ludique et imagée, très utilisée, et avec succès, chez les enfants vivant en bateau.

    Et puisque c’est de saison, je vous souhaite à tous de bonnes vacances scolaires!

  • Navigation à l’intérieur de la Grande Barrière de Corail

    Navigation à l’intérieur de la Grande Barrière de Corail

    Remis à l’eau vendredi 9 juin, après 2 semaines à sec pour les réparations, nous avons expédié les préparatifs pour reprendre la mer au plus vite. Alors que Bénédicte s’occupe de l’approvisionnement, je fais le tour des équipements et remets un coup de propre au bateau.

    Carte du nord du Queensland et sa Grande Barrière de Corail

    Dimanche 11 juin, à 7 heures, nous quittons la marina de Cairns, en direction de Thursday Island, dans le détroit de Torres, où nous prévoyons d’effectuer les formalités de départ d’Australie.

    Cette navigation est assez différente des autres. C’est une navigation cotière de 470 milles, à l’intérieur de la grande barriere de corail, en direction de la pointe nord de l’Australie, le cap York puis Thursday Island. La Grande Barrière de corail s’étend sur un millier de milles au total, nous n’en parcourons donc qu’un peu moins de la moité, mais assez pour se rendre compte de la taille que forme la plus grande structure vivante du monde.

    Du départ à l’arrivée, des centaines de récifs coralliens à éviter, heureusement, les cartes sont d’excellente qualité et leur précision irréprochable. C’est une zone où les courants sont forts et leur direction est très changeante en fonction des fonds et récifs alentours. Nous avons décidé de fractionner cette navigation afin de nous laisser suffisament de repos récupérateur.

    Pour la première journée, notre objectif est Lizard Island, une île située à 135NM de Cairns. Ses coraux sont réputés pour leur beauté et c’est en montant sur son sommet que le capitaine Cook a pu repérer et cartographier son chemin pour sortir de la Grande Barrière.

    Le temps est couvert et le vent, orienté au sud-sud-est souffle à une quinzaine de noeuds, il est prévu de forcir graduellement au long de cette journée pour finir à 25 noeuds en soirée. Ce sont de belles conditions pour une reprise ; tout l’équipage est heureux d’être en mer et de reprendre ses marques à bord.

    Temps couvert au départ de Cairns
    Belles lumières le long de la côte

    Les paysages sont grandioses, nous longeons le parc National de Daintree et ses montagnes couvertes de forêts tropicales, dommage que le soleil manque pour augmenter les contrastes. Port Douglas, Cape Tribulation, Cooktown, Cape Bedford, Cape Flattery, pour ne citer que quelques uns des lieux connus qui défilent. Puis la nuit tombe et nous arrivons de nuit au mouillage de Lizard Island. Nous mouillons assez loin du rivage, sur fond de sable blanc, car un grain de pluie nous accueille, juste au moment de manoeuvrer et ainsi privés du clair de lune, nous préférons garder nos distances de la côte.

    Une belle moyenne pour cette navigation, et le record de vitesse de Moby, qui était de 24,10 noeuds est battu : 24,55!

    En nous levant le lundi matin tôt, le temps est gris, avec de fortes averses et du vent fort. Nous qui pensions profiter de l’endroit, et faire une excursion et rando à terre, c’est plutôt mal parti. Le sommet de l’ile, à 358m est complètement dans les nuages. La mer est agitée, le courant fort dans le mouillage ; les conditions ne permettent donc pas d’aller nager sur les nombreuses patates de corail. Les prévisions ne voyant pas d’amélioration dans la journée, nous décidons de quitter Lizard et poursuivre notre route vers le nord-ouest.

    Eclaicie de coute durée sur Lizard Island

    Sous GV 2ris et solent, nous filons bon train, à plus de 10 noeuds de moyenne. Nous longeons de nombreux récifs, mais contrairement à hier n’avons pas trop à manoeuvrer. Nous apprécions le balisage du lagon ; à défaut d’être beaux, les nombreux phares et amers implantés sur les ilôts facilitent la tâche au navigateur. Notre route est trop éloignée de la côte pour l’apercevoir le matin, surtout avec cette météo mitigée, mais il ne se passe pas plus de 15 minutes sans que nous apercevions un récif corallien, une ile ou un rocher. Le lagon est assez peu profond, une vingtaine de mètres en moyenne et l’alarme du sondeur, réglée sur 15m retentit fréquemment.

    Balisage des récifs : cela n’a pas le charme des phares bretons, mais c’est efficace

    Dans l’après-midi, le ciel se dégage et comme nous nous sommes rapprochés de la terre, nous profitons des paysages des caps Barrow et Melville. Par beau temps, nous aurions certainement relaché au pied du cap Melville, ou de belles plages de sable blanc cotoient des blocs de granite gigantesques, faisant penser au mouillage des Baths aux BVI, mais en beaucoup plus grand.

    Pour la nuit, nous avons repéré une baie abritéé, Stokes Bay, sur la côte ouest de l’ile Stanley. Nous y accédons par un chenal assez étroit passant au milieu de cet archipel composé de 5 îles. Le mouillage est tranquille, avec une belle plage de sable bordée de mangrove et un relief marqué.

    Arrivée sur Stanley et passage dans le Fly channel, au sud de Flinders island
    Petite journée de mer, mais nous avons bien avancé et la moyenne est belle

    Après une bonne nuit à l’ancre, nous appareillons à l’aube mardi matin. Nous sommes encore à 270 milles en direct de Thursday island. Aussi nous avons décidé de ne pas nous arrêter ce soir, pour gagner du temps certes, mais aussi car il n’y a pas ou peu d’abri correct sur ce tronçon, surtout par le vent de sud-est fort qui souffle aujourd’hui.

    Stanley island, déjà loin dans notre sillage

    En faisant route à l’ouest, nous traversons la Princess Charlotte Bay, puis notre route s’incurve vers le nord. Les courants de marées sont bien ressentis dans la zone, et en particulier lorsque nous passons devant  ces bras de mer séparant d’immenses récifs de coraux longs de plus de 15 milles. L’état de la mer change radicalement sous les effets combinés du courant et du vent, levant par endroit un fort clapot. En revanche, la trentaine de milles de lagon parsemé de récifs à fleur d’eau arrête entièrement la houle du large.

    Le temps se couvre dans l’après-midi, mais la visibilité reste bonne. Le paysage est beau, mais reste le même au fil des milles. Des plages, des rivières, de la mangrove, des montagnes…sur des milles et des milles. Pas d’abri des vents d’est, pas de port, pas de village ; la côte est sauvage et n’a certainement pas beaucoup changé depuis la découverte du continent. La nuit tombe en passant le cap Direction, puis nous passons Cape Weymouth. Au niveau de Temple Bay, les chenaux de navigation se rétrécissent et certains passages font moins d’un mille de large. C’est bien sûr dans ces endroits que nous croiserons le plus de trafic.

    Ces cargos empruntent aussi les chenaux de la grande barrière
    Croisement sur l’autoroute, l’AIS est une aide précieuse, mais aucun bateau de pêche croisé n’en était équipé! Les connaisseurs apprécieront que Bénédicte soigne ses laylines, même en pleine nuit dans cet environnement…

     

    Il est assez étonnant de voir que de nombreux cargos empruntent ces chenaux du lagon, nous en avons croisé qui mesuraient 250m de long. La réglementation impose cependant la présence d’un pilote à leur bord pour tout le transit. Nous avons aussi rencontrés  beaucoup de bateaux de pêche équipés de drague ou chalut.

    Au lever du jour, nous ne sommes plus qu’à une trentaine de milles du Cap York
    Encore une belle moyenne sur 24 heures, d’autant plus que nous avons un peu sous-toilé pour faciliter les nombreuses manoeuvres

    Quand le jour se lève mercredi matin, nous ne sommes plus qu’à une cinquantaine de milles de l’arrivée. Nous avons réalisé une belle moyenne toute la nuit, mais pour le franchissement du Cap York, il va falloir lutter contre le courant qui en ce matin de vives-eaux dépasse 2 noeuds. Le vent contre le courant donne une mer courte qui déferle par endroit. Encore quelques manoeuvres et nous pourrons filer en ligne droite vers le chenal d’accès à Thursday island.

    Passage de l’Albany Rock
    Passage du Cap York

    Nous mouillons à 13h après une navigation de 584 milles dans le lagon, pas moins de 23 empanages en 3 journées et une nuit de mer. Une navigation très intéressante, mais nous apprécierons certainement la prochaine étape qui devrait être plus rectiligne!

    Un peu de repos, visite à terre et courses de produits frais, et nous remettons les voiles pour l’Indonésie. Le chapitre de l’Océan Pacifique se referme, et celui de l’Océan Indien s’ouvre, avec la Mer d’Arafura comme prologue.

     

     

     

  • 2 semaines à Cairns : vélo, boulot, crocos…

    2 semaines à Cairns : vélo, boulot, crocos…

    Nous prenons vite le rythme : Loïc part au chantier tous les matins en vélo suivre l’avancement des travaux, attention, au chantier, l’équipement est réglementaire!

    équipement de prêt à l’entrée du chantier

    Pendant ce temps, nous restons à l’appartement travailler : Victor doit rendre tous ses devoirs du CNED pour le 16 juin, alors on cravache!

    En fin de journée, nous nous octroyons une pause, et sortons nous balader : la piscine « lagoon » est à quelques minutes en trottinette,

    en route pour la piscine
    la piscine lagon
    la plage en plein centre ville
    vue de la piscine sur l’Esplanade

    idem pour le skate park, et l’aire d’escalade.

    A 5mn de notre appartement, il y a aussi la piscine municipale.

    le bassin olympique

    Son équipement est assez extraordinaire : un bassin de taille olympique, un second bassin de 25m chauffé à 32°!!!,  des jeux d’eau pour les petits, un café, et surtout, un stand de glisse!

    le stand de glisse

    Ca n’est pas vraiment une piscine à vague, mais un jet d’eau propulsé sur un liner incliné, que l’on surfe, soit avec un boogie board,

    Arthur tente le premier, en boogie board
    pour se diriger, c’est avec les jambes

    soit debout avec une planche style skate.

    Le samedi après-midi les garçons s’y essaient, et c’est plutôt fun ! Premiers essais à plat ventre, puis debout pour Victor

    Victor en action

    et Loïc.

    Loïc

    Nous avons attendu toute la journée de samedi que le soleil se lève : il nous faut aller passer une seconde couche d’anti-fouling. Finalement, à 16h30, c’est bon, le ciel se découvre, nous allons pouvoir peindre!

    Nous profitons que le bateau soit sorti de l’eau pour ajouter 2 couches supplémentaire. Moby n’en a pas vraiment besoin, car l’anti-fouling a été fait en Nouvelle-Zélande il y a 4 mois, mais 2 couches de plus nous permettrons peut-être de tenir encore un an!

    Dimanche nous nous accordons tous une journée de repos : pas de travail au chantier pour Loïc, ni d’école pour les enfants. Direction Port Douglas au Nord de Cairns, où nous avons booké une sortie en bateau à la recherche des crocodiles… Nous avons tous très envie de découvrir ces « Salties », crocodiles d’eau de mer nombreux dans cette région d’Australie.

    Le Lady Douglas nous balade pendant 1h30 dans le bras de rivière du « Dickson Inlet ».

    embarqués à bord du lady Douglas

    Nous scrutons les berges boueuses de la rivière, où les crocodiles d’eau de mer se réchauffent au soleil.

    En principe, le moment est propice. Nous sommes l’hiver, l’eau est à 25° : c’est un peu peu frais pour les crocodiles, reptiles marins qui cherchent la chaleur pour maintenir leur température corporelle. Il est midi, la mer est basse : les berges de la mangrove sont donc largement découvertes, les crocos devraient être là à se réchauffer au soleil.

    En regardant bien, nous en voyons un petit ;

    un petit croco

    Il mesure un mètre, il est très mince : il doit avoir dans les 18 mois/2 ans. Nous le laissons tranquille et allons un peu plus loin à l’intérieur de l’inlet voir si on y trouve ses grands frères et soeurs….

    Mais nous n’en verrons pas d’autre, c’est un peu décevant : j’aurais bien aimé voir en grand ces grands prédateurs. Cela dit, les enfants sont contents, ils sont rassurés de n’en avoir croisé qu’un petit, et vont l’observer en pleine action : au retour, nous nous arrêtons en effet revoir le petit animal,  qui descend de la berge :il a repéré de curieux poissons qui avancent au sec sur leurs nageoires pectorales.

    Notre croco les approche, puis se glisse à l’eau et rode à la surface : on ne voit que ses yeux….

    Ces prédateurs sont impressionnants. Les grands adultes ne bougent pratiquement pas de la journée, sont capables de jeûner pendant une année entière, et de tout à coup se ruer sur un mammifère gros comme une vache pour l’engloutir tranquillement… Les attaques sur les humains sont rares, mais quand elles ont lieu, elles sont toujours mortelles. La technique de chasse est en effet imparable : hyper rapides à l’attaque, leur grande gueule attrape la proie et l’amène sous l’eau pour la noyer. Le prédateur a alors tout son temps pour la déguster…

    Même sans gros spécimen, la balade était sympa. La mangrove abrite de nombreux oiseaux,
    et beaucoup d’épaves aussi, coulées par les pluies diluviennes qui s’abattent l’été sur la région. La municipalité vient de voter le budget pour les renflouer, car une telle quantité de bateaux coulés, ça fait mauvais genre.

    Avant de rentrer au port, petit détour par le village, avec sa charmante église de bardeaux, qui accueille près de 300 mariages par an (presque un mariage par jour, sauf le dimanche bien sûr!)

    L’église du village

    La cérémonie se fait dans l’église, les photos sur la plage, et la fête sur le ponton, au « boatshed » : tout cela doit être très photogénique.

    le boatshed

    Nous déjeunons à la marina

    Resto sur pilotis

    et faisons route à 20km de là vers la foret de Daintree, la véritable « tropical Rainforest » du Queensland. Là, au coeur d’une réserve a été créé par les aborigène eux-mêmes un centre d’interprétation de la forêt. Comme partout en Australie, le centre est très moderne, et bien organisé (trop même…), parking, resto et boutique…. un service de minibus fait la navette et nous emmène au coeur de la foret. Là, nous sommes (enfin!!!) libre de nous balader en liberté… sur sentier balisé uniquement.

    sur le sentier

    Ce qui surprend le plus, c’est la quantité de plantes épiphytes  et de lianes.Arbres et plantes semblent avoir un destin inextricablement lié. les arbres sont comme colonisés par les plantes.

    La taille des arbres nous épate : ils nous masquent presque totalement le soleil. Certains de ces arbres ont des racines gros comme des troncs, qui serpentent sur le sol pendant des dizaines de mètres.

    la taille des racines!
    et leur longueur, qui coure sur plusieurs dizaines de mètres

    Nous croisons plusieurs fois le cours d’eau, se jetant en cascade sauvage ou en sage bassin de nage.

    La température n’est pas vraiment engageante pour la baignade, 23-24° max, et sans soleil.

    On imagine l’endroit désaltérant en plein été.

    Nous scrutons les sous-bois à la recherche des « Cassowary », appellés Casoars en français : de curieux volatiles de plus d’un mètre de haut, sortes de gros dindons de la famille des émus, à la tête blanche dotée d’un casque noir, d’un goitre bleu et de barbillons rouges.

    voilà à quoi ressemble un cassowary

    Nous n’en verrons pas, mais plusieurs sortes de petites poules sauvages fouillant le sol nous approchent. Les enfants sont enchantés de leur balade en forêt, le pont de singe était trop bien,  les oiseaux rigolos,

    drôle d’oiseau sur le parking…

    , et les arbres impressionnants Je récolte une note de  8/10 pour la journée!

    Une première semaine est passé, et il nous semble que les travaux avancent, mais toujours trop  lentement à notre goût… Le moteur a été enlevé, le travail de stratification a lui aussi commencé. Cette semaine, nous espérons remettre à l’eau au plus tard vendredi matin, marée oblige. Cela implique que le moteur soit réinstallé jeudi, et donc le travail de stratification terminé mardi.

    La semaine est intense. Nous changeons pour la troisième fois d’appartement-dans la même résidence, certes… au fur et à mesure que notre séjour se prolonge, nous gagnons en confort et en vue!Les derniers jours, nous terminons au 5 ème étage, avec vue!

    Nous avons aussi vite compris pourquoi les tarifs de cette résidence bien placée étaient si compétitifs : l’immeuble voisin est en travaux pour plus d’un an…. c’est donc un chantier très bruyant de 7h du matin à 16h l’après-midi, 6 jours sur 7. Heureusement, l’immeuble est bien insonorisé : et comme nous bossons à l’intérieur et sortons les après-midis, ca n’est pas trop gênant.

    vue depuis la terrasse, sur les travaux de l’immeuble voisin
    le skeg est finalement recolllé
    le berceau du moteur aussi

     

    Moby est presque prêt

    Quand le chantier nous avait indiqué qu’il y en avait pour une semaine de travail, cela n’incluait pas le temps morts, ni le séchage ni les week-end et jours fériés…

    les travel-lifts du chantier
    le travel-lift arrive soulever Moby
    prêt à flotter de nouveau

    Nous finissons par remettre à l’eau à l’arrache vendredi matin, 15 jours exactement après la sortie de l’eau.

    Nous sommes très heureux de retrouver notre bateau,

    Merci à toute l’équipe de Norsand pour leur travail

    Nous nous donnons 48h pour le préparer : un grand ménage, un petit approvisionnement, et nous appareillons sans tarder pour Thursday Island, île septentrionale de l’Australie, à l’entrée du détroit de Torrès.

  • A la recherche des Wallabies

    A la recherche des Wallabies

    Dimanche, nous partons en virée vers les « Tablelands », ce plateau d’altitude situé à une heure de route à l’Ouest de Cairns, et qui abrite une agriculture florissante et d’une incroyable variété :  caféiers, cacaoiers, théiers, canne à sucre, avocatiers, fraisiers, framboisiers, bananiers, manguiers , fruits de la passion, raisin… cotoyent de nombreux troupeaux de vaches vaches laitières produisant du lait depuis plus de 100 ans (c’est vieux, pour l’Australie!) Les paysages sont  contrastés :  cascades, lacs, foret tropicale, champs…

    Scott, travaillant au chantier, accueille souvent chez lui des étudiants étrangers, et m’a donné quelques conseils de balade. Nous prenons la route pittoresque de  la « Gillies Range » (prononcer « guilize »), qui donne accès au plateau central des « Tablelands » via 20km de route escarpée et sinueuse. Tous les 2-3 km, des panneaux nous indiquent de ralentir, que la route est sinueuse, dangereuse, la visibilité mauvaise etc….

    Sur la Gillies Range

    La route est belle, et franchement plutôt moins raide que nos petites routes des alpes.

     

    Nous nous arrêtons dans un des « Crater Lakes » , lacs formés dans d’anciens cratères de volcans.

    La lac Barrine, ancien cratère de volcan

    La balade est sympa, il fait frais : en montant de 600m, altitude moyenne des « Tablelands », nous avons perdu 4-5 degrés….Et les arbres nous masquent presque totalement le soleil.La marche est un peu décevante, la vue sur le lac quasi inexistante, et nous ne croiserons aucun animal intéressant (pas de perroquet, ni de Wallaby, ni d’ornythorinque…). Les enfants me notente un 5/10 pour le choix de cette sortie… :-(.

    Mais les arbres sont très impressionnants! En particulier ces deux Kaoris géants.

    Deux Kaoris géants

    Ces spécimens font chacun 45m de haut et 6 mètres de circonférence. Ces Kaoris sont de la même famille que ceux que nous vons rencontré en Nouvelle-Zélande et en Nouvelle-Calédonie. On les reconnait à leur écorce crouteuse qui part en écailles, à leur tronc très rectiligne, et à leurs larges feuilles-inhabituel pour un conifère!

    Nous sommes aussi très imressionnés par les lianes, immense, mais aussi grosses comme le poing, elles doivent être très solides.Les enfants ne peuvent s’empêcher de les essayer!

    Jane de la jungle

    Certaines semblent inextricables. d’autres forment des circuits improbables, comme ce 8, très peu naturel tout de même.

    ou qui s’enroulent autour d’un arbre, s’en servant comme support.

    Nous observons aussi toutes sortes de champignons aux couleurs étranges….

    Les ficus étrangleurs, (appelés ici Fig Tree) sont très communs, et poussent d’une manière inhabituelle : ces plantes épiphytes germent dans le creu d’une branche ou d’un tronc, se servant de leur hôte comme support de croissance,  laissent tomber leurs lianes vers le sol, qui s’enracinent etc…. après quelques années, les lianes devenues « tronc »  forment comme un rideau.

    les racines-lianes du Fig Tree

    Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’aller observer l’un de ces ficus remarquables : celui-là est un des plus grands d’Australie! Ses racines mesurent plus de 15m de haut.

    les lianes devenues racines

    Il a commencé à pousser dans le creux d’une branche d’un autre arbre, servant de support; puis l’arbre-support est tombé car étranglé, et le ficus « étrangleur » a continué de croitre.

    Après quelques dizaines d’années, il développe un véritable tronc et une couronne de branches et de feuilles finalement très traditionnelle!

    Le seul animal que nous apercevrons, c’est une serpent, noir recroquevillé sur lui-même.

    Un serpent noir lové dans les feuilles

    Il apparait inoffensif, mais des marcheurs croisés en chemin nous apprennent qu’il fait partie des espèce particulièrement venimeuses. Tout cela est un peu maigre en faune…

    Les enfants sont déçus : nous n’avons pas vu de wallaby ni de kangourou sur la route. Nous mettons donc le cap sur le parc de Granite Gorge, où des wallabies vivent en semi-liberté.

    Les wallabies du parc de Granite Gorge.

    Ils ont en fait la complète liberté d’aller et venir, il n’y a pas de barrière dans ce parc. Les animaux sauvages restent dans leur habitat naturel, ces larges roches de granite entre lesquelles coule une petite rivière.
    Ils sont « acclimatés » à l’homme, car nourris de petites croquettes tous les jours par les clients du parc qui louent des bungalows, ou des emplacement de tente. Cette race de wallaby est le « Wild Rock Wallaby », une des plus petites espèces de wallabies, endémique de cette région de Mareeba.

    Ces petits ruminants se nourrissent par ailleurs de plantes, feuilles, racines, écorces, fruits qu’ils trouvent à proximité, à l’instar de cette écorce d’eucalyptus dont le tronc a été mis à nu…

    un tronc d’eucalyptus

    Les animaux sont très attachants, à mi-chemin entre des kangourous et de grands lièvres. 

    Les enfants sont aux anges : pouvoir approcher de si près des animaux sauvages, ce n’est pas si courant!


    Ils ont pu étudier leur comportement. Certains sautent pour obtenir des croquettes!

    D’autres attendent sagement.

    Attentions, ils ont des griffent et s’en servent!

    ce wallaby sort ses griffes pour bien agripper la main de Victor

    Victor, toujours très à l’aise instinctivement avec les animaux ne perd pas son calme, et les laisse approcher.

    Un tout autre paysage s’offre un nous : une savane, sèche, qui nous fait beaucoup penser à des paysages sud-africains,

    un paysage de savane

    si ce n’étaient ces énormes roches granitiques.

    Le site est magnifique, les roches impressionnantes,

    Un peu de crapahute, 

    Anna ne s’en sort pas trop mal, mais la marche qui s’apparente plus à de l’escalade est objectivement difficile.

    D’ailleurs, on nous le rappelle à intervalle régulier :

    Comme partout en Australie, l’injonction « danger » visant à prévenir de tous les risques

    En chemin, nous nous arrêtons observer de « soi-disant » empreintes de dinosaures,

    Empreintes de dinosaures?

    Je ne suis pas très convaincue; si elles étaient réelles, le site serait plus documenté sur la question (quel animal, quelle date etc…)

    mais Arthur veut y croire!

    Le soleil baisse sur l’horizon, il est temps de faire demi-tour,

    D’autant que nous sommes arrivés au terme de la ballade.

    le rocher-baleine

    Nous prenons le chemin du retour, les enfants sont impatients de retrouver les wallabies.

    Les voilà!

    Les enfants sont moins craintifs, même Anna est très à l’aise, et parvient à les caresser.

     Ca y est, nous sommes de retour à la cabane!

    Nous donnons nos dernières croquettes aux wallabies, 

    croisons quelques drôles de volailles se baladant en liberté…

    et deux perroquets se disputent des clés!

    Tout cela nous plonge dans une ambiance de brousse, et nous donne hâte à l’escale sud-africaine, dans quelques mois, qui devrait être magnifique à cet égard.

    Nous prenons la route de Cairns. Au sortir du campement, ces monticules intriguent les enfants : ce sont des ….  termitières.

    des termitières!

    Le soleil est presque couché, donnant une superbe lumière quand il s’agit de redescendre vers le littoral.

    Vue depuis les Tablelands sur la plaine de Cairns

    Demain, c’est lundi, les travaux commencent sur Moby, nous avons hâte de pouvoir y voir plus clair.

  • A Cairns pour les réparations

    A Cairns pour les réparations

    Nous voilà donc en Australie, pays dans lequel nous avions longtemps hésité à faire escale : un territoire si grand et si riche en découvertes et activités nous semblait difficile d’appréhender en quelques semaines. Nous avions donc opté pour des escales en Nouvelle-Zélande/Nouvelle-Calédonie/Indonésie.

    Chenal de Cairns

    Mais tant qu’à y être, nous sommes décidés à profiter au mieux de cette escale forcée.

    Moby au ponton de Marlin Marina, Cairns

    Priorité numéro 1, c’est sortir le bateau de l’eau, réparer, pour repartir au plus vite! Cette partie-là, c’est Loïc qui gère. Il est relation avec les chantiers de Cairns depuis 48h.

    Nous devrons attendre 3 jours et 4 nuits dans la marina de Cairns pour bénéficier d’un créneau de sortie de l’eau. Il a d’abord fallu sélectionnier le chantier. Cairns est réputé pour sa réparation navale, et pour cause : c’est la plus grande base touristique pour visiter la célèbre Grande Barrière de Corail, mythique zone corallienne, le plus grand et plus célèbre récif corallien du Monde!

    Il y a donc pléthore de professionnels, et 3 grands chantiers.

    l’entrée de la rivière, où sont installés les chantiers nautiques de Cairns

    Deux d’entre eux sont clairement sur-dimensionnés pour nous lever  : ils disposent pour sortir les bateaux de slipways jusqu’à 3500t, adaptés pour  des navires de 50 à 100M et pesant jusqu’à 3500t …. (à titre de comparaison, Moby mesure 15m et pèse 12 tonnes….)

    la cale du chantier BSE

    Ce qu’il nous faut c’est un travel-lift, sorte d’ascenseur à bateau ; c’est l’idéal pour les catamarans comme nous, et le seul chantier à en avoir un à notre taille, c’est Norship.

    le travel-Lift de Norship

    Loïc leur arrache péniblement un créneau de levage le vendredi qui suit notre arrivée : le chantier est situé dans un bras de rivière, et comme le marnage est important en cette période de nouvelle lune, le travel-lift n’est opérationnel que 2h par jour, tôt le matin. Il nous reste donc à attendre 3 jours à la marina.

    Pour être honnête, nous sommes plutôt bien tombés en ayant choisi Cairns comme zone d’atterrissage! La marina est en coeur de ville. Nous découvrons une station balnéaire touristique franchement sympathique, dotée d’infrastructures urbaines et touristiques géniales : une très grande promenade arborée de 5km longe la ville, parsemée à intervalles réguliers d’activités pour petits et grands :

    promenade arborée

    La plus incroyable est cette piscine-lagon en pleine ville! C’est une piscine d’eau de mer (l’eau est pompée du Trinity Water Inlet), mais c’est aussi une plage (avec du vrai sable sur les berges et au fond), où les enfants peuvent jouer et s’asperger comme à la plage, et les grands faire des longueur, et profiter du plein air

    la piscine « Lagoon » du centre vile de Cairns

    la vue sur la mer au soleil couchant offre une belle perspective.

    soleil couchant sur la piscine « lagoon »
    la plage de Cairns à grande marée basse

    Il faut dire que le bord de mer n’est pas vraiment praticable, c’est une vasière-mangrove qui découvre à marée basse,

    le front de mer, et la Marina en arrière plan

    et peuplée potentiellement de méduses dangereuse en été (les mortelles Box Jellyfishes et les Irukandji…), et de crocodiles d’eau de mer toute l’année  : ces géants carnassiers font partie des prédateurs les plus rapides et dangereux pour l’homme, mais soyons rassurés, il est rarissime de les retrouver en pleine ville, préférant les estuaires et les méandres des fleuves.

     

    Il y a aussi ces pistes cyclables qui longent toute la ville, accessibles aux trottinettes et aux skate-boards.

    pistes cyclable du front de mer

    Le soir, les éclairages mettent en valeur la végétation.  Habitants et touristes investissent en soirée les parcs, aires de picnic et de barbecue. C’est très populaire en effet de manger dehors, et le climat tropical participe de beaucoup à ce style de vie de plein air.

    aire publique de BBQ

    Le week-end, de nombreux groupe pic-niquent sous les arbres pour fêter un anniversaire, se regrouper en famille ou au sein d’un club sportif.

    des tables de pic-nic tous les 100m

    Beaucoup de sportifs aussi sur le front de mer : qui courrent, font du vélo, mais aussi du yoga, de la gym, des étirements…

    Salle de gym en plein air

    En plus de tout cela, des restaurants, cafés, une incroyable concentration de marchands de glace et des aires de jeu particulièrement bien pensées :

    • Le « FigTree », cabane dans un véritable arbre
    • le skate park
    • Le Muddy’s water playground Les enfants sont aux anges, ca leur change des îles!

    Autre curiosité sympa de la marina : au bout de notre ponton, un ancien petit bateau de pêche reconverti en resto/take-away : des fruits de mers, simplement cuits à l’étuve come on les aime et ultra-frais bien sûr : crabe, langouste, crevettes, huitres….Mon papa serait leur meilleur client!  Nous ce qu’on préfère, ce sont les crevettes, que l’on ramène à bord pour faire des pâtes aux fruits de mer, des salades aux crevettes, des poélées , des flambées….

    Le lendemain, nous partons en ville acheter des cartes téléphoniques locales. Nous découvrons beaucoup d’espaces verts et de lieux ombragés. Et encore tout plein de place pour les engins à roulette. Nous décidons d’investir dans des trotinettes pour Arthur et Anna, et un skate pour Victor. Ils vont avoir 2 semaines devant eux pour s’entrainer et pratiquer les sports urbains de glisse.

    Nous sortons Moby de l’eau vendredi matin, sur le travel-lift.

    A l’entrée de la rivière, il nous faut patienter, car un gros navire sort de chantier et nous devons le laisser manoeuvrer.

     Une grosse unité en effet. 

    Nous sommes très impatients de voir les dégats.

    sortie sur le travel-lift

    Ca y est, Moby est sorti de l’eau.

    Finalement, il n’y a aucun impact ni fissure sur la coque.

    inspection de la coque babord

    Ouf, cela veut dire qu’il n’y a pas de dommage structurel. Il semble que la bille de bois ait glissé sous la coque, puis tapé le skeg, qui sous la force a cédé, puis touché l’embase du moteur, soulevant dans un mouvement vertical le chassis du moteur, qui s’est décollé partiellement, laissant l’eau rentrer.

    Pour réparer, l’équipe du chantier nous a indiqué sa procédure :

    Il faudra d’abord enlever le moteur et le sail-drive-c’est la première grosse partie du travail, effectuée par un motoriste.

    Ensuite, c’est le travail de fibre qui commence : d’abord enlever le bati moteur, préparer les surfaces, stratifier, enduire, poncer…

    Pendant les travaux, Loïc passe de longues heures au chantier pour surveiller et coordonner les travaux.

    le port du casque et du gilet est obligatoire! on ne plaisante pas avec la prévention..

    Il nous faudra compter encore une à deux semaine d’immobilisation de Moby ces étapes étant réalisées les unes après les autres, et demandant du séchage- nous croisons les doigts pour que le temps reste sec.

    Moby sur son ber

    Comme nous ne pouvons pas rester vivre à bord- ce chantier n’autorise pas la présence d’enfants sur la chantier… il nous faut louer un appartement…

    Je me met donc en recherche d’un logement. Ca n’est pas très difficile, car Cairns est un lieu éminement touristique : la porte d’entrée vers la Grande barrière de Corail, mais également vers les forêts tropicales du Queensland : en effet le « Queensland Wet Forest » est classé au Partimoine Mondial de l’Unesco, c’est l’une des plus ancienne forêts tropicales du monde, datant de plusieurs dizaines de millions d’années, antérieur en âge aux dinosaures et sans doute reminiscente du continent unique, le Gondwana. Son isolation du reste du monde en fait l’une des forêts la plus concentrée en plantes uniques et endémiques, comparable en cela aux forêts de Madagascar et de la Nouvelle-Calédonie.

    C’est donc sans difficulté que nous nous trouvons un petit appart’ bien placé sur l’Esplanade, à 2 pas du centre ville, et à 5mn du skate park. Cela nous évite d’avoir à louer une voiture; Loïc pourra aller en vélo au chantier tous les matins, et avec les enfants, nous nous déplacerons à pied et à roulettes!

    Nous nous offrons tout de même 2 jours de détente pendant le week-end , histoire de décompresser de cette semaine un peu stressante. Cap sur les Tablelands, à la rencontre des Wallabies!

  • En route vers l’Indonésie, l’imprévu s’invite à bord…

    En route vers l’Indonésie, l’imprévu s’invite à bord…

    Dimanche 14 mai :

    Devant les étraves de Moby, plus de 2600 milles de navigation vers Kupang, dans la province du Timor Occidental, en Indonésie. Les prévisions météo sont bonnes pour la première semaine de mer et la traversée de la Mer de Corail vers le détroit de Torres. Depuis le passage de Donna en début de semaine, le temps s’est remis à un bon régime d’alizés, généré par un bel anticyclone sur la mer de Tasman. Du vent arrière donc, mais suffisament fort pour bien avancer en tirant des bords de grand largue vers notre but.

    Photo satellite de la Mer de Corail la veille du départ. Donna s’évacue au sud-est et Ella, en route vers Vanuatu se comble lentement

    Nous quittons Nouméa comme prévu à 9h du matin. Dans le grand lagon du sud de la Nouvelle Calédonie, le vent de sud-est forcit à mesure que nous nous éloignons de la côte. Nous glissons sur l’eau plate du lagon en direction de la passe de Dumbéa. Le lagon est superbe, avec ses nombreux ilôts, nous aurions bien aimé pouvoir rester quelques semaines de plus. Juste avant la passe, nous doublons de près un dugong, qui nous gratifie d’un fort battement de queue en guise d’au revoir.

     

    Sortie du lagon en approchant de la passe de Dumbéa

    Une fois en mer, l’alizé souffle à une vingtaine de noeuds et nous filons vers l’ouest, babord amure à 10 noeuds de vitesse. Le logiciel de routage prévoit une série d’empannages  à intervalle assez régulier pour les 3-4 jours prochains. Pas d’options franche, mais plutôt rester assez proche de la route directe en zig-zagant afin de tirer au mieux parti des petites variations dans la direction du vent. Trois empannages donc, en ce premier après-midi de mer, histoire de reprendre les bonnes habitudes de manoeuvres.

    Repos pour Bénédicte, en ce début de traversée
    Moby (point bleu) prend un peu d’avance sur le routage (bateau vert) le point rouge représente un bateau allant en route directe

    A la tombée de la nuit, le solent vient remplacer le code 0, Moby perd donc un peu de sa vitesse, mais la route est longue et le confort et la tranquilité sont une grande priorité la nuit.

    Premier coucher de soleil de la traversée, la code 0 a laissé sa place au solent

    Lundi 15 mai :

    Le vent à bien mollit en milieu de nuit, au petit matin nous renvoyons le code 0 et larguons le ris dans la grand-voile. Le vent tourne tranquillement à l’est, ce qui nous permet de faire route directe. Vers midi, le vent forcit un peu et tourne nord-est. Le solent vient remplacer le code 0, puis une heure après, prise du 1° ris.

    Premières 24h : moyenne honorable avec une belle pointe en surf

    De nombreux grains apparaissent sur notre route, la masse nuageuse se soude en fin d’après midi. Un peu avant la nuit les grains nous encerclent, la pluie est violente, peut-être une des plus grosses averses rencontrée jusqu’ici. En revanche très peu de vent associé à ce grain, jamais plus de 15 noeuds, mais il tourne dans tous les sens, m’obligeant à régler les voiles en permanence. Pour moi, c’est la grosse douche du soir. Quand nous sortons de cette zone de grains, vers 20h, les réservoirs d’eau douce sont remplis et le bateau parfaitement rincé.

    Grain en vue
    Temps à grains
    Pluie battante sous grain
    Trace des premières 48h

    Mardi16 mai :

    Le vent reste assez faible toute la nuit, environ une dizaine de noeuds, soit une bonne force Beaufort de moins que la prévision. Le ciel est nuageux, aussi nous préférons naviguer sous-toilé au cas où un grain ne nous surprenne dans la nuit noire. A 4h du matin, le ciel se dégage et le dernier quartier de lune nous rassure qu’il n’y a plus de grains autour. Le ris est donc largué et nous envoyons le gennaker. Quand le jour se lève, nous avons paré les récifs Nereus, haut-fonds de plus de 30 milles dont 12 affleurants.

    Passage au nord de Chesterfield et Bampton reefs

    Il n’y a plus de nuages, et le vent se renforce légèrement. Les conditions de navigations sont agréables, la mer qui était agitée depuis notre départ dimanche s’est maintenant calmée, tout l’équipage apprécie. Ce soir, sur notre route, se trouvent les récifs et les iles Chesterfield, il me faut donc anticiper dès le matin de quel coté nous les contournerons, car cette zone fait tout de même 70 milles de long et barre notre route directe. Après consultation des fichiers météo, il apparait que le contournement par le nord soit plus favorable, nous empannons donc à 11h pour faire route vers le nord des récifs Bampton.

    En milieu d’après-midi, nouvel empannage pour parer ce que nous appelons le récif fantôme. Je m’explique : nous disposons de plusieurs sources pour la cartographie à bord. Les cartes électroniques des traceurs B&G sont d’origine Navionics, sur mon iPad je dispose de l’application iSailor, excellente et précise jusqu’ici, avec des cartes de Transas, filiale marine de Jeppesen, leader mondial de la cartographie electronique aviation et marine. Nous avons aussi les cartes papier du SHOM pour l’ensemble des routiers du voyage. Pour compléter ces 3 sources, une application iPad OvitalMap, sorte de GoogleEarth mais qui se consulte sans connection internet. Donc de ces 4 sources, 2 n’indiquent rien de plus qu’une sonde à 1474m (Transas et SHOM) et Navionics, en zoomant au maximum fait apparaitre un récif de 5 milles de long, et l’image sattellite d’OvitalMap, bien qu’avec une définition médiocre, semble montrer un ilot ou récif. Face à ces contradictions, je n’hésite pas un instant et laisse la zone douteuse à 10 milles dans notre Est. Les enfants sont déçus, ils se voyaient déjà découvrir une ile inconnue et y planter leur drapeau!

    C’est la journée des manoeuvres, encore 3 empannages à 16h30, 19h45 et 22h, puis le vent fraichissant prise du 1° ris à 22h30. Babord amure, nous parons la caye du nord-est de Bampton, la laissant à 5 milles dans notre sud peu avant minuit.

    Trace de la journée du Mardi 16. Les récifs de la Mer de Corail à éviter
    Coucher du soleil du mardi 16 mai

    Mercredi 17 mai :

    De belles conditions pour la nuit, le bateau file à 150° du vent, parfaitement équilibré ; la lune, dont il ne reste qu’un croissant se lève vers 2h du matin et nous tient compagnie jusqu’au lever du soleil. Pour profiter d’une petite bascule du vent, nous empannons une fois de plus à 7h. Le vent forcit graduellement le matin et nous prenons le 2° ris dans la GV à 11h. Les milles défilent régulièrement et notre vitesse moyenne surface est d’un peu plus de 10 noeuds, avec un VMG de 8,3 ce qui nous donne nos 200 milles de gain sur la route par 24h. Tout cela sans forcer et dans le plus grand confort. Un empannage de plus à 14h, c’est le 9° depuis notre départ de Nouméa.

    Le gennaker est déporté sur l’étave au vent permettant de gagner un peu de VMG
    La nuit arrive- mercredi 17 mai

    Un peu avant minuit nous passons au sud du récif Mellish, petit atoll de 6 milles orienté nord-sud et le dernier directement sur notre route avant l’entrée du détroit de Torres. Nous pouvons donc à nouveau empanner et profitons d’un passage du vent à l’est pour faire route directe vers Torres, tribord amure.

    Jeudi 18 mai :

    Les conditions sont optimales. Pour la première fois depuis le départ, l’orientation du vent nous permet d’être en route directe vers le phare d’East Cay, qui balise l’entrée Est du passage du détroit de Torres. Pas une manoeuvre de toute la journée. Seul l’état de la mer a changé au fil des heures, conformément aux prévisions, nous subissons une houle d’est, qui a été générée par la tempête tropicale Ella, qui est passé au nord des Fiji puis à fait route à l’ouest pour s’éteindre au nord des Vanuatu il y a 2 jours. Nous avons aussi croisé 2 cargos en provenance du Japon qui faisaient route vers Brisbane. Il faut attendre 20h et un vent fraichissant pour que nous décidions d’affaler le gennaker et le remplacer par le solent pour la nuit. Sous 2 ris et solent, nous serons un peu sous-toilé pour la nuit, mais le gain en confort le justifie bien.

    GV 2 ris, Gennaker
    Tribord amure, gennaker déporté
    Sunset le 18 mai

    Vendredi 19 mai :

    Le vent est resté soutenu toute la nuit, puis a molli au matin, avec une mer toujours un peu confuse. En mollissant, le vent est revenu au sud-est. Le 2°ris a donc été largué, puis nous avons renvoyé le gennaker à 8h.

    Temps à grains dans l’alizé

    A 11h, le premier ris est largué, puis nous empannons à 14h car le retour du vent au sud-est nous permet de mieux gagner sur la route en étant babord amure. Dans l’après-midi, le vent mollit encore un peu et le ciel se couvre. Quelques grains apparaissent au nord, mais ne semblent pas très actifs. Il faut attendre 20h pour que le vent reviennent franchement. Tout comme la veille, nous réduisons la toile. D’abord le solent pour remplacer le gennaker, 1° ris puis le 2° une heure après, nous voilà en mode safe pour éviter d’autres maneuvres de voile en cours de nuit.

    Samedi 20 mai :

    Nous n’avons pas regretté l’anticipation de réduction de voilure, car durant la nuit le vent est monté à plus de 25 noeuds à 2 reprises, lors de passages de grains. Entre ces grains nous étions certes sous-toilé, mais la vitesse n’est jamais descendue sous 7 noeuds, pas de quoi se plaindre, d’autant plus que la direction du vent permettait d’être assez proche de notre route. Vers 5h du matin, le vent bascule suffisament pour justifier d’empanner, puis comme il mollit, nous larguons les ris et remettons le gennaker. La baisse du vent continue pour passer entre 8 et 10 noeuds à partir de 11h. L’état de la mer ne s’est en revanche pas arrangé, ce qui nous oblige à naviguer à 120°-130° du vent au lieu des 150° habituels, afin de maintenir assez de pression dans les voiles et éviter qu’elles ne déventent, pénalisant la vitesse et source d’usure du gréement.

    Nous sommes tribord amure et faisons route au 340°. Les côtes de la Papouasie-Nouvelle Guinée sont à 130 nautiques devant. D’après le routage émanant des dernières prévisions météo, la route à temps optimal nous ferait poursuivre sur ce bord jusqu’à proximité des côtes de PNG, pour empanner en milieu de nuit et faire route vers l’ouest le long des côtes de Papouasie.

    Ce routage ne représente que 2 heures de gain sur les 36h de mer qu’il nous reste avant le détroit de Torres. En revanche, il nous ferait naviguer de nuit, sans lune ou presque, à proximité des côtes de PNG, potentiellement fréquentées d’embarquations de pêche locale, pirogues mal ou pas éclairées et ne disposant certainement pas d’AIS. Je décide donc d’empanner et faire route vers l’ouest à partir de midi. Ainsi nous resterons au moins à 100 milles des côtes et limiterons ainsi les risques liés à ces traffics de bateaux de pêche et aux nombreux cargos venant de l’est et allant vers le détroit de Torres.

    L’après-midi est tranquille, la mer a tendance à se calmer, et bien que le vent soit toujours inférieur à 10 noeuds, nous progressons gentillement entre 6 et 7 noeuds.

    16h20, c’est l’heure du thé, que nous prenons dans le cockpit. Le soleil est déjà assez bas sur l’horizon en ce début d’hiver austral, quand soudain nous entendons un bruit surprenant assez difficile à définir. Cela ressemble un peu au bruit que peut faire une crête de vague contre le dessous de la nacelle lorsque le bateau est lancé à grande vitesse, mais ça ne peut être le cas car nous sommes à moins de 7 noeuds. Nous pensons donc de suite à une collision avec un OFNI. Nous regardons derrière dans notre sillage. Rien dans un premier temps, puis au bout de quelques secondes, peut-etre 15 ou 20s après le choc, nous apercevons un objet blanchatre qui apparait rectangulaire à un peu plus de 50m derrière nous. Est-ce ce que nous venons de heurter, ou cela est-il un morceau du bateau? Impossible à dire!

    Je décide de rouler le gennaker et de faire demi-tour pour aller voir et éventuellement récuperer cet objet flottant. Comme pour une manoeuvre d’homme à la mer, nous manoeuvrons vite.  Arthur, avec ses jumelles, est chargé de ne pas quitter l’objet des yeux. Les moteurs sont mis en route sans être embrayé avant que Bénédicte et Victor ne se soient assuré qu’aucun bout ne traine dans l’eau. Je loffe, puis effectue le virement de bord qui nous permet de faire route vers l’objet flottant. Cela nous a pris moins de 2 minutes pour faire demi-tour. Nous approchons ensuite prudemment de l’endroit de la collision. A une longueur de bateau, nous identifions l’objet flottant blanc, il s’agit d’un de nos skegs de protection, appendice placé devant l’embase du moteur et chargé de le protéger. Nous apercevons aussi à moins de 20m du skeg, 2 billes de bois de près d’un mètre de diamètre, faisant l’une  5m et l’autre 8m environ, qui sont à l’origine de la collision.

    trace de la manoeuvre de récupération du skeg

    Je positionne le bateau au mieux afin de récupérer le skeg à partir de la jupe arrière tribord. Bénédicte et Victor sont à la récupération dans la jupe, avec gaffe et bout. Arthur à l’avant surveille les billes de bois qui sont très proches des étraves et m’informe de leur distance. Elles flottent entre deux eaux, affleurant à peine à la surface. Le skeg échappe une première fois des mains de Bénédicte; je me repositionne et la seconde tentative est la bonne. Le skeg est à bord. Nous nous éloignons vite des billes de bois et remettons le cap à l’ouest.

    La priorité est à l’évaluation des dommages. Les cales sont inspectées. Pas d’eau dans la partie centrale des coques. Reste à inspecter les cales moteurs situées à l’arrière et dont l’accès se fait par un capot dans la jupe. Les moteurs ont été éteints après la manoeuvre. Je commence par le coté babord, car il nous a semblé que c’était le côté touché. Effectivement, en ouvrant le capot, je vois une vingtaine de centimètres d’eau dans la cale. La pompe de cale semble étaler car le niveau ne semble pas monter. Je descends dans la cale, cherche du regard l’entrée d’eau. Puis je passe la main à l’endoit où des remous me semblent indiquer la source de la fuite et découvre ce qui ressemble à une fissure ou un décollement sur le coté gauche et l’avant du bâti moteur. L’entrée d’eau, que j’évalue à 3-4 litres par minute est bien étalée par la pompe de cale mais je décide de tenter de la colmater avec du mastic époxy à prise rapide, même dans l’eau. Une fois la pâte préparée, je l’étale au mieux le long de la fissure. L’effet est assez miraculeux, en 5 minutes je pense avoir réduit la fuite aux 3/4. Seul un endroit situé sous le support de l’échappement moteur ne m’est pas accessible.

    Partie visible de la fissure d’où rentre l’eau

    Pour l’heure je suis satisfait, la situation n’est pas critique du point de vue de la navigabilité, dans le pire des cas, si la brèche visible venait à s’élargir et que la pompe de cale n’étalait pas, le niveau ne monterait pas à plus de 30 ou 40cm car la cale moteur est parfaitement étanche dans toute sa partie inférieure.

    Je renonce à une inspection sous marine de la coque, car les conditions ne permettraient pas de le faire en toute sécurité. Je fait le bilan de la situation, car il va falloir prendre une décision pour la suite. C’est donc le moment d’appliquer la petite matrice décisionnelle dont j’avais l’habitude dans mon métier et qui a tout autant sa place en mer que dans l’air: FORDEC ( Facts-Options-Risks/Rewards-Decision-Execution-Crosscheck). J’ai copié collé ci-dessous le détail de cette matrice pour ceux que ça intéresse, car elle s’applique très bien à toute prise de décision quel que soit le domaine.

    FORDEC is an acronym for decision making. It is the model used by the EU/EASA/JAR NOTECHS (non-technicals) Behaviour Marker CRM Skills measurement system and is required to be assessed during recurrent simulator training (LPC/OPC) as part of CRM.

    F – Facts (what is the problem)
    O – Options (hold, divert, immediate landing etc.)
    R – Risks/(Benefits sometimes included) (what is the downside of each option, what is the upside, i.e. a runway may be further away but is longer)
    D – Decide (which option)
    E – Execute (carry out selected option)
    C – Check (did everything work/go to plan, what else needs to be done)

    Facts is the first step to solve a problem or make a decision. It is necessary to find out what is has happened, what is wrong (i.e. define the problem) and if possible what causes it. Often an aircraft’s computers (EICAS – Boeing, ECAM – Airbus) will diagnose the fault but it is important to confirm and to avoid “confirmation bias”. The Facts stage involves determining and confirming the problem.

    Options is determining what choices you have given the problem and circumstances. Not all faults are urgent or require immediate action. If action is required, such as a diversion there may be choices in airfields such as one where there is engineering or company support, length of runway given the fault(s).

    Risks is assessing the potential downsides and benefits of each viable option. Often there are several choices available and there needs to be a reasonable decision made. This is normally associated with airport and runway choice but there are other scenarios as well. Even the act of diverting requires risk assessment and it may be less risk adverse to continue (short runways, bad weather etc.) When all options are equally safe, an airport with maintenance or company support has greater benefit.

    Decide is choosing the best option available to you. In a modern cockpit environment this should be discussed with both crew members.

    Execution is carrying out the appropriate action and to assign tasks to people who are to execute them.

    Check is a constant process, not solely when the actions are complete. It is needed to ensure that everything is proceeding according to plan, and the desired safe outcome is likely. If this is not the case the process can be started again to fact check what has changed or what is not working and then adapt as necessary.
    There is also time critical FORDEC and non-time critical FORDEC. The difference is when evaluating the risks and benefits you are looking for the best option with no time constraints. When you have time constraints you need to choose the quickest suitable option, which may not be the most desirable.

    Donc dans le cas qui nous concerne, voici l’aperçu de la situation:

    Facts : Voie d’eau, maitrisée mais pas complètement colmatée-Skeg arraché-La sécurité ne semble pas en jeu mais une inspection approfondie est indispensable dans les meilleurs délais.

    Option 1 déroutement vers Cairns

    Option 2 déroutement vers Thursday Island

     

    Risks / Rewards

    1-Déroutement vers Cairns, Australie (+)Port le plus proche (320NM) ayant les infrastructures pour sortir Moby de l’eau et des pros à même d’effectuer un grand nombre de réparations. (-) C’est du près serré pour rejoindre Cairns dans un alizé modéré à fort et de la mer.

    2-Continuer vers le détroit de Torres et relacher à Thursday Island afin d’inspecter la coque en plongée. (+) C’est sur notre route à 380NM mais au portant pour y aller. (+) Si une réparation provisoire est possible nous pourrons continuer vers l’Océan Indien et sortir de l’eau aux Seychelles ou à Maurice(-) Si une sortie de l’eau s’impose, il nous faudra soit faire route vers Cairns (420NM au louvoyage) ou Darwin (700NM au portant mais avec des infrastructures bien plus limitées)

    Decision

    Les options ne sont pas nombreuses, et afin de minimiser les risques, le déroutement sur Cairns semble la meilleure. J’appelle par téléphone nos amis américains Dave et Gudrun sur le catamaran Cool Runnings, qui se trouvent en ce moment à Thursday Island. J’expose les faits à Dave et lui demande de rechercher sur internet des compléments d’infos sur les infrastructures dont dispose la cote nord de l’Australie. Il me rappelle moins de trente minutes plus tard et me confirme que Cairns est le port le plus proche avec les services requis. Darwin est très mal équipé et ensuite il n’y a simplement plus rien!  Nous décidons donc de faire route sur Cairns.

    Execute

    La route vers Cairns est au 210° et le vent est au 150°. Cela n’est pas si mal, si le vent se maintient  en direction le près ne sera pas trop serré, à 60° du vent. Pour ce qui est de sa force, la prévision de renforcement du vent en soirée de samedi se confirme, et le changement de cap de 90° a pour effet immédiat d’augmenter considérablement le vent apparent qui passe à une vingtaine de noeuds. Je prends un ris initialement, puis ne tarde pas à prendre le 2° ris quelques minutes plus tard. Nous avançons bien, en revanche, nous avons beaucoup perdu en confort. Il va falloir faire avec.

    Après m’être bien occupé du bateau vient le temps de la communication : j’appelle par téléphone satellite le MRCC (Maritime Rescue Coordination Centre) de Brisbane pour les mettre simplement au courant de notre avarie, leur signaler que tout va bien à bord et que nous faisons route vers Cairns avec une ETA lundi matin. Nous convenons d’un compte-rendu de position et situation toutes les 12h, par liaison satellite. Je rentre également en contact avec le Border control, les Services des Douanes et Immigration d’Australie pour leur signifier notre arrivée. Heureusement, je les avais déjà notifié de notre transit dans les eaux territoriales australiennes avant de partir de Nouméa, ce qui me simplifie grandement la tâche. Nous passons aussi un coup de téléphone à la famille, pour les informer  mais surtout les rassurer car notre changement de trajectoire, qu’ils verront bientôt via le tracking sattellite, ne leur passera pas inaperçu. Enfin un e-mail à notre assureur, pour l’informer au plus tôt, car nous aimerions bien sûr que les réparations se fassent dans les meilleurs délais.

    Il est presque 20h dimanche lorsque je prends le temps de soufler un peu. Depuis la survenue de l’avarie, je suis allé inspecter la cale moteur une dizaine de fois, tout va bien, la pompe de cale étale parfaitement. Nous avons déjà fait 25NM et il nous reste 275NM pour rejoindre le Grafton Passage, passe dans la grande Barrière de Corail qui conduit à Cairns ; il restera ensuite 30 milles à faire à l’intérieur de la Grande Barrière pour rejoindre le port.

    Dimanche 21 mai :

    Le vent à forci sensiblement dans la nuit, j’ai donc réduit la surface du solent en le roulant de 3 tours. Comme toujours en navigation au près sur un catamaran comme Moby, le jeu consiste à maintenir la vitesse qui donne le passage le plus doux et confortable dans les vagues. En général entre 8 et 9 noeuds, le passage dans la mer se fait bien, au delà on prend le risque de taper assez fort en retombant dans les creux, ça tire sur le bateau et c’est inconfortable, donc on ralentit. Le pilote automatique fait son travail à merveille, dans les conditions de la nuit, il est réglé sur un maintien de l’angle de vent apparent à 43°, cela nous permet de gagner quelques degrés au vent de la route directe, sans aller moins vite que la mer ne le permet, ce sera toujours ça de pris si le vent se met à refuser plus tard.

    Les conditions restent stables au cours de la journée, notre vitesse sur le fond n’est jamais inférieure à 8 noeuds. Les milles défilent, c’est bon pour le moral du bord. Bénédicte et moi sommes bien sûr déçus de voir notre programme contrarié après 2200 milles sans soucis, mais nous nous disons que cela fait un peu partie de l’aventure. Décue aussi de devoir dire à son frère de faire machine arrière et de ne pas réserver son billet vers l’Indonésie : les 3 semaines que nous avions prévues pour explorer le chapelet d’îles entre Florès et Bali sont fortement compromises.  Les enfants, d’une bonne humeur inébranlable sont contents de faire escale en Australie, à l’idée de voir des kangourous et autre crocodiles de mer.

    En route vers Cairns contre l’alizé- Plus que 130NM avant d’arriver au but!
    Dernier coucher de soleil sur cette traversée

    Vers 20h, nous passons au vent du minuscule atoll Bougainville reef, dont nous voyons bien le feu à éclats blancs. A 21h30 le vent forcit de quelques noeuds, dans les rafales le vent apparent approche 30 noeuds, nous prenons donc le troisième ris, ce qui n’a aucune conséquence sur la vitesse et améliore le confort, tout en soulageant les efforts sur le gréement.

    Vendredi 19, Samedi 20 Dimanche 21 et arrivée Lundi 22 mai

    Lundi 22 mai :

    L’augmentation de la force du vent n’aura été que de courte de durée, vers 2h du matin le vent est revenu à 20 noeuds, mais nous attendons le lever du jour pour larguer le 3° ris. A 7h30, nous apercevons la tour phare batie sur l’Euston reef, balisant l’est du Grafton Passage.

    J’appelle la marina, les douanes et l’immigration, le MRCC pour leur donner une ETA précise. Je me donne un peu de marge et leur dis que nous accosterons à 13h30. Autant laisser à chacun sa pose déjeuner, et cela nous permettra de mettre le bateau en ordre avant l’arrivée.

    Nous pénétrons à l’intérieur de la Grande barrière de Corail à 8h, la houle d’Est s’estompe, en revanche, sous l’effet des forts courants, la mer est incroyablement hachée. Le vent refuse franchement et nous nous retrouvons au près serré pour parer Green Island, spot de plongée très réputé. Ensuite nous pourrons laisser porter vers Cairns.

    Sur l’AIS apparaissent des dizaines de cibles, c’est l’armada de bateaux de charters de plongée partant à la journée sur la Grande Barrière de Corail. Le développement de cette industrie touristique est impressionnante, je crois que nous n’avons encore jamais vu ça!

    Après avoir contourné Green island, nous faisons route vers Mission Bay, située à 5 milles  du port de Cairns. Nous affalons les voiles et mettons de l’ordre dans le bateau. Je rince même tout le cockpit à l’eau douce, car ces 2 jours de près dans l’alizé ont apponté leur dose de sel. Nous déjeunons rapidement et nous nous engageons dans l’étroit chenal d’accès au port de Cairns.

    Le Cap Grafton
    Arrivée dans le chenal d’entrée de Cairns
    Chenal de Cairns

    Nous accostons exactement à l’heure prévue, avec un excellent service de la marina pour nous prendre les amarres. Les services des douanes, immigration et quarantaine sont là. Les formalités se passent vite et bien, il y a certes beaucoup de paperasse, mais ils sont très pros et en moins d’une heure tout est réglé.

    C’est maintenant que va commencer un nouveau challenge : organiser la sortie de l’eau, l’expertise et les réparations dans les meilleurs délais.

    A très bientôt

    Moby au ponton de Marlin Marina, Cairns

     

     

     

     

  • A l’abri du cyclone Donna en baie de Prony

    A l’abri du cyclone Donna en baie de Prony

    Cela fait plusieurs jours que nous surveillons de loin la tempête tropicale formée le premier mai au nord-Est des Fiji. Elle est inhabituellement tardive, la saison cyclonique étant censé se terminer…. début avril-et nous sommes début mai! Cela est d’autant plus étonnant qu’un cyclone, COOK,  est déjà passé tardivement sur le Vanuatu et la Nouvelle Calédonie il y a moins d’un mois :

    Le cyclone Cook, passé sur le Vanuatu et la Nouvelle Calédonie, les 8 et 11 avril derniers

    Le 3 mai, la tempête tropicale pend la forme d’un cyclone, et est nommée : Donna devient une menace sérieuse pour la région.

    Dans l’expectative d’un cyclone, il y a deux solutions : s’abriter dans une marina, ou dans un trou à cyclone. Les marinas de Nouméa étant bondées, nous pensons au trou à cyclone de la Baie de Prony, distante de 35 NM de l’île des Pins où nous nous trouvons.

    à Prony, la baie des Kaoris et la baie du Carénage

    Le plus souvent niché au coeur de mangrove et au fond d’estuaires, un trou à cyclone permet de s’abriter du mauvais temps, en particulier de vents cycloniques qui peuvent tourner de 360° en quelques heures, et aussi de la mer qui ne peut rentrer grâce aux méandres de la rivière. La végétation très résistante des mangliers (connus aussi sous le nom de palétuviers), qui plantent solidement leurs racines mi-aériennes/ mi-aquatiques dans les fonds, permet qu’on s’y amarre si nécessaire, et fera protection en cas de montée des eaux barométrique. Les fonds sont en général d’excellente tenue.

    Cependant, nous ne sommes pas trop inquiets pour nous même ni pour Moby, car les eaux autour du sud de la Nouvelle Calédonie sont « froides », pas plus de 25°. Or un cyclone a besoin d’eau chaude pour puiser son énergie : à moins de 26°-27°, il perd de sa puissance.

    Après avoir vécu plusieurs années à l’île Maurice, où nous habitions en bord de mer et avions aussi un bateau, nous avons connu de très nombreuses alertes cycloniques, et un seul cyclone nous a véritablement touché avec des vents supérieurs à 200km/h : Dina, en janvier 2001, qui avait fait beaucoup de dégâts, matériels et humains. Ce sont donc des phénomènes que nous connaissons, en particulier Loïc par son métier de pilote de ligne. Nous savons qu’il faut toujours se préparer au pire, car au delà de la force d’un cyclone, c’est sa trajectoire qui dira la force et la direction des vents à un point précis. Il existe aussi une part d’incertitude quand à la trajectoire exacte de ces phénomènes.

    Loïc suit donc de très près la météo sur les sites spécialisés, et nous décidons le 5 mai de quitter notre mouillage de l’île des Pins pour la baie de Prony, où se trouve l’un des meilleurs trou à cyclones de la région.

    La baie de Kaori

    Le cyclone Donna est encore loin, mais nous venons de passer 8 jours très tranquilles à l’île des Pins : nous sommes contents de bouger, et avons l’idée de tester le mouillage cyclonique de Kaori Baie ou du Carenage, « au cas où » , puis d’aller explorer le reste de la baie de Prony qui offre de nombreux mouillages, balades à terre dans des lieux historiques de peuplement, des point de vue en hauteur, des cascades et baignades en rivière etc….

    vestiges de l’exploitation minière

    Prony est surtout un terminal de minerai, avec un très grand port, d’où vont et viennent les chargement de minerai, en particulier de nickel.

    A notre arrivée, déjà 4-5 bateaux sont au mouillage, un dans le bras de rivière de la Baie des Kaori, les autres dans celui du Carenage.

    la baie du Carénage

    La couverture gsm n’est pas bonne, alors pour récupérer la météo,  nous avons trouvé la parade : 2 fois par jour, j’active le partage de connexion de mon iphone, je l’enrobe dans un petit sac, et nous le montons en haut du mat pour une meilleure réception : et ca fonctionne!

    Nous avons aussi toujours notre téléphone satellite avec lequel nous prenons les fichiers GRIB.

    Finalement, le lendemain, 6 mai, nous décidons de rester dans la baie de Kaori. En effet, le cyclone s’intensifie, passe en catégorie 4 et sa trajectoire s’infléchit vers la Nouvelle-Calédonie.

    Le cyclone Donna, le 6 mai, au nord-Est du Vanuatu

    Rester à Kaori nous permet de plus de « sécuriser » notre mouillage : étant arrivés les premiers, nous avons choisi ce qui nous semble être le meilleur emplacement, à l’embouchure même de la rivière.

    ou mouillage à Kaori Baie

    La situation météo est particulièrement inhabituelle pour un début mai : il s’avérera que Donna est le cyclone le plus fort jamais enregistré au mois de Mai dans la zone  SW Pacifique. Il passera brièvement en catégorie 5 dans la journée du 8 mai!

    Nous prenons notre mal en patience pendant ces quelques jours d’attente avant de savoir quelle trajectoire et quelle force aura le phénomène, et s’il nous touchera ou pas.

    la trajectoire prévue pour Donna , datée du 7 mai

    Le matin nous commençons par un bon petit-dèj qui traine un peu, puis nous montons l’iphone en haut du mat pour récupérer de la météo, et prendre des nouvelles de la France : nous sommes en en effet en pleine campagne présidentielle, entre les deux tours!

    Puis nous continuons avec 2 heures d’école, histoire de prendre un peu d’avance.

    Après le déjeuner, c’est relax, nous bouquinons, regardons des films parmi le millier de notre médiathéque.

    En fin de journée, nous allons aussi aux bains des Kaoris, accessibles seulement à marée haute : c’est une source d’eau chaude naturelle. Il y a des restes de volcanisme en Nouvelle-Calédonie!

    vers les sources d’eau chaude

    A 5mn en annexe, en amont de notre mouillage, il nous faut zig-zaguer entre les méandres de la rivière,

    et les bancs de sable

    jusqu’à atteindre un ponton.

    C’est par là!

    Nous sommes impressionnés par l’aménagement de la source.

    Un véritable jacuzzi naturel! Bon, l’eau est plutôt à 32-33° qu’à 35-36°, mais c’est quand même sympa pour se délasser en fin de journée,Les enfants se défoulent en perfectionnant leurs roulades sous-marines et nous restons une bonne heure à barboter .

    Nous remontons aussi un peu plus haut observer les chutes d’eau. Tout cela serait encore plus spectaculaire sous le soleil, mais nous n’aurons pas cette chance : en 7 jours à Prony, et nous ne verrons pas un seul coin de ciel bleu!

    Le 8 mai, Donna est à son pic d’intensité : cyclone de classe 5,avec une trajectoire qui nous passe droit dessus.

    Prévisions de trajectoire le 8 mai

    Il a une forme assez parfaite de cyclone, avec un oeil bien marqué.

    Donna le 8 mai
    la situation du phénomène à échelle régionale

    Mais il reste encore 48h avant l’arrivée du phénomène, qui devrait diminuer en intensité à mesure de sa descente dans le sud.

    Tous les jours, la pluie s’intensifie un peu plus, laissant au début 30mn de répit entre les grains, puis 15mn, puis seulement 5mn à la fin. Nous finissons donc pas aller et revenir de la source sous la pluie.

    Alors on s’équipe! Même sous la pluie, les enfants sont très motivés par le bain des Kaoris.

    Nous sommes aussi séduit par la beauté des lieux, sauvages à souhait.

    La mangrove est magnifique, même sous le ciel gris. 

    Ici, un petit bras de rivière caché…

    Et sur les mangliers et les rochers, on découvre des huîtres!

    Ici, un rayon de soleil qui transperce nous offre un mémorable arc-en ciel.

    Le 9 mai, Donna perd de sa puissance :  sur les images, son oeil a disparu.

    Donna, le 9 mai

    Sa trajectoire s’incurve vers le sud, et il accélère sa descente, droit sur le sud de la Nouvelle Calédonie, entre l’île des Pins et Prony où nous nous trouvons.

    Trajectoire prévue de Donna au 9 mai

    Heureusement, le phénomène va beaucoup faiblir, et repasser en « simple » tempête tropicale quand il va nous toucher.

    Côté cuisine, j’aimerais me dire : « Tiens, si on en profitait pour cuisiner un peu plus, faire des gâteaux? ».

    Mais non, car les réserves de produits frais s’amenuisent… je n’ai plus d’oeufs, presque plus de beurre, plus de fruits non plus, et quelques rares légumes esseulés…Nous n’avions pas prévu de rester si longtemps en baie de Prony, il nous faut donc «tenir» une grosse semaine sur des réserves de 3-4 jours.

    Alors je jongle avec la cuisine du placard, comme ces fougasses au fromage ou au chorizo qui permettent un plat unique de pic-nic avec de la farine, de l’eau, un filet d’huile d’olive, et une poignée de fromage râpé, de chorizo, de jambon de montagne, des câpres, d’olives ou de tomates séchées….

    Et pour changer des pâtes (au pesto, aux champignons, à la sauce tomate, ….), et de la pizza au thon/anchois/câpres/poivrons, j’ai aussi dans mon escarcelle :

    – la salade de pois chiches (avec un poivron, une tomate coupé en dés, et une vinaigrette au massala),

    – la salade de lentilles agrémentée d’une carotte râpée et d’un assaisonnement cumin-paprika

    A la fin de la semaine, le frigo vraiment vide…

    Et Donna dans tout ca? Cela fait 5 jours que nous attendons ; d’un jour à l’autre , les prévisions de trajectoire changent.

    La pluie s’intensifie, pour ne former qu’un rideau épais.

    Cela ne nous empêche toujours pas d’aller nous relaxer à la source des Kaoris… de plus en plus équipés!

    Le mercredi 10 mai, Donna est prévu de passer le lendemain sur les îles Loyauté, à l’Est de la Grande Terre.

    prévisions de trajectoire de Donna le 10 mai

    Nous nous préparons donc pour la nuit : les vestes, les lampes frontales, les gilets de sauvetage, les lampes de pont au cas où il nous faudrait manoeuvrer.Finalement, Donna va toucher de plein fouet les îles Loyauté,  en se désagrégeant au passage, revenant au stade de dépression tropicale intense, puis modérée.

     

    Bizzarement, dans la nuit, nous sommes réveillés vers 2h du matin, par… le silence. En effet, le vent est tombé, la tempête tropicale s’est essoufflée. Le lendemain, jeudi 11 mai le temps se découvre.

    Nous attendons la levée de l’alerte cyclonique pour lever l’ancre et nous diriger vers Nouméa. Que cela fait du bien de revoir le ciel bleu et le soleil!

    Nous nous donnons 3 jours pour préparer le bateau, récupérer les derniers colis, faire les appros et dire au-revoir aux copains : nous dînons à bord du bateau de Carole et Antoine, le lendemain, c’est un BBQ chez Michel et Peggy , et enfin, Nancy vient gentiment nous déposer un colis qu’elle a réceptionné pour nous.

    Nous reste tout juste le temps de faire un tour au marché pour faire le plein de fruits et légumes non réfrigérés, qui se conserveront donc bien, puis un gros plein au supermarché, en particulier des fromages : camemberts, fourme d’Ambert, buche de chèvre…. pas sûr que l’on trouve un si bel achalandage avant longtemps!

    Les cales sont bien remplies, les pleins d’eau et de gazoil sont faits!

    Nous restons sur notre faim, d’un séjour mitigé en Nouvelle-Calédonie. Notre départ tardif de Nouvelle-Zélande aura écourté un séjour que nous aurions aimé plus long : Loïc avait très envie de faire le tour complet de la Nouvelle-Calédonie  : 4-5 semaines eurent été nécessaires pour monter vers Belep via la côte Ouest, et redescendre vers l’île des Pins via les îles Loyauté et la côte oubliée. Nous n’avions que 3 semaines, qui finalement ont été bien tronquées par le cyclone Donna, qui nous aura immobilisé 8 jours à Prony.

    Ce sont là les aléas du voyage en bateau, qui nous rend tributaires de la météo! Il nous faudra donc un jour revenir en nouvelle-Calédonie, qui mérite bien 2 mois qu’on s’y arrête! La belle surprise aura été de revoir des amis de longue date comme Michel et son épouse Peggy, Carole et son mari Antoine, et de faire la connaissance de Nancy et Thomas, amis chers de mon frère.

    En quittant Nouméa, la providence nous fait trois beaux clins d’oeil :

    • Nous croisons notre ami Michel sur son JPK 10.80, qui passe la ligne d’arrivée en tête de la régate du week-end.
    Léon, le voilier de Michel

     

    • cette tortue qui sort sa tête comme pour nous dire au-revoir 
    • et dans la passe de Dumbéa, nous croisons la route d’un paisible lamentin, à quelques mètres de notre étrave, qui semble nous dire « Revenez, vous n’avez pas tout vu! »-désolé, pas de photo à vous montrer, la rencontre aura été furtive…

    Alors c’est décidé, un jour, nous reviendrons…

     

  • La mythique île des Pins, plus belle île du monde?

    La mythique île des Pins, plus belle île du monde?

    Bye-bye la Grande Terre! Nous mettons cap sur l’île des Pins, qui recèle une petite dizaine de mouillages tous plus paradisiaques les uns que les autres. Nous avons hâte de nous confronter au mythe!

    Nous commençons par explorer la sauvage baie de Gadji, difficile d’accès, et recommandée par plusieurs de nos amis Néo-Calédoniens, et aussi par Cool Runnings qui ont exploré l’île des Pins en Novembre dernier avant de rejoindre l’Australie. 

    Les premiers abords, ce sont de petits motus, au sable si blanc qu’il pique les yeux, et le pic N’ga qui se dessine au fond. 

    Nous nous arrêtons pour la nuit à Gadji, mais pas tout à fait dans le mouillage désiré : celui-ci n’est accessible qu’à marée haute, et idéalement en milieu de journée, quand le soleil est haut dans le ciel : il faut en effet slalomer à vue entre les bancs de sable et les patates de corail.

    La nuit tombe sur l’île des Pins, nous découvrons les pittoresques pins Colonaires, si photogéniques dans le soleil couchant. 

    Le lendemain, le ciel est dégagé : la marée n’est haute qu’en fin de journée, ou en tout début de matinée . Nous n’aurons donc jamais la combinaison idéale marée haute/soleil haut dans le ciel.Nous décidons alors de lancer le drone pour repérer notre future trace. Nous appareillons, le soleil dans le dos, pendant que Victor garde le drone opérationnel en vol lors ce petit trajet d’à peine 1 NM. Victor va le positionner à l’aplomb du passage le plus étroit, et nous précède de quelques mètres, nous donnant une belle image zénitale de la zone la plus étroite à passer.

    Nous découvrons un mouillage splendide, une piscine d’eau turquoise, des plages de sable blanc,

    quelques Pins colonaires,  des rochers photogéniques qui nous entourent. 

    des tortues,

    tortue

    Un peu plus loin, de grands bancs de sable bordent le rivage, 

    et le récif de l’île des Pins se poursuit au Nord.

     Nous sommes toujours tout seuls au mouillage, à part un bateau de plongée qui  s’arrête une fois par jour devant le même rocher pour laisser ses clients faire un plouf dans une eau couleur de piscine… Ou bien sont-ce les picines qui ont la couleur des fonds de l’île des Pins?

    En fin de matinée, nous partons explorer en snorkeling le récif, vers la fausse passe. Nous longeons à la surface un jardin de coral composé de curieux canyons, que nous avions repérés avec le drone. 

    le récif

    Les coraux sont plutôt jolis, les poissons pas très gros, mais nombreux. Nous croisons un assez gros requin de récif, un pointe blanche, curieux, qui vient nous voir, nous regarde en approchant à quelques mètres,

     

    puis repart tranquillement.

    Nous le reverrons à deux reprises pendant notre snorkeling. 

    Luxe inouï : nous bénéficions de notre plage personnelle! Les enfants se défoulent, et je pars en paddle longer le rivage. 

    Ajourd’hui est une journée spéciale : nous fêtons les 20 000 mille de Moby! Il nous en reste autant à parcourir, en 15 mois, pour boucler notre tour du monde!

    Anna a dessiné un plan du mouillage, et maman en short avec notre chien Lucky, qui lui manque tant!

    Le lendemain est encore plus spécial : c’est l’anniversaire du captain! 49 ans. Son cadeau, c’est un cheesecake citron vert, gelée de pamplemousse au combava, réalisé à sa demande par le chef cuistot!On se régale! Il déballe ses autres cadeaux : des dessins des enfants.

    Anna a dessiné un plan du mouillage de Gadji, et Maman en short avec notre chien Lucky, resté en Bretagne, et qui nous manque tant!

    Nous quittons Gadji le lendemain, car du vent est attendu, et qu’on ne peut rester dans ce mouillage que par très beau temps.

    Bye-bye Gadji!

    Nous ne perdons pas au change : dans la baie de Kuto, la plus touristique et la plus fréquentée de l’île des Pins, nous choisissons de mouiller devant la plage de Kutema. Nous sommes encore un fois tout seuls au mouillage et sur la plage, malgré le paquebot qui a mouillé pour la journée.

    A bord, des australiens, partis de Sydney ou Brisbane pour la semaine avec un programme serré : 2 nuits en mer, une nuit à Nouméa, une autre à l’île des Pins, et une autre aux ïles Loyauté.

    Nous débarquons et découvrons un sable d’une blancheur qui pique les yeux, fin comme de la farine…

    Les enfants s’éclatent dans les vagues du shore-break, Loïc et moi partons pour une grande balade à longer la plage, de plus d’un km de long. Les enfants ne veulent plus partir et ils décrètent l’endroit « LA PLUS BELLE PLAGE DU MONDE! »sable blanc, doux comme de la soie, jolis rouleaux pour se baigner, idéal pour le skim, végétation photogénique et personne d’autre que nous!!!

    Et les fins de journées sont tout aussi magiques.

    Après 2 jours de plage-baignade chateaux de sable, nous poussons 2 NM plus loin vers Kuto. Enfin un peu de monde! Il y a un hôtel, 5-6 voiliers de passage, et pour le we du 8 mai, à peine 3-4 bateaux de plus, venus de Nouméa.

    Ce n’est pas vraiment la foule non plus: nous avons au moins 200m de plage pour nous tout seuls. Les couchers de soleils sont très beaux. Je sais, c’est cliché, mais on ne s’en lasse pas. Alors j’en remet une, juste pour le plaisir…

    IL faut dire que ces pins colonaires sont très graphiques.

    Nous sommes très étonnés de croiser aussi peu de bateaux, alors qu’ils sont des centaines dans les marinas et mouillages de Nouméa. Mais ces bateaux sont essentiellement utilisés le week-end, par des résidents, ou des gends arrivés comme nous en bateau, et restés vivre à bord à Nouméa. C’est en effet un bon endroit pour scolariser les enfants tout en vivant confortablement à bord, et en travaillant, quand on est francais. La ville de Nouméa est de taille moyenne, les lycées et collèges sont à 2 pas, idem pour les commerces, on y vit facilement sans voiture, et les salaires sont plutôt bons comparés à d’autres îles du Pacifique. En contrepartie, la vie y est chère, nombre de produits sont importés.

    Autre raison du faible nombre de bateaux : ils sont encore très peu nombreux, une poignée, pas plus, à avoir effectué la traversée depuis la Nouvelle-Zélande ou l’Australie : le cyclone Cook a freiné bien des volontaires, et la dépression tropicale positionnée sur le Vanuatu en ce moment n’inspire pas la confiance des candidats au départ vers les eaux tropicales

    Le ferry qui dessert l’île des Pins est au quai depuis 2 jours, il ne fait visiblement qu’un aller-retour par week-end, et un autre en semaine.

    Les enfants nous réclament la plage, jouer, se baigner, faire des chateaux de sable. Ils ne sont pas encore rassasiés. Il faut dire que le sable est incroyablement fin, doux, et fait de très belles forteresses, permettant de façonner tunnels interieurs et puits.

    Tout de même, j’arrive à motiver ma petite troupe pour aller marcher jusqu’en haut du Nga, le plus haut sommet de l’île : 1h30 de marche à l’aller, 45mn au retour. Deux bons arguments pour cette petite rando  : l’énorme paquebot arrivé ce matin, qui devrait déverser ses flots de touristes sur la plage, et nous devrions avoir d’en haut une vue panoramique sur la côte. Si j’ajoute à cela un décret spécial « journée sans école : rando+picnic+plage l’après-midi….. les enfants sont conquis. C’est parti! Nous longeons la route sur 500m : ici les clotures sont tout simplement faites de troncs de filaos!

    A l’entrée du sentier, des totems de bienvenue. 

    Le sentier début dans ce qui semble être le lit d’un ruisseau. Puis un sentier bien raide monte à l’assaut du pic : 

    terre rouge, forêt émeraude : voilà les couleurs de la Calédonie .D’en haut en effet la vue est panoramique :

    de droite à gauche : l’ilôt Moro, les très belles plages de Kutema et de Vao, devant lesquelles est mouillé le paquebot. Puis le port de Vao et l’entrée du très touristique  Golfe d’Oro, l’ilôt Alcmede en second plan, puis la baie Koruru.

    De nombreux petits cairns jalonnent la marche : Anna tient à laisser sa contribution.

    Le senter redescend vers la forêt ombragée : ouf : il est 10h, il commence à faire très chaud.

    Encore un peu de crapahute pour traverser le lit du ruisseau.Un dernier après-midi à la plage pour les kids. 

    Une dernière forteresse à bâtir :

    Bye-bye Kuto, nous allons prendre nos quartiers  pour 48h à l’ilot Alcmede : 

    c’est là que nous verrons les plus beaux pins colonnaires, vraiment majestueux, et très graphiques, quand il se découpent dans le ciel bleu.

    Nous partons marcher le long des plages.
    Les enfants découvrent mille trésors, comme toujours. La ce sont des pierres ponces : volcanique, incroyablement légères en main. test grandeur réelle : elles flottent!!

    En fin de journée, la mer est bien basse, le platier se découvre.

    et au bout de la dernière plage, dans les roches, des serpents, les fameux tricots rayés nichent!

    Sisi, on les voit bien, dans les trous de roche, lovés. Nous rentrons au bateau. Les derniers touristes rentrent à l’hôtel

    à cette heure, les enfants aiment faire un peu de chaise dans le mat. Et pour les parents c’est l’apéro!

    Les lumières sont souvent très belles.

    Le lendemain, le vent se lève, nous allons nous abriter à la Pointe de Vao, en face du village. 

    Depuis quelques jours, ca souffle. Mais quel dommmage, la coutume interdit la pratique de la planche à voile à l’île des Pins.

    Nous partons alors explorer les plages. Mais je sens que mon captain, bien que séduit par la beauté des paysages, sent monter la frustration de ne pas pouvoir pratiquer ses sports nautiques favoris.

    Au retour, Arthur veut tester son catamaran Playmobil

    Nous le trouvons mal équilibré : il enfourne!

    Le lendemain, Loïc et moi laissons les enfants travailler à bord et partons à Vao, le village principal, situé en face du mouillage. Nous accostons à la plage de St-Maurice.

    Partis de Nouméa il y a plus de 10 jours, Il devient temps de se ravitailler en produits frais. Nous trouvons au marché quelques fruits et légumes : avocats, pamplemousses, citrons, oranges. Et à l’épicerie un peu de fromages et des légumes importés depuis la grande terre. Du saucisson également!! Il semblerait qu’en Nouvelle-Calédonie, la moindre petite épicerie de village dispose de saucisson et de camembert… la touche française ;-).L’après-midi, Loïc lance le drone pour aller en reconnaissance : Tous nos amis ont insisté pour que nous allions visiter la très célèbre baie d’Upi.

    La presqu’île de Kutomo et la baie de Kororu

    Moby est mouillé devant la presqu’île de Kutomo,  on devine à gauche l’embouchure d’un étroit détroit, menant à la fameuse baie d’Upi et ses rochers aux formes si caractéristiques.

    Koruru à droite, et à gauche, le petit détroit menant vi le village St-Joseph à la Baie d’Upi

    Nous en sommes pas sûrs qu’elle soit praticable en annexe. Nous savons par contre qu’elle l’est depuis le village de St-Joseph, dernier bastion des constructeurs de pirogue traditionelles.

    Le lendemain, il en fait pas très beau, le soleil peine à se montrer, tant pis, nous partons tout de même en reconnaissance vers la baie d’Upi.

    Nous passons devant le village St Joseph et découvrons les fameuses pirogues, très rustiques en effet. Il y a très peu d’eau dans ce détroit, il nous faut être prudents. Le manque de soleil gène aussi la visibilité.

    le détroit

    Encore une fois, ce n’est pas une image de carte postale que nous garderons de ce lieu, le temps était couvert,venté, à ne pas mettre un touriste dehors!! Nous n’avons d’ailleurs vu personne…. Mais ca nous va, nous explorons plus que nous visitons.

    Le site doit être fort différent sous le soleil, avec une eau turquoise…. De très beaux rochers sortent de l’eau, c’est pittoresque.

    Pour rentrer, il y a si peu d’eau que nous devons relever le moteur, nous nous trainons… Loïc a alors l’idée de mettre une voile : mon paréo fera l’affaire, nous sommes plein vent arrière!

    Le temps ne va pas s’améliorer dans les jours qui viennent, au contraire. Nous sommes même inquiets de la dépression tropicale qui a été nommée en cyclone ces derniers jours : Donna  se dirige vers le Vanuatu.

    Il est encore trop tôt pour s’inquiéter, mais ca nous intéresse d’aller jeter un oeil à la baie de Prony, dont le trou à cyclone est réputé être un excellent abri en cas de mauvais temps. L’avenir nous dira vite que ca n’était pas un mauvaise idée!

    Nous décidons alors de quitter l’île des Pins, tant pis pour la baie d’Upi que nous n’avons pas vu sous son meilleur jour, ni le mouillage d’Oro avec son extraodinaire « piscine » naturelle,  ou le  village de Uapan et son superbe snorkeling. Voyager en bateau, c’est composer avec les contraintes, y compris météo, et donc de savoir renoncer…

     

  • Nouméa et ses ilôts

    Nouméa et ses ilôts

    Quel bonheur de retrouver les tropiques après presque 5 mois de climat tempéré! L’heure n’est pas encore aux ploufs dans les eaux translucides, car nous avons prévu 3 jours à Nouméa pour régler les formalités d’entrée sur le territoire, réceptionner quelques colis, changer nos bouteilles de gaz, faire les lessives des vêtements d’hiver qui vont passer 7 mois à fond de cale….

    Pour l’heure, je me réjouis que nous ayons trouvé une place au ponton de la marina de port Moselle, tout proche du centre ville, et surtout du marché! La halle aux fruits et légumes est magnifique, quel plaisir de retrouver les produits tropicaux, ananas, fruits de la passion, mini-bananes, et les agrumes tropicaux qui m’emportent en quelques saveurs dans un autre bout du monde; les limons à Rodrigues, les qumkats en Espagne , les pamplemousses verts aux Marquises, et les combavas à l’île maurice…

    La halle aux poisson est aussi merveilleusement achalandée, et nous nous faisons une ventrée de crevette locales, croquantes et savoureuses.

    De nombreux petits producteurs proposent aussi fromages au lait cru affinés, saucissons de cerf, pain frais, achards, miel… On sent bien l’influence de la gastronomie francaise.

    Sans compter le stand de crêpes, tenue par Soizig, une véritable bretonne des côtes d’Armor avec qui nous devisons bilig et variétés de blé noir….! Il y a en effet tellement de bretons à Nouméa, qu’on trouve plusieurs marques de farine de blé noir….

    Anna se régale d’une véritable beurre sucre (on le reconnait à ce qu’il y a plus de beurre que de sucre….)

    Et je termine les dernières appros de fruits et légumes afin d’être autonomes 2 semaines pour aller découvrir l’île des Pins et les ilots du lagon sud-est.

    Sur notre ponton, nous avons le plaisir de retrouver Carole, Antoine et Gaspard, qui vivent sur leur bateau, et qui partent pour le week-end à l’ilot Maitre. Le grand sport des habitants de Nouméa, c’est d’aller le week-end en brousse à la chasse ou en bateau sur les ilots distant de quelques nautiques; îlot Maitre, Ile aux canards,  ilot Canard, ilot Ténia, ilot Amédée…..

    Nous les suivrons à l’ilôt Maitre, spot de kitesurf réputé à seulement 3NM de Nouméa. Il n’y a pas  assez de vent malheureusement pour le kite…

    Nous filons le lendemain vers l’ilôt Amédée, sur la route de l’île des pins. le coucher de soleil est au rendez-vous…


    L’île est assez touristique, mais la visite du phare vaut le déplacement, par son architecture originale et son point de vue sur le lagon.

    L’ilôt Amédée et son phare
    Moby au mouillage, Phare Amédée

    La vue d’en haut y est magnifique sur le lagon de Nouméa. Le phare est aussi un monument historique, contruit en plaques de métal, concu en France, puis assemblé en  Nouvelle-Calédonie il y a plus de 150 ans. C’est le second plus haut phare en métal du monde, qui de l’intérieur a un petit air de tour Eiffel!

    Nous passons 2 très belles journée, dans un lieu fréquenté de 9h à 15h, mais désert en début et fin de journée!

    Le snorkeling y est fabuleux. Nous y croisons des poissons de taille vraiment inhabituelle : loches géantes, une grosse tortue, d’énormes carangues, et même un napoléon. Pas d’images malheureusement, nous n’avions pas encore sorti la Go-pro de son hivernage… Mais tout de même ce cliché d’une tortue, elles sont nombreuses. 

    Reste ce gigantesque barracudas qui tourne autour de Moby le soir. Il mesure plus d’un mètre !

    Et que dire de ces rémoras qui nous suivent de près, et se jettent sur tout ce qui traine derrière le bateau, y compris le voilier d’Arthur.Haeureusement, ils n’arrivent pas à le couler!

    En revanche, nous avons pu immotaliser notre première rencontre avec les Tricots rayés,
    ces fameux serpents de mer au venin neurotoxique potentiellement mortel-sauf que leur bouche est tellement petite qu’ils ne peuvent mordre les humains…. On les garde quand même à distance!

    et observons leur déplacement, aussi agiles en mer qu’à terre.

    Nous faisons le tour de l’île le soir, quand les touristes sont partis, nous sommes seuls au monde…. et observons de loin les sternes Nereis, espèce protégée dont une dizaine de couples nichent à l’ilôt Amédée en hiver.

    Le lendemain, sur notre route pour l’île des Pins, nous faisons escale à l’île Ouen.

    l’île OUen

    La baie des tortues est une escale paisible pour la nuit, mais ne nous donne pas vraiment envie de nous baigner avec ses eaux troubles et rouges.

    Nous sommes tout proche de la célèbre baie de Prony, connue pour ses terres rouges, ses cascades, son trou à cyclone, et son port spécialisé dans le minerai, mais où ne nous arrêterons pas cette fois : les conditions sont parfaite pour rejoindre l’île des Pins, célèbre pour ses plages de sable fins, ses eaux turquoises et ses eaux poissonneuses, qui  nous font terriblement envie!

  • Viaduct Marina, au coeur d’Auckland

    Viaduct Marina, au coeur d’Auckland

    Avant de quitter la Nouvelle-Zélande, nous nous offrons quelques jours à la marina du Viaduct, en plein coeur d’Auckland.
    Pour une fois, Marina ne rimera pas avec lessives, nettoyage, courses, bricolage, entretien… Nous allons passer 4 jours et 4 soirées à profiter de la ville et des copains!

    D’abord Bruce et sa famille, avec qui nous avons navigué 3 semaines en janvier et  qui nous convient à leur yacht-club de Half-Moon Bay pour une dernière soirée. Ses parents Toni et Peggy sont aussi de la soirée, septuagénaires resplendissants qui naviguent 6 mois par ans, fidèles à leur voilier depuis 40 ans : une belle source d’inspiration!

    Nicole, Tobi , Marlene et Juliana sur Invictus, avec qui nous naviguons depuis un an et qui sont pour l’occasion nos voisins de pontons pour quelques jours. Les enfants sont devenus inséparables, et communiquent on ne sait comment, en francais, anglais, allemand…Autant dire que l’école est réduite au plus strict minimum : on sait au moins qu’ils pratiquent leurs langues étrangères…

    Pic-nic à bord de Moby

    Les filles font l’animation sur le ponton pour les touristes qui passent…!

    Nous découvrons un peu mieux ce nouveau quartier de Viaduct, bourré de bonnes idées d’aménagement urbain. Comme ce toboggan, cette piscine-bassin pour les petits, ces chaises longues pour regarder la ville la nuit, et ce vieux quartier des silos qui se transforme le week-end en rendez-vous branché et pas cher : food-trucks, musique, ciné gratuit en plein air, basket-ball by night…..

    L’architecture est aussi très variée

    Immeuble ou paquebot?

    A 50m de Moby, c’est le Musée Maritime, que nous n’avions pas encore visité. Nous pension y faire un rapide passage d’une grosse heure, curieux de voir la planche à voile avec laquelle Bruce avait gagné sa médaille aux jeux olympiques de Los Angeles… Nous y sommes restés finalement  plus de 3h tellement il y avait à voir et à faire.

    Les voiles maories bien sûr, et les première heures de la colonisation polynésienne de la nouvelle-Zélande. Passionnante, l’histoire méconnue de ces  exceptionnels marins polynésiens qui traversaient des océans dès le 12ème siècle, sillonnant et découvrant l’immensité de l’Océan Pacifique.

    Puis celle de premiers explorateurs européens, comme  James Cook, grand découvreur de la Nouvelle-Zélande, aux prémices de la colonisation européenne.

    Mais plus encore l’histoire de l’immigration en Nouvelle-Zélande, à qui est consacré un très émouvant département, qui reconstitue notamment l’ambiance à bord de ces bateaux qui traversaient 2 océans avant de débarquer les nouveaux arrivants : chinois, européens de l’est, américains, irlandais…. C’est leur histoire personnelle et celle de tout un peuple qui nous est contée, comme si nous y étions. Je rêve en France d’un musée de l’immigration, qui nous montre les émouvantes histoires de ces individus qui depuis des siècles ont franchi les frontières d’un côté ou de l’autre. Et qui nous montre combien nous sommes tous issus de populations migrantes, voyageurs, marins, travailleurs étrangers….car de tous temps les hommes ont voyagé pour quitter la misère, travailler, ou offrir à leur descendance un avenir meilleur. Et pourquoi pas aussi, au musée de la Marine de Brest, que j’affectionne particulièrement, l’histoire de ces Bretons du bout du monde, qui ont quitté leur pauvre terre pour voir ailleurs, et sont installés aux quatre coins du monde?

    la planche Olympique de Bruce

    Puis, nous passons au temps des chasseurs de baleine, le 20ème siècle avec les congés payés, les cabanons de vacances (les Bachs »), les moteurs hors-bords qui auraient passionné Papi et son âme de mécano!, et enfin les temps modernes, avec les marins célèbres. Nous nous arrêtons en particulier pour relire l’histoire de notre ami Bruce Kendal , et de sa soeur Barbara, planchistes au parcours sportif exemplaire, détenteurs à eux deux de 5 médailles olympiques, dont une d’or chacun

    La planche Olympique de Bruce

    les médailles de Barbara

    Puis les enfants découvrent la maquette d’Enza, bateau skippé par Peter Blake qui a remporté le en 1994 Trophée Jules Vernes, bien connu des brestois.

    Le parcours du trophée Jules Vernes

    A l’époque, Loïc était allé survoler le bateau avant qu’il ne franchisse la ligne du côté de Ouessant, et mon père était allé à sa rencontre en bateau par gros mauvais temps à l’arrivée, sur le canot de sauvetage Jean Cam : je vois encore qui trône dans son bureau, la photo d’Enza au coeur de la tempête.

    Aujourd’hui le trophée, que l’on peut voir au musée de la Marine à Paris, est à Francis Joyon et son équipage!

    Puis nous nous attardons sur l’histoire du regretté Peter Blake, marin et sportif au parcours impressionnant : vainqueur de la Volvo Ocean Race, du trophée Jules Vernes, à 2 reprises de la prestigieuse  coupe de l’America, héro dans son pays, anobli par le reine d’Angleterre, et qui décide en pleine force de l’âge de raccrocher de la course pour consacrer plus de temps à sa famille et à des voyages d’exploration-sur Seamaster (devenu après Antactica Tara-Exploration).  Nous sommes très touchés par son parcours, ses interrogations, et les témoignages de ses enfants, très courageux, et fortement inspirés par le parcours de leur père, disparu trop tôt sous le feu de pirates en Amazonie.

    Dans quelques semaines nous allons suivre la Coupe de l’América qui court aux Bermudes : voici l’équipement des équipiers- ca ressemble de plus en plus à de la Formule un…

    Nos dernières soirées à Auckland :  nous partageons une bière sur le port avec Angie et son mari, croisés à Maupiti et récemment installés à Wahieke; passons une soirée avec Maya, Mira et Ivo, de Fata Morgana, et avec qui nous naviguons depuis les Marquises. Les enfants sont aussi très heureux de se retrouver. 

    Puis allons fêter l’anniversaire de Nicole dans un restau chinois.

     Les enfants découvrent la vraie nourriture chinoise, usent et abusent du tourniquet, 

    et se débrouillent pas mal avec des baguettes!

    Merci Tobi et Nicole pour ce dernier repas de fête. Il est temps de dire au-revoir à nos amis de bateau, qui (presque) tous restent naviguer encore une année dans  Pacifique,  alors que  nous continuons notre circumnavigation, en route vers l’Océan Indien….

  • Nos 10 plus belles ballades en Nouvelle-Zélande

    Nos 10 plus belles ballades en Nouvelle-Zélande

    Après s’être penché sur les plus beaux mouillage, nous voulions partager avec vous nos ballades préférées, randos pédestres ou aquatiques, toujours dans l’ordre chronologique.

    Russel : remontée dans le temps

    le village de Russel

    Ses jolies maisons anciennes,

    L’hôtel Duke of Marlborough

    Un intéressant petit musée,

    un kiwi naturalisé

    au temps des baleiniers et de la pêche au requin

    langouste

    et une rando sur les hauteurs jusqu’au Flagstaff, symbole d’une paix négociée entre Maoris et colon Britanniques

    le Flagstaff
    Vue depuis le flagstaff

    le village de Russel vu d’en haut

    un weka!

    fougère arborescente

    Stele présentant le Flagstaff et le traité de Waitangi

    Whangaroa : remontée de la rivière en annexe

    Waiwhapuku, Moturua Island, Bay of Islands : une magnifique marche traverse l’île de part en part

    Moby au mouillage de Waiwhapuku

    de l’autre côté de l’île une plage très sauvage

    une allée de tamaris

    Whooley’s Bay to Matapouri track

    La légendaire plage de Wooley’s bay, bordée de Pohutukawas

    la péninsule de Matapouri

    la plage du village de Matapouri

    retour à la plage de Wooley’s bay

    PeachGrove, Mercuri Islands : remontée du ruisseau en paddle, balade et baignade dans une piscine naturelle

    Moby au mouillage à Peachgrove Bay

    remontée de la rivière en paddle

    baignade dans une piscine naturelle d’eau douce

    retour à la plage en bodyboard

    et baignade dans le ruisseau

    Forestry Bay, Great Barrier : ballade en remontant le lit du ruisseau

    nous longeons le lit du ruisseau

    un sentier aménagé serpente le long d’une forêt de Kauris et de fougères arborescentes

    piscines naturelles

    Pont suspendu

    retour au mouillage de Forestry bay

    à Forestry Bay, le lit de la rivière

    Anchorage Island, Abel Tasman National Park : remontée de la lagune en annexe

    départ depuis la plage de Anchorage Bay

    l’embouchure de l’aber

    le fond de la lagune

    les rives bordées de fougères arborescentes et de manukas

    Resolution Bay to Ship Cove track, Queen Charlotte Sounds, Marlborough : 

    Moby au mouillage à Resolution Bay

    sur le chemin

    forêt native de Manuka (myrthe sauvage) et Nikau (palmiers endémiques)

    Vue sur le Queen Charlotte Sound à travers les palmiers Nikau

    Vue sur Resolution Bay, Lancewood tree.

    Vue du sommet vers Ship Cove, la baie préférée du Capitaine Cook

    Rangitoto Island, Haukaki Gulf : ascension du cone volcanique et visite des grottes et tunnels de lave

    Moby au mouilage d’Islington

    le sentier en pierres volcaniques

    « Saddleback », oiseau endémique et rare

    à travers la forêt

    dans les tunnels de lave

    l’entrée du tunnel

    au fond de la grotte, un étroit boyau

    retour par la mangrove

  • Nos 10 plus beaux mouillages sauvages en Nouvelle-Zélande

    Nos 10 plus beaux mouillages sauvages en Nouvelle-Zélande

    Difficile de faire le tri, tant la Nouvelle-Zélande est photogénique et qu’il y fait bon vivre. Déjà 4 mois que nous naviguons, de Bay of Islands au Golfe d’Hauraki en passant par les Marlborough Sounds et la Bay of Plenty. C’est avec plaisir que nous nous sommes replongés dans nos pérégrinations pour sélectionner nos plus beaux mouillages de Nouvelle-Zélande-par ordre chronologique, à quelques jours de notre départ pour la Nouvelle-Calédonie!

    Motuarohia, (Roberton island), Bay of Islands

    Motukawanui, Cavalli Islands

    Cavalli islands

     

    Mimiwhangata Bay, Côte Est entre Opua et  Whangarei

    Whangamumu, Côte Est entre Opua et  Whangarei

    les kayakistes

    Rangiputea Island, Coromandel West Peninsula

    Wangapoua, Great Barrier

    Coralie Bay,  Mercury Island

    Onetahuti bay, Abel Tasman, South Island

    Alligator Head, Pelorus Sound

    Moby à Alligator’s Bay

    Resolution Bay, Queen Charlotte Sound, South Island

    Vue sur le Queen Charlotte Sound depuis Resolution bay

    Resolution Bay

  • Escale à Tauranga, entre porte-conteneurs et paquebots…

    Escale à Tauranga, entre porte-conteneurs et paquebots…

    Cette escale « météo » à Tauranga est en fait une bonne nouvelle car nous allons y retrouver nos amis d’Excallibur, avec qui nous avons sillonné Bay of Islands en décembre dernier.

    Tauranga n’a rien de glamour…. Une des plus grosses villes de Nouvelle-Zélande, un peu sur le déclin, qui fut il y a un temps la plus importante colonie du pays, et anciennement un haut lieu d’implantation maorie. La zone de mouillage est coincée entre l’aéroport et la 4 voies, les paquebots sur la rive droite, les porte-conteneurs et les pêcheurs sur la rive gauche….

    C’est d’ailleurs passionnant de voir le portique tourner 24h/24h, à 200m de Moby, déposant et déchargeant les conteneurs.


    Rien d’enchanteur à Tauranga, mais essayons d’en tirer le meilleur!

    Première mesure : je dépose les 3 garçons chez le barbier : il était temps de leur faire une bonne coupe, Victor et Arthur n’avaient pas vu un coiffeur depuis plus d’un an…. préférant s’en remettre à mes bons soins pour raffraichir tous les 2 mois une coupe qui n’en était plus une …

    Puis un petit tour au parc pour se défouler.

    Même en pleine ville Arthur trouve un brin de nature

    Imparable également, le très couru « Fish market », fréquenté par les touristes, croisiéristes, backpackers et locaux. Le concept est original : un magasin qui vend des produits d’une fraicheur impeccable  tout juste débarqués du bateau, et qui vous propose de les cuisiner sur place!

    Le soir-même, nous fêtons nos retrouvailles avec Nicolas, Anne-Marie, Charles, Eléonore et Paul. Nous avons quelques anniversaires de retard à fêter!

    Nous savons que nous allons être bloqués plusieurs jours à Tauranga à cause du mauvais temps, alors, autant profiter au maximum des copains!

    Le lendemain, le temps est pluvieux, mais se découvre en fin de journée : nous partons visiter le musée de l’aviation de Tauranga.

    Un biplan Bristol Scout de la première guerre mondiale

    Une grosse demi-heure de marche le long de la 4 voies pour rejoindre la zone aéroportuaire, mais ca vaut le coup! Quelques passionnés ont réuni de vieux avions.  Les enfants sont ébahis devant tous ces vieux appareils.

    le Curtiss Kittyhawk P40, avion de chasse américain de la seconde guerre mondiale

    Hawker Tempest, bombardier torpilleur de la RAF

    Grumman TBF Avenger, bombardier torpilleur américain, embarqué sur des porte-avions

    Plusieurs avions de légende sont rassemblés ici Le plus impressionnant pour eux est la carlingue d’un Catalina, qu’ils peuvent visiter de l’intérieur.

    Carlingue de Catalina

    L’intérieur du Catalina :

    Nous sommes arrivés un peu tard, et l’heure de la fermeture approche… plutôt que nous mettre dehors, deux passionnés, membres actifs et bénévoles du musée, viennent nous chercher pour nous montrer les merveilles qui trônent dans les hangars de restauration : ces avions-là volent!

    Nous avons même droit à une visite guidée personnalisée.

    C’est samedi soir : c’est la fête sur le pont supérieur!

    Le lendemain, nous changeons de mouillage pour parer au coup de vent d’Est annoncé, et allons nous mettre à l’abri du Mont Maunganui. L’occasion de longer le quai des paquebots de croisière,

    et de voir la statue qui marque l’entrée de la rade de Tauranga

    Un moyen très populaire de visiter la Nouvelle-Zélande, et assez pratique vu la taille importante du pays. Mais ca n’est bon que si on support  le tourisme de masse : à chaque escale, des centaines de touristes débarquent pour visiter en bandes organisées.

    Paquebot sortant de Tauranga

    N’oublions pas que le tourisme est le secteur économique n°1 en nouvelle-Zélande!

    De retour à Tauranga, nous emmenons les 6 enfants se défouler aux jeux : cela fait 2 jours qu’ils sont enfermés à cause du mauvais temps…

    Et déjà, il est temps de dire adieu à nos amis qui rentrent en France pour quelques mois. Depuis notre rencontre au Panama en Avril 2016, il y a 10 mois déjà, nous avons navigué de concert aux Galapagos et en Polynésie Française, et partagé tant de bons moments. Bon vent les amis!

    Bye-bye Tauranga

    Nous mettons le cap vers Great Barrier, et ferons escale en chemin  pour ne pas naviguer de nuit. La côte est en effet mal pavée, de multiples ilots, et roches émergentes le long de cette péninsule de Coromandel qui fait suite à la baie of Plenty.

    A 20h, nous jetons l’ancre devant l’île de Slipper island, ou Whakahau. Une ferme, un lodge, une petite piste d’aviation, c’est coquet.

    Ici, les fermiers insulaires ont toujours un bateau, et bien souvent un petit avion ou un hélico pour se transporter à terre.

    Le lendemain, nous savourons une magnifique journée de navigation comme on les aime : fraiche, mais ensoleillée, 

    à longer la presqu’ile de Coromandel, ses falaises escarpées, et paysages découpés.

    Les conditions sont idéales pour Moby, un vent de 3/4 arrière, bien abattu mais pas trop, nous filons à plus de 10 noeuds de moyenne, des pointes à 16-18 noeuds dans les surfs… pendant que les tartes aux pommes/poires qu’Anna m’a aidé à réaliser cuisent au four. Nous arrivons en vue de Great Barrier en début d’après-midi, dans le mouillage de Tryphéna, que nous n’avions  pas encore visité.

    3 baies se succèdent dans cette rade abritée

    Puriri Bay

    Vue de la plage à marée haute

    Puriri Bay

    Un petit tour à la supérette locale de Mulberrry Grove (qui fait aussi office de poste/bar/resto)….. pour un réapprovisionnement en produits frais. Nous tombons en arrêt devant cet hydravion « fait maison » en contreplaqué, réduit à l’état d’épave…Ce qui fait tout de même rêver pilote et apprentis-pilotes qui se verraient bien aux commandes d’un tel engin un jour. Nous longeons le trait de côte pour rejoindre la baie adjacente.

    Grottes, Puhataweka, le site est encore une fois très photogénique. Mais notre but est tout autre : Pukiki abrite un véritable pub Irlandais qu’il nous tarde de tester.

    Et surplombe une bien jolie baie. Nous rentrons avant le coucher du soleil

    Tellement sympa que nous reviendrons le lendemain diner avec nos amis de Fiuu, famille de français qui naviguent dans le Pacifique Ouest sur un Outremer 49.

    Moby et Fiuu au mouillage de Puriri

    Nous passons une excellent soirée, arrosée de Guiness et d’IPA (Indian Pale Ale, bière ambrée, très tendance en ce moment)  et dînons de spécialités irlando-néozélandaises :

    clam chowder très crémeuse

    Irish coffee

    Le pub est bien animé en cette veille de week-end de St-Patrick…Demain nous mettons cap sur Waiheke, île bien connue pour ses vignobles. Nous avons rendez-vous avec des amis pour une dégustation oenologique  : il faut bien supporter le commerce local, non?

  • Nouvelle Zélande : de l’ile du Sud à l’ile du Nord

    Nouvelle Zélande : de l’ile du Sud à l’ile du Nord

    Depuis 3 semaines que nous naviguions dans l’ile du Sud, nous avons globalement eu du beau temps grâce à un positionnement idéal des anticyclones qui se sont succédés, centrés environ sur la latitude 40°S. L’automne austral approchant, le centre des hautes pressions tend à remonter vers le nord, laissant aux dépressions la place pour balayer l’ile du Sud et le sud de l’ile du Nord.

    Lever de soleil sur Homewood Bay, Pelorus sound

    Comme d’habitude avant toute navigation conséquente, j’ai suivi de près la situation météo des derniers jours, guettant l’ouverture d’une fenêtre météo favorable pour avaler les 500 à 600 milles vers Auckland, en fonction de la route choisie.

    Une fois de plus, je suis surpris de constater autant de différences entre les fichiers météo successifs, les modèles semblant ne pas savoir anticiper la position d’un centre dépressionnaire prenant naissance aux abords de Sydney, et prévu de se mouvoir vers l’est. Le samedi 4, la prévision la voit passer sur le détroit de Cook tôt le mardi 7. Le dimanche 5 au matin, elle la voit passer au nord de l’ile du Nord le mardi 7 au soir. La prévi du dimanche soir voit un déplacement plus lent de la dépression, qui ferait route vers le sud-est avant d’arriver en Nouvelle-Zélande. Cette dernière situation générale serait donc très favorable à une remontée par le détroit de Cook, puis le long de la cote Est, contournant le cap Est, Bay of Plenty et passage du cap Colville avant de rentrer dans le Golfe d’Hauraki. En revanche, plus question avec cette météo de passer par l’ouest comme nous l’avions fait à la descente. Le choix est donc simple : par l’Est dès lundi matin ou on attend dans les Marlborough encore une bonne semaine la prochaine ouverture (ou pas!) de fenêtre météo. C’est donc avec impatience que j’attends la prévision du lundi matin.

    Lundi 6 mars 2017:

    Bonne nouvelle pour commencer la journée, la météo de ce matin conforte celle de la veille, et les prévisions à 3 jours des services météo NZ sont en accord avec les données brutes des fichiers grib sur l’ensemble des zones concernées.

    Je lance un routage qui aide à se projeter avec plus de précisions en temps et conditions sur la route prévue. En partant à 8h lundi, le routage nous met au Cap Colville mercredi soir vers minuit.

    Globalement les conditions prévues sont les suivantes: Lundi vent de nord-ouest à nord 15 noeuds fraichissant 20 puis 30 dans l’après-midi dans le détroit de Cook, avant de mollir en approchant du cap Palliser. Pour la première nuit, de l’ouest à nord-ouest entre 10 et 20 noeuds. Mardi 7, baisse du vent progressive le matin, calmes l’après-midi et vent revenant au sud 15kt en soirée, puis fraichissant sud-est 20-25 noeuds pendant la nuit. Mercredi matin est-sud-est 25kt, fraichissant 30kt en journée tournant  Est le soir.

    Nous quittons le mouillage d’Homewood Bay, dans le Pelorus sound un peu avant 8h. La première heure se fait au moteur, car le vent ne parvient pas à franchir les reliefs des Sounds. Nous profitons de la fin de la marée descendante et son courant portant. Vers 9 heures, en sortant de l’abri des collines, nous touchons le vent de nord-ouest attendu et Moby peut filer au travers sous GV et Solent dans une bonne dizaine de noeuds de vent. Nous pourrions envoyer le code zéro, mais je préfère attendre d’être encore plus dégagé des côtes pour bien évaluer la force du vent.

    Moby sous code 0 à la sortie du Pelorus sound

    Devant nous à 12 milles le cap Jackson. Le vent est stable, nous hissons le code 0 et apprécions ces jolis paysages des Sounds. La mer est belle et les conditions idéales pour amariner mon jeune équipage. Nous doublons le cap Jackson avant 11h et sommes bien content de bien glisser sur l’eau à près de 10kt, car la renverse à eu lieu et nous avons 3 noeuds de courant contre.

    The Brothers

    Nous avons droit devant « The Brothers », ilots rocheux connus pour être le 2° endroit le plus venté de Nouvelle Zélande avec près de 200 jours de force 8 ou plus par an! Le vent a fraichit à presque 20 noeuds, un temps de demoiselle pour les parages. A 12h45, alors que les « Brothers » ne sont qu’à une poignée de milles dans notre sillage, je pressens l’accélération du vent et décide d’affaler le code 0. Bien vu, quelque minutes plus tard c’est au tour du 1° ris puis le 2° à 13h et le 3° à 13h15 avec 5 tours dans le solent. Moby file grand largue à fond la caisse entre 15 et 21 noeuds.

    Flagrant délit d’excès de vitesse sur Marine Traffic 17,5k
    Le vent se lève sur le détroit de Cook
    Le vent accélère dans le détroit de Cook

    Une fois de plus les météos ont un peu sous-estimés le vent en prévoyant 20 à 30kt; notre anémomètre est stable entre 40 et 45kt et d’expérience, il n’a pas tendance à exagérer! La mer est courte, vent contre courant oblige, et Moby, calé entre 2 vagues à leur vitesses surfe sans jamais ralentir. C’est un plaisir pour tout l’équipage que de glisser aussi vite sur l’eau. A cette vitesse moyenne, les 30 milles de détroit de Cook sont vite avalés, nous passons devant Wellington et le vent commence alors à baisser un peu. En passant le cap Turakirae, le vent s’arrête net, nous sommes dans le dévent du relief, bien qu’à plus de 5 milles des côtes. Je renvoie toute la toile après quelques minutes à observer et m’être assuré que la baisse de vent s’était bien étendue. Il est 16h, le cap Palliser n’est qu’à 20 milles de nos étraves. J’aimerais le contourner avant la nuit, mais avec cette pétrole qui n’était pas du tout prévue, ça semble difficile. Ne souhaitant pas m’attarder dans ces parages pour un temps incertain, je mets un moteur en marche et en avant vers le cap Palliser, qui a la particularité d’être exactement aux antipodes de notre village de Plougonvelin.

    aux antipodes de PLougonvelin!

    Nous sommes accompagnés par de nombreux dauphins et croisons aussi quelques phoques en chasse de leur diner. L’eau, dont la température n’est que de 15°C, regorge de vie marine.

    Les dauphins interrompent leur chasse pour nous accompagner un peu
    Puis c’est au tour d’un phoque
    Un albatros décolle à nos côtés

    Nous doublons donc le cap Palliser vers 19h au moteur, notre route qui était au sud-est prend maintenant 90° sur bâbord pour pointer vers le nord-est. Presque 300 milles pour rallier le prochain point tournant que sera le « East Cape ». Cette côte de Nouvelle Zélande est assez inhospitalière, la bande côtière n’étant pas complètement cartographiée et ne propose que 2 ou 3 replis possible en cas de mauvais temps, tel Castle Point, Napier ou Gisborne.

    Le vent revient vers 20h et souffle du nord-ouest à 10 noeuds puis 15 à partir de 21h. Le premier ris est vite pris dans la GV et nous faisons route à 9 noeuds. La mer devient agitée.

    Mardi 7 mars 2017:

    Le vent se maintient en milieu de nuit, mais la mer croisée rend la navigation assez inconfortable. Nous prenons un 2° ris, histoire de ralentir un peu afin de passer plus souplement. En fin de nuit, le vent adonne un peu en mollissant. Le bateau passe mieux, ça tombe bien, c’est mon tour d’aller me reposer!

    un Albatros Royal nous suit

    La mer s’est bien calmée au matin, et à 10h toute la GV est renvoyée. Le vent continue sa rotation à l’ouest, tout cela colle bien aux prévisions et à 11h30, j’envoie le gennaker. Nous savons que nous allons vers une zone sans vent et que quand il reviendra, ce sera par le sud et il soufflera également de cette direction. Nous sommes à la mi-journée à une quarantaine de milles dans le sud-est de Napier, et faisons une route sensiblement parallèle à la côte.

    En début d’après-midi, les dernières prévisions météo disponibles montrent assez peu de changement avec les précédentes, à l’exception de la zone « Plenty »qui est est sous la menace d’un avis de grand frais à coup de vent. Je prends le temps d’analyser la situation. Ce vent fort prévu demain sur Plenty résulte du gradient de pression du thalweg qui s’étend au sud-est de la dépression se trouvant en mer de Tasmanie. Ce thalweg assez complexe se retrouve pris en étau entre deux zones de hautes pressions situées dans son nord et dans son sud, augmentant le gradient de pression sur une zone assez peu étendue mais néanmoins proche de notre route. Quelle décision prendre? Faire escale à Napier ou Gisborne, ou bien continuer vers East Cape? J’évalue tranquillement les faits dont je dispose, les avantages et inconvénients des différentes options. Si nous faisons escale, nous ne pourrons pas atteindre Napier avant le début de nuit, quand à Gisborne, ce serait en milieu de nuit. En poursuivant vers East Cape, compte tenu des prévisions, il conviendrait d’adapter notre vitesse pour y arriver le plus tard possible et laisser le gros du vent devant nous, mais quand même avant la rotation des vents à l’Est prévue pour le début d’après-midi de mercredi. Ce timing est très facile à tenir, il nous suffit de réduire la toile cette nuit pour se ralentir de manière à viser le passage d’East Cape en fin de matinée. Nous prenons donc la décision de poursuivre la route. L’après-midi de mardi se passe tranquillement, le vent est assez instable et capricieux, une légère houle de sud-est se lève.

    un peu avant le coucher de soleil, le ciel s’assombrit

    Un peu avant la tombée de la nuit, le vent s’établit entre 10 et 15 noeuds de secteur sud. Cela est conforme aux prévisions. Nous affalons le gennaker et très tôt je réduis la grand voile. Il reste 115 milles pour East Cape et nous voudrions y être dans 14-15 heures, soit 8 noeuds de moyenne maxi. Pour ne pas être trop rapide, je prends le 2° ris mais comme nous sommes encore trop vite, nous affalons complètement la grand-voile. Grand largue, le solent nous suffit à maintenir la vitesse voulue. Quand le vent va monter graduellement il sera très facile de le rouler un peu pour maintenir nos 8 noeuds max.

    Mercredi 8 mars 2017:

    La nuit est agréable, le bateau sous-toilé est bien confortable. Le vent se maintient jusqu’à l’aube aux alentours de 25 noeuds, le ciel s’est bien couvert dans la nuit et les averses de puis fines sont assez fréquentes. Quelques rafales à 30 noeuds, le solent a été un peu roulé. Nous croisons quelques cargos descendant vers le sud, et d’autres nous dépassent en remontant au nord. Au lever du jour, nous sommes à 25 milles du point tournant. Le vent à un peu mollit, entre 20 et 25 noeuds et nous commençons à ressentir les effets du courant à l’approche du Cap. Nous empannons à 11h, en passant à 3 milles au large d’East Island. Une brève éclaircie nous permet d’apercevoir la côte. Nous commençons la traversée de la « Bay of Plenty » et sommes maintenant bâbord amure, route au 300° vers le Colville channel, situé 170 milles devant, entre le cap Colville et le sud de Great Barrier island.

    Passage d’East Cape

    C’est toujours un bon moment à bord quand un cap ou autre passage remarquable est franchi. Cet East Cape n’a pas très bonne réputation, nous nous réjouissons de le savoir derrière. Le timing jusqu’ici est bon; le vent amorce sa rotation à l’est-sud-est. C’est quasi vent arrière, mais comme il doit forcir, tout va bien! Justement, à propos de forcir, le vent vient de prendre une dizaine de noeuds après le passage du cap. Peut-être l’effet de côte? Pas seulement je crois. Le bulletin VHF de 12h33 vient de revoir à la hausse ses prévisions: 45kt pour « Plenty » et pour « Colville ». Même si cela n’est que 5 noeuds de plus que ce qui était prévu au bulletin de ce matin, cette révision à la hausse ne me réjouis guère, et l’état de la mer est passé de « rough » à « very rough ». Le bulletin annonce ces conditions jusqu’en milieu de nuit, avant une baisse relative à 35 noeuds demain matin. Encore une fois, il vaudra mieux aller lentement et laisser le plus fort du vent qui est devant nous se tasser un peu.

    A 13h30, le vent rentre assez franchement entre 40 et 45kt. Je roule complètement le solent et nous filons à sec de toile. La mer est peu agitée, en fait assez belle comparée au vent. Moby file entre 8 et 16 noeuds, la force du vent dans le gréement est suffisante pour partir au surf sur les vagues. Il nous faudrait ralentir pour ne pas rattraper ce mauvais temps qui se trouve devant nous. Je décide d’essayer de laisser filer un trainard en boucle derrière nous. 6 aussières raboutées pour une longueur totale de 100m me permettent de former un U entre les deux coques. Je suis satisfait du résultat, la vitesse à diminué sensiblement, et le bateau ne part plus au surf comme avant, tout en gardant assez de vitesse pour bien répondre à la barre et rester bien calé sous pilote automatique.

    préparation des trainards
    Installation des trainards
    La mer se forme et les vagues commencent à déferler
    Tout va bien à bord

    La pluie refait son apparition en milieu d’après-midi. Le vent est assez irrégulier en force. Entre 35 et 50 noeuds. La mer se creuse au fil des heures et dès 16h, les vagues font un bon 3m moyen avec quelques unes à 5 ou 6m. Mais Moby se comporte à merveille; à l’intérieur les enfants et Bénédicte lisent et se divertissent comme d’habitude.

    Pour moi dans le cockpit, c’est un peu plus humide. La tendance est toujours à la hausse et l’anémomètre reste invariablement entre 48 et 52 noeuds. Comme il est paramétré à la valeur d’amortissement maximale de 9 secondes, c’est bien un force 10 que nous étalons depuis plus d’une heure. L’état de la mer ne trompe pas, avec de longues trainées blanches, l’écume des déferlantes suis se fait emporter et les embruns permanent. Le bruit du vent dans le mat, les haubans, les drisses. La pression du vent que je ressens dans mon dos. Je me rassure en me disant que tout va bien et que Moby se comporte parfaitement, mais je m’inquiète aussi de savoir jusqu’où ce vent va forcir, et comment la mer va grossir dans les heures qui viennent.

    Difficile d’apprécier l’état de la mer sur les photos, mais ça grossit toujours

    Le vent à pris un peu d’Est  depuis 16 heures, et je suis partagé entre la route directe et une route un peu plus à gauche, qui nous ferait rentrer un peu plus dans la Bay of Plenty. Le vent et la mer devrait y être un peu mieux, en revanche, en s’engageant dans la baie, nous diminuons notre marge de manoeuvre par rapport à la côte sous notre vent. Je choisis le compromis entre les 2, et évaluerai à nouveau ces deux options dans quelque temps, en fonction de l’évolution météo que je constaterai.

    Bulletin météo VHF de 17h33 : Et une couche de plus! Pour « Plenty » et « Colville », on nous prévoit maintenant 50kt et « High seas »!!! D’un côté, ça me rassure, car ce sont les conditions que nous avons déjà, mais ce qui me rassure moins, c’est de voir les prévisionnistes en retard d’une guerre à chaque bulletin successif.

    La nuit approche. Je profite des dernières lueurs du jour pour faire un tour d’horizon et jauger des conditions de mer tant que je peux encore voir les vagues. Je constate que leur hauteur moyenne à encore augmenté et dépasse facilement 4m. Les plus grosses, qui déferlent sur plus de 50m de large, dépassent 6m. En revanche, la longueur d’onde des vagues à nettement augmenté depuis cet après midi. Cette longueur augmentée rend leurs faces moins raides et je les trouve de ce fait moins impressionnantes et moins dangereuses. Cela laisse plus de marge en terme d’angle de route par rapport aux vagues. Je décide, avant qu’il ne fasse complètement nuit de faire un essai en les prenant  sur notre quart arrière bâbord, à environ 45° du bateau. Le résultat me convient, encore une fois Moby se comporte parfaitement et tient son cap avec une précision satisfaisante. J’opte donc pour aller chercher des conditions plus clémentes vers la côte.

    Bulletin  VHF de 20h33 : Cela se détériore encore plus, avec toujours 50kt pour « Plenty » mais  60kt maintenant pour « Colville ». Cette surenchère prouve une fois de plus que les prévisionnistes ont été surpris par l’évolution rapide du phénomène et tirent la sonnette d’alarme. Heureusement que lorsque tombe ce bulletin, nous avons déjà commencé à sentir l’effet positif de notre décalage de route. Les étraves pointent désormais vers Tauranga, 65 milles devant. Dans l’heure qui suit, la baisse du vent se confirme, il ne souffle plus qu’à 40 noeuds et cela nous donne l’impression relative de calme. Le vent a également continué sa rotation, il vient de l’ Est. Nous n’avons plus de raisons de nous freiner sur cette route, je remonte donc les trainards, puis déroule un peu de solent. Je ne peux pas savoir si la baisse que nous constatons est due à notre recalage plus au sud ou au fait que le plus gros soit désormais devant nous, comme les gribs le prévoyait la veille? Qu’importe, ce qui compte c’est de se sortir de ce mauvais temps et le plan fonctionne bien.

    Image satellite, toute la Nouvelle Zélande est sous les nuages

    Jeudi 9 mars 2017:

    Nous progressons bien dans la nuit, le vent soufflant de l’Est entre 30 et 35kt. Nous passons à une quinzaine de milles sous le vent de White Island, ile volcan qui laisse en permanence échapper un nuage de vapeur de soufre. Nous ne le voyons pas mais son odeur forte de soufre nous parvient, même si éloigné. Puis nous passons au nord de l’ile de Motiti. Nous arrivons à Tauranga en fin de nuit, le timing est bon, car nous nous pointons juste quelques minutes après l’étale de marée haute, vers 5h du matin. Le courant de marée à l’entrée du port de Tauranga peut être fort et il y est fortement conseillé de passer à l’étale ou avec un léger courant rentrant. Le port de commerce  est actif H24, un cargo en sort, un paquebot rentre. Nous rentrons dans son sillage et allons mouiller dans la rivière, en face de Bridge Marina. Nous sommes accueillis par nos amis Nico et Anne-marie d’Excallibur qui sont à nouveau à flot après un mois d’escale technique à Tauranga.

    Le goulet d’entrée à Tauranga est franchi
    Encore un mille et nous mouillerons derrière les docks. Le repos bien mérité est proche!
  • Rando à Rangitoto, l’île-volcan

    Rando à Rangitoto, l’île-volcan

    Cet îlot situé à 20mn en ferry de la capital économique est l’un des cones volcaniques les plus intéressants de la région : c’est le plus grand, mais aussi le plus jeune – à peine 600 ans depuis sa dernière éruption, et depuis son sommet à 259 m, la vue sur Auckland et le Golfe d’Hauraki y est juste spectaculaire!

    Nous mouillons Moby dans la baie d’Islington, aussi connue sous le nom de « the Drunk bay ». Elle  doit son nom à l’habitude prise par les capitaines de navires au long cours en partance d’Auckland de relacher la nuit en quittant le port, pour laisser aux marins du bord le temps de cuver….

    Moby au mouilage d’Islington

    Nous laissons l’annexe sur le quai et partons à l’assaut de ses routes et chemins de roche volcaniques. 

    La route se transforme vite en chemin ombragé, ce qui est agréable au vu de la chaleur. A quelques dizaines de mètres du sommet, la bifurcation vers des grottes et tunnels de lave est un must!

    Les enfants ont bien sûr pensé aux lampes frontales et aux torches torches. 

    Ils explorent une première grotte, puis un petit tunnel, et enfin un grand boyau très étroit où nous adultes aurions du mal à nous introduire.

    Puis nous rejoignons le sommet pour savourer la vue.

    Vue sur le Golfe d’Hauraki
    Vue sur Auckland

    Pour redescendre, un très bel escalier de bois, que nous n’avons pas eu à monter heureusement…Rangitoto est classée réserve naturelle, en particulier pour les oiseaux , car tous les petits rongeurs (hérissons, rats, hermines, etc…) venus d’Europe ont été éradiqués depuis 2011 : l’île est désormais « pest-free » permettant à ces fragiles oiseaux de se reproduire ranquillement : on y trouve des Kiwis bien sûr, mais aussi wekas, et nombre d’autres oiseaux endémiques récemment réintroduits.

    De retour au bord du rivage

    Nous avons tellement aimé cette balade que nous y retournerons quelques jours plus tard avec nos amis néo-zélandais, Bruce et Stéphanie, ainsi que tout une bande de leurs amis. 

    Une ballade finalement très différente, puisque nous empruntons cette fois-ci le chemin sud et non la route est.

    il fait chauuuuud

    Et une série de petites haltes en chemin nous expliquent la naissance de Rangito il y a 600 ans.

    Peu de chance qu’il n’y ait de nouveau une éruption sur l’île. En revanche, il est fort probable qu’un jour, une autre île similaire surgisse dans les environs d’Auckland!

    Voilà donc le processus qui donne 600 ans plus tard cette terre volcanique si fertile et chaude.

    Arrivés en haut, Bruce nous montre une seconde série de tunnels que nous n’avions pas vu, encore plus impressionnnants en taille!

    l’entrée du tunnel
    il y fait bien noir

    en route vers la sortie….

    Stéphanie me montre les oiseaux : ces petites cailles adorables se trémoussent pour récupérer des miettes de sandwiches. Et cette autre oiseau rare, le saddleback, un passereau au dos orangé, qui fut un temps en voie d’extinction et est maintenant réintroduit avec succès

    Nous prenons un autre chemin plus court, mais aussi plus pittoresque. 

    Une espèce de fougère endémique de Nouvelle-Zélande s’y trouve également : la « kidney fern », qui doit son nom à sa forme en haricot. Elle se replie pour mieux lutter contre la chaleur, très intense ici à cause des pierres volcaniques. 

    Une fois en haut, la vue est toujours aussi belle. 

    Ce samedi a lieu la plus grande régate de toute l’année en baie d’Auckland. Moby et Trio sont mouillés juste devant!

    vue sur Auckland

    Après un pic-nic revigorant, il est temps de redescendre. Près du débarcadère, des vestiges d’une prison… et un ponton de bois traverse la mangrove. Qu’y vois-je? De la salicorne, petite plante de marais salé qu’on trouve en Bretagne, en particulier dans le Golfe du Morbihan! J’adore ça. Ma copine Laeti en fait des pickles. Celle-ci est un peu amère, les jeunes pousses de l’été seraient sans doute plus savoureuses.