Nous quittons Sao Jorge sous des abords lugubres :
des lambeaux de nuages accrochés aux sombres falaises, donnent à la pointe de Rosais une allure fantomatique.
Graciosa, apparait tout de suite plus douce et rieuse :
Ce grand bĂątiment, au sud de lâile, ce sont les Thermes de Carapacho, zone balnĂ©aire rĂ©putĂ©e pour sa source d’eau chaude soufrĂ©e et ses piscines naturelles. 
les iles de Baixa et Comprido, réserves naturelles,
les flancs de la Caldeira, habillés de pùturages pixelisés,
traditionnelles,
des champsâŠet enfin, le village de Praia, qui comme son nom lâindique, abrite la plus jolie plage de lâĂźle. 

- Une maison assez simple, pour sâisoler, sâinstruire, avec une bibliothĂšque et une terrasse pour regarder les Ă©toiles.  En brique de lait, batonnets de bois, cure-dent, pĂąte Ă modeler

- un grand jardin en pleine nature, avec un verger pour les fruits, un potager, en pĂąte Ă modeler, papier de soie, bouchon de liĂšge,Â

- une cascade pour se laver, un bassin pour lâagrĂ©ment, des tables, un feu de camp et un BBQ pour cuisiner avec convivialitĂ©, des hamacs pour se reposer, avec des arbres pour attirer les oiseaux, en boite de rĂ©cup’ en mĂ©tal, flacon de crĂšme, carton, papier de soie….

- une plage de surf pour ĂȘtre au plus prĂšs des Ă©lĂ©ments, quelques animaux dâĂ©levage, chats et chiens pour la compagnie : voilĂ pour Victor le concept du bonheur!
Un vrai marathon dont il se tire avec les honneurs, sans une seule impasse, avec de bons rĂ©sultats dans toutes les matiĂšres, et surtout de solides bagages pour entrer en seconde au lycĂ©e lâannĂ©e prochaine.En fin dâaprĂšs-midi, je descend Ă terre avec LoĂŻc pour les formalitĂ©s. La rĂ©glementation aux Açores exige de se prĂ©senter dans chaque nouvelle Ăźle aux gendarmes : câest fastidieux certes, mais lâaccueil est sympathique.

Je rapproche cela des traditions polynĂ©siennes, de la « coutume », qui veut quâĂ Fidji, en Nouvelle-CalĂ©donie, ou au Tonga, il faille se prĂ©senter au chef du village pour y faire un cadeau, ou simplement dire qui nous sommes, dâoĂč nous venons, oĂč nous allons. En tant que voyageur, il me semble que c’est la moindre des politesses.
le port de pĂȘche, 
Le lendemain, il fait trĂšs beau!

Nous partons Ă lâassaut de la caldeira, ce cratĂšre qui domine lâĂźle de Graciosa.
Avant dây accĂ©der, nous devons marcher 2km sur les petites routes,
Ă travers les hameaux dâun quartier trĂšs rural :
chacun cultive son potager, ses vignes,
et élÚve vaches ou chÚvres.
Graciosa fut pendant quelques siĂšcles le grenier Ă blĂ© – et Ă maĂŻs- des Açores, en tĂ©moignent ici ces anciennes meules de pierre,
et les moulins, que lâon trouve massĂ©s tout prĂšs du port. Partout, des fleurs, des plantes aromatiques devenues sauvages,
lâair embaume, et des oiseaux pĂ©pient constamment, il nây a pas un instant de silence, malgrĂ© le calme des lieux. 

Cet ouvrage dâart des annĂ©es 50 a voulu faciliter lâaccĂšs au site aux touristes. Nous sommes un peu déçus car nous prĂ©fĂ©rons marcher sur des sentiers pĂ©destres que sur des routes.
Mais les lieux sont trĂšs calmes, nous ne croiserons que 2 voitures pendant tout le trajet, et pas un seul car.
magnifiquement ombragée,
qui dĂ©roule sous nos pieds un tapis de menthe sauvage, doux et odorant.Â
Nous sommes au fond du cratĂšre : quel panorama!
Un peu plus bas, les hortensias commencent Ă fleurir.
Ca y est, nous entamons la descente vers le gouffre.
mais qui se fond finalement assez bien dans le paysage,
avec ses grandes baies vitrĂ©es, sa plate-forme dâobservation en porte Ă faux, 
et descendons vers les lieuxâŠ
LâaccĂšs se fait via une tour maçonnĂ©e de 180 marches, 6 Ă©tages, lâĂ©quivalent du phare de St-Matthieu!
accessible par 2 gouffres,


puis les pentes de lâintĂ©rieur de la caldeira ,
avant de redescendre vers Praia. Lâambiance est toujours aussi agrĂ©ablement champĂȘtre,
et fleurie.

Pas de touristes, mais des habitants, des familles, des jeunes venus profiter de la plage, de la baignade. Le lieu est Ă©minemment social, avec ses transats, son bar, le quaiâŠNous en profitons pour nous relaxer sur les chaises longues aprĂšs un arrĂȘt au bar : la premiĂšre gorgĂ©e de biĂšre est exquise! Puis je vais gouter lâeau avec Anna, pour dĂ©tendre nos pieds aprĂšs cette longue marche. Elle a chauffĂ© toute la journĂ©e sur le sable gris, atteignant 22° Ă 23° je dirais : nous tentons la baignade, elle est bonne!

: une marina est en effet en construction quelques part ente Praia et Santa Cruz, la ville principale, de Graciosa.
Il Ă©tait sans doute pratique de moudre le grain tout proche des sites dâexpĂ©dition de la prĂ©cieuse farine, devant alimenter toutes les Açores.


et de lâautre, la nouvelle marina, Ă Santa Cruz.
Les travaux sont en effet en cours, et bien avancés. Un peu plus loin, la ville de Santa Cruz
et les champs. 
pas de vĂ©ritable port, mais une cale de mise Ă lâeau,
Le soleil chauffe les pierres de basalte noires, rĂ©chauffant lâeau peu profonde.
Un peu plus loin sur la cĂŽte câest un amĂ©nagement dâune autre ampleur : la piscine naturelle de Barro Vermelho, amĂ©nagĂ©e de docks en bois, zones de BBQ, camping :
câest un espace de villĂ©giature estival pour les habitants. DĂ©serte Ă cette heure, on lâimagine animĂ©e les vacances et fins de semaines. 

sur les hauteurs,
qui nous offre une vue sur des Ăźlots dĂ©chiquetĂ©s par lâĂ©rosion.


Et toujours, les hortensiasâŠ.
qui font particuliÚrement bon ménage avec les vieilles pierres.
Toujours aussi les hibiscus, libres comme ici ou en ville, taillés en haies touffues. 
Graciosa mérite amplement son surnom de « Grenier à blé des Acores » : elle est véritablement agricole et traditionnelle, comme en témoignant ces épis de mais qui sÚchent,
et cet Ăąne qui porte son barda.
Nous revoilĂ en bord de mer, au port de Folga, avec sa cale de mise Ă lâeau et sa grue.
Puis quelques kilomĂštres plus loin, nous retrouvons les thermes de Carapacho, que nous avions vus de la mer en arrivant Ă la Graciosa.
Des piscines naturelles et aménagées,
et Ă lâarriĂšre, de vĂ©ritables thermes alimentĂ©s par une source dâeau chaude soufrĂ©e : lâaccĂšs Ă la piscine intĂ©rieure est possible, pour 30mn maximum, lâeau est trĂšs chaude et avoisine les 40°!!
et câest dĂ©licieux, traditionnel : une cuisine Ă lâail et au beurre, comme celle que faisait ma grand-mĂšre⊠je me rĂ©gale dâun poulpe grillĂ© au four (qui nage dans une demi-livre de beurre salĂ©),
et LoĂŻc dâĂ©normes gambas grillĂ©es tout juste parfaites.Â
accompagnĂ© d’une biĂšre Sagres. 
vue mer, Ă©quipĂ© comme toujours dâimmenses BBQ en pierre de lave, et de grandes tables conviviales :
on imagine sans peine les longues soirĂ©es dâĂ©tĂ©, relaxantes, aprĂšs les journĂ©es passĂ©es Ă lĂ©zarder au soleil et se rafraĂźchir dans la mer, les virĂ©es dans la lande. Des plaisirs simples, mais bons!Je remarque partout sur lâĂźle ces arbres aux floraisons rouges si caractĂ©ristiques :

Je reconnais formellement les Pohutukawas, arbres endĂ©miques de Nouvelle-ZĂ©lande, que lâon partout lĂ -bas en bord de mer, en particulier dans lâile du Nord. Ils semblent sâacclimater particuliĂšrement bien aux Acores. Je suis tout Ă coup nostalgique de ce pays qui mâa Ă©normĂ©ment sĂ©duit, et me rend compte que le climat de la Nouvelle-ZĂ©lande et des Acores est trĂšs similaire : un soleil intense, des Ă©tĂ©s chauds mais tempĂ©rĂ©s par des apports ocĂ©aniques ; des hivers doux. Je rĂ©alise que la latitude des Acores correspond Ă celle dâAuckland, et du Golfe dâHauraki, lâun des bassins de navigation que nous avons le plus frĂ©quentĂ© en Nouvelle-ZĂ©lande. Autres similitudes : la gentillesse et la simplicitĂ© des habitants, relativement dĂ©tachĂ©s du mode de vie consumĂ©riste occidental, les espaces naturels – nombreux, la mer – trĂšs prĂ©sente, la nature – gĂ©nĂ©reuse, le mode de vie simple : petites maison, vie de plein air, nombreux espaces verts amĂ©nagĂ©s pour la populationâŠ.Ajouterais-je : du bon vin, du fromage, et des fraises, c’est  le paradis!

qui nous offre une belle vue sur les roches,
et sur le petit quartier de villégiature des thermes en contrebas. 
En effet : vue sur le phare de Carapacho,


Nous tombons aussi un peu par hasard sur un sentier qui amĂšne Ă un tunnel de lave,
puis Ă un sentier sur la crĂȘte du cratĂšre,
qui dessert une tourelle de point de vue.
Panoramique, la vue :  nous devinons le volcan de Pico, sur lâĂźle voisine, qui pointe son sommet derriĂšre les nuages. 
Il parait que ces cavitĂ©s, visitĂ©es uniquement pas des spĂ©lĂ©ologues confirmĂ©s, sont dignes du« Voyage au Centre de la Terre! » de Jules Vernes : Arthur se voit dĂ©jĂ revenir dans quelques annĂ©es en spĂ©lĂ©ologue… 

De retour sur la route circulaire, nous avons un joli point de vue sur le port de Praia, et Moby au mouillage.


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